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Titre :
L'Opinion publique
Comme son jumeau de langue anglaise (le Canadian Illustrated News), L'Opinion publique (1870-1883) est une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle. [...]
Certains affirment que L'Opinion publique n'était qu'une traduction française du Canadian Illustrated News, mais c'est une erreur. Il est vrai que les deux hebdomadaires appartenaient à George-Édouard Desbarats (1838-1893) et que certaines illustrations, et même des articles, paraissaient dans les deux publications, mais l'équipe éditoriale et les collaborateurs n'étaient pas les mêmes et les deux périodiques fonctionnaient de façon indépendante l'un de l'autre.

Le Canadian Illustrated News paraissait depuis deux mois quand le premier numéro de L'Opinion publique fut publié le 1er janvier 1870. Il va de soi que, contrairement à son frère de langue anglaise, L'Opinion publique était surtout diffusée au Québec. Ses articles illustrés mettaient l'accent sur les événements qui se passaient au Québec ou qui touchaient les Québécois, comme le séjour à Rome des zouaves pontificaux.

Du début à la fin de l'année 1873, Laurent-Olivier David (1840-1926) occupe le poste de rédacteur en chef. Bien que Desbarats, David et les autres membres de l'équipe fondatrice se soient mis d'accord pour produire une publication non partisane et impartiale, les textes de David et de ses amis reflètent leurs idéaux nationalistes et libéraux, si bien que le magazine apparaît comme l'organe du Parti national. Après la démission de David, qui fonde son propre journal, L'Opinion publique devient une publication plutôt littéraire et de vulgarisation scientifique, avec des collaborations d'Henri-Raymond Casgrain, de Joseph Tassé, de Benjamin Sulte, de Louis Fréchette et de plusieurs autres. Les lecteurs s'arrachent les numéros qui offrent des dessins d'Henri Julien (1852-1908).

Les illustrations constituaient le principal centre d'intérêt de L'Opinion publique. Les méthodes de reproduction de dessins et plus tard de photographies (voir la présentation du Canadian Illustrated News) ont contribué à faire de L'Opinion publique une source unique pour toute étude iconographique du Québec du XIXe siècle.

Comme son jumeau de langue anglaise, L'Opinion publique, qui ciblait un large auditoire, ne put survivre à la concurrence d'une presse beaucoup plus spécialisée. Les deux périodiques disparurent de la scène à la fin de 1883 après avoir été les précurseurs de la presse illustrée du XXe siècle.

Références

André Beaulieu et Jean Hamelin. La presse québécoise des origines à nos jours. Tome 2. Québec, Presses de l'Université Laval, 1975. p. 145-150.

Galarneau, Claude, « Desbarats, George-Édouard », dans Ramsay Cook et Réal Bélanger (dir.), Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1870-1883
Contenu spécifique :
jeudi 6 décembre 1883
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

L'Opinion publique, 1883-12-06, Collections de BAnQ.

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[" L'OPINION PUBLIQUE Unis, $3.50 On ne se désabonne qu'au bureau du Journal, et 1! faut donner au moins quinse jours d'avis.Journal Hebdomadaire Illustré Abonnement, 83.50 par an.Payé d'avance, 83.00 \u2014 Etatuo Vol.XIV.Montréal, Jeudi, 6 Décembre 1888.\u201cNo.49 | Prix du numéro: 7 oentins.\u2014Annonoes, la ligne : 10 centin communication doit être affranchie.Les remises d'argent doivent se faire par lettres enregistrées où par un bou sur ia poste.SOMMAIRE Taxes : Etude sur Augéline de Montbrun, par l'abbé H.-R.Caagrain\u2014 Les cieux et leurs habitants (suite), par Qlulio.\u2014A Alexandre Dumas, père, par Jean Richepin\u2014 La littérature espagnole (suite), par Edmond Larseu \u2014 Choses et autres.\u2014Poéale : Un trop beau rêve, par Gon- tran\u2014Le Moulin rouge (suite).\u2014 Noa gravures : L'aé- restat dirigeable électrique; l\u2019ouragan de la Martinique, Sciences \u2014Nécrologie.\u2014L'éponge.\u2014 Nouvelles diverses \u2014De tout un peu\u2014Recette pour avoir la paix au logis.\u2014Les échecs.Gnavones : L'aérostat dirigeable électrique, de MM, Albert et Gaston Tissandier \u2014Alexandre Dumas Père et fils.\u2014Ou- ragan à la Martinique.re ÉTUDE au ANGELINE DE MONTBRUN (1) \u2014 Il y a deux ans, la Revue Canadienne de Montréal (juin 1881) entreprepait, sous le titre d'Angélins de Montbrun, la publication d\u2019un roman canadien u'on disait une œuvre fort remarquable.La curiosi publique fut vivement piquée par l'annonce que ce roman était dû à une femme, dout le nom véritable commen- gi à ae faire jour à travers le pseudonyme de Laure nan, derrière lequel s\u2019abritait l'auteur.C'était une nouveauté dans notre littérature toute nouvelle : jusque-là les hommes seuls y avaient en le droit de cité.Pour la première fois une femme venait 4 péslamer sa place ; et, disons-le de auite, elle en a lait la conquête avec un taleut qui ne peut être méconnu.Et cette place lui restera, car le suffrage des meilleurs juges la lui assure, Cependant, tandis que tout le monde privément fait l'éloge d'Angéline de Moutbrun, qu'on se passe l\u2019ouvrage de main en suain, qu'un l'apprécie en petit comité, que mêsue on Je cite dans des Livres d'une Faute portée historique, personne, parmi nos auteurs qui font auto - rité, n'en a publié, que je sache, de critique sérieuse.Je dois dire, avant d'entrer dans cette étude, qu\u2019à l'endroit des romaus, en général, je suis de l'opinion d'Eugénie de Guérin, dout le grand sens catholique lui faisait dire : \u201c Les romaus ne m'intéressent guère, jamais ils ne m'ont moins touchée.J'ai peur de ce déran ment moral qui fait le roman et qui en détruit le charme pour moi.Je ne puis toucher ces livres que comme à des insensés\u2026 De tous les romanciers, je ne goûte que Scott.ll se met, par sa façon, à l'écart des autres et bien au-dessus.C'est un homme de génie et peut-être le plus complet, et toujours pur.On peut l'ouvrir su y sans qu'un mo corrupéeur étonne le regard (Le martine).L'amour, chez lui, c\u2019est un fil de soie blanche dont il lie ses drames.\u201d Eugénie de Guérin ajoute ailleurs on parlant d\u2019un roman : \u201c J'y trouve un genre perfide : c'est de parler vertu, c'est de ln mener sur le champ de batsille en épauleites de capitaine pour lui tirer,» sous les yeux de Dieu, toutes les flèches de Cu- Pp Toutefois il serait injuste d'appliquer cette théorie à tous les livres d'imagination.Fabiola, du cardinal Wiseman, et bien d'autres du méme genre qu'on pour- mit citer, sont des romans, mais aussi d'axoe lents livres, dont la lecture saine et fortifiante est un sttriit pour l'esprit, un aliment pour le cœur, une grâce pour C\u2019est à ce genre d'ouvrage qu'appartient Angéline de Montbrun, Après l'avoir lue, on D our ane de édifié ; on «6 croit plus loin de soi-même et plus près de Dieu, on se retrouve meilleur, On se sent pris de reconnaissance pour MUs Laure Conan, qui nous à procuré ce plaisir inattendu, En un mot, c'est un livre dont on sort comme d'une 1) Ostte vait été être lue dans a rt po rame de novembre de cette anuée (1863), mais qui lise, lo rd au ciel, ls prière sur les lèvres, l'âme igh, do atartés et les vêtements tout impréguéa d'en- cons.Cette Angéline est un ange et ls plume qui nous l'a révélée semble avoir des ailes, Ceux qui n'ont pas lu le livre croiront que j'exagère : à ceux à je répondrai, somme la voix mystérieuse à Augustin : \u201c Prenes et lisez.\u201d Licex ces pages, of si vous êtes accessible à ce qu'il y a de vraiment exquis dans le sentiment, à ce wil y a de plus délicat et de plus pur dans les ten- wet du cœur, vous seres séduit ; vous resteres sous le charme.On & dit que parfois leu fauvettes choisissent, pour cacher leurs nids, les plus pres rochers.\u201d Si vous con- Daissiez l'endroit où réside Laure Conan, vous diries : C'est bien là le nid de fauvettes parmi les rochers ! Cette voix si douce, si mélancolique dans ses recherches de l'idéal, chante parmi les sau: jes d'une nature tourmentée : une vaste anfractuosité taillée dans les Laurentides, d\u2019où tombe une rivière torrentielle dans le fleuve qui, là, prend quasi les airs d'une petite Méditerranée, si bien que les habitants de ces rivages, en parlant de lui, disent : la mer, A part un ou deux mois de l'été où ce Biarritz canadien voit afluer les touristes, qui viennent s'y livrer aux plaisirs de la chasse, de la pêche et des bains de mer, c'est un coin retiré du monde où ls société n'est autre que celle d'un village ordinaire, loin des voies ferrées, monotone et inanimé, où l\u2019on mène ce qu'on appelle en France la vie de province.fa maison paternelle de Me Laure Conan ne ae distingue en rien des modestes résidences de nos campagnes.Assise au pied des Caps, à quelques pas du chemin du roi, elle regarde la mer, dont les évapors- tions salines l\u2019enveloppent souvent, eu automne, de css buées blanches que l'imagination d'Ossian transformait en légions de fantômes se livrant sans cesse des com- bate, autour de ces chères montagnes d'Ecosse.Outre cette physionomie pittoresque, un souvenir préhistorique (chose extrêmement rare en notre pays) se rattache à cet endroit.La maison est située à quelques pas de ces étra et mystérieux monticules dont le forme et la symétrie accusent un travail humain et que l'on croit être des fumuli indiens, quoiqu'ils n'aient jamais été soumis aux investigations des archéologues, Fille de oultivateur, l'auteur d\u2019Angéline de Monébrun descend de ces rudes colons normands, bretons ou poitevins, aux poignets solides comme des nœuds d'érable, au courage plus solide encore, qui sont venus ici se tailler, dans forêt, de ces terres que nous nommons sujourd\u2019hui des biens de famille et qu'on prendrait en Europe pour des fiefs, La mort, qui a moissonné de bonne heure sous ce toit, à entravé les soins de la oulture et diminué les gerbes dans les champs : la médiocrité à remplacé l'aisance.Quelques années de couvent aux Uraulines de Québec ont seules fait époque dans l'uniformité de sa vie sans incident.Les soins du ménage, les exercices de piété et de fortes études poursuivies avec une réguls- tité monastique, ont partagé le reste de ses jours.On ne la voit guère hors du logis que pour de rares visites d'amitié ou pour se rendre aux offises divins, cheminant le long de la grève et toujours simplement vêtue.C'est ainsi que jo me figure Evangeline, pensive et recueillie, son livre à fermoir à ls main, se rendant, le dimanche, à l'église de Grand-Pré, L'auteur d'Angéline de Montbrun n'est plus jeune : luiconque à lu son livre l\u2019a deviné peut-être.On n'ar- Ave à cette maturité du talent qu'à ls maturité de l\u2019âge.A plus d'une page du livre, on se demands même si cest bien là l'œuvre d'une femme : cette plume eet ui virile! Mais & Is page suivante, la femme we révèle à oette sensibilité incomparable, à ce je ne ais quoi d'aérien, d\u2019éthéré, dont l'homme ignore le secret, On s'apergoit que ls cercle de ses lectures n'est étendu, mais exoallent.Certains grade classiques Jai sont familiers Bot ras ses délices.Be auteurs voris sont : possède son en suis sûr, mieux qu'aucun de nos bomues de loire )s Fénélon, Lamartine ot Eupénis de Güéein.Tout de fantaisie qu'il soit, un livre comme