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Titre :
Album universel
Succédant au Monde illustré (1884-1902), L'Album universel offre des textes variés, abondamment illustrés de gravures et de photographies.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de photogravure de Montréal,1902-1907
Contenu spécifique :
samedi 16 février 1907
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec)
  • Successeur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec : 1907)
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Références

Album universel, 1907-02-16, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 16 février 1907.Album Universel (Monde Illustré) XXIIème ANNEE, No 1190.1433 ra DE LA REVUE LE MONDE ILLUSTRE AVIS DE L'ADMINISTRATION var abonnements: 42.50 par année, $1.25 A1 b ut n [ \u2014 Les mois, franc de port pour tout le Ca- niversel Les abonnements partent du ler ou du padu, les Etats-Unis, l\u2019Alaska, Cuba, le Publié toutes les vemaines à Montréal, par 15 de chaque mois.Lea remises d'argent les Files Hawaï et les Iles Philip- pa Mexicut, E.MACKAY doivent être faites en mandats-poste, man- ines.+ Editeur-Propriétaire , ; P Au numéro : 5 cents.l'Union Postal KN LIQUIDATION dats d\u2019express ou chdques A l'ordre de E.>.les autres pays de l'Union Postale: ! Mackay, Boîte postale 758, Montréal.A \"ment eb par année, ou 18 Tel.EST 15 51, rue Sainte.Catherine Ouest Coin 8t-Urbain Len an a Don insérés ne sont pas fai.Bureaux de la Rédaction : les mercredis et Jeudis, de 4 à 8 hra, p.m, rendus.= 20e \u2014 LE CANADA PITTORESQUE rt ~~.ae - Pont du C.P.R.sur le Saint-Laurent, prés de Montréal.Ruines d'un \u201cblock-house\u201d de jadis, à Saint-Andrews, N.-B.\u2014 Ligne du C.P.R. 1424 Album Universel (Monde Illustré) No 1190.Montréal, 16 février, Pcesse ALEXANDRA DE SCHLES- VIG-HOLSTEIN AUGUSTE-GUILLAUME de Prusse, troisière fils de l\u2019empereur Guillaume, vient de se fiancer à la princesse Alexandra de Schlesvig-Holstein.A Paris le 20 janvier 1907\u2014Manifestations pour le repos hebdomadaire .Sortie d'un régiment des dragons.M.BIHOURD ambassadeur de France, prédécesseur de M.J.Cambon a Berlin, M.ALBERTO PANSA, le nu ambassadeur d'Italie à Berlin.A Paris \u2014 M.Mouquin chef de la police municipale, s\u2019entretient avec le lonel des dragons, M A Paris \u2014 Arrestation d\u2019une femme, lors des manifestations pour le repos hebdomadaire, le 20 janvier dernier.A Paris \u2014 Arrestation d\u2019un jeune ouvrier, lors des manifestations pour le rep hebdomadaire, le 20 janvier dernier.Danse mauresque, à Blidah, Algérie.\"4 4 , hi JTE 1-18 - * |TV = YE AXE AE: Hf \\ No .21 £ \\ | f y \u201c Balayeuses municipales, À Munich, Allemagne.F iii ; lamin\u2019 rs Mira] J 5 3 1907, PT A A Montréal, 16 février 1907.yx1IIème ANNEE, No 1190-\u2014\u2014Bommaire urs, La Direction \u2014 Un- nouveau A vo par L.d'Ornano \u2014 Echos de par- out, par P.d'Esmorin \u2014 Nouvelle: Capi- canasse, par P.d'E.\u2014 Nouvelle : Jeanne ja folle, par F.de Verneille \u2014 Nouvelle: Confession d\u2019un jeune abbé \u2014 Nouvelle : Souvenir d'Alsace, par J.Carraud - Réminiscences, par Mme Anna Robinson \u2014 L'Ouest Canadien \u2014 Pour nos lectrices \u2014 Trois pages humoristiques \u2014- Pour nos jeunes amis \u2014 Les grands musiciens \u2014 La cuisine de Madame \u2014 Variétés, poésies, etc.Hors texte \u2014 Feuilletons \u2014 Musique.FÊTES RELIGIEUSES samedi 16, La Ste Famille de J.M.J.Dimanche 17, 1 de Caréme.Lundi 18, 8.Simon, évêque, martyr.Mardi 19, 8.Gabin, prêtre, martyr.Mercredi 20, 4 Temps, 8.Eucher, évêque.Jeudi 21, Ste Vitaline, vierge.Vendredi 22, « Temps.Chaire de 8.Pierre à Antioche.Premier quartier, le 19, à 1 1h.41 m.du soir.A NOS LECTEURS Vous n'ignorez pas que l\u2019Album Universel traverse en ce moment une crise financière important.Cependant, notre revue continue à vous parvenir, comme si de rien n'était, et, probablement, vous est-il arrivé de vous demander si cette publication, vieille de vingt-trois ans et à laquelle des milliers d\u2019entre vous se sont attachés, continuerait de paraître hebdomadairement.Eh bien! nous avons la satisfaction de vous l'assurer, l'Album ne suspendra pas son tirage un seul jour.Même, pour bien mériter du publie, nous allons désormais offrir l\u2019Album sous une nouvelle toilette qu fera plaisir à tout le monde.C'est ainsi, amis lecteurs, que l\u2019Album Universel, (Monde Illustré), sera dès le prochain numéro totalement imprimé sur papier de luxe, et profusément illustré de gravures en taille douce, Autre changement : À la demande d\u2019un grand nombre de personnes qui font relier l\u2019Album Universel, il reprendra, dans son numéro du 23 du courant, le format qu\u2019il avai™avant sa transformation du 1er mai 1905.Quant au texte de la revue, il sera presque en totalité inédit et plus soigné que jamais.Grâce à in traité signé avec la \u201cSociété des gens de lettres\u201d, de Paris, par l\u2019entremise de son représentant général en Canada, traité que nous nous proposons de renouveler incessam- Ment, nous serons à même de vous donner de beaux fenilletons, moraux et pleins d\u2019inté- et, qui, exclusivement cédés à l\u2019Album, possè- deront tout l\u2019attrait de l\u2019inédit.En outre, nos fidèles collaborateurs, dont - Album Universel (Monde Ikustré) No 1190 vous connaissez le talent, pour l'avoir reconnu en maintes correspondances, vous offriront toutes les semaines de jolies et passionnantes nouvelles inédites, où palpitera l'âme canadienne.Avec cela, nous continuerons à publier plusieurs pages de musique de choix par numéro ; des pages humoristiques, de physique amusante, des chroniques d'actualité, etc.C\u2019est dire que l\u2019Album Universel méritera les: faveurs d\u2019un public qu\u2019il renseignera tout en le récréant.Certes, nous pourrions verser dans la grosse sensation, dans la littérature douteuse, nous n\u2019en ferons rien, voulant conserver à l'AI- bum Universel son cachet de revue des familles, de revue saine et honnête, bien faite pour figurer sur la table de tous les salons, sans que nul n\u2019ait à en rougir.L'Album, le 23 mars prochain, offrira au public un numéro spécial, (numéro de Pâques), très soigné, et que nous recommandons d\u2019avance à tous nos amis.Enfin, commettant presque une indiscrétion vis-à-vis de notre administration, nous vous prévenons que, bientôt, nous ouvrirons un \u201cconcours de circulation\u201d, auquel tout le monde pourra prendre part, et dont le lauréat recevra un prix de grande valeur.Avant longtemps, nous aurons donc le plaisir de vous faire une agréable surprise en spécifiant le prix généreux auquel nous faisons ici allusion.LA DIRECTION.CHRONIQUE UN NOUVEAU TRUST Février s\u2019en va, emportant Dieu sait combien de récriminations domestiques, de querelles, qui éclatèrent sur une perspective de prochains déménagements.Car, ainsi que vous le savez, en Canada, c\u2019est au commencement de ce mois que propriétaires et locataires signent des baux ou les résilent.- Cette année, à en juger par les écriteaux dont on se sert pour annoncer la mise en location des logements montréalais, une grande quantité d'habitations changeront d\u2019occupants.L'homme le moins averti en conclurait qu'il se passe quelque chose d\u2019anormal.Hélas! trois fois hélas! rien n\u2019est plus vrai.S\u2019inspirant d\u2019appréciations tendancieuses publiées par nos grands journaux, les propriétaires ont emboité le pas aux agents d'immeubles, se donnant le mot pour pressurer les pauvres contribuables.En effet, les loyers de la plupart des logements ont été augmentés, parfois avec une hausse insensée, sinon malhonnête puisque, renseignements pris à bonnes sources, ce ne sont pas les logis qui font défaut, mais certaines installations modernes du \u201chome\u201d, que 1'amour généralisé du confort nous porte peu eu prou à rechercher.\u2018J'ai donc envie de m'élever contre cet esprit (a mots MELCHIOR DE VOGUE, de l'Académie fran- % qui y recevait ces jours derniers M.Maurice Fou DAVID MAJOR, avomt et rédacteur & \u201cLa Presos\u201d de Montréal, Géoséé sublte mens le 20 janvier 1007., 1435 de luxe qui amollit le peuple, le pousse à l\u2019extravagance, et le rend grincheux quand il ne peut satisfaire ses désirs.Parce que je ne puis qualifier autrement l'engouement de certains de mes contemporains qui, coûte que coûte,veulent se nicher à la façon des plus huppés, dût leur budget en souffrir, et.leurs fournisseurs aussi, attendu que beaucoup de particuliers payent recta: loyer, charbon, gaz, qu'on leur demande impérieusement de régler, quitte à faire des dettes chez des marchands trop confiants .Et, il en va ainsi jusqu\u2019au jour des expédients, jusqu\u2019au jour de la débandade de la famille, peu habituée à s\u2019unir pour lutter honnêtement contre l'adversité.Je viens de faire le procès des quidams idiots qui se plient à tout histoire de percher \u2014 et à quel prix! \u2014 dans une rue chic, ou passant pour telle, en un logis trop cher pour leurs moyens.Maintenant, au tour des mécréants qui osent spéculer sur l\u2019habitation, qui osent accaparer le placement de centaines de maisons, et agioter impudemment sur les loyers, semant la détresse et l'esprit de révolte au sein de la population.Qu'ils sont habiles ces faiseurs, ces brasseurs d\u2019affaires, comme on les appelle! Personne ne saurait organiser aussi formidablement le plus immoral des truets, en un pays où huit mois durant on ne peut guère vivre sous la verte ramure, déjeuner de baies par soi cueillies, et souper d\u2019une pastèque encore chaude des rayons d\u2019un soleil clément.Aussi, à l\u2019époque voulue ,quand la récolte va être mûre, les bipèdes malfaisants dont je parle, rois de l'immeuble, se font interviewer, &chap- pent probablement quelques chèques autre part que dans leur panier À papier, et le tour est joué.Avec des euphémismes de proxénète, leurs manchettes d\u2019un pouce tirant l\u2019oeil, quelques quotidiens disent alors que les loyers vont augmenter, qu\u2019il y a pénurie de nids pour familles, ete, toute la lyre, quoi! Monsieur votre propriétaire, peut étre un ignare, se fait lire 1a \u201cgazette\u201d, et, aussi obtus que vorace de dollars, malgré sa fortune, malgré vos qualités de bon et paisible locataire, à l\u2019heure fatidique, vous intime de casquer en milord ou d\u2019avoir à résiler votre bail.Quant à votre smala il s\u2019en fiche le gros repus: vos tracas le laïssent froid; peu lui importe où vous transporterez vos frusques par um pluvieux premier mal.Vrai, nos législateurs, \u2014 je ne dis pas nos échevina.qui en majorité ramperai:rt aux pieds d'une puissante compagnie pour plus qu\u2019un plat de lentilles, \u2014 nos lécislateurs, devraient tuer le néfaste trust combiné par les omnipotents trafiquants en logements.Tes grands journaux criailleraient un brin, regretteraient le picotin qui leur vient de ce côté.mais Îles fhumbles mortels applaudiraient chaleureusement les auteurs d\u2019une telle foi.L.YORNANO.blions de l'Hon.R.Lemieux cat d'a- ro eraphie d Laprés et Lavergne, 360 rue 8t-De rès © hie de Eu ont ee Ototral LAUNITZ, prêtes de poiles de Seint-Pétersbourg, ansosciné le 8 janvier 1907. > 1426 Echos de Partout \u2014Comme s\u2019ils voulaiënt donner raison à des propos que nous employâmes ici-même, plusieurs journaux américains, et quelques hommes d'état de chez nos voisins, proclament hautement qu'une guerre est très probable entre les Etats-Unis et le Japon.Ce dernier, par la voix de son ministre des Affaires Etrangères a presque adressé un ultimatum à la grande république américaine.\u201cReprenez nos enfants dans vos écoles, aurait dit ce diplomate aux Yankees, ou subisséz-en les conséquences.\u201d La question des écoles californiennes est donc loin d'être réglée.Le président Roosevelt s'en émeut, car il n\u2019est pas le seul à redouter une guerre avec les Nippons, qui sont formidablement prêts.\u2014L'hiver que nous traversons, fera par sa rudesse, plus de mal à la colonisation du Canada, et surtout à celle de son Nord-Ouest, que tout ce qu\u2019on pourrait dire contre ce pays.Le thermomètre tombant à \u2014 50° F.à Régina ; une disette de combustible se faisant sentir dans tout l'ouest ; l\u2019avis que plusieurs colons ont été gelés à mort, même à domicile, entre Winnipeg et le Pacifique, voilà certes plus qu\u2019il en faut pour éloigner de nos plaines fertiles bien des travailleurs, qui, d'Europe et des Etats-Unis, s'apprétaient à venir en Canada.C\u2019est vraiment dommage, et qui pis est, nul n\u2019y peut rien.\u2014La question du gaz et de l'électricité ayant fait les frais de bien des discours et de bien des \u201cpalabres\u201d à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal à été résolue en faveur du trust par la majorité de nos échevins!.\u2014On vient de fêter le cinquantenaire de l\u2019admission au barreau de notre lieutenant-gouver- neur de Québec, Sir L.A.Jetté.\u2014La haute société anglaise jubile de ce que le duc et la duchesse de Marlborough (née Consuelo Vanderbilt) en soient, dit-on, arrivés à un accord.Accord tout de surface, Croyons-nous, puisque duc et duchesse garderont, chacun de leur côté, leurs enfants pendant six mois de l\u2019année, \u2014S'il faut en croire certaines rumeurs, le président Peterson, de l\u2019université McGill, de Montréal, serait prochainement nommé président de l\u2019université écossaise de Glasgow.\u2014New-York, redoutant, non sans raison, de grandes conflagrations, aura dès juillet prochain le meilleur et le plus important service de conduites d\u2019eau du monde entier.\u2014LL.MM.britanniques, Edouard VII et la reine Alexandra, ont passé la première semaine de ce mois à Paris.Sous les noms de duc et duchesse de Lancaster, nos souverains ont fait cette visite à la capitale française dans un semi- incognito.Ils n\u2019en ont pas moins été reçus À I'Elysée par le président Fallières, ont honoré de leur présence plusieurs diners de gala, et ont été enchantés de la réception chaleureuse que leur ont faite les Français.I\u2019entente cordiale ne peut que bénéficier de ces marques de sympathie réciproque, échangées entre les chefs d'état des deux grandes nations amies de l\u2019Europe occidentale.\u2014Cette année,les méfaits du froid ne se comptent plus.Outre la mort et la misère qu\u2019il sème parmi les humains, bestiaux et chemins de fer en souffrent ; les uns de le subir dans la prairie d'où le vent glacé les chasse vers les tranchées des voies ferrées où les locomotives les écrasent, les chemins de fer eux-mêmes, par les raus qu\u2019arrache une contraction due à une température excessivement basse.sJusqu\u2019en Espagne, pays des fruits d\u2019ar et des éternelles frondaisons, que la neige accable, y bloquant les trains.Vrai ce n\u2019est pas gai.Veuille le printemps aux tièdes brises nous arriver au plus tôt, ne point se faire tirer l\u2019oreille.Album Universel (Monde Illustré) No 1190 M.MAURICE BARRES, reçu à l\u2019Académie française en remplacement de M.J.-M.de Hérédia.\u2014Le deux du courant, est mort à Rochester, Mgr Stang, premier évêque de Fall River.Le distingué et regretté prélat avait subi une grave opération il y a quelques semaines.Tout faisait prévoir une prompte et compléte guérison, quand la mort a accompli la volonté du Seigneur.\u2014Autre deuil: Ces jours derniers, à Rideau Hall, mourait Lady Grenfell, fille de Lord Grey, gouverneur général du Canada, et épouse du capitaine Grenfell.À l\u2019occasion de ce deuil profond, Lord Grey a reçu de multiples et sympathiques condoléances de la population et de la presse de ce pays.\u2014Comme nous écrivons ces échos, la session du parlement fédéral se poursuit, nos députés étudiant en détail les clauses du nouveau tarif.D'après la rapidité déployée par les membres du parlement d'Ottawa, on prévoit qu\u2019ils cesseront de siéger vers la mi-avril.\u2014La crise religieuse en France demeure dans le \u201cstatu quo\u201d, le gouvernement Clémen- ceau ne voulant pas accéder aux demandes des évêques.D'après une récente dépêche, tous les membres de l'opposition se grouperaient pour renverser le ministère.Si cela survenait, la position actuelle du clergé catholique ne pourrait que s'améliorer.Entre temps, I'archevéque schismatique et américain Villate, s\u2019efforce d'organiser un culte catholique français, et, avec une autorisation d\u2019association cultuelle, il a cé - lébré la messe dans l\u2019ancien couvent parisien des Barnabites.Il va sans dire que les fidèles catholiques n\u2019entendent pas suivre ce prélat, en rupture avec Rome, ils ont même manifesté contre lui, pour marquer leur désapprobation.Un schisme français n\u2019est donc pas À redouter.\u2014A Saint-Pétersbourg, la semaine derniére, on a découvert un complot organisé contre la vie du Tsar.Un terroriste, qu'on n\u2019a pu encore retrouver, ayant acheté un uniforme de cosaque de l\u2019escorte impériale, se disposait, paraît-il, à attenter aux jours de son souverain, sous ce costume d'emprunt.L'autorité russe fait une enquête minutieuse au sujet de ce complot, tant dans la capitale de toutes les Russies qu'en province.\u2018russe de renommée universelle, Montréal, 16 février 190, Une agitation anti-juive, des tes, se manifeste de nouveau à Odessa, où I redoute des massacres qui rappelleraient mal heureusement ceux de l\u2019année dernière, Dé une soixantaine de juifs d\u2019Odessa ont été ta lés en pièces par des émeutiers, al ~Dimitri Ivanovitch Mendeleef, Plus violer, | chimiste qui découvri naguère : le Gallium, le Scandium et le Germ: nium, vient de mourir à Saint-Pétersbour 3 l\u2019âge de soixante-et-treize ans.5 \u2014Grice à la ferme volonté de l'assemblée persane, les ministres de Mohamed Ali-Mirza le tout récent schah de Perse, assisteront désormais aux délibérations de l'assemblée na0r nale, grand vizir en tête.Les nouveaux députés persans prennent leur tâche au sérieux et entendent faire d\u2019importantes réformes, dont bénéficiera le pays des légendes féériques.