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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier S
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2006-01-28, Collections de BAnQ.

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[" ###PAGE###1### C M Y K La Tribune ??????????????? ???????? ?????????????????????? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune 1 6LT0108S2801 ###PAGE###2### C M Y K 2 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT0204S2801 « J\u2019étais à l\u2019emploi de La Tribune depuis quelques mois.Je connaissais assez bien la ville de Sherbrooke pour y avoir déjà étudié, mais j\u2019avais confondu les rivières Magog et Saint-François dans un texte sur un fait divers.Ainsi, j\u2019avais prêté des vertus surhumaines à un malfaiteur en écrivant qu\u2019il avait tenté d\u2019échapper aux policiers qui le poursuivaient en plongeant dans la rivière Magog, près du pont Jacques-Cartier, pour émerger presque aussitôt dans la rivière.Saint-François et être arrêté illico!» - Denis Dufresne Malfaiteur surhumain « Un drame s\u2019est produit à la salle de rédaction de La Tribune, un soir de janvier 1992.Ce soir-là, à minuit trente, une demi-heure avant l\u2019acheminement des quatre dernières pages à l\u2019atelier de montage, un collègue s\u2019effondre.Richard Jean, journaliste au pupitre des sports, tombe soudain à la renverse sur son dossier de chaise.À cette heure où les journalistes pupitreurs sont particulièrement stressés par l\u2019heure de tombée, Richard est atteint d\u2019un malaise à son point faible, droit au coeur.Nous nous ruons à son secours pour la respiration artificielle.Les ambulanciers arriveront six minutes plus tard pour son transport à l\u2019Hôtel-Dieu.Une heure plus tard, pendant que les presses tournent déjà pour la production du journal du lendemain, l\u2019hôpital confirme le décès.Richard Jean avait 41 ans.Il est mort en devoir au service des lecteurs.» - Albert Bérubé Foudroyé un soir de janvier À la suite de travaux majeurs en 1953, une plaque commémorative a été apposée à l\u2019édifice de la rue Frontenac par le fondateur de La Tribune, M.Jacob Nicol.Il est entouré de M.Napoléon Grégoire, contremaître des travaux, et d\u2019Alphée Gauthier, vice-président, co-propriétaire et administrateur général.La livraison de La Tribune à Thetford Mines était assurée en 1954 par M.Émile Devault.Sur la photo, on l\u2019aperçoit avec M.Jean-Marc Denault, chef de l\u2019information, M.Gaston Thériault, chef de la distribution (qu\u2019on appelait circulation à l\u2019époque), M.Louis-Phi- lippe Robidoux, rédacteur en chef et M.J.Wilfrid Stébenne, administrateur adjoint.EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Richard Jean Avant l\u2019avènement de la photographie numérique, la chambre noire a longtemps été un endroit indispensable à tout journal pour le tirage des photos d\u2019actualité.Sur celle-ci, au début des années 1960, M.Eddie Grenier et M.Royal Roy s\u2019affairent aux bassins et à l\u2019agrandisseur.Une scène croquée en 1960.Le chef de l\u2019information de l\u2019époque, M.Yvon Dubé, discute avec le journaliste Lucien Bouchard.M.Dubé grimpa les échelons pour devenir président-éditeur.Il a pris sa retraite en 1989.???????????? ??????????? ?????????????? ????? ??? ???????????? ??????????? ?????????????? ??????????????? ???????????? ?????????????? ??????????????????? ?????????????????? ????????? ????????????? ??????????????????? ??????????????? ????????? ????????????? ??????????????????? ??????????????? ???????????????? ??????????????????? ?????????????????? ###PAGE###3### C M Y K S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R 3 6LT0304S2801 Tant pis si j\u2019ai l\u2019air infantile Mais, par ma foi, Ma phrase d\u2019élection, c\u2019est «Il Était une fois.» C e couplet, chanté par Jean Ber- tola, est de Georges Brassens.J\u2019aurais aimé l\u2019avoir écrit tant il traduit avec fidélité mon désarroi face à la vitesse de croisière étourdissante que la diffusion de l\u2019information a prise ces dernières années.Tant que l\u2019information a voyagé à la vitesse du son, j\u2019ai réussi, difficilement, je le confesse, à rester accroché au guidon mais, depuis qu\u2019elle voyage à la vitesse de la lumière, qu\u2019un événement m\u2019est raconté noir sur blanc alors même qu\u2019il se déroule, je perds carrément les pédales.Je n\u2019y peux rien: j\u2019ai connu la nouvelle au temps où, du théâtre d\u2019un événement aux presses, puis des presses au lecteur, elle voyageait à pas de tortue et, chaque fois qu\u2019elle a hâté l\u2019allure, j\u2019ai eu du mal à suivre.Ce qu\u2019une nouvelle en parcourait du chemin avant de se retrouver en page à l\u2019époque pourtant pas si lointaine où j\u2019ai fait mes premières armes dans le métier de journaliste! Pas d\u2019ordinateurs, pas d\u2019écrans cathodiques non plus dans ce temps-là.Des vieilles machines à écrire manuelles, pas même électriques, des pioches comme nous disions, et du papier comme seuls outils.Une fois la nouvelle rédigée, le journaliste qui travaillait à l\u2019extérieur de Sherbrooke devait trouver un moyen de la faire parvenir à la maison-mère.Pour celui qui disposait d\u2019un téléscripteur, ça n\u2019était pas un gros problème mais, pour celui qui travaillait dans un bled à l\u2019écart du réseau ferroviaire, c\u2019était souvent un vrai casse-tête.Bien sûr, il y avait le courrier à la condition qu\u2019il n\u2019y eût pas un départ seulement au chant du coq.Même chose pour l\u2019autobus.De toute façon, même en supposant qu\u2019il y eût concordance parfaite, c\u2019est sur le téléphone qu\u2019il fallait se rabattre quand un événement le moindrement important se produisait en soirée.* * * La nouvelle arrivée de peine et de misère rue Dufferin, elle était lue en diagonale par le chef des nouvelles ou son adjoint, envoyée aux correcteurs, un couple belge du nom de Piérard émigré du Congo dans je ne sais plus quelles circonstances, qui ne laissaient même pas passer une faute de ponctuation.Elle revenait ensuite au pupitre où elle était mesurée, titrée, mise en page puis expédiée par convoyeur à l\u2019atelier de composition où un linotypiste la reproduisait en lignes de plomb qu\u2019un monteur plaçait dans un cadre d\u2019acier en suivant le plan tracé au pupitre.Seules la une, la page 2, la page 3 et la page éditoriale revenaient au pupitre pour une correction complète.Il n\u2019y avait que les titres des autres pages qui étaient revus et cela en quatrième vitesse.Je vous fais grâce de ce qui se passait ensuite.Qu\u2019il me suffise de vous dire que, lorsque qu\u2019on entrait à l\u2019atelier de composition qui occupait le quatrième plancher, on avait l\u2019impression de pénétrer dans une fonderie et qu\u2019en traversant les locaux adjacents aux presses qui, elles, occupaient le sous-sol on croyait traverser un atelier d\u2019usinage.Malgré toutes ces pérégrinations qui se répétaient avec lenteur pour chaque nouvelle, il était bien rare que les heures de tombée ne fussent pas respectées.Pouvez-vous m\u2019en vouloir d\u2019être un tantinet nostalgique de cette époque où petit train allait tout de même aussi loin que grand train aujourd\u2019hui? Au temps béni de la lenteur « Durant un plus de 75 ans, les journalistes de La Tribune ont écrit leurs textes à l\u2019aide de machine à écrire Remington, qui étaient devenues de «vieilles piocheuses» en fin de carrière.Mais il ne faut pas croire que le passage à l\u2019ordinateur s\u2019est fait tout en douceur.Peu de journalistes étaient familiers avec les ordinateurs personnels à l\u2019époque.Bien sûr, les journalistes avaient eu droit à des cours pour apprivoiser l\u2019ordinateur.Mais combien de fois avons-nous entendus des cris de colère quand un journaliste fermait son ordinateur sans avoir enregistré son texte.On pensait bien que jamais Denis Messier n\u2019arriverait à l\u2019apprivoiser.Et pourtant il a réussi et il ne retournerait pour rien au monde à la «vulgaire machine à écrire».Je n\u2019ai pas eu le plaisir de travailler avec Louis O\u2019Neil, mais on m\u2019a dit que c\u2019est lui qui avait fait la plus grosse colère contre sa machine à écrire, alors que La Tribune logeait à l\u2019angle des rues Dufferin et Frontenac.Incapable de dompter la bête féroce, M.O\u2019Neil avait ouvert la fenêtre pour jeter sa machine à écrire dans la rivière Magog.Un tel incident ne risque plus de se produire aujourd\u2019hui: il est impossible d\u2019ouvrir les fenêtres de l\u2019édifice de la rue Roy.et la rivières Magog coule à 100 mètres de l\u2019édifice.» - Jean-Paul Ricard À l\u2019eau, la «vieille piocheuse»! « Jeune journaliste, je roule le 8 juillet 1971sur la rue King Ouest avec le photographe Royal Roy (décédé depuis plusieurs années) en direction de Rock Forest.L\u2019échangeur Darche est en pleine construction.Je regarde les travaux en cours quand soudain, tout s\u2019écroule devant mes yeux.Vlan! Des tonnes de ciment s\u2019étendent par terre, des ouvriers sont blessés, «beurrés» de ciment.La scène ne dure que quelques secondes.On s\u2019arrête.Je demande à un automobiliste d\u2019aller appeler du secours.Pas de téléphone cellulaire dans le temps.Près de la route, un travailleur que je ne saurais reconnaître, a presque été englouti par le ciment; je lui parle, j\u2019essuie son visage.Sur un haut pilier de ciment coulé il y a quelques jours, un travailleur se retrouve isolé, la structure sur laquelle il travaillait s\u2019étant écroulée.Sa photo fera la une le lendemain.» - Daniel Forgues Apprendre sur le tas EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Les