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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2010-02-17, Collections de BAnQ.

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[" 75 ¢ taxes en sus Floride 2,36 $ Sherbrooke mercredi 17 février 2010 | 224 pages | 100e année nº304 latribune.cyberpresse.ca ÉDITION DE COLLECTION En ?ligrane, un texte de Louis-Philippe Robidoux (rédacteur en chef de 1921 à 1957), tiré du cahier souvenir du 20e anniversaire publié le 29 novembre 1930. LT C2 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 2 UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE La mission était claire : il fallait marquer cet anniversaire important avec une publication jamais vue en Estrie au cours des 100 dernières années.Sortir des sentiers battus pour démarrer une nouvelle page d\u2019histoire.Rien que ça.La tâche n\u2019était pas mince.Il suf?t de jeter un coup d\u2019œil aux cahiers spéciaux, certains magistraux et colossaux, d\u2019autres splendides et imaginatifs, publiés à chaque étape majeure de La Tribune depuis des lustres pour mesurer l\u2019ampleur du dé?.C\u2019est en feuilletant ces archives qu\u2019on prend conscience de la valeur d\u2019un média comme votre journal quotidien.Une fascination s\u2019empare de soi à la lecture des événements rapportés, jour après jour, dans une grande entreprise de mémoire collective et affective.On s\u2019identi?e sans peine et avec plaisir au lecteur d\u2019une autre époque qui savoure, dans des textes tapissés sur une page bien tassée, des échanges corsés, à des lieues de la rectitude politique, à l\u2019hôtel de ville.À l\u2019inverse, on frissonne d\u2019effroi à la lecture des dépêches sur la montée d\u2019Hitler dans l\u2019Allemagne des années 1930.On s\u2019imagine les lecteurs de La Tribune lire ces manchettes dans l\u2019ignorance de l\u2019enfer en gestation, comme quiconque sur le globe.Quelle inconscience! a-t-on envie de s\u2019écrier.C\u2019est à la lecture de ces milliers de journaux que s\u2019est dessiné cette édition de collection.Nous nous sommes mis à imaginer le journal de tous les journaux.Écrire l\u2019histoire comme La Tribune rapporte l\u2019actualité tous les jours depuis désormais 100 ans.Rapporter les faits de la vie quotidienne estrien- ne de chaque époque, comme l\u2019ont fait des générations de journalistes sherbrookois, au diapason des grands événements nationaux et mondiaux.Tous les artisans de La Tribune se sont investis dans ce projet gigantesque.Ce jalon historique, croyons-nous, en valait l\u2019effort.Nous espérons que vous apprécierez votre lecture, au point de vouloir conserver ce numéro spécial dans vos archives personnelles.Un remerciement tout spécial doit être adressé à Jean-Pierre Kesteman, professeur émérite de l\u2019Université de Sherbrooke, et à Hélène Liard, de la Société d\u2019histoire de Sherbrooke, pour leur soutien sans réserve à la préparation de cette édition de collection.André Laroche Au nom de tous les journalistes qui signent cette édition de collection Mémoire affective Présidente et éditrice Louise Boisvert Rédacteur en chef Maurice Cloutier Directeur de la publicité Sylvain Denault La Tribune latribune.cyberpresse.ca 1950, rue Roy Sherbrooke, J1K 2X8 ÉDITION DE COLLECTION Coordination de la rédaction André Laroche Coordination publicitaire Alain LeClerc Conception graphique Marie-Ève Girard Illustration Hervé Philippe Rédaction Steve Bergeron, Albert Bérubé, Jean-Pierre Boisvert, Sonia Bolduc, David Bombardier, Marianne Dandurand, Serge Denis, Denis Dufresne, Jean-François Gagnon, François Gougeon, Alain Goupil, André Laroche, Luc Larochelle, Laura Martin, Isabelle Pion, Claude Plante, Yanick Poisson et René-Charles Quirion Correction Steve Bergeron Édition Marianne Dandurand Josiane Guay Marc Laprise Réalisation Équipe de production de La Tribune Présente avec vous Dans les grands et petits événements, les victoires comme dans les défaites, les moments de joie ou de grande douleur, La Tribune est présente avec vous au cœur de la vie de notre grande communauté depuis 100 ans.Témoigner, questionner, analyser, débattre, défendre, documenter, animer et divertir, tous ces verbes expriment bien le rôle crucial que joue aujourd\u2019hui, comme il y a 100 ans, votre quotidien.Les moyens de production changent, le contenant et le contenu évoluent et suivent les tendances de société, mais l\u2019essentiel, la mission, demeure : informer et bien informer.Au-delà du travail remarquable de ses artisans, La Tribune célèbre ce moment magique grâce à vous.C\u2019est la communauté qui s\u2019exprime dans La Tribune, la lit et lui donne toute sa crédibilité.Nous avons été animés par cette pensée dans la ré?exion initiale pour bâtir cette édition qui marque les 100 ans du journal.Bien sûr, il est question de l\u2019histoire de notre entreprise, mais il est surtout question de vous, de la communauté, car un journal se veut le miroir de la société dans laquelle il vit et grandit.À plus forte raison pour son centenaire.Vous avez entre les mains une édition qui fait une grande place aux événements et aux personnes qui ont façonné ce que nous sommes aujourd\u2019hui.Vous reconnaîtrez des personnes qui ont marqué la région.Nous avons aussi donné la parole à des personnes qui ont vécu des moments historiques.N\u2019est-ce pas là le rôle essentiel d\u2019un journal que de faire une grande place aux acteurs et témoins de notre évolution?Nous avons misé sur une déclinaison générale des 100 dernières années par décennies et par dizaines dans une grande partie du contenu.Le coordonnateur rédactionnel du projet, le journaliste André Laroche, a réalisé un travail colossal, avec de nombreux collègues et collaborateurs, dans l\u2019accomplissement de son mandat.Je tiens à le remercier d\u2019avoir plongé tête baissée dans la réalisation de ce qu\u2019il appelle lui-même «une édition de collection».Tirée à 100 000 exemplaires, cette édition spéciale de 128 pages enveloppe notre édition quotidienne et se retrouve aujourd\u2019hui à toutes les portes dans la grande région de Sherbrooke et de Magog.Dans l\u2019édition du jour, vous retrouverez également plusieurs pages de reportage et de photos sur la soirée-spectacle du centenaire qui a eu lieu lundi soir au Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke.Cette soirée a permis également d\u2019honorer tous les lauréats 2009 de notre programme du Mérite estrien.Bonne lecture ! Maurice Cloutier Rédacteur en chef IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C3 3 s-tu lu ça dans La Tribune ce matin?» Voilà maintenant 100 ans que la question se pose chaque jour entre collègues, amis et voisins, parce que La Tribune s\u2019inscrit comme LA référence dans la région et parce que les lecteurs y sont profondément attachés.En cet anniversaire, mes premiers remerciements vont aux 100 000 personnes qui nous lisent ?dèlement et qui donnent à notre travail et à nos écrits toute leur signi?cation.Même si La Tribune a 100 ans, elle se réveille chaque matin aussi jeune que la veille puisque, chez nous, chaque jour est synonyme de renouvellement et de recommencement.Nous ne pouvons nous asseoir sur nos lauriers en feuilletant l\u2019édition de la veille : nous avons un autre journal à produire, aussi bon, sinon meilleur, que le dernier.De la première réflexion à la dernière distribution, la mission qui s\u2019accomplit, voire le miracle qui s\u2019opère, m\u2019impressionne chaque fois.Je remercie tous ces fiers artisans qui ont su se renouveler au fil des 100 dernières années ainsi que toute l\u2019équipe actuelle qui, 100 fois sur le métier, remet son ouvrage avec passion, rigueur et professionnalisme.Je suis intimement convaincue que c\u2019est un privilège pour une région d\u2019avoir son journal quotidien.Combien de paroles se seraient envolées si La Tribune ne les avait pas imprimées! En feuilletant nos archives, toute l\u2019histoire de notre région prend vie, à travers ses petites et ses grandes batailles, à travers les gens qui l\u2019animent et la bâtissent.Entre les lignes de La Tribune, c\u2019est notre démocratie et notre identité qui s\u2019expriment haut et fort.Un journal local et régional, pour moi, c\u2019est un lieu de débat sur tous les enjeux de notre société.C\u2019est une porte ouverte sur des solutions porteuses d\u2019avenir.Ce serait bien prétentieux de dire que La Tribune in?uence toutes les actions qui contribuent au développement et au mieux-être de notre région, et ce n\u2019est pas ce que je prétends.Je crois toutefois qu\u2019elle joue très bien le rôle qui la garde vivante et pertinente depuis 100 ans.Tantôt elle provoque le débat.Tantôt elle agit comme partenaire pour favoriser l\u2019avancement et la diffusion des idées.Tantôt elle s\u2019inscrit comme simple observateur, en rapportant les faits et en informant la population.J\u2019ai lu les journaux comme vous.Nous savons tous que la presse écrite connaît des changements importants actuellement et que plusieurs prétendent que l\u2019internet va faire mourir les éditions papier.Ce que peu de gens savent, par contre, c\u2019est qu\u2019en 1845, on prédisait déjà la mort de la presse écrite au profit du télégraphe, tout comme on l\u2019a annoncée lors de la naissance de la radio, puis celle de la télévision.À la lumière de ce «sursis» qui dure depuis maintenant 165 ans, je me permets d\u2019affirmer qu\u2019il y aura toujours de la place pour une information de qualité et pour un fidèle complice qui témoigne de notre réalité.De plus, les journaux locaux et régionaux sont ceux qui, présentement, tirent le mieux leur épingle du jeu.Au cours des prochaines années, les supports vont se di- versi?er, les plateformes vont évoluer, mais l\u2019intérêt pour le contenu va toujours demeurer.D\u2019ailleurs, je constate que la ré- ?exion est déjà bien amorcée dans notre société : les gens réalisent de plus en plus que l\u2019éthique journalistique, la rigueur et la recherche ont un prix et qu\u2019elles confèrent aux écrits une réelle valeur ajoutée.À travers le lot d\u2019information offerte, les gens recherchent encore des sources ?ables et crédibles.Un quotidien bien de son temps\u2026 Voilà ce qui dé?nit La Tribune aujourd\u2019hui et ce qui lui permettra de relever les dé- ?s de demain.Si l\u2019on avait écrit dans la première édition de 1910 qu\u2019on aurait un jour accès à de l\u2019information en temps réel, comme c\u2019est le cas via notre page d\u2019accueil sur Cyberpresse.ca, les lecteurs auraient sûrement dit : «Impossible! Jamais dans 100 ans!» Et pourtant.Louise Boisvert Présidente et éditrice de La Tribune Cent ans et bien de son temps Entre les lignes de La Tribune, c\u2019est notre démocratie et notre identité qui s\u2019expriment haut et fort.IMACOM, JOCELYN RIENDEAU «A LT C4 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 4 UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE Le premier numéro de La Tribune sort d\u2019une presse plate installée dans un édifice de la rue Wellington Nord le 21 février 1910 à 16 h, soit avec deux heures de retard.Il a huit pages.Grâce à l\u2019avocat Jacob Nicol, Sherbrooke compte désormais un quotidien francophone populaire.En ce début de siècle apparaît un nouveau type de journaux, dits populaires à un sou.Les lecteurs délaissent la presse traditionnelle, véritables feuilles de combat consacrées aux idées et à l\u2019éditorial.Ils jettent désormais leur dévolu sur les journaux offrant des comptes rendus d\u2019événements coiffés de gros titres et parfois illustrés de photos.Dévoué au développement de sa ville, Me Nicol avait convaincu quelques semaines plus tôt des notables sherbrookois, notamment le marchand Eugène Codère, le cultivateur Alfred Beaudin et le procureur du Séminaire Saint-Charles-Borro- mée, Mgr E.C.Tanguay, de racheter les actifs du défunt Daily News (un éphémère journal libéral).Les Can- tons-de-l\u2019Est avaient besoin, avait-il argué, d\u2019un journal en français pour leur développement.Grand organisateur libéral, Me Nicol aurait aussi amassé des fonds auprès des députés libéraux de la région, Sydney Fisher (Brome) et Edmund W.Tobin (Richmond).Mais c\u2019est un imprimeur de Montréal, Michael A.Foley, qui devient le principal associé du jeune avocat.Il assumera la gérance de La Tribune jusqu\u2019à son départ en 1913.Les premiers numéros ont six pages.Le feuilleton y occupe une bonne place et la publicité est importante.Rompant avec la tradition des journaux de partis, La Tribune se déclare apolitique malgré l\u2019engagement libéral de son fondateur.Elle se targue même d\u2019être «un journal de famille indépendant des partis politiques» dans son premier numéro.Ce credo s\u2019avèrera un vœu pieux.La Tribune démontrera un parti pris libéral jusqu\u2019à la ?n des années 1930.Journal catholique avant tout, elle assure également qu\u2019elle fermera la porte aux «idées subversives» et à toute «littéraire douteuse quant à sa moralité».D\u2019ailleurs, quand il est révélé en juillet 1910 que le rédacteur en chef Omer Chaput est franc-maçon, celui-ci est promptement limogé! L\u2019adoption rapide du nouveau quotidien par les lecteurs tient à son immense réseau de correspondants payés (!) dans la région.Dès les premiers numéros, La Tribune publie des articles sur plusieurs localités.De Bromptonville à Robertsonville, de Granby à Disraeli, en passant par Eastman, Warwick et East Angus.Ses dirigeants visent le plus large public possible.Jacob Nicol voulait procurer un journal aux Cantons-de-l\u2019Est pour faire la promotion de la région.Il donne à ses habitants francophones un canal direct pour communiquer entre eux, dans leur langue.LA NAISSANCE ANDRÉ LAROCHE MONOTYPE ATELIER DE LA TRIBUNE LA PREMIÈRE PRESSE DU QUOTIDIEN LA UNE DU 21 FÉVRIER 1910 LA PREMIÈRE ÉDITION LA TRIBUNE LE PREMIER ÉDIFICE Les Cantons-de-l\u2019Est avaient besoin, avait argué Jacob Nicol, d\u2019un journal en français pour leur développement.FONDS RODRIGUE GUILBAULT, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE En 1928, devant les locaux de la rue Dufferin, les camelots de La Tribune forment déjà une grande famille. LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C5 5 COLLECTION PERSONNELLE DE RAYMOND BONNEAU Entre l\u2019âge de 9 et 16 ans, Raymond Bonneau a parcouru avec assiduité le quartier ouest de Sherbrooke pour livrer La Tribune.Cette photo a été prise le 29 septembre 1935.COLLECTION PERSONNELLE DE LÉO CADORETTE En 1920, un groupe d\u2019employés fait une pause.Il s\u2019agit de Léo Cadorette, messager avant de devenir journaliste, Alphonse Bergeron, artisan des matrices, Antonio Lacharité, responsable des «p\u2019tites jobs» (cartes de visite, circulaires.), ainsi qu\u2019Ephrem Breton et Placide Rancourt, pressiers.Debout à l\u2019arrière, Aurèle Breton, commissionnaire.À l\u2019époque des caractères d\u2019imprimerie en plomb, la composition des pages exigeait beaucoup de temps et d\u2019efforts.Le monteur Rosario Blais met une dernière touche à sa page avant de l\u2019envoyer aux presses.«Je n\u2019ai jamais connu un homme plus honorable que Jacob Nicol», a déjà dit le premier ministre québécois Alexandre Taschereau.Cet hommage décrit bien le fondateur du journal La Tribune, le premier magnat de la presse au Québec et l\u2019homme politique à l\u2019in- ?uence considérable.Mais M.Nicol attribuait avec modestie sa réussite à la population des Cantons-de-l\u2019Est.Né le 4 mars 1876 de parents qui cultivaient la terre à Roxton Pond, il a fréquenté l\u2019école du village avant de s\u2019inscrire au Feller Institute et à l\u2019Université McMaster, où il a donné des cours de français pour pouvoir apprendre l\u2019anglais.M.Nicol a effectué en deux ans un cours de droit qui en durait trois à l\u2019Université Laval tout en travaillant pour payer ses études et il a fait sa cléricature avec le trésorier provincial H.T.Duffy et Me Alexandre Taschereau.Après son admission au Barreau, il s\u2019est établi à Sherbrooke et son cabinet est devenu rapidement le plus important de la ville.Me Nicol a joué un rôle dans plusieurs procès retentissants, a été bâtonnier du district, mais a refusé d\u2019accéder à la magistrature.En 1921, le premier ministre Taschereau lui a demandé de succéder au trésorier provincial démissionnaire Walter Mitchell, le père du juge retraité William Mitchell, et il fut élu par acclamation député de Richmond, puis réélu en 1923 et en 1927 dans le comté de Compton.Le trésorier provincial a démissionné de son poste le 12 septembre 1928 pour devenir conseiller législatif.C\u2019est à ce moment-là que M.Tas- chereau a déclaré qu\u2019il n\u2019avait jamais connu d\u2019homme plus honorable que Jacob Nicol.Après avoir été orateur de la chambre haute, il fut ministre sans portefeuille du 25 juillet 1934 au 11 juin 1936.Me Nicol a accédé au Sénat le 14 juillet 1944 pour y représenter la division de Bedford.Fondateur, en 1910, de La Tribune, qu\u2019il dirigea jusqu\u2019en 1955, il a acheté en 1929 Le Soleil de Québec et L\u2019Événement de Québec, ainsi que Le Nouvelliste de Trois-Rivières en 1934.Me Nicol fut président des compagnies Stanstead and Sherbrooke Insurance, de Missisquoi and Rou- ville Mutual Fire Insurance Company of Canada, vice-président de la Banque canadienne nationale, directeur du Sherbrooke Trust et du Trust Général du Canada, et administrateur de plusieurs autres entreprises.Mécène, ami des lettres et des arts, il a été fait aussi Chevalier de la Légion d\u2019honneur.Me Nicol a été nommé gouverneur à vie de l\u2019Université de Sherbrooke et a reçu des doctorats des universités de Montréal, Laval, Bishop\u2019s et McMaster.Il est décédé le 23 septembre 1958 à l\u2019hôpital à l\u2019âge de 82 ans des suites d\u2019une chute dans un escalier de sa résidence.On a dit à juste titre que le sénateur Nicol était l\u2019homme de Sherbrooke, l\u2019homme des Cantons- de-l\u2019Est dans tous les domaines et sur tous les fronts.Le texte reproduit ici a été publié dans l\u2019édition du 90e anniversaire de La Tribune.« Jamais homme plus honorable » JACOB NICOL Le sénateur Nicol était l\u2019homme de Sherbrooke, l\u2019homme des Cantons-de-l\u2019Est dans tous les domaines et sur tous les fronts.ARCHIVES, LA TRIBUNE L\u2019édi?ce de la rue Dufferin a abrité les locaux de La Tribune jusqu\u2019au déménagement en octobre 1976.ARCHIVES, LA TRIBUNE LT C 6 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 6 Jacob Nicol est un homme affable et discret, mais il est passionné par les médias.Non seulement il demeure propriétaire de La Tribune pendant 45 ans, il acquiert aussi Le Soleil et L\u2019Événement de Québec en 1929.Cinq ans plus tard, il achète Le Nouvelliste de Trois-Rivières.À l\u2019affût des nouvelles technologies, Me Nicol ne se cantonne pas à la presse écrite.À Sherbrooke, il ouvre deux stations de radio (CHLT et CKTS) et obtient une licence de télédiffusion dès 1954 pour fonder CHLT-TV.C\u2019est carrément un empire médiatique régional qu\u2019il cède l\u2019année suivante pour la somme de 1,5 million $.Ses entreprises occupent plusieurs édi?ces au coin des rues Frontenac et Dufferin, notamment l\u2019élégant Library and Arts Building où il avait déménagé La Tribune en 1928.À la vente, le journal compte 325 employés et 154 correspondants.Il possède des bureaux dans sept villes de la région.Chaque jour, ses puissantes presses installées au sous-sol impriment 32 000 copies distribuées par 625 camelots.L\u2019in?uence du quotidien sher- brookois est indéniable au ?l des ans.Le journal se fait notamment l\u2019allié des évêques progressistes Alphonse-Osias Gagnon et Philippe Desranleau dans leurs efforts d\u2019action sociale catholique.Il suit aussi les efforts de l\u2019abbé Ira Bourassa dans sa défense des travailleurs face au capitalisme.Lors d\u2019une fête en mars 1951 pour son 75e anniversaire de naissance, Jacob Nicol déclare : «La Tribune est plus qu\u2019une entreprise commerciale.C\u2019est une institution publique qui travaille au développement de sa collectivité\u2026» Son in?uence culturelle n\u2019est pas dédaignable non plus.Travailler à La Tribune permet à plusieurs auteurs de vivre de leur plume dans les années 1920 et 1930.Au cours de cette période ?orissante, une dizaine de journalistes de La Tribune publient 34 livres à eux seuls.Le plus célèbre d\u2019entre eux est bien sûr le poète Alfred DesRochers.Leur in?uence s\u2019avère si forte que La Tribune est considérée en 1930 par le critique littéraire Louis Dantin comme un foyer intellectuel, un centre d\u2019art et de pensée dans les Cantons-de-l\u2019Est.En avril 1960, un réputé Sher- brookois, le notaire Léonidas Ba- chand, écrit : «La Tribune nous a permis de mieux prendre conscience de notre valeur dans tous les domaines.» L\u2019ÉVOLUTION ANDRÉ LAROCHE JOVETTE-ALICE BERNIER JOURNALISTE ALFRED DESROCHERS JOURNALISTE LOUIS-PHILIPPE ROBIDOUX RÉDACTEUR EN CHEF LOUIS-C.O\u2019NEIL JOURNALISTE À l\u2019affût des nouvelles technologies, Me Nicol ne se cantonne pas à la presse écrite.À Sherbrooke, il ouvre deux stations de radio (CHLT et CKTS) et obtient une licence de télédiffusion dès 1954 pour fonder CHLT-TV.UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE ARCHIVES, LA TRIBUNE Les commerçants de l\u2019Estrie peuvent compter depuis longtemps sur un département de création publicitaire à La Tribune.Plusieurs annonces des années 1950 et 1960 portent la signature de Kurt V.Hosper.ARCHIVES, LA TRIBUNE Le chef de l\u2019information au début des années 1960, Yvon Dubé, en discussion avec le journaliste Lucien Bouchard. LT 305733 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C7 7 ARCHIVES, LA TRIBUNE Les photographes Eddie Grenier et Royal Roy dans leur chambre noire en 1960.François Vaillancourt, chef du service de la publicité au tournant des années 1960, discute avec le vendeur Dawson Beaulieu.ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA TRIBUNE L\u2019édi?ce de La Tribune regroupait à une certaine époque non seulement les bureaux du quotidien, mais aussi deux stations de radio et une station de télévision.Les opératrices (Mme Roger Drapeau et Mme Colette Boudreau) ne devaient pas chômer. LT 305749 C 8 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 8 « Paul aimait beaucoup le journal » La période de 1955 à 1966 a été la plus belle dans la carrière de l\u2019homme d\u2019affaires Paul Desruisseaux, alors propriétaire de La Tribune.C\u2019est ce qu\u2019af?rme avec conviction Mme Céline Desruisseaux, née Duchesne, celle qui a partagé la vie de ce Sherbrookois durant 45 ans et qui lui a donné quatre enfants.Maintenant âgée de 81 ans, le pas alerte et l\u2019œil vif, Mme Desruisseaux se rappelle fort bien de cette période où son mari «a travaillé sans relâche pour donner au journal sa véritable place dans la région».«C\u2019était tellement stimulant», lance Mme Desruisseaux, pour qui La Tribune demeure toujours «son journal» qu\u2019elle se fait un devoir de lire quotidiennement.Elle précise que c\u2019est par occasion d\u2019affaires que son époux s\u2019est porté acquéreur du journal, au mois d\u2019août 1955.«Le sénateur Jacob Nicol était malade et Paul a alors décidé de lui faire une offre d\u2019achat, en compagnie d\u2019Alphée Gauthier qui était déjà en place au journal.» Mme Desruisseaux avance le chiffre de 1,5 million $ comme prix d\u2019achat de l\u2019entreprise qui comprenait, en plus du journal, une imprimerie commerciale, deux postes de radio (anglophone et francophone) et une station de télévision qui allait diffuser ses premières émissions un an après son acquisition.Mme Desruisseaux se rappelle avec amusement le tollé de protestations des abonnés qui, un peu après l\u2019achat du journal, avaient dû subir une augmentation du tarif qui était alors passé de 3 à 4 cents par jour.Les gens reprochaient alors aux nouveaux propriétaires de s\u2019enrichir sur le dos des moins bien nantis.«Pourtant, nous étions loin d\u2019être aussi riches que les gens le pensaient à cette époque.Paul a dû mettre en garantie tout ce qu\u2019il possédait pour acheter La Tribune, de sorte que s\u2019il n\u2019avait pas survécu à son premier infarctus, en 1959, nous aurions été dans le chemin.Mais, heureusement, ce qui l\u2019a gardé en vie, c\u2019est sa détermination de vouloir réussir.» Pour Mme Desruisseaux, La Tribune, c\u2019est aussi le souvenir de son père Georges Duchesne qui, à l\u2019âge de 65 ans, a accepté de relever un nouveau dé?en prenant en main le département de l\u2019expédition du journal.«Paul avait engagé son beau-père pour mettre de l\u2019ordre et pour s\u2019assurer que le journal serait livré tôt le matin.» Mme Desruisseaux soutient que son mari était sévère et que plusieurs employés le craignaient.«Mais, dit-elle, il était incapable de congédier un employé.Il préférait plutôt embaucher un jeune travailleur pour pallier le manque de rendement d\u2019un autre.» Et, selon elle, c\u2019est ce qui explique le fait que Power Corporation a procédé au congédiement d\u2019une quinzaine d\u2019employés dès l\u2019acquisition du journal, en 1966.Invitée à commenter la rumeur voulant que son mari ait regretté d\u2019avoir vendu La Tribune, Mme Desruisseaux hésite quelque peu avant de répondre, ni dans l\u2019af?rmative, ni dans la négative.«Paul aimait beaucoup le journal.Mais les circonstances ne lui auraient pas permis de le garder bien longtemps.» COLLECTION PERSONNELLE DE FRANÇOIS DESRUISSEAUX Dans les années 1950, le sénateur Jacob Nicol, président du conseil d\u2019administration de La Tribune, regarde un exemplaire du journal, entouré de Louis-Philippe Robidoux, rédacteur en chef du quotidien, Paul Desruisseaux, son président et éditeur, Jean-Louis Gauthier, gérant de CHLT-TV et de CKTS, et Alphée Gauthier, vice-président et gérant général de La Tribune.Les circonstances, c\u2019est son accession au sénat le 8 juillet 1966.C\u2019est son deuxième infarctus, qui l\u2019obligeait à ralentir ses activités.C\u2019est aussi le souvenir pénible de la grève du 15 octobre au 10 décembre 1965 qui a durement touché la famille Desruisseaux.«Je ne blâme pas les employés d\u2019avoir fait la grève.Mais Paul en a beaucoup souffert.Moi et les enfants aussi.» Heureusement, les mauvais souvenirs se sont estompés de sorte que Mme Desruisseaux dit garder un attachement particulier pour La Tribune.«Encore aujourd\u2019hui, ça m\u2019insulte d\u2019entendre quelqu\u2019un critiquer le journal.» LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C09 9 306668 Nous reproduisons ces deux textes publiés le 3 février 2000 dans le cahier du 90e anniversaire de La Tribune.«La vie de cet homme a été une réussite à tous les niveaux», commentait le 2 février 1982 le président du sénat, Jean Marchand, à l\u2019annonce du décès du sénateur Paul Desruisseaux.De son côté, l\u2019ancien maire de Sherbrooke Armand Nadeau soulignait les efforts considérables que Me Desruisseaux avait déployés pour que sa ville et les Cantons-de-l\u2019Est occupent la place qui leur revient au Canada.Ces deux témoignages résument bien la carrière du sénateur Desruisseaux qui a dirigé la destinée de La Tribune de 1955 à 1966.M.Desruisseaux est né le 1er mai 1905 à Sherbrooke, où son père était propriétaire de l\u2019ancien hôtel American House, situé dans le centre-ville.Il a fait ses études primaires chez les Frères du Sacré-Cœur, classiques au collège Saint-Charles, philosophiques au Séminaire de Montréal, légales à l\u2019Université de Montréal et commerciales à l\u2019École des hautes études, à l\u2019Institut Babson et à l\u2019Université Harvard, à Boston.Admis au barreau en 1934, il a commencé à exercer le droit au bureau du sénateur Jacob Nicol et a pratiqué avec Mes Carrier Fortin et Jean Rouillard, qui devaient accéder à la magistrature.Il est devenu of?cier de l\u2019infanterie de l\u2019artillerie royale pendant la dernière guerre et a servi le pays comme assistant député juge avocat général.Me Desruisseaux, qui a toujours manifesté de l\u2019intérêt pour les affaires et l\u2019information, a consacré une partie de sa vie à La Tribune, qu\u2019il a plus tard regretté d\u2019avoir vendue.Me Desruisseaux a été le premier vice-doyen de la faculté de commerce de l\u2019Université de Sherbrooke.L\u2019université sherbrookoise lui a décerné un doctorat honori?que en droit, il a été fait commandeur de l\u2019Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, chevalier de Grâce magistrale de l\u2019Ordre de Malte et il a reçu les médailles Bene Merenti, de l\u2019Alliance française et de l\u2019Union latine.Après son accession au sénat le 8 juillet 1966, Me Desruisseaux s\u2019est particulièrement occupé des problèmes de la région, des questions économiques nationales et des affaires bancaires.Sa mort à l\u2019âge de 76 ans a été une lourde perte pour les Cantons-de-l\u2019Est.L\u2019information d\u2019abord Au début des années 1970, le nombre d\u2019abonnés est à la hausse et les moyens de production sont désuets.Pour preuve, voici un extrait d\u2019un cahier souvenir publié en 1976 pour souligner l\u2019acquisition de nouvelles presses installées dans un édi?ce moderne.L\u2019EXPANSION ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES LA TRIBUNE, DOUG GERRISH En hiver 1976, la structure du nouvel édi?ce est déjà presque complétée.Une grève chez le manufacturier de la presse, à Chicago, occasionne cependant un long retard de livraison.« Combien de camelots se sont levés tôt le matin (les parents aussi) pour aller livrer le journal, ont bravé le froid, la neige, la pluie pour se rendre chez le dépositaire et constater que La Tribune était.encore en retard.Les presses tremblotantes et agonisantes avaient une fois de plus fait la grève sur le tas.de journaux.» Le 23 octobre 1975 a lieu la cérémonie de la première pelletée de terre.On invite à cette occasion Ephrem Breton (second à gauche), un ancien pressier entré à l\u2019emploi de La Tribune en 1915.Il a pris sa retraite après une carrière de 55 ans.Il est entouré de l\u2019entrepreneur général Armand Jeanson, d\u2019Yvon Dubé, président et éditeur de La Tribune, ainsi que de l\u2019architecte Louis Faucher. LT C10 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 10 UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE ARCHIVES, LA TRIBUNE La Tribune déménage en octobre 1976 dans un édi?ce construit expressément pour de puissantes rotatives off-set de marque Goss.Elles remplacent des presses vieilles de 80 ans.ARCHIVES, LA TRIBUNE Sur la rue Roy, avec la composition à froid, les monteurs ne manipulent plus de lourdes pages de plomb.Les monteurs Gérard Laurencelle et Gilles Rancourt, en 1976, découpent les papiers contact pour les coller sur les pages.ARCHIVES, LA TRIBUNE La salle de rédaction dans l\u2019édi?ce de la rue Dufferin.ARCHIVES, LA TRIBUNE Avec le déménagement dans le nouvel édi?ce de la rue Roy en 1976, La Tribune en pro?te pour adopter des techniques modernes de production.Des rubans perforés sont lus par l\u2019appareil Photon, entretenu par le technicien Frédéric Viens.Il en ressort un papier contact qui sera collé en page.IMACOM, JOCELYN RIENDEAU Une importante équipe œuvre à la mise en page du journal dès le soir venu.Cette étape est aujourd\u2019hui complètement informatisée.Jeannot Bernier occupe le poste de chef de pupitre depuis près de 20 ans.Il discute avec les journalistes Pierre Dubois (debout) et Serge Denis (à droite). LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C11 11 La Tribune trouve un nouveau souf?e au milieu des années 1950.Sous l\u2019impulsion de ses nouveaux propriétaires, Paul Desruisseaux et Alphée Gauthier, le quotidien sherbrookois prend réellement une envergure régionale.Son tirage fait des bonds de géant avec des abonnés à Granby, Drummondville, Victoriaville et Thetford Mines.Cette mutation s\u2019accélère au milieu des années 1960 après la vente à Paul Desmarais et Jacques Francœur.Ces derniers ont le ?air de con?er la direction de La Tribune à Yvon Dubé, journaliste de carrière.En quelques années, le nouvel éditeur transforme un journal encore artisanal en média à la ?ne pointe de la technologie.Dès son arrivée, Yvon Dubé amorce la modernisation du quotidien sherbrookois.Il fait passer la fabrication du journal à l\u2019ère électronique au tournant des années 1970 avec l\u2019introduction d\u2019ordinateurs à ruban perforé.Les changements s\u2019accélèrent les années suivantes jusqu\u2019à ce qu\u2019un déménagement pur et simple s\u2019impose : les bris répétés des vieilles presses, âgées de 80 ans, causent fréquemment des retards de livraison.Or, il est impossible d\u2019installer des rotatives modernes dans le vieil édi?ce de la rue Dufferin.Les nouvelles presses off-set de la rue Roy, capables d\u2019imprimer 50 000 copies à l\u2019heure, font l\u2019orgueil de La Tribune.En 1977, La Tribune devient l\u2019une des premières salles de rédaction complètement informatisées.Les reporters sher- brookois écrivent désormais leurs textes sur des terminaux reliés à un immense ordinateur.Sous Yvon Dubé, La Tribune devient vraiment un journal estrien, non plus simplement sherbrookois.Apôtre de Jacob Nicol, l\u2019éditeur se dit convaincu en 1970 du rôle à jouer de La Tribune «dans le bien-être des citoyens de la région».«Il nous faudra plonger dans des campagnes pour obtenir des améliorations pour les diverses régions que nous desservons.» Fort de cette vision, il mène La Tribune à un record de vente le samedi 9 avril 1988: 50 507 copies vendues.La Tribune n\u2019échappe cependant pas à la lente désaffection des lecteurs de journaux.Une crise économique au début des années 1990, l\u2019apparition des réseaux de nouvelles en continu et l\u2019émergence de l\u2019internet comme média d\u2019information bousculent le monde traditionnel de la presse.À l\u2019aube du nouveau millénaire, une nouvelle mutation apparaît nécessaire.La Tribune apparaît sur l\u2019internet dès 1999 avec son propre site web avant de joindre le portail Cyberpresse trois ans plus tard.Autre transformation, le 30 janvier 2006 : comme plusieurs journaux du monde, le quotidien sherbroo- kois délaisse ses grandes pages et ses différents cahiers pour adopter le format compact.En outre, depuis cet automne, ses abonnés peuvent recevoir chaque matin tout leur journal dans leur ordinateur.La Tribune continue ses mutations au béné?ce de ses lecteurs.LA MUTATION ANDRÉ LAROCHE LUC LAROCHELLE JOURNALISTE YVON DUBÉ PRÉSIDENT-ÉDITEUR 1967 - 1989 JEAN-GUY DUBUC PRÉSIDENT-ÉDITEUR 1989 - 1993 RAYMOND TARDIF PRÉSIDENT-ÉDITEUR 1993 - 2002 En quelques années, le nouvel éditeur transforme un journal encore artisanal en média à la fine pointe de la technologie.ARCHIVES, LA TRIBUNE Le nombre d\u2019exemplaires de La Tribune a fait des bonds de géant au milieu du siècle dernier avec des abonnés à Granby, Drummondville, Victoriaville et Thetford Mines.La Tribune devait posséder une ?otte de camions pour assurer une livraison rapide.DENIS MESSIER JOURNALISTE MARIO GOUPIL JOURNALISTE LT 21, rue Morris, Sherbrooke 819 821-3646 La majorité des assura nces collectives remboursent les frais.306163 www.centrebiol igne.ca Depuis 15 ans, la méthode Bioligne fait ses preuves en Estrie! 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Jeanne! Allez-vous coucher!\u201d» se souvient-elle en riant.Alfred DesRochers avait un allié de taille à La Tribune, le gérant Florian Fortin.Mais d\u2019autres directeurs ne l\u2019ont pas toujours soutenu.«Alors qu\u2019il était responsable de la publicité, il s\u2019est fait dire qu\u2019il devrait s\u2019occuper moins des écrivains et davantage des annonceurs», rapporte la dame de 81 ans.D\u2019ailleurs, le poète donna sa démission en 1934, après le départ de Florian Fortin.Il y reviendra de 1935 à 1950, hormis une période de quatre ans, de 1942 à 1946, où il s\u2019enrôlera comme soldat et deviendra ensuite traducteur à Ottawa.EMBAUCHÉE MALGRÉ PAPA Il était d\u2019ailleurs dans la capitale quand sa ?lle aînée fut engagée.«Bien malgré lui», dit-elle.«J\u2019avais rencontré Bella Kerr, qui s\u2019occupait des pages féminines.Elle m\u2019a fait taper une lettre pour voir si je pouvais écrire sans fautes.C\u2019est un ami de mon père, Gilles Desrochers, qui s\u2019occupait de l\u2019embauche.Il lui a tout de suite téléphoné pour lui dire: \u201cJ\u2019ai engagé ta ?lle!\u201d» raconte celle qui avait béné?cié de la rigueur paternelle quant à la maîtrise du français et la connaissance de l\u2019anglais.«Cela faisait partie des valeurs familiales.J\u2019ai sûrement appris à lire plus vite à cause de La Tribune, surtout les comics.Dès que nous revenions de l\u2019école, mon frère et moi, nous nous partagions le journal.» Même si la Révolution tranquille n\u2019était pas encore amorcée, Jeanne DesRochers dit avoir bé- né?cié de la grande souplesse de ses patrons, ce qui lui a permis de s\u2019éloigner du carnet mondain.Elle s\u2019est ainsi trouvée à couvrir bien davantage que les conférences des cercles féminins.«J\u2019ai souvent dépanné en allant aux réunions des clubs Rotary et Lions.Je touchais donc à toutes sortes de sujets.De temps en temps, je m\u2019arrangeais pour sortir de mes affaires habituelles.J\u2019avais lancé une série de portraits intitulé Femmes à l\u2019œuvre.» C\u2019est elle aussi qui a organisé un rendez-vous entre son patron e t Clémence, Jeanne « Je revois encore mon père revenant à la maison, avec son béret et sa Tribune sous le bras.» UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE LT 305746 306662 Depuis 1972, Tapis Donald Blanchette a habillé le sol de milliers de maisons et immeubles à logements de la région.Une longévité en affaires qui s\u2019explique notamment par la qualité du service, de l\u2019estimation à l\u2019installation! Dès qu\u2019on franchit les portes du magasin, des conseillers qui maîtrisent parfaitement le domaine vous écoutent, analysent vos besoins puis vous expliquent les différents produits qui pourraient répondre à vos attentes.«Nous offrons du revêtement souple (tapis, prélart, tuile) et dur (céramique, bois franc, bois flottant), dans une large variété de modèles et de gammes de qualité, pour tous les goûts, tous les budgets», précise Patrick Blanchette, qui a joint ses parents Donald et Lise au sein de l\u2019entreprise familiale il y a 20 ans.Pour des mesures exactes, un estimateur pourra se rendre chez vous.Le travail peut également être effectué par des installateurs chevronnés.«Nous avons une équipe solide, des gens d\u2019expérience tout aussi passionnés que nous!» révèle M.Blanchette qui est entouré d\u2019une dizaine d\u2019employés.Dans le secteur commer - cial, Tapis Blanchette jouit d\u2019ailleurs d\u2019une excellente réputation grâce au tra - vail de Serge Bergeron, maintenant appuyé de Stéphane Cloutier.«Le volume que nous procure le secteur commercial, combiné à nos nombreuses années dans le domaine, nous permet de bénéficier de bons prix auprès de nos fournisseurs.En bout de ligne, tous nos clients en profitent.» Vous offrir pleine satisfaction, voilà l\u2019objectif de l\u2019équipe de Tapis Donald Blanchette, de l\u2019estimation à l\u2019installation! Tapis Blanchette couvre toutes les facettes en matière de revêtements de plancher! 1831, RUE DUNANT, SHERBROOKE Bon centenaire à La Tribune, un excellent partenaire d\u2019affaires pour les entreprises de chez nous! PUBLIREPO RTAGE Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C13 13 ARCHIVES, LA TRIBUNE Clémence DesRochers en compagnie de son père Alfred.Fernand Dansereau, lequel deviendrait son mari pendant plusieurs années et le père de ses enfants.«Lui aussi a travaillé quelque temps au journal.J\u2019ai aussi côtoyé les jumeaux Fournier peu avant de quitter.» CLIQUETIS DE RÉDACTION «Je revois encore mon père revenant à la maison, avec son béret et sa Tribune sous le bras», se rappelle pour sa part Clémence DesRochers.«Je sais qu\u2019il a commencé au bas de l\u2019échelle, qu\u2019il a même couvert les sports, qu\u2019il a ensuite formé beaucoup de jeunes journalistes.Il était très sévère.Mais tout ça m\u2019a été raconté.Sauf le journaliste qui lançait sa dactylo dans la rivière Magog.Ça, il me l\u2019a raconté lui-même.» «Mon seul véritable souvenir, c\u2019est de lui avoir apporté son lunch le midi.Je marchais de la rue du Paci?que jusqu\u2019à la rue Dufferin.Quand j\u2019entrais dans la salle de rédaction, tout le monde était en train de taper, clic! clic! clic! clic! Ça m\u2019impressionnait.Mon père avait aussi une machine à écrire à la maison.J\u2019aimais beaucoup cet objet.Je jouais souvent avec.» L\u2019humoriste se souvient aussi des batailles entre frères et sœurs pour accaparer le supplément de bandes dessinées du samedi.«Le premier qui l\u2019avait s\u2019assoyait dessus pour ne pas se le faire voler.J\u2019ai déjà livré La Tribune avec mon frère camelot.J\u2019ai aussi fait des chapeaux avec!» «Quand ma sœur Jeanne a gagné ses premiers salaires, elle m\u2019a acheté à Noël un beau sac d\u2019école en cuir et la Semaine de Suzette.Je passais des heures à lire ça.Après, ç\u2019a été les Bécassine.Elle s\u2019était aussi acheté une belle petite jupe.Il arrivait que ma sœur et moi, nous lui empruntions avant qu\u2019elle se lève.Ça la mettait en colère, mais elle nous pardonnait, c\u2019était une ?lle très, très douce.Mais je bifurque, là.» «À Noël, le patron de La Tribune nous faisait livrer un grand panier de jouets», ajoute-t-elle.RACHEL ET PIERRETTE Les autres souvenirs de Clémence DesRochers liés à La Tribune sont les entrevues accordées aux journalistes Pierrette-Hélène Roy et Rachel Lussier.«Il m\u2019a fallu du temps pour remplir les grandes salles de Sherbrooke.Nous avons trouvé le public d\u2019ici très dif?cile au début.Mais quand Pierrette ou Rachel écrivait un bon papier, on voyait la différence.» «Rachel Lussier faisait toute une littérature.Elle m\u2019aimait beaucoup.C\u2019était de la sentir tellement passionnée par son métier, enthousiasmée par son amour des créateurs! Elle avait toujours les mots pour bien décrire mes créations.Elle mentionnait l\u2019importance que cela avait pour les femmes.Elle relevait des choses que peu de journalistes avaient écrites.Des fois, je trouvais qu\u2019elle en mettait trop, mais c\u2019était parce qu\u2019elle m\u2019aimait et appréciait ce que je faisais.» «Pierrette était différente, moins littéraire, mais elle avait un côté poète.Je n\u2019ai que des beaux souvenirs de ces entrevues.Et je suis toujours abonnée au journal.» « J\u2019ai sûrement appris à lire plus vite à cause de La Tribune, surtout les comics.» et la Tribune d\u2019Alfred LT C14 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 14 LT 305744 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C15 15 HISTOIRE RÉGIONALE Peu de livres relatent l\u2019histoire générale de l\u2019Estrie.Bien sûr, on ne compte plus le nombre de thèses, d\u2019essais, de brochures ou d\u2019ouvrages sur des sujets historiques bien circonscrits.Bien dif?cile, cependant, de parcourir autant d\u2019écrits avant d\u2019obtenir une vue d\u2019ensemble de notre histoire.C\u2019est pourquoi La Tribune propose aujourd\u2019hui à ses lecteurs ce qu\u2019elle accomplit chaque jour depuis sa fondation : offrir l\u2019actualité politique, économique, culturelle et sportive en un seul tour d\u2019horizon.Non pas cette fois-ci sur les événements d\u2019hier, mais sur l\u2019histoire régionale des 100 dernières années.Et déjà, demain, La Tribune commencera à publier l\u2019histoire des 100 prochaines années.Chaque jour, pour vous.DOMTAR LT C16 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 16 UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE 3028 7261 1725 2224 2175 2233 1477 1668 1288 1254 2399 16 405 3165 2954 3978 (1) Inclut anglaise, irlandaise, écossaise, autres.(2) allemande*, belge*, bulgare et roumaine, chinoise, hollandaise*, grecque, italienne*, japonaise, juive*, scandinave*et suisse.* Présence notable Source: Recensement du Canada de 1911 (2) Inclut adventiste*, baptiste*, congrégationniste*, disciple, friend, Église grecque, juive, luthérienne, menotiste, méthodiste*, presbytérienne*, Armée du Salut, protestante, autres sectes, chrétienne non incluse ailleurs, non spéci?é.* Présence notable CHEMIN DE FER POPULATION RECHERCHE SERGE DENIS CANTONS UN VISAGE DIFFÉRENT On le devine sans peine.Les lecteurs de La Tribune de 2010 vivent dans une région tout à fait différente des lecteurs des premières éditions.Mais pour le plaisir de la chose, nous nous sommes amusés à faire un bond dans le passé pour imaginer les Cantons-de-l\u2019Est de l\u2019époque de Jacob Nicol.L\u2019effet est étonnant, voire spectaculaire.Nous avons retenu la population, la langue, les religions et les principaux réseaux de transport pour marquer les différences.Nous aurions pu ajouter les principales industries, les états civils ou encore les territoires agricoles, mais il y aurait eu trop-plein d\u2019information.DES À L\u2019ESTRIE 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100 LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C17 17 2920 8965 23 580 144 595 3295 1230 805 5855 2630 5200 3230 6660 39 595 25 005 0 20 40 60 80 100 % (1) Autres: mulsulmane*, témoins de Jéhovah*, luthérienne*, presbytérienne, pentecôtiste*, juive, bouddhiste*, hindoue, sikh, orthodoxe grecque, catholique ukrainienne, Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (mormone), Église missionnaire évangélique, adventiste*, orthodoxe ukrainienne, méthodiste, frères dans le Christ, orthodoxe serbe, chrétienne non incluse ailleurs*, orthodoxe non incluse ailleurs et protestante non incluse ailleurs*.* Présence notable Source: Recensement du Canada de 2001 147 141 143 116 161 161 112 AUTOROUTES ROUTES PROVINCIALES POPULATION Source: Recensement du Canada de 2006 S-DE-L\u2019EST Remerciements Kathie Curtis (Musée Colby-Curtis de Stanstead), Serge Gaudreau (Société d\u2019histoire de Magog), Ghislaine Gervais (Société d\u2019histoire et de généalogie de Thetford Mines), Donald Healy (référence historique de Richmond), Guy Laperrière (professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Sherbrooke), Hélène Liard (Société d\u2019histoire de Sherbrooke), Thérèse Lavertu (Société d\u2019histoire de Weedon), Thérèse Nguyen (Statistique Canada), Mandoline Royer (Statistique Canada), Jason Thiffault (Société d\u2019histoire de Drummondville).Plusieurs municipalités ont fusionné avec des villages environnants depuis 1910 65 720 0 20 40 60 80 100 LT 306687 \u2022 Service mobile au domicile ou au travail \u2022 Auto de courtoisie disponible 2700, rue King Ouest, Sherbrooke 819 565-2727 1085,rue King Est, Sherbrooke 819 569-9543 2380, rue Sherbrooke, Magog 819 843-8465 70, boul.Labbé Sud, Victoriaville, 819 752-9679 M.Serge Poulin Copropriétaire DURO vitres d\u2019aut os choisit La Tribun e comme super héros des médias écrits d epuis 34 ans.Voilà pourquoi DU RO lui lance aujou rd\u2019hui 100 BRAVOS pour son excellence au quotidien! M.Pierre Verpaelst Copropriétaire C18 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 18 1.Comment s\u2019appelait le régiment sherbrookois envoyé au Débarquement de Normandie?a) The Sherbrooke Hussars b) Le Régiment de Saint-François c) Les Carabiniers de Sherbrooke d) The Sherbrooke Fusilier Regiment 2.Quels joueurs sherbrookois ont porté les couleurs du Canadien de Montréal avec Maurice Richard?a) Gérard Plamondon b) Yvan Cournoyer c) Jean Béliveau d) Gilles Dubé QUELQUES CANTONS 3.La charte de l\u2019Université de Sherbrooke appartenait à l\u2019origine à quelle institution scolaire?a) L\u2019École supérieure de Sherbrooke b) Le Séminaire Saint-Charles- Borromée c) L\u2019École normale de Sherbrooke d) Le collège Mont-Notre-Dame 4.Louis S.Saint-Laurent, ancien premier ministre du Canada, était originaire de.a) Danville b) Arthabaska c) Compton d) East Angus 5.Quelle travailleuse de la Penman\u2019s de Coaticook est devenue sénatrice?a) Yvette Rousseau b) Françoise Gaudet-Smet c) Thérèse Lavoie-Roux d) Solange Chaput-Roland Connaissez-vous l\u2019histoire régionale des cent dernières années?Par exemple, d\u2019où la ville d\u2019East Angus tire-t-elle son nom?Ou pourquoi des rues se nomment Denault ou McManamy à Sherbrooke?Voici quelques questions pour tester vos connaissances.UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE COURTOISIE MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER 6.Dans quel ordre ces événements sont-ils survenus entre 1954 et 1959?a) Ouverture de CHLT-TV b) Création de l\u2019Université de Sherbrooke c) Inauguration de la cathédrale Saint-Michel d) Invention du Ski-Doo à Valcourt 7.De quel parti politique provenait la majorité des députés estriens aux élections de 1976?a) Parti québécois b) Parti libéral c) Ralliement créditiste d) Union nationale 8.Quelle émission jeunesse les comédiens sherbrookois Jean Besré et Clémence DesRochers ont-ils écrite ensemble?a) Grujot et Délicat b) Sol et Gobelet c) La souris verte d) La boîte à surprises LT 306682 Elles répondent aux plus hauts standards de qualité, sont fabriquées chez nous et vendues à prix accessibles puisque sans intermédiaire.Depuis 20 ans, les portes et fenêtres Pro- Fenex sont le choix de nombreux consommateurs et entre preneurs des Cantons-de-l\u2019Est, du Cen tre-du-Québec et de la Rive-sud de Montréal.Seul fabricant de portes d\u2019acier et de fenêtres en PVC à Sherbrooke, Pro-Fenex a bâti sa renommée sur l\u2019excellence : celle des matériaux utilisés, mais aussi des procédés de fabrication, de l\u2019installation et du service conseil.Exigeant, le personnel de Pro-Fenex l\u2019est d\u2019ailleurs à chaque étape.«C\u2019est ainsi que s\u2019est bâtie l\u2019entreprise fondée par mon père, et encore aujourd\u2019hui, c\u2019est une volonté quotidienne.Rien n\u2019est laissé au hasard», précise Jean-François Bernier, qui assure la relève à la tête de Pro-Fenex avec son frère Simon.L\u2019achat des portes et fenêtres constituant l\u2019un des plus importants investissements d\u2019une maison, il est primordial de choisir avec soin ces éléments essentiels pour qu\u2019ils puissent ajouter une valeur importante.Et avec Pro- Fenex, vous ne vous tromperez pas.Des modèles pour chaque besoin Dans sa vaste salle de montre, agrandie et réaménagée il y a quelques mois, Pro-Fenex présente plusieurs des produits qu\u2019il conçoit et fabrique selon les spécifications de chaque client.«Nos clients ont l\u2019embarras du choix : du portique fermé à la porte fenêtre, en passant par les fenêtres à guillotine, battants, coulissantes et les portes en acier», souligne Jean-François Bernier.«Ils peuvent même décider de les accompagner de un ou deux panneaux latéraux pleins ou vitrés avec des motifs givrés, éclatés, biseautés, avec sérigraphies, couleurs incrustées ou vitrail», ajoute celui qui compte une production annuelle de 8 000 fenêtres et 2 500 portes.Bien guidés par des conseillers à l\u2019écoute de leurs besoins, les consommateurs peuvent ainsi dénicher portes et fenêtres convenant à leur maison, leurs goûts.et leur budget.Ils sont aussi assurés d\u2019une installation réalisée dans les règles de l\u2019art.Réputé pour son expertise dans le domaine - entrepreneurs, architectes et maîtres- d\u2019oeuvre n\u2019hésitent pas à les solliciter pour résoudre des problèmes techniques - Pro- Fenex a prouvé que style, performance et bon prix pouvaient cohabiter avec succès.4890, boul.Industriel, Sherbroole 819 566-5454 www.profenex.com Les deux propriétaires (au centre), Simon Bernier et Jean-François Bernier, entourés de toute leur équipe, plus d\u2019une vingtaine d\u2019employés et 8 installateurs.PUBLIREPORTAGE Des portes et fenêtres sherbrookoises haut de gamme à votre portée Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C19 19 DE PIÈGES 11.La rue Galt a été baptisée en l\u2019honneur de quel personnage?a) Un député de Sherbrooke b) Un commissaire de la British American Land Company c) Un père de la Confédération canadienne d) Un ministre fédéral des Finances 12.Combien de communautés religieuses sont admises dans le diocèse de Sherbrooke entre 1940 et 1960?a) Cinq b) Dix-sept c) Vingt-huit d) Quarante-deux 13.Quelle était la vocation d\u2019origine des bâtiments du camp Val-Estrie de Waterville, bâtis en 1942 ?a) Collège des Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie b) Orphelinat agricole des Frères de Sainte-Croix c) Séminaire des Frères du Sacré-Coeur d) Résidence religieuse des Servites 14.Quelle municipalité s\u2019appelait Springhill avant d\u2019être rebaptisée en français en 1957?a) Lac-Drolet b) Milan c) Nantes d) Val-Racine 15.En quelles années les Castors de Sherbrooke ont pris part au tournoi de la Coupe Memorial?a) En 1975, 1977 et 1982 b) En 1977, 1980 et 1982 c) En 1975, 1980 et 1982 d) En 1975, 1977 et 1980 16.En l\u2019honneur de qui le Foyer Wales Home de Richmond a-t-il été nommé?a) Le ?ls aîné du roi d\u2019Angleterre b) Un marchand de Richmond c) St.David of Wales d) Un évêque protestant 9.Qui a inventé le nom «Estrie» pour remplacer l\u2019appellation «Cantons-de-l\u2019Est»?a) John S.Bourque b) Jacob Nicol c) Ti-Blanc Richard d) Mgr Maurice O\u2019Bready 10.L\u2019épicier sherbrookois Antoine Turmel a créé quelle bannière?a) Metro b) Steinberg c) Provigo d) IGA 17.Quel fut le premier ministère assumé par Jean Charest?a) Condition physique et Sport amateur b) Environnement c) Industrie, Sciences et Technologie d) Jeunesse 18.Quel honneur le poète Alfred DesRochers n\u2019a pas reçu?a) Prix David b) Prix Duvernay c) Prix d\u2019Action intellectuelle d) Prix Émile-Nelligan 19.Quelle rue honore le père de la municipalisation de l\u2019électricité à Sherbrooke?a) Sylvestre b) McManamy c) Bachand d) Farewell 20.Quel fait divers célèbre a été perpétré le 24 mars 1985?a) L\u2019enlèvement de Charles Marion b) L\u2019accident du lac d\u2019Argent c) Fusillade tuant deux poseurs de tapis à Rock Forest d) Tuerie au repaire des Hell\u2019s Angels de Lennoxville RÉPONSES EN PAGE 126 C20 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 290245 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C21 FABRICANT ET DISTRIBUTEUR DE PRODUITS DE BÉTON BRIQUE & PIERRE DIVISION ESTRIE 819 565-4444 2910, rue King Est, Sherbrooke AGRÉMAT BRIQUE & PIERRE Donnez du caractère à votre propriété dans le respect de votre budget PUBLIREPORTAGE Trop dispendieux, la brique, les pierres ou le pavé?