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Titre :
Album universel
Succédant au Monde illustré (1884-1902), L'Album universel offre des textes variés, abondamment illustrés de gravures et de photographies.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de photogravure de Montréal,1902-1907
Contenu spécifique :
mardi 17 avril 1906
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec)
  • Successeur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec : 1907)
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Références

Album universel, 1906-04-17, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 17 avril 1608 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 1641 .abonnements partent du ler ou du Album Universel Par abonnements: 42.50 par année, 81.25 I.ie che ole.| ut Mate poste argent Publié toutes les semaines A Montréal, par Pos Kenta Unie TA Dla Coa, 1e v d'express ou chèques à l\u2019ordre de E.E.MACKAY, Editeur-Propriétaire.Dinu les Iles Hawaï et les lls Philip- y \u2018ay, Boîte postale 758, Montréal.G.A.NANTEL, Directeur de la Rédaction.Au numéro: 5 cents.manuscrits non insérés ne sont pus Pour les autres pays de l'Union Postale: \u2018Œî \" p 1%1, RUE STE-CATHERINE Abonnements : 50 par année, ou 18 + \u2018Téléphone EST 4415 Coin de la rue 8t-Urbain france.deg\u201d ailes ae \u2014\u2014 LES INVENTAIRES DES EGLISES DANS LES BASSES-PYRENEES, LE CANADA PITTORESQUE : Vue de la cataracte du Niagara, février 1906, D>ANCE : Un gendarme mettant les menottes au marquis d\u2019Arcan- prise du côté canadien, pendant les grands froids de l'hiver.gues, maire d\u2019Arcangues.LE CANADA PITTORESQUE : Bûcherons canadiens, équarissant l\u2019un des géants de nos forêts. ps es\u2014\u2014\u2014\u2014- er SRE 1869 Sommaire du N° 1147, du 17 avril 1906 Planche hors texte -\u2014 Une amie de Belgique \u2014 Bi- blivgraphie \u2014 Son Excellence Mgr Donato Sbarretti \u2014 Chronique \u2014 Echos de la semaine \u2014- Croisade de lu Tempérance, texte publié sous les auspices de Sa Grandeur Mgr l'archevêque de Montréal \u2014 Monographie de Sainte- Anne de Bellevue \u2014 La prédication du Caréme par Jean Canadien \u2014 Le parler canadien, par Lionel Montal \u2014 A travers la mode \u2014 l.a fabrication du sucre d\u2019érable au Canada \u2014 Le paradis des sportsmen \u2014 Feuilletons: Sans famille; La guerre noire \u2014 Musique: Valse triomphale, par T.Wittmann; Marche d'Ido- menée, par Mozart \u2014 Deux pages humoristiques \u2014 Nouvelle: L'Algue, par E.Laut \u2014 Poésie: Le manoir héréditaire, par Irma de Charny \u2014 Le mois d'avril, par le chanoine d\u2019Agrigenta -\u2014 Nouvelle: Tante Yola \u2014 Causerie médicale \u2014Géographie du jeune âge \u2014 Courrier de Co- lutte, ete, ete.UNE AMIE DE BELGIQUE le Canada s'est fait, ces années dernières, beaucoup d'amis en France et en Belgique, mais il n'en compte pas de plus sincère et de mieux renseigné sur notre pays que Mademoiselle Hélène de Harven, de Verviers, Belgique.\u201cLa Vie Heureuse \u201d de Paris, nous représente Mlle de Harven comme l'un des caractères les plus séduisants ct les plus singuliers, parmi les femmes explorateurs.* Elle desceud d'une famille de vieille noblesse du pays de Mons, et elle a grandi dans le château d'Hoboken, près d'Anvers.Là elle jouait à s'enfoncer dans le pare et à y figurer les aventures de Robinson.Mais les Beaux-Arts étaient en même temps une passion de sa vie; elle travailla avec LE.Claus et Mlle Bernard, sa cousine.De sorte que, quand, en 1891, elle accompagna au Canada une de ses parentes dont le mari était consul général de Belgique, elle passa deux années à voyager et à peindre, emportant son chevalet parmi les Indiens, ct vivant en artiste la vie des bois, En 1399, elle retourna au Canada, puis au Japon et de là en Chine.Revenue en Europe, elle a écrit des récits de voyage et des nouvelles; mais son esprit n'est pas moins ouvert aux observations des sciences, et elle a signalé des phénomènes éleectri- ques qu'elle a observés au Canada.Tels sont, con- Mile de Iurven à longtemps vécu dans les régions les plus sauvages du Canada.On la Voit ici descendre un rapido dans un canot d'écorce, ginportee.selon sa propre cxpres- \u201cion, comme une brindille dans l'eau roulante.tinue le magazine français, les exemples de l\u2019intrépidité des femmes.On voit qu'elles ne le cèdent guère aux hommes, en bravoure et en ténacité; on le savait déjà; elles le montrent en Chine, au Canada et au l\u2019ara, comme au chevet d\u2019un malade et près du berceau d\u2019un enfant.Mlle de ITarven n'est pas seulement une intrépide voyageuse, mais clle allie l'art au voyage, elle a su peindre et écrire tout en faisant le tour du monde.M est peu d'artistes qui aient consacré autant de leurs travaux à disséminer ia connaissance de notre pays pur la plume et le pinceau.Elle a fait, en France et en Belgique, une quinzaine de conférences sur le Canada, devant los Sociétés de géographie de Bruxelles, d\u2019Anvers et de ALBUM UNIVERSEL (Moude lllustré) No 1147 Paris, devant l\u2019Alliance française, ete.Une treu- taine de paysages peints à l\u2019huile d\u2019après nature au Canada, exposés à Auvors on 1902 et à Liège eu 1905, obtinrent en cette ville une médaille d\u2019argont.Et l\u2019on trouve, sortis de sa plume abondante et châtiée, nombre de récits publiés dans \u201c Le Tour du Monde \u201d \u2014 librairie Hachette \u2014 et en diverses autres revues, .Nous avions la bonne fortune d'assister avec plusieurs de nos compatriotes, à sa conférence sur le Canada, à la séance de l\u2019Alliance française, l\u2019automne dernier.C\u2019était quelque temps après l\u2019étude funtaisiste, quoique partant de bonnes intentions, dit-on, et d'un naturel compatissant de M, Couchoud.Qu\u2019allait dire sur notre compte l\u2019aimable conférencière ?Ce n\u2019est pas sans un certain sentiment Meile HELÈNE DE HARVEN Artiste-peintre et femme dc lettres, d'Anvers (Belgique) d'appréhension que nous nous posious cette question.Notre pays est aimé des voyageurs qui le connaissent ! Mais il est si vaste, on y voyage si rapidement ! Les villes seules sont étudiées, et encore avec quelle vitesse d'observation.Examine-t-on à fond les classes populaires qui sont la caractéristique du Canada français Ÿ Ne juge-t-on pas de nous par des traits isolés qui ne donnent que certains aspects plus ou moins superficiels de notre physionomie nationale ?Je veux bien admettre de la sympathie, de l\u2019indulgence chez les écrivains français consciencieux et que n'aveugle pas la haine, la rage du sectarisme contre tout ce qui est religieux ; je reste méme d'accord avec ces juges implacables que nous péchons par bien des côtés contre le raffinement des belles manières et le snobisme des ineffables de Paris.Mais ourquoi vouloir trouver chez nous ce que l\u2019on chercherait en vain dans les vieilles provinces de France, sous le rapport des beaux arts, des élégances de toilette et de la correction du parler.Que si nos zoïles veulent bien descendre dans nos campagnes éloignées du Yankee et restées bien franco-canadiennes, ils en rabattront de leur rigueur excessive et découvriront volontiers qu'il nous reste assez du coeur et de l'esprit français pour ne pas les faire rougir de leurs miséreux petits frères d\u2019outre-mer perdus au milieu d\u2019une race dominante et supérieure | Mais nous fûmes vite rassurés par les premières paroles de Mlle de Harven: elle avait vécu des années au Canada, de la vie des Canadiens, qu\u2019elle nous décrivait avec les beautés de notre pays mieux que n'importe lequel d\u2019entre nous n\u2019eût pu le faire.Elle n\u2019était pas allée à la découverte \u201c de cathédrales, soeurs de celles d\u2019Amiens et de Reims \"et elle s\u2019était modestement contentée d\u2019y décrire, non ce qu\u2019elle s\u2019était mis dans la tête avant de laisser le vieux continent, mais ce qu\u2019elle avait vu chez nous.Et elle le fit dans un langage de vérité affectueuse et de coloris éclatant, digne d\u2019un pays merveilleux comme le nôtre; elle enleva bien vite tous les suffrages des auditeurs.Les Canadiens-français se revirent, pendant une couple de quarts d'heure, bien chez eux, au bord du Saint-Laurent, près de leurs lacs cristallins et de leurs montagnes verdoyantes, promenés dans leurs immenses prairies de l\u2019Ouest, canotant leurs chutes bouillonnantes, ou vivant au sein de leurs paisibles villages, dans les séjours du bonheur et de la tendresse familiale que réchauffent les foyers canadiens.Je regrette que le manque d\u2019espace ne me permette de reproduire que de courts extraits de cette conférence dont tous nous avons conservé en même temps qu\u2019un précieux souvenir, une reconnaissance ineffaçable à Mlle de Harven.Montréal, 17 avr\u2018; 1904 Après avoir décrit le grandiose Panoran.Montagues Rocheuses, la conférencière en À la Province de Québec.Cuntentous-nous de oe coup d'ceil & vol disc, versant du l\u2019acifique et retournons, si vous |.hr le bien, duns Ist, ches les Frauco - Canadiens, | \u201cI semblent spécialement intéressants, ces hommes holy lent notre us et nous tiennent de très pri.a sang.Français de l\u2019ancien fogiume, ils ont gard: ee le de là mère-patrie, suns toutefois se plaindre de .oy lation unglaise sous laquelle ils vivent, abaolu 5° bres.La divergence de langue et de rel fon on li fusion des deux races, mais une entente des plu le les règne eutre tous, et le tempérament frag, oe sé entièrement son empreiute en ces colons d'u.po étrangère.\u201care Nullement ambitieux, assez insouciants, fonc.sent honnêtes, très croyants, hospitaliers jusqu\u2019à ni.> vie au service de leur hôte, les Franco-Ugnadi.on extrémement sympathiques; leur rusticité n\u2019est exempte de dignité.Grands, aveltes et robustes, «| .à feutres mous, bottés jusqu'aux genoux, ils ont b- tance.Les femmes, aux yeux noirs, doux et F oe sont gracieuses et avenantes\u2026 le goût françai- om.br6 dans les neiges: elles n'ont pas plus le went.| de la ligne que (harmonie des couleurs, Leur domaine, la province de Québec, la - te.France, comme on l'appelle encore, est l\u2019un des © pit toresques du Nouveau-Monde.Je voudrais pous - animer & vos yeux la physionomie de Québec! «jj, possède d\u2019illustres et vieux souvenirs.Elle s «yy supplanter en importance par ses cadettes, awa, Montréal, Halifax, mais seule au sein de la frust.Arné- rique, elle à une histoire dont elle garde le cul: Les premiers en 1535, Jacques Cartier et ses - arins bretous débarquèrent sur son territoire.Fond par Champlain, un bon demi-sidcle plus tard, assaill.tour À tour par des flottes bostonniennes, hollandaises «t anglaises, disputée sans relâche, elle fut le théätv d'une des épopées les plus dramatiques des temps nicl rnes, Impassible aujourd\u2019hui, elle semble s\u2019endormir dar: l\u2019auréole de ses souvenirs! Postée en avant-garde au confluent de la rivière Saint-Charles et du Saint-Luurent, du haut de son roc altier elle étincelle la nuit en sa ceinture de lumière électrique, elle domine les eaux, cvpen- dant que la triple chaîne des Laurentides déplois autour d'elle ses ondulations bleuâtres, en se réverbéraut dans le fleuve.Ses rues gerpentines, ses maisons gri-cs rappelant les maisons bretonnes, les donjons, les hauts remparts de sa citadelle,sa situation vraiment merveilleuse lui conservent je ne sais quel cachet de romuntis- me et quel décor de féerie que la splendeur sauve des Laurentides pare d\u2019une poésie étrange.Voici la conclusion de la conférence : Quoi qu\u2019il en soit, cette surabondance de vie se manifeste autant ici dans l\u2019humus lourd du aol, que dans la faune à la riche fourrure, que dans la force et l'endurance des habitants.Elle annonce une terre intacte.inépuisée, féconde; l\u2019impérieux besoin d'indépendanuv, la soif de liberté qui sommeillent en tout coeur humain trouvent peut-être à s\u2019assouvir lorsqu\u2019ils se reportent vers les vastes horizons inexplorés du Nouveau-Monde : les êtres sains et forts, \u2014 et les Belges le sont - - subissent profondément le prestige des terres vierges.\u2018l'ous ceux qu'intéressent les destinées de la Patrie, tous ceux qui soupèsent l'énorme réserve d\u2019éne-gies et d'au\u2018 ivités accumulées en notre vaillant petit peuple, voien: dans l\u2019émigration un courant régénéraceur.Je n\u2019aura\u2019 gar de de toucher à des questions économiques hors \u2018.ma compétence; mais comme Belge, je me sens entr ed a AE | A \u201c .; Mile de Harven portail son canot d'écorce sur lesypa: ; aussi de por attirail de peintre.Et de ces voy: chargée 9 dont un faillit être mortel, elle à rapporté une colle: de tableaux qui ont été exposés à Bruxelles.signaler à mes compatriotes une contrée où la : at.exceptionnellement intense, semble s\u2019épanouir dau ba tente du travail.Le climat y est trés salubre aie ses rigueurs; la ulation accueillante, conforme nôtre ar la langue et par la religion Notre Sous rain nous fit trouver la mesure de ce que nous poto comme colonisateurs ; après l'Afrique équatorinic nt déjà nous règnons les grandes forêts du nord al ver le regard et provoquent l\u2019envie bien légitime d'y # chercher de nouveaux trésors.On conviendra qu\u2019il est difficile de parler mieux de notre pays et do l\u2019aimer davantage. Montréal, 17 avril 1006 [ CHRONIQUE [= Ce gout les colonies en géné- En Angleterre ral ot le Canada en partiou- \u201cui ont, cette semaine, fait causer les orateurs © is.Les discoure de lord Ourzon et de lord | \u2018vwne ont créé une véritable sensation.\u2026\u2026 faisons nôtres les remarques si judicieuses + Presse\u201d sur le langage de notre ancien gou- + qui, en cette circonstance, a fait plus pour r des esprits canadiens sur les dispositions niques À notre endroit que ne pourraient faire - articles de journaux anglais ou canadiens.qu\u2019il s\u2019agit d'un intérêt matériel qui en vaut « le Canada n'est plus aux yeux de la métro- ju'un pays étranger tout conune n\u2019importe atre pays et on le traite en conséquence.< aurions bien tort en vérité de nous gêner 'issant nos tarifs, car que ce soit par une bar Houunière ou autrement que les produits ca- - sont exclus du marché anglais le résultat meme.me lord Lansdowne a rempli les fonctions de neur Général en Canada, dit \u201c La Presse\u201d, il de- uicux connaître notre pays qu'aucun homme pu- dé à lu politique anglaise.Il 6tait question, ces derniers, à la Chambre des Lords, de l\u2019embargo sur (il canadien, Nul d'ici ne s'attend à en voir la -sion.C\u2019est là une question de protection et rien chose.- quelles étonnantes paroles dans la bouche de I.Lansdowne, quand il dit : \u201cJe suis certain que si » lécidons de maintenir l\u2019embargo, tout Canadien 1.unable et de bon sens concèdera que nous avons le di «le traiter la question comme NOUS LE JUGKONSs ter ENABLE, car, il ne s\u2019agit que d'une affuire dome que qui nous concerne ?\u201d | as! Nous en demandons pardon à un ancien Gou- © ur estimé; mais, ce n'est pas le cas.La dénoncia- n.- cfficielle du bétail canadien par la Grande-Bretagne n pas une affaire domestique, et la Mère-Patrie ne la 12e pas d'une MANIERE CONVENABLE, Aucun An- zh d'Angleterre ne parle en famille lorsqu'il jette un div + dit pubne, à la face de toute l\u2019Europe, sur l\u2019état sat taire de nos animaux.Id Lansdowne est un homme sineére et honorable; mais il est trompé par des rapports, nous ne disons pas taux, Mais fourbes, d\u2019officiels anglais, lorsque ces mes- sieur - persistent, contre les notions du bon sens et de la cité, à représenter le bétail canadien comme atteint de nmladie, Pas un de ces experts n\u2019y croit dans le Haut de su conscience, puisqu'il n\u2019est nas capable de ci- «1 n seul cas d'infection.x x% + 1 rd Curzon qui vient de terminer une brillante ; .ninistration vice-royale aux Indes, a prononcé un.scours au Pilgrim's Club, qui ne manquera pas dir du retentissement.Si l'attitude de lord [- -lowne est plutôt propre à mécontenter la 2e colonie canadienne, les paroles de l\u2019ex-vice- rut de nature à éclairer l'opinion anglaise et à comprendre les devoirs de la métropole si elle te a l'unité ou même au maintien de l'Empire.Ce nent de se passer au Natal était là tout frais : a mémoire et il ne manqua pas de le rappe- ur critiquer la conduite du cabinet.Sce pa- vitlent la peine d\u2019être méditées : - snerifions jamais, a-t-il dit, les intérêts des -< AUX intérêts purement britanniques, ne nposons pus une politique qui ne leur con- bas pour la raison seule qu'elle convient à la ve, Ce que signifie l'Empire n'est pas l'im- av des désirs égoïstes de la métropole mais la uition harmonieuse du tout, Si les Anglais nt une grande colcuie comme le Natal, des itees ne s'arréteraient pas A cela mais ils ut qu'avant longtemps ils perdraient l\u2019Em- \u201cme - Curzon termina sa harangue en conseillant \u2018nes vigoureux à Ja métropole d'envoyer sce rs hommes aux colonies de la Couronne.