Album universel, 12 mai 1906, samedi 12 mai 1906
[" Montréal, 19 mai 1906 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) XXITIème année No 1180 AVIS DE L'ADMINISTRATION Les abonnements partent du ler ou du 15 de chaque mois.Les remises d'argent doivent être faites en mandats-poste, mandats d\u2019express ou chèques à l\u2019ordre de E.Muckay, Boîte postale 758, Montréal.Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.Lan Mo¥Ds ILLUeTRE Album Universel Publié toutes les semaines à Montréal, par G.A.NANTEL, Directeur de la Rédaction.st rue Sainte-Catherine-Ouest E.MACKAY, Editeur-Propriétaire.Téléphone KST 41s Co.de la rue St-Urbain PRIX DE LA REVUE Par abonnements: $2.50 par année, $1.25 pour 6 mois, franc de port pour tout le Canada, les Etats- Unis, l\u2019Alacka, Cuba, le Mexique, les Iles Hawaï et les Iles Philippines.Au numéro: 5 cents.Pour les autres pays de l\u2019Union Postale: Abonnements : .50 par année, ou 18 francs.de À tie rrlE E re Une vue du port de San Francisco, montrant le Terminal du ferry, qui fut détruit.L'édifice du journal le \u201c Chronicle \u201d que le L'hôtel-de-ville de San Francisco, qui, ayant coûté $7,000,000, fut détryit par le tremblement de terre L'édifice de la \u201cMutual Bank \u201d, détruit par le feu Le palais de justice dont, temporairement, l\u2019on fit une morgue.On voit la partie de la ville qui fut détruite par le tremblement de terre du 18 avril, et par le feu qui s\u2019ensuivit.Une vue du quartier des affaires de San Francisco, prise de \u201c Nob Hill \u201d. 34 Sommaire du N° 1150, du 12 mai 1906 Planche hore texte \u2014 Paria, par G.A.Nautel \u2014 Bibliographie \u2014 La croisade de la tempérance \u2014Chronique \u2014 Echos de Ja semaine \u2014 Sir LÀ.Jetté \u2014 Un tremblement de terre au Canada en 1643, par Ferland \u2014 A travers la mode \u2014Notre-Dame de Bonsecours de l\u2019Islet \u2014 Ie père Plessis au Monument National, par Jean Canadien\u2014Le parler canadien, ses dangers, par Lionel Montal \u2014 Feuilletons: Suns famille; La Guerre noire \u2014 Musique: Histoire triste, par T, Dubois; Ce que daneait grand\u2019'mére, gavotte, par J Walter \u2014 Deux pages humoristiques \u2014 Triste histoire, par O.Lemyre \u2014 Le mois de mai, par le chanoine d\u2019Agrigente \u2014 Notre courrier \u2014 Géographie illustrée du jeune âge \u2014 Dans le monde de la musique, ete.PARIS PHYSIONOMIE GÉNÉRALE \u2014 BUDGET \u2014 DE L'EAU.ENCORE DE L'EAU, POUR FAIRE UNE BELLE VILLE.Et comme cette recetle est fixée à cette somme pour rencontrer toute la dépense, ordinaire et extraordinaire, \u2014 les déficits accumulés n'étant pas tolérés à l'hôtel de ville qui, pour ce motif et bien d'autres, est sous le contrôle du gouvernement, \u2014 Paris a done dépensé en 1901, 69,607,643 dokars.ALBUM UNIVERSEL (Monde Illuetré) No 1150 quelques-unes de ses entreprises, mais no perdes pas de vue que Paris dépense pour l'entretien de oa beauté pros de 15,000,000 de livres storling.C\u2019est en effet un gros chiffre que 350,000,000 du francs, qui cet bien aujourd\u2019hui, au bas mot, la dé- penso de l\u2019arie, mais Paris y trouve-t-il sou compte, fait-il là un placement somptuuire et de pur amour- propre ou un placement de rapport dont se pourrait contenter le plus avide des hommes d'affaires { À ocla je réponds que lu beauté de Paris en fait le coeur de l\u2019Europe qui voyage et lui achète lur- gement; que l'on cite plus d\u2019une de ses rues qui ne pourrait subsister sans l'étranger, qu'enfin, si Londres dépasse Paris en commerce et comme entrepôt gigantesque de l'empire colonial britannique, Paris est la métropole incontestable du mauule entier qui y prend rendez-vous pour les conversations diplomatiques, pour les études scientifiques supérieures, pour les travaux artistiques de tous genres, pour les séjours royaux et princiers, et, en général, pour tout ce qui tient aux plaisirs et au repos des osprits fatigués comme aux jouissances raffinées et extravagantes des blnsés accourus de tous les points du globe, à la recherche de bruyantæs satisfactions et d'inénarralles folies.Il faut que tout le monde vive, suivant un dicton bien parisien, et c'est bien à Paris que ln tradition indéracinable et des méthodes séculaires ont appris à chaque état, à chaque métier, à profiter des aubaines qui peuvent arriver de tous côtés, sous toutes les formes.D'après In Monographie d'Alphand \u201d, les bénéfices que la population parisienne a recueillis de l'Exposition de 1889, furent les suivants : < Le Panthéo Il y a là de quoi se payer de l'eau en abondance pour l'habitation, pour la rue, pour le boulevard arnosés par de véritables ruisseaux qui dégorgent de partout; de quoi s\u2019éclairer à \u201cgiorno\u201d à l'électricité plus généralement au gaz; de quoi tenir propres d'innombrables squares, places et jardins qui sont couverts des fleurs les plus rares, les plus variées et les plus harmonieusement mariées qu'il soit possible d'imaginer et il reste encore quelques pi- eaillons dans la saccoche de Paris pour donner de l\u2019asphalte a ses trottoirs, du sable Ices omnibus, voitures FRCS ct bateaux .23,000,000 Les cafés, restaurants 25,000,000 Les cafés, restaurants de l'Exposition .20,000,000 Les hôtels L.14,000,000 Les théâtres, concerts, OR 6,000,000 Les magasins, bazars, cte.300,000,000 Mais Paris est constamment un bazur universel; il forme par lui- méme une exposition mondiale où affluent les étrangers, qui en font, le maintenant à grands frais, le principal étalage: toutes les classes trouvent dans ces bourses, de près ou de loin, d\u2019inappréciables bénéfices.Or pour tcus ces grands effets de l'hospitalité offerte au monde, il faut qu'une ville soit prête et n\u2019attende pas d'efforts subits et souvent ruineux, des moyens indispensables de logement et d\u2019alimentation, des ressources de plaisirs et d'attractions qui coûtent trop cher pour ne durer qu'une saison.Des torrents d'eau doivent chasser les torrents de poussière qui aveuglent et souillent une ville et en ruinent à jamais la réputation: l'eau, c\u2019est le grand sceret des attraits de Paris, fin à ses allées, de bons et solides blocs de bois finement découpés aux centaines de kilomètres de son incomparable voiurie qui en demande iusatiablement pour faire rouler sans trop de heurts les 30,- 000 voitures de toutes descriptions menant en tous les sens, à toutes les heures, à leurs plaisirs, à leurs affaires, les 100,000 étrangers qui, chaque jour, eu moyenne, y passent en courant, et les Parisiens pressés, et les Parisiennes en rc- tard, que les ommibus, les tramways et le métro ne peuvent déposer à la porte même de leur hôtel, du burcau ou du théâtre.R 4 i 1 Ri \u201c+ i À a On sait que le fameux ct presque déjà passé Chamberlain fut, s\u2019il ne l\u2019est pas encore, le maire de Birmingham.H n\u2019y a pas longtemps, ses fidèles commettants le recevaient à un meeting municipal, ct lui faisaient part de leurs doléances sur l\u2019état sanitaire, sur la toilette plutôt négligée et malpropre de leur cité.ls s\u2019avisèrent de mentionner Paris comme un exemple de belle administration à suivre, Chamberlain, qui sait toujours trouver dans ses souvenirs de lecture + trait de conviction, d\u2019emporte-pièce, qui le rend maître d\u2019un auditoire, ne broncha pas : \u201c C\u2019est vrai, dit-il, que Paris est une ville admirable qui attire des milliers d'étrangers chez clle, que la clientèle, l\u2019anglaise et l\u2019américaine surtout, la visite ct fait la prospérité de Intérieur.bus côtes de la Sainte Chapelle Paris ne s\u2019est pas fait en un jour, ni gans y mettre plus que le juste nécessaire pour attacher les deux bouts ensemble.°* Que de villes seraient de petits Paris, si elles voulaient se donner la peine de réfléchir, de se tracer un plan d'améliorations et d\u2019embellissements à poursuivre, lentement, suivant la mesure de leurs forces, mais sans cesse ni relâche comme a fait Paris.(À suivre) Montréal, 19 mai 1906 Bibliographie L'UPINION D'UN PÉRIODIQUE ANGLAIS L'\u201cOutlook\u201d, de Londres, consacre, daus sou uu- méro du 13 janvier dernier, un article des plus élugieux à l'uuvrage de M.A.D.DeUelles, \u201c Pupi- neau et Cartier \u201d.Nous regrettons, faute d'espace, de nu pouvuir on douner lu traduction textuelle et intégrale, Force nous est de nous arrêter à quelques passages qui nous out plus particulièrement intéressé : * Louis-Juseph l\u2019apiueau, vrateur, réformateur, rebelle et exilé, cet l\u2019une des figuecs des plus connues dans histoire des l\u2018rauco-Canadieus.Quoi qu'il ne fat pus de lu vicille noblesse, son pèye avait acquis de la valeur comme «vocat et de lu réputation conume politique; il avait act:eil une seigneurie sur l'Ottuwa-luférieure où mours sou fils, ai bien doué vt où, d'ailleurs, est encore |:.résidence de famille.* Le sujet de l'udmirable livre de M.DeCelles est né en 1736, s'est distingué au séminaire de Québec, su fit avocat et fut élu député eu 1812, à l\u2019Assemblée provinciale, où, dès le début, il se créa une grande réputation.* M, DeCelles à tracé cette vie & travers un quart de siècle, pendant lequel Papineau a été le plus brillant, sinou le plus sage des politiques Franco- Canadiens, avec la sympathie naturelle d\u2019un compatriote, sais toutefois inanquer de signaler les fautes de son héros, fautes tout à fait politiques et qui peuvent être, pour les résumer sonunairement, attribuées à lu surahondauce de sou tempérament et à l'insuffisance de son lest.Dans la vie privée, ce Français, beau, éloquent et cultivé, était une personne loyale et irréprochable.\u201c11 était intraitable et rempli d'aspirations nationales inacceptables au politicien pratique.En 1854, il retourna à sa superbe résidence, et jusqu'à su mort, dix-sept années après, à l'âge de 85 ans, il mena Une viv retirée et intellectuelle, Maître de ses facultés jusqu'à la fin.\u201cM.DeCdles nous a donné une peinture admirable d'une carrière étrange et pittoresque.Tout le monde a entendu parler de Papineau, et presque tous les Canadiens connaissent bien ses actions, mais peu sa personnalité.\u201c Guorges-Etienne Cartier était, à tous les points de vue, l'opposé de son compatriote.Né en 1815.fils d'un marchand aisé, il s'arma du mousquet tout enfant, dans l'échauffourée de Papineau, et il ne pardonna jamais à ce chef intraitable de l'avoir poussé à une telle folie, etc.\u201cTout le volume est écrit dans un style clair et correct, et il contribuera considérablement à maintenir le niveau élevé de la série de publications dont il fait partie.* x + La * Revue des Podtes \u201d, de Paris, a donné à la Sorbonne, le dimanche, 29 avril, une fête en l\u2019honneur des poètes canadiens, sous ln présidence de M.Hector Fabre.Voici la note que nous a transmise à ce sujet M.Adjutor Rivard, secrétaire du bulletin du \u201cParler Français \u201d : Je reçois de Paris une nouvelle qui vous intéressera et que vous aimerez peut-être à communiquer aux lecteurs de l\u2019Album Universel.[a * Revue des Poètes \u201d, de Paris, donnera, à la Sorbonne, le 29 avril.une fête en l'hrameur des poë- tes canadiens, sous la présidence de M.Hector Fa- bre.\u201c Nous aurons sur l\u2019estrade, m'écrit M.Eugène de Ribier, le distingué directeur de la \u201c Revue \u201d.des invités de marque; par exemple, notre cher et illustre ami, François Coppée, qui a promis d\u2019assister à notre fête.Une conférence sur les \u201c Poètes canadiens \u201d sera faite par M.Jean Lignnet, président de \u201cla Canadienne\u201d.Des poèmes de MM.Fréchette, W.Chapman, P.IeMay, ete, etc, seront dits par des artistes de la Comédic-Française et de l\u2019Odéon.\u2026.\u201d Si vous annoncez cette fête à vos lecteurs, vous ferez en même temps mieux connaître cette excellente \u201c Revue des Poètes \u201d.Qui aime les vers français, doit lire la \u201c Revue des Poètes \u201d.Vraiment, il ne se publie rien de mieux.\u201cRevue des Poètes\u201d (dirceteur : M.Fug.de Ribier), revue mensuelle, 25, rue de Sontay, Paris 16e.Abonnement: 7 francs.Notre galerie nationale Dans co numéro, nos lecteurs trouveront une notice biographique concernant Sir L.A.Jetté, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, dont nous donnons le portrait en frontispice.Parlant du représentant de Sa Majesté en cette province, nous ne pouvione nous passer d'entretenir nos locteurs de Spencer Wood, résidence officielle de ce haut fonctionnaire.Ft nous avone cité quelques-uns de nos meilleurs auteurs canadiens, ce dont on nous saura gré, pensons-nous. \u2014\u2014\u2014\u2014 Montréal, 19 mai 1006 L'action chez les jeunes Les jeunes dont nous parlons ici, ce sont l'élite «À mit sc compose l\u2019Association catholique de la jeunesse canadienne-frangaise, Nous n\u2019avons pas à présenter aux lecteure de l'Album ces vaillants jeunes gene, qui sc recrutent tn peu partout dans la province de Québec, et qui su préparent, dans la prière, l'étude ct l\u2019action, à uno vie efficacement militante pour Je bien de la religion et de la patrie.Une plume plus alerte ct plus jeune dira sans doute quelque jour, dane ces colemmes, avee les dé- veloppemonts convenables, le but de cotte organisa- .tion, ses moyens d'action ot ses travaux.Ce sera là une pare éloquente! Notre rôle est plus modeste.\u201cChiromiqueur\u201d de la Tempérance, il y aurait faute de notre part à ne pus relever le concours précieux que ces jeunes amis apportent à la grande croisade.leur dornier geste, pour nous servir d\u2019un mot à ln mode, mérite d\u2019être signalé et.\u201creproduit\u201d.1! s'est acdumpli avec entrain et brio.l'acteur était un étudiant en médecine de notre Université.Ce qui prouve, en passant, que les étudiants catholiques ni ne dédaignent ni ne négligent de s'exercer à l'étude «t à In solution des questions du jour.Un autre étudiant, futur avocat celui-là, M.Eugène R.Angers, nous a donné un substantiel ccanp- te rendu de cette conférence.Il au fait naturellement dans le \u201cSemeur\u201d, l'organe «fficie! de TA, \u20ac.J.(est de cette très intéressante publieætion périodique, que nous allons l\u2019extraire en partie peur le profit de nos lecteurs, Done, après avoir étudié durant le cours de l'année la question bien actuelle de l\u2019alcoclismne, les en- marades du cercle Saint-Louis erurent bon d'aller donner des conférences dans les milivux ouvriers, bien délommagés d'avance par l'espoir de pouvecir semer quelques bons conscils parmi la population ouvrière, et contribuer, toute minime et humble fusse cette oentribution, à l'oeuvre si éminemment sociale entroprise par Sa Grandeur Mgr Bruchési.Le camarade Georges I.Baril a débuté a IToche- laga, dans la salle du collège, gracicusement mise à sa disposition par les Frères, devant un auditoire d'environ cing cents ouvriers.La soirée présidé par M.le curé Langevin n'a point manqué d\u2019intérêt; joignant à l\u2019utile, d\u2019agréable, le cercle Saint- Louis avait inscrit au programme et de la déclamation et du chant.Après avoir exposé le but de l'association et ses moyens d'agir, le camarade Baril a expliqué sa venue au milieu des ouvriers.\u201c Oomnaissant, dit-il, l'intention de Mgr Iiruchési de commencer une ernisade contre l\u2019alcoulisme, le cercle Saint-Louis a voulu cette année être prêt à seconder les efforts de Sa Grandeur.Après avoir démontré, statistiques en maîne, la suprématie de l\u2019alcool, ce roi du jour, le conférencier s\u2019efforce de faire ressortir les maux causés par ce poison lent mais sûr; poison physique, poison moral, poison intellectuel, 11 met devant les yeux les ravages que produit danse l'organisme humain l\u2019ingurgitation immodérée des liqueurs spiritueuses; il prouve par des faits l'hérédité de ces ravages et de là passe aux effets désastreux de cette intoxication à l\u2019égard de la race.Roprenant le même échelon, il considère ces rava- gcs au point de vue moral, puis intellectuel; ct ici encore la statistique vient appuyer ses dires.Parlant de la ruine et de la misére dans la famille, le conférencier touche du doigt ces drames si nombreux de la vie réelle.