L'Opinion publique, 25 mars 1880, jeudi 25 mars 1880
[" L'OPINION PUBLIQUE Journal Hebdomadaire Illustré Abonnement, payable d'avance : Un an, $3.\u2014États-Unis, 88.50.Tout semestre commencé ne paie en entier.On ne se désabonne qu\u2019an bureau du journal, et il faut donner au moins quinze jours d'avis.Vol.XI.No, 13.Prix du numéro, 7 centins.\u2014Annonces, laligne, 10centins.JBUDI, 35 MARS 1880 Toute communication doit Les remises d\u2019a par bons sur n do être affranchie.nt doivent se faire par lett: a poate, Pp res enregistrées on AVIS IMPORTANTS L'Opinion Publique est imprimée et publiée tous les jeudis par la ComPAGNtE pe LirsoonaPHIx BurcanD (limitée,) à ses bureaux, Nos.5 et 7, rue Bleury, Montréal.Le prix d'abonnement pour ceux qui paient d'avance, est de TROIS PIASTRES par année pour le Canada et TROIS PIASTRES ET veMIE pour les Etats-Unis; mais on exige de ceux qui ne se conforment pas à cette règle 83.25 par année s'ils ne paient qu\u2019au bout de trois mois, et $3.50 a\u2019ila ne règlent qu\u2019à la fin de l\u2019année.Les lettres d'abonnements ou traitant d'autres aflaires doivent être adressées à G,-B, BunLa=D, Gérant, ou : * Au Gérant de L'Opinion Publique, Montréal,\u201d Adresser les correspondances littéraires : * Au Rédacteur de L'Upinion- Publique, Montréal.\u201d Si une réponse est demandée, il faut envoyer une estampille pour en payer le port.Lorsqu'on veut obtenir des exemplaires extra du journal, le prix le ces exem- piaires, en estampilles ou autres valeurs, duit accompagner la demande.Nos abonnés à Montréal sont priés de nous faire connaître toute irrégularité duns le service du journal.1837-1838 La cour martiale siégeait duns lune des ralles de lancien palais de justice de Montréal.Le spectacle qu\u2019elle offrait était imposant ; c'était le Justice sous son aspect le plus sévère, la ju-tice militaire froide, inexorable, inaccessible à la pitié ; un comprenait que de là à l\u2019échafaud il d'y avait qu\u2019un pas.Les prisonniers avaient une apparence qui préveuaient en leur faveur, on voyait facilement que ce n'étaient pas des criminels ordinaires, mais des hommes de cœur et d\u2019intelligence que le patriotisme avait conduits là ; ils étaient inquiets sans licheté, lermes sans Arrogance.On leur fut, au milieu d'un silence profond, l'acte d'accusation.is étaient accusés d'avoir commis le crime de haute trahison, d'avoir conspiré et pris les armes pour renverser le gouvernement de Su Majesté.Quand on leur demanda ce qu'ils avaient À répondre à cette accusation, ile présentérent à la cour un document contenant des objections préliminaires préparées avec soin par leur avocat, M.Drummond.M.Drummond, dont les débuts devant Bus cours criminelles avaient été des suc.ots éclatants, s'était chargé de la défense des prisonniers.Le talent, l'énergie et lo dévouement qu'il déploya en faveur de Ros compatriotes lui donnent «droit à la Teconnaissance éternelle des Canadiens- français, Les accusés commençaient par nier la Compétence du tribunal et se plaignaient d'avoir été privés des moyens de défense &cordés de tout temps aux accusés, même devant les cours martiales.Ils alléguaient en particulier que n'ayant eu communi- Sation ni de la liste des témoins ni d'une Copie de l'acte d'accusation au moins dix Jours avant leur proche, eb n'ayant eu que trois jours pour préparer leur défense, ils n'étaient pas en état de répondre aux accusations portées contre eux.La cour délibéra quelques instants sur ces objections, et les renvoya avec une touchante unanimité.L'un «es juges-avocats expliqua en quelques mots l'acte d'accusation, et on procéda à l'examen des témoins.Il fut prouvé que les prisonniers avaient pris les armes dans la nuit du 3 novembre, Qu'ils avoient arrêté plusieurs bureaucrates & Chateauguay, et avaient pris part À la malheureuse expédition du Sault St- Louis.Cardinal et Duquette furent désignés comme les chefs du mouvement.Les prisonniers n'ayant pas le droit d\u2019être représentés par des avocats, comme nous l'avons déjà dit, Cardinal se borna à faire quelques questions aux témoins.La preuve de la Couronne dura quatre jours.les prisonniers appelés à entrer dans leur défense, présentérent a la Cour deux documents.Dans l'un, ils se plaignaient énergiquement d'être forcés de procéder immédiatement, et demandaient qu'on leur accordit un délai de quatre ou cing jours, Ou lear en donna trois.Le 4 décembre, on les ramena devant la Cour, et le proces continua deux jours encore.La preuve de la Couronne fut considérablement atfaiblie relativement à quelques-uns des prisonniers, Le 6, M.Drummond et son associé, M.Hart, ayant obtenu la permission de se présenter devant la Cour, lisaient les plaidoyers qu\u2019ils avaient préparés.Dans l'un de ces plaidoyers, les prison niers récusaient l'autorité du tribunal et réclamaient le droit qu'a tout sujet au glaïs d'être jugé par des jur's, Ils alléguaient que les ordonnances lu Conseil spécial et les proclamations de lord Durham, suspendant Viaheas corpus, étaient illégales et contraires aux dispositions des atatuts jmpériaux qui avaient introduit les lois criminelles anglaises dans le Canada, et en particulier les actes relatifs à l'huhous corpus, Llu prétendaient que la lore Vie toria, c.9, suspendant la constitution du Bas-Canada, avait enlevé au Cunseil spécial le droit de passer aucune loi abrogeant ou suspendant ces actes et statuts impériaux.Ce fut la position prise par les juges Panet, Bédard et Vallières qui accorlèrent à Québec et à Trois-Rivieres des writs d'huheus corpus, nonobstant les ordonnances et les proclamations qui s\u2019y opposaient.Cet acte d'indépendance leur coûta cher, comine on sait ; ils furent aussitôt suspendus et ne furent réinstallés qu'après l'union des deux Cnnadas, Ils portérent leur cause en Angleterre, et une longue discussion s'ensuivit.On n'a jamais pu connaître exactement la décision des autorités impériales, mais on sait que des avocats éminents ont approuvé l'opinion de ces juges distingués, et qu'ils ont même déclaré que les exécutions de 1838 étaient des meurtres juridiques.Dans l'après-midi du 6 décembre los juges-avocats lisaient leur réponse -~ux plaidoiries des prisonniers.Ils prétendaient que la preuve avait été faite contre les prisonniers à l\u2019excuption de T'hérien et Lesiége, ct demandaient leur condamna- Mion.1e verdict ne se fit pas longtemps attendre ; à l'exception de Lesiége et Thé- tien, les prisonniers furent tous trouvés coupables et la cour s'ajourna au 8 décembre pour prononcer les sentences.Inutile de décrire l'anxiété, les angoisses des familles des prisonniers, do leurs amis, de leurs compatriotes.Seraient-ils condamnés à mort ?Ferait-on mourir sur l\u2019échafaud, comme de vils meurtriers, des hommes dont le seul crime était d'avoir trop aimé leur pays, la liberté 1 Terribles questions qu'on se faisait en tremblant.Que de larines furent versées, que de prières montérent vers le ciel ! Le 11, les infortunés prisonniers furent ramenés devant la cour martiale pour entendre prononcer leurs sentences.