L'Opinion publique, 12 juin 1879, jeudi 12 juin 1879
[" L'OPINION PUBLIQUE Journal Hebdomadaire Illustré R\u2014 payalde d'avance : Un an, $3.\u2014Etats.Unis, $3.50.Tout semeatre commencé se paie en entier.Ou ne se désabonne qu'au bureau du journal, et il faut donner au 7 Vol.X.No.24.Prix du numéro, 7 centins.\u2014Annences, laligne, 10 contine.Toute communication doit être afranchie.JUIN 1879 \u201cT7777 Les remises d'argent doivent se faire par lettres enregistrées ou par bons sur a poste.moins quinze jours d'avis.AVIS IMPORTANTS L'Upinion Publique est publiée par la (oMPAGNIE DE LITHOGRAPHIE BURLAND- DespaRATS, & ses bureaux, Nos.5 ot 7, rue Bleury, Montréal.Le prix d'abonnement pour ceux qui paient d'avance, ou dans le cours des trois premiers tnvis, est de TROIS PIASTRES par année pour le Canada ot TROIS PIASTRES ET DEX1E pour les Etats-Unis; mais on exige de œux qui Le se cunforment pas à cette règle 83.25 par année s'ils ne paient qu'an bout le aix mois, et 83.50 s'ils ne règlent qu'ié la fin de l'année.Les lettres d'abonnements ou traitant d'autres nifaires doivent être adressées à 1-14, BURLAND, Gérant, où : \u201c Au Gérant de L'Oprrion Publique, Montréal.\u201d Adresser les correspondances littéraires : \u201c Au Rédacteur de L\u2019Opinion Publique, Montréal.\u201d Lorsqu'on veut obtenir des exemplaires extra du journal, le prix le ces exemplaires, en estampilles ou autres valeurs, doit accoupagner la demande.SUMMAIRE Victoris, par A.Gélinas \u2014\" Une gerbe.\u201d par li» \u2014Chranique américaine.par Ant.Ralph.potitique, pur A.Géhnn svenire du passé, Perd, Cisgnon, \u2014 Ué et Poésie : \u201cUne 3 vidre « drame sur le iby (suite).\u2014 Le mesle, par Nérte Beauchemin.\u2014 La famille Napulénn, \u2014 Mélanges.-Tce échecs.\u2014Le jeu de daimes.\u2014Prix du marché de détiil de Montreal.Partie de crosse entre les lube de Montréal et Caugbnr wen: Le bateau &-vap.ur Filgate, avec le t » 16 Ne rk bord.sxutaot les v lu térisse de par were\u201d © la galerie dun arta par E.uvernenr.Général et SAK.tu priveesss Louise : Présent d'un dra- peu au 13e régiment de Brooklyn ; le Gouverneur- Générai et In princesse Louise passant les troupes es revue, NOTRE PRIME | Notre magnifique prime pour cette an- Née cal mantenant prête, ct nous com- TUFHICHTOUR dès Cette setmaine à l'adresser Acenx qui y ont droit.C'est une grande et belle gravure représentant le bonheur louestique, ou Monsieur, Madame et Fi $, comme disait Gustave Droz; sujet simple et vieux, ais toujours beau, swe tout lorsqu'il inspire un véritable artiste.C\u2019est un tableau où le bonheur domestique apparait svus des couleurs si char- Mantes, qu\u2019il va opérer une véritable révu- lution purmi les malheureux qui n\u2019ont pas su le contage encore de contracter mariage.Les vieux garçons ne puurront pas le contempler sans prendre la résolution de laisser les fruiden régions du célibat où ils cherchent vainement le bonheur.Que de gens, de filles surtout, intéressés à répandre cette gravure cn augmentant le nombre de nos abonnés ! Vraiment, on levrait w'associer, s'organiser comme pour Ia colonisation ou la propagation de la foi, afin de faire pénétrer partout notre journal 4vec aa prime salutaire.Nosabonnés, dana wus les cas, s'ombresseront de payer ce W'ils doivent duns le but de satisfaire à un devoir et d'obienir une si bolle gravure, dont la vue domptora les maris les plus fougueux et calmera les femmes les plus acaritres, Auront droit à cette prime tour les abounés actuels dont l'abonnement sers Payé jusqu'au ler janvier 1880, et les Touveaux abonnds qui paieront une année d'avance.JBUDL 123 LA REINE VICTORIA\u2018 Le peuple anglais a célébré, le 24 mai, le soixantième anniversaire de la naissance de Sa Majesté la reine Victorin.Los dé- tuonstrations ordinaires unt ou lieu par tout l\u2019Empire.La reine est réellement uimée et vénérée de tous ses sujets.Aucun des souverains do sa famille n'a été populaire cumme olle,et avant eux les Stuarts et les Tudors, on le sait, n'étaient guère chéris du public.Te prestige per- sounel qu'elle s'est acquis par sea qualités et par sa conduite, et le respect qu\u2019elle impose, rejaillissent sur les institutions qu'elle personnitie.La presse anglaise et française du pays a redit les protestations habituelles d- loyauté au nom du peuple et des diffé- tentes nationalités qu\u2019elle représente.Quelques journaux anglais ont aussi rappelé certains traits intéressants de la carrière de la reine comme souveraine et de sa vie comme femme.On n fait plus à cet égaril que par le passé, Des son jeune âge, la princesse Victoria donna les marques d'un caractère ferme, décilé, et d\u2019une nature supérieure.L'é- dueation solide qu'elle reçut développa 1e germe des excellentes qualités