«Les gens sont surpris de l\u2019accessibilité de ces matériaux.En fait, nous en offrons de toutes les gammes, pour tous les prix.Ça vaut la peine de demander une soumission», souligne Roger Lessard, qui partage la direction avec son fils Éric de la division estrienne d\u2019Agrémat Brique & Pierre.Cette entreprise familiale toute québécoise se spécialise depuis 14 ans dans la vente de produits servant au revêtement extérieur et à l\u2019aménagement paysager, proposant une gamme impressionnante de produits dont plusieurs marques exclusives, qu\u2019on pense à Techo-Bloc, Brampton, Pierres décoratives J.R., F.Letendre, Trans-Pavé et Century Stone.Ouvert à Sherbrooke il y a cinq ans, Agrémat Brique & Pierre vous offre, dans ses vastes installations de la rue King Est, l\u2019embarras du choix! «Difficile de prédire les coups de cúur 2010 des consommateurs, nous avons donc en inventaire plusieurs produits, plusieurs teintes, plusieurs designs.Le pouvoir d\u2019achat d\u2019Agrémat, qui possède d\u2019autres divisions à travers la province et qui fabrique aussi ses propres blocs de ciment, nous permet par ailleurs de profiter de bons prix.qui bénéficient par la suite à nos clients », précise Éric Lessard.Au service des consommateurs Bien qu\u2019Agrémat Brique & Pierre puisse répondre adéquatement aux besoins des commerces et industries, c\u2019est une entreprise ouverte au public qui offre un service très personnalisé à toute personne désirant rehausser sa propriété.Roger Lessard cumule une trentaine d\u2019année de métier, et son fils Éric travaille avec lui depuis 13 ans.Les deux hommes connaissent donc parfaitement leur domaine et sauront bien vous diriger dans le choix du revêtement ou de l\u2019aménagement qui correspondra à vos goûts, vos attentes.et votre budget.«Agrémat Brique & Pierre appartient à une famille, et dans ses divisions, on retrouve aussi des familles à la direction.L\u2019approche est donc très personnelle, pour une ambiance conviviale.Nous sommes d\u2019abord là pour aider les gens, les conseiller, leur expliquer les différents produits.Le service à la clientèle est notre priorité.» Vous voulez installer vous-même les produits?On se fera un plaisir de bien vous expliquer le procédé; des guides ont d\u2019ailleurs été conçus pour faciliter le travail.«Sinon, on peut vous référer à des installateurs de confiance.» Avant d\u2019opter pour d\u2019autres solutions, faites donc un tour chez Agrémat Brique & Pierre; vous serez surpris par la diversité des solutions, et surtout leur prix concurrentiels! Entreprise familiale, Agrémat se spécialise dans la vente de produits servant au revêtement extérieur et à l\u2019aménagement paysager.À Sherbrooke, l\u2019entreprise est sous la direction de Roger Lessard et de son fils Éric.Que ce soit pour rafraîchir l\u2019aspect intérieur ou extérieur de votre demeure, créer une ambiance unique ou donner du relief à vos murs, Agrémat Brique & Pierre pourra répondre à votre besoin.« Le principal défi, lorsqu\u2019on lance une nouvelle entreprise, c\u2019est de se faire connaître, et c\u2019est ce que La Tribune nous a permis de faire.Grâce au rayonnement de La Tribune, nous avons pu rejoindre des milliers de consommateurs.En cinq ans, notre chiffre d\u2019affaires a toujours été en croissance, et La Tribune a contribué à notre essor.» - Famille Thibault, Agrémat Brique & Pierre 306676 La beauté, la texture et l\u2019atmosphère que dégagent les briques, pierres, blocs, agrégats et pavés apportent énormément de caractère à une résidence et rehaussent considérablement sa valeur et son allure.Fabien Madore Roger Lessard Éric Lessard Marie-Pierre Gendron LT Joyeux 100 ans à La Tribune Un quotidien incontournable à préserver.306322 Informations : 819 846-2738 Une école pas ordinaire pour jeunes extraordinaires! BRAVO À LA TRIBUNE POUR SA LONGÉVITÉ ! 125, rue du Frère-Théode, Sherbrooke (Québec) J1C 0S3 Téléphone : 819 846-2738 www.esb.bromptonville.qc.ca 306323 C22 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 22 1910 \u2022 Fondation de La Tribune \u2022 Arrivée des Rédemptoristes à Sherbrooke \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital Saint- Joseph à Thetford Mines \u2022 Fondation des Carabiniers de Sherbrooke qui prendront le nom de Fusiliers en 1933 1911 \u2022 Construction du barrage hydroélectrique de Rock Forest 1912 \u2022 Les Bénédictins s\u2019installent à Saint-Benoît-du-Lac \u2022 Création de l\u2019Asbestos Corporation of Canada à Thetford Mines 1913 \u2022 Ouverture de l\u2019école des gardes-malades laïques de l\u2019hôpital Saint-Vincent-de-Paul \u2022 Création de la compagnie Southern Canada Power \u2022 Construction de la filature Canadian Connecticut Cotton Mills, future Dominion Textile, rue du Pacifique LA GRANDE GUERRE ANDRÉ LAROCHE 1re DÉCENNIE : 1910-1919 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Les Bénédictins s\u2019installent à Saint-Benoît-du-Lac en 1912.Cette photo représente la première abbaye dans les années 1920.Pour espérer vaincre l\u2019armée du Kaiser, la Grande-Breta- gne réalise très vite qu\u2019elle a besoin de soldats supplémentaires, mais également d\u2019immenses stocks militaires.Les Cantons-de-l\u2019Est offrent à la mère patrie de l\u2019Empire britannique une contribution tant en hommes qu\u2019en matériel.Une semaine à peine après l\u2019invasion de la Belgique et du Luxembourg par l\u2019armée allemande, le 53rd Sherbrooke Regiment et le 54e Carabiniers de Sherbrooke paradent côte à côte le 11 août 1914 dans un grand dé?lé militaire au centre-ville de Sherbrooke.Deux semaines plus tard, au milieu d\u2019une foule de 7000 personnes, 116 soldats des régiments sherbrookois partent s\u2019entraîner à Valcartier, en banlieue de Québec.Cette ferveur populaire refroidit cependant très rapidement et, dès le mois de novembre, les recruteurs éprouvent de la dif?culté à grossir les rangs de leurs troupes.Quelques mois plus tard, le gouvernement canadien mobilise l\u2019industrie du pays pour produire de l\u2019équipement militaire.À Sherbrooke, plusieurs manufactures reçoivent d\u2019importants contrats.Les usines marchent jour et nuit à plein régime! Les ouvriers de Jenckes Machine, Rand Drill, McKinnon Steel ou Canadian Brakeshoe fabriquent des obus et des munitions.Les tisserands et couturières de la Paton et de la Walter Blue produisent des uniformes.Ils sont 2000 hommes et femmes affectés à la production militaire.Ces emplois permettent d\u2019attirer des familles et, du coup, la population sherbrookoise passe, entre 1915 et 1917, de 19 000 à 23 000 personnes.Forts de cette prospérité, les ouvriers remisent leurs chevaux et carrioles pour se procurer une automobile.En 1916, les Cantons-de-l\u2019Est possèdent à eux seuls un cinquième du parc automobile du Québec! La plupart des usines ont délaissé la force des rivières Magog, Saint-François ou Coa- ticook.Elles utilisent désormais l\u2019électricité pour faire fonctionner leur équipement.Plusieurs villes et villages de la région ont d\u2019ailleurs créé leur propre réseau municipal au cours de la décennie précédente.Maître de l\u2019énergie de la Magog, Sherbrooke joue à fond la carte de l\u2019électricité à rabais pour attirer de nouvelles industries.Dans sa stratégie de marketing, elle se baptise elle-même la «ville électrique».Sherbrooke subira cependant la concurrence d\u2019une petite compagnie de\u2026 tramway.Achetée en 1910, la Sherbrooke Railway And Power se convertit rapidement à la production et la distribution d\u2019électricité dans la région.Rebaptisée Southern Canada Power, elle cherche à attirer de nouvelles industries pour leur vendre de l\u2019énergie.Elle deviendra d\u2019ici la nationalisation de l\u2019électricité en 1963 l\u2019une des compagnies majeures d\u2019électricité du Québec.À la fin de la guerre, les Cantons-de-l\u2019Est sont transformés.Ils ne revendiquent plus le titre de première région minière du Québec, même si l\u2019industrie de l\u2019amiante se trouve en pleine expansion.L\u2019Abitibi leur a damé le pion.Mais la région compte désormais des usines modernes, notamment pour le papier, le textile et la machinerie.CULTURE La musique occupe une place importante dans les Cantons-de- l\u2019Est depuis des décennies.Des villages comme Rock Island, Coa- ticook ou Cookshire possèdent des salles capables de présenter des récitals, des opérettes et des opéras depuis la ?n du XIXe siècle. LT 306683 www.prismeimmobilier.com La Tribune, toujours aussi jeune et dynamique à 100 ans.comme nous depuis 5 ans! CAROLINE NADEAU Agent immobilier agréé GHISLAIN CLOUTIER Agent immobilier affilié 819 821-0000 306685 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C23 23 1914 \u2022 Ouverture de la ferme expérimentale à Lennoxville 1915 \u2022 Grève générale à Thetford Mines \u2022 Début de la carrière du boxeur Léonard Dumoulin, alias Jack Renault, à Montréal 1916 \u2022 Création de la compagnie Johns Manville pour exploiter la mine Jeffrey à Asbestos 1917 \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital Noël, futur Hôtel-Dieu de Sherbrooke 1918 \u2022 1500 personnes meurent de la grippe espagnole dans les Cantons-de-l\u2019Est 1919 \u2022 Fondation des Sœurs missionnaires de Notre- Dame-des-Anges à Lennoxville \u2022 Débuts de la filature Julius Kayser Un premier orchestre symphonique est fondé en 1910 à Sherbrooke sous la direction du professeur Irwin Sawdon.Il trouve probablement son public auprès d\u2019une petite bourgeoisie, instruite au Collège Mont-Notre-Dame et au Séminaire de Sherbrooke où l\u2019on procure une éducation musicale de grande qualité.Mais c\u2019est l\u2019adoption en masse du cinéma qui marque cette décennie.La région compte pas moins de 41 salles de cinéma en 1913! Cinq ans plus tard, le cinéma représente 95 % des «amusements» si l\u2019on se ?e aux relevés de la «taxe d\u2019amusement».SPORT La rivalité est forte entre chaque petite ville industrielle de la région.Chacune possède ses équipes de hockey et de baseball.Les lecteurs de La Tribune suivent les résultats avec assiduité dans les pages sportives.Mais un nouveau sport fait son apparition dans les Cantons-de- l\u2019Est : le ski alpin.Ses adeptes peuvent joindre le Sherbrooke Ski Club, fondé en 1911.Il sera cependant longtemps éclipsé par la raquette.LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE L\u2019électricité à bas coût s\u2019avère la meilleure carte de Sherbrooke pour attirer les industries.Mais encore faut-il s\u2019assurer que le réseau municipal puisse produire toute l\u2019énergie nécessaire aux nouvelles usines.La Ville se voit donc rapidement dans l\u2019obligation de construire de nouveaux barrages.Selon les règles municipales de l\u2019époque, la Ville ne peut contracter le moindre emprunt pour ces chantiers sans tenir un référendum auprès des propriétaires.Elle doit se plier à ces règles à deux reprises, d\u2019abord en 1911 pour la construction de la centrale de Rock Forest, puis en 1917 pour l\u2019achat du barrage de Weedon.À ces deux occasions, au nom du progrès de la région, La Tribune se dit favorable à ces projets.Elle met notamment tout son poids dans le débat passionné de la centrale de Weedon.D\u2019un côté, des industriels comme Andrew Sangster, gérant de l\u2019Ingersoll-Rand, ou encore Frank McCrea, président de la Brompton Pulp and Paper, militent pour laisser la production d\u2019électricité à l\u2019industrie privée.Ils brandissent le spectre d\u2019une hausse de taxes par l\u2019achat d\u2019un éléphant blanc.Les échevins canadiens-français, notamment le maire Ernest Sylvestre, vantent au contraire la rentabilité de l\u2019électricité.Les revenus tirés du barrage de Weedon se traduiraient plutôt en baisse de taxes.La Tribune publie une série d\u2019éditoriaux approuvant le projet.De grandes publicités s\u2019étalent sur Le lundi le règlement 362 est adopté sous les applaudissements.Lorsque tous les travaux d\u2019aménagement et de modernisation sont complétés en 1921, la Ville de Sherbrooke dispose d\u2019une puissance de 6480 kVA.C\u2019est avec con?ance qu\u2019elle peut envisager sa croissance d\u2019après-guerre.Tout comme Coaticook l\u2019avait fait en 1903, Sherbrooke municipalise son réseau de production et de distribution d\u2019électricité.Dans la décennie 1910, elle offre son énergie à rabais pour attirer des industries.La rivalité est forte entre chaque localité des Cantons de l\u2019Est.Elles s\u2019affrontent sur la patinoire de hockey ou le terrain de baseball.|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| FONDS GILLES COUTURE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE FONDS IRÈNE MCMULLEN, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LT La Ville d\u2019East Angus, la banlieue en pleine nature! Si le flot de la rivière St-François lie notre ville à celle de Sherbrooke, il y a aussi La Tribune qui afflue dans notre communauté telle une source intarissable d\u2019actualité.Votre siècle d\u2019histoire fait aussi partie de notre histoire.Merci de nous servir au quotidien! 306507 306686 C24 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 24 ANDRÉ LAROCHE 2e DÉCENNIE : 1920-1929 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| À la ?n de la Première Guerre, les francophones de Sherbrooke ont pris en main la destinée de leur ville.Leur élite s\u2019est non seulement chargée de leurs intérêts, grâce à la municipalisation bien menée de l\u2019électricité, elle a aussi gagné l\u2019appui de la population ouvrière.Les anglo-protestants ne béné?- cient désormais que d\u2019une in?uence réduite à l\u2019hôtel de ville, bien que la petite bourgeoisie francophone de Sherbrooke demeure exclue des cercles d\u2019in?uence politique ou de la grande ?nance.Mais forte de son monopole de l\u2019énergie, celle-ci rêve de contrôler une partie de son économie.C\u2019est l\u2019outil nécessaire, croit-elle, pour résister aux diktats des compagnies de plus en plus puissantes au pays.L\u2019avenir lui donne en partie raison.Une fois l\u2019économie remise sur ses rails après la déprime mondiale d\u2019après-guerre, Sherbrooke connaît une forte expansion à partir de 1925.En moins de trois ans, sa population passe de 23 500 à 28 000 habitants.Plusieurs manufacturiers, comme les ?latures Kayser, Paton et Canadian Silk, se trouvent en pleine croissance.Pour répondre à leurs besoins d\u2019énergie, on augmente la puissance des barrages de Weedon (1926) et de Drummond (1927), en plus de construire le barrage de Westbury (1929).C\u2019est l\u2019apogée du système municipal d\u2019électricité.Cinquante ans avant la Révolution tranquille, les francophones de Sherbrooke deviennent ainsi maîtres chez eux.La plupart d\u2019entre eux, ouvriers ou cols blancs, possèdent leur maison, même s\u2019il s\u2019agit la plupart du temps de masures.Souvent avec l\u2019aide du clergé catholique, ils créent de grandes institutions scolaires, médicales et artistiques pour les prochaines générations.LES ANNÉES FOLLES 1920 \u2022 Construction du barrage hydroélectrique de Weedon \u2022 Ouverture du Wales Homes à Richmond \u2022 Fondation du sanctuaire de Beauvoir, consacré au Sacré-Coeur de Jésus 1921 \u2022 Constitution du village de Rock Forest 1922 \u2022 L\u2019hôpital Noël devient l\u2019Hôtel-Dieu de Sherbrooke \u2022 À la suite d\u2019une violente explosion, l\u2019usine de poudre noire de Windsor ferme ses portes Cette prise de pouvoir demeure cependant limitée.Le capital manufacturier parle encore anglais à Sherbrooke.La bourgeoisie francophone demeure souvent la simple direction locale de grandes compagnies américaines ou anglo-canadiennes.Ces notables ne parviennent pas à renouer avec les hautes sphères politiques à Ottawa le contact perdu lors du départ des anglophones de la région pour les nouvelles province de l\u2019Ouest .Bref, autrefois au centre d\u2019une région aux commandes de ses industries, Sherbrooke devient une simple ville de province, dépourvue du poids politique essentiel à son développement.Les ouvriers aussi cherchent à prendre en main leur destinée.Dans le ralentissement mondial de l\u2019après- guerre, plusieurs familles n\u2019ont pas d\u2019autre choix que de quitter la région pour trouver de l\u2019emploi ailleurs au Québec ou en Nouvelle-Angleterre.Par contre, les papetiers et les cheminots demeurent dans la région et cherchent à améliorer leurs conditions de travail.Leurs salaires, plus élevés que la moyenne, les incitent à demeurer au service de leurs compagnies.Enracinés désormais dans des villes prospères comme Bromptonville, Windsor, Richmond ou East Angus, ils tissent une solidarité ouvrière.Ils revendiquent des semaines de travail plus courtes et des mesures de protection.Les ouvriers de la Brompton Pulp and Paper mènent ainsi une grève de 31 jours en avril 1920.Ils acceptent cependant de retourner au travail sans avoir pu améliorer leur sort.La même année, en novembre, les mineurs de Thetford Mines connaissent une grève désastreuse.Mais ce n\u2019est que partie remise.L\u2019année suivante, ils chassent le gérant général de l\u2019Asbestos Corporation de la ville.L\u2019un de ses successeurs crie En 1926, une foule impressionnante est rassemblée dans la côte de la rue King pour l\u2019inauguration du cénotaphe commémoratif de la Première Guerre mondiale.FONDS CLOVIS-ROY, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LT Félicitations à toute l\u2019équipe de La Tribune Toujours au coeur de l\u2019actualité Maison de la coopération 550, rue Dufferin Sherbrooke Qc 819 566-0234 www.cdrestrie.com 306551 306670 Félicitations à La Tribune pour ses 100 ans d\u2019histo ire! 165, rue Moore Sherbrooke Tél.: 819 566-8595 Courriel : info@csisher.com Site : www.csisher.com - Appui financier à des projets outre-mer - Stages de solidarité à chaque année - Activités de sensibilisation aux enjeux internationaux - Promotion et vente de produits équitables Le CSI désire souligner la contribution exceptionnelle de La Tribune dans l\u2019expression locale d\u2019enjeux liés à la solidarité internationale.Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C25 25 Présentation de moutons devant les hangars du terrain de l\u2019Exposition agricole de Sherbrooke de 1923.Des étudiants et des professeurs du Séminaire de Sherbrooke se rendent visiter la centrale Drummond.Cette station de pompage devient une centrale électrique en 1927 quand on lui installe un groupe turbine- alternateur d\u2019une capacité de 725 kW.|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| au bolchévisme! Trois ans plus tard, les travailleurs expulsent un autre gérant impopulaire.Le président a beau ordonner son retour, escorté par 40 policiers, une foule de 3000 personnes à la gare l\u2019empêche de descendre du train.CULTURE Le journaliste Alfred DesRo- chers crée autour de lui, surtout dans la salle de rédaction de La Tribune, un mouvement littéraire très fort à partir de 1925.Il organise chez lui des soirées littéraires et il entretient une correspondance soutenue avec de nombreux poètes, romanciers, critiques et éditeurs.Inspirés, les journalistes Jovette-Alice Bernier, Eva Senécal, Louis et Marthe O\u2019Neil, François Gaudet, Edouard Hains et Louis- Philippe Robidoux forment avec DesRochers un groupe nommé les Écrivains de l\u2019Est.SPORT Un campagnard de Notre-Da- me-des-Bois parvient au cours des années 1920 à se hisser parmi les hauts rangs de la boxe professionnelle.Léonard Dumoulin, alias Jack Renault, avait livré ses premiers combats à Montréal en 1915.Porté par ses rêves et la force de ses poings, il réussit ce qu\u2019aucun autre boxeur québécois n\u2019avait fait avant lui : devenir un des principaux aspirants à la couronne mondiale des poids lourds, le titre sportif individuel le plus prestigieux d\u2019Amérique.1927 \u2022 Agrandissement de l\u2019hôpital Saint-Vincent-de-Paul 1929 \u2022 Mise en opération du barrage hydroélectrique de Westbury \u2022 Ouverture du théâtre Granada \u2022 Canada Paper à Windsor passe sous le contrôle de la Howard Smith Paper Mills SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE FONDS DESMOND MCKEON SR, LA SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Une quinzaine d\u2019années après l\u2019arrivée de la Ford T, la sécurité routière fait les manchettes de La Tribune.Les accidents mortels se multiplient à Sherbrooke et dans la région.Au printemps 1924, La Tribune monte au créneau.À répétition, elle exige que la municipalité place des agents de circulation aux carrefours jugés dangereux, notamment juste à côté de son édi?ce de la rue Dufferin.Il faut admettre qu\u2019il est dif?cile de voir arriver les voitures, à moteur ou à cheval, ainsi que les piétons au coin des rues Frontenac et Marquette.Par contre, l\u2019indiscipline des conducteurs est aussi pointée du doigt.«Nous demanderons à répétition qu\u2019un agent de circulation soit en fonction à cet endroit tant que la Ville n\u2019aura pas accédé à notre demande», insiste-t-on en éditorial.En entrevue, le président du Sherbrooke Auto Club af?rme que son organisme s\u2019assure que tous ses membres conduisent avec civilité, sans excès de vitesse.Il fait aussi la promotion d\u2019une grande prudence au volant après avoir bu de l\u2019alcool.En?n, la Ville annonce à la ?n mai une innovation «qui est appelée à rendre de réels services aux conducteurs de véhicules et qui ne pourra qu\u2019avoir le bon résultat d\u2019éviter une foule d\u2019accidents».Il s\u2019agit de feux clignotants, placés sur un poteau et une base de béton au centre de sept intersections.Au sommet trônent les indications À votre droite et To your right pour obliger les automobilistes à suivre les voies désignées.Cette nouvelle signalisation a été ?nancée par le fabricant des cigarettes Rex.Les poteaux portent des panneaux publicitaires dans les quatre directions. LT 306318 Au service de la communauté Merci de donner une voix et une visibilité aux organismes et aux citoyens de la région.La Tribune, depuis 100 ans pour et avec les gens d\u2019ici! POUR PLUS D\u2019INFORMATION, CONTACTEZ-NOUS 819 823-2047, 1 877 767-2227 www.caapestrie.qc.ca 306684 C26 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 26 ANDRÉ LAROCHE 3e DÉCENNIE : 1930-1939 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| 1930 \u2022 Bénédiction, le 17 août, du nouvel hôpital Saint-Joseph à Thetford Mines \u2022 Les Petites Sœurs de la Sainte-Famille emménagent dans leur nouveau couvent à Sherbrooke.1931 \u2022 Première troupe scoute catholique à Sherbrooke, fondée dans la paroisse Notre-Dame-du-Perpétuel- Secours \u2022 Le bureau de poste de Glen-Iver prend le nom de Saint-Élie-d\u2019Orford.\u2022 Antonio Poliquin est pendu le 20 février à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de son épouse.\u2022 Albert Vincent, 28 ans, est pendu le 15 mai à la prison de Sherbrooke pour le meurtre d\u2019Edmond Trudeau.1932 \u2022 Albert Saint-Pierre, 31 ans, est pendu le 6 mai à la prison de Sherbrooke pour le meurtre de René Malloy.Une seule journée d\u2019octobre 1929 change le cours de l\u2019histoire : en quelques heures, l\u2019économie canadienne est dévaluée de cinq milliards (!) de dollars.Du jour au lendemain, bien des compagnies se retrouvent ruinées.Mais pas elles seulement : beaucoup de simples gens perdent leurs épargnes et, du coup, leur pouvoir d\u2019achat.«Les dactylos jouaient tout leur salaire en bourse avant le krach et achetaient chaque semaine une nouvelle paire de bas de soie, mais plus maintenant», déclare le gérant de la Kayser pour expliquer pourquoi la ?lature sherbrookoise a dû licencier la moitié de ses mille employés pendant l\u2019hiver 1930.Des milliers d\u2019ouvriers perdent leur emploi.L\u2019usine de papier d\u2019East Angus ferme sa production quelques semaines après le krach.L\u2019Ingersoll- Rand coupe ses quarts de travail\u2026 La vie tourne au ralenti.Les Cantons-de-l\u2019Est n\u2019ont cepen- LA GRANDE DÉPRESSION SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Plus de 3000 chanteurs, danseurs et ?gurants participent à un pageant historique (spectacle à grand déploiement) lors du «faux» centenaire de Sherbrooke, en 1937.dant pas autant souffert que le reste du pays de la Grande Dépression.En fait, même avec 16 % de chômage en 1934 à Sherbrooke, ils sont la région du Québec la plus épargnée.Le taux atteint 65 % à Chicoutimi à cette époque.Pourquoi la région s\u2019en tire bien?Grâce au protectionnisme adopté rapidement par le premier ministre canadien Mackenzie King, l\u2019industrie régionale du textile est mise à l\u2019abri.En 1932, les usines de Sherbrooke marchent même jour et nuit! La Dominion Textile installe 200 nouveaux métiers à sa ?liale de la Sherbrooke Cotton.La Kayser, elle, renoue avec le plein emploi en 1936.Elle produit 9000 douzaines de paires de bas de soie par semaine, le double de sa production de 1926.Ses effectifs grimpent même à 1300 travailleurs en 1938.Cet élan n\u2019empêche pas la pauvreté de faire des ravages.Les patrons en ont pro?té pour réembaucher à salaire réduit leur personnel mis à pied.La paie moyenne à Sherbrooke, déjà peu élevée avant la crise, a reculé de 20 % entre le krach et 1933! La colère ouvrière couve.Inutile d\u2019aller chercher du travail dans d\u2019autres régions, il n\u2019y en a pas plus ailleurs.Désormais ancrés dans leurs villes et villages, les hommes et les femmes se regroupent en ligues, comités de solidarité ou syndicats pour améliorer leur sort.Ils trouvent un allié à la cathédrale Saint-Michel.L\u2019Église catholique québécoise appuie les mouvements ouvriers pour lutter contre le capitalisme inhumain, mais aussi contre le communisme athée.Plusieurs religieux, comme les abbés Pierre Gravel et Joseph Campagna, sont des activistes notoires à Thetford.À Asbestos, l\u2019abbé Alfred Aubert devient l\u2019âme dirigeante du syndicat des travailleurs de l\u2019amiante.L\u2019évêque de Sherbrooke, Mgr Al- phonse-Osias Gagnon, assigne au tribun ecclésiastique Ira Bourassa la mission de soutenir la création de syndicats catholiques.L\u2019abbé Bourassa s\u2019acquitte de sa tâche avec zèle.Il crée la Fondation ouvrière de Sherbrooke.Il enquête sur les conditions des chantiers forestiers où la Ville de Sherbrooke veut envoyer des ouvriers en chômage.Il patronne des candidatures d\u2019ouvriers aux élections municipales.Il organise à la fête du Travail de 1933 un dé?lé de deux cents hommes en chemises brunes à travers Sherbrooke, le bras tendu pour le salut fasciste! Le chômage et la misère de l\u2019ouvrier deviennent un sujet de préoccupation civique.La Tribune, toujours dirigée par le libéral Jacob Nicol, défend la pensée sociale de l\u2019Église plutôt que la pensée conservatrice du patronat.La fermeture d\u2019une ?lature par Dominion Textile en 1936 provoque l\u2019ire du gouvernement libéral.Si bien qu\u2019il instaure une commission d\u2019enquête sur l\u2019industrie textile.Lors des audiences à Sherbrooke, des ouvriers et ouvrières de la Dominion Textile, de la Kayser et d\u2019autres manufactures dénoncent des LT 306192 RBQ : 8282-5910-19 306648 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C27 27 LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Même favorisés par le protectionnisme, les Cantons-de-l\u2019Est sont aux prises avec un grave problème de chômage à la suite du krach de 1929.Sans ?let social, des familles se trouvent complètement démunies.Des municipalités organisent des soupes populaires, appelées «cuisines municipales», pour venir à leur rescousse.Mais les coûts de cette mesure suscitent plusieurs chauds débats dans les hôtels de ville.Bien des édiles considèrent en effet que des chômeurs abusent de la générosité des payeurs de taxes.Dans sa vision d\u2019action catholique, l\u2019évêché de Sherbrooke se porte à la défense des travailleurs en soutenant la Fédération des ouvriers de Sherbrooke (FOC), proche de la Confédération des syndicats catholiques du Canada.La Tribune publie de longs textes sur les actions du tribun ecclésiastique Ira Bourassa, grand pourfendeur de la bourgeoisie sherbrookoise.En hiver 1934, au lieu de ?nancer la cuisine municipale, la Ville de Sherbrooke décide de faire travailler les chômeurs.Après accord avec la FOC, elle verse un salaire quotidien de 15 sous pour chaque personne à charge du chômeur.À Coaticook, la Chambre de commerce suggère un contrôle plus sévère de l\u2019aide aux nécessiteux.La commission locale des pauvres se penche, par exemple, sur une allocation de deux dollars par semaine à une «certaine personne».Le remboursement d\u2019un râtelier (dentier) soulève aussi l\u2019ire du conseiller Nourse.Selon lui, «il est déjà suf?sant de fournir de la nourriture aux sans-travail sans être tenu de leur fabriquer des râteliers pour leur permettre de la manger».Les gouvernements lancent de grands travaux d\u2019infrastructure pour stimuler l\u2019emploi.Mais en éditorial, La Tribune propose plutôt une véritable politique de colonisation «assez large pour permettre à nos gens qui le demandent de pouvoir produire de quoi manger, se vêtir, s\u2019abriter, se chauffer».Deux animateurs de CHLT, J-C Fournier et Roland Bayeur, attirent les curieux lors d\u2019une émission produite à l\u2019extérieur des studios en 1937.Le technicien est J.C.Charlebois.|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| FONDS GÉRARD AURAY, LA SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE 1936 \u2022 Élection de l\u2019unioniste John Samuel Bourque dans le comté provincial de Sherbrooke 1937 \u2022 Constitution de la municipalité d\u2019Ascot-Nord, rebaptisée Fleurimont en 1972 \u2022 Mise au point du B7 par Joseph-Armand Bombardier \u2022 Mise en ondes de la station radiophonique CHLT 1938 \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital La Providence à Magog \u2022 Création du parc du Mont-Orford grâce à des terres acquises par 27 municipalités, puis cédées au gouvernement du Québec 1939 \u2022 Établissement de la compagnie Carnation à Sherbrooke DISTRICT DE L\u2019ESTRIE, ALBUM D\u2019ALBERT POULIN La patrouille Laval de la première troupe scoute du diocèse de Sherbrooke fait une sortie en plein air, en 1935.conditions déplorables : pas de salaire pendant plusieurs mois à de très jeunes employés sous prétexte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019«apprentis»! La rémunération de pères de famille pouvait être aussi basse que huit cents de heure (4,40 $ pour une semaine de 55 heures).Informés, organisés et soutenus par les aumôniers syndicaux, les travailleurs multiplient les arrêts de travail, parfois violents.En 1935 à Asbestos, les travailleurs de la Johns Manville forcent la démission du maire de la ville qu\u2019ils soupçonnent de sympathie patronale.Deux ans plus tard, à la ?n d\u2019une grève, des mineurs enlèvent en pleine nuit le gérant de la compagnie pour le conduire à l\u2019hôtel de ville en le frappant, en l\u2019insultant et en le volant avant de lui intimer l\u2019ordre de quitter la ville.La même année, les quartiers ouest de Sherbrooke sont secoués par plusieurs con?its de travail à la Dominion Textile.Pourtant, à quelques coins de rue, dans le centre- ville et le quartier Est, on célèbre le «centenaire» de Sherbrooke.CULTURE Un violoneux de 17 ans, originaire de Martinville, pro?te de l\u2019ouverture de la station radiophonique CHLT (les deux dernières lettres signi?ent La Tribune) pour faire ses débuts derrière le micro.Ce sera la première d\u2019une série de 3000 émissions d\u2019Adalbert Richard, surnommé Ti-Blanc, avant qu\u2019il ne fasse son apparition à CHLT-TV dès 1956.La puissance des antennes sherbrookoises le fera rayonner dans tout le sud de la province et le nord-est des États-Unis.Il se produit dans les clubs et les festivals.Il contribuera aussi aux bandes sonores de plusieurs ?lms québécois dont L\u2019apparition et Quelques arpents de neige.SPORT Sherbrooke fait son entrée dans les ligues sportives.La construction d\u2019un aréna tout neuf en 1929 et d\u2019un nouveau stade de baseball en 1938 au parc Victoria permet aux athlètes des Cantons-de-l\u2019Est de jouer dans des ligues de fort calibre. LT 291783 306317 Paul Proulx Président Jacques St-Pierre Vice-président Nicole Bergeron Secrétaire-trésorière Clément Nault Administrateur Bertrand Racine Administrateur Comité exécutif : 58, rue Alfred-Paradis, Sherbrooke, Qc J1C 0G3 819 846-2757 819 349-3793 nancy.rouleau6@sympatico.ca Michel Lamontagne Stéphane Reynolds Philippe Bergeron Pierre Dagenais Autres administrateurs du Comité de Promotion industrielle de Brompton : ANDRÉ LAROCHE 4e DÉCENNIE : 1940-1949 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| La défaite rapide de l\u2019armée française face à Hitler au printemps 1940 secoue la Grande-Bretagne et ses alliés : il devient évident qu\u2019un effort total est inévitable pour repousser les ambitions des nazis.Le Canada avait déclaré la guerre à l\u2019Allemagne en septembre 1939, dix jours après que l\u2019armée germanique eut envahi la Pologne.Le premier ministre Mackenzie King n\u2019était pas emballé par l\u2019idée d\u2019envoyer des troupes outre-mer.Mais la déroute française change la donne.Les réservistes sherbroo- kois n\u2019hésitent pas.Leurs deux régiments, le francophone (les Fusiliers de Sherbrooke) et l\u2019anglophone (The Sherbrooke Regiment), s\u2019unissent pour former The Sherbrooke Fusilier Regiment, qui devient par le fait même le premier régiment bilingue du Canada.Mais cet empressement n\u2019est pas général au sein de la population, au contraire.Partout en province, c\u2019est la course au mariage, car tous les hommes mariés après le 14 juillet 1940 seront considérés comme célibataires en vertu de la loi de mobilisation.Pas moins de 125 mariages sont célébrés en une ?n de semaine dans les huit églises catholiques de Sherbrooke.À Thetford Mines, ce sont 90 nouveaux couples qui s\u2019unissent en une seule journée! Les magasins manquent bien vite d\u2019alliances, de robes et de couronnes! Le nouveau régiment sher- brookois, lui, demande à l\u2019état- major canadien de joindre l\u2019armée active.Mobilisé le 27 juillet 1940, il est le seul détachement de l\u2019armée canadienne autorisé à être mis sur pied.À l\u2019origine régiment d\u2019infanterie, le corps sherbrookois est converti en unité blindée en 1942 après avoir été affecté à une base de Terre-Neuve pour surveiller les côtes canadiennes.Pendant ce temps, dans les Cantons-de-l\u2019Est comme ailleurs au pays, les industries pro?tent des trois milliards de dollars consacrés en cinq ans par Ottawa à la fabrication militaire.Elles se sortiront ainsi de la crise de la décennie précédente.Le chômage disparaît bien vite.Les usines de l\u2019acier et de mécanique (Ingersoll-Rand, Canadien Pa- ci?c, Superheater) fabriquent des moteurs, des obus et du matériel de chemin de fer.Les ?latures (Paton, Dominion Textile, Rubin) tournent à plein rendement pour la confection d\u2019uniformes.La main-d\u2019œuvre se fait si rare qu\u2019Ottawa interdit l\u2019embauche de travailleurs déjà employés par les fabriques de munitions! À Valcourt, l\u2019inventeur Joseph- Armand Bombardier se voit con?er par le ministère des Munitions et des Approvisionnements le mandat de mettre au point un prototype d\u2019autoneige militaire pour le transport des troupes dans les zones enneigées, notamment en Norvège.En quelques semaines, à partir de sa nouvelle autoneige B12, Bombardier crée le prototype B1.Ravies, les Forces canadiennes passent rapidement une commande de 130 véhicules, livrables dans un délai de quatre mois.Les véhicules sont produits à Montréal, mais l\u2019inventeur fait fabriquer ses pièces par ses employés de Valcourt.L\u2019homme d\u2019affaires propose ensuite le prototype blindé Kaki, qui permet la création des trois véhicules blindés de la série Mark.Plus de 1900 véhicules chenillés destinés à des ?ns militaires sont produits, d\u2019après des concepts de Joseph-Armand Bombardier, entre 1942 et 1946.Dans l\u2019est de Sherbrooke, on établit en automne 1940 un camp d\u2019internement dans les anciens ateliers de la compagnie de chemin de fer Québec Central, sur les terrains aujourd\u2019hui occupés par le centre de détention Talbot.On y enferme d\u2019abord des réfugiés juifs britanniques, dont on craint la complicité avec l\u2019ennemi.1940 \u2022 Construction du Grand Séminaire de Sherbrooke \u2022 Fondation de l\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke 1941 \u2022 Sherbrooke compte 36 000 habitants.\u2022 Arrivée en politique de Louis-S.Saint-Laurent, de Compton, aussitôt nommé ministre de la Justice par Mackenzie King \u2022 Première coopérative d\u2019habitation du Québec fondée à Asbestos 1942 \u2022 Constitution de l\u2019Auto-Neige Bombardier à Valcourt \u2022 Fondation de l\u2019orphelinat Saint-Joseph de Waterville, devenu le camp Val-Estrie en 1990 1943 \u2022 Agrandissement de l\u2019Hôtel-Dieu de Sherbrooke \u2022 Inauguration du chalet de ski du mont Orford LA SECONDE GUERRE MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER C\u2019est au milieu de ses employés, dans son atelier de Valcourt, que l\u2019inventeur Joseph-Armand Bombardier a travaillé au développement de son entreprise.C28 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 28 LT LE CHEF DE FILE DU RÉUSINAGE DE PRESSE D\u2019IMPRIMERIE EN AMÉRIQUE DU NORD Établi à Sherbrooke depuis bientôt 18 ans, Litho Service est reconnu comme chef de file dans la modernisation des presses d\u2019imprimerie en Amérique du Nord.Pour assurer notre croissance, nous misons sur la compétence et le dynamisme de notre personnel qui se voit relever des défis tous les jours dans un environnement créatif et stimulant.135, rue Oliva-Turgeon Sherbrooke (819) 846-6863 306324 FÉLICITATIONS ET MERCI POUR CES 100 ANS DE PRÉSENCE ET DE COUVERTURE RÉGIONALE ! 306410 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C29 29 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA Postés en Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale, des soldats du Sherbrooke Fusiliers Regiment discutent autour du tank Sherman, aujourd\u2019hui stationné au Champ-de-Mars à Sherbrooke.Ils sont relâchés peu à peu pour être remplacés par des marins civils allemands.On les vêt d\u2019un costume avec un grand cercle dans le dos pour les reconnaître en cas d\u2019évasion.Le 6 juin 1944, les blindés du régiment sherbrookois débarquent en Normandie à Bernières-sur-Mer (plage Juno).Ils livrent la première bataille de chars d\u2019assaut sur le sol français, avec la mission de prendre le contrôle de l\u2019aérodrome de Caen.Face à la 12e Panzer Division de SS, le régiment détruit 33 chars.Du coup, il empêche une contre-attaque qui aurait pu rejeter les troupes alliées à la mer.L\u2019unité sherbrookoise poursuit son avancée durant les mois suivants, si bien qu\u2019elle se prépare à attaquer Aurich, en Basse-Saxe, lorsque l\u2019Allemagne capitule le 8 mai 1945.L\u2019unité est démobilisée à son retour à Sherbrooke, le 26 janvier 1946.Elle ramène un de ses chars Sherman, surnommé le Bomb Tank, le seul de l\u2019armée canadienne à avoir combattu du débarquement jusqu\u2019à la ?n de la guerre.Il est stationné au Champ-de-Mars pour rappeler les 128 morts et les 262 blessés du régiment.CULTURE Le 21 janvier 1940 à 13 h 30, réunis au Séminaire Saint-Char- les-Borromée, une trentaine de musiciens amateurs amorcent la première répétition of?cielle de l\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke en vue du concert d\u2019avril.L\u2019idée vient d\u2019un enseignant du Séminaire, Horace Boux, arrivé de Winnipeg où il jouait dans un orchestre symphonique.Il rallie rapidement à son projet quelques supérieurs du séminaire et des musiciens de Sherbrooke.Il convainc le jeune pianiste Sylvio Lacharité de prendre la baguette.\u2022 La municipalité de Petit-Lac- Magog adopte le nom de Deauville.\u2022 Fondation du Collège Sacré-Cœur à Sherbrooke 1946 \u2022 Mise en ondes de la station radiophonique CKTS 1948 \u2022 Nomination de Louis-S.Saint-Laurent comme premier ministre du Canada \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital d\u2019Asbestos \u2022 Fondation du Collège Mont- Sainte-Anne de Rock Forest 1949 \u2022 Importante inondation à Bromptonville causée par le bris du barrage \u2022 Léopold Drolet fonde la fabrique de bâtons de hockey Sherwood Woodcraft.\u2022 Grève des travailleurs de l\u2019amiante à Asbestos et à Thetford Mines Dès les premières saisons, l\u2019OSS embauche des solistes prestigieux.Quelques jours avant Noël 1945, les mélomanes sherbrookois ont notamment la chance de voir Witold Mal- cuzynski interpréter le Concerto no 3 de Rachmaninov, une œuvre jamais jouée au Québec à l\u2019époque.Quelle audace pour les 57 musiciens amateurs de Sherbrooke! SPORT Au printemps 1946, le Canadien de Montréal remporte la sixième coupe Stanley de son histoire.Parmi l\u2019alignement, aux côtés des Richard, Lach et Blake, se trouve l\u2019ailier gauche sherbroo- kois Gérard Plamondon.Il lui faut cependant attendre deux autres saisons, en 1947-1948, avant de prendre une place permanente dans l\u2019équipe.Cette saison-là, il est rejoint par un autre ailier sherbrookois.Le fougueux Norm Dussault se hisse rapidement parmi les meilleurs marqueurs de l\u2019équipe.Son style électrisant soulève les foules au Forum.Un troisième Sherbrookois, Gilles Dubé, porte le chandail tricolore lors de cette décennie.Il dispute 12 matchs en 1949-1950 avant d\u2019être LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE En 1942, l\u2019Allemagne étend son emprise sur toute l\u2019Europe et l\u2019Afrique du Nord.Staline demande depuis plusieurs mois l\u2019ouverture d\u2019un front ouest.Il a stoppé la marche d\u2019Hitler devant Moscou, mais la pression demeure énorme sur l\u2019Armée rouge.Au Canada, le premier ministre Mackenzie King s\u2019était engagé à ne pas rendre la conscription obligatoire.Mais cette année-là, il organise un référendum pancanadien pour se désengager de cette promesse.Durant tout le mois d\u2019avril, les camps du Oui et du Non publient de grandes pages de publicité dans La Tribune.Cependant, même si le journal ne prend pas position de manière of?cielle, il est facile de percevoir l\u2019allégeance libérale de son propriétaire.En effet, les discours des ténors libéraux québécois font les manchettes à répétition au ?l des jours, alors que les allocutions de leurs opposants sont reléguées en bas de page ou carrément passées sous silence.Les éditoriaux insistent sur la justesse et la pertinence des arguments présentés par le camp du Oui.De plus, La Tribune ménagé ce mois-là sur les terrains et dans les bâtiments de l\u2019Exposition agricole.Elle publie les listes des of?ciers, sous-of?ciers et soldats enrôlés depuis les débuts de la guerre.Elle en rajoute en tenant en haleine ses lecteurs sur l\u2019identité du prochain commandant du régiment.Le jour du plébiscite, La Tribune se garde de suggérer un vote en faveur du service militaire obligatoire.En éditorial, elle se permet simplement d\u2019insister sur les rumeurs d\u2019invasion européenne.Elle se dit assurée que «les Alliés attendront le moment opportun pour rencontrer l\u2019ennemi commun».Le 27 avril, Mackenzie King obtient carte blanche malgré l\u2019opposition de sept Québécois sur dix.FONDS RADIO-QUÉBEC, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Dès l\u2019automne 1940, des prisonniers sont internés dans le camp Newington, aménagé dans les anciens ateliers de la compagnie de chemin de fer Québec Central à Sherbrooke.«loué» aux Saints de Sherbrooke.Il remporte la coupe Stanley avec les Red Wings de Detroit en 1954. LT 306300 Merci à La Tribune pour ces 35 ans de couverture journalistique et de partenariat.306433 FOYER EXTÉRIEUR Foyer extérieur pour patio, balcon, jardin, véranda, gazébo, verrière.470, rue King Est, Sherbrooke 819 346-3265 www.foyerecolosherbrooke.com info@foyerecolosherbrooke.com Heures d\u2019ouverture Mardi au samedi : 10 h à 17 h Autres modèles disponibles en magasin AVANTAGES S\u2019installe comme un cadre, sur toute surface de mur.L\u2019intensité de la flamme s\u2019ajuste.Dégage une douce chaleur.Écologique, brûle sans odeur ni fumée.Amovible, se déplace dans toutes les pièces de la maison.Alimenté au bioéthanol.NE REQUIERT AUCUNE CHEMINÉE! Aussi AMBIANCE | DESIGN | ÉCOLOGIE Idéal pour les condos et les maisons de ville Sherbrooke inc.VENTEspéciale sur démos en magasin 5% 20% à ANDRÉ LAROCHE 5e DÉCENNIE: 1950-1959 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| 1950 \u2022 Achat du moulin à papier de la compagnie Brompton Falls Pulp and Paper par la compagnie Kruger 1951 \u2022 Accession du diocèse de Sherbrooke au rang d\u2019archidiocèse \u2022 Déménagement du Sherbrooke Hospital dans la rue Argyll 1952 \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital de Windsor 1953 \u2022 Ouverture de l\u2019hôpital de Coaticook \u2022 Rachat de l\u2019Eastern Townships Telephone par Bell Canada 1954 \u2022 Fondation de l\u2019Université de Sherbrooke \u2022 Première entrée scolaire au Juvénat de Bromptonville, rebaptisé École secondaire de Bromptonville en 1967 \u2022 Fondation de la compagnie Lake Asbestos.Elle déplace le lit de la rivière Bécancour pour « Sherbrooke aura son université.» Cette manchette surprend toute la province.Rien n\u2019avait ?ltré des réunions, tractations et discussions secrètes que tenaient à Québec et à Rome depuis des mois une poignée de personnalités in?uentes de Sherbrooke.L\u2019idée de fonder une université catholique dans les Cantons-de-l\u2019Est avait germé une douzaine d\u2019année plus tôt dans l\u2019esprit d\u2019un ambitieux évêque de Sherbrooke, Mgr Philippe Desranleau.Tout au long de son règne, cet homme d\u2019action sociale avait inlassablement œuvré à accroître l\u2019importance de sa ville.Il avait notamment réussi à élever Sherbrooke au rang d\u2019archidiocèse avant de mourir des suites d\u2019un accident de voiture en 1952.Dès son accession, onze ans auparavant, il avait tâté la possibilité d\u2019acheter l\u2019Université Bishop\u2019s, alors en dif?culté ?nancière.Il avait fait une nouvelle tentative, à la ?n des années 1940, en songeant acquérir le Bishop\u2019s College School (appelé collège Ross à l\u2019époque).Mais ses efforts étaient demeurés vains.C\u2019est son successeur, Mgr Georges Cabana, qui réalise son rêve avec l\u2019aide de l\u2019élite laïque sherbrookoi- se, l\u2019avocat Albert Leblanc en tête.Il tire pro?t d\u2019un contact privilégié au Vatican pour élever la charte du Séminaire de Sherbrooke au rang d\u2019université.Il béné?cie aussi de la complicité du ministre sherbrookois Johnny Bourque, bras droit de Maurice Duplessis, pour tirer les ?celles à Québec.Sherbrooke devient alors le troisième pôle universitaire de la province.La nouvelle université répond aux aspirations de l\u2019élite francophone montante de l\u2019«Estrie» \u2013 un nouveau nom proposé en 1946 par Mgr Maurice O\u2019Bready.La région n\u2019a toujours pas accès à des capitaux ?nanciers pour développer ses propres industries.Cependant, ses leaders s\u2019imposent de plus en plus dans la culture, les hôpitaux, les écoles et les bureaux professionnels de la région.C\u2019est donc par ses institutions que Sherbrooke cherche à s\u2019imposer comme un pôle urbain d\u2019importance, malgré la perte de vitesse de ses industries du textile, du caoutchouc et du métal.Pour y parvenir, elle a besoin ainsi de former ses propres notaires, avocats, comptables, ingénieurs et même médecins.Jusqu\u2019à présent, sa jeunesse est contrainte à s\u2019exiler à Montréal ou Québec ?ou pire aux yeux des catholiques : aller étudier à Bishop\u2019s ?pour compléter des études universitaires désormais incontournables pour accéder aux professions libérales.Pour offrir une alternative aux catholiques, les frères du Sacré-Cœur, à l\u2019initiative du frère Théode, avaient créé en 1945 une 13e année scienti- ?que (illégale) à l\u2019École primaire supérieure de Sherbrooke (actuel centre d\u2019éducation Saint-Michel).Mais moins d\u2019une dizaine de candidats avaient réussi leur examen d\u2019admission à Laval, aux HEC ou à la Polytechnique en quatre ans! Une université est donc devenue LES GERMES D\u2019UNE MÉTROPOLE ARCHIVES, CHLT-TV L\u2019émission de Ti-Blanc Richard à CHLT-TV.FONDS DE LA FAMILLE MARCEL MARCOTTE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Trois violonistes s\u2019exécutent au nouveau camp des Jeunesses musicales du Canada, à Orford, en 1956.C30 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 30 LT 266000 417 9 V o u s c o n s t r u i s e z o u v o u s r é n o v e z ?ESCATEK Pensez Produits haut de gamme 2519, chemin des Ecossais Sherbrooke Tél.: 819 346-8478 Téléc.: 819 346-0020 ESCALIERS intérieurs de bois franc réalisés selon vos goûts SERVICE d\u2019installation TRAVAIL de qualité R.B.Q.: 8103-3409-07 Membre de l\u2019APCHQ Venez voir notre salle de montre 306320 306601 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C31 31 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| assécher en 1959 le lac Noir afin d\u2019atteindre le gisement sous le lac.\u2022 Obtention de la licence de CHLT-TV par Jacob Nicol 1955 \u2022 Vente de La Tribune à Paul Desruisseaux et Alphée Gauthier 1957 \u2022 Louis Saint-Laurent subit une défaite électorale aux mains du chef progressiste-conservateur John George Diefenbaker.\u2022 Achèvement de la cathédrale Saint-Michel à Sherbrooke 1958 \u2022 Tournage à Sherbrooke du documentaire Les raquetteurs par Gilles Groulx et Michel Brault, considéré comme le début du cinéma direct à l\u2019ONF \u2022 Invention de la motoneige par Joseph-Armand Bombardier 1959 \u2022 Fondation du Séminaire Salésien essentielle à Sherbrooke.La campagne de ?nancement en 1953 permet d\u2019amasser 3,6 millions $! Une seconde campagne, démarrée en 1958, remporte sensiblement le même succès.En plus d\u2019un campus universitaire, Sherbrooke se dote peu après de deux autres puissants symboles métropolitains : une station de télévision en 1956 et une cathédrale l\u2019année suivante.Un an après avoir acheté La Tribune, les nouveaux propriétaires Paul Desruisseaux et Alphée Gauthier inaugurent les studios de CHLT-TV.Encore grâce à l\u2019intervention de Johnny Bourque, ils peuvent installer au sommet du mont Orford un émetteur de 300 000 watts, l\u2019un des plus puissants du Canada.Celui-ci leur permet de diffuser dans une grande partie de la province et du nord-est des États-Unis.Af?liée à Radio-Canada, CHLT- TV diffuse 16 heures de programmation locale dès son ouverture.Son avènement soulage l\u2019élite locale qui s\u2019inquiète de l\u2019in?uence envahissante de la culture américaine transmise notamment par la télévision de la Nouvelle-Angleterre.Mgr Maurice O\u2019Bready, premier secrétaire de l\u2019UdeS, décriait cette «bostonite» : «Nous courons acheter chez les Juifs après avoir arboré le ?eurdelisé\u2026 [Nos vitrines] puent l\u2019importation yankee, nous suçons des hot dogs, nous dansons des fox-trots, nous rendons un culte au juke-box jazzique, nous lisons des revues d\u2019outre-45e, nous adorons la télévision du mont Washington et le sport passif.» Avec l\u2019émergence d\u2019une classe moyenne en Estrie, l\u2019American Way of Life gagne en effet du terrain.Les annonces de réfrigérateurs, de cuisinières électriques et d\u2019appareils de télévision emplissent les pages de La Tribune.C\u2019est sans compter l\u2019arrivée d\u2019un supermarché Stein- berg rue Wellington et\u2026 le village de Rock Forest qui prend des allures de banlieue.Les germes d\u2019une métropole es- trienne sont semés.CULTURE À la ?n de 1958, une séance de signatures à Montréal tourne à l\u2019émeute.La raison de tout cet émoi?Le jeune Michel Louvain.Comparé à Elvis Presley pour l\u2019engouement qu\u2019il suscite, ce chanteur de Thetford Mines est vite devenu l\u2019idole des jeunes Québécoises avec ses succès Buenas noches mi amor, Lison et Dors mon amour.Nommé l\u2019artiste le plus populaire cette année-là lors du Gala des Splendeurs, il amorce une carrière radiophonique l\u2019année suivante à CKAC.Il deviendra un artiste majeur du début de la décennie suivante.