Album universel, 19 août 1905, samedi 19 août 1905
[" shoal.wens Sah nae te \u2014 wD.10 AR se cpl fw Avis de l'administration Les abonnements partent du ler ou du 15 de chaque mois.les remises d'argent doivent être faites en mandats-poste, mandate d'express ou chèques à l'ordre de T.Berthiaume & File, Botte postale 758, Montréal.Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.Le Monde Illustré Album Universel Publié toutes les semaines à Montréal par T.BERTHIAUME & FILS, Editeurs - Propriétaires 1961, RUE STE-CATHERINE Telephone, EST 2040 Coin de la tue St-Urbais Prix de la revue Par abonnements: 08.50 par année, $1.85 pour 6 mois, franc de pour tout le Ce- nada, les Etats-Unis, l'Alaska, Cube, le Mexique, les Fes Hawaï et les lies Philippines.Au numéro: 5 cents.Pour les autres pays de l'Union Postale: Abonnements : $3.50 par année, ou 18 francs.Quelques mots à propos de notre revue et des sujets qu'elle traite Note aux abonnés Nos abonnés sont priés de prendre note que nous n\u2019envoyons pas de reçu quand ils nous envoient le montant de leur abonnement.Ce paiement est constaté par l'avis d'expiration qui se trouve imprimé sur la bande de leur journal, à côté de leurs nom et adresse.\u2014æ Un endroit qu\u2019on ne visite guère et pour use, c'est la Grosse-lsle, la station de rantaine établie par le gouvernement l'entrée du Saint-Laurent, contre les ngers de l'importation peu désirée de readies contagieuses.Ceux qui y vont + s'en vantent pas, d'ordinaire, et sont à «+ près tentés de regarder, avec les au- res, cette Île comme une prison, comme n lieu de déportation.C'est une erreur, t il convient de détruire cette fable.Nous -vons À l'une des passagères du \u201cKensing- a\u201d, qui vient de faire un bout de quaran- vine À la Grosse-Isle, une description re- arquablement intéressante de cet en- \u201cit inconnu.Vingt-quatre instantanés, \u201cane grande perfection, plaident en fu- «ur de cette île, que notre charmante cul- «boratrice anonyme appelle un endruit de L'Agiature, pour peu que l\u2019on suche un 4 comment prendre bien les choses.Chant du Cygne, dernier cri d\u2019un génie 1svwval extraordinaire qui, tout enfant en- :+, émerveilla les palais des princes, les irs des rois et des empereurs de l\u2019Luro- \u2026 au XVIIIe siècle, le \u201cRequiem de Mo- irt\u201d, ordonné peut-être, à coup sfr inspi- - par l\u2019Ange de la Mort, laisse dans l\u2019AÂme le l'auditeur tune impression indéfinissa- Je et mystérieuse de l\u2019au-delà.Nos lec vurs, amateurs de bonne musique, nous - viront gré de leur donner le dernier tres- clement de l'âme de ce maître que fut lozart.Qu'ils ouvrent l\u2019Album Universel » cette semaine, ils y trouveront et l\u2019his- rique du Requiem\u201d fameux, et la bio- raphie de l'auteur qui le composu, un +1 déjà dans la tombe.Pour les gentilles aux doigts de fée qui ifectionnent elles-mêmes les toilettes -ut elles se parent, nous illustrons et dé- \u201civona dans l\u2019une de nos pages intérieures «ques nouveaux modèles de blouses ui rent très portées à la prochaine saison.\u2018vus donnons en même temps le moyen « transformer une chemisette de l'an «rnier en un corsage À la dernière mode.N + lectrices bénéficieront grandement de 1 tre de cette page, écrite spécialement ur elles.D'une inspiration heureuse et d\u2019une lé- \u2018eté de touche remarquable, ces \u201c Cru- lis de plage\u201d, qui font le sujet de l\u2019une nas pages intérieures.Nos lecteurs \"es de sens artistique ne manqueront j'ais de goûter le charme de l\u2019\u201cheure mau- v7 au bord des vagues d\u2019argent.Et qui \u20181 si, parmi eux, quelques-uns ne recon- \u201caitront pas le tableau pour en avoir été - heureux figurants, où pour en avoir vutemplé la grâce pénétrante et douce.Les magnifiques fêtes qui ont eu lieu \u2018ernièrement, à l\u2019occasion de la fondation \u201clu paroisse de L'Epiphanie, ont été sui- va