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Titre :
L'Action
Dirigée par Jules Fournier, L'Action se destine à une certaine élite et compte parmi ses collaborateurs quelques-unes des meilleures plumes du Canada français. Ce journal soutient le programme nationaliste élaboré en 1903 par Olivar Asselin.
Éditeur :
  • Montréal,1911-1916
Contenu spécifique :
samedi 25 septembre 1915
Genre spécifique :
  • Journaux
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L'Action, 1915-09-25, Collections de BAnQ.

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[" pare 5m ANNE.\u2014N° 219.TOUS LES SAMEDIS Lf 4 | B A C | ION \u2014 Tourmbé dèssus | Escrasas lous | (CYRANO) LE NUMERO: CINQ SOUS.\u2014 \u2014 - EE \u2014 PAR AN: DEUX DOLLARS.\u2014 JULES DIRECTEUR : MONTREAL 105, RUE SAINT-HUBERT, 105 Téléphone: Est 677.a FOURNIER éé L\u2019Action catholique\u201d.les évêques, et la guerre \u2014\u2014 \u2014\u2014 III L'intervention officielle et collective de nos évêques dans le débat impérialiste était par elle-meme un attentat injustifiable à nos droits de citoyens.Si bref qu'il suit.le passage du mandement de 1914 relatif aux devoirs du Canada envers la métropole contenait en principe l\u2019avalanche de lourde prose crétino-théologique que l'létion Catholique a fait rou'er depuis sur les adversaires de la politique impérialiste.Cette intervention, les évêques auraient dû s'en garder avec d'autant plus de soin que les circonstances étaient de nature à la rendre particulièrement odieuse aux Canadiens-Français.les nationalistes les plus autorisés, à commencer par MM.Bourassa et Laver- gue.répètent à satiété depuis 1S99, et je crois avoir moi-même clairement démontré dans mon petit traité anglais sur le na- tivnalisine, qu\u2019en raison pure, les Canadiens de toute origine peuvent envisager l'impérialisme de la mème manière ; que.pour condamner cette politique.le Cana- dien-lrançais n\u2019a pas besoin d'invoquer les intérêts particuliers de sa nationalité.ll n\u2019en est pas moins évident que tout déplacement d'autorité d'Ottawa, où ils peuvent encore compter pour quelque chose.à Londres où ils ne compteront jamais pour rien, affectera plus que leurs concitoyens ceux des Canadiens que la majorité anglaise cherche déjà à priver de leurs droits constitutionnels; et nos évêques sont peut-étre les seuls à ne pas voir que cette conséquence éventuelle de la centralisation du gouvernement à Londres est précisément ce qui rend si arrogant.si rageur.si aveuglément cntêté, l'impérialisme de tant de Canadiens anglais.Que les Canadiens d'origine allemande et autrichienne.qui ne s\u2019enrôlent pas, jouissent partout de la plus parfaite tranquillité.soient même \u2014 notamment en Ontario et dans la Nouvelle-Fcosse \u2014 accablés de prévenances, bichonnés et minouchés par les politiciens, pendant que les Canadiens- Français, qui s\u2019enrôlent.continuent d'être vilipendés, cela n'est certainement pas l'effet du basard, et cda, at contraire.dépend peut-etre de ce qu'.Allemands et Autrichiens n'ont pas au Canada de droits constitutionnels particuliers, et que les Canadiens-Français en ont.En outre, nous n'avons pas mémoire qu'à l'occasion de la guerre l'épiscopat canadien ait adressé mandements loyalistes à ses ouailles irlandaises.écossaises, allemandes, autrichiennes ou russes.Pourquoi réserver à nous seuls le douteux honneur de ces admonestations.comme si, cent tremte-neuf ans après 1770, cent trois ans après 1812 et quarante-huit ans après 1867, nous en avions plus besoin que les autres membres de la grande famille catholique?Surtout, d'un mandement loyaliste d'opportunité déjà diseu- table, pourquoi faire, \u2014 discrètement, peu importe \u2014 un manifeste impérialiste qui vaudra peut-être aux évêques, de la part des puissances politiques, quelques complaisances de plus, mais qui confirme l\u2019étranger dans l'absurde croyance qu\u2019en politique comme en religion l\u2019un nous mène à coups de crosse.L'impair commis, la prudence la plus ¢ fémentaire conseïl'ait aux évêques de ne rien faire \u2018pour l'aggravor.Dès le kendemain du mandement, des journaux canadiens-fran- Sais avaient, comme l'Action, nettement déclaré, ou bien, conyme de Devoir, le Progrès du Golfe et une coupte d'autres, clai- Fement fait comprendre, qu\u2019ils n\u2019enten daient pas en tenir compte.