La tribune, 26 avril 2007, Cahier S
[" ###PAGE###1### Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 | cahier spécial JOSEPH-ARMAND BOMBARDIER Joseph-Armand Bombardier aurait célébré ses 100 ans le 16 avril dernier.| a succombé à un cancer à l'âge de 56 ans, mais a eu le temps de devenir l'un des inventeurs les plus admirés du Québec, et de jeter les bases d'une : » RÊVER DE FLOTTER SUR LA NEIGE DU RÊVE À L\u2019EMPIRE eu Jedi.multinationale respectée quigénéèreaujourd'hui | des revenus que l'on compte à coups de milliards de dollars.' Ses inventions ont libéré le Québec rural de l'isolement dû à l'hiver et son entêtement à réussir ont fait de son! entreprise l'un des plus importants fleurons du Québec inc.Coup d'oeil sur cet homme de génie et l'impact qu'il a eu sur l'essor d'une famille, d'un village, d'une économie, des transports, d'une société.oo | Il fm a - pe ft me A ES ai eat, ###PAGE###2### Je tiens à remercier la Fondation J.Armand Bombardier pour sa collaboration importante à la réalisation de ce cahier.La disponibilité du personnel du Musée J.Armand Bombardier et leur soif de partager leurs connaissances sont remarquables.Le site internet du musée a été une grande source d\u2019information, tout comme le livre Le rêve d\u2019un inventeur, de Roger Lacasse.Au fil de mes recherches, j\u2019ai été en mesure de constater que Jose- ph-Armand Bombardier a légué beaucoup plus qu\u2019une entreprise à l\u2019ensemble des gens qui l\u2019ont côtoyé.Merci à ceux qui ont généreusement partagé leur temps pour me raconter ce grand homme.Marianne Dandurand La soif du partage Rêveur, certainement.Visionnaire, assurément.Joseph-Armand Bombardier aurait eu 100 ans ce mois-ci.Son histoire est encore aujourd\u2019hui d\u2019actualité et source d\u2019inspiration pour plusieurs jeunes qui cherchent leur voie.Des reportages que vous lirez dans ce cahier spécial, vous découvrirez jusqu\u2019où peuvent mener les ambitions d\u2019un adolescent qui aimait la mécanique.Aller au bout de ses rêves, voilà ce qu\u2019a fait l\u2019inventeur de la motoneige.Il a aussi jeté les bases de ce qui allait devenir plus tard une grande multinationale.Un beau message pour la jeunesse.M.Bombardier a fait énormément pour l\u2019économie régionale avec le développement de nombreux produits.La Tribune est heureuse de souligner la grande contribution de M.Bombardier au sein de la communauté de Valcourt mais aussi de toute la région et de toute la province.Prenez le temps de lire le parcours extraordinaire de cet homme.Louise Boisvert Présidente et éditrice Aller au bout de ses rêves MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Dès son plus jeune âge, Joseph-Armand Bombardier a manifesté le désir de mettre au point un petit engin qui lui permettrait de circuler librement sur la neige.Le temps a beau avoir démontré qu\u2019il était un génie de la mécanique, il avait 51 ans quand il a enfin mis la dernière touche au prototype de cet engin miniaturisé, la motoneige.Mais le cheminement pour y arriver a marqué l\u2019histoire du Québec: grâce à ses inventions, le Québec rural est peu à peu sorti de son isolement hivernal.L\u2019inventeur découvre tôt son talent naturel pour la mécanique, et ce talent se transforme vite en passion.Dès l\u2019âge de 13 ans, il crée ses premiers modèles réduits avec des pièces d\u2019horlogerie achetées chez le bijoutier de la rue Principale.Son argent de poche, gagné en servant la messe le dimanche, passe dans les mécanismes qui servent à fabriquer locomotives, bateaux et tracteurs qui font l\u2019envie de beaucoup d\u2019autres enfants.Mais son statut d\u2019aîné désigne le jeune Joseph-Armand à la prêtrise, comme le veut la tradition dans les familles catholiques du début du siècle dernier.Respectant la volonté de ses parents, il complète une première année d\u2019études au Séminaire Saint-Charles- Borromée de Sherbrooke, sans parvenir à se convaincre d\u2018adopter la voie de la prêtrise.La mécanique le passionne, et il compte en faire son gagne-pain.Il entame une deuxième année de cours classique.Mais durant les vacances de Noël, Alfred Bombardier offre à son fils Joseph-Armand un vieille voiture Ford dont le moteur est réputé irréparable.Avec son frère Léopold, il s\u2019enferme dans le hangar, et en ressort la veille du jour de l\u2019An au volant de son premier véhicule à neige.Le moteur réparé de la vieille Ford actionne une hélice qui propulse la machine infernale.L\u2019inventeur n\u2019est encore qu\u2019un adolescent de 15 ans.L\u2019entêtement du fils a raison de celui du père.Alfred Bombardier se rend à l\u2019évidence: son fils ne sera jamais prêtre.Il lui obtient un stage au garage Gosselin de Stukely-Sud, où son talent de mécanicien se développe.Mais Joseph-Armand voit plus grand: à l\u2019âge de 17 ans, il se rend à Montréal, où il étudie la mécanique automobile pendant deux ans.Une brillante carrière attend le jeune prodige à Montréal, mais ce dernier préfère revenir à son village natal.Son père achète un terrain près du pont de Valcourt et y fait ériger le fameux petit garage blanc, le garage Bombardier.Le talent du mécanicien est vite reconnu à des kilomètres à la ronde, et il engage ses premiers employés.Il mettra trois ans à racheter de son père le garage et tout l\u2019outillage, se promettant de ne plus jamais devoir d\u2019argent à qui que ce soit.C\u2019est aussi cette année-là qu\u2019il épouse Yvonne Labrecque.Le garage l\u2019occupe durant la belle saison, mais l\u2019arrivée de l\u2019hiver s\u2019accompagne d\u2019un retour aux recherches.Malgré la réprobation et les regards torves de plusieurs, il s\u2019emploie à trouver le moyen d\u2019adapter l\u2019automobile à cette rude saison qui emprisonne les habitants des campagnes.En 1934, en plein hiver, les routes fermées à cause de la neige l\u2018empêchent de conduire son fils malade à l\u2019hôpital.Yvon succombe à une crise d\u2019appendicite.Un énième prototype d\u2019autoneige attend dans le garage, mais il n\u2019est pas prêt à l\u2019utiliser pour se rendre jusqu\u2019à l\u2019hôpital de Sherbrooke.Du décès de son jeune fils naîtra le sentiment d\u2019urgence qui a habité l\u2019inventeur durant toute sa vie.Un homme et sa vocation MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM Les jouets que mettait au point le jeune Joseph-Armand faisaient l\u2019envie de ses petits voisins.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM C\u2019est avec l\u2019aide de son frère Léopold que Joseph-Armand Bombardier réalise sa première folle machine construite avec le moteur d\u2019une voiture Ford.Louise Boisvert Présidente et éditrice S2 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 À la une Un biturbopropulseur Q400 de Bombardier (Bombardier Inc et ses filiales); Joseph- Armand Bombardier en 1942 (Musée J.Armand Bombardier); un B7 de 1938 (archives, La Presse); un train régional AGC, France (Bombardier Inc et ses filiales); le président du conseil d\u2019administration et chef de la direction de Bombardier, Laurent Beaudoin, ainsi que la présidente de la Fondation J.Armand Bombardier, Janine Bombardier (archives, La Tribune, Jocelyn Riendeau).???? ????????????????? ?????????????????????????????????????????????????????????? ?????????? ??????????? ????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ????????????????????????????? ???????????????????????????????????????????????? ?????????????????? ??????????? ??????????????????? 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DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S3 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S3 VALCOURT \u2014 Chaque étape de la croissance de L\u2019Auto-Neige Bombardier est intimement liée à l\u2019évolution des inventions de Jose- ph-Armand Bombardier.La prodigieuse ascension de l\u2019entreprise sera lancée par un des plus grands coups de génie de l\u2019inventeur.Jusque-là, un problème majeur se pose à l\u2019efficacité des prototypes d\u2019autoneiges: la neige qui s\u2019accumule dans le mécanisme d\u2019entraînement des chenilles se transforme en glace, alourdissant et rendant inefficace tout le système de traction.En 1935, l\u2019inventeur met au point un système complètement innovateur.Une roue dentée recouverte de caoutchouc, qui s\u2019insère dans une chenille nouveau genre faite de deux courroies de caoutchouc et coton reliées entre elles par des traverses d\u2019acier.Une traction améliorée Il améliore de façon colossale la traction des véhicules, et assure de plus une meilleure répartition du poids du véhicule sur la neige.Après dix années d\u2019essais infructueux, il venait d\u2019inventer le système barbotin-chenilles, pour lequel il obtient en juin 1937 son premier brevet.Le barbotin-che- nilles permettra à l\u2019autoneige B7 de faire une entrée remarquée sur le marché.Et ce n\u2019est que le premier d\u2019une longue série de véhicules qui verront le jour par la suite.Frappant enfin à la porte du succès, Joseph-Armand Bombardier ferme son garage et le transforme en une usine de fabrication d\u2019autoneiges, devenant ainsi un véritable entrepreneur.Plusieurs frères et cousins deviennent les premiers employés de L\u2019Auto-Neige Bombardier, tout comme nombre de Valcourtois.Ailleurs au Québec, la crise économique de 29 laisse encore ressentir les soubresauts de sa terrible onde de choc.Puisqu\u2019elle rend enfin possible les déplacements en hiver, l\u2019autoneige Bombardier devient vite très populaire.Au bout de quelques années, l\u2019entrepreneur se voit forcé de construire une nouvelle usine.Il choisit son emplacement sur la rue Saint-Joseph, tout juste à côté de son garage.Inaugurée en 1941, l\u2019usine a une considérable capacité de production annuelle de 200 autoneiges.Frappant enfin à la porte du