La presse, 6 août 2016, Arts - Cinéma
[" PETE\u2019S DRAGON DANS L\u2019ŒIL, RIEUR DU DRAGON PAGE 11 HEAVY MTL RETOUR AUX SOURCES PAGE 9 LA PRESSE www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 SUICIDE SQUAD LE MILITAIRE ET SON SAMOURAÏ PAGE 12 Rick Flag (Joel Kinnaman) PHOTO WARNER BROS.ARTS CINÉ jgSjfÂw : mi't Ce sont les vers doreille de la musique classique.Quelles soient de Beethoven, Strauss ou Vivaldi, ces pièces, on les a entendues à répétition à la télé, au cinéma, dans la pub.Mais qu\u2019est-ce qui fait d\u2019une musique classique un tube ?Nous avons posé la question à des experts allumés.UN DOSSIER DE CHANTAL GUY EN PAGES 6 ET 7 I CLASSIQUES PHOTO THINKSTOCK espace '\u2014 pour la vie montréal flroSi1 Montréal^ Billets en ligne : espacepourlavie.ca INSECTARIUM 23 JUIN \t ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 .Misty Copel, \u2022 ' \u2022 - .: » '\u2022\u2022i* fi F® * ¦ ihiïijfÉïîffi ;:î& **$.IMPS mÊÊSs lêm mm FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR I« \t ' Gpl âK33ttft iV s1 A-* 4£3 \u2019¦àwL\" PHOTO ROSALIE O\u2019CONNOR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Pour son 25e anniversaire, le Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS) s\u2019est offert une myriade d\u2019invités de marque.Alors que Martha Wainwright et Yannick Nézet-Séguin seront en vedette dans le volet musical, Louise Lecavalier, Soledad Barrio et Misty Copeland brilleront sur la scène du Grand Chapiteau.Entrevue avec Guillaume Côté, danseur étoile et directeur artistique de l\u2019événement.STÉPHANIE VALLET Depuis sa création, au début des années 90, le Festival des arts de Saint-Sauveur a fait un sacré bout de chemin.L'événement qui prend son envol ce soir attire désormais les plus grands noms de la scène internationale.Pas étonnant donc d'y voir cette année une ballerine comme Misty Copeland participer à « La soirée des étoiles ».Une danseuse-vedette, mais surtout un symbole très fort d'ouverture et de démocratisation de la danse classique aujourd'hui.La jeune femme de 33 ans, qui signe sa biographie Une vie en mouvement, sortie un peu plus tôt cet été, est en effet la toute première danseuse afro-américaine à avoir accédé, en 2015, au titre de danseuse étoile à l'American Ballet Theatre à New York.Elle est également la première danseuse classique noire à danser le Lac des Cygnes à la Metropolitan Opera House de New York.Pour Guillaume Côté, il s'agit d'un grand pas en avant pour la danse, bien que de gros efforts restent encore à faire en ce sens.«11 y a encore beaucoup de travail à faire dans les compagnies, mais surtout dans les écoles en matière de diversité.C'est le temps de changer les choses », lance le directeur artistique du festival et danseur du National Ballet of Canada.Danseuse pour Prince, vedette du prochain Casse-Noisette de Disney aux côtés de Morgan Freeman (date de sortie encore inconnue), Misty Copeland a également une poupée Barbie à son effigie.La jeune femme a fait de l'accès à la danse classique pour tous son cheval de bataille, à contre-courant de la tradition du «ballet blanc» à l'image des ballerines sur pointes des tableaux de Degas.Faisant elle-même face au racisme discret (on lui demande de blanchir son teint avant de monter sur scène), Misty Copeland ne baisse jamais les bras.« Beaucoup de gens considéraient que notre seule présence rendait le ballet moins authentique, moins romantique, moins vrai », écrit-elle dans sa biographie.Issue de la banlieue ouvrière de Los Angeles, elle s'est hissée à force de travail acharné au rang qui lui revient aujourd'hui.11 aura ainsi fallu 75 ans pour que la première danseuse étoile afro-américaine soit nommée au plus haut titre de l'institution new-yorkaise.«J'ai invité Misty Copeland parce qu'elle est une des meilleures danseuses au monde en ce moment, mais aussi parce qu'elle a changé le visage de la danse classique, lance Guillaume Côté.C'est un nouveau souffle très positif pour la danse classique.».Style singulier Pour le directeur artistique du FASS, c'est aussi le style de Misty Copeland qui la rend si singulière.«C'est une parfaite combinaison de classicisme et de perfection.Elle a aussi un côté athlétique.Sa manière de bouger apporte quelque chose de nouveau.Avant, on voyait les ballerines très délicates mises de l'avant, mais Misty apporte un coté puissant au classicisme», explique-t-il à propos de la ballerine qu'on pourra voir danser les 12 et 13 août le pas de deux de la scène du balcon dans le Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan, mais aussi une pièce créée sur mesure pour elle par Marcello Gomez, intitulée Toccare.Au cours de La soirée des étoiles, le public pourra également applaudir d'autres «J\u2019ai invité Misty Copeland parce quelle est une des meilleures danseuses au monde en ce moment, mais aussi parce quelle a changé le visage de la danse classique.» \u2014 Guillaume Côté TROIS SUGGESTIONS DU DIRECTEUR ARTISTIQUE Martha Wainwright «C est un spectacle à voir! Martha est passionnée de danse et voulait en profiter pour présenter son nouvel album.Elle m\u2019a suggéré de faire appel à des chorégraphes, de jeunes Montréalais talentueux.J\u2019ai demandé à Vanesa Garcia, Véronigue Giasson, Sara Harton et Andrew Skeels d\u2019assurer la mise en scène du spectacle avec des créations sur ces nouvelles chansons jamais encore entendues.Ça sera une soirée pleine de surprises.Martha va peut-être danser.Qui sait?» L.E.V.Company «La danseuse et chorégraphe israélienne Sharon Eyal se fait rare au Canada.Sa compagnie créée en 2013 a longtemps été associée à la mouvance gaga d\u2019Ohad Naharin.Sharon propose OCD Love, une création très jeune et dynamigue pour six danseurs.C est nouveau comme style au FASS.J ai hâte de voir la réception du public.» Bryan Arias, A Rather Lovely Thing «Il s\u2019agit d\u2019une nouvelle création complète du danseur Bryan Arias, interprète-vedette pour Crystal Pite en ce moment.C est aussi un des meilleurs chorégraphes gue j\u2019aie jamais vus et je voulais lui donner l\u2019opportunité de le montrer.En tant gue directeur artistigue, j\u2019ai la responsabilité de développer du talent et de prendre certains risgues.Cette pièce sera présentée plus tard dans l\u2019année à Danse Danse.J\u2019aimerais gue le FASS devienne une extension estivale de la programmation de Montréal pendant l\u2019année.» \u2014 Stéphanie Vallet grands noms de la danse, dont Guillaume Côté lui-même, qui interprétera un extrait de la Belle au bois dormant de Rudolf Noureev, puis de Diamonds de George Balanchine.« On a la chance d'avoir avec nous Nehemiah Kish et Yuhui Choe du The Royal Ballet, fis vont danser le pas de deux de Tchaikovski, mais aussi une nouvelle pièce de Liam Scarlett, un chorégraphe très demandé actuellement », précise le directeur artistique de l'événement qui comptera également la danseuse Anne Plamondon, de la compagnie RUBBERBANDance.Festival des arts de Saint-Sauveur, jusqu\u2019au 13 août.¦ïëü?N ! \u2019 /M f/m NORMAND CHAURETTE MISE EN SCÈNE SERGE DENONCOURT TEXTE FRANÇAIS UN TRIOMPHE! SUPPLÉMENTAIRES VEN 19 AOÛT + SAM 20 AOÛT À 14 H ET 20 H « UNE MÉGAPRODUCTION SAVOUREUSE ET IMPRESSIONNANTE.» - Bruno Lapointe, Journal de Montréal « DENONCOURT EST VRAIMENT UN BRILLANT RELECTEUR DE CLASSIQUES.» - Marie-France Bazzo, Dessine-moi un été, Ici Radio-Canada Première «.IMPRESSIONNANT!.romantique ! On a ri, on a été touché, vraiment une belle soirée.» - Julie Saint-Pierre, Puisqu\u2019il faut se lever, 98,5 FM « (.) d\u2019une richesse, d\u2019une sobriété et d\u2019une cohérence exceptionnelles.(.) LA PERFORMANCE DE BENOÎT McGINNIS VAUT À ELLE SEULE LE DÉPLACEMENT (.)» - Christian Saint-Pierre, Le Devoir « .DISTRIBUTION HORS PAIR.Marianne Fortier.et Philippe Thibault-Denis.Un couple aussi magnifique que talentueux! » - Marie-Andrée Poulin, TVA Nouvelles « FLAMBOYANTS ACTEURS.DENONCOURT DEMEURE UN MAÎTRE et sa pièce est ponctuée d\u2019éclats de génie.» - Louise Rousseau, Téléjournal Grand Montréal, ICI Radio-Canada Télé LE RENDEZ-VOUS THÉÂTRAL DE L\u2019ÉTÉ SUR LA SCÈNE DU TNM! TNM.QC.CA | HAHAHA.COM SODEC Québec ?VIDÉOTRON LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS 3 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS Labrèche et Dorval sans ordonnance MARIO GIRARD CHRONIQUE J?ai attendu quelques semaines avant de vous parler de l'émission radiophonique C'est le plus beau jour de ma vie, avec Marc Labrèche et Anne Dorval, sur ICI Première.Mais pour être franc, dès la première diffusion, j'ai été conquis.Ce concept risqué fonctionne à merveille.Il faut bien sûr accepter d'entrer dans leur monde surréaliste et adhérer à leurs codes et à leur humour.En ce qui me concerne, j'entre volontiers.Il y a des émissions de radio que l'on peut écouter en faisant du ménage ou en montant un meuble IKEA.Celle-ci exige une écoute très attentive.D'ailleurs, elle est parfaite pour la baladodiffusion.On pénètre dans leur univers (disons l'appartement de Dorval et Labrèche) et on découvre un espace rassurant, douillet et qui sent bon la liberté.Dans ce no man's land inventé pour eux, ils mettent à profit leurs talents de comédiens, de chanteurs et d'intervieweurs, mais surtout, ils font preuve d'une folie débridée et pas un poil mesquine.Je dis débridée, mais au fond, ce qui est merveilleux avec cette émission, c'est qu'elle donne l'impression d'être totalement improvisée alors que chaque échange entre les deux amis, chaque numéro musical et chaque entrevue fait visiblement l'objet d'une grande préparation.C'est le «lâcher lousse » au moment de l'exécution et le travail de montage qui font toute la différence.Cette émission aurait pu être un gros tremplin à de l'humour facile (cet humour qui fait si peur à une certaine tranche d'auditeurs de la radio publique) ou servir d'insupportable théâtre à deux ego surdimensionnés.Il n'en est rien.Labrèche et Dorval sont drôles, attachants, touchants parfois et ils nous apprennent plein de choses.Leur entrevue avec un thanatologue était aussi captivante qu'instructive.Et que dire de celle avec le propriétaire d'un camping gai (nous avons appris avec Anne Dorval ce qu'est un puppy) ?Ou celle avec les deux expertes en chant de gorge la semaine dernière ?Le génie de cette émission tient dans sa façon de marier judicieusement des sujets hétéroclites.Un exemple: une entrevue sur l'échangisme, enchaînée avec une version passionnée de Corps à corps (avec toi) de Châtelaine et la lecture, livrée avec brio, d'un poème de Miron et d'un extrait de Don Juan.C'est le fil qui sert à coudre ces morceaux qui est en grande partie responsable du succès de cette émission.Celui qui tient l'aiguille et le fil, c'est Francis Legault, le plus « fellinesque » des réalisateurs de la radio publique (L\u2019autre midi à la table d'à côté).Remercions-le de nous donner d'aussi bons moments de radio.Et remercions Anne Dorval et Marc Labrèche de nous offrir une part d'eux-mêmes comme ils le font chaque semaine.Ils sont un remède à bien des maux.Et ils sont à prendre sans ordonnance.PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE Dans leur émission estivale sur ICI Première, Marc Labrèche et Anne Dorval sont drôles, attachants, touchants parfois, en plus de nous apprendre plein de choses, souligne notre chroniqueur.tue v \u2022 > [ I c L\u2019été à ICI Première Normalement, les équipes qui débarquent à la radio quand arrive l'été symbolisent un « mauvais moment à passer».Force est de constater que la programmation qui nous est offerte cet été sur ICI Première nous comble à tous points de vue.Cela ne s'était pas vu depuis très longtemps.Les trois segments les plus importants (les matinales de la semaine et du week-end ainsi que le retour à la maison) sont solidement assurés par Patrick Masbourian, Franco Nuovo et Maxime Coutié.Mention spéciale à Manon Globensky qui dévoile de véritables talents d'animatrice à Midi info et à Jacques Beauchamp à la barre d'Aujourd\u2019hui l'histoire.Voilà une émission qui lui va comme un gant.Par ailleurs, les patrons d'ICI Première devraient être rassurés quant à la relève.Isabelle Craig, Hugo Lavoie, Karyne Lefebvre et Matthieu Dugal sont des atouts intéressants pour eux.Bref, l'un des beaux plaisirs de l'été est l'écoute de la radio.Celui que nous connaissons en ce moment nous en offre de la très bonne.Marie-Claude Lavallée se décoince Je n'ai jamais été un grand fan de Marie-Claude Lavallée.L'animatrice est intelligente, cultivée et sait mener de bonnes entrevues, mais j'ai toujours trouvé énervant son côté coincé.Marie-Claude Lavallée a quitté Radio-Canada il y a deux ans afin de laisser la place à quelqu'un de plus jeune qui espérait une permanence.Elle est maintenant un oiseau libre.Le 98,5 FM a eu le cran de la sonder pour lui confier des remplacements.Cet été, elle est dans le fauteuil du retour à la maison.J'avoue que le résultat est plutôt concluant.Sa relation avec les collaborateurs et sa bonne humeur nous montrent une Marie-Claude Lavallée plus relaxe, moins stuck-up.Sommes-nous en train de découvrir sa vraie personnalité ?À moins que ce ne soit elle qui la découvre.HARRY POTTER AND THE CURSED CHILD Moldus mordus, à vos marques, prêts, lisez ! SONIA SARFATI D'accord, l'expérience de lecture n'est pas aussi immersive que celle à laquelle les sept premiers Harry Potter nous avaient habitués.C'est que The Cursed Child, comme on l'a dit, précisé et répété, n'est pas un roman, mais bien le texte de la pièce de théâtre qui fait actuellement un malheur à Londres - et qui, selon la rumeur, sera montée l'an prochain sur Broadway après avoir fait un saut.à Toronto.Bref, écrit à partir d'une idée originale de J.K.Rowling, par le dramaturge John Tiffany et le metteur en scène Jack Thorne, le texte se présente sous la forme de dialogues et de didascalies formant des scènes, des actes et des parties.Le lecteur non initié à ce genre aura besoin d'un effort supplémentaire pour apprivoiser la forme.Mais le lecteur à qui l'univers de Harry Potter est familier finira par y trouver son compte.en tiquant sur certaines incongruités (les Remonteurs de temps ne semblent plus fonctionner de la même manière, par exemple), mais en comblant aussi par son savoir les vides laissés par l'absence de narration.Or l'une des forces de J.K.Rowling se trouve dans ses descriptions des gens, des lieux, des émotions.Cela manque, bien sûr, à The Cursed Child.Sauf que.Elle a au moins un autre atout, J.K.Rowling.C'est une formidable bâtis-seuse d'intrigues.Avec elle, ce n'est jamais fini tant que ce n'est pas fini.Et si sa signature se trouve quelque part ici, c'est dans cet aspect-là.