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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Arts - Cinéma
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2016-09-24, Collections de BAnQ.

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[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 LÀ PRESSE JOHN WATERS JOUIR DE SES NÉVROSES PAGE 15 COUP DE GUEULE MARC CASSIVI RENCONTRE MARIE-FRANCE BAZZO PAGE 8\t- Louis-José Houde et Michel Côté TOURNAGE: DE PÈRE EN FLIC 2 D\u2019UNE THÉRAPIE À L\u2019AUTRE PAGE 11 UN THÉÂTRE A NOTRE IMAGE ?Alors qu\u2019une nouvelle saison prend son envol, La Presse a analysé l\u2019offre théâtrale automne-hiver sur les principales scènes montréalaises.À l\u2019heure où la question de la diversité (et de la parité) se pose de plus en plus, notre théâtre est-il encore tricoté serré ?UN DOSSIER DE MARIO GIRARD, DE LUC BOULANGER ET DE MARIO CLOUTIERÀ LIRE EN PAGES 2 À6  À A f 1 M w I PHOTO THINKSTOCK espace pour la vie montréal lA ; \u2022 \u2022 .w Montréal JARDTN BOTANIQUE 31 OCTOBRE 2 SEPTEMBRE ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS UN THÉÂTRE À NOTRE IMAGE ?UN THÉÂTRE TRICOTÉ SERRÉ Le théâtre qui fera courir les foules au cours des prochains mois est-il à l\u2019image de la société québécoise moderne et urbaine?C\u2019est la question que La Presse s\u2019est posée en disséquant la saison théâtrale montréalaise 2016-2017.Enquête sur un univers tricoté serré.MARIO GIRARD LUC BOULANGER LJ exercice de décryptage des 130 pièces offertes au public ¦ montréalais en 2016-2017 démontre qu'il existe un net décalage entre ce que l'on voit sur scène et ce qu'est la métropole aujourd'hui.Première observation : alors que 56% des Montréalais sont nés à l'étranger ou ont au moins un parent né à l'étranger, cette diaspora ne figure pas dans les distributions.« En effet, nos salles de théâtre sont très blanches, dit d'emblée le metteur en scène Yves Desgagnés.À Londres, on a réglé ça: dans un Shakespeare, le roi peut être joué par un Noir, son fils par un Blanc et sa fille par une Asiatique.» Un retard à combler Malgré la réalité cosmopolite de Montréal, on hésite à créer une mixité dans les distributions.La directrice générale du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), Lorraine Pintal, reconnaît qu'il y a un « immense » travail à faire de ce côté-là.« 11 ne faut surtout pas cantonner l'artiste issu d'une communauté culturelle dans des rôles stéréotypés », estime Lorraine Pintal.Louise Duceppe, directrice générale du Théâtre Jean-Duceppe, tient à apporter quelques nuances.« En matière de sujets, je crois qu'on retrouve une diversité.Mais en ce qui a trait à la représentativité sur scène, c'est autre chose.» Selon elle, le Québec est en retard par rapport au reste de l'Amérique du Nord à cet égard.Tout en mettant des gants blancs, Roy Surette, directeur artistique du Centaur, l'une des institutions théâtrales anglophones de Montréal, observe que le souci de diversité est plus grand au Canada anglais qu'au Québec.« Dans les théâtres de Toronto, Vancouver ou Stratford, il y a un éveil plus prononcé à cet égard.11 faut être proactifs.11 ne faut pas forcer les choix, mais il faut avoir constamment cela en tête quand on fait des auditions », soutient Roy Surette.Selon Lorraine Pintal, la responsabilité d'une plus grande diversité incombe, entre autres, aux écoles de théâtre.Vérification faite, l'École nationale de théâtre (ENT) observe une hausse du nombre de candidats d'origines diverses depuis quelques années.« Actuellement, dans l'ensemble des cinq programmes de la section française, nous comptons des étudiants d'origine chinoise, serbe, sénégalaise, coréenne, burundaise ou autre », explique Stéphanie Brody, responsable des relations publiques de TENT.Familles de comédiens Lorraine Pintal signale que les metteurs en scène ont aussi leur part de responsabilité.«Beaucoup sont portés à créer autour d'eux une famille de comédiens, ce qui limite l'accès aux rôles à des figures nouvelles et différentes », explique-t-elle.Tout en étant conscient de cette lacune, le metteur en scène Serge Denoncourt précise que cela demeure un défi.« Ce ratio s'observe chez les comédiens eux-mêmes.Quand vient le temps de faire une sélection, on se rend compte que le choix n'est pas immense.» « Le théâtre doit refléter la société.Or, notre société est encore très blanche », dit Serge Denoncourt.Le metteur en scène et directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier, Claude Poissant, est d'accord avec son collègue.«Le bassin de comédiens provenant des communautés culturelles est très restreint, dit-il.Nous sommes devant deux visions: celle qui fait passer le talent d'abord et l'autre qui est communautaire et qui tient à favoriser la diversité à tout prix.» Un protectionnisme?Brigitte Haentjens, directrice artistique du Théâtre français du Centre national des arts et met-teure en scène, croit qu'une plus grande diversification du théâtre doit passer par le public : il faut .\u2022\u2018\"K.-f 0 1- FOCUS: PERFECTION ROBERT MAPPLETHORPE « L'évènement de la rentrée.» - L'actualité « À ne manquer sous aucun prétexte.» - Têtu « D'une beauté formelle exceptionnelle.» - ICI Radio-Canada Première « Sublime.» - ELLE Québec M MUSËE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL À VOIR DÈS MAINTENANT ! Une présentation Mécène de\tde l\u2019exposition Sala h HACHIK TERRA AIR CANADA ® Bell MARTIN DUQUETTE Cette exposition est organisée par le Los Angeles County Museum of Art et le 3.Paul Getty Museum, en collaboration avec la Robert Mapplethorpe Foundation et le Musée des beaux-arts de Montréal.L'exposition et sa tournée internationale bénéficient du soutien de la Terra Foundation for American Art.| Robert Mapplethorpe, Poppy (Coquelicot], 1988.Acquis conjointement par le 3.Paul Getty Trust et le Los Angeles County Museum of Art : don partiel de la Robert Mapplethorpe Foundation ; achat partiel à l'aide de fonds apportés par le 3.Paul Getty Trust et la David Geffen Foundation.© Robert Mapplethorpe Foundation.Used by permission.| Le MBAM remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec pour son appui essentiel, de même que le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.% «% '\u2022aV: CONSEIL et des kwet du Québec MonW»l© DES ARTS DE MONTRÉAL Québec! Patrimoine forth* Art) 16 THÉÂTRE DENI5E-PELLETIER DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT 17 LE TIMIDE A LA COUR 28 SEPTEMBRE AU 22 OCTOBRE 2016 Une histoire d\u2019amour.un peu compliquée BANQUETTE ARRIERE _ DE TIRS0 DE MOLINA MISE EN SCÈNE ALEXANDRE FECTEAU Avec Sophie Cadieux, Kim Despatis, Sébastien Dodge, Mathieu Gosselin, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger La Rue, Anne-Marie Levasseur, Lise Martin, Éric Paulhus et Simon Rousseau COPRODUCTION DU THÉÂTRE DE LA BANQUETTE ARRIÈRE ABONNEZ VOUS BILLETTERIE 514 253-8974 admission Partenaire de saison Hydro UL Québec LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 ARTS 3 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS UN THÉÂTRE À NOTRE IMAGE ?anglophone se fait vieux.«Nous sommes une minorité à Montréal.Nous sommes le trou du bagel », lance avec humour celle dont l'un des mandats est de répondre aux attentes de la communauté juive de Montréal.«J'aimerais que le public francophone vienne voir plus souvent nos spectacles.Je crois que plus on va travailler avec des acteurs francophones, plus on va attirer un public diversifié », dit Lisa Reuben.En réalisant notre compilation, nous avons remarqué que les théâtres anglophones n'affichent pas le nom des comédiens dans leurs brochures de lancement de saison.Une tactique fort différente de celle des théâtres francophones, où les Anne-Marie Cadieux, François Papineau et Maude Guérin sont des « arguments de vente» pour les institutions.« En effet, nous n'avons pas un star-système comme les francophones, dit Roy Surette.Ce système est unique au monde: les comédiens passent du théâtre au cinéma et à la télé avec beaucoup d'aisance.Nous sommes un peu jaloux de ça.» « Le théâtre doit refléter la société.Or, notre société que celui-ci vienne à la rencontre de la culture francophone.« 11 ne suffit pas de parler français pour s'intégrer à la culture québécoise.Dans la Petite Italie, les commerçants parlent français mais sont branchés sur CNN.» « La culture francophone est souvent perçue comme une punition chez les jeunes, une obligation.11 faut rendre à leurs yeux la culture francophone aussi sexy et attirante que la culture nord-américaine», croit Brigitte Haentjens.Yves Desgagnés, pour qui faire du théâtre est un « geste politique », va plus loin.« On vit dans une époque où on ne peut plus aligner les mots \"culture\" et \"Québécois\" sans se faire traiter de raciste », laisse-t-il tomber.Notre décryptage de la saison théâtrale 2016-2017 nous a permis de découvrir que 58% des œuvres présentées sont d'auteurs d'ici et que 86% des productions présentées à Montréal sont faites chez nous (en faisant abstraction des festivals annuels, comme le Festival TransAmériques, et du théâtre jeune public).Cela laisse peu de place aux créateurs ou aux productions provenant de l'étranger.« Les auteurs d'ici parlent au public « Il ne faut surtout pas cantonner l\u2019artiste issu d\u2019une communauté culturelle dans des rôles d'ici.C'est une question de rentabilité », dit Claude Poissant.De son côté, Serge Denoncourt souhaiterait que l'on fasse preuve d'une plus grande ouverture et qu'il y ait davantage d'invitations provenant de l'étranger.