L'Opinion publique, 21 janvier 1875, jeudi 21 janvier 1875
[" == Yor.V \u2014No.3.LES PLAISIRS DE L'HIVER La rue St.Jacques Les villes sont comme les personnes : grandes ou petites, belles ou laides, vieilles ou jeunes, elles ont une physionomie ; et dans leur physionomie, un trait marquant, accentué, qui sert À les distinguer et à les reconnaître.Pour les unes ce sers In forme du ngz, la onrbe du menton, la couleur des yeux ou des cheveux ; pour les autres ce sera le caractère, les matériaux des constructions, brique, pierre ou bois, une place, une pro- mensde, un port, toute autre chose enfin.Parmi les cités antiques, Rome eut sou Forum et ln voie Appienne : Athènes, son Prytannéo eb son Portique ; Sparte, le Plataniste ; Babylone, ses jardins ; Thèbes, ses cent portes ; Jérusalem, son Temple, oc.De nos jours, Puris a ses Boulevards ; Vienne, son Prater; Londres, Picadilly ; Madrid.son l\u2019rado ; Berlin, son Linden ; Moscou, Ia place Tverekoy : Nice, ses Terries; Rome, le Corso ; Naples, la Villa Reale ; Venise, son Lido ; St.Pétersbourg, sà perspective Newski ; Marseille, sa Can- rébière : voilà pour l'ancien monde.Dansle nouveau, New-Yok compte Broad- wy et In cinquième Avenue ; la Nouvelle- Viléans, les rues Canal et St.Charles : , Boston, son Parc; San Francisco, ln rue Montgomery, sto; chaque ville enfin, nous le répétons, à son quartier spécial, où cer- \u2018 i tomne.À leurs habitants, la réverie mé- l'Innoolique, les légenes, les ballades et le i spleen.| En Russie, et au Canada, où l'hiver dure la moitié de l'année, la neige ot ses blancs ! focons, les splendeurs rayonnantes et les faisceaux éloctriques des aurores boréales.Pour lutter contre le froid et le vaincre, activer Ja circulation, alimenter de combustible la machine humaine, il faut ici, une nourriture azotée, des boissons toniques, des exercices violents : le patinage, les marches en raquettes, les courses en traîneaux, lu descente des montagnes russes, les glissades du (loboganing, les longues veiilées.C'est le pays de la force musculaire, des voyages, du commerce et de l'industrie.Le luxe, le @onfurt de l'intérieur, les charmes de la vie de famille, les douceurs du home, constituent le but et l'objet de la vie.L'hiver, au Canada, est ls saison par ex- vellence «les fêtes et des plaisirs.Dans quelques années, on viendra des Etats-Unis passer une saison d'hiver à , Montreal, comme on va l'été à Nice.Pour les tempéraments vigoureux, ou les organismes un peu débilités, la neige et les morsures de la bise ont les mêmes attraits et produisent les mêmes etfats, que la tiède atmosphère et les brises de la mer de Provence exercent sur les poitrines faibles et les santés délicates.En langage topographique si la rue St.Jacques est le centre de la ville, elle en * représente le cœur au point de vue physio- | MONTREAL, JEUDI, 21 JANVIER 1875 ABONNEMENT.D'AVANCE $3.00, Puix où Numero.7 Zevtiss, yeux bandés, au milieu de la rue St.Jacques, nous sommes persuadé, que sans chronomètre ou débarqué d'Europe ls veille, notre homme ne se trompera ni d\u2019une heure sur le temps, ni sur le jour de la semaine.Les divers aspects de la rue varient suivant les heures.\u2019 Le matin on dort ou l'on déjeune, tout est clos ; un peu plus tard, les hommes de peine, les commis ouvrent en buillant les portes des magasins ; des ouvriers, le bidon en main, gagnent d'un pas preste les chantiers; des ouvrières, seules ou par couples, trottinent accortes et rieuses vers les ateliers.Entre neuf et dix heures, les patrons, graves et dignes, ainsi qu'il sied à des chefs d'établissement dont la digestion commence, se dirigent qui vers la poste pour y prendre ses lettres et ses journaux, qui vers leurs offices.De midi à une heure défile la procession des petites gens matineux qui se rendent Au lunch ou en reviennent.Jusqu'à trois heures et demie, la rue appartient aux étrangers, aux américains ot américaines qui, un guide i la main, touchent