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Titre :
L'Opinion publique
Comme son jumeau de langue anglaise (le Canadian Illustrated News), L'Opinion publique (1870-1883) est une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle. [...]
Certains affirment que L'Opinion publique n'était qu'une traduction française du Canadian Illustrated News, mais c'est une erreur. Il est vrai que les deux hebdomadaires appartenaient à George-Édouard Desbarats (1838-1893) et que certaines illustrations, et même des articles, paraissaient dans les deux publications, mais l'équipe éditoriale et les collaborateurs n'étaient pas les mêmes et les deux périodiques fonctionnaient de façon indépendante l'un de l'autre.

Le Canadian Illustrated News paraissait depuis deux mois quand le premier numéro de L'Opinion publique fut publié le 1er janvier 1870. Il va de soi que, contrairement à son frère de langue anglaise, L'Opinion publique était surtout diffusée au Québec. Ses articles illustrés mettaient l'accent sur les événements qui se passaient au Québec ou qui touchaient les Québécois, comme le séjour à Rome des zouaves pontificaux.

Du début à la fin de l'année 1873, Laurent-Olivier David (1840-1926) occupe le poste de rédacteur en chef. Bien que Desbarats, David et les autres membres de l'équipe fondatrice se soient mis d'accord pour produire une publication non partisane et impartiale, les textes de David et de ses amis reflètent leurs idéaux nationalistes et libéraux, si bien que le magazine apparaît comme l'organe du Parti national. Après la démission de David, qui fonde son propre journal, L'Opinion publique devient une publication plutôt littéraire et de vulgarisation scientifique, avec des collaborations d'Henri-Raymond Casgrain, de Joseph Tassé, de Benjamin Sulte, de Louis Fréchette et de plusieurs autres. Les lecteurs s'arrachent les numéros qui offrent des dessins d'Henri Julien (1852-1908).

Les illustrations constituaient le principal centre d'intérêt de L'Opinion publique. Les méthodes de reproduction de dessins et plus tard de photographies (voir la présentation du Canadian Illustrated News) ont contribué à faire de L'Opinion publique une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle.

Comme son jumeau de langue anglaise, L'Opinion publique, qui ciblait un large auditoire, ne put survivre à la concurrence d'une presse beaucoup plus spécialisée. Les deux périodiques disparurent de la scène à la fin de 1883 après avoir été les précurseurs de la presse illustrée du XXe siècle.

Références

André Beaulieu et Jean Hamelin. La presse québécoise des origines à nos jours. Tome 2. Québec, Presses de l'Université Laval, 1975. p. 145-150.

Galarneau, Claude, « Desbarats, George-Édouard », dans Ramsay Cook et Réal Bélanger (dir.), Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1870-1883
Contenu spécifique :
jeudi 28 décembre 1876
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

L'Opinion publique, 1876-12-28, Collections de BAnQ.

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[" = lé de L'OPINION PUBLIQUE Journal Hebdomadaire Illustré Abounement, payable d'avance : Un an, 83.\u2014Fiats-Unis, #3.50.Tout semestre commencé se paie en entier.On ne se désabonne qu'au bureau du journal, et il faut donnerau moins quinze jours d'avis, Vol.VII.No.50.JEUDI, 28 DECEMBRE 1876 Prix du numéro, 7 contine.\u2014Anuonces, le ligne, 10 centins, Toute communication doit être affranehie.Les remises d'argent doivent ue faire par lettres enregistrées ou par bons sur la poste.Rédaction, Administration, Bureaux d'Abonnements et d\u2019Annonces: Nes.5 et 7, Rue Bloury, Montréal.\u2014 GES, E.DESBARATS, Directeur-Gérant, SOMMAIRE mot, (ieorges Ë, Doslurats\u2014Notre Journul.\u2014Fa Ve révuiies de l'os.Héné-Edvusrd Caroa.Heuteunate gouverneur de In province Flo : Les souvoralue ot lon leterre au dix.me sidein, P.C.(suite).lonvelies générales.\u2014 Fulis Divers.\u2014 Le Jea de Dames.\u2014 Aventures du Capitalos Flutferus, par Jules Verne {suite et An).Légisiature Provlo- élule.\u2014Littéreture canadien Le Rol des Etu- dlants, par Vinceslas-Eugên ok (nuitée ef Am.\u2014 À propos d'un volume, par Philéus Huot \u2014) - trine MM.Thibault, Lauthier et Cie \u2014Enlgumes, eburades, ete.GUAYUKES: Gravures qui accompagnent le texte des Aventures du capltuine Hutterus : Funéraitles du Lieutensnt-Gouverneur Carun: La chapelle nr- deute à Bpencer-Wuod ; Le catufaique et le sanc- tualre, dans la Basilique ; La procession passant devant l'hôtel-de-ville: Echantillons de fourrures «x.posées à Philadelphie par MM.Thibault, Lanthier ie, Montréal.La Compagnie de lithographie Burland- Desbarats « jugé à propos «le nous retirer la rédaction et l'administration de L'Opinion Publique.Nous avons fait tous nus efforts, limités que nous étions par les circonstances, pour intéresser nos lecteurs et grossir la cuisse.Nous laiesons le journal «lans un état plus prospère que nous ne l'avons reçu au commencement de cette année, et nous souhaitons que le succès de L\u2019Opinion Publique aille toujuurs en croissant.Nous nous dégageons formellement de toute responsabilité dans la conduite du journal dès ce moment.À nos collaborateurs, nos abonnés, nos Agents, nos amis, nous offrons nus remer- clients sincères ; nous les prions d'accepter nos meilleurs sonhuits à l\u2019occasion du nouvel an, et nous leur disons adieu.Geouces E.DEspanats.-\u2014\u2014\u2014 NOTRE JOURNAL L'Opinion Publique vient de traverser une nouvelle année.Ellearrive au terme de cette étape pour présenter ses souhnits à ses fi-lèles lecteurs, Comine la nouvelle année, elle se présente les mains pleines de promesses, avec cette itférence qu'elle tiendra ce qu\u2019elle va promettre.Qui n'avance pas recule, c'est une maxime vraie dans le journalisme, qui doit suivre les progrès du jour sinon lew devancer.Les propriétaires de L'Opinion Publique se proposent de In rendre de plus en plus digne de la confinnce du lee- teur.Tout ce qui peut intérraser les Canadiens y trouvern place ; ce sera le moyen d'en faire un vrai journal de Ia famille, et, our ainsi dire, les archives de le nationalité, C'est arsez dire que, sous le changement de rédaction qui va s\u2019opérer, le journal continuera à se tenir en dchors des luttes de partis.Nous voulous faire le L'Upi- nion Publique un terrnin neutre où se rencontreront, comme par le pas > a A A x rr Rpts y (es: EEN AS Ee.% # a \u20ac Et a Ma Ek uo ; hy EE x 75] ; es & _i +; où # : Lr pugs! Cire Sg CL ; in ; 1.3 2, 1 a 3 of a, x - 4 % Eo 4 = ui ae : = us #4 ire 1m * Ge 5 Dé \u2014 es = & i Whos ipuims % ES Np oy 784 M i \u2014 6; ir a _ $ 2 x > ig RR] ei h ; CT ES ES CS > 24 5 PR Ce nd 2,\" § 3 A ur Vg c me, SN or Re i A Lo ho | GRAVURES QUI ACCOMPAGNENT LE TEXTE DES \u201c AVENTURES DU CAPITAINE HATTEHAS\"\" = Te Fifa FX AE Ry Xl Nr 2, Ak = ti + A ha [Ae TE ++ Î A ze 5 x = 4 Ie B IS be A i XL 4 2 3 Bi à cr a ! oi ÆT ¥ a 5 Hi | pay iv a «fr er e430 JR à + Ÿ \u2014\u2014 me wi 7 4 a bg pr Lu ' Ne \u2014___\u2014 A i, LI = | ï \u2014= Ÿ % à ee = ft uit | A SE \u2018 \u2018 Bd fa = Se M LX fs ©» EL \u201cwij | : Ly ai, LN I 5 # 3 oo NS aT ee Ju 3 FUNERAILLES DU LIKEUTENANT-GOUVERNEUR CARON : |A CHAPELLE ARDENTE A SPENCER-WOOD.\u2014D' APRs vsE PHOTOORAPRIE DE LIVERNOLS. 592 L\u2019OPINION PUBLIQUE 28 Deceupre 1876 SE AVENTURES CAPITAINE HATTERAS PAR JULES VERNE BECONDE PARTIE LE DESERT DE GLACE CHAPITRE XXV.-\u2014LE MONT HATTERAS (Suite) Le ciel resplendissait.Le thermombtre mar- uajt cinquante-deux degrés (\u2014 110 centig).L'atinoaphière s'impréguait largement de la clarté particulière ce haut degré de latitude, 11 était huit heures du natin, : Hatteras prit les devants avec son brave chien ; Bell et Altamont, le docteur et John.sou le suivirent de près.\u201cJ'ai peur, dit Johnson.a rien à craindre, répondit mes h.\u201d ilot, et comment renire sa physionomie particulière, qui était l\u2019imprévu, la nouveauté, Ia jeunesse ! Ce volcan ne paraissait pas vieux, et des géalogues auraient pu indiquer une date récente À sa formation.Las rochets, cramponnés les uns aux autres, ne so maintenaient que par un miracle d'équilibre, La montagne n'était, à vrai dire, qu'un atoncellement de pierres tombées de haut.Pas de terre, pas la moindre mousse, pre le plus maigre lichen, pas de trace de végétation.L'aride carhonique, vomi pur le cratère, n'avait encore eu le ternps de s'unir ni à l\u2019hydrogène de eau, ni à l'ammoniaque des nuages, pour former, sous l'action de la lumière, les \u2018matières organisées, Cette île, perdue en mer, n\u2019était clue qu\u2019à l'a- Rrégation successive des (léjections volcaniques ; c'ent ainsi que plusieurs montagnes du lobe se sont fortuées ; ce qu'elles ont rejeté de leur sein a suffi à les construire, Tel l\u2019Étna qui a déjà vomi un volume de lave plus considérable que sa tasse elle-même ; tel encore la Monte-Nuovo, près de Naples, engendré par des scoricw duns le court espace de quarante-heures.Cet anus de roches dont se composait l\u2019île de la Reine était évidemment sorti des entrailles de la terre ; il avait au plus hant degré le caractère plutonien.A sa place s\u2019étendait autrefois la mer immense, formée, dès les premiers jours par la condensation des vapours d'eau sur le globe refroidi ; mais, A mesure que les volcans de l\u2019ancien et du nouveau monde s'étei- gniront où, pour mieux ire, se bouchérent, ils rent être remplacés par de nouveaux cratères ignivomens.kn effet, on peut assimiler la terre à une vaste chaudière sphéroïdal+, LA, sous l'influence du feu central, s\u2019engendrent des quantités immenses de vapeurs enimagasinées une tension de milliers d'atrosphhères, et qui feraient sauter de globe suns les sonpapes de siireté ménagéen A Vextérieur, Ces sonpapes sont les volcans ; quand l'une se ferme, l'autre s'ouvre, et, à l'endroit des pôles, où, sans doute par suite de l'aplatissement, l\u2019écorce terrestre est moins épnisse, il n'est étonnaut qu'un volcan se soit inopinément formé par le soulèvement du massif au-dessus den flota, Le docteirr, tout en suivant Hatteras, remarquait ces étranges particularités; son pied foulait un tuf voleanique et des lépôts ponceux faits dle scories, de ceudres, de roches éraptives, semblables aux syénites et aux granits de l\u2019Is- inde, Mais, s\u2019il attribuait & Pilot une origine presque moderne, c'est que le terrain sédimentaire n'avait pas encore eu le tempe de n\u2019y former.L'enu manquait aussi.Bi l'He de ia Reine eût compté plusieurs siècles d'existence, den sources thermales auraient jailli de son sein, comme aux environs des volcans.Or, uonsseulement on n'y trouvait pas une molécule liquide, mais les var peurs qui s\u2019élovaient des ruisseaux de laves semblaient être absolument auhydres.Ainsi, cette tie était de formation révente, et telle elle purut un jour, telle elle pouvait disparaître un autre, et s\u2019immerger or nouveau an fond de l'océan.A mesure que l'on s'élevait, l\u2019ascension devenait de plus en plus difficile ; les flancs de ln montagne se rapprochaient de ln perpendiculaire, et il fallait prendre de grandes préca tions pour éviter les ébonlementas.Souvent des colonnes de vendres se tordaient autour des voye- geurs et menaçaient de les asphyxier, ou des torrents de lave leur barraïent le passage.Sur quel Uues surfices horizontales, les ruisseaux, re- roidis et solidifiés à la partie aupérieure, lais- ssient sous leur croûte durvie is lave s'écouler en bouillonnant.Chacun devait donc sonder pour éviter d'être plongé tout à conp dans ces mu tières en fusion.De temps en temps, le cratère vomissait des uartiers de roclies fougies au sein des gas en.més ; quelques-unes de ces mosses éclataient dans l'air comme des bombes, et leurs débris ve dispersaient dans toutes les directions à d'énormes distances, On conçoit de quels dangers innombrables cette ascension de la montagne était entourée, et combien il fallait être fou pour la tenter.Cependant Hatteras montait avec une agilité surprenante, et, dé ant le secours de son bâton ferré, il gruvissait sans hésiter les pentes les plus raides.fl'erriva bientôt à un rocher cireulaire, sorte \u2014 Non, non, le docteur, nou: de plateau de dix pieds de largeur environ ; un fleuve incandescent l'entoureit, aptès s'être bi- farqué à l\u2019arrête d\u2019un roe supérieur, et ne laissait qu'un passage étroit par lequel Hatteras se glisea audacieusement.LA, il w'Arrêtu, et ses compagnons purent le rejoindre.Alors il sembla mesurer du regard l'intervalle qui lui restait à franchir ; horizontalement, il ne se trouvait pas à plus de cent toises du cratère, c\u2019est-à-dire du point mathématique du pôle ; mais verticalement, c'était encore plus de quinze cents pieds à gravir.L'ascension durait déjà depuis trois heures ; Hatteras ne semblait pus fatigué ; ses compa- guous se trouvaient au bout de leurs forces.Le sommet du volean paraissait être inaccessible.Je docteur résolut d'empêcher à tont prix Hatteras de s'¢lever plus haut.11 essaya l'abonl de le prendre par la douceur, mals I'exaltation du capitaine allait jusqu'an délire ; nidant Is route, il avait donné tous les signes l\u2019une folie croissante, et qui l'a connu, qui l\u2019a suivi dans les phases diveises de son existence, ne peut en être surpris.