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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Arts - Cinéma
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2017-07-22, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA CHRONIQUEHUGODUMAS OSHEAGA, MONAMOUR PAGE 2 CRITIQUEDUNKIRK CARRÉMENT EXCEPTIONNEL ==== 1/2 PAGE 11 PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DU NOUVEAUMONDE LA COMÉDIE-FRANÇAISE AU TNM DE LAGRANDE VISITE ÀMONTRÉAL LA COMPAGNIE FONDÉE EN 1680 PAR LOUIS XIV PRÉSENTERA LUCRÈCE BORGIA DE VICTOR HUGODÈS MARDI AU THÉÂTRE DU NOUVEAUMONDE À LIRE EN PAGES 6 ET 7 BOLLYWOOD DANSNOS SALLES PAGE 10 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 Boucar raconte de façon humoristique, scienti?que et poétique la reproduction depuis le coup de foudre jusqu\u2019à la naissance du bébé.UN LIVRE POUR TOUS QUI, EN PLUS DE STIMULER L\u2019ESPRIT, DILATE LA RATE ET TOUCHE LE CŒUR.editionslapresse.ca Suivez-nous sur Facebook Illustrations de Philippe Béha 85 ARTS HUGO DUMAS CHRONIQUE HUGO PILON-LAROSE CRITIQUE !!!!½ TROIS-RIVIÈRES \u2014Les spectacles qui nous plongent dans une réflexion intime sur ce qui compose l\u2019immensément beau et le plus grand que soi sont rares.Stone, l\u2019hommage du Cirque du Soleil à Luc Plamondon, est une œuvre magistralement réussie qui fait exactement cela.Elle fascine par sa grâce et ses acrobaties magiquement agencées à la poésie du parolier.Présenté jusqu\u2019au 19 août à l\u2019Amphithéâtre Cogeco, un petit bijou de salle à aire ouverte situé au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent, le spectacle du Cirque plonge le public dans l\u2019univers d\u2019un parc Belmont désaffecté, rappelant l\u2019époque de ce parc d\u2019attractions montréalais avec un gigantesque ca rrousel métallique sur scène.Or, si de multiples teintes de gris composent une partie du décor, l\u2019atmosphère qui se dégage est extrêmement chaleureuse, souvent éblouissante et même parfois érotique, notamment lorsque Dmytro Turkeiv et Iryna Galenchyk (deux acrobates du spectacle qui présentent vingt-neuf artistes), en duo sangles, nous coupent le souffle pendant leur numéro sur Le monde est stone, interprétée par Beyries.Les paroles, mais aussi la musique L e s p a r o l e s d e Luc Plamondon, véritable géant de la chanson francophone et québécoise, sont bien sûr mises en valeur, mais ce qui frappe encore plus (sans compter le pot-pourri pendant lequel on se rappelle à quel point son répertoire est vaste) est la musique des compositeurs, dont Michel Berger, qui ont accompagné le parolier tout au long de sa carrière.Sous la direction de Jean-Phi Goncalves, la trame musicale de Stone constitue une œuvre artistique en soi, nous faisant espérer (c \u2019est un message qu\u2019on envoie ici au Cirque du Soleil) qu\u2019on pourra se la procurer rapidement.Des chanteuses qui figurent parmi les plus grandes voix du Québec \u2013 allant d\u2019Ariane Moffatt à Milk & Bone, La Bronze, M a r t h a W a i n w r i g h t , D i a n e D u f r e s n e , Catherine Major, Marie-Pierre Arthur, Klô Pelgag et plusieurs autres \u2013 façonnent des airs aujourd\u2019hui mythiques, les actualisant d\u2019une très belle façon.Quand Safia Nolin résonne tout en douceur pour interpréter Le blues du businessman sans jamais pousser la note, toujours en retenue, on se surprend à frissonner tellement c\u2019est beau.La musique, la voix et la grâce de l\u2019acrobate sur sa roue Cyr, entourée de danseurs, donnent au moment un beau mélange d\u2019intensité et de pureté.Des numéros époustouflants Le direc teur c réati f du spec tacle, Daniel For t in , ainsi que le metteur en scène Jean-Guy Legault peuvent se féliciter d\u2019avoir créé un bel amalgame de cirque et de danse.Dans le numéro interprété sur la chanson Oxygène , avec la voix de Betty Bonifassi, les artistes sur scène se démènent avec vigueur dans leur costume blanc, rappelant des camisoles de force.L\u2019intensité du propos est mise en valeur.Puis, les nombreux numéros acrobatiques sont bien choisis et diversifiés, malgré les quelques erreurs techniques commises lors de la première médiatique, mercredi.Les deux acrobates ballottées par deux porteurs parallèles \u2013 deux hommes installés face à face sur une structure surélevée qui jongle avec des humains \u2013 nous laissent bouche bée, alors que Batbold And ryei e t Munkhbat Ganbayar sont formidables dans leur numéro de jeux icariens, où l\u2019un, couché sur un banc en forme de «l» allongé, fait rouler l\u2019autre dans les airs en utilisant ses pieds.Dommage que le numéro f i n a l , a lo r s que qua t r e acrobates sont perchées sur des bunge e s aér iens , au- dessus de nous, n\u2019ait pas réussi à atteindre le résultat escompté.Réalisé sur Le monde est fou, interprété par Gabrielle Shonk, ainsi que sur Hymne à la beauté du monde, avec Diane Dufresne, on n\u2019arrive pas à bien saisir l\u2019épatant tableau qui se déploie en même temps sur scène, où sont réunis tous les artistes du spectacle.Malgré tout, et c\u2019est la force de ce spectacle qui vaut assurément une escale enMauricie, la poésie nous transcende.Il y a quelque chose de foncièrement beau à remarquer que les milliers de spectateurs ont les yeux rivés vers le ciel, alors que l\u2019on entonne « ne tuons pas la beauté du monde».Le spectacle Stone, Hommage à Plamondon est présenté jusqu\u2019au 19 août.CIRQUE DU SOLEIL / Stone, Hommage à Plamondon Ébloui face à l\u2019immensément beau PHOTOOLI CROTEAU, COLLABORATION SPÉCIALE Le spectacle du Cirque du Soleil plonge le public dans l\u2019univers d\u2019un parc Belmont désaffecté, rappelant l\u2019époque de ce parc d\u2019attractions montréalais avec un gigantesque carrousel métallique sur scène.Sous la direction de Jean-Phi Goncalves, la trame musicale de Stone constitue une œuvre artistique en soi, nous faisant espérer (c\u2019est un message qu\u2019on envoie ici au Cirque du Soleil) qu\u2019on pourra se la procurer rapidement.J e l \u2019a ime , ce fes t iva l .P lus que le ja z z , le s FrancoFolies et Juste pour rire réunis.J\u2019aime Osheaga, parce que son offre musicale ratisse large.Hip-hop lourd, électro commercial, rock indépendant ou pop sucrée, le détenteur du précieux bracelet à 127 $ pour une journée (il en reste à vendre) se balade d\u2019une scène à l\u2019autre et tombera assurément sur un spectacle qui le rassasiera.Les meilleurs shows ne se déroulent pas nécessairement sur les deux scènes principales.En 2010, j\u2019ai largué Arcade Fire (scandale !) sous les feux d\u2019artifice pour entendre la chanteuse suédoise Robyn sous les arbres.Et ce fut mon meilleur concert \u2013 et de loin \u2013 du week-end d\u2019Osheaga.Comme Coachella près de Palm Springs, en Californie, Osheaga a transcendé son statut de festival de musique.C\u2019est désormais une tradition estivale montréalaise.C\u2019est un évènement social et mondain.C\u2019est un rassemblement de camions de bouffe de rue.C\u2019est un immense défilé de mode à ciel ouvert.C\u2019est l\u2019endroit parfait pour voir et être vu.C\u2019est le lieu où tu vas croiser 57 fois le clone de la festivalière typique avec ses énormes verres fumés à la Golden Girls, son gigantesque chapeau mou, son « choker » lacé et son petit short en denim effiloché.Les puristes râleront que la musique a été tassée au profit d\u2019une bohème purement commerciale.Bah, laissons-les rouspéter.Pensez-vous vraiment qu\u2019en août 1969, tous les hippies d\u2019Amérique du Nord ont convergé dans un champ perdu de l\u2019État de New York uniquement pour s\u2019abreuver de rock, de folk et de blues?C \u2019e s t c l a i r q u e n on .Woodstock, en plus de son offrande généreuse de décibels, représentait les fleurs dans les cheveux, les folies de jeunesse et la fête aussi bien arrosée qu\u2019enfumée.Le même genre de rite de passage qu\u2019a été Osheaga, depuis 2006, pour bien de jeunes adultes ayant porté la couronne de fleurs à la Lana Del Rey, une tendance qui a fané depuis belle lurette.Comme à Bonnaroo ou à Lollapalooza, Osheaga pullule d\u2019« inf luenceurs » au look boho-chic qui pointent leurs caméras sur eux-mêmes plutôt que de les diriger vers les artistes.Bah.Laissons-les gagner leur croûte commanditée.Oui, il y a des tentes de vêtements sur l\u2019emplacement, mais personne ne nous force à y acheter des chemises à motifs d\u2019ananas ou de melons d\u2019eau.Les vrais amateurs, eux, se salissent les Vans et n\u2019ont pas peur de tremper leur camisole de bière froide ou de sueur chaude.Les vrais fans ne portent pas de longues robes blanches faites au crochet, car, alerte au divulgâcheur ici, elles finiront inévitablement par traîner dans la bouette ou la poussière.Le festivalier expérimenté sait que la gougoune de plage ou la sandale ouverte équivaut à des pieds crottés et ensanglantés le temps de crier «y vont-tu jouer Despacito?».L\u2019aficionado aguerri traîne de l\u2019argent liquide sur lui pour s\u2019abreuver de liquide et charge complètement la batterie de son cellulaire avant de sauter dans le métro.Note d\u2019intérêt public, ici.Si tu es le genre de personne à dire : «Yo, fais attention à mes cheveux, ça m\u2019a coûté 300$ de mèches, genre», reste en retrait, s\u2019il te plaît.C\u2019est mieux pour toi.C\u2019est mieux pour nous.Ah oui, les talons hauts, mesdames, c \u2019est proscrit à Osheaga à moins d\u2019apparaître sur l\u2019affiche du festival comme Tove Lo, Zara Larsson ou Solange.Depu is quelques é té s , Osheaga prend aussi des airs de Brosheaga, où la clientèle masculine du Beachclub descend au parc Jean-Drapeau, torse nu, une canette de houblon dans chaque main en hurlant : «Dude, c\u2019est malade ! » C\u2019est bien correct.Pourvu que tous les sous-groupes cohabitent dans une paix relative.Osheaga est une affaire de plus en plus grand public, surtout fréquentée par des vingtenaires et des trentenaires.Ce n\u2019est pas du tout un congrès de hipsters.Ceux-ci ont déserté l\u2019endroit depuis plusieurs années, parce que, franchement, c\u2019est «vraiment trop commercial, allô».Et qui j\u2019ai hâte d\u2019aller voir à partir du vendredi 4 août?Lorde, Tove Lo, Solange (son disque A Seat at the Table est magnifique), Geoffroy, LiamGallagher (par curiosité), Zara Larsson, Alabama Shakes et The Weeknd.Dernier truc, dès que le festival se termine, arrachez votre bracelet.Vous ne voulez pas être cette personne qui attend que ledit bracelet se désagrège de lui-même, parce que vous avez tellement tripé votre vie à Osheaga, man, que vous vous y accrochez comme à une bouée en pleine mer agitée.Il y aura un autre Osheaga l\u2019an prochain.Et un autre en 2019.Les souvenirs, c\u2019est comme une prescription d\u2019an- xiolytiques, ça se renouvelle ! Osheaga, mon amour PHOTOCATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE Comme Coachella près de Palm Springs, en Californie, Osheaga a transcendé son statut de festival de musique.C\u2019est désormais une tradition estivale montréalaise.C\u2019est un évènement social et mondain, écrit notre chroniqueur.Note d\u2019intérêt public, ici.Si tu es le genre de personne à dire: «Yo, fais attention à mes cheveux, ça m\u2019a coûté 300$ de mèches, genre», reste en retrait, s\u2019il te plaît.C\u2019est mieux pour toi.C\u2019est mieux pour nous.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS VIRÉE DES GALERIES Profitant des 375 ans de Montréal, le chalet du Mont-Royal innove avec une exposition multimédia, Sur la trace des découvreurs, la fabuleuse histoire de Montréal, qui aborde l\u2019histoire de cet édifice construit en 1931 et celle des 17 œuvres d\u2019art qui y sont exposées.Une initiative des Amis de la montagne.