Le rappel, 28 septembre 1902, dimanche 28 septembre 1902
[" nen | j ii \u2018 Ed ria, Hears A \u201ctres P.BLER FRANCA \u201c| \u20ac AUCANADA a = & > Q, lere Annee.\u2014No.3.PROTEGEONS-NOUS Pas de concessions La protection, disions-nous dimanche dernier, est pour Canada une nécessité, et c'est pour le gouvernement un devoir de favoriser la production nationale à l\u2019encontre de lu concurrence étrangère.Le peuple, qui est logique, l\u2019a parfaitement saisi et il ne souffre pas qu\u2019on lui parle d\u2019autre chose.Tous ceux qui sollicitent suffrages populaires savent a là-dessus et le les quoi s\u2019en tenir personne jusqu'ici n\u2019a osé, chez nous, heurter de front ce sentiment général.Emporté par le courant de l'opinion, Sir Wil- fr\u2018d Laurier a dû déchirer son programme de 15893, se disant doute que c\u2019était partie remise ; pour se faire élire à Montréal, M.Préfontaine a dû se déclarer protectionniste ; enfin, l\u2019honorable Ministre des Travaux Publics, hier encore, défiait qui que ce fût de se faire accepter de l\u2019électorat avec un programme libre-échangiste.Or, on sait que, de tout temps, les élections furent une chose excessivement importante.Etre ou n\u2019êus pas élus, c'est là la question.Et M.Tarte est un merveilleux organisateur d\u2019élections; nautonier à la fois audacieux et habile, il rx- celle à faire passer a l'un ou l\u2019autre parti, selon le cas, ce dangereux Bosphore des élections qui les sépare de la rive du pouvoir.Et c'est par là surtout qu'il se rend nécessaire, car il s\u2019arrange toujours de façon à prendre pour lui la seule chaloupe capable de faire la traversée et force les autres à s\u2019embarquer avec lui.Ne semble-t-ii pas qu\u2019il en est de même aujourd\u2019hui ?Depuis longtemps, sur le vaisseau de l\u2019Etat, comme on a pris soin de nous l\u2019apprendre, les minis- \u201cse battaient comme des diables \u201d\u2019 ; c\u2019est-à-dire que,sous le regard bénin de l\u2019énigmatique premier ministre, la guerre faisait rage entre M.Tarte et les autres ministres.Ces derniers, fatigués de porter leurs misères hautaines et de commander en sous-ordre, ennuyés d\u2019aller toujours où ils ne voulaient pas aller, avaient cru l\u2019occasion enfin venne de prendre une direction nouvelle, et, pensant voguer plus à leur aise vers les régions chères à leur cœur du libre-échange, ils n\u2019avaient pas caché leur intention do jeter sans façon à la mer M.Tarte, leur pilote nécessaire.Mais ils avaient compté sans leur rusé collègue.\u2014Celui-ci, profitant de l\u2019absence du grand amiral, a circulé partout parmi les matelots, a suscité une forte agitation protectionniste, s\u2019est fait.huer par quelques- uns, applaudir par la plupart, et il se présente aujourd\u2019hui, toujours ironique, devant ses collègues et il leur dit : \u201c\u201cQuelque direction que vous preniez.vous rencontrerez toujours sur votre chemin de ces passes dangereuses que l\u2019on nomme élec- sans tions.Or.je vous connais et je connais le peuple.Je sais que d\u2019un côté vous voulez le pouvoir et je sais que de l\u2019autre le peuple ne le donne qu'à ceux qui le protègent.l\u2019aisons donc un marché.Si vous voulez le pouvoir, prenez ma chaloupe.Il n\u2019y a que la protection qui puisse vous porter.\u201d Et, comme on doit s'y attendre, les ministres vont se soumettre.Semblables à autant de jeunes captives, !ls ne veulent pas mourir encore : Au banquet du pouvoir à grand peine invités, Un instant seulement leurs dents ont grignoté!.L'assiette au heurre est encor pleine.Ah! oui, M.Tarte connaît le cœur des ministres et il sait les appâter.Et c\u2019est cette belle assurance d'homme pratique, d'homme fort, que nous ne pouvons nous empêcher d\u2019admirer dans son article de mardi dernier, dans la \u2018\u2018 Patrie \u201d : \u2018\u201c\u201c Qui vivra, ver- fler au moins une demi-opinion.