L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale, 1 septembre 1968, Vol. 6, no 19
[" JO Gages a he BET: a, rsa, mag A Nomis, nr ino, oe: es eee res EE 5 Ê À #.X, = £3 \u2018a, * de a Teer wy | VOL FE ° EE # pr J r\u2014 pe pad pêe 1 er or L 6 NO 19 SR Es 1 0 % 26 ory i SF, a # % 46 1 Ex ax ES RÉ Faw PRÉ Ë = A Ho # To i ni a sd oa 7: ; fo » Ge Li ae tri a i 1 5 os w A E NUMERO D\u2019 per i MS « » a 5 A 5 200 fac se : bt i f INFORMATION 5 3 3) } $3 > pe $4 x $ 2 SX ; £3 EE x 12 pr 4 Lors 2 3 : 3.55 3X -¥ 2 EE | i AIAN æ 2 Ÿ & è 3, PX > ex «2% 7 x \u201ca £3 £3 a ; 4 2 1% 2e 3 -~ © PE xa a SE ard 2 os nt i 3 A \u201c _ 2 - voir page 12 \u2014 od - 33 59 3e.32 2e £ AS a ss a, 3 = # $ 2 i 3 5 a LE 7 ex DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 & XE 5 \u20ac \u201c, = ! 3 2d = 3 + Le ® a 4e RS à is A aa a aa aa a aa a a aaa a a a a a a tete A A aa aa a aa a a a a FPP A haa MAITRES CHEZ CHEZ-NOUS ?LES ANGLAIS EN HAUT, LES FRANCAIS EN BAS! Dans une démocratie normale, a capacité égale, chacun a les mémes chances de se développer et peut avoir librement accès à tous les échelons économiques et sociaux.Les pays scandinaves en sont des exemples idéals.Lorsqu'un pays compte des groupes minoritaires qui n\u2019ont pas accès aux postes supérieurs et croupissent à l\u2019échelon inférieur de la société nous sommes devant un état capitaliste libéral où les gens déjà en place tiennent leurs privilèges bien en main.Un cas très évident est celui des Etats-Unis où les noirs et les Porto-Ricains stagnent en bloc au bas de l\u2019échelle d\u2019un pays d\u2019abondance.Quand une minorité s\u2019installe aux échelons supérieurs de l\u2019économie d\u2019un pays, c\u2019est que ce pays est profondément colonisé.Il y a quelques années, c\u2019était le cas de tous les pays d\u2019Afrique.Mais depuis, malgré leur pauvreté et les faibles moyens qu\u2019ils possédaient, ils ont eu le courage de dire \u201coui\u201d à la liberté, de choisir entre l\u2019éternelle domination, l\u2019état d\u2019infériorité et un avenir incertain mais où ils ont entrevu une lueur d'espoir parce qu\u2019ils savaient qu\u2019ils allaient bâtir cet avenir eux-mêmes.Il reste cependant un exemple peu ordinaire de colinialisme: c\u2019est le Québec, l\u2019un des derniers pays colonisés du monde.L\u2019infatigable chercheur, M.Rosaire Morin des Etats Généraux, a publié un article en janvier dernier dans la revue \u201cLa Prospérité\u201d où il présente deux tableaux que voici.Il s\u2019agit du revenu familial moyen dans les municipalités de l'Ile de Montréal.Le premier tableau contient les villes à majorité anglophone.Les revenus moyens vont de $17.535 pour Westmount jusqu\u2019à $7.247 à St-Laurent.Le second tableau énumère les 14 municipalités à majorité francophone.Le revenu moyen le plus élevé est de $6.486 à Ville d\u2019Anjou, tombant à $4.515 à Rivière-des-Prairies.Ces tableaux sont remarquables par leur continuité: les 13 villes anglophones, sans une seule exception ont un revenu familial moyen supérieur à Anjou, ville de la liste francophone qui a le revenu le plus élevé.Ces listes auraient pu provenir de la même liste coupée d\u2019un seul trait de ciseaux: les Anglais en haut, les Français en bas.Les anglophones étant minoritaires, cette situation ne peut exister que par la présence d\u2019un système colonialiste bien implanté et où la majorité est maintenue au bas de l\u2019échelle.Seulement, ici, les colonisés ont la même couleur de peau que les colons, ils prennent le même métro et votent aux mêmes urnes.Ainsi ils n\u2019ont pas encore pris conscience de ce colonisme.Le jour où cette prise de conscience aura lieu, l'indépendance du Québec suivra de peu.Personne n\u2019aime faire partie d\u2019un groupe inférieur.Les indépendantistes ont le devoir de mettre leurs compatriotes vis-à-vis de ces faits.C\u2019est alors qu\u2019ils feront quelque chose de concret pour la libération de leur patrie.P.S.Un livre à lire, à relire et à faire lire: \u201cLe Colonialisme au Québec\u201d d\u2019André d\u2019Allemagne.Ce livre sérieux, documenté, bien structuré dont le texte clair et limpide se lit comme un roman.VILLES A MAJORITE ANGLOPHONE Villes Moyenne de % de la revenu familial population annuel française Hampstead $17,174 9.2% Westmount 17,535 20.8% Montréal 16,067 26.1% Baie d\u2019Urfé 14,167 11.4% Montréal Ouest 11,379 9.7% Beaconsfield 10,800 15.0% Outremont , 47.9% Côte St-Luc 9,077 7.8% Dollard-des-Ormeaux UE 38-0 Dorval ,142 2% Roxboro 7,642 31.6% Pierrefonds 7,284 31,3% St-Laurent 7,247 41.9% COMPAREZ VILLES A MAJORITE FRANCOPHONE Villes Moyenne de % de la revenu familial population annuel francaise Anjou $6,486 60.8% Lachine 6,160 54.0% Montréal 6,046 66.6% Ste-Anne-de-Bellevue 6,021 70.0% .Ste-Geneviève 5,777 87.5% Lasalle 5,918 54.7% Verdun 5,487 58.0% Ile Bizard 5,367 87.5% Pointe-aux-Trembles 5,291 82.3% Montréal-Est 5,230 77.5% Montréal-Nord 5,089 81.7% St-Pierre 4,992 73.1% St-Michel 4,722 68.8% Rivière-des-Prairies 4,515 95.0% AU QUEBEC LE MANQUE D'INSTRUCTION NE DÉTERMINE PAS LES BAS SALAIRES Certains ignorants du type \u201cfins lettrés\u201d résument la cause des salaires inférieurs au Québec au manque d'instruction des Canadiens-français.Dernièrement un de ces simplistes déclarait à la conférence de l'UNESCO que les \u201cCanadiens-français étant moins instruits étaient plus mal payés.Un Québécois recevant $100.00 par semaine n\u2019a qu'une 8 ième année, que l'Anglais à $120.00 par semaine puisqu'il a terminé une 10 ième année, que par contre le Juif ayant fini une 12 ième année à $140.00.\u201d C\u2019est une explication rapide et facile.Cependant ceci suppose qu\u2019à un niveau déterminé les salaires sont les méme pour tous.Tel n\u2019est pas le cas.Pour illustrer ceci, Voyons les salaires payés dans l\u2019industrie de la construction.- Annuaire statistique du Canada pp.824- 825 tableau 24.En moyenne l\u2019ouvrier de la construction à Montréal gagne 16% de moins que l\u2019ouvrier Torontois.Si l'on s\u2019en tenait à Monsieur Jean-Louis Gagnon cela tiendrait à ce qu\u2019il a 16% de scolarité en moins.Cette logique suppose un rendement 16% inférieur, soit qu'il soit 16% plus lent ou que son travail soit 16% moins solide à cause de son manque d\u2019instruction.C\u2019est à crever de rire! Non, Monsieur, l'instruction n\u2019est pas le seul critère du revenu, loin de là.Si elle 2 / L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 peut expliquer un certain décalage entre métiers et professions elle est loin d\u2019expliquer les différences à l\u2019intérieur d\u2019une même discipline.Laissez donc à de plus malins expliquer les causes complexes des différences de revenu.Ainsi vous éviterez aux délégués de l'UNESCO l'interrogation qu'ils doivent se poser sur votre propre scolarité! Salaires horaires dans la construction au ler octobre 1965 Métier Montréal Toronto Vancouver Briqueteur 3.12 3.65 3.51 Menuisier 2.91 3.38 3.49 Electricien 3.20 4.10 