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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 19 mars 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
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Références

Le Monde illustré, 1887-03-19, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRE \u2014 - + - _ \u2014 \u2014 - - mers mete 8ème année, No 150 \u2014 Samedi, 19 mars 1887 ABONNEMENTS : Bureaux : 80, rue St-Gabriel, Montréal Six mois: $1.80.\u2014 Un an : $3.00 seu te \u2014 = - SSII \u2014- wo LE No.S CENTS \u2014 \u2014_ es = Ix ro 4, a, Cll LA cu Rd Po \u2014- = oa \\' 7 \u20ac +N | o 4; lr i oy 3 ve Wine hs y À f 0 i ey iy gtd M il 3 h j, 1 1 | M hh = ñ a # Rs ve i ME Eh 4 2 AA a 3 | AE 4; br & pa 74 né aA i \u201c< y ES Le PE ai sf ny: tx TA a RY - 4 \u201ct oH a xe a 655 S ik ES + EY NY \u201cer agé x 13 ig pay LR» 4 .A.oa ea + ty aT, {1 6% oe i} hk 2 ve I> = xy bd me tt v 3 £ \u201cLp 4 = ; 5 Le) hy - Lan, 2288 x) & fl re ys rn A) \\ 12 2 iy TN hy es Sart vor ce 27 ! 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M.Charles Thibodeau, 230, rue lLa- fontaine, Montréal, $25.00 ; M.Edmond Fournier, 16, rue Sanguinet.Montréal, $15.00 ; Madame George Robly, 7, rue Chaboillez, Montréal, $4.00, et M.Joseph Lawyer.2480, rue Notre-Dame, Montréal, $3.00.La liste complète des réclamants paraitra la semaine prochaine.TRG 9 E vous l'ai déjà fait remarquer, les tribu- it naux sont des mines inépuisables où 3 choniqueurs et romanciers peuvent puiser wit constamment, sans crainte de ne pas trou- 2.ver le filon qu'ils recherchent pour les be- suins de leur œuvre.Les archives du Palais de Justice peuvent servir de matériaux à une nouvelle histoire de notre pays, car on y trouve de tout, de la politique, des études de mœurs, des exemples de bonté, de férocité et\u2026 de bétise humaine.Je ne manque jamais d'assister aux séances de la cour d'assises, non que les criminels m'intéressent beaucoup, mais parce que je sais que les jurés nous ménagent toujours des surprises abracadabrantes.Etre jugé par ses pairs est chose bonne et raisonnable et tellement naturelle qu'elle semble être, au premier abord, le desiratum de toute nation civilisée.Comme la justice a pour objet de protéger la société, mais de la yrotéger sans partialité, sans égards à la position ou aux idées politiques et religieuses de l'accusé, on a cru bien faire en chotsis- sant douze hommes, pris au hazard dans tous les rangs de la population, ct en leur soumettant les faits sur lesquels est basée l'accusation.L'accusé y trouve une garantie sérieuse, et généralement la justice n\u2019y perd rien.Cependant, il arrive certains cas dans lesquels on se demande si cet équilibre des droits de la justice et de l\u2019accusé existe bien, et si au contraire, l'un des deux facteurs de ce quotient n'est pas inférieur à l'autre.*,* Pour exemple je n\u2019en veux citer que la cause de bigamie qui a été soumise aux jurés il y a quelque dix jours.La preuve étaient prouvés, la première était accablante, les deux mariages et la seconde femme comptant guère sur un verdict de \u201c non coupable, \u201d s'était attaché surtout à soulever des points de droit, très importants du reste, puisque la Cour en avait réservé la décision.débats, tout le monde s'attendait À un verdict de coupable, et grand fut l\u2019étonnement du public quand on vit les jurés se lever pour se rendre dans leur chambre de délibérations.Pourquoi déliber ?Quel côté de la question discuter ?On ne savait.Quelques minutes plus tard on dit à l\u2019honorable juge qu'un des jurés demandait la permission de poser une question à la Cour.manda l'honorable juge Baby ?\u2014Le second mariage est-il légal ?président de la Cour, vous demandez la solution d'une question de droit que le tribunal seul à mission de donner.Vous n'avez qu'à vous prononcer sur les faits, qui sont aussi clairs que possible, car ils sont indéniables.Votre rôle consiste seulement à déclarer si, oui ou non, le prisonnier s'est marié deux fois.\u2014Ce n'est pas mon opinion, répondit le juré en question.\u2014Je ferai humblement observer à la Cour, dit un autre juré, que notre collègue est seul de cet avis, et qu'il nous sera impossible de nous accorder.