À 10 pages de la fin, le récit prend encore le lecteur (ravi) au dépourvu.Et le laisse la gorge nouée dans les tout derniers moments.Car les grands thèmes qu'elle a si bien abordés jusqu'ici (la famille, la relation au père, l'amitié, le combat entre le bien et le mal) sont bien présents.19 ans plus tard Les Moldus mordus de Harry Potter se trouvent donc i ¥ Ink PHOTO ARUN SANKAR, AGENCE FRANCE-PRESSE Une foule d\u2019amateurs se sont rués, la semaine dernière, dans une librairie de Chennai (Madras), en Inde, à l\u2019occasion du lancement mondial de Harry Potter and the Cursed Child, texte de la pièce présentée actuellement à Londres (ci-dessous).En Amérique du nord seulement, il s\u2019en est vendu plus de 2 millions d\u2019exemplaires en 2 jours.PHOTO ASSOCIATED PRESS -UdMÊü - ' c> CURSED CHILD r PARTS OWE AND TWO ici en terrain familier, sans jamais s'y ennuyer.Parce que si The Cursed Child revient sur des épisodes passés, il le fait en compagnie de nouveaux personnages et de vieux amis qui ne sont plus tout à fait les mêmes (quoique.), car 19 ans ont passé depuis les événements dramatiques survenus dans Les reliques de la mort.« La huitième histoire.Dix-neuf ans plus tard », peut-on lire sur la quatrième de couverture.On s'en souvient, le dernier tome de l'heptalogie se terminait en ouvrant une fenêtre sur ce qui est l'amorce du présent récit.Harry est marié à Ginny, ils ont trois enfants - dont Albus, qui va faire son entrée à Poudlard.Ron a épousé Hermione et leur fille, Rose, entre elle aussi à l'école des sorciers.Même chose pour Scorpius, le fils de Draco.Avec qui Albus, qui serait l'enfant maudit du titre, va se lier d'amitié.Ce qui ne plaît pas à leurs pères respectifs.De quoi faire monter les tensions existant entre Harry et Albus.Il faut se le dire, ce n'est pas facile d'être le fils de Harry Potter.Ce dernier traîne en effet sa gloire passée, même s'il est devenu.fonctionnaire.Bon, il occupe un poste important au sein du ministère de la Magie et il ne manque pas de travail, au contraire.Mais quand même.Après tout ce qu'il a vécu, passer au ronron quotidien ?En tout cas, nous, lecteurs, on s'ennuie pour lui.Jusqu'à ce que le destin et J.K.Rowling ne lui mettent des bâtons dans les roues, alors qu'un Remonteur de temps refait surface.Eh oui, l'une de ses petites machines à voyager dans le temps que Ton croyait toutes détruites a survécu à la grande bataille racontée dans Le prisonnier d'Azkaban.Albus et Scorpius, pleins de bonnes intentions, vont vouloir l'utiliser pour réparer une erreur, une injustice, commise autrefois.Avec les conséquences que Ton imagine.Oups ! Que J.K.Rowling a imaginées, plutôt.Personnages à creuser Des revirements étonnants.Qui donnent envie, d'abord, de voir la pièce pour découvrir comment ce qui est sur papier se traduit en direct, sur scène.Ensuite, de relire la « moins aimée » Coupe de feu.Enfin, de pouvoir lire un jour une version romanesque de cette histoire qui, malgré ses qualités, demeure vue de l'extérieur puisque destinée, justement, à être vue.Une partie de son terreau, celui de nature plus psychologique et émotive, est à peine utilisée: les autres enfants de Harry et Ginny, et ceux de Ron et Hermione, ne sont que des noms prononcés ici et là; certains nouveaux personnages, l'un d'entre eux en particulier (on n'en dira pas plus pour ne rien divulgâcher), demandent à être approfondis pour trouver une place naturelle et convaincante dans le canon «pottérien».On se croise donc les doigts pour que J.K.Rowling s'attelle à cette tâche-là.bien qu'elle ait dit que The Cursed Child était destiné à la scène, point.Mais qui sait.Même les studios Warner, qui ont adapté les sept tomes de la saga, font des démarches pour que le récit passe au grand écran.Bien des points d'interrogation à l'horizon.Une chose est sûre, toutefois : publiée chez Gallimard, la traduction française du livre, Harry Potter et l'enfant maudit, nous arrivera le 14 octobre.Harry Potter and the Cursed Child J.K.Rowling, John Tiffany et Jack Thorne Arthur A.Levine Books, Scholastic, 325 pages ARTS THÉÂTRE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 f&ëaL ; 'T- km r PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE La pièce, imaginée par Guillaume Tremblay (à gauche, en compagnie d\u2019Olivier Morin), porte «sur le coolness» et veut brasser le monde conservateur de l\u2019opéra.À droite, les acteurs en répétition.THÉÂTRE AUX ÉCURIES / La vague parfaite Des surfeurs dépoussièrent l\u2019opéra HUGO PILON-LAROSE Le résumé de La vague parfaite a de quoi faire sourciller.Des surfeurs polyamoureux qui carburent au rhum-coco attendent avec impatience l'arrivée d'un tsunami pour attaquer cette « vague légendaire ».On ne se sent pas loin d'un théâtre d'été.Or, dans cette dernière création du Théâtre du Futur, les apparences sont certainement trompeuses.Présentée pour une première fois à guichets fermés en janvier dernier et de retour cet été au Théâtre Aux Écuries, cette pièce imaginée lors d'un voyage en Équateur par Guillaume Tremblay porte «sur le coolness» et veut brasser le monde conservateur de l'opéra.« J'avais envie de prendre des artistes de l'art lyrique, des chanteurs d'opéra, et de leur faire une création rayonnante, tripante, où le public est au rendez-vous », explique en entrevue avec La Presse le jeune metteur en scène.«La vague parfaite, c'est un show sur l'apparence et sur notre intérêt commun pour la vacuité.Ça nous transpose dans la peau de ces jeunes surfeurs qui veulent être les meilleurs et maintenir leur apparence reggae and peace.Quand un tsunami - la plus grande vague - fonce sur l'île, ils sont contents, même s'ils vont en mourir», raconte-t-il, justifiant qu'il fallait bien que la fin soit tragique pour que ce soit un opéra.Remises en question Comme pour ces surfeurs qui attendent avec impatience la vague qui les tuera tous, Guillaume Tremblay remet en question haut et fort la société qui ne réfléchit plus et l'art qui ne cherche pas assez souvent à briser les conventions.« Tout en humour, notre pièce est un questionnement philosophique.En tant qu'humain, sans être fataliste, on sait par exemple que la hausse du niveau de la mer fera disparaître des îles et que des côtes s'érodent.Mais que font les gens face à ça?Pas grand-chose », déplore le créateur, qui dit vouloir donner un côté punk à ses créations.« L'opéra, comme plusieurs types d'art, est également régi par ces mêmes règles.On recherche souvent la beauté, mais il y a une vacuité au niveau des questionnements.Monter La flûte enchantée, je ne suis pas contre, mais pourquoi ne pas faire aussi d'autres choses?», se questionne-t-il.« Au théâtre, nous avons été chanceux de vivre une certaine révolution dans les années 70, faisant de la place à la création.Mais l'opéra n'a pas eu ce même mouvement, fis sont encore assez scolaires.Je voyais que mes amis d'art lyrique, avec qui j'ai étudié au Conservatoire d'art dramatique, avaient l'air de s'ennuyer.C'est pourquoi j'ai imaginé une création pour qu'ils fripent », poursuit Guillaume Tremblay.Plus de place à la création La compagnie du Théâtre du Futur, dont la première pièce a été présentée il y a quelques années sous la forme d'un opéra rock ayant pour sujet l'expert controversé en marketing Clotaire Rapaille, se donne pour mission de «brasser la cage» des spectateurs.Olivier Morin, qui a signé avec Guillaume Tremblay le livret de La vague parfaite, explique que « quand les gens ont un point frileux, un petit bourrelet, on le pince avec affection et désinvolture ».« À la fondation de notre compagnie, on était tannés de voir que même une institution comme le Théâtre d'Aujourd'hui, qu'on aime beaucoup par ailleurs, prenait jusqu'à deux ans pour mener certains projets à terme.Nous, on voulait quelque chose de rapide, de tellement ancré dans le présent que ça se situait dans le futur.Des trucs créés dans l'urgence », explique le jeune Morin.La vague parfaite est présentée jusqu\u2019au 17 août au Théâtre Aux Ecuries.« Je voyais que mes amis d\u2019art lyrique, avec qui j\u2019ai étudié au Conservatoire d\u2019art dramatique, avaient l\u2019air de s\u2019ennuyer.C\u2019est pourquoi j\u2019ai imaginé une création pour qu\u2019ils tripent.» \u2014 Guillaume Tremblay, metteur en scène mMm.mmi , ¦sfeæil\u2019b?MiJi, ,.-T \u2022«.-Ay::.';: Ïï'tâc - ,11 i .vTa vyL ITT.-.UStÉ® ; aç< C ; La Cet été, le Musée est ouvert \u201e___I__ \u2022__k.,aLI tous lesj ours dès 10 h! UNE EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉALET THE PHILLIPS COLLECTION, WASHINGTON (DC).HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC, [ANGLAIS AU MOULIN ROUGE(.D£TA\\L),t&92.COLLECTION PARTICULIÈRE.PHOTO PETERSCHALCHI \u20220 ?- ^ mbam.qc.ca MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL AIR CANADA m DU 9 JUILLET AU 7 AOÛT 2016 .LE FESTIVAL DE.£\\3 lanaudiere Québec présente en collaboration avec PSPH A, *%¦ Vn SAMEDI 6 AOÛT I 20 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL ENSEMBLE CHORAL DU FESTIVAL Sarah WEGENER, soprano Michèle LOSIER, mezzo-soprano Michael SCHADE, ténor Alexander TSYMBALYUK, basse Kent NAGANO, direction Andrew MEGILL, chef de chœur CONCERT H] Desjardins Programme : Franz SCHUBERT, Wolfgang Amadeus MOZART DIMANCHE 7 AOÛT 114 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Nicholas ANGELICH, piano Yannick NÉZET-SÉGUIN, direction CONCERT © Desjardins Programme : Johann Sebastian BACH, Leopold STOKOWSKI, Sergueï RACHMANINOV, Nico MUHLY Pour informations et programmation complète 1 800 561-4343 | lanaudiere.org | Desjardins Ey @YAMAHA Québec SS Canada ff J°^ette lanaudiere.org\tplacedesarts.com 7 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS ARTS VISUELS JEAN-ROBERT DROUILLARD Le sculpteur qui chante L\u2019artiste québécois Jean-Robert Drouillard est en vedette ! Alors qu\u2019il vient de terminer, avec sa conjointe Hélène Chouinard, une sculpture créée dans un parc de Mirabel, il poursuit la production de l\u2019œuvre monumentale que la Ville de Québec offrira à Montréal pour son jubilé de 2017.Et le mois prochain, il sort un premier disque de chansons ! ÉRIC CLÉMENT Jean-Robert Drouillard a l'esprit dans le passé, les mains dans le présent et des idées pour l'avenir.Depuis des mois, il prépare deux expositions de nouveaux corpus, en octobre 2017, l'une à la galerie Art mûr, à Montréal, et l'autre au Musée des beaux-arts de Sherbrooke.Tout en se consacrant.à plein temps (!) à la création de trois œuvres d'art public en même temps, notamment et surtout celle que la Vieille Capitale lui a commandée et qu'elle offrira à Montréal au printemps 2017 à l'occasion du 375e anniversaire de la métropole.«L\u2019album de 10 chansons a été enregistré en trois jours dans une cuisine de Saint-Jean-Port-Joli ! Ce n\u2019est pas du studio, mais si ça me permet de faire des spectacles l\u2019an prochain, j\u2019en serais très très heureux.» \u2014 Jean-Robert Drouillard Cette œuvre imposante sera installée dans un nouveau parc aménagé près du Stade olympique, à l'angle des mes Sherbrooke Est et Pie-IX.Elle sera constituée de quatre statues en bronze d'adolescents placées sur quatre colonnes d'aluminium.Un hommage d'envergure au sport et à la jeunesse.Les statues porteront des maillots avec des logos d'animaux sur le devant et, dans le dos, des dates marquantes de notre histoire : la fondation de Québec en 1608, celle de Montréal en 1642, Expo 67 en 1967 et les JO de Montréal en 1976.« Pour la première fois de ma carrière de sculpteur, les personnages ont été scannés, dit Jean-Robert Drouillard en entrevue.Les modèles PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE L\u2019œuvre du duo Hélène Chouinard et Jean-Robert Drouillard est une «silhouette emballée», sculptée dans une bûche de pruche et entourée de 1001 pétales de porcelaine blanche cloués sur le bois.Son vernissage aura lieu le 11 septembre.seront usinés à Montréal.Ils vont me revenir finis à 80% en styromousse.Je vais les travailler puis les couler en bronze.Je vais fabriquer les colonnes, dont l'intérieur contiendra des boîtes lumineuses avec des dessins d'animaux, par exemple de corbeau.» Poésie permanente D'un style à la fois moderne et traditionnel propre à Drouillard, l'œuvre s'appellera Le contour des conifères dans la nuit bleue et les étoiles derrière ma tête sont dans tes yeux.Un titre poétique caractéristique de Jean-Robert Drouillard.Son expo à Circa, en 2014, s'intitulait Quelques particules de nous dans un accélérateur, dans un collisionneur.En 2017, sa présentation à Sherbrooke s'appellera Mon cœur est un ovni en forme de frisbee.«Tous ces titres sont des paroles de mes chansons », dit-il.Pas étonnant.Drouillard a un bac en littérature et en création littéraire.C'est sa poésie qui le conduit à créer des sculptures ou des chansons.Premier disque Comme il joue de la guitare (depuis l'âge de 35 ans) et qu'il aime chanter, il a décidé de «se faire plaisir» et d'enregistrer un disque.Le mois prochain, son premier album intitulé Des autoportraits sortira chez la maison de disques de Québec P572.« L'album de 10 chansons a été enregistré en trois jours dans une cuisine de Saint-Jean-Port-Joli ! Ce n'est pas du studio, mais si ça me permet de faire des spectacles l'an prochain, j'en serais très très 14-27 AOUT MISQA DIRECTEUR GENERAL «ARTISTIQUE ANDRÉ J.ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE POLLACK ¦ 19H 2016 QUATUORS A CORDES 14-08 BORODINRI)SSIE concertd\u2019ouverture 18 08 R0LSTON ANADA/ GOLDMUNDALLEMAGNE 19-08\t; POLOGNE/ARGUSÉTATS«S 25-\t08 G0LDMUNDALLEMAGNE/R0LST0N 26-\t08 ARGUSÉT\u201c/MECCOREPOEOGNE 27-08 CALID0REETATSG)NIS/CANADAC0NCERTDECL0TURE INVITÉS : STEFAN FEHLANDT & VLADIMIR BALSHIN ENTREE GRATUITE / RESERVEZ VOS PLACES MISQA.COM ¦ 514,550,8057 heureux.En même temps, j'ai 46 ans.Je n'espère pas gagner de l'argent avec ça, mais si ça peut rejoindre du monde.et la proposition est sincère.» Drouillard ne délaissera pas pour autant la sculpture.D'autant que le mois dernier, il a entamé une belle collaboration artistique avec sa conjointe, la céramiste Hélène Chouinard, lors d'une résidence au parc régional du Bois de Belle-Rivière, à Mirabel, dans le cadre de Sentier Art3.Cet événement d'art public en plein air - créé en 2007 par l'artiste Suzanne FerlandL - permet à des artistes de réaliser des œuvres qui demeurent là où elles sont créées.Ces dernières années, Ed Pien, Steven Siegel, Marie-Andrée Côté, José Luis Torres ou Nadia Myre ont laissé une trace sur le sentier pédestre.L'œuvre du duo Drouillard-Chouinard est une « silhouette emballée », sculptée dans une bûche de pruche et entourée de 1001 pétales de porcelaine blanche cloués sur le bois.Son vernissage aura lieu le 11 septembre.Jean-Robert Drouillard, qui enseigne en plus la sculpture à temps partiel à la Maison des métiers d'art de Québec, poursuit donc son chemin éclectique.