succès, Joseph-Armand Bombardier ferme son garage et le transforme en une usine de fabrication d\u2019autoneiges, devenant ainsi un véritable entrepreneur québécois.Mais déjà, un nouveau défi de taille attend l\u2019entreprise de Jose- ph-Armand Bombardier.Les restrictions amenées par la guerre obligent l\u2019entrepreneur à adopter une nouvelle orientation pour assurer la survie de L\u2019Auto-Neige Bombardier et des emplois qui en découlent.Il répond à l\u2019appel du gouvernement, et met au point différentes versions blindées de son autoneige.La demande de l\u2019armée est telle qu\u2019il doit partager ses contrats avec d\u2019autres entreprises.Mais contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, la guerre ruine pratiquement le jeune entrepreneur.Le gouvernement fédéral émet des doutes sur la validité de ses brevets, une dizaine en tout, et refuse de lui payer les redevances auxquelles il croit avoir droit.Joseph-Armand Bombardier ressort mécontent et déçu de son aventure de collaboration avec l\u2019armée canadienne.De toute façon, l\u2019entrepreneur préfère être seul maître de ses actions.Il décide de consacrer son temps à la production destinée au marché civil.En 1946, il double la superficie de son usine, et construit une toute nouvelle usine d\u2019assemblage rue de la Montagne l\u2019année suivante.Coup dur L\u2019entreprise subit un dur coup à l\u2019hiver 1947-1948, alors que la neige se fait attendre, et que le gouvernement provincial décide de procéder au déblayement des routes.Pour éviter la catastrophe, l\u2019in- venteur-entrepreneur comprend qu\u2019il lui faut varier sa production, afin de ne plus dépendre des caprices de la neige.Dès 1949, il développe des véhicules adaptés aux usages agricoles, forestiers et miniers, et relance ainsi son entreprise.L\u2019Auto-Neige Bombardier Limitée devenant stable et prospère, il peut enfin se consacrer à réaliser son rêve d\u2019enfance: mettre au point un petit véhicule qui peut circuler sur la neige.Il ne le savait pas, mais ce sera son dernier grand projet.Joseph- Armand Bombardier aura tout juste eu un avant-goût du phénoménal succès de son unique véhicule à usage récréatif avant son décès prématuré en 1964, alors qu\u2019il n\u2019a que 56 ans.Le garage transformé en usine MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM Après dix années d\u2019essais infructueux, Joseph-Armand Bombardier invente le système barbotin-chenilles, pour lequel il obtient en juin 1937 son premier brevet.Le barbotin-chenilles permettra à l\u2019autoneige B7 de faire une entrée remarquée sur le marché.MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca ###PAGE###4### S4 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Le décès de Joseph- Armand Bombardier en février 1964 constitue une perte énorme pour son entreprise.La réussite de L\u2019Auto-Neige Bombardier dépendait presque exclusivement du génie d\u2019invention de son fondateur, qui en tenait la gouverne d\u2019une main de fer.Seul un autre génie pouvait arriver à assurer la pérennité de la florissante compagnie.Ce génie se présentera en la personne de Laurent Beaudoin, gendre de l\u2019inventeur.Il n\u2019a que 27 ans quand il prend la tête de L\u2019Auto-Neige Bombardier en 1966, succèdant à son beau-frère Germain, le fils aîné de l\u2019inventeur, qui doit abandonner le poste acquis à la mort de son père à cause d\u2019ennuis de santé.Après la mort de l\u2019inventeur, on ne peut plus compter sur la multiplication des nouvelles inventions pour garder la compagnie au premier plan.Pour le jeune Beaudoin, qui a le génie des affaires, le succès viendra par la motoneige.Ses premières manoeuvres visent à capitaliser sur la popularité grandissante de l\u2019industrie.Ainsi, le budget publicitaire du ski-doo passe de 32 000 $ en 1963, à la fin de l\u2019ère Bombardier, à cinq millions $ en 1969, au début de l\u2019ère Beaudoin.Le titre en bourse Entre temps, en 1967, L\u2019Auto- Neige Bombardier devient Bombardier Limitée.Son titre est inscrit en Bourse deux ans plus tard.Les bénéfices générés par la vente d\u2019actions permettent à l\u2019entreprise d\u2019intégrer un premier fournisseur à l\u2019extérieur du pays.La société autrichienne qui fabrique les moteurs Rotax, ceux qui propulsent le Ski- Doo depuis 1963, devient propriété de Bombardier en 1970.Mais la crise du pétrole de 1973, qui relègue la motoneige au rang de sport luxueux, fait décliner pour une première fois les profits de Bombardier depuis l\u2019arrivée de Laurent Beaudoin.Les ventes de motoneige chutent de 56%.Ses capacités de gestionnaire sont mises à rude épreuve.D\u2019abord, il faut sabrer dans les dépenses.La structure, qui s\u2019était alourdie au même rythme que le volume des ventes, doit redevenir à ce qu\u2019elle était à l\u2019époque où les ventes en étaient au même point.Et fini l\u2019intégration verticale: toutes les filiales de l\u2019entreprise Bombardier, exception faire de Rotax, sont vendues à des tiers.Comme son beau-père avant lui, Laurent Beaudoin comprend que l\u2019entreprise ne peut miser que sur un seul produit pour survivre.La mise en marché des motocyclettes Can-Am en 1973 sera le premier pas vers la diversification qui prendra des proportions inimaginables dans les années qui suivront.Bombardier s\u2019engage dans l\u2019industrie du transport quand la Ville de Montréal annonce son intention d\u2019agrandir son réseau de métro en 1974.Bien que l\u2019entreprise n\u2019ait pas d\u2019expérience dans ce domaine, elle s\u2019y lance tête baissée, et livre la marchandise avec brio.Il faudra attendre 1986 pour que Bombardier quitte le sol et prenne la voie des airs en mettant la main sur Canadair, la première d\u2019une longue série d\u2019acquisitions dans le domaine de l\u2019aéronautique.Après la neige.l\u2019eau La multinationale continue de développer le secteur des produits récréatifs, lançant en 1988 la motomarine Sea-Doo, après une première tentative avortée 20 ans plus tôt.1998 marquera l\u2019arrivée des véhicules tout-terrain.D\u2019entrée de jeu, le Traxter est élu véhicule de l\u2019année.La dernière acquisition de Bombardier pour les produits récréatifs remonte à 2001.Il s\u2019agit de OMC, fabriquant des moteurs hors-bord Johnson et Evinrude.Mais les ennuis ne sont pas finis pour Bombardier.À la suite des attentats de septembre 2001 aux États-Unis, le marché de l\u2019aéronautique s\u2019écroule.S\u2019ensuit un ralentissement important de l\u2019économie américaine.L\u2019action, qui valait environ 25$ à l\u2019été 2001, dégringole jusqu\u2019à 3$ à l\u2019automne 2003.Des mesures draconiennes sont envisagées pour remettre l\u2019entreprise à flots.En 2003, dans le cadre d\u2019une vaste restructuration, et pour dégager des liquidités, Bombardier vend la division Produits récréatifs, celle-là même qui a permis l\u2019essor de l\u2019entreprise.Un consortium formé de la famille Bombardier, Bain Capital et de la Caisse de dépôt et de placement du Québec se porte acquéreur du secteur, qui deviendra Bombardier Produits récréatifs, mieux connu sous l\u2019acronyme tiré du nom anglais, BRP.Bien que née de Joseph-Armand Bombardier, l\u2019entreprise qui porte son nom ne fabrique plus aujourd\u2019hui les véhicules qu\u2019il a inventés.Mais suivant son exemple, elle a su continuer à croître malgré les tourmentes.Et les difficultés vécues au début des années 2000 semblent enfin être derrière la multinationale, pour qui le carnet de commandes se remplit depuis quelques temps.De L\u2019Auto-Neige Bombardier à Bombardier Inc.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM À l\u2019arrivée de Laurent Beaudoin à la tête de L\u2019Auto-Neige Bombardier, l\u2019entreprise décuple les sommes qu\u2019elle investit dans la publicité de ses produits.Ici, la page couverture d\u2019une brochure de vente de motoneiges en 1970./ Né en 1938 à Laurier-Station / S\u2019initie au monde des affaires avec son père, grossiste en épicerie / Complète une maîtrise en commerce à l\u2019Université de Sherbrooke et devient comptable agréé en 1961 / Rencontre en Faculté de commerce Claire Bombardier, fille de Joseph-Armand Bombardier / S\u2019établit à Québec avec son épouse en 1961, et ouvre le cabinet Beaudoin, Morin, Dufresne et Associés / Se voit confier par son beau-père la charge de redresser une scierie qu\u2019il a achetée à Woburn, tâche qu\u2019il accomplit brillamment / S\u2019installe à Valcourt en 1963 lorsque M.Bombardier lui offre le poste de contrôleur / Devient directeur général de l\u2019Auto-Neige Bombardier en 1964, six mois après la mort de M.Bombardier / Obtient le poste de président et chef de la direction en 1966 Laurent Beaudoin, président du conseil d\u2019administration et chef de la direction de Bombardier ???? ????????????????????????????????????? ???????? ???????????????????????? ???????????????????????????????????????? ????????????????????????? ???????????? ??????? ?? ??????????????????????????????? ???????????????????????????? ???????????? ?????????????? ????????? ????? ????? ?????????????????????????????????? ?????????? ????????????????????????????????????????????????????? ???????? ?????????? ? ? ?????????????????? ###PAGE###5### DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S5 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S5 Les premiers temps avec son beau- père: «J\u2019ai travaillé avec lui avant de me joindre à Bombardier.Il était investisseur dans un moulin à scie à Woburn.J\u2019ai réussi à trouver une façon pour que la situation du moulin à scie s\u2019améliore.C\u2019est de cette façon que M.Bombardier a appris à faire confiance à son gendre et qu\u2019il m\u2019a offert par la suite de me joindre à lui.» L\u2019influence de M.Bombardier: «Il m\u2019a donné la possibilité de me