L'Opinion publique, 27 mars 1879, jeudi 27 mars 1879
[" Journal Hebdomadaire Illustré L'OPINION PUBLIQUE tn Tout mestre commencé se paie en entier.moins quinze jours d'avis.Abonnement, payable d'avance : Un an, $3.\u2014États-Unis, $8.60.(a ne se désabonne qu'au bureau du journal, et il faut donner au Vol.X.No.18.JEUDI, 37 MARS 1879 par bons sur Prix du auméro, 7 centins, Toute communication doit être affran laligne, 10 conttns, Les remisse refit doivent se faire par lettres enrogistrdes o AVIS IMPORTANTS L'Opinion Publique est publiée par la CouPAGNIE DE LITHOGRAPHIR BURLAND- Desanats, & ses bureaux, Nos.5 et 7, rue Bleury, Montréal, Le prix d'abonnement pour ceux qui paient d'avance, ou dans le cours des trois premiers vis, est de TROIS PIASTRES par année pour le Canada et TROIS PIASTRES ET DENIE pour les Etats-Unis; mais on exige de ceux qui ne se conforment pas à cette règle $3.25 par année s'ils ne paient qu\u2019au bout de six mois, ot $3.50 #'ils ne règlent qu\u2019à lu fin de l'année.Les lettres d'abonnements ou traitant d'autres niluires doivent être adressées à t-B, BerLano, Gérant, ou : \u201c Au Gérant de L'Oprion Publique, Montréal.\u201d Adresser les correspondances littéraires : \u201c Au Rédacteur de L'Opinion Publique, Montréal.\u201d Si une réponse est demandée, il faut envoyer une estampille pour en payer le rt.P Lorsquton veut obtenir des exemplaires extra du journal, Je prix le ces exemplaires, en estampilles ou autres valeurs, doit accompagner ls demande.Nos abonnés à Montréal sont priés de nous faire connaître toute irrégularité duns le service du journal, SOMMAIRE La France, par À.fiélinna.\u2014Chronique américaine.par Anthony Ralph.\u2014 Noe gravures.\u2014Nouvelles éiran- gêtre \u2014Le jeu.\u2014 Histoire de l'He-nux Coudres, par l'ubné Alexis Mullloux (suite).\u2014Un forçat rébabl- Mit Qui F0, gagne, par Alph, Delannoy (suite).\u2014 Pubs ç.Nos braves, par M.J A.Poisson.\u2014La e.par PF.du Boiagobey (suite).\u2014M6- femmes.\u2014~Uhoses et autres.\u2014Ls jen de Fete = échres.\u2014Prix du marché de détail de outed?GRAYUKER Une premides communion & Dieppe ; Ruste : La pose lana le gouvernement i\u2019 Astrakun : Immersion dans lee eaux glares du Volqu commo remède rérentif; Une famille de pécheors foudrayée par Lyidbmie, à Visllaudka ; Vieitle bretunne au marché : Halun de 1578 : Une bonne affaire.[Le manque d'espace nous à empêché de publier avant aujourd'hui l\u2019article suivant, qui est ompost depuis plus d'un ois, ) Le grand drame qui se jousit entre les Partis monarchiques et républicains, depuis la chute de l\u2019Empire, en France, s\u2019est terminé il y a Quelques semaines.Lo teptennat, qui devait expirer en novembre 1880, à été écorné de vingt mois.La re- tite de MueMahon et l'avènement de 3 Grévy à la présidence ont mis le sceau 8u triomphe définitif des rudicaux.Les républicains sont maintenant maîtres absolus de la France, depuis qu'ils ont réussi briser la dernière digue qui comprimait encore la révolution, la présence du maréchal MacMahon à la tête de l'Etat.La détermination subite de l\u2019ex-prési- dent à surpris tout le monde.Il avait eu fant d'occasions de ee démettre de sa Charge dans le cours des dernières années.1 croyait qu'il resterait jusqu'au bout.# forces étaient épuisées, et il à lâché Prise.Su démission a porté le coup de au parti conservateur.La Droite semble anéantie, Il n\u2019y a plus d\u2019espoir pour elle, Cen est fait de la révision de Constitution en 1880, Le provisoire, cette deruière branche de salut, 6 pris fin.République, une eb indivisible, est dé- Mivement établie, sous le haut patro- nage de l'iltustre Grévy et da grand Gam- betts.Tant que les conservateurs ont pu garder le contrôle du Sénat et de la présidence, ils purent résister et sou\u2018enir la lutte avec la majorité radicale de l\u2019Assem- hlée.Après le 16 mai, ils avaient de plus le ministère pour eux.La dégringolade, commencée par ls chute do celui-ci, après les élections générales et la réunion des Chambres, se continua l'automne dernier par la perte des élections sénatoriales, qui donnèrent la majorité aux républicains dans la Chambre haute et se termi- La par le renversement de MacMahon lui- même, qui, après cet échec, ne s'est pis senti de force à combattre seul contre le Sénat, le gouveruoment et la Chambre réunis, Le pacifique M.Grévy, élu président à la place de MacMahon, est un démocrate à l\u2019eau de rose.Il est doucereusement révo- Intionnaire.Il s\u2019est donné pour premier- ministre un politicien de sa trempe, le mielleux M.Waddington, qu\u2019un juurna- liste parisien compuralt, dès 1876, au chat de la fable, et qu'il représentait tirant les marrons du feu pour ia radicaille.Gambetta s'est installé au fauteuil présidentiel de la Chambre, à la place laissée vacante par M.Grévy.Il compte bien marcher jusqu'an bout sur les traces de son ami, et le temps n'est probablement pas éloigué où il sautera, comme celui-ci, de la présidence de l\u2019Assemblée à celle de la République.M.Grévy possède, entie autres qualités, celle d\u2019être un excellent joueur de billiard, talent précieux chez un homme d'état, Ii est très-fort sur le carembolage.Pourvu qu\u2019il n'applique pas ceîte science à la politique ! C'est un bon homme, et Gan betta, qui s'y connaît, en fera ce qu\u2019il vou- dr.Grévy règnera, Gambetta gouvernera.Pendant que le premier samusera à faire rouler les boules d'ivoire aur lo tapis vert, le second dirigvra la législation.C'est une jolie combinaison.Ils vont commencer par proclamer ln séparation complète de l'Eglise et ie l'E- tat.Le pauvre clergé de France va perire la mince allocation qu'il recevait du guu- vernement et qui était à peine suffisante pour l'empêcher de périr de misère, En même temps, l'enseignement sera entièrement sécularisé, et la religion exclue des établissements d'éducation.Les commnu- nards de Nouméa sont déjà rappelés, à l'exception de trois ou quatre.Ou se propose aussi d'abolir le Sénat le plus tôt possible.Ç'a toujours été le plan de M.Grevy d'en arriver là, II s'oat constamment prononcé pour une seule Chambre, avec un président dépendant absolument de cette Chambre.C'est le système de la Convention de 1793.Décidément, la France & atteint ls profondeur des nouvelles couches.Wioulera- telle jusqu'au fond de l'abtme?Iieu seul peut ls sauver, car les moyens humains fout absolument défaut pour empêcher sa perte.A.GÉLINAS.re On dit que l'opposition a l'intontion, dans le cours du débat sur le budget, de proposer deux ou trois amendements, et de pmvoquer une division de la Chambre ; on croit qu'il sera propusé, en vutre, une résolution dans laquelle l'opposition expo- ours ses vues aur ls situation, CHRONIQUE AMERICAINE New-York, 18 mars 1879.Hurrah ! la vieille leterre, dans la personne d-1 pedestrian Rowell, a vaincu Amérique, représentée par Ennis, Harri- man et O'Leary.Je présume que le Canada tout entier s'associera à ce triomphe qui est un nouveau Châteauguay.pacifique.Plaudites cives.Le premier de ces enragés marcheurs a parcouru 500 milles en 6 fois 34 heures ; le second n'a pu atteindre que le 475me.Le troisième s\u2019est arrêté au 450me, et le lernier s\u2019est évanoui en route.En gomme, ces gladiateurs du jarret ont marshé 