reconnaissez-vous? Jean-Paul Ricard et Mario Goupil assistent à un camp d\u2019entraînement des Castors de Sherbrooke, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, au milieu des années 1970.L\u2019emploi de camelot s\u2019avère souvent le premier boulot qu\u2019on puisse obtenir.Le nom de ce jeune garçon, croqué en 1958, est malheureusement inconnu.Avant l\u2019arrivée du procédé d\u2019imprimerie offset, la mise en page se faisait au plomb par des employés de l\u2019atelier.Sur cette photo, M.Gérard Pépin et M.Clermont Devault, à gauche, montent une page sur la supervision de M.Jean-Marc Denault, chef de l\u2019information.Gilles Dallaire COLLABORATION SPÉCIALE ??????????????? ?????????????????????? ????????????????? ???????????????? ??????????????? ???????????????? ???????????????? ???????????????????? ???????????? ?????????????? ???????????????? ?????????? ???????? ?????????????? ??????????? ??????????????? ????????????? ????????????? ???????????????? ???????????? ?? ?????? ###PAGE###4### C M Y K 4 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT0404S2801 EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS « Des fois, je me demande si je n\u2019y suis pas pour quelque chose dans l\u2019exil de Diane Tell en France.Au début des années 1980, je n\u2019avais que quelques mois d\u2019expérience à La Tribune quand mon patron m\u2019a confié, au pied levé, ma première assignation dans le merveilleux monde des arts.Il m\u2019a demandé d\u2019interviewer Diane Tell, une jeune chanteuse de l\u2019Abitibi que je ne connaissais ni d\u2019Ève, ni d\u2019Adam.À l\u2019époque, comme Internet n\u2019existait pas, il n\u2019y avait pas moyen de s\u2019informer sur un sujet en quelques minutes.J\u2019ai donc choisi d\u2019avouer candidement mon ignorance à Diane Tell.Elle l\u2019a mal pris.Elle a refusé de m\u2019accorder une interview.Elle s\u2019est installée à l\u2019écart, boudeuse, irritée que le journal ait confié le travail à un tel ignare.Heureusement, le relation- niste qui l\u2019accompagnait a visiblement eu pitié de moi.Il m\u2019a longuement parlé de Diane Tell et de sa musique.J\u2019ai pu rédiger mon texte comme si de rien n\u2019était.Mon patron n\u2019en a rien su.Et il a continué, à l\u2019occasion, de me confier des missions artistiques, à moi qui étais surtout versé dans le monde des affaires, du syndicalisme et de la consommation.» - Gilles Fisette Un moment embarrassant Adieu tireurs d\u2019épreuves, linotypistes, Pendant longtemps, les journaux étaient fabriqués à la linotype.Les textes tapés par les linotypistes étaient imprimés dans le plomb.Sur cette photo prise à la fin des années 1960 se trouvent Léo Tardif au clavier, entouré de Gaston Lachapelle, Frédéric Viens, Gérard Pépin et Jacques Delorme.Le plomb était un élément essentiel à l\u2019imprimerie jusqu\u2019aux années 1970.M.Bernard Lafond coule ici des lingots de plomb nécessaires à la quinzaine de linotypes de l\u2019atelier.Chaque linotypiste avait besoin de huit à dix lingots dans leur journée.Les gallées de texte, sorties de la linotype, devaient ensuite être assemblées dans une forme de page.M.Rosario Blais met ici la dernière touche à une première page de La Tribune.Chaque page était moulée dans une plaque de plomb, incurvée en demi-cercle, pour être posée sur les rotatives du journal.M.Arthur Gingras s\u2019applique à cette tâche devant ce réservoir plein de plomb chaud.###PAGE###5### C M Y K S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R 5 6LT0504S2801 EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Gilles Dallaire COLLABORATION SPÉCIALE B ouder le progrès, c\u2019est se condamner à faire du sur-place puis à prendre du recul et, éventuellement, à disparaître.Toutefois, si le progrès est générateur de bénéfices dont l\u2019amélioration de la productivité, de la qualité du produit et de la qualité de vie au travail n\u2019est pas le moindre, il a aussi son prix.Dans le secteur de l\u2019imprimerie, sa rançon a été l\u2019élimination de toute une gamme de métiers et, du coup, la disparition d\u2019un riche savoir-faire.À La Tribune, le coup le plus dur a été porté par la substitution de la composition à froid à la composition à chaud ou, pour être clair, par le remplacement du plomb en fusion par le photographique, un remplacement qui s\u2019est fait graduellement entre l\u2019été l974 et le déménagement du journal rue Roy deux ans plus tard.Plus besoin désormais du tireur d\u2019épreuves, généralement le dernier employé embauché à l\u2019atelier de composition.En bien moins de temps qu\u2019il ne faut pour le dire, il vous couchait une vignette, un titre, un placard publicitaire ou même toute une page sur une table, vous l\u2019enduisait d\u2019encre d\u2019imprimerie à l\u2019aide d\u2019un rouleau semblable aux rouleaux qu\u2019on utilise pour peindre, vous fixait ensuite une feuille de papier de la dimension requise à un battant qu\u2019il appuyait finalement sur la table.* * * Plus besoin non plus des linotypistes puisque la linotype, cette énorme machine à écrire doublée d\u2019un fourneau où bouillait du plomb en fusion, n\u2019avait plus sa place dans l\u2019atelier.Glissaient donc vers l\u2019oubli des artisans tels que Félicien Fisette, ce mélomane longtemps membre de l\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke, qui faisait courir ses doigts aussi rapidement sur le clavier de sa linotype que sur les cordes de sa contrebasse, Roméo Lemieux qui composait les tableaux des titres transi- gés à la Bourse de Toronto, à la Bourse de Montréal et à la Bourse canadienne, alignant les huitièmes, les quarts et les demies sans faire la moindre erreur, et Yvan Vitiuk qui martelait son clavier à une vitesse telle qu\u2019il pouvait alimenter en ruban perforé une linotype crachant 10 lignes de plomb fondu à la minute.S\u2019estompait enfin lentement le souvenir de ce linotypiste si absorbé par sa tâche qu\u2019un confrère de travail avait pu, sans qu\u2019il s\u2019en rende compte, délacer ses chaussures et nouer les lacets aux pattes de sa linotype; et de cet autre qui, machinalement sans doute, remplaçait invariablement par «électrique» l\u2019épithète «éclectique» cher au journaliste René Berthiaume.Les typographes qui, pendant des décennies, avaient couché ligne après ligne les caractères de plomb dans de lourdes fenêtres d\u2019acier placées sur des tables roulantes coupaient maintenant à l\u2019exacto des mètres et des mètres de papier photographique où titres, textes, photos et annonces apparaissaient en clair sans relief.Quant aux clicheurs qui mettaient les pages de plomb à l\u2019épaisseur requise pour la suite des opérations précédant l\u2019impression et aux guillocheurs qui faisaient disparaître les bavures et les aspérités à l\u2019aide de fraiseuses, leurs jours étaient comptés.Comme les tireurs d\u2019épreuves, les linotypistes et les typographes, ils seraient affectés à d\u2019autres tâches quand, à l\u2019automne 1976, avec le déménagement du journal rue Roy, l\u2019offset, un procédé d\u2019impression à plat utilisant un rouleau de caoutchouc qui calque sur le papier le motif encré d\u2019une plaque de métal, ferait son entrée.* * * Pendant des années encore, il a subsisté de petites poches de résistance aux changements technologiques.Ainsi, même si le tout-à-l\u2019ordinateur a commencé à devenir la règle en 1978 à la salle de rédaction, des typographes qu\u2019on appelait maintenant des grugeurs ont transposé sur du ruban perforé les textes fournis sur papier par les correspondants du journal jusqu\u2019à la fin des années 1990.Ces îlots de résistance ont fini par être noyés par les vagues du progrès.L\u2019accès de plus en plus facile au réseau Internet a rendu le papier désuet.Une autre innovation, la pagination électronique, a aussi fait des victimes.Plus besoin désormais de coupeurs et de colleurs de papier photographique puisque, par la magie de la simple composition d\u2019un code, la page conçue au pupitre s\u2019en va directement à la photogravure.C\u2019est ainsi que de précieux savoir-faire, fruits de patients apprentissages et de longues pratiques, se sont perdus.Avec eux, c\u2019est aussi tout un vocabulaire qui a sombré dans l\u2019oubli.Aujourd\u2019hui, un journaliste préposé à l\u2019édition se croirait tombé sur une autre planète si le regretté Gérard Pépin qui fut longtemps le prote, ainsi qu\u2019on appelait jadis le contremaître de l\u2019atelier de composition, revivait et lui hurlait par intercom interposé: «Ce texte-là, le veux-tu en haut de casse ou en bas de casse? Tu ne l\u2019as pas indiqué sur la copie!» Une façon comme une autre de lui demander de faire un choix entre les majuscules et les minuscules! typographes, clicheurs, guillocheurs Un métier disparu: les clicheurs.Ces ouvriers, comme M.Ephreme Breton, savaient découper des lingots de plomb en de fines plaques nécessaires à la composition des pages.Au milieu des années 1970, l\u2019avènement de l\u2019informatique a beaucoup simplifié la composition des textes, alors mémorisés sur du ruban perforé.Les clavistes, comme Mme Lise Picard, ont alors remplacé les linotypistes.Jusqu\u2019à l\u2019arrivée des logiciels de mise en page dans les années 1990, les pages de journal étaient montées par des typographes comme M.Gérard Laurencelle et M.Gilles Rancourt.Les textes et les images étaient imprimés sur du papier encollé et assemblé sur une page.