La presse, 18 mars 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS CINÉMA KEITHURBAN DERETOURAUQUÉBEC PAR LAGRANDE PORTE PAGE 5 LESFILMSQUÉBÉCOISENFRANCE UNPUBLICÀ SÉDUIRE PAGES 12 ET 13 ROBINAUBERT / TUKTUQ L\u2019APPELDU NUNAVIK PAGE 10 PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE , LA PRESSE SERGE POSTIGO L\u2019HOMME- ORCHESTRE Gilbert Rozon le voit haut placé à Juste pour rire.Denise Filiatrault estime qu\u2019il est l\u2019artiste le plus doué en théâtre musical au Québec.Et Fabienne Larouche le trouve formidable ! Serge Postigo a le respect du milieu et l\u2019amour du public.Mais sa plus grande qualité est sa capacité de se renouveler\u2026 pour chaque projet.UNGRAND PORTRAIT DE LUC BOULANGER PAGES 6 ET 7 MONTRÉAL SAMEDI 18 MARS 2017 PAPIER - NUMÉRIQUE Lisez des extraits sur flammarion.qc.ca Le dénouement de sa plus récente trilogie : NORA ROBERTS L e s É t o i l e s d e l a F o r t u n e 1 .S a s h a 2 .A n n i k a 3 .R i l e y - 3 - Riley ARTS MUSIQUE JOSÉE LAPOINTE On oubl i e s ouven t que Vincent Vallières n\u2019avait que 19 ans lorsqu\u2019il a lancé son premier disque, Trente arpents, en 1999.Alors que sort son septième album intitulé Le temps des vivants, dans lequel il prend le risque de changer un peu, celui qui est devenu une des valeurs sûres de la chanson québécoise reste rempli de doutes, inquiet, mais fébrile à l\u2019idée de présenter ses nouvelles chansons.«C\u2019est un peu le disque du deuxième souffle, explique-t- il.Tu sais, quand tu cours et que tu arrives à mi-course : il y a une autre affaire qui s\u2019installe dans ton corps.» Après 18 ans de carrière et fort d\u2019une longue liste de succès, Vincent Vallières pourrait très bien s\u2019estimer arrivé au sommet.«Je sens que je m\u2019améliore», dit-il plutôt, espérant que ses meilleures chansons sont devant lui.«La chanson, ça commence à 40 ans.Je crois en moi et je sais que je peux en faire des bonnes.Mais je suis de plus en plus conscient de mes lacunes et que je peux parfaire encore bien des affaires», dit l\u2019auteur-compositeur-inter- prète, qui a écouté en boucle les disques de Leonard Cohen au moment de sa mort.«Ses trois derniers disques étaient de grands disques.C\u2019est la plus belle fin qui soit pour un artiste, mourir à 82 ans en étant plus pertinent que jamais.» Se déstabiliser Nous avons rencontré le chanteur de 38 ans dans un studio du boulevard Saint- Laurent, là où il a enregistré la chanson Loin dans le bleu, écrite lors d\u2019une semaine de formation avec Gil les Vigneault, l\u2019automne dernier.Vincent Vallières est tel qu\u2019on l\u2019imagine, affable et généreux, mais aussi étonnamment volubile, quelle que soit la question qui lui est posée.Mais si tous les sujets l\u2019allument, il est vraiment intarissable à propos de «monsieur Vigneault ».« Il nous a encouragés à nous mettre en danger en nous disant que dans le fond, personne ne nous attend vraiment.C\u2019est dur, mais ça désamorce beaucoup de choses.» L\u2019expérience a été manifestement marquante, et représente maintenant « un outil de plus » dans son atelier.« Je suis fier de Loin dans le bleu, à cause de sa forme très rigoureuse, sans élisions.J\u2019ai compris que je peux faire des chansons en langage familier, mais aussi ça.Ça élargit le spectre des possibilités pour la suite.» En discutant avec Vincent Vallières, on constate que tout le travail autour du Temps des vivants aura été motivé par ce désir de se déstabiliser.«C\u2019est important, sinon ça perd tout son sens », dit-il.Quand il parle de «deuxième souffle», c\u2019est justement de la légère transition qui y est amorcée, entre autres avec l\u2019intégration de sons synthétiques qui marquent pour lui un réel tournant.« Ça, c \u2019est venu avec la nouvelle équipe», dit ce gars fidèle, qui travaillait avec certains musiciens depuis le début de sa carrière.et même plus.« Simon Blouin, je le connais depuis la fin de mon secondaire.Michel- Olivier Gasse, depuis mon secondaire 1.Ce sont de gros morceaux dans ma vie.Mais à la fin de la précédente tournée, les gars m\u2019ont dit : \u201cVallières, essaie autre chose.\u201d Ils ont eu cette générosité.» Il est alors retourné chez lui «déposer ses valises» et a recommencé à écrire des chansons.Il les a ensuite montrées à Philippe B, «un autre mentor», qui lui a rappelé que son désir de changement ne signifiait pas qu\u2019il devait se transformer complètement.«C\u2019est quoi, me redéfinir?Me mettre à faire du disco?B m\u2019a dit que l\u2019idée de tout changer n\u2019était pas nécessairement la clé pour moi.Ce n\u2019est pas tant là qu\u2019il m\u2019attendait, plus dans des détails d\u2019écriture, de structure, de son.J\u2019ai aimé ça.» Il s\u2019est ensuite entouré du bassiste multi-instrumentiste François Plante, qui a réalisé l\u2019album, du guitariste, ancien Dears et « électron libre » Georges Donoso III, et du guitariste Andre Papanicolaou, avec qui il travaillait déjà.Avec eux, Vincent Vallières a cherché le côté plus «raw» (rugueux) de l\u2019expérience sonore, « avec la quête de vérité qu\u2019il y a derrière ça».Tradition chansonnière Au-delà des structures plus ambitieuses, du spoken adopté dans certaines chansons et de la présence envoûtante des bass synth, farfisa et autres vibraphones, Vincent Vallières reste un auteur-compositeur dans la plus pure tradition chansonnière.«C\u2019est ce que je fais dans la vie.J\u2019aime livrer la meilleure matière première possible.À ce compte, ce disque est en continuité.Je ne pense pas être en rupture de ton, ce n\u2019était pas le désir.» Ce qui a changé par contre, ce sont les personnages qu\u2019il met en scène, et qui, d\u2019une certaine manière, ont vieilli avec lui.«Ils cherchent moins les solutions à leurs problèmes dans la fuite.En même temps, il leur reste aussi une naïveté, une candeur.» Vincent Vallières continue à vouloir donner une voix aux gens «ordinaires », signant des chansons réalistes et sociales dans la lignée de Bruce Springsteen ou Richard Séguin.«Ça fait partie de mon héritage ouvrier, mais aussi de la québécitude dans les chansons.Mais il n\u2019y a pas que ça dans Le temps des vivants.Je voulais parler aussi de ceux qui ont des idées et qui rêvent au-delà de toute forme de frontière.» Le titre du disque, qui est celui d\u2019un poème de Gilbert Langevin, est d\u2019ailleurs un rappel de cette capacité qu\u2019ont les humains de «continuer à rire, se relever ou s\u2019émerveiller, de voyager, de cheminer et d\u2019avoir des enfants», dit-il.«Cette résilience me touche et m\u2019émeut.Je suis entouré de gens comme ça, qui ne sont pas en train de s\u2019apitoyer.» Rencontre Après un arrêt de plus d\u2019un an et demi, Vincent Vallières reprend la route avec ses chansons.«C\u2019était la première fois depuis mes débuts que je m\u2019arrêtais si longtemps», dit celui qui se dit « flatté» d\u2019être parodié par l\u2019émission humoristique À la semaine prochaine, diffusée sur les ondes d\u2019ICI Radio-Canada Première.«C\u2019est Dominic Paquet qui m\u2019imite, hein?, dit-il en rigolant.C\u2019est comme quand ils m\u2019ont fait dans un Bye bye : c\u2019est vraiment le genre de chose à laquelle je ne m\u2019attendais pas quand j\u2019ai commencé à chanter avec mes chums ! » Il vit bien avec cette image publique un peu «lisse» \u2013 dans À la semaine prochaine, le « personnage » Vincent Vallières, qui s\u2019indigne de tout, n\u2019est jamais réellement fâché.«Ça me fait rire.En même temps, les gens qui me connaissent me disent: \u201cDude, c\u2019est tellement pas toi!\u201d» Vincent Vallières sait qu\u2019il est chanceux de faire encore partie du paysage, et il espère que la «rencontre» se produira de nouveau entre lui, ses chansons et les spectateurs.Mais reste que plus il vieillit dans le métier, moins il a de certitudes.« J\u2019ai envie de profiter de chaque show, car je ne sais pas quand ça va tourner.On ne contrôle pas tout, mais c\u2019est beau et stimulant.Tous les matins quand je me lève, je suis emballé par la journée qui m\u2019attend.» VINCENT VALLIÈRES Le deuxième souffle PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Vincent Vallières vient tout juste de lancer son septième album, dont le titre est Le temps des vivants, comme celui du poème de Gilbert Langevin.«J\u2019aime livrer la meilleure matière première possible.À ce compte, ce disque est en continuité.Je ne pense pas être en rupture de ton, ce n\u2019était pas le désir.» \u2014 Vincent Vallières VINCENT VALLIÈRES LE TEMPS DES VIVANTS SPECTRA MUSIQUE CALIGULA !!!! Pièce d\u2019Albert Camus, mise en scène et dramaturgie par René Richard Cyr, avec Benoît McGinnis et 13 autres interprètes.Au TNM, jusqu\u2019au 12 avril.LUC BOULANGER L\u2019empereur est nu dans l\u2019ef- f royable Caligula , orchestrée de main de maître par René Richard Cyr, au Théâtre du NouveauMonde.Cruel, despote, révolté, pervers, diabolique.Caligula est tout cela aussi.Mais il est surtout terriblement seul dans sa souffrance, son mépris des hommes.Dans sa version du classique d\u2019Albert Camus, Cyr nous fait entrer dans la tête de Caligula.Un voyage spectaculaire et angoissant.Sa mise en scène installe un climat lourd, oppressant, voire anxiogène.Le décor de Pierre-Étienne Locas, la lumière d\u2019Erwann Bernard et la musique de Michel Smith contribuent à rendre l\u2019environnement scénique apocalyptique.Les interprètes sont coincés dans un drôle de palais, aux allures de chantier industriel.Par moments, la lecture fortement imagée de Cyr étouffe un peu le texte.Le metteur en scène donne trop de couches de sens aux mots déjà signifiants de l\u2019auteur de La Peste.Dès la première scène, que Cyr a ajoutée, le ton est donné.Alors que le prince de Rome enlace sa sœur, dont il est follement amoureux, Drusilla meurt dans un bain de sang.Caligula fait face à la douleur humaine, mais son entourage banalise son désarroi : « Les peines d\u2019amour ne durent pas; les chagrins ne sont pas éternels; on ne souffre jamais plus d\u2019un an», commentent les sénateurs.Après avoir erré trois jours dans les jardins du palais, Caligula revient.Il a réalisé que la douleur, comme tout le reste dans la vie, est «privée de sens».Alors l\u2019empereur plonge dans une quête d\u2019absolu aussi inaccessible que meurtrière.Caligula va exercer son pouvoir en n\u2019imposant aucune limite à sa liberté.Il est devenu un monstre et un tyran! Distribution de haut calibre À l\u2019invitation du comédien Benoît McGinnis, qui rêvait de jouer ce grand rôle \u2013 fait sur mesure pour cet acteur d\u2019exception, on y reviendra \u2013, le metteur en scène propose une lecture percutante de la pièce de Camus.Artiste doué et sensible, René Richard Cyr est aussi un homme d\u2019idées.Il nous propose ici une production où l\u2019intelligence est au service du théâtre.Un spectacle qui fait réfléchir à la vacuité des dirigeants actuels, moins sanguinaires et diaboliques, certes, mais non moins absurdes.Cyr a choisi une distribution de haut calibre pour livrer ce texte.On sent que les interprètes ont bien fouillé leur personnage et qu\u2019ils sont heureux sur scène (ce n\u2019est pas toujours le cas).Éric Bruneau est excellent dans le rôle de Hélicon, l\u2019ancien esclave et fidèle ami de Caligula.Benoît Drouin- Germain apporte une belle sensibilité au jeune poète Scipion.Étienne Pilon incarne avec autorité le lucide militaire Cherea.Macha Limonchik (méconnaissable avec sa longue et raide chevelure d\u2019ébène) joue avec douceur et sensualité la maîtresse de Caligula.On a gardé Benoit McGinnis pour la fin.Si le pouvoir de Caligula est sans limites, le talent de cet acteur est infini.De Hamlet au Roi se meurt, à chacun de ses grands rendez-vous, le comédien en met plein la vue au public, avec des performances tout simplement magistrales! L\u2019acteur a bien compris les motivations de Caligula, qui «récuse l\u2019amitié et l\u2019amour, la solidarité humaine, le bien et le mal», disait Camus du personnage existentialiste.Une entreprise vouée à l\u2019échec, car le pouvoir, comme la liberté, a besoin de limites.THÉÂTRE L\u2019inconvénient d\u2019être libre PHOTO YVES RENAUD, FOURNIE PAR LE TNM Benoît McGinnis et Macha Limonchik, dans Caligula l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS HUGO DUMAS CHRONIQUE B oycotter les téléséries américaines?Non, nope, niet.C\u2019est un refus global à la casa Dumas.Autant j\u2019aime mon anxieuse urgentologue Béatrice Clément (Soph ie Lora in) à T VA , autant j \u2019adore mon infatigable guerrière Olivia Pope (KerryWashington) et ses longs manteaux chics dans Scandal.Autant je me passionne pour les combats acharnés des chics avocates Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Claude Boily (Isabel Richer) de Ruptures , autant je me branche avec bonheur sur les déboires sentimentalo-juridi- ques des élégants Mike Ross ( P a t r i c k J .A d a m s ) e t Harvey Specter (GabrielMacht) de la délicieuse série Suits.Je stresse autant pour que JustineLaurier (KarineVanasse) de BlueMoon ou CarrieMathison (Claire Danes) de Homeland survivent à leurs missions périlleuses dans leurs pays respectifs.J\u2019ai autant de plaisir à dévorer Lâcher prise à la SRC que Girls sur HBO.Bref, ce mélange de télé québécoise et américaine équilibre parfaitement mon régime d\u2019émissions.