6 jours et 6 nuits, c'est-à-dire 144 heures, sans dormir, C'est à Gilmore Garden que ce match à l'américaine s'est déroulé avec des péripéties qui ont arraché des fleurs, et même des larmes, aux indies spectatrices de la lutte.Nobles cœurs, va ! Le samedi 15 mars, à midi précis, ce tournoi des jambes à pris fin.algré le désappointement des Américains, Rowell, la Briton, s'est adjugé la meilleur partie de la recette: 851,000, Il à graissé ses bottes avoc $3U,000 ; Ennis s\u2019est contenté de 812,000; Harriman, éreinté, morfondue, n\u2019a obtenu que $8,000; enfin, le dernier, O'Leary, qui avait perdu la raison en route, n'a reçu que la faible somme de $1,0U) pour s'administrer des douches.Pauvre jeune homme ! E finita la musica.Le Herald de New-York, qui est optimiste, assure que ces luttes\u2014qui n'ont rien tle commun avec un concours de poésie \u2014 duivent être encouragés ; bien mieux, qu\u2019elles sont appelées à développer les muscles des nations qui voudront en essayer.Avant de me décider pour ce mode d'amélioration sociale, je ferai remarquer que la société protectrice des animaux ne permettrait pas qu'on fit trotter un cheval 6 jours et 6 nuits sans le faire reposer.Tous les jours nous sommes témoins de sa solli- citule pour ce noble quadrupèle.Comment se fait-il que personne ne proteste lorsqu'on fait marcher une créature humaine 576 quart-d'heure sans le moinlre sommeil ?Ah! certes, je counais plus d\u2019un cheval qui se refuserait À une pareille folie.ce qui prouve que le plus bate des deux n'est pas celnii qu\u2019on pense, Cvs réserves fuites, je ne dissimulerai pas l'intérêt que je pronds à ces luttes d\u2019adresse et de foreu physique.J'ai toujours admiré la Grèce antique, qui dans ses jeux olympiques mélait aux luttes de l'esprit ces violents exercices du corps qui forment les athlètes.Je voudrais voir revivre les spectacles d'autrefois : les courses en char, les tournois du moyen-âge, les assauts de maîtres d'arme et même le jeu de paume.Une nation qui concentrerait toutes ses forces dans son cerveau, tumberait bien vite daus l'immense hécatombe des peuples déchus, .Ce qui place la rice anglo-eixonne à la têto de la civilisstion, oe ne sont pas eou- lement ses qualités intollectuelles, c'est sa virilité, en froide énergie et aussi, dit-on, son esprit religieux enne lequel on | fonde rien de durable, qui discipline les individus et les fait marcher en svant.Un grand philosophe du XVHIIe aiècle disait que le bonheur d\u2019une nation ne se prouvait pe seulement par ses beaux arta, see légendes historiques et le rafinement de aa civilisation.Selon lui, on découvrait as véritable prospérité dans l\u2019abondance des naissances, lorsque le crnissez et multiplies de Jésus eat mis sérieusement en pratique.A co point d+ vue les Canadiens-fran- foe D'ont rien à envier aux autres nations.ur multiplication, surtout depuis un siècle, prouve suribon lament leur supériorité sur les Yankees, leurs vieux adversaires, qui actuellement semblent dégénérer, Pourquoi cet arrêt dans la fécondité ! Quel rongeur, quel pbyloxera empoisonue les sources de la vie de ce peuple $ La satiété en toutes choses, le luxe effréné des femmes, l'abus des plaisirs permis et défendus sont-ils les causes déterminantes de cet éloimement systématique de la maternité ?Ce sujet vat scabreux et demande à être traité délicatement ; ici le mot propre n'est pas permis : Le latin dans les mots brave l'honnêteté, Mais le lecteur français veui être respecté.Les causes de co parti-pris de stérilité sont multiples.Pour ne parler que de New-York, j'observe d'abord qu\u2019en cette ville un se marie de moins en moins, et que les familles les plus riches sont aussi celles qui ont le moins d'enfant.Dans ma prochaine chronique, je raconterai le mariage d'une Newyorkaise qui a apporté à son mari sept millions de dollars.Cette jeune femme, malgré cette fortune royale, ne veut absolument pas d'enfant : à force de violences qu'elle à bien voulu subir pour s'exonérer des devoirs maternels, elle est devenue idiote.Je sais bien que toutes les impradentes Qui risquent leur vie pour éluder la loi naturelle ne sont pas millionnaires.Je ne dis pas qu\u2019elles sont toujours sans motifs pour s'exposer ainsi à la mort, mais leurs motifs sont détestables, je dirai même criminels, La malheureuse qu'on a trouvée à Lynn, dans le Massachusset, coupée en morceaux, 8 certainement obéi au même mobile.Toutes celles qui ont disparu depuis quelques années, ont swns doute subi le même traitement dans les mêmes circonstances.D'odieux intermésliaires leur facilitent ordinairement l'attentat dont elles sont les victimes.Les Restell, Crape et autres ont acquis une scanlaleuss notoriétd dans ce genre de profession.Mais à côté de ces coquines que la mort où la justice a déjà frappées, il y en a d'autresqui exercent dans l'ombre leur abominable métier.Ce n\u2019est pas avec de pareils éléments de corruption que les Etats-Unis pourront voir se réaliser la prophétie de M, Chot- teau, lequel prétend que la population de ce pays aura ceut millions d'âmes le 24 juillet 1903, Si l'on veut voir renaltre une dre de prospérité, une génération d'hommes ro- bustre qui puissent braver tous les Rowell de avenir, il faut que la justice pour suive eb pende sans pitié ces feux dom 146 L'OPINION PUBLIQUE 27 Mans 1879 teurs, ces charlatans sinistres qui vendent à prix d'or leurs plantes vénéneuses à de pauvres créatures qu\u2019ils corrompent et tuent.11 faut aussi que les médecins\u2014les vrais, cous qui guénssent\u2014livrent aux tribu- paux les charlatans\u2014il y en a partout\u2014 dont les pratiques suspectes compromettent la médecine elle-même.Le corps médical tout entier est intéressé à ce qu'il n\u2019y ait pas d\u2019intrus qui exercent la médecine sans diplôîne, et à ce que la lancetts entre leurs moins nu devienne pus un poignad ! ANTHONT RALPH.\u2014-_\u2014e\u2014_ Nos GRAVURES La Peste à Astrakan (Russie) La impossible à guérir, , co mal étrange, mystérieux et dont parlent les chroniques du moyen-âge, la véritable peste dont le foyer est en Asie, vient d'apparaître dans quelques districts orientaux de l'empire russe.C'est un Cosaque de la province d\u2019Astrakan qui, dit-on, le premier 8 importé eette torrible épidémie en Russie d'Europe.On raconte que, de retour dans ses feyors, après la récente campagne d'Asiv- Minoure, ce soldat avait offert À sa fiancée un chile ture qu'il avait pris dans une ville d'Arménie.À peine la jeune fills s'en était-elle parée, qu\u2019elle fut aussitôt prise de violentes douleurs ; sa peau devint noire et elle mourut le soir mème.Ce serait A partir de ce jour que le mal se répandit dans les stunifz: (colonie tmi- litaire composée de cosaques) avec une Ta- pidité foudroyante.Des familles entières étaient atteintes dans la même journée, et tous ceux qui étaient frappés succombaient infatlliblement.On tâchs d'abord de tenir l'événement secret ; mais, en présence de cas de plus en plus nombreux, le mystère devint impossible.Le gouvernement de Saint-Pétorsbourg a pris alors une série de mesures destinées à empêcher la propagation du mal.Tun cordon militaire très-étroi: a été tracé autour des villages qui sont atteints, et les communications sont complétement interceptées entre les districts de la province d'Astrakan et les autres provinces de l\u2019empire.Les médecins et chirurgiens envoyés sur les lieux sont tous morts victimes «le leur devoir.On en tecrute d'autres maint- nant.Comme il est impossible d'ensevelir rapidement tous les morts, on propose très- sérieusement de les brûler, ce qui diminuerait fortement la contagion.Dans l'assemblée des médecins qui à eu lieu à Saint-Pétersbourg le 24 janvier dernier, le professeur Eschoudnoski est lv seul qui ait admis la possibilité de lutter contre la péste au moyen de remèdes extérieur I! recommande l'air pur, les bains, les immersions dans l'eau glacée, en un mot, l'hydrothérapie dans sun application la plus complète.