La presse, 5 août 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS CINÉMA PHOTOMONTAGE LA PRESSE OSHEAGA QUANTITÉ ETQUALITÉ Jusqu\u2019à demain, l\u2019île Notre-Dame vibre au son des nombreux musiciens du festival Osheaga.La Presse vous propose trois valeurs sûres et trois découvertes à voir et entendre durant le week-end.PAGE 5 DANYLAFERRIÈRE «ÉCRIRE PERMET DEMIEUX LIRE» PAGE 2 YANNICKNÉZET-SÉGUIN PARSIFAL, «UNE TRÈS GROSSE AFFAIRE» PAGE 4 ALGORE «NOUS SOMMES À LAVEILLED\u2019UNE RÉVOLUTION» PAGE 6 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 Boucar raconte de façon humoristique, scienti?que et poétique la reproduction depuis le coup de foudre jusqu\u2019à la naissance du bébé.UN LIVRE POUR TOUS QUI, EN PLUS DE STIMULER L\u2019ESPRIT, DILATE LA RATE ET TOUCHE LE CŒUR.editionslapresse.ca Suivez-nous sur Facebook Illustrations de Philippe Béha 85 ARTS Pour les 15es Correspondances d\u2019Eastman, du 10 au 13 août, le festival littéraire a choisi Dany Laferrière comme parrain.Une occasion pour l\u2019écrivain montréalais de rappeler l\u2019impact de la lecture dans nos vies.Écrire, même à temps partiel, «permet de mieux lire», dit-il.ÉRIC CLÉMENT V i e i l h a b i t u é d e s Correspondances d\u2019Eastman, Dany Laferrière parraine, encore une fois cette année, l \u2019évènement est r ien dont le thème de 2017 s\u2019intitule Archipels francophones.Même si son emploi du temps s\u2019est étof fé depu is son ent rée à l\u2019Académie française au printemps 2015, l\u2019écrivain montréalais ne rate jamais le festival de mots greffé à l\u2019environnement verdoyant du lac d\u2019Argent.« Je tiens à m\u2019y rendre chaque année, car c\u2019est une idée magnifique dans un cadre magique, un festival pimpant et très frais où la littérature s\u2019accorde avec le paysage, où les échanges épistolaires se font dans les jardins, dit Dany Laferrière.I l y a un air festivalier à Eastman qui rappelle certains festivals européens, surtout les Correspondances de Manosque, en France », qui a débuté quatre ans avant le festival d\u2019Eastman.Laferrière populaire La classe de maître que donnera Dany Laferrière le vendredi 11 août est déjà complète.«Donner une classe de maître, c\u2019est si peu moi! dit-il.Je ne suis pas un maître! Et ce n\u2019est pas de la modestie.Un maître, ça a fini d\u2019apprendre.Pour moi, rester vivant, c\u2019est être un inférieur, comme dit mon vieux maître [Witold] Gombrowicz.C\u2019est rester inférieur.Il n\u2019y a que les inférieurs qui sont cultivés parce qu\u2019ils doivent connaître leur propre culture et la culture des maîtres!» L\u2019écrivain participera aussi à des tables rondes et à l\u2019activité Grande entrevue, le vendredi, à 13h.Au cours d\u2019un café littéraire, le samedi, à 15h30, il explorera les œuvres de trois auteurs haïtiens contemporains: Gary Victor, Rodney Saint-Éloi et Néhémy Pierre-Dahomey.Pour colorer l\u2019esprit des festivaliers, leur donner le goût de lire et aussi celui d\u2019écrire.«Apprendreàécrirepermetde mieux lire, dit Dany Laferrière.Quand on essaie d\u2019écrire, ça permet de ne pas se lever au milieu de la nuit pour écrire sur son blogue des insanités sur les écrivains.Ça permet de ne pas écrire cinq phrases contre un livre en faisant cinq fautes et en disant que le livre est mal écrit.» Oups! Une manière d\u2019être Pou r Dany L a fe r r iè re , écrire est une manière d\u2019être, même quand on ne le fait pas pour être publié.Selon lui, la menace qui pèse sur la littérature est moins grave que celle qui met l\u2019écriture en péril.«Les gens passent leur temps à vouloir écrire, mais il n\u2019y a pas de rigueur, observe-t-il.Pourtant, écrire est un jouet comme la lecture est un jouet.» L\u2019écrivain appelle au goût d\u2019écrire.Pour que l\u2019écriture ne soit pas l\u2019apanage d\u2019une caste.«Si seuls les gens qui savent écrire écrivaient, l\u2019écriture serait dans une impasse, dit- il.Elle manquerait d\u2019oxygène, de fantaisie, de nouveauté.» E t n e d i t e s p a s à Dany Laferrière que l\u2019époque n\u2019est pas propice à l\u2019écriture et que nous sommes les esclaves des écrans, petits et grands: télé, ordi, cellulaire, tablette numérique.«On choisit sa vie, lâche-t- il.Aristote, déjà, parlait de la vie qu\u2019on mène aujourd\u2019hui! C\u2019est la phrase la plus ancienne de l\u2019histoire humaine!» L\u2019époque est donc aussi propice à l\u2019écriture qu\u2019à la lecture ?«Mais oui ! Jamais n\u2019a-t-on autant lu et écrit, dit Dany Laferrière.Par une sorte de grande démocratie, la lecture s\u2019est répandue alors on voudrait autre chose, on voudrait un peu plus de qualité.Mais quand on parle de menace, je ne sais pas de quoi on parle.Quand chaque année, on est obligé de demander aux éditeurs de moins publier, quand les journalistes ajoutent qu\u2019ils ne peuvent pas tout lire.C\u2019est le goût de tout lire qui a créé cette confusion.Maintenant il faut savoir comment, dans cette forêt de livres, on peut choisir son chemin.» Dany Laferrière pense également qu\u2019on ne parle pas assez de l\u2019impact qu\u2019a la lecture sur l\u2019individu et qu\u2019on met trop l\u2019accent sur le support.Quand on évoque l\u2019accroissement des plateformes électroniques au détriment du papier, il insiste pour dire qu\u2019il est difficile de juger aujourd\u2019hui un support qui deviendra totalement naturel pour la génération suivante.L\u2019individu s\u2019adapte au progrès, aux changements, oubliant le support et ne retenant que le contenu, dit-il.« Nous sommes les narrateurs de notre époque, dit Dany Laferrière.Quand nous ne serons plus, mon frère (!), l\u2019autre génération dira sa vérité, ses raisons, son monologue et ainsi de suite.» DANY LAFERRIÈRE, PARRAIN DES 15ES CORRESPONDANCES D\u2019EASTMAN «Écrire permet de mieux lire» PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE «Donner une classe de maître, c\u2019est si peu moi ! dit Dany Laferrière.Je ne suis pas un maître ! Et ce n\u2019est pas de la modestie.Un maître, ça a fini d\u2019apprendre.Pour moi, rester vivant, c\u2019est être un inférieur, comme dit mon vieux maître [Witold] Gombrowicz.» QUELQUES SUGGESTIONS AUX CORRESPONDANCES D\u2019EASTMAN 1.Le souvenir de Jack Kerouac ravivé en lectures et jazz avec Robert Lalonde et John Roney, au Cabaret Eastman, le vendredi à 20h.2.Conférence sur Gaston Miron animée par Robert Lalonde, le dimanche à 14h30 au Cabaret Eastman.3.La conception de cartes postales en haïsha (haïku sur carte postale illustrée), au Parc du temps qui passe, à 10 h, le jeudi.4.Atelier d\u2019écriture à la lueur de la chandelle, avec plume et encre de Chine, le jeudi à 18 h au Parc du temps qui passe.5.Expo La culture vivante en Haïti, à la bibliothèque Danielle-Simard.De jeudi à samedi, de 10h à 16h, et dimanche, de 10h à 15h.6.Les sœurs Boulay en spectacle au Cabaret Eastman, le samedi à 20h.Info : www.lescorrespondances.ca Après avoir tourmenté George W.Bush pendant des années, le cinéaste, comédien et auteur Michael Moore a décidé d\u2019être une épine (de plus) dans