développer.J\u2019ai eu à travailler avec lui assez proche, et il m\u2019a fait confiance.La plus belle chose qui me soit arrivée, c\u2019est que M.Bombardier, sur son lit de mort, m\u2019ait dit: je pense qu\u2019on aurait fait une belle équipe ensemble.Venant de lui, c\u2019était très important.» L\u2019entrepreneurship de l\u2019inventeur: «M.Bombardier, c\u2019était la recherche qui l\u2019intéressait.Sa force, ce n\u2019était pas nécessairement l\u2019administration et le développement de l\u2019entreprise au point de vue volume.Sa force était d\u2019essayer de trouver de nouveaux produits et à partir de là, développer son entreprise.» Les premiers temps après le décès de Joseph-Armand Bombardier: «Je voulais que Bombardier comme entreprise survive à la génération, soit une entreprise qui fasse ses temps.Dans les années 60, beaucoup d\u2019entrepreneurs développaient leur entreprise, et quand ils avaient un certain succès, ils vendaient.Pour moi, je trouvais ça important de continuer à développer l\u2019entreprise.» Reprendre là où M.Bombardier avait laissé: «Mon beau-père était un homme à tout faire.C\u2019était lui le grand patron, les gens dépendaient totalement de lui.Quand j\u2019ai commencé à prendre la responsabilité, quand on a appris sa maladie, je me suis graduellement entouré d\u2019une équipe de gens, tant au point de vue financier qu\u2019au point de vue marketing, pour compléter mes connaissances et faire avancer l\u2019entreprise.» Changer les façons de faire: «En 73, quand on s\u2019est lancés dans le transport en commun, peut-être que M.Bombardier aurait développé son propre véhicule.Nous on a acheté une licence des Français pour entrer dans le domaine.Une fois la licence achetée, on a développé notre industrie et développé nos connaissances technologiques.» Sa plus grande réussite: «Avoir réussi à développer Bombardier pour qu\u2019il devienne le leader du transport en commun.Et aussi en aéronautique: c\u2019est le troisième plus important fabricant d\u2019avions dans le monde, et le leader dans les catégories affaires et régionaux.Ça a été avec de la vision et de la ténacité qu\u2019on a réussi à accomplir cette diversification-là.» Sa plus grande fierté: «Avoir développé une industrie importante au Canada dans les domaines du transport et de l\u2019aéronautique, et en même temps créer des emplois dans ces deux secteurs industriels importants ou on joue un rôle de leadership.» Se départir de la division des produits récréatifs: «Ça a été très difficile.Bombardier passait une période assez difficile, il fallait se restructurer financièrement pour solidifier notre base.C\u2019est une décision que le conseil d\u2019administration a prise à ce moment-là.J\u2019ai dit clairement que si c\u2019était l\u2019intention de le faire, mon intention était de faire partie d\u2019un groupe pour le rachat de cette entreprise-là.» En regardant BRP aujourd\u2019hui: «Ça continue très bien, il y a une très bonne équipe en place.Ils font un très bon travail, et je suis très fier de voir que les produits récréatifs volent par eux-même.Graduellement, l\u2019industrie continue à se développer et à prendre de l\u2019importance.» \u2014 Marianne Dandurand Laurent Beaudoin commente: ARCHIVES, PC Laurent Beaudoin a pris les commandes de Bombardier en 1966 et encore en 2007, il veille aux destinées de la multinationale.###PAGE###6### S6 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - Le 20 juillet 1971, la Ville de Montréal nomme un boulevard Armand-Bombardier.- Le 24 avril 1979, Joseph-Ar- mand Bombardier entre au Temple de la renommée des entreprises canadiennes.- En 1980, l\u2019Association francophone pour le savoir (ACFAS) crée le Prix J.-Armand-Bombardier.- En 1987, l\u2019Université de Sherbrooke procède à la dénomination du Pavillon J.-Armand-Bombar- dier.Le pavillon héberge la faculté de génie et les départements de génie chimique, génie civil, génie électrique et génie informatique ainsi que de génie mécanique.- En 1989, Joseph-Armand Bombardier est élu à titre d\u2019inventeur au International Snowmobile Racing Hall of Fame.- En 1991, le Conseil du patronat du Québec remet le Prix de carrière, à titre posthume, à Joseph-Ar- mand Bombardier.- En 1993, Joseph-Armand Bombardier est élu au Panthéon de la science du Canada.- En 1994, Joseph-Armand Bombardier est élu au International Snowmobile Hall of Fame.- Le 26 mai 1995, Poste Canada émet deux timbres de la série Véhicules historiques, Véhicules agricoles et d\u2019exploitation, soit le timbre d\u2019une motoneige Ski-Doo Olympique 335 de 1970 et celui d\u2019une autoneige B12 CS de 1948.- Le 17 mars 2000, Joseph-Ar- mand Bombardier fait l\u2019objet d\u2019un timbre commémoratif dans le cadre de La collection du millénaire Reflets d\u2019une nation Des inventeurs de génie, de Poste Canada.- Le 30 mai 2002, une plaque de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada commémorant Joseph-Armand Bombardier est dévoilée au Musée J.-Armand-Bombardier.- Le 17 mai 2004, l\u2019École Polytechnique de Montréal et l\u2019Université de Montréal inaugurent le Pavillon Joseph-Armand-Bom- bardier.L\u2019endroit permet à des équipes de chercheurs en chimie, en génie et en physique des deux institutions d\u2019enseignement montréalaises de travailler ensemble à des thèmes communs dans cinq domaines de pointe, soit les nanotechnologies et les nanosciences, la biotechnologie, l\u2019aéronautique, l\u2019aérospatiale ainsi que les nouveaux matériaux.- Le 28 septembre 2004, la Commission de toponymie officialise le nom Autoroute Joseph-Armand- Bombardier pour désigner l\u2019autoroute 55 entre la ville de Stanstead et l\u2019autoroute Jean-Lesage, à la hauteur de Drummondville.De nombreux hommages posthumes ???? ???????????????????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????????????????? 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MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER IMACOM, ARCHIVES, MAXIME PICARD En janvier 2007, les employés de l\u2019usine de Valcourt assemblaient la millionième motomarine de l\u2019entreprise.MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Valcourt reçoit un choc terrible en avril 2003 lorsque Bombardier annonce son intention de se départir de la division des produits récréatifs.Depuis près de 70 ans, la croissance de la municipalité repose sur l\u2019entreprise Bombardier, mais surtout sur la solide relation de confiance que les citoyens entretiennent avec les membres de la famille Bombardier.Les Valcourtois ne peuvent imaginer que la multinationale qu\u2019ils ont contribué à mettre sur pied leur tourne le dos.Ils ne peuvent imaginer que les Bombardier les laisseront tomber.Mais la famille de l\u2019inventeur est avant tout une famille de coeur, et c\u2019est avec un grand soupir de soulagement que Valcourt apprend en décembre que c\u2019est un consortium formé de la famille Bombardier, Bain Capital et la Caisse de dépôt et placement du Québec qui achète l\u2019entreprise.Ce qui a toujours appartenu au privé du vivant de l\u2019inventeur retourne entre les mains du privé.Pour les gens de la région, l\u2019implication de la famille Bombardier est une police d\u2019assurance pour l\u2019avenir de Bombardier Valcourt.La direction confiée à José Bois- joli, l\u2019entreprise devient Bombardier Produits Récréatifs, ou BRP (Bombardier Recreative Products).Dès 2004, BRP donne un signal clair aux Valcourtois en ramenant le siège social de Saint-Bruno vers Valcourt, et lui donnant pignon sur rue dans les anciennes installations de L\u2019Auto-Neige Bombardier.Mais la transition ne se fera pas sans heurts, puisque la même année, BRP se départit de la division des produits industriels de Granby, qui fabriquait toujours quelques-uns des véhicules conçus par l\u2019inventeur.La hausse du dollar canadien force ensuite l\u2019entreprise à réduire les coûts de production, Bombardier fait naître une nouvelle entreprise et de nombreuses mises à pied sont effectuées.La dernière des mesures visant à resserrer le cadre financier est l\u2019annonce du transfert de l\u2019assemblage des VTT vers le Mexique en 2005.Pour la première fois, un des véhicules récréatifs de la compagnie ne sera pas produit à Valcourt.Encore une fois, la municipalité frissonne en pensant à son avenir.Mais BRP rassure à nouveau la population en investissant 10 M $ pour moderniser la chaîne de montage des motoneiges et moto- marines.Valcourt sait que désormais, l\u2019assemblage des Sea-Doo et des Ski-Doo restera entre ses murs.Dès lors, les bonnes nouvelles ne feront plus relâche.En décembre 2006, BRP annonce l\u2019investissement de 15,6 M $ pour mettre sur pied un centre de technologie avancée en partenariat avec l\u2019Université de Sherbrooke.Le projet est évalué à 36 M $.L\u2019entreprise investit successivement 3,6 M $ puis 15 M $ à Valcourt pour moderniser son centre de recherches et construire un centre de design et d\u2019innovation.Et BRP n\u2019a pas dit son dernier mot concernant l\u2019innovation au point de vue des véhicules: en février 2007, l\u2019entreprise lance en grandes pompes le révolutionnaire roadster à trois roues Spyder, hybride entre une motocyclette et une voiture décapotable.L\u2019entreprise issue du génie de Joseph-Armand Bombardier n\u2019avait pas exploré le marché de la route depuis l\u2019avènement des autoneiges.La bonne nouvelle pour la région sera la confirmation de sa production dans les installations de Valcourt.De par les orientations de BRP, l\u2019entreprise mise au monde par Joseph-Armand Bombardier se rapproche de la communauté val- courtoise.Les assises de BRP étant aujourd\u2019hui bien consolidées, la famille Bombardier peut se targuer d\u2019avoir confondu bien des sceptiques: BRP est à Valcourt pour y rester.