L'Action, 16 janvier 1915, samedi 16 janvier 1915
[" (= ANNEE\u2014N° 192.TOUS LES SAMEDIS Toumbe déssus | Escrasas lous! (CYRANO) EE SAMEDI, 16 JANVIERsig15, LE NUMERO: CINQ SOUS.DIRECTEUR : PAR AN: DEUX DOLLARS.| | J ULE S FO URNIER \u2014 rere MONTREAL 72, Rue SAINT-GABRIEL, 72 Téléphone: Main 65356.AURIONS-NOUS RAISON, PAR HASARD ?opinion du \u201cTemps\u201d de Paris, du \u2018Journal des Débats\u201d et de l\u2019\u201cOpinion\u201d\u201d sur l\u2019attitude qu\u2019il convient de tenir, de ce temps- ci, à l\u2019égard de l'Allemagne \u2014 pre \u2014 me = pete \u2014_\u2014 «ersations enthousiastes, comme un \u201canys- fque de la paix\u201d.Fropagande plus redoutable que l'exécution de quelques pages de musique allemande ancienne.Fussent-el- ics des payes de musique allemande muder- ne je ne penserais pus différemment.Je wai pas besoin de mépriser la musique de Tristan et Yseult, de brûler la correspondance de Goethe, d'ignorer Schopenhauser four être Français, pour me conduire en Francais.Dans Schopenhauer, dans Goethe, dans Wagner, je n'ai jamais trouvé cuecane raison d'accepter l'hégémonie allemande, lis vous décuseraient de jeter is panique.D'ailleurs, le caleul des forces opposées ne les intéresse pas: ils comptent sur l'impou- dérable, Admirons pareille confiance que des renseignements les plus directs touchant l'état actuel de l'Empire n'alarment point.Admirons qu'elle reste debout après la proclamation fanatique des intellectuels de là- Las, après la récente séance du Reischtag, après tant d'écroulements sur tant de rêves.Et, l'ayant admirée, tâchons d'assevir la nôtre sur nn roc plus solide : élasticité merveil- deuse de notre race à nous, fuculté sans éga- Je n'y trouve aujourd'hui aucune (+ d'improvisation, science, dévouement, ré- raison de ne pas la combattre, de ne pus la détruire, de ne pas la détester.clies-mêmes, avec perforation d'intestin, ne sisi, we peor EN CONTREFORT pus à tout coup mortelles.dezoirs internationaux en conservant le service de trois ans, ct sur la Russie, L' sn aleterre doit établir chez elle le service mi- Avee les balles dum-dum, ces fameuses hitaire obligatoi dure obirgatoire., halles dont nos amis les Anglais, au T'rans- vaal, surent faire un si bel usage contre les jaysans boers, il est évident qu'on arrive à de bien autres résultats.Comment ces maudits l\u2019russiens, décidés pourtant, depuis toujours, à terroriser pour régirer, peuvent bien fare pour ne pas emplover les balles dum-dum au lieu de ces balles \u201cpetites et pointues\u201d qui font relativement si peu de dommage, c'est ce que -\u2014 avouons-le - nous n'avons pu comprendre encore.Espérons qu'il se trouvera, l'un de ces jours, quelque obligeant Quelques remarques à ajouter aux précédentes Ce prince russe ne faisait pas beaucoup plus de vas de la valeur de l'Angleterre comme alliée que l'Allemagne n'en faisait, presque à même date, de l'Itwlie par la voix de Daniel l\u2018rymanmn, lequel écrivait : Pour clore.peut-étre ] Ft la metileure chose, on la gâte souvent lin tant que puissance, l'Italie ne compte pas, et les grandes décisions qui découle- rent du conflit passeront bien au-dessus d'elle, comme si elle était inexistante, d'a vouloir outrer et pousser .Quand ces choses-là |=cizn- -Q [> trop avant.ce.dévouement, héroisme, ete] sont au service de la bonne cause, la bonne cause finit par triompher de tout.En liquidant certain stock de lectures fin- sistance, héroisme de nos chefs ct de nos ee .d'aunse, j'ai mis de côté, pour en former » » + soldats.Quand ces choses-là sont au ser- Mais n'attelons pas à des chintè- re le char de la victoire.Que notre bon sens et notre goût nous préservent de ce poncif.N'étaît-ce pas, enfin, la grande revue parisienne L'Opinion, dans sa livraison du 21 octobre dernier, qui,commentant l'article tes lettres, sous la signature de M.Mau- que nous venons de citer, publiait en tou-; vice d'une juste cause, la juste cause finit \u2018par triompher de tout.Mais n'attelons pas a des chimères de char de la victoire.Que notre bon sens vi notre goût nous gardent de ce pontif.confrère pour nous l'expliquer.