Angéline de Montbrun ne saurait s\u2019écrire sans ces études opiniâtres.La pensée en set trop relevée, le atyls trop choisi ! Sans dessein prémédité, par cette intuition naturelle aux intelligences de son sexe, elle a deviné le pare du roman moderne qui en fait la supériorité : étude pis achevée des caractères ot des situstions, l'a- alyse d'une Ame, ls perfection de la forme se déployant au milieu des événements les plus simples, et tout cela sans rien du fracas ot des grandes intrigues qui carsc- térisent l'ancienus manière.La trame d'Angéline de Montbrun cet si fine et légère que je n\u2019esssierai pas de la détacher des milles réflexions, peintures et péripétion diverses sous lesquelles elle se sache pour mettre à nu.Cela, je crois, échappe à l'analyse.Tout est dans oof art délicat qui crée de rien, dans ces doigte de fée qui peuvent tisser des fils de la Vie Avec toutes ces qualités, le roman d'Angéline de Montbrun n'est pas sans défaut : il y à un trop grand nombre de citations, de réminiscences, amendes presque toujours, je l'avoue, avec infiniment de naturel et d'à- ropoe, mais qui ne laissent pas de sentir la recherche, j ne dirai le pédantiame, car rien n\u2019est plus éloigné de l'esprit l'auteur.On aimerait à l'écouter plus souvent seule, Me Conan, j'y insiste, se souvient plus qu'il ne faut do sos lectures.Son esprit est encore trop ches les autres ; elle n'est pas assez elle-même.Co ne serait pas pardonnable après des années d'expérience littéraire, mais cette timidité, cette défiance de soi-même, je dirais presque cette gaucherie naïve, ost un charme dans un premier essai.L'oiseau qui sort du nid voltige ainsi, et se repose de branche en branche avant d'oser prendre son essor.Qu'elle ose prendre le sien, et elle aura des coups d'aile qu\u2019elle ne soupçonne pas, qui surprendront même ses admirateurs et qui lui vaudront ses meilleurs succès.Le plus grave inconvénient de ea manière actuelle, c'est qu'elle donne à son livre une physionomio trop européenne.Sa pensée habite plus les bords de la Seine que ceux du Saint-Laurent.On regrette de ne pas rencontrer assez de vraiment canadiennes, telles que celle du pèlerinage d'Angéline au tombeau de Garneau.Notre littérature ne peut être sérieusement originale qu'en s\u2019identifiant avec notre pays et ses habitante, qu\u2019en peignant nos mœurs, notre histoire, notre physionomie : c'est sa condition d'existence.Angéline de Montbrun est évidemment une sœur d'Eugéaie de Guérin, et a vécu dans l'intimité d'Alexandrine de ls Forronnays.Cette parenté et ce voisinage sont charmante, mais combien elle y qagnerait aux yeux de tous les lecteurs canadiens si elle descondait en ligne directe de Me de Verchères ou de madame de ls Tour 1 Elle est bien la petite nièos du chevalier de Lévis, mais elle ne nous parle pas assez du vainqueur de Sainte- Foye, ni de sa noble famille, ni deu braves milisions qui sout tombés à ses oôtés, ni de 0e que sont dovenus leurs petits-fils qui penplent aujourd'hui nos cam- Cependant, n'oublions pas que les lettres qui forment le livre d'Angéline de Montbrun sont des prémices : c'est un bel o r chargé de fleurs ; laissons mûrir les pommes d'Hespérides.Laure Conau pouvait diffiilement rêver un plus heureux début.En attendant d'autres révélations de son talent, jouissons de os qu'elle nous donne aujourd'hui, ai, il foudrais multiplier les oitations : male fo ns unis que T, on passant, quelques fleurs.Eucore 5 rdent-elles à être cueillies : elles sont ei bien distribuées per l\u2019habile jardinière ! Elles demandent à être vues et admirées sur pied dans son parterre de Valriant.Voici d'abord comment ells descend en elle-même, dant que sos regards se tournent vers la nature qui 'environns.Elle & parfois des réflexions qui étonnant par leur londeur et que ne désavoueralent ni Eugénie de Guérin ni madame Swetchins.\u201c De ma fenêtre, j'ai une admirable vus du fleuve.* Vraimens, c'est l'océan.Je ne me lacce de le regarder.J' musique des ios do mnt où à prosody mised a i.bra \u2018 oar je vous l'avoue, J'ai des tristessss, of volontiers dirsis, somine jo ne sais plus quelle reine : \u201c Fi = vie 1* Pourtant, je n'ai réel de chagrin, mais vous le savez : \u201c On osase de c\u2019aimor oi 16 nous sime.\u201d .Il fait un vent fou.La mer est blanche d'écume.J'aitso à la voir troublée jusqu'au plus profond de ses abiises.Et pourquoi ?Est-ce pares que la mer set une des plus balles œuvres de Dieu ?Ou Plutôt, n'est-ce pas, comme en l\u2019a dit bien des fois, parce qu\u2019elle est l'image vivante de notre cœur ! Qu\u2019est- ce que la tempête arrache aux profondeurs de la mer $ Qu'est-ce que la passion révèle de notre cœur?Le mer garde ses richosses ot le cœur garde ses trésore.Il ne sait dire le parole de Is vis; il ne sait pas dire le de l\u2019ainour, et tous les efforts de la sont semblables à ceux de la tempête qui n'arrache à l'abime que ces faibles débris, ces algues qu'on aperçoit sur los sables et sur les rochers môlés avec un peu d'é- eume.\u201d Je voudrais pouvoir citer d\u2019autres passages comme celui-ci, qui feraient voir par quel côté Laure Conan se rattache à cette douce et sympathique école des La- Kistes, filles comms elle des mon des lacs et des grèves, et dont on retrouve, dans plus d'une de ses pages, les tendances idylliques et le spiritualisme affiné, Amante des heures calmes, comme les poètes du foyer, des plaisirs intimes de la famille et de tout ce qui se dé de poétique de la flambée de l'âtre, aussi bien que du rayonnement d'un beau soleil parmi les beautés sylvestres et les senteurs germinales, elle les répercute admirablement dans son me et sous ss plume.Ceci explique ponrquoi elle a trouvé un si vif écho dans les imaginations impressionnables comme la sienne, mais qui n'ont pas, sussi bien qu'elle, la faculté de traduire leurs impressions et lours transports intérieurs.Avec sa nature d'artiste, elle ne comprend pas ls vie sans Cette poésie.Il lui faut, comme aux disciples de Galilée, après les pénibles journées de Génésareth et les nuite sur barque avec les lets, il lui faut lo Carmel et les béatitudes sur Is Montagne et le Thabor.C'est en partie dans ce sens qu'elle a compris et choisi pour épigraphe ce mot de Lacordaire : À vez-vous cru que cette vie fât la vie ?* Je sais, dit-elle, que le mot d'exaliation est vite prononcé par certaines gens.Angéline, êtes-vous comme moi $ Il existe sur la terre un affreux petit bon sens, horriblement raide, exécrablement étroit, que je ne puis rencontrer sans éprouver le besoin de faire quelque grosse folie.Non que je haïsss le bon sens, ce serait un triste travers.Le vrai bon sons n'exclut au- eune grandeur.Régler et rapetisser sont deux choses bien différentes.Quelle est donc, je vous prie, cette prétendue sagesse qui n'admet que le terme et le tiède, et dont la main sèche et froide voudrait éteindre tout ce qui brille, tout ce qui brûle ?\u201d Me Conan est là tout entière, avec son esprit bien balancé qui régle tout et ne rapetisse rien.Il faut lire lettre de M.de Moutbrun à Maurice Darville pour cunnaître la haute raison de cette fille des * champs, qui a deviné le monde plus qu'elle ze l\u2019a connu, pour comprendre son admirable idée du devoir.On dit que les femmes raisonnent moins aves leur tête qu'avec leur cœur : s'il en est ainsi de MU Laure Conan, elle raisonne mieux avec son oœur que bien des hommes avec leur tête.C'est une nature éminemment :oétique, mais non moins éminemment pratique : une merveilleuse harmonie de l'imagination et du bon seus, du sentiment et de la raison.Quand même elle ne dirait pas qu\u2019elle à souffert, son livre nous le révèle.Elle à passé à travers les ronces de la vie et à senti, c\u2019est elle-même qui le dit, combien le cœur est lourd à porter quand À est side, Ce qu'elle sait de la vie, elle I's appris à l\u2019école épreuve.II y a des larmes sur les ailes de ce papillon.11 y en a aussi dans le destinée d'Angéline de Mont- brun.C'est une peinture vraie de la vie réelle.Après une enfance et une jounesse sans nuage, aimante et aimée, au moment où l\u2019avanir lui ouvrait des perspootives éblouimantes, elle voit tout à coup s\u2019écroules grands bonheurs de sa vie et se creuser devant elle une tombe où s'engouffrent à la fois le plus aimé des viens, et son avenir et aa beauté.Elle y tombe à ux et ne cherche désormais d'espérance qu\u2019an ciel.Valriant est devenu lo Val des soupirs.Malgré les protestations de Maurice Darville, elle n\u2019ose plus croire à son attachement et s'isole de lui comme du monde, Elle ne veut plus d'autre confident de en douleur ot de ses déceptions que ce témoin muet à qui l'on peut tout confier, qu retient tout, qui souvent console mieux qu\u2019un ami, un journal enfin, quelques feuilles volantes, éphémères comme oelles qui tombent de l'arbre et auxquelles pourtant on Face comme à un êtæe vivant.Son journal devient le ee compagnon de sn vie.Elle y verse toutes ses larmes, © sang du cœur, comme les appelle je ne sais plus quel auteur.Elles y tombent goutte à goutte, elles s\u2019y sondeusent, elles s\u2019y crystallisent, elles font revivre les objets aimés, tout es quin'est plus.Et de tous oo de l'âme, de toutes ces larmes, de tous ses sangiote, L'OPINION PUBLIQUE elle fais un bouquet de myrrho qu'elle offre en chrétienne eur l'autel de ls Cotta lecture eb navrante, mais elle n'est pas : d'est un Jordin des Olives, où l'ange est descendu qui console o$ eon- forte.Je n'en veux citer qu'une page, uns perle de sentiment : % Comme on reste enfant ! Depuis hier, suis folle de regrete, folle de de uoi Parce que le vent à renversé le frêne sous Maurice avait coutume de s'asseoir avec ses livres.J'aimais cob arbre qui l'avait abrité si souvent.* Cet endroit de ls côte d'où l'on domine ls mer lui plaisait infiniment, ob le bruit des vagues l\u2019enchantait.Aussi, il y passait de longues bourses.Il avait enlevé quelques pouces de l'écorce du frêne et gravé our le bois, entre nos initiales, ce vers de Dante : Amor ch\u2019a illo amato amar perdona.\u201c Amère dérision maintenant | Et pourtant, ces mots ent pour moi un parfum du passé, J'aurais donné ion des cl pour conserver cet arbre consscré par son souvenir.La dernière fois que j'en approchai, une grosse arsignée flait sa toile sur les carnotères que sa main a gravés, et cela me fit pleurer.Je crus voir l'indifférence hideuss travaillent au voile de l'oubli, J\u2019enlevai la toile, mais qui relèvers maintenant l'arbre tombé, renversé dans toute sa force, dans toute sa sève ?\u2018\u201c Le cœur se prend à tout, ot je ne puis dire ce quo Léproure en regardant la côte.Je n'aperçois plus ce arbre, ce témoin du passé 1.