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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Arts - Cinéma
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2017-12-23, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA TÉLÉVISION LA PROGRAMMATION DES FÊTES PAGE 2 LESGRANDS DISPARUS PAGE 10 LE TOP 10DE MARC-ANDRÉ LUSSIER PAGE 11 Au-delà des scandales qui ont marqué l\u2019année 2017, l\u2019actualité culturelle nous a réservé de nombreux coups de cœur et bons coups.Nos chroniqueurs et journalistes font le tour du bon \u2013 et du moins bon \u2013 d\u2019une année de contrastes.UN DOSSIER À LIRE EN PAGES 3 À 7 ET EN PAGES 10 À 12 NOSMOMENTS DE2017 Jeanne Moreau Call Me by Your Name PHOTOCATHERINE LEFEBVRE PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE PHOTO AP PHOTO AFP PHOTO AP PHOTO LA PRESSE CANADIENNE PHOTO AP L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 SOURIEZ C\u2019EST LA GUIGNOLÉE DU DR JULIEN DONNEZ MAINTENANT À GUIGNOLEEDRJULIEN.ORG OU AU 1 855 375-8543 LE SAMEDI 16 DÉCEMBRE 2017 ARTS TÉLÉVISION La télé compte bien finir l\u2019année de grandiose façon.Autour du traditionnel Bye Bye et des rendez-vous incontournables d\u2019En direct de l\u2019univers et d\u2019Infoman, les Appendices proposent leur propre revue de l\u2019année à saveur absurde, Tourlou 2017, Christian Bégin ramène sa chorale gospel pour Y\u2019a du monde à messe de Noël, P-A Méthot reçoit pour un party country et la bande de Phil Roy fait ses bilans à ALT 2017 : on ferme l\u2019année !.Portrait complet des émissions spéciales du temps des Fêtes.RICHARD THERRIEN LE SOLEIL BYE BYE 2017 : JUSQU\u2019À LA DERNIÈRE MINUTE Dimanche 31 décembre, à 23h, et lundi 1er janvier, à 21h, à ICI Radio-Canada Télé «Dieu, je ne demande jamais votre aide, mais pourriez-vous diminuer le nombre d\u2019actualités d\u2019ici au 1er janvier?On a un Bye Bye à écrire», invoquait Simon-Olivier Fecteau sur sa page Facebook, le 16 novembre dernier.Parce que, oui, les dernières semaines ont été fertiles en rebondissements de toutes sortes, compliquant le travail de l\u2019équipe du Bye Bye 2017.« Chaque deux jours, il y avait un nouveau scoop, et on était en plein tournage.Nos textes ont été en mouvement et le sont encore aujourd\u2019hui, jusqu\u2019à la fin, beaucoup plus que l\u2019an passé.Ç\u2019a été un gros travail de rester à l\u2019affût et de ne pas virer fou ! », explique Simon-Olivier Fecteau, qui, en plus d\u2019y jouer, réalise la mythique revue de fin d\u2019année d\u2019ICI Radio-Canada Télé.À deux semaines de la diffusion, le duo qu\u2019il forme avec le producteur Guillaume Lespérance se disait beaucoup plus zen que l\u2019an dernier.«L\u2019an dernier, on était hyper anxieux.Mais on a prouvé qu\u2019on était capables de faire un Bye Bye et de le livrer à temps.Le niveau de stress est beaucoup moins élevé cette année», affirme le producteur.Tout le monde est donc plus détendu, incluant l\u2019équipe de comédiens, Véronique Claveau, Anne Dorval, Pierre Brassard, Marc Labrèche et Patrice L\u2019Écuyer, tous de retour.Simon-Olivier Fecteau a reçu un accueil au-delà de ses espérances pour son premier Bye Bye en tant que concepteur et réalisateur principal l\u2019an dernier.«La plus grosse vague d\u2019amour que j\u2019ai reçue dans ma vie», dit-il.Même les réseaux sociaux lui ont été favorables, ce qui n\u2019est pas donné à tout le monde.«J\u2019ai reçu autour de 3000 messages sur Facebook.Quand les gens ne sont pas contents, ils ne se gênent vraiment pas pour te le dire.L\u2019an passé, une personne sur 100 ou 200 n\u2019était pas contente.Le ratio était vraiment bon.» À lire entre les lignes, j\u2019en ai conclu que le Bye Bye ne s\u2019étendra pas longtemps sur les agresseurs qui ont pourri une bonne partie de l\u2019année 2017.«Si ce n\u2019est pas drôle, ça n\u2019a pas sa place.On voulait d\u2019abord et avant tout faire un Bye Bye drôle et pour le monde.C\u2019est très festif, avec ici et là, des surprises un peu plus songées», affirme Simon-Olivier Fecteau.Et Guillaume Lespérance d\u2019ajouter: «Le 31 au soir, les gens ont envie de fêter et de passer une bonne soirée.» Il faut donc que ce soit drôle, mais aussi que ça tire égal partout, une condition essentielle pour parler à tout le monde.«Personne n\u2019est à l\u2019abri, que ce soit à gauche, à droite, au centre, n\u2019importe quelle station de télé, peu importe où tu te situes, tout le monde peut être victime de nos sketchs.Il n\u2019y a pas de gang, on est des électrons libres », insiste Simon-Olivier.Même les amis du duo ne seront pas épargnés.« Ils vont finir par nous pardonner, quelque part autour du 15 janvier !», blague Guillaume Lespérance.Alors qu\u2019on a beaucoup parlé de censure en humour et du politiquement correct qui semble prendre toute la place, les bonzes du Bye Bye semblent imperméables à cette tendance.« Ni cette année ni l\u2019an dernier, nous n\u2019avons été victimes de censure.Ça se passe vraiment bien.On a la partie facile », considère le producteur.L\u2019équipe a une méthode bien particulière pour l\u2019approbation des textes par la direction.S\u2019inspirant de RBO, qui envoyait Bruno Landry lire les textes à haute voix aux grands patrons, Fecteau, Lespérance et le script-éditeur André Ducharme ont fait exactement la même chose, question que l\u2019intention de leurs sketchs soit saisie dès le départ.Les deux reconnaissent néanmoins que la production du Bye Bye reste un casse-tête indescriptible entre l\u2019écriture, l\u2019attribution des rôles, le tournage, le montage et le choix cruel d\u2019abandonner certains sketchs.«Le Bye Bye, c\u2019est la meilleure job en télévision, et la pire job en télévision.Chaque jour, chaque moment», résume Guillaume Lespérance.Et un signe de plus que l\u2019équipe souhaite faire ce Bye Bye « pour le monde » : ce sont des gens du public, désignés au cours d\u2019un appel à tous, qui offriront leurs vœux après le décompte de m inu i t .D \u2019Oc c upa t i on double à la marijuana , de Mélanie Joly à Valérie Plante, d e D o n a l d T r u m p à Kim Jong-un, de Julie à Céline, tant de sujets qui risquent d\u2019avoir leur place au Bye Bye 2017.Y\u2019A DUMONDE ÀMESSE DE NOËL Dimanche 24 décembre, à 22h, et lundi 25 décembre, à 20h, à Télé-Québec Q u \u2019 e s t - c e q u i u n i t G u y l a i n e T r e m b l a y , Fred Pellerin, Lara Fabian, L i se Dion e t le j ou r na - l i s t e e t do c umen t a r i s t e Raed Hammoud ?On le saura la veille de Noël dans ce numéro spécial de l\u2019émission de Christian Bégin , qui a fait tout un tabac l\u2019été dernier.Toujours en provenance du Théâtre Paradoxe, une ancienne église, l\u2019animateur remplace le sermon de la messe de minuit par des échanges surprenants entre ces cinq personnalités.BELLE ET BUMDES FÊTES Dimanche 24 décembre, à 20h, et samedi 30 décembre, à 21h30, à Télé-Québec Lancée en 2005, cette tradition des Fêtes se poursuit.Sont conviés cette année au grand party de Normand Brathwaite et Mélissa Lavergne: Les Denis Drolet, Florence K, Stefie Shock, Emilie-Claire Barlow, Antoine Gratton, Mélissa Bédard et le collectif afro-funk Papagroove.À cette occasion, on sort le «big band» et on promet un hommage à l\u2019œuvre de Robert Charlebois.LA REVUE CULTURELLE 2017 Vendredi 29 décembre, à 20h, et dimanche 31 décembre, à 17h, à ICI Radio-Canada Télé Après une première expérience réussie l\u2019an dernier, André Robitaille anime cette revue éclatée de la scène culturelle.Dans une formule originale, on crée des duos d\u2019artistes pour revenir sur les grands événements de l\u2019année.«On réunit des générations différentes, comme Klô Pelgag et Marcel Sabourin, deux esprits libres, de même que Rachel Graton, qui a remporté le prix de la relève, et Michel Tremblay », confie France Beaudoin, qui produit l\u2019émission sans la coani- mer cette année.L\u2019ingénieur sonore Sylvain Bellemare, DeniseFiliatrault,lachorégraphe Mélanie Demers, Marc Séguin, C h r i s t i n e B e a u l i e u e t Laurent Paquin prennent tous part à l\u2019émission.«Il y a aussi une rencontre trippante entre Michel Rabagliati et François Pérusse, dans un dépanneur, et une mention à des artistes qui ont tiré leur révérence », poursuit la productrice.LES APPENDICES \u2013 TOURLOU 2017 Samedi 30 décembre, à 20h, lundi 1er janvier, à 22h30, et vendredi 5 janvier, à 23h, à Télé-Québec En manque de sketchs des Appendices ?Le groupe se réunit le temps de cette revue de l\u2019année qui brise toutes les conventions.« On verra comment nos personnages ont vécu l\u2019année», explique un des Appendices, Julien Corriveau.Ainsi, Guy, de «Guy et René», est devenu végane, un thème qui a été populaire durant l\u2019année.M.Moustelle donne des conseils aux jeunes sur les réseaux sociaux, le prof d\u2019espagnol parle de la Catalogne, et Téton et Tétine reçoivent des youtubeurs.Comme fil conducteur, les membres des Appendices reviennent en eux-mêmes à quelques reprises entre les sketchs.«On fait des voyages dans le temps pa rce qu\u2019on n\u2019a pas eu le temps de remettre notre revue de l\u2019année à temps », raconte Julien Corriveau.L\u2019aven tu re su r réa l i s t e \u2013 commetout le reste! \u2013 estnarrée par nul autre que Roy Dupuis, le vrai de vrai.«On a appris que c\u2019était un fan de l\u2019émission.On s\u2019est permis de le contacter et il a accepté.» D\u2019autres personnalités ont accepté leur invitation, dont Safia Nolin, dans le rôle d\u2019une dame qui chiale sur l\u2019internet, Gabriel Nadeau- Dubois, dans son propre rôle, et l\u2019humoriste Richardson Zéphir en employé de Télé-Québec.Une deuxième émission spéciale des Appendices soulignant les 50 ans du diffuseur suivra en février, et le groupe travaille sur de nouveaux projets avec le diffuseur.ALT 2017 \u2013 ON FERME L\u2019ANNÉE! Dimanche 31 décembre, à 19h et 23h, à VRAK La bande de Phil Roy remet ça pour la deuxième année.Et Dieu sait que « l\u2019actualité légèrement tordue» a été foisonnante en 2017.On prévoit une prestation d\u2019Alex Nevsky, accompagné de la chorALT.Julien Corriveau et Jean- François Provençal font leur liste des fails de l\u2019année.L\u2019ensemble des collaborateurs parleront des personnalités marquantes de 2017.Ils ont même composé des airs spécialement pour les fans de l\u2019émission.P-A MÉTHOT COUNTRY Dimanche 31 décembre, à 18h30, à TVA Après avoir surfé sur les années 80, P-A Méthot convie le public à un grand party sur le thème du country, enregistré en juin dernier au Centre Bell.Le Beauceron Robby Johnson est de la partie, de même que Paul Daraîche, G u y l a i n e T a n g u a y e t Steph Carse, qui reprend son célèbre Achy Breaky Dance .Beaucoup d\u2019humour dans cette soirée, avec Peter MacLeod, D o m i n i c P a q u e t , F r a n ç o i s M a s s i c o t t e , Martin Vachon et un invité mystère, qu\u2019on n\u2019avait pas vu depuis au moins 25 ans, minimum! EN DIRECT DE L\u2019UNIVERS \u2013 SPÉCIALE DU JOUR DE L\u2019AN Dimanche 31 décembre, à 19h, et lundi 1er janvier, à 18h30, à ICI Radio- Canada Télé Pou r l a s i x ième a nnée , France Beaudoin donne le ton à la soirée du 31 décembre avec ce party endiablé, dont l\u2019ambiance se transporte dans nos salons dès le numéro d\u2019ouverture, d\u2019une douzaine de minutes.Nouveauté cette année : les quatre invités principaux ont été kidnappés, sans qu\u2019ils sachent quoi que ce soit de ce qui allait leur arriver, comme on l\u2019avait déjà fait à l\u2019émission habituelle avec d\u2019autres invités.