\u201cvraiment protéger le pays, il | d'autres que nous avec ses collègues, au grand scandale de tout le pays, il entend encore résonner à ses oreilles les cris et les huées des organes ministériels, ct cependant, avec un calme rare, M.Marte verse des torrents de lumière sur ses obscurs blasphdé- mateurs et annence sa victoire, Qui vivra, verra ! Ft rien de plus significatif que les arguments dont il se sert.Avec ses collègues, il ne s\u2019attarde pas à démontrer excellence du système qu\u2019il préconise ; il leur prouve qu'il leur faut pour être élus refouler quelque temps encore leurs lubies libre- échangistes, et cela suffit.La raison est péremptoire et nous ne doutons pas que, par elle, M.Tarte ne parvienne à mater de nouveau ses collègues, Pour nous, puisque c'est la protection que nous voulons, nous ne demandons pas mieux que M.Tarte accule malgré lui le ministère à la nécessité du système protecteur, mais nous doutons que -ette acceptation forcée offre au peuple une garantie suffisante, Après l'explosion imprudente de sentiments libre-échangiste qui vient de se produire, il est évident que nos ministres ne temporiseront que dans un but d\u2019intérêt et qu'ils saisiront la première oe- casion d\u2019appliquer leur plan pernicieux.Et d\u2019ailleurs, dans l\u2019exécution même d\u2019un programme adopté et maintenu à contre-cœur, quelle garantie aurons-nous ?À peine le système aura-t-il été remonté, que le fil des concessions recommencera à se dérouler, pour s\u2019arrêter Dieu sait quand.On ne fait bien que ce que l\u2019on aime.Sir Wilfrid : Laurier, par exemple, qui, hier encore, à Paris, s'épanchait dans le sein du libre-échangiste | Frederic Passy, comment peut- on se fier à son zèle protecteur?Depuis quelques années, depuis | ses allées et venues diplomatiques, il s'applique à paraître un sphinx élégant, l'incarnation même de l\u2019indécision, et nous \u2018ne serions pas surpris que M.Tarte parvienne à lui insuf- Mais cela ne suffit pas.M.Tarte veut, il le déclarait mardi dernier à Gananoque, que le tarif soit haussé.Or, s\u2019il veut devra élever le tarif vis-à-vis de l\u2019Angleterre elle-même.Dé- cidera-t-il Sir Wilfrid Laurier à rappeler sa trop fameuse clause préférentielle ?Nous n'avons jamais pu comprendre .pourquoi un ministre chargé , des intérêts Canadiens abandonnerait aussi facilement à un pays, après Lout étranger, une si forte partie de nos meilleurs revenus.Nous ne ferons pas à Sir Wilfrid l'injure de penser qu\u2019il invitait indirectement par là les décorations à consteller sa démocratique poitrine.Elait-ce seulement, comme il l'a dit, par reconnaissance pour les libertés dont nous jouissons ?Mais, outre que dans la politique il n\u2019y a pas de place pour le sentiment, I'Honorable premier ministre oubliait que ces libertés, nous les avons conquises et non pas reçues.Etuit-ce dans l\u2019esnoir bien légitime d\u2019obteni .ne compensation quelconqua ?Mais alors il oubliait cu'il traitait avec des gens pratiques et qu\u2019on lui faisait déja.trop d'honneur en acceptant son cadeau.Et nous voilà, nous, .Gros-Jean comme devant.Nous donnons aux marchandises anglaises une préférence de 33 1-3 pour cent, et nous ne recevons en échange absolument rien.Nos industries, celles du colon surtout, n\u2019ont cessé d'en souffrir depuis, et, cependant nous ne voyons