dont elle était naturellement dorée.Elle fut élevé pour être reine.Elle avait onze ans lorsqu'elle devint héritière présomptive de la couronne, par la mort de sou oncle, Georges IV, et dix-huit ans lorsqu'elle monta sur le trône, après la mort de Guillamne IV, en 1837, C'était une position unique que celle de eutte jeune fille de dix-huit ans, se trou- vaut toutà coup souveraine «l\u2019un immense empire.Elle n\u2019a eu d'analogue, en Europe, que la position de ln reine Isabelle, couronnée à l'âge de truis ans, en 1833, Mais la reine d'Espasne, devenue jeune fille, resta soumise À uno régence Jusqu'à l\u2019époque de zon marie.La rine Victoria, bien que minenre, régna seule pendant trois ans, Durant cet intervalle, elle se montra fort maze, fort digne, en un mot elle fat à la hauteur de la position, ce qui est bien Lu plus grande preuve de supériorité per sonnelle qu'ulle pat «louner.Elle entra tout de suite dans son rile de suuveraine constitutionnelle, Elle voulut voir souvent «es Ministres, s'uceuper des atfiires d'état, c\u2019est-à-dire s\u2019en inatruire, le tout avec un tact et noe sngresse extrior- dinaîtes.11 dovait être curieux de voir les vioux politiciens alors au pouvoir, en conférence avec cette enfant couronuée, lui offfant leurs conseils ou recovant ses ordres, Elle ue fit pus de coup d'état, elle ne fit pasa méme de coup de tête, comme on aurait p : le redouter d'une reine \u2018le sou âge où d'une souveraine d'opéra- boule.En elfot, il n\u2019y aurait ou rien de bien surprenant a ce qu'elle commit quelque esclindre.On devait s'y attendre méme et on pouvait croire qu'elle en serait tentée, ne fût-co que pour osenyer sa puis- since.Louis NIV marqua an dix-septième année par un coup.de fouet, appliqué sut le dos des conseillers au parlement de Paris, qui n'en revinrent jamais.Un jeune monarque est toujours exposé à lu tentation d'absuser de son pouvoir.Charles ler, roi à vingt-quatre ans, se mit à malmener «on parlement, qui, moins docile que celui de Louis XIV, lui fit la guerre et finit par le déposer.Il arriva pourtant un jour, qu'après trois ans d'un règne paisible, la reine Victoria se tro va tout.à coup pour la première fois en désaccord avec ses ministres.Ce fut pour un motif bien excusable.Sa Majesté venait d'atteindre sa majorité, on voulait la marier.Les ministres avaient fait leur choix, sans la consulter, naturellement, considlérant que, dans une question d'état de cette gravité, la souveraine ne s'appartenait pas, mais appartenait à son peuple et devait se laissor guider par les conseillers que celui-ci lui avait donnés.De son côté, cependant, la reine avait déjà fixé son choix elle aussi, sans prendre avis ni de ses ministres ni de personne, en ne consultant que son cœur.Elle s'était éprise sérieusement de sou cousin, le prince Albert de Saxe-Cuboury Gotha, et, avant que ses ministres, qui n'avaient pas même songé à celui-là, eussent eu le temps de machiner leurs plans, \u201clle avait écrit, de sa main, prirément, secrètement, sans employer ni ambassadeur ni intermédiaire d'aucune sorte, a sou bon oncle, le roi Léopold Ier de Belgique, le mentor des rots européens du temps et le propre frère de la duchesse de Kent, mère de Sa Majesté.Ce fut tout.Le rui Léopold approuva la conduite de sa nièce.Le mariage eut lieu peu de temps après, au grand ébihissement dvs ministres, qui ne résignèrent pas, mais qui se résignèrent d'assez mauvaise grâce e se considérèrent comme jutés par la jeune souveraine.IL fallut plusieurs années au prine- pour détruire les préjugés qu'on soulova contra lui et faire cesser l'impopularité qui l'avait accueilli dès son entrée on Angleterre.La reine avait imposé résolument à ses sujets l'époux de son choix.Elle montra la méme fermeté pour mettre fin, plus tard, aux tiraillements et aux tra- Casseries qu'une cour hostile travaillait sourdement à susciter chaque jour, à Li suite de ce mariage.L'étiquette de Windsor ne pourvoyait pas au rang que devait oecuper le prince.D'après la règle stricte, il aurait dû passer après toute la haute nu- blesse anglaise.La roine fit cessor les dis us sions qui s'étaient soulevées à cu propos et stitua de sun plein «Iroit, sans s'occuper \u201cde l'opinion dus nobles, que son époux oceuperait le premier rang dans le rov- aume apres elle-même.Ce qui fut dit fut fait.Elle lui denna en même temps le commandement géuéral des forces d terre et de mer et.créa pour lui le titre de prince-monsert.