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Titre :
La nouvelle barre du jour
Éditeur :
  • Outremont :La Nouvelle barre du jour,1977-[1990]
Contenu spécifique :
L'anovulatoire
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Barre du jour
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La nouvelle barre du jour, 1978, Collections de BAnQ.

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[" Mario Campo 12 73 L\u2019anovulatoire nbj id = -\u2014 - = \u2014 Er = oo Eaten) pee.= cos vs ES Lt = = = pe ERE LL = SA I che PRI sl i » RE © = os = ct Rad OD) aie _.co cos B | EEE AO OT ac er = A pee 3 Fry TERED PR eh CRN Fy en Ll TIM ~ Se or I.pao ey = = RS oy a RT hy 2 ES LES ne ÈS Sos L\u2019anovulatoire il a ar eo pom rs a.ee en Co na.I.me ra Lo 4 Cas = Spans gS 5 Gia a a = 3 = > \u201c il Mario Campo L\u2019anovulatoire nbj 3 1 Tous droits réservés pour tous pays © Mario Campo, 1978. S\u2019habitue, se forme l\u2019oeil à la lettre.Retrouver le plaisir à lire.Dire ce qu\u2019on veut toujours écrire sans jamais le faire.La rétine de la rime ouvre la voix des maux.Le crayon ne sera pas prétexte de pénis en érection.Ré(d)action.J\u2019esquisse le risque du non-retour, mais à l\u2019inverse.L\u2019envers de la ligne de coeur au creux du livre.La main lue, «déjà vue», relue; le second souffle qu\u2019elle retrouve comme la page retournée après l\u2019épreuve. re Vide avide de solution.La page étanche sous les mots qui l\u2019épanchent d\u2019absolu.Cadre à la hauteur de la rue où l\u2019auteur suit le sujet jusqu\u2019au cul de sac de l\u2019introduction.SS) La poésie a signé la mise en page (scéne?).La prose entre dans la peau des phrases.\u2014 pater La forme revêtira l\u2019uniforme de tous les jours.Quand elle changera de costume, ce sera pour faire entracte au drame et transgresser l\u2019écriture de l\u2019autre côté du miroir, sous une cloche de verre.Pour l\u2019espoir et l\u2019imaginaire.Réversion du livre dans son contexte: Place Bonaventure.Vue par la fenêtre pa- nora-paranoïa-mique près des ascenseurs.Place Victoria, la Bourse, la course (de rats), rue St-Antoine, St-Jacques.Nous ne pourrons jamais y échapper concrètement.La grosse machine tourne.Le tour de la machine grossit.Rien n\u2019a changé.Utopie.Désespoir.Affaires affres, Politique polémique.Réconfort, même par un froid d\u2019automne gris, grisé, assis sur un banc dans quelque square: les oiseaux, leurs cris, leur vol, leur liberté\u2026 Vouloir tout dire en un livre, si comprimé soit-il.Comme vouloir trouver l\u2019antidote de la mort en un seul comprimé.Nervosité.Angoisse.Ces pages ne règlent rien.Quelles sont celles qui l\u2019ont déjà fait? Race d'homme qui domine: Carter, Brej- nev, Sadate, Begin, Giscard d\u2019Estaing, Trudeau, Suarez, etc\u2026 Derrière eux, ceux qui tirent les ficelles: les financiers.Tous ces salauds chauves et bedonnants ou clean-cuts, after-shave, tempes grises et têtes d\u2019attaché-cases, que vaudraient-ils pour une femme sans l\u2019argent, le prestige et le pouvoir?D\u2019objet deviendrait-elle objection?Leur sale égo bandé comme le pouvoir.Les financiphallocrates.Sans tout cela, ils auraient pu devenir les «vulgaires clochards» ou les «suicidés» qu\u2019ils méprisent tant.L\u2019argent pour impressionner et posséder les femmes.Et leurs femmes se laissent impressionner et posséder par l\u2019argent.11 Voilà l\u2019homme, le «vrai», celui qui lit Playboy, qui place son argent en Suisse, qui