L'Opinion publique, 15 novembre 1883, jeudi 15 novembre 1883
[" L'OPINION PUBLIQUE Journal Hebdomadaire Illustré Al boanement, $3.50 par an.Payé d'avance, $3.00 \u2014 Etats- Unis, $3.50 ues dione quae bureau du journal, ot il faut donner an moins quinse jours d'avis.SOMMAIRE Texte : Histoire du Canada, par l'abbé H,-R.Casgrain\u2014Cau- serie Philosophique (suite), par Giulle.\u2014La littérature espagnole (suite), par Edmond Lareau \u2014Chosss et autres.\u2014Poésie : Nuit d'automne, par R.C\u2014Le Moulin reuge (suite).\u2014 Bolences.\u2014 Nos gravures : Li Hong-Tchang ; Le marquis Teen ; L'expédition du Tonkin \u2014Union Saint-Joseph.\u2014 Nécrologie.\u2014 Nouvelles diverses.\u2014 De tout un pou \u2014Les échecs.Gnavuass : Li Hong-Tchang, commandant des troupes chi.noises\u2014 L'exposition du Tonkin : attaques des forts de Hué le 26 août; Le marquis Tueng, ministre de Chine à Paris et à Londres; Haï Phong, ville occupée par les Français ; Vue de la rivière.AVIS Jeudi, 29 de ce mois, L\u2019Opinion Publique publiera dans ses illustrations le portrait de Som Eminence l'abbé dom Henri Smeulders, délégué du Pape en Cu- nada.Ce portrait sera imprimé en noir et ocoupers une page entière de notre journal.Les personnes qui voudront se procurer le numéro de L'Opinion Publique contenant le portrait en question, accompagné d'une petite notice biographique, n'auront Qu'à nous adresser 10 centins, en argent, à nos bureaux, 5 et 7, rue Bleury, Montréal.Contre cette somme, ce numéro leur sera adressé franco.Comme l\u2019edministration n'imprime qu\u2019un certain nombre de copies extra, nous prions les personnes qui désirent faire cet achat de nous en informer immédiste- ment.} Dans le même numéro, nous donnerons aussi à nos lecteurs les portraits de notre nouveau Gouverneur- Général et de lady Lansdowne.mr HISTOIRE DU CANADA Per F-E.Garnoau\u2014Quairitme édition Montréal, Besushs min of Valois, Ubraires-imprimeure, 256 et 258, rue Saint.Peut, 1883 (1).I Le pays doit savoir gré à ls maison Beauchemin ef Valois d\u2019avoir publié cette quatrième édition de l'Æfis- toire du Ci , de F.-X.Garneau, qui était réclamée depuis longtem Grâce à leurs soins, nous la dons telle que rêvait notre historien après y avoir mis la dernière main, à la fin de «a vie; grâce aussi aux soins de son fils, dont la piété filiale n'a rien 6; orné en faire le plus beau monument de notre fi M.F.-X.Garneau s eu ls bonne fortune de laisser après lui un fils, héritier de son talent, érudit, modeste comme lui, et en qui revit son patriotisme.M.Alfred Garneau aurait pu se placer, s'il l\u2019eût voulu, au Jromier parmi nos hommes de lettres ; il préfire ae ur faire rejaillir sur le nom et aur l'œuvre de son père tout l'éclat dont il aurait pu s'entourer lui- même.Il vit avec cette et y consacre la somue de ses études.II faut l'avoir vu à l'œuvre pour savoir avec quelle attention il a préparé cette édition, revu et contrôlé I ue chaque passage, en respectant toujours l\u2019idée de l'historien, mais ln dégageant des dres imperfections.Aussi, peut-elle rivaliser sous le rapport de la forme et de l'exactitude des faits, avec les ouv les plus soignés qui se publient en France.La notice biographique, par M.Chauveau, et la table EN Crtte critique avait été pré pour être lue dans une séance de la Société Royale, qui t se tenir à Québec, au commencement de ce rois, mais qui n'a pas où lieu, Vol.XIV.No.46 Montréal, Jeudi, 18 Novembre 1888.analytique per M.Bulte, qu forment tout un volume, ne pouvaient être confiées des mains plus habiles.n remarque, en tête de ce volume, une fort belle pièce de vers de M.Fréchotte, sous le titre de Notre istoire.Notre poète-lauréat a rarement trouvé des accents aussi vrais.La fin de la pidee surtout, qui est à la fois une page d'histoire et Une page de , me semble réellement inspirée.M.Chauveau est le seul survivant de nos écrivains qui nppartienne à le génération de M.Garneau.L'é- Pope de notre historien lui était dû à tous les titres.que son travail eur la Vie et les Œuvres de M.Garneau est éorit de main de maître, qu'il y a mis toute 88 scisnce ef tout sen art, qu'en plusieurs endroits, surtout pour les temps les plus rapprochés de nous, il complète le récit de M.Garneau, qu'il s\u2019est inspiré aussi AUX suurces vives du patriotisme, ce ne serait que répéter ce que ls presse du pays a dit avant moi.% ne me permettrsi qu'une couple d'observations, bion légères au Teste, et qui ne feront que relever par une pointe de oritique les louanges que je viens de faire, lesquelles, sans cela, ressombloraient à ce qu\u2019il y a de plus détestable en littérature : 1a camaraderie.La notice de M.Garneau, qui n'a moins de deux cent-cinquante pages, est écrite tout d'une haleine, sans aucun point d'arrêt.Elle ne ferait qu\u2019y gagner, selon nous, si elle était divisée par chapitres, ou au moins par paragraphes.Ces divisions, en reposant l'attention, rendent la lecture plus facile et plus agréable.La seconde remarque qui me reste à faire est plutôt un élogs qu'une critique, L'analyse de l'Histoire du Canada occupe plus de 16 moitié du livre.Cette longueur disproportionnée à cet endroit est certainement une faute au point de vue de l'art ; mais au point de vue du patriotisme, on peut dire : feliz culpa.Heureuse faute, en effet, qui fournit A M.Chsuveau le moyen de raffermir, si je puis ainsi m'exprimer, nos positions stratégiques, comme ns- tionalité ; car il ne faut pas l\u2019oublier, ainsi que je l'ai fait observer dans ls biographie que j'ai écrite eur M.Garneau, on 1866 : \u2018\u201c L'Histoire du Canada n'est pas seulement un livre, mais une forteresse où se livre une bataille \u2018\u2019 d'où dépend notre avenir.M.Chauveau vient encore appuyer par de nouvelles preuves la cause dont M.Garneau s'est fait lo défenseur.C'est le grand intérêt de l'ouvrage de M.Chauvesu, qu'on ne peut parcourir sans avoir hate de lire cette &dition de I'Histoire du Canada, La critique de l'Æistoire est faite avec trop de soin dans le volume qui l'accompagne, pour que nous nous imposions la tâche d'y revenir, Il ne peut y avoir lieu Qu'à des études accessoires.I On a dit que M.Garneau s'était tenu à l\u2019écart du mouvement politique de son temps, pares qu'il était sans ambition.Sans doute qu\u2019il fut un homme d\u2019étude plus que d'action ; mais Ia cause ipsle de son éloi- ement do la vie publique t ailleurs : c'est qu'il evangait de trop loin son époque.Il n'a pas été entièrement compris toutd'abord, si ce n\u2019est par les esprits d'élite.Ce n'set que de nos jours qu'on lui a rendu pleine justice, Son Histoire lui valut sans doute de vifa applaudissements, mais aussi des réclamations non moins vives, dont quelques opinions trop entières furent le prétexte plutdt que la justification.Parmi une certaine classe, il s'attira des déflances plus que des sympathies.Comme il arrive trop souvent, ne pouvant le suivre, on essays d'entraver ss marche.Ces préju le poursuivirent presque toute sa vie.Il lui eût été facile de les fléchir ; mais il avait trop la conscience de sa dignité d'histerien pour gauchir devant ce qu'il croyait is vérité ou pour faire de liches concessions.tte défiance de ceux qui ne le comprensient et la mauvaise volonté de ceux qui auraient voulu exploiter son talent à leur profit, furent les vrais obstacles qui lui fermèrent l'entrée de In vie publique.Coot explique pourquoi il n'arriva jamais rien, pourquoi il mourut pauvre, n'ayant jamais eu d'autre emploi que celui de secrétaire de l'Hôtel-de-Ville de Québec.Les luttes opiuiâtres qui se livraient pour ls conquête de nos lil à l\u2019époque où M.Garneau écrivait Prix du numéro: 7 centins.