Le Monde illustré, 2 août 1884, samedi 2 août 1884
[" E MONDE ILLUSTRE tère année, No 18.\u2014-Samedi, & aout 1884 ABONNEMENTS : Bureaux : 28, rue Saint-Gabriel, Montréal.LE No.§ CENTS.Six mois.$1.80.\u2014~ Un an: $3.00.qo tp ER = | = SN a a 0 , N NJ J S NT > NN NN S, QC NON ny dé S \\ ND \u20ac \\ ù NN = ib) \u2019 5 SE S A À rd S \\ WN NN ND A \u2014-2 x ALP) H bonne N S \\ à S NN ss.=.NY oy SS \\ Sy SV Ses SN S S \\ S NN NN 2 Ny S 8 > N° A \\ S ù \\ NN \\\\ NN) S IX \\ \\ \u20ac a \\\\ Ve S \\ S À S S ™ < | à UN A \\ \\ \\ , S S ! ù N A SAN SIN .SES BN A Fo Seen.NN MARSEILLE.\u2014 En quarantaine.\u2014 Entrevue, à la Santé, d'un officisr de marine avec sa famille. \u2014 98 MONDE ILLUSTRE.Montréal, 2 aout 1884 LE SOMMAIRE Text : Troisième tirage de nos primes, \u2014Entre-nous, par Léon Ledieu\u2014Vieux clichés \u2014Education et profession, par C \u2014Mursæeille : En quarantaine.\u2014La France A Madagascar.\u2014La Chambre No.7, par Raoul de Naveryv.\u2014L'élection présidentielle aux Etats- Unie.\u2014Primes du Monde llustré, (Ravers : Marseille : Entrevue, à la Santé, d'un officier de marine avec sa famille \u2014J.-G.Blaine, candidat républicain à la présidence \u2014S,-G.Cleveland, candidat démocrate à la présidence.\u2014J.-A.Logan, cani- dat républicain à la vice-présidence \u2014T.-A.Hendricks, candidat démocrate à la vice-présidence, \u2014 Madagascar : Une famille de campagnards habitant dans l'intérieur de l'He\u2014Un village Malgache.\u2014 Gravure du feuilleton.TROISIÈME TIRAGE DE NOS PRIMES Le troisième tirage des primes du Mosue ILLus- TRE\u2014numéros du mois de JUILLET\u2014aura lieu LUNDI prochain, à huit heures du soir, dans la grande salle de La Patrie, n° 35, rue Saint-Gabriel.ENTRE-NOUS Grande nouvelle ! grave affaire ! La générale (c\u2019est uno jeune fille de vingt ans), de l'armée du salut, a été arrêtée dernièrement à London (Ontario), pour avoir battu du tambour dans les rues de cette ville.L'armée du salut, comme vous le savez déjà, est une société d'hommes et de femmes qui se promène de ville en ville, prêche la tempérance à sa manière, donno des conférences et se fait même mettre sous clef.Elle va venir à Montréal.La générale, ayant donc battu du tambour contrairement aux règiements de la ville de Londou, fut arrêtée, jugée et condamnée, Elle enappela du jugement qui fut cassé, car il paraît qu'il y a oitférentes manières de jouer de cet instrument harmonieux qui a nom tambour, une manière municipale et unc autre anti-municipale.Allons, tant mieux, et nous pourrons contempler plus vite les traits de la jolie générale.\u201c+ Pendant que l\u2019armée du salut se couvre de ridicule dans la province d'Ontario, les hôteliers sérieux de Montréal entreprennent une œuvre qui leur fait réellement honneur, et qui sera continuée chaque année, je l'espère, Ils organisent un pique-nique qui aura lieu le 6 août, c'est-à-dire dans quatre jours, à \u201c Elmwood Grove,\u201d à la Longue-Pointe, et dont les bénéfices seront distribués à l'hôpital Notre-Dame et à l'hôpital Anglais.Il y aura du monde et du beau et bon monde, j'en suis certain ; les maires de Montréal et dea municipalités voisines sont invités, ainsi que les échevins de Montréal, les juges, les députés, les présidents des principaux clubs, etc.Les personnes qui dirigent cette affaire tiennent toutes des maisons de premier ordre, et il suffit de citer quelques noms pris au hasard pour s\u2019en convaincre : MM.Guest, Rabat, Donne, Reinhardt, Hogan, Larin, Gravel, etc.J'ai I'air de faire de la réclame quand je suis à cent lieues d\u2019y penser, je constate un fait et je suis heureux de voir que ces hôteliers, que l\u2019on accuse toujours de vivre aux dépens de la suciété, unt au contraire pensé à lui venir en aide et à verser leur quote part dans le tronc des pauvres, x x Du reste, ce ne sont pas les établissements tonus par les organisateurs de cette fête, donnée au profit de nos institutions de charité, que l\u2019on veut supprimer et qui occupent tant, depuis plusieurs années, l'attention de nos législateurs.Ce ne s0 t pas les maisons bien tenues, où tout se passe au grand jour et ou tout est conduit avec prudence et honnêteté que l'on veut fermer, Non, loin de là, mais ce que l'on veut faire disparaître, avec raison, ce sont ces trous infectes où un individu, gros, gras, fort et bien portant passe son A LE MONDE ILLUSTRE temps à son comptoir du premier janvier au tronte- ot-un décembre, dimanches compris, à remplir des verres de boissons frélatées qui rendent fous et hé- bôtent ceux qui les alsorbent ; ce sont ceux qui encouragent, le samedi, l'ouvrier à buire, à boire on- core, à boire jusqu\u2019à ce qu'il l'ait rendu semblable à une brute et qu\u2019il lui ait soutiré co qu'il a gagnée l\u2019our ceux-là, pas de grâce, et il faut ospérer que la loi définie une fois pour tyute, pormettra d\u2019arriver bientôt à co résultat, Une autre bello action est celle qui a été faito par la Société Saiut-Jean Baptiste, do Worcester, Muss., qui, n'ayant pu venir so joindre aux sociétés sœurs, lors de la graude fête du 24 juin à néanmoins voulu y coopérer d'une manière pratique, et c\u2019est ce qu'elle à fait en envoyant la julie symme de F125 à la Société de Montréal, pour être versée au fouds du monument national.Certes, voici un bel exemplo qui sera, je le crois, suivi par toutes les autres sociètés du Canada et des Etats-Unis.Car il faut bion l'avouer cntre-nous, si la démonstration de juin & eu un immense succès au point de vue national, il n'en a pas été tout à fait de mème sous lo rapport pécuniaire.Je ne veux pas dire qu\u2019il y ait eu déficit, puisque nous n'avons pas encoro le rapport, mais si j'en crois les vn dit, lo résultat ne serait pas très brillant, Quoi qu'il en soit, il nous faut des fonds, et pour en avoir il suffira d'un peu de nerf, il faudra oublier les petites jalousies de clocher pour ne penser qu'au monument qui doit être erigé a Montréal.11 faut organiser des piques-niques, des excursions pendant l'été, puis des concerts, des svirées dramatiques, des conférences littéraires pour les longues soirées d'hiver, et en envoyer le bünélies au président général do \"Association Suint-Jean- Baptiste, * * x Il nous faut un monument splendide, digne de notre race, de notre nombre et de nos veux: il fant laisser & nos descendants un pantheon dont ils puissent être fiors et qui les encourage a suivre les traces de leurs devanciers.Dans ce monument doivent prendre place, au dehors, les statues de nos évéques ct prêtres cell-bres, de nus puètes, de nus écriv ans de nus peintres, de nos sculpteurs, de nus hutnines d'état, de nus découvreurs, de tous ceux en tn mot qui ont fait honneur à notre chère Nouvelle France.Il nous faut à l'intérieur des musées de peinture, de sculpture, d'histoire naturelle, de botanique, d'antiquités, de souvenirs historiques, ote.I mous faut uno salle vasts où so réaniront les délégués des sociétés canalienues, éparpillees sur tout le continent, pour y discuter les grandes ques tions nativnsles, pour y preadre le mot d'ordre, donner dus conseils, des Fenseiguemeonts, en puiser d'autres, et d\u2019où ils partiront joyeux, heureux, aurs d'eux-mêmes, sachant que tous, phalange serrée, uniront leurs effurts dins un seul but grand et noble.