(in commença pur Cardinal.Il fut condamné à mort, Duquette :\u2014méme sentence.L'Eeuyer :\u2014exilé.Jean-Louis Thibert :\u2014condamné à mort.Jean-Marie Thibert :\u2014exilé.Ducharme :\u2014Vexil pour la vie.Guimond :\u2014l\u2019exil pour la vie, Guérin dit Dussauit :\u2014même sentence.Côté \u2014 même sentence.François-Maurice Lepailleur (notre cati- mable concitoyen) :\u2014condamué à murt.Thérien :\u2014acquitté.Lestége :\u2014acquitté.Quatre étaient condamnés a mort et six l'exil.Chaque condamnation retentit comme UD glas funèbre dans le cœur des infortunées victimes et porta d'un bout du pays à l\u2019autre la consternation dans les des bien faites.Les fanatiques jubilèrent, ils vbtounèrent des chants de trivmphe.Il y en avait six, heureusement, qui échappaient à la mort, mais leur jois fut de courte durée, Quelques jours après, Colborne adressait aux jugez de la cour martiale une lettre leur annonçant que les evntonces qu'ils avaient prononcées contre les six prisonniers condamnés à l'exil étaient illégales, et les priaut de se réunir pour les reviser.Le 14, la cour se réunit.Un moment on erut que c'était pour adoucir les sentences de ceux qui avaient été condamnés à mort.Ie contraire arriva; on légalisa les sentences purtées contre six ces prisonniers en remplaçant l'exil par la mort.C'était un moyen simple et ingénieux de se tirer d'embarras.{Mn aurait dit qu'il ne s'agissait que changer un mot insisnifiant, de remplacer une date par une autre.Le jour de l\u2019exécution n'avait pas été fixé.Un espéra encore,et on adresau de tous côtés A Colborne des requétes implorant aa pitié, le suppliant de commuer au moins cen cruelles sentences.Colborne était un homme difficile à toucher, et il était entouré de gens hostiles aux Canadiens-fran- çais, pleins de haine et de vengeance à l'égard des patriotes.Il avait juré que cette fois le châtiment serait sévère, la justice implacable.Il tint parole et il se hâta.Deux victimes sur les dix prisonniers condamnés à mort furent choisies.ll y avait quatre ou cinq jours que les sentetices avaient été prouvncées, quand un matin Cardinal et Duquette furent informés que leur execution aurait lieu le vingt-trois.On laissa les nutres condamnés dans le doute et l'incertitude.Tous les matins ces pauvres gens s'attendaient à être appelés comme Cardinal ot Duquet l'avaient été.L'appel, \u2014c'était la mort, Ils vécurent sinei des jours ct des ee.maines, ils virent construire la potence, ils entendirent les coups de hache et de marteau des ouvriers préparant l\u2019horrible instrument de supplice.Ils virent Cardinal et Duquette, de Lorimier, Hindelang et les autres malheureuses victimes de mil huit cent trente-huit monter sur l'échafaud ! Ils assistèrent à des scènez qui leur torturèrent le cœur, et un jour vint où ils envièrent le sort de ceux qui étaient morts, Mais revenons à Cardinal et & Duquette.L.-O.Davin.\u2014- \u2014 \u2014 SEMAINE PARLEMENTAIRE La mort iunttendue de M.Holton a tenu le public parlementaire en émoi pendant toute la semaine.II avait été décidé, il y à une dizaine d'années, que la Chambre ne s'ajournerait plus, comme elle avait fait par le passé, dans 1+ cas de décès de quel- qu'un de ses membres, On doit considérer, avaient dit les auteurs de la proposition faite à ce sujet, que le temps de la session n'appartient pas à la Chambre mais au pays, que chaque ajournement constitue une perte en argent très appré- eiable pour le trégor publie, et par conséquent il faut mettre le sentiment de côté dans ces occasions pour n'écouter que la voix du devoir, toute dure qu'elle puisse paraître parfuis, qui commande au législateur d'être à son poste et nulle part ailleurs.Sir Georges Cartier avait appuyé lui-même avec énergie cette proposition, qu'il donna lieu d'appliquer le premier quelques années plus tard.Le parlement, qui siégeait à l'époque de sa mort, en mai 1573, ne s'ajourna pas, pur respect pour le nouveau règlement et pour la volonté du défunt lui-même, qui avait peu auparavant manifesté si clurement son opinion à cet égard.Cette fois, copenlant, on n\u2019a pu y tenir, et la Chambre s'est ajournée deux fois, lundi, puis merereili, à cause de l'affreux évènement qui a eu l'effet d'un coup de foudre duns l'atmosphère parlementaire.L'émotion était trop forte, et, comte l'a dit sir Jolin, extrémement impressionné comme tous ses collègues, la Chambre eût-elle voulu siéger que cela lui eût été matériellement impossible.En face de ce siége vide, où l'un était habitué À voir la figure sympathique et familière de celui que le doigt de Divu vient de toucher si soudainement, où la veille en core le malheureux député avait paru.bien portant, dispos ot attentif comme d'ordinaire, on ne pouvait détourner ss pensée de ce fait lugubre qui prenait l'empire d\u2019une idée fixe et la routine législative perdait ses droits La Chambre n'était qu'à moitié remise le len:lemain, mardi, et il fut résolu de suspendre encote lea travaux pour la journée suivante, qui devait être celle des funérailles.Un s'accorde à dire que jamais clévès n'a produit autant d'effet ; à part le décès tragique de McGee.Ceux qui ont été, à dix aus d'intervalle, témoins des «deux scènes, celle d'avril 1870 et celle de dimanche et lundi, disent que l'émution était presque aussi grande dans un cas que dans l'autre.M, Holton était une des grandes figures de notre monde politique.Ii était reconnu comme l\u2019une des fortes têtes du parti libéral.Depuis l'ouverture du parlement actuel, il servait de lieutenant, ou plutôt de Mentor à M.Mackenzie, devenu chef de l'opposition.C'était un vrai par- 146 lementaire, brisé à la procédure des Chambres et au jeu de la machine législative.On le considérait comme une autorité dans les deux campe.Il ne prenait part aux débats que rarement.8s mort si triste, ei subite, à causé une douleur générale, et fait éclater l\u2019explosiou si spontanée et si sincère de sympathie et de regret qui a confondu dans un même deuil ses amie et ses adversaires.M.Hol- ton était aimé de tous.C'était un caractère irréprochable, un esprit supérieur et aimable, qui ne provoquait d'autre sentiment que celui du respect et de l'amitié.C'est une grande perte pour son parti.M.Holton, n\u2019ayant jamais joué qu'un rôle secondaire et éclinsé, alors même qué ses amis gouvernaieni, n'i pit donner ls mesure de ses capacités comme homme d\u2019E- tat.On ne l\u2019a pas vu à l\u2019œuvre, et il semblait si peu tenir à la vie d'action que l'on pourrait supposer que sa conduite était plutôt le résultat d'un calcul.On a voulu y voir un signe de désintéressement ou la marque d'un manque absolu d'ambition.Mais l\u2019abnégation et le désintéressement à ce degré eussent été invraisemblables chez un homme politique.Il faut chercher ailleurs la cause de la modestie de M.Holton.On la trouverait probablement dans un sentiment de légitime amour- propre.L'habile politique se défiait peut- être de ses forces, et mettait peut-être sa philosophie à rester au second rang, où il était sûr de briller, de peur de s'éclipser au premier.La discussion eur le budget s'est continuée mardi, jeudi et vendredi, sans amener beaucoup d'incidents.Le ministère a demandé, au commencement de la semaine, qu\u2019on lui accordât, à partir de ce moment, les jeudis, en aus des mardis et des vendredis.C\u2019est le premier indice du commencement de la fin.Mais le congé de Pâques va encore tronquer deux semaines, et, lorsque la Chambre, remise de cette vacance, s\u2019acheminers résolument vers la prorogation, la session touchera à son troisième mois, qu'elle passera sans doute tout entier, comme l'année dernière.11 eet arrivé une avarie au bill de M.Girouard, qui était pourtant en si bonne voie.Le comité de la Chambre a cru devoir lui faire subir des modifications qui ont complétement changé son caractère à son désavantage.Le projet est beaucoup moins acceptable ainsi, et plusieurs sont même d'avis qu'il ne l'est plus du tout.On s'est avisé de retrancher la clause qui soumet la validité des mariages entre beaux-frères et belles-sœure à l\u2019assentiment de l'autorité ecclésiastique, pour décider tout simplement et sans restriction aucune, que ces sortes de mariages seront valides.On leur donne les effets civils sans s'occuper de savoir s'ils auront en même temps les effets religieux.Présentement, c'est le contraire qui a lieu.Lee unions de ce genre que l'Eglise bénit ne sont pas reconnues par la loi.Si le bill de M.Gi- rouard arrive À terme, elles seront recon- Dues en tous cas par la loi civile, que la loi canonique les accepte ou non.On voit que la position est changée du tout au tout.Sous l'empire de quelle nécessité ou de quelle pression a-t-on décidé de la changer ainsi?La teneur primitive du bill parais- «ait convenir à la majorité, et si la troisième lecture n'-ût pas tardé, il eût probablement passée d'emblée.