Éliminer l\u2019une ou l\u2019autre des catégories me priverait d\u2019un apport inestimable de contenus aussi riches que variés.La télé québécoise nous parle directement, ref lète notre réalité et expose nos singularités.C\u2019est toi, c\u2019est moi et c\u2019est nous autres, pour paraphraser la chanson thème de (feu) Watatatow.La télé américaine se balade entre la pure évasion à la Game of Thrones et les études de mœurs très ciblées, comme la réalité d\u2019un vingtenaire pauvre qui essaie de percer le monde du hip-hop (Atlanta sur FX) ou les bobos friqués qui se séparent dans la douleur (Divorce sur HBO).L\u2019immensité du bassin de téléspectateurs américains permet en effet l\u2019exploration d\u2019univers pointus : les transgenres (Transparent), les fabricants de crystal meth (Breaking Bad) ou les femmes zombies de banlieue californienne (Santa Clarita Diet).Se fermer aux émissions manufacturées à Hollywood ou New York, c \u2019est également fa i re une croix sur The Americans, Fargo et des classiques comme The Sopranos, Sex and the City et Six Feet Under.« Hell no », comme dirait une participante à The Real Housewives of Atlanta.En boycottant la télé américaine, je serais passé à côté d\u2019un récent coup de cœur, soit Feud: Betty and Joan, que la chaîne FX relaie les dimanches à 22h.Cette série d\u2019époque est fascinante et raconte la rivalité épique entre les actrices légendaires Bette Davis et Joan Crawford sur le plateau de tournage du film What Ever Happened to Baby Jane?en 1962.Les actrices Susan Sarandon (Davis) et Jessica Lange (Crawford) y offrent des performances incroyables.C\u2019est hallucinant à quel point ces deux stars de l\u2019âge d\u2019or de Hollywood ont été manipulées par leurs patrons, qui exploitaient sans gêne leurs vulnérabilités afin de les contrôler et d\u2019amoindrir leur pouvoir.Feud, c\u2019est un regard acéré sur la jalousie féminine, la peur de vieillir, la misogynie et la violence psychologique.Quand Bet te Dav i s e t Joan Crawford enterraient la hache de guerre, le réalisateur de Baby Jane plantait des faussetés au sujet de l\u2019une ou de l\u2019autre dans les magazines à potins, ce qui ravivait les hostilités.Évidemment, plus les deux ambitieuses comédiennes oscarisées se crêpaient le chignon publiquement, plus le buzz vrombissait autour du film et plus le studio allait empocher de recettes.En même temps, Davis et Crawford savaient pertinemment que leur dispute médiatique allait enfin les remettre sous les feux de la rampe et l\u2019exploitaient, elles aussi, sans scrupules.Vraiment, c\u2019est fascinant et c\u2019est offert sur iTunes et FX Canada.Du gros calibre Deux téléséries prometteuses destinées à Radio-Canada se tourneront à l\u2019été, me rapportent des taupes fouineuses.La première, une comédie dramatique assez noire, porte le titre provisoire de Constance et a été imaginée par Joanne Arseneau, l\u2019auteure de la minisérie Le clan et du film La loi du cochon.Stéphane Lapointe (Lâcher prise, La théorie du K.O.) s\u2019installera derrière la caméra et c\u2019est Sophie Deschênes de la boîte Sovimage (Les pays d\u2019en haut, Mensonges, O\u2019) qui supervisera cette production.Selon mes infos, on y suivra une policière et mère de famille dans la fin trentaine, qui résoudra des crimes perpétrés dans la couronne nord de Montréal.Le casting n\u2019a pas encore été complété.La deuxième œuvre, qui comprend le nom « Fanny » dans son titre, est signée par Richard Blaimert, qui nous avait donné l\u2019émou- va n t e t é l é s é r i e Nouv e l l e adresse avec Macha Grenon dans le rôle principal.C\u2019est Mariloup Wolfe qui a été choisie pour réaliser les épisodes, elle qui avait exécuté un super boulot pour la première saison de Ruptures.La productrice Josée Vallée de Sphère Média chapeautera le tout.Voilà, le rapporteur officiel a vidé son sac à infos! Marie Mai de retour Une petite dernière pour la route.Selon une taupe à TVA, la chanteuse Marie Mai reprendra son gros fauteuil motorisé à La voix junior l\u2019automne prochaine.La nouvelle maman de la petite Gisèle sera de nouveau entourée du vétéran Marc Dupré et de son protégé Alex Nevsky, exactement comme dans la première saison.Charles Lafortune reste aux commandes, comme prévu.TVA a aussi inscrit La voix « régulière » à son calendrier pour l\u2019hiver 2018, me dit-on.À moins d\u2019une catastrophe nucléaire, les chaises pivoteront donc pendant toute la saison 2017-2018.Se priver de télé américaine?Oh non! Le mélange de télé québécoise et américaine équilibre parfaitement mon régime d\u2019émissions.Éliminer l\u2019une ou l\u2019autre des catégories me priverait d\u2019un apport inestimable de contenus aussi riches que variés.PHOTO FOURNIE PAR FX Susan Sarandon, dans le rôle de Bette Davis, à gauche, et Jessica Lange, dans le rôle de Joan Crawford, partagent la vedette de Feud: Bette and Joan, présenté sur FX.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 BILLETTERIE 514 253-8974 Théâtre Denise-Pelletier 17 16 DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT 15 MARS AU 8 AVRIL 2017 DE MOL I È R E M I S E EN SC ÈNE C LAUDE PO I S S ANT Avec Simon Beaulé-Bulman, Jean-François Casabonne, Samuel Côté, Sylvie Drapeau, Laetitia Isambert, Jean-Philippe Perras, Bruno Piccolo, François Ruel-Côté, Gabriel Szabo et Cynthia Wu-Maheux.UNE PRODUCTION DU THÉÂTRE DENISE-PELLETIER ARTS NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE ALAIN BRUNET Alors que les premières notes de Jazz en rafale se feront entendre ce soir à L\u2019Astral, celles qui seront jouées le 25 mars pourraient bien être les dernières.P romoteu r du fe s t iva l printanier pour la 17e année consécutive, à la barre des disques Effendi depuis près de deux décennies, le contrebassiste, compositeur et jazzman Alain Bédard se voit contraint de réduire considérablement ses activités de producteur et de promoteur.Dans un contexte où le CD est au seuil de la mort et les redevances faméliques de l\u2019écoute en continu font des ravages chez les musiciens consacrés aux marchés de niche, le jazz local se trouve en très mauvaise posture.Parlez-en à Alain Bédard! «Des gens achètent encore des CD après nos concerts mais les grands magasins de disques n\u2019existent plus.HMV vient de fermer, ne reste que de petits disquaires.DEP Distribution a fait faillite cette semaine, un autre coup dur ! Le vinyle?Ça coûte très cher aux petits producteurs pour presser des 33 tours, ça revient à 7$ l\u2019exemplaire, sans que l\u2019on soit sûr de la qualité (souvent médiocre) et encore moins de la vente du produit.» En 2016, le label Effendi a dû encaisser près de 4000 retours de CD mis en magasin .Diagnostiqué au début de ce siècle, le cancer est en phase terminale.Quant au nouveau mode dominant, l\u2019environnement numérique, il ne rapporte que des broutilles aux musiciens et petits producteurs.Ce qui explique, partiellement du moins, la chute vertigineuse du jazz d\u2019ici.« Tout est à peu près gratuit avec le streaming, nous touchons au maximum 0,7 cent par écoute sur les plateformes.Quant au financement public, il est en baisse.On ne cesse d\u2019observer des coupes dans les programmes d\u2019aide à la production.Moins tu as des revenus, moins on t\u2019aide! On aide plutôt les plus gros labels indépendants qui sont aussi en crise.Ça fait dur.Où est-ce qu\u2019on s\u2019en va?!» De nouveaux moyens Alain Bédard est un survivant, il sait s\u2019organiser et trouve le moyen de jouer à l\u2019étranger.Mais.ce qu\u2019il faisait depuis l\u2019an 2000, il le fait beaucoup moins.«Aujourd\u2019hui, explique-t- il, j\u2019essaie de dépanner mes collègues qui veulent encore sortir des albums \u2013 François Bou r a s s a , F é l i x S t ü s s i , Janis Steprans, Joe Sullivan sont les exemples récents.C\u2019est pourquoi j\u2019ai conclu des ententes chez RSB afin que l\u2019entreprise nous permette de fabriquer des CD à plus petits tirages, avec des pochettes moins chères.» Chose certaine, l\u2019entreprise d\u2019Alain Bédard ne peut plus investir, tant et aussi longtemps que l\u2019économie des marchés de niche n\u2019aura pas trouvé un nouveau modèle viable : «Les artistes doivent assumer les coûts de fabrication et ça sort ensuite en licence chez Effendi, qui peut compter sur un distributeur physique, Naxos.Je prends une petite part sur l\u2019administration, plus ou moins 30% alors qu\u2019auparavant, j\u2019allais chercher jusqu\u2019à 80 % des revenus de la production.Désormais, les artistes doivent s\u2019occuper de leurs affaires.Ceux qui réussiront seront ceux qui se prendront en main.» Pour la suite des choses, Alain Bédard dit être « en transition parce que ça ne sert plus à rien de faire des disques» en tant que producteur.ll essaie de voir ce qu\u2019il adviendra de son répertoire et de son inventaire.«Mes disques invendables sont entreposés dans un local et je perds de l\u2019argent à en payer le loyer.Pour mon propre revenu à court et moyen terme, Ef fendi deviendra une agence de tournée.Pour faire voyager les musiciens, j\u2019ai développé un bon réseau en Europe, au Japon , en Chine, en Corée du Sud, aux États-Unis.» Quant à Jazz en rafale.le petit festival vit un déclin similaire : «Le conseil d\u2019administration de l\u2019événement a été décimé par la maladie et pire ; mon principal allié, François Roberge, est décédé pendant le festival, en mars 2015.Mon ex-conjointe et ex-associée Carole Therrien a aussi eu des problèmes de santé, et se trouve maintenant à la direction de la société de concerts Pro-Musica.Moi-même j\u2019ai eu des problèmes cardiaques qui ne m\u2019ont pas trop abîmé, heureusement.» On comprendra que Jazz en rafale ne revienne pas en 2018, à moins que.« Il me faudrait des partenaires qui voudraient prendre le risque avec moi.Depuis les débuts, je fais ça bénévolement, pour le plaisir et la passion.Faire ça encore seul, avec aucun revenu sinon des pertes, non.» JAZZ EN RAFALE Pour la dernière fois ?François Bourassa Quartet 23 mars, 21h30 Au fil du temps, le jazz du pianiste et compositeur François Bourassa n\u2019a cessé de se bonifier.Force tranquille, ce musicien a su conserver une grande ouverture d\u2019esprit et maintenir un lien très solide avec ses sidemen et superbes collaborateurs : le saxophoniste André Leroux, le contrebassiste Guy Boisvert, le batteur Greg Ritchie, revenu au bercail après quelques années à croquer dans la Grosse Pomme.Le quartette de François Bourassa présentera les pièces inédites d\u2019un neuvième opus, on peut d\u2019ores et déjà prédire de splendides croisements entre jazz post-bob, jazz contemporain, improvisation libre, mais aussi entre musiques classiques et contemporaines.De classe mondiale, à n\u2019en point douter.Félix Stüssi et Les Malcommodes 24 mars, 21h30 Mine de rien, le pianiste montréalais Félix Stüssi a 35 ans de jazz professionnel derrière la cravate, et un demi-siècle de vie.Amorcées l\u2019automne dernier, les célébrations de ces années de service se poursuivent : le leader et son trio Les Malcommodes (le contrebassiste Daniel Lessard et le batteur Pierre Tanguay) lanceront un nouvel opus et accueilleront sur scène le grand tromboniste et chanteur américain Ray Anderson ainsi qu\u2019un aréopage d\u2019excellents musiciens québécois \u2013 la chanteuse Sonia Johnson, le multi saxophoniste et multi-flûtiste Jean Derome (saxophone alto, flûte), le saxophoniste et clarinettiste André Leroux, le trompettiste Jacques Kuba Séguin.Pierre de Bethmann et le quartette de Yannick Rieu 25 mars, 21h30 Trop peu connu de ce côté de l\u2019Atlantique, Pierre de Bethmann est sans contredit un des meilleurs pianistes du jazz français, de surcroît l\u2019un de ses compositeurs les plus brillants.Il est actif depuis les années 90 et on lui doit de nombreux albums.On se rappelle le trio Prysm qui fut enregistré chez Blue Note, puis les multiples formations à géométrie variable depuis lors, dont le magnifique projet ilium.Depuis 2015, il mène les destinées de son propre label, ALEA, poursuit sa démarche de virtuosité et de composition visionnaire, tout en enseignant au département jazz et musiques improvisées du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) depuis 2008.Le voilà à la rencontre d\u2019un quartette québécois sous la gouverne du saxophoniste Yannick Rieu, dont on suit la trajectoire depuis un tiers de siècle.Consultez toute la programmation : jazzenrafale.com TROIS SUGGESTIONS POUR JAZZ EN RAFALE PHOTO FOURNIE PAR LES DISQUES EFFENDI Le contrebassiste, compositeur et jazzman Alain Bédard se voit contraint de réduire considérablement ses activités de producteur et de promoteur.S i jamais je me marie, ce qu i ne r isque pas d\u2019arriver demain, mais peu importe, je veux le faire exactement comme Cœur de pirate.Vous avez peut-être vu passer les magnifiques photos de la blonde chanteuse qui, après s\u2019être séparée de son bien-aimé mari, père de sa petite fille, s\u2019est remise en ménage avec lui.Le 29 janvier dernier, les deux ont renouvelé leurs vœux dans une cérémonie qualifiée de «minimaliste bohémienne montréalaise » par le site Junebug Weddings, qui vient de publier les photos, reprises dans tous les médias d\u2019ici.Jetez-y un coup d\u2019œil.C\u2019est de toute beauté et ça repose tellement du style néo-pâtis- sier-kitsch de trop de mariages, italiens ou pas.En fait, non seulement les photos de Béatrice et d\u2019Alex sont un ravissement pour l\u2019œil, elles donnent envie de se marier exactement comme eux.Comment ?Suffit de louer une des salles d\u2019un blanc spectral du Studio Éloi, rue Hutchison.De demander à Allison Forbes de signer la conception de l\u2019événement.De suspendre au pla fond plus blanc que blanc les lampes en macramé post- moderne d\u2019Annie Legault pour Amulette Design.De confier l\u2019aménagement floral à Astilbe, la bouffe au traiteur Le Bremner, la confection du gâteau à Lecavalier Petrone et quoi encore?Vous pouvez trouver les noms des fournisseurs ou commanditaires qui ont participé à la cérémonie sur le site de Junebug Weddings.On dirait d\u2019ailleurs le générique à la fin d\u2019un film, sauf que cette fois-ci, le film n\u2019était pas un film, mais un événement réel avec du vrai monde et en principe des vraies émotions.J\u2019écris cela et en même temps, l\u2019espace d\u2019un instant, j\u2019ai un doute.Est-ce que le remariage de Cœur de pirate était bel et bien une cérémonie avec tout ce que cela comporte comme cœur, comme âme, comme humanité ?Ou un photoshoot, placé, plastique, contrôlé et esthétisant?C\u2019est ce que j\u2019ai demandé à la directrice de production du Studio Éloi.Elle m\u2019a assuré que c\u2019était bel et bien une cérémonie et pas seulement la mise en scène d\u2019une production photographique essentiellement publicitaire pour vendre une belle robe blanche et des décorations de table en forme de chevreuil.N\u2019empêche.J \u2019ai posé la question parce que je venais de tomber sur un article dans The Atlantic où il était question d\u2019Amber Fillerup Clark, une blonde du même âge que Cœur de pi ra te (27 ans) qui tient le blogue Ba refoot Blonde (Blonde pieds nus) et l\u2019alimente quotidiennement de sublimes photos d\u2019elle-même, de ses deux marmots, de leur chien et occasionnellement de son mari, David.