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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Arts - Cinéma
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2017-09-23, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA GRANDEENTREVUE LES JARDINS ENCHANTÉS DEMARIE CHOUINARD PAGE 2 BATTLEOFTHESEXES LEMATCHDE TENNIS QUI A CHANGÉ L\u2019AMÉRIQUE PAGE 9 PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Steve Carell et Emma Stone CONVERSATIONOUVERTE AVEC PAUL ARCAND De retour au petit écran avec Conversation secrète sur les ondes de TVA, Paul Arcand rencontrera demain soir dans le cadre du premier épisode l\u2019ex-infiltrée au sein du FLQ Carole Devault.L\u2019animateur vedette du 98,5 FM s\u2019est entretenu avec notre chroniqueur Patrick Lagacé à propos de sa nouvelle émission et de l\u2019avenir de journalisme.À LIRE EN PAGES 6 ET 7 CÉDRIC KLAPISCH LE FIL CONTINU PAGE 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 FESTIVALINTERNATIONAL DE LA LITTÉR A TU R E SALUT GALARNEAU! LES 50 ANS DU ROMAN DE JACQUES GODBOUT UN SPECTACLE D\u2019ALEXIS MARTIN avec Pierre Curzi, Benoit Drouin-Germain et Antony Rozankovic JEUDI 28 SEPTEMBRE \u2013 20 H ARTS DANSE NATHALIE PETROWSKI GRANDE ENTREVUE L a c h o r é g r a p h e Marie Chouina rd a tout , tout pour être heureuse : une réputation enviable sur la scène internationale, une compagnie de danse qui n\u2019a accumulé aucun déficit depuis des années et qui rayonne et tourne partout dans le monde, des prix et des trophées plein son placard, son nom dans les dictionnaires, un espace de création tout blanc sur trois étages devant le mont Royal, le poste de directrice de la Bienna le de la danse de Venise qui lui permet de passer trois mois à Venise par année jusqu\u2019en 2020, des invitations à Monaco, Milan, Vienne, Berlin ou les Pays-Bas pour créer de nouvelles chorégraphies, le même amoureux depuis 20 ans, un fils acteur de 20 ans en pleine ascension et quoi encore?Marie Chouinard a tout pour être heureuse et, contrairement à des artistes aussi intenses, sulfureux et électriques qu\u2019elle, Marie Chouinard est heureuse.Remercie la vie chaque jour.La remercie non seulement pour sa bonne fortune et sa bonne santé, mais elle remercie la vie pour une chose aussi simple que d\u2019être.née.C \u2019e s t v r a i que s i u ne autre était née à la place de Marie Chouinard, la danse québécoise n\u2019aurait pas été la même.Non pas qu\u2019elle soit la seule chorégraphe que le Québec a vu naître et rayonner, mais disons qu\u2019en ce moment et depuis plus de 10 ans, elle en est sa plus puissante et lumineuse ambassadrice.À quelques jours des premières mont réa la ises au Théât re Ma isonneuve de deux nouvelles œuvres \u2013 Soft virtuosity, still humid on the edge, créée en Allemagne, et Jérôme Bosch : le jardin des délices, chorégraphiée dans le cadre du 500 e anniversaire de la mort du peintre néerlandais \u2013, Marie Chouinard m\u2019attendait dans son bureau en face du mont Royal.Pieds nus, en tunique et leggings noirs, ses longs cheveux blonds comme un voile qui l\u2019enveloppe et la protège, la chorégraphe m\u2019a précédée dans la vaste pièce, toute blanche, sommairement meublée, cernée de rideaux blanc cassé et affichant aux murs un tout petit tableau, un seul : un collage dans les mêmes tons que la pièce et portant la signature de son amoureux, l\u2019artiste visuel Denis Pellerin.Il était midi.À l\u2019étage en dessous, la dizaine de danseurs permanents qui constituent sa compagnie commençaient à se réchauffer dans une chaleur accablante.Pendant ce temps-là, leur chef, guide, chamane, chorégraphe et directrice générale n\u2019économisait pas les superlatifs pour décrire sa compagnie comme une grande compagnie de danse internationale, et ses chorégraphies comme des chefs-d\u2019œuvre.Sortant d\u2019une autre bouche que celle de Marie Chouinard, ces superlatifs auraient été non seulement prétentieux et vantards, mais insupportables.Mais Marie Chouinard a une façon de se lancer des compliments tellement sincère et joyeuse qu\u2019on ne peut qu\u2019être d\u2019accord avec elle.Sans compter que la réalité des chiffres est là pour lui donner raison.Une compagnie ne peut pas tourner à ce point dans le monde entier comme la sienne si elle ne fait pas partie des ligues majeu res .L a compagn ie Marie Chouinard est effectivement une grande compagnie internationale qui tient des auditions partout et attire la crème des danseurs internationaux.Quant aux chefs- d\u2019œuvre chorégraphiques qui portent sa signature, ce sont effectivement des œuvres fortes, radicales et puissantes.«On peut ne pas les aimer, c\u2019est inévitable, nuance-t-elle, mais on ne peut nier que ce sont des œuvres qui offrent au public une expérience à la fois artistique, sensorielle, psychique, organique et esthétique.» Le verre à moitié plein Je lui rappelle que la première fois que je l\u2019ai vue dans une salle de l\u2019UQAM dans une performance où elle devait faire pipi dans un pot, je n\u2019aurais pas parié sur sa pérennité d\u2019artiste.Je lui dis qu\u2019elle en a fait, du chemin, depuis.Mais elle me corrige immédiatement.À ses yeux, elle a toujours été animée par le même feu, par la même détermination et par la même volonté d\u2019arriver à ses fins.« Depuis le début, je tire sur une petite ligne qui n\u2019a jamais arrêté de monter et de se déployer.Lentement, peut- être.Mais sûrement.» En d\u2019autresmots, ne pas arriver au sommet n\u2019était pas une option pour Marie Chouinard.La chorégraphe appartient à cette catégorie de gens qui ne laissent jamais les idées noires et les pensées négatives les parasiter.Immanquablement, elle voit les choses d\u2019un œil positif.C\u2019est plus fort qu\u2019elle.«C\u2019est un choix, affirme-t- elle.Ce n\u2019est pas que je manque de lucidité.Je vois bien l\u2019état du monde, les horreurs des humains, mais je choisis consciemment d\u2019aller vers la puissance et la luminosité des choses.Je me souviens du jour où j\u2019ai pris conscience de cela.J\u2019étais petite et je revenais d\u2019une balade dans le bois avec une amie.Nous avions vécu exactement la même chose mais en le racontant, elle décrivait l\u2019expérience en termes négatifs alors que moi, j\u2019en étais sortie enchantée.Je pense avoir compris à ce moment-là que c\u2019est notre esprit qui dicte notre perception des choses et qu\u2019il n\u2019en tient qu\u2019à nous, finalement.» Dire que les œuvres de Chouinard ref lètent cette manière de penser ne serait pas tout à fait juste.Ses chorégraphies sont intenses , pu issantes , ton it ruantes , déjantées, animales.Bref, elles n\u2019ont rien de reposant ou d\u2019apaisant.On ne choisit pas du Marie Chouinard pour voir la vie en rose et relaxer.Son Jardin des délices, inspiré par le tableau de Jérôme Bosch, a beau débuter de manière presque bucolique, le chaos et l\u2019éclatement ne sont jamais très loin.Idem pour Soft virtuosity, still humid on the edge, où les danseurs, empêtrés dans leurs vêtements, se muent parfois en pantins désarticulés sur l\u2019élec- troacoustique inquiétante de Louis Dufort, le compositeur fétiche de la chorégraphe.«Elle fait grimper le danseur au rideau pour atteindre des zones charnelles et émotionnelles où le vivant triomphe avant tout», écrivait à son sujet le critique de danse du journal Le Monde.L\u2019image est belle et décrit bien ses danseurs presque nus \u2013 « Lâchez-moi avec la nudité », dit-elle \u2013 qui se tordent, se plient, se désarticulent et se ré-articulent, lançant la machine de leur corps comme un train furieux dans la nuit.Marie Chouinard aimerait vivre éternellement, quitte à vieillir éternellement.Ce ne sera malheureusement pas possible.Reste qu\u2019à 62 ans, avec l\u2019énergie, l\u2019enthousiasme et l\u2019optimisme qui l\u2019habitent, l\u2019avenir lui appartient autant que le passé.Le cri du monde et Soft virtuosity, still humid on the edge, 26, 27 septembre ; Jérôme Bosch : le jardin des délices, 28 septembre au Théâtre Maisonneuve.Les jardins enchantés de Marie Chouinard La compagnie Marie Chouinard est une grande compagnie internationale qui tient des auditions partout et attire la crème des danseurs internationaux.Quant aux chefs-d\u2019œuvre chorégraphiques qui portent sa signature, ce sont effectivement des œuvres fortes, radicales et puissantes.PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Marie Chouinard n\u2019est pas la seule chorégraphe que le Québec a vu naître et rayonner, mais disons qu\u2019en ce moment et depuis plus de 10 ans, elle en est sa plus puissante et lumineuse ambassadrice, croit Nathalie Petrowski.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS MUSIQUE Welcome bonheur, leur cinquième album en 17 ans, arrive après quatre ans de silence.Quatre années où les membres de Kaïn ont continué à faire des spectacles, mais ont aussi pris le temps de se ressourcer.Discussion à bâtons rompus avec le chanteur et principal parolier du groupe, Steve Veilleux, et le bassiste Éric Maheu.JOSÉE LAPOINTE POURQUOIWELCOME BONHEUR ?«Ça allait de soi, dit Steve Veilleux.On s\u2019est installés enfin, on aspire à plus de calme et de sérénité.On a apporté cet équilibre sur le disque et dans nos familles.On touche enfin à ce bonheur dans toute sa simplicité.» Quatre ans séparent leur précédent album de Welcome bonheur, ce qui leur a permis d\u2019essayer différents projets chacun de leur côté.Mais c\u2019est le disque que Steve Veilleux a consacré aux poèmes de Gérald Godin en 2016 qui a eu le plus d\u2019influence sur eux.«C\u2019est un projet qui nous a allumés, confirme Éric Maheu.Ça nous a donné de l\u2019ouverture d\u2019esprit et une nouvelle approche pour les textes.» Steve Veilleux opine.« Tu ne rentres pas en studio si tu n\u2019as pas quelque chose de nouveau à dire, si tu ne penses pas être meilleur.Ce détour qui n\u2019en est pas un, il fallait le faire, parce que plusieurs chansons de cet album n\u2019auraient pas pu être écrites.» POURQUOI VIEILLIR?On le sent dans les nouvelles chansons de Kaïn : la vie rock and roll, qui fut trépidante et joyeuse, est terminée pour eux.Vieil l i r, dit Éric Maheu, leur a permis d\u2019atteindre une certaine sagesse, et de prendre du recul.«On n\u2019a jamais été aussi en forme», dit le bassiste, qui ne regrette pas ses années de party, mais qui est content d\u2019être passé à une autre étape.«J\u2019ai eu du fun noir, mais j\u2019en ai encore ! Plus que jamais, même.Ces gestions émotionnelles de lendemain de veille, ça complique la vie.» «On l\u2019a fait naïvement, comme on rêvait de le faire, sans demi-mesure, ajoute Steve Veilleux.