«On leur a fait faire une préen- trevue pour une fausse émission de radio.On avait donc tout le matériel sur eux.On les a kidnappés à quelques heures d\u2019intervalle, avec la complicité de leurs agents et de leurs proches, qui ont joué le jeu», explique France Beaudoin.Impossible pour l\u2019instant de vous dévoiler les noms, puisqu\u2019ICI Radio-Canada Télé invite les gens à deviner qui sont les quatre invités, à partir de photos-mystères.Mais vous ne serez pas déçus.«Ça jase, ça a des opinions, ce sont de bons joueurs, de bons vivants, qui ont marqué l\u2019année chacun à leur façon.On a eu du fun!», confie France Beaudoin, qui promet aussi quelques réflexions, dont une sur les femmes et le discours collectif qu\u2019elles ont suscité.«On parle du #moiaussi et des répercussions que ça aura dans l\u2019avenir.Ce sont différentes générations qui s\u2019expriment sur ce thème-là.» France Beaudoin reprendra sa case du samedi à 19 h le 13 janvier avec Patrick Lagacé.Suivront, cet hiver, Simon- Olivier Fecteau, Véronique C lou t ie r , F lo rence K e t Béatrice Picard.À L\u2019ANNÉE PROCHAINE Dimanche 31 décembre, à 20h30, et mardi 2 janvier, à 21h, à ICI Radio-Canada Télé Pour la neuvième année, Philippe Laguë réunit à la télé sa joyeuse bande de l\u2019émission radiophonique À la semaine prochaine dans cette revue humoristique, enregistrée au Club Soda à Montréal.Pierre Verville, M i c hè l e De s l au r i e r s e t Dominic Paquet campent tour à tour les personnalités qui ont marqué 2017, et leurs têtes de Turc préférées.Aura-t-on droit à une nouvelle dictée de la ministre Lise «Veeergule» Thériault?INFOMAN 2017 Dimanche 31 décembre, à 22h, et lundi 1er janvier, à 20h, à ICI Radio-Canada Télé Deux grands thèmes ont marqué l\u2019année selon Jean-René Dufort : les femmes et les catastrophes naturelles.«C\u2019est vraiment l\u2019année des femmes.Ça a commencé avec la marche rose à Washington, ça a fini avec Valérie à la mairie, sans oublier la gouverneure générale et, bien sûr, le mouvement #moiaussi.Pour les catastrophes naturelles, j \u2019inclus Donald Trump dans cette catégorie.Juste sur lui, j\u2019aurais pu faire une heure !», confie l\u2019animateur d\u2019Infoman 2017.Alors que l\u2019émission hebdomadaire a peu parlé des agresseurs qui ont fait la manchette tout l\u2019automne, cette 17e revue annuelle ne passera certainement pas leurs inconduites sous silence.«On va même s\u2019adresser directement à eux.En fait, j\u2019ai délégué ça à quelqu\u2019un », révèle Jean- René.L\u2019animateur affirme s\u2019être assez bien entendu avec les politiciens durant la dernière année.« Il y a eu peu de chicane, tout le monde a assez bien participé.Je ne sais pas si Justin Trudeau fait une bonne job, mais c\u2019est un outil de marketing incroyable.J\u2019ai eu des entrevues grâce au fait qu\u2019il a été à notre émission ! » Bien sûr, « il y aura du Mélanie Joly dans l\u2019émission ».Et du Éric Salvail ?« Je peux t\u2019assurer qu\u2019il ne participera pas à l\u2019émission, du moins volontairement », répond Jean-René Dufort, dont le défi sera de ramener 90 minutes d\u2019émission à 60 d\u2019ici la fin de l\u2019année.Finir l\u2019année en télé PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA L\u2019équipe de Bye Bye 2017 PHOTO FOURNIE PAR VRAK ALT 2017 : on ferme l\u2019année ! PHOTOCLAUDE DUFRESNE, FOURNIE PAR TÉLÉ-QUÉBEC Bell et bum de Noël PHOTO FOURNIE PAR TÉLÉ-QUÉBEC Les Appendices \u2013 Tourlou 2017 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Impossible de revenir sur l\u2019année culturelle 2017 sans parler du MOMENT; celui où tout a basculé et où un retour aux anciennes façons de faire est subitement devenu impensable, inconcevable, irrecevable, plus jamais possible.Quand je pense à ce moment- là, je vois toujours la même scène diffusée en direct sur CNN.Dans cette scène, il n\u2019y a pas Harvey Weinstein ni Gilbert Rozon ni aucun de ceux par qui le scandale des inconduites sexuelles est arrivé.Non, ils n\u2019y sont pas.Pas encore.Dans ma scène, il n\u2019y a que la statue de Saddam Hussein dans Bagdad assiégé, une immense statue de pierre arrachée de son socle par la foule et qui s\u2019effondre avec fracas, marquant la fin du tyran et de sa tyrannie \u2013 la fin d\u2019un monde, en somme.C\u2019est cette image qui me revient en boucle quand je pense à Harvey Weinstein, à Kevin Spacey, à Charlie Rose, à Matt Lauer, à Rozon, Salvail, Archambault et à des dizaines d\u2019autres \u2013 des géants, des titans, des monuments dont la statue a été déboulonnée et dont la carrière et la réputation sont ternies, salies, brisées à jamais.La tentation est forte de croire que tout cela n\u2019est que le fruit du milieu culturel, un milieu de débauche, d\u2019excès et d\u2019ambitions mal placées, mais c\u2019est un leurre.Le milieu culturel a l\u2019avantage \u2013 ou le défaut \u2013 d\u2019être constitué de gens connus et médiatisés dont les histoires ont valeur d\u2019exemple.C\u2019est pourquoi ce sont leurs inconduites sexuelles qui font les manchettes et non celles de l\u2019obscur comptable ou du plombier inconnu.Mais qu\u2019on l\u2019admette ou non, le phénomène des inconduites sexuelles se retrouve dans tous les milieux.Et tôt ou tard, tous ces milieux où règne encore le silence vont être touchés et bousculés par la parole que le mouvement #MoiAussi a libérée.Reste que culturellement parlant, 2017 n\u2019a pas été qu\u2019une année d\u2019aveux douloureux, de dénonciations souffrantes et de chutes brutales.D\u2019autant que c\u2019est seulement le 5 octobre, date de publication de l\u2019enquête sur Weinstein dans le New York Times, que tout a basculé.L\u2019année 2017 nous a tout de même offert des œuvres phares, des gestes artistiques lumineux et des propos empreints de beauté et de poésie.Bref, tout n\u2019a pas été noir.Si je devais choisir parmi tout ce que j\u2019ai vu sur scène, au cinéma, dans les musées, les galeries ou à la télé cette année, j\u2019arrêterais mon choix en premier, en tout premier, sur une série télé qui m\u2019a captivée, bouleversée, ravie, tenue en haleine : Big Little Lies, réalisée pour le compte de HBO par Jean-Marc Vallée.J\u2019aurais sans doute préféré que mon cœur flanche pour une série tournée ici et signée par un auteur québécois, d\u2019autant plus que le talent était au rendez-vous cette année, que ce soit avec L\u2019imposteur, Au secours de Béatrice, District 31, Jenny ou Faits divers.Mais dans l\u2019absolu, mon coup de cœur en 2017, c\u2019est Big Little Lies, pour cette histoire fascinante de femmes privilégiées et malheureuses comme les pierres qui n\u2019ont aucune conscience de leur chance, pour le jeu extraordinaire des trois actrices \u2013 Laura Dern, Nicole Kidman et Reese Witherspoon \u2013, pour les choix musicaux jouissifs de Jean- Marc Vallée et pour sa mise en scène rigoureuse et inspirée et sa façon toute personnelle de capter la vérité de ses personnages sans jamais tomber dans la caricature.D\u2019ailleurs, je ne répéterai pas assez toute mon admiration pour ce Québécois qui réussit à jouer dans les ligues majeures américaines sans se faire bouffer par la machine, sans faire de compromis artistique ni sacrifier sa recherche d\u2019authenticité.Tout ce que je souhaite, c\u2019est que le Québec, où il continue néanmoins de vivre, ne l\u2019ait pas perdu artistiquement parlant.En 2017, j\u2019ai aussi craqué pour.> La bonne âme de Se-Tchuan au TNM, qui a commencé 2017 en beauté avec un feu roulant de répliques drôles et cinglantes signées Brecht, mises en scène (et en bouche) par Lorraine Pintal et mises en musique par Philippe Brault.Un petit bijou.>Habiter Villeray auxÉcuries : le spectacle le plus sympa de l\u2019année, signé par l\u2019Abi- tibienne Marcelle Dubois.À la manière d\u2019un détective ou d\u2019un journaliste qui enquête, l\u2019auteure nous a offert un portrait touchant du quartier Villeray à travers une galerie de personnages vrais et vivant tous encore à Villeray.> Revolution : l\u2019expo surtout musicale et auditive du Musée des beaux-arts de Montréal sur les années 60 et 70 qui a su réveiller et faire revivre comme si c\u2019était hier tous mes souvenirs d\u2019adolescence.> Footloose, la comédie musicale de l\u2019été dernier, mise en scène, traduite et adaptée par Serge Postigo, qui nous a révélé l\u2019énergie volcanique et la puissance vocale et rythmique de la talentueuse Éléonore Lagacé.> In Vitro (ou comment ne pas faire de bébé), le one woman show drôle et bouleversant de Véronick Raymond, actrice, auteure, communicatrice et future ex-mère, perdue au pays de la procréation assistée.> Jérôme Bosch : le jardin des délices de Marie Chouinard.Parce qu\u2019on ne se lasse jamais des chorég raph ies de la grande Marie, même quand elles nous dérangent, nous troublent, nous tétanisent ou nous exaspèrent.> Le pont Jacques-Cartier illuminé par Moment Factory et un consortium de studios montréalais parce que même si ça prend 500 projecteurs, 2708 tubes électriques et des kilomètres de filage, il n\u2019y a rien de plus beau qu\u2019un pont qui brille de tous ses feux la nuit.> Olafur Eliasson : Maison des ombres multiples.L\u2019expo très tactile et interactive d\u2019un artiste danois connu et célébré dans le monde entier et qui se souvenait d\u2019avoir participé à sa première exposition de groupe non pas à Milan, Tokyo ou Londres, mais à Amos, en Abitibi.> Expo 67 : Mission impos- s ible , le documenta i re de G u y l a i n e M a r o i s t , Michel Barbeau et Éric Ruel.Grâce à des archives exceptionnelles et rarement accessibles, le documentaire nous plonge au cœur du projet fou et furieux que fut Expo 67 et ses extraordinaires bâtisseurs.> Montréal symphonique : le plus beau, le plus gros, le plus atypique, historique et symphonique concert des célébrations du 375e anniversaire: un moment absolument magique à la fin de l\u2019été au pied de la montagne, que nous ne sommes pas près d\u2019oublier.Sur ce, chers lecteurs, je vous souhaite le plus beau et magique temps des Fêtes et au moins un MOMENT de paix, de bonheur et de grâce.Le moment où tout a basculé.L\u2019année 2017 nous a tout de même offert des œuvres phares, des gestes artistiques lumineux et des propos empreints de beauté et de poésie.Bref, tout n\u2019a pas été noir.PHOTO JOHN CARUCCI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS « C\u2019est l\u2019image de la statue déboulonnée de Saddam Hussein qui me revient en boucle quand je pense à Harvey Weinstein [notre photo], à Kevin Spacey, à Charlie Rose, à Matt Lauer, à Rozon, Salvail, Archambault et à des dizaines d\u2019autres », écrit notre chroniqueuse.