* + * NO BRITISH MINES SOIFN.Loss of eight vessels in North Sea since GERMA- une petite gerbe, des choses qui, à part d\u2019ajouter dans une certaine mesure à quel- ques-tnes des soutenances de l'efction, cons- Utueront, peut-être, mont dernier mot et me feront Ebre d'aller à d'autres questions.Or en à voulu à lfetion de ne pas nier à l'AHemagne, du jour au lendemain, tout, ibs.lument tout ce qu'on avait reconnu à sa Kultur jusqu'à la déclaration de guerre.l'fetion a prouvé qu'elle avait, dans sa \u201christmas eve due solely to NYS BARBAROUS METHODS, figon de voir, des compagnons de la plus haute compétence.Permettez que, pour ce qui est d'une autre sorte de kwltur germanique, je cite des opinions françaises datant de quelques mois seulement et constituant de vraies primeurs.pour ici, Honven semble, au reste, plus que temps.Je (L'OPINION\".) Comme notre colére en face de l\u2019agression sournoise, comnte notre lorreur en face des crimes et des destructions systémuti- ques, notre optimismte cn face des événe- monts militaires se justifie par de bonnes rice Colrat et en place d'honneur, les ligues si hautement significatives que vous| allez lire: wai pas l'emploi de convertisseur -\u2014 pas Certaines personnes réclament meme le physique; une proscription en bloc non seulement de tout ce qui est, mais en- ; core de tout ce qui fut allemand.et puis, ce n'est pas Soit en français : .vous, mon cher Fournier, que l'on surpren- LES ANGLAIS SEME DE MINES.I est assez difficile aujourd'hui de sa] N'ATATENT PAS |drait à avoir besoin d'auxiliaires pour terminer des débats.voir ce qu'on peut imprimer.I es s{|raisons.N'en cherc ; - .- se .412 x | Il convient de ne procéder ici qu\u2019a-j difficile Lure de a ce qu'on est plus raisons De na: De la perte de finit vaisseaux naufragés J'ai dit gurhe, ce qui comporte encore Fon Tam, revenant émerveillé de l'Expo- vec tout ce que l'on peut rassembler|re.Je ne parle pas des nouvelles de la, pa nent évidemment se remplacer au jour dans la mer du Nord depuis le veille defies citations, 11 faut un certain courage | ON du Jdvre à Leipzig, M, Octave Uzan- de sérénité d'âme, et l'on ne doit|gtuerre, qui nous sont parcimonie He Sour: be stock en est inépuisable ; Noël, il faut tenir responsables, uniquement, {your se remettre à étayor ses dires, après [TE CeTIvAH entre autres choses, dans la Dé- | , none doitfgucrre, q farcunonieusement le jour: de stock cn est inépuisable, mais un LES MOYENS BARBARES MIS EN Ch , - : téche de Toulouse : : s'avancer sur ce terrain qu'avec pré-| ais honnêtement communiquées.Je ne! peuple qui s'alimente ainsi y perd son eslo- OEUVRE PAR Al EM NE.\u201c© javoir été malmené assez durement, à cause Cu j caution et mesure.Songeons aux |P4rle pus non plus des lettres de soldats.A VERE PARAL ALLEN ACNE.meme de cette manie.M.Paradis va sans mac ct v compromet sa réputation.Nous men gré dans tous les journaux que ma cu-lavons besoin de l'un et de l'autre.Il seroit Husité inquiète épuise jusqu'au bout, cesifâcheux que la tenue des Français qui ne lettres ne tiennent pas assez de place.S'en\u2018 se battent point ne fit pas en harmonic connais - < nous cn connaissons tous \u2014! avec la tenue de ceux qui se battent.Jl d'admirables à qui je voudrais donner la serait également facheux que la présente publicité de nos grands quotidiens et qui lai guerre n'ait rien appris à personne.L'en- méritent mille fois.Nos officiers, nos sol- nemi, qui connaît nos soldats, connaît aussi dats au fond des tranchées ont retrouvé na- nos journaux.turellement le filon si riche ct si pur de la que jour.sensibilité française, Nous vivons volontiers en France sur celte parmi tant d'autres ani flattent nos vanités, que notre produc- Hon littéraire reste une des plus intenses ot des plus