leur dos aveo leur chignon en renversant la tête en arrière pour mieux voir les mansardes de 1a Banque Molson, ou les bas.reliefs de celle de Montréal ; à quelques huissiers courant porter une saisie, aux chercheurs d'Annonces, aux commis en recouvrement, ete , etc.Comme il n'existe ici que deux saisons ins jours, à certaines heures, sans jamais logique; là viennent aboutir le réseau des vraiment tranch.es, l'hiver et l'été, car le teméler, ni se confondre, se rencontrent, © coudoient toutes les classes, tous les \u2018pes de sa population.3 Québec s'énorgueillit de la terrasse Duham, bien que fort modeste encore, Xontrtal, ainsi qu'il convient à une fille à ide, posséde aussi son centre d'ani.ition, de foule, de vie bruyante ; c'est la nas St, Jacques, Dans les contrées méridionates telles que pas e, l'Italie et le midi de la France, = le soleil ardent d'un ciel d'une pureté ou monotone, on recherche les om- \"see, le parfum des fleurs, le chant des Sseaux, Ia fraîcheur des onscades, tous les hantetents d'une nature prodigue de » Aussi, là, feurissent les danses, MONS ; c'est la patrie des arts, de La Foie, de la sieste et du Jar-niente.x tu - Nord, en Allemagne, en en Hollande, au voisinage d'une ma \u2014 ou apres et rudes, on a les lumi- 4 Paysages du printemps, ls tone chaude ot colorés des bois d'au.ses la ! Qu'on amâne un Montréelais de race, les rues secondaires, et d'une de ses extrémités ; part la rue Notre-Dame, la grande artère | \"de Montgéal, distribuant sur son parcours les nouvelles, les cancans, les brurts, les rumeurs élaborées dans ce viscère princi- \"pal.Continuant d'user de la métaphore, nous * dirona que la rue St.Jacques est aussi le thermomètre et l'horloge de la ville.A l'allure des passants, à leur nombre, à l'attitude des groupes, on peut lire les degrés d'\u2019excitation, de gaité, de crime ou de tristesse de la métropole commerciale.: Les bureaux du Witness, du Herald, lo restaurant Freeman, les abords des banques et du bureau de poste, le St.Lawrence Hall, sont les lignes visibles, les cadrans qui marquent eb expriment les moure- ments intérieurs.Au temps de l'invasion fénienne, aux jours d'élection, ou de panique financière, l'aspeot de le rue St.Jacques devenait et reste encore l\u2019étalon de l'esprit public.printemps et l'automne remplissent dans l\u2019année le mêmerdlequ'une préfacedans un livre, c'est-à-dire une place inutile, le théâtre que nous décrivons ne s'en ressent pas.Pendant l'été, la rue St.Jacques devient presque déserte ; seuls les forçats de l'industrie et du commerce, les pensionnaires et les collégiens en vacances, s\u2019aventurent sur l'asphaite brûlant amolli par le soleil.Les habitués «tu lieu respirent le frais dans quelque villa, ou affrontont matin et soir dans quelque séjour d'eau l'amertume et les caresses brutales de la vague.L'heure à laquelle a lieu le vrai apec- tacle gala «le la rue St.Jacques, c'est de trois à six heures, durant l'après-midi d'un samedi.Ce jour-là, les grandes maisons de com- meroe, les banques, la bourse et beaucoup d'autres établissements fermant leurs bureaux l'après-midi, tout leur personne), maïtres et employés, peignés, brossés, coiffés, chaussés pour la circonstance, viennent naturellement figurer au détilé.Aussi quel coup-d'œil ! quel rpectacle! Par une belle journée d'hiver, lorsqu'un clair soleil brille dans l'azur limpide, qu'un air vif, froid et sec empourpre les joues ; au lendemain d'une de ces fraiches bordées de neige qui jettent sur les toits et sèment sur le sol les grains étincelants d\u2019une poussière diamantée ; tandis que le double jet 46 fumée blanchâtre, produit de l'expiration pulmonaire, semble avouer que tous, bétes et gens, ont avalé un petit engiti à vapeur ; que la neige durcie parle froid, g:ince sous le pied; que, stalactites multiformes, les glagons suspendus aux rebords des toits, ou courant en volutes capricieuses lo long des corniches, des