Élu Monsieur Radio-télévision en 1965, il reçoit la même année un disque d\u2019or pour souligner 1 million de disques vendus depuis le début de sa carrière.En 2009, le réalisateur Claude Demers a tourné un documentaire sur les toujours ?dèles admiratrices du chanteur.L\u2019Assemblée nationale a honoré Michel Louvain en novembre.SPORT Après une deuxième place en 1954, le Sherbrookois Robert «Bob» Bédard remporte les Internationaux de tennis du Canada pour la première fois en 1955.Il répète cet exploit en 1957 et en 1958.Il est encore aujourd\u2019hui le dernier Canadien à avoir remporté ce tournoi.Il fait aussi équipe avec Don Fontana en 1955, 1957 et 1959.Il répétera l\u2019exploit avec Bob Puddicombe en 1970.Avec Henriette Laframboise, sa partenaire féminine en double mixte, il remporte la ?nale en 1959.Bédard sera classé numéro un au Canada pendant plus de dix ans, soit de 1956 à 1965.Au cours de cette période, un seul autre Canadien, Reider Getz, de Vancouver, parvient à le battre au cours du tournoi de Québec en 1964! LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Le transport aérien se développe rapidement à la ?n des années 1950.Il apparaît urgent de doter Sherbrooke d\u2019un aéroport a?n que la ville conserve, ou mieux, améliore son image industrielle auprès des réseaux d\u2019affaires du pays.Cette idée n\u2019est pas nouvelle.Déjà en 1927, dans la foulée de la traversée de l\u2019Atlantique de Charles Lindbergh, la Chambre de commerce de Sherbrooke avait fait pression dans La Tribune pour que la Ville construise une piste d\u2019atterrissage.«Cette innovation [\u2026] serait une addition importante aux facteurs de l\u2019essor industriel de Sherbrooke», écrivait-on.La Seconde Guerre mondiale avait procuré d\u2019autres arguments aux promoteurs du a?n d\u2019établir une école de pilotes de guerre, le gouvernement fédéral paierait la facture d\u2019entretien du futur aéroport.Mais le président du comité des ?nances, Eugène Thibault, s\u2019oppose : un aéroport n\u2019est pas une responsabilité municipale, argue-t-il.L\u2019école des pilotes sera établie ?nalement à Saint-François-Xavier-de-Brompton.Le projet refait surface au milieu des années 1950.Le gouvernement fédéral offre d\u2019assumer les coûts d\u2019aménagement des pistes, à la condition que la Ville achète les terrains nécessaires.Mais la facture de 135 000 $ est salée, jugent plusieurs citoyens.«Les moyens de communication par voie des airs prennent chaque jour de plus en plus d\u2019importance et il est certain qu\u2019un centre urbain comme Sherbrooke ne peut que voir s\u2019accélérer son développement par suite de l\u2019installation d\u2019un aéroport à proximité de ses limites», écrit La Tribune en éditorial, le 12 septembre 1957.La Ville de Sherbrooke procède ?nalement à l\u2019achat des terres.Il faudra cependant attendre à 1964 avant que la piste soit inaugurée, puis trois autres années avant la construction de l\u2019aérogare.Le tennisman Robert Bédard, enseignant au Bishop\u2019s College School, a remporté trois victoires en quatre ans aux Internationaux de tennis du Canada, entre 1955 et 1958.ARCHIVES, LA TRIBUNE LT 306327 Fier partenaire de La Tribune, notre quotidien depuis 100 ans! F é l i c i t a t i o n s ! Votre agence au centre-ville Forfaits tout inclus - Croisières - Billets d\u2019avion - Circuits accompagnés - Forfaits sur mesure Détenteur d\u2019un perm is du Québec POUR VOS RÉSERVATIONS À L\u2019AVANCE OU DE DERNIÈRE MINUTE 819 566-5595 219, rue Wellington Sud, Sherbrooke stanbuy@stanbuy.com 306437 C32 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 32 ANDRÉ LAROCHE 6e DÉCENNIE : 1960-1969 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| LA RÉVOLUTION TRANQUILLE 1960 \u2022 Construction des Promenades King à Sherbrooke et des Promenades Saint-Noël à Thetford Mines 1961 \u2022 Sherbrooke compte 66 600 habitants.\u2022 Inauguration de la «cité universitaire», devenue le campus Ouest, le 14 octobre \u2022 Le moulin à papier de Windsor est acquis par Dominion Tar, renommée Domtar en 1965.\u2022 Ouverture de la chocolaterie Lowneys, dernière grande usine à s\u2019implanter à Sherbrooke au XXe siècle \u2022 Achat du Domaine Howard par la Ville de Sherbrooke 1963 \u2022 Une travailleuse de la manufacture Penmans Limitée de Coaticook, Yvette Rousseau, devient vice-présidente de la CSN.Présidente de la Fédération des femmes du Québec en 1970, elle est nommée sénatrice en 1979.Après un règne sans partage de 15 ans, baptisé plus tard la Grande Noirceur, les unionistes sont relégués le soir du 22 juin 1960 aux banquettes de l\u2019opposition.Sur le territoire de La Tribune, seuls les comtés de Compton et de Frontenac résistent à la vague libérale.Même le ministre des Finances John Samuel Bourque, l\u2019in- délogeable député de Sherbrooke, subit un premier revers en 24 ans de vie politique! Cette défaite de l\u2019ordre établi n\u2019est qu\u2019un signe annonciateur d\u2019une décennie de rébellions, contestations et révolutions.Les signaux de fin d\u2019époque se multiplient partout dans la région.De grands employeurs, comme des ateliers de couture, de ganterie et des filatures, ferment leurs portes.La Southern Canada Power est nationalisée et rachetée par Hydro-Québec.Les rues principales sont désertées peu à peu au profit des centres commerciaux modernes, comme les Promenades King ou le centre Belvédère à Sherbrooke, ou encore les Promenades Saint-Noël à Thetford Mines.Les fils d\u2019agriculteurs, eux, ne reprennent pas les fermes familiales.La désertion des campagnes s\u2019accélère.L\u2019Estrie perd en une décennie le tiers de ses agriculteurs.Des villages, comme Val- court ou Waterville, prennent un visage mono-industriel.Sherbrooke, elle, voit disparaître son industrie traditionnelle.Depuis longtemps, elle ne peut plus vendre son électricité à rabais pour attirer de nouveaux employeurs.Ses usines désuètes, de propriété souvent américaine, ne sont pas modernisées.Elle comprendra une décennie plus tard la nouvelle culture américaine axée sur les parcs industriels.Les chemins de fer estriens ne confèrent plus à la région un statut de plaque tournante du transport des marchandises.La voie maritime du Saint-Laurent maintenant ouverte à l\u2019année et l\u2019apparition des autoroutes confirme le nouveau règne du camionnage.La construction d\u2019une autoroute vers Montréal semble salutaire pour amener des nouvelles industries.Pouvoir se rendre dans la métropole en 90 minutes provoque cependant un effet inattendu : l\u2019autoroute 10 devient la porte d\u2019accès des Montréalais vers les grands espaces verts de l\u2019Estrie.Elle provoque, dans les vingt années suivantes, la mutation de l\u2019industrielle Magog en ville touristique.De son côté, Sherbrooke se mue résolument en ville d\u2019institutions et de services.Elle se dote d\u2019un plan directeur, déposé en 1960 par l\u2019urbaniste-conseil Jean-Claude La Haye, pour mettre de l\u2019ordre dans son expansion échevelée et se donner un visage moderne : doublement avec terre-plein de la rue King Ouest, cellules domiciliaires à l\u2019américaine, parcs de quartier\u2026 Peine perdue.Elle sera longtemps écartelée entre ses campus, ses nouveaux commerces et ses institutions disséminées aux quatre coins.Ces changements apparaissent dans le bonheur ou dans l\u2019indifférence.Cependant, bien des Estriens se sentent bousculés par le nouvel État québécois de Jean Lesage, jugé envahissant.Ils avaient tourné le dos à l\u2019immobilisme unioniste, mais ils n\u2019acceptent pas d\u2019emblée les réformes libérales servies à toute vapeur.Les Pèlerins de Saint- Michel, surnommés les Bérets blancs, défilent à Sherbrooke en juillet 1961 contre les politiques du régime libéral.Le retrait de l\u2019enseignement secondaire des petites commissions scolaires locales suscite notamment une levée de boucliers dans les villages.La création d\u2019un ministère québécois de l\u2019Éducation déplaît même à l\u2019évêque de Sherbrooke, Mgr Georges Cabana : «Il ne faut pas permettre de faire des maîtres ou professeurs des fonctionnaires», déclare-t-il dans La Tribune en 1963.Les autobus jaunes commenceront néanmoins à transporter les adolescents, soir et matin, vers de nouvelles écoles secondaires.Suzanne Brazeau a été la première reine du carnaval de l\u2019Université de Sherbrooke en février 1960.FONDS CARMEN FORTIER, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LT 289588 Municipalité du Canton de Valcourt, 9040, rue de la Montagne, Valcourt (Québec) J0E 2L0 Le Canton de Valcourt vous propose la tranquillité dans un site champêtre parsemé de monts et de vallées.450 532-2688 www.cantonvalcourt.qc.ca 289598 Lecteurs, lectrices, Je pro?te de l\u2019occasion a?n de souligner l\u2019apport essen!el de La Tribune qui, depuis un siècle, contribue à la vie journalis!que et démocra!que de la région.Depuis bientôt six ans, j\u2019ai le privilège de représenter les citoyens de la circonscrip!on de Compton-Stanstead.Six années durant lesquelles j\u2019ai été témoin du professionnalisme exemplaire que l\u2019équipe de La Tribune met de l\u2019avant, jour après jour.Longue vie à La Tribune! France Bonsant Députée fédérale Circonscrip!on de Compton-Stanstead 1955, rue Belvédère Sud Bureau 100 Sherbrooke (Québec) J1H 5Y3 Tél.: 819 347-2598 Téléc.: 819 347-3583 bonsaf1@parl.gc.ca Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C33 33 L\u2019attitude autoritaire de l\u2019évêque de Sherbrooke sera d\u2019ailleurs contestée.«C\u2019est un homme qui lutte contre [\u2026] avec la conscience de combattre le mal, il lutte contre l\u2019alcool, l\u2019impureté, les témoins de Jéhovah, le communisme et le rapport Parent», écrit Jean Proulx dans une analyse publiée dans la revue Maintenant.Son successeur, Mgr Jean-Marie Fortier, trouve un diocèse en crise en 1968.Une soixantaine de prêtres quittent les ordres et le recrutement s\u2019avère si dif?cile que l\u2019archevêque devra se résoudre à vendre le Grand Séminaire en 1972.La jeunesse préfère désormais préparer son avenir à la nouvelle université et au nouveau cégep.Ces institutions amènent à Sherbrooke un lot d\u2019étudiants bigarrés, trépidants et contestataires.Les nuits tranquilles de la métropole naissante s\u2019animent désormais au rythme des discothèques, des bals de mini-jupes et des danses à gogo.Le Vicomte, rue King Ouest, annonce ses danseuses topless.Les drogues douces et dures se mettent à circuler.Une guerre de motards pro?le à l\u2019horizon.CULTURE Dans le bouillonnement des années 1960 survient le théâtre professionnel et la construction de salles neuves sur les campus universitaires de Sherbrooke et de Lennoxville.Sherbrooke possédait déjà une certaine tradition théâtrale, surtout grâce à l\u2019animation assumée par l\u2019abbé Léonard Saint-Laurent au Séminaire de Sherbrooke de 1907 à 1949.Lionel Racine a joué aussi un rôle prépondérant avec l\u2019Union théâtrale.De 1946 à 1988, cette troupe donnera quelque 24 000 représentations.Elle permet aussi au jeune Jean Besré de faire ses premiers pas.LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Une autoroute entre Sherbrooke et Montréal devient essentielle au tournant des années 1960.Les gens d\u2019affaires recherchent un lien rapide avec le centre industriel de Montréal.Le chemin de fer, avec ses tracés in?exibles et ses horaires ?xes, est désormais considéré comme d\u2019une autre époque.L\u2019avenir est au camionnage.Sauf que passer à travers le chapelet de villages de la route 1 (renumérotée ensuite 112) s\u2019avère non seulement laborieux, mais dangereux à cause de ses courbes, ses montées et ses descentes.Depuis 1957, ce projet crée des remous entre les politiciens et les gens d\u2019affaires.La multiplicité des tracés proposés, où chacun cherche à favoriser ses intérêts, risque de torpiller les chances de la région auprès du nouveau gouvernement Lesage, sûrement réfractaire à l\u2019idée de faire des mécontents.En septembre 1960, La Tribune publie en éditorial un plaidoyer pour un front commun régional.L\u2019appel à l\u2019unité est entendu et, dans les jours suivants, un projet de tracé est adopté.C\u2019est même le président-éditeur de La Tribune, Me Paul Desruisseaux, qui dirige une délégation d\u2019une quarantaine de politiciens municipaux et de manufacturiers à Québec.Devant le premier ministre et plusieurs ministres, il dépose un mémoire où il fait valoir les intérêts du second centre industriel du Québec et de la plus forte densité de population de la province.Cette pression politique, menée par La Tribune, a un effet immédiat.Devant la délégation, Jean Lesage reconnaît que les routes vers les Cantons-de-l\u2019Est sont inadéquates.Il demande aussitôt à son ministre de la Voirie de se pencher sur le projet d\u2019autoroute suggéré.L\u2019autoroute des Cantons-de-l\u2019Est sera achevée en décembre 1964.Elle sera inaugurée l\u2019année suivante.||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ARCHIVES, LA TRIBUNE \u2022 Les frères Lemaire achètent le moulin de Kingsey Falls, berceau de la papetière multinationale Cascades.1964 \u2022 Inauguration de l\u2019aéroport de Sherbrooke \u2022 Ouverture en décembre de l\u2019autoroute des Cantons-de- l\u2019Est 1965 \u2022 Inauguration du Palais des sports de Sherbrooke 1966 \u2022 Daniel Johnson, natif de Danville, est élu premier ministre du Québec.\u2022 Vente de La Tribune à Québec Télémédia, puis revente à Jacques Francoeur et Paul Desmarais 1968 \u2022 Le nouveau cégep de Sherbrooke prend possession de l\u2019École normale des garçons et de l\u2019Institut de technologie, aujourd\u2019hui intégrée à l\u2019école secondaire du Triolet.Mais pour la première fois, une troupe sherbrookoise passe en 1968 dans les rangs professionnels.Le théâtre de l\u2019Atelier, fondé au Séminaire huit ans plus tôt par le comédien Pierre Gobeil et le metteur en scène Roger Thibault, fait sa marque rapidement.Il s\u2019impose en 1963 avec la pièce En attendant Godot de Samuel Beckett.Autre fait marquant de la décennie : André Poulain, considéré comme un précurseur, fonde en 1968 le Théâtre du Petit Thé des Bois à Deauville.SPORT Trois clubs marquent l\u2019âge d\u2019or du hockey senior au Québec : Sherbrooke, Drummondville et Victoriaville.Les Castors seniors de Sherbrooke disputent seulement cinq saisons dans la Ligue senior provinciale du Québec entre 1964 et 69.Mais ce temps leur est suf- ?sant pour devenir une équipe mythique.Dès les deux premières saisons, ils remportent le championnat du circuit pour se rendre au tournoi de la Coupe Allan.En 1966, ils partent en tournée européenne pour remporter le trophée Bunny-Ahearne.L\u2019année suivante, les Aigles de Drummondville ne font qu\u2019une bouchée des Spurs de Calgary.Puis en 1968, les Tigres de Victoriaville deviennent la dernière équipe de la région à mettre la main sur l\u2019emblème de la suprématie du hockey canadien.Sherbrooke ne sera membre de la Ligue senior provinciale que pendant cinq années.Pendant cette courte période, les Castors seniors laissent leur marque, s\u2019emparant du championnat provincial à leurs deux premières saisons. LT 290808 1261, rue King Est 819 562-8524 4796, boul.Bourque 819 822-8524 DEUX ADRESSES POUR MIEUX VOUS SERVIR ! FÉLICITE LA TRIBUNE POUR SES 100 ANS EN PLEINE SANTÉ! Pro Gym en forme pour la vie! 291764 ANDRÉ LAROCHE 7e DÉCENNIE : 1970-1979 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| GUERRE ET PAIX Le meurtre du ministre libéral Pierre Laporte convainc le premier ministre du Canada, Pierre Elliot Trudeau, d\u2019appliquer la Loi sur les mesures de guerre à la demande du premier ministre du Québec Robert Bourassa.Du coup sont suspendus au pays les droits individuels.En Estrie, la GRC, la Sûreté du Québec et les corps policiers municipaux sont sur les charbons ardents.Des indices laissent croire que des felquistes se trouvent dans un chalet dans la région de Bromptonville ou du lac Bromp- ton.La tension monte encore d\u2019un cran lorsque des bombes explosent aux abords du manège militaire de Sherbrooke, puis du pavillon Armand-Nadeau.Dans cette atmosphère explosive, des perquisitions sont faites chez les sympathisants souve- rainistes, notamment Clémence DesRochers et d\u2019autres artistes de Magog et North Hatley.Chaque automobile roulant la nuit devient suspecte.Les policiers procèdent à des arrestations arbitraires sans devoir porter d\u2019accusations.Ces événements tragiques marquent les grandes tensions entre la droite et la gauche de l\u2019époque.Dans cette foulée, les grandes centrales syndicales adoptent une idéologie «marxisante» et, dans un front commun, affrontent le gouvernement québécois comme un État de la bourgeoisie dirigeante.Cette radicalisation ne plaît pas aux travailleurs estriens, surtout du papier et du textile.Encore fortement in?uencés par les traditions britanniques, et de nature autonomistes, ils se révoltent en tournant dos à la CSN pour joindre la toute nouvelle CSD.Cette mentalité très conservatrice trouve aussi écho aux élections provinciales de 1976.Alors que les péquistes de René Lévesque obtiennent la faveur populaire presque partout au Québec, les Estriens envoient trois unionistes et un libéral les représenter à l\u2019Assemblée nationale.Seuls les électeurs de Sherbrooke et Saint-François optent pour le parti souverainiste.La tradition de catholicisme social particulièrement forte, héritée de l\u2019action vigoureuse des évêques Gagnon, Desranleau et Cabana, trouve une nouvelle façon de s\u2019exprimer en ces années troubles : l\u2019action communautaire.À Sherbrooke, plusieurs groupes de secours direct émergent des presbytères et des sous-sols d\u2019église.Bien des organismes d\u2019action politique municipale naîtront aussi du militantisme d\u2019étu- diants-animateurs formés par le département de sciences sociales de la jeune université.Enfin, leurs coopératives apparaissent pour aider les familles à se loger, s\u2019éduquer et s\u2019administrer.Les valeurs d\u2019entraide et de solidarité ne sont pas l\u2019apanage des Sherbrookois.Inspirés par le Mai 68 français et le Flower Power américain, des citadins surtout montréalais quittent la ville pour créer des communes dans les régions de Coaticook, Stoke et Racine.La plus célèbre s\u2019avère sans doute celle créée par les musiciens Richard et Marie-Claire Séguin à Saint-Venant de Paquette.Ces communes favoriseront quelques années plus tard l\u2019émergence du créneau de l\u2019agriculture biologique au Québec.L\u2019agriculture traditionnelle, elle, commence à se diversifier.En 1971, les trois quarts des fermes estriennes se spécialisent dans la production laitière.Si certaines sont prospères, une pauvreté générale affecte les campagnes.Un tiers de ces fermes laitières ne produisent même pas un revenu annuel de 5000 $.Si bien que de nombreux fermiers gagnent plutôt leur vie dans les petites et grandes usines de Val- court, Kingsbury, East Angus ou Asbestos.D\u2019autres délaissent le lait pour produire plutôt du bœuf, du porc, du gros gibier\u2026 ou des sapins de Noël.Les femmes prennent aussi le chemin des usines ou des ateliers de vêtements, disséminés désormais dans les villages, là où la main-d\u2019œuvre est meilleure marché qu\u2019en ville.Les couturières sherbrookoises, comme une bonne partie des travailleurs du textile, voient leurs emplois disparaître.Les ouvriers sherbrookois de la métallurgie et de la fabrication mécanique subissent le même sort.La vieille ville industrielle, l\u2019une des premières du Québec à l\u2019extérieur de Montréal, périclite désormais avec ses usines d\u2019un autre âge.Leurs propriétaires américains ou anglo-canadiens, attirés un demi-siècle plus tôt avec des bas coûts d\u2019électricité et des taxes foncières réduites, préfèrent investir ailleurs.Les rivalités entre la ville-reine et ses banlieues, attisées par les fortes personnalités de leurs maires, n\u2019aident en rien la capacité de la région d\u2019attirer de nouvelles industries.La vision du triangle industriel Montréal-Québec-Sherbrooke pâlit.Les économistes avaient tort.1970 \u2022 Apparition de la bannière Provigo, créée par l\u2019épicier sherbrookois Antoine Turmel 1971 \u2022 Sherbrooke compte un record de 80 700 habitants.Sa population diminuera par la suite jusqu\u2019à la fusion municipale, 30 ans plus tard.\u2022 Construction de la 410 à Sherbrooke, à l\u2019origine à une seule chaussée 1973 \u2022 Ouverture du Carrefour de l\u2019Estrie 1974 \u2022 Ouverture de l\u2019autoroute 55 entre Drummondville et Sherbrooke.Elle n\u2019aura qu\u2019une chaussée jusqu\u2019à son doublement complet réalisé entre 2001 et 2006.\u2022 Record de production d\u2019amiante par les mines de la région : 1,5 millions de tonne.\u2022 Mise en ondes de CKSH-TV à Sherbrooke 1975 \u2022 Intégration du Centre de Le technicien Yves Olivier et la réalisatrice Rachel Lussier, qui deviendra plus tard journaliste culturelle à La Tribune.ARCHIVES CHLT-TV C34 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 34 LT 290454 Pierre Reid député d\u2019Orford F!licitations pour cent belles ann!es de journalisme! 101, rue Du Moulin, bureau 201 Magog (Québec) J1X 4A1 819 847-3911 291765 La Chambre de commerce de Fleurimont désire souligner les 100 ans du quotidien La Tribune.100 ans à nous livrer l\u2019information, mais également 100 ans à s\u2019impliquer pour le milieu des affaires.Merci pour votre partenariat! Michel Tessier, président 798, rue du Conseil, Sherbrooke (Québec) J1G 1L2 Tél.: 819 565-7991 \u2022 www.ccfleurimont.com Félicitations! Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C35 35 La ville bat de moins en moins à la cadence des quarts de travail des usines ou des ?latures.Elle vit plutôt au rythme de ses bureaux, succursales de grands magasins, hôpitaux et universités.Sans compter la vie nocturne de ses étudiants.CULTURE Une petite scène à Magog devient un chef-lieu d\u2019une culture en émergence.Le Café du quai accueille de nouveaux artistes comme Serge Fiori et Harmonium, ou encore Richard et Marie-Claire Séguin.Le duo consacre d\u2019ailleurs une chanson à son endroit de prédilection sur son premier album, simplement intitulé Séguin.C\u2019est aussi au Café du quai que sera découvert le duo folk Jim et Bertrand.Ce sera le début d\u2019une carrière fructueuse pour le Sher- brookois Jim Corcoran.Les humoristes Claude Meunier et Jacques Grisé connaîtront le même parcours.Ils donnent le premier spectacle de Paul et Paul sur la scène magogoise, avant d\u2019inviter Serge Thériault à joindre leur groupe.On connaît aujourd\u2019hui la suite de cette soirée magogoise sur la culture québécoise.Le Café du quai sera détruit dans un incendie.SPORT Le Canadien de Montréal a instauré une dynastie dans la Ligue natio- ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| villégiature Jouvence au parc du Mont-Orford 1976 \u2022 La Tribune déménage dans un édifice moderne de la rue Roy.1977 \u2022 Présentation des finales provinciales d\u2019été des Jeux du Québec à Sherbrooke \u2022 Enlèvement du directeur de crédit de la Caisse populaire de Sherbrooke-Est, Charles Marion.Il s\u2019agit encore aujourd\u2019hui du plus long enlèvement (82 jours) au Canada.Charles Marion s\u2019est suicidé en 1999.\u2022 Fin des activités à la vieille filature Paton à Sherbrooke 1978 \u2022 Inauguration de l\u2019Observatoire du mont Mégantic \u2022 Quarante personnes périssent noyées à Eastman lorsque leur autobus aux freins défectueux s\u2019enfonce dans le lac d\u2019Argent.Il s\u2019agira pendant près de 20 ans de la pire tragédie routière du Canada.LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Un parc provincial doit-il compter une station de ski sur son territoire?Cette question est soulevée en 1979 alors que le gouvernement québécois tient des audiences publiques sur l\u2019avenir du parc du Mont-Orford.Les écologistes souhaitent que le massif du mont Orford soit désigné d\u2019abord comme une zone de conservation.Pas question de déménager la station de ski, mais celle-ci devrait être exclue des limites du parc.En fait, le parc ne devrait abriter aucune activité commerciale.Les activités humaines devraient être limitées pour protéger la nature.Les exploitants touristiques prônent plutôt une utilisation récréative du parc, tout en protégeant certains secteurs fragiles.Une première proposition du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, jugée sans envergure, avait déçu beaucoup de gens.«On est convaincu que la zone Magog-Orford demeurera un modeste centre touristique si la proposition du ministère est appliquée intégralement», af?rme l\u2019Association touristique de l\u2019Es- trie dans La Tribune du 24 mars 1979.La semaine suivante, en éditorial, La Tribune demande au ministre Yves Duhaime de se rendre à la volonté régionale.«M.Duhaime, écou- tez-nous», exige l\u2019éditorialiste en soulignant les 52 mémoires déposés par la région en audiences publiques.À la ?n de l\u2019été, le ministre annonce un plan d\u2019investissement de 4,7 millions $ destiné à agrandir et aménager le parc du Mont-Orford.Le projet comprend notamment une plage et un camping au lac Fraser.Il ouvre même la porte à construire une seconde station de ski, cette fois- ci sur le versant ouest de la montagne.Mais surtout, comme le demande la région, Six années durant, au cours des années 1970, le Festival des Cantons a animé Sherbrooke, dont la rue Wellington Nord.La manifestation culturelle était jusque-là la plus importante à s\u2019être tenue à Sherbrooke et une des fêtes populaires les plus prestigieuses du Québec.FONDS DE LA VILLE DE SHERBROOKE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Lors des Jeux du Québec de 1977, tenus dans la Reine des Cantons-de-l\u2019Est, le journaliste sportif de La Tribune Jean-Paul Ricard remet des médailles à deux jeunes nageuses.nale de hockey des années 1970.Les Castors de Sherbrooke exercent le même règne dans la Ligue junior majeure du Québec.Entre les saisons 1975 et 1982, les hommes de Ghislain Delage ?nissent six fois dans les deux premières positions au classement général! Durant la saison 75-76, ils subissent seulement douze revers en 72 matchs! Ils gagnent la coupe du Président et prennent part au tournoi de la coupe Memorial en 1975, 1977 et 1982.L\u2019histoire des Castors est aussi marquée par un accident routier, le 24 novembre 1974.Dans le parc des Laurentides, leur autobus fait une sortie de route dans laquelle périra le hockeyeur drummondvillois Gaé- tan Paradis.L\u2019équipe revient au jeu le 1er décembre contre le National de Laval.Devant 5743 de ses partisans, elle remporte une partie chargée d\u2019émotions par le compte de 7-1.Un mois et demi plus tard, les Castors vont réaliser un véritable tour de force en défaisant 7-0 l\u2019URSS, championne juniore mondiale en titre, devant un public survolté.FONDS DE LA VILLE DE SHERBROOKE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LT 291776 CONNAISSANCE COMPÉTENCE CONFIANCE Le groupe Gabriel Couture et fils ltée Quincaillerie du Carré, Danville Tél.: 819 839-3777 Richmond Matériaux Tél.: 819 826-3777 Quincaillerie Coles, Richmond Tél.: 819 826-5995 Le Groupe Gabriel Couture et fils ltée, une entreprise familiale qui travaille pour vous depuis plus de 30 ans.305748 Centraide Estrie félicite La Tribune pour son centième anniversaire et souligne le sentiment d\u2019appartenance de ce quotidien à la communauté sherbrookoise.L\u2019histoire de La Tribune est aussi celle de notre communauté estrienne, et Centraide sait que c\u2019est une alliée indispensable pour les organismes de notre région.Nous soulignons également le travail assidu de ses employés sans qui, La Tribune n\u2019aurait pas survécu au temps et aux changements.C36 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 36 ANDRÉ LAROCHE 8e DÉCENNIE : 1980-1989 |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ESTRIE INC.Comme partout au Québec, le 20 mai 1980, la plupart des Estriens ?xent leur téléviseur lorsque le premier ministre René Lévesque lance à ses sympathisants en pleurs au centre Paul- Sauvé de Montréal : «Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire \u201cÀ la prochaine fois!\u201d» Un autre référendum, les Es- triens n\u2019en souhaitent certainement pas.Ce jour-là, dans toutes les circonscriptions, ils ont coché «non» au projet de souveraineté- association.Le décompte est sans appel, surtout dans les villages et campagnes d\u2019Orford et de Mé- gantic-Compton : deux électeurs sur trois ont manifesté leur opposition.De cet échec des péquistes naît une nouvelle attitude québécoise.Pris dans une impasse politique, désabusés des valeurs socialistes des années 1970, les Québécois se prennent d\u2019engouement pour la ?- nance et les affaires.Ainsi surgit une génération de gens d\u2019affaires ambitieux.On surnomme cette vague Québec inc.En Estrie, quelques grands administrateurs cherchent à donner un nouveau souf?e à une région industrielle en déclin.Laurent Beaudoin sert en quelque sorte d\u2019inspiration après avoir transformé la petite compagnie de motoneige de son beau-père Jo- seph-Armand Bombardier en une multinationale spécialisée dans l\u2019aéronautique, le transport ferroviaire et les véhicules récréatifs.Après avoir produit des motocross dans les années 1970, les travailleurs de Valcourt construisent des jeeps militaires, puis des motomarines.Léopold Drolet a aussi réussi à hisser sa compagnie Sherwood- Drolet parmi les leaders mondiaux de la fabrication de bâtons de hockey.Pendant ce temps, un universitaire devenu directeur général de Sherbrooke, Serge Racine, se lance en affaires en créant Shermag à partir d\u2019une modeste manufacture.À force d\u2019acquisitions rapides, il bâtit un géant régional capable de scier son propre bois, lui apposer du placage, créer ses composantes et fabriquer ses meubles.Bientôt ses scieries, son usine de placage et ses usines de meubles emploient quelque 1700 travailleurs dans la région.À Ascot, un homme réputé ingénieux et audacieux pro?te des 1980 \u2022 Présentation des finales provinciales des Jeux d\u2019hiver du Québec à Thetford Mines 1981 \u2022 Présentation des finales provinciales des Jeux d\u2019hiver du Québec à Victoriaville \u2022 Nationalisation des mines d\u2019amiante par le gouvernement péquiste 1982 \u2022 Fondation du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke 1983 \u2022 Faillite de la compagnie Canadian Johns Manville \u2022 Première édition du Grand Prix de Valcourt \u2022 Des policiers abattent par erreur deux poseurs de tapis au motel Châtillon de Rock Forest.1984 \u2022 Élection du conservateur Jean Charest comme député fédéral de Sherbrooke ARCHIVES, LA TRIBUNE Créé à partir d\u2019une modeste manufacture, Shermag devient vite un géant régional employant quelque 1700 travailleurs.accords de libre-échange avec les États-Unis pour procéder à l\u2019expansion de sa compagnie PPD.Si bien que Raymond Morrissette doit bâtir son propre parc industriel à Waterville pour loger ses nombreuses ?liales œuvrant autant dans la construction ferroviaire que la fabrication automobile ou l\u2019outillage médical.Un immigrant britannique nommé Dennis Wood crée en 1982 une imprimerie de papier peint dans l\u2019est de Sherbrooke.Inspiré par cette réussite, il lance avec d\u2019autres actionnaires tels que le notaire Louis Lagassé la construction d\u2019une usine de composantes électroniques.Le succès rapide de C-MAC permet d\u2019espérer un nouveau créneau industriel pour Sherbrooke.À Waterville, un groupe d\u2019entrepreneurs locaux a le ?air de racheter l\u2019usine de B.F.Goodrich, fermée en 1977.Il décroche d\u2019importants contrats de sous-traitance des géants automobiles américains, si bien qu\u2019il doit rapidement embaucher des centaines de travailleurs.Il revend l\u2019usine au groupe japonais Gosei en 1988, qui la renomme Waterville T.G.Malgré ce nouvel élan, l\u2019Estrie ne parvient pas encore à retrouver une vitesse de croisière.Les employés des ?latures perdent leur travail, de même que les ouvriers des fonderies et de fabrication mécanique.On mise encore sur l\u2019université pour donner naissance à une industrie à fort contenu scienti?que.Mais les résultats se font toujours attendre.Entre-temps, sur le plan politique, les Estriens comme l\u2019ensemble des Canadiens se laissent tenter par l\u2019ouverture d\u2019esprit d\u2019un nouveau chef conservateur, Brian Mulroney.Contre toute attente, un jeune avocat sherbrookois de 26 ans pro?te de cette vague bleue pour se faire élire.Ce sera le début de l\u2019ascension de Jean Charest. LT 290440 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C37 37 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ARCHIVES, LA TRIBUNE Jean Charest a 26 ans quand il se fait élire, en 1984, comme député fédéral de Sherbrooke.LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE Tout Windsor est en alerte en hiver 1985 : Domtar pourrait quitter la ville.La vieille usine est désuète et polluante.La compagnie papetière caresse le projet de construire un complexe ultramoderne de 1,2 milliard $.Mais elle ne garantit pas qu\u2019elle la bâtira à Windsor.Elle a besoin d\u2019une aide ?nancière.De crainte de perdre 700 emplois directs et indirects, les autorités de la municipalité montent aux barricades.Un front commun entre les politiciens locaux, les syndiqués, les producteurs de bois et la direction locale mène une cabale à Québec et à Ottawa pour garder la compagnie.La Tribune, notamment le journaliste Michel Morin, publie des articles chaque jour pendant plusieurs semaines pour suivre les tractations politiques.Le 7 mars 1985, en éditorial, La Tribune condamne la lenteur, l\u2019improvisation et les tergiversations du gouvernement Mulroney dans la sauvegarde de Domtar.En?n, le dossier débloque au début d\u2019avril.Les deux ordres de gouvernement consentent un prêt de 150 millions $ étalé sur dix ans.Québec accorde en plus une subvention de 21 millions $.En conférence de presse, le ministre québécois du Travail Raynald Fréchette souligne la force d\u2019un consensus régional.«Comme l\u2019écrit l\u2019éditorialiste du quotidien local, c\u2019est cette concertation qui fera que la région de l\u2019Estrie obtiendra encore plus dans l\u2019avenir.» Les travaux de construction débutent dès le mois de juin.La nouvelle usine commence à produire deux ans plus tard.CULTURE Fait nouveau sur la scène es- trienne : la danse devient professionnelle.Cet art était arrivé tard dans la région.Il a fallu attendre 1948 pour qu\u2019une première troupe semi-professionnelle soit créée à Sherbrooke grâce à Alphonse Saumier, alors journaliste à La Tribune.Le danseur Pierre Lapointe, en 1957, avait pris le relais.Sa troupe donne des spectacles locaux et à l\u2019extérieur.En 1985, son centre dramatique prend le nom de Centre culturel et artistique Pierre Lapointe.Cette même année est fondée la compagnie de danse Sursaut pour présenter des spectacles à la jeunesse et à la famille.Trois ans plus tard naît la compagnie Axile, consacrée à la danse contemporaine.SPORTS Le 17 avril 1985, quelques heures avant le quatrième match des quarts de ?nale de la Ligue américaine de hockey entre les Canadiens de Sherbrooke et l\u2019Express de Fredericton, un jeune gardien de 20 ans con?e à son coéquipier Gaston Gingras : «Je joue ce soir.» Rien n\u2019est moins sûr.Troisième gardien de l\u2019équipe, à peine rappelé des rangs juniors, Patrick Roy est destiné à la galerie de presse.Au mieux, il peut espérer être appelé comme gardien substitut car l\u2019épouse du gardien Paul Pageau doit bientôt accoucher.En effet, ce soir-là, l\u2019entraîneur Paul Creamer envoie dans la mêlée le second gardien Greg Moffett.Mais alors que Sherbrooke perd 2-0, l\u2019improbable se produit : Moffett se replie au vestiaire pour réparer une jambière.Envoyé devant la cage, Patrick Roy réussit aussitôt deux ou trois arrêts importants.Pierre Creamer le garde dans les buts et Sherbrooke remporte le match 5-4.Devenu le cerbère de con?ance, Roy signe dix victoires et subit seulement trois revers pour mener les Canadiens à la coupe Calder.«J\u2019ai demandé à Patrick de m\u2019expliquer ce qui était arrivé avec la jambière de Moffett.La seule réponse à laquelle j\u2019ai eu droit, c\u2019est un petit sourire en coin», prétend Gingras.«J\u2019ai toujours douté et je doute encore aujourd\u2019hui.» ARCHIVES, LA TRIBUNE Sylvie Daigle et Jean-Marc Ro- zon, deux médaillés des Jeux de Calgary sont nommés athlètes de l\u2019année en Estrie.1985 \u2022 Abolition des postes de péage sur l\u2019autoroute des Cantons-de-l\u2019Est \u2022 Purge intestine au repaire des Hell\u2019s Angels de Sherbrooke 1987 \u2022 Le palais de justice de Sherbrooke emménage dans un nouvel édifice.\u2022 Mise en opération de la nouvelle papetière Domtar à Windsor \u2022 Création du parc de Frontenac 1988 \u2022 Fermeture de la filature Kayser 1989 \u2022 L\u2019ancien palais de justice devient l\u2019hôtel de ville de Sherbrooke.\u2022 Inauguration du Centre des congrès de Sherbrooke \u2022 Fermeture de la chocolaterie Lowney\u2019s à Sherbrooke ARCHIVES CHLT-TV Sherbrooke produisait plusieurs heures de télévision locale dans les années 1980, grâce notamment au dynamisme de CHLT-TV.À cette occasion, les journalistes France Gauthier, Jean-Luc Mon- grain et François Paradis participent à une émission d\u2019avant-midi avec l\u2019animateur Robert de Courcel et le chef Jean-Louis Thémis. LT 306046 a l ignement suspens ion s i l enc i eux f r e ins 306514 SERVICE DE PNEUS COMEAU INC.Vente et installation de pneus \u2022 Michelin \u2022 BF Goodrich \u2022 Uniroyal \u2022 Hankook \u2022 Yokohama F é l i c i t a t i o n s e t l o n g u e v i e à L a T r i b u n e ! Votre garagiste de confiance ! 133, rue Angus Sud, EAST ANGUS (819) 832-3928 C38 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 38 ANDRÉ LAROCHE 9e DÉCENNIE : 1990-1999 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ANNÉES DE CRISE Deux députés estriens provoquent un changement en profondeur du paysage politique canadien en mai 1990.Un effet domino débute le 17 mai de cette année-là, lorsque le Sher- brookois Jean Charest dépose une série de recommandations pour sauver l\u2019Accord du lac Meech.Cette entente était survenue trois ans plus tôt, entre les onze gouvernements canadiens, pour amener le Québec à rati?er la nouvelle constitution canadienne.Elle reconnaît notamment que le pays est formé de deux nations.Mais pour son entrée en vigueur, les parlements des provinces doivent rati?er cet accord d\u2019ici le 23 juin 1990.Devant la levée de boucliers dans le Canada anglais, le premier ministre Brian Mulroney demande à Jean Charest, reconnu comme un homme de compromis, de séduire les provinces réfractaires à reconnaître le Québec comme une société distincte.Six semaines avant l\u2019échéance, il remet un rapport, adopté par le Parti conservateur, où le caractère distinct du Québec se voit dilué.Choqués, des députés fédéraux québécois claquent la porte du PC.Le député de Mégantic-Compton- Stanstead, Me François Gérin, fait partie des démissionnaires.Il fonde dans les mois suivants avec un petit groupe de députés, dirigé par Lucien Bouchard, un parti fédéral souverainiste : le Bloc québécois.Les électeurs estriens, comme ailleurs au Québec, se réjouissent de cette af?rmation politique.En 1993, ils envoient cinq députés blo- quistes à Ottawa.Et même s\u2019ils élisent surtout des députés libéraux provinciaux en 1994, ils sont majoritaires à cocher l\u2019option «oui» au second référendum sur la souveraineté l\u2019année suivante.Cela n\u2019empêche pas non plus les Sherbrookois de voter toujours pour Jean Charest.Cette ?délité permet à leur député de s\u2019avérer l\u2019un des deux seuls survivants du PC, balayé en 1993 d\u2019un océan à l\u2019autre.Charest est nommé illico chef de la formation moribonde, mais il ne parvient pas à redresser la barre aux élections de 1997.L\u2019année suivante, il accepte de diriger le Parti libéral du Québec.Malgré cette forte présence politique, les Estriens perdent de plus en plus leur spéci?cité.Ils écoutent de moins en moins leur télévision et leur radio régionales, amalgamés à des réseaux dirigés à Montréal.Ils comptent bien peu de leaders économiques, leurs grandes industries étant remplacées par une myriade de petites et moyennes entreprises.Leurs commerces se trouvent en grande partie contrôlés par des grandes chaînes nationales.En outre, ils n\u2019ont que peu d\u2019emprise sur des décisions politiques prises à Québec ou Ottawa.À ce titre, l\u2019état désastreux des ?nan- ces publiques provoque bien des remous dans la région.Aussitôt élu, le nouveau recteur Pierre Reid apprend que le ministère de l\u2019Éducation réduit le ?nan- cement de l\u2019université.Le reste de la décennie sur le campus se fera sous le signe de l\u2019austérité, de la remise en question et même de guerres intestines.En avril 1998, sept des neuf doyens réclament le départ de Pierre Reid.Le conseil d\u2019administration choisit plutôt de démettre le secrétaire général et trois des quatre vice-recteurs.Le réseau hospitalier sherbroo- kois vit aussi de grands bouleversements.Forcés de se réorganiser, comme partout ailleurs au Québec, les cinq hôpitaux fusionnent pour former un centre universitaire et un institut de gériatrie.L\u2019hôpital Saint-Vincent-de-Paul est fermé, avant d\u2019être converti en résidence pour personnes âgées.Les commissions scolaires vivent aussi une réorganisation.Non seulement elles doivent délaisser leur caractère religieux, mais également se regrouper.Soudainement, une seule commission coordonne l\u2019immense territoire compris entre 1990 \u2022 Fermeture de la prison Winter de Sherbrooke, vieille de 125 ans 1993 \u2022 Défaite de Jean Charest contre Kim Campbell dans la course à la direction du Parti conservateur.Il est l\u2019un des deux seuls candidats du PC élus aux élections fédérales la même année.\u2022 Inauguration de l\u2019École de musique de l\u2019Université de Sherbrooke 1994 \u2022 Création du parc national du Mont-Mégantic \u2022 Fermeture des compagnies Ingersoll-Rand et Combustion Engineering à Sherbrooke \u2022 La compagnie Sherwood est vendue au Groupe Drolet.ARCHIVES, LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU Du 26 au 28 février 1999, les bolides du premier Challenge sur glace du Canada survolent la piste glacée du circuit Bertrand-Fabi. LT 306510 100 ans et encore son coeur d\u2019enfant Bravo à La Tribune, un média qui a su garder la flamme au fil du temps Transport offert pour différentes villes de l\u2019Estrie, des Bois-Francs, du Centre-du-Québec, de la Montégérie et du Granit Transport quotidien Sherbrooke-Compton Information : 819 835-9503 De la maternelle à la 6e année Un encadrement exceptionnel Une incroyable panoplie d\u2019activités incluant l\u2019option sport L\u2019ambiance chaleureuse d\u2019une petite école au coeur de la nature PORTES OUVERTES 2010 20 février, 17 avril 6288, route Louis-S.-St-Laurent, Compton (Québec) J0B 1L3 info@arbrisseaux.qc.ca www.arbrisseaux.qc.ca 306851 Rapprocher les gens quotidiennement.Depuis 100 ans! Bravo et merci à La Tribune! 1875-2010 Un monde de réussites! www.seminaire-sherbrooke.qc.ca Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C39 39 LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| 1995 \u2022 Présentation des finales provinciales des Jeux d\u2019été du Québec à Sherbrooke \u2022 Fusion des cinq hôpitaux sherbrookois pour créer le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke 1996 \u2022 André Gaumond succède à Mgr Jean-Marie Fortier à la tête de l\u2019archidiocèse de Sherbrooke.1997 \u2022 Le Petit Théâtre de Sherbrooke naît de la fusion des théâtres du Sang neuf et Entre chien et loup.1998 \u2022 Nomination de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec Lac-Mégantic, East Angus et Coa- ticook.Une seconde couvre un espace aussi vaste, de Magog jusqu\u2019à Asbestos en passant par Windsor et Valcourt.Seul le territoire de la Commission scolaire catholique de Sherbrooke, renommée Région- de-Sherbrooke, reste inchangé.Néanmoins, ses limites démontrent bien les frontières de la future métropole.Car le monde municipal devra lui aussi à brève échéance subir une transformation majeure.Mais pour ça, il faut changer de millénaire.CULTURE Au milieu des années 1990, la soirée la plus courue au bar Liquor Store de Magog, c\u2019est le dimanche! Sur scène se trouve un jeune chanteur à la voix rauque et à l\u2019énergie contagieuse.Il se nomme Pierre Garand, ou Garou.En été 1997, le Sherbrookois est remarqué par Luc Plamondon alors en vacances d\u2019été dans la région.Le célèbre parolier québécois croit avoir trouvé celui qui pourra habiter le personnage complexe et inusité de Quasimodo.Il l\u2019invite illico à une audition pour le spectacle musical Notre-Dame de Paris.Dès qu\u2019il entonne les premières notes de la chanson Belle, la partie est gagnée.Garou endosse le rôle de Quasimodo jusqu\u2019en 2000 dans la version anglaise donnée à Londres.Depuis lors il poursuit une carrière internationale.SPORT Après une absence de dix ans, le hockey junior revient au Palais des sports de Sherbrooke.Un groupe d\u2019hommes d\u2019affaires sher- brookois achète la concession des Draveurs de Trois-Rivières en été 1992.Il la rebaptise Faucons de Sherbrooke.Parmi les jeunes joueurs de l\u2019équipe se trouve un gardien de but dénommé Jocelyn Thibault.À peine âgé de 17 ans, il inspire son équipe jusqu\u2019en ?nale de la Ligue de hockey junior majeur du Québec contre le Titan de Laval avant de subir l\u2019élimination.Au désespoir des Sherbroo- kois, Thibault perce l\u2019alignement des Nordiques de Québec dès la saison suivante.Dépouillée de sa vedette, l\u2019équipe peine à remplir les gradins.Malgré quelques tentatives de relance, même si elle reprend le nom prestigieux des Castors en 1998, l\u2019équipe sherbrookoise demeure dans le bas du classement jusqu\u2019à son départ au terme de la saison 2003.ARCHIVES, LA TRIBUNE Le grand verglas, en janvier 1998, n\u2019épargne pas la région.Des milliers de personnes sont privées d\u2019électricité pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans certains cas.ARCHIVES, LA TRIBUNE Le rôle de Quasimodo dans Notre-Dame de Paris, à la ?n des années 1990, a fait découvrir Garou au monde entier.Depuis, le Sherbrookois monte sur les planches aux quatre coins du globe.L\u2019Estrie a longtemps rêvé d\u2019une école universitaire de musique.Au début des années 1970, la région connaît un important développement de l\u2019enseignement musical dans les écoles primaires, secondaires et collégiales.La Commission scolaire catholique de Sherbrooke et le Collège de Sherbrooke, en particulier, offrent un parcours musical de manière coordonnée.Pour assurer la continuité de cette formation, il ne manque qu\u2019un programme universitaire en français.Or, l\u2019Université de Sherbrooke cherche justement de nouvelles façons de se développer.Elle décide de créer une école de musique.Cette décision est entérinée par Jacques-Yvan Morin, ministre de l\u2019Éducation du Québec à l\u2019époque, qui accepte de ?nancer l\u2019implantation du programme.Mais le projet se heurte vite à des mesures d\u2019austérité, si bien que l\u2019école vivote pendant quelques années.Après avoir accueilli à peine une dizaine d\u2019élèves, elle ferme ses portes en 1985.La même année, l\u2019UdeS pro?te du sommet socioéconomique de l\u2019Estrie pour présenter cinq grands projets, notamment une réelle école de musique.Les décideurs se rangent derrière cette idée, mais malgré toute la volonté politique, le projet tarde à se concrétiser.À la ?n de la décennie 1980, l\u2019idée de l\u2019école resurgit.Le ministère des Affaires culturelles du Québec suggère une école mixte «conservatoire et école d\u2019enseignement supérieur», ce qui ne plaît pas tout à fait à l\u2019UdeS.De toute façon, ce projet traîne lui aussi en longueur.Au début des années 1990, le rectorat de l\u2019UdeS multiplie les tractations politiques.Il peut compter notamment sur l\u2019appui du député libéral de Sherbrooke, André J.Hamel, qui assume le poste d\u2019adjoint parlementaire de Lucienne Robillard, ministre de l\u2019Enseignement supérieur et de la Science.En?n, le 21 mai 1991, la création de l\u2019école espérée est annoncée.Au terme d\u2019une attente de 15 ans, l\u2019inauguration of?cielle a lieu le 6 février 1993. LT 305745 C40 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 40 ANDRÉ LAROCHE 10e DÉCENNIE : 2000-2009 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| UN TEMPS NOUVEAU La catastrophe tant redoutée du bogue de l\u2019an 2000 n\u2019a ?- nalement jamais eu lieu.Le 1er janvier du nouveau millénaire, la vie en Estrie se déroule comme auparavant.Des perturbations majeures se pointent cependant à l\u2019horizon.Les travailleurs d\u2019Asbestos et de Danville sentent qu\u2019ils pourront en- ?n tourner la page sur une décennie éprouvante.Leur amiante, désormais banni dans plusieurs pays, trouve dif?cilement preneur.Le chômage devient endémique.Mais la mise en opération de la grande usine de magnésium Magnola dans leur cour laisse entrevoir une nouvelle ère de prospérité.Un vent d\u2019optimisme souf?e aussi parmi les employés de l\u2019université.Non seulement le gouvernement québécois rehausse le ?nancement de leur institution, mais l\u2019avènement d\u2019un jeune recteur visionnaire ramène la con?ance et l\u2019audace dans les facultés.Sous l\u2019inspiration de Bruno-Marie Béchard s\u2019enclenche à grand rythme la construction de nouveaux bâtiments, la rénovation de laboratoires désuets, l\u2019embauche de nouveaux professeurs, la construction d\u2019un stade de football\u2026 Nullement en reste, le monde municipal amorce lui aussi une modernisation.Forcées par le gouvernement du Québec de se regrouper, Sherbrooke et sa banlieue choisissent de négocier entre elles les règles de leur fusion plutôt que d\u2019attendre leur imposition.Quelque 40 ans après les premières ambitions métropolitaines du maire Nadeau, en mars 2001, une grande ville de 144 000 habitants naît en Estrie.En?n, l\u2019ouverture d\u2019un parc biomédical en 2002 rend concrètes les aspirations de renouveau industriel à fort contenu scienti?que évoqué depuis longtemps comme la voie d\u2019avenir pour la région.Tout semble en place pour un temps nouveau : de grandes entreprises locales présentes sur les marchés mondiaux, une 2001 \u2022 Fusion des municipalités de Sherbrooke, Rock Forest, Fleurimont, Ascot, Lennoxville, Deauville, Saint-Élie-d\u2019Orford et Bromptonville en une seule ville de 144 000 habitants, divisée en six arrondissements \u2022 Le parc de Frontenac acquiert le statut de parc national.2002 \u2022 Nomination de Henri-Paul Rousseau, de Coaticook, à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Il quitte en 2008.\u2022 Réouverture du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke dans l\u2019ancienne filature Julius-Kayser 2003 \u2022 Élection de Jean Charest comme premier ministre du Québec \u2022 Présentation des Mondiaux jeunesse d\u2019athlétisme ARCHIVES, LA TRIBUNE La nouvelle ère de prospérité annoncée par la mise en activité de l\u2019usine Magnola à Asbestos a été de bien courte durée.université ambitieuse, une métropole forte\u2026 Soudainement, après des années de déclin, Sherbrooke fait ?- gure de ville d\u2019avenir.Prometteuse, du moins.C\u2019est sans compter l\u2019accession du député de Sherbrooke au titre de premier ministre de la province.En 2003, on parle du «Townships Power» avec la nomination au cabinet des députés Monique Ga- gnon-Tremblay (Saint-François) et Pierre Reid (Orford).En outre, Jean Charest nomme un éminent chirurgien du CHUS, Philippe Couillard, à la tête du ministère de la Santé.Mais cette année-là s\u2019avère une cascade de mauvaises nouvelles.La suspension des activités de LT Plus qu\u2019une vitrine, La Tribune donne le ton au développement de notre région ! Bravo à ce partenaire de longue date qui partage notre souci d\u2019excellence.Bravo! 800, rue Conseil, Sherbrooke 819 569-7095 omplices de vos projets depuis 50 ans ! 306372 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C41 41 LA BATAILLE DE L\u2019ÉPOQUE En automne 2000, le projet de la rénovation de Saint-Vincent-de-Paul piétine.Depuis trois ans, les autorités régionales de la santé cherchent à convertir l\u2019ancien hôpital en résidence pour personnes âgées.Mais elles n\u2019obtiennent jamais l\u2019argent nécessaire de Québec.En attendant, plus de 150 pensionnaires de la Résidence de l\u2019Estrie vivent dans des installations désuètes.L\u2019édi?ce des années 1940, autrefois le Grand Séminaire de Sherbrooke, ne compte que des chambres exiguës, des corridors étroits et des installations sanitaires d\u2019une autre époque.Les mauvaises odeurs ?ottent partout en raison de l\u2019absence de système d\u2019aération.Le chroniqueur Mario Goupil sonne la charge, le 12 décembre.