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 La première année de Donald Trump à la présidence des États-Unis a eu un impact indéniable sur la culture populaire américaine et, par extension, la nôtre.Ce qui est loin d\u2019être terminé, puisqu\u2019il reste trois années à son mandat et probablement des décennies d\u2019analyses à venir.CHANTAL GUY Le triomphe d\u2019Atwood D è s l \u2019 i n v e s t i t u r e d e Donald Trump, on pouvait voir des groupes de femmes déguisées en servantes écarlates, d\u2019après le roman dysto- pique de Margaret Atwood, qui s\u2019est retrouvé rapidement en ruptu re de stock .L a chaîne Hulu ne pouvait rêver d\u2019un meilleur moment pour lancer l\u2019excellente série The Handmaid\u2019s Tale en mai dernier, dont l\u2019écho avec l\u2019actualité était si fort qu\u2019elle a raflé les plus grands prix partout, et rendu Margaret Atwood encore plus célèbre qu\u2019elle ne l\u2019était.La dystopie féministe a de beaux jours devant elle.La charge des talk-shows Les animateurs de talk- shows aux États-Unis sont littéralement en feu depuis l\u2019arrivée de Trump.Alors que les « fake news» pourrissent le débat public et mélangent tout le monde, on dirait que les prises de position et les illustrations imagées des faits par Noah, Oliver, Colbert, Maher, Meyers et compagnie aident à comprendre les dérives.Comme s\u2019il fallait donner un peu de vitamine à la vérité.Même que le populaire Jimmy Fallon a perdu quelques plumes après avoir invité Trump sur son plateau avant l\u2019élection.Meryl Streep prend la parole Dans un vibrant discours à la soirée des Golden Globes \u2013 des prix qui sont remis par la presse étrangère \u2013, Meryl Streep a souligné les mots «Hollywood», «presse» et «étrangers», avant de s\u2019en prendre à Trump qui s\u2019était moqué d\u2019un journaliste handicapé.« L\u2019irrespect amène l\u2019irrespect.La violence incite à la violence.Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants.» Trump a répondu sur Twitter qu\u2019elle était l\u2019actrice la plus surévaluée de Hollywood et qu\u2019il n\u2019avait jamais ri du handicap du journaliste en question.La caricature ne chôme pas Le personnage Trump est un fantasme de caricaturiste, avec sa coupe de cheveux absurde, son teint orangé et ses mimiques.On pourra faire des livres avec les tonnes de dessins qu\u2019il inspire dans les journaux du monde entier.Ses imitateurs font fortune depuis son élection, la carrière d\u2019Alec Baldwin a connu un regain depuis qu\u2019il le personnifie à Saturday Night Live, et il y a même une nouvelle émission qui lui est entièrement consacrée : The President Show à Comedy Central, où Donald Trump est incarné par Anthony Atamanuik, considéré par le magazine Rolling Stone comme le meilleur imitateur du président.Le seul problème est que personne ne réussit autant à nous surprendre que le vrai.L\u2019obsolescence de House of Cards Si on y pense bien , ce ne sont pas les allégations d\u2019inconduites sexuelles contre Kevin Spacey qui ont tué la série phare de Netflix, House of Cards, mais bien l\u2019élection de Donald Trump.Dès lors, F rank Underwood, qu\u2019on adorait détester, est apparu comme un président plus professionnel que Trump.Et la série, que les téléspectateurs attendaient avec excitation tous les ans, a semblé instantanément obsolète et son cynisme, de trop.Un cas flagrant de réalité qui dépasse la fiction.Trump, pour le meilleur et pour le rire Leonard Cohen (1934-2016) Subl ime exposit ion au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, à la fois émouvante, critique, inventive et réconfortante.Œuvre murale gigantesque et attendrissante des artistes Gene Pendon et El Mac réalisée par l\u2019organisme MU au centre-ville.Spectacle remarquable au Centre Bell soulignant l\u2019envergure poétique et musicale de l\u2019artiste disparu.Projection silencieuse de Jenny Holzer sur le Silo no 5.Spectacle de danse par les Ballets Jazz.L\u2019automne 2017 aura été un temps fort pour célébrer Leonard Cohen, avec des hommages à la hauteur de l\u2019homme et du legs de cet artiste montréalais devenu icône planétaire et symbole humaniste.Et finalement plus vivant que jamais dans nos têtes et nos cœurs.\u2014 Éric Clément Réjean Ducharme (1941-2017) L\u2019écrivain le plus mystérieux du Québec \u2013 si ce n\u2019est de la francophonie \u2013 nous a quittés le 21 août.Dans la même discrétion que toute une vie passée loin des projecteurs.Pour lui rendre hommage, les médias n\u2019avaient que les quelques photos qui circulaient depuis les années 60, aucune vidéo ni enregistrement de l\u2019homme, mais le vif souvenir de lectures marquantes et les quelques anecdotes des rares personnes qui l\u2019ont côtoyé.Par un étrange hasard, quelques jours plus tard, paraissait le beau livre Le lactume, un recueil de ses dessins aux titres poétiques et drôles, des inédits qui s\u2019étaient perdus dans les archives de son éditeur en France.Un livre dédié à sa fidèle compagne, Claire Richard, disparue un an avant lui.À l\u2019image de l\u2019écrivain, les funérailles étaient privées, et la famille a refusé tout événement officiel.Constant et cohérent jusqu\u2019au bout, respecté et protégé par son entourage jusqu\u2019à l\u2019ultime voyage.Il nous reste une œuvre magnifique, d\u2019une influence indéniable, à revisi- ter et à garder en vie.\u2014 Chantal Guy Les fantômes de l\u2019année PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Vue de l\u2019exposition Leonard Cohen \u2013 Une brèche en toute chose, présentée au Musée d\u2019art contemporain de Montréal.PHOTO ARCHIVES ASSOCIATED PRESS La nouvelle émission The President Show à Comedy Central nous permet de voir un Donald Trump incarné par Anthony Atamanuik, considéré par le magazine Rolling Stone comme le meilleur imitateur du président.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 DANS LA PRESSE+ EN L\u2019AN 2000, JEAN-FRANÇOIS PROVENÇAL ALLAIT SUR INTERNET POUR LES CODES DE ZELDA.ET DES PHOTOSOLÉOLÉ.CE VENDREDI SPÉCIAL AN 2000 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 MUSIQUE LE ROCK N\u2019EST PAS MORT Le rock, dont on annonce depuis des années l\u2019imminente disparition, n\u2019est pas mort en 2017.À preuve, les excellents albums de The War On Drugs (A Deeper Understanding), The National (Sleep Well Beast), Spoon (Hot Thoughts) et The xx (I See You).Ceux que j\u2019ai le plus écoutés cette année.Des guitares au premier plan, des arrangements dans l\u2019air du temps, et du songwriting à son meilleur.LE SILENCE DES TROUPEAUX DE PHILIPPE BRACH Dans la mouvance folk-rock, très prisée au Québec, un album s\u2019est démarqué en 2017 : Le silence des troupeaux de Philippe Brach, avec ses instrumentations originales, ses élans de guitares se mariant à des arrangements de cordes, et ses interludes orchestraux à la Sgt.Pepper\u2019s Lonely Hearts Club Band.La voix riche de Brach, mélange de Fred Fortin et Rufus Wainwright, sa poésie simple et souvent drôle (Rebound chantée par un chœur), ses mélodies accrocheuses avaient tout pour séduire.ARCADE FIRE AU CENTRE BELL Son plus récent album, Everything Now, a beau être parmi ses moins réussis, la bande d\u2019Arcade Fire est toujours aussi électrisante sur scène.Son passage dans un Centre Bell archicomble début septembre, après la déception d\u2019un Centre Vidéotron dégarni, a semblé galvaniser les troupes.Sur une scène centrale rotative, s\u2019échangeant leurs instruments comme à leur habitude, Win et Will Butler, Régine Chassagne, Richard Reed Perry, Tim Kingsbury, Sarah Neufeld et Jeremy Gara ont enchaîné leurs succès des 15 dernières années sans temps morts.Le concert mémorable de bêtes de scène au sommet de leur forme.RESTDE CHARLOTTE GAINSBOURG Le quat r ième a lbum stud io de Charlotte Gainsbourg, Rest, réalisé par le Français SebastiAn, compte pa rm i ses col labora teu r s Guy- Manuel de Homem-Christo (la moitié de Daft Punk), Owen Pallett, Connan Mockasin et Paul McCartney.Et il est magnifique.La chanteuse et comédienne a écrit pour la première fois ses propres paroles, la plupart sont en français.Il est beaucoup question de sa sœur Kate, qui s\u2019est suicidée, dans ces textes mélancoliques, alors que la musique électro entraînante, funky et dansante de SebastiAn a des accents rétro à la Charlotte Forever, album composé pour Charlotte Gainsbourg à l\u2019adolescence par son père Serge.L\u2019effet de contraste entre la gravité des textes et le côté joyeusement mélodique de la musique \u2013 beaucoup plus assumé que sur ses précédents disques 5 : 55, IRM et Stage Whisper \u2013 est irrésistible.THÉÂTRE J\u2019AIME HYDRO DE CHRISTINE BEAULIEU C\u2019est dans le doute de sa démarche, dans son aveu d\u2019ignorance maintes fois répété, dans l\u2019autodérision qui traverse son spectacle comme un fil d\u2019Ariane que Christine Beaulieu a touché, à mon sens, une corde sensible auprès du grand public avec son merveilleux monologue J\u2019aime Hydro.Il y a énormément de questions et d\u2019informations pertinentes dans ce documentaire théâtral ingénieux.Hydro-Québec est un fleuron dont le développement exponentiel est remis en question par la dramaturge et comédienne de la manière la plus efficace : avec bonne foi et honnêteté, en pesant le pour et le contre, en présentant les deux côtés de la médaille et en faisant entendre une multiplicité de points de vue.Dire que J\u2019aime Hydro fait œuvre utile serait bien réducteur.C\u2019est un service essentiel.FILMS CALL ME BY YOUR NAME DE LUCA GUADAGNINO Cette histoire d\u2019amour pure campée en Lombardie, entre deux jeunes hommes de 17 et 24 ans, est le film le plus émouvant que j\u2019ai vu cette année.La montée en puissance d\u2019une tension sexuelle subtile, l\u2019élan des premiers émois amoureux, la répression des sentiments à une époque \u2013 le début des années 80 \u2013 où l\u2019homosexualité était encore vécue clandestinement par plusieurs.Le chamboulement du cœur, exacerbé par la musique new wave de l\u2019époque (Love My Way des Psychedelic Furs) et la bande originale de Sufjan Stevens.Le sublime duel d\u2019acteurs de Timothée Chalamet et Armie Hammer.Et cette scène d\u2019anthologie, belle à pleurer, d\u2019amour inconditionnel, entre un père et son fils.I AM NOT YOUR NEGRO DE RAOUL PECK L e prol i f ique c i néa s te ha ï t ien Raoul Peck a réalisé un bijou de film biographique sur l\u2019écrivain et militant afro-américain James Baldwin.I Am Not Your Negro, œuvre originale et percutante, trace à travers des images d\u2019archives des parallèles troublants entre les mouvements des droits civiques des années 60 et celui de Black Lives Matter aujourd\u2019hui.Une communion entre la pensée de Peck et de Baldwin, un intellectuel homosexuel à une époque (les années 50 et 60) où il fallait énormément de courage pour s\u2019afficher ouvertement, fait par ailleurs réfléchir au rapport à la différence.Le discours éloquent de James Baldwin, disparu en 1987, est on ne peut plus actuel, 30 ans plus tard.Comme quoi plus ça change.LES AFFAMÉSDE ROBIN AUBERT Avec son cinquième long métrage, Les affamés, Robin Aubert a fait un retour au cinéma de genre, 12 ans après Saints-Martyrs-des-Damnés.L\u2019acteur- cinéaste a signé cette année un film de zombies inspiré et poétique, qui se pose en métaphore du contexte social actuel : l\u2019accueil que l\u2019on réserve aux étrangers, le clivage entre les campagnes et les villes, etc.