L'Opinion publique, 5 août 1875, jeudi 5 août 1875
[" Vou.V1 JOE VINCENT ly a deux mille ans, ce n'est point une morteste cabine sur les quais d'Ustie ou du Pirée qu'aurait habité Joë Vincent, mais, à l'inetar de ses confrères en héroisme : Thésée, Jason, Persée, les sauveteurs de l'époque, un temple situé sur quelque pro montoire dominant les flots, En ces temps de sève et de jeunesse, ou d'horribles monstres peuplnient la terre, ln vie humaine avait son prix, car celui qui coupait la tête de la Méduse, tuait le Mino.taure on étouffuit un serpent Python.pre- bait aussitôt rang parmi les demi-dieux, ayant son autel, ses sacrifices, son culte eatin.De nos jours, rien ne distingue les libérateurs de ce genre du reste de leurs concitoyens.S'ils ont une maison ils doivent en acytiitter les taxes, et lorsqu'ils achètent une chaise ou un faux cal payer comme le populaire.Ce serait à dégoûter de l'héroïsme, si l'on+e dévousit par intérêt.Heureuse ment qu'il n'en est rien, et que certaines natures généreuses se sacrifient et se sacri- feront longtemps encore pour le seul plaisir qu'elles en ressentent ; semblables à ces artistes qui font de l'art pour l'art, Aujourd'hui même, bien que l'homme qui, sur un terrain donné, en un temps convenu, fait du fond de son cabinet massacrer cent mille hommes, mais 1a.d'après toutes les règles, soit considéré infiniment supérieur à celui qui, sans réfié.chir, d'instinet, se précipite au devant du danger, sans crainte ni calcul, ne songeant Qu'à sauver son semblable, l'on trouve encore de par le monde de ces nalfs intrépides qui agissent contre l'opinion cou mate, et, sans déduction, sauvent les gens Comme d'autres les tuent, par principe.Tel est Jos Vincent.Joë Vincent, c'est ce solide gaillard au torse herculéen, aux bras musclés, à figure bronzée, aux traits énergiques, que notre Bravure représente ardossé contre un po teau de sa maisonnette, et qui tient à la ain, comme un roi son sceptre, un aviron, *Tmbole de sn puissance et l'instrument de 18 gloire, Mercure avait son caducée, Neptune son trident, Hercule sa massue, Joé Vincent & son aviron ! Pour mieux le nommer, nous rapporte.Tous la réponse ingénue que nous fit l'autre Jour un gamin à qui nous demandions la Profession de notre homme : « C'est celui Qui sauve les noyés.» son inuocente périphruse, l'enfant x No.31 Aésignait en ettat l'état de notre sauveteur canadien, Depuis seize ans environs, Joë Vincent dispute aux glaces et aux eaux du St.Laurent les victimes qu'elles entraînent, et il ne se passe pas d'année qu\u2019il n\u2019en arrache une ou plusieurs à la mort.Depuis les rapides de Lachine jusqu'aux îles de Sorel, nul pilote ne connait mieux son fleuve que notre héros.À part ses nombreux actes de sauvetage, sa vie n'offre rien de remarquable ; mais encore le public lira-t-il curieusement quelques détails biographiques concernant cette physionomie originale.C'est en 1839, à Verchères, que naquit Joë Vincent.Il a donc aujourd'hui 36 ans.Bien que d'une famille de cultivateurs, dès son bas âge, il délaisea les champs pour les rives du fleuve.Aux travaux de la ferme, il préféra toujours les exercices nautiques, et la pagais d'un canot sauvage faisait mieux son affaire que les manchons de la charrue.Tout enfant, sous prétexte d'attraper les canards, il les suivait à l\u2019eau et barbottait sur les bords au milieu de la bande.Lorsqu'il devint plus fort, comme on cadenassait les embarcations afin «le l'empêcher de s\u2019en servir, ailé de quelques camarades, il sciait des barriques, et se servait du fonds comme de canots dans lesquels mes gamins traversaient le fleuve par tous les temps.Dire que maintes châtes et maints chavirements illustrèrent ces manœuvres, ne surprendra personne.Mais c'est à ces premières épreuves que se forma l'hahi- leté du futur batelier, et c'est id qu'il acquit ce sang froii, cette présence d'esprit et cette audace si nécessaires à ce rude métier.A douxe ans, déjà robuste et fort, notre garçon quittait la paroisse natale pour venir gagner ss vie à Montréal, Un commençait alors les travaux du pont Viotoria.La pose des cages devant servir aux fondations des piles nécessituient l'emploi d'une énorme quantité de poutres et de madriers.Ces bois, coupés duns les chantiers du haut de l'Otiawa, descen daient cette rivière, puis, frachissunt les rapides de Lachine, arrivaient aux alen tours du pont, où on les urrétait dans un eudroit favorable, Joé Vincent s\u2019engages comme simple soldat dans cette fotte d'un nouveau genre.En cette qualité il fit plusieurs caupagnes, dans chacune desquelles il, roulait, cramponné à es hache fixée sur un madrier, dans les flots écumeux du sault | St.Louis, : MONTREAL, JEUDI.5 AOUT 1875 De ces expéditions datent ses rapports | avec les Indiens de Caughnawaga, et sa, connaissance de leur langue.Remarqué bientôt par son intrépidité et son habileté, les entrepreneurs des travaux l'attachèrent à leur personne en qualité de batelier.Ce service nouveau consistait à conduire les entrepreneurs sur les divers points des travaux ; et, comme l'am1s des matériaux entassés en différents enroits ainsi que les jetées, les barrages, obatruaient le lit du fleuve, il fallait toute la science et lu force d'un canotier consommé pour conduire I'embarcation au milieu des obstacles et des courants artificiels créés par ces digues.11 eervit ainsi pendant six ans, et sauva douze personnes durant cette période.Ce qui pourra donner une idée du dun.ger de cotte navigation c'est que des six bateliers, Jou compris, employés par les entrepreneurs, quatre re noyérent pendant le cours des travaux.M.Bonneville, aujourd'hui résident de Longueil et M.Leggs, ingénieur, peuvent attester les services précieux et les faits de sauvetage accomplis par le courigeux canotier.La construction du pont Victoria achevée, Jou Vincent se créa une industrie : le louage, pour parties de plaisirs, excursions en rivières et traversées, de canots.chaloupes, embarcations «le tout genre.[obtint en même temps de l'administra.ion militaire, le monopole des traver ées enire lu terre ferme et l'île Ste.Hc'ène, où se trouvait alors un poste de La garnison.Il s'agissait de transporter deux fois par jour les officiers et les provisions.Pendas.t l'été, ces voyages, sauf quelques coups de vent, sont de véritables parties de plaisir; mais, en automne et au printemps, lors-jue les glaces se forment ou se brisent, c'est tous autre cho © ; il faut courir l'aventure, et nous ne conseillons pas Aux personnes prédisposées, sux malsudies de cœur de tenter le passage.C'est ainsi qu'à la débâcle d'uvril 1869, tanlis que les gluces entraînées par les hautes eaux ©: poussée violemment par une forte brise, s\u2018entrech-w;usient avec des bruits pareils à des détonnations, glaçons contre glaçons, ban-juises par dessus banquises, il sauva deux jeunes garçons, les frères Luflamme, qui avaient été surpris par la débâcle au milieu du Heuve, Un triple rang de curieux attirés par la sinistre beauté du spectacle, garnissaient les quais ce jour là.Des cris de désespoir arrivaient jusqu\u2019à la foule, mais nul n'osait se hasarder eur cette plaine mouvante dont les crevasses béantes laissaient voir des fliques d'eaux verdâtres.Joë, n'écoutant que son courage, franchit d\u2019un saut le parapet du quai, s'élance sur le premier glaçon qui passe, et de bond en bond, tantôt reculant pour éviter un choc, tantôt courant sur de longues banquises, les yeux fixés vers l'endroit du courant qui entraîne les infortunés, il les atteint entin.La foule bat des mains; mais une anxiété terrible réprime cet élan, car le retour est aussi difficile que l'aller.Alors commence une nouvelle lutte.Chargé de son précieux fardeau, \u2014Jou à pris un enfant sous chaque bras, \u2014il réussit au milieu de périls doubles des premiers, car ses mouvements sont génés, à ramener les deux frères sains et saufs.Cette fois la foule respira; de toutes ces poitrines oppressées, jusque là contenues par la terreur et l'émotion, il s'échappa comme un imuense soupir de soulagement.Une autre fois, peu après l'arrivée en Canada du prince Arthur, qui nomma notre sauveteur sun canotier en titre, dans une des traversées que MM.Picard et Lindsay, officiers d'état-major du prince, faisaient en compagnie de Joé Vincent, M.Lindsay, perdant pied, tomba dans une fissure, ot sans la présence d'esprit et la force musculaire de Joc, notre officier auruit gagné les sombres bords.A la suite de ce bain, Joë eut les pieds à demi-gelés, et il dut garder la chambre pendant trois mois.Il serait trop long de raconter tous les traits du même genre; nous nous bornerons à mentionner ici, par ordre «le date, les actes de sauvetage que nous trouvons consignés dans les journaux du temps.1854.\u2014 Douze personnes durant la der- nieré année de la construction du pont Victoria.1855.\u2014Ua individu manchot, du nom de Stward.1803.\u2014Un soldat du corps des infirmiers, et un autre homme.1864.- Un officier du 3Uème régiment.Cherché sur lu gluce flottante, le capitaine MoPherson.1866.\u2014Un des fils de feu M.Furniss.1867.\u2014Un enfant que sa mère venait de laisser tomber à l'eau.René Lafrenière, dans le bassin Jacques Cartier.1869.\u2014 Les deux frères Laflimaie, 1871.\u2014 Charles Lauzon, contiseur.Un autre homme.1872,\u2014Le capitaine Turner de la barque R.C.Cook.1873.\u2014Trois hommes acorechés aux piliers du pont Victoria.- ' . 362 eed 5 Aoûur 187; 1875.18 juillet, sept personnes dans une embarcation qui allait sombrer, en tier ?revenant de l\u2019île Ste.Hélène.Ni ces brillants états de service ne suffisaient à la célébrité de notre sauveteur, nous pourrions ajouter, à la satisfaction des amateurs de courses nautiques, que Jos Vincent a été successivement vainqueur de quatre régattes données sur le St.Laurent, Porté sur les ailes de la renommée, son nom est évoqué aur les rives du Gange aussi bien que sur les borde de la Tamise et de la Clyde, où les officiers des divers régiments stationnés autrefois en Canada, l'ont rendu famillier à ces confrères indigènes.Les capitaines des navires de notre flotte trans-océanique le connaissent tous, car, une fois leurs navires expédiés en douane, c'est lui, d'ordinaire, qui les conduit à bord, et leur souhaite, le good trip de rigueur, Aussi quand nos pilotes, au printemps, s\u2019en vont chercher au milieu des glaces, les premiers steamers ou voiliers de la saison, après les questions d'usage, sur la route, la température, etc, les commandants n'oublient jamais de demander des nouvelles de Jos.Les Indiens de Caughnawaga qui l'ont vu, jeune garcon, descendre le fleuve avec eux et franchir les rapides, ne se gênent pas, à chaque acte de sauvetage du courageux canotier, de le réclamer pour un enfant «le leur tribu.Joë a beau protester et s'en défendre, son teint cuivré, ses cheveux noirs, la langue huronne qu'il baragouine, le condamnent, à accepter des ancétres trés-fiers de lui.Ce qui accrédita dans le village indien la fable de cette origine, c'est le saut du rapide de Lachine, que notre homme, en simple canot et pagayant lui même, fit faire, il y a cinq ans, à nos conseillers municipaux, à l'occasion de la visite à Montréal de l'ingénieur américain McAlphine.Ce jour là, Joë n'aurait eu qu'à dire un mot pour devenir chef.I ne le dit pas.Le désintéressement de Joë est d'ailleurs la doublure de s0 n courage, il ne demande et n'accepte jamais d'argent.I sauve les gens comme les plantes guérissent les blessures, par sa seule vertu.Joë Vincent considère la partie du fleuve qui coule devunt la ville