La Défense : journal hebdomadaire, 4 octobre 1900, jeudi 4 octobre 1900
[" et JOURNAL re vor.III HEBDOMADAIRE; : LA DEFENSE \u201cVitam impendere vero : Consacrer sa vie & la-vérité.\u201d CHICOUTIMI, 4 QCTOBRE 1900 ABO\"WNEMENT $1.00 par année.| NO 37 LA DÉFENSE\u201d SIMON LAPOINTE, \u2014 ABONNEMENT Lirecteur.$1.00 0.50 Unan,.cosversooerres Six mois .- Strictement payable d'avance.ses as ees tone ONCES, 10 centinsia ligne pour la dre insertion.Insertions subséquentes, centins la ligne.Conditions spéciales pour annonces à longs termes.res, brochures.cir Toutes impressions de livres, ulaires, cartes, exécutées dans les derniers goûts, À très bas prix.Avis de naissances, marlages, et deces gra- uitement pour les abonnes.Toutes communications relatives À l\u2019adimi- pistration doivent être adressées à La Compagnie d\u2019Imprimerie de la DEFENSE, CHICOUTIMI, P.Q JEUDI, 4 OCTOBRE 1900 JESS.L'hon.M.Marchand L'hon.M.Marchand, premier ministre de la proviuce de -Qué- pec, est décédé mardi dernier, le 25 septembre, Ses funérailles ont eu lieu samedi, le 29.Le Courrier du Canada dépo- sc sur sa tombe un tribut d'hommage auquel nous sommes heureux de souscrire : * Nous nous inclinons respectueusement devant cette tombe entr'ouverte, où vient de descendre le premier ministre de la pro vince de Québec, M.Marchand était le chef du parti que nous combattons, et nous avons dû souvent attaquer ses idées et ses actes.Mais il était un adversaire loyal et honorable, et nous avons toujours reconnu en lui les qualités publiques et privées qui commandent l\u2019estime.\u201c En sa personne, l'Assemblée législative perd son plus ancien membre.Il était le seul de la chambre éluc à l'aurore de la Confédération, en 1867.Il avait siégé dans la législature de Québec| - sans interruption depuis cette date.Trente-trois ans de vie parlementaire ! Certes, c'est une car- ritre bien fournie, \u201c M.Marchand était un esprit cultivé, un lettré, un écrivain à la plume facile, un versificateur élé gant.Son commerce personnel était agréable.Dans les luttes politiques, il était un adversaire courtois ct modéré.\u201c Sa mort est une grande perte pour le parti libéral de Québec, qui bénéficiait de la considération personnelle dont jeuissait son chef.\u201c Dans la vie privée, M.Marchand était un époux et un \u201c père de famille modèle, un chrétien sincère et pratiquant.\u201c Nous offrons à la famille en deuil du premier-ministre défunt, nos plus sympathiques condoléances,\u201d \u2014\u2014 ren.L'hon.-S.-N.Parent Premier Ministre - L'hon.S.N.Parent a été appelé, samedi à prendre Jes rênes du - gouvernement de la, province-de Québec.1 succède à l\u2019hon.M.Marchand, Voici comment le Courtier du Canyda juge l'homme et l'acte _gouvernemental qui le constitiie premier ministre : De par la volonté: du fouve .ment fédéral, M.Siméon:Napo lon Parent estdevenu le premier ministre de la province dé:Québec ! Pauvre - \u2018province de Québec 1! Elle a eu PX jourtant\u201d ses\u2019 jours de gloire, et sori: étoile a brillé\u2019 sou vent d\u2019un vif éclat au mitieu de là constellation canadienne.Quel crime national avonsnous donc commis, poür subir l'umilidfion qui nous est aujourd'hui inflifée ?| M.Parent, premier ministre, I qui edt predit cela, il y a dix ans, lorsqu'il faisait son apparition obscurément sur les dernières banquettes du parti libéral dans l\u2019Assemblée Législative ?Tout arrive en Érance, a dit nn écrivain célèbre.Et tout-arrive aussi à Québec, puisque M.Parent est arrivé à la tête du gouvernement de sa province.L'aventure est bouffonne et -prêterait à rire, si notre.prestige et notre réputation nationale n\u2019étaient pas en jeu.Le gouvernement de Québec n'était pas un grand gouvernement, un gouvernement composé d'hommes d'Etat.Mais il renfer mait des hommes instruits, des hommes qui ont ouvert quelques livres, qui connaissent l'histoire de leur pays, qui ont étudié la politi que, qui savent écrire et parler.M.Robidoux, le doyen des anciens ministres, MM.Archambeault, Deschènes, Turgeon, ne sont pas dépourvus de toute valeur.Ils peuvent figurer dans un débat parlementaire.Ils peuvent se faire applaudir à la tribune -populaire.