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Titre :
Album universel
Succédant au Monde illustré (1884-1902), L'Album universel offre des textes variés, abondamment illustrés de gravures et de photographies.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de photogravure de Montréal,1902-1907
Contenu spécifique :
samedi 27 juillet 1907
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec)
  • Successeur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec : 1907)
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Références

Album universel, 1907-07-27, Collections de BAnQ.

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[" 0 24me ANNEE, No 1213 Montréal, 27 Juillet 1907 /IN 7 1 \\ / k ; \\ Mcengmagain / Na ALBUM UNIVERSEL - - [ : 4 2 [ SL NN TE IIe \u20ac, Pr $a at = Fp Te Zr : Des f Ss » ag, « 3 ; - 4 LC * ».of, 4.¥ ro \u201c4 - by - EL Ke (¥% * a Fe dy à 2 États À .+ AD de 3 j hie t 24 ve air Là - Ne vi A ve | Ze a \u201c6 aA hl b «2e A y à % 3 | wiht AIR ~~ ne \\ .ve® 34a Ne x, T, a\u2019 A e 9° nN # i fs N sir # fee pt & ro Ny .> , .», id = if ; i Bian ale il A ney > 3 | vib ~ wt UNI, Dl NOS ARTISTES CANADIE NNES Cliche Lapres & Javergue 3600 rue St Denis. 380 LE MONDE ILLUSTRE (No 1213) Montréal, 27 juillet 1907 PRIX DE LA REVUE Par abonnements: f2.50 par année, f1.25 par 6 mois, franc de port pour tout le Canada, les Etats-Unis, $3.50 par année, £1.75 par 6 mois, Au numéro: 5 cents.Pour les autres pays de l'Union B= Postale : Abonnements : £3.50 par an- ma née, on 1d trance.Tél.Main 1592.ALBUM UNIVERSKL LE MONDE ILLUSTRE 197 RUE NOTRE-DAME EST AVIS DE L'ADMINISTRATION Les abonnements partent duler ou du 15 de chaque mois.Les rentises d'argent doivent être faites en man- slats-poste, mandats d'express où chè- \u201cques À ordre au Monde IMustré.Les chèques ne seront acceptés que s\u2019il sont majorés de 57 de manière à cou- vir les frais de recousrement et de change, Boîte postale 738, Montreal.Les manuserits non snsûrés ne sont pus rendus.1 HIIIITI VIII I IIIS IIII IID ÿ 3 : ICIETLA | ' 4 § a Nasri SSI H SSD SES ER SÉSSSE Maintenant que le calme s'est rétabli.que la poussière s'est abattue derrière le char triomphal de Sir Wilfrid Laurier, 1l n'est peut-être pas inutile d'enregistrer la morale de cet incident retentissant.I x a vingt ans, l'arrivée d'un grand homme politique aurait, peut-être.produit un semblable enthousiasme dans les rues et sur les places publiques: mais, un seul des partis existants en aurait tait les Irais.I! va sans dire que dans le cas actuel les hheraux ont cte les mantiestants ae tils el remnants: Mais.il n'en est pas nots vrai que les conservateurs ont ns La justice ot les convenances an dessus des prejugges et des aversions, et qu'ils ont permis à l'hommage des toules de reveur Un caractère national.Les hberaux ont «cu le hou goût de ne pas trop mettre Te tiquette du parti sur le heros du jour.qui ctail.cependant.leur homme, et les con servateurs ont montré de la gencrosite dans leur concours latent, La Vie publique s'améliore donc: dos idees S'élargissent a mesure que le pass grandit.Voilà que le ciel politique s\u2019en- tr'ouvre sur des eclaircies où la torce de la vérité permet de reconnaitre le merite chez un adversaire.On ne le dirait pas.pourtant.à lire les journaux de combat.Jamais l'on v a vu autant d'aigreur.de fiecl, de propos calomnieux.Une accusation n'attend pas l'autre, et les hommes les plus tranquilles sont soudainement tirés de leur repos par quelque accusation inattendue.C'est tou jours l'histoire des deux cochers irascibles.T/un frappe par megarde l'oceu pant d'une voiture venant en sens con traire.Alors.l'autre, lurieux, s'ecrie en allongeant un grand coup de louet \u201cHa! Tu frappes sur mon monsieur Tiens! void pour le tien\u201d Que va faire Sir Wilfrid au milieu de ces claquements étourdissants?On l\u2019at tendait avec impatience; mais estil en son pouvoir d'apaiser les jurons?Hormis qu'il passe comme le médecin qui ne pou Vait pas enraver la volubilité de sa pa tiente: \u2018\u2019Tirez la langue, lui dit il tout à coup.lt.pendant ce temps li il se met à écrire - \u201cMais.lui dit la femme.vous ne la regardez pas!\u201d \u2014 Non.mais je voulais qu'elle me donnät le temps de rédiger ma prescription\" Fspérons que cette guerre de gros mots ira se perdre à La Have, dans le Cengres de la paix, si tant est que cette réunion imposante finira par étre un Congres.Jusqu'à présent, elle prend des teintes alarmantes de farces, l'Allemagne terrorisée par les ballons Irançais qui pour ront ancantir toute une armdée ou une ville en deux minutes, annonce a uni vers qu'elle va en trouver des meilleurs.Les tats Unis envoient leur tlotte taire un vovage de santé à San Francisco et aux Philippines, sans s'occuper des navi res japonais qui peuvent etre sur même route.L'Espagne se commande des bâtiments de guerre.Quelle diliérence V a til entre une paix armée et une guerre latente ?Par bonheur le Canada est au-dessus de ces contradictions énervantes.let, al n'existe qu'une rivalité: celle de Pintelh gence et du travail ettectit: qu'un conbat celui des succés Industriels et econonm ques.Les diverses provinces Santagon sent, il est vrais mais.Lu main dans da main.Elles S'invitent à l'assaut par des regards encourageants.les torces qu'el les mobilisent.cest l'instruction.Dor dre.La diligence, Ta competence.La puis sance de production.Il v a peut être un nuage à l'horizon: l'envahissement de nationalités etrange res dont nous ne connaissons pas encore la mentalité.Gn dit qu'elles vont pren dre les habitudes de leur pays d'adoption qu'elles s'assimileront comme aux États Unis.Mais, est ce bien de l'assimilation qu'on voit dans la grande République ?Tout v va bien.parce que ces alluvions humaines ont tint par absorber le tonds natal.Heureusement que nous avons, surtout dans notre province.une ressource qui manque à l'Américain: la natalité.De l'autre côté des lignes.le \u2018suicide de la race\u2018*, comme l'appellent les Yankees.est de plus en plus prononce.Il faut que le mal soit bien grave pour qu'un cure du Michigan.le Vévérend Monsieur Esper.ait dénoncé, dans la cathédrale de Saint Joseph, la vogue de innocent Teddy Bear \u2014 \u2018l'ours Roosevelt.C'est à la suite de la fameuse chasse à l'ours du Président.11 v a deux aus.qu'un indus triel ingénieux lança le jouet Teddy Bear: un ours minuscule des plus at travants et qui fait la joie des enfants Mais le Révérend Monsieur Esper ne le voit pas de cet œil: - \u2018Parents, s'estil ceric, bannisses le Teddy Bear\" de vos lovers et faites v renaître le eulte de Lu poupée.qui est naturel à l'esprit d'une petite fille.T'ours détruit dans l'enfant l'instinet de la maternité: la poupée la ranime.T'espoir de la nation repose dans le développement de l'instinet maternel.Te \u201cTeddy Bear.en le faisant disparaître, sera un des agents du suicide social\u2019.Pauvre \u201cTeddy Bear.qui est aujour d'hui, tellenent répandu méme dans les familles canadiennes ! Que va til deve nir ?Mérite-t-il cette proscription ?- \u2018Non.répond le Père Fvers, curé de l\u2019église catholique de St Andrews, New- Vork ; c'est la dénonciation injuste d\u2019un amusement innocent\u201d.Nous le crovons aussi.les enfants ont autant de plaisir à habiller ce jouet en petit garçon que les poupées en petites tilles.On pourrait même ajouter que lu toilette d\u2019une poupée développe dans eclle qui en a le soin des sentiments de vanité.de luxe, de frivolité.Il n'v a jamais rien d'assez beau pour une poupée.Le Père l£vers tait un amendement 41 proposition du Pere Esper: \u2018Laissez 4 STeddy aux entants.dit il, mais eme ves le petit chien à la temme.Hélas! bien des lemimes qui se promenent ace un caniche dans les bras.ne voudratent sont bun uodnod un aus) sed La que tait détaut l'instinet de La mater nite\u2019 Oui a raison du Pore Espear où du Pere overs INO ON \u201cANTI-SUEUR\u201d Ce n'est qu'après de longues recherches ct de nombreux essais que l'inventeur de l'ANTI-SUEUR s'est décidé à mettre son produit à la disposition du public.Ayant acquis la certitude de l'efficacité rapide et de l'inocuité absolue de sa préparation cet éminent Docteur a voulu faire profiter l'humanité de sa découverte.Combien de personnes sont affeetées de cette maladie désagréable sinon dangereuse la sueur (des pieds surtout ) ?Jusqu'à ce jour le mal a triomphé de tous les remèdes préconisés pour sa guérison.Tous ceux qui après avoir essave tous medicaments parus se sont résignés à leur triste sort doivent aujourd'hui reprendre courage.Une seule boîte de l'ANTI-SUEUR les délivrera de la transpiration.Ce n'est pas Un essai c'est une guérison dans un délai très court, 3 jours au plus.Son emploi facile ne présente aucun inconvénient méme pour les personnes avant la peau délicate elles verront disparaître à la première application, la fatigue des pieds causée par transpiration; la marche devient un, exercice agréable au lieu d'un travail pénible.Trois applications suffisent pour ancantir le mal et rendre au malade la santé et le bien-être qu'il n'osait plus espérer.Le produit est d'ailleurs garanti et toute personne qui h'aurait pas satisfaction après avoir suivi conusciencieusement les directions pourra se faire rembourser en s'adressant aux dépositaires de l'ANTI-SUEUR.II n'y a plus de raison maintenant de négliger cette maladie qui est une porte ouverte pour bien d\u2019autres plus graves : l'emploi de l'ANTI-SUEUR amène une guérison rapide et certaine. Montréal, 27 juillet 1907 LE BASSIN Tu cs absolumient ccrtain de ce que tu Avalos Noutva Maitre qua vu homme, qe lan commu «01 Inn cost Then ln qe don PEINE IT causa avo un orient ang las tu nattie avec UHR ontarer anglais lord \\lsen un coloml contre qui nous tous sommes battus plusieurs tois, der toll un jour le Laire prisonnier rio da de nous cchapper qua la vitesse de son cheval, une béte superbe Nous avons poursuit Anglais «1 sa monture pen dant qdus done heure et als ont nm pan disparaitre sans ne nous des puisstosr.rejoindre.Mais ses Uraits sont restes graves 6 Ha Ineinoire et a est avec lun quenm an Pas surance dere los vetements de oparsy dont 21 < etat rexelu que sentretenit secrétement Vah votre esdlave noir.cn qui vous avtez toute conlianec Depuis longtemps qe me detiauis de Male ss allures ne semblarent lonches anqure tantes.presque 1Hstiic{iVeMient qe songe u a Lobservor de pres a me rendre compta de le aplor de son tomnps.