La presse, 23 avril 2016, Arts - Cinéma
[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 LÀ PRESSE SALLY FIELD LE PLAISIR DU JEU PAGE 16 NANCYGRANT LA FRÉNÉSIE DU CINÉMA PAGE 2 » ARTS CINÉ CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR LE MONOPOLE DES AVENGERS PAGE 14 SAISON L EPAG E C'est la saison Robert Lepage : outre Quills, dans lequel il incarnait le marquis de Sade, et son solo 887, qui sera présenté à compter de mardi au TNM, on célèbre ce printemps les 30 ans de son immense carrière internationale.Rencontre avec un metteur en scène hanté par le devoir de mémoire, et hommage de quatre personnalités à qui nous avons demandé ce que le théâtre québécois doit à Robert Lepage.À LIRE EN PAGES 8 ET 9 PHOTO FRANÇOIS NASCIMBENI.AGENCE FRANCE-PRESSE «MRS æSSSRSi MOIRA & ALFREDO ROMANO RBC Partenaire de l\u2019exposition Une présentation de ROYAL DE L'ONTARIO métro AIR CANADA ® Bell -MH- DEJA PLUS DE 120 000 VISITEURS À VOTRE TOUR! TOMOSnTréaL Z®NIN H MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Une exposition organisée en partenariat par le Musée royal de l\u2019Ontario, Toronto, et le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec le Museo Archeologico Nazionale di Napoli et la Soprintendenza Pompei. ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS La frénésie du cinéma PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Depuis février, Nancy Grant a fait la navette entre Paris, Londres et Prague pour organiser le tournage du prochain film de Xavier Dolan, gu\u2019elle coproduit avec Lyse Lafontaine: The Death and Life of John F.Donovan, coscénarisé par Dolan et Jacob Tierney et mettant en vedette Jessica Chastain, Natalie Portman et bien d\u2019autres.NATHALIE PETROWSKI GRANDE ENTREVUE Nancy Grant ne sait pas encore quelle robe elle portera pour la montée des marches à Cannes, cette année.Tout ce que la productrice de Juste la fin du monde, amie, âme sœur et collaboratrice de Xavier Dolan sait, c'est qu'elle va à nouveau vivre un rêve de petite fille et qu'elle va en savourer chaque instant.Pourtant, il y a quatre ans, lorsqu'elle a contacté Xavier Dolan sur Facebook, en lui écrivant qu'elle souhaitait travailler avec lui, les chances que son souhait soit exaucé étaient milles.La Gaspésienne originaire de Petit-Matane, fille d'un entrepreneur en terrassement et diplômée en psycho de McGill, avait décidé qu'elle voulait être productrice en lisant l'autobiographie de la légendaire productrice Christine Vachon.Elle avait même commencé à travailler dans le cinéma et à assister le producteur Sylvain Corbeil de Metafilms.«Mais je m'emmerdais un peu, dans la mesure où je sentais que je faisais tout ce que Sylvain m'avait appris.Je travaillais des journées de 14 heures, mais sans rien risquer et sans vraiment m'investir sur le plan créatif.Mon rêve d'accompagner un cinéaste et de servir sa vision n'était pas comblé.Or j'avais le sentiment qu'avec Xavier, ça serait peut-être possible même si on ne se connaissait pas.» 100 000$ qui attirent l attention L'ennui, c'est que Dolan, trop pris par la préparation de Torn à la ferme, ne répondait pas à ses messages sur Facebook.C'est alors que Nancy Grant a décidé de jouer le tout pour le tout: «Je lui ai écrit que je voulais investir 100 000$ de mon argent personnel dans son film.En fait, c'était l'argent que mes parents m'avaient prêté pour que je puisse devenir productrice.Je ne les remercierai jamais assez, d'autant qu'ils n'étaient pas si riches que ça, mais pour eux, c'était important d'aider leurs enfants.» Cent mille dollars, ce n'est pas rien.Subitement, Nancy Grant avait toute l'attention de Xavier Dolan, mais sans garantie que ça cliquerait entre les deux ni que leur collaboration se poursuivrait au-delà du tournage de Torn à la ferme.Mais dans le fond, le jeune dandy montréalais et la belle et énergique Gaspésienne, devenue cinéphile grâce aux films de Super Écran, étaient faits pour s'entendre.Leur amitié naissante s'est scellée peu de temps après le tournage de Torn à la ferme, plus précisément dans l'intimité de la salle de montage.C'est là qu'un soir, Dolan, qui montait lui-même son film, s'est rendu compte que Grant avait un bon instinct pour le montage et que son recul et son jugement lui étaient nécessaires.Bientôt, les deux étaient devenus inséparables et surtout partenaires dans leur propre maison de production, Sons of Manual.« Je suis très consciente que si je n'avais pas eu l'argent de mes parents, je ne serais probablement pas aujourd'hui la productrice des films de Xavier, admet Nancy Grant.J'ai été privilégiée, mais à l'inverse, je ne connais pas beaucoup de gens qui auraient pris un tel risque financier et investi 100 000$ dans un film.Une chance, d'ailleurs, que je ne l'ai pas dit à mes parents sur le coup.Ils m'auraient traitée de folle furieuse ! » Depuis que Nancy Grant m'a raconté sa drôle d'histoire dans une réception au Festival de Berlin, j'ai tenté d'organiser une entrevue avec elle.J'ai vite découvert que son horaire est plus chargé que celui de la reine d'Angleterre.Après une demi-douzaine de tentatives avortées, je l'ai finalement retrouvée cette semaine, entre deux avions.Un film attendu Depuis février, la productrice de 37 ans a fait la navette entre Paris, Londres et Prague pour organiser le tournage du prochain film de Dolan, qu'elle coproduit avec Lyse Lafontaine : The Death and Life of John F.Donovan, coscénarisé par Dolan et Jacob Tierney et mettant en vedette Jessica Chastain, Natalie Portman et bien d'autres.Le tournage de 66 jours, doté d'un budget de 28 millions US, commencera à Montréal le 9 juillet jusqu'en septembre avant de se déplacer à Londres, Prague et New York.Avant cela, il y aura Cannes, où Juste la fin du monde est en lice pour la Palme d'or.Nancy Grant se souvient avec émotion de son dernier passage à Cannes avec Mommy, de la longue ovation de plus de 10 minutes, des larmes de soulagement qu'elle a versées ce soir-là et de la vague de tristesse qui l'a envahie la veille de son départ.« Xavier était reparti et je me morfondais en me disant que je ne voulais pas que ça finisse.Et puis Xavier m'a appelée de Montréal.Quand il m'a dit qu'on allait faire un autre film, j'étais extatique.Je voulais juste que ça recommence.» Pourtant la production de Mommy ne fut pas de tout repos.Six mois avant le début du tournage, il n'y avait pas de scénario.Or, pas de scénario, cela veut dire pas un sou des institutions.Grant a réussi à convaincre une banque et le distributeur eOne de lui avancer de l'argent.«J'avoue qu'à ce moment-là, j'ai eu peur de passer pour une yes-woman qui entraînait tout le monde, y compris Xavier, vers le naufrage.» Mais le naufrage se solda par une finale digne d'un éclatant conte de fées.Après Cannes, il y a eu la production du vidéoclip miraculeux d'Adele, puis le tournage de Juste la fin du monde et la préparation du film suivant, une cadence frénétique qui épuiserait n'importe qui.Mais pas Nancy Grant ni Xavier Dolan.« Xavier est conscient du monde dans lequel il vit.11 a des choses à dire et il veut les dire maintenant, pendant que c'est encore le temps et que le cinéma existe encore.Quant à moi, je le suis naturellement sans que cela me demande d'efforts.» Une fois de plus, Nancy Grant va partir pour Cannes avec l'espoir fou de revenir avec une Palme d'or.Et si d'aventure, la Palme devait lui échapper, Nancy Grant n'est pas le genre à cuver longtemps sa déception.Elle aime trop le cinéma, et sa vie dans le cinéma, pour ça.«Xavier [Dolan] est conscient du monde dans lequel il vit.Il a des choses à dire et il veut les dire maintenant, pendant que c\u2019est encore le temps et que le cinéma existe encore.Quant à moi, je le suis naturellement sans que cela me demande d\u2019efforts.» \u2014 Nancy Grant, productrice de cinéma DUCEPPE DES ÉMOTIONS EN TEMPS RÉEL NOS FEMMES TEXTE ERIC ASS0US MISE EN SCENE MICHEL POIRIER EN CAS DE PLUIE, AUCUN REMB0UR SEMENT TEXTE ET MISE EN SCENE SIMON B0UDREAULT UNE PRESENTATION i Hydro L Québec M\u2019OUBLIE PAS TEXTE TOM HOLLOWAY MISE EN SCENE FRÉDÉRIC DUBOIS SAI SOI 20 20 16 17 ABONNEZ-VOUS placedesarts.com duceppe.com LES HÉROS TEXTE GERALD SIBLEYRAS MISE EN SCENE MONIQUE DUCEPPE HAROLD ET MAUDE TEXTE COLIN HIGGINS MISE EN SCENE HUGO BÉLANGER UNE PRÉSENTATION POWER CORPORATION DU CANADA LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 ARTS 3 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE RUFUS WAINWRIGHT Opéra et vie mondaine Rufus Wainwright a fait une saucette à Montréal, samedi dernier, pour parler aux médias de la nouvelle version de son opéra Prima Donna qui sera (enfin !) présentée dans sa ville natale pendant le Festival international de jazz.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Rufus Wainwright trouve important que son oeuvre la plus ambitieuse, l\u2019opéra Prima Donna, puisse être présentée à Montréal.ÉMILIE CÔTÉ Un prétexte pour discuter aussi de son album composé à partir de sonnets de Shakespeare, qui est sorti hier (mettant notamment en vedette Florence Welch et William Shatner), et d'un autre opéra en chantier, Hadrian.Et saviez-vous que Rufus avait chanté pour Justin Trudeau lors de la visite officielle du premier ministre à Washington?Entre deux anecdotes mondaines, voici les trois projets qui le gardent très occupé.« C'est vraiment un big deal», lance Rufus Wainwright sur la présentation de Prima Donna à Montréal dans un mélange de français et d'anglais.On est samedi matin, un drôle de moment pour se retrouver dans un lounge de la Place des Arts.Victime du décalage horaire, Wainwright cherche avec grand regret ses mots en français, mais il insiste sur l'importance de voir son premier opéra Prima Donna être enfin présenté à Montréal les 2 et 3 juillet à la salle Wilfrid-Pelletier.Pas dans sa version originale créée en 2009 à Manchester, en Angleterre, mais plutôt dans un format condensé, à cheval sur les arts visuels, présenté dans plusieurs villes du monde depuis septembre dernier.En 2008, Wainwright raconte avoir eu «une bataille royale» avec le Metropolitan Opera de New York pour que le livret de Prima Donna soit en français.Après la première finalement présentée à Manchester, Wainwright n'a pas digéré que l'Opéra de Montréal refuse de présenter son œuvre inspirée de la soprano Maria Callas, qui raconte le retour d'une cantatrice âgée dans le Paris des années 70.Un paradoxe inacceptable, selon lui.Surtout qu'on a évoqué des questions de budget.« C'est ridicule, lance-t-il.11 y a quatre personnages.» Finalement, la première nord-américaine de Prima Donna a eu lieu à Toronto dans le cadre du festival Luminato.« Un événement qui fait maintenant grandement partie de ma vie », lance Rufus Wainwright en faisant référence à son mariage avec le directeur artistique de l'événement, Jôrn Weisbrod.Bien qu'il en ait toujours gros sur le cœur, il trouvait important que son œuvre la plus ambitieuse puisse être vue à Montréal à l'initiative du Festival de jazz.« C'est ma ville natale et c'est un opéra en français avec une chanteuse qui dit venir de Montréal », fait-il valoir.Le Montréalais aurait aimé que l'intégrale de Prima Donna soit présentée, mais il adore la nouvelle mouture avec la soprano Kathryn Guthrie ainsi que les Québécois Antonio Figueroa et Lyne Fortin.Une version condensée doublée d'un film, réalisé par Francesco Vezzoli, avec Cindy Sherman dans la peau de Maria Callas.Après l'entracte, Wainwright revisitera des pièces phares de son répertoire (April Fools, Little Sister, Cigarettes and Chocolate Milk) avec l'orchestre dirigé par Jayce Ogren.« Un mélange d'opéra et d'art contemporain.Une sculpture musicale ! », s'enthousiasme-t-il.Un album d après des sonnets de Shakespeare Hier, Rufus Wainwright lançait Take All My Loves, un album de chansons tirées de sonnets du célèbre dramaturge dont on célèbre aujourd'hui le 400e anniversaire de sa mort.Pour l'occasion, Wainwright prendra part à un grand événement à Stratford-upon-Avon, ville natale de l'auteur de Roméo et Juliette.Seront présents Judi Dench, Helen Mirren et fan McKellen.«Et le prince Williams », ajoute Rufus.Wainwright avait déjà transposé en chansons des sonnets de Shakespeare sur son album All Days Are Nights : Songs for Lulu, paru en 2010.Cet exercice de style découlait à la base d'un spectacle-bénéfice donné pour le Royal Academy of Dramatic Art de Londres, puis d'une production de Robert Wilson avec le Berliner Ensemble présentée en 2009.« Les thèmes de Shakespeare sont contemporains.Personne n'a écrit comme lui par rapport aux genres, à la sexualité et à l'amour.Shakespeare parlait de transgenres », fait valoir Wainwright.Un tas d'invités se retrouvent sur Take All My Loves: 9 Shakespeare Sonnets : les acteurs William Shatner, Helena Bonham Carter et Carrie Fisher, de même que la soprano Anna Prohaska.Sans compter la chanteuse Florence Welch, que Rufus a rencontrée au Château Marmont de Los Angeles.« J'étais à la piscine avec ma fille Viva.Soudainement, Florence, que je ne connaissais pas, arrive avec sa stature saisissante et un élégant costume de bain.Elle a sauté dans l'eau avec ses longs cheveux roux.Ma fille s'est écriée: c'est Ariel de La Petite Sirène ! Puis, Florence a joué avec ma fille pendant une heure, raconte-t-il.Ensuite, je tenais à ce qu'elle soit sur l'album.Elle incarne le côté dramatique de Shakespeare et elle est célèbre ! » À l'image de la carrière de Rufus Wainwright, Take All My Loves : 9 Shakespeare Sonnets oscille entre le classique et la pop.