Le rappel, 20 décembre 1903, dimanche 20 décembre 1903
[" ¥ à , divtoires n'ont plus \u201cLe Progrés dans l\u2019Ordre.\u201d Cee ee eye ee ae 4 pc el \u201c Le Canada aux Canadiens \u201d 2a ANNEE, No 14 MONTREAL, DIMANCHE, 2 re \u2014 mme me DECEMBRE 1903 LE NUMERO: DEUX CENTINS M.Monet se distingue M.Dominique Monet.député de La- prairie, Napierville, a-gagné ses épau- Irttes-: son lern'er exploit, à l\u2019arsem- blée de mardi dernier le place au premier rung de lu grande armée des gens Le \u201cCanady\u201d Ven a chau- c\u2019est là son chütiment mieux, sa rérompense, avait été convoquée à wal élevés.demenu féticité.: ou, si on Jaume Une assembi- Napiarville, afin de permettre aux ora teurs de loppasition d'exposer devant Je peuple leur programme de vélorme fiseule.VM.Moot n'en avait été infor: é que par l'aunence publique, comme un vulgaire électeur.Et il n\u2019y avait aucune raison pour qu'il le fût autre ment, .l'assemblée n'étant pas contradictoire.Dans -a suffjsance, M.Mon-t ingra que ve n'était pourtant pas sui- fisant : il so déclurg surpris de n'avoir pas regu uve invitation personnelle ot ilen écrivit \u2018un mot à M.Tarte.M.Monet ne veut pas qu'on parle a ses électeurs'en son absence ; il trouve \u201cue ce n\u2019est pas joli, La prétention n'est pas mince ; l'hon.M.Gouin rauit même qu\u2019elle sent la féodalité.di- Doit-on établir cn régle géntrale Jes assemblées vontredictoires / Autrefois, l\u2019on faisait de la politique a grand renfort de brnit ct de tumulte et l\u2019on réclamait surtout des oruteurs de for tes engueulades.Mais aujourd'hui.nos meurs se :ont polirées et la brutalité d'antan a fvit place à une plus consciencieuse dignité.Ce que.Je vrai peuple veut.c'est d'entendre paisiblement tons Jes -arcmnents pony- Jes juger ensuite avec calme.asseniblées corsa auprès de ini à cette sorte C'est pourquoi les la mème faveur, grâce du gens que le \u201cCanada\u201d qualifie de \u2018\u2019braves interrupteurs Plus cénéralentent, un parti expose dans.tune ageemblée aujour- d'hui, et les adversaires répondent dans une autre le [endemain.De cette fa- «an, los assembles sont aussi efficaces, mais surtout.elles sont plus paisibles et plus dignes.Les libéraux ccuvoquent une blée dans la division Sainte-Marie, ot les conservateurs en cConvoquent une autre à Napierville:; -tout \u2018Jp monde \"attend parfaitement à ce qu'il n\u2019y ait duns l\u2019une ou davs l'autre que des orateurs du même parti.C'est un usage établi peu à peu et qui prédomtne enfin, pour le plus grand avantage (le tous : l\u2019électour n ainsi plus de chances d'entendre des raisons au lieu Jes in- ses\u201d Vues ARKO jures.Mais M.Monrt retarde : 11 se encore au temns eù l'on obtenait croit un succès facile et où l\u2019on suppléait à la faiblesse de ses arguments.par.le mo- ven des esclandres et du bruit.IJ feri- vit done a M: Tarte une lettre, dont je \u201cCanada\u201d a seul à admirer ja \u201chaute courtoi et par laquelle il Jamandait la rw'zen de ce dédaigneux oubli.M.Dominique Monet, député.