Le Monde illustré, 31 août 1889, samedi 31 août 1889
[" E MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : 6tux ANNÉE, No 275.\u2014 SAMEDI, 31 AOÛT 1889 ANNONCES : Un an, 83.00 - - - - = Six mois, 81.50 La ligne, par insertion - - - - - 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - bcents Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annoness à long terme \u2018sere.a LU py 4 YR pr , = =~ CAE % AGE 7 re 7 7 D 4 0 A 2 CF 3 A 5 1/70 A De A hia > 7 oN \u2014 sl SY < f pan À _ ' a Jo } AP = ON er k Zr - a ; oe .AYN / © AE Let (A0 ESS \u2018 vA AAR Y LUNA , RRR re +, vos pe NS Fey =~ FEI LY EE ea .Sea pt Cease = i ; ee Wii Wing cen ~ em oe Vi À 2 _ SUIIENEE SN lui ESS as EE sr WILLS WY Dpt NZ» Wu Uk Sl UT We 2 - I =, 3 a NAR AI CR, à wll pir DÉS pl US - ra - LE NOUVEAU PENSIONNAT SAINTE ANGELE A SAINTE-CUNEGONDE DE MONTREAL M.Victor Roy.architecte.\u2014 Dessin de M.Jules Dubreuil.\u2014Gravure par Armstrong mono ge pi 138 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTRÉAL, 31 AOUT 1889 Er SOMMAIRE TEXTE : Entre-Nous, par Léon Ledieu.\u2014L'instituteur dans nos campagnes, par J.P.V.Du Sault.\u2014 Etymologie : la Floride, par Hector Servadec, \u2014Méditations.\u2014 Les nègres d'Afrique (avec gravures), par Ph.C,\u2014La littérature rfançaise au XVe siècle, par Paul Duran 1, \u2014Les idées de ma vieille tante.\u2014locsie : lnvitation, par Henri Gaston.\u2014 Nos gravures.\u2014Belle ou laile, par Aurélien Scholl, \u2014Carnet de la cuisiuière, \u2014Choses et autres, \u2014 Variétés \u2014Récréations de la famille.\u2014Feuil- letams : Un drame à Panama, \u2014Sans Mère.Gravures : Vue du nouveau pensionnat Sainte-Angèle.\u2014 Portrait de Georges ler, roi de Grèce.\u2014P\u2019erte du vapeur Montréal! dans le détroit de Belle-Isle.\u2014Gravure du feuilleton.Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d Ire Prime ~~.$50 Ome © - - 25 Sme .15 dme 4 - - - 10 Sme \u201c .- 5 Ame * : - 4 « ~ - + 8 qu : .A .2 86 Primes, à $1 - - - 86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par trois personnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NUS PRIMEs SOIXANTE-QUINZIÈME TIRAGE Le soixante-quinzième tirage des primes mensuelles du MoxDE ILLUSTRÉ (numéros datés du mois d'août) aura lieu SAMEDT, le 7 Septembre, à 8 heures du soir, dans la salle de \"UNION SAINT- JOSEPH, coin des rues Sainte-Catherine et Sainte- Elizabeth.Le public est instamment invité à y assister.Entrée libre.| Evvre | ; PTT SN TES | biere reww]* *,* Montréal s\u2019est enfin décidé à adopter la lumière électrique comme mode d'éclairage, et bien que certains quartiers se plaignent encore, c\u2019est un grand progrès, un progrès indispensable dans notre siècle de lumière.Cette amélioration n\u2019enthousiasme cependant personne ; les progrès étonnants que la science fait chaque jour nous rendent exigeants et, loin d'admirer l'éclairage électrique, nous nous contentons de constater plutôt ses imperfections en nous disant que l\u2019on fera mieux dans quelques années.Nos aïeux seraient bien étonnés s\u2019ils revenaient quelque soir se promener dans nos rues, mais il faut avouer qu\u2019ils n\u2019étaient pas guère noctambules et qu\u2019ils devaient se coucher avec les poules, puisque l\u2019idée d'éclairer les rues ne les a jamais beaucoup préoccupés.Sans remonter au déluge, ni même à l'ère chrétienne, on constate que nos devanciers du commencement des temps modernes se contentaient de porter une simple lanterne quand d'aventure ils mettaient les pieds dehors, la nuit, dans les grandes villes, tout comme on le fait de nos jours dans les villages les plus pauvres.