«Je ne pense pas que cela ait déjà été fait.Quelqu'un m'a demandé ce que Shakespeare en penserait.J'ai répondu : c'est tellement varié dans les styles qu'il aimerait certainement une des chansons.» Hadrian et vie mondaine Rufus Wainwright prépare également un autre opéra sur l'empereur romain homosexuel Hadrien, dont la première est prévue à la Canadian Opera Company en 2018.«Je viens de finir le premier acte », précise-t-il.«Mais après tous ces projets, je vais être dû pour un album pop ! » « J'en écris beaucoup, signale-t-il.Quand je n'endure pas un ténor, je me réfugie dans ma loge et j'écris une chanson rock'n'roll pour me rappeler que je suis encore un kid ! » Sinon, Rufus Wainwright a chanté récemment pour Justin Trudeau lors de la visite officielle du premier ministre à Washington.« J'ai interprété Hallelujah de Leonard Cohen.Puis Justin est venu me faire l'accolade pour me dire que c'était sa chanson de mariage.» « Les thèmes de Shakespeare sont contemporains.Personne n\u2019a écrit comme lui par rapport aux genres, à la sexualité et à l\u2019amour.Shakespeare parlait de transgenres.» \u2014 Rufus Wainwright PIANO ÉRARD La fabuleuse épopée d un piano IMAGE TIRÉE D'UNE VIDÉO, LA PRESSE Mathieu Gaudet interprétera la sonate pour piano en do majeur, D.840 de Schubert à la salle Bourgie, mercredi prochain.Arrivé à Montréal dans un état lamentable, un piano extrêmement rare est aujourd\u2019hui un joyau de la salle Bourgie.Ce piano du XIXe siècle était voué à sombrer dans l\u2019oubli ou à une destruction certaine.Grâce à la bienveillance de spécialistes et de mécènes, il a une nouvelle vie.MARIO GIRARD Au milieu des années 2000, un revendeur d'antiquités de France a mis dans un conteneur des meubles et des objets anciens et leur a fait prendre le large vers Montréal.Dans ce bric-à-brac se trouvait un piano de marque Érard datant de 1859.En incluant ce piano lourdement endommagé dans le lot, le revendeur n'avait qu'un seul but : se débarrasser de cet objet lourd et encombrant.Rendu à Montréal, le piano s'est retrouvé dans l'atelier de Doug Yeates, ex-champion de lutte aujourd'hui spécialisé dans la vente et l'entretien de pianos.L'instrument a traîné quelque temps dans les locaux de Westend Piano jusqu'à ce que Claude Thompson le remarque.Ce dernier est une référence à Montréal en matière d'entretien et d'accor-dage de pianos.C'est lui qui est actuellement responsable des claviers de la Place des Arts et de Radio-Canada.« Quand je l'ai vu pour la première fois, ce piano était dans un état épouvantable, raconte Claude Thompson.Le couvercle était fini, le placage était à refaire, mais je suis dit que ça serait intéressant, après 40 ans de carrière, de le restaurer et de le remonter.» Pourquoi Claude Thompson a-t-il eu un coup de foudre pour cet instrument?Parce que la maison Érard, fondée en 1870 à Paris, a une très grande réputation et qu'elle a marqué les beaux jours des piano-forte.Celui découvert à Montréal est issu de l'époque romantique et a été fabriqué dans les ateliers de Londres de la maison Érard.« Ils sont extrêmement rares au Canada, dit Claude Thompson.Et même dans le monde.Les musiciens les recherchent pour leur fabrication exceptionnelle et pour leur sonorité absolument unique.» Aidé de son beau-fils, Claude Thompson s'est lancé dans cette grande aventure qui a duré deux ans.«Tout a été démonté, nettoyé, refait et remonté, dit Claude Thompson.J'ai trouvé quelqu'un en Europe qui fabrique des cordes de piano selon les techniques de cette époque.Elles sont plus flexibles et l'alliage des matériaux est différent.Pour les graves, j'ai commandé des cordes filetées d'un fabricant de Toronto.» Le piano a été défait au complet.Chaque pièce, de bois ou de laiton, a été restaurée ou reconstituée.Ce travail de moine a nécessité beaucoup de réflexion et d'attention.Une seule patte du piano est constituée de 10 pièces, ce qui témoigne de l'incroyable travail qui a occupé Claude Thompson pendant des centaines heures.Une fois achevé, le piano a été prêté à une pianiste de Sherbrooke, Carmen Picard.Celle-ci a mis au courant Isolde Lagacé, directrice de la salle Bourgie, de l'existence de ce trésor.« Je n'ai pas hésité une seconde, raconte celle-ci.J'ai tout de suite demandé qu'on transporte le piano dans notre salle de concert car je voulais entendre le son de cet instrument avec l'acoustique de notre salle.» Le résultat a subjugué l'équipe de la salle Bourgie.« 11 fallait absolument devenir propriétaire de cet instrument, dit la très passionnée Isolde Lagacé.J'en ai discuté avec Pierre Bourgie et la Fondation Arte Musica a accepté de dégager les fonds nécessaires pour l'acquisition de ce joyau.Isolde Lagacé évite de parler de la somme déboursée, mais selon des informations obtenues par La Presse, la valeur sur le marché graviterait autour des 100 000$.Peu après l'achat du piano, la pianiste Gili Loftus était de passage à la salle Bourgie pour un récital Chopin.C'est elle qui a eu le privilège d'être la première à jouer sur le précieux instrument.«Tout le monde dans la salle était stupéfait, raconte Isolde Lagacé.On avait l'impression de redécouvrir Chopin.» En effet, la technique de fabrication de ce piano forte nous aide à mieux comprendre ou à découvrir la manière dont les œuvres composées à cette époque étaient interprétées (voir autre texte).Le piano a été officiellement inauguré le 10 février dernier lors d'un récital du pianiste Dang Thai Son.Sur le Érard, le lauréat du Premier Prix du Concours international LE SON D\u2019UNE ÉPOQUE La particularité du piano Erard (1859) qui se trouve à Montréal est d\u2019offrir aux interprètes l\u2019occasion de renouer avec le «son» et l\u2019interprétation de la période romantique.«Nous sommes très influencés par des interprétations ou des enregistrements faits sur des pianos modernes, explique le pianiste Mathieu Gaudet, rencontré alors qu\u2019il répétait une œuvre de Schubert sur le piano Erard de la salle Bourgie.Jouer sur un tel instrument nous force à revoir notre interprétation.» L\u2019utilisation d\u2019instruments d\u2019époque est de plus en plus courante dans le domaine du classique.«En fait, on observe deux tendances en ce moment, explique Isolde Lagacé, directrice de la salle Bourgie: celle de créer des copies d\u2019instruments d\u2019époque ou celle d\u2019utiliser de véritables instruments historiques en les restaurant.» Cette tendance avait commencé avec le répertoire baroque.Elle s\u2019étend maintenant jusqu\u2019à la période romantique.Chopin de Varsovie a interprété des œuvres de Schubert et Chopin.Ça sera maintenant au tour du pianiste Mathieu Gaudet de s'exécuter sur cet instrument alors qu'il interprétera une sonate de Schubert lors d'un concert le 27 avril prochain. A A RTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 « ¦ Mardi 12 juillet ¦ 20h Centre Bell Vendredi 13 mai ¦ 20h30 Centre Bell Lundi 20 juin ¦ 20h Métropolis première partie JW-JÛNES A L\u2019AFFICHE DBMMREAL illJllJLllJllJlllJLlJ.AND THE DESTROYERS Jeudi 28 avril ¦ 20h L'Astral Samedi 7 mai ¦ 20h Métropolis CENTRE BELL G 514 790-2525 ¦ 1 855 310-2525 ¦ evenko.ca ?J MÉTROPOLIS (Q 1 855 790-1245 ¦ ticketmaster.ca MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL 1 866 842-2112 ¦ placedesarts.com LASTRAL, MAISON DU FESTIVAL 1 855 790-1245 ¦ ticketmaster.ca LIGNE INFO-JAZZ 514 871-1881 ¦ 1 85JAZZFEST | CISMi MONTREALJAZZFEST.COM ENCORE UNF FOIS, j SI y VOUS SUPPLEMENTAIRES 10-11-12 MAI DE MICHEL TREMBLAY MISE EN SCÈNE DE MICHEL POIRIER PERMETTEZ BRAD.MEHLDAU SOLO © placedesarts iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih ARTS Gino ou Jon Snow ?AVEC GUVLAINE TREMBLAY ET HENRI CHASSÉ UNE PRESENTATION Hydro Québec «[.] texte patrimonial puissant, interprétation magistrale, mise en scène précise magnifiant ce classique nécessaire.C\u2019est du beau, du délicieux, du pénétrant.» FABIEN DEGLISE, LE DEVOIR « Fabuleuse Guylaine Tremblay.Touchant Henri Chassé.Émouvant Michel Poirier.#must » GUY A LEPAGE SUR TWITTER « Cette production ressemble à une production absolument parfaite, une des productions les plus fortes que j\u2019ai vues de ma vie.On y croit dès les premières secondes de la pièce.» JEAN-SÉBASTIEN GIRARD, LA SOIRÉEESTENCOREJEUNE, ICI RADIO-CANADA « Guylaine Tremblay reprend avec brio et émotion le rôle créé il y a 18 ans par Rita Lafontaine.ses monologues sont bouleversants.» MARIO CLOUTIER, LA PRESSE « La fin arrache des larmes par la beauté d\u2019un hommage d\u2019un fils à sa mère.[.] Guylaine Tremblay nous a fait rire, nous a fait pleurer.» ÉMILIE PERREAULT, PUISQU\u2019IL FAUT SE LEVER, 98,5FM « Une performance qui nous a fait passer des rires aux larmes [.] Chapeau aux comédiens et au metteur en scène.» FRANCINE GRIMALDI, SAMEDI ET RIEN D\u2019AUTRE, ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE duceppe.com Cela fait pratiquement un an que j'attends, comme Pénélope dans la mythologie grecque, ce moment télévisuel épique, que je compte les dodos me séparant de cet événement grandiose qui marquera le petit écran à tout jamais.Personne ne sortira indemne de cette émission immensément populaire, qui suscite les hypothèses les plus farfelues depuis plusieurs mois déjà.Demain soir, le suspense tirera enfin à sa fin.Et j'ai de la difficulté à me gérer tellement c'est gros, tellement c'est Cette sixième tranche de Game of Thrones, sur HBO, tournera autour des femmes fortes de Westeros et d\u2019Essos.énervant.Est-ce que Gino Chouinard, Denis Lévesque, Dave Morissette et Sophie Thibault vont gagner des trophées Artis?Bon, mauvaise blague ici.Je parle bien sûr du retour triomphal de la sixième saison de Game of Thrones sur HBO Canada.C'est à 21 h demain - le 27 juin sur Super Écran - et c'est probablement l'épisode dont les critiques ont le plus parlé, sans jamais l'avoir visionné.Afin de prévenir de potentielles fuites gênantes, insérez ici un gag de sous-vêtement discret offrant une protection maximale, HBO a refusé de montrer aux journalistes les premières heures de sa série vedette, adulée partout sur la planète.Et pour la première fois dans la fascinante histoire de Game of Thrones, les réponses aux questions qui tarabustent les millions de fans ne se trouvent plus dans les livres touffus de George R.R.Martin.Eh oui, la fantastique télésérie a officiellement pris de l'avance sur les bouquins de l'auteur américain de 67 ans, dont la série dérive.À l'image des dragons de la tenace Daenerys Targaryen, l'émission phare de HBO s'affranchit de ses attaches littéraires et vole presque de ses propres ailes, ce qui pourrait déboucher sur une fournée d'épisodes encore plus fertiles en rebondissements choquants.J'active ici l'alerte au divul-gâcheur pour ceux qui traînent la patte dans leur séjour touristique au royaume des Sept Couronnes.Alors, est-il vraiment mort, notre brave Jon Snow (Kit Harington) à bouclettes?J'ai lu toutes les théories à ce sujet.Oui, car l'acteur britannique a fait couper sa belle tignasse, ce que son contrat lui interdisait tant qu'il Vendredi 27 mai ¦ 20h Maison symphonique de Montréal PHOTO MACALL B.POLAY, FOURNIE PAR HBO Maisie Williams interprète Arya Stark, aveugle après avoir assassiné Meryn Trant.incarnerait le fils bâtard de Ned Stark.Non, car Kit Harington aurait été vu sur un des plateaux de tournage de Game of Thrones en Europe.Autre indice que Jon Snow pourrait ressusciter: son visage ensanglanté se trouve sur les affiches promotionnelles de Game of Thrones 6 commercialisées par HBO.La prêtresse rouge Melisandre pourrait-elle le ramener à la vie?Jon se métamorphosera-t-il en Marcheur blanc?C'est très rare qu'une œuvre de fiction déclenche autant de réactions enflammées.Le président américain Barack Obama y est tellement accro qu'il a demandé aux créateurs de lui livrer à l'avance les nouveaux chapitres à la Maison-Blanche.Impossible de dire non à l'homme le plus puissant du monde.Cette sixième tranche tournera autour des femmes fortes de Westeros et d'Essos.Aux dernières nouvelles, Daenerys avait été enlevée par les Dothrakis, Cersei se remettait d'une méga-humiliation publique, Arya avait été punie (cécité !) pour le meurtre de Meryn Trant, Brienne avait enfin abandonné son poste de garde à Winterfell et Sansa tentait de fuir son époux psychopathe Ramsay Bolton.Qui survivra?Qui périra?Aucune information n'a filtré, mais on sait tous qu'aucun personnage, même les plus adorés du public, n'est à l'abri d'une décapitation surprise ou d'un gobelet contenant un doux élixir infusé au poison.Game of Thrones a éliminé, au fil des ans, des familles entières, dont celle de Ned Stark, sa femme Catelyn et leur fils Robb, qui formaient un des rares clans de «gentils» dans la série.L'an passé, l'adorable adolescente Shireen Baratheon a même a été brûlée vive par ses parents.Heureusement, plusieurs vilains ont aussi été rayés de la carte, dont le jeune roi tyrannique Joffrey et son détestable grand-père Tywin Lannister.