ÉRIC CLÉMENT Le Chalet du Mont-Royal a souvent fait l\u2019objet de critiques quant à son utilisation mal définie.En attendant des fonctions culturelles permanentes qui combleraient les Montréalais et les touristes, il faut se réjouir que l\u2019organisme Les amis de la montagne, grand défenseur du mont Royal devant l\u2019Éternel, ait profité de la manne du 375e anniversaire de la ville pour mettre sur pied une exposition fort intéressante qui combine histoire et arts visuels.Sur la trace des découvreurs, la fabuleuse histoire de Montréal apporte réellement un plus au Chalet.Jamais n\u2019y avait- on aussi bien expliqué les circonstances de son édification en 1931, sous la direction de l\u2019architecte Aristide Beaugrand-Champagne, en pleine crise économique, alors que la Ville de Montréal et les gouvernements souhaitaient donner du travail aux chômeurs.Cette exposition va aussi combler les amateurs d\u2019art, puisqu\u2019elle aborde la création de chacun des 17 tableaux qui ornent les quatre murs intérieurs de l\u2019immeuble.Des tableaux de Marc-Aurèle Fortin, Adrien Hébert, Paul- Émile Borduas ou encore Edwin H.Holgate pour lesquels il fallait, jusqu\u2019à présent, se tordre le cou pour en apprécier les détails.Huit vidéos Les amis de la montagne ont fa it appel à la f i rme Umanium, spécia l isée en muséographie et en mise en valeur des patrimoines, pour c réer un env i ronnement d\u2019exposition respectueux des lieux.En collaboration avec le chargé de projet Jean- Michel Villanove, Umanium a i m a g i n é u n c o n c e p t qui combine discrétion et contenu.Pour raconter l\u2019histoire du Chalet et celle des œuvres d\u2019art, la firme a créé deux îlots qui présentent chacun quatre courtes vidéos au milieu de la salle des pas perdus.Des poignées ont même été placées sur l\u2019îlot pour faciliter notre posture lors du visionnement.Grâce entre autres à l\u2019historien et professeur émérite Laurier Lacroix, on apprend que c\u2019est Aristide Beaugrand- Champagne qui a fait réaliser les 17 peintures murales pour décorer le nouveau bâtiment et célébrer le rôle des fondateurs de Montréal.Il voulait que le Chalet soit un lieu accueillant, mais aussi de prestige et de commémoration.C\u2019est lui qui a choisi 13 peintres aux styles différents les uns des autres, à qui il a demandé d\u2019illustrer des scènes historiques du Régime français à Montréal.Certains de ces peintres sont devenus célèbres, comme Borduas, qui avait seulement 26 ans quand il a réalisé les six cartes géographiques qui unissent les 11 autres toiles et contrastent avec les futures œuvres du peintre automatiste.Grands moments de notre histoire Voici une exposition qui intéressera petits et grands et qui permet de renouer avec des moments impor tants de l\u2019histoire de Montréal.Dol la rd des Ormeaux au Long Sault.Jacques Cartier rencontrant les Mohawks.La première messe sur le mont Royal.La décision de planter une croix à son sommet en 1643.Dans l\u2019immense déambulatoire, l\u2019éclairage des tableaux a été rehaussé.Des images symboliques sont projetées brièvement sur les murs et le sol.Un grand panneau diffuse aussi des photographies du chalet.Et un espace a été réservé pour permettre aux visiteurs de se documenter au moyen de livres spécialisés (comme Peinture et modernité 1919-1939, de la professeure Esther T répan ier) ou de bandes dessinées telles que Radisson, de Jean-Sébastien Bérubé, tirée de l\u2019autobiographie de l\u2019explorateur Pierre- Esprit Radisson.Toutes ces initiatives redonnent vie au Chalet du Mont- Roya l , qu i mér itera it de conserver une telle exposition de façon permanente.Des animateurs des Amis de la montagne sont sur place, de 12h à 17h, pour répondre aux questions des visiteurs, du jeudi au dimanche jusqu\u2019à la fête du Travail, puis les fins de semaine du 10 septembre au 29 octobre.Des visites guidées sont aussi proposées.«Notre objectif est que le public puisse s\u2019imprégner pleinement de l\u2019histoire et de la beauté du Chalet et de son belvédère, et faire en sorte que ce lieu soit une réelle destination , plutôt qu\u2019un simple lieu de passage », explique Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la montagne.Au Chalet du Mont-Royal, jusqu\u2019au 15 décembre.Sept jours sur sept, de 8h à 20h CHALET DU MONT-ROYAL Cours d\u2019histoire sur la montagne Jacques Cartier atterrit à Hochelaga en 1535, 1931, Adrien Hébert (1890- 1967), huile sur toile représentant le premier face à face entre les Français et les Iroquois.PHOTOS FOURNIES PAR LES AMIS DE LA MONTAGNE L\u2019organisme Les amis de la montagne a fait appel à la firme Umanium pour mettre en valeur le Chalet avec la production de huit vidéos et de structures multimédia, telles que des projections d\u2019images sur les murs et sur le sol.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 En face de la Galerie La Vieille Caserne 216 boul.Ste-Rose, Laval www.roseart.ca \u2022 corp@roseart.ca facebook.com/corporationroseart.com 450-625-7925 ACTIVITÉS GRATUITES SUR LE SITE: Expositions au Centre d\u2019Art et à la Galerie Photographies de Daniel Daigneault Encan de toiles sur Laval Initiation à la peinture pour le public Jeu./Vend.: 11h à 20h Samedi : 10h à 20h Dimanche : 10h à 17h SANDRAGRÉGOIRE,Legrandhéron G-AimeThetreault ARTS VISUELS ÉRIC CLÉMENT Flock Le jeu le plus fou de ce troisième volet de Sensory Stories ! On vous met des ailes sur les bras, un sac dans le dos, un casque sur les yeux, des écouteurs dans les oreilles et vous voilà parti : vous êtes un oiseau ! Et vous mangez des insectes virtuels en battant des ailes et en poussant des cris.À faire en groupe, vous serez morts de rire.En poussant la technologie à fond, vous pourrez même vous insérer sous les plumes de l\u2019oiseau le plus proche de vous.Un vrai délire ! De David Lobser, produit par Object Normal, avec le soutien de NYU/MRL, États-Unis, 2016.13 ans et plus.Tree Une des expériences les plus fascinantes de Mondes oniriques .Dans Tree , vous êtes.un arbre.Un arbre qui pousse au milieu d\u2019une forêt tropicale.Un arbre qui devient immense et permet de voir au loin.Il ne faut pas avoir le vertige avec Tree pour profiter des oiseaux qui passent et des odeurs de la forêt qui viennent à vos narines.Un film bien fait et qui ne cache pas son but : promouvoir la protection des forêts.DeMilica Sec et Winslow Porter, produit par New Reality Company, en partenariat avec Here Be Dragons et Droga5, États-Unis, 2017.13 ans et plus.Dear Angelica Le plus merveilleux des films de cette série onirique.Une expérience pour les plus jeunes durant laquelle les dessins se forment en direct autour de vous.Des dessins de prince et de princesse, d \u2019an imaux et de ma ison enchantée pou r raconter l\u2019histoire de Jessica , une ado qui replonge dans celles que sa mère lui racontait.Vraiment mignon.N\u2019hésitez pas à vous accroupir, à vous asseoir, à vous approcher des dessins ou à adopter un point de vue différent pour profiter pleinement de l\u2019expérience.De Saschka Unseld, avec les voix de Geena Davis et Mae Whitman, produit par Oculus Story Studio, États-Unis, 2017.13 ans et plus.Transference P rodu it pa r Ubisof t e t SpectreVision, Transference est un thri l ler psychologique dans lequel on doit avoir le cœur bien accroché.D\u2019ailleurs, l\u2019expérience est réservée aux adultes .Transference vous immerge dans les dédales d\u2019une maison inquiétante dans laquelle vous vous déplacez grâce à des manettes qui permettent aussi d\u2019attraper des objets.P renez garde quand vous empruntez des escaliers.De Ubisoft et SpectreVision, Canada\u2013États-Unis, 2017.18 ans et plus.RIOT (prototype) Voici une initiative très originale de l\u2019artiste numérique et réalisatrice britannique Karen Palmer.Vous regardez une vidéo sur des arrestations de manifestants par des policiers.En même temps, vous êtes filmé et le récit vidéo change en temps réel selon votre état affectif révélé par vos expressions ! Tout cela grâce à un logiciel d\u2019apprentissage automatique et une technologie de reconnaissance faciale.De Karen Palmer, en partenariat avec The National Theatre Immersive Storytelling Studio et Brunel University London, Angleterre, 2016.13 ans et plus.Life of Us Voici une expérience qui se vit à deux.Incarnant différentes créatures, chaque participant a son casque de réalité virtuelle et entend l\u2019autre réagir à ce qu\u2019il expérimente, soit une course au sein d\u2019un monde merveilleux dans lequel on croise un dinosaure, on court avec un gorille au bord de volcans en éruption ou on traverse des océans en les survolant.Le tout avec une musique de Pharrell Williams.Divertissant.DeWithin, États-Uis, 2017.13 ans et plus.Fragments Voici un expérience de réalité mixte qui va passionner les amateurs de jeux vidéo et de films policiers.Fragments est un thriller dans lequel vous êtes l\u2019enquêteur qui doit amasser des indices pour retrouver un enfant d i spa ru .L a te chnolog ie vous fournit des outils que vous faites apparaître dans l\u2019espace holographique (les murs et le sol de la pièce qui devient la scène de crime), des outils que vous activez vous-même.En anglais seulement, l\u2019animation du jeu est assez sensationnelle.Mais on ne prend connaissance que du premier niveau du jeu.Dommage.D\u2019Asobo Studio et Microsoft Studios Global Publishing, États-Unis, 2016.13 ans et plus.Home: Immersive Spacewalk Experience L\u2019expérience la plus incroyable de la visite : vous êtes cosmonaute sur la Station spatiale internationale.Vous allez sortir pour la première fois pour une promenade en apesanteur dans le vide afin d\u2019effectuer une réparation d\u2019urgence.La sortie dans l\u2019espace n\u2019est pas de tout repos.Alors que la Terre apparaît comme un gros ballon sous vos pieds, vous devez vous agripper avec vos mains à la station et cheminer sur la zone à réparer.Impressionnant ! Bonne chance.De Tim Burton, produit par BBC Studios et Rewind, Royaume-Uni, 2016.13 ans et plus.Au Centre Phi (407, rue Saint- Pierre), du mardi au dimanche, de 10h à 18h.MONDES ONIRIQUES AU CENTRE PHI Le meilleur de la réalité virtuelle AvecMondes oniriques, le troisième volet de la série immersive Sensory Stories, le Centre Phi atteint un niveau de qualité de sensations exceptionnel ! Présentées dès dimanche prochain et jusqu\u2019au 16 décembre, les 12 œuvres de réalité virtuelle font vivre toutes sortes d\u2019émotions : vertige, poésie, peur, magie, enquête, frisson, jeu, surréalisme.Que du bonbon pendant trois heures ! En voici huit exemples.PHOTOS IVANOH DEMERS, LA PRESSE Dans Tree, vous êtes.un arbre.Un arbre qui pousse au milieu d\u2019une forêt tropicale.Un arbre qui devient immense et permet de voir au loin.Transference vous immerge dans les dédales d\u2019une maison inquiétante dans laquelle vous vous déplacez grâce à des manettes.Incarnant différentes créatures, chaque participant de Life of Us entend l\u2019autre réagir à ce qu\u2019il expérimente.Fragments est une expérience de réalité mixte qui va passionner les amateurs de jeux vidéo et de films policiers.L es c am ions de cu i s i ne de rue sont bien visibles à Montréal.Un petit nouveau vient de s\u2019ajouter au lot, offrant des plats 100% québécois.A u m e nu : d e s m o t s d e M i c h e l T r e m b l a y , R o b e r t G r a v e l , C lémence DesRochers et Claude Gauvreau.Une initiative du collectif Momentum, qui donne de deux à quatre représentations par soir rue Sa int-Denis , jusqu\u2019au 25 juillet.L\u2019actrice Sylvie Moreau est aux commandes de cet exercice.\u2014 Véronique Lauzon À NOUS LA RUE Sylvie Moreau prend les commandes PHOTOOLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE Un camion de rue bien spécial rue Saint-Denis, avec Sylvie Moreau qui dirige le tout.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 QUE JAMAIS EN ÉTÉ, C\u2019EST ARTS NATHALIE PETROWSKI GRANDE ENTREVUE L\u2019audition d\u2019Éléonore Lagacé pour le programme de chant classique de McGill a été une catastrophe.Les juges, peu tendres, lui ont tout reproché, y compris une technique vocale pourrie.Pourtant, l\u2019ex- candidate de La voix et de La cour des grands, où on l\u2019a vue du haut de ses 11 ans jouer de la harpe, a été admise.