À l\u2019époque, tu nous aurais parlé d\u2019équilibre dans une entrevue et on serait partis ! Ma phrase typique, c\u2019était : le juste milieu me lève le cœur.Si je trouve ça drôle, c\u2019est parce qu\u2019on a réussi à tourner la page.» POURQUOI ÊTRE DANS UN GROUPE?«Il y a une force dans le groupe, avance Steve Veilleux.Les victoires sont multipliées par quatre, les défaites, absorbées et réparties.» Éric Maheu est d\u2019accord.«C\u2019est drette ce que j\u2019allais dire.On prend et on donne des coups ensemble, on fait des mauvais coups ensemble.Et puis, sans sortir la théorie des kids dans le carré de sable.» Steve : «Ça y est, tu l\u2019as dit !» (rires).Éric Maheu continue.«Mais tu sais, j\u2019ai essayé de faire des affaires en solo.Je joue avec les trois quarts du bottin de l\u2019Union, mais je reviens toujours à Kaïn, ma famille.C\u2019est comme si j\u2019allais dans un orphelinat chaque fois que je joue avec quelqu\u2019un d\u2019autre.» POURQUOI FAIRE ENCORE DES DISQUES?«Nous, ce qu\u2019on aime, c\u2019est faire des shows, dit Steve Veilleux.C\u2019est pour ça qu\u2019on fait une tournée de lancement avant même de partir en tournée! Mais il me semble que ce serait effronté de ne pas avoir un nouvel album avec nous.Ce serait paresseux et égoïste de ne pas vouloir se jeter dans des zones dangereuses de création, de proposer juste une ou deux chansons et de se servir de ça comme prétexte pour faire une nouvelle tournée.Ce serait gênant.» POURQUOI VOS CHANSONS FONCTIONNENT-ELLES PLUS EN RÉGIONQU\u2019EN VILLE?«C\u2019est souvent une question de perception médiatique», dit Steve Veilleux, qui affirme que Kaïn remplit ses salles autant à Montréal qu\u2019ailleurs au Québec.«Mais c\u2019est vrai que la portée rassembleuse de notre musique nous permet de jouer partout, tout le temps.On est conscients de ça, on ne le nie pas.Les gens de toutes ces belles régions s\u2019associent et s\u2019identifient à nous.» C\u2019est clair, Kaïn n\u2019attend ni après les radios ni après les critiques.«On a une belle place dans le portrait musical québécois, dit Steve Veilleux.La place qu\u2019on s\u2019est travaillée, parce qu\u2019on n\u2019a certainement rien gagné avec Kaïn, on est fiers de l\u2019avoir et les gens nous le rendent bien.» POURQUOI UN NOUVEAU KAÏN?Si Welcome bonheur a été enregistré par le noyau original du groupe, formé de Steve Veilleux, Éric Maheu, Yanick Blanchette (batterie) et Patrick Lemieux (guitare), ce dernier a quitté le bateau à la fin du processus.«L\u2019enregistrement d\u2019un album, c\u2019est un gros partage d\u2019intimité, dit Steve Veilleux.En voyant la tournée qui s\u2019en venait, Pat a eu moins le goût de s\u2019impliquer.Ç\u2019a été le bout de la route.» Les trois membres restants ont vite pensé à John-Anthony Gagnon-Robinette, un jeune guitariste de 26 ans, pour le remplacer.«J\u2019aime son énergie, sa vibe, sa transparence, dit Éric Maheu.Il a du vécu et, même s\u2019il est plus jeune, il nous rattrape en âge.C\u2019est un gars d\u2019équipe, il est toujours on, il a de l\u2019âme et son rire est tout à fait contagieux.» FOLK-ROCK KAÏN WELCOME BONHEUR MUSICOR Le nouvel équilibre de Kaïn PHOTODAVID BOILY, LA PRESSE Kaïn juste avant de monter sur la scène du Club Soda jeudi dernier à Montréal : Yanick Blanchette, John-Anthony Gagnon-Robinette, Steve Veilleux et Éric Maheu.Pour souligner la sortie de son disque, le groupe a organisé pas moins de six lancements.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Partenaire de saison En vente aussi à Partenaires publics OSM.CA | 514 798-3586 DÉCOUVREZ NOS INCONTOURNABLES DE L\u2019AUTOMNE CHARLES RICHARD-HAMELIN ET LAMUSIQUE RUSSE Un concert épatant avec leConcerto no 3 pour piano de Proko?ev interprété par l\u2019un des pianistes les plus en vogue de sa génération.Œuvres de Ravel, Scriabine, Proko?ev et Debussy Laissez-vous emporter par l\u2019intensité expressive du fameux Adagio pour cordes de Barber et le célèbre Alborada del gracioso de Ravel.Également au programme : desœuvres de John Estacio, Tomasi et Bernstein Fougueuse et éclatante de virtuosité, Rhapsodie sur un thème de Paganini, fait ici contraste avec l\u2019impressionnante octobasse jouée dans lesœuvres d\u2019Adams.L\u2019intensité de Roméo et Juliette vous fera revivre l\u2019émoi de vos premières amours tandis que l\u2019expression des tourments de Tchaïkovski vous bouleversera dans sa 4e Symphonie.11 OCT 20h 14 OCT 20h 15 OCT 14h30 4OCT 20h 5OCT 10h30 5OCT 19h 1 NOV 20h 2 NOV 20h 4 NOV 20h 15 NOV 19h 16 NOV 20h DE RAVEL À BARBER RACHMANINOV ET ADAMS LES AMOURS DE TCHAÏKOVSKI Adam Johnson, chef d\u2019orchestre Charles Richard-Hamelin, lauréat du Concours Chopin Kent Nagano, chef d\u2019orchestre Steven Isserlis, violoncelle ABONNEZ-VOUS ET ÉCONOMISEZ! 4 concerts ou + vous séduisent ?Obtenez jusqu\u2019à 20%de rabais en vous abonnant à la carte BILLETS À PARTIR DE 45$ taxes en sus ARTS LECTURE Une semaine après la publication de la version originale (What Happened), la traduction du livre d\u2019Hillary Clinton, Ça s\u2019est passé comme ça, arrive en librairie aujourd\u2019hui.Vous croyez tout savoir sur les confidences de l\u2019ex-candidate à la présidence?Voici cinq bonnes raisons pour lesquelles ce livre vaut la peine d\u2019être lu.ÇA S\u2019EST PASSÉ COMME ÇA Pourquoi il faut lire le livre d\u2019Hillary Clinton PHOTO ANDREW KELLY, ARCHIVES REUTERS L\u2019Hillary Clinton qui se dévoile dans le livre Ça s\u2019est passé comme ça est plus rieuse, plus humaine et plus sympathique que le personnage public auquel nous sommes habitués.NATHALIE COLLARD PARCE QUE C\u2019EST BIEN ÉCRIT Contrairement à son dernier livre, Le temps des décisions (Hard Choices), qui était ni plus nimoins que son programme politique préélectoral, ce livre est beaucoup plus intéressant et agréable à lire.Bien sûr, on se doute qu\u2019il y a une équipe de rédacteurs autour de Mme Clinton, qui a écrit, peaufiné, vérifié et soupesé probablement chaque confidence et chaque anecdote de ce livre.Les trois principaux auteurs sont d\u2019ailleurs remerciés à la fin du livre ainsi que les dizaines de personnes qui ont collaboré, de près ou de loin, à l\u2019élaboration de l\u2019ouvrage.On devine, donc, que rien n\u2019a été laissé au hasard.Malgré tout, ça reste un bon livre.PARCE QUE C\u2019EST RACONTÉ AVEC HONNÊTETÉ On l\u2019a dit plus haut, ce genre de livre ne s\u2019écrit pas seul.On sent tout de même l\u2019être humain entre les l ignes .Hillary Clinton se dévoile.Elle le dit d\u2019entrée de jeu, elle a laissé tomber la garde pour ce bouquin.Celle à qui on a toujours reproché son armure et son souri re plaqué en toutes circonstances accepte de se dévoiler dans sa fragilité et son humanité.Est-ce qu\u2019elle aurait dû le faire plus tôt ?On se pose la question.Car l\u2019Hillary Clinton qui se dévoile dans ce livre est plus rieuse, plus humaine et plus sympathique que le personnage public auquel nous sommes habitués.On la croit lorsqu\u2019elle raconte avoir manqué d\u2019air quand elle a compris qu\u2019elle se dirigeait vers la défaite, le 8 novembre dernier.On est avec elle dans les jours qui suivent, lorsqu\u2019elle est assommée et que la culpabilité de ne pas avoir été à la hauteur des attentes des femmes l\u2019étouffe.Elle pourrait difficilement être plus sincère lorsqu\u2019elle décrit son abattement.Et qu\u2019elle avoue ne penser qu\u2019à « ça » depuis pratiquement un an.Ce qui n\u2019empêche pas que cette femme soit une véritable force de la nature.Alors que la plupart des gens se seraient roulés en boule sous l\u2019édredon, Hillary marche en forêt, voit ses petits- enfants et parle à ses amis au téléphone.À presque 70 ans, c\u2019est une dynamo, même dans l\u2019adversité.PARCE QU\u2019ON EN APPREND BEAUCOUP SUR LE DÉROULEMENT D\u2019UNE CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE Les déplacements, l\u2019élaboration des engagements et des promesses, les rencontres avec les électeurs sur le terrain, le travail d\u2019équipe, les médias, les nuits trop courtes, les siestes volées à droite et à gauche, les villes qui se suivent et se ressemblent, la pression sur la vie familiale, les repas-minute, l\u2019ambiance à bord d\u2019un bus ou d\u2019un avion.Pour ceux qui aiment les récits de campagne, c\u2019est un regard de l\u2019intérieur sur la vie quotidienne d\u2019une candidate.Bien sûr, on n\u2019y trouve pas autant de détails croustillants que dans un livre écrit par un journaliste, mais il reste qu\u2019on comprend mieux l\u2019incroyable organisation et l\u2019énergie requise de la part de ceux et celles qui aspirent au plus haut poste.PARCE QU\u2019HILLARY CLINTON REGARDE LES CHOSES EN FACE Contrairement à ce que bien des gens \u2013 surtout des adversaires \u2013 ont dit depuis la sortie de son livre, ce n\u2019est pas vrai qu\u2019Hillary Clinton n\u2019assume pas sa défaite.Elle reconnaît ne pas avoir été réceptive à la rage d\u2019une certaine portion de l\u2019électorat américain.De plus, elle constate que bien des gens ne l\u2019aiment tout simplement pas.Elle affirme qu\u2019elle aurait pu travailler encore plus fort.Elle reconnaît ses erreurs, certaines déclarations malheureuses, comme celle où elle a affirmé qu\u2019elle éliminerait les emplois dans les mines de charbon.Ce qui se voulait une promesse pro-environnement s\u2019est transformé en menace pour bien des travailleurs.Les aveux et les constats d\u2019Hillary Clinton ne l\u2019empêchent toutefois pas de cibler les raisons indépendantes de sa volonté qui ont contribué à sa défaite: le rôle du directeur du FBI, James Comey, l\u2019implication de la Russie et l\u2019hostilité de Bernie Sanders et de ses sup- porteurs sont toutes des raisons objectives qui ont joué contre la candidate démocrate.On voudrait qu\u2019une femme qui a consacré sa vie à la chose publique, qui a mené deux campagnes éprouvantes et qui a vu la victoire lui échapper de peu accepte tout cela sans broncher?Sachant de surcroît qu\u2019elle a remporté le vote populaire?Disons qu\u2019on a été moins dur à l\u2019endroit d\u2019Al Gore, qui revient encore sur sa défaite contre George W.Bush dans son dernier film, un film qui porte sur l\u2019environnement et non sur la politique.PARCE QUE C\u2019EST UN CONSTAT DUR ET HONNÊTE SUR LA PLACE DES FEMMES EN POLITIQUE La voix, la tenue, la coiffure.le moindre aspect de l\u2019apparence d\u2019Hillary Clinton a été scruté à la loupe au cours des dernières années.Tous les bons sentiments et les livres qui encouragent les femmes à se lancer en politique ne font pas le poids quand on lit le chapitre que l\u2019ex-candidate consacre à son expérience «en tant que femme».Qu\u2019une candidate de sa trempe, avec son CV, n\u2019ait pas réussi à faire valoir son expérience en dit long sur l\u2019accueil que réserve l\u2019électorat américain aux femmes qui aspirent aux plus hauts postes.Ce n\u2019est pas vrai que «quand on veut, on peut».Hillary voulait beaucoup, c\u2019est sans doute celle qui voulait le plus, et elle n\u2019a pas réussi.C\u2019est d\u2019autant plus décourageant que l\u2019ex-secrétaire d\u2019État a perdu contre un homme sans expérience qui a déjà raconté avoir harcelé et agressé sexuellement plus d\u2019une femme.On l\u2019aura compris, le livre d\u2019Hillary Clinton est tout sauf un conte de fées.