Émaillé d\u2019un humour noir absurde qui marque des pauses dans un récit haletant, fort en tension et en émotions, Les affamés se démarque par son originalité dans le paysage cinématographique québécois.VISAGES, VILLAGES D\u2019AGNÈS VARDA ET JR L\u2019a r t iste JR , 34 ans , est connu notamment pour avoir affiché des photos géantes de Palestiniens et d\u2019Israéliens sur le mur de sécurité de Jérusalem en 2007.Agnès Varda, 89 ans, fut l\u2019une des figures de proue de la Nouvelle Vague.Ensemble, ils sillonnent les villages de France à bord du « camion photographique » de JR, à la rencontre des gens qu\u2019ils photographient et dont ils racontent les histoires.Visages, villages est un film absolument charmant de poésie, mené par deux êtres libres et fantaisistes.Il y a une odeur de Nouvelle Vague dans les dialogues décalés et la mise en scène à quatre mains des cinéastes, ainsi que bien des clins d\u2019œil à Godard, dont l\u2019ombre plane sur le film jusqu\u2019à la fin.Et on se demande s\u2019il ne s\u2019agira pas du testament artistique d\u2019Agnès Varda.ROMANS ICI, AILLEURS DEMATTHIEU SIMARD Simon et Marie emménagent dans une maison de campagne.Un drame se trame.On saura rapidement que ce jeune couple ne survivra pas à son déménagement près d\u2019un village à la dérive.On finira par apprendre pourquoi.D\u2019une écriture subtile et sensible, Matthieu Simard installe une atmosphère d\u2019angoisse, un climat anxiogène, avec beaucoup de psychologie.Ici, ailleurs est un récit réaliste auquel sont incorporés des éléments de fantastique.Il s\u2019agit d\u2019un roman à deux voix, celles de Simon et Marie, qui semblent parler d\u2019un même souffle, avec juste assez de variations pour qu\u2019on les distingue dans ce relais ingénieux, sans pour autant qu\u2019il n\u2019y ait de ruptures de ton.L\u2019écriture de Matthieu Simard porte un espoir lumineux, un humour en filigrane, qui fait mieux digérer ce récit incontestablement sombre.L\u2019AVANCÉE DE LA NUIT DE JAKUTA ALIKAVAZOVIC L\u2019auteure française d\u2019origine bos- niaque Jakuta Alikavazovic raconte les amours tragiques et déchirantes d\u2019Amélia et de Paul.Amélia habite un hôtel ; Paul y travaille.Ce sont des étudiants de deux classes sociales bien différentes.Le garçon pauvre deviendra un nouveau riche ; la fille de riche s\u2019enlisera dans son passé.Les amoureux tenteront de rattraper le temps perdu.Jakuta Alikavazovic se penche sur le point de rupture dans une histoire d\u2019amour.Elle s\u2019intéresse aussi aux liens filiaux \u2013 au père de l\u2019un, à la mère de l\u2019autre, à une fille que son père veille jalousement \u2013 ainsi qu\u2019au rapport à la mère patrie : en l\u2019occurrence la Bosnie en pleine guerre civile.L\u2019avancée de la nuit est un roman troublant, fluide, épuré, magnifiquement écrit.ARTS VISUELS LEONARD COHEN: UNE BRÈCHE EN TOUTE CHOSE / A CRACK IN EVERYTHING AUMUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN Leonard Cohen le poète, le chanteur, l\u2019enfant de Montréal, revit au Musée d\u2019art contemporain, un peu plus d\u2019un an après sa mort.L\u2019émouvant et très riche hommage de l\u2019exposition Leonard Cohen : Une brèche en toute chose / A Crack in Everything permet de suivre l\u2019évolution de l\u2019homme et de l\u2019artiste.La première salle happe littéralement le public avec ses films d\u2019archives sur trois murs, refaisant le parcours de Cohen sur scène.Dans une autre salle, on découvre l\u2019écrivain en devenir, dans le germe et la genèse de ses écrits.Ailleurs, on nous invite à écouter des chœurs ou à voir une performance de danse de Clara Furey.L\u2019expérience dans son ensemble est enivrante.On y passerait des jours, à se laisser bercer par cette voix unique, tristement disparue.L\u2019EXPO CHAGALL AUMUSÉE DES BEAUX-ARTS DEMONTRÉAL Avec plus de 300 œuvres, le Musée des beaux-arts de Montréal a organisé en début d\u2019année une exposition Chagall de calibre international.Des tableaux de collections particulières et de différents musées, des costumes confectionnés pour l\u2019opéra et le théâtre, des vitraux, des croquis, des céramiques, une installation vidéo de la fresque de l\u2019Opéra Garnier.Toutes les périodes de création de cet artiste immense, né dans une famille hassidique, sont illustrées et accompagnées de musiques, notamment klezmer, constamment au cœur de l\u2019œuvre de Chagall.Une grande réussite.CARNE Y ARENAD\u2019ALEJANDRO GONZÁLEZ IÑÁRRITU Projet de réalité virtuelle, Carne y arena d\u2019Alejandro González Iñárritu a été présenté en première mondiale au Festival de Cannes.Cette installation sur des migrants qui tentent d\u2019entrer clandestinement aux États-Unis met en scène les personnes qui l\u2019ont réellement vécue.Pendant près de 7 minutes, on assiste, en immersion totale \u2013 avec l\u2019impression de marcher dans le désert, pieds nus dans le sable \u2013, à l\u2019arrestation musclée de ces hommes, femmes et enfants, gua- témaltèques pour la plupart, traités comme des animaux par des agents américains.Une expérience artistique avant-gardiste, à la fois exaltante, bouleversante, terrifiante et transcendante.En espérant qu\u2019elle se rende jusqu\u2019à nous.Mon année 2017 en 14 œuvres MARC CASSIVI CHRONIQUE PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE Avec son cinquième long métrage, Les affamés, l\u2019acteur-cinéaste Robin Aubert a signé cette année un film de zombies inspiré et poétique.Sur la photo : Brigitte Poupart.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 Élevez votre jeu d\u2019un cran ! Complétez la Grille des Mordus tous les samedis, à la ?n de la section Gourmand dans La Presse .Une autre grille numérique de mots croisés signée les Éditions Michel Hannequart.LES SAMEDIS, CHAQUEMOT DE LAGRILLE DESMORDUS ADUMORDANT NOUVEAU + ARTS NOSMOMENTS DE 2017 ARCADE FIRE Au Centre Bell, le 6 septembre Everything Now, cinquième album studio d\u2019Arcade Fire, n\u2019a pas généré l\u2019engouement des grands crus du supergroupe montréalais.Win, Régine, Richard et leurs collègues avaient choisi d\u2019exprimer poétiquement cette étrange période de l\u2019Histoire que nous traversons à travers une diversité de styles éprouvés \u2014 new wave, prog, post-rock, hardcore, dub, dance punk, LCD Soundsystem, Bowie, Blondie, Springsteen, Talking Heads, etc.À la forme musicale innovante, Arcade Fire a préféré la puissance des accroches, la concision, le punch.Relativement prévisibles d\u2019entrée de jeu, ces musiques ont néanmoins constitué le véhicule d\u2019un excellent spectacle.Réarrangées pour la tournée, ces chansons ont trouvé leur singularité sur scène, s\u2019ajoutant aux tubes emblématiques d\u2019une formation en pleine maîtrise de son art devant public.\u2014 Alain Brunet 1Les enfants chéris DANIEL BÉLANGER Au Métropolis (maintenant MTELUS), le 30 mars Daniel Bélanger n\u2019a pas remporté le Félix du spectacle de l\u2019année pour rien.Non seulement son plus récent disque, Paloma, est excellent, mais la tournée qui en a découlé est aussi à la hauteur de sa réputation.Moins bavard que d\u2019habitude, mais généreux, il livre une prestation de deux heures où ses nouvelles chansons côtoient avec bonheur ses innombrables classiques.Vingt-cinq ans après la sortie de son premier disque, Les insomniaques s\u2019amusent, Daniel Bélanger se situe clairement dans la classe des plus grands.\u2014 Josée Lapointe 2L\u2019indémodable KLÔ PELGAG ET L\u2019ORCHESTRE DU TEMPLE THORACIQUE Au Théâtre Maisonneuve le 10 juin, dans le cadre des FrancoFolies En juin, la surdouée Klô Pelgag a présenté pendant les FrancoFolies un grand spectacle où elle a interprété toutes les chansons de son disque L\u2019étoile thoracique, accompagnée d\u2019un orchestre de 35 musiciens.Un spectacle ambitieux, certes, mais aussi un grand moment de communion avec le public autour de ce qui compte le plus pour l\u2019auteure- compositrice-interprète de l\u2019année : la musique.En voilà une qui fait les choses en grand, mais qui, surtout, a les moyens de ses ambitions.\u2014 Josée Lapointe 4L\u2019ambitieuse PARSIFAL ET L\u2019OM À l\u2019amphithéâtre Fernand-Lindsay en clôture du Festival de Lanaudière, le 6 août Prévue pour la clôture du Festival de Lanaudière, l\u2019exécution de l\u2019opéra Parsifal représentait l\u2019un des plus grands défis de Yannick Nézet-Séguin.Le compositeur allemand voyait en son ultime opéra un «festival scénique sacré» réparti en trois actes, dont la durée peut approcher les cinq heures.Ouf ! En Lanaudière, la version concert de Parsifal reposait sur 89 instrumentistes de l\u2019Orchestre Métropolitain, 85 chanteurs du Chœur Métropolitain, 6 rôles principaux et 12 rôles secondaires chez les chanteurs.Les mélomanes présents vécurent un véritable happening, sorte de Woodstock opératique amorcé en fin d\u2019après-midi et conclu en fin de soirée.« Il faut bien en saisir le rapport au temps, avait prévenu Yannick Nézet-Séguin.Il faut savoir accepter la longueur des phrases, des lignes mélodiques, des actes.Tous ces éléments font partie d\u2019une même respiration organique.» Cette «respiration organique» a déclenché la magie et l\u2019élévation escomptées.\u2014 Alain Brunet 3Le happening PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE PHOTOCATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE 2 NICK CAVE AND THE BAD SEEDS Au Métropolis (maintenant MTELUS), le 29 mai En cours d\u2019enregistrement de l\u2019album Skeleton Tree, Nick Cave avait choisi de surmonter la perte tragique de son fils Arthur en transformant sa douleur profonde en art profond.Avant ce concert mémorable donné au Métropolis au printemps dernier, nous avions eu droit à cet opus d\u2019exception, suivi du magnifique et très touchant documentaire One More Time With Feeling.Sur scène, Nick Cave bouclait la boucle de ce cycle à la fois étrange, dramatique et fabuleux.Évocations sacrées, chants choraux, murmures et incantations étaient entrelardés dans ces exécutions à la fois conviviales et exploratoires.Capable de manœuvrer sur tous les registres de l\u2019émotion et de l\u2019expérience sonore, transhumant de la violence extrême à la douceur extrême, le chanteur rock et poète australien nous a une fois de plus servi la leçon du maître qu\u2019il est.Il conclut cette soirée mémorable par cette envie céleste qui mène à toutes les interprétations, tous les possibles : push the sky away.\u2014 Alain Brunet 5Le maître PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE 4 5 PHOTO ANDRE PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE 3 LES 10 CONCERTS PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE 1 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 TIRE LE COYOTE À La Tulipe, le 14 décembre Son disque Désherbage, paru à l\u2019automne, est un des meilleurs de l\u2019année.En spectacle, Tire le Coyote amène son matériel encore plus vers le haut, dans une ambiance folk, mais aussi très rock, où il ne peut nier l\u2019influence que Neil Young a eue sur lui.Mais c\u2019est avec sa voix de fausset qui suscite l\u2019émotion et ses images poétiques que le chanteur s\u2019est construit un public fervent, qui boit chacune de ses paroles.Il faut le dire : jamais on n\u2019a vu autant de gens pleurer pendant un spectacle de chansons.À La Tulipe la semaine dernière, on a assisté à la magnifique rencontre entre un public avide de poésie et un chanteur amplement capable de répondre à cette demande.De toute beauté.\u2014 Josée Lapointe 6Le poète PHOTOOLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE 6 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 OSM, THÈMES ET VARIATIONS SELON RACHMANINOV ET ADAMS À la Maison symphonique, le 1er novembre Common Tones in Simple Time est la première œuvre orchestrale majeure de John Adams.Construite en trois mouvements, Harmonielehre la dépasse sur le plan conceptuel.Tels furent les plats principaux de ce programme de l\u2019OSM conçu par Kent Nagano, soit l\u2019une des grandes réussites symphoniques du calendrier montréalais en 2017.En élevant l\u2019orchestre et son public à travers l\u2019un des plus brillants compositeurs américains de notre époque, maestro Nagano a réussi à exprimer sa propre identité, celle d\u2019un artiste à la fois classique et contemporain, sensible et cérébral, désireux de transmettre les œuvres les plus substantielles d\u2019aujourd\u2019hui, et d\u2019hier \u2013 c\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi nous avons eu droit à la Rhapsodie sur un thème de Paganini, op.43, de Rachmaninov, exécutée impeccablement par le pianiste russe Alexei Volodin.