le pied de Donald Trump.Son premier spectacle à Broadway n\u2019a pas encore provoqué de tweet intempestif du nouveau président, mais cela ne saurait tarder.YVES SCHAËFFNER COLLABORATION SPÉCIALE NEW YORK \u2014 Donald Trump ne le sait peut-être pas encore, mais il a une « invitation ouverte» au nouveau spectacle de Michael Moore.Tous les soirs, une loge présidentielle est réservée au président et à sa femme au théâtre Belasco de New York.Il s\u2019agit des deux seuls sièges vides dans la salle où ce spectacle est présenté à guichets fermés depuis ses débuts, vendredi dernier.Intitulé Michael Moore on Broadway : The Terms of My Surrender (« les conditions de ma capitulation»), le spectacle n\u2019a rien d\u2019une comédie musicale.Michael Moore ne sait ni danser ni vraiment chanter, mais il sait raconter des histoires.Des histoires parfois drôles, parfois poignantes et, bien souvent, révoltantes, particulièrement pour ceux dont les opinions politiques sont à gauche de l\u2019échiquier.S \u2019 i l e s t su r tout connu pou r ses documenta i res , dont Bowling for Columbine , Michael Moore n\u2019est pas totalement étranger aux planches.En 2002, il avait présenté un monologue post-11-Septembre à Londres et, l\u2019automne dernier, il a présenté un spectacle juste avant l\u2019élection américaine dans plusieurs théâtres de l\u2019Ohio afin de convaincre les partisans de Trump de changer leur opinion.Les États désunis d\u2019Amérique Rare personnalité à avoir prédit \u2013 à contrecœur \u2013 la victoire de Donald Trump, Michael Moore est immédiatement entré sur le mode résis t a nce au lendema in de l \u2019élec t ion .« Je refuse de vivre dans un pays où Donald Trump est président et je ne compte pas partir.Alors, quelque chose doit changer», répète-t-il depuis chaque fois qu\u2019il en a l\u2019occasion.Son spectacle se veut donc une manière de répondre à ce problème insoluble, afin de s\u2019assurer que l\u2019actuel locataire de la Maison-Blanche quitte les lieux au plus tard en 2020.S\u2019il y pourfend les politiques et les opinions de Trump, Michael Moore cherche surtout à galvaniser ses concitoyens.Puisant dans ses souvenirs, allant de sa jeunesse au Michigan à un de ses coups d\u2019éclat contre Reagan en 1984 en Allemagne, le comédien militant oscille entre l\u2019analyse politique, le militantisme et l\u2019humour cinglant.Ceux qui connaissent bien le travail du cinéaste ne seront pas surpris.Les autres doivent s\u2019attendre à des ruptures de ton radicales.Son chapitre sur les dérives extrémistes d\u2019une partie de l\u2019Amérique et des médias de droite est particulièrement poignant.Faisant jouer un extrait de Glenn Beck (vedette médiatique de la droite américaine) confiant vouloir assassiner le cinéaste, Michael Moore rappelle avoir été victime de plus d\u2019une demi-douzaine d\u2019attaques pour ses positions politiques anti-Bush.Son garde du corps a été poignardé et un désaxé a même tenté de faire exploser sa demeure au Michigan.Tout ça en ra ison de ses positions politiques démo- nisées par l\u2019extrême droite.Bienvenue aux États désunis d\u2019Amérique.Et si la plupart de ses concitoyens sont désormais au courant de la tragédie de Flint, au Michigan \u2013 où une bonne partie de la population a été empoisonnée par de l\u2019eau contaminée \u2013, Michael Moore explique en détail le rôle du gouverneur républicain dans ce drame, suscitant stupeur et indignation dans la salle.Appel à l\u2019engagement Loin de vouloir décourager ses spectateurs, Moore tente surtout d\u2019instiller un désir d\u2019engagement , de fronde.Après avoir tenté de convaincre les pro-Trump de changer d\u2019avis avant l\u2019élection, il cherche cette fois à convaincre les siens, les démocrates, de l\u2019importance de se retrousser les manches.S\u2019il ne les invite pas à prendre des fourches et à prendre d\u2019assaut la Maison-Blanche, il les exhorte à faire des gestes concrets, tout en se moquant d\u2019un président qui ne supporte pas que l\u2019on se moque de lui.Bref, il les exhorte à ne capituler à aucune condition.The Terms of My Surrender est présenté au Belasco Theatre de New York jusqu\u2019au 22 octobre.MICHAEL MOORE SUR BROADWAY Faire tomber Trump, une blague à la fois l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 ARTS La Canadienne Moira Walley-Beckett s\u2019est fait un nom à Hollywood grâce à sa plume.On lui doit entre autres l\u2019épisode Ozymandias de Breaking Bad qui a remporté un Emmy et qui est considéré par plusieurs comme le meilleur épisode de série télé de tous les temps, rien de moins.Changement de registre complet avec Anne, une série dont l\u2019action se déroule à l\u2019Île- du-Prince-Édouard au XIXe siècle, un classique revisité qui est présenté sur ICI ARTV à compter de ce soir.NATHALIE COLLARD Comment est née l\u2019idée de faire la sérieAnne ?D\u2019abord, j\u2019avais dévoré les livres à l\u2019âge de 13 ans, j\u2019étais complètement accro à cette histoire.Quand le roman a été libéré de ses droits et est devenu du domaine public, ma partenaire d\u2019affaires \u2013 Miranda de Pencier \u2013 et moi nous y sommes intéressées.On trouvait que c\u2019était une histoire qui abordait des thèmes très actuels, une histoire féministe aussi.Qu\u2019est-ce qui vous a intéressée dans le personnage d\u2019Anne?Tout le monde peut s\u2019identifier à elle, peu importe sa couleur, son âge ou ses origines.J\u2019étais aussi intriguée par Marilla et Matthew Cuthbert, le frère et la sœur qui adoptent Anne.Ces personnages ne m\u2019intéressaient pas trop lorsque j\u2019ai lu le roman à 13 ans, mais ils ont piqué ma curiosité d\u2019adulte.Je voulais mieux comprendre leur motivation.Au fond, Anne, c\u2019est l\u2019histoire du passage à l\u2019âge adulte pour ces trois personnages.En quoi l\u2019histoire de cette petite fille qui a vécu à la fin des années 1800 est-elle encore pertinente?Anne est une jeune fille brillante qui n\u2019a pas de filtres.Elle est également en avance sur son temps.Même si elle est née à l\u2019époque victorienne, à une période où les enfants devaient se taire, elle ne s\u2019impose pas de limites.Elle parle tout le temps, pose sans cesse des questions importantes et se demande pourquoi les filles ne feraient pas la même chose que les garçons.Elle veut que les choses changent et pouvoir faire la même chose qu\u2019eux.Elle est en quelque sorte une féministe accidentelle.L\u2019histoire d\u2019Anne, c\u2019est aussi celle d\u2019une petite fille qui vient d\u2019ailleurs.Pouvez-vous nous en parler davantage?L\u2019histoire d\u2019Anne parle beaucoup des préjugés que l\u2019on a à l\u2019endroit des gens qui viennent d\u2019ailleurs.Je trouvais intéressant d\u2019aborder ce thème à l\u2019ère de Donald Trump.Anne, c\u2019est la quintessence de l\u2019histoire de l\u2019étranger.