La presse, 21 mai 2016, Arts - Cinéma
[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 LÀ PRESSE LECTURE /ANNIE ERNAUX PAS SIMPLE D\u2019ÊTRE UNE FEMME PAGE 3 FESTIVAL DE CANNES CLICHÉS DELA CROISETTE PAGE 19 i *i l ï: ! MUSIQUE / DAVID THIBAULT RÉTRO MODERNE PAGE 4 ARTS -N.' CITE MEMOIRE LE VIEUX-MONTREAL Après des années de travail, l\u2019ambitieux projet Cité Mémoire voit enfin le jour.À un an du 375e anniversaire de Montréal, le plus grand parcours de projection vidéographique narratif du monde s\u2019offre au public.La créativité aura rarement aussi bien côtoyé l\u2019histoire.À LIRE EN PAGES 8 ET 9 PHOTO JEAN-FRANÇOIS GRATTON, FOURNIE PAR MONTREAP EN HISTOIRES 2016 05 19 2016 09 25 EDMUND ALLEYN DANS MON ATELIER, JE SUIS PLUSIEURS.Edmund Alleyn, Mondrian au coucher, 1973-1974.Collection du Musée d'art contemporain de Montréal.Photo: Richard-Max Tremblay MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL QuébecH 185, rue Sainte Catherine Ouest Montréal (Québec] H2X 3X5 Canada Métro Place des Arts rnacrn.org = MAC ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 Erreur et omission MARC CASSIVI CHRONIQUE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE «Nos scénarios sont aussi épluchés par des avocats et des assureurs.C\u2019est une étape essentielle à l\u2019obtention du financement », explique le cinéaste Philippe Falardeau.Et si l'on parlait d'autre chose que de la liberté d'expression de Mike Ward ?De celle des auteurs, scénaristes et cinéastes, par exemple.Malgré toute l'attention accordée depuis une semaine à la censure d'un sketch d'humoristes - par leur propre association professionnelle -, ceux-ci bénéficient, grâce à la licence artistique accordée à la satire, de bien plus de liberté que la plupart des gens, y compris les auteurs de fiction.On a fait grand cas de l'intervention d'avocats et d'assureurs dans le contenu d'un sketch du Gala Les Olivier (les deux phrases jugées litigieuses faisaient allusion à la mère de Jérémy Gabriel et à la pertinence de la Commission des droits de la personne, qui poursuit Mike Ward).Certains sont tombés des nues : des assureurs et des avocats influencent le contenu humoristique ?! Dans les faits, la supervision de textes par des avocats et des assureurs est une pratique de plus en plus courante, non seulement en humour, mais aussi dans les milieux de la télévision et du cinéma québécois.La fameuse assurance « erreur et omission », au cœur de la polémique des Olivier, a contraint plus d'un auteur à modifier ses textes ces dernières années.«Nos scénarios sont aussi épluchés par des avocats et des assureurs, m'a expliqué cette semaine le cinéaste Philippe Falardeau.C'est une étape essentielle à l'obtention du financement.L'exercice m'avait estomaqué du temps de La moitié gauche du frigo, où je tenais à dénoncer le comportement des banques.J'avais dû revoir et supprimer environ six pages de mon scénario.Congorama m'avait aussi donné des ulcères.» L'intervention d'un service du contentieux a un effet d'entonnoir sur les contenus cinématographiques et télévisuels, soumis à un tamis de plus en plus serré.L'insidieuse autocensure prend le relais pour le reste.«Avec le temps, j'ai appris à contourner les problèmes à l'étape de l'écriture, me confirme Philippe Falardeau.Mais il faut aussi dire que j'ai des producteurs qui prennent souvent le risque d'aller de l'avant malgré une recommandation négative de l'avocat, lorsque nous jugeons que c'est important pour le propos du film.» Or, pour un producteur prêt à prendre un tel risque, il y en a des dizaines d'autres qui jugent que ça ne vaut pas la peine de s'exposer à une poursuite, à l'encontre d'un avis juridique, pour une phrase dans un quiz, une émission à sketches, un magazine ou une fiction.« 11 faut comprendre que l'assureur ne dit pas : \"Vous n'avez pas le droit de dire ceci ou cela\", rappelle Philippe Falardeau.11 dit plutôt qu'il n'assurera pas les producteurs et les diffuseurs en cas de litige si vous dites ceci et cela.C'est bien connu, les assureurs n'assurent pas le risque, mais l'absence de risque.Et la liberté d'expression et de création coûte de l'argent, surtout quand il faut finir par la défendre devant les tribunaux.» Ne vous demandez pas, dans les circonstances, pourquoi on ne trouve pas au Québec de films à l'humour aussi grinçant que Happiness de Todd Solondz, dont le matériel comique s'inspirait de l'inceste, de la pédophilie et des fantasmes de tuerie d'un psy.On ne risque pas davantage de voir de sitôt une télésérie québécoise du type House of Cards sur nos écrans, prévient Daniel Thibault, coauteur des séries Ruptures et Mirador.« On ne pourrait pas faire The Wire ou House of Cards ici, et ce n'est pas seulement une question d'argent, croit-il.House of Cards n'a pas besoin de permission pour parler du Parti démocrate.Au Québec, on ne peut pas se permettre de mettre en scène un scandale du Parti libéral ou un agent corrompu du SCRS dans une fiction télévisée.» Daniel Thibault et sa coscénariste Isabelle Pelletier avaient l'ambition que leur série Mirador, sur une firme de relations publiques, soit la plus crédible possible.«Mais il était impossible d'appeler les choses par leur nom», se désole l'auteur, qui a beaucoup travaillé dans le milieu de l'humour, en donnant l'exemple du fictif Service de la police métropolitaine de Montréal dans la série 19-2.« On ne nomme pas le SPVM, la SQ ou la GRC à la télé, de peur d'être poursuivi, dit-il.11 y a beaucoup d'avo-casseries.On voudrait un risque zéro.« On ne peut pas produire des œuvres qui vont au bout de ce qu'elles veulent dire.C'est assez contraignant.Beaucoup plus que pour les humoristes », ajoute Daniel Thibault.11 reste qu'en humour, comme au cinéma et à la télévision, tous sont devenus plus frileux les uns que les autres aux menaces de poursuites.C'est à se demander qui a eu froid au départ et pourquoi.Travaillant à l'occasion en télévision, je me suis moi-même retrouvé parfois à devoir faire la part délicate entre la censure et le choix éditorial.La judiciarisation, quoi qu'il en soit, est un fléau de notre époque.Elle entraîne une moins grande tolérance au risque, autant dans la création que dans l'expression des opinions.Certains abusent des tribunaux; d'autres abusent de leurs tribunes.Tout cela a des conséquences réelles, autant psychologiques que financières.(Quoique même s'il perd devant les tribunaux, Mike Ward en aura eu amplement pour son argent en retombées promotionnelles.) Cela dit, tout ne mérite pas d'être dit.On ne voudrait pas minimiser le combat pour la liberté d'expression des humoristes, mais peut-être faudrait-il leur rappeler que la liberté d'expression n'est pas un droit absolu.Même sous le couvert de l'humour, on ne peut dire tout et n'importe quoi sans avoir à en subir les conséquences.« C'est juste une blague ! » n'est pas un argument de droit.« Si ça fait rire, c'est légal » n'est pas plus recevable.Les humoristes jouissent d'une très grande liberté dans notre société, et c'est tant mieux.Leur transgression est nécessaire.Mais ils ne sont pas pour autant au-dessus des lois.Que l'on me comprenne bien : je ne remets pas en question la prérogative de deux hétérosexuels blancs privilégiés de recycler une blague de mauvais goût sur le physique d'une chanteuse lesbienne, de se moquer à répétition du handicap d'un enfant ou de perpétuer des préjugés antisémites avec un gag éculé afin de mieux cimenter leur statut d'en-fants-martyrs de la liberté d'expression.Le droit à la bêtise est inaliénable.Sur le fond, Mike Ward et Guy Nantel ont raison.Sur la forme, en revanche, je ne suis pas convaincu que la plus grande limite à leur humour soit la censure.La fameuse assurance « erreur et omission », au cœur de la polémique des Olivier, a contraint plus d\u2019un auteur à modifier ses textes ces dernières années.DUCEPPE DES ÉMOTIONS EN TEMPS RÉEL NOS FEMMES TEXTE ERIC ASSOUS MISE EN SCENE MICHEL POIRIER EN CAS DE PLUIE, AUCUN REMBOUR SEMENT TEXTE ET MISE EN SCENE SIMON BOUDREAULT UNE PRESENTATION i Hydro L Québec f J* f là] k 111 M\u2019OUBLIE PAS TEXTE TOM HOLLOWAY MISE EN SCENE FRÉDÉRIC DUBOIS SAI SOI 20 20 16 17 ABONNEZ-VOUS placedesarts.com duceppe.com LES HÉROS TEXTE GERALD SIBLEYRAS MISE EN SCENE MONIQUE DUCEPPE HAROLD ET MAUDE TEXTE COLIN HIGGINS MISE EN SCENE HUGO BÉLANGER UNE PRÉSENTATION POWER CORPORATION DU CANADA LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 ARTS 3 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS LECTURE ANNIE ERNAUX Ce n\u2019est pas simple d\u2019être une femme Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux raconte sa première expérience sexuelle dans une colonie de vacances avec un garçon plus vieux qu elle.Une expérience désirée au départ, mais qui s\u2019est finalement avérée traumatisante, à mille lieues des fantasmes romantiques d\u2019une jeune fille de 18 ans issue d\u2019un milieu catholique d\u2019où les garçons étaient absents.Cette découverte du désir et de la liberté - et le jugement implacable des autres - ont marqué Annie Ernaux au fer rouge.Ils ont aussi contribué à la naissance d\u2019une écrivaine.Entretien.NATHALIE COLLARD Quand on lit les événements que vous décrivez avec le regard d\u2019aujourd\u2019hui, ce que vous racontez, finalement, c\u2019est une relation sans consentement, un viol ?Oui, tout à fait.Mais la fille de 1958, le « moi » de 58, n\u2019a pas considéré le terme de «viol » et jusqu\u2019à maintenant, je ne pourrais pas l\u2019employer.Il ne correspond pas à mon vécu dans la mesure où, effectivement, il s\u2019agissait d\u2019une autre époque, d\u2019un autre monde, avec d\u2019autres interdits et d\u2019autres croyances.Je n\u2019ai jamais employé cette expression-là dans le livre, mais