\u2014Votre mission est terminée.vous pouvez vous retirer.Plus tard, dans une entretien avec un journaliste, le juré obstiné a dit avec beaucoup de candeur : \u201cJe ne vois pas pourquoi nous n'aurions pas le droit de décider les questions legales tout aussi bien que la Cour.\u201d Je ne ferai pas de réflexions, vous les avez déjà faites vous mêmes.\u201c4 Il était écrit cependant que le prucès de cet homme à deux femmes donnerait lieu à plus d'un incident, mais je dois vous dire qu'aucun juré n'a provoqué le second.Comme il n'y avait pas eu de dérision lors du premier procès, notre bigame devait ètre juge une seconde fois.Îl fut donc traduit devant la Cour, et on allait procéder à l'appel des jurés, quand M.Saint-Pierre pria le greffier de vouloir bien attendre un instant, attendu qu'il avait une motion à présenter au tribunal.Chacun avait les yeux fixés sur le savant avocat, qui, tout en feuilletant ses statuts, montrait ut sourire plein de promesses.*,* \u2014 L'acte d'accusation, dit-il enfin, est complètement illégal, attendu que les initiales du chef des jurés ne se trouvent pas apposées près [des noms des témoins entendus, tel que voulu par \u2018a loi.1 Grand émoi partout ! Quoi ?Comment ?Quelle oi ?\u2014La loi à laquelle je fais allusion est nouvelle.Elle est en force depuis le premier mars, et l'acte d'accusation porte la même date.\u2014Etrange ! disent les avocats de la courunne.-Montrez-moi ce texte, demande le juge.C'était bien la loi, la nouvelle loi, mais par suite probablement de la négligence d'un employé du .ministère de la justice, les nouveaux statuts n\u2019avaient été envoyés à Montréal que le dix mars.Le procès de notre homme a été remis à plus tard, et le Liigame, regardant son avocat avec admiration, semblait se dire : \u201c Est-ce que vraiment il va me délivrer des ennuis que m\u2019a suscités ma femme n° 2?\u201d C'est, ma foi, très probable, mais il faut avouer que cette affaire des statuts nouveaux est arrivée étaient là, et le savant avocat de la défense, ne |p Les plaidoiries terminées ainsi quele résumé des ! aussi à point que l'obstination du juré dont je vous ai parlé plus haut.\u2014 Peut-être le ciel, indulgent envers cet homme qui a fait double sottise (dirait un mari malheureux), l'a-t-il pris en compassion et le protège-t-il ?Chi lo sa ?*,* Toutes ces histoires de cour d'assises me font enser aux vagabonds, c\u2019est-a-dire à ces pauvres diables dont tout le crime est de n'avoir ni feu ni eau.Le vagabondage est un délit des pays froids car, si la chose est très en usage dans les pays chauds, on ne pense guère à punir les gens qui couchent où ils se trouvent, ne travaillent presque jamais, hoivent à la première source et se contentent de fruits que la nature semble avoir fait pousser tout exprès pour eux.Dans les pays froids, la terre n'est pas aussi prodigue, et les rayons du soleil sont plus pâles.| \u201cOn n\u2019y obtient rien sans peine, chacun est inté- \u2014Quelle est le point qui vous embarasse, de- ; \u2014 Mais ceci ne vous regarde nullement, dit te ressé A ce que son voisin travaille ; de là les lois | protectrices auxquelles je faisais allusion plus haut.On vient cependant de découvrir un véritable | paradis des vagabonds en plein pays froid, au mi- i lieu des neiges.| *,* On a découvert, en effet il y a un an, a cin- uante milles de Tolède, un puits de gaz d\u2019une ' grande richesse ; après quelques travaux d'excavation on a trouvé le gaz À cinquante pieds de profondeur, et après avoir adapté un tuyau de fer dans le trou creusé, on mit le feu au gaz.Les flammes s\u2019élevèrent a plus de trente pieds, et il est impossible de se faire une idée de la splen.{deur de cette gerbe de feu qui n'augmente et ne diminue pas depuis plus d'un an.La petite ville | de Findlay, située près de là, est brillamment illumi- | née toutes les nuits par ce reverbère gigantesque.: Actuellement, au mois de mars, la neige couvre \u2018le sol À une épaisseur de six pouces environ, mais { dans un cercle de six cents pieds de rayon autour {du puits, non seulement on ne remarque aucune trace de neige, mais on se croirait dans une splendide oasis.l'herbe y est haute et vigoureuse, les fleurs abondantes, et on y entend toujours la joyeuse chanson de criquet, comme chez nous aux jours | chauds de juillet.Cet endroit est le refuge adopté par les framps ides environs, et vraiment le site est admirablement chosi pour se reposer des fatigues d'une journée passée à ne rien faire.Bien que ce paradis des paresseux soit bien éloigné de nous, je me suis fait un devoir d'en parler, afin que les\u2019 autorités puissent saisir l\u2019occasion dc se débarasser des bouches inutiles en les envoyant au puits de gaz de Findlay.Je sais que l\u2019usage est d'envoyer ces gens là au diable ou de les meltre dedans, je crois qu'il vaut mieux procéder autrement en les mettant dehors ot leur donnant un billet de voyage pour le parais.