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Titre :
L'Action
Dirigée par Jules Fournier, L'Action se destine à une certaine élite et compte parmi ses collaborateurs quelques-unes des meilleures plumes du Canada français. Ce journal soutient le programme nationaliste élaboré en 1903 par Olivar Asselin.
Éditeur :
  • Montréal,1911-1916
Contenu spécifique :
samedi 9 mars 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
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Références

L'Action, 1912-03-09, Collections de BAnQ.

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[" TOUS LES SAMEDIS .9 MARS 1912 Toumbé diesus! Eecrasns lous! (CYRANO) LE NUMERO : CINQ SOUS DIRECTEUR : MONTREAL FAR AN : DEUX DOLLARS | JULES FOURNIER I rane Tg vr: 373 Ça n'est pas nécessaire écoles de l'Ungava ?LA MÈRE CATHERINE \u2014Comment que ça se fait qu\u2019on parle pas des re WW UN PORTRAIT À cet endroit du journal, nous publierons samedi prochain, la tête en bas, le portrait du député canadien-français qui aura donné, dans la semaine, le vote le plus cynique sur la question du Keewatin.A l'heure du thé Ballade pour Jules Fournier.Sur les boulevards, les boulevards \u201cchics\u201d, se déroule en longues files, avec des gestes cu- rieur, la procession ininterrompue des petites femmes toutes menues qui déambulent à l\u2019heure du thé.Il y en a de brunes, il y en a de blondes, des grandes et des petites, des jolies et des laides, il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs, de ces petites femmes menues qui Les anecdotes du Palais: Voici une histoire qui doit être vraie, car elle vient d\u2019un juge.Son Honneur M.Charbonneau la racontait à qui voulait l\u2019entendre, ces jours derniers, dans les couloirs du Palais de justice.Entre six et sept heures, un soir de l\u2019autre semaine, M.Charbonneau montait dans un tramway fortement encombré, lorsqu\u2019il s'entendit interpeller par son voisin de marche-pied: \u2014 Eh! Charbonneau, c'est toi?Le monsieur qui traitait aussi peu cérémonieusement le savant juge nc payait pas de mine; il avait la figure barbouillée de suie et vous portait une de ces casquettesi\u2026 Tout d'abord, M.Charbonneau hésita à le reconnaître.II fallut que le type se nommât.\u2014 Tu sais bien, je suis Untel, on a été à l\u2019école ensemble ct puis ensuite je t'ai rencontré à telle place.tu te souviens?Si M.Charbonncau s\u2019en souvenait! Je vous crois, il n\u2019en avait jamais connu d'autre.La conversation s'engagea, très cordiale de part et d'autre On échangea toutes sortes de questions, on évoqua une foule de souvenirs.A la fin: \u2014 Nous voilà à Visitation, dit l\u2019autre.C\u2019est là que je descends: je ne reste pas 1a mais je m'en vais chercher ma femme chez sa cousine.Je suis bien content de t\u2019avoir vu.Bonsoir.Déjà il avait sauté dans la rue.Mais avant de gagner le trottoir: \u2014 Ah! j'oubliais, ajouta-t-il à pleine tête en se retournant vers M.Charbonneau encore debout sur le marche-pied, j'oubliais.J'ai vu dans la Presse un de tes procès, 13.Mais je n\u2019ai pas suivi ça: tu ne pourrais pas m'envoyer une copie de cette affaire-là ?\u2014 Une copie de quoi?demanda le juge.\u2014 Une copie de ton jugement dans l\u2019af- LE PÈRE GÉDÉON.\u2014Des écoles, pourquoi faire ?Les gens de l\u2019Ungava s\u2019agitent à l'heure du thé.ont pas besoin de s'instruire, vieux vice ! puisqu\u2019ils deviennent citoyens de la Les unes sont en robe claire, les autres en rovince de Québec robe sombre; toutes gentillez.0s à peu près,- P .elles ont des poses yracieuses, des mouvements faire de la petite Mary.PNR ~ ~ I Les journaux ont annoncé la publication prochaine, à Paris, chez Lemerre, d\u2019un volume de vers de M.Jean Charbonneau, Les Blessures.L'auteur a bien voulu détacher de cet ou- : = ment ses colonnes d'reproduire les discours de Nous avons vu \u2018a : : ng LT pace no To sons: le fonctionnaire.\u2018Les Blessures.JEAN.CHARBONNEAU.M: Bourassa MR RE to 1 = x.mé : -0- \u201cLES BLESSURES\u201d \u2014\u2014\u2014 = LES CHENES Près des bois recéleurs de légendes lointaines, Dans les chemins peuplés de songes fabuleux, Je m'arrête souvent, triste et silencieux, Contemplateur ravi, tout auprès des vieux chênes.Séculaires témoins des vierges frondaisons, vrage, pour l\u2019Action, les deux pièces suivantes, que nos lecteurs apprécieront, nous n\u2019en doutons pas, à leur valeur, qui est grande.Cela les changera du cracy-work et des poèmes comiques, genre Chapman.O géants dont les bras sont lourds de tant d'années, Vous régnez tout-puissants sur les forêts fanées, Sans pleurer comme nous les défuntes saisons! Et j'envie en mon coeur, à dieux des autres âges, L\u2019impassibilité farouche de vos fronts! Nos douleurs jusqu\u2019à vous jamais n\u2019arriveront, Car la fierté paraît naître de vos feuillages, Chênes qui méprises l\u2019homme de vos sommets, Et qui, voyant de loin se faner tant de roses, Implacables devant le changement des choses, Les regardez mourir et n\u2019en souffrez jamais.IMMOBILITE Froide immobilité des astres de Iumière, Qui portes jusqu\u2019à moi votre étrange clarté, Sans entendre pourtant l'écho de ma colère, Et fièrement reclus dans votre éternité; Vous fermez votre asur effrayant de silence! Astres, à nos appels vous devez rester sourds; Et par-delà la vie et Phumaine science, Le mystère profond s\u2019est muré pour toujours.thé.JEAN D'AGGREVE Restons à savourer le fruit amer du doute; , Le 27 février 1912.x.d'en haut ont des âpres sommets \u2014\u2014\u2014 | Dont aile volonté ne trouvera la route, Le Canada reproche au Devoir de n\u2019avoir Träducteur'au Hansard, Et que nos vains orgueils ne graviront jamais.\u201c Par devant le décor des lointains couchants roses,: Brisons notre désir par l'abime tenté, Et soyons en exfase, en contemplant les choses.Eprises dé \u201csilence et d\u2019immobilité.légers comme un battement d\u2019aile, les petites femmes menues qui se promènent à l\u2019heure du thé.Vous ai-je dit qu\u2019elles sont jolies?.Très grave est la question, embarrassante est la réponse! car, pour narguer les indiscrets, elles ont un truc magnifique, les petites femmes menues qui passent à l'heure du thé.Sur leur tête pompadourée, de deux heures l'élégant travail, un jardin s\u2019épanouit, que dis- je, une forêt.noyant dans une pénombre la frimousse enjôleuse des petites femmes menues qui se baladent à l\u2019heure du thé.Ce jardin est un chapeau (qui l\u2019eût jamais cruf), un vrai chapeau, ma chère, dernier cri par la Mode arraché.au mari.C\u2019est égal, elles sont rudement chapeautées, les petites femmes menues qui se défilent à l'heure du thé.Chéri dit que c'est un bateau que sa moitié veut lui monter! Jardin, chapeau ou bateau, elles s\u2019en pourlèchent les postiches, les petites femmes menues qui s\u2019'affairent à l\u2019heure du thé.Mais, hélas! Montréal n'est pas Paris! et souvent sur les trottoirs glissants comme une tentation, une neige traîtresse fait vaciller nos élégantes.Et les grands chapeaux, qui cherchent en vain le dernier mot du problème, dans Phorreur du vide leur font piquer une \u2018tête, aux petites femmes menues qui trottent à l\u2019'heure du thé.Vingt messieurs se précipitent; un seul ar- rive\u2014naturellement ; les autres font la galerie, à l\u2019écart, impudemment.Mais, la petite femme, rajustant son chapeau, bien vite s\u2019est éclipsée, plantant là tous ses galants; et ces messieurs, faisant demi-tour, cherchent une autre petite femme qui tombe à l'heure du thé.ENVOI Jules Fournier, roi des dilettanti, prince fêté par Morin, tu ne vaux pas un quart de skelly, si tu n\u2019as pas vu, au soir couchant, les petites femmes menues qui déambulent à l'heure du pas toujours donné l\u2019espace voulu aux discours de M.Laurier, dans ses comptes-rendus parlementaires.On se demande, après cela, pourquoi le Canada continue toujours à -gaspiller aussi-folle- Messieurs les Ronds-de-Cuir: Cette autre petite histoire nous vient en droite ligne d'Ottawa.Voilà deux ou trois semaines, un fonctionnaire (que nous pourrions nommer) annonçait à l\u2019un de nos amis, de passage dans la capitale, qu\u2019il allait, le jour même, changer de logement.\u2014 Et où est-ce que c\u2019est, comme cela, que vous allez habiter maintenant?questionna le visiteur.