avec intérêt, et non sans une profon- ke émotion, par tous ceux qui ont eu le wnheur d'y assister.L'Album Universel, \u2018jours en quête de ce qui peut intéresser \u2018es nombreux lecteurs, leur donne, dans ce tinéro, une description aussi complète que priesible de cen splendides fêtes.De plus, notre correspondant de L'Epi- phanie nous ayant fourni des renseigne ments précis sur l\u2019origine de cette parois- \"de progrès et d'avenir, nous nous faisons tn véritable plaisir de les mettre sous les seux de nos lecteurs, dont le nombre va croissant d\u2019une semaine à l\u2019autre.Les exploits de nos constables athlètes \u201cont bien connus.Mais là où il faut voir D l'oeuvre ces vaillants lutteurs.c\u2019est an lournoi annuel de l\u2019Association athlétique le la police de Montréal.Ceux qui n\u2019ont pu assister au dernier tournoi du 26 juillet pourront se convaincre de tout l\u2019inté- tëL qu\u2019offre un tel spectacle.En voyant Irs superbes photographies qui animent la bb.page consacrée au compte-rendu de cette belle fête, ils pourront, comme les autres, applaudir les prouesses du champion Des- niarteau.Où Montréal trouve sa pierre?Cu n'est pas précisément l'endroit où l\u2019on trouve la pierre, qui fait le sujet de cette belle page Hlustrée avee tant de vie, c'est plutôt lu méthode en usage pour opérer l\u2019extraction de ces blocs de granit, qui servent à la construetion des édifives à Montréal.L'exploitation d\u2019une carrière n\u2019est pas un jeu d'enfant, et il eat vraiment très intéres- asnt de suivre l\u2019ouvrier-carrier dans ses pénibles travaux quotidiens et de faire Dévotion au Précieux-Sang, tant au Cana- dy qu'aux Etats-Unis et en Europe?lisez la page magnifique que vous donne l\u2019AI- bunt Universel dans ce numéro, Vous y trouverez de plus d'intéressants et tou: chants détails sur la mort de la regrettée Soeur Catherine-Aurélie Cuouette, aux prières de luquelle bien des familles doivent plus d\u2019une grâce spirituelle et temporelle.Le plus grand canal du monde, c'est incontestablement celui du Sault Sainte- Marie.Les journaux ont parlé des fêtes du cinquantenaire qui viennent d\u2019y être célébrées.Nous revenons compléter ces Les Nègres aux Etats-Unis nègre lui aussi ES quelques nègres que nous avons au Canada, vus dans un quartier douteux ou à la porte de quelque \"Pullman\" en gare, ne nous donnent nullement l'idée de ce qu'est vénita- blement cette race aux Etats-Unis.\u20ac Des efforts sensibles se font cependant chez nos voisins pour améliorer le niveau intel- leduel de ces êtres que les conventions sociales forcent à dédaigner et à repousser.@ L'effort vient d'un homme énergique Booker Washington, qui s'honore de l'amitié du président Roosevelt.@ Dans notre prochain numéro, nous dirons l'œuvre qu'il a entreprise et que, sans l'injuste guerre de sécession, les Confédérés du Sud auraient mis en pratique bien plus efficacement depuis longtemps.connaissance avec son terrible auxiliaire, la \u201cdynamite\u201d.Si le lecteur observe bien, il trouvera peut-être.disséminés dans la page, quelques éclats de roc que la mine a fait sauter.Avec \u201cEn revenant de Gaspé\u201d, notre collaborateur, M.Galibois, nous mène en pleine Acadie et nous peint un tableau vi- vaut de la vie, que mène aujourd'hui les anciens proscrits, Quel changement, quelle métamorphose! M.Galibois parle de son pays en homme qui le connaît et l'aime.Voulez-vous connaître l\u2019origine de la cumptes-rendus par quelques chiffres curieux, mais de vive actualité au moment même où le Canada cherche à modifier et perfectionner encore plus ce merveilleux lacet de canaux qui fait déjà la gloire de notre pays.Les régates à Saint-Jean d\u2019Iberviilt ont attiré cette année un public nombreux ot élégant.Nos lecteurs n\u2019ont, pour constater cela.qu\u2019à se reporter nux jolies repro- ducuions d- photographies que nous donnons cette semaine.Le détail de ces ~ourses en can: - à deux, quatre ou huit rameurs, y est aussi indiqué en termes con- L'Escadre Anglaise à Québec LUSIEURS navires de guerre détachés de l'escadre anglaise de l'Atlantique sont actuellement dans le port de Québec.G Le prince Louis de Battenberg, de la famille royale d'Angleterre bat pavillon sur le \"Drake\", cuirassé de la flotte.G Québec a préparé aux marins anglais et à son hote royal de jolies fêtes.