entablements, répercutent mille feux : rien d'original, de pittoresque, avec la vue de là foule, comme l\u2019aspect de la rue St.Jacques pendant ces deux heures si courtes.C'est alors une animation, un bruit, un mouvement, un va-et-vient, un bourdonnement étrange.De chaque côté de la rue, les trottoirs regorgont de promeneurs .vu marche de front par groupe de trois, de quatre quand on le peut, habituellement par deux ainsi que dans les rangs d'une procession ou d\u2019un convoi, souvent à la queue leu leu, comme des canards allant à ls rivière, Ces doublements et dédoublements successifs s'exécutent sans encombre, sans choc, sans presse, de consentement mutuel; on se cède la route, et c'est à qui fera place à l'autre : cette manœuvre, bien entendu, au pas que commande la température du jour.Tout le monde a l'air de se connaître, Dames et Messieurs se saluent, se «ourient à qui mieux mieux.C'est un geste de la main par-ci, un signe de la tête, une inclinaison du corps par-là, un clignement d'yeux à droite, un imperceptible battement de paupière à gauche, pendant que les How are you?d'un côté, les Clumment ça va?de l'autre, se croisent et s'échangent.Pour les habitués et les Hläneurs des deux sexes, parcourir vingt fois l'espace bitumé compris entre le bureau de poste et la place Victoria, n'a rien d'extraordinaire; les gens en voiture, eux, poussent jusqu'au Palais de Justice.En cet endroit s'élèvent les colonues d'Hercule du turf élégant ; au-delà c'est là campagne.Les stations qui émaillent cette promenade de la fashion, consistent en deux ou trois restaurants, où les estomac: épuicés vont faire leur charbon ; dans la lib:airie Dawson, dont les riches reliures et las au.perbes chromo-litographies, arrêtent les 000) _ 21 Janvier 1875 26 L\u2019OPINION PUBLIQUE amateurs; dans les vitrines de Savage et| Au-dessus des oreilles s\u2019élancent des nente parmi les Canadions- à Montréal ou établis à l'étranger.mourant Lyman, oi les réductions d'antiques, statuettes, figurines, les bronzes d'art, les vases de jsspe, les faïences émaillées, les coupes en agathe, les candélabres, les trépivds, les pendules de tout style, attirent les curieux, Ce qui ne surprend personne ici, mais étonnerait fort l\u2019œil d\u2019un étranger, c'est la multiplicité et la bizarrerie de ls forme des coiffures, les nuances variées des fourrures qui constituent, en Canada, les diverses pièces de la garde-robe d'hiver.Les uns avoc leurs casgues de forme haute, tout d'une venue, ressemblent & des Persans exilés ; d'autres, adoptant la forme du bonnet de police qu\u2019ils portent incliné sur l'oreille, affectent la crânerie d'officiers de hussards; celui-ci, pacifique comptable, à l'air farouche d\u2019un cosaque ; celui-là, pauvre commis, la mine d\u2019un riche boyard.Un grand nombre, grâce aux larges bandes qui cerclent leur coifture, à leur longue capote l\u2019lster, vous rappellent ces vieillards en turban que les maîtres italiens pla- aient dans leurs tableaux.Sauf l'espèce de fourrure, Ia forme des coiffures de dames varie peu: c\u2019est une sorte'de casquette sans visière coquettement posée sur le chignon.Pour les pardessus, les mantes, les .eapots, les gants, les manchons, tous les animaux des régions polaires ont fourni leurs robes velues.Depuis le noir brillant et solide des poils frisottés des moutons d'Astrakan : le ton brunâtre et velouté du castar piqué, le blond fauve de la loutre, les moires chatoyantes du veau-marin, les longs poils gris et jaunes du renard, les touffes hérissées de la robe du loup ou du chat sauvage, jusqu'à la blancheur immaculée de la zibeline, aux minces filets blanes du renard argenté, aux teintes rou-ses du vison, aux insaisissables reflets du renard bleu, au délicat et soyeux duvet de l'aigle de mer, tout se trouve et se rencontre dans lu rue St.Jacques.ll y a là cent mille piastres au soleil, si l\u2019on y comprend les peaux d'ourz blancs, d'ours noirs et de bulles qui garni-sent les voitures.En assimilant les trottoirs aux bancs d'un amphithéâtre, nous dirons que la chaus:ée figure la scène.Dans ce milieu tumultueuz et bruyant, toutes les formes de voitures, de véhicules imaginables, passent et se croisent tantôt au trot d'une superbe paire de chevaux, tan.