À mesure qu\u2019Hatteras s'élevait au-dessus de l'océan, an surexcitation #'accroissait ; il ne vivait plus dans la région des hommes; il croyait grandir avec la montagne elle-même.* Hatteras, lui dit le docteur, assez ! nous n\u2019en pouvons plus.\u2014Demeurez donc, répondit le capitaine d\u2019une voix étrange, j'irai plus haut ! \u2014Non ! ce que vous faites est inutile ! vous êtes ici au pôle du monde ! \u2014Non ! non! plus haut ! \u2014Mon ami ! c'est moi qui vous parle, le Dr.Clawbonny.Ne me reconnaissez-vous pos?\u2014Plus haut ! plus haut ! répétait l'insensé \u2014Eh bien, non ! nous ne souffrirons pas.Le docteur n'avait pas achevé ces mots qu\u2019Hatterss, par un effort surhumain, franchit le fleuve de luve et se trouva hors de la portée de ses compagnons, Ceux-ci poussèrent un cri ; ils croyaient Hat- terss abîme dans le torren feu ; mais le capitaine était retombé de l\u2019autre côté, suivi par son chien Duk, qui ne voulait pas le quitter.Ji disparut derrière un ridean de fumée, et l\u2019on entendit sa voix qui décroissait daus l'éloignement.\u201c* Au nord ! au nord ! criait-il.Au sommet du Mont-Hatteras! Souvenez-vous du Mont- Hatteras !** On ne pouvait songer à rejoindre le capitaine ; il y avait vingt chances pour rester là où il avait passé avec ce bonheur et cette adresse particulière aux fous; il était impossible de franchir ce torrent de fen, impossible également de le tourner.Altamont tenta vainement le passer ; il faillit périr en voulant traverser le fleuve de lave ; ses compagnonadirent le retenir malgré lui.¢ Hatteras {| Hatteras!\u201d n\u2019écrinit le docteur.Mais le enpitaine ne répondit pas, et les aboiements à peine distincts de Duk retentirent seuls dans la montagne.Cependant Hatteras se laissait voir par intervalles à travers les colonnes de fumée et sous les pluies de cendre.Tantôt son bras, tantôt sa tête sortaient du tourbillon.Puis il disparnis- saît et se montrait plus haut necrochés aux rocs.Sa taille diminuait avec cette rapidité fantastique des objets qui s\u2019élèvent dans l\u2019air.Une demi-heure après, il semblait déjà rapetissé de moitié.L'atmosphère s'emplissait des bruits sourds du volcan ; In moutagne résonunit et ronffait commie une chaudière bouillante ; on sentait ses flancs frissonner.Hatteras montait toujours, Duk le suivait.De temps en temps, un éboulement se produisait derrière eux, et quelque roc énorme, pris d'une vitesse croissante et rebondissant sur les erètes, alluit s'engouffrer jusqu'au fond du bassin polaire, Hatteras pe se retournait méme pas.11 s'était servi de son hâton comme d'une hampe pour y attacher le pavillon anglais.Ses compaguons épouvantés ne perdaient pas un de ses mouvements.Ses dimensions devonaient peu à peu Mmicroscopiques, et Duk paraissait réduit à la taille d'un gros rat.11 y eut un moment où le vent rabattit sur eux un vaste rideau de flamme.Le docteur poussu un cri d\u2019angoisse ; mais Hatteras réapparut, debout, agitant son drapeau.Le spectacle de cette effrayante ascension dura plus d\u2019une heure, Une heure de lutte avec les roc vacillants, avec les fondrières de cendre dans lesquelles ce héros de l'impossible dispa- Taissait jusqu'à mi-corps.Tantôt il ne liissait, en s'arc-boutant den genoux et des reins contre les anfractuosités de la montagne, et tantôt suspendu par les mains à quelque arrête vive, il oncillait comme une tuuffe desséchée.Enfin il arriva au sommet du volcan, à l'orifice même du cratère.Le docteur eut alors l'espoir que le malheureux, parsenu à son but, en reviendrait peut-être, et n'aurait plus que les dangers du retour à subir.usea un dernier ori : * Hutterns | Hatteras!\u201d L'appel du docteur fut tel qu\u2019il remua l\u2019Américain Jusqu'au fond de l\u2019âme.**Je le sauveral,\u201d s'écris Altamont.Puis, d'un bond, franchissant le torrent de feu au Fieque d'y tomber, il disparut au milieu des Toc Clawbonny n'avait pas eu le temps de l\u2019ar- vr, Cependant Hatterus, parvenu à la cime de la moutagne, s\u2019avançait au-dessus du gouffre sur un roc qui surplombait.Les pierres pleuvaieut autour de lui.Duk le suivait toujours.Le pauvre animal semblait déjà snisi par l'attrace tion-vertigineuse de l'abîime.Hatteras agitsit son pavillon qui s\u2019éclairait de reflets incandescents, et le fon.rouge de l'étamine se dévelop- peit en longs plis au souffle du cratère.Hatteras le balangait d'une main.Del'sutre; il moutrait au zénith le pôle de lu sphère céleste.Cependant, il semblait hésiter.Il cher- ehait encore le point mathématique où se réunissent tous les méridiens du globe, et sur lequel, dans son entêtement sublime, il voulsit poser le pled.: Tout d'un coup le rocher manqua sous lui.I disparut.Un eri terrible de ses compagnons monts jusqu'au sommet de 1a montagne.Une seconde, un siècle f s\u2019écoula.Clawbonny erut son ami perdu et euseveli à jamais dans les profondeurs du volcan.Mais Altamont était là, Duk aussi.L'homme et le chien avaient vaisi le malheureux au moment où il disparaisanit dans l'abîme.Hatteras était sauvé, malgré lui, et, une demi-heure plus tard, le capitaine du Forward, privé de tout sentiment, reposait entre les bras de ses compagnons (léseapérés.Quand il revint à lui, le docteur interroges son regard dans une muette angoisse.Mais ce re Inconectont, comme celui de l\u2019aveugle qui regarde sans voir, ne lui répondit pas.\u201cGrand Dieu! dit Johnson il est Feu le ! \u2014 Non ! répondit Clawbonny, non ! Mes Des amis, nous n'avons sauvé que lo cor l'Hatteras ! Son âme est restée nu sommet ce volcan ! Sa raison est morte * \u2014Fou ! s'écrièrent Johnson et Altamont consternés.\u2014Fou !\u201d répondit le docteur.Et de grosses larmes coulèrunt de ses yeux.CHAPITRE XXVI,\u2014NETOUR AU #CD Trois heures après ce triste dénouement des aventures du capitaine Hatteras, Clawbonny, Altamont et les deux matelots se trouvaient réunis dans la grotte au pied du volcan.Là, Clawbonny fut prié de donner son opinion sur ce qu'il convenait de faire.*\u2018 Mes amis, dit-il, nous ne pouvons prolon- r notre séjour à l'île de la Reine ; ln mer est ibre devant nous ; nos provisions sont ex quantité suffisante ; il faut repartir et regagner en toute hâte le Fort-Providence, où nôus hivernerons jusqu\u2019à l'été prochain.\u2014-C\u2019est aussi mon avis, répondit Altamont ; le vent est bon, et dès demain nous reprendrons la mer.\u201d La journée se pres dans nu profond abattement, La folie du capitaine était d\u2019un présuge funeste, et, quand Johnson, Bell et Altamont reportaient leurs idéen vers le retour, ils s'effrayaient de leur abandon, ils s\u2019épouvantaient de leur éloignement.L'âme intrépide d\u2019Hatteras leur faisait défaut.Cependant, en bommes énergiques, ils s\u2019apprêtèrent à lutter de nouveau contre les élé- ents, et contre eux-mémes, si jonais ils se sentaient faiblir.Le leademain samedi, 13 juillet, les effets de campement furent embarqués, et bientôt on fut prêt pour le départ.Muis avant de quitter ce rocher pour ne jamais le revoir, le docteur, suivant les inten- tious d\u2019Hatterus, fit élever un caitn an point même où le capitaine avait abordé l'ile ; ce cairn fut fait de gros blucs superposés, de façon à former un amer parfaitement visible, si toutefois les hasards de 1'éruption le respectaient, Sur une des pierres latérales, Bell grava au ciseau cette simple inscription : JOHN HATTERAS 1861 Le double du document fut déposé à l\u2019intérieur du cairn dans un cylindre de fer-blanc parfaitement clos, et le témoignage de la grande découverte demneura ainsi abandonné sur ces rochers déserts.Alors les quatre hommes et le capitaine un pauvre corps sans fime-\u2014et son fidèle Duk, triste et plaintif, Yembarquérent pour le voyage du retour.Il étuit dix heures du matin.Une nouvelle voile fut établie avec les toiles de le tente.La chaloupe, ilant vent arrière, quitta l\u2019île de la Reine, et le soir le docteur, debout sur son have, lança un dernier adieu au Mont- Hatteras, qui Aamboyait à l'horizon.La traversée fut très-rapide ; ln mer, constamment libre, offrit une navigation facile, et il semblait vraiment qu'il fat plus aisé de fuir le pôle que d'en approcherais Hatteran n\u2019était pas en état de comprendre ce qui se it autour de lui ; il de- mueurait étendu dans la chaloupe, la bouche muette, le re êteint, les bras croisés zur ia poitrine, Duk couché à ses pieds.Vainement le docteur lui adressait la parole.Hatteras ne l'entendait pes.Pendant quarante-huit heures, la brise fut favorable et is mer houleuse.Clawbonny et ses compagnons laissaient faire le vent du nqpl.Ve 15 juillet, île eurent connaissance d'Alta- mont-Harbour dans le sud ; inais comme l\u2019océan Polaire était deraié sur toute lu cite, au | leu de traverser en traîneau la terre de la Nou- velle-Amérique, ils résolurent de la contourner et de gagner par mer lu baie Victoria.Le trajet était plus rapide et plus facile.En effet, vet enpace que les voyageurs avalent mis quinze jours à passer avec leur traîneau, ils en tnirent huit à peine à le franchir en naviguant, et, après avoir suivi les sinuosités d'une côte frangée de flords nombreux dont ils déter- minérent la configuration, ils arrivèrent le lundi vois, 28 Juillet, à Late Victorix.La chaloupe fat solidement ancrée au rivage, et chacun s\u2019élança vera le Fort-Providence.Mais quelle dévastation ! La Maison-du-Doc- teur, les magasins, la poudrière, les fortifiea- tions, tout s\u2019en était allé en eau sous l\u2019action des rayons solaires, et les provisions avaient été saccagées par les animaux carnassiers, Triste et décevant spectacle ! Les navigateurs touchaient presque à la fin de leurs provisions, et ils comptaient les refaire au Fort-Providence.L'impossibilité dy passer l'hiver devint évidente.En gens habitués à prendre rapidement leur parti, ils we décidèrent one à gagner la mer de Battin par le plus court.+ Nous n\u2019avons pas d\u2019autre parti a suivre, dit le docteur ; la mer de Baffin n\u2019est pus à six cents milles ; nous pouvons naviguer tant que l'eau ne mauquers pas à notre chal onpe, gagner le détroit de Jones, et de là les établissements danois.\u2014Oui, répondit Altamont, réunissons ce qui nous reste de provisions, et partons.