\u2014 Telle rue, tel numéro.Ne m\u2019en parlez pas: c\u2019est unc maison dans laquelle il y a eu de la scarlatine, tout dernièrement; je n\u2019ai pas pu trouver autre chose.II va fale loir tout désinfecter.\u2014Rien de plus simple, interrompit le premier.Vous allez vous acheter, chez Rea, une cuvette et du savon, ensuite vous ferez ceci.et vous ferez cela.\u2014 Très bien, c\u2019est ce que je vais faire.Mais.au fait, comment dites-vous cuvette en anglais?\u2019 \u2014 Tub.\u2014 Ah! oui c'est vrai, en effet, jloublidis.On parla encore de choses et autres.\u2014 Bon! dit 4 1a fin le fonctionnaire, je m'en vais maintenant chez Rea.(Comme soudain frappé d'une idée:) Ah! et en effet comment dites-vous savon, donc, en angldis?\u2014 Soap, répondit notre ami.CT \u2014 Ah! oui.Merci.Bonjour.\u2014 Pardon, encore un mot, fit autre.Et si je voulais vds écrite, comment fautil adresser?To \u2014 Voici ma carte.on Le visiteur jeta les yeux sur-laspetiticarré \u2018de carton; il y lut/ces mots: OTTAWA.RES Strictement authentique.SE Nous avons vu la carie et nôüs-connais- L\u2019ACTION e dt vob - Quelque chose dans le genre de D.-A.A l\u2019Académie francaise.\u2014Discourside réception de M.Henry Roujon En avons-nous assez lu, des discours politiques, depuis quelque temps! Borden et Laurier, Monk et Lemieux, Pugsley, Mondou, Foster.Voici, pour une fois, et à l\u2019étranger, encore, sil vous plaît, quelque chose qui n\u2019est pas loin d\u2019égaler tout cela, quelque chose dont nous serions tenté de dire, vraîment, si nous ne craignions d'exagérer, que c\u2019est presque aussi beau que du D.-À.Lafortune.Il s\u2019agit tout simplement du discours de réception de M.Henry Roujon à l\u2019Académie française, prononcé, comme on sait, voilà quelque deux semaines.Nous citons ces quelques passages sur la carrière de Mtre Barboux, l\u2019illustre prédécesseur du récipiendaire.On dirait, vous allez voir, un vrai discours de husting! * * *« D'où vient, messieurs, que la postérité, à qui l\u2019on voit par ailleurs de si singulières indulgences, traite sans bonne grâce l\u2019éloquence judiciaire?II semble qu\u2019elle la veuille maintenir en marge de la renommée.Est-ce jalousie de la plume contre la parole, vicille rancune des écrivains sobres contre les orateurs abondants?Montaigne, qui goûtait chez Cicéron le stoîcien, parlait dédaigneusement de ses plaidoyers: \u201cJe veux, disait-il, des discours qui donnent la première charge dans le plus fort du doute; ceux de Cicéron languissent autour du pot.Ils sont bons pour l\u2019école, pour le sermon et pour le barreau où nous avons loisir de sommeiller.\u201d Récemment, un juge moins charitable que Montaigne, un grave magistrat intellectuel qui n\u2019a jamais rendu d\u2019arrêt de complaisance, Brunetière, prononçait contre l\u2019éloquence judiciaire un verdict de condamnation.Il se complaisait à donner de l\u2019art oratoire plusieurs définitions, toutes ingénicuses et profondes, dont aucune ne faisait accueil à l\u2019éloquence du barreau.Brunetiére concluait par cette sentence, tranchante comme un couperet: \u201cL\u2019avocat ne saurait étre éloquent sans sortir de son sujet.\u201d Eh bien! mais n\u2019est-ce pas là précisément ce qui pourrait mettre tout le monde d'accord?Par bonheur, depuis qu\u2019il y a des avocats et qui plaident, ils mettent de l'orgueil et du génie à sortir de leur sujet.La digression, cette charmante escapade en dehors des règles du discours, a été heureusement inventée pour qu\u2019il soit fait place à l\u2019éloquence judiciaire au royaume de littérature.Les mortels les moins fantaisistes qui aient vécu, Messieurs de Port-Royal, ont laissé là-dessus d\u2019illustres exemples.L'aïeul de tous les Arnauld, le grand avocat qui argumenta contre les Jésuites pendant quatre audiences, excellait dans la digression.Ayant à rappeler la généalogie d\u2019un de ses clients, M.Arnauld se mit soudain à raconter la bataille de Fornoue; ce fut si pathétique, et par conséquent si opportun, Qu'un des auditeurs, le duc de Montpensier, pensa qu\u2019il assistait à l\u2019affaire et tira l\u2019épée.Un autre solitaire janséniste, M.Antoine Le Maître, avant que sonnât pour lui l\u2019heure de la pénitence, avait été un avocat fameux.Les jours où il plaidait, les prédicateurs s\u2019abstenaient de monter en chaire, pour aller recevoir au Palais une leçon d\u2019humilité, et de peur aussi de manquer d\u2019auditeurs.Lorsque le divin bienfait de la Grâce le vint foudroyer, M.Le Maître renonça avec allégresse aux vanités oratoires; tou- téfois, il attendit pour consommer son pieux sacrifice que le Palais entrât en vacances.Alors que rien d\u2019humain ne lui était plus, il plaida quelques semaines encore.Si nous en croyons le bon mémorialiste Fontaine, le suprême plaidoyer de M.Le Maitre fut le plus beau qu'il ait pronon- \u201ccé; il en fut aussi le mieux diversifié.Ce noble esprit ne fuyait ni les incidentes, ni les prosopopées; il arrivait à ce saint de s\u2019éga- ter, hors du discours, à la poursuite d'une belle idée étrangére.Aussi pourrait-on soutenir, en invoquant l\u2019exemple d\u2019Antoine Le \u2018Maître, que les plaidoiries qui sont gardées de périr .aoivent surtout.à leurs digressions.ne \u2018Les harangues de Mtre Barboux peuvent survivre aux intérêts ou aüx passions qu'el- Aes défendaient; il avait le secret d'élever la cause au-dessus d'elle-même.Lorsqu\u2019il pu- \u2018blia le procés qui mit son nom hors de pair, il-eut la coquetterie de lui donner ce titre \u2018erosaique: Un mur mitoyen.Les Pères du Baint-Sacrement étaient en conflit de voisi- \u2018nage avec les époux Lannet.Ce fut pour d'avocat de la congrégation l'occasion de \u201cformuler sa théorie du droit d'association.Mtre Barboux prit du plus haut possible cette question si haute; d\u2019un différend parti- \u201c\u2019éülier, il tira une leçon de philosophie so- Giale.Il se livra sans mesure à son sujet, il se passionna, sa vervé;alla jusqu'au lyrisme.Si loin qu\u2019il se fût.laissé entraîner, il n\u2019avait pas perdu de vue le but à atteindre.A la fin la voix s'abaissa; sur le rabat, qui \u2018avait cessé de flotter, glissa cette modeste : phrase:-\u201cJe.crois avoir suffisamment prouvé le droit de mes clients 3 élever un mur, mitoyen.\u201d \u201cts.© Te an.\" > ; : ?, .a bien d\u2019autres.Plusieurs des ; cagaires guf hu furent confiées méritèrent le de \u201cbièn parisiennes\u201d.\u2018Vous ne repro- - relle avec sérénité: \u2018Mtre Barboux gagna son .pro- cherez pas 3 un ancien directeur des Beaux- Arts une préférence pour les procès de théâtre.Alors qu\u2019ils était stagiaire, M.Bar- boux allait applaudir Rachel au parterre de la Comédie.Ce fut une joie pour lui d\u2019avoir à protéger le testament de la tragédienne.Procès éminemment poétique, où les honoraires eux-mêmes revêtirent un caractère idéal; M.Barboux ne voulut accepter qu\u2019un volume de Racine, annoté par Phèdre.Peu après, Mme Sarah Bernhardt demandait à Mtre Barboux de l\u2019assister dans son différend avec la Société du Théâ- tre-Français.Il n\u2019est pas impossible, au- Jourd\u2019hui, de parler de cette illustre que- e les passions se sont apaisées.Mtre Barboux se présenta donc pour Mme Sarah Bernhardt, défenderesse.Avait-il des doutes sur le point de droit?Il semble avoir préféré le pathétique à la froide raison: il plaida la pitié.Il montra, d\u2019un côté une administration inhumaine et omnipotente; de l\u2019autre, une frêle créature, prétée pour un instant à la terre, et qu'il failait se hâter d'applaudir avant qu\u2019elle ne s'évanouit, telle qu\u2019une Malibran de la tragédie.Par extraordinaire et pour cette fois seulement, Mtre Barboux a exagéré.Son incomparable cliente lui a infligé un démenti qui dure encore, pour la plus grande glcire de l\u2019art français.Tant il est vrai que certains procès ne sauraient être plaidés avec calme; l\u2019orateur qui s\u2019en charge devient par cela même un méridional, füt-il le plus posé des berrichons.Le hasard, qui est un homme d'esprit, a voulu que Mtre Barboux fût accueilli ici même par son ancien adversaire.L'administrateur de la Comédie-Française félicita le plus amicalement du monde l\u2019ancien avocat de Sarah Bernhardt d\u2019avoir si mal prédit, en plaidant si bien.Mon cher ami M.Jules Claretie a donné là une preuve nouvelle de son inaptitude à la vengeance et de sa généreuse philosophie.Ce sont surtout les procès innocents que j'ai cherchés au recueil des discours de Mtre Barboux.Il eut encore à représenter la famille de Choiseul dans une revendication d\u2019un caractère presque féodal.Les descendants du ministre de Louis XV affirment que l\u2019Etat leur doit une loge au théâtre de l\u2019Opéra-Comique; j'ajoute, me servant d'une formule trop connue, qu\u2019ils prétendent jouir de ce privilège aussi longtemps que le duc de Choiseul sera mort.Il fut un temps ou le devoir m\u2019imposait sur ce litige une théorie dont je me souviens confusément.Mtre Barboux a si élégamment exposé la thèse contraire, qu\u2019en relisant sa plaidoirie j'ai dépouillé toute ma vieille conscience de défendeur.J'ai compris le bon roi Henri qui, après avoir assisté au duel de deux avocats, s'écriait: \u201cIls ont raison tous les deux!