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Titre :
L'Opinion publique
Comme son jumeau de langue anglaise (le Canadian Illustrated News), L'Opinion publique (1870-1883) est une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle. [...]
Certains affirment que L'Opinion publique n'était qu'une traduction française du Canadian Illustrated News, mais c'est une erreur. Il est vrai que les deux hebdomadaires appartenaient à George-Édouard Desbarats (1838-1893) et que certaines illustrations, et même des articles, paraissaient dans les deux publications, mais l'équipe éditoriale et les collaborateurs n'étaient pas les mêmes et les deux périodiques fonctionnaient de façon indépendante l'un de l'autre.

Le Canadian Illustrated News paraissait depuis deux mois quand le premier numéro de L'Opinion publique fut publié le 1er janvier 1870. Il va de soi que, contrairement à son frère de langue anglaise, L'Opinion publique était surtout diffusée au Québec. Ses articles illustrés mettaient l'accent sur les événements qui se passaient au Québec ou qui touchaient les Québécois, comme le séjour à Rome des zouaves pontificaux.

Du début à la fin de l'année 1873, Laurent-Olivier David (1840-1926) occupe le poste de rédacteur en chef. Bien que Desbarats, David et les autres membres de l'équipe fondatrice se soient mis d'accord pour produire une publication non partisane et impartiale, les textes de David et de ses amis reflètent leurs idéaux nationalistes et libéraux, si bien que le magazine apparaît comme l'organe du Parti national. Après la démission de David, qui fonde son propre journal, L'Opinion publique devient une publication plutôt littéraire et de vulgarisation scientifique, avec des collaborations d'Henri-Raymond Casgrain, de Joseph Tassé, de Benjamin Sulte, de Louis Fréchette et de plusieurs autres. Les lecteurs s'arrachent les numéros qui offrent des dessins d'Henri Julien (1852-1908).

Les illustrations constituaient le principal centre d'intérêt de L'Opinion publique. Les méthodes de reproduction de dessins et plus tard de photographies (voir la présentation du Canadian Illustrated News) ont contribué à faire de L'Opinion publique une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle.

Comme son jumeau de langue anglaise, L'Opinion publique, qui ciblait un large auditoire, ne put survivre à la concurrence d'une presse beaucoup plus spécialisée. Les deux périodiques disparurent de la scène à la fin de 1883 après avoir été les précurseurs de la presse illustrée du XXe siècle.

Références

André Beaulieu et Jean Hamelin. La presse québécoise des origines à nos jours. Tome 2. Québec, Presses de l'Université Laval, 1975. p. 145-150.

Galarneau, Claude, « Desbarats, George-Édouard », dans Ramsay Cook et Réal Bélanger (dir.), Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1870-1883
Contenu spécifique :
jeudi 18 juillet 1878
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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L'Opinion publique, 1878-07-18, Collections de BAnQ.

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[" +.Journal Hebdomadaire Illustré - L'OPINION PUBLIQUE Abonnement, payable d'avance: Un an, §3.\u2014Etats-Unis, $3.50.Tout semestre commencé se pale en entier.On ne se déesbonne qu'au bureau du journal, et il faut donner au moins quinze jours d'avis.Vol.IX.No.QU.| Prix du numéro, 7 centins.\u2014Aunonces, la ligne, 10 centins.JEUDI, 16 JUILLET 1676 Les remises d'a par bons sui Toute communication doit être affranchle.nt doivent se faire par lettres enregistrées ou r 7 poste.AVIS IMPORTANTS L'Opinion Publique est publiée par ls CoupaGNIE DE LiTHoGRAPHIE BURLAND\u2014 Desparars, & ses bureaux, Noa, 5 et 7, rue Bleury, Montréal.Le prix d'abonnement pour ceux qui paient d'avance, ou dans le cours des trois promiers muis, est de TROIS PIASTHES par année pour le Canuda et TROIS PIASTRES ET DEMIE pour les Etats-Unis; mais on exige de ceux qui ne se conforment pas à cette règle 93.25 par année s'ils ne paient qu\u2019au bout de six mois, et 83.50 s'ils ne règlent qu\u2019à la fin de l'année.Les lettres d'abonnements ou traitant d'autres affaires doivent être adressées à G.-I, BusLaND, Gérant, ou : \u201c Au Gérant de L'Opinion Publique, Montréal.\u201d Adresser les contributions et correspondances littéraires: \u201c Au Rédacteur de L'Opinion Publique, Montréal.\u201d Si une réponse est demandée, il faut envoyer une estampille pour en payer le port.Lorsqu'on veut obtenir des exemplaires extra du journal, le prix de ces exem- paires, on estampilles ou autres valeurs, doit accompagner la demande, Nos abonnés à Montréal sont priés de nous faire connaître toute irrégularité dans le service du journal.SOMMAIRE Lettres de l'Exi r A.Achiotre\u2014Les Orangistes, par Baptiste.\u2014Moyeus d'amélivrer les diffé Tentes races «l'ankimaux douiestiques, par H.Au- drain \u2014l\u2019arlemeot lucal.\u2014Un premier pas.\u2014La maison Pllon.\u2014Choses et autres\u2014Deux chapeaux à l'Exposition.\u2014Le crime des femmes, per | de Navery_{euéte).\u2014 Qazette des tribunaux.\u2014Faits divers.\u2014Ravue de In semaine \u2014Noa gravures : Le doux farniente ; Le Congrès de Berlio.\u2014Prix du marché de détuil de Muntréal.\u2014Les échecs.GRAVURES : Le Cungrès de Berlin: Portraits des membres du Congrée ; Ie palais de Rudsiwll od s'est tenu le Congrés; Réunion du Congrès: La nouvelle maisun A.Pilon et Cle, rue Saiote-Cathe.rine; Le doux farniente.ition, LETTRES DE L\u2019EXPOSITION PARI, le 26 juin 1878.Le ministre de la guerre avait-il consulté l'observatoire, et celui-ci, après avoir interrogé le ciel, avait-il répondu favorablement au ministre?Il est permis de le supposer, car vendredi dernier, 22 juin, jour fixé pour la grande revue de l'armée à Longchamp, malgré les averses prémonitoires de la veille, nul contre-ordre n\u2019avait été donné.L'été, qui faisait ce jour- là astronomiquement son entrés dans le ciel, n\u2019a point voulu qu\u2019on pût médire de ses augures ; il s\u2019est montré exact au rendez-vous, et fidèle à ses anciennes habitudes: clair soleil, fraiche brise, ls tem- rature de ce premier jour du solstice ne issait rien à désirer.Le temps semblait avoir été commandé comme la revue.Les ondées de ls nuit ayant arrosé la terre, pas un grain de poussière sur les routes, et la compagne verdoyait comme par une belle matinée du printemps.Aussi quelle foule à Lonchamp ! De bonne heure, les alentours de la vaste enceinte étaient envahie.Dès les dix heures l'on pouvait voir assis sur F'herbe, à l\u2019ombre du bois, de nombreux groupes de provinciaux et de Parisiens, collationnant avec l'entrain de convives en excellent ap- de F' pétit.On eût dit un joyeux pique-nique de chez vous.À midi a commence le défilé de ls masse des curieux et des spectateurs venus de partout.De la place de la Concorde à la grande cascade du bois, les voitures, les cuvaliers, les piétons, formaient dans les avenues et les contre-allées une filo serrée et continue, suivant tous une même direction.Nous n'exagérons pos en portant à cinq cont mille personnes le nombre de ceux qui assistaient i I revue, On sentait passer dans la foule une sorte de courant électrique d'où se déga- seaient l'enthousiasme et la gaîté.Ah! c'est que le Français aura beau lire et beau faire, s\u2019essayer au cosmopoli- lisme, traiter de paix universelle, de fraternité des peuples, qu'un clairon résonne, qu\u2019un régiment paraisse, il abandonne tout, tribune, philosophie, et court voir passer la troupe.C'est en des occasions comune celle de la revue de l'autre jour où l'on voit se révéler le caractère natio- Le son du tambour, accompagnant le pas cadencé dos régiments, les fanfares des cuivres excitant le piaîfament des esca- drous, les pioupious souples et légers dans leurs guètres de ceutil, les pesants cuiras- siors sous leur armure, les dragons casqués d\u2019ur, les artilleurs traînant leur tonnerre, les officiers charmarrés, l'état-major empa- uaché, tout ce monde à la fuis calme et bruyant, vif et mesuré, défilant au milieu de la pompe militaire d\u2019un jour de grande revue, fiatte, émeut, enivre Je Français.Sous le chapeau du bourgeois, ou la cas- guette de l\u2019ouvrier, à l\u2019éclat du regard, à l\u2019épanouissement du visage, au rhythme que l'allure prend malgré soi, l'on voit se ranimer l'ancienne flamme, et le Gaulois dépeint par César revit dans celui des caricatures de Randon.Dix-neuf siècles ont passé, vingt peuples ont tour à tour envahi le sol, mêlant les races et confondant les provinces, le Celte domine, et bien qu\u2019un druide ou un guerrier du temps de Vercingétorix, revenant impossible à la vie, ne reconnaissent dans la France actuelle rien de leur pays et de ses mœurs antiques, s\u2019il leur était poseïble de voir, sinai que les étrangers l'ont constaté, l'attitude, la physionomie des spectateurs, et d'entendre les acclamations qui ont salu les troupes à la revue de vendredi dernier, à ces transporte, ils auraient certainement reconnu la fibre familiale, et salué dans nos soldats les descendants des compaynons de Bren- nus.Le prince de Danemark, le duo d'Aoste, le roi don Fernando de Portugal, le sheh de Perse, ocoupaient, avec d'autres nots- bilités, la tribune d'honneur, au fronton de laquelle se détachaient en lettres d'or et surmonté d\u2019un faisceau de drapeaux, les mots : Patrie, Honneur.Au milieu des généraux persans de la suite du shah, on a remarqué des dames, turques disent les uns, persannes assurent les autres, de fort belle prestance et portant lo feredje ot lo yachmak qui leur recouvre le visage, à l'exception des yeux.Au signal donné par la salve de vingt et un coups de canon Lm mout Valérien, les clairuns sonnent, les tambours battent aux chaps, Ia revue commence.Monté sur un beau cheval bai, le\u2019 président de la république, en grand costume de maréchal rance, escorté d\u2019un brillant état-ma- jor, parmi lequel un grand nombre d'officiers étrangers, passe au petit galop devant le front des troupes, puis vient se placer tournant le dos la tribune d'honneur, entouré de près de cing cents officiers de l\u2019armée territoriale.L'exécution des manœuvres et du défilé, de l'avis de tous, a été parfaite d'ensemble et de précision.Les journaux militaires de Berlin, dont les correspondants se trouvaient ici, sont obligés d'avouer les énormes progrès réalisés dans notre organisation militaire, et reconnaissent dans leurs feuilles les qualités de tenue, de discipline et de manævre de nos troupes.La chute d'un cavalier avec sa monture, un choval échappé, ont été les seuls accidents de la journée.En revanche, un incident heureux : l'arrestation de quarante- cinq pick-pockets émérites, dont deux Anglais porteurs de larges pantalons que, pour la commodité de leurs opérations, nos insulaires avaient transformés en vastes poches, dans lesquelles on a trouvé tout l\u2019assortiment d'un magasin, montres, chaînes, bagues, bracelets, revolvers, porte-munnaie, etc, etc.Depuis quelques jours, l'élément militaire abonde à l'Exposition.Comme, à l'aspect de tant d'uniformes, je m'informais de ces visiteurs inaccoutumés, le caporal à qui je m'adressai me répondit que, par une gracieuseté de l\u2019administration, le ministre de lu guerre avait obtenu, pour chaque jour et jusqu\u2019au ler novembre, l'entrée gratuite de deux cents hommes.Ces hérus entrent à onze heures, après la soupe du matin, et regagnent la caserne vers quatre heures et demie, pour la soupe du soir.Ces braves paraissent apprécier beaucoup cette faveur.Une fois au Champ-de-Mara, nos militaires sont libres et circulent eoit isolément, soit par bandes, ainsi qu\u2019il leur plait.Mais I'bubitude, le besoin de s'épancher, à la vue de ces merveilles, les font d'ordinaire marcher par petits groupes.Hier, parcourant les galeries, j'avise un de ces groupes de soldats en contemplation devant une machine de la section anglaise, la machine à cirer les chaussures.Je m'arrête, curieux d'entendre les explications qu\u2019un vieux sergent donnait à ses subordonnés, positivement épatés à la vue de ces paires de souliers cirés en moine de dix secondes.J'avais, au bout de quelques minutes, entendu s'épuiser toutes les formules d\u2019ad- tniration excitées par le fonctionnement de cet engin, lorsqu'un des plue jeunes, quelque conscrit enne doute, interpella soudain son supérieur : \u2014Mais pourquoi, sergent, dit-il, ne donnerait-on pas une machine semblable à chaque régiment t \u2014Pourquoi.1 \u2014Oui, pourquoi pas ?reprirent les camarades en chœur, \u2014Parce qu\u2019une machine n\u2019est qu\u2019une machine ; c\u2019est-à-dire une chose inintelli- gente\u2014telle que la demande, par exemple, que vous me faites en ce moment\u2014et que ce qui