\u2014Annonces, la ligne : 10 ceatin Toute communication doit être affranchie.Les remises d'argent doivent se faire par lettres enregistrées 00 par ub boa sur Is poste.\u201con histoire, les perséoutions récentes ot les dangers présente avaient surexoité au-delà des bornes le senti- meat nstionsl.Nous en sommes restés susceptibles à l'excès pour tout ce qui regarde notre 5 Entratnés par ce sentiment, bien des gens auraient voulu que M.Garneau fit du panégyrique au lieu de l'histoire, qu'il dissimulät les faiblesses on les fautes pour ne mettre on lumière que les hauts faite.On ne comprenait que son argumentation eût perdu toute sa force vis-bovis de nos adversaires d'il ne se fit montré juste jusqu'à la sévérité vis-à-vis de nous.\u2018\u2018 Le blème que j'ai porté contre le régime français, écrivait-il lui- même en 1854 à un de ses critiques de Paris, donnsit de la force à mes paroles aux yeux des protestants eux - mêmes, lorsque je blâmais leur conduite depuis qu'ils étaient les maîtres et ne laissait rien à me répondre.Quiconque lit l'Histoire de M.Garneau ce point de vue est frappé d'admiration.Sea éloges comme ses critiques sont écrits avec ce calme et avec cette tempérance qui portent Is conviction en faisant ressortir l\u2019im- partislité de l'écrivain.Pour ne parler que des temps primitifs de la colonie, qu'on lise sun jugement sur Champlain et comment il apprécie la fameuse question de la guerre contre les Iroquois qui a entratné de si graves conséquences : c'est un modèle de justesse et de modération.Nul entraînement dans son admiration.C'est l'histoire seule qui parle.Bancroft aussi bien qu' Augustin Thierry aurait pu signer cette page.On a semblé regarder pendant longtemps M.Garneau comme un ennemi de l'Eglise, parce qu'il a traité avec la même impartialité les questions religieuses, qui ont té parfois aussi vives sous l'ancien régime qu'elles le sont malheureusement aujourd\u2019hui.La plupart de ooux qui ont porté cette accusation ne se doutaient pas qu'il aurait pu être plus sévère sans injustice.Il n'y a, pour en donner des preuves, que l'embarras du choix.Je n'en veux toucher que juste ce qu'il faut, et je m'arrêterai à deux sujets dont on ne sera pas tenté de oontes- ter l'importance : je veux parler des Jésuites et de Mgr de Laval.Personne n\u2019a plus de vénération que moi pour ls Compagnie de Jésus ; et si l'on avait quel ue Chose à me reprocher, ce serait d'avoir épuisé les éloges à l\u2019é- td des Jésuites du Canada.Mais l'admiration ne it pas aller jusqu'à la inlité, et ce serait s'aveu- ler que de prétendre a ils n'ont pas ou leurs torts dos des différents démélés où ils ont été ei Peut-on les justifier, par exemple, d\u2019avoir fait exclure de ls Nouvelle-France, malgré les ordres de la Cour de Rome, les Pires Réoollets, qui y avaient été les premiers appolés, et dont le zèle et l'héroïsme n'ont pas été par les Jésuitest Par cette conduite, ils Wétaient mis dans une situation tellement délicate, u'ils en congurent oux-môêmes pendant longtempe des utes eur le juridiction qu'ils exerçaient au Cenada.Car, après que ce pays eut été restitué à la France par le traité de Slaint-Germain-en-Laye, ls Cour de Rome avait ordonné aux Pères Récollets de retourner au Ca- nads en leur accordant des pouvoirs à l'exclusion de tous autres missionnaires.Voici à ce sujet le témoi d'un homme dont on ne contestera la science, ni dévouement à l'Eglise, l'abbé Faillon.Nous extrayons oe témoi d'un mémoire inédit qu\u2019il a écrit d\u2019après les documents authentiques qu'il avait sous les yeux : # Avant que les lais, dit-il, s'em nt pour la première fois du des les Pères \u2018Revollote avaient regu seuls, du Saint Siège, des pouvoirs pour os pays ; et ces pouvoirs devaient persévérer de même tant qu'ils n'sbandonneraient pas cette mission.Ils cemmuni- quèrent ces mêmes pouvoirs aux RR.Pères Jésuites, lorsqu'ils les appelèrent au Canads pour prendre part à leurs travaux.\u201c Mais les Jésuites et les Récollets ayant été pris par les Anglais et transférés en France, les pouvoirs accordés aux Récollets cessèrent dès ce moment.Ce fut ainsi qu'on V'entendit & Rome.*\u201c Aussi, le Canada étant restitué à la France, la Congrégation de le Propagande s'ompresss d'envoyer de nouveaux pouvoirs aux Récollets, avec ordre de retour ner À leur mission.Le pape Urbain VIII confirme lui- 542 méme cuite concession de pouvoirs nccordés, comme sutrefuis, aux Récollets, oxclusivement à tous autres Inissivnuaires, Ou voit encure, aux Archives de tu l'rè- fecturr de Vorsailles, les pièces autographos dont il est ici parlé, ainsi que plusieurs lettres du averétaire de la Propagande, pour presser l'envoi des missionnaires lte- collots en Canada, « Mais les RU, l'éres Jésuites devanctrent les Récul lots dans ce pays, où la grande Compagnie des Assue refusa constamment d'admettre ces derniers, Le eardi- nal de licheliew, alors ministre tout puissant, lour donna d'ailleurs l'exclusion formelle et voulut qu'ilu'y eût que cles Jésuites an Canada, \u201c Les missionnaires do la Compagnie de Jésus ne pouvant «lune profiter «es pouvoirs des Liceollots, prirent le parti de s'adresser à l'archevêque de Iouen : le pays du Canada dépendant alors du parlement de cette vitio.\u201c Comme cotte juridiction ne paraissit pas entièrement certaine au jugement de ces religieux, ils consul- terent dex hommes habiles en Fr: a Rome, Mais il n\u2019intervint jamais de Lowe aucun sete ofliciel qui validat les pouvuies dont usaient les l'eres Jeeuites, $ Aussi, on 1643, M.Oliver ot les Associés de Montreal, qui pouvaient avoir quelque doute fondé sur Le validité des punvoirs conférés par l'archevêque de Rouen, demandirent au pape qu'il voulut bien atori- ser de none, on France, i donner dos pouvuirs de mis- MONAT aux prèlres qui so destineraient pour le Canada,\u201d Ce récit de Publi Faitlon fait voir que les Jésuites no se ient pas trouvés daus une position mal déti- Die, s'ils ne su fussent appelés eux-tmêmes à lu mission du Canada et s'ils n'avaient supplanté les Récullets qui.eux, avaient «té appelés par la Cour de Itome ct non par ln Cour de France, C'est un exemple des tristes rivalités qui ont surgi trop souvent entre les vrdres religieux ot qui out fut tant de mal daus l'Eglise.Los missions de la Chine se ressentent encore des querelles des Dominicains et des Jésuites.Malgré la protection et les ordres de Rome, les l\u2019ères Itécullots n\u2019ont-ils pus Sté sacriliés à leurs rivaux, plus puissants qu'eax à la Cour de France! Copondant.tout malheureux que soit ce «lémélé, quand on considère les prodiges de zèle, d'intrépidité et d'abnégation que les Jésuites unt déployés dans la Nou- velle-France, on reste dévarimé et on n\u2019a pus la tures dde lour reprochor les torts qu'ils ont ous vis ä-vis les Récollets.On no peut que regretter qu'ils ne les aient pas imités en les appelant à partager leurs travaux, commo les hécollets eux-mêmes avaient fait pour les Pères de la Compagnie de Jésus en 1625.Selon le même Mémoire de l'abbé Faillon, ce dut être ces derniers religieux qui, lors de l\u2019érection de Québec en Vicariat- A postolique, demandérent à Rome d'insérer dans la bulle de Mgr de Laval la clause que Queer étuit cluns le diocèse de Rouen, * atin, dit-il, de \u201c justifier par là, d\u2019une manière péremptoire et autheu- \u201c tique la juridiction qu\u2019ils avaient exercée jusqu'alors \u201c depuis lour retour en Canada, ot qui avait excité \u201c contre eux les pluintes et les murmures des Récollets.