° Mais pour e-la, je le répète, il faut de l'argent, beaucoup d'argent.Allons, du courage.Soyons tous dignes de Wur- ceater, et de suito : à l'ieuvre ! * * * Vous ne pouvez pas ouvrir un journal depuis un mois 8ans y lire au muius une colonue de nouvelles du choléra et une autre culouns de remèdes tous plus infaillibles les uns que les autres, 11 est de fait que la situation n'est pas gaie à Toulon, à Marseilles et à Arlvn, où l\u2019un coustate une moyenne de 20 à 25 décès par jour, Mais l\u2019épidémie vient «d'être encore augmentée d'un nouveau malheur, la famine qui menace les villes pestiférées, C'est du reste ce qui arrivera si l'un ne preu« pas immédiatement des musires sé ivuses jour lo ravi taillement de ces citds, actnellsnent cutnplètement isolées du monde entier, vù l'un ne peut ni entrer, d'uù on ne pout sortir, «4 fout les habitants se trouvent placés daus ce teriiblo dilemme : mourir de faim ou du choléra.Lr Bien que le présent et l'aven r ne avient pas très gais, il est cependant curi- ux Jo vor \u2018ue les jour naux de France ne tarissont pas de plaisanteries à l'adresse du choléra.Il en a toujours été ainsi à chaque épidémie, il n\u2019est pas de caricatures, de chansons, de mascarades mnême que l\u2019on n'ait faites pour ridiculiser ce terrible auxiliaire de la mort.Pourquoi, demandera-t-ou, cette gaieté jaune, cs éclats de rires et cos chauts juyoux qui semblent jurer avec les cris des agonisants ?l\u2019arceque c'est l'effet le plus étrange de notre organisation de prendro lu contre-partio d'une situation toudue à l'excès.L'enfant chante la nuit quand il a peur, la joie olle-même fait peur et fait plourer, effet de nerfs.Mais dans le cas actuel, le but do ces plaisanteries est surtout de rassurer les populations toujours trop disposées à s\u2019effrayor outre mesure, Ll n'est pas jusqu\u2019au mot choléra lui-même qu'on ne tente d'exclure de la langue.La cause de cette maladie, dit un savant, est un microbe, un bacille ; dites donc tout simplement que le petit bacille est à Toulon et & Marseille, et vous vorrez que personne n'aura pour.Mais de grâco no pronuncez jamais le mot choléra ! .Protitant qu'on ne s'occupe en co momont que du petit Lacillo, messieurs les dynamitards s'apercevant que la surveillance qu'on exergait sur eux s'était un peu relächée, viennent d'en profiter pour faire un HoUveau mauvais coup.Îls ont tout simplement fait sauter la poudrière du l'Etat, à Varsovie.Deux soldats ont été tués, un grand nombre ont été blessés, toute ln ville à été seconde comme par un tremblement de terre, et la terreur s\u2019est répandue partout.Les coupables ne sunt pas encore arrêtés, la et pu- lice n'a aucun renseignement qui puisso la mettre les traces des coupables.Cependant, conume il faut rassurer les populations, ou à décidé, à Saint-Pétershoury, que le czir\u2014tout n'est pas rose dans le métier d'empereur\u2014devait sv rendre à Vatsovie vers le milieu du mois prochain.Inutile de dire que des précautions extraordinaires seront prises pour le protéger autant que pus- sible, Treize mille hommes svront disséminés sur la voie du chemin de fer, qui sers examinée minutieusement, et, pour couronner toutes Ces mesures, toutes les personnes habitant l'ancienne capitale de La Pologne suspectes à uu degré quelcenque, seront expulsées de la ville avant l\u2019arrivée du souverain.C'est ce que nous disent les dépêches, \"i hon point à la corporation de Montréal.Le conseil d'hygiène, cédant enfin aux demanide- reitére.s de la presse et des cituveus, s'est décidé à faire nettoyer les rues, ruelles «t cours de la cité.Ce n'est pas encore d'unv propreté extraordinaire, mais enfin c'est muins sale, et si on continuait ce qui est si bien commencé, on pourrait espérer arriver, à l'automne, à avoir uno ville à peu près présentable.De plus, on a pris quelques mesures contre le choléra, ou plutôt ou a donné de très bons conseil qu'il s'agira de suivre.Le ciel nous a bien nrontré l'exemple en sous envoyant de l'eau pendant dix-neuf jours cousécutifs, en ayant l'air «le nous dire : \u201c l'onez, voici de l'eau, lavez vous, mettez vos maisons, vos hangars, vos rues ¢l vos cours, * x * Heureusement, c\u2019est fini, il no pleut plus ! Hein! mon invocation & saint Médard a-t-elle cu bon effet 1 Je savais bien qu\u2019en m'adressant directement au grand président du comité de l\u2019eau jo serais écouté.Ah! s'il en était de même des potits présidents «lo comit s de même not de toutes les villes ! Aussi, profitant du beau soleil et du ciel bleu, nos cultivateurs sont-ile tous a l'ouvrage du matin au soir, ON fait les foins ct on les fait vite, car il no faut pas trop de chalour ni trop de maturité.* * *\u201c Nous arrivons on effet au moment critique attendu avec espérance et crainte par les cultivateurs.Nuus autres, habitants des villes, qui sommes d'une ignorance incroyable pour tout ce qui a rapport à la campagne, nous ne connaissons pas les émotions qu'éprouve l\u2019agriculteur.Habitués à acheter notre pain tout cuit chez le boulangor, nos légumes et \u2014 \u2014 notre viande au marché, nous nous plaignons de tout payer trop cher et, nous souvenaut que blé, viande et légumes nous viennent de la campagne, nous ne manquons pas de nous écrier : \u201c Que les cultivateurs sont done heureux, ils gagnont do l\u2019argent à ne rien faire!\u201d Ceci mo rappelle ls réponse d\u2019un cultivateur du Manitoba à un citadin qui somblait envier sou bou- hour : et pour peu que los bisons oublient de passer sur nos terres, que los sauterelles ne viennent pas, qu\u2019il n'y ait pas de sécheresse et que nous ne soyons pus inondés, qu\u2019il n\u2019y ait pas do geléo et que nous évitions une domi-douzaines d\u2019autres malheurs, nous avons une chance de récolter quelque clivse que nuus pourrons peut être vendre.=r Non, non, cela ne va pas toujours sur des roulettes dans la culture.Le produit du blé réculté est de l'argent bion gagoé : il faut se lever matin ot se coucher tard, il faut surtout dépenser ce que l\u2019un nomme si bien do l'huile de bras, et vous lo savez, la terre est basse, il est nécessaire de se courber suu- vent ot d'avoir les reins et les muscles sulides.Vous ne pensez pas toujours à cela, avocats, mar- chauda, employés et bourgeois un général.En ce moment surtout le cultivateur regarde le soir comment le soleil se couche et se demande avec crainte le temps qu\u2019il fora demain.Tout est là pour lui, c\u2019est lo pain de la famille, c\u2019est le buis pour l'hiver, trop heureux enfin quand il n\u2019a pas à dire on voyant l'orage : O récolte ! 0 moissons, tout périt sans retour : L'ouvrage de l'année est détruit en un jour.Enfin, attendons, espérons, et tous souhaitons une bonne réculte et beaucoup d'argent aux cultivateurs.La ville s\u2019en ressentira.Léovv LEbIEU,.VIEUX CLICHES Il est grandement temps que les journalistes renoncent à une foule de vieux clichés admis comme exacts, mais qu\u2019ils devraient au cuntraire reconnaître être entièrement faux.Les belles-mères ne sont pas toujours les ennemies mortelles de leurs gendres, comme on se plait à le dire.La reine Victoria est un exemple vivant du contraire, et je ne doute pas qu\u2019il puisse en exister d'autres dans certains pays élvignés, Les pères de julies filles ne passent pas leur temps à surveiller leur charmante progéniture et à jeter par la fenêtre les galants cavaliers qui vienuent faire leur cour.Au contraire, il arrive très souvent que lo père se tient coi, daus l'escalier, où il passe une partie de la veillée dans des transes mortelles, erai- gnant que le beau jeune homme ne s'en aille sans s'engager d\u2019une manière définitive.Tous les jeunes employés de magasins qui passent leurs grandes journées dorrièro un comptoir, à vendre n'importe quoi, et ce avec un salaire de six dollars par semaine, n\u2019en dépensent pas dix au billard, dans les bars et chez les coitfours, à part lour pension, et ne sont pas forcés de voler leurs patrons, car il y en a beaucoup qui ne le font pas et sont très hon- nétes, Les joueurs de pianos ne sont pas toujours la tor- reur du voisinage, et il existe cortaines campagnes où les habitants des maisons éluignées de deux milles à peine l'uno de l'autre, no s'en plaignent nulloment.Il est faux que los jounes filles du collège Wassar (aux Etats-Unis), machent do la gomme d\u2019épinette du matin au soir.Beaucoup d\u2019entre elles étudient sérieusement l'astronomie, la botanique et autres sciences si utiles en ménago, et se contoutent de mastiquer la gomme ontro les repas seulement.Il est inutile de faire dus éloges d'un livre dont on accuse réception en «lisant remerciements à qui de dreit, quand aucun des rédacteurs du journal qui s'exprime ainsi no voudrait ouvrir l'exemplaire ou- voyé par politesse.I faudrait en finir avec cette habitude de dire que {.X., que tout le monde sait être un parfait idiot, à passé de brillants examens et que l'avenir lui réserve une brillante po-ition.