« Un certain soir de décembre 1981, alors que l\u2019heure de tombée approchait, le journaliste qui oeuvrait à Drummondville envoie un petit texte sur un incendie dans une résidence.Après avoir retourné un éventuel titre dans tous les sens pour qu\u2019il entre dans l\u2019espace réservé, ce qui devait être \u2018\u2018Résidence ravagée par le feu à Drummondville\u2019\u2019 j\u2019ai plutôt été écrit \u2018\u2018Incendie ravagée par le feu à Drummondville\u2019\u2019.L\u2019épreuve de la page a été vérifiée par le chef de pupitre, lui-même pressé par le temps pour le montage de la une.Il n\u2019y a vu que du feu! Le titre fautif s\u2019est donc retrouvé dans le journal, à la grande satisfaction du défunt magazine Croc qui collectionnait les coquilles dans les titres des journaux du Québec et qui avait même lancé un concours avec trophées aux plus méritants.C\u2019est ainsi que je me suis retrouvé avec le trophée de la Co(q)uille d\u2019or décerné en 1983 pour ce titre si chaleureux.J\u2019ai conservé la plaque souvenir.» - Bernard Custeau Un titre trop chaleureux « Dans les temps lointains, à l\u2019intersection des rues Frontenac et Dufferin, la mise en page se faisait plus tard en soirée qu\u2019aujourd\u2019hui.La plupart des préposés au pupitre avaient le temps de souper avant de se rendre au travail.À cette époque, Denis Messier avait la même mine de bougonneux qu\u2019aujourd\u2019hui, cachant un coeur d\u2019or.Par contre, il se découvrait après le souper quand, au retour à La Tribune, il arrivait avec des cornets de crème glacée pour tout le monde.De plus, comme je n\u2019avais pas de voiture, il lui arrivait, quand il terminait sa soirée aussi tard que moi, de me reconduire chez moi.Denis l\u2019a peut-être oublié aujourd\u2019hui, car la générosité ne regarde pas derrière, mais lui, comme plusieurs autres que je n\u2019arriverais pas à tous nommer sans faire des oublis graves, ont donné au travail un goût de fraises ou de chocolat qui demeure à jamais.» - Michel Rondeau Bougonneux au coeur d\u2019or ###PAGE###6### C M Y K 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT0604S2801 « Il y a une quinzaine d\u2019années, je me retrouve par la force des choses à la couverture de la santé.J\u2019y connais alors strictement rien.Sauf que la curiosité l\u2019emporte quand j\u2019entends parler qu\u2019un chirurgien de l\u2019ancien Hôtel-Dieu, Dr Gabriel Laber- ge, a importé et développé ici une technique de réparation d\u2019anévrisme de l\u2019aorte abdominale.Après entente pour une entrevue, j\u2019arrive à l\u2019hôpital du centre-ville où l\u2019on m\u2019habille de la tête au pied de l\u2019accoutrement du parfait chirurgien.Je ne comprends pas, mais je me dis qu\u2019après tout, ça doit être stérile un hôpital.Je suis l\u2019infirmière d\u2019un pas alerte et là, à l\u2019ouverture des portes coulissantes du bloc opératoire, j\u2019allume: le médecin m\u2019accueille en présence d\u2019un vrai patient sous anesthésie générale, le corps entrouvert, du VRAI sang, une vraie chirurgie.Pouf! Me voilà à terre sur le terrazzo.Compresse d\u2019eau froide sur le front et les deux yeux fermés pour ne rien voir, l\u2019entrevue a été un véritable supplice.devant le fou rire de Dr Laberge.De retour au bureau, le teint pâle, traumatisé, je me fais aussitôt demander par mon rédacteur en chef, le regretté Jean Vigneault: \u2018\u2018Pis François, ton affaire à l\u2019hôpital, c\u2019est bon pour la une?\u2019\u2019.\u2018\u2018Je sais pas, que je lui réponds, mais j\u2019ai failli être bon pour la nécrologie\u2019\u2019.Du haut du ciel, je suis sûr que mon ancien patron en rit encore.» - François Gougeon «Bon pour la une».ou la nécrologie EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Gilles Dallaire COLLABORATION SPÉCIALE L ouis-Philippe Robidoux n\u2019a jamais recherché les feux de la rampe.Mais il n\u2019en a pas moins exercé non seulement sur La Tribune et sur la vie culturelle de Sherbrooke une influence considérable, malgré sa réserve et sa discrétion naturelles.Parcours exemplaire que celui de cet homme, né dans une famille de condition modeste de Stanbridge Station en 1897, qui a occupé le poste de rédacteur en chef de La Tribune sans interruption de 1921 jusqu\u2019à son décès en l957.Après avoir complété des études primaires brillantes dans son patelin, il entre en l914 au Séminaire Saint- Charles-Borromée de Sherbrooke qu\u2019il fréquente jusqu\u2019en l920.Sa passion de l\u2019écriture l\u2019incite alors à devenir journaliste plutôt que prêtre, médecin, avocat ou notaire comme la plupart de ses confrères de classe.Embauché par La Patrie qui est alors un quotidien, il y reste à peine un an avant que le propriétaire de La Tribune, Jacob Nicol, remarque son talent puis l\u2019invite à devenir rédacteur en chef du journal qu\u2019il a fondé en 1910.Défi de taille pour le jeune homme qui n\u2019a que 24 ans.À cet âge, d\u2019ordinaire, on signe pour la toute première fois son nom dans un journal.Mais il relève ce défi avec brio.Sitôt en poste, il donne à la page éditoriale un ton qu\u2019elle conservera pendant 36 ans et qui est le reflet fidèle de sa personnalité: il encouragera les initiatives qu\u2019il juge dignes de son support, mais sans tomber dans la flatterie.Il déplorera celles qu\u2019il juge dommageables mais sans éreinter, jamais il ne versera dans le prêchi- prêcha, que ce soit dans le soutien ou dans le blâme.Et surtout, lui qui confiait un jour à un ami que c\u2019est déjà écrire trop vite que d\u2019écrire à la main, il apportera à la rédaction de ses textes un soin qu\u2019on serait peut-être porté à qualifier de maniaque aujourd\u2019hui.* * * Son amour de sa langue le pousse à publier chaque jour dans la page qui est maintenant son royaume un poème d\u2019un auteur français ou d\u2019un écrivain canadien de langue française et à s\u2019entourer de jeunes journalistes qui partagent cet amour.C\u2019est ainsi qu\u2019il embauche successivement Édouard Hains, Alfred DesRochers, Jovette-Alice Bernier, Louis-C.O\u2019Neil, Marthe O\u2019Neil, Henri-Myriel Gen- dreau, Éva Sénécal et Françoise Gaudet-Smet.Ils ne rehausseront pas seulement la qualité littéraire, mais ils deviendront aussi des écrivains estimés pour la plupart, réputés même pour ce qui est d\u2019Alfred DesRochers.Obligé d\u2019être partout de par la profession qu\u2019il a choisie, cet homme d\u2019une rare modestie refait le plein en couchant sur le papier dans la solitude les réflexions teintées d\u2019ironie et de finesse que lui inspire une observation pénétrante des travers humains.Ainsi qu\u2019un éminent professeur de l\u2019Université de Sherbrooke, Antoine Sirois, l\u2019a fait remarquer dans une présentation faite en l994 à la Société royale du Canada, Louis-Philippe Robidoux est fort probablement été le premier au Québec à cultiver l\u2019aphorisme, ce condensé de sagesse humaine qui rend si attachantes les oeuvres de La Rochefoucault, de La Bruyère, d\u2019Amiel et de Jean Rostand.Dans la chronique qu\u2019il signe du pseudonyme de Tristan comme dans ses recueils de pensées (Feuilles volantes, publié en 1949, et Lueurs, en 1951), il se révèle un moraliste de haute tenue qui ne dédaigne pas de recourir à l\u2019humour à l\u2019occasion pour illustrer son point de vue.Il sait d\u2019expérience que l\u2019art et la facilité font rarement bon ménage, ainsi qu\u2019en témoigne cette réflexion consignée dans Lueurs: «Ce qui est écrit sans peine est lu sans plaisir.» Comme l\u2019a souligné Antoine Sirois, en plus d\u2019avoir été un journaliste éminent, Louis-Philippe Robidoux peut être considéré comme un témoin et un animateur important de la vie culturelle de langue française dans la région desservie par La Tribune.La Tribune, archives Louis-Philippe Robidoux a assumé le poste de rédacteur en chef de La Tribune pendant 36 ans.On le voit dans les années 1950 avec un assistant, Pierre-Paul Blais.Louis-Philippe Robidoux: un rédacteur en chef aussi influent que discret ###PAGE###7### C M Y K S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R 7 6LT0704S2801 EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Denis Messier COLLABORATION SPÉCIALE I nternet haute vitesse, le «sans-fil» et la haute technologie d\u2019aujourd\u2019hui rend le boulot plus facile.Je l\u2019ai vécu en juillet dernier à St.Andrew\u2019s, en Écosse, lors de l\u2019Open Britannique.Eh que j\u2019aurais aimé pouvoir compter sur un tel outil, un certain lundi soir 6 mai 1968, sous le coup de 10 heures (heure de Winnipeg et minuit à Sherbrooke) sur la galerie de presse du Centre civique St.James! Champions senior du Québec et de l\u2019Est du Canada, les Tigres de Victoriaville de Lou Poliquin n\u2019étaient alors qu\u2019à un seul triomphe de la coupe Allan, emblème de la suprématie du hockey senior canadien.Ils menaient la série 3-1 contre les Mohawks, champions de l\u2019Ouest.Ça pouvait même se terminer ce soir-là, les gars étaient pressés de revenir à la maison! Un p\u2019tit deux heures de décalage horaire, au beau milieu de l\u2019après-midi, ça allait.Mais un match en soirée rendait la situation plus compliquée.À Victoriaville, les fans étaient excités.Et si les Tigres devenaient champions, c\u2019allait être une première dans l\u2019histoire.La Tribune devait être à la hauteur! À la conclusion du match, il fallait faire vite! Un saut au vestiaire, bien sûr, et un autre saut dans un taxi pour la gare de Winnipeg.À Sherbrooke, le pupitre allait être sur les nerfs.Comment j\u2019allais prendre pour y sortir, moi aussi, en champion? J\u2019avais l\u2019expérience de deux conquêtes de la coupe Allan derrière la cravate, soit celle des Castors en 1965 et les Aigles de Drummondville en 1967.Mais ce jour-là, je suis avec les Tigres, de nouveaux champions probables, dans un autre fuseau horaire.