\u201cEst-ce un mauvais rêve, Messieurs, que j'ai fait là, où est-ce un fait de la vie réelle?Sont-ils si raree à Montréal ces drames de l\u2019alcoolisme?Est-il si rare le fait de la femme qui doit travailler pendant que son mari boit au cabaret?Pourquoi eont bâtis les orphelinats et les hiospices?pour qui nos religieuses sont-elles obligées de tendre la main sur la rue?si ce n'est bien souvent pour de pauvres enfants délaissés par leurs parents ivrognes ?Est-il si rare le fait de familles riches qui tombent dans la misère à la euito des orgies dur père ?Savez-vous qu\u2019en Belgique, en France, en Angleterre, près de 80 pour cent des familles dont ruinées par la boieson, ce rapport nous est fourni par les sociétés de Saint-Vincent de Paul.Savez-vous qu\u2019en France l\u2019ouvrier dépenee 2 francs d\u2019aleool eur 4 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1150 CROISADE DE LA TEMPERANCE Texte publié sous les auspices d\u2019un comité d\u2019ecclésiastiques désignés par Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque de Montréal qu'il gague, c\u2019est-à-dire la moitié de son ealaire { En Belgique, l\u2019ouvrier dépense (je convertis en monnaie canadienne) dépense, dis-je, 840.00 en boisson, 85.00 en tabac, $30.00 en journées perdues et 85.00 en soins de médecin; ce qui fait $80.00 par année, lesquels, placées à intérêt composé de 4 p.c.donneraient en vingt ans la jolie somme de $2,400.00, et en quarante ans $8,000.00.N\u2019avons-nous pas raison de dire que l\u2019alcool cause la ruine de la fortune?\u201d Puis le camarade Baril cite quelques exemples tous auesi tristes les uns les autres, et tous aussi probants, * En présence de tous cos faits, que je vous ai mis sous lea yeux, dit-il en terminant, quelle conclusion devons-nous tirer?C\u2019est n\u2019est-ce pas?qu\u2019il faut faire la guerre à l\u2019alcuol, combattre, par tous les moyens possibles, ce fléau qui fait tant de ravages.Pour celu il faut l\u2019attaquer jusque dans ses derniers retranchements.Il importe d\u2019abord de réagir contre la funeste habitude de la traite à tcut propos.On ne peut plus rencontrer un ami sur la rue sans lui offrir un coup; on ne conclut pas un marché important sans le mouiller.Le plus petit événement est fêté par le petit verre.Est-ce nécessaire, celat N\u2019existe-t-il pas d\u2019autres marques d'estime qu\u2019on puisse donner à un ami?n\u2019existe-t-il pas d\u2019autres marques de satisfaction de la part du vendeur?st enfin, n\u2019existe-t-il pas d\u2019autres modes de réjouissan- cet Messicurs, le premier cri de ralliement doit être: \u201c À bas la traite!\u201d Ensuite, puisqu'il importe de terminer par des idées pratiques, je vous soumets ces quatre propositions : Premièrement \u2014 Demandons la diminution du nombre des buvettes dans la ville de Montréal.Deuxièmement \u2014 Exigeons qu\u2019il n\u2019y ait pas plus de buvettes dans d'est que dans l'ouest de la ville.Ayons autant d'orgueil national que les anglais.Ils tiennent à cacher leurs défauta, montrons-nous supérieurs à eux, en faisant des efforts pour corriger les nôtres En ceci, rappelons-nous bien que nous sommes leurs égaux.- Troisièmement \u2014 Que les buvettes soient placées sur des rues principales seulement, afin qu\u2019il n\u2019y ait plus de coupe-gorge où l\u2019on enivre un homme pour mieux l'assommer et le dévaliser.Quatrièmement \u2014 Enfin, demandons le suppression des chambres dans les buvettes, la défense de mettre des rideaux aux fenêtres et de peinturer les vitrines, afin que l'on sache bien ce qui se passe à l'intérieur de ces débits et surtout que l\u2019on connaisse bien ceux qui boivent.C'est ainsi que le semti- ment d'honneur et d'orgueil en retiendront un grand nombre.Quand nous aurons au conseil de ville, des citoyens résolus de faire réaliser ces quatre projets, la lutte contre l\u2019alcoolisme aura avancé d'un grand pas; et nous pourrons espérer, soyez-en sûrs, de voir enrayer les progrès de ce fléau qui menace notre peuple.À l'ocuvre done, Messieurs, guerre à l'alcoolisme ! c'est pour Dieu et la Patrie que nous marchons.M.le curé Langevin a vivement remercié le camarade Baril, et a de plus insisté auprès de lui pour que le cercle Saint-Louis envoyât de temps à autres sos membres continuer, devant ses paroissiens, cette série d\u2019études sur l\u2019alcoolisme.Le camarade Baril a reçu un concours puissant dans la personne de M.l'abbé Bourassa, de Saint- Louis de France.Celui-ci a bien voulu illuetrer la conférence de ses projections lumineuses, mettre bien en relief sur la toile les maladies et les dégénérescences produites par d'abus des spiritueux, et buriner ainsi dans imagination des auditeurs des tableaux bien préventifa, qui s\u2019oublient souvent trop vite quand ils me font que l\u2019objet des paroles qui passent et ne s\u2019adressent qu\u2019à l\u2019esprit.Un cas perplexe C\u2019eat étonnant comme on manque de euite dans ses idées souvent.Ce n\u2019est pas tant de vouloir une fin, encore faut-il prendre les moyens d'y atteindre.On s'arrête trop parfois à des résolutions vagues et théoriques; il conviendrait de chercher avant tout des résolutions pratiques aux graves problèmes eo- ciaux qui passionnent tous les jours la pauvre humanité, Ce grave probléme, par exemple, que le danger de l\u2019alcool pose devant l\u2019opinion, en notre pays, qui sont ceux qui veulent pratiquement travailler à le résoudre?Ah ! l\u2019on en parle volontiers dans les discours d\u2019apparat et l\u2019on verse tout aussi volomtiers des flots d\u2019encre pour redire les louanges de ceux qui ont si noblement de fait entrepris la croisade sainte.Mais quand arrive la question plus pratique de s\u2019enrôler dans les cadres de l\u2019armée des tempérants, ou bien celle \u2014 une fois qu\u2019on est enrôlé \u2014 d\u2019être fidèle à ne plus payer la \u201ctraite\u201d, à ne plus entrer dans l\u2019auberge sans nécessité, et surtout, à voter contre le trop grand nombre de licences dans un lieu donné.C\u2019est autre chose! Et pourtant le trop grand nombre de licences accordées constitue l\u2019une des plus tentantes occasions pour les aubergistes mêmes, de violer la loi et d\u2019autoriser les abus.En effet, cet homme qui tient un hôtel et auquel vous imposez, par un vote irrégulier et trop facile, une concurrence désastreuse, cherchera nécessairement à se \u201creprendre\u201d autrement.Il vendra de la boisson aux ivrognes avérés, il en vendra même le dimanche en risquant de payer l\u2019amende.Que vou- lez-vous?il faut vivre! Ce qu\u2019un bon aubergiste fera de moins mal en de telles conjectures, je veux dire en face d\u2019une concurrence effrénée, ce sera de vendre son hôtel et sa licence à un autre, lequel, sans doute, sera moins serupuleux.Ce n\u2019est guère plus rassurant pour le bon ordre social.Remarquez qu\u2019en tenant mal son auberge, qu\u2019en autorisant, qu'en laissant faire tout au moins, les désordres que nous signalons, l\u2019aubergiste sait bien d'ordinaire qu\u2019il s'expose à des mesures de répression.Mais il risque quand même.Fort de l\u2019appui tacite que lui donnent indirectement ses amis influente, il se dit: \u201c Bah, je paierai l\u2019amende, voilà tout.Les profits par ailleurs compenseront les per- ttes », x *% + Ainsi raisonnait sans doute X, un hôtelier influent, dont l'établissement, situé dans le faubourg d'une grande ville, offrait cette particularité au reste assez commune aux établissements de ce genre, d\u2019avoir deux issues pour sortir aussi bien que pour entrer: une grande porte, face à la grande rue, et une autre, une petite, à l'arrière, débouchant sur une rue secondaire.Le dimanche la grande porte restait fermée.mais la petite s\u2019ouvrait complaisamment devant les habitués.Et les habitués étaient nombreux! On buvait ferme et l\u2019on payait comptant.Que vouliez- vous qu\u2019il fit, ce brave homme?Autant lui qu\u2019un autre, n\u2019est-ce pas?et la concurrence était si active.Or, voici qu'un beau dimanche d\u2019avril \u2014 je vous prie de noter que cette histoire est vécue et que nous pourrions en toutes lettres citer des noms! \u2014 l'évêque de la ville vint au faubourg confirmer les enfants.Cérémonie toujours touchante que celle-là.Elle évoque dans l\u2019âme de ceux qui vieillissent tant de souvenirs.Ces enfants qui poussent.c\u2019est le flot qui monte.Bientôt, on le sent mieux à certain jour, la vague qui porte notre génération ira se briser sur de roc de l'éternité! L'évêque profita des bonnes dispositions des gens accourus en foule, les exhorta à la pratique des vertus chrétiennes et sociales, et, tout spécialement, insista sur la tempérance.* * * La cérémonie terminée, l\u2019évêque dut sortir en compagnie du curé pour rendre visite à une famille honorable que ses largesses envers l\u2019église et les pauvres désignaient à l\u2019attention du prélat.Justement la voiture de Monseigneur avait à passer devant l'hôtel de X; notre \u201cquidam\u201d de tout à l\u2019heure, devant la grande porte d\u2019abord.puis, après le tournant de la rue, devant la petite.Tout de euite, sans qu\u2019il l\u2019eut cherché, l\u2019évêque constata, en voyant sortir de l\u2019auberge par la fameuse petite porte des gens en gaieté que la loi du pays aussi bien que celle de l\u2019Eglise était bel et bien violée au eû et à la vue du public.Avisant un homme de police, qui placidement près de la petite porte, regardait entrer et sortir les gens, il le héla de la main en donnant ordre au cocher d\u2019arrêter ses chevaux.(La suite à la page 64) CHRONIQUE La presse associée tenue par le ca- En France vital anglo-américain n\u2019a guère eu à s'occuper, ces temps derniere, de choses d\u2019Angleterre, d'Allemagne ou de Russie.C\u2019est à peine si elle nous a signalé quelques faits d\u2019un ordre bien secondaire comme du budget de M.Asquith, de l\u2019assassinat de Gapon et de la dernière démission de M.de Witte.En revanche elle s\u2019est vivement int,- ressé aux affaires intérieures de la France.Et cer- tos, pour une fois qui ne sera sans doute pas coutume, elle a en raison.Nous devons l\u2019en féliciter et lui déclarer \u2014 res miranda populo, \u2014 qu\u2019elle s'est tenue au-dessous de la vérité.* * * Le ler mai est passé sans trop de désordres, le premier mai, date redoutable aux ministéres fran- cais qui.très souvent \u2014 et ce sera peut-être le cas pour celui de MM.Sarrien et Clémenceau \u2014 trouvent dans les chocs et les contre-chocs des houles populaires de cette journée, le coup de lame qui les emporte.Mais n'anticipons pas sur les événements.* * * Nous ajoutons peu de foi aux récits de conspirations royalistes ou impérialdistes contre la 3ième République.La police clle-même s'est amusée, de tout temps, à monter ces complots pour faire preuve d'utilité publique ou pour sauver l\u2019Etat par une vigilance traditionnellement empruntée au civisme des oies du Capitole.Nous croyons des royalistes ou les impérialistes trop faibles en France pour se mettre à la tête d'un mouvement sérieux, capable de renverser un régime qui s'appuie encore, tant bien que mal sur l\u2019armée.Et si l'armée elle-même désire un changement, après les fiches de délation et les actes honteux d'antimilitarisme dont certains ministres se sont rendus coupables, elle ne se sent que médiocrement entraînée vers les chefs de régimes passés.Elle désire plutôt rester républicaine avec les progressistes de la trempe de Ribot que s'exposer à prendre parti dans ure guerre civile résultat certain d\u2019un coup d'Etat en faveur du duc d'Orléans, fort contesté parmi les classes bourgeoises ou du prince Victor, chef de la maison impériale mais rejeté, pour causes intimes, du sein de groupes influents qui lui préfèrent l'officier de mérite qu\u2019est le gouverneur Napoléon, protégé de Nicolas II * * * Toute cette agitation, tous ces mouvements d'organisation soi-disant ouvrières dirigés par des meneurs qui ne sont rien moins que des travailleurs, ces complots vrais ou supposés, ces recherches à du- micile, ces perquisitions à grand bruit, ces arrestations de gens paisibles, souvent, n\u2019ayaut que le tort de leur nom ou de leur fortune, ce sont les préliminaires nécessaires à une élection générale.Il y aura répression par la force armée, et tout sera dit.Mais faut-il conclure d\u2019un premier mai tranquille forcément, où s'est soumise au contact de la baïonnette ou sous la bouche des fusils, une population profondément remuée par la propagande so- ciadiste révolutionnaire, faut-il conclure au rétablissement de la paix sociale, de l\u2019ordre dans les affaires publiques et privées des Français ?Non, le ler \u201cmai a passé, le G mai s'est terminé par le succès indécis des partis radical , La bibliothèque Carnegie, d'Ottawa prendra mieux nos réflexions.Mais, d\u2019abord, donnons un bref détail de la bibliothèque Carnegie, située au coin de l\u2019avenue Laurier et de la rue Met- calfe.Elle dispose de plusieurs salles: pour assemblées, comités, etc., la plus grande de toutes étant spécialement intéressante à visiter.Le parquet en est en marbre; les boiseries en chêne rouge cana+ dien ; et les lambris en marbre italien ane et noir.La bibliothèque Carnegie d\u2019Ottawa, peut, dit-on, contenir 30,000 volumes et asseoir de 100 à 125 lecteurs.Dernièrement, l\u2019inspecteur Howe, des assurances contre l\u2019incendie, en a fait l\u2019inspection, et, a déclaré que l'immeuble est intégralement à l\u2019épreuve du feu.Sur le plancher en mosaïque, face à l\u2019entrée principale, on peut lire: \u201c Cette bibliothèque a été donnée à la ville d\u2019Ottawa par Andrew Carnegie \u201d.Le président du comité de la nouvelle institution.est M.l\u2019échevin Champagne.M.Lawrence J.Burpee est bibliothécaire en chef, assisté de Mlles Ruby Rothwell, McDonald, Lynch et de M.O.E.Proulx.Evidemment, ce don est intelligent, généreux, et nous en comprenons toute la valeur, cependant, faisant tout notre possible pour ne point paraitre grincheux, nous ne pouvons nous empécher de déclarer qu\u2019il nous semble s'inspirer d\u2019un certain amour de réclame.Pour que M.Carnegie eût passé à juste titre pour un philanthrope convainey, il eût dû ne pas inaugurer la dite bibliothèque, se dispenser d\u2019être l\u2019hôte de gouverneur général, et, ne pas banqueter en comité officiel.Certes, en cette occasion il a servi à ses auditeure des paroles pacifistes, mais, quand on voit ce.qui se passe, quand on n\u2019ignore pas l'influence des grands capitalistes, qui pour sauvegarder leurs intérêts poussent parfois à la guerre, que penser?Utopie, que ces paroles d\u2019aprés diner, diamétralement opposées aux sorties belliqueuses de Guillaume II, direz-vous?Sans doute, et noue le pensons avec vous.ce qui est fâcheux ANDREW CARNEGIE à avouer.Au moment où nous écrivons ceci, nous apprenons que M.Carnegie est à Montréal, où il appelle une bonne digestion par un nouveau discours.Qu'ils sont heureux ces millionnaires ! E premier mai, vers les 7 heures du soir, comme nous passions tion signi- devant le \u201c Empire Hall \u201d, près du fleative carrefour que forment les rues St Laurent et Ste Catherine, nous assistâmes à la première manifestation socialiste publique de Montréal.Deux cents hommes environ paisiblement groupés à la porte du \u201chall\u201d, s\u2019apprôtaient à ae mettre en marche, précédés d\u2019une bannière qui, à distance, nous rappela une icone russe.Rien, au moment ou nous vîmes les manifestants, ne semblait présager des désordres, qui, du reste, n\u2019eurent pas lieu, n\u2019ayant jamais été prémédités, comme semblait l\u2019anticiper M.le maire Ekers, par trop timoré.Nous vivons dans le pays le plus démocratique du monde, l\u2019ouvrier est chez nous mieux traité que partout ailleurs, pourquoi donc, Je craindrions- nous ?Chez nous, quoiqu\u2019on en ait, nous sommes tous plus ou moins socialistes, parfois sans nous en douter.Car, le socialisme est une sorte de culte social, si mal défini, que ses plus ardente zélateurs seraient en peine d'expliquer en quoi consiste le vrai socialisme.Ailleurs, ce terme peut comporter une idée de revendications populaires, de révolte, ici, il n\u2019en va plus ainsi, et, nous le répétons, le peuple canadien étant intuitivement socialiste, il met en pratique les belles et paisibles conceptions du socialisme chrétien.Aux bords du St Laurent, l\u2019ouvrier et le prolétaire sachant que justice leur est rendue, n\u2019ont pas lieu de vouloir chambarder quoi que ce soit, pourquoi, alors, redouterions-nous leurs promenades en groupes, même le premier mai, Une Démonstra- chose cependant est à souhaiter, c\u2019est que de vils - étrangers, amateurs de pêches en eaux troubles, ne viennent, sans scrupule, conseiller les inoffensifs socialistes avérés de Montréal, et, par la suite, susciter des désordres qu\u2019il faudrait réprimer.LT FLUENCE de Délément En étranger, turbulent et irasci- Pensylvanie ble, a, parfois, comme nous le laissions entendre ci-dessus, les pires conséquences.C\u2019est ainsi qu\u2019à Mount-Carmel, en Pensylvanie, dans le district minier de l\u2019anthracite, où une grève des mineurs dure depuis six semaines, s'est produit dernièrement une regrettable effusion de sang.Une demi-compagnie, sous les ordres du lieutenant Smith, ayant été envoyée en cette petite ville, pour y maintenir l\u2019ordre, se vit lapider par les mineurs étrangers.Des sommations furent faites par l'officier, et, la pluie de proiectiles continuant, sur l\u2019ordre du lieutenant Smith, les soldats firent feu, tuant six mineurs et en blessant plusieurs autres.La collision dont nous parlons est fort regrettable.Elle prouve que les soldats américains n\u2019ont ni la discipline, ni le sang-froid de leurs frères d\u2019armes français, qui, à Lens, le mois dernier, se daissèrent blesser à coups de pierres, et accabler d\u2019avanies sans nom, plutôt que de faire couler le sang du peuple.La leçon donnée par les soldats yankees est rude, mais elle prouvera aux têtes chaudes qu\u2019il y a pour la force armée des limites d'endurance, que la populace en révolte ne saurait dépasser sans danger pour elle.Quant à la question de la grève des mineurs d\u2019anthracite, ells n\u2019est guère plus avancée qu\u2019au début.Les compagnies tiennent bon, et les mineurs aussi.Ces derniers confient entièrement leur cause À leur président, M.Mitchell.Entre temps, les mineurs unionistes en grève se battent à coups de couteau ct de revolvers avec les mineurs indépendants qui ont repris le travail.UL peuple fl'est plus actif, plus entreprenant que le peuple américain.La partie de San Francisco, dévastée par incendie, est encore toute couverte de débris, que, déjà, l\u2019on commence à y relever les édifices démolis par l\u2019effrayant cataclysme dont nous avons pané dans notre dernier numéro.Même, pendant qu\u2019on se livrait À ces premiers travaux de reconstruction, deux petites secousses sismiques se sont fait sentir.Dieu veuille que ce soient les dernières.Pourtant, qui pourrait le dire?Les assises de la \u201c reine du Pacifique \u201d paraiseent bien instables.Qui sait, si l\u2019on n\u2019a pas tort de se livrer si hâtivement au relèvement d\u2019une ville peut-être encore vouée prochainement au triste sort qui lui échut le 18 avri dernier?Quant aux sinietrée, on fait tout pour atténuer leur infortune.L.d\u2019'ORNANO.A San Francisco com 88 ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1150 SIR L.