À Paris, di: un vieil auteur, le silence des nuits était quelque fois troublé par le prêtre de Notre LE MONDE Dame, de Saint-Gervais ou de Saint-Lou, s\u2019en allant porter À la lueur des flambenux, et sous le dais sombre, l\u2019hostie et les consolations dernières à un mourant.Puis les cris et le cliquetis d\u2019épécs qui annoncent une mort violente, ln plainte étoutfée de quelque malheureux frappé dans l'ombre, le fracns d\u2019une fenêtre qui s'ouvre et qui se referme après le bruit produit par In chute d'un corps au milieu de quelque flaque fangeuse : ou bien encore, devers la tour de Nesle, ln lourde châte d'une masse d'eau, car c'est là le petit séjour des ssbatte.ments clandestins ; c'est là que passe sa nuit Cette reine * Qui commanda que Buridan Fut Jeté dans un sac en Seine.\u201c Dis quatre heures du soir, dit M.Edouard Fournier, en hiver, Paris devenait une ville dangereuse, les rues ne pouvaient plus en être fréquentées sans péril \u201d, Tl y avait bien les gens du guet qui faiszient In police de la ville, mais \u201c ces bonnes gens, grelottant de froid et de peur, se morfondaient toute la nuit, à la lueur des chandelles fumeuses que leur délivraient messieurs les échevins, puis le matin venu, sans avoir rien vu, sans avoir surtout cherché à rien voir, ils rentraient chez eux plus morts que vifs \u201d, Sitôt qu\u2019il faisait nuit, en effet, les mauvais gar rons s'emparaient de In ville, brûlant, pillant, volant, massacrant les passants nttardés, et les ln- quais de bonne maison, l'épée à In main, insultaient et frappaient les roturiers \u201c qui avaient l'audace de se trouver sur leur passage \u201d.H y a à peine trois cents ans que les choses allaient ainsi, c'était le bon temps que regrettent encore certaines gens qui semblent se plaindre de ne pas être rossés et batonnés.En 1662 Laudati de Caraffe obtint ln concession du privilège de former une compagnie de porte- flambeaux et porte-lanteruer dans In ville et faubourgs de Paris.Ces portes-lanternes étaient divisés par postes chacun de huit cents pas, dit l'arrêt d'enregistrement, \u2018les dits porte-lanternes auront un sable, (sablier) juste d'un quart d'heure, Inarqué aux armes de la ville, qu'ils porteront attaché à leur ceinture, et les gens de pied qui voudront se servir des dites lanternes payeront, pour chaque quart d'heure, trois sols.\u201d Trois sous par quart d'heure, c'était cher, et peu de gens de pied pouvaient, Je crois, se payer ce luxe.Ce n\u2019est qu'en 1667 que le premier lieutenant de police, La Reynie, conçut le projet d'éclairer Paris nvec quelque régularité, On suspendit d\u2019abord, dit Fournier, à qui J'emprunte ces détails, une lanterne garnie d'une chandelle allumée, à chaque extrémité de rue, et une autre au milieu, Louis NIV fut si content de cette innovation qui fnisait briller son règne, qu'il fit frapper une médaille avec cette légende : securilus, nitor.Voilà où en était l'éclairage de la ville amis re il y a deux cents ans.Les Parisiens étaient enthousiasmés, et la (va- sette de Robinet célébra cet événement dans les vers suivants : C'est que vray comme Je le dy, 1 fern, comme en plein midy, Clair la nuit, dedans chaque rue, De longue ou de courte erendue, Par le grand nombre de clartes W'il fait mettre de tous côtes En autant de belles lanternes.Un autre enthousiaste s'exprimait ninsi : ** L'invention d'éclairer Paris, pendant la nuit, par une infinité de lumières, mérite que les peuples les plus éloignés viennent voir ce que les Grecs et les Romains n'ont jamais pensé pour ln police de leurs républiques.Les lumières enfermées dans des fanaux de verre suspendus en l'air et à une égale distance, sont dans un ordre admirable et éclairent toute la nuit.Ce spectacle est si beau et si bien entendu, qu\u2019Archimède même, s\u2019il vivait encore, ne pourrait rien ajouter de plus agréable et de plus utile.