La presse, 26 août 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS CINÉMA PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE LESFESTIVALSDELARENTRÉE LES FRÈRES ENNEMIS PAGES 8 ET 9 HEATHERO\u2019NEILL DESCONTES POURADULTES AVERTIS PAGE 5 George Clooney Quinze ans après la parution de No Pads, No Helmets.Just Balls, Simple Plan vient d\u2019entreprendre une tournée en hommage à l\u2019album qui l\u2019a mis au monde.Sa tournée dans des salles plus intimes mènera le groupe jusqu\u2019au Japon, en passant par Montréal.Malgré les épreuves des derniers temps, dont la dépression du bassiste David Desrosiers, les gars poursuivent leur route, sans baisser les bras ni échafauder de plan B.Nathalie Petrowski les a rencontrés.À LIRE EN PAGE 2 PASDEPLANB POUR SIMPLE PLAN HUGODUMAS SE SAVONNER AVEC LATÉLÉD\u2019ÉTÉ PAGE 3 MONTRÉAL SAMEDI 26 AOÛT 2017 L\u2019UNE & L\u2019AUTRE Delphine de Vigan & La Grande Sophie UNE SEULE REPRÉSENTATION VENDREDI 22 SEPTEMBRE \u2013 20 H FESTIVALINTERNATIONAL DE LA LITTÉR A TU R E © BastienBurger SUIVEZ LE FIL 2017 ! DU 22 SEPTEMBRE AU 1ER OCTOBRE FESTIVAL-FIL.QC.CA ARTS MUSIQUE NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE 9 h , l \u2019heu re des réunions d\u2019affaires, l\u2019heure des comptables , des nota i res , des avocats, mais certainement pas l\u2019heure des musiciens qui carburent au rock\u2019n\u2019roll, à la déferlante des décibels et aux nuits folles.Pourtant, c \u2019es t bel et bien à cet te heure-là que Chuck Comeau et Jeff Stinco, respectivement batteur et guitariste du g roupe Simple Pla n , m\u2019ont donné rendez-vous.C\u2019était la semaine passée, à la veille de leur départ pour une tournée qui les mènera de Grand Rapids, au Michigan, jusqu\u2019à Cozumel, au Mex ique , en passant par le Texas, l\u2019Ohio, Vegas, Montréal (le 18 septembre au Métropolis), Québec (le 19 au Capitole), l\u2019Ouest canadien et le Japon.Cette tournée un peu spéciale, conçue pour les fans de la première heure, célèbre les 15 ans de No Pads, No Helmets.Just Balls, album emblématique du son et de l\u2019esprit Simple Plan qui s\u2019est écoulé à plus de 4 millions d\u2019exemplaires et a propulsé Simple Plan au sommet des palmarès et dans les cœurs des ados de 2002.À l\u2019époque, les cinq membres de Simple Plan, des fran- cos issus de l\u2019Ouest-de-l\u2019Île et du collège Beaubois, avaient 25 ans.Ils étaient jeunes, libres, insouciants et.célibataires.Ils ont maintenant 40 ans, des REER, des placements, des femmes et des enfants.Tous, sauf David Desrosiers, bassiste célibataire du groupe, qui s\u2019est retiré des deux dernières tournées en raison d\u2019une dépression qu\u2019il tente tant bien que mal de soigner.En ce petit matin de la mi-août, je retrouve les deux piliers : Chuck, considéré comme le stratège du groupe, celui qui a fait un an de droit à McGill et dont le père est avocat, et Jeff, le guitariste, mais aussi le restaurateur, toujours proprio du Mangiafoco, dans le Vieux-Montréal, mais plus du Laurea, qui a été de son propre aveu «un mauvais mariage et un encore pire divorce».10 millions d\u2019albums La veille de notre entretien, sur le plateau des Échangistes, j\u2019avais été étonnée d\u2019apprendre qu\u2019en 18 ans de carrière, Simple Plan n\u2019avait vendu que 10 millions d\u2019albums.Oui, je sais, pour le marché québécois, c\u2019est énorme, spectaculaire et.carrément impossible.Mais pour un marché couvrant l\u2019Amérique du Nord, l\u2019Europe et l\u2019Asie, c\u2019est modeste.À titre comparatif, U2 a vendu environ 170 millions d\u2019albums en carrière et Céline Dion, plus de 200 millions.Quant à Black Eyed Peas et Linkin Park, qui ont commencé en même temps que Simple Plan et qui ont souvent tourné avec eux, leurs ventes totales sont d\u2019environ 75 millions.Jeff Stinco me répond le premier : « Nos ventes portent sur les deux premiers albums.Depuis, l\u2019industrie a complètement changé.Les ventes physiques n\u2019existent pratiquement plus.Pas juste pour nous.Pour tout le monde.Nos chiffres, maintenant, c\u2019est sur Spotify qu\u2019on les fait.» Chuck Comeau opte pour la candeur et la lucidité.«On ne se contera pas d\u2019histoires : on n\u2019est pas Metallica ni U2.On n\u2019appartient pas au 1% d\u2019artistes qui gagnent plus que les 99% de la classe moyenne des bands.Si je peux me permettre une analogie avec le hockey : on ne sera jamais Sidney Crosby, mais on joue dans la Ligue nationale et on gagne bien notre vie.Et bien franchement, même si Simple Plan n\u2019a jamais fait le cover de Rolling Stone, je n\u2019ai pas honte de nos ventes de 10 millions.Je ne suis pas déçu non plus.On a fait ce qu\u2019on voulait.On n\u2019a peut-être pas accompli tout ce dont on rêvait, mais on ne lâche pas.Qui sait ce que demain nous réserve?» Le groupe est encore populaire dans plusieurs marchés, mais, si la tendance se maintient, son avenir pourrait être moins rose que son passé.Ajoutez à cela des pépins à l\u2019intérieur même de la formation.En novembre dernier, le groupe a dû annuler 10 concerts à cause des problèmes de cordes vocales du chanteur Pierre Bouvier.Le problème serait réglé sans que Bouvier ait eu besoin d\u2019être opéré.«C\u2019est quelque chose qui arrive à bien des chanteurs, y compris Adele.C\u2019est pourquoi on a pris une pause préventive de trois semaines pour que Pierre se repose.Depuis, tout va bien», affirme Chuck.David Desrosiers, différent des autres Le cas de David Desrosiers est plus problématique.Pour l\u2019instant, personne ne le remplace sur scène.Ses pistes de basse sont diffusées pendant les concerts, une pratique courante.«En 2002, ça aurait peut-être été mal vu, mais aujourd\u2019hui, la vaste majorité des groupes ont recours en show à des pistes enregistrées.C\u2019est aussi une façon de garder David avec nous et de ne pas tout chambouler », explique Jeff.Chuck, pour sa part, raconte que David a toujours été diffé- rent des autres.«David, c\u2019est une rock star et un personnage complexe.C\u2019est aussi le seul célibataire du groupe.Il n\u2019a pas les mêmes priorités ni les mêmes responsabilités que nous.À cause de nos familles, on a tendance à organiser nos tournées de manière à ce que les shows soient condensés afin de pouvoir revenir plus vite chez nous.David, lui, aimerait avoir plus de temps, plus de congés.Il a des goûts de rock star et nous, de cols bleus.Il s\u2019est marginalisé au sein du groupe et on comprend que c\u2019est difficile pour lui.» Le groupe est-il à un tournant critique de sa carrière ?Jeff et Chuck ne semblent pas le penser.Ils racontent avoir vécu des creux bien pires en 18 ans de carrière, tout en gardant les pieds sur terre.Jef f rappelle que lorsque Simple Plan est arrivé dans le paysage en 1999, les excès étaient moins valorisés que la débrouillardise et le sens des affaires des musiciens.«On faisait peut-être la fête, mais on n\u2019a jamais raté un vol ou un show.Et surtout, on a vite compris que personne ne s\u2019occuperait mieux de nous que nous-mêmes.» Question un peu baveuse : au départ, le plan était simple, mais maintenant que le temps a fait son œuvre, Simple Plan a-t-il un plan B?Jeff et Chuck sourient : un sourire à la fois ironique et combatif, m\u2019indiquant que ce n\u2019est pas demain la veille qu \u2019i ls vont prend re leu r retraite.«Ce qu\u2019on a appris avec le temps dans ce métier, c\u2019est que t\u2019es aussi bon que ton dernier hit.Bref, même si on n\u2019est pas à notre peak, on est encore là.On a encore notre place dans l\u2019industrie et une chanson, une seule, pourrait encore changer notre vie.» C\u2019est la fin de l\u2019entrevue.Demain, Jeff, Chuck et le reste du groupe reprendront la route en laissant leurs femmes et leurs enfants derrière, moins libres qu\u2019avant, mais heureux d\u2019avoir des fans qui les attendent et que la musique soit encore leur gagne-pain, sinon toute leur vie.SIMPLE PLAN Le plus grand petit band au monde «On ne se contera pas d\u2019histoires : on n\u2019est pas Metallica ni U2.On n\u2019appartient pas au 1% d\u2019artistes qui gagnent plus que les 99% de la classe moyenne des bands.Si je peux me permettre une analogie avec le hockey : on ne sera jamais Sidney Crosby, mais on joue dans la Ligue nationale et on gagne bien notre vie.» \u2014 Chuck Comeau PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Deux des membres de Simple Plan : le batteur Chuck Comeau, considéré comme le stratège du groupe, et le guitariste Jeff Stinco, aussi restaurateur.