considérables qui soient dans le monde entier.ol vrai dire, celte produc- ton n'atteint quère, pour l'Europe seule, que le troisième rang .L'Allemagne vient en tête avec un total de publications qui 'établit à 36,000 voliones imprimés par an.doute, à Nouveau, trouver ma méthode tudesque.neutres des deux mondes.Gardons jalousement devant eux le privilège du goût et de la possession de soi.Ainsi la Gazette de Montréal, dans son idée edition du 18 décembre 1914, témoignait- elle une fois de pus des pensées humanitaires qui ne cessemt pas, un seul instant, de hanter le cerveau de nos concitoyens anglais.haute mer\u201d, Non, mais se peut-il que des hommes atteignent à ce degré de harbarie ! Non, mais ces Allemands sont dune pires que les pires des brutes! erronée, l'eut-être se bornera-t-il à m'appliquer le distique que \"Américain adresse aux scientists\u201d anglais, ses amis de heure: Tlre bookful blackheads, rgnerantly read, With loads of learned timber in their head.(\"LE TEMPS\") \u201cSenter des mines en Nous a-t-on assez reproché, en ces der- Son état-major les lit cha- Les neutres les Hisent de même Hs écrivent d'un sty-let, dans cette guerre d'usure physique et le sobre et dépouillé qui est le grand style.morale, la Presse reste une arme redouta- Si cela se sait dans un journal fran- Hs ne renouvellent pas seulement l'âme de*ble.Efforçons-nous de la bien employer.|çais, dans un journal russe, dans un journal \"a nation, ils renourvellent sa langue, un Ce n'est pas trop demander à des hommes|espxagnol, dans un journal chinois, voire peu fatiguée et déformée par une longue de lettres francais que de leur demander DU\\dans un journal canadien-français, nous pratique de l'élaquence ct une mautaise COUT, PU CHOIN ET DE LI MESU- jréquentation des livux communs.P'hé- RE.roïsme craiment enseigne bien les hwmani- | .\u20ac ., _.: , .| Goût, choix et mesure, ce sont précisé- tés! \u2014 - D'ailleurs ces jeunes héros tirent un, \u2019 27 4 .AE .went les qualités qu'à l'Iction, depuis le avantage appréciable de ce qu'ils ont quel-| , commencement de vette guerre, nous pos que chose à nous raconter.Pour nous qui .somines cfforcés de ne pas trop blesser.vivons loin des camps, la matière nous man- Le he .M ; Na A l\u2019eut-étre, ayant dans le génie français que.Cela se voit: notre littérature du\u2018 ; SU - .une moindre confiance, peut-être auriens- temps de guerre tourne volontiers à l\u2019al-, .405 4 [rons comme tant d'autres, cédé à l'affole- WCTS taps, - = CL nous ne pensons pus ici tet qu'à M.Paradis, \u2014 d'avoir osé bien par- l'fction en a surpris quelques-uns el fois rendre quelque justice, en passant, aux Que M.Paradis veuille bien noter que, jour ma part, je cite ces choses, et surtout suivantes, Uniquement pour prouver LES 2 {qu'on peut reconnaitre des supériorités à Le seul tort de l'letion aura été ! | I ., p .2\" .Ress l'Allemagne sans être accusé d'antipatrio- tout suite l'Histoire.surtout | .co .\u2018 .i .5 a.sme A Tendrait de la France, puisque des dans notre milieu où en ne l'écrit jamais, Français l'ont fait en tirant d 1 \u2018rançais To ait et ant des conclusions déprimantes, ce dont nous nous sommes ubstenus à l\u2019efction.Ceci est une précision qu'il me faut.placer une fois encore.M.Octave Uzanne continue: or scandalis¢ quelques autres par sa fagon de qualités ariemandes?Non pas qu'en général Ton attaquat le fond de nos articles: \u2014Ce que vous dites est vrai, avouait-on plutot.Ce que vous dites est vrai.Seulement, entre nous, bien LE MO- À MENT de le dire?I£t ne croyez-vous pas, ! franchement, qu'il vous faudrait au con- taire, DE CE TEMPS-CI, dire tout fe contraire de ce que vous dites, et c'est à savoir pourchasser l'ennemi commun dans tous les domaines ?peser et d'évaluer la part morale et la part tes matériclle de l'Angletorre dans le présent confit, l'écrire Mais lire cela dans de dans le s'en dirions trop rien.a Montreal Gazette! journal, en ce