«Je me permets de douter que M.Bouchard (ndlr : Lucien B., premier ministre du Québec), M.Landry (ndlr : Bernard L., ministre des Finances du Québec) ou tout autre haut gradé de la politique accepteraient que l\u2019on limite sa mère ou son père à une douche ou un bain par semaine.» Une série d\u2019articles et d\u2019éditoriaux de La Tribune, publiée les jours suivants, donne des munitions au chef de l\u2019opposition et député de Sherbrooke, Jean Charest, pour attaquer le gouvernement péquiste.Les chroniques de Mario Goupil inspirent même une chanson à l\u2019humoriste Jean Lapointe.Des extraits sont lus à l\u2019Assemblée nationale.En coulisses, même le député péquiste de Johnson, En?n, le 21 dé- ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| à Sherbrooke \u2022 Présentation des finales provinciales d\u2019été des Jeux du Québec dans la MRC de l\u2019Amiante \u2022 Mise en ondes de la station radiophonique Génération Rock, devenue CKOY en 2008.2005 \u2022 Fondation de l\u2019École Vision School 2006 \u2022 La seconde voie de l\u2019autoroute 55 entre Sherbrooke et Drummond- ville est complétée, 25 ans après son ouverture.2007 \u2022 Lancement du véhicule Spyder, construit par les usines BRP de Valcourt 2009 \u2022 Inauguration à Longueuil du nouveau campus de l\u2019Université de Sherbrooke ARCHIVES, LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU Plus de 1500 athlètes provenant de 160 pays rivalisent de vitesse, de puissance et d\u2019endurance lors des nombreuses compétitions des Jeux mondiaux jeunesse d\u2019athlétisme condensées en une semaine, à Sherbrooke, en juillet 2003.Magnola sème d\u2019abord la consternation à Asbestos, d\u2019autant plus que la mine Jeffrey risque désormais la faillite.La situation est à peine plus rose à Thetford Mines, où les mineurs de Lab Chrysotile et Bell subissent désormais des fermetures temporaires à répétition.Puis Bombardier fait craindre le pire avec sa décision de se départir de sa division des produits récréatifs.La délocalisation des chaînes de montage plane au-dessus des travailleurs de Valcourt, d\u2019autant plus qu\u2019un autre fleuron estrien, Shermag, a déjà mis un premier pied en Chine.Les trois usines sherbrookoises de C-MAC perdent leur siège social dans leur vente à la firme californienne So- lectron.Les travailleurs de Magog sont frappés de plein fouet avec des fermetures successives d\u2019entreprises que l\u2019on croyait bien établies.Se rajoutent les contrecoups subis par les hôteliers et les restaurateurs devant l\u2019avenir incertain de la station de ski du mont Orford.La solution de construire des condominiums au pied des pentes, pratiquement imposée par le gouvernement Charest, provoque un tollé populaire si fort que le projet avorte.Il faudra attendre la décennie suivante pour connaître le dénouement de ce chapitre de l\u2019histoire régionale.Mais on sait maintenant que Val- court n\u2019a pas perdu ses chaînes de montage.Elles produisent désormais le révolutionnaire véhicule Spyder, sorti du centre de recherche agrandi de BRP.Cinquante ans après la naissance de l\u2019université, l\u2019économie basée sur l\u2019activité scien- ti?que semble prendre racine dans la région.Des centres consacrés à la recherche sont sortis de terre, ces dernières années, à Sherbrooke et Magog.L\u2019Estrie tire ainsi de plus en plus avantage de la raison de son essor, puis de son déclin.Née de l\u2019attrait de l\u2019industrie pour ses rivières et sa nature, elle a périclité dans la seconde moitié du XXe siècle lorsque les voies de transport l\u2019ont placée à l\u2019extrémité de la zone d\u2019in?uence de Montréal.Mais la technologie numérique change désormais la donne : les entreprises, attirées notamment par la qualité de vie et la distance raisonnable de Montréal, choisissent l\u2019Estrie pour établir leurs installations de recherche.Les Estriens peuvent en?n voir apparaître les premiers signes concrets d\u2019une vision longtemps caressée, soit une région verte et innovatrice.CULTURE Au milieu de la décennie, un couple d\u2019artistes de Compton prend un risque.Delaf et Dubuc envoient chez Dupuis, l\u2019un des grands éditeurs de bandes dessinées du monde francophone, quelques planches qu\u2019ils avaient fait publier auparavant dans le magazine humoristique Safarir.Ce fut le coup de foudre outre- Atlantique, puis partout dans la francophonie.Ainsi sont nés Les Nombrils, désormais l\u2019une des BD les plus vendues dans le monde.La première édition de leur dernier album, lancé l\u2019automne dernier, fut imprimée à quelque 180 000 exemplaires.C\u2019est sans compter les nombreuses traductions.SPORT Plus de 8000 spectateurs assistent le 9 juillet 2003 aux cérémonies d\u2019ouverture des Jeux mondiaux jeunesse d\u2019athlétisme.Cinq jours de compétitions, une vingtaine de disciplines, plus de 1500 athlètes provenant de 160 pays.Durant cette semaine, Sherbrooke rime avec athlétisme.Au passage, l\u2019Université de Sherbrooke s\u2019enrichit d\u2019un nouveau stade destiné ensuite à la toute nouvelle équipe de football Vert & Or. LT La Fondation Rock Guertin est très ?ère d\u2019être associée au quotidien La Tribune et veut pro?ter de l\u2019occasion pour remercier tous ses bénévoles et donateurs qui sont en grande partie des lecteurs du journal.Félicitations à La Tribune pour ses 100 ans ! rockguertin.com 306049 C42 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 42 JEAN-FRANÇOIS GAGNON Des gens de grande renommée ont oeuvré au journal La Tribune au ?l du temps.Parmi eux, le réalisateur Claude Fournier, qui a fait partie de l\u2019équipe de journalistes entre 1949 et 1953.Plus de 50 ans après son départ du quotidien, il raconte avec un plaisir apparent son expérience ainsi que les moeurs journalistiques de l\u2019époque.Son embauche, survenue alors qu\u2019il n\u2019avait que 18 ans, s\u2019est effectuée de façon particulière.Il s\u2019était présenté au chef des nouvelles de l\u2019époque, le poète Alfred DesRo- chers, avec l\u2019espoir d\u2019être engagé à titre de correcteur d\u2019épreuves.Mais il avait ?nalement obtenu un poste plus intéressant.«Alfred DesRochers m\u2019avait demandé si je savais taper à la machine et justement, j\u2019avais appris ça durant mon cours classique.Il m\u2019avait ensuite envoyé écrire un texte au pupitre.Après l\u2019avoir lu, il avait dit à René Boissay, un journaliste, qu\u2019il devenait correcteur d\u2019épreuves.Et moi, je prenais sa place», se souvient-il.Claude Fournier con?e que René Boissay lui en a «voulu à mort pendant deux ans» après son embauche, qui lui avait en quelque sorte valu d\u2019être rétrogradé.«Mais on s\u2019est retrouvés par la suite à Radio- Canada, qui nous avait embauchés, et on a fait la paix», note-t-il.À La Tribune, Claude Fournier a d\u2019abord été affecté aux «chiens écrasés».Il a aussi rapidement eu pour mission de traduire les nombreuses dépêches en anglais qui parvenaient au quotidien.Lorsqu\u2019on était chargé des «chiens écrasés», il fallait en outre se rendre aux funérailles de personnalités importantes du milieu, anciens députés, élus municipaux ou autres.On notait les noms de toutes les personnes présentes, qui étaient publiés les jours suivants.«Ceux qui ne venaient pas mais qui auraient dû être là nous contactaient et nous donnaient un ou quelques dollars pour qu\u2019on inscrive malgré tout leur nom dans la liste des participants aux funérailles.» Pour faire mieux comprendre ce qui le motivait à accepter de tels «cadeaux» en argent, Claude Fournier raconte qu\u2019il ne gagnait que 18 $ par semaine à ses débuts à La Tribune.«Une fois mon logement et ma bouffe payés, je n\u2019avais plus rien», af?rme-t-il, avouant cependant que son salaire hebdomadaire à son départ était presque quatre fois plus élevé.Travaillant plus de dix heures par jour, les journalistes de La Tribune commencent à l\u2019époque à envisager la syndicalisation, ce qui leur vaut d\u2019être soudainement tous mis à la porte.Finalement, au bout de quelques jours, ils sont réembauchés et le syndicat est créé.Malgré ces heurts avec la direction, le fondateur et grand patron du quotidien, Jacob Nicol, avait le respect du personnel de la salle de rédaction.«C\u2019était un grand sec maigre économe, pas exhibitionniste de sa richesse.Il imposait le respect par sa prestance.On le sentait très intelligent et à son affaire», mentionne le réalisateur.Même si le quotidien était clairement associé aux libéraux et que les pots-de-vin étaient acceptés par les journalistes, les articles étaient habituellement objectifs, selon Claude Fournier.«Je ne pense pas que ça faisait partie de la ligne de conduite de Jacob Nicol de se mêler du contenu rédactionnel.» Un des traits marquants des journalistes à l\u2019époque était leur penchant pour la bouteille.«Le vendredi, à part quelques sobres, tout le monde était soûl dans la salle de rédaction.On faisait quand même un bon journal pour le lendemain!», assure Claude Fournier.Une bonne école « [Jacob Nicol] était un grand sec maigre économe, pas exhibitionniste de sa richesse.Il imposait le respect par sa prestance.On le sentait très intelligent et à son affaire.» LA TRIBUNE, JEAN-FRANÇOIS GAGNON Claude Fournier, auteur et cinéaste, a commencé sa carrière dans le monde des médias au journal La Tribune. LT 305914 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C43 43 Souvenirs écrits EXTRAITS DU LIVRE À FORCE DE VIVRE DE CLAUDE FOURNIER Le standard sonne sans répit.Elle branche, débranche ses ?ches avec une rapidité déconcertante, sans donner l\u2019impression qu\u2019elle regarde ce qu\u2019elle fait.Puis, dans un rare moment d\u2019accalmie, elle fait un appel très court et me dit : ?Vous allez droit devant vous et, passé les portes doubles, vous tournerez à gauche, tout de suite après la grosse distributrice de Coke : c\u2019est la rédaction, vous demanderez M.DesRochers.J\u2019arrive à l\u2019entrée d\u2019une salle qui me paraît immense.Une vingtaine de gros pupitres de chêne y sont disposés, sans ordre apparent, où sont assis des journalistes qui tapent à la machine, parlent au téléphone ou s\u2019agitent d\u2019une manière ou d\u2019une autre, presque tous une cigarette suspendue aux lèvres.Je suis frappé par le désordre sur chaque pupitre : des monceaux de journaux, de tablettes à noter, de dictionnaires, de feuillets pour écrire et, à travers ce fouillis, toujours un grand cendrier de verre mordoré, débordant d\u2019allumettes calcinées, de mégots, de boulettes de gomme à mâcher et autres rognures.Le fracas des chutes qui entre par une grande fenêtre homo- généi?e le tumulte ambiant.Je parviens à attirer l\u2019attention d\u2019une journaliste à qui je demande où se trouve M.DesRochers.Elle m\u2019indique d\u2019un signe de tête un homme imposant avec de longs cheveux gris ondulés et une barbe, grise elle aussi, et si touffue que c\u2019est une cigarette qui marque l\u2019endroit où doit normalement se trouver la bouche.Je ?ge sur place.Cet homme, je le connais, sa photo est dans les manuels de littérature : c\u2019est le poète Alfred DesRochers.Je m\u2019approche de son bureau qui fait face à tous les autres.La tête appuyée dans sa main gauche, il parcourt un article de plusieurs pages en suivant studieusement avec un crayon de mine et ne me voit pas.Sur ses doigts ?ns et osseux, les jointures ressortent comme des nœuds, ses ongles sont plutôt longs, ceux du pouce et de l\u2019index jaunis par la nicotine [\u2026].La Tribune, quelle faune! En commençant par son propriétaire, le sénateur et conseiller législatif Jacob Nicol, rigide comme un pieu, des lèvres minces, des yeux perçants derrière ses lunettes à ?ne monture métallique, l\u2019air sec d\u2019un calviniste.Fils d\u2019un cultivateur de Roxton Pond, Jacob Nicol, tout en pratiquant le droit à Sherbrooke, avait édi?é un imposant empire dans le domaine des communications, d\u2019abord en fondant La Tribune, en 1910, puis en acquérant d\u2019autres quotidiens, Le Soleil de Québec et Le Nouvelliste de Trois-Rivières, ensuite des stations radiophoniques, CHLN de Trois-Rivières, CHLT et CKTS de Sherbrooke.Il avait été député et plusieurs fois ministres dans les gouvernements Taschereau, il accumulait maintenant les directorats de banques et de compagnies d\u2019assurances.Il était très riche et très économe, tout le contraire de son autre collègue sherbrookois, le sénateur Charles B.Howard, un millionnaire rubicond et dépensier, libéral et nommé lui aussi par William Lyon Mackenzie King.Le sénateur Nicol conduisait lui-même sa modeste Chevrolet et avait peu d\u2019estime pour le sénateur Howard, qui se laissait conduire dans une luxueuse voiture à chauffeur et (dans la vie) par sa femme, une riche Américaine à qui il devait une partie de son train de vie princier.M.Nicol avait son bureau au premier étage du journal, mais il était si discret, si effacé, qu\u2019on l\u2019entrevoyait seulement montant ou descendant le grand escalier qui y menait.Et il me fallut des mois pour apprendre qui était cet homme toujours vêtu de sombre et saluant d\u2019un petit coup de tête ceux qu\u2019il croisait [\u2026].Les machines à écrire crépitaient comme des mitrailleuses, des estafettes couraient de la salle de rédaction vers l\u2019atelier, à l\u2019étage au-dessous, les bras chargés de dépêches, revenaient avec des épreuves de pages sentant l\u2019encre et le plomb, les étalaient sur le bureau de M.DesRochers qui, tout en les parcourant, vociférait à ses trouves les encouragements et les admonestations.Dans le tohu-bohu, des noms ressortaient souvent; c\u2019étaient les souffre-douleur favoris du commandant : O\u2019Neil pour Louis-C.O\u2019Neil.De la même génération que DesRochers, il était le plus ancien de la salle, il y était depuis 1928.Il avait un béret bleu vissé sur la tête, ne se rasait qu\u2019occasionnellement et tapait à deux doigts, par rafales, se rongeant ensuite les ongles avec avidité comme pour alimenter sa ré?exion.Il embaumait la rédaction des odeurs de la ferme qu\u2019il habitait, du côté du club de golf, sport qu\u2019il pratiquait chaque été avec une certaine habileté, se faisant un point d\u2019honneur de n\u2019emporter que cinq bâtons dans son sac, dont un putter qui (selon des malins) était dans les bagages des ancêtres O\u2019Neil, à leur arrivée en Amérique autour de 1740.On entendait souvent aussi des Amédée! parce qu\u2019à Amédée Gaudreault, DesRochers ne passait rien, pas le moindre accroc à la grammaire, le moindre usage impropre ou abusif, ni même un oubli de ponctuation.Gaudreault était chroniqueur politique, ce qui, dans son cas, équivalait à une mission de propagation de foi libérale, avec une exception : l\u2019appui qu\u2019il avait toujours accordé à Johnny Bourque.Chaque fois qu\u2019il fallait louer les mérites de Johnny S.Bourque, héros de la Première Guerre dans le régiment du Royal 22e, député de Sherbrooke sans interruption de 1936 à 1960, ministre et homme fort de l\u2019Union nationale de Maurice Duplessis, la tête d\u2019Amédée se mettait à bouillir, le couvercle de sa marmite sautait! Il se laissait piéger par des erreurs grossières : mauvais accord de verbe, oubli d\u2019un pluriel, et DesRochers fondait sur lui comme un épervier sur sa proie.Amédée devenait apoplectique, plus rouge que le parti qui était sa religion, puis il encaissait, mais longtemps après on pouvait encore l\u2019entendre ronchonner, comme le tonnerre qui n\u2019arrête pas de gronder après l\u2019orage.Il y en avait aussi, et DesRochers les connaissait, qu\u2019il fallait prendre avec des pincettes : Roland Gagné, par exemple, dont le seul travail était de traduire les dépêches d\u2019agences qui arrivaient toutes en anglais.Vieux garçon misanthrope, Gagné rongeait son travail méthodiquement avec la ténacité d\u2019une maladie incurable.Une fois commencé, le clic- clac de sa machine ne s\u2019arrêtait pour ainsi dire pas, mais si Gagné avait bu, et s\u2019il était contrarié, ce qui n\u2019était pas toujours évitable, il disjonctait; il empoignait sa machine à écrire, marchait comme un robot jusqu\u2019à la fenêtre, l\u2019ouvrait et lançait la machine dans les eaux tourbillonnantes de la rivière, il en?lait ensuite son veston et, regardant droit devant lui, traversait la salle comme un automate et disparaissait pour plusieurs jours.Reproduction avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019auteur.Je fige sur place.Cet homme, je le connais, sa photo est dans les manuels de littérature : c\u2019est le poète Alfred DesRochers. 291859 C44 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 306194 Emploi-Québec Estrie salue la précieuse contribution de La Tribune à la communauté estrienne.Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C45 LT 5260, Boul.Bourque, Sherbrooke (819) 864-4253 Les Planchers Bois franc Mercier Garantie 35 ans Au meilleur prix! \u2022 Vinyle flottant \u2022 Plancher flottant nouvelle génération \u2022 Céramique \u2022 Carpettes décoratives VOYEZ TOUS NOS PRODUITS SPÉCIALISÉS - Plancher exotique - Plancher pour condos 306200 C46 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 46 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Q JOHN SAMUEL BOURQUE 1894-1974 DÉPUTÉ ET MINISTRE DE L\u2019UNION NATIONALE Né à Sherbrooke, John Samuel Bourque fait une carrière militaire chez les Carabiniers (plus tard les Fusiliers) de Sherbrooke, puis est soldat dans le Royal 22e Régiment au sein duquel il s\u2019embarque pour la Grande-Bretagne en 1915.Conseiller municipal à la Ville de Sherbrooke, de 1934 à 1938, il est élu député de l\u2019Action libérale nationale à Sherbrooke, en 1935, et réélu sous la bannière de l\u2019Union nationale jusqu\u2019en 1956.Il dirigera plusieurs ministères, puis sera défait en 1960.LOUIS S.ST-LAURENT 1882-1973 SEUL PREMIER MINISTRE CANADIEN NÉ DANS LES CANTONS-DE-L\u2019EST Né à Compton, Louis S.Saint- Laurent arrive en politique sur le tard après une carrière d\u2019avocat et de professeur de droit.En 1941, à la demande du premier ministre canadien Mackenzie King, il devient ministre de la Justice et procureur général.Après la guerre, il est nommé secrétaire d\u2019État aux Affaires étrangères et est choisi premier ministre en 1948, poste qu\u2019il occupera jusqu\u2019en 1957.Il créa le système de péréquation, assura le début de la voie maritime du Saint- Laurent et ?t adhérer le Canada à l\u2019OTAN.Qui furent les dix plus grands politiciens au cours des 100 dernières années sur le territoire de La Tribune?Quels noms retenir pour cette (trop) courte liste des dix plus grands athlètes?Qui ont été les plus grands artistes?Pour ce 100e anniversaire, La Tribune a organisé des tables rondes d\u2019historiens, de connaisseurs et de journalistes pour se prêter à cet exercice périlleux\u2026 et délicat, susceptible de déclencher des débats houleux.Résumer 100 ans en dix noms a forcé les participants à adopter des critères très pointus, trop longs à énumérer en ce petit espace.À contrecœur, il a fallu rayer des bâtisseurs, des enseignants, des gens dévoués à leur art, à leur sport ou à la société.Au terme de leur dif?cile sélection, tous les experts ont fait le même constat : les Cantons-de-l\u2019Est comptent un grand nombre d\u2019ambassadeurs.SIR WILFRID LAURIER 1841-1919 PREMIER CANADIEN FRANÇAIS À OCCUPER LA FONCTION DE PREMIER MINISTRE DU CANADA Né à Saint-Lin, Laurier est le premier Canadien français à devenir premier ministre du Canada.Élu député libéral des Communes pour Drummond-Arthabaska en 1874.Chef du Parti libéral et de l\u2019opposition de 1887 à 1896, puis premier ministre du Canada de 1896 à 1911, il a accueilli le Yukon, l\u2019Alberta et la Saskatchewan dans la Confédération et a développé les chemins de fer.De nouveau chef de l\u2019opposition, de 1911 à 1919, il s\u2019est opposé à la conscription de 1917.JACOB NICOL 1876-1958 AVOCAT, POLITICIEN ET HOMME D\u2019AFFAIRES Né à Roxton Pond.Avocat, il pratique à Sherbrooke et est bâtonnier du district de Saint-François.Il participe en 1910 à la fondation de La Tribune et possède plusieurs journaux, dont Le Soleil et Le Nouvelliste.De 1921 à 1929, il représente successivement les circonscriptions provinciales de Richmond et Compton comme député libéral.Ministre des Affaires municipales et trésorier provincial dans le cabinet du premier ministre Louis-Alexandre Taschereau.Nommé au Conseil législatif en 1934, puis au Sénat en 1944.ARCHIVES, LA PRESSE CANADIENNE BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA LT 306208 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C47 47 ARMAND NADEAU 1910-1982 MAIRE DE SHERBROOKE Né à Saint-Agapit, Armand Nadeau obtient sa licence en droit de l\u2019Université Laval de Québec et pratique à compter de 1937.Il s\u2019établit à Sherbrooke et devient coroner du district de Saint-François.Il est élu conseiller municipal en 1948.Après deux tentatives infructueuses, en 1950 et 1952, il se fait élire à la mairie de Sherbrooke en 1955, où il restera jusqu\u2019en 1970, soit pendant 15 ans.Il est considéré comme l\u2019un des grands bâtisseurs de Sherbrooke.MAURICE GINGUES 1903-1960 PREMIER DÉPUTÉ CANADIEN-FRANÇAIS DE SHERBROOKE AUX COMMUNES Ex-travailleur de l\u2019usine Kayser et courtier immobilier, Maurice Gingues est élu député du Parti libéral du Canada de Sherbrooke, en 1940, devenant ainsi le premier député canadien-français de cette circonscription à la Chambre des communes.En 1944, il démissionne lorsqu\u2019il est nommé ministre sans portefeuille dans le cabinet provincial de Joseph-Adélard Godbout, dont le gouvernement pré?gure la Révolution tranquille.En 1944, à la suite de la défaite du gouvernement Godbout au Québec, M.Gingues retourne à la politique fédérale.RAYNALD FRÉCHETTE 1933-2007 DÉPUTÉ ET MINISTRE Né à Asbestos.Avocat, il est élu député de l\u2019Union nationale à Sherbrooke en 1966.Défait en 1970, il retourne à la pratique du droit et anime une émission radiophonique à CHLT en 1979 et 1980.Élu député du Parti québécois pour Sherbrooke en 1981, il est ministre du Revenu dans le cabinet Lévesque, puis ministre du Travail, de 1982 à 1985, et ministre de la Justice et ministre du Travail dans le cabinet de Pierre-Marc Johnson.Défait en 1985.Il est nommé juge à la Cour supérieure de Montréal en 1988, puis est affecté au district judiciaire de Saint-François en 1991.MONIQUE GAGNON- TREMBLAY 1940 - DÉPUTÉE DE SAINT- FRANÇOIS ET MINISTRE Née à Plessisville.Diplômée en droit notarial et d\u2019abord conseillère municipale à Ascot Corner, elle est élue députée libérale de Saint- François en 1985 et est réélue sans interruption depuis.Titulaire successivement de plusieurs ministères, elle a aussi fait partie de nombreux comités et commissions.Vice-première ministre de 2003 à 2005, elle est présidente du Conseil du trésor depuis décembre 2008 et ministre responsable de l\u2019Estrie.JEAN PERRAULT 1945 - MAIRE DE SHERBROOKE Champion canadien de ski nautique et membre de l\u2019équipe canadienne de ski alpin, Jean Perrault est enseignant puis directeur du Centre de l\u2019activité physique du Collège de Sherbrooke.Conseiller municipal dès 1982, il crée la Fête du lac des Nations et met en place la Société de développement économique de Sherbrooke.Élu maire de Sherbrooke en 1994.Il procède à la fusion avec les municipalités de banlieue, lance le projet Cité des rivières, le Centre multisports de Sherbrooke et obtient les Jeux du Canada de 2013.Il préside l\u2019Union des municipalités du Québec, de 2005 à 2009, et la Fédération canadienne des municipalités, de janvier 2008 à juin 2009.JEAN CHAREST 1958 - DÉPUTÉ ET MINISTRE CONSERVATEUR, PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC DEPUIS 2003 Né à Sherbrooke, Jean Charest est élu à la Chambre des communes en 1984, puis réélu en 1988, 1993 et 1997.Il occupe plusieurs postes de ministre (Condition physique et Sport amateur, Environnement, Industrie et Sciences).Chef du Parti conservateur de 1993 à 1998 et vice-président du Comité national des Québécoises et Québécois pour le Non, en 1995, il devient chef du Parti libéral du Québec en avril 1998.Élu député de Sherbrooke à l\u2019Assemblée nationale, la même année, il est chef de l\u2019opposition of?cielle jusqu\u2019aux élections générales d\u2019avril 2003, où il devient premier ministre du Québec.Réélu en avril 2007 et décembre 2008.ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA TRIBUNE Merci aux membres de la table ronde: Isabelle Lacroix, politologue de l\u2019Université de Sherbrooke, et Denis Dufresne, journaliste à La Tribune. LT C48 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 48 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| ROBERT BÉDARD 1931 - TENNIS En tête du classement canadien pendant onze années consécutives (1955-1965), Robert Bédard a été membre de l\u2019équipe de la coupe Davis (1953-1961 et 1967) en plus de se quali?er pour les Internationaux de France et de Wimbledon.Athlète accompli (il excella au hockey et au baseball), il fut intronisé au Panthéon du sport canadien en 1996.SYLVIE DAIGLE 1962 - PATINAGE DE VITESSE Spécialiste de la courte piste, Sylvie Daigle a été championne canadienne et championne du monde avant de participer aux Jeux olympiques d\u2019hiver de Lake Placid (1980), Sarajevo (1984), Calgary (1988), Albertville (1992) et Lillehammer (1994).Elle a remporté sept médailles, dont une d\u2019or au relais 3000 m (1992) et une d\u2019argent (1994) dans cette même épreuve.ANNIE PERREAULT 1971 - PATINAGE DE VITESSE Triple médaillée olympique, dont deux d\u2019or aux Jeux de Nagano (1998), championne du monde par équipe à trois occasions, Annie Per- reault est la seule patineuse de vitesse de la région à avoir remporté l\u2019or au moment où le patinage de vitesse courte piste faisait partie des disciplines olympiques of?cielles.NICOLAS FONTAINE 1970 - SKI ACROBATIQUE Outre sa médaille d\u2019argent aux Jeux olympiques d\u2019Albertville (1992), Nicolas Fontaine a participé à quatre Jeux olympiques d\u2019hiver, terminant trois fois parmi les dix premiers.Champion du monde de sa discipline, il a élevé le niveau de dif?culté de ce sport en étant le premier à exécuter deux quadruples sauts lors des championnats canadiens, en 2000, au mont Gabriel.CONNIE DION 1918 - HOCKEY, GOLF Véritable légende vivante du sport dans les Cantons-de-l\u2019Est, Connie Dion a fait sa marque dans de nombreux sports, notamment au hockey en tant que gardien de but des Red Wings de Detroit.Il a ensuite consacré sa vie à former d\u2019autres athlètes au hockey et au golf.L\u2019aré- na d\u2019Asbestos porte aujourd\u2019hui son nom.Le sport a rapidement fait partie des moeurs dans la région.Des dizaines d\u2019athlètes ont fait leur marque dans l\u2019élite nationale, mais aussi également mondiale.De longs débats ont été nécessaires pour déterminer notre équipe de rêve.JEAN BÉLIVEAU 1931 - HOCKEY Ambassadeur du Canadien de Montréal et l\u2019un de ses plus illustres capitaines, Jean Béliveau a porté l\u2019uniforme du Tricolore de 1953 à 1971.Intronisé au Temple de la renommée du hockey, il a participé à 1125 matchs, récoltant 507 buts, 712 mentions, en plus de remporter la coupe Stanley dix fois.ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA PRESSE ARCHIVES, LA PRESSE COLLECTION PERSONNELLE ARCHIVES, LA PRESSE CANADIENNE LT 306853 Le TOURISME, une vitrine sur le monde Le centenaire de notre quoditien est un gage de vitalité pour notre région.Félicitations à LA TRIBUNE! Photo : © Stéphane Lem ire Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C49 49 ANDRÉ VIGER 1952-2006 FAUTEUIL ROULANT Vainqueur des plus prestigieux marathons du monde (Boston, Montréal, Iota, au Japon), médaillé des cinq Jeux paralympiques auxquels il a participé, André Viger est devenu, aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984), le premier athlète paralympique canadien à remporter une médaille à un sport de démonstration.MARCEL DIONNE 1951 - HOCKEY Repêché au deuxième rang par les Red Wings de Detroit lors de la séance de sélection de 1971, Marcel Dionne a été l\u2019un des meilleurs compteurs de la Ligue nationale de son époque.Ses 731 buts le placent au 4e rang des meilleurs buteurs de la LNH.Un aréna de Drummond- ville porte son nom.RENÉ PÉPIN 1930-1996 HOCKEY En tant que capitaine des Castors seniors de Sherbrooke, il fut l\u2019un des principaux artisans de la fameuse conquête de la coupe Allan de 1965, considérée comme l\u2019un des plus importants exploits sportifs jamais réalisés par une équipe sherbrookoise.L\u2019année suivante, en Europe, il aida l\u2019équipe à remporter le prestigieux trophée Bunny Ahearne.GARTH SMITH 1931 - ENTRAÎNEUR, ADMINISTRATEUR Figure appréciée et estimée de la communauté anglophone, Garth Smith a consacré la majeure partie de sa vie au développement du sport, notamment à l\u2019Université Bishop\u2019s où, durant 38 ans, il fut successivement et simultanément directeur, administrateur, entraîneur (basket-ball, golf), tout en agissant à titre de professionnel de golf à Milby et au Vieux-Lennox.Merci aux membres de la table ronde: Marcel Bureau, directeur général de la Société Saint-Jean Baptiste; Denis Messier, ex-chef des pages sportives de La Tribune et Jacques Petit, d\u2019Excellence sportive Sherbrooke COLLECTION PERSONNELLE ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA PRESSE CANADIENNE LT C50 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 50 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Ses scènes d\u2019hiver de la vallée du Saint-François ont gagné très vite l\u2019admiration des collectionneurs.Les tableaux de Coburn font désormais partie de la représentation classique de la campagne québécoise de la première moitié du XXe siècle.Ce natif d\u2019Upper Melbourne était membre de l\u2019Académie royale des arts du Canada.FREDERICK SIMPSON COBURN 1871-1960 PEINTRE Sa prestigieuse carrière s\u2019étend sur six décennies pendant lesquelles il a dessiné notamment l\u2019archevêché et la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, le couvent des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, la basilique de Sainte-Anne-de- Beaupré et deux cathédrales dans les Maritimes.En tout, il a apposé sa signature sur plus de 50 églises, hôpitaux et institutions d\u2019enseignement.Ce comédien sherbrookois a marqué la télévision québécoise avec quelques grands rôles, notamment l\u2019ineffable Rémi Duval (Jamais deux sans toi), récompensé par trois Gémeau).Au milieu des années 1980, il reprend avec brio le rôle de Joseph-Arthur Lavoie (Le temps d\u2019une paix).Il a eu également une carrière proli?que au théâtre.JEAN BESRÉ 1936-2001 COMÉDIEN MICHEL GOULET 1944 - SCULPTEUR Les gracieuses chaises d\u2019acier installées au lac des Nations, c\u2019est lui! Cet artiste d\u2019Asbestos est surtout connu pour ses oeuvres d\u2019art public.Il a représenté le Canada à la Biennale de Venise de 1988.Il a reçu ensuite le prix Paul-Émile- Borduas, la plus haute distinction du Québec dans le domaine des arts visuels, ainsi que le prix du Gouverneur général.Son vers Je suis un ?ls déchu de race surhumaine s\u2019avère peut- être l\u2019un des alexandrins les plus célèbres de la poésie québécoise.Journaliste à La Tribune, il est l\u2019instigateur et l\u2019animateur du mouvement littéraire des Cantons- de-l\u2019Est.Il incite plusieurs femmes à prendre la plume.Il reçoit plusieurs prix littéraires au cours de sa carrière.On réimprime encore son oeuvre.ALFRED DESROCHERS 1901-1978 POÈTE Les arts et les Cantons-de-l\u2019Est sont intimement liés.La région a été adoptée très vite par les peintres charmés par ses paysages.Les musiciens ont rapidement trouvé un public.Ces dix artistes se sont démarqués par leur inspiration, leur créativité et leur attachement à la région.SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE ARCHIVES, LA PRESSE COLLECTION PERSONNELLE LOUIS-NAPOLÉON AUDET 1881-1971 ARCHITECTE SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE CONSEIL DES ARTS DU CANADA LT 306852 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C51 51 Ce violoneux de Martinville se fait connaître d\u2019abord par son émission à la radio CHLT en 1937 avant d\u2019amorcer une carrière de télévision en 1956.Très populaire dans tout le Canada pour ses talents de musicien et de fantaisiste, il a aussi contribué aux bandes sonores de plusieurs ?lms québécois dont L\u2019apparition et Quelques arpents de neige.Nous lui devons la découverte de Charlie Chaplin.Ayant grandi à Danville et à Lac-Mégantic, il gagne les États-Unis à 17 ans et fait son apprentissage de comique sur Broadway.Il fonde sa propre maison de production en Californie, Keystone, et il produit quelque 1500 ?lms.Surnommé le «roi de la comédie», il reçoit un Oscar spécial en 1937.MACK SENNETT 1880-1960 CINÉASTE Fille du poète Alfred DesRo- chers, cette Sherbrookoise a touché plusieurs formes d\u2019art, toujours avec talent.Chanteuse, comédienne et auteure proli?que, elle a créé sa propre boîte à chansons en 1965 avant de jouer à la télévision et de monter plusieurs spectacles mémorables.Elle est également apparue au cinéma.En 2001, elle a reçu la Médaille de Chevalier de l\u2019Ordre national du Québec.CLÉMENCE DESROCHERS 1933 - MONOLOGUISTE SERGE GARANT 1929-1986 COMPOSITEUR Conquis par la musique contemporaine lors de ses études en Europe, il en devient une ?gure de proue au Canada.Professeur et chef d\u2019orchestre, il étale sur trois décennies sa création musicale.Cofondateur de la Société de musique contemporaine du Québec, il voit son rôle d\u2019avant-garde reconnu par un prix du Conseil des arts du Canada et par le titre d\u2019Of?cier de l\u2019Ordre du Canada.Merci aux membres de cette table ronde : Antoine Sirois, professeur émérite de l\u2019Université de Sherbooke; Monique Sau- mier, historienne de l\u2019art; Sylvie L.Bergeron, enseignante en langue, littérature et communications au Cégep de Sherbrooke; André Laroche, chef de la section des arts de La Tribune.Il fallait probablement un anglophone francophile de Sherbrooke pour jouer avec les mots avec autant de talent et d\u2019originalité.Résultat : des textes ?gnolés, des mélodies ludiques, un répertoire unique dans la chanson québécoise.Il a mis la main sur le Félix de l\u2019auteur-compositeur-interprète en 1990.JIM CORCORAN 1949 - AUTEUR-COMPOSITEUR- INTERPRÈTE TI-BLANC RICHARD 1920-1981 FOLKLORISTE ARCHIVES, LA TRIBUNE SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE FONDS DE LA FAMILLE LABBÉ, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE ARCHIVES, LA PRESSE CANADIENNE LT 306198 C52 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 52 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comme colporteur et fonde son magasin à Thetford Mines en 1908.L\u2019entreprise actuelle compte trois magasins à rayons : un à grande surface à Thetford, les autres à Disraeli et Sainte-Marie-de-Beauce.Aujourd\u2019hui, la 4e génération de Setlakwe emploie 175 personnes et possède aussi onze boutiques Silhouette au Québec.ANTONIO FABI 1883-1942 Arrivé d\u2019Italie en 1906, il a eu neuf ?ls et une ?lle et a fait sa marque comme entrepreneur (Fabi & ?ls) qui a construit en Estrie des chemins, ponts (tels Joffre, Montcalm et Jacques-Cartier à Sherbrooke) et aqueducs.Ses ?ls ont pris la relève (asphalte, béton), et l\u2019entreprise est à l\u2019origine de Sintra inc.Les Cantons-de-l\u2019Est ont été bâtis par des entrepreneurs, de grands industriels et des commerçants audacieux.Ces dix hommes d\u2019affaires ont changé la région par leur vision et leur témérité.SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE CENTRE D\u2019ARCHIVES DE LA RÉGION DE THETFORD ANTOINE TURMEL 1918 - Natif de Thetford Mines, ce propriétaire du grossiste sherbrookois en alimentation Denault ltée a créé la bannière Provigo en 1969 lorsqu\u2019il a négocié la fusion de trois chaînes régionales d\u2019épicerie.L\u2019entreprise regroupait à ce moment 1100 employés, 9000 distributeurs détaillants et 13 entrepôts.Il se retire de Provigo en 1985.L\u2019Université de Sherbrooke lui a décerné un doctorat honori?- que en 1982.SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE LT Nous prenons soin de vous et de votre famille 24 heures sur 24 en nous occupant de toutes les étapes à franchir lors de la période du deuil.Notre équipe.désire saluer les 100 ans de La Tribune ! 306186 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C53 53 JOSEPH-ARMAND BOMBARDIER 1907-1964 L\u2019inventeur du véhicule à chenilles et de la motoneige, Joseph-Armand Bombardier, est à l\u2019origine de ce qui est devenu, sous l\u2019impulsion de son gendre (Laurent Beaudoin), le célèbre fabricant d\u2019avions régionaux et de matériel de transport ferroviaire, sans oublier les véhicules récréatifs BRP.Ce groupe compte 55 000 employés aujourd\u2019hui.ANTONIO LEMAIRE 1907-1986 Il fonde en 1950 à Drummondville la Drummond Pulp and Fiber, une entreprise de récupération de rebuts.Avec lui, ses ?ls Bernard et Laurent achètent l\u2019usine de papier Kingsey Falls et leur compagnie devient Cascades.Alain se joint ensuite à l\u2019équipe en 1967.Cascades entre en Bourse en 1982.Le groupe compte près de 15 000 employés en Amérique et en Europe.JEAN DUPÉRÉ 1945-2002 Pilier de l\u2019industrie de l\u2019amiante, il a gravi les échelons jusqu\u2019à la présidence de Lac d\u2019Amiante du Québec en 1981.Puis il a agi, de 1986 à 2002, comme président et chef de la direction de la société en commandite LAB Chrysotile.De 1997 à 2001, LAB a investi 77 millions $.SERGE RACINE 1940 - Né à Farnham, cet ex-directeur général de la Ville de Sherbrooke (1972-1977) a enseigné à l\u2019Université de la Floride et à l\u2019UdeS.Il s\u2019installe en 1977 aux commandes de Shermag, qui compte alors cinq employés.Deux ans plus tard, le fabricant de meubles dirige 200 employés, puis 2000 dans seize usines, avec un chiffre d\u2019affaires de 200 millions $ lorsqu\u2019il quitte en 2001.LOUIS LAGASSÉ 1947 - Ce Sherbrookois emploie, dans une dizaine d\u2019entreprises (telles Gexel et Media5), plus de 1200 personnes, dont 950 au Québec et le reste en France et en Allemagne, surtout dans des centres d\u2019appel et des entreprises de fabrication d\u2019équipement de communication.Il a jeté les bases du fabricant de composantes électroniques C-MAC.Merci aux membres de la table ronde : Jean-Pierre Kesteman et Guy Laperrière, historiens à l\u2019Université de Sherbrooke; Michel Harnois, directeur général de la Société d\u2019histoire de Sherbrooke; Albert Bérubé, journaliste à La Tribune.MUSÉE J.ARMAND BOMBARDIER ARCHIVES, LA TRIBUNE ARCHIVES, LA TRIBUNE CASCADES LT 306570 C54 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 54 ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| Créatifs et inventifs, ils sont nombreux à avoir révolutionné le monde à leur façon, parce qu\u2019ils n\u2019ont jamais cru que le problème posé était impossible à résoudre.Voici dix de ces inventeurs marquants de la région, et quelques-unes de leurs innombrables trouvailles.PIERRE-CLAUDE AÏTCIN 1938 - BÉTON HAUTE PERFORMANCE Pour ce professeur émérite de l\u2019Université de Sherbrooke, le béton n\u2019est pas un simple mélange de ciment, d\u2019eau et de granulats.Les recherches du Pr Aïtcin l\u2019ont amené à perfectionner ce matériau millénaire.Ses avancées lui ont permis de contribuer à bâtir le pont de la Confédération, la tour Burj Khalifa à Dubaï et.la passerelle du pont Noir à Sherbrooke.COMPRESSION DES SIGNAUX DE LA PAROLE Cette technologie développée par ces deux chercheurs de l\u2019Université de Sherbrooke est utilisée dans des milliards d\u2019ordinateurs et de téléphones mobiles partout sur la planète.La technologie Acelp permet de compresser la voix à l\u2019aide d\u2019une formule algébrique et est devenue une norme incontournable dans le marché des télécommunications.ET MAHER BOULOS 1942 - PLASMA INDUCTIF Le plasma est le quatrième état de la matière : un gaz chauffé qui devient une bouillie d\u2019atomes et d\u2019électrons aux propriétés particulières.L\u2019intérêt n\u2019est pas que théorique pour ce professeur de l\u2019Université de Sherbrooke devenu entrepreneur.La torche au plasma, qu\u2019il a mise au point, est la première de ses inventions qui lui a permis de passer de la théorie à la pratique.ESTEBAN CHORNET 1949 - ÉNERGIES ALTERNATIVES S\u2019il est aujourd\u2019hui possible de transformer les déchets en énergie, c\u2019est en grande partie grâce aux recherches de ce professeur de l\u2019Université de Sherbrooke converti en entrepreneur.Des usines de gazéi?cation des déchets urbains poussent maintenant un peu partout à travers le monde, contribuant à donner une seconde vie, verte, à de vulgaires résidus devenus ressource.JOSEPH-ARMAND BOMBARDIER 1907-1964 MOTONEIGE Le plus célèbre des inventeurs estriens a consacré sa vie à concevoir un véhicule motorisé individuel pouvant «?otter» sur la neige.Le système de traction barbotin-chenille, mis au point en 1935 par le Valcourtois, a été le premier pas vers le succès.Plusieurs véhicules se sont succédé, jusqu\u2019à la concrétisation du rêve, en 1958.JEAN-PIERRE ADOUL 1943 - CLAUDE LAFLAMME 1953 - LT 306240 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C55 55 REGINALD AUBREY FESSENDEN 1866-1932 RADIODIFFUSION Un an avant que l\u2019illustre Marconi n\u2019y arrive, la voix de Reginald Fessenden a été transmise entre deux tours distantes par un signal sans ?l.C\u2019était la naissance de la radio, en décembre 1900.La veille de Noël 1906, l\u2019inventeur originaire d\u2019Austin a réalisé la première émission de radio.GEORGE FOOTE FOSS 1876-1968 AUTOMOBILE À ESSENCE La Fossmobile fut la première voiture à essence à rouler au Canada.Forte de ses quatre chevaux, unicylindrée, elle pouvait atteindre 15 milles à l\u2019heure et surtout gravir toutes les pentes de Sherbrooke.Le moteur situé à l\u2019avant et l\u2019arbre de transmission monté sur la colonne de direction étaient deux innovations de la voiture de Foss.ROGER LECOMTE 1951 - TOMOGRAPHIE D\u2019ÉMISSION PAR POSITRONS Pour observer l\u2019intérieur du corps en trois dimensions sur un écran, le professeur de l\u2019Université de Sherbrooke a développé un scanner permettant des images d\u2019une telle qualité qu\u2019elles sont utilisées en recherche biomédicale et préclinique.À terme, la technologie pourrait servir au diagnostic de plusieurs pathologies, comme la détection du cancer dès ses débuts.JOSEPH LEMIRE 1870-1953 SIGNAUX LUMINEUX DE PASSAGE À NIVEAU Le vétuste sémaphore indiquant l\u2019approche d\u2019un train à un passage à niveau a été remplacé partout dans le monde par des signaux lumineux automatiques grâce à l\u2019impulsion de cet autodidacte drummondvillois.Joe Lemire fut le premier à utiliser le rail comme conducteur électrique.Le système d\u2019alarme en circuit fermé fait aussi partie de son héritage.FRANCIS HENRY SLEEPER 1862-1937 MACHINERIE INDUSTRIELLE Voilà un autre inventeur qui a multiplié les révolutions.Le Coa- ticookois a conçu toutes sortes de machineries qu\u2019il a mises au point ou améliorées au ?l des ans.Machines-outils, presses à imprimer, instruments électriques.Le Norton jack, un cric qui porte le nom de celui qui a acheté les droits du dispositif, est son invention la plus célèbre.COURTOISIE SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE DRUMMOND Merci aux membres de la table ronde: Bruno Lévesque, responsable de l\u2019information de l\u2019UdeS; Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche de l\u2019UdeS; Pierre-Richard Gaudreault, directeur du Service de la recherche et de la création de l\u2019UdeS; Jean-Pierre Kesterman, historien, et Marianne Dandurand , journaliste à La Tribune. 306695 C56 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 306193 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C57 LT 289597 C58 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 58 Quels sont les dix événements qui ont transformé définitivement la région au cours des 100 dernières années?Des gestes et des idées sans lesquels la région ne serait pas comme on la connaît aujourd\u2019hui?Ces dix moments historiques ont changé à jamais le territoire de La Tribune.||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||| 1915 GRÈVE DES MINEURS DE THETFORD MINES Le 18 octobre, les mineurs déclenchent la grève.Ils obtiennent rapidement d\u2019être payés régulièrement toutes les deux semaines et le droit de dépenser leur paie dans d\u2019autres commerces que ceux détenus par leur employeur.Deux autres con?its feront date au cours du siècle : celui de 1949, à Asbestos et Thetford Mines, sera le prélude à la Révolution tranquille, selon plusieurs historiens; celui de 1975, à Thetford Mines, révélera les risques pour la santé associés à cette exploitation.Cette industrie ne s\u2019en remettra jamais.1936 LA CANADIAN CELANESE DOUBLE SA PRODUCTION À DRUMMONDVILLE Au plus fort de la grande crise qui a suivi le krach de 1929, l\u2019usine de tissage de soie Canadian Celanese de Drummond- ville double sa production pour donner du travail jusqu\u2019à 2500 personnes.Si bien que la région traversera mieux que tout autre cette douloureuse période.Gagnée à cet esprit d\u2019entreprise, Drummondville parviendra à diversi?er son économie et à compenser, par son dynamisme, le ralentissement des activités de Celanese jusqu\u2019à sa fermeture en 1990.1937 INVENTION DU B-7 PAR JOSEPH-ARMAND BOMBARDIER Si des chenilles peuvent faire avancer un char d\u2019assaut dans le sable, pourquoi pas sur la neige?De cette judicieuse intuition du jeune garagiste «patenteux» de Valcourt Joseph-Armand Bombardier naîtra le B-7, la toute première mouture de l\u2019autoneige.La motoneige individuelle fabriquée en série ne verra le jour qu\u2019en 1959 et créera du même coup la première multinationale aux racines régionales.Le Grand Nord québécois et les campagnes du Sud ne seront plus jamais les mêmes.1938 QUÉBEC DEVIENT PROPRIÉTAIRE DU PARC DU MONT-ORFORD La polémique entourant l\u2019avenir du parc du Mont-Orford ne devrait surprendre personne compte tenu de sa naissance dif?cile, au terme de 18 ans d\u2019efforts.D\u2019abord pour convaincre les municipalités et les citoyens à céder leurs droits sur ce vaste espace, mais surtout pour convaincre le gouvernement du Québec à s\u2019en porter acquéreur.Reste que les pèlerins George Austin Bowen et Louis-Arthur Giroux ont laissé un trésor inestimable en assurant l\u2019intégrité de ce magni?que territoire de 40 km2, auquel se sont ajoutés 18 km2 en 1976.1951 OUVERTURE DU CAMP DES JEUNESSES MUSICALES DU CANADA La musique est partout dans la région et c\u2019est un peu à Gilles Lefebvre qu\u2019elle le doit.En 1949, ce violoniste d\u2019exception met sa carrière en veilleuse pour fonder le mouvement des Jeunesses musicales du Canada.Trois ans plus tard, l\u2019organisme établit à Orford son camp d\u2019été mixte, au grand déplaisir du clergé.Devenue le Centre d\u2019arts Or- ford, l\u2019organisation embauche des professeurs de l\u2019étranger et reçoit des élèves de partout, en même temps que les gens de la région s\u2019éprennent de cette musique servie nature.CENTRE D\u2019ARCHIVES DE LA RÉGION DE THETFORD SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE DRUMMOND LT 290431 Une entreprise familiale près de ses clients, Métro Plou?e est heureux de souligner le 100e anniversaire de La Tribune, un média qui travaille pour et avec les gens de sa région.Magog Sherbrooke (Fleurimont) Sherbrooke (Rock Forest) Farnham Bedford Pour et avec les gens de sa communauté Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C59 59 1957 INAUGURATION DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE L\u2019UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Les premiers pas de l\u2019Université de Sherbrooke sur le site de l\u2019ancienne école d\u2019agriculture Noé-Ponton marqueront le destin de cette petite institution aux immenses ambitions bien davantage que sa naissance trois ans auparavant.Avec l\u2019ajout des différentes facultés, dont celle de médecine associée dès sa naissance à un hôpital à la ?ne pointe, l\u2019Université de Sherbrooke deviendra le principal employeur de la région et lui offrira une vitrine inestimable sur le monde.1964 LES FRÈRES LEMAIRE METTENT SUR PIED PAPIERS CASCADES À une époque où la vie d\u2019un journal se terminait au mieux dans le foyer, au pire à la «dump» du coin, trois frères de Drummondville se mettent dans la tête de lui donner une nouvelle vie.Aujourd\u2019hui, l\u2019entreprise vient en tête parmi les récupérateurs au Canada.Avec Domtar, le plus important propriétaire foncier privé de la région, et Kruger, les usines de Cascades ont permis à la région de demeurer un chef de ?le dans le domaine des pâtes et papiers malgré les turbulences que traverse cette industrie à l\u2019échelle mondiale.1965 INAUGURATION DE L\u2019AUTOROUTE DES CANTONS-DE-L\u2019EST Sherbrooke n\u2019est plus qu\u2019à une heure trente de la métropole, qui devient une destination et un marché plus intéressants que jamais.Mais ce sont surtout les Montréalais qui s\u2019enticheront de la région, de ses lacs, ses montagnes, ses rivières et ses vallées en même temps que les Laurentides perdent leur attrait.En 1980, l\u2019achèvement de l\u2019autoroute 55 vers Drummondville, qui deviendra l\u2019autoroute Joseph-Armand-Bombardier, complétera le réseau interurbain.1978 OUVERTURE DE L\u2019OBSERVATOIRE DU MONT-MÉGANTIC Les chercheurs des universités de Laval et Montréal rêvaient d\u2019un endroit d\u2019où ils pourraient scruter le ciel.Ils ont trouvé le mont Mégantic à mi-chemin.Leur volonté de mettre cet outil à la disposition du public allait donner naissance au tourisme scienti?que dans la région, plus encore après l\u2019ajout de l\u2019As- troLAB au pied de la montagne, en 1996.Les scienti?ques pourraient maintenant changer la face de la région la nuit dans leurs efforts pour réduire la pollution lumineuse.Merci aux membres de la table ronde : Marc Bernier, ex-adjoint au recteur de l\u2019Université de Sherbrooke; Jean-Marie Dubois, géographe et professeur émérite de l\u2019Université de Sherbrooke; Guy Laperrière, historien; Serge Denis, journaliste à La Tribune.1956 MISE EN ONDES DE CHLT-TV La télévision, c\u2019était la révolution internet de l\u2019époque.Et la région allait être aux premières loges pour la vivre.Avec son antenne au sommet du mont Orford, CHLT-TV deviendra rapidement un des plus importants diffuseurs du Québec.Des émissions produites dans les studios de Sherbrooke, comme Soirée canadienne, Tonton Bonbon et Avec André Guy, se hisseront au rang des classiques.LOUIS BILODEAU CHLT-TV UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE OBSERVATOIRE DU MONT MÉGANTIC CASCADES LT 306297 ACTEURS D\u2019UNE ÉPOQUE C 60 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 60 Tout le dé?quotidien du journaliste se trouve dans une maxime de Louis-Philippe Robidoux, rédacteur en chef de La Tribune de 1920 à 1956 : «Le journaliste cherche moins à avoir le dernier mot que le bon.» Depuis sa fondation, La Tribune suit l\u2019actualité de la région avec cette règle d\u2019or de la profession.Ses journalistes se font un devoir de couvrir l\u2019actualité avec un respect des opinions les plus diverses.Cependant, malgré toute leur intégrité, ils ne peuvent bien souvent que raconter les événements d\u2019un œil extérieur.Pour ce 100e anniversaire, La Tribune a invité des acteurs d\u2019une époque à nous raconter à leur façon des manchettes d\u2019autrefois. LT L\u2019excellence en tout temps, depuis longtemps ! 2500, rue Sherbrooke Magog 819 843-9883 www.toyotamagog.com TOYOTA MAGOG, FAIRE TOUJOURS MIEUX ! 290448 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C61 61 JIM CORCORAN COLLABORATION SPÉCIALE Juste un peu avant que n\u2019arrive le curieux tsunami planétaire du disco qui a momentanément imposé son uniforme sur le monde de la chanson, le Café du quai de Magog a été complètement détruit par les ?ammes.Ce sinistre nous a permis de garder intact le fabuleux souvenir de cet antre mythique où, soir après soir dans les années 1970, il y avait de décisives rencontres et d\u2019indélébiles découvertes.De nouveaux auteurs-compositeurs et musiciens se présentaient et nous en étions d\u2019heureux preneurs.De nouveaux styles et de nouvelles formes de chansons et de musiques prenaient forme et nous en étions témoins, innocemment convaincus que nous participions à l\u2019origine de quelque chose.J\u2019étais aussi souvent devant la scène que sur la scène à cette époque et toujours habité du même enthousiasme et du même abandon.Les dimensions du Café du quai permettaient que l\u2019auditoire et l\u2019artiste soient toujours présents et attentifs l\u2019un à l\u2019autre.Le Café du quai se devait de brûler et de ne jamais renaître de ses cendres, parce qu\u2019il était, à l\u2019image de l\u2019époque, intensément fertile, libre et brièvement à l\u2019abri de la main mercantile et banali- sante de l\u2019industrie du disque et du showbiz.Richard Pouliot ne pouvait pas imaginer ni l\u2019envergure de sa modeste scène ni la portée des instants magiques qui ont modelé la communauté artistique de l\u2019Estrie et, par ricochet, tout le Québec.Originaire de Sherbrooke, Jim Cor- coran est auteur-compositeur-in- terprète.Il a remporté un Félix en 1990.Il anime une émission consacrée à la musique francophone à la radio de la CBC.Fabuleux souvenirs ARCHIVES LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU Jim Corcoran LT 306637 Depuis 100 ans , La Tribune reste centrée sur une information de qualité, jour après jour.Bravo! C 62 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 62 PIERRETTE MARTINEAU-THÉROUX COLLABORATION SPÉCIALE Mon père va répondre à la porte.Ce sont deux de ses compagnons de travail qui viennent lui dire de ne pas rentrer au travail, la grève a été déclarée hier soir.Mon père leur répond que de toute façon, il ne serait pas rentré «à matin», il s\u2019en va à l\u2019hôpital à Sherbrooke avec sa femme, qui sera opérée pour «le foie»\u2026 Dans sa chambre, ma mère pleure et se jette dans les bras de mon père.