Le Monde illustré, 24 août 1889, samedi 24 août 1889
[" E MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : \u201c 6tux ANNÉE, No 277.\u2014 SAMEDI, 24 AOÛT 1889 | ANNONCES: Un an, 88.00 - - - - = Six Pois, 81.50 La ligne, par insertion - - - « - 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Beents Vendu dans les dépôts - - 5 cente la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme \u2014 ps .J.AUBERT SALON DE 1889.\u2014SAINT FRANÇOIS REGIS SECOURANT LES PAUVRES.\u2014TABLEAU DE M 130 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 24 AOUT 1889 SOMMAIRK Texter : Entre-Nous, par Léon Ledien, Promenade iv ravers l'Exposition Universelle de Paris, par 1 Colon.nier.\u2014Etymologics, par Hector Servadee, \u2014 Les i sons électriques, par Fernand Hamel.\u2014Le role de la femme dans l'humanité, par Laurisne, \u2014Revne geu - rale, par G.-A, Dumont, \u2014Pensionnat Sainte-Angèle.- Réverie, par l\u2019aul Durand, - Bibliographie, \u2014 Saint- François Régis \u2014 Nos primes : Liste des réclamants, Science atuusante (avec gravure).-Choses et autres, Variétés \u2014 Récréations de la famille.-\u2014Feuilletous : Les Mysteres de Panama, \u2014Sans Mire (suite), GRAVURES : Salon de 1889 : Saint François Régis secourant les pauvres.\u2014Une bonne prise, \u2014Les poissons elec.triques : ls torpitle.Gravure du nouveau feuilleton, Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d Ire Prime - - - $50 me © .> 25 8me © .15 éme © .10 Sme © .\u20ac \u2018 5 ame\" : - 4 me - \u201d - 8 Sme \u201c - \u201d .2 86 Primes, à $1 1-1 < 88 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par trois personnes choisies par Uassemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront k tirage de chaque mois.Les Lettres du cheralier de Lévis concernant lu guerre du Canuda (1756-1760), viennent d'être publiées.Vous savez que ces documents si précieux pour notre histoire ont été donnés, il y a un an environ, au gouvernement de la province de Québec, par le comte de Nicolay, arrière petit fils du due de Lévis, à la condition qu\u2019ils soient imprimés textuellement et intégralement, et qu'il (le gouvernement) se réserve la propriété exclusive de cet ouvrage, afin qu'il ne devienne pas un objet de spéculations individuelles.Ues conditions ont été remplies et les lettres du chevalier de Lévis, ainsi que le journal de ses campagnes, viennent d'être publiés.Je viens de parcourir le volume des lettres du vainqueur de Sainte-Foye, et vous ne pouvez croire avec quel intérêt on suit, pour ainsi dive, jour par jour, les détails des événements qui ont illustré cette époque de revers et de victoires de 1736 à 1760.Il faut lire ces lettres pour bien se pénétrer de la gravité de la situation, de la lâcheté de Louis XV et de la bravoure des dernières troupes françaises abandonnées à leurs propres ressources, en face d\u2019un ennemi formidable qui recevait chaque jour de nouveaux renforts Le cadre d\u2019une causerie est trop étroit pour anu- lyser cet ouvrage, mais je crois vous intéresser en vous en disant quelques mots.J\u2019ouvre le livre au hasard et je tombe justement sur les lettres qui traitent de l'avant dernier chapitre du sombre drame qui termine les hostilités.#,* On est à la fin du mois d'avril 1760, les Anglais viennent d\u2019être battus à Ste-Foye, et le chevalier de Lévis assiège Québec avec une poignée de braves, sans artillerie suffisante, sans munitions, espérant toujours un secours de France, ce secours qui ne viendra jamais.