« À La cour des grands, tu sais ce qui t\u2019a sauvée ?Ta présence sur scène et ton charisme.Quand tu montes sur une scène, on oublie tous tes défauts », lui a lancé un prof.L\u2019enseignant en question avait entièrement raison.Et ses propos se vérifient ces jours-ci au St-Denis dans la comédie musicale Footloose, où É léonore L aga cé e s t Ariel, la fille d\u2019un révérend, un brin délinquante, dont tombe amoureux le jeune Ren MacCormack.C\u2019est Philippe Touzel qui a le premier rôle, mais la révélation de Footloose, c\u2019est sans conteste Éléonore.Tous les soirs, avec ses boucles blondes, son énergie folle, sa voix flûtée et son charisme à tout casser, Éléonore fait craquer le public.Le charisme procède d\u2019une étrange alchimie.Ce n\u2019est pas un talent qu\u2019on développe.C\u2019est une sorte de don des dieux.Éléonore Lagacé croit que c\u2019est une force intérieure.Déjà à 7 ans, dans cette vidéo tournée par son père, elle crevait l\u2019écran.«Qu\u2019est-ce que tu veux faire quand tu vas être grande?lui demande son père.\u2014 Je vais être une chanteuse de rock\u2019n\u2019roll», répond avec fougue la petite.Le charisme procède d\u2019une étrange alchimie, mais dans le cas d\u2019Éléonore Lagacé, l\u2019héritage musical familial n\u2019a pas nui.Éléonore, qui a eu 20 ans hier, est la petite-fille des deux grands organistes et clavecinistes Mireille et Bernard Lagacé.Elle est aussi la fille de la diva-soprano Natalie Choquette.Son père, c \u2019est Éric Lagacé, prof de musique et contrebassiste de jazz qui a accompagné le grand Oliver Jones pendant 10 ans.Et Florence K est sa demi-sœur.Avec un tel bagage familial, Éléonore n\u2019a jamais pensé qu\u2019elle serait médecin ou avocate ni qu\u2019elle ferait autre chose dans la vie que de la musique.«J\u2019ai chanté sur les albums de ma mère.J\u2019ai fait partie des chœurs dans ses spectacles.J\u2019ai été de la distribution du spectacle Décembre pendant des années.Chanter, faire de la musique, c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus normal pour moi », dit Éléonore, assise en face de moi dans le café Starbucks de Notre-Dame-de-Grâce où elle m\u2019a donné rendez-vous.Premier constat, elle est très grande : beaucoup plus grande que sur scène, plus mince et plus menue aussi, avec des jambes aussi longues que l\u2019autoroute Décarie.Pour l\u2019énergie, par contre, je ne perçois aucun décalage.En personne, Éléonore est la même bombe atomique que sur scène, vive, animée et habitée par une fougue et une légèreté qui justifient bien son totem chez les scouts : Colibri passionné.La folie d\u2019Ariel Elle me raconte qu\u2019en recevant le texte d\u2019Ariel pour se préparer pour son audition, elle a fait une découverte étonnante : « J\u2019ai découvert que cette fille-là était folle et qu\u2019en fin de compte, cette fille-là, c \u2019était moi.Je me reconnaissais tellement dans Ariel que j\u2019avais peur d\u2019aller passer l\u2019audition et de ne pas décrocher le rôle.Je me disais que si une autre fille que moi avait le rôle, j\u2019allais lui péter la gueule.Enfin, façon de parler», rigole-t-elle.Le jour de la fameuse audition, Éléonore est d\u2019abord passée chez sa psy, celle que toute la famille consulte, avoue-t-elle avec une belle candeur.Après, elle est allée chez le coiffeur pour boucler ses longs cheveux droits.Puis, avec son amie Jeanne, elle a pris le métro.Son audition était la dernière de la journée.On lui a demandé de chanter une chanson et de jouer deux scènes.Elle est repartie avec un bon pressentiment.Sauf qu\u2019il lui fallait maintenant attendre.Or, s\u2019il y a une chose que cette hyperactive n\u2019aime pas, ce qui même la fait rager et ronger son frein, c\u2019est attendre.Une semaine s\u2019est écoulée.L\u2019agent d\u2019Éléo- nore, qui porte le même nom que le chef de la CAQ, l\u2019appelait à tout bout de champ pour savoir si elle allait reprendre pour un autre été le rôle de Patti Simcox dans Grease.Et Éléonore, avec sa belle naïveté et sa foi inébranlable en elle- même, lui répondait qu\u2019il y avait de fortes chances que non, mais qu\u2019elle attendait une confirmation.Et puis jeudi est arrivé.«C\u2019était un jeudi de marde.Il pleuvait.J\u2019avais pas envie d\u2019aller à mon cours de musique baroque.J\u2019étais de mauvaise humeur, y avait rien qui marchait.Mon portable a sonné.C\u2019était Serge Postigo avec une voix grave qui me remerciait de mon intérêt et de mes efforts avant de m\u2019annoncer qu\u2019il avait une mauvaise nouvelle : j\u2019allais devoir choisir entre Grease et.le rôle d\u2019Ariel.J\u2019étais folle de joie.En raccrochant, j\u2019ai immédiatement appelé mon agent pour lui dire : \u201cTu vois, je le savais que je l\u2019aurais !\u201d » Non seulement Éléonore chante et danse depuis toujours, mais elle a commencé le piano à 4 ans, a poursuivi avec la harpe de 7 à 12 ans puis avec la guitare classique et jazz.« Comme une harpe, ça se joue mal dans un feu de camp, que ça swingue pas beaucoup et que c\u2019est pas très rassembleur, je suis passée à la guitare parce que moi, je veux être la personne qui rassemble le monde.» L\u2019expérience La voix Dans les coulisses de La voix 2014 où elle s\u2019est rendue en quart de finale, elle joue de la guitare comme si elle avait fait ça toute sa vie.Elle avoue que Louis-Jean Cormier est la seule raison pour laquelle elle s\u2019est présentée au concours.« C\u2019était mon idole.J\u2019avais essayé à plusieurs reprises de le contacter sur Facebook.Il ne répondait pas.Quand j\u2019ai su qu\u2019il était juge à La voix, j\u2019ai foncé.Je m\u2019en foutais de gagner.L\u2019important, c\u2019était d\u2019être dans son équipe.» Éléonore n\u2019a pas vraiment été déçue de ne pas se rendre en finale.Sa seule déception, c\u2019est d\u2019avoir accepté de chanter une ballade trop douce qui ne lui a pas permis de montrer l\u2019étendue de ses talents rythmiques et pop.Elle rêvait de chanter Blame It On the Boogie des Jackson 5, mais Louis-Jean Cormier a préféré qu\u2019elle chante un poème de Gaston Miron.Elle le regrette un peu.Ces jours-ci, Éléonore est entièrement absorbée par son rôle dans Footloose.Mais elle a aussi commencé à composer ses propres chansons, en anglais parce qu\u2019elle n\u2019arrive pas à écrire en français, dans l\u2019espoir de faire une carrière solo.Avec ses 20 ans à peine sonnés, elle se retrouve un peu à la croisée des chemins et se demande si elle va continuer ses études en chant classique à McGill ou pas.En attendant, chaque soir sur scène, Ariel libère en elle une formidable dose d\u2019énergie, de saine révolte et de soif de vivre.Pour son plus grand bonheur et le nôtre.ÉLÉONORE LAGACÉ La bombe de Footloose PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE6 L\u2019héritage musical familial n\u2019a pas nui à Éléonore Lagacé.Elle est la petite-fille des deux grands organistes et clavecinistes Mireille et Bernard Lagacé.Elle est aussi la fille de la diva-soprano Natalie Choquette alors que son père, Éric Lagacé, est prof de musique et contrebassiste de jazz.«Comme une harpe, ça se joue mal dans un feu de camp, que ça swingue pas beaucoup et que c\u2019est pas très rassembleur, je suis passée à la guitare parce que moi, je veux être la personne qui rassemble le monde.» \u2014 Éléonore Lagacé l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 DU 1ER JUILLET AU 6 AOÛT 2017 en collaboration avec Billetterie lanaudiere.org SAMEDI 22 JUILLET 20 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Mathieu LUSSIER, direction Marc-André HAMELIN, piano CONCERT DIMANCHE 23 JUILLET 14 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY VIRTUOSE ORCHESTRA Gregory CHARLES, direction et piano VENDREDI 28 JUILLET 20 H SALLE ROLLAND-BRUNELLE ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL Christine JENSEN, direction Ingrid JENSEN, trompette Sienna DAHLEN, voix SAMEDI 29 JUILLET 20 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTREDU FESTIVAL / CHŒUR FERNAND-LINDSAY Julien PROULX, direction et chef de chœur Hugo LAPORTE, baryton Marie-Andrée MATHIEU, mezzo-soprano DIMANCHE 30 JUILLET 14 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY Gregory CHARLES, piano et voix Marc HERVIEUX, voix POUR INFORMATIONS ET PROGRAMMATION COMPLÈTE 1 800 561-4343 | lanaudiere.org ARTS THÉÂTRE LUC BOULANGER C\u2019 es t une compagn ie aussi ancienne que prestigieuse, dont le statut est très envié en France et ailleurs.Un théâtre qui fait travailler à l\u2019année plus de 450 personnes, dont une soixantaine d\u2019acteurs permanents.Une troupe privilégiée tant sur le plan de l\u2019aide publique que des conditions de travail (les acteurs sont aussi actionnaires et partagent les profits en plus de leur salaire).Avec le prest ige v iennent les critiques.Comme en témoigne la comédienne et doyenne de la troupe, Catherine Hiegel : «On dit que nous sommes des nantis.On nous reproche de gagner beaucoup d\u2019argent.Pourtant, en deux jours de tournage pour un film au cinéma, je touche un mois de salaire au [Théâtre] Français.» Le Théâtre Français, la Maison de Molière, la Comédie-Française.Voilà autant d\u2019expressions pour nommer cette troupe historique, presque du même âge que Montréal (337 ans).Encore aujourd\u2019hui, elle demeure la plus prestigieuse en France ; un pays où l\u2019État soutient pas moins de 5 théâtres nationaux, 35 centres dramatiques nationaux et 71 scènes nationales ! « La Comédie-F rança ise por te en elle cette utopie magnifique qui consiste à lire le présent à l\u2019aune du passé, dit l\u2019administrateur général de la Comédie-Française, Éric Ruf.Elle résiste à toute définition, ses missions étant trop vastes et la curiosité de ses artisans trop insatiable pour être réduite à un sens plutôt qu\u2019à un autre.» Tel un château fort, le Théâtre Français résiste donc aux modes et au temps.Il a traversé les siècles, les régimes, les empires et les révolutions ; les guerres, les crises et les républiques.Fondée en 1680 par Louis XIV, afin de fusionner l\u2019ex-troupe de Molière, mort sept ans plus tôt, à celle concurrente et opposée dans le style de l\u2019Hôtel de Bourgogne, la Comédie-Française est un «magnifique paradoxe sur le théâtre», selon Olivier Giel, délégué général des productions extérieures.«Sa force, dit celui qui travaille pour la Maison depuis près de 40 ans, c\u2019est qu\u2019elle se nourrit de ses antagonismes depuis sa naissance», de la fusion de deux compagnies au style de jeu aux antipodes, afin de sauvegarder l\u2019héritage de Molière.«La force de la Comédie-Française, c\u2019est aussi qu\u2019elle a su garder l\u2019esprit de coopérative déjà là à l\u2019époque de la troupe de Molière», ajoute Olivier Giel, qui se dit très heureux de pouvoir participer avec Lucrèce Borgia aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal.«Mais je cherche encore la réponse à savoir comment la Comédie- Française a pu survivre et rayonner depuis tout ce temps.» Au TNM, du 25 juillet au 5 août 375mtl.com LE PARADOXE DU FRANÇAIS 1680 Année de la fondation de la Comédie-Française par le roi Louis XIV issue de la fusion de l\u2019ex- troupe deMolière, mort sept ans plus tôt, à celle de l\u2019Hôtel de Bourgogne.On surnomme aussi la compagnie la Maison deMolière.63 COMÉDIENS PERMANENTS 40 sociétaires et 23 pensionnaires (stagiaires).Dans un esprit de coopérative hérité de Molière, la troupe du Français nomme elle-même ses sociétaires.Ils signent des contrats de 5 ou 10 ans renouvelables.LA COMÉDIE-FRANÇAISE ENCHIFFRES l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS THÉÂTRE PHOTO CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE 970 Nombre de représentations que la troupe a données la saison dernière (2016-2017) dans les trois salles parisiennes de la Comédie- Française et durant les tournées en province.Les week-ends, certains acteurs jouent parfois en alternance dans trois spectacles par jour.3000 Nombre des pièces inscrites dans le répertoire de la Comédie- Française constitué des pièces françaises et étrangères, anciennes et contemporaines, qui sont reçues par le Comité de lecture.48500000 Budget de fonctionnement en euros (environ 71 millions).Ce théâtre national est subventionné par le ministère de la Culture à 65%.La Presse : Lucrèce Borgia est une femme corrompue, incestueuse et monstrueuse, mais elle est aussi une mère aimante et une protectrice des arts.Comment représenter ce personnage antagoniste ?Denys Podalydès : Pour Hugo, Lucrèce est un monstre moral dans lequel existe une âme pure et noble : celle d\u2019une mère aimante, soit, pour Hugo, l\u2019amour le plus sublime qui soit.Dans l\u2019imaginaire collectif, Lucrèce peut être le modèle de toute femme que la société met au ban, déclare indigne et infâme, et dont se révèle l\u2019humanité, la grâce, au moment même où on la juge.