L'Opinion publique, 20 octobre 1870, jeudi 20 octobre 1870
[" Vou.1.\u2014No.42, L'UPINION PU BLIQUE.LUNDI AT OCTORRE, 1870.ALLINS NOUS AGIR?Ni nous avions le droit de donner des conseils 4 noe oompstriotes, de leur parler sveo autorité de leurs inté réts bien entendus, nous prendrions la liberté grande de leur donuer un petit cours de politique trés-pratique que nous pourrions diviser en deux chapitres avec une infinité de sections, de sous sections et «le paragraphes.Nous intitulerions ainsi le premier chapitre: \u2018 Parler un peu moins de religion et de nationnlité, mais les mieux comprendre et pratiquer.\u201d Le secoud chapitre pourrait traiter celte thèse pleine d'actualité: + Dire un peu moins de mal des anglais, et travailler beaucoup à les imiter dans leurs meilleures qualités.\u201d Le sujet est vaste.trés-raste et exige naturellement des forces bien supe- rieures à celles dont nous pouvons \u2018disposer.Le Dr.Larue, de Québec, qui n'a qu'un défaut\u2014celui de n'être pas notre collaborateur\u2014a déjà entrepris cette tâche sous une autre forme: \u2018- Nos qualités et nos défauts.\u201d [I a tout ce qu'il faut pour mener à bonne lin un travail aussi immense: il est & la hauteur du sujet.Ila fort bien commencé; pourquoi ne continue-t il pas?\u2014Que nos lecteurs se rassurent; nous ne continuerons pas pour lui: nous sommes trop modestes pour dire pourquoi.Mais ce second chapitre dont nous venons de donner l'idée nous revient forcément à ls mémoire à propos de ces fameux chemins de ler dunt on parle tant dans nore Province de QueLec depuis quelques temps, mais qui avancent si peu.Il y a su moins quinse à vingt ans que Québec s'agite pour son \u201cchemin de fer du Nord: \" pourtant tout le monde là est bien d'avis que sans cette voie de communi- sation Québec continue de \u2018lescendre de se dépeupler, de s'appauvrir et finira par n'être plus intéressante que pour les archéologues et les amateur» de fossiles qui aimeront à te renseigner sur les premiers temps de Is culonie.Mais La vieille cité de Champlain est pleineule canadiens-fran- sais: on y cultive à l envie la jalousie, la cuterie et l'esprit de discorde.Un veut le chemin, fort bien; il y & unanimité sur ce point.N'agitil des moyens pratiques de faire aboutir le projet, on dirait que tous les citoyens ui sont défavorables : chaque coutribuable veut diriger euLrepris® et imposer des conditions.Tout récemment escore, où & failli tuer l'affaire, grâce à quelques vanités, à quelques susceptibilités mévontentes.Aujourd'hui, il parsley avoir accord parfait eutre la Corporation et les : trecteurs de ln Compugnie.C\u2019est un beau cummence- | oo mais le résultat final n'est pas encore assuré: il y | au Parle Populaire À prendre, un nouvel acte à demander enn ment Local, et qui sait les intrigues qui peuvent | fo mises en Jeu pour venger les mvoumptes des envieux ?Q Là Montiéal, les choses vont elles beaucoup mieux ?rr les grandes entreprises dpendent de l'initiative orem eanadieu-français, la méme apathie.les mémes weir À vienuent aussi souvent tout paralyser, tout rm J & un moyen, moyen extrémement facile ®.Jara confeution immeduste du chemin de fer de dice net du Canada Central amalgamés, avec lerminns fortune Partie Est de la ville.Ce serait une brillante pour Montréal, une splendide affaire pour les a sens dos Français.Le terminus daus la partie française Weal, lo chemin de St.Jérôme qui ouvre tout un immense back-ground, peuplé et qui se peuplers de cana- diens-français, à l\u2019agriculture, à la colonisation, au commerce et à l'industrie, voilà des avantages que tout le monde voit clairement et il y & aussi unanimité parfaite pour vouloir et payer ces chemins qu'on demande à grands eris.Mais ici comme à Québec il faut le million de Js Corporation; il le faut promptement ; toute Is population le veut et le demande depuis longtemps, et Montréal, en le donnant, ne fait que * prêter un œuf pour avoir un bœuf.\u201d Pourquoi le Conseil ne vote-t-il donc pas ce million et ne fait-il pas agréer son vote par le peuple, dont le suffrage lui est d'avance assuré ?