\u2014Est-ce vrai?On de l'hôpital Médico-chirurgical de Philadelphie les docteurs Mann et Ashton, ont mis cinquante pieds de fil d'argent, fin, dans une valvule du coeur du nommé Frederil Williams, barbier de la ville de l\u2019Indépendance.Voilà à Coup sûr un barbier dont la valeur a augmenté de façon sou.! l\u2019état de là daine.Dans un an, nous dira-t-on, santé de cet intéressant malade?Sans le lui souhaiter, il se pourrait bien qu\u2019il emportât prochainement en terre, les fameux cinquante pieds de fil fin d'argent.On a beau raser, :l faut toujours en finir par là, \u2014Février à commencé à Harrisburg, Pej.sylvanie, par une conflagration qui a détruit huit grands édifices.de dollars.\u2014Récemmcat, M.Raoul Dandurand, président du Sénat canadien, a été promu officier de la Légion d'honneur par le président de la Ré.; publique Française.M.le consul général d'Allemagne a fait la remise des insignes au nouveau titulaire.\u2014Le 29 janvier, à Thurmond, Virginie, dans la mine Stuart, s\u2019est produit un coup de grisou | Qui a tué près d\u2019une centaine de pauvres mi- Ÿ neurs.Aucun des mineurs au travail dans cette mine, lors de ce désastre, n\u2019a échappé à la mort.\u2014Depuis quelques mois les terroristes rus- Ses auraient, dit-on, fait plus de douze cents victimes, parmi les officiers de tous grades, chargés d\u2019assurer la bonne police du pays slave.Encore l\u2019autre ir, à Varsovie, ils assassinaient M.Gruen, chef de la pclice secrète de l'ancienne capitale de la Pologne.Cela n'empêche pas | le gouvernement russe de déclarer qu'il est décidé à coopérer efficacement avec le parlement, F pour la plus grande régénération de l'empire.\u2014La France a donné un démenti officiel au bruit qu\u2019on avait fait courir quant à son désir de vendre les iles Saint-Pierre et Miquelon aux Japonais.\u2014Dernièrement, dans la salle des fêtes du Palais-Bourbon, l'association des journalistes parlementaires français, a donné un banquet à l'occasion de la première année du service de ses pensions de retraite.Ce geste d\u2019une louable mutualité est digne de éervir d\u2019exemple à nos journalistes ; ils le comprennent bien, mais.\u2026 ils laisseront à nos arrières-neveux de s'en inspirer de façon tangible, dans un siècle ou plus.\u2014Tandis qu'avant la date fixée par le traité de paix russo-nippon, les Russes rappellent leurs troupes d\u2019Extrême-Ouest, les Japonais promettent de donner toute latitude aux peuples qui voudraient commercer en Mandchou- rie.C\u2019est d\u2019un bon augure pour la paix mon diale, et, nous sommes d\u2019autant plus satisfaits de le constater, que, dernièrement, certains confrères pessimistes parlaient d\u2019une reprise pro- chaim d\u2019hostilités entre Slaves et Nippons.PAUL DIBSMORIN.prétend que les Médecins [ Pertes: plus d\u2019un million \u2018 { | | \u2014 pe Montréal, 16 février 1907.C me, HTT I Se Album Universe] (Monde Illustré) No 1190 1427 APITANASSE ME 0) taitre Cecali était, lorsque je le connus il ingt ans, le type parfait des hom- Is qu\u2019en produisaient les facultés France vers le milieu du XIXe A ya quelque v mes de loi, te du midi de 1a iècle.i Pres érudit latiniste et héléniste consommé | avait à la Faculté d'Aix remporté jadis de brillants succès.Tout jeune, ayant soutenu une thèse remarquable, sa modestie seule l'empêcha d'accepter une chaire de droit romain que Pune des plus vieilles académies de France offrait en récompense à sa science, je dirais presque à son génie.Or, tandis que j\u2019entrais dans la vie, l'avocat Cecali était lui sur le point d\u2019en sortir.Quoique d'âge assez avancé, il avait pourtant conservé d'une façon peu commune une lucidité d\u2019esprit et une cruditiog qui le rendaient le plus séduisant «1 le plus intéressant causeur imaginable.Célibataire endurci, il l\u2019était resté volontairement jusqu\u2019à l\u2019époque dont je parle, et tel il finit sa carrière, qu\u2019un succès retentissant attaché à des causes célèbres avait maintes fois couronnée des lauriers d\u2019une gloire plus que locale.cire que son âme de philosophe dédaignait.; Aussi Dieu me pardonne, je crois que les deux seules passions du maître, furent exclusivement : l'amour des bouquins dont des tas poussi\u2018reux encombraient son bureau et l\u2019amour d:i cigare corse bizarrement contourné fort et délicieux, produit de sa patrie bien-aimée.Au demeurant le meilleur homme du monde, affable et le coeur sur la main.Vivant de ses rentes depuis quelques années, je le vois encore beau vicillard, dans son confortable logis de vieux ;.arcon, venir à la rencontre de mon père que J'accompagnais de temps en temps chez lui, le soir, en hiver, à l\u2019heure où ces sortes d\u2019hommes tisonnent tandis que des étincelles du foyer semble jaillir pour eux un passé qu\u2019ils évoquent plaisaniment, J'aimais ces soirées où enfant je faisais contraste parmi des hommes d\u2019âge, qui discutaient à l'occusion de choses trop abstraites pour ma jeune cervelle ; mais où aussi à ma joie se redisaient le ces vieilles histoires corses si patriotiquement pittoresques, si vibrantes de couleur focale.mais, hélas! trop souvent dramatiques.Alors, les récits de maître Cesali m\u2019empoi- gnaicnt, sa belle voix, sa diction claire me captivant, j'écoutais silencieux, sentant quelques fois un frisson me passer entre les épaules lorsque le héros d\u2019une aventure héroïque et anonyme (crminait par une mort tragique une existence digne des chantres de l\u2019ancienne Grèce._ On ¢tait en janvier et bien qu\u2019à Ajaccio, ou j'ai oublié de vous dire que nous vivions, il ne lasse jamais réellement froid, l\u2019habitude aidant Nous nous étions assis devant un âtre flamboyant dont, de temps en temps, Annynciata, l'unique et fidèle servante de notre ami venait renouveler le combustible en y jetant une bras- see de sarments.La scirée s'annonçait longue et exceptionnellement monotone.A un moment donné, quel- Mun ayant parlé d\u2019un projet nouveau concernant les fortifications de la place corse de Gi- rolata, maître Cecali prit la parole et nous ra- Conta ce qui suit : Girolata est, vous ne l\u2019ignorez pas, naturellement fortifiée.Juchée au sommet d\u2019un rocher éscarpé, cette petite ville domine la côte occidentale de la Corse et offre avec son fort Moyenägeux une position imprenable, même étant donné le perfectionnement des armes modernes.Au reste, les enfants du petit port nu\u2019elle défend firent leurs preuves maintes fois, mais surtout en une circonstance mémorable qui suivit de peu de jours la fondation du premier Empire.Né à Piana, c\u2019est-à-dire presque sur les lieux dont je parle, ayant connu la plupart des héros de la mélée homérique qui précéda la capture de la frégate anglaise \u201cNeptune\u201d ; c\u2019est donc de l\u2019histoire que je narre, une histoire inédite mais bien connue de nos vieux loups de mer.Une histoire vécue dont, pendant plusieurs années, la\u2019 figure principale, Capitanasse, le \u201c grand capitaine\u201d fut un de mes meilleurs amis, sinon mon client, car il ne traita jamais de questions par la voix des tribunaux dont il se méfiait, Fils de Mars, ayant beaucoup bataillé sur toutes les mers, bien qu\u2019il fut un paisible pê- cheur au commencement du siècle, il avait une confiance absolue en sa hache d\u2019abordage et n\u2019usa jamais des prosaiques balances de Thé- mis.Illettré comme un poisson, Capitanasse n\u2019eut pas supporté les lenteurs de nos procédures, tant son tempérament bouillant l\u2019emportait en quelque sorte malgré lui vers les solutions promptes et décisives.Solutions qu\u2019il amenait avec sang-froid et courage, ainsi qu\u2019il en fit montre tout particulièrement lors de l'affaire de la \u201cNeptune.\u201d Comme il en avait l\u2019habitude lorsqu\u2019il arrivait à la pa-tie pathétique d\u2019un récit, maître Cecali voulut bien poser son cigare favor: qu\u2019il michonnait presque constamment et .l poursuivit : Napoléon ayant fondé l\u2019Empire français, sentant que son génie lui réservait les plus hautes destinées en Europe, ayant toujours aimé les mises en scènes historiques, avait décidé que l\u2019évêque d\u2019Ajaccio et un certain nombre de notabilités corses,viendraient assister aux cérémo- \u201c nies fastueuses de son sacre.L'Empereur ne savait pas revenir sur une décision prise et même le déplacement d\u2019un Pape ne l\u2019inquiétait guère lorsqu'il s'agissait de faire plaisir à son ambition de soldat heureux.Mais un petit nuage venait parfois obscurcir le ciel serein de sa volonté et dans le cas de la délégation corse qui, à la voile, devait se rendre à Marseille, le nuage en question n\u2019était autre qu\u2019une malencontreuse croisière anglaise qui-faisait alors le blocus de l\u2019île où lui, le grand Napoléon, avait vu le jour.Même il convenait aux commandants anglais de faire des débarquements et de tenir en alerte les villes du littoral qui, à la gloire de notre peuple corse, de tout temps indompté, les repoussaient à la suite de rudes combats.Or Girolata semblait être devenue un objet de passetemps en ce genre d\u2019affaires, pour sir John Colborn, commandant de la frégate \u2018\u2019Neptune\u201d, battant le pavillon de Sa Majesté britannique.Il se passait peu de jours sans que quelques bordées, du reste peu nuisibles, ne vinssent terroriser la paisible population de pêcheurs qui vivaient au pied d : la falaise que Girolata domine ainsi que le ferait un nid d\u2019aigle.Giordano, maire de cette ville dont l'autorité s\u2019étendait aux hameaux environnants était, chose rare chez un Corse, un être pusillanime capable de livrer les clefs de la place à notre ennemi acharné, s\u2019il eut prit fantaisie à ce dernier de les lui demander impérieusement.Heureusement monsieur le maire avait à compter non avec sa faiblesse, mais avec une population aguerrie et prête aux derniers sacrifices plutôt qu\u2019au déshonneur.De telles hostilités réclament une fin pacifique ou autre, mais prompte ; c'est ce que le nommé Rosso, ancien matelot de - la marine française, homme d\u2019une trentaine d'années, taillé en hercule, et d\u2019un courage indiscutable, comprit parfaitement.Quoique sans instruction, il avait \u201cté nommé prud\u2019- homme des pécheurs, et malgré son jeune âge il en imposait à ses camarades de la côte par le souvenir de maints exploits dont les hautes mers avaient été témoins.Aux \u201cveglione\u201d, on se les racontait ces exploits, au grand ébahissement des jeunes qui ignoraient encore les atrocités des guerres maritimes.Si vous ne vous en doutez pas, je vous dirai que Rosso et Capitanasse ne faisaient qu\u2019un.Notre homme étant prêt à l\u2019action, convoqua auprès de lui, sur la plag® même et par une belle soirée d\u2019octobre, tous les hommes valides des localités environnantes.Giordano seul s\u2019excusa de peur de se compromettre.Un silence impcsant présida à cette réunion qu\u2019une décision grave allait clore.Nul doute ce rassemblement devai.ressembler à une assise de nos vieux Caporali corses, alors qu\u2019ils envisageaient une des phases de la lutte sanglante qu\u2019ils soutinre.at s\u2019 longtemps contre Gênes.Personne ne connaissait les idées du chef improvisé, lorsque, en cette qualité, Capitanasse s'adressa à ses concitoyens.L'exposé de ses intentions fut bref et ainsi qu\u2019il convenait à un être de sa trempe.\u201c Amis, dit-il, la \u2018\u201cmaladetta frégate qui cingle à l\u2019horizon nous ennuie fort ou je me trompe; dans deux jours il faut qu\u2019elle hisse le tricolore de France ou qu\u2019elle soit coulée.\u201cIl me faut pour faire cela vingt hommes prêts à mourir.Volontaires, avancez à l\u2019ordre ! cria-t-il d\u2019une voix formidable.\u201d D'un même mouvement impulsif, tous \u2018les hornmes s\u2019approchèrent du matelot, sans qu\u2019un murmure se fit entendre, tant l\u2019esprit de discipline est inné chez nos insulaires.Capitanasse choisit vingt d\u2019entre eux qu\u2019il garda auprès de lui et congédia les autres qui s\u2019en furent porter l'espérance dans les foyers éprouvés.Car il faut vous dire que l\u2019on ne péchait plus guère dans les eaux corses depuis le commencement de cette maudite guerre, et la famine guettait déjà aux portes de bien des familles.Un seul étranger se trouvait parmi les volontaires dont j'ai parlé, c\u2019était un Américain que les hasards d'une vie maritirfft avaient vu s\u2019échouer sur nos côtes quelques années auparavant.Ce pays et la liberté dont jouissent nos populations rurales lui ayant plu, Sam, l\u2019Amé- rieain, s\u2019était établi à Girolata, où, par une union en règle avec une des propres cousines du héros dont je compte l\u2019histoire, il avait fondé une famille, se montrant toujours digne de ses deux patries d\u2019origine et d'adoption.Aimé de tous, il jouissait d\u2019une juste considération, car on savait que cet homme déjà d'ua âge mûr avait combattu sous les ordres du sublime Washington, et sous ceux du chevaleresque marquis de Lafayette, lors de la guerre de l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique.Ce n\u2019était pas sans raison, ainsi qu\u2019on va le yoir, que Capitanasse avait choisi son cousis \u2018par alliance pour faire partie d\u2019une entreprise aussi hardie que celle qu\u2019il méditait.Bien que parmi les compatriotes du chef un certain nombre eût, ainsi que lui-même, passé quelques mois sur les durs poatons anglais 1438 après la défaite de la flotte française, pas un seul d'entre eux n\u2019était capable d'employer la langue de Shakespeare d\u2019une façon convenable.Or, pour mener à bonne fin son plan d'\u2019attaque, Capitanassc avait besoin d\u2019un homme précisément tel que l'était Sam.Aussi, comme ses amis se montraient surpris de voir l\u2019honneur qu'il conférait à ce dernier, après avoir fait jurer à tous ses compagnons qu\u2019ils observeraient le plus absolu des secrets quant à ses ordres, Capitanasse s'adressant à l\u2019Américain, lu dit: \u201c Cousin, nous avons toute confiance en vous et le moment est venu de montrer que vous êtes ce que vous avez toujours été, C'est-à-dire un homme d'action.De vous plus que de tout autre dépend le succès de l\u2019effort audacieux que nous allons entreprendre.\u201c Un grand danger nous menacera tous, mais la victoire nous restera si on obéit aveuglément à mes ordres.\u201c Sam, êtes-vous prêt à risquer le tout pour le tout?\u201d \u201c Rosso, répondit l\u2019Américain, je suis prêt, si je ineurs, ce ne sera pas sans gloire, et nos parents communs veilleront sur mon petit Georges et sur ma femme.Hurrah pour le Rosso!\u201d \u201c Bien, répliqua ce dernier, je n'attendais pas moins d\u2019un noble coeur tel que le vôtre.Et maintenant à l'oeuvre, patriotes.Derrière le bâtiment du poste des douanes se trouve, ainsi que vous ne l'ignorez pas, une chaloupe en parfait état, de la corvette anglaise \u201cLark\u201d, qu'une tempête furieuse jeta sur nos rivages il y a tantot trois mois.Elle appartient à Antonio Brusci ici présent, il faut qu\u2019il fasse le sacrifice d\u2019un cadeau que la mer lui fit et que peut-être elle va lui reprendre.Brusci, quoique ne comprenant pas bien à quel emploi allait servir sa chaloupe, acquiesça d\u2019un signe de tête.Capitanasse poursuivit : \u201c La nuit se fait propice et nous favorise; dans deux heures d'ici la chaloupe du \u201cLark\u201d, arrimée de quelques vivres, est parée, et Sam y prendra place, en costume réglementaire No 3.Nous l\u2019enverrons à la dérive à la hauteur de l'ilot de la Capra.À l\u2019aube la frégate anglaise l\u2019aperçoit et le recueille.Naufragé d\u2019une puissante neutre, en entendant causer mon cousin on ne le molestera pas et il n\u2019aura même pas besoin de se compromettre.La nuit venue, l\u2019oeil au guet lorsqu'il verra briller un feu au sommet du pic de la Punta, Sam nous file un câble par le beaupré de la \u201cNeptune\u201d, et nous nous chargeons du reste.\u201c Malheur aux Anglais dormeurs ou mauvaises têtes.\u201c\u201c Point de mot d'ordre, car nous aurons le visage aussi noir que celui des bois d\u2019ébène de la côte d'Afrique, et@ela doit suffire.\u201c Quant aux armes, que chacun de vous prenne son meilleur stylet, celui qui perce une pièce de cent sous sans broncher, et sa hache d'abordage, c\u2019est tout; il faut que ça se passe sans bruit et sans fumée.En outre, tous vous devrez vous munir d\u2019un fagot de lentisques tels que ceux que nous employons pour signaler nos nasses à langoustes et qui en nombre flottent là-bas dans le sillage de la frégate.Ces lentisques feront notre salut.\u201d Maître Cecali ayant repris son cigare, sur un signe de lui, Annunciata ayant jeté de nouveaux sarments au feu, nous comprimes que le récit touchait à sa fin.Le désir de connaître cette fin, que nous pressentions tragique, étant peint sur nos traits, l\u2019avocat continua: \u201c Le plan de Capitanasse était assez simple, c'est peut-être pour cels qu\u2019il réussit.Ce qui devait arriver arriva.\u201c Nageurs de première force, l\u2019intrépide matelot et ses dix-huit hommes, à l'heure conve- sut, ve tmowvèrent, la tête entourée de lentéc- Album Universel (Monde Illustrs) No 1190 ques, sur le passage de la \u201cNeptune\u201d, vers laquelle ils progressaient lentement mais sûrement entre deux eaux.Les vigies anglaises habituées à ces végétations vagabondes en ces parages n\u2019en faisaient aucun cas; tandis que Sam lui avait remarqué depuis longtemps, couché qu\u2019il était sur le gaillard d'avant, combien les lentisques se groupaient pour se trouver à proximité de la frégate que poussait une légère brise de nord-est.Sam avait donc filé le câble qui devait être le salut de Girolata.La première partie des opérations de Capitanasse avait pleinement réussi, ainsi que vous le voyez, l\u2019Américain ayant cie recueilli par les Anglais, selon les prévisions de la veille.\u201cTout à coup, alors que le timonnier de la \u201cNeptune\u201d, sur l\u2019ordre de son officier de quart venait de donner un léger coup de barre à ba- bord, pour éviter les écueils qui pullulent sur cette côte, dix-neuf hommes, à la face noire et à l'expression sauvage, se précipitèrent sur le pont.