\u2014 Alain Brunet 7Le classique contemporain KENDRICK LAMAR Au Centre Bell, le 24 août Très attendu, le DAMN.Tour fut un autre sommet atteint par le surdoué Kendrick Lamar, l\u2019un des très rares artistes de cette envergure et de cette profondeur à connaître un tel rayonnement de masse.La trame narrative de ce spectacle exceptionnel alternait entre le kitsch et une performance audiovisuelle d\u2019avant-garde, les musiques étaient diffusées sans instrumentistes apparents, servant le verbe affûté de ce maître rappeur.Les titres de l\u2019album DAMN.et autres classiques étaient différemment traités, reconstitués parfois avec fausses introductions et bifurcations surprises.Déjouant la grandiloquence des superproductions pour arénas, cet influx audiovisuel puisait dans les arts martiaux, l\u2019océanographie ou la science-fiction, sans réduire la force d\u2019impact qu\u2019on connaît de Kendrick Lamar.Ce ne fut pas une expérience de musique comme au cycle précédent (To Pimp a Butterfly), ce fut celle d\u2019un MC visionnaire, cohérent, poétiquement signifiant.Jusqu\u2019à quand Kendrick pourra-t-il maintenir ce niveau exceptionnel?\u2014 Alain Brunet 8Le surdoué HALF MOON RUN ET L\u2019OSM À la Maison symphonique, le 26 septembre Le groupe montréalais Half Moon Run et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) se sont prêtés à un exercice périlleux qu\u2019ils ont réussi haut la main, deux soirs d\u2019affilée, dans le cadre de la série OSM Pop.Le compositeur Blair Thompson a su réarranger les complexes compositions du groupe indie rock, interprétées avec brio par l\u2019OSM, sous la direction d\u2019Adam Johnson.Véritables bêtes de scène, les membres de Half Moon Run se sont prouvés dignes de l\u2019appréciation que leur portent leurs admirateurs, en offrant une performance singulière, passionnée et envoûtante.Une fusion indie-symphonique somptueuse, trois ovations et une finale a capella intime pour clore la soirée en beauté.\u2014Marissa Groguhé 9La fusion ORCHESTRE MARIINSKY DE SAINT-PÉTERSBOURG À la Maison symphonique, le 11 novembre Pour tant de mélomanes présents, l\u2019événement classique de l\u2019automne, sinon de l\u2019année entière, fut cette prestation fabuleuse de l\u2019Orchestre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.Pour la quatrième fois à Montréal depuis 2009, le maestro Valery Gergiev a fait léviter ses interprètes singulièrement disposés sur scène.Il l\u2019a fait avec la puissance, la gravité et la tension dramatique qu\u2019on connaît à sa culture slave.Le soliste invité était le pianiste Denis Matsuev, haut coté parmi les pianistes de Russie.Sa personnalité était parfaitement assortie au Concerto no 2 pour piano et orchestre du compositeur russe Rodion Chtchédrine ; très vif, très musclé, très complexe, et qui prévoit une certaine liberté au soliste dans le deuxième mouvement ainsi qu\u2019une étonnante envolée jazzistique au finale.Également au programme, les subtiles variations d\u2019intensité dans L\u2019oiseau de feu, Suite (1919) de Stravinski, ainsi que l\u2019interprétation habitée d\u2019Une vie de héros de Richard Strauss.De quoi planer plusieurs jours après cette exécution magistrale.\u2014 Alain Brunet DE L\u2019ANNÉE PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE 7 PHOTO VALÉRIE MACON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE 8 PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE 9 L\u2019envol l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS LECTURE Femme de lettres et de médias, journaliste et historienne, Laure Adler publie un dictionnaire intime des femmes dans lequel elle parle de ses influences et de ses modèles.Une façon d\u2019en apprendre davantage sur cette femme brillante.Entrevue.NATHALIE COLLARD Qu\u2019est-ce qui vous a motivée à écrire ce livre?Je voulais rendre hommage aux femmes du présent et du passé, à celles qui m\u2019aident à vivre dans le plaisir et la combativité.Je voulais parler de ces femmes que j\u2019admire et qui ont mis leur cause en exergue de leur vie intime.J\u2019essaie en outre de mettre en lumière des femmes d\u2019aujourd\u2019hui.Habituellement, on parle des femmes et de leur travail lorsqu\u2019elles sont mortes.Et puis, avec ce livre, j\u2019explique aussi d\u2019où je viens.Pourquoi l\u2019avoir écrit sous forme de dictionnaire?Il y avait l\u2019idée que ça ne ressemble pas aux dictionnaires qu\u2019on propose aux femmes habituellement.Jusque dans les années 60, on proposait des livres de déesses, de princesses, des modèles de vertu.Je pense qu\u2019en dehors de la poupée Barbie, de la princesse et de la religieuse, il y a d\u2019autres modèles.Des femmes qui travaillent, qui pensent, qui écrivent, qui vivent leur vie, qui aiment et qui ne sont pas brimées par leur sexe.Des femmes pour qui être assignées au sexe féminin ne les empêche pas de conquérir.Comment l\u2019avez-vous construit ?J\u2019y ai travaillé durant six ans et demi.J\u2019avais toujours mon carnet dans ma poche.En métro, en bus ou en marchant, je notais un mot ou un nom qui m\u2019inspirait.À partir de là, je me suis construit un catalogue d\u2019amour.C\u2019était un travail incroyablement agréable, je l\u2019ai écrit durant les week-ends et les vacances.C\u2019est un héritage?Oui, tout à fait.J\u2019ai eu la chance d\u2019être mère à 18 ans et à 41 ans.J\u2019ai deux filles, mais j\u2019ai aussi une petite-fille de 15 ans, la fille de mon fils.Ce livre leur est dédié.Je voulais leur dire, et dire aux autres femmes, que je ne serais pas ce que je suis sans ces modèles féminins, sans Louise Bourgeois, sans Marguerite Yourcenar, sans Michelle Perrot et Françoise Héritier.Impossible de ne pas vous parler de la vague de dénonciations #MoiAussi.Comment est-ce vécu en France?C\u2019est très intense, on en parle tout le temps.Il y a actuellement une solidarité dans les médias.Je travaille avec des femmes de 25-30 ans et depuis l\u2019affaire Weinstein, c\u2019est comme si elles disaient : «On ne va plus s\u2019en laisser conter ; c\u2019est fini, la loi du silence.» Chaque jour qui passe.Il y a quelqu\u2019un qui tombe dans le milieu des médias, de la politique, des arts ou des affaires.Aucun domaine de travail n\u2019est épargné.Y compris les syndicats étudiants de gauche.Y compris les grands intellectuels qui pensent que les femmes doivent accepter de se faire taper les fesses.Ils appellent cela de la séduction.Eh bien, ça ne passe plus ! Nous sommes face à une véritable révolution ! Croyez-vous que cette vague de dénonciations va changer des choses?Je pense que ça va laisser des traces profondes en France.Des femmes qui n\u2019avaient pas parlé jusqu\u2019ici découvrent le pouvoir de la solidarité.Cette solidarité modifie les relations entre elles, et c\u2019est cette contagion qui fait en sorte que les choses vont avancer, vont bouger.Ensuite, il faut des tutelles politiques et juridiques, il faut des budgets aussi.Les assos féminines croulent sous les demandes depuis l\u2019affaire Weinstein ; elles n\u2019ont plus d\u2019argent, plus de ressources.Est-ce que vous pensez que les pouvoirs politiques français vont embarquer dans la vague?En ce moment, en France, pour des raisons économiques et politiques, nous traversons une période de régression morale et politique.Contrairement à d\u2019autres pays comme le vôtre, nous n\u2019y sommes pas du tout en termes d\u2019ouverture, de revendication des droits ou de libération des mœurs.Du coup, tout ce qui contribue à l\u2019évolution des mentalités, tout ça est arrêté, mis entre parenthèses.Nous sommes très en retard pour tout ce qui concerne l\u2019équité salariale, par exemple.Même chose pour les femmes à la tête des grandes entreprises.Là aussi, il y a du retard.Il y a sans doute bien des hommes pour dire que ça a suffisamment évolué.Ils se disent : «Qu\u2019elles se taisent et qu\u2019elles attendent maintenant.» La période de remise des grands prix littéraires vient de se terminer et on a souligné que tous les prix ou presque avaient été remportés par des hommes.Comment expliquer cela ?Ça me rappelle ce que Françoise Héritier disait à propos de la domination masculine qui perdure dans tous les domaines, y compris dans les domaines où le travail s\u2019est féminisé.Il y a beaucoup de femmes dans le monde littéraire.Elles sont numéros 2, 3, 8, mais rarement numéro 1.Les patrons sont encore des hommes.De plus en plus de femmes écrivent, mais elles gagnent de moins en moins de prix.Il faut se poser la question.Quelle est la solution selon vous pour arriver à un meilleur équilibre?Il n\u2019y a qu\u2019une solution : les quotas.Moi, au début, j\u2019étais contre, mais j\u2019ai changé.Il n\u2019y a que la politique des quotas pour arriver à la parité.On l\u2019a vu en politique, les femmes sont un peu plus présentes, les quotas ont quand même modifié les choses.Il faut que les choses changent.Regardez dans le monde du théâtre, c\u2019est scandaleux ! Il y a moins de 5% des théâtres en France qui sont dirigés par des femmes.Et moins de 10% des auteurs joués dans les théâtres sont des femmes.Il faut user des forces contraignantes pour y arriver.En terminant, si je vous demandais de choisir trois mots de votre dictionnaire que vous affectionnez particulièrement, quels seraient-ils ?«Amitié », car sans l\u2019amitié je ne pourrais pas vivre.«Marguerite Duras », car sans elle et sans ses livres, je ne pourrais pas vivre.Et «Marguerite Yourcenar », car elle est un modèle, un exemple de créativité et d\u2019inspiration constante.Dictionnaire intime des femmes Laure Adler Stock 474 pages ESSAIS / Laure Adler Son catalogue d\u2019amour Q R PHOTO FRANCK FERVILLE, FOURNIE PAR L\u2019AUTEUR Laure Adler 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l UN PARCOURS QUI INSPIRE À DÉCOUVRIR SES PASSIONS ET À S\u2019ACCROCHER À SES RÊVES «Je voudrais que le récit de mon histoire puisse un jour inspirer un autre ti-cul un peu mêlé, de Montréal-Nord ou d\u2019ailleurs.Je voudrais leur dire qu\u2019une passion peut nous sauver la vie.» \u2014 Claude Legault PHOTOS PERSONNELLES ET INÉDITES editionslapresse.ca Suivez-nous sur Facebook ARTS CINÉMA D\u2019autres critiques de films à lapresse.ca et sur La Presse+ CALLMEBYYOUR NAME (V.O.S.T.F.: APPELLE-MOI PARTONNOM) !!!! Drame sentimental de Luca Guada- gnino.Avec Timothée Chalamet, Armie Hammer, Michael Stuhlbarg, Amira Casar.2h10.MARC-ANDRÉ LUSSIER C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un premier amour.Rien de plus banal, pourrait-on dire.D\u2019autant plus que les histoires d\u2019éducation sentimentale se bousculent depuis toujours dans la littérature et le cinéma.En portant à l\u2019écran le scénario qu\u2019a tiré le vétéran James Ivory (A Room with a View, Maurice) du roman d\u2019André Aciman, le cinéaste italien Luca Guadagnino (I Am Love) parvient pourtant à traduire ce passage obligé de façon juste et sensible, grâce à une approche empreinte d\u2019intelligence et de maturité.Call Me by Your Name est un film parfaitement bouleversant, bien qu\u2019aucune trace d\u2019excès de sentimentalisme ne vienne s\u2019immiscer dans le récit.En cet été 1983, à une époque où l\u2019écho d\u2019une mystérieuse maladie n\u2019avait pas encore vraiment atteint la collectivité mondiale, Elio (Timothée Chalamet), 17 ans, s\u2019apprête à profiter de la douceur estivale dans sa campagne italienne, auprès de sa