«Une goutte de lait peut teinter un océan de noirceur», dit Hugo dans la préface de la pièce.Y a-t-il une figure féminine moderne équivalente à ce personnage historique?Si je veux chercher un équivalent, je pense à toute femme que sa beauté, son milieu, sa gloire ont à la fois magnifiée et corrompue, élevée, exaltée, mythifiée et détruite conjointement, où la grandeur s\u2019est mêlée à la misère, l\u2019éclat aux ténèbres.Avec ce désir fou de se faire oublier, de retourner à l\u2019enfance anonyme et libre, voire de détruire le corps qui a fait d\u2019elle une star, un objet de culte.Des hommes ont connu aussi ce destin.On pense à ces enfants de stars, au terrible lien filial qui existe parfois entre l\u2019enfant et sa mère à la fois ignorée, lointaine, adorée, puis haïe, rejetée par l\u2019enfant lui-même.Vous avez opté pour une lecture «œdipienne et mélodramatique», dit-on.Votre Lucrèce Borgia est plus grotesque que tragique?Je pense que cette question tient à l\u2019ancienne distribution du spectacle : un acteur (Guillaume Gallienne) incarnait Lucrèce et une actrice incarnait son fils Gennaro (Suliane Brahim).Aujourd\u2019hui, Elsa Lepoivre joue Lucrèce et Gaël Kamilindi, Gennaro.Donc la dimension «grotesque» (dans le sens strict d\u2019Hugo), je crois, s\u2019est atténuée.Mais il y a, il doit y avoir du «grotesque» dans le drame hugolien.Victor Hugo a écrit : «Le beau n\u2019a qu\u2019un type, le laid en a mille.» Êtes-vous d\u2019accord avec cette citation?Hugo vise et condamne la tragédie classique régnante en 1830: celle de Voltaire, auteur tragique le plus joué et le plus célébré au moment où il déboule sur la scène parisienne.Le romantisme est une révolte contre le bon goût, la représentation classique, canonique, figée, académique, du beau, tel que défini et arrêté au XVIIe contesté tout au long du XVIIIe et véritablement renversé par Hugo, qui fait surgir des figures du peuple, de la laideur, du mal et du bas réprouvés par le bon goût.C\u2019est la grande ambition littéraire et politique de toute une génération : que le peuple envahisse la scène, la transforme, la rende populaire au sens le plus noble du terme.Comment qualifier cette langue hugolienne?C\u2019est une langue puissante et simple, spontanée et cependant très construite.Souple et charpentée : il y a tout ce qu\u2019il faut pour être un grand texte de théâtre.Une musicalité telle qu\u2019on est forcément embarqué, sans avoir besoin de se ruer sur un dictionnaire.Est-ce difficile de faire aimer ces mots d\u2019une autre époque dans un monde qui ne jure que par les images?Les mots, les phrases, quand nous sommes au contact d\u2019un vrai, d\u2019un grand style, suscitent mille images, font défiler parfois de multiples films, fresques grandioses telles qu\u2019Hollywood ne peut même en rêver.Mais il faut travailler longtemps, et avoir les bons acteurs pour arriver à ce dépassement du clivage mot/image, qui, dans le fond, n\u2019a pas lieu d\u2019être.Les grandes et belles images, que fournissent la peinture et le cinéma, suscitent aussi des mots, des œuvres.Tout cela communique, va et vient.Avec le recul, regrettez-vous d\u2019avoir travesti le rôle de Lucrèce Borgia en le confiant au comédien Guillaume Gallienne en 2014?Non, pas du tout.Ce n\u2019est pas par désaveu que j\u2019ai choisi de «revenir» à une actrice pour jouer Lucrèce.Avec Guillaume et Suliane, nous avions une incarnation «monstrueuse » de Lucrèce, allégorique, dure, presque fantastique et, en regard, un Gennaro fragile, poétique, presque irréaliste.Mais cela, je ne l\u2019avais rêvé qu\u2019avec eux.Je ne pouvais pas les remplacer, ce n\u2019était pas dû au fait qu\u2019ils soient homme et femme.J\u2019ai adoré cette version première.Et j\u2019ajoute que le succès public n\u2019était pas moins grand avec Guillaume et Suliane qu\u2019avec la nouvelle distribution.Avec Elsa et Gaël, la dimension maternelle et filiale est plus sensible.La tragédie affleure davantage.C\u2019est étrange.Le spectacle est le même et.tout à fait autre.DANS LES MOTS D\u2019HUGO l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS FESTIVAL NUITS D\u2019AFRIQUE CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIN Un Tunisien.Adopté par Québec.Qui chérit et arpente le vaste territoire musical de la Jamaïque.Voilà la base du cocktail géographique dont s\u2019abreuve Heythem Tlili, devenu King Abid sur un premier album homonyme en 2016.«J\u2019ai eu la maladie du reggae à 3 ans, s\u2019autodiagnostique la plus récente Révélation Radio- Canada, catégorie Musique du monde.J\u2019avais des cousines à la mode qui allaient au lycée et qui écoutaient du reggae.Dans leur chambre, il y avait des posters de Michael Jackson, de Madonna, mais aussi de Bob Marley.J\u2019empruntais des cassettes, j\u2019étais sidéré par le personnage et ça m\u2019a amené aussi à apprendre l\u2019anglais pour comprendre les paroles de Bob.» «King» pour roi, bien sûr, et «Abid» pour esclave, en arabe.Un oxymore qui exprime bellement la dualité dans laquelle s\u2019inscrit la musique du reg- gaeman.King Abid bricole à bout de bras des traverses entre l\u2019héritage populaire africain et l\u2019effervescente scène électro de la Vieille Capitale.Là-bas, Heythem a posé ses bagages en 2002 «pour étudier», selon la version officielle transmise à sa mère, mais s\u2019y est accroché les pieds.Principalement sur les pistes de danse et les enclos réservés aux DJ et aux MC.Dans son voisinage immédiat : Eman et Claude Bégin, d\u2019Alaclair Ensemble (et ex- Accrophone), Marième ou encore Karim Ouellet, pour qui il a abondamment usé ses cordes vocales et les membranes de ses percussions.«J\u2019ai perdu beaucoup de temps avec eux, mais dans le bon sens, rigole-t-il.En fait, c\u2019est de la faute à Karim Ouellet, parce que sa carrière a explosé.» Ce dernier, originaire du Sénégal, intervient d\u2019ailleurs pour King Abid sur Que du reggae, ode optimiste à la culture popularisée par « Bob » en particulier et à l\u2019ouverture des frontières en général.«Le reggae est une musique qui revendique, mais ici, on préfère pleurer avec une guitare assis contre un arbre, c\u2019est culturel et je le respecte», dit King Abid.D\u2019aussi fécondes fréquentations expliquent en partie pourquoi King Abid a attendu à la fin de la trentaine pour se risquer en solo.Une autre raison se trouvait au Maghreb.« Socialement, mon cœur et mes yeux étaient en Tunisie, qui avait besoin de moi», dit Heythem Tlili, en référence à la révolution du jasmin de 2010- 2011.Mais la fleur s\u2019est flétrie.« C\u2019est une grosse crosse », tonne-t-il après coup.Roi du métissage Le multi-instrumentiste, pentalingue de surcroît, chante principalement en tounsi, langue vernaculaire qui rend hommage à la « Tunisie de [son] cœur », vers quoi est tourné son premier album.Come to Tunisia, demande-t- il d\u2019ailleurs aux étrangers, notamment pour goûter à la Celtia, bière locale qui a aussi sa chanson.Au gré des collaborations, King Abid fait aussi une place à l\u2019anglais, à l\u2019espagnol et au français.Le rappeur Eman, entre autres, a été convoqué sur Fattouma pour un raï fort contemporain qui invite les Africaines à troquer les planchers des cuisines contre les pistes de danse.Hommes, à vos serpillières! Un reggaeman féministe ?«Oui, oui, ça me va.Ma mère m\u2019a éduqué avec beaucoup d\u2019ouverture d\u2019esprit.Elle m\u2019a toujours dit : \u201cNe fais jamais aux femmes ce que tu ne veux pas qu\u2019on fasse à ta sœur.\u201d » Voilà qui tranche avec la réputation misogyne et homophobe que le reggae traîne encore comme un boulet, surtout dans son île de naissance.L\u2019ouverture de King Abid est lyrique, linguistique, mais surtout musicale, avec une proposition au carrefour de l\u2019électro, tantôt dub, tantôt trap, et du roots world.«Plus jeune, j\u2019étais beaucoup plus intéressé par les guitares électriques, les basses, les drums, le rock, plus que par les sons orientaux, note Heythem Tlili.En vieillissant, je reviens à mes racines, je me reconnecte génétiquement.» Le reggae et le dancehall tracent la ligne entre toutes ces influences.King Abid, qui a animé une émission autour de l\u2019héritage jamaïcain pendant huit ans sur les ondes de CHYZ, est bien conscient que la scène reggae, au Québec, est nichée.Tout autant que son public, surtout composé d\u2019immigrés, note-t-il.«Petit à petit, les Québécois s\u2019ouvrent et constatent que le reggae, c\u2019est pas juste de fumer un joint, boire une bière sur la plage et écouter du Bob Marley.C\u2019est bien plus fort que ces clichés-là.» Sur son prochain album, il souhaite tendre la main davantage à son Québec d\u2019adoption, autant dans le choix de la langue et des thèmes.«Je suis ici, et j\u2019ai beaucoup de trucs à dire à mon deuxième peuple que j\u2019aime tellement.» À la Sala Rossa, le 22 juillet, 22h, dans le cadre de Nuits d\u2019Afrique.KING ABID Délier les chaînes.et les hanches PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK King Abid bricole à bout de bras des traverses entre l\u2019héritage populaire africain et l\u2019effervescente scène électro de Québec.Là-bas, il a posé ses bagages en 2002 «pour étudier», selon la version officielle transmise à sa mère.Au gré des collaborations, King Abid fait aussi une place à l\u2019anglais, à l\u2019espagnol et au français.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 QUEL TYPE DE CAMPEUR ÊTES-VOUS ?DÉCOUVREZ-LE CE VENDREDI.DANS LA PRESSE+ LE CAMPEURORGANISÉ LE SEUL QUI A PENSÉ À AMENER UNE BÂCHE ARTS MUSIQUE ALAIN BRUNET Britt Daniel, frontman de la formation américaine Spoon, convient volontiers que le rock n\u2019est pas à son zénith en 2017.Qu\u2019à cela ne tienne, son groupe a récolté d\u2019excellentes critiques pour un neuvième album et s\u2019apprête à remplir le Métropolis demain.