\u201d En cherchant bien, on trouva quelque caisses de pernmican éparses çà et là, et deux barils de viande conservée, qui avaient échappé à la destruction.En somine, un approvisiennement pour six semaines et de la poudre en suffisante quantité.Tout cela fut promptement rasem- blé ; on profita de la journée pour calfater la cheloupe, Ia remettre en état, et le lendemain, 24 juillet, la mer fut reprise.continent, vers le quatre-vingt-troisième degré de latitude, s'infléchiseait dans l\u2019est.Il était ible qu\u2019il rejoignit ces terres connues sous nom de terre Grinnel, Ellestuer et le Lincoln-Septentrional, qui forment la ligne cô- titre de Is wer de Baflin.On pouvait donc tenir pour certain que le détroit «le Jones r'ouvrait sur lea mers intérieures, à limitation du détroit de Lancustre, La chaloupe navigua dis lors sans grandes difficultés ; elle évitait facilement les glaces flottantes.Le docteur, en prévision de retards possibles, réduisit ses compagnons à demi-ra- tion de vivres ; mais, en some, ceux-ci ne se fatiguaient pas beaucoup, et leur santé se maintint en bon état.D'ailleurs, îls n'étaient pas sans tirer quelques coups de fnsil ; ils tuèrent les canards, des oies, des guillemots, qui leur fournirent une alimentation fraîche et suine.Quant à leur réserve liquide, ils la refuisaient facilement aux glaçons l'eau douce qu\u2019ils rencontraient sur la route, car ils avaient toujours soin de ne pas s'écarter cles côtes, In chaloupe ne leur permettant pas d'affronter la pleine mer.A \u2018cette époque de l'année, le thermomètre se tennit déjà constamment au-dessous du point de congélation ; le temps, apres avoir été souvent pluvieux, se mit à lu neige et devint sombre ; le soleil commençait à raser de près l'horizon, et son «disque n\u2019y Ininsait échancrer chaque jour duvantage.Le 30 jnil- let, les voyageurs le perdirent de vue pour le première fois, c'est-à-dire qu'ils eurent une nuit de quelques minutes.Cependant 1a chaloupe filait bien, et four- hissaët quelquefois des courses de soixante à soixante-ciu milles par vingt-quatre heures ; on ne ænrrétait pas un instant; on savait uelles fatigues & supporter, quels obstacles à ranchir le route de terre présenterait, s\u2019il fallait la prendre, et ces mers resserrées me pou- vaieut tanler à se rejoiudres il y avait déjà des jeunes glaces reformées çà et IA.L'hiver succède inopinément à l'été vous les hantes latitudes ; il n\u2019y à ni printemps ni-automne ; les saisons intermédiaires manquent.Il fallait donc se hâter.Le 81 juillet, le elel étant par au coucher du soleil, où aperçut lés premières étoiles dans les constellations du zénith.À partir de ce jour, tn brouillard régna sins cesse, qui gêna considérablement la navigation.Le docteur, en voyant se multiplier les symptômes de l'hiver, devint très-inquiet ; il ei quelles difficultés sir Sohn Ross éprouva ur gagner la mer de Baflin, après l'abandon son navire ; et même, le passage des glaces tenté une première fois, cet audacieux marin fut forcé de revenir à son navire et d'hiverner une quatrième année ; mais au moins il avait un abri pour ln mauvaise saison, des provisions et du combustible, Si pareil malheur arrivait aux survivants du Forward, s'il leur fallait\u2019warrêter ou revenir sur leurs pas, ils étaient perdus; le docteur ne dit rien de ses inquiétudes à ses com, guons, mais il les prema de gagner le plux possible ans l\u2019est.Enfin, le 15 août, après trente joura d\u2019une n- vigation assez rapide, après avoir lutté depuis quarante-huit heures contre les places qui s\u2019ac- eumulaient dans les passes, apres avoir risqué cent fois leur frêle chaloupe, les navigateurs se virent absolument arrêtés, sans pouvoir aller plus loin ; le mer était prise de toutes parts, et la thermomètre ne marquait plus en moyenne que quinze degiés au-dessus de xéro (\u20149 centig.).D'ailleurs, dans tout Je nord et l\u2019est, il fut facile de reconnaître le proximité d'une côte À ces petites pierres plates et arrondies, que les flots usent sur les rivages ; ls glace d'eau douce se rencontrait aussi plus fréquemment.Altamont fit ses relevés avec une sorupu- louse exactitude, et il obtint 77° 15\u2019 de latitude et 85° 02\" de longitude.** Ainsi donc, dit le docteur.voici notre sition exacte ; nous avons atteint le Lincoln- Septentrional, précisément au cap Kden ; nous entrons daus le détroit de Jones ; avec un peu plus de bonheur, nous l\u2019atriona trouvé libre = qu'h Is mer de Baffin, Mats il ne faut pus nous plaindre.SI mon panvre Hattoras eût rencon- - - 28 Decemsre 1876 __ L\u2019OPINION PUBLIQUE 548 tré d'abord une mer ai facile, il fit arrivé Tapidemeut au pôle.Ses compagnons ne l'eus- seit pas abondouné, et sa tête ne serait pas perdus ous l'excès des plus terribles an.\u2014Alors, dit Altamout, nous n'avons plus d'un parti à prendre : abandouner la chape et rejoindre en traîneau la côte orientale du Lincoln.~\u2014Abandonner 11 chaloupe et reprendre le traineau, bien, répondit le docteur ; msis, au leu de traverser le Lincoln, je propose de franchir le détroit de Jones sur les glaces ct de gagner le Devon-Septentrional.\u2014Ét pourquoi ?demanda Altamont.\u2014Parce que plus nous nous approcherons du détroit de Lancastre, plus uour aurons du chances d'y rencontrer des buleiniers.\u2014-Vous avez raison, docteur, mais je crains bien que les glacea ne soient pas encore assez unies pour nous offrir un passage praticadle, \u2014 Nous essayerons,\u201d répoudit Clawbonny.La chaloupe fut déchargé ; Bell et Johnson Feconstruisirent le traîneau ; toutes ses pièces étaient en bon état ; le lendemain les chiens y furent attelés, et l'on prit le long de la cote pour gaguer l\u2019ice-feld, Alors commença ce voyage tant de fois décrit, fatigant et peu rapide ; Altumont avait eu raison de se défier de l\u2019état de la glace ; on ne put traverser le détroit de Jones, et il fallut suivre la côte du Lincoln.Le 21 août, les voyageurs, en coupant de biais, arrivèrent à l'eutrée du détroit du Glu.cier ; là, ils s'aventurèrent sur l\u2019ice-field, et le lendemain, ils atteignirent l'ile Cobourg, qu\u2019ils truversrent en moins de deux jours au milieu des bourrasques de neige.Ex purent alors reprendre la route plus fa- cîle des champs de glace, et enfin, le 24 aout, ils wirent le pied sur le Devon-Septentrional.* Maintenant, dit le docteur, il ne nous reste Plus qu'à traverser cette tetre ot & gu- mer le cap Warender à l'entrée du détroit de neastre,\u201d Mais le tempe devint affreux et trés-froid ; les raffules de neige, les tourbillons reprireut leur violence hivernale ; les voyageurs se seu- taicnt à bout de forces.Les provisions s'épui- aient, et chacun dut se réduire au tiers de fation, afin de conserver aux chiens uue nour- rituro proportionnée à leur travail.La nature du sol ajoutsit beaucoup eux fu- tigues du voyuge ; cette terre du Devon-8 tentrional étuit extrémement accidentée il faliut franchir les monts Trauter par des gorges impraticables, en luttant contre tous les éléments déchatnés.Le traîneau, les hommes et les chieus fuillirent y rester, et, plus d'une fois, le désespoir s\u2019empura de cette petite troupe si aguertie cependant, et si faite aux fatigues d\u2019une expédition poluire.Mais sans qu\u2019il s\u2019en rendissent compte, Ces pauvres gens étuient usés motulement et physiquement ; où ne supporte pus impunément dix-huit mois d'inces- suntes fatigues et Une succession énurvante d'enpérances et de désespoirs.D'ailleurs, il faut le remarquer, l'aller se fuit avec un en- trainement, the conviction, nue foi qui manquent au retour, Aussi, les malleureux se trainaicnt avec peine ; on peut dire qu'ils marchaient pur habitude, par un reste d'énergie animule presque indépendante de leur volonté.Ce ne fut que l« 30 août qu'ils sortirent enfin de ce caltus de mon guet nt l'orographie des zones basses ne peut donner aucune idée, mais ils en sortirent meurtris et & demi-gelés.Le docteur nv suffisait plus à soutenir ses compa- gnous, et il so sentuit défaillir lui-même.Les munts Trauter veuaient aboutir à une sorte de plaine convulsionnée par le soulèvement primitif de la montagne.Là, il fallut absolument preudre que'ques jours de repos ; les voyageurs ne pouvaient lus Mettre un pied devant l\u2019autre ; deux des chiens d'attrlage étaient morts d'épuisement.On s'ubrita donc derrière uu glagon, par un froid de deux degrés au-dessous de zéro (-\u201419° ceutig.) ; personne n\u2019eut le courage de dresser In tente.Les provisions étaient fort réduites, et, malgré l'extrême parcimonie mise daus les rations, celles-ci ne pouvaient durer plus de huit fours i le gibier devenait rure et regaguait pour l'hiver de moins rudes cliruats.La mort par la fai se dressait done meusçaute devant ses victimes épuisées.Altamont, qui montrait un grand dévouement et unr veritable abnégation, profite d'un reste de force et résolut de procurer par le chasse qhelçue nourriture à ses compagnons.11 prit sun fusil, sppeia Duk et d'enguges duns les plaines du nord ; le docteur, Juhnson et Bell le virent #'éloigner presque indifféremment.Peudant une heure, ils n'entendirent une seule fois ls détonation de son fusil, et fate vireut revenir sans qu'un\u2019 seul coup eût été tiré ; mais l\u2019Américaiu accoursit comme un homme épouvanté.4 Qu'y e-t-i} ?lui demanda le docteur.\u2014Là-bas ! sous Is neige ! répondit Altemont avec un accent d'effroi en montrant uu point de l'horison., \u2014Toute une troupe d'hommes !.\u2014Vivants?=-Morts.gelés.et même.\u201d L'Américaiu n'oss achever es pensée, mais sa physionomie expeimait le plus indicible bor- our.Le doeteur, Jobneon, Bell, ranimés per cet incident, trouvèrent le moyen de se relever et se traluérent eur Los traces Saat d: vors cette parti e qu'il indiquait du .Te arrivèrent bientôt à un supnce reer, au foud d'une ravine fonde, et là, quel spec- bac TI er a ne he quel spec Des cadavres déjà raidiu, à demi-enterrés sous ce liueeul blane, sortaient çà et là de le couche de neige ; ici un bras, là uve jambe, plus loin des mains crispées, des têtes conservant encore leur physionomie menaçaute et désespérée ! Le docteur s'approcha, puis il recula, pâle, le traits décoiuposds, pendant que Duk sboysit avec une sinistre épouvante, \u201c\u2018 Horreur! horreur ! fit-il.\u2014Eh bien ?demanda le maître d'équipe A \u2014Vous ne les avez pas reconnus ! it lo docteur d\u2019ous voix altérée.\u2014Que voulez-vous dire t Regardez ! ** Cette ravine avait été naguère le théâtre d'une dernière lutte des homnies contre le climat, contre le désespoir, contre la faim même, cat, à certains restes horribles, on comprit que les malhenreux s'ét lent repus de cadavres fu- mains, peut être d\u2019une chair encure palpitante, et, parmi eux, le docteur avait reconnu Shan- don, Peu, le misérable équipage du Forward ; lus forces firent défaut, les vivres imanquèreut à ces infortunés ; leur chaloupe fut brisée pro- tablement par les avalanches ou pric itée daus un gouffre, et ile ne purent profiter de la ibre ; on peut supposer aussi qu\u2019ils s\u2019éga- réreut au tuilieu de ces continents inconnus.D'ailleurs, des gens partis sous l\u2019excitation de lu révolte no pouvaient être longtemps unis entre eux de cette unio q permet d'accom- ment débordé.Quoi qu'il en soit, cot équipage passa évidemment par mille tortures, mille désespoirs, pour en arriver À cette épouvantable catastrophe ; mals le secret de leurs mivères est enseveli avec ur toujours dans les neiges du pôle.uyons ! fuyons ! \u201c a\u2019écria le docteur.Et il entraina ses compagnons loin du lieu de ce désastre.L'horreur leur rendit une énergie momentanée.Ils se mirent en marche, eux \u201c CHAPITRE XXVIL.\u2014CONCLUSIUN A quoi bon s'appesantir sur les maux qui freppèreut sans reliche les survivants de l\u2019expédition ?Eux-mêmes, ils ne purent jatuais retrouver duns leur mémoire le souvenir détaillé des huit jours qui s\u2019évoulèrent après l\u2019horrible découverte des restes de l'équipage.Cependant, le 9 septembre, par nn miracle d'énergie, ils se trouvèrent au cap Horsburg, à l'extrémil- té du Devon-Septentrional.lis mouruient du fuisu ; Îls n'avaient pus nan- gé depuis quarante-huit heures, et leur dernier Tepas fut fuit de ls chair de leur dernier chien esquimau.Bull ne pouvait ailer plus loin, et le vieux Johuson te sentait mourir.11s étaient sur le rivage do la mer do Baffin, prise en partie, c'est-à-dire sur le chemin de Europe.À trois milles de la côte, les flots libres déferlaient avec bruit sur les vives arêtes du champ de glace.IL fallait attendre le passage problématique d'un baleinier, et combien de jours encore 1.Mais le viel prit ces malheureux en piété, est, le lendemain, Altamout aperçut distinotement une Voile à l\u2019horizon.On sait quelles angoisses accompagnent ces apparitions de navire, quelles cruintes d\u2019une es- péranve déçue ! Le bâtiment semble s'approcher et s'éloigner tour à tour.Ce sont des alternatives hoiribles d'espoir et de désespnir, et trop souvent, au monv-nt où les nauf es croient sauvés, la voile entrevue s'éloigue®t s'efface à l'horizon.Le docteur et ses com ons pussérent par toutes ces épreuves ; ile étaient arrivés à la limite ocvidentale du chump de glace, se portant, se poussant les uns les autres, et ils voyaient disparaître peu à peu ce navire, sans qu'il edt remarqué leur présence.Ils l\u2019appelaient, mais eu vuin ! Ce fut alors que le docteur eut une dernière inspiration do cet industrieux géuie qui l'avait si bien servi jusqu'alors.Un glaçon, pris per le courant, vint se heurter couttu | ice-field, 6 Ce glaçou ! \u201d fit-il, en le moutrant de la mou ne à it u ne le com) .