«Ça fait mal\u2026 ça fait très mal\u2026» Dans les mois qui suivent, mon père joue le rôle de «servante».Il porte le tablier de maman, fait la cuisine, le lavage et passe le balai.De temps en temps, les gars de la «shop» viennent le voir et l\u2019encouragent à ne pas rentrer à la compagnie.Le cousin de mon père, demeurant sur le chemin de Saint-Georges, vient lui aussi pour l\u2019encourager.Il ouvre son journal Le Devoir et lui montre les articles du journal qui parlent de ce con?it de travail.Il parle fort et répète toujours le même discours.J\u2019en avais presque peur.Un oncle vient de la campagne et recommande à mon père de rentrer travailler.Au moins, lui il est assuré d\u2019avoir un salaire, tandis que sur les fermes, c\u2019est moins sûr\u2026 Plus les semaines avancent, plus mon père est inquiet.Il gruge sur ses économies pour payer le compte d\u2019hôpital et nous faire manger.Le dimanche soir, on a droit à la soupe au pain.Il se décide à aller chercher de la nourriture avec mes frères et rapporte quelques sacs qu\u2019il dépose dans la petite voiture à quatre roues.C\u2019est très «vivant» dans ma mémoire, cette scène-là.Je suis en quatrième année au couvent des sœurs de la Congrégation Notre-Dame.Dans la classe, notre enseignante, Mlle Angélina Goudreau, nous répète qu\u2019il ne faut pas parler de la grève entre nous.Elle ne veut pas de «chicane» dans la classe.Et pendant les journées de l\u2019émeute, les 5 et 6 mai, elle prend bien soin de s\u2019assurer que nous avons compris les consignes : s\u2019en aller tout de suite chez nous, marcher deux par deux sur le trottoir, ne parler à personne.Et le soir, c\u2019est le mois de Marie.Nous allons à l\u2019église Saint-Aimé avec notre costume bleu, notre blouse blanche, sans oublier le béret.Au retour, on se retrouve quelques petites ?lles de la rue, on se balance et on chante les chansons des grévistes : «Les bootleggers sont des grosses poires, vive le syndicat! Qui courent les femmes et aiment à voir, vive le syndicat\u2026» On ne savait même pas ce qu\u2019était un bootlegger, mais on savait qu\u2019on parlait de la PP (police provinciale) dans ces chansons.Nous sommes au début de septembre.Mon père n\u2019a pas encore reçu son avis de retour au travail et la grève est réglée depuis le 1er juillet.Beaucoup d\u2019inquiétude dans la maison\u2026 Mon père songe à s\u2019acheter une ferme.Il en a visité une à Melbourne.Maman ne veut pas.Soulagement.Mon père reçoit en?n son avis de recommencer à travailler à la C.J.M.dans le même département.Il était un manœuvre à la «machine shop».Nous, les ?lles, on disait à nos frères que plus tard, ils ne devraient pas marier une ?lle de «scab», sinon on ne leur parlerait plus\u2026 C\u2019était en 1949.Chez nous, aucun de mes frères n\u2019a franchi l\u2019interdit\u2026 Pierrette Martineau-Théroux est présidente de la Société d\u2019histoire d\u2019Asbestos.Au matin du 14 février 1949\u2026 COLLECTION PERSONNELLE DE PIERRETTE MARTINEAU-THÉROUX Wilbrod Martineau devant les boilers de la manufacture de la mine Jeffrey d\u2019Asbestos.Ces chaudières procuraient la vapeur pour la fabrication de papier de recouvrement auquel on ajoutait de l\u2019amiante, soit pour le bardeau à couverture ou les isolants pour les tuyaux d\u2019eau chaude ou de vapeur.M.Martineau y travailla de 1937 à 1947.Ensuite, il fut transféré à la machine shop jusqu\u2019à sa retraite en 1965. LT 305832 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C63 63 ESTELLE CHAMBERLAND-GOBEIL COLLABORATION SPÉCIALE En 1960, Jean Lesage, chef du parti libéral du Québec, devient le premier ministre du Québec.Le système scolaire à cette époque est géré par le département de l\u2019Instruction publique.À sa tête se trouvent le surintendant et des inspecteurs d\u2019écoles qui voient au bon fonctionnement de celles-ci dans les villes et les villages.Comme la population rurale détient le record de familles nombreuses, c\u2019est-à-dire 5, 10, 15, 18 et même 20 enfants, presque chaque rang possède son école.L\u2019institutrice doit assumer l\u2019enseignement aux enfants de la première à la septième année inclusivement.Il n\u2019y a pas de transport organisé, les enfants marchent beau temps, mauvais temps, et certains parents transportent leurs enfants.Pour leur part, les commissaires d\u2019écoles doivent voir à l\u2019entretien des bâtiments et aux achats du matériel scolaire, avec la collaboration des institutrices et des instituteurs.Au mois de mars 1961, Jean Lesage institue une Commission d\u2019enquête sur l\u2019éducation présidée par Mgr Al- phonse-Marie Parent, accompagné, entre autres, de Gérard Fillion, ancien directeur du Devoir, de la philosophe et religieuse Ghislaine Roquet et du sociologue Guy Durocher.La Commission proposait un programme de 25 ans.L\u2019opération a tourné en chambardement.Les réunions de parents, de citoyens, de commissaires d\u2019écoles se sont multipliées et ont été parfois très orageuses.Ce sont les technocrates du ministre qui ont décidé d\u2019imposer leur concept plutôt que d\u2019adapter l\u2019école à l\u2019évolution de la société avec une vision d\u2019avenir.Dès la ?n de 1964, le nouveau ministère de l\u2019Éducation lance l\u2019«Opération 55», qui prévoit un réseau de 55 commissions scolaires régionales catholiques pour l\u2019enseignement secondaire.Les écoles primaires demeurent sous la responsabilité des commissions scolaires locales.Entre 1964 et 1969, on avait créé les polyvalentes, les cégeps, l\u2019Université du Québec, le regroupement des commissions scolaires; l\u2019inspection des écoles est abolie, les collèges classiques de même que les écoles techniques et commerciales sont fermés, les enseignants, spécialisés en vitesse et syndiqués.La voix des parents n\u2019a pas eu d\u2019écho auprès des technocrates.Combien d\u2019enfants ont payé de leur santé et de leur avenir ces changements brusques, sans aucune considération pour les fatigues causées par les longues heures de transport et le mauvais état des routes dans le milieu rural, où les chemins de terre ou de gravier étaient la dure réalité.En résumé, on a décidé d\u2019effacer «le passé» sans discernement.Celles et ceux qui ont essayé et qui continuent encore aujourd\u2019hui de mettre une âme dans ce système de structurite méritent toute notre reconnaissance.Puisse l\u2019école de nos enfants être un lieu d\u2019apprentissage du savoir et de l\u2019art de vivre a?n que la qualité de vie et l\u2019espérance soient l\u2019héritage d\u2019une société en quête de justice et de paix.Originaire de Windsor, Estelle Chamberland-Gobeil est présidente des commissions scolaires du Québec en 1981 et 1982.Le Centre des femmes de Montréal lui a remis le prix Simonne-Mo- net-Chartrand en 2001.FONDS JACQUES DARCHE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE En juillet 1961, des membres du Crédit social dé?lent devant l\u2019église Sainte-Jeanne-d\u2019Arc pour protester contre la réforme scolaire.La réforme scolaire LT Les clients avisés lisent toujours les petits caractères.\u2020 Les caractéristiques énumérées sont offertes de série sur la Lancer SE 2010 et Outlander XLS S-AW C 2010.Les ?ches techniques, les équipements et les options sont indiqués sur la base des renseignements les plus récents, disponibles au moment de l\u2019impression, et sont sujets à changement sans avis préalable.Le véhicule peut différer de l\u2019illustration./¥ Pour toutes les offres de ?nancement à l\u2019achat, le client doit signer le contrat et prendre livraison du véhicule chez le concessionnaire le 1 mars 2010 au plus tard.Les offres sont proposées uniquement chez les concessionnaires participants, aux clients de détail admissibles au Canada et sur approbation de crédit.Demandez tous les détails aux concessionnaires participants.Offre de ?nancement à l\u2019achat à un TAP de 0 % disponible par l\u2019entremise de la Banque Scotia et de la Banque de Montréal pendant une période d\u2019un maximum de 60 mois sur tous les modèles neufs de Lancer DE et SE 2010 et d\u2019un maximum de 48 mois sur les modèles Lancer GTS 2010 et Outlander 2010 (à l\u2019exception des modèles Lancer Ralliart et Lancer Evolution).Exemple de ?nancement : un modèle Lancer DE 2010 (CL41-A C05)/2010 Outlander ES 2W D (CO45-A C04) avec un PDSF de 16 998 $/25 498 $ ?nancés à un TAP de 0 % pendant 60/48 mois.La mensualité est de 284 $/532 $; le coût de l\u2019emprunt est de 0 $; et l\u2019obligation totale est de 16 998 $/25 498 $.Les taxes et les frais de transport (jusqu\u2019à un maximum de 1 350 $ pour les modèles Lancer et 1 450 $ pour les modèles Outlander), les assurances, l\u2019immatriculation, les frais d\u2019administration et de documentation et des frais de recherche en vertu de la Loi sur les sûretés mobilières d\u2019un maximum de 75 $ ne sont pas inclus.Modèle Lancer GTS 2010/Outlander XLS S-AW C 2010 illustré avec un PDSF de 23 598 $/34 498 $.¥ Aucun paiement pendant 90 jours.L\u2019offre de ?nancement à l\u2019achat s\u2019applique sur les modèles Mitsubishi neufs 2010 par l\u2019entremise de la Banque Scotia et de la Banque de Montréal.Aucun intérêt (s\u2019il y a lieu) ne sera accumulé au cours des 60 premiers jours suivant la date de signature par l\u2019acheteur du contrat de vente d\u2019un véhicule admissible.Après cette période, les intérêts (s\u2019il y a lieu) commenceront à s\u2019accumuler et l\u2019acheteur remboursera le capital et les intérêts (s\u2019il y a lieu) s\u2019y rapportant sur une base mensuelle pour la durée du contrat.* Selon la première éventualité.Entretien routinier non inclus.Rendez visite à votre concessionnaire ou visitez mitsubishi-motors.ca pour obtenir tous les détails concernant la garantie.Les clients ne sont pas tous admissibles.** L\u2019af?rmation « Les véhicules les mieux protégés au monde » ne concerne pas les modèles de la Lancer Evolution et de la Lancer Ralliart.Rendez visite à votre concessionnaire ou visitez mitsubishi-motors.ca pour obtenir tous les détails concernant le Programme Avantages Études.® MITSUBISHI MOTORS, LES VÉHICULES LES MIEUX PROTÉGÉS AU MONDE sont des marques de commerce déposées de Mitsubishi Motors North America, Inc.et sont utilisées sous licence.Sherbrooke MITSUBISHI 969,rue Haut-Bois, Sherbrooke 819 346-8222 sherbrookemitsubishi.ca mitsubishi-motors.ca OUTLANDER XLS S-AWC 2010 Caractéristiques de série\u2020: Moteur V6 de 3,0 L, produisant 230 ch Boîte automatique Sportronic® à 6 vitesses avec palettes sur le volant Super contrôle intégral avec différentiel avant actif Sièges en cuir Toit ouvrant électrique PENDANT UN MAXIMUM DE 48 MOIS À L\u2019ACHAT FINANCÉ 0% DE MODÈLES OUTLANDER LANCER SE 2010 Caractéristiques de série\u2020: Un moteur écoénergétique de 2,0 L à 4 cylindres, produisant 152 ch Des jantes en alliage de 16 po Des glaces et des rétroviseurs à commandes électriques et le télédéverrouillage Le régulateur de vitesse Un climatiseur PENDANT UN MAXIMUM DE 60 MOIS À L\u2019ACHAT FINANCÉ 0% DE CERTAINS MODÈLES LANCER 90 JOURS AUCUN PAIEMENT PENDANT SUR TOUS LES MODÈLES 2010¥ .e c n e c i l s u o s s e é s i l i t u t n o s t e .c n I , a c i r e m A h s.e d u t É s e g a t n a v A e m m a r g o r P e l t n a n r e c n o c s l s e l è d o m s e l s a p e n r e c n o c e n » e d n o m u a s a c .s r o t o m - i h s bi u s t i m ez t i s vi u o e r i a n n o i s s e c n o c e r t o s e l t e l a t i p a c e l a r e s r u o b m e r r u e t e h c a \u2019 l t e r e l u m u c c a \u2019 s 0 6 s e d s r u o c u a é l u m u c c a a r e s e n ) u e i l a y l i \u2019 s ( t ê r é 0 9 t n a d n e p t n e m e i a p n u c u A ¥ .$ 8 9 4 4 3 / $ 8 9 5 3 2 e e h rc e h c e r e d s i a r f s e d t e n o i t a t n e um c o d e d t e n o i t a r t e d s i a r f s e l t e s e x a t s e L .$ 8 9 4 5 2 / $ 8 9 9 6 1 e d t s e F S D P n u ec v a ) 4 0 C A - 5 4 O C ( D W 2 S E r e d n a l t u O 0 1 0 r e nc a L s e l è d mo s e l r u s s i mo 8 4 e d m u m i x ma n u \u2019 d t r a p e l b i n o p s i d % 0 e d P A T TA n u à t a h c a \u2019 l à t n e m e c n a s e r i a n n o i s s e c n o c s e l z e h c t n e m e u q i n u s e é s o p o r p t n s e l s e t u o t r u o P ¥ / / .n o i t a r t s u l l i \u2019 l e d r e r é f f i d t u e p e l u c s n o i t p o s e l t e s t n e m e p i u q é s e l , s e u q i n h c e t s e h c ?s e L h t r o N s r o t o M i h s i b u s t i M e d s e é s o p é d e c r e m m o c e i a t é d s e l s u o t r i n e t b o r u o p a c s.r o t o m - i h s i b u s t i m z s é g é t o r p x u e i m s e l s e l u c i h é v s e L « n o i t a m r ?f a \u2019 L L\u2019 * o v à e t i s vi ez d n e R .s u l c n i n o n r e i n i t u o r n e i t e r t n E .é t i l a u t n s à t n o r e c n e m m o c ) u e i l a y l i \u2019 s ( s t ê r é t n i s e l , e d o i r é p e t t e c é t n i n u c u A .l a é tr n o M e d e u q n a B a l e d t e a i t o c S e u q n a B e d F S D P n u c e v a é r t s u l l i 0 1 0 2 C W A - S S L X r e d n a l t u O / 0 1 0 t s i n i dm a \u2019 d s i a r f s e l , n o i t a l u c i r t a m m i \u2019 l , s e c an sur s a s e l , ) e e l a t o t n o i t a g i l b o \u2019 l t e ; $ 0 e d t s e t n u r p m e \u2019 l e d t û o c e l ; $ 0 2 / ) 5 0 C A - 1 4 L C ( 0 1 0 2 E D r e c n a L e l è d o m n u : t n e m e c n et 0 1 0 2 E S t e E D r e nc a L e d s f u e n s e l è d mo s e l us o t r u s s n ?e d e r f f O s.t n a p i c i t r a p s e r i a n n o i s s e c n o c x u a s l i a t é d n o s s e r f f o s e L .d r a t s u l p u a 0 1 0 2 s r a m 1 e l e r i a n n o i s s e c i h é v e L .e l b a l a é r p s i v a s n a s t n e m e g n a h c à s t e j u s t n o s L .0 1 0 2 C W A - S S L X r e d n a l t u O t e 0 1 0 2 E S r e c n a L a l r u s e e d s e u q r a m s e d t n o s E D N O M U A S É G É T O R P X U E z e t i s i v u o e r i a n n o i s s e c n o c e r t o v à e t i s i v z e d n e R .* s.e l b i s s i m d a s u o t s a p t n o s e n s t n e i l c s e L .e i t n a n e v é e r è i m e r p a l n o l e S * .t ra t n o c u d e é r u d a l r u o p e l l e u s c s è r p A .e l b i s s i m d a e l u c i h é v n u \u2019 d e t n e v e d t a r t n o c u d r u e a l e d e s i m e tr n e \u2019 l r a p 0 1 0 2 s f u e n i h s i b u s t i M s e l è d o m s e 0 2 S T G r e c n a L e l è d o M su l c n i s a p t n o s e n $ 5 7 e d m u m r e d an l t u O s e l è d o m s e l ur o p $ 0 5 4 1 t e r e c an L s e l è d o m $ 2 3 5 / $ 4 8 2 e d t s e é t i l a u s n e m a L s.i o m 8 4 / 0 6 t n a d n e a n ?e d e l p m e x E .) n o i t u l o v E r e c n a L t e t r a i l l a R r e c n a L es l s i mo 0 6 e d m u m i x ma n u \u2019 d e d o i r é p e n u t n da n e p l a é r t on d s e l s u o t z e d n a m e D .t i d é r c e d n o i t a b o r p p a r u s t e a d a n e c n o c e l z e h c e l u c i h é v u d n o s i a r v i l e r d n e r p t e t a r t n o c e s t e , n o i s s e r p m i \u2019 l e d t n e m o m u a s e l b i n o p s i d , s t n e c é r s u i r é s e d s e t r e f f o t n o s s e é r é m u n é s e u q i t s i r é t c a r a c s e L \u2020 .s I M S E L S E L U C I H É V S E L , S R O T O M I H S I B U S T I M ® t r a i l l a R r e c n a L a l e d t e n o i t u l o v E r e c n a L a l e d a r a g a l t n a n r e c n o c s l i a t é d s e l s u o t r i n e t b o r u o p n e m e s a b e n u r u s t n a t r o p p ra y \u2019 s ) u e i l a y l i \u2019 s ( s t ê r é t n i e t e h c a \u2019 l r a p e r u t a n g i s e d e t a d a l t n a v i u s s r u o j s r e i m e r p e l r u s e u q i l p p a \u2019 s t a h c a \u2019 l à t n e m e c n a n ?e d e r f f o \u2019 L L\u2019 .s r u o j i x a m n u \u2019 d s e r è i l i b o m s é t e r û s s e l r u s i o L a l e d u t r e v n e s e l ur o p $ 0 5 3 1 e d mum xi a m un à \u2019 qu s u j ( t r o p s an r t e p % 0 e d P A T TA n u à s é c n a n ?$ 8 9 4 5 2 / $ 8 9 9 6 1 e d l è d o m es d n o i t p e c x e \u2019 l à ( 0 1 0 2 r e d n a l t u O t e 0 1 0 2 S T G M e d e u q n a B a l e d et a i t o c S e u q n a B a l e d e s i m e r t n e \u2019 l n a C u a s e l b i s s i m d a l i a t é d e d s t n e i l c x u a , s t n a p i c i t r a p e l r e n g i s t i o d t n e i l c e l , t a h c a \u2019 l à t n e m e c n a n ?e d s e r f f o u l p s e l s t n e m e n g i e s n e r s e d e s a b a l r u s s é u q i d n i t n o s s e r è t c a r a c s t i t e p s e l s r u o j u o t t n e s i l s é s i v a s t n e i l c s e L 291334 C 64 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 64 GEORGES GUILBAULT COLLABORATION SPÉCIALE À l\u2019assemblée de la Ligue américaine de hockey en été 1981, John Ferguson se tourne vers son ami Harry Sinden et lui demande à brûle-pourpoint : la franchise des Braves de Boston est-elle à vendre?Je ne m\u2019y attendais pas du tout.La semaine précédente, lui et moi étions en voyage de pêche dans le nord du Québec à l\u2019invitation de mon patron, Léopold Drolet, président et propriétaire de Sher-Wood.Dans un souper bien arrosé, nous avions parlé tous les trois d\u2019instaurer du hockey professionnel à Sherbrooke.Nous espérions que Fergie nous ouvre quelques portes.Nous avions gardé contact avec lui, (il était alors directeur général des Jets de Winnipeg) depuis qu\u2019il avait repêché Jimmy Mann en première ronde du repêchage de 1979.Mais il ne m\u2019avait pas prévenu qu\u2019il interpellerait ainsi le dg des Bruins! Je ne suis pas prêt! Mais le soir même, après quelques scotchs, Harry Sinden offre aux Jets la franchise de la LAH des Bruins, inactive depuis 1974.Et Ferguson me propose d\u2019installer l\u2019équipe à Sherbrooke.À l\u2019époque, j\u2019étais propriétaire majoritaire des Castors juniors et locataire d\u2019un Palais des sports vide.L\u2019équipe avait du succès sur la glace, mais les amateurs désabusés se désintéressaient d\u2019un hockey dilué.La LNH et l\u2019AMH vidaient les équipes juniors en s\u2019arrachant leurs meilleurs joueurs.Rick Vaive avait soulevé les amateurs avec 76 buts en 68 matchs en 1977-1978.Il aurait pu demeurer à Sherbrooke encore deux ans, mais les Bulls de Birmingham l\u2019avaient gardé avec eux alors qu\u2019il avait à peine 18 ans.Il fallait nous aussi offrir du hockey professionnel.Au retour, je réunis une dizaine d\u2019hommes d\u2019affaires intéressés par l\u2019aventure.Je trouve rapidement preneur à Saint-Jean pour la franchise des Castors, puis la saison suivante, c\u2019est la naissance des Jets de Sherbrooke! Une épopée palpitante, mais ruineuse.Après trois saisons, Francine Bissonnette (ma conjointe et trésorière de l\u2019équipe) nous prévient : vous allez perdre une tonne d\u2019argent.L\u2019aventure risque de tourner court.Le hockey est surtout une affaire de relations.Pour nous donner un coup de main, Fergie fait appel à un ancien coéquipier.Serge Savard doit déménager le club-école du Canadien, alors situé à Halifax, c\u2019est-à- dire à l\u2019autre bout du territoire de la Ligue américaine.Les coûts d\u2019exploitation sont trop élevés.Avec son Palais des sports, l\u2019un des plus beaux arénas du genre selon moi, Sherbrooke convient mieux à la LAH.Les vieilles amitiés entre Ferguson et Savard, ainsi qu\u2019avec l\u2019en- traîneur-chef Jacques Lemaire et Une question inattendue ARCHIVES, LA TRIBUNE Georges Guilbault derrière le banc des Jets de Sherbrooke en 1984.le recruteur-chef André Boudrias, font que l\u2019affaire se règle rapidement.L\u2019équipe devient les Canadiens de Sherbrooke, champions de la coupe Calder l\u2019année suivante.Tout avait commencé avec une question inattendue à Harry Sinden.Ancien joueur professionnel, Georges Guilbault fut propriétaire des Castors juniors de Sherbrooke et des Jets de Sherbrooke, devenus les Canadiens de Sherbrooke. LT 306353 Félicitations à La Tribune pour son 100e anniversaire! 306508 « Lac-Mégantic, dotée d\u2019une nature généreuse et spectaculaire, vous offre une quiétude qui incite au ressourcement, un lac et des horizons montagneux en pleine ville et des gens qui ont le sens de l\u2019hospitalité.Lac-Mégantic est une ville près de sa communauté et de ses partenaires d\u2019affaires.Voilà pourquoi elle tient à féliciter La Tribune pour ses 100 ans au coeur de la collectivité.» Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C65 65 FRANÇOIS ROBERT COLLABORATION SPÉCIALE Mille neuf cent soixante quatorze, c\u2019était l\u2019année d\u2019une éphéméride tranquille.Robert Bourassa ne se doutait pas de l\u2019imminence de la victoire du Parti québécois et Pierre Elliott Trudeau avait le vent d\u2019Ottawa dans les voiles.À Sherbrooke, le maire Jacques O\u2019Bready venait d\u2019être élu et voulait revitaliser le centre de sa ville et y régénérer les activités culturelles.Les sportifs vibraient aux exploits du Canadien, mais aussi à la nouvelle aventure des Castors de Sherbrooke, qui entamaient une saison peu ordinaire en annonçant, en grande première au Canada, leur projet de résidence privée pour les joueurs : la Hutte.Les Castors, c\u2019était une équipe qui arrivait à maturité professionnelle et qui était bien encadrée par des dirigeants innovateurs avec un modèle d\u2019affaires et de marketing jamais vu pour du hockey junior, grâce notamment à Georges Guilbault, héros local et homme d\u2019affaires.Les Castors formaient une fabuleuse équipe qui leur a permis de gagner le championnat de la ligue et de se rendre à la coupe Memorial cette année-là.De gagner aussi un match épique contre l\u2019équipe soviétique qui venait tout juste de remporter le championnat mondial junior.C\u2019était dans un Palais des sports plein à craquer, où même les marches avaient été vendues pour asseoir les partisans trop nombreux.Les Castors avaient écrasé les «méchants» Russes 7-0.Mais comme dans un scénario hollywoodien, le destin devait signer un triste chapitre.Le 24 novembre 1974, en route vers Chi- coutimi, l\u2019autobus transportant les joueurs fait une embardée.Nous sommes en ?n d\u2019après- midi, la noirceur est tombée.Une légère pluie se change en neige, laissant de la gadoue sur la route, qui amorce une pente descendante à quelque 50 kilomètres de Chicoutimi.Dans l\u2019autobus, presque tout le monde dort.Par précaution, le chauffeur veut ralentir et applique les freins.Le mastodonte glisse et fait un tête-à-queue, frappe l\u2019accotement, qui le stoppe de façon tellement brusque que l\u2019autobus fait un tonneau et aboutit dans un fossé.Un accident sur la route de Chicoutimi FONDS DE LA VILLE DE SHERBROOKE, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE L\u2019équipe des Castors de Sherbrooke, en 1974-1975, a remporté le championnat de la ligue.Pour sortir de l\u2019amas de ferraille, nous empruntons la grande fenêtre arrière qui, maintenant à la verticale, fait of?ce de porte.Scène désolante que celle d\u2019un accident, on voit et on entend la peur.L\u2019image cauchemardesque qui apparaît est toujours très présente après toutes ces années.C\u2019est la même image que gardent mes coéquipiers.Je ne l\u2019ai pas oubliée.Eux non plus.Quand on me demande de raconter, à chaque date anniversaire, je nous revois, hébétés, cherchant l\u2019espoir autour d\u2019une carcasse d\u2019autobus.J\u2019entends le sif?ement du système hydraulique qui fuit, dans la noirceur.C\u2019est la vie qui se dérobe.Non, je n\u2019ai pas oublié Gaétan Paradis.François Robert est aujourd\u2019hui journaliste à Ruefrontenac.com.Il a écrit un livre sur la saison 1974- 1975 des Castors de Sherbrooke. LT 306383 C 66 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 66 DENIS MESSIER COLLABORATION SPÉCIALE Mon nom n\u2019apparaît à aucun endroit sur la coupe Allan, emblème du championnat senior canadien.Mais j\u2019étais là, présent à chaque étape des batailles livrées par les Castors de Georges Roy en 1965, les Aigles de Drummondville d\u2019Oscar Aubuchon en 1967 et les Tigres de Victoriaville de Lou Poliquin en 1968.De ces conquêtes, j\u2019ai gardé un lot d\u2019anecdotes, de secrets et de faits cocasses.Sans oublier les célébrations au vestiaire! LE MOUCHOIR ROUGE DE DINO! La scène se passe en avril 1965.Le directeur général des Castors, Georges Roy, ajoute à l\u2019alignement Dino Mascotto en vertu d\u2019une règle de l\u2019ACHA pour les équipes de la coupe Allan.Le porte-couleurs des Gaulois de Saint-Hyacinthe s\u2019avère non seulement un gars robuste, il jouit également d\u2019une grande popularité dans toute la Ligue provinciale senior du Québec.Dino s\u2019amène donc chez les Castors à la grande joie des partisans.mais sans son fameux mouchoir rouge dans sa poche arrière, la marque de commerce du robuste défenseur.Au premier match, Sherbrooke subit une défaite de 4-2 contre les Rangers de New Glasgow, champions senior des Maritimes.Au pas de course, Mascotto part aussitôt à la rencontre de Gaston «Doc» Plouffe, le préposé à l\u2019équipement de Sherbrooke, et il insiste pour qu\u2019il fabrique une poche arrière à sa culotte de hockey.Il en a besoin pour y mettre son mouchoir rouge.La poche fut apposée sur-le- champ.et les Castors de Sherbrooke ont ?lé vers la conquête de la coupe Allan sans aucune autre défaite dans les séries, les clubs Kingston, Woodstock et Nelson passant dans le tordeur! Trois ans plus tard, par un beau lundi de printemps, décalage horaire de deux heures dans le corps, sans ordinateur portable comme aujourd\u2019hui, me voilà à Winnipeg avec les Tigres de Victoriaville.Comme l\u2019équipe de Lou Poliquin mène 3-1 contre les Mohawks de Saint-Boniface, elle pourrait boucler la série\u2026 très tard en soirée, heure du Québec.Quoi faire?Au journal, pas question de retarder l\u2019impression pour «attendre» les Tigres.Après deux années d\u2019une conquête de la coupe Allan, un gars est capable de se J\u2019étais là ARCHIVES, LA TRIBUNE Ron Racette (au centre) en tête, les Aigles de Drummondville ont mis la main sur le championnat canadien de hockey senior en 1967.revirer de bord.Donc, au diable le beau soleil, ma place est dans ma chambre d\u2019hôtel à la préparation de textes qui ne seront peut-être bien jamais publiés advenant une défaite.Un p\u2019tit édito sur le coach Lou Po- liquin et la saison! Un autre p\u2019tit papier avec le vétéran Andy Payette, cerbère emprunté par les Tigres, qui va vivre une première coupe Allan! Les vétérans Andy Bes- sette, Pierre Potvin et compagnie, ayant une dernière chance de gagner la coupe Allan, ça valait aussi un papier.À l\u2019exception du pointage ?nal du cinquième match et les marqueurs, tout était sur papier.En route vers l\u2019aréna Saint- James de Winnipeg, je n\u2019ai pas osé dire ça au coach Lou Poliquin, lui qui était dans sa bulle.Ça aurait été la ?n de nos relations! Victoriaville a gagné le match 2-0 et la série 4-1 pour ainsi devenir la première équipe de l\u2019Est à ravir la coupe Allan en territoire de l\u2019Ouest.À la course, je saute dans un taxi en route pour la gare de Winnipeg où un télégraphiste m\u2019attendait.Il a transmis les textes à La Tribune.et le lendemain matin, la section des sports est tapissée de mes articles! Denis Messier a été journaliste à La Tribune de 1963 à 2005.Il a dirigé la section des sports pendant une trentaine d\u2019années. LT 306605 306617 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C67 67 ANDRÉ LAROCQUE COLLABORATION SPÉCIALE C\u2019était en mai 2002.Je venais d\u2019annoncer mon intention de quitter mes fonctions de directeur général à Télé 7 pour relever «de nouveaux dé?s», sans trop savoir lesquels.Et puis, un matin de printemps, j\u2019ai reçu un appel de Marc Bernier, nouveau retraité de l\u2019Université de Sherbrooke et amant de l\u2019athlétisme devant l\u2019éternel.Marc m\u2019a alors proposé de joindre les rangs de l\u2019organisation des Mondiaux Jeunesse 2003, un Championnat d\u2019athlétisme sanctionné par l\u2019IAAF.«Et pourquoi pas?» me suis-je dit après ré?exion.De mettre l\u2019épaule à la roue pour présenter à Sherbrooke un événement d\u2019envergure internationale constituait à mes yeux tout un dé?.De le faire avec succès m\u2019animait au plus haut point, d\u2019autant que je pouvais mettre à pro?t mon expérience en communications dans le cadre d\u2019un projet mobilisateur pour la région.J\u2019ignorais cependant à quel point je serais aspiré par un véritable tourbillon où chaque minute devait compter jusqu\u2019à l\u2019échéance ultime de juillet 2003.La somme de boulot à abattre en quelques mois devait s\u2019avérer colossale.Nous devions compléter la composition du comité organisateur, embaucher et former le personnel, négocier avec les nombreuses instances locales, régionales, nationales et internationales engagées dans le dossier, recruter des commanditaires et promouvoir un événement qui n\u2019avait jamais été présenté en Amérique du Nord.De la folie.De la pure folie.Mais quelle effervescence pendant cette période d\u2019une rare intensité! En quelques mois, des dizaines de personnes avaient été embauchées au sein du comité organisateur.Une véritable PME est venue au monde, s\u2019est développée, a accompli sa mission et a disparu en l\u2019espace d\u2019un an et demi.Quelle frénésie! Et je me souviendrai toujours de cette journée, en automne 2002, quand Raymond Tardif, alors pré- sident-éditeur de La Tribune, avait accepté d\u2019ouvrir toutes grandes les pages du journal pour faire la promotion des Mondiaux Jeunesse.Sans cet appui de taille, jamais n\u2019aurions-nous pu recruter autant de commanditaires et leur offrir une aussi bonne visibilité.Mon dé?à titre de directeur général adjoint responsable des communications et du marketing était simple : faire connaître un événement inconnu et faire rayonner Sherbrooke.Nous avons donc multiplié les conférences de presse, les activités de ?nancement et les campagnes de sensibilisation.Mais Pourquoi pas ?malgré la bonne couverture de presse, nous avions souvent l\u2019impression que nos efforts étaient insuf?sants et que les Estriens ne réalisaient pas l\u2019ampleur de l\u2019événement à venir.Et puis, tout d\u2019un coup, environ deux semaines avant la date fatidique, un déclic s\u2019est produit et les gens ont réalisé que le monde arrivait à Sherbrooke.Le 9 juillet 2003, le soir des cérémonies d\u2019ouverture des Mondiaux Jeunesse, alors que les spectateurs étaient massés dans le nouveau stade d\u2019athlétisme construit pour l\u2019occasion, et que le soleil se couchait sur le mont Orford, un frisson m\u2019a parcouru l\u2019échine.Quand j\u2019ai vu tant de gens pleurer de joie et de ?erté en voyant dé?ler chez eux 1500 athlètes de 165 pays, je me suis dit : « Mission accomplie.» Le comité organisateur a certes joué un rôle important dans le succès de cet événement sportif.Mais l\u2019apport des quelque 3000 bénévoles a assurément fait des Mondiaux Jeunesse un événement inscrit à tout jamais dans l\u2019histoire de Sherbrooke.Cette expérience marquante m\u2019a permis de rencontrer des gens d\u2019exception qui, chacun à sa façon, ont consolidé cette expertise et cette image de marque qui ont permis à Sherbrooke de décrocher la présentation des Jeux du Canada en 2013.Je suis ?er d\u2019avoir fait ma part.André Larocque est rédacteur en chef du Droit d\u2019Ottawa.ARCHIVES LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU La Canadienne Nikita Holder au 100 mètres haies. LT 306561 * Nous payons pour vous l\u2019équivalent de la TPS et de la TVQ.** Si vous optez pour le programme de paiements différés (applicable à partir d\u2019un achat de 150 $ et plus), les 2 taxes sont payables à l\u2019achat.Sous réserve de l\u2019approbation du crédit.La promotion des 2 taxes et/ou 36 versements est applicable seulement sur les appareils d\u2019exercice (à l\u2019exception du AB KING PRO et des accessoires d\u2019entraînement) et à l\u2019achat des tables de billard.Voir détails en magasin.Ces promotions ne peuvent pas être jumelées à aucune autre promotion et son valables jusqu\u2019au 28 février 2010 ou jusqu\u2019à épuisement des stocks.Les produits et promotion peuvent varier d\u2019un magasin à l\u2019autre et ne sont pas applicables dans les Centre de liquidation, voir détails en magasin.Photos à titre d\u2019illustration seulement.Malgré le soin apporté lors de l\u2019impression de cette annonce, certaines erreurs ont pu s\u2019y glisser.Si tel es le cas, nous vous en ferons part dans nos succursales.www.clubpiscinesherbrooke.ca Lundi au mercredi de 9h à 17h Jeudi et vendredi de 9h à 18h Samedi de 9h à 17h Dimanche de 11h à 16h 4275, boul.Bourque, Sherbrooke 819 822-2582 C 68 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 68 JEAN GOULET COLLABORATION SPÉCIALE J\u2019ai eu le privilège exceptionnel de vivre un peu l\u2019histoire, sans le savoir bien sûr, en compagnie de mon grand-oncle Maurice O\u2019Bready.Professeur de philosophie et d\u2019histoire au Séminaire de Sherbrooke, musicien et musicologue, Mgr O\u2019Brea- dy était le premier secrétaire général de l\u2019Université de Sherbrooke.J\u2019avais 10 ans en 1959 lorsqu\u2019il m\u2019a emmené visiter les terres acquises quelques années plus tôt au pied du mont Bellevue.Arpentant avec moi la cité universitaire encore embryonnaire, il m\u2019a décrit comment il en voyait l\u2019avenir.Il n\u2019y avait à peu près pas de bâtiments sur le campus.La faculté des sciences y trônait majestueusement.Elle venait d\u2019être inaugurée quelques mois plus tôt par le premier ministre Maurice Duplessis.Il y avait aussi la résidence universitaire, où logeait mon grand-oncle, devenue aujourd\u2019hui le pavillon John-S.- Bourque.Comme nous le faisons tous, Mgr O\u2019Bready envisageait l\u2019avenir dans la simple continuité du présent.Il ne faisait qu\u2019extrapoler sur la situation courante, sans bris.Il avait d\u2019ailleurs écrit un article à ce sujet, où il prévoyait la construction d\u2019une grande chapelle pour accueillir les très nombreux étudiants de l\u2019an 2000.Il n\u2019avait pas prévu la révolution qui s\u2019en venait dans les relations entre le clergé et la société civile.Mais qui d\u2019autre l\u2019avait prévue?Il fallait plani?er longtemps d\u2019avance des constructions qui s\u2019harmoniseraient bien les unes avec les autres.Combien d\u2019étudiants viendraient en génie?En administration?Est-ce qu\u2019on intégrerait l\u2019École normale qui venait tout juste d\u2019être mise sur pied?Est-ce qu\u2019on pourrait embaucher suf?samment de professeurs pour prendre la relève des professionnels de Sherbrooke qui avaient jusque-là accepté d\u2019enseigner en sus de leur tâche quotidienne?Tout en marchant, il m\u2019a raconté comment la spéculation avait été évitée lors de l\u2019achat de cinq fermes nécessaires à l\u2019implantation du campus.Les transactions avaient été réalisées en secret, via cinq prête-noms, en vue d\u2019une revente immédiate à l\u2019Université.Un seul petit hic : l\u2019affaire avait été tenue tellement secrète qu\u2019un des vendeurs avait innocemment vendu une petite parcelle de son terrain une semaine auparavant.Cette erreur a pris quelques années à être réparée, et à grands frais! Quelques années plus tard, en 1963, étudiant au Séminaire de Sherbrooke, j\u2019ai participé à l\u2019Université à une soirée d\u2019information sur les carrières en sciences.Je n\u2019en suis pas revenu! J\u2019y ai rencontré un professeur de mathématiques qui a su me présenter des problèmes séduisants, sur lesquels j\u2019ai travaillé par moi-même les semaines suivantes, et qui m\u2019ont convaincu de poursuivre des études à l\u2019université construite près de chez moi.L\u2019Université a bien changé depuis 1954, mais le même esprit de débrouillardise et d\u2019imagination s\u2019y manifeste aujourd\u2019hui autant qu\u2019à ses débuts.Et le besoin d\u2019attirer les jeunes vers les sciences est aussi criant aujourd\u2019hui qu\u2019il pouvait l\u2019être dans les années 1950.On ne sait jamais quelle petite action peut avoir un grand effet à long terme.Il ne faut rien négliger.Jean Goulet est professeur d\u2019informatique et doyen honoraire de la faculté des sciences de l\u2019Université de Sherbrooke Vivre l\u2019histoire ARCHIVES, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Mgr Georges Cabana procède à la bénédiction de la faculté des sciences de l\u2019Université de Sherbrooke, en présence de Me Paul Desruisseaux, de Maurice Duplessis, premier ministre du Québec, du juge Gaston Desmarais et de Jacques Lemieux. LT 306390 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C69 69 ANTOINE SIROIS COLLABORATION SPÉCIALE Sherbrooke, en 1960, est en manque d\u2019une grande salle de spectacle.Le His Majesty\u2019s, ouvert en 1901 rue Wellington avec ses 1012 sièges, a fermé ses portes dans les années 1930.Le Théâtre Granada, construit en 1929, est vaste, mais il offre un plateau trop étroit pour les arts de la scène.L\u2019Auditorium du Séminaire Saint-Charles (1277 sièges), ouvert en 1952, ne peut, faute de fonds, être adéquatement aménagé pour les spectacles.Il fermera dé?nitivement ses portes en 1972 et son balcon donnera naissance au Théâtre Léonard-Saint-Laurent.En 1960, la direction de l\u2019Université de Sherbrooke s\u2019installe de façon provisoire dans un bâtiment du campus de l\u2019Ouest et doit prévoir un édifice contenant les bureaux administratifs et la bibliothèque générale.Le recteur, Mgr Irénée Pinard, préconise l\u2019ajout, à même le nouvel édifice déjà approuvé par les fonctionnaires du ministère de l\u2019Éducation, d\u2019une grande salle pour les collations des grades et autres rassemblements.Le secrétaire général lui signale le besoin d\u2019une salle de spectacle d\u2019envergure pour Sherbrooke et la région.Le recteur adhère à l\u2019idée d\u2019une telle construction et la propose au conseil d\u2019administration, qui l\u2019accepte.Les collations des grades pourront quand même s\u2019y tenir.L\u2019architecte Gérard Notebaert s\u2019enquiert alors auprès de plusieurs imprésarios du nombre de sièges nécessaire à la rentabilité.Ce serait quinze cents.Les deux directeurs de l\u2019École nationale du théâtre, Jean Gascon, section française, et James de B.Domville, section anglaise, viennent sur place pour faire leurs suggestions.Une visite est aussi organisée à la Place des arts.La construction entreprise, une compagnie spécialisée aménage la scène avec cintres, herses, fosse mobile, trappes et loges pour les artistes.Un bureau d\u2019ingénieurs vient parfaire l\u2019acoustique architecturale.A?n de diminuer les frais, le matériau isolant, de bonne apparence, sert de ?nition pour les murs internes.Sous la grande salle, on trouve une petite salle qui, avec quelques adaptations, servira plus tard à la troupe professionnelle de l\u2019Atelier et aux étudiants de l\u2019option théâtre.Nous pouvons imaginer le prix de construction, de nos jours, d\u2019une salle qui compte maintenant 1726 sièges.Seulement pour l\u2019agrandissement et le réaménagement réa- La salle Maurice-O\u2019Bready lisés de 1996 à 1998, il en a coûté 6 millions $.À mon souvenir, la salle, à l\u2019origine, avait coûté 500 000 $.En 1960, un peu d\u2019audace avait suf?pour lancer le projet qui a abouti en 1964.Les citoyens de Sherbrooke et de la région savent bien apprécier, aujourd\u2019hui, leur salle Maurice-O\u2019Bready.Antoine Sirois est professeur émérite de l\u2019Université de Sherbrooke.Il en a été le secrétaire général de 1960 à 1965.ARCHIVES, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Mgr Irénée Pinard, à l\u2019époque recteur de l\u2019Université de Sherbrooke, montre l\u2019évolution des travaux du futur campus à Alvarez Vaillancourt, un des responsables de la campagne de ?nancement qui a rendu possible la construction de plusieurs des premiers pavillons du campus. LT 291763 L a Ville de Drummondville Et la Société de développement économique de Drummondville Saluent les 100 ans de La Tribune Reflet fidèle du dynamisme de notre communauté Témoin privilégié de son évolution Drummondville, une force d\u2019avenir.avec vous! F élicitations au journal, à ses dirigeants et à son personnel Soucieux, depuis un siècle, De diffuser une information de qualité De rapprocher nos communautés De favoriser le partenariat avec notre milieu Où la vitalité, l\u2019entrepreneuriat et le savoir-faire nous distinguent.C70 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 70 Quitter le système Une prise de conscience découlant de la fréquentation des drogues hallucinogènes nous invitait à quitter le système que nous dénoncions allègrement pour son incitation à la consommation de masse, au style de vie axé sur l\u2019argent, au racisme et à la guerre au Viêt-Nam.ALAIN DE LAFONTAINE COLLABORATION SPÉCIALE COLLECTION PERSONNELLE, ALAIN DE LAFONTAINE Un groupe de jeunes des communes de Stoke et de Waterville, au début des années 1970.Alain de Lafontaine se trouve tout en haut, avec un chien dans ses bras.Dans ma mémoire et dans celle de plusieurs, la ?n des années 1960 et le début des années 1970 revêtent une allure mythique.En lien avec cette époque, on évoque souvent la révolution hippie, importée des États-Unis.En 1971, je n\u2019avais pas encore 20 ans.J\u2019avais abandonné mes études en administration à l\u2019UdeS.J\u2019avais, avec deux amis, élaboré le projet d\u2019une auberge de jeunesse que nous avions ouverte durant l\u2019été, sur le chemin Georgeville, tout près de Magog.Nous étions voisins de la discothèque La Poupée, connue dans toute la région en ce temps où l\u2019alcool et le volant faisaient encore bon ménage.Notre auberge connut rapidement le succès et nous avions établi une ?liation avec le Café du quai à Magog, cette boîte à chansons où les artistes de la relève de l\u2019époque se produisaient (les Séguin, Beau Dommage, Jim et Bertrand, Raoul Duguay.).Peut-être est-ce à cause de ces lieux que plusieurs décidèrent de s\u2019installer sur les terres des Can- tons-de-l\u2019Est.Nous avions, dans ce milieu, tous été in?uencés par la philosophie de Timothy Leary, qui était à la base de la transformation hippie : «Turn on, tune in, drop out.» Une prise de conscience découlant de la fréquentation des drogues hallucinogènes nous invitait à quitter le système que nous dénoncions allègrement pour son incitation à la consommation de masse, au style de vie axé sur l\u2019argent, au racisme et à la guerre au Viêt-Nam.À la suite de cette révolution, nous cherchions une façon de mettre en pratique nos nouvelles valeurs.De cela découle l\u2019élaboration des communes.La commune était un lieu où un groupe de jeunes décidaient de vivre ensemble a?n de tout mettre en commun a?n de le partager.Un peu sur le même principe que les communautés religieuses, mais accessibles aux deux sexes et sans règles strictes, sauf celle de valoriser la liberté.Ce qui n\u2019était pas pour faciliter l\u2019expérience! Comme l\u2019argent n\u2019était pas au centre des valeurs de la communauté, il va sans dire que nous achetions nos meubles chez le brocanteur et nos vêtements dans les surplus d\u2019armée et comptoirs familiaux, d\u2019où naquit une grande période de créativité dans l\u2019habillement et l\u2019aménagement des lieux.Il existait plusieurs formes de communes.La commune idéale devait se trouver à la campagne, territoire éloigné des méfaits de la civilisation.Nous ignorions à cette époque qu\u2019on rendrait l\u2019agriculture responsable de la pollution des lacs et rivières, que les champs de maïs seraient génétiquement modi?és et que les engrais chimiques et pesticides seraient accusés d\u2019être responsables du cancer.Donc, à la campagne la plus reculée possible se trouvait la commune idéale.Le bout d\u2019un rang avec un étang ou un ruisseau propice à LT 306517 d\u2019être témoin de l\u2019évolution de notre ville, d\u2019être un acteur de nos communications régionales, d\u2019être quotidiennement le reflet de notre dynamisme.www.ville.thetfordmines.qc.ca Bon centenaire! Merci Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C71 71 COLLECTION PERSONNELLE, ALAIN DE LAFONTAINE Alain de Lafontaine a œuvré en tant qu\u2019artisan au sein de la commune de Waterville.la baignade en costume d\u2019Ève ou d\u2019Adam et une érablière où produire un ou deux gallons de sirop, après avoir fait beaucoup d\u2019efforts, représentaient le summum.Il y avait aussi la commune en ville, mais c\u2019était le repaire des maoïstes, des léninistes, trotskistes ou «d\u2019autres idéalistes qui se crissaient de tout», comme le dit Jim Corcoran dans une chanson.Le plus souvent, c\u2019était le lieu où se rassemblaient étudiants, hippies et travailleurs, toutes tendances confondues, pour prendre de la grosse bière, tirer un joint et baiser dans les chambres disponibles.C\u2019était le royaume de la pizza, des chattes espagnoles, des plantes vertes défraichies, des bouteilles de bière vides, des bas sales et des festins au spaghetti\u2026 En fait, la commune était l\u2019ancêtre de la cohabitation en appart.Mais dans les véritables communes, celles des campagnes, on décelait un réel désir de recréer un monde meilleur, ce qui n\u2019empêchait pas la fête.Certaines étaient axées sur l\u2019idéologie.C\u2019étaient des communes de penseurs qui avaient découvert l\u2019Orient, qui lisaient Allen Ginsberg et qui se renseignaient sur le bouddhisme.Dans ces communes, on avait pour livre de chevet la revue Mainmise, véritable bible de la contre-culture au Québec.On y expérimentait de nouvelles façons de construire les maisons, on cultivait de grands potagers avec du fumier de mouton, on élevait des poules brunes, on mangeait une cuisine végétarienne du pain dur, on cultivait du pot et on s\u2019intéressait à l\u2019énergie solaire.En fait, c\u2019était le début du mouvement écologique.On revenait de visiter l\u2019Inde, le Népal et l\u2019Amérique du Sud et on était à l\u2019affût des nouvelles psychologies, thérapies et médecines douces.On redécouvrait en même temps les racines amérindiennes et on faisait des fêtes aux solstices.On découvrait la terre et le ciel avec la lune et l\u2019astrologie.Il y avait aussi des communes plus pragmatiques, axées davantage sur l\u2019action que sur l\u2019expérimentation.J\u2019appartenais à cette communauté.Nous avions opté pour un mode de vie artisanal.Nous découvrions le travail à faire avec nos mains.Potiers, ébénistes, tisserands, travailleurs du cuir et souf?eurs de verre surgirent de partout, redécouvrant d\u2019anciens métiers et inventant beaucoup à partir d\u2019idées audacieuses.Nous partagions une ou plusieurs maisons, en aménageant des ateliers pour exercer notre art.Des diplômés universitaires se transformaient en potiers, des médecins s\u2019achetaient des chèvres, des femmes redécouvraient le métier à tisser.Par les objets que nous fabriquions, nous prônions le retour aux vraies valeurs.Nous étions au début des années 1970, après l\u2019apogée de la vague hippie.Dans notre commune, la grosse Black Label était plus prisée que le LSD, délaissé par la plupart de ceux qui en avaient tenté l\u2019expérience.Rangés, les disques de Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrisson, tous morts dans un intervalle de deux ans.Nous découvrions Gilles Vi- gneault, les Séguin, Harmonium, Raoul Duguay et plusieurs autres.Nous étions passés de l\u2019Amérique au Québec, sans le réaliser.Certes, nous fumions encore un joint à l\u2019occasion des fêtes, mais celles-ci s\u2019étaient transformées autour d\u2019expositions d\u2019artisans, de méchouis, de la découverte du vin, de l\u2019installation de tentes ou de tipis autour d\u2019un feu de joie.Nous avions de grandes terres et nous en pro?- tions.Sans délaisser mon intérêt pour le reste du monde, après avoir traversé l\u2019Amérique du Nord sur le pouce en 1969 avec à peu près rien dans les poches, je découvrais la Gaspésie, la Côte-Nord et le Saguenay.Évidemment, en cette période bouillonnante, toutes les tendances s\u2019entremêlaient et s\u2019in?uençaient.Il y avait des communes axées sur le théâtre, d\u2019autres sur la musique.Je me souviens de la ferme du jazz libre à Sainte-Anne-de-la-Rochelle qui, semble-t-il, avait été un lieu où le FLQ se réunissait.Il y a eu aussi l\u2019éclosion du féminisme et l\u2019accueil de nos amis homosexuels qui n\u2019étaient pas des tapettes.Et il y avait la libération sexuelle dont on a tant parlé et qui était loin d\u2019être la partouse que plusieurs imaginent.La société partait de tellement loin à cause du carcan de l\u2019Église que la moindre audace paraissait énorme.J\u2019ai été au coeur de l\u2019action et j\u2019ai connu beaucoup de partys, mais je n\u2019ai jamais été au coeur des orgies que certains ont décrites.Cela arrivait peut-être, mais c\u2019était marginal.Nous rêvions de changer le monde, mais, plus réalistes peut-être, en se concentrant sur le Québec.Puis en 1976, année de la victoire du PQ de René Lévesque, j\u2019ai quitté la commune, qui s\u2019était transformée peu à peu en lieu de cohabitation, pour revenir vivre en ville avec ma blonde et ouvrir une boutique d\u2019artisanat.Quelques années plus tard, ma blonde donna naissance à une ?lle.Et 1980 arriva en?n avec son débat référendaire et la défaite du Oui.Tout comme l\u2019engouement du Québec avait soudainement surgi dans les années 1970, une désillusion s\u2019installa après le référendum.Presque du jour au lendemain, les produits des artisans n\u2019ont plus intéressé.J\u2019ai fermé ma boutique pour ouvrir un bar pour les trentenaires.Les assiettes en poterie ont été remplacée par celles d\u2019IKEA, les trippeux ont lâché le pot pour la coke et les rêves se sont meublés de BMW et d\u2019entreprises internationales.La fête terminée, nous nous étions transformés en gens d\u2019affaires.Il fallut connaître la dérive des régimes d\u2019épargne-actions pour retrouver un peu nos sens.Était-ce la coke qui nous avait rendus aussi rêveurs?À choisir entre les années 1970 et 19 80, je préférerais revivre les premières, même si, à l\u2019époque, j\u2019étais pauvre comme Job.Mais qui ne choisirait pas de revivre ses 20 ans?Alain de Lafontaine est directeur général et artistique du Théâtre Granada. LT 306050 | Sherbrooke | Boucherville | Sorel | St-Laurent | Mont-St-Hilaire | Sainte-Julie | Du Musée | Granby | Dollard-des-Ormeaux | St-Léonard | Pointe-aux-Trembles | Laval | Les Résidences Soleil MANOIR SHERBROOKE 1150, rue Quatre-Saisons, Sherbrooke 819 822-1038 www.residencessoleil.ca Les Résidences Soleil MANOIR DU MUSÉE 245, rue Frontenac, Sherbrooke 819 822-1938 Sans frais 1 800-363-0663 Regroupement Québécois des Résidences pour Aînés Depuis 2003 Depuis 2003 fières partenaires de La Tribune LE SUCCÈS À LONG TERME EXIGE UNE PLANIFICATION HORS PAIR.LA TRIBUNE , PLUS QU\u2019UN JOURNAL, UNE TRADITION.Qu\u2019est-ce qui a fait du journal La Tribune un média si exceptionnel depuis si longtemps?La passion, la détermination et la bonne stratégie.La Tribune a un plan et elle le suit.C\u2019est exactement ce que nous faisons au Groupe Investors.Nos Conseillers qualifiés savent vous écouter puis vous donner une évaluation franche et honnête de votre situation et de vos besoins financiers.Le Plan du Groupe InvestorsMC.Une approche personnalisée en matière de planification financière, conçue pour vous aider à prospérer maintenant et à long terme.Agissez dès maintenant et créez votre propre tradition.306352 3425, rue King Ouest (bureau 140), Sherbrooke (Québec), J1L 1P8 Tél.: 819 566-0666, sans frais : 1 800 569-4662 MC Marque de commerce de Société financière IGM inc.Utilisation sous licence par ses filiales.C72 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 72 ROBERT DE COURCEL COLLABORATION SPÉCIALE Dès mes premiers pas dans l\u2019édi?ce de La Tribune, j\u2019ai senti une envahissante odeur d\u2019encre.Une musique, à travers le mur de la réception, parvenait à mes oreilles.Cette bâtisse ne vibrait pas seulement au rythme de ses immenses presses, mais aussi de ses studios de radio et de télévision.Elle fourmillait d\u2019artistes et d\u2019artisans de la région.Au ?l des dix années précédentes, les propriétaires de La Tribune les avaient recrutés pour créer des émissions originales qui ont eu tôt fait de rayonner au-delà de nos frontières.Ils offraient ainsi le premier et seul choix autre que Radio-Canada.Nous étions en 1966 et j\u2019arrivais à peine dans la Ville-Reine des Cantons-de-l\u2019Est.CHLT-TV, le canal 7 comme nous l\u2019appelions, venait de célébrer son dixième anniversaire.Soudainement, une porte s\u2019est ouverte devant moi.Apparut alors un géant que je regardais déjà au petit écran, car nous captions la station sherbrookoise dans mon patelin, à Shawinigan.Louis Bilodeau en chair et en os! Il me sourit de toute sa grandeur.Je sentis tout de suite que je ne quitterais plus jamais ce lieu magique.Je me souviens d\u2019un grand gala, quelques mois plus tard, pour inaugurer le tout nouveau Palais des sports.Au cours de la soirée, on allait élire la toute nouvelle mademoiselle Canal 7.Devant une foule de plusieurs milliers de spectateurs, les candidates ont dé?lé au bras de vedettes comme André Guy, Jacques Tremblay, René Ouellette, André Desève, Jean-Maurice Bi- lodeau, Louis Bilodeau\u2026 Et moi- même le petit nouveau.Ce fut le début pour moi d\u2019années fabuleuses.D\u2019abord celles de Tonton Bonbon qui allait rencontrer les jeunes à l\u2019écran pendant dix ans.Puis celles de Ti-Bob qui prendrait son café chaque matin en charmante compagnie dans une émission matinale qui allait faire école au Québec.Nos patrons étaient souf?