À l\u2019époque, un orphelin était l\u2019équivalent d\u2019un délinquant, c\u2019était l\u2019enfant dont personne ne voulait.Le fait que Lucy Maud Montgomery lui ait donné des cheveux roux n\u2019est pas innocent : à l\u2019époque, les cheveux roux étaient associés aux classes inférieures.Et dans la mythologie, les êtres maléfiques avaient les cheveux roux.Je trouvais que tout cela avait un écho avec ce qui se passe dans l\u2019actualité aujourd\u2019hui.Comment passe-t-on de Breaking Bad àAnne ?Comme scénariste, je suis toujours attirée par des personnages qui cachent des secrets, des blessures profondes.J\u2019aime les survivants.Les êtres qui ont des mécanismes de défense me fascinent.Le personnage d\u2019Anne est comme ça : vulnérable, avec une faible estime d\u2019elle-même qu\u2019elle cache derrière son babillage et son positivisme.En cela, elle est aussi très « canadienne ».En plus d\u2019avoir écrit et produit des épisodes de Breaking Bad, vous avez écrit la série Flesh and Bone ainsi que quelques épisodes de la série Pan Am.Quels sont les ingrédients d\u2019une bonne série, à votre avis ?Pour moi, ce sont les personnages qui comptent avant tout.Ils doivent avoir de la profondeur, représenter quelque chose à mes yeux, avoir un sens.Et ils doivent avoir un impact dans le monde.C\u2019est le cœur et l\u2019âme de séries comme Breaking Bad et Flesh and Bone et c\u2019est la même chose avec Anne.DE BREAKING BAD À ANNE Moira Walley-Beckett aime les personnages qui souffrent PHOTOMARK BLINCH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE «L\u2019histoire d\u2019Anne parle beaucoup des préjugés que l\u2019on a à l\u2019endroit des gens qui viennent d\u2019ailleurs.Je trouvais intéressant d\u2019aborder ce thème à l\u2019ère de Donald Trump», explique Moira Walley-Beckett.Q R l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 DU 1ER JUILLET AU 6 AOÛT 2017 en collaboration avec Billetterie lanaudiere.org SAMEDI 5 AOÛT 20 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Kent NAGANO, direction Sumi JO, soprano Jean-François LAPOINTE, baryton CONCERT DIMANCHE 6 AOÛT 17 H AMPHITHÉÂTRE FERNAND-LINDSAY ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Yannick NÉZET-SÉGUIN, direction CHŒUR DE L\u2019ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN François A.OUIMET et PierreTOURVILLE, chefs de chœur Parsifal deWagner en version concert POUR INFORMATIONS ET PROGRAMMATION COMPLÈTE 1 800 561-4343 lanaudiere.org «UN CHEF-D\u2019ŒUVRE» «LE MEILLEUR FILM DE L\u2019ANNÉE» DE LA RÉALISATRICE GAGNANTE AUX OSCARS® POUR LE DÉMINEUR OPÉRATION AVANT L\u2019AUBE E T BASÉ SUR L\u2019UN DES SECRETS LES PLUS TERRIFIANTS DE L\u2019HISTOIRE AMÉRICAINE «MONUMENTAL» «EXTRAORDINAIRE» Detroit-LeFilm.ca PRÉSENTEMENT AU CINÉMA ARTS FESTIVAL DE LANAUDIÈRE ALAIN BRUNET Parsifal est le troisième opéra de Richard Wagner (1813-1883) auquel s \u2019attaque Yannick Nézet-Séguin .« Une très grosse affaire», résume-t-il.Le compositeur allemand voyait en son ultime opéra un « festival scénique sacré» réparti en trois actes, dont la durée peut approcher les cinq heures.Parsifal fut créé le 26 juillet 1882 au Festival de Bayreuth, en Allemagne, qui le présenta en quasi-exclusi- vité jusqu\u2019en 1914.«Wagner, c\u2019est l\u2019art total de son époque, opéras grandioses, incroyables réalisations, expl ique Yannick Nézet- Séguin.Plus jeune, j\u2019en avais peur ! Et c\u2019est pourquoi j\u2019avais décidé de garder ça pour mes vieux jours.Or, mes vieux jours ont commencé il y a quatre ans !» «J\u2019avais un plan à l\u2019origine, poursuit-il : diriger tous les opéras de Wagner par ordre chronologique, c\u2019est-à-dire commencer par Le vaisseau fantôme (Le Hollandais volant) e t conc lu re pa r Par s i fa l , mon plus grand rêve.Et.finalement, j\u2019ai manqué de patience ! [Rires.] Ainsi, j\u2019ai fait Le vaisseau fantôme quelques fois [Rotterdam, Vienne, New York], j \u2019ai fait deux fois Lohengrin [notamment à Lanaudière], et voilà Parsifal.» Au Met en février prochain Yannick Nézet-Séguin et l\u2019Orchestre Métropolita in présentent Parsifal en clôture du Festival de Lanaudière dema in .En fév r ier pro - chain, le maestro exécutera la même œuv re ave c le Metropolitan Opera à New York.I l compte du coup reprendre la mise en scène de François Girard \u2013 imaginée d\u2019abord pour l\u2019Opéra de Lyon en 2012 et présentée l\u2019année suivante au Metropolitan Opera House.Pour Lanaudière, la préparation de l\u2019opéra est échelonnée sur quelques jours : « Je passe d\u2019abord une journée avec les chanteurs accompagnés au piano.Il y a ensuite deux jours de répétitions avec l\u2019orchestre seul.Après quoi je réunis tous les ingrédients de la potion magique, tous les artistes se retrouvent ensemble.» L\u2019exécut ion de Pars i fa l repose plus préc isément sur 89 instrumentistes de l\u2019Orchestre Métropolitain, 85 chanteu r s du Chœu r Métropolitain, 6 rôles principaux et 12 rôles secondaires chez les chanteurs.«Ces derniers sont tous de grands wagnériens avec qui j\u2019ai déjà travaillé.Le ténor Christian Elsner (Parsifal) est a l lemand , le ba ry ton Brett Polegato est canadien, la mezzo-soprano Mihoko Fujimura est japonaise, la basse Peter Rose est britannique, le baryton Boaz Daniel est israélien, le baryton-basse Thomas Goerz est canadien.C\u2019est donc une distribution vraiment internationale.» Encore faut-i l rappeler que la représentat ion de Lanaudière ne prévoit pas de mise en scène.«Je le fais aussi de cette manière pour les opéras de Mozart enregistrés chez Deutsche Grammophon.La formule concert a l\u2019avantage de faire passer toute l\u2019émotion par la voix et la musique.Je ne dis pas que ça remplace la mise en scène d\u2019un opéra, c\u2019est une autre expérience.On entre vraiment dans un autre monde et on se trouve dans cette cathédrale de nature à Lanaudière, ce qui favorise l\u2019exécution de l\u2019œuvre.» «Chef-d\u2019œuvre des chefs-d\u2019œuvre» Yann ick Néze t- Ségu in confie qu\u2019il n\u2019aurait jamais pu inves t i r l \u2019un iver s de Parsifal s\u2019il n\u2019avait pas dirigé d\u2019autres opéras de Wagner auparavant.« I l faut bien en sa isi r le rapport au temps, dit- il.Il faut savoir accepter la longueur des phrases, des lignes mélodiques, des actes.Tous ces éléments font partie d\u2019une même respiration organique.J\u2019aime comparer cette approche aux baleines, dont les mouvements sont à la fois lents et très puissants.En musique, j \u2019a ime aussi évoquer les symphonies de Bruckner que j\u2019ai enregistrées avec l\u2019OM.C\u2019est une clé pour la compréhension de la musique de Wagner, particulièrement Parsifal.» Pour Yannick Nézet-Séguin, en fait, Parsifal est « le chef- d \u2019œuvre des chefs-d \u2019œu- vre » parmi les opéras de Wagner.« Certains choisissent la Tétralogie (L\u2019anneau des Nibelungen) à cause du lien entre ces quatre opéras.Sur papier, ça peut aller plus loin, mais le plus grand impact émotif, sensoriel et intellectuel d\u2019un opéra de Wagner se trouve chez Parsifal.» « Il y a cette technique du leitmotiv propre au compositeur, soit un thème ou un motif orchestral associé aux personnages et aux situations dramatiques, explique-t-il.Dans Parsifal, tous les leitmotivs sont parfaitement dosés.Mon cœur fond à l\u2019écoute de chacun d\u2019eux.» Ce qui conduit également le maestro à considérer Richard Wagner comme l\u2019un des plus grands compositeurs de son époque.