[.'¢piscopat pouvait, sans trop sacrifier de sa dignité, reconnaitre son erreur en laissant dire: tout le monde eût été heureux de croire que sa bonne foi avait été surprise, qu'une Plume inhabile avait trahi sa pensée, ou Qu'il n\u2019avait cédé aux cajoleries et aux Menaces de nos vice-rois impérialistes que mollement, de guerre lasse, et pour mieux :S reprendre à la première occasion favo- Fable.On disait que le mandement avait ête modifié à Québec après sa signature, \u20ac que seule la crainte du scandale avait fait faire le silence sur ce coup d\u2019audace.eS prêtres rapportaient, sur la foi de Certains évêques, que ceux-ci avaient d\u2019abord refusé de signer, mais qu'un autre Prélat, jouant au Cromwell pour la cou- \u2018fTonne qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à ceindre, lui, \u2018Mais qu\u2019il n\u2019aura probablement jamais.\u2018leur avait forcé la main en disant : \u201cMoi Je signe : si les autres veulent passer pour déloyaux (sic), c\u2019est leur affaire.\u201d Voilà des histoires qu\u2019il fallait laisser courir \u201cVersions d'autant plus favorables à la Majorité des évêques que le caractère des des personnages en cause leur pretait plus de vraisemblance.Au lieu de cela, nous «Vous eu la campagne de sophisme.de Mensonge et d'intimidation de l'-lction Ca- tholigue, Kh bien, en dépit des apparences, nous Mots refusons encore à croire que 1.{ction Catholique soin dans ki question impérialiste interprète de tout l'épiscopat.* * * J'écrivais l'annee dernière sous le pseu- donsine du \u201cKronprinz\u201d.| On sait le rôle que joue dans ie Journalisme canadien d'Action soctale.En marge dun mouvement intitulé l'eletion socale catholique, inauguré par l'archevéque de Québec et bént par le Souverain l'omife, des catholiques québecquois, les uns laïques, les autres ceclésiastiques, ont fondé un journal qui s'intitule iui-mème: \u201cl'Action.sociale.organe d'action sociale catholique\u201d.L'ele-\" hon sociale en calactères romains ct l'Ac- ten sociale en italiques (1) ont toutes deux la même devise: Iustaurare omnia ia Chris- to.Elles ont aussi, du moins apparemment, les mêmes chefs, la même direction.Quand À se fait une quête dans les églises de l'ar- chidiocèse de Québec pour l'Action sociale catholique, ce n'est évidemment pas pour l'Action sociate, journal d'action sociale catholique\u201d, mais au fond, nul ne pet jurer que la direction de l'Action sociale en cu- ructères romains et avec majuscule n'en versera pas le produit, en tout ou en partie, à l'Action sociale en italiques, pour l'excellente action sociale, en caractères romains et avec minuscule, dont ce journai entremêle son action politique.Si par hasard vous risques l'avis que \u2018VAction sociale.journal d'action sociale catholique\u201d, «st l'ur- gane de l'archevéché de Québec, vous seres bicntôt rappelé au respect des fairs.Mais que, sur la foi de cette rectification, vous vous avisies de trouver à redire au genre d'action sociale, en caractères romains et avec minuscule, de l'Action sociale en ila- liques et avec majuscule, et vous apprendrez à vus dépens que l'action sociale de l'Action socotile est celle de l'Action sociale catholique en caractères romains ct avec majuscule, et partant, a l'approbation de l'archevéché.Grâce à cette équivoque, et à sa canaille exploitation que l'on en fait, \u2018l'Action sociale, Journal d'action sociale catholique\u201d, est l'organe de l'arche- véché de Québec sans l'être, et peut, sans compromettre l'autorité épiscopale, en exploiter le prestige au profit de toutes ses idées, y compris ses idées politiques.