-Pourquoi?mon Dieu! parce que la partie française du Conseil ne le veut pas.Oui, c'est cela: il n'y a pas d'autre raison; c'est la même raison qui fait retarder et qui empêchers l'exécution de deux autres entreprises qui doivent énormément bénéficier aux canadiens-français du Mile-End et du faubourg Québec.Quand quelques-uns réussissent à faire des com- binsisons qui garantiraient le succès, d'autres, par jalousie, par sottise, on faute d'énergie, se mettent en travers et gâtent tout.C'est ce qui est arrivé pour le nouvel Hôtel de Ville projeté, pour l'achat du terrain de la montagne à l'usage d'un Grand Paro, c'est ce qui menace d'arriver pour le Canada Central et la ligne de Ste.Thérèse et fSt- Jérôme.Dans le Haut Canada, on procède autrement.Ilys quelque vingt ans, une disaine de familles éconsaises allèrent ouvrir un township.Tout le monde s'entendit bien et mit l'épaule à la roue : les colons vinrent, on sen.detts au fonds municipal, et l'on finit par voir s'élever au milieu du Canton tout babité d'une vigoureuse population d'agriculteurs une ville magnifique, riche, populeuse et aujourd'hui traversée par plusieurs lignes de chemins de fer.C'est toute l'histoire du Haut-Canada et des Etats- Unia:-On s'entend, on travaille, on & l'esprit pratique Pour restreindre à notre ville la morale de notre histoire, nous prions, nous supplions tous les canadiens-français de Montréal de se lover en masse et de dire énergiquement à nos représentants:+-\u2018 Bavardes moins, travailles plus, entendes-vous tous et donnes-vous de suite, par le vote immédiat du million nécessaire, les chemins de fer dont nous avons absolument besoin.8i non, descendes! oul n vous balaieis nous-mémes des siéges qua vous ocoupes si mal.\u201d C'est celà et rien autre chose: le vote immédiat du million ou la chasse aux prochaines élections de février, et la flétrissure à trés court délai.J.À.Movsssac.\u2014P CERTAINS ANGLAIS.La politique canadienne chôme depuis quelque temps, elle semble s'éclipser pour faire place aux événements extraordinaires qui houleversent en ce moment tous les esprits.En présence de cette tourmente effrayante qui menace «le couvrir l\u2019Europe de tuines ensanglantées et d'en faire un vaste cimetière, nous voyons d'un air distrait ce qui se passe autour de nous.Les yeux fixés sur les champs de bataille où se joue l'avenir de notre mere patrie, nous dédaignons presque de considérer ies ques tions qui nous agitaient le plue.L'avenir de la France, n'est-ce pas «l'ailleurs beaucoup noue avenir ?L'influence française détruite en Europe se conserverait-elle aussi facilement en Amérique ?Les ricanements et la jubilstion du fanatisme nous di sent déjà assez le résultat des humiliations de ls France.\u201d MONTREAL, JEUDI, -V OCTOBRE, 187u.+ ABONNEMENT $: M à Pan Nourao 5 Comm xa Le France vaincue ! le pape détrôné ! vraiment c'est trop de bonheur pour le Witness et ses pareils ! Mais, nobles enfants de la grande Albion! quel mal il vous a done fait ce pape «lont ls chîte vous jette dans des transports de joie?Atil jamais cherché à ruiner votre commerce, à vous enlever vos colonies, À vous ravir ce que vous aves de [lus cher au monde,.vos écus ! A-t-il travaillé à détacher de la couronne britannique les eœurs des millions de catholiques qu'elle opprime ?Que peut-il avoir fait pour mériter ainsi votre haine ?Ce qu'il a fait?.le voici.Il est sur une «les plus belles Îles du monde une nation dont vous connaissez l\u2019histoire.Forte, vigoureuse, pleine d'intelligence et de cœur, elle semblait faite pour être heureuse, pour conquérir de grandes destinées.Cependant depuis sept siècles cette nation meurt de faim dans le pays le plus fertile du monde pour engraisser vos grands seigneurs.pour gorger de vins et de viandes von ministres dévoués.Un souffle de colère et de vengeance passe quelquefois sur cette pauvre martyre dont les membres épars attestent aux yeux de l'univers entier votre charité évangélique, elle se dresse dans son suaire pour vous jeter à la figure les morceaux de ses chaines ensanglantées ; mais elle est restée catholique, vous lui avez tout