siège au conseil d\u2019administration de plusieurs multinationales, qui possède un yacht en Méditerranée ou aux Caraïbes, ou les deux.Voici celui en passe de le devenir, le jeune homme d\u2019affaires plein d\u2019avenir, le jeune cadre suspendu à l\u2019ambition, qui a une auto sport, qui fréquente les discothèques de l\u2019ouest, qui habite un bachelor au Xème étage d\u2019une tour ou d\u2019un complexe de demain aujour- d\u2019hui.Etre.Paraitre.Sembler.Devenir. Place Bonaventure, Place Ville-Marie, 2020 University, Peel-Ste-Catherine, Complexe Desjardins.L\u2019éminente pourriture grise.Les big boss- men, les petites secrétaires à la mode, à la moppe, waitress de cadres, pin-ups d\u2019overtime.Les femmes doivent cesser d\u2019être secrétaires, caissières, hôtesses de lair.Mais l\u2019argent, la garde-robe, le chum Travoltisé, chromé, plein d\u2019avenir, en Corvette blanche.Le shopping, l\u2019appartement dans un building, le dancing, le bronzage-club Méditerranée l\u2019hiver, les parties de bureau.Strip-tease.Sugar daddy.Hommes d\u2019affaires qui troquent leur complet de lavé pour des beaux jeans délavés et une chemise serrée, déboutonnée, laissant voir leur poitrine de mâle au Limelight le samedi soir.Tout affronter sans broncher.Ne pas avoir froid aux yeux, comme John Wayne devant les Indiens ou Steve McQueen sur sa moto.Être.Paraître.Sembler.(devenir?) 13 Ambiguïté: tout a été dit et tout reste à dire.L'Europe s\u2019américanise.McDonald\u2019s a Paris, un peu partout.Même entre Clichy et Pigalle.a L\u2019argent et le sexe.Le quart de livre et la «french frie».La machine tourne encore, plus que jamais.Ceux qui en doutent devraient sortir de leur boîte et voyager.Ils y trouveraient la plus réelle et concrète des surprises en boîte.La planète réciproque au mouvement de la machine.Sans équivoque.Le nombre de marginaux a augmenté.Celui des Holiday Inn aussi.14 Qu\u2019on le veuille, le comprenne, l\u2019accepte ou pas, Kojack et le docteur Killey font mouiller beaucoup de femmes.Les jeunes s\u2019Elvissisent et se Travoltisent.Les filles recommencent à porter des talons hauts.À la hauteur de leur régression.Le piège tendu.Celui de l\u2019argent, donc du fashion, du look.Lovelace en loques.Me désarmer du glaive.Me dénormâliser.Me «déshommer» sans me déshumaniser.Apprendre à connaître ce moi-même asexué.Pour changer l\u2019axe.L\u2019axiome.L\u2019axihomme.15 Le poète revit la nuit.Pour l\u2019homme d\u2019affaires: les insomnies, conjoncture-conjuration économique, cauchemar mélangé au scotch, sueur, aspirine, et l\u2019odeur de la petite secrétaire.Le matin renoue avec le noeud de la cravate.Et à nouveau la lutte pour le surplus.La pause café.Les affaires sont difficiles cette année.Les profits n\u2019augmentent pas aussi vite que prévu.Le P.D.G.pestifie, cognac d\u2019une main, maxi-filter de l\u2019autre.L\u2019autre vie.Adolescent, Rimbaud y avait pourtant cru.Pourquoi, après avoir abandonné la poésie, a-t-il cherché à faire fortune dans le commerce?A l\u2019ombre des châteaux, nous écrivions des vers qui rimaient avec mirage. MANAG ak Que faire lorsqu\u2019on a une ame d\u2019artiste, une stature féminine, qu\u2019on est non-mâle (donc anormâle), sans affaires, ni athlétique ni sportif\u201d L\u2019homme-artiste: un parasite, un non-productif.Mon père: «C\u2019est bien beau l\u2019art, mais ça ne paie pas.» Parce qu\u2019il faut que ça paye.Pour un homme c\u2019est pire.