« Étrangement, je n'ai jamais fonctionné si calmement et aussi lentement, dit-il.Peut-être pas pour la musique qui demande beaucoup de pratique et d'organisation et qui m'habite en permanence.Mais j'ai beaucoup de chance et de plaisir.» Evénement Sentier Art3, parc du Bois de Belle-Rivière, 9009, boulevard Arthur-Sauvé (route 148), Mirabel, 450 258-4924 boisdebelleriviere.com Jusqu a la fête du Travail, le parc est ouvert de9hà18hla semaine et jusqu a 19 h la fin de oÇm Présenté par ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Q7 Hydro Québec NOUVEAU VOLET EXTÉRIEUR GRATUIT 5e EDITION LA VIREE CLASSIQUE OSM Couche-Tard A Place des Arts FIÈRE PARTENAIRE 30 CONCERTS à partir de 10$ TAXES EN SUS 10-13 AOÛT 2016 BILLETS EN VENTE! Québec! OSM.CA 514 842-9951 1 888 842-9951 Billets aussi disponibles PLACEDESARTS.COM 9618 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS BOLÉRO, HISTOIRE D'UN CRESCENDO Lors de l\u2019entrée dans le domaine public du Boléro de Ravel, le président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), Laurent Petitgirard, a déclaré à l\u2019AFP: «On a coutume de dire qu\u2019une exécution du Boléro commence toutes les 10 minutes dans le monde.Puisque l\u2019oeuvre dure 17 minutes, elle est donc jouée à tout moment quelque part.» Histoire d\u2019un increvable «hit», qui a connu un nombre impressionnant de chicanes juridiques chez les héritiers de Ravel.\u2014 Chantal Guy 1929 Première édition du Boléro aux Editions Durand.1930 Dès le début, Maurice Ravel reconnaît le caractère «musico-sexuel» du Boléro, conçu en quelque sorte sur un rythme qui rappelle l\u2019orgasme.Beaucoup d\u2019analystes gloseront sur ce sujet! 1950 Le Boléro est utilisé par Akira Kurosawa dans son film Rashomon.1956 Enregistrement avec l\u2019Orchestre symphonique de Boston, sous la direction de Charles Munch.1961 Création de la chorégraphie de Maurice Béjart, pour le Ballet du XXe siècle.1928 Composition par Maurice Ravel du Boléro, à la demande de son amie, la danseuse russe Ida Rubinstein.Le ballet sera créé la même année en novembre à l\u2019Opéra Garnier, sous la direction de Walter Straham.1930 Première interprétation musicale, sans chorégraphie, à la salle Gaveau de Paris.Premier enregistrement avec les Concerts Lamoureux, supervisé par Ravel lui-même, et première radiodiffusion.Le succès est instantané et les plus grands chefs d\u2019orchestre de l\u2019époque l\u2019inscrivent à leurs programmes.1937 Mort de Maurice Ravel.Sans enfant, le compositeur désigne son frère Edouard comme seul héritier de ses droits.1960 Mort d\u2019Edouard Ravel, héritier des droits de l\u2019œuvre.En 1954, un accident de voiture l\u2019avait laissé physiquement démuni.Il désigne comme sa légataire universelle son infirmière, Jeanne Taverne, et par la bande son mari, Alexandre (devenu son chauffeur).Les petits neveux de Maurice Ravel intentent un procès, mais sont déboutés.LJ MUSIQUE CLASSIQUE DES SIECL V DE « HITS \u2022c » v Le 1er mai dernier, le célèbre Boléro de Ravel, l\u2019une des pièces musicales les plus jouées au monde, est entré dans le domaine public.Mais comment est-il entré dans nos oreilles?Qu\u2019est-ce qui explique le succès ininterrompu de certaines pièces du répertoire classique, connues même des moins connaisseurs dans le domaine?L\u2019utilisation à outrance de certaines œuvres, dans la publicité ou le cinéma, finit-elle par les rendre «quétaines», voire insupportables, en dépit de leurs qualités?Nous avons posé la question à des spécialistes allumés.CHANTAL GUY Vous n'avez jamais acheté un seul disque de musique classique et pourtant, vous pouvez reconnaître spontanément YOdeà la joie de Beethoven, les Quatre saisons de Vivaldi et, bien sûr, le Boléro de Ravel.Qu'est-ce qui explique ces «hits» du classique qui traversent le temps, parfois sur des siècles, rejoignant même un public loin d'être initié ?« C'est un phénomène qui n'est pas nouveau du tout, nous dit le musicologue Michel Duchesneau, professeur à l'Université de Montréal et directeur de l'Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique.Si vous pensez aux opéras de Mozart, à la fin du XVIIIe siècle, certains airs vont devenir des \"tubes\", on va les arranger de toutes les façons, on va même jouer ça dans la musique militaire.Avec les moyens de reproduction de la musique, le processus s'est accéléré.« Les \"tubes\" en musique populaire ont tendance à disparaître, mais pas dans la musique classique.La Neuvième de Beethoven, c'est un hit depuis 150 ans ! », ajoute Michel Duchesneau Danick Trottier, musicologue et historien, professeur au département de musique à l'UQAM, rappelle de son côté la forte influence de l'industrie de la partition aux XVIIIe et XIXe siècles, qui a lancé les \"hits\" que l'on écoute encore aujourd'hui à Radio - C lassique.«C'est une chose importante qu'on sait moins, mais les compositeurs travaillaient avec des maisons d'édition qui avaient le rôle de diffuser leurs partitions.C'était le marché le plus lucratif pour les compositeurs, et les éditeurs vont beaucoup miser sur les belles mélodies pour les faire connaître.Des \"tubes\" vont s'implanter, ça n'existe pas seulement au XXe siècle ! Par exemple, on va éditer l'Ode à la joie, et tant qu'à faire, on va éditer des versions pour le piano ou le violon.On maximise son produit, la mélodie se répand et devient populaire, on va faire des arrangements faciles, ça va se diffuser de maison en maison, ce que les Allemands appellent la \"house music\", la musique de salon, que les jeunes filles bourgeoises apprenaient.» Cet héritage nous accompagne encore aujourd'hui, insiste Danick Trottier.« La marche nuptiale de Mendelssohn qu'on utilise dans les mariages, si elle est si importante dans ce contexte, c'est qu'on a commencé à l'utiliser au XIXe siècle.La musique classique, comme les autres musiques, s'est transmise à travers le marché musical, et s'est insérée dans les traditions occidentales.« Parfois, les gens connaissent les airs, mais ne peuvent dire quel est l'auteur.Un autre exemple, c'est Pomp and Circumstance d'Edward Elgar, qu'on entend dans les collations des grades.Personne ne peut dire c'est qui.Ou Clair de lune de Debussy, qu'on entend dans beaucoup de films.Mes étudiants l'ont entendu dans la saga Twilight ! », explique Danick Trottier Et dès le XIXe siècle, cette popularité faisait râler les spécialistes.« La critique musicale de l'époque se plaignait déjà d'entendre toujours les mêmes œuvres, on sentait qu'une routine s'ins- «Le phénomène du «déjà connu», du plaisir de la reconnaissance est important.C\u2019est un des plaisirs de la musique, pas du tout limité aux gens qui ne connaissent pas la musique classique, c\u2019est universel, c\u2019est normal, même chez les spécialistes.» \u2014 Marie-Hélène Benoit-Otis.tallait, explique Michel Duchesneau.Beethoven était une valeur sûre, on a créé une accoutumance absolue.» Mais popularité ne rime pas avec médiocrité.Si ces pièces sont encore écoutées de nos jours, c'est bien parce qu'elles ont des qualités indéniables.Et il y a toujours quelqu'un, quelque part, qui découvre la Neuvième symphonie de Beethoven pour la première fois.« Ces musiques portent en elles quelque chose de particulier, qui marque les esprits et touche une corde sensible chez l'être humain, croit Michel Duchesneau.11 faudrait l'expertise d'un psychologue pour comprendre ça ! » Sursaturation N'empêche, on n'a pas la berlue quand on a l'impression d'entendre souvent les mêmes classiques.Ce que l'on pourrait appeler les «classiques des classiques » - auxquels des chaînes d'écoute en continu sont parfois consacrées - ou, plus spécifiquement, le « canon ».Cette tendance à programmer toujours les mêmes œuvres a plusieurs effets: on attire le grand public, certes, mais on finit par brûler ces pièces à force de les jouer, et à limiter les découvertes.Michel Duchesneau constate que la disparition de la parole à la radio a fait qu'on ne peut plus y faire partager ses passions, ses trouvailles et surtout les mettre en contexte.«Pour moi, c'est un désastre, c'est pourquoi je n'écoute plus la radio, alors qu'avant, je trouvais ça extraordinairement intéressant.D'ailleurs, ce repliement sur une partie du répertoire à travers la proposition radiophonique, ça décuple l'effet des \"hits\".Ce sont toujours les mêmes œuvres, proposées dans un ordre aléatoire.» «Je suis ahuri parfois que d'une journée à l'autre, à la radio, on remette l'étude en mi mineur de Chopin alors que, pourtant, des études de Chopin, il y en a 24 ! », renchérit Danick Trottier.Mais tout cela est très humain, note la pro-fesseure Marie-Hélène Benoit-Otis, responsable du programme de musicologie à l'Université de Montréal.« Le phénomène du \"déjà connu\", du plaisir de la reconnaissance est important.C'est un des plaisirs de la musique, pas du tout limité aux gens qui ne connaissent pas la musique classique, c'est universel, c'est normal, même chez les spécialistes», note Marie-Hélène Benoit-Otis.Ce qui peut avoir un effet pervers sur les programmes de concert, à la longue, assez pour que les mélomanes souhaitent secrètement des moratoires sur certains titres ! « 11 est plus facile de marketer des œuvres qui sont déjà connues, qui s'appuient sur un ensemble de connaissances courantes, souli-gne-t-elle.Ainsi, c'est moins compliqué de présenter le Requiem de Mozart qu'un inconnu, et cela paraît directement sur le nombre de places qu'on va vendre dans une salle de concert.N'importe quel organisateur va vous le dire, les efforts de publicité devront être plus grands quand les œuvres sont moins connues.» C'est ce qui fait dire à Danick Trottier que le métier le plus difficile dans l'univers du classique est certainement celui de programmateur.«11 y a toujours un public de connaisseurs, qui n'est plus capable d'entendre ce répertoire, et d'un autre côté, il faut aller chercher un nouveau public.C'est un foutu casse-tête, et les musiciens veulent parfois explorer autre chose, aller ailleurs.» LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS 7 1964\t\t1983\t1988\t1993\t2006 Enregistrement avec\t1979\tEnregistrement du Boléro par\tAu Canada, et\tJusqu\u2019à cette année.\tDes extraits l\u2019Orchestre symphonique de\tUtilisation\tl\u2019Orchestre symphonique de\tdans tous les pays\tle Boléro est resté en\tdu Boléro sont Londres, sous la direction\tdu Boléro\tMontréal, sous la direction\tqui observent un\tpremière place dans le\tutilisés lors de de Pierre Monteux.Mort de\tdans les films\tde Charles Dutoit.L\u2019un des\tdélai de 50 ans\tclassement des droits\tla cérémonie Jeanne Taverne, héritière des\tElle de Blake\tplus grands succès de l\u2019OSM,\tpost mortem.\td\u2019auteur de la SACEM.\tde clôture de droits, et son mari Alexandre\tEdwards et\tqui recevra un disque platine\tl\u2019œuvre de Ravel\tEnregistrement avec\tla Coupe du hérite des droits du Boléro, qui\tStalker d\u2019Andreï\ten 1984.\tentre dans le\tl\u2019Orchestre philharmonique\tmonde de valent 36 millions de francs.\tTarkovski.\t\tdomaine public.\tde Berlin sous la direction de Pierre Boulez.\tfootball.\t\t\t\t\t\t \t\t\tw\tw w\t\t 1971\t1977\t1981\t1984\t1992\t1998\t2014 Création par\tLe film\tLe Boléro est\tUtilisé par les\tL\u2019Etat français achète une esquisse\tDes extraits du Boléro\tDes extraits Alexandre Taverne\td\u2019animation\tmagnifié dans\tpatineurs artistiques\tautographe du Boléro pour\tsont utilisés lors de la\tdu Boléro sont et son avocat Jean-\tAllegro Non\tle film Les uns\tJayne Torvill et\t1,8 million de francs.Le court\tcérémonie de clôture\tutilisés lors de Jacques Lemoine\tIroppo de Bruno\tet les autres de\tChristopher Dean\tmétrage humoristique Le batteur\tde la Coupe du monde\tla cérémonie de de la société\tBozzetto est\tClaude Lelouch,\tlors des Jeux\tdu Boléro de Patrice Leconte\tde football, ainsi que\tclôture des Jeux offshore ARIMA,\tentièrement basé\tce qui contribue\tolympiques de\tse moque du travail répétitif du\tpour le défilé de mode\tolympiques de qui détient tous les\tsur le Boléro.\tà son immense\tSarajevo.\tbatteur dans cette pièce - joué\tdes 4U ans d Yves Saint\tSotchi.droits de l\u2019œuvre\t\tpopularité.\t\tpar Jacques Villeret.Et le Boléro\tLaurent au Stade de\t de Ravel.\t\t\t\test utilisé pour la publicité des Assurances générales de France.\tFrance.\t ARTS 2016 Le 1er mai, le Boléro de Ravel tombe dans le domaine public.Les derniers héritiers contestent la chose, avec pour argument que l\u2019œuvre, conçue pour le ballet, est aussi une collaboration avec la chorégraphe Bronislava Nijinska et le décorateur Alexandre Nikolaïevitch Benois, mais leur demande est rejetée par la SACEM.Les différents héritiers auraient reçu entre 400 et 500 millions d\u2019euros en droits depuis la mort de Maurice Ravel, en 1937.* PHOTO THINKSTOCK Parlons-en, des musiciens.Existe-t-il une exaspération de leur part liée à certaines œuvres qu'on leur demande de jouer inlassablement?Après tout, si même Céline en a assez de chanter la chanson de Titanic.« Oh, bon, oui! répond Michel Duchesneau.Il y a une espèce d'usure, quand tous les ans on vous demande de jouer telle ou telle œuvre.Imaginez quelqu'un à qui on dit: \"Tous les ans, tu vas lire les cinq mêmes livres.\" Il y a un sentiment de désintérêt, je dirais.Pour beaucoup de musiciens, derrière ces œuvres phares, il y a des répertoires très beaux qu'on ne joue pas.» Certains chefs-d'œuvre finissent ainsi, malheureusement, par sonner « quétaine », utilisés à outrance.«Le Danube bleu de Strauss, les mélomanes ne sont plus capables, dit Danick Trottier.L'OSM ne va pas le programmer dans sa saison régulière, mais va toujours le programmer dans les parcs l'été.La même chose pour Carmen ou le début du concerto pour piano de Tchaikovski.Le prélude en do de Bach, si on l'entend encore, c'est l'écœurantite aiguë.Les Gymnopédies de Satie, les programmateurs ont dû arrêter de les utiliser parce que ça devenait une blague - ça s'arrête d'ailleurs quand les gens font des blagues, on ne peut plus aller plus loin.Clair de Lune de Debussy, faut que ça cesse.La Cinquième Symphonie de Beethoven, programmée cinq fois par année, ça devient un frein à la découverte.Les musiciens d'un orchestre comme l'OSM ne vous le diront jamais, qu'ils ne sont plus capables de l'entendre ! Mais le renouvellement du public, c'est un très grand enjeu.» « Un concert qui commence avec la Petite musique de nuit de Mozart, ça peut me faire fuir, avoue Marie-Hélène Benoit-Otis.C'est magnifique, mais à un moment donné, enfermez quelqu'un et faites-lui écouter en boucle la même pièce, il va la détester.Le Canon de Pachelbel est entré dans le kitsch, le Boléro de Ravel est limite, le Carmina Burana de Carl Orff, trop, c'est pire que pas assez.Mais ç'a toujours été une question philosophique fondamentale, de l'Antiquité à nos jours : pourquoi aime-t-on une œuvre et pas une autre?C'est nous?Le contexte social?Une autre raison?C'est une question essentielle et passionnante.» «Un compositeur français disait qu'on se plaint souvent des snobs, mais ils ont leur utilité, parce que s'ils n'étaient pas là, le concert n'aurait pas la qualité qu'il a, résume Michel Duchesneau, qui souligne au passage que rien ne remplace l'écoute d'un concert.Enfin, il y a des compositeurs, j'en suis certain, qui seraient contents de découvrir qu'ils sont toujours des \"hits\" aujourd'hui ! » 2001: L\u2019odyssée de l\u2019espace, de Stanley Kubrick.