* Mon Dieu, qu'est devenu le temps où je vous servais dans Is joie de mon cœur ?Beaux jours de mon enfance, qu'êtes-vous devenus $ Alors le travail et mes jeux prenaient toutes mes heures.Alors je n\u2019aimais que Dieu et mon C\u2019étaient vraiment les jours heureux ! O paix l'âme ! O bienheureuse ignorance des troubles du cœur ! Où vous n'êtes plus, le bonheur 2\" 1» La littérature canadienne, si je ne m'abuse, n'a point roduit de page plus émue.S'il est vrai de dire, avec race : Si vis me flere, primum ipl tibi, Is main qui a dorit ces lignes a dd trembier d\u2019émotion pendant qu'elle les tragait sous lo souffle de l\u2019inspiration ; car il faut ressentir soi-même ces grands troubles du cœur, pour les rendre avec tant de vivacité.On est tenté, malgré soi, de voir à côté du profil d'Angé- line de Montbrun ls vague silhouette de l'auteur.Quand on se transporte en esprit dans ls silencieuse chambrette où elle a composé cette page, on est frappé du contraste qu'il y a entre la paix de cet intérieur et les orages de sa pensée, entre cette placidité apparente et ces effervescences souterraines.On reconstruit tout un tableau dans son imagination, et on l\u2019encadre dans le paysage environnant.Alors les contrastes deviennent lus saisissants, On voit cette humble et sereine maison champs, resserrée entre le fleuve et les montagnes, ouvrant ses croisées d\u2019un côté sur ls solitude mouvante des flots, de l\u2019autre sur le solitude non moins agitée des bois.Au dehors, les grands bruits de ls nature, les murmures de la forêt, le ressac de la mer, les brises du large apportant les cris stridents des goëlands et des mauves ; à l'intérieur les douces voix de la famille, l\u2019activité calme du ménage, les lèvres roses et gazouillantes des enfants et le chant du grillon, symbole de la /éli- .cité domestique, qui fait entendre son cri-cri sous les pierres du foyer.Et puis, à l'écart, dans le mudeste sanctuaire de l'étude, inaccessible à tout bruit, un front nohé qui résume toutes oes choses, qui en devient l'âme et s'en fait l'interprète.Voilà à quoi fait songer et à bien d'autres rêves encore, la délicieuse scène du frêne renversé et ds ls toile d'arsignée sur deux initiales.On voudrait fermer là le livro, car on craint ur la suite un désenchantement.On tremble pour inexpérience de l'auteur.On cherche quel dénouement elle va inventer qui ne soit pes une déception.C'est le triomphe du livre.Une matrone romaine, fière comme Tulie, n'aurait trouvé osla, car elle n'était pas chrétienne.C'est l\u2019impérissable gloire du christianisme d'avoir fait la femme si grade He Laure Conan être contente de son coup d'essai.Elle à ajouté un nom à notre littérature, le ish pou de femme, «4 nous avons uotre i Novembre 1083.L'abbé H.-R.CanaRamx.On se rappelle l'éclat donné, à Paris, au fait que Dumas avait scheté pour 10,000 fr.une misérable copie faite par un artiste absolument inconnu.Un fait analogue vient de se produire à New-York.Un monsieur Cemola vient de vendre comme chefs-d'œuvre antiques recueillis dans les ruines de is Grèce, une collection de brio-à-brao prosqu'entièrement fabriquée en Amérique.Après tout, acquéreurs n'ont vals rence, de quoi peuvent-ile se plaindre?ls étaient tout aussi heureux qe si les articles avaient été du vrai.Un » où bien tort les avertir de leur erreur ot de leur enlever leuxe illusions.LES CIEUX ET LEURS HABITANTS (Bite) Xx1 Lishanvd DB LA LUNE ET DES CORPS A 84 SURFAOR.\u2014 LES TACHES DB La LUNE : LAORNDES ANCIRNEES BF NOUVELLES.\u2014LES MERS DB LA LUNE.\u2014LES MON- TAGHES : LEUR CONFIGURATION, ORIGINE PROBABLE E° HAUTEUR.La poids de ls Lune se caleule, comme celui des pla nites, d'après les effets d'attraction qu'elle exeres eur la Terre; la hauteur des marées eb la précipitation où le retard de notre globe sur son orbite annuel, selon que le Lune le précède ou le suit, en sont deux exemples frappants.Or, ces deux effets nous prouvent nt que le poids de ls Lune ne correspond point à son volume.Le volume dels Lune est / du volume de 1s Terre et son poids cet #7 du poids do cette dee nière.Ainsi, de le matière dont est composée ls Torre, on pourrait former non pas seulement 49, mais bien plus de 80 lunes équivalentes à celle que nous voyons ; et il n\u2019en faudrait pas moins, sur une balance cosmiqus, pour faire contrepoids à notre planète.Tle\u2019ensuit que ls densité du globe lunaire est de beaucoup inférieure, à peine les Jy, & celle de la terre.De là, l\u2019une de ces deux choses s'imposent à nous : où ue les roches et autres matériaux de la Lune sont moi- dé moins compactes que les nôtres, ou que l\u2019intérieur _de ce globe est tout entier formé de vastes cavernes qui \u2018en accroissent le volume sans en augmenter ls masse ; ou plutôt, l\u2019une et l'autre de ces deux causes ou d\u2019autres causes semblables concourent à ce résultat.Etant donné le rayon lunaire et cette légèreté de la masse, nos explorateurs, déjà habitués à ces calouls par l'expérience acquise daus les autres planètes, devineront sans peine que d'action de la gravité sur les corps à ls surface de la lune doit être très peu sensible.D'après la formule à eux maintenant bien connue, ils sauront wun corps, transporté de la Terre dans Is Lune, y per- hit #38, de son poids.Par exemple, une pierre qui Be iei-bas 1000 kilogrammes n\u2019en pèserait que 165 -haut.Si l'on considère que les substances même les plus compactes de la Lune sont doudes de ce degré de légèreté, et si l'on réfléchit de plus sur ce fait que les corpe lunaires, surtout ceux de la croûte externe, sont deux fois moins compactes et intrinsèquement plus légers que les nôtres, on ne regardera plus comme aussi improbable ce qu\u2019on raconte d\u2019une violente explosion volcanique qui aurait, dans les temps passés, lancé des cendres et des rochers en dehors de la ephére d'attraction lunaire.Mais quoiqu'il en soit, les vicissitudes de la nature sur la surface de la Lune durent en tout temps, ou égard à la légèreté de ces corpe, différer immensément des phénomènes terrestres.La pression aussi bien que les mouvements de l'atmosphère et des liquides, si tant est qu\u2019il y en oût jamais, formation des montagnes et les oscillations du sol, l'organisation des êtres vivants, si eur ces montagnes et dans oss plaines il y eût jamais une flore et une faune pour en embellir et animer les muettes solitudes, tout doit revé- tir là un caractère spécial, différent de ce que nous sommes habitués de voir.Mais des conjectures sur oe point, outre leur manque de fondement, suraient encore le défaut de nous entraîner trop loin ; neus nous contenterous dono de visiter ces déserts tels qu\u2019ils sont maintenant et même tels qu\u2019ils nous apparsissent de la Terre.Vu de notre plauête à l'œil nu, le disque argenté de la Lune semble couvert de grandes taches qui ici et là offusquent ls clarté, Que signifiaient ces taches il y avait, parmi les braves gens d'autrefois diverses opinions à ce sujet.Qui y reconnaissait Judas, rendu là nous ne dire comment ; qui y voyait Caïn le fratricide ; qui, un voleur du même nom, lequel, troublé dans ses opérations nocturnes par la clarté do la Lune, s'avien d'en Obatruer les rayons avec un d'épinee.Mal lui en prit.Car lui-même fut emporté là-haut aves son fagot ; et chaoun peut le vérifier de:ses propres yeux.An récit de ces fables, il os: bou de reconnaître que nos anoôtres savaient du moins dire quelque chose sur les habitants de 1s Lune.En authenticité et en valeur scientifique, leurs connaissances sur oo point valaient bien ce que Flammarion et ses collègues racontent sur les habitants de cet astre et des autres.Le télescope, malgré tous les perfoctionnements qu\u2019il « reçus dernièremant, ne nous révèle sur la surface de la Lune abeolument rien qui puisse nous faire soupgon- ner sur oe globe la présence d'êtres vivants ou intelligente.Et nous ne saurions nous en étonner.Les meilleurs instruments ne nous donnent un disse- ment utile que de 1000 diamètres, et par conséquen ils ne nous montrent la Lune que telle que nous ls A Loil nud la distanos de bie Or il ost évident ju'à cette distance est impossible de distinguer, ne die point, un animal où une te, mai 2s Bons qui ne serait point de ur colossal.Les aetro- nomes d'imaginstion se livrent là-dessus à tous les 579 L\u2019OPINION PUBLIQUE va à = ce cn (A 34: Se \\ se un 3 = © RS ua > ra RE 0 LR A0 vw =.\u201cTi 5 Rs ES i a J fr ii 3 % : : 3 i bi | 5, JIT Wy a L TISSANDIER y i 0 WI 3 = & a Ue = 7 di oe] 4 boy GASTON HEE 4 27 Le } Mle i ! Ï = Soi = 7 UN fi = ALBERT ET i VE J SX i oh i ! AUT ni Ea | i 7.A DN J + = , i) TC = iri Ï ELECTRIQUE DE MM 1 © 3 a A ty M = il wl = In fol edn Rod 2 Hi AEROSTAT DIRIGEABLE 9 L> | À = 5 - ni AT ge Up a sd 4 3 > 4 ; 5 J 5e = aie = À = =F a === = = = pe => \u2018 À Car = = = =X = Ta = SA A = == = = = Ne =% 2 I ; == JE Toy pn = err == = Ee a a ee = et = as er Pe ak pee | AE a se TE séves.D'un oôté ils qu'un jour on arrivess à fabriquer un instrument eapable de nous faire voir quelque grande cité lunaire ; d'un autre côté, crai que méme slore leurs désirs ne soient réalisés, ile nous avertiesent Jue Bous ne 00 rons pas ces villes pour ce qu'elles sont, vu qu\u2019elles ne ressemblent aucunement aux nôtres.Pour nous, nous ferons bien de laisser de côté ce que le télescope ne nous montre pas encore et de nous en tenir ce qu'il nous fait clairement voir.En fixant un télescope ordinaire sur la Lune en son déclin (1), on aperçoit sa surface entière couverte de rugosités ciroulsires, de toutes les dimensions, entre- méêlées d'intervalles unis qui ont l'aspect de taches grises ou moins lumineuses.rugosités sont des montagnes ; les intervalles des plaines, bien que eur les cartes géographiques de la Lune ou mieux sur les cartes sélénographiques on leur conserve le nom de mers qu'ils reçurent tout d'abord.C'est ainai qu'il y & dans la Lune le Mer de la Tranguillité, la mer du Froid et celle des Tempétes, lo yolfe de I'lIris, la lagune des Brouillards et les lacs des Songes et de la Mort ; on y voit pareillement les montagnes et los oratères de Pfo- lémée, de Képler, de Scheiner et autres.Les montagnes couvrent presjue les deux tiers de la surface lunaire accessible à Dos ; et lour ao; est, sous trois rapports, tout à fait différent de celui que présentent nos montagues terrestres, abord elles ne forment pas de longues chaînes continues comme, per exemple, les Apennins, les Al ou les Pyrénées : elles surgasent isolées, et compl ment séparées les unes des autres.D'où nous pouvons conclure que leur mode de formation a dû être tout différent de celui suivi ici-bas : elle ne sont point le produit des soulèvements ou éboulements de régions entières, mais de causes qui ont dû agir séparément sur chaque point où se trouve aujourd'hui une montagne.C'est ce que montre plus clairement et confirme ls seconde particularité observée dans la forme des montagnes lunsires.Toutes généralement s'offrent à nous comme un cône brisé, même creusé en son milieu à Is manière des cratères, au fond duquel on voit souvent s'élever un autre cône plus petit, comme on l'observe d\u2019ailleurs dans quelques volcans terrestres.Ajoutons à cels la profondeur des oratères lunaires qui vont beaucoup plus bas que la plaine extérieure et l'immensité de ces cercles dont beaucoup mesurent en diamètre plu- aieure centaines de milles.Tout considéré, l'hypothèse Ja plus probable sur I'origine des montagnes lunaires eat celle Faye, d\u2019après laquelle elles se seraient formées Pa les précipices ouverts dans la croûte du sol, quand il était encore léger et mal affermi.Car la matière liquide de l\u2019intérieur, sortant des ouvertures ainsi formées, par suite des marées que devait produire l'attraction terrestre, a dû déborder sur les parois, s'y consolider et élever ces pets circulaires qui nous paraissent semblables à des amphithédires plus forte objection contre