* * * Après une courte réflexion, je me suis rappelé qu\u2019en 65 ainsi qu\u2019en 67, quand le champagne coulait à flots dans le vestiaire, les déclarations des gars, pour le moins qu\u2019on puisse le dire, ça se ressemblait d\u2019une fois à l\u2019autre.Oui, vous le savez bien, du «déjà vu et entendu.».Ainsi donc, l\u2019après-midi du match, je m\u2019enferme dans ma chambre d\u2019hôtel pour écrire.Un premier texte qui va coiffer la «Une» du journal.Un p\u2019tit facile.Aussi, un billet sur Lou Poliquin et ses Tigres, ainsi que le rôle joué par «Ti-Lou».Un autre texte sur les scènes de joie sur la glace.et bien sûr pour compléter, des déclarations! «Ma plus belle victoire en carrière.» «Nous sommes les numéros 1.» «Mon plus beau souvenir.» «Le filet le plus important depuis mes débuts dans le hockey.» «Cette coupe ne se compare pas à celle de l\u2019an dernier.» «Un travail d\u2019équipe.» «Une belle page d\u2019histoire.» Et ça continuait ainsi, dans ce texte écrit bien avant la mise au jeu! La description du match (un gain de 2-0 finalement) devenait bien secondaire avec la victoire.Vous n\u2019avez pas besoin d\u2019une heure de tombée bien longue pour n\u2019ajouter que le pointage final.et le nom des marqueurs.Je n\u2019ai fait qu\u2019une erreur.Et encore aujourd\u2019hui, je m\u2019en mords les pouces: en route vers l\u2019aréna pour le match, j\u2019ai souhaité bonne chance à «Ti-Lou» Po- liquin tout en lui annonçant que mes textes du lendemain étaient rédigés à 90 pour cent.Mais pour que ça fonctionne, il fallait que son club gagne.Il y a eu un silence.Et il m\u2019a lancé un de ces regards avant de tourner les talons! Ouf, je savais que Ti-Lou était en beau fusil! Au retour à l\u2019hôtel, après le match, Ti-Lou riait et moi, j\u2019avais respecté l\u2019heure de tombée! La course contre la montre.ou comment déjouer le temps avant l\u2019ère du cellulaire et de l\u2019internet Malgré une fin de match tardive et le décalage horaire avec Winnipeg, La Tribune avait en manchette la victoire des Tigres de Victoriaville au championnat canadien senior, le mardi 7 mai 1968.Nous n\u2019étions pourtant pas à l\u2019ère de l\u2019Internet.Denis Messier en début de carrière en 1966.Quand les moyens le permettaient, les journalistes expédiaient leurs textes au moyen du télétype, comme le faisait le chef des correspondants, M.Pierre Paul, au tournant des années 1960.Denis Messier n\u2019avait toutefois pas accès à cette technologie, le 6 mai 1968, à Winnipeg! Une photo prise au mois de mars 1969, deux mois avant la finale de la coupe Allan.Le joueur Andy Payette discute avec l\u2019entraîneur Lou Poliquin.«Nous sommes en 1977, en plein coeur de l\u2019affaire Charles Marion.Le téléphone de mon appartement sonne.Sur un ton monocorde, un homme me dit faire partie des ravisseurs et qu\u2019il y a un communiqué de leur part à l\u2019entrée de l\u2019immeuble.Je découvre avec stupéfaction que les ravisseurs proposent que je devienne un nouvel émissaire.Évidemment, le communiqué trouve une place de choix dans notre édition du lendemain.Jouer à l\u2019«émissaire» ne m\u2019emballe pas du tout.Mais si on veut m\u2019envoyer au front, j\u2019irai cependant.Aussi quand le rédacteur en chef m\u2019indique que le journal préfère ne pas me voir embarquer dans cette galère, j\u2019ai une tête un peu neutre.Mais à l\u2019intérieur, je suis soulagé.Beaucoup plus tard, des médias rapporteront des rumeurs que la Sûreté du Québec avait fabriqué de faux communiqués durant l\u2019affaire Marion.Ai-je eu en main un vrai ou un faux message? Je n\u2019ai pas réponse.Mais je sais que mon rôle d\u2019«émissaire» et mon moment de gloriole furent bien éphémères.» - Léon Dion Émissaire éphémère « J\u2019en ai couvert des faits divers durant près de 30 ans et j\u2019ai vécu des drames horribles.Car nous les vivons.Certains croiront que nous sommes des voyeurs, mais nous éprouvons beaucoup d\u2019empathie pour les épreuves que les victimes et leurs proches traversent.Je me souviens que je revenais un soir d\u2019un accident mortel d\u2019une petite fille, sur la route de Saint-François-Xavier-de- Brompton.Malgré leur lourde peine, j\u2019ai rencontré des parents extraordinaires, une mère qui berçait en silence un nouveau-né, un père qui avait failli se faire arracher le bras pour sauver sa fille et qui s\u2019en voulait terriblement.À mon retour à Sherbrooke, les yeux embués, je ne voyais pas la route.Métier aux zones de grande lumière, mais aussi d\u2019ombre qui use imperceptiblement le coeur et l\u2019âme.» - Pierre St-Jacques L\u2019ombre et la lumière ###PAGE###8### C M Y K ?????? ?????? ? ??????? ? ?? ???????????????????????????? ?? ? ?? ? ? ?? ? ? ?? ???????????????? ??????? ??????????????????????? ?? ? ?? ? ? ?? ? ? ? ??????????????????????????? ???????????????? ?? ? ?? ? ? ?? ? ?????????? ? ? ?????????? ? ? ???????????????? ???? ?????????? ?????????????????????????? ??? ???? ?? ??????? ??????? ??? ? ? ? ??? ????????? ??? ??????????? ??????????? ??? ?????????? ???????????? ??????? ??????????????? ?? ????? ?????? ?????? ? ??????? ? ??? ? ??????? ??????? ?? ? ????? ?????????? ???? ????? ????????? ??? ??? ?????????? ???????????? ??????? ??????????????? ?? ????? ?????? ?????? ? ??????? ? ??? ? ??????? ??????? ?? ? ????? ?????????? ???? ??????? ??????? ???? ? ? ?????? ? ? ???? ??????? ??? ??????? ???? ? ? ??????????? ??????? ??????? ??? ? ? ? ?????????????????????? ?????????????????????? ???? ??????? ??? ????????? ? ?????? ??????????????? ????? ? ??????????? ? ?????? ???? ?????? ? ?????? ????? ??????? ?? ? ???? ?????? ? ? ?? ??? ????? ???? ? ? ? ? ? ??? ??? ? ? ? ??? ????? ? ? ?? ???? ???????????????????? ? ??? ??????????????????? ? ? ? ??? ??? ? ????????? ?? ??? ????? ?? ??? ????? ?? ??? ????? ? ?? ???? ????????????? ? ? ??????????? ????? ???? ????????????????????????? ??? ? ????????? ?? ???? ??????? ? ????????????? ??? ?? ????????????? ???? ????????????? ???? ? ??????? ????? ??????? ?? ? ??????? ???????? ????? ?? ??????? ??????????? ? ????????????? ?????? ? ?????????????????? ??? ? ??????? ? ? ?? ???????????????????? ?? ?? ? ? ?????????? ? ? ????????? ??? ? ???? ?????? ?? ? ?? ??? ????? ???? ? ? ? ? ? ??? ???? ? ??? ? ???????????? ?????????????????????????????????????????? ????????????????? ??? ???????????????????????????????????????????? ?????????? ??? ????????? ????????? ??????? ??????????????? ??? ?? ?? ?? ???????????????????????????????????? ??????????? ?????? ???????????????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????? ?????????????????????? ????????? ????????????????? ??????????????????????????????? ?????????????????????????????????????? ?????????????? ??????????????? ?????????????????????? ??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????????? ?????????????????????????????????????????????????????????????? ???????????????????????????????????????????????????????? ???? ????????????? ?????? J8 La Tribune ?SHERBROOKE S A M E D I ? 2 8 ? ? J A N V I E R ? ? 2 0 0 6 6LT0808J2801 ###PAGE###9### C M Y K La Tribune ? ?????????????????????? ??????????????? ????????????? ?????????????????? ????????????????????????????? ???????? ???? ?? ?????? ??????? ?????? ?????????? ??? ?????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????????????????????????????? ??? ??????????? ??? ????????? ??? ???????? ????? ?????? ????? ???????????????? ????????????????????????????????????????????????????????? ????? ?????????? ?????? ????????? ???? ???????? ????? ??????? ???? ???? ???? ???? ??????????????? ??? ??????????? ?????????????? ???????????? ???????? ???? ???????? ??? ????? ???????????? ????????????????????????????????????????? ?????????? ????? ???? ??????? ? ?????????? ??????? ????????????????????????????????????????????????????? ??????????????? ??????????????????????????????????????????? ? ???????? ?????????????????????? 6LT0908S2801 S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 ###PAGE###10### C M Y K 10 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT1004S2801 Une journée au coeur du journal EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS André Laroche Toute élection provinciale ou fédérale s\u2019avère une journée spéciale dans un journal.Il faut suivre l\u2019actualité du jour, tout en sachant que l\u2019événement le plus important surviendra tard dans la soirée.Trois heures devront suffire pour synthétiser une masse d\u2019informations, écrire les textes et éditer les pages avant que le démarrage des rotatives.Voici une journée à La Tribune telle que saisie par Vincent Cotnoir, André Laroche, Maxime Picard, Claude Poulin et Jocelyn Riendeau.Le journaliste René-Charles Quirion apprend que des camionneurs ont décidé d\u2019arrêter les livraisons pour faire débloquer les négociations avec le syndicat des producteurs de bois.Il suivra les négociations tout au long de la journée.Le journaliste François Gougeon rédige un article sur l\u2019expédition projetée sur le fleuve Colorado au profit d\u2019organismes communautaires.Ce voyage est organisé par Dominique Asselin, instigateur de l\u2019ascension du Kilimandjaro l\u2019automne dernier.Le photographe Claude Poulin prend en photo un nouvel entraîneur des Volontaires du Cégep de Sherbrooke, K.O.Mullin, avec l\u2019entraîneur-chef Jean-Benoît Jubinville.Depuis tôt le matin, le journaliste-webmestre Claude Plante met à jour le site Internet de La Tribune.Il sera à son poste jusqu\u2019à la fin de la soirée pour informer les lecteurs des résultats régionaux des élections fédérales.Le caricaturiste Hervé Philippe lance des idées qu\u2019il soumettra au directeur de l\u2019information, Louis-Éric Allard.Il fera une version finale de sa caricature en soirée.Marie-Ève Girard, conceptrice graphique, commence sa journée.Elle élabore les tableaux de résultats, différents éléments graphiques et une partie de la première page du lendemain.Le journaliste Denis Dufresne recueille les commentaires de la blo- quiste France Bonsant, victorieuse dans la circonscription Compton- Stanstead.