mère française (Amira Casar), d e s on p è r e amé r i c a i n (Michael Stuhlbarg) et de sa bande d\u2019amis.Bref, il s\u2019apprête à vivre ce que vivent tous les garçons de son âge à la fin de l\u2019adolescence.Dans cette maison où tout tourne autour des livres, de la musique, de l\u2019art de vivre et de la culture en général, on accueille, comme tous les ans, un doctorant appelé à assister le père d\u2019Elio dans son travail d\u2019archéologue pendant six semaines.Cette année, il s\u2019agit d\u2019Oliver (Armie Hammer), un universitaire venu d\u2019Amérique, âgé de 24 ans.Une grande subtilité L\u2019attirance entre les deux jeunes hommes sera progressive, et le cinéaste évoque avec grande subtilité les codes d\u2019une époque où il était encore délicat de suggérer ouvertement l\u2019expression d\u2019un désir conjugué au masculin.En empruntant le point de vue d\u2019Elio, le récit aborde aussi les contradictions d\u2019une étape charnière de la vie d\u2019un garçon ayant déjà un pied dans l\u2019antichambre du monde des adultes, sans avoir tout à fait quitté encore celui de l\u2019adolescence.L\u2019une des scènes emblématiques à cet égard est celle où, le cœur brisé, dans une gare, Elio, redevenu soudainement un gamin, n\u2019aura d\u2019autre réflexe que de téléphoner à sa mère pour demander à cette dernière de venir le chercher.R é c e m m e n t , Pedro Almodóvar a déclaré à propos de ce film qu\u2019une beauté viscérale émanait de tout ce qui se trouvait devant la caméra de Guadagnino.Il ne pouvait mieux dire.Il y a ici de la beauté partout, en tout.Elle se déploie, de façon évidente, dans ce décor enchanteur de la Lombardie, sur lequel baigne en permanence une lumière naturellement sensuelle.Elle se trouve aussi dans l\u2019environnement où évoluent les protagonistes, dans la douceur de vivre, dans l\u2019art, dans les rapports harmonieux qu\u2019entretiennent les gens entre eux, principalement dans le clan familial.Elle réside aussi dans la façon dont tous les personnages sont filmés, ainsi que dans cette histoire sentimentale, décrite de façon franche, qui marquera une étape importante dans la vie d\u2019Elio, tout autant que dans celle d\u2019Oliver.Une scène mémorable Et puis, il y a cette belle et discrète bienveillance des parents.Qui ressentent très bien le chamboulement qui remue le cœur de leur fils, mais demeurent néanmoins en retrait.Jusqu\u2019à ce qu\u2019Elio les réclame.La discussion qu\u2019a le père avec son fils, cette façon d\u2019évoquer le privilège du sentiment amoureux, de le chérir même dans la douleur plutôt que de s\u2019en éloigner, est l\u2019une des choses les plus mémorables que le cinéma nous ait offertes au cours des récentes années.Michael Stuhlbarg modu le ce t te s cène à la perfection.Da n s son rô le d \u2019« A l l American Boy » à la découverte d\u2019un nouveau monde, Armie Hammer est excellent.Celadit, la charge émotionnelle du film repose sur les épaules de Timothée Chalamet, une véritable révélation, en bonne position pour décrocher une nomination aux prochains Oscars.Grâce à la finesse de son jeu, l\u2019acteur cristallise de façon remarquable l\u2019état d\u2019adolescence.Vous l\u2019aurez compris, Call Me by Your Name est ce que vous verrez de plus beau cette année.De la beauté partout, en tout LETRIPÀTROIS !!½ Comédie de Nicolas Monette.AvecMélissa Désormeaux-Poulin, Martin Matte, Bénédicte Décary.1h31.MARC-ANDRÉ LUSSIER D\u2019entrée de jeu, disons que Le trip à trois se situe dans la moyenne des comédies du même genre produites au Québec, celles dont le but affirmé est d\u2019attirer le grand public dans les salles.Ni meilleure ni pire.On peut même prédire une carrière honorable à ce film calibré pour plaire au plus grand nombre, parsemé parfois de gags efficaces.Et c\u2019est bien là le problème, d\u2019une certaine façon.Malgré la présence d\u2019une nouvelle génération à la production, malgré un personnage féminin duquel on fait \u2013 enfin ! \u2013 la véritable protagoniste d\u2019une comédie en empruntant son point de vue, Le trip à trois reste un film très conventionnel, frileux à la limite.Surtout, il se révèle symptomatique du fossé qui ne cesse de s\u2019élargir entre ce que l\u2019on propose à la télévision et au cinéma en matière de comédie au Québec.À quelques exceptions près, les comédies destinées au grand écran semblent en effet accuser des années de retard en comparaison à celles produites pour le petit écran, souvent mieux écrites, plus audacieuses, tant sur le plan du fond que de la forme.Un système coincé Il est d\u2019ailleurs un peu ironique de constater que la comédie à vocation populaire au cinéma semble être coincée dans un modèle dont elle a beaucoup de mal à s\u2019extirper, un système où la prise de risque est réduite au minimum.Les spectateurs étant beaucoup plus nombreux devant leur écran de télévision que dans les salles, nous devrions plutôt, logiquement, assister au phénomène inverse.Car au-delà du titre du film, conçu évidemment pour marquer les esprits, il y avait dans cette idée une matière riche.Écrit par Benoit Pelletier (Le sens de l\u2019humour, Ego trip) et réalisé par Nicolas Monette (Aurélie Laflamme \u2013 Les pieds sur terre), Le trip à trois est construit autour de la crise existentielle d\u2019Estelle (Mélissa Désormeaux-Poulin), une trentenaire qui commence à trouver un peu trop beige sa vie de mère et de conjointe.Aussi croit-elle trouver réponse à son questionnement en pimentant sa vie sexuelle, entraînant malgré elle son conjoint (Martin Matte) dans l\u2019aventure.Ainsi, Estelle compte prendre tous les aspects de sa vie en main, tant sur le plan intime que professionnel.Les situations semblent sortir d\u2019une autre époque (imprimer toutes les fiches d\u2019un site de rencontres, vraiment?) et se révèlent plutôt convenues.L\u2019épisode de la procession échangiste dans un sous-sol miteux de Montréal- Nord s\u2019en trouve aussi décalé dans les circonstances.Cela dit, Mélissa Désormeaux-Poulin tire son épingle du jeu en se glissant dans la peau de cette femme trop sage à son propre goût, et Karine Gonthier- Hyndman marque des points en tirant le maximum de son rôle de nouvelle patronne, même s\u2019il relève du cliché.De son côté, Martin Matte amène pratiquement son propre personnage dans l\u2019histoire, au point où le spectateur pourra par moments penser qu\u2019il est en train de regarder un épisode des Beaux malaises.Pas une question de genre, mais.À vrai dire, on se surprend à rêver de ce qu\u2019aurait pu être cette comédie si une Tina Fey ou une Amy Schumer québécoise s\u2019en était emparée.Cependant, point n\u2019est question ici d\u2019en faire une affaire de genre, car, après tout, l\u2019histoire du cinéma est jalonnée d\u2019auteurs qui ont su écrire de grands personnages pour des actrices, de John Cassavetes à Xavier Dolan, en passant par Pedro Almodóvar et tant d\u2019autres.N\u2019empêche.À constater le nombre de femmes scénaristes, spécialisées en comédie, qui brillent actuellement à la télévision au Québec, on se dit qu\u2019il serait peut-être temps que notre cinéma les recrute aussi.Et leur confie davantage qu\u2019un rôle de consultante au scénario.Le beau malaise PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS Armie Hammer et Timothée Chalamet (derrière) dans Call Me by Your Name, un film de Luca Guadagnino La discussion qu\u2019a le père avec son fils, cette façon d\u2019évoquer le privilège du sentiment amoureux, de le chérir même dans la douleur plutôt que de s\u2019en éloigner, est l\u2019une des choses les plus mémorables que le cinéma nous ait offertes au cours des récentes années.Michael Stuhlbarg module cette scène à la perfection.PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE Martin Matte et Mélissa Désormeaux-Poulin dans Le trip à trois l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 BILL PAXTON Révélé dans les années 80 grâce à Aliens, Bill Paxton fut aussi vu dans Titanic.L\u2019un de ses derniers films resteraMean Dreams, réalisé par Nathan Morlando, dans lequel il a donné la réplique à Sophie Nélisse.Il est mort le 25 février à l\u2019âge de 61 ans.JONATHANDEMME Lauréat de l\u2019Oscar de la meilleure réalisation grâce à The Silence of the Lambs, Jonathan Demme a aussi mené une carrière fructueuse de documentariste spécialisé dans le domaine musical.Le réalisateur de Stop Making Sense, ce film concert avec les Talking Heads qui a fait école, est mort le 26 avril à l\u2019âge de 73 ans.ROGERMOORE On gardera évidemment le souvenir de toutes les fois où il a endossé le costard de James Bond \u2013 lourde tâche après Sean Connery \u2013, mais Roger Moore s\u2019est aussi distingué dans deux séries télévisées très populaires : Le Saint et Amicalement vôtre.L\u2019acteur est mort le 23 mai à l\u2019âge de 89 ans.MICHAELNYQVIST Révélé au public international au tournant du millénaire grâce à Together (Lukas Moodysson), l\u2019acteur suédois Michael Nyqvist, mort le 27 juin à l\u2019âge de 56 ans, a incarné dansMillénium le personnage de Mikael Blomkvist.Il fut aussi de la distribution de Mission Impossible : Ghost Protocol.JEANNEMOREAU Insoumise, insubordonnée, audacieuse, libre, tous ces qualificatifs ne parviendront jamais à cerner vraiment cette femme d\u2019exception.Le fait est que, tant dans ses rôles que dans sa vie, celle que l\u2019on appelait Jeanne n\u2019a jamais suivi les règles habituelles, quitte à bousculer les conventions et les idées reçues.Elle s\u2019est éteinte le 31 juillet, à l\u2019âge de 89 ans.ILS NOUSONTQUITTÉS EN 2017 MARC-ANDRÉ LUSSIER MIREILLEDARC Une spectaculaire robe noire, signée Guy Laroche, a immortalisé son image au cinéma.Mireille Darc a du même coup fait fondre Pierre Richard dans Le grand blond avec une chaussure noire (Yves Robert), devenant ainsi l\u2019une des actrices les plus populaires du cinéma français à cette époque.Celle qui a déjà formé un couple mythique avec Alain Delon est mort le 28 août à l\u2019âge de 79 ans.HARRYDEANSTANTON Il s\u2019est éteint de la même façon qu\u2019il a mené sa carrière au fil des six dernières décennies : avec discrétion.Harry Dean Stanton, mort le 15 septembre à l\u2019âge de 91 ans, était spécialisé dans les seconds rôles au cinéma et à la télévision.Paris, Texas (1984) et Lucky (2017) restent ses deux plus hauts faits d\u2019armes au cinéma.JEANROCHEFORT Il était l\u2019une des figures les plus aimées du cinéma français.Jean Rochefort s\u2019est éteint le 9 octobre à l\u2019âge de 87 ans, emportant avec lui quelques-uns de nos plus beaux souvenirs cinématographiques, mais aussi une conception du charme et de l\u2019élégance rieuse qui n\u2019appartenait qu\u2019à lui.DANIELLEDARRIEUX «J\u2019ai bien abusé de la vie ! », a déclaré Danielle Darrieux dans une interview accordée au Paris Match en 2003.De façon unique, l\u2019actrice a traversé en huit décennies \u2013 et 103 films \u2013 toutes les époques du cinéma français, jusqu\u2019à prêter sa voix à la grand-mère de Persepolis.Danielle Darrieux a vécu plus que 100 ans.Sa vie a pris fin le 17 octobre.JOHNNYHALLYDAY Même si l\u2019histoire retiendra davantage l\u2019idole de la chanson que l\u2019acteur, le cinéma a toujours fait partie du parcours de Johnny Hallyday.On l\u2019aura vu cette année dans deux films : Rock\u2019n Roll (Guillaume Canet) et Chacun sa vie, le plus récent film de Claude Lelouch.Le 6 décembre, Johnny Hallyday a rejoint le clan des immortels.PHOTO AFP PHOTO AFP PHOTO REUTERS PHOTO AP PHOTODAMIEN MEYER, AFP PHOTOMÉTROPOLE FILMS PHOTO VIRGINIA MAYO PHOTO AFP PHOTO REUTERS SOUVENIRS LA TOUCHE DENIS VILLENEUVE Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve n\u2019a peut-être pas connu le succès prévu.Encore qu\u2019avec des recettes de 257 millions, le film soit loin d\u2019être un échec.Reste que l\u2019aspect le plus intéressant du film demeure ces petites touches «ville- neuviennes» qui arrivent comme un cheveu sur la soupe et injectent un zeste de réalité quotidienne dans un genre qui ne l\u2019invitait pas.Une des premières images de Blade Runner 2049, celle d\u2019une soupe qui mijote sur le vieux poêle d\u2019une ferme au milieu d\u2019un désert cybernétique, en est l\u2019illustration éloquente.Selon certains fans, la scène avait été coupée du premier Blade Runner.Villeneuve a choisi de la ramener et d\u2019en faire l\u2019entrée en matière d\u2019un film qui bout doucement pendant 2 heures 40 minutes et qui réussit, à travers ses millions d\u2019effets spéciaux, à ne pas complètement couper les ponts avec la réalité de la condition humaine.S\u2019il y a une touche Villeneuve, c\u2019est précisément là qu\u2019elle loge.