pays le plus autorisé, de la Barbare Albien! Vraiment ce serait à n\u2019y pas croire, si Nous ne le voyiens de nos vsi-ce Lire cela du moins tee qu'elle est.St Michelet eût vécu quand lletion a parle haut et franc de l'Angleterre et, inci- denunent, de la Russie, cité en témoignage il n'aurail pu que rappeler ce jugement contenu en son livre Le Peuple: \u201cL'Angle- yeux.Comment! les gens qui firent au Transvaal, contre les femmes, les enfants, les vieillards, ce que l'on sait., \u2014 comment ! Les «Alemands, pour l'esthétique typo- Nous avons déjà, ici même, répondu à terre et la Russie, deux géants faibles et[draphique, gagnent du terrain, on ne peut ce reproche que pareille tactique, opportu-|gerade.re rd so tes fervents de la halle explosive (a preuve [bouffis™ Kn 1870, évrivant à un de ses é- fe contester.Quant aux pays scandinaves, ; .sie ., , os ment général et cru véritablement indispen-|\" .; lues ur \u20ac éme Angleterre .thy nous sont trés supérieurs.Nous ne prote peut-etre, à l'heure qu'il est, en France| Nous avons des censeurs très sévères leurs exploits non seulement hier contre lesp-eves sur cette meme Angleterre cl cette !# s.Sy curs.?sable de dénier a Allemagne, pour sauver la France, les mérites que nous croyons qui Lui reviennent.Seulement, voll, nous nous faïsons de la France une trop haute idée! Nous croyons fermement qu'elle n'a pour être grande, de rabaisser ses ennemies ! ot en Angleterre, serait, chez nous, non seulement inutile, mais encore puérile, ridicule et.qui plus est, hautement dommageable.duisons plus que de la camelote ct, s\u2019il faut révéler toute la vérité, nos livres courants, nos revues, nos journaux quotidiens sont «ffrovablement imprimés, en comparaison de ceux que produisent les autres pays, exceptions faites pour la Belgique, l\u2019Halie, l'Espagne, la Grèce et les contrées balkaniques.Ces constatations ne sont assurément pas reluisantes ni agréables.Sur ce point, il tour les noms de lieux et les noms de personnes, pour les dates ct les chiffres, pour| les échos du front et les échos du boule- card.Leur indulgence est acquise à tous ies adjectifs et superlatifs dithyrambiques, à toutes les invectives, d toutes les prosopopées qui cependant peuvent renscigner l'ennemi non pas sur notre situation mili- raire mais sur notre situation morale.NH faut edeuser cette indulgence en pensant, avec Boers, mais encore aujourd'hui contre les [meme Russie qui ne songeaient qu'à leurs Mlemands \u2014 voir là-dessus, notamment, le Gaelic American et les preuves très précises qu'il apporte).comment! ces gens là venir maintenant nous parler d\u2019humanité! Ces gens-là venir dénoncer la barbarie intérêts immédiats et laissaient écraser la France, eur sauvegarde aujourd'hui, en 1£5o Michelet devenait prophète dans le Mais, ce que nous étions loin alors de kit de Paradis: soupconner, c'est que la même question, dans le méme temps, se posait en France même - et qu'en l\u2018rance même, malgré fa guerre et ses nécessités, on n\u2019y répondant pas autrement que nous n'avions fait pour trop pas besoin, C'est que jusqu'ici Anglais et Russes n'ont pas encore cru à la Révolution fran caise.Us n'y ont pas encore vw un principe de vie pour tous.Hs n'ont pas encore C'est pourquoi, sûrs de sa force et de son des autres! N'en déplaise à l'Feclésiaste, 11 se rencontre tout de méme, de temps en temps, du nouveau sous le soleil.ultime triomphe, nous n'avons jantais cessé, depuis le jour où de premier soldat fran- notre part.