\u201c Le stylet aux dents et la hache au poing, en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour le dire, cette poignée de loups de mer s\u2019était rendue mai- tresse des oeuvres supérieures du bâtiment anglais.\u201c Les trois vigies surprises voulurent se défendre, mais elles furent mises immédiatement hors d\u2019état de résister.voulu L'une d\u2019elles ayant se servir de sa carabine, contre les Corses, fut poignardée, bien que son arme eut fait long feu, Sam ayant eu la précaution, dans la soirée, d\u2019éclabousser d\u2019eau le bassinet des armes à feu à sa portée.\u201c L\u2019officier de quart amarré en un clin d'oeil rugissait sur sa passerelle, tandis que Sam qui tenait le timonnier à sa merci, sur l\u2019ordre de Capitanasse, s'emparait du gouvernail et mettait le cap de la frégate sur Girolata, avant mé- me que le commandant anglais et son équipage se doutassent de ce qui 6e passait au-dessus de leur tête.\u201c Ce fut à cet instant que Capitanasse devint sublime, s'étant glissé dans la sainte-barbe, après avoir décroché un fanal au passage et assommé la sentinelle de garde; Sir John Col- born ayant été saisi par deux Corses, Capita- nasse le fit sommer de se rendre, sous peine de voir sauter son vaisseau et tous ceux qu\u2019il contenait.Sir John comprit l\u2019étendue de son infortune et par humanité se résigna à être enfermé dans sa cabine.Il ne devait plus en sortir vivant, car, pendant la nuit, plutôt que de subir le déshonneur d\u2019une telle capture, le commandant anglais ee brûla la cervelle.\u201cCe fit de la sorte que le chef des Corses, une torche allumée en main of assis au milieu = TR Montréal, 16 février 1997, des poudres anglaises, fit ent \u201c dans la rade de Girolata.Non ane pep uune\u201d les enfants de cette glorieuse ville, car, | pour nos héros ayant saisi Sir Colborn ge fin rent dans l'entrepont, une lutte corps i a se produisit, dans laquelle une quinzaine gr sujets du Roi d\u2019Angleterre furent poignardé, ou assommés et quatre des Corses tués ou = tellement blessés.mor \u201c Capitanasse avait tenu parole, à peine s'étaient écoulés depuis qu'il avait pris sa grandiose décision et la frégate anglaise bat tant pavillon français, se berçait à l\u2019ancre devant Girolata.L'équipage prisonnier fut conduit à pied à Ajaccio, sous l'escorte de plus da plus deux cents de nos paysans en armes et deux cents de ces hommes valurent de tous temps un nombre égal des meilleures tr du monde.deux jours ou pes \u201c C\u2019est depuis cette aventure, digne d'un Sur- couf ou d\u2019un Jean Bart, que le Rosso ne s\u2019appela plus que Capitanasse, le grand capitaine.\u201c L'Empereur, avec une pension, lui fit parvenir le brevet de maître de port à vie du port de Girolata, qu\u2019il avait avait si bien défendu.\u201c A cette époque, la France ne prodiguait pas ses décorations.\u201c Au temps où je fréquentais le héros de la petite ville que j'ai si souvent nommée en c: récit, dit maitre Cecali en terminant, il possédait toujours le sabre du commandant anglais, Sir John Colborn, ainsi que le drapeau britannique de la frégate qu\u2019il avait si glorieusement capturée.Modeste, Capitanasse parlait rarement de ses exploits.Pourtant, de cette affaire il avait coutume de dire que les Anglais sont braves, mais qu\u2019ils n\u2019aiment guère les lentisques des environs de Girolata.\u201d P.d'F.A MON CHAPELET O mon cher petit chapelet Aux grains de bois, \u2014 modeste emblème, - - Les gens d'esprit te trouvent laid ; Si tu savais combien je t'aime ! J'en connais de jaspe et d'argent, Il en est d'or et de topazes, De perles au reflet changeant ; Mais à mes yeux tu les écrases.Je t'ai bien dédaigné jadis.Dévotion de douairières, \u2014 Pensais-je, \u2014 et maintenant je dis Avec toi toutes mes prières.Hélas! je fus trop orgueilleux.Le bon Dieu qui lit dans les âmes Me punit en frappant mes yeux.- O doux livre des bonnes femmes ! O chapelet ! quand j'eus trouvé \u2014 Comme Saül \u2014 ma route bénie, Je ressentis de tes \u201cAve\u201d La mystérieuse harmonie.Depuis que je ne peux plus voir Dans un livre, à toi je m'adresse; C\u2019est toi qui dictes mon devoir ; Pour Jésus tu sais ma tendresse.J'ai fait de chacun de tes grains Le confident de mes souffrances, Je leur ai dit tous mes chagrins, Je leur ai dit mes espérances.\u2014~ Et le jour où viendra la mort, Quand l\u2019âme prendra son vol d\u2019aigle, Je veux crier: \u201c Mon.passe-port?A * Le voici, Seigneur : œuis-je en règle?Le chanoine M.d'AGRIGENTE, Wie, Gén.- \u2014 A \u2014 Album Universel (Monde Illustré) No 1190 ee ppp prepa NE LA FOLLE (NOUVELLE INÉDITE) 1 comme on l'a vu plus haut, étudiant en méde- Jeanne, de plus en plus secouée par d\u2019affreux soubresauts, et brisée par les vomissements qui l\u2019étouffaient, donna le jour à un petit être malingre et chétif qui mourut presque aussitôt à sa naissance.Mais, se demandera-t-on, pourquoi donc re- trouvons-nous en mer, Jacques et sa femme que nous avions laissés en France ?cine et externe dans un grand hôpital; il trouvait le temps, en dehors de ses études, de faire des articles scientifiques pour l\u2019éditeur d\u2019un grand dictionnaire ; l\u2019argent qu\u2019il gagnait ainsi, joint à celui que rar&ÿbrtaient à Jeanne ses travaux de modes, et aux quelques rentes que ses parents lui envoyaient chaque mois, suffisait aux besoins des jeunes gens lorsque ensemble Voici ce qui s'était passé : ils sortaient en parties de plaisir.Reniés par leurs familles, Jeanne et Jacques, Il dont la légitime union avait enfin été découverte par une indiscrétion qu\u2019André avait surprise, brisés par la douleur, tout en étant gâtés par l'amour, avaient résolu de passer en Amérique; c\u2019est sur le paquebot qui les y transportait que nous les retrouvons.Quelques pots de fleurs à la fenêtre, juste de quoi reposer ses yeux fatigués, une cage pleine d'oiseaux, il n\u2019en fallait pas plus, au gout de celle qui habitait ce nid, pour en faire un joli paradis.Lu Jeanne Guichet, la propriétaire de ce modeste logis, était ouvriere dans un grand magasin de modes.De famille pauvre, mais honnête et laborieuse, c'était une belle brune de dix-huit printemps, qui adorait ses excellents parents et rapportait chaque semaine à sa mère, le produit de son labeur.Devenue l\u2019ainée d\u2019une nombreuse troupe de frères et de soeurs, elle avait dû bientôt prendre un logement pour elle seule, et devenir comme ses compagnes une nouvelle \u201cMimi Pinson.\u201d C'était vraiment une jolie petite chambrette, que celle de Jeanne.Située au quatrième étage d'une vieille raison, elle avait vue sur la campagne et les toits ensoleillés de la ville de province où se déroule la première partie de notre récit.Durant les premiers mois, Jeanne à peine sortie du couvent, ne fit la connaissance de personne, et demeura chez elle, parmi ses fleurs et ses chers oiseaux.Elle avait bien reçu, déjà, quelques lettres d'amour ; mais, elle n\u2019avait jusqu'alors répondu à aucune; et toute entière au tiavail qui la faisait vivre, elle et sa famille, elle était restée pure et innocente.Mais l'Amour la mordit au coeur, elle aussi, un beau jour qu\u2019elle n'y songeait guère ; et c'est avec traitrise qu\u2019il lui décocha un de ses traits perfides qui la blessa et la ravit à la fois.Lorsqu'elle voulut réflé- Près de deux ans après, en vue des côtes de la presqu'ile du Labrador, un navire filant à petite vapeur, se dirigeait vers les rives du Canada.La consternation régnait à bord, car un drame affreux, aux conséquences terribles, s'était déroulé la veille sur le pont du paquebot.La mer était démontée.Les éléments en fureur semblaient s'être concertés pour secouer l\u2019ile flottante qui transportait les voyageurs à Montréal ; et les vagues d\u2019une hauteur et d\u2019une III La jeune mère, très abattue par la mort de son enfant, était, malgré les conseils que lui prodiguaient son mari, et le médecin du bord, dans un état d\u2019exaltation extrême qui taisait craindre pour sa raison.Deux fo's même, on tut obligé de la maintenir sur sa couchette, par crainte qu\u2019elle ne voulüt attenter à ses jours.Le pauvre Jacques, lui, faisait peine a voir! Et tous, à bord, prenaient en pitié, ce gentil .ménage qui avait si bien su, par son amabilité, gagner les coeurs.Mais, la cérémonie fatale l\u2019ensevelissement du pauvre petit corps avait été fixé au lendemain.Nous allons voir les conséquences terribles de cet amour si touchant et si tendre des deux jeunes amants.chir, il n'était hélas plus temps.De la charmante ouvrière, de l\u2019innocente en- 1ant qu'elle était hier, le malin petit dieu avait fait l'amie de Jacques Rambeau, un étudiant en médecine, jeune, blond, tout rose avec une petite moustache naissante ; et qui, pour la première fois, lui aussi, se livrait aux plaisirs et aux délices d\u2019un amour qu\u2019il savait partagé.Jacques avait pour ami intime, le frère cadet de Jeanne; et c\u2019est en venant lui rendre visite un dimanche, qu\u2019il fit la connaissance de sa soeur, à laquelle il fut présenté.La gentille ouvrière fit, dès la première minute, une impression profonde sur Jacques, Il ne put voir cette belle et pure jeune fille sans l'aimer d'un amour fou, insensé.Il enferma d'abord, dans son coeur, le secret de cette passion, se disant qu\u2019il serait criminel à lui de la laisser voir puisqu\u2019André, son ami, frère de Jearne avait eu assez confiance en lui présentant sa soeur, ce qu\u2019il n\u2019avat voulu faire, jusque-là, pour aucun de ses camarades.ll se taisait donc ! Mais hélas! la jeunesse est faible Il crut s\u2019apercevoir que Jeanne le regardait parfois avec tendresse; alors, n\u2019y tenant plus, il vint un jour la trouver, sans être ac- Compagné d'André ; et se jetant à ses genoux, il lui déclara son affection.C'était la première fois que Jeanne le voyait seul.Elle comprit ce qu\u2019il venait lui dire, et retomba, défaillante, sur la chaise d\u2019où elle s\u2019était levée pour_Je recevoir.La pauvre enfant, sans force devant son premier amour, ne put retirer ses mains, lorsqu\u2019il les couvrit de bai- Sers; et depuis ce jour-là, ils s\u2019aimèrent.Leur mariage fut célébré à l'insu des parents et des amis, Riche, fils d\u2019une bonne famille, Jacques était, Lis allaient ehsemble & la campagne.violence inaccoutumée, au dire du capitaine, un vieux loup de mer, cependant, occasionnaient un mouvement intense de roulis et de tangag: qui rendait malades les passagers.Parmi ces derniers, se trouvait en première classe, Madame Rambeau et son mari, un jeune médecin qui voulait aller s'établir dans la métropole canadienne.La jeune épouse bien prête d'arriver aux termes d\u2019urfe grossesse assez mouvementée, attendait d\u2019un jour à l\u2019autre sa délivrance, et faisait des voeux nombreux et répétés, pour obtenir du ciel, la grâce de ne donner la vie à son enfant, que le pied une fois posé sur le sol américain.Mais, hélas! on le comprend aisément, la situation dans laquelle se trouvait Madame Ram- beau, en qui nos lecteurs ont certainement reconnu Jeanne, n\u2019était pas faite pour l\u2019écarter du nombre des touristes dérangés par l'horrible \u201csea sickness\u201d et, cs qui devait arriver fatalement, arriva.Jv Au point du jour, les passagers et les matelots, rangés en ordre sur le pont, le bérêt à la main et dans une attitude recueillie, écoutaient avec respect, les prières des morts que le vénérable commandant, des larmes pleins les yeux et faisant l'office de pasteur, récitait d\u2019une voix forte, mais brisée par l\u2019angoisse, au-dessus d\u2019une petite forme blanche, posée en équilibre, sur une planche, devant un sabord grand ouvert.C'était le petit ange, auquel on s\u2019apprêtait à -endre les derniers honneurs.A la poupe, le pavillon était en berne, et le silence régnait à bord du paquebot qui avait stoppé.À l\u2019une des extrémités du petit cadavre, deux gros poids de fer étaient attachés, et l\u2019on n\u2019attendait plus que l\u2019ordre du vieil officier, pour précipiter le fils de Jeanne dans les flots de la mer.La mère, trop courageuse, avait tenu, surmontant sa fatigue et son malaise, à se faire transporter sur le pont.Elle voulait accomplir son devoir jusqu\u2019au bout, et accompagner son enfant jusqu'aux bords de l\u2019insondable abime, qui, bientôt, allait le dérober à ses regards.Les yeux hagards, les cheveux en désordre et ruisselant sur ses épaules, Jeanne poussant tout à coup un grand cri, se précipita en avant, mais pour retomter immédiatement, en éclatant d\u2019un rire qui faisait mal à entendre, dans \u2018es bras de ceux qui l\u2019entouraient. +430 v \u201c A Dieu val Requiescat in pace \u201d, avait dit le capitaine ! Et, sur son ordre,.le maître d'égui- page donnant une légère poussée à la planche qui supportait le corps, ce dernier, entrainé par la pesanteur de deux boulets accrochés à ses pieds, s'abima dans les flots, pour ne jamais reparaître.Un léger remous se produisit à la surface des eaux, puis tout se calma ; et le navire reprit sa course vers l'embouchure du fleuve Saint-Lau- rent.Album Universel (Monde Illustré) No\u20191190 VI On releva Jeanne! Et, malgré les efforts insensés qu'elle fit pour se débattre, on la porta dans sa chambre et on l\u2019attacha solidement aux barreaux de son lit.Et c\u2019est alors que, voyant la raison de sa femme si attaquée, et son fils, en qui il avait mis toutes ses espérances, disparu pour toujours, Jacques, trompant la surveillance de tous, se précipita par dessus bord.- Les efforts que l\u2019on tenta pour retrouver ses traces furent infructueux, et l'on doit abandonner tout espoir.% a ess A a mn Montréal, 16 février 1907, Le reste da la traversée fut triste, fectua par une mer plus clémente, On arriva enfin à Montréal ; et c\u2019est sous le numéro 184 que \u201cJeanne la folle\u201d fut inscrite sur les registres de l'asile des aliénés de la cité Les parents de Jacques ignorent la mort de leur enfant; et ceux de Jeanne ne savent pas encore le malheur qui a frappé leur fille, Ils l\u2019apprendront sans doute, tôt ou tard, et ne pourront s'empêcher de déplorer leur sc rité: \u201c Cause de tous ces malheurs!!! * F.de VERNEII, 1: Montréal, 30 janvier 1907.mais s\u2019ef.vé- eee LA CONFESSION DUN JEUNE ABBE La chaleur, tout le jour avait été accablante.Pas un souffle d\u2019air, un soleil brûlant.Vers le soir, aprés diner, le marquis de Per- cueil proposa une promenade sur la riviére; 13, du moins, on trouverait un peu de fraicheur.Juliette, Marguerite, Laure, Raoul, Jean, Alfred, tout le monde voulut être de l'expédition.À l\u2019arrière de la yole, la marquise avec ses plus jeunes enfants ; puis, se faisant face, adossées aux bordages de droite et de gauche, les jeunes filles.Raoul tenait le gouvernail ; le marquis et M.l'abbé, précepteur des enfants, avaient chacun une rame, dont ils se servaient avec une adresse remarquable.Jean, qui voulait être marin, avait été, d\u2019une voix unanime, proclamé capitaine de l\u2019embarcation, et c\u2019était fort divertissant de voir le bambin se promener en frappant du talon sur le pont de \u201cson navire.\u201d Délicieuse et ravissante promenade.À droite et à gauche, deux longues lignes d'arbres aux essences les plus variées, se mirant dans les eaux; peupliers élancés, platanes immenses, frênes argentés, saules pleureurs aux branches inclinées, tombant dans la rivière.Puis un fouillis indescriptible : des plantes grimpantes, des lianes, du chèvre-feuille, le buisson noir, le coudrier, l\u2019aubépine ; tout cela se mélant, s\u2019enlaçant, s\u2019étouffant, formant un sombre mur de verdure.Sur les bords, de vigoureuses touffes de jonc ; un peu plus loin, des nénuphars aux larges feuilles, aux fleurs capiteuses.Le soleil sur son déclin, entouré de nuages vaporeux vivement colorés, rougissait l\u2019hori- Zon, et ses rayons expirants jetaient à la surface des eaux des teintes dorées.A chaque coup de rame l\u2019eau jaillissait et tombait, brillante et nuancée, en une pluie de diamants.Dans les arbres sur les feuillages, les tons les plus divers, se fondant, s\u2019harmonisant ; des effets de lumière à désespérer Fromentin ou Corot.Parfois, la rive dégarnie laissait voir des prairies, de gras pâturages, des troupeaux paissant sous la garde d\u2019un enfant.Les grands boeufs, au fanon trainant, ruminaient mélanco- liquemient, étendus dans l'herbe et fixaient leurs grands yeux étonnés, doux et bons.Plus loin, dans un chemin creux, une noce campagnarde, son ménétrier en tête, riait, chantait, folâtrait, couvrait presque les sons aigres et discordants que le musicien tirait de son crin- crin enrubanné.Sur le pont, en aval, une lourde charrette chargée de foin, trainée d\u2019un pas lourd et tranquille.Juchée en haut de la pyramide, une femme avec deux enfants, un panier, des fourches, des rateaux.En avant du véhicule, un homme, chaussé de \u2018gros sabots, une longue gaule sur l\u2019épaule, se tournait, s\u2019arrêtait de temps en temps, levait son aiguillon et criait d\u2019une voix rauque : \u2014Ha, ha! donc Lauret ! Ha! donc Caubet | \u2018 Saisis, sans doute, par le calme et la douce NOUVELLE beauté du paysage, les promeneurs gardèrent d\u2019abord un assez long silence.Puis, chacun se fit part de ses impressions; la conversation devint générale.\u2014Pour moi, dit la marquise, je trouve ces sites charmants, mais de beaucoup je leur préfère les roches amoncelées, les paysages sauvages.\u2014Je ne partage pas entièrement votre avis, madame la marquise, observa le jeune abbé, je dois dire cependant que, tout en admirant beaucoup le pittoresque entassement des rochers et des sites primitifs, je suis loin d\u2019être insensible aux beautés qui nous entourent.\u2014Vraiment ! dit le marquis en intervenant à son tour.Vous êtes donc un réveur, monsieur l\u2019abbé?