\u2014 «Comment va-t-il faire vivre une femme et des enfants en étant poète?» Parce que le mâle doit faire vivre la famille.Le chef, le boss, la femme pour le servir, les enfants pour prolonger son égo, continuum, continu-homme.Un homme qui ne travaille pas est un lâche, un sans-coeur.Un garçon doit ressembler à son père sinon il fera une tapette.Celui qui refuse de devenir homme affronte autant de clichés, de contraintes et de mépris que la femme.Car il est un peu femme.Mêmes travaux de bassesse, l\u2019industrie, les restaurants, les petits bureaux, salaire minimum.Refuser un certain bien-être pour le Bien-Etre.Moins payant, mais moins dégradant.17 Les parents s\u2019inquiètent: « Va-t-il faire une tapette, un bum, un maudit lâche sur le Bien-Etre?Pas une femme ne voudra de lui.Regarde ton cousin c\u2019est un petit homme, lui.Il a une job steady, un char, il va se marier le mois prochain et tous ses meubles de chez Roland Gagné sont payés.Il va même à Wildwood cet été.» Parallèlement à ce refus de devenir un « petit homme», vie plus artistique que financière, recherche d\u2019une femme qui n\u2019attend pas l\u2019homme responsable, de carrière, de standing, l\u2019homme héroïque, l\u2019amérique\u2026 Préférer être poète de troisième classe que vendeur chez A.Gold and Sons.La destinée n\u2019est plus entre les mains du destin.Les psychanalystes le savent, depuis un certain matin de la nuit inachevée.La nuit a des ailes pour ses oiseaux. Conception de l\u2019orgasme par l\u2019homme: l\u2019éjaculation.La femme ne «vient» pas.La frigidité.Y a-t-il vraiment des femmes frigides?Ou sont-ce les hommes qui se font l\u2019amour, comme Robert Redford semble s\u2019embrasser lui-même quand il donne un baiser a sa partenaire?Pour l\u2019homme, la carrière, le standing, l\u2019importance de la réussite sociale et professionnelle équivalent à la beauté, au sex-appeal et à l\u2019idiotie de la poupée-objet.Certaines femmes-objet pourront cesser de l\u2019être le jour où elles cesseront de se prendre pour des objets.La réalité a encore du temps devant elle.Ce livre n\u2019est réel que pour le temps entre la couverture (le titre?) et l\u2019envers (?).La liberté ressemble de plus en plus a une statue.19 L\u2019anovulatoire.Entre homme et femme.Depuis que l\u2019homme s\u2019est élu le grand «H».L\u2019Humain.Le Mâlin.Et la femme?Des définitions \u2014 Homme: Etre appartenant à l\u2019espèce animale la plus évoluée de la terre.Seul représentant de son espèce.Individu appartenant au sexe doué du pouvoir de fécondation.La puissance sexuelle.Force.Énergie.Viril.L'homme considéré comme possédant les qualités de courage, de hardiesse, de droiture propre à son sexe.Qu'est-ce que je fous ici?La femme: Être humain (au moins) du sexe qui conçoit et met au monde les enfants.Qui reproduit l\u2019espèce en produisant des ovules fécondés par le mâle.Épouse.Domestique. La guerre des sexes s\u2019éternise.La plus longue que la terre ait connue.Et nous faisons l\u2019amour en même temps que la guerre.Attardés, aliénés au sexe dans l\u2019identification d\u2019un moi.Sexe tel qu\u2019on le conçoit: «Le sexe ressemble beaucoup à la guerre.C\u2019est une lutte pour la vie et la mort».(H.Miller, Le monde du sexe.) Appareil de reproduction et de jouissance.Telle devrait être sa seule fonction.Évidence: j\u2019ai un pénis et deux testicules.