cette hy- thèse (objection d'ailleurs résolue par Faye au moyen \u2018arguments d'analogie probables) est celle tirée de la hauteur disproportionnée des montagnes lunaires.C'est là aussi la troisième différence remarquable entre ces .mon et celles de la Terre, De fait, la hauteur des montagnes lunaires n'est pas moins extraordinaire que leur immensité.Les monts Leibnits s\u2019élèvent à 7,610 mètres, trois autres à plus de 7,000, les cratères de Casatus, de Curtius, de Calippus, de Ticone, à plus de 6,000.Nous avons sur la Terre des pics de plus de 7,000 et 8,000 mètres, comme le Gaurisankar dans l'Himalaya, ls plus haute de nos cimes dont l'élévation est de 8,837 mètres.Mais cette altitude ne représente que y Àyp du diamètre terrestre, tandis que le Leibnits atteint 74, du diamètre lunaire.Ce serait oomme si nous avions aur notre globe des montagnes de 25 à 26 kilomètres et, circonstance à noter, non adossées les unes aux autres et ainsi dissimulant leur élévation, mais isolées et surgissant imtné- diatement de la plaine à oette hauteur gigantesque.Par suite de ostte proportion ou plutôt disproportion entre le diamètre de la Lune et ses montagnes, se produit un phénomène qui n\u2019a rien d\u2019équivalant sur Is Terre.Quelques montagnes, près des pôles lunsires et ui s'élèvent à 3 où 4 mille mêtres, jouissent du privi- d'avoir toujours leurs cimes des rayons du Suleil et de n'assister jamais à son coucher, Nos explorateurs aimeraient sans doute à faire une exoursion eur ces cimes fortunées, et uno ascension de 4,000 mètres ne les effrayerait gudre, vu surtout la lé- reté qu'ils ressentent, étant allégés comme ils le sont les # de leur poids.Mais le guide est obligé de les prévenir qu\u2019il y a à oels un inconvénient ; s'ils ne l'ont déjà éprouvé dans Is plaine, c'est un mirnole ; plus haut, oe serait pire.C'est que là-haut il n\u2019y à ni air res pirable, ni rien qui en denne lieu.Le fait est tris certain et le guide est prêt à en donner les preuves.: Gro, (A owivre) (1) La réleson pour laquelle on obeerve In Lune en son déclin, est que, vu la tion du Bolefl gel 1 fnppe do ctu.elle laisse mienx distinguer les ombres parties éclairées A ALEXANDRE DUMAS, PÈRE Dunes, © fos dard Le a Able été oot novem! u'slle s Damas, le boulevard Malusherbes, A Au wilisu d'une fouls émue qu'Alexsudre Dumas s shar- mée, qu'il à fait rire ot qu'il s fait pleurer, le Tout Paris l'intelligence était groupé, uni dans uns méme communion d'iddes et de sentiments, devant ce bronze, une des dernières œuvres de Gustave Doré.De ma- frifiques discours ont été prononcés au pied même de statue.Au milieu de tous ces savanta, de toutes les loires littéraires de ls France, qui #'étaient donné ren- les-vous ce jour-là sur le boulevard Malesherbes, on romarquait Alexandre Dumas, fils, visiblement émue l\u2019éclatans hommage rendu à ls mémoire de son il- ustre père.La cérémonie terminée, Alexandre Dumas se fit conduire au théâtre de ls Porte-Saint-Martin, où Sarah Bernhard déclama la poésie de circonstance que nous publions ici : Lersque tu deucendis naguère, O Maître, à le paix des tombeaux, Les noirs ouragans de la guerre Déchiraiont nos cieux en lambeaux.Et parmi les rouges vacarmes, Les clameurs, les appels d\u2019alarmes, Le choc retentiseant des armes, \u2018Ton dernier soupir arrivant Se perdit dans nos cris de rage Comme un mnglot dans un nanfrage, Et nul n'entendit sous l'orage Ton râle emporté par le vent.Aujourd'hui Le paix revenue Plate dans nos cieux Et le soleil dore Ia nue Où luit le miel de ses baisers.Certes, malgré l'heure seroine, Nous gardons au cœur notre haine, Rose sanglante dont Is graine Mürit aux fentes d\u2019un cercueil ; Mais, en attendant que s'éclaire L'aurore de notre colère, À notre gloire séculaire Nous {lluminons notre orgueil.Ausal, tout vaincus que nous sommes, Pour bercer nos espoirs trahis Nous faisons fête à nus grands hommes, Car ils sont l\u2019âme du pays, Et c\u2019est pourquoi cette journée A vu ta tête couronnée.O paime jadis ajournée, Mets sur ce front ces rameaux verts ! Et dans lu cité qui fut sienne Que le Maitre enfin nous revienne, Fier, salué sur chaque scène Au clairon sonore des vers, Salut, Maître, dont le génie Roulait tel qu\u2019un fleuve puissant Qui fait sur sa route bénie Germer les moissons en passant.Salut, face victorieuse Dont la bouche toujours joyeuse Portait, sur aa lèvre rieuse, La rouge fleur de lu gaieté, Fleur q guérit toute souffrance, Fleur jeunesse et d\u2019es; ce, Chaude comme les vins France, Claire comme un soleil d'été ! Tant que sur la terre française Cette fleur e\u2019épaneuira, Avec ses corolles de braise, O Maitre, ton nom fleurira.Or, la plante « toujours sa sève.Défiant le tranchant du glaive, On la coupe, elle se relève, Dressant ses pétales valngueurs.Flour qui ne seras point flétrie, Fleur A qui ton nom se marie, © galoté, fleur de In patrie, Tes racines ce sont nos cours! Jnax Ricueem, Paris, 3 novembre 1883.pr LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE 18vite) Ramon de la Cruz à imité avec succbs le théâtre de Molière ; le répertoire de cet anteur forme sept volumes.Don Nicolas de Moratin (1739-1780), père du poète comique, laissa trois t ies.Un style abondant, oor- reot et harmonieux distingue les éorits de cet auteur ; l\u2019action de ses pièces est faible.Don José Iglesias (1753- 1791) a éorit des cantilènes, des villanelles, des romances ot dus létrillen, La fermeté de caractère de Cisufuegos (1764-1809) ss retrouve dans ses tragédies, dont les principales sont Zoraide, la Comtesse de Cas- tills ot Ttoménbe\u2014ontte dernière est son chef-d'œuvre.sur son disque : comme alors elles s'étendent au loin, elles se mesurant plus exsctement, et par elles, la hauteur mone tagnes qui les produisent.A la pleine lune, tout le disque oat éclairé d'une manière uniforme, enuf quelques légères vapours.L'OPINION PUBLIQUE Des connaissances variées, un grand fond de philoso- pâle remplacent le pou de fou ot d'élégance de a com- tion.Po évation dans lon sentiments, grandeur eb force dans les pensées, pureté, noblesse de style : voilà os qui distingue don Manuel José Quintans, auteur contemporsin.[| occupe une place rable sur le Parnasse espagnol.Son Trévor du Parnause Espu- gnol et ses poésies lyriques sout recherchés par les amateurs de bonne littérature.Tout le monde & lu sa pom- pouse ode à la Mer, qui figure avec bonheur à côté des élans lyriques de Ponce de Léon, d\u2019Herrers et de Mélendez.Quintana a encore laissé Tesoro de la Musa Epica Espanolu que continers lu araucunu de Ercillu ; Vita de Espanoles celebres, Vitu del gran capitan, Don Leandro Fernandes Moratin (1760) remporta, à dix-neuf ans, le second prix de ie à l'Académie espagnole.Il passa le plus grande partie de sa vie à voyager et débuta dans poésie par une comédie : le Vieillard et la jeune Fille.En 1792 parut le Café, eo- médie satirique contre les dérèglements de l'art dramatique.Le Baron, la Femme, |' Hypocrite ot le Oui des jeunes filles, vinrent successivement accroftre sa renommée.\u2018Son savant ouvrage, Origines del teatro Espanol est justement célèbre.Il mourut su commencement de ce siècle.Arriazo w'est distingué dans la poésie lyrique, Il réunit à un haut de les deux grandes qualités du poète : le sensibilité du cœur et l'activité de l'eaprit.plupart de ses ouvrages, écrite avec élégance et olarté, sont pleins de chaleur et d'enthousiasme.On lui a reproché un défaut d'instruction ; on pourrait ajouter que les créations spontanées de son imagination ont souvent trop de jesse.Son Ode au combat de Trafalgar est un modèle.Le Portugal, en perdant sa liberté, vit la littérature nationale descondre des hauteurs où l'avait placé Ca- moëns, La Fontaine ayanipide marque la décadence de la littérature portugaise.Mentionnons cependant les nobles efforts de François X.Meneses (1744), le littérateur le plus distingué de son temps.Sun style est toujours correct et harmonieux.Son épopée, l'Enri- cheide, n'est pas sans mérite ; mais on est loin d'y trouver l'inspiration épique.SOLIS Don Antoni de Solis naquit en 1610, et mourut en 1686.Il étudis à Alcola et & Salamanque, devint se- orétaire d'état sous Philippe 1V et grand chroniste des Indes La première partie de sa vie fut consacrée à ls poésie, particulièrement 4 la poésie dramatique, et la secondeŸpartie à l\u2019histoire ot à politique.À l\u2019âge de 56 ans il embrasss l\u2019état ecclésiastique et dit adieu à la littérature.C'est le dernier poète de l'école de Caldé- ron et le seul grand homme du règne de Charles IL.I] fit jouer à 17 ans une comédie, Amor y obligutio.11 composa successivement plusiqura autres pièces dont les principales sont Orphée et Eurypide, Lue triomphos de amor y fortuna, le Château du mystère, Gitanella et l'Amour à la mode.\u2018Toutes ces pièces sont très po- ulaires an Espagne ; la dernière paraît être son chef- œuvre, mais son plus beau titre de gloire est l'Histoire de la conquête du Mexique, qui eut les honneurs de la traduction.Pureté ds goût, variété de détails, pointures animées, simplicité de forme\u2014voilà ce qu\u2019on admire surtout dans ce monument impérissable.L'histoire était le véritable domaine où Solis était appelé à briller, Doué d'une imagination riche, mais sans initiative, il sut s'approprier les travaux de ses devanciors avec plus de goût que de génie.11 laissa encore des jes sacrées, des lettres, des chante religieux.Il a rendu des services éminents à la poésie castillane.Sous ce rapport il marche de pair avec Diego de Ssavedrs, loTplus grand homme du règne de Philippe IV.YRIARTR Don Thomas de Yriarte, neveu du savant don Juan de Yriarte, naquit au port d'Oratava, daus l\u2019île de Té- nérife, lo 18 septembre 1750, et mourut le 17 septembre 1791, au port de Saint-Lucar.Yriarte marqua de bonne heure ce qu'il devait être plus tard.