\u201c+ rd Lansdowne et lord Curzon ont exprimé «< qui ont produit une profonde sensation mende politique anglais, le président du te Canadien, au même dîner du Club des < offert à l\u2019ancien vice-roi, a prononcé un ~ important où vibrait par-dessus tout la Juadienne, rateurs précédente n\u2019avaient guêre parlé que rd anglo-américain et de la puissance qu'il ! pour la paix ou la guerre, dans l\u2019industrie anmwree, sur le monde entier, Sir Thomas qu'il y avait bien une moitié de l\u2019Amérique \"«l.appelée Canada, et que ce qui était na- ¢ 1 vague territoire sur les bords des Etats- tait devenu une grande et puissante nation.Y.péene n\u2019ont pas tout vu quand il ont visité \u2018vsitione de Philadelphie et de Chicago, et | les Américains ont si bien reconnu la valeur | essources qu'ile émigrent en grand nombre su \u2018nada.de ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 114?Sir Thomas n\u2019a pas manqué de rendre hommage à la loyauté et à l\u2019attachement des Franco-canu- dicns aux institutions britanniques.Critiquant l\u2019administration de l\u2019Intercolonial, air Thomas a établi un éloquent contraste entre les résultats de l\u2019initiative privée placée à la tête dee grandes entreprises et ceux qu\u2019obtient Ja nationalisation des chemins de fer.\u201cLe Canada, a-t-il dit, en confiant le C.P.R.à une compagnie privée, a mis toute la population de Ket à la porte même des vastes plaines de l'Ouest et cette ligne de conduite doit être suivie pour le Grand Trone Pacifique et les autres entreprises du Nord Canadien\u201d.Cette semaine, comme on peut le voir, u été la semaine des discours de haute signification pour la politique britannique et pour les intérêts canadiens.Il convenait done que nous en fassions le sujet de cette chronique.Contrairement à ce qu'on avait annoncé, le concile national des évé- ques français se tiendra, non pas le 21 avril, mais beaucoup plus tard.Le Vatican a décidé en effet, d\u2019ajourner sa convocation jusqu'après les élections.Ce n\u2019est donc qu\u2019après les élections que Je pape fera connaître ses décisions définitives au sujet de la loi do séparation, La grève générale des mineurs a été déclarée dans le nord de le France, qui a été témoin de la terrible catastrophe de Courrières.80,000 ouvriers ont cessé tout travail le 21 mars, après avoir rejeté, en un congrès spécialement réuni pour cet objet, toute lcs propositions des compagnies minières, Au moment où nous écrivons, les parties intéressées ont entamé de nouveaux pourparlers qui ont amené une détente dans les esprits et aboutiront, espérons-le, à un règlement satisfaisant.Autrement c'est une autre épisode de la guerre civile qui se produit en France et les troubles religieux se com- piquant du mouvement antimilitariste ct d\u2019une grève aussi étendue que celle des mines de houille ne font que trop voir la grandeur des désordres intérieurs qui sévissent au sein de notre ancienne mère-patrie, En France * + * Après la prise d'assaut de la cathédrale de Nancy et le saccage de Ja loge maçonnique de cette ville, s'est produit le grave incident de Saint-Nicolas du Port, où un manifestant anticatholique a été blessé mortellement par un prêtre qui a tiré par la porte entrebâilée du presbytère.C\u2019est vraiment, il semble, dit le \u201c Matin \u201d, à la suite de cet incident, une guerre civile qui commence.Non seulement les églises se barricadent, les paysans assaillent ici la troupe sur les routes et là font le siège d\u2019une école, mais chacun s\u2019arme: celui-ci prend sa fourche, celui-là son revolver, tant on redoute les agressions soudaines, les pièges ou les embuscades.Croyants et libres penseurs se traitent en ennemis, et, de temps en temps, la haine ou la peur leur fait perdre la tête.Les catholiques, avec les prêtres de la cure, étaient allé escorter un prédicateur jusques au train qui devait d'amener dans sa paroisse quand les anticlérieaux décidèrent de leur faire un mauvais parti à leur retour.Nous citons le confrère parisien : Entre Varangeville et Saint-Nicolas, il y a un pont.C\u2019est sur ce pont que s\u2019était massée la bande hostile.Cependant, on laissa passer les prêtres ; mais on les suivit jusqu\u2019au presbytère, dans la Grande-Rue, Schou- macker tenant toujours sa fourche et l\u2019autre sa faux, mais plutôt pour se donner une attitude que pour menn- cer directement les prêtres.Tandis que ceux-ci s\u2019enfermaient dans le presbytère, un charivari commença.On chantaiu un peu I\u2019 \u201cInternationale\u201d et un peu la \u201c Carmagnole \u201d.Tout à coup, un coup de feu éclate; Schoumacker là- che sa fourche et tombe: il venait d\u2019avoir le poumon guuche traversé par une balle de revolver.C'était un prêtre qui, par la porte encore entre-bâillée, avait tiré.Puis la porte s\u2019était refermée.Alors, dans la rue, une fureur s\u2019empara des manifestants.lle ramassent des pierres, les jettent contre les vitres, poussent des clameurs que viennent encore interrompre de nouveaux coups de revolver, partis de la cure.Enfin, on emporte Schoumacker, qui, après avoir désigné comme son meurtrier l\u2019abbé Lacour, tombe dans le coma.Bientôt, le premier vicaire de Saint - Nicolas, l'abbé Claude, vient déclarer que c\u2019est lui qui a tiré sur Schou- macker et l\u2019a atteint.Maintenant, c\u2019est à la justice de prononcer.L\u2019accord d\u2019Algésiras cst, à cette date, presque complètement rédigé et on ne croit pas à la possibilité d\u2019une rupture en l\u2019état ou en sont les choses.(C'est donc pour tout de bon, cette fois, qu\u2019on annonce la fin finale de la fameuse conférence.Les dernières nouvelles nous apprennent que l'accord a été signé par toutes les parties intéressées.Le Vésuve est en pleine éruption.En Italie Des villages entiers disparaissent sous la lave enflammée qui coule par torrent du côté sud du volcan.Ta ville de Boacotrecasse eat détruite.Plus de 2,000 acres de terre en culture 1843 sont couverts de lave et de cendre.Do nouveaux cratères a\u2019ouvrent sur différents pointe et répandent au Ibin des masses de matières liquides et a0- lides qui eèment la ruine et l\u2019épouvante daus la région jusques aux portes de Naples.On assure cependant que cette ville n'est pas en danger.\u201cC\u2019est la pire éruption, depuis deux sidoles\u201d, télégraphie le correspondant du \u201cTimes\u201d de Lou- dres, à son journal.Son Excellence Mgr Donato Sbarretti Ce numéro de notre revue porte en frontispice le portrait de Son Excellence Mgr Donato Sbarretti, archevêque titulaire d\u2019Ephèse, Délégué Apostolique au Canada, auquel nous donnons une des premières places parmi les illustres personrages de notre galerie nationale, Né à Montefranco, archidiocèse de Spolète, province d\u2019Ombrie, Italie, le 12 novembre 1856; ordonné prêtre le 12 avril 1879, professeur d\u2019Ethique et * Minutante \u201d de la Propagande pour les affaires américaines, auditeur de la délégation apostolique, Etats-Unis, janvier 1893, évêque de la Havane, Cuba, le 14 février 1900, archevêque titulaire d\u2019E- phèse 1901, Son Excellence Mgr Sbarretti fut nommé délégué apostolique au Canada le 26 novembre 1002.Aussi sympathique dans ses fonctions officielles, qu'aimé de tous et spécialement de ceux qui ont l'honneur de l\u2019approcher, Son Excellence Mgr Sbar- retti s'impose à l'attention générale par les plus hautes qualités que puisse offrir un prince de l\u2019E- glise, chargé à l\u2019étranger d\u2019une mission de première importance.Son Excellence Mgr Sbarretti réside à Ottawa où la haute société canadienne lui fait le plus gracieux et le plus respectueux des ac- cueids.M.A.À.Synnot, J.C.D., est le secrétaire de Son Excellence Mgr Donato Sbarretti.BIBLIOGRAPHIE Un événement pour l\u2019histoire du Canada-français M.le chanoine À.Nantel nous écrit de Paris à la date du 20 de mars écoulé : * Je suis allé hier soir à l'Alliance Française, assister à la conférence donnée par ton ami M.Salone sur \u2018la colonisation française au Canada \u201d.Conférence magistrale.L'auteur, qui vient de publier son livre, er a donné la moëlle, qui est merveilleuse d\u2019érudition et de vues nouvelles Je n\u2019ai pas vu encore le livre, qui n\u2019a paru que la semaine dernière, après la thèse de doctorat que d\u2019auteur a subie en Sorbonne avec un grand éclat.\u201c Autant que j'ai pu en juger par la conférence, le livre est un \u201clivre d\u2019or\u201d sur nos origines, et il mérite d\u2019être signalé, \u201c d\u2019être poussé \u201d.J\u2019espère que tu t'y emploieras dans l\u2019Album.Salone m\u2019a promis de me faire une visite tout prochainement.Nous causerons du livre et des moyens de le faire connaître.\u201d Bulletin du parler français au Canada SOMMAIRE DK MARS 1906 les formes dialectales dans la littérature canadienne, Adjutor Rivard.\u2014 Le francais des Anglais d'Amérique, Antoine.\u2014 Décentralisation littéraire, G.-A.Nantel.\u2014 Bibliographie du Parler français au ('anada, James Geddes, jr., Adjutor Rivard.\u2014 Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, cte., des Canadiens au XVI1ITe siècle, Le P.Potier, S, J.\u2014 Lexique canadien-français (suite), le Comité du \u201c Bulletin \u201d \u2014 Echos et Nouvelles, le Comité du \u201c Bulletin \u201d.\u2014 Questions et réponses, le Comité du \u201c Bulletin \u201d.\u2014 Livres et revues, A.R.\u2014 Sarclures, Le Sarcleur.\u2014 Anglicismes, le Comité du \u201c Bulletin \u201d.NOTRE GALERIE NATIONALE Ainsi que nous l\u2019avions promis à nos lecteurs, ce numéro de l\u2019Album Universel porte en frontispice lo portrait de Son Excellence Mgr Donato Sbar- retti, archevêque titulaire d\u2019Ephèse et Délégué Apostolique au Canada; le 24 du courant nous publierons, sous la même rubrique, le portrait de Sir Elzéar Taschereau, juge en chef de la Cour Suprême du Dcminion; et le premier mai, celui de Sa Grandeur Mgr Duhamel, archevêque d'Ottawa, Comme on le voit, nous suivons, sans variations, la ligne de conduite que nous nous sommes tracée, quant aux illustrations de notre galerie nationale.Le public le reconnaît, nous en félicite et conserve, nous n\u2019en doutons pas, l\u2019Album Universel, dont la collection prend une valeur historique et documentaire de premier ordre.IAS a LAME ry, Gy valli 22215 Msner\u2014atem - | \u2014 * Fire rr Sve 1544 ALBUM UNIVERSEL (Monde Dlustré) No 1147 Montréal, 17 avril 1:98 Echos de la semaine N dicton fort juste dit: Quand La prospé- dans un pays la bâtisse va rité du bien, c'est que les affaires y pros- Dominion > pèrent.Evidemment, nos finances gouvernementales doivent être florissantes, car, il n\u2019est pas de pays où, proportionnellement, l\u2019on construise plus, en ce moment, qu\u2019au Canada.Partout, dans la Puissance, la iruelle et la marteau font oeuvre créatrice d'immoubles.Kt les statistiques financières, au moyen de chiffres irréfutables, de corroborer lee paroles que nous venona de citer.Done, et cet exposé n\u2019est pas pour nous déplaire, Ottawa nous informe que les revenus du gouvernement durant le mois de mars dernier, ont été de 87,255,187 contre $5,926,127 en mars 1905.Ie total obtenu par les encaisses des 9 mois finissant le 31 mars, cst supérieur, assure-t-on, de $5.584,734 à la période correspondante de l'année dernière.Il est vrai, les dépenses augmentent aussi.C'est dans l\u2019ordre des choses; qu'il suffise de ne point les exagérer à plaisir, et tout ira bien.ES armateurs de Montréal n'ont pas dit étre fichés d'apprendre que la débâcle sur le St Laurent se produira, tout l'indique, environ deux semaines plus tôt que d'habitude.C'est le ministère de la marine, qui, sur des rapporte à lui faits, l'a annoncé la semaine dernière.À bref délai, les boudes.les balises, tout le matériel chargé de piloter les marins le long du St Laurent seront en place, et les ports de Québec et de Montréal reprendront leur animation des baaux jours de l'été.La chose nous surprend peu, l'hiver dernier ayant été, en ce pays, exceptionnellement doux.Aussi se pro- pose-t-on, dès que ce sera possible, d'employer la télégraphie sans fil pour annoncer les premiers pa- québots qui voudront remonter le St Laurent.Le brise-glace \u201cMontcalm\u201d \u2014 dont on est fort satisfait \u2014 leur ouvrirait la voie parmi les banquises et les glaçons du fleuve, jusqu'à ce que celui-ci soit exempt d'obstacles.Ainsi va le progrès, dans quelques années il se pourrait même que notre grand fleuve, vaineu l'hiver, ne s'opposût plus à la navigation hibernale.Débacle et navigation ERTAINES influences aidant, L'embargo le projet de loi anglais, ten- sur le b tail dant à enlever l'embargo maintenu canadien par le Royaume-Uni sur le bétail du Dominion, a été enfoui dans les cartons de West minster.M.T.Cairns, important armateur anglais, s'est prodigué pour nous faire rendre justice.Rien n'Y a fait.et le 6 du courant, les députés irlandais apeurés, s'en mélant, leurs collègues anglais peu au courant de l illusoire danger de v ntamination offert par notre bétail, mais en revanche défendant à vutrance les intérêts d\u2019exportation de la verte Erin, toujours quant au bétail, firent retirer le \u201cbill\u201d sans qu'il passe au vote.Nos \u201ceteurs doivent se -ouvenir que, dernièrement, nous laissions entrevoir In possibilité de cette manveu- vre, néfaste pour nos éleveurs canadiens, et injuste.OUS n'avons pas coutume de vous entretenir ici, amis lee- teurs, des accidents, faits-divers, crimes, qui fournissent de la copie wax quotidiens.Aujourd hui, cependant, nous ferns une execption, pour vous dire quelques mots du réservoir d'eau \u2014 d'une capacité de 12,000 gal- \u201cns \u2014 qui, ces jours derniers, s'est écroulé, faisant des dézäis considérables dans de magasin de l\u2019un de Hox principaux marchands de spiritueux, en même temps qu'il tuait une jeune fille en train de travailler dans cet immeuble.Une enquête a été faite, des responsabilités étaldics, etc, etc.Quant à nous, nous ne voulons retenir qu\u2019un fait: l'écroulement du trop pesant réservoir, qui, c'est logique, était fait pour ne pas s'effondrer, avant même qu\u2019il ait été livré au négociant qui l\u2019avait commandé.Apparemment cet accident fatal est dû à des caleuls erronés, à l'assiette peu solide qu\u2019on a donné au dit réservoir.Or, de tels malheurs devraient se produire très rarement, si la construction de ces machines était rigoureusement surveillée.Il y a à Montréal des inspecteurs de bâtisses, des ingénieurs, qu'ils veuillent bien faire leur devoir, surveiller, prendre da plume et calculer la résistance des matériaux, et.la main d\u2019oeuvre pourra travailler en paix, sans risquer d\u2019être écraeée à mort.Un accident E 7 du courant, a pris fin, dans da principale des capitales de l\u2019Ouest canadien, la grève des employés de tramways qui, depuis quelques jours, y occasionnait de graves désordres.Les eusdits employés auront, désormais, un sou de plus par heure de travail.Quant a leur union, elle n\u2019est pas officiellement reconnue par la compagnie.En tout cae l\u2019état normal du service des tramways ost rétabli à Winnipeg, et ce n\u2019est pas dommage, rien n'étant plus nuisible au développement d\u2019un pays, que les effervescences populaires du genre de celle dont noue annonçons la fin.La grève de Winnipeg À métropole britannique semble avoir à coeur de se tenir plus anglaise à en contact avec ees colonies, qu\u2019elle Québec ue Je fit par le paseé.C'est la raison, sans doute, qui l'engage, comme l\u2019année dernière, à envoyer une