\u201d Mtre Barboux ne fit rien pour envenimer cette jolie affaire de style Pompadour.La question l\u2019'amusait: c\u2019est le type du procès qui fait accourir les stagiaires et qui met le Palais en joie.La spirituelle harangue du défenseur des Choiseul sert de modèle au- jourd\u2019hui encore; je me suis laissé dire en effet que cette aimable cause se plaidait toujours.Les affaires de théâtre ne sont pas toutes souriantes.Après l'incendie de l\u2019Opéra- Comique, un excès de zèle judiciaire transforma en coupable le directeur Carvalho, Mtre Barboux a empêché là une iniquité; en n\u2019étant que véridique et équitable, il se montra souverainement habile.Il obtint que le premier jugement fût réformé.Ah! Messieurs, il fallait entendre le pauvre Car- valho parler de son sauveur avec des sanglots de gratitude! Le beau métier qui permet de se faire ainsi du client d\u2019un jour un ami pour toute la vie! Où retrouver encore l\u2019éloquente combativité de Barboux?Dans ces cataclysmes financiers qui ont passé sur notre société comme \u2018des cyclones: Affaires des Métaux, de l\u2019Union Générale, de Panama.Ce dernier procès oppresse toujours votre souvenir.Vos regards cherchent la place ou siégeait le héros d\u2019audace et de ténacité que l\u2019admiration populaire appelait \u201cle grand Fran- cais\u201d.Sous l\u2019écrasante catastrophe, cette forte volonté avait fléchi; cette pensée de conquérant, si dominatrice, s\u2019était abimée dans la nuit.La haine elle-même reculait devant la honte de traîner sur les bancs d\u2019un tribunal tant de gloire vaincue.Et pourtant, devant l\u2019opinion en fureur, le grand absent demeurait un accusé.Mtre Barboux se dévoua passionnément à la défense d'un tel malheur.Il fallait parler chiffres, il en parla; mais, a tout instant, il évoquait, et de quelle manière! le lutteur magnanime dont avaient eu raison tant de basses convoitises et d'injustes fatalités.Il croyait avoir persuadé les juges, il se flat- tädit\u2018de les avoir émus.Le premier arrêt lui- fut une cruelle déception.On vit alors un mouvement de colère \u2018chez le professionnel impassible, une révolte chez le juriste si respectueux dela chose jugée.Mtre Bar- boux faillit s\u2019oublier.\u201cJe ne plaiderai plus, s\u2019ééria-t-il, devant ces gens-là!\u201d Serment assurément sincère de plaideur :déçu, mais aussi serment d\u2019orateur.qui, fort heureuse-, \u2018ment, ne fut pas :tenu.- - Comment eit.fait Mtre Barboux pour \u2018bouder le Palais?II était alors au sommet de la réputation: on ne l\u2019appelait plus que le \u201cBâtonnier\u201d.\u2018Le bâtonnat, ce maréchalat du barreau, ce n\u2019est pas assez dire qu\u2019il l\u2019avait obtenu, \u2014 il l\u2019incarnait.Oserai-je rappeler qu\u2019à l\u2019âge où l\u2019on n\u2019est rien encore, j'ai été avocat, comme tout le monde; je l\u2019ai même été moins que tout le monde, assez toutefois pour avoir compris quel magnifique personnage est lc bâtonnier.Sans doute la pompe qui sanctionnait jadis son investiture s\u2019est trop modernisée.Autrefois, l\u2019on célébrait par une messe en musique l\u2019élection du chef de la confrérie de Saint-Nico- las.Le bâton était posé, entre deux cierges, devant le lutrin; le bâtonnier allait le premier à l\u2019offrande, et il était tenu de faire trente-six révérences en regagnant son siège.Après la messe, il recevait l\u2019investiture en la chambre de saint Louis.Dès lors, il devait remettre mille livres à la communauté pour ses aumônes, et s'engager à fournir la cire, la bougie et les bouquets des messes.La fête se terminait par un festin offert au bâtonnier par la communauté des procureurs; selon les lois d\u2019une sage hiérachie, les procureurs servaient les convives et dinaient ensuite avec les restes.Ces beaux usages sont abolis; mais, Messieurs, ne vous semble-t-il pas voir votre confrère accomplissant un à un tous ces rites avec autant d\u2019aisance que de gravité?Rien dans cet auguste cérémonial n\u2019était pour déplaire à la fière idée qu\u2019il avait de son Ordre.Rappelez-vous à quel point il avait identifié son individu au type même de la profession.Deux peintres supérieurs ont fait son portrait: le pénétrant maître Delaunay et mon cher confrère de l\u2019Académie des Beaux-Arts, Gabriel Ferrier.L'un et l'autre ont donné à leur modèle un caractère hautement typique.Nous gardons tous dans la mémoire l'image de ce petit homme, vif, ardent, nerveux, qui conservait, sous sa dignité bourgeoise, un fond de bonhomie campagnarde.Il resta toujours du paysan chez Mtre Barboux, quelque chose de la ruse et de l\u2019endurance des gens de la terre.Sa voix, nette et claironnante, admirable instrument de persuasion qui plantait l\u2019argument comme une vrille, cette voix faite pour interdire aux magistrats de sommeiller, gardait, même dans le pathétique, un écho de la gaité villageoise.L'oeil mobile, le nez batailleur, la mince bouche serrée indiquaient le génie des affaires; le front un peu ravagé, le teint d'ivoire disaient les veillées studieuses; cette fine main loyale, que Delaunay a montrée fortement appuyée sur la barre, signifiait énergie et sincérité.* * * Ces belles plaidoiries, qui nous semblent improvisées, étaient le prix d'un effort savant.Henri Barboux avait regu au lycée d'Orléans le bienfait des humanités.Les hommes de cette génération demeuraient naivement convaincus que savoir le latin conférait une supériorité.Au cours de son existence absorbée par mille devoirs Mtre Barboux conserva toujours jalousement en lui le trésor de latinité.Peut-être, Messieurs, sera-ce au Palais que s'attarderont les derniers humanistes.L'amour des lettres tiques est, pour les avocats, un devoir de piété filiale.Il est probable que le contentieux a été inventé dès la période de la pierre polie; mais l\u2019avocat, avec toutes ses vertus et aussi tous les brillants défauts qui le complètent, cette création-là, c\u2019est un produit du Forum romain.| Cicéron est le doyen de la corporation, je n\u2019ai pas dit le patron: nul n\u2019ignore que saint Yves représente le barreau au Paradis.Cicé- ron, lui, exerce la dignité plus profane du bâtonnat perpétuel.On s'explique que les oeuvres du vieux consulaire aient servi de bréviaire laïque à Mtre Barboux.Il ne cessait de relire \u2014dans le texte\u2014les dialogues où sont fixées les règles du plaidoyer: \u201cEn présence d'un client, plaider contre lui la cause de l\u2019adversaire, pour l\u2019obliger à se défendre.Resté seul, l'avocat doit examiner son affaire, en prenant, l\u2019un après l\u2019autre, trois rôles différents: le sien, celui de l'adversaire et celui du juge.\u201d Ainsi procédait Mtre Barboux.Il méditait longuement ses harangues.Les écrivait-il?Je crois bien qu\u2019il l\u2019a fait plus d\u2019une fois, surtout à ses débuts.Souvent, dans l\u2019ordonnance de l\u2019argumentation, dans ces couplets si soigneusement agencés, dans le rythme des périodes, on aperçoit la trace de la plume.Mais lorsque les points principaux avaient été mis sur le papier, commençait pour lui le travail favori, celui qui consistait à parler.Ce n\u2019est pas médisance de rappeler qu\u2019il faisait fort peu de cas du silence.Afin de donner à un plaidoyer sa forme définitive, il se le récitait à lui-même.Aussi tout lui était-il cabinet d\u2019études.Il a composé plus d\u2019un de ses discours sous les ombrages de son domaine de Vienne-en-Val.Il aimait à prendre les sapins de Sologne pour premiers auditeurs.Un jour qu\u2019il répétait ainsi une plaidoirie, il se crut si bien au Palais qu'il lança ses arguments à pleine voix.Son jardi- -nier accourut: \u201cMonsiéur m\u2019a appelé?