Îl s'appuie sur ce fait que, lors de la peste de Moscou, en 1771, la secte des Îaskolniks, chez laquelle existait la céré- monis du baptême par immorsion, perdit fort peu de sos adoptes.Il a cité égale- mont le général Souwaroff, lequel faisait inonder d\u2019eau glacée les soldats de sun armée malades de la peste à la suite de leur campagne de Turquie.Toutefois, l\u2019on doit dire que l'instinet des habitants devance toujours, dans ce cas, lu sciener des savants, et aujourd'hui, les pêcheurs des bords du Voiga et lee Cosanes d'Azuff, aussitôt qu'ils ressentent les prarniers symp1ômes de la peste, cassent Ja glace des rividres, et, entraut alors dans ces ouver tures, se font asperger d'eau gluvée.Souhuitons que cette épouvantable épidémie re localise, ct que toutes les précautions prises par les ditférents peuples les préservent d'un aussi épouvantable flévu.Lea médecins qui ont étudié Ja peste de Ia Russie prétendent qu\u2019il n\u2019y à pas de remède, at moins connu, pour la cu battre, et qu'sueun des désinfectants ordinaires n'u donné de résultats satisfai- wuts, Elle respecte plus lee personnes que le choléra ou le typhus, car elle at taque plutôt les pauvres que les riches.Une bonne ventilation ot les lavages à la chaux des maisons sont les meilleurs préservatifs.D'uprès ces médecins, bien que la peste soit une maladie distinete du typhus, elle est produite par les mêmes causes ut on la prévient avec les mêmes précautions, _\u2014\u20142.-_ NOUVELLES ÉTRANGÈRES De même que Saturne dévorait ses enfanta, ainsi ls république française dévore ses gouvernements.Waddington est a la veille d'être jeté à l\u2019eau et on se demande qui va se présenter pour être dévoré à sou tour.Presque tous les journaux républicains annoncent et demindent l'avénement de Gambetta.Gambetta aimerait mieux rester où il est pour Conserver 8 popularité, mais il faut qu'il marche.6 Gambetta seul, dit un journal répu- Hlicain, peut former un faisceau compact du centre gauche, de la gauche, et d'une partie, mettons la moitié environ, «de l\u2019Union républicaine, co qui, en comptant êu voix dans le premier groupe, 160 dans le second et 67 dans le troisième, constituerait un ensemble de 287 voix, soit une majorité «le 50 environ.Cela suitirait, en Iniesant à la minorité républicaine les 63 voix dissidentes de l'Union républicaine et les 30 à 35 voix de l'extrême gauche, c'est-à-dire les 100 voix montionudes.\u201d Un projet de loi proposé par M.Furry a pour but de chasser de l'enseignement une grande partie du clergé, lus Jésuites surtout.Ou peut prévoir ce qui va arriver ai les radicaux où les républicains avaneés liuis- sent par accaparer complétement le pouvoir ; mais alums la république ne durers pas longtemps ; Car les hommes inodérés qui voulaient une république sage, modérée, l'abandonnerunt.\u2014_\u2014\u2014\u20140e-_ DU JEU Comme le jeu fait beaucoup de progres depuis quelques années à Montréal, nous avons cru devoir publier ce qu\u2019un écrivain français, M- Boitard, en dit.C'est sévère : les abus du jeu parmi nous ne sont pas encore assez grands pour mériter des expressions aussi duree ; mais il ne faut pus attendre que le mal soit incurable pour essayer de le guérir.Dans une ville comme Montréal où on ne trouve pas d'argent pour les choses les plus nécessaires, où on n\u2019est pas capable Ce soutenir une boune institution littéraire, de fonder une bibliothèque, on trouve moyeu de susteu- ter plusieurs clubs de cartes.Le club envahit notre société, fait la guerre aux salons, remplace les réunions de parents et d'amis.On laisse su femme, ses enfants et même ses amis pour aller au club perdre le produit du travail d'une semaine ou d'un mois, ou recommence le lendemain pour regagner ce qu\u2019on a perdu, et où continue ainsi des annéus entières au détri- nent de sa santé, du son intelligence, de ses affaires et de sa famille.Mais citons M.Boitard Si vous manquez d'intelligence, de manières, d'aisance, de bon ton, en un mot, si vous êtes un sot, hé ! mon Dieu ! rien ne vous empêrhe de fréquenter les salons au tel est votre goût.Le can à élé prév par toutes les personnes qui re- goivent, et voilà pourquoi il y a nn petit salon à côté du grand.Ou vous annonce, Vous en trez, vous Bllez saluer La miftrense \u2018ie la maison, pris mutisieur, «t libre à vous de ne pas leur \u201cire un mot, Cotte politesse d'usage accomplir, vous paxsez dans le petit salon, vous vous 8s: seyez à unr table de jeu, et tout est dit ; vous voilà installé et à votre aise pour toute la noirée si cela vous convient.Le jeu 1 be jeu qui n\u2019a été inventé que pour les imbéciles et les escrocs ! Le jeu qui seul pouvait mettre de niveau les salons et les tripots ! Le jets, qui ent la honte de la civilisation, la plaie la plus dégoûtante dans nos meeurs, la ruine des familles, la démoralisation de Ja jeu.uesse, Vimmoralité du bon ton ! Le jeu : sh J ab ! vous voilà sur vos deux pieds, maitre sot ! vous allez avoir autant d\u2019aplomb et plus d'aplomb que l'homme de te.rite.Pour peu que vous ayez vingt-ciny on vente mapoleuns en vf dass voire peche, vous voilà l'égal des geue d'esprit, de par le roi de carreau et la dame de cœur.Le jeu est le plus grand niveleur que je connaisse, et Je détie, même par le temps qui court, les plus célèbres utopistes spéciaux, quels que svient le devergon- «age de leur imagination et le fauxaote de leur jugement, je les détie, dix-je, d'avoir jumais révé une égalité suusi complète que celle qui rele autour d'une table de jeu } Les bandes de filoux de voleurs, de brigands reconvaissent encore des chefs, Une certaine or anisation hierar.chique, témoin Cartouche et Mandrin ; te joueur seul ne reconnait aucun supérieur ; il west, pour lui, aucune suprématie de talents, de rang et de fortune.C'est l'idéal du démocrate parvent aux dernières limites de l'exugrvration.Les cartes à la main et son enjeu sur table, lo dernier des goujats est l'égal d'un prince 1° joue avec lui ; le dernier des rimailleurs est l'éwal de Lamartine, et le dernier les wots légal d'un homie de génie.HISTOIRE DEF L'ILE-AUX-COUDRES DEPUIS SON ÉTARLISSEMEN FIUsQU'à NUS JOURS, AVEC SER TRADITIONS, RES LECH BEN COUTUMES Par M.l\u2019abbé ALEXIS MAILLOUX Vicaire- Général «du IHiocèse de Québer.CHAPITRE ONZIEME XI M.JOBEPH ASSELIN, POUZIÈME CURE DE LILE-AUR-COUDRES M.Joseph Asselin avait été ardonue prêtre le 3U septembre de l'année 1s21.A pareille date, cinq aus plus tard, on 1826, M.Joseph Awelin vonait premire pases: sion de la cure de Saint-Louis de