###PAGE###7### José Boisjoli / Né en 1957 à Wickham / Complète un baccalauréat en ingénierie à l\u2019Université de Sherbrooke en 1981 / En début de carrière, oeuvre dans les secteurs de la pharmaceutique et de l\u2019équipement de sécurité routière / Se joint à Bombardier- Valcourt en 1989 pour assouvir sa passion pour les véhicules récréatifs.Occupe des fonctions dans divers secteurs, et obtient un premier poste de direction en 1992 alors qu\u2019il devient vice-président des opérations manufacturières./ Accède à la haute direction en 1998, obtenant le poste clé de président de la division des motoneiges et motomarines.La division des VTT s\u2019ajoute à sa charge lors de sa création en 2001./ Devient le président et chef de la direction de Bombardier Produits Récréatifs lors de la création de l\u2019entreprise en 2003.DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S7 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S7 PC, ARCHIVES José Boisjoli a joint les rangs de Bombardier-Valcourt en 1989 et n\u2019a cessé de progresser dans l\u2019entreprise jusqu\u2019à devenir président et chef de la direction de Bombardier Produits Récréatifs en 2003.###PAGE###8### ???? ??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?????????? ?????????? ????????????????? ??????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?????????????? ???????????????? ??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?????????????????????????? ????????????????????????????????????????????? ?????????? ???????????????????????????????????????????????????????????? ?????????? ???? ? ? ?????????????????? ?????????????????????????? ????????????????????????? ?????? ?????????????????????????????? ???????????????????????????????????? ??????????? ?????????????????? ???????????????? ????????????????? ???????????????? ???????????????????????????????? ????????????????? ??????????? ???? ???????????? ??????????? ?????????????????????????? ???? ?????????????????????????????? ????????????????? ?????????????????? ????????????????????? ????????????? ????????????????????????????? ? ?????????????????????????????? ?????????????????? ????????????????? ??????? ??????????????? ??????? ????????????????? ??????? ????????????? ?????? ???????? ??????????????????? ? ???????????????????? ???????????????????????????? ??????? ??????????? ????????????????????????? ???? ???????????????????? ????????????????? ?????????????????? ???????? ??????????????? ????????????? ???? ???????? ??? ? ? ? ? ? ? ??? ??? ??????????????????????? ??????????????????????????????? S8 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 ###PAGE###9### DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S9 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S9 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Il était dans l\u2019ordre des choses pour Joseph-Armand Bombardier de faire profiter ses concitoyens des profits générés par son entreprise.Sa générosité était reconnue au-delà des limites de son village, et les gens venaient de partout pour le solliciter.Il ne le faisait pas pour l\u2019honneur, mais bien par respect pour ses valeurs.Étudiants et missionnaires ont pu compter sur l\u2019appui financier de M.Bombardier.L\u2019inventeur a mis sur pied un système de prêts intéressant pour faciliter l\u2019accès à la propriété de ses employés.Et dans les périodes économiques difficiles, il s\u2019entêtait à garder à son emploi plus de travailleurs que nécessaire.Il était important pour lui de donner une dimension humaine à son entreprise.La voie à suivre La mère de Joseph-Armand Bombardier l\u2019avait convaincu que c\u2019était la bonne voie à adopter en l\u2019incitant à agrandir son usine en 1940, lui disant que c\u2019était son devoir.Dans un discours adressé à ses employés en 1952, il racontait cette anecdote en ajoutant que «maman venait d\u2019allumer la mèche qui brûle encore en moi, et qui, avec la grâce de Dieu, ne s\u2019éteindra qu\u2019à ma mort, ou que plutôt j\u2019aurai le bonheur de communiquer à d\u2019autres pour la porter encore longtemps.Cette mèche, Messieurs, cette flamme est le désir d\u2019aider mes compatriotes à réussir dans la vie».Un an après sa mort, sa famille, avec en tête sa femme Yvonne La- brecque-Bombardier, a créé la Fondation J.Armand Bombardier pour poursuivre l\u2019oeuvre charitable si chère à l\u2019entrepreneur, respectant ainsi la volonté de M.Bombardier.L\u2019organisme à but non lucratif a dès lors été financé par Bombardier limitée.Encore aujourd\u2019hui, Une mission sociale IMACOM, ARCHIVES, JESSICA GARNEAU Janine Bombardier a pris la relève de sa mère Yvonne à la tête de la Fondation J.Armand Bombardier.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM Après le décès de J.-A.Bombardier, son épouse a mis sur pied, en collaboration avec ses trois filles, la Fondation J.Armand Bombardier pour poursuivre l\u2019oeuvre sociale de l\u2019entrepreneur.Bombardier inc.verse l\u2019équivalent de trois pour cent de son bénéfice avant impôts sur le revenu à la fondation qui porte le nom de celui qui a créé l\u2019entreprise.La Fondation J.Armand Bombardier a été dirigée dès sa création en 1965 par l\u2019épouse de M.Bombardier.À la mort de Mme Bombardier en 1978, c\u2019est l\u2019aînée des filles Bombardier, Janine, qui a pris la relève à la présidence de la Fondation.L\u2019affaire en est demeurée une de famille: au conseil d\u2019administration siègent aujourd\u2019hui les trois filles de l\u2019inventeur, quatre de ses petites-filles, et seulement quatre membres extérieurs.Depuis 1965, ce sont 74 M $ qui ont été versés par la fondation pour soutenir l\u2019éducation, la santé, les arts et la culture et diverses oeuvres de bienfaisance et de charité ou humanitaires.Le siège social de la Fondation J.Armand Bombardier a toujours pignon sur rue à Valcourt, aux côtés du Musée J.Armand Bombardier et du Centre culturel Yvonne L.Bombardier.Depuis 2000, un bureau à Montréal s\u2019occupe exclusivement de la gestion des dons.###PAGE###10### S10 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 «Valcourt, c\u2019est la ville de Bombardier.Sans eux, tout ce qui a été fait ici n\u2019aurait pas eu lieu d\u2019être.» Tel est le constat posé par Camille Rouillard, maire de Valcourt de 1963 à 1990.Le vétérinaire d\u2019origine windsoroise s\u2019est installé dans la ville de l\u2019inventeur en 1954, alors que l\u2019économie tournait au ralenti.«Quand je suis arrivé, ce n\u2019était pas trop facile à Valcourt, parce qu\u2019il y avait l\u2019ouverture des chemins l\u2019hiver qui avait commencé.À ce moment-là les snowmobiles se vendaient moins.» Il se rappelle l\u2019entêtement de Joseph-Armand Bombardier à mettre au point des véhicules industriels, pour assurer la survie de l\u2019entreprise et de toute la population qui en dépendait.«Puis le ski-doo est arrivé au début des années 60, et l\u2019industriel a continué à monter.Ça a donné un grand coup à partir des années 70, avant la crise du pétrole.» Le début des années 1970 marque de la façon la plus importante l\u2019essor de la municipalité.Et Monsieur Rouillard a été l\u2019un des principaux acteurs de cette croissance explosive: à l\u2019époque, il combinait les fonctions de maire de Valcourt et de directeur de la toute jeune Fondation J.-Armand- Bombardier.Ville active «En 60-70, ça virait de boutte pis c\u2019est vrai!, illustre l\u2019homme qui a coordonné cet essor.Je voulais amener la population à Valcourt, il fallait les services.On passait de ceux d\u2019un petit village à ceux d\u2019une ville.Je ne pouvais pas attirer les gens dans le désert!» Et tout le développement a été mûrement réfléchi.M.Rouillard a dressé un ambitieux plan d\u2019urbanisme: encore aujourd\u2019hui, la municipalité n\u2019a pas atteint les limites dessinées par l\u2019homme de vision il y a 40 ans.Ce qui explique entre autres l\u2019impressionnante largeur des rues construites à cette époque.Plusieurs résidences ont été construites sur les terrains qui appartenaient aux Placements Bombardier.Des appartements et des logements sociaux ont été érigés.«À une certaine époque, on était la deuxième ville au Québec pour le nombre de logements sociaux», rappelle fièrement l\u2019ex- maire dont la vision n\u2019avait d\u2019égal que l\u2019ambition.L\u2019aqueduc municipal a été approvisionné par le lac Bowker vers 1968.«Laurent Beaudoin m\u2019avait appelé.Notre eau n\u2019était pas bonne, il y avait des ouvriers qui tombaient malades.On n\u2019a pas eu le choix, il a fallu régler le problème de l\u2019eau.» «Puis la Fondation a bâti le centre culturel, le musée, la piscine et le terrain de tennis, énumère celui qui en était le directeur.Bombardier a construit l\u2019aréna et le terrain de golf.La Ville s\u2019est occupée des terrains de balle et des terrains de jeux.Ça s\u2019est fait dans l\u2019espace de deux, trois peut- être quatre ans.» De la vision de M.Rouillard, c\u2019est toute la population de la région qui en a profité.«Ce que j\u2019ai toujours voulu faire, c\u2019est de bâtir Valcourt, mais aussi bâtir sa région, en unissant nos efforts.» Les services communautaires d\u2019incendie, des loisirs et d\u2019aqueduc qu\u2019il a mis sur pied et qui fonctionnent encore aujourd\u2019hui sont une preuve concrète de la réussite de M.Rouillard.Le maire qui a rêvé sa ville L\u2019ancien maire de Valcourt, Camille Rouillard, avait une réelle vision de sa municipalité.ARCHIVES, LA TRIBUNE Quarante ans après avoir été imaginé par un maire visionnaire, le plan d\u2019urbanisme de Valcourt n\u2019a toujours pas atteint ses limites.????? ????????????????????????????????????????????????????? ????????????????????????????????????????????????? ?????????????????????? ???????????????????????? ????????????????????????????????????????????????????????????? ???????