à savoir peur quoi cn dehors des heures où il etait en plone aun Palais 1 disparaissaat comple tenent sans qu'il rut possible de ceunoi tre à quet 1 ocenpaît ses moments de her te Sans vou.cn ren dire SANS Cù TiCH austerieusetiunt di un : ls LE MONDE ILLUSTRE (No 1213) SANGLANT Ti, Rad \u201d 9) SL QE AST ot a ° Hic dive a personne je de suivis avec nnd Procantions «1 UN Jour je ius protonde ment ctonue de Int voir tranchor lib ment Li ligne de sentinelles anvlaises A partir de co moment qe mo attache davantage à ses pas sans quait put sn douter Cota nalts pas sans quelques irrreultes nt Salis quelques «iiloltoils car plusieurs vois qe lus sur le point d'étre surpris par Malt ct commie ava Li conviction de suivre wie paste anteres \u201cnte p'anrats ote desolé d'evciller Pat tention de l'esclave dont ja trahison ae Lars ant pas de doute preur mot Fm.11 4 4 trois Jours qu Fersatquel que Mal sortait du palais apres s'étr assure que personne 0 le supposauait du moins ne sS'apercev ait de son depart Tout à coup un homme surgit an or geant des deiutes herbs \\insi que 1 vous l\u2019'at dit.maitre cet homme etai vêtu du costume de parss 1 mais un ravon de lune Pomvelappa tort a propos Je recounus le colonel Welson! Je m'etendis alors à plat ventre.au risque d'entrer cn contact avec quelque reptile veniimmeux, el je dressat l'oreille tendant toutes Tes tora s de ma volonté à He rien perdre d'essenticl du dralogue ae allait sS'eugagetr entre Val et le colonel It tu as entendu ?d'au tout entendu.ah contre patcmnent d'une torte some d'ailleurs.2oco60 livres sterling.387 s'est engagé à introduire dans la ville et dans le palais les ennemis de mon mai- tre; à vous livrer, seigneur, vous et les vôtres, au général anglais.les Moyens que devait employer le traître n'ont pas Été exposés dans l'entretien que J'ai sur pris.ils avaient été préalablement diseu tés et arrêtés d'un commun accord et Je wat pas pu les connaître, car il n'a éte tait allusion qu'à des dispositions conve Nes anlertenrentent.Mais je savais que Lait car cela a «te dit.ne devait commencer ses crim Nels Agisschients que dans nue quinzaine de Jours.Le lendemain hat, avant meme de Vous avoir rien dit.seigneur.y at donne des ordres pour que \\alr rit canprisonne ct tent au secret le plus absolu ad me peut communiquer avec personnes Ces precatutions prises qe ss vent tout vous Faconter, ol HialhleHant vou on notes Ten dooce qu s'est passe.Ben, die de radqah d'une voix grave tu es un bon et intelligent serviteur tu as bravenen et loxalament ac7 qe te ru colupenselal Quels sont vos ordre apna rl Uvomment ct coupable Je hora connaitre tue volonté plus tard.quant à preent las ete Petal Jusqu a ve que pau 1Nfcitoge Mol meme de tran une recom mandation pourtant une seule ras qerner les croco diles clio cs en 11 lentement sans aucune anotion ap patente Trppoo ys ach togagna cos af pat tullents, 1 entielten que nous vonons de trappe tr avaat cu dieu daus un qeuit hrosque aun qutdin da Palos TIPPOO Tippoo Sache de radreh de Macon dans sant les Anglais Pops sae annees al Jetta contre cx aver des tortunes diverses toons avec la cme mdomprahble bravoure Foorase an 1702 apres la reddition de sa capitate.Seringaq_atanr oblige de ceder la fiortre de ses vastes Etats ct de payer AIX oppresscurs une tdemnite de guerre de soixante quinze mialhens.il avait sup perte cet coho la Page an coeur.el par tous les movens setait cHorce de crevr des ditricultes de toute nature à: andl terre.se Tapprochant méme de la France cn qui il esperaît trouver une allice mais qui alors absorhec par d'autres som fi AN ait pur lux apporter une aide secoura ble las Anglais conprirent qu TE Lait a tout prix reduire Tippoo et Une armee it de nouveau le siège de Séringa pata C'est au moment de l'investissement cu 1700.que se produisirent les © véne Metts que nos avons Taconites et ceux qui Vont suivre Le lendemain.Tippoo Sach dermer nabab de Mysore.rassembla dans la grande salle d'honneur de sa residence, tes hauts dignitaures, les tonctionnaires ses otlicters, prit place sur son trône et donna Vordre d'amener alt on so pie Sollee Cuand home mt Le tomblant pa\u2019 tes lèvres blanches.Tippoo Sach lui de manda sans irotdemient donc nent Colere 388 \u2014As-tu été maltraité ici?As tu à te plaindre de quelqu'un ?\u2014Non, naître, répondit Man.\u2014l\u2019ersonnellement.Vaije brutalise ?Ai-je été à ton égard méchant, eruel, in juste ?.\u2014Non, Seigneur.non.au contraire, hal butia timidement le traître dont Te visas ge contracté par la terreur se couvrail d'une sueur glacce.\u2014Alors, pourquoi m'as tu trali, pour quoi as-tu essave du moins de trahir et de livrer à l'ennemi, à l'Anglais déteste, le palais et ton maître ?\u2014Je n'ai pas trahi \u2014- c'est faux, Je le jure \u2014 j'en atteste Bouddah\u2026 \u2014Tu aggraves ton crite en mettant le Dieu en cause.Rien ne peut te sauver du châtiment que tu as deux tois mérite, ct par ton crime ot ton audace impie.11 est inutile de nier, je sais tout.tu seras châtié.-Grôce, seigneur! grace! suppha le misérable qui se prosterna humblement.- as de grace, dans trois jours tu ex pieras.On dut emporter Mali que la crainte du chatiment qui l'attendait et dont al 1gno tait la nature avall plonge dans un etat de prostration complète.timidement LA VENGEANCE DE MAITRE Trois jours S'ecoulérent trois jours que Mali passa dans d'eltrovables transes, dans d'epouvantables atires A la date Hixee pour l'expiration des gardes Uinrent prendre le malheureux dans sa prison et, d'apres les ordres qu'ils avaient reçus, conduisirent Maur dans un des Jardins du palais oft se tren valent durs Tippoo Sach environne de toute sa cour, Sur un signe du radjah.des soldats de pouillérent de son écorce un des arbres dont le ieuillage touffu donnait de om bre et de la fraicheur.Quand cette operation tut terminde, Tippoo-Saëb fit de nouveau un signe et l'on s'empara de Mäâli que l'on enveloppa.comme d'un vêtement, de cette écorce.Jorsque l'homme tut entermé et cloué vivant dans ce cercueil, Tippoo-Saëb se leva et ordonna à tout son entourage de le suivre.Le \u2018dernier des nababs'* passa alors dans un deuxièlne jardin au inilieu duquel : vait été creusé un vaste bassin entouré « \u2018lue grille de bronze dore.ans ce bassin s\u2019ébattaient des crocu- des capturés jeunes et qui avaient vieilli au palais, abondamment nourris et soi- unes à souhait par ordre du maitre, de puis de longues années.Quelques-uns d'entre eux étaient énormes.Lorsque tout le monde fut réuni, le radjah appela son fidèle Nourca qui lui avait appris la trahison de Mäli et lui dit quel ques mots tout bas.Nourva s'inclina, fit porter aux pieds de son inaître le malheureux enclos dans sa prison de bois.assez légère pour que le prisonnier perçut nettement tous les bruits.Tippoo-Sath forte : \u201c* L'homme que j'ai fait enfermer vi vant dans cette écorce, est un traître; il a voulu livrer la ville, le palais et moi- clama alors d'une voix LE MONDE ILLUSTRE (No 1213) même aux Anglais, son crime est sans excuse; il Va Mourir d\u2019une mort effroya- hle, qu'on le jette aux crocodiles du bas- sim ! \"\" Un räle affreux, à demi étouité, se lit entendre.Mali connaissait son sort! Quatre esclaves robustes saisirent l'e- corce \u2018\u2018habitée\u2019\u2019 et par dessus la grille, d'un seul mouvement, la lancèrent au milieu du bassin où elle tomba lourdement, éclaboussant d'eau les spectateurs de cette horrible scène | Tout d\u2019abord, les crocodiles troubles dans leur quiétude regardèrent l'étrange cpave de bois avec indiiférence, puis, attires par l'odeur de chair humaine émanant de l'ecorce qui avait craqué en plusieurs endroits, ils se rapprochèrent et de leurs dents acérées dechirèérent l'enveloppe de Man.A mesure que disparaissait l'écorce.ap paraissait un bras, une jambe, une partiv du torse; et les hideuses bêtes affainées \u2014 on se souvient que Tippoo avait donne l'ordre de les faire jeûnter \u2014 ouvraient ct retermaient leurs formidables mächoires ct chaque lois un Iragment du corps de Mali était englouti, avec un bruit altreux d'os broves ! Impassible.sans qu'un muscle de son visage tressaillit.Tippoo Sacb regardait Le hassan etat rouge de sang.Bientôt 11 ne resta plus que la tête de Mal.Deux crocodiles gigantesques se la du.puterent Mors Te radpah cria d'une voix retenu tissante : © Ainsi perissent les traîtres ! Outinze Jours apres.Parmee anglaise chtraitdans Seringapatin et prenatt pos session du palais apres une lutte achar nee on perit Tippoo Sacb.le \u2018dernier des nabahs\u2019 CHARLES VOGIEL 1 \u2014\u2014{\u2014-.\u2014 ENTERRES VIVANTS (1) SIGNES DE LA MORT ( Par Albert Laurendeau) Reproduction du Journal de Medecine et de Chirurgie.Je pourrais aussi parler ici d\u2019un célèbre théologien, qui a donné son nom à une grande école, et qui à ce qu'on dit, fut enterré vivant.À l'ouverture de la ervp- te où il avait été déposé, on trouva qu'il était revenu à ia vie et était mort dans un état hornble, avant les mains déchirées et ia ile blessée.A cause de cela, on arréta les travaux de sa béatification.IX \u2014 Dans une séance du Sénat français rapportée par le \u2018Moniteur Universel\"*, 28 février 1866, le cardinal Donnet prit la parole ct proféra ce qui suit: \u2018\u201c J'ai ac- \u2018* quis la conviction, par des faits incon- * testadles que les victimes des inhuma- \u2018* tions précipitées, sont plus nombreuses Montréal, 27 juillet 1907 qu'on ne le pense communément.Or, y a-t-il rien de plus horrible que de mourir en imputant sa mort au peu de vigilance et à l'imprévoyante précipitation de ceux qu'on appelait, quelques heures \u2018 avant, des plus doux noins qu'on puisse se donner ici-bas.Je citerai encore, si vous le permettez, un dernier fait.lin 1826, par une des journées les plus chaudes et dans une église entièrement pleine, un jeune prêtre [ut pris eh chaire d\u2019un étourdissement subit.Ta parole expira sur ses lèvres.Il s'affaissa sur lui-même, on l\u2019emporta, et quelques heures après on tintait son glas funèbre.11 ne vovait pas, mais il en tendait, et tout ce qui arrivait.à ses orcilles n'était pas de nature à le ras surer.Le médecin déclara qu'il était mort, et après s'être enquis de son Age, du lieu de sa naissance, il lit donner le permis d'inhumation pour le lendemain.le vénérable évêque, dans la ca \u2018* thédrale de qui préchait le Jeune prètre.