arraché, excepté la foi, elle est le fille le plus dévouée de l'église catholique.Eh! bien, ce pape que vous méprises, il aime cette fille malheureuse, et il pleure souvent sur ses douleurs, et cependant c'est lui qui retient son bras vengeur et la force de rester courhée sous le poids de ses ignominies.Il la châtie même pour l'apaiser et lui apprend à prier pour ceux qui ls perrécutent.Voilà ce qu\u2019il a fait! Et la France, elle, qu'a-t-elle fait pour mériter vor mépris et votre lâche abandon ?Pendant longtemps elle & lutté sur muints champs de bataille contre votre Angleterre et souvent elle lui a fait mordre la poussière ; vous l'aves écrasée, comme la Prusse le fait, aujourd\u2019hui, par la force du nombre, la ruse, la trahison et l'argent, vous aviez soudoyé toutes les nations de l'Europe.Un jour, la paix se fit, et la France oubliant ses rancunes et refoulant son orgueil blessé devint l'alliée de l'Angleterre.Grâce .cette alliance vous aves pu depuis cinquante ans grossir librement vos trésors, courir à travers toutes les iners à la poursuite de la fortune ot braver l'ambition et la jalousie des autres puissances.Lormue, il y & quelques armées, éclata cette guerre qui pouvait être si fatale à votre influence en vous enlevant une partie de cet empire colonial dont dépend votre grandeur et votre existence, qui vous aide à combattre les empiètements de la Russie?Que seriez-vous devenus sur les champs de bataille de la Crimée si vous n'avies pas qu À côté de vous les braves soldats de le France, qui tant de fois sauvèrent vos bataillons d'une entière destruction.Voilà ce qu'a fait ls France ?Continues de semer par le monde l'égoisme, le doute et les mauvaises passions, vous récolteres avant longtemps se que vous aurez mérité.Continues de travailler à l'a- haissement de 1a papauté et de Is France, vos ennemis vous voient avec joie creuser votre tombe.Ebranles les colonnes puissantes qui soutenaient l'édifice de votre grandeur et vous sores bientôt ensevelis sous les ruines que vous aures faites. i ! 330 L\u2019OPINION PUBLIQUE._20 Octobre, 1870, Déjà l'Angleterre s'arrête sur le bord de l'abime où l\u2019a préoipitée l'égoïsme ; elle entend la Prusse victorieuse qui se moque d'elle, elle voit la Russie qui s\u2019agite et elle se demande ce qu\u2019elle va devenir, en face de ses deux grandes puissances qui ne feront qu\u2019une bouchée de son minuit passé, après trois heures de chemin de fer, on ne & met pas à courir après un interprète, afin de pouvoir iuterro- ger une enuvagesse dane Is langue de seu pères sur la nature réelle des corps étrangers annexés à sos cheveux graisseux.Ou préfère sv livrer au commoil.Seulement daus les chars, \"le difficile n'ext pas de ve livrer, c'est de su faire prendre.I: srmée, quand elles le voudront.Elle commence & com.| \u201commeil ne fait pas alliance avec le premier venu entre Corn.prendre que la France lui manque et que sa fortune et son avenir sont À In merci des passions qu\u2019elle a soulevées et des principes de destruction qu\u2019elle à répandus | dans le monde.& la France est si terrillement châtiée, qu'adviendra-t-il de l'Angleterre, lorsque son heure aura sonné ?Ce qu'on fait en Europe, on le fait aussi en Amérique envers tout ce qui est français et catholique.Ces métis auxquels on n'a pas osé refuser les druits qu'ils récla maient en leur qualité de sujets britanniques, on les in- \u2018 sulte, on les assassine et on menace de les pendre, main.| tenant qu\u2019ils ont déposé les armes.Pourtant ils non! qu\u2019un pas à faire pour passer sous le drapeau américain, \u2018 et s'ils avaient voulu, ils auraient massacré jusqu'au der- nierde nos volontaires.Et cet illustre évêque Taché qu'on accable d'ignominies, c'est lui qui contient leur colère et leur vengeance.Et nous tous canadiens-françaie, de quel droit pouvez vous chercher à ruiner notre influence et à stigmatiser nos convictions?Malgré un siècle d'outrages et de persé- eutions, nous sommes restés le boulevard de l'Anglete-re en Amérique, et nous aussi, pourtant, nous n'avons qu'un pas à faire.Prenez garde dv détruire, ici, comme