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 mise en scène frédéric dubois dès le 8 MAI MISE EN SCÈ NE catherine vidal TEXTE lepage étienne dès le 20 MARS adaptation et mise en scène OLIVIER KEMEID adaptation et jeu Marie-Thérèse FORTIN dès le 27 février une présentation la coop fédérée dès le 16 janvier une présentation desjardins ENTREPRISES dès le 14 novembre une présentation power corporation du canada en collaboration avec LA PRESSE+ TRADUCTION MARYSE WARDA MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL dès le 24 octobre une présentation Les visiteurs du soir et démons productions 11 représentations exceptionnelles dès le 19 septembre une présentation BMO Groupe financier en collaboration avec ici artv 8 supplémentaires du 15 au 22 octobre ! billets pour tous les spectacles maintenant disponibles ! TNM.QC.CA ARTS HUGO DUMAS CHRONIQUE J\u2019 ai légèrement honte de l\u2019admettre (mais pas tant que ça, finalement) : au lieu de me brancher sur le Canal Savoir en permanence cet été, j\u2019ai eu une consommation télévisuelle scandaleuse, luxueuse et soyeuse comme les cheveux d\u2019Élyse Marquis aux Chefs ! .Oui, j\u2019ai craqué pour des téléromans savons.Jugez- moi, ne vous gênez pas.J\u2019ai englouti deux «soap operas» extravagants à la Vengeance, où les personnages se poignardent dans le dos sous un éclairage parfait, tout en jetant des regards mi-torves, mi-ébaubis à la caméra.Le premier s\u2019appelle Daytime Divas et dérive du délicieux roman à clés Satan\u2019s Sisters de l\u2019avocate Star Jones, une ancienne coanimatrice de l\u2019émission The View sur ABC.Daytime Divas, c\u2019est une plongée dans les coulisses du talk- show (fictif) The Lunch Hour, où cinq femmes dissemblables discutent de sujets aussi variés que la paire de sandales la plus confortable pour la femme enceinte et la mode minute \u2013 le fast-fashion \u2013 qui emploie des enfants de 6 ans dans des usines insalubres du Bangladesh.B re f , c \u2019e s t exac tement comme The View avec, autour de la table, une journaliste chevronnée, une humoriste à la langue bien pendue, une commentatrice conservatrice et une animatrice plus âgée qui tire toutes les ficelles.On salue Barbara Walters ici, campée dans Daytime Divas par Vanessa Williams.Est-ce qu\u2019il s\u2019agit de grande télév is ion qu i ma rquera l\u2019âge d\u2019or des téléséries ?Absolument pas.Est-ce que c\u2019est divertissant?Oui, si on « embrasse » les codes de ce genre de télé flamboyante.Ça se décoche des flèches en direct à la télé.Il se renifle des drogues de synthèse dans les loges.De la musique (trop) dramatique accentue chacun des punchs.Et de terribles secrets \u2013 OMG! \u2013 planent au- dessus des cinq stars de The Lunch Hour.La série Daytime Divas, qui a parfois des allures de sapin de Noël super chargé, aurait gagné à être dépouillée.Il y est question d\u2019enfant trans, du contrôle des armes à feu, d\u2019intimidation sur les réseaux sociaux, de la fluidité sexuelle de l\u2019une des têtes d\u2019affiche et d\u2019un meurtre toujours non résolu.Il aurait fallu élaguer dans certaines de ces intrigues invraisemblables même pour un feuilleton de type extra gratiné.La chaîne canadienne Bravo a relayé Daytime Divas et certains services, dont Bell Télé Fibe, l\u2019offrent gratuitement en rattrapage.Les 10 épisodes d\u2019une heure sont également accessibles sur iTunes.Le deuxième soap qui m\u2019a attrapé dans ses filets est plus violent, plus sombre, même s\u2019il se déroule dans un salon de pose d\u2019ongles aux couleurs pop acidulées du sud de la Floride.Son titre ?Claws.Son sous-titre ?Meurtres et manucures.On y suit un clan de quatre femmes griffues aux origines diverses qui rêvent de glamour et d\u2019un destin plus rose.En plus de décorer les ongles de leurs clientes de façon extraordinaire, nos amies manucures blanchissent des parties intimes de même que de l\u2019argent pour le patron de la mafia locale, un être abject à la sexualité débridée.Pensez à un croisement entre Les Soprano et le film Steel Magnolias, dans une ambiance ghetto trash.L a féroce pat ronne du salon, une vraie tigresse, porte des vêtements presque aussi f lamboyants que sa personnalité.Elle est parfaite.Autour de la chef de meute, il y a sa meilleure amie ex-toxicomane (et mère de deux enfants), belle criminelle du Sud, ainsi qu\u2019une lesbienne qui ne se sépare jamais de son bâton de baseball.Claws se visionne sur Bravo et iTunes.En terminant, un gros merci pour l\u2019avalanche de bonnes séries que vous m\u2019avez recommandées cette semaine.J\u2019ai déjà entamé Atypical (Atypique, en version f rança ise) de Netflix à propos du quotidien d\u2019un ado autiste.J\u2019ai beaucoup aimé.C\u2019est charmant, intelligent, touchant et pas du tout gnangnan.Et avec seulement huit épisodes d\u2019une trentaine de minutes chacun, ça gruge beaucoup moins de temps que l\u2019intégrale de Grey\u2019s Anatomy.Vous êtes nombreux à adorer la série britannique Peaky Blinders, que relaient Unis TV et Netflix, et je l\u2019ai ajoutée à ma liste d\u2019incontournables.Dernier t ruc .Le grand retour de District 31, prévu le lundi 11 septembre à 19h à Radio-Canada, se déroulera sans aucune pause publicitaire.C\u2019est dans cet épisode très attendu par les fans que le comédien Luc Picard fera sa première apparition, me chu- chote-t-on à l\u2019oreille.Se savonner avec la télé d\u2019été PHOTO FOURNIE PAR CRAVETV Daytime Divas, c\u2019est une plongée dans les coulisses du talk-show (fictif) The Lunch Hour, où cinq femmes dissemblables discutent de sujets aussi variés que la paire de sandales la plus confortable pour la femme enceinte et la mode minute \u2013 le fast-fashion \u2013 qui emploie des enfants de 6 ans dans des usines insalubres du Bangladesh.Ça se décoche des flèches en direct à la télé.Il se renifle des drogues de synthèse dans les loges.De la musique (trop) dramatique accentue chacun des punchs.Et de terribles secrets \u2013 OMG! \u2013 planent au-dessus des cinqstars de «The Lunch Hour».CAMILLIENHOUDE, «LEP\u2019TIT GARSDESAINTE-MARIE» !!!½ D\u2019Alexis Martin.Mise en scène de Daniel Brière et Geoffrey Gaquère.À Espace libre jusqu\u2019au 2 septembre.C\u2019est une vraie leçon d\u2019histoire que nous servent Alexis Martin et ses complices en traçant le portrait de Camillien Houde à Espace libre.Un cours d\u2019histoire montréalaise 101 fort bienvenu à une époque où le fascisme tranquille joue au cheval de Troie avec la démocratie.MARIO CLOUTIER Véritable héros de la classe ouvrière, le maire Camillien Houde a régné pendant près de 20 ans sur la ville de Montréal.Élu sept fois à la mairie, mais aussi comme député conservateur à Québec, Monsieur Montréal était à l\u2019image de la ville, un paradoxe à bien des égards.«Ni saint ni diable, un homme de son temps», comme le dit le texte d\u2019Alexis Martin.Un politicien comme les autres, pourrait-on ajouter.Le Camillien Houde de Pierre Lebeau fait d\u2019ailleurs parfois penser à Gérald Tremblay, un «œil ouvert et un autre fermé».Le maire du petit peuple a pactisé avec des richissimes, flirté avec l\u2019extrême droite et noyait ses doutes dans l\u2019alcool.Mais ses intentions étaient bonnes, au départ, du moins, et il a été emprisonné pendant quatre ans pour s\u2019être tenu debout contre la conscription.Un populiste au grand cœur.La pièce traite aussi d\u2019injustice, de misère et de pauvreté, causes qui avaient besoin d\u2019un défenseur.Des résidants du Centre-Sud interprètent certains rôles avec conviction.C\u2019est un des aspects fort sympathiques du spectacle qui commence par un déambulatoire dans les rues du quartier et se termine par une fête populaire au parc des Faubourgs.Lamise en scène dynamique et l\u2019aspect dépouillé de la scénographie gardent les projecteurs sur le jeu des acteurs qui tiennent plusieurs rôles: les polyvalents Évelyne Rompré, Johanne Haberlin et Jacques L\u2019Heureux, le savoureux Didier Lucien (en frère Marie-Victorin, notamment) et la chaleureuse Josée Deschênes, dans le rôle de la deuxième femme du maire de Montréal.Dans la scène du pouding chômeur, Deschênes et Lebeau s\u2019amusent ferme.Il s\u2019agit d\u2019un beau moment donnant lieu à de l\u2019improvisation contrôlée.À l\u2019image de cette pièce pédagogique, drôle et attachante.Le grand Pierre Lebeau joue un Camillien Houde avec toutes les nuances du personnage, même si sa voix éraillée et son souffle, parfois un peu court, étouffent quelques répliques.La prestance naturelle de l\u2019acteur en impose toutefois, surtout en Cyrano de Bergerac, rôle que le jeune Camillien avait tenu au collège dans une pièce dirigée par le frère Marie-Victorin.Ce fil rouge de la pièce, celle de l\u2019histoire d\u2019un héros tragique, nous fait comprendre l\u2019essence même du p\u2019tit gars de Sainte-Marie, un homme complexe et complexé, mais un vrai battant, héros malgré lui qui a mené plusieurs batailles pour défendre, avec peu de moyens et aussi loin qu\u2019il le pouvait, des principes auxquels il croyait.Leçon d\u2019histoire PHOTOGABRIELLE DESMARCHAIS, FOURNIE PAR ESPACE LIBRE Dans la scène du pouding chômeur, Pierre Lebeau et Josée Deschênes s\u2019amusent ferme.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 Une exposition organisée par le Victoria and Albert Museum, Londres, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal.| Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.« É-pous-tou-?ant ! » \u2014 Éric Clément, La Presse + « Une expérience musicale et immersive des plus jouissives ! » \u2014 Nathalie Petrowski, La Presse + « L\u2019exposition de l\u2019été ! » \u2014 ICI Radio-Canada Télé DÉJÀ PLUS DE 90 000 VISITEURS ! Exposition organisée par le Victoria and Albert Museum, Londres Expérience sonore par Une présentation de En collaboration avec À voir dès maintenant ! ARTS MUSIQUE ALAIN DE REPENTIGNY «C\u2019est plutôt tendance de faire une tournée d\u2019anniversaire», reconnaît au téléphone k.d.lang à propos de la série de concerts célébrant les 25 ans de son album Ingénue qui passera par Montréal et Québec la semaine prochaine.« C\u2019est difficile pour les artistes plus âgés de sortir de la nouvelle musique à laquelle les fans vont réagir, mais c\u2019est bien de leur faire revivre en concert une expérience à laquelle ils sont liés depuis 25 ans », ajoute la grande chanteuse canadienne.Si k.d.lang a eu l\u2019idée de monter cette tournée qui s\u2019est arrêtée en Océanie avant de traverser le Canada d\u2019ouest en est, c\u2019est aussi parce qu\u2019Ingénue a marqué à sa façon le parcours du mouvement gai.