au final, c\u2019était moi qui l\u2019avais bien cherché, hein?C\u2019est ce qu\u2019on disait et qu\u2019on dit encore: «Elle l\u2019a bien cherché.» Vous racontez quelque chose de très personnel, mais en même temps, d\u2019absolument universel.Vous doutiez-vous, en l\u2019écrivant, que bien des femmes se reconnaîtraient dans ce livre?La façon dont ce livre est reçu [il est paru le mois dernier en France], de façon fervente, m\u2019a étonnée jusqu\u2019à l\u2019incrédulité.J\u2019ai raconté quelque chose qui n\u2019avait jamais été dit comme ça, jamais déployé de cette façon.La première fois, quand on est confronté au corps de l\u2019autre, mais, aussi, tout ce qui suit, jusqu\u2019à quel point on peut être humiliée et s\u2019en foutre.Et puis ensuite être rattrapée par la honte.Je voulais dire ces choses-là.Je rencontre beaucoup de jeunes femmes et j\u2019ai l\u2019impression que je ne suis pas du tout cantonnée dans une époque.Encore aujourd\u2019hui, ce n\u2019est toujours pas simple d\u2019être une femme.Je n\u2019ai pas dit que c\u2019était simple d\u2019être un homme non plus, mais être une femme, ça reste une spécificité difficile à exprimer.Vous écrivez, parlant de cette fameuse nuit où, finalement, vous avez cédé à un jeune homme agressif qui n\u2019avait aucune considération pour vous et qui ne pensait qu\u2019à son propre désir : les choses devaient suivre leur cours.Là, on est vraiment dans une réalité qui n\u2019a rien à voir avec aujourd\u2019hui, avec la prescription qui dit : « mon corps est à moi ».Je n\u2019ai pas voulu juger, mais bien ressusciter les choses dans leur réalité de l\u2019époque.Forcément, avant 1968, avant la contraception, il y a tout un ensemble de choses à prendre en compte, la domination, l\u2019hégémonie masculine.Encore aujourd\u2019hui, il y a encore beaucoup de gens qui pensent PHOTO GOOGLE IMAGE «Je rencontre beaucoup de jeunes femmes et j\u2019ai l\u2019impression que je ne suis pas du tout cantonnée dans une époque, dit l\u2019écrivaine Annie Ernaux.Encore aujourd\u2019hui, ce n\u2019est toujours pas simple d\u2019être une femme.Je n\u2019ai pas dit que c\u2019était simple d\u2019être un homme non plus, mais être une femme, ça reste une spécificité difficile à exprimer.» que les hommes ont des désirs plus forts que les femmes, qu\u2019ils ont des conduites plus agressives.Il y a beaucoup de femmes qui pensent ça aussi.Et on le voit encore se développer sur les réseaux sociaux, des garçons qui sont élevés dans la pornographie qu\u2019on voit sur l\u2019internet.C\u2019est toujours une pornographie à destination masculine qui leur prescrit par l\u2019image un comportement agressif.Alors qu\u2019il y a toujours de la honte rattachée à la sexualité des femmes.Ce qui est très choquant pour moi, qui suis née en 1940, c\u2019est de se dire que les choses et le langage n\u2019évoluent pas plus que ça.C\u2019est difficile à admettre.Vous écrivez, à propos de cette expérience et des deux années qui ont suivi, que vous n\u2019en êtes «jamais revenue».Que voulez-vous dire exactement?Si j\u2019ai écrit cette histoire, c\u2019est parce qu\u2019il fallait qu\u2019un jour je plonge là-dedans et ce n\u2019était pas simple parce que si cela avait été un viol, finalement, il y aurait eu une forme de simplicité, ce qui n\u2019était pas le cas.Je pense que ça a marqué toute ma vie, en bien comme en mal.Il y a une influence très nette dans mon rapport à la sexualité et à l\u2019amour en général, et aux relations aux hommes.De l\u2019autre côté, je reste persuadée que ces deux ans m\u2019ont conduite à l\u2019écriture, j\u2019en reste persuadée.Au bout du compte, c\u2019est un livre qui parle de la condition des femmes.Dans la volonté d écrire tout cela, il y avait quelque chose de très fort qui me poussait et qui était de dire: voilà quelque chose qui arrive aux femmes, que les femmes subissent, et ça, ça me portait.J\u2019ai été également très portée par deux faits divers importants : le premier, qui s\u2019est produit après ma décision d écrire ce livre, c\u2019est l\u2019affaire DSK.Il y a aussi l\u2019affaire Roman Polanski.Ces soutiens que Polanski et DSK trouvaient chez des intellectuels pour justifier ce qu\u2019ils ont fait, pour laver en quelque sorte ces comportements de mâle dominant, ce sont des choses que je voulais dire.On peut dire que c\u2019est un livre féministe?Je vais vous dire une chose: je me demande comment on peut ne pas être féministe.De la même façon, je ne comprends pas qu\u2019on puisse avoir une vision des classes sociales et de la domination qui soit de droite et conservatrice.Pour moi, c\u2019est la même chose.Mémoire de fille, c\u2019est aussi un livre sur l\u2019écriture ?J\u2019ai voulu expliquer ce qui se passe quand on écrit un livre comme celui-là, avec la mémoire, avec l\u2019époque.J\u2019ai écrit toutes les questions qui se sont posées au fur et à mesure de l\u2019écriture.Je ne les ai pas introduites pour faire joli, ce sont des questions que je me suis posées de manière tout à fait cruciale.Il fallait sortir de mon corps actuel et me replonger dans le corps de cette fille de 1958.Ecrire un livre, c\u2019est une expérience de vie aussi et je voulais montrer à quel point peuvent être imbriquées l\u2019écriture et la vie.Quand j\u2019écris à mon bureau et que je lève la tête et que je vois mon jardin, je me dis: mais qu\u2019est-ce que je fais là?Qu\u2019est-ce que je suis en train de faire depuis plus de 50 ans?Si ce n\u2019est pas fou, qu\u2019est-ce que c\u2019est?Mais je ne peux pas m\u2019empêcher de le faire et je l\u2019écris.Parce que c\u2019est vrai que c\u2019est comme ça.CINQ INCONTOURNABLES DANNIE ERNAUX >\tLa place, 1983 (prix Renaudot) >\tUne femme, 1988 >\tPassion simple, 1991 >\tL\u2019événement, 2000 >\tLes années, 2008 (prix Marguerite-Duras, prix François-Mauriac) MÉMOIRE DE FILEE Extrait MÉMOIRE DE FILLE « Quelques fois je lève la tête de ma feuille, je sors de ce regard en dedans qui me rend indifférente à tout mon environnement.Je me vois comme quelqu\u2019un pourrait m\u2019observer du dehors, depuis l\u2019étroite allée en surplomb qui longe le rideau de sapins: assise à un petit bureau placé contre la fenêtre, éclairé par une grosse lampe.Image convenue, qui plaît bien (on m\u2019a souvent demandé de poser ainsi pour des journaux ou la télé).Je me demande ce que ça signifie qu\u2019une femme se repasse des scènes vieilles de plus de cinquante ans auxquelles sa mémoire ne peut ajouter quoi que ce soit de nouveau.Quelle croyance, sinon celle que la mémoire est une forme de connaissance?Et quel désir - qui dépasse celui de comprendre -dans cet acharnement à trouver, parmi les milliers de noms, de verbes et d\u2019adjectifs, ceux qui donneront la certitude - l\u2019illusion -d\u2019avoir atteint le plus haut degré possible de réalité?Sinon l\u2019espérance qu\u2019il y a au moins une goutte de similitude entre cette fille, Annie D, et n\u2019importe qui d\u2019autre.» ANNIE ERNAUX SUR.Le processus de création «Je suis tout simplement assise à mon bureau et je reprends les lignes précédemment écrites.Il y a tout un travail qui arrive - et que tous les gens qui écrivent connaissent.Il faut se déprendre de soi et rejoindre le monde des livres.J\u2019ai écrit ce livre comme j\u2019ai écrit le livre Les années.Sauf que dans Les années, c\u2019était de rejoindre une époque, ce n\u2019est pas pareil que de me mettre dans la peau d\u2019une fille de 18 ans qui a été moi.Il fallait que je rejoigne la fille de 58.Il fallait que je me replonge, que j\u2019oublie mon corps actuel et que j\u2019investisse l\u2019autre.Et alors, forcément, il y a des images.Ce n\u2019est pas abstrait, ce sont des souvenirs et là-dedans, il y a des mots qui doivent venir.Quand j\u2019écris, je ne relis pas mes journaux intimes, je ne réécoute pas la musique de l\u2019époque, mais j\u2019ai des photos sous les yeux.La description de ces photos me prend beaucoup de temps parce qu\u2019il faut rendre quelque chose qui est dans la photo que le lecteur ne verra pas, que moi seule peux voir.» Le travail d écriture «J\u2019écris dans une pièce de ma maison, sur le même bureau que je possède depuis 1977.J\u2019écris à la main et l\u2019ordinateur est dans une autre pièce.Quand j\u2019ai terminé la version à la main, je la saisis sur l\u2019ordinateur.Cela me prend beaucoup de temps.L\u2019ordinateur me permet de choisir, de changer des choses et il y a plusieurs versions.Pour vous donner un ordre de grandeur, il m\u2019a fallu un mois et demi pour la saisie sur ordinateur de Mémoire de fille [le livre compte 150 pages].» La littérature des femmes «Evidemment, les femmes restent illégitimes, et je pèse mes mots, dans le tableau de la littérature et dans la littérature telle qu elle se pratique.Je peux considérer que je suis presque une exception dans les manuels de littérature.Les femmes, on les cantonne, on parle de littérature intime, d\u2019autofiction, alors qu\u2019il y a des hommes qui écrivent sans arrêt à la première personne et qui racontent ce qui leur arrive.Je pense à Philippe Sollers, par exemple.