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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
Sans mère
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1889-09-07, Collections de BAnQ.

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[" J FEUILLETON DU MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 7 SKITKMBRE 1880 SANS MERE QUATRIEME PARTIE LE DEFAUT DE LA CUIRASSE (Suite) Madame, dit-il, à vette dernière, je vous ramène Georgie un peu souflrante, Elle se plaint de ü bte, te Mon Dieu, qu\u2019astu ?demanda Mme Chaniers déjà alarinée._ Dans ln boutique chinoise où nous sommes allés chercher ln potiche, répondit la fillette, il y avait une bizarre et pénétrante odeur de muse, de patehoulis, d\u2019encens, de je ne sais pas quoi, mais quelque chose de très nde qui m'a tout de suite porté au cœur, C'est probablement tout cela réuni qui m'a fatiguée.J'ai sans doute lu migraine, pas davantage.Sir Jonathan prit la main de Mlle Chaniers, Vous avez la peau fraîche, Georgie, dit il : ve he sera rien.Ce matin, lu maladresse de Mle Vergnes a tronble votre digestion ; les odeurs désagréables de |a hautique vous ont donné mal à la tête : tout cela réuni vous à gratifiée en effet de lu migraine.Une tasse de thé et un bon sommeil, il n\u2019y parai- tra plus.I se leva.L'heure me presse, ditil, je uen vais, Je reviendrai demain au soir probablement, tächez d'etre vaillante.Après-demain nous irons ensemble porter à l'ambnssade des Etats-Unis les papiers grâce auxquels je deviendrai tout à fait votre pere.1! prononça ce dernier mot d'une voix extraordinaire, très douce, mais qui tout à coup s'éteignit dans sa gorge comme s'il allait perdre connais sance.Mais subitement, il se redressa et parvint à se resssaisir : Adèle, en effet, le regardait d'une façon étrange : elle, jusque-là, pourtant si indifférente à tous les témoignages de l'ardente affection qu'il prodiguait constamment à Georgette.Etait-elle tout à coup jalouse de sa fille ?.Ou bien ?.Jonathan, fort angoissé de ses réflexions, prit sur lui de ne pas embrasser Mile Chaniers, Ce fut sur la main de la mère qu'il appuya ses lis res longuement, profondément, en murmurant ce seul mot : Pensez à moi, Adèle [11 .1! la regardait tendrement.Avec une joie profonde, ct qui se refléta aussitôt dans ses yeux, il constata qu'à son nom prononce pour In première fois par lui, la jeune femme W'avait pas paru fâchée, plutôt heureuse, au contraire, Grorgette s'était jetée sur un fauteuil bas, et la téte renversée en arrière, elle semblait assoupir, avant les yeux fermés.Ne l'éveillez pas, dit Adèle doucement, Ni elle peut dormir jusqu'au diner, c'est à&-dire une heure et demie ou deux heures, son indisposition 8e dissipera.Nir Pierce s'éloigna sans oser ajouter un tot.Inquiet, il l'était un peu.Mais après tout, une migraine, c'est si peu de chose.; 7 Qui, se dit il en montant en voiture, demain Je la trouverai plus belle et plus fraiche que je Mais !.Quand elle ouvrit les yeux, la jeune fille était isée : sa migraine, loin de se cahner, avait aug mente avec le mal au cœur particulier qui accom- Pagne ce genre d'indisposition.Bientôt aux intolérables élancemeuts dans les tempes, les vomissements vinrent s'ajouter.\u2014 1 LE MONDE ILLUSTRÉ Quoiqu'une sorte de répugnance invincible eût succédé chez Suzanne depuis la veille, à la passion insensée qui remplissait depuis dix-sept ans son cœur pour l'enfant qu'elle avait élevée, la jeune gouvernante déshabilla elle-même la petite malade, In porta dans sa jolie chambre aux murs roses, la vouchn dans son lit de laque blanche, Peu à peu, malgré les soins d'Adèle désespérée, ln peau de la jeune fille devint plus brûlante, ses maguitiques yeux se cernèrent d\u2019une large raie noire, ses lèvres blanchirent tandis qu'une soif ardente Ia dévorait.Elle se plaignait surtout de la gorge et des reins.