\u2014Non, mon ami, répondit Mtre Barboux, brusquement revenu à la réalité Quand vous m\u2019entendez parler tout haut, ne vous dérangez pas \u2014je travaille.\u201d C\u2019est un mot profond d'avocat artiste.l\u2019avoir tant favorisé, avait eu pour lui les duretés qu'il n\u2019épargne à personne: des deuils cruels avaient dévasté son foyer.Et puis il avait usé du travail comme d\u2019une débauche.Ces grands laborieux succombent tout d\u2019un coup sous le poids de leur vie.N\u2019ayant jamais chargé sa conscience, Mtre Barboux se sentait léger et prêt à partir.Il reçut l\u2019inévitable visiteuse comme quelqu\u2019un qui n\u2019a pas peur d\u2019elle, avec sa fine politesse d'autrefois.Sa dernière pensée mondaine fut pour le Palais: il manda à son chevet le Bâtonnier afin de prendre congé de son Ordre en toute correction.Lorsqu'il sentit que toutes ses démarches profanes avaient été accomplies selon les règles, le chrétien ne songea plus qu\u2019à son salut; à travers tous les orages de la pensée moderne, il avait conservé intacte la foi apprise aux genoux de sa mère.Cette suprême sérénité, l'euthanasie de la sagesse antique, c\u2019est, pour le croyant ou le philosophe, pour l\u2019homme de bien, quelle que soit sa doctrine, la récompense méritée.M.Bar- boux devait finir ainsi.Messieurs, on accuse volontiers les moeurs d\u2019aujourd\u2019hui de traiter la mort elle- même avec trop de familiarité.Sans doute nos rites funéraires s\u2019accomplissent dans l\u2019indifférence et parmi tous les bruits de la rue.Toutefois, devant certains départs, il se fait on ne sait quel silence d\u2019une éloquence infinie.Tandis que vous conduisiez Henri Barboux au lieu du repos, ce muet hommage vous accompagnait.C\u2019est l\u2019adieu de la foule à ceux dont, le plus souvent, elle ignore les oeuvres, mais de qui elle a entendu dire qu\u2019ils avaient purement-et hautement vécu.Lorsque M.Borden eut annoncé, lundi soir, aux Communes, qu\u2019il rappellerait la loi de la marine, les applaudissements éclatèrent de toutes parts dans la vaste salle.Du coup, le premier-ministre avait conquis la Chambre.Pendant tout un jour, députés et journalistes ne parlèrent plus que de ce discours.Dans les couloirs, à la fin de la séance, chacun s\u2019accor- edait à louer la belle éloquence de M.Borden : \u2014Croyez-vous.hein! qu\u2019il parle bien !\u2014Quel langage choisi! quelle forte argumentation ! quelle science de la phrase !\u2014C\u2019est un artiste! déclara M.Médéric Martin.\u2014Parfaitement, ajouta notre excellent ami M.L.-A.Lapointe, un artiste.autrement dit un homme de goût: je vous parie trente sous que c\u2019est un client d\u2019Anatole Renaud, 81 rue Saint-Lau- rent.N.-B.\u2014Rappelons, pour ceux qui seraient tentés de l\u2019oublier au milieu des préoccupations politiques, qu\u2019Anatole Renaud est le fournisseur par excellence des gens chics.Il posséde toujours un incomparable choix de merceries.Ses cravates et ses chapeaux sont surtout célébres.mer eet \u201cLe Triomphe de la Croix\u201d au Nationosco- pe.\u2014En quittant le Théâtre Parisiana pour prendre la direction artistique du Nationoscope, M.Julien Daoust s\u2019est souvenu du triomphe que lui fit le public lorsqu\u2019il donna au Monument National, en 1902, les mémorables représentations de \u201cLa Passion\u201d et du \u201cTriomphe de la Croix\u201d.La voix populaire avait été si louangeuse et si forte qu\u2019il cherchait depuis l\u2019occasion de présenter encore une fois l\u2019une de ces deux oeuvres; elle s\u2019est enfin présentée, car le \u201cNationoscope\u201d se prête admirablement bien aux exigences de la mise-en-scène que réclame \u201cLe triomphe de la Croix.\u201d ,Dans cette pièce bien charpentée et toute d'inspiration on se promène, cinq actes durant, du palais de l\u2019empereur Maximin dans différents quartiers très pittoresques de la vieille Rome; on assiste aux luttes qu\u2019eurent à soutenir ceux qui osaient arborer l\u2019étendard du christianisme : la Croix.L'interprétation ne comportera aucun point faible puisqu\u2019elle est confiée à Mmes Bella Oucllette, Rose-Alma, Verteuil, Lussier, Du- 2il ; et MM.Julien Daoust, Léo, Valhubert, Delbé, Desmarteaux, Granier, Coutlée, Prévil- le, Bellefeuille, etc.Ce sera là sûrement un événement artistique dont on- parlera longtemps.\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 L'\u201cAction\u201d est publiée à Montréal par Jules: Fournier, tous les samedis.Adresses vonr la police: me Saint-Denis.sss.NATION OSCOPE semaine ou 11 mars 1012 \u201cLe Triomphe de la Croix\u201d Drame en 5 actes, par JULTEN DAOUST | Mme BELLA OUELLETTE dans Nÿgidia : MATINEE TOUS LES JOURS VIEUX DE ne L'ACTION LA VIEILLE B 15 DECEMBRE Pay Vennui chassé de ma chambre, J'errais le long du boulevard: Il faisait un temps de décembre, Vent froid, fine pluie et brouillard; Et la je vis, spectacle étrange, Echuphés du sombre séjour, Sous la bruine et dans la fange, Passer des spectres en plein jour.Pourtant c\u2019est la nuit que les ombres, Par un clair de lune allemand, Dans les vicilles tours en décombres, Reviennent ordinairement; C'est la nuit que les Elfes sortent Avec leur robe humide au bord, Et sous les nénuphars emportent Leur valseur de fatigue mort; C\u2019est la nuit qu\u2019a lieu la revue Dans la ballade de Sedlits, Où PEmpereur, ombre entrevue, Compte les ombres d\u2019Austerlits.Mais des spectres près du Gymnase, À deux pas des Variétés, Sans brume ou linceul qui les gase, Des spectres mouillés et crottés! Avec ses dents jaune de tartre, Son crâne de mousse verdi, A Paris, boulevard Montmartre, Mob se montrant en plein midi! La chose vaut qu\u2019on la regarde.Trois fantômes de vieux grognards En uniforme de l\u2019ex-garde, Avec deux ombres de hussards! On eût dit la lithographie Où, dessinés par un ravon, Les morts, que Raffet déifie.Passent, criant: Napoléon! Ce n'étaient pas les morts qu\u2019éveille Le son du nocturne tambour.Mais bien quelques Vieux de la Vieille Qui célébraient le grand retour.NMepuis la suprême bataille.L'un a maigri.l\u2019autre grossi: J\u2019habit.jadis fait à leur taille.Est trop grand ou trop rétrêéci.Nobles lambeaux, défroque épique, Saints haillons.qu\u2019étoile une croix, Dans leur ridicule héroïque Plus beaux que des manteaux de rois! Un plumet énervé palpite Sur leur kolbach fauve et pelé; Près des trous de balle, la mite A rongé leur dolman criblé; Nv ewes Leur culotte de peau trop large Fait mille plis sur leur fémur ; Leur sabre rouillé, lourde charge, Embarrasse leur pied peu sûr; Ou bien un embonpoint grotesque, Avec yrand'peine boutonné, Fait un poussah, dont on rit presque, Du vieux héros tout chevronné.Ne les ruilles pas, camarade; Saluez plutôt chapeau bas Ces Achilles d\u2019une Iliade Qu'Homère n\u2019inventerait pas.Respectez leur tête chenue! Sur leur front par vingt cieux bronsé, Lu cicatrice continue Le sillon que l\u2019âge a creusé.Leur peau, bisarrement noircie, Dit l\u2019Egypte aux soleils brûlants; Et les neiges de la Russie Poudrent encor leurs cheveux blancs.Si leurs mains tremblent, c\u2019est sans doute Du froid de la Bérésina; Et s'ils boîtent, c'est que la route Est longue du Caire à Wilna; 1 S'ils sont perclus, c\u2019est qu\u2019à la guerre Les drapeaux étaient Ieurs seuls draps; Et si leur manche ne va guère, C\u2019est qu\u2019un boulet a pris leur bras.Ne nous moquons pas de ces hommes Qu'en riant le gamin poursuit; Hs furent le jour dont nous sommes Le soir et peut-être la nuit.Quand on oublie, ils se souviennent! Lancier rouge et grenadier bleu, Au picd de lu colonne, ils viennent Comme a l'autel de leur seul dieu.La, fiers de leur longue souffrance, Reconnaissants des maux subis, Ils sentent le coeur de la France Batire sous leurs pauvres habits.Aussi les pleurs trempent le rire En voyant ce saint carnaval, Cette mascarade d\u2019empire Passer comme un matin de bal; Et l\u2019aigle de la grande armée Dans le ciel qu\u2019emplit son essor, Du fond d\u2019une gloire enflammée, Etend sur eux ses ailes d\u2019or! THEOPHILE GAUTIER \u201cGens de lettres et gens de bien La poésie dramatique française, ce fut une grande chose! Et les hommes qui amenèrent cette grande chose à sa splendide maturité n\u2019ignoraient pas ce qu\u2019ils avait fait et ce qu\u2019ils valaient.Lorsque Pierre Corneille mourut, Jean Racine le mit à son rang dans la gloire.On lit peu, malheureusement, la prose de Racine.Puisque j\u2019en ai l\u2019occasion, je reproduirai ici ce portrait, également digne du modèle et du peintre.En louant Pierre Corneille, Racine expose la belle conception qu\u2019ils avaient l\u2019un et.l\u2019autre de l\u2019art dramatique.Rien ne peut éclairer d\u2019une lueur plus vengeresse l\u2019ignominie des théories et des oeuvres de notre temps : \u201cVous savez (1) en quel état se trouvait la \u2018scène française lorsqu\u2019il commença à travail- \u201cler.Quel désordre! quelle irrégularité! Nul \u201cgoût, nulle connaissance des véritables beau- \u2018tés du théâtre.Les auteurs aussi ignorants \u201cque les spectateurs.La plupart des sujets ex- \u2018\u201ctravagants et dénués de vraisemblance.Point \u201cde moeurs, point de caractères.La diction \u201cencore plus vicieuse que l\u2019action et dont les \u201cpointes et de misérables jeux de mots fai- \u201csaient le principal ornement.En un mot, \u201ctoutes les règles de l\u2019art, celles même de \u2018\u2018l\u2019honnêteté et de la bienséance partout vio- \u201cIées.