ôtau pis relevé d\u2019un magnifique limonier, ou trainées par un attelage de ponies gros comme des chèvres.Les sleighs Landau avec leurs patins mobiles, l'arrière et l'avant couverts de larges peaux d'ours, passent aussi sombres et sévères que «le riches catafalques ; les dog-ear gracieux, les légers cutter l\u2019élégant, phaéton, ls modeste carriole, le populaire berlo,laissantflotter leurs fourrures à simple ou double rangs de queues de renard, filent rapides, tournent, courer.c et se précipi- pitent dans une sorte de désordre apparent, dont la main d'un cocher habile sait profiter pour montrer son coup-d\u2019œil et son sang-froid.Quelques cavaliers, parfois une ou deux amazones traversent la rue, retenant leurs montures effrayées par ce tohu- bohu.Les chevaux portent austi leur toilette d'hiver; la petite selle a sa housse en fourrure bordée de drap de couleur; les millères, une rosette d'oit pendent des ruins ; les martingales, les cercles garnis de grelots sonores, les timbres aux marteaux métalliques, les clochettes aux bruits argentins disposées en lyres, suspendues à des clochetons, et assorties de manière à ce que la tonalité de chacune forme un carillon harmonique, jettent leurs notes graves ou aiguës dans cette rumeur sourde et continue, sur laquelle ils se détachent comme les variations d'un air, de la basse d'accompagnement.pompons ou de blanches aigrettes, ot sous In ganache se balance nine sorte d'ornement en crins de même couleur que celle des rosettes.Les cochers, enveloppés dans d'énormes capots, la tête ot le cou emmitoufiés sous des capelines en poil de loup ou de renard, tont honneur à l'équipage.De quatre à six, tout ce monde, passants et fléneurs, piétons, cavaliers, femmes et hommes, délivrés du poids des affaires, ne pensent qu'au plaisir de voir, à la joie d\u2019être vus.La rue St.Jacques devient pendant la promenade, la bourse aux cancans, 1a foire aux nouvelles, ef shaoun, aprés cet exercice salutaire, dds que s'sllument les pre miers reverbères et que pointent les premières étoiles, rentre ches soi, la tête libre, l'estomac dispos, et chaussant ses pan- touffles se dit: Que de monde il y avait aujourd'hui dans La rue St.Jacques.Et le samedi suivant l'on recommence ! À.ACHINTRE.\u2014-\u2014e TABLETTES LOCALES Les recettes de 1a douane de Montréal constatent pour l\u2019année 1874, une augmentation de $1,096,847,05 our l'année 1873.Le chiffre vaut bien la peine qu'on le remarque.Si les autres villes de Ia confédération ont, dans la perception des droite, subi ls même augmentation, cela fait bien pour le présent et promet mieux encore pour l'avenir.Pour les personnes désireuses de connaltre avec quelles contrées le port de Montréal a les rapports commerciaux les plus importants, nous donnons le tableau des produits importés et exportés dorant l'sunée fiscale de 1874, laquelle, comme on le sait, se termine le 30 juin : IMPORTATIONS d'rovenances.Droits perçus.Valeur à l'entrée.Grande-Bretagne.$2,978,615 $25,961,720 Etats-Unis.1,064,466 9,490,983 France.367,576 1,526,507 Allemague .176,805 #87875 Belgique.81,386 235,034 Suisse.19,603 132,172 Espagne.77.734 323,695 Portugal .17,204 84,201 Italie.2,039 16 505 Sicile.5,541 13,716 Autriche .4 380 Danemark.8 Prusse .it 136 Asfe .198 1,135 Afrique.\u201ces 148 986 Grôce .2,350 15,488 Hollande.Pa 182,843 120,632 Chine .ee 9,897 675,208 Japon.wes 14,227 296 144 Venesuels.ce waren 13,170 Brésil.\u201cee 184,111 439,316 Java .seraseure .101 906 Antilles espagnoles.193,772 552,229 Antilles hollandalses.7,908 Indes hollandaises.35 7,764 Indes anglaises.cereny 208,465 Antilles anglaises.162,596 387,812 Poesessions anglaises.19,625 390,189 Total, .