\u201d Après cet exposé des faits, qu'en lise ce que M.(ar- eau «lit dos Jésuites en cet endroit de son livre et ailleurs, et l\u2019on se convaincra qu\u2019il n\u2019était pas leur ennemi.Si, en différentes rencontres, il fait des résorves à leur égard, c'est qu'il les croit motivées, et il ne leur éparguo pas los élogos qu\u2019ils ont justement méritée.Il L'historien du Canada ost plus sévère pour Mgr de Laval que pour los Jésuites : (lo prélat, dit-il, avait de grands talents et une activité infatigable, mais son esprit absolu et dominateur voulait tout faire plier sous zu volouté.\u201d _ Je me souviens encore dos hauts eris que suscita ce Jugoment lorsque parut le premier volume de l'/fistuire du (Canada.Mais quand on l\u2019examine avec la froide raison, après avoir étudié les documents do l'époque, en no peut s'empêcher d'en reconnaître la justesso.L'œuvre de Mgr de Laval ost trop grande, ses intentions étaient trop droites, sa sainteté est trop éclatanto, pour qu'il ne soit pas permis d'avouer des défauts de caractère qui étaient, pour ainsi dire, l'apanage dus grands de son siècle.L'atmosphère, en France, était à l\u2019absolutisme.Louis XIV, le monarque peut-être le plus absolu des temps modernes, était l'exemple sur lepuel 80 modelaiont tous coux qui, de loin comme de près, partageaient son pouvoir.Les hommes d'Eglise los plus saints eubissaient, même à leur insu, cetto influence, comme les hommes du monde.Mgr de Laval n'en fut pas exempt, il ne faut pas craindre de le dire.Un ne craint pas d'enlevor la poussière sur un beau marbre antique.Si Mgr do Laval n'avait eu maille à partir qu'avec l'Etat, si on n'avait à lui reprocher quo de s'être querellé avec los gouvornours, qu\u2019il faisait et défaisait pros- qu'd son gré, on pourrait supposer qu'il agissait do la sorte parce que ceux-ci outrepassaient leurs pouvoirs et qu'ils empiétaiont sur le domaine religieux ; mais il s'est fait des querclles dans l'Egliso même, et, en parti- calier, avec son propre successeur, Mgr de Saint-Val- L\u2019OPINION PUBLIQUE lier.Après l'avuir choisi lui-même selon ses clésire, l'avoir désigné au roi, cumnmue il avait fait auparavant pour le gouverneur Mésy, et lui avoir remis sou siège, il voulut que le nouvel évêque lui vbéft et qu'il diri- guât l'Eglise du Canada, uniquement solon ses vues.Voyant qu'il ne pouvait le guuverner, il mit ensuite tout en œuvre auprès du roi pour le faire rappoler cn France et lui faire enlever sun siègu.La lutte fut ce qu'un peut la supposer entre doux prélata relevant tous deux de la haute noblesse, égulement influents à la Cour, dutués chacun d'une volonté de fer et de cette âpre vertu dont l\u2019abbé de Raned fut alors l« modèle extrême.Quand on examine le sujet de cv débat, on veste aussi attristé que le seront nos atrière-neveux, quand ils étudivront les luttes du mème geure cout Boux sulames aujourd'hui témoins.Mur de Laval avait fuit de son clergé une espèce d'urdre végulier, fort édiliant, ne possédant pas de biens propres, ayaut pour centre d'action le séminaire de Québec, vù l'evêque fondateur était tout puissant, Des son arrivée dans lu colonie, Mgr de Saint-Vallier vit bien qu'il serait toujours à la merci de son prédéces- sour, s'il ne brisait cette organisation.Aussi entreprit- il de cotstituer son clergé sur le pied des diveeses de France.Ce plan était le plus pratique, et il devait tôt ou tard étre nis i exdeution, Mur de Laval en fut consterné : il crut y voir la ruine de son balise : c'était certainement celle de son influence.11 réugit contre ce nouvel ordre de choses, avec autant d'impétuosité que Mgr de Saint-Vallier eu mit à le réaliser.es deux hommes si saints, animés des meilleures intentions, eroyant agir pour le plus grand bien, cupwisonnèrent leur vie par ces dissensions, dunt lo divcèse eut à souflrir encore davantage.Mar de Saint-Vallier ne fut plus, aux youx «de l'ancien évêque de Québre,\u2026 \u201c qu\u2019un homme de Cour gui D'ayant pas la moindre espérance de grâce dans sa conduite, no s\u2019étudio jour et nuit qu\u2019à trouver des moyens de ne donner aucun repos i tous ceux qui lui apportent Ia moindre résistance.\u201d (Lottre a M.de Brisacier, cn 1692.) Et en 1699, dans une lettre à l'abbé Tremblay, alors à Paris : \u201c Comme il n\u2019y a ateun changement à espérer «1» sa conduits, l'un peut s'attendre qu\u2019il ruinera cette pauvre Esslise qu'il est plus incapable de gouverner, A cause spécialement de son éloignement de la France.\u201d Entin Mge de Laval écrivait à Mye de Saint-Vallior lui-méme, on 1696 : \u201c N'a-t-il pas paru.que votre principal dessein a ÉLÉ do «détruire Faut ce que roux avez trouvé si bien établi?\" Le secret «de co lémêlé est tout entier dans cos derniers mots.Ju me borne a cus courts passages qui pourraient être aggravés par des citations plus accentuées.Ne croirait- on pas assister aux disputes et aux excès de langage auquels se livrèrent saint Jérôme et Itulin, et, dana des temps plus rapprochés, saint Bernard et Pierre-le-Véné- rablu ?Les chrétiens éclairés ne s\u2019étonnent pas de ces mi- adres qui out toujours existé plus ou muins dans l'E- glise.C'est la part de la nature humaine et l'épreuve de la foi.Voici la règle que pose le pape eaint Grégoire-lo- Grand sur la manière de traiter les questions de ce genre non seulvment celles auxquelles on peut donner Une interprétation favorable, mais celles d\u2019une nature plus grave encore : \u201c Si, dit-il, du récit d\u2019un fait véritable il résulte du scandalo, il vaut mieux laisser naître le scandale que renoncer à la vérité.Si autem de veri- tute srandalum swmitur, utilits permittitur nasci sean- dalunt, quam veritus relinquitur.\u201d Saint Grégoire-le- Grand, Te homélie, paragraphe 5.Dans la position toute particulière qui nous est faite en co pays, il faut savoir envisagor hardiment ces difficultés.C'est surtout un devoir impérieux, pour ceux qui sont appelés à défendre nos intérêts, d'être exactoment instruit dos hommes et des choses du passé, sans «quoi ils serniont exposés à embrasser des vpinions, ou à se juter daus dus théories impossibles à soutonir et qui viendraient se hourter cuntre les faits.On conçoit quelles ficheuses conséquences pourraient en résulter.II no faut pas oublisr non plus que les documents sur lesquels s'appuie notre histoire, sont, pour la plupart, publics et d\u2019un facile accès, que tous, amis comme enuemis, sont en mesure de les contrôler.Il importe donc do les bien connaître pour en tirer partiouvuc discernement.C\u2019est précisément la remarque que fait le savant abbé Faillon, dans le mémoire cité plus haut, en s'adressant particulièrement au clergé canadien.Après avoir énuméré les principales archives où sont déposés ces documents, il ajoute : \u201c L'honnour du clergé, le bien «le la religion et enfin l'amour de la vérité demandent qu\u2019on soit instruit à fond, dans ce pays, de tout ce qui est relatif à l'histoire ; afin qu\u2019en cas de besoin, on puisse répondre avec connaissance de cause aux attaques dos ennemis de l'Eglise.\u201d Maintenant qu'on connaît les détails qui précèdent, peut-on accuser M.Gurneau d\u2019avoir méconnu le caractère de Mgr de Laval et de l'avoir jugé avec trop de sévérité ?11 fut un apôtre admirable, mais un esprit inflexible, \u201c persuadé qu\u2019il ne pouvait errer dans ses jugemonts, entrepreuaut des choses qui auraient été exorbitantes en Europe.