À plus de 10 millions US l'épisode, Game of Thrones revendique le titre de la série la plus coûteuse de la télé américaine.C'est également la meilleure, au-delà du Mur et par-delà la mer étroite.Retour au vinyle! C'est mardi à 22 h que Super Écran amorce la diffusion de Vinyl, un autre produit d'époque luxueux manufacturé par HBO.Nous sommes en 1973, dans l'industrie du disque à New York.La distribution, les costumes, la musique et la reconstitution historique : le contenant de Vinyl est magnifique.Par contre, le contenu mériterait d'être resserré.Le premier épisode, réalisé par Martin Scorsese, est un long vidéoclip un peu vide.Résisterez-vous à la tentation d'enfoncer la touche « avance rapide » de la télécommande ?n [\" ^\t Y\t i 7i\t LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 ARTS 5 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE Art rock anglo-montréalais.et plus encore ROCK, Suuns, Hold/Still, Secret City Records, ?Ce troisième opus de Suuns se dévoile au fil des écoutes.On découvre d\u2019abord les contours d\u2019un art rock conceptuel, cérébral, presque froid.Les rythmes y sont moyens ou lents, l\u2019approche tend vers le minimalisme et l\u2019abstraction.Puis.la musique fait son chemin entre les oreilles, la sensualité et la pensée fine émergent de ce très bel amalgame de guitares, synthés, machines, batterie, voix plaintives, inflexions lascives, phrases consonantes traversées par des bribes d écrits sacrés et des évocations sexuelles.La réalisation n\u2019est pas piquée des vers: autrefois l\u2019apprenti de Steve Albini, le Texan John Congleton a réalisé et mixé pas mal de monde, de Swans à St.Vincent.Avec raison, il a enjoint aux quatre Montréalais de conserver intactes les prises de son les plus habitées plutôt que d\u2019en gommer les petits défauts en reprenant les pistes déficientes.Malgré toute cette recherche formelle, l\u2019esprit reste rock.On finit par se sentir à l\u2019aise dans cette pénombre organique, on se plaît à en longer les couloirs de paradoxes.Les grooves, les textures, les harmonies, les beats, les mots, tout ça s\u2019imprime et reste dans le cortex.\u2014 Alain Brunet ciriTTon r CHANSON FRANÇAISE Christophe Les Vestiges du chaos Universal/DEP ?Dans les hauteurs de Christophe Un demi-siècle après avoir «crié, crié Aline pour qu elle revienne », ce septuagénaire nous sort un album excellent, superbe concentré de chansons françaises exécutées sur fond de synthpop aux accents cold-wave, krautrock, nouvel-âgeux ou même classiques contemporains.Les vestiges du chaos, gravats des séismes intérieurs, tanguent sur de superbes vagues de claviers, ondulent au gré de cordes chambristes, peuvent aussi être remués frénétiquement par des beats de synthèse et des salves de guitares électriques.Soyeux et viscéraux, les mots sont portés par une voix habitée dans les hauteurs.Pour obtenir un tel résultat, Christophe a su relancer Jean-Michel Jarre dans une belle aventure électro, solliciter la plume de Boris Bergman (Ange sale), inviter Daniel Bélanger ( Tangerine, Drone) à s\u2019investir dans un projet d\u2019envergure, illuminer le talent de Laurie Darmon (Océan d'amour, Stella box, Tu te moques), mettre en valeur Alan Vega (Suicide) et Anne Mougalis, poursuivre sa collaboration avec Christophe Van Huffel, trouver le meilleur ingénieur du son disponible en Maxime Le Guil, solliciter la coréalisation et les arrangements de Clément Ducol.Voilà la proposition très inspirée d\u2019un pépé qui a encore toute sa tête, toutes ses tripes, tous ses moyens.\u2014 Alain Brunet ELGAR BARENBOIM STAATSKAPE1XF.BERLIN MUSIQUE CLASSIQUE Skaatskapelle Berlin/Daniel Barenboim Symphonie n° 1 en la bémol majeur op.55 d'Edward Elgar Decca ?Barenboim magnifie de nouveau Elg ar Il y a deux ans, Daniel Barenboim avait été acclamé par la critique pour sa direction de l\u2019orchestre symphonique Staatskapelle Berlin dans l\u2019exécution de la Symphonie n° 2 en mi bémol majeur op.63 du compositeur britannique Edward Elgar (1857-1934), exécution enregistrée chez Decca comme celle dont il est ici question.Le maestro israélo-argentin poursuit sa quête de perfection et de compréhension profonde de l\u2019œuvre elgarienne avec l\u2019interprétation de la Symphonie n° 1 en la bémol majeur op.55, conçue en quatre mouvements.Les profils biographiques de l\u2019œuvre nous rappellent quelle fut créée en 1908 par le Hallé Orchestra de Manchester sous la direction du fameux chef austro-hongrois Hans Richter, qui l\u2019avait qualifiée de « plus grande symphonie des temps modernes».Un siècle plus tard, on ne lancera pas une telle affirmation, cette musique n\u2019en demeure pas moins fabuleusement imaginée, constellée de paroxysmes et de montées dramatiques que pondèrent de gracieuses accalmies, et dont l\u2019approche illustre fort bien la transition du discours romantique vers la modernité.\u2014 Alain Brunet LES VOYAGEURS EN PARTANCE POUR.VOYAGE Tous les samedis dans La Presse Bell présente les FRANCOFQLIES DE MONTRÉAL.9 AU 18 JUIN 2018 28e ÉDITION PLUS DE 60 SPECTACLES EN SALLE DONT: llaboration avec ICI ^ musiçue METROPOLIS - 21H 14 ET 15 JUIN vfnnrfn m iiiin JEUDI 16 JUIN LOUISE BERNARD ADAMUS Premieres parties LA BRONZE (14 juin) et RADIO ELVIS (15 juin) Premiere partie: I.D.A.L.G Premiere partie : MON DOUXSAIGNEUR en collaboration avec LES GRANDS SPECTACLES Bell MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL VENDREDI 10 ET SAMEDI 11 JUIN UNE CREATION ORIGINALE DES FRANCOFOLIES DE MONTREAL GAIMMi AVEC L\u2019ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL SOUS LA DIRECTION DE SIMON LECLERC 98 ?fcugj?© THÉÂTRE MAISONNEUVE ARTHUR H ETL\u2019OSM INTERPRÈTENT HISTOIRE DE MELODY NELSON JAAERIRKm ETL'OSM INTERPRÈTENT LE MEILLEUR DEGAINSBOURG TENDANCES («s A MERCREDI 15 JUIN LES SŒURS Premiere partie SARATOGA VENDREDI 17 JUIN ET MAINTENANT.BÉCAUD PUCE DES ARTS-20 H MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL SAMEDI 18 JUIN INTEMPORELLE UN TEMPS POUk ELLE ( (r l m \\ : > Y l I Avec Pierre Lapointe, Diane Tell, Catherine Major, Betty Bonifassi, Marie-Pierre Arthur, Jorane, Alexandre Désilets, Charlotte Cardin, Marie Denise Pelletier, Jenny Salgado et Diane Dufresne CLUB SODA -19 H SAMEDI 18 JUIN VENDRED 98,5 ici$n GESU - 20 H 30 VENDREDI EN MAI Avec MICHEL RIVARD, LUC DE LAROCHELLIERE, ÉRIC GOULET, MARA TREMBLAY, GILLES BÉLANGER et MOUNTAIN DAISIES TOUT EN CHANSON 3 ASTRA -19 H 30 1 MERCREDI 15 JUIN MONONC SERGE 'Btnuii r«i SAMEDI 11 JUIN VENDREDI 17 JUIN 14 JUIN P ERRE FLYNN Programme double Premiere partie: LUDOVIC ALARIE METROPOLIS-1 855 790-1245 / ticketmaster.ca\tFR A MPfl Ffl I IFQ PfH PLACE DES ARTS - 514 842-2112 / 1 866 842-2112 / placedesarts.com rnnlIUUrULILO.UUI __1 CLUB SODA - 514 286-1010 / clubsoda.ca \u20141 GESÙ-514 861-4036 / 1 855 790-1245 / admission.com\tmmJHllPm PH.511 B7b2bbbb~ ~ L\u2019ASTRAL-1 855 790-1245 /ticketmaster.ca\tMil issu.FRANCOFOLIES.COM ÊI30,J\u201c\u201c H Desjardins ^ Q^gSte H _____________________ ÿ ?ID (mum# g\"»/ sôçan INFO-FRANCOS HI ÎVslV,?.8.»\t^\t, \u201c° J=sst\t~\t\u201e .Canada\tMontréal® \"ïïssüAl Québec S! 14 452^5678 67 ARTS MUSIQUE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 t .' .y '.-.A' jf®8!l :C2i-'î;v sfÿSK - : SET -r .\u2022 ¦;c :\ti .\t \t il il\t ¦¦'ml\tiil -ii !||\tm ¦ \t\"v\tIII \t\t K\tH:\tE3 PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Dans la vie comme en musique, Maya Malkin, Clara Legault et Emily Skahan ont gagné en maturité et cela s\u2019entend à l\u2019écoute de leur deuxième album System, sorti la semaine dernière.Ces trois jeunes femmes incarnent la génération millénaire pétillante et rêveuse.MOTEL RAPHAËL La vie, l\u2019amitié et la musique ÉMILIE CÔTÉ Au printemps 2014, le trio féminin Motel Raphaël a apporté un vent de fraîcheur à la scène musicale montréalaise avec sa musique folk-pop girlie, mais battante, qui rappelait l'univers de la série Girls et du groupe Haim.Deux ans plus tard, Emily Skahan et Maya Malkin sont toujours colocs, alors que Clara Legault s'apprête à déménager avec son copain.Dans la vie comme en musique, les trois amies ont gagné en maturité et cela s'entend à l'écoute de leur deuxième album System, sorti vendredi dernier.Les trois jeunes femmes -\tqui ont grandi dans un univers montréalais bilingue -\tincarnent la génération millénaire pétillante et rêveuse.Pour la petite histoire, Clara et Emily ont fait connaissance au Divan orange lors d'un spectacle d'Hollerado.Deux ans plus tard, Emily a rencontré Maya en allant chercher son « 4 % » dans un bar de karaoké.Puis, elles ont commencé à faire de la musique sous un nom -Motel Raphaël - emprunté à l'ancien établissement mythique du patrimoine kitsch montréalais.Bilan du premier album À l'image de l'accueil reçu, Emily Skahan, Clara Legault et Maya Malkin ont dressé un bilan positif de leur premier album, Cable TV.Parmi les faits saillants, la première partie de Tegan and Sara au Métropolis, une prestation à Osheaga et une critique dithyrambique dans le GQ britannique.« C'était presque un choc pour nous, car nous avons vraiment travaillé D1Y [do-it-yourself], raconte Maya.Nous l'avons fait avec l'argent de nos amis et avec [le site de collecte de fonds] fndiegogo », rappelle-t-elle.Motel Raphaël a donné quelque 30 spectacles un peu partout au Canada.«C'était parfait avec nos emplois à temps plein, précise Clara.Et cela nous a donné la flamme pour continuer, même si on ne gagne pas notre vie avec notre art.» Pour System, Motel Raphaël s'est donné comme mot d'ordre de faire un album plus dansant.«Des gens nous ont dit que c'était des chansons d'amour tristes et nostalgiques.Cette fois-ci, c'est différent.Nous avons un nouveau son », annonce Maya.Exit le vibraphone et les cuivres.Et bienvenue les synthés et la batterie électrique.« C'est plus électro, mais nous jouons de la guitare électrique.» Vu l'âge de ses trois auteu-res-compositrices qui avancent dans la vingtaine, System s'avère un album moins exacerbé émotivement que le premier.Les trois filles ont plus de recul et de sagesse, si bien qu'elles ne parlent pas nécessairement au «je».La chanson Older Than Old raconte, par exemple, la belle histoire d'amour d'un couple âgé.Les textes mettent de l'avant des thèmes et des scènes du quotidien, comme l'anxiété, le désir de vengeance, le couple, Tinder et l'argent.Des thèmes de la génération des millénaires, quoi.Surtout la chanson Wealthy Men née un jour où Clara faisait des courses alors qu'elle était fauchée.Elle s'est mise à en vouloir aux hommes riches de la terre alors qu'elle ne pouvait pas s'offrir une bouteille de vin.« La frustration de filles comme nous qui ont des bacs et qui ont tout fait pour réussir, mais qui ont de la misère à payer le loyer», souligne-t-elle.En marge de la musique, Emily travaille dans un bar, Maya bosse dans une boîte de production, alors que Clara a un poste dans un bureau d'architecte.Or, l'une a étudié en cinéma et communication, l'autre, en création littéraire et science politique, et la troisième, en théâtre.Motel Raphaël a coréa-lisé System avec Rod Shearer (The Stills, Bobby Bazini) et a invité en studio le musicien et arrangeur Liam O'Neil (Kings of Leon, The Stills, Jean Leloup).Ces derniers avaient de hauts standards de qualité, mais ils respectaient aussi les désirs du trio.«Nous sommes tous têtus, dit Clara.C'était un beau bounce d'idées.» Motel Raphaël se produira dans quelques villes canadiennes dans les prochaines semaines.Une virée américaine se dessine par la suite.POP-ROCK MOTEL RAPHAËL System Union Label Group/ Warner THE STRUMBELLAS A chanter en choeur ÉMILIE CÔTÉ The Strumbellas a lancé hier son troisième album, Hope, fl s'est hissé dans le top 3 des ventes iTunes derrière Prince.Avec un contrat avec Glassnote - l'étiquette de Mumford and Sons et Half Moon Run - et deux premiers extraits à succès, le groupe de Toronto a le vent dans les voiles.Au fait, vous avez sans doute entendu Spirits à la radio.Le premier extrait de Hope tourne allègrement sur les ondes FM.The Strumbellas l'a même interprété sur le plateau de Jimmy Kimmel.Le programmateur du Festival d'été de Québec nous disait récemment que le groupe a attiré positivement l'attention dans la jungle du festival South by Southwest.«Nous avons fait onze shows en quatre jours.C'était épique », confirme le multi-ins-trumentiste David Ritter.À l'été, The Strumbellas se produira au FEQ et à Osheaga.«Nous voulons jouer plus au Québec», dit David Ritter, attrapé il y a deux semaines lors d'un rare moment où le groupe était à Toronto.« Je reviens d'une répétition.Nous avons enregistré l'album l'an dernier, donc il faut se réapproprier les chansons.» À l'instar de Of Monsters and Men et Mumford and Sons, The Strumbellas a poli son folk-rock-country avec des instrumentations élecroniques.« Je joue maintenant du clavier.J'ai des nouveaux jouets à mon bureau, blague David Ritter.Par nature, les artistes sont incapables de rester en place et de se répéter.Nous avons écouté beaucoup de musique électronique dans notre camion de tournée, même Katy Perry et Miley Cyrus, et cela s'est immiscé dans notre écriture.Nous aimons aussi d'autres groupes de Glassnote Records, dont Chvrches et Phoenix.» The Strumbellas a pu compter sur l'expérience et le flair pop de Dave Schiffman, qui a travaillé avec des groupes de renom dont Haim, Rage Against The Machine, Red Hot Chili Peppers et Weezer.Son art?Les refrains qui hameçonnent les oreilles.The Strumbellas a particulièrement apprécié le travail du réalisateur sur l'album homonyme du groupe punk de Toronto PUP, qui se produira à Montréal le 19 mai, une semaine avant la sortie d'un nouvel album aussi réalisé par Schiffman.«Au fait, David Shiffman est aussi un excellent ingénieur de son qui a travaillé avec Rick Rubin.Nous lorgnions son expertise technique et son talent de réalisateur et cela a très bien été », raconte David Ritter.Pour la scène, The Strumbellas a de nouvelles cordes à son arc.Les sonorités folk-country des albums précédents reposaient beaucoup sur la «vitesse», alors que les arrangements électroniques permettent plus «d'espace».