$5,485,904 $41,340,956 EXPORTATION Destination.Valeur comprenant les e , Angleterre.00.«$33,148,300 Etats-Unis .cere 2,102,161 Terrenouve .ere .1,581,000 St, Pierre Miquelon.68,300 92,054 132,232 \u2026 4,276 vee 510,427 $26,639,839 Enire l\u2019année précédente et celle-ci, la valeur dus marchandises exportées ou importées dans notre port, il existe une différence en faveur de l\u2019année 1874 de $3,338,112.\u2014-\u2014\u2014e L'INCENDIE DU COLLEGE MASSON A TERREBONNE Au nombre des maisons d'éducation spécialement vouées à l'enseignement commercial, figure au premier rang le Collége Masson.Sa fondation date de l'année 1847.C'est donc la plus ancienne institution de ce ponte tablie dans le 8.L'idée de sa fondation eat due à feu Honorable et regretté Joseph Masson, dont la position commercisle était alors émi- feu M.Masson laissa le soin d\u2019exéouter ses plans à son honorable Dame.dontls charité et le dévouement à tout ce qui est reli pieux et Canadien est maintenant prover.isle.Madame Masson s'emprestn donc de seconder les efforts généreux des Kévds.Messire Pelletier ot Théberge, en dotant l'institution naissante d'une malson avec dépendances convenables au berceau du Collége Masson.Les citoyens de Terre- bonne ne furent pas insensibles aux avan- es qui devaient découler d'une institution dont le programme était, alors, à la fois classique, commercial et industriel ; ils firent des efforts généreux de toutes sortes pour seconder le zèle des immortels fondateurs du Collége Masson.Les progrès de cette maison furent étonnants et les germes de cette éducation mixte produisirent des talents qui se dé- veloppérent avec le plus grand avantage pour l'Eglise, le barreau et pour tous les rangs de la société.Les suocès obtenus jusqu'alors enhardirent les généreux fondateurs du Collége Mason, et dès lors ils songèrent à ériger un monument national dont les proportions devaient être trés-étendues.C'est cette partie déjà érigée qui est devenue I proie des flammes, lundi matin, le 11 janvier courant.; Le corps principal mesurait 120 pieds et l'aile droite 150 pieds en longueur.Le College Masson était une bâtisse en pierre taillée, de quatre étages de hauteur, y compris le rez-de-chaussée, ot surmontée d'un toit français avec mansardes.Le plan inédit est dù à fou le Rév.Meseire Pelletier, l\u2019un des fondateurs.Ce fut ce dernier et fou Mensire Théberge qui firent construire le corps principal et le Rév.Messire Graton, supérieur actuel, qui présida à l'érection de l'aile.Tout le comfort moderne désirable rendait l'habitation du Collége Masson agréable et attrayante aux nombreux élèves de toutes les parties des Etats-Unis et du Canada, au nombre de prés de 300 lors de l'incendie.Outre le système d'éducation commer- cisle ri bien inauguré par le Kév.Messire J.B.Primesu, prétre, alors supérieur, continué et considérablement amélioré par les Révds.Messire Graton et Leclerc, le tout particulier, tant par son site admirable que par la discipline indulgente adoptée si judicieusement à In classe des jeunes gens destinés au mofldo des affaires.La facilité avec laquelle la langue an.plaise y était enseignée \u2014chose remarqua- le dans un tmilieu tout-à-fait Canudien- Français\u2014et le succès généralement et univer-ellement obtenu dans l'enseigne ment de la calligraphie, out toujours paru tenir du prodige ; si lien que les gens d'affaires Montréal donnèrent toujours la préférence et le plus grand encouragement aux élèves sortant de la classe commerciale.Témoins les nombreux élèves du Collège Masson qui brillent aujourd'hui dans les differentes positions qu'ils oceu- pent dans les grands centres.Les directeurs du Collége Masson comptent donc maintenant plus que jamais sur les efforts généreux et réunis du Gouver- noment et de la Législature de Québec, des hommes d'affaires et les amis de l'éducation, pour les aider à relever de sa ruine encore fumante, ce bel éditice dont