pas que ljAngleterre se prépare à nous offrir la moindre petite compensation.On ne l\u2019a pas vu du moins à la conférence coloniale, et le discours de Sir Michael Hicks-Beach, montre bien qu\u2019on n'a rien à | attendre.Encore une fois, =i son protectionnisme est éclairé et vrai, M.Tarte décidera-t-il M.Lau- vier à réparer sa loyaliste hé- vite et à dire : Med culpa.Nous osons Pavertir que s\u2019il veut passer sûrement le cap des élections, il devra ajouter À sa chaloupe cette voile, et bien lui irdique- ra ! \u2019\u2019 Il est encore en guerre runs plus tard.À | À a ET.\u201ces x * + .; I\" MF Ab tin CE mY ae te, tad x 2 ; a a * Zod, oil = 7 Hô, 2 * ; sera, « que du maître et ; compatriotes L\u2019ARTICLE DE M.BOURASSA M.Henri Bourassa a décidé de porter la guerre en Afrique, et de défendre jusque dans la presse anglaise ses théories anti-impérialiste.Son premier article de la *\u2018Monthly Review\u201d a provoqué, en Europe aussi bien qu\u2019au Canada, un très vif inté- ret.Le \u201cStar\u201d lui consacrait la semaine dernière un grand article, où, tout en contestant certaines de ses conclusions, il rendait, en forts bons termes, hommage au grand talent et à la parfaite loyauté intellectuelle de l\u2019auteur.Tous ceux que préoccupe le problème de l'impérialisme suivront avec intérêt la nouvelle campagne d\u2019éducation du \u2018député de Labelle.Son article d'aujourd'hui : \u2018The French Canadian in the British Empire\u201d, expose la formation ethnique et politique du peuple Canadien-français ; le suivant essaiera d\u2019établir quelle étant donnée cette formation, son attitude probable en face de l\u2019Impérialisme.(\u2018e dernier article sera évi demment pour nous d\u2019un intérêt plus immédiat et plus vif que le premier.Mais celui-ci, que nécessitait le milieu où il est publié porte déjà la mar- indique clairement que M.Bourassa se propose d'être aussi net, aussi hardi, devant ses lecteurs anglais.qu'il l'a été devant ses Canadiens-fran- cais, Et il constitue un excellent résumé de l\u2019histoire politique du Canada.Il groupe, en un tableau puissant, le récit des luttes, qui nous ont valu nos libertés.C\u2019est une page d\u2019histoire à relire et à méditer.ee er La magistrature et la politi- POUVOIR JUDICIK \u201cDonner et retenir ne vaut\u201d, disait le sage principe du vieux droit français \u2014principe si sagement conservé par nos lois, \u2014 mais malheureusement quelquefois oublié par nos gouvernants trop fie-s de leur suprématie,\u2014dans la confection de ces lois mémes.La trop fameuse loi du Permis de Libération, ( Ticket of Leave ) nous a semblé être la conséquence de l\u2019oubli de ce principe par nos législateurs fédéraux ;\u2014elle nous a paru comme une nouvelle et malheureuse intervention de ia politique dans l\u2019onde judiciaire ; nous y avons vu une usurpation du pouvoir judiciaire par le pouvoir législatif, Et de fait, ce dernier, après avoir confié aux magistrats l'application des lois criminel- les\u2014annulle leur sanction, \u2014qui seule les rend effectives\u2014I1 détache lui-méme le boulet que le juge avait rivé aux pieds du foçat ; il ouvre à celui-ci Les portes de la prison où l'avait banni ln juste sévérité du tribunal ; il le renvoie faire coudoyer l'honnêteté, et l\u2019intégrité du bon citoyen par le déshonneur et la honte de ce criminel.Non, c\u2019est un non-sens\u2014pour un gouvernement, comme pour tout citoyen, de dire : je donne,\u2014et puis reprendre.