= * * N'était-ce pas, en effet, n'était-ce pas l'autre semaine encore le Journal des Dé- Laits qui protestait hautement (dans un article reproduit par la Gusctte de Montréal) contre la manie qu'ont, paraît-il, de ce temps-ci, centains journaux français vouloir à toute force manger de l'allemand, À propos de tout et hors de tout propos?N'était-ce pas, dès les derniers jours d'octabre 1914, le Temps de Paris, le Temps lui-même qui dénonçait, dans les termes que voici, les publicistes et autres personnages qui, sous prétexte de patriotisme, en sont rendus à réclamer en France la proscription complète des musiciens et é- erivains allemands : Certaines personnes réclament une proscription en bloc non seulement de tout ce qui est mais de tout ce qui fut allemand.Il convient de ne procéder ici qu'avec tout ce que l'on peut rassembler de sérénité moi, que l'ennemi sera de la sorte très mal renseigné\u2014et qu'à nous repérer par là il risque de se fourvoyer.Pourtant je la regrette.Si j'étais censeur je couperais sans pitié tout ce qui dépasse et ce serait une hécatombe.+8 + st ee ees ea ee ee aa ee es 2 +6 + 6 #8 + + 5 5 6 4 0 0 + s+ + + a + + + 0 Et dans ce journal, dans ce journal où nous avons fait tant de campagnes contre le cosmopolitisme ct même contre la germanisation de notre cuscignement supér rieur, si mud ne songe à cette heure à de tels ostracismes, c'est que ni à Goethe, ni à la- gner, ni à Shopenhaucer, ni à Guillaume II nous n'avons demandé ce qu'ils ne pou- aient pas nous donner.Ils étaient devant nous et ils sont toujours d'une autre race, Car, vraiment, il y a des races, ct entre cles des conflits que ne résout pas le plaisir de comprendre.A côté des frénétiques se tient une fou- lv d'illiminés dont je souhaite qu'il me soit permis d'avouer que leur optimisme m'agace, non pas leur optimisme mais les rai çais a franchi la frontière d'Alsace, de rechercher.dans ces terribles événements, la vérité d'un esprit lucide.Que tous les imbéciles, indistinetement, s'en scandalisent, que même un certain nombre de gens intelligents, mais affolés, s'en étonnent, cela nous est égal.Plus que ja- ma: convaneus qu'il n\u2019y a rien à gagner, au pont de vue français, à dénigrer stupidement les AHemands ou toute autre nation, nous ne dévierons pas plus à l'avenir que dans le passé de la ligne de conduite que nous nous sommes tracée à vet ¢- gard dès le début.Join de tomber, au sujet de la guerre, dans les fautes de goût que l'on reproche si justement, de ce temps-ci, aux journaux d'Allemagne ct d'Angleterre \u2014 et même hélas! à certains journaux de France, - nous nous efforcerons au contraire plus que jamais de suivre, dans notre petite sphère, les si sages conseils que le Temps, le Journal des Débats et l\u2019'Opinion donnent présentement à nos autres confrères de là-bas.Ce sera notre façon à nous de montrer que nous ne sommes, à l'Action, ni des An- truth.OQ L\u2019 Angleterre jugée par ses grands hommes I1.-MATTHEW ARNOLD You may be mortified, but such is 1 To be consequent and powerful, men must be bottomed on some vital idea or sentiment, whichtlends strength and certainty to their action, Your aristocracy of seventy years ago had the sentiment of the greatness of the old aristocratical England, and that sentiment gave them the force to endure labours, anxiety, danger, disappointment, loss, restrictions of liberty.Your ruling middle class has no such foundation: hence its imbecility.It would tell you it believes in industrial (SUITE) he vu qu'elle est une communion, Aussi, ils ne peuvent rien, ni pour eux, ni pour nous.Pour leur ouvrir le cocur et les yeux, je compte autant sur le martyre de la France que je comptais peu sur sa prospérité factice de cvs dernières années.Hs savent que nous n'avons pus voulu donner à Bonaparte les moyens de régner en roi de Prusse.Avant peu il leur faudra choisir entre la soumission aux volontés de M.de Rismarck et le cri de la France que n'ont domptée ni la renaissance du despotisme, mi l'invasion; entre l'hégémonie prussienne ct la civilisation.