«Nous avons maintenant une autre façon de connecter avec la foule, tout en restant nous-mêmes.» L'album Hope part dans plusieurs directions, fl y a un peu de « soul à la Otis Reading » sur la pièce The Hired Band.Des claviers dansants sur Young H Wild.Et des hymnes pop en devenir qui se chantent en chœur.De quoi plaire aux publics de The Lumineers et Edward Sharpe and the Magnetic Zeros.Six membres The Strumbellas est composé de Simon Ward, David Ritter, Jon Hembrey, Isabel Ritchie, Darryl James et Jeremy Drury.Les six membres du groupe participent tous activement à la création des chansons.David Ritter se sent devant l'inconnu avec le grand succès des premiers extraits.«Nous venons d'apprendre que Spirits connaît beaucoup de succès à la radio italienne.Tout peut arriver.» The Strumbellas fait partie de l'explosion de la scène musicale de Toronto.Pas juste dans le rap et le R & B avec les Drake, The Weeknd et Jazz Cartier, mais aussi avec une vague de formations plus indie-rock, dont Dilly Daily, PUP et Greys.FOLK-ROCK The Strumbellas Hope Six Shooter Records ____/-'QP1- ss»: CRYSTAL PITE DIRECTRICE ARTISTIQUE VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE « Créer, pour moi, c\u2019est réaliser des choses - transformer l\u2019inconnu en matière tangible.» La guerre et les conflits, les frontières et l\u2019exil sont des thèmes qu\u2019on retrouve souvent dans les œuvres de la célèbre chorégraphe et metteure en scène Crystal Pite.« Je suis attirée par ce qu\u2019on ne peut mesurer et ce qui échappe à notre compréhension.L\u2019esprit humain et notre façon d\u2019interagir les uns avec les autres, voilà ce qui m\u2019intéresse », affirme l\u2019artiste.Au sujet du langage de la danse, elle dit : « Nos corps ont différentes façons de s\u2019exprimer en réponse à des émotions vives.Ce langage corporel est élémentaire, reconnaissable et familier.C\u2019est un langage sans paroles que chacun peut parler couramment et comprendre facilement.» Le CNA est engagé dans la création de nouvelles œuvres pour la scène.Explorez le sujet avec nous au CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE Le Canada en scène.Canada is our stage.Le CNA investit dans la création grâce à la générosité des nombreux donateurs de la Fondation du Centre national des Arts qui ont à coeur de soutenir les créateurs canadiens.Photo : Shin Sugino Conception : STCstorytellers.com ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 LES SEPT RIVIÈRES DE ROBERT LEPAGE Robert Lepage a investi toutes les scènes du monde en usant de disciplines diverses.Voici sept des nombreuses rivières qu il a empruntées en 35 ans de carrière.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE La trilogie des dragons (1985) Lauréate du Grand Prix du Festival de théâtre des Amériques en 1987, la pièce où les destins se croisent et décroisent a été présentée dans une trentaine de villes entre 1985 et 1992.1985 1986 Vinci (1986) Réflexion sur l'art et la vie, ce spectacle solo a lancé la carrière internationale de Robert Lepage.Il a été repris l'automne dernier à Québec.PHOTO ARCH Les plagues tectonigues (1988) PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Choc des continents, des cultures et des émotions dans cette très belle pièce méconnue de Robert Lepage.Elle a été adaptée au cinéma en 1992 par Peter Mettler.mmi ROBERT LEPAGE / 887 SOUVIENS PHOTO MARTIN ROY, LEDROIT MARIO CLOUTIER Robert Lepage croit au devoir de mémoire.Sa pièce 887 est tout à la fois un hommage à son père, au poème Speak White de Michèle Lalonde et à une époque où les luttes collectives existaient encore.La rencontre avec Robert Lepage a lieu au Château Laurier, à Ottawa.Le lieu même de « la nuit des longs couteaux», quand Pierre Elliott Trudeau et neuf premiers ministres provinciaux ont accepté, en 1981, la nouvelle Constitution canadienne à l'insu de René Lévesque.Lieu de mémoire, donc, et c'est justement ce qui intéressait Robert Lepage en écrivant sa pièce 887, qu'il qualifie d'autofiction, une œuvre touchante sur sa famille, son père surtout, et les années troubles 60 et 70.« Ce n'est pas une pièce politique, mais sur la politique.Quand l'enfance se déroule dans les années 60, on ne peut pas faire autrement que d'en parler.J'ai vu le général de Gaulle passer au parc des Braves, les feux d'artifice après et entendu le « Québec libre ».Ma pièce est une façon différente de parler d'un sujet qui revient de façon récurrente.Malheureusement, ce n'est jamais traité avec une mémoire qui est juste.» Robert Lepage ne souffre pas de troubles de mémoire comme sa grand-mère victime d'alzheimer, dont il est question dans la pièce.Mais il croit que le Québec a le «je me souviens» très sélectif.« Je trouve très important de faire l'effort de la mémoire.Surtout que 99,9% des Québécois ne se souviennent pas pourquoi c'est écrit «Je me souviens» sur les plaques d'immatriculation.Les gens l'interprètent de mille et une façons.En fait, c'est tiré du poème Je me souviens/Que né sous le lys (les Français)Ue croîs sous la rose, donc je me développe sous le régime anglais.11 y a un gros problème de mémoire au Québec.Le théâtre, c'est dans sa nature.Se rappeler un texte, mais aussi une culture, une histoire.» Speak White Le metteur en scène-comédien utilise dans 887 le texte phare de cette époque, le poème Speak White de Michèle Lalonde.Lui aussi remis en contexte dans une pièce qui se veut non partisane.«Toute position politique est légitime.L'idée n'est pas de prendre parti pour l'un ou l'autre, mais c'est l'occasion d'une réflexion.Les souverainistes se sont beaucoup approprié Speak White, mais ce n'est pas nécessairement un poème souverainiste.C'est un poème sur la lutte des classes.C'est ce que j'essaie de rétablir avec le spectacle.C'était une période extraordinaire d'éveil des consciences.» Après La face cachée de la lune - qui abordait le personnage de sa mère -, Robert Lepage se souvient affectueusement de son père, à qui il dit ressem- bler davantage, dans 887.Cet homme lui a ouvert les portes du monde, en quelque sorte.« Mon père représente toute une génération de travailleurs québécois qui, souvent, sont allés au front défendre le Canada, la reine, le Commonwealth.Après, il a subi tous les coups et contrecoups de la lutte des classes et des contradictions entre les francophones et les anglophones.11 parlait très bien l'anglais, qu'il avait appris dans la marine.11 nous en a fait cadeau et cela a fait que je me suis intéressé à d'autres langues, à l'autre, aux voyages.Mon théâtre n'est pas uniquement local et ça vient de mon père, qui disait: \"Apprends l'anglais et tu vas avoir moins de misère dans la vie.\" » Drame-comédie Dans ce spectacle au «je», il a tenu à doser le drame et la comédie.La pièce commence comme une conférence pour se poursuivre en alexandrins, au sein d'un décor évoquant une maison de poupée géante : l'immeuble résidentiel des Lepage à Québec, au 887, rue Murray.«C'est la première fois que je fais une pièce à la première personne.Ça vient avec des pièges.Je suis davantage exposé.Je n'aime pas la grande prétention de ça.J'ai de la difficulté avec des gens qui parlent d'eux comme s'ils étaient assez importants pour ça.Pour le faire, ça prend beaucoup d'autodérision.Je ris de moi et n'hésite pas à me présenter sous un jour pas toujours flatteur.Sinon, ce serait prétentieux.» Avec 35 ans de métier au compteur et une immense carrière internationale, on pourrait croire Robert Lepage au-dessus de ces considérations.Mais en tournée avec ce projet personnel depuis près d'un an déjà, le créateur doute toujours.« 11 y a toujours des choses dans la vie qui nous obligent à nous mettre à nu et en danger.On décide ou non d'embarquer.Sinon, on manque le bateau.Ça signifie qu'on vit dans un statu quo en ronronnant.C'est très sain de le faire même si c'est très casse-gueule.Ça peut mal virer, mais c'est nécessaire.Moi, je me suis tellement cassé la gueule et relevé que je me dis: bof! » La pièce 887 est à I affiche du TNM du 26 avril au 8 juin.« Il y a des gens qui ne vont plus au théâtre parce qu\u2019ils ont peur du théâtre.Il y a toujours une période de 10-15 minutes au début d\u2019une pièce où les gens ne sont pas dans le show.Les gens sont un peu rebutés par ça.Donc, j\u2019ai pensé à un spectacle où il n\u2019y a pas de théâtre au début.Les lumières sont allumées dans la salle et lentement tu amènes les spectateurs dans ton affaire.» \u2014 Robert Lepage LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 ARTS 9 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS Der Ring des Nibelungen (2010-2012) La spectaculaire mise en scène qu a réalisée l'artiste de Québec de la tétralogie de Richard Wagner a été présentée au Metropolitan Opera de New York de 2010 à 2012 et fera sans doute parler d elle pendant de nombreuses années encore.2010 2012 PHOTO ASSOCIATED PRESS 1995 IVES LA PRESSE Le confessionnal (1995) Premier long métrage de Robert Lepage qui allie son amour de la ville de Québec à celui du cinéma d\u2019Hitchcock.Gagnant de trois prix Genie en 1996.PHOTO FOURNIE PAR ALLIANCE PHOTO ARCHIVES LA PRESSE ! 2000 2004 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE La face cachée de la lune (2000) Cet autre solo qui a fait le tour du monde est une plongée dans l\u2019espace physique et poétique après la mort de la mère des personnages principaux.Robert Lepage l\u2019a lui-même adapté au cinéma en 2005.KÀ (2004) Ce spectacle du Cirque du Soleil, mis en scène par Robert Lepage, roule depuis près de 12 ans à Las Vegas.Le succès de cette « production visuellement époustouflante » a toutefois été assombri par la mort d'une acrobate en 2013.La trilogie des dragons lors de sa reprise à Montréal, en 2003.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU GRAND T Des synapses dans le cerveau qui ressemblent à des éclairs, dans une scène de 887.PHOTO FLORIAN DAVID, ASSOCIATED PRESS mmsm -Eir \u2022yL-'ï.Oit»- .nÇ.-JLv1 y D*.\u2014 o u- -Âv- ffesjjB râfiÇê'Sjé fAviBrowni mSiMSnefoni iü AvfÇasot; 0 7AN0 o U i o PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU GRAND T Robert Lepage I avoue, 887est une autofiction qui revient entre autres sur les lieux de son enfance à Québec.ROBERT LEPAGE TOUT CE QU\u2019ON LUI DOIT LUC BOULANGER La Presse a demandé à quatre personnalités de nous dire ce que le théâtre québécois doit à Robert Lepage.MICHEL TREMBLAY AUTEUR PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE « Ce que nous devons à Robert Lepage ?L'impossible.« En 1956, Paul Buissonneau m'avait montré ce qu'était la transposition théâtrale, 30 ans plus tard Robert a fait éclater tout ce que je savais du théâtre en une myriade d'images toutes plus nouvelles et fantastiques les unes que les autres.Il a réinventé la lumière et l'espace.« Depuis, il a monté Stravinski en CinémaScope, Wagner et Berlioz - qui ont eux-mêmes vécu la révolution industrielle - dans de géniales machines infernales, il a fait vivre des silos à grain, il nous a fait suivre une troupe de théâtre québécoise au Japon, évoluer Jean Cocteau dans une boîte magique et réfléchir Frank Lloyd Wright au milieu de la reconstitution de certains de ses plans.Il a fait une navette spatiale d'une machine à laver et nous a montré, comme si nous étions étendus au plafond d'un théâtre, ce dont le monde pouvait avoir l'air d'en haut.« La jeune génération d'artisans du théâtre ne peut pas faire abstraction de Robert Lepage, comme elle ne peut pas, non plus, faire abstraction d'André Brassard.Ce dernier a inventé une façon de travailler avec les acteurs, Robert a pris la scène à bras-le-corps et l'a secouée pour en faire une lanterna magica neuve et fascinante.» ANNE-MARIE CADIEUX INTERPRÈTE PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE « L'arrivée de Robert Lepage dans l'univers théâtral a créé une véritable onde de choc au Québec.Voilà un jeune homme qui avait du génie, un génie qui ne s'est jamais démenti au fil du temps.Nous savions déjà qu'il marquerait son époque et qu'il deviendrait une des figures incontournables du théâtre mondial.C'était un théâtre comme on n'en avait jamais vu, accordant une place prépondérante à l'image, s'apparentant au cinéma dans la façon de structurer et de cadrer le récit, bousculant les codes, intégrant les nouvelles technologies afin de vivifier un médium qui avait souvent placé le texte au centre de ses préoccupations.Il a en quelque sorte libéré le théâtre de son carcan.On n'avait jamais vu une telle inventivité, une telle sophistication, un tel ludisme dans la façon de déployer un récit, que ce soit dans ses pièces-fleuves ou dans ses solos.« Lepage possède encore une imagination féconde, un sens narratif hors du commun et surtout la liberté et la curiosité de puiser dans toutes les formes de théâtre et dans toutes les formes d'art, mêlant les genres de façon hybride, afin de créer des objets scéniques d'une incroyable vitalité et d'une pure contemporanéité.