\u201c Embarquons baryon: 1\" s\u2019écrie-til.Ce fut un éclair dans l'esprit de tous, Ah ! monsieur Cluwbonuy, monsieur Claw- bonny 1\" répétuit Johusou en embrassaut les maius du docteur.Bell, aidé d\u2019Altamont, courut au traineau ; il en ruppoits l'un des montants, le plante dans le glaçon comme un mit, et le soutint avec des cordes ; Ia tente fat déch rée pour former tant bien que mal uue voile.Le vent était favo rable ; les malheureux abandonnés se précipitèrent sur le fragile rudeau et prirent le large.Deux heures plustard, après efforts inouls, les derniers homines du Forward étaient recueillis à bord du Hans Christien, baleinier dunois, qui regugnait le détroit de Davis.Le capitaine reçut on homme de cœur ces spoctres qui n'avaient plus d'apparence bu- maine ; à vue de leurs souffrances, il comprit leur histoire ; il leur les soins les plus attentifs, et il parvint à les conserver h ie.' Dix jours a Clawbonny, Jobuson, Bell, Altemont et le capitaine Hatteras débaiquèrent Seciand, en Dan i Are pures conduisit à Kiel: de là, par Altous et Hambourg, ils gagnèrent Londres, où plir les 8 choses.Un chef de révoltés Gi n'a jumais qu\u2019une puissnce douteuse entre les mins.Et sans doute, Shandon fut prompte- Îls arrivérent le 18 da même mois, à peine re mis de leurs longues épreuves.Le premier soin du docteur fut de demander à la Société royale géographique de Londres ls faveur de lui faire une communication ; il fut admis à la séance du 15 juillet.Que l'on s'inagine l'étonnement de cette savante assemblée, et ses hurrah« euthousiastes après la lecture du document d* Hatters.Ce voyage, unique daus son espèce, saus pré- éédent dans les Totes de l'histoire, résuusit toutes les découvertes antérieures faites au sein den régions cireumpolaires ; 11 reliait eutre elles les expéditions des Parry, des Koss, des Franklin, des Mae-Clure ; il complétait, entre le centième et le cent quinzième méridien, la carte des coutrées hyperboréenues, et enfin il aboutissait à ce point du globe inaccessible jusqu'alors, au pôle même.Jumais, non, jatuais nouvelle aussi inattendue n'écluta au sein de \"Angleterre stupéfaite ! Lou Augluis sout passionnés pour ces grands faits géographiques ; ils se sentirent émus et fiers, depuis Ie tord jusqu'au cokney, depuis le prince-merchant jusqu'à l'ouvrier des docks.La nouvelle de la grande découverte courat sur tous les fils télégraphiques du Royaume-Uni avec lu rapidité de ln foudre ; les journaux iu- scrivireut le nom d\u2019Hatteras wn tête de leurs colonnes comme celui d'un martyr, et l\u2019Augle- terre tressaillit d'orgueil.On fêta le docteur et ses compagnons, qui furent présentés à Bu Gracicuse ajouté pur le 3rand-Uhancelier, en audience solennelle.Le gouvernement confirma les noms d'île de la Reine, pour le rocher du pôle nord, de Mout- Hatteras, décerné au volcan lui-même, et d\u2019Al- tamout-Harbourg, donné au port de lu Nou- velle- Amérique.Altamont ne se sépara plus de ses compa- grous de misère et de gloire, devenus ses amis ; il suivit le docteur, Bell et Johnson à Liverpool, ui les acolama & feur retour, après les avoir si ongtetnps crus morts et eusevelis dans les glaces éternelles, Mais cette gloire, le docteur Clawbonny la rapports saus cesse à celui qui lu méritait entre tous.Dans In relation de son voyage, intitulée : ** The English at the NorthePole,\u201d publiée l\u2019année suivante par les soins de Ja Société royale de géographie, il fit de John Hatteras I'égal des plus grands voyageurs, l\u2019émule de ces hommes audacieux qui se sucrifient tout entiers aux progrès de lu science, Cependuut, cette triste victime d'une sullime passion vivait paisiblement daus la nutison de santé de Sten-Cott: è l, où son ami Is docteur Sa folie était douce, ue comp en allée avec sa raison, seul sentiment le rattachiait au moule extérieur, sou amitié pour Duk, dout on n'avait pas voulu le sépurer.Cette maladie, celte * folie poluire,\u201d suivuit donc tranquillement son cours et ne présentait aucun symptôme particulier, quand, un jour, le docteur Cluwbouny, qui visituit souvent sou pauvre malade, fui frappé de son allure.Depuis quelque temps, le capitaine Hatteras, suivi de sun fidèle chien qui fe regardait d'un œil doux et triste, se promenait chaque jour pendant de longues heures ; mais ss promenade s'accomplissait invarinblement suivant un seus déterminé et dans la direction d\u2019une cer taine allée de Sten-Cottage.Le capitaine, une fois arrivé à l'extrémité de l'allée, revenait à reculons.Quelqu'un l\u2019acrêtait-il ?il montrait du doigt un point fixe dans le ciel.Voulait-on l\u2019obliger à » r-tournor ?il s'ivritait, «\u20ac Duk, partageant sa colère, aboyait avec fureur, Le docteur olserva attentivement Une manie si bizarre, et il comprit bientôt le motif de cette obatiuation singulière ; il deviua pourquoi cette promenade s'sccomplissait duns une direction coustaute, et, pour ainsi dire, sous l'influence d'une force magnétique.Le capitaine John Hatteras marchait invariablement vers le Nord.Fux mai il ne parlait pas, il rait plus, et ss parole semblait s'être mmm LEGISLATURE PROVINCIALE Les Chambres s'assemblèrent do nouveau mardi, le 19, pour ls première fois depuis le décès du Lieuteuant-Gouverneur\u201dCarou et la nomination de sou successeur.Cet événement a donné, encore une fuis, à l\u2019hun.procureur-géné- ral Augers l\u2019ocession de montrer l'excellente Idée qu'il se fait de ses devoirs constitutionnels.Après l'expédition des affuires sur les ordres du jour, 'hon.M.Augers, en propusaut l'ajournement, fit les observations suivantes au sujet de le nomination du nouveau Lieutenant-Gouver- ueur : Qu'il me soit permis de tue faire l'inter- rite des sentiments de le Chambre au sujet de k nomination de notre Lieutenant-Uouverneur.Pendant 20 ens il a été un des plus forts jouteurs de sou parti et dans toutes les luttes politiques où on l'a rencontré dans le district de Québec.Longteupe la politique « été pour lui une carrière fograte, et ila five de lougs et nombreux combats avant de er ls victoire, Îla occupé différentes positions sous le gouvernement, ot avant d'être nommé représentant de 8a Majesté daus cette province, il faisait Le on ue sa politique a ugrste, s Toujours été fidèle à son parti et il à regu de tes ainis le juste récompense de son sèle et de son talent.Ses talents, eee études sérieuses Vevalent tendu digne du poste auquel il a été appelé, et après avoir longtemps combattu, il a Mis «de côté l'arme et le bouclier pour accepter l'emblêrue de la justice et de l'autorité.La Chambre à vu certainement cette no tion avec plaisir, et je dois remercier sincere went mes amis d'avoir si bien accucilli le représentant de Sa Majusté, M.Joly répondit comme suit : Encore dans cette occasion, je puis dire au gouvernement Que nous approuvons pleinement ses remarques.Ce qui a distingué l\u2018hon.Letellier de St.Just, c\u2019est sa fidélité à son parti, son courage et sa loyauté, et j'ui vu avec plaisir mon bon ami re.connsitre ces qualités que nous retrouverons encore en Jui comme Lieutenant-Gouverneur, 11 out une chose dont je suis convaincu, et ce viens d'enteudre me confirme dans mon ) 3 c'est que cette nomination a été bien accueillie d'un bout à l\u2019autre de Le province, Mercredi, après ln troisième lecture de plusieurs bills et les affaires de routine, l'ordre du jour ayant appelé la réception du rapport du comité général sur les résolutions rélutives à Ja formation d'un fonds consolidé pour les chewing e fer, M.Joly dit que, vu l'heure avancée, itne ferait que de courtes observations, mix qu'il ne voulait pas introduire d\u2019 dements, car Îl objectait À toutes les resolu 11 deman- dora done quelles ne soient pus lues.11 examina chaque clause, et présenta ses ar- ments uclverses, lu conclusion générale de son iscours étant que le gouvernement vouluit emprunter #3,000,000 pour les ajouter aux $3,000,000 déjà empruntés, et que lu provine ne pourrait reucontrer les $860,000 pur année d'intérét sur cette dette de $11,000,000 L'hon.M.Church répoudit longuement i l\u2019hon.député de Lotbinière.Après avoir parle de l\u2019exvelleute position financière de la province, de tous les moyens qu'elle avait A sa disposition pour faire face à wa obligations et au femont de l'intérêt de lu dette des chemius e fer, il acouss l'hou.député de Lothinière de l'avoir mal compris et d'avoir tiré de fausses conclusions au sujet de lu condition de lu province.La province n'aura pas à payer $640,000 comme l\u2019a dit son hou.ami, car il faut considérer que lu dette n'est pas du $11,000,000, muis seulement de $S,OUU,ULU, et en admettant qu\u2019elle suit augmentée de trois williens, ce ne serait Ni cette année ni l'année prochaine, et alors si le revenu casuel de la province augmentait dans lu même proportion que durant les 8 dernières années, il sera facile de payer un in- térét de $560,000.Le budget de 1877-78 pourvoit amplement au paiement de l'intérêt de $4#0,0v0.L'orateur parle ensuite de lu ligne «de chemin de fer entre- ine par le gouvernement et ci témoignage \u2018un ingénieur habile qui prédit que dans los premières Hees nutiem out les dépenses \"exploit, | seront payées, mais que les bénéfices couvrirunt une partiv du paiement de l\u2019intérêt.lly eut beaucoup de besogne d'accomplie jeudi, muis la séance ne fut assaisonnée d\u2019uucun discours iusportant.Veudredi, au coutraire, l'éloquence faisait vibrer les galeries, et_ certes, le nujet s\u2019y prétuit.II w'agissait du bill pour protéger les Swurs de In Providleuce dans l\u2019exer- eice des industries à l'aide desquelles elles soulagent tant de misères.M.Maillon à plaidé leur cause avec autaut d'habileté que de feu.MM.Joly, Luframboise et Préfoutuinr se sont opposés à la mesure, cone Une atteinte aux droits «es commerçants, M.Ogilvie à proposé d'abord que le bill soit renvoye & trois mois, Luis que, s'il passait, Une clause y suit intro.unite enlevant aux religieuses leurs privileges, exemptions de tuxes, etc.; mania la mesure fut adoptée telle que proposée, pur un vote du 40 cuntre 13.- Les résolutions proposées par l\u2019hon.M, An- gurs concernant les chemins du fer fureut aussi adoptées.\u2014\u2014 \u2014Le papier Rigollot, pour sivapismnen, est le seul sich ar les bôpilaux civils de Paris, par Leurs Exoellotioes les winistres de lu guerre et de la murine frangaise, pour le service des am- Lulauces et de lu fotte.Le seul adopté par l\u2019Aruirauté pour le service des hôpitaux maritimes et militaires de Su Blais 1a Reino d\u2019Angloterre, lmpératrice des .mder, Le seul dont l'entrée de l'empire soil autorisée par le Conseil Tuupérial de sauté du Czur de toutes les Russies.Be trouve daus les principales pharmacies du Cauada.Vente en gros: A.DuLau, 223, rue McGill, Montreal, \u2014\u2014t- Avis apéciaux.\u2014Les Pastilles-à-Vors Vé- gélales de DEVINS sont ut \u20ac amélioration des tetnpe moderues daus le traitement médical des enfants.Elles réunissent en elles-mêmes des alités jusqu'à présent considérées fircompn tibles, étant eussi délicieuses au goût que la confiserie la plus délicate.L'enfaut en bas âge, du tempérament le plus reviche, los savoure avec délice, et les wires fasoille peuvent administrer ces Pastilles ou toute sûreté, comme nous n\u2019en doutons pas, elles tiennent soulager leurs enfants per la destruction des vers d'une mauière certaine et complète.Pour éviter ln soutrefaçoi, assurez-vous que Le mot ** DEVINS \u2018* est entampillé nur chacune de ces Pastilles. 594 Zrii Ed ene L \u2014 = x 1876 OPINION PUBLIQUE = me = 28 Deceupe re A.