escadre en rade de Québec, pendant l\u2019été prochain.Déjà, M.Sullivan maître du port de l'ancienne capitale, a reçu un avis à ce sujet, de la part de M.Majerson, commandant du cuirassé anglais \u201cGood Hope\u201d, lequel bat le pavillon de l'amiral de la première division de l'escadre anglaise de la Manche.La plus belle des divisions de la marine anglaise, affirme-t-on.Il y aura bals et réjouissances à Québec, en l\u2019honneur des marins de Sa Majesté, dont quelques-uns pousseront une pointe jusqu'à Montréal, ainsi qu'il arrive chaque fois que des navires de guerre anglais jettent l'an- ere devant la ville de Champlain.Une escadre E ministère du commerce et du Crats-Unis travail des Etats-Unis, vient Canada de publier un rapport concernant le commerce de l'Union avec Cuba, qui, incidemment, intéresse les Canadiens.En effet, dans ce rapport il est mentionné que: Si Cuba tient la deuxième place parmi les nations américaines, quant à son trafic avec les Etats-Unis, le Canada, lui, vient en premier lieu.C'est ainsi que durant l'année fiscale 1905, les Etats-Unis ont fait, au total, 8203,000,000 d\u2019affaires avec le Canada, et $125,000,000 avec Cuba.Ces chiffres disent plus que tous les discours, combien considérables sont les relations commerciales entre le Dominion et la puissante république sa voisine.Si l'on songe que l'Europe a faillit en venir aux mains, au sujet du Maroc, à cause du petit débouché qu'il offre au né- guce international, \u2014 $5,000,000 au maximum, annuellement.lorsqu'il s'agit de la France, géographi- ment favorisée \u2014 on entrevoit les luttes gigantesques que provoquerait, le cas échéant, la suppression des transactions commerciales entre ce pays et les Etats-Unis.Fort heureusement le ciel est clair, diplomatiquement parlant, de ce côté de l\u2019Atlantique, et nous espérons qu\u2019indéfinitivement il se maintiendra au beau fixe.La crise de ES pourparlers engagés en- l\u2019anthracite tre M.John Mitchell, pré- en sident de la fédération des mi- Pensylvanie peurs d'anthracite des Etats-Unis, et les grands chefs des compagnies qui font travailler ces mineurs, se continuent encore, sans qu\u2019on en arrive à une solution.Nous revenons sur ce sujet, dent nous avons signalé l\u2019importance dans nos derniers échos, parce que, à Ja dernière heure, il paraît se dessiner plus nettement.M.Mitchell ayant fait une offre d'arbitrage, les compagnies vont refuser cette proposition telle que présentée, ne voulant entendre parler d'arbitrage qu'après enquête.Le nom du président Roosevelt est mentionné dans les deux camps, qui comptent sur le chef de l\u2019Etat pour trancher les différends contre lesquels ils se butent.Dans le distriet houillier de Pittsburg, quarante mile mineurs vont reprendre le pic et la pelle, les compagnies ayant accepté l'échelle des salaires établie en 1903.Espérons qu'il en sera prochainement de même en Pensylvanie, où la grève prend les proportions d\u2019une crise formidable.La L E président Roosevelt, dont nous municipali - prisions l\u2019activité dans un des sation aux' récents articles de cette revue, est Etats-Unis actuellement surmené par de graves problèmes, que lui posent ses concitoyens.Ainei tandis qu\u2019on fait appel à ses bons offices pour qu\u2019il mette fin à la grève des mineurs d\u2019anthracite, sans lui donner le tempe de souffler, le maire de Chi- cago, M.Dunn, accompagné d\u2019une délégati relance en la Maison Blanche.Cette déléga ti citoyens de Chicago, qui représente la \u201c Ligue ricaine des municipalités et l\u2019asecciation co: ciale de Chicago \u201d, voudrait intéresser M.1, velt à ses efforts.A cet effet, elle a inv président à assister à la convention de la | municipale, dont les travaux commenceront à cago en septembre prochain.M.Roosevelt a té invitation, et, en cette occasion, il fera c- tre ecs idées personnelles quant à la municip.tion des services publics de son pays.Ou sait, ; être, que M.Hearst, futur candidat à la Présides Etats-Unis, millionnaire et propriétaire «| douzaine des plus grands journaux de l\u2019Union.conde activement M.Dunn dans sa campagu- ciale.Au Canada, nous agirions sagement en vant de près les discussions qui auront lieu à © sujet, puisque l'avenir peut nous obliger à cu +.dérer une orientation municipale similaire notre propre compte.RTS y Pear Les (CTST Lea des Etats-Unis me nous vient ce 0, et, mul.médecines gré que nous ayons déjà dit quelque chose, des médecines brevetées, nous en parlons de nouveau, étant donné le grand tapu- Re qu'elles suscitent chez nos voisins.Vraiment, il faut qu'elles payent bien, ces médecines, genre ju nacée, pour qu\u2019on les défende de la gorte dans lus milieux où on les fabrique.Comme nous écrivuns.nous avons sous les yeux une petite brochure qui en dit long à cet égard.Elle porte titre cette brachu- re: \u201c Manoeuvres législatives de l'association des médecins américains \u201d.Sans en avoir l'air, ces mots contiennent tout un programme.Certes nous n'entendons défendre ni l\u2019un ni l'autre des partis oppur sés; médecins d\u2019un côté, fabricants de médecines brevetées de l\u2019autre; cependant, l'hygiène publique nous porte à voir dans l\u2019action des médecins américains une saine manoeuvre nationale, digne d'in- térét, de sympathie.Il y a, dit le document cité, 150,000 médecins dans l\u2019Union américaine dont 20,000 appartiennent à l\u2019association précitée, et «ri lisent le \u201c Journal of the American Medical \u201d.Or, précisément c\u2019est ce qui ennuie les auteurs du patu- phlet que nous lisons, lequel est imprimé par qu! ques défenseurs de médecines merveilleuses.V.is verrez que ces deux clans auront eux aussi reco »< aux lumières de M.Roosevelt, car, ils ne sont 1- près de s'entendre.Souhaitons que le présiu.1 prête une oreille attentive aux assertions des r decins.Quoi que Messieurs les fabricants am cains fassent et arguent, lorsqu'il s\u2019agit de tains de leurs produits pharmaceutiques, i\u2019: nous convaineront qu\u2019à demi.OUS parlions dernièremen da prospérité des finance- Terre-Neuve, il nous fait pl d'apprendre qu'elle continue s'accentuer.Dans cette colonie, nul n\u2019en ignor: pêche est une des principales sources de revenu.\u2018 en 1905, il paraît que la capture des phoques été plus importante que durant l\u2019une quelcon: des vingt années précédentes.D'où une satis: tion générale dans le grande ile de PAtlantig: 560,000 phoques y ayant été abattus l'année « nière, contre 177,000 en 1904.Seuls les inoffon amphibies auraient un mot amer à dire sur ce © pitre, s\u2019ils panaient comme les animaux de lu ble, mais.le roi de la création n'en tiendrait p.compte.La pêche à Terre Neuve A Cuba, il semble que l\u2019on veur imiter les employés des tra: ways de Winnipeg, dont nous par lions il y a un instant.A cet offi !.les dépêches nous informent qu\u2019une grève énorme été déclarée, le 8 du courent, à la Havane, dans le monde des véhicules électriques urbains.Il y 8 \u2018u arrestations, horions, menaces, etc.Les ouvriors.en général, épousant les griefs des grévistes, veu lent étendre à toutes les branches du travail l\u2019état de grève.Aussi, les ministres de se réunir convoqués qu\u2019ils sont par le président Palma, pour con sidérer la situation qui est grave.Les troupes sont sous les armee.Le gouvernement de la plus jeune des républiques a du fil à retordre, Dieu veuille qu\u2019il sache mener à bien sa tâche pacificatrice, eh évitant toute effusion de sang.L.d'oRNANO.A la Havane Montréal, 17 avril 1906 CROISADE DE LA TEMPERANCE Texte publié sous les auspices d'un comité d'ecclésiattiques désignés par Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque de Montréal La Société de Tempérance s'établit non seulement 8 lee paroisses rurales, mais aussi dans les pa- -ses de la ville et de la banlieue de Montréal.\u2018\u2019oilà qui est bien! \u2018 ar, 8 l\u2019alooolieme fait des ravages considérahles ju\u2019au sein de nos bonnes populations de la cam- \"ne, quels ravages plus terribles encore ne cau- il pas parmi les habitants des villes?Et c\u2019eût un grand dommage pour la cause sacrée de la upérance, si elle n'avait pu compter des recrues s les rangs serrés de la population urbaine.[vureusement, il n\u2019y aura pas ici deux manières voir et deux manières d\u2019agir.Les villes et les .pagnes sont d'accord.Contre l\u2019ennemi commun, utte est générale.tes pères de famille donnent l\u2019exemple; après .îls entraînent les jeunes gens et les enfants.\\ussi bien, les croix de tempérance s\u2019enlèvent- + par milliers! Et aux foyers domestiques, elles pent une place d'honneur! \"ps mères et les épouses peuvent espérer mainte- :t dea jours heureux, dans la paix, la concorde et \u201csance.* + +#* Messieurs les curés de Montréal ont profité des raites du carôme pour organiser chez eux la pro- raude antialooolique; et les adhésions dépassent «sque partout les espérances les plus optimistes.Dans certaines paroisses nouvelles et peu popu- uses, par exemple, où d\u2019on comptait distribuer wlques douzaines de croix seulement, il en a été \u201c nandé plusieurs centaines.A Saint-Jean-Baptiste, la distribution des croix .\u2018ineidait avec la clôture solennelle des retraites 1ndragésimales.Ce fut une démonstration inou- L'iable.Environ trois mille hommes se pressaient Jans le temple.À la suite du curé et du prédica- :vur de la mission, Mgr l\u2019archevêque adressa la parole, disant combien il se sentait heureux de présider et de bénir un concours aussi nombreux de chrétiens, fermement résolus à pratiquer désormais la \u2018-mpérance.L'établissement de la Société dans la paroisse de \"1 cathédrale, également présidé par Sa Grandeur, 1 donné des résultats dont le curé se déclare enchanté.Au surplus, tous les curés de la ville que nous uvons pu interroger, n\u2019ont qu\u2019une voix pour applau- Ur aux succès obtenus.* # + Et que l\u2019on veuille bien noter que ce mouvement, \u2018ant greffé sur notre incomparable organisation paroissiale, possède par Jde fait des garanties très \u201c\u2018\u2019ficaces de durée et de permanence.Rien de ce vii participe à la vie paroissiale, dans notre pays : particulier, ne saurait être éphémère.Cette vie tense se ranime sans cesse d'elle-même au souffle « fêtes chrétiennes, et se fortifie périodiquement r l'action de la prière, de la prédication, de xemple, et par la fréquentation des sacrements.On sait, en outse, que chaque section paroissiale ln Société de Tempérance diocésaine se donne à -même, sous la direction du curé, un groupe de teurs dévoués toujours en éveil pour obvier aux \u2018vetions possibles et activer la propagande.Ces tions 6e rattachent au centre de l\u2019œuvre, à l\u2019ar- véché, et bénéficient ainsi d\u2019une direction uni- ot éminemment puissante.* + + 1 autre avantage que nous voudrions faire ob- \u201cer, c\u2019est l\u2019influence que le coneeil de toutes ces lone paroissiales de la Tempérance exerce, ou L exercer, auprès du conseil municipal, relative- t à l\u2019ouverture et au bon ordre des débite de -sons.Les membres du conseil de Tempérance L choisis par tous ceux qui ont à coeur le succès vette oeuvre patriotique et moralisatrice.Et conséquent, en leur qualité de mandataires et délégués, ils représentent des centaines de ci- 18.Cette circonstance ne donne-t-elle pas une rité immense à leur parole, à leurs voeux, à = désire Ÿ \u2018Qu'ils fassent tourner au bien de la Tempérance is autorité.\u2018\u2019lusieurs déjà l\u2019ont tenté avec succès, et le no.les hôtels et de cabarets a baissé dane une pr: \u2018ion réconfortante.' Souvent, les conseillers municipaux n\u2019attendent -* vette pression pour prendre des mesures jugées +l olument opportunes, mais qui sont en même \u201cps d'une application difficile.ALBUM UNIVERSEL (Monte IMlustré) No 1147 Poussés en avant, fortement secondés, ils n\u2019hésiteraient pas longtemps.Aux mécontents, ile ne seraient pas fâchés de répondre: \u201c Nous avons eu la main forcée \u201d, + L'histoire d\u2019une licence Mettons que l'histoire que nous voulons vous conter ne soit pas vraie.Si, inetruite par l\u2019expérience, vous la trouvez trop vreieemblable, ce ne sera pas notre faute, assurément.Depuis trente ans, Baptiste, un brave cultivateur, æ mélait à toutes les organisations d\u2019élections.C\u2019était certainement son droit.Mais quelques-uns de ces coparoissiens trouvaient que Baptiste abusait un peu de eon droit.Il fourrait de la politique partout.et eux aussi, comme de raison! On ne pouvait plus, dans cette paroisee, élire un commissaire d\u2019écoles sans tenir le \u201c poll \u201d deux jours.Et quand M.le curé parlait de faire un marguiller nouveau, la première idée qui leur venait à tous \u2014 rouges et bleus \u2014 c'était: \u201cIl ne faut pas qu\u2019un tel arrive! \u201d Un printemps, comme Baptiste venait d\u2019être élu conseiller après une élection chaudement contestée, la question des licences, toujours épineuse, se compliqua de façon particulière.Le village n\u2019était pas très considérable et une bonne auberge suffisait amplement à assurer la commodité des voyageurs.Mais, le propriétaire de l\u2019auberge actuelle étant décédé dans le cours de l'hiver, un neveu quelconque avait, du gré des autorités, continué honnêtement le commerce dans lequel l\u2019oncle avait amaseé une modeste aisance.Seulement, si l\u2019oncle était assez in- différent en politique \u2014 ruse d'homme habile! \u2014 le neveu, lui, était d\u2019un bleu.! Le jeune aubergiste ayant trop laissé percer l\u2019oreille, Baptiste résolut de lui déloger un concurrent quelque part.\u201c On verrait bien s\u2019ils allaient se laisser mener par ce fanatique \u201d.Il réussit à convaincre un arrière cousin, qui venait de vendre sa terre, que la position serait bonne dans son village.\u201c Puis, tu sais, lui terminait-il en guise d\u2019emporte- pièce, je suis conseiller.J'ai été élu ce printemps.Je suis influent.Tu auras ta licence et je t\u2019encouragerai\u201d.L'autre vint donc au village et mit sur pied d\u2019abord une maison de pension où les pensionnaires furent plutôt rares.Mais on attendait l\u2019avenir.Est-ce que l\u2019homme ne vit pas sur terre surtout d\u2019espérance et d'illusions?Il va sans dire que Baptiste se mit sur les chemins et alla voir les amis.\u201c On ne pouvait pas lui refuser cela, voyons\u201d.\u2014\u201c Est-ce qu\u2019il n\u2019avait pas toujours soutenu les amis, Jui?\u201d \u2014 \u201c L'ancien aubergiste, sans doute, on ne lui aurait pas fait d\u2019opposition.Mais ce jeune blanc bec, qui prétendait faire la loi aux anciens et se mélait d\u2019élections?\u201d \u2014 \u201c À preuve, même, qu\u2019il aurait voté contre lui, Baptiste, s'il avait eu déjà son nom sur le rôle, lors de la dernière élection municipale#\u201d Et la litanie des raisons qu\u2019on avait de donner une seconde licence dans le petit village s\u2019allongeait toujours, Pour ne pas le désobliger, les amis signaient la fameuse requête.Quelques-une hésitaient bien un peu.Qu'allait dire le curé?.\u201cSi on enlevait au neveu de l\u2019aubergiste défun: sa licence pour la donner au cousin de Baptiste le conseiller \u201d proposa quelqu\u2019un.\u201c Ce serait Jui ôter le pain de la bouche \u201d, protesta un marchand influent chez qui le jeune aubergiste s\u2019approvisionnait d\u2019épiceries.Cela, il ne le fallait pas! La conséquence ce fut que, ce printempe-là, dans le petit village, malgré le curé et le bon sens, on accorda deux licences au lieu d\u2019une.M.le conseiller Baptiste cautionna pour son cousin; et, quand vint l\u2019échéance du billet, comme cela arrive fréquemment à ceux qui endossent, il dut payer.Les deux aubergistes, en effet, ne purent vivre.Et pourtant, on ne se fit pas faute de les encourager, même le dimanche.Le nombre des ivrognes augmenta, la prospérité générale, de la paroisse fut diminuée d\u2019autant.+ Paroles d\u2019évêquet Elle est bien pratique la lettre que Mgr l\u2019évêque de Valleyfield adressait naguère, sous forme de \u201c message \u201d, à Messiours les maires et les conseillers de toutes les municipalités civiles du diocèse de Valleyfield.Et si le héros de l\u2019histoire que nous ra- contons plus haut, l\u2019avait lu ce message, il n\u2019aurait peut-être pas remué toute ea paroisse pour en venir au piètre résultat que nous avons vu.Nous en voulons citer une longue page à nos lecteurs, Ils y constateront une fois de plus que les leçons et les avis que donnent au peuple Nos Bei- gneure les évêques sont marqués au coin de la sa- Besse tout autant que de la foi.