\u201cDans cette enfance, ou, pour mieux dire, \u201cdans ce chaos du poéme dramatique parmi \u201cnous, votre illustre frére, aprés avoir quelque \u201ctemps cherché le bon chemin, et lutté, si l\u2019on \u201cose ainsi dire, contre le mauvais goût du sie- \u201ccle, enfin, inspiré d\u2019un génie extraordinaire, \u201cet aidé de la lecture des anciens, fit voir sur \u201cla scène la raison, mais la raison accompa- \u201cenée de toute la pompe, de tous les orne- \u201cments dont notre langue est capable; accor- \u201cda heureusement la vraisemblance et le mer- \u201cveilleux, et laissa loin derrière lui tout ce \u201cqu'il avait de rivaux.\u201cA dire le vrai, oùtrouvera-t-ori.un poète \u201cqui aît possédé à la fois tant de grands ta- \u201clents, tant d\u2019excellentes parties?L'art, la \u201cforce, le jugement, l\u2019esprit.Quelle noblesse, \u201cquelle économie dans les sujets! quelle vé- \u201chémence dans les passions! quelle gravité \u201cdans les sentiments! quelle dignité et en \u201cmême temps quelle variété dans les carac- .\u201ctères! Combien de rois, de princes, de héros, \u201creprésentés tels qu\u2019ils doivent être, toujours \u2018\u2019üniformes avec eux-mêmes, et jamais ne se \u201cressemblant les uns aux autres?Parmi tout \u201ccela une magnificence d\u2019expression propor- -\u201ctionnée aux maîtres du monde qu\u2019il fait sou- \u201cvent parler, capable néanmoins de s\u2019abaisser ~=quand il-veut et-dé.descendre jusqu'aux.plus \"simples naïvetés du comique, où:il est encore \u201cinimitable.Enfin, ce qui lui est surtout parti- (1).Racine s'adresse, comme directeur de l\u2019Académie, à Thomas Corneille, élu d\u2019une seule voix en remplacement de son frère.æ \u201cculier: une certaine élévation qui surprend, \u201cqui enlève et qui rend jusqu\u2019à ses défauts, si \u201con peut lui en reprocher quelques-uns, plus \u2018\u201c\u2019estimables que les vertus des autres.Person- \u201cnage véritablement né pour la gloire de son \u201cpays.\u201cOui, Monsieur, que l'ignorance rabaisse \u201ctant qu\u2019elle voudra l\u2019éloquence et la poésie, \u201cet traite les habiles écrivains de gens inutiles \u201cdans les Etats, nous ne craindrons point de \u2018le dire à l\u2019avantage des lettres: du moment \u201cque des esprits sublimes, passant de bien loin \u2018\u2019les bornes communes, se distinguent, s\u2019im- \u201cmortalisent par des chefs-d\u2019oeuvre comme \u201cceux de Corncille, quelque étrange inégalité \u201cque, durant leur vie, la fortune mette entre \u201ceux et les plus grands héros, après leur mort \u201ccette différence cesse.La postérité, qui se \u2018plait, qui s\u2019instruit dans les ouvrages qu\u2019ils \u201clui ont laissés, ne fait point difficulté de les \u201cégaler à tout ce qu'il y a de plus considérable \u201cparmi les hommes, fait marcher de pair l\u2019ex- \u201ccellent poète et le grand capitaine.Voilà, \u201cMonsieur, comme la postérité parlera de \u201cvotre illustre frère.Voilà une partie des qua- \u201clités qui l\u2019ont fait connaître à toute l\u2019Europe.\u201cIl en eut bien d\u2019autres qui, bien que moins \u201céclatantes aux yeux du public, ne sont pas \u201cmoins dignes de nos louanges, je veux dire \u201chomme de probité et de piété, bon père de \u201cfamille, bon parent, bon ami.\u201d Noble louange, que la postérité, invoquée avec une si tranquille confiance, a ratifiée en tout, et qu\u2019elle applique à celui qui l\u2019a donnée aussi bien qu\u2019à celui qui l\u2019a reçue! C\u2019est une sensation délicieuse d\u2019écouter une tragédie de Racine, après qu\u2019on s\u2019est trempé pendant quelques jours dans les oeuvres mo- +dernes.11 semble que l\u2019on se promène autour d\u2019une: belle et immense architecture sous la magnificence des grands arbres régulièrement plantés.L\u2019air est salubre, le ciel est pur, et lon prend l\u2019assurance de ne rencontrer ni mauvais miasmes ni mauvaises gens, À vrai dire, les acteurs n\u2019avaient rien de bien tragique et ne représentaient pas beaucoup des dominateurs du monde.C'étaient plutôt de passables lecteurs, et encore fallait-il endurer une quantité d'intonations parisiennes, Ces artistes ont joué le drame; la prose moderne a coulé de leurs lèvres et gâté l\u2019instrument.Néanmoins je ne peux dire quel gré on leur sait de ne point débiter d\u2019impertinences et de saletés, de n\u2019en point faire, de respecter le public et eux- mêmes.J'ai savoûré ce plaisir devenu rare, et j'ai trouvé que les hômmes à qui l\u2019on pouvait jadis en quelque sorte le prodiguer, étaient \u201cpliis grands\u2019et plus forts \u2018que nous.LOUIS VEUILLOT Les Odewrs de Paris.1 ?Koyes avertissement) iva _\u2026 ser DANGER ! Quand je vis mon ami Zénophile marchander des meubles dans un grand maga- | sin, je me dis: ,\u2014 Décidément, le cas est plus grave que je ne le pensais et la petite Georgette l\u2019a si bien embobiné que le voilà prêt à se marier: \u2014 Eh bien! Zénophile, tu te meubles?Aurais-tu l'intention de.tu sais ce que je veux dire?\u2014 Puisque je dois avouer, j'avoue.Je me marie le mois prochain.\u2014 Compliments, mon cher, compliments.Je.\u2014 Tu sais si Georgette est difficile dans ses goûts et je ne veux pas la désappointer quand je lui demanderai d'dpprouver mon choix.Il me faut des meubles solides, élégants, et en méme temps bon marché.Je crois pouvoir les trouver ici.\u2014 Il avait raison, car, sur la porte, je vis cette enseigne: N.-G.Valiquette, 477-Est rue Sainte-Catherine.x x Ainsi donc, c\u2019est entendu, le ministère va rappeler la loi de la marine.M.Borden l\u2019a annoncé lui-même officiellement, lundi soir dernier.Voilà, pour au moins vingt-cinq ans à venir, le militarisme écarté de notre cher pays et nous allons pouvoir enfin de r- mir en paix.\u2014 La solution trouvée par le premier-ministre n'est pourtant pas sans préoccuper beaucoup de bons citoyens: car que va-t-on faire maintenant du Rainbow et du Niobé, ces deux vaisseaux qui nous ont coûté si cher?Comment les vendre, comment nous en débarrasser?Le ministre de la marine lui-même ne le sait trop guère.En vain a-t-il consulté là-dessus les plus habiles hommes d\u2019affaires: tous ont été unanimes à lui répondre que le Niobé ni le Rainbow n\u2019avaient la moindre valeur marchande.Il ne.reste plus qu\u2019un espoir à M.Hazen: c\u2019est de pouvoir obtenir sur le sujet, dès son prochain voyage à Montréal, l\u2019avis du meilleur courtier d'immeubles du Canada, M.J.-B.-D.Légaré, I1 rue Saint-Jacques.* * * Maintenant que les ascenseurs ont fait perdre à tous l\u2019habitude de grimper les escaliers, nous voyons souvent des personnes, jeunes encore, s\u2019essouffler en montant deux ou trois étages.Ces personnes doivent se méfier de l\u2019asthme qui les guette.D\u2019autres, surtout des jeunes filles, se sentent toujours mal dis-' posées.Sans être malades, elles ne sont pas bien; elles ont des changements brusques de caractère et pleurent ou rient pour un rien.Ce sont là les premiers indices de l\u2019anémie, Tout cela dépend d\u2019une faiblesse générale des organes qui peut facilement se guérir.De tout temps, les médecins ont préconisé contre cette faiblesse l\u2019usage du quinquina.Mais le quinquina pris à l\u2019état pur est mauvais au goût et surtout il ne s\u2019assimile pas.En revanche, il fait merveille mélangé au vin d\u2019Oporto, Il faut cependant que ce vin soit d'excellente qualité, comme, par exemple, celui qui sert à la fabrication du Wilson's Invalids\u2019 Port, \u2014 le tonique et le fortifiant par excellence, recommandé par tous les meilleurs médecins.Le Wilson's Invalids\u2019 Port est en vente chez L.