À noter que la blonde est l\u2019égérie de milliers de jeunes mamans américa ines dont 1,3 million la suivent sur Instagram, 227 000 sur YouTube et 250 000 sur son blogue.Bref, la blonde est presque aussi populaire et connue que Cœur de pirate même si elle ne chante pas.En vérité, elle ne fait rien : rien sinon poser pour l\u2019objectif dans une série de mises en scène habilement déconstrui- tes et faussement bordéliques pour simuler la vraie vie et l\u2019authenticité malgré la prolifération d\u2019extensions pour les cheveux qui coiffent sa tête et portent son nom.À noter que toutes les photos, même celles d\u2019Amber, pieds sales dans le sable et piqûres de moustiques sur les jambes, sont commanditées par un shampoing, une collection de vêtements, une entreprise de cartes de souhaits ou de couches pour bébé, et bien plus encore, pour un revenu annuel garanti qui se situe quelque part entre 1 et 6 millions.Pas étonnant que la blonde ait confié à la journaliste du Atlantic que sa vie est une éternelle séance de photos.«Nous devons toujours envisager notre vie en fonction des plus jolies photos que nous pouvons en tirer», a dit Amber, s\u2019attirant les foudres de l\u2019ancienne garde des mères blogueuses, celles qui, au début des années 2000, ont tenu des blogues pour ventiler leurs frustrations domestiques et documenter les affres de la maternité moderne.Or, contrairement à ces mères au bord de la crise de nerfs, Amber, elle, ne se plaint jamais.Heureuse et comblée, la belle blonde, qui a une taille de mannequin, le visage d\u2019un ange et qui pourrait porter avec style et panache une poche de patates, semble vivre dans un nirvana domestique qui ne se dément pas.Pas en photo du moins.Or le problème, c\u2019est qu\u2019Amber et son mari \u2013 leurs enfants ne sont que des accessoires pour l\u2019instant \u2013 ne vivent que pour les photos.Leur vie est une perpétuelle mise en scène, une continuelle représentation d\u2019eux-mêmes, calculée mais jamais vraiment incarnée puisqu\u2019une fois la photo prise, au lieu de commencer à vivre le moment, ils passent au prochain tableau et à la prochaine photo, chaque geste, chaque choix, dicté non pas par les impératifs de leur quotidien familial mais par l\u2019angle de l\u2019appareil photo, y compris la construction de leur future maison en Arizona dont le couloir sera surdimensionné pour permettre de meilleures prises de vue.Qu i veut v iv re a insi ?Beaucoup de gens, semble-t- il, mais certainement pas moi.D\u2019ailleurs, à bien y penser, si jamais je me marie, ce qui ne risque pas d\u2019arriver demain, mais si jamais je me marie, soyez assurés d\u2019une chose : il n\u2019y aura pas de photos.Blonde et blonde Est-ce que le remariage de Cœur de pirate était bel et bien une cérémonie avec tout ce que cela comporte comme cœur, comme âme, comme humanité?Ou un «photoshoot», placé, plastique, contrôlé et esthétisant?l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS MUSIQUE ALAIN DE REPENTIGNY Keith Urban n\u2019a pas oublié la soirée du 10 juillet 2015 qu\u2019il a passée sur les plaines d\u2019Abraham à l\u2019invitation du Festival d\u2019été de Québec (FEQ).Le populaire chanteur d\u2019origine néo- zélandaise, établi depuis 25 ans à Nashville, en était à son tout premier spectacle au Québec.Arrivé la veille, il s\u2019était mêlé au public du FEQ pendant le concert de Skrillex et Diplo sur les Plaines.« Il y avait une énergie absolument incroyable dans cette foule, mais je ne savais pas à quoi m\u2019attendre pour notre show, nous a raconté Urban, hier matin, dans un hôtel du centre- ville montréalais.Le lendemain, ce fut exactement pareil : intense, très vivant, plein d\u2019entrain.J\u2019étais très étonné du nombre de mes chansons que le public connaissait.Une soirée magique ! » Tellement magique, ce spectacle devant 50 000 spectateurs, que depuis, le FEQ programme, bon an mal an, une soirée avec une tête d\u2019a f f iche country sur sa grande scène.C\u2019est sûrement aussi un peu beaucoup à cause de cette percée que Keith Urban donnera le 12 août prochain son premier spectacle à Montréal, au Centre Bell, suivi le lendemain d\u2019un retour à Québec, au Centre Vidéotron.Une chanson pour Nicole Sur les Plaines, ce sympathique monsieur a revêtu un chandail des Nordiques et a même baragouiné quelques mots de français.«Mon français n\u2019est pas très bon, dit-il.Je ne l\u2019ai pas appris à l\u2019école, ça vient plus de ma femme parce qu\u2019on va souvent au Festival de Cannes et qu\u2019on a passé beaucoup de temps dans le sud de la France ces dernières années.» La dame en question, l\u2019actrice N i c o l e K idma n , e s t ma r i é e à Keith Urban depuis 2006 et ils sont les parents de deux jeunes filles.Dans un éclat de rire, le chanteur dément la rumeur voulant que le couple désire adopter un enfant originaire de l\u2019Inde, probablement lancée par quelqu\u2019un qui n\u2019a pas su faire la différence entre le film Lion et la vraie vie.On peut voir sur l\u2019internet une vidéo amusante d\u2019Urban et Kidman dans leu r voitu re , se l iv rant à un karaoké au son de la chanson The Fighter que le monsieur interprète avec Carrie Underwood sur son dernier album, Ripcord.The Fighter n\u2019est pas la première chanson qui lui a été inspirée par sa femme, mais elle fait directement référence au début de leur relation.Impossible de ne pas y reconnaître Tom Cruise dans le personnage qui a blessé la dame et lui a fait craindre de retomber amoureuse.Keith Urban opine du bonnet et se fend d\u2019un sourire : « La chanson dit surtout : \u201cJe vais te protéger et je vais prendre soin de toi.\u201d Beaucoup de filles ont peur d\u2019être blessées et beaucoup de gars ne veulent plus souffrir.On s\u2019est fait confiance, convaincus qu\u2019on ne se ferait pas de mal et qu\u2019on s\u2019aiderait l\u2019un l\u2019autre à guérir.» N icole K idman encha î ne le s tournages et Keith Urban a amorcé sa tournée Ripcord qui l\u2019a vu jouer devant plus de 1 million de spectateurs répartis sur trois continents en 2016.Or, contre toute attente, le chanteur dit que sa belle et lui passent rarement plus de trois jours consécutifs séparés.« Normalement, quand je suis en tournée, je rentre chez moi après trois spectacles .On a une maison à Los Angeles et une autre à New York », dit-il, en sus de leurs résidences principales en Australie et à Nashville.Pas que country Dès sa tendre enfance, Keith Urban a rêvé de s\u2019installer à Nashville, la ville d\u2019où provenait toute la musique country que son père lui faisait écouter.Ses parents ont su très rapidement que le jeune Keith ferait carrière dans la musique.«À 8 ou 9 ans, je participais à des concours d\u2019amateurs et, à 12 ans, je jouais dans un groupe.À 15 ans, j\u2019ai abandonné l\u2019école et je jouais cinq soirs par semaine avec un band.» Si c\u2019est la musique country qui l\u2019a attiré à Nashville, Keith Urban est dans son élément dans cette ville où se côtoient des musiciens de premier ordre donnant dans tous les genres musicaux.Il reconnaît d\u2019emblée que certaines des chansons de Ripcord ne sont pas du tout country, une tendance qui s\u2019entend non seulement sur son dernier album, mais également sur le précédent Fuse.Cette volonté de donner dans la pop et le rock, ou même de composer une chanson [Sun Don\u2019t Let Me Down] avec Nile Rodgers et d\u2019inviter Pitbull, dont il apprécie la voix, le rythme et l\u2019énergie, à y contribuer un rap, lui est-elle venue de son expérience de juge à l\u2019émission American Idol ?«Non, mais ça a montré au monde que j\u2019aime toutes sortes de musiques et que mes goûts sont très vastes, répond-il.C\u2019est surtout le fait que je connais très bien plusieurs genres de musique, et pas uniquement le country, qui a surpris les gens, je pense.» Ainsi, ce n\u2019est pas du tout par hasard que Boy Gets a Truck, une autre chanson de Ripcord, évoque U2 tant par son rythme que par les couleurs de sa guitare, reconnaît Urban : « En studio, j\u2019ai dit que je voulais que cette chanson ait le côté majestueux, épique, cinématographique et rythmique de U2 sur l\u2019album The Joshua Tree.» Keith Urban n\u2019a jamais senti que l\u2019establishment de la musique country lui reprochait sa propension à mêler les genres.«Quand je suis sur scène, il y a beaucoup d\u2019éléments qui ne sont pas country et les gens s\u2019y sont habitués.» Le même homme qui, dans la chanson Wasted Time , fait un clin d\u2019œil à Guns N\u2019 Roses et à leur chanson Sweet Child O\u2019 Mine \u2013 « Je m\u2019étais juré d\u2019intégrer ce titre que j\u2019adore dans une de mes chansons », explique-t-il \u2013 a chanté le 31 décembre dernier, au cours d\u2019un grand concert en plein air devant plus de 100 000 spectateurs à Nashville, un pot-pourri en hommage aux grands disparus de 2016 : George Michael, David Bowie, Prince, Merle Haggard, Glenn Frey et un certain Leonard Cohen.« J \u2019adore son écr itu re », lance Keith Urban à propos du poète d\u2019origine montréalaise au moment où on nous fait signe que l\u2019interview est terminée.Puis il ajoute : « Parlez-moi de Leonard.» Au Centre Bell, le 12 août, et au Centre Vidéotron, le 13 août.KEITH URBAN De retour au Québec par la grande porte PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Dès sa tendre enfance, Keith Urban a rêvé de s\u2019installer à Nashville, la ville d\u2019où provenait toute la musique country que son père lui faisait écouter.Ses parents ont su très rapidement que le jeune Keith ferait carrière dans la musique.« Il y avait une énergie absolument incroyable dans cette foule [au Festival d\u2019été de Québec], mais je ne savais pas à quoi m\u2019attendre pour notre show.Le lendemain, ce fut exactement pareil : intense, très vivant, plein d\u2019entrain.J\u2019étais très étonné du nombre de mes chansons que le public connaissait.Une soirée magique !» \u2014 Keith Urban l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 mer 12 avril 20h nouvelle supplémentaire En collaboration avec Une présentation avec benoît mCginnis macha limonchik éric bruneau benoît drouin-germain étienne pilon chantal baril louise cardinal normand carrière jean-pierre chartrand sébastien dodge milène leclerc jean-philippe lehoux denis roy rebecca vachon tnm.qc.ca à l\u2019affiche ! Infos et réservations bellessoirees.umontreal.ca lundi 20 mars de 14 h à 16 h sur la scène du tnm une grande entrevue avec rené richard cyr animée par lorraine pintal les beaux entretiens ! ARTS SERGEPOSTIGO, ENTROIS ACTES L\u2019ACTEUR Serge Postigo a failli se faire mettre à la porte de l\u2019École nationale de théâtre, parce qu\u2019il était (trop) parfait.C\u2019était en 1990, juste avant la relâche des Fêtes.Le directeur de la section d\u2019interprétation en poste, Gilles Renaud, avait convoqué l\u2019acteur en herbe à son bureau, pour lui donner cet avertissement : «Si tu ne te mouilles pas plus dans les exercices, tu ne finiras pas le trimestre.» Renaud lui dit qu\u2019il s\u2019en fout de le voir exécuter en classe le grand écart (Postigo aimait bien montrer sa souplesse à ses camarades pendant les réchauffements).«Ce que je veux, c\u2019est te voir chercher, creuser, douter et avoir peur.Je veux te voir échouer et te relever, puis recommencer.C\u2019est ça, un grand acteur !» Un quart de siècle plus tard, l\u2019ex-étudiant ne garde aucune rancune envers son ancien directeur.