\u2014ll faut donner et ne pas souffrir qu\u2019il soit repris.La dérogation au principe que nous énoncions plus haut, est déjà une erreur, \u2014mais cette erreur devient grossière et même criminelle, quand elle produit d\u2019aussi funestes résultats que cette loi nouvelle, \u2014résul- tats dont les cours nous donnent chaque jour le spectacle ; car tous les jours nous y voyons cités en justice pour une deuxième et troisième offense, res malheureux qui n\u2019ont jamais purgé la première condamnation.Nous ne voulons pas faire la revue des effets pernicieux de cette loi au point de vue de l'atteinte portée au prestige dont s\u2019auréole la magistrature et de la dignité dont elle se doit draper ;\u2014nous ne voulons pas énumérer les abus \u2018\u2018de favoritisme et de recommanda- \u2014\u2014\u2014 tion politiques\u201d qu'elle fait naître.Mais nous avons cru, pour faire suite à nos considérations antérieurs sur le sujet qui nous occupe, devoir signaler cette nouvelle ingérence de la politique dans l\u2019ordre judioiai- ; re, et la d\u2019énoncer comme immo rale,\u2014et contraire à l\u2019équilibre économique qui entre les divers pouvoirs de l\u2019Etat.Comme conclusion nous rons avec Charles Benoist : \u201c Il faut que les pouvoirs soient non pas séparés jusqu\u2019à se contrarier l'un l'autre, mais divisés pour ne pas se confondre, eù liés pour ne pas se neutraliser.\u201d Edmond B.QS \u2014_\u2014 Eloges Funebres 11 était d'usage, autrefois, de faire sur leur sombe l'éloge des grands, et cet usage était devenu bien vite un abus.Toute grande famille réclamait pour les siens, quels qu\u2019ils fussent, le droit à la louange publique et trop souvent, du haut de la chaire, tomhaient des paroles dithyrambiques sur des tombes indignes.Une littérature ampoulée et toute spéciale avait même cours À cette épa- que, qui donna lieu à ce commun proverbe: menteur comme une oraison funèbre; ou plutôt elle finissait par ne rien dire, et par êcre suns valeur, à force de servir à tous.S'il n'y a plus de méchants à nommer par leurs noms et si tout le monde est déclaré vertueux, l\u2019éloge est nul et banal.Aussi l'Eglise, dans sa sagesse, a-t-elle fini par réprimer ces abus, à mesure que les circonstances s\u2019y prêtaient.Aujourd\u2019hui l\u2019on réserve l\u2019oraison funèbre dans j'église à de très rares personnages qui sont constitués en très haute dignité et dant la réputation n\u2019est discutée par personne.Or, il nous semble que l'on pourrait avec avantage imiter cette sage mesure jusque dans le monde lui-même, Notre humaine nature est la même partout: les vertus héroïques sont rares, et nous nous contentons d'êtres de vulgaires honnêtes gens.Il nya pas plus de mérite à être honnête homme qu\u2019à savoir l\u2019orthographe : il n\u2019y a pas plus lieu a louer quelqu'un de n\u2019être pas une canaille que de n\u2019étre pas un ignorant.Plus l'éloge est rare, plus il a son prix.Lorsqu\u2019un citoyen disparaît, c'est un devoir pour sa famille et ses amis de le pleurer, et pour tous ceux qui l\u2019ont connu, de sympathiser profondément avec la famille affligée.Mais de grâce, soyons sobres dans l\u2019éloge ; gardons aux héros et aux saints le privilège de l\u2019extraordinaire .Si nous épuisons à chaque instant la série des épithètes flatteuses, non seulement la valeur de la louange diminue par sa trop grande diffision, mais qu'arrivera-t-il souvent ?Il arrivera que sur des tombes discutées, parfois même indignes, la crainte de froisser des susceptibilités et même des tendresses légitimes, forcera notre bouche à prononcer l\u2019éloge consacré malgré les réclamations de notre conscience.Et si quelqu'un, quoiqu'il ait pu être, par ailleurs, un homme très honnête, heurte de front, par sa mort, un