\u201c Au nom de Dieu, au nom de la sainte Eglise, au \u201cnom des familles \u2014 écrit aux maires et aux con- \u201c seillera de son diocèse le savant prélat \u2014 sur la \u201c responsabilité que vous portez, sur le serment que \u201c vous avez prêté, efforcez-vous de réagir avec fer- \u201c meté et constance, sans faux-fuyants, sans respect \u2018\u2018humain, sans faiblesse, contre la multiplicité exa- \u201c gérée des débits de boissons enivrantes \u201d.\u201c Nous savons \u2014 continue Mgr Emard \u2014 les rai- \u201c sonnements que l\u2019on fait d'ordinaire pour amener \u201c votre conseil à donner des licences d\u2019auberge.\u201cOn dit: les licences se paient cher, et leur pro- \u201c duit constitue un revenu appréciable pour le tré- \u201cgor municipal.Est-ce à vous qu\u2019il faut démontrer \u201c que ce raisonnement pèche par la base.Vous avez \u201c trop l\u2019expérience des affaires pour ignorer qu\u2019une \u201c paroisse ou une municipalité quelconque ne sau- \u201c rait compter comme bénéfice ce qui cause l\u2019appau- \u201c vrissement des contribuables.\u201c En effet, tout l\u2019argent qui sert à payer la bois- \u201c gon sort de la paroisee, et la petite portion que re- \u201c présente le paiement de la licence est bien des fois \u201c-multipliée par les eommes qui s\u2019en vont au loin.\u201c C\u2019est un fait d\u2019expérience, une population dans \u201claquelle le commerce des liqueurs est réduit à ses \u201c plus raisonnables ldimitee, sera toujours plus riche \u201cet plus prospère, de toute façon, que celle où les \u201c auberges inutiles drainent l\u2019argent des familles.\u201cOn dit encore: mais les contribuables deman- \u201c dent des auberges et nous présentent des requêtes \u201cà cette fin.\u201c Voyons, soyons de bon compte, que valent ces \u201crequêtes?par qui sont-elles signées?comment \u201c a-t-on obtenu ces signatures?sur quel motif d\u2019in- \u201c térêt public sont-elles appuyées?quelle influence \u201c doivent-elles avoir sur des hommes sérieux, péné- \u201ctrés de l'importance de leur devoir et qui savent \u201cà quoi s\u2019en tenir eur tous ces points ?\u201c D'ailleurs, quand même ces requêtes porteraient \u201cles noms de tous vos constituants, elles laissent \u201c votre liberté pleine et entière.On vous demande, \u201c on ne peut pas vous commander: si bien que vous \u201c restez \u2018absolument responsables de votre action.\u201cTl arrive encore qu\u2019on donne des licences pour \u201c maintenir un soi-disant équilibre entre les partis \u201c politiques, en accordant à chacun une auberge, et \u201ccela par une sorte de concession mutuelle au sein \u201c du conseil municipal.Est-ce assez triste, et faut- \u201cil eroire qu\u2019on se joue à ce point de l\u2019intérêt pu- \u201cblie le plus élevé, que de l\u2019abaisser aux mesquines \u201c exigences de l\u2019esprit de parti?La politique, qui \u201c devrait rester à la porte de nos organisations lo- \u201ccales, ne devrait-elle pas au moins être exclue de \u201cces délibérations où la conscience doit décider \u201c seule et pour le bien commun de toutes les fa- \u201c milles d\u2019une paroisse ?\u201cEnfin, on est quelquefois ému d\u2019une sorte de fausse pitié à l\u2019égard de quelqu\u2019un qui, ne sachant \u201c que faire ou dédaignant de travailler, décide de \u2018tenir auberge.Il faut bien qu\u2019il vive, dit-on, il a \u201cvendu sa terre, il a abandonné son métier, que \u201c voulez-vous qu\u2019il fasse, sinon avoir un hôtel.Et \u201cl\u2019on semble croire que par là-même il a droit à sa \u201clicence.Sympathie très mal placée.D'abord, par- \u201cce qu\u2019un individu se trouve dans une position \u201c difficile, souvent par sa faute, ce n\u2019est pas une \u201craison pour augmenter par lui les occasions déjà \u201ctrop nombreuses d\u2019intempérance et de désordre.* Ensuite, si cet homme n\u2019a pu réuseir ailleurs, que \u201c fera-t-il dane le commerce des boissons enivran- \u201ctes qui, pour être honnête et lucratif à la fois, \u201c demande encore plus de qualités et de capacités.\u201cEt combien en a-t-on vu de ces pauvres Cana- * diens, file de cultivateurs respectables, ou d'arti- \u201c sans laborieux, qui, après avoir laissé gaspiller ou \u201cvendre le bien paternel, ont promené d\u2019une pa- \u201c roisee à l\u2019autre un négoce qui, sans les enrichir, \u201c faisait d\u2019eux des agente de démoralisation \u201d.Si ces fortes paroles de Mgr l'évêque de Valley- field étaient plue connues et bien comprises, n\u2019ai- deraient-elles pas puissamment nos concitoyens influents à mieux remplir leure devoir au sujet des licences! ma C0 1546 ALBUM UNIVERSEL (Muude Illustré) No 1447 Montréal, 17 av, 1908 [ _ DES TZ TES | SAINTE - ANNE DE BELLEVUE en avant par une force irrésistible, la grosse locomotive nous entraîne tous, voyageurs d'une heure, confortablement inetallés en de spa- vieux et magnifiques wagons.Le tintement continu de la cloche évoque des idées de \u201c tocsin \u201d, et ce serait aseez triste à entendre si la nouveauté des paysages traversés ne captivait tout de suite les yeux et ne nous tenait sous sen charme, dés les premiers milles parcourus, \u2019 Cela sent le printemps, mais un printemps si spécial que bien des fine d'automne pourraient lui être comparés.Le soleil le plus magnifique, le plus éblouis=ant qu'il suit donné de contempler, fait fondre les dernières neiges dont les champs sont encore vêtus de ei, de Id; de grandes flaques d'eau miroitent, glace hier, petits étangs aujourd'hui.et demain disparues pour laisser la place aux herbes verdoyantes.La carapace blanche sous Inquelle le fleuve géant se dissimulait depuis tant de mois, commence À se crevasser, les flots surgissent, très bleus, et leur poussée forte, fait se disjoindre les glaces vaineues par ces deux ennemis.le fen et l'eau, qui cette fois D'= son puissant élan d\u2019énorme animal lancé Types de pécheurs canadiens utissent leurs efforts pour l'accomplissement d'une inémo tâche.Une toute petite érablière\u201d passe, très vite, à puine avons-nous le temps de voir les gobelets accrochés aux pieds des gros érables noirs, accroupie au milieu d'eux, Ja \u201ccabane à sucre \u201d semble une hutte de Lucherous, ct une appétissante vision d'oeufs jetés dans le délicieux sucre bouillant.mangés gcurmandement et arrosés de l'exquise eau d'érable, éveilte en notre estomac des désirs de raffinements culinaires dignes de Lncullus.Mélas! la prochaine réalité.d'un repas fort pro- Lbablement plus que médiocre, pris dans quelque vague auberge, fait s'enfuir ce rêve de gourmet, et, comme un employé annonce: \u201c Next Sainte-Anne de Bellevue \u201d nous ramassons à deux mains ce qu\u2019il va nous falloir de courage pour affronter par ce M.Z GIRAVEL, vicaire Cliché laprés & lavergne, Montréal.MG.FORBES, curé do Ste-Anne de Bellevue CH.\\.Dunas, Montréal.temps de dégel les routes boueuses d'un petit village.: On nous a bien dit que Sainte-Anne était une charmante * place d'été *, que des gens forts riches Y possédaient de somptucuses villas, que la meilleure suciété montréalaise et new-yorkaise s'y donnait rendez-vous à la belle saison, mais ce ne furent que des \u201con dit\u201d, et nous fûmes maintes fois si zrandement désillusionné en d'autres pays, après avoir cru à ces descriptions enchanteresses de petits coins soi-disant merveilleux et qui en vérité étaient d'affreux petits trous.très chers, que le plus profond septicisme à cet égard, nous euirasse invulnérablement.\u2014NSainte-Anne de Bellevue! H faut descendre lestement.cur le train s'arrête comme à regret, et repart aussitôt; très américain ce train, très pressé, Nous sautons, juste au milieu d'une jolie petite flaque d'eau sale, et, le binocle un peu de travers, mais prêt à tout voir et à être d'une impurtialité rigoureuse.nous commençons par dévisager, ='il est possible de s'exprimer ainsi, In mi- nuseule gare du Grand Trone, qui semble une demeure Liliputienne, un jouet de poupée.A nous les enlisements dans la vase! à nous les pataugements visqueux, les enjambées clownesques toujours mal caleudées et qui mènent au plus profond du cloaque! Mais non! Rien à craindre! Nous pouvons pudiquement rabaisser sur nos frèles chevilles le bas du pantalon que précautionneusement nous avions relevé tout à l'heure.Une longue et droite avenue, * L'avenue des Era- bles \u201d, nous offre à chacun de ses côtés un trottoir en bois des plus propres et des plus secs.D'un pas rendu presque joyeux par cette première agréable surprise, nous nous engageons dans cette avenue, à la recherche de la ville proprement dite.mais au bout de quelques pas, nous tombons.oh! en extase seulement, devant une villa si jolie, si gracieuse, si élégante en sa petitesse, et d'un style \u2018si nouveau pour nos yeux, que de longues minutes durant, nous restons là, à admirer ce charmant cottage, ont il doit faire si bon vivre, entre sa jeune - \u2014\u2014 | femme et un petit enfant, pas plus d\u2019un, « saurait ou loger le deuxième | Do chaque côté de l'avenue, s'alignent, pur des jardinets, de semblables maisonne 1\u2018 me tes plus coquettes los unes que les autres, «1 ré que presque toutes soient closes encore, «+, gentil ot pas triste du tout, éclairé par un : i se fuit plus chaud à mesure que midi appr ot \u2018ont l'éblouissante clarté envaloppe les chà a ticolores, Nous voici au bout de l'avenue des Er: \u201ca presque au bord de la rivière Ottawa, lo) par nue rue à laquelle on à donné le nom du vin.an qu'elle cotoie, Nous suivons done, sur notre droite lu r.\u201cta wa bordée de petites maisons, de styles et du différentes, Mais, qu'est-ce ccei?On ue nous avait d.pas trompé sur l\u2019importance de cette ville d'éti Un superbe hôtel, semblable à ceux que l'on.Cuire dans les plus élégantes villes d'eaux et au l-\u2026r-l des pluges à la mode, se dresse tout à coup, à not pr fonde stupéfaction et auesi pour notre plus \u2026 satisfaction.de L'église de Ste-Anne de Bellevue Que parlions-nous d'auberge et de maigre On doit en cet endroit * fashionable \u201d fai no et plantureuse chère.\u201cClarendon ote! \u201d, lisons-nous sur um banderolle métallique qui domine et traverse C'est encore très américain ce titre.Peut-: t-il falloir parler anglais! mauvaise affai nous risquons en ce cas de faire un dîner !: complet, nussi incomplet que notre connaissi: cette langue! Mais, sous le titre énorme, le ru prorpiétaire s'annonce plus discrètement: E.' de.A la bonne heure! On va pouvoir causer\u2018 Le Clurendon Hôtel \u2014 cliché pris en été La gare du Pacifique Montréal, 17 avril 1906 |'t comme nous sommes venus à Sainte-Anne pur beaucoup regarder, beaucoup écouter et beau- c .; .ments monographiques, historiques, et.culi- \u201c1208, sh! oh.joliment chic cet hôtel Clarendon! L\u2019in- «ur ne fait pas regretter l\u2019extéreur ! {, Lalonde nous fait un accueil des aimables, Sur son magnifique éta- y causer, nous entrons à la chasse aux rensei- - ~ ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 Du mouvement, il y en a, nous dit M.Lalonde.Ce ne sont par les rues qu\u2019automobiles trépidantes, voitures rapides et légères, chevaux fringants et piétons \u201caussi nombreux que les feuilles des forêts\u201d pour employer une expression imagée dont se servaient les Hurons lorequ\u2019ils voulaient dire \u201cbeaucoup \u201d.1047 la rue Ottawa!.Nous passons sous les deux ponts jetés parallèlement sur la rivière, et dont l\u2019un appartient au Pacifique et l\u2019autre au Grand Tronc.A droite nous apercevons la petite Eglise, et à ses côtés le presbytère, jolie maison d'aspect engageant et hospitalier.M.d\u2019abbé Forbes nous reçoit avec la plus parfaite courtoisie et nous communique sur le passé religieux de Sainte-Anne, ment, d\u2019abord, et cela «6 comprend, ,us donne des détails qui sont un peu toire de Sainte-Anne et de son déve- -ment sane cesse grandissant.v a vingt ans, M.Lalonde acheta sur me emplacement un petit hôtel com- de dix chambres, lesquelles n\u2019étaient - ujours louées, même pendant la bel- -nison, aujourd\u2019hui soixante-deux ubres rivalisant entre elles d\u2019élégance confortable ne suffisent -pas à loger le de touristes qui envahit le pitto- so coin de campagne dont la beauté a it tous les amateurs de bon air et .Ballevue.rsque le \u201cClarendon\u201d déborde, le des visiteurs à la semaine, au mois In saison, se répand dans les autres \u2018s, situés tous dans la môme rue.; hôtel Raymond, d\u2019hôtel Bellevue, l\u2019hô- Sainte-Anne et le Canada Hotel.Se = les documents suivants : Ce fut sous le vocable de Saint-Louis que Sainte-Anne fut érigée en 1685.Monseigneur de Laval, évêque de Québec, y vint le 20 septembre de la même année, et détermina les limites de la paroisse, savoir: bornée À l\u2019est par la Pointe Claire inclueivement, et finissant par de là la pointe du \u201c Bout de d\u2019ile \u201d.A cette époque, Sainte-Anne n\u2019était encore counue que sous le nom de Mission du Haut de l\u2019île, et cela depuis 1675.Elle était desservie par ceux de Messieurs de St Sulpice qui avaient la charge de la cure de Lachine.La première chapelle fut bâtie par M.l\u2019abbé d\u2019Urfé, dans la baie qui porte son nom et il en fut aussi le premier desservant.Dire à quelle époque exacte fut cons- * * truite cette chapelle est à peu près impossible, mais en tout cas elle ne remonte patrons de tous ces établissements de leur mieux pour contenter tout ce ide, et ils y réussissent, puisque cha- année un plus grand nombre de personnes frap- \u2018 à leurs portes, mais les privilégiés qui trou- | encore de la place au \u201c Clarendon \u201d peuvent se \u2018ter de passer la saison dans des conditions uni- 3 sous le rapport du confort et aussi de la situa- a pittoresque de d'hôtel, \\ -oudés à leurs fenêtres, ou installés sur l'immen- tvrrasse qui borde toute la maison, les contem- j'iifs voyageure jouissent d\u2019un spectacle unique.\\ leurs pieds, séparée seulement par la largeur \u2018a rue, l\u2019Ottawa déroule ses flots bleus, sillonnés r les petites barques, À rames, À voiles, et par les «.nots automobiles, pour le remisage desquels M.1.londe a fait construire deux grands garages spé- .«lement aménagés.ln face, de l\u2019autre côté de la rivière, l'île Perrot, l.ut le nom est celui d\u2019un gouverneur de l\u2019époque la fondation du pays.Au loin, les montagnes .