«Gilles avait raison.J\u2019étais très appliqué dans mon travail.Mais mon jeu était trop propre.Je voulais plaire à tout prix.Plus jeune, je faisais beaucoup de sport.Et j\u2019abordais le jeu comme une discipline sportive.» À la mi-février, La Presse a passé plusieurs heures avec le metteur en scène sur la scène déserte du Théâtre St-Denis.Après Footloose en juin prochain, puis Fame en 2018, Postigo signera également la mise en scène des trois autres comédies musicales estivales présentées au St-Denis.Il a donc un contrat jusqu\u2019en 2021 avec Juste pour rire et les pièces sont déjà choisies.«Peux-tu nous donner les titres en primeur ?Luc, tu es naïf.» (rires) Ce jour-là, des ouvriers rénovent le plafond de la grande salle.Mais Postigo tenait quand même à faire l\u2019entrevue sur la scène du St-Denis, sa deuxième résidence.On aurait pensé gêner les techniciens dans leurs travaux.Au contraire, ils apprécient notre présence.Postigo les appelle par leurs prénoms, blague avec eux.À 17h, avant de quitter la salle, les ouvriers viennent saluer le metteur en scène.Comme un ami.Serge Postigo aime le monde.TOUT le monde ! Lorsqu\u2019il était une vedette du petit écran, à l\u2019époque où François Dion faisait la pluie et le beau temps dans 4 et demi, et que le Dr Trudeau courtisait le Dre Imbeault (Marina Orsini) dans Urgence, le comédien était copain-copain avec le gardien du stationnement de Radio-Canada.«À mon sens, il ne devrait pas avoir de hiérarchie dans le milieu culturel, croit-il.Des employés de la billetterie aux habilleuses, de la régie à l\u2019administration, en passant par les placiers et les techniciens, on a des responsabilités différentes, mais on a tous le même but : que le show marche!» En plus de leur amour des musicals, Postigo partage la même vision du métier que Denise Filiatrault.Pour eux, le vrai patron, ce ne sont pas les producteurs ni les diffuseurs, mais les spectateurs assis dans la salle ou devant leur téléviseur.Au tournant des années 2000, Denise Filiiatrault a dirigé l\u2019acteur au cinéma et au théâtre (Ma vie en cinémascope, Comédie dans le noir, Irma la douce).La directrice du Rideau Vert l\u2019a tout de suite vu dans sa soupe : «Serge a trois aptitudes qui sont aussi des critères essentiels pour faire de la comédie musicale : il joue bien, il chante bien, il danse bien.En plus, c\u2019est un travailleur acharné, un bûcheur, un acteur qui essaie toujours des choses.Il aime son métier et il n\u2019attend pas après les autres pour lancer des projets», explique Denise.« Je suis curieux et j\u2019ai besoin de comprendre, avance Postigo.Par exemple, pourquoi les gens du marketing veulent toujours des visages connus dans une production, même pour Andromaque?Pas pour faire ma job, mais pour avoir accès aux médias.Alors moi, je leur dis qu\u2019on peut intéresser les médias sans avoir une affiche uniquement avec des vedettes.Comme ç\u2019a été le cas avec Mary Poppins.» La comédie musicale est d\u2019ailleurs le plus grand succès de l\u2019histoire du Théâtre Juste pour rire.LE METTEUR EN SCÈNE Serge Postigo est né en 1968 à Agen, dans le sud-ouest de la France.Deux ans plus tard, ses parents déménagent au Maroc, le pays d\u2019origine de sa famille, du côté maternel comme paternel.Le garçon découvre Taroudant, à la porte du Sahara, avec ses orangeraies, ses rigoles et.ses sangliers.Le petit Serge est introverti, sage, rêveur.Pour ses 3 ans, sa mère lui offre un piano électrique.La musique deviendra son refuge.À la maison, on écoute Chopin, Tchaïkovski, Mozart, mais aussi Brel, Aznavour et Ferré.Après le piano, il se met au saxophone, puis au chant.«Enfant, Serge chantait tout le temps et il a une belle voix, raconte sa mère.Mais il a toujours affirmé qu\u2019il n\u2019est pas un chanteur.» Selon Marina Orsini, son ex-conjointe, la mère de son fils aîné, bien qu\u2019hyperactif au travail, Postigo a besoin de son espace, de sa bulle, de sa retraite.«Il peut passer une journée entière seul à écouter de la musique.» Arrivée au Québec Les Postigo ont la bougeotte.Après Taroudant, la famille retourne en France, puis déménage aux Pays-Bas, en passant par la Belgique.Serge fait des allers-retour sà Casablanca afin de revoir ses proches.Il immigre au Québec vers 11 ou 12 ans.Dans ses bagages, il a transporté les odeurs du Maroc, la lumière du désert, et aussi.son accent.Premier choc culturel.À l\u2019école secondaire de Pointe- Calumet, il se fait niaiser par les élèves et traiter de «maudit fif».Quelques années plus tard, il décroche son premier rôle professionnel dans Watatow.Postigo joue un personnage homosexuel très macho; comme un pied de nez aux quolibets homophobes.Après la séparation de ses parents, l\u2019adolescent s\u2019installe à Brossard avec sa mère et sa soeur.Comme bien des élèves québécois, Postigo a eu le déclic pour l\u2019art dramatique à travers les matchs d\u2019improvisation, à la polyvalente Antoine-Brossard.Mais les sirènes du théâtre n\u2019ont pas encore charmé le jeune homme.À 18 ans, il voit sa première pièce au Québec : Don Juan de Molière, avec Raymond Bouchard, au TNM.Alors, tout s\u2019enchaîne.Rapidement.Les cours de théâtre au cégep de Saint-Hyacinthe.L\u2019entrée à l\u2019École nationale de théâtre en interprétation, dans la même classe qu\u2019Isabel Richer et Patrice Godin.Les exercices, les cours.et l\u2019avertissement de Gilles Renaud.À 21 ans, Serge arrive à l\u2019École au volant d\u2019une voiture sport.Il est beau gosse.Il porte une barbe et transporte son bagage culturel.et son accent.« Il donnait l\u2019impression d\u2019avoir plus de maturité que les autres étudiants de première année», témoigne Yves Desgagnés, à l\u2019époque adjoint au directeur du département.«Il avait beaucoup d\u2019aplomb, une autorité naturelle dans sa personnalité.Ça lui venait sans doute de ses origines, de ses voyages, de son déracinement.Ça ne m\u2019étonne pas qu\u2019il fasse une carrière de metteur en scène, aujourd\u2019hui, parce qu\u2019il faut être très à son affaire pour faire ce métier», explique Desgagnés.Le déclic se fait en quatrième année quand il joue un boxeur, inspiré de Régis Lévesque, dans une création de l\u2019ENT, Le combat du siècle de Claude Champagne.Désormais, les rôles de composition, les gars du peuple, machos et vulgaires, font partie de son répertoire.Le jeune acteur ne craint plus l\u2019échec.Sa carrière est lancée.Depuis quelques années, l\u2019acteur s\u2019est effacé un peu (bien qu\u2019on le voie dans Ruptures).Le metteur en scène prend plus de place.Au théâtre, son dernier rôle de répertoire remonte à 2010, dans L\u2019Opéra de quat\u2019sous au TNM.Il y a eu Le Petit Roy, en 2011.Puis rien de majeur.«La scène, c\u2019est ma grande passion, note le comédien.Certes, j\u2019aimerais jouer davantage, mais on ne me fait pas d\u2019offres au théâtre, et c\u2019est correct ; la mise en scène, c\u2019est très accaparant.» Au Québec, lorsqu\u2019un acteur commence à faire de la mise en scène, l\u2019interprète est moins sollicité.«C\u2019est peut- être par pudeur, ou par crainte que l\u2019acteur se mêle des affaires du metteur en scène?Je n\u2019ai pas la réponse.» 1 2 1 2 3 4 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS À 48 ans, Serge Postigo a exploité (presque) toutes les facettes de son métier.Acteur, animateur, metteur en scène, traducteur, programmateur.même rénovateur (pour l\u2019émission À vos marteaux au Canal Historia, il y a 10 ans).Ce n\u2019est pas par hasard si Gilbert Rozon l\u2019a fait entrer à Juste pour rire.D\u2019abord, comme metteur en scène et directeur artistique, puis comme vice-président création à la programmation du Groupe Juste pour rire.Il a tout de suite pensé à lui comme commissaire adjoint aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal.« Il existe peu d\u2019artistes au Québec dont le coffre à outils est énorme comme celui de Serge, dit Gilbert Rozon.À mes yeux, à l\u2019instar de Denise [Filiatrault], Serge est un trésor national !» Tellement, que le Dragon a investi dans ce trésor.Il a payé les droits de scolarité de Postigo (environ 30 000$ par année), afin que celui-ci obtienne un MBA exécutif à l\u2019Université McGill.Le producteur et fondateur de Juste pour rire voit à long terme.Il aimerait que Postigo retourne à la programmation du Groupe, après les célébrations de 2017.\u2013 Est-il votre dauphin, monsieur Rozon?«Nous avons une vision artistique semblable.Serge fait des spectacles populaires, sans sous-estimer l\u2019intelligence du public.I l a une vision globale du métier.Tout en étant capable de mettre son ego de côté pour la réussite du show.Serge et moi avons en commun un trait de caractère, poursuit Rozon : on ne rumine rien.On se dit toujours ce qu\u2019on pense vraiment, sans se ménager.On aime la transparence dans notre travail.» Par contre, le principal intéressé est plus à l\u2019aise dans la chaise d\u2019un metteur en scène que dans celle d\u2019un vice-président.«J\u2019adore Gilbert ! Je l\u2019aime énormément, avec toute la complexité du personnage, réplique Postigo.Mais je suis un créateur.Si je m\u2019attache à une chaise de bureau, je vais devenir incompétent.Et malheureux.» Parcours éclectique Lorsqu\u2019on regarde le CV de Serge Postigo, l\u2019éclec- t isme de son pa rcou rs saute aux yeux.De Claude Gauvreau à Mary Poppins, de Molière à Maxime Landry, de Goldoni à Mario Tessier, de Grease à Urgence, en passant par Tartuffe, Ça manque à ma culture, Ladies Night.Le grand écart, Postigo, le pratique aussi dans ses choix de carrière.« Je me nourris autant, a r tistiquement , en tra- va i l la n t avec G regor y Charles, Sylvain Larocque ou Mario Tessier, qu\u2019avec mes camarades de théâtre ou de téléroman, explique Postigo.Lorsque je signe un show de Maxime Landry au Centre Bell, par exemple, j \u2019apprends sur mon métier.Une équipe technique au Centre Bell, ce n\u2019est pas pareil qu\u2019au Quat\u2019Sous ou à Espace GO.» Selon son grand ami Mario Tessier, « Serge est tombé dans la marmite du talent quand il était petit.» Pour Seul comme un grand, le metteur en scène a dirigé l\u2019humoriste comme un acteur de théâtre, dans la vérité de l\u2019émotion.Et ça marche ! «Serge est très exigeant, perfectionniste, note Tessier.Il est parfois impatient si les choses n\u2019avancent pas assez vite à son goût.» Son impatience, dans la vie comme dans les répétitions, est souvent pointée par ses proches.Et quand le presto saute, le Méditerranéen est bouillant.Il sacre, il piaffe et il fulmine.«C\u2019est un défaut, je sais.Mais je détes te me répéter , attendre, ne rien faire », explique-t-il.Selon son agente qui le représente depuis 25 ans, Nathalie Duchesne, Postigo a « l\u2019énergie d\u2019une pile Duracell : il ne se fatigue jamais».L\u2019homme a 48 ans, une femme qu\u2019il adore, trois beaux enfants, une carrière exceptionnelle.Est-il heureux dans le tourbillon de sa vie ?« Je ne suis pas toujours équilibré, mais je suis heureux, répond-il.J\u2019aimerais prendre plus de temps pour moi, mon couple, ma famille.« La vie était bien plus calme avant, lorsque j\u2019étais acteur.» LE GESTIONNAIRE 1.Serge Postigo dans le téléroman 4 et demi.PHOTO PC 2.Des membres de la distribution de la comédie musicale Grease : Véronic DiCaire, Serge Postigo et Caroline Néron, en 2000.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE 3.Serge Postigo et Denise Filiatrault en 2001.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE 4.Serge Postigo et Karine Vanasse dans Irma la douce,en 2002.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE 5.Serge Postigo et Gilbert Rozon sur le tapis rouge de la pièce de théâtre Un homme, deux patrons, en 2013.ANNE GAUTHIER, ARCHIVES LA PRESSE 6.La comédie musicale Mary Poppins a comporté de nombreux défis techniques.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE 7.Serge Postigo et la comédienne qui a incarné Mary Poppins, Joëlle Lanctôt.