-A.Wilson & Cie, 87 rue Saint-Jacques; téléphone Main 2057.* * * Les gens pressés.\u2014 Autrefois, il y eut des peintres qui oeuvraient avec une prestesse extraordinaire.De tous, le plus véloce fut certainement Luca Giordano, un Napolitain du XVIIe siècle.Il ne prenait jamais de repos, étant fort âpre au gain (feu Bouguercau n'avait même pas le temps de se moucher, disant que le temps perdu à user un mouchoir lui coûtait cinquante cents).Quand Giordano peignait, sa femme ou son père lui apportait son repas \u2014 à la becquée, écrit un de ses biographes, \u201ccomme on eût fait à un merle ou à un passereau\u201d.Et il allait si rondement qu\u2019on le surnomma Luca le \u201cVa vite\u201d, Luca fa presto.\u2014 Un jour que Giordano était occupé à peindre un tableau représentant Jésus et ses disciples, il fut interrompu par son épouse qui l\u2019appelait pour diner (il dinait à table par exception, ce jour-là, ayant, sans doute, des invités): \u201c\u2014Luca! criait Mme Giordano, descends tout de suite.La soupe va refroidir! \u2014 Je viens, répondit le Napolitain, je n\u2019ai plus à faire que les douze apôtres!\u201d \u2014 Ce type-là était bien absorbé par son travail et rien au monde, vraiment, ne l\u2019en eût distrait.Il ne se serait même pas dérangé pour griller une de cesmerveil- leuses cigarettes que l\u2019on appelle les Sweet: Caporal.* * .La | Elle était bien jolie avec ses yeux profonds et rieurs, sa bouche\u2018 dé carmin, son teint frais el rose et ses cheveux rebelles que retenaient mal les brides d\u2019un bonnet que j'aurais voulu faire sauter par-dessus tous les moulins.D'une main potelée, elle me tendit un grand verre de lait frais et mousseux que je vidai doucement, à petits coups, pour jouir plus longtemps du breuvage et aussi \u2014 le dirai-je?\u2014 pour contempler plus longtemps la jolie fermière.\u2014 Ce lait est excellent, fis-je pour dire quelque chose, jamais je n\u2019en ai bu d\u2019aussi bon, \u2014 Nous ne pouvons avoir que d\u2019excellent lait, répondit-elle, car nous sommes fournisseurs d'une grande laiterie qui n'accepte que du.lait de premigre qualité et absolument frais; Cette laiterie l\u2019expédie ensuite à Montréal; où il passe à juste titre pour: incomparable! \u2014 Ce lait, je le sus plus tard, est acheté par la Compagnie Canadienne de.Produits Agricoles, qui le pasteurise, le stérilise et l'homogénéise, de mänière à lui conserver toute sa richesse, tout son arôme et en même temps toute sa fraicheur.Une fois embouteillé, il peut se conserver indéfiniment.cause de sa grande richesse, et aussi parce qu\u2019il est facile à digérer.Si vous n\u2019en avez jamais goûté, adressez-vous à la Compagnie, 21 et 23 rue Saint-Pierre; téléphone: Main 3152.Votre épicier, s\u2019il.:tient à sa \u201célientèle, doitaussi vendre le lait Lawrentia.Les médecins le recommandent à | On se demande souvent où en est rendue la construction du Grand-Tronc-Pacifique dans l\u2019Ouest canadien.Voici, à ce sujet, quelques détails.qui ne manqueront pas dlintéresser dé nombreux lecteurs.Dés le 2 décembre dernier, le Grand-Tronc-Paci- * fique n'avait pas couvert moins de 1,057 | milles à l\u2019ouest de Winnipeg.Sur la ligne | de l\u2019Alberta Coal, de Bickerdike aux houil- ! léres de Brazeau, le rail avait atteint le | vingt-quatriéme mille au sud de Bickerdike.| La ligne de Tofield à Calgary comptait déjà : plus de 105 milles.De Melville Régina, sur un parcours de 98 milles, la voie était complètement terminée.Enfin, elle l\u2019était également, sur plus de 104 milles, à l\u2019est de Prince-Rupert.Dès le printemps qui vient, les ingénieurs du Grand-Tronc-Pacifique espèrent avèir percé les murs rocailleux de la Cache de la | Tête-Jaune.Déjà le chemin de fer a dé- | passé les sommets de l\u2019Achigan à Tête- Jaune, dans la même région.Pour ceux qui aiment les détails historiques, il ne sera sans doute pas inutile de rappeler que la Cache de la Téête-Jaune, il y a cent ans, était un des postes importants de la traite des fourrures.Les chasseurs de la baie d\u2019Hudson y venaient en grand nombre échanger les produits de leur industrie.Aujourd\u2019hui, cette partie du pays n\u2019est plus habitée que par quelques Indiens, que l\u2019arrivée de la locomotive ne tardera sans doute pas à chasser vers le nord.(Communiqué par M.J.QUINLAN, agent des voyageurs pour le district de Montréal.) * * * Il faut en vérité une âme bien noire: pour faire des mauvais coups comme celui qu\u2019avait, paraît-il, accompli ce nommé Plourde, de Fraserville, que vient de gracier le ministre de la justice.Il s\u2019était posté sur la grande route, au dire des témoins, pour attendre son ennemi et, au passage, l'avait abattu comme une bête, à coups de carabine.Comme l'affaire se passe loin de Montréal, les quotidiens nous en ont épargné (un peu) les détails.On sait toutefois que ce drame avait suivi presque immédiatement une querelle survenue entre Plourde et sa victime au sujet de l\u2019achat d\u2019un terrain.Cela ne porte pas toujours bonheur, les terrains.Surtout quand ils sont appelés à baisser de valeur dans un avenir rapproché.Il en est heureusement que l\u2019on peut acheter sans rien craindre: ni coups de carabine, ni pertes d'argent.Ce sont ceux que vend, à Strathmore, pour un prix dérisoire, M.George Marcil: c\u2019est-à-dire ceux de la Lake Brecze Terrace.T1 n\u2019est pas à l'heure présente de meilleures propositions qui puissent s'offrir à vous dans l\u2019immeuble.Ces terrains, que vous pouvez au- jourd\u2019hui vous procurer à des conditions incroyables de bon marché, prendront dès le printemps une plus-value considérable.Hâtez-vous d\u2019en acquérir: vous avez là un moyen sûr de doubler votre argent d'ici l\u2019automne.\u2014 George Marcil & Compagnie, 150; rue Saint-Jacques, téléphone: Main 379L.Le ministére des Travaux publics recevra jusqu\u2019à 4.00 p.m, jeudi, le 21 mars 1912, des soumissions pour la fourniture de 2,000 tonnes, (de 2,240 lbs par tonne) plus ou moins, du meilleur charbon à vapeur, sassé et en gros morceaux; 400 tonnes, (2,240 lbs par tonne) plus ou moins, du meilleur charbon a vapeur écossais ou américain, sassé et en gros mior- ceaux ; et 100 tonnes, (de 2,000 lbs par tonne) plus ou moins, du meilleur charbon dur \u201cNut\u201d, tout le dit charbon devant étre livré dans:le port de Québec.Aussi 800 grosses tonnes, (2,- 240 lbs par tonne) plus ou moins, du meilleur charbon sassé et en gros morceaux, devant étre livré sur le quai de Rimouski; lesquelles soumissions devront étre cachetées, adressées au soussigné, et porter sur leur enveloppe, en sus de l\u2019adresse, les mots: \u201cSoumission pour charbon à vapeur à l\u2019usage des dragues du Ministère, à Québec et à Rimouski.\u201d On peut se procurer des devis ct des formules de soumission au ministère des Travaux publics, à Ottawa, aux.bureaux de M.A.-R.Décary, ingénieur de district, Hôtel des Postes, Québec, et de M.J.-L.Michaud, ingénieur de district, Bâtisse de la Banque \u2018des Mar- \u201cchands, rue St-Jacques, Montréal.- AT Les soumissionnaires ne doivent pas oublier qu'on ne tiendra compte.que des soumissions faites sur les formules - imprimées .fournies, dûment libellées, signées dé\u201dla \u2018main dés\u2019 côn- currents.Co CE fe Un chèque égal:à dix/pour cent (10 p.c.) du montant de la soumission,: fait-à l\u2019ordre de l\u2019hon.ministre des Travaux publics et accepté par une banque à charte, devra accompagner chaque soumission.Ce chèque sera confisqué si l'entrepreneur \u2018dont la soumission aura été acceptée refuse de signer: le.contrat- d\u2019entreprise ou n\u2019exécute.pas intégralement ce contrat.oo .- 1 LT Les chéques dont\u2019 on aura accompagné les soumissions qui Waurent pas été acéeptées \u2018seront remis.CU.= CM 1 0% Le ministère ne s'engage à accepter.nixla plus basse.ni.aucune, :des soumissions.; ar ordre, ets Le, +E DESROCHERS,: TT - Secrétaire.- Ministère-des Travaux publics, .: - -\u2026.