«Bien sûr, il fut une figure controversée, notamment pour son antisémitisme ou pour ses échanges de vacheries avec des collègues, ou encore pour les guerres de clocher auxquelles il a pris part, souligne-t-il.J\u2019ai beaucoup de réserves sur la personne qu\u2019il fut, comme on peut en avoir sur tant de créateurs dans l\u2019histoire.Mais la musique de Wagner, Parsifal dans le cas qui nous occupe, doit être prise pour ce qu\u2019elle est.» Idem pour la trame dramatique de cet opéra, fondée sur des classiques de la littérature arthurienne : l\u2019épopée médiévale Parzival, de Wolfram von Eschenbach, et Perceval ou le conte du Graal, de Chrétien de Troyes.«Nous avons affaire à un livret un peu complexe, avec une philosophie de rédemption un peu datée, estime Yannick Nézet-Séguin.Mais ça vient fouiller dans ce subconscient chrétien catholique que nous avons au Québec.Assister à Parsifal, c\u2019est un peu comme assister à une œuvre religieuse sans qu\u2019elle le soit.» À l\u2019amphithéâtre Fernand- Lindsay, demain, 17h, dans le cadre du Festival de Lanaudière YANNICK NÉZET-SÉGUIN Parsifal, «une très grosse affaire» PHOTOOLIVIER JEAN, LA PRESSE Yannick Nézet-Seguin en répétition avec les musiciens de l\u2019Orchestre Métropolitain.«Certains choisissent la Tétralogie (L\u2019anneau des Nibelungen) à cause du lien entre ces quatre opéras.Sur papier, ça peut aller plus loin, mais le plus grand impact émotif, sensoriel et intellectuel d\u2019un opéra de Wagner se trouve chez Parsifal.» \u2014 Yannck Nézet-Séguin Tous les samedis dans La Presse VOYAGE LES VOYAGEURS EN PARTANCE POUR\u2026 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 13 \u2013 26 AOÛT DIRECTEUR GÉNÉRAL & ARTISTIQUE ANDRÉ J.ROY ENTRÉE GRATUITE / RÉSERVEZ VOS PLACES 2017 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS 17 08 ZORÀ ÉTATS-UNIS / IDOMENEO ESPAGNE / HONGRIE / BELGIQUE 18 08 ROLSTON CANADA / GIOCOSO ALLEMAGNE / ROUMANIE / PAYS-BAS 13 08 ESCHER ÉTATS-UNIS CONCERT D\u2019OUVERTURE 26 08 VAN KUIJK FRANCE CONCERT DE CLÔTURE 24 08 IDOMENEO ESPAGNE / HONGRIE / BELGIQUE / ZORÀ ÉTATS-UNIS 25 08 GIOCOSO ALLEMAGNE / ROUMANIE / PAYS-BAYS / ROLSTON CANADA QUATUORS À CORDES SALLE POLLACK 19 H MISQA.COM 514.550.8057 INVITÉS :VALENTIN ERBEN & MATHIEU HERZOG QUE JAMAIS EN ÉTÉ, C\u2019EST ARTS OSHEAGA Les trois principales têtes d\u2019affiche d\u2019Osheaga, soit Lorde (qui s\u2019y produisait hier soir), Muse et The Weeknd, attireront une grande partie des festivaliers ce week-end dans l\u2019île Notre-Dame, nouveau lieu temporaire du célèbre événement musical.Or, les propositions qui valent le détour se comptent par dizaines.Coup d\u2019œil sur des valeurs sûres et des artistes à découvrir au cours des deux dernières journées du festival.VALEURS SÛRES ET DÉCOUVERTES LES VALEURS SÛRES ALABAMA SHAKES Demain à 20h20 sur la scène de la Montagne Le quatuor issu de la petite ville d\u2019Athens, en Alabama, était loin de se douter en 2012 que la chanson Hold On, enregistrée avec les moyens du bord, allait le propulser au sommet du rock et du blues sudiste.Cinq ans et un deuxième album plus tard (Sound&Colour, 2015), la réputation de la bande à Brittany Howard n\u2019est plus à faire, tant en studio que sur scène.Guitares psychédéliques, voix de fausset poignante, rythmes soul et funky, empreinte progressive : tout est en place pour un concert survolté.FATHER JOHN MISTY Aujourd\u2019hui à 20h20 sur la scène de la Vallée Il rit de tout, même de lui-même, et pleure pour un rien.Le dandy américain Joshua Tillman s\u2019est construit avec Father John Misty un personnage complexe et misanthrope d\u2019une triste et rare beauté.Sur un troisième album coiffé de ce pseudonyme, Pure Comedy, le charismatique chanteur de 36 ans pousse son exécration du contexte social et politique à son paroxysme, le tout sur des canevas piano- guitare qui nous ramènent dans les années 70 d\u2019Elton John.Osheaga donnera à nouveau l\u2019occasion de goûter à l\u2019humour, mais surtout au cynisme accablant, d\u2019un parolier et musicien hors pair et archilucide de la scène alternative.LES DÉCOUVERTES JAIN Aujourd\u2019hui à 14h25 sur la scène de la Montagne Les pétillantes Come et Makeba ont beau avoir percé les ondes radio FM, le nom de leur metteuse au monde, Jain, reste méconnu de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.Un seul album, Zanaka (2015), a suffi à la Toulousaine de naissance et bourlingueuse insatiable pour être consacrée Artiste féminine de l\u2019année en France aux plus récentes Victoires de la musique.La chanteuse de 25 ans, qui a vécu en Europe, en Asie et en Afrique, défend une électro- pop métissée.La recette ?Des airs fort accrocheurs sertis de percussions arabes et de sonorités africaines dansantes.Jain, qui a gagné en expérience sur les planches planétaires en compagnie de Christine and the Queens, autre sensation hexagonale, avait prouvé en avril dernier au Théâtre Corona qu\u2019elle sait aussi faire seule.À voir ou à revoir.PETIT BISCUIT Aujourd\u2019hui à 17h30 sur la scène de l\u2019Île Ceux qui ont manqué le spectacle à guichets fermés de la sensation électro hexagonale au Théâtre Fairmount en avril dernier, dont nous sommes, pourront se reprendre ce weekend.Le DJ d\u2019origine marocaine Mehdi Benjelloun, alias Petit Biscuit ou encore le «petit prince de l\u2019électro », comme l\u2019ont surnommé les médias français, s\u2019est d\u2019abord fait connaître sur l\u2019internet : blogues, YouTube, services d\u2019écoute en ligne.À elle seule, la pièce Sunset Lover cumule près de 200 millions d\u2019écoutes sur Spotify.Pas mal pour un jeune homme de 17 ans qui a bricolé ses premiers morceaux éclectiques dans une petite chambre de Rouen.Petit Biscuit, inconditionnel de Bonobo et de Tame Impala, notamment, construit maintenant sa réputation et sa cohérence sur le circuit live.