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????????????? ??????????????????????????????????????????? ??????????????????????? ???????????????????????????????? ??????? ??????????????????????????????????????????????????????? ???????????? ??????????????????????????????????????????? ??? ??????????????????????????????????? ? ? ?????????????????? ###PAGE###11### DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S11 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S11 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca KINGSBURY \u2014 Les tentacules de l\u2019entreprise de Joseph-Armand Bombardier se sont étendus bien au- delà de Valcourt.Bien sûr, quelques fournisseurs contribuaient au niveau des pièces ou des services, mais il est beaucoup plus simple pour l\u2019inventeur de créer lui- même ses pièces, quand il n\u2019arrive pas à avoir ce qu\u2019il veut de ses fournisseurs.Le village de Kingsbury ne serait qu\u2019un lointain souvenir, n\u2019eût été de cette propension de Joseph- Armand Bombardier à imaginer de nouvelles façons de faire.Dans les années 1940, l\u2019inventeur a le temps, et surtout l\u2019envie, de se concentrer à ses recherches.Mais il sait qu\u2019il ne pourra le faire de Valcourt, étant constamment sollicité par son usine.Pour se rendre à son chalet du lac Brompton, la route la plus courte pour l\u2019inventeur passe par le village abandonné de Kingsbury.À une trentaine de kilomètres de Valcourt, le village semble l\u2019endroit idéal pour l\u2019inventeur pour y établir son centre de recherches.C\u2019est assez loin de Valcourt pour ne pas être continuellement dérangé, mais assez près pour s\u2019y rendre en cas de besoin.M.Bombardier n\u2019a pas de plan précis pour le centre de recherche.Il y engage des hommes et pour les faire travailler, fait entrer un peu de machinerie qui servira à produire les pièces que l\u2019usine de Valcourt ne fournit pas à fabriquer.L\u2019histoire de la région de Kingsbury remonte aux années 1800, alors que la mine d\u2019ardoise est exploitée pour fabriquer principalement des tuiles qui serviront à couvrir les toitures d\u2019édifices en Angleterre.Un village nommé New Rockland s\u2019établit à proximité.Mais la fin de l\u2019exploitation de cette carrière d\u2019ardoise signifie la fin pour le village de New Rockland.La Couronne possède toujours KINGSBURY \u2014 L\u2019entreprise Rockland Accessories a été vendue en 1983 à Camoplast, en même temps que de nombreuses autres filiales.L\u2019usine a été exploitée par Camoplast jusqu\u2019en 1989.À ce moment, un conflit entre les parties patronale et syndicale dégénère en lock-out.L\u2019usine de caoutchouc de Kingsbury ferme ses portes, et déménage ses pénates vers Plattsburg, dans l\u2019état de New York.La municipalité achète le bâtiment et le transforme en motel industriel, qui sera géré par le comité de Promotion Industrielle de Kingsbury.Diverses compagnies occuperont les locaux, dont Camoplast et Domtar, sans jamais s\u2019établir fermement.Aujourd\u2019hui, seuls les bureaux de l\u2019hôtel de ville de Kingsbury nichent dans le centre de recherches de Joseph-Armand Bombardier.La région tour à tour minière, forestière et industrielle est de retour à la case recherche de vocation.\u2014 Marianne Dandurand Des ramifications ailleurs Retour à la case départ d\u2019immenses territoires non concédés s\u2019étendant de Richmond au lac Brompton.Personne n\u2019en veut, principalement à cause de son relief montagneux.Jusqu\u2019à ce que les Williamson décident d\u2019y faire de l\u2019exploitation forestière.C\u2019est à cette époque que le village de Kingsbury se forme, autour du barrage et du moulin à scie érigés par la compagnie sur la rivière aux Saumons.Mais la crise des années 30 incite l\u2019entreprise, devenue Williamson & Crombie, à liquider et morceler cet immense territoire.Canada Paper, devenu Domtar, prend la partie où on retrouve du bois mou.International Cartridge, fabriquant de fûts, se procure les terres où on retrouve du bois dur.Ce sont les terrains qui appartiennent aujourd\u2019hui à Grief.Il restait une bonne portion du lac Brompton, très peu développé, avec les droits d\u2019eau de la Rivière au Saumon, l\u2019ancienne mine et tout le village de Kingsbury, avec 28 maisons.Ce sont 1200 acres de terre que Joseph-Armand Bombardier a achetés en 1946, et qui appartiennent encore aujourd\u2019hui en bonne partie aux Placements Bombardier.Son frère Georges reprend le moulin, l\u2019inventeur revend quelques terrains, puis il construit enfin son centre de recherches, avec un grand appartement au deuxième pour que sa famille puisse y passer ses étés.M.Bombardier n\u2019a pas de plan précis pour le centre de recherche.Il y engage des hommes, et pour les faire travailler, fait entrer un peu de machinerie qui servira à produire les pièces que l\u2019usine de Valcourt ne fournit pas à fabriquer.Chaque fois qu\u2019il a une nouvelle idée, c\u2019est à Kingsbury qu\u2019elle est mise en oeuvre.Ainsi, quand il décide de remplacer les roues de B12 en fonte, qui se brisent facilement, par des roues d\u2019aluminium, il achète une petite fonderie d\u2019aluminium, fabrique les moules, et commence à couler ses pièces à Kingsbury.Toujours dans l\u2019esprit d\u2019améliorer les choses, il pense à la chenille sans fin.Le joint mécanique des chenilles actuelles, fabriquées en longueur, est un inconvénient majeur à leur durabilité.L\u2019inventeur demande alors à Goodyear, qui fabrique les chenilles de ses autoneiges, de lui faire des chenilles sans fin.Goodyear accepte, mais vulcanise la chenille par section.En résulte des chenilles qui n\u2019ont pas toutes la même longueur.Pire, Goodyear augmente sans cesse le prix exigé pour ces chenilles faites spécialement pour L\u2019Auto-Neige Bombardier.L\u2019insatisfaction de M.Bombardier le mène encore une fois un peu plus loin: le centre de recherches deviendra une usine de caoutchouc.L\u2019inventeur met au point un vulca- nisateur, qui cuit toute la chenille de caoutchouc en une seule étape.En 1953, Rockland Accessories devient la première filiale de l\u2019Auto-Neige Bombardier.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER Après avoir acheté le territoire de Kingsbury, Joseph-Armand Bombardier y fait construire un centre de recherche qui abrite aujourd\u2019hui l\u2019hôtel de ville de Kingsbury.###PAGE###12### ?????? ??????????????????????????????? ??????? ??????????????? ??????????? ??????????? ?? ??? ??????????? ?????? ????????????????? ??????????????????????????????? ???????????????? ??????????????????? ???????????? ?? ??? ???????????????? 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inventeurs.C\u2019est comme ça que je l\u2019ai vu la première fois, j\u2019avais peut-être six ans.» La relation n\u2019a pas commencé dès lors.M.Vincent a grandi.Il s\u2019est inscrit à un cours intensif de machiniste à Sherbrooke pour ensuite être engagé à Ottawa.«On faisait des pièces, on ne savait pas ce que c\u2019était.Puis, ils se sont mis à enrôler tous les jeunes pour aller à la guerre.Je suis parti sans leur laisser mon adresse!» M.Vincent est revenu à Valcourt et s\u2019est trouvé un emploi de camionneur, mais il préfèrerait travailler dans son champ de compétences.C\u2019est là qu\u2019interviendra son oncle.M.Houde amène son neveu rencontrer l\u2019inventeur.«Il m\u2019a amené à Kingsbury.M.Bombardier venait juste d\u2019acheter tout le village, et il voulait construire un centre de recherches.» M.Vincent garde de cette rencontre un souvenir très précis.«M.Bombardier m\u2019a dit que je pouvais commencer n\u2019importe quand.Je lui ai demandé quand il voulait que je rentre au travail.Il m\u2019a répondu: c\u2019est ça que je te dis, tu peux commencer n\u2019importe quand!» La construction du centre de recherche était à peine entamée.Quand l\u2019inventeur a su que le jeune homme était camionneur en attendant de reprendre son métier, il l\u2019a chargé du transport des matériaux.Enfin, le travail a pu commencer.«On ne savait jamais ce qu\u2019on allait faire, on n\u2019avait pas de tâches particulières.» L\u2019inventeur a vite remarqué le potentiel de son jeune ouvrier, qui est rapidement devenu le contremaître du centre de recherches.«Je n\u2019ai jamais eu de problèmes avec lui, jamais.Il y a des gars des fois, ses frères même, il les engueulait, la grosse chicane.Moi, jamais il ne m\u2019a rien dit de travers.Je ne faisais pas exprès non plus, j\u2019avais étudié son caractère.Je savais comment le prendre!» Et puis le centre de recherches a pris de l\u2019ampleur.C\u2019est devenu une usine de caoutchouc quand l\u2019entrepreneur a décidé de fabriquer lui-même ses chenilles sans fin.Joseph-Armand a envoyé Germain, son fils aîné, travailler aux côtés de son ami.« Quand c\u2019est devenu gros à l\u2019usine, J.A.a décidé de former une société.Dans ce temps-là, il fallait être trois.Il a pris Germain, moi et Madame Dupaul, qui était sa secrétaire.On a cherché un nom, ça a pris je ne sais plus combien de temps.Finalement, on a choisi un nom dont on aurait presque honte aujourd\u2019hui: Rockland Accessories, du nom de l\u2019ancien village qui exploitait la mine d\u2019ardoise.» Alors qu\u2019il était mourant, Joseph-Armand Bombardier fait appeler son fils Germain et son ami Gaston à son chevet.«Il a dit qu\u2019il savait que c\u2019était la fin pour lui.Il a ensuite dit que c\u2019était Germain qui allait prendre Valcourt, et comme il savait que Germain connaissait moins la fabrication, il m\u2019a demandé d\u2019aller avec lui.Il est décédé durant la nuit suivante.» M.Vincent a respecté la volonté de son patron et ami.Il est demeuré au service de Bombardier Valcourt jusqu\u2019à sa retraite en 1988, où il a été directeur de la production industrielle de 1970 à 1975, avant de terminer sa carrière en tant que chargé des projets spéciaux.