@ Notre prochain numéro donnera, à cette occasion, une étude très documentée sur la vie des marins anglais, que tous nos lecteurs voudront lire et conserver.@ Le frontispice de notre journal donnera aussi, en quatre couleurs, une reproduction de l'arrivée de l'escadre au port.Cette scène de marine, d'un goût artistique des plus moderne, sera également beaucoup appréciée.Diane des Bois L'effet nouveau et tout de contraste que donne la \u201cDiane des Bois\u201d qui orne notre première page, dit bien avec quelle rapidité nous marchons vers la perfection dans l\u2019art de la gravure typographique.Ce dessin est l\u2019oeuvre d\u2019un des artistes de l\u2019Album, et les plaques qui ont servi à l'impression sortent également de nos ateliers.cis.L'ensemble de cette page rappellera à de nombreux excursionnistes de partout l'heureux souvenir d\u2019une julie fête sportive.S'il est impossible de ne pas vieillir, on peut néanmoins, par des soins constants et intelligents, conserver aux traits de son visage une jeunesse et une fraîcheur plua grandes que si l\u2019on ne prenait nul soin de sa beauté.Nous verrons, dans notre article intitulé: \u2018Quelques préceptes de beauté\u201d, À côté de quelques règles essentielles, l'indication de certains procédés de massage et de modelage basés sur des vérités physiques rationnelles, et qui pourront être utiles à quelyjues-unes, qui, en tout cas, amuseront toutes les femmes.Pour la table.Tel est le titre d\u2019une page où l\u2019une de nos cullaboratrices, experte en les choses culinaires, donne aux ménagères de précieux conseils sur l\u2019art de combiner ses menus de manière à ce qu\u2019ils remplissent les trois conditions si essentielles de succulence, de salubrité et d\u2019éco- uomie.Cette page est À lire par toutes celles qui veulent amener sur la figure du mari et des enfants cette constante belle humeur que donne un estomac bien traité.La question des servantes est à l'ordre du jour; il devient de plus en plus difficile d'en trouver, c\u2019est vrai, mais aussi, nos bonnes deviennent chaque jour plus exigeantes et moins attachées à leur service.De là pour la maîtresse de maison l\u2019obligation de se faire l\u2019initiatrice de sa bonne À cous les travaux du ménage.L'article que nous publions sur ce sujet enseignera À nos lectrices la façon de faire l\u2019éducation ménagère des domestiques, de la manière la plus pratique qui soit.Les réponses aux correspondauts complètent cette intéressante page.Pour rire, cette semaine, nous avons glané les choses les plus comiques des cartons des caricaturistes et écrivains de tous les pays.\u201cRiez et le monde rira avec vous\u201d.C'est un peu de ce dictun et de ce vaccin contagieux de rire fou, mais sain, que nous voulons inoculer aux lecteurs qui liront cette page.À ceux qui ne riront pas en la lisant, nous offrirons une jolie prime.Qu'on se le dise.L'utilité de la théorie en musique est démontrée d\u2019une façon nette par un de nus collaborateurs les plus soucieux de l\u2019exactitude et de la vérité.Professeurs et élèves feront leur profit de l\u2019argumentation solide et raisonnée de cette étude.Notre page de recettes et de procédés de ménage constitue à elle seule tout un traité d'économie domestique indispensable.Nous vous recommandons les conseils de cette semaine.lls forment un chapitre important de ce curieux traité.Ce que dit le docteur, cette semaine, comporte un intérêt considérable en ce moment.ll traite