-A.JETTE Montréal, 13 mai 1608 Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec Nous empruntons au remarquable ouvrage \u201c Qué- beu et Lévis à l\u2019aurore du vingtième siècle \u201d de l'honorable juge À.B.Routhier, les notes biographiques suivantes conceriunt notre lieutenant-gouverneur : L\u2019homorable Louis Amable Jotté, lieutenant-gou- verneur de la province do Québec, est né à l\u2019Assomption, le 15 janvier 1836, Elève du collège de l\u2019endroit, il terminait à dix- Sept ans son cours classique et allait faire son droit À Montréal, Lady JETTE Admis au barreau le 2 février 1857, il s'associa à MM.Hector Fabre et Siméon Lesage.M.Fabre abandonnait bientôt de droit pour le journalisme.et en 1867, M.Lesage entrait dans l\u2019administration comme assistant-commissaire des Travaux publics à Québec.M.Jetté, formait peu après avec un de ses élèves, M.F.L.Béique, une nouvelle société légale qui devait durer jusqu\u2019à son élévation à la magistrature.Homme d'étude et travailleur infatigable, M.Jetté sut se faire une place honoralde au barreau, mais ce fut surtout dans la célèbre cause Guibord, pour refus de sépulture que son talent fut mis en pleine lumière.Un journal européen, la Belgique judiciaire, appréciant l'éloquent plaidoyer prononcé par M.Jetté en cette circonstance, disait: \u201c M.Jetté nous paraît un avocat de haute valeur, qui serait au premier rang dans tous les barreaux où se plaident les grandes causes \u201d, Absorbé par le travail que lui imposait sa profession, M.Jetté s\u2019était jusque là peu mêlé de politique bien qu'en 1863 il eut été pendant quelques mois rédacteur en chef de \u201cl\u2019Ordre\u201d, journal libéral modéré.Mais en 1871, à la demande générale des jeunes libéraux, il organisait l'association de réforme du parti national, et l\u2019année suivante, était choisi comme candidat dans la division Est de Montréal contre Sir Georges Etienne Cartier, ministre de la Milice dans le gouvernement de Sir John A.Macdonald.Elu par une majorité de 1,290 voir, le 28 août 1872, il fut réélu par acclamation, en janvier 1874, aux élections générales qui eurent lieu après le renversement du ministère Macdonald et la fer- mation du cabinet Mackenzie.Au mois de mai 1878, M.Jetté, dont les amis politiques avaient peu favorisé Pavancement, fit con- najtre sa détermination de rentrer dans la vie privée.M.Mackenzie, informé de cette résolution, en exprima son regret, ayant fait mander M.Jetté, il lui offrit d\u2019entrer dans le cabinet avec le portefeuille de ministre de la Justice.Cette offro copendant ne fut pas acceptée, et pour échapper à de nouvelles sollicitationa, M.Jetté partit pour l\u2019Europe.Pendant qu\u2019il était à Londres, une lettre de M.Mackenzie venait lui renouveler l\u2019offre faite avant son départ, mais sa résolution était définitive, An mois de juillet suivant pendant que M.Jetté était à Paris, la mort endevait subitement l'honv- rable juge Wilfrid Dorion, et créait ainsi une vu- cance eur le banc de la Cour Supérieure à Montréal, quelques temps après le ministre de la justice, M.Laflamme, écrivait à M.Jetté pour lui demander s'il consentirait à remplacer M.le juge Dorion, et M.Jetté acceptait.Informé par ciblogramme de sa nomination, le 3 septembre 1878, M.Jetté revint immédiatement au pays et fut assermenté la 22 septembre.Au mois de janvier de la même année, M.Jetté avait été nommé professeur de droit civil à la eue- eursale de l\u2019Université Laval établie à Montréal, et avait reçu à cette occasion, de titre de Docteur en Droit.A la mort de M.Chauveau en 1890, il fut élu doyen de lu faculté de Droit et conserva cette charge jusqu'à son élévation au poste de lieutenant- Rouverneur, C'est aussi en 1878, qu'il fut nommé par le gouvernement Joly, mendre du contacil de l'Instruetion publique.LI y avait 20 ans qu il» weu- pait ce poste, lorsqu'il fut remplacé pur M.Lomer Gouin.le 10 mai 1898, En 1891, il était nommé président de la eummis- sion d'enquête sur l'affaire du chemin de fer de la Baie des Chaleurs.Cett< commission dent fai- suient aussi partie les honorables juges Baby et Davidson, fit deux rapports distinets.l'un signé par MM.Baby et Davidson, l'autre par M.Jetté seul, M.Jetté n été wmmé lieutenant-gouverneur di la province de Québee le 20 janvier 1898 et a prêté serment comme tel lo ler février suivant, Membre correspondant de la S.ciété de Législu- tion comparée et de la Société d'Histoire Diplomatique de Paris, M.Jetté est commandeur de la Légion d'Honneur, depuis le 30 a.at 1598.Le 20 juillet 1899, l'Université de Bishop's College lui a con- fédé le degré de Docteur en droit civil, M.Jetté a épousé en 1862 Mlle Berthe Laflamme, soeur de hon.Redolphe Laflamme, ministre de la Justice dans le cabinet Mackenzie.Trois enfants sont nés de ce mariage, un fils et deux filles: le R.P.Jules Jetté, jésuite et missionnaire daus l'Alaska, et l'aînée des filles a épousé M.Rodolphe [a+ mieux, solliciteur général.député de Gaspé et de Nicolet.Neus ajoutons au nombreux titres que vient de citer l\u2019hon.juge Routhier, que: Sir L.A.Jetté.lieutenant-gouverneur de cette province.fut en 1103 délégué à Londres comme commissaire spécial (le ce pays.pour le représenter à la conférence devant définir la limite canado-américaine de I'Alaska.En cette circonstance délicate, Sir L.A.Jetté so montra plus que jamais jurisconsulte éminent.Il ne négligea rien pour faire rendre justice à ce pays.Voici, par ailleurs, en quels termes heureux M.lé sénateur L.O.David, parle dans \u201c Mes contemporains \u201d, de d'hôte actuel de Spencer Wicod, avant, bien entendu, que M, Jetté fut lieutenant.gouverneur do la province de Québec.\u201cM.Jetté est un exemple frappant de ce qu'on peut faire avec du travail, de la modération, de VS LUAN INGQLANT CF tena 1th AL IGENGE \u2014 a - bons principes ct une bonne conduite.Il a fait sun chemin tranquillement, sans impatience ct sans bruit inutile, sans déranger le cours nature! des choses.Il a mûri lentement comme les bons fruits ot ne s\u2019est pas laissé cueillir avant le temps.Le public a fini par remarquer ce jeune homme modeste qui remplissait si bien ses devoirs de chrétien et de citoyem sans affectation et eans hypocrisie, et se distinguait dans ea profeasion par des habitudes de travail et de régularité qu\u2019on trouve rarement chez des jeunes avooats, M.Jetté n'a pas la chaleur, l\u2019enthiousiasme et la fucilité de parole de certains orateurs, mais sa parole élevée, franche, pleine de gens et de logique, produit un excellent effet eur un auditoire instruit.Son éloquence froide et calme comme sa raison ne remue pas les âmes, mais elle porte la conviction dans les esprits et inepire la confiance et le respect.Le RP, JCLES JETTE, 8, J, M.Jetté a le mérite de dire en bon français, dans un langage correct, clair, sobre, élégant et châtié, des choses sensbes ot pratiques, mérite assez rare chez nos avoeats ct nos orateurs politiques.1d res- somble sous ee rapport à Luuriar et excelle dans l'exposition d'un principe, dans la démonstration d'une vérité.Son esprit lucide et logique jette de la lumière sur les questions les plus compliquées et sait en faire reseortir les points les plus importants.\"ll est sur le bane ce qu'il a toujours été: digne, vonseiencieux, laborieux, catholique et libéral, ennemi de l'injustice et de l'exagération, protecteur de tous les droits, fidèle et loyal interprête de la Joi.\u201c11 travaille lentement mais sûrement, les clients «t les avocats attendent un peu longtempe, mais l'excellence de ses jugements lui fait pardonner sa lenteur.Quelques-unes de ses décisions, dans des causes où se soulevaient des questions de droit civil de la plus haute importance, ont été fort remar- quéra non sculement ici mais en France et en Angleterre.Mentionnone entre autres la cause Lara- mée où il a exposé avec tant de science et de précision la loi qui régit le mariage dans ce pays; cn trouva co jugement si important que M.Blake en demanda lu production devant la Chambre des Communes, Citons encore le jugement qu\u2019il rendit contre les compagnies d'assurance poursuivies pour le paiement de la taxe imposée par Je gouvernement local.\u201c11 a, dans des matières touchant à la religion et à la politique, rendu des décisions et exprimé des opinions qui n\u2019ont pas plus aux parties intéressées, aux violente; il a pu se tromper, il a pu.dane certains eas, profiter de l\u2019occasion pour donner une leçon à des gens pou disposés À la recevoir de bonne &rice, mais on n'a jamais mis on doute son intégrité et sa bonne foi.\u201c Personne ne représente plus que lui dans ce pays les eentiments de ceux qui veulent qu\u2019on interprète la religion de manière à la faire respecter et à lui concilier tous les coeurs et les eeprite, à démontrer qu'elle n\u2019est pas antipathique aux réfor- mos, AUX saines idées de progrès et de liberté.\u201c La robe du magistrat n\u2019a pas étouffé en lui les aspirations de l\u2019homme do lettres et du philosophe, les sentiments du patricte, \u201c Professeur de droit à l\u2019Université Laval, président de la Société d\u2019éconopmie politique, membre de 700 Montréal, 19 mai 1906 plusieurs autres associations scientifiques et nationales, rien de ce qui intéresse la société et l'avenir de eon pays me lui est indifférent.« Partout il préche par 'exemple et la parole, sa vie modeste et laborieuse aure été plus utile que des existences beaucoup plue bruyantes \u201d, Pour terminer, citons les pagce suivantes de M.Ernost Gagnon Jesquelles traitent de Spencer Wood, résidence officielle de Sir L.A.Jetté.Le 3 uvril 1811, par acte passé devant Mtre Tétu, notaire, ln propriété de Powell Place fut vendue pur M.François Le Ilouillier à M.Michael-Henry l\u2019erceval, collecteur de la douane de Québec, pour lu somme de \u201c quatre mille louis courant \u201d, l\u2019acquéreur devant \u201c payer et acquitter, le jour de la Saint- Rémy, premier octobre de chaque année, au Domai- ue de la Châtellenie de Coulonge appartenant à Messieurs les Ecclésiastiques du Séminaire des Missions Etrangères à Québec, la somme de huit livres trois sols, la livre à vingt sols, de cens et rente annuelle et perpétuelle, garantis quittes jusque à l\u2019année courante.\u201d Monsieur Michael-1lenry Perceval, le nouvel acquéreur, donna à Powell Place le nom de Spencer Wood, et ecla \u2014 dit monsieur J.-M.LeMoine \u2014 en l'honiteur de son parent et protecteur honorable Spencer Perceval.Ce dernier était chancelier de l\u2019'Echiquier ct premier ministre de la Grande-Bre- tagne, lorsqu\u2019il tomba sous les coups d\u2019un assassin nommé Bellingham, le 11 mai 1812, au moment où il franchissait le vestibule de la Chambre des Communes à Londres.Bellingham était un courtier de Liverpool.On le disait fou.TI subit la peine de mort dans la semai- ue qui suivit l\u2019assassinat.Monsieur Henry Atkinson, négociant de Québec, acheta In propriété de Spencer Wood des héritiers Perceval par acte portant la date du 18 mai 1835.Le gouvernement de la province du Canada ache- t1 de M.Atkinson, en 1852 et en 1854, au prix total de $#1,600.00, la plus grande partie de cette propriété, qu'il occupait depuis 1850 en vertu d\u2019un bail avee promesse de vente.Spencor Wood au temps de Lord Elgin Le nom de Spencer Wood resta attaché à la por- tlon nord, vendue au gouvernement, où se trouvait le château qui devait servir de résidence au gou- verneur-général; la portion sud se nomme aujour- d'hui Spencer Grange et appartient à Sir James le Moine.Le \u201c domaine \u201d de Spencer Wood a été cédé à la province de Québee par le gouvernement du Canada, en vertu d\u2019un ordre du gouverneur-général en conseil portant la date du 29 avril 1870.La rente scigneuriale dont était grevée la propriété a été rachetée par le gouvernement de Québec le 7 février 1882.Elle était de 8744 centins par an.La superficie de la propriété du gouvernement est de 70 arpents 1514 perches environ, d\u2019après le cadastre 1871), et de 75 arpents 654 perches, environ, d\u2019après les titres.Dans le premier volume des \u201c Cadastres abrégés des seigneuries de Québec \u201d (Siméon Lelièvre, commissaire,) se trouve le \u201c cadastre abrégé de la seigneurie de Coulonge\u201d.La dimension de Spencer Wood y est indiquée comme étant de 75 arpents 50 perches.(4 mars 1861.) Le château de Spencer Wood qu\u2019habitèrent Lord Elgin et Sir Edmund Head, fut considérablement agrandi et amélioré, ainsi que ses dépendances, de 1851 à 1856.On dépensa pour ces travaux $149,- 667.70.Tout le château proprement dit fut détruit par un incendie, le 28 février 1860, jour de l\u2019ouverture du parlement à Québec.Lady ITcad et sa fille s\u2019échappèrent à la hâte du bitiment en flammes et se retirèrent chez le Lord évêque Mountain, à Samos, propriété voisine de Spencer Wood.Sir Edmund Head passa quelque temps chez M.Price, à Wolfefield.Puis le gouvernement loua la propriété appelée Catarakoui, sur le chemin du Cap Rouge, pour on faire la résidence temporaire du gouverneur.Lo château actuel de Spencer Wood, construit pendant les années 1862 et 1863, au prix de $28,- ALBUM UNIVERSEL (Monde Ilustré) No 1180, 015.71, fut inauguré par Lord Monk, gouverneur- général du Canada, qui l\u2019habita jusqu\u2019en 1866.Depuis l'établissement de la Confédération, Spencer Wood a été la résidence officielle de tous les lieutenants-gouverneurs de la province de Québec : les honorables Sir N.-F.Belleau (à partir de 1870 seulement), René-Edouard Caron (1878), Luc Le- tellier de Saint-Just (1876), Théodore Robitaille (1879), Louis-Rodrigue Masson (1884), Auguste- Réal Angers (1887), Sir Adolphe Chapleau (1892) et Louis-Amable Jetté (1898), M.Belleau habitait ordinairement sa résidence particulière de la rue Saint-Louis, à Québec, et ne se teuait que rarement (comme il le fit pour recevoir le prince Arthur d\u2019Angleterre) à la résidence officielle de Spencer Wood.48 ho KN oN HP cope gn I it fais, , ou L'ontrée du domaine de Spencer Wood M.Caron occupait ta charge de lieutenant-gou- verneur lorsqu\u2019il mourut, le 13 décembre 1876.Son corps fut expôsé dans le grand salon du château, témoin de tant de fêtes.Les funérailles \u2014 auxquelles assistérent tous les membres des deux Chambres alors en session \u2014 eurent lieu le 18, et furent faites aux frais de l\u2019Etat.M.Luc Letellier de Saint-Just, nommé lieutenant-gouverneur le 15 du même mois (décembre 1876) assistait aussi à la funèbre cérémonie.La lecture précédente nous a fait connaître les noms des différents propriétaires du domaine actuel de Spencer Wood depuis l\u2019érection de la châtellenie de Coulonge.En voici la liste succinte dégagée de commentaire : 1.Louis d\u2019Ailleboust.