« Ça me désole de voir ça.On est protectionnistes, voire xénophobes parfois.» To see or not to see Selon nos calculs, 87% des productions professionnelles présentées à Montréal sont de langue française et 13 %, de langue anglaise.Selon le recensement de 2011, la région du Grand Montréal comptait 54% de francophones, 25 % d'anglophones et 20 % de gens s'exprimant à la maison dans une langue non officielle.Roy Surette, directeur artistique du Centaur, n'est pas surpris des résultats de notre compilation.« Si on ajoute les petites compagnies indépendantes et le Wild Side Festival, l'offre devient intéressante », dit-il en guise d'encouragement.Lisa Reuben, directrice artistique du Centre Segal, s'inquiète surtout du fait que le public du théâtre « Dans les théâtres de Toronto, Vancouver ou Stratford, il y a un éveil plus prononcé à cet égard.Il faut être proactifs.Il ne faut pas forcer les choix, mais il faut avoir constamment cela en tête quand « La culture francophone est souvent perçue comme une punition chez les jeunes, une obligation.Il faut rendre à leurs yeux la culture francophone aussi sexy et attirante que la culture stéréotypés.» \u2014 Lorraine Pintal, directrice générale du TNM on fait des auditions.» \u2014 Roy Surette, directeur artistique du Centaur est encore très blanche.» \u2014 Serge Denoncourt, metteur en scène nord-américaine.» \u2014 Brigitte Haentjens, metteure en scène PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE\tPHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE SI LA SAISON ÉTAIT UNE PIÈCE.Les amateurs de théâtre pourront choisir parmi 134 productions professionnelles cette année à Montréal.Mais de quoi est constituée cette saison?La Presse a analysé l\u2019ensemble des spectacles à l\u2019affiche en 2016-2017 afin de tracer le profil de la pièce type.\t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t \t\t\t Méthodologie Pour obtenir ces données, nous avons dressé la liste des productions professionnelles offertes au public par les différents théâtres ou compagnies de septembre 2016 à juin 2017.À partir d\u2019une liste de 134 productions, nous avons créé diverses catégories.Nous n\u2019avons pas retenu le théâtre jeunesse ni les pièces programmées dans des festivals.\u2014 Luc Boulanger et Mario Girard 2 A A RT S LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS UN THÉÂTRE À NOTRE IMAGE ?Le plafond de verre Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s\u2019inscrire au Centre des auteurs dramatiques (CEAD).Cette année, elles représentent les deux tiers des nouveaux membres.Et pourtant, cette saison, à peine 20% des pièces professionnelles produites à Montréal sont signées par des femmes.«C\u2019est comme s\u2019il y avait un plafond de verre empêchant leurs œuvres d\u2019être créées dans les institutions», avance Sara Dion, conseillère dramaturgique au CEAD.Le point de vue de quatre femmes de théâtre.\u2014 Luc Boulanger PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du TNM PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE Brigitte Haentjens, metteure en scène et fondatrice de Sibyllines PHOTO FOURNIE PAR LARTISTE Annick Lefebvre, auteure des pièces J\u2019accuse et Ce samedi il pleuvait PHOTO FOURNIE PAR LE TNM Catherine Vidal, metteure en scène (Le grand cahier) ' r \" ' UT LORRAINE PINTAL Directrice générale et artistique du TNM « Il est certain que les œuvres d'un bon nombre d'auteures de talent demeurent sur les tablettes.Je dois faire en partie mon mea culpa, car la mission du TNM vise en partie les classiques.Or, je défie quiconque de trouver des pièces du grand répertoire écrites par des femmes.Toutefois, en création, il n'y a pas de raison valable que nos scènes ne présentent pas plus de pièces écrites par des femmes.La relève à ce sujet-là est affamée et je la comprends.De plus, en ce qui a trait aux grandes distributions, c'est une lutte de tous les instants pour que le nombre de comédiennes soit égal à celui des acteurs.Là aussi, les classiques offrent souvent la belle part du gâteau aux acteurs; Shakespeare n'a pas inventé l'équité hommes-femmes.» ANNICK LEFEBVRE Auteure des pièces J'accuse et Ce samedi il pleuvait « Je ne suis pas étonnée par cet écart.Confrontée, certes, mais pas étonnée.Comme si l'histoire, sempiternel-lement, se répétait, et qu'à force de la voir se répéter, on avait fini par accepter cet écart; par transformer une situation anormale, révoltante, en situation normale et anodine.Et j'essaie, comme plusieurs de mes collègues féminines, d'en identifier les causes.À cet effet, un metteur en scène et directeur de théâtre m'a confié qu'en général, les écritures féminines étaient plus difficiles à lire que les écritures masculines.Les écritures féminines exigeraient qu'on s'attarde plus longuement à les décortiquer avant de décider de les porter à la scène.[.] «N'empêche que les écritures féminines ont été davantage représentées que leur pendant masculin au dernier Festival du Jamais Lu et à Dramaturgies en dialogue.Notre époque pourrait être celle qui renversera la vapeur.Ceci dit, ce qui m'effraie dans tous ces efforts de \"parité à tout prix\", c'est que nous les fassions possiblement \"pour nous donner bonne conscience\" et non par conviction qu'il y a des câlisses de bons textes féminins ! » BRIGITTE HAENTJENS Metteure en scène et fondatrice de Sibyllines «J'ai toujours eu la préoccupation de soutenir le travail des femmes au théâtre [Sylvia Plath, Marguerite Duras, Sarah Kane, Louise Dupréj.Je ne le fais pas par militantisme.Pour moi, c'est tout naturel de monter leurs textes.Malheureusement, bien qu'il y ait eu des avancées, le sexisme est partout, même chez les femmes qui ont du pouvoir.Pour ce qui est de la mise en scène (au théâtre, comme au cinéma ou à la télé), il n'existe pas assez de modèles féminins.Et les femmes se sentent obligées d'imiter l'autorité masculine si elles veulent diriger une production.Contrairement aux hommes qui ont souvent leur cour, les femmes metteures en scène sont très solitaires.» CATHERINE VIDAL Metteure en scène (Le grand cahier), elle dirigera l\u2019adaptation de L'idiot de Dostoïevski au TNM en 2017 « Il faut poser des actes volontaristes.Faire de la parité un outil qui ouvrirait le chemin à l'égalité.Sinon, rien ne changera ou ça ne fera que fluctuer selon les saisons.Si le théâtre est un lieu d'éveil des consciences, il se doit d'être représenté de façon égalitaire.J'ose espérer que nous n'en sommes plus à ghettoïser la création faite par les femmes, à douter de l'universalité de la parole des auteures féminines.[.] «Il ne faudrait plus que ce soit possible, par exemple, que la programmation d'un théâtre soit composée à 90% d'auteurs masculins.Je pointe du côté de la direction des théâtres, mais je me mets aussi dans la ligne de mire : même si dans toutes les pièces que je monte, je veille à ce qu'il y ait des personnages forts de femmes, ma moyenne au bâton d'auteures féminines n'est pas reluisante.Mais je ferai un effort plus grand pour les propositions que je ferai.Je m'y engage.» QUELQUES CHIFFRES 35% Proportion des textes reçus au Centre des auteurs dramatiques (CEAD) en 2015 qui étaient signés par des auteures 60% Proportion des textes reçus au CEAD en 2016 (jusqu à maintenant) qui étaient signés par des auteures «A noter qu\u2019il n\u2019y a pas de discrimination positive faite à cet égard, ni pour le comité des nouveaux membres ni pour les programmations dans l\u2019année.Seule la qualité des textes est évaluée.» \u2014 Sara Dion, conseillère dramaturgique au CEAD 50% A I initiative de (International Centre for Women Playwrights, les prix Applause Awards ont été lancés en 2012 à Buffalo.L\u2019objectif est d\u2019applaudir les compagnies dont la saison est constituée de la moitié ou plus de pièces écrites par des femmes.L\u2019an dernier, un nombre record de compagnies ont été récompensées, soit 107 théâtres dans 10 pays.Créer ou rejouer le répertoire?PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Yves Desgagnés, homme de théâtre qui a signé de nombreuses mises en scène pour le TNM et Duceppe.MARIO GIRARD ET LUC BOULANGER Sur l'ensemble des pièces proposées cette saison au public montréalais, on trouve autant de créations que d'œuvres de répertoire.Au premier regard, cet équilibre est une bonne chose.Mais en posant un regard plus attentif, on se rend compte que les créations ont lieu dans de petites salles.Cette situation met hors de lui Yves Desgagnés, homme de théâtre qui a signé de nombreuses productions du Théâtre du Nouveau Monde et de Duceppe, notamment.« On présente ces pièces à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d'Aujourd'hui, qui contient 60 places.On donne une vingtaine de représentations et c'est fini.Il y a un manque de leadership de la part des grands théâtres », dit Yves Desgagnés.« Ici, au Québec, on se targue de faire du répertoire.Mais ce sont des pièces qui n\u2019ont rien à voir avec notre culture.» \u2014 Yves Desgagnés Serge Denoncourt n'est pas de cet avis: «J'observe le même phénomène à Paris et à New York.Je ne suis pas sûr que c'est un service à rendre à un auteur de créer sa pièce dans une grande salle.» « Une partie de la réponse se trouve dans la capacité pour un théâtre à prendre un risque ou pas, dit Marcelle Dubois, directrice générale et artistique du Théâtre Aux Écuries.Moi, je n'ai pas le sentiment de prendre un risque : la création fait partie de notre mandat.» Il est vrai que certains théâtres de Montréal ont le mandat de créer de nouveaux textes.Mais en ce qui a trait aux institutions, évitez d'utiliser l'expression « part de risque » devant Yves Desgagnés.