À dix-huit ans il parlait l'italien, le fran- gais et l'anglais, faisait des poésies latines, excellait dans Ia musique ; il débuta dans la carrière littéraire une comédie : Il faut bien faire ce que l'on fait.us tard il traduisit plusieurs comédies françaises.Deux autres pièces de ss composition : l'Enfant gâté et la Fille mal élevée suivirent de près ces traductions.TI succéda à son oncle dans l'emploi d'interprète de Ia première secrétairerie de l'Etat, ce qui ne l'empêche pas de rédiger lo Mercure politique et d'écrire un good nombre de pièces en vers et une exosllente tra.uotion de l\u2019art poétique d'Horace.Cette traduction, attaquée par Jean Sedano, éditeur du Parnasse Espagnol, fat défendue avec eeprit dans un dialogue intitulé : On les donne, qu'ils les prennent.Se comédie de mœurs, le Petit maître gâté, eut du succès.Mais son monument le plus durable, son véritable titre de gloire, o6 qui lui acquit une réputation européenne sont ses Fables littéraires.On ne connaît rien © de mieux que le Singe du Joueur de marionnettes les deux Lapins, l'Ours, Singe et le Pourçeau, les deux Lémrds.Son plus grand défaut eat de montrer tre, d'eaprit.Cot homme, d'un mérite supérieur, ne oral.it pas de e'abaisser, en écrivant pour les écoles pu- liques, des leçons inatructives sur la morale, l'histoire et la géographie.Il avait ausei entrepris d'écrire un poème épique sur ls conquête du Mexique par Cortès ; mais tent de travaux et de veilles avaient ruiné sa santé il se vit contraint d'y renoncer.Quant à son poème sur la Musique, voici ce qu'en dit Bouterweck : \u201c\u201c Le plan est bien congu, le style a toute l\u2019élégance requise, mais ls composition est trop peu poétique en général, pour cacher ce qu'il y a de syaté- matique dans le fond de l\u2019ouvrage.Au lieu de donner, suivant l'intention très rarement remplie du poème didactique, un intérêt poétique aux vérités qu'il veut enseigner, et de présenter à l'imagination l'instruction destinée à l'esprit, Yriarte, comme la plupart des poètes didactiques, fait de l'instruction son principal objet et n\u2019y joint ls poésie que comme un embellissement accessoire,\u201d La poésie d'Yriarte est travaillée, correcte, et son vers a toujours la pureté clawique.Mais on y voit peu \u2018le ces élaus qui raviasent l\u2019Âme et soutiennent la pobsie.Un critique espagnol se plaft à faire ressortir chez lui un Koût arrêté et délicat, une raillerie piquante, mais inoffensive, une netteté de diction, une élégance soutenue, qui peut le faire regarder à juste titre comme le digne rival de Mélendez, Na traduction du Hobinson et son fameux monologue Gusinan el Bueno eurent le succès qu'ils méritent.Yriarte mourut à la fleur\u2019 de l'âge, à 40 ans, emportant dans ls tombe l\u2019estime et l\u2019admiration de ses conoi- toyens.MELENDES VALDEZ Don Juan Mélendez Valdez naquit au bourg de Fresno, le 11 mars 1754, et mourut en France le 24 mai 1817.C'est un des meilleurs poètes lyriques de l'Espagne ; à vingt-deux ans, après de brillantes études faites à Salamanque, il prit le grade de docteur en droit et occupa longtemps la chaire de littérature à l'université de cette ville.1 débuta dans la poésie par son Eloge sur le bonheur de lu vie champêtre, qui remporta le prix à l'Académie espagnole sur les autres compositeurs ; dans cette occasion, son rival, Yriarte, n'eut que l'accessit.Son premier volume de poésie lyrique fut accueilli avec bonheur.Jamais pareille ovation me s\u2019était encore produite dans le monde littéraire de l\u2019Espagne.Tous les hommes distingués, les savants comme les poètes de l\u2019époque, sollicitèrent sun amitié.Les premiers élans de l\u2019adimiration une fois passés, une appréciation plus raisonnée du mérite réel de Mélendez remplags ces éloges exagérés.On lui reconnut moins d\u2019originalité et de force que de grâce, moins de douceur que de pureté.Mélendez n\u2019aurait jamais dû se livage à la pol tique, les lettres y auraient gagné et aucun nuage n'surait at- tristd son existence.Nommé juge au tribunal d\u2019appel de Saragosse, en 1789, et procureur du rei en 1798, à la résidence de Madrid, il se rallia plus tard & Joseph Bonaparte ot fut nommé conseiller d'Etat et directeur de l'instruction publique.En 1814, il fut forcé de Afrancesados ; il 8e retira à reste de ses jours.Ses œuvres, 4 vol.in-80, renferment des odes, des élégies, des églogues et des épitres, remarquables par la vérité des sentiments, la fraîcheur des idées, l\u2019harmonie de la versification, la pureté et l'élégance du style.On cite encore de cet auteur les Noces de Gamache, drame pastoral, qui à été comparé à l'Aminéa de Tor- guato Tasso et la Chute de Luzbel ou Lucifer, ÉPOQUE CONTEMPORAINE La véritable renaissance commence à Esproncéda, un des soldats de Is révolution de 1830, à qui l'Espagne doit des morceaux lyriques d'un grand éclat : Je Diable- Monde, Pélage, l'Etudiant de Salamanque, poèmes imités de Don Juan, de Faust, de Rolla, main où l\u2019inspiration personnelle tient pourtant une grande place.Zo- rilla ne se contente pas de traduire les poésies de Victor Hugo et de renouveler la scène espagnole : un recueil lyrique d\u2019une grande valeur, un poème épique sur la Prise de Grenade, attestent toute l'originalité et toute la sève de son vigoureux talent.À es suite une léïade de jeunes poètes : Guttierres, Gil y Zarate, Hartzomburg, 8.E.Caldéron, Garcia de Quevedo, Pacheco, etc, retrempés dans le courant lyrique de Byron, de Hugo, de Lamartine, ont attiré de nouveau l'attention eur cette poésie espagnole qu'on croyait morte.Daus le roman le XVIIIe siècle n'avait produit w'un seul grand homme, le père Esls (1701-1781), nt le Fray Gerundino, roman satirique des mœurs du clergé, peut se placer après le Quichotte, Après le père Esls, pou renconirer un nom saitlant, il faut weriver jusqu'd l\u2019époque contemporsine, à don Marino de Larre, auteur d'un des meilleurs romans uitter I'Espagne avec les \u2018ontpellier, où il passa le L'OPINION PUBLIQUE historiques do I\u2019 , le Damoiseau de D.How rique le Dolent, L'écrivain a imité Walter Seott, mais il rachète ce défaut par la variété des peintures, les recherches arohéologiques, l'expression saisissante des mœurs de l'époque et l'originalité du style.Le Mer- nan Perez del Pulgar et l'Isabelle de Solis, do Martines de la Rosa, sont deux remarquables romans historiques, Le Sancho Saldana, d'Eapronceda ; un roman de don Berafin Caldéron, Maures e# Chrétiens ; Dos Mugeres, de Mme Gertrude de Avellaneda, sont assurément des livres fort bien faite, fort bien écrits.Ces œuvres recommandables, prisées à juste titre en Espagne, sont bien loiu d'avoir le piquant et l'originalité des romans de mœurs de la classe moyenne, filon précieux exploité dans les nouvelles picaresques.C'est à ce genre et trop longtemps en oubli que nous devons les Scènes de Madrid, par M.Mesonero de Romanes.On croyait oe fonds épuisé, car les mœurs ont bien changé en Fs- pagne depuis Lasarille de Turmes et les aventures de Gran Tacano ; wais Madrid, comme toutes les grandes villes des autres provinces d'Espagne, s gardé sa physionomie spéciale ; ses classes moyennes et inférieures n'ont pas été tout à fait envahies par les coutumes modernes, et un bon peintre de mœurs peut y glaner encore quelques sujets d'études.Au même genre appartiennent Los Espanoles pintados parasi mismos, publiés en 1844.Les meilleurs écrivains contempo- mains, MM.de Romance, Breton de los Herreros, Thomas Rubi, ont tenu à honneur de fixer tous les types de la vieille et de la nouvelle Fapagne.Mme Bahl de Arron, sous le pseudonyme de Fernan Caballero, nous amène au véritable roman de notre époque, le roman intime, le roman d'analyse.Ses œuvres sont graciouses et touchantes.Son nom domine en Espagne depuis une vingtaine d'années ; il éclipse une pléiade jeunes littérateurs tout ocou- pés à imiter Alexandre Dumas, Eugène Sus et Balzac.Parmi ces derniere il faut citer M.Fernandez de Gonzalez, qui a fait de son Martin Gi, une ox- cellente étude, entratnante, passionnée, du règne de Philippe IL L'époque contemporaine s'est encore enrichie des travaux de Donoso Cortèz et de Jaime Balmez, un homme d'Etat et un casuiste.Mais lu renaissance est plus féconde dans la critique littéraire ; les noms de Capmany, de Gayangos, de Vedia, de Ochoa, de Mila, de Fontanal, etc, font preuve d'érudition en remettant en honueur les anciens monuments littéraires de l'Ee- page.Martinez de la Rosa ouvre, dans le genre dramatique, l'ère contemporaine.Le théâtre espagnol lui doit quelques œuvres estimables ; I' Espagnol 4 Venise, drame en vers ; la Mère à la maison et la Fille au bal Zorills, Guttiorror et Thome Rubi rendirent à la ne espagnole le prestige perdu depuis cinquante ans.Ils sont à la tête d\u2019une brillante école qui s'illustra surtout de 1835 à 1850.Zorilla publis son Don Juan Tonorio, œuvre magistrale, d'un grand lyrisme ; le Diable à Valadolid, amusante comédie d\u2019intrigue ; le Poignard du Goth, emprunté aux anciennes chroniques 3 le Savetier et le Roi, drame d\u2019une certaine puissance.Guttierrez, auteur du Trovador, drame moitié en vers, moitié en prose, qui a couru toute l\u2019Europe avec la musique de Verdi ; le Page et le Roi moine, obtinrent un grand succès.Thomas Rubi, auteur de la Roue de fortune, moins lyrique comme poète, plus habile comme dramaturge, tient dignement sa place au milieu des éclatants succès des deux autres.Les auteurs actuellement en vogue sur La scène espagnole sent : Gil y Zarate, l\u2019auteur de Charles II l'en- torcelé ; Breton de Los Herreros, le meilleur poète comique de l'Espagne depuis Moratin, l'autour des Deux Cousina, de Je vais à Madrid, à la Rédaction d'un journal, et vingt autres pièces gaies, amusantes et fort bien écrites.Tous ces travaux, tous ces noms illustres qui honorent à juste titre la littérature madrilène, font ee rer que la période d'imitation a fait son temps./ Espagne est assez riche de son propre fonds pour croire que la renaissance contemporaine, un peu factice encore, ne resters pas stérile.La littérature espagnole, dit Sinmondi, n\u2019a proprement qu\u2019une seule période: c'est celle de la cheva- lorie.Elle brille de tout son éclat dans les anciennes romances castillanes.Tout le fonds de sentiments, d'idées, d'images et d'aventures dont elle a disposé dans la suite, se trouve déjà dans cet ancien trésor.Boscan et Garsilaso lui donnèrent bieu une nouvelle forme, mais non pas une nouvelle scène et une nouvelle vie; les mêmes pensées, les mêmes sentiments romantiques se retrouvent dans ces deux poètes et dans leur école, seulement avec une re nouvelle ot une coupe presque italienne.Le théâtre espagnol commença et, pour la troisième fois, ce fonds primitif d'aventures, d'images et de sentiments fut mis en œuvre sous une nouvelle forme.Lope de Véga et Caldéron produisirent sur ls scène les sujets des anciennes romances et firent reparaître dans le d dramatique 0e qui, depuis longtemps, se trou- te Lu che mL Ainsi, sous une appe- rente variété, les Fapagnols se sont lsscés de leur mone- tonie.La richesse de leurs images et tout ce brillant de leur je ne recouvraient qu'une pauvreté réelle ; si l'esprit avait été nourri comme il duit l'être, oi la pensée avait été libre, les classiques espaguols seraient enfla cortie de leurs sentiers circulaires ot ils auraient marché dans le même sons que les autres nations (1).Nous terminons en formant des vœux pour que I'Espagne trouve sa voie naturelle.Que demain une idée, un priucipe, une opinion libre, grande, vaste, se ré] sur la terre des toréadors, et l'on verra ce peuple, au sang chaud et fécond, se lever et manifester sa puissance.Epxono LAREAV.Fin CLUES be Avdaiis On annonce la mort de Mgr Colet, arehevéque de \u2018Tours (France).L'ouverture du Victoria Skating Rink, de Montréal, à eu liou samedi soir.On annonce que Sontay et Bacninh ont été évacués par les troupes chinoises, Le cabinet français s rescindé le décret prohibant l'importation du porc américain.Les candidats parnellistes ont été victorieux dans les élections municipales de Limerick et de Dublin.La requête demandant une réduction de droits sur les instruments d'agriculture n'a pas été accordée.O'Donuell, le meurtrier de Carey, à été condamné à mort, à Londres, samedi dernier.On dit que 1a police est sur les traces des controfae- teurs de billets de banque.L'état de santé de l\u2019hon.M.Mackenzie inquiète vivement les amis de l'ex-premier ministre.On croit à Madrid que le prince de Galles visiters l'Espagne au commencement de l'année prochaine.La bibliothèque du barreau de Montréal vient de recevoir de Paris un grand nombre d'ouvrages de droit.Le R.P.Lacasse est en ce moment au Saguenay où il prêche des