\u20141l faut envoyer chercher le médecin, déclara Mme Chnniers, vers neuf heures, à Pierre aussi inquiet qu\u2019elle, J'y vais moi-mêtne, répondit aussitôt M.de Sauves, car s'il n\u2019est pas chez lui, j'irai voir au cercle, \u2019 C'était toujours le docteur Garniers qui soignait la fumille, et qui était resté l\u2019ami du frère et de la sœur.La tète de Georgette se promenait tout à fait, son visage de pale qu'il était avant le diner, devenait d'un rouge cramoisi, une grande oppression faisait sifiler sa poitrine.Elle ne paraissait reconnaître ni su mère ni Suzanne.De temps à autre, seulement, elle se soulevait haletante sur son oreiller et d'une voix à peine intelligible, elle disait : \u2014 A boire.Et lorsque Adèle se précipitait, une tasse à la tuain, elle s'en emparait convulsivement, fièvreu- sement, lu buvait gloutonnement d'un trait, et retombait en arrière, plus brûlante qu'avant, inconsciente et gémissante.- Suzanne ! toutes nos imaginations vont porter malheur à cette enfant, dit eutin la pauvre mere atfolée, ve suis désespérée, ois comme elle souffre !.,.Elle est bien mal, je tassure!.Mais la gouvernante, qui deux jours auparavant fût devenue elle-même stupide d'angoisse et de douleur gardait son sang-froid et son calme, sans S'alarmer, sans s'inquiéter même.\u2014 Attendez done le médecin pour vous désoler ainsi, répondit-elle, Après son arrivée, nous verrous bien ce qu'il dira.Je suis sûre que ce n\u2019est rien.\u2014Counne tu prends ces choses !.\u2014Ne faut-il pas un peu de raison, dans la vie ! -Tu parles de raison quand ma fille est là, brûlante de fièvre, ne me comprenant plus, ne me voyant plus !.Mais c'est ma fille, Suzanne Tu entends, ma fille LL.La femme de charge regarda son amie avec une grande pitié, puis tout à coup décidée : - Votre fille ! dit-elle tout bas, en êtes-vous sare 1.Adèle se leva droite : \u2014 Tu sais quelque chose que tu me caches, fit- elle avec des yeux où s\u2019allumaient toutes les folies.Maintenant tu en as trop dit ou pas assez, je veux connaitre le reste 1.On entendait monter dans l'escalier.\u2014Tuisez-vous, réponditimpérieusement Suzanne, voici Pierre, voici le docteur Garniers, ils ne doivent se douter de rien.Quand ils seront partis je vous dirai tout ce que je sais si vous avez du courage pour m'écouter et me comprendre ! \u2014dJ'en nurai \u2014C'est trés grave, \u2014 Mon Dieu ! que crois-tu done ?.Je ne crois pas, entendez-vous, je suis sûre LoL Elle dit ce mot, aire, avec une telle expression, qu'Adèle jeta un cri, Qu'est-ce que c'est ?demanda Pierre en se précivitant dans la chambre.Le docteur Garniers était derrière lui.\u2014H y a que Georgette ne nous reconnait plus, répondit aussitôt Suzanne, et qu'Adèle devient folle, \u2014 FEloignez-la, dit le médecin dont le visage soucieux frappa la jeune gouvernante.Mais Mme Chaniers releva la tête, Dans ses yeux, affreusement dilatés, on voyait une extraordinaire énergie.