\u2014 9 avril 1657.2.Dame Marie-Barbe de Boullongne, veuve Louis d'Ailleboust, et Charles d\u2019Ailleboust des Mus- seaux.\u2014 31 mai 1660.3.L'Hôtel-Dieu du Précieux Sang.\u2014 5 juillet 1670 et 2 octobre 1671.4.Le Séminaire de Québec.\u2014 12 mai 1676.5.MM.Olry et Mayer.\u2014 12 avril 1766.6.Henry-Watson Powell.\u2014 28 avril 1780.7.Patrick Beatson.\u2014 31 octobre 1796.8.Frangois Le Houllier.\u2014 7 novembre 1801.9.Michael-Henry Perceval.\u2014 3 avril 1811.10.Henry Atkinson.\u2014 18 mai 1835.11.Le gouvernement du Canada.\u2014 31 mars 1852, \u2014 24 mai et 25 juin 1854.12.Le gouvernement de la province de Québec.\u2014 29 avril 1870.Tout ce qui précède n\u2019est qu\u2019un résumé de notes et de pièces qui ont été réunies pour la plupart sous un même dossier et placées dans les archives du département des Travaux publics, sous le numéro 1321 de l\u2019année 1898.Ces documents historiographiques pourront être utiles à ceux qui voudront les exploiter plus tard dans un but littéraire, ou se renseigner sur la position exacte des propriétés enclavées dans les limi- La résidence officielle de Spencer Wood, vue des jardins tes de la chitellenie de Coulonge ou situées dans le voisinage.Ils témoignent en tout cas de ce fait digne de remarque, que le domaine de Spencer Wood semble avoir eu de tout tempe une destination exoeptionnelle.Erigéo en châtellenie dès le milieu du dix-septième siècle, la terre de Coulonge est d\u2019abord occupée par le troisième gouverneur de la Nouvelle-Fragce, Louis d\u2019Ailleboust de Coulonge et d\u2019Argentenay.La femme de Louis d\u2019Ailleboust, la sympathique et pieuse Barbe de Boullongne (ou de Boulogne, suivant l\u2019orthographe adoptée,) dont la vie intime a été marquée par des événements d\u2019un ordre si élevé, fit faire des travaux de quelque importance À la modeste résidence de ce domaine seigueurial, après la mort de son mari.Puis, pendant quatre-vingt-dix ans, la seigneurie est conservée \u201cen domaine \u201d par le \u201c séminaire des missions étrangères \u201d de Québec.Plus tard, sous le régime anglais, le centre de la châtellenie de Coulonge \u2014 Powell Place \u2014 est habité par un \u2018autre gouverneur, Sir Jamos-Henry Craig, personnage ombrageux qui eut le malheur d'avoir pour conseiller le fanatique Horman-Wit- sius Ryland.Plus tard encore, la noble figure de Lord Elgin apparaît sous les grands chénes de Coulonge.Nous entrons dans une nouvelle période: la tenure sei- gnouriale est abollie (1854) ; il n\u2019y a plus de foy et hommage à rendre \u201cgenouil en terre, teste nui, sans espée ny esperons \u201d, ou simplement \u201cla main droite \u201cad pectus \u201d\u201d, lorsque c\u2019est un ecclésiastique qui prête le serment; mais le domaine est devenu propriété publique ct résidence du chef de l\u2019Etat: Flgin, Head, Monk, Lisgar, Dufferin viennent tour à tour séjourner au château du \u201c Bois de Spencer \u201d.Puis la France semble être revenue; ou plutôt ce sont des fils d\u2019une autre branche de la famille normande, tous nés dans la province de Québec, qui viennent représenter au château la Couronne d\u2019An- gloterre.Et que d\u2019hdtes illustres, que d\u2019hommes politiques à jamais disparus de la scène du Parlement et du monde ont reçu l\u2019hospitalité de la demeure vice- royale ot y ont discuté les destinées de notre pays! C\u2019est à quelques pas à l\u2019est de la cascade du ruisseau Saint-Denis, qui est la borne nord-nord-est de la châtellenie de Coulonge, que les soldats de Wolfe escaladèrent la falaise du Saint-Laurent pour venir se ranger en bataille sur les hauteurs d\u2019Abraham, au matin du 13 septembre 1759.C\u2019est à peu de distance, vers l\u2019ouest, que le Frère Liégeois, dont les restes reposent dans la chapelle du monastère des Ursulines, fut massacré par les Iroquois, le 29 mai 1655, et c\u2019est sur la rive de Sillery, voisine de Cou- La résidence officielle de & vue des bords du St-Laurent neer Wood, longe, qu\u2019expira, dans la nuit du 11 au 12 mai 1646, le Père Ennemond Massé, le compagnon de Jean de Brébeuf.L'histoire, la légende, l'anecdote familière aux érudits surgissent à chaque pas dans ce domaine de Spencer Wood: au sommet de la falaise jadis commise à la garde de Douglas et de Vergor, aux détours des allées du grand parc où Lady Head promenait sa douleur inconsolée, sous les rameaux des chênes séculaires qui rappellent la forêt primitive, dans la blanche chapelle, les vastes salons, la serre odorante du château.Effacer les noms de Coulonge, de Powell Place et de Spencer Wood serait effacer des pages vraiment précieuses des annales de la ville de Québec, la vieille capitale si fière de son passé, si noblement jalouse de la conservation de ses souvenirs.PLEIN AIR Tu sens bon le printempe,\u2014 tu sens bon la jeunesse, Et mon coeur, près de toi, mon coeur chante sans L'éternelle chaneon des coeurs au renouveau.[cesse Je t'aime.Le soleil te vient roser la peau- Comme la chair de la cerise à peine mûre, Et ta voix parle avec l\u2019ineffable murmure [traits D\u2019une eau courante et fraîche.On en boit à longs La musique.Et la grâce habite sur tes traits.J'adore ton corps svelte, onduleux et robuste, La gracilité jeune et eouple de ton buste Et le regard coulé sous tes cils longs-frangés, Et tes cheveux très fine follement dérangés Sur ta nuque au duvet d\u2019or soyeux, par la brise Qui s\u2019y joue et la baise, éperdument éprise.EDMOND ROSTAND, de l\u2019Académie française. Dans notre dernier numéro, à propos du récent cataclysme de la Nouvelle Californie, nous avons brièvement rappelé le tremblement de terre canu- dien de 1683, Revenant sur ce sujet, si intéressant pour les nôtres, nous reproduisons ci-dessous quelques pages de l'histoire de Ferland : \u201c C'était le lundi gras, cinquième jour de février 1663 ; la journée avait été belle et sercine.Bien des gens avaient commencé à célébrer le carnavel pur des amusement et les excès ordinaires ; de leur côté, les porsonnes pieuses assistaient aux offices qu\u2019on faisait dans l\u2019église des Jésuites en l'honneur des martyrs du Japon, et demandaient à Dieu d'éloigner lee fléaux dont la colonie semblait menacée.Pour les mêmes fins, des prières particulières s'étaient faites dans les communautés religieuses.Suivant d'ITistoire de l'Hôtel-Dieu, à la suite de l'exposition du Saint Sacrement dans la chapelle des hospitalières, la Mère Catherine do Saint-Augustin, personne jouissant d\u2019une grande réputation de piété eut une vision qui lui annonçait que la main de Dieu allait s\u2019appesantir sur la colonie.* Elle vit U, rapporte l'annaliste, \u201c quatre démons furieux, aux quatre côtés des terres voisines de Québec, qui les secouaient si rudement, qu'ils se proposaient de renverser toute la colonie.En même temps, elle aperçut un jeune homme d'un air majestueux qui montra l'autorité qu'il avait sur ces spectres, en ce qu'il les arrêta un peu de temps, puis il leur lâcha da bride, et clle entondit les démons qui disaient que ce qui allait arriver convertirait teus les pécheurs, mais que ce ne serait que pour un temps, et qu'ils avaient bien des moyens pour les ramener dans le chemin du vice\u201d.Cette vision est rapportée dans des termes presque identiques par le P.Lalemant, dans ia Relation de 1663, et par la Mère de l'Incarnation.Déjà la Mère Catherine de Saint-Augustin avait fait connaitre à plusieurs reprises les pressentiments qu'elle avait au sujet des châtiments de Dieu sur la Nouvelle-France.Elle priait encore, lorsque, vers cinq heures et demie du soir, on sentit dans toute l\u2019étendue du Canada un frémissement de la terre.suivi d'un bruit ressemblant à celui que feraient des milliers du ca- rosses, lourdement chargés et roulant avec vitesse sur des pavés.Bientôt cent autres bruits se mêlèrent à ces deux premiers: tantôt l\u2019on entendait le pétil'ement du feu dans les greniers, tantôt le roulement du tonnerre, ou le mugissement des vagues se brisant contre le rivage; quelques fois on aurait dit une grêle de pierres tombant sur les tuits: le sol se soulevait et s\u2019affaissait d\u2019une manière effrayante; les portes s\u2019ouvraient et se fermaient avce bruit; les cloches des églises et les timbres des horloges sonnaient ; les maisons étaient agitées.comme des arbres lorsque le vent souffle violemment ; les meubles se renversaient, les cheminées tombaient.les murs se lézardaient ; les glaces du fleuve, épaisses de trois ou quatre pieds, étaient soulevées et brisées comme dans une soudaine et viclente débâcle.Les animaux domestiques témoignaient leurs erain- tes par des cris, des beuglements, des hurlements ; les poissuns eux-mêmes étaient effrayés, et, au mi- dieu de tous les sons discordants, l'on entendit les rauques soufflements des marsouins aux Trois- livières, où jamais on n\u2019en avait vu auparavant.L\u2019agitation était irrégulière: un moment, on sentait sous ses pieds des mouvements saccadés et fort rudes; puis ce n\u2019était plus qu\u2019un bulancement, comme celui qu'en éprouve sur un gros vaisseau bercé par les vagues; plusieurs ressentirent des soulèvements de coeur semblables à ceux que cause le mal de mer.La première secousse dura près d'une demi- heure; cependant sa plus grande force ne se déploya que pendant un petit quart d'heure, ou, selon le \u201cJournal des Jésuites\u201d, l\u2019espace de deux \u201cmiserere\u201d.M.d\u2019Avaugour lui donne une durée un peu moindre.\u201c Nous avons cu \u201d, écrivait-il, \u201cun tremblement de terre qui a duré près d'un demi-quart d'heure, assez fort pour nous favoriser à un bon acte de contrition\u201d.\u2014 Il ajoutait: \u201c Comme ces choses non communes rangent parfaitement les chrétiens à leur devoir, il est à croire que dans le coeur des autres, elles portent puissamment la terreur et la crainte, particulièrement parmi cette canaille d\u2019Américains, habitués de sacrifier au démon pour savoir l'avenir\u201d, En effet la terreur fut générale parmi les chrétiens, comme parmi les payens, ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1150 TT Pak J.B.A.FERLAND, Puro, profeweur d'histoire à l'Université Laval nt errant Chez les Français, les uns croyaient à un incondie, d\u2019autres saisissaient leure armes, persuadés que les Iroquois arrivaient pour les attaquer.Plusieurs ee prosteruaient à terre, ct imploraient la miséricorde de Dieu; quelques-uns couraient aux églises afin de su confesser, et c'étaient surtout ceux qui avaient déjà commencé à célébrer Je carnaval.Les Monta- gnais et lee Algonquins chrétiens croyaient que les démons avaient été lâchés sur la terre, pour les pu- uir de leur ivrognerie, Des sauvages payens s'ima- ginérent que les âmes de leurs ancêtres s agitaient pour rentrer en possession de leurs anciennes termes de chasse ; dans cette ponsée, ils firent plusieurs décharges de mousqueterie, afin de les éloigner et de les forcer à retourner au pays des âmes.La première secousse fut le prélude de plusieurs autres: pendant la nuit suivante, une personne en compta trente-deux, dont six seulement furent bien sensibles.Ie foyer des feux souterrains qui produisirent ce grand ébranlement paraît avoir été sous la chaîne des monte Laurentins, depuis le Labrador jusqu'à l'Outaouais; de là, le mouvement s'étendit jusque dans la Gaspésie, la Nouvelle-Angleterre, la Nouvelle-ITollande et l\u2019Acadie, mais en diminuant d'intensité à mceure qu'il s\u2019éloignait du point de départ.D'après les renseignements les plus authentiques, on peut constater qu'une superficie de plus de quarante mille lieues fut.à da même heure, plus ou mains agitée, Ce premier tremblement de terre fut suivi d\u2019une suite d'ébranlements semblables, qui continuèrent jusque vers la fin d'août, c'est-à-dire.pendant six mois et demi.* 1] est vrai *, dit le P.Lalement, * que les secousses n'étaient pas toujours également rudes.En certains endroits.comme dans les montagnes que nous avens à dos, le tintamarre et le trémoussement y ont été perpétuels pendant un long temps; en d'autres endroits, comme à Ta- doussae.il y tremblait d'ordinaire deux et trois fois le jour avec de grands efforts, et nous avons remarqué qu'aux lieux plus élevés l'émotion é'ait moindre qu'au plat pays.La présence des feux scuterrains se manifesta de diverses manières et dans des lieux très éloignés les uns des autres, Aux environs des Trois-Rivières, l'atmesphère devenait parfois fort lourde ; quoi- qu'on fut au milieu de l'hiver, des bouffées d'une chaleur étouffante se succédèrent pendant toute lu nuit du cinq au six février.L'on vit de grosses fumées ct des jets de boue et de sable s'élancer au- dessus des caux du fleuve, vis-à-vis de Québee.A Tadoussac, il temba des cendres, qui couvrirent le sol à une épaisseur de plus d'un pouce.D\u2019endant plusieurs mois, l\u2019on aperçut dans les airs un grand nombre de météores ignés, sous la forme de lances, de boules, de serpents.Les habitants de la côte de Beaupré remarquèrent un globe étincelant s'étendant au-dessus de leurs champs, comme une grade ville dévorge par l\u2019incendie; leur terreur fut extré- me, car ils ecrurent qu\u2019il allait tout embraser.Le météore traversa cependant le fleuve sans causer de mal, et alla se perdre au-delà de l'île d'Orléans.Pendant d'été, les exhalaisons brâûlantes qui sur- taient du sein de la terre produisirent une si grande sécheresse, que les herbes et les blés jaunireut, comme 8'ils eussent été arrivés à leur maturité.Des ébranlements si longs et si violents, dans l'intérieur de la terre durent nécessairement amener bien des bouleversements à la surface.Des sauvages et des français rapportèrent que dans le Saint-Maurice, à cinq au six Jicues des Trois-Riviè- res, des côteaux fort escarpés furent aplanis, ayant été onlevés de dessus leurs bases et, pour ainsi dire déracinés jusqu'au niveau de l\u2019eau.Ainsi renversés dans la rivière avec des massifs d\u2019arbres, ils formèrent une puiseante digue; les caux arrêtées s'élevà- rent, se répandirente sur les rivages, minèrent les terres éboulées et les entraînèrent en si grande abondance vers le Saint-Laurent, que sa couleur en fut entièrement changée pendant plus de trois mois.Iæ sol léger et sablonmeux du pays qui avoisine le Saint-Maurice ct le Bastiscan cédant facilement à l\u2019action des caux, du dégel et des secousses, bien des changements s\u2019opérèrent sur leurs rivages.De nou- voaux lacs se formèrent, des côteaux s\u2019affaissèrent, des sauts furent aplanis, de petites rivières disparurent, de grandes forêts furent renversées.Dopuis de cap Tourmente jusqu'à Tadoussac, la physionomie de la côte fut gravement modifiée dans Montréal, 13 mai 100¢ plusiours localités.Près de la baie Saint-Paul, une colline isolée, ayant environ un quart de lieue de tour, deacendit sous les eaux et en ressortit pour former un flot; vers la pointe aux Alouettes un grand bois ae détacha de la terre ferme, glisea sur les roclere jusque dans le fleuve, oll, pendant quelque temps, les arbres restèrent droits, élevant leurs cimes verdoyantes au-dessus (les eaux.Les secousses du tremblement de terre se firent sentir sur le fleuve plusieurs fois durant l'été.Au mois do juin, la chuloupe du sieur de Lespinay remontait à Québec, portant la secrétaire du gouverneur, M.Mazé, qui s'était embarqué à Gaspé.Lorsqu\u2019elle approchait de Tadoussac, clle commença tout d'un coup à trembler et à s'agiter d\u2019une manière étrange, le flot la soulevant fort haut et la laissant retomber à des intervalles irréguliers.Comme aucun des passagers n'avait jamais rien éprouvé de semblable, tous restèrent surpris et cffrayés.Au milieu de leur étonnement, ils tournèrent les yeux vers la terre, et virent une montagne s\u2019ébranler, tournoyer, et s'abîmer, de sorte que le eommet se trouvait au niveau du sol environnant.Dane leur frayeur, ils se hâtèrent de gagner le large, craignant que quelques débris ne fussent lancés jusques sur leur chaloupe.Un grand navire, suivant la même route peu de temps après, fut fortement ébranlé; saisis de torreur, les matelots et les passagers se jutèrent à genoux pour se préparer à la mort.Ils voyaient les eaux du fleuve agitées, tourmentées dans toutes les directions, et ils ne pouvaient s'expliquer un mouvement qu'ils n'avaient jamais remarqué auparavant.Ce qui étonna grandement, c'est qu'au milieu de tous les bouleversements, par une protection parti- eulière de Dieu, personne ne fut blessé, aucune maison ne fut renversée.Toutefois l'effet moral n'en fut pas moins grand sur les consciences méme los pus endurcies.