« Ce n\u2019est pas un disque strictement pour les gais, mais plusieurs d\u2019entre eux s\u2019y sont identifiés», explique-t-elle.«Avec ce qui se passe en Tchétchénie, et aussi parce que c\u2019est le 150e anniversaire du Canada, pays progressiste, ça fait du bien de rappeler qu\u2019on peut continuer à être nous- mêmes, à être ouverts et à aller de l\u2019avant.» On se souviendra que dans la foulée d\u2019Ingénue, k.d.lang avait posé pour la une du numéro d\u2019août 1993 du magazine Vanity Fair, installée sur une chaise de barbier alors que Cindy Crawford lui faisait la barbe.«Avec le recul, les images homoérotiques en une des magazines étaient très rares et je suis pas mal fière qu\u2019avec [le photographe] Herb Ritts et Cindy, on ait créé quelque chose de provocant, de progressiste et qui a eu un impact durable», dit la chanteuse qui, du même coup, estime que le prix que MTV lui a décerné pour le vidéoclip de Constant Craving, inspiré d\u2019En attendant Godot de Samuel Beckett, était « probablement plus un clin d\u2019œil à ma sortie du placard qu\u2019autre chose».Cette tournée est également pour k.d.lang l\u2019occasion d\u2019interpréter des chansons qu\u2019elle n\u2019a pas souvent chantées en concert puisqu\u2019elle y propose toutes les chansons d\u2019Ingénue dans l\u2019ordre, entourée de musiciens, dont son bassiste de l\u2019époque, David Piltch.Le retour sur terre Ce disque qui l\u2019a consacrée de par le monde avait pourtant ses détracteurs parmi ses fans de la première heure, qui lui reprochaient alors de délaisser la musique country qui l\u2019avait fait connaître.D\u2019autres, plus élogieux, la félicitaient de s\u2019être réinventée.« En fait, je m\u2019étais pro- bablemen t dé s i nven t é e , répond-elle en riant.Le truc country était une invention.C\u2019était très amusant, je l\u2019ai fait avec cœur et de bonne foi, mais je renouais dans Ingénue avec la musique qui m\u2019avait marquée avant que je tombe amoureuse du country.Je rencontre encore des gens qui me demandent quand je vais retourner à la musique country.Ça dépend vraiment du moment où ils m\u2019ont découverte et de la relation qu\u2019ils ont développée avec moi.Si c\u2019est avec Torch and Twang ou Shadowland , c \u2019est ce qu\u2019ils attendent de moi.Mais moi, je me suis toujours considérée comme une chanteuse comme Ray Charles, Roy Orbison, Elvis ou Linda Ronstadt, qui ne se sont jamais limités à un genre spécifique.» Après le g ra nd succès d\u2019Ingénue, le retour sur terre n\u2019a pas été facile pour k.d.lang qui s\u2019était installée aux États-Unis en 1990 avant que l\u2019amour ne l\u2019incite à rentrer au Canada en 2013.«Je ne veux pas avoir l\u2019air d\u2019une martyre ou d\u2019une personne complètement gâtée qui a goûté au vedettariat et qui a trouvé ça difficile ; ça serait un peu ridicule en comparaison de ce que vivent les réfugiés syriens.Mais c \u2019est quand même beaucoup de travail et on n\u2019a pas le temps de faire une pause pour prendre un peu de recul.«Le vedettariat est un truc jetable, difficile à cerner, ajoute-t-elle.Ça te paraît réel, mais ça ne l\u2019est pas et ça peut prendre fin très rapidement.Tu te demandes pourquoi les gens t\u2019aimaient, si c\u2019était juste une mode ou s\u2019ils aimaient vraiment ta musique.» k.d.et les Stones Chose certaine, les Rolling Stones aimaient sa musique, eux qui ont vite reconnu que leur chanson Anybody Seen My Baby ?, sortie en 1997, ressemblait à s\u2019y méprendre à Constant Craving.«Tout là-dedans était relié, depuis la partition de gui- ta re.Ça ne fa isa it aucun doute quand tu écoutais les deux chansons, rappelle k.d.lang.Mais ce qui m\u2019a impressionnée, c\u2019est qu\u2019avant même de sortir leur chanson, ils nous ont contactés, Ben [Mink, son partenaire d\u2019écriture] et moi, pour nous offrir à chacun le quart des droits.J\u2019ai entendu di re que Keith R icha rds écoutait le mix de la chanson [Anybody Seen My Baby?] à la maison et que sa fille s\u2019est mise à chanter Constant Craving en disant que ça sonnait pareil.Keith aurait lancé: \u201cOh merde, c\u2019est vrai! \u201d» Elle ne cache pas qu\u2019elle était flattée de voir son nom associé à celui du tandem Jagger-R icha rds su r une chanson des Stones.«Absolument ! Totalement ! Vous plaisantez ?», répond- elle en éclatant de rire.Outre les chansons d\u2019Ingénue, k.d.lang célébrera à sa façon le 150e anniversaire du Canada en chantant en concert quelques-uns des titres de son album de reprises Hymns of the 49th Parallel, dont sa version remarquable d\u2019Hallelujah de Leonard Cohen.«Tellement de gens ont repris cette chanson, mais ça va être spécial de la chanter àMontréal, ville natale de Leonard», dit- elle modestement.À la salle Wilfrid-Pelletier le 2 septembre et au Grand Théâtre de Québec le lendemain.K.D.LANG La chanteuse «désinventée» PHOTO LIAM RICHARDS, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE «Le vedettariat est un truc jetable, difficile à cerner, estime k.d.lang.Ça te paraît réel, mais ça ne l\u2019est pas et ça peut prendre fin très rapidement.Tu te demandes pourquoi les gens t\u2019aimaient, si c\u2019était juste une mode ou s\u2019ils aimaient vraiment ta musique.» Les MTV Video Music Awards se dérouleront demain soir en direct du stade The Forum à Inglewood, en banlieue de Los Angeles.L\u2019évènement sera diffusé sur MTV et Much Music à partir de 20h.Voici ce qu\u2019il faut savoir sur ce rendezvous très attendu par les amateurs de vidéoclips.STÉPHANIE VALLET OMNIPRÉSENTE KATY PERRY Animatrice des MTV Video Music Awards (VMAs) cette année, Katy Perry est aussi en lice dans cinq catégories : meilleur clip pop, meilleurs effets visuels, meilleure réalisation, meilleure direction artistique et meilleure collaboration.Elle montera également sur scène pour offrir un potpourri de ses plus grands succès dans un numéro qui promet d\u2019être spectaculaire.Katy Perry devrait en effet débarquer en sautant dans les airs à la manière de Lady Gaga au Super Bowl, si l\u2019on en croit les vidéos des répétitions qui circulent sur les réseaux sociaux.ARTISTE DE L\u2019ANNÉE: UNE CATÉGORIE NONGENRÉE Pour la toute première fois dans l\u2019histoire des VMAs, la catégorie de l\u2019artiste de l\u2019année ne fera plus la distinction entre artistes masculins et féminins.Un changement amorcé un peu plus tôt cette année lors des MTV Movie&TV Awards.La chaîne américaine a en effet déclaré qu\u2019il était de son devoir de «briser les barrières».Quatre hommes (Kendrick Lamar, The Weeknd, Bruno Mars et Ed Sheeran) et deux femmes (Ariana Grande et Lorde) sont en lice pour le titre très convoité.UNE NOUVELLE CATÉGORIE ENGAGÉE Autre nouveauté cette année: le trophée du meilleur vidéoclip « inspirant les spectateurs à se soulever contre l\u2019injustice».Baptisée Best Fight Against the System, la catégorie regroupera les vidéoclips de Logic, Big Sean, Alessia Cara, Taboo, John Legend et la troupe de Hamilton, comédie musicale de Broadway qui a connu un grand succès.DESPACITO, GRANDOUBLIÉ Absent de la soirée malgré le fait qu\u2019il s\u2019agit du vidéoclip le plus vu à ce jour sur YouTube, Despacito recevra finalement le trophée de la chanson de l\u2019été, distinction ajoutée à la dernière minute par les organisateurs et annoncée mardi seulement par MTV.L\u2019une des raisons avancées pour expliquer l\u2019absence du succès signé Luis Fonsi et Daddy Yankee est que le vidéoclip n\u2019a pas été diffusé sur MTV ou MTV2 cette année.UN NOMBRE RECORD DE PRESTATIONS Selon Variety, la cérémonie devrait être plus grandiose que jamais, avec cinq scènes différentes qui accueilleront un nombre record de prestations.Alors que GucciMane rejoindra Fifth Harmony pour interpréter Down, le rappeur Logic (finaliste dans la catégorie du meilleur vidéoclip engagé) offrira 1-800- 273-8255 aux côtés de Khalid (finaliste dans la catégorie du meilleur nouvel artiste).Kendrick Lamar, Miley Cyrus, Ed Sheera n , Lorde , The Weeknd , Th i r ty Seconds to Ma rs , Shawn Mendes DNCE , Ju l i a M ic hae l s , Post Malone et P!nk (lauréate du Michael Jackson Vanguard Award cette année) se produiront également au cours de la soirée.Rod Stewart et DNCE revisiteront pour leur part l\u2019indémodable Do Ya Think I\u2019m Sexy ?en direct de Las Vegas, d\u2019où se produira aussi Demi Levato qui chantera Sorry Not Sorry en nomination pour la chanson de l\u2019été.LES FAVORIS DE LA SOIRÉE 8 Nombre de sélections pour le meneur Kendrick Lamar (dont meilleur vidéoclip pour HUMBLE.) 5 Nombre de sélections pour Katy Perry et pour TheWeeknd (dont meilleur vidéoclip pour Reminder) TAYLOR SWIFT MONTERA-T-ELLE SUR SCÈNE?Avec un nouvel extrait paru hier matin (dont le vidéoclip sera diffusé en grande première lors de la cérémonie) et un nouvel album, Reputation, qui sortira le 10 novembre, Taylor Swift aurait toutes les raisons d\u2019offrir une performance sur scène demain soir.La rumeur voulait même qu\u2019elle fasse un duo avec Katy Perry pour enterrer la hache de guerre! Suppositions démenties par le producteur des VMAs cette semaine au micro de l\u2019émission Entertainment Tonight: «À ce que je sache, ce n\u2019est pas près d\u2019arriver», a-t-il déclaré.La chanteuse pourrait tout de même repartir avec un prix pour I Don\u2019t Wanna Live Forever, son duo avec Zayn, dont le vidéoclip est en nomination dans la catégorie de la meilleure collaboration.MTV VIDEO MUSIC AWARDS Sept choses à savoir sur la grande fête du clip PHOTOGRANT POLLARD, ARCHIVES INVISION/AP Katy Perry est en lice dans cinq catégories des MTV Video Music Awards cette année, en plus d\u2019être l\u2019animatrice du gala qui sera diffusé demain soir.