[.] Son legs est immense.» GUYLAINE TREMBLAY ACTRICE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE « J'ai vu ses premiers pas, ses premières oeuvres, je me souviendrai toujours d'En attendant au café Le Hobbit, à Québec.Robert Lepage et Richard Fréchette étaient sur scène avec trois valises comme décor et pourtant, ce soir-là, j'ai eu l'impression de faire le tour du monde ! C'est le cadeau qu'il m'a fait ce soir-là : la certitude que le désir de créer était plus fort que tout ! Je laisse à d'autres la possibilité d'analyser son oeuvre et son influence sur l'univers théâtral, moi, je veux simplement le remercier de m'avoir convaincue à jamais que trois valises, c'est l'univers entier ! » EMILE GAUDREAULT RÉALISATEUR 3d PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE « Robert Lepage a été le premier à fusionner Tinfusionnable\" : l\u2019art d'avant-garde et l'art populaire.Inspiré autant par Peter Brook que par la comédie télévisée américaine Maude (1972-1978), il a créé des pièces qui possédaient un nouvel esthétisme, portées par des personnages forts et des dialogues punchés.Son style unique ne pouvait que naître au Québec, au sein d'une famille bilingue aux racines anglo-saxonnes et françaises.» 10 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE / Patrick Norman et Renée Martel Retrouver son ami VA Æ/f'.» j PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE L\u2019automne prochain, Patrick Norman et Renée Martel offriront 27 représentations de leur spectacle Nous, dont la première aura lieu au Festival western de Saint-Tite.VÉRONIQUE LAUZON Renée Martel chérissait depuis longtemps le projet Nous: «Ç'a commencé lorsque j'étais en convalescence, ce qui a duré 10 ans.Pendant ce temps-là, je ne m'ennuyais pas du show-business parce que j'étais préoccupée par mon état de santé.La seule chose qui me manquait, c'était de chanter avec Patrick.» Patrick Norman, assis à côté d'elle dans une suite d'un hôtel chic de Montréal, réagit: «C'est cute, hein?Elle me disait que nous ne pouvions pas finir nos carrières sans au moins se réunir une dernière fois.» À ce moment-là, il n'était pas question d'un nouvel album.« Juste d'un gros spectacle, un soir», explique Renée Martel.Finalement, le projet a pris de l'ampleur et ils offrent maintenant un album et une tournée de spectacles.Chansons originales La seule reprise sur l'album est Nous, une chanson que le duo avait déjà enregistrée en 1984.Pour le reste, il s'agit de titres signés par différents collaborateurs, dont Nelson Minville, Michel Rivard, Albert Babin et Bourbon Gautier.C'est Patrick Norman qui souhaitait du nouveau matériel: « On se demandait ce que nous allions faire.Est-ce qu'on reprend nos chansons encore une fois?En même temps, je me disais: combien de fois je vais réenregistrer Quand on est en amour 7 J'aimais mieux offrir de nouvelles histoires.» Ce nouvel opus parle principalement de bonheur et d'amitié: «Maudit que nous avons de belles chansons ! C'est un des bons albums que j'ai faits », dit Patrick, sans gêne.Depuis 1974, Renée et Patrick sont de grands amis: « Aujourd'hui, on peut dire qu'on en a vu des soleils se lever et des matins gris.Parce que ça fait 42 ans que ça dure, notre histoire.Je n'en connais pas beaucoup, des personnes qui ont d'aussi longues amitiés », dit la chanteuse.Les chansons écrites par leurs collaborateurs mettent en lumière cette relation privilégiée: « La chanson Amis d'amour de Michel Rivard, tu ne peux pas frapper plus dans le mille que ça », dit le chanteur.Renée Martel abonde: « J'ai beaucoup plus confiance en l'amitié qu'en l'amour.Je sais que dans 10 ans, Patrick va être encore là.Quand on a quelqu'un dans notre vie, on ne peut pas garantir que dans 10 ans, il va être encore là.Je trouve qu'une amitié profonde, c'est plus durable.» Tournée L'automne prochain, Renée Martel et Patrick Norman offriront 27 représentations de leur spectacle, dont la première aura lieu au Festival western de Saint-Tite.C'est la première fois que le duo offre une véritable tournée commune; les deux artistes ont partagé la scène à plusieurs reprises dans des festivals, et même quelques semaines au Casino de Montréal, mais ils n'ont jamais sillonné la province ensemble.« Dans ma tête, je vous le dis, je ne pouvais pas finir ma carrière sans ce spectacle.C'était vital», dit Renée Martel, qui signera la mise en scène de Nous.« Elle veut que je chante une chanson avec un tutu rose et je ne veux pas.Je le veux bleu, mon tutu ! », dit Patrick Norman, à la blague.Renée Martel et Patrick Norman sont reconnaissants de la belle et longue carrière que le public leur a permis d'avoir.«De nos jours, les artistes font du show-business, mais ils n'ont pas de carrière.Je déplore ça.Nous, on vient d'une génération où le public s'attachait à la personne.Aujourd'hui, si la chanson n'est pas bonne, emmène-nous-en pas une deuxième pas bonne, parce que tu es fini.[.] J'appelle ça un public essuie-tout », dit Renée Martel.Patrick Norman abonde : « Parce que c'est tellement précipité, on dirait que ça n'existe plus, les longues carrières.Le public n'a pas le temps de s'attacher.Parce que c'est tout de suite remplacé par un autre.» Consultez les dates des spectacles à : productionsmartinleclerc.com/ renee-martel-et-patrick-norman COUNTRY Renée Martel et Patrick Norman Nous Productions Martin Leclerc 1 ïf,ui GC Hydro Québec GRAND PARTENAIRE TARTUFFE M0LIÈAE + DE** mariü» -4S tKIm TA 65 AXS SAISOX16/17 MLIGIM HBERr CW*US * MDR( 0US*£> BWCCo PATRICK GRAINVILLE SEUIL, 275 PAGES ?\u2018A Apprivoiser le sauvage âge adulte fetrick ainville i démon le la vie Louise et Luc s\u2019aiment.Ils se connaissent depuis leur tendre enfance, étant voisins dans un village de Provence.Leurs parents sont bons amis.Ils découvrent durant cet été de leurs 15 ans que la féline mère de l\u2019un est aussi la maîtresse délurée du père de l\u2019autre.Au cours de leurs escapades en quête d\u2019étreintes, ils remarquent que leur riche et discret voisin élève en secret un tigre dans son vaste domaine emmuré, tout en entretenant une relation équivoque avec la fille de sa femme de ménage à la silhouette opulente, tirée tout droit d\u2019une toile de Rubens.Un jour, le tigre s\u2019évade.Tout le village envahi par les touristes anglais s\u2019affole tandis que la gendarmerie se mobilise et que Louise et Luc espèrent que le tigre s\u2019en tirera.Encore une fois, Grainville esquisse avec sa plume flamboyante un roman aussi sensuel que les toiles du maître flamand à qui il rend hommage.Son style luxuriant est mis à profit, tantôt pour décrire des ébats, tantôt une scène de rue.Ce roman d\u2019apprentissage, qui multiplie les lignes narratrices, est mené à fière allure, si bien qu\u2019on aura tôt fait de le traverser avec une certaine félicité empreinte d\u2019un brin de nostalgie.\u2014 Rudy Le Cours LE GRAND MARIN > CATHERINE POULAIN ÉDITIONS DE L\u2019OLIVIER, 384 PAGES ?Catherine Poulain Le grand marin C*l««*rû6Mr La jeune femme et la mer Pour fuir une situation obscure, Lili, jeune Française un peu paumée, se réfugie au bout du monde, en Alaska, avec une idée en tête: devenir pêcheuse en haute mer.Malgré son manque total d\u2019expérience, elle se fait embaucher et embarque sur le Rebel avec des personnages hauts en couleur pour une périlleuse pêche à la morue.L\u2019auteure, la Française Catherine Poulain, excelle dans la description de cet univers.On sent l\u2019air marin et les calmars en voie de décomposition utilisés en guise d\u2019appâts, on ressent le tangage et le roulis, on entend les cris du capitaine, on voit les mains amochées des pêcheurs, on entend la musique country des bars miteux de la petite ville portuaire de Kodiak.Le portrait des personnages est juste et sans pitié, depuis la «vieille Indienne impassible derrière son petit verre de schnaps» jusqu\u2019au pêcheur expérimenté qui «cache son visage dans une crinière sale».Par contre, le style d\u2019écriture est parfois inégal, alternant entre le réalisme cru et les envolées lyriques.L\u2019intrigue est mince.Pas de grandes révélations, pas de drames, pas de dénouements.Ce qu\u2019on trouve dans Le grand marin, c\u2019est le portrait d\u2019une nature impitoyable, d\u2019un métier difficile et de personnages tourmentés.\u2014 Marie Tison PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Dimitri Nasrallah s\u2019est beaucoup inspiré de son histoire personnelle pour raconter celle de Niko, petit Libanais qui quitte Beyrouth en bateau avec son père après la mort de sa mère dans un attentat.ï Trouver sa maison JOSEE LAPOINTE Cinq ans après sa sortie en anglais, l\u2019auteur montréalais Dimitri Nasrallah voit enfin son roman Niko, puissant récit sur l\u2019exil et la reconstruction, traduit en français par une maison d\u2019édition québécoise.Rencontre avec un auteur et éditeur qui veut contribuer à faire tomber les murs.« Pour des gens comme lui, il faut oublier pour pouvoir recommencer.Sinon c'est impossible.Antoine est l'élément mythologique de l'histoire, une référence à l'Odyssée.» Surtout, Antoine est aux prises avec les conséquences de ses mauvais choix, qui le sépareront à tout jamais de son fils.«L'exil, c'est souvent une accumulation de choix faits vite alors que tu n'es pas dans un moment idéal de ta vie, et après tu vis avec les regrets.Pour moi, la stabilité, c'est d'avoir le luxe de réfléchir avant de décider.» Dimitri Nasrallah, qui vit maintenant à Verdun avec sa famille, est retourné au Liban une seule fois, en 2009.«Je me suis senti chez moi dans «Je ne connais pas la guerre, elle ne fait pas partie de mes souvenirs.Mais le voyage, ça, je connais.» L'auteur de Niko, Dimitri Nasrallah, est né au Liban en 1977, mais n'y a vécu que ses cinq premières années.Fuyant la guerre civile en 1982, sa famille a vécu en Grèce pendant sept ans et à Montréal pendant deux ans, avant de s'établir à Toronto au début des années 90.« J'y ai vécu 10 ans avant de revenir m'installer ici tout seul, comme un grand, dit Dimitri Nasrallah, auteur, prof de création littéraire à Concordia et DJ à ses heures.Mon français, je l'ai donc appris pendant les deux ans qu'on a passés à Montréal, quand j'avais entre 11 et 13 ans.» Dimitri Nasrallah s'est beaucoup inspiré de son histoire personnelle pour raconter celle de Niko, petit Libanais qui quitte Beyrouth en bateau avec son père après la mort de sa mère dans un attentat.Séparé de son «baba», il sera ensuite hébergé à Montréal par une tante et un oncle, toujours en attente, jamais vraiment chez lui.«Je me suis surtout inspiré de comment je me suis senti pendant ces deux années à Montréal.Le voyage de Niko a été plus dur que le mien, mais dans sa tête, c'est la même chose : il doit trouver comment se sentir chez lui.» Et c'est un long processus, rappelle l'auteur.Il faut beaucoup de temps pour se sentir chez soi, arrêter de caresser des rêves de retour et apprendre à se reconstruire.« Ce travail de trouver une maison, ça prend environ 10 ans », dit Dimitri Nasrallah en souriant.C'est ce long chemin qu'il raconte avec empathie et sensibilité dans ce roman bouleversant, qui suit quatre points de vue: celui de Niko, « qui ne veut rien oublier car c'est ça son identité », de son oncle Samy, qui construit sa vie de manière stratégique, de sa tante Yvonne, nostalgique du passé mais intéressée par la modernité de sa nouvelle vie, et du père de Niko, Antoine, figure tragique qui perd tout, même la mémoire.pour ce livre est inattendu et me donne confiance.J'ai envie de travailler plus en français et j'aimerais participer au monde littéraire d'ici, qui est plus en santé que le canadien.» Déjà adopté, l'auteur de 37 ans a d'ailleurs été invité au Salon du livre de Québec.Et comme nouvel éditeur chez Véhiculé Press, la maison d'édition montréalaise qui a publié Niko en anglais, il a l'intention de faire traduire de plus en plus d'auteurs québécois.Sous sa férule, le roman La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen était lancé en anglais la semaine dernière, traduit par Neil Smith.Et lui-même travaille sur la traduction du premier tome de la trilogie d'Éric Plamondon, Hongrie-Hollywood-Express (Le Quartanier), qui sortira en septembre.« Quelque chose se passe, le mur commence à tomber», dit celui qui se sent proche de la nouvelle génération d'éditeurs québécois, les Antoine Tanguay d'Alto et Mélanie Vincelette de Marchand de « L\u2019exil, c\u2019est souvent une accumulation de choix faits vite alors que tu n\u2019es pas dans un moment idéal de ta vie, et après tu vis avec les regrets.Pour moi, la stabilité, c\u2019est d\u2019avoir le luxe de réfléchir avant de décider.» la famille, mais pas dans mon pays.Je pensais que je rouvrirais les portes pour un retour, mais j'ai plutôt vu que c'était la fin d'un chapitre.Celui de mon enfance et de la nostalgie d'un pays.C'est d'ailleurs là que j'ai terminé d'écrire Niko.» Deuxième vie Dimitri Nasrallah est catégorique : il n'aurait pas écrit le même livre s'il n'avait pas vécu à Montréal - Niko se passe d'ailleurs en grande partie dans la région montréalaise, entre un petit appartement de Montréal-Nord et une maison de banlieue sur la Rive-Sud.Mais il a fallu une rencontre avec l'éditeur de La Peuplade, Simon Philippe Turcot, pour que le livre sorte enfin en français.«Je pensais que ça n'arriverait jamais», dit l'auteur, qui est ravi de la traduction qu'en a faite l'auteur Daniel Grenier.«Je vois mes mots en dessous de ses phrases.» Si Niko a connu une carrière honorable en anglais, Dimitri Nasrallah a l'impression que sa sortie en français pouvait bien lui donner une deuxième et meilleure vie.«Je risque d'être un de ces auteurs plus connus dans une langue autre que celle dans laquelle il travaille.L'intérêt feuilles.Comme éditeur, il ne voit que des avantages à s'investir dans la communauté littéraire d'ici, et refuse le statut d'« exilé littéraire » qu'ont porté de nombreux auteurs anglophones au cours des années.