était venu au pied de son lit, réciter un \u2018De profundis; déjà avaient Cte prises \u2018les dimensions du cercueil, la nuit ap * prochait et chacun comprend les inex * primables angoisses d'un ctre vivant dans une pareille situation.Entin, au milieu de tant de voix qui resonnent autour de lui, tl en distingue une, dont les accents lui sont connus.C'est du voix d'un am d'entance.Télle produit \u201cUn citet mervetlleux et provoque un el tort surhumain.Le predicateur rer tatissant le lendemain dans sa chaure.I \u201cest aujourd'hui, messieurs au milieu de Vous (sensation ) vous prianut, apres \u201c quarante ans ecoules depuis cet évene ment, de demander aux dépositaires du pouvoir, non seulement de veiller à ce que les prescriptions légales qui regar dent les inhumations, soient stricte ment observées, mais à en formuler de \u2018 nouvelles pour prévenir d'irréparables malheurs X.\u2014Le directeur de l'ottice postale d'un village de la Moravie mourut dans un ac ces d'épilepsie el tul enterré trois jours apres dans les dues tones.+ \u2018 IT avait un petit chien qui lui montrait d'aticetion, el beaucoup apres l'enterrement, le chien resta sur la tombe de son maitre, hurlant lugubrement.On ne pouvait l\u2019é loigner de 14; à plusieurs reprises on le porta à la maison par force, mais chaque tois qu'il pouvait s'échapper, il retour nait immédiatement.Cela dura une se maine et fut l'objet de la conversation du village.Environ un an après, les restes de cette partic du cimetière durent être transtérées, par suite de travaux d'agran dissement de l'église, et à cause de cela, la tombe du directeur postal fut ouverte, ct le corps tut trouve dans un état et une position tels, qu'on ne pouvait douter qu'il avait été enterré vivant, avait repris connaissance el était mort dans le tombeau.leu de temps après cet évêne ment, le médecin qui avait signé l'acte de décès en perdit l'usage de la raison.NI1.-Le \u2018\u2018Hereford Times\" 16 noveimn- bre, reproduit le cas suivant de Pauillac, France : (A suivre) bre 349 Montréal, 27 juillet (907 LE MONDE ILLUSTRÉ (No 1213) \u2014\u2014\u2014\u2014 | \u2014 \u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 mi \u2014 3 ET, ae Ji Hy Sih i N° N À ) 4 4 A \u2019 TR Marche Militaire u < PAR 3 ; the Hb L SEILLIERE \\W// a 2 r\u2014\u2014 Us \u2014\u2014 + lp I) 7 390 LE MONDE HLLUSTRE (No.12104) Montréal, 27 juillet 1907 MARCHE MILITAIRE L.SEILLIERE.Allegro martiale.Cr1eN INTRON.pp sont Cordat._ \u2014\u2014\u2014\u2014 Tempo | ~ mm \u2014\u2014 - - ES + \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 Se dis 77 ¥ TI TF VF v » be corde.pin f cen du M \u2014 $ - Torre PS ee \u20ac Lu vg?» \"} Jf ¥ 32: \u2014\u2014 FS X M de Marche.\u2014__ MARCHE: nf .t 4 dE -\u2014 \u2014_\u2014 +; eres cen \u2014 dn J Jf > J Montréal, 27 juillet 1907 Le Dernier Conte (dar Henry de Forge) 1 Lorsque Johann Schmidt eut retermé La porte de son cabinet de travail et se lut assis dans le grand fauteuil de cuir vert où, pendant plus de quarante ans, il avait cerit de ces beaux livres qui l'avaient rendu à jamais célèbre et que toute la Hollande savait par cœur, il sortit de sa poche une liasse de billets bleus que nia chinalement if compta.Jobe somme! murmuræ vil, et pavee d'avance pour non nouveau livre par ve brave homme d'editeur Peters! Mon nouveau livre, ajouta til apres un soupir Je devrais plutot dire mon dernier.Je suis trop age Inaintenant pour cere.Alors.lentement, Johann Schmidt par court des veux les ravons de sa bibiio thèque.Elles ctadent la.toutes ses œuvres, toutes ces histoires charmantes speciale Hient ecrites par lui, pour les tout pe tits! M n'etait qu'un conteur de contes bleus.de tees, de chimeres.\u2026.Mais 11 n°4 avart pas une tamille hollau dutse qui ne les connut pas Une fillette qui ne sut par cœur La Marchande de contes de Sable d'Or on Les Aventures dum Libellule Durant toute son existence 11 s'etant tait de la gloire en amusant les entants etat se sentait hier de cette gloire la.seul au monde.sans famille, ne dépen sant guere.il n'avait pas tarde à devenir tres richie mans al n'avait rien voulu changer a La pe stmple qual menast dans un raubourg d'Amsterdan.en compagnie de La vieiite Ansel sa servante.Quand il eut compte les billets bleus il attisa le teu de mort qui brûlait dans lu cheminee.Pehors le temps etait triste.brumieux.charge de neige.un de ces temps gut font l'âme mélancolique ot Johann Felimmidt se mit à rever.Que lui tmiportait cet argent ?Que lun Hunportatent les vaines louanges ?N'était 11 pas au bout de sa route.n'avant il pas les cheveux blanes ?Dans sa Hevre de travail il avant Laisse passer les heures, les Mois, les années.Sans S'en apereevoir en quelque sorte.VIVant comme perdu au milieu de ses T1 tions Inervetlleuses.Avaitil jou de la vie?Aviat al oe heureux, dut qui savant si hen raconter le honheur des autres.bois 11 Non et c'etait domtuage, vraiîgnent! Ses hvr s n'étaient ils done au lond que des phrases vides, que des mensonges! ei les tout petits qu'il amusaît tant ne seratent ils pas en droit de dire de tai plus tard.quand if nv serait plus, quand ceux uêmes auraient vieilli à leur tour: Johant Sehonidt nous trompait avec ses contes, Il'tut notre première désillu sion le jour où nous apprimes que rien de ce qu'il nous disait n'etait réel, n'était possible.Ft pourtant.pourtant, n°v avait il en ces contes légers, gracieux, (issés de merveilles, peuplés de tces, qu'un tissu de LIE MONDE ILLUSTRE (No 1213) choses mensongères! La vie ne pouvait- elle avoir réellement de ces douces surpri ses, de ces enchantements imprévus qu'on uilail tant à lire daus ses livres ! Une pensée fixe hantait le vieillard, maintenant, la pensée d'un conte de ices, d'un dernier conte plus extraordinaire, plus merveilleux encore et qui put iui donner à lui même entin un peu de vraie joie.Longtemps, devant le feu qui se mou rait, 11 v songea.IT appela à lui tout son monde de bonnes tees et de lutins, toutes ses bergères el ses princes bleus ! Vingt lois il prit la plume.Vingt lois il commença.l'inspiration ne venait pats.l'uis, tout à coup, sa ligure pale se claita d'un sourire, ses veux brillerent: Mon dernier conte, réepeta til mvste ricusentent, out, je vars le taire et il sera plus beat que tous les autres.Mais 1] laissa tomber sa plume, et.de chirant les pages commencées, al jes jeta sur le tover aodemit consume.on elles i rent de belles thanmes d'or.lnsuite il appela Ansel.Mon manteau! demanda tal.Vous nv pensez pas.monsieur! \u2014 gardez! La neige tombe.ln cttet.au dehors voltigeutent d'epars llocons.Donnez toujours |! Donnez! Ansel Qu'importe la neige! C'est la neige hlan- che des contes de tées ! III Transte de troid, brisee de tatigne.Anna.la tille de Dwiskind le pauvre veuve.rentre au logis sous lu ratale.Elle a travaille depuis Taube sur son metrer de brodeuse, ce metier qui tord Sos bras.qui brûle les veux.lle va pourtant, elle va du plus vite qu'elle peut, se traînatit.les pieds meur tris du tres long chemin qu'elle a lait.File semble bien jolie Sous sa capelie soiubre, d'ou s'échappent des cheveux tous méles de neige, Mais elle a les veux rouges.lille a pleuré, pleuré heaucoup.et elle va pleurer encore tout à l'heure.quand elle retrouvera sa nière malade.C'est elle qui la fait vivre.et son me tier va Mal, très mal, depuis que les mar chands d'Amsterdam se sont arranges pour diminuer le prix de Tu main d'œn vre.La rue paraît déserte.Seules quelques ombres se glissent, invisibles presque sur celte immense nappe blanche qui couvre la terre et qui a l'air d\u2019un linceul.Pour tant.au moment où Anna passe sous la carte d'une boutique.une de ces ombres s'arrète el se retourne.La Jeune tille se retourne aussi.rougit UN peu.puis, sans mot dire, reprend sa route troublee.Oui a passe la n'est ec pas.Fritz Rveklin, le jeune peintre, l'artiste de grand avenir qui commence à étonner fa Hollande par la hardtesse et la poésie singulière de son pinceau! IL est pauvre à ce qu'on dit.Mais il a du courage et de l'espoir.Oh! s'il avait un peu d'argent, comme il se ferait vite un nom! Comine il épouserait vite aussi la petite Anna qui habite justement la mansarde en face de la sienne, sur le méme palier.Leur regard échaugé an passage à dit tout cela.Mais leurs bouches ne se parlent point.391 parce qu'elles n'auraient que des choses douloureuses à échanger.Hs soi.trop pauvres tous les deux.Puis Anna à sur la terre un devoir qu'elle doit remplir, soigner sa mère, la laire vivre! \u2026 Oh! que la vie est triste! \u2026 Assise devant une porte, Anna s'est remise it pleurer n'ayant plus de force, ne sachant plus que devenir.Elle n'a pas vu qu'une troisième ombre s'est (rouvee là tout à l'heure, quand Fritz.Rycklin a passé.Klle n'a pas vu que cette ombre a surpris leur mouve ment à tous les deux.La voila maintenant qui s'approche d'elle.Tu pleures enfant! Pourquoi ?Alors Anna voit un grand vicillard courbe sous son manteau.Il a l'air doux 1a l'air bon et ses cheveux ne sont pas b'anchis seulement par la neige qu tombe.La jeune tille n'a point peur, elle re pond : Je pleure parce que ma mere est bien malade.Monsieur, et que Nous soles Sans Tessources.Dis mon jeune hommes, nest oe pas Fritz Rucklin le peintre et ne latines tu pas dans le tond de ton cour IT me semble que tu as rou quand il a passe! Oui.nous nous aifions.Mais nous Ne avons Jains parle, car la misère ne sunt pas avec la misere! - Ou habites tu.entant / La petite main amaigrie d'Anna montre alors, au bout de la rue.humble Maison ou celte demeure avec sa mere.C'est la haut.da haut dans la mansarde qu'on voit celatree chicore, ce Pourquoi me demandez vous ces choses.aqouta telle?Que peut vous Laire no tre chagrin - Mais l'ombre nest deja plus là.s est eVanotine tout Vente, telle Iv Dwvciskind.la veuve.est On dirait qu'elle va mourir.Cependant il suthrait peut être d'un bon médecin et d'un remède violent pour la retahlir.mais 11 nv a point d'argent pour cela à la maison.Anna crovait rapporter une pièce d'or truit de tout un long mois de veilles.Flle en à requ la moitié à peîne et c'est triste, triste de la voir pleurer\u2026 Toc! Toc! tatt on à ce moment con tre la porte.Qui est là ?tres malade dNSU/ - Quelqu'un qui vient guérir votre mere.Grand Dicu! est ce possible 20 Mais ralale, maitre Koolus docteur le plus célèbre c'est, bravant la en personne.lu d'Amsterdam.Il se trompe.bien sûr! Non, il ne se (roiïnpe pas : sa figure 0 Une expression Joveuse, comme s'il étant Heureux d'être venu et, tout de suite, if dit des mots gais pour taire rire\u2026 - Mais.qui vous à envove, Monsieur NOUS SONICS pauvres.Tais-toi, petite, gronde tal, More s'agit point de cela, mais Dien de ta mere qui est malade.Ne Coceupes point du paiement car je suis rovalement pave, qo te jure.