« Ce concept est mathématiquement faux, lance-t-il.Les plus grands succès chez Duceppe ont été des créations québécoises.Quand les directeurs des grands théâtres me disent qu'il y a une part de risque dans un projet de création d'une pièce québécoise, j'ai envie de leur dire de manger d'ia m.» Yves Desgagnés n'a rien contre la présentation du répertoire, bien au contraire.Mais il souhaiterait voir plus souvent des œuvres d'auteurs québécois.« Ici, au Québec, on se targue de faire du répertoire.Mais ce sont des pièces qui n'ont rien à voir avec notre culture.Je pourrais vous nommer des centaines de pièces québécoises qui pourraient être remontées.» Et si nous faisions le choix de ne pas scolariser nos enfants ?y PRESENTEMENT AU CINEMA HEaftiESi rQUXffnERLgnNl i m* 'Y- * CLARA BELLAR www.etreetdevenir.com LatelierDistribution.com LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 ARTS 5 IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ARTS UN THÉÂTRE À NOTRE IMAGE?De la parole aux actes NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE «J\u2019aurais aimé que le théâtre québécois, cet art de la prise de parole, qui est par définition un art progressiste, soit plus ouvert et inclusif que la télévision.Mais ce sera pour une prochaine fois : les visages sur les scènes à Montréal sont en majorité blancs», déplore notre chroniqueuse.Tout le monde est pour la diversité comme tout le monde est pour la vertu.Mais qui est prêt à passer de la parole aux actes?Qui a envie de ne pas se contenter d'entonner joyeusement le mot «diversité» sans ressentir le besoin ou la nécessité de l'appliquer concrètement?Qui pense que le dire suffit?Si je me fie aux analyses de mes camarades aux Arts, qui ont sondé le milieu de la télé comme celui du théâtre montréalais, la diversité est une belle idée, voire un grand idéal qui, au contact de l'air ambiant, explose comme une bulle de savon.Dans les séries dramatiques québécoises, les visages continuent d'être majoritairement blancs, les acteurs issus de la diversité représentant à peine 5 % des distributions.En passant, ce pourcentage, calculé par La Presse il y a deux ans, est le même deux ans plus tard.Ce qui a changé, du moins à la télé publique, c'est qu'on a créé un poste officiel avec un nom impressionnant: directeur responsable de la représentation de la diversité culturelle à la télévision de Radio-Canada.Ce poste remplace celui de la chef de la diversité à l'antenne, qui n'avait pas exactement le même mandat, mais peu importe.En nommant un directeur responsable de la diversité, on signale au bon peuple qu'on prend la diversité au sérieux, que la diversité, on s'en occupe.La preuve: on a mis un homme là-dessus.Sans présumer du travail de Luc Simard, qui vient à peine d'être nommé à ce poste, j'espère qu'il fera mieux que, disons, Francine Charbonneau, la ministre responsable de la Lutte contre l'intimidation, nommée en 2014 par un premier ministre qui jurait que la lutte contre l'intimidation serait la priorité de son gouvernement.Cette semaine, à la première du film 1:54 de Yan England, présenté en grande pompe au Festival du cinéma de la ville de Québec en présence du premier ministre lui-même, la ministre Charbonneau a répété à quel point la lutte contre l'intimidation était capitale et à quel point le film de Yan England était important.Elle a seulement oublié de mentionner que son gouvernement, pour qui la lutte contre l'intimidation était siiii prioritaire, a refusé, par l'entremise de sa société d'État, la SODEC, de financer le film - et trois fois plutôt qu'une.Pourquoi passer aux actes, quand en parler suffit?Au dernier recensement (qui date de 2011), la population blanche du Québec représentait 87,2 % de la population et la totalité des minorités culturelles, noirs, arabes, latinos et autochtones confondus, 11 %.C'est donc dire que le Québec demeure une société majoritairement blanche.Pour que la télé québécoise soit le reflet fidèle de sa société, il suffirait au fond de peu - 6 % de plus - pour que les visages de la diversité occupent la place qui leur revient à l'écran.On pourrait ajouter une demi-douzaine d'acteurs de la diversité à L'Auberge du chien noir, une émission qui fait grimper à elle seule les pourcentages de la diversité, et le tour serait joué.Sauf que même en atteignant ce chiffre, le problème ne serait pas réglé pour autant.Encore faut-il qu'au-delà des visages, la diversité s'exprime à travers des auteurs, des réalisateurs, des réalisatrices, des producteurs et surtout des histoires différentes.Or, pour l'instant, à ce chapitre, la télé québécoise est en retard sur la plupart des sociétés anglo-saxonnes, qu'elles soient britannique, américaine ou canadienne.J'aurais aimé que le théâtre québécois, cet art de la prise de parole, qui est par définition un art progressiste, soit plus ouvert et inclusif que la télévision.Mais ce sera pour une prochaine fois: les visages sur les scènes à Montréal sont en majorité blancs - à l'image des visages dans la salle, nous disent les directeurs de théâtre.C'est vrai.Mais à ce compte-là, si la scène doit être le reflet de la salle, alors les textes et les mises en scène devraient être signés à 80% par des femmes, car ce sont les femmes qui remplissent les théâtres.Mais subitement, l'équation ne tient plus.Dans les théâtres de Montréal, 65 % des textes et 60% des mises en scène sont signés par des hommes.Comme disent les Chinois, les vieilles habitudes meurent lentement.Ceux qui prêchent pour une meilleure ou une plus grande diversité sur les scènes de Montréal, une ville où le pourcentage de minorités culturelles grimpe à 20%, ne demandent pourtant pas la mer à boire.Ils ne demandent même pas l'égalité.Simplement que ce qui se passe sur scène ne soit pas la totale négation de la réalité de la rue.Rome ne s'est pas bâtie en un jour, c'est vrai.Sans doute que d'ici une décennie, les visages de la télévision et du théâtre auront passablement changé et seront plus ouverts à la diversité des couleurs et des accents, plus ouverts à l'Autre, en somme.En attendant, la diversité va devoir patienter et espérer que la bulle de savon de son idéal devienne un jour un beau gros ballon s'élevant dans un ciel sans limites.La diversité est une belle idée, voire un grand idéal qui, au contact de l\u2019air ambiant, explose comme une bulle de savon.Ordre du Canada Marie-Nicole Lemieux, Diane Dufresne et Guy Latraverse honorés Les chanteuses Diane Dufresne et Marie-Nicole Lemieux et le producteur de spectacles Guy Latraverse ont été investis de l\u2019Ordre du Canada, hier à Ottawa.Ils faisaient partie des 46 personnalités à qui le gouverneur général David Johnston a remis des insignes lors d\u2019une cérémonie à Rideau Hall.Le romancier et traducteur littéraire Daniel Poliquin, le descripteur de hockey Bob Cole et la fondatrice d\u2019indigo, Heather Reisman, faisaient aussi partie des personnes à qui l\u2019on a décerné l\u2019Ordre du Canada.Dans le monde des affaires, l\u2019administratrice Sophie Brochu, l\u2019entrepreneur Placide Poulin, l\u2019industriel Bernard Bélanger et le dirigeant d\u2019entreprise Pierre H.Lessard ont notamment été honorés.\u2014 La Presse canadienne LE VIOLON DU RO / LACHAPELLE DE QUÉBEC 2016/2017 ANTHONY MARWOOD CHEF ET VIOLONISTE 1er OCTOBRE MAISON SYMPHONIQUE, 19 H 30 Anthony Marwood fusionne les époques en un concert hors du commun autour de la 5e Symphonie de Beethoven Avec la participation de STEVEN MACKEY à la guitare électrique dans Four Iconoclastic Episodes ABONNEZ-VOUS JUSQU\u2019À 35 % DE RÉDUCTION ! placedesarts.com LA PRESSE f 514 842 2112 / 1 866 842 2112 VIOLONSDUROY.COM SAISOX16/17 Une présentation Groupe financier M J1 K avec EMMANUEL SCHWARTZ, BENOIT BRIERE, ANNE-MARIE CADEIUX - carl béchard.violette CHAUVEAU, NICOLAS DIONNE-SIMARD, ANNIE ÉTHIER, MAXIME GENOIS, RACHEL GRATON, DENIS LAVALOU, BRUNO MARCIL, MONIQUE MILLER, JÉRÔME MINIÈRE COLLABORATION ARTISTIQUE STÉPHANIE JASMIN PRODUCTION TNM EN COLLABORATION AVEC UBU, COMPAGNIE DE CRÉATION i i On avait perdu la trace d'Annette Peacock, évanescente septuagénaire qui fut jadis la jeune épouse du contrebassiste Gary Peacock, la compagne et proche collaboratrice du pianiste Paul Bley, l'objet de moult convoitises et conjectures esthétiques.En un demi-siècle, cette indomptable créature affirme n'avoir donné qu'une vingtaine de concerts ! En musique improvisée, elle fut une pionnière du chant accompagné par les synthétiseurs, elle fut tour à tour associée à différentes avant-gardes, du free jazz au rock progressif, en passant par le jazz-fusion, la musique contemporaine, l'électro ou le drone.Qui plus est, cette iconoclaste a exercé une fascination auprès d'artistes visionnaires issus de tous les horizons : sa musique a été reprise, évoquée, jouée, citée ou échantillonnée par autant de pointures comme David Bowie, Mick Ronson, Brian Eno, Bill Bruford, Coldcut, Nels Cline, Ghostface Killah ou Sunn O))).Sa réclusion de la vie publique a certes alimenté son mythe, bien qu'elle nous permette aujourd'hui de croire à ses apparitions ( !), dont une première à Pop Montréal.Seule au piano et aux claviers, elle compte piger dans sa discographie entière: « C'est plutôt facile de faire des choix intéressants, séduisants, variés, car mes albums sont très différents les uns des autres.Je fais tout en direct, quelques boucles s'ajoutent pour contribuer à la diversité de la proposition », explique la musicienne, jointe là où elle vit, en périphérie de Woodstock dans l'État de New York.Aussi relatif soit-il, ce retour à la scène est ainsi motivé : « J'ai observé que les auditoires ont beaucoup aimé les concerts que j'ai donnés au cours des dernières années.Et je n'ai plus 40 ans devant moi à attendre le moment propice pour rendre mon art public ! », lance-t-elle en laissant échapper un rire communicatif.Confiance durement acquise Les augures seraient donc favorables à la chanteuse, pianiste, claviériste, compositrice, parolière, improvisatrice.L'épreuve du temps aurait été remportée, se réjouit-elle, l'étrangeté de son art serait finalement devenue un atout : « Je m'estime chanceuse, car mes chansons et ma musique ne sont pas représentatives d'une époque précise.Mais, pour moi, ça a toujours été ardu d'innover.11 m'a fallu prendre les bonnes décisions artistiques, trouver des solutions que je croyais justes et honnêtes, mais dont je n'étais pas certaine de la validité.C'est si rassurant de voir que les gens apprécient une œuvre 20, 30 ou 40 ans après sa conception.Mais jusqu'à ce que cela se produise, il n'est pas simple de toujours avoir confiance en ses moyens.» Voilà le lot de tous les créateurs évoluant dans la marge et dont l'impact tarde à se produire.Forcément isolés, ils sont habités par le doute.Heureusement pour Annette Peacock, sa cooli-tude serait en hausse: au cours des trois dernières années, elle s'est produite à New York et aux Pays-Bas, sans compter des concerts donnés à Londres à guichets fermés.