(A | IL be Là 26.y WN iy a is ; p | f | A Ni ; | = | | Li H Lig J 3% [I i a | ~, if UN il 245 = UN RY ) Un 4% fi (00 0 lin Æ | | 3 oN 1 tN 3 Ii & hy 2 4 9 a i | M fi ÿ \u20ac 4 |; | 3 & i | | i wr a! May Ÿ i! i \\ y | sg ol i rT S ATV a J) pi \u2018 [3 A 5 2 4e ve, NS i 4 \\ LE y + hy À \\ XH) | | / NN a I! Ww À | ei Jy eo | DE Wn AL 1 7 Al: | J fh iid \\ | i | I | NY ! | M VAN qu A il J ls i 4 | 1,008 Li | I I od I ñ A | | J % 7 Ty | Ml X ji | 1 tha [) id ; | | RE | | | f fh I : | Pm If il | 4 À x I SE 3 | | M | | J A SAN 22 y, Qu bye Vd | | | N of bi i b m 3 5 1 A ht WHAT RLIP NT vires Bs Was, v | Zn ba | | I Au pi il I Un POP J - y il i J jt i br peg y Win Va 4 | 3 P iy {a1 eo | , i or Gy oid /IN if nN A } Ab, ; = As n I mi » 8 IE) i | Cp dite CS » i li oJ = Bi 7 semé HE FT Lie j Hl Ma) ; S \\{ ON NN * ed = + A 7 %, ee i 7 Bl Ni A y a me tl & I ra a A a PAS i Ji PUNEKAILLES bit LIFUTENANT-GOUVERNECR CARON LE CATAFALQUE ET LE SANCTUAIRE, DANS LA BASILIQUE.ta - - J a \u2014 \u2014 ia LS TT YZ ar Le À CA i uh we (fi 7 z np À ne, 5 ii) 707 77 [El {3 i, lig 1 ab x \u201cil \u201c si ll Be ok 2 3.xy 9L8T duansosq 82 À ji RE a by à - sé Hr \u2018 17] a» gy 4 ti eg \u201ceg i 1 0 a VA sf att GT d i F À es H E: % y jt v 4 it 1 8 ; ! | jt M.3 Ww oo = Al 4 be ; Fat j % fs wy #6 yp ih hf VA 1 4 | 4 SP I & i 1 ] = | $ 4! 7 | ÿ 0 f 7, i sh 5 24, À il, 14 i th i 4 ; 7 des i i Homer Qa if fh fi cH i, i ji i a 4 | fi ; : pH 2° To A + La 4 | I ; it #4 if ib.+ j BH jo ; i Ji i | a if i i bi ih {3 Ls il qw li {i pr ih sn un ; | i K RG A a) i al Ni LE Th 14 ph fe RENE VA y 4 I gl fi ni | ar Lai ut RU 4 i sf = li; ol i i ny A 1 7 i W - iil it fi 1) if 3 { 1 ra 1 Lit ni) ili ho | | y ily il i P i : ni h i Ÿ i oH 4 j i Vi LP PE) , lg [A [i il I te it ir Ei! / Jj H sg\u201d + pe : 2 * i i Ÿ » J ii PALI ki SE il ii ÿ =, ik PA ray { | 4 po ot t i i 7 PV 2° tl ~~ 5 go LY * on - Jd va NN i i A A tm % VS ow FU ho rs re Ne \u2014 oS \u201ceu LU a A Po pat, ve ; ca 7 af ay \u201cat 8 Y \u20ac HNDOTIHNE NOINIJdO:1 id | a) & EY ei es pL Een py és 2 au a La.vo, Es He a 5 fo 2 nd = \u201c, = À J yA 5 \u20ac +e ra od = (AE cx ss \u201cpr ESS \u201cof Ld wy Ÿ ig, \u201c 7 Has oi Xs NS WN LE AW = » of Na 4 ra 9 hy See 2 \u2019 LIN J Vy J 4 A NR = [Ig RL FUNÉKAILLES LU LIEUTENANT-GOUVERNEUR CABON : LA PROCESSION PASSANT DEVANT L'HOTEL-DE-VILLE.\u2014\u2014 mms te oe ome 969 596 28 Decexpre 1876 LITTERATURE CANADIENNE Le Roi des Etudiants CHAPITRE XXVIII OU TOUT LE MONDE 8E RETROUVE (Suite ci An) Il reviut bientôt, leu bras chargés de bouteilles, qu'il pressait amoureuscment sur son cœur, Quand tout ce butin fut rangé en bataille sur la table, Lafleur s\u2019écris : \u201cMes amis, à présent que nous nous connaissons pour des gaillards solides qui savent prendre 1a vie comme il faut et la mener joyeusement, je ro de faire rondement les choses.Et, d'u- bon , buvous à l'éternelle amitié que nous ve.noux de contracter, le gros Bill et moi.\u2014Oui ! oui ! cris-t-on de toutes parts: que les columbes se dévorent entre elles, plutôt qu'un nuage n'obscureisse une si belle atuitié ! \u2014A pleins verres, mesvicurs ! tonna Lafleur, tout en cachant négligemiment le sien, qui était aux trois quarts rempli d'eau.Cette recommandation était inutile pour les denx nouveaux arrivants, car ils avaient une soif de fiévreux et ne demandaient qu\u2019à s'humecter largement Is gosier, La santé des nouveaux amis fut donc bue aver entraînement ; puis vint celle de Simon celle de la mère Fripoune, puis celle du gran chieu fauve, puis celle du chnt noir, puis.on 1e sut plus à qui boire.A cette phase de l'urgie, tout le monde était aux quatre-cinquièmes ivre.Bill avait In figure vermillounée et turgescentes ; Pusse-Partout du- meuvait pâle et enguleux, mais ses petits yeux noity lungrient des regards en vrilles, tout tordus d\u2019évluirs joyeux ; Simon avait roulé sous la table et ronflait comme un cachalot ; la mère | Fripoune, le nez sur ses genoux, cuvait son whisky en face de la cheminée Quant à nos deux intimes, Lañeur et Cardon, ils semblaient plus ivres encore que les autres.Le premier avait, suns cérémonie, escaladé Ia! table, et, là, dominant les pochards ahuris, il hurtait su chanson favorite : le Greud-pére Nod, À luquelle répondait, d'une voix de girouette rouillée, l'illustre Cardon.Ce tintumarre diabolique dura jusqu'à plus de quatre heures du matin, où Passe-Partout se dévlura tout-à-fait incapable de buire une seule outte dr plus et manifesta le désir de garder fatome de lucidité qui lui restait.Bill se récria : \u201c\u2018 Maisily a encore une bouteille pleine disait d'un ton lamentable.\u2014-11 est tem, songer nos affaires, répou- dait Tasse-Partout, ue po \u2014 Au diablo les sffaires!.reprenait le cant.8 \u2014Au diable !.hum ! et le patron, I'en.vois-tu au diable, lui ausei ?\u2014Quel patron 1.Al ! ce grippe-sou de Lapierre.\u2014Chiut ! \u201d Cette dernière recommandation fut accom née d'un ui formidable coup de pied, que La- leur et Cardon, qui paraisssient sommeiller, tressautèrent sur leurs escabeaux.| Ts échangèrent un rapide regard et se levèrent © négligemment.Elune singulière, malgré l'énorme quantité de whisky wils avaient bu, les deux jeunes ns sem ident parfaitement solides sur leurs fraubes et toute trace djivresse avait disparu.Peudant que Passe-Partout, avec une peinte d'inquiétude dans le regard, cherche à se rendre compte de cet étrange phénomène, expliquons- le à nos lecteurs.On se rappelle qu\u2019aussitôt la voiture arrivée, Pusse-l\u2019artout sauta à terre et courut à la mû- sure de la mire Friponne ; On se souvient aussi u'il revint vors Bill et lui annonça qu\u2019il y avuit & monde, et qu\u2019il faudrait tourner la maison, pour entrer par derrière.Ce qui fut fait, Mais toutes ces allées et venues ne s'étaient exécutées sans éveiller l'attention des bôtes Te mère Friponue.Or, comme ces hites n'é.taieut rien moins que Lafleur et Cardon, c'est à-dirv des amis de Gustave Després ot du Cabou.* lot, disparus si étrangement depuis quelques jours, on conguit que tout ce qui seutait le mystère dût leur mettre la puce à l'oreille, Ils profitérent donc l'absence de la vieille pour regarder par la fenêtre et assister au sin.nlier transbordement que nous aveus décrit, ulheureusement, la lune, comme si elle l\u2019eût fait exprès, se cavhs derrière un nuage au mo: ment où le lugubre co: passa près de le maison, et ils ne purent l\u2019homme garrotté et bâillonné que l\u2019on était en train de mettre à l'ombre.Toutefois, ce qu\u2019ils en virent leur donna l\u2019éveil et fit naître dans leur esprit une éti émotion, mêlée d\u2019une espérance ees Bi c'était Gustave on lo Cappaor que Fon aisait ainsi disparsître !.Ce Lapierre de malheur | eu était bien capable, après tout ! * Veillons main, rte Cardon, avait murmuré Lafleur à l'oreille de son camarade ; quel- h: ue chose me dit que nous ue serons pas veuus ci oe soir pour rien.«Tu crois donc que ça pourrait tre.1\" avait répliqué Cardon.\u2014Ça me ledit.j'ai un pressentiment.Mais, ehut voilà nos bardite qui remontent de le cave.Tächons de les griser ot de ne pes perdre L\u2019OPINION PUBLIQUE 1s boule, nous.Une autre fois, nous leur re.vandrons ge, LY L'arrivée de lu nière Friponne, suivie deu deux prétendus explorateurs\u2014une petite qualité inventée par I' ngénieuse vieille\u2014mit fin au colloque, et l\u2019on \u20ac spprèts À bien recevoir des gen- êlemmen aussi considérables, Nous avons vu avec quelles démonstrations chaleureuses furent accueillis les honorables ex- prorateurs du pays situé en arrière de Charles.; nous avons entendu les sertnents d'é- ternello amitié échangés entre leu quatre nouveaux amis et acellés de formidables libatious\u2014 réelles pour Passe-Partout et Bill, mais simulées pour les deux étudiants ; il nous = mdme été lonné de suivre les progrès de l'ivresse chez l'insatiable géant et\u20146 néant de la vertu bu- maine !\u2014chez l'incorruptible lieutenant de La- erre.» Le programme tracé par Lafleur avait donc été exécuté sans encombre quant à ce qui concernait l'ivresse ; mais, par malheur, jusqu\u2019à près de cing heures du matin, toute tentative pour faire jaser Jes deux apôtres avait échoué, De guerre lasse, Lafieur et Cardon essarèrent d'un nouveau stratugème : îls feignirent de dormir.C'est à ce moment même que l\u2019asse-Partout déclara eu avoir assez et refusa de boire la dur- uière bouteille avec son vorace compagnon.La partie semblait done fort compromise et les étudiauts se disposaieut à dresser de nouvelles batteries, lorsque le nom de Lapierre, impra- demment échappé à Bill, éclata comme une bombe à leurs oreilles, L'effot fut instantané.Plus de doute : l\u2019homme garrotté que les deux cheunpans avaient transporté daus les caves de 1s mésure ne pouvait être autre que Després ou le Caboulot !.\u2026.Et le mariage de Lapierre qui allait se célébrer le matin même!.\u2026.Lafleur et Cardon se levèrent donc tranquillement de leurs siéges ; puis, avec la mêine insouciance, ils se dirigérent chacun vers leur ami de fraîche date.Voysnt cette manœuvre, Passe-Partout se dressa sur ses jambes et mit une main dans su poche, d'où il tira rapidement un revolver.Mais le pauvre on n'eut pas le temps de gen wervir: Cardon bondit sur lui, empoigna l'arme et l'arracha des mains de Passe-Partout ; puis, de In muin gauche, il entoura le maigre cou du petit hotmme, qu'il alla proprement coller à la muraille.De son côté, Lafleur s'était disposé à sttaquer Bill ; wis voyant ce dernier deus l\u2019impossibilité absolue de se lever, il se contenta de le fouiller et de lui ôter son poignard.\u201c Des cordes ! crin Cardon.\u2018celles qui lient Després.\u201d Lafleur partit en courant.Mais un épouvantable fracas l'atrêtu our le seuil du cabinet noir, + = homme bondit comme un léopard en face e lui.- \u201c A moi, Lafleur! & moi, Cardon ! cria cet homume, d\u2019une voix terrible, \u2014Gustave ! Gustave ! \u201d hurlèrent lex étu- disuts, C'était, en effet, Gustave Després.Comument s\u2019était-il échappé 1 par quel trou de souris avait-il ' Nous allons le dire.La porte ne se/fut pas plus tôt fermée sur les talous du dernier de ses geôliers, que Gustave sortit de sun impassibilité et chercha à se débarrasser de ses liens, La chose n\u2019était pas facile et, pendant une bonte heure, le prisonnier s'épuisn en efforts infructueux, Les cordes étaient solides et le fcclaye exécuté de main de maitre.Pas la moindre possibilité de desserrer les tenaces nœuds coulauts qui reteuaient les poignets derrière le dos ! Després, ruisselaut de sueurs et accablé de fatigue, se laissa retomber sur le sul, dans un état de prostrution cozuplète.Mais «i le corps se ruposait, la tête continua de travailler.Au bout d'un quart.d\u2019heure de réflexion, le jeune homme tressaillit sur sa couche raboteu.ue idée venait de lui traverser la tête : \u201c Si je pouvais prendre mon couteau ! * um ! ce n'était pas une miuce affaire ! Le couteuu en question se trouvait dans la poche droite du pantalon.et comment l'atteindre 1.N'importe ! Deaprés se mit aussitôt à l'œuvre.ll we tourna, se retourna, se turdit, réussit à introduire le bout de ses doigts dans la bienheu- Teuse poche, à saisir le couteau, le sortit à moitié, le prod le rattrape, et flualement poussa un ori de triophe, .Le couteau sauveur, échuppé de sa retraite, gisait sur le ool ! Le prendre, I' Vas prendre \u2018ouvrir, couper, svier un peu re de cluq minutes, Quand Gustave cuesa de travailler, ses liens gisleut Par terre ; il était libre.dans sa son stinguer les traits de pri Comme on peut le sup poser naturellement, le |, nit le biillon sous lequel étou risonnier subit le mêtue sort que les liens, et le Roi des Etu- diants put enfin détirer ses pauvres membres tout courbaturés, Cela fait, Després se mit eu devoir d\u2019inspecter aa prison: n rayon de lune qui filtrait par le grillage d\u2019un insuffisant pour bieu étu lieux, le jeune jomme alluma une allumette, puis deux, puis aix, puis d\u2019autres sucore.après cette série d'illaminstions fastucuses, |\u2019 Gus ve savait ce qu'il voulnit savoir; fl était fixé sur l\u2019unique d'affaire.On n'a pas oublié que la cave où «valt été transporté notre ami se trouvait du côté du chance qu'il avait de so tirer vtit soupicail lui ayant para geu ler les nord, séparée de la distillerie par un mur mitoyen etayaut au-dessus d'elle les appartements inocenpés de ls mésure, dont un servait de prison à la malhoureuse sœur du Caboulot.Or, le plancher supérieur de cette cave était daus un état complet de délabrement.Les ma- driera qui la compossient étalent aux trois- quarts pourris et ne tenaient aux solives que Par un miracle des lois de lu pesanteur.Gustave n\u2019hésita pas.11 comprit que son fort