és par nos cotes d\u2019écoute! Tout avait commencé par quelques pas dans ce lieu enchanteur qu\u2019était l\u2019édi?ce de La Tribune.Robert de Courcel était chroniqueur à l\u2019hebdomadaire La Nouvelle.Le petit nouveau ARCHIVES, CHLT-TV Robert De Courcel et Louiselle Fortier, à l\u2019époque du Cirque à Tonton, émission avec laquelle il a rencontré les jeunes à l\u2019écran durant une décennie. LT 306479 Julie Roy et Roger Héroux, propriétaire Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C73 73 RENÉ RACINE COLLABORATION SPÉCIALE La petite histoire de l\u2019Observatoire du mont Mégantic est riche en épisodes mémorables.Les universités québécoises n\u2019avaient pas l\u2019habitude de marcher main dans la main dans les années 1970.Surtout pas l\u2019Université Laval et celle qui avait été l\u2019«Université Laval à Montréal».En 1974, sachant que l\u2019Université de Montréal prépare un projet d\u2019observatoire, Laval fait de même.Les deux demandes de ?nancement se retrouvent en compétition au Conseil national de recherches du Canada.Après moult tractations, la raison, imposée par le Conseil, prévaut.Une demande conjointe est acheminée.L\u2019accord du ministère de l\u2019Éducation du Québec de ?nancer l\u2019infrastructure est obtenu.La subvention du Conseil pour l\u2019équipement scienti?que est accordée.Ainsi naquit le premier centre de recherche interuniver- sitaire du Québec.Construire un observatoire à 1100 m d\u2019altitude au Québec est un dé?.Retards.Bâtiment prêt à recevoir la coupole en hiver 1978 plutôt qu\u2019au printemps 1977 comme prévu.Monteurs du fournisseur, venus du Mississippi, n\u2019ayant jamais vu de neige.L\u2019enfer! De dire l\u2019un d\u2019eux avec son accent caractéristique après six semaines de labeur: «Ah gonna go back home and lay on the grass in the sun for two weeks!» L\u2019inauguration, ministres et recteurs en tête, est aussi mémorable.Pluie à torrents, marquise emportée par le vent, empilement de dignitaires et d\u2019invités dans l\u2019exigu rez-de-chaussée du bâtiment.Mais l\u2019esprit est à la célébration.Nous avions réussi.En 1975, le Québec comptait trois professeurs d\u2019astrophysique.Trente-cinq ans plus tard, l\u2019Observatoire est un élément clé du Centre de recherche en astrophysique du Québec qui regroupe 25 professeurs, une vingtaine de stagiaires post-doctorat et 70 étudiants aux cycles supérieurs dans trois universités : Laval, McGill et Montréal.En août 1979, l\u2019Union astronomique internationale tient son premier congrès triennal au Canada, à Montréal! Depuis, des astronomes québécois se retrouvent dans plusieurs grands centres de par le monde, y faisant preuve de l\u2019expertise acquise ici.Les gens de la région ont toujours manifesté intérêt et affection pour l\u2019Observatoire.Aussi celui-ci s\u2019est-il voulu accueillant pour eux, et pour tous, dès le début.Peu importe qu\u2019au premier printemps le dégel emporte de large sections de la route d\u2019accès, que la Sûreté du Québec doive calmer la circulation, les samedis soirs d\u2019ouverture au public.Chaque année, l\u2019Observatoire au sommet et l\u2019ASTROLab au bas de la montagne permettent à plus de 25 000 visiteurs d\u2019apprécier le spectacle qu\u2019offre la première réserve de ciel noir de la planète.Le personnel de l\u2019Observatoire et les amateurs d\u2019astronomie travaillent depuis 30 ans à faire partager à toute la population leur émerveillement face aux choses célestes.Témoignage touchant : un astéroïde découvert par un amateur québécois a été nommé «reneracine», portant ainsi au ciel la reconnaissance d\u2019une contribution à la mise sur pied de l\u2019Observatoire astronomique du mont Mégantic.René Racine a été le premier directeur de l\u2019Observatoire du mont Mégantic.De la neige et des étoiles COLLECTION PERSONNELLE, RENÉ RACINE Le jeune professeur René Racine pose devant l\u2019observatoire, en mai 1979. LT C74 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 74 Le 21 février 1910, le (jeune) Canada était aux mains d\u2019un des plus grands politiciens qu\u2019il ait connu.Un de ses grands architectes, alors que le Canada politique tel qu\u2019on le connaît aujourd\u2019hui était encore à dessiner.Le 21 février 2010, le Québec est entre les mains d\u2019un politicien d\u2019une rare habileté, alors qu\u2019un profond bouleversement politique n\u2019attend qu\u2019un coup de pouce pour se produire.Cent ans après que Sir Wilfrid Laurier eut largement contribué à jeter les bases du Canada contemporain, Jean Charest pourrait, à son tour, «devenir un personnage plus grand que nature», croit Isabelle Lacroix, professeure à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke.Ainsi, le centenaire de La Tribune a commencé, politiquement, avec la fin du règne du plus brillant et du plus influent politicien que la région ait connu.Et il pourrait se clore sur l\u2019essor d\u2019une seconde icône politique dans la région.«Ce qui fait les grands personnages, les grands leaders, les grandes personnalités politiques, c\u2019est un mélange de deux choses, souligne la politologue.C\u2019est un mélange des capacités individuelles et des occasions que l\u2019histoire, que le contexte offre.» Sir Wilfrid Laurier, originaire de Saint-Lin mais député de Drummond-Arthabaska, a profité de ce parfait mélange il y a un siècle.Le brillant politicien a gouverné au moment où les institutions politiques du Canada étaient à construire.«On l\u2019associe à un fondateur, remarque Mme Lacroix.Quand on pense à Laurier, on pense aux valeurs canadiennes.On l\u2019associe à une figure libérale marquante; le libéralisme au-delà du parti», pré- cise-t-elle.Le député de Sherbrooke et premier ministre du Québec, Jean Charest, n\u2019a pas la stature de Wilfrid Laurier, précise la poli- tologue.«Le recul historique n\u2019est pas là.Mais actuellement, rien ne nous indique que M.Charest ne pourrait pas avoir cet impact sur l\u2019histoire.» Les capacités individuelles sont là.Et le contexte est au rendez-vous : «La politique canadienne et québécoise est en mutation, remarque la politologue.On ne sait pas quelle tangente ça va prendre, mais ça va prendre des hommes et des femmes politiques pour donner cette tangente.» Éthique et corruption, loi électorale, contributions aux partis.«Choisir entre une politique ou l\u2019autre, ce n\u2019est pas une remise en question de fond.Mais quand on se met à se questionner sur l\u2019éthique, quand c\u2019est la façon dont on fait la politique qui est remise en question, ça peut être porteur de changements intéressants.» «Il pourrait y avoir une petite révolution comme lorsque [René] Lévesque a décidé qu\u2019il réformait tout ça.» Pour reprendre une expression qu\u2019il a rendue populaire, M.Charest a les deux mains sur le volant pour devenir plus grand que grand.LOYAUTÉ, FIDÉLITÉ, LONGÉVITÉ Si les deux plus grands politiciens issus de la région encadrent le centenaire du quotidien régional sherbrookois, le long espace entre ces deux pointes n\u2019est pas dénué d\u2019intérêt.«Surtout dans les années plus récentes, où on a des personnages estriens qui sont très marquants et qui vont faire l\u2019histoire, qui vont rester», affirme Mme Lacroix.Marquants, assurément, mais ce n\u2019est pas leur nom que portent les grandes réformes, bien qu\u2019elles soient rares au pays.«On a cette impression [au Canada] qu\u2019il ne faut pas trop bouger, ne pas brusquer les choses, ne pas aller trop vite.Ça n\u2019appelle pas les grands leaders et les grandes personnalités.Les grands leaders de talent, dans ce contexte, se trouvent plus utiles ailleurs qu\u2019en politique», expose la politologue.Sur ce point, les politiciens des Cantons-de-l\u2019Est ne sont pas différents de ceux du reste du Canada.Mais quelques traits les distinguent des autres, traits qui leur ont permis, au fil du temps, d\u2019être porteurs de changement.S\u2019il fallait une illustration contemporaine de ce qu\u2019est le politicien estrien, l\u2019image que dégage l\u2019actuel président de l\u2019Assemblée nationale et député de Richmond, Yvon Vallières, pourrait servir de référence.«Les politiciens es- triens sont des forces tranquilles», estime Mme Lacroix.Les élus estriens sont souvent les travailleurs de l\u2019ombre influents au sein d\u2019équipes fortes, à l\u2019instar de Raynald Fréchette.«Il est souvent présenté comme membre des cabinets Lévesque, remarque Mme Lacroix.Il n\u2019est pas directement associé à une grande réforme, mais on peut croire qu\u2019il était influent à l\u2019interne.» Il fallait une grande force de caractère pour se tailler une place au sein de cabinets si puissants et y faire sa marque.«Ç\u2019a été la même chose pour John S.Bourque sous Duplessis.» Une des raisons pour lesquelles les politiciens de la région peuvent ainsi devenir in?uents est la loyauté de leur électorat.«De façon générale, les Estriens sont très, très, très ?dèles.Ils donnent du temps [aux élus] et une marge de manoeuvre pour continuer.» Une grande loyauté envers l\u2019élu n\u2019est pas unique comme phénomène, insiste la politologue, mais c\u2019est le régionalisme de la tendance qui l\u2019est.«Ce n\u2019est pas simplement le phénomène d\u2019une circonscription par-ci par-là.» Monique Gagnon-Tremblay par exemple.«Cette femme va se retirer avant d\u2019être battue, croit Mme Lacroix.Ce n\u2019est pas rare chez nous que nos politiciens quittent avant d\u2019être battus.Ils décident simplement de ne plus se présenter, parce qu\u2019ils ont donné tout ce qu\u2019ils avaient à donner.C\u2019est révélateur.» De la vieille garde du Parti libéral, assurément.«Mais Monique Gagnon-Tremblay a été plus que de son temps», soutient la poli- tologue.Une des petites révolutions que la politique québécoise lui doit est celle de la place des femmes à des postes-clés.La députée de Saint-François a été la toute première femme ministre des Finances, sous Robert Bourassa.«Encore aujourd\u2019hui, on a MARIANNE DANDURAND ARCHIVES, LA TRIBUNE, CHARLES-ANTOINE AUGER Député libéral de Richmond depuis maintenant 30 ans, Yvon Vallières pourrait servir de référence comme «force tranquille» dans la politique provinciale.De Laurier à Charest.des occasions saisies «On a cette impression [au Canada] qu\u2019il ne faut pas trop bouger, ne pas brusquer les choses, ne pas aller trop vite.Ça n\u2019appelle pas les grands leaders et les grandes personnalités.Les grands leaders de talent, dans ce contexte, se trouvent plus utiles ailleurs qu\u2019en politique.» UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE LT 306141 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C75 75 tendance à associer ce genre de ministère à des hommes.» À ainsi réélire toujours les mêmes politiciens, on pourrait croire que les Estriens sont frileux, soulève la politologue, tout en s\u2019y opposant.«Les Estriens ne sont pas plus fous que les autres.Si ça ne fait pas l\u2019affaire, le candidat ne sera pas réélu.» «Les députés à long terme, ç\u2019a été payant pour l\u2019Estrie.Ç\u2019a permis à des gens de travailler sur le fond des dossiers.Quand un député est élu, réélu et réélu, le message est clair : on lui fait confiance.» Rarement les grands Estriens ont-ils eu très peu de temps pour faire leur marque.«Un Estrien par adoption qui a été marquant sans avoir beaucoup de temps est Pierre-Marc Johnson.On l\u2019a associé à l\u2019aile modérée du Parti québécois après les années Lévesque.Il a transformé son parti dans le peu de temps qu\u2019il a eu.» Son père, Daniel Johnson, n\u2019a pas eu beaucoup de temps non plus.La question du contexte ressurgit, mais il a joué en sa défaveur.«Le contexte historique ne met pas en valeur les capacités de l\u2019homme.Il a été là au mauvais moment, constate simplement Mme Lacroix.L\u2019Union nationale représentait l\u2019ancienne façon de faire la communication politique quand le Parti libéral est arrivé, forgeant une communication plus contemporaine.M.Johnson a été victime de ça.» Le contexte a mieux servi Louis S.Saint-Laurent, qui a tenu les rênes du Canada après la Deuxième Guerre mondiale.«C\u2019était le développement de l\u2019État canadien dans son aspect interventionnisme.Il n\u2019a pas lancé le mouvement, mais il a été de plusieurs de ces réformes importantes», souligne la politolo- gue.L\u2019adhésion à l\u2019OTAN, que l\u2019on présente comme un de ses principaux faits d\u2019armes, était en quelque sorte la marche de l\u2019histoire.«L\u2019image qu\u2019il dégageait, rappelle-t-elle, était celle du bon grand-papa.Il est difficile pour moi de voir dans ce qualificatif celui d\u2019un politicien marquant.» Au cumul, c\u2019est l\u2019hétérogénéité des personnages qui marque la politologue.De toutes allégeances, des personnalités fort différentes.Des politiciens diversifiés, à l\u2019image des Cantons- de-l\u2019Est.L\u2019histoire s\u2019écrit encore au quotidien.Les forces tranquilles estriennes y ont contribué.Jean Charest pourrait la marquer profondément.«Il y a des analystes qui lui reprochent de pas faire beaucoup de vagues et d\u2019espérer que les tempêtes s\u2019apaisent d\u2019elles-mêmes.Sa carrière sera- t-elle marquée par cette couleur estrienne ou est-ce qu\u2019il pourra être déterminant, marquant, associé à un moment fort?C\u2019est entre ses mains.Ce n\u2019est pas le contexte qui va lui nuire.» ARCHIVES, LA TRIBUNE Raynald Frechette est de ces politiciens qui ont marqué la vie publique estrienne en effectuant un travail de fond ef?cace.«Les députés à long terme, ç\u2019a été payant pour l\u2019Estrie.Ç\u2019a permis à des gens de travailler sur le fond des dossiers.» 306511 100 ans, c\u2019est du solide! Bravo à La Tribune , un bâtisseur pour notre région C76 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 291345 MESSAGE IMPORTANT CENTRE PROFESSIONNEL BELVÉDÈRE 300, rue Belvédère Nord, bureau 104 SHERBROOKE Aussi à DRUMMONDVILLE, GRANBY et THETFORD MINES 819 821-4435 Sans frais : 1 888 821-4435 \u2020Prothèse illustrée non couverte par la R.A.M.Q.*Excluant les prothèses auditives défrayées par le gouvernement.Certaines conditions s\u2019appliquent.AUDIOPROTHÉSISTES Entendre et comprendre enfin! Mes oreilles sillent ou bourdonnent.Les gens doivent me parler plus fort.Lorsque plusieurs personnes parlent en même temps, j\u2019ai de la difficulté à comprendre.Je ne vais pas au au cinéma ou voir des spectacles parce que je n\u2019entends pas bien.Je dois monter le volume de la télévision ou de la radio pour mieux comprendre.Si vous avez répondu oui à un ou plusieurs de ces exemples, vous devriez consulter un professionnel.OUI NON Vous reconnaissez-vous dans ces exemples?Consultation, examen et prothèse auditive SANS FRAIS\u2020 Saviez-vous que?1 personne sur 2 de 75 ans et plus souffre de surdité 1 personne sur 3 de 65 ans et plus souffre de surdité 1 personne sur 10 souffre de surdité et 1 personne sur 100 consulte! Saviez-vous que ?Nous consultons.Un spécialiste pour nos yeux régulièrement Un spécialiste pour nos dents annuellement Prenez votre santé auditive en mains! Consultez un professionnel pour vos oreilles! 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données du ministère de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles (MICC) de 2008, la région estrienne arrive au cinquième rang quant à la destination des personnes immigrantes, après Montréal, la Ca- pitale-Nationale, la Montérégie (sans Longueuil) et l\u2019Outaouais.Véritable mosaïque constituée de plus d\u2019une centaine de peuples, Sherbrooke a accueilli l\u2019an passé des gens provenant principalement de la Colombie, de l\u2019Afghanistan et du Congo.Depuis sa fondation en 1802, celle qui s\u2019est d\u2019abord appelée Lower Farks puis Hyatt\u2019s Mill s\u2019est développée sur la base de tous ces nouveaux arrivants.Les communautés ont marqué, à leur façon, le développement de la ville et de son histoire.Dans les années 1850, par exemple, c\u2019est à l\u2019initiative de membres de la communauté irlandaise que naissent plusieurs magasins généraux, notamment grâce aux familles Mc- Manamy et Murray.«Les Irlandais travaillent à la construction du chemin de fer», cite en exemple Marie- Ève Gingras, diplômée à la maîtrise en histoire de l\u2019Université de Sherbrooke, et qui signe des chroniques dans La Tribune dans le cadre du centenaire.«Ça va demeurer une communauté très active.Certains travaillent dans les usines, d\u2019autres dans les commerces.» Fin du XIXe siècle, début XXe, environ six pour cent de la population est irlandaise, ajoute-t-elle en soulignant que Sherbrooke a eu quatre maires irlandais.Parmi eux, l\u2019histoire se souviendra notamment de Daniel McManamy, conseiller municipal qui a travaillé à la municipalisation de l\u2019électricité.Mimi Shea, pour sa part, fera beaucoup pour le développement de la culture à Sherbrooke.«Elle a travaillé beaucoup pour qu\u2019il y ait une école supérieure de musique, parce que les bons musiciens s\u2019en allaient dans les grandes villes», raconte Ma- rie-Ève Gingras.Décédée en 1985, Mimi Shea ne verra cependant pas l\u2019aboutissement de son travail.La bourgeoisie anglophone, même minoritaire, domine l\u2019économie, la société et la culture, nous apprend Sherbrooke, terre d\u2019accueil, l\u2019exposition de la Société d\u2019histoire de Sherbrooke.En se penchant sur cet angle précis de l\u2019évolution de Sherbrooke, l\u2019exposition inaugurée en juin dernier à la Société d\u2019histoire montre bien le rôle important qu\u2019ont joué les personnes immigrantes dans leur nouveau milieu.Il s\u2019agit d\u2019un intéressant cours d\u2019histoire en accéléré.L\u2019exposition met d\u2019ailleurs en exergue quelques noms: Albert Zakaïb, un Libanais arrivé en 1912 à qui l\u2019on doit la «première roulotte à patates frites», Carlos Skinner, bijoutier, horloger, inventeur, Mimi Shea et son engagement à Sherbrooke.306233 306414 C78 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 78 Terre d\u2019immigrants ISABELLE PION La bourgeoisie anglophone, même minoritaire, domine l\u2019économie, la société et la culture, nous apprend Sherbrooke, terre d\u2019accueil, l\u2019exposition de la Société d\u2019histoire de Sherbrooke.DON DE THÉRÈSE LECOMTE, LA SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE Un groupe de nouveaux immigrants devant le New Sherbrooke Clothing, en 1915, rue King Ouest.UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE LT 291768 Que de chemin parcouru en 100 ans.Bravo à toute l\u2019équipe de La Tribune! 151, route 116 RICHMOND 1 877 815 8646 www.toyotarichmond.com 306509 La Ville de Coaticook considère La Tribune comme un joyau de l\u2019information en région, et profite de cette occasion spéciale pour lui souhaiter le plus beau des anniversaires! \u2022 Des équipements de loisirs et culturels de qualité \u2022 Des politiques familiales et d\u2019accès à la propriété généreuses \u2022 Un secteur économique diversifié et des perspectives de développement encourageantes \u2022 Des logements abordables et de qualité Bertrand Lamoureux, maire de la ville de Coaticook Luc Marcoux, conseiller siège 1 Sonia Montminy, conseillère siège 2 Sylvain Véronneau, conseiller siège 3 Raynald Drolet, conseiller siège 4 Simon Madore, conseiller siège 5 François Lévesque, conseiller siège 6 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C79 79 LES ANNÉES 1900 Le début des années 1900 est marqué par l\u2019installation en sol sher- brookois des premières familles syriennes et libanaises, «des chrétiens qui fuient les persécutions» ou encore une situation économique dif?cile.Sherbrooke compte aussi, comme plusieurs grandes villes du monde, sa propre communauté juive, qui prend forme autour des années 1870.Comme l\u2019église catholique refuse d\u2019instruire les gens pratiquant une autre religion, les Juifs s\u2019intègrent davantage à la société anglophone.On compte parmi eux beaucoup de marchands et de tailleurs.Au nombre des familles juives connues, on compte notamment les Echenberg et les Rosenbloom.Une seconde vague d\u2019immigrants juifs survient après la Première Guerre mondiale, faisant grossir les rangs de la communauté, qui possède sa propre synagogue.La communauté juive disparaît cependant peu à peu, les jeunes quittant les Cantons-de-l\u2019Est au pro?t des grandes villes.Des Italiens débarquent aussi à Sherbrooke au début du XXe siècle, principalement dans l\u2019est de Sherbrooke.Souvent perçus comme des voleurs d\u2019emplois, ils sont nombreux à travailler dans le domaine du commerce et de la construction.Une deuxième vague d\u2019immigration amène de nombreux citoyens italiens ici après la Seconde Guerre mondiale.Il n\u2019y a qu\u2019à regarder les peuples qui s\u2019installent à Sherbrooke pour remonter la ligne du temps et retracer les grands con?its qui ont marqué l\u2019histoire.Dans les années 1970, Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens, entre autres, quittent leur pays pour démarrer une nouvelle vie en sol sherbrookois.Avec toutes les guerres qui marquent au fer rouge certaines régions du globe, la région s\u2019enrichit aussi d\u2019Afghans, de Colom- biens, de Serbes, en particulier dans les années 1990.Pour plusieurs, Sherbrooke ne sera qu\u2019une escale.On peut penser au camp d\u2019internement Newington, qui a accueilli quelque 700 ressortissants juifs durant la Seconde Guerre mondiale et qui a été établi dans les anciens ateliers de réparation de chemin de fer du Québec Central.Le même camp accueillera plus tard (en 1942) des prisonniers de guerre allemands.Parmi les groupes qui ne font que poser leurs valises, on peut penser entre autres à la communauté estonienne, qui a d\u2019abord effectué un très long voyage pour occuper un emploi à la Dominion Textile.«Entre janvier 1948 et octobre 1949, plusieurs groupes de travailleurs spécialisés s\u2019installent à Sherbrooke.Ils viennent notamment de Pologne, d\u2019Ukraine, de Yougoslavie et d\u2019Estonie.À la ?n de l\u2019année 1950, la nouvelle communauté estonienne compte 68 membres.Néanmoins, comme c\u2019est le cas pour plusieurs autres communautés immigrantes de l\u2019après- guerre, Sherbrooke n\u2019est qu\u2019un lieu de transition.Certains immigrants préfèrent rejoindre des compatriotes habitant dans des métropoles comme Montréal, alors que d\u2019autres traversent aux États-Unis.Ainsi, la communauté estonienne s\u2019efface, en quelques années seulement, du paysage ethnique sherbrookois», écrit à ce sujet Marie-Ève Gingras dans l\u2019une de ses chroniques.ET LE PRÉSENT.Selon le dernier recensement, soit les données de 2006, la majorité des immigrants établis dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke provient de la France.Cependant, si l\u2019on s\u2019attarde aux statistiques du Service d\u2019aide aux Néo-Canadiens (SANC), ce sont les Colombiens et les Afghans qui ont été les plus nombreux à s\u2019installer à Sherbrooke entre juillet 2008 et juin 2009.Ces dernières années, beaucoup de personnes arrivant de la région des Grands Lacs africains ont aussi déménagé leurs pénates à Sherbrooke.Qu\u2019est-ce qui rend Sherbrooke accueillante?Pourquoi les gens font- ils le choix de vivre ici?«Sherbrooke est très bien située, elle est près de la frontière.Il y a aussi l\u2019habitude de cohabitation entre les francophones et les anglophones, le réseau d\u2019enseignement dans les deux langues jusqu\u2019à l\u2019université, la campagne près de la ville», énumère la directrice du SANC, Mercedes Orellana.Ceux qui peuvent décider où ils iront vivre se retrouvent dans certaines catégories d\u2019immigrants, comme les «indépendants», c\u2019est-à- dire des personnes qui immigrent à leurs frais.Les réfugiés peuvent aussi faire leur demande; le gouvernement peut accéder à leur souhait en fonction de ses critères.En 2008-2009, le SANC a accueilli 369 nouvelles familles provenant de 50 pays différents, dont des contrées aussi lointaines que le Bhoutan, la Russie ou l\u2019Inde, par exemple.La vaste majorité des nouveaux arrivants se classait dans la catégorie des réfugiés.Et pour l\u2019avenir?«Nous avons ici la chance de pouvoir côtoyer le monde à nos portes.Ces réfugiés sont à la fois des témoins de l\u2019histoire, des \u2018\u2018réservoirs\u2019\u2019 de savoirs, des personnes qui ont résisté à des situations insoutenables et des citoyens à part entière, prêts à s\u2019investir dans leur nouvelle société.Il faut sans aucun doute nous défaire de plusieurs de nos préjugés avant de béné?cier pleinement de cette richesse et d\u2019ouvrir vraiment nos portes», écrivait récemment dans nos pages la professeure Michèle Vatz-Laa- roussi, spécialiste de l\u2019immigration à l\u2019Université de Sherbrooke.ARCHIVES, LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Les années 2000 n\u2019échappent pas au concept de terre d\u2019accueil qu\u2019a acquis la région.Le Festival des traditions du monde en est aujourd\u2019hui un intéressant re?et. ® 306487 La région des Cantons-de-l\u2019Est connaît un véritable âge d\u2019or industriel au XXe siècle, grâce à sa proximité avec la Nouvelle-An- gleterre, à son abondante énergie hydraulique, à l\u2019innovation technique et à l\u2019entreprenariat local.Elle est la première au Canada à développer des fabriques de lainages, de produits de la laine et de coton, sans compter la production de papier à partir d\u2019un procédé à base de pulpe, à Windsor Mills en 1866, alors une première canadienne! La fondation de la Eastern Townships Bank, en 1859, contribue à l\u2019essor industriel et le nombre d\u2019emplois industriels double entre 1881 et 1891.Uniquement à Sherbrooke, entre 1889 et 1927, le nombre d\u2019emplois industriels passe de 1640 à 4962 grâce aux Walter Blue, Paton, Julius Kayser, Canadian Connecticut Cotton (achetée par Dominion Textile en 1928), Sherbrooke Iron Works, Panther Rubber, Inger- soll-Rand (ex-Jenckes Machine) et Superheater (qui deviendra Combustion Engineering dans les années 1950).La diversité du paysage industriel de l\u2019époque est remarquable : textile, vêtement, usinage, construction mécanique, caoutchouc, acier, matériel industriel et de chemin de fer, etc.Sherbrooke possède même une fabrique de cigares et, jusqu\u2019en 1930, une brasserie, la Silver Spring.Mais le passage au XXe siècle est dif?cile pour les Cantons-de- l\u2019Est.«Tous ces facteurs-là faisaient en sorte que c\u2019est ici que ça se passait.Mais à la ?n du XIXe siècle, les facteurs positifs deviennent négatifs, parce que le centre de gravité du Canada se déplace peu à peu vers l\u2019Ouest, vers Montréal et l\u2019Ontario », explique l\u2019historien Peter Southam, auteur de l\u2019Histoire des Cantons-de-l\u2019Est avec Jean-Pierre Kesteman et Diane Saint-Pierre.La concentration du capital et la création de grands groupes industriels entraînent la disparition du capital autochtone et une perte de l\u2019autonomie économique locale.Même la Eastern Townships Bank, la principale institution ?nan- cière de la région, est absorbée par la Banque de commerce en 1912.«Le développement industriel devient alors plus dépendant de l\u2019extérieur, puisque les usines sont dirigées à partir des grands centres avec des gestionnaires sur place», signale M.Southam.D\u2019autre part, la production hydroélectrique à partir des rivières Magog et Saint-François répond dif?cilement à la demande de l\u2019industrie, dit-il.Il faudra attendre la construction de lignes de transport, un peu avant 1920, pour amener l\u2019énergie de l\u2019extérieur et augmenter la production manufacturière.«La Tribune arrive à cette période (1910).De la Première Guerre mondiale et jusqu\u2019aux années 1920, on va ouvrir de très grandes usines, comme la Kayser, ce qui coïncide avec l\u2019arrivée de l\u2019hydroélectricité.C\u2019est seulement en 1916 que l\u2019électricité a pu venir de Shawinigan grâce aux lignes à haute tension», mentionne M.Southam.Mais dès 1910, la Ville de Sherbrooke et la Chambre de commerce tablent sur la production locale d\u2019électricité, grâce aux barrages de la rivière Magog, et lancent des campagnes publicitaires pour attirer les capitaux américains et anglo-cana- diens avec des thèmes tels The Cheapest Electric Power in Eastern Canada et Sherbrooke the Electric City.Les Cantons-de-l\u2019Est des années 1920, tout comme le Québec, connaissent alors une croissance importante de l\u2019emploi, notamment dans le textile et le vêtement.Ainsi, de 1920 à 1956, le nombre de travailleurs dans ces secteurs bondit de 2600 à 13 200 dans la région! C\u2019est l\u2019époque des Julius Kayser et Dominion Textile, à Sherbrooke, Bruck Silk, à Cowansville, Collins and Aikman, à Farnham, et Burlington Ribbon, à Granby.À Sherbrooke, en 1941, 59 pour cent des emplois manufacturiers se retrouvent dans le textile! «Mais cela signi?e une perte de diversité dans l\u2019industrie et un déplacement vers des emplois de moindre qualité», observe M.Southam.Un avantage toutefois : durant la crise des années 1930, la forte présence du textile, un bien essentiel, permet à la région de s\u2019en tirer mieux qu\u2019ailleurs au Québec, avec le taux de chômage le moins élevé de la province.Les conditions de travail, souvent dif?ciles dans l\u2019industrie, notamment dans le textile, s\u2019améliorent lentement, avec l\u2019implantation des syndicats internationaux et catholiques.De nombreuses grèves sont déclenchées entre 1936 et 1956, particulièrement, et la semaine de travail, de 55 heures en 1939, passe à 42,5 heures en 1957, avec un salaire moyen de 1,25 $ l\u2019heure.Après la guerre de 1939-1945, la concurrence étrangère commence à faire mal à l\u2019industrie du textile et la signature du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), en 1947, entraînera la perte de milliers d\u2019emplois durant les trois décennies suivantes.Les secteurs de la machinerie, de l\u2019équipement industriel et du caoutchouc vivent eux aussi des dif?cultés durant les années 1950 et le début de la décennie 1960, alors qu\u2019ils se portent bien à Montréal.L\u2019emploi industriel, qui dépassait les 4200 en 1947, diminue à 3500 en 1958.Au coeur du Durant la crise des années 1930, la forte présence du textile, un bien essentiel, permet à la région de s\u2019en tirer mieux qu\u2019ailleurs au Québec, avec le taux de chômage le moins élevé de la province.C 80 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 80 LT UN SIÈCLE D\u2019HISTOIRE DENIS DUFRESNE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 306047 C 82 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 306463 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C83 Sylvain Denault Directeur des ventes La Tribune V 290555 C 84 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 290686 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C85 85 Jacob Nicol a fondé La Tribune pour aider les Cantons-de-l\u2019Est à se bâtir et se faire valoir.Quelques Estriens ont fait les manchettes au ?l des décennies avec la même vision.Nous avons rencontré dix de ses personnalités pour souligner leurs faits d\u2019armes.LES GRANDES ENTREVUES ILLUSTRÉES PAR HERVÉ PHILIPPE LT C 86 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 86 FAIRE SA CHANCE BERNARD LEMAIRE «Pour réussir en affaires, il faut être entrepreneur, il faut aimer le trouble et ne pas avoir peur de prendre des risques.Ce que j\u2019aimais faire, c\u2019était mettre la main à la pâte.Je pouvais faire tout fonctionner dans le moulin et prendre la place de n\u2019importe qui.» YANICK POISSON Même s\u2019il ne considère pas les communications comme l\u2019une de ses forces, Bernard Lemaire maintient que La Tribune fait partie des partenaires qui ont contribué à l\u2019essor de Cascades au fil des ans.Le premier président du géant des pâtes et papiers a toujours considéré le quotidien comme un allié.Il a abonné l\u2019entreprise à La Tribune dès les premières années et a pu suivre avec intérêt la progression de Cascades dans ses pages.Il considère la publication comme un outil pour à la fois informer les employés, la population et d\u2019éventuels actionnaires.«À un moment donné, c\u2019est devenu difficile d\u2019informer chacun de nos employés de nos projets à venir et pourtant, je considérais important qu\u2019ils s\u2019attendent à ce que nous progressions toujours, que nous visions toujours plus haut.À travers La Tribune, ils pouvaient en apprendre sur nos projets», raconte-t-il.Du plus loin qu\u2019il puisse se souvenir, Bernard Lemaire considère avoir toujours été traité avec professionnalisme par les journalistes de La Tribune.Il privilégie d\u2019ailleurs le quotidien régional à certaines parutions montréa- laises avec lesquelles il lui est arrivé d\u2019avoir certains accrocs, notamment depuis que Cascades est inscrite en Bourse.Selon lui, le quotidien est un acteur de développement majeur dans les Cantons-de-l\u2019Est, une région qui fourmille de petites entreprises.«Depuis que les grandes entreprises du domaine du textile ont disparu, la région est composée de petites entreprises et elles ont la chance d\u2019être valorisées par un journal régional comme celui-là.Nous nous sommes toujours sentis soutenus, surtout lors de nos émissions d\u2019action», mentionne-t-il.UN MODÈLE ENTREPRENEURIAL C\u2019est tout sauf un hasard si Bernard Lemaire a réussi en affaires.Le gestionnaire est né avec la fibre entrepreneuriale et il n\u2019a pas tardé à la mettre à profit, au grand bénéfice des 13 000 travailleurs qui gagnent leur vie au sein de Cascades.«Pour réussir en affaires, il faut être entrepreneur, il faut aimer le trouble et ne pas avoir peur de prendre des risques.Ce que j\u2019aimais faire, c\u2019était mettre la main à la pâte.Je pouvais faire tout fonctionner dans le moulin et prendre la place de n\u2019importe qui», se souvient-il.Prendre la place de n\u2019importe qui, il l\u2019a fait, et plus d\u2019une fois.Ingénieur mécanicien de formation, il lui est arrivé à plusieurs reprises de se rendre à l\u2019usine en pleine nuit afin de réparer une pièce de machinerie.«Au début, on me réveillait environ une nuit sur deux parce qu\u2019il y avait des problèmes à l\u2019usine.Heureusement, je me rendormais rapidement.Il m\u2019est arrivé de m\u2019assoupir sur une pile de papiers en attendant de voir si la machine fonctionnait comme il se doit.» La meilleure façon d\u2019insulter Bernard Lemaire est de lui dire que lui et ses frères ont été «chanceux» d\u2019avoir développé un créneau qui est devenu très à la mode, celui du recyclage.À ces gens, l\u2019homme d\u2019affaires répondra du tac au tac.«Il n\u2019y a rien qui m\u2019insulte plus, un bon entrepreneur fait sa chance.Si on n\u2019avait pas commencé à recycler le papier au moment où le Canada était le premier producteur et que personne ne voulait de nos produits, on n\u2019en serait pas là.Il y a de l\u2019opportunisme, mais il faut qu\u2019il y ait un projet à la base pour grandir.» Bernard Lemaire se souvient avoir mis au monde une entreprise, «son bébé», alors que les concepts de «protection de l\u2019environnement» et de «développement durable» n\u2019existaient pas au Canada.Pour recycler, Cascades devait s\u2019approvisionner en vieux papier auprès d\u2019entreprises américaines, car même les papetières de la région préféraient jeter leur matière.«Ils nous voyaient comme de la compétition.» UN HOMME PRÈS DES GENS La plupart des individus qui ont eu l\u2019occasion de côtoyer Bernard Lemaire diront qu\u2019il est une personne simple et humaine, quelqu\u2019un de transparent et authentique de qui on obtient toujours la vérité.M.Lemaire inspire con?ance et c\u2019est ce qui a permis à Cascades de prospérer au cours des premières années.Même s\u2019il n\u2019était pas en mesure d\u2019offrir un salaire décent aux premiers travailleurs, ces derniers étaient aussi ?dèles que dévoués.Le patron leur a très bien rendu et rapidement, avec des augmentations de salaire et des primes reliées aux pro?ts.Encore aujourd\u2019hui, M.Lemaire essaie d\u2019être le plus près possible de ses employés.Il se fait d\u2019ailleurs un devoir de prendre part aux soirées d\u2019initiation des nouveaux arrivants et au grand party de Noël.UNE GRANDE FIERTÉ Lorsqu\u2019il a eu l\u2019idée d\u2019acquérir une usine a?n de recycler le vieux papier, Bernard Lemaire s\u2019attendait à un certain succès, mais jamais comme celui-là.À l\u2019âge de 73 ans, il ne peut plus s\u2019imaginer gérer une multinationale qui compte plus d\u2019une centaine d\u2019usines un peu partout dans le monde et qui a un chiffre d\u2019affaires dépassant largement le milliard.«Pour moi, un million, c\u2019était gros, imagine 1000 millions.Je n\u2019aurais jamais cru que mon entreprise en arriverait là un jour», dit-il.Cascades est et demeurera toujours la plus grande fierté de Bernard Lemaire.Ce dernier aimerait qu\u2019elle devienne également la fierté de toute une nation.Qu\u2019elle soit un modèle pour les Québécois qui désirent se lancer en affaires.«C\u2019est une grande ?erté en tant que Québécois d\u2019avoir réussi dans un monde qui était alors géré essentiellement par des anglophones.C\u2019est quelque chose d\u2019être parti d\u2019aussi bas pour bâtir une entreprise comme celle-là.Si nous avons pu le faire, c\u2019est que tous les Québécois peuvent le faire», ajoute l\u2019aîné des frères Lemaire.Il y a un peu plus de deux ans, Bernard Lemaire s\u2019est retiré de son poste de président du conseil d\u2019administration de Cascades au pro?t de son frère Laurent.Celà ne signi?e pas pour autant qu\u2019il entend délaisser l\u2019entreprise.Depuis ce temps, il s\u2019occupe des dossiers «majeurs».En compagnie de ses deux frères et de l\u2019avocat Robert Hall, il analyse et prend des décisions relativement à l\u2019achat ou à la fermeture d\u2019entreprises.Bien qu\u2019il ne puisse pas en révéler la nature, Cascades étant une entreprise publique, M.Lemaire a indiqué qu\u2019il y avait plusieurs projets dans les aires et qu\u2019il fallait s\u2019attendre à certains changements sur la façon de gérer.«Ça a progressé pendant 40 ans et nous voulons relancer ça.Nous allons trouver une façon de gérer un peu différemment», annonce-t-il. LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C87 87 LT C 88 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 88 JEAN PERRAULT 50 ANS DE SUCCÈS DAVID BOMBARDIER Les réalisations de Jean Per- rault ont alimenté les pages de La Tribune pendant la moitié de l\u2019existence du quotidien sherbrookois.Il y a pratiquement 50 ans, les lecteurs pouvaient déjà lire les exploits du jeune Perrault.Le Sherbrookois, ?ls du bijoutier Jean-Paul Perrault, accumulait alors les succès en ski, tant sur l\u2019eau que sur la neige.Un demi-siècle plus tard, le sportif devenu politicien aguerri est l\u2019une des personnalités ayant le plus souvent fait parler d\u2019elles dans l\u2019histoire récente de La Tribune.Au moment de prendre sa retraite de la mairie de Sherbrooke, en novembre dernier, Jean Perrault a reçu une revue de presse de tous les articles portant sur ses réalisations au cours de ses 27 ans de vie politique.Il doit bien y avoir 3000 pages de textes.«Pour changer les choses et in- ?uencer la population, j\u2019ai toujours utilisé les moyens de communication qui étaient à ma disposition», explique le nouveau retraité âgé de 64 ans.«Pour avoir la meilleure communication possible, il faut des médias à grand déploiement et La Tribune en fait partie.» Que ce soit pour intéresser les Sherbrookois au ski nautique, pour les convaincre d\u2019utiliser les infrastructures sportives du Collège de Sherbrooke (devenu Cégep de Sherbrooke) ou pour faire valoir ses idées politiques, M.Perrault s\u2019est constamment tourné vers les médias.Et ces derniers se sont tournés vers lui pour relater son heureux parcours.EN SKI, ÉTÉ COMME HIVER Adolescent, Jean Perrault s\u2019initie au ski nautique en 1958 alors qu\u2019il séjourne au chalet de ses parents au lac Magog.À l\u2019époque, aucune école de ski nautique n\u2019existe dans la région.Débrouillard, le jeune Perrault commande des livres des États- Unis dans lesquels les différentes ?gures de ski nautique sont expliquées et illustrées, mouvement par mouvement.«Quand j\u2019arrivais aux Championnats du monde, relate-t-il, j\u2019étais en compétition contre les gars de qui j\u2019apprenais dans les livres! C\u2019était quelque chose!» «Dans ce temps-là, le ski nautique n\u2019était connu de personne, se souvient M.Perrault.Je ne sais même pas pourquoi je m\u2019étais embarqué là-dedans.» L\u2019été 1963, Jean Perrault termine sixième aux Championnats du monde de ski nautique en France.Aucune mention de cet exploit dans La Tribune.Frondeur, le Sherbroo- kois appelle Denis Messier qui, à 22 ans, vient tout juste d\u2019être embauché comme journaliste dans les pages sportives du quotidien.«Dans ces années-là, Denis Messier ne couvrait que le baseball, le hockey et le golf.Il avait ?nalement écrit quelques lignes sur mes résultats dans le journal.» En 1965, il devient champion canadien de ski nautique tout en étant membre de l\u2019équipe canadienne de ski alpin.Il est alors le seul athlète à faire partie simultanément de deux équipes nationales.Deux ans plus tard, en 1967, Sherbrooke accueille à son tour les Championnats du monde de ski nautique, auquel Jean Perrault participe.Le pavillon Armand-Nadeau (nommé en l\u2019honneur du maire de l\u2019époque) est construit pour l\u2019occasion au parc Jacques-Cartier.L\u2019année suivante, le jeune mordu de ski nautique se cherche un emploi d\u2019été.Il projette d\u2019ouvrir une école de ski nautique au lac des Nations a?n d\u2019offrir gratuitement cette activité à quelques centaines de jeunes.Pour ce faire, il a uniquement besoin d\u2019une subvention de 3000 $ de la Ville pour payer les employés.Le conseiller municipal Amédée Roy, «un gars de baseball», lui répond, catégorique : «On ne donne pas de champagne aux pauvres.» «Ça m\u2019avait insulté!» raconte Jean Perrault.Déterminé, il débarque à l\u2019hôtel de ville avec deux de ses «mo- noncles» pour l\u2019appuyer.C\u2019est fort nerveux qu\u2019il s\u2019avance devant les conseillers et le maire Armand Nadeau pour leur exposer son projet.«Je trouvais que c\u2019était tellement dif?cile de faire ça! C\u2019est pour cette raison que, comme maire de Sherbrooke, j\u2019étais très sympathique quand des jeunes venaient parler au conseil municipal pour la première fois.» Avec la bénédiction des élus, M.Perrault parvient à fonder l\u2019école de ski nautique qui porte aujourd\u2019hui son nom.Il crée aussi la Fête du lac des Nations pour la ?nancer.UN COMITÉ PLUS POLITIQUE QU\u2019IL EN A L\u2019AIR Diplômé en éducation physique et sportive de l\u2019Université de Sherbrooke en 1969, il est embauché la même année par le Collège de Sherbrooke.Il y agit à titre de professeur, de directeur du service des sports et de directeur du Centre d\u2019activité physique (CAP) pendant près de 25 ans, jusqu\u2019à ce qu\u2019il devienne maire de Sherbrooke.Au collège, M.Perrault contribue à l\u2019éclosion de plusieurs équipes d\u2019élite dans différentes disciplines.Il fait aussi des pieds et des mains pour que le CAP devienne accessible à toute la population en dehors des heures d\u2019ouverture de l\u2019établissement situé dans l\u2019est de Sherbrooke.À la veille des élections municipales de 1982, M.Perrault est l\u2019un des trois membres d\u2019un comité (formé par la Ville) dont le mandat consiste à améliorer les services sportifs offerts par la municipalité.Seule une partie des recommandations de ce comité sont ?nalement retenues par la Ville.«C\u2019est là que j\u2019ai décidé de me lancer comme conseiller municipal, pour mettre en application les recommandations que nous avions faites», souligne celui qui a mené à bien plusieurs projets majeurs, dont la mise en place de la Société de développement économique de Sherbrooke.15 ANS À LA MAIRIE Après trois mandats comme conseiller municipal, Jean Perrault brigue la mairie en 1994.À la surprise générale, il déloge Paul Gervais.Il est ensuite reconduit dans ses fonctions trois fois, réussissant à conserver son poste lors de la fusion municipale de 2002.Outre la fusion, les Sherbrookois lui doivent notamment le projet de Cité des rivières, la construction du stade d\u2019athlétisme à l\u2019Université de Sherbrooke, l\u2019avènement du centre multisport Roland-Dussault et la tenue des Jeux du Canada à Sherbrooke en 2013.Comme maire, il est omniprésent dans la communauté, se faisant un devoir de participer à la plupart des événements, brunchs et autres activités de ?nancement.En parallèle, M.Perrault accède à la présidence de l\u2019Union des municipalités du Québec en 2005, puis à la présidence de la Fédération canadienne des municipalités en 2008, où il représente environ 30 millions de contribuables canadiens.«Je le fais pour mettre Sherbrooke sur la mappe», clame-t-il alors.L\u2019ENVERS DE LA MÉDAILLE Même si sa carrière politique était fort exigeante, Jean Perrault a quotidiennement feuilleté La Tribune.«Je ne pouvais pas commencer une journée sans savoir ce qui se passait», af?rme-t-il.Athlète couronné à maintes reprises, Jean Perrault sait pertinemment qu\u2019une médaille a deux côtés.Est-ce dif?cile de se faire critiquer publiquement, que ce soit dans le dossier du plan d\u2019urbanisme ou lors des négociations de conventions collectives?Est-ce pénible de voir les problèmes de santé de son épouse Nicole étalés au grand jour?«Ça fait partie du métier», ré- pond-il simplement.Ses deux enfants, Mélanie et Jean-François, avaient beaucoup plus de dif?culté à vivre avec cette réalité lorsqu\u2019ils étaient jeunes.Ils ne comprenaient pas pourquoi leur père pouvait être dénigré sur la place publique alors qu\u2019il «travaillait tellement fort», relate celui qui est aujourd\u2019hui grand-papa.Même si Jean Perrault a pris sa retraite de la vie politique en novembre dernier, après 27 ans à l\u2019hôtel de ville dont 15 à la mairie, pas une semaine ne passe sans que son nom soit encore imprimé dans nos pages.Pas une semaine ne passe non plus sans qu\u2019il se fasse encore appeler «Monsieur le maire».Gageons qu\u2019il en sera ainsi pendant plusieurs années et que M.Perrault continuera d\u2019in?uencer, à sa façon, l\u2019histoire de «sa» ville.On ne le surnomme pas «Monsieur Sherbrooke» pour rien! LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C89 89 LT C 90 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 90 JEAN CHAREST LUC LAROCHELLE «Si nous étions en 1910, j\u2019exercerais sûrement un métier ou une profession qui me mettrait en contact avec les gens, car c\u2019est ce qui me stimule et c\u2019est ce que j\u2019aime.Je serais directeur du marché public, hôtelier ou restaurateur.Peut-être en politique\u2026» Jean Charest recule dans le temps et s\u2019imagine un instant à l\u2019époque où Sir Wilfrid Laurier fut le premier francophone à diriger le Canada pendant qu\u2019un anglophone, Charles-Walter Cate, occupait la mairie conformément à la règle d\u2019alternance qui prévalait alors à Sherbrooke.Cent ans plus tard, cet héritier des deux cultures, élevé à deux pas du Sherbrooke High School mais inscrit à l\u2019école française, est premier ministre d\u2019un Québec qu\u2019il perçoit comme étant résolument francophone.«Mes parents auraient pu nous envoyer à l\u2019école anglaise qui était à deux pas de la maison.Ils étaient avant-gardistes et ils avaient choisi leur camp.Mon histoire, l\u2019histoire de ma famille, c\u2019est beaucoup l\u2019histoire du Québec.De cela, j\u2019en suis très ?er», trace comme parallèle le leader politique qui est aux commandes du Québec depuis 2003.Cette personnalité marquante du dernier siècle à Sherbrooke est un hybride dont le parcours colle à l\u2019évolution de la société québécoise.Au moment où son arrière- grand-père maternel est débarqué d\u2019Irlande, la maison et les écuries de Jos Charest (son arrière-grand- père paternel) se trouvaient en bas de la côte King, dans le berceau de la ville.Né un 24 juin mais baptisé «John James», Jean Charest a prêté serment comme premier ministre du Québec dix ans après avoir passé à un cheveu d\u2019être désigné premier ministre du Canada au terme d\u2019une course au leadership du Parti conservateur.Décrit comme le «sauveur du Canada» après le référendum serré de 1995, il a été choisi à peine trois ans plus tard comme député provincial de Sherbrooke, circonscription qui venait d\u2019appuyer l\u2019idéal des indépendantistes québécois.AUCUNE CONTRADICTION «Je suis encore étonné et déçu que des gens pensent ou perçoivent que le fait d\u2019être Québécois est une contradiction par rapport au fait d\u2019être Canadien.Je ne l\u2019ai jamais vu ni vécu comme cela», dit le premier ministre.«Plusieurs politiciens parlent les deux langues of?cielles, mais peu s\u2019expriment avec autant d\u2019aisance que lui autant en français qu\u2019en anglais.J\u2019ai vite décelé ce talent et sa personnalité attachante», con?e l\u2019ex-premier ministre Brian Mulroney, ayant fait de cette recrue politique, à 28 ans, le plus jeune ministre de l\u2019histoire du Canada.Diplomate mais rebelle, le jeune Charest, car il plaide un jour sans embarras son retard au 24, Sussex.«J\u2019avais invité un groupe de jeunes parlementaires à la résidence de fonction et conscients de ce privilège, tous s\u2019étaient fait un devoir de ponctualité.Sauf lui.Il avait pour excuse d\u2019être allé reconduire sa ?lle à la garderie.Je ne m\u2019attendais à une pareille explication mais j\u2019ai dû admettre qu\u2019elle était valable», rigole l\u2019ancien premier ministre Mulroney.Deux décennies plus tard, le Sherbrookois devenu chef d\u2019État défend les généreux programmes de soutien parental offert par le Québec.«C\u2019est l\u2019une de mes responsabilités de premier ministre de veiller à ce que le Québec ait plus d\u2019enfants pour maintenir son poids démographique, économique et politique.Nos programmes coûtent cher mais ils donnent d\u2019excellents résultats.Moi, je pense que nous faisons les bons choix», insiste-t-il.«En amenant sa famille avec lui à Ottawa dès le début de sa carrière, M.Charest a pris un risque.C\u2019était peu commun à l\u2019époque.Les gens auraient pu lui reprocher de manquer d\u2019attachement à sa circonscription.Les Sherbrookois ont accepté cette décision, car ils ont compris pourquoi leur député agissait ainsi.Son parcours politique n\u2019a pas été linéaire, mais Jean Charest n\u2019a jamais dévié de ses valeurs et de ses convictions profondes», témoigne la ministre Monique Gagnon-Tremblay, sa marraine en politique québécoise.«Ces points d\u2019ancrage ne sont pas seulement la résultante de mon éducation familiale.Au ?l des ans et sous l\u2019in?uence des nombreuses personnes que j\u2019ai croisées, c\u2019est toute la région qui a fait de moi ce que je suis devenu», répond à ce sujet le premier ministre.DES SIMILITUDES «Il y a peut-être un élément de destin dans le centenaire de La Tribune, parce que 2009 est l\u2019année de la crise économique la plus importante en 70 ans.C\u2019est l\u2019année du 50e anniversaire de la Révolution tranquille et du gouvernement de Jean Lesage.Donc, c\u2019est un moment d\u2019arrêt et aussi un nouveau départ».Jean Charest parle du passé industriel de Sherbrooke en relevant les similitudes avec la Nou- velle-Angleterre et ses usines de textile.Or, c\u2019est à ce marché qu\u2019il destine aujourd\u2019hui «l\u2019énergie propre» du Québec.Avec son plan Nord, il marche dans les pas de son grand-père Ludovic, un entrepreneur général prospère ayant participé au défrichage des terres où tournent de nos jours les turbines de l\u2019hydroélectricité.On a beau savoir d\u2019où l\u2019on vient et s\u2019appuyer sur le passé pour bâtir l\u2019avenir, le passage d\u2019un siècle à un autre n\u2019est pas que continuité.Avant que ne sévisse la récession mondiale, le gouvernement Charest a été plongé dans la crise de la forêt, qui a fauché près de 17 000 emplois au Québec.L\u2019Estrie est éclopée.«Nous sommes arrivés, en 2006, au bout d\u2019un certain modèle dans le domaine forestier au Québec.Notre marché traditionnel, celui des États-Unis, est complètement asséché et la force du dollar canadien empire les choses.Si cette crise s\u2019était produite à l\u2019époque de mon grand-père Leonard, qui était marchand de bois à Bury, il serait au cœur de cette tempête-là.Il n\u2019y échapperait pas».Rupture brutale avec le passé qui n\u2019est toutefois pas sans lendemain.«Nous avons vécu pareille saignée au début des années 1980 avec la fermeture des grandes usines de Sherbrooke et la région s\u2019est relevée de brillante façon.Cela nous a obligés à entreprendre un virage majeur.Les résultats ont tardé à venir mais ils seront durables», poursuit le député de Sherbrooke.Pour lui, il ne fait pas de doute que la région et le Québec sont outillés pour composer avec les facteurs extérieurs provoquant des bouleversements économiques et sociaux.«Le modèle que l\u2019on croit porteur d\u2019avenir, on en dessine les contours.Il faut en même temps accepter que cette projection soit bouleversée dans un an ou deux.C\u2019est devenu la règle.Par contre, l\u2019Université de Sherbrooke n\u2019existait pas il y a 100 ans et nous comptons aujourd\u2019hui sur un solide réseau d\u2019institutions pour rester à l\u2019avant-garde.» Que sera le Québec dans 100 ans ?«Notre langue et notre culture seront bien vivantes.Nous avons eu beaucoup de débats sur notre identité dans le passé, il y a eu des inquiétudes et de l\u2019anxiété.Parfois, des bavures.Mais le Québec est une terre prête à intégrer à la majorité francophone des hommes et des femmes venant de partout pour enrichir ce que nous sommes.