\u2018\u2018attendait la réponse à son bureau,\u201d Elle lui vint bientôt chargée d'une leçon discrète et fige.M.Tarte Jui faisait remorquer que lui-mème n'eût jamais songé à se rendre à l'assemblée cie Lapas été invité, êts prairie.s\u2019il n'y avait La logon ne fut pus comprise, et M.Monet revint à la charge, apgravant d'injures toutes gratuités son insistance déjà d'ass>z mauvais goût.ll n'y avait plus qu'à laisser faire : =i, s-lon la maxime de Coufucius de deux hom- wes \u2018qui parlent ensemble, le plus sauge est celui qui se tait le premier, celu est rncore plus vr, lorsque les gros nLiots commencent.M.Tarte =e contente, duas une dernière luttre, de répéter la leçon déjà faite, maia d'une façon plus claire, on rappelnat que les gens bien élevés ne vont pins dans les maison où ils ne sont pus invités.Mais M.Mant ne 'écria-t-il les mains jointes.et d'ici à Noël, peut- être que le bon Dim uuru pitié de moi\u201d.Le pauvre enfant se leurrait de l'espoir qu'il se rléveruit de ses mauval- ss notes, et moi j'espôrais aussi qu'il »e ferait à la routine du collgr, qu'il ferait des progrès en allemand et modifierait son malheureux accent.Nos espérances ne paruren( pas trop vaines tout d\u2019abord : bientôt après ln Tous -aint, Michel eût trois \u2018parfait\u2019, dont un pour le latin.T1 fut lo seul des élé ves de va classe qui «it que le parfait de \u201cgander\u201d est quvisus sum\u201d, at il le savait parce que, ayant eu deax \u2018parfait\u2019 quelques jours avant, il m'u- Vait demandé comment on dit en latin \u2018je ma réjouls.Je oœrus que l'enfant IMlaët devenir fou de joie.M écrivit à sà Uère : \u2018Maman chérie.vous ne savez sûrement pas quel est le parfait du _verhe \u201c\u201cgaudeo\u2019\u2019.ct Ja petits Lola n« la sait ag pon plus.car dans toute la clas- wo, 3 n'y a quo mol qui le savais.\u201d A partir de ee moment-la, il ane demandait constamment les parfaits nt las participes des verbes.Mais ce fut une courte lueur.Bientôt son malhru- veux accent polonais bouleversa © qu\u2019avait accompli sa porsévéraner, ot un jour.avant oublié de faire un devoir, i} fut menacé d'âtre renvoyé du vollège.Une lettre de sa wére.arrivée justo à ce moment-là, pleino de félicitations ur aon ruceés de latin, le mit hors de ui.\u201cOh oui ! je Vais faire à Maman une jolie surprise ; pauvre, pauvre ma- wan ' Et puis.se serrant la tôte à doux mains, il murmura, crovant que je ne lentendais pas : \u201cCela me fait mul.=i anal ! Le lendemuin.quand je lui mis son \u201cac sur, Je dos.3 chaneela et faillit tomber.Je voulus l'empêcher d\u2019atler à l'école, mais il dit que ce n'était rien «t me demanda seulement de l'accom- pagnon, car il craignait d'avoir un étourdissement.TH revint l\u2019aprèsamidi avee un \u201cmédiocre\u201d et l\u2019opinion s'établit au collège que c'était un enfant obtus et paresseux.J] essoya en vain de lutter ; il perdit toute confiance en lui-même.Le curé d: Zalesiné, qui lui écrivait quelquefois.n« manquait Jamais de lui dire: \u2018Souviens-toi, Michel, que non -eulement le bonheur, mais la santé de ia Mère dépend de tes progrès dans la ~eienee et la vertu.\u201d Hélus ! il ne s\u2019en souvenait que trop, car, ca révant méme, il s\u2019éctiat: \u2018Maman ! Maman ! d\u2019une voix suppliante, comme s'il avait vonlu lui demander pardon.Et la réalité lui apportait des notes de jour en jour plus mauvaises.Cependant la Noël approchait, et il n'y avait plus à se faire d'illusions sur le tameux carnet.J'évrivis à Mme Mu- rie pour l'en prévenir, je lui dis positivement que son fils était trop fuible et trop souffrant pour ln dose de travail demandée, et qu'elle devait le garder à la campagne après les fêtes et ne plus | renvoyer at vollège pendant quelque temps.Je sentis, duns sa réponse, l\u2019amour-propre maternel blessé ; cependant «le m'écrivit en femme raisonnable et «n mère aimante.Je ne parla pas a Miche} de cette décision de le retirer du ollege.je lui dis seulement que quoi qu'il artivét, 8 mère savait qu\u2019il avait fait son possible et ne hii en voudrait pus.Cette assurance parut le consaler, quoi qu\u2019il me dit eucore : \u201cOh! combien de chagrin je vais inire à cette pauvre maman !