\u201d On a le droit de le vénérer comme un saint, mais aussi colui de lo juger comme un hom ne.Ce qu'on pourrait seulement reprocher à M, Gar- neul, C'est pout-être de n'avoir pus été wssez complet en ce qui regarde le caractère ob fou œuvres do Mgr de Laval, quia été le fondateur de l'Eglise du Canada ; de n'avoir fuit (pu'indiquer ce qu\u2019il aurait dû mettre en relief, Iv Je ue veux pas revenir sur la question des Huguenots, qu'un x taut repruchés aussi à M.Garneau et que j'ai dé traitée dans un autre ouvr (1).Ou y verra qu'il était moins éloigné de la vérité que ses adversaires extrêmes, Outre certaines appréciations contestables, il existe dans cette Histoire du Canada, une Incune qui n'a pas été remplie, que la critique à peu remarquée et qui eopendant laisse dans l'ombre un des côtés les plus in- térensants de notre histoire, Je veux parler de 1 incom|mirable des missiounaires dont Uaction a die par fuis décisive sur la colonie, Ils n\u2019ont pas été seulement des évangélisaieurs, mais souvent des houmes politiques plus habiles et plus influents que des gouverneurs, lls ont laisse une empreinte inetlagabls sur notre sol et sur notre caractère national.Un écrivain protestant # mieux saisi ce sujet que M.Garneuu : M, Parkman y a consacré un volume entier de sex études historiques sur le Canada.(The Jesuits in North Amvericie.) 11 y aurait bien encore à indiquer, si M.Chauveau ne l'avait déja fait, une autre période «de l'histoire du Canada, où l'écrivain n\u2019a pas été aussi complet que l'aurait exigé le sujet.La Conspiration de Pontiac, qui n\u2019oceupe qu'une page du récit de la conquête, à fourni la matiere de deux volumes à l'historien américain que je viens de nommer.M, Garneau d'aurait-il pas dù consacrer un chapitre à ces expéditions homériques qui ont fait trembler nos conquérants et qui offrent l'intérêt fantastique d'un drame ?Maigré ces rares imperfections, l\u2019/fistoire de M, Gar- Aoau n\u2019en est pas moins Une «uvre magistrale ; et, sans vouluir flatter nutre orgueil national, où peut affirmer qu'il se publie rarement en Europe de travaux historiques d\u2019une plus haute portée.Lo temps n'est pas éloigné, nous en sommrs sûrs, où l'Académie française lui accorilera le grand honneur qu'il mérite en le plaçant parini ses ouvrages couronnés, Cette suprême distinction serait accueillie par tous les Canadiens cowme un double triomphe, et jour les lettres et pour lu nationalité.L'abbé H.-R, Casanais Rivicre-Ouelle, novembre 183, \u2014\u2014\u2014 ERIE PHILOSOPHIQUE (Suate) Si vous ouvrez un livre de physiologie, à chaque page vous lisez le mut cellule : vous le lisez à chaque paragraphe dans un traité de botanique ct vous le retrouvez à chaque phrase de tout ouvrago écrit sur la zoologie.La cellule est la base des sciences bivlogiques, comme le verbe être est celle des études philulogiques, comme l'idée ast colle les investigations philosophiques.Elle est vraiment l\u2019alpha et l\u2019oméza de ces mondes attrayants.Et quelles merveilles ne vous en dit-on pas ?De là plusieurs de nos lecteurs, nous en sommes certains, ont senti un violent désir de se former do la cellule uno idée claire et distincte.Qu'ils attendent patiemment.D'autres peut-être ont conçu tin projet plus hardi.Esprits élevés et nubles, ils se sont penchés comme Fénélon et Lamartine sur In nature sensible, ils en ont, comme «1x, ressenti les palpitations et admiré les beautés.Mais bientôt instruits des mystères qu'elle recèle : \u201c Eh bien! so sont-ils dit, allons plus loin, puisqu'il y a un plus loin.\u201d Et ils se sont promis do joter un regard sur le monde microscopique et d'sxaminer en olles- mêmes les merveilles des molécules vivantes.Prenez garde! leur dirai-je avec tous les amatours du microscope ; prenez garde ! et avant tout, voyez bien s'il ne serait pus mieux pour vous de vous en remettre aux histologues de profession.Le microscope de fait est, entre tous los instruments de physique, le plua insidieux, le plus trompeur : c'est une sirène qui enchante, un talisman qui fascine.Quelque soit l'objet visible sur lequel on l\u2019interroge, il révèle des secrets si nouveaux, il opère sous les yeux des transformations si inattendues, si gracieuses, ai étonnantes, qu\u2019un admirateur de la na- (1) Une paroisse canadienne au 17e siècle. 543 eee L\u2019OPINION PUBLIQUE \u2014 win pa se TT ÿ 5 | = : i [4 ji ly: 1 W À ÿ + 8 oR 1 of | Ww Ay pi, 3 \u20ac.HW as oo! = | 0 i à a 2 A A i { I 5 qe de + M 1 v1] mF ql Re od ilo ne > > i kL] y $e W | I it A 4 NS il > | RS en 3 f -& ES ; \u201cRe.Ke zs = I ke 1S 2) § / i hi i 7 D 22 $ 1j Ka cl f IS S S 4 of » il ; = $ # Ta or wi i: y FA S SN {i \u201c40 7 wr ÊUR M és 2 pil i 7 N VB A od i a U 4 hi ul gs 7 = i I Ÿ D Ju i I 1% Ç A 7 jh SS a > A A i \"4 \u2018 y - # pkey in FY la \u2014.Nd | ips & | li À 4 4 he 2 3 \u201ci ) 1 4 Fa | 77 X pi , 7 Th & 4 il FA FN > 7! 4 2 OW ve » pk A 2 ; A5 on ME ES = 1.MP p= = IN 4 Nagy > #8 ¥ I - ENED > = SE oS S wh ; Pa il K ps Bet aN 22 pu 0 ho.at =, Zo A 2X ia == ih A4 3s i I | ai i In En i! J À | 2e 4 i i pS i iif oS 2 EET iT for 7 i] Li iy | y Ù il PL \\ | pe 3 mil is Ih { hi ; 1 D _ pit 3 Pr ii 5 of 2 Za == MD i rae 4 Hi M \u201c= = fi | fr ze, ok.me | fr SN 2A lh iy Vu À i: = SE + | Es fl rad dy H i ER ss += ; | iH rh vil AER NH = se.W = = i % J J = = kl ov i et Lr + C8 OU} | be T 3 IS EL) VE ly 2 A Ww id oO i RS od or AVS AOUT 2 ui ÿ NY J hi UN Ie IK) À | 1 \\ Hq N # il | wh | \\ | 2 CN ES \" AR wy 2 Li à xi ¥ 41 ; ; F1 4 jf gi a i FAS i \"| ae : il ee Aa Sd = di ÿ ss \u2014 ee eee Lee rem aaa me mim anoITgnd NOINIdO.1 9re fron + eee \u2014\u2014 = = ed oni ~F.=} = EE rt ov we =F = * A nue \u20140 | q nN \u201c hg = Oc of AY = A \u201cdé: C3 * ÈS L Va aN + A \u20ac 3 \u20186 2 > a = 2 a 0% Raid AGO = (3y = == so RET = a ob N 16 ca a ps YZ > Rr LS N 4 7 Nd Ov A a ho ANDITANA NOINIAO.T LX Pos Rs 2% LS BB & = Fi a À Es = ati 4 RS we A} NS À 4 NA GE [rs Ea Te po = a Rss AS ES NAS TAN A LN por: * Zt Ee ® =a Cu pes > AN > 2 A hi £ Es = 3 ZL =) tng Ed PE LY = (2 va = pet ds ND a ASS HN TS Le by A IE S ES = Res 5 ga # Eig = = s = SP = w= LE 20 AOÛT L'EXPEDITION DU TONKIN ATTAQUE DES FORTS DE HUE, PRISE DIS DUN» Pal iby TROUPES DF DÉRAROUT MENT DE US ADEE Le 548 NUIT D'AUTONNE Luatre éclatant du jour, terminant ua carrière, Disparait au couchant dans un tot de lumière ; Quand l'ombre dus yrands monte couronnant le contoër, De la reine des nuits annonce le retour.Elle apparaît au loin sous un léger n Mais son disque bientôt b nos yeux se i IES, reprenant son cours lent ot ux, Alaui qu'un globe d'or elle éclaire les cious.Oh ! que belle est ainul le nult dans es parure ! De quels charmes nouveaux slle orne la nature | Par elle.nos eaprits sous mille cleus, Dane un calmo Infini beroent les plus doux vœux, Tel, portant sur son front le fou de Is Jeu Sout goriner dans son cœur l'amour pre cane : Et dv loin contemplant un récent souvenir, Toujours veut prononcer un nom qu'il faut bénir ! Tel auel, parvenu dans In saison moysnne, D'un œil troublé prévoit une chute ue ; Et, peu content des donu équitables du sort, À de nouveaux désirs laisse toujours l'euser.Enân tel qui, longtemps après mainte te Nous le fardeau ar vu blanchir \u201c tro De son nom respecté se fait une grandeur, Et, partout imposant, règne en triomphatour.srocce resto vu00 0 ro +0000D soso nscn000 06 Plat à Dieu que ls nuit, toujours chargée d'étoil Sur nou songes dorés pût étendre ses voiles ; \u201c Que pour toujours ravis aux douleurs du réveil, L'homme en paix dût guûter sun délicivax sommoil ! Gotubre 1883.B.C.LE MOULIN ROUGE \u20140 PROLOGUE LE MARIAGE DE LASGARS xxv HAUVAURON - (Suite) Saura| appartenait à la catégorie nombreuse de ces dine chanceux, auxquels le crime ne réuseit pas.ne rait eu tout à gagner, non seulement au point de vue moral, mais encore à celui des intérêts matériels, à rester ou à redevenir honnête homme, mais il ne le comprenait pas, et combien de gons, héias! dans une situation identique, ne le com- pronnent guère mieux que lui ?Pendant deux heures il ne bouges non plus que s\u2019il avait été changé en statue.Au bout de ce temps, il releva ls tête et une lueur douteuse rayoana sur son front pâle.