À propos de mariage, pourquoi ajouter au bas de l'annonce : \u2018 Nos meilleurs souhaits à l'heuroux + \u2014Oui, dit'il, nous sommes très heureux en offet, LE MONDE ILLUSTRE couple,\u201d quand on suit quo cela est payé dix'conte la ligne.it & la suite d'une résolution, que signifient ces mots : \u201c portent le deuil penlant au mois,\u201d quand la moitié ou les trois quarts de coux qui l'ont proposée ot vutéo sont très houreux du décès da leur cullègue et qu'ils vout s'oimpresser d'en profiter.ÉDUCATION ET PROFESSION L\u2014PUISSANCE DE L'INSTINCT MORAL.\u2014L\u2019ÉGALITÉ PAR LA MORALITÉ Comment un enfant fait-il son éducation morale ?Avant tout, par ls protection et le secours de sa famille.La famille pout être riche, elle peut être pauvre ; elle pout étre instruite, éclairés ; elle pout être ignorante.Quelle qu\u2019elle suit, elle sait qu\u2019elle doit donner l'éducation morale à ses enfants, Et, à part des exceptions heureusement rares, c'est co qu'elle fait, Si for:o est lu voix de la nature, de l'instinct, de la vérité, do la justice, de l'amour paternel et maternel, que les parents même ézirés, même vicieux, désirent que lours enfants svieut buns, honnêtes et vertueux.Ou voit des ferumes perverties se montrer ardentes à iuculquer à leurs tilles des principes d'honneur.On en à vu des exomples jusque dans les maisons de détention.Un père improbe cherche tout au moins à dissimuler son improbité à son fils, Combien de fois n'a-t-on pas entendn des jeunes geus avouer qu'ils avaient été souvent arrétés au moment d'une tentation funeste par cette seule pensée : Ah ! que dirait ma mère ! Voici deux hommes.Ils sont inégaux par la naissance, par la fortune, par les lumières peut être ; mais s'ils sont l\u2019un et l'autre honuêtes, scrupuleux, buns, justes, charitables, dévoués, il est incontestable que, par la seule vertu de cette première partie du l'éducation, par l'éducation morale, ils sont égaux.Mais si nous les considérons sous le rapport do l\u2019éducation professionnelle, uno inégalité regrettable ne tardera pas peut-être à devenir de plus en plus sensible, moins en raison de la différence des professions que par suite d\u2019une différence dans la culture intellectuelle.II.\u2014PRÉJUGES QUI SE RAPPORTENT AUX PROFESSIONS Tout homme doit avoir un état, un métier, une profession, et cela pour deux motifs.Le premier motif est qu'il taut être capable de gaguer sa vie ; il faut s'assurer une indépendance, il ne faut pas se laisser réluire au rôle humiliant de vivre visif aux dépens d'autrui.\u2014Mais j'ai de l'aisance, je suis riche, dira ou pensera quelqu'un ; je wai pas besoin de travailler ! Riche! vous l\u2019êtes aujourd\u2019hui : vous n'êtes pas sûr do l'être demain.Un événement imprévu, une catastrophe dans vos affaires privées, une révolution, peut vous ruiner.Qui oubliera combien de nobles, riches avant &9, so trouvèrent forcés, dans l'émigration, de faire des métiers même très huinbles.Heureux ceux qui s\u2019y étaient préparés, à l'exemple d\u2019Fmile (*)- .Jeunes gens, ne vous fiez pas à la fortune ! Sa roue tourne sas cesse ; et les vieillards auraient de louzs récits à vous faire en vous parlant d'hommes qu'ils ont vu triomphants au sommet de cette roue perfide, trainés misérables sous elle ! Le second motif d'apprendre ot exercer une profession est que tout homme doit ses sorvices à la suciété.Co n\u2019est plus ici l\u2019intérêt qui conseille ou commande, c'est Ia conscience et c'est aussi la raison.Aucun homme ne doit être inutile et oisif.C\u2019est une perte de furee jour l'intérêt général, pour la patrie.C'est une dent cassée dans uno rouo, c'est un anneau brisé dans une chaîne.Non seulement un pareil homme ne fait pas de bien, mais il fait du mal : il est nuisible, il est do mauvais exemple, il gène le mouvement, i On peut dire aussi que c'est un frelon dans la rucho.On assuro que dans certaines villes des Etats- Unis, tout jeune homme, tout homme qui ne fait rien est tellement méprisé, sa situation devant l\u2019o- (*) Livez les Mémoires de Mme de la Fayette, les Mè- moiles d'outre-tombe de Chateaubriand, du chanvine Schmidt, ete, 99 pinion publique est tellement intolérable, que l'on voit des personnes riches ou aisées ouvrir un comptoir, fonder un établissement, une entreprise quelconque plutôt que de s\u2019exposer à ce stigmate : \u201c Cet homme pe fait rien.\u201d Osous dire, malgré los préjugés, que peu doit importer, dans l'estime des esprits sensés, la profession que l'on se choisit, dès que l'on a le sentiment de pouvoir la bien exercer, qu'elle est utile et qu'elle permet la culture de l'intelligence.Parmi les professions que l'on appelle libérales, il y en a beaucoup qui sont moins utiles et qui exigent beaucoup moins de talent et d'esprit que certaines professions manuelles.Tel homme, par exemple, qui passe ses Journées à copier le travail des autres, dans un bureau, sans que sn intelligence ait rien ou presque rien à voir dans ce mouvement machinal de ses doigts, est assurément dans une condition inférieure (il faut le dire sérieusement) à celle d'un menuisier, d'un serrurier où de tout autre ouvrier qui n\u2019est pas comme lui condamné à perpétuité à la routine, et est sollicité naturellement à introduire des améliorations, des progrès dans le genre spécial de travaux auquel son devuir et son intérêt l\u2019appliquent chaque jour.Suuvent la seule différence de se costumer cause l'illusion, C.MARSEILLE \u2014 EN QUARANTAINE (Voir gravure) Le dessin de notre première page nous montre une eutrevue, à la Santé, d'un jeune officier d\u2019un navire en quarantaine avec sa famille.La scène ge passe à Marseille, où l'on redouble en ce moment de précautions pour empêcher le choléra de se répandre.C'est, en effet, un privilège qu\u2019ont les officiers de marine de se rapprocher de la ville pour des cas exceptionnels.Mais avec quelles restrictions ils peuvent communiquer avec autrui! Doux grilles, distantes d'environ trois pieds, les tiennent à distance ; à peine peut-on se donner la main, et encore faut-il, le cas échéant, que de part et d'autre on se trempe la main dans un baquet de vinaigre placé à portée.Quelle chose cruelle pour le principal acteur de la scène que nous représentons, de voir en face un bété charmant qu\u2019il connaît à peine et une femme adorée qu'il n'a pas vue depuis de lungs mois, et ne pouvoir les serrer dans ses bras ! Mais le marin est habitué à tout sacrifier au devoir, la vue des êtres aimés lui permettra d'attendre avec plus de patience l'heure de la délivrance.LA FRANCE A MADAGASCAR (Voir gravure) * Madagascar a été découvert en 1506 par les Portugais, mais ce fut seulement en 1643 que la France songea à s\u2019y fixer, en créant la Société d'Orient.Le Malgache est généralement bien bâti, ses membres sont développés, sa taillu est grande et son corps est souple.Il est de plus doué d\u2019une physionomie douce et affable.Nu dans ses premières années, il porte ensuite des vêtements fort simples.Les femmes, à l'égal des hommes, sont bien faites et parfois jolies, surtout sur la côte est où le croisement entre Malgaches et Européens est très accentué.Les cases des villages ou Tunan-bé sont établies avec des paitles de Ravenala, liées sur une carcasse en bois amarrée elle-même purement et simplement avec des lianes.Le transport des marchandises se fait à dos d'hommes.Les seules voies de communications sont des sentiers souvent impraticables ; ce manque de route est la plus grande force des Hovas qui se figurent encore qu'une armée européenne ne pourra jamais se rendre i Tananarive, L'arméo Malgache, contre laquelle les Français ont à lutter en ce mom se compose actuellement d'une vingtaine de mille Hommes, sans discipline et armés fort irrégulièrement.En rase campagno, le sollat malgache ne peut faire la moindre résistance devant uno armée européenne ln résumé, quoique la naturel de Madagascar no soit pas un guerrier fort à craindre, il ne faut pas croire qu\u2019une poignée d\u2019Européens soit à même de s'emparer de ce pays habité par 7 millions d'individus, et il faudra à la France pour s\u2019y bxer définiti- vemont uno expédition large sans, parcimonie. TT mr 5 LE en 2 3 CA \u2014 i 2 fT ; Pant 4 27 4 | 3 SN > : 8 == = =\" = 5 T Ë SET = - by ¢ ES > ES 3 (37738 Zz 0 Saat i fr Ed Ed Zi FE EU 2.hi \u2018 - = ë d NR A 7 # H pes, Da Tt 2 M ÿe LY fmt Pen Ê 7 > 7 2 Sibi 2 Py i x; A w \u2014\u2014 \u201c % 0 7 = : Vv 3 Sr La + > 22 i 2 A 8.