\u201c Quand Dieu parle \u201d dit la Relation de 1663, \u201cil se fait bien entendre, surtout quand il parle par la voix des tonmerres ou des tremble-terre, qui n\u2019ont pas moins ébranlé les coeurs «ndureis que nos plus gros rochers, et ont fait de plus grands remuements dans les consciences que dans nos forêts ct sur nos montagnes \u201d.La pensée que Ja fin du monde arrivait s'était emparée des esprits: aussi.se croyant aux portes de d\u2019éternité, chacun se préparait au jugement dernier.Le mardi gras et le mercredi des cendres ressemblaient au jour de Pâques, par le grand nombre de personnes qui s'approchèrent de la sainte table.Tout le temps du carême continua de présenter le spectacle le plus édifiant : les ennemis se réconciliaient, des restitu- tioms se faisaient, on se livrait de toutes parts a des oeuvres de pénitence et de charité.Il n'est pas surprenant qu\u2019au milieu de la frayeur générale, bien des personnes aient cru voir des prodiges dans des choses fort ordinaires, que letr imagination défigurait.(\u201cétaient tantdt des spectres épouvantables, tantôt un feu, ayant la figure d'un homme qui vemissait des flammes; l\u2019on entendait dans les airs des clameurs, des hurlements, des plaintes, des menaces.Les profondes solitudes de la Nouvelle-France, ses vastes et sombres forêts, les légendes mystérieuses des tribus sauvages étaient bien propres à inspirer aux coloms français un penchant au merveilleux, penchant que durent alors augmenter les cffrayantes convulsions de la nature.les circonstances semblables avaient produit les mêmes cffets sur les habitants de la Nouvelle- Angleterre.C'est la remarque que fait l\u2019historien Hutchinson : \u201c Je pourrais \u201d, dit-il, \u201c d\u2019après les mn- nuscrits ct les documnents imprimés, recueillir, dans les différentes parties du pays ct i diverses époques autant de prodiges qu\u2019il en faudrait pour remplir un petit volume \u201d, Laissant de côté les quelques cxagérations que la crédulité populaire a pu ajouter à la vérité des faits, il reste une masse suffisante de témoignages respectables pour nous prouver que le tremblement de terre, arrivé en 1663, fut remarquable par son intensité, par sa longue durée, par les circonstances extraordinaires qui le précédèrent et l\u2019accompagnèrent.Dans «des vues providentielles, Dieu voulut que ce bouleversement de l\u2019ordre physique.servit à rétablir l\u2019ordre moral, gravement compromis dans le Canada par les excès des deux dornières années, = Montréal, 19 mai 1006 AJPTM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1180 \u2014 A toilette de la demoiselle d'honneur doit être L simple, duns une note gracieuse pourtant, et faite d\u2019un tissu délicat.Vous comprenez, mosdemoiselles, qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019éclipser la ma- ride, mais qu'il faut se faire belle juste assez pour pouvoir l\u2019approcher, lui tenir son bouquet et lui fixer son voile.La vignette ci-contre, en soie ou en mousselinc, ornée de médaillons brodés à jour, semble réunir les qualités de l'emploi.La fillette aux fleurs, qui sème des roses sous les pas do la jeune épousée, est vêtue de linon brodé.Elle pourrait aussi bien représenter le mois de Mai, qui met des fleurs sur la terre et de la joie dans les coeurs.Quelques notes, maintenant, à l\u2019usage des autres personnes qui assisteront à la cérémonie, Outre la mousseline et le linon hrodé, l\u2019on portera beaucoup de voile sur dessous de soie, des voiles unis ou imprimés, rayés et quadrillés, des mouchetés et des brodés dont on fera des toilettes ravissantes.' Avec le voile, on verra des draps légers, souples, comme le satin Liberty, formant des plis soyeux d\u2019une harmonie artistique.C\u2019est à dessein que j'emploie ce mot \u201cartistique \u201d, L'art est, en effet, inséparable de la mode.Celle-ci n\u2019est seyante que si ole suit les conseils de l\u2019art et n\u2019essaye pas de lui imposer ses caprices.Les couleurs les plus prisées sont lv vieux rose, le gris argent et le violet franc, un peu cru.Beaucoup du damiers en noir et blane, ce qui est tous les ans à la mode.La tendance à assortir le chapeau à la mode ira en s\u2019accentuant.Celu devient presque une règle générale, et les femmes distinguées l\u2019adoptent avec enthousiasme, car cet arrangement met sur toute la personne un cachet d\u2019élégnance discrète, d'une grâce sérieuse et jolie.La toque convient à un visage auquel le marquis ou le Gainsborough ne serait pas du tout avantageux.La première chose à faire, si l'on veut être bien mise, c'est de se placer devant sa glace ct de faire un seru- puleux examen de sa personne, de s'avouer crânement ses défauts afin d'y parer, d\u2019en atténuer l'effet désavantageux.L'illusion dans laquelle on se complaît est un tort.Il faut être franche avec soi-même; c'est le premier élément de la coquetterie légitime pratiquée avee intelligence.La coquetterie est une qualité aimable ou un défaut exécrable.Tout est affaire de mesure.La mode dominante des robes .princesses exclut de nos toilettes printanières les ceintures drapées.Cependant, la ceinture n\u2019est pas abandonnée, Elle reste même l\u2019or- nement indispensable des costumes tailleur et des robes trotteur.Les jeunes filles et les jounes femmes à la taille mince et souple savent trop combien la ceinture fait valoir l'étroitesse de leur taille, accentue sn souplesse, met en rclief son élégance.C\u2019est pourquoi la ceinture coquette et jeune n\u2019est pas près d\u2019être délaissée.Le choix est d\u2019ailleurs aussi joli que varié des nouvelles ceintures.La ceinture de peau souple et drapée sora cet été encore une des grandes nouveautés.Les coloris de ces ceintures se font de plus en plus délicats.C\u2019est ainsi que l\u2019on verra sur les robes de linon blanc des ceintures en chevreau drapé d\u2019un ton rosé orangé absolument délicieux.Le vert amande, le vert empire sont également très élégants en ceintures.On parvient d\u2019ailleurs à assortir très exactement les ceintures à la robe.Il existe des ceintures bleu marine, marron, de la couleur précise des costumes tailleur.Les La 2 couleurs beige, tan, cuir, sudde naturel, se trouvent plus aisément encore.Cette année, les grandes élégantes, qui veulent toujours innover, ont tenté de lancer la ceinture en peau de Suède ou en peau de Saxo, 11 est certain qu'une haute ceinture en poau de Sutde, de nuance sudde naturel clair, accompa- guant un costume tailleur en drap fin bleu foncé, compose un ensemble d\u2019une belle élégance, sobre et distinguée.Mais, faut-il le dire, la ceinture en poau de Suède me paraît pou pratique.D\u2019abord elle épaissit le tour de la taille \u2014 ce qui est un bien grave inconvénient, n'est-il pas vrai ?\u2014 ot puis, elle so ternit très vite et son nettoyage est difficile.La DEMUISELLE D'HONNEUR ET FILLETTE AUX FLEURS ceinture en suède blanc, à cause de cela, n\u2019est pres- quo pas portable.Sur les costumes de toile blanche, la ceinture en toile assortie ornée de piqûres, ou mieux encore brodée, est une gracieuse nouveauté.Sur la robe de toile brodée au plumetis à la main, avec mélange de broderie anglaise, la ceinture est du plus élégant effet.Elle ne grossit pas la taille, dont elle épouse nettement le contour, et ses jolies broderies sont, pour le costume entier, un ornement de plus.Un joli hausee-col en satin blanc brodé et pailleté d\u2019or ou d\u2019argent, avec sa frange de perles, transforme en un clin d\u2019oeil une toilette.Une note, brillante, clinquante même, n\u2019est pas à dédaigner.Un col d\u2019un tout autre genre, en velours, en pan-' ne, en satin blanc ou de couleur bleu pastel, feuille de rose, mandarine, mauve, etc, selon le teint, peut s\u2019harmoniser avec les toilettes que l\u2019on possède.Au bas du col droit ost fixé un rabat de forme originale, étroit du haut, puis se découpant et s\u2019élargissant du bas.La garniture se compose de galons brodés avec une paillette au centre de chaque petit carré; des perles forment guirlande sur les bords et semblent rattacher le bas du rabat au pied du col.Puis il y a encore les ridicules ou sacs-réticules.Les uns sont une sorte de bourse plate avec angles arrondis, montée par un joli fermoir \u201cart nouveau\u201d.Des perles garnissent le dessus et les angles.Les réticules ordinaires sont faits en soie brochée; sur le dessus on brode une gracieuse branche de fleurs, sur le côté uu noeud avec des rubans faisant coulisse.Si le sac doit servir le jour, il sera fort pratique en soie noire; pour le théâtre, au contraire, nous le voudrions blanc avec broderie de tons naturels.La cravate est toute simple, terminée seulement aux extrémités par un galon de jours et par des effilés de soie ; le tour de l\u2019encolure est également ajourd, mais on pourrait aisément remplacer ces jours par un galon brodé.Le grand col pèlerine qu\u2019il nous reste à décrire peut se faire en soie souple: pongée, liberty, loui- sine, ou bien en nansouk ou batiste; ce deviendrait alors un vrai col lingerie, car les entre-deux se choisiraient lavables: valenciennes, point de Paris, et tandis qu\u2019avec la soie c\u2019est plutôt l'irlande qui ferait bon effet.Entre les entre-deux de dentelle, les bandes sont bouillonnées, puis c\u2019est un haut volant formant berthe qui est cerné à hauteur d\u2019ourlet par un entre- deux.Ce col conviendra aussi bien aux jeunes femmes qu\u2019aux jeunes filles.Le genre tussor à pois blancs satinés paraît également appelé au succès, il fera d\u2019exquises robes, malgré la simplicité primitive de l\u2019étoffe.La mode procède rarement par brusques changements et transformations radicales, c\u2019est \u2018ainsi que nous voyons bien souvent les tissus, les garnitures d'une saison qui ont été en favour, influencer la saison suivante.Cette année encore, le blanc dominera de tous côtés, en laine, en coton, en broderie de tous genres, broderie plumetis et broderie Suisse, car on fera un peu moins de broderie anglaise ; si vous aimez la broderie à la main, mettez-en partout, la mode vous en permet l\u2019abus.J'en parle donc pour bien préciser le rôle; elle sera mélangée aux grosses dentelles, aux lÎr- landes, aux fines Valenciennes, et il est peu de combinaisons où elle ne trouve une place.Les toiles brodées, les broderies mélangées pompadour, donneront lieu à de ravissantes dispositions pour gilet, cols.empiècements et petits revers.Je noterai dans ce genre une gen tille innovation; des fleurs de dentelles se mélangeant aux broderies de couleur et venant leur ajouter, en relief, la légèreté de leurs pétales soulevés.Sur quelques robes du soir, nous voyons, en ce moment, des rubans faits de petites perles de couleur en gracièuse mosaïque, où nous retrouvons encore tous les tons fleurie. ALBUM UNIVERSEL (Monde Hlustré) No 1180 .Montréal, 12 mai 196; Notre-Dame de Bonsecours de I reux moments sur les rives du Bus Saint- T ceux qui, Comme nous, ont passé d'heu- Laurent, savent quels charmes elles possè- \u2019 dent.On s'y trouve en pleine province de Québec, au sein de populations rurales absolument typiques, affables et laborieuses, toujours prêtes à serrer la main du voyageur qui, en passant, leur donne un amical bonjour.D'une rive à l\u2019autre du grand fleuve, le regard se perd sur un décor de rêve.La brise s\u2019élève ou mollit tour à tour, des \u201c bar- Kes \u201d chargées de produits agricoles remontent ou redescendent le fleuve, enflant leurs voiles, aussi blanches que Vaile des goélands.Parfois, un transatlantique passe, et les échos des campagnes répereutent les appels de sa sirène.Sur les \u201cbattures\u201d, la vague vient mourir en clapotant, et on hume à pleins poumons la vivifiante brise de mer, que sature d'un arôme spécial la marée de l\u2019Atlantique, laquelle atteint l'Île d'Orléans.Rien, lorsque l'on voit ces plages en été, ne rappelle leur aspeet hi- bornal.Ou dirait qu'une fée a passé par là.Sur le Samt-Laurent, une navigation très moderne évoque la grande activité do notre Cpeque : à terre, à peine à quelques arpents de l'observateur, le laboureur, à sw clarrue, éveille dus visions archaïques dignes de ln plume de Virgile.C'est, voyez-vous, qu'il s'agit de l'une des zones les plus fertiles de la Nouvelle-France.Si nous osions, nous dirions que le sol est, en ces parages, aussi généreux que le coeur de l'habitant qui le fouille, ou que celui du marin qui le quitte pour se livrer à des pêches presque miraculeuses.Tenez.arrêtons-nous, et causons aujourd'hui, chers lecteurs, d\u2019une des plus vieilles paroisses ea- nadiennes-françaises, nous avons nommé Notre- Dime de Bonsecours de l\u2019Islet, nous inspirant partielle'nent, pour les notes documentaires qui suivent, d'une plaquette de M.Pierre-Georges Roy, écrite au sujet de cette paroisse, Voici ce qu'en dit l\u2019estimable auteur précité : M.l'abbé EM.IHONNE, Curé de l'Islet La paroisse netuelle de lIslet fut concédée en deux scigneuries.La première, d'une lieuc de front sur deux licues de profondeur, touchant par son extrémité nord-est à lu seigneurie de Port-doly, fut concédée le 17 mai 1677 à Geneviève Couillard, veuve du sieur du Tertre.Dans certains actes de notaires, cette seigneurie est appelée \u201cl'Islet Saint-Jean \u201d ; d\u2019autres la nomment tout simplement \u201c Saint-Jean \u201d.L'autre concession, bornée à son extrémité nord- ouest par la seigneurie de Vincelotte (Cap Saint- Eglise de l'Islet Ignace), fut accordée par l\u2019intendant Duchosneau, le lor juillet 1677, au sicur J ean-François Bélanger.Elle contenait environ uno lieue ct demie de front sur deux lieues de profondeur.On désigna la sci- gneurie de Bélanger sous ls nom de \u201c Bonsecours \u201d, Au pied du quai actuel de l\u2019Islet, placé à huit ar- ponts de l\u2019église, il y a, à l\u2019est, un rocher s\u2019élevant à une quarantaine de pieds environ au-dessus du niveau des hautes marées.Ce rocher a un peu plus de quatre arpents de longueur sur cent cinquante pieds de largeur.Autrefois, il se trouvait entièrement entouré des caux du fleuve.Il formait alors uno petite île, un ilet, mot que l'on prononçuit \u201cilette \u201d.Ce nom servit d\u2019abord à désigner la seigneurie de la veuve du Tertre.Plus tard il s'étendit à la paroisse formée des deux seigneuries de l'Islet et de Bonsecours, La situation avantageuse et ln fertilité du sol de ces deux seigneuries y attirèrent aussitôt les colons.En 1701, on trouve déjà sur les domaines de la veuve du Tertre et du sieur Bélanger une vingtaine de familles.On y voit des Bélanger, des Rouleau, des Cloutier, des Larouche, des Marchand, des Lange- lier, des Lavergne, des Fortin, des Lessard, des Caron, des Leclerc, ete, ete.Tes courageux colons de Bonsecours et de l\u2019Islet reçurent dès l'origine de leur établissement la visite du missionnaire envoyé par l\u2019évêque de Québec.Il est bien probable que le ministre de Dicu eélé- brait les saints mystères dans la maison du seigneur Bélanger, mais il n\u2019en est pas fait mention dans les notes restées dans les archives de la paroisse.Intérieur de l'eglise La première église de l\u2019Islet fut construite eu 1700, à l\u2019endroit où se trouve aujourd'hui la chapelle des morts, à l\u2019entrée du cimetière, Ses dimeu- sions étaient bien modestes : vingt-cinq pieds par vingt.Cette église ne contenait que onze bancs.Quoique les paroissiens fussent alors peu nombreux, vize bancs ne pouvaient suffire à ceux Qui venaient assister aux offices.Mais il leur restait la ressource qu\u2019on n\u2019a pas perdue daus la plupart des églises du pays, celle d\u2019entendre la messe debout dans les allées ou en arrière des bancs, l\u2019est M.Louis Mathieu, premier curé du Cap Saint-Ignace et desservant de Bonsecours, qui fit bâtir ce petit temple.Cette église, qu\u2019on désigna longtemps sous le nom de chapelle des congréganietes, fut démolie en 1852.Avec la pierre qu'il en retira, M.le curé Delâge fit construire le solage de la chapelle adjointe au pan nord-ouest de l\u2019église.Elle Wa été terminée qu'en 1883.En 1721-1722, à l\u2019endroit même qu\u2019oceupe l\u2019église actuelle, la deuxième église de l\u2019Islet fut construite.Elle mesurait soixante-douze pieds de longueur par vingt-cinq pieds de largeur.Il y avait un retrait de dix pieds à l\u2019entrée du choeur, cinq pieds de chaque côté.On y mit quarante et un bancs.Elle fut bâtie sous la direction de M.Pierre Le- elair, desservant de Bonsecours et du Cap Saint- Ignace.En 1768, la deuxième église de l\u2019Islet fut entièrement démolie pour faire place au temple actuel.Il fut construit par le curé Hingan.Il mesurait à l\u2019origine cent-vingt pieds de longueur par cinquan to-six de largeur.En 1830, M.le curé Jsouruet l\u2019agrandit de qua raute picds.11 éleva deux belles tours ayant sailli\u2026 CONTE , DE N C'ISLET >, sur la façade et sur les côtés, chacune se terminant par des clochers assez jolis.C'est aussi à cette époque que fut construit le petit clocher qui est encore sur le rond-point.Dans chacun de ces trois clochers, M.Bourget pliça une cloche dout le son était bien agréable, mais un peu faible.Le carillon rendait les notes sol, la, si.La façade un peu mesquine de 1830 fut considérablement agrandie et embellie en 1884, et les clochers des tours furent entièrement refaits.On donna les eloches, l'une à l'église de Saint-Cyrille, et les deux autres à celle de Saint-FEugène.De nouvelles cloches, fabriquées par MM.Mears et Cie, de Londres, pesant ensemble 4.088 livres, furent installées à leur place.En 1898, on a construit des galeries latérales et on a fait toilette nouvelle à l'intérieur ct à l\u2019extérieur de l\u2019église, Le chauffage avec poêles est disparu en 1898 ct 1599, et en a installé deux fournaises, l\u2019une à vapeur pour l'église et l'autre à cau chaude pour la grande chapelle et 1a sacristie.Dans le cours de la belle saison de l'année 1800, in Fabrique a fait construire un quai magnifique avee plate-forme et terrasse.On y a commencé des plantations d'arbres d'agrément qui feront du boulevard Bonsecours \u2014 c'est le nom qu'on a donné à ces terrassements \u2014 le plus joli endroit de lIslet.