\u2014 Louis XV pense bicn au LE MONDE ILLUSTRÉ Canada ! il est aux pieds de madame de Pompadour.Voici comment, en quelques lignes, Lévis expose sa situation au marquis de Vaudreuil : Du camp sous Québec, le 30 avril 1760, * Jai l'honneur de vous rendre compte que nous avons ouvert la tranchée ln nuit dernière, Le travail n\u2019a pas été considérable, le terrain étant des plus mauvais et presque point de terre, Nous avons employé toute la journée d\u2019hier À former notre parc d'artillerie et à prépurer les matériaux pour le siège, Les ennemis démusquent beaucoup d'embrasures, ce qui nous annonce un feu considérable de leur part.Tout cela ne serait rien, =i nous avions l'artillerie et les munitions nécessaires pour leur répondre ; mais il faut espérer qu'il nous viendra quelque chose de France.Si notre faible artillerie pouvait ouvrir le mur, je vous assure que J'y grimperais le premier, et que le succès ne de- pendra ni de moi ni des troupes, qui sont tees bien disposées Le siège commence done, on se canonne, on se itraille, on se fusille, mais on se respecte, on s'estime, et les deux généraux font assaut de politesse aussi bien que de bravoure.Quand on voit de nos jours les attaques sauvages et laches des illuminés orangistes et fanatiques, contre nous, notre langue et nos croyances : quand on voit les étranges suppliques qu'ils remettent entre les tuains du représentant de lu veine, atin de nous huniilier et de nous asservir a leurs préjugds haineuy, it est bon dé leur rappeler comment nos aieux et ceux de ces \u2018dégénérés se faisaient autrefois la guerre et ce sont les deux nd- versaires, les généraux de Lévis et Murray qui vont nous le dire.Les deux armées souffrent, elles manquent de bien des choses, les biessés et les malades n'ont pas ve qu'il leur faudrait.Lévis a dans ses ambulances des blessés anglais, les médecins disent que le vin leur ferait grand bien, mais il n'en a pas : \u201cque faire ?11 s'adresse à l'ennemi, et voici la cor respondance qui s'échange entre son capitaine d'état major et le secrétaire du général Murray : \u201cDu ler mai 1760.\u201c En réponse du billet que M.le chevalier de Lévis vous n écrit, j'ai ordre de la part du général de vous faire savoir que de tout son cœur il laissera sortir trois ou quatre barriques de vin, pour l'usage de l'hôpital.Son Excellence croit que M.de Lévis ne lui refusera pas de la pruche, en échange.Il vous prie de l'assurer de ses remerciements pour toutes les attertion- qu'il a eues pour les prisonniers.\u201d Lévis n\u2019est pus en reste de politesses \u20ac répond ainsi: \u201c Le vin que j'avais souhaité avoir de Québec n'est qu\u2019une douceur pour les malades et pour les officiers anglais prisonniers, attendu que je suis hors d'état de leur en fournir.La pruche que l'on demunde est un remède pour ses scorbutiques : je nH'ignore point que la moitié de la garnison en est attaquée.Cette place étant assiégée, je ne dois point envoyer ce soulagement : mais je n'en lnis- serai pas manquer aux malades qui sont à l'hôpital général, dont je désire fort ln guérison, puis- qu'ils sont en lieu à ne pouvoir me nuire,\u201d Ti envoie donc de la pruche aux malades anglais, et le général Murray reconnaît à son tour ce bienfait.\u201c Du 4 mai 1760, \u201c Je vous prie de faire bien mes remerciements à M.le chevalier de Lévis de la pruche qu\u2019il m'a fait le plaisir de m'envoyer.Ayez la bonté de lui présenter un fromage de Chester de ma part ; c'est tout ce que j'ai de mieux à lui offrir dans les circonstances présentes.On envoiera trois barriques de vin de M.Martin par la première occasion à l'hôpital général.\u201c Je ne crois pas qu\u2019il y nit du café en ville, Si on ne peut en trouver, on envoiern & Mme Sainte- Claude la provision qu'elle demande.\u201d Le même jour, entre deux volées de coups de canon, Lévis répond ninsi : \u2018* Le 4 mai 1740, \u201cJe suis fort aise, mon cher Bellecombe, que les deux paquets de pruche que j'ai envoyés pour la personne de M, Murray lui aient fait plaisir.Re- merciez-le lu fromage de Chester qu\u2019il m\u2019a envoyé, Faites-lui passer, en lui faisant mes compliments, les perdrix et les bécassines que je vous envoie.\u201d Ainsi, vous le voyez, les deux généraux ennemis s'envoient du fromage, des perdrix, ete.Bien plus, ile se prêtent des journaux, tout en sapécifiant bien qu\u2019il faut les rendre.pour ne pus gâter la file, sans doute, .