À suivre.THE LEMON TWIGS Demain à 17h15 sur la scène des Arbres Le groupe new-yorkais formé autour des frères D\u2019Addario, Brian et Michael de leurs prénoms, retient l\u2019attention depuis 2015 grâce à une pop sixties raffinée héritière des Beatles, des Kinks ou encore de Simon and Garfunkel.Le buzz a pris de l\u2019ampleur en 2016 avec la parution de Do Hollywood, album rock rétro et nostalgique, mais pas du tout suranné.Il faut saluer la maîtrise mélodique des deux frangins de Long Island, qui flirtent tout juste avec la vingtaine.Le quatuor émerge peu à peu des scènes alternatives et des blogues confidentiels ; c\u2019est donc l\u2019occasion de le voir à la croisée des chemins.PHOTO AMY HARRIS, ASSOCIATED PRESS PHOTOOLIVIER JEAN, LA PRESSE PHOTO THOMAS SAMSON, AFP PHOTO XAVIER LEOTY, AFP PHOTO SÉBASTIEN BOZON, AFP Suivez notre couverture du festival Osheaga en direct sur lapresse.ca ainsi que dans La Presse+ CHARLES-ÉRIC BLAIS-POULIN RUN THE JEWELS Demain à 17h40 sur la scène de la Rivière De retour à Osheaga après un passage fort réjouissant il y a deux ans, El-P et Killer Mike amèneront cette fois le matériel de leur troisième album, RTJ3, leur meilleur selon plusieurs critiques.Les deux vétérans du rap connaissent une seconde carrière depuis qu\u2019ils ont uni leur force en 2013.Maintenant dans la quarantaine, le duo joue dans tous les festivals du monde, est invité régulièrement dans les talk-shows américains et a même vu l\u2019une de ses pièces utilisées pour la bande-annonce de Black Panther, film de Marvel prévu pour 2018.Run The Jewels propose des textes brillants et profonds, des rythmes puissants et enivrants et, surtout, une énergie contagieuse.Petit conseil pour ceux qui n\u2019aiment pas trop se faire bousculer : tenez-vous à l\u2019arrière.PHOTO ACK PLUNKETT, ASSOCIATED PRESS l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA Dix ans après la sortie du film-choc An Inconvenient Truth, Oscar du meilleur documentaire en 2007, Al Gore revient à la charge.Dans An Inconvenient Sequel : Truth to Power, l\u2019ancien vice- président des États-Unis nous présente des constats consternants, mais surtout, plusieurs pistes de solution.Entrevue avec celui qui a fait de la lutte contre les changements climatiques le combat de sa vie.NATHALIE COLLARD Al Gore aurait pu intituler son film: « I told you so.».En effet, la plupart des catastrophes annoncées dans son précédent documentaire, An Inconvenient Truth, se sont réalisées au cours de la dernière décennie : montée des eaux, incendies de forêts, vents violents, etc.les éléments se déchaînent de plus en plus fort, de plus en plus souvent.On se souviendra que plusieurs commentateurs avaient ridiculisé les thèses défendues par l\u2019ex-candidat à la présidence des États-Unis.Al Gore nous le rappelle en introduction de son nouveau film où on peut entendre des extraits d\u2019émissions de radio dans lesquels les animateurs se paient sa tête.Aujourd\u2019hui, ces mêmes commentateurs doivent rire jaune.Car Al Gore avait raison: l\u2019eau a bel et bien monté à Manhattan, jusqu\u2019à inonder le site du Mémorial du 11-Septembre.Des poissons ont nagé dans les rues de Miami après une inondation.Des morceaux d\u2019iceberg se sont détachés des glaciers dans le Grand Nord.« J\u2019aurais aimé avoir tort, affirme le principal intéressé en entrevue avec La Presse.Mais la vérité, c\u2019est que pas mal tout ce dont je parlais en 2006 s\u2019est concrétisé au cours des dernières années.» La suite Dans An Inconvenient Sequel : Power to Ac t i on , A l G ore reprend son bâton de pèlerin et parcourt la planète à la recherche de preuves et de solutions aux changements climatiques.On le voit au Groenland en compagnie d\u2019un scientifique suisse qui lui montre comment un glacier se détache.On le suit aux Philippines, dévastées par des inondations provoquées par le typhon Haiyan.On assiste à ses conférences, lorsqu\u2019il s\u2019adresse aux futurs bénévoles qui se sont enrôlés dans sa fondation.On l\u2019entend expliquer, la gorge serrée, que les scientifiques recommandent désormais à des femmes de ne pas tomber enceintes pour une période d\u2019au moins deux ans à cause du virus Zika.«C\u2019est la première fois de ma vie que j\u2019entends cela », avoue-t-il devant un auditoire qui partage son émotion.Enfin on l\u2019accompagne dans les coulisses de la Conférence de l\u2019ONU sur les changements climatiques, à Paris, en décembre 2015, conférence où l\u2019on a bien failli ne jamais atteindre un consensus.Des solutions vertes Est- ce pour achever de nous décourager qu\u2019Al Gore a décidé de faire une suite à son film?Pas du tout, répond l\u2019ancien acolyte de Bill Clinton.C\u2019est Jeff Skoll, son producteur, qui l\u2019a convaincu de poursuivre l\u2019aventure.« Je f f e t moi pensions qu\u2019après 10 ans, il y avait un nouveau message à livrer, poursuit Al Gore.Il y a eu deux grands changements au cours des dernières années.Premièrement, c\u2019est vrai, les évènements liés aux changements climatiques ont gagné en intensité et en fréquence.Je sais que récemment, vous avez eu de graves inondations au Québec.La Colombie- Britannique est ravagée par des incendies.Ces jours-ci, la Californie aussi est aux prises avec des incendies de forêt.Donc il fallait parler de ça.« L\u2019au t r e c ha ngemen t , poursuit l\u2019ex-politicien, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui, nous avons des solutions.L\u2019électricité produite à partir de l\u2019énergie solaire est beaucoup moins chère que celle produite à partir d\u2019énergies fossiles.Il y a des autos électriques.Bref, il y a de plus en plus de solutions à notre disposition, et nous les présentons dans le film.Donc notre message, c\u2019est qu\u2019il y a de l\u2019espoir.» Une candidature Gore?Dans An Inconvenient Sequel, on voit Al Gore travailler en marge de la conférence des Nations unies sur le changement climatique de Paris pour convaincre l\u2019 Inde de privilégier l\u2019énergie solaire.On assiste en quelque sorte à un affrontement avec les pays émergents qui ont enfin accès aux sources d\u2019énergie, et qui se demandent pourquoi ils devraient s\u2019en priver alors que les pays industrialisés en ont profité durant 150 ans.Et on assiste aux efforts des pays industrialisés \u2013 et d\u2019Al Gore \u2013 pour les convaincre d\u2019adopter des sources d\u2019énergie propre.Le film \u2013 qui, finalement, porte tout autant sur l\u2019œuvre d\u2019Al Gore que sur la lutte contre les changements climatiques \u2013 laisse même entendre que ce dernier a joué un rôle déterminant dans les pourparlers qui ont mené à la signature de l\u2019accord de Paris.Une impression accentuée par les propos de son producteur : « C\u2019est plus qu\u2019un film dont nous vous parlons aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019objectif de sa vie, insiste Jeff Skoll au téléphone.Quand tout le monde disait qu\u2019il avait tort, il a continué.Cela prend tout un leader pour encaisser les critiques et continuer comme il l\u2019a fait.» Da ns un te l con tex te , impossible de ne pas demander à M.Gore s\u2019il compte se présenter à nouveau en 2020.Il se contentera de répondre par une boutade : «Je suis un politicien en rémission, dit-il en riant.Le plus longtemps je passe sans rechuter, le mieux je me porte.» L\u2019ex-vice-président, qui a déjà occupé un bureau dans le West Wing, trouve-t-il difficile de devoir exercer son influence en marge des lieux de pouvoir ?« C\u2019est certain que je m\u2019ennuie de certaines choses de la Maison-Blanche, de pouvoir provoquer les choses, mais j\u2019ai continué à travailler à l\u2019extérieur.» Le climat à l\u2019ère Trump Vers la fin du film, tourné après l\u2019élection de novembre 2016, on voit Al Gore s\u2019engouffrer dans l\u2019ascenseur de la Trump Tower, à Manhattan .Puis l \u2019image coupe et on passe à une autre scène.Que s\u2019est-il passé dans les appartements du nouveau président des États-Unis lorsque la caméra s\u2019est éteinte ?