Ça donne le droit d\u2019ê- tre phallocrate, de conquérir, de dominer, de posséder, d\u2019exploiter, d\u2019asservir et (par la force des choses) de tuer.21 «Les femmes n\u2019ont aucunement contribué à la psychanalyse.Les réactions des femmes sont encore une énigme, et la psychanalyse demeurera imparfaite tant que nous n\u2019aurons pour baser nos assertions que la connaissance des hommes.Nous présumons qu\u2019une femme réagit comme un homme, mais nous n\u2019en savons rien.La vanité de l\u2019homme est plus grande que celle de la femme \u2014 parce que toute son existence se fonde sur un culte masculin de conquête, depuis la Nuit des Temps, alors que celui qui ne pouvait chasser et n\u2019était pas robuste mourait.Sa vanité est immense et les blessures qu\u2019elle peut recevoir lui sont fatales.» (Dr.R.Allendy, Paris, 1932) Sans commentaires.22 Seules les femmes saignent.Mon sang coagulé dans le muscle perpendiculaire à la lame, s\u2019il fallait un jour que la seule solution.L\u2019homme ne doit pas pleurer, ça ne fait pas viril.Moi qui ai tant versé de larmes.Serais sûrement impuissant à l\u2019heure actuelle.Avoir des sentiments, c\u2019est être féminin, avoir peur c\u2019est être femmelette.Dans l\u2019orgasme, j'oublie pénis et vagin.Le paroxysme n\u2019a plus de sexe, ou s\u2019il en a ce sont les deux à la fois.Masminin.Féculin.L\u2019intersexion ou nous nous rencontrons, ou nous ne combattons plus.«Le territoire de la femme est ce que laisse intact le désir de 'homme.L\u2019homme attaque le centre vital.La femme remplit la circonférence.» (Anaïs Nin) 23 Ce qui semble davantage essentiel qu\u2019une libération illusoire de la femme, c\u2019est celle de l\u2019homme par l'Homme du mal «mâle».Dans sa découverte, son accomplissement, la femme ne doit pas tendre à devenir un double de l\u2019homme: autre piège, quoique très subtil.Nous ne sommes que des étoiles dans l\u2019univers.Autant ce livre n\u2019est qu\u2019un grain de sable dans le désert humain.La page blanche et le silence: les combler, les pénétrer, les explorer, sans les opprimer.Aujourd\u2019hui, on ne peut plus être romantique, passionné.Ça fait con, fleur bleue.L\u2019amant américain (qu\u2019il soit italien, suédois ou français) viril, vil.Mâle par-dessus tout. Passer pour «straight» parce qu\u2019on aime une seule femme depuis des années, qu\u2019on n\u2019est pas homosexuel, bisexuel, trisexuel, aux animaux, aux choses.Les modèles, les modes, elles changent et sont toujours pareilles.La mode n\u2019est qu\u2019une mode.Peu importe pour qui, pour quoi je passe, je passerai sans me retourner.La Renaissance, époque ou les Twiggy et les Farrah Fawcett n\u2019étaient que des anonymes, des détails.Personne ne les regardait.Etre mince était même laid.Les femmes potelées étaient désirées, peintes.Renaissance et Art, trop tard pour moi.Je souffre le siècle.25 Une nuit, je me suis endormi avec mon manuscrit, la joue contre son sourire en coin.Éveillé par une fin de rêve que je voulais trop réelle, j'ai surpris mon bras l\u2019enlassant.Ouvert.Quelques lignes de plus, dans la main de son destin.Refermé.Il ressemblait à un foetus.En le regardant, à la lueur de la pleine lune envoûtant la chambre espagnole, j'ai pensé entre autres à Marie Cardinal, Annie Leclerc, Denise Boucher et tant d\u2019autres.Mais je n\u2019étais qu\u2019un homme.Alors jai pleuré, crié à travers le silence.Déchiré.Larmes.Femmes.Inséparables.L'oiseau noir pleure dans un coin qui n\u2019est pas celui d\u2019une cage.26 Fenêtre ouverte.La douleur passée, la gorge desséchée.Bouteille