-G.CLEVELAND, candidat démocrate à la présidence * sg.2 N Le A py = ee | Y i et ht ! 7 + ES mani ar l ly + } i à A 2 \\ SA > +; 2 TT) D \u201ceh by Pad 2 CES F4 yd 3 à N AN \\ à i Ne \\ Sx : SR ; ~~ pa \\ tel A EN Ÿ xX S M Ë ti Mat, LT NN S S i ih A \\ 4 | S Se U f; LR a i= il P RUN a) AY f ig) 1 h A N \\ NN À AN: Fi A) LÀ T 8 3 K Ve LE MONDE ILLUSTRE NA AN N # \u201c 11 , ~\u2014 7 lh 6 J 1 \u2014_\u2014 re Rh Te q So \u2026_ I LA FRANCE A MADAGASCAR J.-A.LOGAN, candidat républicain 4 la vice-présideace 4 ai) 4 / ) -A.HENDRICKS, candidat démocrate à ia vice-présidence \u2014 \u2014_\u2014 1 \\ T / Y ie = | ess M / E Fwd 7 Fe - J 4 7 7: æ il 4 4 i Vd # - : é 7 z a L'ELECTION PRESIDENTIELLE AUX ÉTATS-UNIS LA.A T v 1 p AY | | sy mr my z W a I | 7 Zi i A Gi Zs dr z 7 | il À ai mn ) t S ee = ul | 3 17, 5 i a N\\ ~\\ 2 i | | A Te À = ~~ Pd =N « | Ni 3 ; RN 9) J} pt AN ze \u2014 w= HW} 4 ÿ 4 J-G.BLALNE, candidat répablicain à la présidence ei \\ .\\ A 4 a I\" il .in e LE NON =, Je Une famille de cempagnarde habitant dans l'intérieur de l'Ile.100 D LE MONDE ILLUSTRÉ 101 CHAMBRE He.T \u2014Docteur, dit le malade on se soulevant sur son lit, jo vais mal, bien mal, et votre science demeure impuissante & me guérir On vous dit habile, et je auis riche\u2026Ô Tout ce que vous souhaiterez je vous le donnerai, je vous prodiguerai de l'or ai vous me rendez 'existence.Je croyais n\u2019y pas tenir, et je m'y crampon£e ! On ignore ce qu'elle vaut durant les années de la jeunesse, mais loraque le crépuscule de la vie s'abat sur nous, épaississant son ombre, on comprend combien elle était belle, et alors on la pleure en désespéré.; \u2014Ne vous ai-je pas suffisamment expliqué vutre Nous allons uous quitter, Sébag, fit le vieillard.situation, répondit le docteur en secouant la tête.| Vous vous ubetinez à ne trouver dans l\u2019art de guérir | que des diagnostics et des formules ; vous vous trompez.Vous croyez que l'or achète la santé, et vous offrez de me payer ! Je suis plus riche que vous, puisque je ne demande rien.Un jardin de deux arpents me suffit ; je possède l'art trop rare de limiter mes désirs et de borner mes ambitions.\u2014 Vous avez tort, vous auriez gagué ue fortune si voue l'aviez voulu.\u2014Qu'en aurais-jo fuit ?Je suis saus désirs, sans Couvoitises, satis passions.Je pourrais soulager plus de miséres physiques, ju me contents de guerir les douleurs morales.Vous possédez trois willivns, en êtos vous plus heureux.\u2014Oh ! moi ! \u2014Je sais ce que vous allez ajouter, la souffrance vous retient sur un lit de douleur.\u2014Et cela depuis trois anuées.\u2014Plutôt quatre que trois ; mais il existait un remède à vos maux, Dieu ménageait une consolation à Votre épreuve.\u2014\u2014Laquelle ?\u2014Une famille vous restait.\u2014Vous voulez dire mon neveu.\u2014 Vos neveux.\u2014Un seul, vous le savez, docteur, l'autro n'existe plus pour moi.\u2014C'est-à-diro que vous vous êtes efforcé de le chaaser de votre souvenir.\u2014Et j'y ai réussi.\u2014A quoi bon mentir ?\u2014Mentir, moi ! en vous affirmant.\u2014Que Gaston de Marolles a perdu tous ses droits a votre affection.\u2014C'est vrai.\u2014 Vous le répétez trop.\u2014Raison de plus pour que vous en soyez Ccon- vaincu.\u2014Au contraire.\u2014Ainsi vous penses.à \u2014Que l'image de Gaston n'a pu s'effacer de votre me.Quand ce serait, cette image deviendrait une obseesion cruelle, irritante.Mérite-t-il le moindre souvenir, celui qui m\u2019offensa d\u2019une façon si grave ?\u2014Dites qu'il contraria vos plans, voilà tout.\u2014Je n'en formais que pour son bonheur.\u2014I} le comprenait autrement.\u2014C'était un fou ! \u2014Soit! Je n\u2019en voudrais connaître que de pareils.Vous avez raison, monsieur, Gaston était atteint d'une folie héréditaire, celle qui coule dans les veines à travers des générations : la folie d'Henri de Marolles, le chef de votre maison, qui reçut trois coupe d'arquebuse afin de retrouver dans la mêlée d'Arques le panache de Henri le Grand, coupé par une balle.C'est même depuis ce vaillant que les aînés de la famille purtent le nom d'Henriot en souvenir du Béarnais.La folie de Renaud de Marolles qui, pendant une émeute, fit un rempart de son corps à Louis XIII enfant, et tomba à ses pieds devant une barricade.La folie de Néné de Ma- rolles, tué au passage du Rhin.Celle de Louis de Marolles qui monta sur l\u2019échafaud en 93.L'héroïsme varie non point dans sa nature, mais dans ses manifestations suivant les époques : Gastou de Ma- rolles, digne héritier de grands cœurs, à sacrifié ea fortuue su salut d'un ami.N'éties-vous point trop riche pour le lui reprocher 3 \u2014Il aurait pu me consulter.\u2014Le temps lui manqua.D'ailleurs, la spontanéité est le propre des grands sentiments.Une dette d'houneur perdait son semi d'enfance, il paya pour ui.\u2014Ft l'ami ne le remboures pas.\u2014I partit pour l'Amérique afin de refaire une fortune.Quant & votre neveu.\u2014I1 devait revenir à Marolles, me supplier de lui venir en aide afin de réparer son imprudente générosité.\u2014Blâmé par vous, il préféra tenter seul de retrouver dans le travail plus que l'amitié ne lui coûta.Peut-être si vous vous fussiez montré indulgent aurait-il eu recours à votre affection.\u2014Son cousin se montre moins fier, \u2014Je reviens à Gaston, fit le docteur, il partit pour Chandernagor et s'efforça de reconstituer une fortune.Durant dix années il y travailla, le vol d'un caissier mit à néant ses efforts et il redevint pauvre.(Voir page 103.) \u2014C'est alors que je lui offris de revenir chez moi, et que je m'engageai à lui assurer la moitié de mes biens.\u2014Pauvre Gaston! avec quelle reconnaissance il accepta.\u2014Lui ! Heut l'audace de me poser des conditions.\u2014Ne dénaturez ni sa pensée ni son langage.Il vous apprit, comme il me le révéla à moi-même, que depuis un an sa parole était engagée à miss Arinda Vebson, une orpheline aussi belle que pauvre.Il ajoutait que si vous consentiez à la recevoir, il se ferait une grande joie d\u2019accoûrir à Marolles après la célébration de son mariage.Vous aviez d\u2019autres vues sur Gaston, vous lui ménagiez une riche alliance, avec la fille d'un de vos compagnons de jeunesse, et vous lui répondites que jamais vous ne consentiriez à reconnaitre une étrangère pour votre nièce.L\u2019ultimatum terminant votre lettre était dur, il froissa profondément Gaston qui s\u2019efforça vainement de vous faire revenir sur cette détermination.N'y pouvant réussir, il renonça à une fortune qu'il eut payée au prix d'une infamie, et vous rompftes > 102 [ toutes relations avec lui.Six mois après, miss Arinda était aa femme, Gaston m'écrivit alors pour me supplier d'intervenir près de vous, et je fus re- ponssé comme il l'avait été lui-même.\u2014N'avais-je poiut le droit de lui imposer ma volonté puisque je me chargeais de son avonir ?Mettre des couditions à mes bienfaits était légitime, ce mo semble.Il ne les accepta pas.Après la folie du dévouement qui le poussa à se ruiner pour un ami, il eut la folie de la tendresse et sacrifia mon héritago pour une jeune fille de race étrangère.S'il m'eût aimé, Gaston aurait agi autrement, et il recueillerait aujourd'hui le prix de ea condescendance, Mlle de Ligueville, que je lui destinais, est devenue marquise d'Esbars, son père vient do lui Isisser quatre millions.quatre millions et une jolie femme ! Voila ce que jo lui réeervais.Que w'a-t-il préféré 1 La misère ot une créature qui peut être julie, mais qui manquera toujours «le la grâce et do l'esprit des Françaises.Et vous voudriez me voir garder pour Gaston des sentimonts de tendresse, du penchant à la générosité, la volonté de le sortir de l\u2019abîme dans lequel il s\u2019ost volontairement jeté ! Jamais ! non jamais ! Je me montre bon pour qui m'aime, et Gaston ne m'aime pas.Oh ! je sais co que vous allez dire, il ne demande qu\u2019à rentrer au bercail\u2026 à la condition d'y venir en famille.En famille! Sais- je seulement s\u2019il à pris soin do faire valider un mariage contracté à l'étranger, peut-être avec toutes sortes de facilités anglaises.