«Je veux être un premier ministre qui aura contribué à faire grandir le Québec en lui ouvrant de nouvelles portes, dont celles de l\u2019Europe.Notre réussite dépend de notre capacité à nousdéployer ailleurs et de notre ouverture sur le monde».RUPTURE ET CONTINUITÉ « Mon histoire, l\u2019histoire de ma famille, c\u2019est beaucoup l\u2019histoire du Québec.» LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C91 91 LT C 92 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 92 RICHARD SÉGUIN LAURA MARTIN Un signe de peace.Ce n\u2019est pas l\u2019eau, ce n\u2019est pas le boulot.C\u2019est le symbole universel de la paix qui a attiré Richard Séguin dans les Cantons-de-l\u2019Est, au début des années 1970.De retour d\u2019une tournée triomphale dans l\u2019Ouest canadien, poursuivant au Québec son pieux pèlerinage des boîtes à chansons avec sa sœur jumelle, il était tombé dessus.L\u2019emblème béni des hippies, tatoué à la lame sur le bois d\u2019une grange de Magog.C\u2019était une de ces communes, qui poussaient alors comme des chanterelles dans un temps de pluie.Il avait 20 ans.Les cheveux dans le vent.Il n\u2019en fallait pas plus pour que cet urbain, grandi dans le terreau de Pointe-aux-Trem- bles, qui ne connaissait l\u2019Estrie que par son abbaye où les frères enseignants le traînaient en classe verte, prenne pays.Heureusement, le signe de peace n\u2019était pas frauduleux.Si ce sont les valeurs de la paix, comme antonyme de la guerre \u2014 celle du Vietnam qui se dégradait alors dans le napalm \u2014, qui l\u2019ont séduit, c\u2019est plutôt la paix, la sainte, comme antonyme du vacarme, qui l\u2019a retenu.Qui l\u2019a fait grimper jusqu\u2019à Saint-Venant-de-Paquette, où les terres se vendaient alors pour une chanson, pour ne plus jamais en redescendre.«Nous étions beaucoup sur la route, à l\u2019époque, multipliant les concerts partout.Pour moi, l\u2019Es- trie est vite devenue un refuge, un ancrage, qui prenait toute sa signi?cation quand j\u2019y revenais.À la ville, je suis dans le mouvement, dans l\u2019action; ici, je laisse monter l\u2019eau de source, je m\u2019installe dans un état contemplatif.La vie ici est à l\u2019antipode de l\u2019accélération.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019y avoir une maîtrise sur le temps.» Ne cherchez plus d\u2019explication pour l\u2019étincelle adolescente dans le regard de celui qui, mathématiquement, frise la soixantaine.Elle se trouve dans l\u2019air de ce village, situé au bout de la route 253.Quand le touriste pense être perdu et s\u2019apprête à rebrousser chemin, il doit monter encore un peu, et, juste avant qu\u2019un douanier américain ou le Dieu du ciel le dévisagent, il arrive à ce vil- lage-promontoire, chatouillé par les nuages.Dans la bibliothèque municipale qui dessert les 111 âmes, où il nous rencontre, les seules interférences brisant le roi silence sont les lamentations aiguës des chaises Adirondack et les ?agella- tions ininterrompues du vent dans les grandes fenêtres, ouvertes sur ces montagnes poudrées d\u2019une nacre froide.Ce décor d\u2019hiver, digne d\u2019un tableau de Coburn, fait plus que placer Richard Séguin dans un mode de création.Il oriente son œuvre depuis trois décennies, d\u2019une Place comme ici (1979), aux Portes du matin (1991) à La route ouverte (2006).«S\u2019ancrer dans un territoire, c\u2019est aussi accepter qu\u2019il nous façonne.La proximité avec les États-Unis teinte notre travail de folk, reconnaissable chez d\u2019autres Estriens, comme Jim Corcoran et Vincent Vallières.Aussi, chaque région façonne la voix de ses artistes.Le vent, l\u2019élément qui prédomine ici, in?uence directement mon chant.J\u2019ai l\u2019impression que ma voix a besoin d\u2019espace pour s\u2019exprimer, qu\u2019elle prend du terrain.L\u2019espace est l\u2019oxygène de la création.Et le silence, son moteur.Si tu n\u2019as pas de silence, tu n\u2019as pas de musique.» UNE AMITIÉ FÉCONDE À son arrivée en hauteur appalachienne , Richard Séguin a ouvert sa propre boîte à chansons, où un Raoul Duguay comme des Jim et Bertrand se produisirent.L\u2019aventure, qui dura deux ans, fera que l\u2019artiste accordera avec le chapeau du diffuseur ses premières entrevues au quotidien régional.Parmi les dizaines de journalistes qui le questionnèrent au ?l des années, une le marquera pour la vie.Fidèle et précis anémomètre, la chroniqueuse culturelle Rachel Lussier savait capturer dans sa main et mesurer, mieux que quiconque, les vents légers comme les fortes rafales qui balayaient le créateur.«Une entrevue avec Rachel était une conversation ininterrompue.Il n\u2019y avait pas de rupture.Je ne me suis jamais ouvert à un journaliste plus qu\u2019à elle.Je lui en disais toujours plus, parce qu\u2019elle avait cette écoute et cette compréhension de notre travail.Elle posait les bonnes questions, elle ne sarclait pas les orties.Tellement qu\u2019elle m\u2019amenait toujours plus loin dans ma ré?exion.Quand tu viens de ?nir un album, tu n\u2019as pas de recul.Elle m\u2019aidait à prendre cette distance.» Le lien critique-critiqué n\u2019a pas empêché l\u2019amitié de s\u2019installer.La journaliste était invitée en coulisses, recevait les disques en primeur, méritait les exclusivités.Cette relation d\u2019admiration mutuelle a plus tard trouvé son plus beau canal dans la création commune d\u2019une chanson.Lors de la mobilisation contre le projet de vente d\u2019une partie du parc du Mont-Orford en 2006, le guitariste a déposé sa musique sur les mots de la journaliste retraitée, pour en faire l\u2019hymne Nos héritiers, ensuite incluse sur l\u2019album Lettres ouvertes.«Rachel disait dans ce texte exactement ce que je voulais dire.Sa colère était pareille comme la mienne.Je ne pouvais pas faire mieux.Briser ce parc provincial aurait trahi le désir des gens qui, à l\u2019époque, avaient cédé leurs terres gracieusement.J\u2019avais peur que ça crée un précédent.Ce projet était aberrant pour toutes sortes d\u2019autres évidences.J\u2019ai l\u2019impression que les générations futures vont nous juger pour n\u2019avoir rien compris que tout sur cette Terre est lié.» NE RENONCER JAMAIS Ce cheval de bataille est l\u2019un des nombreux qu\u2019il a tenus en bride, fougueux.Tenant dans la main gauche le porte-voix contre un projet de ligne d\u2019Hydro-Québec qui «dé?gurerait le territoire» ou contre le harnachement des rivières, il a toujours eu son cœur sur la main droite, s\u2019associant à des causes comme le Téléthon du CHUS et L\u2019Estrie pour Haïti.Le mot toujours posé.Les débordements toujours contenus.À la région, qui lui a inspiré bien des chansons, il ne fait pas que prendre comme un voleur.Il redonne plus que son dû, il protège, il embellit, comme avec ce Sentier poétique qu\u2019il a mis sur pied avec sa communauté il y a dix ans, sans subvention.«Vivre dans un petit milieu est un antidote au cynisme.Tu peux in?uencer ton milieu.Dans le microcosme, tu peux changer les choses, intervenir, apporter des idées, en ne sachant jamais jusqu\u2019où elles seront portées.Ici, on renonce à renoncer.Tous les citoyens déploient beaucoup de ferveur, un mot rare de nos jours.Ça m\u2019enrage quand, dans le discours ambiant, on essaie de faire croire aux gens qu\u2019ils n\u2019ont pas de pouvoir.On ne mesure jamais l\u2019ampleur de ce qu\u2019on peut faire, comme on l\u2019a réussi pour Orford.Réussir à faire bouger une pierre à Saint-Venant, c\u2019est comme lancer une pierre à l\u2019eau.Elle peut faire plusieurs bonds.» À la sortie de la bibliothèque, le vent fouette encore le décor et les nuages pèsent de tout leur poids sur le paysage.Richard Séguin enfonce sa tuque.Il part à pied.Plus besoin de symboles pendus au cou ou gravés dans l\u2019écorce.La paix, c\u2019est lui.EN PAIX « Vivre dans un petit milieu est un antidote au cynisme.Tu peux influencer ton milieu.Dans le microcosme, tu peux changer les choses, intervenir, apporter des idées, en ne sachant jamais jusqu\u2019où elles seront portées.Ici, on renonce à renoncer.» LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C93 93 LT C 94 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 94 ALBERT BÉRUBÉ «Sherbrooke est une des plus belles expériences de ma vie.Ç\u2019a été le changement de ma vie et ma famille.Ça m\u2019a donné des possibilités.Je suis devenu un gros poisson dans un petit étang.Sherbrooke m\u2019a fait connaître à Montréal.Ça s\u2019est avéré la meilleure décision de ma vie.Je m\u2019y suis fait des amis pour la vie, tous très proches et j\u2019en suis ?er.» Du haut de ses 71 ans, l\u2019homme d\u2019affaires Dennis Wood jette un regard reconnaissant sur la région où il a fait fortune, d\u2019abord grâce aux Papiers peints Berkley dans la première moitié des années 1980, puis surtout avec la grande aventure du fabricant de composants électroniques C-MAC.Cette participation au capital-ac- tions de C-MAC entamée en 1985, en compagnie notamment du notaire Louis Lagassé «qui a mis le projet en place», rappelle-t-il, a été ponctuée de re?nancement et de persévérance.C-MAC est passée en bourse en 1992 et elle a prospéré.Elle lui a même valu un fabuleux montant de plus de 300 millions $ en actions de l\u2019acheteur, lorsqu\u2019il a vendu la compagnie à Solectron en novembre 2001.Il a liquidé ses dernières actions de Solectron lorsque celle-ci est passée aux mains de Flex- tronics en 2007.«C-MAC a été la plus grosse activité ?nancière de ma carrière, de loin!» dit-il.Et certainement l\u2019un des plus grands coups d\u2019éclat de l\u2019histoire du milieu des affaires estrien.«On a eu beaucoup de dif?culté avec C-MAC», se rappelle-t-il, lui qui a été président et chef de la direction de la compagnie de 1992 à 2001.«On l\u2019a bâtie dans une récession et vendue dans le début d\u2019une autre récession.» Juste avant de vendre à l\u2019américaine Solectron, C-MAC avait éliminé 1500 de ses 8500 emplois, à cause de la baisse de la demande.L\u2019entreprise avait eu «jusqu\u2019à 12 000 employés dans 52 usines à travers le monde», souligne M.Wood.«Nous étions le plus gros fournisseur de Nortel.C\u2019était 98 pour cent de nos ventes.» MULTIPLES ENTREPRISES Aujourd\u2019hui très actif au bureau de direction de multiples entreprises cotées en Bourse, Dennis Wood passe ses semaines à Montréal même s\u2019il habite le bord du Memph- rémagog à Magog.Son réseau et son regard aiguisé sur les affaires en font un homme à l\u2019expertise recherchée.On le retrouve au conseil d\u2019administration de Blue Mountain Wallco- verings (avec son ?ls Christopher), puis membre aussi des bureaux de direction du Groupe Jean Coutu, de Rite Aid Corporation, de GBO (l\u2019ex- Groupe Bocenor), de Trust Banque Nationale, d\u2019Azimut Explorations, de 5N Plus, ou encore de Transat A.T.Cependant, ajoute-t-il, «des conseils d\u2019administration, je n\u2019en prends plus».«Je n\u2019ai jamais eu de mauvais associés», dit-il pour expliquer une partie de ses succès.«Je suis un gars ordinaire et je n\u2019ai pas peur de travailler.Mon succès n\u2019a pas été fait tout seul.Je suis très exigeant.Mais je suis juste.Je ne me traite pas mieux que les autres.» Assez curieusement, cet homme a bien failli prendre sa retraite au milieu des années 1980, après avoir vendu les Papiers peints Berkley, l\u2019entreprise qui l\u2019a amené à Sherbrooke et qu\u2019il a fondée à la demande du gouvernement du Parti québécois.«Le Québec était le plus gros utilisateur de papiers peints des dix provinces, et on l\u2019importait d\u2019Angleterre», note-t-il.Or, en partenariat avec la Société de développement industriel du Québec (SDI) et l\u2019investisseur français Max Foucray, il a lancé les Papiers peints Berkley, grâce aux 250 000 $ qu\u2019il s\u2019est fait avancer de la banque en mettant en garantie un hôtel mon- tréalais de 62 chambres dans lequel il avait investi.«On était en 1980.Beaucoup de villes voulaient nous avoir, dont Trois-Rivières et Granby», souligne M.Wood.La présence d\u2019institutions scolaires pour son ?ls et sa ?lle l\u2019ont convaincu d\u2019opter pour Sherbrooke.Aujourd\u2019hui, sa ?lle de 40 ans est plus francophone, tandis que son ?ls de 45 ans est plus anglophone.«Nous avons été la première entreprise privée à aller en Bourse avec le Régime d\u2019épargne-actions», se remémore-t-il.«Nous avions quelques centaines employés.» Puis il a privatisé les Papiers peints Berkley et les a vendus 15 millions $ à une société britannique.«J\u2019avais besoin d\u2019argent pour continuer à faire ce que je voulais.» Il a été payé moitié en argent et moitié en actions, et ces actions lui ont valu rien de moins que le triple six mois plus tard, quand cette compagnie a été revendue à son tour à des Américains en 1985.C\u2019est à ce moment que Dennis Wood a pu investir et réinvestir dans C-MAC.Les années 1980 ont aussi été pour lui l\u2019occasion de se ré- seauter de façon exemplaire, notamment par l\u2019entremise de la Chambre de commerce de Sherbrooke dont il a été président.ARRIVÉ D\u2019ANGLETERRE À 9 ANS Avant d\u2019arriver en Estrie au début de la quarantaine, Dennis Wood avait fait ses classes en affaires principalement à Montréal, et un peu à Toronto.Après sa 11e année à l\u2019école anglaise et plusieurs petits emplois, le garçon qui était arrivé d\u2019Angleterre à 9 ans, seul avec sa mère, avait commencé sa carrière comme commissionnaire chez le fabricant de papier CIP à Montréal.C\u2019était pour lui l\u2019école de la vie.«Je rencontrais tout le monde!» Onze ans plus tard, après des études universitaires en commerce à Sir George Williams («je me suis rendu à mi-chemin d\u2019un baccalauréat»), alors âgé de 28 ans et étant devenu directeur de la division polythène de CIP à Pointe-aux-Trembles, il quittait pour Consolidated Bathurst comme vendeur à travers le pays.Il s\u2019est ensuite joint comme directeur des ventes à un ancien de CIP qui ouvrait une cartonnerie (Kirk Containers) à Toronto.La faillite de l\u2019entreprise le ramène à Montréal en octobre 1970 comme directeur de distribution chez Price Wilson.«J\u2019ai appris des erreurs de la faillite.» Revenu à Montréal avec femme et enfants, il achète un quadruplex dont il habite une des unités.«Les autres dirigeants de la compagnie avaient des belles grandes maisons à Beacons?eld, mais moi, j\u2019avais des revenus.» «C\u2019est à ce moment que j\u2019ai commencé à brasser des affaires», se rappelle-t-il.Avec un partenaire, il fonde en 1973 une cartonnerie à Mon- tréal-Nord, les Emballages PW.«Ma mère m\u2019a prêté 3000 $ et l\u2019autre avait 3000 $, et j\u2019ai eu un prêt de 50 000 $ de la Banque de développement du Canada après six mois de négociations.Ça m\u2019a lancéen affaires.» «On travaillait toutes les heures qu\u2019on pouvait.Ma femme et mon ?ls m\u2019aidaient.On est monté à une trentaine d\u2019employés.» Mais l\u2019entreprise a été détruite par un incendie (allumé par deux enfants) en 1975 et le prêt a été rappelé.Dennis Wood s\u2019occupe donc de divers placements, dont un hôtel, puis il travaille à redresser la division des papiers peints chez International Paint en 1977.Le gouvernement du Parti québécois a alors tenté de convaincre les dirigeants de la compagnie torontoise d\u2019investir au Québec, mais sans succès.Dennis Wood devait reprendre l\u2019idée avec la SDI en 1980, à Sherbrooke.Le parcours de Dennis Wood en affaires est d\u2019autant plus exceptionnel qu\u2019il est issu d\u2019une famille pauvre.Il n\u2019a jamais connu son père et il est arrivé au Québec en février 1948 après une traversée en bateau de Londres à New York.Sa mère avait comme contact un soldat qui s\u2019appelait Jos Tremblay.Ils ont élu domicile dans le quartier ouvrier du Centre-Sud de Montréal, surnommé le «faubourg à m\u2019lasse».Mais il est allé à l\u2019école anglaise, pendant que sa mère lavait des planchers pour vivre.Dennis Wood n\u2019a pas oublié ses origines modestes.On l\u2019a vu redonner en s\u2019engageant notamment au comité exécutif de l\u2019Université Bishop\u2019s, à la Fondation de l\u2019Université de Sherbrooke, à la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et à la Fondation de l\u2019hôpital de Memphrémagog.DES AMIS POUR LA VIE DENNIS WOOD LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C95 95 LT C 96 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 96 MONSIEUR LOYAUTÉ JEAN BÉLIVEAU ALAIN GOUPIL Lorsqu\u2019est venu le temps pour le comité des sages d\u2019élire la personnalité sportive du siècle sur le territoire de La Tribune, le choix de Jean Béliveau a été ce qu\u2019on appelle, dans ce genre d\u2019exercice, un choix unanime.«De par ses exploits sportifs, sa personnalité, le rayonnement qu\u2019il a toujours incarné à la fois pour son sport, pour les nombreuses causes qu\u2019il a endossées et pour Victoriaville, le grand Jean a été pour nous un choix absolument incontournable», a indiqué le journaliste Denis Messier, membre du comité de sélection en compagnie de Marcel Bureau, de la Société Saint-Jean Baptiste de Sherbrooke, et de Jacques Petit, d\u2019Excellence sportive Sherbrooke.Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1972, un an seulement après avoir annoncé sa retraite, gagnant de dix coupes Stanley, le célèbre no 4 du Canadien de Montréal a connu l\u2019une des carrières les plus proli?ques dans toute l\u2019histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH).En 20 saisons dans l\u2019uniforme du Tricolore, celui que l\u2019on surnomme encore aujourd\u2019hui le «gros Bill» aura marqué 507 buts et 712 passes pour 1219 points en 1125 parties régulières et 70 buts et 97 aides pour 176 points en 162 parties éliminatoires.À ses dix conquêtes de la coupe Stanley s\u2019ajoutent les trophées Art Ross, remis au meilleur compteur de la LNH (1956), Conn Smythe, décerné au joueur le plus utile en séries éliminatoires (1965), ainsi que Hart, attribué au joueur le plus utile en saison régulière (1956 et 1964).DE TROIS-RIVIÈRES À VICTORIAVILLE Né à Trois-Rivières le 31 août 1931, Jean Béliveau a grandi et fait ses études à Victoriaville au milieu d\u2019une famille de huit enfants (cinq garçons, trois ?lles) dont le père était monteur de lignes à l\u2019emploi de la Shawinigan Water & Power, devenue par la suite Hydro- Québec.À 78 ans bien comptés, l\u2019homme dit conserver de précieux souvenirs de son enfance à Victoriaville, de la résidence familiale de la rue No- tre-Dame ainsi que du Collège du Sacré-Cœur où il fait ses études.Des souvenirs liés au hockey et à des leçons de vie.«Lorsque je pense à Victoriaville encore aujourd\u2019hui, cela représente l\u2019endroit où j\u2019ai appris à patiner et à jouer au hockey.C\u2019est vraiment là que tout a commencé», relate le légendaire capitaine du Canadien.«Mes parents m\u2019avaient offert ma première paire de patins à Noël.Comme tout le monde dans le voisinage, nous avions une patinoire derrière la maison.Une patinoire que mon père entretenait minutieusement.Pas besoin de vous dire que j\u2019ai passé des heures et des heures sur cette patinoire à patiner et à jouer au hockey avec mes frères et les autres garçons du voisinage.» Son intérêt pour le hockey se transforme en passion le jour où il effectue son entrée au Collège du Sacré-Cœur de Victoriaville, là où les études se marient à la pratique quotidienne de notre sport national.«Les frères du Sacré-Cœur aimaient beaucoup le hockey.Certains d\u2019entre eux étaient même d\u2019excellents joueurs», se rappelle Jean Béliveau.Ce sont ces mêmes frères du Sacré-Cœur qui, dans les années 1940, décèleront chez le jeune Bé- liveau le talent et l\u2019acharnement qui lui permettront d\u2019envisager la possibilité de faire une carrière au hockey.Dès sa première année au collège, Jean Béliveau est donc invité à faire partie de l\u2019équipe d\u2019étoiles du Sacré-Cœur appelée à se mesurer aux différents clubs de travailleurs et d\u2019usine de Victoriaville et des environs.L\u2019idée derrière la création de cette équipe d\u2019étoiles, explique Jean Béliveau, était de permettre aux étudiants de se mesurer à des joueurs plus gros et plus forts qu\u2019eux.«S\u2019il y a une leçon que j\u2019ai retenue de mes années au Collège du Sacré-Cœur, c\u2019est que la meilleure façon de t\u2019améliorer dans la vie, c\u2019est de toujours te mesurer à des meilleurs que toi.C\u2019est vrai au hockey et c\u2019est aussi vrai dans la vie», insiste-t-il en parlant de cette vérité universelle.UN RÔLE À REMPLIR «Et lorsque tu deviens le meilleur, ton rôle doit changer.À ce moment-là, tu dois t\u2019arranger pour enseigner ce que tu as appris aux plus jeunes a?n qu\u2019eux aussi puissent s\u2019améliorer et même te dépasser.» Une leçon qui lui aura permis de se démarquer dès ses débuts dans l\u2019uniforme des Tigres de Victoriaville, de 1947 à 1949, pour ensuite devenir l\u2019une des ?gures marquantes des Citadelles et des As de Québec où il a soulevé les foules durant quatre saisons.Fait of?cier de l\u2019Ordre du Canada en 2006 et récipiendaire d\u2019un doctorat honoris causa de l\u2019Université Laval en 2008, Jean Béliveau a poursuivi, en dehors de la patinoire, une carrière tout aussi ?orissante que celle de hockeyeur.Une carrière au cours de laquelle il est resté ?dèle aux valeurs d\u2019honnêteté, d\u2019intégrité et de loyauté auxquelles il dit attacher la plus grande importance.«La loyauté a toujours été quelque chose de très important pour moi.Que ce soit envers ma famille, les personnes ou les organisations qui m\u2019ont aidé, j\u2019ai toujours essayé de faire preuve de loyauté.Et je dois reconnaître aujourd\u2019hui que cela m\u2019a toujours bien servi.» C\u2019est cette même loyauté envers l\u2019organisation du Canadien ainsi qu\u2019envers sa famille qui a amené Jean Béliveau à décliner, trois fois plutôt qu\u2019une, la possibilité de faire le saut dans l\u2019arène politique.Par deux fois, au début des années 1990, on lui a offert un poste de sénateur à Ottawa.Et chaque fois, il est demeuré ?dèle à ses convictions.«Si j\u2019avais voulu faire de la politique, j\u2019aurais voulu être élu et non pas nommé», a-t-il rappelé.Quelques années plus tard, lorsque le poste de gouverneur général du Canada lui a été offert, ce sont des considérations familiales qui ont dicté son refus.«Ma ?lle venait alors de perdre son mari et comme ses deux ?lles étaient encore très jeunes, je ne me voyais pas occuper une fonction qui m\u2019aurait tenu éloigné d\u2019elles pendant au moins cinq ans.Je ne pouvais peut-être pas remplacer leur père, mais j\u2019avais le sentiment que je devais rester auprès d\u2019elles.» Aujourd\u2019hui encore, Jean Béliveau demeure ?dèle à ses principes et loyal envers ceux et celles qui ont jalonné sa vie.Pas surprenant que Victoriaville soit si ?ère de lui.«S\u2019il y a une leçon que j\u2019ai retenue de mes années au Collège du Sacré-Cœur, c\u2019est que la meilleure façon de t\u2019améliorer dans la vie, c\u2019est de toujours te mesurer à des meilleurs que toi.C\u2019est vrai au hockey et c\u2019est aussi vrai dans la vie.» LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C97 97 LT C 98 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 98 SERGE RACINE UN ENTREPRENEUR-NÉ «En toute modestie, j\u2019ai fait tout mon possible pour contribuer au développement de Sherbrooke et de la région.» FRANÇOIS GOUGEON Trouver les occasions, avoir de la vision et développer les bonnes stratégies.C\u2019est une partie de la recette que l\u2019homme d\u2019affaires à la retraite Serge Racine a appliquée au cours de sa vie et qui a contribué à son succès.Particulièrement les quasi 25 ans passés à développer et à diriger l\u2019entreprise de meubles Sher- mag, qui a embauché jusqu\u2019à 2000 personnes dans près de 20 usines et scieries, avec un chiffre d\u2019affaires de près de 200 millions $.«Le succès, ça tient aussi à d\u2019autres facteurs, comme se faire con?ance et travailler d\u2019arrache-pied.Je ne me considère pas comme plus intelligent qu\u2019un autre, mais j\u2019ai une grande capacité de travail», fait observer l\u2019homme originaire de Farnham, où son père, chef d\u2019une famille de sept enfants, tenait un dépanneur.Serge Racine a donc appris très jeune le sens des affaires.«Je suis né entrepreneur et j\u2019ai appris sur le tas», dit-il, soulignant que c\u2019est justement en partie à cause du développement d\u2019une petite entreprise de vente de cartes de Noël que le Séminaire de Saint-Hyacinthe lui a montré la porte, en rhétorique.C\u2019est la meilleure chose qui ait pu lui arriver, car il ne se voyait pas porter la soutane que d\u2019autres espéraient pour lui.Par un concours de circonstances, il a plutôt poursuivi des études à Loyola, dans la langue de Shakespeare, qu\u2019il ne connaissait aucunement et qu\u2019il voulait apprendre.Son premier rêve à la ?n de ses études de sciences politiques?Travailler dans le milieu diplomatique, où les Québécois étaient cruellement absents dans les années 1960 et 1970.REPÊCHÉ Ce rêve ne s\u2019est pas matérialisé et Serge Racine a plutôt pro?té d\u2019une rare chance, grâce à une bourse, de poursuivre des études supérieures en sciences économiques, jusqu\u2019à la maîtrise, à l\u2019Université Georgetown, de Washington.Il a même enseigné cette matière à l\u2019Université de Virginie, avant d\u2019être repêché au début de 1970 par l\u2019Université de Sherbrooke.«J\u2019ai bien aimé enseigner.J\u2019ai même passé un an à l\u2019Université nationale du Rwanda, où j\u2019ai contribué à la formation d\u2019étudiants dans le milieu économique coopératif.Mais il s\u2019est présenté une autre occasion en 1972.À la suite de la mise sur pied du Centre de recherche en aménagement régional (CRAR) (qui a donné lieu à des investissements en infrastructures de 220 millions $ dont Sherbrooke a largement pro- ?té), celle d\u2019en devenir directeur général de la Ville.» Pendant cinq ans, il occupera habilement une fonction municipale à la tête de 1000 employés, répartis dans 22 services et dotée d\u2019un budget de 100 millions $.Sa plus grande réussite est d\u2019avoir «sorti les élus de la gestion quotidienne».«À l\u2019époque, rappelle- t-il, les élus fouillaient quasiment sous les bouches d\u2019égouts pour les tâches d\u2019entretien.J\u2019ai travaillé à la rédaction d\u2019un guide délimitant les tâches administratives de celles politiques et qui a été utilisé dans d\u2019autres municipalités.Je disais aux élus: développez les politiques et laissez les fonctionnaires les appliquer», fait-il valoir.Mais en 1977, son flair lui prédit que le développement d\u2019un fauteuil coulissant sur roues à billes pourrait faire du chemin.C\u2019était le premier produit Sher- mag en marché, qui a connu une immense popularité.«Grâce à des immeubles à appartements que je possédais, j\u2019ai pris le risque, en investissant à coups de 50 000 $ pour lancer l\u2019affaire.Mais il a fallu que le gérant de banque me force la main pour que je quitte la direction générale de la Ville de Sherbrooke et que je me consacre entièrement au démarrage de Shermag, afin que ça décolle pour vrai.Autour, on me traitait de fou de laisser un emploi sécuritaire et bien payé, mais j\u2019avais confiance en l\u2019avenir», évoque M.Racine.ALLER DE L\u2019AVANT La suite lui a donné raison: Sher- mag a pro?té de vents favorables, dont plusieurs acquisitions d\u2019usines en dif?culté ou fermées.«Même au plus fort de la crise économique de 1982, on allait de l\u2019avant», dit-il ?è- rement.C\u2019est en pleine gloire qu\u2019il a quitté le navire Shermag en 2001.qui s\u2019est mis à couler dans les années suivant son départ.Bien sûr que la disparition du géant canadien de la fabrication de meubles le peine.«Mais je n\u2019ai pas grand-chose à dire là-dessus.Je n\u2019étais plus là depuis plusieurs années», dit-il simplement.Il lui reste toutefois «la grande ?erté d\u2019avoir travaillé au développement de la région» et d\u2019avoir persisté à maintenir le siège social de Shermag à Sherbrooke, «même si tout aurait été plus facile dans un grand centre, comme Montréal».«En toute modestie, j\u2019ai fait tout mon possible pour contribuer au développement de Sherbrooke et de la région», fait-il valoir.Engagé dans une foule de projets au cours de sa vie active, dont la présidence du comité de transition de la nouvelle Ville de Sherbrooke, Serge Racine a fondé et présidé en 2002 le projet Novare.L\u2019idée, c\u2019est de construire des passerelles entre les chercheurs et les entreprises, les laboratoires, la production, le savoir et le capital.Le tout pour créer un véritable leadership en innovation technologique, sans oublier de faciliter l\u2019accès des jeunes au monde des affaires.Or, avec le recul, Serge Racine constate que le «bouillonnement» de l\u2019entrepreneuriat n\u2019a pas l\u2019ampleur qu\u2019il souhaiterait.«Je ne veux pas dire que tout était mieux dans mon temps, mais je me demande s\u2019il y a encore une culture entre- preneuriale au Québec», laisse-t-il échapper.Finalement, à propos de La Tribune, qu\u2019il félicite pour son centenaire, Serge Racine évoque la chance pour la région de compter sur un quotidien écrit.«C\u2019est une institution qui dérange parfois, mais qui joue un rôle essentiel dans la société», résume-t-il. LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C99 99 C100 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 100 ALBERT BÉRUBÉ uand je regarde les jeunes générations de Sher- brookois ouverts sur le monde, comme les 25-45 ans, je m\u2019attends à ce qu\u2019ils créent de la richesse et j\u2019entrevois une belle croissance pour Sherbrooke au cours des prochaines années.Je dirais qu\u2019en 2020 on va être passés de 152 000 à 200 000 de population.Tout est en place pour ça.» Fier artisan du Sherbrooke d\u2019aujourd\u2019hui, lui-même issu d\u2019une famille de bâtisseurs, le notaire et homme d\u2019affaires Louis Lagassé jette un regard enthousiaste sur l\u2019avenir estrien.L\u2019homme de 62 ans est aujour- d\u2019hui à la tête d\u2019une dizaine d\u2019entreprises qui comptent plus de 1200 employés, dont 950 au Québec et les autres en France et en Allemagne.Avec des entreprises comme Media5 et Gexel, il œuvre dans l\u2019équipement de télécommunications et les centres d\u2019appel.«Notre chiffre d\u2019affaires global était de 250 millions $ en 2008», observe-t-il.« LA CRÉATION DU PRODUIT » Louis Lagassé, un des Sherbroo- kois qui auront marqué le tournant du siècle, est à l\u2019origine de l\u2019élan du fabricant de composantes électroniques C-MAC en 1985, qui a compté jusqu\u2019à 1000 employés à Sherbrooke avant de passer aux mains de l\u2019américaine Solectron en 2001.M.Lagas- sé avait déjà vendu ses actions à la ?n des années 1990, lesquelles lui ont rapporté de nombreux millions.«Je voulais me rapprocher de la création du produit plutôt que d\u2019être dans la fabrication», expli- que-t-il, d\u2019où sa participation à Me- diatrix (de son holding Media5) à Sherbrooke dont il est actionnaire majoritaire.L\u2019entreprise compte 75 employés affectés au design et à la conception des appareils d\u2019accès à la voix sur protocole internet.CONFIANCE Qu\u2019est-ce qui le rend si con?ant pour l\u2019avenir de Sherbrooke?«La croissance endogène de Sherbrooke est en place : les universités, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, les écoles secondaires et collégiales, l\u2019accès aux sports, les montagnes, les lacs, un coût immobilier raisonnable, des distances courtes à parcourir pour obtenir toutes sortes de services, l\u2019accès à des professionnels, les services gouvernementaux, nous avons tout ça», fait-il observer.Un bémol : il y a un danger de s\u2019asseoir sur ces réussites, estime- t-il.«Nous sommes un peu gâtés par notre milieu.Ça nous fouette moins par exemple que si nous étions en Beauce et que nous devions compter surtout sur l\u2019entrepreneuriat local.Nous avons longtemps été dopés par la présence de l\u2019Université de Sherbrooke qui nous éblouissait par sa seule croissance.» «Mais je pense que nous sommes sur la bonne voie», ajoute M.Lagassé, qui est président de Sherbrooke Innopole, l\u2019ex-Innova- tion et développement économique Sherbrooke qui a succédé l\u2019an dernier à la Société de développement économique de Sherbrooke.Sherbrooke Innopole, comme son nom l\u2019indique, met résolument le cap sur les entreprises innovan- tes pour développer la ville, en plus du secteur manufacturier plus traditionnel.«Avec l\u2019installation des Laboratoires Charles River et les recherches pour mettre au point de nouveaux médicaments annoncées récemment par Tranzyme Pharma, on voit qu\u2019il y a des actions structurantes qui donnent un bon élan à la roue, dans la ?lière des sciences de la vie», se réjouit-il.UNE ANNÉE HISTORIQUE Quand il se penche sur le passé pour regarder le cheminement de Sherbrooke, Louis Lagassé s\u2019arrête à une année historique, 1954.C\u2019est l\u2019année de la fondation de l\u2019Université de Sherbrooke (UdeS), 101 ans après celle de l\u2019Université Bishop\u2019s.Jusqu\u2019à la guerre de 1939-1945, rappelle-t-il, le tissu industriel sher- brookois fournissait de nombreux emplois, «pas hautement rémunérés, mais en quantité abondante».A suivi après la guerre une période d\u2019accalmie, marquée toutefois par l\u2019explosion du taux de natalité et une expansion immobilière.Puis au beau milieu du siècle est arrivée l\u2019Université de Sherbrooke, un prolongement du Séminaire de Sherbrooke grâce à une charte amendée.«Cet événement a amené un essor qui a duré 25 ans, avec l\u2019ajout continuel de nouvelles facultés qui généraient de nouveaux emplois», constate M.Lagassé.Les années 1970 ont par la suite été marquées par une in?ation galopante stimulée par le choc des nouveaux prix pétroliers, puis les années 1980 sont arrivées avec des taux d\u2019intérêt hypothécaires prohibitifs de 20 pour cent, suivis tout de même d\u2019investissements prometteurs tels Shermag, C-MAC, et Tie Communication.Au milieu des années 1990, souligne M.Lagassé, on a assisté à une nouvelle expansion de l\u2019UdeS, qui comptait à peine 6000 étudiants, et qui en compte aujourd\u2019hui 18 000 à Sherbrooke.CHEMINEMENT PERSONNEL Louis Lagassé, né en 1947, a baigné tout jeune dans l\u2019univers des transactions immobilières et de la création d\u2019entreprises.Son grand- père et son père étaient notaires, tout comme lui.Son grand-père, Joseph-Arsène Lagassé, a lancé des entreprises dans le secteur de Richmond et Windsor dans la première moitié du XXe siècle.Son père, Joseph- Jacques, qui a pratiqué de 1939 à 1996 et qui est décédé en 2000, était cofondateur en 1952 du grossiste en alimentation Denault Ltée, devenu par la suite Provigo.Fort de sa licence en droit et d\u2019une maîtrise en administration des affaires, Louis Lagassé s\u2019est joint à l\u2019étude notariale de son père en 1975, et déjà il avait le goût des affaires.«Dans la création de la richesse, un professionnel contribue, mais l\u2019entreprise est plus près de la création», fait-il valoir.Comment a-t-il prospéré?«Je me suis lancé dans l\u2019investissement immobilier avec près de 25 000 $ que mon père m\u2019a avancé.Ça m\u2019a ensuite servi de levier ?nancier pour C-MAC en 1985, puis Mediatrix et les autres.» Louis Lagassé récolte aujourd\u2019hui le fruit de ses nombreux placements, mais il a aussi beaucoup donné.Président de la Chambre de commerce de Sherbrooke en 1979, puis de la Chambre de commerce du Québec en 1986, nommé Grand Estrien en 1996, il a cofondé en 1998 le Centre d\u2019entrepreneurship Dobson-Lagassé en collaboration avec l\u2019Université Bishop\u2019s.Ce centre rend un immense service aux entrepreneurs débutants en leur évitant bien des faux pas.Initié au violon dès son jeune âge, entre autres en fréquentant le Centre d\u2019arts Orford, Louis Lagassé a grandi comme ami des arts et de la musique.Il continue de collaborer avec le Centre d\u2019arts, comme il a collaboré avec l\u2019Orchestre symphonique de Sherbrooke.En plus de contribuer à différentes fondations, il a créé la Fondation J.A.Louis Lagassé, qui a pour mandat de promouvoir les arts, la musique, la philanthropie, la science et la culture.Un don de cette fondation a d\u2019ailleurs permis à la Ville de Sherbrooke d\u2019acquérir en 1997 le Théâtre Granada, un immeuble construit en 1928.Parmi ses dons, on remarque un piano à queue Yamaha à l\u2019Université de Sherbrooke en 1999, et un autre pour les élèves de l\u2019école secondaire Montcalm, auxquels s\u2019ajoutent des bourses de perfectionnement pour les artistes de la musique, aux États- Unis ou en Angleterre.LOUIS LAGASSÉ UNE BELLE CROISSANCE « Nous sommes un peu gâtés par notre milieu.Ça nous fouette moins par exemple que si nous étions en Beauce et que nous devions compter surtout sur l\u2019entrepre- neuriat local.» Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C101 LT 101 C102 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 102 FRANCINE RUEST-JUTRAS FEMME D\u2019ACTION JEAN-PIERRE BOISVERT Elle fait régulièrement les manchettes de la politique depuis près d\u2019un quart de siècle.Élue à la mairie de Drum- mondville en 1987, après un mandat de conseillère, Francine Ruest-Jutras a toujours été très à l\u2019aise sur «sa» chaise.qu\u2019elle quittera en 2013.Témoin privilégié et artisane d\u2019un bouleversement culturel et économique sans précédent à Drummondville et dans la région, celle qui demeure encore la seule femme à avoir assuré la présidence de l\u2019Union des municipalités du Québec, de 2002 à 2004, et qui occupe toujours des fonctions importantes au sein de cet organisme, a su faire preuve de leadership pour faire passer Drummondville d\u2019une «ville à l\u2019agonie», selon le magazine L\u2019actualité, et d\u2019une «ville drôle», selon Croc, à une ville prospère, dynamique et enviable à plusieurs égards.«Ici, dit-elle sans s\u2019accorder un mérite particulier, nous avons pris l\u2019habitude de la concertation, qui n\u2019existe pas toujours ailleurs.Nous avons développé ce ré?exe de tous tirer ensemble.C\u2019est un atout extraordinaire.Notre richesse naturelle, c\u2019est notre monde.Cela nous a permis de prendre tôt, plus tôt que dans bien d\u2019autres villes, le virage de la diversi?cation économique.Grâce aux Lemaire, Soucy, Girardin, Dubois, Nadeau, Bour- ret et autres gens d\u2019affaires, nous avons eu la chance de voir s\u2019af?r- mer un entrepreneurship local.«Et cela s\u2019est répercuté aussi dans le domaine du tourisme où de bonnes idées, facilitées et encouragées par le milieu, se sont concrétisées pour nous donner le Village québécois d\u2019antan, les Légendes fantastiques et le Mondial des cultures.» UN SLOGAN ANNONCIATEUR C\u2019est après avoir présidé un comité consultatif sur l\u2019aménagement du territoire, prélude à la loi 125 qui créera la région du Centre-du-Québec, que la future mairesse s\u2019intéresse à l\u2019engagement politique.Le rapport est déposé en 1981, quelques jours avant l\u2019accouchement de la quatrième de ses ?lles (ses deux jumelles sont aujourd\u2019hui âgées de 37 ans).Deux années plus tard, fortement appuyée par son mari, l\u2019avocat Germain Jutras, Francine Ruest se porte candidate dans le quartier Drummondville-Ouest avec un slogan pour le moins annonciateur: «Changeons l\u2019image de Drummondville.» Son élection comme conseillère marque le début d\u2019une carrière ?o- rissante en politique municipale, un milieu peuplé d\u2019hommes.«Je voyais bien que je portais un regard différent sur les événements.On me disait souvent : on ne sait jamais quel type de question vous allez nous poser.Je crois que les femmes en politique ont cette capacité de percevoir un projet sous toutes ses coutures, avec le souci du détail.On dit que le diable est dans les détails», souligne-t-elle en riant.Une fois élue mairesse, elle con- ?e : «C\u2019est ma chaise, je me sens à l\u2019aise.» Forte d\u2019un baccalauréat en pédagogie, de crédits en droit et d\u2019un brevet d\u2019enseignement en musique, elle se sent en con?ance pour attaquer le dé?de sa vie.«À l\u2019époque, les femmes n\u2019étaient pas nombreuses en politique, mais je ne me suis jamais questionnée sur mes capacités à tenir ce rôle.J\u2019avais été démocratiquement choisie et j\u2019avais cette con?ance d\u2019être en mesure de bien représenter mes concitoyens.C\u2019était aussi une question de tempérament.Ma mère avait du caractère et j\u2019ai été élevée comme ça.Les religieuses également nous avaient bien préparées à faire notre place et à atteindre l\u2019université.» Les partis fédéraux et provinciaux, qui voient une femme engagée, s\u2019empressent de la courtiser.Mais elle résiste.Elle a souvent dit qu\u2019elle n\u2019avait jamais regretté d\u2019avoir choisi la politique municipale.«On voit plus rapidement les résultats de nos décisions.La politique municipale est le niveau de pouvoir le plus près du citoyen.» L\u2019une des belles réussites de Francine Ruest-Jutras est d\u2019avoir contribué à la formation de la Société de développement économique de Drummondville (SDED), une entité qu\u2019elle préside, conjointement avec le directeur général Martin Dupont.Un outil formidable, selon elle.«Le rôle des élus est d\u2019aider à créer un climat favorable à l\u2019investissement.La SDED est un organisme branché, qui voit venir, qui soutient les entreprises naissantes grâce à l\u2019incubateur industriel, qui s\u2019aventure dans la prospection.Il ne faut pas oublier que nous comptons maintenant plus de 40 ?liales d\u2019entreprises multinationales sur notre territoire.Cela contribue considérablement à la notoriété de Drummondville.Les investisseurs sont portés à aller là où ça va bien», tient à rappeler celle qui a participé à des missions économiques en Allemagne, en France, au Mexique, en Afrique et en Chine.Francine Ruest-Jutras en est à un dernier tour de piste, selon son expression, alors que sa décision est résolument prise de quitter à la ?n de son mandat.«Ah oui, c\u2019est dé?nitif.Je laisserai ma place à d\u2019autres.Il y a une belle relève, sans compter que d\u2019autres vont sans doute se découvrir un intérêt et faire connaître leur intention d\u2019ici 2013.» C\u2019est donc dire qu\u2019elle ne sera pas sur «sa» chaise de maires- se lors du 200e anniversaire de fondation de Drummondville en 2015.«Je serai fort probablement émue mais sereine.D\u2019ici là, nous aurons à préparer activement les festivités du 200e.Ce genre d\u2019événement ne s\u2019improvise pas.Je souhaite que notre anniversaire soit un tremplin pour projeter la ville de Drummondville dans le futur et non pas juste un party avec un dur lendemain.Des idées étonnantes commencent déjà à émerger.Plusieurs de nos projets majeurs, tels le Centre culturel et le Centre Famille-Enfant, seront alors réalisés.«D\u2019ailleurs, ajoute-t-elle en s\u2019obligeant à ne pas en dire trop, il y a de gros projets qui s\u2019en viennent ici.Et je ne parle pas de projets qui exigent une contribution des gouvernements.Je peux vous dire que 2010 sera une très grosse année pour Drummondville, qui connaîtra un élan imperturbable.C\u2019est très encourageant.» LA TRIBUNE : TÉMOIN HORS LES MURS C\u2019est en prenant connaissance des journaux que la première Drummondvilloise commence ses journées.Les journalistes couvrant la politique municipale ont maintes fois pu constater que rien ne lui échappe en termes d\u2019actualité.Lectrice assidue de La Tribune, elle considère que le journal sher- brookois est un atout.«La Tribune n\u2019est pas un journal local à Drummondville, mais cette relative distanciation en fait un témoin hors les murs important.C\u2019est un outil précieux qui nous permet de voir notre différence et de l\u2019af?cher à l\u2019extérieur.Il est tout à fait dans notre intérêt que soient présentés et observés les événements majeurs qui touchent notre communauté.Nous apprécions que La Tribune couvre les activités municipales, y compris le conseil municipal.Pour ma part, je considère que La Tribune nous a toujours bien servis», fait-elle remarquer.« Nous avons développé ce réflexe de tous tirer ensemble.C\u2019est un atout extraordinaire.Notre richesse naturelle, c\u2019est notre monde.Cela nous a permis de prendre tôt le virage de la diversification économique.» Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C103 LT 103 C104 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 104 ROGER NICOLET « C\u2019était tout de même fascinant que [l\u2019Union des municipalités régionales de comté et municipalités locales du Québec] prenne un Suisse égaré comme moi comme président! » JEAN-FRANÇOIS GAGNON On connaît deux carrières à Roger Nicolet : celles d\u2019ingénieur et de politicien.Les deux univers professionnels dans lesquels il a évolué ne paraissent aucunement liés, mais l\u2019ex-prési- dent de la Conférence régionale des élus de l\u2019Estrie (CRÉE) établit des parallèles.Tout compte fait, les habiletés développées en coordonnant de grands chantiers l\u2019ont bien servi en politique.Bien que natif de la Suisse et arrivé dans la région en 1974 seulement, Roger Nicolet a été pour l\u2019Estrie un ambassadeur de premier plan au cours des 35 dernières années, autant à titre d\u2019ingénieur que d\u2019homme politique.Il a su clairement laisser sa marque.En tant qu\u2019ingénieur, il a notamment été responsable d\u2019importants travaux au très réputé musée du Louvres à Paris.Il a également été associé à la construction du tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine à Montréal, dans les années 1960, et du Village olympique, toujours dans la métropole.Sur le plan politique, en plus de présider la CRÉE, il a agi à titre de maire d\u2019Austin durant 33 années consécutives, a occupé la fonction de préfet de la MRC de Memphré- magog pendant près de 20 ans et a siégé comme président de l\u2019Union des municipalités régionales de comté et municipalités locales du Québec (UMRCQ).En de rares occasions, ses deux carrières ont semblé ne faire qu\u2019une.Ce fut le cas quand il a assumé la présidence de la commission sur la crise du verglas de 1998 et de celle portant sur les inondations survenues au Saguenay deux ans plus tôt.Roger Nicolet considère que les fonctions de l\u2019ingénieur recoupent celles de l\u2019homme politique, car elles lui demandent de coordonner les efforts de différents spécialistes.«Les ingénieurs apprennent la coordination interdisciplinaire.Et, dans les MRC par exemple, on doit continuellement travailler en coordination», note-t-il.Son travail de coordination des travaux du tunnel Louis-Hippolyte- Lafontaine est en partie à l\u2019origine de son engagement en politique active.«Pour ce projet, j\u2019ai eu à faire avec tout l\u2019appareil gouvernemental.Ça m\u2019a permis de comprendre le rôle des grands acteurs de la société», con?e-t-il.Sa première expérience dans le secteur municipal, il l\u2019a vécue avant de s\u2019établir en Estrie.Elle consistait à siéger au comité consultatif d\u2019urbanisme de Longueuil, qui examinait alors la faisabilité d\u2019un projet de métro entre cette ville et Montréal.UN HASARD DE LA VIE Dans les années suivant son arrivée à Austin, le maire de l\u2019endroit décède en cours de mandat et il accepte de le remplacer sans même être élu au suffrage universel.C\u2019est précisément l\u2019obtention de ce poste qui l\u2019amènera plus tard à diriger la MRC de Memphrémagog, la CRÉE et l\u2019UMRCQ.Son accession à la présidence de l\u2019UMRCQ en 1985 l\u2019avait vraisemblablement surpris.«C\u2019était tout de même fascinant que cette organisation prenne un Suisse égaré comme moi comme président!» Dans le cadre de ses fonctions de président de cette organisation municipale, Roger Nicolet a visité la province au grand complet.«J\u2019ai vu la richesse de ce Québec et de ses gens.On ne comprend pas le Québec sans comprendre ses régions», estime-t-il.L\u2019ancien président de l\u2019UMRCQ se souvient avoir reçu un bel accueil de la part des différentes communautés de la province pendant son mandat de neuf ans.Or, cela signi- ?ait vraisemblablement beaucoup pour lui.«J\u2019étais peut-être sensible au fait d\u2019être accepté», confesse celui qui a non seulement vécu en Suisse mais aussi en Belgique durant son enfance.DES STRUCTURES UTILES Parler de lui-même, Roger Nico- let n\u2019aime pas beaucoup.Il répond souvent en quelques mots aux questions qui concernent sa vie, son intériorité.Mais proposez-lui de discuter de développement ou d\u2019enjeux sociaux divers et le voilà qui devient plus volubile.Abordez le rôle des MRC ou de la CRÉE avec lui et la discussion s\u2019animera.«Les MRC ont articulé le territoire comme jamais auparavant.Les gens commencent à fonctionner en tant que MRC», soutient l\u2019ancien préfet de la MRC de Mem- phrémagog.Quant à la Conférence régionale des élus de l\u2019Estrie, il la juge trop jeune pour avoir une in?uence majeure dans le milieu.Il pressent néanmoins qu\u2019elle «permettra un meilleur arrimage entre le gouvernement et le monde municipal».En outre, Roger Nicolet espère que Sherbrooke apprendra à travailler encore plus étroitement avec les MRC qui l\u2019entourent, ce à quoi la CRÉE pourrait contribuer.Quant aux maires des municipalités environnant la métropole régionale, il croit qu\u2019ils auraient avantage à penser plus souvent en fonction de l\u2019ensemble de la région.«On commence à se parler entre Sherbrooke et la périphérie.Mais il faudra plus d\u2019efforts concertés», sou- tient-il celui qui, en 2004, est devenu le premier président de la CRÉE.Un souhait qu\u2019il émet est de voir la région accroître son rayonnement au Québec et ailleurs.«L\u2019Es- trie ne rayonne pas suf?samment.C\u2019est le grand dé?des prochaines années», lance-t-il.À son avis, l\u2019Université de Sherbrooke et l\u2019Université Bishop\u2019s possèdent déjà un rayonnement qui «déborde de l\u2019Estrie».Il laisse toutefois entendre que ce pôle universitaire n\u2019a pas l\u2019impact souhaité sur «l\u2019ensemble de l\u2019activité régionale».Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, qu\u2019il quali?e de success story, a aussi un rôle à jouer dans le développement de la région.«Il a un potentiel considérable.C\u2019est un atout majeur dans ce que l\u2019Estrie peut devenir.» S\u2019il reconnaît la présence d\u2019organisations motrices en région, il déplore l\u2019état de l\u2019économie es- trienne, rappelant du coup la série de fermetures d\u2019usines à Magog ces dernières années.«La situation est extrêmement préoccupante.Il importe de se demander comment traduire les actifs de l\u2019Es- trie pour renverser la tendance», soutient-il.« L\u2019ART DU POSSIBLE » Évidemment, comme n\u2019importe quel politicien, Roger Nicolet n\u2019a pas l\u2019admiration de tous.N\u2019empêche, plusieurs intervenants provenant d\u2019univers différents ont la plus grande estime pour lui.Certains lui attribuent d\u2019ailleurs une forme de sagesse.Face aux commentaires élogieux à son égard, l\u2019ancien préfet est visiblement mal à l\u2019aise.«Restons modeste.J\u2019ai essayé de gérer au mieux de mes capacités.La politique, c\u2019est l\u2019art du possible! Je n\u2019ai jamais pensé que j\u2019étais en mesure de réformer le monde.» Il ajoute que le politicien ne «gagne rien à brusquer les gens» et prône plutôt une approche conciliante pour régler les dossiers épineux.«Il faut avoir les antennes dégagées et essayer de comprendre les préoccupations de la population», renchérit-il Cela dit, il précise qu\u2019il n\u2019est pas toujours simple de connaître l\u2019opinion réelle des intervenants composant un milieu donné.«On est très isolé dans une fonction de pouvoir.Les gens ne se sentent pas très à l\u2019aise de vous parler de leur vision et de ce que vous faites», af- ?rme-t-il.Et, puisque les choses avancent rarement très vite en politique, il reconnaît qu\u2019il faut être armé de patience pour arriver à tenir.Homme patient, donc, que Roger Nicolet! LE GÉNIE REJOINT LA POLITIQUE Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C105 LT 105 290483 38, rue Principale Nord, Windsor 819 845-4796 De la collection Sandwich Aussi offerts : Jackpot, Part Two, Eric Alexandre, Mexx, Steilmann, Joseph Ribkoff, Frank Lyman, Spanner La Tribune, toujours aussi branchée après 100 ans.Bravo ! 306704 \u2022 Examen de la vue \u2022 Caméra fond d\u2019oeil \u2022 Lunetterie \u2022 Laboratoire sur place \u2022 Verres de contact de spécialité : Astigmate - Double foyer 4777, boul.Bourque Rock Forest 819 564-8282 M.Pierre Vallée, optométriste Dre Chantal Brisson, optométriste C106 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 106 Remonter l\u2019histoire d\u2019hie r EXPOSITION DE PHOTOS VOUS VOULEZ Y ALLER D\u2019hier à aujourd\u2019hui Au Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke Jusqu\u2019au 14 mars 2010 Un Racinois a abandonné son bébé d\u2019un an dans un boisé de Sainte- Anne-de-la-Rochelle le 26 avril dernier.Après que l\u2019enfant eut été repéré par un hélicoptère, le policier Patrick Sullivan s\u2019est enfoncé dans le boisé pour secourir le bébé qui s\u2019en sortira sans séquelle malgré sa nuit à la belle étoile par une température de huit degrés Celsius.La nuit du 20 mars 1948 a paru apocalyptique aux habitants de Brompton- ville: 60 familles ont vu leurs maisons emportées par les ?ots ou écrasées par la glace à la suite de la débâcle de la rivière Saint-François.Au lendemain de la catastrophe, des sinistrés ne peuvent que constater l\u2019étendue des dégâts, estimés à 1 million $.L\u2019histoire de La Tribune s\u2019écrit depuis 100 ans.Et vice-versa : depuis 100 ans, La Tribune écrit l\u2019histoire.Votre histoire.Elle est faite de réussites et de victoires, d\u2019épreuves et de batailles, de grands événements comme de tranches du quotidien.Produite par La Tribune, l\u2019exposition D\u2019hier à aujourd\u2019hui propose de se remémorer quelques grandes lignes de cette longue histoire\u2026 en images.Le focus se porte sur des scènes d\u2019époque, puis sur des images d\u2019actualité que l\u2019équipe de photographes de presse d\u2019Imacom Communications a croquées dans la dernière année.Tous les pans de l\u2019histoire illustrés ont trouvé écho dans les pages de votre quotidien.Comme quoi La Tribune est un témoin et un acteur bien de son temps.Voici un avant-goût de la galerie de photos qui vous attend au Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke.RECHERCHE ET RÉDACTION: MARIE-CHRISTINE BOUCHARD ET JOSIANE GUAY FONDS DE LA MAISON FUNÉRAIRE H.