\u2014Hélas ! qui ne l\u2019est à ses heures! Joyeux ou triste l\u2019homme rêve bien souvent, tantôt exagérant ses joies, tantôt grandissant ses douleurs par un effet de son imagination surexcitée.Rarement l'esprit tient le juste milieu; rarement il demeure dans le vrai dans la réalité; le plus souvent il est débordé, entraîné bien loin, et alors c\u2019est le rêve avec ses douceurs ou ses amertumes, c\u2019est l\u2019âme transportée dans des régions qui ne sont pas les siennes, régions où elle se plait et s\u2019oublie, même dans la douleur.Sages sont ceux qui ne séjournent pas trop longtemps au pays des rêves! C\u2019est là, du moins, ce que m'apprit le vénérable vieillard i qui je dois mon éducation.\u2014Vous nous avez souvent parlé de M.Ju- nière, dit le marquis, et je vois bien que la philosophie ne lui était pas plus étrangère que tout le reste.Vous avez été bien heureux de rencontrer un tel maître! \u2014Après Dieu, c'est à lui que je dois ma vocation.\u2014Vraiment! répartit la marquise, j'aurais cru, au contraire, que dans une vocation comme la vôtre, l\u2019élément humain ne devait entrer pour rien?L'objection de la marquise de Percueil était de celles qui ouvrent un champ assez vaste à la discussion.Le jeune abbé avait la réplique facile ; la réfuter lui eut été chose simple ; mais, outre qu\u2019il évitait en toute circonstance de faire parade de son savoir, il crut devoir éviter à ses auditeurs l'aridité d\u2019une longue dissertation.\u2014Sans doute, fit-il, mais on peut être conduit au but par des voies différentes, et Dieu se sert quelquefois des hommes pour arriver à ses fins.| \u2014Si je ne craignais d\u2019être indiscrète, reprit la marquise qui éprouvait un réel plaisir à entendre parler le jeune professeur, je vous prierais de nous raconter ce que vous savez de M.l\u2019abbé Junière et comment vous avez été amené à embrasser la carrière ecclésiastique.Délicieuss et ravissante promenade, 70 San + ve pin ig rt EEE - aurais eue = sp ar ae omer ear pee gees ponsrés), 16 février 1907: Bien volontiers, madame la marquise.abbé commençE | La environ douze ans quaad je connus M, Junière, curé de Saint-Maximien.C'était en de bien tristes circonstances | Je me rappelle e avec effroi cette nuit terrible où, suc- Po nt à de longues souffrances, mon père on +.Le malheur était grand, la ruine com- mo Qu'allait-on devenir?Ma mère demeu- pete ule, sans ressources, avec un enfant! et alors que l\u2019abbé Junière vint à nous et fut notre providence.Ah! je n'oublierai jamais ce jour! Ma mére, désolée, était assise près de jâtre, la tête dans ses mains, pleurant en silence, D'un veil morne, éteint, elle considérait parfois ce lit vide auprès duquel elle avait fait qu mort sa dernière veillée.Quand le prêtre entra, tout dans son maintien, dans sa démarche, respirait une gravité qui frappa vivement mon imagination d'enfant.De haute taiile, un peu courbé par l\u2019âge, une physionomie douce, bonne, distinguée, l'abbé Junière avec sa couronne de cheveux blancs m\u2019apparut semblable à ces patriarches sereins et majestueux.qu\u2019on voit sur les vitraux d'église.Ses yeux vifs, son regard droit ct clair me gênaient bien un peu; mais.quand je l'entendis parler, toutes mes qraintes s'envolèrent.Sa voix chaude, sympathique, un peu lente, était comme une caresse.Et puis comme il savait consoler! Rien qu'à l'entendre, ma mère rassérénée reprit espoir.Il il disait que le Ciel doit récompenser un jour ceux qui auront souffert avec patience, résignation et courage.Tout cela était nouveau pour moi.Je ne comprenais guère, mais je sentais que ce bon vieillard disait quelque chose de grand et de beau, et déjà dans mon coeur naissait le désir de lui ressembler, d'être prêtre un jour.Ce qui acheva de me gagner, ce fut quand, ouvrant ses deux grands bras, il m'appela \u201cson enfant\u201d.Je n\u2019y tins plus et je me précipitai, éperdu, sur sa poitrine, en versant d\u2019abondantes larmes.\u2014Doucement, doucement, petit, me dit-il au bout d'un moment.Et, d'un geste plein de bonté il m\u2019écarta, détournant à demi la tête pour passer la main sur ses yeux.Les hommes forts n'aiment pas à montrer qu'ils pleurent; mais j'avais vu son geste furtif, et cette larme du vieux prêtre, je ne l\u2019oublierai jamais! L'adoption fut compléte.L\u2019abbé Juniére me prit avec lui; je devins son éléve.Les progrés furent faciles, car il avait une clarté, une netteté, une précision telle qu\u2019il suffisait de lui avoir entendu exposer quelque chose pour le fetenir aussitôt.Esprit très cultivé, orné des connaissances les plus diverses, travailleur infatigable, chercheur dans toute la force du terme, l\u2019abbé Ju- litre ne s'en tenait pas comme la plupart de &s confrères à la théologie.Il jugeait que rien Ne doit demeurer étranger au prêtre et que, plus il s'élève au-dessus du commun, plus il a de ressources pour faire entrer la vérité dans les esprits.Je me rappelle encore l'impression Étrange que produisit sur moi la visite que nous fimes ensemble à son laboratoire de chimie.Cela vous semble surprenant, n\u2019est-ce pas, \" laboratoi re de chimie dans un petit presby- C'est cependant bien exact.La lecture du 0 faire achevée et la visite aux malades faite, est à que l\u2019abbé Junière passait plus souvent ks heures de délassement.o ais lu des histoires d\u2019alchimistes, de né- : ns, de magiciens.Quand je vis tous ces prareils aux formes bizarres, je ne pus m\u2019em- es + de frissonner: cornues, ballons, alam- ut | pouvettes, tubes en U, tout cela me pa- oo Olique.Je n'osais remuer, de peur de ig oer quelque apparition fantastique, tan- Que l'abbé allait et venait, empliquant, dé- parlait de Dieu qui éprouve ceux qu'il aime; Caan ek Album Universel (Monde Illustré) No 1190 crivant, sans même se douter de mon trouble plein d\u2019effroi, \u2014Tu vois, petit, ce liquide blanc comme du lait?C'est de l'azotate de mercure.J'y verse une solution d\u2019ammoniaque incolore, n\u2019est-ce pas, Qu'est-ce que j'obtiens?.Quelque chose qui va t'étonner : un précipité noir! Pour étonné je l'étais, je vous assure.J'étais même plus que cela, et je me demandais si ce grand M.Junière ne possédait pas un pouvoir surnaturel?je vous ai dit que le désir du sacerdoce me vint en entendant le curé de Saint- Maximien parler de Dieu, des âmes, des souffrances.C\u2019est surtout en le voyant agir que ce désir grandit et se développa.Indulgent aux autres, sévère pour lui, sa vie était réglée comme celle d\u2019un soldat, et jamais il ne dérogeait à ce qu\u2019il appelait ses habitudes.Elles devaient cependant être bien pénibles pour un vieillard ! \u2018Toujours debout à cinq heures du matin, il ne se couchait jamais avant onze heures du soir.Comme ses journées étaient bien remplies! Deux choses seulement : l\u2019étude et les travaux du ministère.\u2014Tu me remplaceras, n'est-ce pas, petit, quand je serai devenu trop vieux pour m'\u2019acquitter de mes fonctions de curé?Tu me donneras une place auprès de toi; nous vivrons encore ensemble.Seulement les rôles seront chan- £és; je suis ton professeur, ton maître, aujour- d\u2019hui; tu deviendras le mien alors.Tu m\u2019apprendras les choses nouvelles; car, vois-tu, nous sommes dans un siècle de grand progrès et les découvertes se succèdent.Tu me tiendras au courant.Ah! l'étude ! l\u2019étude ! Pourquoi faut- il que la vie soit si courte?Erudit et savant, l\u2019abbé Junière est aussi un excellent prêtre, mettant lui-même en pratique tout ce qu\u2019il prêche aux autres.Aussi, est-il aimé comme un père dans sa modeste paroisse de Saint-Maximien.Obligeant et serviable pour tous, d\u2019une charité sans bornes, il préfère- rait manqueN du nécessaire que de laisser un des siens souffrir.Et puis quelle délicatesse ! quelles précautions pour ne point humilier ceux qu\u2019il oblige ! \u2014\u201c La façon de donner vaut mieux que ce qu\u2019on donne.\u201d Retiens bien cela, petit.\u201cTâche de paraître l\u2019obligé quand tu fais du bien à quelqu'un.\u201d Il me disait aussi: \u2014\u201c L\u2019aumône n\u2019appauvrit pas, elle enrichit.\u201d Vois, la terre; on lui confie quelques grains de blé, elle rend au centuple et il faut de vastes greniers pour contenir les riches moissons.Confions aux pauvres! Donnons, donnons toujours; Dieu nous récompensera plus tard! Voilà longtemps déji que j'ai quitté le presbytère de Saint-Maximien, où je ne fais qu\u2019une apparition chaque année à l\u2019époque des vacances; mais je n\u2019ai pas oublié le bon curé et plus que jamais je songe au jour heureux qui nous réunira de nouveau, cette fois pour ne plus nous quitter.Toujours le même, malgré ses soixante-seize ans sonnés, l\u2019abbé Junière m\u2019attend avec impatience.Encore deux ans et je lui dirai : \u2014Me voilà, je vous reviens.Reposez-vous, maintenant ; vous avez assez travaillé.Quelle joie aussi pour ma mère! Après tant de souffrances, tant de dures épreuves, voir enfin ses rêves réalisés: voir son fils prêtre ! vivre avec son fils après une si longue séparation | Le jeune abbé e\u2019arrêta.Il venait d'achever sa confession ou, pour mieux dire l\u2019histoire de sa vocation.Le marquis et la marquise le remercièrent chaleureusement.\u2014Vous nous avez vraiment intéressés, M.l'abbé, fit Mme de Percueil et, quand je.dis \u201cvraiment\u201d, notre opinion est sincère.Ce n\u2019est point un compliment banal.Quelle belle âme que ce prêtre qui vous a élevé! et combien sera heureuse votre excellente mère le jour de votre 1431 ordination! Encore une fois, merci de cette confession aussi touchante que pleine d'intérêt.Toujours la barque de son mouvement lent et doux se laissait bercer, suivant le faible courant.La rive maintenant était déserte et ne laissait entendre que le clapotis assourdi de l\u2019eau dans les herbes.Le soleil avait disparu, et graduellement s\u2019éteignaient les dernières lueurs crépusculaires.La brise soufflait, légère, mettant par intervalles un frisson dans les peupliers et les saules.BIBLIOGRAPHIE Armorial des prélats français du XIXe siècle, par le comte de Saint-Sand, inspecteur de la Société française d'archéologie, membre du Conseil héraldique de France; ouvrage orné de la gravure de 350 blasons.Paris, À Daragon, libraire éditeur, rue Duperré No 30, et chez l\u2019auteur, château de la Valouze par La Roche-Chalais (Dordogne).Voici un ouvrage récemment paru, auquel nous voudrions pouvoir consacrer plusieurs colonnes de l\u2019Album Universel, pour mieux le faire connai- tre à ses nombreux lecteur.Dans ce volume, admirablement imprimé, figurent tous les prélats nés Français; promis, préconisés, bénits, nommés entre 1803 et 1900 inclus.Parmi eux se trouvent un certain nombre de prélats américains.À part une introduction dans laquelle l\u2019érudit auteur, qui s\u2019honore à juste titre, de descendre plusieurs fois de nos rois de France, rappelle que son ouvrage, sous une forme simplement héraldique, ne laisse pas que d: donner des aperçus sur l\u2019admirable mouvement religieux du XIXe siècle, et même sur certains côtés de son histoire ecclésiastique, et présente un essai sur les armoiries et les dignités pré- latrices françaises au XIXe siècle ; il traite dans une première partie, des armoiries en général, des sceaux, emblêmes et ornements extérieurs de I'Ecu, de la mitre, croix, pallium, devises; dans une seconde partie, des cardinaux, archevêques et .évêques, résidentiels, sans sièges, chanoines de Saint-Denis, titulaires, vicaires apostoliques, résidentiels en missions, des abbés, prélats romains, protonotaires apostoliques, auditeurs du Rôle, prélats domestiques, camériers secrets et d'honneur, chanoines ; enfin une troisième partie donne la liste des ouvrages traitant de la biographie et surtout du blason des évêques de France.L'ouvrage du comte de Saint-Sand donne, successivement, par ordre alphabétique des diocéses de France, des notices et descriptions des armoiries de tous les archevêques et évêques résidentiels, des cardinaux sans sièges, des évêques en Europe, des évêques titulaires, auxiliaires, etc., en France ; des évêques missionnaires non congréganistes, capucins, dominicains, jésuites, lazaristes, maristes, des missions étrangères, Pères Blancs d\u2019Afrique, oblats, missionnaires du Sacré-Coeur, pères du Saint-Esprit, salésiens, bénédictins, olivétains ,chanoines réguliers, cistersiens, trappistes, prémontrés, prélats romains, abbesses, etc.Nous recommandons particulièrement ce précieux travail qui devrait trouver une place d\u2019honneur dans les bibliothèques des évêchés, des séminaires, communautés religieuses ou même presbytères, et nous félicitons M.le comte de Saint- Sand d\u2019avoir composé un livre aussi intéressant.M.chanoine d'AGRIGENTE, Vicaire Général.SOUVENIR D'ALSACE NOUVELLE C'était par une chaude nuit d\u2019été.On entendait au loin l\u2019orage qui grondait.Au mugissement du vent se mélait le bruit du canon.Le ciel était déchiré par les éclairs qui souvent se confondaient aevc les lueurs de la poudre.L\u2019ennemi bombardait Wissembourg, et le village de *#** était occupé par l\u2019arrière-garde prussienne.Une des rares demeures encore habitées était celle de la \u201cvieille Méryen.Elle veillait seule avec ses chères reliques: un vieux fusil accroché au-dessus de l'antique bahut; plus loin, un crucifix aux côtés duquel se trouvaient deux portraits jaunis par le temps: sur l\u2019un d\u2019eux, un prêtre; sur l\u2019autre, un soldat.Sous ce dernier, la croix des braves entourée poétiquement d\u2019une couronne de fleurs d\u2019oranger.Ce cadre s\u2019harmonisait admirablement avec notre Alsacienne.Grande, sèche, elle res- æ 1433 semblait aux sapins de son pays.Sans doute, plus d\u2019une larme avait creusé de profondes rides sur son visage ; mais la souffrance n'avait pas réussi à faire plier sa taille fière.Dans ses yeux brillait une énergie peu commune.La mère Méryen travaillait tristement, lorsque le bruit d\u2019une porte lui fit lever les yeux.\u2014C'est toi, Suzelle ?\u2014Oui, mère, dit une voix jeune et émue.C'était presque une enfant qui venait de parler: seize ans à peine, plutôt grande, avec des cheveux noirs et de grands yeux bleus, tour à tour tendres et fiers, quelque peu réveurs mé- me.Sur son pittoresque costume d\u2019Alsacienne brillait un médaillon d'où se détachait le portrait d\u2019un jeune homme.Cette gracieuse apparition faisait contraste avec la triste maison.Suzelle ressemblait à ces douces fées voyageuses qui sèment la poésie partout où elles passent.En ce moment pourtant, elle était plutôt l\u2019ange de la douleur; son visage était noyé de larmes.Son Frantz bien- aimé combattait dans cette nuit terrible.Réfugiée auprès de Méryen, elle se rappelait qu\u2019orpheline, bien jeune, elle avait été recueillie par cette excellente femme, et qu\u2019elle n\u2019avait jamais quitté son compagnon d'enfance, ce Frantz, fils de Méryen.Leur amitié, avec le nombre des années, s'était changée en un sentiment plus fort et plus tendre.La guerre éclatant, malgré leur jeunesse, ils échangèrent leurs promesses.La jeune fille se sentait mourir de douleur: la sombre énergie de celle qu'elle nommait ea mère soutenait seule son courage.\u2014Prions, avait dit Méryen, en entendant le bruit du canon.Les deux femmes à genoux, après avoir prié, se relevèrent plus calmes et plus fortes.Au dehors, l\u2019orage et le canon faisaient toujours rage.Minuit venait de sonner lentement au beffroi lorsque la porte, violemment ébranlée par des coups de crosse, céda brusquement C\u2019étaient les Prussiens.Méryen, apercevant du sang sur leurs habits, frissonna en pensant que c\u2019était peut-être celui de son fils.~\u2014Femmes, donnez-nous tout ce que vous avez, dit grossièrement un officier ; et, s\u2019installant en maîtres, ils se firent servir par les deux femmes.\u2014Ah! reprit l\u2019officier, si les Français sont des braves en combattant, il en est aussi qui sont des lâches.Un soldat français, arrêté par un des nôtres, portait des dépêches.Pour avoir la vie sauve, il nous les a remises sans difficulté et nous a même indiqué la route de ce village.Je lui ai demandé son nom, afin de savoir quel était le poltron qui trahissait sa patrie.Frantz, a-t-il dit en s\u2019enfuyant.Méryen, qui avait prêté une oreille attentive à ce récit, pâlit en entendant ce nom.Elle se contint, ne croyant pas son fils capable d\u2019un tel crime, Les Prussiens ayant fait main basse sur tout ce qui se trouvait dans la pauvre cabane, se remirent en marche.La porte se rouvrit avec précaution et donna passage à un jeune homme à ia figure bouleversée.\u2014Sont-ils encore là?dit-il d\u2019une voix tremblante.Méryen, pâle et rigide, le saisit par le bras, et lui dit d\u2019une voix dure : \u2014Dans ma famille, on ne tremble que devant \u2018la honte; et son regard perçant le fouilla jusqu\u2019au fond de l\u2019âme.\u2014J'ai trahi, dit Frantz à voix basse.\u2014Je te maudis, clama Méryen en repoussant son fils.Puis elle s\u2019enfuit de sa demeure.Alors Frantz comprit sa honte et sentit qu\u2019il n\u2019avait plus de mère.Dans ea détresse, il songea à Suzelle.Celle- ci, qui avait assisté à cette scène, était muette Album Universel (Monde Illustré) No 1190 d'horreur.En voyant Frants s\u2019avancer vere elle, elle recula d'effroi.\u2014Suzelle, dit alors Frantz, me repoussez- vous aussi?N\u2019aurez-vous aucun égard pour mon repentir?Car, c'est pour toi, ma Suzelle bien-aimée, que j'ai trahi le France.Mon amour pour ma douce Suzelle à été plus fort que mon amour pour la Patrie.Suzelle se sentit fléchir; elle revoyait sun enfance, tous deux jouant ensemble, son Frantz toujours bon et dévoué pour elle; et la lutte continuait dans son coeur.Lorsque ses yeux se portaient sur le portrait du vieux soldat, elle se rappelait tous les récits d'honneur de cette vaillante famille que lui avait maintes fois racontés Méryen dans les longues soirées d\u2019hiver; et, en son coeur, elle se dit: Je serai digne de ceux qui m\u2019ont aimée.Et, moi aussi, je repousserai le lâche.\u2019 \u2014Vous savez, lui dit-elle d'une voix amère, la douleur que j'ai eue de vous voir partir.Je savais que vous pouviez mourir; mais j'aurais moins souffert de vous voir mort à mes pieds que de vous voir la honte au front.Mon amour est changé en haine, et, comme votre mère vous à maudit, je vous maudis à mon tour.