\tPHOTO FOURNIE PAR METRO-GOLDWYN-MAYER MUSIQUE CLASSIQUE ET CINEMA: UN MARIAGE PASSIONNEL Au XXe siècle, le cinéma et la télévision ont eu une influence considérable sur la popularisation de certaines œuvres du répertoire classique.Pour le meilleur.et pour le pire.\u2014 Chantal Guy Un des plaisirs de Danick Trottier, professeur au département de musique de l\u2019UQAM, est de faire entendre à ses étudiants des pièces de musique contemporaines qu\u2019ils trouvent au départ rébarbatives.Comme du Penderecki, par exemple.Puis, il leur montre son utilisation dans le film The Shining de Stanley Kubrick.Et la magie opère.«C\u2019est bien la preuve que notre écoute peut se transformer au contact de l\u2019image, observe-t-il.Une musique dissonante aide à un contexte d\u2019horreur.On recherche souvent les deux mêmes émotions dans la musique, la joie ou la tristesse, mais il y a d\u2019autres émotions.Le cinéma a permis au grand public de voir la valeur de certains répertoires qui étaient exclus.» Mais pour cela, il faut que le réalisateur ait lui-même une culture musicale, et à ce chapitre-là, Danick Trottier estime que Stanley Kubrick était exemplaire.Tout le monde se souvient, par exemple, de son utilisation dAlso Sprach Zarathustra de Strauss dans 2001.L'odyssée de l'espace.«Souvent, ce qui va amener une œuvre à devenir un hit, c\u2019est la relation qu elle va avoir avec un médium de diffusion, note Michel Duchesneau.Le cinéma va jouer un rôle considérable pour une diffusion à grande échelle.Pensez au succès étonnant de la musique baroque après un film comme Tous les matins du monde d\u2019Alain Corneau.» En effet, au début des années 90, ce film a fait du musicien Jordi Savall, spécialiste de la viole de gambe (un instrument plutôt singulier), une star du disque ! «L\u2019engouement était hallucinant, de la part de gens qui n\u2019avaient jamais entendu de la viole de gambe.Ça a carrément donné un boom à la musique baroque!» Pour sa part, Marie-Hélène Benoit-Otis est très impressionnée par les choix musicaux de certains films d\u2019animation.«Fantasia, c\u2019est un film modèle de ce point de vue là.Les choix sont super intéressants, ça marche.Les Schtroumpfs aussi.C\u2019est incroyable, la musique de Gargamel.Ou Bugs Bunny.Il y a tout un clip sur un opéra de Wagner.» Voilà des exemples de beaux mariages entre deux arts.« Mais la musique est un art qui renvoie à lui-même, souligne Danick Trottier.Les mots d\u2019un roman renvoient à une réalité, tandis que la musique, quand on pèse sur la note la, c\u2019est un la.Elle ne renvoie pas à un objet extérieur, mais la musique peut être accolée à toutes sortes de réalités, et surtout des images.Et dans la surenchère des hits, il y a beaucoup d\u2019utilisations contradictoires.» Mais il arrive parfois, malheureusement souvent même, que la musique classique soit utilisée sans imagination, comme une solution de facilité.« La culture musicale de beaucoup de réalisateurs est plutôt moyenne, ils vont chercher une pièce qu\u2019ils aiment, simplement», déplore Michel Duchesneau.«Ceux qui ont des choix musicaux à faire, dans des contextes de cinéma ou de publicité, devraient s\u2019associer à des spécialistes, estime Danick Trottier.Ne serait-ce que pour avoir quelques conseils, il y a parfois des erreurs qui se font, des enregistrements qui sont mauvais, des choix ridicules.On voit bien parfois que la personne n\u2019a rien compris de la pièce.Il faut oser le dire quand c\u2019est mal utilisé.» Ce qui nous mène à l\u2019inévitable sujet de la publicité.Matraqué plusieurs fois par jour, l\u2019auditeur finit par associer certains chefs-d\u2019œuvre.à des produits.«Quand j\u2019entends le Duo des fleurs de Lakmé, je vois toujours une pub de British Airways, soupire Marie-Hélène Benoit-Otis.L\u2019association, ça marche dans les deux sens, c\u2019est très dur de sortir ça de son esprit.C\u2019est un élément de la vie médiatique moderne qu\u2019on peut difficilement éviter.Ça contribue curieusement à populariser certaines œuvres, et si ça peut avoir cet effet-là, pourquoi pas.» Le plus triste est lorsque l\u2019association nuit à l\u2019œuvre, dit Michel Duchesneau.«Dans un contexte médiocre, cela peut créer un phénomène de rejet, dévaloriser une pièce, et c\u2019est regrettable.Mais on ne peut pas empêcher les gens d\u2019utiliser la musique.» Quand même, on a l\u2019impression que Carmina Burana n\u2019a pas été très avantagée dans sa métamorphose en pub de Pie-IX Chrysler.QUELQUES MARIAGES CÉLÈBRES LAdagio pour cordes de Samuel Barber, pour la mort de Merrick dans L'homme éléphant de David Lynch Encore \\ Adagio pour cordes de Samuel Barber, pour la mort d\u2019Elias dans Platoon d\u2019Oliver Stone La sonate Clair de lune de Beethoven dans la plus terrifiante scène de Misery de Rob Reiner La chevauchée des Walkyries de Wagner, pour la fameuse scène des hélicoptères dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola Le Lac des cygnes de Tchaikovski dans Black Swan de Darren Aronofsky QUELQUES HERESIES CHANTAL GUY L\u2019appropriation fait partie du phénomène des «hits» de la musique classique.Ainsi, de grandes œuvres sont passées dans le tordeur du disco, du rock ou du rap.Pour les puristes, ce sont bien sûr des hérésies inqualifiables.Mais pour Michel Duchesneau, la question qu\u2019il faut se poser, c\u2019est jusqu\u2019à quel point est-ce une hérésie?«Quand un classique est transformé par le disco, la musique populaire, ça signifie que la mélodie dit quelque chose.Elle est intéressante, significative, elle peut être recyclée.Ça peut heurter certaines oreilles, mais derrière ça, c\u2019est l\u2019œuvre originale qui possède quelque chose d\u2019exceptionnel, qui sert de support à toutes les autres musiques.» Depuis l\u2019arrivée de YouTube, constate Danick Trottier, l\u2019effet de popularité des «hits» de la musique classique est décuplé.«Si vous cherchez par exemple L'hymne à la joie de Beethoven, remarquez toutes les occurrences, c\u2019est incroyable.C\u2019est repris dans toutes sortes de contextes, les gens se filment en le reproduisant, l\u2019utilisent dans des montages.Le pouvoir d\u2019attraction, et surtout d\u2019appropriation, est important.C\u2019est la force de ces hits-là, encore aujourd\u2019hui.» QUELQUES HERESIES À VOIR SUR YOUTUBE Une nuit sur le mont chauve de Moussorgski.En disco! Une célèbre reprise disco de Beethoven pour le film Saturday Night Fever: Un amateur de Beethoven l\u2019adapte.au heavy metal! Il existe même du «reggaethoven» Et pourquoi pas Für Elise au piano.rap?Yo! Tant qu\u2019à faire, un peu de hip-hop sur le Requiem de Mozart?Et pour achever le tout, Vivaldi en techno. ARTS MUSIQUE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE Quinze ans de musique fr> A Z CAROLINE RODGERS COLLABORATION SPÉCIALE LOrchestre de la Francophonie fête ses 15 ans cette année.Depuis sa fondation, quelque 1300 jeunes musiciens ont participé à son programme académique estival et donné plus de 300 concerts.Nous avons rencontré quatre d\u2019entre eux pour mieux les connaître et savoir ce qui les motive alors qu\u2019ils se préparent au concert anniversaire qui aura lieu à la Maison symphonique, demain, avec des billets à 15$ pour fêter ces 15 années de musique.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE fîj slit isfeSàsiisvfll PASCAL LA ROSA 26 ANS, FRANCE, VIOLON «Je vis en Islande où j\u2019ai obtenu un poste dans l\u2019orchestre national.Je suis venu ici pour jouer avec des personnes différentes, avec un chef différent, que je n\u2019aurais pas pu connaître autrement.Déjà, la première semaine, des amitiés se sont créées parmi nous et c\u2019est toujours bien de jouer avec des amis, d\u2019avoir une cohésion, d\u2019arriver à une symbiose.J\u2019aime voyager et c\u2019était une occasion de venir à Montréal, au Canada.Avec l\u2019OF, je suis l\u2019un des deux violons solos, mais l\u2019important, c\u2019est la musique, pas la position dans l\u2019orchestre.Je suis devenu musicien parce que ma mère me faisait écouter beaucoup de musique quand j\u2019étais petit.J\u2019ai commencé le violon à 3 ans.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE SARAH MARTIN 27 ANS, ÉTATS-UNIS, VIOLON «Je viens de Dallas, au Texas, où j\u2019ai appris le français en immersion dans une école internationale.J\u2019ai toujours rêvé de venir au Québec.J\u2019habite maintenant à Berlin, où je travaille comme musicienne à la pige.Cest ma première expérience à l\u2019OF.Depuis l\u2019âge de 12 ans, je participe à des orchestres d\u2019académie de ce genre.Des amis qui avaient participé auparavant m\u2019ont conseillé de venir.Je pense quid, je vais faire partie d\u2019un beau projet et je vais connaître d\u2019autres musiciens.J\u2019ai commencé le violon à 5 ans et très tôt, j\u2019ai voulu en faire mon métier.Mes ambitions sont d\u2019être une musicienne polyvalente.Je fais du classique mais aussi du jazz, du hip-hop, du rock.Je joue dans des groupes.J\u2019aimerais communiquer avec tous les publics.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE LINDSAY BRYDEN 24 ANS, ONTARIO, FLÛTE «Je vis en Angleterre depuis sept ans.J\u2019y suis allée pour poursuivre mes études mais maintenant, je cherche du travail.J \u2019enseigne et je fais de la musique de chambre mais c\u2019est difficile, après les études, et à Londres, il y a beaucoup de flûtistes.Je suis aussi compositrice, et l\u2019OF a joué une de mes pièces.J\u2019aime beaucoup la composition, la musique de chambre et la musique de film.Comme musicienne, j\u2019aime faire un peu de tout.C est la troisième fois que je participe à l\u2019OF.J\u2019aime cet orchestre parce que les musiciens qui viennent ici sont fantastiques et aussi, le chef est incroyable.Nous sommes évalués selon notre mérite et même les plus jeunes peuvent avoir une position de solo.Nous faisons beaucoup de répertoire en peu de temps et nous apprenons énormément.» PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE NOAM GREENFELD 25 ANS, ISRAËL, TROMBONE «Avant de jouer du trombone, j\u2019ai fait du piano à partir de 10 ans, et ensuite, de l\u2019euphonium.A 18 ans, j\u2019ai commencé mon service militaire et dans l\u2019armée, j\u2019ai joué du trombone dans un programme pour les musiciens.L\u2019an dernier, j\u2019ai joué avec l\u2019Orchestre symphonique de Jérusalem sous la direction de Frédéric Chaslin.J\u2019ai voulu participer à l\u2019OF pour faire de la musique pendant l\u2019été.J\u2019ai aussi pensé que ce serait une bonne occasion pour pratiquer mon français, que j\u2019ai appris parce que j\u2019étudie à Genève.Comme musicien, mon objectif est de jouer dans un orchestre, mais j\u2019aimerais bien aussi faire de la musique de chambre et jouer comme soliste.Je trouve que le travail ici, avec l\u2019OF, est très intéressant.» Orchestre de la Francophonie, 7 août, 15 h, Maison symphonique QUE JAMAIS EN ÉTÉ, CEST PRESSE ¥ FLASHES La poésie, la nuit Plus de 30 poètes et artistes se produiront lors de la Nuit de la poésie 2016 à Saint-Venant-de-Paquette.David Goudreault dirige cet événement poétique qui se déroulera du 13 au 14 août de 20 h à 8 h sur le site du Sentier poétique.Avec, entre autres: José Acquelin, Hélène Dorion, Richard Séguin, Erika Soucy, Sébastien Dulude, Natasha Kanapé Fontaine, Yann Perreau, Sylvie Paquette.Il y aura un spectacle de Chloé Sainte-Marie et des projections de vidéo-poésie.\u2014 La Presse David Goudreault PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Les livres jeunesse en tête PHOTO ARCHIVES AP James Patterson le INEM Pour vivre de sa plume, il semble qu\u2019il faille écrire pour la jeunesse.Le magazine Forbes a dévoilé sa liste des écrivains les mieux payés dans le monde au cours des 12 derniers mois.Le trio de tête est constitué de James Patterson, Jeff Kinney et J.K.Rowling.Leur secret: la vente de leurs droits à la télévision et au cinéma.L\u2019auteur américain James Patterson n\u2019écrit pas que pour la jeunesse, bien entendu, mais ses revenus annuels ont été estimés à 95 millions US en 2015.L\u2019auteur de Diary of a Wimpy Kid, Jeff Kinney, a, quant à lui, amassé près de 20 millions US, et la Britannique J.K.Rowling, 19 millions.Oui, Harry Potter, les romans, continuent de se vendre comme des baguettes magiques.\u2014 La Presse LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS 9 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS MUSIQUE HEAVY MONTRÉAL 2016 Un retour aux sources Five Fingers Death Punch, Killswitch Engage, Disturbed, Volbeat, Nightwish, Mastodon, Fear Factory et les vétérans québécois de Kataklysm: le festival Heavy Montréal qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui pour le weekend mise sur un retour aux sources pour plaire aux adeptes du genre, un public difficile à satisfaire.Survol de cette huitième programmation.PHOTO ULYSSE LEMERISE, ARCHIVES LA PRESSE Exit le punk rock de la programmation, le festival a décidé de se recentrer sur le métal.^ «s* HUGO MEUNIER « On a expérimenté le punk rock et ça ne marchait pas vraiment.Cette année, on remet l'accent sur le métal.» Épuisé par le marathon de festivals qui le tient occupé depuis le début de l'été, le vice-président concerts et événements chez evenko, Nick Farkas, boucle la boucle en force ce weekend avec Heavy Montréal.Comme le festival - concentré en deux jours cette année - attire moins de groupes et d'adeptes qu'Osheaga, le promoteur a toutefois l'intention de souffler un peu et de profiter de sa programmation.Programmation qui relève chaque année du tour de force, afin de plaire au public métal, une espèce intransigeante et un brin capricieuse.«Les puristes ne veulent rien entendre sauf ce qu'ils jugent pur et les autres veulent des choses un peu plus mainstream», illustre M.Farkas, qui a néanmoins réussi au fil des ans à attirer au festival les plus gros noms du métal, autant les Big Four que des groupes comme Slipknot, Alice Cooper, Korn, Iron Maiden et Kiss.Oui, il semble y avoir une vie après Metallica pour le festival, qui avait attiré sa foule record lors de son passage en 2014 (45 000 pour le concert et 75 000 pour l'édition au complet).