\u2026\u2026\u201c J'ai Thonmeur, écrit Murray à Lévis, le 10 mai, de vous envoyer les gazettes qui me sont arrivées en dernier lieu ; ayez ln bonté de me les rendre quand vous en aurez fait la lecture,\u201d Lévis lit ces journaux avec anxiété, avec fièvre, car il les renvoie le même jour, et cette lecture faite à In hâte se comprend bien ; ne doit-on pus s'oveuper des braves qui se font tuer pour leur roi.Leur roi ! ah, il à bien autre chose à faire ! * J'ai l'honneur, dit Lévis, de vous remercier des gnzettes que vous avez bien voulu me faire passer et que je vous renvoie.Je crois que vous avez été aussi surpris que moi qu'on n\u2019y fasse au- eune mention de ce continent ; j'espère dans peu être à mémede vous envoyer de plus intéressantes\u201d, Quel arrière-pensée cache cette dernière phrase ?D'où peuvent-elles lui venir ces gazettes plus intéressantes qu\u2019il attend 1 D'où ?mais, de France ! Elles lui parviendront bientôt, il est impossible qu'il en soie autrement, c'est la flotte française qui va les lui apporter ! c'est le sccours qui va arriver, et il est temps, car tout va mal et les lettres qu\u2019il écrit au marquis de Vaudreuil sont bien tristes dans leur héroïque simplicité.\u201cAu camp pres de Quebee, le 13 mai 1760 \u201c Nos batteries sont en mauvais état : nous avons eu hier au soir deux pièces de 18 qui ont crevé, et la pièce de 24 qui a été mise hors de service par une bombe ; elle était déjà fendue.Avec le peu de grosses pièces qui nous restent et la qualité n'en étant pas bonne, nous .,4mmes hors d'état de faire brèche, Les officiers d'artillerie se plaignent aussi que la poudre est éventée, et n\u2019a pas la force qu'elle devrait avoir.Sans tous ces accidents nous aurions fait brèche, n'étant qu'à deux cents toises de la place, en attaquant le bastion qui est entre celui de la poudrerie et celui de la porte Saint-Louis, où est une fausse baie.\u201c Dans ces circonstances fâcheuses je suis obligé de temporiser et chercher à gagner du temps, en me tenant en mesure de pouvoir recevoir les secours qui pourront arriver de France.Et, si nous en recevons en canons et poudre, la place sera bientôt prise, car, sans avoir fait brèche, il n\u2019est pas possible de tenter une escalade etc, etc.Deux jours se pussent encore, et pas de nouvelles de la flotte française ! Le 15 mai, Lévis s'exprime ainsi dans une lettre adressée au marquis de Vaudreuil : \u201c Nous faisons moralement tout ce qu'il est possible de faire ; nous ne sommes point heureux, car, si nos pièces de canon n\u2019eussent par crevé, nous aurions pu faire brèche.Il est temps que ceci finisse d'une façon ou d'autre ; je crois que cela ne tardera pas, attendu qu'il vente gros nord-est et que nous sommes aux grandes mers.Je suis peiné de voir que nous perdions tous les jours quelqu'un à la tranchée ; mais cela ne peut-être autrement : si nous sommes assez heureux pour qu'il nous arrive du secours, nous prendrons bientôt Québec \u201d.Le même jour il écrit à l\u2019intendant Bigot : \u201c Vous avez vu, par ce que j'ai mandé à M.le marquis de Vaudreuil, notre situation.Elle est des plus inquiétante.Je crains bien que la France ne nous ait abandonnés ; ent il vente nord-est depuis longtemps, nous sommes dans les grandes ers, et rien n'arrive.Nous avons fait et faisons ce que nous pouvons.Je juge la colonie perdue sans ressource, s\u2019il ne vient du secours \u201d.Il avait raison, la colonie était perdue, car c\u2019est pendant ln nuit suivante que deux gros navires venaient de mouiller à la Pointe Lévis, C'étaient deux navires anglais, et d'autres les suivaient.Le sort en était jeté, il fullut lever le siège et retraiter avec peine sur Montréal.Vous savez qu\u2019il est de mode depuis longtemps chez les Anglais, non pas les Anglais d'Angleterre, mais les agitateurs francophobes, de mentionner à peine la bataille de Sainte-Foye, mais de la regar- ACRE. der comme un épisode, une