+ io o_o Ottawa-7.mars;.1012.N.-B.\u2014Le .minjstére ne reconnaîtr Is: a , aucune note pour la publication, de l\u2019avis ci-dessus lorsqu\u2019il n\u2019aura pas \u2018expressément \u2019autorisé fa LL .20 \"HI: ov HN 2 \u2018cette: publication.\u201cais XSL 21 TS x NI SL Praag cat 1 AR bie rs rans ed © Sebati EEE Co Le moins qu\u2019on puisse dire de l'attitude de nos ministres canadiens-français sur cette question \u2018da Keeéwatin, c'est qu'elle a Tied de\u2019 surprendré.L'attitude de M.Borden n\u2019a pas lieu de surprendre.Elle peut n\u2019être pas sans reproche: elle est du moins d\u2019un homme conséquent : avec son passé, conséquent avec US 1 \"M.Borden ne s\u2019est jamais posé, ni au parlement ni \u2018ailleurs, en irréductible partisan des écoles séparéés, en soldat fa- \u2018rbuche dés minorités.I continue tout sim- Lo ren ciaux\u201d avant tout.La chose nous semble toute naturelle.\u2018Ajoutons qu \u2018elle est loin de nous -paraître aussi condämnable qu\u2019à \u2018beaucoup de nos amis.On prétend que la nouvelle loi méconnaît des droits légaux.Cela est-il bien sûr?Ecoles séparées, écoles françaises, obligations constitutionnelles, nous avons \u2018tôt fait, généralement, dans la Province de Québec, de régler ces questions- là.Sitôt qu\u2019 un homme public d'autre origine, \u2014 me- fie.le plus large, méme le plus éclairé, \u2014 se permet de penser là-dessus autrement que Nous, nous le traitons de fanatique et tout ést dit.\u2014 Eh va donc, fanatique.\u2014 Pour nous, après avoir lu, comme tout le monde, \"ge\" qui s\u2019est publié en ces deux dernières se- mainies sur le sujet qui nous occupe, nous avouons en toute candeur n\u2019avoir trouvé aucun argument, de par.ni d\u2019autre, qui emporte absolument la conviction.L\u2019avoue- \u2018fons-nous?le droit, le droit 1égal strict des catholiques du Keewatin à des écoles séparées, nous paraît plutôt douteux.Pourrions-nous, après cela, blâmer M.Borden, \u2014 nous disons M.Borden et non | pas M.Monk ou M.Pelletier et nous en \u201cdonnerons tantôt la raison, \u2014 pourrions- nous blâmer M.Borden et ses collègues anglais de n'avoir pas voulu, pour ces droits douteux, risquer leur existence politique?On sait comment un autre ministère conservateur fut récompensé jadis de sa sollicitude à l'endroit des minorités catholiques.Le ministère Tupper, en 1896, voulut rendre justice aux catholiques du Manitoba: il gagna par là d\u2019être balayé.du pouvoir grâce au vote compact de la Province de Québec contre lui.En face de ce fait d'histoire, nous pardonnons à M.Borden de n\u2019avoir pas été tenté de répéter en 1912, à l\u2019intention \u2018des catholiques du Keewatin, le sacrifice aécompli en 1896 par M.\u2018\u2019Püpper à l'intention des catholiques du; Manitoba.Dirons-nous enfin.qu\u2019au point de vue le : plus étroitement canadien-français, nous ne.vôÿons quant à nous, dans cette question \u2018des écoles du Keewatin; qu\u2019 une affaire d\u2019importance après.tout négligeable?Non pas À -cause du.\u2018petit nombre de citoyens qu\u2019elle \u201cintéresse \u2018directement: ce serait là un argu- \u201cment à la\u2019 Coderre qu\u2019on ne nous fera pas l\u2019in- \u201cjure.\u201cde nous, \u2018prêter et nous ne parle- \u201cvids.pas.\u201cdifféremment, des écoles \u2018du\u2019 = = Nord-Ouest ou de celles , du : Manito- \u201cba.Tout ce, que nous voulons dire: par Ja, Test que\u201d \u2018ces combats bruyants \u2018pour \u2018des lois scolaires, \u2018qu'il s'agisse.du Manitoba, du 'Nord- Ouest ou \u2018du Keewatin, ne serort.en:eux-mêmes.que des =, Binkrils et ridicules aussi longtemps les acfonipagnerons pas d\u2019ef- | Rhn tente\" or ecangndants dans le domaine des | fos UN semble, jusqu\u2019 ici, que notre ambi- 7tibn, 4: nous Canadiens français, \u2018se soit) enée A faire insctire en notre faveur des Oita.de 1614\u2019 \u2018dans lés stafuis.On s'est battu\u2019 pendant \u2018des années, on\u2019 \u2018continué de se | sibattre, pour que l'Alberta et la Saskatchewan\u2019 \u2018soient \u2018tehues, de \u2018par la loi, i laisser, exister \"des \u2018Ecoles: sépirées: \"on ne sémble pas se douter \u20ac que cent mille.\u2018Canadiens \u2026 français, jetés en quelques années, dans -l'une-ou l\u2019autre: de: \u2018ces provinces, «feraient \u2018infitiment plus, pour les écoles séparées, \u201cQue; tous les textes de loi du monde.Placéz \u201cseulement.trois Cents: \u2018Canadiens \u201cfrancais par comté dans dix comtés de la Saskat- sichewan et dites ce que ces trois cents élec- \u2018teurs, se\u2019 \u201csentant: bien: Tes- èotides, énergi-, \u2018ques et.combatifs: \u201ccomme ils ne le sont d'aillèurs qu\u2019 en \u2018dehors.de chez nous, ne pourraient pas.obtenir de leurs députés.\u2014 Su point.de vue \u2018pratique, qui est celui de la survivai ance de la\u2019 An dans.Ouest Ganadien; ¢ ce ne sont § pas tant des textes de oi, qui restent à jamais PRES sinapp tiqués dans des statuts moisis, que des a po en masse, des provi nces et \u2018face, \u2018ce\u2019 \"quit, nous\u2019 fau- | .ur : es L'ACTION fe met \u2014\u2014 apn = canadien, \u2014 dans l\u2019Alberta, dans la Saskatchewan, dans le Manitoba, dans le Keewa- française assez nombreuse et assez forte pour obtenir de ses gouvernants tout ce qu\u2019 \u2018elle voudra.N\u2019eût été le déplorable conseil \u2018de Mgr \u2018Taché, d'Ouest, au lieu d'être la proie \u2019aventuriérs venus des quatre points du globe, \u2018serait aujourd'hui le domaine incontesté des Canadiens, \u2014 de ces Canadiens émigrés depuis, par centaines de mille, dans les Etats\u2019 de la Nouvelle-Angle- \u2018terre.Il y a\u2019 dix ans, il y a cinq ans, il eût été temps pour nous de réparer cette erreur.Aujourd\u2019hui encore, nous la pourrions réparer.Il suffirait de le vouloir.Que nos dirigeants s\u2019en mêlent, qu\u2019ils donnent seulement le signal, et d\u2019ici dix ans nous aurons vidé dans l\u2019Ouest canadien le tiers de la Province de Québec.La race fera le reste.Mais il paraît que cela n\u2019est pas sérieux; il paraît qu\u2019il vaut mieux consacrer tous nos efforts à faire inscrire, dans de vagues statuts, de vagues textes de lois, destinés à protéger des populations plus vagues encore.Du moment que nous avons les textes de lois, dussent-ils n'être jamais appliqués et dût-il n'exister jamais de populations auxquelles on les put appliquer, il parait que nous sommes contents! * * * Pour toutes ces raisons, nous croyons qu\u2019on pourrait fort bien ne pas tenir au ministère Borden un compte trop rigoureux de son projet de loi, si M.Borden était seul en cause, dans cette affaire, avec ses collègues anglais.De la part d\u2019un ministère exclusivement anglais, pareil acte s\u2019expliquerait tout seul.Il se comprendrait encore venant d\u2019un cabinet où l'élément canadien-français serait représenté par des hommes comme M.Maréchal, M.Casgrain ou leurs amis.Ces vieux Bleus, comme on les appelle, se sont toujours, on le sait, montrés pleinement d\u2019accord avec M.Borden sur toutes les questions, les écoles séparées comme le reste.Quoi qu\u2019on doive penser d'eux pour cela, ils n\u2019en pourraient pas moins suivre aujourd\u2019hui leur chef tout en restant conséquents avec eux-mêmes, sans avoir à renier leur passé.Mais il se trouve que M.Borden est au- jourd'hui entouré, non pas de vieux Bleus, mais de M.Monk, de M.Pelletier, de M.Nantel! Or voilà quinze ans que ces trois hommes accusent M.Laurier d\u2019avoir vendu son âme en n'imposant pas au Manitoba une -loi remédiatrice! Voilà quinze ans qu'ils répètent à tous les échos \u2018de la Province de Québec que M.Laurier est un \u201ctraître\u201d et un \u201clâche\u201d parce qu'il n\u2019a pas traité les minorités suivant leurs droits, prétendus ou réels! - Voilà quinze ans qu ils promettaient d\u2019enfin rétablir, \u2014 eux! \u2014 dès leur retour au pouvoir, la justice au Manitoba, dans la Sas- Katchewan, dans l'Alberta, \u2014 partout! : En \u2018vain M.Monk prétend-il aujourd\u2019hui que.pour \u2018sa part il n\u2019a jamais parlé de la .sorte, C'est possible.En est-il \u201d pour cela moins solidaire des campagnes entières faites chez nous, sur le ton que nous venons de\u201d dire, par ses meilleurs partisans, par \u2018les députés qui aujourd'hui lé maintiennent à son siège, enfin jusque par ses.