de vin sur le coin de la table.Comme si c\u2019était du sang de femme.Le manuscrit assoupi.Par l\u2019ouverture de la fenêtre, la nuit, la vie (inséparables aussi), qui cette fois ne se déguisait pas en montage saturnien, mais reproduisait intégralement (chaque molécule devenant un coup de pinceau) une toile: Lumières dans la nuit.Van Gogh.Folie.Celle qu'on libère.Arracher les yeux à leur orbite.Se retourner: éblouissement.La pièce pleine de la pleine lune.Je ne pouvais plus avorter le manuscrit.Je restais anovulatoire, mais j'avais compris.Tant de choses.Comme dans le quatrième mouvement des «Planètes» de Holst.27 J\u2019écris souvent en état d\u2019ébriété.D\u2019autres battent leur femme.J'écoute Léo Ferré qui chante Rimbaud pendant qu\u2019ils regardent le hockey et rêvent de gagner la mini-loto.Vers onze ans, j'avais peur de ne pas pouvoir me marier, avoir des enfants, une maison en banlieue (je voulais devenir médecin, ophtalmologiste plus particulièrement, depuis que la myopie m\u2019avait vue régulièrement au bureau du docteur Matthieu).Dès la première fois où j'entrai dans son cabinet, je sentis que mon choix était fait: je voulais devenir comme lui, quoiqu\u2019en penserait mon père.28 «Je n\u2019ai pas les moyens, et de plus, il faut être bon en calcul pour réussir des études pareilles» répondit ce dernier lorsque je le mis au courant de mes intentions, mes aspirations (mon but dans la vie?).Je fis la sourde oreille à ses propos.Pour l\u2019argent, je me démerderais bien.Il fallait, pour le moment, m\u2019attaquer aux mathématiques.A douze ans, mon aversion pour les chiffres devint telle qu\u2019elle me donnait mal au coeur a vomir sur les tables d\u2019arithmétique.Au rythme amérique.Ce fut l\u2019année des révélations, des premières lectures noires, Baudelaire entre autres.À l\u2019aube de Camus et Sartre.Aversion aussi pour Alphonse Daudet et la Comtesse de Ségur que le professeur nous imposait comme «la littérature».Découverte des beatniks.29 Donc, je ne ferais pas un ophtalmologiste.En cette fin de journée d\u2019octobre, sortant de son bureau, je découvris la poésie environnante, la rue Sherbrooke près de la Bibliothèque, le parc.Poésie que je n\u2019avais jamais vue, même avec de nouveaux verres.Le choix ne pouvait être plus déterminant: vie d\u2019artiste.Magie de l\u2019adolescence.Pendant les cours de mathématiques, écrire des poèmes pour la fille aux cheveux blonds, aux yeux bleus et aux jeans noirs.Nous passions des heures, seuls sous le saule pleureur, a ne pas faire de projets d\u2019avenir.Nous nous soulions de nos sourires.Bonheur.Et les parents voyaient de moins en moins l\u2019homme en moi, pas plus que la femme dans les filles que je fréquentais. La vie n\u2019est pas compliquée, c\u2019est nous qui le sommes.La vraie vie est ici.D\u2019attends l\u2019inspiration devant un kiosque où plus d'hommes que de femmes achétent «Playgirl».Situer le langage quotidien à un autre niveau que chauvinisme-féminis- me.Je ne veux d\u2019autre rapport avec la femme que celui d\u2019égal à égale.Supprimer la notion de rapport autant que possible.Homme objet parfois, pour remettre en cause l\u2019objet.Tant de femmes et trop peu d'elles.Avec elle, au-delà de l\u2019amour: une grande amitié possible.Possiblement la plus grande.Détruire un mythe parmi tant d\u2019autres: l\u2019impossibilité de la vie à deux, de l\u2019amour jusqu\u2019à la mort.Bourrage de crâne du cinéma à ce sujet.31 La