comme son domaine.I habite une modeste maison presque assise au bord du fleuve, et des fenêtres de laquelle il peut suivre ce qui se passe.Durant l'hiver, mais en automne et au printemps surtout, armé d'une longue-vue, il explore du haut de son observatoire le cours et l'aspect du fleuve, et suit le mouvement des glaces, toujours prêt à secourir les personnes en péril.Il nous avouait que ces reconnaissances optiques font partie de sa vie, et que lorsqu'il aperçoit un homme en danger, il 5\u2019.lance avec I'instantanéité instinctive du Terreneuve.Pendant ls belle saison, Joë Vincent est dans sa petite maisonnette du quai Jacques-Cartier, surveillant avec un soin jaloux «a petite flottille d'embarcations, Parmi les objets qui décorent sa chambrette et dont il tire une légitime fierté, Joe Vincent nous à montré un magnitique couteau, une épingle en or, cadeaux du prince Arthur, el une photographie por- taut la griffe méme de Son Altesse.Un a souvent promis & Joé de lui faire obtenir une des médailles que distribue chaque année la Royal Humane Society, de Londres, Cette distinction accordée à Joë n'aurait assurément point l'air d\u2019une faveur, Il l'a certes bien gagnée.Mais, en attendant, notre ministre do ls marine, qui donne des chronométres en or 4 des capitaines au long cours, ne pourrait-il trouver une petite médaille honoritique, fat-elle d'argent, pour ce sauveteur, simple cano- Y aurait-il par basard une ditférence entre deux sauveteurs, et le dévouement dans l'eau salée aurait-il plus de prix que dans l\u2019eau douce ?En ce cas même, l'avantage ne resterait pas au marin, car en mer un homme pèse moins qu\u2019en rivière.Donc, Joë Vincent mérite\u2026.n'est- ce pas ?C\u2019est aussi l'opinion de tout le monde.A.ACHINTRE.ECHOS DE PARTOUT Sur deux cent vingt-deux ponte «étruite pendant la guerro, en France, deux cont quatorze sont aujourd'hui recoustruits.Le petit fils de Pombal, le plus terrible persécuteur des jésuites portugais au dix-huitièmo siècle, vient d'entrer au noviciat de ces l'ères à Poyanue, France.Ue jeune bomme a pris l'habit religieux de St.Ignace le jour de la fête du Sacré-Cœur.amis s\u2019en mêlent, les parents s'interposent.On calcule la dépense probable avec les ressources qui sont souvent problématiques.Cela demande du temps ol de la patience.Le temps fait rarement défaut, mais la patience est souvent moins commune.Cependant, les choses finissent par s'arranger.On fers un petit voyage bien mo deste et on n'emportera presque rien: une malle de grandeur ordinaire, quelques légers paquets qu'on peut porter à ls main, et un petit panier de provisions pour les cas imprévus.Il n'y a pas moyen d'être plus raisonnable.Tout le monde est d'accord et le départ est fixé à la huitaine.Sur ces bonnes résolutions, on passe une nuit admirable et l'on s'éveille en rêvant d'un voyage où l'on n'avait pour tout bagage que son parapluie et son porte-cigares.Le matin, les préparatifs commencent, On tire du grenier, non pas ls plus petite malle, ni le plus grande, mais une malle moyenne, un juste milieu.Les tiroirs En 1874, 2,174 navires ont été signalés comme |crdus, parmi lesquels 175 steamers, Sur ce nombre, l\u2019Augleterre compte 890 voi- ; liere; la France, 222; les Etats-Unis, 160; l'Allemagne, 154 ; la Norvége, 133.On ne connait pas encore la répartition entre les différentes nations maritimes des 175 vapeurs ; perdus, \\ ni t \u2018 CAUSERIE DE QUÊBEC L'homme est un voyageur aur la terre: cela est prouvé surabonlamment par le désir qu'ont les hommes de se transporter d\u2019un endroit dans un autre.Partir, revenir; repartir pour revenir encore, c'est, pour cerlaines personnes, une envie semblable à celle qu'éprouvent les malades de se retourner sans cesse dans leur lit ou de changer de chambre, Et celu se comprend.La vue constante du même paysage, si beau qu'il soit, finit toujours par lasser.Les gens qui demeurent près des chutes du Niagara ne comprennent rien à l'extase des étrangers en présence de ce spectacle à la fois sublime et terrible.Et nous- mêmes, habitants de la vieille capitale, nous en sommes venus à contempler presque sane émotion le panorama superbe que l'œil embrasse du haut de nos remparts.Cette courbe gigantesque formée par les montagnes du nord, l'ile d'Orléans et les sommets escarpés de Lévis, cet horizon magnifique qui encadre notre bassin, nous oublions souvent de l'admirer, tant ses beautés nous sont devenues familières, tant nos yeux se sont accoutumés à ce spectacle journalier.Nous voulons changer le point de vue ; nous voulons regarder d'autres paysages qui, souvent moins beaux, nous plairont néanmoins davantage à cause de leur nouveauté.Changer de scène, changer d'occupation, changer d'air, c'est là ce qui préoccupe la plupart des hommes, Ils sont changeants : c'est le seul mot qui se trouve au bout de ma plume, peut-être parce que c'est le plus vrai.Au reste, je ne prétends chicaner personne sur ce sujet; chacun est libre de faire comme il lui plaît, et puisque nous avons le goût de voyager, voya- deons.Ce n\u2019est pas à cels que je m'\u2019oppose.Ce qui me déplait souverainement, c'est la manière dont nous accomplissons cet acte ai simple et si facile.Quand il s\u2019agit de partir, on en parle deux mois à l'avance.Emporterons-nous ceci, laisserons-nous cela?Prendrons-nous le bateau ou le chemin de fer?La bonne gardern-t-elle la maison, ou \"iendra-teile pour soigner le bébé ?Ce sont autant de graves nuestions qui s'agiter.t qui se discutent, qui se commentent.I! y a du pour et du contre.Les s'ouvrent, les plueards tmillent et le choix commence.Au bout de cing minutes, la malle est comble.{1 faut pourtant que j'emparte encore cette robe, dit Madame ; si j'étais invitée quelque part, je n'aurais pas de toilette convenable.Et puis encore ce chile ; les soirées sont fraiches, à la campagne.Ah! j'allais oublier quelques paires de bas de laine, l'humidité aux pieds est si dangereuse ! \u2014Tiens, dit Monsieur, nous ne pensions pas à mes grandes bottes, pour ls chasse et la pêche ; mets donc encore ce pantalon et cette blouse, c'est indispeusable pour le gros temps et çw ne prend guère de place.\u2014Et cette polonaise ui va si bien avec mu robe bleue.\u2014Et ma veste à manches.\u2014Ma doublo jupe rayée.\u2014 Mon pantalon à carreaux.\u2014 Ma robe de serge.\u2014Mon costume en flanelle.\u2014Mon négligé rouge.\u2014 Ma robe de chambre ouatée.\u2014Ves grosses bottines, \u2014Ces souliers ferrés.\u2014Mes inouchoirs.\u2014Mes cravaties.Cela marche, marche.On tasse, on empile ; mais la malle refuse de fermer.\u2014Après tout, dit Madame, si nous pre nions la plus grande ; cels ne pèse guère plus et l'on est moins gêne.On prend la grande malle.Mais quand on a pris celle là, toutes les autres descendent à la suite.C'est comme un général qui se rend: tout le menu fretin em- boite le pas derrière lui.Sans qu'on sans aperçoive, les malles s'ac- .cumulent, s'amoncellent, et, le jour du ! départ arrivé, le vestibule est encombré comme au jour du déménagement.A la porte, les rouliers se diputent avec les cochers ; les roues crottées du osmion ternissent de leur contact le vernis des voitures de places; In rue est pleine, la circulation est arrêtée.Quand on arrive à la gare c'est bien autre chose.Il faut prendre les billets, faire chèquer les mulles, porter les paquets, donner la mnin aux enfants, et installer son monde dans les wagons.Pour tout cela on n cinq minutes, sans compter les coups de coudes et les poussées violentes des autres voyageurs.Enfin, tout est en ordre; la machine siffle, s'ébranle et part.On commence à respirer, lorsqu'on s'aperçoit qu'on a oublié le caniche ou les deux parapluies.Cela jette un malaise sur tout le voyage.On y pense encore quand Ia voix du conducteur vient avertir qu'on est arrivé.Tout le travail rocommence.Un se tire du wagon comme On peut, en oubliant toujours quelqu'un ou quelque chose L'embarra des voitures renait, cap I gare est toujours éloignée du village; cel, est fait tout exprès pour vexer la Publie voyageur.On souffle et on a chaud .mais à la fin on arrive à destination.C'est alors qu\u2019il faut défaire les malies Pour que le linge ne soit pas trop frippé.Ce touvait dure encore quelques jours, et puis on ve.pire.C'est richement gigué.Dans trois semnines, il faudm revenir er recommencer tout ce tapago, avec, en Plus, plusieurs paquets de curiosilés indiennes, des boutures de diverses espècos de ro siers et même des plants d'arbres avec Ly terre au pied.Un en a asses, on en u prr-dessus Jo.épaules.\u2014L'année prochaine, dites-vous, nous ne bougerons pus de la mnison.Promesse d'ivrogne.L'année prochaine, vous voyagerez en core ; seulement, vous aurez, en toute cer titude, une ou deux malles de plus, NaroLÉos Lesrson \u2014__ \u2014\u2014-§ \u2014 PERSONNEL Le cardinal Mathieu, archevägue te Deur- con, est mot.Il était né à Paris, [24 janvier 1796.Il avait douc 78 ans.Le vicomte Edouard de Honnière de Bean.mont Vasay, publiciste français, «st muet M, Athanase Josué Coguierel, ministre pros testant de Paris, un des homines déstincués du protestantisme fra\u2018-çais, vient de wonrit.I repréeentait Un des di tricts électoraux d Paris à l'Assemblée Nationale.Les élections des officiers de la So tétést Jean-Baptiste de Fond du Lac, stich, out donné le résultat suivant, savoir : M.N.Lamuuche, Président, \u201c EK.J.Ebert, Vico + « BE.'I.Pingair, Scc.-Arch.# IL, Venne, Asst.\u201c\u2018 «A, Gilbert, Trésoricr, « D, Sicard, Collecteur.« N.Branchau, Sec.-l'orr, « U, Roberges, Maréchal.Par ordre, E.T.Praise Les élections des officiers «de la Société st.Jean-Baptiste pationale de l'roy out eu Diet lv 7 juillet 1875, et les MM.donut les nots rui- vent ont été nomuiés aux chaiges ci-ajres pour l'anués courante : ; Rév.Messire George Browne, Chap-laiu.M.Timothé Chevalivr, Président.« Jérémie Légaré, Lor Vice \u201c « Joseph M.Bpénard, 2d ¢ « « Hilaire DeGrenier, Sec.-Arch.# Louis Chatel, Aset.+ © « Léon (Guay, Bee Corr, # Francls Lacroix.T'résoricr.« Pierre Gosselin, See, * « Xav, Julien, Ans, # + « Clément Gervais, Comm, Ord.« George Charpentier, Ass.-Com.-Urid.A la séance régulière de Ia * Société de Secours Mutuels et de Bicufsisance Lafayette de Détroit,\" Mich., tenue le 8 juillet 1373 «n In Salle Lafayette, les officiers suivants ont été nommés, savoir : P.J.D.Vau Dyke, Président.F.X.DeMay, Vice \u201c Jos.Bélanger, 5e c.-Arch.Alesander Picurd, Jr , Sec.-Corr.Charles Longtin, \u2018Trésorier.Jos.Picard, Commissaire Ordonnateur, K.N.Lacroix, ler Directeur, Greg.Henin, 2ème \u201c Chas.Hosana, 3ème \u201c Pierre Dupont, 4ème \u201c Sa Grâce l'archevéque Tuché, de St.Bout face, vient de recevoir l'iuvitation de se con \" à Dublin, Irlande, vers lc mitien d'avët, po u assister à une démonstration qui sv sers el l'honneur d'O'Connell.\u201cpo.Une dépêche annonce la mort de\u201c.de Late, éct,, l'un dus citoyens les plus remarquables de Jolivtte ea méme temps l'un de ses fondateurs.