Ça pèse énormément sur les femmes, c\u2019est très net.En France, quand on parle d\u2019un homme, on dit \"écrivain\" et quand c\u2019est une femme, on dit \"romancière\".Moi, on m\u2019appelle \"romancière\" et je n\u2019écris pas de roman.La romancière Annie Ernaux! Non, mais c\u2019est hyper énervant!» A A RT S LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS MUSIQUE DAVID THIBAULT Rétro moderne PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE David Thibault, cet adolescent qui imitait Elvis Presley à lemission d\u2019Ellen DeGeneres, a pris de l\u2019expérience.Entre autres grâce à l\u2019émission The Voice en France, où il a eu l\u2019occasion de s\u2019éloigner de son idole pour trouver sa propre personnalité sur scène.ccasion de m a Hydro Québec GRAND PARTENAIRE TARTUFFE ÛOL^l + DENI* MARIO» -4S tKIm TA 65 AXS SAISOX16/17 MUGIRA ALBERT CAMUS 'DRé OlISsoliffi BWCCI ABONNEZ-VOUS ! TNM.QC.CA DE REDUCTION AUX ABONNÉS DES LE 21 JUILLET BILLETS EN VENTE DÈS MAINTENANT! TROIS CHANSONS COMMENTÉES PAR DAVID THIBAULT PHOTO MICHELE LIMINA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Rip It Up de Little Richard «J\u2019aime beaucoup cette chanson! Ça bouge beaucoup, c\u2019est très rock\u2019n\u2019roll.Little Richard fait partie des artistes que j\u2019adore.Cest grâce à Elvis que j\u2019ai découvert tous ces artistes de ces années-là.» PHOTO MARK DUNCAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Folsom Prison Blues de Johnny Cash «Je ne suis pas très country, mais j\u2019adore ce genre de country.Johnny Cash était tout un artiste.Comme les autres grands, il s\u2019est battu pour ce qu\u2019il voulait et il n\u2019a jamais abandonné.C est dur de faire quelque chose de différent; il faut se battre pour y arriver.» Funambule de Benjamin Samama «La chanson originale Funambule est sur ma vie d\u2019artiste.Il y a des moments plus forts où tout va bien et d\u2019autres, plus faibles.Je me balance entre ça.Malgré tout, je reste droit et je ne tombe pas.» \u2014 Propos recueillis par Véronique Lauzon VÉRONIQUE LAUZON Même s'il n'a pas été déclaré grand vainqueur à l'issue de la finale de The Voice en France, David Thibault est sorti de cette expérience avec un contrat de disque en poche.Ce premier opus sort vendredi prochain en France et au Québec.L'adolescent qui imitait Elvis Presley à l'émission d'Ellen DeGeneres a pris de l'expérience.Entre autres grâce à l'émission The Voice en France, où il a eu la chance de se dissocier de son idole pour trouver sa propre personnalité sur scène.Il a aussi fait une série de spectacles avec les participants au concours télévisé français, ainsi qu'une autre en solo au Québec.Prendre son temps L'univers rétro du jeune homme originaire de Saint-Raymond de Portneuf a plu aux producteurs de Mercury Music Group, filiale de Universal Music France.Peu de temps après la finale de The Voice, David Thibault a signé un contrat de disque avec eux.« J'avais de la pression parce que Universal voulait sortir rapidement un album.Si je l'avais sorti tout de suite, je ne sais pas si je serais encore là.J'aurais peut-être essuyé un échec.J'aimais mieux prendre mon temps et être fier de mon album.C'est ce que je leur ai demandé », explique le chanteur de 19 ans.« Je suis privilégié parce qu'ils me laissent beaucoup de liberté.Us ont accepté de me laisser du temps.Us ont confiance en moi.» Au-delà d Elvis D'abord reconnu pour son talent d'imitateur d'Elvis, le jeune homme cherche maintenant à s'éloigner de son idole.« Grâce à The Voice, j'ai déjà un peu trouvé le son que je cherchais.La production savait comment mélanger le son rétro avec le son moderne.Ça faisait longtemps que je cherchais ce son à moi, un son qui serait nouveau et différent de ce que nous entendons », explique-t-il.Son album, qui porte son nom, contient quatre titres originaux et dix reprises de chansons des années 50, 60 et 70, popularisées par les Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et, bien sûr, Elvis Presley.«Au départ, on voulait sortir un album de chansons originales, dit David Thibault.Mais puisque je n'avais pas trouvé mon son, nous nous sommes dit que nous pourrions faire un album avec surtout des covers.C'est le fitn parce que ça me représente bien, les années 50 et 60.» Une chanson sur son patelin Pour ce qui est des chansons originales, elles ont été écrites par des auteurs français, dont Valentin Marceau et David Verlant.Sur Saint-Raymond, l'artiste chante son attachement à son village.« C'est écrit comme si j'étais à Paris et que je m'ennuyais de chez moi.Ça m'arrive souvent », explique le chanteur.David Thibault sort ainsi son tout premier album en carrière.Il espère que les Français et les Québécois seront preneurs et qu'il pourra alors partir en tournée en France et au Canada.DAVID THIBA ROCK\u2019N\u2019ROLL DAVID THIBAULT DAVID THIBAULT MERCURY MUSIC GROUP SORTIE LE 27 MAI * / : ' m \u2014- Ido o: ¦ -y\t¦ .\t«i.\t\u2019 \tUEV'\u2018\u201c ' U PHOTOS HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Natrel PRESENTE 2 SPECTACLES DU 31 MAI AU 12 JUIN À LATOHU «EPOUSTOUFLANT» LA PRESSE BILLETS ET FORFAITS TOHU.CA fg Création : Marle-Josee Gauthier 514.376.8648 Canada ^na?!onale m/de cirque MONTRÉAL ARTS MUSIQUE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Marie Christine Champage pose au musée Grévin en compagnie de la statue de cire de Charles Aznavour, idole gue l\u2019on entend aux soirées C\u2019est extra.ùv,;;: C\u2019EST EXTRA Les 20 ans du plus improbable des partys ALAIN DE REPENTIGNY Ce qui, le 25 mai 1996, ne devait être qu\u2019une seule et unique sympathique soirée d\u2019écoute de vieux disques de chanson française au Cabaret Music-Hall du musée Juste pour rire est devenu l\u2019une des soirées de danse les plus populaires à Montréal.Contre toute attente, C\u2019est extra fêtera demain soir son 20e anniversaire à La Tulipe.« On faisait un essai, mais, comme dans toutes les belles histoires, il est venu de 500 à 600 personnes à la toute première soirée.Il s'est produit une espèce d'étincelle entre un public et un répertoire.Les gens nous demandaient \"À quand la prochaine ?\" », se souvient Marie Christine Champagne, la directrice musicale des soirées C'est extra qui a dû apprendre le métier de DJ sur le tas.C'est son collègue Claude Larivée qui en avait eu l'idée, inspiré en cela par une soirée où les anglos de la boîte de production Greenland faisaient jouer de vieux disques dans le même Cabaret Music-Hall.« Ça serait bon avec des vieilles tounes en français », s'est dit celui qui est aujourd'hui président de l'ADISQ.Chacun des associés de la toute jeune Compagnie Larivée Cabot Champagne a apporté ses vieux vinyles, de Boris Vian à Édith Piaf sans oublier Les copains d'abord de Brassens.Que du répertoire français auquel allaient se greffer éventuellement des chansons d'Isabelle Pierre et de Renée Claude et même du disco, gracieuseté de Boule Noire et Nanette.Mais le 25 mai 1996, on était loin du dancing, rappelle Marie Christine Champagne.« On avait mis des tables et des chaises, on était sur le mode \"on va s'asseoir et boire un verre\".Mais avec tout ce monde, on n'allait pas écouter des disques toute la soirée.Il fallait augmenter le rythme un peu.On a tassé les tables et les chaises.», explique Marie Christine Champagne.Pour répondre à la demande, ce « dancing fren-chy jazzy swing » est devenu un rendez-vous mensuel, s'est installé au Cabaret toutes les deux semaines, puis toutes les semaines.Quand les portes du Cabaret ouvraient à 20 h, la file pouvait remonter le boulevard Saint-Laurent et s'étirer sur la rue Sherbrooke jusqu'à Saint-Dominique.Les couche-tôt étaient vite remplacés par d'autres danseurs, moins sages, qui allaient faire la fête jusqu'à 3 h du matin.La soirée C'est extra est même devenue l'un des partys les plus courus à Montréal la veille du jour de l'An.Sur le coup de minuit, une pluie de confettis s'abattait sur des centaines de danseurs en sueur pendant que Trenet chantait Y'a d'là joie ou Piaf, Non, je ne regrette rien.On allait bientôt s'éclater au son de Gigi l\u2019amoroso de Dalida, La dame en bien de Michel Louvain ou Les plaisirs démodés d'Aznavour.Des rejetons Au fil des ans, C'est extra a fait plusieurs petits, dont le Pop 80, créé en 2004, qui l'a surpassé en popularité.Aujourd'hui, Pop 80 est le rendez-vous du samedi soir à La Tulipe, précédé chaque semaine du Pop vendredi.Le 31 décembre, c'est Pop 80 qui rallie les danseurs avant de céder sa place, le lendemain, au C'est extra qui, depuis 2007, a lieu les dimanches, veilles de congés fériés, ainsi que le 23 juin en plus du jour de l'An.En espaçant les soirées, on a redonné au C'est extra un côté événementiel qui Ta revigoré tout lui permettant de rajeunir un peu son public, explique Marie Christine Champagne.« Ça réunit les jeunes, les plus vieux, les straights, les gais; c'est tellement éclectique comme public ! Il y a une communauté de vrais fiévreux de la soirée C'est extra», ajoute-t-elle.Avec son acolyte DJ Mademoiselle Julie, en poste depuis Tan 2000, Marie Christine Champagne veut profiter de cette soirée du 20e anniversaire pour refaire jouer quelques-unes des chansons qui ont marqué les premières années de C'est extra.« On s'est dit que ce serait chouette de ne pas oublier des chansons qui jouent peut-être moins aujourd'hui, mais qui ont été nos chansons formatrices et qu'on veut saluer.Une chanson de Bécaud, par exemple.» Ce sera également l'occasion de faire un clin d'œil au visuel du hall d'entrée du Cabaret et de son bar qui puisait dans la collection de Scopitones de Gilbert Rozon et dans les vieilles diapos de Saint-Germain-des-Prés.Jean Paquette, le MC Hasard du Pop 80, y veillera.C\u2019est extra fête ses 20 ans à La Tulipe, demain.KOOL 6 THE GANG PREMIERE PARTIE: THE BROOKS DBMQNTRËÂL RioTinto 4 JUILLET *20 h 30 SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA EVENEMENTS SPECIAUX placedesarts.com 1 866 842-2112 \u2022 514 842-2112 ici \t1951 : Naissance à Québec >\t1955 : S installe à Paris >1962-1965: Période amérindienne >\t1971 : Rentre au Québec >1965-1970: Période technologique >\t1975-1975 : Suite québécoise >\t1980-1990: Série Indigo >\t1990-1995: Série Vanitas >1995-2000: Série Les éphémérides >\t2004: Mort la veille de Noël Fille de l\u2019artiste Edmund Alleyn, la cinéaste, auteure et artiste Jennifer Alleyn a retrouvé, parmi la sélection du commissaire Mark Lanctôt, des oeuvres gu\u2019elle n\u2019avait pas vues depuis fort longtemps, parfois depuis son enfance.SALLE BOURGIE MUSÉE ÛES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL SALLE POLLACK UNIVERSITÉ McGILL -#FMCM PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Sans titre, 1966, d\u2019Edmund Alleyn, une acryligue et peinture métalligue sur toile, de la succession Edmund Alleyn.999 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 ARTS 15 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS THÉÂTRE / LOVE YOU, YOU'RE PERFECT, NOW CHANGE Mars et Vénus PHOTO ANDRÉE LANTHIER, FOURNIE PAR LE CENTRE SEGAL Des premières rencontres à la vie de famille, du mariage à la séparation, des idylles de jeunesse à l\u2019usure des relations, aucun détail n\u2019est épargné dans la comédie musicale / Love You, You\u2019re Perfect, Now Change.Le couple est passé sous la loupe.LUC BOULANGER CRITIQUE ?Les hommes viennent de Mars; les femmes, de Vénus.