*,* Au moment où vous lisez ces lignes, vous venez sans doute d'assister à la messe et à la procession de la Saint-Joseph, et vous avez bien fait.It vous faut maintenant compléter ce que vous avez si bien comniencé, assister au concert ce soir et encourager cette belle société qui rend tant de services à notre population._*,* Puisque je parle concert, chose qui m'arrive assez rarement, je n'aurai garde de ne pas vous signaler la splendide fête musicale que nous aurons prochainement, le 28 courant.M.Jehin Prume, l\u2019artiste distingué que nous n'avons pas entendu depuis si longtemps.M.Prume a promis de nous faire entendre, pour la première fois à Montréal, six morceaux nouveaux, qui émerveillent les connaisseurs.Nous souhaitons à M.Prume tout le succès auquel son grand talent lui donne droit. LE MONDE ILLUSTRÉ 363 Type du parfait gentilhomme, physique agréable et imposant, manitres affables et sans prétentions, parlant lalangue frangaise avec autant de pureté que sa langue naturelle, conversation spirituelle et animée, orateur brillant et plein de verve, voilà en quelques mots le portrait de l'hon.J.J.C.Abbott.Le maire actuel de Montréal est né le 12 mars 1821, à Saint- André, comté d'Ar- genteuil, et est par conséquent âgé de 66 ans.Il reçut sa première éducation dans sa paroisse natale puis il vint compléter ses études à Montréal, y fit son droit et fut admis au barreau.Elu en 1857 député du comté d'Argenteuil à l'Assemblée Législative des Canadas- Unis, puis en 1867 à L'ISTHME DE PANAMA NX EFIs les temps les plus reculés, la civili- M.sation a toujours progressé d'Orient en Oc- » cident, suivant la marche du soleil.Partie © des hauts plateaux de l'Asie Centrale, pro- ÿ bablement de la Chine, elle s\u2019est avancée par l'Inde, la Syrie, l'Egypte, la France etl'Angleterre, jusqu\u2019a l\u2019océan Atlantique.Aussitot après la découverte de l'Amérique, elle passa sur le Nouveau Continent.Mais la, elle se heurte à une barrière infranchissable, à ce formidable et immense massif qui, sans interruption, sans coupure, sans le moindre passage naturel, s'étend de la mer glaciale : du nord jusqu\u2019au 55° degré de latitude sud, c'est-à- dire jusqu'aux confins de la mer glaciale antartique.L'accès du grand Océan Pacifique e: des côtes qu\u2019il baigne du nord au snd, ainsi que celui des Iles qu'il renferme, est rendu extrémement difficile.Il faut, pour y arriver d'Europe, et même de la côte orientale des Amériques, aller doubler à grands frais et à grands risques le Cap Horn, à l'extrémité méridionale du monde.Devant cet obstacle, la civilisation, dans sa grande manifestation moderne, qui est le commerce mari- tine, a dû retrograder.C\u2019est vers l'Inde, la Chine, l\u2019Australie qu'elle s\u2019est retournée, elle a repris la route de l'Orient, L'ouverture de l'Isthme de Panama permettra à la civilisation de reprendre sa marche normale vers l'extrême Occident, et laissera les grandes puissances commerciales communiquer librement et promptement avec le bassin du Pacifique.Le gouvernement des Etats Unis révait la réalisation de cette glorieuse entreprise ; il désirait la réaliser sans doute, mais M.de Lesseps, l'intrépide ingénieur, l'a précédé, en cette initiative hardie.Le gouvernement de Washington sent très bien qu'il ne se peut pas que San-Francisco, un des plus grands ports de l'Union, demeure à quatre mois de navigation de New-York, qui en est le port le plus important.De cette dernière ville à la métropole de la Californie, la durée du trajet est presque aussi longue que du Havre.C'est pour remédier à cet inconvénient que le gouvernement des Etats- Unis, il y a vingtans, prescrivit au bureau de la marine fédérale, de faire une étude sur le traffic probable du canal et son utilisation.L'étude prescrite par le secrétaire d'Etat de la Marine, l'amiral Davis, représente la valeur commerciale à 500,000,000 de piastres (dollars américains), et à deux milliards de francs, les frais du percement de l'Isthme.M.de Lesseps a computé L'HON.J.