À présent, les conditions ne eont plus les mêmes.Et puie, «ans l'intervalie, il s\u2019est organisée dans le pays une opposition énergique et influente, qui menace de fuire un mauvais parti aux amis du bill.Les évêques anglicans ont protesté publiquement, et l\u2019opinion protestants est ébranlée.Les pauvres gens qui attendaient leur bonheur du succès de M.Girouard, et qui avaient lieu d\u2019être si confints après le vote de l'autre jour, vont peutêtre mesurer la distance qu\u2019il y a de la coupe aux lèvres.A.Géuisas.\u2014_\u2014e Le gouvernement d\u2019Ontario a émis une proclamation, par laquelle une récompense de $4,000 est offerte à toute personne qui donnersit des informations amenant la conviction des meurtriers de la famille Donnelly.L'OPINION A PROPOS DU « CENTIN \" Je n'ai jamais compris que l'on pit faire 1a guerre au centin.Je l\u2019aime, moi, ce tmot-là, pas autant que le mot dollar, je le confesse, mais tout de même d'un amour calme et raisonné.On a donné au dotlar l'hospitalité des dictionnaires français ; est-Co parce que le centin est un des petits de ce monde qu\u2019on le repousserait aur le seuil?On me paraît féroce envers une bonne petite pièce qui ne réclame pas grand\u2019 place au soleil, mais un tout petit coin au fond de nos goussets.Pas fier de son naturel, le centin tient de préférence compagnie au pauvre, et il tombe plus souvent dans ls main du mendiant que les blancs et les jaunets.Ce ne devrait pas être aux journalistes de chercher à le débaptiser : il leur rend souvent de fameux services.Il est, du' reste, cana- dien-frangaia pur sang et porte crinement la feuille d'érable; ila été tenu sur les fonts par un parrain de marque ; et puis il est bien fait de sa taille, rond dans ses manières, plus propre qu'un sou, et pas csesant comme sa grande sœur la guinée.* * Qu'un parrain donne à son tilleul un nom baroque, qu'il l'appeile Boniface ou Sennachérib, je conçois la répugnance du filleul à porter son étiquette ; il souffrira toute sa vie en silence et ne signera jamais que son initiale.Si un enfant est aifligé du nom de Jean Hiroux, de Papa- voire ou de Cartouche, il «st tout naturel que, devenu homme, il s'insurge contre l\u2019obligation d'atticher cet écriteau, et répudie ce legs de honte.Si même on se nomme bonnement comme tout le monde, Joseph Prud'homme ou John Smith, je comprends encore qu'on ge plaigne de l\u2019indivis et qu\u2019on demande aux autorités un nom plus sonore ou moins commun, Ces personnes sont les victimes des fuutesd\u2019autrui ou d\u2019un hasard désobligeant : c'est à elles de prendre les moyens de cor- PO riger le sort.Mais mon pauvre protégé, le centin, lui, il ne se chagrine pas, il ne rougit point de son nom et il ne demande qu'une chose : qu'un lui permette de vivre.M.Tardivel ne veut pas l'écouter.Tt J'ai dit M.Tardivel, j'aurais pu dire M.Gingras, car ce n'est pas d'hier que celui- ci est en bisbille avec le centin, et combien de fois n\u2019avons-nous pas dégainé à son sujet ! Ces deux measieurs livrent aux écorcheurs de notre langue un combat incessant, de quoi je les loue de tout cœur.Tous deux ont fait, en dos écrits qui resteront, la chasse aux expressions vicieuses qui enlaidigsent, appauvrissent et décolorent le langage des Canadiens-français.Les eote lee appellerout puristes, je les appelle patriotes.Les véritables puristes prêtent au ridicule, je le sais; ils me représentent ces gens qui époussettent constamment les revers et les manches de leur habit.Mais l'on peut signaler les lvcu- tions impropres, les mots inadmissibles, les fautes de syntaxe qui défigurent notre langaze, sans être un petit-maître et sans tomber «lans l'afféterie.J'estime que messieurs Gingras et Tardivel sont de bons patriotes, qui tiennert à nous conserver intact, pour ainsi dire malgré nous, un précieux héritage.Leur exemple devrait être suivi ; le temps est venu d'afficher le respect de la langue française au forum, dans la chaire, dans la presse, au palais, partout, au risque de passer pour puriste.Laissons-nous gouailler, mais parlons français Pour parler et écrire corrsctement, nous De perdrons rien de notre originalité.LR * Or, on peut parler correctement et dire un centin : c'est ma thèse.A chose nouvelle mot nouveau.On trouve la mot laid.J'admets bien qu'il n\u2019est pas sonore comme cymbale ni poétique comme étmail, mais il a l'apparence honnête de ses modestes fonctions, le physique de l\u2019emploi, comme on dit.Mais je ne le trouve pas laid du tout pour PUBLIQUE tout cela, et, fût-il réellement laid, je le recueillerais avec plaisir, ne fât-ce qu'à cog titre d\u2019orphelin.Comme forme, comme son, comme dérivé, centin- vaut quatrain, buitain, dou- sain, catin.Et, cependant, que de jolies cating n'avons nous pas vues ! que de charmants quatrains n'avons-nous pas lus ! Centin est conforme au génie de lu langue, autant sinou plus que centime.Où verrait-on la différence 7 Nous avons centenaire, centenier, centiare, desquels centiu se rapproche autant que centime se rapproche de centième et de centimètre.On ne saurait le nier, centin à la facture latine, par conséquent la facture française, attendu que cent et tous ses dérivés viennent de centum.\u201c.Si j'ai mentionné le centime, c'est qu\u2019on veut quelque , art le substituer au centin.Les uns tiennent pour lui, d'autres pour le sou ; M.Tardivel, lui, ne se prononce pas: il veut démolir, non reconstruire.Cependant, il nous faut un mot : quel sera-t-il } Sera-ce cent (prononcé à l\u2019anglaise), contime ou soul Si le cent n'est pas condamné d'emblée, tous les ennemis de l'anglicisme et de l\u2019augticisation se voileront la face.Centime, ne représentant que la cinquième partie d'un sou, ct sou que la vingtième partie d'un franc, sont inadmissibles, parce que le mot dont nous avons besoin doit représenter la centième partie d'un dollar.Ils ne répondent pas à la valeur qu\u2019il nous faudrait leur attribuer.S'en servir créerait de la confusion et nous éloignerait de cette unit monétaire que le système décimal promet de dunner.C'est bien assez déjà que les milliunnairos fran- gais nous forcent au travail de réduire leurs francs en dollars, lorsque nous voulons connaître le chitfre exact de leur fortune.Nous avivns, à l'époque où nous comptions par francs et sous, la piastre qui était leur terme d'aboutissement ; elle se com- sait de cent-vingt parties appelées sous.Elle est allée rejoindre les neiges d'antan, et nous avons aujourd'hui, à sa place, le dollar, qui se compose de cent parties dites cents en anglais.Le dollar a ses lettres de naturalité françaises, le rrné ne les aura jamais: c\u2019est pour cela qu'il fallait lui donner un équivalent français.Ne l'ayant pas sous la main, on devait le créer.C\u2019est là probablement ce que ce dirent le feu chef des traducteurs français aux Communes, M.E.-P.Dorion, lorsqu'il traduisit l'acte du Parlement 31 Victoria, ch.45, et l'hon.(.