constitue la force de l\u2019armée, c\u2019est Is discipline générale d'abord, et ensuite l'intelligence individuelle ! Et sur cette réponse, ies troupiers restant bouche pr a oct quite le et se it dans les es.voue semaine, su T l'ouverture de plusieurs galories originales, et l'audition de l'orchestre de la Sonia de Milan, ont attiré bien des amateurs.Les artistes milanais, conduite par lour chef, M.Franco Facio, ont obtenu un grand succès.Les bis, lus bravos et les rappels ont signalé l'exécution vive et presque fiévreuse de ces artistes.Parmi les morceaux du programme, figuraient : les Vèpres sicilienues de Verdi ; les Fiancés de Ponchinelli, et l\u2019ouverture du Corio- lan de Beethoven, L'autre cérémonie a consisté dans l'ouverture, par le roi don François d\u2019Assises, de l\u2019exposition de l'art rétrospectif espa- nol.Par une attention délicate au mari le l'ex-reine Isabelle, tous les corps de l'armée espagnole sv trouvaient représentés À cette inauguration par un spécimen vivant appartenant à chacun d'eux.Sur les marches de l'escalier extérieur figuraient, en effet, serrés dans leur uniforme, des types militaires superbes de chic et de tournure : 2 officiers, 4 sergeuts, 5 capo- maux et 15 soldats.En tout, vingt-six costumes différents, Parmi les curiosités de cette exposition, l\u2019on remarque l'armure que l'empereur Charles-Quint portait au siége de Tunis ; aussi celle de son cheval de bataille, L'Ar- méria de Madrid a envoyé des armes magnifiques, d'un travail exquis, entre autres quelques-unes de ces lames de Tulède, si simples et si artistement ornées; on y voit aussi les esquisses qui décoraient la maison du célèbre peintre Goyn, et un ai- bum ancien, mais complet, des costumes oi pittoresques de toutes les provinces de l'Espagne.Dernièrement, les souverains de ce beau pays, le roi et la reine trômant à Madrid, ont envoyé à leur fill ule et nièce, la fille de M.le comte et la comtesse de Paris, leurs cadeaux de baptôme.Il y à un berceau formé de fleurs de lys héraldique, en filigrane d'argent ; la garniture est en dentelle de Barcelone ; les rideaux sont e- tenus par une couronne fermée ; la layettes toute pomponuée de rose pâle, est ornée des seules dentelles fabriquées en Espagne.Le service du bébé\u2014quelques assiettes creuses, des gobelets, des poilons, de petites cuillers\u2014eat en or et marqué à ees initiales, Une grande quantité de médailles d'or commémoratives du baptême (elles portent d'un côté le nom de l'enfant et ceux des parrsin et marraine ; au revers, la date), accompagnent, suivant la coutume espagnole, ces riches et nombreux présents.Le successeur de Xercès continue toujours à être l'objet de la curiosité publique, L\u2019extrême Orient exerce sur l'imagination populaire un prestige que le temps n'a pas entamé.Aussi ce Shah est-il devenu le lion du jour.Marchands, industriels, solliciteurs de tout goure, lui adressent mille demandes, font des offres et proposent leurs services.C'es* à tel point que ss secrétaires, écrasés de besogne et succombant sous l'avalanche dus prospectus, des réclames et des sollicitations, ont reçu l'ordre de ne plus ouvrir de lettres.Savez-vous de quels moyens se sont servis nos éconduits pour forcer cette con- et Eh, bien ! ils ont tout simplement expédié leurs prospectus sous la forme de lettres chargées.Or, comme l\u2019administre- tion veille attentivement à ce service apé- cial, eos agente s'efforcent, autant que faire se peut, à remettre les Imissives en mains propres, et exigent pour leur délivrance 838 lu signature du destinataire, Les soribes du Shah, devant l\u2019insistunce des employés des pustes, croyant à des communications rac importantes, siznont, et, «déchirant aussitôt l'enveloppe, trouvent quoi?de fallacioux prospectus, d'alléchantes réclames, ou bien une demande «le secours, Grâce à coa ruses, ce malheureux souverain ne peut plus communiquer par lu poste avec qui que ee soit, Ordre a été donné de ne plus rien recevoir que timbré de Téhéram.de ne répoudrais certainement pas que cor- tains marchands n'expédient leurs élucubrations à quelque complice résidant en Perse, à scule lin de les faire parvenir à Paris à Sa Hautesse ! A propos du Shah, un mot sur les éehecs, car l\u2019étymologie de ce «lernier nom vient du peisan shah, sans doute parce que celui-ci tient en /rfrr tous ses sujets, Ce jeu, inventé dit-on pour occuper les loisirs du siége de Troie, est depuis longtemps familier aux Orientaux.Or, à pro- pes d\u2019échecs, je vous «dirai que, la semaine dernière, il s'est ouvert pour ce jeu, au Trocadéro, un concours international.Comme je sais qu\u2019à Québec, Montréal et Ottawa l\u2019on pousse pas mal le pion, vos amateurs me sauront gré de leur donner Jes noms ob la nationalité des quatorze célébrités engugées dans re tournoi : Anderssen, Allemand ; Bird, Anglais ; Blacklmrne, Anglais ; Clere, Français : Gillford, Anglais ; Mackenzie, Américain ; Mason, Amérieain ; Rosenthal, Français : Pritschel, Allemanil ; Zukertort, Anglais ; Winawer, Russe.Quant nux deux autres, MM.Paulsen ot Hendlich, incertitude en ee qui les concerne.Deux joueurs francais figurant au livre d'or de la société, MM.Armnau-Rivière et d'André, na so trouvent pas au nombre \u2018les concurrents.Voici également la liste des prix destinés aux vainqueurs : Tournoi.\u2014 Premier prix : un objet l'art offert par le gouvernement, de la valeur de 5,000 francs, plus 1,000 france \u2014Deux- ième prix : un objet d\u2019art offert par le gouvernement, de la valeur de 1,800 franca, plus 500 francs.\u2014 Troisième prix : 1,550 francs \u2014 Quatrième prix : 1,000 frincs.Problèmes, \u2014 l\u2019remier prix, 400) francs ; deuxième prix, 300 francs ; troisième prix, 200 franes ; quatrième prix, FOO franes, Fins de partie \u2014l'remier prix, 250 francs ; «deuxième prix, 150 francs.Et, puisque les échees nous ont appelé en Orient, que j'essaie de vous intéresser aux beautés de exposition d\u2019un de ces peuples, dont la fierté, plus encore que la crainte, frappa pendant longtemps les Européens d\u2019une sorte «l'ostracisine, et mit l'univers presque entier en quarantaine ; je veux parler des Japonais.Pour la plupart des gens, Japonaia, Chinois, c\u2019est tout un, L'éloïgnement «les deux contrées, la similitude des traits des deux types, l'originalité «les contumes, ont confirmé cetto façon de voir.Bien qu\u2019appartenant à la même souche familiale, entre le { hinois et le Japonais moilernes, la différence est fout aussi graude que la profonsleur de l'océan qui sépare les rivages de l'Asie de l'archipel des Kou- rites, Le fils du Ciel est resté ce qu\u2019il était il y « dix siècles, confit, figé dans ses coutumes, ses mours et ses instititions traditionnelles, Tel il nous apparaît sur ler paravents et lea potiches des premières dynasties mantehoues, tel on le retrouve aujourd'hui sur toutes les parties du globe où il émigre: Suez, Aden, Sumatra, San- Francisco, ete.Le Japonais, au contraire, à brisé le moule étroit de son antique for- mulisme, changeant soudainement ses lois, son système politique, ses meurs, 8n langue même, et, s\u2019emparant avec une avilité qui n\u2019a d\u2019égale que an faculté d'assimilation, des procédés de nus arts, des méthodes de nos sciences, adapte à son état social nos principales institutions.L\u2019un, conservateur etenvalissant, demeure immobile ; l'autre, progressif, sagement libéral, marche, marche, animé du souflle moderne et s\u2019ino- eule rapidement avec nos idées, tous lea fruits d'une civilisation lentement élaborée.La costume, la physionomie des types L'OPINION PUBLIQUE de chacune de ces races que l'on voit à rEx ition, est certainement le signe ca- téristique de leur différence, \"To Chinois porte toujours sa longue robo, es queue de cheveux tressés\u2014que l'on a comparée à un cordon de sonnette \u2014 son parasol et ses chaussures à semelles de feutre.le Juponsis, au contraire, à les cheveux coupés en brosse, lu costume ou- ropéen, y compris le chapeau haute forme, et, contrairement au Chinois, parle souvent l'anglais, le français comme un gradué d'Oxford.Cette transformation d'un peuple, transformation qui s'uccentue chaque jour davantage, st s'opire sans sccousse, comme une évolution naturelle, présente à coup sûr un des phénomènes los plus curieux de notre temps, Partout, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en France, en Italie, de jeunes Juponais, et méme des Japonaixos, appartenant aux principales familles du pays, étudient dans nos colléges, nus universités, nos Cvoles spéciales, et, nprès quelques années, s'en vont porter chez eux les fruits d'une éducation artistique, commerciale et industrielle qu'ils propagent dix leur retour, sous la direction et avec l'aide de leur gouvernement.Tout eels se fait à coup de décrets, c'est merveilleux, Le Mikado a-t-il bosoin d'ingénieurs, de médecins, «de jurisconsultes, paf * un décret ordonnant que, dans un délai d\u2019un an où de dix-huit mois, l'on devra trouver tant de spécialistes.Chose incroyable, ces décrets sont ponctuellement uhéis, et, le terme écoulé, lo souverain n'n qu'à choisir, après concours, (ans les sujets qui ont prussé leurs oxamens.Quel pays! Quel peuple ! L'Exposition japonaise révèle d'ailleurs des qualités exceptionnelles chezce peuple, Elle comprend ln matière de six grands wagons et représente une valeur dépassant dix millions de francs, son commis- raire général, M.Magda de Massana, après un séjour de neuf années en France, a composé des dictionnaires anglais, japonais, français-japonais, chinois japonais, et à fondé au milieu de Yeddu une école d'agriculture suivie par de nombreux élèves.Il à récolté là du vin et fait du sucre de betterave avec les plants de son exploitation.Le bon goût, l'harmonie, la finesse, la distinction sont les qualités prédominantes «lu l\u2019Exposition japonaise.Los ornements aunt «lisposés avec sobriété et tout y est placé daus un ordre remarquable.L'Ex- pusition chinoise au contraire, bien que renfermant des œuvres trésoriginales, a voulu attirer les yeux par le luxe d'une installation exctique, et celn à l'air d\u2019une boutique de bibelots.La culture et la perfection «es arts «lé- ctlent toujours, ch#z un peuple, son état de civilisation.C'est comme les fleurs «le l\u2019eaprit, l'épanouissement de son génie, En quelques genres le Japon peut lutter avec l\u2019Europe, et pour ce qui concerne In beauté et les sculptures de ses Dronzes à alliage or ou à alliage d'argent, incrustés, niellés, émaillés, cloisonués, diversement colorés, nul ne peut lutter avec ses ouvriers, de véritables artistes.Louvs sujets de décoration sont empruntés, la plupart, à lu vie rustique, nux règnes végétal et animal.J'ai admiré une aiguière en forme \u2018le coquille, au fond de laquelle se détache, en niello d\u2019or, le croissant de la lune, Dos plantes nurines, des coraux, des coquillages, d\u2019une imitation désespérante, furment les ornements extérieurs, On regarde avec plaisir des candélabres ornés d'un paon et supportés par une tortue; des lustres qui imitent le festonne- ment du corail ; «ex plata décorés de paysages ot des appliques noires où s'épanouissent d'adimirables fleurs en argent.l'ous ces bronzes sont clairs et brillants, à la différence des bronzes chinois qui imitent la teinto du vieux métal, [Les tissus de soie sont d'une ténuité, d\u2019une finesse rares, et couverts de dessins de In plus exquise fantaisie, On dirait l'aile et les couleurs vives d'un papillon.Quant aux objets de Inque, ils sont innombrables de toutes formes et de trois couleurs, noire, jaune of argent.Vous savez que lu laque est une sorte de gurmme « résine que l\u2019on extrait de certains arbres.En la mélangeant à certaines matières, ou lui donne diverses tuintos et on l\u2019up- pligne alors sur du bois léger ot aussi \u201cquelquefois sur des étoffes ; on l\u2019étend aussi sur «les écrans, dea éventails, sur l'ivoire et l'écaille, Je ne puis vous décrite ici tous les objots tels que porte- monnuie, coffres à bijoux, boîtes à gants, ustentiles do ménage, qui, recouverts du récioux vernis, ont un eacliet de propreté et d'élégance inimitable.On admire en ce genre un paravent à fond noir, avec laques d'or, d'argent, de bronze, encadrant dex lotus incrustés en nacre et en voire, Le prix de co meuble vat «le quinze mille pinstrez.C'est cher, mais c'est un chef-d'œuvre de patience, de travail of «de goût.Cette exposition est très-courne, et l'on m'assure qu\u2019il n été déjà vendu pour plus de trois millions de menus objets.Mais la partie qui nous intéresse le plus, earelle justifie les quelques lignes que j'ai consucrées aux rares aptitudes de ce peuple, v\u2019est eclle qui concerne l\u2019enseignement, Ainsi, à l'entrée de la section japonaise, figurée dans la rue des Nations par le portique que j'ai «décrit dans une «de mes lettres, où se trouvent deux fontaines en terre émuillée, l\u2019on nperçoit sur une des parrois «de lu porte un plan ou carte gétré- ralo des îles du Japon.Cette carte nous apprend que l'étendue de l'empire est de 23,740 lieues ; que les départements sont au nombre «de 35 : que la population s'élève à 34,000,000, On compte 7 divi- siuns académiques, 6 divisions militaires, 116 culléges, [03 écoles du langues étran- g 226 écolos primaires, 16 ports principaux et 36 phates, Dans La salle réservée nu matériel scolaire, l\u2019un peut examiner le plan, lu coupe et l'élévation d\u2019une mino de charbon, compr nant en outre les travaux d'exploitation ot, dans les chantiers, tout lv matériel vt l\u2019outillage, des tablenux coloriés pour l'ensui- nement par les yeux, (les atlas, lex livres de classe ot des cahiers d'élèves, Dail leurs, tout le monde sait lire, derive ot calculer au Japon.