escarmouche, une affaire d'avant-postes, Ce n'est pas ainsi qu'en parlaient les acteurs du dratne, ceux qui savaient combattu.Dans une lettre envoyé à Lévis, M.de Malartie, bleusé et retenu à l'hôpital de Québec à ln suite de In bataille du 13 septembre, dit : \u201cTous les officiers auglais conviennent bien que nous avons pris, le 28, ln revanche du 13 septembre, Ils rendeut justice à lu valeur des troupes et à l\u2019habileté de vos dispositions et de votre retraite, qui à été forcée par l'arrivée de Ju flotte.Ainsi, vous devez être bien tranquille sur les relations qui parviendront en Europe : les Anglais disent qu\u2019il n\u2019y # point de grâce en France à laquelle vons ne puissiez prétendre.\u201d En lisant ces lettres, on éprouve un serrement de cœur iutolérable en constatant que tant de souffrances, de privations, de sacrifices et de dévouements n'ont servi de rien, mais elles jettent une nouvelle lumière sur les dernières années de la domination française au Canada.Ces ouvrages seront lus avec le plus grand intérêt, et on ne saurait trop remercier le comte de Nicolay de sa générosité.Il existe encore un autre ouvrage que l\u2019on devrait bien publier, c'est tout le journal de bord du chevalier d\u2019Iberville qui se trouve à Paris et qu\u2019il faudrait copier.Quand s'en oceupera-t-on ?*,+ Oh! la jolie légende chinoise que je vieus de lire ; In charmante légende, qu\u2019elle est vraie, de tous les temps et de tous les pays : Un philosophe se promenuit un jour dans un cimetière, attristé par tous ces lugubres mamclous de terre mnoncelée.Tout à coup il aperçoit, pâle dans ses vêtements blancs (le blanc est la livrée de deuil en Chine), une jeune femme agenouillée sur un tertre frais et promenant avec tristesse son évantail sur cette tombe.Il s'approche.Il dittres doucement à vette affligée : \u2014 C'est un mari que vous pleurez / \u2014 C'est mon mari, répondit-elle.\u2014 Mais pourquoi, demanda le philosophe éventer aiusi son tombeau ?Boudha ne vous rendra par le corps de votre époux.\u2014 Ah \u2018 fit la jeune femme, c'est que je lui ai juré, à son lit de mort, de ne point me remarier tant que la tertre qui le recouvre ne serait pas sec et je viens chaque jour l'éventer pour en chasser plus vite l\u2019humidité.Oh ! lu vraie légende ! Promenade à travers l'Exposition Universelle Maintenant que nous avous visité à peu près tous les pavillons semés aux pieds de la Tour Eiffel, et que nous avons admiré dans les merveilles qui les remplissent, les luttes énergiques entreprises par l'homme contre la nature pour faire valoir ses trésors, nous allons, si vous le voulez bien, faire un tour dans les jardins du Champ-de- Mars.On a pensé en effet que le spectacle trop assidu des travaux de l'homme constitue parfois plutôt une étude qu\u2019un délassement, aussi, a-t-on voulu qu\u2019à l\u2019Expositiou le visiteur put distraire sa vue et son esprit par des attractions variées, et qu'après une Inborieuse excursion à travers les palais de l\u2019industrie et du travail, sa curiosité trouvât sans cesse un aliment nouveau.Voila pourquoi dans cette œuvre admirablement conçue on ne s'ennuie pas plus à prendre le frais au dehors, dans les jur- dins, qu\u2019à parcourir l'intérieur de l'immense monument qui abrite majestueusement les merveilles enfantées par le travail.On a beaucoup parlé, sans les avoir jamais vuy du reste, des fameux jardins que s0 faisait exécuter la reine Sémiramis, et chaque histoire ancienne qu'on nous mettait autrefois entre les mains ne LE MONDE ILLUSTRÉ manquait pas de chanter dans toutes les trompettes de ln Renomuiée les prodigieux jardins suspendus de Babylone.Eh bien, il est permis, tout en donnant son tribut de lounnges aux jardiniers de Sé- miramis, de supposer que MM.Alphand et Lufor- cade ne leur ont point été inférieurs dans l\u2019exéeu- tion du parc harmonieux et grandiose qui entoure les palais du Champ-de-Mars, comte une ceinture de fleurs