« Les auditoires ont été démonstratifs et attentifs, ça s'est très bien passé ! Ça m'a donné confiance.J'ai l'impression qu'il est désormais moins ardu d'écouter et d'apprécier mon travail.Je me suis préparée toute ma vie à être dans un business au sein duquel je ne me suis jamais vraiment retrouvée ! », ricane notre interviewée.Une existence simple Si Annette Peacock a vécu dans l'incertitude de son propre impact, elle a maintenu le cap dans l'isolement.Ce qu'elle semble avoir fini par apprécier.«Je ne suis pas carriériste, je n'ai pas cette ambition, et je n'ai pas les besoins matériels de la personne moyenne.Mon hypothèque me coûte 400$ par mois, je conduis une vieille voiture, je me nourris d'aliments bios.Je ne voyage pas, je n'ai pas ce qu'on appelle une vie sociale, je me maintiens en santé, je fais de l'exercice, je marche beaucoup en forêt.Cette existence très simple me permet de me consacrer exclusivement à ma musique.Chaque matin, je me lève avec le sentiment de décider librement ce que je veux faire de ma vie.» À la Fédération ukrainienne demain, 21 h.Rencontre publique aujourd\u2019hui, 13 h, aux Quartiers Pop.Montréal^ \u20141 TourisMe/ RECF MomreaL ^\t/hehuziii 'ALQ Quel est le FIL qui relie Anne HÉBERT, Réjean DUCHARME, Anaïs BARBEAU-LAVALETTE, Jack KEROUAC, Patrice DESBIENS, Gilles ARCHAMBAULT, Queen KA, Hélène DORION et Patti SMITH?À découvrir du 23 septembre au 2 octobre, dans près de 20 lieux montréalais! Québec S S Canada Ê, festival-fil.qc.ca LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 ARTS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA DE PÈRE EN FLIC 2 D une thérapie à l\u2019autre Le tournage de la suite de la superproduction québécoise De père en flic, dont la sortie est prévue quelque part en 2017, tire à sa fin.En plus des personnages principaux Louis-José Houde et Michel Côté, plusieurs personnages secondaires de prestige se greffent à la comédie, qui nous entraînera cette fois dans l\u2019univers des thérapies de couple.La Presse a visité mercredi le site des anciens ateliers du CN dans un secteur industriel de Pointe-Saint-Charles, où quelques scènes sont tournées.HUGO MEUNIER Louis-José Houde et Michel Côté en pleine discussion durant le tournage de la suite du succès De père en flic.Des bourrasques de poussière s'élèvent sur le terrain vague, où sont éparpillés des monticules de gravier.Une voiture accidentée repose sur le sol, à l'envers, devant une pépine.Trois voitures de patrouille du Service métropolitain sont garées autour, entourées de quelques policiers et d'une douzaine d'ouvriers de la construction vêtus de leurs dossards orange.Au milieu de ce décor très contemporain, le commandant Jacques Laroche (Michel Côté) et son fils Marc (Louis-José Houde) s'engueulent après une arrestation, sous les yeux de leurs collègues impassibles Alice (Karine Vanasse) et Kev (Philippe- Audrey Larrue-St-Jacques).« Vous autres, là, depuis qu'il y a des téléphones cellulaires partout qui vous filment, vous chiez dans vos culottes.Quand bien même qu'il y aurait deux, trois altermondialistes végétariens qui vont cliquer \"chou\" sur Facebook, on peut-tu s'en crisser pis faire notre job ! », peste le père.« Cliquer \"chou\" sur Facebook?Mesdames et messieurs, le lieutenant jambon du bridage des tarlas ! », réplique du tac au tac le fils en colère.À première vue, rien n'a vraiment changé.La relation entre le père et le fils demeure tendue et les coups de gueule à saveur intergénérationnelle - qui ont fait le charme du premier film -ponctuent le proverbial char de bêtises.«T'as besoin de te sentir vivant?T'as besoin d'un hobby?Ben si c'est ça, tu peux faire de l'aquaforme ou de la pétanque ! », enchaîne Marc, après avoir comparé son père au bassiste de Simple Plan, à cause de son avant-bras tatoué, de ses cheveux teints et de son chandail noir serré.«Ton ton fait tellement 2009, on est plus là, on est ailleurs ! », sermonnera le paternel, qui semble s'être offert un coup de jeunesse à l'aube de la retraite.Mais le commandant Laroche a bien raison: des océans ont coulé sous les ponts depuis 2009, date de sortie du premier film.Les choses auraient d'ailleurs pu en rester là.Après tout, le premier film, un succès commercial, finissait en beauté.Pour sauver un confrère et obtenir les aveux de l'avocat d'un bonze du crime organisé, Marc et Jacques s'étaient enrôlés dans une thérapie père-fils.Au générique, Marc était devenu un homme et son père était enfin fier de lui.Emile Gaudreault, perfectionniste Le réalisateur Émile Gaudreault le confesse lui-même: jamais il n'avait envisagé une suite.Enfin, jusqu'au jour où.« Je faisais du jogging en cherchant une idée de film.C'est là que j'ai pensé aux thérapies de couple.J'ai écrit cinq pages là-dessus que j'ai envoyées à Michel et Louis-José.On est allés manger ensuite», raconte le réalisateur, qui admet avoir pris de l'expérience depuis le film original, notamment en réalisant les comédies Le sens de l'humour et Le vrai du faux.«Je deviens plus maniaque à tous les niveaux.Au-delà de la confiance, une conscience s'installe.Je ne tiens rien pour acquis, mais je travaille chaque scène le mieux possible », explique le réalisateur.Facile de le croire en le voyant reprendre à répétition - et de tous les angles possibles - la scène de la virile prise de bec entre Marc et Jacques.Des heures de tournage pour environ une minute du film.« C'est ça, le drame de la comédie, ça nécessite beaucoup de travail pour trouver le bon rythme », admet Gaudreault.En tout cas, personne ici ne semble lui reprocher son perfectionnisme, à commencer par le monumental Michel Côté.« Dans le premier, on avait tourné la scène de la bataille dans la boue pendant une journée et demie pour donner deux minutes.11 [Gaudreault] a toujours travaillé de cette façon-là et il s'améliore à chaque film», louange le comédien, qui a reçu la visite de son petit-fils Théo et de sa femme Véronique Le Flaguais.«Tiens ça pour papi, mais ne vise personne avec!», lance-t-il au garçonnet, en lui tendant son revolver factice.Conscient que la comédie fait rarement l'unanimité au cinéma, Michel Côté dit prendre son rôle à cœur, avec tout le professionnalisme qu'on lui connaît.«Les gens nous considèrent seulement sur la dernière chose qu'on a faite.Je recommence ma carrière chaque fois.» Comme les acteurs principaux ont des horaires de ministres, il aura fallu attendre deux ans avant d'enclencher ce tournage estival, amorcé en juillet.«J'avais des réserves [à l'idée d'une suite] jusqu'à la lecture du scénario.Les personnages secondaires sont très qualifiés.Si on était au hockey, on dirait que l'équipe a beaucoup de profondeur », illustre Louis-José Houde, en employant une bonne vieille analogie sportive.Un beau casse-tête logistique pour la production, qui doit gérer, en plus des figurants et des acteurs principaux, les agendas de Julie Le Breton, Mariana Mazza, Sonia Vachon, Diane Lavallée, Martin Dubreuil, Mehdi Bousaidan, Hélène Bourgeois Leclerc, Yves Jacques et plusieurs autres.Karine Vanasse, enthousiaste Parmi cette talentueuse brochette, Karine Vanasse ne cachait pas son enthousiasme à l'idée de tourner sa première comédie et de retrouver Michel Côté sur un plateau, 12 ans après Ma fille, mon ange.« Le premier [De père en flic] était très drôle et efficace.On voyait tout de suite le doigté d'Émile Gaudreault et une sorte de rythme à l'américaine », constate Vanasse, qui incarne la copine de Marc, dont le couple chancelant a - heureux hasard - besoin d'une thérapie de couple.Entre les répétitions, des assistants tiennent des parapluies au-dessus de la tête des comédiens, pour les protéger du soleil de plomb et préserver leur maquillage.Les vents forts claquent contre la paroi des parapluies, sans oublier les nuages de poussière qui obligent tout le monde à ponctuellement se protéger le visage.Des conditions de tournage difficiles pour l'équipe de production, dans laquelle les femmes sont bien représentées, notamment grâce au travail de la directrice photo Geneviève Perron.Malgré tout, l'ambiance reste bon enfant sur le plateau.Trop, parfois, ce qui force le réalisateur à rappeler ses troupes à l'ordre.