retraites.Trois jeunes femmes, attachées à La cour de St-Péters- bourg, ont été arrêtées pour participation dans un complot nihiliste.Le comité du carnaval de cette ville s demandé des soumissions pour l'éclairage du palais de glace à l\u2019aide de quatorze lampes électriques.Le président Grévy a reçu, avec tous les honneurs militaires, Senor Serrano, le nouvel ambassadeur espagnol à Paris.Des commerçants américains achètent actuellement toutes \u2018les volailles qu'ils peuvent trouver sur le marché d'Ottawa et ceux des environs.New-York a célébré avec grande pompe, par une pluie battaute, le centenaire de l'évacuation de la ville par les Anglais.Comme compensation glotorre songe, paraît-il, ns la mer de Chine.Le Canadian Gazette, de Londres, constate que nulle part plus qu'en Canads on ne déploie plus de zèle pour développer l'instruction parmi le peuple.M, Crooks, l'ex-ministre de l'éducation dans le gouvernement d'Ontario, est atteint d'aliénation mentale.On le dit enfermé dans une maison de santé.La Société Saint-Jean-Baptiste d'Ottawa a décidé de se faire représenter à la démonstration nationale qui aurs lieu à Montréal, le 24 juin prochain.Le Canadian Gazette, de Londres, exprime as confiance que le Canada remportera la palme l'exposition de silviculture qui doit avoir lien prochainement en Angleterre.M.I'abbé Laflamme, professeur à l'Université-Laval, donnera prochainement une conférence à l'Institut-Ca- nadien de Québec, sur la formation géologique du Sa- , guensy.Une grande démonstration & eu lieu jeudi dernier, à Saint-Jérôme, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la naissance de M.le curé Labelle.Nous regrettons de ne pouvoir donner tous les détails de cette grande fête qui Inissera des souvenirs ineffaçables et qui demeurera comme une preuve incontestable que les services rendus par le curé Labelle sont hautement appréciés.! (1) De la lisératurs du midi de 0 Burepe, 11, 490.ur la perte du Soudan, l\u2019An- acesparer l\u2019île de Haïnan, = 583 4%.= > À Ve + mue, Na on 3 8 = Sg [te -~ \u201d A > À se.= kt 275 * ce \\ hy g if) 3 == Uy SEE = | % 40 We =a == == ea ; À pa n = = | | ALEXANDRE DUMAS père A h \\ 9 Bhs, oo \\ = 4 \u2014 \\ NY N Ay À HRA a a L'OPINION PUBLIQUE 2 2 4 5 ON 2 AE, CG =.- 4 Ya, > (RY Ça > > ds, 4 Ee y 3 22 2 i po A > + i AN AR | À as L\u2019OPINION PUBLIQUE v A 4, aN Lo 25) Lu _ v W < top } H $ ue.5 = 5 As Ze +.2 2 æ hr = 4 VA Es == Z, x + ra =.« 4.= = 5 = 2 : a kb ont A i Zz, = EE 2 À me 2 NY pe ES a k- 0, oF \" wt oY se » Va Ta 9 £ \u201c LE À ver es de 7 7 Î p+ +9 HC D A Jante air a ALEXANDRE DUMAS fils. L'OPINION PUBLIQUE UN TROP.BEAU RÊVE Amertume du cœur, noirs chagrins et regrets, Voila quels sont les duns que chaque jour m'apporte Et suns ceme à mes pas s'attache leur cohorte, Comme si mon destin n'avait d'autres arrête.Parfois, vi le bonheur sur mon chemin se place ; Quand le cœur épuisé du trop longues douleurs ; de n'ai plus, à mon Dieu! ni courage, nt pleurs.Quand J'entends loin de mol la tempéto qui passe ; Quand je sens sur mon front un soufile bienfaisant ; Quand se termine enfin mu morale agonie ; Quand ina bouche sourit et s'entr'ouvre à la vie ; Quand Je me crois sauvé d'un pouvoir écrasant ; Alors, oh! pauvre fou, non doux repos s'achève, L'espérance déjà, ce remède divin, Desvendue en mon cœur, tout ausultôt s'éteint, Et pour toi, ce n'est plus.hôlas! qu'an trop beau rêve.Gousnan.30 octobre 1893.LE MOULIN ROUGE -\u20140 PROLOGUE LE MARIAGE DE LASCARS XXX PAULINE (Suste) 11 ne {ui semblait point que son Père fût mort.Sans cesse elle évoquuit son image; sans cesse elle le voyait auprès d'elle ; elle croyait lui parler; elle l'entendsit lui répondre.Cucl n'était d'ailieurs ni un retour de folie, ni le résuitat d\u2019une sorte d\u2019hallucination.C'était une iliusion de filiale teudrense,.Qui donc, après une perte irréparable et profondément scntie, n'u cru vivre encore avec un mort bien-aimé?.À vôté de l\u2019image du vieillard, presque toujours présente, à côté de sun noble visage encadré dans les longues boucles de ces cheveux blancs, une autre figure, à peine moins distincte, appuraissait souvent, , ,, C'était celle de cet héroïque jeune humme, resplendissant de générosité chevaleresque, d'audace et de dévouement, par qui Pauline avait été défendue dans la rue Royale, pendant la nuit du 30 tai, et sur le bras duquel elle s'était appuyée.le marquis Tancrède d'Hérouville t La jeune fille méluit naïvement le souvenir de cet inconnu au souvenir de son père, et duna son innocence absolue, elle ne cherchait point à éloigner ce gracieux fantôme, qu\u2019elle n'é- Voquait pas non plus, mais dont l'apparition Ja churmait tou- Jours et lu troublait parfois.Telle était ln vituation morale de Vorpheline, au jour et à l'heure où nous la retrouvons vn compagnie de madume Au- doiu, faisant ss promenade de chaque soir sur Le ro.ite qui conduit de Bougival à Port-Marly, et Qui ne w'écarte guère des rives de tu Seine.Las vieille dame et la jeune Alle marchaient l'une à côté de l'autre, silencieusement, Un quart d'heure, 3 peu pres, se passa ainsi, puis madame Auduin rumpit un silence qui semblait lui peser, quoique, certes, l\u2019excellente femme ne fût point bavarde, \u2014Pauline, mon enfant, muemura-t-elle, pourquoi ne me parles-tu pug?A quoi penses-tu donc ainsi ?; La Jeune fille tressaillit, comme au moment d'un brusque reveil, -\u2014Ma bonne Auduin, répondit-elle, Je regardais le ciel, pensais à Dieu, à mon père, qui est auprès de lui, et je Tae demandais à tous deux de veiller sur nous, de nous protéger, de ne nous ubaudonner jatouis Que deviendrions-nous hélas! ui Dieu et mon père ne nous soutenaient pas, nous qui sommes seules, seules sur la terre ! Ces paroles furent prononcées d'une voix buse et plaintive; leur intonation désolée prouvait Jusquia l\u2019évidence qu'elles s'échappaient d'uv cœur dont les blessures étaient saignantes et douloureuses.\u2014Ma chère enfant, dit madame Audoia avec luquiétude, il me semble que tu es, ce soir, plus découragée, plus abattuo rie de coutume.est-ce que je me trompes?Pauline sccuua la tête, comme si sa vompagne avait pu voir ce mouvement.«\u2014Non, tu ne te trompes pas., murmura-t-olle ensuite.4 éprouve en ce moment, c\u2019est vrai, un redoublement de tris- \u2014Pourquoi ?\u2014Je l'ignore et il me serait tout à fait impossible de l'expliquer.au chagrin si profond et si légitime que tu partages avec mol se joint ce soir un malaise moral dunt les causes me sont inconnu j'ai entendu parler jadis de pressentiments, mais Je ne puis croire qu'ilu existent, puisque Je 30 mui, invouciante et Joyeuse, Jentrainnin, malgré lui, mon père à cette horrible fêtel Eb bien! il me semble aujour- d'hui qu\u2019un pressentiment sombre pèse eur mon âme.ll me semble que nos infortunes ne sont point à leur terme, il me sormble enfin qu'un nouveau malheur ent près de nous at- re, .\u2014Pauline, mon enfant, s'écrin madame Audoin avec un commencement d'épouvante, ne dis pas cela, je t'en suppliel.tu me fais trembler! Quel malheur crains-tu donc ?\u2014Je te répète que je l'ignore.\u2026 répliqua la jeune fille, je ne comprends absolument rien à ce qui se passe en moi, et, ane ta question de tout à l'heure, je ne t'en aurais point parlé.\u2014Tu m'as troublé l'âme et l\u2019esprit avec tes prévisions sinistres, poursuivit la gouvernante, voici que je me sens toute agitée.toute trembl oes cette obacurité me paraît lu- qubre.++ Je trouve que ces grands arbtos noirs ressemblent à fantômes géants.\u2014Ma bonne Audoin, dit l'aven de ma faiblesse involontaire te trouble et t'agite ainsi, voux-ta ne continuer ©e soir notre promenade et reprendre tout dv suite le chemin de la malsou ?,,.\u2014J'allais t\u2019adreuser cette prière.\u2014Viens donc, et surtout calme-toi, car s'il eat au monde une vhose certaine, c'eet qu'aucun daugor ne Rous Munace of que moa imagination malade prévoit des maux imaginaires.La jeune tille et ls vicille dame reviarent alor sur leurs pas, et, pendant quelques minutes, aucune parole ue fut échun- glo entre alles.XXXI Tout à coup Pauline ventit le bras de madame Awdoin trom.bler lighrement sur le sien.\u2014Qu'as-ta donc?lui demandu-t-elle.Ket-ce que tu souffres ?\u2014Non ; mais j'ai peur.wurmurs là vicille dame d'une voix à pelne distincte.\u2014Pour! ropéta In Jeune fille, et de quoi, mon Dien?.\u2014Ii me semble qu'on marche derrière nous.Liorpheline tourna Ia téte A demi, pour écouter, et le beult d'un pas lourd frappa dlatinctement son oreille.\u2014C'est vrai, dit-elle au bout d\u2019un instant, on marche.Pauline, malgré la diuposition d'esprit dans laquelle elle se trouvait, ne put vompéu er de sourire.\u2014Ma bonne Audoin, répliqua-t-elle ensuite, rassure-toi, je t'en supplie.la présence d'un voyageur sur cette route n'a rien qui doive nous alarmer, nl même qui puisse nous paraître suspect.ls personue dont nuus en pas est sans doute un paysan de Bougival qui rentre chez lui.peut-être même est-ce un habitant de la ferme.\u2014Tu parles de le forme.enis-tu ce que, pas plus tard qu'hier, ls fermière me disait ?\u2014Que te disait-elle ?\u2014Ceci, en propres paroles : \u201c Défles-voun ! vous sortez trop tard! prenez garde aux fachetues rencontres.il y à des rôdeurs de nuit.des mauvaises gens.des gueux de Paris.\u201d Je voulais te répéter ces les aujourd'hui.je voulais te demander de changer nos heures de promenade.\u2026 Cela m'est sort! de l\u2019esprit.plaise à Dieu que ce ne wit pas pour notre malheur!.len n'est contagieux comme I'épouvaate.Pauline, trés brave malgré la délicatesse apparente de sa nature l'éprouvs.Elle sentit un frisson passer dans ses cheveux, ot elle répondit, June voix presque aussi tremblante que celle de madame Audoin : \u2014Mais alors, s'il en est ainsi, hâtons-nous.pis, tout au plux nous séjarent de netre demeu sons point & cet homme le temps de nous rejoins rons.La bonne dume ne demandait assurément pas mieux, mais sen jambes n'étaient ni jeunes ni solides, et la peur les affaiblissait encore.Après une course de peu de durée, qui ve.pendant n'avait point été bien rapide, olle dût se ralentir, hu- letante, et fut presque contrainte de faire halte.La marche lourds continuait à retentir derrière les deux femmes «t devenait de plus en plus distincte.Evidemment l'homme hâtait le pas et 4e rapprochait.\u2014Au nom du ciel, madame Audoin, balbutis Pauline en esisiseant te bras de sa gouvernante pour l'eatrainer, faites un dernier effort.continuons.ne vous arrôtes pas.\u2014Je n'en puis plus.je suffoque.jo vais tomber.\u2014Du courage! vous vous remettrez au logis.Madame Audoin, galvanisée ea quelque sorte par les tentatives et les supplications de la jeune file, essays de prendre une allure plus rapide ; maie\u201dil était déjà trop tard.Une voix, rendue à dessein rauque et brutale (celle de Bau.vagoon) retentit à quelques pas des deux fummes, et, glaçant leur sang dans leurs veines, anéantit leurs forces et paralyen leurs mouvements.