\u2014C'\u2019est trop, dit Frantz.Entendre ces paroles de votre bouche, c\u2019est mourir deux fois.Et il sortit comme un fou.Après avoir erré plusieurs heures dans la campagne maintenant déserte, il heurta du pied un cadavre; il s'arrêta épouvanté.Que voyait- il?Le corps de sa mère percé de part en part.L\u2019Alsacienne, après avoir maudit son fils, s'était enfuie en emportant le vieux fusil de son Frantz à elle, ayant l\u2019idée bien arrêtée de racheter dans le sang la lâcheté de son fils.Sachant que l\u2019arrière-garde prussienne passerait sur la route, elle résolut de se blottir derrière un vieux tronc d'arbre et de tirer sur l'ennemi.Bientôt, elle avait été découverte et condamnée à être passée par les armes.Pourtant l\u2019officier prussien qu\u2019 commandait avait, lui aussi, une mère; et il se sentit ému jusqu\u2019aux larmes devant cette femme si courageuse et si ferme.Il voulut la sauver.\u2014Servez-nous de guide à travers la campa- £ne, lui demanda-t-il ; ce sera votre rançon.\u2014Je n\u2019ai jamais menti, répliqua-t-elle.Et croisant ses bras sur ea poitrine, elle avait dit simplement : \u2014Je suis prête.Frantz, à la vue du cadavre de sa mère, sentit le remords et la honte envahir son âme.Ses yeux encore grands ouverts avaient l'air de lui tracer son devoir, Il chassa loin de lui l'idée du suicide, et, s\u2019agenouillant auprès de sa mère, il lui murmura : \u2014Pardonne, pardonne, et je te jure d\u2019expier, de me rendre digne d'être encore ton fils.Quelques années après notre malheureuse Querre de 1870, un souffle d'expédition lointaine passa sur notre France : la guerre avec le Ton- kin était résolue.Les premiers régiments appelés furent ceux d\u2019Afrique dont les soldats étaient déjà acclimatés au brûlant soleil des tropiques.Dans la légion étrangère se trouvait Frantz qui s'était réengagé après Sedan.Il fut désigné dans les premiers partants.Il avait ob- \u201ctenu un congé pour revoir une dernière fois son pays natal.Il voulait revivre les heures cruelles de sa jeunesse et s\u2019agenouiller eur la tombe de sa mère.Le petit village de *** avait repris sa tranquillité; le modeste cimetière était toujours bragé par les grands sapins noirs.Frantz n\u2019eut pas de peine à trouver l\u2019humble croix de Méryen.Son coeur battit violemment, joignit à eux.La lume c;-arpillait des flèches d'argent sous leurs pas.Les ombres projetées par les murail- ks, donnaient à l'immense tableau lumineux des effets sa-issants, que Rembrandt seul au- fait pu rendre avec quelque fidélité.Kalm était dans l\u2019enthousiasme.Cette nuit tincelante sur les hauteurs de Québec, lui rap- lait les clairs de lune de Drachenfels eur le Rhin, où le v lei de minuit qui se lève soudain Sir le golfe de Bothnie, mais le apectacle de Québec était infiniment plus grand et plus beau, et ce cap merveilleux où il se promenait Mec ses amis méritait bien, disait-il, d\u2019être ap- Blé le cap Diamant.VII Madame de Tilly requt les visiteurs avec sa urtoisie halituelle.Elle appréciait surtout la Visite du bourgeois qui se rendait ai rarement chez ses amis, \u2014Son Excellence, dit-elle, est tenue, par ea plese officielle, de représenter la politesse \u201caise auprès des dames de la colonie, et \u201ctt Kalm, qui représente la science européen- Re, doit ¢ : cre 6, doit être gracieusement accueilli partout.(1) Voir le No 1176 de l\u2019Album Utiversèl, et leg Suivants, 2e we we capes pu RR WPT Tea Album Universel (Monde Illustré) No 1190 LE CHIEN D'OR ROMAN CANADIEN SAR Wm.KIRBY AM B 3 pe PA ol bid Ja in iol « SES [a PAR AEM Lipo.Lit \"+ \u201cii A andy on or qVEje barbe a Amélie parut dans le salon.Elle sut, par son esprit, ses grâces et le charme de ea conversation, se rendre aimable et même bien intéressante, Kalm fut assez surpris de trouver chez une jeune fille des connaissances aussi sérieuses.Le Gardeur vint à son tour remercier les nobles vieillards de l'honneur qu\u2019ils leur faisaient.11 parla peu cependant, et garda une prudente réserve.Amélie se tenait à côté de lui, toujours prête à lui donner l\u2019aide de sa sagesse et de ses ressources.VIII Félix Beaudoin, en grande livrée, vint annoncer que le thé était servi, Madame de Tilly pria les distingués visiteurs de vouloir bien accepter une tasse de ce breuvage, tout à fait nouveau dans la colonie, ct qui ne paraissait encof: que sur quelques-unes des plus riches tables.Le service était en porcelaine chinoire.C'était cette porcelaine toute couverte de grotesques peintures, que l\u2019on voit partout au- jourd\u2019hui et qui étaient si rares en ce temps-là : des jardins, des maisons d'été, des arbres chargés de fruits, et des saules penchés sur des rivières.Ce pont rustique avec ces trois individus emmanchés de longues robes qui le travér- sent, ce bateau qui flotte sur une nappe d'eau, et ces pigeons qui volent dans un ciel sans pêrs- pective, qui de nous ne se rappelle point cela?Madame de Tilly, en femme distinguée, appréciait cette vaisselle alors de si haut goût, et n\u2019avait que des sentiments de bienveillance pour cette race si industrieuse des fils du céleste empire qui avaient fourni à sa table un service aussi élégant.Il n'y avait, pour madame de Tilly, rien de déshonorant à ne pas savoir que des poètes anglais avaient redit les louanges du thé.A cette époque l'étude des poètes anglais n'était guère à la mode en France, surtout dans la colonie.C\u2019est Wolfe qui a fait connaître au Canada le vaste domaine de la poésie anglaise : Wolfe a qui s'applique ce vers prophétique de l\u2019élégie de Gray : \u201cLe chemin de la gloire aboutit au tombeau !\u201d Ce Wolfe qui, après voie descendu le fleuve.débarqua, dens le cälme d\u2019une nuit d'automne, ses troupes disciplinées, et puis escalada séèrè- tement ces fatales hauteurs d\u2019Abraharn, dont la possession lui valut la conquête de la ville et la mort d\u2019un héros.De là partent ces deux glorieux courants d\u2019idées nouvelles et de nouvelles littératures, qui sont venus jusqu'à nous côte à côte, comme deux rivaux ou deux amis! De !à patent ces deux courants qui s\u2019uniront dans l'avenir pour né former qu'une grande littérature, la littérature canadienne! 4 1435 Le bourgeois Philibert avait exporté en Chine une énorme quantité de ginseng, que le rcyaume des fleurs payait au poids dé l'or, ou _avec son inestimable thé; et madame de Tilly fut l\u2019une des premières dames qui osa servir à ses hôtes la délicieuse boisson orientale.Kalm ne trouvait rien de comparable au thé.Il l\u2019étudiait sous tous les rapports et le buvait de toutes les façons.\u2014Quand la tasse de thé aura remplacé la coupe de vin, disaît«il; quand le genre humain ne boira plus que de cette infusion de la plante chinoise, il deviendra doux et pur.Le thé le délivrera des pernicieux produits de I'alambic et du pressoir.La vie de l\u2019homme deviendra plus longue et mieux remplie.Ce sera la réalisation de la troisième béatitude, s\u2019écriait-il, et \u201cles pacifiques auront la terre en héritage!\u201d A quoi la Chine doit-elle ses quatre mille ans d'existence ?demanda-t-il à La Galissonnière.\u2014A sa momification! repartit le comte qui ne savait pas trop ce qu'il devait répondre et qui, dans tous les cas, voulait se dérider un peu.\u2014Pas du tout! riposta Kalm, sérieusement.C'est à l\u2019usage du thé! C\u2019est le thé qui a sauvé le Chinois! Le thé assouplit les nerfs, purifie le sang, chasse les vapeurs du cerveau, et ranime les fonctions vitales.Donc, il prolouge l\u2019existence de l\u2019homme! donc il prolonge la vie des nations! dont il a valu 3 1a Chine ses quatre mille ans de durée ! Et le peuple chinois lui doit d'être le pltis ancien peuple de la terre.X .Herr Kalm était un enthousiasté partisan du thé.Il le prenait très fort pour surexciter la dépression de ses facultés mentales ; il le prenait faible pour calmer l\u2019excitation.11 produit les effets les plus contraites, s\u2019é- criait-il.C'est, disaitsil, comme si je Mélais ens semble Lohée et Hyson, pour me procurer l\u2019inspiration convenable à la composition dé mes livres scientifig'es et de mes récits de voyagé ! Inspiré par Hyson, je tenterais la composition d'un poème comme l\u2019Iliade; sous l'influence de Bohée, j'entreprendrais d\u2019établif là quadrature du cercle, de trouver le mouvement perpétuel et méme de réformer la philosophie allemande! Le professeur était d\u2019une humeur charmante, ct gambadait gracieusement à travers les champs fleuris de la littérature, comme un fougueux coursier de la Finlande, n\u2019ayant pour fardeau que le bagage scientifique d'une douzaine d'écoliers en vacance.Madame de Tilly versa une nouvelle tasse de la liqueur qui mettait ainsi en verve le grave Suédois.\u2014TI est heureux, dit-elle, que nous puissions échanger contre le thé notre inutile ginseng.C'était une autre pôtte otverte aux observations du savant.XI \u2014Je regrette, teprit-il, qu'on ne le prépare pas avec plus de soin et de manière à satisfaire le goût de ces fastidieux Chinois.Ce commerce du ginseng ne durera pas longtemps. re 79 1436 \u2014C'est vrai, approuva le gouverneur; mais nos sauvages qui le recueillent sont de mauvais travailleurs.C\u2019est Jommage, ce serait une source de richesses pour la colonie.Combien avez-vous fait, Philibert, avec le ginsexg, l\u2019année dernière?\u2014Je ne sais pas au juste, Excellence, mais le demi-million que j'ai donné pour aider à la défense de l\u2019Acadie provenait de la vente de ce produit à la Chine.\u2014Je le savais, repartit le gouverneur, en tendant la main au bourgeois, et je vous remercie au nom de la France, de votre admirable générosité.\u2026.Que Dieu vous bénisse pour ce grand acte de patriotisme ! Sans vous la Nouvelle-France était perdue.Il n\u2019y avait plus d\u2019argent dans le trésor, con- tinua-t-il, en regardant Kalm.et la ruine était imminente, lorsque le noble marchand du Chien d\u2019Or se chargea de nourrir, de vêtir, et de payer les troupes du roi.C\u2019était deux mois avant la reprise de Grand-Pré sur l\u2019ennemi.\u2014I1 n\u2019y a rien en cela que de fort naturel, répondit le bourgeois qui haïssait les compliments.Si ceux qui ont des richesses ne donnent pas, comment pourriez vous recevoir de ceux qui n\u2019en ont pas?Et puis.je devais faire quelque chose pour Pierre.Vous savez, Excellence, qu\u2019il était en Acadie, alors?Un souffle d\u2019orguei! paternel passait sur la figure d\u2019ordinaire si impassible du noble vieillard.X17 Le Gardeur jeta un regard à sa soeur.Elle le comprit.Ce loval citoven.semblait-il lui dire, est digne d\u2019être pour vous un second père ! Et elle rougit légèrement, tout en demeurant silencieuse.T1 n\u2019y avait point de paroles pour la musique qui ravissait son Ame.Mais il arriverait un jour où, pour elle, toutes ces suaves harmonies rempliraient \"univers.Le gouverneur qui savait un peu et devinait beaucoup ce qui se passait dans les coeurs de ses jeunes amis, reprit en plaisantant : \u2014Les Troquois n\u2019oseront jamais approcher de Tillv quand ils sauront que la garnison se compose de Pierre Philibert et de Te Gardenr, avec madame de Tillv pour \u201ccommandant\u201d et mademoiselle Amélie pour \u201caide-de-camn\u201d! \u2014C\u2019est vrai! répondit madame de Tillv.Du reste.les femmes de notre maison ont déjà porté Pénée, et défendu le vieux manoir! Elle faisait allusion à un célèbre défense du châtean par une ancienne châtelaine A 1a tête de ses censitaires.\u201clle ajouta en riant : \u2014 Et, tant que nous serons là.nous ne livrerons jamais ni Philibert.ni Te \u2018Gardeur ane peaux rouges on b'anches nni les demanderont.Tout le monde se mit à rire.même Le Gardeur, qui aimait pourtant les peaux hlanches, ses compagnons, maïs détestait.au fond, leur indigne conduite.Te gouverneur renrit: \u2014Le Gardeur et Philibert resteront sous vos ordres, madame, et ne reviendront pas à la ville avant que le danger ne soit passé.\u2014Parfait, Excellence! exclama Le Gardeur, I ily ma tante.; inait bien ce qu\u2019on voulait de lui et se soumettait de bon gré.T1 avait trop d\u2019esprit et de coeur pour laisser paraître le moindre dépit.T1 respectait si hartement sa tante! il estimait si fort son ami Pierre! il aimait d\u2019une si vive affection sa sorvr Amélie ! Album Universel (Mende Illustré) No 1190 XIII Après le thé, les visiteurs furent conduits au salon.Amélie chantait à ravir et le gouverneur était excellent musicien.I! possédait une belle voix de ténor, une voix qui avait pris de l\u2019ampleur dans les luttes contre les vents, ur la pleine mer! une voix que la bonté, la vertu et l\u2019aspect de la belle rature avaient rendue flexible et suave, On redisait alors, dans toute la Nouvelle- France, une complainte d\u2019une étonnante tristesse et d\u2019une grande beauté, la complainte de Cadieux.Cadieux, un voyageur interprète, avait planté sa tente au portage des sept chutes, où se trouvaient déjà quelques familles.C'était à l\u2019époque où les traiteurs apportaient les fourrures.Les Iroquois vinrent s'embusquer au pied du portage pour tuer et piller les voyageurs attendus.Un jeune sauvage découvrit leur retraite et donna l'alarme.Il n\u2019y avait qu\u2019un moyen d\u2019échapper, sauter les rapides secrètement.Le danger était extrême.I! fallait que quelqu\u2019un restât cependant pour donner le change à l\u2019ennemi.Cadieux fut ce brave.II alla, avec un jeune indien, attaquer les Iroquois, pour les attirer en arriére du rivage et les empécher de voir les canots fugitifs.Son stratagéme réussit.Tout le monde fut sauvé, mais il périt avec son jeune compagnon.Les Iroquois ne purent pas le saisir, cependant.I! leur échappa, mais il revint tomber, épuisé de fatigue et de faim à l\u2019endroit même d\u2019où il était parti quelques jours auparavant.N'ayant plus d\u2019espoir, sentant venir ses derniers instants, il arracha une feuille d\u2019écorce blanche au bouleau qui le protégeait, et avec son propre sang, il écrivit sa chanson de mort.Elle fut trouvée peu de temps après, à côté de lui.Le voyageur qui remonte l\u2019Outaouais jusqu\u2019à l\u2019île du Grand Calumet, n\u2019oublie pas de s'arrêter au \u201cPetit rocher de la haute montagne\u201d, au milieu du portage des sept chutes.C'est là que se trouve la tombe de Cadieux.XIV Amélie avait été touchée de la plaintive romance.En la chantant elle faisait couler des larmes.À la demande des hôtes de sa bonne tante, au milieu d\u2019un calme presque douloureux elle commença : Petit rocher de la haute montagne, Je viens ici finir cette campagne ! Ah! doux échos, entendez mes soupirs ! En languissant je vais bientôt mourir! Il y avait des pleurs dans tous les yeux, et l'on aurait cru que le dernier soupir de Cadieux expirait sur ses lèvres émues quand elle dit: Rossignolet, va dire à ma maîtresse, A mes enfants, qu\u2019un adieu je leur laisse! Que j'ai gardé mon amour et ma foi, Que désormais faut renoncer à moi! XV Quelques autres amis de la famille, Coulon de Villiers, Claude Beauharnois, de La Corne Saint-Luc, étaient aussi venus faire leurs adieux a madame de Tilly.De La Corne provoqua les rires par ses allusions aux Iroquois, II était dans le secret.sa wn pe WE 9 \u2014 Montréal, 16 février 190, \u2014J'espère, Le Gardeur, dit-il, que vous ny verrez leurs chevelures Quand vous les un scalpés.ou qu\u2019ils m'enverront la vôtre, a Les heures passèrent vite, La cloche du be froi des Récollets sonna Plusieurs fois dar : nuit tranquille, avant que la solitude se fit ., la maison de madame de Tilly.rans Le Gardeur se sentait meilleur et plus Le bourgeois lui dit en lui serrant la main Pr \u2014Courage! mon enfant, courage | Souvenez vous du proverbe : \u201cCe que Dieu garde est |); ; gardé !\u201d oe \u2014\u2014Âdieu ! vénérable ami ! s\u2019écria Le Gardeu dans une affectueuse étreinte, Comment Ni vous regarderais-je pas comme mon père, pis que Pierre est pour moi plus que mon frère?\u2014Oh! je serai pour vous un père affectueux si vous me le permettez, Le Gardeur, reprit le Bourgeois touché jusqu'aux larmes.