\" q rita.M.Thom, qui vient d'abandonnee la ! pie (lon du Chromite du Québec, passe au Spar dde \"a Jordan remplace M.l'hom au Chroutcle. -\u2014 | $ Aour 1875 LE CHANT DES OISEAUX | desoiscaux possède plusieurs avan- oa or clle den qusdrupèdes ot colle des olsen sation lai promet une tout autre S08 ses ailes lui donnent en ajanage Jaines du cel, susst bien que celles de la Ini Le mystérieux instinct de ls reproduc- ee changements alternatifs des saisons, er usant d'une contrée à une autre, de o Foor vers le pole, et vice versd, lui as- req nt une existenco vailée, mobile, aérienne, eu adante, scci lentée et mieux remplie.le gigantesque rétacé wenfonce \u20ac son triste nourrisson, sous les ave miencleux que lo serpent rampe en sif- jsces australes, tant, que le lion remplit ce ses rugiasements | ls afireurcs solitude+ de l'Afrique, l'allègre alovette, ls xloire de la France, bercée sur un mayon de l'aurore, immobils aux portes du ciel, laissera descendre, Aux mortels ravis, ss di- rine cansonette ; le Rossignol d'Italie, le roi do chant, compters, en soupirant, ses peines sux échos de 18 nuit ; le Moqueur de Virginie, artiste incomparable, éblouirs son auditoire y ses morveilleux talents d'imitation.Parmi les êtres créés, que leu rôles sont différents ! Les espèces chantantes sont donc des créa- tares privilégiées.Elles ont, en partage, quelques étincelles de plus, du feu d\u2019ea haot : pe sont les poctes du monde ailé.Suaves me- sestrels, mesasierd du printemps, nos constants amis, nous VOUS raluons | Les Romains faissient grand cas de ce don dela mélodie chez les ols aux, Le rossignol banc de l'impératrice Agrippine avait coûté £000 sester es (15,000 fe.) ; \u2018* ce prix exorbitant, dit T-usscuel, ne serait encore que la moitié de ls valeur courante des bons rosai- mols su Japon.L-s historiens rapportent que Ia passion des rossignols était héréditaire dans le famille des Césars, et que Drusus et pritannicos, fl de Claude, possédaient plu- deur de cvs oiseaux qui savaient plusieurs langues et parlaient indifféremment le latin et legrec, Conrad Gessner à raconté sérieusement auei l'histoire de deux rossiguols de Ratis- bonne, qui avaleut l'habitude de répéter on allemand, la nuit surtout, sur ce qu\u2019ils avalent © entendu «dite autour d'eux durant le jour.J'ai prine à ælmettre qne tout soit vrai dans ces récit.\u201d Le Moqueur d'Amérique se vend quelquefois fort cher : cent plastres pour un bon chanteur vst Un prix assez commun.Quelques individus spécialement doués, ont été payés jusqu'à $za0, La dercription du Mosueur à fourni à Audu- lon une de ses erquisses rrnithologiques les plus animérs.Nous y reviendrons.Que de beaux traités ont vu le jour sur ce don du chant ches les oiseaux! Mace Gilyrsy, Sweet, Rennie, Montague, Bewick, Brodesip, en Angleterre, ont écrit d\u2019admirables dissertations sur le remage des Grives, des lerles, des Bouvreuils, des Chardon rets, des Alouetten de In Grande Bretagne.L'hon.Daines llarrington, esprit très-rérieux, dans lee Phiosophieat Transrctions pour l'année 1773, propose divers plans pour améliorer la voix de certains oiseaux, ca combinant avec leur har- touie propre, les notes d'autres espèces, rcte ued cn cage, dame lo voisiuage.Cette thèse, plus tard,\u2014en 1800,\u2014était traitée cn sens contraires par Herr Galnborg, un savant de Copenlisgue, On peut modifier le chant des oiseaux vn état de captivité ; mais vous avons hous-mèwe possédé dus serius 61 vès dans le roisinagr de Uoglus -\u2014doués de notes liquides, susves\u2014leur mélodie naturelle avait été visiblement améliorée.La modification de leur chant vat done admise, ais ce qui l\u2019est moins, v'est qu\u2019il soit possible ou désirable môme de perfectionner de la mème mmaière lus notes des viseaux tentés sauvages.\u201cLa méludie des ciseaux, dit Broderip, s'adresse Au « œur de tous, Qui nous dirs la cause première qui, à la saison des feuilles, communique aux buissons, aux rochers, aux ruisseaux, cr roix harmonicuses et enchanteresscs?Ona beaucoup di-serté sur ce mystère.L'exumen des, opinions émisce, aidé de notre expérience Personnelle, nous porterais à croire qu'à cutte lion, c'est l'amour et l'esprit da rivalité qui, thet les oiseaux, sont les deux principaux mo- Îles ; bleu que nous n\u2019alltons pas jusqu'à oler Qu'un oiseau ne puisse chanter de galté de cœur, en revoyaut dus lieux chris, le berceau Jai l'a vu naître, un doux pays abondant en sbsistances.Eo Angleterre, l'époque des Ymours est incoutestablement le signal do lamonic chez la gente emplumée.au The Isle is full of ple Sounds and sweet a! hat sive.ern Cette période du chant, on peut la limiter à - pommade pour la plupart de nos olecaux \u20ac oe Mais il n'y a pas de régle sans ex- > u, Nous avons souvenance d'une grive vege, d'un gosicr sans pareil, qui prolon- pi mélodie jusqu'à une époque avancée en ho pci et pourtant nous ne pûmes «écou- chant elle eut une compagne.Le fohin dans nos Jardine, en automne, long- par ét avoir couvé ; plusieurs oiseaux, en de ee ä on ena bien soin, chsuteront la ations) lopartie de l'année :\u2014( Zoological Re- fd oiseaux ont un | commun pour se bem a QUO leurs désirs, loure craintes, leurs Chez eux, la joie, l\u2019amorr auront leurs accents, aussi bien que la tristesse, le courroux, Veffroi.C\u2019est en imitant ces divera cris que le perfide oiscleur trouve le secret de lea faire tomber dans us embuch s meurtrières.À Quelques excuptions près, le don de l'harmonie est réservé aux mâles : dans une cage où il y aura cent serins mâles, la femelle la plus vive, la mieux douée, 8 choisira pour époux l'artiste le plua accompli, celui dont le ramage lui va le plus aucœur, Dans l\u2019éducation musicale des gerins, der chardonnerets, des bonvreuile, des merles, on emploie d'ordinaire un instrument quo l'on nomme serinetis.L'air se répète, aux mômes heures.avant où après le revus, et le captif d'entend jamais d'autre musique: la voix de ses semblables Ini ent interdites; on commence Ja leçon dès qu'il est sorti du nid.Quant aux perroquets, aux corbeaux, AUX Corneilles, etc, On #s contente de luur apprendre à alfiler où à imiter la voix humaine, Certains oiseaux sauvages chanteront pendant le j ur; quelques-uns, en petit nombre, chanteront la nuit.La majority attend le lever où le cou- ch-r du soletl pour faire «a partie d'orchestre.D'après Syme, le chant dus oiseaux se divise en pix partics : lo.L'appel du mile au priatemps ; 20.La note de «éti ; 30.La douce, mélodieuse et tendre cantate de l'amant ; 40.Le faible cri -le la peur, quand le dunger monace le nid ; 50, Le cri d'alarme, provocateur, quand l'oiseau de proie se montre ; 6v.La note du pêru et de la mère, pour communiquer avec leurs petits; le cri de ces derniers.À quoi il faut ajouter, le gazouiile- ment familier du mâle quand if donne à manger à la femelle sur le nid.L'hon.Daines Barrington remarque : | (Jue certains passages de In voix dus viseaux cor- ru-pondent avec lus iutervallis de la gamm- musicale, mais que la plas grade partie de cette chanson n\u2019ust pas susceptible do notation, parce que, premièrement, la rupi lité des sons cst souvent si grande, si capricieu \u2014_ \u2014 Ÿ TP HW ATE as Lng Sm Ane nas os ex as pre zr \u2018rr 2 vi Gita | pore & Y Shed re Jit k fi 2 Au 3 APS pes.| TE pT, Cre.\u201cERNE of a ut i ] hil tlt pce ll i \u2014 \u2014 gti] i f LA oa = I, ih Hon 2 Sal i i % px ly, # ill id fl ol I hy Hs | NHR A i i i ol i fh of : id fi il ill A 0s il j j il | [i fl fn | So, i i li bi i fl?iu 1 je i eu I Li ils 6.W il de 4 | [ putes Hi | J ih | A i il i Ii JL iH i Ye i 2 $5 it Un 1,77 nl Ti E74 AP Es d = oi M A4 mes Sat fi iy i FL 2 WA Là i: Ï I \u201cA EX i & ra 0 Gr pe CS 7 To od Le ] at \u20ac A i RS Fr A du forse 4 Ms 242 Li Ith (a it ly i\" A bi 4 aimant # Mh .Ù ad, 19 i it fix EY AT I = =r S LS 2.Fe) M 4 di 4 ra £a % + 4 A (rr 7 2 AS jé ® AL (a Es él + 14 Th 1% = YW, £ A ÿ Wi fa de Lele, LEFT h (pil Ÿ 4 45 di Li Wik mY Ç 3 A 5 = A == ka jh +s \u2014 \u201cAIN 2 pa À = i IP + \u2014- gps ; kms, pe aie: br =.A VA a fi ed fT oN Lil AL pe) | i = x j 2e oa 2 bye N 4 ee Û a = A « 10 \u201ca Lu 3 ST LC Mi at Ter yO + as ges % if | 4 4 Al * ha } ; À, CE RE os: PA ® 7 /.\u2014 rs o g Nt Ex eu = = 5 2 vy A rr os 00 665 GE A ; ; ES 20.Ww po Fi A, na 2 2 hl \u201ca 71 W 7, 4 Rr) Ld A ft N 173 12 px des J H 3) ; = Vos OS Fes i > J \u201c4 13 Hit 2 $s | Zs, 54 fa A yy a i a 7 A irs, oq i ci 2 a SA | 4 ame et Rr {J \" ores, A se # h y cw a Zo 2 Ds A # Km A 3 > es = = vy Gf] PR SEN \u201ca, es rd yi: 25 15 Pa #40 © i 7 Te zi bl 4 pe 2 A #3) | PES qe 7 a = +H A ÿ BE i, g £ Ef 70 wv dl ee 0 ery j PB pa ps Er ee 367 NOILLYANONET SSUJV \u2018ISAOTAOL V AAGANATIA HAN VI \u2014 ns \u2014 Te [ge \u2014\u2014\u2014 \u2014 = Ye Ar, == \u2014 == Terme = Ge = Tes TEE = # \u2014 om =3 nN = = = = morats vy so A 53 ~~ x = nt ar i= fas = eam > = a, sn ET \\ > \u201c> Sa TREES mm CE Ae Teuf re\u2019 » = = ae \u2014= =F il & Z WW | = = + \u201c+ me a or ny ~e vs =: = Sd 52 ES po A ?- pass Ey Rl Eta = = y = _ rag peor Tov Zam = Cam af Te rn or qe ¥ =.wey af n° Sy J x 4 \u201coy © ! = « IR we! / #, ot Sr 6 «= 4 7, sm pe \u2018 == gts I Se J a Ju PUBLIQUE - id i IP Wo.= \u201cEN / SA - < 3 À I Pi È Ee _\u2014 > SNS CS + © > 5 5 \u2014 CZ me 4 3 yt x Ge = SAS i sx Te a ens, is a os > av ee rn x A Yi LS 5 vue 2 \\ \u201cx prvi bo \u201cae 4 CE - au oA x x : \"i Sei rw dls pa] \"2 L\u2019OPINION Ca = \"Dé ~ a on hx ay Te .ve 3 eu, es ca, = a X =.{pg is EE gs, = 2 se v3 SERA ON ° Ten, ad Lu\u201d AR + = an AY + a A vr hu Same F4 NN dr 4 8 \u201c Da = a 74 i 2 J lk SR v2 a # tk\" = Ady 2 i 2224 ; 3 IE 4 Nn J = £2 2 I z= ae Ti - pa 72: Zp iv a.+ Pe we Pe = Tony 25 +.APS or LE A 2 East x a LR, =4-3 net v 2 2 HE A ST Cx ris oe Pr en 13 rove me ve [Ely ps \u201cCw 4 = = Cf sé > 2 + LT SAE LA 84 a FIR PE AE < = 2 ® ie 5 Ce x 220 =a ERE at 2 = * # \u20ac od wt Far \u2014 HS +; 5 a FX.omy oR à \u2014 eee me mn = 368 Hu i SY rte \u201c4 = A, £5 v ve CY ; 3 « A ce A: 4) i K 4] = vi Û Ge i x = 2 La 0 4 ii Te.+ \\ 5 y 2 L'OPINION er .3 | x 74 oD re F7 ee i PB g i & = x} LA SAISON DES FRAISES = 3 = 0 PUBLIQUE wil = PR ir re an à a ; M A > s $ + NR RJ TH su 6 Aour 1875 renomme mme vanessa = vestatre $ Aour 1875 L'OPINION PUBLIQUEs69 en = LES ANCIENS CANTIQUES fl existe un recueil de cantiques fort singulier, généralement appelé dans les campagnes canadiennes, les Cantiques de Marseille L'exemplaire que j'ai sous les yeux a été imprimé à Québec en 1776, chez Fleury Mesplet et Charles Berger.Au dire des bibliophiles, c'est l'un des premiers livres qui soit sorti d'une imprimerie canadienne.L'éditeur, M.Mesplet, le dédie aux âmes devotes, et il demande pour fruit de son travail « de pouvoir participer un jour au bonheur qui les attend et qui leur est légitimement dû.» L'édition marseillaise reproduit une es pèce d'avis au lecteur où l'auteur dit: «Je ne me pique pas du raffinement de ls poésie, j'ai cherché seulement la netteté et |: facilité ; et 8'1l y a quelques défauts contre In langue ; tu les répareras par les dispositions du cœur, ayant bien plus visé àte toucher et à l'élever à Dieu, qu'à te phire et à t'éblouir.» Mais arrivons aux cantiques.Ilyena de toutes les sortes et sur tous les sujets.Naguère encore un grand nombre de personnes chuntaient pluseurs de ces cantiques, eutr'autres ceux sur St.Alexis, Geneviève de Braband, Joseph, Le mauvais Kiche, St.Eustache et Ste.Théotiste.Un en chuntait même dans les églises.Le cantique aur la mauvais riche et Lagire commence ainsi : Venes ouir avev oraiote, Lu coipplainte L'un richard infortuné : N'uyant aimé que ju pompe Qui vous trompe, Pur sa faute il s\u2019est damné.Le couplet qui va suivre est sur Saint Dorothée, anachorète : Un uffre une bourse à cet homo, Avec cing cent éous dedans, Mais lui.rendant soudain ls somme, Ne s\u2018en réserve que neuf francs.Que lus Dorothée sont rares.Personne ne dit: c\u2019est ass Qu ue voit que des cœurs avares, Qui veulent se uurrir d'eveds, Le patrisrche Joseph, pour obéir à Jacob son père, va trouver ses frères.Un passant l\u2019apostrophe par les vers singuliers qui suivent : Mou aini, tu ne vois gouts, Dans ts route, Tous tua p.18 sont écartés : Je cening furt que quelque béto Ne t'arrête Au muilieu de oes forêts, Et plus lein le messager qui vient annoncer à Jacob la mort de Joseph lui dit : Connai-sez-vous cette voste ?C'est un reste Que j'ai depuis pou de temps ; Un gros lévpard sauvage, Plein de rage, Prit Juseph entre ses dents.Certes ces cantiques n'ont point été faits par Racine, ni J.B.Rousseau.Ils sont rocailleux, d'une naiveté désespérante et d'un lyrisme fort douteux.Et pourtant des populations entières les ont chantés, les ont sus par cœur.Je les ai entendu fredonner par des gens qui ne savaient pas lire, le soir, au coin du feu, Près de l'âtre pétillant.Pourrait-on en dire autant des chœurs sublimes d'Esther et d'Athalie ?Ce qu'on appelle la langue française, lu langue de lu cour et des courtisans ; celle qu \u2018ont faite les académiciens ne sera jamais prague, ne sera jamais chantante ni chan- ex Wy à que le peuple\u2014les paysans tome disait un juge de la cour supérieure i siche chanter ses gaietés ou ses ristessen, sa joie ou ses chagrina.Pen brouk est passé & la postérité par un tra n'est ni rimé, ni mesuré, ni même is, du moins tel qu'on l'entend dans les écoles, a Béranger s'oublig vite; nos poètes cans- diens sont méconnus ou inconnus, nul ne les chante.' Mais tout le monde snit par cœur À LA OLAIRR FONTAINE.Pour être chanté, le Poète doit se faire peuple.C'est à ce titre qu'on chante et qu\u2019on chantera toujours, Viva La CANADIENNE, de Bédard et Un CaxaviEx ErraNt, de Gérin Lajoie.J'AI VU MES TRISTES JOUENÉES de Rousseau est un magnifique cantique, mais il y a dans ce chant quelque chose de guindé, quelque chose qui ne se chante point, beaucoup de ce qui fait oublier vite.Pour moi, que Dieu mé le pardonne, j'aime mieux QuaND MARIE ANNE s'EN VA-T- AU MouuiN, ou C'%8T La BELLE FraNGOIsE, ALLONS GAY, Après tout, ce qui se grave éternellement dans la mémoire, qu\u2019on apprend sans s\u2019en apercevoir, que le vieillard chante comme la jeune fillette, est le chant véritable, c'est le lirique et le mélodieux.Telles sont les réflexions que je faisais en relisant les cantiques de Marseille: Ils sont baroques, barbares et pauvres de rythme, et pourtant plus de gens les ont chantés que les plus beaux morceaux des plus célèbres poëtes lyriques français.Beau sujet de méditation pour un philosophe.Hélas ! tout et vanité dans ce bas monde, excepté d\u2019avoir un parapluie quand il pleut.Mais le sort capricieux compense : ut.On ne chante pas Racine, mais on sait son nom, tandis que l'on chante sur tous les tons A LA CLAIRE FONTAINE, sans savoir le nom de l'auteur.C, L£v L'Assomption, 24 juillet 1875.NE.SCIENCE POPULAIRE Les inondattons.\u2014Comment elles ne peuvent nous surprendre dans le bassin de la Seine \u2014Causes spéciales de la rapidité de celles de Mi a météorologie et Jes observations.\u2014Service d'a- Yertissement à créer.\u2014L'uhserratoire du pie du Mids.\u2014Faute d'en fil télégraphique ! Le fléau des inondations est un de ceux qui par leur violence et leur rapidité, par l\u2019étendue et l'horreur des désastres qu'ils laissent après eux, ont de tout temps été les plus redoutés des pays civilisés.Comme ceux des tremblements de terre ct des incendivs, il surprend les populations au milieu de leur travail ou de lear sommeil, et en quelques jours, souvent même en quelques heures, des agglomérations florissantes, des vallées où le travail humain avait accumulé les plus riches produits pendant plusi ure générations, sout transformées en monceaux de ruines, couvertes de boue et parsemées de cadavres.Ce fléau est-il vraiment de l'ordre de ceux qui doivent nécessairement nous surprendre ?Ne pourrait-il pat être prévu ?Ses ravages ne pourraient-ils pas être, sinon conjurés, au moins atténués?Lea vies humaines, au moins, ne pourraiont-elles pas, avec ce qu'il y a de facilement transportable dans les richesses hu- maînes, être mises à l'abri?Une inondation est-t-elle donc un phénom'ne tellement accidentel et tellement rapide qu'fi ne puisse être prévu, calculé mime, ct snnoncé & temps, sur tout son parcours, sujourd\u2019hui que nous avons le télégraphe, autrement rapide que le plus fougneux cours d\u2019eau ?En présenre du malbeurs aussi épouvantables que ceux auxquels uous assistons, le premier devoir est certainement, avant tout, de porter promptement tous les secours, tous les adoucissements possibles, mair c'est an devoir non moins urgent de se demander oil n'y a point de remèdes préventifs pour de pareilles catastrophes, et s\u2019il y en a, de lea signaler et de faire chagun son possible pour les faire entrer dans la vole de l'exécution.Tt eat évid-nt, pour tout homme qui veut réfléchir, qu\u2019une inondation est un phénomène physique très-implo, l\u2019effet de l\u2019écoul-mant sur un sol de forme et de natures connues, d'une quantiié d'eau déterminée et mesurable.11 n\u2019y a rien, dans le calcul préalable des effets de l'écoulement d'une marae d'eau donnée, qui dépasse l'intelligence du premier venu de nos Ingénieurs, ni les moyens matériels d'uns organisation comme cells de nos servicus admi- nletratife français.La meilleure preuve qu'on en puisse donner, c'est que le problème est aujourd'hui complètement résolu pour Is vallée de la Seine, grâce aux étides, aux travaux, à l'initiative et à la persévérance de M.Bol- grand.Aujourl'hui, le niveau de la Seine, sous les ponts de Paris et de toutes les villes riveraines, est annoncé an ou deux jours d' vance par M.Belgrand à quelques centimètres pris ot tous les intéressés peuvent preudre à avance les mesures necessaires.La moindre pluie qui tombe dans les hautes vallées des affluents de la Seine est mesurée au pluviomètre ; l'effet absorbant du sol, de In végétation, de l\u2019évaporation a été étudié en chaque saison per de nombreuses expériences comparatives : la vitesse de descente pour chaque valeur de ls crue de chaque affiuent à êté observée et mesurée ; 11 suffit que les chiffres jourualiers solent envoyés à Parls par les agents du service, pour qu\u2019une simple addition dos résultats partiels fournisse sur le niveau des eaux, pendant les jours suivants, tous les renseignements désirables.Il est vrai que ls Seine a la grande majorité de son bassin sur des terrains perméables, dont la propriété absorbante empêche les crues de devenir violentes, et que le bassin latéral de l'Yonne seul se trouve un peu dans les conditions de forte pente et d'imperméabilité de terrain qui caractérise tous les affluents pyrénéens de ls Garonne et de l\u2019Adour, Pour qu\u2019une inondation soit à la fois subite et désastreuse comme celle qui vient de rava- er les vallées de nos Pyrénées centrales, il faut le conconrs de trois circonstances qui se rencontrent, Dieu merci, asses rarement : une masse d\u2019eau exceptionnelle rendue subitement libre de s\u2019écouler, la nature imperméable du eol de tout un bsssia hydrographique, enfin l\u2019absence presque comolète de réservoirs, lacs, tourbières, gazons et forêts protoctrices dans un massif A pentes montagneuses.Cette dernière condition a une importance trop souvent oubliée ou méconnue, L'inclinaison régulière et le simplicité de structure de la chaîne a empêché dans les Pyrénées la forination des grands lacs, ces modérateurs des cours d'eau, qui mettent tout excès en réserve et régularisent le cours inférieur des fleuves, Mais il faut savoir que la végétation, quand «lle est puissante et étendne, peut éponger, retenir, mettre en réserve une masse d'eau tout à fait comparable à celle q''immobilisent les lacs.Un gazon épais, Svec le sol meuble qui le porte, peut retenir sur une pente une masse d'eau représentant plusieurs décimètres d'épaisseur : l'eau gui impregne l'épaisseur souvent «norme d'une tourbière peut s'élever aux cinq sixièmes du poids total: les grandes forêts, qui sont les causes premières, les adjuvante, les soutions du soi végétal, ont ce double résultat, non-ceulement qu'elles constituent aussi, en absorbant et «ctenant l'eau, un réservoir spongieux, mais encore qu\u2019elles influent sur le régime des pluies, dont elles rendent le retour plus fréqiente et moins violent, en déchargeaut lentement l'électricité des nuages «t enlevant aux averses la soudaineté et le caractère orazeux.C'est le déboisement des montagnes qui est à cet égard la principale cause de la violence des inondations, et les Pyrénées ont subi jusqu\u2019en ces derniers temps des dévastations 1n- senséer, dont le désastre actuel est un des contre.coups.Il faut dire toutefois qu\u2019une rencontre assez extraordinaire de circonstances aggravantes w'est produite dans cette dernière inondation, pour la rendre plus terrible qu'on n'eût jamais pu e\u2019y attendre.L'entassement anormal de nuées qui s\u2019est accumillé autour du massif des Pyrénées centrales ec trouva: 1 au début à une température moyenne un peu inférieure Acelle de la gin e, 8 déposé d'abord son eau sous forme d'une nuigée excessivement abondante, qui, en une trentaine d'heures, s'est élevés à une épaisseur de plus de 89 centimètres.Puis, ous l'influence d\u2019un vent chaud et humide du sud- ouest, la termpérature s\u2019est élevée rapidement, les nuages ont pris la nature orageuse, et au lieu de neige, ont fourni une pluie diluvienne assez chaude pour fundre rapidement la neige déjà tombés, et ajouter le produit de cette brusque fusion à une quantité d'eau déjà suf- fisaute pour produire à elle scule unu crue énorme.La somme des masses d'eau dues à ces deux causes à dépassé tout ce que pouvalt faire craindre l'expérience antérieure, et augmenté le désastre de toutes les aggravailo.:s que peuvent causer la surprise et l'Imprévoyauce.Nous voici ramenés à la terrible question qu'on ue peut s'empêcher de poser en face des milliers de victimes humaines qui ont perdu la vie dans ce désastre : au milieu d\u2019une société civilisée comme la nôtre, où les applications des sciences sont des faits journa'iers, communs, usuels, tenant unc place importante dans tous les services publics, comment se fait-il qu'en matière aussi grave ll puisse encore y avoir imprévoyance et surprise ?Comment pouvons-nous en être encore à éprouver d aussi épouvantables conséquences d\u2019au fait physique si simple, celui de l'écoulement, sur ua sol de forme connue, d'une masse d'ua:1 fu.cilement mesurable, dont on peut, grâce au tolégraphe, Sünoucer le passage dix où vingt heures d'avance ?Nous dépensons, malgré notre misère, bien des millions à des services publics dont l\u2019ur- gouce est discutable, tandis qu\u2019il ne faudrait que quelques centaines de mille france pour donuer à tous nos bassins hydrographiques les renseignements continus qu\u2019ubtient M, Bel- grand pour le bassin de la Scine.Il faudrait moins encore pour organiser dans toutes nos hautes vallées tn service d'avertissement des crues analogue à celui des avertissements des tempêtes dats nos porta Nous croyons qu\u2019il serait digne de Is Chambre actuelle de donner cette satisfaction à l'opinion publique en ce moment, Il y à certes du temps à attendre avant que nous n'ayons terminé l'aménagement rationnel de tous nos cours d\u2019eau en vue de faire prof- ter l\u2019industrie et l'agriculture d'ane quantité suffisante de force motrice et d'irrigation, tout en portant remède aux éventualités d\u2019irréguis- rité dont une longue étude apprendra Is valeur possible et le degré de danger.Mais on peut dès maintenant, en supportant les dorsmages matériels inévitables, les atténuer on lea prévoyant, et