[1 y a méme, dans cette collection, une anototnie furt bien faite, ma foi ! ; Au Trocadéro, se trouve l'exposition rustique de ce singulier pays.C'est une maison ennstruite on bois et en papier, un de ces pavillons assez connus là-bas, et où les habitants vont causer allaires et plaisirs en (léguatant Je thé, Un enclos en bamlrms entoure l'habitation.On remarque, «Euns l\u2019evant-cour, de jolies petites poules japonaises enfermées dans des cages fort ingénieusement faites ; et, dans des pots de terre vernissée, des arbres hauts d'un pied, qui sont âgés de deux à trois En haut de l'édifice flotte, comme embléme de lu pêche, ressource vitale de l'alimentation de l'empire aux époques de disette, un gigantesque poisson en hau- druche qui, lorsque le vent s'engoufire à l\u2019intérieur, se livre à toutes sortes de contorsions.Ce qioisson, que nous repré- sonteut ai souvent les plats et les écraus Juponais, à nom : le Taï.C\u2019est comme qui «irait, mais duns un ordre différent, l\u2019ibis ésyptien, ta animal sacré entin.Et penser qu\u2019en sortant l'autre jour «le cette coquette petite maison, où «de charmants pluteaux de bois, couverts do dessins, figurent les riéges et reposent sur des nates de hambou treasées avec une table finesse, près de cet ameublement qui parais étre celui dune fée, tant cela est 1é- ger et diuphane, j'entendis un monsieur, portant grosses breloques sur un vaste ah- dymen, répondre & sa compagne qui lui demandait ce que c'était que les trois jardiniers en costume national, et alors occupés à arroser les lleurs : \u2014Je ne sais pas, ma chérie.sans doute dus sauvages ! Des sauvages! les Japonais * Je regardni le ciel, m'utteudant à voir tomber In foudre.Rien.Lesoleil continuait à descendre vors l'horizon, et le couple que je suivis des yeux s\u2019en alla al- mirer le bœuf et le'cheyal dorés de ln cascade, Chie steamer Ce sunt Uuus atiène quelques 18 JuiLLer 1878 Canadiens : MM.FE.Tamontagrn, Te- febvre, Dr Desrosiers, Vidal, Tiemblay, nous sout arrivés dernièrement, Les membres du jury international des récompenses viennent d'être nommés, Parmi eux figurent quatre Canadiens : MM.Balwyn, pour la section des cartes plans, études géoéaiques et géographiques ; (i.Drolet, pour la section des campements, smbulances et matériel militaire ; Ar- chumbault et May, pour l'enseignement ; Keoefor, pour le génie civil.Chacun s'occupe des prépartifs de la grande fêto nationale fixée au 40 courant, Je vous disais, dans ma dernière lettre, que cette fête serait sarilanapalesque, jo maintiens le mot.Je pense mème que l'Aendémie devra trouver un adjectif nou venu pour qualitier à l'avenir les manites- tations du genre de celle qui se prépare.À bientôt les détails.A Acie -_ LES ORANGISTES Nous disions dans notre dernier niuné- ro que le maire de Montréal, M, Beaudry, avait lancé une proclamation invitant les citoyens à l\u2019aider à disperser tout.rassemblement tumultueux qui aurait lieu le 12.Benncoup, les Orangistes surtont, furent d'avis que M.Beaudry, ayant l'intention de considérer lu prucession orangiste comme un rassemblement tumultueux, avait en recours à ce moyen pour la fre disperser au nom de la loi.Alors six magistrats demaudérent au gouvernement l'assistance des troupes, el l'obtinrent aussitôt, la loi obligeant le gou vernement d'obéir i pareille injonetion.Le maire, accompagné le M.Devlin, montai Ottawa pour déciler M.Macken à lui Inisser le contrôle de Palfuire, mais le premier ministre lui répondit que l'ordre était donné et que, d'après la lui, le gouvernement ne pouvait agir autrement, De là, granel mécontentement.Les catholiques en général approuvèrent la conduite du Maire, et de semblées eurent lieu pour enguger les 4 a Ini préter main forte.Quelques j Unes gens profitérent de ces assemblées pour faire de la politique.D'un autro côté, les Auglais réprouvaient la conduite du maire et le bli- maient «le vouloir exposer la ville à toute sorte de ctlamités en refusant le proter- tion dos troupes et cn entreprenant de protéger les citoyens et de garder la paix au moyen d'hommes qu\u2019il ne pourrait pas, disait-on, cuntrôler.Pendant ce temps-li, le bill de M.Tuillon subissait à Québec sa deuxième et sa troisibme lecture, et le bruit co que les Orangistes ne marcheraient pas 8'il passait, mais qu\u2019ils en contesteraient la conatitutionalité, Jeudi, les journaux publinient une lettre de «quatre avocats, dunt trois protestants, déclarant que la procession des Ormu- gistes était illégale comme leur société elle-méme.Noa lecteurs se rappellent qu\u2019il y a un an, nous avons expritmé l'opinion que les Irlunänis devaient prendre les moyens que la loi leur donnait pour se «ébar- raser des Orangistes, (u'ust-ce qui Jes a empéchés de faire, daus le cours de l\u2019année, des démarches pour faire consu- erer par les tribunaux l'illégalité de lu société des (lrangistes ?C'était hien fa- eile, ils n'avaient qu'à faire arrêter quelques-uns des membres de ln avciéte ; a cette société est réellement secrète et illégale, tous ses membres auraient pu être condamnds au pénitencier, Que de déponses, de troubles et de malheurs on aurait évités ! Quatre avocnts déclarent, la veille du 12, que lu société et la procession «es Orangistes est illégale.L'opinion de quatre uvocats n'est pas un jugement, ont dit imntédiatement les Orangiates ; nous aussi nous avons «des opinions d'avoeats ! Toutefois, cette opinion donne une grande forcu à In position prise pur Son Honneur le Maire.Seulement, comment se fait-il que cetta Ini ot cette opinion n'aient été connues qu'à la «dernière 18 Jur 1878 889 mes L'OPINION PUBLIQUE \"rome T= \u2014 { a * Ç 4 à à - = \u20ac ni 3) NT pe, X A 7 W wW SN ik af LE MINCE DE BISMARCK, Premier plénipotentiaire allemand.= re N \\ NANNY Lokb BEACONSFIELD, LE PUIACE LURTSCHAK | + Premier plénipotentiaire anglais.Premier plénipotentiaire russe.LE CONGRES DE BERLIN Tee = wy hy wr FT) pA i i HA gl gn il | I il I I i os I | j \u2014 [aes reg Fe i i IL] ih | Pr ap = | Ë i 1] 3 ES Rl Box | | & i I ! = CHE oA i ion : | J) pal ; | | df I | lé | J Hi 1 I | | i | Ï il mit il 5 Ï IDUL | pri Hh A 4 [158 il 4 | i Fi] i 1 | j PT, zen > : l fe JY \u2014__* ee ee r\u2014\u2014\u2014 \u2014 Te 1 =} i CE pe \u2014\u2014 LE PALAIS DE RADZIWILL OU S\u2019EST TENU LE CONGRÈS 340 L'OPINION PUBLIQUE 18 Juicer 1878 heure?Il ent vraiment curieux of assez ri- dieule qu'on se chicane depuis un an au sujet de la légalité de la société ot de la procession des Orangistes, et de l'opportunité de légiférer à ce sujet, lorsqu\u2019il y avait dans los statuts uno loi toute faite qui riglait In question.hed Entin, le 12, cetto terrible journée du 12, si fiévreusement attendue, arriva, et elle se passa plutôt comiquement que tragiquement.A défaut du bill de M.Tail- lon, qui n'avait subi que sa troisième lcc- ture, M, le maire Beaudry, s'appuyant sur l'opinion des avocats plus haut nommés, so rendit, vers neuf heures, à la salle des Orangistes, ot les uvertit que leur procession étant illégale, il les arrêterait s'ile sortaient ; il leur conseills, dans V'intérêt de la paix, de sc soumettre, d'en laisser arrêter cinq ou six d\u2019entre eux pour que la question légale fût décidée.Après bien des pourparlers, les Orangistes accep- torent la proposition du Maire, et cing ou six d\u2019entre eux ayant paru à lu porte de leur salle, furent arrâtés et conduits à la police.La question était de faire sortir les autres.Craignant qu'il ne leur arrivit malheur, ils ne voulurent pas sortir avant quo la foule fût dispersée.Vers trois heures, la question fut réglée, et on transporta les Orangistes quatre par quatre à leurs domiciles, dans des voitures défendues par des hommes de police.C'étaient presque tous des enfants dont quelques- uns avaient à peine douze ans ! On ne peut s'empêcher de rire à la pensée que cette poignée de bambins avait causé tant de bruit.Il faut dire que tous les Orangistes n'étaient pas là.I y eut quelques bagares dans le cours de la journée, des coups de bâton, mais rien de très-sérieux.Toutefois, nous n\u2019hésitons pas à dire que, si les troupes n\u2019étaient pas venues, les Orangistes seraient arrivés de partout pour protéger leurs frères, et le Maire n'aurait pu mettre à exécution son excellente idée avec une force de constables improvisie à Ia hite.11 y aurait eu certainement un massacre.Ne regrettons pas ce qui a eu pour effet d'éviter les malheurs qu'on avait tant raison de redouter.Le inctbests pu 12 Cent cinquante à deux cents Irlandais catholiques étaient montés à Montréal le 12 après avoir dévalisé les armuriers de Québec.Ils étaient entrés sans cérémonies dans les magasins, et en avaient enlevé tous les pistolets qu\u2019ils avaient pu trouver.Ils furent fouillés à leur arrivée à Montréal, mais quelqu'un leur avait fait laisser leurs pistolets bord ; ils sont repartis le soit en tirant une centaine de coups de pistolet en l'air.Il y avait quinze cents hommes sous les armes le 12, et cinq à six cents constables spéciaux, outre la force de police ordinaire.Dans la rue Saint-Jacques, les fondtres de toutes les places d'affaires étaient barricadées à l\u2019aide de forts madriers qu'on avait eu la précaution de clouer aur les devantures des principaux édifices.Le détective Cing-Mars fut blessé grièvement en voulant protéger un jeune Orangiste qui commit l'imprudence d\u2019afficher ses couleurs, mais il tint bon, et parvint à échapper à la fureur de lu foule avec son protégé.Un volontaire reçut un coup de bâton de la part d\u2019un constable spécial, parce qu\u2019il marchait en sifflant un air offensant pour une oreille irlandaise.Un jeune Canadien-frangais fut rudement maltraité pour avoir dit qu'il croyait ue les Orangistes avaient autant le droit de marcher quo les autres en procession, Les Orangistes s'amussient, dans leur cage, à jeter «los bouteilles cassdes dans la rue ; on leur à fait discontinuer ce jeu dangereux ; ils prenaient aussi plaisir à provoquer les constables spéciaux.ne femme, à la figure rougie par le soleil ct 1s) boisson, se promenait au milieu de In foule en montrant ses oou- leurs oranges, et en crisnt des injures à l'adresse du Pape et cles catholiques : \u201c J'ai perdu la tôte, disait-elle, mais n'ai pas rdu mes couleurs.\u201d On la forra de #'é- oigner afin de conserver et sa tite et ses couleurs.Au Beaver Mall, deux femmes, dont l\u2019une portait les couleurs vrangistes et l'autre lex rubans verts, en vinrent sux mains ; elles s\u2019arrêtèrent quand elles virent que, non-seulement olles n'avaient plus de { rubans, mais que hientôt il ne leur resterait plus rien sur le corps.Un constable spécial montrait un revolver à Joseph Meunier, hôtelier, place Jacques-Cartier, dans l'auberge de E.Do- ray, afin «le lui en faire voir le mécanisme.Tout à coup l'arme fit fou et une des balles traversa le erâue de Mounier.On ne croit pas que M.Mounior puisse survivre, C'est un jeune homme estimable qui soutient sn famille, Un hon nombre de pormunes avaient quitté la ville.Toute sorte de rumeurs effrayantes circulaient, jeudi soir.On parlait de dépôts de poudre et de dynamite, on devait incendier une partie de la ville, faire sauter les églises catholiques et les églises protestantes.Samedi, les volontaires de Huntingdon, s\u2019en retournant chez eux, s'amusèrent à tirer, en passant aux Tunneries, par les fenêtres des chars.Un jeune garçon, du nom de Ballard, fut nasez sérieusement blessé, ayant reçu deux balles dans les cuisses.Un autre petit garçon de la Pointe Saint-Charles & été blessé par ces tristes soldats.Nous espérons que los autorités militaires, auxquelles ces faits ont été communiqués, feront leur devoir.Tous les jours, depuis la semaine dernière, il y à eu «les coups de poing, de bâton et même de pistolet.Rien de fatal heureusement.Barriste, \u2014._ Moyens d'améliorer les différentes races d'animaux domestiques Ues moyens varient suivant l'espèce et le but que l\u2019éleveur se propose ; copen- dant, la reproduction prend trois formes principales ; il y a: lo.la reproduction avec race locale, sans mélange ; 2o.l'importation pour élever aussi sans mélange une race indigène ou étrangère ; 50.le croisement.Examinons maintenant chacune de ces formes séparément, afin de les faire bien comprendre à ceux de nos lecteurs qui voudront les mettre en pratique.Amélioration de le rece locede mins mé- lunge.