l'He-aux- Coudres, pour y faire le plus long séjour qu'y vût fait aucun de ses prédécesseurs, depuis M.Pierre-loseph Compain.M.Joseph Anselin, que j'ai trés-hienr connu, était un de ces cures qui se dé voueut tout entier au bien spirituel de leurs purvissiens.Il aimait la besuté de li maison de Dieu et la grandeur du culte divin, et ne négligeait sucnn détail, quelque minime qu'il fût, pour la conservation des mors et l'augmentation de la piété dans su paroisse, Peu dle curés ont et, comme lui, et à un degré aussi remarquable, le talent de la jrirole, Il excellait à faire une instruction dont le langage était parfaitement à la porté» du peuple, sans javuais renfermer Aucune parole qui füt le moins du moude basse où déplacée, Actif, laborieux, trésatudieux, il savait bien lu sainte Ecriture ; il possédait asses bien la théologiv, M.Asselin était tres économe.La délicatesse de va conscience lui interdisait toute lépense suporflue, I poussa à l'extrème cette qualité qui, comme toutes les autres, doit re tenir daus lus bornes de la discrétion.El m'avouait grid nrit horreur de dépenser un sot wat à props.LL tena\u2019t ses comptes de fabrique avec une extrême précisiun et propreté : quant à son écriture, elle était toujours soignée.11 s'uceupa besucoup de l'édueation des jeunes enfants de sa paruisse, ut eut le bot esprit d'établir dus écoles, qu\u2019il surveilla avec beaucoup «de soin.À ce sujet, il eut d'assez graves difficultés avec plusieurs de ses paroissiems qui, avec plus vu Huins de raisons, lui causérent beaucoup d'ombirri, co qui l'affligea sans le rebuter.H fit même: des sacritices d'argent pour inaiutenir une maison d'école près de l'église, qui fut la cause (es déboires que lui causèrent un\u201d certaine partie «dus intérensés contre Ita blissement de cette évule.En l\u2019année 1836, M.Asselin tit passer par za fabrique une résolution qui affectait le quart ds revenus do l'église au soutien des écules.Cette résolution fut approuvée par Mar l\u2019archevêque de Québec, duns uno de ses visites pastorales, M.Asselin fut curé de l'He-aux-Coudres pon-tant cette remarquable époque où l'incertitude de nus lois et l'ignorance des droits de l'Eglise eausèrent tant de trouble ans nos assemblées paroissiules pour l'élection rlea marguilliers.Ii eut, lui ausri, ainai que plusieurs autres curés, «d'assez nutables mises dans le choix d'un certain marguillier, pour l'élection duquel il #'6- tait trop intéressé, contre ls majorité le la paroisse.Plus tard, cet humine, qu'il avai fait numimer marguillier par xx voix oe poudérante, cauxa autant de débuires à soy curé que celui-ci s'était moutré ompronse : lui procurer cet honneur.a Si l'on mot de côté ces fnits, que l'on peut appeler des fautes comme tout homm- peut en faire, et ou fait assez souvent, on pourra lire, duns toute La force du mt que M.Aswlin fut un bon euré, tidels ; sus devuirs de pasteur, soigneux pour se propres «faires et pour colles dy sa fy brique ; intéressé au suprême degré poux le bien spirituel de son peuple, ot surtow fidèle à bien instruiro ses paroissiens dan la connaissance «los vérités de la veligion et dus règles de la morale évaugétique Aussi on peut, en toute vorite, lat aeeor ' der une large part dans les connais-ow religienses quo possedo lu petite popula.de l'He-uux-Coudres, M.Joseph Asselin fut sincèrement 1 grotté par lus bons parvissiens de l'île dos il quitta la desserte Vers le premier J mois d'uctobre, en l'année 1539, [avr «té pendant treize ans Le curé de ete p tite paroisse.Après avoir donné une idée du À ivre curé se l'He-aux-Coudres, jen pressé de dire un mot d'une fille ass qu'il avait à son service, et dont len de famille était Marie Sansterre, de ol viere-Ouello, Elle faisait tons les ovr de la maison, soit ceux du deluns, - eux du dehors Jams peat Cee ge wnne ne fut plus attshee a on ws qu'elle servait avec une tidélite + url vouvment hérouque.Vors Lu fin 4-1 elle fut attaque d'une cruelle mit di- cancer, qui la faisait horriblene ne i Malgré Les douleurs quelle enti et nuit, la bonne Marie Sansterre 1e nr; aoa jamais les tâches ardues qe à remplir.Les itsomnies que Int ee ce mal qui tui ronzenit les chairs ne oo péchaient pas de se Jever de buna pour vaquer a ses oceupations, fu bumeur toujours égale, sunitran* plaindre, travaillant sans relie admirable fille ne cosa de temp or i son maitee que Turse, Be poly itt po se tenir debout par l\u2019exces de sa fete elle prit le lit pour y mourir duns le j du Seigneur, ne regrett ont qu'une ch + ile ne pouvoir plus rendre servie auquel elle s'était si généreu-ene à vouée.XIV M.HARHTIN-LEON N4 FHEIZIEME i L'ILE-AUX-COUDRES M.Martin-Léun Noel avait et ut buse prêtre le 27 du mois de juillet 1551 I.vint prendre possession de la peur + de Saint-Louis de Pile aux tude vs le 5 d'octobre 1839.A son arrive, Mo Noel ent le mid du trouver, à l\u2019He aux-Coudres, de E encore mal éteints de cs feu An temps de son prédécesseur par Le qu des écolus qui, OL BU Le gaût que tres un geand nombre de paroisses, 041 cité coutre les curés de si aléplorabies prF secutions.11 dit, bai aussi, avoit une pot des déboires de sun prédiécessear.ML.Nel wetait pas homme a lutter cuntre © WE rent, que Je temps seul et le bou one > nadien pouvaient arréter, Tv au successeur de M.Noel de tal er petit peuple dans los voles de ha our ciliation et de la paix.M, Martin-Léon Noel étut tère doux, paisible et méme tile était d'une ;grande délicates che sun cjence, ot Le se mélait dans les couv tions de ses confrères que Jour leur tar plaisir ou les leur rondre plus ae! \"3 S'il se trouvait dans quelque couru semblait waver plane pense \u20ac vaut do hliger ses ennfrères, Dans ves tances, il se levait de grand mtu, «+ pouvoir vier à ses uxerciecs de ne avant le temps des confessions, «1 14 .nlors il ne dérangoait le sommet! ho confrères, ayant un soin tout spend db faire aucun bruit quelconque.=.avment M, Noël avait un Cœur oxtrémetent compâtissant.p'une sungulière prete qu Jane Aun eas i tin 27 Mars 1879 L\u2019 OPINION PUBLIQUE eee 147 men _ J 1 AF Gi pl So ui | } : Cu HY / ¢ dE f Le 205 7\u2019 Pd Peon PA * i i] a R ÿ yg 3 : ¥ + a ( 2 3 ry : à wr 2 y fi J =.= / Lt vl tr #4, gh, a fi ÿ # 4 LS à - RS) ok I = rd = 5 arg\u201d 3 EZ + 78 pr w REE & \u2019 ey Ta toe LINE = == Wes 7, £ i foe ~¥ =; Es 00e) L A = 7 md # \"a 5 a > = mm Li = = ww = = == Se \u2014 Sg = Ha hil \\ Ed $ I eat PSS Pr \u2014_ % AT = pA = 4 $ A 5 LA \u201cay == À == 2 + it \u2018 ACC Te SE ss == = \" | \u201c% ad A Q\\\\\\ ¥= G = === = { TY ant TE a == a A) £ BE we 5 VE = FEAT Els Pc Le Fe & hs ~ =r = 2 RS = | & 4 9 ON 3 pre 3 =.Re _\u2014 wl He = en hy ° pe SET p ab\u201d.EY ; 5 Eu ee Pali = J asm\u201d Ps ATE BE LY ERs .Ad rs \u2014 en, mans Vu onde hd FA ed) rr BI 4e == 3 Lin roi ave : YF LL alps 5 NU LRP) N H Vg st FIA) À dote ae = i IN ; Vg hn = mise , IS op À a = \u201cTaig i pat Po RES A i cs, a a777 pa L'OPINION PUBLIQUE | était de censurer la conduite des saine qui et des personnes qui avaient Le oi de les écouter.avoir été ouré de l'Iesux- pendant environ quatre aus, Martin-Léon Noël laises l'ile sur le fin de septembre de l'année 1843.toi profonde, 1 jent si bien au prêtre et surtout au curé.Il n'avait rien à lui qui ne fût au service de tous coux qui se trouvaient dans Avec cette grâce et cette bien- ui sont les fruite de la charité ist, il savait rendre service en faisant comprendre qu'il était redevable envers ceux qu'il obli M.Noël était d'un caractère gai et jo- rofonde vertu savait conte dans les bornes de cette sacerdotale qui ne dégénère jamais en paroles impétueuses où en éclats de rire immodérés.euré fut un ange de douceur, le charité et d'une modestie bien propre Coudres les précie M.JEAN-BAPTISTE PELLETIER, CURÉ ACTUEL DE L'ILE-AUX-COUDRES M.Jean-Baptiste Pelletier fut ordonné prôtre le 24 mai 1838.