« Concentrez-vous, les gars, il vient d'y avoir une grosse poursuite ! » La prise reprend aussitôt.Puis une autre.Et une autre.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE UN MANQUE DE CRÉATIVITÉ?De père en flic, Bon Cop, Bad Cop, Nitro, Les 5p\u2019tits cochons : le festival de suites annoncées ou qui prennent l\u2019affiche ces temps-ci traduit-il un manque de créativité?Louis-José Houde pointe plutôt le hasard, expliquant que les suites sont assez rares au cinéma québécois, mais qu elles débarquent sur nos écrans toutes en même temps.Selon Karine Vanasse, la pertinence d\u2019une suite dépend de chaque projet.Dans le film en chantier, elle n\u2019apparaît pas forcée et s\u2019impose par sa pertinence, croit-elle.Même son de cloche chez Emile Gaudreault, qui est d\u2019avis que chaque film doit se défendre lui-même et nécessite tellement de travail qu\u2019on finit par oublier qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une suite.Seul Michel Côté s\u2019autorise une note discordante, en précisant ne pas critiquer qui que ce soit.« Est-ce qu\u2019on manque de scénaristes pour écrire ce genre de film-là?Je pose la question», s\u2019interroge le comédien, qui ajoute que les critiques acerbes dirigées contre ce type de cinéma peuvent peut-être expliquer pourquoi les scénaristes, sur leurs gardes, optent pour une recette déjà éprouvée.« Les gens nous considèrent seulement sur la dernière chose qu\u2019on a faite.Je recommence ma carrière chaque fois.» \u2014 Michel Côté ¦».inp_array.length; a*-*-J 1 igth;a >, b[b.length - 1], tfb.lei sort(dynaaicSont(\"ü: c - l, d (var c et ion (c(ai : >(c, d) update_slider( ) ;\tfunc*:Icr(liiiti1 d parselrrt ( (\"¦! in» it \u2022/al\") .¦()] word:c- a.l®ngth;e+t t*r b unique) LenfltlV a,length;c++) { fudCtLÎ mgth eplJCoC/i array b.: \u2022h;a++) { p.length i].use_cless us* ' (dynainic5ort(\"u^-.-_cla \" ) ) j indexOf keyword(a, void e); ¦a; } function r*plact tput_*u*i \u2019= )/B, \u201cn); inp_»rray inp_array.l*ngth;a 1 ise^class:\t), bfb.leinh s.length; a.sor+J^nai \u2022ay(info length; .words ENTRACT JOSEPH G0RDÜN-LEVITT SHAILENE WOODLEY Snowden MAINTENANT AU CINÉMA « SEXY, CONTROVERSE, VISUELLEMENT INTÉRESSANT.LE MEILLEUR FILM D\u2019OLIVER STONE DEPUIS JFK.» - New York Daily News «LE THRILLER POLITIQUE LE PLUS IMPORTANT ET ÉLECTRISANT DEPUIS DES ANNÉES» - Variety ED# Il rmiH EntractFilms 12 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA Différent, mais totalement Dolan PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Le récit de Juste la fin du monde est construit de telle sorte qu\u2019aux séquences collectives, dans lesquelles figurent les cinq personnages du film, s\u2019ajoutent des scènes où chacun des proches se retrouve seul avec l\u2019un d\u2019eux, Louis.\"T,'' V # -, ¦O» - r.il mm JUSTE LA FIN DUMONDE ?Vi Drame de Xavier Dolan.Avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel.1 h 37 MARC-ANDRÉ LUSSIER Se prononcer sur un film de Xavier Dolan au Québec, c'est presque s'avancer en terrain miné.Le personnage ne laisse personne indifférent.Et ses films ne tolèrent aucune nuance de beige.Même si Juste la fin du monde est une adaptation très fidèle d'une pièce de Jean-Luc Lagarce, ce sixième long métrage en titre pour l'enfant chéri du Festival de Cannes reste foncièrement, complètement, totalement un film signé Dolan.Cela dit, ce nouvel opus, plus sombre, n'appelle pas le genre d'émotion viscérale et consensuelle suscitée par Mommy, son film précédent.À cet égard, le cinéaste n'a pas choisi la facilité.Dolan emprunte cette fois une approche très différente pour décrire un huis clos familial étouffant, voire anxiogène.Le parti pris de mise en scène consistant à raconter cette histoire à travers les visages des protagonistes, filmés en gros plans, vient ici briser l'aspect théâtral d'origine.Et donne ainsi l'occasion aux acteurs de miser sur la finesse et la subtilité d'une partition où le vrai propos est maquillé sous un flot de paroles plus ou moins signifiantes.André Turpin signe une fois de plus de sublimes images en baignant les personnages dans un clair-obscur à travers leaquel les regards sont particulièrement mis en valeur.Moments forts et intimes Gaspard Ulliel offre l'une de ses meilleures compositions en se glissant dans la peau de Louis, jeune écrivain à succès qui, après 12 ans d'absence, revient à la maison familiale pour annoncer à ses proches, peut-être, sa mort imminente.Le très joli prologue, au cours duquel un enfant assis derrière lui dans l'avion s'amuse à lui masquer les yeux, révèle l'état d'esprit d'un homme qu'on sent déjà serein face à son destin, mais qui compte aussi faire enfin la paix avec un passé familial douloureux.Le récit est construit de telle sorte qu'aux séquences collectives, dans lesquelles figurent les cinq personnages, s'ajoutent des scènes où chacun des proches se retrouve seul avec Louis.Elles se posent comme autant de moments forts, intimes, que Louis doit gérer à sa façon, tout en douceur et en délicatesse.Une mère extravagante (Nathalie Baye, excellente), une sœur impétueuse qui a idéalisé pendant des années ce frère qu'elle n'a pratiquement pas connu (Léa Seydoux, intense), un frère caractériel mal aimé (Vincent Cassel), sans oublier la belle-sœur discrète, mais qui comprend tout de suite la raison de la venue de Louis, alliée immédiate dont la présence se révèle essentielle (Marion Cotillard, parfaite comme toujours).La part d indicible Entre la version de Camille de la chanson Home Is Where It Hurts, qui ouvre le film, et Natural Blues (Moby), qui le clôt, Dolan plonge tête baissée dans l'univers de Lagarce et propose aussi, fidèle à sa manière, des apartés qui se révèlent comme autant de moments de grâce.L'évocation de l'enfance ou celle d'un premier amour empruntent ici de magnifiques accents lyriques.La trame musicale de Gabriel Yared est ainsi utilisée à bon escient et souligne les rares moments de vérité que les protagonistes s'échangent parfois en silence.On pourra évidemment trouver que ça se crie par la tête un peu trop; que Vincent Cassel « casselise » en diable, ou que Léa Seydoux en fait des caisses, mais l'essentiel est ailleurs.11 réside dans la part d'indicible que Dolan a brillamment su capter.Et qui nous hante encore bien après la projection.Un défilé coloré.et un faux pas PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Kate Winslet, magnifigue et machiavéligue, incarne Tilly, une femme de la haute gui revient dans son village natal 25 ans après avoir dû s\u2019exiler à cause d\u2019un meurtre dont on la tenait responsable.THE DRESSMAKER ?Comédie noire de Jocelyn Moorhouse.Avec Kate Winslet, Judy Davis, Liam Hemsworth, Hugo Weaving.1 h 55.SONIA SARFATI Le secret n'est pas dans la sauce, mais dans le ton.Pour apprécier The Dressmaker de Jocelyn Moorhouse (qui fait un retour derrière la caméra près de 10 ans après A Thousand Acres), il faut savoir que la réalisatrice de How to Make an American Quilt nous livre une comédie noire.Pas une classique histoire de vengeance façon Le comte de Monte-Cristo ou, plutôt, Unforgiven.C'est d'ailleurs une série de clins d'œil visuels et sonores qu'elle adresse au western de Clint Eastwood: d'une certaine manière, les pistolets sont remplacés par des machines à coudre, les balles, par des robes.Et ça fonctionne.Jusqu'à ce que ça ne fonctionne plus.Après 90 minutes de situations et de personnages juste assez bizarres pour se sentir un pas à côté de la réalité, c'est la rupture de ton, la plongée vers le drame premier degré.On redresse un peu la barre avant la note finale, mais la complicité entre le spectateur (consentant) et le long métrage est rompue.Dommage.Inspiré du roman de Rosalie Ham, The Dressmaker se déroule au début des années 50 et suit le retour de Tilly Dunnage (magnifique et machiavélique Kate Winslet) dans le village de l'arrière-pays australien où elle a vu le jour.Vingt-cinq ans plus tôt, encore enfant, elle en a été exilée après avoir été accusée d'avoir tué un camarade de classe.Depuis, elle a grandi, est devenue designer de mode, a été formée dans les grandes capitales européennes.Épauler, se venger Mais sa mère, Mad Molly (Judy Davis, formidable), ne va pas bien.Officiellement, c'est pour s'occuper d'elle que Tilly rentre au bercail.Officieusement, elle a des réponses à trouver (elle ne se souvient pas vraiment du drame et ignore si elle est vraiment coupable de meurtre) et des comptes à régler avec les villageois.Parmi eux, des personnages délicieusement décalés, tels le sergent Farrat (Hugo Weaving), policier à la ville, travesti à la maison, Marigold Pettyman (Alison Whyte), qui ne s'est jamais remise de la mort de son fils, Trudy Pratt (Sarah Snook), caissière timorée du magasin général que les tenues créées par Tilly vont littéralement transformer, etc.Bref, dans les situations et les gens, dans les paysages (filmés par Donald McAlpine) et les tenues (créées par Marion Boyce et Margot Wilson), dans les très gros plans qui succèdent aux plans très larges, dans la musique de David Hirschfelder, nous sommes dans un univers « surligné » où se côtoient le beau et le crade.Le saugrenu et l'étrange y pétillent, ils sont assumés et bien exploités.Puis.Entrée du beau Teddy (le beau Liam Hemsworth), dont le cœur battra pour la belle Tilly et vice-versa.Ils sont beaux (quoi d'autre!) ensemble.Mais c'est à cause d'eux que The Dressmaker trébuchera vers la fin du « défilé ».Le faux pas fera craquer les coutures.Mais, heureusement, ne ruinera pas entièrement le spectacle.SUR VOS ÉCRANS EN DVD TÉLÉ SUR DEMANDE i SHALLOWS îasfonds \u201cVISCERALLY ENTERTAINING\" FEARLESS SUSPENSE THE SHALLOWS (V.F.: LES BAS-FONDS) ?De Jaume Collet-Serra.Avec Blake Lively.un requin et un goéland.The Shallows, ce n\u2019est pas Jaws.Et pourtant.On tire ici des leçons (!).Du type: faire du surf dans un endroit isolé (c\u2019est ce que fait Blake Lively), en solo (c\u2019est encore ce que fait Blake Lively), en laissant son téléphone sur la plage (c\u2019est toujours ce que fait Blake Lively), mais en portant sur soi tout le contenu de sa boîte à bijoux (devinez qui fait ça?), est une excellente idée.Ces accessoires peuvent vous sauver la vie si un requin vous coince au large.On le comprend.The Shallows n\u2019a ni queue ni tête (ni aileron).Pourtant.On y rit (ce n\u2019est pas le but, mais.) et on ne voit pas passer ses 88 minutes.