(Ce mot de consort ne s'était appliqué jusque-là qu'aux femmes, aux épouses «les rois, qui portaient le titre de Quern-Consort et venaient immédiate- meut après le roi.) Na Majesté voulait bien remplir à lu lettre son rôle de reine constitutionnelle en n\u2019intervenant pas dans les discusions politiques, et on laissant les partis se dlis- puter le pouvoir à leur guise ; mais en revanche, elle n\u2019entendait pas que les ministres que lui désignait la majoritd, eussent le droit de n\u2019ingérer dans ses affaires personnelles.Elle donna une autre preuve de an détermination & cet égard lors de l\u2019avéne- ment an pouvoir de Sir Kobert l'eel, qu'elle avait choisi pour son premier-mi- nistre, a la suite d'un reviremont parle.montaire, 11 existait à la cour depuis Georges 11 un usage particulier, que lo | parlowent avait fait recounattre par la con.ronne, et qui constitusit une conquête d'une nature spéciale sur les prérogatives du souverain.En vertu de cet usage humiliant pour Je roi, celui-ci devait suivre l'avis de son gouvernement pour composer sa maison, son entourage, ce qu\u2019on désignait par le nom de «umesticity : et les fonctions les plus intimes du pulais, livrées à la merci des ministres, étaient tombées dans le patronage gouvernemental ordinaire, comme les «raplois ministériels.Le cabinet n'avait plus seulement le choix et le contrôle des serviteurs de la nation, des onctiounaires publics, il avait encore celui des serviteurs personnels du roi.Georges IV et Guillaume IV avaient supports ¢ tte humiliation.Victoria ne voulut pas la tolérer un seul instant, et, au premier changement de ministère, elle signifia dnergiquement i Sir Robert Peel, qui voulsit lui faire renvoyer, pour cause politique, quelques-unes \u2018le ses dames d'honneur, femmes «de chefs wrigs influents, et d'autres membres du persounel du château, qu\u2019elle n\u2019en ferait rien et qu'elle ne se sonmettrait pas à l\u2019u- age qu'il invoquait.Dopu's lov, elle a zardé le contrôle absoln de son entourage.Comme elle ne s\u2019est nag mi\u2019 £5\" politique, sa couduite, sous ce Tap, + pas eu d'inconvénient ; mais ii n\u2019en a pas toujours été ainsi avant elle, et c\u2019est jrarce que l'entourate de Georges ET et de Georges IV était devenu, pendant une certaine pé- rivde, un vrai foyer «ds conspiration contre la wujorité parlementaire, que celle-ci réclama si énergiquement un contrôle qu\u2019elle finit par obtenir sur la domesticité royale.C'était l'époque où les rois frès-constitu- fionnels de Ja Grande-Bretagne prenaient na intérêt si vif aux alfuires politiques, qu'ils intervenaient directement «lans les luttes de parti pour aider les politiciens de leur prédilection, non par leur influence personnelle, mais come de simples parti- euliers au moyen de l'argent de leur cas sutte.Georges III, qui fut plus spécisle- ment affecté de cette manie, lépensa des millions et contracte des dettus étrirmes pour les élections de ses favoris, et le plus souvent pour combattre ses propres ministres, C'était une manière comme une autre «le pratiquer le régime coustitution- nel.Le roi rendait hommage à la cunati- tution en garilant des ministres qu'il exé- erait : et, en s'appliquant seulement à leur faire perdre 14 majorité au moyen de la corruption, il cherchait le remède que lui fournissait cette même constitution pour se débarrasser d'eux.Ce furent les excès de cv système qui con-luisirent, comme résultat de la longue lutte qui avait eu lieu et de l\u2019exaspération du parlement, à la victoire radicale remportée par la Chambre dans l'affaire de la domesticity.Celle-ci fut rudement punie en perdant tous ses moyens d\u2019intrigue pour tomber sous le joug du parlement, et le roi fut encore plus humilié par lu concession qui lui fut imposée, Les mêmes conflits auraient pu se produire de nos jours si Ia reine eût agi comme ses préécesseurs, puisque l\u2019ancien système est rétabli, En dehors des deux cus tout intimes que nous avons rapportés, Sa Majesté n'est intervenue officiellement dans les affaires politiques, comme souveraine, qu'une seule fois, vn 1852, après lo coup-l'Etat de Napoléon 11I, lorsque lord Palméreton, ministre des affaires tran gires sous lord John Russell, par un 278 L'OPINION étrange coup d'audace, prit eur lui, sans on avoir même parlé à la reine, de féliciter le nouvel empereur et de reconuaître, au uom de l'Angleterre, le nouveau régime impusé à la France.Le cas était trop yrave, et la reine, qui était disposée à ue- corder à ses ministres toute 1a latitude possible dans les atfaires d'importance secondaire, et même première, où les intérèts matériels et la vie de ace sujets pouvaient être engagés, ne put supporter UD Manque d\u2019égands aussi groseier.S'il est une cir constanice ult le concours du souverain, qui peut être très-souvent tacite dans les affaires intérieures, doit être requis, c'est bien lorsqu'il s\u2019agit de reconnaître un gouvernement etranger.Aussi, S@ Majesté pro- wsta aussitôt avec force contre l'acte de lord Palmerston, qui dût sortir immédiatement du gouvernement.Elle ne voulut