3.97 Peinture 2.81 3.00 3.36 Platrier 3.12 3.45 3.25 Plombi er 3.25 4.00 3.59 Tôlier 2.91 3.79 3.37 Manoeuvre 2.26 2.40 2.67 Camionneur 2.26 2.40 2.87 Moyenne 2.84 3.32 3.30 -Annuaire statistique du Canada pp.824-825 tableau 24 OTTAWA NOUS GATE! AU QUEBEC: 50% PLUS DE CHOMEURS QU\u2019AU CANADA Au Québec le chômage est 50% supérieur à celui du reste du Canada où la situation n'est pas particulièrement brillante si nous la comparons à celle de la plupart des pays d\u2019 Europe où le chômage est quasi inexistant.Entre 5 et 10% des travailleurs québécois sont en chômage alors que dans le reste du Canada le taux de chômage varie entre 3 et 7%.Le chômage est la plus grande plaie sociale qu'engendra le capitalisme.Tout homme a droit au travail.Dans une société qui se respecte \u2018chaque citoyen a sa place doit pouvoir y vivre décemment.Le plein emploi doit être l'une des premières préoccupations de l'Etat qui a le devoir de prévoir et de diriger une politique de main d'oeuvre non seulement vis-a-vis des travailleurs mais également vis-à-vis des employeurs qui ont une grande part de responsabilité dans le chaos d'aujourd'hui.Il ne faut pas que le gouvernement attende que les chômeurs désespérés se jettent en bas du pont Jacques-Cartier pour régler le chômage, il ne faut pas promettre aux travailleurs des bateaux à réparer, il ne faut pas donner des cours de recyclage pour apprendre des métiers qui n'existent plus, il ne faut pas donner des subventions de cataplasme qui non seulement n'offrent qu'une solution temporaire mais qui alimentent le chômage à la longue.pr 4m AN d CHÔMEURS chômage est d'avoir deux gouvernements pour s'en occuper, lesquels ont des intérêts divergents et aucune politique rationnelle de main d'oeuvre.Un recyclage ça se pense, ça ne s'improvise pas.Une fermeture d'usine ça doit être prévu.Un changement technologique ça se fait en \u2018tenant compte du personnel 00 © 9D AY oon one EL vr rv =} Source:-Annuaire du Canada _19 Une cause principale du en place.Un investissement 0000 Lets + MN da M A | UNS AN SOS?| VAY oe Be NN b'acote trees 4114 dd wv dnd hd 4 à A p 80 Cord : La \u2019 a -Le devoir -19 ue LAS page 9 (pour Tr 23% gouvernemental doit étre dirigé le plus possible vers les régions qui en ont le plus besoin.Ce n'est pas Ottawa qui va le faire pour nous puisqu'il a ses pauvres à lui: les Maritimes.Un exemple: le gouvernement fédéral n'hésita pas à forcer la construction d'une usine d'eau lourde en Nouvelle-Ecosse sur l'ile du Cap Breton alors que celle- > a à NE 4 A +4 4 \\g boo] MN 2 ES ci devait se construire en Gas- pésie.Ottawa n'est pas a blamer pour ce geste.C'est un gouvernement anglo-saxon dévoué aux intérêts des Anglo-saxons, il préféra donc aider ses chômeurs aux nôtres.Seul un Québec libre peut nous Sortir de ce flottement entre deux autorités et nous permettre de régler nos problèmes de main-d'oeuvre.DANS LA BELLE PROVINCE?LA SEMAINE DE TRAVAIL EST PLUS LONGUE ET MOINS BIEN PAYÉE Les plus récentes statistiques fédérales nous révèlent que pour une semaine de travail plus longue le Québécois est moins bien payé que les salariés des autres provinces.Moyenne des heures de travail par semaine et revenu des employés à l'heure \u2014 1965 Province Heure $ heure $/semaine Québec 41.8 1.88 78.58 Ontario 41.1 2.25 92.33 Colombi e- Britanique 38.0 2.62 99.52 Terre-Neuve 41.2 1.75 71.89 Annuaire du Canada 1967 \u2014 p.815 tableau 14 Nous constatons qu'en moyenne le salarié québécois pour 3/4 heure de plus que son confrère d'Ontario reçoit $13.75 de moins par semaine.Si on le compare à l\u2019ouvrier de la côte pacifique il travaille 3 3/4 heures en plus par semaine mais il reçoit $20.94 en moins.Le sort du Québécois se compare mieux à celui du Terreneuvien: pour 1/2 heure de travail de plus par semaine il reçoit à peine.$6.69 de plus que le plus pauvre de la confédération.Les fédéralistes, Jean Marchand, leur tambour-major en tête, nous parlent de pain et de beurre.Mais nous constatons que si les autres ont du pain et du beurre, l\u2019ouvrier québécois n'a rien sur son pain.Nous voulons du beurre pour nos ouvriers et c\u2019est pour ça que le R.IN veut faire l'indépendance et donner à la classe ouvrière une plus juste part du gâteau de notre revenu national.gi A, g is Ba.oa .\u2018 3 Hl abl amis rat cn sommet L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 / 3 PIERRE BOURGAULTg LENE Aa LR Dès sa fondation le RIN a marqué son intérêt pour les travailleurs du Québec.Depuis, la classe ouvrière du Québec a toujours pu compter sur notre parti.Nous avons fait porter notre action sur deux plans.D'abord, lorsque les ouvriers étaient mal pris, lorsqu\u2019ils étaient en conflit avec leurs patrons ou avec le système tout entier, nous nous sommes solidarisés avec eux et très souvent nous sommes descendus dans la rue avec eux pour faire les batailles nécessaires contre l\u2019exploitation.Mais il ne nous a pas suffi d\u2019être près d\u2019eux dans les coups durs Nous avons élaboré un programme de gouvernement qui tienne compte d\u2019abord de leurs intérêts.Nous nows sommes efforcés de trouver des solutions pour améliorer leur condition; solutions qui soient applicables dans le contexte nord-américain.Nous n\u2019avons pas hésité d\u2019autre part à dénoncer parfois certaines attitudes des classe ouvrière.de toutes parts.petits.noble qui soit.LE RIN ET LE DROIT AU TRAVAIL LE DROIT AU TRAVAIL Un véritable Code du travail devrait proclamer que chaque ouvrier possède un droit primordial à son emploi et qu'il appartient à l'employeur de prouver que tel ouvrier licencié n'était vraiment plus utile au lieu de laisser à celui-ci le fardeau de la preuve.Ce droit au travail implique au premier chef la responsabilité du patronat et, en dernier ressort, celle de l'Etat.Une fois le patron dégagé de sa responsabilité, c'est à l'Etat qu'il appartient de pourvoir au réclassement de l'employé congédié et à son soutien pendant la période d'attente.Droit à la convention collective Contrairement à la situation actuelle qui restreint les avantages de la convention collective à un nombre très restreint de salariés, ce régime mis en oeuvre sous la surveillance de l\u2019E- tat et des syndicats devrait protéger le plus grand nombre possible de salariés.- ™ 0 - eu HAE \u2014 Il faut donc substituer au régime actuel un régime qui repose sur: - des conventions collectives intervenues à l'échelle nationale et s'appliquant à toutes les entreprises d'un secteur industriel ou commercial donné; - des conventions qui sont négociées collectivement entre d'une part, les représentants patronaux et, d'autre part, 4 / L\u2019INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 les représentants des divers syndicats intéressés, - l'application à tous les salariés d\u2019un secteur industriel ou commercial donné des avantages prévus dans la convention collective; - des conventions collectives qui ont force de loi et dont l'exécution est placée sous la double surveillance d\u2019inspecteurs gouvernementaux, d'une part, et de délégués du personnel et représentants syndicaux d'autre part.LE RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS | Quand à la suite de négociations collectives qui ont échoué, la conciliation ne réussit pas à trouver une solution qui convienne aux deux parties, les travailleurs quels qu\u2019ils soients, devraient posséder le droit de grève.Le R.I.N.s'engage plus particulièrement: © LE RIN SENGAGE A.