« On a des vies côte à côte, mais c'est la même vie, avec des visions différentes.On peut apprendre les uns des autres.» Et il espère qu'en racontant l'exil des Libanais pendant les années 80, Niko apportera un autre éclairage sur la crise actuelle des migrants.« On a besoin de la littérature pour se rappeler.Mais c'est bon, déjà, de pouvoir avoir cette discussion.En Europe, on cherche comment fermer les frontières aux migrants, alors qu'au Canada, on cherche comment les accueillir.Ma famille a été chanceuse de se retrouver ici.Nous avons passé sept ans en Grèce, et jamais la porte n'a été ouverte.Il n'y avait pas d'avenir là, il fallait juste rester dans le moment présent.Alors que maintenant, mon présent et mon avenir sont ici.Le résultat de mon avenir, il est ici.» Niko Dimitri Nasrallah Traduit par Daniel Grenier Extrait NIKO La Peuplade, 396 pages « Niko se glisse dans une ruelle, faisant fuir un chat.Debout près du conteneur à ordures d\u2019un restaurant, il suce le mégot et ramène la cigarette à la vie.Si seulement il pouvait faire la même chose avec tout le reste.Parfois, il se demande si Baba est encore en vie, parce qu\u2019il n\u2019appelle jamais.Puis Niko tousse et se demande où il pourrait bien aller, maintenant qu\u2019il a recouvré sa liberté.Une neige délicate tombe des nuages grisâtres, mais il est le seul à en souffrir.Il doit décider où il va manger et comment il va s\u2019y prendre.Il n\u2019a rien dans ses poches, sauf 1A ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA PHOTO FOURNIE PAR MARVEL «Nous souhaitions avant tout raconter une histoire complexe entre Captain America [à gauche] et Iron Man, creuser leurs zones d\u2019ombre», explique le réalisateur Anthony Russo, qui reprend du service dans la série avec son frère Joe après avoir réalisé Captain America : Winter Soldier.LES PRÉDÉCESSEURS Iron Man (2008) 585 millions Iron Man 2 (2010) 624 millions Iron Man 3(2013) 1,215 milliard Après avoir sauvé sa propre vie grâce à une armure de fer, le richissime inventeur Tony Stark se donne pour mission de protéger la planète de ses nombreuses menaces.Captain America: The First Avenger (2011) 371 millions Captain America: The Winter Soldier (2014) 714 millions  la suite d\u2019une expérience unigue, le chétif Steve Rogers est transformé en super soldat lors de la Seconde Guerre mondiale.Mort en héros, il revient à la vie 70 ans plus tard avec le même sens du devoir.The Avengers (2012) 1,520 milliard Avengers: Age ofUltron (2015) 1,405 milliard Iron Man, Captain America, ainsi gue Hulk, Thor, Black Widow et Hawkeye s\u2019unissent afin de vaincre une invasion extraterrestre.Quelgues années plus tard, ils doivent faire face à une intelligence artificielle destructrice.Les chiffres font référence aux recettes du box-office en$ US CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR Le monopole des Avengers Le premier opus de la phase 3 de l\u2019univers cinématographique Marvel serait-il le meilleur film d\u2019une série déjà extrêmement populaire?La Presse a eu l\u2019occasion d\u2019explorer le phénomène avec quelques artisans.MARC-ANDRÉ LUSSIER LOS ANGELES Chris Evans ressort le bouclier de Captain America pour la troisième fois dans un film construit autour de son personnage.Mais en réalité, il l'a utilisé beaucoup plus souvent.Voilà la force d'une série de films, inaugurée en 2008 avec Iron Man, dont la galerie de personnages est riche au point de lui permettre de se renouveler constamment.Captain America: Civil War est le 13e film de l'univers cinématographique Marvel.Le studio prévoit en produire 13 de plus d'ici 2020.Qui pourrait le blâmer?Les superhéros de l'écurie font en effet bruyamment résonner les tiroirs-caisses partout dans le monde.Plus de 9 milliards de dollars en recettes jusqu'à maintenant.« Ils exercent une manière de monopole sur le genre, a déclaré Chris Evans lors d'une conférence de presse très courue, tenue à Los Angeles la semaine dernière.Personne d'autre ne peut vraiment les imiter.Vous pouvez leur donner l'étiquette de films de superhéros si vous voulez, mais le fait est que ce sont avant tout d'excellents films.Et plus tu avances, plus tu te rends compte à quel point le travail qu'ils font est colossal.» Un thriller psychologique La phase 1 s'est construite progressivement avec Iron Man en 2008 pour prendre fin quatre ans plus tard avec The Avengers.La phase 2 a été amorcée l'année suivante avec Iron Man Three et s'est poursuivie jusqu'à Ant-Man l'an dernier.Pour lancer la phase 3 avec Captain America: Civil War, les bonzes de Marvel ont orchestré un film d'action empruntant la forme d'un thriller psychologique, serti d'une confrontation idéologique.Pour résumer succinctement, disons que le gouvernement compte désormais s'ingérer dans les affaires des Avengers et rendre les superhéros redevables de leurs actes en cas de dommages collatéraux.Cette nouvelle norme force les Avengers à se séparer en deux clans antagonistes.Celui mené par Steve Rogers (Captain America) tient à son entière liberté d'action ; celui mené par Tony Stark (Iron Man) accepte l'idée de devoir rendre des comptes aux instances gouvernementales.Une galerie impressionnante L'occasion est bonne pour réunir une galerie impressionnante de personnages, et en introduire aussi de nouveaux, parmi lesquels, un tout jeune Peter Parker.Le « nouveau » Spider-Man, qui aura bientôt droit à ses propres films, est interprété par Tom Holland, un acteur âgé de 19 ans.Anthony Russo, qui reprend du service avec son frère Joe après avoir réalisé Captain America: Winter Soldier, estime que ces films s'inscrivent parfaitement dans l'air du temps.D'où leur succès.« Nous vivons dans un monde qui se complique de plus en plus, et qui est parfois difficile à affronter.11 y a quelque chose de rassurant à l'idée d'entrer dans une fantaisie qui permet à ton imagination de se libérer et de canaliser tes émotions en même temps.Ces films nous donnent l'occasion de le faire d'une manière simple, et moins menaçante que ça pourrait l'être dans la vraie vie.» Il ajoute en outre que la force de cette série tient aussi au fait que les scènes d'action font partie intégrante de la narration.« Joe et moi adorons les scènes d'action.Mais ces scè-nes-là doivent avant tout être motivées par une histoire et par des personnages.Sinon, c'est sans intérêt.Nous souhaitions avant tout raconter une histoire complexe entre Captain America et Iron Man, creuser leurs zones d'ombre.Cela dit, on cherche toujours le bon dosage.D'où l'arrivée de personnages comme Spider-Man ou Ant-Man.Comme ils ne sont pas encore complètement impliqués dans l'histoire sur le plan émotif, ils donnent droit à des moments plus légers.» Acteurs sur appel L'univers de Marvel étant interconnecté, les histoires peuvent emprunter une multitude de directions.Bien souvent, les acteurs ne savent même pas eux-mêmes dans quels films ils apparaîtront.L'actrice canadienne Emily VanCamp, que nous verrons bientôt dans Pays, le film de Chloé Robichaud, rend grâce aux artisans de fournir aux acteurs une espèce de «bible» à propos du personnage qu'ils ont à jouer.« Ce qui est vraiment amusant, c'est que Marvel nous donne toutes les infos à propos du personnage, mais nous laisse quand même le composer à notre façon», a confié l'interprète de Sharon Carter/ Agent 13 lors d'un entretien accordé à La Presse.Même son de cloche du côté de Jeremy Renner.Celui que l'on verra à l'automne dans Story of Your Life, une réalisation de Denis Villeneuve, prête ses traits à Clint Barton/Hawkeye.« Il est difficile de décrire des scènes d'action techniquement complexes dans un scénario.En revanche, les personnages sont bien écrits, très bien définis.Quand on découvre le film, on est toujours soufflés, impressionnés par tout ce qu'ils parviennent à faire.Y compris sur le plan dramatique.» Captain America : Civil War (Capitaine America - La guerre civile en version française) prendra l\u2019affiche le 6 mai.Les frais de voyage ont été payés par Disney.«Vous pouvez leur donner l\u2019étiquette de films de superhéros si vous voulez, mais le fait est que ce sont avant tout d\u2019excellents films.» \u2014 Chris Evans Entre tradition et modernité PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE A Hologram for the King raconte l\u2019histoire d\u2019un homme ordinaire, joué par Tom Hanks, qui tente de trouver ses repères et de refaire sa vie lors d\u2019un voyage d\u2019affaires en Arabie Saoudite.A HOLOGRAM FORTHEKING (V.O.S.-T.F.: UN HOLOGRAMME POUR LE ROI) \u2022k-k-k Comédie dramatique de Tom Tykwer.Avec Tom Hanks, Alexander Black etSarita Choudhury.1 h37.CATHERINE SCHLAGER Après l'ambitieuse fresque spatiotemporelle Cloud Atlas coréalisée avec les Wachowski, on se demandait bien dans quelle voie Tom Tykwer allait désormais s'aventurer.Allait-il retrouver la créativité de Run Lola Run ?S'attaquer à un autre grand classique littéraire comme Le parfum ?Le réalisateur allemand s'est plutôt tourné vers le roman A Hologram for the King de l'Américain Dave Eggers, avec qui il avait déjà collaboré.Et a voulu retravailler avec le champion du box-office et du nombre de citations aux Oscars: Tom Hanks.Cette histoire d'un homme ordinaire qui tente de trouver ses repères et de refaire sa vie lors d'un voyage d'affaires en Arabie Saoudite n'aurait pu mieux convenir à l'inoubliable interprète de Forrest Gump.Celui-ci incarne mieux que quiconque le personnage de l'Américain moyen confronté à une situation hors de l'ordinaire.Tom Hanks incarne cet Alan Clay, divorcé sans le sou venu tenter sa chance en Arabie Saoudite.L'entreprise pour laquelle il travaille souhaite conclure une entente avec le gouvernement afin de commercialiser un système de rencontres virtuelles par hologrammes.Parachuté dans une mégalopole inachevée en plein cœur du désert (les images tournées aux Émirats arabes unis et au Maroc sont splendides), sympathisant avec son chauffeur Yousef (Alexander Black) et avec la Dre Hakem (Sarita Choudhury), sa médecin qui ne le laisse pas indifférent, il tente de faire sa place dans ce monde culturellement différent.Profitera-t-il de cette seconde chance qui s'offre à lui?En signant le scénario adapté, Tom Tykwer souhaitait conserver ce savant dosage entre comédie et drame.Si le cinéaste aborde de front des thématiques difficiles comme la dépression et la maladie, les moments d'humour sont également nombreux.À commencer par ces scènes opposant le duo Alan-Youssef lors de leurs virées en voiture.Personnifiant le sympathique Yousef, Alexander Black, sorte d'Adib Alkhalidey égyptien, vole la vedette.En revanche, Tykwer n'évite pas certains clichés propres aux traditions culturelles et religieuses, comme lors de cette ridicule scène de prière dans l'avion.Reprenant son rôle de bougre au grand cœur, Tom Hanks fait du Tom Hanks et livre une prestation somme toute convenue.Lors d'une scène de sexe plutôt chaste, le malaise est même palpable.Ce registre ne lui convient guère.L'Indienne Sarita Choudhury (Homeland), qui a dû apprendre plusieurs répliques en arabe, interprète avec brio cette femme écartelée entre respect des traditions et soif de modernité, notamment lors d'une très jolie scène de baiser sous l'eau.Lisez toutes nos critiques de films sur LaPresse.ca et dans La Presse+. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 ARTS 15 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA Le Prince et The Kid MARC CASSIVI CHRONIQUE Un film de DOMINIC GOYER MAUDE CARMEL, EXPOZE.TV CECILE ROUETTE, ALTERNATIVE ROCK PRESS mm MARC PAQUET « DAVID IlÉA HAYE GERMAIN HOUDE SYLVIE DE MORAISH GILLES pPELLETIER \u2022\" il ÉLISE GUILBAULT MARC,S BÉLAND'f LOrigineDesEspeces.com ïtmra.CHRrSTAL TÉLÉFILM Les Films I CariadS madeinfrance-lefilm.ca Séducteur-né, sex-symbol atypique cultivant sa propre ambiguïté sexuelle - comme David Bowie, un autre grand disparu de 2016 -, il était aussi iconoclaste que flamboyant, énigmatique qu'excentrique.On retiendra qu'à une époque, se retirant partiellement de la vie publique, il refusait d'être appelé par son nom d'artiste, mais préférera plutôt un symbole androgyne auquel il avait associé cette expression sibylline : The Artist Formerly Known As Prince.C'était un maître du métissage.Pas seulement dans sa musique et ses spectacles, où hommes et femmes, peu importent leurs origines et leurs orientations, ont toujours cohabité.Une bête de scène qui pouvait s'abandonner pendant des heures sur scène à un funk organique, PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS puisant dans son propre répertoire et empruntant à celui des autres (comme lors de ce concert d'anthologie de près de quatre heures au Métropolis, qui s'est clos à 3 h 30 du matin en juin 2011).Par son art, Prince conviait les gens à s'unir, pour l'amour, pour la paix, pour le mieux.« Why do we scream at each other ?» Paradoxalement, il semblait aussi vivre sur sa propre planète, avec ses propres codes.À la fois l'icône intouchable et inaccessible protégeant jalousement sa vie privée, et le p'tit gars né au Minnesota, resté l'essentiel de sa vie au Minnesota, mort dans son studio du Minnesota.Les deux revers d'une même médaille.Le Prince et The Kid.Aujourd'hui, il n'y a pas que les colombes qui le «BRILLANT! TOM HANKS EST À SON MEILLEUR!» MANNY DELA ROSA, NBC (KMIR-TV) ?