-lussi est-il compris d'avance qu'en approuvant l'envoi de trente mille droite que nous nous garderons bien de nommer, ct l'équivalent à des donzaines mois au jubilé de l'évêque de Rimouski: gner la faveur de deux où trois éveques dont vlie xe trouvwl à servir les ambitions, 1s préventions, hes rancunes, Fe n'en reste pas moins, à tout prendre, ce qu'était l'Action Sociale: l'organe de l'archevéché de 1urébee, et rien de plus.Or.l\u2019archevéché de Québee, à l'heure actucdle, ce n'est pas Son Faninence le cardinal Bégin, comme la Patrie VaffCrme pour donner plus de valeur pécuniaire à ses reproductions de l'elction Carnolique: Son 'Eminence nous a elle-même présenté comme son \u201ctestament spirituel\u201d le discours qu\u2019Ille protengais is y à quelques personne n'ignore \u2014 et c'est méme ce qui expliquerait le regain d'espoir qui se manifeste chez certains de nos candidats perpétuels au cardinalat \u2014 personne, ds- je.n'ignore qu'lle a compté ses jours, et qu'Elle se désintéresse de plus en plus de la direction de son diocèse.1.e véritable maître.c'est l\u2019évêque auxi- daire, Mgr Paul-lugène Roy, avec, pour faninence Grise.l\u2019ex-Jésuite d'Amours.\u2018 ne Damours à Trois-Pistoles, P.Q.Pour quiconque connait ces deux per-' sommages l'attitude de \"lction Catholique n'a rien de surprenant, au contraire.Un de ces étés derniers, le clergé du, docése de Rimouski était réuni pour =.retraite annudlle.Un délégué de l\u2019Action Sofale en caractères romains, c'est-à- dire de l\u2019archevéché de Québec, profita de l'occasion pour passer le chapeau en faveur de l'-lction Sociale on italiques.La quête, natureMement, fut précédée de la conférence ordinaire sur les raisons d\u2019è- tre et la nécessité du journalisme catho- tique.Le conférencier, sc voyant en famille.crut pouvoir, comme on dit vulgai- porté la chose à moi-même.rement, se \u201cdéboutonner\u201d.Ce qui, se- Wied ET \"1 ; ; .; .; PP.Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-[tueile que Mur Roy et l'abbé d'Amours \u2014 {lon lui, rendait la tâche du journalisme catlu< que ardue entre toutes, c'est qu\u2019il devait s'arranger pour ne jamais dire oni, sates pouvoir ensuite dire non, cf inversement, Ftounement de l'auditoire.Ces bons curés et vicaires de campagne, peu familiers avee les beautés de la casuistique, wen revenaient pas, ll y eut des murmures, des critiques: la quête prouva que le misszonnaire de l'letion Sociale avait presque gâté sou affaire.Le missionniire\u2014 on s'en doute peut- vtre c'était l'abhé d\u2019\\monurs, 11 pratique aujourd'hui à la lettre les procédés de pelémique dont il se faisait devant les un titre prêtres du diocese de Rimouski Pa la faveur du clergé: ce qui frappe, en effet, daus ces écrits dont nous avons cité quelques passages, c'est que rien n'y est aifirmé directement: que tout y est yy gue ave Turt consommé d'un Robert Macatire : que pour en extraire ct analyser tout le contenu, il faut romp aux subtifites de da scolastique.IE v avait jadis au Grand Séminaire de être soi-même (Québec quelques jeunes abbés qui s'étaient avis eu (éte l'idée vraiment démo- wiaque desire les Trois Mousquetaires, ba permission leur en fut refusée.Teureu- semeut pour eux, le Séminaire abritait un \u2018autre abbé, qui lui, pour continuer des études commencées a Rome et à Paris.souvait live les livres à l\u2019Iudex.Ils se ré- Cauissaient le soir à sa chaanbre, et comme il n'appartissait nulle part dans la théologie qu'il teur für défendu P'ECOCUTER, il list tout haut devant eux le pission- nant roman du bonhomme Dumas.Cet abbé plein de ressources, ceux qui ent eu depuis l'occasion de l\u2019approcher le reconnaitront tout de suite: il n'était autre que M.l'aul-Fugène Roy, futur êve- que-auxiliaire de Québec, \u2014 celui même qui avec \"M.