«J\u2019ai essayé de convaincre M.Trump de ne pas se retirer de l\u2019accord de Paris, raconte Al Gore qui s\u2019est engagé à protéger la confidentialité de leurs échanges.Disons seulement que je n\u2019ai pas réussi à le convaincre.» L\u2019élection de Donald Trump et ses actions contre la lutte aux changements climatiques auraient très bien pu être le coup de grâce à la lutte que mène Al Gore depuis plusieurs années.Mais le candidat déchu à la présidence des États-Unis se dit tout de même confiant.« En 40 ans , i l y a eu plusieurs reculs, mais malgré tout, nous progressons, assure-t-il.Oui, l\u2019élection de Donald Trump ainsi que les propos qu\u2019il a tenus depuis qu\u2019il est au pouvoir sont source d\u2019inquiétude.Mais après qu\u2019il ait annoncé son retrait du traité de Paris, j\u2019ai vu la réaction du monde entier ainsi que celle des maires et des gouverneurs américains qui se sont engagés à continuer la lutte.Cela me réjouit énormément.» An Inconvenient Sequel : Truth to Power Réalisation : Bonnie Cohen et Jon Shenk Maintenant en salle AN INCONVENIENT SEQUEL : TRUTH TO POWER Al Gore : «Nous sommes à la veille d\u2019une révolution» PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE Dans An Inconvenient Sequel : Power to Action, Al Gore reprend son bâton de pèlerin et parcourt la planète à la recherche de preuves et de solutions aux changements climatiques.«J\u2019aurais aimé avoir tort.Mais la vérité, c\u2019est que pas mal tout ce dont je parlais en 2006 s\u2019est concrétisé au cours des dernières années.» \u2014 Al Gore AGHOSTSTORY (V.F.:UNEHISTOIRE DEFANTÔME) !!!! Drame deDavid Lowery avec Casey Affleck et RooneyMara.1h32.LE SYNOPSIS Après sa mort dans un accident de voiture, C.(Casey Affleck) hante la maison où il vivait avec M.(Rooney Mara).LA CRITIQUE Un drap, deux trous pour les yeux : c\u2019est le costume d\u2019une simplicité désarmante que revêt Casey Affleck pour interpréter le fantôme qui est au centre d\u2019A Ghost Story.Ou plutôt : pour incarner le fantôme.Car sa présence fantomatique ne laisse jamais oublier sa matérialité.Le drap se tache en traînant sur le gazon.De larges épaules rappellent constamment qu\u2019il y a un homme sous le drap.Avec cette figure singulière en son centre, A Ghost Story aurait facilement pu être un film purement abstrait ou cérébral.Mais ses grandes idées \u2013 sur le deuil, l\u2019oubli, l\u2019impermanence des choses, la persistance de la mémoire \u2013 sont investies d\u2019une telle charge émotionnelle qu\u2019elles semblent toujours vivantes et cruciales.C\u2019est la méthode du réalisateur David Lowery (Ain\u2019t Them Bodies Saints, Pete\u2019s Dragon), un artiste qui, s\u2019il est capable d\u2019humour, semble parfaitement imperméable à l\u2019ironie.Cela dit, si A Ghost Story fait parfois l\u2019effet d\u2019un coup de poing dans le ventre, c\u2019est beaucoup grâce à la performance de Rooney Mara, qui joue le deuil avec toute la subtilité et la justesse qu\u2019on lui connaît.On se souviendra longtemps de la scène où elle mange une tarte entière, de sa fourchette qui pioche méthodiquement dans le plat, de la caméra qui reste sur elle, attentive, jusqu\u2019à ce qu\u2019arrive la nausée.C\u2019est son deuil à elle que le film raconte dans un premier temps, mais, bien vite, le film se transforme et on s\u2019aperçoit que c\u2019est du deuil du fantôme qu\u2019il est réellement question : le deuil d\u2019être oublié, de ne pas pouvoir se baigner deux fois dans la même rivière, de ce monde qui refuse de rester fixe.Tiraillé entre pessimisme et espoir, entre la conviction que tout va disparaître et celle que certaines choses doivent subsister, David Lowery propose une vision toute en contradictions qui n\u2019en est que plus riche.Le poids de l\u2019univers, du temps est ici déployé à l\u2019échelle de l\u2019intime, dans nos maisons hantées.\u2014Maude L\u2019Archevêque Nos maisons hantées THEDARKTOWER (V.F.:LATOUR SOMBRE) !! Film d\u2019aventures de Nikolaj Arcel avec Idris Elba, MatthewMcConaughey, TomTaylor.1h35.LE SYNOPSIS Dans la bataille qu\u2019il mène contre Walter O\u2019Dim, que l\u2019on nomme aussi L\u2019Homme en noir, Roland Deschain, le dernier pistolero, tente de sauver la Tour sombre qui protège l\u2019univers.Avec le destin de deux mondes en péril, les belligérants s\u2019affrontent dans une bataille ultime, dans laquelle est aussi impliqué un jeune garçon.LA CRITIQUE L\u2019adaptation cinématographique des romans de La Tour sombre, une série « tolkienesque» de Stephen King dont le premier volet fut publié au début des années 80, a mis une bonne dizaine d\u2019années à voir le jour.Peut-être aurait-il mieux valu renoncer en cours de route plutôt que d\u2019insister en proposant cette version réduite de 95 minutes, qui se fond dans la masse de productions du même genre, sans même tenter de se distinguer d\u2019une façon ou d\u2019une autre.Le cinéaste danois Nikolaj Arcel (A Royal Affair), qui signe ici sa première réalisation hollywoodienne, peine à trouver une cohérence dans sa démarche, trop occupé à jongler avec les différents genres que le récit appelle.The Dark Tower est à la fois un western, une science-fiction et un film d\u2019aventures fantastiques avec des soupçons d\u2019horreur (oui, il y a des monstres).On y trouve aussi des pointes d\u2019humour façonnées sur le modèle des Visiteurs alors qu\u2019un individu venu d\u2019ailleurs se retrouve transplanté dans un milieu dont il ne connaît pas les codes.Idris Elba (Roland) et Matthew McConaughey (Walter) font bien leur possible pour faire croire à leurs personnages, mais les deux acteurs ont l\u2019air de s\u2019ennuyer à peu près autant que nous.Dans une semaine ou deux, à peu près tout le monde aura oublié l\u2019existence de ce film.\u2014Marc André Lussier Éminemment oubliable PHOTO FOURNIE PAR A24 FILMS Si A Ghost Story fait parfois l\u2019effet d\u2019un coup de poing dans le ventre, c\u2019est beaucoup grâce à la performance de Rooney Mara, qui joue le deuil avec toute la subtilité et la justesse qu\u2019on lui connaît.Lisez toutes nos critiques dans La Presse+ et sur lapresse.ca l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA Le personnage d\u2019Aurore est apparu en 2006 dans Jamais contente, le premier des trois tomes du Journal d\u2019Aurore, écrit par Marie Desplechin.Il est aujourd\u2019hui publié en bande dessinée et se retrouve aussi au centre de votre long métrage.À titre de cinéaste, qu\u2019est-ce qui vous a attirée vers ce projet de film?Quand les producteurs m\u2019ont contactée pour me faire part de leur projet, j\u2019ai tout de suite été séduite par le personnage, ainsi que par la façon à la fois très drôle et très juste avec laquelle Marie Desplechin l\u2019a dépeint.Marie a écrit une première version du scénario, mais elle m\u2019a laissée complètement libre par la suite.