\u2014 Sonia Sarfati FILM NOIR THE NEON DEMON (V.F.: LE DÉMON DE NÉON) ?b De Nicolas Winding Refn.Avec Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote.Ce diable de Nicolas Winding Refn nous refait le coup.Comme pour Drive.The Neon Demon nous en met plein la vue.Tellement que ça déborde.Amateurs d\u2019esthétique flamboyante, d\u2019horreur chic, de trash pervers, de valse morbide, accrochez-vous: c\u2019est une orgie du genre.Mais comme pour Only God Forgives, le réalisateur danois (qui cosigne le scénario du long métrage) se fiche tellement du fil narratif qu\u2019il le tend parfois jusqu\u2019à le casser ou l\u2019emmêler à (bon?) escient ou l\u2019abandonner tout simplement.Bref, The Neon Demon (où Elle Fanning brille de mille feux) est une expérience.On aime ou pas, mais on ne peut y être indifférent.\u2014 Sonia Sarfati IcomédieI CENTRAL INTELLIGENCE (V.F.-.AGENCE DE RENSEIGNEMENT) ?De Rawson Marshall Thurber.Avec Dwayne Johnson, Kevin Hart, Amy Ryan.C\u2019est vraiment niaiseux, mais c\u2019est vraiment drôle aussi.Central Intelligence.Dwayne Johnson s\u2019y révèle doué (enfin, plus que ce qu\u2019on imaginait) pour la comédie.Et le verbomoteur Kevin Hart, dans un contre-emploi qui lui sied, ne tombe pas trop sur les nerfs.L\u2019histoire n\u2019a rien de transcendant: 20 ans après la fin de leurs études, deux types se retrouvent.Le souffre-douleur obèse est devenu montagne de muscles et agent secret.Celui auquel on prédisait un avenir glorieux, comptable anonyme.Les retrouvailles virent à la course folle quand la CIA talonne les deux hommes à cause de secrets en voie d\u2019être vendus à un mystérieux «plus offrant».qui est qui, au juste?Amusant.\u2014 Sonia Sarfati ISÉRIE TÉLÉVISÉEl TWIN PEAKS THE ORIGINAL SERIES, FIRE WALK WITH ME, AND THE MISSING PIECES ?Créée par Mark Frost et David Lynch.En anglais ou en français.On l\u2019attend avec ô combien d\u2019impatience: Twin Peaks sera de retour au printemps, grâce à des épisodes réalisés et coécrits par David Lynch qui se dérouleront 25 ans après les faits relatés dans les saisons originales (datant de 1990-1991).Un coffret absolument magnifique et complet lancé en 2014 permettait déjà de se remettre dans le bain.En voici un nouveau, presque aussi complet.mais moins luxueux, donc moins cher.Tous les épisodes s\u2019y retrouvent, les introductions de chacun avec la Log Lady, le long métrage Fire Walk With Me et 90 minutes de scènes différentes de celles qui ont été diffusées ou supprimées.Après?On trépigne en attendant la suite.\u2014 Sonia Sarfati mW! wMH ICOMÉDIE EASY De Joe Swanberg.Avec Orlando Bloom, Dave Franco, Malin Akerman, Elizabeth Reaser, Kiersey Clemons La nouvelle série humoristique de Netflix suscite la curiosité surtout parce quelle est produite et dirigée par Joe Swanberg, figure de proue du mouvement mumblecore, qui consiste à faire des films à petit budget et à laisser une bonne part d\u2019improvisation aux comédiens, certains amateurs.Les dialogues sont plus importants que l\u2019histoire ou les prouesses techniques, disons.On verra ce que cela donnera avec les grands moyens de Netflix et une distribution plus glamour, mais on nous promet une immersion dans la vie de plusieurs couples qui vivent différents problèmes bien de notre temps.Tous les épisodes sont en ligne depuis hier.\u2014 Chantal Guy Sur Netfl ix easy EXORCIST SERIE D\u2019HORREUR THE EXORCIST De Jeremy Slater.Avec Geena Davis, James Robinson et David Robinson On dirait bien que la mode des films de «possession» est toujours en vogue.Inspiré du roman de William Peter Blatty qui a donné l\u2019un des films les plus terrifiants de tous les temps en 1973, The Exorcist semble bande-annonce, sur la coopération de deux prêtres (importante dans le roman), l\u2019un expérimenté et l\u2019autre néophyte, qui doivent venir en aide à une adolescente possédée par des démons.Geena Davis, qui nous manquait, interprète la mère de la jeune fille.\u2014 Chantal Guy Sur FOX s\u2019appuyer, selon la JUSTE LA pin du MONDE WR p*.TELEFILM C R N R D n Canada francetélévîsions « Grand film, Juste la fin du monde est un flamboiement d\u2019émotions.» - Isabelle Hontebeyrie, Journal de Montréal « Un incontournable.\t« Juste la fin du monde est Une œuvre dense et intense.» le meilleur film de Xavier Dolan.» - Éric Moreau It, Le Soleil\t- Émilie Perreault, 98.5 FM « Une onde de choc captivante et continue.» Peter Bradshaw, The Guardian GRAND PRIX FESTIVAL DE CANNES ?- Le Devoir NATHALIE BAYE VINCENT CASSEL MARION COTILLARD LÉA SEYDOUX GASPARD ULLIEL un film de XAVIER DOLAN £1 PRESENTEMENT AU CINEMA JusteLaFinDuMonde.com E ^ (D YouflŒB LesFilmsSeville Photo : Shayne Laverdière & Sons of Manual 1A ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA Michel Blanc et Romain Duris partagent la vedette dans Un petit boulot.PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION MICHEL BLANC / Un petit boulot Le beau boulot du cinéma L\u2019inoubliable interprète de Tenue de soirée et de Monsieur Hire, qui a fait ses débuts avec la troupe du Splendid dans les comédies Les bronzés, nous raconte sa participation au film Un petit boulot de Pascal Chaumeil.Inspiré par le roman de l\u2019Américain lain Levison, Michel Blanc a signé le scénario de cette comédie noire, dans laquelle il joue un caïd qui offre à Jacques (Romain Duris), un chômeur au fond du baril, un «petit boulot»: tuer sa femme.Michel Blanc revient aussi sur le drame qui a touché la production, puisque le réalisateur Pascal Chaumeil est mort d\u2019un cancer peu de temps après avoir terminé son film.[jUMClP mmm riflwrmiu PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Le réalisateur Pascal Chaumeil est mort peu après avoir terminé le film.Il souffrait d\u2019un cancer du foie mais l\u2019avait caché à l\u2019équipe de production.CHANTAL GUY Qu est-ce qui vous a attiré dans le roman de lain Levison pour en faire un scénario?Ce qui m\u2019intéressait, c\u2019est le mélange des genres.C\u2019est-à-dire à la fois un aspect de comédie noire, pas cartésienne, pas raisonnable, pas trop française, et en même temps un fond social réel qui n\u2019est pas éludé.Ce mélange était assez complexe à mènera bien, ça me faisait peur, mais c\u2019était un pari que j\u2019avais envie de relever, pour ne pas se cantonner à une comédie un peu routinière.C\u2019était plus excitant.Un petit boulot saisit très bien l\u2019atmosphère lourde d\u2019une petite ville frappée par le chômage.C\u2019est en ce moment l\u2019un des grands problèmes de la France?Oui, et pas seulement la France.La preuve, c\u2019est que c\u2019est un roman américain au départ.Nous avons une désindustrialisation assez importante en France, il y a une mutation qui s\u2019opère dans l\u2019économie et il y a des gens qui sont laissés pour compte.Aucun doute là-dessus, c\u2019est l\u2019un des grands problèmes auxquels les gouvernements vont devoir s\u2019atteler.On dirait que Jacques (Romain Duris) prend goût au rôle de tueur à gages.N\u2019est-ce pas le danger pour toute société que des gens qui n\u2019ont plus rien à perdre tombent dans la criminalité?Lui n\u2019a qu\u2019une envie, c\u2019est de retrouver une vie normale.Il n\u2019a pas envie de s\u2019installer dans cette vie de délinquance.Simplement, il y a un endroit où sa vie a tellement basculé, il a perdu tous ses repères et tout moyen de survie financière.La misère est la mère de tous les vices, disait-on.Quand vous n\u2019avez rien à perdre, toute opportunité devient envisageable - sans bien sûr aller jusqu\u2019au meurtre.Ce n\u2019est pas un film à 100% réaliste, il y a une intention de frôler l\u2019absurde, c\u2019est de là qu\u2019on essaie de faire venir la comédie, mais ce n\u2019est pas un message de circonstance atténuante pour que les gens tombent dans la criminalité parce qu\u2019ils ont perdu leur emploi! Malheureusement, le réalisateur Pascal Chaumeil est mort après avoir terminé le film.Parlez-nous un peu de lui.Moi, je ne savais pas qu\u2019il était à ce stade de la maladie, je pensais qu\u2019il était convalescent.Vous savez, quand on a attrapé une hépatite un peu forte, et que ça met du temps à revenir.Mais il avait un cancer du foie, il l\u2019a caché à tout le monde, sauf à sa femme.Sur le plateau, personne ne le savait.Il avait une énergie incroyable, étant donné son état de santé.Il était tout le temps sur le coup.C\u2019est déjà épuisant, faire un film, quand on est en bonne santé, mais en phase terminale du cancer du foie, vous vous rendez compte.Vous avez eu une carrière prolifique comme acteur et réalisateur.Quels sont aujourd\u2019hui vos meilleurs souvenirs?J\u2019en ai beaucoup, mais c\u2019est vrai que le premier grand souvenir de rencontre avec un réalisateur, c\u2019est Bertrand Blier et Tenue de soirée, parce que ça été un conte de fées.J\u2019ai remplacé quelqu\u2019un dans ce rôle parce qu\u2019il n\u2019a pas voulu le faire.On a été sélectionnés à Cannes, j\u2019ai eu le prix d\u2019interprétation, ce qui était pour moi inimaginable, venant des Bronzés, une comédie très populaire.C\u2019était incroyable pour moi de monter les marches de Cannes, surtout pour aller chercher un prix.Il y a d\u2019autres souvenirs, des rencontres avec des metteurs en scène et des acteurs qui me faisaient rêver et qui me font toujours rêver.Il y en a de moins bons, mais c\u2019est heureusement minoritaire.C\u2019est fascinant, les trajectoires de carrière de la bande du Splendid (Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, etc.).