« Fin d\u2019août 2005.Katrina frappe en Louisiane.Le prix de l\u2019essence s\u2019enflamme.Et je viens tout juste de signer le contrat de location d\u2019un nouveau Jeep, qui consomme deux fois plus que mon économique Civic.Pour faire exprès, mes patrons me demandent de couvrir la hausse du prix de l\u2019essence.Déjà que je suis la risée de mes collègues, voilà que, pendant trois jours, je cours d\u2019une station-service à l\u2019autre à la recherche de rabais à la pompe et d\u2019automobilistes frustrés.Pendant que j\u2019interroge des propriétaires qui souhaitent troquer leurs gros véhicules pour de petites voitures économiques, moi, je fais exactement le contraire de tout le monde.Je donne même aux lecteurs des trucs pour économiser l\u2019essence.Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais!» - David Bombardier Cordonnier mal chaussé « En 1996, j\u2019avais écrit un texte sur une affaire de menaces au couteau dans une polyvalente sherbrookoise.Un article en Une.Pour plusieurs élèves, je venais de briser la réputation de cette institution.J\u2019étais devenu le mouton noir du journalisme sherbrookois.La représentante des élèves de secondaire IV s\u2019était empressée d\u2019écrire une \u201cRéplique\u201d pour la page Opinion du journal.Elle faisait valoir comment son école était un milieu de vie extraordinaire.L\u2019adolescente qui avait écrit la lettre m\u2019en a longtemps voulu.Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus le cas.Car ce premier texte publié dans La Tribune l\u2019a inspirée.Elle est devenue journaliste! Après son entrée à La Tribune, Josianne Lussier a été engagée par TQS Estrie, une télévision qui a penchant pour les faits divers.» - Claude Plante Le mouton noir.???? ????? ????? ????? ????? ????? ????? ###PAGE###11### C M Y K S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R 11 6LT1104S2801 EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS « Mes collègues de travail le savent très bien, je ne maîtrise pas très bien la langue de Shakespeare.Disons simplement que je n\u2019ai aucun don pour les langues.Or, un soir, lors de mes premiers mois à La Tribune, le directeur de l\u2019information m\u2019envoie la soirée de mérite annuel à l\u2019Hôtel de Ville de Lennoxville.Je savais que je m\u2019en tirerais, mais je ne savais vraiment pas comment.À mon arrivée sur les lieux, j\u2019aborde une dame en lui expliquant un peu mon inconfort.À vrai dire, je n\u2019ai jamais été inconfortable de la soirée.Je m\u2019adressais alors à une lauréate qui ne m\u2019a pas lâché d\u2019une semelle tout au long de la soirée, traduisant au besoin mes questions aux autres dignitaires ou faisant de même, à mon intention, pour les bouts de réponses qui m\u2019échappaient.Je vivais alors le plus bel exemple de la cordialité qui anime la communauté anglophone de l\u2019Estrie.» - Marc Laprise François Gougeon et André Laroche SHERBROOKE O n pourrait associer l\u2019opération à un «petit miracle au quotidien».Quoi donc? La production, jour après jour, de La Tribune avec sa centaine et plus de titres, textes, photos, nouvelles brèves et autres éléments d\u2019information.Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, dit le proverbe.Le défi c\u2019est bien sûr d\u2019offrir à ses lecteurs un journal le plus complet, le mieux fait, le plus diversifié, le mieux illustré, le plus vivant.Bref, le plus et le mieux pour chaque matin.Une journée type dans la réalisation d\u2019une édition de La Tribune commence d\u2019abord par la «réunion du matin» avec les journalistes.Ça se passe autour du directeur de l\u2019information, Louis-Éric Allard.D\u2019abord, c\u2019est le retour en arrière, sur l\u2019édition fraîchement sortie des presses, où tout le monde y va de son commentaire.Positif comme négatif: telle photo bien ou mal jouée, tel titre pas assez ou mal accrocheur, tel texte suffisamment ou pas assez développé, ainsi de suite.Ensuite, l\u2019équipe passe à l\u2019attaque du journal du lendemain.Outre la distribution des assignations prévues à l\u2019agenda du jour, comme la couverture d\u2019une conférence de presse et des événements de toutes sortes dans tous les domaines, c\u2019est le brassage des méninges pour aller plus loin dans l\u2019actualité.Et c\u2019est pas toujours évident.Tenez, cet exemple issu de la dernière campagne électorale fédérale.Une bonne journée, le journaliste David Bombardier reçoit un appel d\u2019un organisateur bloquiste de France Bonsant, accusant l\u2019équipe rivale de David Price de payer ses travailleurs d\u2019élection en argent comptant, même au noir.C\u2019est de bonne guerre en politique mais surtout d\u2019intérêt public.Cependant, le sujet demandera énormément de recherches et de vérifications auprès de plein de sources et d\u2019intervenants, y compris d\u2019ordre juridique.Avec la contribution de la collègue Isabelle Pion, qui se lance au téléphone en se faisant passer pour un étudiante offrant aux organisateurs libéraux ses services pour le jour du vote, le chat est finalement sorti du sac.Dans ce cas-ci, ce travail d\u2019enquête minutieuse et dans les règles de l\u2019art, à travers plein de contraintes, de coups de fil et d\u2019autres sujets à traiter par leurs auteurs, a demandé une quinzaine d\u2019heures au tandem de journalistes.Et le résultat de tous ces efforts s\u2019est traduit en deux articles d\u2019environ 1000 mots, qu\u2019on pouvait lire en cinq minutes.* * * Mais entre le journaliste et le lecteur se trouve plein de monde.Les reportages passent d\u2019abord entre les mains des pupitreurs qui, en soirée, créent les pages du journal.C\u2019est là que de simples idées, émises le matin ou l\u2019après-midi même, commencent à prendre forme.Quelques heures à peine ont suffi à l\u2019enfantement.On parle même des minutes pour des événements en soirée ou des rencontres sportives.Essayez de trouver un secteur manufacturier où l\u2019on passe si rapidement du travail intellectuel à la fabrication industrielle! Cependant, le véritable accouchement survient quand ces pages virtuelles, enfermées dans les serveurs informatiques, sortiront d\u2019immenses imprimantes.Mots, photos et graphiques voyagent alors sur des films, transposés ensuite sur les plaques des rotatives, et enfin sur le papier journal au milieu de la nuit.Chaque opération commande une expertise insoupçonnée.Rapidement empaquetées, les copies sont embarquées dans une flotte de camions.Ils parcourront la région jusqu\u2019aux petites heures du matin pour disperser leur cargaison dans les commerces et aux portes des camelots.Et ceux-ci, à leur tour, prendront le relais pour faire la livraison de ces journaux qui, moins de 24 heures plus tôt, n\u2019étaient encore que des idées dans la tête de journalistes.Un «petit miracle au quotidien»? Peut-être bien finalement.Une cadence d\u2019enfer Le chef de pupitre, Jeannot Bernier, jette un coup d\u2019oeil sur les pages encore blanches sur son bureau.L\u2019heure de tombée approche.Le journaliste Marc Laprise et le rédacteur en chef, Maurice Cloutier, discute de la mise en page des résultats complets des élections.Le chef de pupitre, Jeannot Bernier, met la dernière touche à la première page annonçant la victoire du conservateur Stephen Harper.Il est entouré du directeur de l\u2019information, Louis-Éric Allard, du rédacteur en chef, Maurice Cloutier, et de l\u2019adjointe au directeur de l\u2019information, Jacynthe Cloutier.À l\u2019arrière-plan, Albert Bérubé, adjoint au chef de pupitre.À l\u2019atelier, Michel Morel vérifie sur une table lumineuse la page fraîchement sortie d\u2019une imprimante.Cette pellicule servira à créer les plaques ensuite installées sur les rotatives.Les presses roulent! Le pressier Yves Lacroix vérifie continuellement les copies pour s\u2019assurer de la qualité de l\u2019impression.Empaquetés, les journaux sont prêts à être livrés dans les différents commerces et aux portes des camelots.Gérard Dessaints prépare l\u2019expédition des paquets.Les derniers camions quittent le stationnement de La Tribune.Une nouvelle journée débute.Les journalistes René-Charles Quirion, David Bombardier, Claude Plante, Isabelle Pion et Gilles Fisette sont réunis autour du directeur de l\u2019information, Louis-Éric Allard.On doit préparer l\u2019édition du lendemain.Cordialité anglaise « En septembre 1997, une adolescente meurt, happée par un train sous un viaduc du centre-ville de Sherbrooke.C\u2019est le seul endroit où son groupe de jeunes, un peu hors norme, réussit à se réunir après avoir été chassé des parcs, des rues\u2026 de partout.Elle s\u2019appelait Julie Bilodeau.Dans les jours qui suivent cet événement tragique, j\u2019ai entendu une dame dans l\u2019autobus déblatérer contre, disait-elle, «ces jeunes voyous».Mon sang n\u2019a fait qu\u2019un tour, moi qui avait une adolescente de cet âge, chez moi, et qui compatissais avec la famille et les amis de Julie.J\u2019ai alors écrit un éditorial, publié le mardi 23 septembre 1997.La charge émotive était telle que j\u2019ai dû m\u2019y prendre à trois ou quatre reprises, dans ma journée de travail, pour pouvoir écrire cet éditorial.Je suis sorti du journal, le soir, épuisé, à la fois triste et content de l\u2019avoir fait.Ma récompense est venue quelques jours plus tard.Une étudiante du Cégep de Sherbrooke m\u2019interpelle un peu brusquement et me dit, en pointant le texte qui orne plusieurs babillards: «C\u2019est toé qui a écrit ça.» - Oui.