pas, tuutefois, considérer le premier mi nistre comme solidaire de cette faute, ainsi qu'elle en avait le droit en vertu du prin- eipe admis depuis longtemps de la responsabilité cullective\u2014ce qui eût entraîné In chute de tout le cabinet, Elle se contenta de l'expulsion du ministre coupable.Eu outre, le souverain est, comme vn le sait, censé ne communiquer officiellement avec le ministère que par l'entremise du premier, qui, seul, est choisi par le roi, et qui, à son tout, choisit ses collègues pour lesquels il se porte ainsi garant.C'est là le seul acte public, officiel et direct, accompli par la reine duns l'exercice de sa prérogative, en quampte-deux ane de règne.Et encore, on voit que Sa Majesté n'a pas renvoyé son ministère, ne croyant pas juste d'enlever dans cette circonstance le pouvoir à un cabinet qui, malgré cette faute, avait l'appui de la majorité.Ou peu: donc en conclure que la rein« Vic- totia adhere fortement ot scruprileusement sux principes du gouvernement respon sable.On puurrait croite qu'elle veut même éendre davantage leur action, puisque, dans lascule circonstance où elle soit interconsa ll pas usé du Tit strict Qi cas aoNNAit 7 7 usages const.utionnel- do renvoyer son premier-ministre, se har- nant à exiger de crlui-ci la démission de son collèque fautif.C'est un precédent asseg éclatant en faveur «de La responsahi- lité distincte des chefs de départements et du l'irreaponsabi't- du chef du cabinet dans certtins cas.Présentement, le squre- rain a renoncé À son droit de punir tous les ministres pour la faute d'un seul, parer que ers ministres avaisat l'appui de la moujorité.Il s'est contenté de congedier le coupable.se réservant sens doute d'aller plus loin si Ja majorité lui eût signine son opinion en cenaurant elle-même le minis tère pour l'acte de lord Palmerston.Si, du grand théâtre politique expose à 1a vue de tous, Nous passons à la srène intérieure, au fer dela famille royale, il faut bien wdmettre que la reine, comme aussi les princes de si maison, ut eu cons- tainment leurs opinions en politique, et qu'ils unt essivé, en ditférentua vecasions, d'exercer une pression sur lee ministres qui se trouvaient au pinacle, selon les temps, lorsque les vurs de ces ministres ne s'accord aient pas avec colles de Na Majeeté ou de son entourize, mais tout cela d'une mauière légitime, saus user de moyens irré- quli-re comme du temps des Georges.I y aurait plusieurs exemples à citer de ces cas d'intervention intime.Ilest de fait que la reine et le prince Albert, malgré leur inditférence et leur quietude apparentes, n'unt cessé de suivre le mouvement politique, surtout en cu qui concerne les affaires étrangères.Il est facile de s'en cun- vaitere en lisant l'ouvrage en cours de pu- Hiiestion concernant le prince consurt.Sa Majéate s'est en particulier vivement intéressée prmonnellement à la guerre de Cri- Wide, comme atiswi\u2014ce (ui v-t moins expli- cable\u2014a Ja guerre civile des Etats-Unis.On sait combien la reine fut attachée à «1 époux.Elie en porte encore le deuil apres dix-buit années de veuvage.On ciia, June le teps, un mot touchant qu'elle prononca au lendemain de la mort du prince : + 11 0'y a plus personne au monde maintenant, dit-elle, pour m'appeler Victoria.\u201d Au teste, l'uspeet de le cour n'a pas été sensiblement modifié par le deuil.Même du temps du prince Albort, on y remarquait ce caractère sévère et rigide que la reine lui imprima dds son avénement au trône.La cour d'Angleterre est une cour modèle.L'exemple de la souveruine ot son intlexibilité sur le puint de ls moralité out eu un effet extraordinaire sur toute ls no: blesse anglaise.Et ce n'est pas chez la reine affaire de pruderie ou de dévotion exagérée.Sa Majeuté est sincèrement chrétienne et profondément religieuse.Elle a tou jours cté pénétrée du sentiment de sa res- pousabilité et compris l'effet que son ex- eluple pouvait avoir.Elle a, de tout temps, exigé une respéétabilité parfaite et une réputation intacte, nyb-seuloment chez les dames, mais aussi chez tous les gentilshommes qu'elle admettait aupres d'elle.(Grand motif de retenue pour la noblesse et la haute bourgeoisie qui tien: nent Pune ot Psatr- a avoir aceès aupres du trône.Un rapporte qu\u2019il fallut «de hautes misons politiques pour obtenir delle, en 1853, pendant la guerre de \u2018'rimée, qu'elle tolérit l'admission dans son intimité d\u2019un haut personnage politique étranger qui passait pour être profirite, Ceux que cet état de choses à pu mécou- tenter l'ont comparé au régime de la cour de France pendant les dernières anuées de Louia XIV.* L'intérieure fort triste de la reine, dissit récemment un journal, est réglé avec autant de sovérité que celui d'un pensivunat de jeunes demeiselles.