couteau aurait bientôt fait justice de ce bois vermoulu et se mit à l\u2019attaquer avec énergie et précaution, de peur d'atirer l'attention TaVisseurs.Au bout d\u2019une demi-heure de travail, deux des madriers du premier plaucher étaient coupe et leurs débris gissient par terre, laissant éante une ouverture de deux pieds sur six, à peu près, à l\u2019encoignure nord de la cave.Restait lv deuxieme plancher-\u2014celui qui formait le parquet de la pièce au-dessus.près se repous cing minutes et recommença à jouer du couteau.Ce fut plus long, cur le plancher supérieur se trouvait être en meilleur état que l'autre ; mais, enfin, après un travail opiniâtre de plus d'une Leure, une coupure transversale en avait séparé les madriers et il ne restait plus qu\u2019à les fuire basculer sur In solive qui touchait À la muruille.Després avait un crochet à son bieuheureux couteau ; il l\u2019introduisit duns la rainure, tira À lui et faillit pousser un cri de joies en voyant le jour lui arriver à flots par l'ouverture que Inissérent les madriers en tombant.Mais une autre émotion, plus forts et plus inatteudue, lui était réservée: En passant sa tête par le trou pour se hisser à l'étage supérieur, Gustave apergut une jeune fille assise sur un méchant grabat, dans le coin d\u2019une chambre triste et nue.La malheureuse avait la téle dans ses mains et lui tour- wait le dos, Elle était, sans doute, sous le coup d'une immense préoceupation, cnr elle n'entendit pas le bruit que faisait Després en prenant pied dans sou réduit.Le Roi des Etudiants fit un pas en avant ; la jeune fille se retourna, effrayée, et deux cris étoullés partirent simultanément : \u201c* Gustave ! \u201c* Louise 1\u201d Puis un court silence suivit, pendant lequel les deux anciens amants des bords du Richelieu sentirent leur cœur envahi par un flot de souvenirs douloureux.Louise était trop émue ur parler, et Gustave, brusquement placé en lave de cette joune fille qu'il avait tant aimée, ccoyait enteudre gronder en lui-même, comme un tonnerre lointain, les dernières rumeurs de sa passion expirante.Etat lui qui, dominant sou trouble, rompit le premier ce silence plein d'augoisses.** Louise, dit-il avec mélancolie, nous nous revoyons dans de tristes circonstances, Hélas ! Gustave, répondit la jeune fille, en relevant ss tite blonds et son visage pili, que vous est-il donc arrivé et comuient se fait-il que je vous retrouve ivi, après vous avoir laissé là- tout subglant et évanoui ?\u2014C\u2019est toute une histoire.J'ai été transporté chez vous par Geo: et je n'en suis parti qu\u2019hier soie, après que les soins assidus de votre excellent pèreet d'un habile médecin M'\u2019eussent remis sur pied.\u2014Ah !.mais cela ne me dit pourquoi vous m\u2019apparaissez comme dans les contes de fée, surgissant des entrailles de la terre, \u2014Oh ! ceci est le fait d\u2019un monsieur qui m'en veut beaucoup et ne me l'a que trop prouvé, répondit Gustave, aveu Un sourire amer \u2014Que voulez-vous dire ?fit Louise, étonnée, \u2014Je veux dire que, tel que vous me voyez.je suis prisonnier mousieur Lapierre.\u2014 Vraiment ?,., le misérable ne s'est pus contenté.1 \u2014De m'envoyer au pénitencier t.,.de m\u2019assassiner dans un endruit écarté 1.Non, mademoiselle ; il lui restait à me séquestrer : c'est ce qu'il vient de faire, \u2014Oh! mou Dieu! mon Dieu! gémit la pauvre fille ; mais c\u2019est donc un monatre que cet bemme ?\u2014Comme vous dites, mademoiselle, répondit Després, eu s'inclinant froidement.\u201d Puis, au bout de quelques secondes, il reprit : | \u201c Et, vous, de combien de temps êtes- vous ici \u2014 Depuis cette soirée où je vous trouvei dans le parc de Mme Privat, baignant dans votre sung.2 Comment vous trouviez-vous Ik ** demands le jeune homme, avec une certaine anxiété.uise hésita un instant, puis répondit d'une voix douce : \u201c J'étais allée chez vous avec mon frère et, «ppreuant votre départ, nous allions à vutre rencoutre.* \u2014À tua rencontre 1.Et pourquoi ?** Louise tombe à genoux, prit les muins de Després et murmura en sanglotant : le J'avais assez souffert.je voulais être perdounée ! Gustave pilit.,.Le fantôme de la trahison de on fiancee se un moment devant ses Jeux, escorté du spectre sévère de la ven- nce.Mais il avait soutfert, lui aussi, et chez les âmes vraiment fortes, la souffrance élève le sentiment et met au cœur ls sainte compassion.Gustave chessa donc, d'an froncement de souroil, les deux sinistres apparitions 11 releva Louise, le baise au front lui dit simple.Louise, de ce jour, le passé n'existe plus - fo toe to 0 La douve jeune fille, sentant qu'elle méritait oe pardon, ne répondit qu\u2019un mot : * Merci 1\u201d Puis elle ajouta aussitôt : * Et, maintenant, mon bon Uustave, cours où le devoir t'uppelle.Ilya lA-bas une malheureuse enfaut qui t'attend comme un sauveur.Laisse-moi et volu à lu Canardière, \u2014Tu as raison, Louise, mais nons irons tous deux.Ton témoignage ne sera pas inutile.\u2014Je suis prête à tout.\u201d En ce momeut, une voix puissante se fit en.ses tendre au loin, dans la maison, chantaut ce refrain connu : C'est notre grand-pére Nob, Patriarche Tine, Que l'bon Dieu nous 5 eunservé Pour planter lu vigne.\u201c Lafleur ici ! s'écria Gustave.Nous sommes sauvés.Vite à l'œuvre !\u201d Et, bondissant vers lu porte, le vigoureux jeune homme lu frapps si violemment de son pied, qu'elle vola en éclat.était ce fracas qu'avait entendu Lafleur, ! Ciny minutes pie tard, Bill et Passe- Partout \u2018étaient garrottés leur tour, et Gustave Després, \u2018sur le point de partir, disait : | « Mes amis, il est cing houres et je n'ai un iustant à perdre.Je vois donc prendre les devants.Quant à vous, abandounez ces deux coquins à leur sort et conduisez cette jeune fille là où elle vous dira d'aller.C'est compris, n'est-ce pas ! \u2014-Oui, oui ! et elle n'aura pus à we plaindre de nous, répliquérent les étudiants.\u2014À tantôt, alors ! \u2014À tantôt/ Vive le Roi des Etudiants ! * Gustave prit sa course et descendit ln route de Charlesbourg ; muis, au \u2018moment d\u2019en tourner l'angle, il se heurta presque à un jeune homme qui In remontait.11 ne put retenir une exclamation : \u201c Ls Caboulot ! \u2014Gustave ! répondit I'enfant, tout essoufilé.\u2014D'où sors-tu ?\u2014De chez Lapierre.\u2014Je m'en doutais.Tu t'es donc évadé ?\u2014Oui.Tout le monde est en campagne depuis hier soir.Ou m\u2019a donné pour gardienne une femme à qui il restait un morceau de cœur : je l\u2019ai_attendrie, et je cours chez une certaine mère Friponne que j'ai entendu nommer de mu prison.Ma sœur doit y être.\u2014Elle y est, et sous bonne garde, encore.Hâte-toi et ramène-là.\u2026.elle te dira où.\u2014J'y vole.Et toi?\u2014Je suis pressé.je te conterai cela plus tard.Au revoir !** Et Gustave poursuivit son chemin, au pas du course.Nous avons vu que, lorsqu'il arriva, il n'e- tait que temps ! CHAPITRE XXIX LE JUGEMENT DE DIEU - Nous avons vu, daus au chapitre précédent, uel coup de théâtre produisit l'arrivée du Roi de Étudiants dans le grand salon du cottage, alors envahi par l'élité de lu société québec- quoise.; ; ; Lapierre, debout près du notaire, se laissa tomber sur un siège, pendant que sa figure du cire prenait les teintes livides de la terreur, Quand à Laure\u2014nous l\u2019avons dit\u2014elle Inissa échapper la plume qu\u2019elle tenait, joignit les miains et leva les yeux au ciel, duns un élan spontaué de gratitude.Tout le monde s'était retourné vors la porte et chacun regardait avec Une profoude stupéfac tion ce beau jeune homme pale qui s'était ar- rété sur le seuil du salon et dout la vue impressionnait si fort le couple qui alluit bientôt s'unir.Ce fut une heureuse diversion pour Champ- fort, cur elle empêcha son coup de tête d'être trop remarqué, et Edmond put le rameuer à l\u2019écart sans qu'il fit aucune résistance.Cependant, Gustave Després, après w'être orienté un iustant et avoir promens son regard daus ln vaste pièce, s\u2019uvança lentement vers lu table et s'inclinant devant madame Privat, qui n'était pas encore revenue de son ébaliissement : \u201c* Madame, dit-il d'une voix grave, vous me pardonnerez d'avoir répondu si tard à votre gracieuse invitation d'assister à votre bal jeu moins que la privation absolue de mu liberté n'aurait pu m'empécher d'assister aux splendeurs de ce grand festival.Aussi, étais-je bel et bien prisonnier.Mais j'ai brisé mes Hens, fait sauter mes verroux.et me voici!\u201d Et Després, en prononçant ces paroles sur un ton d'exquise galanterie, se retourna à demi du côté de Lapierre et lui jets un regard froide- vent railleur, que oc dernier ne put soutenir.La riche veuve ne savait trop que penser de ertte tirade, qu\u2019elle trouvait pour le moins excentrique ; mais elle était de trop bonne société pour ne pes y répoudre poliment.* Mousieur, dit-elle gracieusement, vous nous donnes là, à mes enfants et & moi, une trop grande preuve d'attachement pour que je ne Vote prie pas de me dire votre nom.\u201c hedeme, répondit le jeune homme, je me mommais autrefois Gustave Lenoir ; mais des loirconstances d'une nature particulière m'ont \u2018forcé de prendre le nom de ma mère, et, main- itenant, je m'appelle Gustave Despres.\u2014C\u2019est notre roi, ma mère, c'est le Roi des Éiudients ! ajouta Edmond.\u2014Ab! fitla veuve.Fh bien! sire, ajouta.telle en souriant, Votre Majesté nous fers l\u2019hon- peur de signer sur lo contrat de marisge de me 28 Decembre 1878 L\u2019OPINION PUBLIQUE 697 fille, dont la lecture venait de se terminer au moment de votre arrivée., \u2014 Madame, réplique Desprée d\u2019une voix toujours courtoise, mais ferme, je regrette infiniment de ne pouvoir apposer 1nu royale griffe au bas de cet acte noturié, car je suis venu, au contraire, pour empécher ce contrat de se signer.\u2014Pluit-il, monsieur 1 fit madame Privat avec hauteur, car elle commençait à trouver la plaisanterie un peu forte.\u2014C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire, madame.\u2014Aiusi, vous avez réellement la prétention d'empêcher le mariage de ma fille ?\u2014J'ai la prétention d'empêcher Joseph La- Pierre d\u2019épouser mademoiselle Laure.\u201d La veuve du colonel eut un ricanement nerveux.«* En vérité, monsieur, vous êtes plaisant pour un roi ! dit-elle, \u2014J'ai bien peur, madame, que vous ne me trouviez, an contraire, bien lugubre dans quelques instants,\u201d répliqua solennellement Des rés.P Cette réponse fit tressaillir légèrement la veuve et causa une certaine émotion duns l'us- sistance.Les fauteuils se rapprochèrent insensiblement et les chuchottements cessérent, comme si les paroles ilu jeune étranger eussent été le prologue de quelque drame mystérieux.Quant à Lapierre, redevenu à peu près maître de lui-même, par un puissant effort de volonté, il se tenuit renversé sur son fauteuil, le regard insolent et In lèvre dédaignense.Il semblait assister À quelque bonne farce d\u2019écolier, et ne pas se préoccuper le moins du monde de ce qui pouvait en résulter.Mailame Privat, après une minnte de vague contrainte, reprit avec une sorte d\u2019impntience : \u201cEnfin, M.Després, plaisant ou lugubre, ex pliquez-vous.Qu\u2019y a-t-il ?de quoi s\u2019agit- il \u2014De quoi il s\u2019agit ?je vais vous le dire, ma chére dae, riposta une voix métallique et railleuse, qui n'était autre que l'organe de Lapierre.\u2014Ali * fit la mère de Laure, vous sauriez t.\u2026.-\u2014Oui, madame.Le monsieur tragique que vous avez sous les yeux n\u2019est rien moins qu'un «de mes anciens rivaux qui, pour un amour rentré, me fait l'honneur de me haïr et s\u2019est juré de me faire tort auprès de vous.\u2014Ah ! fit encore la veuve du colonel, je m'attendais à une tragélie et voila que vous me menacez d\u2019une pièce bouffonne ! C'est mal à vous, mon cher gendre : vous effeuillez mes illusions.\u2014Mn bonne mère !.supplia Laure.\u2014Ma tante {appuya Champiort, cen paroles.\u2014Vous vous hittez trop de juger, ma mére ! dit à son tour Edinond.\u2014Laissez fuife, répliqua Després d\u2019un ton calme.Madame Privat est parfaitement excu- sahle de me persifiter au peu pour plaire à celui qui devait être son gendre, car elle ne mit pas encore que l'insolent qui vient de me provoquer, lorsqu'il aurait dû implorer mon silence à @- noux, est le meurtrier de son mari.