«Le rock n\u2019occupe peut-être pas l\u2019espace public qu\u2019il a déjà occupé, cela n\u2019exclut en rien la venue d\u2019excellents projets rock.Je me souviens des années 90 lorsque The Prodigy et The Chemical Brothers sont arrivés, on annonçait la mort du rock à la une des magazines de musique.et puis vinrent The Strokes, Yeah Yeah Yeahs, The White Stripes.et aussi Spoon!» Comme celle du jazz, la mort du rock a été maintes fois annoncée, ses meilleurs praticiens n\u2019en ont que faire.Les racines restent enfouies dans l\u2019imaginaire collectif.et revoilà Spoon avec l\u2019excellent Hot Thoughts.Pensées brûlantes.contre vents et marées ! « Nous sommes à l\u2019aube peut-être d\u2019un nouveau cycle rock, j \u2019en ai l\u2019impression, enfin je ne peux l\u2019affirmer.Aujourd\u2019hui, nous sommes envahis par des armées de DJ, j\u2019en aime un bon nombre d\u2019ailleurs, je ne leur souhaite pas de mal, mais il se pourrait qu\u2019à leur tour, ils traversent peut-être aussi des moments plus calmes.» L\u2019album Hot Thoughts mar- que-t-il une étape pour son chanteur, parolier et compositeur ?Britt Daniel le croit : « Je ne me suis pas éternisé sur cette réflexion pendant le processus de création, j\u2019ai quand même réalisé que nous étions en train de créer un solide album de rock.J\u2019ai aussi observé qu\u2019il s\u2019y jouait moins de guitares, ce qui est relativement nouveau pour Spoon.Certains passages de cet album tiennent davantage du paysage sonore que du rock.Notre musique n\u2019y est plus exactement la même qu\u2019elle l\u2019a été.» L\u2019importance de l\u2019électronique et des claviers «Le claviériste Alex Fischel est dans le groupe depuis une couple d\u2019albums, il ajoute une autre dimension à notre musique, indique Britt Daniel.Avant son arrivée, je pouvais jouer les claviers, mais mon jeu était limité alors que lui peut faire ce qu\u2019il veut.Il est musicalement éduqué et il a bon goût.Ainsi, je peux composer une chanson à la guitare acoustique et, de par son travail aux claviers, le travail se conclut par tout sauf une chanson de guitare acoustique.» Comme ce fut le cas pour l\u2019opus They Want My Soul, Dave Fridmann a travaillé avec Spoon, un de ses principaux clients parmi les Weezer, Neon Indian , Mogwai et Sleater-Kinney, notamment.Embauche déterminante , pense Br i t t Dan iel : Hot Thoughts est sans contredit un des albums les mieux cotés de l\u2019entière discographie de cette formation d\u2019Austin.«Dave a un fort impact sur notre son.Il est devenu plus puissant, plus gros, mais aussi plus étrange dans les recoins.Nos deux derniers albums représentent ainsi des étapes importantes, quoique chaque album de Spoon fut un pas en avant.Ils incarnent un état d\u2019esprit, une période, des goûts, des préférences, le cumul de nos compétences à un stade précis de notre parcours.» L\u2019assomption de la perpétuelle mutation est une valeur importante, en déduit-on.Britt Daniel corrobore.«Après que les Beatles ont fait l\u2019album A Hard Day\u2019s Night, fait-il remarquer, ils ont été différents.Le contexte avait changé, ils n\u2019auraient pu faire de même s\u2019ils l\u2019avaient voulu, car ils étaient devenus des mecs différents.Paul McCartney ne peut refaire aujourd\u2019hui un album des Beatles.» L\u2019influence de Bowie et de Prince Les grands disparus de 2016 au ra ient éga lement produ it leu r impac t su r HotThoughts.« Pendant la création et l\u2019enregistrement de l\u2019album, David Bowie et Prince nous ont quittés.Ces deux artistes éta ient énormes pour moi, je vénère ces maîtres depuis l\u2019enfance.Peut-être cela explique-t-il la présence du saxophone [Blackstar] à la fin de l\u2019enregistrement ?Peut-être bien ! En fait, ce fut un accident heureux ; à force de bidouiller avec ces pistes de saxophone, nous avons fini par créer ce montage en surimpression.» Le nouveau spectacle de Spoon qui s\u2019amène, indique son chanteur, est le plus ambitieux de tous.«C\u2019est davantage un spectacle qu\u2019un concert ; nous avons fourni un effort supplémentaire pour la dimension visuelle et le choix des chansons au programme.À ce titre également, je dirais qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une autre étape importante pour nous.De nos jours, les revenus des musiciens se fondent sur le spectacle, il faut vraiment soigner cet aspect du métier.Cela étant dit, l\u2019enregistrement est la marque la plus importante à laisser, c\u2019est le document qui reste.C\u2019est avec l\u2019enregistrement qu\u2019on prend vraiment la mesure d\u2019un musicien ou d\u2019un chanteur.» Au Métropolis, demain, 20h, précédé de The New Pornographers.SPOON Contre vents et marées PHOTO AMY HARRIS/INVISION/ASSOCIATED PRESS Le nouveau spectacle de Spoon est le plus ambitieux de tous, indique son chanteur Britt Daniel, qui était de passage à Louisville (Kentucky) la semaine dernière.«C\u2019est davantage un spectacle qu\u2019un concert ; nous avons fourni un effort supplémentaire pour la dimension visuelle et le choix des chansons au programme.À ce titre également, je dirais qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une autre étape importante pour nous.» « [Notre son] est devenu plus puissant, plus gros, mais aussi plus étrange dans les recoins.[Nos deux derniers albums] incarnent un état d\u2019esprit, une période, des goûts, des préférences, le cumul de nos compétences à un stade précis de notre parcours.» \u2014 Britt Daniel ALAIN BRUNET Pour qui ne connaît pas le style afro-colombien nommé a f ro - champeta , plusieurs chansons de Tribu Baharú semblent provenir directement de l\u2019Afrique ou des Antilles.Rumba, soukouss ou ndom- bolo congolais, coupé-décalé ivoirien, konpa haïtien, zouk martiniquais-guadeloupéen, calypso trinidadien, reggae jamaïcain et plus encore.D\u2019accord pour l\u2019expression hispanophone, mais musique colombienne.Vraiment?Cesa r Urueta Figueroa , surnommé Pocho, l\u2019affirme sans ambages et explique les sources du concert de clôture aux 31es Nuits d\u2019Afrique : «La culture des musiciens de Tribu Baharú s\u2019est construite avec les picós, ces discothèques de rue d\u2019abord popularisées sur la côte caraïbe de la Colombie \u2013 Baranquilla, Cartagena, etc.Hormis la cumbia et la salsa de Colombie, ces sound systems très influents diffusaient énormément de musiques africaines et antillaises.» On en déduit que l\u2019afro- champeta a ensuite gagné le continent latino-américain après avoir irradié la côte atlantique, puisque Tribu Baharú provient de Bogotá.Cesar corrobore : «Nous avons aussi grandi avec cette musique des picós, on l\u2019entendait partout dans les rues de notre ville.La champeta résulte de cette mixité de genres musicaux et de contextes.À Bogotá, plusieurs groupes diffèrent de T r ibu Baha rú ca r i l s mélangent la champeta avec d\u2019autres ingrédients que les nôtres \u2013 Bazurto All Stars, La Sucursal , etc .En fait , on trouve en Colombie plusieurs variantes de champeta, urbaines ou rurales.T rès souvent, les urbaines sont plus électriques, ou même plus électroniques.» Les musiciens de Tribu Baharú ont d\u2019abord attaqué en jouant la champeta telle qu\u2019ils la concevaient au départ, et puis.« Nous incluons maintenant mapalé, cumbia, rock, funk, styles africains tels ndombolo, soukouss, mba- qanga d\u2019A frique du Sud, highlife du Ghana, reggae.La champeta est très certainement une forme hybride, ca r el le repose su r cet te grande diversité de rythmes et de genres.Mais tous ses praticiens ont un but commun, ils s\u2019adressent d\u2019abord à celles et ceux qui aiment danser, quelle que soit leur provenance.» Au fil des festivals Tribu Baharú, qui existe depuis 20 09, s \u2019est ta i l lé une sol ide réputation en Colombie et parcourt le circuit des festivals au Mexique, aux États-Unis, au Canada et en Espagne.La formation est aujourd\u2019hui constituée du chanteur Dilson Cabarcas (Makambille), du guitariste et compositeur Boris Nelson (Bor icua) , du MC Josue Moreno (Shaka el terrible), du bassiste Ruder Pacheco (Chindo Bass), du percus- sionn iste Osca r Gamboa (Moniki) et du batteur Cesar A.Urueta Figueroa (Pocho).« À nos débuts, raconte ce dernier, nous étions neuf music iens , nous sommes six depuis 2010.Nous formons une sorte de groupe rock exploitant les rythmes africains et afro-caribéens.Notre instrumentation est la suivante : basse, guitare, percussions colombiennes, batterie, percussions électroniques, clavier Casio SK-5.Nous voudrions d\u2019ailleurs inclure davantage les musiques électroniques dans nos prochains enregistrements.Pour l\u2019instant, ce que nous proposons est très organique, très roots.» A insi , la fac tu re a f ro - c o l omb i e n n e d e T r i b u Baharú témoigne de ce va- et-vient entre Mère Afrique et ses points d\u2019ancrage dans le Nouveau Monde au fil des siècles.pour le pire et pour le meilleur.« Prenons l\u2019exemple de la rumba cubaine, fait observer Cesar, elle a beaucoup voyagé : de Cuba au Congo puis de retour en Colombie, pour ne nommer que cette des t ina t ion .De plus , la rumba cubaine est tributaire des musiques a f r ica ines .Aujourd\u2019hui, tout est désormais connecté, ces musiques ne font qu\u2019un.Elles sont liées aux racines africaines, el le s sont immensément diversifiées.Elles forment un tout.» Sur la scène TD-ICI Musique dans le Quartier des spectacles, demain, 21h30.NUITS D\u2019AFRIQUE / Tribu Baharú Pour ceux qui aiment danser PHOTO ANTONIA ZENNARO, FOURNIE PAR NUITS D\u2019AFRIQUE Tribu Baharú, «une sorte de groupe rock exploitant les rythmes africains et afro-caribéens».l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATION SPÉCIALE Ces jours-ci , au Cinéplex Forum, les fans de cinéma indien ont le choix entre Jagga Ja s oo s , exubéra nte comédie musicale de presque trois heures en hindi avec sous-titres anglais, Mom, un drame-thriller en hindi (également sous-titré), Channa Mereya, une romance en punjabi et The Big Sick, comédie hybride entre Hollywood et Bollywood.Si l\u2019ancien Forum est plutôt désert, en ce lundi soir de juillet, c\u2019est simplement parce que c\u2019est la semaine des examens, explique Dhawal Khakhar, un employé de 26 ans d\u2019un dépanneur de la rue De Bleury, à Montréal.« Tous mes amis adorent les f i lms de Bol lywood ! En Inde, les films sortent en sa lle les vendredis et nous pouvons les voir quelques semaines plus tard, au Cinéplex Forum.Ce sont les têtes d\u2019affiche qui motivent nos choix.» D e e p i k a P a d u k o n e , Priyanka Chopra , Salman K ha n .Tou s c e s noms r av i s s en t l e s amou reu x d e B o l l y wo o d , c omme Véronic Morin.« Dans le Bollywood, il y a toujours une histoire d\u2019amour semée d\u2019obstacles comme un conflit familial, de religions ou de castes », évoque Véronic, alias «Véro Bollywood», qui enseigne la danse bollywoodienne à des aspirantes déesses montréa- laises de tous les âges qui veulent imiter les gestes gracieux de Deepika, Priyanka et les autres.Véronic Morin est tombée dans la potion bollywoo- dienne alors qu\u2019elle étudiait la danse classique indienne à Toronto.«C\u2019était l\u2019époque de Slumdog Millionaire », évoque celle qui a eu un gros coup de cœur, cette année, pour Bajirao Mastani, romance histor ique signée Sanjay Leela Bhansali, qui a récolté 54 millions US au box-office.Quand Bollywood passe à l\u2019Ouest « Les films de Bollywood s on t p opu l a i r e s , p a r c e qu \u2019 i l s sont fun à rega r - der ! », concède Dipti Gupta, qui donne à l \u2019 Université Concordia un cours sur le cinéma de Bollywood.« En moins d\u2019un an, le nombre d\u2019étudiants inscrits à mon cours est passé de 65 à 90.Les étudiants ont la perception que ce sera un cours facile, parce que les films indiens sont associés aux chansons, à la danse.Mais s\u2019il est vrai que les films faits à Bombay sont des fantaisies fabuleuses et des mélanges d\u2019absolument tout , i l est aussi intéressant de s\u2019attarder à la représentation de genres, à la construction de la féminité et de la masculinité et à la misogynie de ces films », explique Dipti Gupta.Elle invite aussi ses étudiants à analyser la vision du mariage, de la maternité, des relations mère-fils et des références mythologiques véhiculées dans les productions bollywoodiennes.Directrice d\u2019un festival annuel consacré au cinéma indien, Dipti Gupta a d\u2019ailleurs réalisé (avec Adam Singh) en 2013 un documentaire sur les 100 ans de Bollywood.Ne boudant pas son plaisir pour son sujet d\u2019étude, Mme Gupta s\u2019offre parfois une soirée de film indien au Cinéplex Forum.Dans l\u2019obscurité de la salle, elle repère plusieurs membres de la diaspora montréalaise, des gens qui ont immigré dans les années 60 et 70, et gardent une part de nostalgie pour le pays laissé derrière.Mais bien que les spectateurs sud- asiatiques composent la majorité du public de Bollywood, ces films attirent aussi une diversité de spectateurs.