\u2014-Ga ne peut continuer comme ça, murmura-t-il avec conviction, un jour ou l'autre la chance tournera | L\u2019homime qui #0 laisse abattre comme une fommeletto et qui jette le manc! sprès In cognée, n'ost polnt un homme! Je vas me procurer un autre bateau, rebâtir une autre maison et recommencer ma fortune are monet frais.pou les ronfermait tout un programme, lecteurs savent de quelle manière opérait Nauvageon pour s frocurer les ob) ont il avait besoln.Dons l'avenir alt oontinuer le passé.L'ea-cabaretior ajouta, en homme qui possède une connais- aance approfondie du cœur humain : \u2014Pour le moment quitterai car les lapins ne me pardonneront pas de si tôt le mal qu\u2019ils m'ont fait cotte nuit, mais ai le diable me prôte vie, je les retrouverai tôt où o quelque chétif que je sois, je leur readral ce mal au centuple! Laissons s'écouler un intervalle de deux où trois jours, et retournons au Moulin Rouge, où nous retrouverons le baron de Lascare installé.La mère Durocher et ses fils, séduits par les manières gra clouses et familidres, ot surtout par In générosité de Roland ju'ile considéraient comme un personnage, avaient fait preuve u plus grand zèle.Les meubles indisponenbles, achetée chez un Procenteur de Buell, garniseniont le pièce aux boiseries de chêne ; un petit bateau plat, tout neuf et peint en vert, dormait au bas de l'escailer, attaché par ss chaîne à l\u2019un des pl lotis; enfin, los deux jeunes gens, munis de haches et de pioohes, avaient ouvert quelques sentiers dans la forêt de l'enclos, et placé de grosses pierres sous les plus arbren de manière à improviser des bance.It était on outre convenu que l'un d'eux, chaque matin, apporterait à Roland les provisions nécessaires pour en nourriture.À peine cette installation achevée, le baron ressentit les premières atteintes d'un mal terrible entre tous, et inévitable après le changement complet si eubit qui vonait de se faire dans son existence.devine que nous voulons parler de l'ennui.\u2018 Oes atteintes furent si vives ot si soudaines, que Lascars frissonna malgré lui.\u201481 jo m' ne, se dit-il, je suis un homme perdu! il faut donc user de toute mon énergie pour la résistance pendant un tempe d'épreuve qui ne sers pas long.la vie de Paris et si dévorante, on est entraîné malgré soi dans un tel tourbillon d'activité flévreuse, que le tempe manque pour se L'OPINION PUBLIQUE souvenir, ot qu'on oublie vite les ahesats, C'est à poine, dans six mols, si mos melllours amis et mes cnnomls los plus chaleureux se couviendront de mon nom.Mes créanciers, me croyant mort où expatrié, auront perté lu deult du leurs eré.ances et ue trouveront très boeureux d'accepter avec enthou.slasmo lew arrangements qu Je leur foral proposer.Alors, je reparaltral sans rien cruludre, ot quelque brillant mariageavec une fille de Anauve me remettra plus que Jamais ot | Wen A mes ancélres, vive une mésalllance qui nous enrl- ohle! II ne me reste que mon nom.C'est une valsur, je lo veadrai cher! Bix mols d'exil, après tout, ne vont point l'é- sernité! l'ennui est un fAcheux ennemi, mais ls pensée d'un radieux avenir mes donners le courage de le combattre ob de le vaincre.Je veux me cuirasser de toutes pièces.oc- couper toutes mes heures.ne lui laisser aucune place à re et, d'uburd, pour commencer, Je me fais pôcheur L 7 : Lascars avait raison, l'homme oocupé peut défier l'ennui, l'ennui vainou s'enfuit devant le travaii de l'intelligence ou du Los do la mèce Durocher, fort épris de leur profession ils considéraient de très bonne fol comme l'une des plus 5 les du munde, ne pouvaient manquer d'approuver le projet Tls se mirent à son entière disposition et prirent l' = wont forms! de lui révéler, sans en réserver un seul, tous lus secrets du métier.Dès le Jour aulvant, 11 partit avec eux pour commencer son apprentissage, et it goûts quelque plaisir à tendre les lignes, À lever les nauuos, à Joter les filots ot à les retirer de l'eau, gon- fée de poiusons frétillants, aux écailles argontées.Tout en péchant, lus fils Durocher ne se condemnalent point au vilence et racontaient à leur élève les menus incidents et les petite bruits du pays, qu'il écontait avec attention, sinon avec intérêt.\u2014Feut vous faire savoir, men digne monsieur, dit l'un d'eux après avoir effleuré eucuessivement divers sujets, faut vous faire savoir qu'il y à présentement, ds noë côtés, de man.sem.\u2014De quelle façon l'entendez-vous ?domends Lascars.\u2014Je l'entends de rôdeurs et voleurs de nuit, qui viennent de Paris, bien vûr, avec des intentions mslhonnétes.répliqua le Jeune péchour.\u2014Ah! ah! et comment savez-vous cels ?=\u2014Nous svons failli, hier soir, sur le coup de rase heures et demie, être dévallués d'un \u2014En vérité! =l'est comme je vous le dis mon digne monsieur! Je revenais de Marly-le-Rot ; il faisait noir plus qu'au fond d'un four, j'allais rentrer à la maison quand j'ent tout à coup rincer une chaîne du côté de lu rivière, je dresse l'oreille, je Le berge, et, qu'est-ce que je vois tant bien que mal à travers Ia nuit?ua gaillsrd accroupl sur le sable et on train de limer ls cadenas de notre meilleur bachot ! Alors qu'aves-vous fait ?\u2014J'ai fait une bétise.Au lieu de ne rien dive, do marcher tout doucement et de tomber sur mon drôle à coups d'aviron, j'ai vrié : Au voleur | de toutes mes forces.\u2014Et le coquin a pris ls faite ?\u2014Natarellement.=\u2014Vous l'aves poursuivi ?\u2014Bien entendu.mais il faisait ei noir, qu'au bout de deux minutes j'avais perdu ua trace et qu'il court encore.il reviendra peut-être la nuit prochaine, e6 je le voudrais de tout mon cœur, car mon frère et moi nous serons sous les til- louls, avec de bons fusils, pour le recevoir comme il le mérite et Jui souhaiter la bienvenue.Défiance, mon digne monsieur, je vous le conseille.ouvres l'œil de votre côté, ne fermes pas l\u2019oreilie et faites attention nuitamment, à votre bateau, qui est un beau bateau, et qui vaut son prix.XXVI NENCONTRE- PRÉVUE Fondnt soute Le a de Bougival purent voir assis eur la berge, les bes pendantes, les Mr À four d\u2019eau, dans un état d'immobllité complète, un petit homme roussâtre, asses mal vêtu et doué d'une physionomie médiocrement engageante.Ce petit homme péchait à la ligne avec un instrument d\u2019une simplicité toute primitive, consistant en une ficeile attachée au bout d'uno gaule etterminée par une épingle recourbée, à laquelle une frome mouche ou quelque fragment de verm nie sans doute lhablleté du pécheur ruppléait défec- a sans doute un péo supplésit sux tuosités de rep pp ar le petit homme rouraltee ditachait de son épingle un goujon, une ablette eu une La soir venu, ll entra dans le cabaret le plus proche avec con butin qui représentait pour le moins cinq ou aix livres de lssons de toutes les tailles, et il offrit d'abandonner le moitié ce butin à la condition qu'on lui ferait cuire le reste et qu'on y joindrait un morceau de pain et un verre de vin.Le tier n'eut garde de refuser un marché aussi avantageux ; le petit homame soupa longuement, quand il reprit son ci de paille et son bâton, le nuit était daa venus, =0t disable vous en allez-vous comme Ça, tard, mon brave garçon ?lui demanda le cabaretier, ==Je vais où je veux, répondit le pécheur d\u2019un ton bourru, les chemins sont à tout le vise Et, sans attendre d'autres questions, il s'enfon¢a dane les th nèbres.