- Tous ont été écartés par une influence occulte et souveraine ; et c'est M, Parent, le plus igno rant, le plus terne, le plus médio cre, le plus nul d'entre eux, à pres que tous les points de vue, c\u2019est M.Parent qui devient leur chef et leur leader ! ! Franchement, c'est trop fort ! La législature de Québec a commis bien des fautes dans le passé, mais elle n'a pas mérité l\u2019affront suprême qu'on lui lance aujour- d'hui en lui imposant comme premier ministre la plus grarde nullité politique et parlementaire qu\u2019elle renferme dans son sein.Ah ! nous entendons bien la clameur servile que va nous jeter | à Ja face la tourbe des claqueurs salariés ct des vils thuriféraires, dont \u2018\u201c monsieur le naire\u201d a su entourer son insignifiante personne : \u201c\u201c M, Parent n\u2019est peut-être pas un foudre d'éloquence, mais c'est un homme d'affaires,\u201d va-t- on nous crier ; et l\u2019on croira avoir tout dit.Qu'on se détrompe si l\u2019on pense leurrer l\u2019opinion avec ce mot.Nous admettons sans -| efforts que M.Parent possède quelques-unes des qualités nécessaires à un bon employé, Il est assidu, soigneux régulier, attentif à son affaire, exact et ponctuel.Bon officier municipal, bon commis, bon comptable, bon chef de bureau, nous ne chicanerons pas là-dessus, tout en faisant-nos réserves les plus absolues quant aux résultats réels de son administration civique, dont nous ne connat- trons bien les dessous que lorsqu\u2019il aura décampé.Mais toutes ces qualités, on doit l\u2019admettre, sont d'un ordre inférieue.Elle suffisent pour faire un commis, -Elles ne sont pas suffisantes pour constituer un homme politique, Homme politique au large sens du\u2018mot, M.Siméon-Napoléon Parent ne l'est pas, il ne peut pas l'être, parce qu'il lui manque pour cela le nécessaire : la science cons- .titutionnelle, les connaissarices historiques, juridiques que doit posséder un leader parlementaire et un homme d\u2019£tat.Homme d'affaires, cela ne ré pond- pas à tout.saît-il écrire, connaît-il quelque chose: à l\u2019histoire politique de la TE 5, .| province et \u201cdu pays ?Personne ne le prétendra.[lest un des membres les plus ignorants-de ln [ Législature ; il ne peut lui même rédiger: une lettre décente ; \u2018il ne saurait .parler \u2018un quagt.\u2018d'heure sans bulbutier des inepties et bredouiller des softises, Clest \u2018un ignare absolu, qui dissimule - à grande peine sous une audacieuse assurance ses lamentables et in.| curables lacunes, Sait-il- paler, Pourquoi donc, est-il premier ministre ?Pourquoi cette chose grotesque et misérable est-elle arrivée ?Pourquoi celui qui était l\u2019inférieur intellectuel de tous ses collègues, est-il devenu tout à coup le premier d'entre eux ?Pourquoi?Ah! c'est parce que le gouvernement fédéral avait besoin d'un instrument à Québec ?Lais sé à lui-même, l\u2019hon.M.Jetté n'eût jamais songé à nous infliger M.Parent.\u2019C\u2019est la pression fédérale qui a fait le coup.M.Parent premier ministre n\u2019est rien autre chose que la créature, le va let de M.Laurier et de M.Tarte, l'exécuteur de leurs hautes et bases œuvres, L'intrigue fédérale, l'intervention fédérale, la conspiration fédérale, nous la voyons clairement dans l'avènement ridicule et odieux de M.Siméon-Napoléon Parent,et nous la dénonçons à l'opinion honnête et intelligente aussi bien-du parti libéral que du parti conservateur, Nos adversaires ont bien souvent parlé de l'autonomie provinciale.Voilà comment MM.Laurier et Tarte l'entendent et la respectent ! Nous affirmons que toute la députation libérale était pour M.Robidoux comme premier ministre.Nous