«Je croise souvent plusieurs Blancs québécois et quelques Noirs.Et je connais plusieurs personnes de la communauté arabe qui adorent ces films», précise Dipti Gupta.Porte ouverte sur l\u2019incons- c ient col lec t i f ind ien , le cinéma de l\u2019Inde (celui de Bombay, comme celui de Calcutta et de Delhi) permet de comprendre les tensions cu l t u re l le s qu i ex i s ten t dans ce pays, souligne Dipti Gupta.«À travers plusieurs voies comme l\u2019espoir, la peur, la fierté, le glamour, on a accès aux aspirations contemporaines de la société.Ce qui m\u2019intéresse, c \u2019est de voir comment les spec tateu rs engagent le dialogue avec ce qui est démontré sur ces écrans.» Distribution mondiale Et plus que jamais, les cinéphiles sont au rendezvous dans les sa l les qui d i f fusent du Bol lywood , confirme Manmord Sidhu, directeur des studios White Hill, qui distribuent partout dans le monde des films en langues hindi et punjabi.« La qualité des productions s\u2019est améliorée, si bien que les studios arrivent facilement à faire rayonner leurs films partout dans le monde.Et il y a Netflix qui a commencé à diffuser des films indiens.À l\u2019heure actuelle, c\u2019est en Amérique du Nord que le cinéma indien attire le plus de spectateurs en dehors de l\u2019Inde », témoigne Manmord Sidhu, en entretien téléphonique, alors qu\u2019il était de passage en Inde.L a f r o n t i è r e e n t r e Bollywood et Hollywood est d\u2019ailleurs de plus en plus poreuse, avec comme exemples les plus flagrants des productions comme Slumdog Millionaire, Lion et The Big Sick.Sony et Fox ont établi un studio au pays de Gandhi.Et les stars de Bollywood comme P r iyanka Chopra ( l \u2019 u ne de s vede t t e s du récent Alerte à Malibu) font des percées sur les écrans américains.Pendant ce temps, le grand public réclame lui aussi sa juste part de la plus grosse industrie cinématographique au monde qui, chaque année, donne vie à plus de 1000 productions.C\u2019est ce qu\u2019ont démontré les colorés foulards et tuniques des danseurs bollywoodiens, qui ont pris l\u2019air de Montréal ces derniers jours dans le grand « flashmob» MoW du chorégraphe Roger Sinha.Explosif, irréaliste, un peu fou, exubérant, Bollywood ne regarde pas à la dépense et le public lui rend sa générosité.« Je pense qu\u2019on peut dire que le genre vit un âge d \u2019or », conc lut Manmord Sidhu.Bollywood à Montréal QUATRE SUGGESTIONS Véronic Morin, alias Véro Bollywood, suggère quatre titres bollywoodiens.La famille indienne (Kabhi Khushi Kabhie Gham) «Un classique.» 3 idiots «Super film, un classique aussi.» Aaja Nachle «Avec la magnifique Madhuri Dixit.À voir pour les chorégraphies !» BajiraoMastani «Magnifiques danses et histoire vraiment dramatique !» Scènes exotiques de danse sous la pluie.Saris éclatants et bijoux dorés.Héros moustachus qui courtisent des créatures de rêve.Abondant mélange des genres.Chorégraphies enlevantes.Aussi populaire qu\u2019éclectique, le cinéma de Bollywood attire chaque semaine en salle des centaines de cinéphiles montréalais.La Presse s\u2019est intéressée au phénomène, cherchant à connaître de qui est composé le public qui affectionne ce genre et à comprendre pourquoi le cinéma de Bombay a conquis la planète.PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Bajirao Mastani, réalisé par Sanjay Leela Bhansali en 2015, raconte la vie du peshwa Bajirao I.Tout en luttant contre l\u2019empire moghol, Bajirao est déchiré entre l\u2019amour passionné qu\u2019il porte à sa maîtresse musulmane, Mastani, et l\u2019affection respectueuse qui le lie à son épouse, Kashi.«À travers plusieurs voies comme l\u2019espoir, la peur, la fierté, le glamour, on a accès aux aspirations contemporaines de la société.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de voir comment les spectateurs engagent le dialogue avec ce qui est démontré sur ces écrans.» \u2014 Dipti Gupta, qui enseigne le cinéma bollywoodien à l\u2019Université Concordia l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA DUNKIRK (V.F.:DUNKERQUE) !!!!½ Drame deChristopher Nolan.Avec TomHardy, Mark Rylance, CillianMurphy, FionnWhitehead.1h47.MARC-ANDRÉ LUSSIER Dès la levée de l\u2019embargo critique, lundi, les superlatifs se sont enchaînés partout.«Le meilleur film de Christopher Nolan», clament les uns.« Un chef- d\u2019œuvre, un classique immédiat», déclarent les autres en prévoyant du même coup une flopée de citations à la prochaine cérémonie des Oscars.Autrement dit, Dunkirk suscite le genre de réaction \u2013 très rare \u2013 qu\u2019ont les observateurs face à une œuvre dont la nature admirable relève de l\u2019évidence.L\u2019entrée en matière, déjà, est impressionnante.En cette fin du mois de mai 1940, des soldats alliés tentent de fuir les tirs ennemis dans les petites rues de Dunkerque.La caméra s\u2019attarde particulièrement sur l\u2019un d\u2019entre eux, Tommy (Fionn Whitehead).La perspective de vue du jeune Britannique quand il parvient à gagner la plage est hallucinante.De grandes files s\u2019offrent à son regard, formées par des milliers de frères d\u2019armes qui attendent patiemment qu\u2019on vienne à leur rescousse.Dès lors, on sait que Dunkirk ne sera pas un « fi lm de guerre» comme les autres.La grande force du récit réside dans cette volonté d\u2019offrir au spectateur une expérience immersive, sans recourir aux repères narratifs habituels.L\u2019ennemi n\u2019est pas nommé ni vu.On ne quitte jamais le lieu de l\u2019action non plus.Il n\u2019y a pratiquement pas de mise en contexte et les dialogues sont réduits au minimum.Nolan, qui signe seul son scénario, a voulu plonger le spectateur dans la réalité anxiogène que vivent les protagonistes du film en empruntant une structure pour le moins audacieuse.L\u2019opération Dynamo, au cours de laquelle 338 000 soldats alliés, pris en souricière, furent évacués de la plage de Dunkerque pour regagner la côte anglaise, est racontée sur trois différents niveaux de temps et d\u2019espace, sans que jamais le fil ne se brise.Cette astuce permet au cinéaste de ramener à hauteur d\u2019homme une histoire campée dans un cadre pour le moins spectaculaire.Des morceaux de bravoure Dunkirk comporte plusieurs morceaux de bravoure sur le plan de la mise en scène, mais Nolan ne perd jamais ses personnages de vue.Sur le fil d\u2019une semaine, le spectateur est invité à se placer au milieu de tous ces soldats sur la plage, dont la survie dépend maintenant d\u2019une mission quasi impossible.Pendant une journée, il embarque aussi sur le yacht d\u2019un civil (Mark Rylance) dont l\u2019embarcation a été réquisitionnée par des autorités dépassées par l\u2019ampleur de l\u2019opération.Il monte également dans le cockpit d\u2019un avion Spitfire de la Royal Air Force (le pilote est interprété par Tom Hardy) dont la mission d\u2019une heure est de partir à la chasse des bombardiers de la Luftwaffe.Tous ces éléments s\u2019entrecroisent de façon très crédible.Pendant près de deux heures, le spectateur se retrouve au cœur de l\u2019action, subjugué par un spectacle aussi soigneusement orchestré, aussi puissant.Le cinéaste rompt avec la tradition du genre en évitant les effets racoleurs et tout excès de sentimentalisme, donnant ainsi à son film un impact d\u2019autant plus saisissant.On ne saura rien d\u2019autre des per sonnages que ce qu\u2019ils vivent au moment où ils apparaissent à l\u2019écran.Aucun discours pompeux ne vient ponctuer le récit (même si ce sauvetage fut qualifié de miraculeux), et la trame musicale ne souligne rien à gros traits.À cet égard, le compositeur Hans Zimmer a plutôt opté pour une approche discrète et efficace, où la musique vient s\u2019intégrer subrepticement dans toute la conception sonore, aussi impressionnante que les images, sublimes (signées Hoyte van Hoytema).Christopher Nolan , qui nous avait déjà impressionnés avec des films comme Inception et Interstellar (sans oublier la trilogie The Dark Kn igh t ) , r éu s s i t g r â c e à Dunkirk un vrai coup de maître en abordant un univers réaliste pour une toute première fois.Ce film exceptionnel, qu\u2019il faut impérativement voir sur grand écran, redéfinit les critères du genre.Il redonne aussi foi aux vertus de l\u2019art cinématographique.Carrément exceptionnel ! PHOTO FOURNIE PARWARNER BROS PICTURES Scène du film Dunkirk, de Christopher Nolan LA PRESSE CANADIENNE Au cours de la conférence de presse du film Kingsman \u2013 The Golden Circle au Comic-Con de San Diego, l\u2019actrice Halle Berry a avalé d\u2019un trait un verre plein de scotch-whisky que lui avait tendu sa covedette Channing Tatum.L\u2019atmosphère était à la blague lors de la présentation du film par les acteurs, en l\u2019absence du réalisateur Matthew Vaughn, retenu à Londres par la postproduction.Kingsman \u2013 The Golden Circle se veut la suite de Kingsman \u2013 The Secret Service qui portait sur des espions britanniques amateurs de scotch.Berry et Tatum incarnent deux des nouveaux personnages de la série, surnommés les Statesman.Halle Berry affirme que son personnage, Ginger, est l\u2019équivalent du personnage de Mark Strong dans le premier film, nommé Merlin.«Elle possède un côté sombre, a-t- elle dévoilé.C\u2019est tout ce que je vais dire pour l\u2019instant.» Les spectateurs ont eu droit à quelques images du film, notamment à une scène de combat entre Taron Egerton et Channing Tatum qui joue l\u2019agent Tequila dans le film.La sortie de Kingsman \u2013 The Golden Circle est prévue pour le 22 septembre.Halle Berry aime le scotch PHOTO RICHARD SHOTWELL, ASSOCIATED PRESS Halle Berry a avalé d\u2019un trait un verre plein de scotch-whisky durant la conférence de presse pour présenter le film Kingsman \u2013 The Golden Circle au Comic-Con de San Diego.Berry incarne un nouveau personnage de la sériel l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 PRÉSENTEMENT au CINÉMA DePereEnFlic2-LeFilm.ca produit par DENISE ROBERT ÉMILE GAUDREAULT un ?lm de ÉMILE GAUDREAULT LOUIS-JOSÉ HOUDE MICHEL CÔTÉ PLUS DE 2 MILLIONS AU BOX-OFFICE « RAFRAÎCHISSANT.C\u2019EST À VOIR ! » MARIE-ANDRÉE POULIN, TVA NOUVELLES « UN SAVANT DOSAGE ENTRE FRÉNÉSIE, CLAQUES BIEN ENVOYÉES, MOMENTS ÉMOUVANTS ET SURPRISES HILARANTES.» STEVE BERGERON, LA TRIBUNE « HILARANT, JE RIS ENCORE ! COUREZ VOIR CE FILM ! » ISABELLE MARÉCHAL « SE LAISSE SAVOURER COMME UN BON COCKTAIL D\u2019ÉTÉ ! » ANNE-JOSÉE CAMERON, ICI RADIO-CANADA QUÉBEC « TOUT LE MONDE ÉCLATE DE RIRE ! C\u2019EST INCROYABLE ! » DORIS LAROUCHE, RADIO-CANADA PREMIÈRE « MEILLEUR QUE LE PREMIER! UNE COMÉDIE DE HAUT NIVEAU.» ISABELLE HONTEBEYRIE, JOURNAL DE MONTRÉAL « LE FILM QUÉBÉCOIS DE L\u2019ÉTÉ ! » SIMON ROY-MARTEL, ÉNERGIE 94.5 « UN CHEF-D\u2019ŒUVRE !» KARINE ROBERT, CIME FM « 120 MINUTES DE PUR PLAISIR, D\u2019ÉMOTIONS ET DE DIVERTISSEMENT!» LUC BOULANGER, JOURNALISTE « IL Y A DU TALENT AU PIED CARRÉ! UNE PLÉTHORE DE GRANDS ACTEURS.» PIERRE BLAIS, CKRL 89.1 «PLUS GRAND, PLUS BEAU, PLUS FORT.AUCUN DOUTE, DE PÈRE EN FLIC 2 NE FAIT PAS QUE COMBLER LES ATTENTES, IL LES DÉPASSE.» HELEN FARADJI, ICI RADIO-CANADA MONTRÉAL ARTS CINÉMA VALERIANANDTHE CITYOFATHOUSAND PLANETS (V.F.: VALÉRIANETLACITÉ DESMILLEPLANÈTES) !!! Science-fiction de Luc Besson.Avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, CliveOwen et Rihanna.2h17.LE SYNOPSIS Quelques siècles dans le futur, les agents de la Fédération humaine Valérian et Laureline sont appelés à visiter la station spatiale Alpha \u2013 surnommée la Cité des mille planètes \u2013 dans le cadre d\u2019une mission.Lorsque le commandant de la station est enlevé, Valérian et Laureline prennent l\u2019enquête en main.La disparition du commandant aurait-elle un lien avec la destruction d\u2019une mystérieuse planète 30 ans plus tôt?LA CRITIQUE Avec Valérian et la Cité des mille planètes, le réalisateur Luc Besson livre une adaptation parfois brouillonne mais souvent divertissante de la bande dessinée de Pierre Christin et de Jean-Claude Mézières.Soit, l\u2019intrigue un brin alambiquée est menée si inefficacement qu\u2019on est souvent à la fois perdu dans l\u2019histoire et agacé par les redondances.Mais résumer l\u2019intrigue de Valérian, c\u2019est un peu passer à côté de la question.Comme un rêve ou une expérience hallucinatoire, Valérian résiste à l\u2019analyse, déborde tout résumé.Valérian ne réinvente pas le genre, mais des passages brillants justifient à eux seuls qu\u2019on s\u2019abandonne aux montagnes russes en images de synthèse de Luc Besson.On pense notamment aux scènes qui se déroulent dans un bazar interdimensionnel, qui apparaît tantôt comme un désert dépeuplé, tantôt comme une zone urbaine très dense, selon qu\u2019on suit le point de vue de Laureline ou de Valérian, qui parcourent le même espace dans des dimensions différentes.Autre moment mémorable : la trop brève apparition de Rihanna en effeuilleuse de l\u2019espace \u2013 un rôle extrêmement limité dans lequel elle crève néanmoins l\u2019écran.Les interactions entre images de synthèse et prises de vue réelles sont parfois un peu plus maladroites, mais le choix de miser sur la surabondance plutôt que sur la constance semble complètement assumé.C\u2019est peut-être là la plus grande qualité de Valérian et la Cité des mille planètes.Dans un genre aujourd\u2019hui dominé par des franchises bien huilées, le space opera de Luc Besson n\u2019a jamais l\u2019air de trop se prendre au sérieux.La romance peu convaincante entre Valérian et Laureline est sans doute l\u2019élément le plus faible du film.Avec leurs visages étrangement similaires, Dane DeHaan et Cara Delevingne forment un duo visuellement singulier, mais leur chimie forcée laisse croire que quelqu\u2019un parmi les créateurs du film ne connaît pas la différence entre tension sexuelle et hostilité.