-tompent leurs profils boisés, et c\u2019est la plus bril- \u201cinte peinture qu\u2019on puisse voir, que ces rives m-ussues, ces lointains gracieux, et tout ce paysa- pittoresque et paisible, qui plaît aux regards et ux sens artistiques.De tout cela nous ne voyons aujourd'hui que le \u2026.1dette, la carcasse, car les arbres sans feuilles, la - vière en pleine débâcle, les herbes brûlées par leur \"uz séjour sous la neige, n\u2019offrent qu\u2019un attrait u- deste, et il nous faut la description enthousias- » « de M.Lalonde, pour nous donner une idée de « que sera dans quelques semaines cette campagne -ppréciée de tous.population séden\u2018aire locale, d\u2019environ quinze \u2018s habitants, se trouve plus que doublée pendant nison d\u2019été.Beaucoup d\u2019Américaine, d\u2019Anglais, toup de Canadiens-français aussi, et de Mont- is qui affectionnent particulièrement Ste Anne s«llevue à caust du peu de distance qu\u2019ils ont à -ourir pour y venir goûter un repos bien mérité - leurs occupations.Vingt milles seulement sé- ut la grande métropole de ce joli petit nid de \u2018ure ct de fraîcheur, et les trains du Pacifique que ceux du Grand Tronc, se sucèdent sans rruption, venant de Montréal et y re- Le pont du Pacifique.Mais, est-ce possible?Trois heures! déjà ! Et M.le curé qu\u2019il faut interviewer ! Et M.le maire dont il faut coûte que coûte forcer la porte! Et le coup d\u2019oeil général qu\u2019il faut jeter sur la ville! Couvent des Sœurs Maristes.Allone, pauvre monographiste, nouvel Ahasvérue condamné à errer & travers les immensités canadiennes, sans jamais pouvoir goûter un repos complet, arraches-toi aux délices de la moderne Capoue de M.Lalonde, et, le crayon au poing en guise de bâton de route, va, va toujours.jusqu\u2019au bout de pas avant 1683, car cette année là on célébrait la messe dans une maison privée.C\u2019est en 1714 que la première église en pierre fut bâtie, sous le vocable de Sainte-Anne.Plusieurs fois agrandie, à mesure que les besoins du temps lexigeaient, elle fut démolie complètement en mai 1900.Elle servait de maison d\u2019école depuis 1859, ct ces dernières années encore était occupée par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame qui donnent l'instruction aux jeunes filles de Sainte-Anme, L'église actuelle, toute en pierre, fut commencée en 1853.Elle fut bénite le 29 janvier 1857 par Mgr Ignace Bourget et ne fut terminée qu\u2019en 1875 par M.G.O.T.Chevrefils, qui fut curé de Sainte-Anne pendant de longues années, et fut considéré comme le fondateur et le patriarche aimé et respecté de la naroisse.La nomenclature de tous les curés ou desservants de Sainte-Anne, depuis sa fondation ne peut manquer d'intéresser vivement tous ceux de nos lecteurs qui estiment avec juste raison que le coeur, et par conséquent la vie d\u2019une petite ville, prend sa source à d'église et au presbytère.De 1677 à 1687, M.l\u2019abbé d\u2019Urfé; 1703 à 1720, M.René de Breslay; 1720 à 1727, M.Elie Déperet ; 1727 à 1728, M, C.de la Gou- dalie; 1728 à 1729, M.F.Matis; 1729 à 1731, M.Desenclaves; 1731 à 1734, M.F.Matis; 1734 a 1735, M.Déperet; 1735 à 1740, M.P.Sartelon; 1740 à 1742, M.Déperet ; 1742 à 1747, M.Perthyis; 1747 à 1757, M.Déperet ; 1757 à 1758, M.Mathevel; 1758 à 1768, M.P.Sartelon.De 1768 à 1796, Sainte-Anne fut desservie, partie par Sainte-Geneviève et partie par la Pointe-Claire; 1796 à 1797, M.F.Cazeneuve; 1798 à 1802, M.P.Gibert; 1802 à 1803, M.Dumou- chel.De 1803 à 18283, nouvel abandon de Sainte- Anne, qui fut encore desservie par les paroisses de Sainte-Geneviéve et de Pointe-Claire; 1823 à 1830, M.Fortin; 1830 & 1832 M.P.D.Ricard; 1832 à 1840, M.P.J.de la Mothe; 1840 à 1844, M.A.Brais; 1844 à 1848, M.Lamarre; 1848 à 1851, M.JE.R Chevigny; 1851 à 1852, M.Neyron ; 1852 à 1854, M.L.Jos.Huot; 1854 à 1858, M.J.T.Lasnier; 1858 à 1903, M.G.F.O.Chevrefils, auquel succéda M.G.Forbes qui prit possession de la cure de Sainte-Anne le 13 mai 1903.in par les princes du commerce de la pole, &'est-elle fait construire au it de Ile\u201d d\u2019admirables demeures, Î Le nant.Aussi toute une riche colonie I la vue rappelle les châteaux des bad'Angleterre.won, M.Forget, M.Dumond Lavio- .M.Morgan, M.Paterson, M.R.B.is, M, Meredith, M.Clouston.M.Ait, M, Simpson, M.Gillespie, M.J.i.M, Redpath, M.Grant, M.Shal- \\bme Thunself, M.Heneker, M.St ses, M.Blackdock et maints autres anquent pas de venir habiter quel- -crmaines chaque année leurs somp- es villas, T.oreque d\u2019aunssi honora- | hôtes s\u2019inatalleni dans un coin de 2 agne c'est la consécration définitive x -v lieu en temps qu'endroit \u201ca la : *\", oll il est de bon ton d\u2019allcr.Ol allez-vous cet été! \\ Sainte-Anne de Bellevue.TI LÀ soie 14.+ i | LL / ¢ od 1 ot ! 8 =i - 4 i wos.form aya Le as : a 3 pr q BE : -\"w W A J Msi i \"TH Ie ap | ( hd r Nous sortons du presbytère ayant eu le plaisir de constater une fois de plus, combien grande est la courtoisie, l\u2019affabilité et aussi combien profonde est l\u2019érudition chez les serviteurs de Dieu, et avec quelle discrétion ils savent dissimuler leurs plus éminentes qualités, sous la modeste robe noire de l\u2019humnble desservant.Un mot eur les deux maisons d\u2019éducation ou la jeunesse de Saïnte-Anne re- ¢oit tous les jours les bienfaits d\u2019une ins- me truction soignée, grice aux efforts éclai- 0 rés des Frères de l\u2019instruction chrétienne, st des Soeurs de In Congrégation de Notre-Dame.La maison des Frères de l\u2019instruction chrétienne fut construite en 1896 par les commissaires d'école et confiée aux Frères de l'instruction chrétienne qui la dirigent avec toute l\u2019autorité et la science dont ils sont capables, c\u2019est dire que leurs jounee élèves sont confiés à de bonnes ; Oh! très bien, félicitations, vous êtes tuts le mouvement, Le presbytère.mains (La suite à la page 1866) \u2014 \u2014 A SS a Sl tis lh ie grind il Se ja ei pe a TT 1546 La prédication du carême à Montréal A ST-JACQUES E dimanche-là \u2014 25 mars 1906 \u2014 un soleil radieux répandait À profusion ses rayons dorés sur los neiges salies de nos grandes rues, et leu gens, À la descente du tramway, pataugeaient À qui mieux mieux, À Montréal, on parle beaucoup d'hygiène, mais nos rues sont dans un état.Ce qui n'empêchait pas pourtant qu'ils étaient nombreux les paroissiens et autres qui se prossaient aux portes de la belle église Saint-Jucques, coin des rues Saiut-Denis et Sainte-Catherine.On venait entendre le Père Grolleau, dominicain, qui prèche la station du carême.La grande nef, les nefs des transepts, les galeries des jubés, tout se remplissait, quand les enfants de choeur firent leur entrée, cependant que les sept grosses lampes du sanctuaire, dont on venait peut- être de visiter les feux, se balançaient lentement au bout de leurs longues cordes, descendant de la voûte très haute.En les regardant.ces lampes d\u2019or, où brille la flamme symbolique, je pensais à celle que j'ai vu se balancer aussi dans la cathédr.le de Pise, cette lampe fameuse dont le mouvement majestueux donna jadis à Galilée l'idée du \u201c pendule \u201d.Tout se ressemble ici-bas, et l'association des idées joue un grand rôle dans une vie humaine.La messe commence.et pendant que là-haut.au jubé des orgues, des voix d'hommes très belles alternent avec eclles d\u2019une \u201c maîtrise \u201d d\u2019enfants bien exercés pour le chant du Kyrie et celui du Gloria.les yeux des étrangers cherchent, dans cette vaste foule.les figures connues.On est souvent distrait à l\u2019église et, tout en ayant l\u2019intention de prier, on s\u2019oublie parfois.Honni soit qui mal y pense ! x + + Après l'Evangile et sitôt que M.le curé Charrier a fini ses \u201cannonces \u201d, voici le Père Grolleau qui monte en chaire.Son costume ne le dirait pas qu\u2019on s\u2019apercevrait bientôt qu\u2019il est le frère des prédicateurs de Notre- Dame et de la Cathédrale.On sent très vite, chez lui comme chez ses illustres confrères, que la formation dominicaine a cultivé un beau talent.une *magination puissante et un coeur délicat.Le révérend Père a pris romme thème de son \u201c carême \u201d le sujet très pratique pour la vie chrétienne que sont les sacrements.Aujourd'hui, il en est au mariage.et.il semble.en un sens, que ce sujet convient au jour de l\u2019Annon- riation, puisqu\u2019aussi bien c\u2019est au moment de Ja visite de l\u2019ange à Marie.à Nazareth.que se sont ae- romplies les noces mystiques de la divinité avec l'humanité, de l\u2019Esprit-Saint avec la modeste Vierge, selon cette parole de Gabriel: \u201c Virtus altissimi obumbrabit tihi \u2014 1a vertu du Très-Hant vous couvrira de son ombre \u201d.* + + Tout d\u2019abord, l\u2019éloquent prédicateur rappelle à res auditeurs que l\u2019harmonie sacramentelle, voulue par le Christ pour la sanctification des hommes, ne s'affirme pas seulement dans la vie privée de Vin- dividu.depuis le Baptême jusqu\u2019à l\u2019Extrême-One- tion.en passant par la Confirmation.la Pénitence et l\u2019Eucharistie.mais qu\u2019elle est établie encore pour les deux grands besoins de la société humaine: celui de se perpétuer d\u2019Âge en âge \u2014 «est le mariage \u2014 et celui da se diriger selon l\u2019action de Dieu À travers tone lee âges \u2014 cest l'Ordre.* + + Te mariage chrétien! sujet délicat et difficile À traiter devant un auditoire si mêlé: mais aussi sujet pratique et nécessaire.TI faut à Porateur sacré une science très sûre pour ne pas s\u2019arrêter à des généralités banales et, comme on dit aujourd\u2019hui.beaucoun de doigté, pour parler franc sans froisser les oreilles fines.Te Pâre Grollean n\u2019est pas en peine.MN nous rapporte d\u2019abord l\u2019Apisode biblique, ai charmant.du mariage de Tohie.Puis il continue : \u201c Au vingtième sièrle.de même qu\u2019aux temps hi- bliques, aux jours de Tobie, ils descendent encore du ciel, les anges messagers charmants des unions prédestinées.Providence invisible, île conduisent doucement les jennes hommes aux épouses que Dieu n choisies pour eux.\u201cTous deux alors, aux pieds des autels, ils viennent s\u2019unir indissolublement Pun à l\u2019autre par des liens sacrés.De cette union, l\u2019harmonieux signe sensible, c\u2019est la consentement mutuel d\u2019une donation récinroque et totale exprimée à haute ct intelligible voix par un mot simple, court, net et franc.Te mot: oui.Et en même temps que les deux coeurs se transversent l\u2019un dans l\u2019autre.les deux mains droites se joignent sous la bénédiction du représentant de PEglise, ot l'anneau d\u2019or enserre à jamnis ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 ces deux vies matérielles, spirituelles et religieuses.\u201c Par sa grâce, Dieu vient sanctifier ce mariage.L'Eglise le bénit, et mélant ses sourires aux sourires des époux, ses joies à leur joie, elle exulte d\u2019allé- grosse dans les gais carillons de ses cloches et dans lou joyoux accords de ses marches nuptiales.\u201d + ow Et les quarts d'heure s\u2019envolent avec une étounan- te rapidité, à écouter la parole chaude et abondante du savant dominicain.Bien des coeurs sans doute so retrouvent aux jours trop tôt passés, où, il y a dix ans, vingt ans ou quarante ans, il so disait pour eux, \u201cce mot simple, court, net et franc\u201d.Ilélas! aujourd'hui, disaient-ils * oui \u201d encore ?S'il y avait un noviciat pour le mariage, disait équivalemment saint François de Sales,\u2026 il y aurait moins de \u201c profès \u201d que de * novices \u201d.+ + Mais le mariage est indissoluble, écoutez encore le prédicateur de Snint-Jacques : \u201c Cette harmonie des coeurs.si belle aux jours des noces, elle doit durer toute la vie conjugale, car sans elle c\u2019est le désaccord, la désunion, la séparation, le divorce, \u201d Le divorce! oh! comme le Père fustige à bon droit ce terrible fléau de nos sociétés modernes.Comme il trouve des accents superbes pour en appeler au bon sens en même temps qu\u2019au sens chrétien de ses fidèles auditeurs.Sans doute, la vie conjugale apporte ses mécomptes, et les illusions palpitantes des premiers jours finissent par tomber; mais c\u2019est ici qu\u2019il faut comprendre ce que c\u2019est que la grâce sacramentelle.Elle donne aux époux chrétiens, explique le Père, les trois vertus dont ils ont besoin pour se supporter mutuellement \u2014 \u201cles trois notes, dit-il poétiquement, qui forment l\u2019accord parfait de in vie de famille \u201d, \u201cA la base, la patience.Plus haut, la bienveillance.Enfin, an sommet.diadème au front, \"amour chrétien.\u201d Et ici Porateur a une magnifique enovlée pour chanter cet \u201camour \u201d, dont on profane si souvent la dignité, mais qui n\u2019en reste pas moins \u2014 surtout s\u2019il cest chrétien \u2014 le noeud mystérieux qui enchaîne les vies avec les coeurs.\u201c Amour en Dieu et pour Dieu, disait-il, amour qui ne change pas, parce que Dieu, lui.ne change pas; amour qui augmente avec les maladies, les infirmités, la vieillesse; amour qui donne sa vie goutte à goutte, parce que la plus grande marque d\u2019amour, c\u2019est de mourir pour ceux qu\u2019on aime.\u201d * x + Pour finir.ce fut encore un souvenir des Saintes Feritures que le savant Pare rappela.Au début il avait évoqué le mariage de Tobie.Fn péroraison, il s\u2019arrêta aux noces de Cana.avec Marie et avec Jésus, TI souhaita, pour l\u2019honneur de la société et le bonheur légitime des individus, que toujours la grâce du Sacrement change l\u2019eau des sentiments purement humains en ce vin généreux autant que mystérieux qui a nom: \u201cl\u2019amour chrétien \u201d.JEAN CANADIEN.Le parler canadien le parler canadien ! C'est dans le \u201cBulletin du parler francais au Canada \u201d, que je relève sette expression.Elle prétend désigner la langue pure, homogène et régulière actuellement parlée par les Français d\u2019Amérique.Qui done, il y a cinquante ou même vingt ans, eut osé parler d\u2019autre chose parmi nous que de langue française, sans se faire glorieusement couvrir de horions et évoquer le fantôme de je ne sais quel jargon hybride et barbare?On ne sait plus le nombre des choses avee lesquelles le temps, ce grand pacificateur, nous réconcilie ct nous familiarise, Telle innovation qui d\u2019abord avait fait se cabrer, entre progressivement dans l'intelligence publique, et l\u2019on ne parle plus de l\u2019opposition ancienne que comme d\u2019une anecdote qui attesterait une fois de plus, s\u2019il en était bosoin, les fluctuations de cette chore immuable qui s\u2019appelle l'esprit des hommes.S\u2019il n\u2019était si téméraire d'oser prédire dans une question grave et chatouilleuse au dernier point, j\u2019oserais prévoir le jour, plutôt prochain, où l\u2019épithète \u201ccanadien\u201d s\u2019imposera pour caractériser sinon quelque chose d\u2019absolument nouveau, du moins un parler qui portera l\u2019effigie particulière et vigoureuse d\u2019un peuple autonome.Une autre non moins grave question reste sans doute à trancher.Faut-il qualifier d\u2019un terme nouveau, une langue restée française dans son génie primitif, et modifiée seulement dans ses tours et dans quelques-unes de ses forines superficielles ou accidentelles?Pourquoi non, si le penple qui la parle ne saurait, être non OX Montréal, 17 av.| 1908 plus confondu avec le type primitif d\u2019où il - originel si cette langue est l\u2019adéquate ©.de son tempérament, de sa mentalité actue, est la forme d\u2019une littérature véritableme: - nalo et aurtout ei le terme, ainsi que du présent, évoque dans l\u2019æprit un concept .bien française?Ceux qui chez nous dans le paseé, franci outrance, ont fait une guerre de corsaire.nadianismes \u201d \u2014 expressions qui pas n: leur incongruité que pour avoir eu le mall néce coloniales s'étaient vu refuser leur on hes Littré, Larousse, et à l\u2019Académie \u2014 at pas l'inconseiente inclination à regarder : d'un peuple comme quelque chose de faut personnel, do rigide et d'immobile qu'elle Y ont-ils vu la production In plus 8pont, peuple, de sa vie, de ses facultés, de son \u201ca une chose dis lors qui ne s'impose pus rieur, que les lettrés ne sauraient créer pyle, dans de doctes travaux de cabinets, s\u2019enfante lentement, dans la patiente élu des siècles et sous l\u2019effort des génératicn- sives créant, pièce par pièce, cette mani subtile et sublime de la vie des aïeux et d\u2019une race?Il est bon de se souvenir dà lors que ps.4 les causes qui concourent À la formation ou à |.od].fication d\u2019une langue, il n\u2019en est pas que de Vins gr de malsaines, qu'il en est de nécessaires et -i.légitimes contre lesquelles il serait vain de ri.ir, et que tout ce qui porte l'empreinte du génie n:t:onal et n\u2019est pas qu\u2019un emprunt mal déguisé où mul inspiré, ne saurait être banni comme un élément inev.ceptable et barbare.Nous ne sommes pas une province de France, L'âme canadienne n\u2019est plus l'âme française.Non sculement nous ne sommes pas le type francais con- tempcrain, mais nous ne sommes même plus Iv type français du dix-septième siècle que représuntaient nos ancêtres.Ie particularisme de notre vie, les influences climatériques, sociales, économiques, religieuses ont profondément modifié chez nous l'ancien tempérament français, en même temps qu'elles nous ¢loignaient et nous éloigneront toujours de plus en plus, du tempéramment actuel.Et done si nous sommes une entité ethnographique réelle, parfaitement individualisée \u2014 ne nous appelons-nous pas quelque fois, non sans quelque pompc.une Nation?