À la fin mois, M.Pelletier fut envoy Nicolet, et y demeurs comme \u2018ia fin de mai 1841.nommé vicaire à Saint-François du Lac, pendant un mois, lorque M.Béland était curé de cette paroisse.Au bout de mois, il fat transféré au vicariat de le Baie du Fêbvre, et y demeurs jusqu'au ler d'octobre de ls même année 1841.Enfin, il fut envoyé le même automne vicaire à Sainte-Marie de la Beauce, est demeuré deux années, c'est-à-dire jus Il vint alors prendre re de l\u2019Ile-aux-Coudres is d'octobre.lly a dernier, 1870, visl, ronis se A cette date, sur l'Ile-aux- jeuses semences d'une solide piété, qu'il travailla avec beaucoup de zèle à inspirer aux âmes dont il avait Comme curé, M.Noël continua à instruire ceux que M.Asselin avait eu tant de zèle et de courage à pénétrer de l'es it chrétien.La manière de précher de Noël était de pénétrer les Ames par des paroles douces et plaines de charité, n si puissant effet sur les per- imées de l'esprit de foi.Il s'occupa beaucoup de l'instruction chrétienne des enfants qui fréquentaient les catéchismes ; il savait se mettre à leur portée en leur rendant attrayante la con- Naissance et le pratique de la morale de qu\u2019à l\u2019année 1843.possession de la cu vers le premier du mo en 27 ans aupremier octobre que M.Pelletier est environ eaux du fleuve, sur ss Coudres C'est de beaucoup le plus long séjour qu'aucun des curés avant lui ait fait dans cette paroisse.Depuis l'année 1855, monsieur le curé actuel de l\u2019He-aux-Coudres se trouve dans une toute autre position que celle do ses préd par le fait de la résidence, sur l\u2019île, de M.l'abbé Godfroi Tremblay, ce ui l'exempte des ennuis que cause toujours ré l'isolement dans une paroisee seule au sein des eaux du fleuve.M.Tremblay fait la consolation du curé par son heureux caractère et son excellent cœur.J'aurais bien encore autres choses à dire de M.Pelletier, mais je ne l'ose, dans la erainte de lui causer de la peine, ou de m'exposer à recevoir des reproches, dont je ne pourrais me justifier sans blesser sa M.Noël fut un des nombreux bienfaiteurs auxquels je suis si grandement redevable : voici comment.Ayant subi une maladie très-yrave ndant que j'étais curé de Sainte-Anne Pocatière, plusieurs des habitants de l'Ile-aux-Coudres eurent ls charité de me venir chercher pour me traverser à paroisse natale.J'allai prendre mon logement chez le bon et charitable M.Noël, qui me reçut avec ce charme de bienveillance que lui dictait un cœur de séraphin.Dans ce presbytère, où régnait une si grande paix, je reçus, tant de Is part de M.Noël que de sa vertususe sœur, les soins les plus empressés comme les plus délicate Pendant six longues semaines, je fus sous les soins de I de l'autre, et Dieu sait quels témoignages de charité ils me prodiguèrent ! De jour et de nuit, la bonne et sainte sœur de M.Noël fut à mon service et eut soin de moi avec cette attention dont les cœurs vraiment chrétiens sont seuls capables.Si je revins à la santé, je le dois, après l'aide de Dieu, sux soins intelligents et dévoués prirent de moi.Et pour mettre le à leurs bienfaite à mon égard, ils ne voulurent rien accepter dommager des sacrifices qu'ils s'étaient imposés pour ma ramener à ls vie.On me pardonners, je pense quelques mots de cette sainte fille qui 8 tant contribué à me rappeler à la santé.J'ai rencontré, pendant ms vie, beaucoup de personnes vertueuses ; mais, je le dis comms je le crois, j'en ai vu un très- t nombre du mérite et de la vertu de bonne sœur de M.Noël.moindre prétention, mademoiselle Noël remplismit tous ses devoirs avec un esprit de recueillement parfait.Toujours sage, toujours douce, toujours bonne, toujours aimable, elle faisait chaque chose sans bruit, sans trouble, sans ostentation.Elle itle plus parfait modèle d\u2019une fille de presbytère par ls modestie de ses habite, par se réserve, par ss sagesse ob par sa bonne conduite Elle ne croyait pas ue, par ja raison qu'elle était la sœur lun curé, elle pouvait apparaître d\u2019une autre condition que celle où ls providence l'avait fait maître.Etrangère à tout ce 20 passait où ve disait dans is paroisse, u de personnes, qu'elle édifiait par se plété et par ses con- dant lesquelles jamais un charité ne s'échappait de ses lèvres.La plus bel éloge que je pourrais faire de mademoiselle Noël, c'est que sa conduite At oroire à le vertu un osrtain monsieur qui n'y croyait guère et dont le plaisir (La suite au prochain numéro.) LE FORÇAT, RÉHABILITÉ J'ai lu, je ne sais plus dans quel livre, qu'il existait autrefois une coutume singulière, sous laquelle il arrivait parfois qu'un forgat uvait ee racheter de l'infamie.reculée dont nous r le chantier, et il s'agissait de dans les bagnes YFIeF Lorsque, à l'époque parlons, un navire était au: que sa construction finie, le lancer dans les flots, il était, paraît-il, extrêmement dangeroux d'aller saper à l'avant du bâtiment la dernière quille qui, seule, le retenait encore.Presque toujours, 'ouvrier assez cours- goux pour se charger de cette mission payait de sa vie son dévouement et son Au dernier coup de hache qu'il envoy- l'énorme charpente s'ébran- ux fracas et s'élan- ait à la quille, lait avec un majestue gait avec une sorte d'impationce dans les eaux dont elle allait prendre possession.C'était instantané ! Et maigré la célé- déployer, en dépit de vre charpentier roulsit puissants de la nou- rité qu\u2019il pouvait son adresse, le broyé sous les C'est toujours une grande fête pour un port de mer que le lancement d'un bâti- \u2018Les autorités civiles et militaires sont convoquées ; les curieux se foule sur les quais ; de tout» teurs sont accourus, et la religion le-même a envoyé ses ministres pour sanctifier cette cérémonie Dationsle.loureux qu\u2019une pareille ne voyait que Or, il était dou! solennité coûtét chaque fois la vie à un malheureux, et l'on avait vainement cherché le moyen d'éviter de telles cates- trophes.frais g'avait été en vain.Un jour cependant, on, était à ia veille du lancement d\u2019une construetion venait d'être achevée, of Yon avait inutilement cherché, parmi les ouvriers du port, un homme asses résolu frégate dont le M.pour donner le dernier coup de hache.Le gouverneur était dans une grande perplexité, et il s\u2019ingéniait à trouver une issue à cette situation embarrassente, quand on vint lui annoncer que le com- 27 Mans 1879 Je danger est terrible, vous l'aves dit mâêtme ; c'est la moet tu di Dies ma fais Ia grâce & ie Piet pepe oral, d'u WI que e ! \u2014La liberté 1.\u2014Oui, , \u2014C'est im q misaire du bagne demandait à lui parler.domain, \u2014-Faites entrer, dit le gouverneur.Et aussitôt le commissaire entra, suivi d'un homme véta d'un costume qu'on ne vait pas l'habitude de rencontrer en lieux.Ce costume était celui des forçate.Le gouverneur fit un mouvement, commissaire s\u2019inclina.