- A créer des tribunaux du travail qui seront seuls compétents pour entendre les causes relevant du droit du travail ou de l'application des conventions collectives et dont les membres auront recu une préparation spéciale Rendra obligatoire la perception a la source par I'employeur de la cotisation syndicale; Veillera à ce que les syndicats soient obligatoirement québécois sans pour cela exclure leur affiliation à une centrale internationale dans sa nature, sa composition et son esprit.] syndicats que nous croyions nuisibles a la Nous avons prôné et prônons encore le changement radical des lois pour permettre la syndicalisation massive des travailleurs, instrument premier de leur libération Nous avons aussi réussi à démontrer à un grand nombre d\u2019entre eux qu\u2019une solution en profondeur de leurs problèmes ne pouvait être que politique.Ce travail nouveau pour un parti politique chez nous, nous a valu d\u2019être attaqués Mais cela n\u2019a pas ébranlé notre foi dans cette action nécessaire.Nous continuerons à travailler dans ce ens.Le RIN demeure toujours le seul parti à s'être rangé définitivement du côté des Ce rôle parfois ingrat, est aussi le plus /\u201d UINDEPENDANCE ) 7 8401 ST-HUBERT, MTL 382-2471 382-2472 L\u2019'INDEPENDANCE est un bimensuel publié par le Comité d'Information du Ce numéro a été préparé par le Comité Politique du RIN sous la direction de J.P.Bourbeau ABONNEMENTS $3.00 pour 1 an $5.00 pour 2 ans Le Ministere des postes a Ottawa a autorisé l\u2019afranchissement et l'envoie comme objet de deuxième classe de la présente publication \\_ 8401 StHvbert ) oF i NET RSA Mas A L'INDÉPENDANCE VOL.6 NO 19 DU Ter aw 15 SEPT.1968 (SUPPLEMENT) ST-LEONARD CONSCIENCE DES QUEBECOIS gp re yr re \u2014\u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 SOMMAIRE: oo e Jean-Marc Léger: | Les Franco-Québécois jouent leur existence [ e Pierre Bourgault: Enfin des citoyens responsables | e Désiré Laliberté: La leçon de St-Léonard \u2018 e Normand le Québécois.St-Léonard, conscience des québécois L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 / 3 aa aaa aa a a a a aa a a a a a aad a a a aa a a aa aa a A aa AAA Aa aa a aaa Aaa a aa a a a a a a a aaa a aa a 0 4h A 0 aa aa aaa aaa aaa aaa aa a ae.a TÉMOIGNAGE D'UN OCCUPANT DE L'ÉCOLE AIME RENAUD par: | Normand le Québecois ST - LEONARD: CONSCIENCE DES QUEBECOIS L'occupation de l\u2019école secondaire Aimé Renaud par des étudiants constitue le premier geste de la jeunesse québécoise visant à forcer nos élites dirigeantes à tenir compte d'abord des exigences de la population avant de prendre des décisions.D'autre part, le MIS que dirige M.Lemieux, se révèle comme lé premier mouvement québécois où des individus de deux générations différentes se rangent derrière un objectif commun: la reconnaissance des droits de la majorité.Par le passé, les média d'information en général, sous le contrôle du gouvernement bien sûr, nos hommes politiques (exemple le plus actuel: René Lévesque) les associations patronales, les syndicats (en ne protestant pas contre le monopole de la langue anglaise au travail), se sont toujours efforcés d'inciter le peuple à la bonne entente avec les minorités anglaises ou autres, bien que dans la majorité des cas, la coexistence pacifique ait été maintenue à notre détriment.Mais le mouvement contraire s'amorce depuis quelques années.Il a d'abord démarré avec l'apparition des mouvements indépendantistes qui a entrainé un renouveau du nationalisme québécois.En résumé, ce qu'on a appelé la \u2018Révolution tranquille\u201d résume assez bien le lent changement de mentalités et de structures sociales, économiques et politiques qui s'est effectué.Cependant les événements de Saint-Léonard chambardent considérablement le jeu des forces politiques et surtout le genre d'action politique.Saint-Léonard prouve que la population québécoise peut participer activement à la vie politique lorsqu'elle sent qu'elle peut modifier l\u2019ordre établi.\u2018 Peut-on affirmer qu'il y aura des transformations en profondeur de la société québécoise?Dans le cas qui nous intéresse, signalons tout de suite qu'on ne peut extrapoler quoi que ce sont de ces revendications étudiantes; nous avons en tout cas le mérite de forcer le gouvernement à prendre position sur les politiques linguistiques qu\u2019il devrait avoir au moins depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.Ce pas collectif que nous avons accompli ensemble se révélera vital dans quelques années.Un peuple, qui tout- à-coup réalise que ses minorités étrangères sont arrogantes et utilisées aux fins de quelques personnes qui maintiennent l\u2019ordre établi, devient un peuple mûr pour modifier de fond en comble la société.Pour certains esprits épris d\u2019un humanisme béat, cette volonté de préservation des valeurs culturelles québécoises françaises peut paraître simpliste.Contrairement aux autres cultures internationales, la culture québécoise a toujours souffert d'asphyxie chronique par la concurrence compétitive, mais incapable de rivaliser avec elle parce que trop menacée de l'intérieur.Nous n'avons jamais assis la langue française sur des bases solides et permanentes au Québec et à fortiori au Canada.L'apprentissage que nous faisons à Saint-Léonard, c'est de se comporter en majorité.Il s\u2019agit là d'une amorce de solution.Combien de gens qui ne sont pas indépendantistes admettent au cours de cette crise scolaire que de toute façon il est préférable de former un groupe majoritaire au Québec que de constituer une minorité dans \u201cun beau grand Canada\u201d.Certaines gens nous accuseront de refuser tout compromis.Il faut bien comprendre ceci: l'école Aimé Renaud a été construite avec les de- .niers publics; les québécois d'expression française en ont payé la majeure partie.N'oublions pas que les anglo- saxons ne forment que 2% de la population de Saint- Léonard.Par ailleurs au début l\u2019école avait été accordée aux québécois français de Saint- Léonard.Tenant compte enfin du fait qu\u2019Aimé Renaud dispose du meilleur équipement de la Régionale pour dispenser le cours secondaire, et que la majorité francophone ne doit tout simplement pas être privée de ce qui lui appartient pour permettre à des néo-québécois de faire leurs études dans une langue qui est certes celle des affaires et du monde du travail au Québec (parce que précisément nous avons toujours été trop indulgents collectivement), nous n'exigeons rien d'autre qu'une école française que nous