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Gilbert Rozon le voit haut placé à Juste pour rire.Denise Filiatrault estime qu\u2019il est l\u2019artiste le plus doué en théâtre musical au Québec.Et Fabienne Larouche le trouve formidable ! Allumé, curieux, brillant, Serge Postigo a le respect du milieu et l\u2019amour du public.Mais sa plus grande qualité est sa capacité de se renouveler.pour chaque projet.UN GRAND PORTRAIT DE LUC BOULANGER 3 PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE 5 6 7 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS «F u c k Dona ld Trump forever for a thousand years!», a lancé d\u2019emblée Win Butler, en arrivant sur scène peu avant minuit mercredi, au Métropolis, dans le cadre du Kanaval Kanpe, une initiative de sa compagne Régine Chassagne en soutien à Haïti.Présenté par le comédien américain Jason Sudeikis, le chanteur d\u2019Arcade Fire, né en Californie et élevé au Texas, a enchaîné avec une chanson de circonstance, Windowsill, dont les paroles, écrites à l\u2019époque de la présidence de George W.Bush, ont toujours pour lui la même résonance: «I don\u2019t want to live in America no more».Il n\u2019est sans doute pas le seul.Plusieurs artistes américains s\u2019inquiètent de ce que deviendra la culture aux États-Unis depuis que le président Trump a annoncé jeudi vouloir éliminer le National Endowment for the Arts (NEA), principal organisme subventionnaire culturel au pays.Trump menace aussi de couper les vivres aux chaînes publiques NPR (radio) et PBS (télé qui ne coûte que 1,35$ par année à chaque citoyen américain).On aurait tort de croire que les coupes souhaitées par l\u2019administration Trump \u2013 le NEA n\u2019accapare que 0,004% du budget fédéral, moins de 150 millions, une goutte d\u2019eau dans un océan de dépenses militaires \u2013 n\u2019auront pas le moindre impact chez nous.Nous sommes au Québec, davantage que nous ne voulons le reconnaître, tributaires à plus d\u2019un égard de la culture américaine.Et perméables, en bien des matières et a fortiori en ce qui a trait à la culture, à ce qui est «fabriqué» aux États- Unis \u2013 le fameux «Made in the USA» que Donald Trump cherche à revaloriser, pour le meilleur et pour le pire.Au-delà de la célèbre caricature d\u2019Elvis Gratton, les Québécois sont bel et bien des «francophones d\u2019Amérique du Nord», à l\u2019évidence plus américanisés que de tradition européenne ; n\u2019en déplaise à ceux qui regrettent encore la mère patrie française.La culture québécoise a beau être unique et distincte, elle est née d\u2019un savant mélange d\u2019influences et continue de se forger en puisant ses inspirations à différentes sources, la plus évidente étant la culture américaine.Même à notre corps défendant, nous avons depuis des décennies absorbé et assimilé un ensemble de codes culturels dominants chez nos voisins du Sud, qui transpirent dans notre cinéma, notre musique, notre télévision.Faut-il s\u2019en réjouir ou s\u2019en inquiéter ?La question reste entière.Mais il est indéniable que le public québécois demeure aujourd\u2019hui, peut- être plus que jamais, friand de culture américaine et de ses nombreux dérivés mondialisés.On n\u2019a qu\u2019à penser aux quelque 88% de parts de marché du cinéma étasunien sur notre territoire en 2016 (contre seulement 6% pour le cinéma québécois).Le rouleau compresseur ne manque pas de carburant.C\u2019est dire à quel point le paysage cinématographique québécois serait différent si l\u2019on faisait abstraction du cinéma américain.Mais contrairement à ce que plusieurs croient, il ne serait pas seulement amputé des calories vides des franchises de superhéros de bande dessinée.On aime se convaincre, lorsqu\u2019il est question d\u2019hégémonie culturelle américaine, que nous pourrions facilement nous passer de tout ce que produit l\u2019usine à divertissement de l\u2019Oncle Donald.En réduisant pour les besoins de notre démonstration antiaméricaine l\u2019apport artistique des États- Unis à son plus petit dénominateur commun: c\u2019est-à-dire la culture fast-food de la musique pop générique, du cinéma hollywoodien à numéros et des romans de gare «érotico-moche- tons» (comme dirait RBO).La vérité est pourtant beaucoup plus complexe.La culture américaine est aussi diversifiée que sa population, aussi riche que son melting-pot ethnique, et par moments aussi raffinée que ses écrivains, cinéastes et autres artistes en tous genres les plus célébrés.Les Joan Didion, Philip Roth, Toni Morrison, Jim Jarmusch, Woody Allen, Chan Marshall, Paul Auster, Joyce Carol Oates, Bob Dylan, Donna Tartt, CormacMcCarthy, Patti Smith et autres Bruce Springsteen \u2013 pour n\u2019en nommer qu\u2019une poignée parmi les plus évidents \u2013 qui nous nourrissent depuis des décennies de l\u2019acuité de leur regard sur la société américaine.Or, c\u2019est grâce aux subventions du National Endowment for the Arts que bien des œuvres \u2013 notamment le grand succès de Broadway Hamilton \u2013 ont pu être créées.Depuis 1990, selon le Los Angeles Times, plus de la moitié des lauréats des principaux prix littéraires aux États-Unis (Pulitzer, National Book Award et National Book Critics Circle Award) ont reçu une bourse du NEA.Nombre de leurs œuvres littéraires sont devenues des pièces de théâtre ou des longs métrages.Évidemment, grâce à son marché potentiel , qui est mondial, l\u2019industrie culturelle américaine ne s\u2019appuie pas sur l\u2019aide de l\u2019État de la même manière que l\u2019industrie québécoise.Il reste que l\u2019écosystème culturel américain est fragile et vient d\u2019être fragilisé davantage par l\u2019administration Trump.Ce sont les artistes les plus audacieux \u2013 ciblés depuis longtemps comme des «gaspilleurs de fonds publics» par le Parti républicain \u2013 qui risquent d\u2019en souffrir le plus.L e c inéma mondia l ne serait pourtant que l\u2019ombre de lui-même sans l\u2019apport inestimable d\u2019un pionnier tel qu\u2019Orson Welles, d\u2019un avant-gardiste de la trempe de Stanley Kubrick ou d\u2019un iconoclaste comme David Lynch.Plusieu rs de mes plus grands coups de cœur de cinéphile sont américains : Fargo des frères Coen, les deux premiers Godfather de Coppola, Manhattan de Woody Allen, 2001 : A Space Odyssey de Kubrick, Pulp Fiction de Tarantino, Do the Right Thing de Spike Lee , China town de Polanski, Taxi Driver de Scorsese ou, plus récemment Boyhood de Richard Linklater.Les titres qui ont nourri mon imaginaire, qui m\u2019ont en quelque sorte «construit», sont innombrables : Citizen Kane, Vertigo, Modern Times, Annie Hall, Mean Streets, Star Wars, The Breakfast Club, Being John Malkovich, Apocalypse Now, The Graduate, Blue Velvet, Goodfellas, The Shining, There Will Be Blood, The Tree of Life, Raging Bull.Affaiblir la culture américaine en coupant les vivres à plusieursartistes, commesepro- pose de le faire Donald Trump, c\u2019est courir le risque que de futurs chefs-d\u2019œuvre ne voient jamais le jour.Alors je dis comme Win Butler.Je dis comme Win Butler L\u2019organisme Les Impatients vient en aide depuis 25 ans aux personnes ayant des problèmes de santé mentale en les insérant dans des ateliers de création.Pour marquer cet anniversaire, le président du Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC), Alexandre Taillefer, lui a ouvert les portes pour une exposition-encan d\u2019œuvres d\u2019art présentée jusqu\u2019au 29 mars.ÉRIC CLÉMENT La Presse a rencontré le directeur général des Impatients, Frédéric Palardy, et la présidente d\u2019honneur de l\u2019expos i t ion Par l e -mo i d\u2019amour , Jo-Ann Kane, consultante en gestion de collections.Ils expliquent l\u2019importance de cet événement qui rassemble 315 œuvres d\u2019artistes professionnels et amateurs.POPULARITÉ Le MAC vous accueille pour vos 25 ans car la popularité de votre exposition-encan ne cesse d\u2019augmenter.Frédéric Palardy : Le nombre de visiteurs augmente chaque année, tout comme les sommes récoltées et le nombre d\u2019artistes qui participent.Cette année, ils sont 140 artistes professionnels et 125 artistes des Impatients.Sans compter 50 dons d\u2019œuvres d\u2019art.ARTISTES RENOMMÉS Avec des œuvres provenant d\u2019artistes renommés tels que Chagall, Riopelle, Alleyn, Szilasi, Molinari, Valérie Blass, Nicolas Baier, Doyon- Rivest ou encore Patrick Bernatchez.Et la visite est gratuite.Jo-Ann Kane : Effectivement.L\u2019entrée pour participer à l\u2019encan silencieux est gratuite.S\u2019ajoute un encan à la criée lors de la soirée de clôture, le 29 mars à 17 h 30, pour une trentaine d\u2019œuvres.PAS DE CLIVAGE Pourquoi présenter côte à côte les œuvres de professionnels souvent prestigieux et d\u2019autres créées par les patients fréquentant vos ateliers ?JAK : Pour montrer qu\u2019il n\u2019y a pas de clivage mais une grande liberté, une grande ouverture.Je suis souvent touchée par les créations des Impatients.Une œuvre d\u2019art, qu\u2019elle soit faite par un professionnel ou pas, son rôle est de toucher et de faire réfléchir.D\u2019ailleurs, je me fais prendre parfois.Je pense que l\u2019œuvre que je regarde a été créée par un artiste professionnel et ce n\u2019est pas le cas ! Il y a des Impatients plutôt talentueux.Que racontent les Impatients dans leurs créations ?FP : Ils parlent de leur existence.Ils expriment beaucoup d\u2019humour, de la dérision et ne parlent pas seulement de leur condition.UN ENDROIT DE LIBERTÉ Jo-Ann, vous êtes impliquée depuis plusieurs années avec les Impatients.Cette cause vous touche particulièrement ?JAK : Oui, car la santé mentale, de plus en plus démystifiée, est une cause importante.Et parce que les Impatients, c\u2019est un endroit de liberté pour les gens atteints de maladie mentale.On n\u2019y parle pas de leur maladie.Ils sont entourés par des art-thérapeutes ou des artistes professionnels qui leur permettent de sortir de leur quotidien.FP : Certains ex-Impatients nous disent que ces ateliers leur ont sauvé la vie.Un patient m\u2019a dit récemment qu\u2019avant de venir aux ateliers, il avait une « anti- vie ».Nos 11 ateliers brisent la solitude et leur permettent de créer.EFFICACITÉ DES IMPATIENTS Comment mesure-t-on l\u2019efficacité de vos ateliers de création ?FP : Les hôpitaux collaborent avec nous depuis près de 25 ans.Les psychiatres nous réfèrent de plus en plus de patients.On en a 600 par semaine dans nos ateliers.Une étude a montré que 85% des Impatients ont vu leur état s\u2019améliorer.Dans 63% des cas, cela a permis de diminuer l\u2019hospitalisation.Même l\u2019armée canadienne pourrait être intéressée pour les militaires ayant un stress post-traumatique.Les Impatients ont quels types de problèmes de santé ?FP : Il y a des schizophrènes, des gens en dépression temporaire, des bipolaires, des personnes qui font des crises de panique ou ont des anxiétés.FINANCEMENT Votre budget annuel de 1,2 million est financé comment ?FP : Les hôpitaux et les fondations d\u2019hôpitaux paient pour les ateliers.On reçoit aussi de l\u2019argent du programme de soutien aux organismes communautaires.Les quatre événements Parle- moi d \u2019amour (Drummondville, Longueuil, Montréal et Verdun) permettent de recueillir environ 225 000 $.Mais les entreprises privées n\u2019aident pas beaucoup.On est appréciés, mais pas très aidés par le privé.Après 25 ans d\u2019existence et l\u2019ouverture de 11 ateliers, vous souhaitez grossir encore ?FP : Oui, on veut aller où sont les besoins.Grossir pour être autosuffisant.Créer des ateliers pour le privé, payés par les assureurs, et des ateliers mobiles dans les régions éloignées.Desservir d\u2019autres genres de patients.Les militaires, les enfants.Enfin, soutenir les personnes qui encadrent nos Impatients car c\u2019est tout un travail.Si ça fonctionne, c\u2019est surtout grâce aux animateurs des ateliers qui font un travail exemplaire.Parle-moi d\u2019amour, exposition- encan des Impatients, au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (185, rue Sainte-Catherine Ouest), jusqu\u2019au 29 mars.Mardi, samedi et dimanche, de 11h à 18h ; mercredi, jeudi et vendredi, de 11h à 21h.Entrée gratuite.impatients.ca ARTS VISUELS Le MAC ouvre ses portes aux Impatients MARC CASSIVI CHRONIQUE Q R PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Frédéric Palardy, directeur général des Impatients, et Jo-Ann Kane, présidente d\u2019honneur de l\u2019exposition Parle- moi d\u2019amour et consultante en gestion de collections.PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Win Butler, chanteur d\u2019Arcade Fire, est né en Californie et a été élevé au Texas.La culture québécoise a beau être unique et distincte, elle est née d\u2019un savant mélange d\u2019influences et continue de se forger en puisant ses inspirations à différentes sources, la plus évidente étant la culture américaine.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS LECTURE SONIA SARFATI I l au ra fa l lu c inq ans à Lori Lansens pour arriver au sommet de cette montagne métaphorique (mais pas tant que ça) qu\u2019a été l\u2019écriture de Les égarés.«C\u2019est la faute de la Californie », assure l\u2019auteure de l\u2019inoubliable Les f illes , native de l\u2019Ontario, mais installée dans les montagnes de Santa Monica depuis presque 11 ans, en compagnie de son mari, le réalisateur Milan Cheylov, et de leurs deux enfants.On « entend » la romancière sourire au bout du fil.Mais quiconque connaît la région sait qu\u2019elle n\u2019exagère pas quand elle assure avoir passé, ces dernières années, en moyenne six heures par jour dans son automobile : « Notre maison est dans un coin reculé, très loin de l\u2019école des enfants et de leurs activités.Entre la circulation et la distance, avec les horaires tronqués que cela exigeait, je ne pouvais pas écrire plus de deux heures d\u2019affilée.Mais après avoir failli baisser les bras, je me suis servie de cela.Le livre est devenu une métaphore des défis de ma vie d\u2019écrivain.» Elle rit.N\u2019en pense pas moins.Les égarés , donc.Qui se résume en quelques mots : cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants.Mais qui se lit et se vit en autant de pages et de phrases que Lori Lansens a bien voulu y mettre.Ce roman touche au viscéral.Cette histoire de survie surprend le lecteur à chaque tournant.Lève, ici, le voile sur un fait, sur un secret.L\u2019assomme, là, par un revirement, une décision.Le prend, vraiment, aux tripes.Il est, pour tout cela, de ces récits qu\u2019il faut aborder le plus vierge possible.Disons simplement qu\u2019on y rencontre Wolf.C\u2019est le jour de ses 18 ans.Il entreprend l\u2019ascension de la montagne qui surplombe Palm Springs avec l\u2019intention de ne pas en revenir.Il va, une fois au sommet, se jeter dans le vide.On comprendra pourquoi en temps et lieu.Se perdre En chemin, il rencontre trois femmes.Nola, qui vient ici chaque année en compagnie de son mari, mais qui, cette fois, est seule, car son aimé vient de mourir.Bridget, qui s\u2019entraîne pour un triathlon.Vonn, qui a l\u2019adolescence boudeuse.Une erreur menant à l\u2019autre, ils se perdent.Ils devront affronter la faim, le froid, la soif.Devront aussi affronter les raisons qui les ont conduits là.Devront faire face à eux-mêmes.Comme cela se produit souvent chez les écrivains, Lori Lansens s\u2019est abreuvée à même sa vie \u2013 qu\u2019elle a transformée, modelée à la fiction \u2013 pour construire cette histoire.