« Chaque fois qu'ils [Metallica] voudront venir au festival, on va dire oui.En attendant, on ne peut pas plaire à tout le monde et on essaie toujours de ne pas booker les mêmes artistes et d'être à l'écoute des fans», assure M.Farkas, condamné à essayer de plaire au plus grand nombre possible.«L'expression \" Damn if you did, damn if yon don't\" résume bien la situation», ajoute-t-il.Evenko s'estime néanmoins très satisfait de sa cuvée 2016, un bon mariage entre des groupes populaires et underground.« Les têtes d'affiche (Five Finger Death Punch, Disturbed) sont parmi les plus grands artistes de la nouvelle génération métal, avec Slipknot et Avenged Sevenfold.» Relève «La relève a été plus longue à installer, mais l'engouement revient.On l'observe tout au long de l'année dans les plus petites salles », explique Farkas, qui est d'avis que les fans doivent faire leur deuil des groupes fédérateurs comme Metallica, capables de rassembler des milliers de personnes au pied de la scène.On peut néanmoins parier que les power ballads de la troupe d'Ivan Moody (Fives Finger Death Punch) ou les tubes tels que Down With the Sickness de Disturbed justifieront à eux seuls le déplacement de nombreux fans.Même chose pour Killswitch Engage, dont les envolées lyriques à la The End of Heartache demeurent des valeurs sûres.« Les têtes d\u2019affiche (Five Finger Death Punch, Disturbed) sont parmi les plus grands artistes de la nouvelle génération métal.» \u2014 Nick Farkas, d\u2019evenko Et bien sûr, les habitués et respectés membres de Mastodon, qui remettent ça après avoir dû annuler leur présence au festival l'an dernier.Les spectateurs risquent aussi d'apprécier le groupe danois Volbeat, composé de bêtes de scène avec un aplomb et des intonations rappelant Metallica.Dans un autre registre, les membres finlandais de Nightwish proposent du métal plus symphonique.Leur version de Phantom of the Opera est d'ailleurs plutôt cool.Parlant de groupes européens, evenko ne cache pas que les nombreux festivals de métal qui se déroulent simultanément de l'autre côté de l'Atlantique leur compliquent un peu la tâche.«Ç'a toujours été difficile, mais je pense que le métal remonte en Amérique du Nord en ce moment», constate Nick Farkas, qui aimerait un jour attirer le vieux Ozzy et Rammstein à Montréal.En gentleman, ce dernier a refusé de se réjouir de la sortie publique du chanteur de Twisted Sister Dee Snider, qui a descendu en flammes l'organisation du Rockfest où son groupe s'est produit au début de l'été, en plus d'encourager les fans de métal à opter pour Heavy Montréal.«Je n'ai jamais pensé qu'il y a une compétition entre nous et Montebello.Ce sont deux événements complètement différents, à environ deux mois d'intervalle.» Le cercle vicieux À l'instar de Nick Farkas, Christine Fortier, animatrice de l'émission Le grimoire du métal diffusée à C1SM (le mercredi à 21 h), croit aussi qu'Heavy Montréal est un peu coincé dans une sorte de cercle vicieux.« 11 n'y a pas tant de grands noms dans le métal abrasif, pas beaucoup d'Iron Maiden, de Metallica et d'autres groupes capables de remplir l'équivalent du Centre Bell.Et quand ils deviennent trop populaires en métal, on ne les aime plus.D'une façon ou d'une autre, c'est jamais un win/win », explique Fortier, qui se tient en général loin des têtes d'affiche plus commerciales dans ce type d'événements.« C'est une question de goût.Je suis de ceux qui vont voir des groupes plus heavy plus tôt dans la journée et repartent avant la cohue dans le métro.» L'animatrice salue la disparition des groupes punk de la programmation.« On a recentré le festival sur un métal plus symphonique, mélodique.11 y a de belles découvertes à faire», résume-t-elle, ajoutant qu'au-delà de la musique, il y a l'importance de se retrouver entre fans.« On aime aussi être avec notre gang.Pas juste notre gang d'amis, mais notre gang métal, qui est comme une grosse famille.» LES CHOIX DE CHRISTINE Christine Fortier anime depuis près de 20 ans l\u2019émission Le grimoire du métal sur les ondes de CISM (89,3 FM).Cette spécialiste du genre est un peu allergique aux têtes d\u2019affiche comme Five Fingers Death Punch et Disturbed, mais estime néanmoins que les amateurs trouveront caps d\u2019acier à leurs pieds.Voici ses choix personnels.BLACK LABEL SOCIETY (aujo urd\u2019hui, 18 h25, scène Heavy) « Une occasion en or de voir un véritable guitar hero en action, grâce au travail de Zakk Wylde (ancien guitariste d'Ozzy), qui chante en plus de manier la six cordes comme un virtuose.C'est un fameux musicien au charisme extraordinaire.Quand il joue, on ne bouge pas, on regarde et on tripe.Le groupe risque aussi d'être assez rassembleur.C'est heavy, mais pas tant que ça.11 y a des ballades.Sa prestation solo [demain à 17h20] risque d'être plus rock et organique.Je suis curieuse de voir comment il se comportera devant une grosse foule et la réaction du public.» CULT OF LUNA (aujo urd\u2019hui, 21 h 30, scène Blabbermouth.net) « Ce groupe suédois a joué cet hiver au Petit Campus et c'était super bon.On dirait un band de métal composé de littéraires, la musique est vraiment introspective.Pour les intéressés, le groupe fera ensuite un show à L'Astral (7 août, où ils joueront l'intégrale de leur album Somewhere Along the Highway).Les fans du groupe et de Neurosis et fsis risquent de se laisser entraîner par des ambiances pas trop métal.» NAPALM DEATH (demain, 19 h 30, scène Blabbermouth.net) « C'est MON groupe préféré à vie et je suis curieuse de le voir à l'œuvre dans un contexte de festival (une première à Heavy Montréal).C'est un groupe de grind-core (considéré comme le pionnier de ce style) très heavy qui a toujours su se réinventer dans sa musique et ses textes.Le groupe a rempli le Club Soda l'an dernier.Je l'ai vu tellement souvent, même deux fois depuis la sortie de son nouvel album, en 2015.J'ai hâte de voir des gens découvrir le groupe, la bouche à terre ! » VOLBEAT (demain, 20 h 30, scène Heavy) « Un autre incontournable ! Ce sont de très bons showmen et leur leader (Michael Poulsen) est très charismatique.La palette du groupe varie entre le heavy et le country.Les influences du chanteur sont d'ailleurs Elvis, Johnny Cash et Metallica, si bien que sa voix ressemble à celle de James Hetfield.Ce groupe a le potentiel d'attirer un gros public.» CANDLEMASS (demain, 21 h 30, scène Blabbermouth.net) « C'est un groupe de doom métal suédois.Pour son trentième anniversaire, le band vient de sortir un nouvel album (Death thy Lover) avec le nouveau chanteur et les fans ne seront pas déçus ! Le groupe est toujours actif après avoir fait une pause dans les années 2000.Une prestation à voir! » LES QUÉBÉCOIS «Au Québec, j'ai retenu deux noms.D'abord Kataklysm (aujourd'hui, 15h25, scène Heavy), un de nos meilleurs groupes québécois.11 a d'ailleurs remporté en 2016 le Juno du meilleur album (Of Ghosts and Gods) dans la catégorie métal, en plus de donner un bon show.11 y a aussi Despised Icon (demain, 14h, scène Molson Canadian), qui a sorti son premier album depuis 2009, intitulé Beast, qui porte bien son nom.Le groupe est de retour aux sources avec ses racines plus heavy et un son plus technique et accrocheur.Ils se sont apparemment remis en forme pour soutenir le rythme.Ils ont un gros capital d'amour au Québec et les fans devraient prendre le temps d'aller saluer ces pionniers du deathcore.» ÎLESONIQ, coloc d\u2019un jour Malgré des styles musicaux aux antipodes, les festivals ILESONIQ et Heavy Montréal seront colocataires d\u2019un jour au parc Jean-Drapeau.Le festival de musique électronique risque d\u2019attirer beaucoup de monde aujourd\u2019hui avec sa tête d\u2019affiche Skrillex.Evenko est convaincu que les deux faunes vont cohabiter harmonieusement et s\u2019étonne même de constater que des festivaliers ont acheté des laissez-passer pour les deux événements.Boucar Diouf RENDEZ À CES ARBRES CE QUI APPARTIENT À CES ARBRES À LIRE AU SOLEIL AU PIED D\u2019UN ARBRE Sous forme de conte,Boucar nous parle de la vie, de la mort, de ses amis, de sa famille et de sa relation intime avec l'univers des animaux et des plantes.Boucar diu' RENDEZ À CES ARBRES r QUI appartient à ces a BEST-SELLER 40 000 EXEMPLAIRES Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub ARTS LECTURE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 STÉPHANE GARNEAU / Récits sportifs Le cycle du père Avec Récits sportifs, livre d\u2019entretiens qui s\u2019intéresse à la performance et au dépassement de soi, Stéphane Garneau termine un cycle de trois ans qui l\u2019a mené sur les traces de son père.Entretien avec un fils dévoué.NATHALIE COLLARD Stéphane Garneau vient de terminer un périple.Celui qui l'a mené sur le chemin professionnel emprunté par son père, le journaliste sportif Richard Garneau, mort en janvier 2013 à l'âge de 82 ans.Trois années durant lesquelles le fils, lui-même animateur et communicateur, a travaillé à un documentaire télé, un documentaire radio et un livre d'entretiens avec des sportifs de haut niveau.«Mon objectif était simple, dit-il en entrevue : apporter une sorte de clôture à la carrière de ce grand homme qui rêvait de couvrir les Jeux olympiques de Sotchi et de Rio.11 est mort subitement à 82 ans.Il n'était pas malade, sa mort, on ne l'avait pas vue venir.Il avait encore des projets.» Père absent, fils compréhensif Ce «road trip filial» a commencé il y a trois ans avec un documentaire réalisé par Sophie Lambert qui nous a fait découvrir Richard Garneau à travers les yeux de son fils enfant: «Il y avait deux trames dans le film 10 secondes d'extase [diffusé sur RDI le printemps dernier], souligne Stéphane Garneau.La quête du fils et la richesse de la carrière de mon père.On a beaucoup insisté sur l'aspect \"père absent\", mais ce film n'était pas un procès, mon père était un homme de sa génération.Bien sûr, il n'était jamais là pour mon anniversaire, il était souvent en Europe, et en plus, il m'appelait toujours la mauvaise journée [rires].Mais je suis en paix avec tout ça.J'avais une très belle relation avec lui.J'ai 53 ans, et moi aussi, je suis un adulte imparfait.» Vers la fin de ce documentaire, on voit Stéphane Garneau assis dans la tribune de la presse au Stade olympique.«C'est le moment du tournage qui m'a le plus ému, confie-t-il.D'être assis là, de voir ce qu'il voyait en 1976, c'était une expérience immersive.On a tellement revu ces images.Je revoyais Greg Joy et Bruce Jenner, j'entendais la foule, c'était un point de vue à couper le souffle.» Pourquoi pas un livre?Après le film, Stéphane Garneau a travaillé à une série radio de deux heures avec la réalisatrice Lynda Baril qui signe depuis des années des petits bijoux de documentaires à Radio-Canada (on peut réécouter Six décennies d'émerveillement sur Première Plus).« Comme tout est connecté dans la vie, j'ai eu l'idée du livre.Je me suis dit: ce qui a caractérisé la carrière de mon père, c'est sa passion pour la performance du sport et le dépassement de soi.Mon livre est donc un prolongement logique des deux documentaires.Je suis allé à la rencontre des athlètes pour trouver ce qui les drive.Je voulais isoler dans le temps le déclic dans la vie de ces gens ainsi que le moment où ils ont réalisé leur rêve.Ce n'est pas un ouvrage pour les initiés, c'est vraiment un livre grand public.» Stéphane Garneau a donc rencontré plusieurs athlètes de haut niveau ainsi que des observateurs, comme l'animateur Paul Houde et l'écrivain Paul Ohl.«Honnêtement, j'ai tout simplement choisi des gens à qui j'avais envie de parler », dit celui qui se verrait bien donner des conférences autour de ce livre.Parmi les belles rencontres, Sylvie Fréchette, qui raconte le milieu défavorisé de son enfance et sa grande motivation à nager alors que la nage synchronisée n'était pas encore une discipline olympique.«À l'époque, on appelait ça de la nage ornementale, observe Stéphane Garneau.Mais elle tripait.La petite fille de Rosemont avait trouvé sa gang.» L'animateur dit avoir aussi eu un coup de cœur pour Annie Pelletier.« Je ne la connaissais pas.Elle est très drôle et m'a fait beaucoup rire.Elle me raconte qu'elle voulait faire les Jeux olympiques depuis l'âge de 2 ans, depuis qu'elle avait vu Greg Joy aux Jeux de Montréal.» Parmi les surprises de l'intervieweur: Paul Houde, maniaque bien connu des chiffres et des statistiques, qui a plutôt commencé l'entretien en lui racontant sa passion pour l'alpinisme et son trek mémorable au K2.«J'ai découvert Paul Houde l'aventurier, un gars que je ne connaissais pas.» Prochaine étape Après tout ce temps passé à fouiller dans les archives et à rencontrer des gens qui ont côtoyé son père, Stéphane Garneau avoue que l'exercice lui a permis de prendre la mesure de ce que Richard Garneau a été et, surtout, de la profonde affection que les gens avaient pour lui.« Il y a eu plusieurs moments d'émotion, beaucoup de gens ont pleuré », souffle-t-il.Aujourd'hui, toutefois, la boucle est bouclée.«J'aime bien dire à la blague que je ne répondrai pas aux appels du pape.Il n'y aura pas de canonisation [rires].Sérieusement, j'ai fait ma job, j'ai donné à mon père sa résolution professionnelle.Le dossier est terminé, qu'il repose en paix.» Récits sportifs - Différents visages du dépassement de soi Stéphane Garneau Flammarion Québec 192 pages PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Après tout ce temps passé à fouiller dans les archives et à rencontrer des gens qui ont côtoyé son père, Stéphane Garneau avoue que l\u2019exercice lui a permis de prendre la mesure de ce que Richard Garneau a été et, surtout, de la profonde affection que les gens avaient pour lui.STEPHANE GARNEAU 5PDRTIF5 DIFFÉRENTS VISAGES DU DÉPASSEMENT DE |pl 14ES CORRESPONDANCES Tous à Eastman ! Les 14es Correspondances d\u2019Eastman, qui ont lieu du jusqu\u2019à demain, réunissent comme d\u2019habitude toute une brochette d\u2019auteurs québécois dans une ambiance des plus bucoliques.Quatre d\u2019entre eux nous disent pourquoi il faut aller à Eastman, et nous en avons profité pour leur demander ce qu\u2019ils sont en train de lire en ce moment.\u2014 Josée Lapointe PATRICK SENÉCAL >\tQui?Auteur de romans d\u2019horreur et de thrillers, tels Sur le seuil, Hell.Com, la série Malphas et Faims.>\tQuoi?Dans le cadre d\u2019un nouveau volet destiné aux jeunes adultes, une rencontre intitulée «L\u2019horreurau quotidien».>\tPremière fois à Eastman?«Oui.Surprenant, non?J\u2019étais souvent en vacances, ou trop occupé.» >\tPourquoi y aller?