de la viande crue comme alimentation dans les cas de tuberculose et des expériences concluantes faites par des savants.Il indique ensuite le traitement à suivre pour faire disparaître ces inalencontreux \u201cboutons\u201d qui défigurent tant de jolis visages.les réponses aux correspondants complètent cette page.C'est aux habiles, aux patients et aux persévérants que nous nous adressons au- jourd\u2019hui en donnant aux lecteurs de l'AI- bum notre concours de cette semaine.Cependant.si les amateurs veulent prendre la neine de lire attentivement et de suivre point par point les explications données plus loin, ils verront les difficultés disparaître les unes après les autres et faire place À une facilité qui permettra à un en- ant de résoudre aisément le problème, A l'oeuvre done, et bonne chance! .\u2026\u2014 48% Album Universel, 19 août 1903 REx KREUK .Dee PASS 1 VW INT PS Te SES Pèlerine en dentelle de Bruges, de forme très nouvelle, à lougs pans descendant jusqu\u2019aux genoux.Parasol orné de même dentelle posée en volants très froncés.La robe de visite est en crêpe de Chine de nuance claire.Jupe froncée et corsage orné de dentelle de Bruges.0 i _\u2014 At vtt tas SE Pr Catt XXll= ANNEE No 1113 LE MONDE ILLUSTRÉ Montréal, 19 aout 1903 ALBUM UNIVERSEL Québec est en fête! Une oscadre anglaise, sous les ordres de Son Al- .sxe le Prince Louis de Battenburg, est en ce mo- sont l'hôtesse de la vieille capitale du Canada et \u2026s fêtes splendides auxquelles donne lieu déjà ln site du \u201cblue jacket\u201d ont mis en relief la vicille et jours franche hospitalité de lu population qué- vequoise.Pour le quart d'heure le marin anglais est un ros personnage sur plusieurs points du globe.vous l'avons vu à Toulon et à Brest, en France, où .a été reçu à bras ouvert.ll a fait eseude à Alger, n Afrique, aux portes du Maroc, Ie voici en Amérique, où il est un peu chez lui.Demain il sera «ne la Baltique, pour faire peur aux teutons, L'Union Jack vole de mer en mer et il semble que : flotte unglaise ait entrepris de faire une dé- sionstration navale, qui soit en proportion de su aiile.Pour cela elle n'a pus trop de trois océans \u2018heure en offet commande l'attention des deux ntinents sur la puissance et l'efficacité tant van- cvs de la redoutable flotte anglaise.Des évène- cents politiques, dont on ne saurait nier l'impor- \u2014>- > x pen.PEO.À PED.À > PEO.hgh Tew yg \u2014 200 15 > => > a > : PED.bo Dh PED re A +3 EN ; À \\ » ae Sn\u2014 £ NS \u20ac ty + \u2014 ss mr cain > »° RP] | wt Album Universel, 19 août 1905 501 Le Serment du Corsaire (Suite) -Lu \u201c Sirius \u201d ! répéta Mme de Miniuc, tout l\u2019é- jiripage n\u2019est donc pas mort - Dame! fit enfant, il n\u2019en est pas resté beau- up, à vrai dire\u2026 Lu main de Jocelyne se posa sur sun épaule: Le capitaine?demanda-t-elle, oh! réponds-moi, - vapitaine.\u2026 Prisonnier du l\u2019acha, mademoiselle.Le visage de Jucelyne s\u2019éclaira subitement : Prisonnier! Mais il peut revenir alors, ses frè- feront pour lui tous les sucrifices possibles ! \u201cisonnier! pauvre noble coeur! Ensemble, peut-être.murmura Mme de Mi- ac, comprends-tu, Jucelyne, l\u2019ierre et ton père se rouvant dans les mêmes cachots, Mais toif reprit Jocelyne, comment et Par un sabord.Je suis mince, voyez-vous; « fois à l'eau j'ai nagé.Pendant huit jours je :< resté au bord de la mer, lavant ma blessure, mrant de faim, dévoré par la fièvre.puis entré (ler.J'ai cherché le consul.un vrai père pour l\u2018rançais\u2026 Après, ah! dame, je me suis obstiné voir Ja vente des prisonniers.Je ne voulais pas perdre de vue\u2026 le capitaine fut mis dans les chots du Pacha.Galhauban devint prisonnier : les galères.C'était déjà quelque chose de sa- r où les retrouver tous deux.Mais il me fallait 1 Jean-la-Grenade et Poigne-d'Acier\u2026.l\u2019our \u2018re pauvre Yvonnet, le joueur de hauthois, on l'a mené dans la campagne.Ie chirurgien apprend nédeeine À un docteur ture.Oh! j'ai eu de la ee?figurez-vous qu'un marchand de Marseille pris à son bord pour me ramencr en France.voulu revenir à Saint-Malo afin de vous appor- les nouvelles, et aussi pour rendre aux arma- :r- du \u201cSirius\u201d ce que j'ai sauvé de leur navire.Et qu'as-tu sauvé, pauvre enfant?Le pavillon! répondit le mousse.