enrichies de villages, de campements, de théâtres, de pavillons et autres merveilles qui reposent l'esprit par leur diversité même.Je voudrais essayer aujourd'hui de vous en donner un léger croquis, de mon crayon bien inhabile pourtant.Et d'abord, pour bien voir, plaçons nous juste au centre des quatre piliers de lu Tour Kiltel.C'est un spectacle tres imprévu et fort original que 'Kx- position contemplée à travers les jambes de la Tour.Ou se croirait sous un pont de géants, et dans l'énorme cadre rond de l'arche colossale, l'IEx- position toute entière apparait découpée conne en un tableau magnifique.Alors, apparaissent aux yeux les proportions énormes des palais de l\u2019Exposition.Au fond, le grand dôme central s'élève comme une couronne majestueuse sur l'itn- mense édifice étendu à ses pieds, puis à droite et à gauche les deux autres dôtues secondaires des palais des Beaux-Arts et des Arts-Libéraux qui forment Un vaste fer à cheval, s'avancent des deux côtés du jardin, en longues et magnifiques galeries soutenues par une gracieuse colonnade.Cette disposition des bâtiments leur donne un aspect monumental incomparable ; le regard plonge au loin et embrasse trois façades à la fois, et quelles façades | Elles sont immenses, prodigieusement conçues et décorées, Et tout ce merveilleux ensemble avec ses toitures variées aux mille couleurs, ses dèmes étinvelants, ses portes aux proportions majestueuses, ses pavillons, ses cas.endles, ses foutaines, ses entiludes de colonnes à perte de vue, en rappelle par l'étendue tout ce qu'on imagine de Babylone, de l'Inde, de ces constructions démesurées auxquelles les rois anciens employaient des peuples entiers de prisonniers et d'esclaves.Ce spectacle admirable donne lieu à bien des réflexions : si, en effet, nous entendions de nos jours un admirateur outré de l'antiquité, comme on en rencontre souvent, nous raconter que jidis un conquérant Egyptien où un empereur Romain avait élevé un immense palais dont la construction lui avait coûté des centaines de millions et où il avait entassé toutes les merveilles de l'industrie de son époque, pour les donner en spectacle au monde entier, vous diriez : Voilà un monarque qui # plus de drbits à la gloire et qui à plus mérité du geure humain que Jules César ou Alexandre.Et si l'on vous disait ensuite qu\u2019au bout de six mois le méènie monarque, croyant avoir assez prolongé ce magni- tique spectacle, faisait démolir cet immense palais ur lequel il s'était donné tant de mal, et il avait dépensé tant de millions jusqu'à ce qu'il n'en reste plus pierre sur pierre, vous diriez : voila qui est prodigieux, et c'est bien là un fait digne de cette antiquité fabuleuse, de ces duectens, auprès desquels nous ne sonnnes que des enfants et des maladroits ! Eh bien, mes amis, c'est pourtant ce qui se passe à notre époque, c'est nous qui nous puyons ces magnticences éphémeres, et ce qui prouve encore une fois de plus que nous faisons des choses aussi merveilleuses et plus utiles que n'en ont jamais exécuté ces peuples d'autrefois.Et remarquez bien que tous les palais dont on trouve les ruines en Grèce, en Ryrie, à Rome, en Egypte, ont été construits par des milliers de malheureux enchai- nés comme des bêtes féro \u2018es, et qui succombaient chaque jour par centaines sous le fouet et le baton de leurs maîtres impitoyables, tandis que les ouvriers qui ont élevé les magnifiques palais de l'Exposition étaient libres, ét même égaux devant la loi, à ceux qui les conduisaient ! Non seulement ils ne mouraient pas sous le fouet et le bâton, mais encore leur travail leur était payé avec justice, et apportait le bien être dans leurs familles \u2018 Voila combien nous sommes supérieurs aux anciens, et comment cette antiquité si vantée et si encensée n'apparaît plus que comme un fantôme cruel et sanglant devant l'époque moderne régéné- pée par le Christianisme ! 