Ça s\u2019est passé comme ça Hillary Rodham Clinton Fayard l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 SPÉCIAL PUBERTÉ DEMAIN DANS LA PRESSE+ MARIE-LYNE SENTAIT DE L\u2019AISSELLE UN JOUR SUR DEUX.HEUREUSEMENT, LA PUBERTÉ, ÇA FINIT PAR PASSER. ARTS VINCENT LAROUCHE Est-ce que la réalité montréalaise était trop extrême pour paraître vraisemblable ?Alors que les dramatisations de faits vécus portées à l\u2019écran ont souvent tendance à exagérer le réel pour le rendre plus spectaculaire, la minisérie Bad Blood, qui prend l\u2019affiche ce soir à City TV, propose plutôt une version atténuée du clan mafieux des Rizzuto.On s\u2019y laisse prendre malgré tout avec plaisir.Version romancée Basée sur un livre du journaliste Peter Edwards et du professeur Antonio Nicaso, Bad Blood est une version romancée d\u2019une partie de la vie du parrain de la mafia Vito Rizzuto, mort en 2013.Les événements, les noms et les dates ne collent pas tous fidèlement à la réalité, mais les dynamiques sont fidèlement représentées : le rôle de pacificateur, médiateur et unificateur de Rizzuto au sein du crime organisé, la révolte qui a éclaté pendant son emprisonnement aux États-Unis, puis sa vengeance sanglante lorsqu\u2019il est revenu à Montréal.Un Vito réussi Une des grandes forces de la série est le comédien Anthony LaPaglia.L\u2019acteur d\u2019origine australienne, fils d\u2019un immigré italien, a bien saisi l\u2019essence de la personnalité de Vito Rizzuto.La confiance maîtrisée, le calme, le charisme et l\u2019impitoyabi- lité, souvent cités comme des traits de caractère distincts du mafieux montréalais dans la réalité, se reflètent bien dans son personnage.L\u2019acteur canadien Kim Coates (qu\u2019on a vu dans Sons of Anarchy) est aussi remarquable dans son rôle de caïd.Moins clichés que les vrais La véritable famille Rizzuto était l\u2019archétype de la vieille tradition mafieuse et incarnait plusieurs clichés des films de gangsters.Le patriarche Nicolo, avec son chapeau de feutre et son long manteau, semblait tout droit sorti du Parrain de Coppola.Des images le montraient carrément en train de glisser des liasses de billets dans ses chaussettes à l\u2019arrière d\u2019un café italien.L\u2019entourage du clan était formé d\u2019un petit groupe de familles siciliennes dont les descendants se mariaient ensemble de génération en génération : Vito avait lui-même épousé sa cousine germaine.La série dresse un portrait beaucoup moins stéréotypé.Les personnages font plus modernes.On ajoute même un bras droit fictif d\u2019origine irlandaise à Rizzuto pour diversifier le portrait.Moins de morts Est-ce parce qu\u2019on craignait de manquer de temps, ou pa r c ra i n te des longueurs ?Les quatre premiers épisodes, sur la révolte contre le règne de Rizzuto, comptent moins de morts, de blessés et de destruction qu\u2019il n\u2019y en a eu en réalité à Montréal pendant cette période.Ce n\u2019est probablement pas pour épargner les sensibilités du public à heure de grande écoute puisque certaines scènes demeurent malgré tout assez violentes.En anglais s\u2019il vous plaît Contrairement à Narcos , aut re d ramat isat ion inspirée du monde du crime qui, elle, fait parler les personnages dans leur langue propre (espagnol pour les Colombiens et anglais pour les Américains), en sous- titrant au besoin pour les téléspectateurs, Bad Blood a fait le choix du tout à l\u2019anglais.Un peu étrange pour une série qui se déroule à Montréal.À peine entend- on le c he f de s mo t a rd s (Vincent Leclerc) murmurer quelques mots en aparté à un acolyte dans la langue de Molière avant de revenir à l\u2019anglais comme tous le s au t r e s pe r sonnage s .Craignait-on que le public hor s Québe c dé c ro che ?L\u2019effet sera différent lors de la diffusion de la version française, Les liens du sang, à ICI Radio-Canada en novembre.Souvenirs récents Produite en Ontario, diffusée à la grandeur du Canada, la minisérie présente à un public plus large certains événements qui seront familiers pour le téléspectateur québécois.Après avoir vu la juge France Charbonneau aux bulletins télévisés d\u2019ici tous les soirs pendant sa commission d\u2019enquête, on s\u2019amuse franchement à la voir revenir comme justicière incorruptible dans une œuvre de fiction où elle fait trembler tous les coquins de la métropole.« France est incorruptible ! Vito est fichu ! », se lamente l\u2019un des partisans du parrain pendant le quatrième épisode.De vrais extraits de bulletins d\u2019information québécois viennent parfois faire le lien avec nos souvenirs pas si lointains.La série de Simon Barry est divisée en 6 épisodes de 45 minutes et sera présentée le jeudi, 20h à City TV et à ICI Radio-Canada Télé à partir du 11 novembre.BAD BLOOD Le clan Rizzuto au petit écran PHOTO FOURNIE PAR ROGERS MEDIA Paul Sorvino (Nicolo Rizzuto) et Anthony LaPaglia (Vito Rizzuto) dans Bad Blood LESENFANTSD\u2019ADAM !!! Une pièce d\u2019Audur AvaÓlafsdóttir, mise en scène par Luce Pelletier.Production du Théâtre de l\u2019Opsis.Au Studio Hydro-Québec du Monument-National, jusqu\u2019au 8 octobre.LUC BOULANGER Rien n\u2019est plus tragique que le comique, estimait Eugène Ionesco, père du théâtre de l\u2019absurde.Avec Les enfants d\u2019Adam, l\u2019auteure islandaise Audur AvaÓlafsdóttir nous plonge dans un univers dramatique et absurde, dans lequel les situations comiques sont intercalées de graves interrogations existentielles, de conflits entre les générations et autres questions sur le sens de la vie.Laproduction à l\u2019affiche auMonument- National fait partie du cycle scandinave amorcé en 2015 par le Théâtre de l\u2019Opsis.La compagnie et sa directrice artistique, Luce Pelletier, y abordent notre «nordi- cité commune» au Québec et aux pays de la Scandinavie.Avant de monter une pièce suédoise l\u2019hiver prochain, la metteuse en scène nous fait découvrir Les enfants d\u2019Adam, pièce atypique signée par Audur Ava Ólafsdóttir, une romancière islandaise (Rosa candida), présentée ici en première nord-américaine.L\u2019histoire tourne autour d\u2019Élisabeth, de ses trois enfants et de son gendre (qu\u2019elle méprise), le temps d\u2019un brunch dominical pas comme les autres.Sauf pour son fils unique et adoré \u2013 Mikhaël qui vit depuis quelques années à l\u2019étranger \u2013, la mère, âgée et veuve, est devenue un fardeau pour ses enfants.Leur unique préoccupation est de savoir si elle a bien pris ses médicaments.Or, Élisabeth (exquise Dorothée Berryman !) les a convoqués pour une raison précise.Elle a enfin décidé de s\u2019épanouir et de ne plus jamais dépendre de sa progéniture.Pour le meilleur et pour le pire.Tribu dysfonctionnelle Les personnages ont tour à tour de drôles de raisonnements qu\u2019on pourrait résumer par cette réplique de la fille cadette: «On s\u2019attend à une chose et la vie nous en envoie une autre.» Si Adam est mort et s\u2019illustre par son absence, on en parle constamment.Comme si le passé avait échappé à cette tribu dysfonction- nelle, et qu\u2019il lui fallait attendre la libération de la mère pour faire face à la réalité.D\u2019ailleurs, les révélations d\u2019Élisabeth sur son mari «très habile de ses mains» feront éclater l\u2019identité et le vernis de cette famille conformiste.Luce Pelletier semble avoir eu de la difficulté à tracer une ligne dramatique claire à ce texte totalement déjanté! La structure éclatée, avec ses multiples couches et nombreuses ruptures de ton, est illustrée par des monologues au micro adressés au public et des chorégraphies loufoques et endiablées.Agréable et surprenant au début, ces recours à répétition aux pas de danse et à la musique techno finissent par lasser.Heureusement, tout le quintette d\u2019interprètes \u2013 Dorothée Berryman, Anne-Élisabeth Bossé, Daniel Parent, Sébastien Dodge et Marie-Ève Pelletier \u2013 est à la hauteur de cette partition difficile.Au bout du compte, on a droit à une soirée étrange et amusante, mais qui nous laisse sur notre faim.THÉÂTRE Quelle famille ! PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DE L\u2019OPSIS Anne-Élisabeth Bossé et Matie-Ève Pelletier font partie de la distribution de la pièce Les enfants d\u2019Adam.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 29 et 30 novembre, 20 h Salle Wilfrid-Pelletier, PdA BILLETTERIE: MONTREALJAZZFEST.COM NOUVEL ALBUM EN VENTE DÈS MAINTENANT Réalisé par Tommy LiPuma et Diana Krall PRÉSENTE TOURNÉE MONDIALE ARTS PATRICK LAGACÉ P aul Arcand s\u2019emballe quand il parle de la première invitée de Conversations secrètes, sa nouvelle émission d\u2019entrevues à TVA.Carole Devault est en effet un personnage qui relève du cinéma : elle a infiltré le Front de libération du Québec (FLQ) pour le compte de la police pendant la crise d\u2019Octobre, en 1970.«Elle a une sacrée histoire à raconter, dit le morningman du 98,5 FM.Elle a trahi ses camarades du FLQ: elle remplaçait les vrais bâtons de dynamite par des faux que lui fournissait la police.Elle fut aussi la maîtresse de Jacques Parizeau.Elle dit que quand elle voyait M.Parizeau, l\u2019appartement était truffé de micros.Et elle n\u2019a pas donné d\u2019entrevue à la télévision depuis des décennies.» Bref, Carole Devault , nom de code Poupette, est le sujet parfait pour la première de Conservations secrètes à TVA, demain soir.Carole Devault, à l\u2019époque étudiante en histoire de 24 ans, a espacé ses sorties médiatiques depuis les années 70.Universellement honnie par des felquistes réhabilités, elle a choisi Conversations secrètes pour sortir de l\u2019ombre, un beau coup pour le retour à la télévision de l\u2019animateur le plus écouté de la radio.