«J\u2019ai vraiment eu une belle carrière avec Bombardier», conclut-il.Bras droit et confident de l\u2019inventeur LA TRIBUNE, MARIANNE DANDURAND Gaston Vincent a commencé sa carrière chez Bombardier au centre de recherches de Kingsbury.Il est de ceux qui ont contribué à la mise au point du vulcanisateur, qui a transformé le centre de recherche en usine de caoutchouc.###PAGE###16### S16 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 La conjoncture des éléments dans les années 1950 s\u2019annonce enfin favorable à l\u2019inventeur pour explorer son rêve de jeunesse.Le succès des véhicules industriels assure enfin la croissance de l\u2019entreprise.De son centre de recherches à Kingsbury, il s\u2019attelle à la tâche de concevoir un petit véhicule léger, peu encombrant, pouvant passer presque partout avec un ou deux passagers en selle.Quelques années de recherches ont été nécessaires à l\u2019arrivée d\u2019un prototype efficace.«En 1958, il a fait un véhicule qu\u2019on appelle la boîte à beurre.C\u2019était un véhicule tout en bois, qui se déplaçait bien sur la neige», rapporte Richard Codère, conservateur en chef au Musée J.Armand Bombardier.Vingt-cinq exemplaires Le design de l\u2019engin a été redéfini l\u2019année suivante.«En 1959, c\u2019était le premier véhicule de série, celui qu\u2019on appelle le ski-doo.Il en a fabriqué 25, mais seulement deux ont été vendus, ou plutôt donnés.» L\u2019inventeur a offert ces deux véhicules au père Maurice Ouimet, missionnaire chez les Amérindiens du nord de l\u2019Ontario.Les 23 autres sont restés à Valcourt, où ils ont été rudement mis à l\u2019épreuve.Déjà, l\u2019inventeur sait qu\u2019il a la bonne formule.«1960, c\u2019est la première année de production.De 1960 à 1963, il y a beaucoup de changements sur les véhicules ski- doo, mais l\u2019année marquante, c\u2019est 1961.C\u2019est une année à s\u2019arracher les cheveux de sur la tête!, illustre M.Codère.Les motoneiges 1961 du début de production sont complètement différentes de celles de fin de production.» Dès 1960, les bases sont jetées.Le véhicule apparaît dans le design qu\u2019on lui connaît aujourd\u2019hui, muni d\u2019une chenille sans fin, skis en bois, moteur à l\u2019avant.À cette époque, le moteur est situé juste sous le guidon, devant le siège, sans aucune protection pour le conducteur.Du bois à l\u2019acier Au fil de l\u2019année 1961, les skis de bois sont remplacés par des skis d\u2019acier avec lames à ressort, la suspension est améliorée, la lumière est branchée sur le condensateur du moteur.1963 marque ensuite un tournant dans la motorisation: le moteur autrichien deux temps Rotax devient l\u2019unique propulseur de Bombardier.La compagnie qui les fabrique sera achetée en 1969 par Bombardier, et motorise encore aujourd\u2019hui les véhicules récréatifs de BRP.«La dernière création de M.Bombardier a été le modèle 1965, qu\u2019il a créé en 1964 avant son décès, rappelle M.Codère.Le seul changement est alors au niveau esthétique, avec le capot en fibre de verre.» La motoneige d\u2019hier à aujourd\u2019hui Difficile de savoir si l\u2019inventeur trouvait son invention à point lorsqu\u2019il est décédé.«Pour un inventeur rien n\u2019est définitif, spécule le conservateur.Si on regarde l\u2019évolution entre sa première motoneige produite et la dernière en 65, il y a eu beaucoup de changements.Ça ne veut pas dire que le véhicule serait resté tel quel pendant longtemps.Mais au niveau mécanique, concept, les bases étaient jetées.Après 65, les modifications ont été apportées surtout avec l\u2019arrivée des nouveaux matériaux sur le marché.» Pour BRP, qui a vendu la division industrielle en 2004, le seul héritage de Joseph-Armand Bombardier est la motoneige.Et encore aujourd\u2019hui, BRP poursuit la vision de l\u2019inventeur en demeurant chef de file dans le domaine.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM En 1958, sur la rivière aux saumons, aux côtés du centre de recherches de Kingsbury, Joseph-Armand Bombardier teste le prototype d\u2019un véhicule muni d\u2019une chenille unique.?????????? ??????????????????????????? ????????? ????????????????????????? ????????? ???????????????????????????????? ????????? ????????????????????? ??????????????????????????? ???????? ??? ????????? ????????????? ??????????????????????????????????? ?????? ????????????????????????????????? ??????????? ???????????????? ?????????????? ???????????? ??????????????????????????????? ?????????????????????? ???????? ??? ?????????????? ????? ?????? ???????????? ??????????????? ???????????????????????????????????????? ?????????????????????????????????? ???????????????????? ?????????? ?????????????????????????? ??????????? 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est cruciale, et se retrouvera sur l\u2019ensemble des véhicules qu\u2019il mettra au point plus tard.Le Tractor Tracking Attachment (1949) Avec l\u2019aide de son frère Gérard, Joseph-Armand Bombardier met au point un mécanisme de traction adaptable aux tracteurs de ferme, qui pourront ainsi mieux se déplacer sur des terrains Encore des inventions de génie humides ou enneigés.La chenille relie la roue arrière à une roue supplémentaire fixée au centre du châssis.Le vulcanisateur (1952) Le procédé de la vulcanisation, traiter le caoutchouc avec du soufre pour améliorer sa résistance, existait déjà.J.-A.Bombardier a mis au point un appareil lui permettant, par vulcanisation, de fabriquer des chenilles sans fin et, plus tard, des barbotins tout caoutchouc.Le Muskeg(1953) J.-A.Bombardier désignera ce véhicule comme étant sa plus grande réussite.Le tracteur tout chenilles présente une très faible pression au sol, ce qui le rend particulièrement adapté aux terrains meubles, comme les sablières, la neige épaisse et les tourbières, d\u2019où le nom Muskeg, qui signifie marécage en amérindien.La compagnie Camoplast le fabrique encore aujourd\u2019hui.Les dameuses pour les pistes de ski sont un dérivé du Muskeg.Le J5 (1954) Un tracteur à la fois plus petit et plus puissant que le Muskeg, conçu pour répondre aux besoins forestiers.Plus tard, le modèle SW a été muni d\u2019une pelle à l\u2019avant, et sert encore aujourd\u2019hui au déblaiement des trottoirs.La compagnie Camo- plast fabrique encore aujourd\u2019hui le J5 et le SW.Le Vit Feller Buncher (1961) Débusqueuse pour travaux forestiers, qui peut couper des arbres entiers et les transporter avec un seul opérateur.À cette époque, l\u2019inventeur perfectionnait de front l\u2019autoneige miniature et le VFB.Ce dernier est resté à l\u2019étape de prototype, l\u2019état de santé de l\u2019inventeur ne lui permettant pas d\u2019améliorer ce véhicule, qui aurait pu révolutionner l\u2019industrie forestière de la même façon que ses vé- MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM Le Tractor Tracking Attachment est un un système de chenilles adaptables aux tracteurs de ferme qui peuvent ainsi mieux se déplacer sur des terrains humides ou enneigés.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER WWW.MUSEEBOMBARDIER.COM J.-A.Bombardier avait dit du Muskeg, qui signifie marécage en Amérindien, qu\u2019il était sa plus grande réussite.La compagnie Camoplast le fabrique encore aujourd\u2019hui.Les dameuses pour les pistes de ski sont une variante du Muskeg.###PAGE###18### ?????? ????????????? ?????????? ??????????? ??????????????????????????????????? ???????? ??? ????? ??? ?????????? ??? ????????????? ??? ???? ????? ???????????? ?????? ??? ???????? ???? ????? ???? ????????? ?????????? ??? ??? ???????????? ?????? ???? ??? ?????? ???????? ???? ?? ?????????????????????? ?????????? ??????????????????????? ????????????? ?????????? ?????????????????????? ??????? ?????? ???????????????????????? ???????????????? ???????????? ????????? ?????????????? ?????????? ???????????????????????? «Ma mère était allée voir Yvonne, et elle s\u2019était aperçue qu\u2019elle était enceinte.Quand elle a vu Armand, elle lui en a parlé.Il a répondu: ben oui, j\u2019ai accroché mes culottes après le poteau de la couchette, et ma femme est partie enceinte! J\u2019avais huit ans, je ne comprenais pas ce qu\u2019il voulait dire, mais c\u2019était comme ça qu\u2019ils disaient ça dans ce temps-là!» Émile Bombardier, employé et cousin de J.-Armand Bombardier «Quand j\u2019ai été engagé chez Bombardier, c\u2019était pour travailler avec Armand.Je travaillais juste avec lui.Une fois, son frère Gérard m\u2019avait demandé quelque chose.Armand lui avait parlé cette fois- là! Et il m\u2019avait averti moi aussi, c\u2019était juste pour lui que je devais travailler!» Omer Nadeau, employé «M.Bombardier était un type qui était un inventeur, un entrepreneur et un homme d\u2019affaires.Il était visionnaire, observateur, très précis dans tout.Ses employés le connaissaient très bien, et à la longue, ils lui ressemblaient.M.Bombardier leur enseignait tout.Et si on comprenait comment il fonctionnait, on était correct!» Robert Landry, employé cadre de M.Bombardier Ils/elles se rappellent.«On allait parfois faire des randonnées en motoneige avec les Bombardier.Je me rappelle d\u2019une fois, ma femme était montée derrière M.Bombardier.Ils sont passés sur un ruisseau gelé, mais la glace a défoncé.Ils se sont retrouvés à l\u2019eau.Cette fois-là, on est rentrés plus tôt que prévu!» Camille Rouillard, ancien maire de Valcourt S18 / DU RÊVE À L\u2019EMPIRE S18 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 CLAUDE PLANTE claude.plante@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Si Joseph-Armand Bombardier n\u2019avait pas décidé de persévérer pour faire avancer des machines sur la neige, vous ne seriez probablement pas en train de lire mes propos dans ce journal et sur son site Internet dans le réseau Cyberpresse.J\u2019ai commencé ma carrière de journaliste à Valcourt.