\u2014EÉlle a lieugpar le régime où par la génération.Lorsque la race est déjà Lonne et ancienne, non amélioration par elle-même a des avantages, parce qu'elle est déjà acclimatée, acceptée par l'opinion générale, et que l'on connaît ses qualités et ses résultats Si l'amélioration qu'on veut faire ne consiste que dans l'accroissement do In taille et du poids, pour l'espèce chevaline, de même que pour l'espèce bovine avec une plus grande production laitière ; plus d'aptitudes à l'engraissement pour le pore et le mouton, ete., uptitdes a6jà existantes, le régime ot In sélection suffiront.Car, par le croisement, on risquerait de modifier la robe, le cornage, Ia laine, le tempérament et d\u2019autres qualités, Il suffit done, par ce procédé, de choisir parmi la race locale les animaux oxempte des défauts les plus apparente, ob de les accoupler pour en former dus types reproducteurs, qui représentent au plus haut degré les qualités de leur race ; cv mode so nomme reproduction par sélection artificielle, ou l\u2019art de diriger la reproduction pour un but déterminé, à l\u2019effet do fixer, d\u2019amélioror les caractères d'une race jusqu'à ce que les animaux soient doués des qualités que l'on cherche à en obtenir, La rélection a, par consequent, ses règles comme l'hygiène, laquelle elle se rattache par des points de contacts nombreux.Ainsi elle donne plus de taille, de I'embonpoint et es aptitudes partiou- litres Mais, pour conserver les races qu'elle « créées, il faut qu'elles se repro- duisent entre elles ; autrement, elles reviennent an t; La sélection modifie l\u2019espèse, elle ne change pas.Par conséquent, si la race que l\u2019on pense pouvoir améliorer par la sélection N'a pus de qualités spécisles suffisantes pour les besoins du pays, ou voit que ce goure d'smélioration par ls régime ou par lu génération est insuffisante ; il faudra slors avoir recours au croisement.Il en est «le même lorsqu'il w'agit de danner des aptitudes qui sont étrangères à ls ruce locale ; on no fers pas pur sélection un cheval fin d\u2019un cheval de gros trait, un mérinos d'un mouton à grosse laine et longue, un bœuf durham d'un bœuf cans- dien, ete.La sélection est donc un procédé d'amélioration très-lent, exigeant beaucoup de ragacité, de capitaux ot «le persévérance, L'amélioration dans ln race, soit pure, soit môme métiseée, peut avoir lieu entre individus parents ou non parents ; dans le premier cas, on l'appelle reproduction en dedans ; on ne l'entend, du rosta, que de la parenté en ligne directe.On nomme, dans l\u2019élevage, comangui- nité la parenté entre individus prove- mont d'un même père et d\u2019unc môme mère.L'nccouploment d'individus conssnguins donne des produits d\u2019une ressemblance plus exacte ; mais il a l'inconvénient de perpétuer les vices de constitution et de les développer, tandis que ces vices peuvent se corriger par l'accouplement avec des individus d'autres familles.Lorsqu'on adopte exclusivement ce modo (le reproduction, il œ l'inconvénient de restreindre le nombre des individus qu'on peut choisir ; on lui reproche encore do diminuer la fécondité de la race.Cette influence nuisible pour les qualités, consistant principalement dans la force, l\u2019énergie, peut, au contraire, accroître certaines propriétés résultant de la débilita- tion du la constitution, telles que la prédisposition à l'engraissement, la finesse de Ia peau, de Ia laine, ln blancheur des tissus organiques, l'aptitude laitière, ete.Un doit donc conclure de ces renseignemonts qui sont les remarques de longues expériences d'agronomes et d'éleveurs distingués, que pour conserver les belles races d'un pays, il faut n\u2019accoupler que les plus beaux individus et les plus sains, et non pas faire comme une grande partic des éleveurs canadiens qui malheureusement recherchent do préférence pour jumonts poulinières les plus vieilles, les plus infirmes, enfin les moins propres à la reproduction sous tous les rapports.Pourvu.qu\u2019ils trouvent un étalon à lour goût, plus ou moins convenable par lu taille et la race de la jument, ils acceptent cet étalon sans so préoccuper davantage si ce dernier n'est pus aussi ntteint d'un vice réhibi- toire ou d'une tare héréditaire quelconque.Par co procédé vicieux, tout le monde comprend qu'on arrive vite à lu dégéné- ressenco «les races et que pour les ronou- veler il fuuslra faire des frais d'importation très-cuûteux «ui n'auront pour offut que de produire quelques animaux plus ou moins sains sans détruire le système actuel.Il yu encore au Canada asses de bons roproducteurs de toutes races et de toutes espèces ; et pour les conserver pendant qu'il en est encore temps, il suffirait de nommer un comité de médecins vété:i- naires chargé tous les printemps de visiter les étalons annon pour Ja saison, d'accorder aux propriétaires de chevaux reconnus sains une prime d\u2019encouragement, à condition qu\u2019ils n\u2019acceptent pour l'accouplement que des juments également visitées, et qu\u2019un livre généalogique de maillies soit tenu régulièrement l\u2019in- térôt des propriétaires et le progrès de l\u2019agriculture.Par ce simple moyen, on arriverait cor- tainement à cousrver et méme & amélio- ror considérablement les bonnes races du pays, qui malheureusement tendent de plus en plus à disparaitre faute de pré- même but que l'on peut encore maintenant obtenir sans trop de sacrifice.Dans un prochain article, il me reste i parler de importation et du croisement.H.Auprarn.Montréal, le 8 juillet 1878.-_ \u2014\u2014\u2014\u2014-_ PARLEMENT LOCAL La semaine dornitre a été luborieuse ; des questions importantes ont été diseu- tées et même réglées.D'abord, le gouvernement, acceptant en partie les conclusions du rapport de M.Shanly, ndopté le tracé de Terrebonne ; de Terrebonne à Montréal, il ne sait pas encore quel tracé il adopters, minis it sern en favour d\u2019une ligne indépendante.M.Shanly, dans son rapport, cherche à démontrer que le tracé de Terrebonne ne lui fera rien perdre du commerce de l'Ouest.M.Chapleau a dit que, dans Montréal, on avait fait les élections sur cette question, et qu\u2019on avait prétendu que le tracé du Bout-de-l'Ile était indispensable.Après quelque «liscussion, M.Nelson propose en amendement, secondé par M.Taillon, que la Chambre ne se forme pas en comité maintonant, mais qu\u2019elle exprime son regret de ce que le gouvernement a choisi le tracé de Terrebonne de préférence i celui du Bout-le-I'[le, Le vote fut pris et l'amendement rejeté eur division, 7 votant pour et 52 contre.Los sept députés qui ont voté pour l'amendement sont : MM.McShane, Nelson, Lynch, Deaubien, Taillon, Lafontaine et Racicot.Le bill de M.Taillon, abolissant les prucessions de partis, a été adopté après certaines modifications.On s'était d'abord demandé si c'était un bill privé ou un bill public,et ensuite, s\u2019il était au pouvoir «de la Chambre locale «le passer un tel bill.M.Flyn avait exprimé l'opinion que la Chambre locale n'avait pas le droit de passer un tel bill, vu que les lois criminelles étaient du ressort Ju Parlement fédéral, mais l'Orateur avait déclaré le bill constitutionnel, et basé sa décision sur le fait qu'il n\u2019a pas pour but de eupprimer le crime, mais de donner à la municipalité le pouvoir de prendre des mesures pour mieux maintenir la paix.C'est jeudi soir que le bill de M.Tail- lon pour la suppression des processions de parti fut adopté, la Chambre ayant consenti à donner la privrité à ce bill.Après une altercation entre M.McShane et M.Taillon, qui réclamèrent tous deux le mérite d'avoir hâté l'adoption de cette mesure, les amendements faits par la Chambre et demandant que le bill ne s'appli- quilt pas à aucune procession d'aucune association ou société incorporée par une charte reconnuv par les lois de cette province, ni à aucune procession d'éducation ou associntion de tempérance, furent biffée M.Lynch proposa alors comme amendement à la motion de M.Taillon ur ln troisième lecture de ce bill, que le ill n'était pas de la compétence de la Chambre et qu\u2019il n\u2019était pas de nature à atteindre le but clésiré.MM.Lynch et Irvine cherchent à démontrer que le bill est inconstitutionnel.M.Loranger et M.Taillon leur répondent et le vote sur l\u2019amendement de M, Lynch donne le résultat suivant : Pour: MM.Boutin, Cameron, Church, Gagnon, Irvine, Joly, Lafontaine (Shefford), Lan- lier (Portneuf), lovell, Lynch, Marchand, eikte, Racicot, Robertson, Rose, Sawyer.\u201414, Contre: MM, Audet, Bachand, Beaubien, Bergevin, Bertrand, Biais, Brousseau, Caron, Chapleau, Charleboix, Champagn Uhauveat, Désautniers, Deachénes, Duckett, Dupuis, Fortin, Gauthier, Houde, Laberge, Lafoutaine Naplorville) Lalonde, Lavallée, LeCavalier, an, Martel, MoBhane, Murphy, ranger Panel, Picard, Poirier, Kinfret dit\u2019 Maloutn, Robillsrd, Shehyn, 8t-Cye, Taillon, Tarte,\u2014 osutions.Autrement on sers obligé plus °°\" tard de faire de l'importation à tout prix et d'établir des harus pour arriver au La bill est ensuite In une troisième f et ndopté sur le même division. mean TS 18 Jumuer 1878 L'OPINION PUBLIQUE 841 UN PREMIER PAS Une assemblée préliminaire a ou lieu, mercredi dernier, pour prendre en considération les meilleurs moyens de venir en aide aux personnes qui n'ont pas d'ouvrage et de favoriser en même temps ls colonisation.M.L.O.David a exposé ses idées sur la question ; il à dit que les deux moyens d'action qu\u2019il avait en vue étaient des octrois de terres et d'argent de ls part du gouvernement, et une grande souscription nationale.Ce projet, qu'il avait exposé à Saint] Jérôme, est fortement approuvé par M.le curé Labelle, comme on a pu le voir dans une correspondance publiée dans la Mi- nerre.LA MAISON PILON Depuis quolques annéus, lu rue Suinte- Catherine de Moutréal a pris des proportions telles que ses sœurs ainées, les rues Notre-Dame et St-Laurent, vont être obligées de lui céder le pas pour le commerce de détail, 11 y adix uns, cette rue était à peine connue.: En 1872, un jeune homme, d\u2019une énergie extraordinaire, y ouvrait un petit magasin de modes, u'ayant pour tout capital que son activité et son amour du travail.Co jeune homme, sachant ce qu'il fallait pour attirer la pratique chez lui, ne négligea rien pour faire de son magasin le rendez-vous de tous ceux qui voulaient avoir du beau, du bon et à bon marché.Quelques mois s'étaient à peine écoulés uprès l'ouverture du petit magasin, qu\u2019il fallut songer à chercher un local plus grand.Les principes nouveaux introduits dans le commerce de détail de marchandises de nouvenutés, furent une révolution com- pléte, et les gens se portérent en foule au nouveau magasin.