affirmons que tous les collègues de M.Parent étaient contre lui comme premier ministre.Et il est premier ministre.Lui, sans prestige, sans éloquence, sans science, sans réelle valeur intellectuelle, il devient le successeur des Chauveau, des DeBou- cherville, des Joly, des Chapleau, des Mercier, des Taillon et des F ynn! Cette humiliation, c'est le gouvernement fédéral qui nous la vaut.Nous allons lui en tenir compte en consacrant tous nos soins en même temps à la créature Parent et aux créateurs Laurier et Tarte.L'Union Nous ne ferons pas la campagne électorale qni s\u2019ouvre contre un parti, ni contre une mesure gouvernementale quelconque.Nous combattons un homme qui n\u2019eût jamais de parti, ni aucune conviction, un sans-patrie de la politique errant d\u2019une faction à l\u2019autre, toujours prêt à renier son passé, toujours prêt à épouser toutes les causes pourvu qu'il y'trouve rémunération.Libéraux et conservateurs se sont donnés la main pour le jeter dehors ; ils se sont ralliés à la bannière d'un honnête homme ; Qu'ils restent fidèles à leur nouveau drapeau.On a fait taire une fois l'esprit de parti devant la nécessité absolue de réunir toutes les forces et toutes les énergies contre l'idole à renverser.Restons jusqu'à la fin ce que nous avons été une fois et que le vent dela discorde ne vienne pas souffler sur les esprits et rendre stériles lés efforts de chacun.Unis, nous serons forts ; le suc- cts nous est assuré,\" Et malheur à ceux qui voudraient se séparer du gros de l'ârmée ; ils courent à leur perte tout en rendant moins éclatant les succès définitifs.° Libéraux, conservateurs- indépendant, soyons unis jusqu'au bout et n° ayons qu\u2019un même désir; qu\u2019une même ambition : Renverser*Savasd ! 2° Lès emballés.: : frère \u2018succomber à la tentation de qu\u2019elle sait pèofiter de l'aubaine et chan ne pas le: cher 4 tout 1 \u20ac suite, wr! Quand la Vérité voit un can: 1 lui \u201cdonner la \u2018riposte il faut avouer, raison, au dire des gens sages ; mais, d'un autre côté, elle eut toujours le dernier mot, toujours une porte pour sortir Rant mal que bien, Depuis que nous l'avons interpellée (par manque d'expérience, dirait le Progrès en .son mielleux langage), il y a longtemps de cela, elle n\u2019a pas failli à la douce tâche de nous consacrer quelques lignes chaque semaine Son numéro du 29 septembre contient à l'adresse de la Défense un charge contre les découragés.La pièce est de grande allure, ce qui n'empêche pas son auteur de cueillir en passant un subjonctif malhonnête échappé à notre correcteur d'épreuves : soin du détail, verts des grands capitaines ! Citons un peu,le confrère y tient: La Défense se contente de batailler pour un parti tout en s\u2019écriant avec les Débats : Afaudits soient les partis * Le rédacteur de la Défense est un découragé, manifestement.Les découragés n'ont jamais rien fait dans le monde, et ne feront jamais rien.Inutile de compter sur eux.Ils voient le mal et aussi ce qu\u2019il fandrait faire ; mais ils n\u2019ont pas le courage\u2014 étant des d'écouragés\u2014de faire le moindre effort pour quitter le mal et pour aller vers le bien.\u201c* C\u2019est impossible \", voilà leur éternel refrain.\u201c L'état actuel des esprits cn notre tre pays \"\u201d, dit lë rédacteur de Ja Dé- Jense, ne permet pas de songer à constituer un Centre qui serait pourtant fort désirable, il l'admet, puisqu\u2019il lui donnerait son \u2018\u201cappui le plus sincère\u201d.Mais, confrère, dites-nous donc dans quel but faites-vous du journalisme ?N'est-ce pas, précisément, pour former l'opinion, pour redresser les idées, pour donner aux esprits l'orientation nécessaire ?Si ce n'est pas pour cela que vous faites du journalisme, quel est votre but ?Et si, réellement, vous êtes d'avis qu\u2019un Centre, tel que nous le proposons, mériterait votre \u2018\u201c appui le plus sincère \u201d\u2019, pour quelle raison refusez- vous de diriger l'opinion de vos lecteurs dans ce sens ?Vous vous contentez de ce que nous avons, tout en vous écriant : Maudits soient les partis ! - Vous donnerez votre ** appui le plus sincère \u2019 au Centre, quand il sera constitué.Mais vous ne ferez rien, dites-vous, pour hâter la réalisation de ce projet ! Permettez-nous de vous dire que voila une singulière conduite chez un journaliste qui prétend \u2018\u2019 consacrer sa vie à la vérité , selon la devise de votre journal.