(HALETANT ET FASCINANT): (Mi PRÉSENTEMENT AU CINÉMA O,S#-0 ftiiGD LesFilmsSeville MAINTENANT À L\u2019AFFICHE Consultez les guides horaires des cinémas «ÉLISE GUILBAULT, TOUJOURS EXCELLENTE., ANNE MICHAUD, ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE «un FILM RICHE et DENSE.les ACTEURS LIVRENT un JEU BRILLANT et PERCUTANT.» Dans le film Purple Rain, il était The Kid.Jeune musicien prodigieux de Minneapolis, aux ambitions à la mesure de son immense talent, issu d'une famille métissée à couteaux tirés.Un père pianiste alcoolique, une mère chanteuse désenchantée.Un récit semi-autobiographique.Une version romancée de sa propre histoire.Un classique instantané.Prince Rogers Nelson, mieux connu sous son prénom prédestiné, est mort jeudi à 57 ans dans son mythique studio de Paisley Park, au Minnesota.L'artiste multidisciplinaire venait de célébrer son 26e anniversaire lorsque Purple Rain a pris l'affiche, en 1984.Réalisé par Albert Magnoli - qui n'a pas marqué le septième art outre mesure -, Purple Rain est loin d'être une grande œuvre cinématographique.Mais ce film-culte a fait de Prince, déjà révélé au grand public par l'album 1999, une star mondiale, au même titre que Madonna et Michael Jackson.Ses images syncopées ont mis en valeur l'une des bandes originales les plus marquantes de l'histoire du cinéma.Le lick de guitare de l'intro de When Doves Cry («Dig if you will the picture, of you and I engaged in a kiss»), le solo lancinant de Purple Rain (« I never meant to cause you any sorrow»), le groove hypnotique de Let's Go Crazy (« Dearly beloved, we are gathered here today, to get through this thing called life»).Une trame sonore inoubliable.Grâce à ce film musical, sorte de long vidéoclip de l'âge d'or du vidéoclip, mettant en scène les membres de son groupe The Revolution, Prince a remporté en 1985 l'Oscar de la meilleure partition de chansons (prix qui n'est plus décerné depuis).Y a-t-il eu, dans l'histoire du cinéma, meilleure musique de film d'un seul artiste?Deux chansons au sommet du palmarès Billboard ( When Doves Cry, Let's Go Crazy), une autre au numéro 2 (Purple Rain), un album qui a trôné en tête du palmarès pendant 26 semaines et s'est écoulé dans le monde à quelque 25 millions d'exemplaires.Au sommet de sa popularité, en 1984, Prince comptait la chanson, l'album et le film les plus populaires des États-Unis.Séducteur-né, sex-symbol atypique cultivant sa propre ambiguïté sexuelle - comme David Bowie, un autre grand disparu de 2016 -, Prince était aussi iconoclaste que flamboyant, énigmatique qu excentrique.ses chansons seul, dans ses studios de Paisley Park.Un musicians' musician, comme disent les anglos, qui a mené bien des combats pour les droits des artistes, notamment contre la mainmise des grands studios.par ailleurs I Feel For You de Chaka Khan, Manic Monday des Bangles et l'indémodable Nothing Compares 2 U, popularisée par Sinead O'Connor.) Mais il était aussi, on avait tendance à l'oublier, un guitariste virtuose.«UNE DES PERFORMANCES les plus UNIQUES, SINCÈRES ET MÉMORABLES DE TOM HANKS !» PETE HAMMOND, DEADLINE HOLLYWOOD «UNE HISTOIRE HORS DU COMMUN AMUSANTE ET EXTRAORDINAIRE.» MARIA SALAS, TERRATV TOM HANKS LA MENACE VIENT DE L\u2019INTÉRIEUR MAIIK ZIDI DIMITRI STOROGE FRANÇOIS CIVIL NASSIM SI-AHMED AHMED , DRAME MADE IN FRANCE Son aventure cinématographique venait à peine de commencer.Elle n'eut malheureusement pas la même résonance que sa carrière musicale.En 1986, Prince réalisa lui-même Under The Cherry Moon, en plus d'en être la tête d'affiche.Il répéta l'expérience en 1990 avec Graffiti Bridge, présenté comme une suite de Purple Rain.Les deux films -associés à des albums - furent très mal reçus.L'auteur-compositeur-interprète eut plus de succès en 1989 avec la bande originale du film Batman de Tim Burton (et la chanson Batdance).Un musicien légendaire C'est par sa musique que Prince a forgé sa légende.Quelque 100 millions d'albums vendus d'une pop-rock sophistiquée, mâtinée tantôt de funk et de R&B, tantôt de jazz et de musique expérimentale.Multi-instrumentiste, il a enregistré la plupart de Prince dans Purple Rain.Auteur-compositeur prolifique et visionnaire, il restera surtout connu pour ses succès populaires : ceux de Purple Rain, ainsi que Little Red Corvette, 1999, Raspberry Beret et autres Cream.(On lui doit «un SUSPENSE EFFICACE et DERANGEANT.MARC PAQUET, INTENSE, démontre une ASSURANCE ÉTONNANTE.PIERRE BLAIS, MAGAZINE LE CLAP UN FILM DE TOM TYKWER INSPIRÉ DU ROMAN DE DAVE EGGERS UnHologrammePourLeRoi.com LIONSGATE».g «SF- XMS\ttS mEÏÏ'\u2019 SilverReel SSgëi\tffiV- pirawi Les FlImsSBIB UN FILM DE NICOLAS BOUKHRIEF «UN THRILLER NERVEUX ET EFFICACE» LIBÉRATION «REMARQUABLE» LE MONDE E POUR LE ROI Version anglaise avec sous-titres français de A HOLOGRAM FOR THE KING 13 PRESENTEMENT AU CINEMA H ^\u2022\u2018YouQB LesFilmsChristal 16 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA SALLY FIELD / Hello, My Name Is Doris Le plaisir du jeu PHOTO FOURNIE PAR ROADSIDE ATTRACTIONS Dans Hello, My Name Is Doris, Sally Field se glisse dans la peau d\u2019une femme un peu excentrique, seule, qui éprouve un coup de foudre immédiat pour un nouveau collègue de travail d\u2019au moins 30 ans plus jeune qu elle.'*1?fl.; I ,v ¦ v \u2022 Même si elle se fait un peu plus rare au cinéma, Sally Field marque chacun de ses rôles de sa présence singulière.Parce qu elle reste, après 53 ans de carrière, une actrice avant tout.MARC-ANDRÉ LUSSIER Avant que Steven Spielberg ne la ramène du côté du cinéma grâce à Lincoln, qui lui a valu une citation aux Oscars, Sally Field s'était fait une niche à la télévision, notamment grâce à la série Brothers and Sisters.La raison est bien simple.Pour les acteurs, les rôles les plus intéressants se trouvent désormais souvent du côté du «petit» écran.« C'est ce que je constate, confie la comédienne au bout du fil au cours d'un entretien accordé à La Presse.Même depuis Brothers and Sisters, la télévision a changé radica- lement.À cette époque, les chaînes spécialisées faisaient déjà parler d'elles et on se disait: \"Wow! Avez-vous vu Breaking Bad 7 \" Aujourd'hui, les grands réseaux sont mis au défi comme jamais pour sortir de leurs modèles habituels.11 le faut.Parce que les goûts du public ne sont plus les mêmes.Ce qui se passe actuellement avec l'émergence des Netflix, Amazon et tout ça est vraiment très excitant.11 se prend là plus de risques qu'au cinéma ! » Un film indépendant 11 est d'ailleurs plutôt significatif que Hello, My Name Is Doris, nouveau film dans lequel elle tient l'affiche, ait été produit de façon indépendante.Dans cette comédie sentimentale, coécrite et réalisée par Michael Showalter, Sally Field se glisse dans la peau d'une femme un peu excentrique, seule, qui éprouve un coup de foudre immédiat pour un nouveau collègue de travail (Max Greenfield), d'au moins 30 ans plus jeune qu'elle.11 s'agit du genre de film qui, ne bénéficiant pas de la puissance du système de distribution des grands studios, doit jouer du coude pour se faire une petite place sur le circuit.« Ce qui a le plus changé au fil des ans dans le domaine du cinéma, c'est le marketing, fait remarquer l'actrice.Les grands studios produisent désormais des films conçus pour le marché chinois.Les histoires à dimension plus humaine sont reléguées au secteur indépendant.Fort heureusement, le festival de Sundance a su dynamiser tout ce secteur.» Lancé récemment au festival South by Southwest (SXSW), Hello, My Name Is Doris a été apprécié au point de décrocher là-bas le prix du public.« Je n'en revenais pas ! s'exclame Sally Field.Quand on m'a appris qu'il allait être lancé à SXSW, j'avoue avoir été un peu sceptique au début.Qu'allait faire notre petit film dans ce festival très tendance, fréquenté principalement par des jeunes hyper branchés?Nous avons pourtant reçu un accueil formidable.C'est bien là la beauté de ce domaine.On ne peut jamais rien prévoir ! » Un cas de figure plus rare Même si le récit du long métrage de Michael Showalter met en exergue l'attirance qu'éprouve une femme mûre pour un homme plus jeune, un cas de figure rarement abordé au cinéma, l'actrice estime que la différence d'âge entre eux ne constitue pas l'enjeu principal du film.« La beauté de l'affaire, c'est qu'on ne connaît pas vraiment la nature de la relation qu'entretient Doris avec cet homme, explique-t-elle.Ce film évoque davantage la solitude des humains et leur isolement.Cela nous affecte tous d'une certaine façon.» Lauréate de deux Oscars (Norma Rae en 1980 et Places in the Heart en 1985), Sally Field dit avoir pris beaucoup de plaisir à composer le look du personnage, en compagnie de la costumière Rebecca Gregg.« Comme nous n'avions pas d'argent, Rebecca a fait le tour de toutes les friperies possibles et imaginables.Nous sommes aussi allées dans les caves des studios.J'ai passé trois jours à essayer toutes sortes de choses, à porter des vêtements qui, parfois, puaient.Mais peu à peu, le personnage de Doris s'est construit.Sa coiffure est directement copiée sur celle qu'arborait Brigitte Bardot en 1961 ! » Un plafond de verre Il y a des années, l'actrice, comme plusieurs de ses collègues, a tâté de la réalisation.Elle a en outre signé en 2000 Beautiful, long métrage dont la tête d'affiche était Minnie Driver.Cette incursion a toutefois été de courte durée.«Tom Hanks m'avait d'abord demandé de réaliser un épisode de From Earth to the Moon, rap-pelle-t-elle.Ensuite, j'ai réalisé un long métrage.Et je me suis rendu compte que je n'étais pas faite pour ça.Je suis une actrice avant tout.Je le ressens très profondément en moi.» Cette expérience lui fait cependant admirer encore davantage les actrices qui se lancent aussi dans la réalisation, particulièrement les plus jeunes.D'autant plus qu'à Hollywood, le plafond de verre est toujours aussi difficile à briser pour les femmes.«Je les applaudis.Plusieurs d'entre elles, très talentueuses, me disent qu'une fois rendues là, elles frappent un mur.Malgré le succès qu'elles obtiennent, il est encore difficile pour elles de se faire embaucher par les studios pour des productions d'envergure.C'est complètement ridicule ! Mais grâce, justement, à cette nouvelle génération de femmes qui ruent dans les brancards pour dire que c'est inacceptable, les choses pourraient bien changer.Mais je leur laisse ce combat ! » Hello My Name Is Doris est actuellement à l\u2019affiche Vous pouvez lire la critique du film à lapresse.ca et sur LaPresse+.CINQ TEMPS FORTS DANS LA CARRIÈRE DE SALLY FIELD LA SŒUR VOLANTE (The Flying Nuh) 1967-1970 Même si elle entame une carrière à la télévision au milieu des années 60, Sally Field se fait d\u2019abord connaître du public québécois grâce à cette sitcom dans laquelle elle arbore une tenue de religieuse.Qui vole.NORMARAE 1979 Après avoir tourné plusieurs films avec Burt Reynolds, parmi lesquels Smokey and the Bandit, Sally Field emprunte un virage important grâce à ce film de Martin Ritt.Son rôle d\u2019ouvrière qui milite pour la syndicalisation lui vaut le prix d\u2019interprétation féminine du Festival de Cannes, de même que l\u2019Oscar de la meilleure actrice.57e SOIRÉE DES OSCARS 1985 Cinq ans après avoir obtenu un premier Oscar, Sally Field est de nouveau célébrée par les membres de l\u2019Académie, cette fois grâce à Places in the Heart (Les saisons du cœur), film plutôt oubliable de Robert Benton.Le discours de l\u2019actrice, émue et enthousiaste, marque les esprits.FORREST GUMP 1994 Lactrice se vieillit pour incarner la mère du fameux Forrest Gump, qu\u2019interprète Tom Hanks, un homme à peine 10 ans plus jeune qu elle.C est à son personnage que l\u2019on doit l\u2019une des répliques cultes du film : « La vie, c\u2019est une boîte de chocolats.On ne sait jamais sur quoi on va tomber.» PHOTO FOURNIE PAR DREAMWORKS ij*1 -fl LINCOLN 2012 Pendant cinq ans, l\u2019actrice se distingue dans la série télévisée Brothers and Sisters.Une fois la série terminée, Steven Spielberg fait appel à elle pour incarner Mary Todd Lincoln dans le film Lincoln.Sally Field obtient alors la troisième sélection de sa carrière aux Oscars.«Je continue d\u2019exercer ce métier de façon tenace parce que j\u2019en suis toujours amoureuse!» \u2014 Sally Field SUR VOS ÉCRANS EN DVD TÉLÉ SUR DEMANDE SON OF SAUL H \u201cl A.A iDRAMEl SAUL FIA (V.F.: LE FILS DE SAUL) ?1/2 De Laszlo Nemes.Avec Géza Rôhrig.Comment montrer l\u2019innommable?Représenter à l\u2019écran ce qui ne doit pas être vu?De quelle façon peut-on illustrer l\u2019horreur des camps de concentration nazis?Ces questions légitimes ont guidé la démarche artistique du réalisateur hongrois Lâszlô Nemes, qui offre un regard neuf sur l\u2019Holocauste avec Saul Fia.Cette première oeuvre forte et bouleversante, dont on ne sort pas indemne, se révèle particulièrement réussie par sa capacité à évoquer au lieu de montrer.Le jeune cinéaste de 38 ans ne laisse aucun répit au spectateur pendant près de deux heures, avec une bande sonore dense et oppressante et une utilisation judicieuse du hors-champ et de la profondeur de champ.\u2014 Catherine Schlager ISÉRIE FANTASTIQUEl GAME OF THRONES - SAISON SIX Avec Emilia Clarke, Peter Dinklage, Kit Harington, Lena Headey.Oui, le printemps est arrivé, mais pour des tonnes de fans, l\u2019hiver s\u2019en vient.C\u2019est LA sortie de la semaine qui écrasera tout sur son passage: la sixième saison de Game of Thrones.Ça fait des mois que les suppositions vont bon train concernant les destins de Jon Snow, Cersei, Tyrion, Daenerys, Sansa et Arya.La dernière bande-annonce, qui fait saliver, a déjà été vue par près de 15 millions d\u2019internautes.\u2014 Chantal Guy La grande première est le 24 avril, à 21 h, sur HBO.COMÉDIE HOLLYWOOD BLOWS episode; the fourth se a sou ISÉRIE TÉLÉVISÉEl EPISODES- THE FOURTH SEASON ?1/2 Créée par David Crane et Jeffrey Klarik.Avec Matt LeBlanc, Tansin Greig, Stephen Mangan.