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Titre :
Le droit
Éditeur :
  • Ottawa :[Le droit],1913-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le droit, 1953-10-10, Collections de BAnQ.

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[7 Ev, te de | a PE hi 4 APS Ta.cn di esti i 3 AT PAGE 2 LE DROIT SAMEDI, 10 OCTOBRE 1953 .un grand apodtre de la presse catholique et francaise au Canada Le jour des funérailles à Ottawa, sous un ciel gris, une haie vivante et recueillie d\u2019écoliers franco-ontariens, le long de la rue Cumberland, regardait défiler le cortège funèbre du Père Charles Charlebois, O.M.I, en route vers le cimetière de Hull.Le vieux lutteur quittait le théâtre de sa vie pour aller rejoindre en terre québécoise ses confrères oblats.De toutes les parties du pays, ses vieux confrères d\u2019armes étaient venus déposer des hommages émus et revivre des souvenirs d\u2019épopée.À Montréal comme à Ottawa, autour de sa tombe, on vint prier en rangs pressés et contempler une dernière fois le masque énergique et reposé du grand animateur de la résistance franco-on- tarienne.Ces quelques ligres bien modestes sont à peine une.évocation sommaire de cette figure pittoresque, familière à la petite histoire, mais dont la grande histoire, un jour, dégagera le rô- le décisif aux jours sombres de 1917.\u201cMon âme a son secret, ma vie a son mystère\u201d, soupirait le poète perdu dans le souvenir d\u2019un amour incompris et douloureusement fidèle.Un vers immortel repris avec ferveur par les adolescents troublés et les amoureux transis.Les pionniers, les bâtisseurs de cités et d\u2019oeuvres durables vivent une existence sans mystère.Leur âme n\u2019a pas de secret.Ils ont pris le risque de s'affirmer, d\u2019aller au fond de leur pensée, à l'extrême limite de leur conviction et de leur rendement.Le Père Charles était de ce nombre.Les événements d\u2019une vie chargée ont dégagé la-\u2018dominante d\u2019une personnalité très riche.Toute vie s\u2019explique et s\u2019unifie sdus la dictée d\u2019un amour profond d\u2019un pondus entraînant.A-t-il existé une nature plus merveilleusement douée et- nuancée que celle de Jésus-Christ?Et pourtant l\u2019Evangile nous le ,ré- vêèle tout d'abord en reférence habituelle et fervente à la volonté de son Père.Le Père Charles Charlebois, O.M.I., fut un patriote.Sa vie sacerdotale intense et ses convictions de religieux ont alimenté la flamme d\u2019un amour des siens porté au maximum.Ainsi en est- il du torrent qui déferle et qui prend son élan dans les hautes sources des montagnes.Le patrio- terre demande beaucoup et donne peu.On ignore le luxe, l\u2019abondance est inconnue, il reste la pauvreté- honnête et besogneuse, es jours laborieux d\u2019un soleil à l\u2019autre et l\u2019esprit de sacrifice devenu lot quotidien, et traversant cette existence austère, les pures joies familiales et la paix sereine qui descend du grand crucifix sur la famille agenouillée.Les trois fréres Charlebois, étudiants au Collège de l\u2019Assomption, doivent, au cours de leurs vacances, défricher leur arpent de terre.Aucun risque d\u2019embourgeoisement.Ils s\u2019instruiront, quit- ne lui manquent pas Il en four teront, leur terroir québécois, mais demeureront rivés a ce sol dont ils ont remué l\u2019argile \"Ils sont des enracinés, solidaires du destin tragique du peuple cana- dien-français.Le Père Charlebois, prisonnier du présent-revenait d\u2019instinct à ce passé paysan qui a marqué si profondément notre physionomie morale.Sans être sentimental, il ressentait profondément le lyrisme d\u2019un peuple priant à la croix du chemin, dans le calme inspirateur des champs humanisés.Du paysan,il avait conservé le goût du travail même ingrat, le souci du détail, les lentes patiences et l\u2019équilibre nerveux si précieux à l\u2019homme d\u2019action.On devine la réaction de cette âme fortement trempée, jetée dans la tourmente des idées et des événements de 1910: C'est l\u2019époque où les grandes encycliques sociales de Léon XIII trouvaient au Canada français un terrain propice; les premières réalisations syndicales reposaient en termes concrets l\u2019acuité du problème ouvrier.Les esprits .clairvoyants à Québec et à Mont- \u201créal soulignent ta nécessité d\u2019une presse indépendante, dévouée aux 3 intérêts supérieurs du peuple.D'autre part, la grande voix de Bourassa domine la politique canadienne.Elle dénonce l\u2019impériay lisme, l\u2019esprit de parti et galvanise le nationalisme canadien- français.Le Père Charles rencontre à Montréal, au rendezvous du Mile-End, l\u2019état-major de ce mouvement social et patriotique, appelé à jouer un rôle bril- sure entreprise?Aucune presse indépendante pour soutenir le moral des persécutés,-foufnir les mots d'ordre, éveiller l'opinion - québécoise.L\u2019enthousiasme des grandes assemblées populaires à Ottawa et a Montréal, l\u2019unanimité des congres régionaux sont nécessaires, mais se maintiendront- ils sans le journal, l\u2019oeuvre qui accote toutes les autres?Un petit groupe d\u2019intrépides résolut de fonder un.journal.lls se cotiseé- rent pour publier le premier numéro du Droit le 2: mars 1913.Le Père Charles, un des artisans de cette fondation, ne se fait pas illusion.Il a son quotidien comme il porte sa croix d'oblat.La vraie besogne obscure et efficace, souvent, il est seul avec quelques résolus pour l\u2019accomplir.\u201cLa résistance se maintient, s'organise.Le petit groupe de l\u2019Associatior d\u2019Education centralise les renseignements, décide des tactiques, prépare les re- Le R.P.C.Charlebois, O.M.I.cours ou les défenses judiciaires, tisonne le feux sacré.\u201d Le Droit vit au jour le jour, mais il vit.Les hommes d'affaires ne eroient pas au sérieux de cette lant au cours des prochaines années.Toutes ces idées affluaient au cerveau de notre oblat, mais y prenaient un tour pratique.Rien np ES tisme-vertu, Yamour préférentiel -:\u20ac0 lui d'un théoricien.Il ma- des siens, l\u2019acquittement envers la patrie d\u2019une dette de respect, de fidélité et de service, c\u2019est la vie dù Père Charles et le secret d\u2019une âme totalement donnée.Le milieu familial l\u2019avait pro- videntiellernent préparé à sa tâche future.Les préoccupations sociales et patriotiques du premier quart du 20ième siècle marqueront définitivement sa vie.En 1953, il faut un sérieux effort d'imagination pour se représente.une vie de défricheurs.Une famille nombreuse s'établit à Sainte-Marguerite du Lac Masson.En pleines Laurentides.La - Niait les idées avec lenteur mais s\u2019attachait à quelques conclusions susceptibles de réalisations conerètes.Les événements qui ne font pas les grands hommes, mais les révélent, se précipitent.La question franco-ontarienne fera donner au Père Charles sa pleine valeur.On sait qu\u2019en 1913, les autorités provinciales voulaient appli- \u201cquer par la force le \u2018Règlement XVII.Les 200,000 Franco-Onta- riens disséminés du Transcontinental à la péninsule de Kent et d\u2019Essex pouvaient-ils sans journal continuer la guerre d\u2019u- - entreprise.Le Père Charles se contente de croire à la nécessité du journal et à la sainteté de la cause qu\u2019il défend.Les idées ne lui manquent pas.Il en fournit à ses rédacteurs.Les finances font-elles défaut?Qu\u2019à cela ne tienne.Il intéresse tel curé, tel .bienfaiteur ou entreprend une tournée dans les comtés \u2018franco- ontariens.on eonnaît l\u2019étroite collabor® tion entre l\u2019Association d\u2019Education et le Droit.Le Père Charles a servi les deux.Le champ d\u2019action s\u2019ouvre immense devant lui.TI faut étre partout sans ce- perdant s\u2019éparpiller et dissiper les énergies.Notre héros n\u2019aime \"pas l\u2019intrigue mais il excelle à convaincre, convertir, à ramener .I'harinonie chez ses lieutenants souvent divisés par des intéréts divergehts ou par des allégeances politiques.Au fond, c\u2019est un .modeste, timide et même gauche d\u2019allures.M n\u2019apparaît pas en public lors des grandes manifestations, mais il sait faire jouer les influences à temps et à plein.Enlevez au mot coulissier ce qu'il implique de vil et de calculateur et vous définirez un aspect de sa personnalité dynamique et rayonnante.La densité patriotique de son âme communique à tous la foi agissante.Il entraîne les indécis, inquiète les neutres, maintient intense la fidélité à un idéal désintéressé et difiicile.Il se dégage de sa vie une impression de continuité.de ténacité, d\u2019entêtement, diront certains .Il trace un sillon obstinément droit.Il ne bronche pas.Rien qui puisse ressembler à un doute, à une hésitation.Il avait branché sa cause sur celle de Dieu et agissait selon l\u2019ordre de ses supérieurs religieux, même si certains supérieurs ecclésiastiques le trouvaient un peu remuant.Ces hommes entiers souffrent de ne pouvoir autour d\u2019eux cons- crire toutes les énergies, mobiliser tous les enthousiasmes, Le Pére Charles, en pleine lutte, devait rencontrer des inerties, des neutralités, des incompréhensions et des oppositions nettement caractérisées.Il avait accès à des dossiers accablants.Les jugements qu'il portait