** Où trouver seulement dix justes, dites-vous, pour sauver au moins Il y à beaucoup plus de \u2018\u2019dix justes\u201d qui approuvent cordialement l\u2019idée d\u2019un centre.Et le nombre des partisans de ce projet augmente tous les jours.Qui nous dit que le projet n'aurait pas reçu, à l'heure qu\u2019il est, un commencement sérieux de réalisation, sans les découragés de votre espèce qui, tout en maudissant les partis, tout en-re- connaissant les ravages de l'esprit de faction, refusent de faire le moindre effort pour sortir eux-mêmes et pour faire sortir le pays de l'horrible ornière \u2018des partis établis ?Quoi qu\u2019il en soit, pour notre part, nous allons travailler de notre mieux à préparer les esprits en vue de la formation d'un Centre quiaura\u2014peut-être\u2014 * l\u2019appui le plus sincère \u2018\u2019 de la Désense.une fois constitué, Verrons-nous jamais la réalisation de ce projet ?Peu importe ?C\u2019est l\u2019effüt que Dieu demande, et non point le succès.Le directeur de la Vérité fait.du journalisme depuis un grand: nombre d\u2019années.Renfermé dans le.-de-| maine des idées purement abstraites, il n'a jamais su descendre dans le monde des faits pour siy Orienter, ni discuter avec la bonne foi nécessaire à tout homme qui veut convaincre et faire le bien.Tidiscute\u2019 pour discuter, | pour con- rver une position prise assez ivent à la diable, mais.-chère al à-son cœur quand même, C'est un démolisseur ; il ne sut| forte A aucune entreprise.- M.5 jamais sien édifier, ni i prêter main-|- La Férité n'eut pas toujours| Tardivel ne voit que ses utopies et condamne tout le reste sans distinction, réservant ses critiques les plus acerbes pour ceux qui auraient été ses meilleurs amis ct qui pensent beaucoup comme lui sur une foule de questions.C'est Ainsi que, prétendant faire la guer- aux libéraux, il leur fournit des armes et gratific de ses épithètes les plus choquantes les conservateurs dont il voudrait généralement le triomphe.\u201c 1 y a beaucoup plus de dix Jjustes qui approuvent I'idéc d'un Centre.\u201d Soit ! mais, y a-t-il dix justes qui croient l'idée réalisable et qui soient prêts à s\u2019en faire les champions ?C'est là le point.Si vous les avez, faites-les voir et marchez ! Si vous ne les avez pas, trouvez-les : c\u2019est par là qu'il faut commencer.Et, pour vous montrer véritable organisateur, ayez d\u2019abord un chef, absolument désintéressé, sans peur et sans reproche, qui n'ait point comme vous la maladresse de faire le vide autour de sa cause.Quand le chef sera trouvé, enrôlez les soldats.Cherchez cette armée de preux à travers les éléments de discorde que fournissent abondamment en notre pays deux religions et deux nationalités différentes, puis mon- trez-vous au public.Nous vous promettons que cette simple ma- næuvre vaudra inieux que toutes vos théories et que tous les articles ficlleux où vous cherchez à massacrer vos confrères ct nos institutions.On ne procède pas autrement dans le monde qui vit ct s'agite, Les découragés de notre espèce prennent les hommes et leurs opinions tels qu'ils les rencontrent, avec leurs misères.Ils s'efforcent d'en tirer tout le bien possible, encourageant ce qu\u2019ils croient bon, condamnaut ce qu'ils croient mal, ct ce sans aller plus vite que ne le comporte le sujet.Avant que de travailler à la forination et à l\u2019éducation d'un groupe, ils s'attachent à former des