À partir de cet air (archi) connu, le compositeur Jimmy Roberts et l'auteur Joe DiPietro ont écrit, il y a 20 ans, une comédie musicale créée à New York.Énorme succès ! Leur spectacle a tenu l'affiche off-Broadway de 1996 à 2008 (5003 représentations) et a été produit dans plusieurs pays.Le Centre Segal était donc fier de présenter en première québécoise, il y a une dizaine de jours, sa production de I Love You, You\u2019re Perfect, Now Change, dans une mise en scène de Wade Lynch, sous la direction musicale de David Terriault.Cette comédie musicale s'apparente à une revue, avec sa succession de saynètes entrecoupées de chansons, ses multiples personnages joués par quatre interprètes, ses nombreux changements de costumes et de décor.Sauf qu'ici, chaque numéro est une variation sur le thème de l'amour et du couple.Des premières rencontres à la vie de famille, du mariage à la séparation, des idylles de jeunesse à l'usure des relations.Aucun détail n'est épargné ici.Le couple est passé sous la loupe.Un miroir grossissant D'ailleurs, la mise en scène de Wade Lynch illustre bien l'argument.Tel un miroir grossissant, tous les accessoires utilisés par les comédiens sont gigantesques : de la télécommande au sac de maïs soufflé, aucun objet n'est de taille réelle.Le décor est formé par un gros cœur brisé et par les symboles des genres masculin et féminin (le premier en bleu, le second en rouge).Tout ça bouge, roule et déboule sur le plateau, car on déplace constamment ce décor sur roulettes d'une scène à l'autre.Les interprètes sont très bons et dotés de belles voix (mention spéciale, pour son aplomb et son sens comique, à Steffi Didomenicantonio, une comédienne qui fait ses débuts au Segal; ainsi qu'à Adrian Marchuk, tout aussi doué comme chanteur que comme acteur).Malheureusement, ils n'ont pas vraiment de chanson émouvante ou forte à interpréter dans ce spectacle.En dépit de l'excellente distribution, au deuxième acte, la troupe a déjà épuisé tous les gags et clins d'œil sur les hauts et les bas du couple.Le message sous-jacent de l'œuvre se résume en une phrase: malgré les obstacles et la différence entre les sexes, on a toujours besoin d'aimer.Hélas, c'est mince et pas vraiment nouveau pour nous captiver durant 140 minutes.Au Centre Segal, jusqu\u2019au 29 mai.ORCHESTRE D Desjardins MÉTROPOLITAIN ™EPRINCIPAL YANNICK NÉZET-SÉGUIN Résonances humaines Abonnez-vous Jusqu\u2019à 35% de réduction à l\u2019abonnement orchestremetropolitain.com ÏSS\" ZSST\" 1*1 \u201c\u2022 SK\" jîÉ Montréal© g E.EJ.Q ; 'XOSZS ¦ft ; v VT ¦ ¦ MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL «.une experience immersive au cœur de l\u2019Antiquité » \u2014 Elle Québec -v tW/, s 'S.CV Gratuit pour lés enfants dé 12 ans et moins * a»\u2019 Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.Partenaire de l'exposition Une présentation de MUSÉE ROYAL DE L'ONTARIO métro MO IRA & ALFREDO ROMANO AIR CANADA @ IL GRUPPO TourisMe/ Z®NIN DELL\u2019ARTE MomreaL Une exposition organisée en partenariat par le Musée royal de l'Ontario, Toronto, et le Musée des beaux-arts de Montréal, en collaboration avec le Museo Archeologico Nazionale di Napoli et la Soprintendenza Pompei.| Fresque représentant une scène de banquet (détail).Herculanum.Museo Archeologico Nazionaledi Napoli (MANN). 16 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS EXPOSITION / Trek - L\u2019expérience Académie de Starfleet Sidéral, mais pas sidérant PHOTOS PATRICK WOODBURY, LEDROIT Une grosse maquette de I Enterprise NCC-1701, que dirigeait le capitaine Kirk, est présentée sur le site de l\u2019exposition.YVES BERGERAS LE DROIT On ne rencontrera pas Spock, que ce soit en cire ou en personne, au Musée canadien de l\u2019aviation et de l\u2019espace, mais les visiteurs pourront (presque) prendre les commandes d\u2019un vaisseau de Starfleet, faire comme s\u2019ils se téléportaient et, surtout, déterminer quelle carrière, parmi l\u2019équipage, correspond le mieux aux connaissances et aux aptitudes de chacun.Le musée d'Ottawa accueille depuis vendredi, en grande première mondiale, l'exposition Star Trek - L'expérience Académie de Starfleet, consacrée à la série télévisée populaire qui fête ses 50 ans cette année.L'exposition, qui mise énormément sur l'interactivité - il s'agit bien d'une expérience immersive -, a les mêmes ambitions que Star Wars identités, laquelle s'était elle aussi déployée sur 10 000 pi2 lorsqu'elle avait été présentée au même endroit, en 2013.Ses concepteurs sont à la recherche de frissons similaires, chez les fans nostalgiques.Mais Identités disposait d'un atout conséquent : elle s'adressait au jeune public aussi bien qu'aux connaisseurs, tandis que L'expérience Académie de Starfleet s'adresse davantage aux parents et aux « Trekkies » qu'aux jeunes, qui n'y trouveront pas leurs références naturelles.En effet, l'exposition se consacre exclusivement à l'univers télévisé (très vaste, certes) de la série, précise Rénald Fortier, conservateur adjoint.Elle occulte donc volontairement tous les films, et notamment les deux plus récents, le « reboot » étant parfois trop en contradiction avec l'œuvre télévisée créée par Gene Roddenberry, rappelle-t-il.La science derrière Star Trek Les séries Star Trek étant réputées pour avoir intégré des théories scientifiques substantielles et cohérentes à leurs scénarios, on s'attendait à une relative profondeur techno-scientifique de la part de L'expérience Académie de Starfleet.Son site web appâte d'ailleurs l'internaute avec cette accroche, en suggérant qu'il en apprendra davantage « sur la science qui se cache derrière Star Trek », notamment à propos du tricordeur, de la théorie supraluminique, des lasers et de la téléportation.Certes, l'exposition mentionne chacun de ces éléments, mais il s'agit d'un survol qui ne leur consacre que quelques lignes chacun.De façon légère et amusante, doit-on admettre, puisque notre présent est évoqué.au passé, le visiteur étant en effet transporté en l'an 2300 et des poussières (d'étoiles).En revanche, on y présente de nombreux personnages (les officiers, surtout) emblématiques de la télésérie, à travers moult portraits, costumes et accessoires qui raviront les Trekkies.Le tout dans des décors évoquant l'intérieur d'un appareil de La patrouille du cosmos.11 est même possible de s'installer sur le fauteuil du commandant Picard qu'incarnait Patrick Stewart, ou encore de se téléporter - du moins un hologramme en donnera-t-il l'illusion.« 11 y a là 50 ans d'histoire, et ce sont des objets parfois assez difficiles à réunir », indique notre guide, tandis qu'on avance, jetant ici un coup d'œil admiratif à la grosse maquette de l'Enterprise NCC-1701 que dirigeait le capitaine Kirk, découvrant là l'équipement médical (tri-cordeurs, hyposprays, scalpels laser, etc.) et les tribbles (petites créatures poilues) prêtés par un collectionneur allemand, ou encore touchant cette torpille photonique pouvant servir de cercueil.En chemin, la lecture nous aura permis de nous familiariser avec la personnalité des Klingons et des Borgs, ou avec le fameux test du Kobayashi Maru, cette simulation destinée à l'entraînement des cadets de la flotte.et vouée à l'échec.Mais nous sommes surtout là pour nous divertir.Nous aurons donc participé à un entraînement de tir au phaser.Et nous n'aurons pas oublié de créer, à partir d'une photo de notre visage, un avatar présentant les caractéristiques morphologiques de l'une ou l'autre des races humanoïdes peuplant cette galaxie.De courtes vidéos permettent enfin de se familiariser avec quelques moments importants de l'histoire de Starfleet.Pour l immersion L'intérêt réside principalement dans son approche immersive.Grâce au bracelet magnétique qu'on lui aura remis à l'entrée, le visiteur pourra déclencher chacune des bornes interactives qui l'attendent au fil de cette exposition, qui cherche à transmettre « l'idée de Star Trek » et « la vision audacieuse de Gene Roddenberry, son mantra optimiste et moral », tout en recréant « l'atmosphère d'une grande foire d'emploi organisée au XXIVe siècle », explique M.Fortier.Les visiteurs deviennent donc des « recrues » de l'Académie, venues participer à une « journée carrières ».De section en section (Communication, Diplomatie, Navigation, Tactique, etc.), chacun testera ses propres connaissances et aptitudes spécifiques.En fonction du résultat, l'ordinateur lui suggérera de s'orienter vers l'infirmerie, la cabine du pilote, le poste de commandement ou la soute des mécaniciens.Sidéral, sans doute.Mais pas sidérant.Au Musée canadien de l\u2019aviation et de l\u2019espace, jusqu\u2019au 5 septembre.On présente de nombreux personnages emblématiques de la télésérie, à travers moult portraits, costumes et