-E.Cartier, lorsqu'il lut la traduction.Les journalistes d'ulurs eurent beau crier\u2014moi le premier peut-être\u2014Ile mot rests, et ce fut tant mieux.La chose étaut nouvelle, le mot devait l'être.z= .On connait la faculté d'absorption et d'assimilation de la laugue française.Elle ae tient généralement sur la réserve, mais elle n\u2019est ni bégueule ni chauvine.Elle prend, eomme Molière, son bien où elle le trouve, et ne se fait souci d'arclimater le waggon, lo tramway, le rail, le steamboat, le lunch, du moment qu\u2019ils lui cou.vicupent.Aussi, en matière de monnaie, a-t-elle adopté le kopeek ct le rouble des Ruxses, le thaler des Allemands, le dollar les Américains, le réal der Espagnols, la roupie et la guinée des Anglais, la buoque des Italiens, et ne se génera-t-elle puint d'accaparer tout ce qui lui ira.Elle s'em are des mots, mais elle à cela de bon qu'elle les épure, quand il y a lieu, avant de se les assimiler Ÿ C\u2019est une langue grande dume, pas du tout collet-monté, qui nous fournit tonjours le mot pour nous faire comprendre en tout et de tous.Si le mot qu'elle convoite & une tournure bien intelligente, bien honnête, elle le prend tout rond, le fait sien.S'il paraît empesé, gauche, disgracieux, mais qu'au fond il lui convienne.elle l\u2019écourte ou l\u2019allonge, le transforme et le transfigure au point qu\u2019il semble avoir toujours appartenu à la famille française.C'est pourquoi vous verrez qu'elle ne repoussers jamais mon centin : il ressemble trop à ses enfants pour qu'elle ne l'adopte point.25 Mans 1880 Il est vrai que Littré et les autres lexi- raphes ne l'ont pas encore officiellement introduit dans la langue dont ils sont les portiers jaloux, mais cels viendra d'ici à dix ans .- C'est que le centin n'est pas la première monnaie venue.Outre son air français, outre qu'il représente dignement la qualité qu\u2019on lui attribue, il possède des qualités particulières, je pourrais dire person - nelles.Alignez douze centins, vous avez une longueur d\u2019un pied.Empilez douze centins, vous avez un pouce en hauteur.Combien de pièces d'or ou d'argent pourraient nous rendre le même service ! Etant quelque chose par lui-même, il avait droit à un nom spécial : il l\u2019a, gar dons-le lui.hf Ue que j'ai dit du centin s'applique, pour les mêmes raisons, au millin.La France u le millime, dixième partir du centime.Nous avons le millin, dix ième partie du centin.C'est logique.Je termine ici mon plaidoyer.J'approuve de tout cœur les écrivains qui ont entrepris une eroisade contre ls contaminateurs de notte belle langue ; leur œuvre est excellente, leur zèle brûlant, mais il ne faut pas qu'ils dépassent le but Leur ardeur les expuse parfuis à confon-lre la bonne branche avuc la branche mort.Au fond, le mal n\u2019est pas grand, l'arbre étant on ne peut plus vivace : cependant il vaut mieux ne frapper qu\u2019à bon escient.X veut cunserver tel rameau.\u2014Abattez-le done sans merci, dit Y, 1.est desséché.Y, à son tour, d\u2019un formidable coup i- hache, abat une grosse branche.\u2014Qu'avez-vous fait 1a, grand Div c'est tout ce qu'il y a de plus sain.Et les donx émondeurs se prennent #1x cheveux, et la galerie observe, juge et fait son profit de l'émuudage.Il faut toujours qu\u2019il y ait des coups perdus.ALrnonse Lusios vs \u2014 © \u2014\u2014 L'UNION COMMERCIALE Sir Francis Hineks admet que Lu ques tion de l'union commerciale avec les Etat- Unis fait du chemin, 1} affirme que M.Barker s'est adressé à Sit John A.Maclo nald ot l'hon.A.Macxenzie, afin d'ubtenir la nomination d'une commision qui > mettrait en relations avec une commission nommés par le gouvernement américaiu.Sir John et M.Mackenzie auraient av cueilli favorablement la demande de M.Barker, et la question viendrait ces jours ci devant la Chambre.À nos abonnés des Etats-Unis Nous sommes obligés d'avertir nos abon nds des Etats-Unis qui nous doivent des arrérages, que nous sommes décidés à leur discontinuer l'envoi de L'Opinim Pr Mique, »'ila no nous paient pas immédiate ment, Nos compatriotes des Etats Unis nous paient bien en général ; nous regre tons qu\u2019un certain nombre no suivent pis ce hon exemple.S'ils eongeaient un ins tant aux sacrifices qu'il faut faire pour waiatenir un journal comme le nôtre, ils se feraient un devoir de payer leur abonnement.Nous espérons qu'ils ne nous forceront pas d'avoir recours à des moyen rigoureux et désagréables pour obtenir er qui nous est dû.Eux qui vivent dans un pays où les journaux sont si bien payée ils devraient adopter cette excellente bahitude.Personne ne leur reprochera d'imiter les Américains sous ce rapport.AVIS Les abonnée de L'Opéinion Publique qui désire: pt rf tm te ot solide, ot bon marc de s'adresner au burean de 0° journal, Bet 7, rue Bleury. = 3} pr Ress 4 i sv fa a ESF, i k 1 Ty A Ee = em N a 7 2 Drum Wiens = = x4 mé A il fs 2e pe TS Amy, h fn À i a ovens fe ces 5 Je 7 = b AN SRE Hy far =m \u20ac > 25 Mans 1880 BA) LE a VE 3 = = = Ré be Nig, lb Zo = = 28 ; En == A = \u20ac \\ 1 Fr oe oa ; Fe \\ 248 £2 += Aa =n gere À pe ee À \u2018a, pi = by piers KR = \\\\ = de.Ë aA \u2014\u2014\u2014 =.= ; \\ * on 2 DM a pe = ry Ln pe oe LJ = 4 = \\ 4 ! > ee) 2 o a SZ 22 3 4 wr i =» PE Let LR =; pt = = / A Eo a | A a 4 = À ; == 13 ~ 3 bi À | ë 3 5 > | , 7 $ b SU fj \u2014 \u2014\u2014 34% f; a | Lai 69; | Lace Lo | La LE 2 5e =3 Uk : = PE = = a B | itl | Ei [an ES S 3 i z= ay a ey \"2310 3 A x ACADENIE DES AR | AH - | 7 7 é vo; a [Ew 4e £5 TS æ spa = BE J ÿ 4 | ila i ot a a a Ea a) = 4 Ë © \u201c4 py CUMTE DE LESSEPs 4, il hl Le + i 66 I A A OTTAWA a _\u2014_ ; a | f IE ) Fd il = 3 a 55 fi >.qq = Fa DT re via (FES JR), % z, 2 En = = fi 4 5 = ; D sn f Jaa i LU ci 2 Ru Nd 7% u/s L'OPINION PUBLIQUE x FD 7 [=~ Jia fo, ¥ + à freA | Ay Le 24 | + AE LE had) atl té fl hid Vs an 4 : ; Fg \u2014_\u2014 207 eee fu Same: [0 || Sad Ë Dw oo , aaa will OF) rai L J A2 Le | olla [7 i ft Not } ia Exe) Yl 13 fifi +B ; Fe Les 4 3 em we if dela aa 3 (a.i W = ql g E >, | Hl Le = \u2014 = | Jr = ; AD nal ME 147 47.148 ÉcHos L'Événement rapporte l'histoire du mot puissance, adopté comme traduction du mot dominion, & l'origine de la Confédération, et imposé par sir Georges Cartier.Nous connaissions une partie de cette histoire.Le chef du Bas-Canads avait ses vues, qui étaient justes, et, puisqu\u2019il en est ainsi, le mot puissance devrait être conservé, en dépit de l'école du Canadien, qui voudrait le voir disparaitre.Les mots importent peu, au fond, et il serait absurde de prétendre qu\u2019une raison d'Etat doit céder devant une question de traduction.* * * Les amis de M.DeCelles, le nouveau bibliothécaire français du parlement, lui ont donné un magnifique banquet, jeudi dernier, au restaurant de la Chambre des Communes, M.MacIntosh, maire d'Ot- taws, présidait, ayant l'honorable M, Lau- tier et M.le sénateur Fabre pour vice- présidents.La plupart des convives étaient des membres du parlement ou des journalistes.La soirée fut charmante, on si belle compagnie, et les discours aussi.M.De- Celles peut être fier à bon droit du térui- gnage d'estime et de considération qui lui à été donné en cette circonstance.x = x M.Tardivel devient ssabreux.Cleat le temps de se mettre à l'abri.Il lui était bien inutile de nous dive, a la fin de sa sarabande, qu\u2019il n'y reviendra plus.Nous ne lui fournirons pas l\u2019occasion de revenir.Ce ton ne nous convient pas du tout, et nous rendons volontiers hominage à notre gentil contradicteur.Mais quelle mouche l'a pu piquer ainsi, pour qu'il ait pris à notre égard ces ma- Dières par trop vives ! Serait-ce l'effet de nos écrits! Mais nous n'avons pu être heureux au point de provoquer chez nutre adversaire déconfit ce désappointement furieux.Ou bien M.Tardivel est maladroit au suprême degré de laisser éclater son dépit de la sorte.Quoiqu'il en soit, nous voila lvin de la discussion eur les anglicismes et sur les locutions vicieuses.M.Tardivel a jeté sa devise pardessus