|.C.ABBOTT, D.C:ILC.R.MAIRE DE MONTREAL la Chambre des Communes, il a toujours représenté le même comté depuis cette date, excepté durant quatre sessions.M.Abbott a occupé la charge de sollici- teur-général pour le Bas-Canada, puis il a été pendant quelque temps directeur de la Compagnie du chemin de fer du Nord, ainsi que du chemin de fer de colonisation du Nord, jusqu'à la cession de ces deux chemins au gouvernement.Il est actuellement directeur de la Cie du chemin de fer Montréal et Occidental.M.Abbott est de plus gouverneur de l\u2019Université McGill, président de la banque des Marchands, et autres institutions.Voilà en quelques lignes l\u2019esquisse de la vie et l'exposé des services qu\u2019il a rendus.d'une manière un peu différente avec les mêmes resultats.les évaluations présentées par l'amiral Davis ne sont pas trop loin de la marque ou limite fixée par M.de Lesseps.Pour mieux se rendre compte de l'économie et du béndfice du temps, il est bon de comparer les distances par le cap Horne, route actuelle, et par I'lsthme Américain, route future : FABLEAU SYNOITIQU® DES DISTANCES COMPAKÉES Cap Hoin Panama.Abréviation Londres à San Francisco.6,800 lieues 3,300 3,500 Havre à San Francisco.6,500 \u2014 3,200 3,300 Bordeaux d Valparaiso.4,40 \u2014 3,000 1,400 Londres aux iles Sandwich, 5,080 \u2014- 3,200 2,800 New-York à Valparuiso.4,300 \u2014 1,500 2,700 ! New-York a Calluo, .4,500 \u2014 1,200 3,300 New-York & Guayaquil.4,800 \u2014- s50 3,850 New-York à San Lhago.6,200 \u2014 1,500 4,200 New-York à San Francisco, 6,400 \u2014 1,700 4,700 New-York à Vancouver.6,700 \u2014 1,800 4.800 Ces chiffres parlent assez hautement et n\u2019ont nullement besoin de commentaires.Les deux principales puissances maritines de l'Europe, la France et l'Angleterre, trouveront dans l\u2019abréviation des distances un profit immense, mais les Etats-Unis d'Amérique gagneront encore bien davantage.Je puis maintenant, faire une récapitulation, et donner d'une façon exacte et précise le chiffre officiel de M.de Lesseps du mouvement de la navigation entre les pays d'Europe, d'Amérique et d'Océanie, que desservira le Canal de Panama : Europe au Pacifique : 3,000,000 de tonneaux ; Europe à l'Australie : 3.500,000 de tonneaux ; Etats-Unis avec les mêmes pays, plus l'Inde, la Chine, le Japon : 1,000,000 de tonneaux, soit 7,500,000 tonnes.Je laisse le lecteur faire ses conclusions et former des hypothèses sur le progrès futur du mouvement commercial des puissances maritines du monde.JEAN DE Boston.- Ze.En temps de passion, les partis ne savent pas s'accommoder ct ne veulent pas se vaincre.\u2014 Mme DU DEFFAND.La guerre fait partie de l'ordre des choses établi par Dieu.Sans elle le monde tomberait en pourriture et se perdrait dans le matérialisme \u2014 MOLTKE.Non, la guerre n'est pas un des éléments que Dieu a introduits dans l\u2019ordre des choses ; c\u2019est l'œuvre du diable.Si elle développe les plus nobles vertus, elle donne cours aux passions les plus sauvages.\u2014RITCHER.POURQUOI VIVRE ENCORE ?Je n'ai rien qu'un instant trempé mu lsvre en flame Dans l\u2019urne où boit un monde avide de bouheur Je n'ai joui qu\u2019un jour, et l'aile du malheur À troublé la Boisson où s\u2019enivrait mou âme.J'ai vu crouler soudain mes plans d'or, mes amours, J'ai vu s'envoler ues réves pour toujours.De ma vive jeunesse, à la course mpide, Je ne voulais point perdre un seul des gais iustants, Et dans la folle ardeur de mes premiers vingt uns, O folie ! O délire ! Egarement stupide ! Et j'ai tout bu dans Une heure avec avidité, Et le mic] de ma coupe et ma félicite ! Mais quaud le sombre ennui, ce terrible vampire.A pris possession de mon cœur dégoûté, Quanel mon front à perdu son rayon de gaité, Quand ma lèvre n\u2019a plus son antique sourire, Quand je n\u2019ai qu'à pleurer, quand je n'ai qu\u2019à souffrir, Pourquoi vivrai-je encore ?Pourquoi ne pas mourir ° Raoti cme NUS GRAVURES HÉUNION D'ENFANT Ly a grand bal au château, mais il y a taut'de mondo que lu maîtresse de maison a recommandé aux enfants d'être bien sages, tout en prenant leur part de plaisirs.