« Pour moi, tout commence toujours par les personnages.Or, quand je me suis mise à réfléchir à un nouveau roman, il y avait, dans ma communauté, une vague de suicides chez les adolescents.L\u2019un d\u2019entre eux avait été notre voisin et je ne pouvais m\u2019arrêter de penser à ces enfants brisés, à ce qui les pousse vers un désespoir total qui les mène à commettre cet acte sans retour.J\u2019avais alors Wolf en tête, en moi.Et je me disais qu\u2019en le rendant responsable d\u2019autres vies, je parviendrais à le faire changer d\u2019idée.» La situation et les gens é t a ien t pla cé s .Ma i s où planter le récit ?Là encore, Lori Lansens a su , assez rapidement.Il y avait cette montagne gravie avec son mari , des mois sinon des années plus tôt , ce mont San Jacinto qui surplombe Palm Springs.«J\u2019ai toujours su que j\u2019écrirais un jour sur cet endroit», commence-t-elle avant de raconter comment, subjugués par la beauté des lieux, ils étaient sortis du sentier pour prendre une photo, s\u2019étaient éloignés de quelques pas pour avoir une meilleure vue.Et s\u2019étaient perdus.Se retrouver Pas longtemps, mais assez pour que l\u2019impact soit inoubliable pour la romancière.«Ce qui est incroyable, c\u2019est que vous êtes là, sur la montagne, et que la ville est à vos pieds.Il est facile de se dire qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019à se diriger vers elle pour retrouver son chemin.Or c\u2019est faux.Il y a des canyons, des ravins et plein d\u2019autres obstacles.Et la météo peut y changer tellement vite!» Autant d\u2019éléments à exploiter.Elle avait donc Wolf.Elle avait la montagne, qu\u2019elle a rebaptisée et mise à sa main après être retournée, encore et encore, sur la vraie, en compagnie d\u2019un membre de la Riverside Mountain Rescue Unit qui lui a servi de guide.Et de premier lecteur.«Même si je me suis conservé un certain jeu, un genre de licence créative», rigole-t-elle.Après tout, la montagne était au service de sa fiction.Une fiction dont elle connaissait les grandes lignes, des personnages dont elle savait les secrets.Son défi était ailleurs.« Comment disséminer l\u2019information que je connais ?À quel moment est-ce que ce serait le plus efficace pour l\u2019histoire, pour les personnages.et pour le lecteur ?», se demande celle qui sait créer le suspense là où on ne l\u2019attend pas, et se glisser dans la peau de gens brisés auxquels elle insuffle espoir et beauté.« Je veux être comme un maître marionnettiste et les guérir.Je trouve de l\u2019espoir dans cela.» Elle en trouve pour elle.Elle en donne à ses personnages, mais aussi à ses lecteurs.De l\u2019espoir et de la beauté.Il y a tout cela dans ses Égarés.Les égarés Lori Lansens (Traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné) Alto, 446 pages LORI LANSENS / Les égarés L\u2019écriture comme une ascension Extrait LES ÉGARÉS «C\u2019est une histoire qui ne convient pas à un enfant, mais justement, tu n\u2019es plus un enfant.Aujourd\u2019hui, tu es plus vieux que je l\u2019étais lorsque je me suis égaré dans la montagne sauvage.Cinq jours là-haut, sans nourriture, sans eau et sans abri.Cette partie de l\u2019histoire, tu la connais, comme tu sais que j\u2019étais en compagnie de trois inconnues et que nous n\u2019en sommes pas tous sortis vivants.Les évènements survenus dans cette montagne ont changé ma vie, Danny.Le récit que je m\u2019apprête à te faire va changer la tienne.» PHOTO LAURA STARKS, FOURNIE PAR ALTO Lori Lansens est native de l\u2019Ontario, mais est installée dans les montagnes de Santa Monica depuis presque 11 ans, en compagnie de son mari.PHOTO TIRÉE D\u2019INTERNET Lori Lansens avait gravi le mont San Jacinto, qui surplombe Palm Springs, avec son mari, des années avant la rédaction de son livre.Cette montagne lui a inspiré l\u2019histoire.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 réservez maintenant ! 514 521.1002 1 800 558.1002 Présenté par bella italia avec Mario Introia LONGUEUIL Théâtre de la Ville 14 au 19 mars LAVAL Salle André-Mathieu 21 au 27 mars Théâtre Marcellin-Champagnat 29 et 30 mars MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 9 au 14 mai CINÉ-CONFÉRENCES aussi présentées à L\u2019Assomption St-Jean, LaSalle, St-Jérôme, La Prairie, Montréal-Nord, etc.18 et ARTS CINÉMA BEAUTYANDTHEBEAST (V.F.:LABELLEETLABÊTE) !!!½ Film d\u2019animation de Bill Condon avec EmmaWatson, Dan Stevens, Luke Evans et Josh Gad.2h09.SONIA SARFATI L\u2019opération était risquée.Oui, les studios Disney ont déjà fait passer avec succès Cinderella de l\u2019animation à la prise de vues réelle.Même chose pour la «méchante» sorcière de la Belle au bois dormant avec Maleficent.Les deux films, visuellement magnifiques (le second péchait toutefois sur le plan narratif), avaient toutefois contourné l\u2019écueil que pouvaient constituer les chansons.en les amputant carrément.Sauf que ces «dessins animés», comme on disait dans le temps, dataient des années 50.Les pièces musicales aussi.Beauty and the Beast, lui, est sorti en 1991.Ses fans de la première heure et leurs enfants connaissent par cœur les Be Our Guest, Kill the Beast et autres Gaston.Ç\u2019aurait été une erreur de passer outre.La transposition a ainsi été confiée à Bill Condon, qui a fait ses preuves avec Chicago et Dreamgirls.Le résultat est très convaincant.Sans réelles fausses notes.mais avec quelques bémols.Le principal se trouvant là où on ne l\u2019attendait pas : Emma Watson.Entourée de ces pros de la scène et du spectacle musical que sont Josh Gad (LeFou) et Luke Evans (Gaston), l\u2019interprète de Belle, loin d\u2019être mauvaise, ne paraît quand même pas au mieux.Son filet de voix et son manque d\u2019aisance dans les chorégraphies, en particulier dans Belle (qui ouvre le long métrage), sautent aux oreilles et aux yeux.Il a aussi été pas mal question, dans la promotion du film, de l\u2019accent mis sur le passé et l\u2019arc dramatique des personnages.La prise de vues réelle exigeait en effet de creuser, de nuancer.Si ce qui a été fait avec Gaston est formidable (au point où, dans les premiers temps du film, on prend presque pour lui \u2013 la performance de Luke Evans n\u2019est pas étrangère à ce parti pris !), les évènements qui ont poussé Belle et son père (Kevin Kline) à quitter Paris (ça marche) pour se cacher à Villeneuve (ça marche moins), auraient pu être plus solides.Enlevant et beau Quant aux raisons qui ont fait que le prince devienne la Bête, elles ne pèchent pas par leur originalité \u2013 et puisent dans cette tendance «disneyienne» voulant qu\u2019un méchant ne peut pas seulement être méchant : il faut une raison pour « justifier» son comportement.Mais honnêtement, ce sont des bémols.Pas des couacs.Le film est enlevant et de toute beauté.Dan Stevens tire fort bien son épingle du jeu dans la peau (virtuelle) de la Bête : l\u2019amalgame de la «double capture de mouvements» (une pour le corps et une pour le visage) et des images de synthèse, le tout «entourant» son regard, fonctionne très bien.Et son interprétation de la (nouvelle) chanson Evermore est émouvante à souhait.Quant aux objets qui « peuplent » le château ensorcelé, ils sont somptueux et interprétés de façon magistrale par la distribution vocale (Ewan McGregor pour Lumière, Emma Thompson pour Mrs Potts, Ian McKellen pour Cogsworth, Gugu Mbatha- Raw pour Plumette, etc.).Difficile de ne pas avoir la tentation d\u2019applaudir après leur numéro de production qu\u2019est Be Our Guest de même qu\u2019à la trouvaille scénaristique qui accompagne leur retour à l\u2019apparence humaine.Dans un registre plus terre à terre (puisque porté par les «humains»), impossible de ne pas rire à Gaston ou de ne pas frissonner pendant Kill the Beast, que la présence d\u2019acteurs rend beaucoup plus sombre que dans le film d\u2019animation.Et LeFou, «devenu» gai?C\u2019est parfaitement intégré au récit et même très drôle dans sa pirouette finale.Bref, une production belle et vraiment pas bête que ce Beauty and the Beast.Sans fausses notes.ou presque Voir plus de critiques dans lapresse.ca et sur La Presse+ PHOTO FOURNIE PAR DISNEY Dan Stevens et EmmaWatson sont les têtes d\u2019affiche de La Belle et la Bête.Profitant d\u2019une résidence d\u2019artiste de deux mois au Nunavik, Robin Aubert a tourné entièrement seul le film Tuktuq, qui est à la fois une docufiction sur le rapport à l\u2019autre et un pamphlet sur la dépossession d\u2019un territoire.À sa façon, le cinéaste poursuit sa propre Course destination monde.CHANTAL GUY Des images stupéfiantes de l\u2019immensité du territoire du Nunavik.Des scènes de chasse, de dépeçage de caribou, de traditions inuites.Mais ce qui change tout, c\u2019est la narration.Tout au long de Tuktuq, on entend en voix off ce dialogue de sourds au téléphone entre un caméraman envoyé dans le Nord pour documenter la vie des habitants d\u2019un petit village et un sous- ministre qui ne pense utiliser ces images que pour mieux faire passer un projet de minière.Le résultat est efficace et un peu pervers : cette beauté que nous voyons à l\u2019écran peut être détournée, voire appelée à disparaître.Dans ce projet en grande partie autofinancé, Robin Aubert a pratiquement tout fait lui-même.La caméra, le son, et même le jeu, puisqu\u2019il se met en scène.«Quand tu es pogné pour faire ça tout seul, tu as un profond respect pour les départements par la suite», admet-il en riant.Tuktuq (qui signifie «caribou» en inuktitut) fait partie de sa «pentalo- gie des cinq continents», un projet personnel de Robin Aubert visant à mettre un personnage québécois face à un territoire étranger.C\u2019était l\u2019Inde pour À quelle heure le train pour nulle part en 2009, c\u2019est le Nord pour Tuktuq, tourné en 2012 en plein printemps érable.Le but est d\u2019arriver à cinq films qui couvriront les cinq continents, et il souligne que cela pourrait bien lui prendre une vie pour parvenir à boucler cette pentalogie.«Je veux faire ça pour sortir de ma grange, pour aller vers l\u2019autre, explique-t-il.C\u2019est toujours le rapport d\u2019un Québécois face à un autre peuple.Déplacer quelqu\u2019un de mon peuple ailleurs, plutôt que de parler d\u2019un peuple qui m\u2019est étranger.Ça crée une forme de dépaysement, de découverte, d\u2019ouverture.» Dans le fond, lui dit-on, il recrée un peu les conditions de création de La course destination monde, ce concours télévisuel qui envoyait de jeunes aspirants cinéastes aux quatre coins du monde, où il avait remporté le Prix du public en 1998.«Totalement ! répond Aubert.Je l\u2019ai senti encore plus avec Tuktuq qu\u2019avec À quelle heure le train pour nulle part, parce que pour ce dernier, nous étions quatre.Quelque part, quand tu as fait La course, tu veux évoluer, faire de plus gros tournages, mais moi, j\u2019aime faire de petits tournages.Il y a quelque chose que j\u2019apprends encore dans le cinéma.En tout cas, moi, il faut que j\u2019apprenne tout le temps, comme créateur.C\u2019est peut- être égoïste.Faire du cinéma, c\u2019est pouvoir montrer ce que tu sais faire, mais tu peux prendre ça aussi comme un ami que tu essaies de découvrir.» Caméra-stylo L\u2019autre in f luence mani feste est l\u2019œuvre de Robert Morin, et Robin Aubert ne cache pas que Tuktuq est un hommage « à peine déguisé » au film Le voleur vit en enfer.Ce n\u2019est pas pour rien aussi que Robert Morin prête sa voix au personnage du sous-ministre.«Pour moi, c\u2019était évident qu\u2019il fallait que ce soit lui et que je devais le convaincre.Le fait que l\u2019on soit chums dans la vie n\u2019aide peut-être pas.On se côtoie depuis Le nèg\u2019.Ça lui a pris trois semaines avant d\u2019accepter.» Malgré les contraintes, cette immense liberté dans le tournage de Tuktuq n\u2019est pas sans rappeler la méthode Morin de cinéma guérilla ou de caméra-stylo, qui plaît au cinéaste.«Tu tournes en écrivant ton film plutôt que d\u2019écrire ton film pendant trois ans avant de tourner.Et, tranquillement, le film prend forme par les images.» Le personnage du caméraman finit par être profondément touché au contact du mode de vie des Inuits, assez pour développer l\u2019envie d\u2019avoir un point de vue sur le monde.Le fossé se creuse entre lui et le sous-ministre, qui n\u2019a rien à cirer du destin de ce peuple qu\u2019il veut déplacer.