surtout organieer les précautions pour sauver les vies humaines en môme temps que les richesses facilement transportables.La meilleure preuve de la possibilité de ces précautions, c'est qu'elles ont pu être prises dans une des vallées nondées, la haute vallée de l'Adour, ou vallée de Campan, grâce à on établissement dû à l'initiative privée, l\u2019observatoire du pic du Midi de Bigorre, et au courageux dévouement ds deux bommes qui e'y sont voués volontairement à la rude vie d'observateurs.M.le général de Nansouty et son aide, M.Baylac, dont nous avons raconté ici ia péril leuse descente au milieu de l'hiver dernier, étaientre montés à leur poste d'honneur le 31 mat dernier, avaient réparé les dommages causés par lvs neiges et les tempêtes, rélnstallé les appareils et repris les observations.A In vue de l'épaisseur et de la mollesse de la neige torabé le 21, du changement de température et de direction des nuées orageuses, e général comprit qu'une fonte subite des neiges et une irruption épouvantable des eaux dans la vallée étaient lmminentes.Comme, faute de fonds suffisants, aucun fil télégraphique n\u2019s encore été établi entre l'Observatoire et la vallée, il à fallu que M.Baylac, laissant seul, pour quarante-huit heures, son vieux président dans le pauvre bâtimentde la montagne, descendit au milieu de la tempête, par 80 centimètres de n.ige molle, jusqu\u2019au fond de in vallée, renouvelant les prodiges de puissance musculaire et de couragutise sags- cité qui avaient signalé la périlleuse descente de cet hiver.Les renecignements étant parvenus à M.le maire de Campan quelques heures avant l'irruption des vaux, on à pu préserver complètement les vics des habitauts de toute ls vallée et mettre en sûrvté les bestiaux avec les oljets mobiliers les plus transportables.81 l'Observatoire eût été organisé d'une manière plus sérieuse et plus digne d'un grand pays, s'il eût été seulement mvni, moyen- pant quelques milliers de france, v'une communication télégraphique avec la vallée et là station lu plus voisiue, l'avertissement eût eu lieu dix on douze beures plus tôt, Bignères et Tarbes, prévenues à temps, et peut-être, par contre-coup, Montauban et Toulouse eussent peut-être sauvé bien des millions de valeurs aujourd\u2019hui perdues, et peut-être susel, ce qui «st antrement irréparable, des centaines de vis humaines, de ces pauvres victimes surprises par le fléau.Que cette terrible leçon soit au moins un avertissem:nt salutaire pour nous tous.Comprenons enfin que dans l'état actuel de la France il y à des économies gui nous sont interdites, et que le pire des fléaux, celui qui engendre ot aggrave les fliaux matériels, c\u2019est le fläau moral du l'ignorance et de l\u2019insouciance.Arezar Dreatosn.\u2014-e- LA CHÈVRE Il n'est personne parmi nos lecteurs qui ne connaisse ls chèvre.Muis tous ne savent pas les services que cet animal peut rendre.Un nomme, à juste titre, la chèvre, la vache du pauvre.C'est que, en eflet, elle donne aux malheureux du lait, du beurre, moins bon que le beurre du lait de vache, mais un délicieux fromage.C'est aussi In vache des sols stériles, des mon- tignes escarpées.La chèvre vit où nos autres animaux dumestiques ne pourraient pas vivre.Dieu a voulu «donuer des auxiliaires à l'homme prtout.Luchèvre offre diverses variétés.La taille, la couleur, la plus ou moins grande tinesse du poil, l'axistence ou l'absence de cornes établissent ces différences.La chèvre fournit du poil pour les grosses étoifes d'une admirable solidité, et du duvet pour les étotfes les plus fines et les plus souples, réservées au luxe des families les plus riches.Ses jambes sont éléguntes et pleines d'énergie.Rien n'est gracieux comme les chevreaux prenant leurs éLats.Jamartime nimiit avec passion ces jeunes animaux.Nos peintres maturalistes, ons place les chèvres dans leurs tablesux.La Fontaine les à prises pour le sujet d'une fable.Les sculpteurs aiment à rappeler 370 leurs formes et leurs poses.Je voudrais être poète, peintre, sculpteur pour consacrer mes talents à vous faire aimer et admirer ces êtres que Dieu nous a donnés.\u2014 Je voudrais pouvoir raconter plusieurs histoires de la race caprine.Madame Dumont (de Monteux) dont le mari a été longtemps médecin de la Maison du Mont- Saint Michel, avait fait de deux chèvres les compagnes de ses promenades et in providence de son ménage.Que de familles doivent au concours de la chèvre pour l'allaitement des enfants, la conservation des nourrissons !.La chèvre s'habitue facilement à se laisser têter.Elle aime l'enfant auquel on l\u2019accoutume à donner son lair.Elle accourt à ses cris et lui livre, avec amour, ss mamelle.La chévre bianche dont le lait est plus doux, sans odeur, doit être préféré pour l\u2019allaitement des enfunts.\u2014 Nous conseillons d'employer la race sans cornes.\u2014Le lait de la chèvre est toujours excellent, si rien ne trouble et n'agite l'existence de l'animal.L'on peut, suivant ls nourriture de la chèvre, donner des qualités spéciales au lait.\u2014Je connais une chèvre blanche si bien habituée à remplir l'office de nourrice qu'elle accourt au prowier appel, saute d'un bond sur une table et attend qu'on présente l'enfant 4 sa mamelle,\u2014 Elle ne donne qu'avec regret le surplus du lait que son nourrisson ne peut absorber.\u2014 L'enfant vient à merveille, il rit en voyant sa nourrice et la nourrice est fière et heureuse de remplir ses fonctions de nourrice suppléante.Du pain, du sel dont elle est friande et qui ajoute à ia qualité de son lait, sont ordinairement sa récompense.Puissent ces lignes faire apprécier, comme elle métite «le l'être, une excellente race de nos auxiliaires, et déterminer à employer 1s chèvre à l'allaitement des enfants, soit comme nourrice principale, lorsque le lait de la mère est mauvais ou lorsqu'elle n'en a pas; soit comme nourrice suppléante lorsque le lait de ls mère est insuffisant.On se trouvera mieux de ce concours que de celui des femmes mercenaires.À.PiroN pu Gaver, + RECETTES.\u2014ECONOMIE DOMESTIQUE Coneercution du bouillon \u2014 On sait avec quelle promptitude le bouilion s'aigrit dans les temps chauds, tous les moyens usités pour prévenir cette altération sont sans effet, elle à lieu dapa les garde-manger les mieux expusés et mûme dans les caves les plus fraîches, où, d'ailleurs, le bouillon est sujet à contracter un mauveis goût.I) y a un moyen fort simple, maïs sûr de conserver le bouillon en tout temps; il consiste à le faire bouillir soir et matin dans les plus fortes chaleurs, et une fois dans vingt-quatre heures dans les temps ordinaires.On peut, en usant de ce moyen, le conserver presque indéfiniment Lorsqu'on veut conserver le bouillon suivant cette méthode, il faut le saler très- peu.Remède contre les boutons et rougeurs.\u2014I| faut se laver matin et eoir avec de l\u2019eau de pluie dans laquelle on aure fait tremper du persil.On mt un bouquet de persil dans uD verre d'eau de pluie, comme si on voulait le tenir su frais.Ou laisse le bouquet dans le verre d'eau depuis le soir jusqu\u2019au matin ou depuis le matiu jusqu\u2019au soir, «t, après s'être nettoyé le visage avec de l\u2019eau ordinaire et da savon, «près s'être essuyé et avoir frictionné la peau de façon à surexciter les papilles nerveuses et à dilater les pores ou petites ouvertures de Ia surface cutanée, on doit passer bien doucement, sur le visage, plusieurs fois de nuite s\u2019il est besoin, un vienx linge où uns éponge bien douce, amplement humectée du l'eau de pluie où le persil à trempé pendant asses longtemps.Recctte contre lu Lrlure \u2014Toutes les fois que Ja cuisinière se brôle au point de lui faire craindre lu soulèvement de la peau, qu'elle lotionne de vinaigre l\u2019endroit brûlé pendant que.ques minutes; la peau ne se soulèvers pas, et un quart d'heure vu une demi-heure après, elle ne ressentira plus de douleurs.Autre.\u2014La Guzelte Médicale Annonce que le hasard a fait trouver un moyen efficace contre la brûlure par le charbon de bote.On n'a qu'à mett:e sur l'endroit brûlé un morceau de cher- bon refroidi et ta douleur s'amusndrit à l'Ing- ant, au bout d'une heure lo mai est complète- L'OPINION ment guéri.On n fait plusieurs expériences qui ont constaté l'efficacité de cette découverte.Empläire pour la brêlure d'eau.\u2014Prenez un jaune d'œuf frais ; huile d'otives; un peu de sel et de farine ; battes le tout « nsemble, faites un emplitre que vous sppliqueres sur ls brûlure.L'ortie, remède contre les brûlures.\u2014On guérit très-rapidement les brûlures, en Amérique, au moyen de la teinture d'ortie brûfante.On prée re la teinture en faisant infuser quelques pure dans l'alcool un plant d'ortie coupé petits morceaux ; on imbibe un linge de cette teinture et on recouvre ia brûlure qui se clca- trise très-rapidement.\u2014\u2014\u2014.mm_\u2014 THÉOLOGIES SAUVAGES La Revue politique et littéraire contient une excellente étude sur un ouvrage récemment publié à San-Francisco et non encore traduit: The nation races.of the Pacific States.(Les races humaines du Pacifique), par M.Hubert Bancroft, L'auteur y passe en revue les divers peuples indigènes de l'Amérique, au point de vue physiologiste et y étudie surtout les étranges théologies de ces peuples dans leurs rapports avec la tradition biblique.Ces rapports sont frappants et d\u2019un vif intérêt.La Revue politique les résume sinei : « L'Esquimau et le Koniaga, l'Apache et le Mosquito, ont chacun leur idée sur la créationdu monde, sur l'originede l'homme.Du pôle au golfe de Darien, il y a ua chaos de théologies, un pandémonium inimaginable d'être divins.Toutes les idées que l'imagination malade de l'homme a pu enfanter, toutes les extravagances qui ont pu naître dans sa cervelle troublée par le sentiment ou la recherche du surnaturel, on peut les retrouver entre le Pacifique et les monts Rocheux.« Ce qui est plus intéressant pour nous, c\u2019est de retrouver chez les l\u2019eaux-Rouges des mythes analogues & ceux que nous ont conservés la Bible et les traditions sémites, aryennes ou helléniques.Les Mexicnins racontent un déluge qui rappelle celui de Deucalion, de Noé et du fragment d'épopée assyrienne retrouvé sur les briques de Ninive.Un seul couple humain échappa au désastre en se réfugiant dans un canot formé d'un tronc de cyprès : l'homme s'appelait Coxcox et la femme Xochiquitsal.Quand les eaux commencèrent à baisser, leur arche s'arrêta sur le pic de Colhuacan, I'Ararat mexicain.Dans le Michoacan, Coxcox \u2018cède la pluce à Tezpi, qui, de même que le Noé des Hébreux, construit, non pas un simple canot, mais un grand vaisseau dans lequel il prend place avec ses enfants et des couples de diverses espèces d'animaux.Quand les eaux commencent à baisser, il envoie aux informations un vantour: comme le corbéau de l'arche, 11 à trouvé quelques esrcasses à dévorer et n'est pas revenu.L'oiseau-mouche part à son tour et, comme la colombe de Noé, revient annoncer que la terre re couvre de verdure.L'arche de Tezpi s'est également arrêtée sur le Col.huscan.« Dans le pays de Cholula, on raconte que c'est dans une caveine que se sauvèrent les sept survivants de l'espèce humaine, et qu'ils y restèrent enfermés jusqu'à ce que les paux se fussent retirées.Alors ces hommes, qui étaient des géants, commencèrent à élever avec des briques une pyramide colossale.D) jà nes assises menaçaient d'atteindre les nuages et de toucher au ciel ; mais les dieux jaloux envoyèrent le feu d'en haut sur les constructeurs de cette tour de Babel, sur ces émules des Titans helléniques, et l'œuvre téméraire resta inachevée.» Les pratiques religieuses primitives des Mexicains offrent dee analogies non moins frappantes avec celles du bouddhiste et des religions chananéennes, ot môme chose PUBLIQUE.singulière, dans une certaine mesure, \u2014 sauf le côté sauvage,\u2014aveo le christianisme.