\u2014l'ar qui ?-Que tl'importe?Par une lee! \u2018 + Coup commie cle est 392 lt maitre Koolus de rire, de rire.Puts ai va pures du Bi se vencho vers lu veuve, l\u2019auseulte longuement.Anna ne soulfle mot, anxieuse.-Ta maman n'a rien de dangereux, mais 11 lui faut de la chaleur et des re inèdes.\u2026 Il va vers la porte, lait un signe, el un serviteur entre, apportant une grande boîte où sont des médicaments.Il les regarde, il choisit.\u2014Tiens, voilà ce qu'il faut.Deux cuil- lerces par heure.Maintenant un bon seu serait utile.Cette pièce est glacée.Du feu!\u2026 helas!\u2026 \u2014Toc! toc! C'est Wilhelm le charbonnier qui porte sur la tête un gros sac de belles briquettes.M a l'air joveux lui aussi et il se met à bourrer le poèle.\u2014Chauifez-vous.bonnes gens, chauîfez vous ! \u2014 Mais qui donc vous a envoyé?\u2014C'est une ice, fait-il a son tour.l£t quand il est parti, maître Koolus prenant Je manton d'Anna.lui dit : \u2014Sais-tu, petite.Il faut laisser 14 ton metier qui te Luce les veux.Il faut te reposer et trouver un bon mari, pour vivre avec lui près de ta chère maman de longues aunées.\u2014Un mari ! fait Anna en hochant la tête ! \u201411 ne doit pas en manquer, que diable.qui soupirent après ces veux-là.N'as-tu pas dans ton voisinage quelque vrave garçon, travailleur comme toi, coura geux!.\u2026 \u2014Ne rougis pas.si cela est lu as rat son.«et ta bonne mere ne dira rien Ouvre-1noi cette porte.Wilhelm a terr: blement rempli ton poële, on étoutte maintenant.Mais.qu'est-ce que je vois: un jeune peintre.en lace.qui travaille.Il «a l'air bien absorbe.Tiens, tiens! je suis très eurieux.moi.je vais aller voir sur son épaule ce qu'il peut bien peindre de la sorte.Ft sur la pointe du pied.comme uu enfant, le bon docteur traverse le palier ct.sans bruit.regarde le travail de Fritz Ricklin qui est tout à son œuvre et n\u2019en tend pas.Maître Koolus revient, mystérieux.\u2014Eh! Eh! je sais quelque chose, petite.C'est que votre voisin est un peintre extraordinaire qui excelle à peindre de petites personnes [risonnant sous la ra fales\u2026 Tu pâlis maintenant.Ah! maligne tu as done compris que c'est ton portrait avec une petite capeline sombre au milieu des flocons de neige.Vous vous aimez, enfants, vous vous aimez.Mariez-vous vite.Je vous bénis.Et brusquement, reprenant son man.tcau, maître Koolus fait un grand salut pour se retirer.\u2014Je reviendrai voir ta maman.je reviendrai.Il n'est déjà plus là qu'Anna se deman de encore si ee he rêve pas.\u2014C'est étrange.dit-elle.c'est comme un conte de fée de Johann Schmidt.Mais qu'est-ce ceci?Ie bon docteur a oublié un paquet sur cet escabeau.Seigneur ! Une liasse de billets de banque! Un papier est épinglé dessus.Elle l'approche du poêle rouge afin de mieux lire, car la ligne danse devant ses yeux.LE MONDE ILLUSTRE (No 1215) I y avait ces trois mots: Pour votre bonheur\" \u2014Mademoiselle Anna! crie une vois joyeuse sur le palier.La porte s'ouvre en coup de vent; et st.le seuil Fritz, Rvcklin parait, les vena brillants.\u2014Savez-vous ! Savez vous ! Pendant que je travaillais, quelqu'un de mvsté Tieux à déposé sur ma table une hasse du billets de banque avec ces mots: Pour votre gloire!\" Je suis riche, je suis ri che et je peux maintenant vous dire que je vous aime, que je vous demande de partager avec Moi cette lortune, \u2014Je suis riche aussi, Fritz, repond Anna doucement et ma mère va guérir.\u2014HEst-ce possible, mais qui est venu ?qui est venu ® \u2014Une bonne lee.lt tandis que la neige tombe, tombe de plus belle sur la vieille citée endouatie, là-haut dans la petite mansarde, il va trois étres qui pleurent de joie.Vv Ce dut LA le dernier conte de Johann Schmidt.ll avait connu une detresse et il avait voulu la soulager comme dans les hvwres qu'il écrivait.Il avait ote lui-même La Ice Mystérieuse qui avait tout prevare C'est lui qui avait chvove Maître isoolus cu Wilhelm; c'est lui qui avait donné pour taire un peu de bonheur à ces deux on tants.la sonume reçue le matin métne de son éditeur.Désormais il pouvait mourir heureus son œuvre n'etait point vaine puisque parmi ces contes mervetileux qu'il avait inventes 11 s'en trouvait un du Moins qui lui avait donne une grande joie.La joie de taire des heureux, c'etait son dermer conte: il ne l'avait pas cerit, mais ol avait lait mieux que de l\u2019ecrire, il l'ax cit vecu.HIENK)\\ DIS FORGE \u2014\u2014\u2014- {= \u2014\u2014\u2014 LE MILLION Ah! Monsieur.vous raillez! Crowes- noi, on n'échappe pas à la justice humai ne quand lo journalisme s'en mêle.Vous prétendez qu'un homme lort sait découvrir un refuge inviolable?Oui.je l'ai cru aussi, moi qui vous parle et qui ai tenu un million dans ces mains que voilr.noires.calleuses et gonflées par le heurt des cailloux.0 \u2014 Je n'ai pas toujours ete cantonnicer.J'ai débuté à seize ans comme simple en plové à la \u2018Compagnie des Pétroles du Nord\u201d.Je fus refusé au service militaire et.avant deux ans, j'étais caissier.J'avais alors une mauvaise nature.je l'avoue.des désirs ambitieux m'étfel gnaient.Je révais de luxe et de voya ges.An! connaître la mer et les hori ZONS SOUS des couleurs qui changent! Te tais un peu poète et j'ai publié mon livre comme les autres.Avez-vous remarque que les aventuriers lamneux sont des rates de la littérature?On met en action les romans que l'on n'a pas su écrire et l'on devient \u2018reporter du crime\u201d ou \u201cdirec teur d'agence de renseignements\u201d ou vo leur.Moi, je mc suis fais voleur et c'est le rôle le plus difticile.Montréal, 27 juillet T907 J'ai agi lentement et d'une manière qui cxigeait quelque habileté, A la caisse, Je pavais un grand nombre de coupous que «devais pertores vnstite.Le comptable INSeFL ait d'abord sur son livre les nume tes de ces coupons.Je commençai par en garder quelques uns sans les perlorer puis je grattai sur les livres les nu:néros correspondants.Je me rendis dans une Societe d'Escompte qui me pava mes coupons; je cachat l'argent et je me tins col.Remarquez que chague soir ) atten dais que la caisse lut vériliée pour gratter les chitfres du livre.De la sorte, j'étais à couvert et Je h'étais pas le seul soupçonnable au cas où l\u2019on aurait cons tate la fraude.Deux jours apres, la so ciété de crédit adressait à la \u2018Compagnie des pétroles du Nord une masse de cou pons pertores et un bordereau récapitu- latil.Quand j'aperçus ce bordercau entre les tHains de mon collègue.je crus que l'angoisse allait m'étoutter.I feuilleta son livre et, les numéros n'étant pas portes, inserivit les coupons.Je reçus un \u201cbon de caisse qui n'ordonnait de faire verser à Ja societé le montant du horde reat.J'étais sauve.Je n'avais qu'à ve commencer, et c'est ee que Je lis, choisis sant chaque jour une societé nouvelle ou des agences éloigneus pour qu'aucune ad ministration ne put s'ctonner de ma tor tune.den vingt ans, j'avais amassé un millon qui gisaît, entoui dans ma pail lusse et dont je n'avais pas protité.Cr Si vous avez bien compris les details ae non plau, vous jugerez qu'il etait simple.Crest le desir de voir la mer qui m'a per du.Durant vingt-six années, j'avais re tuse de prendre mes vacances, Je redou tas jo ne sais quelle catastrophe, car lorsqu'on n'est pas sur place.on est vite Vaiieu.Noles que je passais pour le mo dele des anploses et qu'à toutes les ren nions ofticiclles, a tous les banquets ann Caux.je prenais la parole.de vantais le charte de La vie administrative, La bonne entente et l'honneur d'étre dévoue à ses chets.Au tond, j'étais sincère.Parfois, je regrettais d'avoir volé.mais je conti huais par habitude.Ma petite opération laisait partic de mon travail quotidien.Je Vivais modestement.J'avais quel ques ÉCONONLIES.Soudain l'idée me vint de contempler la mer.Ce tut un désir violent, flévreux\u2026.Toutes les ardeurs de mon sang me por taient vers la mer.Je demandai un conge de trois mois qui me tut accordé.«t qe partis en cimportant un million dans ma valise.J'arrivai à Marseille par un matin de pluie.La Méditerranée morne et grise me deçut.En attendant qu'il v cut un paquebot en partance pour nw\u2019 importe on.je m'installai au meilleur hôtel et je ve cus cote un riche pendant trois Jours.pose extraordinaire je ne touchai pas a l'argent volé: l'idée m'en terrifiait.Je n'étais guère habitué aux diners somp lueux où je ne savais comment me tenir Je regrettais mon petit butfet des Ternes.gene, craintif, un pen sidicule, ye me reprochai d'avoir gaché mon avenir.Car enfin, j'avais de l'argent à moi, j'aurais pu jouir de la nature et de la vie simple que j'aimais.Sans entamer le million, resté honnête malgré mon vol, je demeu rai inquiet, tracassé, et mes nuits se peu plaient de gendarmes, de juges et de Montréal, 27 juillet 1907 = Mais que vois-je?On cambriolo chez moi! Diable, comment faire, je suis seul.Ohl une idée! Cette voiture amenée par ces bandits va me servira et BE Dada \u201c== J@ crois que mon systéme a du bon.En voilà un en cage LE MONDE ILLUSTRÉ (No 1218) 398 de | \u2014 Maintenant qu'ils ont ouvert le \u2014 Et mes deux voleurs qui suivent.couvercle, cachons-nous dessous.Ah! Ca va bien! ah! voilà ma garde-robe qui descend.\u2014 Et -insintenant refermons le cou- verélà ot on route pour.le.poste dè police. 394 LE Jean-Jean se rappela un beau matin Qu'il avait une vengeance à exercer.sur le paysan qui lui avait tiré les Qreilles.Il prit son ballon et s\u2019aven- tars dans la prairie.L'enfant se dirigea vers le potager LE MONDE ILLUSTRÉ (No 1213) MELON ENCHANTE 4 Il-savait-qu'un peintre paysagiste travaillait en ce.moment dans .ces parages.L'enfant avait son idée.Jus ement, le peintre dormait, accablé parla chaleur.Jean-Jean lui emprunte -84 palette et ses pinceaux et enduisit: son ballon de couleur verte.au \u201ca, de a.Were 11 souleva une cloche et, à la place Montréal, 27 juillet 1907 11 y dessina-ausai des lignes longitudinales, formant des côtes.De loin.le ballon :ressembleit.à-un superbe melon.M.Grognon, faisantune promenade | du père Grognon.