«Elle en a assez d\u2019entendre des felquis- tes de l\u2019époque raconter des choses qu\u2019elle estime être fausses», relate Paul Arcand.Conversations secrètes est un concept français animé par Michel Denisot qui a été diffusé sur Canal+ de 2013 à 2016, acheté par la boîte montréalaise Fair Play (Les enfants de la télé, Le rêve de Champlain).Le principe est simple : passer plusieurs heures avec un invité, en marchant dans des lieux significatifs pour cette personne.L\u2019émission marque le retour de Paul Arcand à TVA, où il a animé une émission d\u2019entrevues d\u2019actualité de 2000 à 2005.Si vous écoutez Paul Arcand le matin depuis longtemps, vous savez que sa palette d\u2019intérêts est large : avec la même aisance, il peut cuisiner une ministre sur les conditions de vie en CHSLD, interroger un expert de la chose syrienne et faire dire des choses inédites à une comédienne.le tout dans la même heure.Mais si je me fie à 18 années d\u2019écoute, deux sujets branchent particulièrement Paul Arcand : la police et la politique.En ce sens, Carole Devault incarne à merveille les deux fascinations du journaliste : son rôle d\u2019ex-fausse felquiste dans la crise d\u2019Octobre l\u2019a mise en pleine intersection de plusieurs intrigues policières et politiques.« Tu fais de la radio chaque matin.Pourquoi un retour à la télé?\u2014 Ce n\u2019est pas un besoin de faire de la télévision, pour moi.On m\u2019a proposé des choses depuis que j\u2019ai quitté TVA, en 2005.Mais rien ne me tentait.Quand Fair Play m\u2019a proposé Conversations secrètes, j\u2019ai dit au producteur Guy Villeneuve de m\u2019envoyer le lien de l\u2019émission française.» Et le journaliste a aimé ce qu\u2019il a vu.Il a dit oui.C\u2019est l\u2019idée de faire tomber les défenses et les garde-fous d\u2019un invité à force de jaser avec lui, pendant plusieurs heures, en plusieurs lieux, qui a fini par séduire Paul Arcand.«Ce format permet de plus longues entrevues, ce que je ne peux pas vraiment faire à la radio.Prendre du temps avec quelqu\u2019un, c\u2019est de plus en plus rare.» Le fait que Jean Lamoureux, légende de la réalisation au Québec (Star Académie, L\u2019Été indien, La voix), ait été attaché au projet a aussi été un facteur pour que Paul Arcand envisage un retour à la télé.Conversations secrètes s\u2019alimente des images d\u2019une dizaine de caméras plus ou moins embusquées sur le tracé de l\u2019entrevue, un défi logistique considérable.«Au final, l\u2019invité en vient à oublier qu\u2019il est filmé.Et moi aussi ! Les caméras tournent tout le temps.Même dans l\u2019auto, quand on se déplace.» Le réalisateur Jean Lamoureux est toujours dans son oreille, par le truchement d\u2019un télex.Récemment, avec un invité, le journaliste n\u2019a pas tourné au bon coin de rue.« Donc, l\u2019équipe entendait le son, mais on ne me voyait plus.Il a fallu que je ramène délicatement l\u2019invité vers le tracé de l\u2019entrevue, où étaient les caméras.» Au 98,5 FM, où il anime Puisqu\u2019il faut se lever, l\u2019émission matinale la plus populaire des ondes, Paul Arcand n\u2019a pas de grands impératifs de promotion.La télévision, c\u2019est autre chose : la télé implique un TÊTE À TÊTE AVEC LE ROI l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS minimum de service après-vente.Et TVA, côté promotion, c\u2019est un autre niveau de promo, de la promo déclinée sur un tas de plateformes.«J\u2019ai mis mes limites», dit-il, limites qui ont toujours été les mêmes, depuis qu\u2019il fait ce métier, loin des magazines artistiques qui montrent les vedettes dans leur intimité.«Quand tu signes avec un réseau, il y a des choses inévitables, en termes de mise en marché.Mais je ne changerai pas : je ne montrerai ni ma famille ni mon chien et personne ne va venir filmer mon BBQ.Je parle de l\u2019émission, c\u2019est tout.Je ne me sens pas prisonnier d\u2019un empire.Je dois dire que TVA s\u2019est comporté sans faute comme diffuseur, face à l\u2019émission.Je ne peux pas leur imposer d\u2019invités, ils ne peuvent pas m\u2019en imposer.Je suis embauché pour faire huit émissions et TVA m\u2019appuie.C\u2019est toute une machine de promotion, quand même.» L\u2019avenir incertain du journalisme Quand je parle avec Paul Arcand dans la vie de tous les jours, quand je l\u2019écoute en ondes, j\u2019ai toujours l\u2019impression que c\u2019est d\u2019abord et avant tout un journaliste qui parle, quelqu\u2019un de passionné dans sa recherche de la vérité et sa traque de la bullshit.Ce qui me fascinera toujours, c\u2019est de le voir aussi acharné à 57 ans, au micro, à tenter de distinguer le vrai du faux, alors qu\u2019il n\u2019a plus rien à prouver.D\u2019autres se mettraient sur le pilote automatique.Le journaliste en lui est inquiet du paysage qui se dessine en information au Québec.«Si les médias n\u2019ont plus les moyens de soutenir des salles de nouvelles avec des journalistes, ça va être quoi, l\u2019information?Le métier qu\u2019on fait, même imparfait, comporte un certain niveau de responsabilité, d\u2019imputabilité.\u2014 Hum, ça va être du commentaire, mur à mur! \u2014 O.K., mais on va commenter quoi?» Je lui demande ce qui a le plus changé depuis ses débuts comme journaliste, il y a 38 ans.Il réfléchit une seconde, puis répond, convenant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une évidence.« Le web a tout changé.Il a amélioré des choses, il a dégradé d\u2019autres choses.Le contact avec le public est devenu instantané, c\u2019est une bonne chose.Mais ça a aussi introduit l\u2019ère des fake news, où plein de sites disent n\u2019importe quoi.On est rendus dans une ère de complots.Si c\u2019est sur Facebook, c\u2019est que c\u2019est vrai ! Quand je vois NBC faire une entrevue avec le conspirationniste Alex Jones, qui a dit entre autres que le massacre des écoliers de Sandy Hook n\u2019a pas eu lieu.Tu te dis.La frontière, elle est où?Et on les sort de l\u2019ombre, on leur donne une légitimité en les traitant comme des acteurs ordinaires de l\u2019actualité.» Il revient à la notion de prendre son temps dans les médias, dans le métier de journaliste.Un luxe que Conversations secrètes permet, autant en amont du tournage de l\u2019entrevue que pendant le tournage lui- même.Il y revient quand je lui demande quel est le plus gros défaut des journalistes, de nos jours.«Ne pas prendre assez de temps pour travailler nos histoires, répond Paul Arcand.On peut tous s\u2019inclure là-dedans.Quand t\u2019es obligé de couvrir plein d\u2019histoires en même temps, peux-tu vraiment fouiller ?Quand tu dois toujours être en direct, peux-tu aller sur le terrain?C\u2019est facile de couvrir une audience disciplinaire de l\u2019Ordre des infirmières et dire que l\u2019infirmière Gertrude X a été radiée de sa job pour une infraction.Mais tout le monde peut faire ça.Ce qui demande du temps, c\u2019est la mise en contexte, c\u2019est de déterminer si ce que Gertrude X a fait, c\u2019est répandu.» Autre travers des journalistes, en progression, selon lui : la quête de la célébrité.Paul Arcand est récemment allé parler dans un cours de communication.Il a été frappé par une des motivations des étudiants qui aspirent à faire ce métier : « Leur motivation, c\u2019était d\u2019être.à la télévision! \u2014 Pas d\u2019informer, pas d\u2019enquêter?\u2014 Non.Être à la télévision, point.Le métier de journaliste était vu comme la porte d\u2019entrée pour être connu, reconnu.Et comme la télé est le média qui recrute le plus.\u2014 Ça risque de ne pas faire des enfants forts, journalistiquement?\u2014 Non!» Conversations secrètes, une série de huit épisodes, sera diffusée à partir de demain, 21h, sur les ondes de TVA.DESONDES PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS LECTURE Dans son nouveau roman, Biz démontre qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une façon de ne pas devenir un vieux fossile : croire en la jeunesse.C\u2019est ainsi que René, professeur de littérature désabusé, admirateur de Houellebecq, sera transformé par les événements de 2012.CHANTAL GUY Membre du groupe rap très engagé qu\u2019est Loco Locass, Biz n\u2019a pu échapper à l\u2019exaltation du printemps de 2012 qui a tant marqué les esprits \u2013 et qui, manifestement, inspire les écrivains, dont lui-même.En 2012, Loco Locass lançait un disque après huit ans de silence (Le Québec est mort, vive le Québec), les étudiants de l\u2019École de la montagne rouge l\u2019avaient contacté pour avoir des conseils, il a tapé sur des casseroles dans son quartier, mais c\u2019est surtout comme citoyen qu\u2019il s\u2019est senti interpellé par ce mouvement, et impressionné par sa créativité.«C\u2019était leur grève à eux, précise- t-il, et en partant, ma position a été de ne pas me placer au-dessus, mais d\u2019être décentré, en appui comme un frère.» Selon lui, si on revient sur 2012, c\u2019est que chacun s\u2019est révélé pendant cette période imprévisible.«Les jeunes se sont surpris eux-mêmes par leur solidarité, leur intelligence, leur éloquence aussi.Montréal n\u2019avait jamais été aussi français que pendant cette grève-là.Les pancartes n\u2019avaient pas de fautes, les slogans étaient brillants.Le français envahissait la ville comme jamais la loi 101 aurait pu espérer le faire, en fait.Il n\u2019y avait pas de loi qui disait: \u201cÉcrivez vos pancartes en français\u201d.C\u2019était naturel que la langue du combat soit en français.Et ça m\u2019a réjoui au plus haut point.» Un recul nécessaire Inspiré, Biz ne voulait pas écrire à chaud sur 2012.Il estime que cinq ans plus tard, nous avons suffisamment de recul pour analyser cet épisode de l\u2019histoire collective.Sa vision, comme écrivain, est très positive, même si le personnage de son roman La chaleur des mammifères est un cinquantenaire blasé, en pleine crise, professeur à l\u2019université, spécialiste du cynisme en littérature, admirateur \u2013 c\u2019est inévitable \u2013 de Michel Houellebecq.René McKay, en plein échec personnel (un divorce) et professionnel (il n\u2019arrive pas à obtenir des subventions pour ses recherches sur le point-virgule), tire sur tout ce qui bouge, méprise ses étudiants et ses collègues, ne croit plus à l\u2019importance de sa vocation.Pour tout dire, il est assez insupportable dans ses jugements, mais c\u2019est une posture qu\u2019il ne pourra plus tenir lorsque la grève le happera, comme tout le monde.«Il y a quelque chose de houellebec- quien dans ce personnage, mais dans Houellebecq, ça peut juste aller de plus en plus mal, note-t-il.Chez moi, c\u2019est un Houellebecq qui finit bien, si on veut, et dont j\u2019assume parfaitement la quétainerie de la scène finale.» C\u2019est en effet un changement de ton chez lui, reconnaît l\u2019écrivain, après des romans très sombres comme Dérives, La chute de Sparte, Mort-Terrain et Naufrage.