Ët M.Pilon (puisque c'est de lui dont il s\u2019agit) prit les moyens d'avoir encore un autre magasin plus grand que le deuxième, C'est alors qu'il loua de M.L.Derome le magasin qu\u2019il occupa pendant cing ans et où son commerce prit des proportions gigantesques.Tous les ans, pour répondre aux besoins de ses pratiques qui augmentaient merveilleusement, M.Pilon était obligé de dépenser des milliers de piastres pour agrandissement.Mais aujourd\u2019hui, dans son nouveau grand magasin, il n\u2019y a rien de semblable.Plus d'améliorations à faire.Pour donner à nos lecteurs une idée plus exacte de l\u2019uugmentation du commerce de M.Pilon, nous nous permettrons de publier le montant d\u2019affaires de chaque année : lire année, 830,000; 2me an- nde, $80,000 ; 3me unnée, $160,000; 4me année, $260,000 ; Sme annde, $325, 000 ; 6me année, $390,000.Cette année, la maison Pilon pense de faire pour un demi million d'affaires, Jamais, à Montréal, les aunales commerciales n'ont enregistré un p aussi rapide et aussi considérable.Et dire que cette maison n'a pris de telles proportions que grâce à l'énergie dévorante et à l'es prit d'entreprise d'un seul homme ! Il est vrai que M.Pilon » toujours été seconds par des employés uctifs, intelligents et dévoués.Sob wugusin nouveau, comuie le représente notre gravure, est certainement le plus grand de toute lu Puissance, et est un honneur puur le commerce canadien.Une description de cette Lätisse est impossible.Celui qui ne I's pas vue ne peut croire ce qu'on lui en dit.Elle est située aux Nos.647 et 649, rue Sainte- Catherine, entre les rues Jacques-Cartier et Saint-André.C'est un bel et spacieux édifice de 50 pieds de front par 150 de profondeur et de 75 pieds dde hauteur, à cinq étages, façade en colonnes de fonte et pierre, bien aéré et splendidement éclairé.Les départements sont divisés d'une manière irréprochable.Tout est disposé de munière à donner tout le confort possiblo aux pratiques.11 n'y « pas d\u2019encombrement à redouter, Les ueus y sont servis avec le plus grande promptitude possible, \u2018 wh 150 employés, tant que commis et modistes, sont tonjours prête à répoudre aux pratiques depuis 7 heures du matin jusqu'à 10 heures le soit.L'honnéteté et la libéralité Is plus parfaite règnent dans cette maison.Pour ceux qui ont jamais visité Paris, le magasin de M.Pilon fait penser à la célèbre maison du Bon marché de messieurs Boucicault et Fils.Comme on le sait, cette maison a une renommée universelle par nes proportions- gigantesques, le chiffre évorme de ses affaires, ses milliers d'employés, lu richesse et le bon marché de ses\u2019 marchandises.Certainement Montréal n\u2019est pas Paris et la maison Pic lon n\u2019est pas encore la maison Boueicault ; mais, proportion gardée, nous pouvons dire sans crainte, ot même nous sommes fiers de le dire, le nouveau magasin de M, Pilon est un petit Bon marché.Son système de commerce est le même .et peut se résumer duns ces quelques mots: \u201c Le système de tout vendre à bon mar- \u201c ché et entièrement de confiance est ab- \u201c solu dans la maison et lui à valu un \u201c sucels sans précédent jusqu'à ce jour.\u201d M.Pilou est un homme d'une activité dévorante, d\u2019une grande imagination, et d\u2019un esprit pratique en même temps ; ila l'œil partout, sait acheter, «a des moyens ingénieux pour attirer le public dans ses magnifiques magasins, et sait conserver la elientôle qu'il fait.Il vend à bon marché, mais argent comptant, et c'est à cet excellent système qu\u2019il doit son succès.C'est le\u2019 marchand du Canada qui annonce le plus, et sa libéralité, sous ce rapport comme sous les autres, lui a porté bonheur.Il n'y à pas une maison de détail aussi connue que la maison Pilon dans tout le Bas-Canada.M.Pilon, comme tous les gens d'entreprise qui réussissent, a été la victime, bien souvent, des plus basses calommies.1] nous semble que tout homme bien pensant, au lieu de le mépriser et essayer à lui nuire, devrait le féliciter et en être fier comme Canadien-français.En effet, n'est-il pas le premier et le seul Cana- dien-frangais qui ait réussi, sans aucunes ressources pécuninires, i créer la plus grande maison de détail de Montréal, et cela dans l'espace de quelques années et pendant une crise commerciale à laquelle les plus fortes maisons n'ont pu résister ?Un fait digne de remarque, c\u2019est que M.Pilon ne laisse pas échapper une seule occasion d'instruire ses employés et de les mettre au courant des mille et une petites choses qu'il faut savoir pour devenir un bon vendeur.Grice i sa protection et à ses conveils éclairés, plusieurs de ses employés lui sont redevables de belles positions aujourd\u2019hui, Daus son nouveau magasin, M.l\u2019ilon a su combiner tous les principaux dépur- tements de nouveautés.Aussi son département de tailleurs et d'articles pour toilette de messieurs est au complet.Celui des modes nu lnisse rien à désirer.Lea dames sont certaines d'y trouver les derniers goûts de Paris, New-York et Lon- dyes.De plus, c'est certainement le magasin le mieux tenu et le mieux assorti ; im sible d'y entrer sans trouver tout ce dont on a besoin, M.Pilon sait choisir ses commis et hommes d\u2019aifaires, qui sont tous d'une capacité et d'une politesse remarquables.Sou uchetour, M.J, R.Ducheeneau, est en relations avec lus principaux agents des Etats-Unis et.I\u2019 Angleterre, Toutes les marchandises sont achetées des manufactures mêmes.C'est ce qui met cette maison en état de pouvoir vendre à aussi bon marché.11 est vraiment curieux de voir lu foule se presser dans cette maison de commerce ; certaine jours de la semaine, le magasin ne wo vide pas, ot les commis me peuvent suffireà la clientèle qui arrive de tous côtés, aitirée par le bruit et ls renommée de cette maison, et s\u2019en retourne satisfaite.Les bureaux , sont, A urvue do fils wlé- phiques et d'un phone qui permet- font AM, Pilon de se tenir en communi ation constante aves toutes les parties de con vaste établissement.C'est vraiment une maison remarquable Squi vaut la peine d'être vue, même par pure curiosité, et où on est toujours sûr d\u2019être bien servi.\u2014\u2014\u2014 CHOSES ET AUTRES M.Beaugrand, propriétaire du Fédéral d'Ottawa, entre, dit-on, à la rédaction du National.M.La, Delorme, M.P., à été choisi unanimement comme candidat, dans une réunion de délégués représentant toutes les paroisses du comté de Kaint-Hyacinthe.Le bruit court à Québec, dit le Mercury, que les élections générales pour la Chsm- bre des Communes auront lieu au commencement de septembre.Une dépêche de Suint-Pétersbourg dit que le prince Pierre Oldenburg vient de publier un mémoire dans lequel il com damne le service militaire universel, auquel il attribue le socialisme et le mécontentement général.Après l'udrexse présentée à Is Chambre, de la part d\u2019un bon nombre d\u2019électeurs des Trois-Rivières, pour demander l'expulsion de l'Orateur, on vient de lui en présenter une autre dans laquelle 880 personnes le félicitent de «a conduite.On mande de New-York que le parti socialiste vient d'adopter des résolutions lesquelles il engage les socialistes d\u2019Allemagne de faire tous leurs efforts pour se faire représenter duns le parlement slle- mand par des hommes qui soint au-dessus de l\u2019intimidation et qui agitent l'opinion dans le but de renverser le militarisme.Principale clause du bill relatif à l'abolition des cours de magistrats de district : I sera loisible au lieutenant.gouverneur en conseil d'abolir, proclamation, la cour de magistrat duns tout comté, cité, ville ou village qu'il jugers convenable, et à dater du jour fixé à cet effet dans la proclamation, la cour de mma- gistrat cessera d'être tenue à cet endroit.Les députés de Québec, en spirituels Français qu'ils sont, brisent de temps à autre la monotonie des séauces par des pluisanteriea et des calembourge.Il y eut un temps oi M.Marchand avait presque le monopole du calembourg à la Chambre locale, mais il a des concu- rents redoutables maintenant.Tous les jours il y a entre MM, Chapleau, Taillon et les deux 3uessicurs Langelier, échange d'assauts spirituels, Il est dommage que M.Fabre ne soit pas lb.Un jour, l'un a le dessus; le jour suivant, l\u2019autre l'emporte.Le député ministériel qui ugace le plus l'opposition, sous ce rapport, est M.Che Langelier, dont un ne peut nier la vivacité d'esprit.M.Taillon parait avoir été jusqu'à présent son plus redoutable adversaire ; M.Chuplenu lui donne aussi du fil à retorde, La semaine dernière, M.Chapleau pr lait depuis longtemps, M.Chs.Langelier, un peu ennuyé, l'ayant interrompu :\u2014 J'entends, dit M.Chapleau, certains bruits qui pourraient bien être les murmures du Sant, (On sait que le Saut Montmoreney se trouve dans le comté que représente M.Langelier).\u2014Oui, reprend vivement le député de Montmorency, c'est lo muué qui échappe l'eun.Ceux qui ont publié le mot de M.Chu- ger hoa auraient dû y ajouter In répartie de , Langelier, M.Conn, Pun des juges du jubilé musical, à éorit une lettre pour contredire les svancés de M.Crozier, au sujet de ls décision rendue en faveur du corps de musique de la Cité, Il maintient que la dé- rendu ss décision indépendamment de ses confrères, et il publie les listes des points qui, jusqu'à t, semble n'avoir soulevé aucune objection sérieuse.Le jury, daus le procès de Bartley, à Saint-Joseph, est revenu en cour vendredi, après être resté enfermé pendant 10 heures, et « rapporté un verdict dé \u201c non- coupable\u201d à propos de Vaccusstion d\u2019avoir tiré des coups de feu sur le grand- connétable Grosleau et sur les détectives Joannette et Bolger.Le juge a déclaré alors le terme de la cour clos.Bartloy, qui est demeuré on prison depuis son arrestation, y restera encore jus qu'à ce que son procès sur deux autres chefs d'accusation soit fini, qu\u2019il soit ou non innocent.Il est encore accusé d\u2019avoir tiré sur un nommé Champagne et d'avoir aseailli son gardien dans ls prison.Quelques personnes qui signent * Amis des convenances ot du journalisme,\u201d dégoûtées des fureurs actuelles du journalisme, expriment dans lo Notionul l\u2019opinion que le meilleur moyen d'apaiser ces fureurs serait de diviser le patronage et les ouvrages d'impression également entre les deux partis.Le système de l'octroi des contrats aux plus bas soumissionnaires est pourtant le seul mode praticable et possible d'arriver en partie au résultat désiré par ces personnes.Et cependant combien en veulent dans les deux partis ?M.de Montigny, magistrat de district du comté de Terrebonne, a publié, la semaine dernière, dans ls Minerve, un appel chaleureux en faveur de la colonisation, qu\u2019il considère comme le seul remède aux mécontentements et aux idées mauvaises que la crise et la misère font naître en ce moment au sein des classes ouvrières.\u2014_\u2014-e DEUX CHAPEAUX A L'EXPOSITION Ces deux chapeaux, devant lesquels lu foule stetionne du matin au soir\u2014cotume au Salon devant le tableau à succès-\u2014sont de véritables curiosités L'un, garni de dentelle en point à l'aiguille, vst en nacre ciselée, d'un travail si fin que l'on ne sit où commence ls dentelle de fil et où finit la dentelle de nacre.L'autre, en dentelle d'or ciselé, est également garni de point à l'aiguille.Ces deux chapeaux, qui représentent des mois entiers d\u2019un labeur minutieux, et dont l'originalité saute aux yeux, sortent de chez Mme Rousseau-Brondeix.On comprend que leur prix ne los rend pas accessibles à toutes les bourses.Le chu- peau de nacre coûte 2,800 francs.Celui en or 2,000 francs.AVIS SPECIAL À tous ceux qui souffrent des erreurs et des indiscrétions dote jeunesse, de In faiblesse nerveuse, de décrépitude et de perte de vitalité, j'enverrai, gratis, une recette qui les gnérirs.Ce grand remède n été découvert par un missionnaire dans l'Amérique du Sud.Envoyez votre adresse au Rév.Jossex T.INMAN, Sfation D, New.York.AVIS AUX DAMES Le soussigné informe respeetueusement les Dames de Is ville et de ls cam; , qu\u2019elles trouveront à aou de détail, No.196, rue 8t.Laurent, le meilleur assortiment de Pluuies J\" Autruchey et de Vautours, de toutes couleurs ; aussi, réparages de Plumes de toutes sortes exé- vutés avec le plus grand soin, et Plumes teintes sur échantillon sous le plus court délai ; Gants nettoyés et teints noirs seulement.-H.LapLaxo.Atelier : 547, rue Craig.Uno jeune maman donne un bonbot à mau- à son petit eufant ; ot pour lui enseigner a litesse, elle l'in : POLE cat-00 qu'on quand on mange un \u2014Encors | répondit Je bidé.boubon 1 Ot weit, 84 cut \u2014Le com! un de ne pas entendre quand on se ds cislon cet correcte, que chacun des juges à vous.\u2014Non, intervint Mme X., c'est de ne pas - entendre quand on dit du mal des autres. I L'OPINI ON PUBLIQUE 18 Juicer 1878 M.ne BULOW, QEME PLENIFOTEXTIAILE D\u2019ATLEMAGNE M.WADDINGTON, 1EB PLÉSICOTENTIAIRE FRANÇAIS Lorp Ono RUSSELL, 8kuz PLÉNIPOTENTIAIRE ANGLAIS.Le Prince ne TIOHENLOHE, SÈME PLÉSIPOTENTIAHIE D'ALLEMAGNE Comte BCHOUVALOFF, 2kME PLENIPOTENTIAIRE DE Rusaix LE CONGRES DE BERLIN Coste ANDRASSY, LER PLENIPOTENTIAIRE DE L'AUTRICHE-HONGRIE Lr Manquis pg SALISBURY, 21.48 PLENIFUTENTIAIRE ANGLAIS -PASHA, 2tux PLÉNIFOTENTIAIRE TURC- - ,\u2014 3 Fi a = cu ih [12% Eos ous hij 1 mr = pr i 5 SUA TERETE SEEN Pa oF È Ey CG ~ NN aN a il Pl 13) =r = «rez AN oo \u2014_\u2014 in &3 a gr = Ë ) fb Sl eT eue Il f | Jy i RF PEO N° a iv = Lu TN 1] Ti |\" IAI = Tae casa SK, mr 8491 LTTTAS ST LR by, Ios à si = ee i 4 a à SET i a 3 ; + A) Ÿ ARE ES A fh PS, Ax | 6 \\ 5 | ii ve.oo À 5 FA NS I i 75 Ë bid fur fr =.i il A 5 ar 4 WW 1) \\/ Li : | al\u201d.pi i Xd 4 / À / 4 y À i hr it va Ÿ a \u2018 po & I Jf À f F4 gt be ! À Au ; vi} 3 i 7 1 i À + 1} i Li ; ld i Li ; * fi \\ i i À LS ri ] Ë oj 4 i } $ Las i Shy WY + 7 | i Riki El 4 fy Ë A | lt J 7 | I ÿ | YA 3 i \u20ac I f Ë [I \u201ch iY i à ty | , Ÿ ! i N = ih hs i al LE % J Cord nt LY Crd Aa = 3 à | i NS S NS b> + Si Es M Sg 3 Ny Mi Pb Xa NE Ê J ER y A = xi 9% auf a I's se hh, = A Tal EN I Fr Ha ; 41-275 2 Ea | & phi = es TT 7, SU FU | ne as = 4 Ri wi a 4 dé A ee | 13 i! ape 2 wa a Pe A i À a 7 ag Eb 1 stl i A UOADITENZ NOINIdO.T >= wt di p 1 A wi I S NS Rs is [Ps E 5 fh i ar \u201c il 14 IY Es SE nd as a?