* =» * Io Action a été cruelle pour l'Angleterre, dit-on quelque part.Moins pourtant que l'éfite russe, qui, fort peu de temps avant la guerre, ne voyait pas en l\u2019alliance avec l\u2019Angleterre un élément de force pour son pays et pour la France.En juin dernier, le prince Kotchoubey publiait un livre qui allait faire grand bruit, quand éclata le conflit initial entre l\u2019Autriche et la Serbie.On s'en peut former une assez juste idée par cet extrait d'une analyse qu\u2019en publia m'est personnellement d'autant plus pénible d'avoir à enregistrer notre décadence dans Far tdu beau livre, d'expression typo- araphique et décorative, que je fus, il y a rungl-cing ans, le chef d'un mouvement de 1clècement qui marqua durant de nombreux fours de brillants succès, Nos voisins alors s'émurent de ces ef forts de la belle impression en France.Ilélas! rien ne perdura.Les bibliophiles, qui ne sont que des spéculateurs comme tous les amateurs plutôt que des artistes érudits et des mécènes é- cluirés, accordèrent bien vite leur appui à tous les cameclots du livre de luxe truqué, banal ce! commercialisé.Avec les procédés d'illustration par reproduction de clichés photographiques, nous dégringolâmes bien :ite sur la pente où nous venions de monter ardemment à l'assaut.Depuis quinze ans, nous ne faisons plus guère de livres dignes de ce nom, Nos impressions ne sont plus qu'une série de tartines de caviar sans valeur et notre typographie contemporaine montre triste figure dans les expositions à l'étranger.development and liberty.Examine what it means by these, and you find it means getting rich and not being meddied with.And these it imagines to be seil-acting powers for good, and agents of great- L'article, très long, se termine par ces mots que je soumels tout spécialement à M.Paradis : La fable du lièvre et de la tortue, n'estrce la Renvissance politique et littéraire: d'âme, et l'on ne doit savancer sur ce terrain qu'avec précaution ct mesure, Sow yeons aux neutres des deux mondes.Gardons julousement devant eux le privilège glais ni des Allemands, mais bien de vrais Français.sons de cet optimisme.De même que le patriotisme de \u201ccertaines personnes\u201d ne peut se passer de gros mots ct de grands gestes, Voptimisme de Aussi, la puissance qui semble menucée far l'expansion allemande, c'est la Grande- Bretagne.Est-ce qu'elle apporte, dans la JULES FOURNIER.-O- goût et de la possession de soi, malgré \u201ccertaines personnes\u201d se nourrit cxclusive- Détaché des Lectures pour Tous, de Pa-|ness; so that if more trade is made in Enz-[Triple Fntente, des forces équivalentes à tas celle qui symbolise notre situation?Ne q a i + l'horr = ao bri i .if TSO 8 » pri ; -|: - lèvre Plus juste colère et l'horreur la plus l&-\\ment d'illusions puériles, mais tenaces- ris, édition du 20 novembre : land than anywhere else, if your personällrelles de ses associées?Le prince Kotchou-|sommes-nous pas semblables au lièvre du gitime.Songeons à nous.La mère dou Ceux-ci, pour croire au succès final de loureuse qui, laissant courir ses doigts sur a check, and nos armes, imaginent une Allemagne divi- unbounded, is without publicity hon fabuliste?Ce sont les patientes et mé- J bey ne le pense pas.\u201cLa puissance de l\u2019An- ; thodiques tortues qui nous devancent, con- gleterre n'est qu'une façade grandiose qui independence LES BALLES ALLEMANDES, d'ail- ; .- - \u2018our newspaper \u2018 : je clavier, accompagnera ses larmes d'U\\cée contre elle-même.Je connais de ces à leurs petites et pointues, FONT PEU DE Sour Philistines think they are by thejcache une incapacité, militaire complète,|tre toute logique.Nous musardons, nous | motif de sonate, ne scra point coupable| pings qui ne font encore la guerre qu\u2019à MORTS, contrairement aux obus, don! nature of things great.powerful, and ad-| parce que voulue; or, cette façade superbe faisons les avantageux flâneurs; nous ren- 8 les blessures sont ordinairement graves, sauf quand il s\u2019agit de petits éclats sans pénétration.La balle cause même relativement PEU DE MUTILATIONS, et perce souvent les os longs sans les fragmenter, comme à l\u2019emporte-pièce.Nous l'avons vue plusieurs fois perforer ou léser des organes extrêmement délicats, sans funestes conséquences.Des poumons perforés produisent