Îl aperçut, sous des d'un petit melon, il mit le ballon dont clovhes de verre, des melons qui pre- il avait enlevé la ficelle èt replaca la naient paisiblement de I'embonpoint, cloche.dans son potager, fut surprisd'y voir Un melon qui accusait des propor- .tions gigantesques, .\u2026 @n perdre la raison.Ils étaient Qhuris,.pétrifés:.lg Msataient là plantés, les-yeux fixéz Jor Je ballqn, SaN4-prOROACEE UNE parois.Dretourna le récipient\u2026 O miracle?le melon, quittant la clôche, s\u2019en- voila allègrement dans l'air, et M.et Ms\u2018 Grognon faillirent\u2026 11 appela sa femme pour lui fare \u2018part de son admiration et souleva la cloche pour'vair le fruit.de plus près.1 fut f'onné-dewoir fe-melon collé QUE parois de la prison ds verre. - / 6 LA TIARE DE SALOMON ou sont-ils ?~Depuis une heure ils sont sortis.Monsieur Ricochet partit heureux et se dirigea, histoire de tuer le temps, vers la ville basse.Tout de suite, devant une boucherie de chiens confits et de rats tapés, le cœur de MM.Ricochet se souleva de dégoûts.\u2014Ignobles ces chinois, avec leur nourriture, fit-il.De temps en temps il s'arrêtait aux éventaires des marchands de vases et de bibelots curieux, s'extasiant devant les menus objets tallés dans l'os, la nacre ou simplement dans une tige de bambou.La promenade de M.Ricochet durait encore que la nuit commençait à tomber.\u2014Où suis-je! se dit-il tout à coup Sans s'en douter il était arrive pres des murs de la ville.A gauche s'ouvrait devant lui une longue avenue de statues colossales de dragons et de monstres en porcelaine; ses pieds heurtèrent soudainement des dalles.\u2014 Tiens! un cimetière, s'ex- clama-t-il.Dans sa jeunesse studieuse M.Ricochet avait patiemment étudié plusieurs langues et s\u2019il ne parlait qu\u2019imparfaitement la langue chinoise du moins les caracteres de l\u2019écriture des Célestes lui étaient assez facilement déchiffrables.Il s'amusa donc à lire les épitaphes des tombes.\u2014Ah! l'hypocrisie des vivants pour les morts, même en Chi- nel fit-il, après avoir parcouru des veux une dizaines d'épitaphes.Il avait lu en effet : \u2018\u2018Shamh-ki-kah! (Père exquis, mari incomparablement tendre ) \u2018*Cho-cho-my-cho'.(Perle dc joie).\u2018*Ko-ko-ki-ki''.(Rose, ma rose toujours rose).Une haute pierre s'élevant entre deux monstres écailleux, le retint particulièrement.Il lut ceci : \u2018*Fdit impérial.Le défunt K'wo-Fan était un homme de grand savoir et de talents variés, d'une pénétration profonde, d'une moralité sans tache et d'une honnêteté à toute épreuve.Comine son mérite fut découvert par l'Empereur Tao-Kan qui lui donna le grade de Lning Erh (colonel ) sous le règne de Hsien-Feng, il fut chargé de lever une armée dans le Yunnan, ei apres les batailles heureuses qu\u2019il livra aux rebelles Taï Ping, il reçut les éloges de l'Empereur et les remerciements du pavs.Mon prédécesseur l\u2019appela à la vice-royauté des deux Kiangs.Sous mon règne je l'ai fait grand secrétaire d'Etat.It devint un autre moi-meéme : mes lèvres, mon cœur «et mon épine dorsale.Aussi je l'ai autorisé à porter la double plume de paon.J'espérais le voir vivre plus longtemps pour lui accorder de nouvelles faveurs, aussi sa mort m\u2019a-t-elle rempli de douleurs et de tristesse.Je veux, conformément aux usages, qu'on dépense trois mille taëls à ses funérailles, qu'une jarre de vin soit versée sur sa tombe par le chef de la garnison Mandchoue à Nankin et deux dalles portant son nom seront placées, l'une dans le temple des lovaux cet l'autre dans le panthéon des Sages et des Bons.Son fils lui succédera dans le comté et une preuve de ma munificence sera donné à ses enfants ct à ses petits enfants afin qu'ils sachent comment mon trône se souvient et honore un serviteur loval.Qu'on respecte ceci ! \u2014Un patron qui rend hommage à son employé, cela est rare, il faut venir en Chine pour voir ça, Marmotta centre ses dents M.Ricochet.FEUILILETON DU MONDE ILLUSTRE Il continua sa marche à travers les tombes.Tout à coup, il se trouva en face d'une construction bizarre au toit vernissé.Au seil de cette construction grimaçaient deux horribles monstres verts et rouges.Une petite porte entr'ouverte invitait le curieux à v pénétrer.M.Ricochet v entra.\u2014Ce doit être une pagode, se dit-il, l'entrée doit être publique puisque la porte est ouverte.Il avança quelques pas et bientôt ses veux s\u2019habituant à l'obscurité il distinguait les objets qui se trouvaient autour de lui.Quelques instants après le dévoué secrétaire du baron Simo- no reculait d'effroi.Devant lui se dressait une énorme idole en bronze haute de deux mètres dont l'aspect était véritablement horrifiant.\u2014Un drôle de Bouddha.fit-il.Mais sa surprise s'accrut en lisant au-dessus de l'idole ces mots en hébreu: \u2018\u2018lavhe\u2019\u2019 ( Jéo- vah).: \u2014Diable ! fit-il.e¢st-ce un temple ou une svnagogue / Au même instant un bruit de pas retentissait sur les dalles.\u2014Mâtin de chien! si c'est défendu d'entrer ici, me voila frais! fit M.Ricochet en se jetant derrière un pillier.Par une petite porte percée à droite venaient d'apparaître deux hommes vêtus de la souquenille sombre des bonzes.Ces deux hommes parlaient avec animation.«et en français, ce qui abrutit du coup le pauvre Ricochet.\u2014Âlors c'est convenu .\u2014Tu l'apporteras après demain.\u2014Convenu.Et comme ça le baron pourra la voir figurer sur ta tête le jour de kipour (grand pardon des israëlites ).\u2014Eh bien, Eliézer, cela me fait particulièrement plaisir.Célébrer l\u2019office du kipour, coiffé de la propre tiare de Salo- mon cela n'est pas donné au premier rabbin venu.Quelle joie! je voudrais déjà être rendu à après demain.Mais au moins il assistera à l'office le vénérable baron Simono qui me procurera cette joie.\u2014Il y assistera certaizement, cher ami, mais le baron est un modeste, un homme qui n'aime point les honneurs, il v assiste- Ta certes à votre fêtes, mais incognito.Tout ce qu'il v a de plus incognito.Avoir l'air de le reconnaître ou le remercier lui serait très désagréable.\u2014Alors c'est entendu, Mosé de Salam et encore merci.Les deux hommes se serrè- tent cordialement la main.\u2014Mosé de Salam! murmura M.Ricochet qui venait de reconnaître le bonze qui s'était présenté chez le baron l'autre jour.CHAPITRE XXIII Tandis que M.Ricochet découvrait au cours de ses pérégrinations a travers la ville la singulière pagode où il lui avait été donné d'entendre le mon moins singulier dialogue que nous venons de lire, les époux Sigouard n'étaient point restés inactifs.Dès le matin ils avaient prémédité une entrevue avec le fameux bonze et tous les deux brûlaient comme bien on le pense, du désir de savoir à quoi s\u2019en tenir sur cette nouvelle histoire de la tiare que tout seul, cette fois sans leur concours le faux Mosé de Sa- lam venait d'inventer.Evidemment ce dernier mentait en affirmant avoir eu en sa possession un seul instant la tiare de Salomon puisque c'était lui qui de toute pièce, à Paris avait fabriqué de sa main les faux manuscrits soi-disant authentiques.Mais alors pourquoi puisqu'il savait tout cela promettait-il au baron de lui faire avoir cette tiare qui n'existait que dans son cerveau.77 LOGL Jefjinf 12 \u2018IvpHUOTE (£121 ON) JULSQTTI HANON A] «68 llet 1907 jui Montréal, 27 LE MONDE ILLUSTRE (No 1213) 396 75 LA TIARE DY SALOMON D'autre part il savait le faux bonze homure à ne point mentir pour l'amour de l'art.\u2014Est-ce que ce coquin là nous enlèverait notre prime à notre mez sans que nous puissions dire quoi que ce soit! s'ecria Sigouard._ Le démasquer! les époux SI- gouard n'y songerent pas un instant.S'ils dévoilaient au baron la vraie personnalite du bonze, celui-ci raconterait à son tour, naturellement, la fumisterie dont il avait eté le complice inconscient.Et eux.les Sigouard, passeraient alors pour des imposteurs.Ce qui faisait surtout enrager les deux conjoints c'est que ce diable de bonze n'avait pas devantage voulu leur donner le plus petit renseignement sur le truc qu\u2019il allait imaginer pour duper leur oncle.Ils descendirent on le conçuit, dans ces conditions de fort mauvaise humeur dans la saile à manger à l'heure du diner.Au moment où ils entrèrent ils trouvèrent M.Ricochet sombre et paraissant harrassé de fatigue.Sorti de la singulière pagode, M.Ricochet soucieux avait fait d'une traite le trajet de l'hôtel et depuis quelques minutes seulement le brave homme etait rentré.A table c'est à peine s'il put avaler un peu de riz et à la fin du repas, comme le baron se disposait à regagner sa chambre, M.Ricochet n'y tint plus et hasarda cette question: \u2014Aurez-vous besoin de moi demain, monsieur le baron.\u2014Non, mon ami, fit celui-ci, je crois même que jusqu'au vingt-deux, date de notre depart définitif pour la France, je n'aurai guère besoin de vous.\u2014Alors, c'est vraiment le vingt-deux que nous partons, monsieur le baron, s'exclama le digne secrétaire, dont la figure s'irradia.\u2014Je le crois, mon ami.Les époux Sigouard se poussèrent du coude.\u2014Vous aurez dons la tiare à cette date mion oncle?fit Si- gouard groguenard.\u2014Mais je le pense, répliqua sechement le baron Simono.\u2014Et c'est sans doute votre.Mosé de Salam qui vous la procurera ?grinça-t-il \u2014Je le crois, monsieur, repli- qua plus sèchement encore le baron.La figure du faux bonze s'encadra dans la porte de la salle à manger au moment même ou le baron prononçait ces dernières paroles.Ie baron Simono se precipita au-devant de lui en souriant: \u2014Donnez-vous donc la peine de monter avec moi dans ma chambre, iit-il, sans donner tn mot d'excuse au vieux mandarin, aux époux Sigouard et à son secrétaire.\u2014La canaille! il ne veut plus décidément parler devant nous, fit madame Sigouard.Effrayés par la figure furibonde de la dame, le vieux mandarin et M.Ricochet juge- rent prudent eux aussi de dis- paraitre.Mais à peine étaient- ils dans le couloir que Li-Yu saisissant par le bras le digne secrétaire et lui murmurait à l'oreille : \u2014Entrez donc chez moi, cher inonsieur, j'ai a vous parler.Un peu surpris Ricochet pénétra dans la chambre du mandarin.Déjà Li-Yu s'était laissé tomber à terre sur une natte dans l'attitude d'un Céleste considérablement navré.