méritons de droit.Il est un autre état de fait qui mérite attention: le peu de pouvoir du ministère de l'Education sur les dirigeants - des commissions scolaires.Tout cela est parfaitement inadmissible.Plus que jamais l'Etat doit contrôler et planifier l'Education.Le ministre Cardinal doit recevoir un rapport sur les structures des commissions scolaires formulant diverses propositions à cet effet.Notre expérience à Saint-Léonard nous a montré qu'il faudrait a l'avenir renforcer d\u2019une part le pouvoir direct du ministère et accroitre la coordination du travail des commissions avec celui du ministère.Comment espérer que le ministère de l'Education élabore une politique réaliste sur le plan linguistique lorsqu'il ne possède aucune autorité immédiate sur les Commissions scolaires régionales! Au-delà de ces problèmes techniques, nous avons senti au cours de cette occupation des locaux d\u2019Aimé Renaud la création d'un nouveau sentiment de solidarité parmi diverses couches sociales québécoises.Tout d'abord, nous avons regu de nombreux témoignages d'appui de divers groupes: RIN, C.S.N., S.S.J.B., Alliance des professeurs de la C.E.C.M., syndicat des professeurs de la Régionale Le Royer, L'U.G.E.Q., plusieurs membres et associations de comtés du M.S.A., l'association des parents polonais, l'association des portuguais, etc.Par ailleurs, il s'est effectué une politisation remarquable de nombreux citoyens de Saint-Léonard.Unis par un intérêt commun, devant une bataille bien précise à gagner, adultes et adolescents, se stimulant mutuellement, ont entrepris un projet remarquable, suscité un pré- cédent encourageant.En dernière analyse, j'estime que les partis politiques indépendantistes se doivent de soutenir ouvertement et concrètement tous les MIS qui pourront se former autour d'un groupe de parents déterminé à prendre leurs problèmes locaux en mains.Tôt ou tard, la population prendra conscience de la nécessité d'une solution politique au problème car il est évident que la même solution s\u2019'impose dans la plupart des conflits scolaires: la nécessité d'instaurer progressivement l'unilinguisme français.À un moment donné, les politiques les plus radicales sur le plan linguistique apparaîtront comme les plus logiques.Aujourd'hui, plus que jamais tous les petits peuples qui aspirent à un haut niveau de développement et de civilisation devront appliquer des politiques qui s'harmoniseront avec le désir d'un peuple qui lui ne trahit jamais sa cause nationale.En fin de compte, je crois que le développement de la technique moderne démasquera les électoratistes pacifistes.Le MIS a imposé sa volonté avec fermeté, appuyé en cela par les citoyens de tout âge de Saint-Léonard.Avec le temps, les politiques révolutionnaires acquièrent un réalisme positif que le peuple recomnaît et appuie.Saint- Léonard en est l'exemple typique à l'heure actuelle.Nous allons gagner parce que nous ne lâcherons pas.Normand le Québécois TÉMOIGNAGE D'UN MANIFESTANT À L\u2019ÉCOLE-AIMÉ RENAUD por: Désire Laliberte LA LEÇON DE ST-LÉONARD Profitant du congé de la fête du travail, avec ma femme je suis allé encourager les pi- queteurs de l\u2019école Aimé Renaud, de Ville St-Léonard.Enfin nous avons vu des Québécois qui se tiennent debout! Des Québécois qui ne souffrent pas de complexe d\u2019infériorité, qui ne sont pas masochistes et qui se conduisent comme s\u2019ils étaient chez eux.Le dérangement en valait la peine.De quel droit les Néo-Qué- bécois viennent-ils réclamer des écoles de langue anglaise au Québec?C\u2019est aussi ridicule que si un groupe de Canadiens français immigraient dans le nord de l'Italie et réclamaient des écoles de langue allemande prétextant qu'ils sont libres de choisir la langue de la minorité autrichienne.Ici, au Québec, cette politique absurde d\u2019une majorité à genoux devant ses minorités c\u2019est la monnaie courante, à cause d\u2019un ministère de l\u2019éducation sans échine et à certaines autorités de commissions scolaires au service des minorités contre l\u2019intérêt de la majorité francophone.Grâce au MIS, St-Léonard est un exception et devient un cas type d\u2019une prise de conscience profonde des Québécois francophones sur le problème scolaire au Québec.St-Léo- nard est la goutte d\u2019eau qui a fait déborder le verre.Des cas semblables se comptent à la pelle.Jamais on ne fut aussi 6 / L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 lucide qu\u2019aujourd\u2019hui.Ailleurs, on construit une polyvalente anglo-catholique à St-Hubert alors qu\u2019ils n\u2019ont que la moitié des élèves pour justifier cette construction.Pendant ce temps à l\u2019école Gérard Filion de Ville Jacques- Cartier les élèves francophones doivent étudier par équipe de jour et de nuit tellement elle est bondée.On gave les autres mais nos enfants en sont les victimes.Plusieurs sont mé- me fiers de leur largesse de vue.\u201cIls sont fous ces Québécois\u201d dirait Obélix! Pas très loin à McMaster- ville, l\u2019école polyvalente anglo- protestante est presque terminée tandis que les écoles polyvalentes de Beloeil et de St- Hilaire ne sont encore que des espérances.A Beloeil on a donné l\u2019école neuve Dominique Savio aux anglophones et les classes spéciales françaises doivent se contenter de l\u2019école Jeannotte, condamnée par le service des incendies.Parlez aux parents de St- Henri dont les enfants vont à des écoles qui sont de véritables taudis alors que les anglophones se prélassent dans la luxueuse école James Lyng.Les anglophones sont bêtes de ne pas réclamer un transport en taxi privé pour les élèves et une crème glacée aux récréations, certains administrateurs scolaires se feraient un devoir de leur accorder, quitte à \u201ccouper\u201d sur le budget francophone.Mais avec St-Léonard cette folie collective est finie.Il faut servir les nôtres d'abord, et cela la population commence à le comprendre.Si j'étais mé- chant j\u2019utiliserais l\u2019expression de Monsieur Trudeau \u201cceux qui ne comprendront pas vont se faire faire mal\u201d.Mais je n\u2019ai heureusement pas cette hargne.St-Léonard prouve d\u2019ailleurs qu\u2019il est possible d\u2019expliquer à tout le monde où est le véritable intérêt de chacun et où se trouve le devoir des autorités scolaires envers la majorité francophone.Le réconfort que j'allais offrir aux gens de St-Léonard, c'est eux qui me l\u2019ont donné.Vive le MIS et je souhaite que chaque ville ou existe un tel problème scolaire voit surgir une section du MIS afin de nous libérer de notre peur, de notre servilité.Désiré Laliberté. ST-LÉONARD Enfin des citoyens responsables ; par Pierre Bourgault Il y a quelques mois je donnais une conférence à l\u2019école Aimé Renaud.Je fus très étonné d\u2019y découvrir un tel sérieux, un tel sens des responsabilités, un tel dynamisme et une telle conscience collective.Comment avait-on pu créer tout cela en si peu de temps?En effet, l\u2019école n'avait ouvert ses portes que quelques mois auparavant.Des jeunes, ballottés d'école en école, de sous- sol en sous-sol depuis des années se retrouvaient ensemble et se découvraient tout-à-coup des responsabilités et des espoirs collectifs.Ils \u201cappartenaient\u201d enfin.Six mois plus tard ils doivent reprendre leur vie d\u2019écoliers nomades.C'est surtout cela qui est: grave dans la crise actuelle de St-Léonard.