\\djutor Kivard devait trouver de si savantes combinaisons pour faire du Congrès permanent du parler fran- cais au Canada une affaire catholique \u2014 exclusivement catholique.Roy, d' Amours! de quoi seraient inea pahles deux personnages dg ce calibre, ar-1 ws d'un journal qu\u2019ils présentent aux peuples béants connue le porte-parote attitré de l'épiscopzt, et que ceaui-ci ne peut rappeler à Lu raison sans dévoiler les laideurs morales qui se cachent parfois sous la mitre.Dans le diocèse de Rimouski, où il est connu, le clergé dit couramment de d'Amours polémiste: \u201cC\u2019est une canail- fe Dans le «l}rèse de Québec, H y a une bonne moitié des catholiques instruits qui, tout en acceptant humblement l'autorité de Mgr Roy en matière relisrieu coo et le plus profond mépris pour son caractère ambit\u2019 eux, autoritaire et fourbe.Mais ailleurs, tant qu'ils n'auront pas été démasqués, on aura toujours un certain respect pour cet abbé, pour cet évêque.Ld * + Tout d'abord, interprétant leur silence er dés par les curés, de curés intimidés par les espions de d'archevêché de Qué- bee; et tout ce monde baillera en la lisant, et vous maudira, et plus que jamais se passera, sous le manteau, les journaux «mme le nôtre.lt un beau jour vous vous apercevrez de ceci, Messeigneurs, qu'il ne reste derrière vous que les illet- tres, les vieilles femmies, les petits enfants qui ne verront pas encore clair dans vos mondes toutes humaines, \u201cSurtout, Messeigneurs, n'allez pas im- prudemmient vous imaginer que je parle ici pour mui seul.Jusque dans le clergé - dans ce bas clergé qui a de tout temps veeu de la vie du peuple et que l'-letion Catholique perd son temps à vouloir endoctriner \u2014 on s'indigne sourde- mor de voire silence.Vous crolrez gagner une victoire on imerdisant l\u2019lction, tt peul-étre en effet sera-ce une victoire à la Pyrrhus, Mais peut-être aussi I fection comtinuera-t-dle de paraître, et ce- lu feva deux, en attendant que cela fasse trois.\u201d Vel est, encore une fois, le commentaire que tes artictes de l'Action Catholique nous avaient d'abord inspiré.Réflexion faite.il nous a semble que ce langage, encore trop modéré s'il s'adressait aux deux ou trois politiciens d\u2019Hglise dont ce reptile de d'Amours s\u2019est fait l'âme damnée, nous W'avions pas de droit de le tenir à des patriotes conune Mgr Latulippe, a des saints comme tel évèque que nous pourrions nommer: que la plupart des évèques avaient manqué surtout en ne déférant pas au délégué apostolique, par crainte du scandale, les faussaires qui abusaient de leur signature ; que, conscients de l'erreur qu'ils avaient commise en si- guant le mandement sur la guerre, ils ne paticutaient en silence que pour mieux venzer, un seul pcoup, d'homneur et ka dlgnite de d'IEglise, si gravement conrpro- as par tes directeurs de l'-letion Catholique.Pour Vinstant, nous campons dans cette conclusion.Nous demandons respec- tneusement à l'épiscopat de ne pas nous forcer à en sortir.1 \u2014*\"\"BEINKR ASSELIN- esse) rs Echos Le nom sacré Charles l\u2019éguy, qui a cu la mort héroi- que que l'on sait, était très-croyant, mais c'était un croyant d'une espèce un peu singulière.Il ne pratiquait pas, et il n\u2019aimait guère \u201cles curés\u201d.Il était parti en chantant la \u201cCarmagnole\u201d; bref, de son vivant, il était un de ces croyants auxquels Pliglise, pour sa tranquillité, préfère des athées de tout repos.Depuis qu'il est mort, les choses ont changé: Pon songe à l\u2019utiliser.Des articles.des brochures, présentent de Pé- guy une image affadic et édifiante, et tout comme un assentiment, j'ai été tenté, nou-|ce qu'il y a de mieux pensant monte la veau l'ère Gaucher, de me sacrifier pour ta communauté \u2014 pour la communauté canadienne-française \u2014- en disant à nes évêques: \u201cAction Catholique, Messe:gneurs, ne prétendrait pas parler en votre nom, se Sorc 1, coumme la fae Crow ase donner pour un interprète vaguement autorisé du dogme, que je vous croirais encore moralement tenus, non pas certes de la condamner, mais de ne pas même lui accorder une apparence de protection.