« J\u2019avais le goût d\u2019aller ailleurs et d\u2019amener les lecteurs ailleurs.Je sais maintenant que je peux décrire la peine et la misère humaines, mais puis-je faire rire les gens aussi?En tout cas, mon personnage me faisait beaucoup rire dans sa vie misérable.Son cynisme justifie ses déboires.À un moment donné, ça devient un moyen de défense contre les assauts de la vie, pour sauver la face à ses propres yeux et aux yeux des autres.» Il y a tout de même de la jubilation dans le cynisme et Biz, intéressé par le milieu de l\u2019éducation (ses parents étaient professeurs), avoue s\u2019être « payé la traite».«Ce livre-là est un plaidoyer en faveur de l\u2019éducation, malgré toutes les taloches que je peux administrer au système, à sa dynamique qui broie les individus, au rectorat, aux profs qui peuvent être blasés, aux élèves qui peuvent être paresseux.Malgré tout, c\u2019est un livre qui vise à témoigner de mon admiration et de l\u2019importance de l\u2019éducation.» Renaissance La grève sera salutaire pour René, qui porte bien son nom, car il renaîtra, littéralement.Lui qui se voyait dépassé, comme un vieux reptile d\u2019un autre temps, se réchauffera au contact de ses étudiants (ça ne s\u2019appelle pas La chaleur des mammifères pour rien), qu\u2019il verra avec un regard neuf.C\u2019est un peu aussi ce qu\u2019a vécu Biz en 2012.Lui-même est père de deux enfants, parfois confronté à leurs opinions.Il a dû aussi accepter, dans sa quarantaine, de ne plus représenter la jeunesse après l\u2019avoir incarnée comme rappeur.«J\u2019aurai beau me mettre une tuque sur la tête et m\u2019habiller comme un ado, je ne suis plus un ado.Les jeunes ne me perçoivent plus comme un des leurs, mais comme un parrain, ou un mentor.Pour moi, à partir du moment où tu regardes avec mépris ceux qui te suivent, c\u2019est ça, le signe de la vieillesse.Mes modèles de vieux par rapport à la jeunesse, ce sont des Michel Chartrand, des Pierre Falardeau, qui ne se sont jamais déguisés en jeunes, mais qui ont toujours tenu un rapport fraternel avec la jeunesse.Parce que si on n\u2019a pas foi en eux, on peut tout de suite aller se magasiner un cercueil.» Le printemps 2012 a semé quelque chose, il en est persuadé.« Ce que j\u2019ai retenu, c\u2019est que les jeunes ont découvert qu\u2019ils étaient capables de se mobiliser et de faire basculer tous les préjugés qu\u2019eux-mêmes entretiennent à leur égard.Cette grève a transformé la perception que j\u2019avais des plus jeunes.Je suis tanné d\u2019entendre les plus vieux parler d\u2019eux.Les milléniaux, c\u2019est de la crisse de bullshit de publicitaires.Ça n\u2019existe pas.René découvre qu\u2019il n\u2019est pas un dinosaure, mais un reptile, il vient d\u2019une autre époque, il a survécu aux bouleversements et il peut cohabiter avec les mammifères.Ce qu\u2019il me reste de ce livre, c\u2019est que même quand, plus vieux, nous venons d\u2019un autre monde, d\u2019un autre paradigme, on peut cohabiter avec les jeunes.Non seulement on le peut, mais on le doit, pour être bien avec nous- mêmes, et avec nos enfants.» La chaleur des mammifères Biz Leméac 154 pages BIZ / La chaleur des mammifères Pour la suite du monde PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Inspiré, Biz ne voulait pas écrire à chaud sur le printemps érable de 2012.Il estime que cinq ans plus tard, nous avons suffisamment de recul pour analyser cet épisode de l\u2019histoire collective.8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l UN LIVRE CRÉÉ SUR MESURE POUR NOUS FAIRE DU BI EN 60 HISTOIRES DE VIE INSPIRANTES «Avec le style et la sensibilité qu\u2019on lui connaît, la journaliste du Soleil nous présente des gens qui, loin des projecteurs, mènent des vies qui forcent l\u2019admiration.Une série de portraits touchants qui nous réconcilient avec le genre humain.» \u2014 Nathalie Collard, La Presse «Les gens dont je vous raconte l\u2019histoire ont compris que le bonheur est une richesse qui croit avec l\u2019usage.Ce sont ces gens et leur histoire que j\u2019aime raconter, parce qu\u2019ils ne font pas de bruit.» \u2014Mylène Moisan, auteure du best-seller Maman est une étoile editionslapresse.ca Suivez-nous sur Facebook ARTS CINÉNA PLAN LARGE MARC-ANDRÉ LUSSIER BLADE RUNNER 2049OUVRIRA LE FNC Les plus grands festivals de cinéma du monde ont tous eu le fantasme d\u2019inclure le nouveau film de Denis Villeneuve dans leur programmation, mais seulement deux d\u2019entre eux auront finalement droit à cet honneur.Blade Runner 2049 sera présenté le 4 octobre au festival de Zurich, et ouvrira le même jour le 46e Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC).Cette présentation exceptionnelle, sur invitation seulement, aura lieu au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, deux jours avant la sortie du film en salle.La présence du cinéaste québécois à l\u2019événement n\u2019est toutefois pas encore confirmée car la première mondiale de Blade Runner 2049 aura lieu tout juste la veille, à Los Angeles.Au cours des dernières semaines, Denis Villeneuve a par ailleurs entrepris une tournée promotionnelle marathon qui, jusqu\u2019à maintenant, l\u2019a mené dans toutes les grandes capitales européennes.Les spectateurs de la France et de la Belgique seront les premiers à pouvoir visionner le film en séance ordinaire le 4 octobre.Le lendemain, le film sort dans plusieurs autres pays européens et d\u2019Amérique du Sud.Chez nous, Blade Runner 2049 prendra l\u2019affiche le 6 octobre.PHOTO LA PRESSE CANADIENNE George Clooney IL A DIT «La vérité, c\u2019est que dans une industrie menée par un certain groupe de gens qui ont du mal à imaginer une femme de 45 ans dans un rôle principal à caractère romantique, eh bien, vous avez un problème!» \u2014George Clooney, dans une interview accordée à Indiewire, dans laquelle il blâme les bonzes des studios et la culture hollywoodienne.LE CHIFFRE DE LA SEMAINE : 17,9% Il y a 44 ans, Bobby Riggs a voulu organiser des matchs «d\u2019exhibition» contre les championnes de tennis du moment afin de prouver la supériorité masculine et de se moquer de ce que certains appelaient à l\u2019époque « le sexe faible ».Billie Jean King a décidé que la farce avait assez duré.Valerie Faris et Jonathan Dayton retracent cet épisode charnière de l\u2019histoire de la société américaine, avec l\u2019aide d\u2019Emma Stone et de Steve Carell.MARC-ANDRÉ LUSSIER LOSANGELES Los Angeles.Le 20 septembre 1973, Billie Jean King a marqué l\u2019histoire en remportant bien plus qu\u2019un match de tennis.En battant l\u2019ancien champion Bobby Riggs, qui avait organisé ce spectacle pour attirer l\u2019attention, la championne a fait avancer la cause des femmes d\u2019un pas de géant, devant un auditoire de 40 millions d\u2019Américains.Quand le scénario de Battle of theSexes, quidevaitun tempsêtre porté à l\u2019écran par Danny Boyle (Slumdog Millionaire) , leur est parvenu, Valerie Faris et Jonathan Dayton (Little Miss Sunshine) ont vu une occasion de révéler les dessous d\u2019une histoire ayant eu un grand impact sur le plan social et politique.« Nous avons retravaillé le scénario afin qu\u2019il reflète davantage le parcours émotionnel de Billie Jean et de Bobby, a confié le couple au cours d\u2019un entretien accordé à La Presse.Nous voulions qu\u2019il fasse aussi écho à la société américaine des années 70, très réprimée sur le plan sexuel, et encore très ancrée dans les stéréotypes sexistes et homophobes.D\u2019où l\u2019importance du combat qu\u2019a mené Billie Jean à cette époque.» L\u2019ÉLECTION DE DONALD TRUMP CHANGE TOUT Au moment où les cinéastes ont commencé à travailler sur ce projet de film, l\u2019élection de Hillary Clinton à la présidence des États-Unis ne faisait aucun doute.Aussi voyaient-ils Battle of the Sexes comme une célébration des victoires qu\u2019ont obtenues les femmes au fil des quatre dernières décennies, culminant sur l\u2019élection d\u2019une femme à la tête du plus puissant pays du monde.L\u2019histoire, bien sûr, en a décidé autrement.«Nous n\u2019avons rien changé au scénario, mais nous devons faire une autre lecture du film aujourd\u2019hui, fait remarquer Valerie Faris.L\u2019élection de Donald Trump constitue un net recul pour la cause des femmes, des Afro-Américains, de la communauté LGBTQ, des immigrants et de plein d\u2019autres communautés.En fait, on ne sait même pas jusqu\u2019où on recule parce qu\u2019il y a dans l\u2019ascension de cet homme autre chose, que nous ne parvenons pas à définir.Le type de discours qu\u2019on entend maintenant est complètement inédit en ce pays.» « On ose espérer que la situation est temporaire, ajoute Jonathan Dayton.Si notre culture emprunte vraiment la direction dans laquelle elle est maintenant engagée, il y a lieu de craindre pour nous tous.» L\u2019ÉQUITÉ : TOUJOURS UN ENJEU Dans les années 70, Billie Jean King s\u2019est battue afin que les joueuses de tennis puissent avoir accès à des bourses similaires à celles de leurs collègues masculins.Son action a eu des résultats tangibles.« Je suis ravie que Sloane Stephens ait pu toucher 3,7 millions US pour sa victoire au US Open, a déclaré l\u2019icône au cours d\u2019une conférence de presse tenue à Los Angeles dimanche.Je le suis d\u2019autant plus que M lle Stephens est une Afro- Américaine, et que le monde du tennis est encore trop blanc.» Valerie Faris et Jonathan Dayton reconnaissent qu\u2019un travail énorme reste à faire dans tous les domaines, y compris dans le milieu du cinéma hollywoodien, où les disparités salariales entre les actrices et les acteurs sont immenses.«Nous avons pris toutes les dispositions pour que les femmes et les hommes ayant travaillé sur notre film aient le même cachet, y compris Emma et Steve, et Valerie et moi, indique Jonathan Dayton.Il nous reste encore beaucoup de chemin à faire et de là découle notre intérêt pour ce film.On trouvait intéressant de regarder le progrès qui a été fait \u2013 ou pas \u2013 depuis 40 ans.À cet égard, Billie Jean est un modèle, car elle a fait en sorte que les choses changent de façon très concrète.» L\u2019ÉGALITÉ DU COUPLE Si les tandems de frères cinéastes sont légion dans le domaine du cinéma, plus rares sont les couples.Valerie Faris et Jonathan Dayton, qui ont signé au début de leur carrière des clips pour R.E.M.et Red Hot Chili Peppers, ont toujours travaillé ensemble.