À peine enracinés, on arrache ces jeunes de leur nouveau milieu pour les éparpiller aux quatre coins de la ville.C'est peut-être parce qu'ils ont été longtemps privés de cet enracinement que les étudiants d\u2019Aimé Renaud ressentent le problème avec plus d'acuité que d'autres.C'est pourquoi ils ont engagé la bataille avec l'énergie que l\u2019on sait.Ce faisant, ils nous apprennent plusieurs choses: 1.Qu'ils sont courageux et qu\u2019ils ne méritent aucunement le mépris que les adultes vouent trop souvent aux jeunes.2.Que, placés dans une situation où ils doivent \u201cparticiper\u201d ils savent prendre toutes les responsabilités avec un sérieux et une efficacité qu'on refuse toujours de leur reconnaitre.3.Qu'il y a possibilité de dialogue entre enfants .et parents quand ceux-ci acceptent d'entendre leurs aspirations, quand surtout ils acceptent de participer aux mêmes batailles, celles qu'ils n'ont pas su ou qu'ils n'ont pas pu faire quand ils étaient plus jeunes.4.Qu'ils ne se laissent plus tromper par les sornettes de nos soi-disant élites et qu'ils savent faire la différence entre les mensonges des conservateurs et la vérité de la situation.Leur bataille est essentielle et considérable.Ceux qui, comme ce vieux réactionnaire de Roger Champoux, s'effraient de la voir s\u2019élargir au-delà de son cadre restreint devraient comprendre qu'elle n'est que l\u2019'amorce d\u2019une détonation qui prendra une ampleur qu'ils n\u2019osent imaginer.St-Léonard, c\u2019est le catalyseur de toutes les frustations québécoises.C\u2019est la fin d'un mythe: celui du lâche \u201crespect\u201d des droits des minorités sans aucun souci des droits de la majorité.C\u2019est aussi la meilleure façon de faire éclater l'immense farce Trudeau qui promet des réserves bilingues à travers tout le Canada pendant que chaque année il nous faut nous battre pour des écoles françaises à Montréal.Nous nous occupons enfin de nos affaires: celles de la majorité francophone du Québec.Après deux cents ans de racisme anglo-saxon nous avons bien le droit de crier \u201cc\u2019est fini\u201d! Qu'on sache d'autre part que le chantage ne nous effraie plus.A ceux qui disent qu\u2019ils garderont leurs enfants à la maison plutôt que de les envoyer à l\u2019école française nous répondons: gardez-les et transmettez-leur votre arrogante ignorance.A ceux qui disent qu'ils partiront du Québec s'ils doivent envoyer leurs enfants à l\u2019école fran- gaise nous disons: partez tout de suite.Débar- rassez-nous de votre racisme puritain.Nous vous paierons le billet jusqu'à la frontière si nécessaire.Le temps des privilèges est révolu.Nous ne vivons plus à genoux.C\u2019est debout que nous vous invitons désormais à constater notre existence.Vive les citoyens de St-Léonard! Leur plus grand mérite est de ne pas trahir leurs enfants.Puis- sions-nous bientôt pouvoir en dire autant de tous les citoyens québécois.tuation de par LES FRANCO-QUEBECOIS JOUENT LEUR EXISTENCE Jean-Marc Léger Ce qui vient de se passer à Saint-Léonard est à la fois tristement révélateur et réconfortant.Tristement révélateur dans la mesure où l\u2019occupation de l\u2019école Aimé-Re- naud par des étudiants francophones dénonce la montée des périls au Québec même et consacre la gravité de la si- la communauté franco-québécoise: réconfortant, parce qu'un sursaut a eu lieu venu de la base, c'est- à-dire du peuple même, parce qu\u2019un refus courageux s'est exprimé dans une action de caractère original, que ce sursaut et ce refus peuvent être le point de départ du redressement.A la condition que d\u2019une part le peuple fran- co-québécois prenne conscience de la menace qui pèse sur lui, que, de l'autre, il sache qu'en définitive il tient son sort entre ses mains, qu'il ne peut vraiment compter que sur lui-même et qu'il dispose de moyens dont il n'a pas encore mesuré l'importance et qu\u2019il n\u2019a point encore su utiliser.Il est temps que les Franco- Québécois se rendent compte de ce qui se passe, que les autorités taisent pudiquement et dont la grande presse d'information, étrangement inconsciente de sa mission, ne les entretient guère, comme si elle s'ingéniait à les distraire des problèmes fondamentaux.De la \u201cterre des hommes\u201d au nouveau stade de baseball en passant par les innombrables grèves, on parle et écrit de tout sauf de la tragédie vers laquelle nous courons allègrement, où nous sommes déjà.Nous voici engagés effectivement dans le processus de \u2018\u201cminorisation\u201d, premier temps du phénomène d'extinction progressive.| ne s'agit même plus d'indépendance, il s'agit de savoir si dans 25 ans - et c'est une échéance optimiste - il y aura encore telle chose qu\u2019un Québec francophone, c'est-à-dire en majorité de langue française.La conjonction de la chute effarante de la natalité chez les Franco-Québécois (où on peut déceler la mélancolie d\u2019un peuple qui n'a plus vrai ment envie de vivre) et de l'adhésion massive des Néo- Québécois à la langue et à l\u2019école anglaises crée un état de choses tel que Montréal va avant dix ans d'ici passer au domaine anglais et qu\u2019avant un quart de siècle le rapport des forces au Québec aura été inversé.Le peuple québécois va-t-il se résigner au suicide?C'est à quoi l\u2019invitent les porte-parole de la minorité encouragés et appuyés par un certain nombre des nôtres, agents d'exécution empressés du colonisateur, qui en auraient remontré à Quisling lui-méme.Pour masquer l'entreprise de noyautage, on la recouvre pudiquement du voile des prétendus \u2018droits des parents\u201d au libre choix de l'école, on invoque le \u201cbilinguisme\u201d du Québec, on impressionne et on intimide par là une grande partie de l'opinion canadien- ne-française: bref, une campagne systématique d'intoxication est en cours pour paralyser toute mesure salvatrice de la part des Franco-Québé- cois car il importe par-dessus tout d'empêcher que ne se produise un redressement pendant qu'il en est encore temps.Dans cinq ans, dans dix ans au plus tard, quoi que fassent des Québécois soudainement réveillés, la partie sera jouée.On comprend mieux alors l\u2019acharnement de la minorité anglophone dans cette affaire car pour la première fois elle sent raisonnablement avoir \u201cvocation à être majoritaire\u201d, cela grâce à la masse des Néo-Québécois et grâce à l'école.D'où l'attitude des journaux anglophones, The Star notamment, qui depuis quelques mois a consacré une bonne dizaine d\u2019éditoriaux aux problèmes scolaires de St-Léonard et qui accorde à ces événements une \u201ccouverture\u201d énorme.Ce qui pour la plupart