individus, bien sûrs que le groupe se retrouvera de lui-même en temps utile pour repousser les mesures répugnant à la conscience individuelle.Les découragés de notre espèce ne découragent personne pas l\u2019exposé d'un idéal chimérique et ne manquent pas de vaillance.Seulement ils regardent où peut aboutir une voie avant de s\u2019y engager.Ils ne s\u2019usent point en luttes stériles.Ils ne s'emballent pas ! Maintenant, dites votre dernier mct, confrère, et closons le débat.Tait utile & personne et ne vous convertirait pas.Nous avons tous deux mieux à faire que de poursuivre cette querelle.Le testament d\u2019un évêque Nous donnons aujourd\u2019hui à nos lecteurs le testament spirituel de Mgr Gauthe-Soulard, l'illustre archevêque d'Aix dont nous avons annoncé la mort il y a quelques semaines, Ce testament a été lu en chaire, À la cérémonie des obsèques, par M.le vicaire-général Guillibert : Je tiens à déclarer ici les vrais sentiments de mon cœur, et faire mon testameut spirituel.1° Je remercie Dicu de m'avoir fait naître de parents très chrétiens et d'avoir été élevé par une mère \u2018toute jeune, ma reculé devant aucune peine et aucun sacrifice pour faire de moi un bon prêtre, je dois toût à ma mère ; 2° Je crois et je professe | toutes les doctrines de VEglise Cattiôtique, apgstolique et romaine, que j'ai servildé mon mieux dans les \u2018différents ministères qui mon\u2018 été cônfiés.De mon mieux, cela veut très médigérément, Une discussion plus longue ne se-\u201d très pieuse, qui, devenue veuve.Je demande pardon à Dieu, par les mérites de Jésus-Christ, de mes négligences, de mes manquements de mes fautes innombrables.3° Malgré mes nombreuses iniquités, j'ai une confiance absolue «dans la miséricorde divine que j'ai prêchée si souvent.J'ai beaucoup, aimé les enfants ct les pauvres; je crois que ces deux classes d'amis de Notre-Seigneur Jésus-Christ seront mes meilleurs défenseurs à son tribunal, devant lequel je tremble de paraître.4° Si j'ai des ennemis, je ne les connais pas ; je leur pardonne de bon cœur.Je n\u2019ai cherché que le bien de mes paroissins, pendant mes vingt et un ans de ministère paroissial.Dans mon administration diocésaine, je crois n'avoir cherché aussi que l'intérêt des Âmes, de mes prêtres que j'aime de tout mon âme.Mes conseillers de tous les jours peuvent me rendre ce témoignage.5° Je recommande À mes chers coopérateurs l'amour de tous leurs devoirs, la pratique de l'oraison la visite au Saint-Sacrement, le désintéressement, un grande réserve dans les actes ct les paroles ; le soin des malades, des pauvres, des enfants, au catéchisme, en classe, au confessionnal.Qu'ils | les de bronze et si je pouvais en ce moment être entendu du fond de l\u2019éternité, je ne tiendrais pas un autre langage.Que Dicu nous reçoive dans sa miséricorde, quand l\u2019heure sera venue ; qu'il accepte le sacrifice de notre vie comme unacte d'\u2019amour parfait, et que nous méritions tous d'entendre cette douce parole : \u201c Venez, les bien-aimés de mon Père, posséder le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde,\u201d Aix, 20 avril samedi-saint 1889.XAVIER, archevêque d'Aix\u2014\u2014 en -La pulpe canadienne À L'EXPOSITION DE PARIS Les récompenses nombreuses accordées à l'IExposition Canadienne indiquent suffisamment la Place importante qu'elle occupe parmi les autres nations du monde civilisé, Ie Canada compte 33 Grand Prix, 64 médailles d'or, $5 médailles d'argent, 56 médail- 28 mentions, ce qui porteau chiffre de 261, le nombre de prix que notre pays a reçus.Nous pouvons, À juste titre, être fiers de ces marques de distinction.Un Européen nous s'aiment les uns ct les autres,qu'ils se rendent mutuellement service, qu'ils s'attachent à leurs paroisses, quelque modestes qu'elles soient, se rappelant qu'on ne fait du bien aux hommes qu'en les aimant.G° Je n'accepte qu\u2019une seule couronne sur mon cercueil le jour