À votre retour, faites-moi le plaisir de considérer comme votre maison la demeure de Pierre et la mienne.Au Chien d'Or comme à Belmont lei frère de Pierre sera toujours et cer, t fois le.bienvenu! She $ i XVI ; On hata les préparatifs du départ et chacun se retira pour prendre quelque repos, se réjouissant dans la pensée de retourner à Tilly.Il n\u2019y avait pas jusqu\u2019au \u2019 vénérable Félix, Beaudoin qui ne se sentait tout joyeux comme un écolier, le matin d\u2019un jour de grand congé, Et puis, il faut bien l\u2019avouer, que de choses, n\u2019avait-il pas à raconter! que de sentiments à ; exprimer à l'oreille de Françoise Sans-Chagrin, Il en était de même des serviteurs et des censitaires.Quel plaisir d'aller dire aux amis de 3.bas les aventures dont ils avaient été les héros, dans la capitale où les avait appelés la corvée du roi, pour bâtir les murailles de Québec! CHAPITRE XXVII LA CHANSON A LA RAME I V\u2019la I'bon vent! V'là l\u2019joli vent! V'là l\u2019bon vent! Ma mie m'appelle! V'là l\u2019bon vent! V\u2019la l\u2019joli vent! V\u2019la l\u2019bon vent! Ma mie m'attend ! Ce gai refrain faisait retentir les rivages, et des voyageurs plongeaient en cadence dans les vagues bleues, leurs rames d\u2019où tombait une pluie de gouttelettes fines que le soleil transformait en diamants.C'étaient la famille de madame de Tilly, Pierre Philibert et les censitaires qui retournaient au vieux manoir.Le fleuve coulait majestueusement et comme drapé dans un manteau de lumière, entre ses bords escarpés que les champs verdoyants et les bois feuillus couronnaient.Rien, dans le Nouveau-Monde, n'égalait la beauté de ces rives avec leurs files de maison nettes blanches et leurs villages coquettement assis autour de l\u2019église.IT La marée montante avait parcouru deux cents lieues déjà, et elle refoulait encore le grand fleuve.Le vent soufflait de l\u2019est et nombre de ba- montréal, 16 février 1907.EE yr ESA WZ iN CS Eve ce RES Av Ca sp Ani Album Universel (Monde Ilustré) No 1190 1437 IPE SSN [EES a | PEN ROBINSON CRUSOÉ PAR DANIEL DE FOË Ce U T ¢ J AY = = ) Vill NFL (Suite) 1 quand je ze vis un peu revenu de sa frayeur, ie lui fis signer d'aller chercher l'oiseau, ce qu il gécuta; Mais voyant qu'il avait de la peine à le trouver, parce que la bête, n étant pas tout à fait morte, s'était traînée assez loin de 1a, je pris ce temps pour recharger mon fusil a l\u2019insu de mon sauvage.Il revint bientôt après avec na proie, cù moi, ne trouvant plus | occasion de fen étonner encore, je m'en retournai avec lui fans ma demeure.Le méme soir, j'écorchai le chevreau, je le dépeçai, et j'en mis quelques morceaux sur le feu fans un pot que j'avais: je les fis étuver, j'en is un bouillon, et je donnai une partie de cette viande ainsi préparée à mon esclave, qui, voyant que j'en mangeais, se mit à la goûter aussi, 11 me fit signe qu'il y prenait plaisir ; mais œ qui lui parut étrange, c'est que je mangeais du sel avec mon bouilli.Il me fit comprendre que le sc] n\u201c\u2018tait pas bon, et après en avoir mis quelques grains dans sa bouche, il les cracha, tt fit une grimace comme s\u2019il en avait mal au cœur, et ensuite se rinça la bouche avec de leau fraiche.Moi, au contraire, je fis les mêmes grimaces en prenant ma bouchée de viande sans sel; mais je ne pus pas le porter à en faire de mème, «1 il fut fort longtemps sans pouvoir sy accoutusner, Apres l'avuir ainsi apprivoisé avec cette nour- titure, je voulus le jour d\u2019après le régaler d'un plat de rot, ce que je fis en attachant un mor- teau de mou chevreau à une corde, et en le fai- snt tourner continuellement devant le feu, conme je l'avais vu pratiquer en Angleterre.Dès que \\'endredi en eut goûté, il fit tant de dificrentes grimaces pour me dire qu'il le trouvait excellent et qu\u2019il ne mangerait plus de chair humaine, qu'il y aurait eu bien de la stupidité à ne pus le comprendre.Le jour d'après, je l\u2019occupai à battre du blé & à le vanner à ma manière, ce qu\u2019en peu de temps il fit aussi bien que moi il apprit de mé- Me à faire du pain; en un mot, il ne lui fallut que peu de jours pour être capable de me ser- Vir de toutes les façons.J'avais à présent deux bouches à nourrir, et Par conséquent besoin d\u2019une plus grande quan- Uié de grain que par le passé.C\u2019est pourquoi je choisi un champ plus étendu, et je me mis à lenclore, comme j'avais fait par rapport i.mes autres terres ; en quoi Vendredi m\u2019aida non seulement avec beaucoup d'adresse et de diligen- % mais encore avec beaucoup de plaisir, sachant que c'était pour augmenter mes provi- Jons et pour être en état de les partager avec li.Il parut fort sensible à mes soins, et me fit éntendre que sa reconnaissance l\u2019animerait à lravailler avec d'autant plus d\u2019assiduité, C\u2019est fie a plus agréable que j'aie passée dans bi redi commençait à parler anglais pas- ri Hl savait déjà les noms de presque et de ou | os dont je pouvais avoir besoin, qui me re Lu eux où j'avais à l'envoyer ; cz it fg \" ait l'usage de ma langue qui m'a- ement ongtemps inutile.Ce n\u2019était pas seu- Par sa conversation qu'il me plaisait, | \u2014\u2014 (1) Voir 1e No 1181 de l\u2019Album Universel, et les suivants, j'étais charmé de plus en plus de son excellent naturel, et je commençais à l\u2019aimer avec la plus vive affection, voyant que de son côté il avait pour moi tout l\u2019attachement et toute la tendresse possible.Un jour j\u2019eus envie de savoir de lui s\u2019il regrettait beaucoup sa patrie ; et comme il savait déjà assez bien l'anglais pour répondre à la plupart de mes questions, je lui demandai si sa na- Kion n\u2019était jamais victorieuse dans les combats ; et se mettant à sourire: \u201cOui, me dit-il, nous toujours combattre le meilleur\u201d, c\u2019est-à-dire, nous remportons toujours la victoire.La-des- sus nous eames l'entretien suivant, que je reproduis ici en forme de dialogue.Le maitre \u2014 Votre nation combat toujours le meilleur?D'où vient donc que vous avez été fait prisonnier ?Vendredi \u2014 Eux plus beaucoup que ma nation, où moi être.Eux prendre un, deux, trois kt moi.Ma nation battre eux dans l\u2019autre place où moi n\u2019être pas; là ma nation prendre un, deux, grand, mille.Le maitre\u2014Pourquoi donc vos gens ne vous ont-ils pas repris sur les ennemis?Il m\u2019écoutait avec attent n, Vendredi\u2014Eux porter un, deux, trois et moi dans le canot.Ma nation n\u2019avoir point canots alors, Le maitre \u2014 Eh bien, Vendredi, dites-moi que fait votre nation des prisonniers qu\u2019elle fait: les emmène-t-elle pour les manger ?Vendredi \u2014 Oui, ma nation aussi manger hommes, manger tout à fait.Le maitre \u2014 Où les mène-t-elle ?Vendredi \u2014 Les mener partout où trouve bon.Le maîitre\u2014Les mène-t-elle quelquefois ici ?Vendredi \u2014 Oui ici et beaucoup autres pla ces, |, 0 Le maitre\u2014Avez-vous été ici avec vos gens?Vendredi \u2014 Oui, moi venir ici, dit-il'en men- trant du doigt le nord-ouest de l'ile.Par là je compris que mon sauvage avait été par le passé dans l'ile, à l'occasion de quelque festin des cannibales, sur le rivage le plus éloigné de moi ; et quelque temps après, lorsque je hasardai d\u2019aller de ce coté-1a avec hui, il reconnut d\u2019abord l\u2019endroit, et me conta qu'il avait aidé un jour à manger vingt hommes, deux r .: _ 4 .mel OSA I | femmes et un enfant.1] ne savail pas comples jusqu a viugl, mais il Nul autant de pierres sur J\u20ac sable, et mie pria de les compter.Le discours mu donna occasion de lui deimau- der colbien il y avait de l'ile au contineut, et 84 daus Ce trajet les cañots ne perissaient pas souvent dl me répondit qu'il n'y avait point de danger, ¢t qu uu peu avaut daus la mer on trou- vail chaque mali Je mcme vent el le umeme courant, et toutes les apres-midi un veut et un couraut directement opposés.Je crus d'avord que ce u etait que le ilux et le reliux ; mais je Conipris daus la suite que ce pheuomeue etait cause par la graude riviere Urenoque, dans l'embouchure de laquelie mon ile etait situce, et que la Lerre que je decouvials à louest el au nurd-Quest clailt la glande 116 de la Lrinite, situee au sepleutrion ue la riviere.Je 115 mille questions à Vendredi, touchant le pays, les habitants, la mer, ies Cotes el iles peu- pies qui cu ctaienl vuisius, cl ll mie donna sur 10Ul cela toutes les eaplicalions qu il pouvait, Mais j avais beau lui demander les noms des duierenis peuples des environs, il ne we repon- dait rien, son Carbs, dou jiulerals que Ce- tait les Caraibes ,que nos cartes placeni du cote de J Amengue qui setend de lu riviere Ureuo- que vers la Guyane ¢.dDauite-Miarthe, À) me uit eucore que, bien loin derrière la iute (i voulait dire vers ie couchant de la lune, ce qui duit etre à l'Ouest ue leur pays), il y avait des houmies blancs et barbus comune imoi, eL qu'ils avaieul tue grand beaucoup d hommes : c'était la sa ma- nicre de s'exprimer.ll était aisé de comprendre qu'il designait par ju les Espagnols, dout les cruautes se sont repaudues par tous ces pays et que les habitants detestent par tradition.La-dessus je m'iniormai de lui comment je pourrais faire pour me rendre chez ces hommes blancs.ll me repartit que jy pouvais ailer en deux canots, ce que je ne compris pas d'abord; mais quand il se fut expliqué par signes, je vis quil entendait par la un canot aussi grand que deux autres.Cet entretien nu lit grand plaisir, et me donna l'espérance de mie tirer quelque jour de | ile, et de trouver pour cela un puissaut secours dans mon iidèle sauvage.Je ne négligeais pas, parmi ces différentes conversations, de poser dans son ame les bases de la religion chrétienne.: Je parvins à l'instruire dans la connaissance du vrai Dieu ; je lui dis que le grand Créateur de tous les êtres réside dans fe ciel, qu'il gouverne tout par le meme pouvoir et par la même sagesse, par lesquels il a tout formé ; qu'il est tout-puissant, capable de faire tout pour nous; de nous donner tout, de nous ôter tout, et je lui ouvris ainsi les yeux par degrés.11 m\u2019écoutait avec attention, et paraissait recevoir avec plaisir la notion de Jcsus-Christ envoyé au monde pour nous racheter, et de la véritable manière d'adresser nos prières à Dieu, qui pouvait les entendre quoiqu\u2019il fat dans le ciel.Dans l\u2019agréable disposition d\u2019esprit où j'étais alors, et grâce aux conversations de mon cher sauvage, je passai trois années entières parfaitement heureux, £'il est permis d'appeler bon- keur parfait auc'ine situation de i'honime dans cette vie.Mon esciavu était déjà aussi bon chrétien que moi, et pcut-.¢ meilleur, et sous pou- 1438 vions jouir ensemble de la lecture de la parole de Dieu.Dès que Vendredi et moi fûmes en état de conférer ensemble, et qu\u2019il commença à parler un mauvais anglais, je lui fis le récit de mes aventures; je lui révélai le mystère de la poudre à canon et des balles, et je lui enseignai la manière de tirer ; de plus, je lui donnai un couteau, qu'il se faisait un plaisir extraordinaire de posséder, et je lui fabriquai un ceinturon avec une gaine suspendue, comme celle où l\u2019on met, en Angleterre, lea couteaux de chasse mais approprié pour porter une hache.dont l'utilité est beaucoup plus générale.Je lui fis encore une description de l\u2019Europe, et principalement de l'Angleterre, ma patrie.Je lui fis remarquer les restes de la chaloupe que nous avions perdue quand je m'échappai du naufrage : à peine eût-il jeté les yeux, qu'il se mit à réfléchir avec un air d'étonnement, sans dire un seul mot.Je lui demandai quel était le sujet de sa méditation ; à quoi il ne répondit rien, sinon : \u201c\u201c Moi voir telle chaloupe ainsi chez ma nation \u201d, Je fus assez longtemps à comprendre ce qu'il voulait dire ; mais, après un plus sûr examen, je devinai qu\u2019il voulait me faire entendre qu'une semblable chaloupe avait été portée par une tempête sur le rivage de sa nation.J'en conclus que quelque vaisseau européen devait avoir fait naufrage sur ces côtes, et que peut-être les vents, ayant détaché la chaloupe, l'avaient poussée sur le sable.Je lui demandai une description de la chaloupe en question.H s'en acquitta assez bien ; mais il me fit entrer tout à fait dans sa pensée en y ajoutant : \u201c Nous sauver les blancs hommes de noyer.-\u2014Îl y avait donc des hommes blancs dans cette chaloupe ?\u2014Oui, dit-il, la chaloupe pleine d'hommes blancs.\u201d Et, en comptant par ses doigts, il me fit comprendre qu\u2019il y en avait eu jusqu'à dix-sept, et qu'ils demeuraient chez sa nation.Ce discours remplit mon cerveau de nouvelles chiméres; je m'imaginai d'abord que c'étaient les gens du vaisseau échoué à la vue de mon île, qui, dès que le bâtiment avait donné contre des- rochers, et qu\u2019ils s'étaient crus perdus, s'étaient jetés dans la barque et que par bonheur ils s'étaient sauvés sur les côtes habitées par les sauvages.Cette pensée m'excita à demander avec plus d\u2019exactitude ce que ces gens étaient devenus.Il m'assura qu'ils étaient encore là : qu\u2019ils y avaient demeuré pendant quatre ans, subsistant des vivres qui leur étaient fournis par sa nation; et lorsque je lui demandai pourquoi ils n'avaient pas été mangés, il me fit comprendre que sa nation avait fait la paix avec eux, et qu'elle ne mangeait que les prisonniers de guerre.Il arriva, assez longtemps après, qu'étant au haut d'une colline, du côté de l'est, d\u2019où, comme je l'ai dit, on pouvait découvrir, dans un temps serein, le continent de l'Amérique, ap: *- avoir attentivement regardé de ce côté-là, il parut tout extasié.Il se mit à sauter et à gambader.Je lui en demandai le sujet.Il commença à crier de toutes ses forces : \u201cO joie ! là voir mon pays ! là ma nation ! \" Le sentiment de sa joie était répandu sur tout son visage, et je crus lire dans le feu de ses yeux un désir violent de retourner dans sa patrie.Cette découverte me rendit moins tranquille sur son chapitre, et je ne doutai point - que- ai jamais il trouvait une occasion d'y retourner, 1) n'oubliât et ce que je lui avais enseigné sur la religion, et toutes les obligations qu\u2019il pouvait m'avoir.Je craignais même qu\u2019il ne fat capable de me découvrir 4 ses compatrio- tas, et d'eau amener daue l'ije quelques containew Album Universel (Monde Illustre) No 1190 pour les régaler de ma chair, avec le même plaisir qu'il prenait autrefois à manger quelqu'un de ses ennemis.Mals je faisais grand tort au pauvre garçon, co dont je fus fort mortifié après.Cependant, durant quelques semaines que la jalousie me posséda, je fus plus circonspect à son égard, et je lui fils moins de caresses; c'était pourtant dans le temps même que cet honnête sauvage fondait toute sa conduite sur les plus excellents principes du christianisme et d\u2019une nature bien dirigée.On n'aura pas de pcine à croire que je ne négligeais rien pour pénétrer les desseins dont je le soupçonnais ; Mais je trouvai dans toutes ses paroles tant de candeur, tant d'honnêteté, que mes soupçons devaient nécessairement tomber, à la fin, faute de motif.ll ne s\u2019apercevait seulement pas que mes manières étaient changées à son égard : preuve évidente qu\u2019il ne son- £eait nullement à me tromper.Un jour, me promenant avec lui sur la colline dont j'ai déjà fait plusieurs fois mention, dans un temps trop chargé pour découvrir le continent, je lui demandai s\u2019il ne se souhaitait pas dans son pays, au milieu de sa nation.Il e'y prit fort adroitement, \u201c Oui, répondit-il, moi fort joyeux voir ma nation.\u2014Eh! qu'y feriez-vous?lui dis-je.Voudriez- vous redevenir sauvage et manger encore de la chair humaine?\u201d Il parut chagrin à cette question, et remua la tête.\u201c Non, répliqua-t-il; vendredi leur conter vivre bans, prier Dieu, manger pain de blé, chair de bête, lait ; non plus manger hommes.-\u2014Mais ils vous mañgeront! repartis-je.-\u2014von, dit-il.eux non tuer moi; volontiers aimer apprendre.\u201d À quoi il ajouta qu'ils avaient appris beaucoup de choses des hommes barbus qui y étaient venus dans la chaloupe.Je lui demandai alors s'il avait envie d'y retourner, ct lorsqu'il m\u2019eut répondu en souriant et qu'il ne pouvait nager jusque-là, je lui promis de lui faire un canot.Il me dit alors qu\u2019il le voulait bien, pourvu que je fusse de la partie, et il m'assura que, bien loin de me manger, ils feraient grand cas de moi lorsqu'il leur aurait conté que j'avais sauvé sa vie et tué ses ennemis.Pour me tranquilliser [à-des- sup, il me fit un détail de toutes les bentés qu\u2019ils avaient sues pour les hommes barbus que ta tempête avait jetés sur le rivage.Dupuis ce tanps-id, je pris le résohrttomn de a oom Wy Montréal, 16 février 1 hasarder le passage, dans le dessein de | dre ces étrangers, qui devaient être, selon ma des Espagnols ou des Portugais, ne doutant ma que je ne regagnasse ma patrie qi j'avais y fois le bonheur de me trouver sur le continer avec une si nombreuse compagnie ; ce que je en pouvais pas espérer en restant dang une ile io née de la terre ferme de plus de quarante loue Dans cette vue, je résolus de mettre Vendre, au travail, et je le menai de l\u2019autre côté d l'ile pour lui montrer ma barque, ct, l'ayag tirée de l\u2019eau sous laquelle je la Cconservais, ; la mis à flot, et nous y entrâmes tous deux Voyant qu\u2019il la maniait avec beaucoup Cadre et de force, et qu'il la faisait avancer du douby de ce que j'étais capable de faire: \u201cJ, bien lui dis-je, Vendredi, nous en jrons-nous chez vg tre nation?\u201d Mais quand je le vis tout stupé fait par la crainte que la barque ne fût tro faible pour ce voyage, je lui montrai l'autre qu j'avais construite autrefois, et qui, demeurant ; sec pendant vingt-trois ans, était fondue par tout et presque entièrement pourrie.Il me fy entendre que ce bâtiment était grand de rés pour passer la mer avec toutes les provisions nous étaient nécessaires.Déterminé à exécuter mon dessein, ic lui dis que rious devions nous occuper à en faire up de cette grandeur-là, pour qu'il püt s\u2019en re tourner chez lui.A cette proposition, il baissa k tête d\u2019un air fort chagrin, sans répondre w seul mot; et quand je lui demandai la raison d sun silence, il me dit d'un ton lamentable: \u201c Pourquoi vous en colère contre \\'endredi quoi moi faire contre vous?\u201d Je lui répondis qu'il se trompait, «t que je n'4 tais point du tout en colère.\u201c Point colère, répliqua-t-il en répétant plu sieurs fois les mêmes paroles ; point culère ! Pous quoi donc envoyer Vendredi auprès ma nation?\u2014Quoi ! dis-je, ne m'avez-vous pas cit que vou southaitiez y être ?\u2014Oui, repartit-il, gouhaiter tous deux là; nag Vendredi là et point maître là.\u201d ! En un mot, je vis bien qu'il ne songeait poin du tout 3 entreprendre le passage sans moi.| Nonobstant ces marques de son attachement, fis semblant de persévérer dans mon dessein le renvoyer; ce qui le désespéra si fort, que courant à une des haches qu'il portait d'ordp naire, il me la présenta en me disant : \u201c Voy prendre, vous tuer Vendredi, non envoyer Ver dredi chez ma nation.\u201d ! Il prononça ces mots les yeux pleins de larmg et d\u2019une manière si touchante que je fus cog vaincu de sa constante tendresse pour moi, 4 que je lui promis de ne pas le renvoyer contre gré.N Ce qui portait mon sayvage au desir de n'en mener avec lui dans sa patrie, c'était son amoif pour ses compatriotes, auxquels il croyait q mes instructions seraient bien utiles.Pour mo mes vues étaient d\u2019une autre nature: je ne sor geais qu\u2019à me retrouver avec les hommes o lisés, et, sans différer davantage, je me mis choisir un arbre assez fort pour cn faire U0 grand canot propre au voyage que nous méd?tions.Il y en avait assez dans lile ; mais | scuhaltais en trouver un assez près de la md pour pouvoir le lancer, sans beaucoup de peing dès qu'il serait transformé en barque.) Mon sauvage en trouva bientôt un d'un bail qui m'était inconnu, mais qu'il connaissalt on pre .pour notre dessein, Il était d'avis de creuser en brûlant le dedans ; mais, après qu je lui eus enseigné la manière d'en venir à i par le moyen de coins de fer, if s'y prit ; adreitement, et, après un mois d'un rude = vail.il perfeetionna son ouvrage.La bn était fort proprement faite, surtont quand ?le moyen de wow huches; mou ht whey dor a CN PA AM yy \u2018 ; \\, - ~ Montreal, 36 févzier 1997.Album Universel (Monde Illustré) No 1196 1439 Déclaration MÉLODIE Poésie de Gustave CHOUQUET Musique de J.MASSENET © 1 > CHANT! Avec grâce el pan sito.poco _rall.decraine tonbuisers, © vier.ge \u2019 pu A Le 1° Te PIANO tres soutenu et p Pun peu retenu.mu Le: Mis.Lou, 10 crains pas.