\u201d {L'idée qu'il alluit la revoir, elle et la! petite Lola, et le curé de Zulesine.et tte chère maison, le fuisait sourire à (Travers ses larmes.Là, ou moins.l\u2019attendaient un cœur maternel, la bicn- veillance humaine.le silence et le re- Là-bas, ses poumons d\u2019enfant pourraient respirer un air plus par.J'attendais donc pour lui crs fêtes de Noël comme le sulut.ct jé comptais les jours qui nous en séparaient encore, ot \u2018qui apportèrent à Michel des déceptions :Uceessives.Il semblait que tout se réunissait contre lui.Pour donner aux nfants pus d'habitnde de la langue al- Jrmande, ils reçurent l\u2019ordre de ne pas en rerler d'autre:entre eux, Michel ou blia de Je faire tn jour et on fut répri- meudé publiquement.j'os.+ Cela acheva de le désespérer : son tie- tit visage prit une expression nroscme tracimue : il avait toriours l\u2019air d'é- touffér un sanglot + par moments, sea veut avaient le regard d'un oiseau Mlessé : puis il fut envahi par une som- noleure éranee, pea eeates devinrent automnticues pt ca voix {ris lente.MN fut étonnamment silencieux et passivemunt obéissant.Il apprenait sus leçons et écrivait seu devoirs comme sutrefois, mais par pure routine.On sentait qu'en répétant ses déclinaisons il pensait à autre chose, ou plutôt qu'il ne pensait plus à rien.Je lui demandait un jour, s\u2019il avait tout fini; il me répondit de sa voix lente et com- we cndormie : Je pense que cola ne sert à rien.M pälissait de plus en plus et finit par devenir presque transparent.Le fin ré- susu de veines qui s\u2019accentuuit sur ses tempes, lorsqu'il s\u2019animait autrefois, était toujours visible maintenant.C'était pitié de voir cette jolie tété,presque angélique, qui faisait l'effet d\u2019une fleur prête à se fAncr.ll n'était pas malade, mais ses forces s\u2019en allaient.NH ne pouvait plus porter tous ses livres daus son sac ; aussi ne lui en L'un nal-je que quelques-uos «ut je portais les autres, cur je pris l'habitude de l\u2019accompagner tous los jours et d'ailor le chercher au collège.Les fêtes de Noël arrivèrent enfin.Les chevaux de Zulesine attendaient depuis deux jours, et une lettre ae Mine Marie disait sa joie à l'idée de notre arrivée.\u2018J'ai entendu dire, Miche}, que (clu ne va pus, Cerivait la mire en terminant.je w'espére plus de \u2018parfait\u2019, ie voudruis xeul \u2018ment que tes professsurs fussent persuudés, come moi, que tu as fait tout ton possible.\u201d Mais les professeurs avuient une ori ulon tout oppusée et le carnet de notes en apporta la preuve.de petit Michel étuit considéré m- me incapable et renvoyé de l'évols.Lorsqu'il apportu cet arrêt, il fuissit déjà presque nuit, car la neige tombnit serrée, et je ne pus pas bien distinguer su figure.Je vis seulement qu'il & approchait de la fenêtre et qu'il regardait en silence les flocons de r-ige qui tournoyaient dans l'air.Je n\u2019eu- Mls pas au pauvre petit les pensées qui devaient, comuie ces flocons, tour- hillonner dans son corvrau, ct je pré- férui ne pas lui parler.Lu quart d'heure ='écoula rinsi : Pabseoritd S'éteit faite.Je me mis w ranger \u2018quelques effets dans une malle, et vovant que Michel re-tuit toujours à lu fenêtre, je lui dis enfin : \u2014Que fais-tu là, petit 7 \u2014N'est-ce pas, repritil d'une voix qui tremblait et
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