À plus forte raison suis-je excusable de vous attribuer Jes vues de V.letion Catholique quand elles sont le développement logique de vos mawdenvents ; que I'd ction Catholique peut Hbrement micnacer ct exconumunier en votre nom; que, grâce à l'Action Catho- Ligue, il est permis à cette Maison \u201cTellier chi journalisme camdéen-f rançais, la Patrie, de mettre son honorable trafic sous votre patronage.Vous êtes trop éclairés pour ne pas savoir qu\u2019on vous tiendra responsables de la conduite d\u2019un journal qui prétend s'appuyor sur vous,où les politiciens im- péréalistes feignent de trouver votre parole, dont de rédacteur a été nommé par un d'entre vous, qui vit des offrandes à sainte Anne eu des quêtes diocésaîmes, ct qui au surplus s'appelle l.fction Catholique après avoir été l'Action Sociale, organe d\u2019une oeuvre d'action sociale fondée par Var- chevéché de Québec, \u201cN'espérez pas non plus vous joindre impunément aux ennemis de votre race pour la priver de ses droits civiques et secuires.Si en 1896 on a contesté votre autorité dans une question où vous aviez voix, puisque il s'agissait jusqu'à -Ln certain point de la formation des âmes, par quelles menaces imposerez-vous comme article de foi une politique étrangère à tout intérêt religieux?Prenez garde! Vous ne perdrez peut-être pas les masses; l'Action Catholique gardera quelque tenrps encore sa clientèle d\u2019institutrices intimidées par les bedeaux, de bedeaux intimi- garde autour de su mémoire, Un jeune écrivain nous contait récemn- ment qu'ayant entrepris d'écrire de Pé- gny une biographie exacte et complète, il s'était rendu aux lieux mêmes où Péguy venait de trouver une mort glorieuse, afin d'interroger les témoins de ses derniers instants.Un des traits qui le frappèrent dans leurs récits, c\u2019est qu\u2019ils étaient tons d'accord pour déclarer que le lieutenant les avait entraînés à l\u2019assaut \u2018en jurant comme un païen\u201d.ll! ne manqua pas, biest entendu, de relater ce trait, à cause du pittoresque.Revenant à Paris, il passa par la ville cpiscopale voisine, et rendit visite à l\u2019évêque, pensant que peut-être celui-ci pourrait lui fournir quelques indications.Au cours de la conversation, il raconta innocemment l'anecdote.Grand émoi du vénérable prélat, qui le pria, le supplia, l'adjura de ne pas la livrer à la publicité.Monseigneur alla même jusqu\u2019à lui sug- trérer la solution élégante : \u2014 Vous pourrez dire, par exemple.cher Monsieur, que Péguy s\u2019élanga à l'assaut \u201cen invoquant le nom de Dieu?\u201d \u2014 Mais il ne l\u2019invoquait pas, Monseigneur, il le \u201csacrait\u201d, si j'ose m\u2019exprimer ainsi.I.a discussion se prolongea sans résultat.jusqu\u2019au moment où I'évéque congédia son hôte en lui rappelant qu\u2019il est dit dans I'Evangile: \u201cMalheur a celui par\u2018§in le scandale arrive!\u201d L\u2019omelette Le fils de Me Chenutappartient.à \u201cune: section de mitrailleuses.: L'autre jour, un civil cri ait \u2018d.lui la prudence du G.Q.-G.et\u2018déclar: péremptoirement : wr \u2014 On ne fait pas-digmelette-sans-cas des oeufs ! Lo A \u2014- On voit bien, Monsieur, lui-répondi le jeune Chenu, que vous:n\u2019étes .pas:d ces oeufs dont on\u201cfait l\u2019omelette.\u2026* - (Du Cri de Paris.) EE AMOR, 3 SIS FPSO PAL rie itiquait \u2018dev ant - it ; i 3 ARE L'ACTI ON Une enquête SN AIL Wehr md 0 I al \u2018A.La chez les Allemands Comment leurs personnages les plus représentatifs: ministres, princes, philosophes, militaires, grands industriels, etc., etc, traduisaient à un publiciste français, un an à peine avant la guerre, la pensée et les ambitions de l'Allemagne contemporaine.Un publiciste français des plus distingués, M.Georges Bourdon, recevait du \u201cFigaro\u201d, en 1913 \u2014 c'est à dire un an environ avant la guerre, \u2014 la mission d'aller poursuivre une enquête chez les Allemands pour tâcher, s'il se pouvait, de pénétrer leurs pensées, leurs ambitions, leurs cspoirs._ Au cours des quelques mois qu'il passa parmi eux, M.Bourdon eut l\u2019occasion, dont il sut profiter à merveille, de s'entretenir longuement et à loisir avec des représentants de toutes les classes du peuple allemand, de tous les états, de toutes les opinions.C'est ainsi qu\u2019il put interroger tour à tour des financiers et des philosophes, des militaires et des journalistes, des ouvriers et des hommes politiques, des industriels et des princes.Des témoignages ainsi recueillis, et soigneusement notés au jour le jour, notre enquêteur devait ensuite composer, pour le \u201cFigaro\u201d, une série d'articles tous du plus haut intérêt et qui comptent certainement, dans le genre, parmi les plus remarquables qu'un journal français ait jamais publiés.Ces articles, soigneusement remaniés et mis au point, ont depuis été recueillis en volume sous le titre: \"L'ENIGME ALLEMANDE.'