\u2014Qu'est-ce à dire?dit le premier, et que signifie cette démarche $ \u2014Quand vous en conuaîtrez le motif, répondit le commissaire, j'ose espérer que vous voudrez bien excuser ce qu'elle à d'insolite.\u2014De quoi #agit-il ?\u2014-Voici.Monsieur le gouverneur, on doit lancer demain ls dernière frégate cons truite \u2014En effet.\u2014 Toutes les autorités sont convoquées : le clergé est invité à assister à ls cérémo- pie, et il ne manque plus qu\u2019une chose vraiment essentielle : c'est l\u2019homme qui doit couper la quille qui retient encore à sette houre le bâtiment sur son chantier.\u2014Vous saves cols! \u2014On vient de me I'apprendre.\u2014Quit -\u2014Cet homme.Et, en parlant ainsi, le commissaire désigna le forçat dont il était aocom| C'était un homme de haute taille, ls figure ouverte, intelligente, et dont le physionomie ne présentait nullement le carse- tère de férocité qua l\u2019on remarque d'ordinaire chez les criminels endurcis.Le gouverneur se sentit sitiré par un commencement de sympathie vers ce malheureux.__ Auriez-vous par hasard, lui demanda- til aussitôt, trouvé le moyen de nous tirer de l'embarras où nous sommes $ \u2014Je le crois, monsieur Je gouverneur, répondit le condamné.\u2014Et qu'y aurait-il à faire $ \u2014Une chose fort simple.\u2014Laquelle ?\u2014Ue serait de me confier à moi la mission que vous confiez d'ordinaire à un ou- et le \u2014Et vous l'accepteriez ?\u2014Avec joie.\u2014Mais vous connaisees affronter ?\u2014Je ne les crains pes.\u2014Vous pouvez être broyé.-\u2014La mort m'effraie moins que la honte.Le gouverneur tressaillit.L'homme qui était devant lui n'était pas évidemment un homme ordinaire.Il le regards avec intérêt.\u2014Y a-t il longtemps que vous êtes au bagne?reprit-il peu après.__Deux ans, monseigneur, répondit le les dangers à forgat.\u2014Et quelle est la durée de votre peine Ÿ \u2014Vingt années.Vous avez donc commis un épouvan- J* table furfait $ \u2014Aux yeux de la loi, ce que j'ai fait w'appelle crime.A mes youx, je n'ai ec compli qu'une vengeance légitime.\u2014Vous avez assassiné quelqu'un $ \u2014J'ai tué le misérable qui avait déshonoré ma fiancée.Le gouverneur gards um moment le ei- lence.Il était profondément impressionné.\u2014Enfin, quel que soit votre crime, pour- suivit-il, nous n'avons aujourd'hui à nous occuper que de votre proposition.Vous demandez donc, n'est-ce pas, à donner le dernier coup de hache à la frégate 9 \u2014C'est cela.\u2014Et pour le servie que vous nous aurez rendu.pour le danger terrible que vous alles courir\u2026 quelle récompense es péres-vous $ La forçat se prit à sourire.\u2014Je n'en demande qu'une, répondit-il ; \u2014Mais cette faveur est exorbitante\u2026 Le Puis, sur un geste du gouverneur, il retire du commissaire.he A porte de I'hdtel une femme attendait.Cotte femme était jeune encore ; sm beauté avait oo cachet particulier sux natures méridionales, et que le chagrin, la misère, n'avaient pas complétement altérée.D'un regard anxieux, elle interroges le forgat, et, quand celui-ci eut fait un signe imperveptible, elle pdlit affreusement et v'app: de lui pour lui prendre la \u2014On t'a refusé Ÿ dit-elle, d'une voix beisée.\u2014Le gouverneur à demandé réfléchir.\u2014Âlors, tout espoir n'est pas perdu! \u2014U faut attendre.\u2014Soit ! dit la jeune femme, mais ce sers comme je te l\u2019ai dit : si on te refuse.jo suis préte.ot quand ta voudras mourir, je mourrai ! Et le forgat et la jeune rèrent.Comment s'étaient-ils connus $ comment vétaient-ile aimés Ÿ dans quel sentiment cette malheureuse femme avait-elle puisé le force de suivre le condamné jusque dans le d'infamie où ls justice des hommes l'avait jeté ?A quoi bon le raconter 1 C'est une histoire qui ressemble à toutes les histoires d'amour.et qui n'appren- deait au lecteur rien de plus que ce qu'il t ou os PE Pre deux amants se séparèrent, ile étaient douloureusement impressionnés.L'homme avait dit à la femme: \u201c Je veux mourir où être libre.\u201d Et la femme avait répondu : \u201c Si ta meurs, je mourrai avec toi !\u201d Que se il après l\u2019entrerue que le forget avait eue avec le gouverneur ! tradition ne le dit pas.Toujours est-il que le fendemain matin, toute la ville était sur pied, que la cérémonie avait été fixée pour l'heure de midi, et que dès dix heures, la foule était compacte et serrée aux abords du chantier.Une jeularité ajouteit un attrait spécial à 1s fête : le bruit s'était répsodu u'ancun ouvrier ne s'étant présenté pour donner le dernier coup à ls frégate, où avait confié cette dangereuse mission Aun ferame so séps- n disait encore, mais plus vaguement, ue si le condamné échappait à la mort, recevrait en liberté en récompense de son dévouement ! midi sonns, un forçat vint, en effet, se placer à l'avant du navire.Ti avait une hache à ls main, avait rejeté loin de lui l'habit infamant, et le ux tournés vers le gouverneur, il attendait le signal qui devait lui être envoyé.Il était pâle, mais ferme et résolu.À cinquante pas de lui, môléo à Is foule derrière prôtre chargé de béoir le bâtiment, on voyait une femme, qui, agenouil- Me, les mains jointes, pleurait et prisit- Le forçat n'avait jeté qu'un regard de ve côté, mais dans ce regard il avait mis tout son cœur et tout son amour.Regard de mourant et de martyr.Enfin, les premiers coups de midi re tentirent, un grand cri s'éleve, dB mouvement inouï se nisi de toutes paris: ob le gouverneur fit un geste depuis long: temps attendu.Le forgat donna le premier coup de 1 Le silence le plus attentif avait succédé au tumolte\u2026 il s'agisssit non-seulement du lancement de le frégate.de le liberté ou de la mort d\u2019un homme.Spectacle poignant, moment 20 149 \u2014Décidément, je ne sui: pas en jeu au- jourd'hui ; à une autre fois.Les autres fois arrivèrent et le marquis perdit encore.La joueur d'échecs est excessivement ingénieux dans la recherche des prétextes auxquels il attribue ses défaites, ot, se re- Plisat dans son amour-propre, le bon vieil- d mettait en avant le bruit des conver- nations, le froid, la chaleur, un vent coulis, une digestion difficile, une étourderie, un oubli, enfin toute la série de ces futiles remarques derrière lesquelles cherche à o's beiter l'infériorité.TI n\u2019était pas, toutefuis, encore convaineu de la sienne.ues mois se passèrent ainsi.Je le oh répète, marquis avait la passion des .Il dit un jour à Alfred : \u2014Tenes, mon cher monsieur, le monde ot le bruit me troublent, venes pendant quelques autre soirées de la semaine ; nous serons seuls, ob je me retrouverai.Alfred se rendit à cette nouvelle invita- tation, et continus ses succès.À l'une de ces visites, il trouva réunie chez le marquis une société assez nombreuse, mais composée de personnes qui lui était inconnues.C'était la fête du marquis ; les membres de sa famille étaient venus la lui souhaiter, Plusieurs dames figuraient dans cette société, et parmi elles la charmante petite fille du vieillard, Mile Claire de Limeuil.Alfred, interdit en entrant, voulut se retirer.Le marquis courut à lui : \u2014Eh ! eh ! cher, soyez le bien venu.Mesdames, messieurs, je vous présente mon maître.