= > AY = SEE il PY = ee ol pd ft is # =.= 3 ra ZE 1 a a Ar £1} =.re \u201c/ Ee 2% tree.À EIRE a Det EE LP A \u2014\u2014 = = == 2 sr \u2014 a \u2014\u2014 = \u2014\u2014_\u2014 === Sctouvalof D'Oubril Gortschakoff du Russell Salisbury Bracoustield, Hay nurié Hobeniche Karolyi Andrey Bistmuatek Waddington.Saint-Vailier.Sedwnllab-Bey.Caratboodori.Certi.L y.Bulow Rantran Mébémet-Ali.Dopree REUNION DU CONGRES h 2 \u2014 = - mn |r eres ee \u2014e\u2014\u2014\u2014\u2014 2e PRT SE A SA re L'OPINION PUBLIQUE 18 JuiLLær 1878 CRIME DES FEMMES ROUBLARD Mudutue Courcy se débattait au milieu d'un conflit de penaées douloureuses, quand Julie ac- cournt emonfilée.\u201cMadame, dit-elle, un jeune homme de la part de M.Rabillot, bijoutier.\" n°; ugustine se dressa et eut une contraction à Tge.* Faitesentrer,\u201d dit-elle, Le commis de la maison Hubillot parut.\u201c* Monsieur, lui dit madame ourcy, les femmes sont poltronnes quand il s'agit d\u2019avouer Une grosss dette à leur mari.Je n'ai point en- cote parlé de celle-ci.Soyez sans crainte, l'argent est dans ln caizse\u2026 Attendez jusqu\u2019à ce soir.\u2014 Soit, madaine ; je ne vous accorder davautage, il existe des délais légaux après lesquels le protdt serait impossible.\u2014Vous avez donc, monsieur, jusqu\u2019à onze heures ; votre voiture restera attelée\u2026 Vous voudrez bien vous tenir à la porte du parc que vous indiquera ma femme de chambre, vous n'aurez pas lieu de regretter les facilités que vous me donnez.\u201d Le jeune Homme aalua et sortit.Jusqu'à l\u2019heure du diner, Augustine se promit de tout dire ; elle alla plus join, il s'agi hit de remporter une victoire, elle se mit sous les armes.Jamais, depuis longtemps, elle n\u2019avait apporté autant de soins à xa toilette, elle voulait paire à son inari, le dominer, le réduire ; elle voulait avoir cent mille francs! Un instant, le sentiment de sa (légradation fut si vif, si cruel, que, cachunt son front dans ses mains, elle se yr des noms les plus odieux.M.Courcy, ravi de trouver un sourire sur les lèvres de sa femme et les regards affectueux des bons jours, sentit son âme s'épanouir.Comme elle se fit ciline, chatte et douce ; comme sea petites mains pressèrent les mains rudes de son mari, Lui, les yeux * iants, la contemplait ot de tempé en temps baisait ses cheveux ou le bout de ses doigts, \u201c Quelle plénitade de bonheur tu me verses ! disait-il.a crois-tu pas à ma tendresse ?répondait- Lorsque j'en doute, c'est que tu m'y forces.\u2014Moi \u2014Oui, toi, mon amie ; on dirait parfois que tu me préfères des chiffons et des bijoux.A ! vienne ce jour où je me sentirai asses riche pour te dire : \u201c\u2018 Puise à ton aise dans le coffre-fort,\u201d et je serai le plus heureux des hommes.\u2014Oh ! fit Augustine, si tu le voulais, tu le poarrais déjà.\u2014 Non, je te le jure.\u2014\u2014La caisse est vide Ÿ \u2014Grice à Dieu, non.\u2014Eb bien ! alors.\u2014 Ma chérie, les grosses affaires regardent les homiues ; ne te méle pes des questions de chiffre.Sois belle, sois aimée, prends toute la tendresse de mon cœur, toute ma sève et touts ma force, et laisse-moi le fardeau.\u2014Cependant\u2026 \u2014Je t'en prie.\u201d fit-il, M.Courcy tira un écrin de sa he ; l\u2019écrin renfermait un bracelet qu\u2019il attacha au bras de sa femme.* Voilà, dit-il, un à-compte sur les cent mille fruncs de diamants que tu désires.\u201d Un remords nigu traversa l'âme d\u2019Augustine.Une fois, une dernière, elle vit clairement que sou salut était dans son aveu.Qu\u2019importait, au fond, lu colère de C'ourcy elle triompherait de son mécontentement, taudis que dans quelques heures, quand le créancier frapperait ah porte, il ne serait plus tempe d'avouer ni de demander grace._- .*¢ Situ anvais, Ben.si tu savais.balbutia- t-elle, \u2014Tu as douté de moi, je le sais bien, mais j'ai le temps de me venger.\u201d il l'attira aur sa poitrine et l'embrasss.Augustine, les mains pressées sur le cœur de Benjamin, sentit à travers ses vêtements le petite clef qui ne le quittait jamais.1a clef de a caisse.Et, pendunt ce laiser, elle la déroba avec l'adresse d'un larron.sortait de se bouche.Elle le ur 1e table, sans pensér dd oar er 1s teshir, elle resta immobile, reculent au moment suprême devant l'acte qu'elle voulait se.Les complir.Un petit bruit sec, pareil à velui d'une ge guée & gravier lancée sur une vitre, lui fit faire un soubresaut.\u201c\u201c{l s'impatiente,\u201d murmure-t-elle, Alors, elle prit la clef dans son corsage, s'a- nouilla devant In caisse, l'ouvrit, étendit le Ets, prit ane Iasse de billets de banque, compta cent vingt mille france, fourra le tout dans ss poche et, naus regarder derrière elle, sans re- \u2018ermer la caisse, sans emporter le bougeoir, elle w'enfuit à travers le jardin pour remettre l\u2019argent au commis de la maison Robillot.À peine Mme Courcy eut-elle disparu, qu'une main souleva le tapis recouvrant une table ; une tête ne montra, puis Boublard, s'étant aasuré que la pièce était vide, sortit de xa cachette.Voici ce qui s\u2019était prusé : À partir du jour où il fut chassé de 1s fabrique, Roudlard veus une haîne féroce à M.Courey.Il ne se souvenait plus que sa mauvaise conduite, son ivrognerie, son insubordination avaient nécessité cette mesure ; il rendit le manufacturier responsable de sa imisère, de son vagabondage, de ses deux mois de prison.Son irritation, sourde d'abord, éclats bientôt en farouche menaces.N'ayant pu ruiner la filature en entruinant les ouvriers dans une grève générale, il songeait patfois à l'anéantir.L\u2019aisance, la gaieté de ses compagnons le froissaient.Il lui semblait qu\u2019une part de cette belle humeur, de cette vie facile lui étuit due.Quand il sentait la faim gronder dans ves entrailles, il étendait le bras vers les Haussois d\u2019une façon menaçante.ly avait de Vor, beaucoup d'or à la manufacture.Roublard connaissait les êtres, il possédait de fius outils, un poignet de fer.Une fois posses seur d\u2019un grosse xomme, il passerait en Amérique, y marierait et vivreit en honnête homme.Cette tentation prit corps et devint une idée fixe.Pendant quinze jour on ne vit plus Roublard aux Haussois.Mouillavoine pense que la justice avait offert un logement gratuit à sa fidèle \u201cpratique, et commençait à v\u2019inquiéter du crédit dont son ardoise faisait foi.Roublard trouvait habile «le se faire oublier, et préparait un alibi en cas de malheur, Enfin, pa: une soirée chaude, mais obscure, s\u2019aidunt pieds et des maina, il parvenait jusqu'à ls crête du murdes Haussois.Une terreur vive le prit, il crut voir une forine humaine près de la petite porte encadrée de lierre ; mais, au- cunt éveil n'ayant été donné, Koublard s'ima- ins qu'il s\u2019était trompé, et, quand il fut dans enclos, le silence le plus profond régnait autour de lui.11 s'avanca dans les ailées ; la fa- le de Ie maison était noire ; évidemment, tout le monde dormait aux Haussois.Roublard coupa le carreau de la porte vitrée du vestibule, passe sun bras au travers de oette ouverture et leva le pène saus bruit.En la tournant le long de la muraille, il trouve la porte du bureau.Décidé à jouer une partie terrible, il alluma une bougie, essaya plusieurs clefs dans In serrure, et réussit à Îs forcer à l\u2019aide d\u2019un rossignol.Il venait de se glisser dans le cabinet particulier de M, Courcy, quand un bruit léger frappa son oreille : quelqu'un descendait l'escalier.Roublard jeta un coup d'œil rapide autour de lui.Il ne lui restait aucun moyen d'évasion.Il souffla sa bougie et se glissa rapidement sous une table couverte d\u2019un tapis.Les pas se rapprochèrent, on franchit le seuil du bureau.Rou- lard vit madame Courey ouvrir la caisse, prendre des valeurs et s'enfuir.Alors il quitta sa cachette, vida le coffre jusqu'aux eutrailles ; puis, reprenant le chemin par lequel il était venu, il franchit la muraille «t se retrouva sur Ja route.Roublard se sentait relativement tranquille, il n'avait plus besoin de l\u2019alibi préparé.Si on l\u2019arrêtait, si on l'interrogeait, il taconterait ce ju'il venait de voir, M.Courey étouiferait l'af- \u2018aire pour ne point compromettre se femme.En se trouvant aux pieds du mur, sur le chemin, Roublard distingua vaguement une voiture attelée, près de la petite porte.\u201cTiens, dit-il, madame a un amoureux.\u201d Il siffla un air et a\u2019en alla lentement, comme un homme que rien ne presse et ne tourmente.11 se demanda s'il enterrait sa fortune, s\u2019il la rait où s\u2019il la contierait à Monillavoine.les trésors se déterrent, les complices se trahissent.D'un autre côté, garder sur lui une fortune n\u2019était pas prudent, Flamméche le sur t.Quand Benjamin dit bonsoir à aa femme, son vei fine était pleine de ces joies parfaites qui semblent venir duciel.Joies pa q , Augustine sentait mille tortures, mille tentations.Le démon se mélait de ses affaires, il avait placé sous sen doigts la clef de la caisse, qe tenfermait beaucoup d'argent ; Ben l'avait ** Misérable ! lui crinit sa conscience, tu vas commettre un vol odieux.arrête-toi sur la rente de l\u2019abime\u2026 Encore un peu, tu es per- ue.Mais Augustine n'écouts pas cette voix ; elle poursuivit son projet infâme.Vers onze heures, enveloppée dans une tobe do chambre, les cheveux el désordre, une matte de soie sur le bras, un bougevir à la main, elle entre dans le bureau de son muri, sans songer à s'étonuer de le trouver ouvert à cette heute, tantelle-méme sopentait troublée.On eût dit une somnambuls à ls voir marcher d'une façon auto ue, l'œil fixe, les Uras roidis, Sen lèvres tremblaient comme ai elle eût prononcé des paroles, muis aucun son ne Roublund restait perplexe.Par un iuatinet secret, impérieux, il éprouvait le besoin de revoir le théâtre du crime.\u2018Tont à coup, il se frappe le front.\u201cLa grotte aux Fées!\u201d dit-il, Il marchait depuis deux heures environ quand le souvenir de cette cachette lui vint, La grotte aux Fées, difficile d'abord, redoutée des paysans et dont les enfauts n'osaient approcher, réunis suit toutes les qualités requises pour y enfouir un trésor.Mais si bien que Roublard connût 1e pays, il ne pouvait avant les premières lusurs de l'aube, se diriger à travers les méandres de la colline boisée, duns les flanes de laquelle vo creusait la roche.On eût dit, de l'autre côté du boix, une falaise À pic, à voir les granits à peine moussus et les fentes desquels poussaiont dee Callées de jeunes chênes.Un abime était su abime rendu lus effrayant per la verdure sofibre des urbres qui le rempl ut.Du sommet de cette colline, quand on avait gravi les roches, le dans la révélation du voi, on vertige vous : On emsurait, dans les eu- visons des que le aux Fées avait souvent servi d'asile à réfractaires.gendarmes et le garde-champêtre y avalent donc fait plus d'une ascension.Roublard, en attendant le jour, s'allonges derrière une haie, couché sur le ventre, les brus croisés, le enfoui dans xes bras, 11 s'endormit tranquillement, se tiant à son habileté, et remerciant presque la providence de l'avoir si soudainement enrichi et si particulièrement Quand il s'éveilla reposé, rafraichi par ce dienfaisant sommeil, le soleil se trouvait fort haut à l'horizon.Roublard s'eu serait fuquiété, si le lieu vers lequel il se dirigeait n\u2019avait été aussi solitaire.11 se contents d\u2019accélérer le pas en gravissant la colline.Un chevrier passa près de lui, Hou.blard le connaissait et ln regarda de mauvais wil ; mais il ne voulut pas lui demander le ve- cret, dans la crainte d'éveiller sx méfieuce, 31 we croyait sûr, du reste, que l\u2019enfant n'aurait jamais lo courage de le suivre.Mais le chevrier était füté pour son âge.Il se fit ce raisonnement : ** Roublard se rend à la'yrotte des Fées, uy ve-t-il faire ! On en revient donc, puisqu\u2019il s\u2019y husarde ?Ma foi ! où passe nu gros homme, un enfant peut se glisser.Et le chevrier, tout doucement, suivit Itou- blard, évitant de casser ou de faire craquer les branches.Roublard, arrivé à la cite de la montagne, regarda de nouveau autour de lui; mals le bois était trop\u2018épais pour qu'il aperçût l'enfant.Il pénétra dans le grotte, l'explora dez yeux, et v\u2019écria : # Voici mon affaire ! 1] existait dans tte une sorte de niche facile à combler à l\u2019aide de cailloux et toute dis- por pour une cuisse de voleur.Roublard tirn sa poche deux lissses de billets de banque, des rouleaux d'or, qu'il cassa pour compter les louis ; puis, tapissant avec soin s& vachette, il jeta les billets et l'or daus son mouchoir à car- resux, et le recouvrit d'une pierre plate.Il fit alors deux pour s'éloigner, mais Je sentiment d'une joie avare le retint.