sentiment profond du public, l\u2019on ferait mieux, croyons-nous, de garder un silence attristé.En pareil cas, la louange rablique surprend et, de si haut qu\u2019elle tombe, elle fait encore plus de mal à celui qui la donne qu\u2019elle ne fait de bien au malheureux mort qui la reçoit.Un Drapeau National La question d'adopter un drapeau nouveau devient de plus en plus à l\u2019ordre du jour.dans notre province.La presse s'est déjà faite l\u2019interprète de correspondants, tous sincères et respectables, doit exister | di- | mais ne pantageant pas tous la même opinion.Les uns veulent garder le tricolore, d\u2019au- : 1902.tres y ajouter quelque chose, une image du Sacré-Cœur, par exemple ; d'autres enfin veulent le mettre de côté et en adopter un qui puisse représenter et la France de nos ancêtres et les luttes héroïques qu\u2019ils ont livrées dans les premiers temps de la colonie.Certes, il est bien permis de discuter cette importante question et de différer là-dessus d\u2019a- pinion.Avant ily a un peu plus d'un siècle, on changeait souvent de drapeau, en France; il n\u2019y avait pas de drapeau vraiment national, adopté par tous les français.M.Henri Bernard, de la Côte des Neiges, vient de publier une brochure en faveur du tricolore, orné d'un Sacré-Cœur.C\u2019est, croit-il, le drapeau dont \u2018le Christ à donné lui-même la description complète à une humble fille de la Visitation, la bienheureuse Marguerite Marie: c\u2019est celui du Sacré- Cœur.\u201d Ce drapeau a rencontré, déjà.une assez vive opposition, D\u2019un autre côté, mardi der- nicer, À St Jude, comté de St- Hyacinthe, se livrait à la brise un autre beau et large drapeau.C'\u2019était à l\u2019occasion des noces d'argent sacerdotales d\u2019un prêtre distingué, le rév.M.Elphège Filiatrault, curé de St.Jude, Voici la description qu\u2019en a donné le représentant de la \u2018Presse\u2019, à la grande fête de St.Judo : \u2018\u201c Au centre du village, on a élevé un superbe mai, au bout duquel flotte un large drapeau d'une création toute nouvelle.Le champ est bleu.Il est orné de quatre fleurs de lys et traversé, dans toute son étendue, par une croix blanche.On sait que la croix blanche a été, depuis le 15ème siècle, lors de la guerre de Cent ans, jusqu\u2019en 1793, la marque distinctive du drapeau national de la France.D\u2019un autre côté, on sait aussi que le fameux drapeau de Carillon, est bleu et orné de quatre fleurs de lys.Ce nouveau drapeau que nous avons beaucoup admiré, rappelle done, à la fois, et nos gloires passées et notre origine francaise.\u201d Ceux qui font de pareils essais ne méritent, certainement pas la censure et les insultes.T1 faut chercher, avant tout, si ces essais sont faite à la lumière du raisonnement, de l\u2019histoire et du patriotisme.Tl est permis de différer respectueusement d\u2019opinion avec un compatriote, Mais, autant que possible, gardons-nous bien de soulever les préjugés.L'histoire et le patriotisme doivent être nos principaux guides dans cette intéressante discussion.A.S._\u2014 M.Laurentie et son successeur Lorsque le -jeune et distingué conférencier de l'Université Laval, M.Laurentie, nous quittait au printemps dernier, l\u2019on nous avait fait espérer son retour.Et nous savons qu'il eût désiré lui-même revoir ce Canada où il s'était acquis en si peu de temps une renommée si brillante eh des relations si nombreuses, mais voici que des circonstances imprévues le retiennent en Farnce et l\u2019empêchent de continuer le cours de ses instructives et intéressantes conférences.Nous regrettons vivement ce contre-temps malheureux, car l\u2019absence