«Le langage du sous-ministre est un peu kafkaïen, ce n\u2019est pas la langue de bois, c\u2019est limite exagéré sur les bords, note Aubert.C\u2019est quand même deux Blancs qui parlent du sort d\u2019un peuple qu\u2019ils ne connaissent pas, un qui se fait toucher de l\u2019intérieur et l\u2019autre qui n\u2019a aucune émotion parce qu\u2019il est de l\u2019extérieur.L\u2019un est trop naïf et l\u2019autre est trop cynique.» Cette expérience de deux mois en solitaire au Nunavik a profondément marqué Robin Aubert, qui a pris son temps avant d\u2019aborder les Inuits.« Ils sont extrêmement timides et indépendants, ils ne vont pas aller vers toi.J\u2019ai décidé de faire mon indépendant aussi.J\u2019allais me promener en quatre-roues sur le territoire, même si c\u2019est dangereux parce que tu n\u2019as aucun repère.Tranquillement, il y en a un qui est venu me voir, pour me proposer d\u2019aller pêcher.Il m\u2019a présenté sa mère et sa sœur, avec qui j\u2019ai vraiment créé un lien très fort.«J\u2019en parle et ça me pince le cœur.J\u2019aimerais ça, y retourner.C\u2019était la première fois que je me sentais petit face au monde.Quand tu es devant un paysage à 360 degrés qui n\u2019en finit plus de finir, ta petite émotion d\u2019angoisse, elle part vite.» Pendant ce séjour particulier, Robin Aubert a aussi écrit le scénario des Affamés, un film de morts- vivants qui suscite beaucoup de curiosité et qui prendra l\u2019affiche cette année.Il dit avoir une fascination pour le sang et, de toute évidence, il aime le cinéma de genre, auquel il s\u2019est frotté avec Saint- Martyr-des-Damnés en 2005.«On est en montage.Je n\u2019ai que du positif pour ce film-là et ç\u2019a été un tournage extraordinaire.Après À l\u2019origine d\u2019un cri, je cherchais quoi faire et j\u2019ai décidé de me faire plaisir.Et de faire un film pour le plaisir des gens.» Tuktuq prendra l\u2019affiche le 24 mars.ROBIN AUBERT / Tuktuq L\u2019appel du Nunavik PHOTO FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE « C\u2019était la première fois que je me sentais petit face au monde.Quand tu es devant un paysage à 360 degrés qui n\u2019en finit plus de finir, ta petite émotion d\u2019angoisse, elle part vite.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 Version originale anglaise avec sous-titres français « Un récit divertissant, instructif et poignant sur l\u2019identité et l\u2019imagination.» Variety « Riche en humour et perspicacité, un film à voir absolument.» The Gate « Voyez-le dès que possible.Amenez des amis.Partagez la poésie.» Now Toronto « Merveilleux » AU CINÉMA DÈS MAINTENANT R É P A R E R L E S V I V A N T S U N F I L M D E K A T E L L Q U I L L É V É R É UN FILM MAÎTRISÉ ET TOUCHANT QUI, DÈS LES PREMIÈRES IMAGES, IMPOSE SA FORCE ET SA SENSIBILITÉ.NATHALIE PETROWSKI \u2013 LA PRESSE PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE UNE ŒUVRE MAGISTRALE PIERRE VAVASSEUR \u2013 LE PARISIEN HHHHH FILM FANTASTIQUE ASSASSIN\u2019S CREED (V.F.: ASSASSIN\u2019S CREED) == De Justin Kurzel.Avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons.Condamné àmort, Callum, descendant des Assassins, est enlevé sur l\u2019ordre du Temple.Depuis des siècles, ces derniers, ennemis jurés des premiers, cherchent la pomme du jardin d\u2019Éden qui contient le germe de la désobéissance humaine.En contrôler le pouvoir permettrait d\u2019asservir l\u2019humanité.Or, l\u2019objet a été vu pour la dernière fois en 1492, en Espagne, entre les mains de l\u2019ancêtre de Callum.Lequel va retourner virtuellement dans le passé afin de retrouver le fruit défendu.Assassin\u2019s Creed n\u2019est pas ce qui s\u2019est fait de pire dans l\u2019adaptation de jeux vidéo au cinéma.Mais aprèsWarcraft, il enfonce le dernier clou dans le cercueil d\u2019un genre qui n\u2019aurait peut-être jamais dû exister.\u2014 Sonia Sarfati FILM NOIR LIVE BY NIGHT (V.F.: ILS VIVENT LA NUIT) == De Ben Affleck.Avec Ben Affleck, Zoe Saldana, Brendan Gleeson.En ce milieu des années 20 à Boston, Joseph Coughlin, fils de policier, choisit l\u2019autre côté de la loi, s\u2019adonne au trafic d\u2019alcool et plonge dans la rivalité qui oppose les mafias irlandaise et italienne.Les affrontements se multiplient, au point où Joe « choisit » de prendre une route qui le mènera à Miami, puis à Cuba.Une route qui ne sera pas de tout repos.Adaptation du roman de Dennis Lehane, Live by Night est un film noir sans rythme, sans personnalité, sans signature, où passent des personnages dont on se fiche complètement, qui voudrait peut-être être GoodFellas ou The Godfather, mais Ben Affleck n\u2019est pas Scorsese ou Coppola.\u2014 Sonia Sarfati DRAME JULIETA === 1/2 De Pedro Almodóvar.Avec Adriana Ugarte, Emma Suárez, Rossy de Palma.Qui aurait pu croire qu\u2019un jour, l\u2019univers d\u2019Alice Munro s\u2019intégrerait aussi harmonieusement dans celui de Pedro Almodóvar ?C\u2019est pourtant le cas.Julieta est en effet inspiré de trois nouvelles de l\u2019écrivaine romancière canadienne, que le chantre de la Movida a recadrées en Espagne en les fusionnant en une seule intrigue.Il reste peu de Munro à la fin, cela dit.Et beaucoup d\u2019Almodóvar.Quelques éléments dans une dimension plus fantasmagorique peuvent quand même parfois rappeler le pays d\u2019origine de l\u2019auteure, mais Julieta s\u2019inscrit de façon non équivoque dans la démarche habituelle de celui qui, depuis plus de 35 ans, est le chef de file du cinéma espagnol.\u2014Marc-André Lussier THRILLER ELLE === 1/2 De Paul Verhoeven.Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny.Mich è l e , f emme d \u2019a f f a i r e s intransigeante, dirige une entreprise de j eux v idéo en pou s s an t constamment plus loin ses employés dans la création de séquences violentes à caractère sexuel.Dès la première scène d\u2019Elle, fascinant thriller psychologique, Michèle est violée par un homme coiffé d\u2019une cagoule, dans sa propre maison.Elle poursuit ensuite sa journée, comme si de rien n\u2019était, avant d\u2019engager avec son agresseur un jeu bien malsain du chat et de la souris.Avec cette adaptation libre du roman Oh.de Philippe Djian, Paul Verhoeven est de retour en grande forme.Et, sorte de synthèse de son parcours d\u2019actrice, cette Michèle est un rôle sur mesure pour Isabelle Huppert.\u2014Marc Cassivi ARTS CINÉMA ARCADE FIRE COUPÉ AU MONTAGE DE SONG TO SONG ! Fidèle à son habitude, le cinéaste Terrence Malick a coupé quelques numéros musicaux \u2013 ainsi que des personnages \u2013 de la version définitive de Song to Song.La performance du groupe montréalais Arcade Fire est passée au couperet, tout comme celles de Fleet Foxes et Iron&Wine.Christian Bale ne figure plus au générique non plus.Lancé au festival South by Southwest, le plus récent film du réalisateur de The Tree of Life, a pour cadre la scène musicale d\u2019Austin, au Texas, et met en vedette une distribution de haut vol, dans laquelle on retrouve notamment Ryan Gosling, Rooney Mara, Michael Fassbender, Natalie Portman, Cate Blanchett et Holly Hunter.Au Québec, Song to Song sera distribué par Les Films Séville.Il prendra l\u2019affiche ce printemps.PLAN LARGE MARC-ANDRÉ LUSSIER LE CHIFFRE DE LA SEMAINE SUR VOS ÉCRANS Ryan Gosling et Michael Fassbender dans Song to Song, un film de Terrence Malick.QUI A DIT?«Pas autant qu\u2019on me l\u2019avait prédit.En revanche, je n\u2019ai désormais plus besoin de passer de casting.Un luxe.» \u2014 Antoine Olivier Pilon, en réponse à une question posée par un journaliste du Studio Ciné Live, qui voulait savoir si les propositions avaient afflué aprèsMommy.LES SORTIES EN SALLE DU 24 MARS 113 064 385$ Recettes engendrées en Amérique du Nord par Get Out, un film de Jordan Peele, entre le 24 février et le 13 mars.Le grand succès surprise de la saison.CHIPs de Dax Shepard Les fleurs bleues (Podiwoki) d\u2019Andrzej Wajda Je compte sur vous de Pascal Elbé Keep Watching de Sean Carter Life (Vie) de Daniel Espinosa Personal Shopper d\u2019Olivier Assayas Power Rangers de Dean Israelite P.S.Jerusalem de Danae Elon The Second Time Around de Leon Marr The Sense of an Ending de Ritesh Batra T2 Trainspotting (F2 \u2013 Ferrovipathes) de Danny Boyle Les terres lointaines de Félix Lamarche Tuktuq Robin Aubert Wilson de Craig JohnsonW PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 PRÉSENTEMENT AU CINÉMA SÉLECTION OFFICIELLE UN FILM DE BENOIT PILON MARIE-JOSÉE CROZE FRANÇOIS PAPINEAU NATAR UNGALAQ Iqaluit-LeFilm.com «UNEŒUVRED\u2019UNE GRANDE BEAUTÉ.NATAR UNGALAQ EST CRIANT DE VÉRITÉ.» ANNE-JOSÉE CAMERON, ICI RADIO-CANADAQUÉBEC «UN FILMMAGNIFIQUE.» CATHERINE PERRIN, ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE «FRANÇOIS PAPINEAU, IMPRESSIONNANT.MARIE-JOSÉECROZE, UNE PERFORMANCE TOUTE EN SUBTILITÉ.» NATHANMURRAY, IMPACT CAMPUS «UN FILM LUMINEUX.» ANDRÉ LAVOIE, LE DEVOIR «FASCINANT ET SÉDUISANT.» MARC-ANDRÉ LUSSIER, LA PRESSE «LES PAYSAGES GRANDIOSES SONT D\u2019UNE BEAUTÉ À COUPER LE SOUFFLE.» PATRICK LONERGAN, MAGAZINE LE CLAP ARTS CINÉMA CONQUÊTE INACHEVÉE LE CINÉMA QUÉBÉCOIS EN FRANCE UN PUBLIC À SÉDUIRE Une dizaine de longs métrages québécois ont eu droit à une distribution dans les salles françaises en 2016.Deux d\u2019entre eux ont obtenu un véritable succès public : Juste la fin du monde a séduit plus d\u2019un million de spectateurs, et La guerre des tuques 3D (rebaptisée La bataille géante de boules de neige là-bas) a fait un score très honorable (près de 210 000 spectateurs).Les autres ont dû se contenter de sorties plus confidentielles, ou ont été confinés au circuit art et essai.Lassitude?Effet de mode estompé?Barrière de l\u2019accent et du langage?Absence de curiosité de la part du public français ?Et peut-on en dire autant de la piètre situation du cinéma français au Québec?Lors d\u2019un récent passage à Paris, nous avons tenté de comprendre le phénomène avec différents intervenants.PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAMDE YAN ENGLAND MARC-ANDRÉ LUSSIER PARIS QUE DU CINÉMA D\u2019AUTEUR De la même manière que les comédies québécoises à vocation populaire s\u2019exportent mal à l\u2019extérieur de nos frontières, les plus grands succès du cinéma français en 2016 sont des comédies qui, bien souvent, échouent quand elles parviennent à atteindre nos rives (Les Tuche 2, Camping 3, Retour chez ma mère , Les visiteurs 3 , etc.).De part et d\u2019autre, seuls les films d\u2019auteur parviennent à susciter l\u2019intérêt des distributeurs internationaux et des médias.« Le bon cinéma s\u2019exporte à partir du moment où il porte en lui du cinéma, de l\u2019innovation et de l\u2019universalité, indique Nathanaël Karmitz, directeur général de la société MK2.Le cinéma québécois et le cinéma français partagent le même problème.Les comédies à succès sont trop locales pour l\u2019exportation.Du côté du cinéma d\u2019auteur, les films sont parfois trop sombres ou trop nombrilis- tes.Il faut penser un peu plus au public et, surtout, il faut avoir envie d\u2019atteindre un public plus large, hors de ses frontières.» L\u2019ABSENCE DE CONTINUITÉ Contrairement à un phénomène observé au cours des années 70 et 80, une époque où le cinéma québécois bénéficiait d\u2019un « effet de mode » en France, le succès d\u2019un film d\u2019ici est désormais ponctuel là-bas.Et n\u2019a pas vraiment d\u2019effet d\u2019entraînement.« C \u2019est maintenant du coup par coup, fait remarquer Jean-Pierre Lavoignat, longtemps journaliste de cinéma avant de s\u2019occuper de programmation, notamment pour le cinéma Les Fauvettes.Régulièrement, un film comme C.R.A.Z.You Incendies parvient à se faire valoir, mais il n\u2019y a pas vraiment de continuité ensuite.Serait-ce un manque de mobilisation des distributeurs et des médias ?Le fait est que, maintenant, les productions asiatiques ont la cote.On a l\u2019impression que le moindre film coréen est considéré comme Citizen Kane ! Les autres cinématographies en souffrent, pas seulement la québécoise.On ne parle guère non plus du c inéma espagnol ou allemand.» Jean-Claude Raspiengeas, grand reporter au journal La Croix (et ardent défenseur du cinéma québécois), affirme de son côté que les auteurs comme Denis Côté, Stéphane Lafleur ou Sébastien Pilote doivent malheureusement se contenter d\u2019un succès d\u2019estime.DES SUCCÈS DE FESTIVALS Plusieurs films québécois sont célébrés dans les plus grands festivals de cinéma du monde, mais cet engouement débouche rarement sur un succès en salle.«Ça, c\u2019est un vrai mystère ! estime Jean-Claude Raspiengeas.D\u2019autant plus que le Québec constitue probablement la destination touristique préférée des Français.C\u2019est vraiment étrange, car la découverte d\u2019un pays étranger \u2013 et l\u2019envie de s\u2019y rendre \u2013 est souvent initiée par le cinéma et la littérature.Or, on assiste au même phénomène de ce côté : la littérature québécoise n\u2019existe pratiquement pas en France.Il n\u2019y a que la chanson québécoise qui ait un véritable écho ici.Il y a 30 ou 40 ans, c\u2019était différent.» DE QUESSÉ?La langue québécoise étant très colorée et possédant parfois sa propre grammaire, un petit souci peut aussi se poser à cet égard.Surtout quand l\u2019accent est très prononcé.Dom in ique Besneha rd , qui dirige notamment le Festival du film francophone d\u2019Angoulême, reconnaît que pendant son festival, où les films sont présentés sans sous-titres, certains spectateurs ont parfois du mal à saisir les dialogues.Aussi trouve-t-il excellente l\u2019idée qu\u2019a eue le distributeur ARP Sélection pour la sortie en salle de 1:54.Les sous-titres se font en effet plus insistants au début, mais disparaissent progressivement une fois que l\u2019oreille du spectateur est mieux adaptée.Jean-Claude Raspiengeas ne partage toutefois pas cet avis.