\u201d Les Anglais, les Italiens, ne tarissent pas d\u2019éloges.On n'allumait cependant les lampes que du premier novembre jusqu\u2019à la fin de février ; plus tard, -en 1671, on les allume depuis le 20 octobre jusque fin mars, moins les jours de pleine lune, bion entendu.Cette question de pleine lune a, du reste, été longtemps prise en considération dans tous log pays et, il y an quelques années encore, À Montréal, le gaz n\u2019était pas allumé dans les rues treize ou quatorze jours sur trente.Ce mode d'éclairage fut appliqué dans toutes les villes de France quelques années plus tard, et continua jusqu'à l'adoption de l'éclairage nu Kuz, Et cette question d\u2019éclairage public me remet en mémoire une phrase, une Anerie, trouvée dans un roman historique, intitulé : Marie de Médecis : \u201c Avant 1667, dit l\u2019auteur, Paris restait pendant la nuit plongé dans une complète obscurité ; les réverbères, qui n\u2019étaient pas alors inventés, rendnient la nuit plus obscure.\u201d Vous voyez que c'est In France qui eut l'honneur d'inaugurer un système d'éclairage public, et c'est encore un Français, Philippe Lebon qui, le premier, songea À utiliser dans le même but les gaz combustibles, TH donna l'idée, mais ses expériences ne furent pas couronnées de succès et il mourut en 1805, pauvre ot presque inconnu.Sa ville natale lui à érigé une statue, il y a deux ou trois ans, si j'ai bonne mémoire, 42} Ce n'est cependant pas In France qui bénéficia Ia première de ln découverte de Lebon perfectionnée par Murdoch, mais bien l'Angleterre.En 1812, Windsor fonda une compagnie pour d'éclairage de Londres : en 1816 il vint à Paris, et en 1817 commenea à éclairer quelques rues, En 1520, une compagnie régulière fut foudée, et Paris profita enfin de l'invention de Lebon.Québec à été éclairé au gaz en REY et Montréal en 1544 : aujourd'hui, ces deux villes ont la lumière électrique dans toutes leurs rues, Québec ayant précédé de plus d'un an la Inétropole com- tuerciale dans cette voie de progres, I ne faudrait pas croire cependant que l'usage du gaz doit être fatalement proserit par suite de l'envahissement de l'éclairage électrique, et pour s'en convainere il sutlit de se rappeler ce qui s'est passé, il y a soixante-dix ans, quand on adopta le gaz pour éclairer les rues de Paris.À cette époque, tous les produ-teurs d'huile à brûler furent frappés de stupeur, dit «du Mancel, et ils voyaient dans la nouvelle découverte Ia ruine de cette industrie ; tunis, contrairement à leurs prévisions, ils reconnurent bientôt que la consommation de l'huile à brûler augmentait avec le développement de l\u2019éclairage au gaz, et cela devait être ainsi, car l'éclairage au gaz, en habituant les populations à une lumière plus vive, devait faire augmenter le nombre des lampes employées pour l'éclairage privé et perfectionner à ce point de vue la construction des lampes elles-mêmes qui dépensèrent, pour cela, une plus grande quantité d'huile.Ce coup d'œil rétrospectif nous montre qu\u2019on exagère à tort en ce moment les conséquences que pourrait entraîner le développement de l'éctai- rage