bord.L'ennemi, muinte- nant, c'est nous-méme, Notre nom, écrit en grosses lettres, sert de titre à son article enfiellé, à la pluce de l\u2019Anyliciem ennemi.Ce n'est pas notre affaire.Fus- sions-nuus tenté de cruiser le fer sur ce terrain, par amour du combat, que nous y renoncerions en vuvant le combattant.Nous savons comment M.Tardivel entend la polémique.Nous l'avons vu aux prises avec d'autres, qui avaient beaucoup plus de titres à ses égards que nous, et ce que nous avuns vu n'est pas de nature ia nous tenter au jeu.Nous n'avons aucun goût pour les éclaboussures, et nous voilà bien assez couvert déjà.M.Tardivel parle encore de mauvaise foi, d'une manière moins brutale cependant.Il nous accuse d'inexactitude et nous romme d\u2019expliquer certaine allusion que nous avons faite.Mais il donne lui- même l'explication qu'il nous demande.1! admet avoir cite le Muil, acclamant sa brochure et lui donnant des encouragements.C'est tout ce que nous avons dit.Puis l'aimable critique nous met au défi d'indiquer un xigne de mépris dans l'article du Mail.Mais ce signe est duns les félicitations mémes de la feuille anglaise.Le Mail applaudit & M.Tardivel prétendant que les écrivains canadiens-français ne savent pas leur langue et que notre population parle un jargon moitié français moitié anglais Que M, Tardivel n'ait pas vu ce mépris, qu\u2019il ne le voit pas, méme à présent que nous lui avous signalé la chose, c\u2019est encore précisément ce que nous avons dit.Il w'y a vu et n'y voit que du feu.C\u2019est la faute de ses lunettes.probahiement.Le grammairien québecquois, qui a vilipendé l\u2019un de nos meilleurs auteurs dans un petit pamphlet envenimé ayant pour titre \u201c Morrowed and stolen feathers,\u201d a été particulièrement sensible au reproche que nous lui avons fait d'avoir puisé dans un dictionnuire d\u2019anglicismes publié il y oo L'OP1NION a quinze ans une partie du répertoire de wots qu'il a entassés dans as brochure.Ce n'est pas du plagiat, dit-il.Soit, l'ami, vous n'avez pas plagié, on ne plagie pas un dictionnaire, mais vous avez pillé bel et bien, Si l\u2019épithète de pillard vous va mieux que celle de plagiaire, à votre choix, cela nous est indifférent.Vous vous êtes approprié,vous avez donné comme vôtres, un bien, des travaux, qui pour être livrée à la publicité, n'étaient pas pour cela à tout le monde.Vous n'avez pris à l'auteur que la compilation peut-être, mais vous admettrez que c'était une partie notable de son avoir dans un ouvrage de ce genre.Il vous eût été facile, en tous cas, de donner crédit à celui dont vous mettiez à profit les labeurs et les connaissances.H est vrai que le Courrier du Canadu eut été empêché de publier la liste des anglicismes découverts por M.Tardivel, et que votre gloire en eût été diminuée.M.Tardivel, quo la fureur aveugle manifestement, fait ensuite une confrontation d\u2019un de ses écrits et d'un passage de notre article: La langue française en Canada, pour tâcher d'établir que nous l'avons plagié nous-même.L'eussions-nous fait, que notre mal ne le guérirait pas dusien.Mais nous ne plagions jamais personne, et il nous suffirait, pour punir M.Tardivel et le couvrir ds ridicule aux yeux de nos lecteurs, comme il l\u2019est sans doute aux yeux des siens, de reproduire ici ea sortie burlesque.Nous avons exprimé ls même idée, une idée qui avait cours avaut lui, des termes absolument différents des siens, et, pour voir ici un plagiat, il faut lea yeux perçants du fendeur de cheveux auquel nous avous eu affaire pour notre ennui.Le dernier trait de M.Tardivel consiste à nous reprocher une expression vicieuse, Toujours la marotte du personnage.Malheureusement, c'est encore à faux.Si Aristarque veut bien consulter, il verra que l'une des acceptions du verbe ontre- tenir est nourrir, quand il s\u2019agit de pensées, sentiments, illusions, opinions, préjugés, espérances, etc.Nous étions dunc justifiable d'écrire comme nous avons écrit, et M.Tardivel ne l'est pas de nous attaquer comme il le fait.A.GÉLIN A8, © LA LOUISIANE ET LE CANADA Les organisateurs de la grande fête nationale du 24 juin prochain, qui songent à adresser des invitations de différunts côtés pour cette circonstance, ont-ils pensé à en envoyer aux Français de la Louisiane 1 S'ils n'en ont pas eu l'idée, ne croieraient-il pas à propos de l'adopter dès à présent et de la mettre à exécution ! L'occasion est bunne pour tenter un rapprochement entre les deux culnniss, jadis sœurs, aujourd'hui tout à fait étrangères l'une à l\u2019autre, On ne suurait concevoir de séparation plus complète dans ses effets que la séparation de la Louisiane et du Canada, aban- lonnés l\u2019une après l\u2019autre par la mère patrie commune.Nous n'avons pas plus \u201cde relations avec nus anciens compatrivtes qu'avec leurs voisins d'origine espagnole ou angluise, lorsqu'il semblerait que la similitude de conditions, ln communauté d'urigine et de destinée eussent dû en- pêcher une scission abeulue.Chose curieuse aussi, la Louisiane a toujours eu plus de rapports que nous avec l\u2019ancienne tnétropole, après la cession, bien qu'elle ait passé sous trois drapeaux différents depuis cette époque.Successivement soumis à l'Angleterre, et à l'Espagne, et finalement annexés aux Etats-Unis, les Louisianais ont maintenu leurs relations avec la France plus aisément que nous, qui n'avons changé d\u2019allé.geauce qu'une seule fois.La Franco, de son Côté, n\u2019a jamais perdu de vue son ancienne colonie du Mississippi, tandis qu'elle a paru oublier jusqu'au num de ses établissements du Saint-Laurent, qu\u2019elle considérait pourtant autrefois comme constituant per excellence la Nouvelle-France, Pourquoi nos sociétés nationales ne se mettraient-elles pas en communication au- PUBLIQUB jourd'hui avec les associations françaises de la Nouvelle-Orléans ?Pourquoi colles- ci ne seraient-elles pas invitées à nous envoyer des délégués qui se joindraient à la grande famille canadienne-française le 24 juin?Nous n'avons guère d'intérêts qui soient communs avec la Louisiane, mais nous avons un passé, des souvenirs, qui le sont.Les Français da ce pays, pour n'a voir pas été liés aussi intimement que les Acadiens à notre existence nationale, De sont pas moins comme nous des fils de la France, dont les ancêtres ont été dirigés vers ce continent en même temps que les nôtres et sous l'inspiration d'une même pensée qui était d'implanter dans ce monde nouveau le drapeau et les croyances de la France.Au lieu de continuer à nous ignorer mutuellement comme nous le fui- sons depuis un siècle, pourquoi ne pas nous reconnaître, ne pas nous unir et ne pas établir un commerce d'amitié que la distance ne permettrait pas sans doute de rendre bien actif, mais qui n\u2019en serait jas moins cordial, parcequ'il aurait le earac- tère fraternel ?AG.LE NIHILISME SANGUINAIRE Nous extrayons d'un volume intitulé /- Nila Tisme et les Nihilistes, édité par M.Maurice Dreyfous, us chapitre plein de révélations fort curieuses sur cette societé secrète.Public du.bord en italien +t traduit en français, \u2018et ouvrage est une compilation des tnieux faites ct des plus exactes sur les mœurs den nihilistes auxquels le récent attentat contre le Czar donne en ce moment une si triste actualité.Les scènes de sang constituent ce que l'on connaît le mieux du nihilisme ; ce sout elles surtout dont la presse s'est et parée et qui ont le plus excité la curio- ! sité publique.11 suflirs done dr sigma ler quelques exemples brefs et convaincants.Depuis le proces Netchaif, jusqu'à l'hiver de IST8, époque du premier attentat, il y eut en Russie plusieurs proces politiques se ressemblant tous à peu près.Ils étaient inteutés à des personnes qui avaient fait de