\u2014Maude L\u2019Archevêque En apesanteur MALOUTE !!!½ Comédie de Bruno Dumont.Avec Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi.2h02.LE SYNOPSIS À l\u2019été 1910, les Van Peteghem vont passer leurs vacances estivales à la baie de la Slack, dans le nord de la France.Ces bourgeois finis y croisent les Brufort, une famille de pêcheurs de moules aux mœurs singulières, et une idylle se tisse entre l\u2019aîné des Brufort, surnommé Ma Loute, et Billie, l\u2019enfant d\u2019Aude Van Peteghem.Voilà que débarquent les inspecteurs Machin et Malfoy qui enquêtent sur une série de disparitions dans la région.LA CRITIQUE Ce film de Bruno Dumont qu\u2019on n\u2019attendait plus, un an et quelques mois après sa présentation à Cannes, n\u2019est pas tout à fait le conte social qu\u2019on croit deviner quand les Brufort voient arriver les Van Peteghem dans la baie de la Slack où ils vivent reclus.D\u2019un côté, des anthropophages un peu demeurés, de l\u2019autre, des bourgeois ridicules, et consanguins, qui s\u2019émerveillent devant ce paysage de dunes sans croire un mot de ce qu\u2019ils disent.Déjouant les attentes, Dumont nous entraîne toujours plus loin dans l\u2019absurde et le burlesque de cette comédie policière hors normes.Le spectateur ne rit pas à s\u2019en taper les cuisses, mais plutôt d\u2019un rire jaune, causant parfois un malaise.On peut admirer la beauté austère des paysages du Nord recréés par le cinéaste, mais on sera surtout happé par la folie contagieuse des personnages que les acteurs ont dû avoir un plaisir fou à incarner.«Quant à mon rôle, je ne me reconnais même pas, je ne me retrouve même pas», écrivait à ce propos Fabrice Luchini dans son livre Comédie française.En effet, ceux qui reprochent, un peu à tort, au brillant acteur de souvent faire du Luchini seront étonnés par son personnage de bossu lunatique au drôle d\u2019accent.Ils ne pourront pas non plus résister à l\u2019Aude Van Peteghem complètement hallucinée que compose une Juliette Binoche survoltée.Ajoutez à cela un duo de policiers maladroits, à mi-chemin entre les Dupond- Dupont et Laurel et Hardy, et une Valeria Bruni Tedeschi qui se permet une ascension miraculeuse.Ainsi que le peu volubile Ma Loute et l\u2019androgyne Billie, les deux personnages les moins tarés du groupe si tant est qu\u2019une telle chose soit possible, défendus avec justesse et sensibilité par deux acteurs inconnus.Leurs amours, si improbables soient- elles, constituent un moment de répit dans la folie ambiante.Excessif dans ses outrances,Ma Loute n\u2019en est pas moins un film original qu\u2019on se plaira à revoir.\u2014 Alain de Repentigny Le film qu\u2019on n\u2019attendait pas LEROIDESBELGES !!½ Comédie de Peter Brosens et JessicaWoodworth.Avec Peter Van Den Begin, Lucie Debay et Titus De Voogdt.1h34.LE SYNOPSIS En voyage officiel en Turquie, le roi des Belges Nicolas III apprend que la Wallonie vient de déclarer unilatéralement son indépendance.Le roi veut donc rentrer au plus vite dans son pays pour sauver le royaume, mais il est coincé à Istanbul à caused\u2019une tempête cosmique ! Aucun avion ne décolle.Avec l\u2019aide d\u2019un cinéaste anglais qui tourne un documentaire sur Nicolas III, ce dernier parvient à quitter le Bosphore en autobus avec une troupe bulgare de spectacle aquatique, lui-même déguisé en sirène de la mer Noire ! Commence alors une véritable épopée dans les Balkans, le roi parvenant à semer des agents turcs à ses trousses.LA CRITIQUE Voici une comédie \u2013 qui a reçu le Prix de la critique au festival de Rotterdam \u2013 souvent loufoque, mais un peu bancale.Si certaines scènes sont comiques, voire attendrissantes, et bien que les réflexions du roi sur sa fonction politique ne manquent pas d\u2019intérêt, le scénario de ce faux documentaire manque cruellement de consistance.On ne saura rien sur la réalité des tensions entre Wallons et Flamands, ni sur l\u2019avenir incertain (balkanisation?) de la Belgique, ni sur l\u2019utilité de la royauté pour assurer une harmonie multiculturelle.Si Nicolas III semble un peu perdu dans cette aventure européenne et pas vraiment maître de la situation, on a l\u2019impression que c\u2019est plus à cause d\u2019une réalisation imparfaite que de l\u2019histoire elle-même.\u2014 Éric Clément Loufoque et bancal BOULEETBILL2 !! Comédie de Pascal Bourdiaux.Avec Franck Dubosc, Mathilde Seigner et Charlie Langendries.1h20.LE SYNOPSIS La famille de Boule vit des jours heureux depuis que son père a quitté son emploi pour devenir bédéiste.Peut-être trop heureux, du moins selon sa nouvelle éditrice.Le papa de Boule décide donc de créer sciemment la zizanie dans sa famille pour alimenter son œuvre.LA CRITIQUE Au milieu de Boule et Bill 2, un «grand» débat oppose la femme de l\u2019auteur de Boule et Bill (Mathilde Seigner) à l\u2019éditrice de son mari (Nora Hamzawi) : Boule et Bill, est-ce que c\u2019est «drôle et poétique» ou «niais et ennuyeux» ?En voulant défendre la première position, le film de Pascal Bourdiaux a tôt fait de nous convaincre de la seconde.Mais «niais et ennuyeux» ne suffit pas pour décrire le film d\u2019horreur familial qui met en scène le célèbre duo formé d\u2019un petit garçon roux (Charlie Langendries) et de son chien cocker.Avec ses vignettes disparates, inspirées de la forme de la bande dessinée de Jean Roba, la première adaptation de Boule et Bill peinait à créer un véritable élan dramatique.Dans la suite, on a pallié ce problème en organisant les gags autour d\u2019une prémisse plutôt sinistre : celle d\u2019un père (Franck Dubosc) qui cherche activement le conflit avec sa famille pour trouver l\u2019inspiration.En résultent des situations qui vont de la manipulation à la violence psychologique, qui sont traitées aussi banalement que les amourettes de Boule ou que les frasques de Bill, comme si personne parmi les créateurs ne reconnaissait la profonde noirceur d\u2019un père qui se réjouit de la tristesse de son fils ou qui amène sa femme à se blesser sérieusement pour lui faire plaisir.Les très jeunes enfants sont ceux qui risquent le plus d\u2019être amusés par les simagrées de Franck Dubosc et les gags de slapstick qui ponctuent le film, mais resteront-ils intéressés par les problèmes d\u2019adulte du père qui est au centre du film?On en doute.\u2014Maude L\u2019Archevêque Boule et bile Déjouant les attentes, le réalisateur Bruno Dumont nous entraîne toujours plus loin dans l\u2019absurde et le burlesque de cette comédie policière hors normes.PHOTO STX ENTERTAINMENT, ASSOCIATED PRESS Dane DeHaan et Cara Delevingne dans une scène de Valerian and the City of a Thousand Planets PHOTO FOURNIE PAR EYESTEEL FILMS Une scène du film Le roi des Belges PHOTO FOURNIE PAR MEMENTO FILMS Fabrice Luchini dans le filmMa Loute, de Bruno Dumont l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA VÉRONIQUE LAUZON Ça fait 20 ans que Xavier Dolan travaille dans le milieu du doublage au Québec.Et à une certaine époque, il pouvait plancher sur huit projets en une seule semaine.Même si son horaire comme réalisateur ne lui permet plus d\u2019en faire autant, il tient mordicus à poursuivre sa carrière dans ce domaine.La preuve ?Il prête sa voix à trois films qui prennent l\u2019affiche dans les prochains jours, soit Émoji le film, Dunkerque et Valérian et la Cité des mille planètes.Entrevue avec l\u2019acteur et réalisateur.Comment choisissez-vous vos projets ?Par exemple, si nous prenons le film d\u2019animation Émoji, pourquoi aviez-vous envie de le faire ?Il s\u2019est présenté comme une opportunité.Je ne veux pas vous dire « une opportunité parmi tant d\u2019autres », parce que c\u2019est un beau projet qui se démarque, mais vous savez, je fais du doublage depuis que j\u2019ai 8 ans, ce n\u2019est donc pas comme si je m\u2019étais égaré dans un univers que je ne connaissais pas du tout et où j\u2019essaie quelque chose de nouveau.D\u2019abord et avant tout, j\u2019ai accepté de le faire parce que j\u2019aime ce métier-là.Pardonnez mon ignorance, mais pour mieux comprendre.Je vous en prie, ne craignez rien.Comment choisissez-vous les films dans le milieu du doublage ?Voyez-vous le film avant ou vous ne recevez qu\u2019un synopsis ?Les studios américains qui produisent des films, que ce soit des live action (en prise de vue réelle) ou des films d\u2019animation, engagent des studios de doublage à Montréal qui leur proposent leurs services pour organiser, fabriquer et produire une version française de leur film.Généralement, c\u2019est comme ça que ça fonctionne.Nous sommes ensuite appelés par des coordonnateurs de ces studios-là qui nous demandent nos disponibilités et nous convoquent à faire tel ou tel film.Dans le cas d\u2019Émoji, le rôle étant important, nous avons eu la possibilité de voir le film avant.Je l\u2019ai vu à Montréal, grâce à une copie protégée et dans un environnement sécuritaire.Parfois, ça se passe autrement.Par exemple, j\u2019ai doublé dans Dunkirk de Christopher Nolan qui était un film extrêmement protégé, personne à Montréal ne l\u2019avait vu.Le directeur de plateau et la chargée de projet sont allés le voir à Los Angeles pour voir de quoi il retournait, mais autrement \u2013 pour les autres \u2013, nous avions accès à un écran noir à l\u2019exception d\u2019un rond autour de la bouche du personnage qui parle.C\u2019est une façon de protéger le film du piratage.Ce sont des mesures un peu excessives, mais je vous donne un exemple pour que vous compreniez que ce n\u2019est pas toujours le même contexte.Wow ! Je n\u2019aurais jamais pensé que vous pouviez doubler dans ces conditions ! Ça ne doit pas être facile de jouer un personnage dans ce contexte.C\u2019est sûr que c\u2019est difficile d\u2019avancer dans le noir comme ça, à tâtons.Pour offrir son plein potentiel, surtout pour un film d\u2019animation comme Émoji, c\u2019est mieux de voir le film.Dans Émoji, vous jouez Gene Bof, un personnage qui a de la difficulté à bien faire son job, c\u2019est-à-dire n\u2019avoir qu\u2019une seule émotion.C\u2019est bien ça ?C\u2019est un univers qui est intéressant, parce qu\u2019on tient pour acquis là-dedans que les émojis sont ces icônes que nous utilisons chaque jour pour ponctuer un message texte ou une émotion.Et eux, ils vivent dans une ville où ils sont confinés