\u2014Eh bien, que me voulez- vous?fit après quelques minutes de silence M.Ricochet.Ie vieux mandarin le regarda bien en face : \u2014Si votre maitre, le baron Simono, était en grand péril, que feriez-vous, dit-il à bruie pourpoint.Monsieur Ricochet fur sur le point de répondre : \u2014Comme j'ai déjà deux fois manqué de laisser ma peau pour lui je le laisserais peut-être dé- FEHUILLETON DU MONDE ILLUSTRE natale.Helas dans ces conditions la discussion devenait dii- ficile.De suite Monsieur Ricochet comprit l'inutilité mate- riclle qu'il v aurait à essayer de forcer, la consigne.\u2014N'\u2019insistons pas, dit-il, et attendons le baron à la porte.\u2014C'est aussi mon avis, iit Oscar, prudemiment.Mais tous les deux comptaient sans Madame Sigouard qui s'était mis dans la tête d'entrer quand même.Au bout de cing mindtes de discussion où de part et d'autre on ne se comprenait pas, la douce Sidonie appliquait un soufflait foudrovant sur la face jaune dd fils du ciel.Madame Sigouard venait de clore le débat.\u2014Nous voilà propres! s\u2019exclama Ricochet en essavant de prendre la fuite.\u2014 Oui, nous voilà dans de jolis draps, gémit Oscar, en se disposant à imiter le doux secrétaire.Espoir inutile.Un quart d'heure plus tard, bleus de coups de rotin, les trois compagnons du baron Si- mono gisaient à terre le cou dans la cangue aligés en rang d'oignons le long du mur du palais.Car en Chine les menus délits ne sont jamais punis de prisons.C'est sur la voie publique, exposés à la risée de tous, que les maliaiteurs subissent leur peine.I! restent là un nombre de jours déterminés et si personne ne leur apporte de quoi manger, il leur reste la ressource de mmourir de faim.D'ailleurs c'était le lendemain que Oscar, sa femme et le pauvre Ricochet devaient com- paraitre devant le mandarin faisant fonction de juge dans le quartier.C'est donc dans cet état déplorable que les trouva le baron à sa sortie du mandarinat.Sans leurs cris désespérés le baron Simono et Li-Yu ne les auraient probablement pas aperçus en sortant, tant la foule s'était dejà amassée autour d'eux.Hâtons-nous de dire qu'une heure après, grâce à l'influence considérable de Li-Yu, les trois malhèureux étaient remis en liberté.Aussitôt revenu à l'hôtel du Dragon Vert, le baron demanda au patron avec une anxiete le- brile : \u2014Est-ce que Monsieur Salam est la ?\u2014Î] vous attend depuis deux longues heures, Monsieur le baron, répondit ce dernier.Le baron grimpa quatre a quatre dans sa chambre en criant : \u2014Faites monter vite cet hoin- me chez moi et que personne ensuite ne vienne me déranger.Et sans même prendre congé du braveeI/i-Yu qui le regardait avec des veux effarés, il disparut dans l'escalier.\u2014Que Confucius me pardonne, tit ce dernier, mais je crois que mon éclatant et resplendissant ami a trop voyagé.ça a dû lui porter au cerveau.Toute la nuit les époux Si- gouard et Monsieur Ricochet durent poser des compresses sur leurs membres endoloris uar les coups de bâton reçus durant leur courte mais pénible captivité.CHAPITRE XXII Ie lendemain le baron Simo- no fit venir son fidéle secrétaire et lui déclara: \u2014Nous restons encore une quinzaine de jours à Pékin, mais encore une fois tenez vous le pour dit, ne vous occupez plus de moi.\u2014Nous partirons ensuite pour la France, c'est ce pas, monsieur le baron, avait répondu en tremblant d'angoisse M.Ricochet.\u2014Oui, inon ami, à moins cependant d'événements imprévus.\u2014Et Sigouard et sa femme \u201cI on 74 IA TIARE DF SATLOMON pagnon s'arrcterent surpris.\u2014Que se passe-t-il; s'ecria le bon mandarin en roulant avec étonnement ses petits yeux obliques.\u2014Mais je connais ces voix! c'est la voix de mon secretaire.\u2014Par Confucius, moi aussi je les reconnais, ce sont les voix de Monsieur ¢t de Madame Si- gouard, s'écria Li-Yu.Les cris redoublerent d'inteu- site.\u2014Au secours, mon oncle! \u2014A l'aide, a l'aide, jetoulle.monsieur le baron.Soudain les yeux du baron Simono se fixèrent sur un groupe de chinois qui juste en tace de la porte du mandarinat impérial de Pekin contemplaient deux hommes et une femme habilles à l'européenne qui gi saient à terre le cou enchassé dans une énorine pièce de bois.C'étaient ces malheureux qui hurlaient ainsi.Et à côté d'eux, quatre policiers chinois s'efforçaient à grand renfort de coups de bâton de les réduire au silence.Un cri d'étonnement s\u2019échappa des lèvees du baron : \u2014Mon neveu! ma nièce! \u2014 Votre secrétaire! je ne ue trompais pas! on leur a mis la cangue! s'écria à son tour Li- Yu en se précipitant vers les trois infortunés dont les Lcu- glements s\u2019arrétèrent soudain.Que s'était-il passe ?Pourquoi se trouvaient-ils tous les trois à cette heure comme de simples malfaiteurs exposés aux risées de la populace alors qu'ils étaient libres au moment ou le baron quittait 1'hotel du Dragon Vert pour se faire recevoir mandarin.L'explication était toute simple.Levés tous les trois une heure après le départ du baron Simo- no, Oscar Sigouard, sa femme et Monsieur Ricochet s'étaient de suite enquis du baron.L'hôtelier à qui Li-Yu «ait fait la veille ses confidences.les renseigna aussitôt : \u2014Je crois qu'on va lui conic- rer une foule de distinctions et de décorations pour son vovagu leur dit-il.\u2014Et nous alors, s'écrièrent en chœur les époux Sigouard.est-ce que nous n'avons pas fait le Méne vovage que lui ?Un instant ils se regarderent.\u2014Ça ne peut pas se passer comme ça.fit la brune Sidonie.Filons nous aussi au mandarinat.On nous doit à nous aussi des décorations et des récompenses.Et ils se firent amener aussitôt deux pousse-pousse.Seul restait sur le seuil de l'hôtel du Dragon Vert le respectable Ricochet.\u2014Eh bien, et moi?se dit au bout d'une minute de réflexion le digne secrétaire.Il pensa subitement à la médaille de bronze grand module promise par le baron quand, dans la jungle d'Oudépore il avait tué net d'un coup de fusil au cœur le fameux tigre royal.\u2014Je prends un pousse-pousse moi aussi, dit-il anx époux Si- gouard.Et il ajouta : \u2014Si vous devez avoir une «décoration.j'v ai certainement plus droit que vous! Un quart d'heure après les trois légers véhicules les amenaient devant la porte d'honneur du mandarinat impérial de Pékin.On n'entre pas comme dans un moulin dans les établissements de l'état du Céleste Empire.Hclas nos trois voyageurs devaient en l'aire la cruelle expérience.Ce fut Madame Sigouard qui la première franchit la porte d'honneur.En un clin d'œil un poste de soldats «t de domestiques chinois se rua sur ceux.Un grand diable de celeste qui paraissait être le chef se mit aussitôt à les interpeller dans sa langue Sd Te mes Te a ON COANE, Ae SE mas FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE brouiller tout seul cette fois.Mais son irreductible nature de brave homme cut le dessus, et 1] dit simplement : \u2014Jusqu'au jour ou le baron maura à son service il pourra compter sur moi.Li-Yu saisit les mains de M.Ricochet avec transport.\u2014Que l'esprit de Confucius se retire a l'instant de mon etre, cher monsieur, si je mens cn vous affirmant que le baron Simono est mienacé sous peu d'un grand danger, d'un danger de mort.Il continua : \u2014 J'ai en ma qualité de mandarin de première classe, mes grandes et petites entrées, chez le chef de la police.J'ai pris des renseignements sur ce mystérieux bonze qui se dit être le descendant de Mosé de Salam et je dois vous avouer qu'ils sont fort peu rassurants.On le croit aflilié à une secte de boxers des plus dangereuse.M.Ricochet devint subitement pale.\u2014Que faire, fit-il.Il raconta aussitôt au bon Ji-Yu son aventure dans la mvstérieuse pagode.\u2014 Vous vovez bien, dit Li-Yu, n°.je ne me trompais guère.Cette conversation entre ce soi- disant Mosé de Salam et cet Eliézer que vous avez surprise ne fait que confirmer mes craintes.Savez-vous le jour où le baron se rendra à la pagode pour cette fameuse fête?sieur.\u2014Apres demain, cher mon- Ie mandarin se passa la main sur le front.\u2014J aviserai, fit-il, mais à vrai dire.je ne sais pas encore commient.Le soir à table le baron Si- mono flanqué plus que jamais de son bonze, parut avec une figure des plus radicusc.\u2014Alors c'est pour après demain, dit-il à ce dernier.\u2014C'est comme si vous l'aviez monsieur le baron J'ai combiné mon affaire et je suis aussi certain aujourd\u2019hui d'enlever la tiare aux hébreux de Pekin que le suis convaincu de mourir un jour.C'est sur cette pensée réjouissante que le baron Simono se se coucha ce soir-la.Il ne put cependant dormir car toute la nuit il rebâtit encore une fois son arrivée prochaine et triomphale à Paris.Quelles ovations! quand 1.déposerait cette fameuse tiare entre les mains du président d'âge de l'Institut.en séance solennelle.Il voyait déjà la face envieuse de ses collègues se crisper de colére et de depit.Un instant il pensa a son irere.à ce pauvre frère à qui il de- Vait en somine de ne pas avoir péri à Djépoure sur le billot de supplice du Maharana.I! sonna un des domestiques de l'hôtel et aussitôt sautant du lit il se mit à libeller le télégramme suivant : \u2018\u201cM.Valentin Simono.Paris.Frère aimé.suis à Pékin, sauvé grâce à toi, Merci.Aurai Trelique que tu sais sous deux jours.Avises Institut.Prendrai paquebot pour France sous quatre ou cing jours au plus tard.\u2018 \u2014Portez ce télegramme de suite, fit-il au domestique qui attendait.Quelques instants après, le baron qui commençait cette fois à s'endormir, fut éveillé par des tambourinements énergiques qui ébranlaient sa porte.En même te:nps une voix bien connue, celle du dévoué Li-Yu, criait : \u2014Mon «her collègue! mon cher collègue! excasez-moi si je vous dérange à une heure aussi déraisonnable, mais il v a cas de force majeure.Je n'ai jue deux mots a vous dire, ouvrez- moi.CHAPITRE XXIV Au meme instant où Li-Yu L061 ql Lg \u2018[epajuoly 131 oN) JULSNTII JANOK 21 (4 Jo L6& + ets dite.Montréal, 27 juillet 1907 LE MONDE ILLUSTRÉ (No 1213) 398 80 LA TIARE DE SAIOMON s'acharnait sur la porte du baron un homme y bondissait a son tour, repoussait energique- ment le vieux mandarin, et entrait comme une bombe chez le baron, en s'écriant : \u2014Je l'ai, la voilà! Le baron s'élança vers la por Ie baron s'élança vers la porte, la ferma à double tour et sans se soucier des cris du malheureux Li-Yu s'éelança les deux mains tendues Vers le bonze en lui disant : \u2014Le croirai-je ?le bonze sortit de sous sa longue souquenille une boîte oblongue qu'il ouvrit avec un soin religieux.D'une main pieuse il en extirpa une sorte de coiffure bizarre en cuivre lège- rement verdegrise, la remit au baron et d\u2019une voix où perçait un immense orgueil, s'ecria : \u2014Vous ai-je manqué de parole ?Ie baron se laissa tomber dans son fauteuil, tenant entre ses mains tremblantes d'emotion respectueuses le couvre- chef tant désiré, enfin obtenu.Oui, c'était bien elle! Entre ses dents, il marmotta la légende manuscrite inscrite sur le cuivre, formant bordure de la tiare.