« lls administraient un baptême aux enfants nouveau-nés, et comme ce baptême suivait de près ls naissance, il est évident qu\u2019il était destiné à laver une tache originelle.La croyance à une chute de l'homme et à la nécessité de s'en relever est encore attestée par les nombreuses mortitications que s'impossient les prêtres, les muines et le peuple, jeûnant, veillant, se faisant des incisions, comme ces prêtres de Baal dont parle la Bible.Ces incisions étaient aussi imposées aux dévots par leurs directeurs spirituels, en manière de pénitences.Un tirait du sang au patient, tantôt de ses oreilles, si ces oreilles étaient coupables de paresse à écouter la parole divine, tantôt de sa langue, si sa langue était acousée de blasphèmes ou de paroles irrévérencieuses, tantôt de ses bras ou de ses jambes, s'ils avaiont servi d'instruments au péché.Un se confessait au Mexique ; mais c'était un : sacrement qui ne s'administrait qu\u2019une fois dans la vie, et I'absolution du prêtre avait la vertu non-seulement de délier de la peine encourue dans l'autre vie, mais de préserver des peines temporelles et de la vindicte publique auxquelles on 'était exposé dans la vie présente.NOUVELLES DIVERSES Nous donnerons la semaine prochaine la gravure de l'écusson bistorié qui surmonte le fronton du Brreau de Poste.Cette œuvre d'art est l- résultat de ln collaboration du maitre, M.Bourases et de son élève M.Ph.Hébert.Une lettre pastorale, invitant les flièles à | porter secours aux inondés du Midi de la France à été lu le 25 ultimo, dans les diffé- | rentes églises de Québec.| Dimanche, le 25 du mois passé, on alu, dans toutes les églises de la ville, une lettre de Sa Grandeur Mgr.de Montréal, invitant la population à souscrire en faveur des malheureux inondés du Midi de la France.L\u2019estacade du gouvernement, sur le St.Maurice, s'est rompue fl y à buit jours.Jl paratt que dix mille billots, appartenant à différentes maisons, ont été entraînés dans le St.Laurent.Le gouvernement fédéral à donné ordre de construire une résidence pour le lieutenant.gouverneur du Nord-Ouest au Fort Pelly.Cet édifice coûtera environ $15,000.La Gazette de Sorel annonce qu'elle à l'assn- rence que le chemin à lisses de Richelieu, Drummond et Arthabseka sera bientôt une voic f'rrée.I! fonctionnerait cette automne entre Sorel et Drummondville, Les travaux commenceront sous peu.Le nombre d\u2019immigrants arrivés durant tes premiers mois de cette année, dans les ports d'Ottawa, de Kingston, Toronto et London wéldve 48,113.Le nombre de ceux qui sont arrivés l'an passé ducant la même période de temps est de 8,114.M.Notman à été nommé photographe de la commission du centenaire de Philadelphie.C'est nn hommage à son talent et un honnour pour le Cansis.On doit faire ériger sur le terrain de l'exposition un bâtiment qui aura 100 pieds aur 150, et dans lequel s'établira M.Notman et son nombreux personnel, au nombre de 100 au moins.Pendant le terrible orage de jeudi, 22 du mois dernier, une femme à ôté foudrayée à Cranbourne, township du comté de Dorchester.Elle tenait son petit enfant dans ses bras et cherchait à calmer scs frayeurs, lorsque survint un éclair violent.Elle a'affaissa sur elle-même et le mari, accouru du |s chambre voisine pour lui porter secours, la trouva sans vie.Chose surprenante, le Jeune enfant n'avait reçu aucune atteinte de is foudre qui n tué sa mère.Le P, Félix Charmetant, supérieur des Missions d'Afrique, parti, il y à peu de jours, du Canads, oli il 8 passé plusieurs mois à quêter pour l'Œuvre des Orphelizats Arabes, à été mandé en France par dépêche de son arohevs- que Mgr.Lavigerle pour aller, & Is demande prossante du gouvernement français, fonder à unis une station de missionnaires.Ces mis- rionnaires descerviront, en même temps, la chapelle bâtie à l\u2019endroit même où expira le toi saint Louis en exprimant le vœu que l'E- vangile soit, un jour, prêché aux populations \u2014 5 Aour 185; On nous écrit d'Ottawa que lus roc.tante de la presse accompagneront lo prac: sour Squires dans son ascension en ballon là Jour de la célébration du centenaire d'Oton, La banque City Bank of Montrent que Boyale Canadienne viennent be \" sionner et ne forment plus maint \" soule Institution monstairo ayant pourras Pent, du Bureau de Direction, Sir Francis Hanse fu.L'Echo da Lévis anuonce que du chemin de Lévis et Kenntboc o pnd agent, en Angleterre, instructions de continuez de suite les travaux rur quinse nouveaux mil les de la voie.Le chemin sera très-probrable.ment complété jusqu\u2019à St.Joseph, cet autom ne, M.Raymond Boulac, de Ja maison Co: et Beulac, marchands d\u2019orn-ments dti de la rue Notre-Dame, expose depuis quelques Jours daus les vitrines dans son établissement un magnifique Christ en bronze, œuvre de Barbedienne, célèbre artisre français, Ce Christ vaut $80 et M.Beulac le met en loterie, Les billets sont au nombre de deux cents, et ge vendent $1 chacun.Le produit de la loterie M.Beulac l'enverrs aux malheuroux inondés du Midi de la France, ses compatriotes, C'est là une œuvre de charité, une excellente inspiration, dont on ne peut que féliciter M.Beulac.Un télégmmme d'Ottawa, annougait le 2: julllet, qu'un nommé Adams ayant tenté de se sulcider en se précipitant dans Je canal, avait Cié muve par UN navigateur.\u201d Le sauveteur d\u2019Adams est un jeune élèvé da collége d'Ut- tawa, Henri Uérin-Lajole, fils de 1' Assistant.Bibliothécaire du Parlement, qui, se trouvant par hazard dana les environs, n'hésita pas à se Jeter à l\u2019eau, et réussit, avec l'aide d'un camarade du nom d'O'Brien, à pousser vers lu Lorge le corp» déjà inerte de cet Infortuné.Ce n'est qu'après quelques minutes qu'il reprit ronnais- sance et put être transporté à la ville dans une em! arcation, Les concours de l'Académie de Musique ont eu lieu cette année à Québec, dans la grande ssile des séances de l\u2019Ecole Normale, Les juges présents étaient M.l'abbé Lagacé, MM.Ernest et Gustave Gagnon, de Qu'bec : MM.Bohrer, Boucher, Saucier et Labelle de Montréal.Ea absence de M.C.Delile, M.E.Lagal remplis:ait ls charge de secrétaire.Voici les noms des concurreuls houreux : Mesdemoiselles B.Coote et L.DeMartiguy, élèves de M, Gustave Gagnon, et Mile Paques, MM.Hernier, A.Defoy et Boucher.La collation des diplômes à eu lieu publiquement À 2 heures de l'après-midi.M.l'ablé Lagacé prononçs un discours hen- reux dans lequel tl félicite hautement les concurrents de leur snccès.Fondée depuis deux années senlement, cotte institution promet de rendre de sérieux services, et favorisera la propagation dus études musicales dans le pays.0 - SEMAINE POLITIQUE Chez nous les regaius de la politique ont donné «ans Is dernière semaine, l'éler- tion d'un député pour le Saguenay.M.William Price, et la retraite du membre de Montréal-ouest, M.MacKenzie.Le premier s'est fait élire quoique ab- sert du pays, il voyagenit en Europe: lv second s'est démis de sa charge en | lein procès électoral.Chez nos frères d'Ontario, un changement est survenu dans le cabinet local : M- 8.C.Wood, membre pour Victoria Sud, » prêté serment devant le lieutenant-gou verneur comme secrétaire provincial et commissaire de l'agriculture, en remplace ment de I'hon.Archibald McKellar, dont la démission n été acceptée.En Angleterre, deux choses importantes occupent l\u2019eaprit public, l'une qui vient de se terminer, l\u2019autre qui commencera bien: tôt.Celle ci concerne le prochain voyage du prince de Unlles aux Indes.Le prince quitters 1'Angloterre vers Je 17 octobre, et son voyage durera six mois L\u2019aller et le retour s\u2019etfectueront à bord du Séraphis, accompagné par | (shore: l'Amirauté estime qu'ils coûteront 55000 livres sterling.Du moment où le prince sbordera le rivage indien, il deviendra l'hôte du vice-roi.Les frais de 6j0U7; § | Te $ Aour 1875 \u201cnbs seulement « aux rites de l\u2019hospi- té.» s'é à 30,000 livres et seront by lik rior de ia grande colonie.En ce qui est du caraotère et de l'ob et de [excursion de Son Altesse Royale, M.pisraëli # dit: «Le prince ne se rend pas aux Indes comme représentant de Sa Mojesté, mais comme d'héritier présomptif de la couronne.C'est en cette qualité que Son Altesse présiders à une investiture de l'E toile de l'Inde et cette cérémonie sera robablement la plus importante de celles quatelles participeront I'auguste voyageur et les souverains indigènes.» L'autre événement # rapporte à une question pendante entre l'Angleterre et le portugal, à l'endroit de la possession d'une partio da ta côte de la baie de Lago, sur ln côte orientale d'Afrique, et qui avait été soumise par ces puissances à l'arbitrage de ls France.M.le président de la Répu- plique s'eat récemment prononcé sur cette question et donné gain de cause au Portugal.calme plat aux Etats-Unis.On nous informe de Washington que les trois seules pations européennes qui ne figure:ont pas officiellement à l\u2019exp sition sont : l'Italie, vules dépenses : la Grève, pour le mème motif: et la Russie, à cause de lu froideur du czar envers le président tirant, laquelle date de la visite duGrand Duc Alexis.Une communication officielle faite pur M.Vaillaux, ministre des travaux publics, à l'Assemblée Nationale, évalue les dommages causés aux propriétés par les inondations, duns le midi de la France, & 75, WL, Le pasteur Athanase Coquerel est mort.M.de Beuumont-Vussy, écrivain politique, ex-membre de l'Assemblée Iégisla- tiee le 1549 et ex-préfet de l'empire, vient aussi de mourir à l'âge de 59 ans.le comité de permanence de l'Assem- ise Nationale, nommé pour diriger les affaires durant ls prorogation, se compose de 12 députés de la droite, de Z du groupe Lavergne, et de 11 de la gauche.Au sujet des troubles qui viennent d\u2019éclater en \u2018Turquie voici ce qu'on écrit de Kaguee : « Les insurgés de l'Herzegovine ont èté attaqués, vendredi dernier, par les troupes turques près de Nevesigua et un combat acharné v'est engagé.Le nombre des tués et des blessés à été onnsidérable des doux côtés, mais on ne connait pas le résultat de l'affaire.+ Samedi, les Tures sont sortis de Stolatza et ont attaqué les insurgés près de Dabra.Quatre compagnies ont cherché, mais vainement, à prendre ces derniers de flanc.La lutte à duré toute Is journée.4 Les Turcs ont incendié tiortlitzs.« Ni c\u2019est le commencement d'un soulé- vement définitif des districts chrétiens, la situstion deviendra assez grave pour don- er de l'embarras à ln diplomatie européenne.u En Espagne, Don Alphonse et Don Carlos viennent d'entrer en correspondance, Don Carlos déclare dans ss lettre Au souverain régnant, que la orusuté des Mesures ordonnées pur le gouvernement de Madrid edt sans précédent, et que, comme le sang «les martyrs, elle fera sortir des carlistes partout.Quant à lui, Don Carlos, venu dans le pays pour être roi de tous les Espagnols, il permet aux alphon- tintes de vivra tranquillement sur le ter- Titoire dont il est maître.Il & contiance dans le succès parce qu'il est impossible l'Espagne d'être florissante sous des gouvernements de hasard.Les colléges électoraux de la Bavière se sont réunis pour nommer les membres de a chambre basse ; celle-ci se compose de 79 ultramontaine et de 76 libéraux.