des nôtres était une affaire définitivement classée, savoir la lutte pour la survivance, redevient -tragiquement d'actualité En fait, jamais dans leur histoire récente les Franco- Québécois n'ont été à ce point en péril: ils vont jouer leur existence au sens propre de l'expression dans les dix à quinze ans qui viennent.Or, dans cette entreprise, ils ne peuvent compter ni sur leurs \u201célites\u201d, ni vraiment sur leurs pouvoirs publics.lls sont solitaires face à leur destin: le salut surgira du peuple même ou ne viendra pas.C\u2019est la grande leçon de St- Léonard: li faut savoir que dans cette sorte de lutte, l\u2019action salvatrice aura l'allure d'une entreprise de salut public.Ce qui importe, c'est la création à l'échelle du Québec (et évidemment surtout dans la région de Montréal) de dix, vingt, cinquante Saint- Léonard par l\u2019action conjuguée, les efforts concertés des étudiants, des enseignants, des parents et de la masse des citoyens.On commence à sentir que des types d'action chez nous inédits doivent être intensément utilisés: occupation de locaux, grèves, boycottages, etc.pacifiques (pour ne pas donner prise à la provocation) mais fermes, résolus, inébran- mais fermes, résolus, inébranlables.En même temps, il m'\u2019apparait essentiel que se constitue un vaste mouvement de défense de l'école française à l'échelle du Québec entier, mouvement rassemblant au-delà des idéologies et des opinions politiques, la masse des Franco- Québécois autour d'un programme dont les objectifs clés seraient: 1e) à compter de la rentrée de 69, inscription automatique des nouveaux élèves, néo- québécois dans les écoles françaises: : 2e) reconversion dans un délai de cinq ans en écoles fran- caises de toutes les institutions anglophones dont les effectifs sont actuellement formés pour moitié ou plus par des Néo-Québécois; 3e) interdiction désormais de la cession d'écoles francophones à des groupes anglophones à moins de l'accord préalable de 75% des francophones de la municipalité concernée et pas avant qu\u2019une école équivalente soit en état de fonctionner pour les francophones; 4e) répartition de la masse des crédits du Québec pour l'éducation en fonction du présent rapport des forces, savoir 4/5e aux francophones et 1/5e aux anglophones.Objectifs modestes mais fondamentaux qui devraient former le premier temps de l'action du salut public.Si nous ne sommes méme pas capables d'imposer cela, autant accepter le destin de musée et de folklore que déjà certains préparent pour nous.L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 / 7 Faites faire de l\u2019argent au RIN Oui, faites faire de l\u2019argent au RIN; contribuez au financement de votre parti! Sur chaque achat que vous ferez à \u201cLa Boutique Le Patrimoine Inc\u201d 10% de cette vente ira au RIN.Quand vous vous rendrez à \u201cLa Boutique Le Patrimoine Inc\u201d dites à M.Maillé ou ses vendeurs que vous êtes membres ou sympathisants du RIN et il se fera un plaisir de remettre 10% du coût de vos achats au RIN.Psst! Psst! Et souvenez-vous, à \u201cLa Boutique Le Patrimoine Inc\u201d c\u2019est pas plus cher qu'\u2019ail- leurs! N, | La Boutique Le Patrimoine nc.273-2523 6990 rue St-Hubert 1705 Est Mont-Royal 524-2666 fl \\ VENTE D'HABITS FAITS SUR MESURES Réguliers $89.00 et $99.50 $105.00 et $110.00 Réduits a $79.00 \u2019 Vaste choix de nouveaux tissus importes dans les worsted tout laine, el] le fameux Tergal de France et autres dans les coloris-mode.\u2014 Passez nous voir, nous avons ce qu'il vous faur! HABITS PRÊTS À PORTER À PARTIR DE $39.50, $59.50, $69.50 $79.50 (2 pantalons) $89.50, $95.00 (2 pantalons) $105.00 dtp Pes, AY tac tif fleur de Lys GRAND SPECIAL! 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AU QUÉBEC: POUR LE MÊME RENDEMENT \u201d : i LES SALAIRES SONT | LE REVENU : PLUS BAS QU'EN ONTARIO ns DES QUEBECOIS EST DE 30% INFERIEUR A Si un rendement supérieur justifie un salaire plus élevé mé-_ me si ce rendement est dû à une plus grande mécanisation, il est cependant intolérable que des salaires inférieurs soient payés pour un plus grand rende- L'Annuaire du Canada 1967 pp.746-747 nous donne un tableau comparatif de la production manufacturière dans les provinces, par type d\u2019industries.Il en découle que généralement les salaires sont meilleurs en Ontario mais que la productivité soit également supérieure a celle du Québec, il y a cependant des exceptions importantes: ; .ment.Ici c\u2019est tout simple- Québ ec Ontario ment de l\u2019exploitation de la i in-d\u2019oeuvre ouvrière québé- CELUI DE L'ONTARIO | 7521 es an] ham sone horaire horaire horaire horaire Les industries de la bonnete- [( rie et du vêtement sont parti- Sonneterle 155 eur: 1-32 ar culièrement importantes au eremen .° ° .\u2018 .Méraurerimaire 242 1907 259 1400 Quebec ett nous seven ue Les fédéralistes nous présentent souvent l\u2019épouventail d'u- C\u2019est d\u2019ailleurs les industries ne baisse du niveau de vie si le Québec devenait indépendant.On avance un chiffre de 10% que tout économiste sérieux et honnête ne pourrait dire vrai ou faux.Rien n\u2019est moins sûr.où l\u2019on paie le plus mal et c\u2019est Ces chiffres sont pour 1964, réf.plus haut \u20ac > chez-nous qu\u2019elles ont les raci- Valeur du produit ouvré à l'usine divisé par les heures de travail.nes les plus profondes.Revenu annuel per capita Fr meee A \u2014 ES moin déve MÊME DANS LES PETITES ENTREPRISES: | Ame | To [Le COLOMBIEN GAGNE 30% DE PLUS QUE LE QUÉBÉCOIS | a \u20ac ° de ,- ° A priori, nous sommes portés a croire ahe plus une entreprise La proportion des petites en- 1961 1383 1843 133.3 1637 118.4 est importante, meilleure est la possibilité de payer de bons salai- treprises étant plus forte en Co- 1962 1454 1932 132.9 1755 100-2 res aux ouvriers.Ainsi on pourrait croire que la ou la concentra- lombie, nous serions tentés de 1963 1509 2031 13 4.6 1869 123.9 tion industrielles est forte, meilleurs sont les salaires.Mais tels croire que les salaires y soit 1964 1614 2134 132.2 1914 Il 8.6 ne sont pas toujours les faits.Par exemple comparons la concen- plus bas qu\u2019au Québec.En fait 1965 1755 2295 130.8 2083 118.7 tration industrielle du Québec avec celle de Colombie.le Colombien a un salaire 30% 1966 1885 2454 130.2 2250 119.4 Distribution en pourcentage des établissements supérieur 2 celui du québécois dans l\u2019industrie manufacturière en 1964.faire une analyse afin de con- Québec et Colombie naitre la raison véritable de Une chose est cependant chent à nous jeter la poudre cette situation, mais il serait sertie, le revenu per capi- x yeux et nous empêcher trop long d\u2019entreprendre cette ta au Québec est 30% infé- de voir la réalité.Aujourd- ; étude ici.Les entreprises du rieur à celui de l'Ontario et ui, à l'intérieur de la Confé- Nombre me 12 2 190 200 20 plus Total Québec sont peutêtre mal de 20% inférieur à celui du dération, notre niveau de vie |d\u2019employés| 15 49 99 199| 499 999 1000 ota équipées, mal gérées ou ex- reste du Canada.est de beaucoup inférieur au ploitent un secteur non renta- reste du Canada.Ca il ne faut ; ble.Il est cependant certain Ceux qui spéculent sur la pas l'oublier, Messieurs Kie- Québer es 250 ol 3 a7 3 3 199-0 qu\u2019une plus petite entreprise possible baisse du niveau de rans, Marchand, Chrétien ele : : : ° ° ° ° ; peut payer de meilleurs salai- vie dans un Québec libre cher- et Associés.res.