à vivre la même émotion et faire la même chose.Donc l\u2019hélicoptère est un hélicoptère.Le tas de merde est un tas de merde.Celui qui pleure de rire est toujours en train de pleurer de rire, etc.Et celui qui est blasé est toujours blasé de tout, alors qu\u2019il sent qu\u2019il a en lui toutes sortes d\u2019émotions comme l\u2019émotivité, la tristesse, la nostalgie, le rire et le plaisir.En plus d\u2019avoir de la difficulté à exprimer les émotions qu\u2019il ressent, on lui interdit de les ressentir.On décide finalement que parce qu\u2019il est différent, il est anormal.Je pense que c\u2019est une métaphore qui est assez claire [rire].En fait, c\u2019est toujours ça dans les films pour enfants, et même dans les autres films, on parle toujours de la même chose, mais on n\u2019explique jamais clairement cette « chose-là ».Allons-y pour une question extrêmement intellectuelle : si vous étiez un émoji, vous seriez lequel ?Ce serait impossible pour moi de n\u2019être qu\u2019une seule émotion.Par contre, je pourrais n\u2019être qu\u2019une seule figure.Ce serait soit l\u2019aubergine ou l\u2019arbre de Noël.Vous doublez également Dane DeHaan dans Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson.Avez-vous aimé le film ?C\u2019est très divertissant : un film de science-fiction qui ne se prend pas au sérieux.C\u2019est très créatif comme film.Quelques critiques ont commencé à sortir aux États-Unis et elles sont assez tièdes.Personnellement, je ne suis pas d\u2019accord.J\u2019ai eu beaucoup de plaisir à le doubler, mais également à le regarder.C\u2019est à voir ! Mais où trouvez-vous le temps de doubler ?Vous semblez avoir un horaire tellement chargé à réaliser vos propres films.C\u2019est une passion, le doublage.C\u2019est quelque chose que je connais et que j\u2019aime faire.J\u2019ai moins de temps qu\u2019avant, mais je me garde normalement deux jours par semaine pour en faire.Lorsque Jessica Chastain est arrivée pour tourner, elle avait deux jours off dans son horaire, parce que je faisais du doublage.J\u2019en ai besoin pour ma santé mentale.J\u2019exagère en disant ça, mais vous comprenez ce que je veux dire.Je m\u2019organise toujours pour pouvoir faire du doublage.En parlant de Jessica Chastain, comment avance votre prochain film, The Death and Life of John F.Donovan ?Êtes-vous satisfait pour le moment ?Oui, très satisfait.Nous sommes encore en train de travailler fort là-dessus, à la vitesse grand V.Nous sommes en postproduction et le film devrait être prêt à l\u2019automne.Xavier Dolan se transforme en émoji SONIA SARFATI LOSANGELES Pour incarner les agents spatio- temporels Valérian et Laureline dans le film qu\u2019il rêve depuis toujours de réaliser, Luc Besson a choisi Dane DeHaan et Cara Delevingne.Il est connu pour jouer dans des films indépendants (une except ion : The Amazing Spider- Man 2).On l\u2019a découverte comme mannequin, mais à l\u2019écran, elle n\u2019a pas convaincu dans Suicid Squad ni dans Paper Towns.Le réalisateur de The Fifth Element a toutefois vu en eux les stars de Valerian and the City of a Thousand Planets, son adaptation de la bande dessinée culte de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières .La Presse a rencontré les deux jeunes acteurs.Entrevues croisées.Que saviez-vous de Valérian avant d\u2019être pressentis pour ce projet ?Dane : Je ne connaissais absolument pas cette série avant que Luc m\u2019en parle.Quelques albums sont traduits en anglais, mais je ne les avais pas lus.Cara : Je n\u2019en avais jamais entendu parler, et une des choses qui me plaisent de ce film, c\u2019est qu\u2019il va faire connaître ces bandes dessinées à un nouveau lectorat.Puisque vous ignoriez tout de cet univers, qu\u2019est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?Dane : C\u2019est un peu la concrétisation d\u2019un rêve.Luc Besson m\u2019appelle, me rencontre, me dit qu\u2019il va réaliser le film qu\u2019il a souhaité faire toute sa vie et qu\u2019il veut que j\u2019en sois la tête d\u2019affiche.Peut-il y avoir plus excitant ?Oui ! Qu\u2019il me confie le rôle du héros, quelque chose que je n\u2019avais pas encore joué.Cara : C\u2019est la même chose pour moi.Luc est un de mes réalisateurs préférés.The Fifth Element, Leon, The Big Blue.J\u2019ai toujours voulu le rencontrer, sans même imaginer travailler un jour avec lui.Et ça s\u2019est avéré une des meilleures expériences professionnelles de ma vie.C\u2019était la première fois, pour chacun de vous, que vous travailliez avec un réalisateur français.Était-ce très différent sur le plateau ?Dane : Disons que les Français travaillent des heures beaucoup plus raisonnables que les Américains et, en soi, ça fait une bonne différence [rires].Mais c\u2019est Luc lui-même qui est assez unique.Il met la main à tout, il manipule lui-même la caméra \u2013 c\u2019est la première fois que je voyais un réalisateur faire ça ! Aussi, il a une vision tellement claire de qu\u2019il veut que vous pouvez voir le film prendre vie dans sa tête.Cara : Je n\u2019ai jamais vu quelqu\u2019un savoir à ce point où il voulait aller.Peut-être qu\u2019il lui est arrivé de douter, mais il ne l\u2019a jamais laissé paraître.Sur ce projet, il y avait.quoi ?Parfois, une armée de 300 personnes sur le plateau et il semblait en contrôle de tout le monde, à la fois leader et force créative, là où n\u2019importe qui se serait écrasé sous le stress.Comment décririez-vous le personnage que vous interprétez ici ?Dane : Valérian est un James Bond de l\u2019espace [rires].C\u2019est un agent spécial, très bon dans ce qu\u2019il fait.Il n\u2019a jamais échoué, ce qui lui donne une confiance aveugle en lui-même.Mais il n\u2019a pas compris qu\u2019il doit son succès à, premièrement, la chance, et deuxièmement, à Laureline.Elle est le cerveau derrière leurs opérations.Cara : Laureline va de l\u2019avant, elle est déterminée et ne s\u2019arrêtera qu\u2019une fois la mission terminée.Mais si elle a un travail à faire et que, pour l\u2019exécuter, elle doit faire le contraire de ce que son cœur lui dicte, elle va suivre son cœur.C\u2019est essentiel pour elle, et cette attitude la définit.Elle est aussi romantique.mais d\u2019une façon un peu ancienne.Pouvez-vous en dire plus sur leur relation ?Dane: Ils se connaissent si bien qu\u2019il y a quelque chose de la relation frère-sœur entre eux, dans cette façon qu\u2019ils ont de se taquiner et d\u2019essayer de s\u2019impressionner l\u2019un et l\u2019autre.Dans le courant du film, Valérian va comprendre que Laureline est tout pour lui.Non seulement sa partner in crime, mais sa partner in life.Il ne peut imaginer un monde sans elle.Cara : Laureline sait qu\u2019elle est amoureuse de Valérian, mais elle s\u2019en défend parce qu\u2019à cette période de sa vie, ce qui lui importe, c\u2019est de se démarquer, de progresser.C\u2019est pour ça qu\u2019en quelque sorte, elle le teste dans le film.Elle peut se voir passer le reste de sa vie avec lui, mais elle veut être sûre que si ça produit, ce ne sera pas parce qu\u2019ils sont coincés, ensemble, dans un vaisseau.Il existe 27 albums de Valérian et Laureline, ce film est principalement inspiré du 6e, L\u2019ambassadeur des ombres.Avez-vous signé pour plus d\u2019un long métrage ?[Ils échangent un regard rapide, façon Valérian et Laureline, puis, complices.] Dane : Non.Cara : Non, non.Valerian and the City of a Thousand Planets (Valérian et la Cité des mille planètes) prend l\u2019affiche le 21 juillet.Les frais de voyage ont été payés par Les films Séville.DANE DEHAAN \u2013 CARA DELEVINGNE / Valerian and the City of a Thousand Planets Des agents très spéciaux Q R PHOTO FOURNIE PAR XAVIER DOLAN «Je fais du doublage depuis que j\u2019ai 8 ans, ce n\u2019est donc pas comme si je m\u2019étais égaré dans un univers que je ne connaissais pas du tout et où j\u2019essaie quelque chose de nouveau», dit Xavier Dolan.PHOTOMARIO ANZUONI, REUTERS Cara Delevingne et Dane DeHaan à la première de Valerian and the City of a Thousand Planets à Los Angeles, lundi dernier Q R l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 13 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.POUR CONTRE Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques brille au petit écran comme au grand.De Like-moi ! à De père en flic 2, le double diplômé humour-théâtre présente sur la scène de Zoofest un 60 minutes solo ainsi qu\u2019un spectacle sur Kanye West.\u2014 Stéphanie Dupuis Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Les galas qui catégorisent «Je n\u2019ai pas de problème avec les spectacles thématiques comme les Extrêmiss, mais quand tu arrives avec un gala juste personnage, juste ci, juste ça, je ne suis pas certain de comprendre si c\u2019est une bonne idée de faire ça.C\u2019est un gala, et non un spectacle.L\u2019important, c\u2019est de célébrer l\u2019humour, de donner le meilleur de ce qu\u2019on a.Et le meilleur ne fitte pas toujours dans des catégories.Il faut que ce soit une pulsion qui vient de l\u2019artiste, et non du producteur.» Plus de femmes en humour «C\u2019est évident ! Je suis pour qu\u2019il y ait non seulement plus de femmes, mais plus de gens, point.Plus de jeunes, plus de vieux, plus de nouveaux arrivants.Ça dresse un portrait beaucoup plus juste de notre société.Je suis vraiment pour qu\u2019il y ait une parité gars-filles pour de vrai.Ça arrive encore, des soirées en humour où il n\u2019y a pas de filles.Il faut que ça arrête, sérieusement.» Le Beachclub de Pointe-Calumet «Je suis totalement pour! Wow! S\u2019il commence à y en avoir six, là, je suis contre.À un moment donné, il faut une échappatoire, il faut que les gens se reconnaissent quelque part.Je suis pour le Beachclub comme je suis pour la Maison symphonique.La culture, c\u2019est polymorphe.Ce n\u2019est pas vrai que tout le monde se reconnaît dans une sonate ou dans une chute de mousse sur du David Guetta.Pendant que les gens sont au Beachclub, ils ne traînent pas dans la rue, ils ne font pas de mal.» Une plus grande culture générale pour les humoristes «Totalement pour, à un degré plus que pour.C\u2019est une nécessité.Je ne dis pas ça parce que je pense que les humoristes sont des imbéciles, mais il y a beaucoup de préjugés.Il n\u2019y a rien qui me fait plus de peine qu\u2019un préjugé qui est finalement une vérité.Si on était capables d\u2019avoir plus de culture, d\u2019être plus articulés, avec des référents plus pointus, il y aurait de moins en moins de castes intellectuelles élitistes qui nous regardent de haut.» Les humoristes qui s\u2019improvisent comédiens «Je suis pour, mais à condition qu\u2019ils soient bons.Ce n\u2019est pas le même métier ni la même technique.Ce n\u2019est pas parce que tu es capable de livrer un texte que tu es bon.Il faut que tu respectes la scène, que tu comprennes c\u2019est quoi un personnage ou une ligne dramatique.Ça ne me dérange pas, au fond, mais c\u2019est comme si tu conduisais une auto et que tu te disais : je sais conduire, donc je peux faire de la moto.Ce n\u2019est pas pareil.Respecte ce que c\u2019est.» Juste pour rire «[Rires] Juste pour rire, c\u2019est une grosse machine.C\u2019est comme dire si tu es pour ou contre le Québec.Il y a des choses que j\u2019aime et d\u2019autres que je n\u2019aime pas.Il faut reconnaître objectivement que l\u2019humour ne serait pas rendu là aujourd\u2019hui si ça n\u2019avait pas été d\u2019eux.Il a permis à beaucoup d\u2019artistes de s\u2019émanciper et d\u2019avoir les moyens de leurs ambitions.C\u2019est une plateforme qui a fait diffuser la culture québécoise à l\u2019international.Je suis pour, tant et aussi longtemps qu\u2019ils sauront créer des surprises.S\u2019ils arrêtent d\u2019en créer, là, il faudra se poser des questions.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 14 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 2 J U I L L E T 2 0 1 7 "]
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