de M.Laurentie causera dans l'enseignement universitaire un vide difficile à combler.Par l'originalité de son style, par l'imprévu et le piquant de ses appréciations, et jusque par les tendances, de son esprit combatif, il avait su donner un cachet nouveau à ces cours de littérature fran- (aise qui prennent de jour en jour plus d\u2019importance ; M.de Labriolle avait occupé cette chaire déjà et il s\u2019était acquis beaucoup d\u2019admirateurs, rendant la tâche difficile à œux qui viendraient après lui.Mais, avec des qualités différentes, M.Laurentie a jeté sur cette chaire un éclat aussi vif, et l\u2019on n\u2019oukliera pas de longtemps ses oaptivantes leçons.L'on peut même lui rendre cet- | Le numero 2 sous Pour les pauvres.te justice qu\u2019il a laissé çran- dissante, plus florissante que jamais, cette helle institution des Cours de Littérature française, li a toujours su se faire un auditoire d\u2019élite, de plus en plus nombreux, et de plus en plus avide de l\u2019entendre.Tous ceux qui ont a cœur le progrès des belles-lettres en notre pays, conserveront donc un excellent souvenir de M.Lau- rentie et regretteront son absence, sans compter que les circonstances ravissent en lui à la socièté canadienne-françai- se un homme du monde accompli, dont l'amabilité dans les rapports sociaux lui avait acquis des relations nombreuses ot des plus distinguées.Cependant, nous pouvons assurer les fidèles auditeurs des conférences du mercredi qui, pour troisième professeur du cours do littérature, on a su choisir encore un homme vraiment à la hauteur de la position.En effet, M.Brunetière, dont l\u2019intérôt pour le Canada ne se dément pas, à fortement recommandé M.Augustin Léger, & M.le Supérieur de St.Sulpice, doyen de la Faculté des Arts, et Mgr Bruchési a ratifié l\u2019élertion.M.Léger appartient à une vieille famille universitaire et il est lui-même ancien élève de l\u2019Ecole Normale.Nous sommes anxieux de faire plus araple connaissance avec lui, mais nous ne doutons pas qu'il remplisse aussi dignement que ses prédécesseurs cette chaire de Littératz \u2018e & laquelle les vrais Canadiens portent un intérêt tout spécial.A PETITION DE DROIT Citoyens spolies par le gouvorne- ment provincial La loi reconnait à tout citoyen le droit absolu de s\u2019adresser aux tribunaux de son pays pour obtenir le redressement d ses griefs et se faire rendre justice contre qui que ce soit.Le souverain lai-même, représenté dans necre système constitutionnel par des officiers qui forment avec lui le pouvoir exécutif, possède d'après le droit commun cette prérogative de recourir aux tribunaux.Mais, chose singulière, les citoyens ne possèdent pas contre lui le droit réciproque ; même avec la réclamation la mieux fondée, ils ne peuvent s\u2019adresser de plein droit aux tribunaux.En effet, la loi oblige toute personne, qui a un recours À exercer contre le gouvernement, à adresser une pétition de droit à ce même gouvernement, c\u2019est- à-dirè qu\u2019il faut demagder l\u2019autorisation de le poursuivre à celui-là même de qu: l\u2019on veut obtenir justice.Et le gouvernement n\u2019est pas tenu d\u2019accorder vette autorisation ; il peut la refuser à son gré, sans aucun motif, d\u2019une manière arbitraire.Cette permission eet requise dans le but d\u2019éviter des actions vexatoires.Cependant, en Angleterre, où la constitution est interprétée d\u2019une manière large et où les citoyens attachent une grande importance au respect de leurs droits, on reconnaît en principe que le gouvernement ne doit jamais refuser à un citoyen le droit de le poursuivre, lorsqu\u2019il a