(9 épisodes, en anglais) Les saisons sont courtes et elles se ressemblent, mais une fois accro, il est impossible de se passer de sa dose annuelle dEpisodes.Il faut profiter de cette quatrième incursion dans les coulisses hollywoodiennes de la télévision: elle sera l\u2019avant-dernière.L\u2019ex-Friends Matt LeBlanc y joue toujours cette version fictive (vraiment?) de lui-même, vedette du remake américain d\u2019une série britannique créée par Sean et Beverly Lincoln.Une dénaturation totale de l\u2019original.Et un échec à l\u2019avenant.L\u2019émission, Puck, allait donc être annulée.Elle ne le sera pas.Pas tout de suite.LeBlanc et les Lincoln de naviguer face à cette bonne-mauvaise nouvelle, tout en préparant l\u2019avenir en pataugeant dans le présent.\u2014 Sonia Sarfati LOOK WHO S BACK De David Wnendt.Avec Oliver Masucci, Fabian Busch et Katja Riemann Ne ratez pas l\u2019occasion de vous payer une bonne tranche de rire coupable avec cette comédie allemande qui a fait un tabac dans son pays d\u2019origine.Adapté du best-seller de Timur Vermes, il s\u2019agit d\u2019une satire où l\u2019on imagine comment réagirait Hitler s\u2019il était catapulté à notre époque.Dans le film, il se réveille en 2014 à Berlin, et il est rapidement confondu avec un comédien qui connaîtra le succès, mais les idées criminelles de l\u2019homme n\u2019ont pas changé.On a comparé le film à un genre de Borat.puisqu\u2019il contient des scènes où le comédien Oliver Masucci, déguisé en Hitler, va à la rencontre de vrais gens qui ne savent pas qu\u2019ils sont filmés et qui ne se font pas prier pour prendre des égoportraits avec le führer.\u2014 Chantal Guy Sur Netfl ix LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 ARTS 17 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA Implosion familiale PHOTO FOURNIE PARTRIART [ mmm Mr / i W 0 Jonah (Jesse Eisenberg) et Conrad (Devin Druid) doivent apprendre à vivre avec l\u2019absence de leur mère Isabelle (Isabelle Huppert), morte dans un accident de voiture, LOUDER THAN BOMBS ?Vi Drame de Joachim Trier.Avec Isabelle Huppert, Gabriel Byrne, Jesse Eisenberg et Devin Druid.1 h 49.CHANTAL GUY Le Norvégien Joachim Trier vient d'une famille de cinéma.Grand-père cinéaste, père ingénieur de son, mère documentariste et lointain parent du célèbre Lars von Trier.On ne s'étonne donc pas de son choix de carrière et, pourquoi pas, du portrait de famille brossé dans Louder than Bombs, sa première coproduction internationale, présentée en sélection officielle au dernier Festival de Cannes.Car oui, c'est le portrait, brisé, d'une famille qui tente de se reconstituer que le cinéaste, qui nous avait offert Oslo, 31 août, explore dans son film.Après la mort dans un accident de voiture d'Isabelle (Isabelle Huppert), reporter de guerre réputée, son mari Gene (Gabriel Byrne) et ses deux fils, Jonah (Jesse Eisenberg) et Conrad (Devin Druid), doivent apprendre à vivre avec son absence.Mais n'était-elle pas absente depuis plus longtemps?Joachim Trier décrit très bien dans son film le décalage que vivent les journalistes de retour des zones de guerre, et Isabelle Huppert, experte dans l'art de jouer les femmes distantes, froides et mystérieuses, incarne à la perfection son personnage, toujours à côté de ses pompes lorsqu'elle est avec sa famille.Quand l'un de ses collègues s'apprête à lui rendre hommage dans un article, tout en révélant des aspects méconnus de sa vie, Gene, Jonah et Conrad devront en discuter, alors qu'ils ont d'évidents problèmes de communication.Gene, en papa poule, surveille son plus jeune, Conrad, en pleine crise d'adolescence, enfermé dans ses jeux vidéo et occupé par sa création littéraire.Mais si tout semble réussir à Jonah, l'aîné, qui vient d'avoir un enfant, c'est pourtant lui qui est le plus perdu, essayant de séduire à nouveau un amour de jeunesse.Contre toute attente, ce n'est pas l'adolescent qui est le plus égaré dans cette histoire, il est le plus lucide et son hypersensibilité est en fait une force.L'interprétation poignante de Devin Druid en fait la révélation de ce film.Chacun des trois gars a une histoire avec une fille, mais c'est Isabelle qui est au cœur de leurs pensées, et le point focal du film, qui se disperse selon leurs visions de la femme et de la mère.Était-ce un accident ou un suicide?Avait-elle des amants?Qui était-elle, finalement?Le décalage vécu par Isabelle est aussi vécu par le spectateur, qui voit à l'écran cohabiter les terrifiants drames du monde et le drame intérieur de cette famille que le bruit des bombes finit par atteindre, ne serait-ce que par la douleur sourde que cette femme traîne avec elle, et par sa mort qui a fait des dommages collatéraux.Par petites touches impressionnistes, Joachim Trier crée dans son film une atmosphère étonnante, troublante et fascinante, on se laisse emporter par ces chassés-croisés émotifs tout en retenue, parfois trop, rendant l'ambiance glacée, mais souvent très juste.Une belle découverte.Souffle au coeur LE CŒUR RÉGULIER \u2022*\"*\"*' 14 Drame de Vanja DAIcantara.Avec Isabelle Carré, Jun Kunimura et Niels Schneider.1 h35.MARIO CLOUTIER Des images, de la musique, des dialogues minimalistes.Vanja D'Alcantara comprend davantage le cinéma que certains tâcherons après 30 ans de carrière.Ça prend une bonne dose de culot dans le cinéma d'aujourd'hui pour faire tenir un film de plus de 90 minutes sur, disons, peut-être 20 pages de dialogues.C'est le pari que réussit la jeune cinéaste belge avec Le cœur régulier.«Il n'y a pas de réponse.Il n'y a que la vie.Inspirer et expirer», dira le vieux sage Daïsuke (Jun Kunimura) à Alice (Isabelle Carré).Tout le film est là.Vanja D'Alcantara s'est vraisemblablement inspirée de cette leçon de vie en filmant le silence, en y ajoutant quelques notes de musique et des dialogues uniquement lorsqu'elle ne peut plus faire autrement.Alice part au Japon à la suite de la mort de son frère Nathan (Niels Schneider) qui était, en quelque sorte, son rayon de soleil.Nathan s'était fait une petite amie au pays du Soleil-levant après avoir été tenté par le suicide.Le vieux Daïsuke lui a toutefois sauvé la vie.Policier à la retraite, celui-ci parcourt les falaises de son village pour empêcher des centaines de gens de mettre fin à leurs jours.Comme lui, Alice se met à l'écoute, elle découvre la douleur des autres et se fond dans le paysage des abysses rougis par le PHOTO FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE Isabelle Carré (à droite) et Mugi Kadowaki sont au nombre des acteurs du film de Vanja D AIcantara.sang des damnés.Elle reviendra à la vie elle aussi.Le reste est histoire de non-dits, d'ellipses entre deux émotions, de plans de poussière voltigeant dans l'air, de panoramiques sur le vide, la nature, le vent, les chants d'oiseaux.Les moindres tressaillements ou gestes des acteurs (tous excellents) sont captés.Autres signes expressifs qui ne mentent pas, qui n'ont besoin que d'un œil attentif.La cinéaste sait aussi utiliser l'ombre et la lumière.La caméra statique du début, dans l'univers froid de la France, est portée à l'épaule en arrivant au Japon, sans jamais devenir fébrile.Émouvant, le récit coule au diapason du roman homonyme d'Olivier Adam.Pour les amateurs de gros plans télé et de dialogues incessants, le film pourra paraître long.Mais, ainsi vu et utilisé, le cinéma n'a vraiment pas besoin de mots.Il décrit parfaitement l'apaisement d'un souffle au cœur qui redevient simple respiration au gré du temps.W ~ PÉNÉLOPE ^\tMcQUàDE PRESSE tes vieilles AffAim mm LAveNme IA néommoN j\u2019dtne! AUTOPORTRAIT D'UNE TRIPPEUSEl EN MOTS, EN COUPS DE CŒUR ET EN IMAGES PENELOPE McQUADE Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub 18 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 23 AVRIL 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS iste de notre invité TOUS LES SAMEDIS, UN ARTISTE NOUS FAIT PART DE SES CINQ COUPS DE CŒUR DU MOMENT.¦W- - ?.mu FABIEN CLOUTIER CHANTAL GUY Après une quinzaine de représentations, Fabien Cloutier fait sa grande rentrée montréalaise les 26 et 27 avril au Théâtre Outremont avec Assume, son premier spectacle d\u2019humour, qu\u2019il décrit en ces termes: «Nos comportements en société, le \"je\" versus le \"nous\", ce besoin d\u2019être dans la gang, de suivre des codes en tous genres, autant dans la façon de voter que dans la façon dont on décore notre maison, ça m\u2019intéresse.Ça m\u2019intéresse, la façon dont l\u2019humain se laisse influencer par tout ce qu\u2019il y a autour.» L\u2019auteur et interprète de Cranbourne et Scotstown, très polyvalent, estime qu\u2019il a fait le show qu\u2019il voulait faire, et que même ceux qui le suivent et qui ont aimé son travail à Plus on est de fous, plus on lit!, Esprit critique, Boomerang ou Paparagilles risquent d\u2019être surpris.« Ils vont me reconnaître, mais mon show n\u2019est aucune de ces choses-là.Je fais plus friser les oreilles quand je suis sur scène.J\u2019espère que le grand public va aimer ça, parce que je trouve important de parler à tout le monde et je fais mon possible pour ne jamais avoir l\u2019air d\u2019être dans une gang ou un groupe.J\u2019essaie d\u2019attaquer assez large et c\u2019est peut-être pour ça que mon show est très inclusif!» S\u2019il se concentre présentement surtout sur la tournée de ce spectacle qu\u2019il a travaillé pendant des années, de nombreux autres projets sont en cours.Notamment le tournage de la série Plan B, l\u2019adaptation cinématographique de Pour réussir un poulet, une création hybride sur les communautés autochtones avec Brigitte Poupart et Robert Morin, et il croise les doigts pour que le cinéaste Robin Aubert reçoive le financement pour Les affamés, un film de zombies qui pourrait être tourné à l\u2019été.«Son scénario est excellent, ça me tente de faire ça!» PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE THÉÂTRE Sébastien Dodge «Cest un auteur et metteur en scène qui, je pense, n\u2019a pas fini de nous secouer.Je m\u2019apprête à aller voir Televizione, qui est au Quat\u2019Sous présentement.Il questionne notre rapport à la télévision, à l\u2019image, à l\u2019effet que ça peut avoir sur nous.Tout ce que j\u2019ai lu de lui m\u2019intéresse, la façon dont il remet en question les codes et les limites de la représentation, ses personnages, comme s\u2019il se donnait la permission décrire de la tragédie romaine en québécois, avec tous les excès que ça implique.Je pense qu\u2019on aurait besoin de plus de Sébastien Dodge, et j\u2019ai hâte qu\u2019on le monte au TNM.C est un de ceux au théâtre, quand il fait quelque chose, que je dois aller voir.» PHOTO MARIE-ANDRÉE LEMIRE, FOURNIE PAR LE QUAT'SOUS ARTS VISUELS Mériol Lehmann PHOTO FOURNIE PAR LARTISTE «Il fait de la super belle photo, du paysage extraordinaire.J\u2019aime particulièrement ses photos sur le monde industriel.Il en a fait de très belles autour de l\u2019incinérateur à Québec, de la Daishowa.Je restais dans ce coin-là, on dirait que ses photos me ramènent à un moment de ma vie.Il y a encore beaucoup de ces lieux imposants au Québec, parfois abandonnés, qui viennent donner un effet complètement autre sur le paysage.Sa série sur l\u2019île d\u2019Orléans est complètement à l\u2019encontre de ce qu\u2019on a vu habituellement comme photos de l\u2019île.On peut voir son oeuvre sur son site web : mlehmann.ca.» LITTÉRATURE Marc-Antoine K.Phaneuf «Son Cavalcade en cyclorama, je trouve ça extraordinaire, cette suite d\u2019idées qu\u2019il y a dedans.On se dit que ça n\u2019a pas de sens de suivre ça, c\u2019est juste des associations d\u2019idées, mais en même temps, il nous amène dans son monde.Je suis allé voir les expos qu\u2019il fait aussi, celle sur les Canadiens.J\u2019aime beaucoup son travail, je trouve qu\u2019il fait de l\u2019art visuel qu\u2019on peut aller voir avec nos enfants, parce qu\u2019ils vont y trouver leur compte eux aussi.J\u2019ai beaucoup de plaisir à suivre cet artiste dans toutes les sphères de son travail.» MARC-ANTOINE K.PHANEUF CAVALCADE EN CYCLORAMA m MUSIQUE Foreign Diplomat «Ces temps-ci, j\u2019écoute Foreign Diplomat, une gang assez jeune des Laurentides qui a signé avec Indica.Leur album Princess Flash est sorti à l\u2019automne, et je les ai découverts à l\u2019excellente émission Fabriqué au Québec d\u2019Olivier Robillard Laveaux, qui m\u2019a fait découvrir plein de groupes.C est de l\u2019électro-rock indie et j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on n\u2019a pas fini d\u2019entendre parler d\u2019eux, mais surtout, qu\u2019on devrait les entendre plus.» DESIGNER^ GRAPHIQUE Marc-André Roy PHOTO FOURNIE PAR BALTRAKON Il est derrière la boutique Baltrakon: baltrakon.com.C est un gars qui imprime de façon très artisanale des t-shirts à Québec, et qui vend beaucoup sur le web.J\u2019aime son humour et son ludisme.A un moment donné, on dirait que quand t es un gars au milieu de la trentaine, il y a des limites à porter des t-shirts de groupes, et quand tu vas dans les boutiques, il y a des trucs douchebag avec des éclairs.Mais je ne suis pas encore rendu à porter des Polo, j\u2019ai toujours porté des t-shirts! Bref, il fait des t-shirts pour des gars de mon âge qui ne sont pas trop sérieux, très simples, justes dans l\u2019image ou justes dans le mot, comme «Adéquat», celui que je porte.» "]
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