\u201d On ne peut s'empêcher, en voyant ls condition où se trouve présentement la cuur d'Avgleterre sous l'influence d'une femme vertueuse, de songer à ce que cette cour eût pu devenir ai Dieu n\u2019eût pas conserve la vie de cette femme jusqu'à ce jour.La reine a toujours eu des 3 its simples et tranquilles Elle aime la vie intime et retirée.Le peuple anglais lui en à même souvent fait un reproche.Elle a été jus qu'à quinze ans, après la mort du prince Albert, sans se montrer au parlement à l'occasion des sessions, laissaut chaque fris a un chancelier la charge de lire re diseours du trône pour elle.De mime, elle laisse depuis longtemps au priner de Galles le soin des réceptions et de lu con daite offirielle du palais qu'elle se cun- tente de surveiller, La vie sédentaire lui plait.Elle n'aime pas le changement.L'été, au château de Balmoral, en Ecosse ; lo reste de l\u2019année à Windsor.Les voyazes ne lui offrent aucun attrait, A Tuecasion du voyage qu'elle a fait durnivre- ment aur le continent avec la princesse Jo utrice.on à retnarqué que c'était la première fuis qu'elle sortait de l'Île depuis sou veuvage, vt méme depuis 1856, date de la premiere Exposition universelle de Paris.La reine Victoria est la plus ancienne souveraine de l'Europe.Elle à quarsnte- deux ans de rèsne.Aprés elle vient l'empereur d'Autriche, qui pourtant ne date que de 1556.Il y aurait avant elle la reine Isabelle.dont le couronnement temunte & 1533.Le monarque le plus ancien du monde civilisé est Un monarque américaiu cle seul), Tempereur dom Pedro, du Brésil, qui monts aut le trône en 1825, douze ans want li reine Victoria, Il était aloix Âge de cing ans, et il à préci- sémeut le même âge que la reine aujour- d'hui, soixante ans.Le régne de Sa Majesté à été marqué par un developpement extraordinaire du commerce en Angleterre, par une sugmen- tation considérable du nombre des manufactures, par lu férre des chemins de fer et de la télégraphie, les merveilles creèvs | par la vapeur et l'électricité, ete, par l'ex- { tension des colonies, Jo developpement de : l'Australie, la formation de la cvafedera- tion canadienne ot la création de l'empire des Indes.L'Angleterre n'a pris part i qu'a une seule guerre europeenne depuis | 1837, la guerre de Crimée.- Pour nous, Cunadiens.ce regne restera laurtout mémorable par le changement ra- * dical survenu dans Dutre pusition vis-a-vis de la métropole après 1837.et par lee autres zrands événements qui sé sont accompli depuis lors.Nous no pouvons oublier que c' st peu- ; dent le règne de Ma Mujeste que bous = 13 Joix 1879 PUBLIQUE présente la eociôté, le luxe iusolont 4, riche à côté ce la misère du prolétai ; Dane certains eudroits, il x jour ce hommes sans pitié une ironie mordant ; avons conquis nos libertés, après une lutte d'un demi-viècle.Il y svaità peine quelques mois que la reine était sur le trône lorsque l'insurrection de 37 éclats.Nos compatrivtss, qui ont été victimes alors des actes de crnautés d'un gouvernement (yrannique, n'ont pas fait reluouter la res ponuabilité de ces actes jusqu'à la jeune souveraine au nou «de qui on les accynr plissait, muis qui les ignorait peut-être.La bonne roine, qui eut des lurmes pour ses sujets rebolles des Indes, victimes de lu guerre des Ci\u2018ayes en 1854 et qui fit tout en seu pouvoir pour réparer les massacres commis alors malygeé elle, n'aurait pu voir egorger salis regret ses sujets canadiens, si elle eût connite toute la verité, si où l\u2019eût bien informée, De mimo en politique, après nous avoir vetroye lu régime responsable, elle n'eût pas woutfort que ce régime fût vivlé par un Metealfe si elle eût été mieux renseiguée et si la constitution méme qu'elle venait de donner au peuple can.vtien n\u2019eût fourni à celui-ci le remède qu'il cherchait pour faire valoir ses droits.Elle nous prouvé sa sollicitude sous ce rapport, pur le choix des gouverneurs qu'elle nous a envuyés depuis lors, et qui tous se sout fait un devoir, à l'exemple de la souveraine, de respecter les droits du pruple aupres duquel ils la représentaient.l'romeuez votre otgueil suF vos riches voiture Vous que le ciel fit naître heureux ; \u201d Enveloppez-vous lieu dans vos chaudes four Fouettez vos coursiers vigoureux ; [rate Eblouiswez le gueux par votre absurde fanto \u2019 Troubles wou jours ni peu sereine 11 pourrait oublier qu'il est d'une autre Que vous êtes ses souverains ! Dans le pots pauvre il à une pen semblable : Ab ! ui j'avais pu naître au miliets des rivkey, _ Comme sont ues tant d'idiots, : Si jeune eu pour berceau les geuoux d- Jen dentelles à mes maillots, bee Je n'aurais pas aimé d'atnitié plus profou Les êtres que j'aime aujourd'hui, Mais j'aurais vu comment Dons appara Quan-l un plane au-dessus de tu * Hos -* .Souvent sa muse fut rappelle son In mier âge : aluts sa atrophe est rendre, log monieuse, empreinte d'une duace te colie : Ô jours de liberté * jours d'ain nn et d'u Un rien ne captivait ma sau eR, Je vous revols encor souvent, Comme de temps efi temps, Ur la vas, Le'nocher voit reluire, au mnlrea ! Les rayons du sulert levant * be.A.GéLINas.