une hémorragie intense, qui se résorbe lentement sans grands troubles.Un blessé, chose plus extraordinaire, qui perdait de lu matière cérébrale par une blessure au front, s\u2019est radicalement guéri sans que le langage ni l'intelligence cn fussent affectés.Les redoutables blessures de l'abdomen d'inconséquence.Beethoven ne saurait ê- tre rendu responsable des atrocités par où l\u2019Allemagne militaire se déshonore et que l'Allemagne pensante approuve ct systé- matisc.C\u2019est déjà une puérilité que d'avoir découvert et prouvé la filiation belge de Reethoven, afin de pouvoir écouter Encorc el sans remords les neuf sympho- mies.Inmoquerat-on pour Haendel le bénéfice d'une naturalisation anglaise, parce qu'il vivait et composait à Londres ?Ce sont les mêmes personnes qui tenaient pour un trds grand honneur, il y a peu d'an- Nées, d'être jouées à Berlin, reçues, hé- lergées et complimentées par Guillaume Îl, qu'elles célébraient ensuite dans des con- l'Empereur ct qui, fidèles au pathos législatif, le \u201cdiscriminent\u201d de son peuple.D'autres comptent sur les Saxons ou les Pararois.D'autres sur la haine des soldats d'outre-Rhin à l\u2019égard de leurs officiers.D\u2019autres sur la famine, ou sur la peste ou sur le choléra.Ne dites pas aux uns ct aux autres que la nation allemande, étroitement unie et solidaire, dispose de l'organisme militaire le plus puissant qui se soit rencontré au cours de l'histoire; ne vous avisez pas de dénombrer sa métallurgie, ses moyens de transport ct de ravitaillement, ses ressources de tout ordre et sa volonté d'aller jusqu'au bout.dons des points à nos concurrents avec trop 9 d'insoucience, et à ce jeu nous nous faisons, = ° gy th h hélas! brosser peut-être irrémédiablement | | + i attire les convoitises perpétuclles de ceux qui en connaissent le néant\u201d.Suivant les paroles du général Berhardi, un conflit entre l'Allemagne et la France ne se règlera pas sur mer, mais bien sur terre.De quel secours l'Angleterre serait- German programme,\u2014the elevation of alclle donc à ses amies sur le continent?A whole people through culture.That necd!peu près d'aucun.Mieux: c'est l'alliance not be your English programme, but sure-|franco-russe qui soutient la puissance de ly you may have some better programme [empire britannique, cl le garantit contre than this your present one,\u2014the beatifi- les principaux risques de destruction.cation of a whole people through clap-1.202000000000 0 5000000 \u201ctite trap.Le prince Kotchoubey demande au moins| M.Fhradis jugera, sans doute, bläsphérma- - que tout le poids de la Triple Entenie ne re-\\toire: \u201cIL N'Y A PAS QUE: PARIS! tombe pas sur la France, qui ren.plit ses, Je n'en citerai.quepeu de-cliôse, {pour re, mirable, and that their England has only to speak \u201cwith promptitude and energy\u201d in order to prevail, sur toutes les coutures, par des voisins qui, avec un dédain extrême, oublient que nos fmes leurs initiateurs.La .«see Pr ST 1 + +9 + # % My dear friend, I have told you our A la méme époque ct dans le: inéme journal, revenant li aussi d\u2019Allemagte,-é- merveillé des villes qu\u2019il avait vues:déves .loppées, modernisées, embellies, M, Jean-:.Ajalbert décorait son article d'umtitréique MATTHEW ARNOLD.(Friendships Garland.) a Ct meee Tau Lo | ine tell alien dln.3d oF a donner la parole à M.Octave Uzanne : Paris! Voilà que l'on va pouvoir se pas\u201d ser de Paris.Je n'avais pas traversé l'Allemagne depuis vingt ans.C'est effrayant, de progrès charmants, délicieux.On ne nous parle jamais que d'armements cffroyables de terre, de mer et d'air! Ce n'est pas le plus cruel.Regardez les améliorations de goût, de décoration, d'embellissement de lu vie! Le home, le confort anglais! Que tout cela est dépassé! Quelle surprise que les jardins, les bords de l'eau, les cottages de Hambourg.par exemple! Un port énorme, colossal?Oui, ct des quartiers de plaisance délicats, aux villas