131 Je me suis un peu écarté de mon sujet, mais je sais d'avance que mes lecteurs me pardonneront, car j'ai voulu faire ressortir le côté moral et les graves réflexions qu\u2019inspire à qui wait la com prendre lu grande wuvre de l\u2019Exposition-Univer- selle.Le jurdin se partage en deux parties bien dis- Linctes ; celle qui est située entre les deux ailes des palais des Beaux-Arts et des Arts Libéraux, et celle qui se trouve au fond, devant le grand dôme central.Cette dernière partie est plus élevée que l\u2019autre de huit pieds, et l'on y arrive par un grand escalier de marbre à l'aspect monumental et orné de statues magnitiques.Tout autour de ces jardins règne une allée de paluiers d'Afrique, exposés par un jardinier amateur, de Nice.Sans entrer dans les détails du métier, que je n'entends pas du reste, Je mie contenterai des chitfros, selon men habitude, bonne où mauvaise.Eh bien, le parc du Cha:np- de Mars ne contient pas moins de quatre cents espèces d'arbres forestiers et d\u2019ornement, et sept cents espèces d'arbustes.Or, chaque espèce étant représentée par plusieurs plants, on peut se rendre compte du nombre considérable de pieds d'arbres que l\u2019on a fait transporter au Champ de-Mars.Toutes ces variétés sont des plus riches et des plus rares, De plus, le jardinier en chef de la ville de Puris n combiné ses plantations de façon que les tloraisons se succèdent et que l\u2019on ait toujours des fleurs à profusion pendant toute la durée de l\u2019Exposition, Quoique nombreux, ces arbres ne suffiraient pas pour ombrager ce grand iardin, on s'est donc occupé d'abriter les allées principales pour traverser le parc dans toute sa longueur.Pour cela, on a élevé des velums ou tentes aux riches et chatoyantes couleurs, au-dessus des allées situées à droite et à gauche des tapis de verdure qui entourent les fontaines et les bassius.F.(Ge wnier ETYMOLOGIES SAINT-GERMAIN DE RIMOUSKI La ville de Saint-Germain de Rimouski est le chef-lieu du comté du même nom.Elle possède une cour, un évèché et un collège classique.Cette ville à pour titulaire saint Germain de Paris.On lui a donué ce now en mémoire de son premier habitant, le seigneur Germain Lepage.SAINTE ANNE DE LA POINTE-AU-PÈRE Ce village est situé à quelques lieues de la ville de Rimouski.La première messe célébrée dans ce village le fut par le Père jésuite Henri Nouvel, le 1 décembre 1663, sur une pointe où rocher.(Plusieurs écrivent erronément Pointe-aux-Pères).SAINTE ANNE DE LA POCATIERE Nituée dans le comté de Kamouraska, possède un collège classique et une école d'agriculture.Elle tient son nom de La Combe de la Pocatière, capitaine au régiment de Carignan, SAINT EUSTACHE DES DEUX-MONTAGNES Cette paroisse est célèbre par la défense hé- roique qu'opposèrent les patriotes de 1838, sous le cotumandement du brave Dr Chénier, à l\u2019armée de Colborne.Son nom lui vient de Eustache Laubert, sieur Du Mont, seigneur des Mille-Tles.SAINT-DAVID DE L'AUBERIVIÈRE Cette jeune paroisse, située à quelques milles de la ville de Lévis, à été nommée ainsi en l'honneur de son fondateur, Mgr Joseph-David Déziel, et de Mgr de Pourroy de l'Auberivière, cinquième évêque de Québee.SAINTE-CLAIRE DE DORCHESTER sainte-Claire de Dorchester tire son now de Claire Frangoise Bissot, épouse de Joliet, le découvreur du Mississipi.HECTOR SERVADEC 132 LE MONDE ILLUSTRE \u2014 pa rente pC nue tr ase ein mem tae 0 ma a LY) hor +3 WF PEEP La t 25 a hel ce a = % in HG a) 2% ee y a Hat EA ad! on ys Fa du So 4) tA 4 y A EN pl ng ee + x Ge A 2e a a: or ., À à > i d ge $ T = a a | had où EA \u2019h jl, iy ; M, Wi | 2 J] ¢ < À R \\ N = N Nd N il A : Ÿ WN \\ : i ~3¥ N A A F AX \\ v à \\ \" = F- Ÿ y 4 Rl Mn | ù p = LE = N © de ; NS @ | | + \\ il i, Re = NES 3 + > uy Bd SJ = oo = li oT PEN | % 3S LW: EIA e | aes How # [ ull RA = 8 EY ig! nes 12° ® = n°4 Te, \u201c4 oe 3 H = © $, A Fe \u201c\" ey = I 3 \" > An if 3 DVORAK Ë il kl > Be Se Dis ye ' £ N > $ = Ie Fel \u201c né nes = = N pe
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.