«Pour l\u2019ambiance bucolique, différente de celle des salons qui ont lieu à l\u2019intérieur pendant l\u2019année.Et c\u2019est intéressant, un événement qui a lieu à l\u2019extérieur des grands centres, d\u2019aller rencontrer les lecteurs là où ils sont.» >\tQue lisez-vous en ce moment?«La promesse de l\u2019aube de Romain Gary.Je suis un fan, mais je n\u2019avais jamais lu celui-ci! Je retrouve son style, son côté baveux et, surtout, sa profonde humanité.» CLAUDIA LAROCHELLE >\tQui?Journaliste, animatrice et auteure, elle a publié cette année son premier livre jeunesse, La doudou qui ne sentait pas bon.>\tQuoi?Une lecture pour les 3 à 6 ans de son livre, suivie d\u2019une discussion.«J\u2019adore faire des animations avec les enfants, ça se fait dans la joie, ça m\u2019amène ailleurs.» >\tPremière fois à Eastman?«Oui!» >\tPourquoi y aller?«Pour l\u2019Estrie.Parce que parler de littérature quand il fait chaud, c\u2019est être un peu en vacances.Et parce que c\u2019est une occasion de grande proximité entre les auteurs et les lecteurs.» >\tQue lisez-vous en ce moment?«Le nouveau roman de Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants.Il sort le 17 août, et je vais l\u2019interviewer pour la revue Les libraires.Mais ce n\u2019est pas du travail, c\u2019est du plaisir!» ' «P PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Patrick Senécal, Claudia Larochelle, Francine Ruel et Perrine Leblanc sont à Eastman pour les 14es Correspondances.FRANCINE RUEL >\tQui?Comédienne, dramaturge et romancière, auteure entre autres de la populaire Trilogie du bonheur.>\tQuoi?Participation au Café littéraire sur les paysages urbains.>\tPremière fois à Eastman?« Non.Je suis une amie fidèle.J \u2019en ai été la porte-parole et je suis encore impliquée dans les coulisses.» >\tPourquoi y aller ?« Pour la littérature.Parce que l\u2019ambiance est formidable et le décor, idyllique.Parce que tout le village vibre au rythme des Correspondances et que le temps semble suspendu pendant quelques jours.» > Que lisez-vous en ce moment?«Je viens de terminer La bête et sa cage de David Goudreault.Je lui avais dit qu\u2019il devait absolument écrire une suite à La bête à sa mère.Ce garçon a un talent fou.Et la beauté de la chose, c\u2019est qu\u2019il y en aura un troisième!» PERRINE LEBLANC >\tQui?Auteure de deux romans, L\u2019homme blanc (prix du Gouverneur général) et Malabourg.>\tQuoi?Un Sentier de lecture - «Je vais lire des extraits de livres que j\u2019aime» - et un Thé littéraire - « Je vais discuter littérature avec les participants d\u2019une manière conviviale.» >\tPremière fois à Eastman?«Cest la troisième fois.Mon plus beau souvenir, c\u2019est toutes ces salles pleines.Ça fait vraiment plaisir.» >\tPourquoi y aller?« Pour les échanges, pour la diversité, pour les rencontres.L\u2019ambiance est top, ce n\u2019est pas chiant et c\u2019est intéressant.C est léger avec du contenu.» >\tQue lisez-vous en ce moment?«Rhapsodie québécoise d\u2019Akos Verboczy.Il est sorti l\u2019hiver dernier, mais je n\u2019ai mis la main dessus qu\u2019en juin.Cette histoire d\u2019un enfant de la loi 101 est savoureuse, drôle, touchante, personnelle.» LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA BRYCE DALLAS HOWARD / Pete's Dragon Dans I ce il, rieur, du dragon Fille du réalisateur Ron Howard, Bryce Dallas Howard joue le rôle d\u2019un garde forestier dans Peter et Elliott le dragon, un film qui raconte les aventures d\u2019un jeune orphelin rescapé par un dragon qui, à son tour, court un grave danger._____________*i apte, ¦ L/'r Y, 3 \t SONIA SARFATI LOS ANGELES D'abord, il y a ce rire.Avant même la chevelure de feu et le teint opalin, c'est le rire de Bryce Dallas Howard que l'on remarque.Il la précède.Il est contagieux.Il est libre.Il est «plein».De vie, de joie.Et celle qui a souffert d'une grave dépression post-partum, après la naissance de son premier enfant, n'en est aujourd'hui pas avare, de ce rire.La Presse a pu le constater dans l'entrevue accordée en vue de la sortie de Pete\u2019s Dragon de David Lowery.où elle ne joue ni Pete ni le dragon, mais un garde forestier mis en présence de Pete et du dragon dans le remake du long métrage du même titre, sorti en 1977.«Enfant, j'étais folle de ce film», fait l'actrice de 35 ans avant de souligner combien, toutefois, cette nouvelle version est différente de l'originale.Où le Pete en question était pour ainsi dire l'esclave d'un couple malfaisant (un peu comme Cosette chez les Thénardier dans Les misérables) et le dragon, le fruit d'une animation traditionnelle en 2D.Tourné en Nouvelle-Zélande, ce Pete\u2019s Dragon-ci suit un gamin de 4 ans qui se retrouve seul dans les bois après que ses parents eurent péri dans l'accident de la voiture à bord de laquelle ils prenaient tous place.L'enfant n'aurait pu survivre si un immense dragon (celui-ci, créé en images de synthèse chez Weta Digital) ne l'avait pris sous son aile.Retrouvé quelque six années plus tard (et maintenant incarné par Oakes Fegley), Pete se heurte à l'incompréhension et aux préjugés des habitants de Millhaven.Personne ne croit en l'existence de l'animal fabuleux - sauf, peut-être, la jeune Natalie (Oona Laurence), Grace (Bryce Dallas Howard) et son père, Mr.Meacham (Robert Redford).Depuis toujours, ce dernier affirme avoir vu, quand il était enfant, une immense créature verte dans les bois.Il y a du scepticisme dans l'air.Jusqu'à ce que la preuve de l'existence du dragon.tombe du ciel.La bête sera alors en grand danger.Il faudra donc sauver Elliott.Elliott, c'est le nom que Pete a donné à son compagnon.Le nom s'est imposé parce que le seul lien avec la civilisation qu'a conservé le garçon après l'accident est un livre illustré, Elliott Gets Lost.Elliott, pour le prénom.Et un livre, pour la survie.« Ces livres pour enfants sont très importants.En fait, ces histoires qui leur sont destinées, sous toutes leurs formes, sont essentielles.Elles comportent des messages et leçons qui aident, encouragent, font rêver, les préparent.Ce que Pete\u2019s Dragon dit aux petits, c'est que non seulement ils peuvent survivre au pire, mais qu'ils peuvent retrouver la joie et l'amour», croit Bryce Dallas Howard, qui a grandi avec Les chroniques de Narnia et d'autres histoires « que [son] père [leur] racontait, en général quand il [les] conduisait à l'école ».Mon père, ce conteur On imagine ici Ron Howard, le réalisateur des films Apollo 13 et A Beautiful Mind, en train de mettre dans ses mots, à l'attention de ses quatre enfants, l'histoire.disons, de Willow.«Et c'était bien avant qu'il ne réalise le film ! », pouffe celle qui, à son tour, fait la lecture quotidiennement à son fils et à sa fille.« Ils choisissent des classiques ou des nouveautés.C'est une négociation chaque soir et je me retrouve à leur raconter cinq histoires.au lieu de trois.» Nouveau rire, qui coule en cascade et qui est ravissant tant il est franc.Paisible, aussi.Une rareté, en terre d'Hollywood.Mais il faut dire que les Howard forment une cellule assez unique dans le genre : mariée à l'acteur Seth Gabel, qu'elle a rencontré à l'adolescence, Bryce Dallas Howard est issue d'un couple qui s'est, lui aussi, soudé très jeune et demeure uni.«Même chose pour mes grands-parents », fait celle qui est, de plus, de la troisième génération de la famille à faire carrière au cinéma.Une lignée royale?« Si vous voulez dire \"royale\" dans le sens que je suis née dedans, oui.Sauf que pour durer, il faut faire ses preuves.Le nom ne suffit pas.même si ce nom en est un bon », fait, avec fierté, celle qui a amorcé sa carrière avec les yeux grands ouverts, le soutien et l'affection de ses parents, mais, également, en sachant pertinemment qu'ils attendaient d'elle qu'elle devienne financièrement indépendante d'eux.Pas de problème.C'était son intention.Elle a depuis travaillé avec M.Night Shyamalan (The Village), Lars von Trier (Manderlay), Sam Raimi (Spider-Man 3), Clint Eastwood (Hereafter).Et joué avec les Joaquin Phoenix, Willem Dafoe, Christian Baie, Matt Damon.et quelques grosses bêtes, comme les dinosaures de Jurassic World (dont elle tournera la suite l'an prochain, « sans souliers PHOTOS FOURNIES PAR LA PRODUCTION à talons cette fois ! », s'étran-gle-t-elle) et Elliott de Pete's Dragon.Mais de ses partenaires, « aucun n'est aussi iconique de Robert Redford», souligne-t-elle en évoquant le vétéran acteur qui interprète ici son père.« Je ne savais même pas comment l'appeler.Après trois jours de tournage, j'ai posé la question.Il m'a répondu: Bob.Mais honnêtement, je n'y arrivais pas.Il n'est pas un Bob, il est Robert Redford! » Et là-dessus, quoi?Elle éclate de rire.Irrésistible.Pete\u2019s Dragon (Peter et Elliottt le dragon) prendra l\u2019affiche le 12 août.film Jean DUJARDIN LAURÉAT D\u2019UN OSCAR® Virginie EFIRA En amour, il faut voir grand.Laurent TIRARD '«homme Hauteur PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES PICTURES H I «EXTRAORDINAIRE» - /Film «EXCEPTIONNEL» - Deadline V ^ LOGAN\tSARAH TRACY LINDA\tDANNY LERMAN GADON LETTS EMOND BURSTEIN INDIGNATION UN FILM DE JAMES SCHAMUS ELEVATION\td'après le roman de philip roth\t_ PICTURES\tCnemsccr MAINTENANT AU CINÉMA f=Sn sodapictures.ca voufflü RemstarFilms ARTS CINÉMA LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 SUICIDE SQUAD Le militaire et son samouraï SONIA SARFATI NEW YORK Joel Kinnaman a observé, de loin, le projet Suicide Squad prendre forme.«Je suivais ça jalousement», a-t-il reconnu lorsque La Presse l'a rencontré à New York.Jalousement, parce qu'il avait furieusement envie d'être de cette partie-là.Mais les acteurs étaient engagés les uns après les autres.La distribution, qui allait être dirigée par David Ayer, prenait forme.Jusqu'à son point final.Devenu points de suspension quand Tom Hardy, qui devait incarner le colonel Rick Flag, a laissé tomber le projet pour se consacrer à The Revenant.« J'ai reçu un coup de fil, David Ayer voulait me rencontrer», résume l'acteur américano-suédois, qui a grandi à Stockholm et que l'on a découvert dans la série The Killing.La rencontre s'est (très) bien passée et, quelque temps plus tard, pendant une pause entre deux saisons de House of Cards (où il incarne le gouverneur Will Conway), il s'est rendu à Toronto pour se joindre à l'escadron suicide.En fait, pour en prendre la tête.Lui, l'homme droit, menant un groupe de supervilains dans des missions suicidaires.L'idée vient d'Amanda Waller (Viola Davis), officière du renseignement américain qui œuvre pour une agence secrète.Elle a recruté Deadshot (Will Smith), Harley Quinn (Margot Robbie), la petite amie du Joker (Jared Leto), El Diablo (Jay Hernandez), Killer Croc (Adewale Akinnuoye-Agbaje), Captain Boomerang (Jai Courtney) et Slipknot (Adam Beach).Ils sont aussi mauvais que dysfonctionnels.Mais, selon Waller, le meilleur peut sortir du pire.surtout quand le pire en question n'a plus rien à perdre.Pour diriger ce groupe de psychopathes, donc, le colonel Rick Flag, dans l'ombre duquel veille sa « protectrice », une jeune samouraï appelée Katana (Karen Fukuhara).« Flag, c'est un type droit comme une flèche », poursuit l'acteur qui a tâté du justicier en revêtant l'armure de RoboCop dans l'excellent remake de José Padilha.«Parmi tous ces personnages flamboyants et complètement fous, dans une comédie, il aurait été le straight man.» Joel Kinnaman ne minimise toutefois pas là l'importance du colonel, au contraire : l'arc dramatique personnel du militaire est entremêlé à celui du film.«D'une certaine manière, il est le personnage principal, puisque tel personnage est un peu comme l'axe autour duquel pivotent les autres.» Autres qui, ici, tonnent, détonnent et cartonnent.Face à eux, The Enchantress (Cara Delevingne), déesse des temps passés qui possède le corps de la bien-aimée de Flag et qui devient la première menace que le Suicide Squad devra affronter.Pour camper le militaire avec conviction, Joel Kinnaman a passé du temps avec « de vrais Rick Flag » et avec un conseiller militaire présent en tout temps sur le plateau.« Comment vous entrez dans une pièce, ce qui se passe dans la tête de quelqu'un dont les décisions, en zone de guerre, ont le pouvoir de vie ou de mort.ce que j'ai appris là me sera utile à tout jamais », croit l'acteur.Nouvelle venue Issue d'une première génération d'immigrants japonais, Karen Fukuhara pourrait faire le même genre de commentaire.Elle qui fait ses débuts au grand écran en incarnant, aussi menue soit-elle, le garde du corps de Joel Kinnaman qui, du haut de son 1,89 m, aurait pu la regarder de haut (au figuré), mais qui lui a plutôt servi de mentor.« En tant que Katana, j'étais là pour le protéger, mais sur le plateau, c'est lui qui était protecteur avec moi.11 sait ce qu'il faut faire, quand et comment», a expliqué à La Presse celle qui, à l'adolescence, a mené des entrevues télévisées pour le Disney Channel.«Pour lui et moi, il n'était pas facile d'être entourés de ces personnages extravertis, forts, colorés.Nous étions les \"soldats\", les terre-à-terre.et il fallait le rester même si la tentation d'en faire plus, et peut-être trop, était grande.Ce n'était pas facile, mais je l'observais et.il est spectaculaire », raconte celle qui a été pressentie pour passer une audition.Sans savoir autre chose que c'était «pour une adaptation de comic book ».Point.On lui a demandé de prouver qu'elle savait jouer, de montrer qu'elle pouvait manier le sabre et de démontrer un certain naturel pour les arts martiaux.Elle a pris la chose au sérieux.Et a prouvé, montré, démontré.Et décroché le rôle.Elle qui rêvait depuis toujours d'être actrice.Heureuse ?Même pas besoin de poser la question.La journée d'entrevues a commencé il y a plusieurs heures.Elle se poursuivra jusqu'en début de soirée.Une autre commencera le lendemain.Et Karen Fukuhara rayonne.Pour camper le militaire avec conviction, Joel Kinnaman a passé du temps avec «de vrais Rick Flag» et avec un conseiller militaire présent en tout temps sur le plateau.W» Y 7.