accessoires qui raviront les Trekkies.Le tout dans des décors évoquant l\u2019intérieur d\u2019un appareil de La patrouille du cosmos.CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL VIOLON DU 22 MAI AU 2 JUIN CONCOURSMONTREAL.CA Quart et demi-finale 101 BOURGÏE mbam.qc.ca 514 285-2000, option 4 Finale et gala avec l\u2019OSM MAISON SYMPHONIQUE placedesarts.com 514 842-2112 Québec! Montréal© ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL M MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Hydro Québec Au fil de l\u2019exposition, le visiteur pourra se familiariser avec la technologie du XXIVe siècle, dont l\u2019équipement médical.SUSSES/'\" -v ^ Æ\tm w- a.Le capitaine Kirk et Monsieur Spock ont fait leur apparition au petit écran il y a 50 ans.CMSMSMS vm LscEfÉare®7 Sff\tK* v**£SESSS**iisÇs; LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 ARTS 17 Ecrire sur rien ARTS LECTURE MARIO GIRARD CHRONIQUE L1 envie de voir ailleurs, de déménager son esprit de ¦ place.L'envie de bourlinguer, de prendre le large, d'imposer à ses yeux des images inédites, inattendues.C'est l'appel du voyage et des vacances.On en entend beaucoup parler depuis quelques jours.Au bureau, dans les cafés, au gym, à la librairie où je me suis procuré un guide sur Chicago.Chaque année, vers la même période, on vit la même chose.On devient des bernard-l'hermite qui se tortillent dans leur carapace afin de s'en débarrasser.Va chez le diable, maudite carcasse d'hiver! On veut du soleil, on veut des couleurs, on veut de l'air, on veut sacrer le camp.Et le voyage permet tout cela.Alors on en rêve.On le choisit minutieusement, on le prépare afin qu'il soit rien de moins qu'exceptionnel.Voyager est l'un des grands bonheurs de la vie.En quelques décennies, de plaisir rare pour riches, il est devenu un but essentiel à atteindre.C'est fou, le nombre de jeunes autour de moi qui ont fait d'ambitieux voyages avant l'âge de 25 ans.J'entends constamment des parents me dire : « Ma fille est partie en voyage pendant six mois avec son sac à dos.» Ou encore : «Mon fils visite l'Asie pendant trois mois.11 prépare déjà un voyage en Afrique du Sud pour l'an prochain.» Je vous parle de cette belle « maladie » qu'est l'envie du voyage, car j'ai lu cette semaine M Train de Patti Smith.Cet ouvrage est l'une des belles choses qui m'ait été donné de lire sur le voyage.Toutes les formes de voyage.Celui que l'on fait Patti Smith possède une grande qualité, essentielle aux écrivains : elle a une caméra à la place des yeux.en amoureux pour connaître ce plaisir unique de découvrir quelque chose de nouveau à deux.Celui que Ton fait pour fuir quelque chose ou pour panser une peine.Celui que Ton fait à travers les livres.Celui que Ton fait à l'intérieur de soi, en traversant une rue.D'ailleurs, ce petit voyage de l'autre côté de la me, Patti Smith le faisait tous les matins lorsqu'elle enfilait son manteau, son bonnet et qu'elle allait déguster un café, une toast et un ramequin d'huile d'olive au café « fno qui se trouvait en face de chez elle, dans Greenwich Village (je parle au passé, car en allant sur Google, j'ai vu que le café était fermé).Là, elle y trouvait SA table.Retrouver SA table était une obsession.D'ailleurs, un matin, elle est arrivée et a découvert des gens à SA table.Elle est allée patienter 10 minutes aux toilettes, le temps qu'ils partent.À cette table, elle était bien.Elle pensait à toutes sortes de choses.Elle voyageait.C'est à cet endroit que ce livre a trouvé sa source.Elle y a composé des chapitres courts et denses dans lesquels elle raconte des instants de sa vie.Elle le fait comme elle prend des photos avec son vieil appareil Polaroid.Elle le fait comme on parle à un ami.Le livre s'ouvre sur un voyage en Guyane française avec Fred Sonic Smith, son mari, dont la mort récente lui a causé un grand vide.Les deux amants s'étaient donné comme but d'aller voir Tune des colonies pénitentiaires de cette île, là où les pires criminels étaient envoyés.Patti Smith s'était fixé comme mission d'y prendre quelques cailloux et de les offrir à Jean Genet.Le récit qu'elle fait de ce périple est aussi captivant qu'émouvant.Et c'est comme cela pendant les 250 pages de ce livre autobiographique.Je dis autobiographique, mais ce qui est fascinant avec M Train, c'est que Patti Smith, icône du mouvement punk, amie de Ginsberg, Burroughs, Mapplethorpe et Sam Shepard, y évoque ses activités d'artiste que très rarement.Ce récit aurait été écrit par une pure inconnue que notre intérêt serait totalement le même.Nous sommes en face de la démarche d'une auteure.Une vraie.Patti Smith possède une grande qualité, essentielle aux écrivains : elle a une caméra à la place des yeux.Elle a surtout une façon unique de transformer chacune des scènes observées en mots sans pour autant sombrer dans une poésie mielleuse.Un exemple: « Elle portait un sac en tapisserie délavée.11 y avait quelque chose de poussiéreux dans son allure, on l'aurait dite tout droit sortie des boyaux d'une fonderie.Quand elle a posé son sac et s'est éloignée, les passants ont paru visiblement décontenancés.» Plus loin, elle raconte comment elle a jeté son dévolu sur une baraque mal en point située sur Rockaway Beach, près de New York.Encore là, la description de choses banales revêt un style littéraire digne des plus grands auteurs.Voici un passage où elle quitte un vulgaire restaurant chinois.«J'ai réglé ma note et la vieille dame a retourné le signe Ouvert dès l'instant où j'ai refermé la porte, alors qu'il restait des clients à l'intérieur, en plus du chien et du yo-yo.J'ai eu la nette impression que, si je me retournais, le Silver Moon aurait disparu.» 11 y a des auteurs qui n'ont à rien à dire et qui pondent des briques de 600 pages.Patti Smith fait exactement le contraire.Ce récit personnel, OMBRES ET LUMIÈRES BAROQUES STABAT MATER Pergolesi GLORIA Vivaldi Chœur Radio-Ville-Marie Orchestre et solistes Simon Fournier, direction 27 mai 2016, 20h Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul est, Vieux-Montréal, métro Champ-de-Mars 30$ (régulier) 25$ (aînés/étudiants) 5 $ (12 ans et moins) Me E.Bissonnette 514-323-8770 www.crvm.org 514 272-7455 Mostar Card] mm PHOTO ROBERT MAPPLETHORNE, SCOTTISH NATIONAL GALLERY OF MODERN ART PAR BLOOMBERG NEWS Dans M Train, Patti Smith n évoque ses activités d\u2019artiste que très rarement.Le récit aurait été écrit par une pure inconnue que notre intérêt serait totalement le même, preuve qu\u2019on fait face à une vraie démarche d\u2019auteure.amorcé avec Just Kids en 2010, fourmille de petits détails anodins, de noms d'artistes qu'elle n'évoque jamais gratuitement (Rimbaud, Duchamp, Kahlo).Là où d'autres auraient fait du tape-à-l'œil et du clinquant, Patti Smith prend l'incroyable matériau de sa vie et en fait un livre où sont enfouis des indices et des pistes qui nous tiennent en haleine.La torrieuse ! À un moment, Patti Smith écrit: «Ce n'est pas si facile d'écrire sur rien.» Ça m'a fait sourire.Et ça m'a fait penser à Pierre Foglia.Quand nous avions un projet de groupe qui réunissait plusieurs journalistes sur un même thème, chacun annonçait son sujet.Lui, il se contentait souvent de dire: «Moi, je vais écrire sur rien.» 11 faut se méfier de ceux qui vous disent cela.Ils s'en vont écrire et vous balancent ensuite des textes qui vous en font prendre plein la gueule.M Train Patti Smith Editions Gallimard Just Kids Patti Smith Editions Folio Danse + Théâtre Nos serments Julie Duclos, Paris 31 mai +1 + 2 juin Centre du Théâtre dAujourd\u2019hui Un théâtre aux accents du cinéma, un portrait doux-amer sur l\u2019inconstance de l\u2019amour L\u2019autre hiver N.Chaurette + S.Jasmin + D.Marleau + D.Pauwels Gand + Mons + Montréal 1 + 2 juin Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure Un opéra technologique o ù fin o uï de rien t possib le Gala Jérôme Bel, Paris 7 + 8 juin Monument-National Une ode à la différence, une danse décomplexée et jubilatoire Jamais assez Fabrice Lambert, Paris 3 + 4 juin Usine C Une danse du feu magistrale, une œuvre éblouissante Le festival enivre du 26 mai au 8 juin 2016 25 spectacles illuminent Montréal dès ce jeudi Réservez maintenant! 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca The Black Piece Ann Van den Broek Anvers + Rotterdam 27 + 28 mai Usine C Manon Oligny 4 + 5 + 6 juin Agora de la danse Création 2016 Une critique cinglante d\u2019un monde en quête de perfection Entre obscurité absolue et lumière crue, une aventure sensorielle extrême Fin de série 18 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA LA PRESSE A CANNES Réactions contrastées pour le dernier Dolan PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE Les journalistes qui ont assisté à la première de Juste la fin du monde ont semblé être déroutés par ce huis clos familial étouffant.*¦ A*, J* W lV \", .*p A'v !:\u2022 ! Ü (PS À la sortie de la toute première projection du nouveau film de Xavier Dolan, destinée aux journalistes, les avis n\u2019étaient pas tièdes.Palme d\u2019or pour les uns, daube pour les autres, Juste la fin du monde est l\u2019anti-Mommy.Et ne fera pas l\u2019unanimité.MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL CANNES Quand le générique de fin de Juste la fin du monde est monté à l'écran, quelques applaudissements se sont fait entendre.Quelques sifflets épars aussi.Le tout s'est tu très vite.Et le reste du générique a défilé dans un silence assez lourd.