l'inscription orne encore ie froutispice, ayant été respentée par l'élément destructeur, comme pour indiquer à tous ceux qui s\u2019intéressent aux générations futures, les moyens à prendre pour rebâtir ce monument élevé, avec tant de sacrifices, au com- merre, à l'agriculture et à l'indugri La corporation du Collège Masson perd réellement tant pour la bâtisse que pour son ameublement, et les provisions qui y étaient accumulées pour tout l'hiver, une somme de prés de $100,000, dont 24 à $25,000 seulement sent couvertes par les assurances, : Voici maintenant quelques détails sur le malheureux incendie du College Masson : Les directeurs n'ayant Le jusqu'à présent bâtir l'aile gauche où devait être Ia cha.Île, consacrèrent un espace relativement étroit pour y faire la chapelle tempo- convenables, il fallut cacher une partie des ouvertures à l'intérieur par des tapisserien dont les dispositions artistiques relevaient l'éclat et la majesté de ce petit sanctuaire.Lundi matin, à cinq heures et demie, M, le Directeur venait de dire ss messe et deux autres prêtres se disposaient à célébrer le Bt.Sacrifice, et pour ce, le servant dut allumer les bougies nécessaires.Malheureusement un des cierges, en tombant, mit le feu aux fleurs artificielles qui ornaient l\u2019autel; de là, les flammes se communi quérent en un clin-d'œil aux tapisseries Collège Masson offrait aux élèves un attrait | | raire; afin de rendre les cérémonies du cuite # de la chapelle et aux brancha, i maient la crache de I'Enfant-lanes, Les deux prétres et lo servant s'éla sèrent vers le feu et d'un coup de mu arrachèrent une partie des tapisser; .rideaux et branchages en flammes et les ey tèrent au milieu de la chapelle ; mais: comble de malheur, une lampe l'hui ode charbon, qui brûlait aux balustres, fut on mème temps renversée par terre et fit ex plosion ; dés lors les Hummes se pro; gérent avec fureur et cesderniers ¥ empes sèrent d'aller demander du secours et de l'eeu.Dans leur empreseement, il ou blièrent de refermer derrière eux la porte de la chapelle, ce qui détermine un courant d'air tellement tort que toute la chapelle prit feu instantanément, etil fut «lès lors impossible d'y pénétrer d'avantage.Le St.Sacrement et une relique précieuse ur la maison, le coeur du regrett: fey [essire A.Thébirge, ne purent être sauvés des flammes, non plus qu'aucun «les mou bles et effets qui étaient dans le vorps principal de l'étatilissement.Une fumée épnisse s'engouffra de suite, pur tous les corritors, tous les étages de la bâtisre principale, Mu sieurs des prêtres qui étaient encore dun leurs chambres, eurent beaucoup de (ith.cultés À se sauver à travers lu fumée.Et si ce n'eût été une clef que le Rév.Messire Champoux, prêtre, protfaseeur «le Lu clusse d'affaires avait par husard sous su main et avec laquelle il put ouvrir une porte dé tournée, ce Monsieur nuraît été sutlmué et aurait péri dans les flammes.Un autre Monsieur, qui était à l'infirmerie eit i lui.ser son châssis ot dut se jeter «lu troisième étage sur la foule qui se disposait à le recevoir ; cette chute fut sans accident, En ce moment tous les élèves eixtent à la salle d'étude, «dans l'aile divite, et quel qu'un arrivant à la hâte par le corridor du corps puincipal, déjà rempli de fumée, ouvrit la porte de la sulle pour donner le cri d'alarme.Le maître d'étude voyant la fumée s'engouffrer dans l'appartement où il était, donna aux cleves l'ordre du «sauve qui peut n\u2014dès lors tous se prévi pitérent dehors sans songer à leurs ef.grand nombre mème sans songer prendre leurs coittures et leurs pardesus qui \u201ctaie au vestiaire.En un instant tout I sement vomissait Une fume ©) suftocante.Aprés qu'il fut constaté qu'il \"y avait jas de danger imminent pour I'l MM.L.KR.Masson, le Capt.Lo 11 1 Joseph-Edouard Mason et plusi toyens intrépides s'élancérent ver: toir de la salle d'étude et de la qui étaient dans l'aile, et suuv grande partie des meubles qui nou