génération actuelle régresse autant qu\u2019elle serre les fesses.La libération de la femme, récupérée comme le furent la contre-culture et les hippies.La politique \u2014 nouvelle religion.Instants les plus atroces de mon existence d\u2019«homme-»: les rapports avec les vrais, les «homme à homme» \u2014 le père, les oncles, les cousins, les patrons, les policiers, les fonctionnaires, les camionneurs, les gars de «shop», les playboys, les athlétes, les rockers.L\u2019homme supréme, le sexe fort, le sperme.Spermaschizoidocrates.Le clitoris un petit pénis.Pauvre Freud ou plutdt pauvre femme de Freud.Prouver, toujours vouloir prouver.La suprématie.Suspermatie.L\u2019être suprême: Dieu fait l\u2019homme.A men.32 Mythologie.Grecque.Américaine.Super- Éros.Super-Héros.Supers-Zéros.L\u2019anovulatoire: un chant en mal d\u2019aurore, celui de l\u2019oiseau noir de Montevideo.Je n\u2019ovule que métaphysiquement dans les cycles de l\u2019écriture.Un jour j\u2019enfanterai peut-être d\u2019un roman.D\u2019amour.Aimer, le verbe le plus important, même dans la plus grande littérature.L\u2019art d\u2019abord pour le hors de.L\u2019or sans âme, âme numérique, amérique.Seule ou seul dans son lit avant de s\u2019endormir, les angoisses, les joies, les souvenirs, les questions sont les mêmes.Le maquillage et le masque: futiles.La futilité fuit-elle?On ne joue plus.On se regarde dans le miroir de la nuit pour se voir de plus près, pour vrai.Face à face, plus souvent avec le mal de vivre que la joie.Parce que le monde tel quel.33 Approchant la trentaine, je ne me suis pas encore remis en question.Est-ce anormâle?«Il faut que jeunesse se passe!» disaient nos parents et d\u2019autres avant eux.Par remettre en question, j'entends une orientation prise à l\u2019époque de l\u2019adolescence, des premiers poèmes, d\u2019un refus de la réalité telle que concrétisée par les adultes, les hommes, les «bâtisseurs d\u2019empires».Très jeune, mon père m\u2019a appris à jouer au golf.D\u2019étais doué et j'avais de l\u2019avenir semblait-il, selon un «pro» qui m\u2019avait observé à quelques reprises.J'aurais pu en faire une carrière, avoir une femme platinée et plantureuse, un bungalow en Floride.Dommage pour le monde du sport.J'ai préféré les vers aux verts. «L\u2019homme n\u2019a jamais parlé que de ce qui l\u2019intéressait; de ce qui entravait ou favorisait son accès à la virilité.L\u2019homme a décidé de ce dont on parlerait et de ce dont on ne parlerait pas.L\u2019homme a tracé à l\u2019encre de son sexe le lieu d\u2019exercice possible de toute pensée en général.Et les questions jaillies du sol de l\u2019intérêt viril ne cessent d\u2019être viriles.» (Annie Leclerc, Parole de femme) Et l\u2019homme créa la femme.35 Hôtel Éden.À l\u2019est de.Les enseignes de la nuit enseignent la vie.La vie de la ville.La lune comme une femme.Errer, partir à la découverte de la poésie après minuit.Les hommes sommeillent, exténués, fatigués d\u2019être des hommes.Ils reposent la bête, le guerrier.Dans la géométrie de la cité, au milieu des hypothèses, des raisonnements, des preuves, des conclusions, l\u2019imagination se désixyzise.Ville étrangère (Nord de l\u2019Afrique, Grèce, Sud de l\u2019Italie) où seuls les hommes peuvent sortir le soir; durant le jour, ils séquestrent leurs femmes aux travaux ménagers pendant qu\u2019ils draguent (pour ne pas dire assaillent) les filles.Je dois me faire plus «homme», protecteur, jouer aux bras.Et j'oublie