| La légende inscrite tout au long dans le parchemin de Mose de Salam: \u2018Sur la bague d\u2019'airain qui l'enserre se trouvera gravée entre la reproduction des deuo lions de Juda ce seul inot \u2018'lavré\u2019.Le mot y était bien, creusé profondément, nul doute n'existait plus! Longuement, le baron en silence, la soupesa et la retourna en tous sens, la tiare de ses re- ves, la tiare de Salomon! Comme elle s'était précieusement conservée à travers les siècles.Véritablement il s'hypnotisait daas sa contemplation : \u2014Oui, oui, la voilà bien la bague d'airain, se disait-il.Cjest bien elle! | A demi couché sur un tapis, le bonze le regardait un sourire énigmatique aux lèvres.Subitement il se leva.\u2014Je n'ai plus rien à faire ici monsicur le baron, dit-il, je vais vous laisser.Il ne vous reste plus maintenant qu'à 1¢- compenser mon zèle, soit cinquante mille francs que monsieur le baron me doit.Ie baron eut un sursaut : \u2014C\u2019est cher, fit-il, en extirpant peniblement de son portefeuille un carnet de chèques sur lequel il griffona nerveusement le chiffre de la somme due.\u2014Vous avez tout de même de la chance de m'avoir trouvé sur votre route, fit-il.en remettant leprécieux papier au bonze.\u2014Ce pourrais en dire autant, monsieur le baron, répliqua obséquieusement Salam.en faisant disparaître le chèque sous ses vêtements flottants.Mais le baron Simono ne l'écoutait déjà plus.De nouveau penché sur sa tiare il la caressait de la main et du regard avec des soins de mère pour un nouveau-né.Le jour le surprit ainsi.A regret il dut se resigner à enlouir sa précieuse trouvaille dans une boîte doublée de fer à serrure extraordinairement compliquée et sur laquelle par surcroit de précaution il colla deux bandes de papier scellees à son chiffre.L'aube se leva, et avec elle fe baron Simono qu'un sommeil agité tira du lit tout frémissant de joie et d'angoisse.Son seul desir désormais on le comprend consistait à Lou- cler au plus vite ses malles et à quitter Pékin avec le plus de rapidité possible.Depuis une demie heure deja il évoluait, nerveux entre des amoncellements de bagages quand deux coups timides furent frappés à sa porte.Le baron ouvrit en bougonnant : \u2014Quel est l'imbécile qui vient me déranger de si bon matin.fit-il.La bonne figure placide de I:- FEUILILETON DU MONDE ILLUSTRE céremonie commença aussitôt.\u2014Ça va durer longtemps?le baron Simono rageur.\u2014Deux petites heures.cher ami, rien que deux petites heures, fit Li-Yu en lui faisant signe de prendre une aimable expression.& \u2014Deux petites heures! alors que Mose de Salam est peut- être en ce moment à l'hôtel du Dragon Vert avec en poxhe les indications qui me permettront de mettre la main sur la :iare.A vrai dire le cérémomal qu'avait à subir le récipiendaire ne fut pas long en tant que céremonial.En un clin d'œil on passa au baron une longue robe bleue semée de fleurs fantastiques.Le vieux président lui lut un long papier qui n'était ni plus ni moins que l\u2019édit impérial le proclamant inandarin de première classe.Et pour {finir deux metnbres de l'institut de Pékin lui enfoncèrent sur le crâne un bonnet rond à bouton vert surplombé d'une rutillante plume de paon.Mais ce qui acheva de mettre en fureur le baron, fut la suite.Sa nomination avant eut lieu au milien d'une séance et chaque séance se terminant invariablement par la lecture de morceaux littéraires pritnés dans l'année, le vieil archéologue dut entendre six pièces de vers et un poème en douze chants.Le poème auquel il n'avait d'ailleurs rien compris ayant cependant pris fin le baron regarda sa montre en soupirant : \u2014Nous partons enfin, deman- da-t-il a Li-Yu.\u2014Pas encore répondit celui-ci.Ie président pour égaver la séance en votre honneur, va vous donner un échantillon de ses improvisations humoristiques.Il me prie de vous en faire la traduction après quoi la séance sera levée ct vous serez libre.Depuis quelques instants en effet, le président se livrait à une sorte de nasillement qui semblait remplir de joie les deux cents mandarins présents.\u2014Traduisez vite et que ça finisse, gronda le baron.\u2014Voilà, fit Li-Yu.C'est très court, je ne sais pas si cela vous amusera beaucoup, mais en tout cas avez l'air d\u2019v prendre un plaisir extrême.\u2018\u201c Le méfiant Li dans un transport de jalousie, tue sa iemine.\u2018* C\u2019est une brutalité ! \u2018* L'illustre Si meurt de douleur à la mort de la sienne.© C'est folie ! \u2018* Le philosophe Tu à la mort de sa femme s'égaic par le carillon des pots et des ta:ses pleines.Il se livre à la joie.\u2018\u201c Tu est un sage ! C'est mon maitre.Tu, je t'imiterai quand ma femme sera morte.\u2018\u201c Et je prendrai vite l'éventail des plaisirs pour faire sécher plus vite la terre de sa tombe.\u2019 \u2014Ils sont plutôt gais, fit aigrement le baron tout en applaudissant à tout rompre, suivant la recommandation du vieux mandarin.ht il ajouta: \u2014Ft maintenant, puis-je partir ?Dix minutes encore de congratulations ot enfin à la grande joie du baron la séance fut levée.Avec le même cérémonial qu'à l'arrivée le baron Sunono toujours flanqué de Li-Yu se dirigea enfin vers la porte de sortie du.monument de la science céleste.\u2014Une heure et dunic! cons- tata-t-il à sa montre et mnse qui m'attend peut-être.Comme il prononçaut ces atnères paroles en franchissant d'un pas farouche le seuil du palais, des cris rauques et désespérés le firent sursauter: \u2014Mon oncle! mon cher onslel \u2014Monsieur le baron! \u2014Au secours! A l'aide! le baron Simono et son com- \u2026 \u2014\u2014 ~1 tv \u2014Vous êtes, cher aini, au ini- lieu de collègues qui vous attendaient avec impatience, Vous êtes devant la plus grande assemblée de savants du Céleste Empire.C'est la surprise que je vous réservais ct tout à l'heure on va vous décerner par faveur spéciale de sa Majesté l'Impératrice, le titre de mandarin de première classe qui n'a jamais eté décerné à aucun européen.Le bun mandarin ne fut pas navré à demi de s'entendre re- pondre par le baron : \u2014Je vous remercie beaucoup, mon cher collègue, je suis certainement très flatte, ilatte au dela Ju possible, mais permet- tez-inoi cependant de vous dire que ce n'était pas là la surprise à laquelle je m'attendais.\u2014Comment, vous ne vous attendiez pas, fit-il saisi.\u2014Oh! je vous répète que je suis très flatté, répliqua Simo- no, néaninoins je crovais.\u2026 \u2014Vous croyiez, quoi?questionna le vieux mandarin presque les larmes aux veux.Le baron eut un sourire contraint.\u2014Fh bien, cher ami, a vous dire vrai.je pensais que vous m'aviez fait venir ici pour la tiare.\u2014Pour la tiarc \u2014Mais oui, continua le baron, j'étais stupide je le reconnais, mais en vous vovant venir m'éveiller de si bonne heure ce matin, j'avais pensé que peut-être, grâce à votre ami le chef de la police.\u2014Et alor ?\u2014Et alors ie Me disais en entrant ici, que la surprise agréable qui m'était réservee, c'était la remise entre mes mains de la tiare en séance solennelle.Li-Yu n'en revenait pas.Le baron fit le mouvement de quitter sa natte.Li-Yu eplore se plaça devant lui.\u2014Fcoutez.dit-il d'une voix > tremblante d'éinotion.écoutez je vous en supplie.pour l'hon- LA TIARE DE SALOMON neur de l'Institut de France, et dans votre intérêt personnel, ne partez pas.\u2014Comunent, ne pas partir \u2019 Quand peut-etre Mosé de Salam m'attend à l'hôtel.Ie vieux mandarin lui saisit les mains.\u2014Vous ne partirez pas, vous entendez.Songez que vous n\u2019êtes pas ici en France.songes que sur ma requête Sa Majeste l'Imperatrice va vous nommer mandarin de première classe et que dans ce cas vous n'avez pas le droit de vous soustraire à cet honneur.Si vous partiez maintenant ce serait un scandale énorme, sans précédent.Une semblable dérogation au protocole de l'empire serait consideré ni plus ni moins coum- me un crime de lèse-majesté.\u2014FEt alors, fit le baron?\u2014Ft alors, vous et moi serions exposés à avoir les deux pieds tranchées.Vous pour offense a Sa Majeste, moi pour complicité dans l'offense.\u2014Bigre! s'exélama le baron, les deux pieds tranches! \u2026 \u2014C'est comme je le dis re- pondit Ji-Vu.Kt le bon mandarin ne mentait pas.in Chine toute olfense à l'Impératrice ou à l'empereur est punie par la confiscation subite d'un ou de plusieurs membres.Ajoutons que les offenses graves entraînent la peine de mort enluminée d'une série de supplices variés suivant la gravité du cas.Heureusement pour le baron, que personne dans l\u2019assemblée n'avait compris un traître mot de sa discussion aigre-douce avec l'estimable Li-Yu, lequel d'ailleurs s'empressa d'expliquer à ses collègues que la vi vacité de gestes el de paroles du baron ctait a mettre sur le compte de la joie intense que ce dernier éprouvait à se voir de- cerner le titre glorieux de \u2018nan- darin de prémiere classe.Sur un signe du président la FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE Yu s\u2019encadra dans la porte : \u2014C'est moi, cher collègue, moi! fit le vieux mandarin, et 1} ajouta : \u2014Hier soir je suis venu mais le grand escogrifie de bonze qui vous a proinis la tiare a trouve Imoven de me rejeter en arrière ct de pénétrer en mon lieu «et place chez vous.Ah! mon pauvre aini! je suis tombé du coup à terre si malheureuse- nent que :non pauvre séant en vst ce matin aussi bleu qu'un As-tu appelé à l'aide.As-tu commu niqué avec mon père / Qu'est-ce qu'ils vont taice pour nous sauver?H tallut bien lui avouer l'afireuse ver té, et qu'ils n'avaient à peu pres aucun espoir d'être délivrés.Non, le salut n'e- tait plus à attendre d'autrui: il fallait désormais ne compter que sur soi-Iêfie rt trouver à tout prix une issue.Il n'v avait pas un instant à perdre.Les quelques bougies qu'ils avaient leur assuraient deux jours de lumière, à condition de les ménager, de ne s'en servir qu en marche et de les éteindre quand ils s'arréteraient.Ces repos dans Ja nuit opaque seraient terribles.hallucinants: 1ls y étaient condamnés.La retraite était conpée par en haut.Restait la route du torrent dont le fracas les assourdissait.IT sortait de la montagne par quelque gorge.c'était hors de doute.Pendant plusieurs geures, ils marche- rent ek se tenant par la main, tâtant le sol à chaque pas, redoutant toujours une embiiche nouvelle.Ils ne pouvaient avancer qu'au-pris- d'efforts inouïs, car le sol * e< > CT ete a See ee que le livre.Ecrivez aujourd'hui, en cas que vous ne trouviez plus cette offre.MRS.M.SUMMERS, Box P.H, W.