sur les évé- nements, les hommes, les tactiques de certains de ses compatriotes ou de ses coreligionnaires d\u2019autre langue s\u2019en ressentaient visiblement.Il est plus facile de nuancer ses opinions dans le calme objectif d\u2019un cabinet de travail que dans l\u2019ardeur passionnée de la lutte.L'Evangile autorise les nobles indignations et les saintes colères.Le Père Charles se les est permises.Mettons sur le compte de la faiblesse humaine les rencunes explicables et certaines antipathies instinctives.Les blessures reçues au combat constituent les plus belles décorations, mais elles gardent cette douloureuse facilité de s\u2019ouvrir et de saigner.Il serait injuste de juger le Père Charles sous cet aspect secondaire de sa personnalité et d\u2019en faire un esprit buté sans horizon ni perspective.Il était un réalisateur, un pionnier, un bâtisseur.Il ne remyait pas les idées; il faisait mouvoir les hommes.Ces personnages qui font l\u2019histoire sont ardemment diseu- tés.Hissés sur le pavois de l'admiration ou voués aux gémonies, ils laissent derrière eux des oeuvres sur lesquelles la postérité portera un jugement définitif.La mémoire du Père Charles survit comme ses oeuvres.Ceux qui l\u2019ont connu n\u2019ogt pu Youblier.Il avait créé au Droit une mentalité de croisade et un esprit de famille très puissants.Il donnait l\u2019exemple d\u2019un dévouement entier et d\u2019une foi totale.On l'aurait cru exigeant.M n\u2019était que complètement donné et suscitait autour de lui un rendement maximum.Ce timide, ce distant un peu gêné et un peu génant, recélait des trésors .de délicatesse.\u201cLes vrais coeurs de\u201d lion sont les vrais coeurs de père\u201d.Il s\u2019intéressait à la vie de ses collaborateurs, des employés les plus humbles.A l\u2019atelier comme au bureau des nouvelles, à la salle de rédaction, il était devenu une présence indispensable et vitale.Le Père Charles puisait dans sa vie sagerdotale et religieuse le secret de s\u2019oublier pleinement au profit d'une cause a laquelle il s\u2019était identifié On n'a pas trouvé de source plus intarissable de dévouement que d'amour de Dieu poussé jusqu\u2019à l\u2019oubli de soi.Au pied du tabernacle, la fol se retrempe, les événe- ments dépassent le plan humain pour s\u2019apprécier en valeur d\u2019éternité, l\u2019âme troublée par le remous des passions retrouve sa sérénité.Les profanes savaient le Père Charles désintéressé et sincère; ses confrères oblats ont admiré sa fidélité -persévérante à un idéal élevé de sainteté sacerdotale.L'esprit de sacrifice et mê& me d'ascétisme entrait dans sa vie comme un pain quotidien et fortifiant.On se souviendra de sa piété tendre, de sa messe pieusement célébrée et de ses longues oraisons du soir dans la chapelle déserte où il trhitait avec le Christ qui aime Jes Francs du destin périlleux de son petit peuple.Qui ne l\u2019a vu à la \u201cpetite Elévation ne comprendra pas l'humilité anéantie du serviteur prêt à tous les labeurs mais qui renvoie au Seigneur l'hommage de tous ses succès.Ce religieux pratiquait une pauvreté de détail et une obéissance entière.Formé à la- vieille école, il entendait que toutes ses initiatives fussent authentiquées par l'autorité.Et si les opinions ou les décisions de ses supérieurs religieux et ecclésiastiques ont pu le faire souffrir, jamais lui ont-elles arraché une critique ou un murmure.Dieu voulut que seS supérieurs appuient son oeuvre au Droit.Il en profita pour donner libre cours à sa personnalité entreprenante car s'il pos- sédait- des magnifiques dons d\u2019entraîner, il se refusa de \u2018devenir un chef de parti en marge de l\u2019autorité.Arrétons ici linventaire res pectueux des richesses d\u2019ame de cette belle figure.Elle appartient à l'Histoire.Le Père Charles Charlebois, .O.M.I., dont le buste sévère domine les bureaux du Droit redit aux Franco-Ontariens les austères consignes de fidélité au passé, mais il prêche aussi l\u2019énergie enthousiaste, la foi dans le succès de plus en plus assuré d\u2019une minorîté loyale, mais groupée et aggressive.Il n\u2019est plus, mais ses oeuvres demeurent.Couché en terre de Québec, tourné vers la terre on- tarienne, il est plus qu\u2019un appel à Funion de tous les Canadiens français; il est un drapeau pieusement déposé dans des mémoires fidèles, mais que l\u2019on déploiera au moment du combat pour rallier les dévouements, soutenir les courages et remporter Ja victoire.Gaston Morissette, O.M.1,, Supérieur, Collège Marie-Médiatrice, Hull, .le R.P.Charles Charlebois, O.M.L.À 9] a pa A A SAMEDI, 10 OCTOBRE 1953 A - Arp frou cs \u2018 À hd ler pith (fo LE DROIT L'historique du \u201cDroit\u201d .NOs origines La pénétration francaise en Ontario souleve une vague de francophobie chez les anglo-protestants et des catholiques de langue anglaise \u2014 Organisation de la résistance au congrès national d\u2019Ottawa en 1910 \u2014 Naissance de I\u2019Association canadienne-francaise d\u2019Education d\u2019Ontario.\u2014 Le gouvernement Whitney promulgue en 1912 le règlement XVII.\u2014 Pour épauler l\u2019Association, un groupe de Franco-Ontariens fonde le \u201cDroit\u201d.\u2014 Influence du mouvement de presse oblat d\u2019Ottawa-Est dans la création de ce quotidien.Issu d'une double fidélité, l'une française et l\u2019autre catholique.le Droit a vu le jour le 27 mars 1913.Sa fondation se rattache a la fois au grand congrès d'Ottawa, qui organisa en 1910 la défense des droits et des intérêts de la minorité franco- ontarienne, et au mouvement de presse ohlat, qui dans le même temps florissait au Scolasticat de la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée à Ottawa-Est.Quand on convoqua le congrès national de 1910, il y avait déjà plus de vingt-cinq ans que les Canadiens français de la province éprouvaient la nécessité de se grouper en association en vue de protéger leurs intérêts nationaux et religieux.On relève plusieurs essais.Ainsi un important congrès avait eu lieu à Windsor en 1883.Réunis à Ottawa en 1900, une quarantaine de Franco-Ontariens avaient caressé le projet de tenir un congrès national.L'Association Saint-Jean-Baptiste dOttawa avait dressé, six ans plus tard, un plan de fédération catholique et nationale des Canadiens français d'Ontario.En 1907, la tenue d'un congrès des instituteurs bilingues de la province avait souligné de nouveau l\u2019urgence de coordonner les forces franco-ontariennes.La poussée anglicisatrice, qui s\u2019accentua dans les années suivantes, allait achever la maturation du projet.Le congrès de 1910 Les nôtres, à ce moment-là, avaient certes accompli de remarquables progrès depuis la Confédération.Au premier recensement national de 1871, leur nombre s'élevait à peine à 75,383, soit 4.6 pour cent de la population globale de la province, mais, quarante ans plus tard, il atteignait le chiffre de 202,- 442 ou 8 pour cent de la population .de l'Ontario.Arc-bouté sur le Québec, le groupe de l\u2019Est vivait dans la ville d\u2019Ottawa, capitale du pays, et dans les comtés de Carleton, de Prescott, de Glengarry, de Pembroke, et comptait 90,789 âmes; celui du Nord, dont la population se chiffrait par 42,667, habitait les comtés de Nipissing, d'Aigoma, de Témiscamingue, de Cochrane.de Thunder Bay, de Kenora et de Rainy River; celui du Centre comprenait une population de 8,774, disséminée dans les comtés de Simcoe et de Parry Sound; celui du Sud, ayant 26.689 âmes, occupait la ville de Windsor et les comtés d\u2019Essex et de Kent; enfin 35,456 Canadiens français formaient un grand nombre d'ilots, isolés ici et là, dans les autres comtés de fa province.Mais ces succès excitèrent l'envie des uns et la francophobie des autres.Devant l'accrois- - sement des nôtres, leur plus elaive conscience de leurs forces, leur détermination de demeurer fidéles A leur ascendance catholique et française, ceux qui te- maieat au caractère anglo-pro- Par Camille L\u2019'HEUREUX testant de la province ou qui, bien que catholiques, redoutaient l'influence croissante de leurs coreligionnaires de langue française, prirent peur.Se croyant menacés dans ce qu'ils considéraient leurs intérêts communs ou particuliers, et incapables de refouler les nôtres dans le Québec, les éléments anglo- protestants les plus réactionnai res, parmi lesquels se distinguaient surtout les orangistes, s'allièrent à un groupe de catholiques de langue anglaise pour empêcher l\u2019expansion de la minorité franco-ontarienne et la dénationaliser.Les Franco-Onta- riens résolurent d\u2019organiser la résistance à cette coalition hybride de forces antifrancaises, dont l'hostilité s\u2019accentuait d'année en année, notamment sur le plan scolaire.Ainsi naquit le grand congrès national de 1910 qui se déroula dans la capitale et auquel participèrent plus de 1.200 délégués venus de tous les coins de la province.Les congressistes adoptèrent maintes résolutions relatives à l\u2019enseignement du français, mais, pour nous en tenir aux origines historiques du Droit, nous nous arrêterons à deux résultats particuliers des délibérations: d'abord la création de l\u2019Association canadienne-françai- se d'Education