\u201d À cette froide déclaration, tombant comme une bombe au jen de l'assemblée silencieuse, il y eut un frisson général de stupeur.Madame Privat palit affreusement, tandis que Lapierre bondit de son siége et montra le poing à Desprès, en criaut d\u2019une voix étranglée : \u201c* Infâme calommniateur ! \u2014 Monsieur ! disait en même temps lu veuve, qu'aflirmez-vous là ?\u2014J'affirme, madame, reprit Després avec force, que l'homme qui aspire à la main de mademoiselle Laure ent Passa u du colonel Privat.\u2014L'assassin de mon mari ?\u2014Oui, madame.à moins que celui qui organise le meurtre soit inoins coupable que l'instrument qui l'exécute.\u2014Je ne comprends rieu à tout cela, monsieur.Îæ colonel Privat a été tué à lu tête de son régiment, comme un brave officier qu\u2019il était : voilà ce que je sais.\u2014C\u2019est vrai, madame ; mais une chose que À vous ignorez, c'est qu\u2019il u été attiré daus un guet-apeus par un lâche espion qui se disait son ami.\u2014Attiré dans uu guet-apens ?.trahi par un ami ?.Oh! monsieur, quel abime de malheur et de honte vous nous ouvrez là ! \u2014Madame, répondit Després avec une tris- tense grave, soyez persuadée que si le bonheur de votre chère fille n'était pas en jeu, je me refa- serais à soulever le sombre voile qui cache toutes ces turpitudes ; je vous laimerais dans votre bienheureuse ignorance de ces événements téné- Dreux.Mais mon devoir est là qui me pousse, et, d'ailleurs, In Providence m'a chargé de pu- mére grand criminel : je ne faillirai pas à cette e.\u2014Monsteur aurait dû pénétrer daus cette enceinte en costume de grand justicier du Moyen- Age et escorté du bourreau et de ses aides, fit entendre la voix narquoise de Lapierre.\u2014Misérable! tonna Després, oses-tu bien parler de bourreau, toi qui as fait assassiner lo fie de ta fiancée ; toi qui na essayé de me tuer hement, il n\u2019y a pas plus de quatre jours ; tof, enfin, ul viens d'enlever à leur vieux père une jeune fille et un enfant 1.Ah le bourreau, il ne se dérange par pour toi, car il sait fort bien que tu iras fatalement à lui avant qu'il soit longtem \u201d Un v lent tunnuite suivit cette sortie.\u2018Tout le monde se leva, et la curiosité fit que chacun se ports eu avant.Lapierre, lui, eauta pardessus le table qui le séparait de son audarieux wdversaire, et alla se heurter entre les bras tendus de Champlort et du jeune Edmond, accourus r r Des prés.T1 écomait de Tage et jurait comme un portefaix malappris.* Gneux ! criait-il, forçat évadé ! oscras-tu bien répéter ce que tu viens de dire ?\u2014Non-senlement je répéterai mes accusations, répondit Després d\u2019une voix très-calme, ais j'ajouterai que, non content d\u2019avoir fait assessiner le colonel Privat, tu as exploité Is teudresse filiale de son enfant dans le but de Vemparer de sa dot.\u2014C'est vrai! s'écria Laure d'une voix stridente \u2014 Madame, au nom du ciel, reprit Lapierre, en s'adressant à la veuve, ne vous Jaissez pas circonvenir par un imposteur que le dépit aveugle.Cet homme me poursuit d'une haine implacable, je vous l'ai dit, et cela pour un tour d'écolier que Ini ai joué, il y a plusieurs an-l nées, en me faisant simer d'une fillette dont ir raffolsit.Je vous donne ma parole d'honneua que tel est le véritable, l\u2019unique mobile qui I's poussé à venir ici ce aoûr raconter ces ridieule.histoires de guet-apens et de réquestrationt J'espère que vous ne m\u2019humilierez pas au point d'écouter un calomniateur aussi ridicule, et qu\u2019au contraire, vous allez le faire chasser immédiatement de ce salon par vos domestiques.\u201d Madame Privat, ahurie et ns sachant quel parti prendre, allait probablement donner dans ce wens, lorsque Champfort s\u2019écria : *¢ Pur le sang de mon oncle! M.Lapierre, il n\u2019en sera pas ainsi et vous allez bel et bien subir votre procès en présence de cette honorable compagnie.Ri vous êtes innocent, qu\u2019avez-vous A cruindre 1 On ne forgera pas, jo suppose, des preuves contre vous, et ma tante ne se rendra qu'à l'évidence la plus indiscutable ! D'un autre côté, si les avcusations d'un homme comme Gustave Després, dont je m'honore d\u2019être l\u2019ami, sont fondées et prouvées, pouvons-nous, ma tante peut-elle Inisser des crimes aussi odieux impunis?.Ne doit-elle pas à la mémoire de son mari, à la société, de vous faire enfin expier la trop longue série de vos forfaits ?\u2014Vous auriez fait un excellent homme de loir M.Champfort, car vous avocassez à merveilles se contents de répondre Lapierre.Cependant» j'espère que madame Privat ne ploiern pas la tate sous vos foulres, plus hruyantes que per- sunnives, et qu'elle décidera do suite si c'est woi ou M, Despres qui doit sortir d'ici.\u201d En ce moment même, Edux était penché sur sa ire et lui parlait à l'oreille.Quand il eut fini, In veuve était fort pâle et ses yeux bril- lnient d\u2019un feu singulier.Elle entendit la dernière phrase de Lapierre, et se levant : \u201cNi l'un ni l'autre! dit-elle d\u2019une voix Les affirmations de M.Després sont trop graves pour qu'il les ait faites à la légère ; en outre, elle se repportent à des personnes et à des événements qui ont tenu une trop grande place duns ma vie, pour que je consente à les repo ser sans exumen.de prie done les jeunes eus qui se trouvent dans cetteenceinte de vou- fr bien garder les portes, afin que personne ne cherche à se soustraire au châtiment qu'il aura mérité.\u201d L'aimable amphytrion n'avait pas fini cette énergique petite harangue, qu'un murmure ap- probatour vourut dans l'assemblée, et qu\u2019une vingtaine de jeunes gens se précipitaient vers les issues du salon, oi ils s'installuient résolument.* Bien ! messieurs, reprit ln veuve.Maintenant, si l'honorable compagnie ne s'y oppose , nous allons nous constiter en cour de Fastion et écouter impartislement M.Després.De la sorte, tout se jussera régulièrement et nous n\u2019aurons pas à déplorer des scènes de vio lence comme celie à laquelle nous venons d'assister.\u2014Très-bien ! très-bien toutes parts.\u2014~\u2014 Approchez, mesdames et messieurs.\u201d Tous fen ansistants se rassemblirent autour de Mme Privat, à l'exception d'un petit groupe de uatre personnes, dont une femme vêtue de noir, qui demeuru à l'écart, et des jeunes geus installés aux portes., Quant à Lapierre, pâle comme un cadavre, mais sombre et résolu, il regagna lentement son sié, blable à un accusé sur la sellette.Le misérable se voyait perdu ; mais il voulait lutter jusqu'au bout et ne pas succomber sans une petite vengeance qu'il méditait.Cet homme avait de In bdte fauve dans le caractère, et il ne faisait pas bon de l\u2019acculer dans ses derniers retranchements, La cour de justice, où plutôt le tribunal extraordinaire improvisé par la veuve du colonel, étant donc constitué, cette dernière se leva et w'adreasant de nouveau à l'assemblée : % Messieurs, dit-elle, il LE perini vous plusieurs avocats et geus de loi, infiniment plus aptes que moi à conduire l'affaire qui nous occupe ; je les charge donc tout spécialement du soin de veiller à ce que les preuves fournies par M.Després soient de celles qui ne laissent aucun doute dans l'esprit ; et, comme il faut un président pour diriger lea débats qi pourraient surgir, je propose que M, le juge X***, qui nous honore de sa présence, se charge de cette besogne, qui lui est familière, \u2014Adopté ! adopté !\" firent toutes les voix.Un vieillerd à la physionomie avenante se leva et vint s\u2019ineliner devant 'amphytrion : * Mudame, dit-il, j'accepte la délicate mission que vous me confiez ; et, bien qu'elle soit extra-légale, je la remplierai comme si j'étais réellement sur le banc judiciaire, très-heureux de vous être agréable.\" Un fauteuil fut apporté et le juge X*** prit place à côté de madame Privat.Puis Gustave Deaprés, toujours debout en puuemura-t-on de près de la table, où il demeurs seul, sem- |- face du tribunal improvisé, s'incline et prit ainsi 1a parole, d\u2019une voix forte : 6 Monsieur le juge, madame et vous tous qui m\u2019entendez toe n'est pas, veuillez le croire, pour satisfaire une mesquine ion de vengeance, ni pour poser en chevalier redresseur de torts, que vous me voyez dans cette enceinte, interrompant les apprêts d\u2019un solennel mari et portant contre un homme réputé honorable ja plus terribla des accusations.6 (1 y a longtemps qu'une saine philosophie, écloue sur les ruines de mon bonheur, me fait planer au-dessus de semblables petitesses et mépriser de pareils moyens.* Le sentiment qui me porte à agir comme je le fais contraire, de ceux que l\u2019on ne ut repoumer sans faiblesse, renier sons honte.Providence, dont le regard mystérieux suit le criminel à travers le labyrinthe sans issue de ses forfaits, n voulu faire de moi xon instrument de tardive rétribution, en toutes les pistes ténébreuses lai par le grand coupable que nous avons à juger, et je 'nillirais à mon devoir d\u2019honnête homme, à ma tâche de vengeur providentiel, si j'hésitais à frapper, si mon cœur se prenait à faiblir.* Je parlerai done sans colére et sans passion, mais aussi sans réticences et sans crainte.\u201d Après cet exorde un peu solennel, Després se retourna & demi, jeta mn coup d'ceil sur le groupe où se trouvait ln dame vêtue de noir, et reprit aussitôt : + L'homme que j'accuse d\u2019avoir fuit assassiner le colonel Privat a commencé, il y u six ans, la trop longue série de ses crimes ; \u2018est sur moi et une Tune fille respectable sayn, en premier lieu, ses aptitudes de t ître.La nature l\u2019avait doué d\u2019une physionomie agréable, le dinble lui avait prêté son puissance de fascination : le misé lita pour tromper mon amitié et n'enlever l\u2019affection d\u2019une jeune fille que j'aimais et que j'avais sauvée de la mort.Puis, non content de ce benu triomphe, il se disposait à ravir cette en- funt à l'affection de ses vieux parents, lorsque je le forgai à s\u2019urrêter pour xe battre avec moi.** Les crininels sont rarement couvageux, et il est inouï que le cœur ne leur fusse pas défaut au moment du danger.** C\u2019est ce qui arriva pour Joseph Lapierre, Nous w'avions pas échangé quelques balles, sur un flot perdu et au milieu des ténébres d'une nuit sans étoiles, que la terreur empoigna mon adversaire à la gorge et qu'il so laissa choir, feignant d\u2019avoir été tué.* Je l\u2019ubandonuni à son sort et, ramenai la jeune fille chez elle.\u201c Le lendemaiu, le misérable m'avait dénoncé aux nutorités et j'étais arrêté sur lu route de la frontière.Uu mois plus tard, je partais pour le pénitencier de Kingston ! \u201d\" Un murmure d\u2019iulignation parcourut la salle.** Ce n\u2019est pas tout, reprit Després.En reconnaissant lu lâcheté de son nouvel amant, la jeune fille le prit en horreur et refusa de le revoir.** Comment # vengea-t-il de ve dédain mérité1.En répandant sur le compte de cette malhetireuse des calomuies tellement atroces, qu'elle et aa famille dirent quitter la puroisse et que la vieille mère en mourut de chagrin ! s* Voilà le premier pas fait par Joseph Lapierre dans la vois du crime !\u201d Un second murmure, plus accentué et plus énéral, gronda parti les assistants, et plusieurs ouches Féminines laissèrent échapper un mot sanglant : Le léche ! * \u2014Tout cela est faux ct de pure invention ! w'écria Lapierre avec force.Cet individu se moguo ile son auditoire, et je le mets au défi de prouver un seul de ses dires., \u2014 Approchez, mademoiselle Gaboury,\u201d se contents de répondre l'uvcusateur.Une femme en deuil, conduite par un tout jeune hoinme, se détache du groupe retiré à l'é- vart et s\u2019avança jusqu'en face de madame Pri- at, Arrivée là, elle souleva son voile et exposa en pleine lumière saspâle et belle figure.\u201cTout ce que mousieur vient de racouter est de ln plus sorupuleuse vérité, dit-elle.Je m'appelle Louise Guboury et Je snis cette femme honteusemient calomniée par Joseph Lapierre.\u2014Et moi, je suis le frère de cette jeune fille et je corrobore son témoignage, ajouta l'enfant qui accompagnait Louise, Demandez mon nom à monsieur Lapierre et, s\u2019il est revenu de la stupéfuction que lui cause ma présence ici, lorsqu'il me Inissé hier soir sous les verroux d\u2019un cachot de sa maison, il vous dira que je w'up- pelle Georges Uabeury.