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 ARTS LECTURES Quelle a été la source d\u2019inspiration de La vie rêvée des grille-pain, qui a été finaliste au prestigieux prix Giller en 2015 ?Je voulais écrire des fables qui expliquent les grandes merveilles de ce monde autant que ses horreurs, dans une langue qui est un mélange entre celle des contes de fées et de celle de mémorialistes comme Jean Genet, avec des animaux qui parlent avec la sensibilité de Samuel Beckett.J\u2019ai toujours été attirée par la juxtaposition de l\u2019ombre et de la lumière, de l\u2019innocence et de la corruption, cette fine ligne entre les deux, comment elles se répondent et s\u2019illuminent l\u2019une l\u2019autre.On ne peut comprendre et expliquer le mal qu\u2019à travers le vocabulaire de l\u2019innocence, et vice-versa.Je me suis donc retrouvée à écrire des histoires étranges sur l\u2019invention du monde et la nature de l\u2019art.L\u2019une des premières nouvelles que j\u2019ai écrites est D\u2019où viennent les bébés [la sixième du recueil].Enfant, je n\u2019ai jamais vraiment cru l\u2019idée que nos origines étaient biologiques.Et adulte, je ne le crois toujours pas.Alors j\u2019ai inventé un monde dans lequel les bébés apparaissent dans le sable à marée basse.J\u2019aimais beaucoup les contes pour enfants quand j\u2019étais petite et l\u2019idée d\u2019en créer m\u2019emballait.Bien sûr, il faudrait être fou pour donner ce livre à un enfant ! Il s\u2019adresse strictement à des adultes cultivés qui transgressent les règles de temps en temps.Vous mettez en scène dans vos nouvelles, comme dans vos romans, des personnages souvent marginalisés par la société.Qu\u2019est-ce qui vous inspire de tels personnages ?J\u2019ai grandi dans un monde marginalisé, alors j\u2019écris toujours de ce point de vue.La plupart des livres qui m\u2019attiraient en grandissant étaient d\u2019écrivains qui décrivent des enfances marginales \u2013 Maxime Gorki, Violette Leduc, Jean Genet, Jean Rhys, Marguerite Duras, Marie-Claire Blais, Charles Dickens, Maya Angelou.J\u2019adorais les contes écrits par les pauvres et les aliénés parce qu\u2019ils me permettaient de voir qu\u2019il y avait une certaine dignité dans ma propre vie et que n\u2019importe qui peut devenir écrivain : tout ce que ça prend, c\u2019est un crayon, un papier et une imagination audacieuse.J\u2019écris fièrement dans cette tradition.Le personnage du grand-père revient dans plusieurs nouvelles du recueil, où l\u2019on retrouve également un grand nombre d\u2019histoires qui racontent la guerre.Est-ce qu\u2019il représente une figure importante pour vous ?Le grand-père représente une période d\u2019histoire orale à Montréal.Mon père m\u2019a eue tard et il était né dans les années 20.Il était le plus jeune d\u2019une famille de huit garçons.Ils inventaient tous des histoires mythiques sur Montréal, la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale.Ils racontaient leur enfance difficile à travers des anecdotes humoristiques qui amusaient les enfants.Mon père m\u2019avait dit qu\u2019on sortait des éléphants pendant les entractes au cinéma, et quand les éléphants faisaient leurs besoins sur la scène, les enfants leur faisaient une ovation.Un jour, il m\u2019a raconté qu\u2019une oie était tombée amoureuse de lui et le suivait partout en l\u2019embarrassant avec ses sentiments.Le personnage du grand-père dans mes nouvelles incarne l\u2019effet que ces histoires ont eu sur ma vie.Il y a beaucoup de mots en français dans les textes.Pourquoi ?La majorité des histoires se passent à Montréal et il m\u2019aurait semblé étrange de ne pas y parler français ou y entendre parler français.Qu\u2019est-ce que ça représente pour vous d\u2019être enfin traduite au Québec, avec la maison d\u2019édition Alto qui a acheté d\u2019un seul coup les droits de traduction de trois de vos livres ?C\u2019est merveilleux.J\u2019ai toujours trouvé étrange que mes livres ne soient pas offerts au Québec en français.C\u2019est une grande chance.Je suis impatiente d\u2019entendre ce qui va se dire sur les livres.En plus, la traduction de Dominique Fortier est extraordinaire.Je suis ravie de cette collaboration.Est-ce que votre prochain roman [qui devrait paraître en 2019 en anglais] demeure dans l\u2019univers montréalais ?Tout à fait.Montréal est un personnage récurrent dans mes livres.C\u2019est pour moi une île magique où j\u2019ai plus facilement accès aux métaphores.C\u2019est là que j\u2019ai passé mon enfance, et c\u2019est là que se sont joués mes plus grands drames.Le monde entier n\u2019est peut-être pas une scène, mais pour moi, Montréal l\u2019est incontestablement.La vie rêvée des grille-pain Heather O\u2019Neill.Alto 400 pages ENTREVUE Heather O\u2019Neill, l\u2019auteure qui raconte Montréal «ON SENT MONTRÉAL DANS TOUS SES TEXTES» Pour l\u2019auteure et traductrice d\u2019Heather O\u2019Neill, Dominique Fortier, le recueil de nouvelles La vie rêvée des grille-pain a été un véritable coup de foudre.«Je l\u2019ai lu et relu, c\u2019est un de mes livres préférés des dernières années.» Après l\u2019avoir découvert il y a quelques années, Dominique Fortier avait insisté il y a un an et demi auprès de son éditeur, Antoine Tanguay, pour qu\u2019il vérifie la disponibilité des droits de traduction du recueil, ainsi que des deux autres romans de Heather O\u2019Neill.À son avis, celle-ci devait être traduite au Québec.«Heather est d\u2019abord une auteure montréalaise et on sent Montréal dans tous ses textes.Même si elle écrit en anglais, il y a toujours cette présence du français, des personnages qui de temps en temps vont prononcer quelques paroles en français.On sent la cohabitation des deux langues et des deux cultures.La ville de Montréal finit presque par être un personnage de son œuvre, mais en même temps, c\u2019est une ville qui est transfigurée.» Par un concours de circonstances «un peu miraculeux», il s\u2019est avéré que seuls les droits de traduction du premier roman de Heather O\u2019Neill, La ballade de Baby, étaient hors d\u2019atteinte.La vie rêvée des grille-pain a ainsi été choisi pour initier les lecteurs québécois à l\u2019univers de son auteure.«C\u2019est un recueil très diversifié où l\u2019on voit les différentes facettes de son écriture et des thèmes qui l\u2019habitent», estime Dominique Fortier.«Ce livre, c\u2019est comme des poupées gigognes: on a l\u2019impression qu\u2019on tombe sur quelque chose d\u2019extraordinaire, mais il y a autre chose dedans, et là, on ouvre et il y a une troisième affaire qui se cache à l\u2019intérieur, et on finit par se dire: \u201cComment elle fait?\u201d C\u2019est vraiment une magicienne!» «Heather O\u2019Neill fait partie de nos très grands écrivains, toutes langues et tous genres confondus, estime Dominique Fortier.Le moment où j\u2019ai ouvert Daydreams of Angels [La vie rêvée des grille-pain en anglais] et que j\u2019ai commencé à lire l\u2019histoire de ce Tzigane qui n\u2019en est pas vraiment un [la première histoire] a été un vrai choc.C\u2019est cette nouvelle qui m\u2019a fait entrer dans son univers, et je n\u2019en suis jamais ressortie.» Le cas de La ballade de Baby Lorsqu\u2019on évoque le premier roman de Heather O\u2019Neill, le seul à avoir été traduit en français jusqu\u2019à La vie rêvée des grille-pain, on ne pourrait passer sous silence sa traduction «franchouillarde» qui a fait sourciller bon nombre de lecteurs québécois.La ballade de Baby, publié en 2008 en France aux Éditions 10/18, a été écrit pour un lectorat français, souligne Dominique Fortier.On y retrouve ainsi des personnages qui s\u2019expriment dans un argot parisien et utilisent des expressions comme «putain, sale con, ça caille !», alors qu\u2019ils évoluent.à Montréal.«On le sent tout de suite quand ça nemarche pas», affirme la traductrice, qui refuse cependant de qualifier La ballade de Baby de «mauvaise traduction».«Retrouver la langue propre au milieu fait une couche en moins entre le lecteur et le texte.Mon travail est d\u2019être le plus transparente possible et de ne pas me placer entre l\u2019auteur et le lecteur.Si le lecteur reconnaît une langue qui lui est familière dans un univers qui lui est familier, c\u2019est plus facile pour lui d\u2019accéder à l\u2019œuvre que s\u2019il doit passer par-dessus une barrière.Et comme la plupart des histoires de Heather se passent à Montréal, c\u2019est important d\u2019avoir une langue et une couleur familières pour les lecteurs québécois.» Dominique Fortier a donc délibérément choisi d\u2019insérer dans La vie rêvée des grille-pain des québécismes \u2013 même des sacres \u2013 pour incarner la montréalité de l\u2019œuvre.«C\u2019est un univers tellement particulier, une sorte de réalisme magique dont je n\u2019ai vu d\u2019exemples nulle part ailleurs.