d'Ontario, à qui l'on confia la mission de défendre tous les droits et les intérêts des Canadiens français de la province, notamment sur le plan scolaire; puis la fondation d'un hebdomadaire catholique et français, indépendant des partis politiques, comme organe officiel des Canadiens français d'Ontario, en vue de mieux défendre également leurs droits et leurs intérêts, de concert avec cette association.Quoiqu\u2019elle reconnût la nécessité absolue de fonder un pareil journal, l\u2019assemblée, toutefois, remit le projet à plus tard et chargea la direction du nouvel organisme de le réaliser.Il n'était pas encore question d'un quotidien, parce qu'on ne crovait pas à sa viabilité.Le mouvement de presse oblat d\u2019Ottawa-Est Un actif mouvement de pres: se se développait dans le méme temps au Scolasticat des RR.PP, Oblats à Ottawa-Est.Il se rattachait au mouvement général de presse catholique que Sa Sainteté le pape Pie X recommandait avec tant de force, dont la Bonne Presse de Paris constituait le prototype et qui commençait déjà à porter des fruits au Canada.Le 2i décembre 1907, l\u2019Action sociale publiait son premier numéro à Québec; le Devoir naissait trois ans plus tard à Montréal: en 1910 également, le Patriote de l\u2019Ouest voyait le jour à Duck Lake, en Saskatchewan, et l'un des deux fondateurs était le R.P.Ovide Charlebois, O.M.I, futur évêque.De 1910 à 1912, le mouvement de presse oblat d'Ottawa-Est dé- ploya beaucoup de zèle.Tout un groupe de prêtres et de scolastiques se faisaient les apôtres ardents de la bonne presse.Au premier rang, se plaçaient le R.P.Charles Charlebois, curé de la paroisse Sainte-Famille, et le R.P.Georges Verreault, fondateur des congrès de la Bonne Presse de I'Asscciation Saint- Jean-Baptiste, dont le premier eut lieu le 7 avril 1912 au Scolasticat d'Ottawa-Est.L\u2019un et l\u2019autre rêvaient de fonder un journal catholique et français, indépendant des partis politiques.Ils travaillaient à en propager l'idée et à créer une opinion publique favorable à la réalisation de ce projet.Ils ne négligeaient aucun moyen: conversations avec des prêtres zélés, conférences, diffusion des tracts de la Bonne Presse de Paris.Les visites de nombreux journalistes catholiques au Scolasticat Saint-Joseph servaient encore à stimuler le mouvement.Le projet de fondation d\u2019un journal, dont la réalisation avait été confiée par le congrès national de 1910 à l'Association canadienne - française d'Education d'Ontario, reçut naturellement un accueil et un appui chaleureux au Scolasticat des RR.PP.Oblats à Ottawa-Est.Le R.P.E.David, O.M.I., du Juniorat du Sacré-Coeur d'Ottawa, avait été en effet le dynamique secrétaire du comité d'organisation du congrès.M.le juge Albert Cons- tantineau, président du comité d'organisation du congrès, dont devait sortir l\u2019Association canadienne - française d'Education d\u2019ntario, ne craignit pas de déclarer, devant les 1,200 délégués, que sans le R.P.David \u201cle congrès n\u2019eût pas été organisé\u201d.Le R.P.Charles Charlebois, O.M.I, avait également pris une part active à la préparation et à la tenue du congrès.L'un et l\u2019autre firent partie de plusieurs sous-comités et leurs noms apparurent parmi les membres de l'exécutif permanent de l\u2019Association élus à la fin du congrès.Le R.P.Charlebois fut, en quelque sorte, le trait d\u2019union entre les deux mouvements de presse et les réunit progressivement dans sa personne.Son rôle devait ainsi devenir prépondérant dans la fondation du Droit.Le règlement XVII Deux ans après le grand congrès de 1910, la réalisation du projet que les organisateurs de cette réunion avaient confié à l\u2019Association canadienne - fran- caise d\u2019Ontario n\u2019avançait gue- re.Mais un événement survint qui devait en hâter l'exécution: l'annonce du règlement XVII par le premier ministre Whitney.Intense fut l'émotion.Le premier ministre ontarien avait fait connaître le nouveau règlement, alors que le premier congrès de la langue française se déroulait à Québec.Cette mesure était sa réponse aux revendications scolaires que l\u2019Association canadienne-française A l\u2019ombre du parlement canadien d'Education lui avait soumises au lendemain du congrès de 1910, et à l\u2019enquête que les au- langue anglaise contre nos écoles et dont le Dr F.W.Merchant, chargé de la faire, avait remis le rapport en février au gouvernement.La résolution qu\u2019à l\u2019instigation de M.Howard Ferguson la législature ontarien- ne avait adoptée le 22 mars 1911 et qui interdisait, dans toutes les écoles de la province, l'usage de toute autre langue que l\u2019anglais, résumait le règlement et en indiquait l\u2019esprit.De l\u2019Association canadienne- française d\u2019Education d\u2019Ontario ne tarda pas a venir le mot d\u2019ordre: refuser de se soumettre à cette mesure.La bataille s\u2019engageait entre le gouvernement de la province et les pères de famille franco-ontariens.On se rendit compte qu\u2019on ne pouvait faire la lutte sans avoir un journal.Malgré la pénurie de leurs ressources, un groupe de Fran- co-Ontariens résolut d\u2019en fonder un immédiatement.Il comprenait Mgr Louis Campeau, pro- curenr de l\u2019archevêché d\u2019Ottawa, le R.P.Charles Charlebois, O.M.I, 1e R.P.Arthur Guertin, O.M.I,, curé de la paroisse No- tre-Dame de Grâce à Hull, le R.P.A.Lortie, O.MI, M.le chanoine Léon-Calixte Raymond, de Bourget, M.le curé Siméon Hudon, de Rockland, M.le juge Albert Constantineau, l\u2019imprimeur C.-S.-0.Boudreau, président de l\u2019Association canadien- ne-française d\u2019Education d\u2019Ontario, les fonctionnaires civils Samuel Genest et Alphonse Charron, M.l\u2019abbé Onésme Lalonde, vicaire à la cathédrale d\u2019Ottawa, M.Onésime Guibord, de Clarence Creek, le R.P.H.-H.Thériault, O.P., d'Ottawa.Le R.P.Charlebois fut l\u2019animateur et la cheville ouvrière du groupe.Dès la première réunion, il fit écarter la formule d'un hebdomadaire et accepter celle d'un quotidien.Les événe- ments allaient vite.Dès novembre 1912, le Syndicat d\u2019ceuvres sociales, société éditrice du futur quotidien, était fondé.M.Onésine Guibord, de Clarence Creek, en devint le président.M.Olivier Dion, d'Ottawa, le secré- taire: MM.Alfred Goulet, d'Ottawa, François-Xavier Giroux, de Rockland, et Aldéric Charpen- torités provinciales avaient ordonnée sur les accusations principalement de catholiques de tier, d'Ottawa, les directeurs provisoires.Le DROIT paraît Dans un humble local de la rue York.le 27 mars 1913, à une heure tardive de l'après-midi sortait le premier numéro du quotidien, modeste journal de six pages, attendu avec impatience par tous les amis de la résistance française en Ontario.Une grand-messe avait été chantée la veille pour implorer les faveurs du Ciel et Mgr J.-O.Rou- thier, administrateur du diocèse d\u2019Ottawa, avait béni les locaux, en présence d'un nombreux clergé régulier et séculier et d\u2019un groupe d\u2019amis de la cause scolaire franco-ontarienne.Le Droit: tel était le nom du nouveau journal.A lui seul, ce mot évoquait tout un programme d'action.On avait choisi cette appellation symbolique, parce que le nouveau quotidien naissait principalement de la préoccuga- tion de défendre le droit des pères de famille franco-ontariens à faire donner à leurs enfants l'éducation de leur choix: une éducation catholique et francaise.Sa présentation typographique était encore imparfaite, mais il arborait avec fierté sa devise comme un drapeau, point de ralliement: \u201cL'avenir est à ceux qui luttent\u201d.Par ce mot d\u2019ordre, il affirmait sa détermination de résister aux anglicisateurs, quels qu\u2019ils fussent.Ceux qui voyaient d\u2019un mauvais oeil la naissance de ce quotidien l\u2019accueillirent avec ironie et ne lui donnaient pas plus d\u2019un mois de vie.Après deux semaines, la caisse était déjà vide.Le R.P.Charlebois, qui devait dans la suite assumer la direction du journal, sollicita de I'aide en Ontario et dans le Québec.Des Oblats se firent les propagandistes du Droit.Les RR.PP, Charlebois Lortie, Joyal et Ver- reault parcourèrent les campagnes et ramassèrent des abonne- (Suite à fa -page 14) LANE 4 LE DROIT PAGE 4 Les caractères généraux de la politique du Droit Journal d'idée et de combat \u2014 Défense et rayonnement des principes catholiques dans tous les domaines \u2014 Au service de l'Ontario et du Canada français \u2014 Revendication d\u2019une politique essentiellement canadienne \u2014 Indépendance des partis politiques \u2014 Interprétation du Canada catholique et français dans la capitale et place de choix aux grands problèmes canadiens et internationaux par Gilles ANDRE Notre jourxal est principalement né de la volonté de défendre le droit des pères de famille franco-ontariens à faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs aspirations françaises et catholiques.Mais ce n\u2019était pas là son unique but.Le groupe d\u2019idées que le Droit a soutenues au cours de ses quarante ans d\u2019existence et qu\u2019il continue d\u2019exposer est contenu de facon explicite ou implicite dans le prémier article de fond publié le 27 mars 1913 sous le titre: \u201cNotre programme\u201d ou s'est développé dans la suite en conformité de ces directives générales selon les circonstances dans lesquelles notre journal a vécu.