- 43 - WINDSOR Ont.était recouvert de rocs que l\u2019écume du torrent rendait glissants et où ils se tenaient à grand'peite.Une déception terrible les attendait non loin de 1a.Le couloir, subitement, s'¢- tranglait et l'eau s'engouffrait jusqu'à la voûte cù Un tunnel plein de remous et de tourbillons, au fond duquel ne luisait nul le clarté.il leur fallut revenir encore une fois sur leurs pas.Théodule tira sa montre.I! était pres de huit heures.Huit heures du matin! Gu! l'atroce ironie des mots! Oui, dehors le seleil brillait sur la campagne, les oi- sceaux chantaient dans le parfum des leurs.Dehors c'était la vie, le bonheur! Dehors.le matin, c'était- le renouveau verimuil et joyeux du jour, les bruits sonores des travaux des champs, les aboiements des chiens dans les fermes, les chanscns des hommes.Mais, pour eux, le matin c'était la suite d'une muit d'e- ternelle cpouvante, la marche lente vers la mort ! Irène était cpuisée.Elle s'assit et sa tête s'aopuva sur l'épaule de Théodule: \u2018* J'ai faim \u2018\u2019, dit-elle.La faïn! nouvelle torture qui précéderait la riort, à laquelle ils n'avaient pas encore suagé, supreme souffrance s'ajoutant à toutes celles endurées jusque-là ! ** Ecou:z, écoute!\u201d Au-dessns de leur tête des bruits étoul- és, ouates, se faisaient entendre au cœur de roc: les coups se repetaient a intervalles, régulièrement, dans un éloignement inappréciable.Il était midi.I,à-haut, dans la grotte, les gendarmes du bourg -\u2026- .- - sondaicnt les galeries.On les cherchait! Leurs mains se tendirent désespérément vers ces appels inutiles; leur voix monta suppliante et déchi- rece.Mais, hélas! à quoi bon?Le bruit de l'eau couvrait leurs cris.Pendant des heures encore, les yeux fouillant l'ombre, silenciaux, frétuissants ils errèrent.La faim commençait à torturer Fhéodule et à lui tordre les entrailles.La blessure de son front s'était rouverte et le sang qu'i! perdait par la l'af- laiblissait encore.Irene, les dents ser- rees, le regard fixe, s'arrétait par instants et portæit la main à sa poitrine avec un spasine nerveux.Elle soultrait horriblement, incapable de prononcer uno parole.Elle tomba.lélle défaillait.lors, lui aussi, un découragement infini le saisit Ce combat desespéré contre le mystère et l'inconnu l'avait brisé.Il se mit à sangloter com- Ine Un enfant, posa sur le front d\u2019Irène un dernier baiser, et s« coucha près d ce en attendant la mort.Dieu seul pouvait les sauver ! UN MESSAGER A QUATRE PATTES Le malheureux était là, depuis quelque temps déjà, dans un engourdissement indéfinissable, quand il sentit quelque chose de velu qui Ini passait sur la figure.(A suivre) Montréal, 27 juillet 1907 bourreaux.Je m'embarquar pour La Cot se, et j'abordai à Sartène un jour de juillet sous un soleil tiède et rouge.Tout de suite, je mme choisis une retraite à Vec chio dans les environs d'une forét.Ma petite maison avait des volets verts et un toits de tuiles.Des pigeons animaient la plus haute fenêtre et les chaznps s'eten daient autour, avec leurs tons doux et mélés.Mon budget établi, je vis une fois de plus que j'aurais pu connaître le bon heur véritable sans voler.Un soir, j'en louis le trésor au lond d'une ancienne va verne qu'un bandit célèbre avait élu con me domicile, jadis.Je creusai un trou, je le recouvris de terre toulée et de bran chages et, soulage, je me mélai de bon cœur à lu vie monotone et délicieuse du village.Mon congé n'était pas acheve qu'un matin, en ouvrant les Journaux j'a perçus ma photographie s'étalant en pre Mière page.Toute l'histoire de mon vol tenait là exactement détaillée.Le pau vre comptable, soupçonne, était arrête.Vous me croirez avec peine.Monsieur.Hidis je pris un prodigieux intérêt à la lecture de ces articles: les dépositions de Mes anis.de Mon concierge et de mes collègues ctaient toutes à MON avantage.Seul.le patron de l'hôtel de Marseille.avout que je Jui avais semblé touche.Bret.on annonçait mon \u2018arrestation im minente Je rentrai chez moi, le lis mes Mmalles, qe les adressat à Paris, et j'affai me constituer prisonnier à Ajaccio.Je déclarar au chet de police que Jets victune d'une erreur et que Je me tenais à ba disposition de la justice.Je lus ra mene en France entre deux gendarmes ot interroge par un juge d'instruction retors et Matois qui me trait en Vieux caca rade.ll m'ottrait des Ggares.bavard ait longuement.s'extasiait sur \u2018non intelli gence ot me suppliant de lui révéler Fem plot que J'avais fait de la lortune sub lisce.Aux veux de ces gens.il étant mm sans devorer l'argent.ll leur fallut bien possible que j'eusse attendu vingt ans se rendre à l'évidence.Ma vie était un modele de sagesse exagerce.Les hat tants de mon quartier qurérent que j'etais homme le plus serieux et que mon ceo nointe touchait à l'avarice.On lut ébran le.Mais l'avocat de la \u2018Compagnie des petroles du Nord\" démontra faune 1 08 cour?Mile Hélène Beaulicu tug rue Électrique tre dé cond AS Hu La population de l'Europe double tous les 660 ans.\u2014 Oo Fn Russie, il est tormelle ment interdit d'applaudir au theatre.-\u2014 oO Le Shah de Perse possède une pipe qui vaut 4oo,o00 Irancs.Elle est tres Hinement ouvragee clinertistee de nombreuses pier Fes précieuses, O- Le Journal le meilleur mar che - Les journaux d'Europe sont loin d'être chers.On est Assez surpris meéine, pour peu qu'on « retlechisse, de la quan- tite considerable de lecture qu'oitre 4 ses lecteurs pour la some de cinq centimies un Journal de grande circulation de Paris où de Londres, Cepen dant ces journaux sont hors de prix si on les compare à la Bonne Graine\u201d dont le pre- Lier Mnncro à paru tout re ccniient en Belgique, el qui se vend un centime.La Bonne Grane ost public par les so- ctalistes belges, ct sans doute auteur.1 peut étre considere comtime le journal le meilleur marche d'Europe et meme du nronde entier.4 \u2014\u2014 Lo pays le vlus rroid du mon de ost Verkoranusk où l'on a observe Jusguia pS degres au-des- vous de zero La moyenne de la teanprrature du mois de Janvier ct eNVITON 45 degres.ln ete.le thermonietre argue souvent dans la Journee jusqu'a + de ares doe chaleur et pendant la mut al rele.Or- Tn Chimes lorsqu'il a tait vie action d'eulat reçoit Une decoration Cest une plume de pact quil a de droit de porter + sen couvre chet.M v a trois TLAavEs de decoration.d'abord la plume a un ail puis celle à deny veux enfin celle a trois veux Lepurs un siecle, al sy à quun seul mandarin qui ait ere cette troiseme distine- ton dont il a le droit de snoremeiilir.-0 Pouteilles anertcaites \u2014- On essaie aux létats-Unis de lancer des houteilles a lait en pâte à papter nnpregnée de paraffine, ohtentks a un prix tel que la bouteilles pourra être jetée Apres avoir servr une fois, Une usine de Phnbaddd phe serart à méme de livrer joo ooo houtedl- les par jour dont 200,600 pour la ville méme.[es bouteilles en papier sont Mcassables et peuvent être transportées dans des emballages simples Files sont recon, vertes d'un houchon de carton tactile à enlever.On emploie aussi aux Fats, Unis des sacs 4 cment cgale Went en papier LE MONDE ILLUSTRE (No 1213) Chez Jes Maoriés - ll va beaucoup de tribus sauvages parmi lesquelles il est coutume de se saluer en se Irottant mu tucllement le nes, Mais les maories ou indigènes de la Nouvelle Zelande sont probablement l'unique peuple qui se permette une paretlle tamihia rite avec ses dieux.Cet acte est considere cepeudant par les Maortes conne la lorme d'ado ration la plus respectueuse.est pourquor, lorsqu'ils labriquent leurs idoles de bois, ils nou blient point de les pourvoir d'un nez prociminent atin, saus doute, de rendre adoration plus aisce.0 La concentration mentale «t l'athlétisme Quoique cela pa raisse extraordinaire.les sports athletiques exigent une grande loree de concentration mentale Si.par exemple.un sauteur de corde est distrat au moment de prendre son clan.al diminue ra constderablement la distant ce du saut ln supposant que celur «1 sort de 7mètres.sil à «concentration mentale al ne sera plus que de 6 metres et de ni ou bo Le méine phenoimen se produit pour les coureurs Ceux ol ne peuvent conservel toute Ja veloate done 11s sont capables que movennant un a lort ac volonte intense.comen tre el soutenu Et sals « (rouvent distraiîts pour une rat son quelconque mee pour penser moinentaneiinent sauts arrnveront où non au hut 1 al lure de la course se ralentit d'une matiere visihl oO Les plantes gem nifires \u2014( ue des particularites curieu-es dd.la tlore des Philippines est La plante qui contient des prerres precreuses.d'armi les vegetaus qui ottrent cette propriete 1 gure un bambou connu sous 1 nom de rabashir I renter De ae ongle 40 rellets aussi changeants que celle qu'en trou ve dans la joaillerie courante Mais plus chère parce que plus rares.Toutes tes tiges de ce bambou, 4 vrai dire.ne sont pas geinnuniieres: 11 laut en son per plusieurs milliers et les ins pueter attentivement pour découvrir dans l'une d'elles la pierre d'un beau rose verditre Quelques noix de coco fournis sent egalement une perle d'un aussi bel orient que celtes de Cevlan.Ces corps brillants ot HaAcTes sont petits et vartent ol la grosseur d'une tête d'épingle a celle d'un pois, Certains mu sees d'Etrope possedent de ces perles des Philippines, mais ON pen connaissait jusqu'ici qu'une douzaine ot elles étaient corsiderces comme des trésors On s'occupe actuellement à Fi con et à Mindanuo d'étudier d plus pres la tlore gemmilère de l'archipel malais.Montréal, 27 juillet 1907 Pour le Bain du Béhé et pour les autres usages de sa toilette, on ne peut acheter un Savon aussi bon pour un prix si minime que Le Savon \u201cBaby\u2019s Own Soap\u201d On offre cn vente des imitations de ce savon, méfie, - 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