\u201ctira de son sein un lambeau de soie blanche dé de fleurs de lys et le tendit à Mme de Miniac.*efle-ei y colla religicusement ses lèvres.Quant a Joecelyne, elle serra dans ses bras 'he- que enfant.t'est bien, ce que tu as fait là! c'est beau! Galhauban m'avait recommandé de lui faire neur, j'y ai taché.Et tu l'as sauvé, comme le drapeau \u2018 Histoire de chanter un air et de lui jeter une Ils se sont évadés deux ensemble.Je les vivlais à bord.Le capitaine ne savait rien.bien brave homme, le enpitaine Croustillac.- il paraît que les autorités turques lui nuraient * Un mauvais parti, si on avait su qu'il prenait à bord des captifs évadés.Le soir méme, je ea- : Galhauban dans la soute à charbon; le lende- n, il en sortit et se présenta devant Croustillae, r d'escarbilles, maigre de faim, des marques hes sur le dos.U faisait pitié\u2026 Croustillue vondamna à recevoir vingt coups de gureette ir avoir introduit des étrangers sur son nuvire\u2026 Lome les doit encore.Quant a Galhauban et à son uvrade, ils sont à Marseille, aidant au décharire- at du vaisseau.Est-ce que Galhauban ne reviendra pas?de- * etla Ganctte.l'enfant secoua la tête: Il reviendra quand il aura tenu In parole qu'il -* 1 donnée de sauver son capitaine ou de mourir «lu peine.Ah!le brave coeur! dit Ganette, Je le rejoindrai dans huit jours.Je suis re- ven pour voir Mme de Miniae, et lui donner des nouvelles du capitaine.Je remettrai le drapeau du \u201cSirius\u201d, puis après avoir reçu la bénédiction de l'aumônier de l\u2019hospice, et embrassé la mère Ca- vhalot, je retournerai à Marseille.On y est plus près d'Alger, voyez-vous.la malade se souleva et le serra contre sa poitrine, , Que Dieu te protège, mon enfant, dit-elle, tu M'Apportes une dernière espérance! le mousse partagea le frugal repas des deux fem- wes, et fut servi par Ganette, qui interrompait sa besogne tantôt pour l'embrasser, tantôt pour s'es- suver les yeux.Tl dormit dans un cabinet servant de débarras, et © lendemain il alla remettre le drapeau aux armateurs de la frégate.l'es-tu PAR RAOUL DE NAVERY Eu viugt-quatre Leurus, lu mousse devint popu- luire.Louchés de son précoce couruge ot do sun sung-froid, les uéguciants le préseutèreut au couscil de l'Amirauté.Lu rapport fut euvoyé au gouver- ueur du Lrulague, et l'urplelin de l'uôpitul eut sou jour de gloire.Comblé du préseuts, voyaut tomber daus ses peti- les waius des pièces d'ur ct uue montre de prix, il cut un wot sublime qui lui parut le plus simple du monde.-\u2014ÂAvec Lout cet argent, monsieur, demauda-t-il, pourrai-je racheter un matelot du \u201cSirius\u201d 4 \u2014Oui, répoudit l\u2019armateur.\u2014Alors je délivrerai Jean-la-Grenade; je le connais, il tuerait un Lure au moins, et ou lui coupe- ruit la tête.À mou prochain voyage, je rewettrai tout cela a notre Consul, \u2014Mais on te le donnait a toi, pour tui seul.-~Ai-je done besoin d'argent Aurais-je le courage d'eu dépenser quaud les matelots du \u201cSirius\u201d sunt sous le baton des Tures.Le capitaine Cruus- tillac se charge de moi; je suis Breton, je ferai mon chemin.Nul n\u2019insista.Ne fallait-il point permettre & ce jeune coeur de se développer dans la générusité, le dévouement et l'amour ?Il songea ensuite aux commissions de ses camua- rades.La mère Cachalot n'avait point été la dernière à uppreudre les hauts faits de l\u2019orphelin, aussi l'ac- cueillit-elle avec une tendresse vraiment materuelle.1] dut d\u2019abord raconter, devant les marins emplis- saut la graude salle, la bataille soutenue contre