(avec une majuscule encore!) \u2014 il va de Foi que nous avons dû mettre à la Jangue ancienne une empreinte en conformité avec les modifications plus ou moins profondes qu\u2019a subies le type primitif.Et alors vouloir empêcher ou vouloir corriger ces manifestations edditionnelles de d\u2019âme canadienne à travers la vieille langue française, « -t se heurter à l'absurde, et c'est vouloir imposer % un It; son slop i elle \u2018atio- vol \u201cNec ts à \"eu.our être eue \u201chs nist Fun Fr?Ni vu qui tion \u2018ces.ton \u201cnie peuple une langue qui n'est pas la sienne et « \u2018il se refusera à parler.La question de fait, du reste, atteste si -am- ment que la langue actuellement parlée par nus- se du peuple des bords du SaintLaurent, loi:.\u2018tre le français moderne, est bien plutôt la lar du dix-septième siècle, si tant est que le langag nos \u201chabitants\u201d ressemble à celui de Louis XIV a coup de nos écrivains de la dernière géu- mn, comme aussi bien nos ainés d'aujourd\u2019hui, nv at tachent-ils pas en droite ligne à la tradi' du grand siècle plutôt qu\u2019à l\u2019école contemp 0! Preuve en est qu\u2019un de nos évêques préci.en France, il y a quelques années, pouvait fair ci un critique qu\u2019on avait cru entendre un év.de l'époque du grand roi.; Même manifestation dans \u201cl\u2019accent\u201d.No + vons pas la ridicule présomption de parler\" + risian french\u201d; mais nous avons un nt bien à nous, moins onctueux peut-être que \"nt parisien, mais d\u2019une phonétique plus uniform ws ferme.plus net, canadien pour tout dire._ Te \u201c canadianisme \u201d doit donc avoir droit ; te dans notre vocabulaire.N\u2019est-ce pas à sa rei.di tation que se consacre notre patriotique \u201c5: Ce du parler français \u201d?Son but n\u2019est-il pas de > ger dans un glossaire, tous les vocables, des 6: res sions caractéristiques de notre idiome, pour l- «1v- dier, en faire connaître la bonne source, en vee.ie?la prononciation ancienne et authentique, et donner un avis judicieux sur leur maintien dans le lansage usuel \u201d?.Et quand Monsieur le directeur de Album ni: verse] soutient que l\u2019Académie française ne saurail être juge des besoins linguistiques de notre peuple, et qu\u2019il prévoit la formation plus ou moins prochar ne d\u2019un tribunal composé de nos professeurs ct d¢ nos lettrés qui déterminera, ce qui doit dans notre parler français, être reçu ou rejeté par le Canadion soucieux de s\u2019exprimer correctement dans la langu fanco-canadienne, à mon humble sens, il ne fait pis seulement office de prophète, il fait oeuvre de pa trioti t de haute raison.riotisme e aute J 1ONEL MONTAL. \\jontréal, 17 avril 1906 «+ N l° n'est qu'en mai que se dessinerout avec pré cision les modes de la saison d'été.D'ici A (rois ou quatre semaines, il n'y a done qu'à des conjectures plus ou moins hasurdées sur ui se porters ou ne se portera pas.Les fêtes de us nous ont permis d\u2019entrevuir quelques gru- os toilettes, mais celles-ci tenaient plutôt du une de demi-saison, qui n\u2019a pas de geure bien mind, les expositions tenues dernièrement ,\u2026 divers magasins de modes de Montréal nous ssi révélé quelques \u201c amours de chapeaux\u201d, chacun sait que les modèles qui figurent aux tions du printemps ne donnent le ton que pour le temps, qu'ils se transforment et se métamor- ent vite au cours de la saison.are, il serait imprudent de se lancer dès ninin- nt dans des prédictions qui pourraient bien - coule est si capricieuse \u2014 ne pas se réaliser.« chose est certaine, cependant, c'est que nos ttes seront abondamment garnies, et que l\u2019uni.o~ simple, ne sera pas en faveur.est une erreur de croire que les modes compli- -, surchargées de garnitures, ne sont pas acces- - aux budgets étroits; par leur variété même.lu multiplicité de leur fantaisie, elles Inissent bien plus grande carrière à l\u2019élégance et pert«ut de choisir, entre mille modèles, celui qui nlira le mieux les conditions auxquelles nous ze notre budget.Au moment où la mode du «ur correet battait son plein, où aucune fantai- \u201ceu distrayait la ligne ni n'en rompait la mo vnie, les femmes qui ne pouvaient avoir recours « vrandes couturières à la coupe en vogue, étaient ves nal mises, suns exception.La couturière en ser, la petite couturière à la journée, ne pou- «nt rendre le cachet inimitable du corrcet tail- ur, Actuellement, quelle est l\u2019ouvrière ai ne suurait coudre les dentelles, fron- \u201c+ les corsages, rucher les rubans, dra- \"les manches, chiffonner les noeuds?~ lle n'est.pas adroite pour une vortai- fantaisie, elle sera plus habile pour - autre; une inerustation cache une JOLIS CORSAGES NOUVEAUX EN TISSUS LÉGERS GARNIS DK DENTELLE, DE BRODERIE KT DE ROUILLONNES.ALBUM UNIVERSEL (Monde lllustré) No 1147 piuee mul faite, un noeud bien piqué dissimule un tuladroit raccord; des volants geutiment étagés allougeront une manche trop courte, un bouton, un noeud draperout un ballon disgrucieux, des enutre- deux, des galons à la jupe modifieront son allure ; des rubans, des plis savamment rajoutés transformeront une jupe courte eu une jupe longue.La mode nous présente dune mille accommod :- ments, ct nous aurions grande ingratitude a nous plaindre de sou luxe.Sans compter que, nous aussi, Nous pouvous contribuer à la décoration de nos toilettes en en confectionnant les garnitures.Les mièvres guirlandes rococo qui firent la joie du coquet XVIe siècle sont en grand honneur pour la décoration de nos toilettes; ces fines guirlandes de roses cn soie à feuillages d\u2019un vert tendre courent ch capricieux enlacements sur nos plastrons de guipure, sur les entre-deux de dentelle, les boléros de broderie, les rubans de soie, les galons d\u2019argent qui ornementent nos robes d'été.Les grands magasins nous offrent à des prix très avantageux ces fantaisies toutes préparées, il ne reste plus qu\u2019à les poser sur l'endroit à décorer.Nous conseillons à nos lectrices de préparer + elles- memes ces motifs de décoration: en essayant d'imiter le plus possible l'aspect de la fleur naturelle, on les fera en taffetis ou en ruban co- mite A picots.Le moindre entre-deux de dentelle semé de ces petites roses coûte environ deux dollars la verge : on voit, par cet aperçu, quelle économie on réalisera en brodant soi-même ces motifs.Ln grande nouveauté est l'éfharpe en mousseline de soie avant environ une verge de large, garnie tout autour de trois plissés étagés en mousseline de soie; une guirlande de fleurs rococo sert de pied aux plissés et court tout autour de l\u2019écharpe.ll est difficile de rêver plus jolie parure d\u2019été.Ces Vere modèles se reproduisent également dans la forme du fichu Marie-Antoinette; on fait toujours beaucoup les écharpes ot les fichus en gazo peinte.Eu vous parlant des travaux de dames appliqués à la mode, il convient de ue pas oublier de vous citer la grande vogue des incrustations au crochet ; cette guipure jouit actuellement de la même faveur que le Cluny, l\u2019Irlande est reléguée au second plan, les guipures se portent surtout teintées.On peut aussi préparer des médaillons, des losanges en linon brodés au plumetis ou de broderie anglaise, que l\u2019on ruchonnera d\u2019une courte Valenciennes; des étoiles en Ténériffe; des bandes de linon rose, ciel, mauve, sur lesquelles on fera courir des guirlandes de broderie rococo.Nous vous avons déjà dit toute la faveur de la broderie chinoise au passé empiétant; cette brode- ric est d'un effet tout nouveau sur nos robes de toile blanche.On la fuit en coton très satiné, reproduisant les fleurs fantaisistes inspirées de cet art chinois ct japonais, auquel notre éducation artistique ne nous a point encore suffisamment préparées.(est dire le succès de ces énormes chrysauthèmes échevelés, des camélias, des roses à tons plats, des aubépines, des lis, qui sont les fleurs les plus connues de ce pays.On ressuscite aussi les anciennes broderies rococo en coton blanc imitant le plumetis.Je ne sais s\u2019il vous est arrivé parfois d\u2019admirer des broderies anciennes sur linon; vous vous extasiiez devant la finesse de la broderie au plumetis et, en regardant de plus près, en soulevant les pétales avec une aiguille, vous vous aperceviez que cette broderic que vous preniez pour du plumetis n\u2019était que du rococo admirablement régulier obtenu non à l\u2019aide d\u2019un fin ruban, mais en enroulant le coton cinq ou six fois sur l\u2019aiguille.C\u2019est ce genre de travail que l\u2019on essaie de copier, et auquel on initie quelques adroites ouvrières.Plus encore que la mode des toilettes, lu mode des chapeaux est fantaisiste et laisse toute latitude & notre coquette fantaisie.Capeline a longues ailes, chapeau tromblon à calotte ronde, toquet minuscule, nous font parcourir toute la gamme des modes oscillant entre Louis XITI et le Second Empire.D'ailleurs, plus que jamais la modiste ne s'en rapporte pas au talent du fabricant; clle fait sa forme elle-même suivant la figure, la forme de tête de sa cliente.Que l\u2019on s'étonne après cela de la variété des façons et des coiffures ! Autrefois, le fabricant donnait le mot d'ordre à la mede en créant une dizaine de modèles ; actuellement, ce qu\u2019il vend surtout, c\u2019est la paille à la verge que les ouvrières cousent sur les formes en laiton.Je plains sincèrement ceux qui, dans un siècle d'iei, se hasarderont à faire l\u2019histoire du costume à notre époque; jamais ils ne se retrouveront en ce dédale.Quant à nous, ne nous plaignons pas de cette variété, parmi laquelle il nous est loisible de pêcher tant de jolies choses.\u2019 Est-il plus coquette garniture que ces fonds en mousse, où nichent de petites roses qui forment la ealotte de nos chapeaux?Et ces aigrettes de roses géantes qui se dressent à leur côté, sont-elles assez fraîches ct délicieuses Ÿ Ces nouveautés sont deux des plus heureuses créations de la saison, aussi je ne m'étonne pas du succès fou qui les a accueillies.On fait aussi beaucoup le tromblon en paille crin noir avec drapé en ruban pékin noir et blanc, s\u2019élançant en un noeud aigrette, duquel émerge une énorme rose oscillant sur sa frêle tige de laiton ; uno rose et un noeud similaires retombent en arrière sur le chignon.On n\u2019ose se plaindre du tulle, si léger, si joli, si coquettement féminin.Mais, vraiment, il y en.a profusion: ruches choux, aigrettes en tulle de toutes nuances foisonnent sur les légers chapeaux en crin.Garniture aussi vaporeuse qu\u2019éphémère, et quo nous n\u2019oserions conseiller aux femmes économes; il sera plus sage de la remplacer par du ruban de taffetas de belle qualité, dont la solidité à toute épreuve défie les soleils et les poussières de l\u2019été.On porte beaucoup de mauve et de violet et, en particulier, une certaine nuance dite \u201c minuit \u201d rappelant la teinte héliotrope. xX erent merrell Whe ali FREY Ri ae oo aE Sr OS WA TT wa: a a RAS Fan =: Temes LW =.= 2 ake.| 1550 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 Montréal, 17 avril 108 VEC le cosmopolisme qui envahit chaque jour A davantage ce pays, disparaissent dans nos grands centres certaines traditions, certains Usages, certaines coutumes, qui naguère furent bien chers À nos pères.Fort heureusement, dans nos campagnes ces us ct coutumes n'ont pas encore disparu À jamais, et c'est là que tout bon Canadien doit aller les chercher, lorsqu'il veut retremper son cour daus un patriotisme de bon aloi.Car, ce n'est pas en ville, bien sûr, que tout le monde peut prendre part aux joyeuses fêtes, bien locales, que procurent: et la récolte d'une sucrerie et une * épluchette de blé-d'inde \u201d, par exemple.Aujourd'hui, si vous le voulez bien, puisque c'est de saison, nous causerons a la bonne franquette de la façon dont se fait le sucre d'érable au Canada, «t, pour que la couleur locale de l'ancien temps ne NOUS fasse pas défaut, permettez-nous, chers lecteurs, de citer ici quelques pages, un peu trop oubliées, du \u201c Jean Rivard \u201d de A.Gérin-Lajoie, qui, en poète.sut considérer une des plus grandes ressources naturelles de son pays.\u201cA l'une des extrémités de la propriété de Jean Rivard se trouvait, dans un rayon peu étendu, un bosquet d'environ deux cents érables; il avait dès le commencement résolu d\u2019y établir une sucrerie.\u201c Au lieu d'immoler sous les coups de la hache ces superbes vétérans de la forêt, il valait mieux, disait Le repas des sucriers.Pierre, les faire prisonniers et on tirer la plus forte rançon possible, * Nos défricheurs improvisérent done au beau mi- licu du bosquet une petite cabane temporaire, et après quelques jours employés à compléter leur assortiment de * goudrelles \u201d ou \u201c goudilles \u201d, d'auges, \u201c casseaux \u201d et autres vases nécessaires, dont la plus grande partie avaient été préparés durant les longues veillées de l'hiver, tous deux, un bon matin, par un temps clair et un soleil brillant, s\u2019attaquèrent à leurs deux cents érables, \u201cJean Rivard, armé de sa hache, pratiquait une légère entaille dans l'écorce et l'aubier de l\u2019arbre, à trois ou quatre pieds du sol, et Pierre, armé de sa gouge, fichait de suite au-dessous de l\u2019entaille la petite goudrelle de bois, de manière à ce qu\u2019elle pût recevoir l\u2019eau sucrée suintant de l\u2019arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l\u2019auge placé directement au-dessous.L'arrivée à la cabane à sucre de la tonne d'eau d'érable Jeune Canadien buvant de l'eau d'érable.\u201c Dès les pramiers jours, la température étant favorable à l\u2019écoulement de la sève, nos défricheurs purent en recueillir assez pour faire une bonne \u201c brâssée \u201d de sucre.Ce fut un jour de réjouissance.La chaudière, lavée, fut suspendue à la crémaillère, sur un grand feu alimenté par des écluts de cèdre, puis remplie aux trois-quarts de l'eau d'érable destinée à être transformée en sucre.Il ne s'agissait que d'entretenir le feu jusqu'à parfaite ébullition du liquide, d'ajouter de temps en temps à la sève déjà bouillonnante quelques \u201cNos défricheurs-sucriers durent se cout - pour cette promière année, d\u2019un pique-nique à d.mais il va sans dire que Pierre Gagnon fyi | seul gai comme quatre, \u201c Cependant, la chaudière continuait à bou.Et de la densité suivant les promptes lois, Las nève qui naguère était nu sein du bois Kn un sucre solide a change va substance, Pierre Gagnon s\u2019apergut, aux granulations du rup, quo l\u2019opération était à sa fin, et il annougu , un hourra qui retentit dans toute la forêt, qu sucre était cuit ! La chaudière fut aussitôt en: du brasier et déposée sur des branches de sapin on la laissa refroidir lontement, tout en agitan: .brassant le contenu au moyen d\u2019une palette u \u201c mouvette \u201d de bois; puis le sucre fut vidé dans .moules préparés d\u2019avance.\u201cOn en fit sortir, quelques moments après, | .sieurs beaux pains de sucre, d\u2019un grain pur et clu 1.\u201c Ce résultat fit grandement plaisir à Jean J.vard.Outre qu\u2019il était assez friand de sucre d'c\u2026 ble, \u2014 défaut partagé d\u2019ailleurs par un grand nombre de jolies bouches, \u2014 il éprouvait une satisf.tion d'un tout autre genre: il se trouvait, à compur de ce jour, au nombre des producteurs nationaux ; il venait d\u2019ajouter à la richesse de son pays, en t: rant du sein des arbres un objet d'utilité publique, qui, sans son travail, y serait resté enfoui.C'élait peut-être la plus douce satisfaction qu\u2019il eût ressun- tie depuis son arrivée dans la forêt.Il regardait ses beaux pains de sucre avec plus de complaisance que n\u2019en met le marchand à contempler les rich - étoffes étalées sur les tablettes de sa boutique.\u201cDu moment que Jean Rivard fut en état de = charger de la surveillance de la chaudière, Pivrr- Gagnon consacrait la plus grande partie de son temps à courir d'érable en érable pour recucillir gallons de sève nouvelle, de veiller enfin, avec une attention continue, aux progrès de l'opération : tâche facile et douce pour nos rudes travailleurs.\u201cCe fut d'abord Pierre Gagnon qui se chargea de ces soins, ayant à initier son jeune maître à tous les détails de l'intéressante industrie.Aucune des phases de l'opération ne passa inaperçue.Au bout de quelques heures, Pierre Gagnon allant plonger dans la chaudière une écuelle de bois, vint avec sa gaieté ordinaire la présenter à Jean Ri- vard, l\u2019invitant à se faire une \u201ctrempette\u201d, en y émiettant du pain, invitation que ce dernier se garda bien de refuser.