en Eu- Tope les colonnes de la puissance britannique ! L.O.Davtw, COURRIER D'UNTARIO.Notre Times d'Ottawa, qui est pétri de rincipes, Vous à an- moncé l\u2019autre matin, avec une de ces Jokes naïves qu'on ne retrouve plus que dans les bureaux de rédaction des gaxettes bien pensantes, que le chignon, cette noble institution de nos mères, de nos sœurs ct de nos épouses, allait enfin disparaitre, emporté par le vent révolutionnaire qui nous vient d'au-delà l'Atlantique.Le, Times fait savoir i sus nombreux lecteurs qu'il ne prendra t le deuil en cette circonstance.Il parnit que notre excellent confrère, qui est un appui 3élé du gouvernement, ce dont je le félicite, n'était pas un support du chignon, ce qui me laisse complètement indifférent.D'ordinaire, je ne crois qu\u2019un honnête bomme\u2014il yensen- core\u2014lorsque lui vient le louable caprice de s'abonner à un Journal, sc fasse un devoir d'écrire au rédacteur-en.chef, pour savoir au juste quelles sont les epinions du prrsonnel de la rédaction sur le développement qu\u2019il convient de donner sux mille et une choses qui contribuent teus jes jours à l'embellissement de la plus delle moitié du genre humain.(Vieux style, mais toujours porté.) Si les rédacteurs du journaux étaient tenus d'avoir des opinions à eux sur le chignon, je ne vois guère comment on pour- Tait leur pardonner de n'en pes avoir sur les garnitures et sur les corsages.Or, un homme peut bien tous les matins, après son déjeuner, démolir un gouvernement et sauver son pays, mais il Be peut pas tirer des sujets d'article de tous les bouts de ruban, de tous les chiffuns de dentelle, ou de toutes les plantes exutiques qu'un retrouve tant de fois la semaine attachés ça et là sur la tuilette d'une jolie femme.L'iuspiration à des limites en ce monde.Du reste, je suis loin de trouver courageuse l'intervention du Times en cette très-grave affaire, juste au moment où, pa- rait-il, le chignon commence à dégringoler de sun trône.Puisque notre confrère lé baïssait de toutes les forces de son tempérament politique ardent et convaincu, il fallait l'atta- Quer au temps de sa aplendeur et de toute sa puissance.Or, Jai beau scruter jusque au fond le plus obscur de ma mémoire, je n'ai pas souvenance que le Times, qui s'est emporté tant de fois contre M.Bubertus du Globe, sit Jamais pris le mors au dent contre le chignon.Moi, si je n'avais pas eu pour le chignon un de nes pcuchants auxquels il est aussi impossible de résister que de tenir tite à l'appétit dv mun ami P.yJaumis falminé contre le chignon une douzaine d'articles, pleins de fougue, de violence et de passion.Puis, Paurais fuit un volume de ce travail remarquable, sous ce titre : \u201cle chignon et la décadence de mon temps.\u201d Au troisième chapitre, j'aurais traité des maux de tite cau- tés par cetto exécrable excroimsance, et j'aurais trouvé le moyen de comparur le chignon ls mitrailleuse, ce qui m'aurait offert Ia matière dé rapprochements des plus heureux et des plus imprévus Quel succès j'aurais eu dans les lettres si je n'avais pas été mordu au cœur par le passion des grandes agglomérations.de cheveux.(Vous vuyvs que je suis poli au moins ; je mts.cheveux, quand je pourrais mettre.hum.) .Quant à la question de savoir si révllement le chignon est aussi près du disparaitre de ce monde que le dit le Times, je puis à ve sujet donner des éclairciesements à vos lecteurs.J'ai vu l'autre jour dans les chars du Grand Tronc, cutre Cornwall et Prescott, des sauvagessee qui m'ont paru apperte- Dir à de très-bunues familles de leur monde, et je jure sur ce qu'un chroniqueur a de plus sacré, qu'elles n'avaient pas lu moindre apparcace de chignon.L urs chevenx, rumenés en arriere, ot sussi applatis que faire ne peut, étaient tenus en respect, à leur poste, par deux petits instruments qui m'out semblé Être Un couivau à pupicr et un passe-galun.L: couteau à papier occupait la pusition borszontale ct le passe galon ls position verticale.Il est possible que co que j'ai pris pour uu pusse-galon, ne fut qu'on simple porte-
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