six navires turcs par la frégate commandée par la Bar- binais, puis de quelle fuçon il préserva le drapeau; son évasion, son séjour dans le marabout ruiné, son entrée a Alger, sa transformation en jeune Ture au moyen des drogues de la parfumeuse du harem, la bouté du père Vacher, la générosité de Croustillac ; enfin, ce qui parut mille fois plus merveilleux encore, la présence d\u2019esprit, le courage dont il avait donné des preuves en faisant évader les deux forçats.L'enthousiasme des auditeurs devint du délire ; ou but à la santé, à l\u2019avancement, à la fortune de Servan, et on décida qu\u2019à l\u2019avenir on ajouterait à son nom déjà glorieux celui de *Malouin\u201d.Et l'enfant pleurait de joie et d\u2019attendrissement, répétant de sa voix douce : \u2014C\u2019est bien simple! Galhauban m'avait dit de lui faire honneur! Il dit ensuite : \u2014Maintenant, mère Cachalot, ma commission.Poigne-d'Acier vous a confié un bas gonflé par ses économies.Vous comprenez qu'il songe a se racheter avant tout\u2026 La fille du père Lalouette attendra, si elle l\u2019aime\u2026 Il demande sa fortune, afin de payer su rançon, et je la lui remettrai lors de mon retour à Alger.La mère Cachalot ouvrit une grande armoire, et ses habitués purent voir, rangés sur des planches, une collection recommandable de modestes trésors, les uns enfermés dans des boîtes, les autres dans des sacs de toile.ll y avait des pots de grès remplis d'argent, des sabots débordant de gros sous, des pieds de bas! oh! beaucoup de pieds de bas de laine.Tout cela étiqueté, de telle sorte que la mère Cachalot n'eut qu'à étendre la main pour trouver le magot de Poigne-d\u2019Acier.\u2014Voilàl mon enfant, dit-elle, le compte y est.La vieille hôtesse du port est connue.Veux-tu savoir à quel chiffre s'élève la dot que Poigne-d'Acier voulait offrir à la fille de Pierre Lalouctte?Ce sera vite fait.Elle prépara des piles de pièces d'or et d'écus, d'après leur provenance et leur valeur, mais au moment où celle allait additionner le tout, chaque marin qui, sournoisement avait plongé sa main dans sa poche, en retira ce qui s'y trouvait, et le joignit à la fortune de Poigne-d\u2019Acier.Et ils riaient, les Mathurins Salés! ils riaient à se tenir les côtes, tandis que la mère Cachalot s\u2019essuyait les yeux du coin de son tablier.On recommença le caleul, et tous déclarèrent que la rançon serait suffisante: elle atteignait près de deux mille livres.L\u2019armoire se referma, et la mère Cachalot ne mit pas même la clef dans sa poche.Est-ce qu\u2019il se trouvait des voleurs parmi les Mathurins Salés de Saint-Malo?Servan le Malouin alla, deux jours après, dire adieu à Mme de Miniac, à Jocelyne et à Uaneètte.Ce fut dans ce coeur d'enfant qu\u2019elles versèrent leurs suprêmes confidences, et lui, devenu grave subitement, devenu homme au milieu des dangers courus, des luttes subies, des héroïsmes accomplis, jura de s'occuper sans relâche des êtres chers que pleuraient Mme et Mlle de Miniac.le lendemain, il reprit la route de Marseille, où Croustillac l\u2019attendait.Hélas! les nouvelles apportées par l\u2019enfant, si elles apprenaient à Jocelyne que son fiancé vivait encore, lui révélaient aussi l\u2019excès de sa misère.le docteur Minine vivait-il encore?Dans tous les cas, Pierre de la Barbinais demeurait impuissant à le secourir.Certes, ni ses frères ni les négociants dont tant de fois il avait protégé les navires ne reculeraient devant aucun sacrifice pour racheter sa liberté; mais un pressentiment secret, obstiné, disait à la malade qu\u2019elle ne reverrait jumais son mari, et que Jocelyne devait renoncer à son rêve.Ce fut pour elle le coup de grâce.Elle languit, plus pâle, plus affaiblie, plurant sur sa fille et ne gardant pas la force de vivre.Une nuit elle attira Jorelyr tout près de son coour\u2026 Le souffle passait à neiue ses lèvres, ses yeux s\u2019emplissaient de la vision de l\u2019infini, elle murmura : \u2014Le devoir, c\u2019est d\u2019aller là-bas.Sauve ton pére.Dieu t'aidera.Elle retomba, immobile, ses traits prirent ln rigidité de la mort.Jocelyne restait seule au monde.Ton pére.XIV LA COTE BARBARESQUE La douleur de Jocelyne eut dépassé ses furces, si la volonté suprême de sa mère ne lui eût imposé ui dévouement qui la sauva du désespoir.Cependant quand elle exposa ses projets au docteur Gallois, celui-ci s'effraya des dangers qu'elle allait courir.