À la fin de décembre 1899, la population de l\u2019Islet était de 2,264 âmes ; il y avait 1,690 communiants.Le nombre des familles était de 421, dont 181 de cultivateurs, monde i.§ 1 9 ie RT + j «| Monument de I'Islet \u2014\u2014 mr Montréal, 13 mai 1906 Couvont du Bon-l\u2019niteur Lorsque la paroisse de Saint-Eugène fut définitivement formée, en 1874, de deux rangs retranchés à l\u2019Islet, il restait dans cette dernière paroisse 2,200 communiants.On voit que la population a considérablement diminué dans le dernier quart de siècle.Peu de familles sont allées s\u2019établir sur des terres nouvel- los; presque toutes sont rendues dans les Etats-Unis ou dans les grandes villes du Canada.Cette paroisse de l'Islet, dont M.Roy vient de nous retracer magistralement et l\u2019origine, et l\u2019évolution a travers les siècles, compte des institutions dont elle se réclame à bon droit, citons: le couvent des Dames du Bon Pasteur (de Québec) y établi en 1878, et le collège Commercial, tenu par les Frères Itésidence d'Eugène Casgruin des Ecoles chrétiennes (de Montréal), construit à l'Islet en 18583.Institutions qui, étant donnée la population du comté (15,000 âmes), et la juste renommée dont elles jouissent, sont considérablement fréquentées par la jeunesse studieuse de la région.Par lui-même, tel qu\u2019il est en ce moment, le village de l\u2019Islet est un des plus jolis que nous ayons vu.Les demeures y sont admirablement bien entretenues, et possèdent cet aspect de gaieté et de confort que l\u2019on trouve dans tous les districts ruraux où les produits de la mer s'ajoutent aux richesses du sol, pour faire prospérer une population éminemment laborieuse et probe.Du reste, de nombreuses vues de l\u2019Islet, que nous publions dans ces pages, confirmeront aux yeux dc nos lecteurs ce que nous avançons ici.\u2014\u2014 at Vue priso du dôme de l'église La belle église de Notre-Dame de Bonsecours, dont les clochers se voient de loin, prouve, dès que l\u2019on y pénètre, combien lui sont attachés les nombreux fidèles qui la fréquentent tous les dimanches.Sa décoration intérieure est vraiment remarquable, si l\u2019on tient compte du milieu où s\u2019élève ce temple du Seigneur.M.l\u2019abbé Em.Dionne est présentement curé de la paroisse de l\u2019Islet; secondé dans son saint ministère par M.l\u2019abbé Alphonse Doucet, vicaire.Que M.le curé Dionne, à qui nous devons une bonne partie des renseignements que nous donnons dans cette monographie, veuille bien accepter ici nos plus sincères remerciements, pour toute sa bonté qui nous a mis à même de renseigner nos lecteurs.Cependant, nous regrettons vivement que sa modestie ne nous permette pas de donner sur son | ATRITM TINTVRRAEY, (Monde Illustré) No 1180 compte le méme genre de renseignements que nous publions A V'égard des préoédents titulaires de la cure de l\u2019Islet, Nos lecteurs nous pardonneront cette omission, nous l\u2019espérons, pour ne se souvenir que d\u2019une chose, c\u2019est que M.le curé Dionne a toutes les quailtés spirituelles du chef d\u2019une paroisse, jointes à celles d\u2019un parfait homme du monde: affable, accueillant et bon, comme savent seuls l\u2019âtre les prêtres de notre province.A titre documentaire, nous donnons ci-après le nom des curés qui se sont succédés à la paroisse de Notre-Dame de Bonsecours, depuis sa fondation : M.Joseph-Romain Dolbec (1745-1767).M.Dol- bec, né à Québec le 10 mars 1717, fut ordonné prêtre le 28 septembre 1741.Il fut nommé, la même année, curé du Cap Saint-Tgnace.En 1745, M.Dolbec fut nommé à la cure de l\u2019Islet Collège Saint-François-Xavier et chargé en même temps de la desserte de Saint- Jean Port-Joli.Il est le premier prêtre qui ait pris le titre de curé de l\u2019Islet.Ses prédécesseurs, dont les premiers avaient toute la côte du sud à desservir, signaient simplement \u201c missionnaires \u201d.En 1767, M.Dolbec prit possession de la cure de l\u2019Ange-Gardien, qu\u2019il garda jusqu\u2019à sa mort, le 10 décembre 1777.Il est inhumé dans l\u2019église de l'Hôpital-Général de Québec.M.Jacques Hingan (1767-1779).M.Hingan, né À Avranches le 6 février 1729, était fils de Jean Hingan et de Jeanne Jamanys 1! fut ordonné prêtre à Québec le 17 novembre 1753.L'année suivante, il était nommé curé des Grondines, qu\u2019il quittait, en 1762, pour aller à Saint-Jean Deschaillons.C\u2019est en 1767 que M.Hingan fut nommé curé de I'Islet avec la desserte du Cap Saint-Ignace, où il fit bâtir l\u2019église en 1777.\u201c Itésidence de N.Luvuie En 1779, il prenait la cure de Saint-Jean Port- Joli.Il mourut à l\u2019Islet le 19 août de la même année.Il est le premier prêtre inhumé à l\u2019Islet.Lors de l\u2019inhumation de M.Bourget, en février 1833, ses ossements furent trouvés près de lu fenêtre du côté sud du choeur, entre le mur do l\u2019église uctuelle et celui de l\u2019ancienne.M.Paul-Ambroise Bédard (1779).Tous les actes des registres de l\u2019Islet, du 5 avril 1779 au 6 octobre de la même année, sont signés \u201c Bédard, ptre, desservant du Cap Saint-Ignace et de l\u2019Islet\u201d.C\u2019est probablement M.Paul-Ambroise Bédard, ordonné prêtre le 17 août 1777.Il mourut le 28 octobre 1780, à l\u2019âge de vingt-six ans.Ses restes reposent dans la chapelle du séminaire de Québec.Résidence de Raoul Lavoie Vue prise du dome du couvent M.Jacques Panet (1779-1829).M.Jacques Pa- net, frère de Mgr Bernard-Claude Panet, naquit à Québec le 14 février 1754.Il fut ordonné prêtre le 29 mai 1779.Le 11 octobre de la même année, M.Panet fut nommé curé de l\u2019Islet, poste qu\u2019il conserva jusqu\u2019au 7 octobre 1829.En abandonnant le ministère, M.Panet ne quitta pas l\u2019Islet.Il y demeura jusqu\u2019à son décès, le 28 mai 1830, Il fut inhumé sous la marche du maître autel.M.Pierre Bourget (1829-1833).M.Pierre Bour- get était le frère aîné de Mgr Ignace Bourget.Il naquit à Saint-Joseph de Lévis, le 18 août 1786, et fut ordonné prêtre le 4 juin 1814.D\u2019abord vicaire à Saint-Hyacinthe, il fut nommé en 1816 curé de Sorel, puis, l\u2019année suivante, de Châteauguay, et, en 1822, de l\u2019Isle-Verte et de Trois-Pistoles.Le 11 octobre 1829, M.Bourget prenait possession Le faubourg de l'Islet de la cure de l\u2019Islet.Il y mourut le 20 février 1883.11 fut inhumé dans le choeur de l\u2019église, près de la fenêtre du côté de l\u2019épitre.M.François-Xavier Deläge (1833-1881).M.De- lâge-dit-Lavigueur, né au Cap-Santé, le 20 décembre 1805, fut ordonné prétre le 6 juillet 1828.11 fut d'abord vicaire à Saint-Louis de Kamouraska.Le ler octobre 1832, il altait vicaire à l\u2019Islet, sous M.Bourget, qu\u2019il remplaça à sa mort, le 20 février 1833, d\u2019abord comme desservant jusqu\u2019au ler octobre de la même année, puis comme curé.M.Delâge résigna sa cure le ler octobre 1881 pour prendre un repos bien mérité.Il se retira à l\u2019Islet, où il mourut le 12 août 1887.Il repose dans le sanctuaire, à l\u2019endroit qu\u2019il avait fait préparer dix-sept ans auparavant, sous le prie-Dieu du prêtre, du côté de l\u2019épitre, entre l\u2019enceinte de l\u2019ancienne église et celle de l\u2019église actuelle.Residence de J.Thomas Pouliot M.Charles-David Bacon, prédécesseur de M.le curé Dionne, est né à Saint-Pierre de la Rivière- du-Sud, le ler mars 1840, du mariage d\u2019Antoine Bacon et de Marie-Madeleine-Ange Fournier.Il fut ordonné prêtre à l\u2019Islet, le 31 juillet 1864, avec M.Charles-Eugéne Frenette, curé de Saint-Jean Port-Joli.M.Bacon a été successivement professeur au collège de Sainte-Anne de la Pocatière, desservant de Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud (1873), curé de Notre-Dame de la Terrière (1876) et curé de Berthier-en-bas (1879).En 1881, son évêque le nommait curé de l\u2019Islet.(La suite à la page 64) © miata. \u201c ALBUM UNIVERSEL (Monde Illustré) No 1150 .\u2019 st .Le Père Plessis au Monument National de l'homme, de edn coeur surtout, ches Pasteur BOIREK DU 2% AVRIL 18 Comme l\u2019a dit fort justement lo jeune président du cercle Ville-Marie, M.G.Lanctôt, E.E.D., en présontant hier soir, le Père Plessis au nombreux et sympathique auditoire qui était venu l\u2019enteudre au Monument National, la conférence que donne chaque année, sous les auspices du cercle, le prédicateur de la station du carême à Notre-Dame est pour Montréal un grand événement littéraire.Aux pieds de la chaire de Notre-Dame il faut rester silencieux, le respect dû au lieu saint l\u2019exige.On est bien aise d'avoir une bonne occasion de so reprendre et, dans la grande salle de notre Monu- mont National, d\u2019applaudir à tout rompre.* ow # Elle était bien remplie la grande salle, hier soir.Ie Père Plessis a dû comprendre une fois de plus que nous l'aimons beaucoup.Pour lui rendre un de ses mts \u2014 il les a cinglants parfois! \u2014 nous ne sommes pas capables d'aimer mieux! ; Sûrement l'élite de notre mônde catholique était dà.Et d'avance se lisait sur les figures, dans l'éclat des regards et l\u2019avenant des sourires, je ne sais quel témoignage de confiante sympathie.1e Père avait gardé secret le choix du sujet qu\u2019il allait traiter.Naturellement plusieurs avaient voulu deviner, et, pour uvus confondre, nous la multitude, ils nous glissaient en confidence que de Père allait parler de Gavanarolle ! Mais non! le Père Plessis n'a pas évoqué le souvenir de son terrible frère, le dominicain de Florence, ami des Médicis.Il avait bien gardé son secret et les prophètes en ont été pour leurs frais! C'était une conférence et non pas un sermon que le prédicateur de Notre-Dame nous apportnit.Son exode, justement parce que le sujet dont il voulait parler était encore inconnu de tous, fut comme une évocation rn frme d'énigme du savant incomparable, que l'Angleterre et le Danemark et tant d'autres pays ont acclamé superbement et que notre Canada a voulu honorer aussi en donnant son nom à l'une de tres nouvelles terres: le canton Pasteur.C'est de Pasteur, du savant d'abord, de l'honme ensuite que nous allions entendre parler.durant un peu plus d'une heure.Par un délicat artifice de style le conférencier nous présentait son héros sous l'appellation canadienne: \u2018\u201c Canton Pasteur\u201d, 1! prétendit se vouloir cacher derrière le biographe du grand homme, t: ut comme le biographe, paraît-il, a eu la vertu et le talent de disparaître derrière son héros! Mais le Père Plessis est resté bien lui même.Tes tableaux littéraires ou oratoires, à l\u2019emporte- pièce, qui vous font battre le coeur et arrachent des braves aux blasés eux-mêmes, les épithètes très justes qui peignent d'un trait l'homme ou la situation, les antithèses qui naissent d\u2019ales-mêmes des entrailles du sujet ct permettent \u201c d\u2019eufoncer le clou \u201d tout cela déborde de l\u2019âme du puissant orateur.On sent qu'il aime son héros et il noifs prouve qu'il n doublement raison.Parce que ce fut un savant d'abord ct aussi parce que Pasteur fut un homme de coeur.* x + Dans la première partie de sa conférence, où il était question du savant, de Père Plessis, après l'ex- «de, s'assit à sa table.Il m\u2019a semblé que cette position l'avait un peu géné dans ses mouvements.Sa voix était encore un peu fatiguée, bien qu\u2019il se soit r«posé dix jours depuis Pâques.Mais elle est bien riche cette voix et bien sympathique.Elle souligne aux bons endroits les fumées fines ct les allusions piquantes.Je ne sais rien de plus \u201c taquin \u201d, par exemple, que le ton avce lequel le Père demandait à ces dames de lui pardonner l'énoncé de certaine formule scientifique.Je ne le suivrai pas nous expliquant comment, chez Pasteur, la puissance d'imagination, féconde en lumineuses hypothèses, fut toujours balancée par une puissance égale de contrôle sur lui-même ct de vérification des faits.Qu'il me suffise de not(r que tout cela nous était exposé avec une richesse de traits et un luxe d'ance dotes qui faisaient complètement oublier ce que l'argumentation peut toujours avoir de trop sce! Je vois encore cette cage de poules à l\u2019Académie des Sciences! Je ne sais quelle magie de style donnait aux modestes volailles, sur lesquelles Pasteur expérimentait commo &: us nos yeux, une allure de héros d'épopée! Ah! c\u2019est que Pasteur, si doux d\u2019ordinaire, une fois sûr de lui, avait en main la massue d\u2019'Hercule pour confondre les ignorants ou les jaloux.Jusqu\u2019aux poules qui, sous sa main, devenaient éloquentes pour faire triompher la vérité! D\u2019ailleurs ce n\u2019était ni pour les titres, ni pour la richesse, ni par ambition d\u2019arracher ses secrets à la nature que Pasteur travaillait.C'était pour faire du bien à ses frères les hommes.Ainsi le Rév.Père annonçait la seconde partie de eon travail: la part rye Oe fut la plus belle partie.Cette fois le Père Plessis paa debout tout le temps et il fit bien.11 aima ses parents, le grand Pasteur, avec une aimâble simplicité, ea mère qui lui avait légué ses enthousiasmes, et son père de qui il avait pris de si upportunes leçons de patience.;Ç ll aima son épouse ausei \u2014 Marie Laurent \u2014 qui fut vraiment \u2018\u2019associée de eu vie humaine et divine, selon le mot du philosophe antique, et il aima ecs enfants, sea potites filles qu\u2019il perdit jounes, pour la plupart, qu'il pleura de toute la puissance de sce larmes.Larmes fécondes, par exemple, c'est justement parce qu'il avait souffert, lui, qu\u2019il voulut empêcher tant d'autres de souffrir, qu\u2019il travailla noblement à arracher à la mort tant de petits êtres, qu\u2019il lutta pour conserver aux berceaux de France leur petit peuple d\u2019occupants! 