À l'évidence, l'élan affectif spontané qui s'était emparé des festivaliers il y a deux ans pour Mommy ne sera pas reconduit.Du moins, pas de la même façon.Les journalistes qui ont eu la chance d'assister à la toute première projection du nouveau film de Xavier Dolan, en lice pour la Palme d'or, ont semblé être déroutés par ce huis clos familial étouffant, qui se distingue grâce à une mise en scène précise et rigoureuse.Lart du sous-texte La langue de Jean-Luc Lagarce, auteur de la pièce dont ce film est l'adaptation, est très particulière, il est vrai.Elle se matérialise parfois en un flot de paroles que Xavier Dolan, fidèle à son style, transforme en feu d'artifice.Mais au-delà de ces dialogues qui maquillent ce que les personnages n'osent jamais se dire, le cinéaste a le don de faire parler le sous- texte de façon encore plus éloquente.Les non-dits s'y révèlent de façon subtile et émouvante.Souvent cadrés en gros plans, les personnages baignent dans un clair-obscur dans lequel les regards sont admirablement filmés.L'as directeur photo André Turpin signe une fois de plus de sublimes images.Gaspard Ulliel offre l'une de ses meilleures compositions en se glissant dans la peau de Louis, un jeune écrivain à succès qui, après 12 ans d'absence, revient à la maison familiale pour annoncer à ses proches, peut-être, sa mort imminente.Le récit est construit de telle sorte qu'aux séquences collectives, dans lesquelles figurent les cinq personnages, s'ajoutent des scènes où chacun des proches se retrouve seul avec Louis.Elles se posent comme autant de moments forts, intimes, que Louis doit gérer à sa façon, tout en finesse.Une mère extravagante (Nathalie Baye, excellente malgré le look impossible que lui a dessiné le cinéaste), une sœur impétueuse (Léa Seydoux, intense), un frère colérique (Vincent Cassel, qui d'autre?), sans oublier la belle-sœur discrète, alliée immédiate dont la présence se révèle essentielle (Marion Cotillard, parfaite comme toujours).Loin de Mommy Même si la trame musicale de Gabriel Yared amène les élans de lyrisme auxquels Dolan nous a habitués dans son cinéma, Juste la fin du monde n'appelle pas le genre d'émotion viscérale qui vous frappe en plein dans le plexus.À cet égard, Xavier Dolan n'a pas choisi la facilité en proposant un film très différent de Mommy, auquel ce drame familial sera inévitablement comparé.Au-delà des dialogues qui maquillent ce que les personnages n\u2019osent jamais se dire, Dolan a le don de faire parler le sous-texte de façon éloquente, subtile et émouvante.TWO LOVERS AND A BEAR Beau baptême du feu pour Kim Nguyen MARC-ANDRÉ LUSSIER CANNES \u2014 Présenté mercredi en primeur mondiale à la Quinzaine des réalisateurs, Two Lovers and a Bear, un beau drame romantique campé dans le Grand Nord, a obtenu un accueil chaleureux, à défaut d'être triomphal.Contrairement aux films de la sélection officielle du Festival de Cannes, les œuvres choisies par la Quinzaine des réalisateurs, l'une des deux sections parallèles de la manifestation cannoise, sont présentées dans des salles où le grand public est aussi admis.Dès 8 h matin, les spectateurs - parmi lesquels plusieurs Québécois - ont rempli la grande salle du Théâtre Croisette pour assister à la toute première présentation du nouveau film de Kim Nguyen.Ils lui ont d'ailleurs réservé un accueil chaleureux mais, étrangement, un peu moins enthousiaste que celui qu'ils ont accordé dimanche à Mean Dreams, une série B plutôt convenue.Allez comprendre.Un drame romantique Two Lovers and a Bear est en effet une véritable œuvre cinématographique, qui emprunte ici la forme d'un drame romantique se déployant dans un environnement inédit.Comme un film de glace et de feu dans lequel les destins des protagonistes ressemblent à ceux de personnages de grandes tragédies.Tatiana Maslany et Dane DeHaan, tous deux excellents, incarnent Lucy et Roman.Ces deux êtres vivent dans un petit village dans l'Arctique.Leur amour est très vibrant, mais des drames survenus dans le passé les forcent à traîner un bagage plutôt lourd.Pour évoquer la nature particulière de cette relation, sorte de mise en abyme du sentiment amoureux et de sa propriété curative, le cinéaste n'hésite pas à plonger dans des éléments PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE Tatiana Maslany et Dane DeHaan incarnent Lucy et Roman, deux amoureux qui traînent un bagage plutôt lourd.de réalisme magique.Cette approche fonctionne très bien, d'autant que le décor naturel servant de cadre au récit s'y prête magnifiquement.À cet égard, il convient de souligner le travail remarquable de Nicolas Bolduc à la direction photo.Sur le plan narratif, Nguyen arrive aussi à surprendre en entraînant le spectateur dans des zones plus inattendues.En répondant à la question d'une spectatrice lors d'un échange avec le public après la projection, le cinéaste a révélé qu'il avait dû se remettre à l'ouvrage au moins 18 fois pour écrire le dénouement de l'intrigue.Que nous ne pouvons évidemment pas révéler ici.Un écho pudique L'une des réussites du cinéaste est sans aucun doute d'avoir su évoquer la réalité, parfois très dure, dans laquelle sont plongées les communautés inuites, sans toutefois l'aborder de front.«N'étant pas moi-même issu de cette communauté ni des Premières Nations, je trouvais délicat de faire écho à une réalité que je ne vis pas moi-même directement, a confié le cinéaste en entrevue.« Nos collaborateurs du Nunavut ont été formidables.Leur environnement est tellement hostile qu'ils peuvent tout anticiper, et savent prévoir tous les dangers.Et puis, j'aimais bien que les personnages d'autorité dans le film soient joués par des Inuits.» Le fait que Roman soit un Blanc et Lucy une métisse correspond tout à fait à la nature du récit.«Plusieurs Blancs se sont installés là-bas pour se refaire une santé et se reconstruire une vie après avoir vécu des drames, ajoute-t-il.Comme s'ils voulaient faire table rase de tout ce qu'ils ont vécu avant et recommencer dans un endroit le plus éloigné possible.» Finaliste aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère en 2013, grâce à Rebelle, Kim Nguyen a inséré une scène dans laquelle la communauté inuite, comme partout en Amérique du Nord, regarde Le destin des protagonistes de Two Lovers and a Bear ressemble à celui de personnages de grandes tragédies.la retransmission du grand bal hollywoodien à la télévision.« Ce n'est pas véritablement un clin d'œil, mais je voulais montrer à quel point la mondialisation atteint tous les coins de la planète, souligne le cinéaste.Honnêtement, il aurait été plus logique de montrer une partie du Canadien - ces gens aiment aussi beaucoup le hockey -, mais les droits étaient tellement chers qu'il était impossible pour nous de les acheter.Comme je suis maintenant membre de l'Académie des Oscars, j'ai pu obtenir assez facilement les droits de cette scène et aussi la permission de George Clooney, qui figure dans la séquence ! » Le mythe cannois Sélectionné pour la première fois au Festival de Cannes, Kim Nguyen a facilement su trouver ses marques sur la Croisette.« Au début, j'étais très fébrile, dit-il.Le mythe cannois est tellement grand que tu ne sais pas à quoi t'attendre.Cela dit, j'avais déjà cinq films derrière moi, dont Rebelle.J'ai pu trouver ma zone de confort assez rapidement.Et puis, la Quinzaine, c'est très bien.11 y a moins de pression ici qu'en compétition.» De son côté, le producteur Roger Frappier indiquait que, sans avoir encore conclu d'entente de distribution avec la France ou les États-Unis, les négociations vont bon train.« Les acheteurs sont plus prudents, car le marché est en profonde transformation, expli-que-t-il.Des joueurs comme Amazon et Netflix changent la donne.Personnellement, je préfère vendre le film aux distributeurs de chaque pays, mais si une entreprise comme Amazon ou Netflix dépose une offre englobant 45 territoires en même temps, c'est certain qu'on y réfléchit.» Au Québec, Two Lovers and a Bear prendra l\u2019affiche à l\u2019automne. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 ARTS 19 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA FESTIVAL DE CANNES CLICHÉS DE LA CROISETTE Le 69e Festival de Cannes tire à sa fin.Le dernier film en compétition sera présenté demain et le gagnant de la Palme d\u2019or sera dévoilé lundi.En attendant, voici quelques-unes des meilleures photos de cette grande fête du cinéma.\u2014 La Presse Catherine Deneuve a donné un beau et long baiser de cinéma au maître de cérémonie de la soirée d\u2019ouverture du Festival, l\u2019acteur Laurent Lafitte.PHOTO ALBERTO PIZZOLI.AGENCE FRANCE-PRESSE Au cours de la seance photo de l\u2019équipe du film Ma Loute, Fabrice Luchini n\u2019a pas hésité à démontrer toute l\u2019affection qu\u2019il ressent pour sa partenaire de jeu Juliette Binoche.PHOTO YVES HERMAN.REUTERS r /¦«*> ACOUP took place in brazil Un coup d lieu SPÉSfL Avant la présentation d Aquarius, les actrices brésiliennes Maeve Jinkings et Sonia Braga, la productrice française Emilie Lesclaux et le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho se sont fait photographier avec des pancartes dénonçant un «coup d\u2019Etat» au Brésil.PHOTO VALERY HACHE.AGENCE FRANCE-PRESSE Julia Roberts, qui partage la vedette avec George Clooney dans Money Monster, était tout sourire et sincèrement ravie d\u2019être à Cannes.PHOTO LOÏC VENANCE, AGENCE FRANCE-PRESSE Emma Suarez et Adriana Ugarte prêtent toutes les deux leurs traits au personnage de Julieta dans le film du même nom réalisé par l\u2019Espagnol Pedro Almodovar.PHOTO THIBAULT CAMUS.ASSOCIATED PRESS PHOTO YVES HERMAN.REUTERS Les acteurs Russell Crowe, Ryan Gosling et Angourie Rice semblent avoir de la difficulté à synchroniser leur «high five» au cours du point de presse du film The Nice Guys de Shane Black.» PHOTO RÉGIS DUVIGNAU REUTERS Le réalisateur Woody AN est entouré de quelques acteurs de Café Society : Jesse Eisenberg.Kristen Stewart et Blake Lively.PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, AGENCE FRANCE-PRESSE C est à titre d acteur que le chanteur Usher a été invité à Cannes.Il fait en effet aussi partie de la distribution de Hands of Stone. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 20 ARTS ARTS CINEMA Ces gars-là PHOTO DANIEL McFADDEN, FOURNIE PAR WARNER BROS.ENTERTAINMENT The Nice Guys, c\u2019est tout ce que l\u2019on n\u2019attendait pas sur le curriculum vitæ de l\u2019acteur de Drive (Ryan Gosling, à droite) et de la tête d\u2019affiche de Gladiator (Russell Crowe).Et que l\u2019on espère à présent y revoir au plus vite.'¦ §v; ¦¦J THE NICE GUYS (Y.F.: LES BONS GARS) *** Vi De Shane Black.Avec Ryan Gosling, Russell Crowe, Angourie Rice.1 h 56.SONIA SARFATI Le Los Angeles des années 70.Celui de la pornographie, de la corruption, de la violence.Du smog.C'est le L.A.noir où Shane Black (Iron Man 3) a planté The Nice Guys, titre ironique s'il en est un puisque ces gars-là, campés par Ryan Gosling et Russell Crowe, sont tout sauf sympas au premier abord.Ni au deuxième, d'ailleurs.Leur mariage forcé débouche sur une comédie violente et drôle, aux rebondissements inattendus, où le burlesque côtoie le cruel et les répliques absurdes, le panache psychédélique du Hollywood de 1977.Bref, The Nice Guys, c'est tout ce que l'on n'attendait pas sur le curriculum vitæ de l'acteur de Drive et de la tête d'affiche de Gladiator.Et que l'on espère à présent y revoir au plus vite.Un début percutant Ça commence de façon aussi percutante que drôle.Un adolescent se faufile, la nuit, dans la chambre de ses parents endormis.11 attrape, sous le lit, un magazine porno.Sort de la pièce.Plonge dans les pages où s'étale le corps magnifique de l'actrice porno de l'heure, Misty Mountains.Et soudain, une voiture déboule dans la maison.La traverse.Stoppe dans le jardin.Le garçon, médusé, « suit » le véhicule.Une femme en a été éjectée.Ensanglantée.Nue.Misty Mountains.Qui meurt sous ses yeux.Rêve et cauchemar à la fois.Moment surréaliste.Le ton est donné.Il est celui de Shane Black.Il est celui de The Nice Guys, comédie noire qu'a coécrite et réalisée celui qui a donné un nouveau souffle au buddy movie - puisqu'il est l'auteur de Lethal Weapon dans lequel, en 19 87, Mel Gibson et Danny Glover ont fait flèche de tout bois dans la peau de policiers dépareillés obligés de travailler ensemble.Un tandem imparable Quelque 11 années après avoir formé un autre tan- dem improbable - formé de Robert Downey Jr.et Val Kilmer - dans l'excellent Kiss Kiss Bang Bang, le cinéaste « impose » Ryan Gosling à Russell Crowe.Ou vice-versa.Un odd couple dont on n'est pas à la veille de se remettre tant il est hilarant.Le premier incarne un veuf, père d'une adolescente (excel- lente Angourie Rice, que l'on reverra bientôt et souvent), détective privé alcoolo qui rend service (!) à de vieilles dames n'ayant plus toute leur tête.Le second, un homme de main brutal qui gagne sa vie en forçant celle des autres.Et les voici obligés de travailler ensemble, à la recherche d'une certaine Amelia (Margaret Qualley), jeune femme brune vêtue de jaune qui apparaît ici et là dans le film avant de disparaître, revenir encore, etc.Elle est la fille d'une politicienne (Kim Basinger, magnifique, qui plonge dans des eaux semblables à celles qu'elle a explorées dans L.A.Confidential en compagnie.de Russel Crowe).Et, suivant ses traces, les deux compères se cognent le nez à une conspiration qui est, de loin, hors de leur champ (très limité) de compétence.Grâce à son scénario pyrotechnique et sans temps morts en guise de moteur, The Nice Guys offre un voyage dans le temps au cœur du L.A.des seventies dont on (re)visite les lieux et les mœurs, où les filles sexy s'ébattent dans des fêtes bien arrosées/poudrées, où le disco mène le bal, où les couleurs explosent sur les murs et les vêtements.Le tout est glorifié ici par la photographie de Philippe Rousselot, qui semble sculpter sa lumière dans le smog.Et l'ensemble est servi par Gosling et Crowe qui font merveille en présence l'un de l'autre.Avec ces deux « losers », ils ont tiré une carte gagnante.Le mariage forcé de Ryan Gosling et Russell Crowe débouche sur une comédie violente et drôle, aux rebondissements inattendus, où le burlesque côtoie le cruel et les répliques absurdes, le panache psychédélique du Hollywood de 1977.Mortel comme le rock PHOTO FOURNIE PAR FOX SEARCHLIGHT Dans A Bigger Splash, Marianne (Tilda Swinton) passe sa convalescence dans une île italienne paradisiaque qui entretient la complicité sexuelle qu elle a avec Paul (Matthias Schoenaerts).A BIGGER SPLASH (V.F.AU BORD DE LA PISCINE) *** Vi De Luca Guadagnino.Avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Matthias Schoenaerts et Dakota Johnson.2 h 04.CHANTAL GUY Une belle surprise que ce film, remake très libre de La piscine, film de 1969 de Jacques Deray - qui avait aussi inspiré François Ozon pour son Swimming Pool en 2003.Qu'y a-t-il donc dans ce synopsis pour appâter les cinéastes ?Une tension sexuelle, des chassés-croisés amoureux, de la nostalgie, de la décadence, un accident tragique.Le cinéaste Luca Guadagnino, qui s'est fait connaître avec Amore (en nomination aux Golden Globes pour le meilleur film en langue étrangère), s'est offert une distribution d'enfer, où chacun joue sa partition à la perfection.Au premier plan son actrice fétiche, Tilda Swinton (toujours extraordinaire), qu'il dirige pour la troisième fois, ici dans la peau de Marianne, rock star planétaire, mais silencieuse, parce qu'elle se remet d'une opération aux cordes vocales.Elle passe sa convalescence dans une île italienne paradisiaque qui entretient la complicité sexuelle qu'elle a avec Paul (Matthias Schoenaerts, décidément devenu un sex-symbol international), que certains pourraient qualifier de «boy toy », et qui lui passe tous ses caprices.Retrouvailles Ce qui ressemble à une retraite ensoleillée et langoureuse sera brutalement perturbé par l'arrivée de Harry (Ralph Fiennes, complètement délirant et souvent complètement nu), ancien producteur et ex-amant de Marianne, accompagné de sa mystérieuse fille Penelope (Dakota Johnson, pas mal plus provocante que dans Fifty Shades of Grey).Les retrouvailles de Marianne et de Harry ravivent la nostalgie, et une flamme certaine, car Harry conserve toujours une sorte de feu sacré pour la vie intense.Ils ont vécu ensemble leurs plus folles années et s'en souviennent éhontément devant Paul et Penelope, un peu dépassés par tant de vécu et qui se sentent manifestement largués.Marianne succombera-t-elle de nouveau à Harry?Paul développe une jalousie envers ce rival, qui a déjà été son ami, et dont il supporte de moins en moins les extravagances.Et que veut vraiment Penelope, qui pique sans cesse Marianne et tente de séduire Paul?Pourquoi cette méchanceté qui ressemble à une vengeance?Selon les différentes entrevues accordées par le cinéaste, Tilda Swinton aurait accepté le rôle à la condition d'être muette, alors qu'elle vivait le deuil de sa mère dans sa vie personnelle.Cet obstacle vient étonnamment renforcer le scénario et la performance de l'actrice, qui n'est pas sans rappeler celle d'Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch et bien sûr celle du vidéoclip The Stars avec David Bowie (on dirait qu'elle pourrait être sa jumelle, d'ailleurs).En marge de cette existence aristocratique et décadente, le réalisateur a pris soin d'inclure la tragédie des réfugiés qui affluent sur les côtes italiennes, enfermés dans des camps pendant que les touristes se promènent, et qui se noient par centaines tandis que la police enquête sur une noyade accidentelle dans une piscine.Voilà qui offre un contraste saisissant entre les drames personnels de Harry et de Marianne, manifestement au crépuscule de leur vie, et qui veulent briller une dernière fois.A Bigger Splash vaut le détour en particulier pour la performance des comédiens, superbement dirigés, ainsi que pour la splendeur des images de ce coin d'Italie, où semblent venir mourir les rêves autant des privilégiés que des déshérités de la Terre.A Bigger Splash vaut le détour en particulier pour la performance des comédiens, superbement dirigés. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 21 MAI 2016 ARTS 21 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinn ARTS CINÉMA SUR VOS ÉCRANS EN DVD TÉLÉ SUR DEMANDE COMÉDIE HOWTO BE SINGLE (V.F.: CÉLIBATAIRE, MODE D'EMPLOI) ?'A De Christian Ditter.Avec Dakota Johnson, Rebel Wilson, Alison Brie Pour la scénariste Dana Fox, How to Be Single n\u2019est pas une comédie romantique, mais une comédie « avec des couilles ».Et, en effet, chacune de ses têtes d\u2019affiche de sexe féminin en a (métaphoriquement) toute une paire.Ce long métrage irrévérencieux, parfois vulgaire, mais souvent très drôle, met en scène des jeunes femmes d\u2019aujourd\u2019hui devant des problématiques d\u2019aujourd\u2019hui.Des jeunes femmes qui savent s\u2019apprécier les unes les autres et que l\u2019on attrape au vol dans cette parenthèse qu\u2019est le célibat.Des jeunes femmes dont la route croise celle d\u2019hommes qui sont leurs égaux.et sont aussi égarés quelles dans la jungle new-yorkaise.Rien de transcendant, mais beaucoup de plaisir (solitaire ou pas).- Sonia Sarfati DRAME THE FINEST HOURS (V.F.: LES HEURES DE GLOIRE) ?V2 De Craig Gillespie.Avec Chris Pine, Casey Affleck, Ben Foster Il y a quelque chose de volontairement « vieille école » dans The Finest Hours de Craig Gillespie.Dans le jeu des acteurs, dans la trame narrative, dans l\u2019absence de cynisme.Et cela colle à l\u2019époque racontée : inspiré d\u2019un fait réel, le film se déroule lors une nuit de tempête de février 1952, dans le Maine.Quatre garde-côtes prennent la mer à bord d\u2019une embarcation minuscule et vont à la rescousse de l\u2019équipage d\u2019un pétrolier à la dérive.Malheureusement, aux côtés des leaders des deux groupes n\u2019évoluent que des esquisses de personnages et le combat haletant des hommes contre les forces de la nature est continuellement interrompu par des retours sur terre qui brisent le rythme.