«J\u2019entends souvent dire que l\u2019accent, le langage, le fait que les acteurs soient peu connus, font en sorte que le public français a des réticences.Ce ne sont que de mauvaises raisons.Il y a du plaisir à entendre votre langue et ça vaut la peine de s\u2019accrocher.Je trouve absurde qu\u2019on mette des sous-titres.Cela indique un rapport d\u2019ignorance.» XAVIER DOLAN, UN CAS D\u2019EXCEPTION Depuis qu\u2019il a été révélé à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS CINÉMA LES 10 FILMS QUÉBÉCOIS LES PLUS POPULAIRES EN FRANCE (*) Aucun doute possible, Xavier Dolan a clairement repris le flambeau des mains de Denys Arcand.Les autres films inscrits dans cette liste sont par ailleurs de beaux succès ponctuels.Cela dit, les deux réalisateurs emblématiques du cinéma québécois en France trônent au sommet, loin devant les autres.Les invasions barbares de Denys Arcand (2003) : 1 301 905 Le déclin de l\u2019empire américain de Denys Arcand (1986) : 1 245 165 Mommy de Xavier Dolan (2014) : 1 194 684 Juste la fin du monde de Xavier Dolan (2016) : 1 034 896 La grande séduction de Jean-François Pouliot (2004) : 480 282 Starbuck de Ken Scott (2012) : 464 383 C.R.A.Z.Y.de Jean-Marc Vallée (2006) : 446 680 Incendies de Denis Villeneuve (2011) : 303 239 La guerre des tuques 3D (La bataille géante de boules de neige) de Jean-François Pouliot (2016) : 209 606 Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau (2012) : 188 486 Tom à la ferme de Xavier Dolan (2014) : 139 442 Les remakes français de films québécois La grande séduction\u2013Un village presque parfait de Stéphane Meunier (2015) : 464 902 Starbuck\u2013Fonzy d\u2019Isabelle Doval (2013) : 415 900 Les 3 p\u2019tits cochons\u2013Le grand méchant loup de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine (2013) : 355 686 De père en flic\u2013Père fils thérapie d\u2019Émile Gaudreault (2016) : 248 521 * Nombre de spectateurs / Source : Le Film français Même s\u2019ils sont célébrés dans les plus grands festivals de cinéma internationaux, les films québécois ont du mal à s\u2019imposer auprès du public français, réputé le plus cinéphile du monde.Les œuvres de Xavier Dolan mises à part, la plupart des longs métrages d\u2019ici sont confinés là-bas au circuit art et essai.Au moment où beaucoup d\u2019espoirs sont mis dans 1:54, le film de Yan England, nous nous penchons sur la question.UNE «VRAIE» SORTIE EN FRANCE POUR 1:54 MARC-ANDRÉ LUSSIER PARIS Le premier long métrage de Yan England, 1 : 54, a pris l\u2019affiche en France mercredi sur un circuit d\u2019environ 90 salles.Pour un long métrage québécois, il s\u2019agit d\u2019une sortie importante.Yan England est d\u2019ailleurs là-bas depuis une dizaine de jours.Il y restera encore une semaine après la sortie.« Ils ont organisé beaucoup d\u2019avant- premières et j\u2019ai eu le plaisir d\u2019aller présenter le film un peu partout, expliquait le cinéaste au cours d\u2019un entretien accordé à La Presse.Paris, Lyon, Strasbourg, Rennes, Bobigny, Toulouse, Valenciennes, Lille, Aubagne, d\u2019autres endroits aussi.Chaque projection est suivie d\u2019une discussion et ça dure à peu près une heure.Comme les spectateurs sont alors encore un peu dans l\u2019émotion du film, je commence par leur parler, mais les questions arrivent assez rapidement.Et aussi des témoignages.Ce qui se passe ici est exactement la même chose que chez nous.Tristement, c\u2019est la même réalité.J\u2019ai constaté ça partout dans le monde où j\u2019ai accompagné le film.» Un lancement à Angoulême Dominique Besnehard, qui dirige notamment le Festival du film francophone d\u2019Angoulême, a mis le distributeur français ARP Sélection sur la piste immédiatement après avoir vu le film à Montréal l\u2019an dernier.Rappelons qu\u2019à Angoulême, où il fut lancé en première mondiale, 1 : 54 a valu un prix d\u2019interprétation à Antoine Olivier Pilon, et a aussi obtenu un prix attribué par un jury composé d\u2019étudiants.« Angoulême fut pour nous une manière de tester le film auprès du public, fait remarquer Eric Vicente, conseiller aux acquisitions chez ARP Sélection.Et ce fut concluant.Avant même de le voir, nous étions déjà attirés par la force du sujet et l\u2019aspect citoyen qu\u2019a ce film à propos du cyberharcè- lement.Ces thèmes sont peu souvent abordés au cinéma.Quand nous avons vu le film, nous avons été d\u2019autant plus convaincus.Parce qu\u2019en plus, 1 : 54 est un film de cinéma réussi.On y trouve une très belle alliance entre le fond et la forme.» Un label «coup de cœur» Le succès d\u2019un film n\u2019est jamais prévisible, mais il est clair que le distributeur français met tous les efforts afin que 1 : 54 connaisse une belle carrière.La société G aumont-Pathé a par ailleurs donné son aval au film de façon inattendue en choisissant de faire de 1 : 54 son film «coup de cœur».«C\u2019est un label qui fait en sorte qu\u2019un film est mis en avant plus que les autres dans cette chaîne, explique monsieur Vicente.Nous en sommes très heureux!» Les acteurs n\u2019ont pu accompagner Yan England dans sa tournée de promotion française, mais la présence d\u2019Antoine Olivier Pilon dans le film constitue assurément un atout.« Ici, tout le monde a vu Mommy, fait remarquer le cinéaste.Tout le monde ! Et les gens sont ravis de voir Antoine Olivier dans un rôle différent.La tournée se déroule vraiment bien.Même si je suis un parfait inconnu ici, on me reçoit en entrevue un peu partout \u2013 RTL, TV5, Le Figaro Magazine \u2013 et, en tournée, il y a aussi beaucoup de médias régionaux.Vraiment, pour une première expérience de ce genre, je ne pourrais pas demander mieux !» Deux autres films québécois prennent l\u2019affiche en France ces jours-ci : Gulîstan, terre de roses de Zaynê Akyol (8 mars), et Les mauvaises herbes de Louis Bélanger (5 avril).La guerre des tuques en 3D Juste la fin du monde, de Xavier Dolan PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE PHOTO SHAYNE LAVERDIÈRE, FOURNIE PAR LA PRODUCTION LES LONGS MÉTRAGES QUÉBÉCOIS SORTIS EN FRANCE EN 2016 (*) Early Winter de Michael Rowe (6 janvier) : 1709 Chorus de François Delisle (20 janvier) : 10 928 L\u2019odorat (Le nez) de Kim Nguyen (10 février) : 2324 La passion d\u2019Augustine de Léa Pool (30 mars) : 56 082 Guibord s\u2019en va-t-en guerre de Philippe Falardeau (27 juillet) : 37 819 La chanson de l\u2019éléphant de Charles Binamé (3 août) : 20 055 Les démons de Philippe Lesage (14 septembre) : 2164 Juste la fin du monde de Xavier Dolan (21 septembre) : 1 034 896 La guerre des tuques 3D (La bataille géante de boules de neige) de François Brisson et Jean-François Pouliot (21 décembre) : 209 606 COPRODUCTIONS FRANCE-QUÉBEC La nouvelle vie de Paul Sneijder de Thomas Vincent (6 juin) : 133 499 Le fils de Jean de Philippe Lioret (31 août) : 384 032 Père fils thérapie d\u2019Émile Gaudreault (21 décembre) : 248 521 * Nombre de spectateurs / Source : Le Film français en 2009, l\u2019année de J\u2019ai tué ma mère, Xavier Dolan est une superstar en France.À quoi attribue-t-on ce phénomène?«Au début, c\u2019était la fascination de voir un homme aussi jeune se faire autant valoir dans le plus grand festival de cinéma du monde, indique Dominique Besnehard.La presse s\u2019en est tout de suite emparé.Et puis, il y a Xavier, sa personnalité, son rapport de rock star avec l\u2019image, sa tronche, son penchant pour la provoc \u2019.Les Français adorent ça ! » Jean-Claude Rapiengeas n\u2019observe toutefois pas de mouvement qui pourrait entraîner d\u2019autres cinéastes québécois dans le sillage de Dolan.«Parce que le phénomène Xavier Dolan tient aussi beaucoup à sa personnalité, dit-il.On surveille évidemment ce que font Denis Villeneuve, Jean-Marc Vallée et quelques autres, mais plusieurs travaillent aux États-Unis maintenant.» UNE PREMIÈRE ENTENTE ENTRE LA SODEC ET LE CNC Récemment, une entente de jumelage a été conclue entre le Centre national du cinéma et de l\u2019image animée (CNC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).D\u2019une durée de trois ans (renouvelable), l\u2019entente signée prévoit deux rencontres par an, ainsi que l\u2019échange systématique d\u2019informations, d\u2019idées et de ressources pour mieux soutenir le cinéma et l\u2019audiovisuel au Québec et en Fr ance.Le jumelage CNC \u2013 SODEC comprend aussi la création d\u2019un label France Québec, décerné à des festivals mettant en valeur la francophonie et l\u2019amitié franco-québécoise.Les deux institutions s\u2019engagent également à réfléchir à la création d\u2019événements culturels franco-québécois dans les domaines du cinéma et de l\u2019audiovisuel, ainsi qu\u2019à la coproduction et à la promotion conjointe des films français et québécois.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 13 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.POUR CONTRE PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Le comédien et auteur Fabien Cloutier présente sa première mise en scène de sa propre pièce Pour réussir un poulet jusqu\u2019au 24 mars au Périscope de Québec et dès le 28 mars à La Licorne à Montréal, tout en poursuivant la tournée de son spectacle solo partout au Québec.\u2013 Propos recueillis par Chantal Guy fabiencloutier.com Fabien Cloutier La critique de théâtre ?«C\u2019est très, très important, et je trouve qu\u2019à un moment donné comme public.je ne dirais pas qu\u2019on trouve son critique, mais on finit par se rendre compte que si lui aime ça, il y a de bonnes chances que je n\u2019aime pas ça, et inversement.Des fois, ça va dans le sens contraire aussi ! C\u2019est important que ce soit entendu, que ce soit dit.Après ça, comme artiste, on le sait, de bonnes critiques, ça peut aider aux ventes de billets.Mais moi, j\u2019essaie d\u2019arriver prêt, d\u2019être le plus fier de ce que je fais, et après ça, tu dis : advienne que pourra.» Sacrer à la télévision?«Mais pas pour rien.Pas pour la facilité.À partir du moment où il y a des personnages ou des idées qui le justifient.L\u2019idée est de rencontrer tout le monde et de faire parler tout le monde.À un moment donné, il faut peut-être accrocher un petit peu plus sur le fond que sur la forme.» Les rétrospectives de fin d\u2019année?«Bien, on ne peut pas être entièrement contre, mais moi, je ne suis pas un grand consommateur de tout ça.Il y a beaucoup de créateurs de talent qui s\u2019y mettent.Mais, je ne sais pas, je ne suis pas le public.Je n\u2019ai pas vu le Bye bye cette année.La première raison, c\u2019est que le 31 décembre, pour moi, c\u2019est une aberration d\u2019écouter la télé.C\u2019est le moment d\u2019être avec du monde que j\u2019aime.Quand je suis allé dans des partys et que tout à coup des gens voulaient écouter le Bye bye.Ben, je ne retourne pas là ! Moi, il n\u2019y a pas de télé ce soir-là.» Les émissions de décoration?«J\u2019en écoute ! Mais là où je questionne la téléréalité, que ce soit de la décoration, du maquillage ou des transformations extrêmes, c\u2019est quand, par exemple, une femme ne s\u2019aime pas et que le seul moyen qu\u2019elle trouve pour s\u2019en sortir, c\u2019est d\u2019utiliser la télé.Là, je trouve qu\u2019il y a un problème.Quand il y a des gens qui sont démunis au point d\u2019avoir besoin de ça.Je ne pense pas que les gens qui font ces émissions le fassent avec l\u2019idée de profiter des démunis, je sens une sincérité à vouloir aider les gens pour vrai.Je me demande seulement à quel point il faut être démuni de solutions pour se dire : si je veux faire refaire ma bouche, il faut que je montre au Québec en entier ma yeule toute défaite.» Les t-shirts de loup?«Je trouve ça drôle, en fait, ces espèces de t-shirts qui ont été quétaines et qui reviennent et qui finissent par redisparaître.Quand tu vas dans une soirée de chasse et pêche, tu en vois du monde qui porte des t-shirts de chevreuil et d\u2019orignal au premier degré.Parce qu\u2019il est beau, point.Je les aime, moi.En fait, j\u2019aime quasiment mieux le monde qui les porte au premier degré.» L\u2019adaptation de classiques à la télé et au cinéma?«Les pays d\u2019en haut, c\u2019est un très bon exemple que ça peut fonctionner.J\u2019ai parlé à bien des gens qui voyaient arriver ça de haut et qui maintenant me disent : \u201cJe l\u2019écoute, la série, pis j\u2019aime ça.\u201d On a nos classiques.Il y a 300 ans, on n\u2019en écrivait pas de théâtre, on était trop occupé à survivre.Nos classiques, ce n\u2019est pas Shakespeare, ce n\u2019est pas Molière, c\u2019est Les pays d\u2019en haut, Les Plouffe.Et si on les requestionne comme il faut et qu\u2019on va vraiment chercher la vraie matière, je ne vois pas pourquoi on s\u2019en priverait.Mais ça ne doit pas prendre le dessus sur la création, il faut que l\u2019audace soit malgré tout mise de l\u2019avant, et davantage.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 14 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 8 M A R S 2 0 1 7 "]
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