\u2018deux \u2018Collè- \u2018ques canadiens-frariçais dans le cabinet, MM.Nantel et Pelletier?-Nous osons d dire qu\u2019il ne, s'est peut-être au cours desquelles les amis de- M.Monk n'aient \u201cpromis Solennellement, en son nom, justice \u2018entière et \u2018complète pour les mind- - rités lésées: \u2018Nord-Ouest, \u2018Manitoba et, da - - vance, Kerwatin.rine, le sujet par.excellence des beaux dis- \u2018coûrs,.Te, thème favori des orateurs à oe | rides.\"Nous avons encore.dans Voreille le | timbre.sympathique de M.J.-A.Descarries (de Lachine) s\u2019écriant à Côteau-Station: Oui, messieurs, alors j'ai dit à M.Laurier, en le \u2018pointant du doigt \u2014comme ceci: \u201cSir Wil- :\u201cfrid, vous êtes un traître à votre.race, à.votre \u201creligion; vous êtes.un traître, un-\" lâche, et \"nous autres, si nous arrivons au pouvoir avec \u201cM Monk, noûs détoblirons les écoles, mous crétablirons: la.justice\u201d (Une pause.) \u2018Eté comme je Ini disait.ces mots; je voyais M.Laurier SATE Gp i , PAT mate Lap.Æ my re 1 s, un.autre.rateür ar Arfa a Ten Gi Nie LL 43 tin même, \u2014 \u2018une population canadienne- - pas tenu trois assemblées, \u201cdans\u201d fa\u2019 \u201cPrbyince + .dè Québec, durant la dernière Tutte \"encore, \" C'était là, avec la ma- | sait à peu-près la même chose, à Saint-Clet (Soulanges), en présence de M.Monk \u2014 qui applaudissait.Nous en savons quelque chose: nous y étions.Et nous déclarons ici, la main sur la conscience, que M.Monk pas plus que les autres ne semblait douter ce jour-là \u201cdes droits IMPRESCRIPTIBLES de la vérité et de la justice\u201d (sic).\".Surtout, qu\u2019on ne vienne pas nous dire après cela que, puisque les droits légaux de la minorité du Keewatin nous paraissent à nous-même peu certains, nous aurions mauvaise grâce à blâmer les ministres ca- nadiens-français de ne les point défendre.Les droits légaux des catholiques du Manitoba étaient douteux, aussi, pour M.Laurier, en 1807.Ça n'a pas empêché les ministres canadiens-français d\u2019aujourd\u2019hui de le déshabiller proprement.De même en 1905, pour les écoles séparées du Nord- Ouest.\u2014 Au-dessus des \u201carticles\u201d équivoques et des textes discutables, disait-on alors, au-dessus de la Lettre de la loi, il y a l\u2019Esprit de la constitution, et il y a le droit naturel.Si ces paroles étaient vraies en 18097 et en 1905, pourquoi ne le seraient-elles plus en 19127 Les partisans quand méme du ministére disent encore que M.Monk et ses collé- gues canadiens-français n\u2019ont immolé les catholiques du Kcewatin que pour sauver les catholiques du Manitoba; qu\u2019en toute cette affaire ils n\u2019ont eu d\u2019autre but que l\u2019acceptation d\u2019un moindre mal; enfin que leur reculade constitue purement et simplement ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler \u2018une concession nécessaire et honorable\u201d.M.Laurier ne tenait pas d'autre langage en 1897.C\u2019est pour cela que pendant quinze ans tous les meilleurs partisans de MM.Monk, Pelletier, Nantel, l\u2019ont traité de \u201clä- che\u201d et de \u201ctraître\u201d.% * * En somme, et pour conclure, nous répète- rons simplement que ce qui nous étonne et qui nous attriste, dans cette affaire du Keewatin, ce n\u2019est pas surtout le bill de M.Borden: nous avons dit pourquoi cet acte politique est loin de nous paraître aussi condamnable qu\u2019on l\u2019assure, et aussi pourquoi nous n\u2019y attachons, pour notre part, qu\u2019une importance toute relative.Si nous exprimons aujourd\u2019hui le regret profond que nous inspire l\u2019attitude de M.Monk et de ses deux collègues canadiens- français, ce n\u2019est donc pas seulement pour cette attitude en elle-même, mais, d\u2019abord et avant tout, à cause de la contradiction qu\u2019elle implique, flagrante, avec leurs paroles passées, et du démenti sanglant qu\u2019elle inflige à quinze ans de leur vie publique.JULES FOURNIER.eo Nos ministres canadiens-français sont décidément bien coupables de vouloir faire passer tel que soumis aux Chambres ces jours derniers, le fameux bill\u2019 du Keewatin.C\u2019est une.faute grave et qui mérite une peine exemplaire.Aussi; pour leur châtiment, devront-ils rester à Ottawa toute la semaine prochaine, sans pouvoir en bouger d\u2019un instant.Ils n\u2019auront pas comme nous la joie d'aller applaudir, éâtre-National, un seul stir, cette pièce célèbre qu\u2019un \u2018dramaturge de génie à' iftitulée Le Courrier de Lyon.: } +e : ALLIANCE FRANÇAISE Mardi \u2018prochain, & cing heures du soir, conférence de M.Anatole Le Braz, devant l\u2019Alliance française, au McGill Union.Sujet : La A de Chateaubriand.ec Extrai d'une lettre signée par M.J-W.Es I courtier, a lo date du 12 octobre 1910, \u2018et\u2019 advessée oux actionnaires du Tramway: _ LA RECULADE Au Parisiana I1 ne sera pas dit que le livre de M.Hector Demers, dont nous avons eu l\u2019insigne honneur d\u2019entretenir le public samedi dernier, n\u2019aura pas porté de fruits.Inspiré par la lecture des Voix Champêtres, le revuiste du Parisiana a voulu sans plus de retard improviser, \u201cà la manière d'Hector Demers\u201d, des vers qui ont eu le plus grand succès à la scène, toute cette semaine.Pour l\u2019édification des lecteurs Qui seraient curieux de comparer les productions des deux poètes, nous nous faisons un devoir de reproduire ci-après les vers du Parisiana, C'est encore plus beau que le Petit Pont; qu\u2019on en juge plutôt! (Air : \u201cYEN À PLUS\u201d!) I Moi, j'suis le patron De ceux qui s\u2019font mettre en prison A tort ou à raison! Je suis l\u2019point d\u2019 mir\u2019 de la magistrature! Quand j'ai l\u2019fer au pied On m'\u2019prendrait pour \u201cl\u2019ange lié\u201d, Et quand j'suis délié, J'peux pas m'empêcher de crier : REFRAIN Garde à vous! (Bis) J'suis Jul\u2019s Fournier, l\u2019journalis.Garde à vous, J'ai bon oeil et j'vois partout! Garde à vous! Mon adress\u2019 pour la police, De c\u2019temps-ci (Bis), C est trois-vingi-trois Saint-Denis! II se! Il y a trois ans, \u2014Personne encor ne sait comment\u2014 J\u2019me fis fourrer d\u2019 dans! Un\u2019 fois sorti, je m'en fus écrire à la Patrie Avec mon crayon, Plus audacieux qu\u2019un bataillon, Je mis tant d'action Qu\u2019 les Tart's voulurnt m\u2019mettre un baillon.REFRAIN Une action (Bis) D'quarant\u2019 mille ils brandiss'nt!.Cette action, C\u2019est c\u2019que valait mon Action! Une action! (Bis) J\u2019eriai vite à la police: \u201cMon logis (Bis) C\u2019est trois-vingt-trois Saint-Denis!\u201d III Sans perdre un moment, À la Cour j'allai prestement.Mais l'plus épatant : C\u2019est que l\u2019on renvoya ma cause! Plus tard, quand l\u2019huissier Rappela \u201cl\u2019afaire Fournier\u201d, Craignant d\u2019êtr\u201d mangés les Tartes avaient pris él.REFRAIN Vléonsét- a co o\u2014 \u201cOn a peur de la Franc-Maçonnerie, écrit la Vérité; ou encore on n\u2019y croit pas; ou enfin on l\u2019aide, au moins indirectement, ce qui n\u2019empêche pas d'être gravement coupable.Sauf l'Action Sociale, la Vérité et la Croix, ajoute le confrère, pas un journal ne combât chez nous la secte dont les Papes nous commandent de dévoiler la malice et les agissements.\u201d Pas un journal, c\u2019est vrai! Pas même le Devoir, pas même le Pays! Attrappez cela, monsieur Langlois : vous êtes comme les autres, vous aussi : vous \u201cavez peur\u201d de la ma- connerie ou \u201cvous n\u2019y croyez pas\u201d, la Vérité -Ne vous l\u2019envoie pas dire.M.ASSELIN Aux dernières nouvelles, M.Asselin s\u2019 em- \u2018barquera le 22 courant, à Liverpool, pour revenir au pays.II' sera donc à \u2018Montréal \u2018vers le ter avril au plus tard.\u201cLe ps scheme » du Tramway In- Sxtimating a value for the new securl- ties, it would conservative to figure th 14% Debentures at 96, which would yield o cash for 334 shares and placing the common stock at a value of $60 per r share, a value would thus be arrived at of $270 for Street Railway shares, if exchanged for the new securities.The Canadian Light & Power Company have enormous resources of a very valuable character for the supply of power and it is proposed.to exchange.the entire .ca stock of this company for common stock in \u2018the new concern, thus showing our faith in the future earning power of Company.Eatin oo mn JW: McCOMNELL am \u2019 [ .L ; = 90e 01 vo "]
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