- Cool.J\u2019ai eu, à ce moment-là, la conviction que la mort de Julie Bilodeau n\u2019avait pas été inutile.Elle avait permis un lien, créé un pont entre générations\u2026» - Pierre Dubois Un pont « Décembre 2002.Samedi matin.Je réalise une entrevue avec Marie-Josée Gagné, une maman accompagnée de ses enfants qui participe à une collecte de nourriture.Elle me confie qu\u2019elle a déjà eu besoin de paniers de Noël, et qu\u2019elle peut enfin rendre la pareille à ceux qui vivent une situation semblable.Dimanche matin.Appel de routine au service de police.L\u2019agent m\u2019apprend qu\u2019un accident de la route a fait trois victimes et deux blessés graves.Parmi les personnes décédées se trouve la jeune maman que j\u2019ai interviewée la veille.Ce soir-là, en rentrant chez moi, le sommeil a tardé à venir.» - Isabelle Pion Frappé par le destin ????? ????? ????? ????? ???? ???? ???? ???? ###PAGE###12### C M Y K 12 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT1204S2801 EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Claude Plante SHERBROOKE L e quotidien La Tribune a fait figure de précurseur en région en terme de contenu sur Internet.C\u2019est à la fin des années 1990 que le journal de la rue Roy a commencé à livrer des nouvelles sur la grande Toile.À l\u2019époque, le rédacteur en chef, Jacques Pronovost, avait développé l\u2019habitude d\u2019alimenter un site de façon sommaire, grâce au concours de Mike Savoy, un spécialiste sherbrookois en ce domaine.Il avait développé des fonctionnalités permettant de le mettre à jour quotidiennement.L\u2019idée de lancer ce site avait germé après un déjeuner du GATE (Groupe d\u2019avancement technologique de l\u2019Estrie).M.Savoy hébergeait le site et développait les fonctionnalités.Au début, M.Pronovost faisait la mise à jour quotidienne.même le samedi en se rendant au bureau.Par la suite, la secrétaire de rédaction, Lorraine Laliberté, s\u2019est jointe à lui.Petit à petit, La Tribune a pu développer ses propres fonctionnalités, avec l\u2019expertise de René Béli- veau, informaticien au journal à l\u2019époque, aujourd\u2019hui directeur de la production.On y trouvait les manchettes du jour, les nouvelles du sport, des chroniques spéciales comme celle de Mario Goupil, des chroniques spécialisées, notamment en arts et spectacles.Pendant ce temps, le réseau GESCA, à qui appartient La Tribune, mettait sur pied le portail Cyberpresse.ca.Avec les années, le projet a grandi.Le site est devenu l\u2019un des leaders en information sur Internet au Québec.Il y a près de cinq ans, on demandait aux journaux du groupe (La Presse, Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, La Droit, La Voix de l\u2019Est et Le Quotidien) de se joindre au site afin de publier des informations régionales.La Tribune est entrée de plain-pied dans l\u2019aventure en offrant des informations mises à jour constamment.Au chapitre de la fréquentation, notons que les données d\u2019octobre dernier montraient que le site de La Tribune (www.cyberpresse.ca/tribune) attirait plus de 78 000 internautes uniques pour un total de 506 000 pages lues durant ce mois.Au total, Cyberpresse.ca attirait 1 152 000 d\u2019inter- nautes qui avaient lu plus de 34millions de pages.Dès la fin des années 1990, La Tribune inaugurait un premier site d\u2019informations régionales sur l\u2019Internet.Ce site, perfectionné au fil des années, fait partie désormais de la bannière Cyberpresse.L\u2019information régionale dans l\u2019espace virtuel Claude Plante assume les fonctions de web- mestre de La Tribune depuis 2001.« Avant de rencontrer ce jeune et beau comédien, je m\u2019étais bien préparée.Je me suis donc présentée avec une longue série de questions couvrant quatre thèmes touchant, de près ou de loin, la pièce de théâtre dans laquelle il détenait un des rôles principaux.Les représentations débutaient dans moins d\u2019un mois.Ma première question: \u2018\u2018Que penses-tu de l\u2019auteur de la pièce?\u2019\u2019 Réponse du comédien: \u2018\u2018Je ne sais pas, je n\u2019ai pas encore lu mes textes.Toi, qu\u2019en penses-tu?\u2019\u2019 Je lui ai alors expliqué brièvement que ce n\u2019était pas pertinent de parler de mon opinion sur le sujet puisque c\u2019était à la sienne que les lecteurs s\u2019intéressaient.Deuxième tentative: puisque la pièce traitait des rêves, je lui demande \u2018\u2018Quels sont tes plus grands rêves?\u2019\u2019 Réponse: \u2018\u2018Je ne sais pas, je n\u2019ai pas de rêve.Toi, quels sont tes rêves?\u2019\u2019 Pour l\u2019inciter à s\u2019ouvrir et l\u2019aider à le dégeler, je lui ai fait un survol de mes rêves.Rien à faire, les \u2018\u2018Je ne sais pas, toi?\u2019\u2019 se sont multiplié.Ce n\u2019est pas bon signe quand l\u2019interviewé en connaît plus sur l\u2019intervieweur que l\u2019intervieweur sur l\u2019interviewé à la fin de la rencontre.Et c\u2019est difficile de composer un texte de 800 mots avec comme unique matériel de base une série de \u2018\u2018Je ne sais pas, toi?\u2019\u2019» - Mélanie Noël Un interviewé peu loquace Imacom, Jocelyn Riendeau ###PAGE###13### C M Y K EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS « À mon premier été, alors que j\u2019étais encore stagiaire, j\u2019avais dû m\u2019inviter au party d\u2019anniversaire de Garou, qui fêtait ses 30 ans au Living Room.C\u2019était une réception privée et de gros noms du milieu de la chanson était attendus, en plus de sa famille et de ses amis.Le chanteur m\u2019avait reçue très poliment, mais je n\u2019avais pas vu les Angelil ou Plamondon que la rumeur disait présents.Peinarde, j\u2019étais donc allée écrire mon compte rendu.Vers 23 heures, avant d\u2019aller faire dodo, j\u2019avais eu l\u2019idée de retourner faire un crochet par la rue Meadows, tout d\u2019un coup que.Il ne restait finalement qu\u2019une vingtaine de personnes, anonymes, sauf Garou qui chantait en solo, au milieu du groupe.Je m\u2019étais installée dans un coin et je l\u2019avais écouté reprendre des chansons blues dans une ambiance trop intime pour une journaliste.Je savoure encore, en souvenir, ce moment d\u2019indiscrétion.» - Laura Martin Concert intime Garou Jeannot Bernier SHERBROOKE I l y a déjà près de 30 ans que le cliquetis bruyant des machines à écrire s\u2019est tu dans la salle de rédaction de La Tribune.Signe que le temps passe, de moins en moins de journalistes encore actifs peuvent témoigner de cette époque! L\u2019ère de l\u2019informatique a complètement transformé la production du journal.Votre quotidien, comme la plupart des imprimés au Québec, a amorcé sa petite révolution tranquille au tournant des années 80.Le processus de modernisation n\u2019a pas cessé depuis.Peu après le déménagement de La Tribune dans ses locaux actuels de la rue Roy, en 1976, les journalistes ont apprivoisé le clavier silencieux d\u2019un terminal qui relayait leurs textes à un serveur central.Sans la copie de papier sous leurs yeux, plusieurs ont craint \u2014 parfois avec raison! \u2014 de perdre un texte dans le néant informatique.Mais le progrès a fait son chemin.Les journalistes ont vite compris les nombreux avantages, comme la possibilité de changer des mots ou de déplacer des paragraphes sans devoir tout recommencer sur un nouveau feuillet.Le chemin était tracé et la véritable révolution informatique à La Tribune aura lieu en 1993 avec l\u2019implantation de la mise en page électronique au pupitre.Ce nouvel outil, d\u2019une polyvalence révolutionnaire à l\u2019époque, fera de notre quotidien un chef de file en la matière au Québec.Grâce au nouveau système de mise en page Harris 8900, les pupitreurs \u2014 qui relisent, corrigent et titrent les textes des journalistes \u2014 acquièrent la pleine maîtrise pour créer une page à l\u2019écran qui sera acheminée directement à l\u2019impression.Désormais, l\u2019atelier de composition du journal perdra de son importance au profit des serveurs informatiques.* * * Le pupitre devient le centre névralgique de mise en forme du journal en soirée.Tout, maintenant, se voit à l\u2019écran.Un titre trop petit? Hop, on l\u2019agrandit en un clic de souris.Une photo mal cadrée? Le pupitreur obtient l\u2019effet désiré en quelques clics.Peu avant le passage à l\u2019an 2000, le pupitre profitera de l\u2019ajout de nouvelles innovations technologiques pour devenir le carrefour d\u2019une multitude de sources numériques.Nos photographes troquent graduellement leurs appareils à pellicule pour de nouvelles caméras numériques.L\u2019ère des photos de papier achève.On intégrera un nouveau logiciel de gestion des photos, capable de retracer en un clic une prise de vue dans une banque contenant des dizaines de milliers d\u2019images.Sur le terrain, nos journalistes et photographes qui couvrent un événement à l\u2019extérieur de la région maîtrisent de nouveaux joujoux électroniques et peuvent acheminer textes et photos à partir de n\u2019importe où à l\u2019aide d\u2019un téléphone cellulaire.Mais le temps passe et le progrès n\u2019attend pas.Notre système de mise en page électronique, si performant en 1993, tombe déjà en désuétude.Sa capacité de stockage de l\u2019information et sa vitesse font défaut.déjà.La Tribune se dote en 2004 d\u2019un nouveau système de pagination électronique Harris dont la plate-forme Jazbox, couplée au logiciel de mise en page InDesign offre une polyvalence qui paraît sans limites au plan graphique.Voilà qui tombe bien.Car lundi, 30 janvier 2006, le journal se dévoilera dans un nouveau format compact, avec une nouvelle maquette moderne et aérée.La Tribune