L'Opinion publique, 29 février 1872, jeudi 29 février 1872
[" Vor.TIL\u2014No.9 UNE QUESTION DEJ USTICE ET UNE ENTRAVE CONSTITUTIONNELLE.Les catholiques de la Province Sœur du Nouveau- Brunswick traversent une cruelle épreuve, Ils étaient.lors de la mise en force de l'acte constitutionnel de 1867, en possession du droit ou privilége de faire instruire leurs enfants dans des écoles par eux fondées et supportées en partie par l'Etat, sans être obligés de subvenir à l\u2019entretien des écoles protestantes.Ils jouissaient, en fait, du système dit des écoles séparées, et pouvaient sans molestation ni surcroit de dépenses, envoyer leurs enfants à des écoles où leur foi n'était pas mise en péril par l'enseignement de doctrires religieuses contraires, ou hostiles.C'est là un privilége dont tous les catholiques sont justement jaloux.Presque toutes les sectes protestantes revendiquent le même privilége.C'est un droit de nature, qui prime toutes les lois; il repose sur l\u2019autorité sacrée du père de famille, qui veut que ses enfants adorent le même Dieu que lui, et de la même manière qu\u2019il l'adore.Ce droit, 0e privilège presque divin est le pivot de la famille, de In société.C'est un trait digne de remarque que dans tous les pays où l'on n\u2019a pas perdu le sens religieux on exige l\u2019enseignement d'un culte quelconque comme base indispensable de toute instruction.Dans chaque province de la puissance du Canada, le système dea écoles sectaires, c\u2019est-à-dire des écoles où l'enseignement religieux est de rigueur, ect en pleine force et vigueur.Il n\u2019y à pas, à proprement parler, d'écoles communes ou non sectaires, d\u2019où l'instruction spirituelle soit bannie.Cette unanimité sur ce point est réellement un spectacle consolant à contempler.Il prouve la force du sentiment religieux, quelqu\u2019erroné qu'il puisse être dans certains quartiers, Malheureusement, dans quelques provinces, les protestants n\u2019entendent pas la chose avec autant de libéralité que les catholiques du Bas-Canada.Ici, une Législature presque toute française et catholique n'a pas un seul instant hésité à donner aux protestants un système parfait d'écoles séparées, n'a pas un seul instant hésité à leur accorder le droit absolu de fournir à leurs enfants une instruction essentiellement protestante.On se rappelle les luttes violentes et longues qu'ont en A subir les catholiques du Haut-Csnadn pour obtenir un système, encore imparfait, d'écoles séparées, On voulait là des écoles communes contre les catho liques; non des écoles communes où l'on n'enseignait aucune religion\u2014les protestants, du moins la grande majorité, n'en veulent pas plus que nous\u2014mais des écoles communes où la lecture de la bible protestante devrait seule être tolérée.Le résultat, à la vérité, pour les catho- Liques était le même : on leur aurait imposé un enseignement religieux qu\u2019ils considèrent comme faux, ou on les aurait privés de tout enseiguement religieux, ce qu'ils \u2018 croient pour le moins aussi pernicieux, Dans le Nouveau-Brunswick, il y à réveil de fanatisme.Aprés avoir, par bribes et fort parcimonieusement, accordé aux catholiques quelques écoles séparées, on veut- maintenant les leur enlever.La législature locale, à an dernière session, a balayé tout cela et passé une loi générale établissant partout des écoles communes\u2014sans enseignement religieux ou avec instruction religieuse pro- Vestante-\u2014enlevant aux catholiques les ootrois spéciaux MONTREAL, JEUDI, 2 FEVRIER, 1872.dont ils avaient jou jusque là pour le soutien de leurs écoles catholiques, et les forçant, en outre, de contribuer au maintien d'écoles où ils ne peuvent envoyer leurs enfants sans forfaire À leurs devoirs religieux.Les catholiques refusent avec raison de se soumettre à cette loi arbitraire et injuste, qu'ils