\u201d Lapierre proféra une menace incompréhensible ot retomba sur son siége, le front baigné d'une sueur froide.+ C'est bien, mes enfants, dit le juge X*** ; vous pouvez vous retirer.\u201d 11s obéirent ; rouis, en passant devant Mile Privat, Louise se sentit attirée par une douce traction et se retourna.\u201c Ansayez-vous ici, moiselle, lui dit Laure.presque deux sccurs 1\" Louise regards cette belle jeune fille qui avait été si près d'être malheureuse à tout jamain, et murmurs : \u201cOh! c\u2019eût été trop dommage ! \" l\u2019uis elle prit place eur le niége qu'on lui offrait.Quant au Caboulot, il regagna son coin, où l\u2019attendaient les deux personnages qui reatuient du groupe de tout à l\u2019heure et qui n'etaient autres qtie nos buvetrs de lu nuit précédente : Lafleur et Cardon, de mot, ma chére de.Ne sommes-nous pas Ls Roi des Etudiants reprit son formidable réquisitoire.Ayant fuit assister le lecteur à la converse- tion quieut lieu, quelques jours auparavant, entre Despréa et Laure-conversation qui roula exclusivement sur les criminelles menées de La- pierre aux États-Uuis et aa participation à l\u2019hécatombe du régiment du colonel Privat\u2014nous ne voulons pas nous répéter, certain que personne n\u2019a oublié cette terrible revélation.Nous nous contenterons de dire que le Roi des Etudinats fut implucable et que pus un fil de la sombre tratue ourdie par Lapierre uo rests dans l'ombre.ll n\u2019uppliqua surtout à faire ressortir le machiavelisme odieux employé par l\u2019ancien espion ponr eirconvenir Mlle Privat ; il exposa à l'assistance émue Lout ce qu\u2019il y avait de grand dans le dévouement de cette fière jeune fille, sacrifiant son bonheur à la mémoire de son père, imposant silence à son iustinctive répulsion et épousant un homme déiesté, pour empêcher qu\u2019un soupçon planât sur la tombe de ce vénéré père.Puis, résumant et condensant le dramatique rxporé qu\u2019il venait de faire, il termina par une foudroyante péroraison, «ont les dernières phrases furent celles-ci : \u201cVous mu demandez des preuves contre l'abominable scélérat qui est aujourd'hui courbé sous ln main vengeresse de Dieu.Ces preuves Mesdanixs et messieurs, je pourrais me dispenser de vous lex donner, var la seule attitude du coupable, le remords qui se traduit sur sa figure par une pileur worbide, wes réponses embarrusséen, wes emportements spnsmo- iques, et jusqu'à cette farouche résignation dans laquelle il s'est enfin renfermé, tout cela devrait être plus que suifisant pour apporter la conviction dans vos esprits.Mais je ne veux lnisser subsister aucun doute relativement sux aves acensations que je viens de jeter i la face de Joseph Lapierre, et, sans meme tirer parti de l\u2019aveu tacite de calpabilité qui ressort de ce fait que l\u2019habile chercheur de dots a Juit disparaître, ces jours-ci, tous ceux qui pouvaient témoigner contre lui, je vous mettrai sous les yeux un argument plus irrésistible, une preuve plis accablante : le propre aveu du con- pable, le témoignage de sa conscience, enfin le Journal où su main criminelle et imprudente a consigué, jour par jour, ses ténébreux projet \u201c6 C'est une petite razzia que je fis ur ce bon Lapierre, une nuit qu\u2019il revenait du camp con- é où il avait fichement vendu ses frères de l'armée du nord.\" Ët le Roi des Etudiants, tirant de sou gilet le grand portefeuille de marocain ne nous connaissons, le préxenta solennellement à madame Priva.* Lisez, madame, dit-il, et que Dieu vous donne lu fore d'aller jusqu\u2019au bout ! \u2014Misérable voleur ! hurls Lapierre, mon portefeuille !.Ah! tu ne jouiras pas longtemps de tu victoire ! If n'avait pas fini, qu'un coup de pistolet éclata dans le salon, suivi aussitôt d'une seconde détonation, La patique s'empars des femmes.Mais la fumée se dissipa vite et la voix s0- nore de Després domina tous les bra Ce n\u2019est rien, mesdames, dit-il : c'est l\u2019as- suwain du colonel Privat qui vient de se faire justice, après avoir commis sur mai une seconde tentative de meurtre.\u201d En effet, chacun put voir le misérable La- pierre étendu, sanglont et immobile, sur le parquet.Ce fut Cardon qui, du foud de la salle, pro.nonçs son oraison funèbre, rigoureusement condensée en cette scule phrase : ** Tout est bien qui finit bien ! \"\u201d EPILOGUE Trois mois plus tard, par une belle matinée de septembre, les cloches de la cathédrale de Québec sonnaient à toutes volées et l\u2018inmense nef de la vieille église s\u2019emplissait d'une foule d'élite.n célébrait, ce jour-là, deux marisges fashionebles, et les curieux qui stationnaient \u2018sous les portiques échungesieut muinten observations sur les circonstances dramatiques qui avaient amené ces mariages.On se disait bas à l'oreille qu'une des deux fiancées, la richisaime fille de Mme Privat, avait été sur le point, quelque temps supars- vont, d'épouser un aulacieux bandit qui lui avait complétement tourné lu tête.La noce était ordonnée et l'on se disposait à aller prononcer le oni soleunel en face du prêtre, quand apparut soudain un inconnu qui révéla sur le compte du futur époux des choses si épouve tables, que ce dernier en tomba mort de confu- tion.ft ou ajoutait d'un sir mystérieux que l'autre mariée avait aus dans son passé certain épisorle terrible que l\u2019on ne connaissait pas bien, mais où, à coup sûr, il y evait eu mort d'homme.Bref, on esquetait méchamtient, comme les badauds savent le faire, quaud ils s'en donnent la peine.Heureusement, l'arrivée du cortége nuptial changes le cours de ces charitables converse.tionset mit fin aux bienveillantes remarques qui les émuillaient.Les lourdx carrosses défilèrent un à an le long des grilles qui bordent le terre-pleisi, en face de Ia cathédrale, déposant sur le trottoir de pierre blanche leur joyeuse cargaison de femmes éblouissantes et d'hommes eb costumes de gals.Toute cette brillante compagnie s'engouffra sous les arecoux des portes grandes ouvertes of 7% 598 28 Decembre 1876 L\u2019OPINION PUBLIQUE \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\" 9, 1 PA AVENDED yy À) ) « CENTENSLAL EES sees 3 i ho 3, [onus ÿ NC SE pi ta 2, IA HO 2 ; © ul a C7 {« J, eT ) Ui | \u2014 2 \u2014- 4 Hy i) LU CZ 7 uy GAULILART Hien gy 2 CS CHAPELIERS ET MANCHONNIERS.-/ mme ee di \u2018À K ' 44 ee == MONTREAL \u201c à == \u2014= ri IEEE IN 4 | I EE TE EE = il | | à su) il ih HH ) ; Ÿ i i Ii LH I v Sao di a i Ü aw ; 1, 1 + Ÿ ! dv A | | = ' | i ; ie 19 | 35 3r w == if = = th = H 3 A S $ | MN SN rs cs qi = il Le ve J RED \u2014 \u2014 = S= i | ses = == = rad == RUE re RD) om I |] $ J 33 an ) = = | 30 == a = == 22 iii I iY i $ I | | | | ii i = mea | i it me ese = 3 H Le Sn | = ; Ny I i i À | Eee a | Le s 2 il | i te 25 i] li i I | va \u201d\" Jl W WT {| | A i ili | | vs Ny M il ÉCHANTILLONS DE FOURRURES EXPOSÉES À PHILADELPHIE PAR MM.THIBAULT, LANTHIER & CIE, MONTRÉAL, Ÿ t 28 Decemsre 1876 pe TTT s'éparpilla daux lex bancs de chêne, alignés deux par deux sur le pavé de In vaste nef, Beuls, lus titutiés, escortés de leurs garçons et filles d'honneur, s'avancèrent Jusqu'à lu bulus- trade du chœur et prireut place sur des fauteuits luxueux ination b leur intention.Duin entendre ses graves bain nies, le prétre ses avertissements nen moins graves au xortir de l'église, Laure vutétait devenue noutame Champfort, et Louise Galoury In.êne deu Etudiauts ! Au moment où le cortège w'ébranlait pour retouruer à la Canardière, Lulleur et Carlon, qui étaient le lu uoce st faisaient bonne contes nance dans teurs habits à queue, échangérent les réflexions philosog vs suivantes : \u201cLe que c'est que de mons, won puuvre La- fleur, et com dans ce monde bored, les petites causes fun ent amennr de grime etlots Comm ntends-tu, illustre Cavdon ?u vus suis lien mon raisonnement.-Je le quitte pus d\u2019une semelle.\u2014N'est-il pus vrai que si nous n'avions pus êté ivrognes con doivent l'être d'honnêtes étudiants, nous n'avons pas fuit lu conuais- sanve de In « Friponne ! C'est indubitahle.Ensuite ?Nest] pas cgalenient via que, sans eetle connaissance d- Tan Fripoune, vous ne serions pas allés chez elle le soir où Després y 1 Poursuis, mement à (ns, Gusta! conséquent Lapierre d'épouser Mite Pr st plus gre probable.Quelle vst ta cou- ?et, par Ma ami Latleur, cest qu'e gi bye eho post bua 2 Et le facétienx étudi tout Ie mal abu monde qu J ee atroce par die d'un aphotisime célébre, se prit à hir profondément, Lafleur fit de meme, tout en miehonnant dune voix distraite son grad pecs Nor, Lane fibiit toujours, sonlevant sur son puise L'avetgglanite poussière des rues de Grete, Visershas-Eto se Dick.Fin \u2014 + \u2014\u2014 A PROPOS IYUN VOLUME Le hasard ayant, l'autre jour, sous la douce figure d'un client, dépusé dans ma bourse un dullar tout neuf, vous cuncevez qu'il n- devait pus y séjourner longtemps, surtout à cette Épuque où les affiches de de la rue nous invitent, avec des lettres lonintes cmmme le bras, suit an conevrt ou à la coméslie, J dune laissé mon bean, et je montuis les Inuteurs de notre promontoire, lurs qu'à tu détour de La route, mou regard tomba sur une vitrine de libraire, où ! œuvres de Louis Veuillot et de Frédéric Azan, élevées en pyramide, fais stoïpuement voisinage avec celles de Félix Pyat et «le Victor Hugo.Je velisais, curieux, quelques titres qui me sunt funiliers, quand japergus celui- ei: # Les Québecquuises,* recueil de pué- sies, par W.Chapman, Ce fut comme un coup de bagnette magique : lu fibre nationale vibra en moi.Alléché par le titre, oubliant theûtres et comdilies, j'entrai chez le marchand de Livres et une minute ensuite, ju devenais propriétaire des \u201c Québecyquoises\u201d moyeu- nant mon dollar, juste prix du volume.Jo n\u2019eus pas lieu de regretter mon acquisition ; ear ce rocuvil de pudsies me valut une heure charmante, dunt je me souvieus encore et que je n'oublierai sainais, Pour mi, counme pour vous, lectenrs, la puésie est une force dominante qui élève et séduit l'imagination, Suit qu\u2019elle chante l\u2019oiseau duns les blés, ou l'aiglo volant au soleil ; soit qu\u2019elle s'agenouille au pied du riche mausolée, où près de l'humble eruix nuire, dernière et sublim : invocation du pauvre sur lu terre ; suit qu\u2019elle exalte la vertu, on fligelle le crime, toujours elle élève l'âne, l'auporte, sur ses ailes de fou, vors des horizons in- cyunus, pour lu ravir au ciel, où sunt les anges, entonnant, sur des hurpes d'or, l\u2019'hozanna éternel, La puésie plane sur le tuvnde ; plus que celu, elle coule en lui à pleins burds et l'anime de ses eftiuves divines.En eflet, n'avous-nous jumais songe à la pluce inimense que tient la poésie daus l'humanité ?N'est-ce pus elle qui, du berceau à la tombe, soutient l\u2019humme, relève su volouté, ot vaine sus désespoirs, lui moutre dans L\u2019OPIN ION les lointains brumeux de l\u2019avenir le roy- autne du beau, du vrui et du bien ?Toutes choses, ici-Las, possèdent une teinte poétique, comme lu fleur ses pur fums odorants: lu religion, le travail, jusqu'à l\u2019advenité qui nous poursuit depuis l\u2019auryre jusqu'à la châte du jour.Nous devous done nous incliner d'ud- miration devant ces ouvriers de la pensée, ces inteprites sublimes qu'on appelle poëtes, c'est-à-dire hummes divins, vers qui Dieu s'incline du haut de son ciel, et sv dlévuile, en quelque sorte, par leurs levres inspirées, Tels furent Salomon, auteur du\u201c Can- tiqtte des cantiques\u201d 5 Dunte et le Tasse, en Italie Klopstoek, en Allemagne ; Lonfellow, en Amérique ; Milton, en Angleterre ; Chénier et Lamartine, eu France.Après cette courte muis pardonnable digression, permuttez-moi, lecteur, de revenir an volume qui fait l\u2019objet de notre entretien.En reanisant, dans un tout hiwnio- dieux, les strophes éparses qu\u2019il avait composes, M, Chapman a fuit la une belle «œuvre, cuivre iéritoire, qui lui assure une place honyrable daus le cémacle où l'ont si bien précédé les Crémazie, les Fréchette et les Lemay.Une au ison pour laquelle jai ap- Pandit nement de ce beuu livre est celle-ci : lorsque je vois paraître un vo- lune, signé d'un concituyen, surtout en Canada où la littérature rapporte de si minces profits, je ne puis cacher mon a mirtion et now respect pour l\u2019auteur.En etiet, voici un homme qui, de lui- même,
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