( J Plus le RIN aura de membres, plus il sera fort et plus l'indépendance de notre patrie sera proche.Si vous avez à coeur l'avenir du Québec, devenez membre du RIN: ensemble nous fe- .00, $12.00 (COUPLE), La FORCE du NOMBRE ~~ TEL LA COTISATION COMPREND L'ABONNEMENT AU \\ OUR rons du Québec un pays qui nous ressemble, un pays libre.Et si vous êtes déjà membre, À des gens qui sont déjà indépen- = dantistes et qui ne sont pas encore membres de notre parti.Faites immédiatement les démarches nécessaires pour les Le recrutement, c'est la force du nom- NOM ADRESSE JE DESIRE DEVENIR MEMBRE.CI-JOINT MA COTISATION AU MONTANT DE $7 $4.00 (ETUDIANT).R I N 8401 rue ST-HUBERT MTL.11 L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 \u2018 9 Aux membres du Rin-Montreal CONVOCATION CONGRES REGIONAL le mercredi 18 septembre à 20h.00 au Buffet Eochon 229 ouest, rue Fleury Montréal Dr Lorenzo P.Favreau OPTOMETRISTE [J 257 est, rue Ste-Catherine [J 6945, Christophe-Colomb, chambre 204 [) 7227, boulevard Pie IX (J Clinique médicale Anjou, 8250 Chatillon JOUR: 288-6703 \u2014 SOIR: 727-4957 MACHINISTES Dorion et frère © manufacturiers et fondeurs © réparations en général @ ouvrages de presse ® production - repoussage du métal.en retilles © développements d'inventions 9945 rue Paris (coin boul.Industriel) A MONTREAL -NORD \u2014 TEL.: 322-0320 \"La Boutique Le Patrimoine me.Apportez-nous votre vieux manteau de fourrure et laissez-nous le transformer en un luxueux manteau de mohair, de laine, de tweed ou de tout autre tissu.Nous avons un choix extraordinaire de tissus de différentes couleurs.C'est de cette façon que nous entendons inaugurer notre nouveau département pour dames.Profitez de cette offre extraordinaire! 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les hommes et $2,005 pour les femmes.Les disparités concernant le salaire moyen découlent naturellement de la catégorie d'emplois dominant dans chaque ville.Asbestos et No- randa bénéficient des bons salaires versés par les compagnies miniéres; a la Tuque, c'est une usine de pâte et papier qui est le plus gros employeur; à Arvida, c\u2019est l\u2019usine d'aluminium.Les salaires les plus bas sont ceux des petites villes dominées par des activités peu rémunératrices: l'industrie textile, l'industrie du bois, le commerce de détail, comme c\u2019est le cas à Victoriaville, St- Hyacinthe, Magog.Les salaires féminins apparaissent uniformément médiocres et les plus élevés de- inférieurs meurent de loin aux salaires masculins: Montréal $2,213, Arvida $2,130, Sept-lles $2,271.La répartition des salaires a l\u2019intérieur des zones métropolitaines de Montréal et Québec met en évidence d'avantage des municipalités occidentales.Beaconsfield possède la plus forte moyenne des salaires masculins avec $8,179, alors qu'à Jacques- Cartier cette moyenne est de $3,154.Il en est de même pour la main d'oeuvre féminine qui touche $2,737 à Mont-Royal, et seulement $1,750 à Jacques-Cartier.Ces contrastes tiennent sans doute au fait que les banlieues ouest de Montréal et Québec possèdent une main- d'oeuvre disposant d\u2019un haut niveau d'instruction et occupant par conséquent des fonctions très rémunératrices dans les secteurs secondaires et tertiaires.LA RÉPARTITION DES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS A l\u2019intérieur de la main-d\u2019oeuvre urbaine, le secteur tertiaire domine largement, avec 64.4% des travailleurs actifs.Ce sont les services (21.3%) et le commerce (15.6%) qui comprennent la masse la plus importante de travailleurs à l\u2019intérieur du secteur tertiaire.Le secteur secondaire compte 29.9% de la main-d'oeuvre, alors que le secteur primaire ne dépasse pas 2.9% dans les villes.La moitié des travailleurs du secteur primaire sont employés dans les mines.Le secteur tertiaire domine largement dans la plupart des villes.Il est plus important dans les villes exercant une fonction de coordination régionale: c\u2019est le cas des grandes villes et des petites capitales régionales.Le secteur secondaire, très peu représenté en Abitibi et en Gaspésie, est surtout important dans les villes petites et moyennes du centre du Québec et de la région du Saguenay.Il dépasse même le secteur tertiaire dans certains cas: Arvida, Granby, Magog, Tracy, etc.La proportion relative du secteur secondaire à l\u2019intérieur des différentes villes du Québec ne doit pas faire oublier la répartition de la main-d\u2019oeuvre manufacturière en chiffres absolus.Ainsi, les municipalités de la région de Montréal, bien que dominées par le secteur tertiaire, n\u2019en comptent pas moins de 40% du nombre total des travailleurs industriels du Québec.Le secteur primaire n\u2019est vraiment bien représenté que dans les Villes minières (Abitibi, Cantons de l'Est) et dans les petites villes de Gaspésie où la péche et le forestage occupent encore une place importante dans l\u2019économie locale.Source: Atlas économique du Québec.L\u2019INSTRUCTION DES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS On ne peut manquer d\u2019être frappé par l\u2019importance de la main-d\u2019oeuvre ne possédant qu\u2019une instruction primaire: 56% pour l\u2019ensemble du Québec en 1961.Le niveau d\u2019instruction le plus faible se retrouve dans les villes moyennes et petites: les villes minières (Thet- ford, Asbestos, Rouyn, Val d\u2019Or); les petites villes industrielles utilisant une main-d\u2019oeuvre bon marché d\u2019origine rurale (Victoriaville, Sorel, Magog, Valleyfield, etc.): l\u2019est et le nord de la banlieue montréa- laise (Jacques-Cartier, Laflèche, Saint-Michel).Dans les grandes villes, au moins 50% de la main-d\u2019oeuvre ont bénéficié d\u2019une instruction secondaire.On rencontre les plus forts pourcentages d\u2019instruction universitaire dans les banlieues ouest de Montréal et de Québec: Mont-Royal (44%), Poin- te-Claire (34%), Westmount (34%), Sainte-Foy (32%) et Sillery (30%).Source: Atlas économique du Québec LOUIS-ROLAND PESANT, Ls.c., ILd.ASSURANCE Feu, vie, vol, responsabilité 4140, boul.Lévesque St-Vincent-de-Paul Tél.: 661-7668 -\u2014 - rt EE EE 4 LE SYNDICALISME AU QUÉBEC UNE LUTTE LONGUE ET PENIBLE POUR LES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS Jusqu\u2019au début du 20e siècle, le syndicalisme se composait d'un grand mouvement ouvrier canadien.Il rayonnait surtout de I'Ontario déja industrialisée.Dés 1827, il existait a Québec une association des travailleurs de la chaussure.Ce fut par la suite le tour des menuisiers, des maçons et des tailleurs de