\u2014Ma place est ici, au chevet de ma fille, dit- elle catégoriquement, il est inutile d'insister, je ne la quitterai pus.Le docteur s'approcha du lit, examina Ian malade, posa quelques questions, puis se fit donner une plume et de I'encre et dicta une prescription.Apris avoir assuré Mme Chaniers que ce ne serait rien, le docteur prit congé de la famille en disant qu\u2019il reviendrait bientôt.Les deux feuimes, restées seules, reprirent alors Ia conversation interrompue par l\u2019arrivée de Pierre et du médecin.Suzanne raconta à sa maîtresse tout ce que nous savons déjà cou \u2018ernant Jonathan Pierce, et assura à Mme Chaniers que (Georgette n\u2019était pas sa fille, mais bien celle de sir Pierce, l'assassin de son mari.Aussitôt celle-ci se redressa haletante, subitement éveillée de la stupeur de folle qui l'envahissait.\u2014Pas ina fille !.répéta-t-elle, Qu'est-ce que ça veut dire ?.\u2014 Que l'infâme assassin qui a tué votre mari, vous a également vole votre fille, celle qui venait de naitre, pour la remplacer par la sienne que vous avez nourrie et élevée, \u2014Mon Dieu !.mon Dieu !.Qu'est ce c'est ?.Ne me trompes-tu pas pour m'apaiser, ine calmer, me consoler ?À ce moment, la portière qui séparait la sulle à manger du petit salon se souleva et Pierre, plus blane qu'un fantôme, se montra aux deux femmes, \u2014Pierre Pivrre wurmura Adele éperdue, si tu savais ce que me dit Suzanne ! Elle vint tomber mourante dans les bras de son frère.Celui-ci la porta sur le canapé du petit salon.J'ai entendu ln déclaration de Suzanne, dit il très grave.\u2014Et tu la crois, cette histoire ?.| \u2014Si Suzanne l'affirmne, oui, absolument.\u2014Pourquoi ne l'as-tu pas racontée plus tôt ! demanda Mme Clinniers.\u2014Je ne le sais que depuis hier.\u2014Comument cela ?\u2014Faut-il tout vous dire ?\u2014Certes ! tirent en mème temps le frère et la sur.\u2014 Depuis l'arrivée de sir Jonathan Pierce, je suis tracassée, bourrelée, malheureuse.Dès le premier jour que je l'ai vu ici même, dans ce petit salon, son regard gris m'a révélé l'assassin de Georges, cet Eugène Gages que vous avez si vainement cherché partout.\u2014Lui ! s'écria Pierre.Allons done !.Il est fils d'un avocat célebre de ln Nouvelle-Orléans, issu d'une famille noble anglaise, établie jadis en Louisianne, et cousin de sir James Pembroke qui a été élevé avee lui! Quoi?\u2014Mais qui l'a perdu de vue de dix-sept à vinet- cinq ans.Est-ce que pendant ces huit ou neuf annues écoulées, le véritable Jonathan Pierce n'a pas pu mourir de n'importe quelle facon, et l'autre, ve scélérat, cet assassin, ce bandit à l'adresse infernale, se mettre dans sa personne, et prendre avec ses papiers, si physionomie et sa tournure 1.\u2014Eugène Gages était brun, celui-ci est blond.\u2014Les cheveux, la peau, la barbe, tout se transforme excepté les yeux.Or n'avez-vous pas remarqué que celui-ci a un teint de blond rose, un peu coloré, qui ne s'altère jamais, même quand ses lèvres pâlissent 7.Est-ce que c'est naturel, ça ?Et son regard ?.Vous avez pu l'oublier, vous autres, moi, jamais.Ce sont les yeux d'Eugène Gages, je vous dis, Jen suis sire, je le jurerais sur ma vie même !.Alors, cette extraordinaire affection pour Georgette, jointe à ce regard-là, ce regard qui m'avait si fort troublée, le premier soir, ma donne à penser, Je me suis souvenue de l'apparition vue par moi la nuit du crime devant le berceau de l'enfant. > ay oe ~ TE a aire TTC YIP AR rag pe\u2014pe- Van < as unittéauts VUE ve « or saules: * 2 RSS -e Pr ae: us 104 M.Marais, À qui je l'avais confiée dans tous sos détails, pendant le procès de M.Pierre, ne croyait phe que j'avais rêvé, à cette époque-là.Bien plus, quand Georgette est néo, et que M.Garniers me l\u2019a mise dans les bras, l'enfant était blonde avec les yeux bleus, j'en suis sûre.Le lendemain, lorsque ie l'ai montrée à Pierre, elle était brune avec les yeux noirs.Adèle se dressn comme une folle.