vaient.Entr'nutres les tables de billard, les pupitres, les chaises «de la salle tue et quelques valises qui étaient pros «ir Le calier.En un instant les flumnes avaient en vahi le corps principal et commencaient à lécher les ouvertures de l'aile.A ce ter ment une détonation re fit enten fre, enusée, sans doute, pur l'explosion ni di A EL 2D) LA 44 / ET tes Is A va Qu CF EX À A wT a [x3 Ne Tt er AW : RY.7 i! i $ 4X § Ly ih i i he k \u201catl mi 3 AS PE Pa LE x Ir | LA Ra i | À \u201cip x il i À MRS J Bm veh ~ \\ \u2019 ; 2a ri hy TE Hj [> i me Hy L Se 4 W's; van col aad at 3 + j d i PS i I i 2 ES .pr: Sr a | i vi et Er Sh Ee) 1 Sy \" >= ia os, = Rs CS = a 23 ds wh ee ai PP In iH nn Wi aia Hitt am SN aus re rer Adee = Ti oi = arms trom ese.Ty an = | mT TEE i sre de LE a mas me en A = APE me TT if i ppp me À En | ?À Hi \u2014== = Tari I Vi \u20ac > Pen) | ee Sno.\u2014\u2014\u2014 ait me runs.ee A) \u20ac AR a ake © \\ > \\ ea nam, I ht ps ~r + es PTL FASE wry pres Chg FREI me, \"Reise ; ! 3 AL Rohe i! Lilt Al } \u20ac dl = Ÿ > \\ - = it 1 1 4 ° MSA ARS, Feet at ran Lo \u201d \u201cui RFO Eee ES à A Dil Se \u2014_\u2014 = N= \u2014 Tm pee = = JUL = aE mt = = SE == \u2014 RS ss \u2014 iI me - 4 fat a 3 5: ee (%7 A | a |! | 55 SX æ x Xd a ow À ÿ J th 1 i il Wh = A ih MW } | 1 l \\PRES MIDI D'HIVI : ! ! i A A 4 2 LLI 4 4 = eo! oy Jp \u2014 - === = = = = \u2014= fo A5 == \u2014_\u2014 Le Loa, == oP = mF \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 \u201cSE vy > \u2014_\u2014 \u2014\u2014 me == HITTERS eee SE a \u2014\u2014\u2014 = = >= ee cos = = _ A \u2014\u2014 Te MONTREAL RENE by Coes TT == nN me nt ET \u2014\u2014-\"\u2014 2 Ems \u2014_\u2014e = AS pra) A ee mes Œ _ \u2014 \u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014y = \u2014\u2014 Fail RS SY 3% = 5 \u20ac = a \u2014 \u2014\u2014 a ee \u2014 =\u2014-_\u2014- = = = F =, Nt Ÿ \u201cVE = NW = = = == \u2014\u2014\u2014 = ES CS I i 0d yy WE 7 Hi 3 = \u2014\u2014\u2014\u2014 TA \u2014 Ya Ÿ | Pasta sage rene en 25:7 3trgraz.mana \u2014 -\u2014 re TX IR Nl LA RUE ST.JACQUES EP == ta ae il À Ww \u2014 sa Td Nil _ = 2 \u2014_ \u2014 x | of ul \"Ws = è Thi > 4 h, Ay = A Vi I 7 41e aod + BS | | La, 24 Lig: 1, i À F1 st I) NT 4 ed i i lis [fa Lu TEE {ti i | I + Sa a vA I i hy M = $ res = SB § tl po FEU SON \u2014 fi = 7 7- £2 2 = a ie W 4 | a Ly mes res = a \u2014\u2014 : li a i 1 \u2014 == Mo | | Li ; di fi ' sq L'Orintos Poucique, 21 Janvigm 1875 Puissent tous coux, aujourd\u2019hui pères, non pas jouer de l'accordéon sur leurs vieux ans -\u2014nous devons la charité aux voisins, \u2014 mais vivre asses pour, lors qu'enfouis dans un large fauteuil, ils chantonneront un refrain, siffoteront un air de jeunesse, voir ls petite-fille de leur petite- fille, se dandiner aussi gentiment que ls danseuse précoce de notre gravure.Quelle tendresse atlectueuse révèle ie bon sourire du grand'père, et que de souvenirs lointains évoque le vieil air de l\u2019instrument! Chaque note fait sans doute revivre un jour heureux, rappelle une scène, une aventure de jounesse au vieillard.Quelle grâce enfantine, quel charme dans ce pas un peu gauche qu'esssie timidement la bambine ! Du milieu de cette chambre dont les fajences du vieux dressoir, l'antique cheminée à longue crémaillère, le poisson empaillé suspendu au plafond, l'horloge en bois sculpté, disent la condition du propriétaire, s'échappe, nous ne savons quel JB air d'intimité ; c'est comme l'atmnephure sereine et calme du foyer de famille L'enfant est exns doute la préférée, ln toutoune à laquelle l'afeui donne la première leçon de danse.Tous deux sourient, | l'un su passé, l'autre au présent; et, plus tard, l'enfant devenue grande, épouse, mère à son tour, ae rappellers avec émotion cette scène d'enfance, donnant une larme au Grand'Paps défunt, et un sourire à l'accordéon muet, conservé comme une relique vénérée.