regardent comme une véritable loi de spoliation, et ils ont porté leur cause devant le gouvernement Fédéral.Ils s\u2019appuient sur la clause 93 de l'acte Fédéral, qui garantit aux minorités catholiques et protestantes de chaque province la paisible jouissance des écoles séparées qu\u2019elles possèdaient lors de la passation de l'acte.Le Conseil Privé, sur rapport du ministre de la justice, Sir John A.McDonald, a refusé de s'occuper des griefs de nos coréligionnaires du Nou.veau-Brunswick et s'est déclaré incompétent dans la matière.La seule raison alléguée et connue pour justifier cette décision, c\u2019est qu'aucune loi n\u2019avait établi un système d'écoles séparées pour les catholiques du Nouveau- Brunswick.On ne nie pas l'existence de telles écoles séparées ; au contraire, on I'admet.On se retranche, pour ne point intervenir, derrière ce que l\u2019on croit être un texte formel, une disposition positive, qui ne permet au gouvernement de prendre fait et cause pour la minorité opprimée que quaud le privilége ou le droit qu'elle réclame repose sur une loi claire, précise, quelque provision ba- rogue d'un statut quelconque.Cette interprétation, nous regrettons de le dire, nous parait bien étroite et bien malheureuse, pour deux motifs qui nous paraissent également forts.Au point de vue du droit pur et simple.est-elle fondée ?\u2014Les catholiques avaient des école.séparées ; à côté d\u2019un système d'écoles communes complet pour les protestants, les catholiques avaient leurs écoles spéciales depuis longtemps ; ils en avaient peu, par la raison fort naturelle qu\u2019ils étaient d'abord peu nombreux et trés-pauvres.C'étaient, pour la presque totalité, de pauvres acadiens ruinés, décimés et martyrisés par la persécution la plus atroce et la plus barbare dont l'histoire fasse mention.A côté de l\u2019humble clocher érigé au prix des plus grands sacrifices, ces infortunés si dignes de toutes les sympathies élevèrent péniblement une école pour apprendre laps la langue de leurs pères les héroïques souffrances d\u2019une race qui ne voulut pas mourir ni se déshonorer.Le nc yau grandit; l'aisance, une modeste aisance arriva.On eût plus d'écoles; mais des écoles catholiques.La lilerté vint enfin, lentement, mais elle s\u2019assit au foyer du pauvre acndien.Ses maîtres, touchés, sanctionnèrent ses efforts.En 1853, \u201cÀ part les écoles communes pour \u201clue Protestants, les Catholiques Roma:ns avaient, dit \u201c\u2018un auteur protestant, quatre écoles dans différentes « parties de ls Province, une Académie à St.Etienne, \u201c\u2018 une école d'enfants à Frédéricton, une école pour les « Indiens ct une école commerciale à St, Jean, lesquelles recevaient de la Législature des octrois annuels spéciaux.\u201d Depuis, le nombre des écoles catholiques s'est a \u2018cru considérablement et aveo elles les octrois ont grossi.Lorsque le Nouveau-Brunswick entra dans la Confédération, les Catholiques avaient done un système complet d'écoles séparées, système existant depuis longtemps et reconnu, sanctionné et payé par l'Etat.Il est dono bien pauvre l'argument qui engage le gouvernercent Fédéral à ne point accéder vux demandes des Catholiques du Nouveau- Brunswick, parceque leur régime d'écoles séparées n'a | ABONNEMENT, $3.