\"\u2014C'\u2019est tout justement de là que sont tirées les pages que vous allez lire et qui, quoique prises strictement au hasard, vous donneront peut-être une idée du reste de l'ouvrage.Dans nos prochains numéros, nous donnerons tour à tour, du même livre, le compte rendu des conversations de l'auteur avec M.de Bethmann-Hollweg, M.Maximilien Harden.le prince Lichnowsky, etc., etc.J.F.I.Chez le docteur WALTER RATHENAU, industriel, financier Grand et mince, quarante-cing ans environ, élégant, soigné et fin, le front large, la barbe coupée ras, les yeux perçants, seru- mteurs et réfléchis, les maius aux poches d'un veston bien coupé, le docteur \\Valther Rathenau, avec son air d'intelligence et de décision, se promenait à travers son cabinet de travail.A la fos udustriel, financier ut homme de culture, il montre une curiosité active pour tout ce qui \u2018peut sofficiter un cerveau humain.Ancien codirecteur de l\u2019une des plus considérables sociétés financières de l\u2019Allemagne, la Berliner Handelsgesells- chaft, directeur, avec son père, de la Société générale d'Electricité, dont on connaît le viste rayonnement, il appartient encore à soixante-dix conseils d'administration, je crois, et s'intéresse à phus de trois cents sociétés.Ce labeur sufftrait à bien des hommes; mais cdui-ci a en outre trouvé le temps de publier des brochures de socio- dogie, de philosophie et d'art, où éclate l\u2019o- rigimalité de son tempérament.Il savait pourquoi je le venais voir.Il savait ce qu\u2019il me répondrait.LI est joli parfeur.11 manie notre langue en homme qui la connaît bien.C'est presque une conférence qu'il me fit, et je n'ai qua la résumer.Bïc me parut éloquente, sincère et, en plus d\u2019un point, profonde.Elle était réfléchie, prononcée sur ce ton de gravité qui conWent aux grands sujets, empreinte d'un esprit d'équité digne de respect.\u201cC\u2019est ainsi, :pensats-je, que des hommes cultivés et sages «devraent toujours s\u2019entretenir d'une telle matière!\u201d = M.Rathenau débuta ainsi: \u201cA l\u2019égard de la France, l'Allemagne est dans la situation d'une maîtresse qui multiplie les sounfires et n'arrive pas à plaire.\u201d Je lin- terrompis d\u2019un \u201cOh!\u201d de surprise.11 ré plique : \u2014Mais oui.Vous ne nous comprenez pas.C\u2019est peut-être, c'ast sûrement de no- vre faute.Allez, je ne suis pas aveugle sur nos défauts.Evxlemment nous manquons de grâce.Nous ne savons pas dire les mots qu'il faudrait.Nous sommes des buveurs de bière, nos déclarations sentent le tabac.: V4 Je me mis à rire.Mais hi, flegmatique: \u2014Je parle sans irone.Je ne songe pas à bafouer l'image que Pon se fait de nous en France.Ce que je dis est exact, ou, si vous le préférez, à peu près exact Et il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque vous \u201cfle nous avez pas entendus.Mais, tandis que vous vous moquiez, nous vous Écou- .tions, nous ; nous lisions vos journaux, vos .Kivres; nous étions dans vos théâtres, nous \u201centrions dans votre Parlement.Ah! ce \u2014rPétait Ipas toujours pour nous ravir! Vous \u201cFous exprimiez à demi-noi, par aKusiors, avec cette terrible courtoisie qui glace et \u201cdés rme.Et nows nous faisions l\u2019effet \u201cd'être \u2018de ces enfants devant qui, à la table \u2018 \u2018de famille, les'.parents se mettent soudain \u201cà parler anglats,\"de peur qu'ils ne comprer- \u2018nent, Nous compremions.Car nous som- + » \u201c dires tout-de même capables d'entendre un - -dentain\u201c
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