1! aima sa patrie aussi, jusqu'd renvoyer ses parchemins de docteur d\u2019une université allemande, au lendemain de 70.Mais ce citoyen dévoué à son pays que, comme lui, il voulait voir \u201chors concours \u201d toujours, n'avait rien du \u201c chauvin \u201d et du \u201c jingo Par le coeur il était citoyen du monde entier.Comme c'est dommage de défigurer toutes ces belles choses en en parlant ! Que de magnifiques envolées le Père nous fit entendre eur ce thème que nous avons exposé trop brièvement.Quel eri de l'âme quand il salue la France, la France malheureuse! Quelle scène que celle qui fait palpiter sous nos yeux Pasteur un tube de verre à la bouche, aspirant de la gueule d'un boule-dogue enragé le virus dont il se servira pour guérir tant de malades! Quelle superbe antithése il rapporte entre Pasteur et Renan parlant tous les deux a l\u2019Académie française de Littré! Renan, le souple et avisé maître qui ee dérobe toujours et Pasteur d'hcmme positif qui parle de ce qu\u2019il a vu.et qui, pour le reste, s'en remet à Dieu, content de prendre place dans * la vieille et éternelle barque de l'Egli- se\u201d, gardienne de sa foi.Pour finir, ce fut, de la part du si distingué conférencier un appel aux jeunes gens au travail, au travail que Pasteur a tant aimé et tant recommandé.Et ce fut grand et ce fut beau! + # + L'orchestre Mardy et M.Jos.Saucier, le papu- laire baryton, ont donné à la partie musicale la note distinguée qui convenait.Son Honneur le lieutenant-gouverneur Jetté a dit avec infiniment d'esprit le mot de remerciement au cher Père Plessis.On remarquait beaucoup de prêtres à cette conférence du célèbre dominicain, et, aux premiers rangs, dans la loge méme du président d'honneur, le lieu- tenant-geuverneur Jetté, Mgr Bruchési et Mgr Racicot, M.le supérieur de Saint-Sulpice et M.le curé Troie.JEAN CANADIEN.Le parler canadien \u2014 Ses dangers Le Canadien-français a deux choses sacrées à dé- fondre en Amérique: sa langue et sa foi; deux choses si intimement liées dans son âme et dans sa vie, que de l'aveu de tous et après expérience faite, les dangers de l'une sont devenus les dangers de l'autre.Chacun sent, que le jour où le doux parler des aïeux aura cessé de retentir sur les bords du Saint- Laurent, les \u201c cloches d'argent \u201d des Canadiens auront fini de se profiler avec leur croix latine et leur coq gaulois sur les eaux du grand fleuve.Je ne lance point cette lapalissade avec la prétention gourmée et prudhommesque de découvrir PA- mérique.Mais est-il rien comme les vieilles vérités.méme à notre époque de modernisme, pour valoir les nouvelles?La doctrine nationale d\u2019un peuple se réduit à quelques axiomes, quintessences des traditions auxquelles seuls les peuples qui ont le bon sens de se tenir, sont les peuples d'avenir.Répétons donc quelquefois sans peur, sans lassitude, les vieilles vérités: elles seront toujours assez neuves si ce sont elles, cn somme, qui doivent préparer ct assurer le salut de la race.A-t-on besoin d\u2019épprendre du reste, comme les idées chez nous \u2014 sans doute parce qu\u2019elles ne vont pas encore en chemin de fer \u2014 sont lentes à rejoindre le bout de leur chemin, et qu\u2019en conséquence ils les faut relancer toujours, même quand elles ont vieilli, s\u2019il reste encore en un coin de la patrie, des âmes qui ont besoin d\u2019être éclairées, qui attendent qu\u2019on les exhorte à l\u2019action ?Celle que j\u2019énonçais tout à l\u2019heure, je l\u2019ai rappelée parce qu\u2019ils me semble \u2014 ne fait-il que me sembler?que tout en reconnaissant le rôle nécessaire de la langue dans la conservation de la foi du peuple ca- nadien-français, on ne donne pas à la première, l\u2019attention, le zèle intelligent et actif, que mérite la Montréal, 19 mai 1905 grandeur de ea mission, ne fât-ce qu\u2019à 0e point de vue exclusif.Le maintien, la défense, la glorific.- tion de la langue française, convenons-en de bon gré, sont questions vitales pour nous bien plut.\u2026t dans los discours d\u2019apparât ot dans les harangu.\u201c grmmophoniques \u201d des réjouissances de juin, 41: dans les préoceupations de la vie quotidienne, : daus lee manifestations d\u2019un civisme pratique, | moins que nous devrions faire, le devoir de tous cc.qui tiennent à la main le clairon des luttes pub\u2019 ques, co serait de tenir constamment l'esprit .peuple en éveil sur les périls de sa langue.Ce: conscience du danger toujours debout prépare : fond des âmes on ne sait quelle somme de résistan - passive, qui aux jours des luttes plus ardentes, «.viendra de la gaiWarde et généreuse combativité.Et il cet Lien toujours debout le danger.Da sa remarquable conférence sur \u201c La langue franc: se au Canada \u201d, lue devant l'Union Catholique - Montréal, le 10 mars 1901, Monsieur Tardivel pu- vait dire: \u2018* On n\u2019a pas renoncé au projet de fui.du Canada un pays exclusivement de langue fr.çaise.Un journal plus audacieux que les autres «' sait naguère qu\u2019il faudrait abolir l'usage officiel «: français, non seulement à Ottawa, mais même Québec \u201d.Et le conférencier poursuivait: \u201c Tou nos adversaires n\u2019expriment pas aussi ouverteme: leur pensée; mais, soyons persuadés que, parmi l Anglais qui nous entourent, beaucoup désirent ai demment voir disparaître la langue française du su\u2018 canadien.C'est qu'elle forme obstacle à la réalisu tion de leurs rêves.Impossible pour eux, ils le sen tent bien, de détruire la foi catholique tant que res tera debout un des principaux boulevards de cett- foi au Canada: la langue de nos mères, la langue «- nos premiers missionnaires de nos guides les plu- illustres, de nos glorieux martyrs \u2014 la langue de Champlain, des Bréboeuf, des Laval, des Plessis.des Bourget!\u201d Le premier et le plus grand péril que court le par ler français au Canada, c\u2019est peut-être notre fausse sécurité trop fortement dosée d'optimisme et d- somnolence.l\u2019arce qu'on ne taxe plus l'attachement À notre langue de \u201cpréjugé étroit et déraisonnable\u201d.qu\u2019il n\u2019est plus question de la mettre à la porte de- parlements \u2014 et est-ce bien sûr ?\u2014 que le temps es! passé où Jon devenait de la race \u201cinférieure\u201d rien que pour parler la langue de la France, et où la survivance de la population française était regardée comme devant être nuisible À la prospérité d\u2019une colonie britannique, nous vivons comme si Je pacifisme avait été inventé pour nous, comme si l'ennemi n'était pas toujours à nos postes.C\u2019est alors qu'on se demande si quelques cris de guerre ne feraient pas bien parfois de venir soulever la tête des léthargiques de deesus le mol oreiller où ils osent dormir sans cauchemar.Il ne faut pas nier, certes, les efforts généreux.et qui mieux est, intelligents qui se font en certain lieux.Mais, je me demande si ces efforts ne sont pas trop isolés; si ceux qui prêchent le devoir nm préchent pas un peu dans le désert; si ceux-là 1x sont pas des plus apathiques qui devraient être les plus ardents.Ne sommes-nous pas atteints sur out te question comme sur tant d\u2019autres de cet affreux * j'menfichisme \u201d qui fait qu\u2019on s'on remet toujour- pour le devoir social, sur je ne sais quelle collectivité abstraite; comme si le bon fonctionnement d' la société et la conservation du patrimoine mati nal ne dépendait pas d\u2019abord de l'accomplissemen: quotidien et intégral par chacun du devoir individuel.Les dangers de l'heure actuelle ne sont pas for midables.Mais non plus, ce ne sont pas toujour: les plus retentissants qui sout les plus à redouter.Un peuple ne perd pas sa langue tout a coup, a I: suite d'un cataclysme soudain, par la vertu d\u2019un dé cret politique.C\u2019est graduellement et silencieuse ment que se fera la proscription du francais en cc pays Ce sera pour n'avoir pas attentivement veillé sur les mille et un détails souvent insignifiants pris séparément, mais qui forment un tout formidable.qu'un jour la dernière génération des Canadiens- français en Amérique soudera le dernier anneau de la tradition nationale, et écrira la dernière pag« d'une histoire que sa postérité viendra lire dans une langue étrangère.Ce n\u2019est donc pas contre les coups soudains que nous devons nous prémunir, et avec Ja prévision d'un avenir de vingt-cinq ans que nous devons veiller, lutter et travailler.Il faut plus qu\u2019un demi- siècle à un peuple pour oublier ea langue.Ce qu'il faut eurveiller.c\u2019est l\u2019indifférence coupable qui nous fermerait les yeux sur les symptômes d'in mal sourd et à pcine sensible mais qui aboutirait graduellement au cataclyame, Notre langue, sachons-le, n\u2019aura plus dans l\u2019avenir, de pires ennemis que nous-mêmes.Et si le français doit jamais disparaître du Canada, c\u2019est par mous et par nous d\u2019abord, qu\u2019il aura été mis à la porte.LIONEL MONTAL. ps === Le Montréal, 19 mai 1908 (Suite) \u2014Je ne trouve rien que la neige.La situation était terrible; sans doute mon maître s\u2019é- \u201c tait égaré et ce n\u2019était pas - là que se trouvait la carrière qu\u2019il cherchait.Quand je lui eus dit que je ne trouvais pas les ornières, mais seulement la neige, il resta un moment sans répondre, puis appliquant de nouveau ses mains contre le mur, il le parcourut d\u2019un bout à l\u2019autre.Capi qui ne comprenait rien à cette manoeuvre, aboyait avec impatience.Je marchai derrière Vitalis.\u2014Faut-id chercher plus loin?\u2014 Non, la carrière est murée.\u2014Murée.- \u2014On a fermé l'ouverture, et il est impossible d'entrer.\u2014Mais alors ?\u2014Que faire, n'est-ce pas?je n\u2019en sais rien, mourir iei.\u2014Oh! maitre.\u2014Oui, tu ne peux pas mourir, toi, tu es jeune, la vie te tient: eh bien! marchons, peux-tu marcher ?\u2014 Mais vous?\u2014Quand je ne pourrai plus, je tomberai comme un vieux cheval.\u2014Où aller ?\u2014Rentrer dans Paris, quand nous rencontrerons des sergents de ville nous nous ferons conduire au puste de police; j'aurai voulu éviter cela; mais je ne veux pas te laisser mourir de froid; allons, mon petit Remi, allons, mon enfant, du courage! Et nous reprîmes en sens contraire la route que nous avions déjà parcourue.Quelle heure était-il?Je n'en avais aucune idée.Nous avions marché longtemps, bien longtemps et lentement.Minuit, une heure du matin peut-être.Le ciel était toujours du même bleu sombre, sans lune, avec de rares étoiles qui paraissaient plus petites qu'à l\u2019ordinaire.Le vent, loin de se calmer, avait redoublé de force; il soulevait des tourbillons.de poussière neigeuse sur le bord de la route et nous Ja fouettait au visage.Les maisons devant lesquelles nous passions étaient closes et sans lumière; il me semblait que si les gens qui dormaient là chaudement dans leurs draps avaient su combien nous avions froid, il nous auraient ouvert leur porte.En marchant vite nous aurions pu réagir contre le froid, mais Vitalis n\u2019avançait plus qu\u2019à grand\u2019- peine en soufflant; sa respiration était haute et haletante camme s\u2019il avait couru.Quand je l\u2019interrogeais, il ne me répondait pas, et de la main, lentement, il me faisait signe qu\u2019il ne pouvait pas parles, De la campagne nous étions revenus en ville, c'est-à-dire que nous marchions entre des murs au haut desquels çà et là se balançait un réverbère avec un bruit de ferraille.Vitalis s'arrêta: je compris qu\u2019il était à bout.\u2014Voulez-vous que je frappe À l\u2019une de ces portes?dis-je.\u2014 Non, on ne nous ouvrirait pas; ce sont des jardiniers, des maraîchers qui demeurent là; ils ne se lèvent pas À cette heure.Marchons toujours.Mais il avait plus de volonté que de forces.Après quelques pas il s\u2019arrêta encore, \u201411 faut que je me repose un peu, dit-il, je n\u2019en puis plus.Une porte s\u2019ouvrait dans une palissade, et au- dessus de cette palissade ee dressait un grand tas de fumier monté droit, comme on en voit si souvent dans les jardins des maraîchere; le vent, en soufflant sur le tas, avait desséché le premier lit de paille et il en avait éparpillé une assez grande épaisseur dans la rue, au pied même de la palissade.\u2014Je vais m\u2019asseoir là, dit Vitalis.\u2014Vous disiez que si nous nous asseyons, nous serions pris par le froid et ne pourrions plus nous relever.Sans répondre, il me fit signe de ramasser la aille contre la porte, et il se laisea tomber sur cette litière plutôt qu\u2019il ne e\u2019y aseit; ees dents claquaient et tout son corps tremblait.ALBUM UNIVERSEL (Monde Hlustwé) No 1150 Sans Famille s\u2026crernuor Ouvrage couronné par l'académie française \u2014Apporte encore de la paille, me dit-il, le tas de fumier nous met à l\u2019abri du vent.A l'abri du vent, cela était vrai, mais non à l\u2019abri du froid.Lorsque j'eus amoncelé tout ce que je pus ramaseer de paille, je vins m\u2019asseoir près de Vitalis.\u2014Meis toi tout contre moi, dit-il, et mets Capi aur toi, il te passera un peu de sa chaleur.Vitalis était un homme d\u2019expérience, qui savait que le froid dans les conditions où nous étions, pouvait devenir mortel.Pour qu\u2019il s\u2019exposât à ce danger, il fallait qu\u2019il fût anéanti.\u2018 Tl l\u2019était réellement.Depuis quinze jours, il s\u2019était couché chaque soûr ayant fait plus que sa force, et cette dernière fatigue arrivant après toutes les autres, le trouvait trop faible pour la supporter, épuisé par une longue suite d\u2019efforts, par les privations et par l\u2019âge.Eut-il conscience de son état?Je ne l\u2019ai jamais su.Mais au moment où ayant ramené la paille sur moi, je me eerrais contre lui, je sentis qu\u2019il se penchait sur mon visage et qu\u2019il m\u2019embraseait.C\u2019était la seconde fois; ce fut, hélas! la dernière.Un petit froid empêche le sommeil chez les gens qui se mettent au lit en tremblant, un grand froid prolongé frappe d\u2019engourdissement et de stupeur ceux qu\u2019il saisit en plein air.Ce fut là notre cas.A peine m\u2019étais-je blotti contre Vitalis que je fus anéanti et que mes yeux se fermèrent.Je fis effort pour les ouvrir, et comme je n\u2019y parvenais pes, je me pinçai le bras fortement ; mais ma peau était insensible, et ce fut à peine si, malgré toute la bonne volonté que jy mettais, je pus me faire un peu de mal.Cependant, la secousse me rendit jusqu\u2019à un certain point la conscience de la vie.Vitalis, le dos appuyé contre la porte, haletait péniblement par des saccades courtes et rapides.Dans mes jambes, appuyé contre ma poitrine, Capi dormait déjà.Au-dessus de notre tête, le vent soufflait toujours et nous couvrait de brins de paille qui tombaient sur nous comme des feuilles sèches qui se seraient détachées d\u2019un arbre.Dans la rue, personne; près de nous, au loin, tout autour de nous, un silence de mort.Ce silence me fit peur: peur de quoi?je ne m\u2019en rendis pas compte ; mais une peur vague, mêlée d\u2019une tristesse qui m\u2019emplit les yeux de larmes.Tl me sembla que j'allais mourir là.Ft la pensée de la mort me reporta à Chavanon.Pauvre maman Barbarin! mourir sans la revoir, sans revoir notre maison, mon jardinet.Ft, par je ne sais quelle extravagance d\u2019imagination, je me retrouvai dans ce jardinet : le soleil brillait, gai et chaud, les jonquilles ouvraient leurs fleurs d\u2019or, les merles chantaient dans les buissons, et, sur la haie d\u2019épine, mère Barberin étendait le linge qu\u2019elle ve- naît de laver au ruisseau qui chantait sur les cailloux.Brusquement mon esprit quitta Chavanon, pour rejoindre le \u201c Cygne\u201d : Arthur dormait dans son lit: madame Milligan était éveillée, et comme elle entendait le vent souffler, elle se demandait où j'étais par ce grand froid.Puis mes yeux se fermèrent de nouveau, mon coeur s\u2019engourdit, il me sembla que je m\u2019évanouissais.XIX LISE Quand je me réveillai jétais dans un lit; la flamme d\u2019un grand feu éclairait la chambre où j'étais couché.Je ne connaissais pas cette chambre.Je ne connaissais pas non plus les figures qui m\u2019entouraient: un homme en veste grise et en sabots jaunes; trois ou quatre enfants dont une petite fille de cinq ou six ans qui fixait sur moi des yeux étonnée; ces yeux étaient étranges, ils parlaient.Je me soulevai.On s\u2019empressa autour de moi.\u2014Vitalis?dis-je \u2014Il demande son père, dit une jeune fille qui paraissait l\u2019aînée des enfants.