\u2014J'ignoro s\u2019il y à songé ; ce dont je suis certain, c'est qu\u2019Arinda Vebson pout être tranquille, Gaston l'aime uniquement ; il donnerait sa vie pour sa femme et pour Mélati.Ah! si vous connaissiez cette enfant, presque uue jeuno fille, vous en raftu- leriez.__Vous vous trompez, docteur, je n'aime pas les enfants.Si je les eusses aimés je me serais marié.Elevée par sa mère, cette Arinda dont vous parlez, Mélati doit être une sorte de petite sauvage.\u2014 Elle est si ravissante ! quinze aus, blonde comme Arinda, avec les yeux noirs de Gaston.Une bouche sérieuse, une peau éblouissante.Son père lui a enseigné la peinture et sa mère la musique.Durant le voyage où je les vis à Paris, je fus émerveillé de leur charme ot de leur grâce.Combien volontairement vous vous privez de bonheurs délicats ! \u2014Je ne suis pas seul, Maxime me reste, Maxime ne ressemble en rien à son cousin, «locteur.Afin de se consacrer à moi il a refusé de se marier.Qui fait ma partie d'échecs ?Maxime.Qui passe avec moi la moitié de ses soirées! Maxime.Il me fait la lecture, il écrit mes lettres.À toute heure je le trouve prêt, attentif, complaisant, affectueux ; celui-là est mou neveu, je n\u2019en connais point d\u2019autre ! Tandis que le malade faisait l'éloge de Maxime de Luzarches, le Dr Sameran n'avait pu se défendre de laisser voir sur sa physionomie une expression de dédain mêlée de colère.Cependant, croyant en avoir assez dit au sujet d\u2019une cause qu\u2019il espérait bien gagner un jour, il détourna la conversation et écrivit une nouvelle ordonnance.Quand il le quitta, Henriot de Marolles éprouvait un visible soulagement.Pourtant le vieillard ne se trompait point en affirmant que son état était grave.Sa vie s\u2019en allait avec une rapidité croissante, et comme il venait de le dire au médecin, il se prenait d\u2019épouvante à la pensée qu\u2019il allait mourir.Orgueilleux dans le sens vaniteux de ce mot, il avait éprouvé de grandes jouissances dans le fastueux étalage d\u2019une magnifique fortune ; son château hospitalier s'était ouvert à ses amis ; on y avait donné des fêtes dunt le souvenir durait encore.Alerte, robuste, très grand, ot beau d'une beauté mâle, Henriot de Marolles but à pleino coupe une jeunesse ardente.Longtemps il résista aux fatigues d'une existence surmende, puis brusquement ses membres perdirent leur agilité, le cer veau devint\u2018plus faible, enfin la maladie le cloua sur son lit, attaquant le cœur, gonflant ses jambes, enlevant chaque jour à ce vieillard la faculté de penser et celle de se mouvoir.Désormais il ne gardait plus qu\u2019un nombre restreint- d'idées, 8'y obstinant d'autant plus que leur cercle allait en diminuant.Cependant, le Dr Sameran n\u2019était point le seul qui eut embrassé la cause de Gaston de Marolles ; une complicité touchante réunissait un certain nombre d'hommes de cœur.\u2018Tous ceux qui avaient connu Gaston durant sa première jeunesse lui gardaiont le dévouement du souvenir ; le notaire de Marolles, LE MONDE ILLUSTRE honneur d'avoir dressé les contrats «lo Frangoises de Marolles, sœur d'Henriot, maride & M.de Luzarches, et qui de ce mariage eut un fils unique appolé Maxime, celui-là même qui surveillait si jalousement l'héritage de son oncle.It avait reçu le testament de Louis de Marolles, père de Gaston ; la fortune laissée au joure homme était belle, limpilo ; on a vu l'emploi plus généreux que prudent qu\u2019eu tit le noble Gastou.Cortes, en sa qualité do notaire, oX- pert on alfaires, consilurant los furtunes territoriales comme les seules solites et avantageuses, ob jugeant chaque chose sous son aspect lu plus pratique, maitre Danglebwau blimait les entraînements passion nés d'Hlenriot ; mais doux sentiments se combattaiont sans fin dans l'esprit de l'honnète tah-llion, Le nu- taire critiquait Gaston, l\u2019homtne l\u2019approuvait.S'il s'abandonnait parfois à un affectueux mouvement de méchante hameur à l'égard de cet imprudont, il so lo permettait soulomont eu présence du ducteur et de l'abbé Choisel.Quand il ramenait au contraire l'entretien sur Guaton dans ses causerice avec Hen- riot de Marulles, il na trouvait jam assez d'expressions élugiouses ot amicales pour parler de cet imprudent au cœur d'or qui expuut si cruellement les élans d'une âme généreuse.Lo vieux curé, qui l\u2019avait vu naître, lui gardait de son côté une amitié paternelle, et lo malade devait se défendre à la fuis contre li charité de l'abbé Choi- sel, les conseils de Danglebeau et les reproches du docteur qui ne manquait jamais de mêler à son ordonnance des conseils d'hygiene morale, et qui lui rappelait do temps à autre quo lo meilleur moyen de guérir serait d'avoir pour garles-malades Gaston de Marolles, Arinda sa femme, ot Mélati sa fille.Jamais abseut ne garda tant d'arvis ; jamais exilé ne conserva tant de défenseurs empressés du plaider sa cause, Et cependant Gastou no suppliait personne de le défendre.Sûr de son bon droit, certain d'être demeuré fitlèle aux lvis de l'honneur avec lesquelles il no transigeait pas, il attendait dans le calme d'une conscience pure qu'il plût à Dieu de toucher le cœur du seul homme capable de le sauver du gouffre au fond duquel il était volontairement descendu.Certes, il le savait mieux que personne, avec si droite raison, en raisonnant au point de vue de M.de Marolles, qu\u2019il avait commis plus que des imprudences, (les fautes | Sa miscre actuelle était bien son œuvre! Est-co qu\u2019on répund pour un ami ruiné! Se fait-on jamais le défenseur d\u2019une cause perdue ?No pouvait-il abandonner à toute l'épreté de sun surt ce Maurice des Ayglades, dont l'honneur allait naufrager d'une façon misérable ?Ne sont-ils pas des fous ceux qui prennent parti pour le fuble, le pauvre, le malheurenx ?Et Heurivt de Marulles, jusqu'a un certain puint, n\u2019avait-il poiut raison de l'accuser ?Et pourtant, quan il serutait sa conscience, quan il passait l'examen de sa vie, Gaston relevait fièrement la tête et s'applaudissait d\u2019avoir sauvé Maurice comme d'avoir épousé Arinda.Sa grando cousulation était de se savoir des amis sincères dans le village de Marulles, où il avait grandi.De temps à autre, rarement, il y apparaissait.Souvent il écrivait au vicux \u201cnotaire, à Jabbé Choisel, au brave Sameran, Il les entretenait de ses travaux plus que de ses luttes, de sa femme et de sun enfant plus quo do sa pauvreté.Dans chaque ligne, sans qu'il w'en doutat, taut sa plume courait la bride sur le cou, il laissait voir les qualités vaillantes et tendres d'un cœur chevaleresque.On l'aurait chéri saus le connaître, rien qu\u2019à liro ces pages empreintes de résiguation touchante, de courage généreux, do tendresses ardontes, Quoi qu'il n\u2019ignorait point la tactique de M.de Luzarches, son cousin, il ne l'accusa jamais.S'il remerciait sos amis de le défendre avec une persévérance digne d'un meilleur succès, c'est qu'il aongnait à sa femme et à sa fille, doux anges dont les vertus le cousolaient de toutes los épreuves subies.Il ne renonçait puint à l\u2019espuir d'ubtenir raison des résistances de M.de Marolles.I savait combien sa mere, cotte belle et touchante Franyoise, avait été chere au vieillard ; quelque juur, l'âme du la sainto planant au-dessus du lit de l'agonisant, y ferait tomber la rosée d'une pitié céleste.Il paronnerait\u2026 Avait-il dune à pardonner 1 Qui one était coupable, sinon lui, obstiné : ique cause