-\u2014\u2014.LES DIABOLIQUES 11 vient de paraître un volume qui fait un tayage d'enfer à tous les coins de la France lisante, et qui par extraordinaire le mérite : les Distoliques, par M.Barbey d'Aurevilly.St jamais un livre « justifié son titre, c'est bien celui-là | Ces Diaboliques ne sont pas des diableries, je «ous assure, et tous les yeux ne doi- L'OPINION PUBLIQUE L'AMIE DU GRAND PAPA 0077\u2014 | 2 JANVIER 1875 vent #y frotter: ce sont bel et phe.Siaboliques, des histoires réelles du olen do de progrès et d'une civilisation si déliciouss be si devive, dit l'autour, qui, quand on w'avise « les écrire, H semble toujours que co i : diable qui ait dicté.soit de M.d'Aurevilly à pour poétique tres puissants peuvent tou! poudre pot opel: priuture est toujours muses morale quand le ert tragique et qu\u2019elle donue l'hu : I rreur « choses qu'elle retrace es Si vous êtes : ailes à sos Dialoliques, à son mode \u201c Sn horreurs, et vous direz des nouvelles Sinon, gardes-vous de sou livre comme du feu au fou vouffré et soufflé qui n'épure pay nol qu\u2019en prétende son auteur.not Bes Liaboliques n'ousataniseront mala 11 faut qu'il reaonce À l\u2019idée qu'il pour raient dédiaboliser quelqu'un.Kllee front peut-être monter le rouge à quelques visages , Iusullisatoment aguertiscontre certaines choses \u2014et ceux qui craignent cette couleur te bieu de passer à côté du volume sans y rot der\u2014 ; elles L'amôneraient aucus rune daux lux âmes en appétence du v.l t un livre d'artiste, et de l'art le plus si tle plus rare; il faut lo tenir comme tel et ne pas lui demander davantage, cu qu'il oitre cant Gh beaucoup et d'un cours fort restreint i notre époque.Nous attendrons, pour apprécier \u201cle mou lirte chrétien \u201d en M.Barbey d\u2019Aurevilly, lee Celestes qu'il nous promet ; avon: Jew Dabs ues uous nous contentions do goiter sans Three I'cnsorcellement do won style qui n'a jussi été ni plus saisissant ni plus séduisant, de traite éblouiseunis, de retuarques pénétrans ten à chuque page, à encadre.entre deux coup- de crayon : \u201cLe postillon! image dv ln vie, qui fait trop claquer sou fouet au «départ.\u201c Quand on en est réellewcnt, on se passe tout au faubourg St Germain, « Les fomuies, léches individuellement, en troupes sont audacivuses.\u201c Bi lo sentiment le la garde qui meurt et ne + rend pas est héruique à Waterloo (11 s'agit de l'homme qui se défend contre l'âge) il ne l'est vas moins en face de la vieillesse, qui n'a pas, elle, ln poésie, des balonneltes pout Lous frapper.Or, pour des têtes construites d'une certaine fuçon, ne jamais se rendre est, à propos de Wwut, toujours tuute du question, comme à Waterloo\u201d On ferait un autre volume et, non certer, peu piquaut, à relever tous ces diabolismes d'erprit et de dandysme analytique, et, on faveur, il sera beaucoup pardonné aux [iaboliques par trop diabulisantes de ce livrs que l'auteur à jugé lui-méme en écrivent eur sa première page : A qui dédier cela LA RÉSIDENCE LE L'HON.C.J.COURBUL, MONTRÉAL \u2014 91 JanviER 1875 M ETIESNE PARENT (Nuite) [1 en coitait aux deux fractions du par.nu canadien de se réparer.Néanmoins l'aceord allait diminuant entre eux.Vint un jour OÙ il tallut ou we raccommoder ou \u2026e séparer ouvertement.M.\"apinenu rencontre M.l\u2019urent et voici en résume la ersation qui eut lieu : l'arent.\u2014Ne senitez-vous pas qu'en pous- nt plus loir l'excitation, nous marchous a la guerre et que nous D'AYONS aucun aven de résister par les armes?Fapineau.\u2014 C'est possible, tunis en ne usquant pus V'atluire nous n'en finirons cour m bru Janae l'Angleterre vent nous \u201ccraser Varent.\u2014 Dites plutôt certains m lais.Jat la certitude que nous aurons justice | par les votes constitutionnels n'ullous pas nous mettre dans le tort en prenant des moyens violents.Papineau.\u2014 Nous serons au contr sans notre droit.l'arent.- -JYaccord, mais où sout vos vosappuls ?wu.\u2014l\u2019eut être st Papin Vanker
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