\u2014Drôle de paroissien tout de même.murmurs le caba- Puis, s\u2019adressant à sa femme, il ajouta : =\u2014C6 petit homme ne me revient guère.n\u2019il se fait cette nuit par hasard quelque mauvais coup dans Bougival ou sux env ça ne m'étonnera beaucoup.pêcheur avait ui du moins en apparence, ls route L'habil conduisant à Saint-Germain.Après avoir tour à tour manié l\u2019aviron et It ler pendant cinq ot six heures, Lascars rentra au Moulin aussi complétement brisé que e'il avait requ sur tout le corps une volée de coups de .\u2014Je vais ir tout d'un somme jusqu'à demain matin, se diet en se jetaut sur son lit.Ti me semble déjà que je dors ut.Lascars se trompait.Excédé par uno agitation nerveuse qu\u2019il crut devoir atte.buer à in posantour de l'atasosphère dans le chambre qu'il oocupalt, Lascars se leva, ouvrit le fonêtre, ot trae on (on alonce profad bgnalt, Interrom lorsent le n \" ni pu seul par Vécluse ot par lo grondement sourd of continu dos grands roiages de is machine du Marly, Luscars écoutait diutraltemens ces vagues rumeurs qui seis.bislens les voix de la sulltude et de la nuit, luraqu'un bruit soudain, à ls nature duquel ! paraissait impossible de ve méprendre, le ât trussalillr ot prêter l'oreille avec attention.Ou bruit était trés évidemment produit par l'action d'une lime d'soler sur un morceau de for.Le baron se souvint à l'instant méme du vol tenté pendant Is nuit nte, de l\u2019autre côté de Is eine, à l'emlercadère des âis her, ot Il ne mit point en doute que le voleur, espérant prendre une prompte revanche de son ine wnocès s'occupalt avec zèle «t activité à couper chaîne du =\u2014Voilà un galilard qui me paraît avoir une singulière ténacité dans l'esprit, et beaucoup de suite dans les mure murs Lasoars, Jo suls ourieux de faire ss connaissance.Au lieu de crivr sottoment : Au volewr., comme le fils Durocher, la veille au soir, le baron quitta us chambre à pas de loup, ouvrit, non saus des tions infinies, la porte ez- térioure du Moulin Ro ndit, avec une légèreté de an Yoscaller de plore dons Joe dernldren mare are 0 lent sous l'eau, arriva jusqu'à deux pas ue sens avoir donné l'éveil au nocturne dévaliseur qui continuait paletblement ua besogne et faisait preuve d'une quiétude insl- je.La lime mordait le fer d'une façon tout à la fols vigoureuse et régulière; l'homme accompagnalt son travail d'une espèce de ronrunnement qui rappelait, tant bien que mal, un pont neuf alors où vogue.~Tudieu! pensa Lascars, voilà le plus beau sang-froid du mosde! Cu guillard-là n'en doit pas être à son coup d'essai ! Jo crois qu us figure tout à l'heurs sure réjouimsante Ka même temps il se pencha vers le voleur qu c'était agenouillé sur Is dernière marche de l'escalier añn de fonctionner plus à son alse, et le saisissant au collet d'une main ferme, de manière à rendre inutile toute tentative de fuite, Il lui dit: \u2014Pes de résistance, mon bonhomme, pour peu que vous toniez à ls vie 1 je suis armé, et tout disposé, je vous assure, à faire usage de mes armes.\u2014Au nom du ciel, mon charitable monsleur, prenez pitié d'un pauvre père de famille sans ouvrage ! ne me perdes pas ! Je n'avais point d'intention mauvaise.je ne voulais que vous emprunter votre bateau cette nuit, afin de pêcher un peu de poisson pour mew nombreux enfants, et je vous l'aurais sans faute ramené demain matin.Dans le but d'ajouter A I'éloquence de cos paroles, le voleur crut devoir y joindre malgré les ténèbres, uns pantomime at- tendrimante.II joignit donc les mains ot il les tendit vers Lazcars, autant du moins qui le lui permit l'étreinto du poi- guet de fer qui le muaintenait par derrière ot paralyenit ses mouvements.\u2014II me semble que cette voix ne m'est point inconnu.se dit le baron en écuutant les supplications de son prisonnier.Baus aucun doute je l'ai entendu et même il n'y à pas longtemps.J'éciaircirai cels tout à l\u2019heure.- Pais Ul répondit avec ironie : Vous êles très honnête, mon bonhomme.vous l'affir mes, et je me garderals bien d'en douter.Donc, non seules ment vous ne serez pas puni, mais vous serez récompensé.cette récompense, je ne vous la ferai point attendre.venes ches moi.nous ea causerons.=\u2014Allez-vous me mettre à mort ?s'écria le voleur effaré.Alles-vous m'égorgor sans pitié ?Le baron ne put comprimer un éclat de rire.\u2014Vous mettre A mort | répliqua-t.il ensuite, et pourquoi faire, grand Dieu ?est-ce que vous me prenes pour un ogre ?ROA.N90., Yehos sans crainte, mon bonhomme.votre peau ne court aucun risque.Un peu réconforté par cette assurance, le voleur, dont les Jambes flageolai»nt sous lui comme celles d'un homme ivre, gravit sur ses pled et sur ses mains les marches de I ) ot franchit avec Las ars le seuil du Moulin Rouge.~3i vous faites un pas, bonhomme, je vous brûle Ia cervelle ! agisses en conséquence ! Inutiles paroles ot vaine menace! l'infortuné prisonnier ne songesit qu'à ss tenir coll, ,,, Lasoars battit lv briquet, attacha ln flamme à la mèche d'une petite lampe, et in chambre se trouva faiblement éclaie Le baron et le voleur échangèrent alors un rapide et curieux; ile se reconnarent; une double exclamation jaillit de lots | ! s\u2019écria Lascars stupéfait, vagoon stuj \u2014Le gentilhomme de l'auire nuit! murtoura Sauvageon, dout le visage, ua instant contracté par l'inquiétude et par l'effroi, reprit aussitôt son expression accoutumée.Foi de bon continua-t-il, j'aime mieux que ce soit vous que tout autre, et je suis même très content de vous voir, attendu que J'ai des réclamations à vous adresser.\u2014Des réclamations! vous?.à moit.\u2026.Parfaitement bien.\u2014Je suis curieux de les connaître .\u2026 \u2014Jo ne vous laisserai pas languir.mais d'abord commençons le commencement.\u201cavez-vous ce que je faisais, tout l'heure, au bord de In rivière 7.\u2014i oul ce que vous faisies, vous éties en train de me voler mon batean =Certainement.mals saves-vous pourquoi jo volais votre batesu?.=\u2014Parce que vous êtes un voleur.\u2014Je suis un voleur aujourd'hui, d'est vrai.mais il y à deux jours, jétais un homme établi.un homme ayant sur rue.Un homme dent les affaires marchaient jen.un homme enfin à qui la fortune souriait.tout osls west écroulé en quelques heures, je n'ai plus rien.ne sais plus rien.qu\u2019un voleur, comme vous dites! et c'est à vous que je le dois.\u2014À moi ! répéta Lascers au comble de l'étonnement.=\u2014Oul, monsieur.à vous-même.\u2014P vous ia téte?.=\u2014Non, monsieur.j'ai tout mon bon sens, et je le c'est à vous soul que je dois ma ruine et zun détresse | C'est vous qui m'avez porté malheur |! \u2014Comment celat.