électrique.Comme on se serait habitué à cette lumière vive qui fait paraitre les becs de gaz aussi sombres que le paraissaient par rapport à eux, les reverbères à l'huile, on se trouvera obligé de multiplier les becs de gaz sur les points ou l'on sera forcé de les employer, et In consommation pourra peut-être même dépasser ce qu'elle est nu- Jourd'hur.Quant à moi, je crois aucléveloppement progressif de l'éclairage électrique, au Cunada surtout, où les pouvoirs d'eau sont si nombreux que je suis persuadé que dans quelques années, un grand nombre de villages auront adopté ce syèstme.Bien plus, je suis certain qu'avant trente ans toutes lex grandes routeaseront éclairées à ln lumière électrique, grâce aux perfectionnements qui permettraient de produire l'électricité à très bon mar ché.Le vont eat une force qui n\u2019a pas encore été employée, mais il est probable que les inventeurs s'en oceuperont bientôt et que l\u2019on arrivera à faire produire à chaque Inmpe ln quantité de fluide nécessaire à son alimentation.De légers moulins à vent perfectionnés et adoptés à chaque pôtenu seront sans doute les producteurs de cette électricité, et les accumulateurs rendront aussi, je crois, de grands services en ce sens. po rn omnis ne \u2014_-\u2014 - as On à parlé il y a quelques années de créer à Montréal un grand boulevard allant de la rue Saint-Denis au Sault-au-Récollet et je crois que si ce projet se réalisait, cette avenue éclairée à la lu- inière électrique serait une des plus belles promenades du monde.Québec pourrait faire In méme chose sur les routes de Saint-Louis et de Sainte-Foye.Quoi qu\u2019il en advienne, il est certain que l\u2019éclui rage électrique, qui n'en est qu'à ses débuts, prendra bientôt une extension énorme dans tous les pays, et je voudrais bien étre mon petit fils pour pouvoir contempler les merveilles du sièele prochain, *,* Madame Maybriek n'a pas été et ne sera pas pendue.I! faut nvouer que ce procès, qui a tant pus- sionné l'Angleterre, était des plus étranges et qu'il a été singulièrement conduit.Voici une femme accusée d'avoir empoisonné son mari avec de l'arsenie, on prouve que lui même eu prenait volontairement et habituellement de ce poison en quantités notables, on fait l'autopsie, on trouve naturellement de l'arsenie dans son corps, mais les témoignages des médecins sont très contradictoires, le juge en résumant les débats se méprend sur le sens d'un mot dit par l'hecusée, les jurés déclarent saus hésiter qu\u2019elle est coupable et le juge la condamne à être pendue.Les débats avaient eu un tel retentissement et le peuple anglais s'était tellement ému du résultat du procès, que de tous côtés on a demandé une commutation de peine ou le pardon, Mais on est très formaliste en Angleterre, et la reine Victoria est la seule souveraine du monde qui n'ait pas le droit de grâce ; Sa Majesté sigue bien l'ordre accordant la commutation, mais elle ne peut le faire sans l'avis du ministre de l'intérieur.M.Matthews s'est fait longtemps prier, et ce nest que la veille du jour tixé pour l'exécution qu'il s'est entin décidé, mais les raisons qu'il a données pour motiver sa décision sout si singulières, qu'on se demande si ce haut fonctionnaire jouit pleinement de ses facultés mentales.Il dit que tout en étant convaineun, d'après les dépositions des témoins, que l'aceusce à douné du poison a son wari, il n'est pas certain qu'elle lui en ait administré une quantité suffisante pour le tuer.C'est purfaitement clair, il est done évident qu'elle n'a pas empoisonné son