une réclamation en Apparence sérieuse et de bonne À \" SONNET O 1iches, qui nagez dans la pourpre et dans l'or ! Veus qui buvez sans cesse au fleuve des délices ! Vous qui savez noyer les remords de vos vices Dans le vin, dans le bol au somptueux décor ! Vous qui de l'indigence ignorez les supplices ! Vous qui voyez grossir toujours votre trésor ! Vous qui riez, chantez et puis chantez encor, Veus couronnant de fleurs, adulant vos » aprices | Au nom du Christ Sauveur et de la charité, Si jamais indigent, à vos sevils arrêté, Et vous tendant la main d\u2019un ton faible qui pleure, Caresse un rève vain, pour tromper son malheur ; N'allez pas étouffer ce rayon dans son cœur : Lui r vir son espoir, c'est souhaiter qu'il meure.A.HURTEAU.Mais croirait-çn que, dans notre bonne province de Québec, le procureur-général ac- ad tuel, l'hon.M.Archambault, se 3% fasse un devoir de consentir aux pétitions de droit qui lui sont présentées pour obtenir le fiat du lieutenant-gouverneur?* Je connais plusieurs cas où l\u2019honorakle procureur-général, méprisant les principes du droit constitutionnel a refusé à des citoyens le droit de s\u2019adresser aux tribunaux pour obtenir justice.Voilà, n\u2019est-ce pas, de l'arbitraire, de l\u2019arbitraire dangereux et spoliateur.Un contrat, par exemple, a été passé entre le gouvernement et des citoyens, et ces derniers, ayant souffert, par suite de la violation du contrat, des dommages considérables, réclament une indemnité.Eh bien, non-seulement le gouvernement ne veut pas reconnaître leurs droits, mais même il refuse do laisser les tribunaux décider si la réclamation est bier ou mal fondée.Vaila qui ressemble à de la spoliation eb je doute beaucoup que l\u2019on puisse trouver en Angleterre, des exemples où de tels dénis de justice aient été commis par un ministre.Des refus aussi injusiifiables de la part du procureur général comportent des conséquences que le public peut aisément apprécier.Le gouvernement peut alors, à son gré.s\u2019emparer de la propriété d\u2019autrui, causer des dommages, violer ses contrats, et ilreste à l\u2019abri de toute responsabilité, car il lui est loisible de refuser à quiconque le droit de le poursuivre.Aussi, laissons-nous à juger quels abus et quelles injustices peuvent résulter de ce pouvoir discrétioanaire, lorsqu\u2019il est exercé.par des ministres sans scrupule, qui n\u2019ont aucun sou- y ci de leur devoir et de leur res- \u2026 ponsabilité.Jacques Viger.Simples Questions L\u2019hon.M.Napcléon Parent, premier ministre de notra province et ministre des Terres de la Couronne, voudra-t-il répondre aux questions suivantes : Est-il vrai que la perception des droits de coupe, sur les bois abattus, chaque année, dans les lizuites louées par.le gouvernement aux grands mer- chands de bois, se fait sur une simple déclaration de ces derniers, sans aucun contrôle sérieux de la part du gouvernement provincial, lequel accepte, bénévolement, les chiffres fournis par les intéressés eux-mêmes ?\u2014 Est-il vrai que dans plusieurs causes soulevées entre marchands de bois et colons, le bureau d\u2019avocat, dont l\u2019hon.M.Parent est le chef, occupait pour les marchands de bois ?\u2014 Est-il vrai que la vente des limites à bois ne se fait que par une immense quantité, de manière que les millionnaires anglais ou américains seuls puissent entrer en concurrence et que ce genre d\u2019affaires est délibérément fermé aux moyens et petits capitalistes de la province de Québec ?Une réponse intéresserait les vrais amis de notre province.GG Vras.~~ © « LN s- -
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