\u2014 + \u2014 » UNE GERBE \" Ah * que de fois tout send jaime warn, Regardant a mes prods chaque vague jos Écoutant le gai matelot ! Que de fois en sevret truce sue te Ün adorable nom que Ie flat imple Venait elfacer aussitôt Aujourd'hui, s'instruire n'est plus de mode, et instruins les autres encore moins, Tous les exprits sont tournés vers la politique; on y pense ot ou en parle sas cesse, ON De vit que pour elle.Ou wa d'veux, d'oreilles et de talents que pour emhoiter le pas derriere le parti vainqueur, ecouter ses muts d'ordre et intriguer pour s'enrichir.Pour atteindre ce but, les connaissances qu'un homme possede sont toujours axsez vastes, cet si connaissances il wa pas du tout, il sait fort bien trouver un moyen qui le dispense d'en avoit.[I existe, par suite, uns apathie de plorable à l'égard de teur ce qui sup- polle progres.Cette apathie reque dans toutes les classes de la sucivte, mais c'est la littérature qui en + utfre le plus.Ceux qui pourraient écrire n'écrivent pas parce que cels ne saurait les payer, et coux qui ont besvin de lire ne lisent point parce que leurs pensées se promenent da is un monde bi n different, L'auteur assez courszeux pour braver I'insoucianee wendrale, lancer dans le public an livre nouvesu, mérite les plus grinds éloys i N QE SX) : lj ot ab oY X qe, Ay Las / ; fm © 2 0 Na ee Ex ts ; # Hy | a 2) 2 z = Le TAIN me \u201c1 1) 4 gos a nr 4 > i ha a as.: v i | N kidd Ÿ F 4 5° ; fi oF 43 qu | I I | Ts 3 \u201c a ed ; il Hw : Hap li Hi Mii ow | nant fre a is y HE 3 ] il no a ; ar (HD LE oN gH Hi ¢ 3 vy 7 PÈRE Kika sn } I 1 1 1 JORF a \u20ac yi SPE i A do 4 Ho | fr ver 4 na a fi, gl H ; F me 1] a i ih \u2019 7, = ul I I Ki 13 5% an AY PS =H TTT \u2014.TT I TT TT Lt Te - - \u2014= == =->> NdITENG NOINILO.T 6L81 Naf a 6,2 280 res mr tous ceux qui out du talent, pour ne pas le féliciter d\u2019avoir réussi si bien dans l'ensemble.M.Lemay a dit dans Filis homi- mum; Vous demandez encor un refrain à ma muse : £lle ne devait plus chanter, Mais je l'éveiliera.1] a tenu parole, et parole de poète.Eco Tux.CHRONIQUE AMÉRICAINE New-Yont, 6 juin 1879.Plusieurs grands événements s'offrent à tua pensée.Lequel choisir pour en faire une chronique ?Decoration day est une fête essentiellement am'ricsine, en quelque sorte d'un caractère privé.Tous les ans c'est la même chuse : beaucoup de fleurs sur les tombes des victimes de la guerre ; encore davantage autour des stitues des grands hommes ; notre grand Lafayette couronné, enguirlandé à l'Union Square ; l\u2019interminable défilé des milices et des vieux soldats de la Grande-Armée ; des discours, des coups de soleil, des bousculades et des ivrognes partout.non, décidément, j'aime mieux un autre sujet.=: Le grand combat naval devant Tynique ne manque pas d'actualité ni de tragique.Mais comment narrer convenablement une épopée aussi terrible sans renseignement authentique ?D'après les dépéches particulières que j'ai reçues, il paraitrait que vainqueurs et vaincus, afin de satisfaire à l'honneur, se sont crus obligés\u2014passez-moi le mot, c\u2019est du Zola tout pur\u2014de prendre un bouillon dane la méme tasee ! » = * Ces braves gens méritent qu'on parle d'eux dans un meilleur style.L'Ucéan, ce fossoyeur immense, à couvert du même linceul les combattants des .deux flottes ennemies : cuirased et navires de bois, ainsi que leurs navillons respectifs.On n\u2019a plus entendu les cris des blessés ni les exciamations insensées des victorieux.Les blasphèmes des impies se sont confondus avec lus prières des agonisants.Les équipages, au moment de sombrer, oubliant leur origine avant de s'enfoncer pour toujours dans l'abime, ont échangé une dernière décharge d'artillerie et une suprême bordée d'invectives proférées dana la langue du Cid qui est aussi celle des héros.Lorsque les détails complémentaires de ce combat me seront parvenus, j'essaierai de «lramatiser avec plus de vérité les diverses péripéties de la lutte\u2026 Puisqu'il ne nous est pas donné de rendre la vie à tant de héros tombés, semons au moins quelques fleurs de rhétho- rique sur leurs tombes.\u201d.A propos de tombe, je ne puis passer sous silence I'affreuse nouvelle que le câble nous envoie.La fièvre jaune vient de frapper simultanément.