«Les dissensions sont très rares entre nous, mais quand il s\u2019en pointe une, le plus passionné gagne, expliquent-ils.C\u2019est un luxe de travailler avec quelqu\u2019un qui peut suggérer des choses auxquelles on n\u2019avait pas pensé sur le plan individuel.Dans Battle of the Sexes, le plus grand défi a été d\u2019être à la hauteur de l\u2019histoire d\u2019une icône comme Billie Jean King.Il fallait aussi trouver l\u2019équilibre entre les aspects d\u2019un récit qui touche à la fois le domaine sportif, la politique, l\u2019amour, l\u2019homosexualité, bref, ce film n\u2019a rien de typique.Par-dessus tout, nous tenions à ce que les scènes de tennis soient excitantes à voir!» UN RÔLE INÉDIT POUR EMMA STONE «Je n\u2019avais jamais eu à incarner une personne qui existe vraiment, donc, je ne savais trop à quoi m\u2019attendre sur le plan de l\u2019approche, a déclaré Emma Stone au cours d\u2019une conférence de presse où elle était assise à côté de Billie Jean King.Quand j\u2019ai rencontré Billie Jean la première fois, j\u2019ai tout de suite vu comment elle accueille ce genre de choses.Nous avons beaucoup discuté, car elle porte aujourd\u2019hui, forcément, un regard beaucoup plus clair sur ce qui s\u2019est passé à l\u2019époque, tant dans sa vie d\u2019athlète que dans sa vie privée.J\u2019ai voulu vraiment l\u2019observer et voir tous les documents d\u2019archives, car je ne joue pas au tennis du tout.On m\u2019a entourée d\u2019une équipe exceptionnelle \u2013 j\u2019ai été doublée, bien sûr \u2013 et j\u2019ai pu apprendre les postures et les chorégraphies.S\u2019il avait fallu que le film porte seulement sur le match, il est certain que je n\u2019aurais jamais décroché le rôle!» BILLIE JEAN KING: UNE VIE À MILITER Après avoir enlevé pas moins de 39 titres du Grand Chelem, changé à jamais le monde du tennis, porté à bout de bras la cause des femmes au cours d\u2019un match lourdement symbolique contre Bobby Riggs, après avoir aussi été l\u2019une des premières personnalités publiques à révéler son homosexualité, Billie Jean King reste toujours très active, notamment par l\u2019entremise de fondations consacrées aux luttes contre toutes les discriminations, ainsi qu\u2019à l\u2019équité pour les athlètes féminines.« Les mentalités changent, mais il reste encore du travail à faire, a-t-elle déclaré.Les athlètes féminines se font constamment poser des questions sur leur vie personnelle et amoureuse, auxquelles leurs collègues masculins n\u2019ont jamais à répondre.Le sport reste le dernier bastion du machisme et certains hommes sont encore terrifiés de révéler leur homosexualité s\u2019ils évoluent dans le monde du sport professionnel.J\u2019aime que Battle of the Sexes s\u2019attarde principalement aux relations entre les personnages et à la complexité de ces rapports.À mes yeux, ce film est parfait!» LE CLOWN TRISTE Steve Carell a eu la tâche d\u2019incarner Bobby Riggs.Cet ancien champion de Wimbledon, âgé de 55 ans au moment de son match contre Bille Jean King, a voulu attirer l\u2019attention en clamant la supériorité masculine à coup de déclarations incendiaires et de moqueries.«On a l\u2019image du clown, indique Steve Carell, mais c\u2019est en regardant une interview qu\u2019il a accordée à l\u2019émission 60 minutes que j\u2019ai pu voir la faille en lui.J\u2019ai composé le personnage en m\u2019inspirant de la douleur intérieure qu\u2019il ressentait, visiblement.» Les cinéastes ont d\u2019ailleurs tenu à ce que les personnages desquels émanent des idées grotesques à l\u2019œil du spectateur d\u2019aujourd\u2019hui ne soient pas traités en caricatures.Même la rivale de Billie Jean King, la championne australienne Margaret Court, a droit à ce traitement respectueux, elle qui, encore tout récemment, y est allée de commentaires très homophobes.«Billie Jean a toujours traité ses adversaires avec le plus grand respect, et elle a toujours préféré la discussion à l\u2019insulte», indique Jonathan Dayton.Battle of the Sexes (La bataille des sexes en version sous-titrée française) prendra l\u2019affiche le 29 septembre.Les frais de voyage ont été payés par Fox Searchlight.BATTLE OF THE SEXES Femme au combat Part de marché du cinéma québécois au Québec pendant la période estivale (du 28 avril au 7 septembre).Ce résultat exceptionnel est principalement attribuable aux succès de De père en flic 2 et de Bon Cop, Bad Cop 2.En 2016, à la même période, la part de marché des films québécois atteignait 4,8%.Source : Cinéac LES SORTIES EN SALLE DU 29 SEPTEMBRE : American Made de Doug Liman Battle of the Sexes (La bataille des sexes) de Jonathan Dayton et Valerie Faris La ferme et son État de Marc Séguin Flatliners (Lignes interdites) de Niels Arden Oplev Retour en Bourgogne de Cédric Klapisch We\u2019re Still Together (Toujours ensemble) de Jesse Noah Klein Woodshock de Kate Mulleavy et Laura Mulleavy PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE PHOTO FOURNIE PAR TWENTIETH CENTURY FOX Emma Stone et Steve Carell jouent Billie Jean King et Bobby Riggs dans Battle of the Sexes.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA Dave Franco sera toujours le petit frère de James.Il y a quelques années, le lui rappeler l\u2019aurait énervé.Aujourd\u2019hui, il l\u2019accepte avec amour et sérénité.L\u2019acteur de 32 ans est même très reconnaissant de ce que son lien de fraternité lui apporte professionnellement.PASCAL LEBLANC L a P r e s s e a r e n c o n t r é Dave F ranco la sema ine dern ière à Legoland , en Cali fornie, dans le cadre d\u2019une rencontre de presse pour The LEGO Ninjago Movie, qui sort aujourd\u2019hui.Le comédien originaire de Palo Alto venait tout juste de revenir du Festival international du film de Toronto (TIFF) où il a présenté The Disaster Artist.Ces deux films ne pourraient pas être plus différents.Ils illustrent toutefois très bien où il en est dans sa carrière.Dave Franco a fait ses débuts dans la série 7th Heaven, il y a 10 ans.Il a ensuite enchaîné les courtes apparitions au grand éc ran , notamment dans Milk de Gus Van Sant.En 2011, on lui confie finalement un rôle plus substantiel, Eric Molson, le vendeur de drogue écolo, dans la comédie 21 Jump Street.La même année, il prête sa voix au Riddler dans la série animée Young Justice.Depuis, on l\u2019a vu dans Warm Bodies, Now You See Me et sa suite, Neighbors, ainsi que dans la série Easy.Il a également joué dans Unfinished Business du Québécois Ken Scott.Sans devenir une véritable tête d\u2019affiche, il a réussi à faire sa place à Hollywood, et ce, sans l\u2019aide de son grand frère.« Pendant longtemps, j\u2019ai consciemment fait le choix de me distancier de mon frère professionnellement, car je voulais tracer mon propre chemin, indique Dave Franco.Je joue depuis environ 10 ans et j\u2019en suis venu au point où je veux travailler avec mon frère.Je l\u2019aime, je le respecte et nous sommes sensibles aux mêmes choses.» Ainsi, les frangins se sont at taqués ensemble à The Disaster Artist, œuvre inspirée du film The Room, jugé comme l\u2019un des pires de l\u2019histoire.James Franco est derrière et devant la caméra, dans la peau de Tommy Wiseau, qui portait aussi les deux chapeaux sur le plateau de The Room.Frérot incarne Greg Sestero, son partenaire dans cette folle aventure.«Au fond, c\u2019est un film sur deux gars qui tentent de réaliser leurs rêves et qui n\u2019acceptent pas qu\u2019on leur dise non», explique Dave Franco.Les critiques émanant du TIFF ont été très positives, tout comme celles suivant la projection du film au festival South by Southwest, en mars dernier.«Quand nous avons commencé à travailler sur The Disaster Artist, nous savions qu\u2019il n\u2019allait peut-être pas plaire à tout le monde.Le fait que les gens soient aussi réceptifs est un énorme plus.C\u2019est aussi une preuve de reconnaissance pour mon frère qui s\u2019est assuré de faire un film accessible même si vous n\u2019avez jamais vu The Room», note l\u2019acteur.Il ajoute qu\u2019il n\u2019a jamais autant eu de plaisir que sur le plateau de The Disaster Artist.«Être entouré de mon frère, ma femme [Alison Brie] et mes amis rend les choses tellement plus faciles pour moi en tant qu\u2019acteur, car quand je me sens dans un environnement agréable et sûr, je suis plus à l\u2019aise de prendre des risques et d\u2019essayer des choses que je ne ferais pas si j\u2019étais sur un plateau qui me rendait anxieux, explique Dave Franco.J\u2019espère pouvoir travailler avec eux pour le reste de ma carrière.» Souhaite-t-il réaliser ses propres films comme son grand frère ?« J\u2019ai fait quelques capsules pour Funny or Die, mais j\u2019ai un peu peur de me plonger dans un long métrage.Cependant, je sais que je dois passer par-dessus ça et l\u2019essayer », confie-t-il.Son intérêt pour le travail dans l\u2019ombre semble déjà bien développé, puisqu\u2019il admet qu\u2019il ne peut s\u2019empêcher de parler au directeur photo, au scénariste et au réalisateur afin d\u2019en savoir plus sur leur vision de l\u2019œuvre.Jouer un ado ninja Le jeune t rentena i re a souvent joué des personnages plus jeunes que lui.I l n\u2019était donc pas étonné que Warner Bros.pense à lui pour incarner Lloyd, un adolescent de 16 ans persécuté à l\u2019école, mais adulé lorsqu\u2019il enfile le costume du ninja vert et protège la ville de Ninjago du terrible Garmadon, qui est aussi son père.« J\u2019étais plutôt timide quand j\u2019étais jeune et ça m\u2019a pris un moment avant de m\u2019affirmer, admet le comédien.Lloyd tente de trouver sa place dans le monde et n\u2019a pas confiance en lui lorsqu\u2019il est avec les autres élèves de l\u2019école.Je pouvais facilement comprendre ce qu\u2019il vivait.» D e t o u t e é v i d e n c e , Dave Franco ne tient pas à tout prix à être devant la caméra.Il a adoré son expérience en studio pour The LEGO Ninjago Movie et espère prêter sa voix à d\u2019autres personnages animés dans l\u2019avenir.«J\u2019ai eu un plaisir fou à improviser avec Justin Theroux [qui incarne Garmadon], il m\u2019a fait éclater de rire plus d\u2019une fois.» The LEGO Ninjago Movie prend l\u2019affiche aujourd\u2019hui.The Disaster Artist arrivera en salle le 8 décembre.Les frais du voyage ont été payés par Warner Bros.DAVE FRANCO Plus que le petit frère, mais heureux de l\u2019être THELEGONINJAGO MOVIE (V.F.:LEGO NINJAGOLEFILM !!! Film d\u2019animation de Charlie Bean, Paul Fisher et Bob Logan.Avec Dave Franco, Justin Theroux, Olivia Munn, Jackie Chan.1h41.SYNOPSIS Lloyd est un adolescent persécuté, car son père, le maléfique Garmadon, terrorise sans cesse les habitants de Ninjago.En parallèle, Lloyd mène secrètement un groupe de jeunes ninjas qui contrent à tout coup les attaques du terrible seigneur de guerre.CRITIQUE À la suite du succès inattendu de The LEGOMovie en 2014, il était inévitable que les films mettant en vedette des personnages jaunes dans des environnements faits de blocs colorés se succèdent.Après The LEGO Batman Movie plus tôt cette année, voici The LEGO Ninjago Movie, inspiré de la série télévisée.