\u201c Pendant que nos deux sucriers savouraient ainsi leur \u201ctrempette\u201d.la chaudière continuait à bouillir, et l'eau s\u2019épaississait à vue d\u2019oeil.Bientôt Pierre Gagnon, y plongeant de nouveau sa \u201c micouenne \u201d, l\u2019en retira remplie d\u2019un sirop doré presqu\u2019aussi épais que le miel.\u201c Puis, vint le tour de la \u201ctire\u201d.Notre homme, prenant un lit de neige, en couvrit la surface d\u2019une couche de ce sirop devenu presque solide, et qui, en se refroidissant, forme la délicieuse sucrerie que les Canadiens ont baptisée du nom de \u201ctire\u201d (*); sucrerie d\u2019un goût beaucoup plus fin et plus délicat que celle qui se fabrique avec le sirop de canne ordinaire.\u201cLa fabrication de la tire, qui s\u2019accomplit au moyen de la manipulation de ce sirop refroidi, est presque invariablement une occasion de réjouissance.On badine, on folâtre, on y chante, on y rit, La gaieté fait sortir les bons mots de , esprit.\u201cC\u2019est à l\u2019époque de la Sainte- Catherine, et durant la saison du sucre, dans les fêtes qui se donnent aux sucreries situées dans le voisinage des villes ou des villages, que le sirop se \u201c tire \u201d ou \u201c s\u2019étire \u201d avec le plus d\u2019entrain et de gaieté.La récolte de l'eau d'érable.l\u2019eau qui découlait chaque jour dans les auges.\u2018 tait une rude besogne dans une sucrerie non enc organisée et où tous les transports devaient faire à bras.\u201cPierre, cependant, s\u2019acquittait de cette tac avec sa gaieté ordinaire, et c\u2019était souvent au n- ment où son maître le croyait épuisé de fatigue qu - l\u2019amusait le plus par ses propos comiques et ses r: res à gorge déployée.\u201c Au bout d'une semaine, tous deux #\u2019acquittaicu! de leurs tâches respectives avec assez de promptitude; ils pouvaient même y mettre une espèce de nonchalance, et jouir de certains moments de loisir qu\u2019ils passaient à chasser l\u2019écureuil ou la perdrix ou à rêver, au fond de leur cabane, que le soleil ré chauffait de ses rayons printaniere.i Cas- *) Tire, Trempette ou Trempine, Goudrelle ou Goudille, i wero ou Caner ou Bromine, mots destinés comme bent coup d'autres à notre future dictionnaire canadien-france signer bion fallu que Ts pncotres inventament dos mols pour d'éfiqurs shoses qui n'existaient pas 5 wot oxpromf et vivront toujours dans la langue du peuple ee mot micoucune eat tiré du muvage et oat employé fréquem- nt duns les anciens ouv sur le Canad mA ujourd'bui on te ne donne guère de soin pour trouver des Mes francais ; on s'empresse d'adopter les mots anglais Qt prétendre que c'est une amélioration t Montréal, 17 avril 1006 La chaudière où se fuit l'évaporation de l'eau d'érable .était la façon dont procédaient nos grands- «lors que le progrès n\u2019avait pas encore pous- pointe jusqu\u2019au fond des solitudes de .un l'avouera, n\u2019était plus simple que l\u2019indus- y an cru où : gouges, goudrelles, auges, casseaux, un \u2018tes, suffisaient à une exploitation élémen- va \u2026 chargée de fournir aux tables canadiennes le ps iclectable des sucres et des sirops connus.= en était ainsi à l\u2019époque dont nous parlons, « .l faut bien l\u2019avouer, que la majeure partie de ui \u201cnabitants\u201d faisaient pour leur propre usage le an dont ils régalaient leur maisonnée.* «is n'avions alors, au Canada, ni des milliers 4 Îles de voies ferrées, ni les bateaux à vapeur a HMonnent maintenant nos cours d\u2019eau.I -ment le villageois se rendait soit à Québec, =.+ Montréal, se contentant de vivre à l'ombre sun clocher qui, bien souvent, avait assisté en témoin aimé au bonheur auquel il pouvait prétendre cn + monde, On comprend done que nos vieux pères ne se sou- vas: guère de trafiquer au loin le produit de hnr- -ucreries, surtout lorsqu'elles étaient petites.D.nos jours, il n\u2019en va plus ainsi, avec nos nom- sms Voies de communications, et des services vilÿe< nussi rapides qu'assurés.L'habitant, dès Jif a plus de suere qu'il ne lui en faut, s\u2019empresse |! \\Apédier sur les marchés des grandes villes.| rait-il autant qu\u2019il le pourrait?Nous en dou- 4 Fn tout cas, le printemps venu, le sucre d\u2019éra- \u201cant aimé de nos gens, abonde sur les étaux de aurehés, et les comptoirs de nos épicerics.{ \u2026.autant que jamais nos gens aiment le suere uv \\ 1- connaissez sans doute l'histoire qui veut iu Moka\u201d produise des millions de sacs de café pur +, tandis qu\u2019en réalité ce district de l\u2019Arabie \u201cournit guère plus de 8,000 sacs.| \u2014 Un peu ce qui se produit à l'égard du sucre F4 que des marchands peu serupuleux falsi- 7 .avamment, sur une grande échelle.palais canadiens, il est vrai, reconnaissent i mtement la fraude, et les susdits marchands \u201c1 quitte pour vendre leurs produits a des Cana -\u2026 d'à côté ! 11 faut croire, cependant, qu'il : uvoup de ces derniers, puisqu\u2019il se vend cha- née énormément de sucre d\u2019érable, vrai \u2026 ; .> | py Po AI Mil 8 ec = a.M : Nh + ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 Il y a un moment, nous avous laissé entendre que le progrès \u2018avait pénétré dans 1108 campagnes ; rien n\u2019est plus exact, et, s\u2019il en a enlevé un peu de pittoresque, remar- quous, d\u2019autre part, qu\u2019il les u dotées de quelque confort, spécialement eu ce qui coucer- ne la fabrication du sucre d\u2019érable.yr Teuez, il fait beau, la nuit 13 dernière une blanche gelée ne d\u2019avril, à laquelle succède un ES brillant soleil, a fait travailler la sève au coeur des vieux érables.Venez, nous allons la voir couler.Puis, grâce à l\u2019industrie d'un brave ami, nous verrons la dite sève se transformer en de succulents cristaux.C\u2019est à Saint-Hilaire de Rouville, à vingt-trois milles à peine de Montréal, que nous allons, chez M.J.Déry, propriétaire d\u2019une jolie forêt qui compte plus de trois mille érables.Nous sommes arrivés Une mince couche de neige recouvre encore le sol; sur le ciel, bleu d\u2019azur, se profilent les silhouettes de la futaie prête à revivre.D\u2019arbre en arbre, la hache à la main, le vilebrequin à l\u2019épaule, s\u2019en vont de beaux grands gars, en quête des arbres à mettre en perce.Un traîneau les suit, tout chargé de seaux en ferblanc étincelant, ils serviront, ces seaux, à recueillir la sève qui coulera aujourd\u2019hui, dès qu\u2019une goudrelle très moderne aura été mise en place.Et les gars de chanter à tue- tête, et les vilebrequins de faire leurs blessures, et la sève de couler abondamment.Certes, le profane qui, n\u2019y entendant rien, assisterait aux premières opérations d'un sucrier, se récrierait, quitte à faire quelques moments après d'humbles excuses, lorsqu'il se trouverait en présence d'une \u201ctrempette \u201d digne de Gargantua, ou d'oeufs frits dans le sirop bouillaut du sucre d'érable.Or done, voiët les seaux presque pleins de sève, \u2014 à ln goûter, cette sève ne dit rien qui vaille, \u2014 que l'on vide dans une tonne, laquelle, une fois pleine, s'en ira vers la * cabane à sucre \u201d seul laboratoire que connaisse \u201c l\u2019habitant\u201d.Depuis quelques années, et principalement quand l\u2019érablière est considérable, l\u2019outillage de la cabane à sucre s\u2019est sensiblement amélioré, nous assure M.Déry, dont nous sommes les hôtes.Peu à peu, les goudrelles d\u2019antan, en bois, taillées durant l'hiver au coin du feu, ont été remplacées par des goudrelles métalliques, très perfectionnées, inoxydables, inusables, de forme conique, bref, par de parfaites goudrelles.Quant aux auges et casseaux, ils ont fait place aux seaux de ferblane galvanisé.\u2014 C\u2019est prosalque, peut-être, mais les choses n\u2019en vont pas plus mal, et le sucre n\u2019en est pas moins Un groupe de villageois se livrant à la fabrication du sucre bon.En revanche, la production de celui-ci est peut-être plus grande que jadis, vu la sollicitude dont on fait montre depuis quelques années en faveur de la culture de l\u2019érable.Quand la sève est arrivée à la cabane, on la verse dans une première chaudière, où le liquide commence à s\u2019évaporer.La partie la plus dense passe ensuite dans une seconde chaudière, également chauffée, puis.par transvasement automatique, dans une troisième, quatrième chaudière, jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin le sirop ait atteint la densité voulue.Ensuite, par refroidissement, on obtiendra de délicieux cristaux de sucre, que l\u2019on moulera À sa guise.Notons, en passant, qu\u2019il 1581 faut environ quatre gallons d'eau d\u2019érable pour faire une livre de sucre, soit environ de 27 à 40 gallons d'eau d'érable pour faire un gallon de sirop.Tenant compte, bien entendu, que la qualité de la sève dépend de l\u2019exposition des arbres et de lu localité où ils se trouvent.En somme, s\u2019il y a vigne et vigne, il y à aussi érable.et érable.Cea érables, nous disent les traités de botanique, sont des arbres des régions tempérées de l\u2019hémisphère nord, à feuilles opposées, lobées, palmées, À fleurs polygames, paraissant généralement avant les feuilles; leur fruit est un disamare; il contient un sucre aqueux et sucré, quelquefois laiteux.Leur buis trop sensible aux variations hygrométriques, ost impropre aux graudes constructions, mais utilisé pour l\u2019ébénisterie, le tournage, le charonnage, la boissellerie, ete, Ou connaît plus de quatre-vingts espèces d\u2019érables, dont cing vivent en Europe, tel, par exemple, l\u2019érable sycomore ou faux platane à feuilles vertes en dessus, blanches en dessous.C'est, croyous-nous, ce qu\u2019on appelle au Canada le \u201c plaine \u201d; cet arbre est robuste, sa croissance assez rapide, et il fournit de bon bois de chauffage.Ses fleurs procurent beaucoup de miel aux abeilles.Ie platane ou faux sycomore, si connu dans les régions tempérées, appartient à la famille des érables.Il résiste moins au froid, cependant, que l'érable sycomore, dont nous venons de parler.Les feuilles du platane sont vertes sur les deux faces, et contiennent un sue laiteux âcre et d\u2019un goût désagréable.Parmi les espèces les plus connues de l\u2019érable, il faut citer aussi le petit érable champêtre que l\u2019on trouve aux Etats-Unis et dans l\u2019Europe centrale ; et aussi l\u2019érable à feuilles d\u2019aubier d\u2019Espagne.En Amérique du Nord, et surtout au Canada, La cabune à sucre a prospère l\u2019érable à sucre qui nous donne le sujet de «et article.L'\u2019érable à sucre fournit une sève limpide qui, chauffée et brassée pour éviter la caramélisation, laisse, comme nous l'avons dit, cristalliser un sucre de saccharose de saveur un peu herbacée, mais quand même très aimé chez nous par grands et petits.En Virginie, il existe aussi une variété d\u2019érables, dits érables rouges, qui fournissent un sucre d\u2019une saveur presque aussi agréable que celle du sucre de nos érables.Jadis le bois de l\u2019érable rouge de Virginie était employé aux mêmes usages qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019acajou.L\u2019érable est un \u2018arbre d\u2019ornement très recherché, surtout l\u2019érable à feuille de frêne, dit: \u201c ace negun- do\u201d.Il n\u2019empêche que nous préférions le généreux érable à sucre, lequel est une des richesses naturelles du Canada, mise à notre disposition par une Providence qui prévient les besoins de l\u2019homme partout où il porte ses pas.Nous nous faisions ces réflexions tandis que, dans la cabane à sucre de M.Déry, chauffée par un pétillant feu de bois, la sève bouillonnait, émettant des vapeurs caractéristiques dont le parfum est inoubliable pour les amateurs qui, comme nous, la hument par une belle matinée d'avril.Et le maître de céans de nous tirer de notre rêverie, pour nous montrer: le sucre, la tire et le sirop tout frais, qui tentaient notre appétit, disons le mot, notre gourmandise.Voilà, c\u2019est fait, délectez-vous mesdames et messieurs, jusqu\u2019à l\u2019avril prochain.L'eau des environs est si limpide, l\u2019air est si pur, que les indigestions ne sont pas à redouter, et c\u2019est sans crainte que vous pouvez y aller de bon coeur, pour vous régaler de \u201c trempettes \u201d, d\u2019oeufs frits au sirop, et\u2026 de sucre d\u2019érable.3 \" - Bu 1566 ALBUM UNIVERSEI (Monde [llustré) No 1147 Montréal, 17 avril 1904 Bien chante aS \u2014 Bien chante JR, ~~ Ke ee \u2014 \u2014\u2014\u2014 $y 3 a PL ff 58 Montréal, 17 avril 1906 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 1807 à Jr Jr iL JF m5 + .AE -\u2014\u2014 = rN n - 1588 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 Montréal, 17 avril 1904 | Marche d'Idoménée (6) Par Mozart hr 11.NO es reps \u201c ty 00 0 re h tn by 2 Ea 5 p_ (res P= (reg > .+.0 .pes +- 5 tr Ir J BIN pr 0 2173 fH ss cres ° » d 45 res p dule fn Montréal, 17 avril 1906 (Suite) « noble châtelain avança en faisant des \u201cjetés\u201d ;s \u201cbattus\u201d de menuet\u2026 une \u201c pirouette perlée \u201d ona jusqu'aux larges pieds de sa puissante lé, Kh! bien, ma mie! sommes-nous prêts ! mur- : le gracieux époux avec un grasseyement ado- + \u201cmie\u201d n'eut garde de répondre, elle était en .de s\u20196vanouir; pour pâlir un peu, elle retenait haleine à se rompre un poumon, ais apparemment le marquis connaissait à fond rt et le faible de la marquise, car il exécuta un -sant pus de côté qui l\u2019entraîna \u201c allegro \u201d hors -alon, Je cours au-devant de nos illustres visiteurs, -nura-t-il d\u2019une voix de colombe ; ne vous ou- pas, Théodelinde adorée, ne.vous.ou.bli.pas.Rustre! imbécile! sapajou! rugit la châtelaine ~ntendant s\u2019éloigner, monstre insensible et dur! n d'une faible femme ! va-t\u2019en | puisses-tu ne revenir ! \u2018t Penvie de fondre en larmes ou de prendre une mue de nerfs lui vint aussitôt: mais elle caleula \u2018rieusement que le temps lui manquerait pour 1: elle préféra donc déguster tout doucettement sorbet vanillé, tout en amassant dans son coeur trésor de colère contre \u201cle tyran époux \u201d.Enfin, il lui parut essentiel de sommeiller un peu; qu'elle fit aprèe avoir expédié d\u2019un coup de pied ««rillons et négresses.Bientôt un coup de canon tiré en mer, l\u2019explosion line boîte d\u2019artifice, immédiatement suivie de cris \u2026-rçants, la réveillèrent en sursaut : -Ah! voilà le signal annonçant l\u2019arrivée du com- vudore, dit-elle en se frottant les yeux avec ses eros poings fermés.Puis, comme les cris continuaient dans la cour : Qu'est-ce que ces criailleries 7.Encore un \"vrre avarié! bien sûr, ces êtres-là veulent me rui- \u201cr! Barkum! Barkum! pourquoi crient-ils là-bas?Matame la marguisse, il être Chupiter qui affre uloir faire détonner la poite.un éclat lui affre + fé un oeil et téchiré la bouche.Qu'on lui mette un bâillon trempé dans de l\u2019eau du sel et qu\u2019on l\u2019emmène; pas de hurlements ici.Matame la marguisse.parton, mais!.Eh! bien, quoit.La plessure il est trés crafe.S'il est blessé à mort, qu\u2019on l\u2019achève et qu\u2019on \u2018+ cette nuit au \u201c Trou d\u2019Enfer\u201d.(1) à l'atroce mégère descendit lestement l\u2019esculier, arant le sourire avec lequel elle allait recevoir -asion anglaise.Animaux stupides et vicieux! grommelait-elle ~\u2018glant une boucle de cheveux par-ci, un ruban \u2018à ; ils se détruisent exprès, je crois, pour se :vr de ne pouvoir nous détruire.voilà dix-huit - livres jetées à la mer.Ah ! miséricorde! il étre serré avec ces êtres-là.à l'avenir on les \u2018tera régulièrement matin et soir pour les punir dégoûter de ce genre d\u2019accident\u2026 Ciel! con- -telle en se regardant à une glace, je me suis u la lèvre, elle saigne.ah ! méchante race ! «Île me mettre en des états pareils ! nt en devisant ainsi, se pomponnant, s'inondant .de senteurs, la noble châtelaine arriva sur le \u20181 au moment où se présentaient le commodore .le colonel Whitelocke et leur état-major.furent d\u2019interminables révérences échangées rt et d\u2019autre ; les présentations furent faites lo NOTE \u2014 Nous prions nos lecteurs de ne \u2018néraliser dans un sens trop odieux les traits rharie que l'auteur, pour être historien fidèle.* reproduire dans son récit.\u2014 La révolution de -Domingue \u2018a été provoquée par les horribles de la population blanche; les esclaves se sont par d\u2019autres excès.voilà l\u2019histoire.