\u201c* Je suis riche ! dit-il, riche à jansais ! Le chevrier en avait assez vu ; il dégringola 1s montagne avec une légèreté de bouquin, et pieds nus, les cheveux an vent, il prit la diree- tion des Haussois.Quelques minutes pris, Roublard quittait à son our la grotte aux Fées, Deux heures après, 8 dans l'auberge de Mouillavoine.Il y était depuis dix rminutes, quand un sif- Hement, sans doute bien connu de C'arêtue, attire l'enfant sur le paz de Ia porte de l\u2019au- erge.* (est toi, Pitiot 1\u201d dit.il au chevrier.Le pa mit un doigt sur ses lèvres.\u201c Faut pas qu'on nous entende, dit-il, j'ai à te parler.\u2014Attends-moi,\u201d dit Caréime.Une seconde après, un jer i lu iain, il entrait dans le potager de Mouillavoine pour y cueillir des salades, * Comme ¢a, lui dit Petiot, tu counais cette canaille de Roublard.\u2014C'est une pratique, dit Caréme d\u2019une voix méprisante.\u2014Notre fortune est faite et honnétement faite, oi tu veux ; Roublard à trouvé ou dérobé Un trésor ; si tu vois Flammèche, prévieus-moi, je vais l\u2019attendre près du,grand puits.\u2014C\u2019est bon ! dit Caréme, on aura l\u2019œil ouvert.\u201d Il n'était, à ce moment, pas plus de sept heures du matin ; sur les rontes et dans les champs we pressaient les atteluges et a\u2019échan- fepient les paroles amicales.Les ouvriers étaient le besogne.M.Courcy descendait à son bureau vers dix heures, et ses domestiques n\u2019y entraient pas avant lui.Donc, à sept heures, 1a maison du manufacturier s'éveillait à peine ; sauf le jardinier et le palefrenier, on ne voyait personne dans le jardin et dans la cour.pertes dont le carreau avait été coupé par Kou- lard, ne laissait point de visibles traces d\u2019effraction, et celle du bureau ne trahissait pes davantage le crime de le nuit.XVIII DEUX COMPLICES Reutrée chex elle après avoir payé le commis de la mainon Robillot, Augustine se jeta sur son Mt aan» parvenir à trouver le sommeil.Hon cer veau tintait, nes yeux voyaieut des milliers d'étincelles ; son cœur battait à l\u2019étouffer.Elle ne se faisait plus de raisonnements apé- cioux, elle ne se disait plus que ls moitié de lu fortune de Courey lui appartenait, elle comprenait qu'elle n\u2019était rendue coupable d\u2019une faute honteuse et regrettait d'avoir manqué de cou- rg ur tout avouer à son mari.le se demandait comment elle aborderait Benjamin, Oscrait-elle le regarder ! Son trouble ne truhirait-il pointf Si M.Courcy était bon, lu loyauté de sa nature se révoltersit jus.ju'au dégoût s'il concevait le moindre soupçonne fois eucors Augustine crut conjurer le péril en retardant l\u2019heure.Elle pensa que ai elle se trouvait en face de son mari, seulement après pourrait mettre son trouble sur le compte d\u2019une émotion légitime.Mieux valait donc éviter tout d'abord sonce de M.Conrey et s'en remettre an hand pour le reste.Le terape marchait pour la jeune femme avec stallait en face d\u2019une bouteille de vin | pré- ralent faire relier leurs volumes une lenteur désespérante, Le jour grandit, sept heures sonnèrent, elle née descondit l'escalier, traversa Sour pleine d'ouvriers et ne retourna pour re r groupe formé une famille hollandaise.Un ouvrier tenait niin de sa femme, ot les quatre enfants, têtes blondes en l'air et brus tendus, appelaient à leur tour les caresses.Augustine soupira et prit le chemin des Sautaies.En y eutrant, elle trouve Paul habillé de coutil, la tête couverte d'un chapeau de paille de Manille, donnant des ordres aux valets de ferme, tandis que Lory remplissait de fraises un jer d'osier.Bes enfanu jouaient autour Folle, dévorant la moitié de sa cueillette.Pour la première fois, le tableau de ce bonheur simple, mais complet, apparut à madame Courcy ce qu\u2019il était réellement.Sou cœur se serra ; le regret et les remords lui ignèrent l'âme, elle courut & Lory et 'étreignit dans ses bran.\u201c Comme ton cœur bat! dit madame Bar- thier, \u2014Je suis venue vite, répondit Augustine.\u2014Lory, dit Paul, e Courey déjoune ve volon dit Augustine.Ah! moun ami \u2014Volontiers, dit Augustine.! mie, ajouta-t-elle, je t'sdmire st ju t'envie ; les beaux enfants! Comme Nicette to resemble! \u2014Autant que petit Paul reproduit le visage de «on père\u2026 Tu m\u2019envies, tu as raison, puisque je ne changerais pas mon sort contre le tien ; ta fortune m'etfrayerait\u2026 Vois donc ma maison de chaume et mon auguste empire.ma robe de toile et le chapeau de colon de mon laborieux et fidèle mari! Combien tout cele jurerait avec les magnificences des Hausvois, tandis qu'ici, tout cela se trouve dans son cadre.\u2014Ah! fit amirement Augustine, j'ai nl cherché le bonheur.\u2014ÎN est toujours temps de l'atteindre.\u2014Tiens, dit Augustine, je fais un vou.Du | sein des ténèbres qui se répandent dans mon Ame, je jure de tue consacrer d\u2019une façon abuo- | lue à la félicité de mon mari, si l'orage passe 1 sans évlater au-dessus de ma tête.\u2014Tu as quelque ehose ! demanda Lory, la fièvre brûle tes yeux, ucuélère ton pouls, tu souffres.\u201d Augustine s'approcha de la grande porte et regarda sur la route.*¢ Rien, murmura-t-elle, rien encore.\u2014Je t'en supplie, s'écria Lory, contie-moi tou angoisse.J'ai pu désapprouver ta façon de peuser et ir, mais à l'heure où l'épreuve t'arrive, quelle soit ou non le résultat d'un: faute, compte sur moi comme sur une ser.\u2019 Madume Courcy foulit en larmes.Secouce par les sunglots, les mains plongées dans ses cheveux, elle entendait à peine les consolations de Lory ; elle eût souhuité mourir sur l'heure ou perdre, dans l'envahissement de lu folie, le souvenir de ce qui s'était passé lu nuit précédente.Lory s'agenouilla devant elle.\u201cdela est affreux, dit-elle, de vuir souffrir nue créature aimée et de no pouvoir rien pour l\u2019apaiser.Courcy a-t-il quelque crief contr- toi ?Caches-tu dans le fond du cœur une de ces blessures qu\u2019on avoue à peine à son coufesseur et dont on rougit devant soi-même ?Augustine, j'aurai pour sonder cette plaie la légèreté de main d'un chirurgien, et puur la guérir le don des miracles.\u201d RaolL DE NAVERY.( La suite au prochain numer.) \u2014\u2014 \u2018>.CHANT PATRIOTIQUE M.Paul Déroulède vient de terminer un chant patriotique que M.Gounod a mis en musiuue.En voici les principales strophes : VIVE LA FRANCE ! Vive lu France ! U mon pays, l\u2019eux-tu connaître d\u2019autres cris, Peux-tu former d'autre espérance : Que fait l'opinion qu\u2019on a! ll les à toutes ce onda ! Vive la France! Et cependant et malgré tout, 0 France ! ta voilà debout, Bénie eu ta jrsrsévérance, To voila sur le droit chemin, La gloire au front, la force eu iuuin ; Vive la France ! Des trois couleurs de ton drapeau Muint parti ne vent qu'on lambeau, Mais le peuple n sa préférence, Et ni rouge, ui blauc, ni bleu, C'est tricolore qu'il le veut.Vive le France ! Travaillons! Qu'importe l'outil ! Bâche ou marteau, plume on L'effort seul fait lu différence.(Euvre commune, amour commun, désirs nous n\u2019en avons qu'un, Vive ls France ! AVIS + Les abonnés de L'Opinion Publique qui désire- dan manière élégante et solide, et A bon marché, feront bien à So au hureun de oo jonrnal, & et 7, rue 18 JvirLer 1878 L'OPINION PUBLIQUE \u2019 846 GASETTE DES TRIBUNAUX Cour d'assises du Morbihan : Deux bandits.\u2014 Double connlsmnation a mort.A lire le proche que vient de juger la Cour d'assises du Morbihan, et dont le Figaro à annoncé, dans ses Télégruinmes, le tragique denouement, on croirait vraiment que les choses se sont de l'autre côté «des Apennins, et nul doute que les deux misérables qui compatais- saient devant le jury n\u2019eussent fourni une belle page à l\u2019histoire du brigandage, si la gendarmerie ne les avait arrêtés en pleine prospérité d'affaires.Depuis plus de deux ans, les environs de Lorient étaient le théâtre d\u2019une suite de méfaits audacieux : on ne parlait que de fermes pillées, d'églises profanées et littéralement mises à sec, de fermiers revenant du marché qui avaient été attaqués sur la grande route par des bandits restés inconnus.Un chiffre \u201cloquent peut «lon- ner une idée de la hardiesse de ces malfaiteurs, qui avaient fini par inspirer au pays une terreur quasi superstitieuse, et dont on osait à peine, aux veillées, raconter tout bas les exploits: du 15 décembre 1875 an mois de septembre 1877, plus de soixante-dix vols qualifiés et d\u2019agressions à main armée furent signalés à ln geudar- merie, qui avait hattu sans succès tout l'arrondissement, et qui revenait invariablement de ces expéditions les muins vides, mais avec cutte conviction que les paysans affolés ne voulaient pas dire les noms des coupables.Ün assassinat commis à la même époque, aur la personne d\u2019un cultivateur, resta également impuni, mais l'instruction qui fut ouverte à la suite de ce crime fournit à la justice de précieus indices, sinsi qu'on va le voir : Le 15 octobre 1875, de grand matin, es journaliers trouvèrent, dans une lande dépendant du village de Caudan, le cadavre sanglant d'un riche fermier de cette commune, nommé Le Bouëdec.Cet homme avait disparu depuis la veille.Il s'était rendu au murché d\u2019un bourg voisin, et avait dû se remettre en route, le soir, por- tour d'une assez forte somme qui prove- naît de la vente de sa récolte.Ou ne l'avait plus revu depuis, et, quand on releva son cmlavre, percé de coups «le couteau, on constata que les assassins l'avaient entièrement dépouillé.L'instruction se poursuivit, stérile pendant de longues semaines.Enfin, un vieux paysan qui avait rencontré Le Bouë- dec sur le chemin de Caudan, la nuit qui avait suivi son dernier voyage, se décids à raconter qu'il avait aperçu, peu après, sur la route déserte, deux hommes à mine suspecte qui puraissaient à la poursuite du voyageur.A force do recherches, un parvint & sa voir que ces individus étaient deux repris de justice, dont l\u2019un, nommé Le Cordroch, était ouvrier du port de Lorient, l'autre, nn certain Evano, fabricant de guloches, sans autre domicile à peu près fixe que la prison de Lorient, où il avait «léjà subi de Nombreuses condamnations, Le parquet de Lorient fit surveiller ces deux hommes.Chose singulière! partout où æ commettait un vol, une agression nocturne, un méfait quelounque\u2014et on sit ils furent nombreux\u2014Lvano et le Cordroch avaient passé ! L'information utriva ainsi à établie matériellement, après deux nanéus «'investigations, qu'ils étaient les auteurs de l'assassinat du fermier de Caudan, qu'ils l'avaient tué à coups de couteau, puis volé, sur la route, et les deux hommes furent mis en état d'arrestation.Il se alors ce fait singulier : Quand il fut bien évident que le Cor- droch et son compagnon étaient sous ls main de la justice, qui ne paraissait pas disposée à leur rendre la liberté de si tôt, les lungnes so délitrent, l'assurance revint aix paysans, et le parquet de Lorient se vit bientôt à la tête d'un ensemble formidable de témo acousateurs.Cent seize témoins ont défilé devant la Cour d'assises dans cette affaire, et encore le ministère public n\u2019avait-il pas fait venir à l'audience toutes les victimes des brigan- (ages reprochée aux deux assaseins, débats ont révélé des faits incroys- bles : Le Cordroch et Evano ne se contentaient de piller les maisons isolées, de briser les troncs paroissiaux, d'attendre de nuit les gens sur la route.Ils s\u2019ingénisient encore à faire lo mal pour le mal, brisant les meubles à coupe de hache, les glaces à coups de bouteille, les vitraux des églises à coups de piorres, II leur arriva plusieurs fois d'aller voler un cheval dans quelque batiment, de monter deux sur l'animal, et de faire ninsi une tournée fantaisiste dans cing ou six communes, en mettant de temps en temps pieds à terre pour escalader une muraille, fracturer uns serrure et mettre une maison au pillage.Un fait entre cent : Certain enir, un fermier des envirous de Lorient revenait du marché de cette ville, conduisant une vache qu'il venait d'acheter, La route était longue.Notre homme entra dans une auberge pour s\u2019y rafralchir, après avoir probablement attaché l'animal à deux pus de la porte.TI était à peine installé dans l\u2019auberge, que deux inconnus surviennent, agacent la vache, lu frappent, la rendent furieuse, puis disparaissent.Quand le fermier, attiré par le bruit, accourut pour détacher sa bête, celle-ci lui envoys en pleine poitrine un coup de pied formidable qui l'étendit roide.Il fallut que le pauvre diable, assez gravement blessé, couchât à l\u2019auborge, et laissit pour cette nuit-là ea maison seule, Le lendemain, il apprenait \u2018que deux malfaiteurs y avaient pénétré, qu\u2019ils avaient forcé l'armoire, contenant 610 francs, défoncé les barriques, emporté les meubles, opéré enfin un déménagement complet ; ces deux hommes étaient Evano et Le Cordroch.On retrouva chez eux tout le mobilier: La Cour d'assises du Morbihan a condamné à la peine de mort ces deux bandits, qui avaient encore, tout récemment, tenté de s'évader en mettant le fou à lu prison de Lorient.Leurs femmes ont été condamnées, pour recel des objets volés, à trois ans de prison.Le jury a cru, toutefois, devoir signer un recours en grâce en faveur des condamnés à mort.