À l\u2019instar des deux premiers longs métrages de la franchise, ce nouveau chapitre est visuellement époustouflant et plutôt comique.Toutefois, Ninjago s\u2019adresse réellement à un public plus jeune.La majorité des films d\u2019animation nous ont habitués à un humour qui rejoint plus souvent les parents que leurs enfants.Ninjago ne fait pas exception, mais à un degré inférieur.C\u2019est assez logique, puisque le film est centré sur un groupe d\u2019adolescents ninjas.Les interactions entre Lloyd et Garmadon donnent lieu aux meilleurs moments du film.Justin Theroux est absolument génial dans le rôle du monstre tyrannique et père absent.Le reste de la distribution, Dave Franco en tête de file, est très crédible dans des rôles de personnages beaucoup plus jeunes qu\u2019eux.Les films de la série Lego sont réellement construits en briques numériques.Un vrai travail de moine pour les animateurs, surtout à la vitesse où se déroulent les \u2013 trop nombreuses \u2013 scènes d\u2019action.Dans Ninjago, on a sorti les Lego de la boîte pour les amener dans l\u2019eau et dans la forêt.Le résultat est fort impressionnant.Il est fort probable que le gamin de 9 ans que vous accompagnez sorte de la salle complètement abasourdi.Vous, avec un sourire aux lèvres et l\u2019impression d\u2019être retombé en enfance pendant deux petites heures.\u2014 Pascal LeBlanc Relation père-fils ninja STRONGER !!! Drame biographique de David Gordon Green.Avec Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany, Miranda Richardson.1h56.SYNOPSIS Pour reconquérir le cœur de son amoureuse, une coureuse, Jeff Bauman se poste à la ligne d\u2019arrivée du marathon de Boston en 2013.Amputé des deux jambes à la suite de l\u2019explosion de deux bombes, ce gars « ordinaire » devient un héros national malgré lui.CRITIQUE Il est impossible de se positionner contre la vertu.L\u2019histoire \u2013 vraie \u2013 de Jeff Bauman résonne auprès du spectateur comme toutes ces histoires édifiantes dont Hollywood raffole.Stronger n\u2019a rien d\u2019une grande œuvre, mais il s\u2019inscrit honorablement parmi ces longs métrages qui atteignent leur cible, sans recourir à la surenchère pour susciter l\u2019émotion.À ce chapitre, l\u2019excellente composition de Jake Gyllenhaal compte pour beaucoup dans la réussite d\u2019un film qui, autrement, aurait facilement pu tomber dans les excès de sentimentalisme.L\u2019acteur a su conserver l\u2019aspect très « gars ordinaire » d\u2019un homme dont le destin a voulu qu\u2019il soit porté en héros, et qu\u2019il devienne la figure emblématique de la résilience bostonienne.Une scène, très forte, où il est présenté à la foule du TD Garden de Boston avant un match de hockey, illustre parfaitement cet état d\u2019esprit.Les interprètes des deux femmes dans la vie de Jeff offrent aussi de remarquables performances.En mère possessive, issue d\u2019un milieu populaire, Miranda Richardson étonne dans un rôle très différent de ceux qu\u2019elle joue habituellement.Tatiana Maslany est aussi convaincante dans le rôle de l\u2019amoureuse ayant toujours entretenu avec Jeff une relation en montagnes russes.Notez que Stronger est à l\u2019affiche en version originale anglaise seulement.\u2014Marc-André Lussier Ode à la résilience KINGSMAN\u2013 THEGOLDENCIRCLE (V.F.:KINGSMAN\u2013 LECERCLED\u2019OR !!! Comédie d\u2019action deMatthew Vaughn.Avec Taron Egerton, Colin Firth, JulianneMoore, Mark Strong.2h21.SYNOPSIS Les membres des services secrets Kingsman ayant été décimés dans une attaque, Eggsy et Merlin, les seuls survivants, doivent s\u2019allier aux services secrets américains Statesman afin de contrer le projet machiavélique d\u2019une puissante dealer de drogue qui menace la planète.CRITIQUE Matthew Vaughn renoue avec l\u2019univers de Dave Gibbons et Mark Millar dans cette suite du succès qu\u2019a été Kingsman \u2013 The Secret Service en 2015, et qui se moque joyeusement des films d\u2019espionnage britanniques.Avec encore plus de vedettes, d\u2019effets spéciaux, de blagues douteuses et de costumes chics, ainsi qu\u2019une véritable orgie de gadgets comme seuls les espions en possèdent.La méchante est cette fois Poppy (Julianne Moore), à la tête du plus grand cartel de drogue au monde qui, après avoir détruit le quartier général des Kingsman, a empoisonné sa marchandise et menace de ne pas donner l\u2019antidote aux millions de drogués de la planète si son commerce n\u2019est pas légalisé.Ce qui permet de placer une pointe assez raide sur un président américain stupide qui voit là l\u2019occasion de gagner la guerre contre la drogue en laissant simplement ses consommateurs crever.Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong), seuls survivants, devront faire alliance avec les Statesman aux États-Unis \u2013 bonjour, les blagues entre British et Américains \u2013 pour sauver le monde, rien de moins.On met ici de côté tout sens de la mesure et du réalisme pour sauter à pieds joints dans le délire, l\u2019action hyper chorégraphiée et l\u2019humour non stop, tout en appréciant le retour de Colin Firth (ressuscité) et le caméo très drôle d\u2019Elton John, qu\u2019on n\u2019a jamais entendu autant sacrer.Bref, Matthew Vaughn, qu\u2019on dirait lui-même sous l\u2019effet de substances, offre un divertissement haut de gamme qui plaira aux fans ou tapera sur les nerfs de tout cinéphile allergique au genre parodique, ou encore qui préfère ses espions très sérieux.\u2014 Chantal Guy Espions sur l\u2019acide PHOTOCHRIS PIZZELLO, ASSOCIATED PRESS Dave Franco a souvent joué des personnages plus jeunes que lui.Il n\u2019était donc pas étonné que Warner Bros.pense à lui pour incarner Lloyd, un adolescent de 16 ans persécuté à l\u2019école, mais adulé lorsqu\u2019il enfile le costume du ninja vert, dans The LEGO Ninjago Movie.«Quand nous avons commencé à travailler sur The Disaster Artist, nous savions qu\u2019il n\u2019allait peut-être pas plaire à tout le monde.Le fait que les gens soient aussi réceptifs est un énorme plus.» \u2014 Dave Franco IMAGE FOURNIE PARWARNER BROS.Une scène de The LEGO Ninjago Movie PHOTO FOURNIE PAR FOX Une scène de Kingsman : The Golden Circle l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA LESROISMONGOLS !!!½ Drame de Luc Picard avecMylia Cor- beil-Gauvreau, Anthony Bouchard, Alexis Guay et Henri Picard.1h42.JOSÉE LAPOINTE Automne 1970 : tout part en vrille dans la vie de Manon.Son père e s t g ravement malade, sa mère est dépressive et la famille n\u2019a plus d\u2019argent.Son frère Mimi et elle sont hébergés chez leur oncle et leur tante, et passent le temps avec leurs deux cousins, Denis et Martin.Alors que des politiciens se font enlever et que l\u2019armée débarque à Montréal, Manon s\u2019inquiète : et si les services sociaux les envoyaient dans des famil les d \u2019accuei l et qu\u2019elle était séparée de son petit frère?S\u2019inspirant de l\u2019actualité, elle décide de prendre les grands moyens pour l\u2019éviter, entraînant toute la bande de jeunes dans un enlèvement rocambolesque qui prendra des accents tragiques.Il y a beaucoup de belles choses dans ce quatrième film de Luc Picard, qui avait entre les mains une histoire solide et qui lui a donné toute la place, tout en imprimant sa marque.On comprend facilement ce que le réalisateur a aimé du roman de Nicole Bélanger, dont le long métrage est adapté : on y trouve une charge politique, une époque ef fervescente, autant d\u2019humour que d\u2019émotion et surtout une voix forte \u2013 celle de Manon, héroïne duchar- mienne par excellence qui n\u2019est pas sans rappeler le personnage de Charlotte Laurier dans Les bons débarras.Avec sa musique et sa reconstitution parfaite des années 70, Les rois mongols nous plonge avec délectation dans un quartier populaire de Montréal.Mais si l\u2019aspect politique est toujours présent et que la grande histoire s\u2019imbrique à la petite, c\u2019est le quatuor de jeunes qui en est le principal atout.Les quatre comédiens sont crédibles et portent le film sur leurs épaules.Mylia Corbeil- Gauvreau donne à sa Manon regard de feu, hargne et sensibilité.Le petit Anthony Bouchard incarne un Mimi bouleversant de fragilité, et ils forment ensemble un duo sidérant de vérité.Les frères Denis et Martin, joués par Alexis Guay et Henri Picard, ne manquent pas de charisme non plus et possèdent la même justesse.Luc Picard sait diriger ses acteurs, c\u2019est clair dans ce film tourné à hauteur d\u2019enfant \u2013 un parti pris qu\u2019il tient jusqu\u2019au bout.Même si les deux couples de parents ont une certaine consistance, les figures d\u2019autorité \u2013 armée, police, services sociaux \u2013 en prennent ainsi pour leur rhume dans le regard de Manon et de sa bande.Pourquoi grandir, si c\u2019est pour devenir adulte et idiot, et briser ses promesses d\u2019enfance?Après une première partie plus réaliste, mais qui s\u2019étire un peu \u2013 on manque légèrement de punch et de rythme, à l\u2019image de ces jeunes désœu- vrés \u2013, le film prend vraiment son envol en deuxième partie, lors d\u2019une cavale un peu surréaliste, et surtout très prenante, qui sent la catastrophe.Cette montée dramatique tient le spectateur ému et en haleine jusqu\u2019à la toute dernière scène, dans une finale qui devrait bouleverser même les cœurs les plus secs.On le sait depuis L\u2019audition, son premier film, Luc Picard n\u2019a pas peur des émotions.Il réussit le coup encore cette fois-ci, mais peut-être mieux dosé, avec doigté, délicatesse et respect.Un vrai beau film, par un réalisateur sensible et vraiment maître de ses moyens.À hauteur d\u2019enfant PHOTO FOURNIE PAR TÉLÉFICTION DISTRIBUTION Les quatre jeunes comédiens du film Les rois mongols, (Mylia Corbeil-Gauvreau, Anthony Bouchard, Henri Picard et Alexis Guay) sont crédibles et portent le film sur leurs épaules.Lisez toutes nos critiques dans La Presse+ et à lapresse.ca MARC-ANDRÉ LUSSIER MARC-ANDRÉ-LUSSIER Après avoir beaucoup filmé Paris, ainsi que plusieurs autres grandes villes du monde, Cédric Klapisch a posé sa caméra dans les vignobles de la région de Bourgogne pour raconter l\u2019histoire d\u2019une famille.Sorti en France sous le titreCe qui nous lie, le long métrage a été rebaptisé Retour en Bourgogne pour le marché international.