\u201cNotre programme\u201d \u201cOn ne cite pas souvent cet article.Nombreux aussi sont ceux qui ne l'ont jamais lu.Dans un numéro spécial qui se pique d\u2019é- tre un documentaire, il convient de reproduire ce texte indispensable pour qui veut connaître la pensée traditionnelle du Droit.Notre journal écrivait donc le 27 mars 1913 dans son premier numéro: \u201cIl faut, pour guérir les maux de notre temps, employer des moyens appropriés à ses habitudes.C\u2019est pourquoi aux écrits opposons les écrits; aux erreurs propagées ça et là, la vérité, aux journaux dont l'influence pernicieuse se fait sentir tous les jours, au moins le bon journal: mettre de côté semblables moyens, c\u2019est se condamner à n\u2019avoir aucune influence sur le peuple et ne rien comprendre au caractère de son temps\u201d.(Pie X à J\u2019Archevêque de Québec, 2 juin 1907).\u201cCes enseignements du Souverain Pontife, répétés à plusieurs reprises depuis 1907 et formulés récemment d\u2019une manière plus explicite encore aux évêques d'Italie, forment tout un programme pour le monde catholique et s\u2019appliquent tout aussi bien au domaine national qu\u2019aux principes religieux.\u201cC\u2019est avec le journal que, de nos jours, on renverse les gouvernements et que l\u2019on consolide les empires.C'est par lui que l\u2019on façonne l'opinion publique et que l'on sème dans les peuples les idées bonnes ou mauvaises.Le journal, c\u2019est l\u2019arme invincible des minorités; il détruit les préjugés les plus enracinés, il donne de la cohésion aux efforts des faibles en groupant mieux leurs énergies; il arrête les ambitions des despotes en dévoilant leurs intrigues.\u2018Malgré ses inévitables défauts, le journal est donc une nécessité et un devoir des temps présents.Au milieu d\u2019un monde où les timides ont toujours tort et où les neutres ne comptent pas, il faut prendre les meilleurs moyens de faire triompher nos croyances et nos légitimes aspirations; il faut savoir profiter des armes que la Providence nous donne.Et, comme le dit le Père Palau, S.J., si l\u2019on ne se résigne pas à lutter pour le règne du bien, on devra se résigner au despotisme du mal.\u201cC\u2019est à cause de ces considérations qu\u2019un groupe important de Canadiens français d\u2019Ontario ont jugé opportun de fonder le \u201cSyndicat d\u2019oeuvres sociales\u201d.\u201cVu la situation pénible faite aux écoles catholiques françaises de notre province, les directeurs du \u201cSyndicat\u201d ont pensé que leur premier devoir était de publier un journal quotidien afin de mieux renseigner notre peuple et de prouver à nos adversaires que nous entendons lutter jusqu\u2019au bout et avec des armes loyales.\u201cNous avons déjà, dans la prevince, des journaux de langue française qui nous ont rendu des services signalés; les amis de la bonne cause leur savent gré de leurs efforts.Mais, quand l\u2019avenir d\u2019un demi-million de Canadiens français est en jeu, il n'est pas permis de négliger les moyens de lutte.Et quelle meilleure arme qu\u2019un journal, surtout un journal quotidien qui soit avant tout et par-dessus tout au service de la religion catholique, de la lahgue française et du droit égal pour tous.\u201cC\u2019est là notre programme.\u201cEn politique, le Droit ne se ra pas un journal partisan, mais il suivra les débats de près au gouvernement fédéral, dans les provinces, aux conseils municipaux et dans les commissions scolaires.\u201cDans les questions où des principes catholiques seront en jeu, notre journal se fera un devoir de les défendre envers et contre tout, mais, dans les questions libres, il donnera les idées des chefs d\u2019une manière tout à fait impartiale.\u201cLe Droit, pas plus que le \u201cSyndicat d'oeuvres sociales\u201d, ne veut faire la guerre à personne, sinon au mal au despotisme, à la veulerie, aux trahisons.\u201cIl ne réclame aucun privilège mais il luttera sans trève ni merci pour le respect et la liberté du bien\u2019 et des droits légitimes.\u201cM a foi dans le \u201cBritish fair play\u201d que les Canadiens français ont appris à connai- tre et dont les vrais Anglais sont justement si fier.\u201d Journal d\u2019idée et de combat Ce premier article de fond met en relief presque tous les caractères généraux de la politique de notre journal.Le Dreit est d\u2019abord un journal d'idée et de combat.Chez lui, l'organisation matérielle ne domine point, mais elle est mise au service de la pensée et de l\u2019action spirituelle du journal.Jamais certes le Droit n\u2019a pensé qu\u2019il possédait le monopole de la vérité, mais il a toujours cru qu\u2019il devait d\u2019abord défendre de toutes ses forces ce qu\u2019il jugeait être la vérité.Selon les circonstances, il a varié ses tactiques.Tantôt il a reconnu nécessaire d\u2019attaquer de front l\u2019adversaire, tantôt il a estimé préférable de contourner \u2026l\u2019obstacle.Quelles que soient les méthodes auxquelles il a eu recours, il a combattu sans trèse et avec fermeté pour le triomphe de la pensée catholique et française.Catholique d\u2019abord Par-dessus tout, le Droit se consacre à la défense et au rayonnement des principes chrétiens et de l'Eglise catholique.Ce n\u2019est pas tout de défendre le catholicisme dans son dogme, sa morale, ses oeuvres, sa conception de l'homme, de la famille, de l\u2019Etat, de la société civile et de la collectivité internationale.Il faut encore en assurer le rayonnement par la restauration d\u2019un ordre chrétien dans l\u2019homme, la famille, l\u2019Etat, la société civile et la communauté internationale.Notre journal est un journal catholique ni de droite ni de gauche.Il se contente d\u2019être tout simplement catholique avec le Pape et les évêques.C\u2019est pourquoi il a toujours manifesté une entière soumission à leurs directives et une profonde dévotion à leurs personnes.Tel est le deuxième caractère général de la politique du Droit.Notre héritage francais En troisième lieu, notre journal s\u2019est donné pour mission particulière de veiller sur les intérêts culturels, linguistiques, scolaires, sociaux, économiques et politiques d\u2019abord de l\u2019Ontario français, puis du Canada français, au sein de la Confédération canadienne.Historiquement la défense de la pensée française a porté au début sur l\u2019école.Les luttes épiques, que notre journal a soutenues pendant la première partie de son existence, ont identifié son nom avec la survivance des écoles séparées bilingues en Ontario.L\u2019ère des grandes batailles est révolue.Mais, depuis la révocation du règlement XVII en 1927, la nécessité de pratiquer la vigilance n\u2019a pas été moins grande jusqu\u2019à nos jours pour déjouer les attaques sournoises ou réclamer l'égalité de traitement financier avec les écoles publiques.Le Droit monte toujours la garde autour des écoles franco-ontariennes.- Une politique canadienne Il est un quatrième caractère général de la politique du Droit.Le premier article de fond, publié le 27 mars 1913, n'en parle pas expressément, miais ce caractère apparaît à chaque page de notre journal: le Dreit s'est fait le champion d\u2019une politique canadienne tant sur le plan inté- rieur que sur le plan extérieur.En d'autres termes, notre journal n'a jamais cessé de réclamer l'application intégrale de la lettre aussi bien que de l\u2019esprit de la Constitution et l'exercice entier de la souveraineté canadienne.nee Le Canada, à nos veux, es un pays édifié par les races française et anglaise et, au sein de la Confédération, l'une et l\u2019autre possédent les mêmes droits et doivent être traitées sur un pied d\u2019égalité.Il est également, selon les paroles d'un des nos ancien gouverneur genéral, lord Tweedsmulr, \u201cune nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bre- tagne, ou des Etats-Unis, ou de qui que ce soit d'autre, l'attitude qu'il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d'un Canadien n\u2019est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent un mauvais service au Commonwealth.