\u2014 Vraiment, ce n'est pas possible, s\u2019é- eria-t-on de toutes parte.rien vu.sut un moment de trouble et de i ptibles.tous les rangs t.toutes les poitrines se \u2018rent à battre.mille voix frappèrent condamné $ avait-il suscom- broyé sous la quille de airs.Où était le wt itil tombé, » Pendant quelques minutes\u2014qui furent siècle\u2014on le cherche svidement.Fi ce n'est que quelque temps après qu'on l'aperçat, soutenant dans ses bras la vre fms qui svait roulé inanimée sue le oo ! i Un mois plus tard, qe aux sollicite tions du gouverneur, forgat avait ss price, ot ce fut, dit-on, depuis, un usage qui reste en vi tout le temps que le lancement d'un navire présents les âmes dangers terribles.QUI PERD, GAGNE (Suite) Les adversaires se placèrent et ls partie commença.Inutile de retracer l'intérêt que chacun des aasistants prit à cette lutte.Les éloges du docteur en faveur de son protégé avaient éveillé la curiosité à un suprême degré, at, suivant la nature assez égoiste du joueur d'échecs, les victimes ordinaires du marquis, confiantes dans les Cu Fe paroles du docteur, me rajouismiont à l'e pli\u201d si, vous disje, il me bat comme vance des revers ur vainqueur.La , : tobi , Rr me le or ho i cr nance, ou plutôt per conviction de 8 8u- cère du chef de femille, il fallait que le périorité, le marquis avait offert le trait à jeune bomme de bien rares qua- Alfred, qui on profits Jane manière bril- [04 pour avoir été admis dans son inti- tions de l\u2019adv à ry les posi- mité, et surtout, pour qu'il avouût le talent ment lui faire re, .eval Dhcossaire de son rival.Alfred, presque confus, res- ane faute d'at ordre pour » quand | tait muet, se contentsnt de regarder autour à fai fallat attention ore toutes partie ; de lui et de sourire aux compliments qu'on sources eb son.déployer toutes ses bd lui adresssit.Tout-a-coup, il aperçut Mile I cont prie faire, pe annuler de Limeuil, toute blanche, toute rosée, toute ontre-aitaque ot arriver une partie heureuse du plaisir et de la joie de son M.d'Horvilly était pourpre, saroxcité, SX nd Low au ol duquel elle se suspendit iy 3 JL avait de com rendre, Ly À la vue de cette jeune fille, Alfred suplriour; » 4 I lee ui \u201d ni sentit le sang refluer dans ses veines, son ; mais, aveuglé par vanité, cœur battre avec violence, tout son être se confondre au milieu d\u2019une émotion dont #'éctis en quittant l'échiquier : \u2014Cher monsieur, vous ne joues pas mal, j] n'était pas maitre.Alfred avait vingt- cing ans, une Ame sensible, ardente, una nous nous reverrons ; avec quelques études ot un peu plus d'exercice, vous arriveres, imagination puissante ; Alfred avait souvent rêvé aux vierges de Raphaël et de je crois, à être presque aussi fort que moi ! Murillo, & ces perfoctions idéales qu'on ne ELT RE ae mais itable joueur saurait rencontrer sur terre.Claire de Li- dacs dont les illusions réistent i Te meuil réalisait ces ives.L'impression neon py plus évidentes.Les qu'elle produisit sur lui ne fu: pas seule- Pichon \u2018entendaient presque rien ment une surprise, mais un de ces ravisse- nnèrent de ls modération ments qui transportent au ciel.Son sort était décidé ; il ne s'appartenait plus.du langage du marquis, les forts en soutirent of prédirent as future défaite.On demanda une partie d'échecs.Alfred ne pouvait refuser, c'était un moyen ed son es d'insucoèe, l'effet était Produit Alfred s'était élevé d'un seul de dissimuler le trouble qui l'agitait ; mais, hélas! la reine d'ivoire avait perdu son nd à le hauteur d'une célébrité ; avoir résisté au marquis ! c'était tout simplement te.i ; : ; ; prodigious, a, de tous oli, Io Frélioita- ith roti don items, il ne Jousl ace lo brave jeune homme, Le marquis, sveuglé par son triomphe, pareil ent vai oO, ve dérober uD n'en pouvait deviner la cause.Claire, avec A es 0 ve in dies, Cet instinet de réndtrstion que possèdent éeudies d'ici prochain, monsieur ; étudiés, les jounes filles, l'avait comprise et avait Ce jeudi arriva, Vous | échangé avec Alfred un regard qui sem- vince an va.jui a © anale PFO- blait lui permettre d'espérer.Ells recom- Tica, wn = dna Ang ea we are pones ss défaite d'un sourire.Premier daze une lanterne.Tout se sait, 90 voit; |\" premier sucole.le mot secret est banni du dictionnaire de toute autre ville que celle de Londres, , Vienne et Péki Or, partout on avait parlé de la soirée du marquis et du réeultat.Des paris s'en- Je n'écris pas un romande faire assister le lecteur aux détails d\u2019une affection naissante, à ces muets entretiet:s t.Tout os qui avait remué une plus éloquents que les plus beaux discours de l'Acsdémie ; de le promener au milieu te d'échece se rendit le jeudi désigné ches lo marquis.Alfred, remis de l'ému- de ces mille péripéties d'humeur, de ces tion d'une première rencontre, fut magui- petites bouderies moimmoutanées, de ces os fque et battit le maître, pérances qui sont un svaut-goût de la féli- Inutile donc P# de son grand-père en lui faisant croire que ces parties l'intéressaient vivement, et qu'elle aussi elle se croyait avoir des dispositions pour ce noble jeu.\u2014Tu verras, bon papa, laisse-moi faire, un jour je te battrai aussi.Et elle accompagnait ses paroles de minauderies charmuntes, de bons gros baisers sur le front du marquis, de regards où brillaient les joies de son cœur et la provocation de ses luttes futures; et lo marquis, dorlotté, caressé, oubliait la prudence of bait.En effet, quel moyen de résister ! Alfred, puisant dans son amour qu'il savait des inspirations nouvelles, battait régulièrement le marquis, que Claire alora étiit régulièrement, de son côté, obligée de consoler.Il y avait près d'un an que, s\u2019abandonnant à l\u2019ivress- de leurs sentimenta, les eux amants continuaient leure échanges de serments, quand Alfred, sûr de l'amour «do Claire, résolut de la demander en mariage.Fils unique d'un père riche, il apportait und fortune à sa fut:ire, et par conséquent un avenir exempt de vicissitudes ot d\u2019ennuis.Les jeunes gens étaient parfaitement d'accord.\u2018Alfred était certain du cunsentement de son père, dont, lui aussi, était l\u2019idole et l'orgueil ; il ne restait qu\u2019une difficulté à surmonter, mais elle était énorme : c'était d'obtenir le consentement du marquis.Alfred communiqua donc ses intentions à son père, qui lui fit observer d'abord la témérité d'une semblable affection et la presque certitude d'un refus.Le fils insista, M.Bolval se détormina à faire la demande.Qui peiniira l\u2019étonnement, l'irritation du vieil aristocrate 1 \u2014Mademoiselle de Limeuil, ms petite- fille, monsieur, n\u2019est pas faite pour le fils d'un parvenu dont le succès est dû à des causes inconnues : \u2014Au travail et à l'intelligence, monsieur le marquis, conditions qui valent bien, je pense, votie mérite, qui se résume pè à celui de vous être donné la peine de naître.J'ai bien l'honneur de vous saluer.Et M.Belval se retira.Alfred, en apprenant le triste résultat de la démarche de son père, l'affront que lui avait infligé l'orgueilleux marquis, se jeta, désespéré, «lans ses bras, et fondit en larmes.