Ça se passe à Montréal, mais c\u2019est un Montréal de rêve et de cauchemar, par moments», explique la traductrice.Après La vie rêvée des grille-pain, Dominique Fortier s\u2019est attelée à la traduction du roman The Lonely Hearts Hotel, paru en anglais en 2017 et dont la sortie est prévue l\u2019an prochain en français.Suivra celle de The Girl Who Was Saturday Night, qui a été finaliste au prix Giller en 2014.Deux romans à découvrir qui incarnent de nouveau avec magie le Montréal de Heather O\u2019Neill.\u2014 Laila Maalouf «Le Tzigane resta là à contempler son existence.Ce n\u2019était même pas un vrai Tzigane, il n\u2019appartenait pas au grand peuple du voyage, mais était plutôt du type imaginaire, le genre qu\u2019on trouve dans les vieux livres de contes.Il portait une paire de bottes en cuir noires, un costume à fines rayures et un chapeau dont le rebord était rabattu sur un œil.Il avait une étincelle dans son œil découvert et un étui à violon sous le bras.Le petit garçon devait croire que les gitans sont les hommes les plus beaux du monde, car celui-là avait fière allure.Il n\u2019était cependant qu\u2019un stéréotype, un ramassis de clichés clinquants et tape-à-l\u2019œil.» Extrait LA VIE RÊVÉE DES GRILLE-PAIN PHOTOCHRIS YOUNG, LA PRESSE CANADIENNE Heather O\u2019Neill est ravie que ses livres soient offerts au Québec en français : «C\u2019est une grande chance.Je suis impatiente d\u2019entendre ce qui va se dire sur les livres.» Q R Après la publication en France d\u2019un premier roman au succès international (La ballade de Baby, en 2008), Heather O\u2019Neill, qui vit et écrit à Montréal depuis toujours, avait complètement disparu de l\u2019écran radar des lecteurs francophones.Mais voilà que l\u2019éditeur de Québec Antoine Tanguay a fait le pari de traduire ses deux autres romans et son recueil de nouvelles, La vie rêvée des grille-pain, série de 20 histoires qui racontent de fabuleux voyages dans l\u2019imaginaire.Nous avons joint l\u2019auteure en pleine campagne écossaise, où elle passe le mois d\u2019août dans une résidence artistique pour terminer l\u2019écriture de son prochain roman.Et discuté avec sa traductrice, l\u2019écrivaine Dominique Fortier.\u2014 LAILA MAALOUF l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 LISEZ UN EXTRAIT SUR FLAMMARION.QC.CA PAPIER \u2013 NUMÉRIQUE Le premier livre traduit en français d\u2019un auteur canadien à découvrir prix de l\u2019humour Stephen-Leacock « Cette tragicomédie hilarante explore les traumatismes de l\u2019enfance, la relationmère-?lle trouée de non-dits, l\u2019importance de l\u2019amitié\u2026 » Monique Roy, Châtelaine ARTS VISUELS À l\u2019occasion du 375e anniversaire de Montréal, la Ville de Québec a offert, mercredi, aux citoyens montréalais une grande installation du sculpteur Jean-Robert Drouillard.Constituée de quatre colonnes en fonte surmontées d\u2019une statue d\u2019adolescent en bronze, l\u2019œuvre a été insérée dans un nouvel espace aménagé à l\u2019angle des rues Sherbrooke et Rachel.ÉRIC CLÉMENT « Le 375 e anniversaire de Montréal est non seulement une célébration de qui nous sommes, d\u2019où l\u2019on vient et vers quoi l\u2019on veut se rendre, mais c\u2019est aussi une occasion d\u2019avoir des marques indélébiles comme celle témoignant de notre magnifique amitié» avec la ville de Québec, a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, mercredi, lors de l\u2019inauguration de l\u2019œu- vre d\u2019art public offerte par la Vieille Capitale.En 2008, Montréal avait offert Rêver le Nouveau Monde, œuvre de Michel Goulet, à Québec à l\u2019occasion de son 400e anniversaire.Le maire de Québec, Régis Labeaume, présent mercredi à l\u2019inauguration, a tenu à rendre la politesse à la métropole.Poésie et sculpture Retenue à la suite d\u2019un concours, l\u2019œuvre a un titre en alexandrins : Le contour des conifères dans la nuit bleue, et les étoiles derrière ma tête sont dans tes yeux.Elle a été installée au sein d\u2019un espace nommé La promenade de la Ville-de- Québec, inséré entre les parcs Guido-Nincheri et Marie- Victorin, au carrefour des artères Sherbrooke, Pie-IX et Rachel et en face de l\u2019entrée du Jardin botanique.Conçu par la firme d\u2019architecture de paysage Civiliti, l\u2019espace est moderne, avec des bosquets, des lignes courbes tracées au sol, des bancs et des murets de béton qui feront le plaisir des passants.et des planchistes.Au cœur de l\u2019espace, les colonnes de 4,6 m de Jean- Robert Drouillard ont l\u2019air fragiles, avec leur couleur aluminium qui leur donne un aspect de légèreté.Mais c\u2019est un leurre, car ces colonnes ancrées profondément dans le sol sont en fonte.Nature québécoise Sur le côté des colonnes, l\u2019artiste a dessiné huit signes artistiques inspirés notamment de la nature laurentienne et boréale et de l\u2019histoire du Québec.Au-dessus des colonnes, éclairées la nuit de l\u2019intérieur, quatre personnages en bronze de 4 pi de hauteur sont vêtus de chandails de baseball portant un numéro référant à la fondation de Québec en 1608 (08), à celle de Montréal en 1642 (42), à Expo 67 (67) et aux Jeux olympiques (76).«Quelle brillante idée que d\u2019avoir mis des chandails de baseball.Ça me touche, ça vient me chercher !», a lancé le maire Coderre, mercredi, avant d\u2019exprimer que ce legs pérenne témoigne de la « longue et profonde amitié entre nos deux villes».Commémoration L e s p e r s o n n a g e s d e Drouillard sont narratifs et poétiques.Ils évoquent le passé et le présent, la jeunesse et l\u2019histoire, la culture e t l a na tu re , l a fam i l le et l\u2019américanité.I ls célèbrent la mémoire collective comme l\u2019espoir en un avenir radieux.On retrouve dans l\u2019œuvre l \u2019inspi ration et la signature propres à Jean-Robert Drouillard : une taille directe e x p r im a n t t r a d i t i o n e t modernité dans un attachement profond à la mémoire et à l\u2019humanité.« Il y a un aspect ludique dans l\u2019insta llation et des codes reliés à notre histoire, mais aussi le code statuaire et commémoratif », a dit l\u2019artiste né en 1970 en Ontario, mais ayant grandi d\u2019abord à Gaspé.« La colonne réfère à l\u2019histoire de l\u2019a rt .Et les personnages, de la façon dont i ls sont placés , donnent un aspec t théât ra l , dans cette allée créée en face du Stade olympique », ajoute Jean-Robert Drouillard.L\u2019a r t i s te a réa l i sé une œuvre d\u2019a r t popula i re et actuelle, compréhensible par tout le monde, et qui rappelle les statues grecques comme l a s t a t u a i r e r e l i g i eu s e .Idéalement, il aurait voulu créer neuf sculptures au lieu de quatre, mais le budget du projet de 250 000 $, financé à 80% par Québec et à 20% par Montréal, ne le permettait pas.Après trois œuvres d\u2019art public créées ces deux der- n ières années à Québec , Montréal et Cap-Tourmente, l\u2019artiste présentera ses nouvelles œuvres en bois au Musée des beaux-a r ts de Sherbrooke dès le 14 octobre, puis à la galerie Art mûr, à Montréal, en janvier procha in , « avec quelque chose de plus expérimental », dit-il.Un cadeau de Québec à Montréal PHOTOS MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE L\u2019œuvre de Jean-Robert Drouillard a été installée au sein d\u2019un espace nommé La promenade de la Ville-de-Québec, inséré entre les parcs Guido-Nincheri et Marie-Victorin, au carrefour des artères Sherbrooke, Pie-IX et Rachel et en face de l\u2019entrée du Jardin botanique.Bien contents de se retrouver, mercredi, les maires de Québec, Régis Labeaume, et de Montréal, Denis Coderre, ont inauguré ensemble l\u2019œuvre de Jean-Robert Drouillard offerte par la Vieille Capitale.«La colonne réfère à l\u2019histoire de l\u2019art.Et les personnages, de la façon dont ils sont placés, donnent un aspect théâtral, dans cette allée créée en face du Stade olympique.» \u2014 Jean-Robert Drouillard Le sculpteur Jean-Robert Drouillard devant une des quatre colonnes de son installation intitulée Le contour des conifères dans la nuit bleue, et les étoiles derrière ma tête sont dans tes yeux.Tous les samedis dans La Presse EN VOYAGE AVEC VOUS VOYAGE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 JAPON un thé au Réalisé et raconté par Maximilien Dauber Présenté par LONGUEUIL Théâtre de la Ville 7 au 10, 12 et 13 septembre VARENNES 14 et 15 septembre LAVAL Salle André-Mathieu 6 au 9 octobre Théâtre Marcellin-Champagnat 10 au 12 octobre MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 31 octobre au 5 novembre LES GRANDS EXPLORATEURS .COM CINÉ-CONFÉRENCES aussi présentées à L\u2019Assomption, Pierrefonds, St-Jean, LaSalle, St-Jérôme, La Prairie, Montréal-Nord, St-Hyacinthe.réservez maintenant 514 521.1002 - 1 800 558.1002 45 ans à vivre le monde ARTS CINÉMA LEPROBLÈME D\u2019INFILTRATION !!!! Thriller psychologique de Robert Morin avec Christian Bégin, Sandra Dumaresq, Guy Thauvette.1 h 33.MARC-ANDRÉ LUSSIER Robert Morin nous avait bien prévenus.Le problème d\u2019 infiltration a tout du feelbad movie.Le réalisateur de Journal d\u2019un coopérant tient très bien sa promesse sur ce plan, mais il a omis de dire qu\u2019il nous offrait du même coup l\u2019un de ses meilleurs films.De la première à la dernière scène de son nouveau long métrage, le cinéaste instaure un climat anxiogène qui ne laisse aucun répit au spectateur.En s\u2019inspirant de l\u2019esprit du grand cinéma expressionniste allemand, dont les plus grands ambassadeurs furent F.W.Murnau et Fritz Lang, Morin nous entraîne dans la tête d\u2019un homme infiltré progressivement par de sombres pulsions, au point d\u2019en venir, peut-être, à