était une vanité vulgaire.Le Dr Samerun avait plus d\u2019une fuis éprouvé la tentation d'abandonner son malade à ce que celui-ci maître Danglebeau, vieux praticien qui tenait à fois qu'il quittait le château de Marollos, après y avoir éprouvé un échec, les deux amis qui portaient lour pait d'un même fardeau, le trouvaient irrité irritable, maudissant l'humanité on général et le vioux Henriot en particulier.Et tandis qu'il ao plaignait de M.de Marollos, défendait Gaston et jurait pour la contième fois de ne jamais romettre lea pieds chez le morne vicillard Maxime de Luzarches s'empressait de so rendre chez son oucle et d'effacer jusqu'au souvenir de cette der uière tentative.Maxime avait quarante-cing aus.Grand, nerveux, Dion pris dans sa taille, accoutumé aux élégancos parisiennes, il se gardait bien d'y renoncer et d'elta- cer lo renom de galantorie dont il jouissait daus le pays.Il paraissait avoir à cœur de plaire à tous ot do subjuguer même ceux qui gardaient le souvenir do son cousin, ll fuisait la partic des vieilles femmes, chassait avec les hummes, causait musique avoc les jeunes filles.Do temps & autre lo bruit do son prochain mariage se répandait dans les environs, ges assiduitds dans un des chiteaux voising sem- blaiont devoir donner raisons aux indiscrets.11 s'arrangeait de telle surto que M.de Marolles en entendit l'écho.Mais lorsque le malade le questionnait avec uno sorte d'auguisse, Maxime prenait dans ses mains les mains du vieillard et lui répondait d'une voix troublée : \u2014N'on croyez rien ! rien mon oncle.Sans douts cotte jeune fille est belle, accomplie, ot jo n'ai pu me défendre d\u2019être ému «le sa sympathie naïve.Mais du jour où je m'abandonnerais à un sentiment absorbant, il me deviendrait impossible de vous entourer do mes soins.Je ne jar aperai pas ma tendresse.j'en soulfrirai, mais vous n'en verrez rien désormais.\u2014 Maxime ! Maxime ! commu tu m'aimes ! répétait le vieillard.Nous des furmes diverses cette scène so répétait souvent.Magime trouvait toujours moyen de persuader a M.do Marolles qu'il se sacrifiait pour lui, ot le vieillard payait chaque condescendance nouvelle de cadeaux magnitiques.Il ouvrait un cottre- fort dans lequel Maxiuie puisait largement, payant de temps à autre des dottes, le plus souvent renouvelant ses équipages de chagses, donnant des diners qui réveillaient pour quelques heures les échus endormis de la vieille demeure.Le malade no détestait as de tompe à autre savoir que la vaste salle à manger, décorée du trophées de chasse, s'uuvrait aux atuis de son neveu.Il y gagnait de recevuir des visites, d'écuuter la chronique du pays, d'échapper à l'ennui des longues journées, à la monotunie désu- lante des nuits.Mais en dépit de I'habile stratégio de Maxime dv Luzarches, afin d\u2019éloi gner tous ceux qui gardaient au cur une sincere amitié pour Gaston, il n'avait en- cure pu obtenir que lo vieillard se séparit d'un vieux valet de chambre nommé Sébas, attaché à son ser- vico depuis cinquante aus.Sébas avait vu naîtro ceux qu\u2019il appelait encore les \u201c jeunes messieurs,\u201d mais il connaissait trop Maxime pour le chérir, tandis que Gaston ne comptait pas d'amis plus de- voué.Voyant à chaque heuro du jour et de la nuit le vieil Henriot, Sébas, avec sa liberté d'ancien serviteur, De mauquait jamais de saisir l'occasion de pru- noncer le nom de Gaston.Lo plus souvent Henriot lui coupait vivement la parole, quelquefvis lorsque Sébas, assis sur un tabouret près de son lit, rappelait des événements du passés depuis de longues années, il revenait sur l'enfance de Gaston et s'étendait avec complaisance sur les qualités de celui qui était devenu un homme accompli.Soit qu\u2019il durmit, soit qu\u2019il prêtât l'oreille à Sébas, il arrivait souvent qu'Heurivt n\u2019interrompit poiut cette causerie, ct Sébas se frottait les mains en murmurant : \u2014 Il ne répond pas, c\u2019est vrai, il ne cède rion encore, mais il écuute, et le blé semé germera, En sommo, il était certain de l'amitié du malade, mais nou moins certain de la haino du novou, l\u2019lus d'une fois, lorsqu'il s'aporcovait de quelque trait de méchanceté ou d'hypucrisie commis par Maxime, Sébas s'on vengeait ot prouvait au misérable persun- nage qu'il n\u2019était pas sa dupe.M.de Luzarches guettait une occasion favorable pour irriter Honriut contro lui, mais le dévouement de Sébas suffisait pour le défen-lre,et Maxime cherchait vainement !l\u2019occasion de se venger.Il crut lavoir trouvée au moment où lo Dr Same- appelait les \u201c bons soins\u201d de son neveu.Chaque | ran quitta M.de Marolles, le laissant duns un état me ) ho , > _ \u2014 LE MONDE ILLUSTRE 108 \u2014 do surexcitation dû à l'obstination avec laquelle le médecin venait de défendre Ciaston contre les accusations de son oncle.\u2014Sébas, dit Maxime d'une voix prosquo dure, vous avez dû le remarquer, les longues conversations fatiguent M.de Marolles ; lu gravité de s+ situation no lui permet pas de recevoir autant de visites, vous aurez suin de refuser la porte aux indiscrets, \u2014Qui sont ces inciscrets, mousieur?demanda Nébas d'un ton bas, mais daus lequel on deviuait la culère.+ ., \u2014Mais tous ceux qui n'ont pas besoin de venir chaque jour le fatiguer par de longues conversations.\u2014M, Carl Chamigny, par exemple.\u2014Carl Chamigny ! gardez-vous bion «le l'éloigner, c'est mon meilleur ami, \u2014Le jeune M.Lucien Grandpré 1 \u2014 Loin de lo fatiguer il lo distrait en lui récitant ses puésios.\u2014Il s\u2019agit alors de M.Hector de Sablé.\u2014 Vous êtes fou, Sébas, Ces messieurs sont mes amis intimes, faut-il vous le redire.\u2014Je refusorai donc l'entrée du château aux amis de mon maître ?\u2014 Dans son intérêt, Sébas, dans son intérêt.reste, cetto mesure n'atteiut pas tout le monde.\u2014 Naturellement, mousieur permet à mon maître de recevoir son médecin.\u2014Un ignorant, ce Sameran ! je ferai venir un praticien de Paris, \u2014 Mais enfin, jusqu'à l'arrivée de ce prince de la Science.\u2014 Naturellement, Sameran viendra.Selus reprit : \u2014Nutre digne curé duit également rester au nombre des privilégiés 1 \u2014 Dans une certaine mesure\u2026 Ju suis chrétien, mais je ne crois pas nécessaire qu'un reçuive chaque jour sou confesseur, \u2014Je comprends, dit Sébas avec une bonhumie railleuse, il faut de ls mesure en tout.Quelle dose de piété monsieur permet-il & mon maitre.En un mot combien de fois par semaine puurrai-je intru- duire pres de lui M.l'abbé Chuisel ?\u2014Une visite par muis suffira.\u2014 Monsieur pense dune que mon maitre vivra plusieurs mois | \u2014de l'espère, Sébas, \u2014Jo me confurmerai aux ordres que monsieur aigue me transmettre, Est-ce tout\u2026 \u2014J'oubliais le notaire.\u2014Pourqu i mon maitre le recevrait-il désormais, son testament est fait.testament fort simple, du reste, il vous abandunne toute sa fortune et s'en remet à votre générosité pour le sort à faire à ses vieux serviteurs.\u2014lls peuvent d'avance se rassurer, Sobas, je les récompenserai suivant lours mérites, tenant compte de leur dévouement et do leur exactituile, Vous pou- Vez compter sur uno large part.\u2014Et je l'aurai gagnée, n'est-ce pas, fit le vieux Sébas cn relevant sa têto blanche, Oui, vraiment, après avoir éloigné du lit d\u2019agonie de mon maître los seuls amis désintéressés qu'il garde, après Vous avoir aidé & spolier son neveu Gaston, à séquestré ce vicillard qui ne meurt pas assez vite à votre gré, vous me jetterez une part de cette richesse indignement acquise, comme on abandonue un vs à un chien défendant los abords du logis.Oh! tenes, monsieur, jusqu'ici vous avez commis bien des infa- Tnies, mais vous n\u2019étiez pas descendu à ce point d'acheter la conscience d'un honnête homme et d'essayer de suborner celui qui mange depuis tant d'années le pain des Marolles.Assez de patience de ma part, souffrir davantage serait une lâcheté.Jo sais que vous aller teutor de me faire chasser par mon maître.l\u2019eut-être y réussirez-vous.Tout est facile aujourd'hui que sa tête affaiblio resto sans volonté\u2026 Mais avant d'avoir remporté cet avantage, je vous Boulllèterai avec votre infamie, et moi, valet, moi que Vous comptez pour si peu du haut de votre vanité stupide, vous m'entondrez vous crier : Votre conduite est infime ! mille fuis infime ! ot si lo ciel ost Juste, vous en serez rudoment châtié.