la poésie quand monte en moi l\u2019envie de les défigurer.36 Aberrant: récemment paraissait dans «Perspectives» (lesquelles?) un article sur le retour de la femme-objet à la télévision américaine.C\u2019est d\u2019ailleurs cette dernière qui avait commercialisé, exploité et récupéré un «certain Women\u2019s Lib» avant que le cinéma s\u2019en empare.Et voici maintenant qu\u2019elle rétrograde.Le cinéma suivra.On peut déjà en avoir un avant-goût avec la «fièvre Travolta» et les filles qui remontent leur maquillage «sois belle et tais-toi» (et tiens-toi sur tes talons 6!) Plus ça change plus c\u2019est pareil.Je garde toutefois le souvenir d\u2019un séjour en Crète où j'ai appris que jadis, sur cette île, la femme n\u2019était nullement inférieure mais égale à l'homme dans tous les aspects de la vie.Il faut hélas remonter à 1400 avant J.C.Et depuis.37 «La fin d\u2019une étape: recommencer le cycle des mots.Si tout doit être redit, identique, les pages futures n\u2019auront d\u2019existence que par leur surface blanche.Mais le cycle n\u2019est pas la répétition parfaite et c\u2019est en quoi il permet quelques variantes, ces variantes qui toujours laissent entrevoir un renouveau total.» (Nicole Brossard, Un livre) Le stylo à bille habille la page.Après lui avoir fait l\u2019amour.Je ferme les yeux dans le coît, cet oubli du pourquoi, et au détour de la hanche je vois le jour où nous serons comme la mer et le rivage.Te dire comme je t'aime.Comment te dire que je t'aime?38 Tard dans le noir, quand la nuit tarde à remplacer l\u2019ennui par l\u2019espoir, quand la seule couleur du spleen déteint sur le blues de nos jeans.Boulevard St-Germain.Feu rouge.Les voitures attendent.Feu vert.Elles repartent.C\u2019est normal.Une musique balinaise ailleurs que dans les oreilles, déambulant sur l\u2019avenue où Breton a peut- être cherché Nadja.Sous le Pont-Neuf la Seine repasse et de l\u2019autre côté la scène se lasse.J'aime une femme qui joue la vie comme au théâtre et au cinéma.Intense.Vraie.Elle est ma muse et on s\u2019amuse, l\u2019après-midi, à jouer au Grand Meaulnes.39 | Les cernes des yeux et le silence des mots 3 attendent la fin de la nuit, du récit.La pluie tom- f be.Les hommes dorment.Le poète ressemble à 1 une machine a écrire.1 Demain les arbres auront perdu quelques 1 feuilles de plus.Quelques-unes resteront, le temps 1 de donner leurs couleurs a celles du recueil.Femme, j'aurai besoin de ta chaleur, de ta douceur, et de ta présence pour combler le vide blanc de l\u2019hiver.32 dé Ls 2 i A a 7 i i 40 \u2014_ Et au printemps.On s'aimera DE PENT 23 = 2: \u201d Te x + = = a Pn gay ee es 7 LUN Le OC ET es = UE ee EN Composé en Press roman corps 11, cet ouvrage a été imprimé sur papier Byronic des papeteries Domtar par François Collette, de l\u2019imprimerie Le mégaron, à Saint-Sauveur-des- Monts, en novembre 1978, pour le compte des Editions de La nouvelle barre du jour.Il en a été tiré 700 exemplaires numérotés à la presse de 001 à 700 et quelques exemplaires hors commerce marqués H.C.N°9 171 \u2014P\u2014P pm Numéro d\u2019éditeur: 2 Numéro d\u2019imprimeur: 9 Dépot légal: quatrième trimestre 1978 | Bibliothèque nationale du Québec 22 = + a ox Cas ~~ a meta on po = es - ms =, Lai £51 he se Se Ea rea = x ae] i Ja Fr es ne - Fes, oo ot) tes Se na ès es = se A es pie: Cis = 2 = se 258 + é = ad th SW RE: ats SE TR TC Es = au nes EG i Fo 5 es = pI = I = = 3
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