\u2026, Tlg se sont installés sur les marches d'un escalier don 8.729 ils suivent d\u2019un uril jaloux les dauses du salon, et je \u201cEWE erois vraiment que les fillettes minaudent, comme leurs Huamans ou leurs sours.I n'y a plus *d\u2019enfeuits ! SAINT DENI8, EVEQUE DE PARIS ET SES COMPAGNONS MALTY Bs Sous le règne de l'empereur Sévère, lorsque le glaive de la xrsecution faisait couler à flots le sang des chrétiens de Rome, es fidèles des Gaules ne furent pas traités avec moins de rigueur.À la vue des dangers que couruit l'Eglise lointaine des Gaules, sept nouveaux inissionnaires sw prosternent aux pieds du pape, saint Fabien, et demandent à venir encourager les chrétiens persécutés au delà des Alpes.Apres avoir revu leur sainte mission, les nouveaux À pôtres prirent leur route, pleins de zèle et de foi, Arles, ville importante alors, à cause de son cotumervce, fut d'abord le théâtre de leurs travaux.Saint Denis ayant priclié, buptise et converti un grun« nombre de paiens, consacra saint Rieul évèque de cette Eglise naissante, et vieut avec ses autres compxuguons à l\u2019arix pour y annoncer l'Evangile.À peiue arrivé duns cette ville, alors resserrée dans l'île \u2018qu'on nomme au ourd\u2019hui la Cité, il se vit entoure d\u2019un grand peuple.Anime de l'esprit de Dieu, il parla avec taut de force et d'éloquezice de la Vanite des idoles, il leur démoutra avec tant d'énergie ct d'onction, qu'il n\u2019y a qu'un seul Dieu Créateur du ciel et de la terre, que lu religion chretieune.fondée par le Sauveur des hommes est le seule véritable, qu'un grand nombre d'auditeurs dematida le baptême.Saint Denis était heureux de lu prospérité de son œuvre lorsque les paiens et surtout les prêtres des idoles, alarmés de ce que la religion chretienue s\u2019elevait florissante sur les ruiges du paganisme, allerent s\u2019en plaindre amérement au gouverneur de l'empire.Celui-ci fit compandtre à son tribunal l'apôtre avec ses deux compagnons.À toutes les demandes qu\u2019on lui adressa, il ne répondit d'aburd que ces paroles : \u201cJe suis le srviteur de Dieu,\u201d Condamné à une rude flagellation, meurtri et ensanglunte, il ne se plaint ni ne genut, il rend grâces à Dieu : ses gumissements sont des elaus de foi et ses soupirs de louanges.H etait beau de voir ce vieillard blanchi par les aunées et courbe par les tutigues d'un laborieux munistere ; il avait cent dix ans.Les bourreaux agitaient devant lui leurs verges et leurs haches homicides ; lui, appuyè sur sa foi, plein de douce gravite, de majestueuse candeur et de résiguation sublime, disant : ** Que tous les tourments m'accablent à la fois, pourvu qu\u2019il me suit donne de jouir de Jesus-Christ.\u201d Le tyran, ef\u201d frayé de cette magnanimuité, voyant d'\u2019uilleurs que le peuple, vivement impressionne par taut de prodiges, etait fortement ébranlé, voulut eu finir, 11 demande une dernière fois à Deuis et à ses compaguols s'ils voulaient renoncer à leur folie.\u201c Sa- vritiez à mes dieux immortels,\" leur crie Le gouverneur.\u2018\u2018 Nous adorons Jesus-Christ et ne pouvous sacrifier à vos idoles, \u2018\u2019 répondirent les martyrs, * mort vous attend si vous n'obéi- sez aux ordres de César.\u201d \u201c Nous desobeirons à César pour vbeir à Dieu.\u201d * Vous allez ètre mis à mort.\u201d \u2018 Nous allons.etre revus aux ciel.\u201d .Irrite par ces vourageuses réponses, le gouverneur ordonna que Denis et ses compagnons furent decapites.La sentence fut executer le jour même sur une colline qui porte aujourd'hui le nom de Montmartre ou mont «les Martyrs.La legende populaire nous apprend que le saint, apres avoir ete ducapité, prit sa tote entre ses mains et la porta a une «distance de deux lieuce il était suivie de deux anges qui chanuuent: Allelciæ / Les puiens avaient dessein de jeter leurs corps dans la rivière mais Une date, nommee Catule, trouva moyen de les enlever.Après la persecution les chretious le firent enterrer dans un village, que l'on dit être Saint-Denis, et où se trouve la célèbre abbaye qui porte ce uonL 4 er, 864 LE MONDE ILLUSTRE moe EIRE ea \u2014\u2014\u2014 ra ce preppy gupgn à Le $C pa Va Ww Dies A vu Sh \" Je Dr ga y A Dd \u201c+ 26 [JY ve A 7 tes i ; vi! i ts à y TA a = tion ÿ RU à, x oh AR s ke $ % WR a 3 gah 8 : A A #3 fy it ly Nive 0 x 49: Tr, rs) if) 3 oN