prend une nouvelle dimension! Les ordinateurs ont bouleversé la confection de La Tribune depuis leur introduction en 1976 Une révolution informatique! Imacom, Jessica Garneau La Tribune se dote en 2004 d\u2019un nouveau système de pagination électronique Harris dont la plate-forme Jazbox, couplée au logiciel de mise en page InDesign offre une polyvalence qui paraît sans limites au plan graphique.Pourtant rompu à l\u2019informatique, Pierre Turgeon en explore encore les multiples possibilités.S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune 13 6LT1304S2801 ###PAGE###14### C M Y K EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS 14 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT1404S2801 « Le 13 janvier 1998, quelques lampes de secours illuminent la salle de rédaction.Voilà quelques heures que La Tribune, à l\u2019image de la moitié du Québec, est privée d\u2019électricité en raison du grand verglas.Toujours pas de courant à la tombée du jour.Des journalistes rendent compte de l\u2019effervescence qui règne en ville en tapant leurs textes dans la pénombre.Une équipe technique installe des génératrices.Quoi? Le rédacteur en chef a branché une cafetière? Trop énergivore, voyons! La mise en page du journal avance au ralenti.L\u2019angoisse monte.Il est 21 h 30.Pourra- t-on imprimer le journal? Aucune génératrice n\u2019est assez puissante pour démarrer les presses.Le président-éditeur rumine.Et si l\u2019imprimerie de Trois- Rivières nous dépannait? Peut-être.mais comment s\u2019y rendre? Les routes sont glacées.Il est 22 h 30.L\u2019heure de tombée avance drôlement vite.Dans le métier, on sait tous que la publication d\u2019un journal relève d\u2019un petit miracle quotidien.Y aura-t- il un miracle ce soir? Tout le monde désespère.23 h 05.Miracle! La lumière revient.et l\u2019adrénaline coule au pupitre.Passé minuit, je mets la touche finale à la page Une du journal.Au matin, trois énormes lettres noires composeront la manchette du journal: OUF!» - Jeannot Bernier chef de pupitre Un petit miracle A lors que l\u2019image était accessoire au texte journalistique il y a à peine 20 ans, photographies et graphiques prennent maintenant une place prépondérante dans les journaux en tant que complément essentiel.Pour le professeur de journalisme écrit à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) Antoine Char, les pages de journaux avec les éléments graphiques, les textes plus courts et les grosses photographies tendent à imiter l\u2019écran du téléviseur.«On peut presque parler de dictature de l\u2019image.S\u2019il n\u2019y a pas de bonne photo, il n\u2019y a pas de message.Si l\u2019image aide à mieux vulgariser, pourquoi ne pas lui donner la place qui lui revient dans les médias écrits? Cependant, il faut donner un sens à cela.L\u2019image doit accompagner le texte et non le contraire.Ces éléments journalistiques doivent être complémentaires», estime M.Char.Même les journaux réputés comme le Times de Londres ou le périodique Le Monde, qui avaient résisté à la tendance imposée par le USA Today au début des années 80, ont pris le virage de la prépondérance de l\u2019image au cours des derniers mois.«Il y des images tout autour de nous, alors les journaux n\u2019échappent pas à cette tendance», explique Antoine Char de l\u2019UQAM.Le travail des photographes se fait maintenant en complémentarité avec celui des journalistes.Des graphistes de presse se sont également ajoutés dans les salles de rédaction.* * * Conceptrice graphique à la rédaction de La Tribune, Marie-Ève Girard, croit que les journalistes à l\u2019écrit font face à un nouveau défi: penser en terme d\u2019image.«L\u2019image est le faire-valoir de l\u2019article.Les lecteurs sont pressés, alors il faut capter leur attention avec un aspect visuel.Une photo, un graphique, un schéma, une carte, ces éléments lui offrent des repères pourl\u2019inciter à lire l\u2019article», estime la conceptrice graphique.Jocelyn Riendeau, photographe de presse à La Tribune, convient que l\u2019image permet de capter l\u2019intérêt du lecteur.«La photo est l\u2019adjectif qualificatif du texte.S\u2019il manque d\u2019images dans un journal, c\u2019est un important problème.La photographie est le premier outil de vente», estime le photographe.Marie-Ève Girard croit que les journaux n\u2019ont pas le choix de prendre le virage de l\u2019image, de se rapprocher de la mise en page des magazines.«Internet offre des informations gratuites, mais n\u2019axe pas sur l\u2019information régionale et la photographie.C\u2019est à ce niveau qu\u2019un journal peut se démarquer», croit la conceptrice graphique.Le passage de la photographie traditionnelle à celle à l\u2019appareil numérique a aussi révolutionné le travail des photographes de presse.«La rapidité du numérique demeure le principal atout.La définition de l\u2019image représente un autre grand avantage.Nous pouvons enrichir celle-ci au point de vue de la couleur et du contraste», Imacom, Jessica Garneau Marie-Ève Girard, conceptrice graphique, et Jocelyn Riendeau, photographe, s\u2019affairent à tous les jours à rendre l\u2019information visuelle dans les pages de La Tribune.La dictature de l\u2019image René-Charles Quirion rene-charles.quirion@latribune.qc.ca SHERBROOKE ###PAGE###15### C M Y K ??????? ?????? ????? ??????? ???????????????? ? ???????????????????????????????????? ? ???? ???????????????????????????????????? ?????????????????????????????????????? ????????????????????? ?????????????????????????????????????????????? ? ??????????????????????????????????????????? ?????? S H E R B R O O K E S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 La Tribune C A H I E R S O U V E N I R 15 6LT1504S2801 « Un soir d\u2019août 1997.Avec le photographe Claude Poulin, je reviens de Colebrook, New Hampshire, où un tireur fou a abattu quatre personnes.Pressé par l\u2019heure de tombée, je peste contre la limite de vitesse vermontoise, que je trouve inexplicablement basse.Jusqu\u2019à ce qu\u2019un bébé orignal surgisse de l\u2019obscurité devant moi.J\u2019applique les freins une fraction de seconde trop tard.Bang! L\u2019élan se retrouve les quatre fers en l\u2019air sur la route 111.Je m\u2019épanche alors sur le sort.de ma bagnole fraîchement repeinte.Bilan: un orignal sonné mais reparti sans demander son reste, un phare brisé, un capot légèrement tordu.et un journaliste qui, finalement, trouve la limite de vitesse pas si bête.» - Steve Bergeron EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Freiner sur son élan « Je n\u2019arrive pas à la cheville du capitaine du bleu-blanc-rouge, Saku Koivu.Sur la glace du moins.Mais ses patins et son casque troqués pour le veston-cravate, j\u2019ai eu la chance de l\u2019interviewer droit dans les yeux, sans me hisser sur la pointe des pieds.Et dire que mon permis de conduire me donne un (petit) 5 pieds 4 pouces alors que la fiche du (grand) Finlandais le hisse six pouces au-dessus de ma tête.» - Josiane Guay À hauteur d\u2019homme O iseaux de nuit, les membres de l\u2019équipe de pressiers de La Tribune constituent un maillon majeur dans la naissance quotidienne de chaque édition.«Pour être un bon pressier, tu dois combiner des qualités de mécanicien, d\u2019ingénieur et de chimiste.Dans cette mission du produit fini que tu veux le plus beau possible, tu dois tenir compte de l\u2019équilibre de l\u2019eau, de l\u2019encre tout en prenant grand soin de la machine.» Celui qui tient ces propos a plongé dans la potion en plein coeur de son adolescence.Ses études en arts graphiques complétées, Roger Pryce se lance dans le monde de l\u2019impression.Âgé de 50 ans, il accomplit ce métier depuis 36 ans.Chef pressier à La Tribune, il travaille avec neuf pressiers réguliers et cinq à temps partiel.Au fil des ans, il a connu les procédés de la rotogravure, du «letter press» ou de ces mots-croisés de plomb à ne plus finir que l\u2019on utilisait dans l\u2019ancien édifice de La Tribune qui se dressait angle des rues de Frontenac et Dufferin.«Ce procédé ne donnait pas de beaux résultats; les lettres donnaient un produit gris mat.Aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019offset qui est le plus populaire de tous.L\u2019utilisation de ce procédé donne une plus belle impression, des lettres plus claires.Quant à la rotogravure, on l\u2019utilise davantage pour les magazines.» Au sujet de l\u2019équipe de pressiers, il souligne que l\u2019initiative de chaque membre compte pour beaucoup.Les talents sont variés et chacun les utilise au maximum.Tout le monde met sa touche et beaucoup de coeur à l\u2019ouvrage.* * * Lorsque l\u2019on aborde la question du format compact de La Tribune, Roger Pryce convient que cela fait partie de l\u2019évolution actuelle dans le domaine des journaux.Ces dernières semaines, les pressiers ont eu l\u2019occasion de procéder à la finition de quelques éditions.«J\u2019aime ça le nouveau format mais de nombreuses interrogations demeurent, notamment au sujet des profits que l\u2019on pourra en tirer.Une garantie reste là: nous allons tout faire pour produire un beau journal, pour maintenir la qualité la plus belle possible.» L\u2019horaire de travail des pressiers s\u2019étale de 23 h 15 à 5 h 15.Le chef reconnaît que c\u2019est difficile, car on n\u2019arrive pas à s\u2019habituer à travailler tout le temps de nuit.Au départ, l\u2019homme est un oiseau de jour et il ne peut se transformer en volatile de nuit.