À.ACHINTRE L'OPINION Le Monument de la Reconnaisance Les jcurnaux de Sherbrooke nous an.néncent que l'un vient d'ouvrir une souscription, dar.s le cowté de Compton, pour ériger un monument À la mémoire de feu M.Jnmes Hoss, qui représenta ce comté à la législature provinciale pendant plusieurs années, Le monument sers placé duns le village de Gould, duns le canton de Lingwick, où réside la famille du regretté défunt.Monsieur Ross a été 1'un des péris «de ce comté, et le premier colon du canton de Lingwick.Son nom se trouve ainsi attaché à toutes les grandes entreprises et à tous les mouvements du progrès dans cette partie du pays.C'etait un homme sux vues larges.Jamais il ne se Inisvsn dominer par les influences mesquines de partis, ou de races ; \u2014et bien qu'il ne fut pny catholique, In population catholique du comté de Compton n'eut jamais de plus franc ni de plus sincére ami.Ju-tice envers tout et res- sect des droits d\u2019un chacun, telle n été là règle de conduite de toute sa vie et la cause de cette popularité qui lui a survécu et qui ne périra point, parce qu'elle tient au cœur de la population au milieu de laquelle il a dépensé son énergie et son travail, Monsieur Ross est mort à sa résidence de Giould, il y aura bientôt deux années.431 à laiesé à sa famille une honnête aisance, acquise à la sueur de son front, et un nom estimé et respecté de tout ceux qui ont eu l'avantage de connaître cet honorable citoyen.C'est en récompense des services rendus à sou comté et à l'honneur de ses vertus civiques et domestiques que ses concitoyens se réunissent pour ériger un mo- nuinent destiné à publier la reconnaissance du comté de Compton envers celui qui fut toute es vie un citoyen honorable et dévoué à son pays \u2014(Communiqué).Montréal, juillet, 1875.LE MOT DE L\u2019ENIGME + Co qu\u2019il y à de 1 tas dizne d'être montré aux bommes c'est une Ame humnine.* \u201cTh one thing worth showing to mankind iv à human soul.\u201d (BrowNING,) XXXVI (Suite) \u2014Entre mon violent ressentiment contre Lorenzo et mou violent attrait pour Gilbert, je m'en allais loin de Dieu, Stella: Un seul moment de grace extraordinaire a suff pour me le faire comprendre.Je voiselair maintenant; je ne cherche plus le bonheur, je le possède.En m'entendant d'abord prononcer ainsi le nom, toujours évité entre nous jusque- là, de Gilbert, les prunelles de Stella se dilatèrent, et, à mesureque je parlais.elles prirent cette intensité de couleur et d'expression que toute émotion leur communiquait.Cependant elle se contents de me dire : Je ne te comprends pns tout à fait, Ginevra, je l'avoue ; mais je te vois heureuse et courageuse, cela me suffit.Après un moment de silence, je repris : \u2014'A mon tour, Stella, me permets tu de te faire une question ?Elle tougit sans me répondre.Alors je me hâtai de lui dire qe Ia question regardait Frank Leslie.ce nom, elle reprit sa physionomie habituelle, et le double sourire de ses yeux et de nes lèvres écluiræ son visage.\u2014 Parle, assurément ; demande tout ce que tu voudras.\u2014Eh bien! il est venu hier, d'un air sombre, m'annoncer son départ.Ai-je eu tort d'imaginer que tu n\u2019y Étais pas étran- ère ?8 \u2014Non, répondit-elle en riant, sil est vrai toutefois qu'il ne puisse pas demeurer à Naples sans m'épouser, car je De lui ai pas donné autrement l'ordre de quitter ces lieux: PUBLIQUE Je voulus chercher à lui en faire dire un peu davantage, et j répliquai : \u2014Mais enfin Frank Leslie est bon, beau, brave, très-riche, dit-on, et bien né ; tu es difficile, Stella.\u2014Oui, peut-être, me répondit-elle avec agitation et une sorte d\u2019impatience.Puis ss voix prit un accent de mélancolique angoisse, et elle me dit : -\u2014Ginevra, ne me parle jamais, je t'en prie, ni d'avenir ni de bonheur.Je ne sais si je serai jamais plus heureuse qu'aujour- d'hui, mais je sais que je peux l'être moins.Oh* que rien de ce que je possède ne me soit ravi ! je n'en demande pas davantage.Elle frissonna et se tut, comme si elle ne voulait pas même articuler ce qu'elle redoutait.Ce n\u2019était pas ls première fois que je ls voyais ainsi saisie d'une sorte de terreur lorsqu'on prononçait l'un ou l'autre de ces deux mots: «avenir» ou « bonheur.On edt dit qu'elle se croyait destinée à ne connsitre aucun bonheur nouveau, à moins que ce ne fût au prix de celui qu'elle possédait, et ceite pensée faisait apparaître à ses yeux une vision pleine d'épouvante.Pauvre Stella! Hélas! pauvres joies de la vie ! Ou en être privé, ou bien trembler de les perdre! c'e-t à-dire ne les posséder qu\u2019uvec une appréhension poignante qui empoisonne chaque heure de leur durée, et qui s'accroit de plus en plus à mesure qu'elles se prolongent!.Est-il donc nécessaire, en vérité, qu'une nous obliger à reconnaître quo la terre n'est qu'un lieu de promesses dont toutes les réalisations sont ailleurs ?XXXIX je crus qu'il venait m'apprendre quelque échec survenu à ses espérances matrituo- niales.Mais, cette fois encore, c'était de moi, et non de lui, qu'il s'agissait.\u2014Chère cousine, me dit-il sans préambule, je viens à cette heure indue, parce quil faut que je vous parle sans témoin.d'ai quelque chose de sérieux à vous dire.\u2014 Quelque chose qui vous regarde, Lando?\u2014Non, qui regarde Lorenzo et vous.Mon cœur battit.Qu'allait-il encore me dire ?quelle nouvelle espérance allait-il encore briser ?\u2014Mon Dieu! lui dis-je en exprimant sur le champ l'objet unique de ma mortelle terreur, allez vous m'apprendre que donna Faustina est à Naples, ou que Lorenzo est parti pour la rejoindre ?\u2014Donna Faustina?Eh! non.Plat au n'eussiez rien de plus sérieux à redouter de la part de Lorenso qu'une promenade insensée de plus, dût-elle l'entraîner jus qu'au delà de la mer Noire ! Non, il ne s'agit pas du cœur de votre époux, qui vous préoccupe plus qu'il ne le mérite, mais bien de sa fortune et de la vôtre.Je respirai en entendant ces mots, et j'eus l'air si visihlement soulagé, que Lando en fut impatienté : \u2014 Que les femmes sont donc singulières et peu pratiques ! s'écria-t-il.Vous voilà, en apparence, toute tranquillisée, parce que je vous ai rassurée sur un point moins important, au fond, que celui dont il s'agit ! \u2014Je suis juge de cela, n'est-il pas vrai, Lando ?lui dis je gravement.\u2014A la bonne heure.Je ne discuterai pas cette appréciation avec vous.Mais songez donc, ma chère cousine (Hinevra, que, si je suis bien informé, il s'agit pour vous, comme pour lui, de la perte tout entière de ce que vous possédez! Lorenzo a joué d'une façon eltréuée ! 11 avait fait en ma présence de si belles résolutions en quittant Paris, qu'il n'a pas dédaigné de se cacher de moi autant que de vous.Cela allait donc déjà fortmal.Mais depuis son retour de Milan, pressé, je le suppose, par un besoin fou de se distraire, et peut-être aussi par celui de réparer dex bréches qui commençnient à l'effrayer lui-même, ä a njouté la Bourse au reste.Un lui a entendu dire un jour qu'il comptait tripler »# fortune ou la perdre iout entière.L'un ou l'autre devait arriver en effet.Ma chère cousin .il ne l'a pas triplée, et l'autre alternative est trèés.grave.Je l'écoutais avec attention, mais avec une tranquillité qui n'était pas seulement extérieure.\u2014Mais vous n'entendez donc pas?me dit-il avec plus d'impatience encore qu'auparavant, qu'il s'agit pour vous de la perte de tout ce que vous possédez?oui, de tout!.Que diries-vous, par exemple, continus-t-il en regardant autour de lui, lumière surnaturelle frappe nos yeux pour : , devenue insensible.ciel qu'il fut question d'elle, et que vous | : 871 s'il fallait voir s\u2019évanouir entièrement toute cette magniticence dont vous Stes environnée, et à laquelle vous êtes habituée ; si cette maison elle-même, si tous les objets précieux qu'elle contient, si tout cels silait enfin disparaitre à vos yeux sans rotour ?\u2014Je dirais.Mais peu importe ce que je dirais ou penserais en pareil cas, Pour fo moment, Lando, rien n'est _ rdu, uisque enfin notre procès de Sici e une lois gagné, toute crainte de ruine est chimérique.Permettez-moi donc, en stten- dant.de ne pas partager votre épouvante.\u2014Oui, je sais que, plaidée par votre père, cette cause est gagnée.Mais si quelque changement radical ne se produit pas dans les habitudes de Lorenzo, il en sera de l'immense fortune qui l'attend comme de celle qu'il a achevé de dissiper.\u2014Aussi, Lando, dès que l'issue du procès sera assurée, j'ai formé le projet obtenir de lui de partir, et de m'emmensr, pour faire un de ces grands et lointains voyages, tels qu'ilen a tant accompli autrefois.Nous finirons bien ainsi, je pense, ar aiteindre des régions où les cartes sont ignorées, et où il n'entendra plus parler ni de dés, ni de roulette, ni de Bourse.\u2014 Ni de donna Faustina, d'aucune sorte, n'est-ce pas, ma cousine?me dit-il en riant.is ce n'est tout de bon que vous songerez à vous expatrier vous-même ainsi pour un temps iniléfini, à quitter le monde civilisé, pour aller partager la vie qu\u2019il mène pendant ses extravagants voyages ?\u2014Je n'hésitarais pas un seul instant, je vous le jure ! répondis.je avec chaleur.Je Qr'estimerai la femme du monde ls plus heureuse, si je puis obtenir qu'il se rende à mon désir.\u2014Alors, me dit-il avec émotion, vous pourrez le sauver réellement, car il lui \u2018Le lendemain, à une heure qui n'était faut maintenant une distraction puissante, point celle de ses visites ordinaires, je vis un changement complet et radical, un entrer Lando dans le petit sslon voi-in de changement qui bouleverserait, en vérité.ma chambre à coucher, où je me tenais ga vie tout entière.Rien dem Vins ne ers ordinairement le matin.Il avait l'air efficace.Mais vous êtes bien admirable, tellement plus grave que de coutume, (Ue cousine Ginevra, il faut l'avouer! \u2014 En quoi, Lando, s'il vous plait?Vous terrez que.d'ici à un an, vous trouverez ma conduite trés simple, et jaime à croire que Teresina sera du même avis.\u2014Peut-être.Mais c'est qu'ausai, je vous le proteste, j'ai l'intention de me conduire tout autrement que Lorenzo.J'ai fait de grandes folies, Dieu le sait; muis il ya un terme à tout, et, en vérité, j'espère ne jamais imiter les siennes, \u2014 Assez, Lando! Vous me faites mal et vous me faite de la peine.Il se tut et me quitta peu après, me laissant préoccupée, muis au fond, fort peu troublée de sa révélation.Uh! quelle vie, quel repos, cet amour caché me faisnit connaître! Cependant il ne me restait rien de l'exaltation de mon premier moment de transport, et je n'étais point non plus Je voyais bien s'amonceler les nunges, je sentais que j'étais environnée de toutes sortes de mmenuces ; mais je ne pouvais plus éprouver ce vague et terrible effroi que cause l'inquiétude de l'avenir.Que pouvait il m'arriver?quelles tempêtes, quels dangers pouvais je craindre ?avec ce sentiment distinct et lucide d'un appui immanyunble.d'un secours assuré, d'un amour toujours préseut et vigilant, d'un amour plus tendre qu'aucun de ceux de la terre, d'un amour infini '\u2014 ce qu\u2019aucu ux ne peut être.Même ici-bas, nou Jrmons en paix sur lu mer la plur agitée lorsque nous sommes sûrs de ls _ain qui nous guide.Que serait-ce sinous savions que cette min est muti- tresse des flots eux-mêmes, et peut les apaiser à son gié ?Cette conversation avec Lando ajouta cependant besucoup à mon désir de quitter Naples, et ce fut avec une véritable Joie que je vis entin arriver le jour «de notre départ.