\u2014J'ai reçu l\u2019outrage avec calm», mon file, reçois ce refus de même.C'est en vain qu\u2019il appela à lui toute sa philosophie ; voir s'envoler tout-à-coup ses espérances, ses rêves d'avenir, c'en était trop, il s'évanouit.Claire apprit la nouvelle avec plus de sangfroid.Elle ne répondit rien aux sanglante reproches de son yrand-père.Au- dessus de la volonté du marquis dominais son amour, et l'amour d'une femme, c\u2019est la baguette d\u2019une fée toute-puissante, devant laquelle s\u2019inclinont la vanité, l\u2019ambition, la colère et la haine.Amour, amour, tu perdis Troie ! Mais que do triomphes puur un revers : Elle se recueillit ; le marquis lui avait signifié que tout rapport avec Alfred devait cesser immédiatement ; qu'à la moindre apparence de rapprochement, au moindre signe de persévérance vu d'encouragement, il ls renverrait dans «on couvent ; que, puisqu'elle avait l'envie de se marier, il allait s'occuper de lui trouver un parti convenable.tte dernière menace avait ébranlé quelque peu son courage.Pendant plusieurs jours, elle esssya de lutter avec ves affsctions ; maie, dans une âme sincère et pure, les premières impressions agissent avec une telle violence, que la pauvre enfant ne put résister à leur effet ; ses yeux se cteusbrent, ses joues pâlirent, ses lèvres rdireut leur fraîcheur, ses forces s'épuisèrent et l\u2019appétit disparut ; l'équilibre de tout son être avait été ébranlé.Elle fut obligée de se mettre au lit.Le marquis, effrayé, appela le ducteur.Ainei que nos l'avons vu, 0e docteur était l'ami de la maison.11 avait connu Claire au berceau, et, véluit par les grâces g7 Mass 1879 L'OPINION PUBLIQUR \u2014_\u2014 Ÿ au aixième coup, l'énorme charpente _\u2014Ma revanche, jeune homme, et je vous clé.Quel est celui qui ue los connaît pas et heureux naturel de cette enfant, il sonmence à orsjUaP.n.un louis.Quel est celui qui n'a pes aimé! Yaimait sincèrement.Ta forgat devenait de plus en plus pâle.Et le louis du warquis fut perdu.Deux Qu'il lui suffiss de savoir qu\u2019à partir de Ti ne fat pas longd connaître la cause du Ls fomme sgenouillée prisit avec une [autres pièces d'or slièrent se joindre à la ce jour, Alfred multiplis ses visites, et|mai.Claire lui dit tout en le eu liant croissants.première dans le gousset d'Alfred.Claire les prétextes de ss présence auprès d'aviser au lus vite, et en lui rant que jamais elle n'appartiondrait à d'autre qu'à l'homme qu'elle considérait comme celui que Dieu lui avait destiné pour époux.\u2014J'ai fait serment d\u2019être à lui, docteur, dit-elleen terminant ses confidences ; vous me connaissez, soyez donc certain que je tiendrai ms promesse.Le docteur en était, en effet, parfsite- ment convaineu.\u2014Ma chère enfant, lui dit-il, ls question est bien délicate, ls solution peu facile, n'importe : Alfred est digne de vous, comptez sur moi, je vous seconderai de mon mieux.\u2014Eh bien! docteur, demanda le marquis en l'abordant après as visite à Claire, que dites-vous ?\u2014La position est grave, il y va de la vie de l'enfant.\u2014Vous m'effrayez.\u2014Je dois vous dire la vérité.\u2014 Assurément.Quel est donc son mai ! \u2014Une maladie de cœur.\u2014Quel remède ?\u2014Le temps, les soins, les tendresses et les preuves de ces aympathies, absence de toute contrariété, le repos, tels sont les premiers moyens à empioyer ; Dous verrons ensuite.Le bon docteur connaissait son homme ; il fallait le forcer à être bienveillant et à rendre à son tour à la jeune fille la sollicitude qu'elle avait pour lui; pour cela, il fallait l'effrayer un peu.Le marquis, prêt à sacrifier le peu d'années qui lui restaient à vivre pour sauver as petite-fille, obéit aux prescriptions du docteur.II fut empressé, tendre, affectueux envers Claire, et ne parla plus de retour au couvent.Le docteur revint le lendemain et renouvela ses recommandations.Quelques jours se passèrent ainsi, Claire était plus calme.\u2014Îl faut maintenant commencer à attaquer, dit-ii à la malade.Quand votre grand- te montera vous voit, risgnez le nom d'Alfred.Trouvez un prétexte.Tenez, demandez simplement de ses nouvelles, et s\u2019il vient toujours faire sa partie d'échecs.Vous me communiquerez comment il aura regu votre demande.Surtout, restez impassible, quel que soit l'effet que cette demanda aura produit.Arruonse DELANNUY.(La fin au prochain numéro.) AVIS Les abonnés de L'Opinion Publique qui desire.raiont fuire relier Lo volumes d\u2019une manière élégante et solide, et à bon marché, feront bien de s'adresser au bureau de ce journal, 5 et 7, rue Bleury.MM.Narcisse Beaudry et Frère, Bijoutiers et Horlogers, aunoncent à leurs pratiques et au public en général qu\u2019ils ont en magasin un assortiment de MONTRES en or et en argent, ainsi que des BIJOUX tant importés que de leur fabrique.MM.Beaudry et frère font aussi la dorure et ar- ture, ainsi que la fabrication et réparation ornements d'églises.Nous croyons devoir faire remarquer au publie que ces deux messieurs sont tous deuk ouvriers et surveillent, chacun dans son département, l'ex cution des ouvrages faits.Nancissz Brauczy, Epovann E.BEaunuY, Bijoutier pratique.Horloger pratique.à Nos LECTEURS.\u2014Nous sommes convaincu que nos lecteurs et aimables lectrices liront avec plaisir le compte roudu d'une visite que nous avons faite récemment au nouveau magusin de M.P.E.LABELLE, le marchand de uon- veautés de 1a rue Notre-Dame.On se rappelle que M.Labelle tenait ci-devant son stablisse.ment sur la rue Sainte-Catherine ; ce n'est qu\u2019à la fin d'avril dernier qu'il & transporté son itu- mense fonds de marchandises à l'endroit qu'il socupe actuellement : 109, RUE NOTRE- DAME, entre les rues Bonsecours et Gosford, M.Labelle « cru devoir opérer ce changement sÂin d'avoir an lucal plus epacieux, gs central et répondant mieux aux besoins se Dom breuseclientèls.Nous avons été surpeis de voir les prix excessivement bas auxque: les marchandises sont vendues dans ce magasin.Une visite convainers tout le monde de l'avantage u'il y à de n'aitresser à M.Labelle avaut d'a eheter ailleurs. 160 = sa mess L'OPINION DIET SITS TET PUBLIQUE TIT Tr 7 T Ars 1879 7 Hei fiom Md fai > pe ky D 5 = _- te ie 4 ve ht re À eu Ds 3 | di i i 2 n 1 ne 42 tl # H x i 7s acy Hi hl +1 - - | AE 7 | > FE > # by 4 JOUR RAL elk val 1 = I \u2014 Shes; 525 RUSSIE.La Peste dans le gouvernement d'Astrakan .\u2014 Immersions dans les eaux glacées du Volga comme remède préventif.= = PY an iy i | A li Wi f x -@ Ce \\ i! \\ es w #3 iS *% = é' RE \\ Es À \u2014 Js EN .7 i i Fa) » bid EN Ry\u2019 ph) URL | ae Da chi] * a > ., 17 ç #4 & a PR mi À = kG | = Pr ÿ Es =, Æ = PE } Ed p= a == - \u201422 ES == a 2g ERS, = = = = Pra a RUSSIE, - La Pesra dans le gouvernement d Astrakan.\u2014 Une femille do péchours foudroyée par l'épidémie, à Viotiandka, F pb E LITE tH a CA 0 pL i ! Es in Ra -d que AS A Be \u20ac vas b Wy 43 NES 7 sa Su he | SEE FZ hs 9) N Fat + I Se SA ver ve Le A LUE ee Bra 1 // À ; = 4 7 al 3 {J oe à Ne 2 | ERY & Ce yy] ge 0 4.F2 Ma, 7) NN 2h % I i GR = Loy dn PA US pr D sr 7) ME cw A j Z 0, A / a 3 of 4 y : \\ % Co Ÿ A te No D) 3 ee x ° Cr E be, ® | i Spire S NW D'apnés TE Les À x IN N 1 1ABLEAL AN j ,.NS 4 2k ve M = ob CA | vu RY Ta» |} Leon (hve | PS = Bn VIEILLE BRETONNE AU MARCHE A ==?(7 ) vas \u201c gr Ÿ ia , a Eh 3 J = it = $ if IN» a
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