% Pas Nougso, 7 Creu pas été établi textuellement par trois lignes d\u2019un Statut.Mais est-ce que le droit coutumier ou non écrit, \u201cqui \u2018 s'établit par l\u2019ussge et le consentement tacite seule- \u201cment du législateur,\u201d n'est pas aussi respectable que celui que proclame un Statut?Tous les législateurs et les jurisconsultes répondent: oui.Ici, il y a plus; le droit, le privilége des catholiques & été reconnu par l'Etat; le législateur l\u2019a sanctionné tous les ans et l'a proclamé hautement et formellement en l'inscrivant dans les archives et les Statuts du pays.Dans un ordre plus élevé, ce droit, ce privilége des catholiques reçoit une sanction encore plus forte par l'application d\u2019une des règles du droit politique.Entre gouvernants et gouvernés, les devoirs et les obligations sont réciproques.Le pouvoir scuverain au Nouveau-Brunswick a prélevé l'impôt sur l'Acadien ; l\u2019Acadien à eu le droit de lui demander en retour ls sécurité dont la meilleure base est l\u2019instruction religieuse.L'Etat a reconnu son obligation, 1'a exé- outée et en a gravé ls durant preuse de longues années.I1 demande encore l'impôt à l\u2019Acadien, mais il lui refuse ce qu'il accorde aux autres.C'est une violation grossière et inique d'un droit, d\u2019un privilège qui s'étaie sur le droit naturel, sur le droit politique et sur un usage auquel le temps et la sanction de l\u2019Etat ont donné la force et la respectabilité d'une loi positive, C'était le cas prévu par la section 93 de l\u2019Acte Constitutionnel et le gouvernement Fédéral aurait dû ne pas adopter les conclusions du rapport du ministre de le Justice.La politique a ses exigences et il était peut-être nécessaire, pour ne pas laisser s'éclipser l\u2019astre pâlissant de Sir John A.MacDonald, de livrer les droits de quelques pauvres Acadiens au fanatisme vorace de ces\u2019messieurs du Haut-Canads.C'est un caloul faux et une mauvaise politique.Dans un système assis sur le compromis et qui ne peut vivre que de l'équilibre des forces, il faut demander plus aux grands et aux riches qu'aux petits et aux pauvres.Autrement, nous arriverions à ls politique sans Dieu qui ruine l'Europe et du moment où la force ou le nombre primera le droit, la Confédération dont nous attendions justement tant de bons résultats, aura subi son épreuve et fait son temps.En supposant, ce qui est probablement plus juste et plue vrai, qne le gouvernement Fédéral uit été de bonne foi et se soit cru obligé, pour respecter les libertés pro- vinoiales, de refuser son intervention en face de ce qu'il pense être une disposition bien claire, il n'en restera pas moins établi qu\u2019une grande injustice & été commise et qu\u2019il existe une déplorable anomalie, une désolante la- oune dans l'agencement Fédéral et Local du nouveau sys- téme.Il est important, il est même urgent que les hommes politiques placés au timon des affaires voient à ce que ces chocs ne se renouvellent plus.Le nouvel édi- fos est leur œuvre; ils en ont garanti la solidité à leurs concitoyens et ile en seront responsables devant l'histoire.J.A.Movsamav.\u2014 Le malheureux qui a été brulé dans l'incendie de la maison de M, Bayard n'est pas St.Jean, mais Joachim Banscartier; et ce n\u2019est pas l'huile de charbon qui est cause de cet accident ; on ne connait pas l'origine du feu.Ce n\u2019est pas non plus sm belle-sœur que M.Bayard est parvenu à sauver, mais ea sœur mademoiselle Malvina Bayard. L\u2019OPINION PUBLIQUE, 20 Fevrier 1872.J.C.Taché\u2014G.de Boucherville \u2014 \u2014 Gérin- Renthier\u2014 Lemay \u2014 Chauvean\u2014 A.GÉRIN-LAJOIE.Nudu versias.Ottawa, la cité neuve, un pied dans la forêt, un autre en pleine civilisation ; la ville des chantiers et des hommes politiques ; l\u2019hotellerie des voyageurs et la capitale de la puissant Ottawa n'est pas sans charmes pour le visiteur, même apr une excursion à Montréal età Québec.La jeune capitale à sa physionomie propre, bien caractérisée : favorisée par la nature, elle est couronnée d'un monument qui ferait l'orgueit de plus d'une cité européenne.Je faisais ces réflexions, l'an passé, en parcourant, pour la première fois, les rues de Ia ville.Les caprices de promenade m'avaient conduit au bord de ls châte du Rideau, où je m\u2019étaix «rrèté pour contempler à mon aise le magnifique panc- rama qui, de cet endroit, se déroule sous les yeux.