Le Cu 3 ( As, 5 ; & : = ps, Le VS Le +.se a cr Pl u.fi Le E | i hs oY 2 i 3 ; ré M FEY q he ho 2 BS LL a La Wi 7 è Au e, i Ve Vi [18° } 24 5 - hi EY tl PER 7 I~ ! ; à La i  A = LA a ; of + re Hu { 154 #4 ER M : fe 3] { y A à .i à À wo 27 3 2 # : a i i T i PPX x & LA a N ÿ a + 4 ss 3 ® ff Bn ih a a pl \u201c ki ; en AN ¥ 0 ai ; j a & ss Si HC 4 ES, » hs XY) 4.EP ts ; i 72 + © 1 vy (PN - I) fo ve 4 ind a i Li ih = \\ x =, SN o Vig 2 NS £e, \\ Al ERE gh XN .; dé) À © Ad Xi By J ; > nN À M, a 0 ey \u2019 fi \u2014a NS = Nu > cl Ask A yi ré) = 4e, = A.; py iol non 3 aud = 7% p11 a 5 0 ; i = si car ST a: Mi Ns Sa A yp i 4 Er oS [5 i 24 ; : A NT wha La cé 3 TE ay fe RT En ~ os roi A Ih ny a = pe LY = NY pa SL & b J N EN Rill, Ay.¢ eo x 7 Ÿ hyo 2 goa = JR NS man pit 7.2 es 7 W 5 ih.33 rs : zd le > 40 i vs, { E> Fr a Se à Te 8.se X aes /) p i 5er NT, J i G Eo NS La) a0) dan T4 \\ wy 7 op ie % i Pi ST ed M Zi ; fa, N pe XN enr nas % # + Du D Tati oy Loh oe = & 4 Se ve à ar re _\u2026 G + æ & eu A > EP, > ve, \u2019.a, > fs 3 ha va.: > 1 LR A At pt Xe \u201c®, ù N cdi = \u201cil Xe ME ns a SA, .\u201cud ne + A Pr, Hi) {3 fir = ut = op = + \u201cas a À Rema tilt Sn F- ES wy 35 J , boop al ~ od 2h À x x a To Tr vEl fl fr LS \u201cZr AE vu E PCN i ; LE) a pr td LEA vai v5 KK Lea wi ; YE 4 CR 5 Sd y ee tt Fae 223 5 i] \"a AF ~~.* Es sie 5 3 I a 2 = 1% 2 [RP © FG Tae vs = ve tt FF ë a eh ea LA Ÿ qi 2 Ne ete x h Fl n Fie iy i i a I pot w pos enw se.v (J coo Foe, >.V2 ooh > LE pue = eh us; \"4 s Rare vig \u2018ei et LIN wy 2.rs phy en le ae peurs ca pets es MARTYRE DBE SAINT DENIS TABLEAU DE M.BONNAT LE MONDE ILLUSTRE LES CHANTS DU SOLDAT PAR PAUI, DÉROULÈDE 365 SE i Hs ont là fans le bois somtne, loujours fort, toujours en nombre.Lt bien abrités toujours : N'ayant clauons ni tambours, Couverts de silence et d'ombre, I's sont Ta dans Te bois sombre.11 sont tà dans le avin, Ne tirant jamais en vain, Jamais ne levant la tête ; Et si l'ennemi s'entête, Cinq contre un, cent contre vingt, Ils sont là dans le ravin.Hs sont là dans le village, Se ruant avec courage Sur le pauvre paysan.= an = 713 pd eS Pea ET = So es bn rm Pern em Sle se 11,5 SONT LA 200.Ce «ont des pleurs et du sang : Un brûle, on tue, on saccage, Hs sont là dans la village.Es sont li devant Paris : Nous trouvant Lrop peu meurlrs Par la faim et la mitraille, Leur vr paye la canaille, Nos palais sont des délris : Ils sont là desant Paris.lis sont là dans notre France.Etoulant notre espérance, Et nous tenant sous leur loi.O mon pays ! souviens-toi ! Souviens-toi de ta souffrance | Ils sont là dans notre France * ce 366 LE MONDE ILLUSTRE LA CLOCHE DE CAUGHNAWAGA > UR la rive gauche du Saint-Laurent, à neuf a milles en haut de Montréal, est situé le vil § WY lage de Caughnawaga, habité par les der- % niers Iroquois de la tribu jadis puissante qui lui donna son nom.C\u2019est un endroit pittoresque qui mérite d'être visité.Mais les sauvages qu'on y trouve aujourd\u2019hui paraissent bien ridicules, quand on se rappelle les légendes des vaillants Aommes rouges.Après avoir été pendant des siècles d'invincibles guerriers, ils ont été terrassés par la civilisation.Maintenant ce sont des hommes misérables, souvent dégradés et esclaves de l'eau de feu.Les navires du Haut-Canada qui descendent les rapides de Lachine, passérent ordinairement en face de Caughnawaga pour prendre 2 bord le pilote ui doit les diriger À travers les terribles sinuosités du Sault Saint-Louis.Et le touriste peut voir sur la côte le contrastes qu'offrent la vaste église de pierre, au toit de ferblanc, sur laquelle se dardent les rayons du soleil couchant, et les pauvres cabanes des sauvages.Dans le clocher de l\u2019église, il y a deux cloches, l'une toute moderne et très grosse, l'autre toute petite ct vieille de près de deux siècles.Cette dernière éveille rarement les échos d'alentour.Mais on la conserve avec le plus grand soin, à cause d'une légende qui s\u2019y rattache et qui la rend précieuse.Vers 1690, le Père Nicols, missionnaire plein de foi et d'énergie, après avoir fait beaucoup de conversion parmi les Iroquois, avait réussi à leur bâtir une église.Il obtint de ces derniers une quantité de fourrures assez considérable qu\u2019il envoya en France en échange d'une cloche qu'il voulait se procurer pour son église.La cluche fut