\u2014Misérable ! s\u2019écria M.de Luzarchos en marchant vers Sébas, \u2014N\u2019approchez pas davantage, répliqua le vioil- lard, je vous le détends.\u2014Je vous chasse, entendez-vous, jo vous chasse ! \u2014 Voila un mot qu'il me faudra entendre dire par mon maître avant que je quitte cotto maison.Du \u2014II vous le dira.\u2014dJ'en suis lésormais cortuin, vous rougiriez trop devant mai.M, de Luzarchos sortit, et Sébas, demeuré seul, s6 frappa le front avec un double sentiment de regret et de colère.\u2014J'ai eu tort, dit-il, j'ai ou tort ; j'aurais dû patienter encore, patienter toujours ! Copeudant, comprenant qu'il lui serait impossible d'habitor désormais le château, il monta dans sa petite chambre et prépara sa malle.A mesure qu\u2019il rangoeait de objets précieux pour lui, son souvenir 86 roportait vers ceux qui lui avaient donné les uns un p atrait, les autres une pipe curieuse, de beaux pistolets, des livres intéressants.Une miniature représentant Gaston enfant lui arracha des larmes.\u2014Jo vous ai mal défendu, mon maître, dit-il, par- donnez-moi, je suis assez puni, Quand tout fut prêt, il descondit et roprit sa place dans la petite antichambre précédant l'appartement d\u2019Henriot.De l'endroit où il se trouvait il entendit non point les paroles prononcées, mais du quel accent elles étaient dites.La voix de M.de Marolles semblait intercé er, call: de Maxime de Luzarches commandait impérieuse.Le maître plaidait la cause du vieux serviteur : le inaître suppliait qu'on lui laissät ce gardien soigneux, cet homme dévoué, par trois fuis il insista, Mais Max me répéta plus fortement : \u2014Lui où moi.choisissez : Sebas n'entendit plus qu'en soupir, Une seconde apres M.de Luzarches parut.-\u2014 Votre niditre vous demande, dit il.Sébas se loya tremblant et pâle, sapprochant du lit du malade, | \u2014\u2014 NOUS ALLONS NoPS QUETFER, Sb8x5, fit le vieil- Led, ta as manque de respect i mon neveu.Il parait que l'uitense a été trop grave.trop grave.\u2014 Vous en queerez monsieur, dit Sebas, j'ai \u20ac etise votre neveu Maxime de vouloir vous séquestrer à d'avenir, tin de capt run héritage auquel M.Gaston it des droits égaux, Je Pai accusé d'avarice et d'ingratitude | Si la vérité offense, j'at dû l'uilenser cruellement.Je partirai.\u2026.aussi bien je ne saurais être témoin du nouve etat de choses qui se prépare, Ma place n'est plus à votre chevet si l\u2019un doit en bannir le précre et le médecin.-\u2014Les bannir! seerna le makute en se redressant, | \u2014On s'y prepare du moits.Combien de jours tuunisieur 1n'ace aride tal?\u2014 Huit jours, dit le malade.\u2014 \"est bien assez gouty Maxime, \u2014 En eflet, monsienr, hit jours suffiront.Le malade ten dit st nodn amaizrie, \u2014\u2014Sebas ! dit-il, non pauvre Sebas ! -Vous comprendrez un jour combien je vous aimais, mon cher maître.je pars sans rancune cotitre Vous, certain que vous subizsez une mauvaise influence à laquelle desyramais vien ne saurait vois soustraire.Il s'eloigna en saluant, puis, brusquement étouf- faut un sanglot, il traversa l'antichambre et descendit l\u2019escalier.«La suite au prochain numero LELECTION PRESIDENTIELLE AUX ETATS-UNIS (Voir gravure JAMES GILLIESPICE BLAINE James-Gillivspice Blaine, nommé candidat républicain pour la présilence des Etats-Unis, est né lo 31 janvier 1S30, à Indian Hill Farm, comté de Washington.oo Son père était un des plus grands propriétaires de l'Etat.Après avoir fait ses premières études à Lancaster, O., il entra an collège Washington, où il obtint ses degrés en 15847.11 pubiix à cette époque plusieurs articles retmarqua les d'eux les journaux.En 1853 il prit la*directron du Ko-nneber Journal, et quelque tompa après il eotvew Portland Advertiser, En 1858 il Eat dla lep cé pour la législature, et deux ans apres I ei 5 rot vrateur de la Chambre.En 186S 11 Put élu oratour au C nugrès, et nommé sénateur en 1877.I a été caudidlst à la présilence on 1876 et 1880.Il a derit, depuis, Twenty years of Congress, dout le premier volume seul a para, et qui a attiré & son auteur de nombreuses teleitations.\u2014 STEPHEN-GROVER CLEVELAND S.-G.Cleveland, candidat démocrate à la présidence, ost né a Caldwell, comté d'Essex, N.H., le 18 mars 1837, d\u2019une pauvre famille ; il est conséquemment dans sa quarante-huitième annéo.Tour à tour commis-marchand et instituteur, il se fit admettre au barreau on 1859, ct on 1862 fut élu suba- titut du procureur sénéral pour le comté d'Erié.En 1569, il fut élu shérif de ce même comté; en 1874, maire de Buffalo, ot finalement, en 1881, gouverneur de l'Etat de New-York.Co n'est pas par ordre d'ancienneté dans la vie publique qu'il en est arrivé à se faire accepter comme candidat à la présidence.C\u2019est à son honnêteté et à sa supériorité reconnuo qu'il est redevable de cet honneur.LE GENERAL JOHN-A, LOGAN Juhn-A.Logan, le candidat républicain à la vice- présidence, est un self-made man, 11 est né à Mur- physboro, Illinois, en 1826.Apids avoir reçu un instruction très élémentaire, il s\u2019engagea daus l\u2019ar- méo, fit la campagne du Mexique et arriva au grade de quartier maître.Duis il étudia le droit et fut élu cn 1852 membre de la Législature de l\u2019Ilinois.Il était alors démocrate et il so rangea dans les rangs des républicains à la guerre de sécession, dans laquelle il so distingua ct arriva rapidement au grade de général.Après le campagne il s'uccupa beaucoup de politique et fut nommé sénateur.Le général Logan est très aimé des soldats et s\u2019est acquis également une grande réputation comme législateur.THOMAS-A, HENDRICKS Thomas-\\, Hendricks est né dans I'Oliio, en 1519, À l\u2019âge de trois ans, son père se transporta dans l'Indiana, qui est considérée comme la véritable patrie du candidat a la vice-présidence Après avoir fait dv bonnes études, Hendricks entra dans le barreau.En 1845, il fut élu membre de la Législature locale et s'vecupa activement de la constitution de I'Etat.Après avuir été envoyé au Cungrèis et avoir exercé différentes fonctions importantes, il fut élu guuver- neur de l'Indiana.ll à été choisi à la Convention de Chigaco cumme candidat à la vice-présidence.NOs PRIMES Au tirage des\u2018primes du mois de juin, les personnes dont les noms suivent ont réclamé et touché le prix de leur pritue : A.F, Dorion, me St-Charles, Lougneuil.$50.Barthélemy Houdeau, boucher, à la halle Berthelot.Québee, $25.Louis Lapointe, 52, rue Perthuis Montréal, $10.Eugene Gagnon, 51, rue Ste-Hélène, St-Roch, Québec, (deux primes : $4 et $1 ) Eugène Rhéaume, 165, rue See-Catherine, Montréal, $5- Les personnes suivantes ont gagné une piastro chaque : Edmond Lynd.Chambord, Lac St-Jean.HOT, Collin, 802, rue St-Bonaventuce, Ste-Cunégonde.Charles Larose, Bud, rue Ste-Catherine, Montréal, J.Duhamel, Bo, rue St-André, Montréal.Mile Maria Beauchemin, 15, rue des Atlomands, Montréal, N.8.Desjardins, 705, vue Albert, Ste-Cunégonde, P.Peterson, 126, rue St-Martin, Montréal.W.MeEwan, 361, rue Richmond, Montréal, Madame Philoméne Pigeon, 11, rue MeCord, Montréal, 1\u2019.Schink, 16:, rue Labonte, Ste-Cunégonde, C, Garnier, 1617, rue Ste-Antoine.Montréal.Ed.Poitras, 264, rue StoJean, Québec.Eugène Defoy, chemin Ste-Foye, Québec.Arthur Papillon, 26 4, tue St-Jean.Québec.Louis Dachesneau.264, rue St-Jean, Québec.D Spedding.505, rue Williams, Montréal, H.Chamberland, 307, rue Sanguinet, Montréal.Geo, Morrisset, barricre Ste-Foye, Québec.N 0.Ruel, 67.rue StValier, Quebec, Théo, Barbeau, 21, rue Notre-Dame des Anges, Québec.E, Brodeur, 54, rue Monteahn, Montréal.P.O bin, 457, rue Jacques-Cartier, Montréal.F.Dumoulin, 89.rre Vitré, Montréal, À.Pelland, 334, rue Fullum, Montréal.A.Berthelette, 149, rue St-Philippe, Montréal, + Lepage, 58, rue de la Couronne, Québec.I.Chattelle, Chambly Canton.Hector Henault, Saint- Edouard.Joseph Desautels, 203, rue Montcalm, Montréal, (deux primes.) De H.