commettre l\u2019irréparable.La fissure au sein de l\u2019esprit de Luc, chirurgien spécialisé dans le traitement des grands brûlés, s\u2019élargit en son âme au même rythme que celle, bien réelle, qui laisse entrer l\u2019eau dans le sous-sol de sa maison cossue.Quand on fait sa rencontre, ce bourgeois bon teint semble pourtant faire partie de ces professionnels qui exercent leur métier avec rigueur.Aussi subit-il avec un certain émoi les récriminations d\u2019un patient (Guy Thauvette) qui vient de découvrir le visage monstrueux avec lequel il va devoir apprendre à vivre.Au fil d\u2019événements plus ou moins anodins qui surviennent dans son quotidien, le quinquagénaire voit son monde s\u2019écrouler, particulièrement au chapitre de la vie intime.Une scène, très forte, montre en outre le désarroi qui l\u2019habite quand il se surprend à écouter une chanson de gangsta rap particulièrement violente, qu\u2019apprécie pourtant son fils adolescent (William Monette).Ce dernier semble d\u2019ailleurs mener à l\u2019extérieur de cette maisonnée trop propre une vie complètement différente, dont son père n\u2019est pas en mesure de soupçonner la nature.Bientôt, la folie rôde, plus insidieuse que vraiment apparente.Sur ce front, la façon dont Morin illustre cette descente aux enfers est exemplaire.De l\u2019ordre du ressenti Ici, tout est une question de mise en scène et de jeu d\u2019acteurs.Les effets techniques sont entièrement au service d\u2019une histoire que le cinéaste découpe en quelques plans- séquences raccordés à la manière de Birdman.Aucun effet racoleur ne vient ponctuer cette entrée dans un cinéma de genre dans lequel l\u2019horreur relève davantage du ressenti.En Christian Bégin, qui campe son premier grand rôle au cinéma après une trentaine d\u2019années de carrière, Robert Morin a trouvé l\u2019interprète idéal.Présent dans tous les plans, souvent filmé très près du visage, l\u2019acteur se glisse avec finesse dans les méandres psychologiques d\u2019un personnage dont on peut tout deviner, et aussi tout craindre.Fort bien appuyé par quelques partenaires, notamment Sandra Dumaresq dans le rôle de la femme déstabilisée par le comportement plus étrange de son mari, Christian Bégin propose une remarquable composition, dans un film maîtrisé de bout en bout.Les choix de réalisation de Robert Morin, et cela inclut l\u2019utilisation de l\u2019excellente partition musicale qu\u2019a composée Bertrand Chénier, n\u2019auraient pu être, franchement, plus judicieux.Tous les éléments (y compris les images que le cinéaste signe lui-même) s\u2019harmonisent parfaitement et font basculer ce film relativement modeste du côté de ces œuvres que l\u2019on n\u2019oublie pas.Les fissures de l\u2019âme PHOTO FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE Présent dans tous les plans, souvent filmé très près du visage, Christian Bégin se glisse avec finesse dans les méandres psychologiques d\u2019un personnage dont on peut tout deviner, et aussi tout craindre.PLAN LARGE MARC-ANDRÉ LUSSIER GOODTIME !!!! Drame de Ben et Joshua Safdie avec Robert Pattinson, Ben Safdie, TaliahWebster.1 h 40.LE SYNOPSIS Deux frères, Connie et Nick, tentent d\u2019échapper à la police après un braquage à New York.Nick, déficient intellectuel, est arrêté.Il se fait battre violemment en prison, d\u2019où il est conduit à l\u2019hôpital.Connie essaie par tous les moyens de le faire évader de l\u2019établissement de soins.LA CRITIQUE Par une intrigue captivante, le spectateur est invité dans la tête de Connie.Complètement détraquée, l\u2019improvisation scénarisée du personnage donne lieu à des péripéties inusitées.Pensons à la scène où, pour ne pas éveiller les soupçons de l\u2019adolescente chez qui il loge temporairement, il lui offre un baiser langoureux, lui cachant ainsi son avis de recherche à la télévision.L\u2019effet de surprise est instantané.La direction photo, qui fait souvent oublier que le film a été tourné à New York, se distingue par ses plans rapprochés et par la place qu\u2019occupe la lueur rougeâtre des néons dans les images.Notons les scènes particulièrement violentes captées au parc d\u2019attractions Adventureland à Farmingdale.C\u2019est toutefois la musique, rythmée à la Cours, Lola, cours et signée Oneohtrix Point Never, qui soutient le suspense.En jouant avec les niveaux d\u2019accélération et de son, la bande sonore permet de parcourir les émotions du personnage principal incarné par Robert Pattinson.Même si, au départ, le rôle de Nick devait être attribué à une personne aux capacités intellectuelles diminuées, le choix de Ben Safdie pour l\u2019interpréter est judicieux.La complexité du personnage n\u2019a pas fait peur à l\u2019acteur, qui offre un jeu des plus crédibles au grand écran.\u2014 Stéphanie Dupuis Suspense et néons rouges L\u2019ORNITHOLOGUE (V.O.S.T.:O ORNITÓLOGO) !!! Drame de João Pedro Rodriguez avec Paul Hamy, Xelo Cagiao, João Pedro Rodriguez.1 h 57.LE SYNOPSIS Descendant une rivière du nord du Portugal en kayak dans l\u2019espoir de voir de rares spécimens de cigognes noires, un ornithologue est emporté par les rapides et échoue plus bas, inconscient, baignant dans son propre sang.Lauréat du prix de la mise en scène au festival de Locarno en 2016.LA CRITIQUE On pense parfois à L\u2019étreinte du serpent, ce très beau film colombien de Ciro Guerra.On pense aussi à l\u2019Oncle Boonmee d\u2019ApichatpongWeerasethakul pour la nature surréaliste du récit.Le cinéaste portugais João Pedro Rodriguez, dont les films précédents ont été peu vus chez nous, s\u2019est inspiré de son parcours personnel pour évoquer dans ce film, de façon très libre, la vie de saint Antoine de Padoue, figure religieuse très importante au pays de Pedro Costa.La symbiose avec son personnage est telle qu\u2019il n\u2019hésite pas à le transformer au fil de l\u2019histoire et à lui donner son propre visage, non sans lui avoir fait traverser de multiples épreuves auparavant.À partir du moment où l\u2019ornithologue (Paul Hamy) est secouru par deux touristes chinoises après un accident de kayak en pleine forêt, la réalité ne tient plus.On entre alors dans une espèce de monde parallèle, où se croisent le désir au masculin (consommé avec un jeune sourd et muet prénommé Jésus), le fantasme, les pulsions de vie et de mort.Les images sont splendides et l\u2019atmosphère, à la fois envoûtante et austère, a presque un effet hypnotisant.Mais pourquoi diable avoir accompagné le générique de fin d\u2019une chanson pop aux arrangements ringards, tellement mauvaise qu\u2019elle vient pratiquement tout gâcher ?Saint Antoine peut l\u2019expliquer ?\u2014Marc-André Lussier Pas pour tout le monde.PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS A24 Robert Pattinson et Ben Safdie dans Good Time UNE GRANDE FRACTURE SEXISTE À HOLLYWOOD Après avoir publié la semaine dernière la liste des actrices les mieux payées, au sommet de laquelle se trouve Emma Stone, le magazine Forbes répète l\u2019exercice du côté des acteurs.Avec des cachets totalisant 68 millions de dollars, Mark Wahlberg a détrôné Dwayne Johnson, maintenant relégué au deuxième rang.Les positions de tête sont principalement occupées par des acteurs de films d\u2019action et de films de superhéros, mais la publication de ce palmarès révèle aussi une disparité très éloquente entre les hommes et les femmes.La somme des revenus des 10 acteurs les mieux payés totalise en effet 488,5 millions.Du côté des actrices, cette somme atteint 172,5 millions.Il convient de rappeler qu\u2019Emma Stone, lauréate de l\u2019Oscar de la meilleure actrice grâce à sa performance dans La La Land et actrice la mieux payée l\u2019an dernier, a reçu des cachets totalisant 26 millions, soit 42 millions de moins que Mark Wahlberg.LE CHIFFRE DE LA SEMAINE :2 De père en flic 2 s\u2019est hissé au deuxième rang du palmarès des plus grands succès du box-office de l\u2019année au Québec, toutes origines confondues.Beauty and the Beast trône au sommet, mais la comédie d\u2019Émile Gaudreault, qui a franchi le cap des 6 millions de dollars, poursuit toujours sa carrière en salle.PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE PHOTO AFP Darren Aronofsky PHOTO REUTERS Mark Wahlberg IL A DIT «Après avoir vu le film, la plupart des gens ne veulent même pas me regarder.» \u2014 Darren Aronofsky, à propos de son filmMother ! , au site Vulture.Ce film tourné à Montréal sera lancé à la Mostra de Venise.LES SORTIES 30 AOÛT : Patti Cake$ de Geremy Jasper 1ER SEPTEMBRE : Tulip Fever de Justin Chadwick Viceroy\u2019s House (Le dernier vice-roi des Indes) de Gurinder Chadha l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA George Clooney et son épouse Amal Alamuddin arrivant au Lido dans un yacht de luxe, en 2014.PHOTO LUIGI COSTANTINI, AP Kim Nguyen est le seul représentant québécois à Venise cette année.