à Port-au-Prince, Haïti, M.le comte de Rochehouard, consul de France, son secrétaire particulier, et aussi le premier secrétaire de la légation.Le deuxième secrétaire, qui télégraphie à son gouvernement ce triple bulletin mortuaire, ajoute, en post-scriptum, que lui même se sent atteint par le redoutable fléau Je sais bien que les sceptiques diront que cette triple mort procurers de l'avancement aux candidats consulaires ; que, sans les épidémies, un simple employé n\u2019arriverait jamais à être consul-général.Mais ceux qui portent un cœur humain sous la mamelle gwuche s'attendriront sur la triste destinée du représentant d'une des plus vieilles familles nobilaires de la France ; ils plaindront ces victimes du devoir et se demanderont si ces Français ont mér:té de finir leurs jours sous un climat uusei odieux, au milieu d'une population L'OPINION de cinges qui n'ont de l'homme que ses vices et en férocité ! =\u2019 Puisque nous voilà dans le golfe des Antilles, je profiterai du voisinage de l'Isthme de Panama pour en toucher quelques mots.Chacun sait que les deux continents américains sont divisée en deux parties presque égales.On dirait, en les voyant sur la carte, que ce sont des jumeaux\u2014 phénomènes dont l'isthme serait la membrane conjonctive.Il arrive aujourd\u2019hui que chacune des deux Amériques demande à être séparée, ainsi que le voulurent autrefois les frèree Siamois.L'opération est sur le point d'être commencée, et c'est M.de Lessepe qui s'en charge.Un Congrès scientifique, autrement plus rérieux que celui de Berlin, vient de terminer ses travaux, à Paris, en choisissant comme tracé définitif le projet du canal qui reliera l\u2019Atlantique au Pacifique d'As- pinwall à Panama.C'est le chemin le plus court.Il est certain maintenant que les ingénieurs américains du nord avaient pour mission de proposer les projets les plus impraticables, afin de faire échouer I'entreprise elle-méme.Les journaux de New-York les plus séreux contirment, par leur langage violent, cette incroyable hypothèse, Certes ! je ne m'attendais pas à rencontrer de pareils sentiments dans des cervelles américaines.La jalousie de voir M.de Lesseps président de la Société du canal interocéanique les rend aveugles à ce point qu'ils ne veulent pas avouer l\u2019immense profit que les Etats-Unis retireront de cette voie de communication.Il faut vraiment être Yankees, habitant du Connecticut, Quaker ou Mormon, pour persister dans une pareille erreur.À part les avantages matériels qui résulteront de cette œuvre éminemment civilisatrice, il existe encore pour nous, Français, d'autres motifs d\u2019être fiers de ce nouveau travail d'Hercule.Pourquoi le cacher Ÿ nous aimons voir à la tête de cette entreprise un nom glorieux, un nom français, celui de M.de Lesseps.Que l'on soit né sur les bords de la Seine, du Rhône ou du Saint-Laurent, c\u2019est la même chose, il me semble ; et, tout cœur qui sent une goutte de sang du vieux Brennus couler dans ses veines, doit être glorieux d'un pareil événement.Les temps sont passés, heureusement, où l'on disait : Pauvre France ! aves une larme dans Ia voix.Aujourd'hui, l'on crie : Vive la France ! avec un orgueil de plus dans le cœur ! Quelques idiots nous ont accusés de ne pas connaître la géographie ; Bismark l'affirmait, il fallait le croire.Puisque la force primait le druit, elle pouvait bien primer la vérité et ravaler l'intelligence.> * Il paraît que, dans l'antiquité, il existait aussi un Bismark grec qui niait le mouvement ; un philosophe, pour lui faire comprendre son Ânerie, se mit à marcher devant lui pour toute réponse.Aujour- d'hui, M.de Lesseps peut en faire autant : il n\u2019a qu'à marcher, il n'a qu'à parler pour confondre l'imposture.Non-seulement les Français sont supérieurs dans la science géographique, mais on peut prouver que ce sont eux qui l\u2019ont enseignée aux Allemands.N'est-ce pas par l'or et le génio do la France que le Mont-Uenis a éte traversé à sa base pur un tunnel Ÿ N'est-ce pas nous qui svous ouvert l\u2019isthme de Suez ?Si le Sahara devient un jour tune mor intérieure, à qui le devra-t-on ?à un Français.Nous avons en ce moment, au centre do l'Afrique, cinq voyageurs qui l\u2019explorent uns tous len sens : d\u2019où vienuent-ila ! de la France.Termiuons cette étude par cette dernière réflexion.PUBLIQUE Le Français, ou le Canadien-français, c'est 1a même chose, à le sens pratique des sciences ; il va de l'avant, paie de es personne ; il cherche, fouille et découvre ce ue d'autres, vingt ans après, trouvent ans leur cabinet sans se fatiguer.La Polynésie est découverte par Bou- gainville ; un jeune Francais, sans qualité diplomatique, révèle au monde Tamboue- tou, au centre de l'Afrique.Qui le connaît ?J'en passe et des meilleurs.M.de Lesseps fait sos malles en ce moment pour l\u2019isthme de Panama.Qui va creuser le canal interocéanique ?un Français.Vive la France! ANTHONY RALPH.