\u2014 Est-ce vrai, cela 1 balbutia-t-elle, \u2014Sur mon honneur, oui, je vous en fais le plus sacré, le plus solennel des serments.\u2014Pourquoi ne me l'as-tu Jamais confié 1 \u2014Pour fuire naître en vous, impuissante et enchaînée par les circonstances, des doutes qui vous eussent désespérée, jamais !.Je n\u2019en étais pas assez sûre, du reste.J'ai cru m'être trompée.M.Garniers n'avait pns remarqué la couleur des yeux de l'enfant, et moi j'étais si troublée |.J'ai cependant à cette époque-là, il y à dix-sept ans, raconté ces choses à M.Marais ; puis j'ai aimé Georgette, depuis !.Mais cet amour de Américain, joint à ses yeux, à fait renaître tous mes soupçons.Alors, je me suis mise à l'observer avec la plus minutieuse attention.Vingt fois, j'ai eu de sa personnalité vraie des convictions morales, sûres.\u2014Lesquelles ?-\u2014Ce sont des impressions trop subtiles.Elles se sentent et ne se traduisent pas.Mais dimanche, jugez de mon émoi quand j'ai vu arriver ici votre protégée Clotilde.\u2014 Comment ?.Tu es émue devant cette jeune file ?.demanda Pierre : mais qui estelle done ?\u2014 Votre vivant portrait a tous, avee les veux de Georges, votre physionomie à vous et Ia tournure de madaune.Adèle tressaillit jusqu'aux entrailles, \u2014Oh ! pour avoir les yeux et ln bouche de Georges, dit-elle très convaincue, elle les a.\u2014Le soir, continua Suzanne, je l'ai accompagnée chez elle, l'âme toute pleine de pressentiments, j'ai voulu apprendre par le détail qui elle était.Or, savez-vous son nom, que Mme Chaniers ne lui avait jamais demandé ?.Elle s'appelle Clotilde Gages !.\u2014Et elle a été élevée en Normandie ?\u2014Parfaitement, à la Délivrance, où Mme Lu- reau l'avait mise, après Pavoir confiée à Martine Fresnay, son amie d'enfance.\u2014 Miséricorde ! s'écria Pierre, c'est que tout cela est possible !.\u2026.\u2014 Attendez, dit Suzanne, ces choses cependant si probantes, ne m'ont pas encore sufi, Sentant bouillonner en moi toutes surtes de pensées, de soupçons, d'idées plus étranges les unes que les autres, voulant les confier à quelqu\u2019un de sûr, et voyant bien que je ne pouvais rien dire ici sans provoquer des émotions qui eussent tout révélé à l'Américain, je suis allée trouver M.Ma- ras, \u2014 Mais il habite maintenant lu Varenne Saint- Hilaire ! \u2014 Aussi est-ce à la Varenne que je me suis rendue.Grégoire m'a portée à In gare de Vin- vennes, et comme je suis assez brave et que je n'ai point peur de certaines choses, je lui avais recommandé de dire où j'étais à M.Pierce si celui-ci l'interrogeait.\u2014L'a-til fait ?\u2014Certainenient, Et vous allez voir tout à l\u2019heure ce qui s\u2019en est suivi, À la Varenne, M.Marais m'a reconnue sur-le- champ.Pas un détail de l'affaire n'était oublié par lui.11 se souvenait de mes confidences d'alors, et était resté convaineu qu\u2019Eugène Gages n'avait pu pénétrer dans la maison, le crime et le vol ayant été commis en dehors, que pour y opérer alors une substitution d'enfant.Tl m'a donné alors un conseil parfait : Mme Lureau étant morte, m\u2019u-t-il dit, allez trouver le médecin et la sage-femme qui ont assisté Pauline Gages, peut-être auront-ils remarqué tous les deux un signe particulier sur l'enfant.À ce moment, Adèle poussa un cri \u2014Mon Dieu !.dit-elle, Georgette ressemble LE MONDE ILLUSTRE à Pauline, je ne l'avais jamais remarqué.À présent, seulement, In figure de la malheureuse femme me revient À In mémoire.Cette enfant a ses admirables yeux, plus durs, mais les mênies L.\u2014 Est-ce que tu as suivi le conseil do M.Marais ?demanda Pierre qui voulait tout savoir au plus vite.; .