\u2014\u2014Vous n'avez pas réfléchi, lui dit-il, avant d- prononcer le serment qui vous lie.Que ferez-vous à Alger?Vous y courrez des périls sans nombre, ét peut-être vous serez-vous inutilement sacrifiée.Certes, mon enfant, je loue fort l'amour filial, votre volonté de tout tenter pour arracher votre père aux cachots du Pacha est héroïque, mais rien ne prouve, hélas! que M.de Miniac vive encore.Des années se sont écoulées depuis sa captivité, sans que jamans vous en ayez reçu de nouvelles.Les erchots sont profonds, là-bas, et nul n'entend les plaintes des malheureux qu\u2019ils renferment \u2026 Que scuhaitait votre mère?la liberté de son mari.Remettez tout ce que vous possédez entre les mains d'un Père de la Merci, et vous êtes certaine qu'un wiracle de charité et de dévouement s'accompliru.\u2014Ma mère m'a dit: pars, cherche, sauve ton père.J'ai juré.juré à une créature expirante, une creature que j'adorais.\u2014On peut vous relever de cette promesse.\u2014Dieu qui reçoit les serments en a seul le droit.\u2014Et vous partez seule, ma fille?\u2014Ganette m'accompagne.\u2014Deux enfants! murmura le vieillard.\u2014Les anges nous garderont, ajouta la jeune fille.Comprenant que la volonté de Jocelyne serait ir:muable, Gallois qui, au fond du coeur, approuvait tous lvs sacrifices, et croyait aux miracles de l'héroïsme, ne s'occupa plus qu'à faciliter le voyage de Mlle de Minine.I lui donna de chaleureuses recommandations pour le Consul, des lettres adressées par des armateurs de Saint-Malo à de riches négociants d'Alger puis il la remit entre les mains de Dieu.Les deux jeunes filles devaient s'embarquer sur un navire dont on achevait le chargement.Elles attendirent une semaine encore, et chaque jour toutes deux se rendirent à l'endroit où reposait Mme de Miniac.Enfin elles n\u2019eurent plus à compter que les heures.La maison de bois conservait un aspect lugubre.la grande alcôve dans laquelle se trouvait le lit de la morte avait l'air d'un tombeau.Tout se ressentit des projets de départ dans cette demeure où tant de larmes avaient coulé, où de coeurs ardents étnient montés vers Dieu des invocations si ferventes.le bagage des deux jeunes filles tenait 502 dana un coffre de buis.Quant à la somme amassée pour la rançon de son père, Jocelyne l'avait cousue dans un petit sac de peau qu'elle portait à va ceinture, Le prix de son passage débattu et réglé par le docteur ne diminua point les ressources de l'orpheline, Au moment où elle allait entrer dans le bateau qui ln devait conduire au \u201cNautile\u201d, Jean et Louis de la Barbinais s'inclindrent devant dle \u2014Mademoiselle, dit Louis, répêtez à mon frère que notre fortuus lui appartient.\u2014Je le dirai, fit la jeune fille.Mais le regard dont elle cuveloppa les deux fro res trahissait un sceret reproche; ce qu'elle allui: tcuter pour sauver sun père, elle, une enfant! Eux des hommes! ne pouvaient-ils le risquer?Ganette sauta la première dans le bateau, Tons de la Barbinais présenta la main a la jeune fille, elle s'assit sur un banc, les marins levèrent les rames, et un moment après elle se trouvait à bord du *Nautile\u201d.Debout sur le pont elle regarda s'éloigner puis disparaître la ville ceinte de murailles de granit.les clochers des églises «t des couvents, puis lu bande noire indiquant la terre.Quand vint le soir elle ne distinguait plus rien que l'azur assumbri du ciel troué d'étoiles, et