expédiée du Havre, mais des mois et des mois se passèrent sans que le dévoué missionnaire apprit son arrivée à Montréal.Le navire qui l'apportait n'entra jamais au port.Les pauvres Iroquois pleurèrent, avec leur pasteur, le deuil de cette chose bénie, qui devait faire résonner les échos du Saint-Laurent et appeler les fidèles à la prière.Quelques années se passèrent.Or: était au temps des guerres entre les deux ennemies séculaires, la France et Angleterre.Ua jour, on apprit que le navire sur lequel la cloche avait été expédiée, n'\u2019avait pas péri, mais qu'il avait été capturé par un croiseur anglais, et que la cloche était maintenant suspendue au-dessus de l'église protestante de Deer- field, petite ville du Massachusett.Cette nouvelle attrista beaucoup les Iroquois et en même temps fit bouillir dans leurs veines le vieux sang sauvage.Leur cloche, qui n'avait pas encore été bénie, mais qu'ils vénéraient sans I'avoir vue, était captive chez les héritiques.Ils jurèrent qu\u2019à la première occasion favorable ils iraient la recouvrer.Plusieurs années se passèrent dans cette attente ; les conversions se faisaient de plus en plusmombreuses dans cette tribu, ce qui n\u2019empéchait pas la continuation des guerres entre les sauvages.Vers le commencement de l\u2019année 1704, le marquis de Vaudreuil, alors gouverneur du Canada, prépara une expédition contre les colonies anglaises et sollicita le concours des Iroquois, par entre mise de leur missionnaire, le Père Nicols.Celui-ci posa comme condition que l\u2019on s\u2019emparreait d\u2019abord de la viile de Deerfield, ce qui fut accepté.Alors il assembla la tribu et lui annonça en paroles éloquentes qu\u2019une occasion se présentait de recout \u2018er leur cloche, si les guerriers voulaient se réunir et marcher à la delivrance.Sa parole tombait sur les cœurs bien préparés.Les armes furent mises en ordre, et, avec un enthousiasme digne des croisés de la Palestine, la vaillante troupe enrôlée pour la délivrance de la captive de Deerfield, se mit en marche au milieu de l'hiver pour rejoindre l'armée régulière du marquis de Vaudreuil au Fort Chambly.Les sauvages y arrivèrent au moment où l'expédition allait partir.Les Français, n\u2019étant pas habitués à marcher dans la neige, souffrirent beaucoup dès le commencement du voyage.Le froid était rigoureux et la neige épaisse.Les hommes étaient obligés de porter eux-mêmes les provisions et les munitions.Les soldats murmuraient et ils furent plusieurs fois sur le point de se révolter.Mais les sauvages, habitués aux voyages à la raquette, s\u2019avançaient avec presque autant de facilité que par des chemins dal Le Père Nicols était À leur tête, et À côté de lui un sauvage de taille portait la banière de la croix.Chaque xoir l\u2019armée s'arrétait tantôt au pied |q d'une colline ou d'une montagne, tantôt dans la plaine, et pendant que les soldats juraient et se lamentaient, les sauvages écoutaient leur guide qui les exhortait et les faisait prier avec lui.En arrivant à la tête du lac Champlain, l\u2019expédition le traversa sur la glace jusqu\u2019à l'endroit maintenant occupé par la ville de Burlington.Puis elle pénétra dans les sollitudes inexplorées du Vermont, dans la direction de Deerfield.À partir de là, la misère augmenta et les sauvages eux-mêmes en souffrirent.Le Pére Nicols faillit tomber martyr de son dévouement, mais, soutenu par un zèle admirable, il eut la force de continuer sa route jusqu'au jour où l\u2019armée arriva À la destination, et s'arrêta à quatre milles de la ville, pour y passer la nuit.Au point du jour, De Rouville prit le commandement des troupes.( Le vent soufflait avec violence et la neige était durcie par une couche de glace qui se brisait sous le poids des hommes.Après quelques heures, on atteignit les rempurts de Deerfir ia.Les habitants ne se doutäi nt nullement qu\u2019une surprise leur fut uénagée par l'ennemi.Les difficultés d\u2019une marche à travers les forêts du Canada, en hiver, leur semblaient un obstacle insurmontable.La ville était endormie ; la neige durcie et accumulée autour des remports en rendait l'accès très facile, et l'ennemi escalada tranquillement les murs en observant le plus profond silence.La sentinelle tomba la première sous la tomahawk ; tout le monde fut pris par surprise et la résistance fut presque nulle.Quelques habitants réussirent à s'échapper, mais beaucoup d\u2019entre eux furent tués, et plus de cent furent faits prisonniers.Les soldats ne songeaient qu\u2019à se divertir, mais les sauvages pensaient à leur cloche.