Évidemment, on demande au correspondant de La Tribune posté dans la Capitale mondiale de la motoneige de garder un oeil \u2014 et le bon \u2014 sur Bombardier Produits Récréatifs (BRP).«Bombardier coupe 300 emplois», «Le Klondike à Valcourt», «Bombardier lance un nouveau véhicule», voilà en substance des titres qui ont coiffé quelques-uns de mes textes écrits à l\u2019époque sur l\u2019entreprise, selon les hauts et les bas de ses variations cycliques de production.On a bien raison de célébrer les 100 ans de sa naissance.Le bonhomme doit être vu comme un symbole de persévérance.Toute cela m\u2019a permis de me faire remarquer et d\u2019un jour accéder au «grand club», au sein de la salle de nouvelles du journal de la rue Roy à Sherbrooke.Mon histoire est simplement semblable à celle de milliers d\u2019autres jeunes Estriens qui, de proche ou de loin, directement ou indirectement, ont pu connaître une carrière grâce à l\u2019activité que génère le géant de Valcourt.Combien d\u2019Estriens ont été engagés par BRP et sont restés à Valcourt ou ont trouvé du travail ailleurs après y avoir acquis de l\u2019expérience? C\u2019est sans compter le travail cédé à des fournisseurs de la région, sans compter l\u2019implication de la compagnie à l\u2019Université de Sherbrooke, sans compter les bourses offertes par la Fondation J.Armand Bombardier.On a bien raison de célébrer les 100 ans de sa naissance.Le bonhomme doit être vu comme un symbole de persévérance.Un symbole fort.Dans le contexte de la lutte contre le décrochage scolaire, principalement en Estrie, on doit faire connaître son histoire à notre jeunesse.M.Bombardier a trimé dur pour réussir à mettre au point ses prototypes, devenus véhicules circulant sur de vastes étendues enneigés.Il ne s\u2019est pas laissé démolir par les embûches et autres bancs de neige qui se sont dressés sur son chemin.Les efforts en valaient la chandelle.Regardez aujourd\u2019hui le résultat.Comme quoi il ne faut jamais prendre à la légère celui ou celle qui taponne en silence dans son garage ou dans le sous-sol les soirs et les fins de semaine.Éloge de la persévérance ###PAGE###19### «Ma mère s\u2019était réveillée une fois la nuit, et Papa n\u2019était pas à côté d\u2019elle.Elle se demandait où il était, elle était inquiète.Elle est allée voir à l\u2019usine, et il était là à travailler.Elle lui a demandé ce qu\u2019il faisait.Il a répondu: j\u2019ai eu une idée, j\u2019avais peur de la perdre!» Janine Bombardier, fille de Joseph-Armand Bombardier «M.Bombardier, c\u2019était un curieux de bonhomme, parce qu\u2019il ne travaillait pas sur un seul projet à la fois.À l\u2019époque de la motoneige, il travaillait sur un véhicule forestier, et il a développé un véhicule de transport tout terrain en même temps.Il travaillait sur trois ou quatre projets en même temps.Il faut le faire, ça prend une très grande capacité de travail.» Richard Codère, conservateur en chef du musée J.Armand Bombardier, qui n\u2019a pas eu la chance de connaître l\u2019inventeur.« Pour Joseph-Armand, tout fonctionnait avec un moteur.Fallait une machine, peu importe ce que c\u2019était.Il était allé chez un cousin, il avait un gramophone, et il se cassait la tête pour savoir comment faire marcher le gramophone avec un moteur.Il a trouvé le moyen, sauf que ça a l\u2019air que ça faisait de la musique qui allait vite, vite! » France Bisson- nette, petite-fille de l\u2019inventeur et directrice de la Fondation J.Armand Bombardier «En 1958, mon père avait loué ce qu\u2019on appelait la patente à Bombardier.C\u2019était juste une unité de pilotage, avec un pont accroché en arrière.Plus tard, il a acheté un Ski- Doo.Ça allait un gros 8 à 10 milles à l\u2019heure, ça avait une odeur de gaz brûlé, et on avait le moteur directement entre les deux jambes!» Robert Poupart, principal et vice-chancelier de l\u2019Université Bishop, qui a bien fait rire la foule lors des célébrations du 100e anniversaire de naissance de l\u2019inventeur.Ils/elles se rappellent.«Un certain après-midi d\u2019hiver, j\u2019étais avec mon père, et tout d\u2019un coup, on a entendu un grand bruit sur la route.Pourtant, les chemins étaient fermés.Avant même de le voir, mon père a dit: ça, c\u2019est le patenteux de Valcourt qui essaie ses affaires!» Bernard Bonneau, ancien curé de la paroisse Saint-Joseph de Valcourt «M.Bombardier était descendu à Kingsbury en motoneige.Il avait fait faire un espèce d\u2019écusson, en forme de V, avec des lettres dedans.Je ne sais pas pourquoi il avait fait ça, c\u2019était laid! Il avait fait écrire Ski-Dog sur sa motoneige.Le G était dans la pointe en haut, et j\u2019ai pris ça pour un O.J\u2019essayais de lire ça, et j\u2019ai dit Ski-Doo.M.Bombardier m\u2019a répondu c\u2019est supposé être Ski-Dog, mais ça pourrait être Ski-Doo.» Gaston Vincent, employé et ami, qui pourrait bien avoir inventé le nom.«Vers la fin de sa vie, il était venu chez nous.C\u2019était dans le temps où il était déjà pris du cancer.Juste en regardant la maison, il m\u2019a dit comment faire ma galerie.Je l\u2019ai construite comme il me l\u2019avait suggéré, et elle tient encore aujourd\u2019hui».Grégoire Dionne, mari d\u2019une cousine de J.-Armand Bombardier DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S19 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S19 DES DOSSIERS RÉGIONAUX ET NATIONAUX à ne pas manquer quotidiennement dans La Tribune ###PAGE###20### S20 / DU RÊVE À L\u2019EMPIRE S20 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 C\u2019était incontournable au début du siècle dernier, les Canadiens français étaient profondément croyants.Et Joseph- Armand Bombardier ne faisait pas exception à la règle, même s\u2019il avait préféré ne pas épouser la vocation de prêtre, à laquelle il était destiné de par son statut d\u2019aîné de la famille.Ce n\u2019est sûrement pas par hasard si sa maison jouxte l\u2019église.Dans la haie de cèdres qui sépare les deux édifices patrimoniaux, on peut toujours observer le portail qui permet de circuler de l\u2019un à l\u2019autre.«Il était de toutes les célébrations, souligne le prêtre originaire de Valcourt, Bernard Bonneau.Je me rappelle qu\u2019il faisait partie de la chorale quand j\u2019ai dit ma toute première messe après mon ordination en 1961.» Lui pour qui aucune excuse n\u2019était valable pour l\u2019empêcher de se rendre à son usine ne manquait jamais les noces et les funérailles, peu importe le village où la cérémonie se déroulait.«C\u2019était un homme de grande foi.Il partageait la vie des gens de Valcourt, et les gens de Valcourt partageaient sa vie.» D\u2019ailleurs, en l\u2019année sainte de 1950, il a offert à ses concitoyens la croix illuminée qui orne toujours le sommet du mont Valcourt.Il a fait de même à Kingsbury.L\u2019inventeur signe une amitié indéfectible avec le père oblat Maurice Ouimet, avec qui il a usé les bancs d\u2019école.Ce dernier est devenu missionnaire auprès d\u2019autochtones du Nord.Joseph-Armand Bombardier a continuellement soutenu les oeuvres de son ami.Selon l\u2019abbé Bonneau, le père Ouimet aurait un jour lancé à M.Bombardier: «Toi, le patenteux, tu ne pourrais pas imaginer un véhicule qui remplacerait mes traîneaux à chiens?» C\u2019est tout émerveillé que le père Ouimet verra le premier Ski-Dog, et c\u2019est à sa mission que les autochtones testeront presque jour et nuit les prototypes des premières motoneiges.Toujours selon l\u2019abbé Bonneau, l\u2019inventeur aurait un jour demandé à son ami: «J\u2019ai une grande décision à prendre.Tu vas t\u2019enfermer dans l\u2019église et prier pour moi.Alors, je te donnerai 1000 $ pour ta mission dans le nord».Le marché a été rapidement conclu.Mais plus tard dans la journée, le père Maurice se rend à l\u2019usine, où M.Bombardier l\u2019accueille en disant: «Retourne à l\u2019église prier, c\u2019est pas réglé!» C\u2019est probablement sa foi en Dieu qui a permis à M.Bombardier d\u2019accepter aussi dignement la maladie et le sort qu\u2019elle lui réservait alors qu\u2019il était encore dans la force de l\u2019âge.«Jeune prêtre, je rendis visite à M.Bombardier sur son lit d\u2019hôpital.Il savait ses jours comptés.Il me racontait la satisfaction et la paix qu\u2019il ressentait à la pensée d\u2019avoir apporté par son travail acharné le développement de son village et de la région.Tant d\u2019ouvriers avaient du travail et leurs demeures à eux, et comment il avait développé et soutenu de nombreuses oeuvres sociales, religieuses et missionnaires.Je compris que la vraie richesse de la vie, c\u2019est ce que l\u2019on apporte et donne aux autres.» Toujours chez lui : Les funérailles de l\u2019inventeur ont eu lieu en l\u2019église Saint-Joseph-de-Valcourt, et il repose à une place d\u2019honneur du cimetière voisin de l\u2019église, aux côtés de son manoir, à quelques centaines de mètres de son ancienne usine devenue le siège social de Bombardier Produits Récréatifs.Bientôt, les demeures entre le manoir et le siège social seront démolies pour faire place au centre de design de BRP.Avec la grâce de Dieu IMACOM, JOCELYN RIENDEAU Bernard Bonneau.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER Les visiteurs du Musée J.Armand Bombardier peuvent lire dès l\u2019entrée cet extrait de la dernière lettre que l\u2019inventeur a adressée à ses proches peu de temps avant de mourir.