© faisais joyeusement, et de bonnu heure, mes préparatifs dans ma chambre, où Lorenzo entrait bien rarement.lorsque je fus doublement émue de le voir soudainement apparaître.Mais dès que j'eus regardé un instant son visage pile et bouleversé, je compris qu'il venait m'apprendre une effrayante nouvelle.Toutefois ma pensée n'alla pas d'abord au-delà de celle que m'avait suggérée Lando, et jo m'éeriai : \u2014 Parlez sans crainte, Lorenzo, j'ai le courage de tout entendre.Mais lorsqu'il m'eut répondu, ce fut à mon tour de pâlir, de pousser un cri d'angoisse, et de tomber à ses pieds, terrassco de surprise et de douleur.Mon père n'existait plus! A l'heure méme où il rassemblait les derniers documents qui devaient complôter sa plaidoirie.duns ce cabinet de travail oli mon souvenir allait toujours le chercher, À cette place même où il m'avait si longtemps gardée près de lui, il avait été foudroyé par Ia mort.Personne n'était près de lui.Au 872 bruit de sa chute, le vieux serviteur qui se tensit toujours dans la pièce voisine était accouru, mais en vain.Aucun secours n'avait pu le rappeler à la vie! Ce coup fut terrible : terrible en lui- même, et terrible aussi pour moi, par ses effets.Le premier fut une déception im- médiste de ma nouvelle espérance.Lorenzo était plus que jamais obligé de partir ; mais refusait maintenant absolument de m'emmener avec lui.I ne semblait pas même comprendre que je pusse le désirer.A tes yeux, le seul moiif de ce voyage n'existait plus.Je n'irais plus désormais chercher en Sicile que les émotions les plus navrantes, et son devoir était de me lez épargner.Je ne savais que répondre.Je n'osais insister, de peur de l\u2019irriter au moment même où la compussion que je lui inepirais pouvait aider ce léger retour de tendresse que je croyais apercevoir.D'ailleurs, j'eus peu de temps pour réfléchir ; car entre le moment où cette fatale nouvelle me parvint et celle du départ de Lo- renso, quel ues heures seulement s'écoulèrent, après lesquelles je demeurai seule, livrée à ma douleur, à l'amertume d'un mécompte que rien ne m'avait fait oraindre, et au suvenir mélangé et inexplicable des adieux de Lorenzo! Il était évident qu\u2019il n'avait attribué mes larmes qu\u2019à uns douleur filiale.Tant de fois, en etlet, je l'avais vu partir sans en répandre, qu'il ne pouvait songer aujour- d'hui que son départ les faisait couler presque autant que mon malheur.Il avait même eu l'air surpris de tne voir insister ur l\u2019accompagner jusqu'au bateau fur equel il devait partir, et y demeurer près de lui jusqu'au dernier moment.Il ne devina point que j aurais voulu lui demander à genoux la grâce de lui pardonner ! que j'aurais voulu implorer la Fermiveion de l'aider à briser les liens unestes ui enchainaient ses nobles faculté«! d'arracher, pour ainsi dire, le masque yui me cachait jusqu'aux traile de son visnge ! Oh ! je voulais le sauver ! je voulais rendre à elle-même cette âme unie à la mienne ! Cette vive aspiration resseritio naguère, et dissipée ensuite au triple souffle de la frivolité, de ls julousie et de la tentation.elle renairsait aujourd hur puissante et forte, pour ne plus jamais «dé aillir ! et, pour la réaliser, j'étais prête à tous les sacrifices, à tous, même à celui de les smvoir à jamais ignorés ! Cependant Jj'Aspirais aussi à reconquérir son cœur ! [1 Kn'appartenait du même droit divin qui lui avait rendu le mien.Je voulais le reprendre, et je sentais que ce désir quelque ardent qu\u2019il fût, n'\u2019altérait nullement La flamme intérieure et divine qui les alimentait tous désormais, ceux de la terre comm ceux du ciel ! Il ne deviua, hélas ! rien de tout cela.Cependant, lor-que je levai les yeux pour lui dire adieu, il vit sans doute duns mon regard le tendre et do.loureux regret dont je ne pus réprimer l'expression, et le sien me fit tout à coup tressaillir d'espérance ! On eût presque dit qu une étincelle électrique faisait con-muniquer nos deux âmes sans l'aide du langage.Mais ce fut plus passager encore que n'eût été cette étincelle, plus fugitif que le plus rapide éclair après lequel tout retombe dans la nuit ! Son regard redevint plus troublé que jamais, son front plus sombre et plus soucieux qu'auparavant, et une terrible pensée sembla se réveiller.Toutefois, tandis qu'il continuait à me regarder, il repoussa le petit chupeau de paille que je portais, et relevant mes cheveux de sa main, par ce même geste caressant et protecteur qui lui était familier naguère, il embrasss mon visage et mon front, et, me serrant un instant contre son cœur, il me dit ces étranges puroles : « Quoi qu'il arrive, il faut que tu sois heureuse, Ginevra ! Promets- moi !n.aes J'étais rentrée depuis bien longtemps, et j'avais vu disparaître entre Capri et l'extrémité de Ia côte de Sorrento les derniers nurges de la fumée du bateau à vapeur, sans avoir pu toutefois me décider encore à quitter ls partie de la terrasse d'où l\u2019on pouvait apercevoir au plus loin Ja mer.Je demeurais les yeux fixés sur l'horizon, regardant les vagues agitées par un lugubre vent de sirocco, qui faisait en tendre au loin ce bruit sourd et plaintif dont le gémissement ajouto si fort à la tristesse particulière que l'on éprouve à Naples lorsque le bleu du ciel s\u2019etface et que l'éclat du soleil disparaît.Ailleurs, l'arrivée du mauvais temps n\u2019a rien qui étonne; mais à Naples elle surprend toujours, et inquiète comme un phénomène anormal, de même que la soudaine gravité d\u2019un visage souriant attriste et effraye davantage que celie d'une figure naturellement austère.Je demeurais donc là, songeant à mes espérances de la veilie, à mon soudain mécompte, et à sn cause douloureuse ; à ce L\u2019'OPINION PUBLIQUE.départ de Iorenso sans moi, à son regard, à ses paroles mystérieuses, à ce dernier mouvement de tendresse.« Oh | pourquoi, coûte que coûte, me répétais je, ne l\u2019avais-je pas aocompagné ?» Et alors mx pensée le suivait sous ce cher toit que je ne devais plus jamais revoir, dans ce vieux paluis de Messine où j'avais vécu enfant, heureuse ot idoldtrée sous les yeux de celle qui m'apparaissait toujours comme une vision céleste, et près de laquelle j- revoyais mon père «mon père bien-aimé ! » Je proférai ces derniers mots tout haut, en regardant avec des yeux remplis de larmes la mer sombre et agitée ui me sépurait de lui dans la mort comme 8 la vie.En ce moment j'entendis près de moi la voix de Lando.11 était là sans que je m'en fusse aperçue.Avec le bon cœur qui ra- Shetait chez lui la plupart de ses défauts, il était venu pour me plaindre et me consoler à sa manière.\u2014Ma pauvre cousine ! Je suis consterné !\u2026\u2026 C'est un malheur affreux, irréparable ! Il me semble en être atteiut non moins que vous, Puis, après un moment de silence, il poursuivit : \u2014Et que va-t-il arriver maintenant ?C'est dans trois jours que le grand procès se juge et que votre cause doit être enfin plaidée.Quel avacat, bon Dieu ! pourra.t-on trouver qui puisse, je ne dis pas égaler, mais remplacer en aucune façon l'habile et illustre Fabrizio dei Monti ! XL Les premiers jours de deuil, d'inquiétude et d\u2019attente qui suivirent celui-là, je les passai presque seule, ne sortant que pour aller au couvent, et ne vayant chez moi que Stella et ma tante, qui, bien que res semblant fort peu à son frère.l'aimait tendrement et était inconsolab'e de sa perte.Au bout d'une semiine cependant, je commençai À m'étonner de n'avoir pas encore reçu de nouvelles.Le procès devait être terminé.Je m'attendais presque dé- ià à voir revenir Lorenzo, en tous cas, à rec+voir une lettre «le lui.Mais je n'en reçus point, je n'appris rien, et je demeu rai ainsi en suspens une durée de temps inexplicable.Entin je reçus deux lignes écrites à la bâte, non pas de mon mari, mais de mon frère : « J'arriverai le lendemain du jour où ce mot te parviendra.Je te dirai tout de vive voix.Aies du courage.+ Mario.» Lando était présent lorsque ce billet me p«rvint.Je le lus tout haut : \u2014Ah! ciel! sécristil.le procès est perdu, cela est manifeste ! Il vous le fait assez clairement comprendre!.Et, en vérité, je ne vois pas ce qu'il peut avoir maintenant de pire 4 ajouter à cela.11 m'en dit benucoup plus long, mais je ne l'écoutais pas: je lisais et relisais ces lignes.Pourquoi Lorenzo ne m'avait-il pas écrit?Pourquoi Mario venait-il, et pourquoi ne me disnit il pas que Lorenzo venait avec lui?Pourquoi ne prononçait- il pas même son nom?.Je n'osais pas mÛ'avouer les folles terreurs qui me passaient par l'esprit; mais je me souvenais de ses paroles étranges, de son regard, de sa voix, «de toute son attitude au moment où il m'avait dit adieu, eb tout prenait à mes yeux un aspect formidable.Une vision se dressait devant moi, que je n'osais envisager, de peur de perdre la raison, et avec elle, le bienheureux souvenir gui était toute la force de m.vie! Je souffris cette nuit ld comme je n'avais pas souffert depuis les heures de douleur et de remords qui avaient suivi la mort de ma mère ! Muk.AUGUSTUS CRavE=.\u2018A continuer) rte Les Pastillea du Dr.Nelaton, contre le Rhume, maladies di hronch 8, maux de Gorge «t Consomption, produiscnt twujours l'effet désiré.\u2014 Lafond et civ, 25 cents is boîte.- \u2014\u2014- ~\u2014\u2014 Dans une ompagnie d'arsurance ut dans toute entreprine financière, si les Directeurs sont des hommes de ca; acité connue pour les affaires, et de fortune, Hs apportent out élément de atabilité et de force, qui dans ces temps de concurrence cat d'ane telle importance dans ls condulte des opérations, C'est cet blémont «uo 1a Compagaie Stadu- coma, assurance contre l'incendie dont les bureaux ent No, 13 Place-d'Armes à Montréal, a su se donner par le clioix de ses directeurs locaux, Compagnie du Gas\u201d et * La Compagnie Foncier du Bar-Canada,\u201d V ce-President Président de la * 8\".Pierre Land Co.\u201d Banque Nationale.\u201d Président: J.F.SINCENNES, Gérant Général: ALFRED, PERRY.Assure tonta description de Risques contre le F Cargaisons océaniques et Frôta sur les steamers Len annonces de naissnnes, mariage nu décèe sernnt publiées \u2018dans ve rurnal à raison d'un feu chaque.MARIAGES pan seite Tile: le 2 de Juillet, & l'Eglise Notre- a e Messire Nentenne.a\u201d .Cadleu 2 marchand.à Doile Marie-Sophie-Blisabeth Hébert, où-devant de Luprairie.Pas de carte.En cette ville.le 27 juillet, à In cathédrale, pat le nf?®.0 Dufresns nt Joseph Lebœuf, éer.avocat.de Cohoos, N.Y., à Demoiselle Marie-José- phine Lauson, de Moatréal, P.Q.DECES ' A St.Roch de Richelieu, le 21 juillet, Clément Richer-Lafièche, navigateur, à l\u2019âge de 47 ans, \u20ac Lañàohe était atteint it Inisser prévoir aucune suite grave, quand il y n quelque temps la ma- ladio se déclara avec des signes de pus en plus menaçants et fit de rapides progrès.Il ent comme un pressentiment de fin ; il crut qu\u2019il allait mourir ot mi\u2019 ordre à ses affaires.[I manifesta une grande résigoation, demandant de prier pour que la volonté de Dion s\u2019accompitt et non la sienne.Il endura patiemment toutes les souffrances auxquelles il fist en prois.so prépars à la mort avec des dispositions chrétieunes qui - didé rent les nombreux sais qui le visitèrent pendant ea maladie.Le défunt était bien conau des navigateurs par son habileté.À un beau physique, il joignait une intelligence vive.un oœur sensible ot une affabilité Qui faixsient rechercher sun amisié.11 laisse une épouse, cinq enfants ot un petit fils, qui pleuront andrement sa perte.l\u2019arents chrétiens, soyez cnnsolés par In pensée que celui que vous pleurez à luixsé cette vic pour entrer on porses- sion d\u2019une vie meilleure.i Par ine! 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