«Ce film marque sans doute une nouvelle étape dans ma carrière de cinéaste, car j\u2019ai toujours cherché à mettre dans mes films des touches un peu poétiques dans le quotidien, explique le cinéaste.Je suis allé un peu plus loin dans cette voie cette fois-ci, car au-delà de l\u2019histoire de cette famille, le récit évoque aussi beaucoup la notion du temps qui passe et de la transmission.» Pio Marmaï interprète un homme qui, après avoir parcouru le monde pendant 10 ans, sans vraiment donner de nouvelles, revient chez lui au moment où son père, avec qui il a eu une relation conflictuelle, s\u2019apprête à mourir.Ce retour inattendu provoque bien entendu des sentiments contradictoires auprès de sa sœur (Ana Giradot) et de son frère (François Civil) qui, eux, n\u2019ont jamais quitté le vignoble familial pour aller voir ailleurs s\u2019ils y étaient.«Où que l\u2019on aille, les racines restent toujours les mêmes, souligne Cédric Klapisch.Je trouve essentiel qu\u2019un être humain se confronte à une autre réalité en allant découvrir le monde.Quand on dit que les voyages forment la jeunesse, on ne peut être plus juste.Même dans la Bible, il y a une jolie phrase qui évoque ça: la meilleure éducation qu\u2019on puisse donner à un enfant est de lui donner des racines et des ailes.Une fois adulte, on garde toujours en soi ses deux cultures, celle que l\u2019on s\u2019est fabriquée soi-même ailleurs, et celle que nous a transmise la famille.» Retour en Bourgogne prendra l\u2019affiche le 29 septembre.RETOUR EN BOURGOGNE Des racines et des ailes PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE CÉDRIC KLAPISCH LE FIL CONTINU Il y a 25 ans, Cédric Klapisch présentait au monde Riens du tout, son tout premier long métrage.C\u2019est toutefois son film suivant, Le péril jeune, qui lui permettra de vraiment faire sa marque dans le cinéma français.De passage au Québec plus tôt cette semaine, en marge de la sortie prochaine de son nouveau film, Retour en Bourgogne, le cinéaste a bien voulu commenter pour La Presse quelques-unes de ses œuvres.RIENS DU TOUT (1992) « Je ne garde pas un souvenir très heureux de Riens du tout.En fait, ce genre de film est trop difficile à exécuter pour quelqu\u2019un qui en est à son premier long métrage.Moi qui avais jusque-là réalisé des courts métrages avec deux acteurs, voilà que je me suis retrouvé à devoir en diriger une trentaine, avec, en tête, Fabrice Luchini ! Je n\u2019étais pas outillé pour ça, mais j \u2019ai quand même eu l \u2019impression d\u2019apprendre mon métier grâce à ce film.Cela dit, je l\u2019ai revu il y a un mois à peine pour une édition destinée aux différentes plateformes, et j\u2019ai été étonné de constater que, finalement, le film était plutôt bien fait.C\u2019était comme s\u2019il était réhabilité à mes yeux, 25 ans plus tard ! » LE PÉRIL JEUNE (1994) «Entre tous les films que j\u2019ai réalisés, Le péril jeune reste celui que je préfère, encore aujourd\u2019hui.J\u2019ai l\u2019impression que je ne pourrai jamais dépasser ni peut-être même retrouver l\u2019émotion que j\u2019ai ressentie en le fabriquant.J \u2019a i le sent iment d \u2019ê t re un bien meilleur cinéaste aujourd\u2019hui, mais cela ne veut pas dire que je fa is de meilleurs films.I l est d\u2019ailleurs un peu troublant de faire ce constat quand on vieillit, car malgré tout ce qu\u2019on sait mieux faire, on s\u2019aperçoit qu\u2019on ne pourra jamais recréer ce genre de moment, intimement lié à une époque et à sa jeunesse.E t pu is , ce f i lm ma rque ma rencontre avec Romain Duris.» CHACUN CHERCHE SON CHAT/UN AIR DE FAMILLE (1996) « Un producteur m\u2019a dit : \u201cVous êtes jeune, vous n\u2019avez pas encore d\u2019enfants, il faut faire beaucoup de films\u201d.J\u2019en ai réalisé deux en un an ! J \u2019ai voulu confronter une approche plus l ibre, plus improvisée avec Chacun cherche son chat, à celle, plus écrite, plus rigoureuse, d\u2019Un air de famille.Je voulais voir quel style me convenait le mieux.À l\u2019arrivée, je n\u2019ai pas eu de réponse, car j\u2019aime ces deux longs métrages également ! J\u2019ai alors compris qu\u2019un film était avant tout une affaire de désir.Dans le cas de ces deux projets, les plaisirs étaient de nature différente, mais tout aussi exaltants les uns que les autres.À partir de là, je me suis dit qu\u2019il fallait faire confiance à ses envies.» L\u2019AUBERGE ESPAGNOLE (2002) «À mes yeux, L\u2019auberge espagnole est aux années 2000 ce que Le péril jeune fut pour moi dans les années 90.Il y a d\u2019abord la découverte de jeunes acteurs dans les deux films et puis le sentiment magique que j \u2019en ga rde .Le f i lm constitua it aussi une grande expérience sur le plan du rassemblement européen.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019Europe se cherche, mais qu\u2019elle est en train de se trouver.Je ne suis pas mécontent du Brexit, car l\u2019impact n\u2019a pas été aussi grand qu\u2019on aurait pu l\u2019imaginer.Il permet aussi une redéfinition de l\u2019identité européenne, à laquelle les Anglais n\u2019ont jamais souscrit de toute façon.L\u2019Europe doit se fabriquer avec des gens qui en ont véritablement envie.» MA PART DU GÂTEAU (2011) « Ce film est directement issu de la crise financière de 2008, laquelle a elle-même engendré une importante crise sociale.De la même façon que plusieurs cinéastes des années 30 ont abordé cette thématique, je trouvais essentiel de l\u2019évoquer.Je l\u2019ai fait sur le ton de la comédie en donnant une image simplifiée du monde de la finance, qui existe de façon virtuelle, mais qui a un impact concret dans nos vies.Ce film n\u2019a pas été bien accueilli, car les gens attendaient peut-être une nouvelle version de Pretty Woman.Or, mon approche était beaucoup plus radicale.» CASSE-TÊTE CHINOIS (2013) «Ce film-là n\u2019a pas été fait du tout de la même façon que L\u2019auberge espagnole et Les poupées russes.À 25 ans, le personnage de Xavier était un peu chien fou alors qu\u2019à 4 0 , i l es t plus posé .Ça donne forcément un fi lm plus établi.Je suis content de Casse-tête chinois , car il boucle jol iment les deux autres.J\u2019ai aussi adoré tourner à New York et filmer la ville.Il me semblait évident de conclure là une trilogie liée au voyage, d\u2019autant que c\u2019est à New York, où j\u2019ai vécu deux ans, que j\u2019ai appris à faire du cinéma.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.POUR CONTRE James Hyndman se promène toujours autant entre le cinéma, la télé et le théâtre.En 2016, il a tenu le rôle principal du film de Denis Côté Boris sans Béatrice, et a gagné un Gémeaux pour un rôle de soutien dans la série Au secours de Béatrice.Le comédien sera à l\u2019affiche du Théâtre Prospero du 25 septembre au 21 octobre dans la pièce de l\u2019auteur norvégien Arne Lygre Je disparais, mise en scène par Catherine Vidal.\u2013 Josée Lapointe James Hyndman Présenter du théâtre étranger contemporain « Il y a de grandes voix qui parlent du monde, non pas de la Norvège ou de la Sibérie, mais de l\u2019humanité.Ils nous parlent ainsi de notre propre humanité, mais autrement parce qu\u2019ils viennent de cultures différentes.Il faut que les artistes d\u2019ici puissent s\u2019exprimer à partir de la réalité qui est la leur, il faut des créations québécoises au théâtre, mais il faut aussi une porte ouverte sur ces auteurs étrangers parce que c\u2019est essentiel de les entendre.» La diminution du nombre de critiques «Je suis en désaccord total avec ceux qui estiment que la critique n\u2019est que le produit d\u2019artistes frustrés qui profitent de leur statut pour régler leurs comptes.La critique est importante si elle est réelle et informée.Je suis pour une critique faite par des gens qui sont passionnés de théâtre et qui sont capables d\u2019accompagner le travail des créateurs en les faisant réfléchir.Les artistes qui se refusent à l\u2019entendre se privent d\u2019un outil de plus, et surtout d\u2019une voix autonome, pour aller plus loin dans leur travail.» Les lectures sur scène «J\u2019en fais depuis 10 ans et j\u2019adore ça.C\u2019est une occasion d\u2019entrer dans le travail d\u2019un écrivain, en dehors de toute mode, cliché ou esbroufe.Quand on fait résonner ces voix devant une salle pleine, au Quat\u2019Sous à Montréal et au Musée national des beaux-arts de Québec, on voit des gens qui ont soif.Ils ont envie de décrocher de la vitesse du monde contemporain, du fast-food à penser, dans un endroit où une parole profonde et intelligente peut se développer en eux.Ce sont des moments de communion entre le public, un écrivain et un acteur.» Le débat entre le cinéma d\u2019auteur et le cinéma populaire «C\u2019est des sornettes, tout ça.Il y a du bon et du pas bon, c\u2019est tout.Je ne me priverai certainement pas d\u2019aller voir un Bourne, ni d\u2019aller voir un bon film d\u2019auteur, ou du cinéma qui est à la fois d\u2019auteur et populaire, comme du Jacques Audiard.Il y a du cinéma d\u2019auteur qui n\u2019intéresse personne, et entre ça et un bon film plus populaire qui fonctionne, des fois, je vais choisir le film populaire.Mais des fois aussi, je vais choisir le film d\u2019auteur raté, parce qu\u2019on sent qu\u2019il y a quelque chose dedans.» La rétrospective Charles Binamé à la Cinémathèque «Je suis content pour lui parce qu\u2019il a fait toutes sortes de choses.C\u2019est un homme curieux et qui a laissé une trace.J\u2019ai eu la chance de faire partie du film Eldorado, qui a été important pour moi, mais aussi pour les spectateurs.Je suis d\u2019ailleurs très heureux d\u2019aller le présenter dimanche.Je m\u2019aperçois que ce film est resté dans les souvenirs, dans les références de ceux qui l\u2019ont vu.C\u2019est quand même même assez rare d\u2019avoir l\u2019occasion de participer à quelque chose comme ça.» S\u2019afficher sur les réseaux sociaux «Je ne m\u2019affiche nulle part et je ne regarde rien.Je sais qu\u2019il s\u2019y passe aussi des choses intéressantes, je ne suis pas juste réac ! Mais en bon français, je ne veux rien savoir de ça.J\u2019ai l\u2019impression que ça participe d\u2019une folie collective qui embrouille tout.Ce n\u2019est pas mon affaire à moi, car j\u2019aime trop avoir un minimum de silence et d\u2019intériorité.Comme acteur, je trouve aussi qu\u2019il est bon d\u2019apparaître dans un personnage vierge de tout a priori, pour que les gens soient prêts à faire le saut dans l\u2019imaginaire avec nous.» PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 "]
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