\u2014Je vais vous le dire.Sauvageon, «ans perdre une minute, entama le récit desém- _ Te -\u2014 oTa\u2014\u2014 Aventures que Rous connalwons dijh of dunt lo bases étais pour pour votre service ont attiré sur mon innocente tôte tout un ouragan d'infortunes?suite de le fatalité qui m'accable, je me vois réduit à pour vivre, et j'en de honte, car je tus honnéte Jusqu'ici, et je ra\u2019 étais juré de \u2018être toujours ! Fans vous, moneur, esns cette entreprise dont j'ai vouiu prendre ma part, Ju serais en ce mo- t très houreux, trés vertueux, à lu tête d'un établissement et de quelques épargnes rondelottes | Je vous demands avec conflance de réparer le mal que vous avez fait.vous me deves un dédommagement, et vous êtes doué d'un op grand cœur pour ne point souscrire sans retard à ma juste avait écouté attentivement l'odyssée du malheureux eabaretler, et c'est à peine si, de tomps en temps, un sourire bien vite réprimé s'était dessiné aur sa bouche.Au lieu de répendre tout de suite, lorsque le récit fut ache.hl garda le vilence pendant quelques secondes et parut ré- ir.\u2014Eh bien, monsleur, demands Sauvageon inquist de ce silence, eh bien, monsieur, vous ne me dites rien ?(La suits au prochain aumére.) i F SCIENCES On utilise maintenant l'asphalte dans la peinture des chandelles jablookoff.Cette application & pour effet d'augmenter de beaucoup leur durée.Les Américains se proposent d'utiliser les pi voyageurs, pour le transport des nouvelles, das fours expéditions à la découverte du pôle nord.Un médecin français, le Dr Félizet, vient de faire encore une fuis l'opération, qui a été couronnée d'un plein succès, de l'ouverture de l'estomac d\u2019un patient.Il s'agissait d'en extraire une cuillère mesurant 9 pouces de longueur.Près du détroit de Behring, dans le Pacifique, le navire américain T'uscarora a jeté la sonde à 4,655 brasses.C'est La plus grande profondeur qui ait encore été atteinte en met.Il y & certains endroits, dans l\u2019Atlantique, où on atteint le fond à 730 brasses.11 y en Allemagne plus de 500 fabriques de pul destinée à la fabrication du papier ; on + réusei « fournir un article supérieur même à la pulpe faite de chiffons.Plus de 75 pour cent du papier est maintenant fabriqué avec du bois.Pour être admis à ls pratique de ls médecine, les as irante sont tenus d'étudier : en Suède, 10 ans; en jorvège, 8 ans ; en Danemark, 7 ans; en Belgique, Hollande, Italie et Suisse, 6 ans ; en Russie, Portugal, Autriche et Hongrie, 5 ans ; en France, Angleterre et Canada, 4 ans ; en Espagne, 2 ans.Le Dr Hoch, un savant allemand, qui vient de terminer un vo, en Egypte, où il a fait des études approfondies sur le choléra, dit avoir découvert ls baoté- rie qui crée et propage cette épidémie.Il est tien entendu que tous les autres savants, qui ont cherché cette intéressante petite bête et ne l'ont pas trouvée, disent que le docteur allemand n'a rien trouvé, en impose aux ignorants.Toujours bien disposés les uns envers les autres, ces fanatiques de 1s science | ue tous les journaux d'Europe ont adopté le système de détacher un ou deux de leurs navires de erre, pour des voyages d'exploration scientifique, à exemple du Challenger, qui à inauguré ce système.La dernière expédition de ce genre est celle du bâtiment russe Minineh, et l'on dit qu'il a donué des résultats splendides au point de vue des travaux des savants qui ont pris part à ce voyage.M.Hirschfelder, vice-consul américain à Woodstock, Ontario, vient de faire une découverte qui comptera dans le monde de la science.Il s\u2019agit, ni plus ni moine que d'un mostodonte, un de ces énormes pachydermes qui, depuis des milliers et des millions d'années n'existent plus qu\u2019en pierre.Ce représentant formidable des races depuis si longtemps disparues à été trouvé dans le comté d'Oxford, presque à fleur de terre.Les côtes mesurent 44 pouces de long, ls mâchoire inférieure 80 pouces, une dent 7 pouces, et le reste on ion.Ce spécimen, inconnu jusqu'à présent les anciennes provinces du Canada, à été transporté à Toronto pour y être monté et complété.Dans un restaurant.Un consommateur goûte des œufs à le coque et fait une grimace qui ne Laisse suoun doute sur leur frat.\u2014Gargon, combien de temps gardes-vous vos ceufs § \u2014Mais, monsient, jusqu'à \u201c0e qu'on les mange | L'OPINION PUBLIQUE \u2014 NOS GRAVURES Li Mong-Tehang Li Hong-Tehang eet un des plus grands Bages du Céleste-Empire, repérer la France su Tonkin.Coat lui qui commande les troupes chinoises cantonnées dans les provinces de la Chine, contiguës à ceite provines de l'Annam.C'est d'ailleurs un homme d'une haute valeur, très intelligent, très éner- pique, très adreit, st qui, pénétré de l'inférivrité de son pays vis-à-vis de l\u2019Europe, tend à rapprocher les distances, en lo poussant de teutes ses forces dans la voie du progrès, au moins en de qui touche les sciences concernant l'art de La guerre.doe point do vue, il a déjà beaucoup fait et fera davantage si rien ne s\u2019y oppose, car il suit sa voie avec celte volonté ferme et patiente qui I's fait monter d'une situation modeste au ut rang qu'on le voit occuper aujourd'hui.Il est né on 1823, dans le province de Nganhouei.C'est le deuxième enfant d'un pauvre lettré qui l'éleva du mieux qu\u2019il put.Il avait une trentaine d'années quand survint un événement qui devait servir à as fortune : la révolte des Taï-Ping.Maîtres de Nankin, ceux- ci envahirent le Nganhouei.Li se mit à la tête d\u2019une petite troupe pour les combattre, se fit remarquer, sitira \u2018attention du commandant militaire de la région, Tseng- Kow-Fan, capta ss bienveillance et devint son secrétaire.Le plus difficile était fait.Une fois le pied à l\u2019étrier, Li était trop alerte pour ne pas enfourcher la fortune.En effet, en 1861, il était appelé, sur la proposition du puissant Tseng, au gouvernement de la pro- vinos de Kiang Sou, qu'il finit oo arracher aux Tai- Ping, qui en étaient maîtres.Cleat à la suite de ses ul dans cette campagne que lui furent accordés le titre honorifique de \u201c gouverneur du prince impérial \" et la noblesse héréditaire du troisième rang.deux ans de là, il remplaçait son protecteur dans le gouvernement des Deux-Kisng, le plus important de l'empire.Depuis lors, l'influence de Li Hong-Tchang ne fit que grandir ; il a fait placer dans des postes importants nombre de ses créatures, si bien qu'il dirige à pou près à son gré aujourd'hui 1s politique de son peys.Voici ses titres officiels : Il est haut-commissaire impérial, di.recteur-général de la défense des frontières maritimes du Nord, surintendant du commerce, gouverneur du prince impérial, membre du conseil privé, gouverneur- général de la province de Pe-Tche-li et comte de l'empire.Le marquis Teeng Le marquis Tseng, envoyé extraordinaire et ministre plénipetentiaire de le Chine à Londres et à Paris, est un homme d\u2019une quarantaine d'années.Très courtois dans ses manières, il a la physionomie impassible d'un diplomate doublé d'un Chinois ; mais quand il s\u2019anime son regard devient très vif et très fin.Le marquis Treng est né à Hun-an.Il est fils de Tseng Kow-Fan, qui fut gouverneur-général des Deux- Kiang, vice-roi du Toheli, le protecteur de Li Ho: To , dont nous parlons plus haut, et chef d'une mille jouissant, avec cinq où six autres seulement en Chine, du privilège de noblesse perpétuelle.Dans les autres familles nobles de l'empire, le rang va déclinant de génération en génération, le fils d\u2019un comte devenant vicomte, le file d'un vicomte baren, et sinsi jus w'A ce que le titre soit entièrement éteint.Alors le of de Ia famille redevient bourgeois comme ses ancêtres d'antan.Le marquis Ti est accrédité, depuis 1878, à Londres et à Paris où, depuis lors, il & constamment résidé, sauf pendant le tempa où il à été appelé à St- Pétersbourg pour