\u2013 Nathalie Petrowski UNE INUITE QUI IRA LOIN Alethea Arnaquq-Baril a un nom un peu compliqué à retenir.Mais son documentaire Angry Inuk, qui a fait le tour du monde et éveillé les consciences en 2017, est simple et clair comme de l\u2019eau de roche.La cinéaste inuite a osé faire ce que personne n\u2019avait fait avant elle : se porter à la défense des chasseurs de phoque, diaboli- sés par les Brigitte Bardot de ce monde et par des ima- ges-chocs de sang trop rouge sur la neige trop blanche.Son film torpille tous nos préjugés sur le massacre des bébés phoques en nous montrant, chiffres à l\u2019appui, que les phoques ne sont pas une espèce en voie d\u2019extinction et que la chasse au phoque n\u2019est pas qu\u2019une question alimentaire, ancestrale et culturelle.C\u2019est une question de survie économique pour les Inuits qui font le commerce de la peau de phoque.Son documentaire a eu un tel retentissement sur la scène internationale que la cinéaste sera la première lauréate d\u2019un nouveau programme de Téléfilm Canada qui garantit un financement automatique pour le deuxième film d\u2019un ou d\u2019une cinéaste dont le premier film a rayonné dans le monde.Toutes nos félicitations à Alethea, et que «la force soit avec elle» pour la suite.\u2013 Nathalie Petrowski LA NOTE PARFAITE DE GRETA GERWIG Rotten Tomatoes est un agrégateur de critiques, qui fait la somme des bonnes et des mauvaises critiques, et dresse une moyenne.N\u2019importe quel réalisateur qui obtient 90% et plus pour son film peut sabler le champagne et remercier sa bonne fortune.Or, jusqu\u2019à maintenant, aucun film n\u2019avait jamais obtenu la note de 100%.Jamais avant Lady Bird, le charmant et touchant premier film de l\u2019actrice Greta Gerwig.Telle une Nadia Comaneci du septième art, Gerwig n\u2019a cessé d\u2019accumuler les critiques élogieuses partout où son film a été présenté pour, au bout du compte, obtenir la note parfaite de 100%.C\u2019est amplement mérité pour ce film doux-amer et drôle, qui raconte les tribulations d\u2019une ado rebelle incarnée par la merveilleuse Saoirse Ronan dans la Californie des années 90.Depuis cette note parfaite et son succès en salle, une pluie de prix s\u2019est abattue sur un film qui se dirige vers plusieurs sélections aux Oscars.Un seul bémol, et il est de taille : même si Lady Bird est nommé dans plusieurs catégories, y compris meilleur film, aux Golden Globes et aux Independent Spirit Awards, on a oublié, volontairement ou pas, de sélectionner sa réalisatrice.Une note moins que parfaite pour un sexisme qui continue de régner sur le cinéma à Hollywood.\u2013 Nathalie Petrowski PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE PHOTOMERIE WALLACE, AP PHOTO LIONSGATE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS NOSMOMENTS DE 2017 Notre journaliste dresse la liste des 10 longs métrages qu\u2019il retiendra de l\u2019année cinéma 2017.TOP 10DE 2017 !Call Me by Your Name de Luca Guadagnino (Italie) Puisque la critique de ce film est publiée aujourd\u2019hui même, disons simplement que Call Me by Your Name laisse une trace indélébile, et habite le cœur et l\u2019âme, même des jours après qu\u2019on l\u2019a vu.@ Dunkirk de Christopher Nolan (Royaume-Uni) Dans ce film exceptionnel, Christopher Nolan plonge le spectateur au cœur de l\u2019Opération Dynamo, au cours de laquelle, à la fin du mois de mai 1940, 338 000 soldats alliés, pris en souricière, ont été évacués de la plage de Dunkerque pour regagner la côte anglaise.Le cinéaste, au sommet de son art, raconte cet épisode de la Seconde Guerre mondiale sur trois différents niveaux de temps et d\u2019espace, sans que jamais le fil ne se brise.Il rompt aussi avec la tradition du genre en évitant les effets racoleurs et tout excès de sentimentalisme.Il donne à son film un impact d\u2019autant plus saisissant, qui, en plus de redéfinir les standards, redonne foi aux vertus de l\u2019art cinématographique.# Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve (États-Unis) Le public nord-américain n\u2019a pas été au rendez-vous autant que prévu, mais l\u2019accomplissement de Denis Villeneuve n\u2019en reste pas moins grand.Relevant avec brio un défi quasi impossible, du moins sur papier, le cinéaste québécois parvient à proposer un film de grande envergure dans lequel on retrouve sa griffe personnelle, sans que l\u2019œuvre d\u2019origine ne soit trahie d\u2019aucune façon.Mieux : ce nouvel opus vient même enrichir le premier long métrage.Trente-cinq ans après la sortie du film de Ridley Scott, devenu rapidement un point de référence dans le cinéma de science-fiction, la filiation entre les deux longs métrages ne pourrait être plus harmonieuse, tant sur le plan narratif que stylistique.$ Visages, villages d\u2019Agnès Varda et JR (France) Au-delà de la rencontre entre deux grands esprits imaginatifs, Agnès Varda et le photographe JR, Visages, villages est un vibrant plaidoyer pour l\u2019art, sa pertinence, sa capacité à nourrir les âmes et à extirper la beauté dans les endroits les plus inattendus.Même si ce film a été réalisé « à quatre mains », il pourrait s\u2019inscrire comme le dernier volet d\u2019une trilogie autobiographique d\u2019Agnès Varda, amorcée à l\u2019orée du millénaire avec Les glaneurs et la glaneuse, et poursuivie avec Les plages d\u2019Agnès.À suivre aux prochains Oscars.% Frantz de François Ozon (France) Même si la facture est plus classique et que le récit a pour cadre l\u2019un des grands drames du début du XXe siècle, Frantz regroupe les mêmes thèmes, les mêmes préoccupations qu\u2019on retrouve habituellement dans le cinéma de François Ozon.Ce film, en grande partie en noir et blanc et en langue allemande, est aussi modulé par les pulsions qui poussent le cinéaste à scruter les parties plus fantasmées de l\u2019existence.Se maintenant toujours en équilibre, Ozon développe cette histoire en plaçant quelques indices qui peuvent \u2013 ou pas \u2013 entraîner le spectateur sur de fausses pistes.Mais au-delà de la connotation historique, Ozon propose avant tout le portrait d\u2019une jeune femme qui devra apprendre à remettre les compteurs de sa vie à zéro.Et c\u2019est très beau.?Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh (États-Unis) Oui, Frances McDormand mérite tous les éloges, de même queWoody Harrelson et Sam Rockwell.Mais la réussite de Three Billboards Outside Ebbing, Missouri réside tout autant dans le talent de dramaturge et de cinéaste de Martin McDonagh (In Bruges, Seven Psychopats).À partir d\u2019un point de départ, déjà très fort (une femme prend tous les moyens pour rappeler aux autorités le meurtre non élucidé de sa fille), ce dernier entraîne le spectateur dans un univers où toutes les idées reçues sont détournées, au profit d\u2019un portrait beaucoup plus complexe que prévu, duquel émane un humour aussi grinçant que jouissif.& 120 battements par minute de Robin Campillo (France) C\u2019est une histoire d\u2019un autre temps qui, d\u2019une certaine manière, nous parle d\u2019aujourd\u2019hui.En replongeant dans ses années de militantisme du début des années 90, pendant la crise du sida, Robin Campillo propose un portrait aussi émouvant que saisissant, qui interpelle du même coup le spectateur sur les vertus de l\u2019action sociale.Le récit bascule du social à l\u2019intime sans jamais perdre de vue sa vision d\u2019ensemble, ni céder à la tentation de verser dans le sentimentalisme, bien que ce film, tel qu\u2019en lui-même, soit totalement bouleversant.* The Square de Ruben Östlund (Suède) Que voilà une œuvre caustique et puissante, qui oblige le spectateur à s\u2019interroger sur le tiraillement entre des valeurs qu\u2019on veut nobles et la simple expression de la nature humaine.De la même manière qu\u2019il explorait la lâcheté d\u2019un père de famille qui a instinctivement pris ses jambes à son cou sans s\u2019occuper des siens lors d\u2019une avalanche dans Force majeure, Ruben Östlund confronte de nouveau son personnage principal \u2013 un conservateur de musée d\u2019art contemporain \u2013 à ses contradictions.( Les affamés de Robin Aubert (Québec) Métaphore de toutes les fractures qui scindent le tissu social, Les affamés assume parfaitement son genre de film «de zombies », sans toutefois tomber dans la complaisance.Les dialogues et les situations sont aussi ponctués de touches d\u2019humour noir qui font souvent mouche, et d\u2019idées surprenantes, notamment ces structures que construisent les zombies sans qu\u2019on ne sache trop ce qu\u2019elles signifient.Et puis, Robin Aubert a aussi placé au centre de son histoire une galerie de personnages féminins forts, issus de toutes les générations.!)Ma vie de Courgette de Claude Barras (Suisse) Véritable ode à la solidarité, à l\u2019amitié, à la résilience,Ma vie de Courgette est un film peuplé de marionnettes aux yeux expressifs, que Claude Barras a filmées image par image, selon la technique de l\u2019animation stop motion.Empruntant toujours la perspective des petits «poqués » qui, tout comme le petit garçon surnommé Courgette, doivent se reconstruire dans un foyer d\u2019accueil, le cinéaste fait écho à la dure réalité de la vie, tout en orchestrant une œuvre tonique et résiliente, traversée d\u2019une formidable émotion.MARC-ANDRÉ LUSSIER MICHEL CÔTÉ ET PATRICK HUARD, ROIS DU BOX-OFFICE Michel Côté et Patrick Huard ont dominé le box-office estival québécois.De père en flic 2, une réalisation d\u2019Émile Gaudreault, et Bon Cop, Bad Cop 2, réalisé par Alain DesRochers, occupent même, respectivement, les première et deuxième positions du palmarès de l\u2019année, tout juste derrière Beauty and the Beast.De père en flic 2 et Bon Cop, Bad Cop 2 ayant franchi la barre des 6 millions de dollars de recettes, le succès populaire devrait-il obligatoirement passer par la formule des suites ?