exquises, d'architeetu- res gracieuses, infiniment varices.Qu'd ne soit plus parlé de lourdeur germanique, « tout propos: prenons garde, pauvre {aris I} y en a comme coin toute une colonne, ¢t du plus creed, a Vadresse de Paris.A l'autre, maintenant! comune dit M.l\u2019ara- dis; à M.Uzanne, mais rien que quetaues lignes quand tout serait i citer: Depuis guelgues annees, je n'avais [ré quenté Les cités allemandes: lu mélumtor- phose opérée y est imroyable, C'est à peine 3° je reconnais les gares, refaites, colussaics, mais st pratiquemsst vi données, si supé- riesrem ut agencées pour toutes les previ sions de da futile ot les extensions du trafic touristique.Je ne retrouve plus les ho tels moyens de raguère, tansniués aujurer- d'hui vit palais confortebles et cependant Lon marché.Les vieux Kathaus ont été, uon point démolis, mais consertés pour le souvenir, et les municipalités se sont logics successihement dans des difices som p- tueux, énormes, fleuris d'un style nouteau qui n'est cartes point esthétique ct ou tout apparaît opuient, ordonné et soigné jusqu'à la minutie.Sans cesse, en toutes choses ct en tous lieux, on perçoit cette inlassable volonté d'aller de l'arunt, de progresser «envers et contre tout, de reconstituer la vie allemande dans un décor ultramoderne avec uns maxtmum d'hygiène et de bicn-être pour tous.L\u2019Empire d'Allemagne compte anjour- l'hui plus de vinyt grandes villes qui out des aspects de capitales mouvementies et hors ligne, et quit ne se negligent par aucun câté, Nudle woffre le moindre relent de province, la plus petite expression de rem fermé ou de particidarisme ctroit.Le plan déterminé des réformateurs germaniques semble être d'agrandir partout les horizons, d'apporter de l'air, de lu clarté, de grands espaces libres et même d'affranchir les idées locales, d'encourager le vovage par le tarif très bas des chemins de fer, de faire, en un Mot, de lu circulation à outrance à travers la nation.afin d'éviter les stagnations nocives qui créent des éléments toriques néfastes parmi les populations qui en France, ces lignes saisissantes : Année glorieuse; année de discorde, puis de concorde! Année de haine, puis d'amour! Année de déchirements, puis d'entente entre certains peuples curopéens et de grands peuples d'outre-mer.1914 suffira a nous montrer la naissance d'une Europe nouvelle.I faut auparavant que les flots soicnt teints de sang ot que le feu et l'eau se mélent dans l'éternel combat des forces souterraines.Et un peu plus loin: Lutte contre l'étranger jusque sur les «champs de bataille! Lt, quoi qu'il arrive, que cu soit tout de suite oi un peu plus tard, ct malgré d'inquiétants prodromes: Victoire! Victoire! Nous n'avons rien à craindre des épreuves du sort.la France en sortira renouvelés, refaite par la guerre! Ft cest encore: Ce qui domine pour la région de Paris et de 1 Fist, pour la période de 1914, c'est le fer d'une part.Ve l'autre wn courant d'i- déai qui est aussi rene flamme.Feu contre feu .L'un qui défait, l'autre qui refait.Ft ur tout cela, de yrandes ombres de femmes.Pes qestes sublimes d'amour, de foi, de charité, de :Sritables miracles: villes in condices ou s'incendiunt.Dans Paris, des jours de deuil public et.plus encore, des jours de joie.Des in luences mocelles et subites.Des ordres ances an loin et jusque par delà des fron- ares.La grande fièvre des grandes ert- ces, des grands sacrifices, des grands enthousiasmes.des grands dons, des grandes INIOurs, Ceci à la page: Juillet! Si d'on veut bien se souvenir que ces Îi- gnes furent écrites en septembre ou octu- hre 1913 et publiées à la fin de cette même atnee, ON Avotiera que la prophétesse avait «à juste et que, parnii beaucoup d'obscuri- ids, ves vérités briflent du plus vif éclat.La guerre finira vite Fa: trouvé Mme de Thèbes auxieuse, he- tante, inquiète, n'osant pas formuler peut- ctre tout ce qu'dle à perçu de tragique et de
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