de ma sépulture.On mg mettra au doigt un simple anneau en cuivre, avec une croix du même métal.C'est bien assez pour unc vile poussière.Je dispose plus utilement de mes croix ct auncaux.Je refuse absolument une oraison funèbre, parce que je tremble d'être comdamné par le souverain juge, pendant qu\u2019on me donnerait sur la terre des vertus et des mérites que je n'ai pas.J'ai besoin de beaucoup de prières : je les demande avec instance À mes nombreux amis, à mes anciens paroissiens de St-Vincent de l'aul, de St-Pierre de Vaise, à tous mes bien-aimés coopérateurs et diocésains, aux communautés rcligieu- ses dont je me suis beaucoup occupé iciet dansle diocèse Lyon.Je remercie dans l\u2019effusion de mon âme les personnes charitables ct généreuses qui ont mis entre mes mains des sommes très considérables pour les œvvres de charité.Je suis une preuve qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire d'être riche pour donner beaucoup : le mérite tout entier en revient à mes bienfaiteurs ; moi je n\u2019ai eu que le bonheur de faire le bien en leur nom.Ma pensée intime est que mes jours sont comptés : c'est la conviction profonde de ma fin prochaine qui m\u2019a fait tant hésiter à accepter l\u2019épiscopat : mes goût ct mon de terminer mes jours dans mon humble paroisse.cise, très bons : vive reconnaissance.Dieu, dene pas travailler le dimanche, d'assister ces jours-là aux offices de la paroisses, de bien élever leurs enfants, -de les instruire par le catéchisme, de soutenir les écoles catheliques.Encore quel- ea présence de Dieu, avec les seules bonnes œuvres qu\u2019ils auront faites.moe âge m'en éloignaient, Je crois en- corc que j'aurais mieux fait de Je n\u2019ai qu'à me féliciter de l'ac- cucil ct du concours que j'ai rencontré à Aix et dans tout le dio- Clergé ct fidèles ont été je leur exprime ma Je recommande à mes chers diocésains d'aimer et de servir ques jours, et,ils seront comme moi: remarquait clernièrement que, toutes proportions gardées, le Canada avait reçu pour sa part autant, sinon plus que les autres pays, y compris la Russie.Le mérite en revient, Aux exposants ct au frou verttettent qui a su organiser une exposition, dont le succès mainte- nuit assuré, n été hautement proclamé par les jurés étranger, l\u2019armi les industries reconnues d'une manières spéciale, notons : l'industrie canadienne de la pulpe, dont les deux compagnies exposantes, lu \u201c Laurentide Pulp Co., Ltd \", de Grand-Mère et la * Cie de Palpe de Chicoutimi \u201d ont reçu une médaille d'or, 11 n'ya aucun donte que le commerce de pulpe zhez nous est appelé à prendre des développements extraordinaires.Elle deviendra, selon l'expression d'un de nos écrivains distingués, \u2018une œuvre éminemment nationale.Le Canada est, de tous, les pays, le plus riche en forêts, er forêts d\u2019épinettes et de pins surtout, qui sont les bois les plus propres à la fabrication de la pulpe.Les Etats-Unis viennent chercher chez nous leur matière première ; en 1889,le Canada a exporté pour $1,500,c00 de pulpe de bois dans la république voisine.En Angleterre on trouve notre pulpe supérieure à celle de la Scandinavie et d'année en en an- néc, on constate une augmentation sensible de cette partie du commerce sur le marche européen.On a de plus la certitude qu.les forêts d'épinette du Canada na seront jamais dépeuplées, À cause de la croissance rapide des épinettes, et la fabrication de la pulpe pourra se continuer en tout temps parce que c\u2019est le seul pays au monde qui a assez de pouvoirs les fabriques en opérations, Le premier grand établissement de pulpe fondé en Canada est la \u201c Laurentide Pulp Co \", et son capital est de $3,000,000.Cette compagnie a expédié, cette année, plus de 400,000 tonnes de pulpe ct le chiffre de ses affaires va toujours en augmentant.Elle fournit à deux grands jon.naux \"de New-York Zhe World et The Sun tout le papier dont on a \u2018besoin.pour leur impression, + 20 exposition au pavillon canadien est considérable ct indique à pie: mitre vue son importance.Elle Tin y à de-bon-.