« J\u2019espère que non ! répond Michel Côté, vedette de De père en flic 2.Les premiers volets de ces deux films-là ont fait de plus gros scores encore et, pourtant, ils étaient tout à fait originaux.Quand est arrivée l\u2019idée de De père en flic 2, j\u2019étais convaincu qu\u2019on ne ferait probablement pas la moitié du box-office du premier.J\u2019avoue que devant l\u2019ampleur de ce succès, je tombe un peu en bas de ma chaise !» \u2014Marc-André Lussier DE 2017 HENRI PICARD DANS LES ROIS MONGOLS DE LUC PICARD Henri Picard est une véritable révélation dans Les rois mongols, film de son père, cinéaste et comédien Luc Picard (et de la comédienne Isabel Richer) autour des événements d\u2019octobre 1970.Voilà un jeune talent comme on en voit peu souvent à l\u2019écran, à la fois subtil et affirmé, et d\u2019une grande justesse, ce qui est rare chez les acteurs au début de l\u2019adolescence.Picard est excellent dans le rôle de l\u2019aîné d\u2019une bande d\u2019enfants qui enlève une vieille dame dans ce film nostalgique, aux accents de Réjean Ducharme, empreint de tendresse et de références populaires de l\u2019époque.S\u2019il est un peu trop prévisible, le quatrième long métrage de Luc Picard, après L\u2019audition, Babine et Ésimésac, a le charme d\u2019un Stand By Me québécois.\u2014Marc Cassivi FRANCES MCDORMAND ET SES TROIS PANNEAUX Reconnu comme dramaturge, Martin McDonagh signe ici, après In Bruges et Seven Psychopaths, un troisième long métrage remarquable, duquel émane un humour jouissif et très grinçant, même s\u2019il traite sérieusement \u2013 sans les éviter \u2013 les thèmes graves qu\u2019il aborde au passage.Du même coup, ce film raconte aussi quelque chose de l\u2019Amérique profonde d\u2019aujourd\u2019hui, celle qui se sent complètement lésée et méfiante du système, peu importe l\u2019ordre de gouvernement.Dans le rôle d\u2019une mère de famille qui prend les grands moyens pour attirer l\u2019attention des autorités du patelin à propos du meurtre non élucidé de sa fille, Frances McDormand est tout simplement prodigieuse dans un rôle où elle maintient constamment l\u2019équilibre entre l\u2019humour noir et l\u2019aspect tragique du personnage.Ne vous étonnez pas si l\u2019actrice, 21 ans après Fargo, se retrouve de nouveau avec une statuette dorée dans les mains.\u2014Marc-André Lussier L\u2019ENVELOPPE, S\u2019IL VOUS PLAÎT Warren Beatty ouvre l\u2019enveloppe, regarde le carton, hésite et se tourne vers sa partenaire Faye Dunaway qui, elle, le regarde d\u2019un drôle d\u2019air en se demandant ce qui se passe.Il lui montre le carton et l\u2019interprète de Bonnie dans Bonnie&Clyde annonce aussitôt le nom du film lauréat : La La Land ! L\u2019équipe du film de Damien Chazelle monte sur scène, mais la célébration sera de courte durée.Jordan Horowitz, le producteur de La La Land, a en effet dû annoncer au micro qu\u2019une erreur s\u2019était produite et que le véritable lauréat de l\u2019Oscar du meilleur film de l\u2019année était.Moonlight ! La soirée a pris fin dans la plus totale confusion.Jamais une erreur de cette nature n\u2019avait été commise dans la cérémonie la plus prestigieuse qui soit, laquelle sert de référence à toutes les autres.L\u2019Académie affirme avoir pris les mesures nécessaires afin qu\u2019une telle bourde ne puisse plus se reproduire.Mais quel coup de théâtre ce fut ! \u2014Marc-André Lussier Nos journalistes évoquent des moments qu\u2019ils retiendront de l\u2019année qui s\u2019achève dans le domaine du cinéma.Marc-André Lussier a dressé la liste de ses 10 films favoris et évoque la mémoire des grands disparus.PHOTOCHRIS PIZZELLO, AP PHOTOMÉTROPOLE FILMS PHOTOWARNER BROS PHOTOWARNER BROS PHOTOMÉTROPOLE FILMS PHOTOMK2 | MILE END PHOTOMK2 | MILE END PHOTO FOX SEARCHLIGHT PHOTO EYESTEELFILM PHOTO FILMS SÉVILLE PHOTOGKIDS l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 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donné des nouvelles d\u2019un festival qu\u2019il tient désormais seul à bout de bras.Chronologie.MARC-ANDRÉ LUSSIER 25 juillet La Presse révèle qu\u2019Hydro- Québec a coupé l\u2019alimentation du cinéma Impérial pour non-paiement de factures, et que deux créanciers ont demandé à la cour de pouvoir saisir immédiatement le bâtiment en remboursement des millions de dollars prêtés.Plus que jamais, le sort du FFM semble compromis, d\u2019autant plus qu\u2019à un mois de la tenue de l\u2019événement, aucune information ne circule encore à propos de la programmation.11 août Dans un entretien accordé à Mario Girard, Serge Losique annonce la sélection de 125 longs métrages \u2013 dont 19 dans la compétition mondiale \u2013 et d\u2019une centaine de courts métrages.Les projections auront lieu à l\u2019Impérial, au Cinéma du Parc, ainsi que dans deux autres salles non identifiées.Il indique que le jury sera présidé par une personnalité féminine internationale et que les autres membres verront les films à distance.« Nous serons modernes, a-t-il déclaré.Ils verront les films grâce à des liens Vimeo.» 18 août Moins d\u2019une semaine avant l \u2019ouver tu re du 41 e F FM , aucune trace de la programmation n\u2019est repérée sur le site web du festival.Serge Losique con f i rme cependant que le cinéma Dolla r, situé à Côte-Saint-Luc, sera mis à contribution.Pour garder la surprise, il refuse toujours de dévoiler le nom de la présidente du jury.22 août Les festivaliers s\u2019inquiètent toujours de l\u2019absence d\u2019information sur le site du FFM, alors qu\u2019elle devrait y être depuis deux jours, selon ce que la direction du festival a annoncé.Pas de grille horaire en vue ni de possibilité d\u2019acheter des billets pour les séances individuelles.Une bonne nouvelle cependant : le sauvetage in extremis du cinéma Impérial par le groupe Québecor.23 août La veille de l\u2019ouverture, en soirée, Serge Losique annonce enfin le nom de la personnalité féminine internationale qui présidera le jury.Il s\u2019agit de l\u2019actrice française Fanny Cottençon.24 août La programmation et les hora i res des séances du Cinéma du Parc et du cinéma Dollar ne sont toujours pas en ligne, mais la soirée d\u2019ouverture se déroule correctement, dans les circonstances.Le guichet ayant été ouvert aux festivaliers alors qu\u2019une soirée de ce type se déroule habituellement sur invitation seulement, un nombre honorable de spectateurs peuvent voir le film russe Anna Karenina \u2013 Vronsky\u2019s Story (Karen Shakhnazarov).26 août La Presse révèle que le FFM ne dispose désormais plus d\u2019une équipe d\u2019employés permanents et s\u2019appuie sur une brigade de bénévoles, souvent dépassés par l\u2019ampleur de la tâche qui les attend.4 septembre Malgré tout, le 41e FFM s\u2019est rendu à bon port.À la soirée de clôture, le film chilien Et tout à coup à l\u2019aube (Y de pronto el amane- cer), réalisé par Silvio Caiozzi, remporte le Grand Prix des Amériques.Serge Losique profite de l\u2019occasion pour annoncer les dates des deux prochaines éditions du FFM: du 23 août au 3 septembre 2018, et du 22 août au 2 septembre 2019.CINÉMA Le festival qui a finalement eu lieu LUC BOULANGER En avril dernier, lors du lancement de saison de Duceppe, Michel Dumont a surpris TOUT le milieu théâtral en dévoilant les noms des nouveaux codirecteurs artistiques de la compagnie ! À respectivement 31 ans et 33 ans, Jean- Simon Traversy et David Laurin ont donné un fort coup de jeunesse au théâtre fondé par Jean Duceppe en 1973.«On nous disait souvent que notre compagnie était comme le petit-fils de Duceppe.Ce qu\u2019on faisait en marge depuis 10 ans avec LAB 87, Jean-Simon et moi, ressemble au mandat de Duceppe : la démocratisation du théâtre par des pièces accessibles, actuelles et fortes», expliquait alors David Laurin.Outre Duceppe, le Centaur a lui aussi une nouvelle directrice : l\u2019Ontarienne Eda Holmes, qui s\u2019est installée à Montréal à la fin de l\u2019été.Ces trois nominations s\u2019ajoutent à celles d\u2019autres compagnies à Montréal et à Québec: le Quat\u2019Sous, La Bordée, le Périscope, La Chapelle, le Théâtre Denise-Pelletier, l\u2019École nationale de théâtre, le Conservatoire de Québec, le Festival TransAmériques, le Centre des auteurs dramatiques.Toutes ces institutions théâtrales ont changé de direction depuis trois ou quatre ans.Qui plus est, une génération montante prend sa place dans le paysage du théâtre québécois.Un vent de fraîcheur qui réjouit plusieurs amateurs! THÉÂTRE Un vent de fraîcheur à la direction MARIO CLOUTIER Un jour, on ne le mentionnera plus et on pourra vraiment parler d\u2019équité, mais l\u2019année théâtrale a été celle des femmes en 2017.Automne 2016, La Presse+ publie un portrait exhaustif de la programmation 2016- 2017 à Montréa l .Un des constats désolants : les femmes sont très minoritaires en ce qui a trait à la mise en scène et à la dramaturgie.Le groupe Femmes pour l\u2019équité en théâtre entre en scène.Gentiment , d rôle- ment, ses membres chahutent, chantent, déclament et réclament lors des premières de spectacles.Elles seront entendues.Un tournant Les programmations 2016- 2017 à Montréal marquent un tournant avec un nombre jamais vu de femmes à l\u2019écriture et à la mise en scène.Il faut dire que des si l lons avaient été tracés depu is quelques a nnées avec les Brigitte Haentjens, A n n a b e l S o u t a r e t Angela Konrad, figures fortes de l\u2019avant-garde.P u i s , l e p h é n om è n e s o c i a l q u \u2019 e s t d e v e n u J\u2019aime Hydro, écrit et joué pa r Ch r i s t i ne Beau l ieu .Succès critique \u2013 prix du meilleur spectacle 2016-2017 de l\u2019Association québécoise des critiques de théâtre \u2013 et populaire qui ramène les Québécois au théâtre par milliers afin de se (re)faire une idée sur l\u2019hydroélectri- cité et la société d\u2019État qu\u2019on aime détester.Enfin, en début de programmation 2017-2018 cet automne, un vrai coup de théâtre : quatre salles présentent la même semaine les premières de spectacles écrits par de jeunes femmes : Marianne Dansereau, Sarah Berthiaume, Catherine Chabot et Catherine Léger.L\u2019avenir du théâtre québécois est une femme.Enfin ! THÉÂTRE Femmes en scène ÉRIC CLÉMENT Chagall : couleur et musique s\u2019est révélé un parcours de rêve pour les amateurs d\u2019art avec 340 œuvres soulignant l\u2019extraordinaire polyvalence de Marc Chagall (1887-1985), le tout sublimé par une musique d\u2019ambiance apaisante et raffinée et une scénographie somptueuse.C\u2019était la grande classe, cette expo ! Un seul bémol : l\u2019absence des panneaux de L\u2019introduction au Théâtre d\u2019art juif, œuvre historique de Chagall bloquée en Russie par l\u2019administration de Vladimir Poutine.Un étrange clin d\u2019œil à la liberté d\u2019expression qu\u2019épousait cet artiste, Européen avant l\u2019heure.Présentée au Musée des beaux-arts de Montréal (du 28 janvier au 11 juin 2017) L\u2019EXPO DE L\u2019ANNÉE Chagall : couleur et musique PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE Relève de la garde et nouveaux visages dans les directions artistiques des théâtres au Québec.Les cinq nouveaux directeurs artistiques : David Laurinet Jean-Simon Traversy (Duceppe), Eda Holmes (Centaur), Olivier Kemeid (Quat\u2019Sous) et Marie-Hélène Gendreau (Le Périscope à Québec).PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE Quatre dramaturges qui se sont illustrées cette année : Sarah Berthiaume, Catherine Léger, Catherine Chabot et Marianne Dansereau.PHOTO SARAHMONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE Le groupeQuébecor a sauvé in extremis le cinéma Impérial, où se tient le Festival des films dumonde.PHOTO SARAHMONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE Serge Losique a déjà annoncé les dates des deux prochaines éditions du FFM, en 2018 et en 2019.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE L\u2019actrice française Fanny Cottençon a présidé le jury du FFM.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 "]
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