À mes pieds tombait Ia nappe d\u2019eau blanche et uniforme, si régulière qu'on dirait un rideau tiré eur la rive.Au bas de l'eacarpement, coulaient, impétueuses, les vagues fauves de I'Ottawa gontlé les eaux du printemps.La vue remontait jusqu'au delà ip pont, d\u2019où l\u2019on apercevait les rapides, dont lus flots de neige, boudissant du rochers en rochers, comme une furie échevelée, se précipitaient dans les Chaudières.Les sourds groudements des chûtes, môlés aux bruits confus des scies de moulins, dont les bras d'acier se balancent incessamment, des- condalent jusqu\u2019à nous avec les rafales de ls brise.Les deux rives boisées de la rivière se découpalent en ardtes vives et gracieuses sur l'axur éclatant du ciel.A gauche se prolongeait, en xerpentant jusqu'à l'horizon, le falaise escarpée sur laquelle «st assise ln ville d'Ottawa, Mais l\u2019objet qui attire l'attention, qui finit toujours par fixer les regards, c\u2019est le Paluis Législatif, dont les mansen imposantes, appityées sur la plus haute émincence, et surmontées de leurs aiguilles et de leurs toitures gothiques, dominent tout le ; yange.! Pendant que je communiquais mes impressions à mon com- ; pegnon de flanerie, nous vimes venir, de l'autre côté du Rideau, deux promeneurs, un monsieur et une dame, accompagnés dv leur enfant, qui vinrent s'asseoir en face de nous, au bord de la châte, sur vn gradiu naturel formé par le rocher.Il y avait un air de sérénité et de bonheur si calmes sur les figures de ces deux époux qui e'amusaient à voir jouer leur enfant à leurs pivds, qu'on se sentait heureux rien qu\u2019à les re- | L'homme était de petite taille, bien pris des épaules, le corps longet les jambes courtes, ce qui le faisait paraître, lorsqu'il était ain, d\u2019une taille moyenne, I! avait les cheveux, les favoris ct len yeux brnns, uns forte moustache d\u2019une nuance plus claire, rien de saillant dans les traits encadrés dans une figure ronde, Cepondant, avec cette apparence ordinaire, cette physionomie avait un charue qui ne pouvait provenir que d'une ime exquise; son regard et son sourire étaient d\u2019une douceur | inexprimable, et le timbre de sa voix, dont on ne saisiseait «jun murmure indistinct, paraissait aussi doux.En un mot, mon attention avait été entièrement captivée par l'air et les manières pleines de bonté et de bonhomie de cet étranger.\u2014Connalssez-vous cet homme, demandai\" = Fg + i a 3 Liao.ou k 4h 7 = AN \u2018 4 7 A iv % 7 = = Ë 7 7 A A 0e S iy ZZ = 7 ZZ = Æ, = Py 7 2 7 4 ~~ = ui 22 3 ni 5 NN I fi i / y | A 4 i 2 = i y : = 3 w i | il | | =X ; i 3 fi i ps mn po hs 7 A ui \\ Le ; ri & NN 9 ie pa oi * ah À Hi il VA pt Ï ol i > wi 3 by fe i +} si mn LA TAMBOURINE. 102 L'OPINION PUBLIQUE 29 FEVRIER, 1872.NE x CG RQ 7° \\7 4 \u201d 6.\u201d a | vr Wi Le wa 2 rt dN /h A A x © OY RNS = À np: ) cs 32 Pea ( D) ON 06 m@ Na \"SNS eo) IA NN ) 8 2 La NN JING au oo 0 ND) coude NY, NN \"ro 0M [NS fae) æ 0 gL ve 100 SN \\ Ne A 3 D 70 aus J! + ¥ 249 10 ES.> CONS 1 la) 12.CA 6x a (( non au 4 SN pe RR ês =, amp Ÿ 0) 3 3 a N acl?NS QR.NS ee Aloo Gw 3! tue va lo, ) @ Do En a 2\" \u2014+ oc M NX % N 0 pes 3 X \\ 1 hf * ps | ) À I J NS mgs 13 D 14 a 2 Oo Cie 15 Ar 0 Sas 1600 Né NG #Æ ç v5 JO Ou 3 GQ 7 J = & \u201c¢ i: [Ee Ze | #4 fe i | XN \\ a £) Os 2e os À.) A .i der t 3 RO 19 ug PORT as DES DELEG UES A LA Te CONV ENTION NATIONA LE DES CANADIENS EM 6 Rs, Tenue a Worcester, Mass., les 18, 16 et 18 Septembre, 1871. 103 \u2014_ Css de 2008 poor \"Re \u20ac x Le (0 ESS oe 4 (7 à : bo 5 ik A \u2019 = =f F » A0 is RES Yi æ Ja: se Cu A 3 hs ce, SA 9 (35) = ox (x 2 Edd Xs: y AO) \u2014 7 2.9) ha CE So > A oss A 2 NES 2 ee pes = * 3 7 > \u2014 = pope BE 0S?= SED (7° A Se» => Gop 8 i Y/ \\ 7 ; be è ê : = > I À CJ AS Tam dl ; hv.® / =
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.