\u2014Ce n\u2019est pas mon père, c\u2019est mon maître; où est-il?Où est Capi 1 Vitalis eût été mon père, on eût pris sans doute des ménagements pour me parler de lui; mais comme il n\u2019était que mon maître, on jugea qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019à me dire simplement la vérité, et voici ce qu\u2019on m\u2019apprit: La porte dans l\u2019embrasure de laquelle nous nous étions blottis était celle d\u2019un jardinier.Vers deux heures du matin, ce jardinier avait ouvert cette porte pour aller au marché, et ils nous avait trouvés couchés sous notre couverture de paille.On avait commencé par nous dire de nous lever, afin de laisser passer la voiture ; puis, comme nous ne bougions ni l\u2019un ni l\u2019autre, et que Capi seul répondait en aboyant pour nous défendre, on nous avait pris par le bras pour nous secouer.Nous n\u2019avions pas bougé davantage.Alors on avait pensé qu\u2019il se passait quelque chose de grave.On avait apporté une lanterne: le résultat de l\u2019examen avait été que Vi- talis était mort, mort de froid, et que je ne valais pas beaucoup mieux que lui.Cependant, comme grâce à C'api couché sur ma poitrine, j'avais conservé un peu de chaleur au coeur, j'avais résisté et je respirais encore.On m'avait alors porté dans la maison du jardinier, et l\u2019on m\u2019avait couché dans le lit d\u2019un des enfants, qu\u2019on avait fait lever.J\u2019étais resté là six heures, à peu près mort; puis la cireu- lation du sang s\u2019était rétablie, la respiration avait repris de la force, et je venais de m\u2019éveiller.Si engourdi, si paralysé que je fusse de corps et d'intelligence, je me trouvai cependant assez éveillé pour comprendre dans toute leur étendue les paroles que je venais d\u2019entendre.Vitalis mort ! C\u2019était l'homme à la veste grise, c\u2019est-à-dire le \u2018jardinier qui me faisait ce récit, et pendant qu\u2019il parlait, la petite fille au regard étonné ne me quittait pas des yeux.Quand son père eut dit que Vita- lis était mort, elle comprit sans doute, elle sentit par une intuition rapide le coup que cette nouvelle me portait, car quittant vivement son coin, elle s\u2019avança vers son père, lui posa une main sur le bras et me désigna de l\u2019autre main en faisant entendre un son étrange qui n\u2019était point la parole humaine, mais quelque chose comme un soupir doux et compatissant.D'ailleurs, le geste était si éloquent qu\u2019il n\u2019avait pas besoin d\u2019être appuyé par des mots ; je sentis dans ce geste et dans le regard qui l\u2019accompagnait une sympathie instinctive, et pour la première fois depuis ma séparation d\u2019avec Arthur, j\u2019éprouvai un sentiment indéfinissable de confiance et de tendresse, comme au temps où mère Barberin me regardait avant de m\u2019embrasser.Vitalis était mort, j'étais abandonné, et cependant il me sembla que je n\u2019étais point seul, comme s\u2019il eût été encore là près de moi.\u2014Eh bien, oui, ma petite Lise, dit le père en se penchant vers sa fille, ça lui fait de la peine, mais il faut bien lui dire la vérité, si ce n\u2019est pas nous, ce seront les gens de la police.Et il continua à me raconter comment on avait été prévenir les sergents de ville, et comment Vita- lis avait été emporté par eux tandis qu\u2019on m'installait, moi, dans le lit d\u2019Alexis, son fils aîné.\u2014Et Capi?dis-je, lorsqu\u2019il eut cessé de parler.\u2014Cavi ! \u2014Oui, le chien ?\u2014Je ne sais pas, il a disparu.\u201411 a suivi le brancard, dit l\u2019un des enfants.\u2014Tu l\u2019as vu, Benjamin ?\u2014Je crois bien : il marchait sur les talons des porteurs, la tête basse, et de temps en temps il sautait sur le brancard; puis, quand on le faisait descendre, il poussait un cri plaintif, comme un hurlement.Pauvre Capi, lui qui tant de fois avait suivi, en bon comédien, l\u2019enterrement pour rire de Zerbino, en prenant une mine de pleureur, en poussant des soupirs qui faisaient se pâmer les enfants les plus sombres.Le jardinier et ses enfants me laissèrent seuls, et, sans trop savoir ce que je faisais, et surtout ce que j'allais faire, je me levai.Ma harpe avait été déposée au pied du lit sur lequel on m'avait couché; je passai la bandoulière autour de mon épaule, et j\u2019entrai dans la pièce où le jardinier était entré avec ses enfants.Il fallait bien partir, pour aller où Î.Je n\u2019en avais pas conscience, mais je sentais que je devais partir.et je partais.evenement -__\u2014\u2014 = + c\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 eta Sa] be. Dans le lit, en me réveillant, je ne m'étais pas trouvé trop mal à mon aise; courbaturé seulement, avec une insupportable chaleur à la tête; mais, quand je fus sur mes jambes, il me sembla que j\u2019allais tomber, et je fus obligé de me retenir à une chaise, Cependant, après un moment de repos, je poussai la porte et me retrouvai en présence du jardinier et de ses enfants, Ils étaient assis devant une table, auprès d\u2019un feu qui flambait dans une haute cheminée, et en train de manger une soupe au choux, L'odeur de la soupe me porta au coeur et me rappela brutalement que je n\u2019avais pas dîné la veille ; j\u2019eus une sorte de défaillance et je chancelai.Mon malaise se traduisit sur mon visage.\u2014Est-0e que tu te trouves mal, mon garçon Ÿ demanda le jardinier d\u2019une voix compatissante, Je répondis qu\u2019en effet, je ne me sentais pas bien, et que, si on voulait le permettre, je resterais assis un moment auprès du feu.Mais ce n\u2019était plus de chaleur que j'avais besoin, c'était de nourriture; le feu ne me remit pas, et le fumet de la soupe, le bruit des cuillers dans les assiettes, le clappement de langue de ceux qui mangeaient, augmentèrent encore ma faiblesse.Si j'avais osé, comme j'aurais demandé une assiettée de soupe ! Mais Vitalis ne m'avait pas appris à tendre la main, et la nature ne m'avait pas créé mendiant; je serais plutôt mort de faim que de dire: \u201cJ\u2019ai faim.\u201d Pourquoi?Je n\u2019en sais trop rien, si ce n\u2019est parce que je n\u2019ai jamais voulu demander que ce que je pouvais rendre, La petite fille au regard étrange, celle qui ne parlait pas et que son père avait appelée Lise, était en face de moi, et, au lieu de manger, elle me regardait sans baisser ou détourner les yeux.Tout à coup, elle se leva de table, et, prenant son assiette qui était pleine de soupe, elle me l\u2019apporta et me la mit sur les genoux.Faiblement, car je n\u2019avais plus de voix pour parler, je fis un geste de la main pour la remercier, mais son père ne m\u2019en laissa pas le temps.\u2014Accepte, mon garçon, dit-il; ce que Lise donne est bien donné; et, si le coeur t'en dit, après celle- là, une antre.Si le coeur m\u2019en disait! L'\u2019assiette de soupe fut engloutie en quelques secondes.Quand je reposai ma cuiller, Lise, qui était restée devant moi, me regardant fixement, poussa un petit cri qui n\u2019était plus un soupir, cette fois, mais une exclamation de contentement.Puis, me prenant l\u2019assiette, elle la teudit à son père pour qu\u2019il la remplit, et, quand elle fut pleine, elle me la rapporta avec un sourire si doux, si encourageant, que, malgré ma faim, je restai un moment sans penser à prendre l'assiette.Comme la première fois, la soupe disparut promptement; ce n\u2019était plus un sourire qui plissait les lèvres des enfants me regardant, mais un vrai rire qui leur épanouissait la bouche et les lèvres.\u2014Eh bien! mon garçon, dit le jardinier, tu es une jolie cuiller.Je me sentis rougir jusqu\u2019aux cheveux; mais, après un moment, je crus qu\u2019il valait mieux avouer la vérité que de me laisser accuser de gloutonnerie, et je répondis que je n\u2019avais pas dîné la veille.\u2014Et déjeuné ! \u2014Pas déjeuné non plus.\u2014FEt ton maître ?\u2014D n'avait pas mangé plus que moi.\u2014Alors, il est mort autant de faim que de froid.La soupe m\u2019avait rendu la force; je me levai pour partir.\u2014Où veux-tu aller?dit le père.\u2014Partir, \u2014Où vas-tu ?\u2014Je ne sais pas.\u2014Tu as des amis à Paris ?\u2014Non.\u2014Des gens de ton pays 1 \u2014Personne, \u2014O est ton garni ?\u2014Nous n\u2019avions pas de logement; nous sommes arrivés hier, \u2014Qu\u2019est-ce que tu veux faire ?\u2014Jouer de la harpe, chanter mes chansons et gagner ma vie, \u2014O cela ?\u2014A Paris.\u2014Tu ferais mieux de retourner dans ton pays, chez tes parents, Où demeurent tes parents ?\u2014Je n\u2019ai pas de parents.\u2014Tu disais que le vieux à barbe blanche n\u2019était pas ton père f \u2014Je n\u2019ai pas de père.\u2014Ët ta mère ?\u2014Je n\u2019ai pas de mère.\u2014Tu as bien un encle, une tante, des cousins, des cousines, quelqu\u2019un § \u2014Non, personne.\u2014D\u2019où viens-tu ?ALBUM UNIVERSEL (Mondes Mustrs) No 1180 \u2014Mon maitre m\u2019avait acheté au mari de ma nourrice.Vous avez été bon pour moi, je vous en remercie bien de tout coeur; et, si vous voulez, je reviendrai dimanche pour vous faire danser en jouant de la harpe, si cela vous amuse.En parlant, je m'étais dirigé vers la porte; mais j'avais fait à peine quelques pas que Lise, qui me suivait, me prit par la main et me montra ma harpe en souriant.I n\u2019y avait pas à se tromper.\u2014Vous voulez que je joue?Elle fit un signe da tête, et frappa joyeusement des mains, \u2014Eh bien, oui, dit le père, joue-lui quelque chose.Je pris ma harpe, et, bien que je n\u2019eusse pas lo coeur À la danse ni à la gaieté, je mme mis A jouer une valse, ma bonne, celle que j'avais bien dans les doigt.Ah! comme j'aurais voulu jouer aussi bien que Vitalis et faire plaisir à cette petite fille qui me remuait si doucement le coeur avec ses yeux! Tout d\u2019abord elle m\u2019écouta en me regardant fixement, puis elle marqua la mesure avec ses pieds ; puis bientôt, comme si elle était entraînée par la musique, elle se mit à tourner dans la cuisine, tandis que ses deux frères et sa soeur nînée restaiont tranquillement assis: elle ne valsait pas, bien entendu, et elle ne faisait pas les pas ordinaires, mais elle tournoyait gracieusement, avec un visage épanoui, Assis près de la cheminée, son père ne la quittait pas des yeux: il paraissait tout ému et il battait des main:.Quand la valse fut finie et que je m\u2019arré- tai, elle vint se camper gentiment en face de moi et me fit une belle révérence.Puis, tout de suite, frappant ma harpe d\u2019un doigt, elle fit un signe qui voulait dire: \u201cencore\u201d, J\u2019aurais joué pour elle toute la journée avee plaisir; mais son père dit que c'était assez, parce qu\u2019il ne voulait pas qu\u2019elle se fatiguât à tourner.Alors, au lieu de jouer un air de valse ou de danse, je chantai ma chanson napolitaine que Vitalis m\u2019avait apprise : » Yar \u201cenr re X TI / po AA 1] ; = X , CAS bi et 2 AN rie et 2 va: ra A Fenesta vascia ce batrona crudele Quanta sospire m'aje fatto jettare.Marde stocore comma na canuela Bella quanno te sento anno ménarre.Cette chanson a été pour moi ce qu\u2019a été le * Des chevaliers de ma patrie \u201d, de \u201c Robert le Diable \u201d, pour Nourrit, et le \u201c Suivez-moi \u201d, de \u201c Guillaume Tell\u201d, pour Duprez, c\u2019est-à-dire mon morceau par excellence, celui dang lequel j'étais habitué à produire mon plus grand effet : l'air en est doux et mélancolique, avec quelque chose de tendre qui remue le coeur.Aux premières mesures, Lise vint se placer en face de moi, ses yeux fixés sur les miens, remunnt les lèvres comme si, mentalement, elle répétait mes paroles; puis, quand l'accent de lu chanson devint plus triste, elle recula doucement de quelques pas, si bien qu\u2019à la dernière strophe elle se jeta cn pleurant sur les genoux de son père.\u2014Assez! dit celui-ci, \u2014Est-elle bête, dit un de ses frères, celui qui s'appelait Benjamin; elle danse, et puis tout de suite elle pleure.\u2014-Pas si bête que toi! elle comprend, dit la soeur aînée, en se penchant sur elle pour l\u2019embrasser.Pendant que Lise se jetait sur les genoux de BON Père, j'avais mis ma harpe sur mon épaule et je m'étais dirigé du côté de la porte.\u2014Où vas-tu?me dit-il.\u2014Je pars, \u2014Tu tiens donc bien à ton métier de musicien ?\u2014Je n\u2019en ai pas d\u2019autre.\u2014Les grands chemins ne to font pas peur?\u2014Je n\u2019ai pas de maison, \u2014Cependant, la nuit que tu viens de passer a dû te donner à réfléchir.\u2014Bien certainement, j'aimerais mieux un bon lit et le coin du feu.Le veux-tu, le coin du feu et le bon lit, avec le travail bien entendu?Si tu veux rester, tu travailleras, tu vivras avec nous.Tu comprends, n\u2019est-ce Pae, que oe n'est pas la fortune que je te propose, 0 Montréal, 13 mui 1604 ni la fainéantise.Si tu acceptes, il y aura pour toi de la peine à prendre, du mal à te donner, il faudr., so lever matin, piocher dur dans la journée, mouille, de sueur le pain que tu gagneras, Mais le pain ser, assuré, tu ne soras plus exposé à coucher à la bel! étoile comme la nuit dernière, et peut-être à mou rir abandonné au coin d\u2019une borne ou au fond d'un fossé; le soir, tu trouveras ton lit prêt et en man geant la eoupe, tu auras la satisfaction de l\u2019avoi wagnée, co qui la rend bonne, je t'assure.Et puis enfin, ei tu es un bon garçon, et j'ai dans l\u2019idée quelque chose qui me dit que tu ou es un, tu aura.en nous une famille.Lise s\u2019était retournée ot, A tra: cre ses larmes, el!.me regardait en souriant.Surpris par oete proposition, je restai un momen indéeis, ne me rendant pas bin compte de ce qu.j'entendais.Alors Lise, qui'tant son psre, vint à moi et mu prenant par da main, me conduisit devant une gru vure enluminée qui était accrochée à la muraille : ectte gravure représentait un petit Saint-Jean vôt d'une peau de mouton.Du geste elle fit signo à son père ct à ses frère- de regarder la gravure, et en même tempe, ramenant la main vers moi, elle lissa ma peau de mou ton ct montra mes cheveux qui, comme ceux d Saint-Jean, étaient séparés au milieu du front ot tombaient sur mes épaules en frisant.de compris qu'elle trouvait que je ressemblais au Saint-Jean et, suns trop savoir pourquoi, cela m fit plaisir et en même temps me toucha doucement.\u2014C'est vrai, dit le père, qu'il ressemble au Saint Jean.Lise frappa des mains en riant.\u2014Eh bien, dit le père en revenant à sa proposition, cela te va-t-il, mon garçon?Une famille! J'aurais dune une famille! Ah! combien de fois déjà ce rêve tant caressé s'était-il évanoui: mère Barberin, madame Milligan, Vitalis, tous, les uns après les autres, m'avaient manqué.Je ne serai plus seul.Ma position était affreuse : je venais de voir mourir un homme avee lequel je vivais depuis plusieurs années et qui avait été pour moi presque un père ; en même temps j'avais perdu mon compagnon, mon camarade, mon ami, mon bon et cher Capi que j\u2019aimais tant et qui, lui aussi, m'avait pris en si grande amitié, et cependant quand le jardinier me proposa de rester chez lui, un sentiment de confiance me raffermit le coeur.Tout n'était done pas fini pour moi: la vie pouvait recommencer.Et ce qui me touchait.bien plus que le pain assuré dont on me parlait, c'était cet intérieur que je voyais si uni, cette vie de famille qu\u2019on me promettait.Ces garçors seraient mes frères.Cette jolie petite Lise serait ma soeur.Dans mes réves enfantins, j\u2019avais plus d\u2019une fois imaginé que je retrouverais mon père et ma mère, mais je n'avais jamais pensé à des frères et à des soeurs, Et voilà qu\u2019ils s'offraient à moils ne l\u2019étaient pas réellement, cela était vrai, de par la nature, mais ils pourraient le devenir de par l'amitié: pour cela il n'y avait qu'à les aimer (ce à quoi j'étais tout disposé), et à me faire aimer d\u2019eux, co qui ne devait pas être difficile, car ils paraissaient tous remplis de bonté.Vivement je dépassai la bandoullière de ma harpe de dessus mon épaule, \u2014Voilà une réponse, dit le père en riant, et une bonne, on voit qu\u2019elle cst agréable pour toi.Accro che ton instrument à ce clou, mon garçon, et le jour où tu ne te trouveras pas bien avec nous, tu le reprendras pour t'envoler; seulement tu auras soin de faire comme les hirondelles et les rossignols, tu choisiras ta saison pour te mettre en route.La maison à la porte de laquelle nous étions ve- hus nous abattre, dépendait de la Glacière ; et le jardinier qui l\u2019occupait se nommait Acquin.Au moment où l'on me reçut dans cette maison, la famille so composait de cinq personnes: de père qu\u2019on appelait père Pierre; deux Barçons, Alexis et Benjamin, ct deux filles, Etiennette, l\u2019aînée, et Lise, la plus jeune des enfants, Lise était muette, mais non muette de naissance ; c'est-à-dire que le mutisme n\u2019était point chez elle la conséquence de la surdité, Pendant deux ans, elle avait pardé, puis tout à coup, un peu avant d\u2019atteindre sa quatrième année, elle avait perdu l\u2019usage de la parole.Cet accident, eurvenu a la suite de convulsions, n\u2019avait heureusement pas atteint son intelligence, qui s\u2019était au contraire développée avec une précocité extraordinaire; non seulement ello comprenait tout, mais encore cle disait, elle exprimait ° out.(A suivre) HISTOIRE TRISTE Pour Piano Theopore DUBOIS Andantino (42= J) 32 PIANO P f = = = = AS dj PP poco rit.NI F Poco piu vivo 1\u2014 ÿ N ÿ of \u2014p molto cantabile con espressione e sostenuto il canto ee etai cres - -\u2014 cen o - do crey sempre: - cen .do Jf molto dim® =\" molto = ~My ~ 0 or
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