© FAITS DIVERS \u2014Dénouement d'une monstrueuse affaire, que le Figaro & racontée dans tous ses effroyables détails, et dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.Les tribunaux russes viennent de condamner à la déportation en Sibérie, et \u2018\u2018 à la perte des droits civils,\u201d cet enfant de neuf ans qui avait tué à coups de hache et enterré sa mère, après l'avoir suppliée en vain de renoncer à un amant, par respect pour son père mort.\u2014L'Evénement, de Paris, raconte un pari singulier qui n failli coûter la vie à an jeune homume du nom de H.Il a mangé deux limaces, un pierrot avec ses plumes, et deux grenouilles vivantes, L'eujeu etait de cent sons, H.à gagné son pari ; mais l\u2019imprudent Jeune homme à été immédiatement pris de douleurs dans l'estomac, et il est tombé sans connaissance.Un médecin, appelé aussitôt, lui a administré une potion énergique pour provoquer les vomissements.UX MARIAGE.\u2014M.Georges Lessard, âgé de 98 ans et 6 six moie, conduisait, Ja semaine dernière, à l'autel Delle Thirtion Legault dite Des- lauriers, âgée de 50 ans.Le nouveau marié, qui est Français de nnissance, à servi trois ans sous Napoléon ler, et fit le campagne d'Egypte.11 émigra au Canada à l'âge de 28 aux, et d'enrôla comme volontaire en 1812 ; il reçoit actuellement une pension du gouvernement.II jouit encore de la plénitude de ses facultés et prétend avoir encore 20 nns à vivre.D'après ce qu'il dit, son grand-père aurait été médecin du de France, et serait mort à 180 ans, mais son père n'surait atteint que 128 aus.\u2014Un de ces accidents qui font frémir rlen que d'y songer, dit l\u2019 est arrivé à Seint- Inidore, dans te comté de Dorchester, 1e 28 juin.Une famille de cette localité avait un seul enfant qui faisait le bonheur et ln joie du ne et de ln mère.Le jour en question, le père était à l'ouvrage ; In mère dut s'abeenter pendant quelque temps au dehors, Alors, l\u2019enfaut, tout feu s'epprocha du feu qui pétillait dans l\u2019être, et l\u2019atti ment, quand un tiron s'échapps du fen ot, retombent sur ses les onflamma rapidement.Tous les oris de 0 pauvre petit martyr furent inutiles.La mire arriva trop tard pour le sauver, et elle ramasse Le cadavre carbonixé de cet enfant qu'elle avait laissé, il n'y avait que queljues instants, plein de vie et de ate, Ou » ine facilement le désespoir de cette brave famille.2,000 MAISONS DÉTRULTES ; 10,000 VICTIMES numaixes,\u2014Le 11 avril 1878, une trombe d\u2019une violence effroyable s\u2019est abattue sur Canton (Chine), et a couvert de enil et de ruines une des villes les plus importantes et les plus riches de l'empire chinois.En moins de quelques minutes, le météore « jonché ln terre des débris de 2,000 maisons, en- douti dans les eaux du fleuve un nombre infini barques et fait périr envirou 10,000 personnes.H était une heure de l\u2019aprés-midi lorsque le tonnerre se fit entendre.trois heures, dans Ia direction du sud, et s'avançant en zig-zag sur la rivière, on vit une énorme trombe aul, dane son tourbillon rapide, engloutissait les bateaux qu'elle sticigneit.De là le météore passa sur faubourgs et le ville, meant tout ce qu'elle rencontrait sur son pessage.Quelques minutes uptès le passage de ia trombe, le feu éclatait dans Canton sur quatre points différents, et 300 maisons deveusient aussi le proie des flammes.11 y a eu insuffimunce de cercueils à Canton, où il y a des magasins qui exposent continuellement, à la vue et an choix des amateurs, de cos coffres par centaines, sais compter les cercueils qui servent d'armoires provisoires à leurs propriétaires.\u2014Un double suicide à eu lieu à Paris, rue du faubourg Ssint-Denis, dans les cireonstances suivantes : Les époux Cappelaire, après avoir essayé de s'asphyxier, se nont jetés par une des fenêtres de l'appartement qu'ils occupuient au cinquième stages dans la dite rue.motif de ce double suicide est resté inconnu.Mme Cappelaëre, fille unique de M.l'ouly, décédé, n'avait que 28 ans.Le mari, Charles Cap- pelaëre, âgé de 32 ans, était employé au Comptoir d\u2019escompte.Le ménage était des plus unis et adorait ses deux petites filles, âgées l'une de 4 ans et l'autre de 2 ans.La veille, les parents étaient allés, dans la soirée, chercher mère, Le commissaire de police, informé de ce suicide, d'est rendu immédiatement sur les lieux, où il à trouvé deux lettres, l'une adressée à Mme Cappelaëre, et l\u2019autre à Mme Pouly ; dans cette dernière, contre-signée par ls femme, lo mari, sane expliquer les motifs du suicide, demande n à sa belle-mère de es mort ainsi que de celle de sa fille, et lui contie ses ceux enfants.Le cadavre de la femme n été remonté chez elle.Quant au mari, il a été transporté à l\u2019hôpital ; son état est déseapéré.\u2014Un necident des plus terribles ent arrivé à Stanfold, samedi dernier.Un nommé (iilbert était à charger son fusil pour aller à la chasse.Son frère Vital était alors couché sur le plancher à quelques pas en avant de lui.Au moment où il mettait la capsule comime mu par une fatalité, Vital ne leva, se trouvant alors à la hauteur de l'arme meurtrière.Au même instant, le coup partit et il recut In charge en pleine poitrine.Quelques minutes après, il était mort.La femme da défaut, malade au lit, fut témoin de l\u2019accideut.Ce fut une scène des plus douloureuses.Pendant que lu tmalheureuse victime qu'on avait étendu sur le lit à ses côtés, luttait contre la mort, elle, affolée de douleur et d'effroi, l'étreignait de ses bras débiles et remplissait l\u2019air de ses lamentations.M.le curé, qu'on était allé chercher en toute hâte, arriva sur les entrefaites, mais ne trouva plus qu\u2019un cadavre.Le verdict des jurés, à l'enquête, n compléte.ment exonoré le frère du défunt de toute négligence.\u2014I7uion des Cantons de I Edt, \u2014Ily w quelques jours, on retirait de ln Seine, près du pont de l'Alme, le cadavre d'un jeune honmme, bien vêtu, ayant les bras et les jambes liès «ur lu poitrine par nue corde à lu- quelle pendait une pierre.Le corps étant inconnu fat porté à la Morgne, et une enytête fut commencée par la justice qui avait Îieu de croire à un crime.Nous ignorons es que cette enquête a pu faire découvrir, mais voici les renseignements qui nous sont parvenus sur cette affaire.Dans le dernière quinzaine du mois de mai, tn mariage devait avoir lieu à Notre- ime-de- Lorette.\u201cLe marié était un sieur X.aide machiniste à l'Opéra, très-aiiné et très-estimé.A midi, les voitures arrivèrent devant In porte ; les invités, en habits de fête, se présentèrent les uns après les autres.Tout le mondu était prêt ; seul le marié ne paraissait, On alla chez lui.8a porte était fermée.Ou courut chez ss mère, pensant qu\u2019il était peut.être allé Iu chercher, Personue, On voit d'ici l'étonuement, les craintes qui assuillivent toute la famille.Quelque rivale loux l'avait-il attiré daus un guet-apenat Ou alla faire les déclarations à la préfecture, on commença des recherches, Elles furent infructueuses.Ce n'est que plus tard, lors de In découverte du esduvre du pont de l'Alma, qu'on sut ce qu'était devenu le pauvre X.vs poches t plusieurs lettres, dont l'ané contenait oes mots : ** Ja menrs pour et on pensant à toi.\u201d leurs enfants chez la grand'- | UN REMEDE POUR LA CONSOMPTION Un vieux médeein, retiré de sa profession, ayant regu d'un missionnaire des Indes Orientales la formule d'un simple remède végétal pour la guérison pte et permanente la Consomption, de la Bronchite, du Catarrhe, de l'Asthme et de toutes les maladies de la Gorge et des l\u2019ou- mons, lequel est aussi une remède positif et radical pour la faiblesse des Nerfs et pour tous les maux nerveux, après avoir eu Ja preuve de ses merveilleuses vertus curatives dans des milliers de cas, croit de son devoir de le faire connaître à l'humanité souffrants.Animé par ce motif et le désir d\u2019alléger les souffrances humaines, j'enverrai gratis cette recette à tous ceux qui In dé- siretont, avec des directions complètes pour la préparation et l\u2019usage du remède, en français, allemand on anglais.Cette recette sera envoyée par la malle en adressant avec un timbre de poste et nommant ce papier: W.W.Sukxan, 49 Powers\u2019 Blo:k, Rochester, NY.A NO8 LECTEURS.\u2014 Nous somises convaincu que nos lecteurs et aimables lectrices liront avec plaisir le compte-rendu d\u2019ane visite que nous avons faite récemment au nouveau magasin de M.P.FE.LABELLE, le marchand de nouveautés de la rue Notre-Dame.On se rappelle que M.Labelle tenait ci-devant son établissement sur la rue Sainte-Catherine ; ce n\u2019est qu\u2019à ls fin d'avril dernier qu\u2019il a transporté son immense fonds de marchandises à l'endroit qu'il occupe actuellement : 109, RUE NOTRE- DAME, entre les rues Bonsecours et Gosford.M.Labelle à cru devoir opéter ce changement afin d'avoir un local plus spacieux, plus central et répondant mieux sux besoins de sa nombreuse clientile.Nous avons été surpris de voir les prix excessivement bas auxquels les marchandises sont vendues duaus ce magasin.Une visite convainera tout le monde de l'avantage qu'il y a de s'adresser à M, Labelle avant d'acheter ailleurs.Au Magasin Rouge, 581, rue Sainte-Cathe- rine.\u2014 COMPÉTITION RANS PRÉCÉDENT DANS LE COMMERCE DE NOUVRAUTÉS.\u2014Notre magasin n'est ouvert que depuis un mois à peine, et des milliers d'acheteurs l\u2019encombrent déjà tous lex jours.C'est vraiment plus que nous osions es- rer, Nous nous faisons toujours un devoir d'être véridiques et sans exagération dans l'annonce de nos marchandises, ne descendant ju- mais À ce système vulgaire et trompeur d'annonces prônant des marchandises qui n'ont aucune valeur appréciable.Nous savons, toute- foin, que le publie est trop intelligent pour wen laisser imposer par ces réclames 1uensongères.11 nous auffira de dire que notre grande expérience dans l\u2019achat des atocks nous donne une supériorité indéniable sur qui que ce soit pour l'achat et la vente de marchandises qui ne sont 8 es pour In nouveauté et le guût.Nous vendons nos Tweeds et nos Etofles & Robes à une commission de 2} pour cent seulement.Nous coupons nos Draps et Twreds gratis, et donnons les Patrons de Robes et de Manteaux par-dessus le marché | La haute réputation dont notre maison jouit déjà pour les marchandises de deuil n\u2019a pus de précédent à Montréal.Nous recevons tous les jours des témoignages flatteurs quant à la qualité et à la beauté den Marchandises de deuil que nous vendons, comme toutes les Dames peuvent s\u2019en convaincre en nous honorant d'unu visite.L.J.PELLETIER & Cie, Propriétaires ; J.N.An- SEXAULT, Gérant.REVUE DE LA SEMAINE NOUVELLES D'EUROPE Le Congrès a fini ses travaux; le partage virtuel de la Turquie est consommé : chaque nation a voulu avoir sa part et il ne reste plus au sultan en Europe qu'un simulacre d'empire.Mais si les travaux du Congrès sont terminés, la question d'Urient n'est peut-être pas finie.Une nouvelle inattendue est venue tout à coup jeter le trouble au sein du Congrès et de l'Europe.Pendant qu'on délibérait tranquillement, qu'on cherchait à se satisfaire mutuellement, l'Angleterre, qui uvait tant dénoncé les traités secrets, faisait avec la Turquie une convention secrète par laquelle elle se fesait céder l'Île de Chypre, aoqué- tant par là un véritable protectorat sur la Turquie d'Asie.L'Angleterre n déjà pris possession de cetto position importante, malgré les récriminations de la France et de ln Russie.Mais l\u2019uifuire a été si bien faite que le Congrès à dû laisser faire.Les journaux américains se joignent à la presso française pour dire que l'Angleterr pond, par co coup de main diplomatique, en prestige moral ce qu'elle gayne en forcn matérielle.Un ne ee gêne pas de dire ue c'est un aote de mauvaise foi qui va lonner une nouvelle vigueur à le politique de convoitiss, jà l'Autriche et toi l'Italie parlent de compensations.Le traité est signé. a Hise spip or PRL i ote oa fade] i bil ff I il | iy WE ib A 22M dR, Hm ne LH i cut | ji LFA i jy 0 by à i a 1 TGA {f 1 i il TE JL lp I.il 7 i = 1 i fi À cad - i op i Hal i te = 4 Es] BD Ni] 4 CHE AR i Ap i CA pol Ce ~~ pail a  AU ly V to hh At \", = § 4 jn A y \u2018xX À Ki | Ÿ \u201cBe y à » HNDITENS NOINIJO.T Se OI i Sg = R on pi i i it i - IRS i wl 1 Ÿ i NY lg 19) poi} ft Aa Lei ti ie ng 3 LR qe ol En =» 2 DRE Sa if i tu dav Cor = is 1% A HN ' A | 3! » fe I fh jf bit wk il fi a À | Ko iu 44 i OA sa 5 i
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