\u2014 ue claine pas les mine.eee Ve tous woes pen, ered Plus leat.très retenu et doux.à Tewpo 19 \u2018charge ac.«: blan: le Je .maim 06 View D din.pu.gep eur los licus | ; - a Tempo 1° , | sun el suivez nN Je crains ton discours, tou arr, ta pre Leen.ce: Mui.Loi, pocu rall 27e _* retenu\u2019 et naïtement.ne: erulhs \u201cpass se ne crains pan Jos miens: me.Luise : mob d'of .frir, en .fant vaus dé.Plus lent tres retenu et duux.Pp 19 Tem fen.se, tu sœur.un us mour, puis com.me leo tionpi._ \u2014 I 12 Tern ge\" act n \\ 1440 Album Universel (Monde Illustré) No 1190 Montréal, 16 février 1907 [Ja Chanson de Louisette Pour Piano Frédéric BINET Allegretto gra zioso dolce PIANO ri a Tempo =\u2014-\u2014-\u2014 crese.2g\u201d 1 rit.\u2014+ > un poco pia mosso \u2014 \u2014\u2014_ un poco rit.dim S JL, \u2014\u2014 \u2019 à Tempo > -\u2014 \u2014 un poco'rit.dsm 1° Tempo dolce \u2014 pr Album Universel 1441 Montréal, 16 février 1907.w (Monde Îllustré) No 1190 rit a Tempo erese.; .ri FIN piu vivo \u2019 = ben cantando dolce legato - rit.piu mosso 3 dim d J 2 a Tempo : § \u2014_ ten.I: I I\" i Il lies un \u2014 43/22 a Tempo dolce co ri un po 3 ft.dim hd CC \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Ev \u2014 I =.M | 1448 Album Universel (Monde Îllustré) No 1190 Montréal, 16 février 190), | Béatrice et Bénédict OPERA EN J ACTES SICILIENNE (Allegretto) Paroles et musique d\u2019'Hector BERLIOZ Fgh ~~ (on J \u2026 \u2014 / 4024 4 crese, nf > fe sf ¥.» i = oo J DJ dimen 2 Lr Montréal, 16 février 1907.| né par dehors la véritable tournure d\u2019une cha- jnupe; après quoi noûs fâmes encore occupés ne quinzaine de jours à la mettre à l\u2019eau, où nous ju fimes entrer pouce à pouce, par le moyen de quelques rouleaux.J'étais surpris de voir avec quelle adresse mon sauvage savait la manier et la tourner, quelque crande qu'elle fat.Je lui demandal si elle était assez bonne pour s'y hasarder et tenter le pas- 'e == 2e ge ca pine), tailles les pommes en tout petits carrés, et mettez-les avec les cretons sur un feu très doux, pendant trente minutes au moins ; il faut que les morceaux de pomme soient cuits, mais sans être trop écrasés.Pendant Ja cuisson, remuez de temps en temps, afin que cela ne brûle pas.Le peu de graisse qui reste dans les cretons est suffisant pour cuire les pommes.Salez, et ajoutez, sans laisser bouillir, une ousse d\u2019ail épluchée et écrasée entre les lents d\u2019une fourchette.Mélangez bien.Puis, la cuisson étant terminée, et quand vos rillettes sont bien froides, mettez-les dans de toutes petites terrines en grès; couvrez-les de saindoux fondu, puis d\u2019un papier, quand le saindoux est froid.On peut les garder ainsi pendant pho sieurs semaines sans danger.M.P.Potiron à la parmesane Ayez, pour six convives, 1 livre 4 de potiron; 4 onces de beurre frais; 2 onces de fromage Parmesan, râpé; sel fin et gros sel; un peu de muscade râpée.OPERATIONS \u2014 Les meilleures espèces de potiron (courge ou citrouille) sont celles qui proviennent des pays chauds; leur parfum est plus agréable et plus dévelopné.Choisissez du potiron de belle couleur, et bien parfumé.Retirez l\u2019écorce et les semences et coupez-le en morceaux carrés.Faites cuire dans de l\u2019eau bouillante et salée, pendant un quart d'heure environ.Puis, faites égoutter dans la passoire à trois pieds, dite \u201cpassoire à légumes\u201d.Dans une casserole, mettez 3 onces de votre beurre; ajoutez les morceaux de potiron, bien égouttés; laissez roussir un peu.Salez, et, selon le goût, ajoutez une petite dose de muscade râpée, gros comme un grain de riz.Alors, les morceaux.de potiron étant frits en quelque sorte, versez-les dans un plat A gratin; saupoudrez avec le parmesan râpé; ia-dessus, dispersez ce qui vous reste de beurre, 1 once.Faites dorer au four et servez.Valentine PELLIZARRI.De \u201c La Cuisine des Familles \u201d.+ : Gâteaux au gingembre Prenez 2 tasses de mélasse, ! tasse de au- cre, les %4 d'une tasse de beurre, et une cuillerée à soupe de gingembre.Mettez tout ensemble et laissez bouillir.Faites dissoudre 1 cuillerée à thé de soda dans un peu d\u2019eau et ajoutez-le au mélange ci-dessus; versez- y alors en brassant assez de farine pour pouvoir rouler.Coupez en feuillets de la grandeur de la poêle.Après avoir fait cul.re, coupez en petits carrés.Père guén de l\u2019ivrognerie Sauve son père de la fin des Fes Rehan de prescription sans gofit \u201cSama- etes de boire et commence une guérison complète.\u201c Tout ir d'empêcher mon père de boire semblait perdu, et nous en ressentions tous le déshonneur.Alors que tout allait de pis en pis, une amie m'a recommandé le « Samaria LA Jai ue vous of- fries un échantillon gratuit, et que le de étant sans goût .voit être odminiotré ve.erèterm Je me ouis At décidée à !\u2019 et j'en - suis bien aise Le traitement complet que je lui ai donné l\u2019a complètement quéri et je suis heureuse de dire qu'il Droit pie do whiskey.Qu'elle bonne idée j'ai gu e vous Écrire pr t sous: sommes sous eureux on père ue nne volom il n'aurait jansais cossé a bolre.\u201d et brochure contenant tous les détails, témoi- et envoyés dans une enveloppe or- et EE Paquets gratis, Clark's Corn Beef °* Le boeuf salé de Clark Vendu en boîtes herméti-_ quement fermées.Le Bœuf Salé de Clark est une viande _ de première qualité, sans 08, ni parties inutilisables.Ouvrez la boîte ot vous aves un mêta délicieux et prêt pour la table.S'apyrète très bien aussi en pâtés, etc.Procurez- vous-en dés aujourd'hui.Wum, Clark, Mfr., - Montréal THUD) BYE i a Essence Concentrée POUR Liqueur de Chartreuse JAUNE ou VERTE (au goût) VEC un flacon d'essence concentrée pour liqueur de Chartreuse des Laboratoires S.Lachance, vous pouvez faite une pinte d'une liqueur des plus exquises, en même temps que très hygiénique, et vous coûtant à 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1361 Pierre Leclerc PLOMBIER-COUVREUR- === re BT POSEUR D'AFPARKIIS A Gaz Er 4 Eau CHaUDE 1392 Boulevard St-Laurent >= = er Album Universel (Monde Illustré) No 1190 Yo 2 E EA 1.; > EAA ary i (Suite) Développement rapide et général Le flot de l\u2019immigration se rendant dans la province de Saskatchewan, a continuellement augmenté d'année en année, comme le pays devenait mieux connu; et, sans doute, ce développement ne fera qu'\u2019augmenter considérablement, grâce à la multiplicité des communications par chemin de fer qui assureront de plus grandes facilités pour la vente des produits.La ville de Prince Albert, sur l\u2019affluent nord de la Saskatchewan, est le siège de diverses industries.Une grande zone de splendides terres, c\u2019est l'étendue de prairies qui se trouvent À l\u2019ouest du lac Redberry, dans la direction de Battleford, au coude que forme le nord de la Saskatchewan.Cette plaine fertile atteint la région de la rivière Vermillon, où se trouvent des établissements d\u2019avant- poste, sur le chemin d\u2019Edmonton.Pendant des années, on a considéré le district de Battleford comme très avantageux ; des colons y ayant occupé des terres et les ayant travaillées avec succès pendant de vingt À vingt-cinq ans.Bien que ces établissements se trouvent À plus de cent milles d\u2019un chemin de fer, leur réussite a été merveilleuse.Avec les chemins de fer qui passent maintenant À travers ce district, cette section du pays sera bientôt compla- tement peuplée.Actuellement, toutefois, les sites d\u2019établissements y sont très nombreux.Battleford et Lloydminister seront encore pendant quelque temps les centres d\u2019où radieront les établissements.Dans ces conditions, il n\u2019est pas surprenant que les terres riches de la Saskatchewan ne deviennent subitement de bonne valeur; néanmoins, on peut encore les avoir à de bas prix.Etat hygrométrique L'état hygrométrique est élevé dans le centre de Saskatchewan, la chute d\u2019eau y étant d\u2019environ dix-huit pouces par année.HI est à remarquer qu\u2019environ les 75 pour cent de la pluie a\u2019lieu pendant le mois des récoltes.Avec la pluie tombant quand c\u2019est nécessaire, et beaucoup de clair soleil durant la saison de la croissance des céréales, il n\u2019est pas difficile de comprendre pourquoi les récoltes mürissent vite et sont abondantes.Durant les deux ou trois dernières saisons, on a fait des expériences avec du blé d'hiver dans ce district, les résultats en ont été satisfaisants.Dans la section Prince Albert, en 1905, sur de nombreux acres la récolte a donné de vingt-cinq à trente boisseaux à l\u2019acre.Cette expérience, toute de début, a été tellement encourageante qu\u2019elle sera sérieusement continuée et non sans énergie dans l\u2019avenir.Nord de la Saskatchewan Proprement parlant, sous le nouvel état de choses, le nord de la Saskatchewan comprend la moitié de la partie est de l\u2019ancien territoire d\u2019Athabaska; il mesure en surface environ 70,000,000 d\u2019acres, ce qui suffirait à former une province d\u2019une belle dimension.Cette région n\u2019est pas encore ouverte aux établissements gratuits, À cause de son inaccessibilit4 et de sa distance des chemins de fer du pays, dont la plus proche des gares de chemin de fer est à Prince Albert.+ ALBERTA La largeur moyenne est d'environ 400 milles; elle à 900 milles du nord au sud; sa superficie est de 161,020,000 acres.Elle est d\u2019une surface double de celle de la Grande- Bretagne et de l'Irlande, et beaucoup plus grande que l'Allemagne ou la France.La population actuelle est d\u2019environ 200,000 lines, cependant que cette province pour- \u201cait bien contenir 50,000,000 âmes.La province a trois divisions dans sea limites, nontrant des différences marquées, quant \\ s& topographie et à son climat.Le sud \u2018st ce qu\u2019on appelle un pays couvert, de plaines, dépouvu de forêts, excepté le long des cours d\u2019eau et au pied des oollines .d'Ottawa, M.Pierre LeRoyer le voyageur L'Ouest\u2014 Canadien avoisinant les montagnes Rocheuses; tandis que la zone centrale est plus ou moins boisée en son entier, la région des forêts étant brisée çà et lA, par des prairies ouvertes, dont d\u2019aucunes d\u2019une grande superficie; cependant que la région nord doit être classifiée à part.Les avantages que les différentes parties du district offrent aux colons sont si variés par leur nature, qu\u2019il vaut mieux en parler séparément, sous les noms de: Sud de l'Alberta, centre de l\u2019Alberta, et nord de l'Alberta, respectivement.Sud de l'Alberta Le sol de l'Alberta est, en son ensemble, riche, À terre grasse d\u2019alluvion.Par places, on y peut trouver des bancs de gravier et de sable; mais, dans les vallées, l\u2019accumulation séculaire des alluvions a produit une terre des plus riches, et à la couche très épaisse.Le climat du sud de l\u2019Alberta offre une de ses plus attrayantes particularités.Les hivers y sont doux, avec fort peu de neige, et les étés très agréables.La pluie, dans cette section du Canada, varie selon les localités, de douze à vingt pouces par an.L'absence de pluie durant |\u2019 les derniers mois de l\u2019été, fait que l\u2019herbe sèche sur place, et que, retenant ses qualités nutritives, les animaux qui la broutent sur pied demeurent gras tout l'hiver.Pour être exact, il faut dire, cependant, que dans ces lieux l\u2019on ressent les froideurs de l\u2019hiver et ses orages; mais le vent chaud qui prévaut, lequel souffle de l\u2019ouest \u2014 il est connu sous le nom de vent de Chinook \u2014 fond rapidement la neige qui tombe, et, parfois pendant plusieurs jours, fait monter le thermomètre presque aux degzés des températures estivales.A propos d\u2019eau Pour la production des céréales et fourrages, dans certaines parties de ce pays, il faut avoir recours à l'irrigation, ce qui permet d\u2019obtenir des résultats très satisfaisants.Les nombreux cours d\u2019eau qui descendent des montagnes fournissent une abondante quantité d\u2019eau dans ce but, et, actuellement, il existe environ trois cents milles de fossés et canaux construits pour la conduite des eaux d\u2019irrigation.Les susdits cours d\u2019eau procurent aussi une infaillible quantité d\u2019eau pure et fraîche, nécessaire à l'élevage et aux opérations de laiterie.Or comme il n\u2019existe pas de mouche durant l\u2019été en cette région, le tout contribue à produire les meilleurs résultats, quant aux productions de beurre et de fromage.(A suivre) \u2014Si Sous les prenez à \u201cla période d\u2019éternuement\u201d, les Préventies, \u2014 pastilles-bon- bons délicieuses \u2014 arrêteront sûrement et rapidement tout rhume ou grippe mena- cants.Dès que vous avez le rhume ou que vous le sentez venir, prenez les Préventies du Dr Shoop et leur effet rapide vous surprendra et vous plaira certainement.Les Préventies fournissent, à coup sûr, la proverbiale \u201conce de précaution\u201d.Vendue en botte de 5e et de 25c.s PIERRE LEROYER vs L.J.BECQUART A propos de photographies communiquées par M.Becquart et publiées par nous dans le numéro du 26 janvier de l\u2019Album, ainsi qu\u2019un entrefilet paru dans le \u201cTemps\u201d bien connu, nous fait remarquer que ledit M.Becquart a surpris notre confiance, car il n\u2019est nullement explorateur, et s\u2019est servi d'objets précieux: drapeaux, etc, appartenant à M.LeRoyer, pour faire mousser ses conférences.Comme nous avons écrit à M.Becquart ot que notre lettre nous a été retournée par la poste.nous concluons en signalant la protestation indignée de M, LeRoyer, et nous promettant bien qu\u2019on ne nous reprendra plus dans un tel piège à l\u2019avenir.Vous souffrez d'insomnie,ache- tes le Masseur Santé Snyder.\u2014 Na Les trains partent de M DE LA GARE WINDSOR\" SPRINCHIE AR TORONTO, CHERE b9.30 \u2018am.m.ofTAWA, bles a.m., a9.40 à.b4.00 p.m., 89.m., store S10 SHERBROOKE.bains M1o-1s dy.as Re \u2019 HALIFAX, ST.OHN, N.ST EAU MINNEAPOLIS 40125 pm.NNIPEG, CALGARY, 4940 am\", VANCOUVER, 2040 pm.\u2014 LA GARE VIGER Bois Riv ith a \u2018bss a Ait30 pm bars Rims a \"3e p.m.00 pm, SH INIGAN FALLS, b3.00 p.m OTTAWA, b8.20 am., bs.oo pm JOLIETTE, b8.00 am, b8.55 A.m., bs.00 M.st GABRIEL, b8.45 am, bs.STE AGATHÉ, L8.45 am, Deus nt, NOMININGUE, L845 am, b4.4s p.m (a) Quotidien, (b) Quotidi \u2018 dimanches, (L) Mardie jody Gy Se 5, Dimanche seulement, (d uotidien, exc té le samedi, (I) Samedi seu lement, | CP Billets de pass.g lantique et le Pac Que.steamers sur l'At Bureau en ville: 139 rue Saint.du Bureau de Poste,\u201d A E.Lalande er LE PACIF CAN Ms 87.45 p.m, » by.4s pm.00 p.m ta, 430 pu, GRAND TRUNK 51552 \u2014 \u201cINTERNATIONAL LIMITED\" (Le train le plus confortable et |.plus rapide, au Canada) Laisse Montréal, 9.00 a.m.tous les jours, arrive à Toronto, à 4.20 p.mn.\u2026.à Hatv:Iton, à 8.20 p.m., aux Chutes Niagara, a 6.) pi, à Buffalo, à 8.25 p.m., à London, à 7.17 pan.à Détroit, à 9.50 p.m., à Chicago, a 712 am.Luxueux service de Cafe et 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à 9.40 9.00 A.M.Da él téoinhanie, 867 a.m., Joliette, 10.24 a.m., Grand'Mére, 1.00 p.m., Shawinigan lls, 1.08 p.m., Québec, 7.40 p.m l\u2019Épiphanie, Joliet , anie, .4.30 P.M.r aint uthbert, Shawinigan et Grand'Mère.: l\u2019Epiphanie, l\u2019As- 6.00 P.M.Pour an\u201d foliette, Ste Julienne, New-Glasgow et Be Jérôme.SEULE- 9.15 A.M.DIMANCHE = Sic Shawinigan Falls, ete.Les trains arrivent à Montréal, trs de Lm, 11.40 8.Mm, 5.35 p.m, les \"mile, et 8.40 Ry les dimanches.GUY TOMBS, Agent Général des Passagers, EDIFICE DE LA BANQUE IMPERIALE, MONTREAL men Phone Bell Main 5430 Etablic en 1862 Fauteux & Pacaud AGENTS D'ASSURANCE FEU, VIE, MARINE ET ACCIDENTS Agents chefs pour 1e Canada: NEW VOUX Plate Grass Co, North Fri fanx Cie d'Assurance Nor - th anti, Feu et Vie.La compared Ia plus puissante au monde; capl ! sus de 1b millions, No T2, Rue St-Frangois Xavier mm Montréal, 1 février 1997.RENSEIGNEMENTS UTILES cms Distance de New-York par eau à Miltain, Maroe.110 Ste Hélène; Territoire de Wash- =\" Amsterdam.« « « » « 8,610 milles Bea 18478 Bermudes.«+ + + + + + * 600 « Ramier, Territoire de W n Ths Bombay.+ + +++\" + * 11,876 : Shasta, Californie.Vashing ; gto | Wea Boston.We es ee 8 5 00 310 - Fairweather, Alaska.ct eee 14,475 Buenos-Ayres.+ ++ °°\" 1410 « Whitney, Californie., , , 14,885 Caloutti.« + + + + «+ » + 18485 \u20ac Olympe, Graos.|.a 000 Canton.«+o eevee 13000 Ophir, Sismatrs.13800 Cap Hoon.« + + + + © , « Parnasse, Grèce.10 6.000 Cap de Bonne Espérance.0,830 Purdu, Pyrénées ce Charleston.« +o «oo 710 \u201cPo ste 1 or, Francs.«vo.11,300 Columbia River.15088 © Pia ot vi que.17,700 Constantinople.- « «+ 5,140 * he de Pike fo .4250 Dublin.+ + + + Le.8208 Round T NN 0o.16,215 Gibraltar.ee.8800 \u201c Have ew-York., 3,800 Halifax.« + « 20 22 618 * rend êtes Pa LL LL LL 17,500 Hambourg.« « « + » oo S116 \u201c Sneckat bie., 8,200 Havre.2110040 3210 CPE toa, Norvege.8,110 Kingston, Jam, .1860 \u201c St Bern livie.25,400 La Havane, .1490 \u201c 8 ard, Suisse., , .8,000 Lima.«+ + Le.113810 \u201c t Elie, Alaska., .17,000 Liverpool.+ + « .3210 « Btromboli, volcan, Méditerranse.3,000 Londres.« « oo + + +» 33818 « Pleo de Ténérifle, Iles des Canaries.12,000 Madras.11850 \u201c Vésuve, volcan, près de Naples.3,000 Naples.cee po .Washington, N.H.6,203 uvelle-Orléans.- Po.eee.823058 % NOTES IE co.1503285 * philad-iphie.11110100 mo « La population totale du globe cat de Québee.+.1400 \u201c 460,063,834.Rio Janeiro.« .+ .25.000 = + sur du globe.- fes Sandwich, .15300 \u201c Parmi les grandes institutions financiè- San Francisco.15858 « res du monde, la Banque de Montréal vient St Pétersbourg.4420 « en troisième lieu, après la Banque de Fran.Valparaiso.++ +++ 5 9750 \u201c ce et la Banque d'Angleterre.Washington.+.