- -vr Si* ;W, jH ; N.V '' PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.De gauche à droite, Jai Courtney (Boomerang), Margot Robbie (Harley Quinn), Will Smith (Deadshot), Karen Fukuhara (Katana), Joel Kinnaman (Rick Flag), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Killer Croc) et Jay Hernandez (El Diablo), dans une scène de Suicide Squad.Les antihéros sont fatigués SUICIDE SQUAD (V.F.: L\u2019ESCADRON SUICIDE) __________________ Film d\u2019action de David Ayer.Avec Will Smith, Margot Robbie, Joel Kinnaman, Viola Davis.2h 10.SONIA SARFATI La différence entre Batman v Superman : Dawn of Justice et Sidcide Squad, c'est que l'on attendait peu du film de Zack Snyder, alors que les attentes pour le long métrage de David Ayer étaient phénoménales.La déception face à ce troisième volet du «DC Comics Extended Universe» qui s'est ouvert avec Man of Steel est d'autant plus grande.Brièvement, Superman étant (officiellement) mort, le monde a besoin d'être protégé et, pour cela, Amanda Waller (Viola Davis, menaçante de sobriété), agente du renseignement américain, décide de former un groupe composé de «super-vilains», de les mettre sous la supervision du colonel Rick Flag (Joel Kinnaman, efficace et convaincant) et de les envoyer au front dans des missions jugées suicidaires.Par exemple, affronter une déesse venue du passé et aux visées cataclysmiques pour l'humanité.Oui, Margot Robbie, comme le laissaient présager les bandes-annonces, est formidable en Harley Quinn.Elle vole la vedette dans chacune des scènes où elle apparaît.et elle apparaît souvent.Contrairement au Joker de Jared Leto, dont la présence est beaucoup moins importante qu'on aurait pu le croire.Et, malgré ses efforts et son talent, l'acteur ne parvient pas à faire oublier les incarnations précédentes du personnage - entre autres celle, plus sombre, tourmentée et inquiétante de Heath Ledger.Quant au ton du film, il se cherche sans se trouver.On imaginait celui de Deadpool poussé plus loin dans le dysfonctionnel ou celui de Guardians of the Galaxy décliné pour les adultes.Mais Suicide Squad, à l'arrivée, n'est jamais vraiment drôle et est bien moins irrévérencieux qu'on ne l'aurait cru.Le facteur fun, spécialité Marvel, n'est pas là.Et l'aspect surréaliste, fantasque, fou et furieux du film n'est tout simplement pas assez solide pour tenir l'ensemble.D'abord, il y a trop de personnages.Tout le monde n'est pas Joss Whedon, qui a si bien jonglé avec les Avengers quand il les a réunis pour la première fois.David Ayer n'a pu en faire autant.Manque d'expérience?11 nous a précédemment donné les intenses, mais intimes Fury et End of Watch - où il avait pu se pencher sur les protagonistes et les creuser.Supervision (!) trop serrée?11 avait, probablement, à regarder par-dessus son épaule, un producteur exécutif appelé.Zack Snyder - lequel, on le sait, s'intéresse plus à la forme qu'au fond, au contenant qu'au contenu.On reconnaît sa patte ici - pour le pire et le meilleur.Le meilleur étant ses scènes d'ouverture.On se souvient de celle de Watchmen, sur The Times They Are a-Changin' de Bob Dylan.De celle de Sucker Punch, sur Sweet Dreams de Eurythmies.Celle de Suicide Squad se déploie sur House of the Rising Sun.A voir ainsi les personnages éclore sous nos yeux, on se prend à rêver que l'on va assister à un grand film.Erreur.On arrive ici à l'histoire.Elle est faible.Vraiment.On sort de ce chaos avec l'impression d'avoir assisté à une interminable scène d'action.Ce qui est le cas.Avec, ici et là, comme un rappel d'humanité.Allez, Will-Smith-en-Deadshot, parle-nous de ton amour pour ta fille! Allez, Jay-Hernandez-en-El-Diablo, pleure ta vie en narrant ton passé ! Ajoutons à cela une menace d'ampleur apocalyptique -tente-t-on de nous faire croire - qui fait plus rire que trembler: The Enchantress, incarnée par Cara Delevingne pour qui il sera difficile de faire pire dans sa carrière.Sauf qu'il y aMargot Robbie.11 y a la scène d'ouverture.11 y a les chansons, véritables hymnes de la culture populaire, qui ponctuent le récit (on oublie par contre la trame sonore pompière de Steven Price).11 y a certains « moments ».Et il y a la scène de mi-générique - qui ravive un peu un intérêt maintenant tiède pour Justice League. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS 13 .ARTS CINÉMA BLOOD FATHER La rédemption de Mel Gibson SU ' 'TV: ' r // 'tlml PHOTO FOURNIE PAR LIONSGATE Tourné au Nouveau-Mexique, à Albuquerque, en dix semaines et demie, Blood Father compte dans sa distribution la jeune actrice Erin Moriarty en plus de Mel Gibson.STÉPHANIE VALLET Mel Gibson a beaucoup fait parler de lui ces dernières années.Très peu pour ses apparitions au grand écran (Edge of Darkness, Kill the Gringo, The Expendables 3), mais surtout pour son arrestation en état d'ébriété, ses propos antisémites et un divorce qui aura phagocyté la moitié de sa fortune.À 60 ans, l'acteur vedette de Mad Max, Lethal Weapon ou encore Ransom n'a pas dit son dernier mot.fl est la tête d'affiche du film d'action américain Blood Father sous la direction de Jean-François Richet, le réalisateur français à qui l'on doit le diptyque sur Mesrine.Ex-motard, ex-alcooli-que, ex-taulard, John Link (Mel Gibson) tente tant bien que mal de se racheter une conduite.Sobre depuis deux ans, il a laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation et gagne sa vie en faisant des tatouages.Sa dernière création : le Don Quichotte de Picasso ! C'est l'appel inattendu de Lydia (Erin Moriarty), sa fille de 16 ans, qui va l'obliger à revoir ses plans et le plonger dans toute une galère.Elle débarque en effet chez lui après des années d'absence, poursuivie par des narcotrafiquants à la suite d'un braquage qui a mal tourné.Un scénario de Peter Craig (adapté de son propre roman), à qui l'on doit aussi The Town de Ben Affleck, qui a beaucoup plu au réalisateur français Jean-François Richet dès la première lecture.« J'ai été contacté par une maison de production américaine qui m'a envoyé le script après avoir vu mes deux films sur Mesrine.J'ai tout de suite été intéressé.Ce n'est pas un film d'action comme les autres, mais davantage un film de personnages qui se révèlent dans l'action, explique le réalisateur.J'ai tout de suite pensé à Mel Gibson en lisant le scénario.» «Je ne moccupe pas des potins» Les frasques du passé de Mel Gibson auraient-elles influencé le choix du cinéaste ?« Je ne m'occupe pas des potins.Je regarde juste ce qui peut marcher artistiquement.Je cherchais un acteur capable d'incarner ce père absent pour sa fille, au passé peu glorieux de motard avec les Hells Angels et qui pense qu'il n'aura jamais de deuxième chance.Jusqu'au jour où il a l'occasion de redonner un sens à sa vie et une impulsion à celle de sa fille.C'est avant tout un film sur le sacrifice», observe Richet, qui a un immense respect pour l'acteur et réalisateur américain.Lors de leur première rencontre, les deux hommes ont discuté pendant cinq heures dans la cuisine de Gibson à propos du scénario de Blood Father.« On a construit le personnage ensemble.Mel Gibson est très modeste par rapport à son travail.11 n'a jamais parlé de mise en scène avec moi.11 m'a fait confiance et j'en suis heureux», confie-t-il.Tourné au Nouveau-Mexique, à Albuquerque, en dix semaines et demie, Blood Father compte également dans sa distribution Erin Moriarty, jeune actrice qu'on a pu voir dans la série de Netflix True Detective.«J'ai auditionné beaucoup de filles, mais Erin correspondait exactement au personnage de Lydia.Elle avait joué la fille de Woody Harrelson dans Tnte Detective et il avait passé le mot dans le milieu qu'elle était vraiment une super comédienne.Alors on n'a pas hésité ! », explique Jean-François Richet.Le réalisateur français planche actuellement sur un long métrage à très gros budget qui relatera l'histoire vraie d'un bagnard qui va devenir chef de la police pendant l'époque de Napoléon 1er en France.Le tournage est prévu pour février 2017 et mettra en vedette son complice Vincent Cassel.Blood Father (Père de sang en version française) prend l\u2019affiche le 12 août.L\u2019ÉTÉ EN SALLE Jurassic World[ un succès monstre À partir des années 70, l\u2019été est devenu la saison la plus lucrative, mais aussi la plus compétitive dans l\u2019industrie du cinéma nord-américain.Nous vous proposons donc l\u2019analyse d\u2019un grand succès qui a marqué l\u2019histoire à sa manière : Jurassic World.JOZEF SIROKA Jurassic World est devenu à l'été 2015 le film le plus lucratif de tous les temps n'ayant pas été réalisé par James Cameron.Le plus récent chapitre de la saga sur les dinosaures lancée par Steven Spielberg en 1993 s'est finalement fait ravir sa troisième place historique par Star Wars: The Force Awakens, qui a pris l'affiche six mois plus tard.Le podium est complété par Titanic et Avatar, le plus grand succès de tous les temps avec près de 2,8 milliards de recettes mondiales.Contrairement au nouveau Star Wars, la performance spectaculaire de Jurassic World était loin d'être garantie.Les firmes de recherche marketing réputées à Hollywood, comme NRG, Screen Engine et Marketcast, annonçaient une récolte maximale de 145 millions pour ses trois premiers jours en salle.Le film de Colin Trevorrow, cinéaste trentenaire à peu près inconnu à l'époque, a fini par battre le record de tous les temps pour un weekend de sortie avec 208,8 millions en Amérique du Nord.Le magazine spécialisé dans l'industrie du cinéma Variety considère que la présence de Chris Pratt au générique serait l'un des principaux facteurs -sinon LE principal facteur - du succès monstre de Jurassic World.On parle carrément d'un nouveau Harrison Ford dans la fleur de l'âge, d'une vedette d'« élite » du calibre de Robert Downey Jr.ou de Jennifer Lawrence, qui convertit en blockbuster presque tout ce qu'elle touche.«Avec ce rôle, Pratt démontre qu'il est un héros affable, anticonformiste et solitaire qui affiche aussi une sensibilité moderne à laquelle les hommes peuvent s'identifier et que les femmes trouvent séduisante, charmante et drôle », a expliqué un spécialiste en marketing en entrevue avec l'Agence France-Presse.L'année précédente, l'acteur aujourd'hui âgé de 37 ans avait participé à une autre superproduction qui ne semblait pas destinée à connaître la gloire: Guardians of the Galaxy.Ce film de superhéros a eu l'audace de cantonner ses deux principales vedettes, Vin Diesel et Bradley Cooper, à des rôles de doublage seulement.Une étonnante situation qui a laissé la voie libre à Pratt, jusque-là uniquement associé à la série télévisée en manque d'audimat Parks and Recreation.Le pari a été payant, comme en témoignent les 773 millions obtenus par Guardians of the Galaxy au box-office mondial.Un résultat remarquable pour un film considéré comme le canard boiteux de l'usine Marvel avant sa sortie.Rappelons enfin que Jurassic World a su tirer profit du nouvel intérêt pour la franchise manifesté par la génération née au lendemain du film original de Spielberg.Une version en 3D de Jurassic Park avait en effet pris l'affiche deux ans plus tôt, engrangeant la somme fort respectable de 45 millions en Amérique du Nord, soit plus de 10% de ses recettes nord-américaines totales.EN CHIFFRES >\tBudget: 150 millions >\tBox-office nord-américain: 652 270 625$ >\tBox-office étranger: 1,02 milliard >\tRecettes totales (mondial): 1,67 milliard Les chiffres sont en devises US et non ajustés en fonction de l\u2019inflation.SUR VOS ÉCRANS EN DVD imcTiUMUM van mm can cura DEMOLITION ME DEMOLITION V.F.: ÉMOLITION) ?b 8 De Jean-Marc Vallée.Avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper.Même si la tonalité est très différente, on retrouve dans Demolition des thèmes que Jean-Marc Vallée a souvent explorés dans son cinéma, particulièrement dans Wild, son film précédent.Cette fois, le protagoniste choisit la manière dure pour se convaincre d\u2019adopter une nouvelle approche de la vie.Il détruit d\u2019abord tout ce qui pourrait le raccrocher à son ancienne existence.Pour ensuite mieux se reconstruire sur des bases plus authentiques.Jake Gyllenhaal module ici parfaitement toutes les facettes d\u2019un personnage fascinant et le réalisateur de C.R.A.Z.Y.offre un film tonique, souvent drôle, sans toutefois évacuer la profondeur du récit.\u2014 Marc-André Lussier iDRAMEl DHEEPAN (V.F.: DHEEPAN) ?De Jacques Audiard.Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby.Jacques Audiard affiche ici sa maîtrise habituelle, mais Dhee-pan n\u2019est pas à ranger parmi les plus grands films du réalisateur d\u2019Un prophète.Cela dit, l\u2019attribution de la Palme d\u2019or à Cannes à cette oeuvre n\u2019a guère été contestée.Parce qu\u2019un film de Jacques Audiard est d\u2019office de qualité supérieure.C\u2019est encore le cas ici.Peut-être est-ce la modestie de l\u2019entreprise qui, d\u2019abord, est surprenante.Le récit est en effet de nature plus intimiste.On y décrit avec finesse et subtilité comment trois réfugiés tentent de se construire une nouvelle vie en France.De façon franche, sans esbroufe, sans dramatisation à outrance non plus, Jacques Audiard propose un portrait saisissant.\u2014 Marc-André Lussier HANKS S A HOLOGRAM FOR THE KING IHraWAlIBMia A HOLOGRAM FOR THE KING (V.F.: UN HOLOGRAMME POUR LE ROI) ?De Tom Tykwer.Avec Tom Hanks, Alexander Black, Sarita Choudhury.Histoire d\u2019un homme ordinaire qui tente de trouver ses repères et de refaire sa vie lors d\u2019un voyage d\u2019affaires en Arabie Saoudite, A Hologram for the King n\u2019aurait pu mieux convenir à l\u2019inoubliable interprète de Forrest Gump.Celui-ci incarne mieux que quiconque le personnage de l\u2019Américain moyen qui fait face à une situation hors de l\u2019ordinaire.Parachuté dans une mégalopole inachevée en plein cœur du désert, sympathisant avec son chauffeur et avec sa médecin qui ne le laisse pas indifférent, il tente de faire sa place dans ce monde culturellement différent.Tom Tykwer n\u2019évite pas certains clichés propres aux traditions culturelles et religieuses, et Tom Hanks livre une prestation convenue.\u2014 Catherine Schlager DRAME LES DEMONS ?b De Philippe Lesage.Avec Edouard Tremblay-Grenier, Pascale Bussières, Laurent Lucas.Le passé de documenta-riste de Philippe Lesage sert admirablement le propos de ce premier film de fiction.L\u2019approche qu\u2019il emprunte pour Les démons est en effet dénuée d\u2019artifices.Et ne cherche qu\u2019à traduire chaque nuance de l\u2019histoire troublante qu\u2019il raconte.Dès la première séquence, il installe un climat un peu décalé.On y voit des enfants qui dépensent de l\u2019énergie dans un gymnase sur une partition laissant deviner un univers plus sombre.Parmi eux, un garçon d\u2019allure fragile.Très rigoureuse, la mise en scène est essentiellement construite de façon à ce que le monde des adultes soit exposé à travers le regard d\u2019un enfant que tout inquiète.\u2014 Marc-André Lussier DÉNIONS 1A ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ARTS CINÉMA Le testament de Dino Tavarone PHOTO FOURNIE PAR ALMA FILMS A la fois fiction et documentaire, Mon ami Dino risque de sortir le spectateur de sa zone de confort, le condamnant à essayer pendant 84 minutes de démêler le vrai du faux.