\u2014 Tei, verra par la suite, aucune classe de la société mise en accusation; l\u2019odieux des faits doit se ntrér sur les seuls individus auxquels ils sont tés.\u2014 Du reste, le lecteur sa convaincra tout \u201cwre, et il a déjà pressenti que tous ces types \u201cis ignobles, révoltants, ont été reproduits d\u2019alt nature, et appartiennent à des personnages Is.< dont le moindre vice était d\u2019avoir vécu tou- JUurs en aventuriers, en criminels, et d\u2019être, en tout Pars, le rebut de la société.ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 FruiLLeron pu L'AunUx Univærent La guerre noire Par J.B.D'AURIAO avec toute la cérémonie voulue, et on se rendit aussitôt à la salle où était servie une collation qui pouvait rappeler les noces de Gamache.Bientôt le cliquetis des fourchettes fit place à la conversation: le galant commodore porta un toast à la belle marquise.Celle-ci riposta par un toast à l\u2019Angleterre : \u2014Généreuse nation! dit-elle, qui vient au secours des malheureux blancs, que la France, ingrate patrie, délaisse et abandonne à la fureur des noirs ! À propos, commodore, savez-vous quelques nouvelles de l\u2019insurrection dans le nord et le centre ?Ou dit que le Cap est toujours à feu et à sang.-\u2014C\u2019est terrible, madame la marquise, vraiment terrible : il y a eu, mardi dernier, une rencontre sous les murs de la ville, du côté des îles des Sept- Frères; la milice blanche, au nombre de quatre mille hommes, a été hachée en morceaux; nous avions là quelques hommes en observation, ils n\u2019ont pas agi, car les insurgés étaient trop nombreux ; mais il paraît qu'il s\u2019est commis des atrocités\u2026 \u2014Ah! Seigneur! dites, commodore, dites ! \u2014Oui.les noirs avaient élevé deux chevalets sur lesquels tournait une lance gigantesque; ils ont allumé un feu et fait rôtir plusieurs prisonniers à cette broche infernale.\u2014Brrrrou ! ! fit le marquis.quelle odeur cela devait répandre ! \u2014C'ela est vrai, monsieur le marquis, et, pour se venger, vous allez entendre ce qu\u2019ont imaginé les milices blanches.\u2014Ah! à la bonne lieure, voyons, mon cher commodore.\u2014Eh! bien, madame, ils ont creusé sous les remparts un trou en forme d'entonnoir, l\u2019ont rempli de poudre: ensuite on a lié ensemble avec des cordages une vingtaine de nègres prisonniers, on les a placés sur la mine et on a mis le feu.\u2014Ah! ah! ah!.prodigieux! et\u2026 dites, cher commodore, dites.\u2014T'explosion a lancé tous ces misérables dans l'espace; il est tombé des lambeaux sanglants et noireis jusque dans notre camp.c\u2019est affreux, cela, madame la marquise, ajouta le commodore d\u2019un ton grave.je rougis d\u2019être homme quand je vois de pareils crimes.\u2014Peuh! la chair noire\u2026 il y en aura toujour- trop !.\u2014Parlons d\u2019autre chose, s'il vous plait, Madame.j'ai envoyé le major Spencer à Port-de-Paix; avant d'employer la force, nous avions voulu voir si le général francais Laveaux serait inaccessible à \u201c certaines considérations \u201d.on le dit pauvre et de petite naissance.\u2014Ah! j'entends.fit le marquis avec un geste dédaigneux, vous lui faites un pont d\u2019or.certes, il serait bien sot de ne pas accepter.il acceptera, je vous le dis.ces petites gens n\u2019ont pas de coeur.\u2014Hum! je n\u2019en sais rien, repartit le commodore; le militaire français n\u2019est pas commode à convaincre au moyen de ces arguments-là.En ce moment le galop d\u2019un cheval se fit entendre sous les fenêtres; Barkum se présenta à la porte et avertit le commodore qu'un officier le demandait.Ce dernier descendit immédiatement; au bout de quelques secondes, il reparut.amenant le nouveau venu : \u2014 Madame, dit-il, je vous demande !n permission de vous présenter un de mes meilleurs compagnons d'armes, le major Spencer, qui arrive de Port-de- l\u2019aix, apportant la réponse du général Laveaux.\u2014Vous êtes le bienvenu, major, lui dit gracieusement la marquise.Rafruîchissez-vous, et racontez- nous votre expédition, si le commodore le permet.\u2014 Madame, répondit le major, mon histoire ne sera pas longue.\u2014 En arrivant sous les murs de ln ville, jui envoyé mon trompette avee le drapeau de parlementaire, pour demander une entrevue au général Leveaux.Cela m\u2019a été accordé, mais non sans préliminaires.On a gardé mon trompette prisonnier nux grand\u2019gardes, et on ne m\u2019a introduit dans la place qu\u2019après m'avoir soigneusement bandé les yeux.\u2014 Quand on m\u2019a enlevé le bandeau, j'étais au milieu d\u2019une grande pièce pleine d\u2019officiers.Le général Laveaux m\u2019a poliment demandé l\u2019objet de ma mission : je lui ai remis la lettre du colonel Whitelocke.Il s\u2019est retiré dans une embrasure de fenêtre pour la lire en silence ; après l\u2019avoir parcourue, il a froncé le sourcil et s\u2019est approché de moi.Après m\u2019avoir toisé des pieds à la tête, il ma demandé si je connaissais le contenu de la lettre : je ne pouvais que lui répondre négativement.\u2014 1880 \u201c Cela est heureux, pour vous, Monsieur, m\u2019a-t-il \u201c dit d\u2019une voix émue, car si vous m\u2019eussiez apporté \u201csciemment une telle proposition, je vous aurais \u201cfait pendre immédiatement, entendez-vous!.\u201d Alors, il a réuni ses officiers, et leur a dit : \u201c Mes- \u201c sieurs, voici le message d\u2019un Anglais qui croit que \u201cl\u2019honneur d\u2019un général français est une marchan- \u201c dise qui se vend au rabais.Il me demande en \u201c termes équivoques, si je suis disposé à \u201c vendre \u201d \u201c Port-de-Paix\u2026.que vous en semble 2.\u201d Pour toute réponse, ses auditeurs m\u2019ont regardé avec des yeux enflammés, et chacun a mis la main sur son sabre.\u2014 \u201c Vous comprenez, je pense, la réponse de \u201c ces messieurs, si vous êtes homme de coeur, m\u2019a \u201cdit sévérement le général, \u2014 voici la mienne.\u201d Alors il est allé s\u2019asseoir à la table du coneeil, il a écrit à la hâte quelques mots renfermés dans le pli que j'ai l\u2019honneur de vous remettre, mon commodore.À ces mots, le major Spencer présenta à Ford la dépêche de Laveaux.\u2014-Voyons ce qu\u2019il me dit ; vous permettez, madame la marquise ?\u2014Comment donc?nous vous en prions, sir Ford.\u2014-Oui, ajouta avec malice le marquis, c\u2019est peut- être un \u201c post-scriptum \u201d à la muette réponse de ses officiers.une interprétation avec \u201c variantes à son profit \u201d, Le commodore rompit le cachet en secouant la tête d\u2019un air soucieux, et lut ce qui suit : \u2014\u201c\u2026Vous avez cherché à me déshonorer aux \u201c yeux de mes troupes en me supposant assez vil, \u201c assez lâche, pour abuser d\u2019une manière infâme de \u2018la confiance qu\u2019on a mise en moi ; vous m\u2019avez personnellement offensé, vous me devez raison \u201c d\u2019une pareille injure : si vous avez du coeur, l\u2019hon- \u201c neur vous prescrit votre devoir; il est inutile d\u2019at- \u201ctendre que l\u2019on ex vienne à une action générale; \u201cc\u2019est tête à tête qr« nous devons nous battre, je \u201c vous laisse le choix dés armes, il faut que l\u2019un de \u201c nous deux su-combe.Comme Anglais, vous aviez \u201cdes droits à ma haine, mais non à mon mépris.\u2014 \u201c Générul Leveaux.\u201d (Lettre historique.) \u2014Certes! s\u2019écria le marquis, voilà qui est fort.\".vnment dirai-je?.\u2026.fort.sec.\u2014Pouh ! dit la marquise, c\u2019est la réponse d\u2019un malotru.\u2014Pardon ! répliqua le commodore en repliant lentement la dépéche, c\u2019est la réponse d\u2019un brave, je rougis presque de l'avoir méritée.Il se fit, dans la salle, un moment de silence embarrassé, pendant lequel les convives se communiquèrent à voix basse leurs impressions au sujet de cette noble et fière lettre du général Laveaux.Mais bientôt le commodore, se tournant vers Mme de Jacmel, lui demanda quelques détails sur l\u2019état des esprits dans les paroisses du sud, notamment en ce qui touchait l\u2019invasion anglaise.\u2014Il y a ici et à Léogane un noyau de gens comme nous, nobles, riches et bien pensants, qui appellent le secours anglais de tous leurs voeux ; mais nous ne sommes pas encore bien entendus, répondit la marquise; cependant, nous avons de l\u2019espoir: j'ai entre les mains une liste de vingt Planteurs qui se font nos adhérents.ah! la dernière catastrophe de Port-au-Prince a dérangé bien des projets, et beaucoup de nos amis sont morts.\u2014Avez-vous quelques adhérents parmi les officiers du génie ?\u2014Non, commodore, ils sont fiers et rigides comme du crin; d\u2019ailleurs, je crois qu\u2019il n\u2019en reste pas un seul.\u2014Vraiment!.le colonel de Reilliére ?\u2014Mort ! \u2014Ie général de Montmaur, qui commandait la cavalerie Ÿ \u2014 Mort avec ses cavaliers ! \u2014M.de Campfort?il est un peu anglais par sa mére.\u2014Ah! bien oui! ne comptez pas sur lui : à l\u2019affaire de Port-au-Prince il s\u2019est battu comme cent démons ; on dit qu\u2019il est mort en faisant sauter la mine extérieure de la place.\u2014Et Mme de Reillière !.-\u2014Ma foi ! mon cher commodore, on ne sait ce qu\u2019elle est devenue : un parti d\u2019insurgés est A sa poursuite; elle a disparu avec ses deux petites et un vieux serviteur.un espion prétend qu\u2019elle a tourné du côté des Montagnes Noires.un autre prétend l\u2019avoir vue dans une barque de pêcheur.on ne sait que penser. 1500 \u2014Ce qu'il y a de certain, dit le commodore, c\u2019est qu'elle a en sa possession tous les papiers d'administration, et des correspondances officielles du plus haut intérêt.J'ai ordre de me les procurer à tout prix.je voudrais l\u2019arracher aux mains féroces des uuirs\u2026 je prends mes dispositions pour envoyer un petit détachement à sa poursuite.Il me faudrait un guide pour battre ces bois interminables.\u2014Ce ne sera pas difficile, nous vous procurerous cela.Mais, ajouta la marquise, je crains fort que vous ne puissiez parvenir à dompter l'insurrection.toute lu race noire a pris les armes.nous ne contenons nos esclaves qu'à grand'peine; le souffle diabolique de la révolte a tout empesté.\u2014Ne vous inquiétez pas, chère marquise, pourvu que l'armée française soit mise hors de combat, je me charge du reste.\u2014Dieu vous entende, mylord, mais je crois que les beaux jours ont fui pour longtemps.Comme la marquise parlait encore, un tumulte de voix éclata dans la cour et fut suivi d\u2019une vive discussion.L'accent tudesque de Barkum se mélait à la parole vive et brève d'un Français.\u2014JTe vous dis que j'ai une \u201c passe \u201d en règle.criait ce dernier, une \u201c passe \u201d du commissaire de la république ; votre maîtresse vous donnera sur les doigts, si vous ne me laissez pas entrer.\u2014Che ne fous gonmais pas.allez au larche! répliquait Barkum.\u2014 Au larche' au larche! toi-même, vieux \u201c kain- serlich *\u2026 veux-tu finir! je t'embrouille\u2026.va dire à ta maîtresse que quelqu'un la demande.\u2014 Mais qui.qui la temante § \u2014Quil.quit.* riquiqui !\u201d va! dis-lui qu'un.Français.veus lui parler de choses très importau- Leg.oui.un Français, un Parisien, quoi! Mine de Javmel, fort intriguée de ces discours entrecoupés, sv mit à la fenêtre : \u2014TLaissez-le monter, dit-elle à Barkum.\u2014 Ah! je savais bien, s'écria le nouveau venu, que pas une noble dame ne voudrait refuser sa porte au Parisien.Et il escalada lestement l'escalier, suivi d\u2019un fan- tâme démesurément long, maigre et silencieux.(TFTAPITRE TI LE PARISIEN ET JTACQUELINE CORIJT -Salut la compagnie ! dit d'un ton nasillard le Parizien (que nos lecteurs ont reconnu sans doute), pardon, excuse, si nous vous dérangeons; notre aimable présence ici est à seule fin de manifester nos petits talents de \u201c socilliété \u201d\u2026 avec la permission des autorités constituées.pardon.avec l\u2019autorisation de la noble et charmante dame de ces lieux.À ces mots.le Parisien fléchit un genou devant la marquise, saisit galamment sa grosse main bouffie, et en y déposant un baiser respectueux, lui dit à mi-voix, rapidement : \u2014J« -uis chargé d'un message important.Puis, profitant de l'étonnement général, il continua aver volubilité : \u2014 Nous pouvons amuser.récréer, stupéfier, réjouir tous lez -pectateurs par l'agilité de nos tours ét l'adresse merveilleuse de notre dextérité.\u2014 Moi, le * Parisien imitateur \u201d, je possède à fond la ven- trilaquie, et je suis familier avec les voix intrinsê- ques de tous les animaux anciens ou modernes; terrestres, marins.aquatiques ou amphibies ; carnas- -iers où domestiques: je passe avec facilité du canard.ean! can! ean\u2019.au lion.hrrrou' hrrrou'.du rossignol.psih! psih! lhu! lhu! lhu!., à l\u2019âne.hi-han! hi-han! hi-han |.de la poule.ké.ke.ke.kè\u2026 kerèke\u2026.au corbeau.craw\u2026 craw\u2026 et je lutte avee l'alouette matinale.rli\u2026 rli\u2026 rli relire.rlire! Et notre héros fit un triomphant point d'orgue eur des modulations brillantes, imitant à s\u2019y méprendre le chant jnveux de l'oiseau qu'il venait de notnmer.La noble société ne put réprimer un immense éclat de rire, car le gai ménestrel accompagnait son étrange musique d« gestes inouïs et de poses académiques capables de dérider un entrepreneur de pompes funèbres, Ie Parisien continua : \u2014Voyez, Mesdames et Messieurs, ce grand croque-mort qui in'honore de sa société.c'est le \u201cgrand Patagon \u201d, mince et long: doux et bon: adroit et prompt; qui, dans un rond, de son bâton, fait voler nn \u2018\u2018teston \u201c (pièce de monnaie) ! Ti ne parle pas, Mesdames, mais il agit: veuillez lui accorder quelque blond sourire, quelque rose encouragement, quelque signe approbatif de vos belles mains blanches, et il commencera de suite ses incommensurables et_ incroyables exercices.Tl est galant et civilisé.La marquise avant jeté eur le tapis une piastre espagnole, le Patagon.\u2026.(nos lecteurs ont reconnu ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1147 O-Murrel-Mac-Clamorgan, dit Muc-Héron), le Pa- tagon, sans se baisser, frappa de son bâton le bord de la pièce, la fit sauter en l'air; puis, \u2018après l\u2019avoir rotenue on équilibre sur le bout du nez et l\u2019avoir fait pirouetter au moyen d'une pichenette adroitement appliquée, il la reçut dans la plus petite poche de sa veste.Les spectateurs applaudirent en jetant de nouvelles pièces de monnaie qui, toutes, allèrent rejoindre la première par le même procédé.Le Parisien reprit la parole : \u2014Si ces dames et ces messicurs y veulent bien consentir, nous allons leur manifester une autre adresse bien plus surprenante: que ces dames et ces messieurs daignent mettre à notre disposition vingt, trente, quarante, soixante.quatre-vingts pièces de monnaie, mon habilv camarade les fera disparaître par un procédé aussi ingénieux qu'instrue- tif, délicat et satisfaisant.\u2014Barkum' dit la marquise, apportez une centaihe de gros sous ! \u2014 Noble dame! tant de générosité unie à tant de grâces! c'est trop!.s'écria lo Parisien, vous \u201callllez voir\u201d! On apporta les cent sous: le Patagon en fit une pile chancelante, la plaça sur l'extrémité de son long bâton ; ensuite, élevant le tout en l'air avec une dextérité surprenante, il établit le bâton en équilibre sur son menton et fit ainsi le tdur de la salle: arrivé devant la marquise, d\u2019un revers de main il chassa le pied du bâton si adroitement que la pile entière des pièces de monnaie tomba bruyamment dans sa petite poche, sans en excepter une seule.Puis, saisissant le long bâton par le milieu, il se mit à exécuter un moulinet vertigineux, entremélé de bonds.de pirouettes étranges et de mouvements si rapides qu'il apparaissait comme un tourbillon.Quand il s'arrêta, les applaudissements duraient encore, et les pièces de monnaie pleuvaient sur le tapis.Te Parisien récolta la moisson métallique en débitant son répertoire imitatif avec une telle vigueur.un tel entrain et une fidélité si grande.que chacun se erut an milieu d'une ménagerie.Enfin, il termina par une scène de ventriloquie si bouffonne.que la marquise, suffoquée de rire, tomba sur un fauteuil en lui demandant grâce.L'hilarité
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