- Sonia Sarfati IcomédieI ZOOLANDER 2 (V.F.: ZOOLANDER 2) ?V2 De Ben Still er.Avec Ben Stiller, Owen Wilson Depuis le premier Zoolan-der, et c\u2019est avec joie que nous retrouvons Derek et Hansel, toujours aussi ridiculement beaux, et toujours aussi désespérément cons.Si seulement cette suite ne s\u2019était pas perdue dans la comédie d\u2019action et avait gardé la ligne.du pastiche exagéré du monde de la mode, nous aurions eu là un retour en force.On n\u2019a même pas droit à un catwalk digne de ce nom - ce qui est un comble quand on rit des mannequins ! Pourtant, tous les accessoires pour un look réussi sont là.Les tenues extravagantes.Les réflexions d\u2019une vacuité abyssale.Et, à profusion, les étourdissantes apparitions surprises de stars.- Chantal Guy ISÉRIE TÉLÉVISÉEl HAVEN - THE FINAL SEASON ?V2 Créée par Sam Ernst et Jim Dunn à partir de la nouvelle The Colorado Kid de Stephen King.Avec Emily Rose, Lucas Bryant, Eric Balfour.13 épisodes en anglais ou en français C\u2019est tellement n\u2019importe quoi que la tentation serait grande de décrocher.Mais, quand même, avoir suivi cinq saisons de Haven et ne pas connaître comment se boucle le destin de Audrey/Mara/Lucy/etc., de Nathan et de Duke : impossible.Voici donc cette saison finale, qui n\u2019est pas la 6e, mais la seconde moitié d\u2019une 5e comptant deux fois plus d\u2019épisodes que les précédentes (heu ?Oui, ça aussi, c\u2019est n\u2019importe quoi).On en sort frustré parce que cette dernière partition compte plusieurs fausses notes, mais, aussi, satisfait parce que toutes les boucles ont été bouclées.Quant à l\u2019ultime point final, il fait sourire.Et soupirer en même temps.Bref, à l\u2019image de la série.- Sonia Sarfati TUF COMPLETE FIFTH SEASON ÎU W/tfr TC STAY ™.:VE.Fitllu TIST \u2018SSl\u201c ' \\V 'LANDER 0 ItéléfilmI ALL THE WAV De Jay Roach et Robert Scenkkan.Avec Bryan Cranston, Anthony Mackie, Melissa Leo et Bradley Whitford Bryan Cranston, l\u2019inoubliable interprète de Walter White dans Breaking Bad, incarne ici Lyndon B.Johnson, qui doit assumer la présidence américaine après l\u2019assassinat de John F.Kennedy, au moment ou le Civil Right Act rendant illégale la ségrégation raciale doit être adopté.Le rôle du célèbre Martin Luther King sera joué par Anthony Mackie.Ce film produit par HBO est adapté de la pièce de Robert Schenkkan qui a connu le succès à Broadway.A voir le 21 mai à 20 h.- Chantal Guy Sur HBO ISÉRIE POüCIÈREI SPOTLESS D\u2019Ed McCardie et Corinne Marrinan.Avec Marc-André Grondin, Denis Menochet, Miranda Raison et Brendan Coyle Le comédien Marc-André Grondin a annoncé lui-même sur Twitter la semaine dernière l\u2019arrivée sur Netflix de la série franco-britannique Spotless, dans sa version originale, et dont il tient la tête d\u2019affiche en compagnie de Denis Menochet.Spotless, c\u2019est une comédie policière à l\u2019humour noir, dans laquelle Jean Bastières (Grondin), un nettoyeur de scènes de crime qui mène malgré tout une vie tranquille, est entraîné dans des mésaventures par son frère Martin (Menochet) qui, après des années d\u2019absence, débarque chez lui avec un cadavre de femme à faire disparaître.- Chantal Guy Sur Netfl ix EBSÉRIE ANIMÉEl INSPECTOR BRONCO De Renaud Gauthier et Visant Le Guennec.Avec les voix de Sugar Sammy, Julie Le Breton, Emilie Bibeau et Guy Nadon.La chaîne Télétoon la nuit a tellement aimé les courts métrages Inspector Bronco de Renaud Gauthier (www.inspectorbronco.com), qui parodient les films policiers indiens des années 70, qu elle lui a proposé de transposer cet univers dans l\u2019animation.Et c\u2019est nul autre que l\u2019humoriste Sugar Sammy qui prête sa voix à l\u2019inspecteur macho et ridicule Rama-nath Bronco, de la police de Bombay, qui a heureusement l\u2019aide de sa forte partenaire Pinta Richardson.- Chantal Guy Sur Télétoon PARTONS! VOYAG E Tous les samedis dans La Presse ?«UNE BELLE SURPRISE!» Isabelle Hontebeyrie, LE JOURNAL DE MONTRÉAL cSusaiii\tnRose\tr?J.K.Sarandon\tByrne\tSimmons «DRÔLE, INTELLIGENT, SUBTIL ET TOUCHANT» Chantal Guy, LA PRESSE «SUSAN SARANDON DANS UN DE SES MEILLEURS RÔLES» GEORG IA STRAIGHT «UNE HISTOIRE ÉLÉGANTE ET RAFRAICHISSANTE » NATIONAL POST ?«SYMPATHIQUE ET DRÔLE» NEW YORK DAILY NEWS ?«ÉMOUVANT ET AMUSANT» TORONTO SUN metropolefiIms.com aner Écrit et réalisé par Lorene Scafaria PRÉSENTEMENT AU CINÉMA métropole SONY PICTURES CLASSICS'' «UN DÉPART SULFUREUX POUR LA SAISON ESTIVALE DES FILMS » l\\EW YORK POST ?THE GUARDIAN\tTIMEOUT\tTHE TIMES «UN SUSPENSE SEXY ET SAVOUREUX » PEOPLE «FIENNES EST TOUT SIMPLEMENT SPLENDIDE » THE TELEGRAPH «SWINTON EST INCROYABLE » RADIO TIMES RALPH\tDAKOTA\tMATTHIAS\tTILDA FIENNES\tJOHNSON\tSCHOENAERTS\tSWINTON » \u2022 Y C T» ¦» v.VERSION ORIGINALE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS MAINTENANT AU CINÉMA VERSION ORIGINALE ANGLAISE ECINEPLEX ENTERTAIN MENT T FORUM I .-CINÉMA-1 I BEAUBIEN | M^AU w \u2014« BORD DE LA PISCINE a UN FILM DE *\u2022 LUCAGUADAGNINO CRemsCan Ï3 ST »»« REMSTARFILMS 4iùüuttwthifrk\u2014 ¦iteî \u2018is EXPOSITION PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE MUSIQUE Gesamtkunstwerk de Dead Obies MUSIQUE FESTIVAL BLOGUE ARTS © La liste de notre invité TOUS LES SAMEDIS, UN ARTISTE NOUS FAIT PART DE SES CINQ COUPS DE CŒUR DU MOMENT.«Tout est excellent dans cet album.J\u2019ai habité avec ces gars-là lorsque j\u2019étudiais à l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour et je me souviens lorsqu\u2019ils m\u2019ont dit: \u201cOn va se partir un band de rap.\u201d Je regarde où ils sont rendus aujourd\u2019hui et je suis fier d\u2019eux.Et je ne dis pas ça juste parce que ce sont mes amis: j\u2019aime vraiment leur musique.» Le Festif ! Transition de LeBicar « LeBicar va faire une exposition à la galerie OTH dans les prochains jours et je tripe vraiment sur lui.Il dessine entre autres sur des skates.Je suis un grand amateur de planches.J\u2019ai même une collection de skates chez moi, dont un de cet artiste.En fait, j\u2019aime tellement les planches que devenir humoriste était mon plan B.Mon plan A est d\u2019être un professionnel de la planche à neige.» lebicar.wordpress.com Justin Bieber «Je suis un Belieber.J\u2019écoute sa musique, j\u2019ai tous les documentaires sur lui.D\u2019ailleurs, le premier qui a été réalisé sur lui, Never Say Never, est excellent.Je sais qu\u2019il est souvent une marde, mais peut-on lui en vouloir?Il est devenu riche super jeune.C est sûr que ce n\u2019est pas un artiste accompli comme Jean Leloup, mais c\u2019est un gars qui n\u2019a pas eu peur de cogner à des portes.Avant chaque show, avec ma gang, on chante Love Yourself » PHOTO ERICK LABBÉ, LE SOLEIL mtlcafecrawl.com «C est un super blogue sur le café.J\u2019ai développé une passion pour le sujet.Je fais venir mon café de San Francisco, mais je me promène aussi, avec ma blonde, dans les cafés de Montréal que propose ce blogue.Cet hiver, j\u2019ai même suivi un cours au café Saint-Henri.J\u2019en ai tellement parlé à ma mère quelle est allée le suivre elle aussi.» « La programmation de ce festival est vraiment bonne.Il y a Dead Obies, Half Moon Run, que j\u2019aime beaucoup, et aussi Koriass.Ce rappeur est devenu un de mes amis et j\u2019ai même déjà chanté une toune avec lui sur scène.Il y aura aussi Safia Nolin, Les soeurs Boulay et La Famille Ouellette, qui a remporté Les Francouvertes.»  Baie-Saint-Paul du 21 au 24 juillet.Le rappeur québécois Koriass PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE mtlcaf ecrawl .com VÉRONIQUE LAUZON Dimanche dernier, Phil Roy a été nommé Découverte de l\u2019année au Gala Les Olivier.«Même si jetais un peu malade, j\u2019ai bien profité de ma soirée.J\u2019ai célébré en masse», dit le sympathique humoriste.Avec ce prix en main, il poursuit le rodage de son spectacle solo, dont la première montréalaise aura lieu le 25 janvier prochain.Avant ce grand soir, il offrira une cinquantaine de représentations de son spectacle un peu partout dans la province.Phil Roy présentera également un numéro au gala de Mario Tessier au ComediHa! à Québec, ainsi qu\u2019un autre (sûrement en chansons!) sur la scène extérieure de la place des Festivals pour le gala Juste pour ados.Présenté dans le cadre du Festival Juste pour rire, ce nouveau rassemblement permettra aux jeunes d\u2019applaudir leurs vedettes préférées, notamment Travis Cormier, Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk.Depuis sa sortie de l\u2019Ecole nationale de l\u2019humour en 2011, Phil Roy a fait de nombreuses apparitions télévisuelles remarquées.Le public l\u2019a découvert en 2013 à l\u2019émission En route vers mon premier gala Juste pour rire, pour ensuite le retrouver aux 5 prochains et à SNL Québec.Il est maintenant de la distribution de la série Le nouveau show à Radio-Canada aux côtés de Léane Labrèche-Dor, Katherine Levac, Virginie Fortin et Mathieu Quesnel.À la radio, il continue de collaborer à l\u2019émission Eric et les fantastiques à Energie.Reconnaissant de l\u2019amour qu\u2019il reçoit du public, Phil Roy confie qu\u2019il aime bien revoir des personnes avec qui il a étudié ou travaillé à l\u2019époque où il n\u2019était pas encore connu: «L\u2019autre jour, j\u2019ai vu Valérie Chevalier à Salut, bonjour!.On a fait de l\u2019impro ensemble au cégep.Avant d\u2019aller en ondes, je lui ai dit : \u201cC\u2019est quand même hot qu\u2019on soit rendu là!\u201d » "]
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