¦ ^ ^ %- MON AMI DINO ?Vi « Documenteur» de Jimmy Larouche.Avec Dino Tavarone, Sasha Migliarese, Michel Côté, Joëlle Morin.1 h24.HUGO MEUNIER Déjà que la bande-annonce avait atteint son objectif, si celui-ci était de donner envie de voir le reste.On y aperçoit un Dino Tavarone en gros plan dans une pièce dépouillée aux murs blancs.Comme pour une audition, il échange avec le réalisateur Jimmy Larouche (Antoine et Marie, La cicatrice), qu'on ne voit pas dans l'image.«Profession?», demande ce dernier.«Comédien», répond, avec son accent d'Italo-Montréa-lais, Tavarone, 72 ans, après avoir remonté ses verres fumés clippés.«J'aimerais ça que tu pleures, Dino; un vrai comédien, c'est censé pleurer en dedans d'une minute », demande alors le réalisateur, d'un ton plus désinvolte qu'impertinent.Silence.Malaise.La caméra scrute le visage agacé du comédien.« Qu'il mange de la marde », tranche finalement le comédien en fixant la lentille de ses yeux de chien piteux, avant de remettre ses verres fumés.On enchaîne ensuite avec le générique sur une musique sicilienne.Le ton est donné.Se situant quelque part entre la fiction et le documentaire, Mon ami Dino risque de sortir le spectateur de sa zone de confort, en plus de le condamner à essayer pendant 84 minutes de démêler le vrai du faux.Car, avouons-le, on ne sait pas grand-chose du principal intéressé, sinon qu'il a laissé son empreinte dans notre paysage télévisuel avec son rôle du mafieux Scarfo dans la série Omertà.Environ deux décennies plus tard, la caméra nous entraîne dans un modeste appartement encombré, où Dino Tavarone vit seul avec son vieux chien Pipingo et se tape de vieux épisodes de sa série culte en mou dans son divan.Trois actes Le film présenté en trois actes ne se gêne pas pour abattre le mur conventionnel entre le réalisateur et ses personnages.Jimmy Larouche intervient régulièrement en voix off, demandant par exemple à la prolifique agente d'artistes Ginette Achim ce que représente la gestion de la carrière de Dino.« Il a de la difficulté à apprendre ses textes.Les gens pensent qu'il est effronté, mais il possède une profondeur, une sagesse et une bonté », louange l'agente, à côté du comédien impassible, qui a été son conjoint dans une ancienne vie.Puis, on entre sans préavis dans le vif du sujet.« Comment tu vis, Ginette, avec sa maladie?», demande le réalisateur à l'agente, sous le choc.« Je ne suis pas malade! Tu veux que je te fasse des steppettes ?», réplique Tavarone, torturé entre le déni et la tristesse.Cette image d'un Tavarone cabotin avec les yeux pleins d'eau illustre parfaitement la dualité de ce film improvisé (apparemment en tout cas) documentant le cancer foudroyant (ou pas) qui ronge le comédien à feu vif.Une sorte de testament, où Tavarone revisite ses souvenirs - comme son séjour en prison au « cégep Leclerc » - et où il tente de trouver la paix.Sa relation dysfonctionnelle avec sa fille Meredith, incarnée par la comédienne Sasha Migliarese (un premier gros rôle très prometteur), génère des scènes fortes.Même chose pour celles tournées avec ses proches, dont les comédiens Michel Côté, Manuel Tadros et Joëlle Morin, qui encaissent tour à tour durement la nouvelle de sa maladie.Le premier ira de révélations entourant la mort de son propre père, un témoignage brut, de ceux qu'on voit rarement à l'écran.Réalisme déconcertant Les lieux montréalais de tournage, figés dans leur ambiance naturelle, ajoutent à la véracité du film, même chose pour la caméra instable et la présence de vrais professionnels de la santé au lieu d'acteurs déguisés.La musique de Manuel Gasse enrobe joliment le tout.On rit à quelques occasions, mais l'expérience est avant tout déconcertante, intense.Même la scène où Joëlle Morin vient récupérer le chien du malade - qui aurait pu être rigolote - s'avère d'une tristesse désarmante.« J'ai pas peur de mourir, j'ai peur de perdre la vie», philosophe Tavarone, avant le troisième acte, qui nous transporte dans un lit d'un centre de soins palliatifs où, entre deux injections de morphine, la réalité et la fiction finiront par faire un face-à-face brutal.À vous d'essayer de voir clair dans cette macabre mise en scène romancée ou non, où seules les émotions semblent 100% authentiques.PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Logan Lerman et Sarah Gadon dans Indignation, un film adapté du roman de Philip Roth où pointent xénophobie et antisémitisme, sans pour autant en constituer l\u2019enjeu principal.PLUS DE 2 500 000 $ AU BOX-OFFICE «MEILLEUR QUE LE PREMIER! DRÔLE, MORDANT, TOUCHANT, C'EST LE FILM DE L'ÉTÉ!» MARIE-ANDRÉE POULIN, TVA NOUVELLES «TRÈS HILARANT! le RÉALISATEUR de IA GRANDE SÉDUCTION FAIT DES MERVEILLES » ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL Paul\tGuillaume\tPatrice\tSophie Isabel Maxime < T Doucet lemay-Thivierge robitaille prégent Richer Lepage Une présentation de newline réalisé par Jean-François pouliot produit par Christian larouche ÉCRIT PAR PIERRE LAMOTHE ET CLAUDE LALONDE Les3PtitsCochons2-LeFilm.com BLOOM FILMS I^ILH\tCanada îfr wPip^naM\t© newline LesFiimsgSB CHHÎSÏflL m PRESENTEMENT AU CINEMA 13 ^ ©YouQEQ LesFilmsChristal Pour les mots de Philip Roth INDIGNATION AAA Drame de James Schamus.Avec Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts.1 h 50.CATHERINE SCHLAGER En attendant la sortie à l'automne d'American Pastoral, l'adaptation cinématographique d'un des plus célèbres romans de Philip Roth sous la houlette d'Ewan McGregor, les fans de l'auteur américain, à la retraite depuis 2012, peuvent se délecter de son oeuvre avec Indignation, film adapté de son 29e roman.Sélectionnée à la Berlinale et à Sundance, cette première réalisation du producteur James Schamus, connu pour son travail avec le cinéaste Ang Lee (Brokeback Mountain, The Ice Storm), plonge le spectateur en 1951, alors que la guerre de Corée fait rage - les jeunes hommes étant réquisitionnés par l'armée pour servir leur pays.Exempté du service militaire obligatoire, Marcus Messner (Logan Lerman, solide) quitte le New Jersey afin d'étudier dans une petite université de Winesburg, en Ohio.Il échappe ainsi à l'emprise de son père, qui aurait aimé voir son fils reprendre la boucherie familiale.Assigné en résidence avec des camarades d'origine juive comme lui, Marcus tente de se dissocier de cette étiquette, ne croyant pas à la fraternité et préférant se concentrer sur ses études.Lorsqu'il fait la connaissance de la séduisante Olivia Hutton (Sarah Gadon, enjôleuse à souhait), jeune fille aux moeurs sexuelles débridées, la rencontre de cette âme sœur chamboulera à jamais son existence.James Schamus, qui adapte ici les mots de Philip Roth, livre un récit où pointent xénophobie et antisé- Indignation se distingue plutôt par le jeu de ses acteurs et par sa fidèle reconstitution d\u2019époque.mitisme, sans pour autant en constituer l'enjeu principal comme dans School Ties (1992) de Robert Mandel, où un jeune homme devait cacher ses origines juives pour faire partie de l'équipe de son collège.Lors d'une scène mémorable, Dean Caudwell (Tracy Letts, imposant), directeur de l'établissement, questionne sans raison Marcus sur ses croyances religieuses, ses origines juives, ses amitiés et sa vie sexuelle.Les deux acteurs livrent d'incroyables performances lors de cette intense joute oratoire.Filmé de façon assez classique, hormis quelques plans-séquences inspirés, Indignation se distingue plutôt par le jeu de ses acteurs et par sa fidèle reconstitution d'époque.Vestons courts, pantalons portés haut, jupes à crinoline, coiffures rétro, voitures à volant surdimensionné, mobilier rétro, tout y est.Les amateurs de Philip Roth y trouveront leur compte, malgré une finale un peu précipitée qui gâche la conclusion du récit.Indignation prend l\u2019affiche en version originale anglaise.|j y Voulût Si metropolefiTms.com « UNE DECLARATION D'AMOUR AU CINÉMA » METRONEWS UNE DÉLICIEUSE ROMANCE » LE FIGARO « UNE CHRONIQUE IRRÉSISTIBLE » LES INR0CKS m «UNECOMÉDIE l RÉJOUISSANTE» L\u2019HUMANITÉ SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES film d'ouverture Société WOODY ALLEN Écrit et réalisé métrqDde amazon PRÉSENTEMENT AU CINÉMA LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 6 AOÛT 2016 ARTS 15 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ARTS CINÉMA METIERS DE L\u2019OMBRE / Maxime Gagnon Gardien discret de I image » jj> ¦ iL Æ , PHOTO FOURNIE PAR FRÉDÉRIC CHAMBERLAND « Une fois qu\u2019on tourne, notre travail principal, c\u2019est de garder le foyer sur le comédien.C\u2019est de l\u2019évaluation de distance.Il faut toujours s\u2019ajuster pour garder la bonne mise au point », explique Maxime Gagnon.Leur contribution au septième art est indispensable et, pourtant la nature de leur métier représente un mystère aux yeux du grand public.Ils sont les travailleurs de l\u2019ombre de l\u2019industrie du cinéma.La Presse vous invite à découvrir des personnalités anonymes qui garnissent les génériques des films québécois et d\u2019ailleurs.JOZEF SIROKA La caméra est le principal outil du cinéaste dans l'imaginaire collectif.Pourtant, rares sont les réalisateurs qui la manipulent.Cette tâche incombe au cadreur.Ce dernier ne peut faire le boulot tout seul, cependant: il doit travailler en tandem avec le «premier assistant opérateur» - ou premier assistant caméra -, métier de l'ombre pourtant fondamental sur un plateau de tournage.Maxime Gagnon pratique la profession depuis bientôt deux décennies.Il a eu la «piqûre» en étudiant la production cinématographique à l'Université Concordia.«J'ai fait un court métrage comme assistant.À ce moment-là, on ne savait pas trop ce que ça représentait.Je n'avais pas de cours assez techniques pour aller jusque-là.Concordia forme des réalisateurs ou des scénaristes.Fallait que tu te démerdes un petit peu plus si tu faisais de la technique.» Le jeune homme n'a pas terminé le programme.« On n'apprend pas à faire du cinéma sur les bancs d'école», croit-il.Journée type Le premier assistant opérateur commence sa journée en assemblant les diverses pièces détachées d'une caméra, choisit les objectifs et les filtres nécessaires pour la scène à venir.« En fin de compte, ç'a l'air d'un sapin de Noël, explique Maxime Gagnon.Une fois qu'on tourne, notre travail principal, c'est de garder le foyer sur le comédien.C'est de l'évaluation de distance.U faut toujours s'ajuster pour garder la bonne mise au point.» En anglais, le métier est couramment surnommé focus puller.La percée professionnelle de Maxime Gagnon est survenue en 1998 sur le plateau d'un curieux long métrage québécois, Winter Lily, destiné au marché japonais.C'est son oncle, le producteur Claude Gagnon, qui lui a donné sa chance, à lui et à «une gang de petits jeunes qui sortaient de l'école ».Le même oncle qui l'a invité, à l'âge de 6 ans, sur son premier plateau de tournage, où il se rappelle avoir été « énormément impressionné » par la caméra et tous les outils qui l'entouraient.Exercer le métier de premier assistant opérateur est idéal pour des gens qui ne sont pas faits pour le travail de bureau.Mais ce désir de liberté amène un stress considérable.Maxime Gagnon se rappelle ses premières années dans le métier, avant qu'il ne fasse sa marque.« A ce moment-là, je faisais beaucoup de pubs, une centaine par année.Je faisais souvent des journées de 23-24 heures.T'es pigiste, donc tu ne veux pas trop en refuser.Avoir à peine le temps de prendre sa douche entre deux plateaux, on l'a tous fait.» Malgré le fait qu'il baigne dans un environnement hautement créatif, Maxime Gagnon considère avec prudence sa contribution artistique réelle.« Que je décide de passer le foyer à l'arrière pour une raison X, Y ou Z, le commun des mortels ne remarque pas ça.U va voir le sang d'un impact de balle, ou d'une explosion, et c'est tout à fait normal.» U reconnaît cependant que son dialogue avec le réalisateur a une influence concrète sur le produit fini.« Moi, un artiste ?Je ne sais pas si j'irais jusque-là, mais j'ai un impact sur le langage cinématographique, ça, c'est sûr.» FILMS NOTABLES >\tContinentalun film sans fusil (2007) de Stéphane Lafleur >\tTout est parfait (2008) d\u2019Yves-Christian Fournier >\tCurling (2010) de Denis Côté >\tUpside Down (2012) de Juan Solanas >\tBad Santa 2 (2016) de Mark Waters Un scénario XXS UNHOMME À LA HAUTEUR ___________________ Comédie romantique de Laurent Tirard.Avec Jean Dujardin, Virginie Efira, Cédric Kahn.1 h38.et les trucages visuels peu impressionnants ne l'aident pas non plus à remplir sa mission.On apprécie tout de même la justesse du jeu de Virginie Efira, seul réconfort de cette comédie romantique ratée.Un homme à la hauteur n'arrive pas à la cheville des films du genre, comme Shallow Hal des frères Farelly, dans lequel Jack Black tombe amoureux d'une Gwyneth Paltrow obèse.Pas l'ombre d'un grand film! PHOTO FOURNIE PAR SCOPE PICTURES Virginie Efira et Jean Dujardin partagent l\u2019affiche d Un homme à la hauteur.STÉPHANIE VALLET Avec Un homme à la hauteur, le réalisateur français Laurent Tirard (Le petit Nicolas) se risque à la comédie romantique.Un exercice périlleux qui, en ce qui le concerne, tombe rapidement à plat.La plus grande faiblesse de ce long métrage est sans aucun doute son scénario, qui se résume à de simples jeux d'échelle autour des 136 cm de son personnage principal, incarné par Jean Dujardin.Diane (Virginie Efira) est une belle femme d'une quarantaine d'années qui, malgré un premier mariage raté, croit encore au prince charmant.Et quand un certain Alexandre (Jean Dujardin) retrouve son téléphone portable et la contacte pour lui donner rendez-vous, elle pense bien l'avoir enfin déniché.Le hic, c'est que ce dernier est un homme de petite taille, un « nain » aux yeux de son entourage.S'amorce alors un festival de moqueries et de préjugés auxquels Diane devra faire face.Drôle, riche et charmant, Alexandre séduit tout de même sa belle.Sans aucune audace, le film ne bouscule en rien les préjugés.Bien au contraire.On assiste à une succession de jeux de mots et de métaphores à propos de la taille d'Alexandre et de la peur de Diane de s'engager dans une telle relation.La véritable audace aurait été de porter à l'écran un acteur de petite taille au lieu de faire appel à Jean Dujardin.L'acteur peine à être crédible en incarnant ce personnage DINO\tMICHEL TAVARONE\tCÔTÉ JOËLLE\tMANUEL\tSASHA MORIN\tTADROS\tMIGLIARESE «Un grand film.À voir absolument ! » -Julie Yacoub, Gravel le Matin - Ici Radio-Canada «Ce film est un petit bijou!» -François Lévesque, Le Devoir « Un véritable tour de force» -Hugo Meunier, La Presse «Tavarone nous rappelle à quel point il est un grand acteur.» -Franco Nuovo, Radio-Canada AMI PIN UN FILM DE JIMMY LAROUCHE rFïlm d'ouverture SOIRÉE DE CLÔTURE | E01E CFàntasm, CinëVue 0d=-
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