À la prière du Père Nicols, le commandant ordonna à un soldat de la mettre en branle, et les sauvages se rassemblèrent en silence devant la petit église.Aux sons de la cloche, ils s'agenouillèrent avec respect, tandis que le prêtre rendait grâce à Dieu des succès de l\u2019entreprise.La cloche fut descendue de l'église et suspendue sur deux bâtons croisés, prête à être tranportée, le feu fut mis aux quatre coins de la ville, et l\u2019armée s'éloigna par le même chemin qu'elle avait suivi pour venir.Rendus à Burlington, les sauvages étaient exténués ; ils n'avaient plus la force de porter leur cloche.C'était un poids trop lourd pour des hommes chaussés de raquettes.Ils désidèrent de l\u2019enterrer et de revenir la chercher au printemps.Quand la neige eut disparu et que les forêts se furent revêtues de leurs vertes parures, les guerriers, guidés par le Père Nicols, revinrent à Burlington et retrouvèrent leur cloche à l'endroit où elle avait été abandonnée.Elle fut emportée avec joie au village.Les guerriers en avaient faits une description enthousiasme ; ils en comparaient les sons au chant des oiseaux, aux murmures de l\u2019eau, à la grande voix des rapides.Porteurs et fardeau étaient décorés de couronnes de feuillage et de fleurs des champs.L'entrée dans Caughnawaga fut un véritable triomphe, et la cloche, après avoir été contemplée par tous les yeux depuis si longtemps avides de la voir, fut hissée dans le clocher et où ses sons argentins se reper- cutèrent sur la rive opposée.Les sauvages continuèrent pendant plusieurs jours leurs réjouissances à l'occasion de l\u2019arrivée de leur cloche, mais aux pauvres vaincus que, depuis l\u2019hiver, les sauvages gardaient prisonniers, elle semblait faire entendre des glas funèbres.Ils songeaient à leurs parents assassinés, à leurs foyers désolés ou détruits qu'ils n\u2019espéraient plus revoir.Deux ans plus tard, cependant, grâce aux efforts des colons du Massachusett, secondés par le gouverneur du Canada, les survivants, au,nombre de cinquante sept, furent relachés et ils retournèrent à Deer- field.Il y eut une exception ; une jeune fille, du nom de Énnice Williams, qui avait été protégée par un jeune guerrier, devint sa fiancée et ne voulut pas se séparer de lui.Elle embrassa la foi catholique, et le Père Nicols bénit leur mariage.Dans le cours des années suivantes, elle revit sa ville natale, mais jamais elle ne fut tentée d'y demeurer.Ses descendants prirent le nom de Williams, et quelques-uns d'entre eux ont habité Caughnawaga jus- u'à ces dernières années.Cette légende extraordinaire est vraie, et c'est à tort que les événementsen ont été attribués par la croyance populaire à la tribu de Saint-Régis.Éette dernière paroisse à été fondée par des sauvages de Caughnawaga, en 1760 seulement, cinquante-six ans après la prise de Deerficld, tandis que l'existence de la petite cloche et les détails qui s'y rapportent sont des preuves irrécusables à l'appui de ce que nous avons raconté.TRADUCTION, cmon LES CANADIENS DES ETATS-UNIS DR ALPHONSE LAROCQUE.Le Dr Alphonse Larocque est né À l'Acadie.P.Q., le 18 janvier 1858.Il fit son cours classique au collège des MM.de Saint-Sulpice de Montréal.Il passa ensuite deux années à Philadelphie, Penn., pour y étudier l\u2019art dentaire.Ayant fait preuve de grandes aptitudes et d'un talent remarquable pour cette profession, son père, le Dr Larocque, ci-devant de l'Acadie et maintenant de Saint-Jean, I\u2019.Q., l'envoya en: Europe afin de permettre À son fils de se perfectionner dans la profession de son choix.Ainsi placé sous la tutelle des grands maîtres de la science, il acquit, en peu de temps, une connaissance approfondie de l\u2019art dentaire, et après avoir suivi les meilleurs cours de clinique en Europe, retraversa l'Atlantique et vint s'établir à Plattsburg, où il se fit bientôt une nombreuse clientèle.Il y a quelques années, il épousa Mlle Amélie Marchand, fille de M.F.Henri Marchand, proto- notaire du district d\u2019Iberville.Il est le frère du Dr J.H.Larocque.
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