###PAGE###21### Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S21 ###PAGE###22### IMACOM, JOCELYN RIENDEAU France Bissonnette, directrice de la Fondation J.Armand Bombardier et petite-fille de l\u2019inventeur, pose devant la reproduction du tout premier véhicule mis au point par son grand-père et son grand-oncle Léopold.C\u2019est ce dernier qui en a fait la reconstitution peu avant son décès.MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Rendre hommage au travail de pionnier de Joseph-Ar- mand Bombardier fait partie des orientations que se donne la Fondation J.Armand Bombardier dès sa création.En 1968, deux des frères de l\u2019inventeur, Alphonse-Raymond et Gérard, commencent à parcourir le Québec pour rassembler les véhicules de l\u2019inventeur.Le travail d\u2019archives du musée a été grandement facilité par l\u2019inventeur.«Mon grand-père, dans sa capacité de visionnaire, avait gardé des véhicules qui n\u2019avaient jamais été fabriqués, se disant qu\u2019un jour, les gens pourraient vouloir savoir à quel point il avait travaillé pour se rendre là où il s\u2019est rendu.Joseph- Armand avait le sens de l\u2019histoire.Il a toujours pris systématiquement en photo et en film ses inventions, ses machines», souligne France Bissonnette, directrice du Musée J.Armand Bombardier et petite- fille de l\u2019inventeur.«On doit aussi à Léopold d\u2019avoir recréé le véhicule de 1922, le véhicule construit quand Joseph-Armand avait 15 ans.Ils l\u2019ont fait ensemble, alors s\u2019il y avait une personne qui pouvait nous le refaire, c\u2019est bien Léopold.Il l\u2019a fait juste à temps, parce qu\u2019il est décédé en 1970.» Les ambitions du musée étaient modestes: lors de l\u2019ouverture en 1970, il n\u2019y avait qu\u2019une seule salle d\u2019exposition, relatant l\u2019oeuvre de l\u2019inventeur, en plus du petit garage blanc qui a été déménagé en 1968 sur le terrain vacant qui accueillera le musée .En attendant que le musée ouvre ses portes, le garage est utilisé pour les activités de l\u2019OTJ.Il faudra attendre 1990 avant de voir le musée s\u2019enrichir d\u2019une deuxième salle d\u2019exposition, celle relatant l\u2019histoire de la motoneige.«L\u2019industrie de la motoneige n\u2019est peut-être plus aujourd\u2019hui ce qu\u2019elle était dans les années 70, mais c\u2019est quand même une partie de l\u2019histoire humaine qui, d\u2019après moi, est importante.Elle a changé la vie de milliers de gens autour du monde.» Et de cette salle est né le mythe de la motoneige comme étant un rêve d\u2019enfance de l\u2019inventeur en devenir.«Tout le monde nous disait que Joseph-Armand avait toujours voulu faire un véhicule à un passager.C\u2019était un de ses désirs.Le rêve, c\u2019est un parti muséologique qu\u2019on a pris à ce moment-là.» Une salle qui accueillera des expositions temporaires est inaugurée en même temps.Les expositions temporaires serviront à ramener au musée les gens qui l\u2019ont déjà visité.Au goût du jour Et tant qu\u2019à être dans les travaux d\u2019agrandissement, le musée réactualise pour une première fois l\u2019exposition sur la vie de Joseph-Ar- mand Bombardier.«Déjà quand je suis arrivée en 83, je me suis dit qu\u2019il y avait des façons de présenter ce discours-là autrement.Même si je n\u2019étais pas muséologue, je voyais que ça datait, et ça ne faisait que 13 ans que c\u2019était là.» En février dernier, cette exposition a été encore une fois réactualisée, à l\u2019approche du centenaire de l\u2019inventeur.Et à son anniversaire, c\u2019est une exposition temporaire sur Bombardier qui a été présentée pour la première fois.«Déjà, quand je suis rentrée ici, la plupart des visiteurs nous disaient qu\u2019ils voulaient voir le musée Bombardier, pas juste le musée de Jose- ph-Armand Bombardier.Ça prend le musée de 64 à aujourd\u2019hui.» C\u2019est cette exposition temporaire qui ouvre la voie à une exposition permanente sur l\u2019entreprise Bombardier.Laurent Beaudoin imagine un musée virtuel, qui pourrait voir le jour dès l\u2019an prochain.Même si le 100e anniversaire de naissance de l\u2019inventeur est passé, et que les événements spéciaux qui l\u2019accompagnaient ont connu un véritable succès, les employés continuent de travailler avec acharnement: «Une exposition temporaire, c\u2019est un an de préparation.On avait travaillé pendant deux ans à la nouvelle exposition permanente.» Ne reste plus qu\u2019à imaginer la somme de travail nécessaire à la création d\u2019une nouvelle exposition permanente.Un musée à l\u2019image de l\u2019homme VALCOURT \u2014 Aussi chapeauté par la Fondation J.Armand Bombardier, le Centre culturel ouvre ses portes en 1972.«À ce moment-là, au sous-sol de la Fondation, on a la pré-maternelle, la bibliothèque et la discothèque de Valcourt, explique France Bisson- nette.Les locaux deviennent rapidement exigus.» C\u2019est le Centre culturel, baptisé du nom de l\u2019épouse de l\u2019inventeur, qui abritera dorénavant ces activités.La vocation de l\u2019endroit est modifiée en 2000, alors que des rénovations l\u2019adaptent à des expositions temporaires sur les arts de plus grande envergure.\u2014 Marianne Dandurand Naissance du Centre culturel Yvonne L.Bombardier S22 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 ????? ???????????????? ????????????????????????????????????????? ????? ?????????????????????????????????????????? ?????????????? ??????????? ???????????????????????????????????????? ????????????????????? ????????? ??? ?????????????????????????????????????????????????????????????? ?????????????? ????????? ????????????????????????? ??????????????? ???? ???????? ????????????????????????????????????????????? ?????????? ????????????????????????????????????????????? ???????????? ????????????????????? ?????????????????? ???????????????? ?????????????????? ? ? ?????????????????? ###PAGE###23### DU RÊVE À L\u2019EMPIRE / S23 Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 - La Tribune S23 MARIANNE DANDURAND marianne.dandurand@latribune.qc.ca VALCOURT \u2014 Il y a trois ans, Nathalie Bissonnette a décidé de se lancer dans la réalisation.Pour son premier documentaire, elle passe sous la loupe l\u2019empire Bombardier.Le sujet n\u2019est pas totalement désintéressé, elle est elle-même la petite-fille de l\u2019inventeur.Difficile de savoir si c\u2019est le sujet qui l\u2019a amenée vers la réalisation ou si c\u2019est l\u2019inverse.Parce que bien qu\u2019elle n\u2019ait pas connu son grand-père Bombardier, elle a tout de même très jeune été influencée par l\u2019héritage de l\u2019inventeur.«Je me rappelle que quand j\u2019étais petite, je pensais qu\u2019il fallait absolument inventer des choses.Mais je me suis vite rendu compte que je n\u2019avais pas ce talent!», ajoute-t-elle en riant, sans oser préciser quelles sont ces inventions abracadabrantes qu\u2019elle a tenté de mettre au point avec ses amies.Aujourd\u2019hui, ce sont des témoignages de première main qu\u2019elle amasse, profitant du fait que de nombreux bâtisseurs de l\u2019empire Bombardier sont toujours là pour raconter l\u2019histoire qu\u2019ils ont vécue.Et les membres de sa famille se sont laissés prendre au jeu.«Au début, le documentaire devait être sur mon grand-père, mais ça a changé.Parce que tout ce qui a été dit, ça a toujours été séparé, la vie de mon grand-père, puis Bombardier».En cours de route, la réalisatrice s\u2019est rendu compte que ce sont deux histoires indissociables, et a trouvé un autre angle pour articuler son projet.«Le point de ralliement, et le point de vue d\u2019auteur, c\u2019est la famille.Il faut montrer les forces, mais les faiblesses aussi.Parce que c\u2019est dans les moments de difficulté que l\u2019on apprend les façons d\u2019être des personnes.» Grâce à Mme Bissonnette, les réalisations de son grand-père Joseph-Armand Bombardier et de son oncle Laurent Beaudoin seront mises en parallèle pour une première fois.«Ce que j\u2019ai constaté, c\u2019est que pour eux, les échecs ne sont pas vus comme des échecs.C\u2019est vu comme des étapes.Et les gens comme eux ont eu plus d\u2019échecs que bien d\u2019autres personnes.C\u2019est là qu\u2019on comprend ce qu\u2019est la persévérance.» «Les gens oublient que c\u2019est du travail de tous les jours.Ça s\u2019est bâti petit à petit.Mon grand-père a mis dix ans avant d\u2019obtenir son premier brevet, illustre-t-elle.Et dans les années 70, ce n\u2019était pas inné pour Laurent de penser à aller vers le transport.» Réduire 70 heures de tournage de témoignages et des masses de vidéos et photos d\u2019archives léguées par l\u2019inventeur en un documentaire de 52 minutes, voilà le défi auquel s\u2019attaque maintenant Nathalie Bissonnette.Le résultat sera diffusé en septembre ou en octobre à Radio-Canada.Elle promet un documentaire qui sera construit comme un film.FM Le Sieur a d\u2019ailleurs accepté d\u2019en composer la trame sonore.Les chapitres ne seront pas divisés par ordre chronologique, mais bien par thématique.Et toutes les entrevues ont été tournées en haute définition.«Tant qu\u2019à passer tous ces gens en entrevue, on a pris la meilleure qualité disponible.On pourrait vouloir réutiliser tous ces témoignages au musée par exemple.Les gens appuient sur un bouton, et écoutent la personne qu\u2019ils veulent.» Le projet n\u2019est pas complété, mais les témoignages récoltés par Nathalie Bissonnette l\u2019ont amenée à récolter une chose qu\u2019elle ne devait pas attendre.«Mon oncle Laurent me fait beaucoup penser à mon grand-père.Au travers lui, j\u2019ai la chance de rencontrer un peu mon grand-père.» Bombardier au petit écran: s\u2019approprier les pionniers LA TRIBUNE, ARCHIVES, JESSICA GARNEAU, Nathalie Bissonnette a choisi de graver sur pellicule l\u2019aventure pionnière de son grand-père Joseph-Armand Bombardier et de toute sa famille.###PAGE###24### S24 L a T ribune - Sherbrooke jeudi 26 avril 2007 ?????????????????????????????????????????????????????????????? ??????????????????????????????????????????? ?????????? ????????????????????????????????????????? ?????? 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