mari, mais ce dernier n'en est pas moins mort, tont ce qu'il y a de plus snort, et il n'est pas moins certain, eu admettant le raisonnement de M.Matthews, que s'il en est arrivé À ce résultat toujours fâcheux, même pour un mari trompé, c'est de sa faute, puisqu'il prenait lui-même de l'arsenic.Nil s'était contenté de prendre simplement la dose que lui donnait sa fennne, il serait encore en vie, et même en bonne santé, puisque l'arsenie fait beaucoup de bien, dit on, rend le teint clair et sti mule tout le système, quand on n'en prend pas trop.Cependant, il est mort, je le répète, et ce qu'il y a de plus curieux c'est que le mème M, Matthews dit qu'il croit bien que ln quantité trouvée dans le corps du défunt n'était pus suffisante pour le tuer, M.Matthews termine en disant qu'il y a un doute en faveur de l'aceusée : minis ce doute, M.Matthews, madame Maybrick n'en bénéticie guère puis que contrairement à ln loi anglaise vous ne l'aquittez pas purement et simplement selon l'usage.Elle était adultère, ajoute-t-il encore, et elle térite d\u2019être enfermée pour le reste de ses jours.Mais, elle n\u2019était pas nceusée de ce crime, M.Matthews.Enfin la décision est finale, et cette décision à Mis en lumière certains côtés faibles de cette administration de la justice criminelle anglaise, tant vantée, qu'on la donnerait pour modèle à tous les peuples.On a enfin reconnu qu'il n\u2019était pas juste de ne pas entendre l\u2019accusée et de ne pas avoir un tribunal pour en appeler des décisions de ln Cour d\u2019us- sise et tout le monde demande des réformes devenues absolument nécessaires.LE MONDE ILLUSTRÉ *,* Un mot de ln tin authentique : Sur ln route do Montréal à lu Longue Pointe, nou loin de l\u2019établissement dirigée par la Sœur Thérèse, un promeneur avise un journalier qui sert es mÂçons : Dur métier, hein ! \u2014Oui, monsieur, bien dur, et pas trop puyé ; trois cheling pur jour.Juste assez pour manger ets'éreinter.À quarante ans je serai un homme fini.Vous avez bien tort de vous échigner comme ça, \u2014-Comument fuire { \u2014Mais, mon ami, rien de plus simple, weltes- rous fou /.Oui, fou comme moi.Je suis bien nourri, bien logé, chauffé, habillé, blanchi.Je sors de temps en temps pour me promener, je suis très heureux, Croyez-moi, mettez vous fou.Et l'homme s'éloigne suivi des regards du pauvre diable qui a posé son oiseau À terre et dit entre ses dents : - Mettez-vous fou ! Au fait, c'est une idée, n'y a pas de worte saison dans ce métier là.L'INSTITUTEUR DANS NOS CAMPAGNES Permettez-moi, amis lecteurs, d'attirer votre attention, sur cet homme si hurable, si utile et pourtant si méconnu, dont l'obseure et modeste science est consacrée à l'étude et au hien de la patrie, sans souvi de Ia renommée, ni des récompenses de ce bas-monde, La puusreté est son partage, la froide misère séjourne, en permanence, sous l'humble toit qui l\u2019habite.Presque toujours il est victime du mauvais vouloir de parents, où d'un esprit d'économie mal entendu de la part des comuissaires d'écoles de nos campagnes.Il faut qu'il ait vraiment le sentiment des devoirs que lui impose sa noble mission, lorsqu'il voit ses peines, ses travaux payés d'ingratitude, ses meilleures intentions souvent mal interprétées.Sa vie n'est qu'un martyre continuel : Enfermé pendant six à sept heures par jour daus un local trop petit, bas, malsain, respirant une atmosphère viciée, il travaille sans relâche et avec une pit- tience inaltérable, à dégrossir les rudes natures, à développer les jeunes intelligences qui lui sont