-E Desrosiers, 70, rue St-Denis, Montréal.Mme Joseph Lessard, 221, rue Ste-Elizabeth, Montréal.Alfred Ouillétt, Loudonville, Vt.Etats-Unis, 104 JOUISSEZ De la Santé et du Bonheur COMMENT ?comme fr nt fait.Souffrez» vous de maladies des «\u201c \u201cKidney Wort\u2019 m'a ramené, pour dire, des portes du tombeau, lorsque j'avais été condamné par treise médeo ts du Détroit.\u201d ; .W.Deveraux, Mechanic, Ionis, Mick.Ves nerfs sont-ils affniblis ?\u2018Le \u201cKiduey Wort\u201d m'a guéri ls faiblesse des nerfs, éte., lorsque l'un désespérait de mes jours.\u201d Mde M.M.B.Guudwiu, Bd.Christian Monitor, Cleveland, O.Souffres-vous de la maladie de Bright ?\u201cLe \u201c Kidney Wort\u201d m\u2019a guéri lorsque mos urine gratis consistance de la craie, resseom u sang.\u2019 Frauk Wilson, Peabody, Mass.souffrant de la diabète ?* Le * Kidney Wort\" est le remède le plus efficace que j'aie prescrit.Il proours un soulagement u médiat.\u201d* \u201cDrPhilip CF Ballot; Monoton, Vt.Souffres-vons de maladies du foie ?* Le \u201cKidney Wort\u201d' m'a guéri d'une ma ladie chronique du fuiæ lorsque je demau urir.\u201d Henry Ward, ez-culonel Gardes Nativnule, N.Y.sSouffres-vous de douleurs dans e 1 os ?\u201cLe \u201cKidney Wort\u201d (1 bouteille) m'u guéri lorsque j'étais si souffirant que je ne pouvais mo lever, mais quo je ie ruulais 0 rs de mon lit.\u2019 C.M.Tallmage, Milwaukee, Wis.Souffreæ-vous de maladies des 3 rognons Le \u201cKidney Wort\u201d n'a guéri de wmala- dies du fie et des rognuus après que j'eus suivi inutilement, pendant des anuées, lo traitement des médeoius.Ce remède vaut $10 la boîte.; Sami Hodges, Williamstown, West Va.Souffres-vous de la constipation ?* Le \u2018Kidney Wort\u2019 facilite les évacua- ri après que j'eus fuit l'essai mèdes pendant seize ans.Nelson Fairchild, St-Albans, Vt.Souffres-vous de la malaria ?\u201cLe Kidnez Wors \"* est supérieur à tous les autres remèdes dont j'aie jamais fait usage dans ma pratique.Dr R.K.Clark, South Hero, Vt.Etes-vous bilieax ?* Le * Kidney Wort\" m\u2019a fait plus de bien ae tous les autres remèdes dont j'aie jamais \"Mis J.T.Galloway, Elk Flat, Oregon.nffres-vous des hemorrboides ?\u201c* Le \u201c Kidney Wort\u201d m'a guéri radirale- ment des hémorrhoïdes qui coulaient.Le Dr W.C.Kline m'avait recommandé ce remède.@.H.Horst, Caissier M.Bauk, Myertown, Pa.Etes-vous torture par le rhuma- sme * Le \"Kidney Wort\u2019\u2019 m's guéri lorsque les médecins m'avaient condamné et après que J'eus souffert pendant trente ans.Elbridge Malcolm, West Bath, Maine.Aux femmes qui sont malades ?\u201c Le \u2018\u2019Kidne ort\" œ'a guérie d\u2019une maladie dont je souffrais depuis plusieurs années.Plusieurs de mes amies qui en ont fait disent le pl d bien.\" Ue Lamorenus, Lo La Mothe, Vt.Si vous voulez chasgèr la maladie et jouir d\u2019une bonne santé Faj\u2018es usage du KIDNEY-WORT Le Purilicateur du dang.La Cie de Lithographie et ¢' Imprimerie GEBHARDT-BERTHIAUME, No.80, Rye Saint-Gabriel, Montreal.Impressions de teutes rortes en lithocraphie et en typographie exécutées aver suiu sous le plus court délai.Pancartes, Cartes d'affnires, Programmes, Lettres funéraires, Circulaires, Affiches, etc.Factums imprimés promntement et à bas prix TOUJOURS EN MAINS : Blancs pour avocats, notaires et pour les municipalités.Hiiqueties pour épiciers, droguistes, ete.LE MONDE ILLUSTRE Dk H.E.PESROSIERS.70 RUE sT.DENIS, MONTRÉAL.[x J.| EROUN.2446, RUE NOTRE-DAME.MONTREAL re rs re ir Tre.Prime Ime.Ime.4meme.Gme.(me.8me.86 Primes, à 81 - 94 Primes.$200 N QGUYETTE.Boucurs.MARCHE n'HOCHELAGA, Etaux 1 et 3.|.\" », (CHARLES DAV Mac aNIN DE CHAURACRNS.868, RUE NAINTE-CATHERINK, MONTREAL MATHIEU FRÈRES - Marchands de Vins.No.87, rue Saint-Jacques Montréal.Le Monde Illustré tr ir - - 840 25 15 10 86 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par trois personnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.MATIEU & GAN0N MARCHANDISES DE NOUVEAUTES.En gros et en détail, 106, RUE NOTRE-DAME, MONTREAL.Spécialité : Soie, Satin, Velours, Etoffes à Robes, Cachomires, Crêpes, Tweeds de toutes sortes.PAPIER ROLLAND Fabrique à Saint-Jérome, P.Q.Bureau principal : A Montréal, rue Saint-Vinoent, 12 et 14, ches J.B.ROLLAND & FILS.Papier blane de toute espèce.(CAPTOE FLUID.(Enregistré y Délicieuse préparation rafrui- chissante pour les cheveux.S'en servir tous les jours, Conserve le cuir chevelu, prévient la chute des cheveux et active la croissance, Article de coiffure de In famille.25 cents la bouteille.HENRY R.GRAY, cli- miste, seul fabricant, 144, rue St-Laurent, Montréal.\u2014 1 m.[Imprimé par la Cie.Lithographique Burland.] \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 VIE DU CHRIST L~ gravet es de (6x 23.À l'arriere plan se wore une imide of massif produisant un cog.traste magnifique, {lam et fran.At avec les autres couleurs qui sont disp Aver une has munie si parfaite qu'on n°y sent nullerdta l'éclat, mais qu'au cos.traire les plus magnifiques ePRI* %e produisent, Au centre de cet arrière-plan or est un portrait de Noire-Seigneur (tête et épaules), vêtu d'une robe écarlate, tandis qu'un manteau de ble: Pôle jeté sur ses épaules et l'aur\u201cole de gloire qui entoutt 8 the font un tableau magnifique.Un certain sombre 4e magnifiques grenadilles enyuirlandent ce tableau \u2018Tout #1 eur de ce tableau central sont d'autres vénes representant les princpaux événements de la vie d.Notre-Scigneur.vo.La naissance de Notre-Seigneur_ 20.L' Enfant Jesus au Temple.30.Le hapième qui represente le Christ baptisé dans la cixicre par Jean, et la dexcente du Saint-Esprit sous la forme d\u2019 ung co.tombe .qu, L'entrée triomphale dans Jerus dem : se La résurrection de Lazarre ; 60 Le dermer souper 70.La prière dans le jardin de Gethsemani : So.Le crucifiement ; 90, La résuirection .so.L'ascension Un grand nombre de journaux ont fait ressortir la heauté eatraurdinaire de ce merve-lleux tableau.Tous devraient le posséder, toute famille rel:yieuse devrait se le procurer.Agents, c'est li 3 1.4 belle offre qui vous ait jamnis été faite Ruppelez-vous qu'ilne s'agit pas ki d'une peinture de noir et blanc à bon marche, mais d'an chromo-lithographique riche et magnifique en couleurs brill, utes sur un f nd d'or.On n'a encore rien vu qui l'égale.Liste des prix em gros: Exhantitn par la malle, port payé.25 cts .3 pour ébcents 1 + 7 une i 03, 25 pour $4.00 : 25 pair Express, $1.57 wpa \u201cpress, F7 00, 100 pat Ex'ress, $uj0> M) par Express su comme fret, et une magnifique niuntre avec chaîne, $15.AMES LFF & Cis.17%, rue Notre-Dame, Montreal, Paquet de Bijouteries Broadway Contient.1 parure en imitation de tas pour dames, cpinales ct bouc es d'uroilles 10; oie en sta on de coral peur châle .1 pauseret 1 sen tmat.aLgccu de cou ail pour manchettes | veep Loe ong totes de coral] pour seu 12 1 paredetrs Cet qu dame LL «jungle pour chale cu ve e plaque .ut ave dust ant pois dunes su nes de flançulles de prix, à Taque ave anothvates | 7 manchettes, à pure de lunitons, genre à; - > man hertes | 1 pare de bouddedc does =, : paire de boucles d'eteriles, une Alas \u2018 en jais avec epingle of beucies d'ores < 1 pour montre de micssieurs 1 1 haine pr domes, t page de boutons veu Ls Alaska, 1 paire de boutons vee die wv.\u201cI he George\"; 1 bouton en se plaque 47 paire de boutons graves jrs 7 « hemse 11 = «amce pour Pessieurs, 1 AFNEAU grave pu re portant grave le mot suivant © \u201cArtie © rep Lo pour chapeau de dames .1 parure de faut.se.1 epingle Alurha pour devant de ienane 1 pour Hive de montre, 1 paire de tx scies ce oe en cotail, couleur de rose; » anneau pour ss af le tout expedié franc de purt par la malle pur ST 3 Une donsaine de paquets expredies par express pr .1 be J.LEE & IF Montres 1112 ENFANT MALPROPRE Un chromo, doure couleurs, grandeur 1 x ta vue de ce chrome
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