\u201cque d'aimer.occupe, avec la Cie\u2019 de P ne Dieu et de gar er ses.Sbinmañdé- ie © n 'est'rièn, et Chicoutimi, un espace\u2019 consid (Suite à la 4ème page).d\u2019eau pour alimecter sans cesse des iles Anñe- , TRADITION DE LA MER BRETONNE (Suite) Mais la harpe, le couteau et la serpe était couverts de poussière, tandis que l'image du Christ, ap: \u2018Perdue au-dessus de la couche de \u201cla jeune fille, brillait et attestait des soins respectueux de chaque jours.De dchors, en haut de la falaise, on ne voyait rien.Le toit de cette demeure souterraine, presque aussi vicille que le sol, s'était couverte à la longue d'une couche de mousse et de fucus sem blable en tout À la maigre végétation environnante.\u2014Ma fille, dit enfin le moine, vous êtes forte ct courageuse ; mais vous ne suffirez pas à votre tâche de cette nuit.\u2014Il y a un vaisseau dans la baie, répondit Anne ; je le sais.\u2014Il y a deux vaisseaux ma fille, \u2014Que Dieu les protège, mur mura Anne.Si l'effort d'une chré tienne peut les sauver, ils ne périront pas mon père.\u2014Noble enfant! dit dom Geoffroy en appuyant sa main sur I'épaule d'Anne des Iles.Le courage de la foi est en vous ; mais il ne faut point tenter la Providence, ct cette nuit vous aurez un auxil- liaire.\u2014Qui ?demanda la jeune fille avec vivacité.\u2014Niel Roz de Kermor, prononça lentement dom Geoffroy en attachant sur elle un regard perçant et inquiet.Anne changea de visage A ce nom.Une rougeur subite couvrit sa joue, qui, bientôt après, devint plus blanche que la neige fratche- ment tombée.\u2014Nicl Roz de Kermor ! répé- ta-t-clle.\u2014II va venir, dit encore dom Geoffroy.\u2014Ici ! s'écria la fille de Joël avec agitation ; ici.Niel Roz.Jamais ! Puis, se levant et faisant sur elle-même un soudain effort, elle ajouta avec calme : \u2014Niel Roz de Kermor est entré ici une fois, mon père.La porte nc se rouvrira point pour Jui.\u2014Hélas ! dit lc bon religieux à voix basse, que faire pour sauver les malheuréux menacés de nau frage ?\u2014Ecoutes-moi mon père, reprit Anne des Iles d'un ton tranquille et ferme, Niel Roz est un bon marin ; qu'il monte la barque du couvent.\u2014Le couvent n'en a plus, ma fille, les pirates d'Ouessant l\u2019ont coulée.: \u2014Alors, qu\u2019entendez-vous de moi ?\u2014Je voulais, dit le vieillard, je voulais frapper d\u2019une terreur salutaire les cœurs endurcis des habs tants de la cote.Niel n'a pas reparu parmi cux depuis cette nuit \"ot il aborda sur le rivage de Sen.\u2014Je le sais, mon père.=]ls le croient mort.S'ils le voyaient venir à eux tout à coup au moment où occupés de leur|- abominable besogne, ils dépouilleront les naufragés, peut-être seraient-ils saisis d'épouvante au point d\u2019abanner leur proie.Anne réfléchit une seconde, \u2014Ils l'ebandonneraient, dit-elle je crois qu'ils l'abandonneraient.Mais il faudrait donner place à Niel Roz dans ma barque.\u2014II le faudrait, ma fille.On entendit le bruit d\u2019un.bâton ferré frappant contre le roc.\u2014'Eh bien ?dit le moine.Anne s'était levée.\u2014Je conduirai Niel Roz en terre ferme, dit-elle.; Le soir où Niel Rozde Kermor avait quitté la côte pour se réndre pris d'Anne, il avait, avant d\u2019esca- Jadler la falaise, abandonner sa barque, faiblement amartée, à la merci des flots.La barque fut détachée par la marée montante et ses débris furent portés à la côte.Ei fallait-il davantage pour moti: ver le:bruit de sa mort, Après/avoir \u2018abandonn sa bar- ae ea Ea 3 \u20ac chercher, il avait fini par trouver l'entrée de la demeure souterraine.Niel était robuste autant que hardi ; la poite, violemment ébranlée par lui, céda ; il entra.Anne des Iles, dont lc père était mort depuis peu,
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