confiées, Pour prix de son dur labeur on lui donne à peine de quoi subvenir aux besoius de son indigente famille.L'humble sncristain de village est plus rémunéré que lui, Que dis-je } c'est à peine si ses appointements égalent ceux d'une servante : Il est pénible de constater, d'après les statistiques du département de l'instruction publique, que le salaire moyen de l'instituteur /eïgue, dans notre belle et riche province de Québec, est de 8200 à peine tandis qu'il est de 2300 et plus dans les autres provinces du Canada.Si nous jetons un coup d'œil sur ce qui se passe en dehors de l'enseignement, nous voyons que tous les fonctionnaires publies, reçoivent un salaire qui leur permet, non seulement de vivre à l'aise, mais d'économiser pour leurs vieux jours : seul l'instituteur fait exception, et pourtant n'est-ce pas lui qui rend le plus de services à la société ?Ne seruit- il pas juste de lui accorder nide et protection dans l'exercice de ses pénibles fonctions.ll est vrai qu'une pension lui est octroyée à l'âge de 56 aus, mais le chitlre en est si peu élevé que, à peu d'exception près, elle ne sutlit point à lui procurer les choses les plus essentielles aux besoins de la vie.Du reste bien peu parviennent à cet âge relativement peu avancé, car a 15 où 50 ans, à moins d'avoir une coustitution exceptionnellement robuste, ce sont des vieillards qu'une vie de privations et de Inbeur conduit prématurément vers la tombe.Comment se fait-il que cet homme qui travaille à la gloire de notre patrie, qui prépare nos enfants au grand combat de la vie, et qui forme les générations à venir, soit si méconnu, souvent même si Il déduigné, par notre population rurale ?D'où vient cette aputhie pour tout ce qui a rapport à l'éducation et à l'instruction de la jeunesse ?Pourquoi nos hommes politiques ne cherchent-ils pas à améliorer ln position de cet humble philantrope, de celui qui, après le prêtre, travaille le plus à fa conservation et À l\u2019extention de notre race ?Autant de questions qu\u2019il est plus facile de poser que de résoudre ouvertement, car il y a tant de susceptibilités à ménager, tant d'obstacles à surmonter.\u2018Tous les gouvernements étrangers sont pleins de sollicitude pour cet humble éducateur, car ils savent apprécier les services qu'il rend et comprennent l'influence qu'il exerce sur les destinées des peuples, Notre gouvernement provincial seul, fait preuve à son égard d\u2019une coupable indifférence, et cela est regrettable, lorsque l\u2019on considère les déplorables résultats que cet état de chose peut avoir pour notre belle et riche provinee, si essentiellement française, Que nos hommes d'Etat prennent en main la cause de Pinstituteur, qu'ils fassent cesser ce mode d'engagement au rabais qui se pratique générale- menr dans nos eampagnes, qu'ils tixent un prix minimum pour chaque classe de professeurs, et nous verrons isparaître toutes les nullités que le corps enseignant renferme dans son sein, et des hommes compétents se livrer à l\u2019enseignement et travailler avec zèle et dévouement pour le plus grand bien de la Religion et de Ia Patrie.J-P.