la propagande sucialiste et répandu dans les campagnes des pr lama: tions incendiaires.Ces accusés étaient régulièrement condamnés à un certain nombre d'années de travaux forcés dans les mines de ls Sibérie, ou de prison dans une forteresse, ou d'exil dans les provinces occidentales «de l'empire.Les principaux proces furent : celui de Dolgouscine, en 1874 ; celui de Pierre Alexujef, «dit aussi ** procès des cinquante,\u201d et celui de Myshkine, dit aussi proces dea cinguiate-trois,\u201d lequel sv terminu dans le courant du mois de murs 1878, peu avant le procès Zassouhteh, qui fit taut de scanslale, AFFAILE THÉPUF Vera Zassoulitch ouvrit Pere du nil lisme sanguinaire.Son attentat se relie à deux faits antérieurs: la condamnation de Teherniscevski et celle de Netehuef.Le 5 février 1878, dans lu matinée, le général Trépef, préfet de Saint-Péters- bourg, recevait des personnes qui vensient lui présenter des pétitions.Une jeune femme, venue sous prétexte de Ini présenter elle aussi, une pétition, fit feu sur lui avec un petit pistolet de poche hull doy qu\u2019elle avait sous sa mautille.La balle blessa le général au flanc gauche et pénétra dans les intestins, mettant su vie en grand dunger.La jeune fille était Vera Zassoulitch.Pourquoi avait-elle commis cet attontat ?Elle avait vengé une atroce injure faite par le préfet de Pétersbourg à un condamné politique nommé Bogulioubof.Ce Bo- golinubof n\u2019était ni le parent, ni l'amant, ni l'ami de Vera Zassonlitch.C'était un jeune révolutionnaire qui avait pris part à une échaffourée ou démonstration populaire faite sur la place de la cathédrale de Kasan un peu avant qu\u2019éclatät Is guerre avec la Turquie, et dans laquelle démons tration on avait demandé la mise en liberté de \u2018l'chernisceveki.Pour avoir participé à cette démonstration, Bogulioubof avait été condamné aux travaux forcés \u2014 25 Mans 1880 avec privation de tous ses droits civile.(ir, avant qu\u2019il fût transporté en Sibérie avant que ln sentence n'eût été mise à exécution, alors qu'il n\u2019était pas encore privé de ses droits, le général l'avait fait battre de verges dans les prisons de Saint Pétersbourg pour ne pas avoir levé sou chapeau devant lui.Cette punition cor porello était illégale ; puisque, à la date du 17 avril 1863, le tzar avait aboli le knout et les verges.Elle était, de plus, arbitraire, puisqu'elle frappait un persou- nage qui n'avait pas encore perdu ses pré- royatives de citoyen.Vera Zassouliteh avait lu le fait dans un journal, Voyant que l\u2019on ne se préoccupait pas d'un acte qui était une si grande offense à la dignité humaine, ells avait résolu d'appeler sur lui attention publique ; et, ne trouvant pas de meilleur moyen, elle s'était arrétée au parti d'attenter à la vie du général Trépof, se sou- criant peu de le tuer où de ne pas le tuer, puisque son but était, non d'assassiner mais sitaplement de soulever un scandale.Comment expliquer que cette jeuns fille avait pris intérêt à cette question au point d'atfronter les peines les plus se- vires, de faire bon marché dv sa propre existence } C'est qu\u2019elle t été une victime de la politique.À l\u2019âge de dix-sept ans, elle avait fait connaissance de l'étudiant tmoscovite Netchaief, celui qui, comme nous l'avons raconté, suacitait des itations politiques parmi les étudiants, et tua l\u2019un de ses compagnons, Netchaef était en relations avec le frère de Vera, laquelle avait servi innocemment d'inter médiaire pour la transmission de la curres- pondance épistolaire des deux jeunes gens, Pour cela, elle avait été arrétée à Muscon, elle avait passé un an dans les prisons de Litovski, ot une autre année dans celle de Pierre-et-l'aul, sans qu'on lui fit aucun procès ; puis lle avait été contrainte de passer \u2018une province à l'autre, et avait vécu sous la surveillance de la police à Krestsy, à Tver, Sogoliteh, à Kharkof à da tip, on l'avait Li-sée tranquille, Vera Zassouliteh parut devant ln Cour d'assises le 12 avril suivant.Les hommes les plus illustres de la Russie assistaien: aux débats.Les jurés étaient en grande partie des fonctionnaires.L'avucat Alex: androf pronunça une magnilique plaidoi rie ; et Vera Zassoulitch fut acquitter « mise en liberté.Cet acquittement, qui équivalait à une approbation donnée à l'attentat de Vera 7assoeliteh, produisit une grande émotion nun seulement on Kussie, mais dans toute Europe, qui s'en prévceups quelque temps, brodant sur ce fait toutes sortes de commentaires, Le gouvernement tit annuler de ingement ; et lo tzar déeréta quo les proces politlques ne seraient plus désormais soumis au jury.L'attentat et le procès du Vora Zasou- litch avaient été considérés avec raison comme des apmptômes graves ; mal Ces faits devaient être suivis par d'autres qui révélérent de plus en plus combien la plaie était profonde.AFFAIRE KOTLAREV¥R! Vers la même époque, un autre attentat eut lieu à Kiev, en plein jour, sur le sube- titut du procureur impérial.Kotlareveki, lequel fut assailli à coups de pistolet dans une des rues les plus fréquentées de la ville.Les assassins réussirent à s'onfair- Les soupçons portèrent spécialement sur un étudiant qui fut arrêté, Ses comp gnons, persuadés de son inpucenct, pré- sentérent une pétition en # faveur ; le curateur de l\u2019Université ne voulut p1# l\u2019accucillir.Alors les étudiants we réu- wirent tumultuensement dans In grande salle, au nombre de trois cents.Le rec: teur, informé de cela, sy rendit ; et intima aux jeunes gens l'ordre de se retirer.Ils obéirent en protestant.Por décision du conseil universitaire, plus do cents étudiants furent exclus: soixante pour tro ans, quamnto pour deux ans ; scire autres jeunes gens furent condamnés à ls dépor tation.Le convoi qui les tranaportait fut salué à som passage à Moscou par cent cinquante étudiants qui s'étaient tous ré nis pour faire une ovation a leurs malhet reux condisciples de Kiev.11 'eneuiv\u201d 25 Mars 1880 dans Moscou une bruyanie mêlée où l'on en vint aux mains.APEAIRE MATVEZEF Peu de jours après, c\u2019est-à-dire le 17 avril, le recteur de l'université de Kiev, Matvezef, fut victime d\u2019une agression sur l'escalier du palais universitaire.Assailli de plusieurs, côtés à ls fuis, il recevait sur la tête un coup violent, qu\u2019on supposa porté avec une pierre, et tombait asna connaissance.Les autours de ce nouvel attentat purent s'enfuir.AEPAIRE HEYKING Puis eut lieu, toujours à Kiov, l'assassinat de l'officier de gendarmerie Heyking.Cet autre attentat se produisit aussi duns l'une des rues les plus fréquentées, au beau milieu de la foule, tout près d\u2019un puste de police.Cette fois, l'arme ne fut plus le pistolet, muis le ploignard.Un ouvrier qui voulut arrêtor l'assassin reçut un coup du pistolet et resta étendu mort sur la place.Reyking mourut le lendemain au milieu d'atroces douleurs.On ne découvrit point les traces do l'assassin ; mais les journaux clandestins des nihilistes russes entonnèrent un hosanna parce que le chef de la gendarmerie avait été frappé, * justicié,\u201d en exécution de la sentence d'un \u201c Comité exécutif.\u201d AFFAIRE MESENTZEF Ie 16 aofit suivant, à Saint-l\u2019éters- bourg, le général Mezentzef, chef de [a troisième section de ln chancellerie de l'empire (police secrète s'étendant à tunte Is Russie), tombait aussi victime des nihilistes.Il avait reçu quelques jours auparavant sa \u2018* sentence dde mort.