\u2014Eh bien! eh bien! mes divinités, disait cette voix, qu'est- ce que c\u2019est, 0 su sauve quand j'arrive ?C'est uue chose qui ne so (ait pas! Halte-là, mes poulettes | vous m'appartenes par droit de conquête ! nous allons faire ensemble plus ample connaissance, et, pour commencer, je vais vous embrasser toutes les deux.Le misérable, joignant l'action aux paroles, étendit les bras et prit par la taille Pauline et madame Audoin qui, parvenues au comble de l'épouvante, se serraient l'une contre l\u2019autre en tromblant.7 La gouvernante fit une tentative désospérée pour crier de laide, mais sa voix expira dans sa gorge cuntractée.\u2026.\u2026.Pauline se débattait en gémissant vous l'étreinte de Seuva- goon et wefforcait de se dégager, \u2014Des manières! reprit ce dernier, à quoi que ç# sert avec moi! bas les armes, mes petites chattes | j'ai dit que je vous embrasserais, et je vous embraserai.vt si ce n'est pau de bon gré.ça sera de furce, j'en fais serment par tous les dinbles | L'excèe du désespoir, de l'effroi et de lu honte ranima Pauline.Elle eut la furce de crier à deux reprises : \u2014Au secours | au secours ! Sauvageon répondit par ua éclat de rire farouche.\u2014Egosilles-vous, In belle! continua-t-il.Cries, appeles, passez-votis en In fantaisie oi ça vous amuse! je m'en moquu pas mal | ln route est déserte.Personne ne viendra.et d'ailleurs, si quelqu'un arrive, tent pis pour lui, je le tucrui comme une mouche! Ah! vous ne me connaisses pas.je suis bon enfant tant que ça vs comme Jo veux; mais pour peu qu'on Lie résiste, faut changer de gamme.je deviuns terribls.\u2014Monsieur, au nom du ciel, ayes pitié de nous! balbutis maadame Audoin.\u2014Nous vous implorons, monsieur, dit Pauline à son tour, nous sommes à vos genoux 1.au nom de votre mère, soyez miséricordienx pour deux femmes.\u2014Tiens! tiens! tlens! reprit Sauvaguon avec un nouvel éclat de rire, hetretsement qu\u2019elles ont parlé toutes les deux! sans ça, j'allais être volé ! ce que c\u2019est puurtant quand on n'y voit go tte! j'ai sous Is main une chouette et Une jeune colombe.au diable In chouette et à moi Ia colombe ! 11 repoussa brutalement madame Audoin, qui tomba presque inanimée sur le soi ; puis, auisissant dans ves Pauline, malgré sa résintance désespérée et maluré les coupe de see faibles mains il l'enleva de terre et fit mine de s'éloigner en l\u2019emportant.\u2014Mon Divu ! cris In jeune fille, dont la raison chancelait de nouveau et qui se sentait mourir, mon Dieu, ne vlendres-vous A mon aide?Oh) mon pire, mon pire, n'enverses-veus pas un défenseur à votre enfant ?\u2014Qui donc appelle à l\u2019aide?qui donc à besoin d'un dé- fonseur 1.Cette Interventivn Inuttendue parut provideutielle à Le Jeune Alle, déjà presque évanoule, et la renima, \u2014On vutrége des femmes! répondit-eile.C'est Dieu qui vous envois pour nous défendre.pour nous sauver lt.\u2014Au large | hurls Sanvagoon, ot qui que vous soyes, si vous teues à la vis, croyez-mul, ne vous môlez ps de mes affuires.On entendit ce bruit particulier produit par une épée qui vifile en sortant du fourreau.En méme tempe l'inconnu, qui n'était autre que Lascar, réplique d\u2019une voix Indignée ot pleine de menaces : \u2014Âu large vous-même, misérable ! hôtex-vous de fule! I! y «un homuse en face de Vous, et vous êtes uu lâche, paleque vous finsultez les femmes \u2018 \u2014Pour ls dernière fois, dit Sauvageon, prenes gardet.\u2026.Läscars ne répondit que par un éclat de rire sardonique.Sauvageon dénous l'étreinte qui retenuit Pauline captive.La jeuno fille, se sentant libre, poussa une exclamation {de Joie et courut ve réfugier derrière son défenseur improvisé.Sauvagoon, de son côté, fit le geste de tirer de sa ceinture un couteau et bondit vers Lascars qui l\u2019attendait-le pied forme et qui soutint le choc sans broncher.\u2026 .Alors s'engages entre ces deux hommes une lutte corpe à corps d'autant plus formidable on apparence qu\u2019elle était plus inoffensive en jréalité, et que leu adversaires, tout en ayant grand soin de se ménager réciproquement, ne négligealent rien pour donner à la rixe Une apparence farouche et dramatique.Pendaut ce simulacre de combat qui se prulonges pendant plusieurs minutes, Pauline ct madame Auduin tremblaieut de volr succomber lu généreux inconnu qui s'était constitué leur chevalier, et qui pour elles jounit su vie coutre le couteau d'un lâche assassin.Pauline et lu gouvernante, disons-nous, fai.ssiont retentir l'air de Jetire cris lux plus aigus, et appelaient à l'aide de toute ln force de leurs poumons rantmés.Ces clameurs amenèrent un résultat suquel, awurément, ni Lascars, ni Sauvageos ne pensuient.La scène de violence que nous racontons we passait A une faible distance des bâtiments de la ferme.La charretière s'ouvrit tout à coup ; des clartés vives, suce t sans transition aux ténèbres opaques, inondèrent ls route, et trois vigoureux garçons, suivis de lu fermière elle- même, s'élancèrent au dehors avec une ardeur incomparable, Deux d'entre eux portaient des lunternes 6t brandissaient des fourches.Le troisième tenuit un vieux mousquet rouillé.\u2014 Alerte ! dit tout bas Laxcars à Sauvageon, jouez des Jambes.il n'est que temps! L'ex-vabaretier des Lupins ne se fit jus répôter deux fois cette prudente recommatuution.1) tourna sur ses talons et rit lu fuite en agitant au-dexaus de sa tête le long couteau fnofraneit dont il était armé.Il espérait quu lu vue de ce formidable coutelas ticndrait à distance les assuillants et refruidlirait leur zèle.Il n'en fut rien, malheureusement pour lui! Les trois gar.sons de ferme prennicnt nu sérieux leur rôle de justiciers.Ils voyaient d'ailleurs que le nombre et la force étaient pour eux, en même temps que le Lon droit, et ils commencèrent ls pours suite aveu Une rapidité de funeste augure pour l'infortuné qui, cette fois encore, muus donte, alluit porter lu peluc immédiate de sa coquinerie.Le péril était réel, il était imminent ; Sauvageon le comprit et redoubla de vitesse, muis ses persécuteurs avaient des jambes de cerfs, et, de seconde en seconde, le fugitif, comme le lièvre sur ses fius qui sent In meute lui sourtler au poil, s'apercevait d'une notable diminution de distance entre lui et les jeunes i tt distance devint bientôt si courte que les pointes acérées des fourches travorsèrent les vêtements de Bauvageon et firent connaissance avec ses reins.\u2014Ces gens-là ne voudront enteudre à rien! ve dit-il, ile vont me tuer comme un chien curagé !.je n'ai qu\u2019une ressource, c\u2019est de gagner l'eau.la rivière les arrêtera peut- être.Aussitôtil quitta la route ; il gagua le sommet de In berge, et en quelques élans, avec cette force nerveuse que donne le dé- sespuir, il descendit d'un seul bund le talus rapide, ot, haletant, suffuqué, n\u2019en pouvant plus, il se précipita dans la Seine et fit un plongeon.Les trois paysans, prodigieusement désappointés, restèrent immobiles sur ic bord.Ni les uns ni les autres ne savaient nager, et leur proie leur échappaient 1., \u2014Volonticrs ils se seraient pris aux cheveux pour se punir de leur insuccès.\u2026.\u2014C'est-il, en vérité, Dieu possible de laiaser filer ut pareil gredin, quant on le tient si Lien que nous le tenions! s'écris l'un d'eux eu frappant du pied ; uuesi, c'est ta faute, grand dadais de Nicolas que tu en! pourquoi donc que tu n\u2019as pas tiré dessus 7 à quoi que Ça te servait d'avoir un fusil, puisque tu N'étais puint tant seulement capable de t'en servir ?\u2014Tais ton bec, Bonaventure, répliqua Nicolus pris & partie, j'ai cru, moi, que vous lui feriex son affuire à vous deux avec Vus fourches ! fallait prévenir que vous ne saviez courir non lus que des limaces.je comptais sur vous cemme sur une te, mais, si c'était à refaire, on verrait.Bonaventure poussa un cri.\u2014Qué qu\u2019il y n ?.demundérent vivement les deux autres Barçous de ferme, \u2014Le voilà.répoudit Bonaventure, \u20140u?\u2014La-bus.tenes.tenes.voyes.vous sm téte?., \u2014uui.cul.¢ pourrait bien l'être de tout de même, c'est sn tête pour sûr, nage-l-il crânement, ce mâtin-là ! dirent les paysans convaincus, Sauvageon, en cffet, après avoir glissé entre deux eaux pendant quelques secondes, venait de reparaitre & une distance de vingt-cinq où treute pes, pour reprendre haleine, \u2014Attention | fit Nicolas, je ne vous «is que ça, mes com- .vous alles voir ce que vous ulles voir ! 11 épaula son vieux mousquet, il visa longuement et il appuya sur lu détente.Ne charge était énorme; une truînée de feu raya les té- nébres; une détonation formidable se fit entendre dans le silence de tu nuit, et Nicolas fit la grimace en secouant son épaule poussée par le recul du mousquet.=I] en tient! cricrent & la fois les trois paysans, en étendant leurs mains vors le fleuve, dans In direction de Sauva- Ce dernier venait de pousser un gémiisement sourd, ses bras battaient l\u2019eau qu'ils faisaient jaillir avec violence autour de L'OPINION PUBLIQUE 585 a ; À tournait convulsivement sot ou ouragis courir su lui-méme comme Cotte agi supréme ne duru d'ailleurs que la vingtième partie d'une seconde, puis le bandit devint Imusobile disparut dany les profoudars de la Holo.\" \u201c (La suite au prochain numéro.) NOS GRAVURES L'aérostat dirigeable électrique L'éleotricité, qui s apporté à l'industrie moderne tant de resourses nouvelles, est peut-être à la veille de nous donner la solution du grand problème de ls navigation aérienne.Dis l'année 1881, M.Gaston Tlesandier, frappé des avantages que les nouveaux moteurs dyna- mo-électriques présentent au point de vue aérostatique, absence de feu, constance du poides légèreté, facilité de mixe en marche, avait fait fonctionuer à l\u2019exposition d'électricité un petit aérostat dirigeable électrique.Depuis cette époque, il a construit un nouveau dle de pile légère au bichromate de potasse qui, sous un faible poids, et pendant un tempa court, peut avoir un débit considérable.Bientôt après, M.Albert Tissandier étudiait apécialement le mode de construction d'un grand aérostat allongé, offrant les conditions indispensables «le stabilité dans l'atmosphère et de légèreté.Los doux frères se sont associés pour installer à Auteuil un grand atelier aérostatique, où vient d'avoir lieu la belle expérience que nous allons décrire et qui marquera as- aurément une ère nouvelle dans l'histoire de la navigation aérienne.L'aérostat proprement dit a une forme semblable à celle des ballons de M, Giffard et de M.Dupuy, de Lôme ; il à 84 pieds de longueur de pointe en pointe, et 30 pieds de diamètre au milieu.