++ 400 \u201c ° La ligne principale du Pacifique a été Hauteur de monuments et de tours : terminée le 7 novembre 1885.Noms Pieds + Pyramide de Chéops, Egypte.486 ; Cathédrale d'Anvers, Belgique.476 Ha Premier steamer parut sur la rividre Cathédrale de Strasbourg, Allemagne.474 udson en 1807.Pyramide de Cephrenès, Egypte.eo + ; Eglise St Pierre, Rome.8 En 1829, on vit la .noue , , première locomotive Fale Ot Martin, Landshut, Allema- al aux Etats-Unis.Eglise St Paul, Londres, Angleterre.365 Cathédrale de Salisbury, Angleterre.400 387 396 \u201c250.SIR ME a + La population des Etats-Unis en 1900, lors du dernier recensement était de 76,- 095,220.Cathédrale de Florence, Italie.Cathédrale de Crémone, Lombardie.Eglise de Fribourg, Allemagne.Cathédrale de Séville, Espagne.° La population totale de l\u2019Empire britan- Cathédrale d\u2019Utrecht, Hollande.nique au ler avril 1901, était de 397,659,316.Album Universel (Monde Illustré) No 1190 Tumeurs Daincues Sans Opération Suooès éclatant du Composé Végétal de Lydia B.Pinkham Un des plus grands triomphes du Composé Végétal de Lydia E.Pinkham est de vaincre Tumeur.Les prétendues douleurs \u2018\u2018qui se déplacent\u2019 peuvent résulter de ses débuts, ou la présence du danger peut se manilester par une période abondante, accompagnée e douleurs inusitées dans les membres inférieurs.Si vous avez des douleurs m ystéricuses, s\u2019il y a indice d\u2019inflammation, ulcération ou déplacement, n\u2019attendez pas que le temps confirme ,vos craintes et que vous ayez à subir une opération à l'hôpital ; procurer vous immédiatement le Composé égétal de Lydia E.Pinkham, commencez à en prendre et écrivez 4 Mme Pink- ham, de Lynn, Mass., pour lui demander conseil Lisez ces lettres éloquentes, de femmes reconnaissantes qui ont été guéries.Chère Mme Pinkham:\u2014 (Première lettre) \u2018En examinant votre livre j'ai constaté que votre remède guérit la Tumeur des organes.J'ai consulter un médecin qui m'a déclaré quej'avaisunetumeur.Je vous serais reconnaissante si vous m'aider, tant que je crains une opération._ Fannie D.Fox, rue Chesnut, Bradford, Pa, Chère Mme Pinkham:\u2014 (Sccontle luttre) \u201cJe prends la liberté de vous féliciter du succès qu\u2019aobtenn votre merveilleux remède.\u201cPendant dix-huit mois je souffris d\u2019irrégularités.Peu de temps après je me fis soigneusement examiner par un médecin qui me déclara que j'avais une tumeur et que je devrais subir une opération.grand ennemi de la femme, la dans les cas de Mme Fox et de Mlle Adams.de nouveau examinée par le médecin qui déclare qu'il n'y à plus de trace de tumeur, Jesuis entièrement rétablie.J'aurai toujours chez moi une bouteille de Composé V de Lydia E.Pinkham.\u201d Fannie D.Bradford, l\u2019a.Un autre cas de tumour guéri parle Composé Vègétal de Lydia BE.Pinkhans.Chère Mme Pinkham :\u2014 \u201cUya à peu près trois ans j'eus de cruelles douleurs d'estomac accompagnées de crampes et de mi\u2018rraines.Le médecin me mais considérant que je ne prenais pas de mieux il m\u2019examina et, à ma surprise, il me déclara que j'avais une tumeur.\u201cJe fus convaincu que c'était mon arrêt de mort et je devins découragée.Je dé des centaines de piastres pour Shins pe ecins, mais latumeur issai u'à que le médecin eut déclaré que devais subir une opération.Heureusement, je cos responduis avec une de mes tantes, In Nouvelle- Angleterre, qui me conseills d'esse- yer le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham avant de me sournettre à une opération et je commençai immédiatement un trai régulier, constatant, à mon d so ment, que ma santé s\u2019améliorait et au boat de trois mois la tumeur avait diminué de grosseur.Je continuai à prendre le Compo- 86 Vézétal de Lydia E.Pinkham.Des mots ne peuvent exprimer la reconnaissance que \u2018éprouve pour le bien qu\u2019il m'a fait\u201d\u2014 ademoiselle Luella A Colonnade Hotel, Seattle, Wash.Des témoignages ausei indiscutables prouvent la valeur du Composé Végétal a Lydia E.Pinkham, et devraient inspirer confiance et espoir à toute femme 386 360 Cathédrale de Milan, Lombardie.355 356 356 Pyramide de Sakkarab, Egypte.Cathédrale de Notre-Dame, Munich, Bavière.+.88 Eglise St Marc, Venise, Italie.328 Tour Assinelli, Bologne, Italie.£72 Eglise de la Trinité, New-York, Etats-Unis.284 Colonnv de Delhi, Hindoustan.262 Tour de Porcelaine, Nankin, Chine.260 Eglise Notre-Dame, Paris, France.Monument de Banker Hill, Etats-Unis 221 Tour penchée, Pise, Italie.179 Monument Washington, Baltimore Etats-Unis .175 Eglise Notre-Dame, Montréal Canada .Eglise St Jacques, Montréal, Canada .Vendäme, Paris, France.158 Colonne de Trajan, Rome, Italie.181 Obélisque de Luxor, Paris, France.110 Les plus hautes montagnes du globe Noms Pieds Aetna, volcan, Sicile.10,900 Antisan:, Ecumdor, .14,300 Avarat, ou Parche de Nod s'arre- ta, Arménie.,.13700 Ben Novis, Ecosse.4400 Monts noirs, Caroline du Nord.6500 Mont Blane, Suisse.15,900 Monts Bruns, Rocheuses, E.-U.16,000 Chimborazo, Ecuador, .21,400 Cotopasi, volcan, Ecuador.18,900 Dhawalaghini, l\u2019une des Himalayas, Ase.LLL, 25,500 Pis Freemont, Rocheuses, Wyo- MoE LL ao Everest, Himalaya, Asie.$0,000 oth, Afrique.,.15100 ela, volcan, Islande.8,500 pi fran (dans les Alpes) Suisse.13,700 indoo-Koosh, Afghanistan.90,504 Lebanon, Byrie.10,000 field, Vermont.4278 » New-York s «+ +.+ + + 6 6 + Journal de la Jeunesse.\u2014 Sommaire de la 1782e livraison, 26 janvier 1907.La sorcière du Vésuve, par Gustave et Georges Toudouze.\u2014 La lune d\u2019après les récentes théories, par Miss Chief.\u2014 L'enfant aux fourrures, par Adrien Remacle.\u2014 Muguet d'hiver, par Mme Barbé.Abonnements : France, un an, 20 ff.; six mois, 10 fr.; Union Postale, un an, 22 fr.; six mois, 11 fr.Le numéro, 40 centimes.Hachette et Cie, boulevard Saint-Germain, 79, Paris.\"Pour avoir les lèvres superbes, parfaites, roses, veloutées, appliquez, en vous couchant une légère couche du Greer Salva du Dr Shoop.Puis le lendemain matin, remar- quez-en soigneusement l\u2019effet.Des lèvres sèches, fendillées ou inoolores, dénotent la fièvre et de plus ont ma-ivaise apparence.Le Green Salva du Dr Shoop est un onguent doux, oncuueux, bienfaisant, qui guérira en peu de temps les imperfections et 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tumeur disparut complètement.J'ai été pour lui demander coneeil.Le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham ; le remade d'une femme nour maladies de femmes.GRATUITEMENT POUR VOUS \u2014 MA SŒUR Gratuitement pour vous et pour toutes mes sœurs souffrant des maladies de la femme.Je suis une femme moi-même.Je connais les maux dont bouffrent les femmes.J'ai trouvé le moyen de les guérir.J'adresserai par malle, gratuitement, mon \u201cTralte ment h domicile\u2019 avec renseignements complete, à toute personne souffrant des maladies de la femme.Je veux entretenir toutes les femmes de cette cure, vous, ma lectrice, pour vous même, votre fille, votre mère ou votresœur.Jo veux vous dire comment vous guérir chez vous, sans l'aide du médecin.hommes ne peuvent comprendre lea maux dela femme.Ce que nous connaissons, nous femmes, par notre propre expérience noua le connaissons mieux que tous les doo- urs, Je sals que le traitement à domicile peut guérir d\u2019une manière certaine ln Leucorrhée ou pertes 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elle fut professeur au Conservatoire de 1834 à 1856.Nourrit (Adolphe) 1802-1839, né à Montpellier.L'un des plus célèbres ténors de l\u2019Opéra, fit ses études musicales avec Garcia, en secret de son père, Louis Nourrit, qui était également ténor à l\u2019Opéra, mais qui avait décidé que son fils serait commerçant.Pendant cinq ans, le père et le fils, qui se ressemblaient au point de rendre la confusion facile, jouèrent ensemble dans les mêmes ouvrages; après la retraite du père, Adolphe Nourrit porta pendant plus de dix ans tout le poids du répertoire de l'Opéra et eréa les premiers rôles de tous les grands ouvrages d\u2019Auber, Meyerbeer, Rossini et Halévy.A TM 11 se suicida à Naples, dans un moment d\u2019affolement causé par les craintes exagérées que lui inspirait un léger affaïblisse- ment de ses facultés vocales.Falcon (Marie-Cornélie) Paris.Sa vogue ne dura guère que cinq années, de 1832 à 1837, mais elle brilla d\u2019un tel éclat qu\u2019elle a donné son nom aux rôles de nature analogue À ceux qu\u2019elle avait créés; on dit encore: chanter les Falcon.une Faleon.; le type de ces rôles se trouve dans Alice de Robert le Diable, Valentine \u2018es Huguenots, ete.Roger (Gustave) 1815-1879, né a Saint- Denis.Un des plus charmants ténors français; débuta en 1838 dans VEclair, d\u2019Halévy, puis passa rapidement à l\u2019Opéra, où il créa le Prophète en 1849.Sa carrière fut brillante, mais courte; un accident de chasse nécessita l\u2019amputation du bras droit, et, malgré tous ses efforts pour y suppléer par une pièce mécanique, il dut abandonner le théâtre et se vouer À l\u2019enseignement.Il fut nommé, en 1869, professeur de chant au Conservatoire oû il a formé de brillants élèves.Nous ne suffirions pas À énumérer tous les beaux chanteurs; renonçons-y et passons aux instrumentistes.D'abord quelques oélèbres pianistes: (A suivre) 1812, née à Appel d\u2019une dame de Windsor A toutes les Femmes: J\u2019enverrai gratuitement, avec renseignements complets, mon traitement à domicile, qui guérit définitivement les eas de Leucorrhée, Uloération, Déplacements, Abaissement de la matrice, Périodes douloureuses et irrégulières, Tumeurs utérines ou ovariennes, et aussi Chaleur, Norvosité, Mélancolie, Maux de tête, de Dos ou d'Intestins, désordres des Reins ou de la Vessie causés par la faiblesse particulière À notre sexe.Vous pouvez continuer le traitement chez vous pour le prix d\u2019environ 12 centins par semaine seulement.Mon livre, \u201cLe Conseiller Médical de la Femme \u201d vous sera aussi envoyé gratuitement sur demande.Ecrivez aujourd\u2019hui.Là Album Universel (Monde Illustré) No 1190 Réminiscences \u2014\u2014 Marie Klisabeth Bruyères et le .Saive Regina (INÉDIT) En 1871, lu maison des Révdes soeurs Grises de la Croix d'Ottawa, avait À sa tête la femme distinguée qui présida si longtemps aux destinées de cet institut.La révérende soeur Marie Elisabeth Bruyères était avec la révérende soeur Thi- bodeau, la seule survivante de ces quatre religieuses détachées de la maison de Montréal oui, À la demande de Mgr Guigues, jetèrent dans la ville d'Ottawa, alors connue sous le nom de Bytown, les premiers fondements de cette institution qui s\u2019est merveilleusement répandue, non seulement dans la contrée que baignent les flots de la rivière Ottawa, mais encore À travers le Canada, voir même les Etats-Unis.De toutes les parties du pays, des jeunes filles distinguées par leur naissance, leur savoir et leurs talents, avaient demandé à faire partie de la communauté naissante.ainsi fut-elle en mesure de répondre au voeu de l'autorité diocésaine, la priant d\u2019être éducatrice en même temps qu\u2019hospitalière, attribut qui fut ajouté aux oeuvres de miséricorde de cet institut.Et, l\u2019on vit surgir comme par enchantement dans tous les quartiers d'Ottawa et de la banlieue, des écoles florissantes et le pensionnat superbe de la rue Rideau où la jeunesse studieuse va puiser les connaissances qui embellissent la vie et charment la douleur, La Révde Mère E.Bruyères dont le nom est ineéparablement lié À tout ce qui touche cette maison, était l\u2019une de ces femmes supérieures, que Dieu se plaît À orner de tous les dons de l\u2019esprit et du coeur.pour en faire les instruments de ces granda desseins parmi les hommes.Elle joignait À une érudition profonde, à un jugement éclairé, À une piété angélique, À une charité sans égale, une parfaite distinction de manières, le charme dont l'action est toute dans Ame, qui attire tout A elle; elle subju.Ruait ceux qui l\u2019approchaient et leur mettait À sa vue sur les lèvres, cette parole: \u2018Voici une grande dame\u201d.TI n\u2019appartient pas A une plume aussi inhabile que la mfenne de tracer ici la vie de cette servante du Christ.mais j'espère qu\u2019un jour un talent digne du sujet fera connaître au Canada français cette vie sainte et bénie.II faut exhumer de l'obscurité où elles se plurent à cacher leur vie, de l\u2019oubli où la mort les enveloppent souvent, hélas! ces gloires de notre Canada qui devraient avoir leur place dans l\u2019admiration de notre peuple.Ce serait Inuer Dieu de l'oeuvre de ses maîns, et honorer en même temps que la vertn la contrée qui a produit de telles existences, et la plume qui redira aux générations À venir les hautes vertus de ces Amen d'élite, aura bien mérité de Dieu et de son pays.Mère Bruyères, comme toutes les Ames sur lesquelles Dieu a des desseins partieu- liers de miséricorde et d\u2019amour, connut l'amertume des épreuves et de crucifiantes tribulations, dans sa vie se devait réaliner cette parole: \u201c Quand on a un rôle touchant aux intérêts généraux de l'humanité, l\u2019on v est toufours sacrifié\u201d.C'est ce qui arriva pour estte noble femme, Attefnte de l\u2019une de ces maladies qui ne pardonnent pas.elle s\u2019ételgnit À Ja maîson- mere de Ia rue Water au printemps de l'an- \u201cnée 1876, \u2018 Gelle qui écrit cette page, obfet partien- lier de sa maternelle bienveillance devait cet hommage À une mémoire vénérée.Un poête a dit: \u201cTe mai de 1a vie ne fleurit qu'une fois\u201d, C\u2019est une douceur que fe me rappelle.le mai de mon existence.ma pen- ste comme une pélerine va s\u2019agenoulllant aux endroita préférés, elle s\u2019arrdte surtout.Au petit et très doux sanctuaire que je revois tel qu\u2019aux fours de mon enfance, avec son unique autel de bois aux sculptures do.Montréal, 16 février 1907, français du d aucun nom.\u201c CORSIN DEVELOPPANT LA FORME ET LE BUSYR NOUS ENVERRONS GRATUITEMENT Notre livre en français sur le dévelop me et du buste, sous enveloppe ordins toute femme qui nous le dem tenant trois timbres-poste de 3 cents.syst éveloppement du buste inventé par Madame Thora est un simple traitement, ches sof a ranti pouvoir augmenter le buste de six pouces sont femmes qui t qui restent secret Sack Ju diy otre livre est admirablement iflustré de portraits eur le vif montrant les form ris l'emploi du système Corsine.% avant « Nous avons une agence aux Etats-Unis d'où nous faisons parvenir nos traitements à nos clientes ricaines afin de leur éviter de payer les droits, Bomandez lo linre (gratte) ot caveyez 2e de timbree-poute à The MADAME THORA Co., TORONTO, Ont, « F pement de ire cachette, Ta per lettre con.ère à toutes les Nous ne divulguons lettres, ES es LES SAISONS PASSENT, MAIS LA CÉLÈBRE au Minérale de St-Léon RESTE TOUJOURS LA MEME En toute saison de l\u2019année, le vrai remède liquide de la famille, qui se boit toujours à lein verre, CHAUD, FROID ou GAZEUXE au de santés protégées durant les chaleurs de l'été! Combien fortifiante elle sera, durant les froides saisons qui approchent, si l\u2019on conserve ou reprend la bonne habitude d\u2019en avoir toujours à la maison, et la boire i à plein verre avant ou après les repas, et : même avant de se mettre au lit.Elle aide & la digestion, repose les nerfs, chasse la constipation, maladie si commune en automne et en hiver, après les chaleurs de l'été.Prenez l'habitude de toujours l'avoir à la main, à la campagne comme en ville.LA ST.LEON WATER COMPANY, No.12, Rue Craig East, PRES COTE ST-LAMBERT \u201cToujours a point\u201d à |HH\u2014\u2014me Sa vend partent à 35¢ la grosse bouteille LE SIROP DU DR.J.0.LAMBERT Voilà le remède par excellence contre TOUX, RHUME, COQUELUCHE et même aussi LA CONSOMPTION à la promière période.Cette populaire préparation est la seule scientifique qui soit préparée d'après la formule d'un médecin.LE SIROP DU DR.J.0.LAMBERT plait au goût et guérit infailliblement.HUDON, HEBERT & COMPAGNIE, Lira DISTRIBUTEURS GENERAUX POUR LE CANADA A £ oi ACCORDEON SOLO GRATIS Let quant au timbre et à l'appare LA nable pour fournir de la musique réunions.les danses, eto.C'est un nstrument populaire, vendu à un prix élevé dana tous re Topas dra seulement deux uiconque ven dousaines Jos \"o docs, de notre bijonters nto et aux dessins uniq ne Kotusera d'acheter de vous, parceque notre bijouterie est doublée d'or pur, et que les fe.don Un instrument.de musique puissant, super! 18 conve: t ue ndant les donnons absolument Personne 8 de distinotion emploient nos marohan Vendes les bijoux 10c la piéce, retournez Po { \u2018 Adressez : Mre M.Summers, Box H.43, : 2.40 ot nous vous en verrons aussitot = rées, de chaque côté d | Windsor, Ont.te \u20ac es tables drapées de blanches dentelles supportant des statuea gon en vous garantissant satleféo sis u8 et des fleurs.Mais e'étaft dans teut cela rose pas on Oe an voies 10 douches, 2 régiotres, Mile Odna Couture est prise de sommu.et sur tout eela.quel parfum de suavits! és paie, ana done, roi a plquer son adresse à LB.Post Oêfie Box 75 9701R 2 lon de In ahapalle un ce on asia.ee groupe d'enfants, priant avec la sandeur de leur âme naïve, de chaque côté, les reli.gleuses immobiles comme ln statue du © 40, Swansen, Mass.Affaire impor FRIEND SUPPLY CO.- = To MOTTON, \u2014\" | ça], 16 février, 1907.Montr \\e Mère K.Bruyères, fondatrice de Finst itut des Sœurs Grises, d'Ottawa ns leur voile noir, l\u2019orgue, touché hain habile, soupirait les plus doux : une voix vraiment céleste faisait un chant qui semblait avoir em- ux anges sa mélodieuse et péné- ra uceur.1 souviens surtout d\u2019une heure du sont 4 même voix chantait avec un divin sement, le Salve Regina.Les en- jar: taient pas admis À cette pieuse er - mais la brise parfumée des soirs dei.\u201cnait ces harmonies sur ses ailes Ja n apportait l\u2019écho jusqu\u2019au dortoir où notre lit virginal nous attendions le r C'était tout à la fois, dans un mél.sonore, la plainte de la terre et la doux du ciel, l\u2019Âme se sentait soulevée hor- « monde et soudainement transport: sein d'une atmosphère de paix et dam où il semblait qu\u2019on entendait cam n bruissement d'ailes d\u2019anges, La mél; paraissait venir de très loin comme «1 - !- se fût échappée par la porte du
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