«On ne s\u2019y fait jamais.Les êtres humains sont des oiseaux de jour.L\u2019horaire de nuit crée des situations particulières.Tu peux te coucher à six, sept heures du matin et à peine endormi, la sonnerie du réveille-matin te tire du sommeil, car ta conjointe doit se lever pour aller travailler ou s\u2019occuper du départ des enfants pour l\u2019école.Le travail de nuit entraîne des situations inimaginables.Tu te sens toujours écartelé.» Il arrive à Roger Pryce de rêver d\u2019une approche du travail que l\u2019on privilégie dans certains grands pays où les employeurs allient le travail, le respect de l\u2019humain, l\u2019écoute.C\u2019est incroyable ce que les employés peuvent donner en retour, remarque-t-il.En attendant, l\u2019équipe de pressiers «oiseaux de nuit» continue de peaufiner la première édition de La Tribune, format compact, qui devrait faire un malheur auprès des lecteurs.Le manège des oiseaux de nuit Roger Pryce et son équipe de pressiers: tout un monde à découvrir Pierre Saint-Jacques pierre.st-jacques@latribune.qc.ca SHERBROOKE La Tribune, Pierre Turgeon Chef pressier à La Tribune, Roger Pryce travaille avec neuf pressiers réguliers et cinq à temps partiel.Ces dernières semaines, son équipe a eu l\u2019occasion de procéder à la finition de quelques éditions.###PAGE###16### C M Y K ?????? ?????? ??????????????????? ?????????? ????????????? ????? ??????????? ?????????????? ????????????? ???????????????????????????????????? ?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?????? ???????????????????? ????? ???? ????????????? Hart Nouveau local Ancien local Stitches Claire France Jacob La Source ????????????????????? ????????????????????????? ???????????????? ?????????????????? ?????????????? « En voulant bien faire, trop bien faire au début de ma carrière de journaliste à La Tribune, j\u2019ai déjà transformé des copeaux de bois en.croustilles! C\u2019était à la suite d\u2019un accident impliquant un camion de chips, comme disait un policier à East Angus.À deux, trois et même quatre reprises, je lui ai fait répéter le type de cargaison.À chaque fois, il me disait que le camionneur transportait des chips.Je trouvais bizarre qu\u2019un camion de chips (au sens alimentaire du terme) quitte l\u2019usine Cascades de pâte et papiers.Mais bon.tout est possible Alors en rédigeant mon texte, j\u2019ai choisi de transformer cet anglicisme flagrant par son équivalent en français: croustilles.Quelle ne fut pas surprise le lendemain matin (mon article faisait la manchette) d\u2019apprendre que le fameux camion de croustilles transportait en fait des chips.de bois! Maintenant, je m\u2019assure de traduire les termes avec mes interlocuteurs avant publication.» - René-Charles Quirion Erreur du traducteur EN ÉVOLUTION DEPUIS 96 ANS Mario Goupil SHERBROOKE L a Tribune existe depuis 96 ans et j\u2019y suis depuis 32 ans.Vous allez être tenté de dire que l\u2019on forme un vieux couple, elle et moi, mais je vous arrête tout de suite car ce n\u2019est absolument pas le cas.Un couple, je veux bien.Vieux, pas d\u2019accord.Puisqu\u2019une nouvelle édition du journal voit le jour chaque matin, sa jeunesse est par conséquent éternelle.Celle de ses artisans, qui doivent aussi renouveler l\u2019information au rythme de son évolution, l\u2019est tout autant.Mon journal n\u2019a pas vieilli depuis 32 ans, il a tout simplement évolué.Ses artisans également.Lorsqu\u2019en mars 1974, j\u2019ai mis les pieds pour la première fois dans la salle de rédaction du journal auquel je rêvais d\u2019appartenir, même si je n\u2019avais que 19 ans, j\u2019ai compris que j\u2019avais vraiment trouvé ma voie.Ce jour-là, j\u2019ai su de quoi serait fait mon quotidien pour tout le reste de ma vie.Ce journaliste que l\u2019on recherchait, c\u2019était moi.Le chef des nouvelles était venu m\u2019accueillir pour me conduire à un bureau libre au beau milieu de la salle de rédaction en me disant: «Écris-moi deux nouvelles: un compte rendu d\u2019un match de hockey et un article relatant un accident mortel sur une route.» Dans mon esprit, il était clair que je ne pouvais pas passer à côté de mon rêve.Je me suis installé devant la vieille dactylo et j\u2019ai écrit.Ce jour-là, les Castors ont gagné le match le plus spectaculaire de leur histoire et un accident a fait deux victimes et trois jeunes orphelins sur la route 143, entre Lennoxville et Waterville.On m\u2019a embauché, Dieu merci.Depuis, pas une seule journée je me suis présenté au journal à reculons.En aucun moment le goût d\u2019écrire, de raconter et d\u2019informer ne m\u2019a quitté.* * * Bien sûr, les temps ont changé et la société a évolué.La Tribune aussi.On a quitté le centre-ville, puis on a remplacé les vieilles dactylos «Underwood» par des machines électriques, et finalement par des ordinateurs.Voilà maintenant que dans sa prochaine édition, on va modifier le format de ce vieux journal demeuré bien de son temps.Aujourd\u2019hui, je ne rédige plus de compte rendus de matchs de hockey, ni de reportages sur des accidents meurtriers.D\u2019autres, qui ont eu le même rêve que moi, s\u2019en chargent.Dans son évolution, le journal a cherché à personnaliser son produit de façon à avoir un lien encore plus direct, plus étroit, avec le lecteur.C\u2019est dans cette optique que l\u2019on a créé le poste de chroniqueur en 1995 et qu\u2019on me l\u2019a proposé.Pareille proximité avec le lecteur, pareille audace dans les propos des chroniqueurs, n\u2019aurait pas été imaginable il y a 32 ans.Aujourd\u2019hui, tout quotidien digne de ce nom mise sur au moins un columnist.Les temps ont changé et le journal, de même que ceux qui y travaillent, se sont adaptés, voilà tout.L\u2019information demeure toujours l\u2019information.Seule sa présentation a connu quelques variantes.Aujourd\u2019hui, je ne me limite donc plus seulement à rapporter l\u2019actualité, je la commente.Et parfois, je la «pimente».Ce rendez-vous, parfois «intime», avec le lecteur est plus exigeant, certes, mais combien fascinant.Je vis une belle histoire d\u2019amour à ce journal.Une histoire qui durera au moins jusqu\u2019à 100 ans.mgoupil@latribune.qc.ca Histoire d\u2019amour Pierre Saint-Jacques SHERBROOKE S ur une table de son appartement, Manoir du Musée, à deux pas du centre-ville de Sherbrooke, l\u2019édition du jour de La Tribune grand format est ouverte et dans le milieu de la page, reposent un crayon de plomb et une efface pour les «fameux» chiffres du Sudoku.Âgé de 88 ans, Robert Maltais démontre toujours une belle vivacité d\u2019esprit et un bon sens de l\u2019humour.«Je suis abonné à La Tribune depuis des temps immémoriaux» dit l\u2019homme né en 1917, à Sherbrooke.Il ajoute que le journal, c\u2019est comme le pain quotidien.«Il m\u2019en faut tous les jours pour garder contact avec ce qui se passe ici et ailleurs dans le monde.Si je ne l\u2019ai pas, je vais essayer d\u2019en obtenir un.C\u2019est comme ça.De toute façon, je viens tout juste de renouveler mon abonnement annuel.» L\u2019homme souligne avec fierté qu\u2019il est le frère de Mgr Roger Maltais qui a occupé deux mandats de rectorat à l\u2019Université de Sherbrooke.Issu d\u2019une famille de quatre enfants, trois gars et une fille, ces derniers se sont tous retrouvés à l\u2019Hospice du Sacré-Coeur étant donné la mort précoce du père.L\u2019hospice est aujourd\u2019hui le Pavillon Youville de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke.«Le Sacré-Coeur est toujours là», lance Robert Maltais.Lui-même, il a besogné comme machiniste et il a travaillé 36 ans à Hydro- Sherbrooke.«Je lisais toujours la page une, la page trois et les grands titres et j\u2019en terminais la lecture au retour du travail.Dans le temps, il y avait la radio, notamment le programme Narcisse et Paméla et le journal.Le journal est toujours resté dans ma vie.» Il considère que la vie d\u2019aujourd\u2019hui va vite.À son âge, il mentionne qu\u2019il n\u2019a même pas le temps de se virer de bord que la journée est passée et le lendemain se pointe.Cela vire vite, c\u2019est pas possible, s\u2019exclame-t-il.Malgré son âge respectable, Robert Maltais rend de nombreux services aux gens dans son entourage.Il reste actif et aime bricoler pour lui et les autres.Quand on lui mentionne que l\u2019article paraîtra dans la dernière édition grand format de La Tribune, il se réjouit d\u2019apprendre l\u2019arrivée d\u2019un format plus compact.«Je vois déjà l\u2019avantage des articles complets dans la même page.J\u2019ai jamais été un fanatique des renvois.Non, ce sera un plus et c\u2019est certain que je vais rester abonné et goûter le nouveau format.J\u2019ai bien hâte de voir ça.» Imacom, Jocelyn Riendeau Robert Maltais, un abonné de toujours, voit la venue d\u2019un nouveau format avec grand plaisir.Comme le pain quotidien À 88 ans, Robert Maltais reste fidèle Mon journal n\u2019a pas vieilli depuis 32 ans, il a tout simplement évolué.Ses artisans également.« Je n\u2019avais que quelques mois d\u2019expérience comme journaliste sportif quand La Tribune m\u2019a envoyé couvrir un match pré-saison de la Ligue nationale de football.J\u2019étais excité à l\u2019idée d\u2019être assis au stade olympique au milieu de journalistes aguerris! Dès la fin du second quart, tous ses grands reporters de la métropole se sont levés d\u2019un seul bloc pour se précipiter vers l\u2019arrière de la galerie de presse.Croyant qu\u2019une vedette venait de faire son entrée, j\u2019ai bondi à leur suite.Pas question de demeurer derrière! Mais c\u2019est avec stupéfaction (et dépit) que je me suis rendu compte que, si mes confrères se précipitaient autant, c\u2019était pour être les premiers au buffet servi aux journalistes!» - André Laroche Pique-assiette 16 La Tribune SHERBROOKE S A M E D I 2 8 J A N V I E R 2 0 0 6 6LT1608S2801 "]
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