\u201d Indépendant des partis politiques Ce triple caractère, catholique français et canadien, en suppose un autre: l'indépendance en politique.Voilà une attitude d\u2019esprit fort mal comprise d\u2019un grand nombre de personnes.Etre indépendant, selon elles, c'est garder le silence, n\u2019exprimer aucune opinion ou, si on le fait, la coucher en des termes si généraux que chaque lecteur puisse l\u2019interpréter selon ses intérêts, ne jamais prendre parti pour qui que ce soit.Il ne faut pas confondre l'indépendance avec la neutralité et l\u2019indifférence.Le journal indépendant n\u2019est pas celui qui refuse de penser, d'exprimer ses opinions, de s\u2019intéresser à la politique, mais celui qui, conservant l'entière liberté de ses actes, juge les évé- nements, les hommes et les questions publiques en se plaçant au point de vue du bien commun et des sains principes.Faire un quotidien digne de la capitale Unique quotidien français de la capitale canadienne, le Droit doit maintenant tenir compte de sa situation géographique beaucoup plus que par le passé, sans négliger la défense de la minorité franco-ontarienne et de la région québécoise de Hull.Siège du Parlement et du Gouvernement canadien, Ottawa, en effet, est le centre de l\u2019activité politique et diplomatique au pays.Ici, au coeur de la nation, les deux grandes races composantes du Canada se rencontrent.La capitale représente, en quelque sorte, lg pays en miniature.L'importance croissante du Canada au point de vue politique et diplomatique impose à l'unique quotidien français de la capitale l'obligation particulière de lui donner un journal français approprié au caractère d'Ottawa, (Suite à ka page 13) M.L.J.BILLY Le Conseil d'administration a société éditrice et propriétaire du Droit se nomme le Syndicat d'oeuvres Sociales, Ltée.Depuis sa formation en 1912, son Con seil d\u2019administration a compté cinq présidents.M.Onésime Guibord, de Clarence Creek, fut le premier et en remplit les fonctions de 1912 à 1916.Ancien député de Russell à la législature ontarienne de 1898 à 1905, un des organisateurs du grand congrès franco-ontarien de 1910 et des fondateurs de l'Association canadienne-françai- se d'Education d\u2019Ontario, il participa également à la création du Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, et au lancement du journal.Le deuxième président du Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, a été le docteur Emile-Maurice Lambert, un des médecins les plus distingués d'Ottawa.Il assuma cette charge en 1916, mais, dès l'année suivante, les exigences de sa nombreuse clientèle l'obligeaient à démissionner.M, Joseph Goulet, homme d'affaires d'Ottawa, succéda au Dr Lambert.Nommé président du Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, en 1918, il occupa ce poste jusqu'en 1920, bien qu\u2019il devint gérant du journal en 1919.Le quatrième président du Syndicat fut M.Esdras Terrien, fonctionnaire civil.Il fut élu en 1921.Ancien trésorier général de l'Association de ia jeunesse canadienne-française et ancien secrétaire général de la Société Saint-Jean-Baptiste d\u2019Ottawa, il était également membre de l'Association canadienne - française d'Education d'Ontario et un des directeurs du Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, depuis plusieurs années, lorsqu'il accéda à ce pos te.M.Terrien demeura, sans interruption, à la présidence jusqu'à sa retraite au début de 1947.Depuis, M.L.-J.Billy, homme d'affaires d'Ottawa et gérant de la Caisse populaire Notre-Dame d'Ottawa, est président du Syndicat.Les autres membres actuels du Conseil d'administration sont: M.Wilfrid Carr, vice-président du Syndicat et gérant des National Groceries, d'Ottawa; M.Paul Bonhomme, homme d'affaires et maire de Papineauville; M.Thomas Moncion, marchand de Hull; M.Rodolphe Guibord, fonctionnaire civil à la retraite, d'Ottawa.Me Jean-Charles Aubin remplit les fonctions de secrétaire du Conseil d\u2019administration et l\u2019avocat-conseil est Me Gaston Vincent, C.R.pe TR et, rans ig IERIE SH Rb of ps a \" rs ap Be To Ie À Pas Li Te wit 2 F4 à a SAMEDI, 10 OCTOBRE 1953 LE DROIT PAGE 5 \u201cLe Droit\u201d et question sociale; Par Claude DESROSIERS D'une revue d\u2019ensemble des écrits du Droit dans ce domaine depuis 1913, se dégagent certaines idées générales, que l'on peut considérer comme l'attitude du journal devant la question sociale, celle non seulement des masses ouvrières, mais de la société en général.Primauté des valeurs spirituelles Ce qui retient l'attention d'abord, c'est l\u2019accènt mis par le Droit sur la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles.Notre siècle a vu le plein épanouissement du matérialisme à outrance.Le communisme a çoncu la société humaine en fonction de la pre- duction et du planisme, sans aucun égard au spirituel.On peut adresser un reproche semblable au capitulisme, qui a eu tendance a sacrifier la personne humaine et ses besoins moraux et matériels aux normes de la productivité la pius intensive et à meilleur compte.I! était necessaire de rétablir la hiérarchie des valeurs en s\u2019inspirant de la doctrine catholique.L'homme doit pourvoir à la fois aux besoins matériels, intellectuels et surtout moraux et l\u2019économique doit l'aider à satisfaire aux exigences de sa personnalité et non pas à l\u2019en détourher.Le Droit a appuyé sur cz point.Il a certes lutté pour l'amelioration des conditions de travail de l'ouvrier, pour le salaire familial, pour le bon logement, pour la défense de la famille et des droits de l'individu.Mais il l'a toujours fait en fonction du plein épanouissement de la personnalité humaine.Cette préoccupation fondamentale s'est précisée autour de l'individu, de la famille, de la société individuelle et mondiale.Les droits de l\u2019homme Les droits de l\u2019homme découlent de sa nature à la fois matérielle et spirituelle et ils tendent à son plein épanouissement.Au cours des années, le Droit est revenu périodiquement sur ces droits humains.Il a réclamé, pour le Canadien, le droit d'entretenir et de développer sa vie corporelle et spirituelle; le droit à une formation et une éducation religieuse; le droit au cul- A A te Ma i.te de Dieu, privé et public; le droit en principe au mariage et à l'obtention de sa fin; le droit au travail comme moyen indispensable à l'entretien de la vie familiale; le droit au libre choix d'un état de vie; le droit à l'usage des biens matériels dans la conscience de ses propres devoirs et de ses limites sociales; le droit d\u2019association.Aux yeux de notre journal, l'exercice de ces droits fondamentaux suppose avant tout la pleine liberté religieuse et intellectuelle, ainsi que l'existence d\u2019une société bien organisée, politiquement, économiquement et spirituellement.L'action de la sociéte s'exerce avant tout sur les droits à la vie intellectuelle et religieuse.En notre période contemporaine, où les révolutions et le communisme ont enlevé aux hommes ces droits sacrés, nous sommes fréquemment revenus sur leur défense.Les droits au travail.a l'entretien de la famille et à l'usage des biens matériels relèvent surtout de la vie économique.Au cours de la dépression, cette question a retenu l'attention du journal, alors que le chômage était fort répandu et les salaires minimes.L'usage des bie fs matériels était donc en pratique refusé à un granc nombre.Le journal a réclamé avec ténacité la liberté du culte et de la formation religieuse et culturelle, conforme aux aspirations humaines.Il l'a fait à l'occasion des luttes scolaires en Ontario et dans les autres provinces, au cours de la persécution religieuse au Mexique, en Espagne et dans les pays satellites de la Russie.Quant au droit d\u2019association et à son prolongement, le corporatisme de professions et de métiers, le journal les a particulièrement appuyés au cours des années avant-guerre.Il a donné l'exemple en permettant la fondation de syndicats parmi ses employés.Ces derniers en font partie, gagnent des salaires raisonnables et bénéficient de bonnes conditions de travail.La Famille Le Droit a donné une attention particulière à la famille, EE ds ES Ati 5200 3 CRANE LY Le Centre catholique de l'Université d'Ottawa.dont les droits sont complémentaires de ceux de l'individu.Afin de permettre l\u2019épanouissement de la famille, notre journal a revendiqué un juste salaire pour le père de famille.Il a lutté contre la dangereuse propagande de la limitation des naissances, qui s\u2019était amplifiée particulièrement pendant la crise économique.Il a sans cesse dénoncé la pornographie, le mauvais cinéma et les autres propagandes, susceptibles de saper la famille.Depuis 1927 et surtout pendant la dernière guerre, le journal a prôné les allocations familiales pour suppléer aux petits salaires et encourager les familles nombreuses.Sur ce point, il a eu gain de cause.Maintenant, il considère l\u2019opportunité de rajuster ces allocations, en fonction de la dévaluation du dollar.La famille a le droit d\u2019éduquer.Elle doit former le corps, l\u2019intelligence et l\u2019âÂme de l\u2019enfant.Elle a le droit de mettre en oeuvre tous les moyens légitimes qui concourrent à ces fins et spécialement d\u2019entretenir des relations suivies de collaboration avec l\u2019école et de surveillance sur l\u2019école.Les campagnes scolaires du journal, qui font l\u2019objet d\u2019un article spécial, et l\u2019appui accordé aux associations de parents et d\u2019instituteurs, soulignent l\u2019intérêt apporté par jui à cé droit d\u2019éducation.Protéger la familte contre le mal La famille humaine mérite d\u2019ê- tre protégée contre les divers fléaux qui la menacent: spectacles licencieux, alcoolisme, tuberculose, taudis et divorces.En ces dernières années, le Droit a fait constamment la lutte à la pornographie et à l\u2019indécence.Rédacteurs et nouvellistes ont, par exemple, suivi de près l\u2019enqué- te sénatoriale sur la littérature obscène.Les nombreux articles du R.P.Paul Gay, S.S.Sp., ont touché avec justesse aux problèmes du mauvais cinéma et de la littérature malsaine Le Droit a lutté contre ia