\u2014e -\u2014\u2014 LA POLITIQUE La politique, forcée d'abandonner pour quelque temps la scène fédérale, s'est rabattue sur la acène provinciale, où elle promet de jouer un rôle tout aussi animé qu'à Ottawa.Elle fait rage a Manitoba, et elle est dans toute son intensité chez nos voisins d'Ontario et chez nous.Les élections partielles qui se font dans notre province décideront peut-être du sort du cabinet Joly.Dans le Haut- Cunada les élections générales qui viennent d\u2019avoir lieu ont donné lu majorité au cabinet Mowat.Ici, la victoire de l\u2019hon.M.Mercier à Saint-Hyacinthe a fait regagner au parti ministériel de Québec ls voix, l'indispensable voix, que lui avait fait perdre la mort de l\u2019hon.M.Bachand.L'opposi- tien devra, de son côté, pour se retrouver dans les mêmes conditions qu'à lu dernière session, reprendre les deux comtés de Rouville et de Chambly, que les tribunaux ont privés de leurs représentants, Ces trois élections causent beaucoup d'agitation.Les deux partis étant également divisés dans la Chambre, considèrent naturellement le résultat comme décisif et mettent un acharnement extraordinaire à la lutte La session (nous allions dire la danse) va commencer le 19.On s'attend qu'elle sera fort or: geuse.On peut croire que les partis, la chaleur aidant, vont se retrouver naturellement au «diapason où ils étaient lom de la prorogation, le 10 juillet dernier.C'ust pitié de voir nos législateurs forcés de se livrer bataille ainsi dans la saison la plus chaude de l'année.Le combat-\u2014car ce sera plutôt un combat qu\u2019un travail, chacun des partis étant .rop faible pour diriger une législation sérieuse\u2014ie combat va commencer avec le solstice pour se terminer probablement avec lu canicule.Voici ls deuxième fois que nos députés sont soumis à cette torture : espérons que c'est la dernière.*e* Une crise ministérielle aussi grave qu'inattendue vient d'éclater a Manitoba, L'administration Norquay-Royal, qui était sortie victorieuse des élections de l'automne dernier et qui avait traversé sans encombre la première partie de la session actuelle, s'est disloquée subitement ces jours derniers, presque aussitôt après la rentrée de la législature.La nouvelle Chambre, après quelques semaines de travaux, s'était ajournde dans le cours de février dernier, pour attendre le résultat d'une mission que MM.Norquay et Koyal étaient chargés de remplir auprès du gouvernement fédéral et qui avait trait au subside que reçoit la province et à la politique des chemins de fer.Cette mission eut succès complet, et les deux ministres, de retour à Winnipeg, venaient d'en renire compte à la legislature, lorsque ln crise, préparée en leur absence, se produisit.La Chambre de Manitoba se compose de vingt-quatre membres.Les Français et Métis, qui aont au nombre de neuf, forment dans cetto assembléo un groupe compact dont M.Ruyal est le chef.Duns la dernière législature, ila avaient un tministre ; dans celle-ci, ils en avaient deux.L'ad- | ministration ss compomit de cinq mem.12 Jun 1879 \u2014 bres.La députation anglaise était divi ée, et c'est la principale section de cette députation qui formait presque à elle seule l'opposition.n ¥ & quelques jours, certain, députés exprimèrent le regret que le ministère ne possédât pas l'appui de lu majorité anglaise de In Chambre.Doux ministres MM.Walker at Brown, sensibles à cp.proche, offrirent aussitôt leur émission, Par un second muuvement, une Wage spéciale et personnellu fut dirigée contre hon.M.Royal, M.Norquay qui n'était tenu sur la réserve jusque IA, intervin alors pour demander à sun collèwue tte re mettre son portefouille, et pour refuser officiellement l'offre de résignation ses deux ministres auglais M.Royal se retira immédiatement.M.Delorme, le second ministre français, suivit son exemple, I cabinet, ainsi démembré, we recomstitua sans délai, à même l\u2019élément an-lais, qui donna sur le champ & Norquay toutes Lu voix dont il pouvait disposer.Le premier vote fut de 15 contre 9, |.second, de 13 contre 6,le< Anglais sou tenant tous le ministère, et les Frings, à part une ou deux défections, furmant l'opposition.Le nouveau ministors 1: Aussitôt connaître son programne, «pu comporte tout simplement une dé-laration de guerre entre les deux races.Il proju la suppression du la langue française dans la province comme langue officielle, et une nouvelle distribution des collézes \u201ctocto raux.Les priviléges de ln langue francis « Manitoba étant garantis par la constitu tion, sont à l'abri des attaques de la torts ture, et la politique «lu parti anglais ovr nécessairement échouer sur ce point.tte manifestation n'en est pas moins dus reuse pour cela, parce qu'elle pourrait donner lien à des conflits de nationalités, nun- seulement sur le petit théâtre de Manitulu, mais encore au parlement fédéral
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