\u2014Le lendemain, oui.Mais avant laissez-moi vous raconter ce qui m'est arrivé en sortant de chez lui.\u2014Quoi done ! \u2014J'ai failli être assassinée.\u2014Toi! \u2014Oui, Je regagnais seule la gare à onze heures moins un quart, lorsque je tue suis aperçue que j'étais suivie.Je us suis retournée, un individu était derrière moi, un couteau à la main.J'avais un revolver, j'ai prévenu que si on ne s'éloignait pas, je tivais.L'assassin, loin de m\u2019obéir, s'apprétait à bondir sur moi ; j'ai fait feu au hu- sard et je l'ai blessé, car il s'est enfui en poussant un long hurlement de douleur.Or, ce matin, vous n'avez peut-être pas remarqué, vous, quand Jal serré ln main gauche de sir Jonathan, l'atroce souffrance qu'il a éprouvée ?\u2014Si, dit Adèle, je l'ai vu : nues plus blanches que de la cire.\u2014 Alors, c'est lui qui a voulu Cassassiner ! \u2014Paree qu'il se sent deviné par moi seule, ici, oui.\u2014C'est possible, continue.\u2014Chez la sage-femme, Amanda Laminois, j'ai eu des explications certaines et probantes.\u2014Sur la personnalité de Georgette ?\u2014 Parfaitement.D'abord Mme Laminois est une femme des plus honorables, qui a conquis à Montmartre et ailleurs l'estime générale.M.Marais autrefois lui avait contié cette idée qu'il avait eue d'une substitution d'enfant.Ma demande ne l'a done pas étonnée.Et sa- vez-vous ce qu'elle m'a certitié !,.Que Clotilde Gages avait un signe noir sar le bras gauche lors de sa naissance.Adèle porta les deux mains à son front.Est-ce que je ne deviens pas folle / tit elle.Est-ce que j'ai bien compris ?.La sage-femme t'a dit cela 7.\u2014Oui, et elle a ajouté qu'elle avait pris ce signe pour une meurtrissure faite par elle à la petite fille en la saisissant un peu trop brusquement peut-être, - Mais alors, Clotilde, la blonde, la belle et loyaie créature que j'adore est ma fille à moi\u2018.-de n'ai pas le moindre doute à cet égard, Et celle qui est la-haut, frappée mortellement peut-ètre.\u2026.\u2014Est la tille du bandit qui a assassiné Georges \u2018 Oui, cela est certain aussi |.\u2014 Ah Udit Pierre a son tour, je te crois © ais qui me fournira une seule preuve de ce que tu avances !, Car pour mettre de semblables idées en avant, des choses si graves et qui vent boule Verser si complétement plusieurs existences, il faut autre chose que des convictions morales.\u2014Quoi /.s'écria Suzanne ; est-ce que vous pensez que le bon Dieu va abandonner des braves gens comme vous pour protéger un misérable tel qu'Eugène Gages ?.Non, non, wayez pas peur.Ce Dieu juste, lui-même, va vous l'envoyer cette preuve que vous desnandez.ses lèvres sont deve- Mais pour cela je vous demande de bien m'obéir les uns et les autres.\u2014Que veux-tu dire ?\u2014Que lorsque Jonathan Pierce vn revenir de son voyage, il va faire des folies en présence de In maladie de sa fille, Or, de cet état suraizu il faudra tirer parti.Tout mon secret est là, \u2014 Alors, tu t'en charges ?deruanda Pierre, \u2014 Oui, je veux l'exaspérer en ne lui laissant voir la malade sous aucun prétexte.Mais vous devez, rigoureusement et sans faiblesse, faire bonne garde, tous, Robert comme les autres, afin qu'il ne puisse à aucun prix franchir le seuil de cette chambre.Dans cette âme farouche, pleine si entièrement du seul amour qui l\u2019ait jamais touchée : l'affection paternelle, qui sait ce qu\u2019amènera le désespoir ?