À mon sens, Aurore est un très grand personnage de fiction, car elle a mis au point, dans son rapport avec le monde, tout un système qu\u2019il faut arriver à comprendre.Un peu comme Obélix quand il fait face à des Romains.La question n\u2019est pas de savoir ce qui va lui arriver, mais comment elle va s\u2019y prendre pour massacrer la personne en face d\u2019elle ! L\u2019analogie avec le personnage de Goscinny est un peu étonnante, mais il est vrai qu\u2019elle peut s\u2019appliquer ici.Cela dit, on a plutôt tendance à inscrire Jamais contente dans la lignée de films qui ont bien su cerner la psyché des préadolescentes : La boum (Claude Pinoteau), L\u2019effrontée (ClaudeMiller), Diabolo Menthe (Diane Kurys) et d\u2019autres œuvres de cette nature nous viennent davantage à l\u2019esprit.Même si je savais dès le départ que Jamais contente allait être une comédie très assumée, il m\u2019importait de prendre les personnages très au sérieux.Si l\u2019on ne parvient pas à véritablement incarner l\u2019histoire, à la rendre crédible sur le plan humain, le simple prétexte du rire ne fonctionne pas.D\u2019une certaine façon, j\u2019ai été la spectatrice d\u2019Aurore.Je ne voulais surtout pas lui faire perdre le fil en lui faisant faire des choses qui n\u2019auraient été placées là que dans le but de faire rire.Cela n\u2019est pas intéressant.La réussite du film doit beaucoup à LénaMagnien, l\u2019interprète d\u2019Aurore, une jeune actrice sans aucune expérience, qui ne correspond pas non plus tout à fait à la description qu\u2019en fait Marie Desplechin dans son livre.Comment l\u2019avez-vous trouvée?Nous avons mis beaucoup de temps à la chercher.Il nous fallait être bien convaincus, car Aurore apparaît dans toutes les scènes du film.Si la comédienne n\u2019est pas à la hauteur, tout s\u2019écroule.J\u2019ai vu beaucoup de jeunes filles pour le rôle et je ne pourrais pas dire que Léna s\u2019est imposée d\u2019emblée.Mais au cours d\u2019un essai, j\u2019ai senti chez elle une profonde compréhension du personnage, même si je ne lui avais pas encore donné l\u2019occasion de lire le scénario.Une fois choisie, j\u2019ai passé avec elle trois bonnes semaines pour la faire répéter.Le plus difficile aura été de lui faire regagner son naturel, car au départ \u2013 c\u2019est tout à fait normal \u2013, elle avait tendance à en mettre un peu trop.À partir du moment où elle l\u2019a compris, ce fut un charme.Je n\u2019ai pratiquement plus eu à la diriger pendant le tournage.Bah si, un peu quand même ! Vous avez entouré Léna d\u2019une distribution remarquable, de laquelle font notamment partie Catherine Hiegel, Philippe Dequenne, Alex Lutz, ainsi que la réalisatrice Patricia Mazuy [Peaux de vaches, Saint-Cyr] dans le rôle de la mère.Je suis particulièrement fière de cette distribution.J\u2019ai pensé à Patricia pour le rôle de la mère parce que, tout d\u2019abord, j\u2019aime sa personnalité de cinéaste.Je voulais placer face à Aurore une femme capable de l\u2019affronter sans que tout vire au drame.Quant aux autres, ce sont des acteurs accomplis.Catherine Hiegel était ravie de pouvoir jouer dans un film où l\u2019on ne lui donne pas un rôle de garce ! Jamais contente a été lancé au Festival de Berlin l\u2019an dernier.Le jury de la section Génération lui a accordé une mention spéciale dans son palmarès.Le prix du jeune public lui a aussi été attribué aux Prix du cinéma européen.Avez-vous le sentiment d\u2019avoir réalisé un film destiné principalement au plus jeune public ?En tant que cinéaste, je vise tout le monde.D\u2019évidence, ce film touchera davantage les ados, ainsi que tous ceux ayant un lien avec eux.Je me suis toutefois rendu compte que même ceux qui, a priori, ne seraient pas attirés par ce genre de film se laissent prendre au jeu.Je me réjouis de constater que le public est beaucoup plus large que ce que j\u2019aurais pu m\u2019imaginer au départ en adaptant un roman jeunesse.Cette histoire évoque un âge où toutes les premières fois arrivent en même temps.Cette multiplicité prend une telle énergie qu\u2019elle engendre forcément quelque chose de passionnel.Et ça, tout le monde l\u2019a vécu ! Jamais contente prendra l\u2019affiche le 11 août.Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.ÉMILIE DELEUZE / JAMAIS CONTENTE Esprit préado Dans le genre déjà très fréquenté de la comédie pour ados, Émilie Deleuze (Peau neuve) propose une approche un peu différente.En portant à l\u2019écran l\u2019univers de Marie Desplechin, dont les trois tomes du Journal d\u2019Aurore ont servi de base au scénario, la cinéaste a pu explorer avec humour \u2013 mais sans condescendance \u2013 l\u2019état d\u2019esprit d\u2019une préadolescente « jamais contente», qui n\u2019aime rien ni personne, et qui semble poser un regard empreint de mépris sur les siens et le monde entier.MARC-ANDRÉ LUSSIER PARIS Q R PHOTO FOURNIE PAR AZ FILMS La réussite de Jamais contente doit beaucoup à la jeune actrice Léna Magnien, l\u2019interprète d\u2019Aurore.DETROIT !!!! Drame de Kathryn Bigelow avec John Boyega, Will Poulter, Algee Smith.2h23.MARC-ANDRÉ LUSSIER Après The Hurt Locker et Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow nous entraîne dans une autre zone de guerre, encore plus troublante pour le spectateur du fait de sa proximité.Même si les événements auxquels elle fait écho se sont déroulés il y a 50 ans, l\u2019effet de miroir jette sur notre époque un reflet férocement actuel.Et douloureux.Faisant équipe pour une troisième fois avec le scénariste Mark Boal, un ancien journaliste, la cinéaste propose une fiction documentée en reconstituant un épisode particulièrement tragique, survenu à Detroit pendant les émeutes de l\u2019été 1967.Après une présentation succincte en animation relatant l\u2019histoire des Noirs aux États-Unis, la réalisatrice fait écho aux éléments déclencheurs des émeutes qui, pendant cinq jours, ont pratiquement mis la Motor City à feu et à sang.Il y a d\u2019abord cette descente policière dans une boîte clandestine où de jeunes Afro-Américains s\u2019étaient réunis pour célébrer le retour de deux soldats, vétérans de l\u2019armée américaine.Les arrestations violentes et arbitraires ayant été menées au vu et au su de tous, les habitants du quartier ont vite fait exploser leur colère.Vu de l\u2019intérieur L\u2019événement principal autour duquel le scénario a été construit a toutefois eu lieu deux jours plus tard, à l\u2019Algiers Motel.Ce jour-là, un apprenti chanteur (Algee Smith) est allé faire la fête à cet endroit avec des copains, car les émeutes avaient causé l\u2019annulation du spectacle qu\u2019il devait offrir au Fox Theatre avec son groupe.En compagnie de deux amies blanches venues de l\u2019Ohio, rencontrées par hasard, le jeune homme se retrouve alors coincé dans un imbroglio insoutenable.Un fêtard ayant tiré à la blague une balle à blanc d\u2019un faux pistolet, les forces de l\u2019ordre se retrouvent à encercler rapidement le motel de passe et forcent tous les occupants à évacuer les lieux, sauf le joyeux groupe.Un jeune policier blanc (Will Poulter, excellent dans un rôle ingrat) prend alors les choses en main en utilisant des méthodes révoltantes.Les suspects sont rudoyés, violentés et font l\u2019objet de cruauté