Ë est muni, à sa partio inférieure, d\u2019un cône d\u2019appendice terminé par tune soupape automatique.Son volume est de 3,120 pieds cubes, Ce ballon a été construit par M.Albert Tissandier, qui a très heureusement remplacé le filet ordinaire par une housse de suspension formée de rubans, cousus suivant épure géométrique à des fuseaux longitudinaux.La housse de suspension est fixés sur les flancs de l'aérostat, à deux brancards latéraux flexibles, qui en épousent complètement la forme, de pointe en pointe, et empêchent les déformations du système.A la partie inférieure de la housse, dus pattes d\u2019oie se terminent par vingt cordes de suspension qui s'aitachent aux quatre angles supérieurs de la nacelle, La nacelle a la forme d'une cage ; elle à été construite, à l'aide de bambous assemblés, consolidés par des cordes et des fils de cuivre, recouverts de gutta- percha, Les cordes de suspension sont reliées horizontalement antre elles par une ccuronue de cordage située à 6 pieds au-dessus de la nacelle.Les engins d'arrêt, pour la descente, guide-rope et corde d'ancre sont attachés à cette couronne, qui répartit également la traction à la descente.Le gouvernail, formé d\u2019une grande surface de soie non vernie, maintenue à sa partie inférieure par un bambou, y est aussi adapté à l'arrière.La nacelle renferme le moteur, formé de vingt-quatre éléments de pile à bichromate de potasse, actionnant une machine dynamo Siemens, & laquelle eat fixée I'hélice de propulsion, qui s\u2019y trouve reliée par l'intermédiaire d'une tranemission à engrenage.Le moteur à une force équivalant au travail de 15 hommes, et imprime à l'hélice, qui a environ 9 pieds de diamètre, une rotation de 180 tours à la minute.Le gonflement de l'aérostat a ou lieu le 8 novembre, a l'aide d\u2019un grand appareil à gaz hydrogène construit par M.Gaston Tissandier.Cet appareil produit un gaz très pur, qui n'a pas moins de 2} livres de force ascensionnelle par 3 pieds cube.MM.Tissandier frères se sont élevés lentement à 3 h.20 m.de l'après-midi, aux applaudissements de nombreux spectateurs.Notre gravure représente l'aérostat électrique au moment du départ.Quelques minutes après le départ, on a vu l'aérostat smpo par un vent assez vif à près de 400 pieds d'altitude ; mais 1'hélioe a été mise en mouvement, et quand le navire aérien faisait face au courant aérien, il restait immobile et aurait pu remonter même ce courant, si des mouvements girs- toires, déterminés par le jeu du gouvernail, n'avaient né les manœuvres.Malgré ces mouvements ires, Paérosat électrique a séjourné longtemps au-dessus du Bois de Boulogne, puis on l\u2019a vu descendre le courant aérien, et il a pu alors être facilement dévié à droite et à gauche de la ligne du vent, sous l\u2019action da propulseur et du gouvernail.La descente, très heureusement accomplie, à ou lieu à 4 h.35 m., à Croisey-sur-Seine.Cette première expérience est des plus encours geantes ; le nouvel aérostat électrique, dans de nouveaux essais, #ors amélioré dans quelques-unes de ses parties ; il pourra être muni d'un moteur plus puissant, car dans son asosnsion du 8 novembre, il avait un exoke , do lest considérable ; nous espérons que par mps calme on le vorrs se diriger complètement dans tous les sone.ML.Tissandier se préparent à leurs ex pour le belle mison aura son sou trop les encou dans une voie qui promet d'être féconde en grands résultats.L\u2019euragan de ls Martinique Le 3 novembre, un coup de vent terrible o'abattait Fhlivrmage a.oxposis cn curagene\u201d Cle ble vernage, ex, ces oui île, aux rives si accidentées, à té dévantée par le sinistre.Mai: un point qui a particulièrement souffert, c'est la ville et la rade de Saint-Pierre, Un de nos dessins en donne une vue prise d'après nature par notre correspondant, au moment où la tempête déployait ses lus grandes fureurs, A gauche, la ville et le phare rant de ses foux les vagues mugissantes ot déchat- nées ; derrière la ville, la montagne escarpée, au pied de laquelle elle est assise ob que voile à moitié en ce moment un rideau de pluie ; à droite, la mer couverte d'écume et de débris, les navires chassant sur lours ancres et s'entrafnant les uns les autres pour venir se briser à la côte.Spectacle saisissant.ureussment, les victimes ont été pou nombreuses, trois seulement : uns petite fille et deux marine\u2014ce qui est peu pour tant de naufrages ; mais toute ls population s'était portée aux secours des malheureux que mettaient en péril les éléments déchaînés, et, à force de dévouement, les disputant à une mort certaine, les lui avait presque tous SCIENCES En leterre, on remplace le fer ot le bois par le fer, dans construction des ponts.Un officier de l'armée anglaise a invents une allumette à l'épreuve de l'humidité.Pour cela, le phosphore est recouvert d\u2019une couche de parafine solidifide.On fait disparaître l'odeur de ia peinture en mettant dans l'appartement un sceau d'eau, dans lequel on hache quelques oignons.On avait déjà les charrues à vapeur; maintenant nous avons les charrues électriques, L'expérience s eu lieu à Munich et s parfaitement réussi.Ls force motrice était à 40 milles de distance.On dit que les nids de guôpes sont susceptibles de rendre feu par l\u2019action chimique de le cire sur l\u2019enve- ppe.Ce serait un moyen d'expliquer beaucoup d\u2019incendies de la nature desquels, jusqu'à présent, on n'avait pu se rendre compte.Il y à en Europe 161 villes pourvues de téléphones ; il y en a de plus sept en Asie; quatre en Afrique, 126 en Amérique et quatre en Australie.Il y a, en Amérique, une moyenne de 374 souscripteurs par ville, et seulement 187 en Europe.Trois jours avant le terrible cyclone qui a fait tant de ravages dans les Antilles, on a obsurvé, au Poil-au- Prince, que le soleil, à son coucher, prenait une teinte bleue très prononcée.Etait-oe un signe précurseur ?Dans tous les cas, ce rare phénomène a éfé suivi de l'autre tout aussi étonnant.Un savant allemand\u2014ces choses-là n'arrivent que dans leur pays\u2014s'engags à renouvèler le phénomène pa: de l'Homme à l'oreille cassée.11 promet de rendre à le vie, après deux ans de sommeil, ls personne qui aurs consenti à se soumettre à ses expériences de congélation.Comme il n\u2019a pes encore trouvé de sujet, il s'est adressé * au gouvernement suédois pour en obtenir un condamné à mort, sur qui il pût opérer.Ce savant s'appelle Gruselbach, et est professeur de chimie à l'Université d'Upesla.\u2014_\u2014\u2014 NECROLOGIE Déoédée, 1 semaine dernière, à Fraserville, madarne Marie-Lonise-Séverine Pacaud, épouse de l'hon.juge Henri Taschereau.Madame Taschereau avait atteint l'âge de trente-neuf aus.Elle était fille de M.E-L.Pacaud, avocat, d\u2019Ar- thabaskaville, ot scour de madame Caron, épouse de I'hon.juge Caron.Les fanérailles ont eu lieu samedi, à Arthabeska- ville.Nous offrons nes condoléances à l'hon.juge Teschereau.L'ÉPONGE Qui d'entre nous, pour sa toilette, n\u2019a de beaucoup évé A la primitive serviette dont on imbibait l\u2019un coins, ce végétal de l\u2019ordre des polypes que nous rencontrons sous les formes lea plux diverses et les plus baroque vi, Boules Satonnaii, bouquets, éven- sur toutes les toilettes ibles, tous les rangs de 1a société 1 post L'épouge, que l'on classe au rang des zoophytes par le fait même de sa composition chimique, fut longtemps considérée par les snciens comme un animal vivant ; elle se reproduit, comme les algues, au fond de ls mer.Les œufs, munia de cils vibratuires, ue dirigent vers l'endroit où ils peuvent fructueusement se fixer, s\u2019acorochent solidement à un rocher et s\u2019y creusent nue cavité qui deviendra plus tard un important point d'attache.L'éponge n\u2019est point utilisée telle qu'on ls recueille au sein des ondes ; il faut la blanchiravant de la livrer au publie pour la débarrasser de son enveloppe gélatineuse et du suc d\u2019udeur vireuse qu\u2019elle contient.Pour ce faire, on met les éponges tremper pendant cing ou aix jours dans l\u2019eau froide, souvent renouvelée, en ayant soin de les presser chaque fois ; puis on les soumet à un bain d'acide chlothydrique étendu de vingt fois son volume d'esu, pendant uae période de vingt- quatre heures ; lavées ensuite à l'eau pure, elles sont de Nouveau ot à plusieurs reprises plongées dans l'acide sulfureux, exposées à un courant d'eau pure et mises à sécher : elles sont ensuite blanchies su chlore et vendues aux consommateurs.L'éponge se durcit-lle sous l'action de l'eau et de I'air?Vous lui rendrez sa souplesse désirable en I'imbibant d'un peu de glycerine.Désirez-vous l'assainir ¥ Impréguez-la d\u2019une dissolution de quatre parties de permanganate de potasse dissoute dans cent parties d'eau, soumettez la une solution d'acide sulfureux et lavez à grande eau.Les plus estimées sont celles de Syrie, de Grèce et de Venise ; les meilleures so péchent sur les côtes de Tripoli ; le monopole de cette pêche appartient presque exclusivement aux Syriens.\u201c Les pêcheurs d'éponges, écrit Maurice Gardot, sont d\u2019une nature particulière.* Presque amphibies, ils sont, dès leur enfance, endurcis aux travaux et aux privations qu\u2019impose cette pêche.Ile se nourrissent à peu près exclusivement de poisson et de thon.Ils boivent de l'eau, et quelle eau !.corrompue presque toujours et conservée, à bord, dans un réservoir de pierre que des bateaux spé- siaux venant de la côte remplissent de temps à autre.\u2018 Malgré les fatigues extraordinaires, malgré cette hygiène d'anachorète, tous les plongeurs sont vigoureux.Quant au moral, il est excellent et co sont, pa- ralt-il, les hommes les plus gais do la terre.Ils prenuent leur rude métier par le bon côté, et, la philosophie aidant, ils se déclarent très satisfaits de la nécessité qui les oblige parfois à s\u2019enfouir à 150 pieds sous l'eau et à y rester jusqu'à 80 secondes.Ils ne se préoccupent point des accidents qui arrivent fréquemment dans ces parages sous-marius, des luttes qu'ils ont à soutenir avec quelques monstres, du sang qui jaillit du nes, des oteilles et même des yeux, lorsqu'ils remontent à l'air après un séjour prolongé sous l'eau, Ce sont choses futiles !\u2026 Parfois, rarement toutefois, un des leurs succombe, soit au fond de l'Océan, soit par suite de leurs fatigues.Mais qu'importe | Ils font bon marché de la vie, et c'est à peine s'ils sccordeut une pensée à coux ui disparaissent.C'est leur pain quotidien, c\u2019est celui lo lour famille qu\u2019il s'agit d'arracher au sein des abimes.Tle y vont !.\u201d Quand vous achèterez vos éponges, pensez quelquefois aux dangers qu'ont courus pour vous les procurer les pauvres pêcheurs de Bastrouin, en échangeant ces indispensables végétaux contre les objets de première nécessité, les vêtements, l'huile, les fruite, les grains.* .* La © des éj à pris, depuis deux ans, un ok voi ooraidérable.723 bateaux, dont 183 munis de scaphandres, sont employés à cette pêche.Chaque bateau a de cinq à sept hommes d\u2019équi Ces bateaux se rattachent presque tous aux ports d'Hydra, d'Egine, de Cranidi, d'Hermione et de rikeri.La saison de la pêche commence en avril et finit en août.Les bateaux munis de soaphandres se rendent sur les côtes de la Tunisie et de la Tripolitaine, les autres, munis de plongeurs, péchent les éponges dans les more de la Grèce et jusqu'en Crète.Le produit total de cette pêche, pour la dernière cam- ©, 8 été évalué à 2,400,000 france.La plupart des Le éponges, éponges de choix, sont péchéee par les longeurs.Les grosses éponges par les scap riers, Sans mers des côtes septentrionsles de l'Afrique, surtout à Sfax.Une grande partie des produits de cette pêcho est exportée Marseille ot on q OPINION PUBLIQUE TTT cae EE \u2014 _ ee EE S TE ol N NS 74 ¥ Ek pm S ÿ ANS TY ER } Yat! IN y % of < nt ng A i 3 i ut & a A À Sa qe Su mm h AN s I ie: MARTIN oh A 03) \\ 3 # A 1 t À £ & A Ww ÿ 8 s$ 2 i i à » SEPTEMBRE ya: aN 2 D) if a NN & su 3 =» \\ i U ® Sh ™ i N 9 9 ih) \\ NS lf = su er 4) A AN \"3% ù Yi WN N NN à \\ \u201c2 & oN V8 374 = A Fu x 2 PENDANT L'OURAGAN a Ps iA at Jr ÿ \u201cès, 2 2 14 4 + rH EN 2 # > fs ; Le En 0% pl\u201d aN 4 Sy se \u201ciy $, 3 DE SAINT-PIERRE % A Hd 4 | NY és ï N > AD 23 A SN 3 » n bi 2 Ÿ - A 3 7s à > ® DE LA RADE 4 8 ; > a A 4 - CT s + WL ; & 3 h 3 ASPE 4 « ce Le ÿ ÿ =
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