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Un film digne de la tournée Venise \u2013 Telluride \u2013 Toronto risque de véritablement faire partie des œuvres marquantes de l\u2019année.Ce fut le cas l\u2019an dernier pour La La Land.DALE ROBINETTE, LIONSGATE/AP Moonlight, lauréat de l\u2019Oscar du meilleur film cette année, a été présenté à Telluride en primeur mondiale.DAVID BORNFRIEND, A24/AP Amy Adams a fait l\u2019objet d\u2019un coup de chapeau l\u2019an dernier, à la faveur de la présentation du film de Denis Villeneuve, Arrival.PHOTO RICH FURY, INVISION/AP Julianne Moore fait partie des vedettes attendues cette année.PHOTO PATRICK KOVARIK, AFP LES FRÈRES ENN MOSTRA DE VENISE Du 30 août au 9 septembre Position stratégique Au cours de la dernière décennie, le plus vieux festival international du cinéma du monde a repris beaucoup de vigueur, grâce notamment à la présence de productions américaines de prestige.Le premier grand festival compétitif de la rentrée sert en effet de rampe de lancement pour des longs métrages susceptibles de briller au cours de la prochaine saison des récompenses.L\u2019an dernier, le film d\u2019ouverture de la Mostra n\u2019était nul autre que La La Land (Damien Chazelle), présenté au Lido en primeur mondiale.Arrival (Denis Villeneuve) et Hacksaw Ridge (Mel Gibson), deux longs métrages aussi cités aux Oscars dans la catégorie du meilleur film, ont aussi été montrés à Venise en primeur.Cette année, Downsizing, le nouveau film d\u2019Alexander Payne (Sideways, Nebraska), ouvrira la 74e Mostra internazionale d\u2019arte cinematografica di Venezia.Matt Damon et Kristen Wiig en sont les têtes d\u2019affiche.Un volet compétitif ?La compétition vénitienne est l\u2019une des plus relevées du circuit.Cette année, 21 longs métrages se disputeront le très convoité Lion d\u2019or, parmi lesquels, outre Downsizing, Mother ! (Darren Aronofsky), The Shape of Water (Guillermo del Toro), Suburbicon (George Clooney), Mektoub My Love (Abdellatif Kechiche), La villa (Robert Guédiguian) et Human Flow (Ai Weiwei).Le jury, qui sera présidé cette année par Annette Bening, a souvent tendance à récompenser les œuvres plus pointues (The Woman Who Left de Lav Diaz l\u2019an dernier).Le dernier film québécois à avoir concouru pour le Lion d\u2019or, Tom à la ferme (Xavier Dolan), avait été écarté du palmarès officiel, mais avait obtenu le prix de la critique internationale.Les primeurs À quelques exceptions près, la plupart des films sélectionnés à Venise sont présentés en primeur mondiale.À cet égard, la Mostra peut profiter de sa position avantageuse dans le calendrier.En plus de la section compétitive et hors concours, le festival compte une autre section officielle (Horizons est un peu l\u2019équivalent d\u2019Un certain regard à Cannes), à laquelle viennent se greffer aussi deux sections parallèles, Venice Days et La semaine internationale de la critique.C\u2019est dans le cadre de Venice Days que Denis Villeneuve a lancé Incendies en 2010.Il en fut de même pour Jean-Marc Vallée, et deux fois plutôt qu\u2019une (C.R.A.Z.Y.en 2005 et Café de Flore en 2011).Les vedettes La présence des têtes d\u2019affiche des films sélectionnés à la Mostra est incontournable (et pratiquement requise comme à Cannes).Elles ne se font pas prier, remarquez.L\u2019endroit est l\u2019un des plus spectaculaires de la planète et les photos des stars arrivant au Lido dans des yachts de luxe font rapidement le tour du monde.Cette année, Julianne Moore, Jennifer Lawrence, Matt Damon, George Clooney, Javier Bardem et bien d\u2019autres sont attendus.Rappelons que Kim Nguyen sera le seul représentant québécois à Venise cette année.Eye on Juliet, un film qu\u2019il a tourné en anglais, met en vedette Lina El Arabi et Joe Cole.L\u2019histoire Organisé sous le chapeau de la Biennale de Venise, le festival de cinéma a vu le jour en 1932.Deux ans plus tard, on y attribuait la Coupe Mussolini.Le Palais du cinéma, l\u2019auguste édifice dans lequel ont lieu les projections les plus prestigieuses, a été érigé en 1937.Ce n\u2019est toutefois qu\u2019en 1948 que le Prix du Lion de San Marco a été attribué pour la première fois.Après les années tumultueuses de la décennie 70, pendant laquelle le volet compétitif a été supprimé, la Mostra a pu se repositionner au cours des années 80 et 90, même si le Festival de Cannes détient incontestablement le titre du festival le plus prestigieux du monde.Sous la gouverne d\u2019Alberto Barbera depuis 2012, la Mostra de Venise peut assurément revendiquer son statut de membre du carré d\u2019as des grands festivals (avec Cannes, Berlin et Toronto).En 2017, la Mostra propose sa 74e édition.FESTIVAL DE TELLURIDE Du 1er au 4 septembre Position stratégique On classe le plus secret des grands festivals de cinéma (le plus court aussi) dans une catégorie à part.Sa programmation, constituée d\u2019une trentaine de longs métrages triés sur le volet, n\u2019est annoncée que la veille de la soirée d\u2019ouverture.Une sélection dans ce festival niché dans les montagnes du Colorado assure une visibilité immédiate auprès des grands médias américains spécialisés.D\u2019où son importance stratégique, car un accueil favorable à cet événement entraîne une forte rumeur ensuite à Toronto et à New York.Tous les intervenants importants du cinéma mondial s\u2019y rassemblent dans une atmosphère conviviale, à l\u2019abri du regard des journalistes, très peu présents.Tenant à préserver son caractère sélectif, le festival oblige en effet les membres de la presse désirant obtenir une accréditation à acheter la passe Festival, moyennant la somme de 780 $US.Un volet compétitif ?Il n\u2019y a aucun volet compétitif à Telluride.Cependant, une sélection dans le Main Program constitue déjà une forme de consécration.La majorité des longs métrages retenus par les sélectionneurs ont de fortes chances d\u2019être ceux dont on parlera au cours de la prochaine saison des récompenses.Il est à noter qu\u2019environ le tiers de la sélection est consacré à des productions internationales, tournées dans d\u2019autres langues que l\u2019anglais.En 2010, Denis Villeneuve, venu directement de Venise, avait assisté à Telluride à la première nord-américaine d\u2019Incendies pour ensuite se diriger vers Toronto.Prisoners (2013) et Arrival (2016) ont aussi été présentés là-bas.Il y a trois ans, Xavier Dolan était revenu enchanté de son expérience après y avoir présenté Mommy.La même année, Jean-Marc Vallée a lancé Wild.Les primeurs On compte habituellement quelques primeurs mondiales dans la sélection de Telluride, mais surtout des premières nord-américaines.On retient notamment quelques titres déjà primés plus tôt cette année à Berlin ou à Cannes, et l\u2019on n\u2019hésite pas à mettre aussi en valeur des longs métrages lancés quelques jours plus tôt à la Mostra de Venise.Un film digne de la tournée Venise \u2013 Telluride \u2013 Toronto risque de véritablement faire partie des œuvres marquantes de l\u2019année.Ce fut le cas l\u2019an dernier pour La La Land (Damien Chazelle), Arrival (Denis Villeneuve) et Frantz (François Ozon).Moonlight, lauréat de l\u2019Oscar du meilleur film cette année, a été présenté à Telluride en primeur mondiale.Les vedettes Même s\u2019il accueille la crème du cinéma international, le festival de Telluride joue la carte de la discrétion.Plutôt que de miser sur le faste des tapis rouges, on préfère ici rendre hommage à différentes personnalités.Par exemple, l\u2019actrice Amy Adams a fait l\u2019objet d\u2019un coup de chapeau l\u2019an dernier, à la faveur de la présentation du film de Denis Villeneuve, Arrival.Il en a été de même pour le cinéaste chilien Pablo Larraín et son Neruda, ainsi que pour Casey Affleck.La performance de l\u2019acteur dans Manchester by the Sea, lancé au festival de Sundance huit mois plus tôt, a alors été véritablement mise en piste pour la prochaine course aux Oscars.À qui le festival rendra-t-il hommage cette année?Nous l\u2019apprendrons dans quelques jours.L\u2019histoire Fondé en 1974, le Telluride Film Festival a toujours misé sur son caractère plus intime, afin de favoriser les échanges informels entre les différents intervenants du milieu du cinéma.Depuis une dizaine d\u2019années, ce festival a gagné en prestige et en importance sur le plan stratégique.Ses annonces tardives et sa propension à attirer vers lui les primeurs les plus attendues de la rentrée ont soulevé l\u2019ire des bonzes du TIFF, qui ont parfois dû modifier le statut d\u2019une «primeur mondiale» d\u2019abord annoncée chez eux.Cette confrontation directe \u2013 et très publique \u2013 entre les deux festivals semble être maintenant atténuée.Le festival de Telluride en sera à sa 44e édition cette année.LES GRANDS FESTIVALS DE CINÉMA DE LA RENTRÉE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 ARTS CINÉMA MARC-ANDRÉ LUSSIER Angelina Jolie PHOTODENIS BALIBOUSE, REUTERS Matt Damon PHOTOMIKE SEGAR, REUTERS Emma Stone PHOTO ROBYN BECK, AFP Shia LaBeouf PHOTO JOEL RYAN, INVISION, AP Last Flag Flying, de Richard Linklater, sera le film d\u2019ouverture du NYFF.PHOTO JACK PLUNKETT, INVISION/AP Brian Cranston, l\u2019une des têtes d\u2019affiche de la comédie dramatique Last Flag Flying PHOTO ANDY KROPA, INVISION/AP La présentation du plus récent film de Woody Allen,Wonder Wheel, clôturera le festival.PHOTOCHRIS PIZZELLO, INVISION/AP Kate Winslet est l\u2019une des vedettes deWonder Wheel.PHOTO JOEL RYAN, INVISION/AP Même s\u2019ils s\u2019arrachent les mêmes productions attendues, les grands festivals internationaux de cinéma de la rentrée ont chacun leur spécificité.La Presse brosse aujourd\u2019hui le portrait de la Mostra de Venise, ainsi que des trois festivals d\u2019envergure qui s\u2019enchaînent au cours du prochain mois en Amérique du Nord : Telluride, Toronto et New York.EMIS FESTIVAL DU FILM DE NEW YORK (NYFF) Du 28 septembre au 15 octobre Position stratégique Dans les faits, le festival du film de New York n\u2019a pas l\u2019importance stratégique des trois autres