psychologique et d\u2019éructations verbales racistes.Le simple dégoût que lui inspire la perspective d\u2019une liaison entre une femme blanche et un homme noir en dit déjà long sur son état d\u2019esprit.Un gardien de sécurité noir est sur les lieux pour tenter de tempérer les choses mais sa position délicate, fort bien traduite par John Boyega, pourra difficilement jouer en sa faveur.Kathryn Bigelow s\u2019attarde longuement à faire vivre cet épisode de l\u2019intérieur, dont le dénouement, on s\u2019en doute, a été aussi choquant que brutal.Un peu comme l\u2019a fait Christopher Nolan avec Dunkirk, la cinéaste filme en état d\u2019urgence et propose ici une expérience immersive, dénuée de tout psychologisme.Nous sommes dans le « ici, maintenant ».Le dernier acte de Detroit est par ailleurs consacré au procès de trois policiers, traduits en justice à cause de leurs dérapages meurtriers, devant un jury constitué uniquement de personnes blanches.Un portrait implacable Plutôt qu\u2019un brûlot anti-policier (ce qu\u2019il aurait facilement pu être), Detroit trace avant tout un portrait implacable d\u2019une société qui, il y a 50 ans, était gangrenée par la notion de racisme systémique.Ce film puissant interpelle assurément cette société de la même façon un demi-siècle plus tard.Évidemment, Detroit risque d\u2019être encensé ou décrié aux États-Unis selon le côté de la fracture politique où l\u2019on se loge, mais il n\u2019empêche qu\u2019une fois de plus, Kathryn Bigelow a eu le courage d\u2019aller gratter là où ça fait mal, en offrant au monde un film aussi dur que nécessaire.Aussi dur que nécessaire BRICE3 !!½ Comédie de James Huth avec Jean Dujardin, Clovis Cornillac, Bruno Salomone.1h35.LE SYNOPSIS Douze ans après la fin de ses premières aventures, Brice est de retour dans un monde qui a changé, mais pas lui.Quand son meilleur ami, Marius, l\u2019appelle à l\u2019aide, il part dans une grande aventure à l\u2019autre bout du monde, où son titre de «roi de la casse» est remis en question.LA CRITIQUE Quand Brice de Nice a pris l\u2019affiche en 2005, personne n\u2019aurait pu imaginer que l\u2019interprète de ce personnage ridicule irait cueillir l\u2019Oscar du meilleur acteur sept ans plus tard.En 2017, peu s\u2019imaginent maintenant voir un lauréat de la précieuse statuette se prêter à un projet de cette nature.C\u2019est dire à quel point Jean Dujardin mène sa barque à sa façon, Oscar ou pas.Et c\u2019est bien ainsi.Pour apprécier Brice 3 (le no 2 n\u2019existe pas car il a été «cassé» \u2013 belle trouvaille), il vaut mieux avoir déjà savouré l\u2019humour absurde \u2013 et, disons-le, franchement «cave» et juvénile \u2013 du premier opus.Douze ans plus tard, le simplet, maintenant quadragénaire, n\u2019a rien gagné en maturité ni en ambition.Et il est toujours aussi bête.Devenu une attraction pour des touristes qui se paient sa gueule, Brice quitte sa plage pour répondre à l\u2019appel à l\u2019aide que son meilleur ami Marius (Clovis Cornillac) lui a envoyé en jetant une bouteille à la mer.C\u2019est ainsi que le surfer de dernière zone se retrouve à Hawaii, dans une station construite à son effigie, dirigée par un imitateur.On aurait voulu faire une satire du Beachclub qu\u2019on ne s\u2019y serait pas pris autrement.Dommage que les gags ne fassent pas toujours mouche.À l\u2019instar du premier volet, le générique final comporte des observations pour le moins divertissantes.\u2014Marc-André Lussier Comme une satire du Beachclub.PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE Une scène du drame de Kathryn Bigelow, Detroit.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 8 A R T S ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.PHOTOOLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE POUR CONTRE En vacances au Québec après quelques mois fort occupés, Marilyn Castonguay assume cet été le rôle de co-porte-parole du ZH Festival avec Didier Lucien et Mylène McKay.«ZH, c\u2019est cinq semaines de festival dans Hochelaga-Maisonneuve où se mélangent diverses disciplines comme le théâtre, la musique ou la danse, que ce soit à travers des projets terminés ou encore en période de laboratoire, explique la comédienne originaire de L\u2019Isle-aux-Coudres.C\u2019est un lieu très intéressant pour tester les créations en cours.» \u2014 Propos recueillis par André Duchesne Marilyn Castonguay L\u2019offre culturelle excentrée « Je suis totalement pour.Il faut aller partout, dans chaque quartier de la ville, à la rencontre des gens, là où ils vivent.C\u2019est de cette façon que les gens ont plus facilement accès à leur culture.En sortant de l\u2019École nationale de théâtre du Canada, j\u2019ai travaillé à La Roulotte, et on se promenait partout dans la ville.» La nudité au cinéma, au théâtre et à la télévision « Je n\u2019ai pas de problème avec ça lorsque ça apporte quelque chose à l\u2019histoire.Une des plus belles choses que j\u2019ai vues : un spectacle sur Broadway où, dans une scène de tempête, la robe d\u2019une interprète se détachait sous la force du vent et le personnage se retrouvait nu.C\u2019était un tableau magnifique qui mettait en valeur toute sa vulnérabilité.» Les voyages aux États-Unis sous Trump « Je n\u2019encourage pas la ligne politique de M.Trump ou encore la discrimination faite aux gens à la douane.Mais les États-Unis demeurent un pays riche en plusieurs sens, et si j\u2019ai à y aller, j\u2019irai.Je vais à New York en moyenne une fois par année, où je vais voir au moins trois spectacles, et j\u2019adore aussi la Californie.» Le tourisme des baleines « Dans le meilleur des mondes, je suis contre.Mais je suis déjà allée les voir, comme tout le monde.C\u2019est comme avec les enfants au zoo ou aller nager avec les dauphins dans le Sud.Je comprends qu\u2019on a tous envie de voir ces animaux de près.Mais ce n\u2019est peut-être pas la chose la plus profitable pour eux.» Les réseaux sociaux « Je sais que dans mon métier, utiliser les réseaux sociaux a son intérêt, et je ne juge pas ceux qui les utilisent, mais personnellement, je ne ressens aucun intérêt.J\u2019y suis allée, et je me tanne très vite.Ces réseaux encouragent les gens à dire n\u2019importe quoi.Et ça ne m\u2019intéresse pas d\u2019avoir 500 amis sur l\u2019internet.Je peux avoir 15 amis dans la vie et pour les joindre, je vais prendre la bonne vieille méthode du téléphone.» La préservation de la maison de René-Lévesque « Elle fait partie de notre patrimoine, de notre histoire.Je suis une nostalgique dans la vie, et j\u2019ai été triste de voir qu\u2019on ne s\u2019est pas mobilisé pour sauver les goélettes échouées tout autour de L\u2019Isle-aux-Coudres.Elles formaient un décor unique, mais on a fini par toutes les démanteler, sauf une ou deux.René Lévesque a été une figure marquante et importante de l\u2019histoire du Québec et j\u2019espère qu\u2019on fera de sa maison un musée, une attraction touristique.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 5 A O Û T 2 0 1 7 "]
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