pierre.Indépendants les uns des autres, ces groupements cherchaient à réglementer les salaires et à surveiller l\u2019apprentissage.Il n\u2019était pas question de conventions collectives.Il faut dire qu\u2019à l\u2019époque, l\u2019opinion publique était assez hostile au syndicalisme et que ce dernier ne jouissait d\u2019aucun statut légal, les syndiqués pouvant même être poursuivis en justice pour \u201centrave au commerce\u201d.Marquant du retard dans son développement, l\u2019organisation ouvrière ne pouvait devancer le progrès industriel.Au surplus, l'éloignement géographique coupait les travailleurs québécois des centres nerveux du syndicalisme canadien.De plus, il y avait les barrières linguistiques et culturelles.Aw congrès de fondation de 1\u201d\u201cUnion ouvrière canadienne\u2019, en 1875, aucun délégué des syn- Le ale oh pondre aux aspirations de nos travailleurs.Aussi, les Chevaliers du travail, pourtant d\u2019origine américaine, connurent-ils beaucoup de succes, parce que leur groupement donnait libre cours a un certain idéal de justice sociale.Après hésitation, le clergé et un groupe d\u2019intellectuels appuyèrent le mouve- Le RIN au service des travailleurs de Ayers à Lachute.dicats québécois n\u2019était présent.La situation ne se sera guère améliorée en 1886, quand sera fondé le congrès des métiers et.du travail du Canada.La lenteur du progrès syndical au Québec s'explique aussi par le fait que le syndicalisme d\u2019affaires ne semblait pas ré- TITEL: 521 AVE DE L EGLISEn VERDUN ment et celui-ci subsista au Québec, méme apres sa disparition aux Etats-Unis.Au début du siecle, on comptait au Québec 151 succursales syndicales contre 547 en Ontario.Et voici qu\u2019en 1902, le Congrès des métiers décide de s\u2019aligner sur la politique de la Fédération américaine du travail et d\u2019exclure les Chevaliers du travail ainsi que certains syndicats nationaux, ce qui allait contribuer a isoler le Québec.Sur 22 groupements exclus, 12 étaient de Montréal et 5, de Québec.Mais, vers la même époque apparaissent au Québec les syndicats catholiques, ce qui devait créer l'originalité du mouvement ouvrier qgébécois.En- afin de la rendre \u201cplus conforme à la doctrine sociale de l\u2019E- glise\u201d.Trois syndicats neutres, rattachés jusque-là aux Chevaliers du travail, formaient ainsi le premier noyau du syndicalisme catholique canadien.En 1907, l\u2019abbé Eugène Lapointe fondait la \u201cFédération ouvrière de Chicoutimi\u201d qui cinq ans plus tard, se transforma en syndicat et devint la \u201cFédération nationale de la pulpe et du papier\u201d.Les choses allèrent si bien qu\u2019en 1921, à la fondation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, la C.T.C.C.qui deviendra la C.S.N.: quelque 60 ans plus tard, comptait 26,000 syndiqués.Le mouvement ouvrier d\u2019inspiration américaine continua néanmoins de progresser au Québec.En 1936, les effectifs syndicaux se répartissajent ainsi: - 45,000 syndiqués \u201ccatholiques\u201d - 40,782 adhérents aux \u201cUnions\u201d internationales - 4,258 ouvriers inscrits dans les \u201cunions\u201d canadiennes affiliés ou non au C.M.T.C.) - Les travailleurs relevant de syndicats isolés et indépendants se chiffraient à 8867.La deuxième guerre mondiale favorisa l\u2019expansion du syndicalisme québécois.D\u2019autres facteurs aussi entrèrent en li gne de compte, celui de l\u2019essor industriel par exemple.En 1943, pour sa part, la C.T.C.C.faisait un premier pas dans la voie de la \u201cdéconfes- sionnalisation\u201d.Celle-ci sera proclamée en 1961, mais dans ses statuts, la C.S.N.(Nouvelle désignation) conserve une référence à la doctrine sociale de l\u2019Eglise.Il convient de mentionner Pierre Bourgault chez les grévistes de la Iron Ore.couragés par le clergé et les intellectuels, les travailleurs fondent des \u201cgroupes d\u2019études sociales\u201d et des syndicats de caractère strictement confessionnel.Dans la ville de Québec, en 1902, des syndicats de travailleurs de l\u2019industrie et de la chaussure se soumettent à une .sentence arbitrale du cardinal Bégin, archevêque de Québec, et modifient leur constitution qu\u2019en 1949 la C.T.C.C.avait subi une épreuve de force à l\u2019occasion de la grève des mineurs d\u2019Asbestos et de Thet- ford.Un autre fait marqua l\u2019évolution du mouvement syndical québécois: la fusion, en 1956, de deux grandes centrales syndicales qui entraina au Québec la fusion de deux fédérations provinciales rattachées aux premières.L'INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 / 11 DES FONDS POUR L'ACTION A l'heure où le mensonge et la fausse représentation s\u2019érigent en système, le RIN doit continuer son action; nous devons être plus présent que jamais sur la scène québécoise; nous devons mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour rejoindre la population.UNE ACTION EFFICACE Seul l\u2019usage des moyens modernes de communication de masse nous permettra de tirer le maximum d\u2019avantages possible de notre action: pour attirer les Québécois à nos assemblées, pour les renseigner chez- eux, pour leur faire connaître nos hommes et nos idées._ Nous devons être en mesure d\u2019utiliser les grands moyens de diffusion qui sont à la portée de nos adversaires: les journaux, la radio, le film, la télévision.Ce sont ces moyens qui nous ont toujours manqué, et que nous devons maintenant nous donner.LE NERF DE LA GUERRE Les journaux, la radio, le film, et surtout la télévision, sont des moyens efficaces mais très coûteux.Personne d'autre que nous-mêmes ne nous financera.Tous les membres du RIN doivent faire un effort particulier car, aujourd\u2019hui plus que jamais nous savons que l'argent est le nerf de la guerre.et nous devons gagner! $8,000.00 A DATE En un peu plus d\u2019un mois quelques centaines de membres nous ont remis leurs séries de chèques pour un total de $8,000.Si tous les membres en faisaient autant,.4 - LE CHEF DU RIN PIERRE BOURGAULT| DES FONDS POUR L\u2019ACTION Vous trouverez ci-jointe la somme de $ pour le financement de notre parti.Nom: Tél.Adresse Retournez dès aujourd\u2019hui au RIN 8401 St-Hubert Mtl.11e.TY WYP | ., tous CY 12 / L\u2019INDEPENDANCE DU ler AU 15 SEPTEMBRE 1968 Le RIN a été fondé il y a huit ans, en septembre 1960.Sa fondation a marqué le début d'une réflexion en profondeur sur l'avenir de la nation, et d'une action dynamique pour rendre aux Québécois, en même temps que leur fierté, leur seule patrie, le Québec.Venez célébrer avec nous cet anniversaire, et faire le point sur les grandes questions de l'heure : la victoire de St-Léonard, la contestation étudiante, la grève de la RAQ, etc.VENEZ ENTENDRE : Léopold Gareau Marcel Chaput François Aquin Pierre Bourgault PES A LTR EE GEER TN RE partir du 5 octobre Nath a : 4 adh sant: Ty | N MONTREAL | Tes aant GRANDE ASOEMBLEE PUBLIQUE SAMEDI SOIR 21 SEPTEMBRE À 8:30 Centre Maisonneuve angle Hochelaga et Viau "]
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