\u201d I fut assailli par trois hommes, et mortellement blessé d\u2019un coup de poignard.Le général Mesentzef avait l'habitude de faire tous les matins un tour de promenade en compagnie de son ami le lieutenant colonel Makarof.Ce matiu-là, à neuf heures, dus les environs de la place Michel, à Naint-Pétersbours, ils furent accostés par deux hommes bien vêtus qui pouvaient avoir de vingt-cinq à trente ans.L'an d'eux frappa le général Mosentzæef d'un coup de poignard au flanc gauche un peu au-dessous du cœur : l'autre tira un coup de pistolet au colonel Makarof, mais sans l\u2019atteindre.Les auteurs de ces deux attentats montèrent ensuite dans une voiture attelée d'un beau cheval élégamment harnaché, et qui les attendait à quelques pas de la ; le cheval partit rapide comme la foudre.Le chef de la police de l'empire mourut à cinq heures du soir.Cet assassinat produisit en Russie une grande commotion, parce que le zénéral Mesentzef, loin d'être un tyran, était au contraire très humain.Il était évident Qu'on avait voulu surtout, en tuant cet homme, faire une violente protestation contre l'institution qu\u2019il représentait.Il était évident nussi que l'assassinat faisait désormais partie du programme des révu- lutionnaires ; et était considéré par oux comme l'un des moyens ordinaires & om- employer pour arriver à leurs fins.Il en résultait, en outre, que les révolutionnaires disposaient aussi de fortes sommes d'argent, puisqu'ils accomplissaient leurs attentats avec Lant de promptitude et sans rien négliger pour réussir ; quelque dépense que cela pût nécessiter.Cot assem- blago de circonstances donna à la mort du chef de la troisième section un caractère romanesque qui épouvantait los timides et satisfaisait la foule de ces amateurs de tragédies mystérieuses que la lecture des romans \u201c dramatiques \u201d ont multipliés dans toute l'Europe.Le journal clandestin dos nihilistes, Terre dt Liberté, Vents cet assassinat, \u201c La mesure était à son comble, et nous l\u2019avions averti!\u201d lixaiton dans cette feuillo ; laquelle ajoutait que \u201c l'exéention de la sentence avait coûté au parti aix mille roubles.\u201d Ni les nihilistor n'avaient voulu que jeter l'épouvanto, ils y avaient rétissi.AFFAIRE KRAPOTKINE Plusieurs mois s'écoulèrent sana qu'il se produisit de nouveaux attentats : et l'on L'OPINI sence de la réprobation générale soulevée par leurs actes, avaient changé de système et renoncé à répandre de nouveau le sang.Cett > espérance fut trompée.Le * comité exécutif\u201d de la révolution sociale pronon- ¢8 une nouvelle \u201c sentence de mort\u201d ; et dans ls nuit du 21 au 22 février 1879, entre onze heures du soir et minuit, le prince Krapotkine, gouverneur de Khar- kof, ville dopuis longtemps troublée par des agitations parmi les étudiants, fut tué.Au moment où, sortant d'un bal, il retournait chez lui en voiture, un homme masqué tira sur lui des coups de pistolet st prit la fuite.Cette fois aussi, lo coupable resta inconnu.Te prince mourut le lendemain ; ct sur tous los murs des grandes villes de Russie on lut sa \u2018\u201c sentence de mort,\u201d affichée par des mains mystérieuses : \u201c Cette punition mous a Coûté aussi à peu près six mille roubles,\" dit à ce sujet la feuille déjà citée, organe du nihilisme: Trvrre et Libert.On re- Marqua dans cette occasion ce fait curieux ; le frère aîné du gouverneur tué, le prince Michel, appartient au parti nihiliste ; c\u2019est un des agents les plus actifs de lu révolution sociale; il dirige à tienève, depuis trois ans, le journal socialiste Nihert (lo Tursin.) Quel immens abime entre les deux frères! ils appartenaient tous les deux aux deux camps extrêmes, ennetnis irréconeiliables l\u2019un de l'autre, qui se par tagent lu suciété russe.L'un était réve- lutionnaire, l'autre fonctionnaire : deux urganisations autagonistes qui se sunt juré une guerre éternelle.La politique a brisé les liens du sang dans la famille Krapot- kine, le frère ne reconnait plus son frère ! AFFAIRE KNOOF Aprés l'assassinat de Krapotkine, les meurtres mystérieux coutinuérent et devinrent plus fréquents.Le 7 mars dernier (1S79), i (Mess, le colonel de gendarmerie Knoop fut tué pair une main inconnue.Son cadavre fut trouve dans sun habitation ; pres de lui, il y avait l'écrit suivant : * Par ordre du comité exécutif révolutionnaire, il doit en être et il en sera fait ainsi de tous les tyrans et de leurs con.plice Dans la même ville, l'étudiant Zaleski, de 17 aus, fut tué en passant dans ha tue ; peut-être parce qu'il n'avait pas voulu faire partie de la société secrète des nihilistes, AFFAJRE DRENTELN de 25 du mois de mars, avait eu lieu à Saint-l\u2019étersbourg un autre attentat qui, cette fois échona.I] avait été dirigd contre le général Drentoln, successeur, comme chef de la troisième section vu haute police, du général Meseutzef, assassiné dans les conditions que nous avons relatées ci- dessus, Le genéral Drrenteln se promenait en voiture daus le Jardin d'Eté, quand un cavalier passa près de lui; cet homme lui tira un coup de pistulet et disparut comme uno flèche.Heureusement pour lo général, la balle ne tit que briser les glaces de ia voiture.Drenteln fut done sauve ; mais un manifeste affiché peudant lu nuit sur los murs de la ville l'avertit que lui et Nourof, préfet de Saint-Pétersbourg, étaient inscrits sur la liste de proscription et se raient bientôt frappés\u2019par la vongeance révolutionnaire.\u201c Cette liste, disait le manifeste, comprend cent quatre-vingts per- sommes.\u201d AFFAIRE GARTKOF Le 5 avril, les nihiliates attontérent à la vie du gouverneur de Kiev, le comte Gartkof.Vers les trois heures de l'aprrès- midi, aur l'une des grandes voies Jos plus fréquentées de la ville, on lui tira de la feuêtre d\u2019un libraire, un coup de pistolet.Le général ne fut pas atteint ct pnssa sain ot sauf.L'assnssin tenta de s'enfuir en voiture, comme cela avait ai bien réusai à d'autres ; mais il fut arrêté par un paysan.Jusqu'à présent on ne lui a pas fait de procès.\\PFAIRE PIETROVRE| La 10 du même mois, à Arkanzel, sur la mer Blanche, le \u201c maître de police\u201d Pietrovki fut poignardé duns «a propre habitation.Au manche du poignard, \u201c«pérait que los révolutionnaires, on pre qu'un avait laissé dans lu blessure, était ON PUBLIQUE fixé un petit papier sur lequel on lisait ceci : * Tu étais Polonais ; mais pour les \u2018\u201c Polonais ici exilés \u2018tu étais pire que \u201c tous les bourreaux russes! Meours, chien ! car tu n\u2019est pas digne de vivre au milieu des hommes.~-Signé: Le comité exéeutif.\u201d Cette fuis encore, ou ne découvrit aucune trace de l'assassin.\u201c \u201c \u201c ATTENTAT CUNTRE LE CZAR Enfin, le 14 avril, eut lieu l'attentat de Solovief contre®le czar Alexandre II.Près du Palais d'Hiver et presque devant la porte de l'état-major du corps de la garde, l\u2019empereur, qui faisait A pied sa promenade habituelle, fut assailli par un homme qui, à quelques pas de distance, tira sur lui deux coups d'un rovolver de fort calibre, mais sans le toucher.Un troisième coup fut dévié par l\u2019intervention du capitaine de gondarmerie Roch, qui asséns sur le dns de Pagresseur un si violent coup do sabre, que son arme en fut torduo.L'assassin vacillu mais ne tomba pas, et fit feu pour la quatrième fois aur l'empercur ; mais au lisu do hles- ser Alexandre, la balle alla frapper à la joue un garde du palais.Un cinquième coup parlit et se perdit dans la foule.Bientôt le coupable fut entouré ; on lui arracha le revolver des mains et on s'assura de sa personne.Conduit à la chancellerie de la préfee- ture de Saint-Pétersbourz, il dit d'abord se nommer Sokolof et être employé surnu- métairo au ministère des finances.À peine fut-il entré dans la chancellerie, \u2018qu'il fut pris de vomissements violents, lesquels durèrent une demi-heure.Ou le fouilla : et l'on trouva sur lui, fixée à sou flanc avec de la cite, une sort: de pilule qui contenait une poudre blanche crista- line.Cette circonstance, jointe aux vo- Mmissements et à la dilatation «es pupilles tit snpposer que l'assassin s'était emp sunné.