la teinte verte de la mer que les vagues semaient d'écume argentée, Alors appuyée sur le bordage, songcant qu'elle abandonnait la tembe fraîchement fermée de sa mère pour aller aux cachots du Pacha demander si son père vivait encore, comprenant pour la première fois et les difficultés de sa tâche, et sa faiblesse, le front penché sur ses brus elle pleura.La nuit était belle, une nuit d'été rafraichie par la brise: Jocelyne indifférente à ce qui se passait autour d'elle, n'entendit ni les bruits de manoeuvre, ni le craquements des voiles gonflées, ni la voix d'un mousse répétant un refrain du pays.Elle cédait à une faiblesse envahissante qui saisit les plus forts, mais dont ils su relèvent pour courir à laccomplissement de leur täche.(tanette s'endormit à ses pieds.Les matelots de quart en voyant ces enfants si bulles, si frêles, ne purent s'empêcher de se sentir (mus.Quelques mots échangés avec les habitués de la veuve Cachalot les avaient mis au courant de lo résolution héroïque de Jucelyne et de son humble amie, et Verdurau, le contremaître, dit aux camarades : \u2014Pour ces petites saintes-là, on se jetterait au feu, n'est-ce past \u2014-Au feu comme à l'eau, répondit Bourjaron au mutelot, le capitaine du \u201cNautile\u201d était un jeune homme, ayant pour la première fois un commandement.Brave, bardi, il savait que le danger l'entourerait bientôt de toutes parts, aussi, autant que le permettait la taille de son navire, s'était-il muni de provisions de guerre.Ni la poudre ni les muusquets ne manquaient dans les flancs du \u201cNautile\u201d, navire bien équipé, bon marcheur, courant lestement sous la toile; les miarins qui le montaient avaient tous fournis des preuves de courage, et il ser.blait à Adrien Lavaur que la présence de Mlle de Miniae fut pour lui une protection.De même qu'on place une barque sous une invocation sainte, il croyait que le dévouement de Jocelyne était pour le \u201cNautile\u201d une bénédiction et une préservation.La jeune fille qui se sentait étouffer dans son étroite cabine, passait presque toutes ses journées sur le pont.Il lui semblait qu\u2019en suivant des yeux le siliage du navire, elle en activait In marche.Du reste il filait sur 'a mer comme une flèche Joneée d'une main sûre, et tout présagenit vue rapide «t heureuse traversé\u201d.Lorsque le déchirement produit par l'abandon de la patrie se fut apaisé dans le coeur de Jocelyne, elle ne songea plus qu'au devoir sacré devenu le but de su vie.Con:ment parviendrait-elle à descendre dans les cacuuts où le Pacha d'Alger enfermait ses prisonniers, la pauvre enfant l'ignorait.Quant à Ganette, assise aux pieds de Jocelyne elle écoutait celle-ci parler tour à tour du docteur Miniac et de Pierre de la Barbinais.\u2014Mademoiselle, lui demanda un jour Gunette.comment se fait-il que les frères de votre fiancé ne soient point tout de suite partis pour Alger afin de délivrer le capitaine du \u201cSirius\u201d?Une ombre descendit sur le beau visage de Jocelyne.Elle aussi, s'étonnait de voir que les frères de Pierre semblaient l\u2019abandonner dans le malheur.Mais elle ne voulait point paraître les accuser, et posant sa main eur l'épaule de Ganette, elle répondit : \u2014La joie de sa délivrance m'est réservée.À bord du navire, du capitaine au dernier petit mousse, chacun témoignait à la jeune fille un res- peut et un dévouement dont elle demeurnit profondément tuucliés.Chacun s'ingéuiait à lui prouver qu'elle ne coup- tait sur le \"Nautile\u2019 que des admirateurs et deu amis.Oui, vraiment la traversée était belle ot facile.Bon vent et belle mer! La gaieté pétillait dans les yeux due matelots, et la chanson montait à leur: lèvres.Les voiles qu'on eutrevoyait au luintain étaient dev voiles amies.l\u2019uint de traces de corsaires, «t «» approchait du but.Cependant à l'aube d'une splendide journée, lhomme d.
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