multiplication ces divorces.Qu'il hous suffise de mentionner ici les nombreux articles pour défendre l\u2019indissolubilité du lien matrimonial et pour combattre toutes les manoeuvres, telles que les cours provinciales de divor.nada i a ces, visant à augmenter le nombre des foyers brisés.La justice distributive doit assurer à la famille, cellule de base de notre société, une contrepartie à ses sacrifices, pour assurer le maintien de la nation.Aussi les impôts, les subventions, les allocations de vie chère doivent être nuancés en fonction des charges familiales.Les nombreux éditoriaux sur la politique d'imposition, au cours des récentes années, ont établi clairement l'attitude du journal sur cette question.Ainsi il réclame le relèvement de l\u2019exemption du père de famille de $2,000 à $3,000.Une société bien organisée Notre journal a réclamé enfin avec insistance, une société bien organisée, en fonction des besoins spirituels et matériels de la personne et de la famille.L\u2019Etat doit protéger la liberté de presse, de culte, d'association, de propriété.Il ne doit intervenir dans la gestion des biens culturels et économiques que dans une mesure modérée, afin de protéger les pauvres et les faibles contre l\u2019exploitation et pour protéger la vie intellectuelle et morale de la nation contre le crétinisme et l'immoralité.Le journal combat à la fois le socialisme qui met tout entre les mains de l\u2019Etat et le Libéralisme économique, qui conduit souvent à l\u2019exploitation du peuple par un petit groupe privilégié.IF a combattu le communisme athée, depuis l\u2019après- guerre de 1918.Il a intensifié le combat pendant la crise économique, la seconde - guerre mondiale et l'après-guerre de 1945.Les excès du libéralisme économique, surtout en évidence pendant la période de la dépression économique, ont fait l\u2019objet de nombreux éditoriaux.L\u2019emploi intensifié de la main- d\u2019oeuvre féminine, le travail dominical ont fait également l'objet de commentaires.Selon le journal, un régime d\u2019entreprise privée, tempéré par une réglementation gouvernementale à point et par la concurrence des coopératives, peut nous assurer un niveau de vie satisfaisant, sans nuire à nos droits personnels et familiaux.Le domaine irternational Le Droit est convaincu de la nécessité de l'entente et de la collaboration culturelle, sociale et économique entre les nations.Le journal a appuyé le travail de la Société des Nations et au- jourd\u2019hui celui des Nations Unies, malgré ses déficiences.Il a approuvé la parücipation ça- nadiennc aux plans d\u2019aide aux pays sous-développés tel que le plan Colombo.Les problémes sociaux ne manquent pas.Le Droit continuera à mener la lutte, pour l'établis- semeut d\u2019un ordre social juste et chrétien, au niveau de l\u2019individu, de la famille et de la société nationale et internationale.Gérants énéraux cé 2 \u201cDro { euf gérants se sont succédé à la direction financière et administrative du journal pendant ses quarante ans d\u2019existence.Par ordre chronologique, ce sont MM.C.-S.-O.Boudreault, Onésime Guibord, le R.P.A.Lortie, O.M.I., MM.Vitalis Brien, H.-Edmond Lemieux, Joseph Goulet, H-Edmond Lemieux, Roméo Quéry, Esdras Terrien et Auréle Gratton.M.Boudreault, imprimeur et ancien président général de la Saint - Jean - Baptiste d'Ottawa, avait été un des organisateurs du grand congrés national de 1910 dans la capitale et un des deux rapporteurs du projet de fondation d\u2019un journal en vue de défendre les intéréts des Franco- Ontariens.En tant que membre du congrès, il participa a la création de l'Association canadienne - française d' Education d\u2019Ontario et en devint le deuxième président.Il fut également un de ceux qui fondèrent le Droit.Sa durée d'office ainsi que celle de M.Guibord comme gérant furent courtes.On trouve ensuite à la gérance du journal le R.P.Lortie, O.M,I.Des 1913, il s'occupait a recueillir des abonnements.Il assuma les fonctions de gérant de 1914 à 1915.C\u2019est lui qui fit bâtir le premier édifice du Droit.Homme d'une grande activité, il réussit à vendre des obligations pour une valeur de près de $45,000.Son grand mérite a été d\u2019avoir sauvé le journal de sa première crise financière grave.En 1916, le Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, retenait les services de M.Vitalis Brien, de Montréal, mais celui-ci ne fit que passer.Dès 1917, il démissionnait.M.H.-Edmond Lemieux, directeur de la publicité, assuma par intérim la gérance jusqu'à ce que M.Joseph Goulet, alors président du Syndicat, accepta en 1919 le poste.A son tour, M.Goulet démissionnait en 1930.M.H.-Edmond Lemieux fut de nouveau appelé à combler l'intérim.En 1932, M.Edmond Cloutier, ancien secrétaire de I'Association canagien- ne-francaise d\u2019Education, accepta de conuire la barque financière du journal pendant les périlleuses années de la crise économique de 1930.En 1940, M.Cloutier démissionnait pour devenir Imprimeur du Roi.Depuis de nombreuses années trésorier du Syndicat et comptable en chef, M.Roméo Quéry succéda à M.Cloutier.En 1942, il passait à la chaîne des journaux de M.Jacob Nicol.Tout en continuant de demeurer président du Syndicat, M.Terrien assuma les fonctiors de gérant jusqu\u2019à la fin de 1946.En novembre de cette année-là, M.Aurèle Gratton, fonctionnaire civil, fut alors nommé gérant du Droit et, depuis, il en remplit les fone- tions.pr (en or eso LE DROIT SAMEDI, 10 OCTOBRE 1953 Rédacteurs en chef au \u201cDroit\u201d usqu'a présent, noire journal n\u2019a eu que quatre rédacteurs en chef.Ce sont MM.J.-A.Caron, J.-A.Foisy, Charles Gautier et Camille L'Heureux.M.Caron, qui fut le premier, exerça ses fonctions de 1913 à 1916.C'était un journaliste fran- co-américain, que le Syndicat d'oeuvres sociales, Ltée, société éditrice et propriétaire du Droit, avait engagé, dès décembre 1912, pour travailler à l\u2019organisation du nouveau journal.En février 1913, c\u2019est-à-dire quelques semaines avant la publication du premier numéro du journal, il fut nommé officiellement rédacteur en chef.M.Caron fut le premier employé du Droit.En 1916, M.J.-A.Foisy rem- placa M.Caron comme rédacteur en chef.Aprés avoir fait son cours classique au college Sain- te-Marie de Monnoir, il s\u2019était rendu aux Etats-Unis où il embrassa la carrière de journaliste et connut M.Caron.C\u2019est de là qu'il vint au Droit.De 1914 à 1916, il remplit les fonctions de chef de l\u2019information, alors qu\u2019il succéda à M.Caron, qui continua à demeurer à l\u2019emploi du journal.Il le quittait en 1920 pour entrer au service de l\u2019Action catholique, de Québec et d3 là se rendre à la Sentinelle de Woonsocket, Rhode-Island, aux Etats-Unis.Le troisième rédacteur en chef du Droit fut M.Charles Gautier.Celui-ci remplit le poste d\u2019abord temporairement et, en 1921, il y était officiellement nommé.M.Gautier avait débuté au Droit comme correcteur d\u2019épreuves avec le mois d\u2019avril 1913.Par la suite, il devint chef de Yinfor- mation et courriériste parlementaire.De 1920 à 1947, il fut rédacteur en chef, alors qu\u2019on le promut directeur de la rédaction.Il démissionnait en 1948 et entrait au Service fédéral de la traduction.M.Camille L'Heureux est l'actuel rédacteur en chef.Arrivé au Droit en mai 1928, il fut successivement attaché à la rédaction d'Ottawa et de Hull, avant de devenir en 1937 courriériste parlementaire.Il occupa ce poste jusqu\u2019en 1947.Cette année-là, il fut nommé rédacteur en chef.A l'heure présente, le personnel de la rédaction se compose de M.Clément Brown, rédacteur en chef adjoint et courriériste parlementaire, à l'emploi du Droit depuis janvier 1953; de M.Claude Desrosiers qui, apres quelques années comme reporter, assuma les fonctions de rédacteur; de M.Victor Barrette, attaché à la rédaction depuis son arrivée au journal en 1922.De nombreux rédacteurs ont passé par notre journal.M.Germain Brière est devenu rédacteur en chef du Front ouvrier, de Montréal, M.Georges-Henri Da- gneau, directeur et rédacteur en chef du Progrès du Saguenay à Chicoutimi; M.Léopold Richer, directeur de l'hebdomadaire Notre Temps.Au service de la pensée catholique et française Par Victor BARRETTE 1910, douze cents délégués franco-ontariens à Ottawa.1912, 1915, douze cents élèves des écoles bilingues paradent dans les rues de la capitale.La menace de 1910 a fait l\u2019union, le règlement XV, défavorable à l\u2019enseignement du français, le règlement XVII, tueur du français dans les classes de 3e en montant, firent l'unité.L\u2019attaque et les coups étaient trop directs.C\u2019est à l'âme française qu\u2019en voulaient nos adversaires.Pour nous, cette âme française parlait par notre langue maternelle, qui, elle, pensait en catholique.L\u2019oublièrent, certains co- réligionnaires qui firent cause commune avec les ennemis de notre foi.Nous étions trahis au dedans et frappés au dehors.Double malheureux sort pour une minorité, qui n\u2019avait eu à recevoir aucun reproche pour sa vie paisible, son respect des lois, son amour de la justice et de la tranquillité.Depuis 1910, nous avions l\u2019Association canadienne - francaise d\u2019Education d\u2019Ontario, un état- major, animé de vaillance, sans nerf de guerre, hélas! Plus encore a plaindre, parce que sans voix.On pensa a un journal, l\u2019arme naturelle de toute défense de l\u2019esprit et des droits.On se contentait difficilement d\u2019un hebdomadaire d\u2019avenir douteux, et du puissance trop courte.Cependant, la guerre nous était déclarée dans tous les secteurs de la province, et nous avions à combattre des alliances étranges: celles de la croix et de l\u2019équerre.Les nôtres, dispersés par toute l\u2019immense province, voulaient et devaient sans cesse se consulter, accepter des ordres qui tardaient trop.Chaque jour, revenait l'attaque.Pourquoi n\u2019y pas répondre, le jour même?Ainsi pensaient le Père Charles Charlebois, Oblat de Marie-Immaculée, curé de la paroisse Sainte-Famille à Otta- wa-Est, et l\u2019abbé J.