négocier avec le gouvernement ruse le traité relatif à la rétrocession de Kuldje, qui a failli mettre aux Prise Ia Russie ot la Chine.On sait qu\u2019en ce moment il cherche à amener un arrangement avec la France, relativement à la question du Tonkin, L'expédition du Tonkin Deux des dessins que nous donuons dans oe numéro sur l'expédition française contre l\u2019Annam, ont pour sujet les opérations militaires à la suite desquelles les Français e'emparèrent de la capitale de l'empire.Il w'agit de l'attaque et de ls prise des forts de Hué, le 20 août.L'esoadre, com) des navires le Bayard, l\u2019A- talante, l'Annamite, lo Chdteau-Renaud, le Drac, le Lynz ot la Vipère, quittèrent, dans la matinée du 19, la baie de Tourane, et dans l'après-midi du même dur aves ia, re do la rivière de Hud te entrée est pro , au nord et au aud, par langues + des, dunes da sable couvertes de forts et de batteries nt t indispensal \u2018emparer avant de passer outre.Le commandant en chf avait résolu de oom- mencer l'attaque par les forts du nord.En consé- uence, les navires de l'esosdre vinrent prendre posi- jon dans l'ordre suivant : Le Drac tout au , an face d'un fort, puis lo Lynz devant un oh devait s'opérer le débarquement des troupes, la Vipère 549 où le CAdteau-Renaud en face do deux batieries anns- mites, dont une dite du Maguaiu-au-Kis Vonsient ensuite l\u2019Annanite, l'Atalante et finalement le Bavarde ayant pour objectif un grand fort circulaire, Als pointe de la langue de terre situde en face des dunes de sable du sud, et couvrant l'embouchure môine de le rivière de Hué.Peu après commença le bombardement.Les Annamites ré; iront vigoureusement, mais sans succès ; leurs boulets ronds ne portaient pas jusqu'aux navires.Le bombardement se prolonges jusqu'à ls nuit, éclairé par Is lueur des incendies allumés dans les villages voisins.Le débarquement devait avoir lieu le lendemain matin, mais l'état de la mer ne permit de l'etfectuer, et il n'eut lieu que le jour suivant à endroit que nous avons indiqué un peu plus haut, C'est le sujet de notru promier dessin.Lo corps ds uu i.went comprenait des cumpa- gnies du Buyurd, de I'Atalante, du Chdteau-Henaud, aveo de l'artillerie, les 27.et 31\" compagnies de l'infanterie de marine ; uns compagnie de tirailleurs annamites ; deux batteries d'artillerie de marine ; cent coolies ; au total 1,050 hommes et 15 canone.Les Annamites attendaient ces troupes daus des tranchées, et les accueillirent par une pluie de bumbes et fusillede bien nourrie.Les soldate françuis escaladent les dunes, tombent eur les Acuuousiies qu'ils metiert en fuite, après en avoir besucou> u .à Ouveut sur le fort du Nord et s\u2019en emparent.lu .is so rabattent dans la direction du Sud, enlèvent aucecesivement les batteries de In plige et finslement le fort cisculaire, dans lequel ils entrent par deux côtés à ls fuis, tandis que les derniers Aunamites, qui s'y étaient réfugiés, le quittent précipitamment, les uns se jetaut à la nsge, les autres essayant de passer la rivière en bateau, suus le feu plongeant des Français qui en abat uu grand nombre.Le lendemuin, les furte du eud se rendaient sans combat, la route de Hué était ouverte.L'Aunum était à la France.\u2014\u2014\u2014\u2014 UNION BAINT-JOSEPH Cette belle association, qui est regardée comme la mère des sociétés de secours, a fait ses élections lundi de la semuine dernière.En voici le résultat : Président, Pascal Leclerc ; ler vice-président, W.Lalanne ; Ze vice-prés., F.X.Crevier ; sec.-archiviste, A.Thomas ; sssist.-sec.-arch,, L.J.Prudhomme, fils; sec.-correspondant, A.Bourdon ; ler trésorier, A.Gosselin, réélu ; Ze trésorier, J.Long, réélu ; ler collec- teur-trésorier, P.Gosselin, réélu ; Ze col.-trésorier, J.Thompeon, réélu ; ler assist.-col.-trés., J.Corbeil, réélu ; Ze assist.-col.-trés., J.Jacques ; ler com.-ordonus- teur, C.Beauchamp ; 2e com.-ord., J.Côté.Comités de funérailles.\u2014 Division-Est : Président, W, Lalanne ; vice-président, C.Daunais ; com.-ordon., J.Coté.Division-Centre : Président, P.Leclerc; vice-padei- dent, À.Thomas ; com.-ordon., J.Corbeil.Division-Ouest : Président, A.C.; vice-président, T.Gauthier ; com.-ordon., A, Bourdon.D'après le rapport du trésorier, qui a été soumis à cette séance, il appert que lu wuciété s accordé en secours durant le dernier semestre : $400 à une veuve, 81,373,50 aux malades, et 8200,48 aux orphelins.Malgré cola, la société à encaissé un surplus de 81,400 durant ces derniers six mois.L'Union Saint-Joseph possède actuellement $16,400 en argent, outre sa belle bâtisse au coin des rues Sainte- Catherine et Sainte-Elizabeth.C'est Ia plus forte de toutes les sociétés de secours mutuels en Amérique.Inutile de répéter ici ce que mous avons dit si souvent : tous les ouvriers de Montréal devraient en faire partie, car elle est ls plus sûre des banques d'épargne, et les avantages qu\u2019elle offre à ses membres sont immenses.\u2014 NECROLOGIE La semaine dernière, à Montréal, eet décédé le docteur Eugène-H.Trudel, à l'âge de 64 ans, Né à Sainte-Geneviève de Batiscan en 1820, le docteur Trudel fit ses études au oolldge de Nicolet.Venu très jeune à Montréal, il se fit admettre membre de la profession médicale.Par son travail et ses aptitudes il ne tarda pas à prendre place au premier rang parmi ses confrères.Le Dr Trudel est un des fondateurs de l\u2019école de médecine et de chirurgie de Montréal ; successivement il à été président, secrétaire et trésorier de cette inoti- tution.Jusqu'à ss mort il a été aussi profceseur de chimie et d'obetétrique.Montréal perd un bon oltoyen, un svant Be moet est un deuil pour notre ville, une perte pour sciences, Bes funérailles ont eu lieu joudi dernier à l\u2019église Notre-Dame.Nous avons rarement vu une si grande suivre un 5 \u2014 = mime \"OPINION PUBLIQUE oi yn * hi $ 3 \u20ac 5 foi 3 By j > à CH 4 H ga It » 5 Ti § î 2 Sols dy ) = ¥.1 okie \\! 5 ! 1% af.k om, es Qu h a = =n 34 = LE MARQUIS TSENG MINISTRE P'LÉNIVOTENTIAIRE LE CHINT A l'ARIS FT A LONDSES \u2014\u2014 \u2014 3 \u2014- / oe = AR «A ci hm; Ta dE Sins 5 \" wu NS = Cu 4 Tee ed 7 2m A PA vt = es ds heal i 4) bi ar LR ig FL | ry | { PA J =f.4 iy er - 4 A te Mlk ev 2) Ne 4 eo 1 < {PGi % \u2014R; Nal Soh A uf = ve she \u2014\u2014 Ol Co as, ec DON RE v- 2 \" nu Ny ray Te Fr 1] \\ + x -\u2014 2 I TY A HS_1 {Al PHONG Ur hr LA RIVIÈRE mas | 14 ed TE F IS tear ro oe -* 10 R35 a Em pe bn = FR 7 PS À » 8 \u20ac ban wo dG 4 ñ 7 ep 4 = PUR x ji p \u201cny Har ty PX a Fun ; LS wm tl MS 2 bec Pn ae] 6 \u2014# = Re Wake ES ve ue = L N iz?L'EXPEDITION DI TONKIN.HA PHONG BATIMENTS OCCUFÉS l'AK LES FRANÇAIS ! | NOUVELLEN DIVERSES \u2014Une aile du nouveau Capitole A Madison, I.-U., west éeroulé, tuant deux hommes, \u2014Lo gouvernement anglais a donné ordre de rotirer le plus grand nombre de ses troupes d'Igypto.\u2014La statue d'Alexandre Dumus, par Gustave Dord, à été inaugurée la semaine dernière à laris, \u2014ll'est rumeur que l'ex-Pèro Hyacinthe, qui cast à New-York depuis dix jours, duit visiter le Canada._ -Al y a à Québee un centenaire pleit d\u2019arleur vt de force.Il est natif de Beaumont et ost âgé de 105 aus.~La semaine dernière plusieurs capitalistes améri- caîns ont visité les mines de la vallée de l'Ottawa.\u2014Dix-huit personnes ont été arrêtées à St-l\u2019éters- bours pour avoir forgé des billets de banque.\u2014Un cultivaieue de St-Giles, comté de Mégantie, à récolté un demi minot de patates d\u2019une seule qu'il avait
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.