()n prit toutes les mesures néves- saires pour déterminer la uature du poison; et des médecins lui prodiguèrent leurs soins, L'analyse chimique du contenu de la pilule et des liquides vomis par le prisonnier révéla : que la première contenait du cysnure de potassium ; et que cette substance se trouvait aussi dans les matières rejetées par le vomissement.Une fois rétabli, le coupable, interrogé, déclara que son vrai nom était Alexandre Solovief, secrétaire de collège (1) en retraite, égé de tronte-trois ans, fils d'un greitier de collège habitant à Saint-Péters- bourg, dans le palais de la grande-duchesse Katerina Mikhuilovas ; palais connu sous le nom de Kamennoi-Ostroif (ile de Pivrre) Pour montrer sous tons ses aspects lo, nihilisme et lui donner tout son culoris, il faut parler maintenant de l'apologie de l'assassinat prolitique : apulogie que la littérature révolutionnaire russe n'hésite pas à faire, ainsi qu'on va le voir.Ilr - suffira de citer les extraits suivants do l'article publié dans le numero du 2% avril dernier de la feuille claudes- tine Terre ef Liberté, et intital& : Frupor- tance de l'assassinat politique, L'assassinat politique est un acte de ven.grance régulière, de représailles.C\u2019est seulement par lui, c'est seulement quand les conjurés politiques survivants répondent par l'assassinat a la destruction systematique de leurs coreligionnaires, que le parti révolutionnaire peut exister et affirmer son iudépen-daner.C\u2019estseulementen vengeant la mort de leurs associés que les membres du parti révolutionnaire peuvent devenir une force bien sondes, compacte eteffivace.C'est seulement en versant le sang pour une bonne cause que nos POUVONS nous élever jusqu\u2019à crtte moralité suprême de ta- quelle, weule, la liberté peut surgie.C'est seulement en nous montrant prompts à tuer et à moutit, que nous pouvons esperer d'entraîner derrière nous les masses.À présent que cette arme formidable : l'assassinat sûr, systématique, s'ajoute au aceret, an mystère, la conspiration devient un pouvoir dans l'Etat : pouvoir redoutable pour ses ennemis, qui ne savent jamais quand et où ila seront frappés, qui ignorent le tien et l'henre où ile re- cevrant leur récompense, 11 est enfin venu, le temps où l'assassinat doit compter parmi les forces motrices politiques de l'épeque.La imyr- témiense puissance souterraine qui brandit notre poignard « irrévocablement décidé qu'elle cite- 1) Dans la hiérarchie du (chin, le grade de ** secrétaire de collège ** équivant à celui de capitaine en weond dans la hierarchic nlite, 149 rait à son tribunal tous les coupables prissants, haut placés, qui ont joui pendant si longtemps des bénéfices de leur tniquité.Nous n'avons encore fait que commencer à frapper quelques coups : et déjà tous sentent trembler Ja terre anus leurs pieds, ils regardent wvec épouvante l'abime s'ouvrir à leurs yeux effarés.l'ontre qui peuvant-ilu lutter?Contre qu doivent-ils se défendre ?Qu'est-ce que doit étruire leur aveugle et impitoyanle vengeance ?ln million de baionnettes, maniées par un million d'esclaves, sont là prêtes à obéir à l'ordre qui leur seront donné, quel qu'il soit.Que la parole de commaudement we fasse sntendre, et ces # \"dats tueront & droite et & gauche, sans n:éme penser que ce sont des frères qui périssent sous leurs coups.Mais contre qui, l'heure qu'il est, les ordres peuveut-ile diriger cette force terrible, dressée par la corruption et la tyrannis des siècleu ?Il n'y à aucun ennemi en vue.1 n'y a rien qui indique d'oi le coup vengeur est parti, ut où se vache la main qui a Frae.Cette main, à peine s'ust-elle montrée qu\u2019elle dispa- rat, ne laissant l'autre trace qu\u2019un cadavre et le silence de lu mort.La répétition habituelle de ce phénomène - l\u2019avsassinat politique mystérieux, commence à convaiticre nos ennemis que le moment de rendre des comptes est venu ; et que, si formidable que soit la puisance qui lea protège, ils disparaitront vite de In terre.L'assassinat, que des corps d'armée tout entiers ne peuvent em.pécher, qui ve peut-être prévenu par des légions d'espions, si habiles, di subtils, si roses qu'ils soient : voilà le MOYEN sUrBÊSE des atnis de la liberte.Leo nihilisme sanguinaire est dirigé par une petite congrégation mystérieuse qui à pris un nom célèbre dans les révolutions latines : celui de \u201c Comité exécutif.\u201d Ce comité est un vrai tribunal secret, une nouv-He Sainte Vekhtue.Il juge, condamne et fuit exécuter «les sentences dans he plus impénétrable mystère.Cu comite se consilère évidemment comme un tribunal constitué et légal.Les termes mêmes dont il se sert démontrent qu'il eroit remplir une tâche.Pour définir les assassinats qu\u2019il fait commettre, il emplois le vorbr fuzuët, qui siguitie non pas soula- ment for, mals punie de mort en rertu d'un jugement rogulior: justi Les assassins sont appelés Kazuiteli, Cesta dire exfcutrurs d'urrêts de justice chaque meurtre est qualifie Aezn, c'est-à- dire clvitiment, supplice ordonné par La loi, Il juge, en premier lieu les espions du parti et les traitres de la cause: c'est.à lire les gouverneurs, les préfets de po lice, les provureurs de la couronne, les recteurs de l'Université, les gendarmes, ete.: Loils eos gens-là sont condamnées sans être entendus, et pour eux, il n'y à plus d'espérance.\u201d J-B, Atsatee, \u2014 rm = VARIE REILAPHE + MA FEWME.Ci-git ma femme 5 oh! qu'elle est hien Pour son repos et pour le moten.Jag.Lanes.VE COURAGK, Certain gisvon vantait son grand courage, Loraqu à l'instant rerevant un outrage, \u2018n le vit fuir.** Eh monsieur le marquis Votre courage ?-\u2014l{est aux pieds, sandis.+ Proverbes chinois : \u2014Un fils qui fait verser des larmes à 84 mère, peut seul les vssuyer.- Les Wijoux sont la derniere chose qu'un achete et la première chose qu'on vend.\u2014Les plus bouches ont de l'esprit pour de viner ce que veut dire un riche quand il parle ; les plas spirituels ne comprenneut qu'à demi ce que dit an pauvre.Tne femme lahorieuse arrange sans cease ses ineubles ; un homme studicux dérange 3 Es > 2) 2 I my T2) ?NEES os Yo 164 \u201c4d 25 Mars 1880 PETIT PERE ME ME GRONDEZ PAS, IL8 SONT SI MALHEUREUX C'était il y a bien longtemps, un jeune enfant d'ouvrier allait à la classe.À chaque jour, il recevait un bon morceau de pain pour le déjevuer qui se fait entre les deux classes, Mais voilà qu\u2019un jour l'ouvrier s'aperçoit que son fils mange démesurément.Le soir, il semblait insatiable.Cependant il ne fit pas d\u2019obsorva- tion.1 se dit tout bas.C'est jeune et ça bon appétit.Le lendemain et les jours suivants, c\u2019est toujours la même consonma- tion de nourriture.A la fin, l'ouvrier s'inquiète et fait cette réflexion : \u2014Mais qu\u2019as-tu donc?cn dirait vrai- went que tu n'as pas mangé depuis vinet- quatre heures.L'enfant so trouble, et répond comme Jus les enfants : Je n'ai rien! je n'ai rie te trouble encourage le père à pousser les questions plus loin : Mais entin, ajouta-til, est co que tu pas ton déjeuner ?\u2014Oui, papa.-Est-ce que tu ne le manges pas } J'aimerais mieux ne pas répondre.Je te le commande, moi ! \u2014En bien ! puisque vous le voulez, je vais vous le dire.Voyez-vous, il y à à la clese un petit garcon maigre, mais tout mtigre: od les autres mange: ne mangent pas.Il nous regardait, et il allait juner, Je lui ai demandé pourquoi il ne déjeunait pas.LI m'a répondu qu\u2019il n'avait pas de juaiu et que st mère ne pouvait lui en donuer,; alors je lui donnais La moitié du mien tous les jours ; allez, il vail
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