\u2014Je t'ai comprise, dit Pierre.Pour mieux t'ai- \u2014-\u2014 es der, nous devrons, Adèle et moi, rester les mêmes vis-à-vis de ce misérable, forcer nou lèvres à lui sourire, nos mains à serrer la sienne !, | Je ne le pourrai pas ! déclars Muie Chaniers, \u2014 11 le faut, dit Suzanne, Songez que si sa méfiance est éveillée, il peut arriver les plus grande malheurs.Par exemple, dans ce moment-ci, il est allé non pas au Havre, mais en Normandie savoir si Clotilde est toujours dans son couvent.Or, quand au re tour, il aura appris qu'elle a quitté son orphelinat, il y n trois ans environ, il retrouvera aisément >ù trace, Pensez alors À ce que ce bandit peut tentor vis.à-vis d'elle, par vengeance ou pour assurer le bonheur de sa fille, surtout quand il connaîtra l'amour de Robert pour cette enfant \u2014Robert aime done Clotilde, sa véritable cousine ! s'exclamn Pierre.Etje ne lesaigpas | \u2014Nous n'avons pas pu te le dire, déclaa Adèle, nous ne connaissons nous-mêmes ce secret que depuis dimanche.Quand elles lui eurent tout raconté toutes les deux, M.de Sauves leva les mains au ciel : \u2014lHieu est bon, dit-il, cet amour est une permission de sa Providence qui veut nous rendre en bonheur le désespoir qui a failli autrefois lriser nos vies, Et cependant, continua-t-il, malgré tout « que tu me dis, Nuzanne, malgré ta perspieneite, tes pressentiments, je crois à la substitution d'eutionts, oui, mais que Jonathan Pierce soit Eugène (220.non, je ne puis m'y résourde !.\u2014 Attendez, dit la gouvernante gravement, n'ayez point de faiblesse vis-à-vis de l'Amer: un et je vous ferai probablement entendre des as.nx catégoriques formules par sa bouche meme, Al! depuis hier, je cherchais dans quel jo assez habile je pourrais le faire tomber, ee u cr dit.Jde priais Dieu de m'envoyer linspiret qui devait amener la vérité I m'a exauvée !.Cette maladie de Georgette, voilà su reponse, tf certainement le châtiment d'Eugène Gages |.Nul ne répondit, La jeune fille était dure, méchante, égorste.elle les avait tous fait souffrir, mais ils l'avaiet élevée, aimée, et mème cn la sachant la fille + l'assassin auquel ils avaient tous voué une si mor telle haine, ils ne pouvaient se détacher d'elle © ot ils étaient dans tous les cas trop bonus, les uns + les autres, pour se réjouir de son mal.Mais Adèle maintenaut était apaisée.La folie ne risquait plus de Ia terrasser.Sare que Clotilde était sa fille, elle l'était \u2018 Si dans le cœur de M.de Sauves un doute su» sistait, chez elle il n°y en avait plus un seul, Quand la verraije elle 7.Ma tille dit elle i Suzanne avec sa voix qui implorait.It me semble que je ne l'ai pas encore embr , 1 see Pa Est-ce qui] est trop tard pour aller à Mont tre daus ce moment ci, dit, ana Suzie, mou «unie dévoude 7, -\u2014A une heure de la nuit, dit Pierre, que folie ! \u2014 Lit puis, continua Suzanne, le germe de maladie que vous pourriez lui porter! Adele frémit.Mais son angoisse maternelle reprenant le do sus, \u2014 Alors, demandat elle, je ne la verrai pas jus qu'à la guérison de l'autre !.-\u2014Commencez par aller dormir ot vous reposer.répondit la gouvernante ; demain nous décide ronus avec Robert et Pierre ce que nous devon faire.\u2014 Etes-vous d'avis tous les deux de le prévenir de la nouvelle situation de celle qu'il aime ?de manda Adèle.M.de Sauves protesta et conseilla des atérmoie ments, lesquels permettraient peut-être d'avoir une certitude plus grande.\u2014Ah ! le cher petit, non, s'écrin Suzanne, il à été trop malheureux.Pourquoi le laisser encore dans l'anguisset.Est-ce que les minutes de bonheur perdu se rattrapent jamais 1.Adèle ne consentit point à aller se coucher.À suivre "]
de

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