-C.Raymond, jeune curé de The Brook, le futur Bourget: deux hommes d'une énergie qui ne faiblira jamais.Ici, nous mettons à part le nom du religieux Oblat, connu familièrement par les nôtres sous le nom de Père Charles.C'est bien au Père Charles que nous devons le journal quotidien .franco-ontarien.Il l\u2019a désiré, exalté, en toutes les réunions de l'Association comme au Scolasticat Saint-Joseph, où existait un cercle de Bonne Presse.Le nom de journal Le Droit, choisi entre plusieurs autres, a été proposé par un autre grand serviteur de la cause française, le R.P.Artbur Joyal, qui sera le successeur à l'Association du Père Charles.Une autre page rendra justice à la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, co-fondatrice et bienfaitrice émérite du Droit.La fondation Et le Droit parut le 27 mars 1913, nos adversaires de toutes couleurs n'en croyant pas leurs yeas.11 affichait fiérement son progranime, seul ornement, a dire vrai, de ses quatre petites pages.Quelques félicitations.Beaucoup d'inquiétude sur le sort de ce nouveau-né, trop pauvre, trop téméraire.Dans le camp opposé, on ne sait comment l\u2019accueillir, en l\u2019étouffant sous la moquerie, ou en le tuant sans pitié.Mais l'enfant disait dès ses premiers mots: \u201cIl faut, pour guérir les maux de notre temps, employer des moyens appropriés à ses habitudes\u201d.C\u2019étaient des paroles empruntées à Pie X.Suivait un alinéa qui éveilla davantage l\u2019attention des deux côtés de la barricade: \u201cVu la situation pénible faite à nos écoles catholiques françaises de notre province, les directeurs du Syndicat (d\u2019Oeuvres sociales, pour l\u2019appeler par son nom d\u2019affaires, et lanceurs de la plus hardie des entreprises de langue francaise a cette époque et depuis.) ont pensé que leur premier devoir était de publier un journal quotidien, afin de mieux renseigner notre peuple et de prouver a nos adversaires que nous entendons lutter jusqu\u2019au bout.et avec des armes loyales\u201d.Et sans tarder, le Droit commence le service de nouvelles scolaires.Premier moyen de jouer son rôle, tel qu\u2019indiqué plus haut: Renseigner notre peuple.Puis, l'article de rédaction annonçait une opinion juridique sur les écoles séparées (texte de l\u2019hon.N.-A.Belcourt).Et Pierre Du Pont, un nom de guerre, c\u2019est évident, fait l'historique de nos écoles bilingues.Le Droit va se battre, puisque c\u2019est indispensable, mais à visières levées, conduite loyale que l'adversaire n\u2019osera pas imiter.Le ton des premiers jours est nerveux; c\u2019est celui d\u2019une minorité qui souffre.Il le demeurera plusieurs années, à cause de la situation générale des nôtres: affaires des écoles d'Ottawa, affaires du double inspectorat, affaires des Règlements XV et XVII, affaires d\u2019attaques incessantes contre la province fran- caise surtout lors de l\u2019application brutale de la conscription, affaires des commissaires de Green Valley, affaires de l'école de Jeanne d\u2019Are de Pembroke, et de tout ce qui leur ressemble.Il faudra aussi porter la guerre pour obtenir plus de respect dans les ministères, dénoncer au besoin les soviets de fonctionnaires, et ne jamais arréter la lutte pour le francais dans les services publics.Tout a ces soins déja périlleux, le Droit risquera souvent de périr lui-même.Car il est pauvre, il sera longtemps besogneux, et si la Providence.La Providence est venue par toutes sortes de secours, qui ressemblent a des miracles.Une page de toute beauté à écrire, à nos noces d\u2019or.Dès son premier numéro, ce Benjamin de la presse catholique et nationale prenait figure de David contre les Goliath sur le trône et dans les coulisses.Humainement, il devait mourir après avoir lancé le premier cri contre les monstres de l'heure.Ne l'oublions pas: le voici en sa 40e année, en pleine force adulte, mais infatigable de vigilance et de Tiposte.On peut dire qu'en sa laborieuse ou glorieuse existence, il fut nécessaire aux nôtres de jour en jour.La minorité toute aux tranchées avait besoin d'entendre.à l'heure H., la parole des chefs: Belcourt, Landry, surtout, l\u2019'homme des plus durs combats.Il fallait aussi refaire ses énergies par l\u2019exemple de soldats de la cause sur tous les fronts onta- riens.Il fallait de toute urgence déjouer des projets, se méfier de faux frères, rallier sans cesse la masse autour du drapeau commun: la langue qui garde notre foi.L'Ecole française Voilà pourquoi le Droit se fit le clairon de la lutte, l'avocat de nos droits, le mainteneur de la résistance.Il fut la voix de la minorité en péril.A Green Valley, nous sommes allés pour confirmer le droit des héroïques commissaires, qui durent passer par la prison.Par toute la province.noue étions avec les parents gardant leurs écoles contre la venue de l'inspecteur protestant, et avec les milliers d\u2019enfants qui sautaient plutôt par les fenêtres, plutôt que de recevoir des ordres d\u2019un ennemi officiel de notre religion et de notre par- lure.Nous étions avec les braves pères et mères de famille de Pembroke, et nous les avons loués de leurs immenses sacrifices, comme nous les félicitons aujourd\u2019hui de leur victoire.Avec tous ceux qui rejetaient le Règlement XVII, avec ceux qui n'admettaient pas l'injustice des doubles taxes, avec ceux qui regardent comme un péril mortel tout enseignement neutre, le Droit s\u2019est tenu tous les jours, au premier rang.Que de paroisses, que de commissions scolaires lui doivent l\u2019aide prévenante, qüotidienne et suprême ! Et ce n'est pas seulement dans l\u2019ordre scolaire, que notre journal a poursuivi sa mission d'honneur.Comme il réclame des écoles qui nous appartiennent, il a revendiqué les droits et privilèges de l'Université d\u2019Ottavwa.Il sera là à la fondation de l'Ecole de pédagogie, aujour- d'hui notre Ecole normale, comme il était partout où il fallait peiner pour faire disparaître (Suite a la page 7) SAMEDI, 10 OCTOBRE 1953 LE DROIT PAGE 7 Pour l'Eglise et nos écoles (Suite de la page 6) d'insuffisantes écoles da formation pédagogique.Ne fut-il pas aussi du progrès et de la multiplication de nos écoles secondaires, des cinquièmes cours, et le collaborateur dynamique de nos concours de français, des institutions de bourses et de prêts d'honneur, de congrès de toutes sortes, de fondations d\u2019uniors pédagogiques, et surtout de nouveaux districts d\u2019inspectorat.Avec quel ténacité s\u2019est-il battu contre des manuels déformants et pour l'adoption d\u2019un programme d\u2019études de mieux en mieux s\u2019adaptant à notre mentalité française et catholique ! Ce travail est parfois le moins apparent.Mais comme il est précieux pour une minorité, dont la force suprême se centre dans le développement normal et harmonieux de son âme nationale.Tel groupe des nôtres est demeuré français, s\u2019est même gagné un clocher français, un pasteur français, des écoles françaises, une vie française libre et prospère, qui n\u2019aurait joui d\u2019aucun de ces avantages essentiels si, de semaine en semaine, le Droit n\u2019avait multiplié la voix des chefs, soutenu leur pensée, excité même leur courage, applaudi à toutes leurs initiatives comme à ceux des groupes modestes en nombre, mais fiers d'esprit et vaillants de coeur.L'esprit français Toujours au service de la langue et de la pensée françaises, le Droit semble avoir agrandi le domaine de nos ambitions, suscité et montré des royaumes nouveaux à l\u2019esprit d\u2019entreprise canadien-français.Qui pourrait, sans briser les cadres de cet article, énumérer les mouvements dont il demeure l\u2019inspirateur désintéressé, l'infatigable apôtre, le plus puissant et le plus économique et social ou dans l\u2019ordre culturel, votre journal n\u2019a ménagé ni ses rubriques ni le temps de ses rédacteurs et collaborateurs.Si la conquête de Le R.P.Gabriel Sarrazin, 0.M.1.Le R- P.Gabriel Sarra- zin, O.M.I,, a été à l\u2019emploi du Droit de 1929 à 1933.Arrivé en qualité d\u2019adjoint au R.P.Charles Charle- bois, O.M.I, directeur du journal, il lui succéda en août 1930, à la retraite de ce dernier.En juillet 1933, ii se retirait à son tour et M.Edmond Cloutier, devenu gérant depuis octobre 1932, assumait la direction matérielle, tandis que M.Charles Gautier, rédacteur en chef, la direction intellectuelle du Droit.Au cours de son séjour au journal, le R.P.Sarrazin eut la lourde tiche de consolider ses finances qui, au début de la crise économique de 1930, subissaient, comme tant d'entreprises, les effets de la dépression.beau français, du français authentique clair et limpide, pur de tout alliage, habile à rendre nos pensées les plus profondes ou les plus subtiles, celles de l\u2019esprit, du coeur et de l'âme, de la conscience héritée et personnelle à un peuple homogène, et en ces opérations, inégalable.