-V.De Sacer._\u2014 ÉTYMOLOGIE FLORIDE Parmi les hardis navigateurs qui accompagnérent Christophe Colomb dans son deuxième voyage, il ne faut pas oublier le célèbre espagnol, Jean Ponce.Brave guerrier, excellent navigateur, catholique zélé, il fut un des rares compagnons de Colomb qui le suivirent en Amérique dans l'unique but d\u2019é- vangeliser ce sauvage continent.Nommé gouverneur de Porto-Rico, une grave difficulté se présentait.Pour prendre possession de son gouvernement, il fallait enlever aux sauvages la plus grande partie des terres placées sous sa direction.Il s'en empara en quelques jours.Relevé du commandement de Porto-Rico, son esprit actif ne put se faire à l'inactivité.Il arma Un Vaisseau et fit voile pour l'île de Bimini, une des Lucayes, où où lui dit se trouver une fontaine de Jouvence.Le 27 mars 1512, jour des Pâäques- Fleuries\u2014en espagnol /rescue-Florida-\u2014il se trouva devant une grande presqu'île.Le pieux navigateur, en souvenir de la fête du jour, lui donna le nom de Floride.Une autre opinion veut qu\u2019il ait donné le nom de Floride à cette presqu'île, parce qu'il trouva les anrpagnes émaillées de fleurs.HECTOR SERVADEC MÉDITATIONS PAUVRE FLEUR ! PAUVRE CŒUR \u2018 I Elle est là, depuis hier, oubliée dans cette urne d'eau limpide.Sa carolle trop épanouie s\u2019effeuille, le velouté de sa couleur commence à disparaître, et sa tige, devenue molle, ne peut plus la soutenir, Pauvre fleur ! tu as glissé doucement dans ce vase où je ne voulais que tremper ta tige pour te donner plus de vigueur.Ah! l\u2019eau, quelque pauvre qu'elle soit, n'est pas ton élément, c'est l'air, c'est le soleil, c'est la terre humide de rosées qu'il te faut \u2018 11 Pauvre cœur ! tu me demandes d'accueillir ces pensées dont le murmure et l'innocence factices sont venus t'éblouir, Elles sont pures, dis tu, douces, gracieuses, attrayantes.Non, non ! ces enchanteresses te berceraient dans de molles réveries.et quand viendrait l'heure du dervir tu te trouverais sans force et sans dévouement.Pauvre cœur! sois moins émutionné pour rester plus fort. 140 LE MONDE ILLUSTRE nr = a = = a = NN RE >.S $ &T NN S SN ER NN S 9 > 38 -r > 3 v 3 Pox sé) S #8 PY an NN Q SH \\ Sn NN *% XX NN Sy NS N NN NN /À N SN NN v > de => ses Ae S A.oP A) 1 À e A = KE 2 Ly r \"2 y/ \\ +» (En) 7 1} * \\ s AS A A 4 3 oN ZZ - fut, hot + ; y J / 7 4 CE 7 À \\ Ed Z 7 7 A #4, 7 {) 3 70 sa CE 0 7 W AY! \\ J z \u201cTY ald Tied vom o \\ Lh DE GRECE GEORGES Ier, RUI = ~~ el SR = == = 2 Ses TERR re RE Wu = So 2 CASE ns > S SES CE 2a = n°1 2 oT => = a ets TA in i - AY 4 mA CAE ri £4 AB ES 3 SF A + HT 2 RS \u20ac Le a 1 7 li NS oo oe ¥ Tx 2 z Ay ff 3} 17 3 Jd wurde 2 firs = = ra 1 4 A i! ape od Era ke À ea = x | es.fie Tir reac Éd y A 7 > 7 a 2 vi 4 TU, = rs Z 2 hy 6 A 53 > i wd 7 9 fo g M v i Ei pe XY À = i Zr of FH 2 q \u2018a Na ly a En = > A RE a i a 5 3 22 = ; sas A a ~- pti 4 = | ht pty [3 .57 Da 5 AN = i [4 2175 Or oi pe 7 T \u201c- X js Has 14 E- = =; ra +.\" \u201c fs ead ; % en ; vu Gi #4 té M A ~~ i 5 7, (A pc An: HF - 74 7 x GRAS 5, A1 es Cl er 1454 i ms I CA Jr A SE js A Le = - GT > APA ; SZ ers 4 or fo & ~ 8 | LE \".= Ls cm == - &s SON ~ en Te ae sets \u2014 = tc pg Tra À == [ \"TY See, > = 3: == te po ere ~~ Emme su.< Et pr Seam mere = Po N: ho es = \u2014 2 % = pe ===> 22 py py ee TAA \u2014 = Eo SC a pe Ppa np.NN Pad r_ peu ¥ ~~ : ir = \u2014 : = = SS = Les À = ony Soe =n TE \u2014 Jess >= Pe\u201d EAR = AG SR \u2014\u2014 = ~- Es = > A ea = 3 tou == Ie oc SR =e Sn vm $ Poy == \u2014\u2014 sk \u2014 = ~~.\u2014 T7 _\u2014 ~~ Dee ES Sam ~~ en \u2014 = SE S Seder ~ a - Ton = î.mar 22 > - es eee a SRR: es ea na eS \u2014\u2014 PS = >= me es a prs 2 a ~\u2014 Teel = abe \u2014 \u2014\u2014 \u201cSy ll Lr rans =o = ZA PH RS = or eh a == - =z \u2014 mens pg I i =\" 2 Fh >.7k \u2018 me ~~ \u2014\u2014 == FE CA = oF e fp 4 = = \u2014 ES PS ze SE == oS \u2014.Sr Per ar ==\" ES es EE
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