Ça, c\u2019est un petit miracle.Le miracle, c\u2019est que tout le monde, pratiquement 40 ans après, soit encore en activité à un niveau assez élevé de rôles, parce qu\u2019il y aurait très bien pu y en avoir un en cours de route pour qui ça ne marche plus, qui n\u2019a plus de propositions.Comme on est toujours amis, ç\u2019aurait été très délicat pour nous à gérer.Qu\u2019il y en ait un d\u2019entre nous par rapport aux autres qui ne travaille pas, ça, c\u2019est toujours très dur.Un petit boulot prendra l\u2019affiche le 30 septembre.PLAN LARGE MARC-ANDRE LUSSIER Chaque semaine, notre journaliste propose un panorama de l\u2019actualité cinématographique.PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE Spike Lee Calendrier 12e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM BLACK DE MONTRÉAL Parmi les temps forts de ce festival, qui se tiendra du 28 septembre au 2 octobre, mentionnons le film d\u2019ouverture, Maya Angelou and Still I Rise, de même que la visite de Spike Lee à l\u2019occasion de la présentation de Michael Jackson's Journey from Motown to Off the Wall.Le cinéaste répondra aux questions du public.montrealblackfilm.com LE CINÉMA BEAUBIEN A15 ANS! QUI A DIT?Il a failli disparaître avec tous les autres cinémas que la chaîne Cineplex Odeon a sacrifiés au début des années 2000, mais la population de Rosemont en a décidé autrement.Aujourd\u2019hui, le Cinéma Beaubien constitue un phare pour les amateurs de films autres qu\u2019américains, de même que pour ceux qui préfèrent fréquenter des complexes cinématographiques à dimension plus humaine.Une soirée-bénéfice très courue a eu lieu mardi pour célébrer le 15e anniversaire de cette entreprise modèle.Pour l\u2019occasion, le directeur général, Mario Fortin, a dévoilé une nouvelle signature et a présenté un nouveau site web (en ligne d\u2019ici quelques semaines).À court terme, le Beaubien annoncera aussi le lancement d\u2019un programme d\u2019abonnement commun avec le Cinéma du Parc afin de répondre à la demande des cinéphiles.Mario Fortin PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE LES SORTIES DU 50 SEPTEMBRE >\tDeepwater Horizon (Crise à Deepwater Horizon) de Peter Berg >\tEcartée de Lawrence Côté-Collins >\tGun Runners (Arile et Matanda) d\u2019Amjali Nayar >\tMasterminds (Les grands génies) de Jared Hess >\tMiss Peregrines Home for Peculiar Children (Miss Peregrine et les enfants particuliers) de Tim Burton >\tQueen of Katwe de Mira Nair >\tUn petit boulot de Pascal Chaumeil >\tUn homme de danse de Marie Brodeur >\tWaseskun de Steve Patry « Les femmes devraient moins se juger entre elles.» - Emily Blunt, dans le journal The Guardian PHOTO DYLAN MARTINEZ REUTERS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 ARTS 15 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA POP MONTREAL / John Waters Jouir de ses névroses Le cinéaste culte John Waters, que l\u2019écrivain William S.Burroughs a déjà baptisé « le pape du trash », est de retour à Montréal pour présenter son spectacle solo This Filthy World dans le cadre du festival Pop Montréal, pour un soir seulement.L\u2019occasion unique de recevoir les leçons d\u2019un maître du mauvais goût qui, à 70 ans, continue de briser les tabous.PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS John Waters vient à Montréal présenter la plus récente mouture de son populaire one man show, This Filthy World.CHANTAL GUY La dernière fois qu'on l'avait vu à Montréal, c'était pour son spectacle de Noël dans lequel il nous intimait de profiter de tous les malaises familiaux inévitables de ce haut moment de la culture chrétienne.«Je m'en souviens, il y avait une énorme tempête dehors », nous dit-il au téléphone.John Waters aime bien notre ville, qui l'a toujours bien reçu.Ce qu'il aime plus particulièrement?Le fait qu'on y parle une autre langue - «moi qui ne peux pas en parler d'autres, puisque je suis un Américain stupide» - et les bars de striptease.«Vous en avez des radicaux, vous savez ! » Cette fois, il vient nous présenter la plus récente mouture de son populaire one man show, This Filthy World, qu'il modifie régulièrement.« Je l'adapte et le change constamment », confirme-t-il, mais il ne parlera pas de Donald Trump.« Parce que c'est trop facile.» Ce qui lui fait bien plaisir, par contre, c'est qu'il ait été choisi par son parti, parce «qu'il va nuire aux républicains pour les 10 prochaines années ».Dans ce spectacle qu'il promène en Amérique depuis de nombreuses années, John Waters livre sa vision du monde, raconte ses débuts au cinéma, ses influences, ses obsessions, son amour pour les livres comme pour le mauvais goût.Pour ceux qui ne le connaissent pas, il espère qu'ils découvriront « qu'on peut être névrosé et heureux en même temps».«Je pense que c'est ce que mes films et mon humour enseignent.Je veux aller dans des zones inconfortables.» D'ailleurs, à ce sujet, et même si toute sa cinématographie attaque frontalement l'homophobie, le racisme et le conformisme en général, mais par des détours pervers qui permettent de mettre à nu l'hypocrisie de sa société, il n'aime pas un certain esprit politiquement correct qui aurait probablement tué sa carrière dans l'œuf si cet esprit avait sévi au « On peut être névrosé et heureux en même temps.Je pense que c\u2019est ce que mes films et mon humour enseignent.Je veux aller dans des zones inconfortables.» début de sa carrière, dans les années 60.«Je ne comprends pas ce concept de psychologues qu'il faut nous prévenir, je pense que ça fait des gens trouillards.» 11 comprend un peu l'utilité que peut avoir le politiquement correct, mais ces « espaces sécurisés » (safe spaces) qui se multiplient dans les campus américains semblent l'inquiéter.« Car en même temps, je cherche les espaces qui ne sont pas sécurisants dans la vie, c'est ce qui peut te faire comprendre les choses différemment.Je ne veux pas me tenir seulement avec des gais, je ne veux pas me tenir seulement avec des Blancs, je ne veux pas me tenir seulement avec des réalisateurs ou des écrivains.Je veux que tous ces gens se mélangent, et je crois que la seule chose qui peut unir tous ces gens-là, c'est l'humour.» Le bonheur dans la dispersion John Waters est un être curieux de tout, ce qui semble être le secret de sa forme.En plus de ses spectacles, il écrit des livres, il édite des compilations de ses chansons préférées - on peut d'ailleurs aller scruter ses goûts musicaux sur Spotify -, il participe à des documentaires, accepte toutes les apparitions dans les productions qui l'invitent pour lui rendre hommage, mais il se fait malheureusement rare au cinéma.Son dernier film, A Dirty Shame, qui se moquait du puritanisme sexuel, remonte à 2004.« Merci beaucoup de vous ennuyer de mes films, mais ça ne me manque pas vraiment, avoue-t-il.Se lever à 6 h du matin, répondre aux questions de tout le monde.Et puis, il faut rester dans une business qui nous veut.Le cinéma indépendant, aujourd'hui en Amérique, est en mauvaise forme.Ç'a beaucoup changé depuis mes débuts.C'est une période plus difficile, parce qu'il y a moins de distributeurs, on veut faire des films avec de moins en moins d'argent tout en voulant toujours des vedettes.Et on ne veut même plus de vedettes, on veut seulement des effets spéciaux ! » 11 admet avoir cependant quelques projets en développement pour la télé, notamment pour HBO.Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, John Waters n'est pas un adepte de la téléréalité.«Parce que ce n'est pas de la réalité, et qu'on utilise le plus petit dénominateur commun pour que les téléspectateurs se sentent supérieurs aux gens qui sont dans ces émissions.» Amour des livres Une chose ne change pas, c'est son amour des livres -il en possède des milliers.11 a déjà sorti une fameuse phrase à ce sujet : « On a besoin de rendre les livres cool de nouveau.Si vous allez chez des gens et qu'ils n'ont pas de livres, ne les baisez pas ».Bref, un make books cool again est quelque chose qui lui parle plus que le make America great again de Donald Trump.« Les livres rendraient l'Amérique meilleure parce que les gens seraient plus intelligents.Je crois que la lecture est encore la chose la plus importante pour nous rendre plus brillants.» Et les shows de John Waters aussi y contribuent.This Filthy World : une soirée avec John Waters.Le 24 septembre à 20 h au Théâtre Rialto.JOHN WATERS EN CINQ TEMPS BALTIMORE Né en 1946 dans cette humble ville du Maryland, où il a toujours un pied à terre, John Waters demeure farouchement attaché à ses origines.La plupart de ses films ont pour cadre Baltimore, dont il a montré à peu près tous les travers.Encore aujourd\u2019hui, il rigole lorsgue des concitoyens, touchés par le succès de Hairspray (devenue une comédie musicale), considèrent qu\u2019il est une bonne influence qui a fait connaître la ville.