-N.BRIEN, SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE IMACOM, JOCELYN RIENDEAU 290436 291834 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C107 LT 107 à aujourd\u2019hui en images Après un début de saison dif?cile, les Gaiters de l\u2019Université Bishop\u2019s ont terminé le calendrier 2009 en lion pour se tailler une place en séries éliminatoires de la Ligue de football universitaire du Québec.Les Mauves avaient aligné deux victoires quand ils en ont concrétisé une troisième alors qu\u2019il restait 25 secondes au cadran.Vivement célébré, ce gain in extremis a propulsé l\u2019équipe en demi-?nale, qu\u2019elle perdra ?nale- ment aux mains des Carabins.Réclamant leur juste part des pro?ts de leur employeur, 5000 mineurs d\u2019Asbestos et de Thetford Mines déclenchent la «grève de l\u2019amiante» en février 1949.Le con?it de travail, qui s\u2019imposera ensuite comme modèle pour la reconnaissance syndicale, dure 120 jours.La répression sera particulièrement sanglante le 6 mai, alors que plus de 300 policiers brutalisent et arrêtent plusieurs grévistes, dont le Thetfordois Laurent Bernatchez, aujourd\u2019hui décédé.ARCHIVES LA TRIBUNE, MAXIME PICARD FONDS SYNDICAT DES TRAVAILLEURS HORAIRES DE L\u2019AMIANTE CSN INC., CENTRE D\u2019ARCHIVES DE LA RÉGION DE THETFORD Le chanteur Jean Leloup a amorcé en novembre sa première série de spectacles depuis sa résurrection, lui qui avait quitté les planches il y a trois ans.Avec la présence sur scène de deux musiciens mexicains et d\u2019un Cubain, il a mis la musique au centre de sa prestation.ARCHIVES LA TRIBUNE, MAXIME PICARD 306085 C108 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 108 RENÉ-CHARLES QUIRION La naissance du chapitre des Hells Angels à Sherbrooke en décembre 1984 a été marquée par l\u2019une des pires purges internes de l\u2019organisation criminelle.Attirés par la tenue d\u2019une fausse assemblée spéciale, les membres du chapitre North (Laval) des HA sont accueillis le 24 mars 1985 par leurs «frères» au repaire rouge et blanc de la rue Queen à Lennoxville.Une fois abattus, Guy-Louis «Chop» Adam, Guy «Brutus» Geoffrion, Michel «Willie» May- rand, Laurent «L\u2019Anglais» Viau et Jean-Pierre «Matt» Mathieu sont transportés jusqu\u2019au ?euve Saint-Laurent.Leurs corps sont placés dans des sacs de couchage lestés de blocs de béton, avant d\u2019être balancés à l\u2019eau.Les cadavres sont retrouvés en juin de la même année dans le ?euve à la hauteur de Ber- thierville.En 1986, Luc Michaud, Jacques Pelletier et Réjean Lessard ont été déclarés coupables des cinq meurtres prémédités et condamnés à la prison à vie, dont 25 ans fermes, à la suite de cette purge interne.On reprochait à ces cinq membres assassinés d\u2019avoir enfreint les règles du code de conduite des Hells Angels, soit d\u2019avoir développé une dépendance aux stupé?ants.On décide donc de se débarrasser de ces membres que l\u2019on ne considère plus ?ables et qui font perdre plus d\u2019argent qu\u2019ils n\u2019en génèrent.Une perquisition aura lieu à Lennoxville dans le cadre de cette enquête.Une naissance sanglante pour les Hells Angels de Sherbrooke 1985 Le journalisme de faits divers est un art délicat.Devenir témoin d\u2019accidents mortels, d\u2019incendies dévastateurs, de drames familiaux ou encore de crimes odieux exige la plupart du temps du sang-froid et une solide force de caractère.Mais en faire le compte rendu requiert aussi du doigté et de la compassion.Si les lecteurs de La Tribune apprécient être au courant des coups durs qui touchent des gens de leur communauté ou d\u2019ailleurs, ils ont rejeté de tout temps tout jaunisme ou voyeurisme.Ils exigent une décence de leur journal.Dans cet esprit, nous faisons un survol pudique (autant que la chose soit possible) de faits divers mémorables survenus au cours des 100 dernières années.FAITS DIVERS ARCHIVES LA TRIBUNE, CHRISTIAN LANDRY 306576 231, rue King Ouest, Sherbrooke 819 563-4743 306576 www.multimeublesgillesboisvert.com RENÉ-CHARLES QUIRION Si le feu a détruit d\u2019importants bâtiments ou des parties entières de villes comme à Black Lake en 1977 ou à Coaticook en 1923, il a aussi fauché des vies comme à Saint-Ferndinand-d\u2019Halifax à la ?n de 1916.Dans l\u2019édition du 2 janvier 1917, on relate cet incendie qui a emporté 45 femmes aux prises avec des troubles mentaux et une religieuse qui œuvrait à cet endroit.L\u2019incendie, qui s\u2019est déclaré en soirée du 30 décembre 1916, s\u2019est rapidement propagé à la bâtisse qui accueillait 180 femmes.C\u2019est l\u2019incompréhension de certaines résidentes face à la situation d\u2019urgence qui a causé leur perte.Le feu tourne au drame RENÉ-CHARLES QUIRION À Compton comme ailleurs en région et au Québec, le nom de la famille Pouliot continue de rappeler de mauvais souvenirs.La nuit du 25 au 26 juin 1984 reste gravée à jamais comme celle où les frères Pouliot ont sauvagement enlevé la vie à Renaud Paquette, France Michaud, Gaston Scalabrini et Jean- Pierre Truchon.Les Pouliot reprochaient à Pa- quette et à sa gang d\u2019avoir saccagé le chalet de leur père après un vol de motos perpétré au cours de la journée.Les quatre innocentes victimes dans la vingtaine sont réveillées en pleine nuit par Mario, Serge et Ronald Pouliot de même qu\u2019André Maheu.Ils sont conduits chez le père Pouliot à Compton pour être battus et torturés.Les ravisseurs emmènent leurs victimes au bord d\u2019un ravin à Compton-Station.Gaston Scala- brini est tué d\u2019une balle au visage par Ronald Pouliot.Mario Pouliot s\u2019empare de la carabine de calibre 303 et abat Jean-Pierre Tru- chon, Renaud Paquette et France Michaud qui supplient qu\u2019on les épargne.Les corps sont jetés dans le ravin et recouverts de branches.Ils sont retrouvés la journée même.Mario Pouliot est toujours derrière les barreaux.Ronald Pouliot a été condamné à la prison à vie et son admissibilité à une libération conditionnelle a été révisée en 2000.André Maheu, Jean-Luc Pouliot de même que les frères Serge et Marc Pouliot ont purgé moins de huit ans de prison pour avoir participé à cette nuit d\u2019horreur de l\u2019été 1984.Le massacre de Compton ARCHIVES LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU 1917 1984 LT Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C109 PROJET DE CONSTRUCTION?OUVERT 7 JOURS Apportez-nous vos plans.Nous calculons pour vous! \u2022 Conseils dans le choix des matériaux \u2022 Évaluation des coûts de votre projet de A à Z! 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306328 200, des PME, Sherbrooke (arr.Brompton), QC J1C 0R2 Tél.: 819 846-2010; téléc.: 819 846-3050 Tourné vers l\u2019industrie www.motrec.com Félicitations La Tribune pour vos 100 ans de présence en Estrie! C112 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 112 RENÉ-CHARLES QUIRION La nuit du 4 août 1978 a marqué à jamais les habitants d\u2019Asbestos.La tragédie du lac d\u2019Argent à Eastman a fauché la vie de 40 personnes quand un autobus a plongé dans le lac.Seulement sept personnes qui prenaient place à bord du véhicule ont survécu au drame.C\u2019est une défectuosité des freins de l\u2019autobus qui est à l\u2019origine de la pire tragédie routière de l\u2019Estrie, la plus importante du Canada jusqu\u2019en 1997.L\u2019autobus, qui revenait au théâtre de La Marjolaine vers minuit, a terminé sa course folle au milieu du lac d\u2019Argent.Le véhicule a coulé debout par l\u2019arrière à 110 mètres du rivage.Les témoins se souviennent de la scène d\u2019horreur où les passagers, pour la grande majorité des personnes handicapées intellectuellement, criaient leur désarroi.Ce n\u2019est que deux jours plus tard que l\u2019autobus devenu un tombeau a été retiré des eaux du lac d\u2019Argent et que la pénible tâche d\u2019identi?cation des corps s\u2019est mise en branle.Horreur au lac d\u2019Argent ARCHIVES LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ Alain Pouliot a vécu avec douleur la tragédie du lac d\u2019Argent qui a coûté la vie à 40 personnes.1978 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C113 LT 113 Jusqu\u2019au 28 février 2010 La décoration, notre passion ! Écoutez notre CHRONIQUE DÉCO tous les mercredis matin à 8 h 50 sur les ondes de CHLT Service personnalisé 5087, boul.Bourque, Sherbrooke 819 823-4100 sur meubles et rideaux en magasin et sur commande Meubles Lampes Tissus Stores Papiers peints Accessoires et plus encore Cinémas maison Systèmes de son Télévisions Haut-parleurs 5087, boul.Bourque, Sherbrooke 819 569-4242 et 290482 Des assassinats qui ne tombent pas dans l\u2019oubli RENÉ-CHARLES QUIRION Les assassinats gratuits de deux jeunes Sherbroo- koises, Isabelle Bolduc en 1996 et Julie Boisvenu en 2002, ne sont pas tombés dans l\u2019oubli.Dans un élan de recherche de justice à la suite du meurtre gratuit de sa ?lle par un récidiviste, Pierre- Hugues Boisvenu a décidé de se retrousser les manches pour changer les choses.Il s\u2019est adjoint les pères de personnes assassinées ou disparues, dont le père d\u2019Isabelle Bolduc, Marcel Bolduc, pour fonder l\u2019Association des personnes assassinées ou disparues (AF- PAD) en 2005.Cette association a vu le jour pour permettre aux familles touchées de se rencontrer et d\u2019in?uencer des changements judiciaires.L\u2019AFPAD multiplie les pressions auprès des gouvernements du Québec et du Canada dans le domaine de l\u2019aide aux victimes et de la réforme du système judiciaire.L\u2019association conseille et soutient les familles dans leurs actions en les accompagnant durant les premières heures de leur épreuve.Les luttes politiques de Pierre-Hugues Boisvenu ont eu des échos jusqu\u2019au parlement canadien.En janvier 2010, M.Boisvenu a été nommé au sénat par le premier ministre Stephen Harper.ARCHIVES LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU Pierre-Hugues Boisvenu pourra porter sa cause en plus haute instance maintenant qu\u2019il a été nommé sénateur.2005 C114 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 114 306371 Sherbrooke Les Promenades King, 2339 King Ouest 819 563-7343 Asbestos 525, 1re Avenue 819 879-7188 Voilà plus de 35 ans que la Boutique du Voyage participe à l\u2019envolée de milliers de vacanciers, globe-trotters et explorateurs.Dès son tout premier décollage, l\u2019entreprise sherbrookoise a fait appel à La Tribune pour s\u2019offrir une vitrine sur le monde d\u2019ici.Depuis, une fidèle complicité s\u2019est installée pour durer.Afin de souligner le centenaire de La Tribune, la Boutique du Voyage est donc fière de participer au concours 100 ans.100 cadeaux!, en donnant la chance aux lecteurs du quotidien de remporter un voyage pour deux personnes en Jamaïque.100 fois bravo à La Tribune pour ses 100 années à faire voyager ses abonnés à travers une information de qualité! Permis du Québec 306400 Després Laporte, c\u2019est la destination « shopping cuisine » par excellence.C\u2019est aussi la boutique sommelier la mieux garnie.C\u2019est la destination pour les passionnés de cuisine, des plaisirs de la table et pour les amoureux du vin.De tout, pour tous les budgets! SHERBROOKE GRANBY LAVAL Achetez en ligne www.despreslaporte.com Félicitations à La Tribune pour 100 ans d\u2019information au service de la région.RENÉ-CHARLES QUIRION L\u2019eau, le vent, les orages.La nature a causé de nombreuses cicatrices au cours du dernier siècle en région.Si la crue des eaux record de 1982 a marqué l\u2019imaginaire collectif récent à Sherbrooke, la rivière Saint-François et les cours d\u2019eau de la région ont fait craindre le pire à plusieurs reprises.Le 18 avril 1982, la rivière Saint- François a atteint son plus haut niveau depuis le début de la compilation des statistiques, soit plus de 6,5 mètres (21 pieds).Un niveau qui dépassait de 22 cm (9 po) celui atteint le 15 juin 1942.Si les dommages de 1942 étaient évalués à 500 000 $, ceux de 1982 ont dépassé le 10 millions $.C\u2019est une rupture dans les estacades des digues de la Brompton Pulp Company à East Angus qui avait provoqué les inondations de 1942, à la suite de pluies diluviennes qui ont duré une trentaine d\u2019heures.À chaque décennie depuis 1910, la crue des eaux du Saint-François a défrayé la manchette.Le 11 septembre 1924, La Tribune titrait : «Crue désastreuse des eaux de la Saint-François».L\u2019eau avait emporté ponts et digues, battant le niveau record établi en 1913 au centre-ville de Sherbrooke.Bromptonville s\u2019était retrouvé enseveli sous la glace dans la nuit du 20 au 21 mars 1948.La glace, qui a déferlé lorsqu\u2019un embâcle a cédé à Sherbrooke, s\u2019est retrouvée coincée à la hauteur du village de Bromptonville, retenue par un autre embâcle formé au barrage de la Brompton Pulp.Dix-sept maisons avaient été emportées par le torrent d\u2019eau et de glace.Le vent a aussi causé son lot de dégâts en région.Le 23 juillet 1949, Rock Forest était fouetté par un cyclone.Le vent qui s\u2019était déplacé de Saint- Élie vers Rock Forest avait «tout ravagé sur une largeur de 100 à 300 pieds sur une distance de 4 milles».Le toit de l\u2019église Saint-Roch avait été arraché par la force du vent et une maison avec des enfants à l\u2019intérieur avait été projetée dans les airs.Le vent a sévi de nouveau presque 50 ans jour pour jour après ce cyclone.La nature s\u2019est déchaînée dans la nuit du 5 juillet 1999.Le toit et un pan de murs de briques de l\u2019église St.Andrew de la rue Frontenac avaient été arrachés et des arbres jetés par terre aux quatre coins de la région.Le secteur de Johnville et du Canton d\u2019Eaton avait été touché, alors qu\u2019une plantation de 1500 arbres avait été fauché.Des bâtiments de ferme s\u2019étaient envolés et des silos avaient été endommagés.Les puissantes rafales de vents, soufflant à plus de 100 km/h, ainsi que les 6000 éclairs à l\u2019heure avaient laissé leurs traces partout.La nature se déchaîne LA SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE DE SHERBROOKE La journée du 22 juillet 1949 a pris ?n par une catastrophe naturelle à Rock Forest.Un cyclone, qui a fait beaucoup de dommages sur son passage, a complètement éventré l\u2019église Saint-Roch. Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C115 LT 115 290460 Les initiatives locales combinées à cette vitrine extraordinaire qu\u2019offre La Tribune ont permis à la région d\u2019évoluer et de prospérer depuis 100 ans.Merci à La Tribune de croire en nous! La Chambre de commerce de Sherbrooke, fière partenaire de La Tribune, tient à souligner sa reconnaisance pour l\u2019apport du journal, à la région de l\u2019Estrie, depuis les 100 dernières années.Félicitations! 306580 Ils avaient la vie devant eux RENÉ-CHARLES QUIRION Il y a de ces morts inexplicables, encore plus incompréhensibles lorsqu\u2019elles touchent des jeunes qui ont toute la vie devant eux.Le 10 juin 2001, la région a perdu cinq adolescents de 15 à 18 ans qui ont péri dans une carrière de Lingwick.Lors de cette sombre nuit, Marie-France Morin, Patricia Strauss, Carl Benoit, Sébastien Poulin et Steve Gravel sont morts noyés lorsque le véhicule dans lequel ils prenaient place a fait un plongeon dans la carrière désaffectée.Seul celui qui conduisait, Steve Rousseau, a survécu au drame.Il a cependant dû composer avec le triste souvenir de ses amis et les poursuites criminelles.Le conducteur de la voiture, alors âgé de 22 ans, a été acquitté par un jury en juin 2002 des accusations de conduite dangereuse et de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort de cinq personnes.En janvier 2008, un accident à la suite d\u2019un après-midi entre amis a tourné au cauchemar, cette fois à Coaticook.Quatre vies, celles de Charles Riendeau, 23 ans, Jean-François Pelletier, 22 ans, Brigitte Bonsant, 15 ans, et Kathy Bibeau, 15 ans, ont été fauchées.La Pontiac Sun?re dans laquelle ils se déplaçaient est entrée en collision frontale avec un camion Ford E-450 de la compagnie U-Haul, dans une courbe entre le 9e et le 10e Rang, à Coaticook.L\u2019alcool, la vitesse et la drogue ont été des facteurs contributifs à cet accident mortel.La localité de Coaticook était éprouvée pour une deuxième fois en l\u2019espace d\u2019une génération.Une vague de suicides avait frappé les élèves de la polyvalente La Frontalière de Coaticook entre le 15 novembre 1996 et le 7 janvier 1997 En l\u2019espace de sept semaines, quatre adolescents âgés de 13 à 16 ans s\u2019étaient enlevés la vie dans la région de Coaticook.«Les médias régionaux et aussi nationaux étaient débarqués à Coaticook.C\u2019est en faisant des liens entre les différents avis de décès que j\u2019avais découvert cette vague de suicides.J\u2019avais été invité à l\u2019émission Droit de parole à Télé- Québec pour discuter de cette histoire», explique le chroniqueur de La Tribune Mario Goupil.ARCHIVES LA TRIBUNE, JOCELYN RIENDEAU La voiture dans laquelle cinq adolescents sont morts noyés a été sortie des eaux de la carrière désaffectée de Lingwick sous le regard de policiers et de badauds. C116 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 116 819 564-2911 \u2022 Pour une succulente nourriture, préparée avec soin par des cuisinier(ère)s accompli(e)s et qui vous sera servie à votre table.\u2022 Pour des pieds toujours bien au chaud, grâce à un efficace système de planchers chauffants installé dans les studios et les logements.\u2022 Pour le plaisir d\u2019être charmé par un bon feu de foyer.\u2022 Pour le confort moderne des unités munies de portes patio qui vous emportent vers la tranquillité et la beauté des jardins de fleurs et des potagers de légumes.\u2022 Pour ne plus jamais être seul (préposées ou infirmières présentes de jour et de nuit).CHAMBRES, STUDIOS, LOGEMENTS Réservez dès maintenant 5323, rue de Gaspé POUR TOUTES CES RAISONS.VOTRE PLACE, C\u2019EST AVEC NOUS ! 306428 291769 1943 La publicité af?che mille visages.Au ?l des décennies, dans La Tribune comme dans les autres quotidiens du monde, la publicité penche tantôt vers l\u2019institutionnel, tantôt vers le commercial, proposant aux lecteurs et à leurs proches information, invitations, nouveautés, produits miracles et aubaines à ne pas manquer.Mais plus encore que la bonne affaire du moment, la publicité qui aura trouvé place dans les pages du quotidien sherbrookois au ?l des ans s\u2019avère un long témoignage coloré de l\u2019activité économique, des préférences des consommateurs, des préoccupations et tendances de chaque époque et de l\u2019évolution de la société québécoise.Ne cherchez plus aujourd\u2019hui dans les pages des quotidiens canadiens ces annonces de bière vous invitant à vous la couler douce ou vous promettant qu\u2019il n\u2019y a «rien qui la batte».Encore moins ces images de sportifs ou d\u2019actrices pro?tant de la vie, cigarette aux lèvres.Époque révolue, tout comme celle où les nouveautés alimentaires et les appareils ménagers allaient, Mesdames, alléger le lot quotidien des reines du foyer.«Aujourd\u2019hui, la plupart des pubs sont unisexes.À quelques exceptions près, elles s\u2019adressent un peu à tout le monde, aux hommes comme aux femmes», explique Élai- ne Coulombe, créatrice publicitaire à La Tribune depuis 1984.«Ce qui a changé au ?l du temps, c\u2019est la place que le visuel a pris par rapport au texte», observe-t-elle en zyeutant quelques archives de années 1940 et 1950.«Les gens lisent moins naturellement aujourd\u2019hui, tu dois d\u2019abord accrocher leur attention.» L\u2019utilisation de la couleur a ainsi fait son apparition dans les années 1970, mais en solo.Il faudra patienter jusqu\u2019à l\u2019introduction des systèmes informatiques au début des années 1990 avant qu\u2019on puisse superposer les quatre couleurs de base dans les publicités de La Tribune.«L\u2019arrivée des ordinateurs a facilité le travail de montage», fait valoir Élaine Coulombe, dont l\u2019initiative de la page d\u2019emballage des Fêtes avait valu à La Tribune et à sa graphiste deux premiers prix nationaux lors du concours des Extra de 1994.Dix ans plus tôt, lorsque Élaine Coulombe avait fait son entrée à La Tribune, on travaillait pourtant encore par collage et plaques de montage, se ?ant aux quelques catalogues empilés sur les bureaux pour dégoter les images utilisées dans les pubs.Aujourd\u2019hui, d\u2019un seul clic, les graphistes et rédactrices publicitaires, qui offrent toujours le service de création aux clients de La Tribune, ont accès à un monde in?ni de possibilités.«Mais la créativité est tout aussi importante qu\u2019elle l\u2019était auparavant», note-t-elle.Qu\u2019elle soit institutionnelle ou commerciale, qu\u2019elle cherche à informer, à inviter la population à un événement, à lui faire part de la dernière invention révolutionnaire ou à écouler les soldes du moment, la publicité doit faire son chemin jusqu\u2019à l\u2019œil averti et sollicité du lecteur, avant de devenir à son tour la mémoire d\u2019une époque.SONIA BOLDUC Il n\u2019y a rien comme un chocolat chaud après le ski ou un chocolat au lait après la course à pied ! Et la consigne ne date pas d\u2019hier, General Foods vantant dès 1943 les mérites de son Cacao Baker, un incontournable des cantines (les boîtes à lunch!) de l\u2019époque.Mœurs et publicité La technologie, loin devant.acuraquebec.ca PAIEMENT MENSUEL LOCATION 48 MOIS 398$* DISPONIBLE AVEC 2010 PAIEMENT MENSUEL LOCATION 48 MOIS 298$* 2010 2010 MOTEUR V6 MAINTENANT DISPONIBLE L\u2019acheteur avisé lit les petits caractères : * Offres d\u2019une durée limitée du 2 février au 1er mars 2010 applicables à la location pour usage personnel seulement des modèles neufs Acura CSX 2010 (FD5E7AKNX) et Acura TSX 2010 (CU2E5AJ) par le biais de Services Financiers Honda sur approbation de crédit.Le versement mensuel pendant 48 mois s\u2019élève à 298 $/398 $ moyennant un versement initial de 2 998 $/3 668 $ ou un véhicule de reprise d\u2019une valeur équivalente pour le CSX/TSX.Les frais d\u2019inscription au RDPRM, incluant les droits du registre, les frais de transport et d\u2019inspection pré-livraison de 1 395 $/1 895 $, le paiement du premier mois et un dépôt de garantie de 0$ sont payables dès l\u2019entrée en vigueur du contrat de location.Les taxes, frais d\u2019immatriculation, d\u2019assurance, d\u2019enregistrement, ainsi que les droits sur pneus neufs sont en sus.Le locataire est responsable de l\u2019excédent de kilométrage après 96 000 km pour 48 mois au taux de 0,12 $/ km pour le CSX ou 0,15 $ pour le TSX.Le concessionnaire peut louer à plus bas prix.Sujet à approbation de crédit.Le concessionnaire peut devoir commander ou échanger un véhicule.Valide sur les véhicules en inventaire seulement.Offres valides pour les résidents du Québec seulement chez les concessionnaires participants Acura du Québec.Photos à titre indicatif seulement.Voyez votre concessionnaire Acura pour tous les détails.\u2020 Cette offre d\u2019une durée limitée s\u2019applique aux livraisons au détail pour usage personnel seulement des modèles neufs Acura TL 2010 (UA8F2AJ), achetés et livrés entre le 2 février 2010 et le 1er mars 2010 chez les concessionnaires Acura participants.Le PDSF initial est de 39 990 $ pour les modèles neufs Acura TL 2010 (UA8F2AJ).Les frais d\u2019inscription au RDPRM, incluant les droits au registre, les frais de transport et d\u2019inspection prélivraison 1 895 $ ainsi que les frais d\u2019immatriculation, d\u2019assurance, d\u2019enregistrement, les droits sur pneus neufs et les taxes sont en sus et seront exigés à la livraison.Le concessionnaire peut vendre à prix moindre.Valide sur les véhicules en inventaire seulement.Offre valide pour les résidents du Québec seulement chez les concessionnaires participants Acura du Québec.Les offres peuvent changer sans préavis.Voyez votre concessionnaire Acura pour tous les détails.Le rabais de 3 500 $ est applicable avant les taxes sur les modèles TL AWD 2010 seulement.Voyez votre concessionnaire Acura pour tous les détails.Système de navigation Acura bilingue Système mains libres HandsFreeLinkMC et interface de téléphone mobile BluetoothMD Chaîne sonore de 160 watts et radio satellite XMMD Phares à décharge à haute intensité ENSEMBLE TECH SANS FRAIS VALEUR DE 3 000 $ INCLUANT PDSF À PARTIR DE 39 990$ \u2020 RABAIS ALLANT JUSQU\u2019À SUR MODÈLES SÉLECTIONNÉS 3 500$ i l i li ffr .l i i l l i ir i i .i / li i \u2019i i l ti l li l r .fr J).i l li .l ti r i l\u2019 i i l r J) \u2019i \u2019i i i i r r l li l l l i i li i i i ir .l i i l t .r \u2019 l i i .i r l r l il i i , l , .l 291335 4900, boul.Bourque, Sherbrooke 819 564-8909 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C117 LT 117 1960 On vient de franchir un pas, avouez ! Début des années 1960, l\u2019image et le slogan gagnent en force le mode publicitaire, avec des produits de marque comme la bière 50, dont plusieurs se souviennent encore des campagnes dans les imprimés, à la radio et à la télévision.Pour les plus jeunes, notons que c\u2019est un décapsuleur que monsieur tient à la main.C\u2019était avant les bouchons qu\u2019on dévisse\u2026 Dans le confort du XXIe siècle, on oublie assez aisément qu\u2019il fut une époque où le pain et les gâteaux de fête étaient cuits avec un poêle à bois, avec des résultats plus ou moins concluants.L\u2019arrivée sur le marché des cuisinières électriques, annoncée dans une publicité de 1919, laissait entendre à la maîtresse de maison qu\u2019elle allait rapidement amortir son investissement en épargnant 20 % de nourriture et 50 % de travail ardu.1919 C118 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 118 306367 Félicitations à La Tribune 306431 Les remèdes miracles ne datent pas d\u2019hier, mais au moins de 1936, année où cette publicité vantant les mérites des bonnes «pilules rouges» annonçait la remise sur pied rapide des demoiselles «pâles et faibles» que le travail et l\u2019anémie af?igeaient de mille maux.On remarquera en deuxième paragraphe l\u2019emploi d\u2019un témoignage émouvant et personnalisé qui aura sans doute inspiré quelques campagnes publicitaires de notre époque.1943 De quoi parle cette publicité ?Il faut effectivement y regarder de près avant de réaliser qu\u2019on nous mousse (!) ici les bienfaits du savon Lux, qui vous ouvrira la voie vers l\u2019amour.Parce que l\u2019amour, c\u2019est bien connu, on le gagne par un épiderme doux et velouté.Si c\u2019est le cas pour Veronica Lake et la majorité des étoiles du grand écran (9/10), ce sera le cas pour vous ! 1936 291837 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C119 LT 119 290807 On savait que l\u2019O\u2019Keefe était la bière parfaite pour se la couler douce.Ce qu\u2019on ignorait, par contre, c\u2019était que la pêche sur glace et le coureur des bois étaient tout aussi caractéristiques du pays du Québec.N\u2019empêche, on retrouve dans cette publicité (qui pourrait dater des années 1950) l\u2019esprit des annonces de bière d\u2019aujourd\u2019hui où le plaisir du houblon se savoure entre amis.1936 Une petite virée de pêche à la mouche avec une bonne pipée de Rose Quesnel, ça vous dit ?Peut- être pas très bon pour la santé, mais ce tabac aromatisé riche, doux et velouté devait chasser les moustiques tout l\u2019après-midi.Plus sérieusement, on remarquera le discours vantant un tabac entièrement canadien, planté par des Canadiens et préféré par les Canadiens, et ce, en pleine effervescence du nationalisme et du fascisme au milieu des années 1930. 306409 C120 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 120 CLAUDE PLANTE En comparaison avec celles d\u2019aujourd\u2019hui, les pages des premières éditions de La Tribune n\u2019avaient rien de bien excitant.L\u2019œil du lecteur ne pouvait s\u2019accrocher qu\u2019à des colonnes de textes et des titres.Très peu d\u2019illustrations.Aujourd\u2019hui, les photos ont une place de choix dans les pages des journaux: les couleurs, les grands formats et l\u2019abondance.Sans compter les éléments graphiques comme les tableaux qui agrémentent la lecture.Il faut remonter aux années 1930 avant de voir se développer le visuel dans le journal.Souvent, on utilisait le dessin.L\u2019évolution a été lente.La photo a pris du temps à s\u2019imposer.Les moyens techniques se développaient à pas de tortue.La chambre noire a fait place aux appareils de développement pour la couleur.L\u2019ÂGE D\u2019OR DE LA PHOTO Le patriarche des photographes de La Tribune, Claude Poulin, se souvient de son arrivée au journal.En 1977, la photo était reine.Plus nombreuses que dans les éditions contemporaines.«L\u2019espace rédactionnel était plus important qu\u2019aujourd\u2019hui.Nous pouvions publier plus de photos», dit-il.«Par exemple, aujourd\u2019hui, on photographie les gens en groupe.Avant, on publiait des vignettes séparées des gens.Pour un accident, on pouvait passer plusieurs photos.On avait de l\u2019espace pour le faire.» Ernest Breton a commencé à prendre des photos pour La Tribune dans les années 1950.Par la suite, il a décroché le contrat de sous-traitance pour le journal et l\u2019a gardé pendant 25 ans.C\u2019était pour lui une période de grande effervescence.«J\u2019ai eu jusqu\u2019à dix photographes avec moi pour le contrat de La Tribune.J\u2019avais installé des radios-téléphones dans les voitures pour offrir un meilleur service.» «Quand il y avait des accidents, j\u2019arrivais avant la police et les ambulances, raconte l\u2019homme de 85 ans.J\u2019avais des informateurs.Avec le temps, je connaissais tout le monde.» Dans le passé, la couverture des événements n\u2019était pas la même.Claude Poulin se souvient d\u2019avoir pu approcher de très près des scènes d\u2019accidents graves pour prendre ses photos.«Aujourd\u2019hui, il y a des périmètres de sécurité.On ne peut pas approcher comme on veut.» «On couvrait plus de faits divers qu\u2019aujourd\u2019hui.Des accidents mortels, il pouvait y en avoir deux par semaine.Aujourd\u2019hui, les matériaux Les photographes de presse « En 1995, nous avions acheté un appareil Nikon numérique.Ça pesait dix kilos, cette affaire-là ! L\u2019équipement coûtait 25 000 $.Deux ans plus tard, l\u2019appareil ne valait plus rien.La technologie avait tellement évolué.» Photographe pour La Tribune depuis 1977, Claude Poulin en a vu passer, des événements, dans sa lentille d\u2019appareil photo. LT 2400 King Ouest, Sherbrooke 819 563-3855 Bruno et Gérard Vachon, propriétaires DÉCORATION KING et LA TRIBUNE partenaires depuis maintenant 40 ans 306475 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C121 LT 121 « Il faut donner comme un électrochoc aux gens quand ils regardent une photo dans les pages du quotidien.La photo, c\u2019est la plus-value visuelle.» des maisons résistent mieux au feu, les voitures sont plus sécuritaires.Et puis, les mœurs ont changé.L\u2019alcool au volant, c\u2019est banni.» RÉVOLUTION NUMÉRIQUE Il y a une dizaine d\u2019années, la technologie, ou plutôt le numérique, a fait exploser les possibilités.Les documents images demeurent sous format numérique, du clic du photographe jusqu\u2019à l\u2019impression sur papier.Le photographe, les journalistes, les metteurs en page se servent des ordinateurs pour consulter l\u2019éventail des images.Dans ce domaine, La Tribune a été pionnière.Au Québec, le quotidien sherbrookois a été le premier à publier une photo prise numériquement, se souvient le président du sous-traitant Imacom, Jean Bourgault.C\u2019était en 1995.«Nous avions acheté un appareil Nikon numérique.Ça pesait dix kilos, cette affaire-là! Ce n\u2019était pas vraiment rapide ni ?exible.Les photographes ne pouvaient pas couvrir des événements sportifs avec.» «L\u2019équipement coûtait 25 000 $.Deux ans plus tard, l\u2019appareil ne valait plus rien.La technologie avait tellement évolué.Aujourd\u2019hui, les ?lms (35 mm) ont pratiquement disparu.Tout est numérique», constate-t-il.La photographie connaît actuellement des années de perfectionnement, poursuit M.Bourgault.La puissance et le temps de réaction augmentent.Les appareils photo intègrent la vidéo.Mais le patron du commerce Imacom à Sherbrooke croit que la prochaine étape sera celle de la troisième dimension.«La suite, c\u2019est le 3D.Ça s\u2019en vient pour la photo.C\u2019est maintenant au cinéma et bientôt dans la télé», assure-t-il.LE SIXIÈME SENS Mais la technologie n\u2019est rien sans l\u2019œil de lynx du photographe de presse.C\u2019est l\u2019avertissement que lance un autre photographe de La Tribune, Jocelyn Riendeau.Toutes les avancées développées au cours des dernières années ne remplacent pas le sixième sens de celui qui décide de capter l\u2019image à la bonne fraction de seconde.«Le photographe doit être capable de lire les événements», commente celui qui, en avril dernier, a fait parler de lui pour sa photo du sauvetage d\u2019un bébé abandonné dans un boisé de Sainte-Anne-de- la-Rochelle.«La technique, c\u2019est secondaire.Il faut que le photographe l\u2019ait maîtrisée auparavant.Le numérique nous permet de prendre des tas de photos pour ensuite garder les meilleures.» La démocratisation de la photo force les photographes de presse à se dépasser.Les standards sont plus élevés, ajoute Jocelyn Rien- deau.«Des images, il y en a partout.Les gens s\u2019attendent à ce que le journal leur propose mieux que ce qu\u2019ils font à la maison», ana- lyse-t-il.«Il faut leur donner comme un électrochoc quand ils regardent une photo dans les pages du quotidien.La photo, c\u2019est la plus-value visuelle.» IMACOM, JOCELYN RIENDEAU dans l\u2019objectif 306667 PUBLIREPORTAGE MESSIEURS, MESDAMES, LAISSEZ-VOUS VOUS GÂTER SANS VOUS RUINER.Décoiffez-vous du quotidien avec Mundo Cabello! Se sentir bien, détendu, en beauté.N\u2019est-ce pas là le plus beau cadeau à s\u2019offrir?Et quand l\u2019expertise rime avec prix accessible, l\u2019expérience n\u2019en est que plus agréable! C\u2019est justement ce que vous propose Mundo Cabello, un centre bien établi à Sherbrooke depuis une dizaine d\u2019années, à travers ses différents soins : MASSOTHÉRAPIE: MOMENT DE PUR DÉLICE.Massages suédois, californien, sportif, «deep tissue», prénatal.Pour la détente ou pour contrer les douleurs musculaires, rien d\u2019un tel qu\u2019un massage! Forts d\u2019une dizaine d\u2019années d\u2019expérience, Hélène et David, massothérapeutes et naturopathes certifiés, recréent pour vous l\u2019expérience spa.SOINS DU VISAGE : RAJEUNIR EN UN SEUL SOIN! 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C122 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 122 YANICK POISSON Inutile de chercher un manuel scolaire dans les pupitres des élèves de l\u2019Atelier de culture et du Centre de formation en entreprise et récupération (CFER), dirigés par Normand Maurice et son équipe.Leur manuel, c\u2019était La Tribune.Robert Arsenault, celui que plusieurs percevaient comme le bras droit de Normand Maurice, se souvient de la relation privilégiée qui existait entre le quotidien et l\u2019enseignement prodigué aux élèves ayant de graves difficultés d\u2019apprentissage.«Tout ce qui se trouvait dans La Tribune pouvait nous servir pour enseigner.On se servait des mots des articles pour le français, des publicités pour leur faire calculer les taxes.Si une nouvelle avait lieu à Ri- vière-du-Loup, on faisait de la géographie et on se servait des éphémérides pour l\u2019histoire», raconte l\u2019enseignant maintenant à la retraite.La méthode n\u2019est peut-être pas des plus orthodoxes, mais elle donne de bons résultats.Selon M.Arsenault, les groupes composés des élèves les plus faibles du premier cycle du secondaire obtenaient de meilleurs résultats que ceux des classes régulières de cinquième secondaire lors de tests d\u2019actualité.«On ne leur en passait pas.Ils connaissaient l\u2019identité des différents ministres et connaissaient les opinions des différents dirigeants politiques comme Yasser Arafat.Ils en savaient beaucoup sur chacun et étaient en mesure de les identifier», a-t-il raconté.Le choix de La Tribune ne s\u2019est pas fait au hasard.Le fait qu\u2019ils ne paraissent que deux fois par semaine éliminait tout de go les hebdomadaires locaux et l\u2019entêtement du Nouvelliste à ne plus couvrir adéquatement la région des Bois-Francs en faisait une candidature de moins bonne qualité.Aussi, quelques membres de l\u2019équipe de professeurs de Normand Maurice entretenaient de bonnes relations avec Raymond Tardif, un petit gars de la place, qui était président-éditeur du journal à l\u2019époque.La Tribune ne représentait pas uniquement des économies en matériel scolaire, elle servait également à informer la population des activités de l\u2019Atelier de culture et du CFER.Robert Arsenault se souvient avoir eu l\u2019occasion de rencontrer Maurice Cloutier, puis Gilles Besmar- gian à l\u2019époque où ils étaient journalistes.«Normand faisait beaucoup de conférences de presse afin de tenir les gens au courant des développements.Nous devons lever notre chapeau à La Tribune, qui nous a toujours bien couvert», dit-il.L\u2019ENVIRONNEMENT : UN PRÉTEXTE Robert Arsenault soutient que c\u2019est par un concours de circonstances si Normand Maurice a été reconnu comme l\u2019un des plus grands défenseurs de l\u2019environnement au Québec et comme le «père» du développement durable.L\u2019environnement était d\u2019abord et avant tout, pour M.Maurice, un prétexte pour mener à bien ses projets pédagogiques.En fait, le choix du créneau environnemental a pratiquement été fait par défaut.Puisqu\u2019elle était subventionnée, l\u2019usine de formation des élèves en diff iculté d\u2019apprentissage ne devait pas entrer en compétition avec d\u2019autre s La Tribune, un manuel IMACOM, MAXIME PICARD La Tribune trouvait une place de choix dans les classes de Normand Maurice et de ses collègues Robert Arsenault et Jean-Marc Gosselin. 306701 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C123 LT 123 scolaire pour Normand Maurice entreprises.Comme l\u2019environnement était un concept qui gagnait en popularité, il s\u2019est avéré un choix logique.M.Arsenault s\u2019est d\u2019ailleurs toujours étonné de constater que Normand Maurice avait souvent été récompensé par des organismes du domaine de l\u2019environnement et même par la Chambre de commerce et d\u2019industrie des Bois-Francs avant d\u2019être honoré par ses pairs du domaine de l\u2019enseignement.«Normand n\u2019était pas un entrepreneur, c\u2019était un enseignant d\u2019abord et avant tout.Il avait un intérêt pour les jeunes et se servait de l\u2019environnement pour les attirer à ses cours.» M.Maurice ne recyclait pas que de la matière, il recyclait des êtres humains.Il est, en quelque sorte, à l\u2019origine d\u2019une toute nouvelle façon d\u2019enseigner aux élèves en dif?culté.Dès le départ, l\u2019approche par projet de Normand Maurice et de son équipe a permis à certains jeunes de s\u2019accrocher à l\u2019école et de compléter leurs années d\u2019études beaucoup plus rapidement.«On leur faisait faire du deux en un, ils achevaient une année scolaire avant Noël et en faisaient une autre après les Fêtes.Ils venaient apprendre dans un environ- Normand Maurice ne recyclait pas que de la matière, il recyclait des êtres humains.nement qui les intéressait et nous étions toujours présents pour les encadrer», a expliqué Jean-Marc Gosselin, un autre collaborateur de la première heure.LA BELLE HISTOIRE DES CFER Le Centre de formation en entreprises et récupération a été fondé en 1990 par Normand Maurice et ses collègues Robert Arsenault, Jean-Marc Gosselin, Gérard Leclerc et Claude Bachand, grâce à une subvention gouvernementale provenant d\u2019un surplus du fonds Laprade.M.Maurice avait convaincu le premier ministre de l\u2019époque qu\u2019il était important de créer une entité qui entraînerait les jeunes en dif?culté d\u2019apprentissage sur le marché du travail plutôt que sur l\u2019aide sociale.Au ?l des années, le CFER a mis sur pied la caravane du développement durable, puis a fait suf- ?samment de pro?ts dans le cadre d\u2019une entente avec Hydro-Québec concernant le démantèlement des luminaires au mercure pour acquérir les équipements nécessaires à la création d\u2019une usine de peinture recyclée.Celle-ci a été vendue au coût de 4 millions $ à Société Laurentides et transforme 6 millions de kilos de peinture annuellement.Cette somme a permis le développement d\u2019îlots de recyclage et de mise à niveau pour le matériel informatique et les accessoires de téléphonie cellulaire.Elle a aussi donné un coup de pouce à la création de 18 autres CFER à travers la province et quelques-uns en Europe.MISSION ACCOMPLIE Robert Arsenault se rappelle fort bien sa réaction lorsqu\u2019il a appris que les jours de son ami Normand Maurice étaient comptés.En apparence indestructible, le colosse, qui avait pourtant un rythme de vie relativement sain, devait être le premier à tomber au combat.«Quelques-uns d\u2019entre nous vagabondaient pas mal.Le géant, lui, n\u2019abusait pas.Lorsqu\u2019il avait pris deux coupes de vin, il jasait déjà pas mal.» Malgré son décès hâtif à l\u2019âge de 58 ans, Normand Maurice a pu s\u2019éteindre avec le sentiment du devoir accompli.S\u2019il avait sûrement d\u2019autres rêves à l\u2019esprit, son aventure pédagogique était terminée et l\u2019avenir des CFER assuré par son successeur, Sylvie Castonguay.«Il m\u2019a con?é avant sa mort à quel point il était satisfait du travail de la nouvelle directrice et du conseil d\u2019administration.Il m\u2019a dit que tout fonctionnait bien et qu\u2019on pouvait maintenant se tasser du chemin», raconte M.Arsenault. 306572 Sherbrooke Toyota et la famille Rousseau fiers partenaires de La Tribune depuis 50 ans.2059, rue King Ouest, 819 563-6622 sherbrooketoyota.ca 1958 1964 1980 C124 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 124 À bout de bras SONIA BOLDUC Milieu des années 1950, dans l\u2019est de la ville de Sherbrooke.Lorsqu\u2019il sort de classe, en ?n d\u2019après-midi, le jeune Clément Jacques saute sur son vélo, passe par le dépanneur La?amme de la rue du Conseil et y ramasse la soixantaine d\u2019exemplaires de La Tribune destinés à ses clients.«Pour moi, c\u2019était ma job principale, mais surtout un vrai plaisir», insiste le boucher et homme d\u2019affaires sherbrookois.«C\u2019était important que les pères de famille aient leurs nouvelles en revenant à la maison après le travail, j\u2019étais ?er d\u2019être là pour le faire et je m\u2019amusais à le faire.«Moi-même, déjà à l\u2019époque, je lisais le journal d\u2019un bout à l\u2019autre pour savoir ce qui se passait dans les nouvelles locales et nationales», poursuit l\u2019ancien camelot, éternel abonné du quotidien.«Être informé de ce qui se passe dans sa région et dans le monde, c\u2019est le premier engagement et ça nous amène à s\u2019engager encore davantage.Je le pensais à l\u2019époque en distribuant La Tribune, je le pense encore aujourd\u2019hui quand je la lis chaque matin», déclare Clément Jacques.Le futur boucher avait tout juste 9 ans lorsqu\u2019il a obtenu sa première run de distribution.Un passe-droit, explique-t-il, parce que son frère Réal agissait alors comme chef de tirage de La Tribune.Pendant deux ou trois ans, il s\u2019est contenté de sa trentaine de clients, puis à 12 ans, il a décidé de doubler la mise.Son père a alors agrandi le panier de métal ?xé sur le 28CCM qu\u2019il s\u2019était offert en cumulant salaire et pourboires.«Je passais toujours avec mon vélo, se souvient Clément Jacques.L\u2019hiver, j\u2019enroulais ce qu\u2019on appelait de la broche de Tribune sur mes pneus et je roulais dans la neige.» À Richmond, dix ans plus tôt, André Morin avait trouvé un autre moyen ingénieux de faire sa tournée quotidienne, toujours après l\u2019école.«La première année, c\u2019est mon chien danois qui tirait la charrette ou le traîneau dans lequel était la boîte à journaux.L\u2019année suivante, j\u2019ai attelé mon poney pendant toute l\u2019année.Il connaissait la run et s\u2019arrêtait lui-même devant chaque maison.» Et il y en avait, de ces maisons.Entre 150 et 180, se souvient le L\u2019histoire de La Tribune est remplie de camelots qui ont enfourché le vélo pour distribuer le quotidien.La photo de celui-ci a été publiée en 1958.ARCHIVES, LA TRIBUNE 306172 Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C125 LT 125 nouveau retraité des ?nances.«Je faisais le tour en deux heures chaque jour après l\u2019école et je réussissais à me ramasser 9 dollars par semaine.C\u2019était presque autant qu\u2019un travailleur d\u2019usine à temps plein», se rappelle André Morin.C\u2019est vers le tournant des années 1960 que les abonnés de La Tribune ont commencé à recevoir leur journal en début de journée.«On recevait le journal à 5 h 30 et on le livrait vers 6 h avant de partir pour l\u2019école», se souvient Bertrand Dubuc, qui, du haut de ses 5 ans, prêtait main forte à son frère aîné.«Une chance qu\u2019on était costauds, parce que La Tribune était grosse et lourde à l\u2019époque, surtout le samedi lorsqu\u2019on mettait Perspectives dedans en plus», remarque le Coaticookois André Lajeunesse, qui se partageait la tâche avec ses frères.«Le samedi, c\u2019était plus dif?cile», avoue aussi la Sherbrookoise Chan- tal Ricard, l\u2019une des rares ?lles à avoir agi comme camelot dans les années 1970.«Non seulement c\u2019était beaucoup plus lourd, mais c\u2019était aussi le seul matin où on n\u2019avait pas à se lever pour l\u2019école.Il fallait que notre mère nous tire hors du lit, mon frère et moi.» COURTOISIE PIERRE L\u2019ESPÉRANCE L\u2019homme d\u2019affaires Clément Jacques avait 9 ans lorsqu\u2019il a commencé à distribuer La Tribune.Aujourd\u2019hui, ses petits-?ls Samuel et Antoine sont à leur tour devenus camelots pour le quotidien sherbrookois.« Je passais toujours avec mon vélo, se souvient Clément Jacques.L\u2019hiver, j\u2019enroulais ce qu\u2019on appelait de la broche de Tribune sur mes pneus et je roulais dans la neige.» de porte en porte Pendant 41 ans, Suzanne et Raynald Breton, eux, n\u2019ont jamais eu à se faire violence pour compléter leur distribution quotidienne dans le secteur de Weedon.Dès que les gens de l\u2019endroit ont eu l\u2019occasion de recevoir La Tribune par camelot plutôt que par la poste, c\u2019est avec les Breton qu\u2019ils ont fait affaire.«On en a usé, des autos, à passer le journal pendant toutes ces années, mais on adorait ça et ça se mariait bien à notre horaire sur la ferme», fait valoir Raynald Breton, qui a accroché son sac de camelot il y a deux ans.«Peu importe le temps de l\u2019année ou la météo, on était là.Parfois, la poste ne passait pas, mais nous, on allait porter La Tribune, même si c\u2019était un peu plus tard dans la journée.C\u2019était important pour nous et pour les abonnés.» 306624 C126 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 LT 126 QUELQUES CANTONS DE PIÈGES RÉPONSES 1.Comment s\u2019appelait le régiment sherbrookois envoyé au Débarquement de Normandie?d) The Sherbrooke Fusilier Regiment 2.Quels joueurs sherbrookois ont porté les couleurs du Canadien de Montréal avec Maurice Richard?a) Gérard Plamondon d) Gilles Dubé 3.La charte de l\u2019Université de Sherbrooke appartenait à l\u2019origine à quelle institution scolaire ?b) Le Séminaire Saint-Charles- Borromée 4.Louis S.Saint-Laurent, ancien premier ministre du Canada, était originaire dec) Compton 5.Quelle travailleuse de la Penman\u2019s de Coaticook est devenue sénatrice?a) Yvette Rousseau 6.Dans quel ordre ces événements sont-ils survenus entre 1954 et 1959?b, a, c, d 7.De quel parti politique provenait la majorité des députés estriens aux élections de 1976?d) Union nationale 8.Quelle émission jeunesse les comédiens sherbrookois Jean Besré et Clémence DesRochers ont-ils écrite ensemble?a) Grujot et Délicat 9.Qui a inventé le nom «Estrie» pour remplacer l\u2019appellation «Cantons-de-l\u2019Est»?d) Mgr Maurice O\u2019Bready 10.L\u2019épicier sherbrookois Antoine Turmel a créé quelle bannière?c) Provigo 11.La rue Galt a été baptisée en l\u2019honneur de quel personnage?Toutes ces réponses; Alexander Galt a porté tous ces chapeaux.12.Combien de communautés religieuses sont admises dans le diocèse de Sherbrooke entre 1940 et 1960?d) Quarante-deux 13.Quelle était la vocation d\u2019origine des bâtiments du camp Val-Estrie de Waterville, bâtis en 1942?b) Orphelinat agricole des Frères de Sainte-Croix 14.Quelle municipalité s\u2019appelait Springhill avant d\u2019être rebaptisée en français en 1957?c) Nantes 15.En quelles années les Castors de Sherbrooke ont pris part au tournoi de la Coupe Memorial?a) En 1975, 1977 et 1982 16.En l\u2019honneur de qui le Foyer Wales Home de Richmond a-t-il été nommé?b) Un marchand de Richmond 17.Quel fut le premier ministère assumé par Jean Charest?d) La Jeunesse 18.Quel honneur le poète Alfred DesRochers n\u2019a pas reçu?d) Prix Émile-Nelligan 19.Quelle rue honore le père de la municipalisation de l\u2019électricité à Sherbrooke?b) McManamy 20.Quel fait divers célèbre a été perpétré le 24 mars 1985?d) Tuerie au repaire des Hell\u2019s Angels de Lennoxville 306187 306191 Les conseillers en placement et tout le personnel de Financière Banque Nationale sont heureux de féliciter « La Tribune » pour ses 100 ans! Longue Vie! Notre Mission : Gérer les placements les plus importants au monde : Les vôtres! 455, rue King Ouest, Bureau 600 Sherbrooke, Qc.J1H 6E9 Téléphone: 819 566-7212 Sans Frais: 1-800-567-3588 D\u2019une institution centenaire à une autre! La Financière Banque Nationale est une filiale en propriété exclusive indirecte de la Banque Nationale du Canada.Banque Nationale du Canada est une société ouverte inscrite à la cote des bourses canadiennes.Sherbrooke mercredi 17 février 2010 \u2022 Édition de collection \u2022 La Tribune C127 LT 127 RENÉ-CHARLES QUIRION Témoin et acteur de l\u2019actualité régionale, l\u2019ancien maire de Rock Forest Laurent Bou- dreau a vu La Tribune servir de trame de fond aux grands événements depuis sa plus tendre enfance.«J\u2019ai appris à lire dans La Tribune avec les bandes dessinées de Tarzan et Dick Tracy», explique l\u2019homme de 77 ans.Du facteur à cheval jusqu\u2019au camelot motorisé qui se rendait jusqu\u2019à la maison familiale située à l\u2019intersection de la route nationale devenue boulevard Bourque, le quotidien fondé par Jacob Nicol a été livré à la famille Boudreau depuis 1910.«Le facteur nous livrait La Tribune en échange du dîner.Mon grand- père payait son abonnement en bois de chauffage.En plus des nouvelles du journal, le facteur nous apportait celles du village.Avant l\u2019avènement de l\u2019électricité et de la radio, le journal était notre seule source d\u2019information.Les nouvelles du front lors de la Deuxième Guerre mondiale nous parvenaient par le journal», se remémore M.Boudreau.La Tribune livrée aux Boudreau de Rock Forest depuis 1910 IMACOM, RENÉ MARQUIS L\u2019ancien maire de Rock Forest Laurent Boudreau a grandi avec le quotidien La Tribune, auquel sa famille est abonnée depuis les débuts, en 1910.Conseiller municipal dans les années 1970, puis maire de 1979 à 1983, Laurent Boudreau se levait à 4 h pour être informé des nouvelles politiques.«Je me souviens d\u2019être allé au congrès de l\u2019Union nationale à Québec avec Armand Nadeau et Ray- nald Fréchette.Le journaliste Yvon Rousseau nous y accompagnait», se remémore Laurent Boudreau.Si son nom a été publié par le quotidien sherbrookois pour la première fois alors qu\u2019il était à l\u2019école primaire, il se souvient aussi des fois où il aurait aimé ne pas faire la manchette.«Le journaliste Gilles Dallaire avait écrit que nous avions invité le dirigeant de la Banque de la Nou- velle-Écosse au restaurant Le Provençal à Rock Forest.Nous venions de faire épargner 150 000 $ à la municipalité», se souvient maintenant en riant Laurent Boudreau.Dans les années 1970 et 1980, Laurent Boudreau était un acteur politique important en région.Il a même tenté sa chance aux élections municipales en 2005 comme conseiller municipal à la Ville de Sherbrooke.Ce ?dèle abonné considère le quotidien de la rue Dufferin, puis de la rue Roy, comme un incontournable dans le développement de la région.«Le rayonnement du journal va de Sherbrooke, à Disraeli, East Angus et Drummondville.Tu ne peux faire de politique en région sans lire La Tribune.Même avec les nouvelles sur l\u2019internet, c\u2019est dans le journal que nous obtenons les détails.Le contact avec le papier demeure important», estime M.Boudreau.Comme il l\u2019a fait quelque 30 000 fois, le camelot de La Tribune fera encore un arrêt demain matin chez les Boudreau de Rock Forest. C224 La T ribune \u2022 Édition de collection \u2022 Sherbrooke m ercredi 17 février 2010 306702 Depuis bientôt 25 ans, le groupe Beaucage se développe grâce à ses qualités exceptionnelles.Au fil des années, pour bâtir sa réputation d\u2019excellence, le Groupe Beaucage a toujours su s\u2019entourer de partenaires d\u2019affaires à l\u2019image de son leadership.Il salue aujourd'hui un autre leader dans son domaine: La Tribune pour ses 100 ans ! \u2022 Occasion Beaucage de Sherbrooke, Granby, Drummondville \u2022 Nissan/infiniti de Sherbrooke \u2022 Nissan de Granby, Drummondville \u2022 Kia de Sherbrooke, Granby, Drummondville, Magog \u2022 Mitsubishi de Granby et Drummondville \u2022 Mazda de Sherbrooke et Magog \u2022 Occasions MAX de Sherbrooke \u2022 Mercedes-Benz de Sherbrooke \u2022 AutoPNEU de Sherbrooke \u2022 Groupe Beaucage Carrossier 18 concessionnaires pour vous servir : "]
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