À la défense intégrale du plus merveilleux des instruments d\u2019expression, vous le voyez, d\u2019année en année, affirmer les droits de la langue française, non seulement à cause de ses services historiques, de sa valeur civilisatrice, mais de ce qu\u2019elle peut pour l\u2019enchantement des esprits supérieurs par toutes les manifestations d\u2019école permanente de beauté.Nous voici à une époque où l\u2019un des devoirs les plus graves et les plus honorables est de servir la culture.Comme toujours, nous croyons que l'étude d\u2019une langue qui est née de deux splendeurs humaines, telles Ia langue grecque, langue de pensée, la langue latine, langue d'ordre, la première ordonnée aux jeux de l'intelligence et du savoir, la seconde à ceux de la volonté et de l\u2019action, nous croyons que cette année, à l\u2019intérieur même de notre vieille parlure, nous ouvrira les portes radieuses de l'avenir.Gardant les mots de la langue des anciens et l\u2019esprit tendu dans la liberté à l\u2019expression plus complète et plus attrayante de notre âme nationale, rous combattrons avec encore plus AAANAAAAAAAAANAAAA VWAAAAVAAAAAAAAAA l\u2019école bilingue semble aux trois- quarts achevée, il reste toutefois un champ d'action où, avec ses moyens ordinaires, le Droit veut exceller, et c\u2019est, d\u2019un mot, en tout ce qui peut aider à la formation supérieure de l\u2019esprit français aussi bien que de la langue francaise.C\u2019est-a-dire, de sa part, un apostolat post-scolai- re, en quelque sorte, sur-fami- lial ou intra-familial.Ou, ce qu\u2019il a poursuivi depuis huit lustres: au service du Canada.Climat un, climat ambitieux, climat conquérant, dans la justice, l'équité, la paix.Ce qui précède montre que le Droit s\u2019est battu par nécessité, \u2018mais avec plus de détermination de travailler pour la paix dans l'ordre national que pour le plaisir de croiser le fer, surtout avec des frères par la communion, comme il fut obligé de s\u2019y donner à des heures des coalitions scandaleuses.L'histoire, nous en sommes sûr, ne pourra absoudre d\u2019un seul trait les alliances qui mettaient en danger de mort notre foi aussi bien que notre langue.Que Dieu soit béni, qui permet aujourd'hui quelque repos sous un ciel plus serein ! L'action religieuse \u2014 Il faudrait ici dire un mot de l\u2019action religieuse du Droit, travail digne d\u2019une plume ecclésiastique.Ce que nous pouvons affirmer, c\u2019est qu\u2019en toutes nos luttes le souci religieux, le souci catholique, a prédominé.Nous n'avons jamais voulu et nous ne voudrons jamais être Français du Canada sans être en même temps toujours dignes de nous appeler les fils ainés de l'Eglise en ce continent nord- américain.Voilà pourquoi, à l\u2019histoire du Droit, ce sera simple justice d\u2019ajouter le chapitre de ses services d\u2019ordre spirituel pour le règne de Dieu.Terminons ces lignes par quelques souvenirs et quelques principes: Le Droit est né en pleine persécution scolaire, et pour lui, comme pour les Franco-Onta- riens, à perdre nos écoles, nous risquions de perdre en une ou deux générations la formation catholique indispensable.Qui nous frappait, frappait la chaire et l\u2019autel de nos églises.Les uns l'ont fait, comme sans y songer, ne nous connaissant pas; les autres savaient très bien que d\u2019un catholique, sans préparation scolaire, hors de son milieu, livré à une langue seconde qui est malheureusement chargée de quatre siècles d\u2019erreurs doctrinales et de faussetés historiques, on peut faire facilement, un indifférent, un athée ou un apostat.Cela, dans la péninsule d\u2019Essex, dans le nord de la province, & Pembroke, comme à Green Valley, nous ne lavons pas voulu.Souvent d\u2019inspiration du Droit, les flots d\u2019éloquence couvrirent les eaux du Saint.Laurent, des Grands Lacs ou de l\u2019Outaouais, des cris demandant justice et toujours justice passèrent frontières, grâce, toujours, à lardent medium de revendications nationales qu\u2019était le journal infatigablement fidète à sa mission.Fidèle à son passé Le Droit n'a pas changé, il ne changera pas.Il ne le veut pas.Aujourd'hui, il se donne tout entier à la conservation du d\u2019ardeur que par le passé à obtenir, par toute la province, la réponse d\u2019une majorité qui ne peut demeurer à jamais insensible à la clarté de nos vou- loirs, à l\u2019équité de nos réclamations, à l\u2019aisance et au charme de notre génie national.Qui tient sa langue, tient les clefs de son âme nationale.Mais qui embellit sa langue, son parler, sa littérature, semble appeler sur son peuple la reconnaissance de son droit de vivre plus libre et de préparer sous un soleil plus radieux le plein épanouissement de ses facultés.Le Droit vit de nos jours de cet idéal.Il n\u2019abandonnera jamais la conquête obligatoire de nos droits de peuple minoritaire, mais quoi qu\u2019on fasse, premier-né.Il n\u2019entend pas tolérer l\u2019intolérable ou pactiser avec l\u2019iniquité.Il maintiendra coûte que coûte le climat de fierté qu\u2019it a créé dans sa grande famille depuis quarante ans.Mais voici qu\u2019il multiplie, avec une intensité nouvelle, ses services pour que nos enfants puisse avoir \u2018accès à plus de culture.Il rappellera à ce propos que les obligations patriotiques envers le français à tous les stages de -la vie étudiante ne peuvent être oubliées, fût-ce une seule heure.Il ajoutera que plus que jamais nous ne serons victorieux de l\u2019ambiance neutre et protestante où nous étouffons parfois, qu\u2019en demeurant fidèles à ce qui nous tient unis et déterminés à ne rien céder et à obtenir tout ce qui est équitable.Enfin, il redira la prodigieuse leçon du passé: la langue maternelle nous a, dans la pratique, conservés À nos croyances religieuses: nous demeurons catholiques, dans la .mesure où nous vivons et, plus encore, où Rous nous DbLattons en français pour demeurer français.Une paroisse française, quand nous la gardons telle, est une forteresse de vie catholique.Depuis 1760, c\u2019est ce qui explique et justifie notre survivance.Leçon de salut, indéniable; leçon de salut, toute en lumière, que veut reprendre le Droit, comme le veulent encore les âmes de ses fondateurs, dont aucun n\u2019aurait à rougir de son passé, pas plus que de son présent, au service de Dieu, de l\u2019Eglise, de la Patrie, des minorités souffrantes, de la liberté pour tous excepté pour le mal et le mensonge.Lui qui a lutté sans trêve pour tant de causes justes, accordons-lui la joie de songer déjà à un GLORIEUX CINQUANTENAIRE.Victor BARRETTE Les cheïs de l'information au \u201cDroit\u201d C\u2019est à l'information que les chefs ont changé le plus souvent.En quarante ans, il y en eut quatorze.A M.Moïse Lavoie revient l\u2019honneur d\u2019avoir été le premier.Il passa presque aussitôt au Service fédéral de la traduction.Dès 1913, M.Charles Gagné lui succédait.Puis ce fut M.Albert Carle, de 1913 a 1914, et M.J.-A.Foisy, de 1914 à 1916.M.Carle assuma de nouveau les fonctions de 1916 à 1917.L\u2019un après l\u2019autre, en 1918, M.Thomas Poulin, qui devait dans la suite passer à l\u2019Action catholique, de Québêc, M.Charles Gauder, le futur rédacteur en chef du Droit, et M.J.-A.Olivier, occupérent le poste.En 1919, c\u2019était M.Donat Ka- vanagh, devenu par la suite chef de l'information à la Patrie, de Montréal; en 1920, M- Edgar Boutet, aujourd\u2019hui greffier adjoint à l\u2019Assemblée législative de Québec, et, en 1921, M.J.-A.Caron.Pendant ses huit premières années d'existence, le journal eut donc au moins dix chefs de l'information.Avec l\u2019arrivée de M.Emile Boucher en 1921, la situation se stabilisa.M.Boucher remplit le poste jusqu\u2019en 1938, alors qu\u2019il passa au Service fédéral de la traduction.Aujourd\u2019hui, il est traducteur en chef du Bureau fédéral de la Statistique.Puis les chefs de l\u2019information commencèrent à se succéder, mais un peu moins rapidement * qu\u2019au début du Droit.M.Augustin Potvin remplaça M.Boucher en 1938 jusqu\u2019en 1941.M.Camille Hudon devint alors chef de l'information.Il occupa ce poste jusqu\u2019en 1947.MM.Potvin et Huden font aujourd\u2019hui partie du Service fédéral de la traduction.L'actuel chef de l'information au Droit, M.Gérard Bernier, remplit ces fonctions depuis 1947.Son adjoint est M.Jean Taille fer, chef de l'information locale.Outre le chef et son adjoint, le personnel de l'information comprend 22 personnes.I ab £ RY 2] f ; i Des, Pour une véritable politique canadienne Par Camille L\u2019HEUREUX \u2019ATTITUDE de notre journal en politique in- on
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