«Je pense alors à Multiple Maniacs.» ORIGINAUX ET DETRAQUES L\u2019œuvre de John Waters, c\u2019est une célébration absolue des marginaux et des «fuckés».Homosexuel totalement assumé, le cinéaste mettait en scène, au début de sa carrière, sa petite bande de bizarres, et a ainsi fait de la drag queen Divine une célébrité de {\u2019underground.D\u2019ailleurs, il a souvent recruté des gens improbables pour ses films, comme l\u2019actrice porno Traci Lord, le chanteur Iggy Pop ou Patty Hearst, la fille du magnat américain William Hearst, tristement célèbre pour avoir été kidnappée en 1974 et avoir participé ensuite à des attaques terroristes -tout ça parce que Waters est fasciné depuis toujours par les grands procès criminels auxquels il a parfois assisté.LA TRILOGIE TRASH John Waters est entré dans la légende dans les années 70 par des films qui ne pourraient jamais être projetés en salle aujourd\u2019hui, notamment sa trilogie Pink Flamingos, Female Trouble et Desesperate Living qui, déjà à l\u2019époque, provoquaient les limites de la censure.Ceux qui les ont vus n\u2019ont pu oublier la scène de l\u2019anus chantant et Divine mangeant réellement une crotte de chien.Pink Flamingos est considéré aujourd\u2019hui comme un classique du cinéma américain, un joyau de la contre-culture, absolument inclassable.A noter: il existe une hilarante version doublée en québécois de Polyester, un film présenté à sa sortie comme le premier en «odorama», avec des cartons «grattez et sentez».HAIRSPRAY- UN TOURNANT John Waters est devenu plus «grand public» en 1988 avec Hairspray, qui se moque des films musicaux pour adolescents.Il était étonnant, pour le cinéphile ordinaire, de voir une mère incarnée par un homme (Divine, bien sûr) et que l\u2019héroïne du film (Ricki Lake), que tous les gars pourchassent, soit.grosse.Waters est probablement le seul cinéaste à avoir offert, gratuitement et sans explications, un premier rôle à une femme vraiment ronde.Le destin de ce film est assez hallucinant, puisqu\u2019il a été transformé en une comédie musicale extrêmement populaire partout dans le monde, au grand plaisir de Waters.«Tous mes films disent la même chose et ont les mêmes valeurs, mais Hairspray est rusé.Personne ne note que ce sont deux hommes qui chantent une chanson d\u2019amour ensemble, qu\u2019on y encourage les filles blanches à sortir avec des gars noirs à l\u2019école.Tout ce qui pèse sur un bouton chez l\u2019Américain moyen.Mais l\u2019Américain moyen l\u2019a complètement accepté, et j\u2019en suis ravi.» SES LIVRES Son cinéma a marqué les esprits, mais il faut lire aussi les livres de John Waters, plein d\u2019humour et de références, qui expliquent bien son parcours et sa pensée atypiques.Plus précisément Shock Values (1981), Crackpot: The Obsession of John Waters (1987) et Role Models (2010).Une leçon à retenir du maître: «il faut beaucoup de goût pour comprendre le mauvais goût».Papi cherche colocataire (s) -jù/a T i.a rtf- PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Adopte un veuf se voulait plus qu\u2019une simple comédie.Le réalisateur voulait creuser la question de la crise du logement et la place des aînés dans la société.Malheureusement, la réflexion reste en surface.ADOPTE UN VEUF ?16 Comédie de François Desagnat.Avec André Dussollier, Bérengère Krief, Julia Piaton, Arnaud Ducret.1 h 37.CATHERINE SCHLAGER De Single White Female à L'auberge espagnole en passant par Shallow Grave et Ensemble, c'est tout, la colocation a inspiré aux cinéastes de toutes origines quantité de comédies, mais aussi quelques drames et polars.Adopte un veuf (quel mauvais titre!), cinquième long métrage du réalisateur François Desagnat (Les 11 commandements, La beuze), dont les œuvres précédentes demeurent inédites au Québec, affirme d'emblée sa volonté de faire rire, sans toutefois négliger les moments de réflexion et de tendresse.Sur l'air de Y'a d'là joie, on pénètre doucement dans le quotidien morne d'Hubert Jaquin (André Dussollier), récemment veuf.Depuis la mort de sa tendre épouse, Hubert ne trouve plus de sens à sa vie.Ce mal de vivre ne sera que passager, puisque Manuela (Bérengère Krief, vive), jeune étudiante fauchée à la recherche d'un appartement, cogne à sa porte alors qu'Hubert cherche plutôt une femme de ménage.D'abord réticent à accueillir sous son toit la colorée jeune femme, Hubert finira par se laisser amadouer.Et consentira même à héberger deux autres colocataires, l'avocat séparé Paul-Gérard (Arnaud Ducret, surjouant le coincé) et Marion (Julia Piaton).Pour le meilleur et pour le pire.Adopte un veuf se voulait plus qu'une simple comédie.En adaptant le scénario signé Jérôme Corcos et Catherine Diament, le cinéaste français souhaitait creuser la question de la crise du logement à Paris.Mais aussi celle de la place que la société accorde aux gens plus âgés, souvent laissés à eux-mêmes.Le propos est certes là, mais la réflexion demeure en surface.Et l'humour, dans tout ça?Le scénario manque parfois cruellement de subtilité.Les blagues sur les difficultés de cohabitation d'Hubert et de Manuela (petites culottes laissées à l'abandon, portes claquant trop fort) sont prévisibles et sentent le déjà-vu.Et l'évolution de leur relation s'effectue un peu trop rapidement pour être crédible.Et que dire des déclarations ambiguës (« Tu permets que je me finisse ») mettant en scène Samuel (Nicolas Marie), le meilleur ami d'Hubert, ridicules à souhait.Quelques moments comiques, comme cet amusant processus de sélection des nouveaux colocataires, avec un montage efficace à la clé, suscitent tout de même la franche rigolade.Heureusement, André Dussollier (Diplomatie, On connaît la chanson) et Bérengère Krief (la série humoristique Bref) s'en donnent à cœur joie et affichent une belle complicité.Et sauvent ainsi le film du désastre. ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2016 iste de notre invitée TOUS LES SAMEDIS, UN ARTISTE NOUS FAIT PART DE SES CINQ COUPS DE CŒUR DU MOMENT.H rm CHANTAL GUY Elle est la tête d\u2019affiche du dernier film de l\u2019inclassable André Forcier, Embrasse-moi comme tu m'aimes, dans lequel elle incarne Berthe, une jeune fille obsédée par son frère jumeau joué par Emile Schneider.«Je suis fière de ce film-là, j\u2019ai vraiment envie que les gens le découvrent», dit Juliette Gosselin, qui estime que les jeunes en particulier doivent connaître l\u2019œuvre de ce cinéaste: « Il nous amène tellement loin dans notre imaginaire.» Cet automne, elle reprendra le rôle de Martine dans la quatrième saison de la version anglaise de 79-2.«Le milieu anglo ne me connaît pas du tout et il accepte très bien que je puisse jouer une bum», note-t-elle.On la verra aussi bientôt dans les films La chasse au collet de Steve Kerr et Tadoussac de Martin Laroche.Mais la comédienne n\u2019a pas que le jeu à son CV.Elle est aussi scénariste et réalisatrice, et ses courts métrages ont récolté quelques prix dans les festivals.Elle vient de commencer le tournage de la troisième saison de la websérie Switch & Bitch.«C\u2019est un beau trip d\u2019amies.C\u2019est juste des fous rires, un des plus beaux plateaux sur lesquels j\u2019ai été.» PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE MUSIQUE Âliocha Schneider « Je suis allée au lancement de l\u2019EP Sorry Eyes d\u2019Aliocha Schneider.En plus de le découvrir en spectacle, j\u2019ai trouvé que c\u2019était un interprète incroyable.Le fait qu\u2019il soit un acteur participe probablement à ce qu\u2019il rende ses chansons aussi vibrantes.J\u2019avais l\u2019impression que sa voix transmettait beaucoup de choses.» PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE BLOGUE Les fourchettes « C est un blogue de Sarah-Maude Beauchesne, qui a écrit de la littérature jeunesse.Ce blogue n\u2019est pas tellement érotique, ça témoigne plutôt de son expérience de jeune femme qui s\u2019épanouit, qui vit plein d\u2019affaires \u201cmalaisantes\u201d dans sa sexualité nouvelle.J\u2019ai eu le bonheur de lire ses textes au Lion d\u2019or; sa plume est vraiment pleine d\u2019autodérision.Elle invente son propre vocabulaire, dans des textes drôles et touchants, sans prétention.» Consultez le site des Fourchettes : www.lesfourchettes.net ¦ .¦ PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SEVILLE CINEMA Two Lovers and a Bear de Kim Nguyen «J\u2019ai eu la chance de voir ce film à Cannes, et c\u2019est l\u2019une des plus belles histoires d\u2019amour que j\u2019ai vues au cinéma.C est vraiment ancré dans le réel ; le froid glaçant de l\u2019Arctique, avec un vocabulaire très rough, une poésie onirique qui appartient à la légende autochtone.On navigue dans ces zones de manière très habile, et les deux acteurs principaux sont hallucinants.» En salle le 7 octobre.RESTAURANT Omma « C est un petit restaurant coréen dans le Mile End.C est LE spot où mes amis et moi allons tout le temps, et on se régale chaque fois.L\u2019ambiance est très intime.Je pense qu\u2019Omma veut dire \u201cmaman\u201d en coréen, et ça définit bien ce lieu où on a l\u2019impression qu\u2019une mère nous fait à manger.» Le restaurant est situé au 177, rue Bernard Ouest.PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE MUSIQUE Valaire «Le nouvel album de Valaire [Oobopopop\\ vient de sortir.J\u2019écoute souvent des trucs pop américains pour danser, et leur musique à eux me donne envie de danser.Ça va dans toutes les directions, c\u2019est ce côté éclaté et surprenant qui me plaît dans ce qu\u2019ils font.Un album à découvrir.» PHOTO FOURNIE PAR INDICA "]
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