grands festivals de la rentrée, mais il parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu en présentant en primeur des films attendus et inédits, même si sa soirée d\u2019ouverture a lieu près de deux semaines après la fin du TIFF.La catégorie principale du NYFF est Main Slate, une sélection dans laquelle on retrouve les grands titres internationaux déjà primés ailleurs (entre autres The Square de Ruben Östlund, Palme d\u2019or à Cannes).Plusieurs autres catégories (documentaires, films expérimentaux, rétrospectives) viennent compléter une sélection destinée principalement à de fervents cinéphiles.Un volet compétitif ?Comme dans la plupart des festivals de cinéma nord-américains, il n\u2019y a pas de volet compétitif à New York.On mise plutôt là-bas sur l\u2019encadrement des films qu\u2019on propose aux festivaliers.Ainsi, la plupart des équipes se déplacent au Lincoln Center pour participer aux différents événements organisés par le NYFF, notamment des panels, des discussions, des échanges avec les cinéphiles.Si les films de quelques cinéastes québécois ont eu l\u2019honneur de faire l\u2019objet de présentations spéciales hors festival au Lincoln Center (notamment Mommy de Xavier Dolan en 2014), aucun film d\u2019ici, sauf erreur, n\u2019a encore eu l\u2019honneur d\u2019être sélectionné au NYFF.Les primeurs La direction du NYFF n\u2019a jamais vraiment été obsédée par les primeurs, mais le fait est que, bon an, mal an, elle attire quelques productions américaines de prestige qui ont sans doute été aussi dans la ligne de mire des autres grands festivals.Cette année, le film d\u2019ouverture est Last Flag Flying, la nouvelle offrande de Richard Linklater (Boyhood, Everybody Wants Some! !).Les têtes d\u2019affiche de cette comédie dramatique sont Bryan Cranston, Steve Carell et Laurence Fishburne.La soirée de clôture sera marquée par la présentation du plus récent film de Woody Allen, Wonder Wheel.Kate Winslet, Justin Timberlake, James Belushi et Juno Temple sont les têtes d\u2019affiche de ce film produit par Amazon Studio.Les vedettes Hé! C\u2019est New York! Les stars font pratiquement partie du tissu urbain et n\u2019ont nul besoin de parader indéfiniment sur les tapis rouges pour briller.On préférera ici les recevoir dans un contexte de discussion et les entendre parler de leur art.Cette année, on attendra bien entendu les équipes de Last Flag Flying (Richard Linklater) et Wonder Wheel (Woody Allen), de même que celles de plusieurs films déjà présentés à Cannes.L\u2019histoire Fondé en 1963 sous les auspices de l\u2019organisation Film Society of Lincoln Center, le New York Film Festival est dirigé depuis 2013 par Kent Jones, qui préside un comité formé de cinq sélectionneurs.Destiné avant tout aux cinéphiles new-yorkais, le NYFF n\u2019a jamais eu l\u2019ambition de s\u2019imposer parmi les plus grands festivals de cinéma du monde, mais sa position dans le calendrier fait en sorte que des titres encore inédits peuvent s\u2019insérer dans une saison où la prochaine course aux récompenses est en train de se dessiner.Cette année, le NYFF célèbre son 55e anniversaire.FESTIVAL DE TORONTO (TIFF) Du 7 au 17 septembre Position stratégique Depuis maintenant une vingtaine d\u2019années, tous les intervenants du cinéma mondial convergent vers la Ville Reine pour ce rendez-vous incontournable.Au menu gargantuesque des films s\u2019ajoute aussi un important marché, pendant lequel sont souvent conclues des transactions amorcées quelques mois plus tôt à Cannes.La nature non compétitive de l\u2019événement est aussi très attirante pour les grands studios hollywoodiens, qui viennent ici lancer des productions susceptibles d\u2019être remarquées pour la prochaine saison des récompenses.Cet immense programme \u2013 dont font aussi partie les œuvres internationales les plus attendues \u2013 comporte toutefois un revers.Pour les productions plus modestes, il devient très difficile de se faire valoir au milieu de la masse.Un volet compétitif ?En 2015, le TIFF a instauré Platform, une section compétitive qui, contrairement aux autres festivals, ne constitue pas l\u2019épine dorsale de la programmation.L\u2019an dernier, le jury a attribué le prix Platform à Jackie (Pablo Larraín).Fait à noter, Moonlight (Barry Jenkins), lauréat de l\u2019Oscar du meilleur film quelques mois plus tard, était aussi admissible à ce prix.Douze longs métrages ont été sélectionnés cette année, mais on ne trouve aucun film canadien en lice.Les deux prix les plus prestigieux du TIFF restent le prix du public (attribué à La La Land l\u2019an dernier) et le prix du meilleur long métrage canadien (décerné en 2016 à Ceux qui font les révolutions à moitié n\u2019ont fait que se creuser un tombeau, un film coréalisé par Mathieu Denis et Simon Lavoie).Les primeurs La chasse aux primeurs mondiales fut un temps une obsession pour les sélectionneurs.Au point où la direction a déjà menacé les producteurs et artisans de reléguer les présentations de leurs films dans les derniers jours du festival s\u2019ils se laissaient tenter par Venise et, surtout, Telluride.Si le public remplit les salles pendant toute la durée du TIFF, il n\u2019en est pas du tout de même de la vaste majorité des professionnels.Sentant bien le possible effet de ressac qu\u2019a provoqué cette ligne dure, le TIFF se montre aujourd\u2019hui beaucoup plus conciliant.Après tout, la notion de primeur mondiale est-elle si importante?Les vedettes Chaque année, la liste des vedettes attendues au TIFF donne le vertige.On l\u2019explique par le très grand nombre de films sélectionnés, mais aussi par le fait que les grands studios et les distributeurs profitent de l\u2019occasion pour organiser des rencontres entre les artisans des films et les membres de la presse nord-américaine, tous déjà sur place.Plusieurs de ces artisans viendront de Venise et de Telluride ; d\u2019autres s\u2019envoleront directement vers la Ville Reine.Shia LaBeouf, vedette du film d\u2019ouverture Borg/McEnroe (Janus Metz), Angelina Jolie, Emma Stone, Jennifer Lawrence, Armie Hammer, Benedict Cumberbatch, George Clooney et Matt Damon ne sont que quelques-unes des stars qui fouleront les tapis rouges du TIFF dans deux semaines.L\u2019histoire Fondé en 1976, soit un an avant le Festival des films du monde de Montréal, le Festival of Festivals avait à sa naissance le mandat de présenter aux cinéphiles torontois les meilleurs films de l\u2019année, principalement du côté anglophone.Ce festival a pris son véritable envol le jour où les grands studios américains ont fait du TIFF leur rampe de lancement pour leurs productions de prestige, entraînant dans leur sillage tout le gratin international.Depuis les années 90, le festival de Toronto donne le ton de la rentrée cinématographique en Amérique du Nord.Son succès ne se dément pas auprès du public torontois ni auprès des professionnels.Il en sera à sa 42e édition cette année.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 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sixième album solo, Mon party country, où elle interprète tant du Bob Dylan et du Stephen Faulkner que des Cowboys Fringants.Elle montera sur scène plusieurs fois lors du NomadFest Rodéo urbain ce week-end, en plus d\u2019avoir participé à l\u2019élaboration du programme.Elle sera plus tard à Saint- Tite et au cabaret du Casino de Montréal, sans oublier son émission de radio.(veroniquelabbe.com) \u2013 Propos recueillis par Mario Cloutier Le mélange des genres en musique «Si on ne vivait pas avec une diversité des cultures, on resterait avec d\u2019anciens modèles, sans évoluer.On s\u2019ouvre à la vie avec différents styles musicaux.C\u2019est pour ça que la diversité est importante.» Juger le country quétaine «Tous les styles peuvent être quétaines selon la personne qui chante.On est tous le quétaine de quelqu\u2019un d\u2019autre.Aimer trop la vie, c\u2019est quétaine ?Dans le country, on parle de choses de la vraie vie qui touchent les gens.Ça veut dire que la vie est quétaine ?Non.» Le country humoristique «Faire une chanson humoristique, c\u2019est très difficile, parce que c\u2019est facile justement de tomber dans le quétaine.Cayouche, Les Trois Accords, ce sont des personnages.Ils doivent trouver des sujets et une écriture pour faire rire les gens sans les offusquer.C\u2019est pas évident.» La danse en ligne «J\u2019aime la musique festive.Ce qu\u2019il y a de beau dans la musique country, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une danse avec ton partenaire, souvent ton conjoint, et que c\u2019est passionnel.Voir des personnes de tout âge partager cette danse-là, c\u2019est génial.» Les suprémacistes blancs qui ont utilisé l\u2019image de Johnny Cash «Je trouve ça dommage d\u2019utiliser une personne décédée pour endosser un groupe ou une idéologie.Pourquoi identifier Johnny Cash à ça ?Johnny Cash était un électron libre.Ici, il aurait rempli le Centre Bell, alors qu\u2019il avait de la difficulté à remplir ses salles là-bas.» Un rodéo en ville «Je connais les dirigeants depuis 20 ans.Je sais à quel point ils prennent soin de leurs animaux.Ils les connaissent tous par leur nom.Ils savent tout de leurs qualités, de leurs défauts et de leurs besoins.Pourquoi pas ?Il y a beaucoup d\u2019animaux domestiques bien plus maltraités.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 6 A O Û T 2 0 1 7 "]
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