Le Monde illustré, 8 mars 1890, samedi 8 mars 1890
[" LE MONDE ILLUSTRE ar ABONNEMENTS : .6èus JANNÉE, No 305.\u2014SAMEDI, 8 MARS 1890 ANNONCES: Un an, 838.00 - - - - - Six mois, 81.50 La ligne, par insertion - + + + « 10 cents Quatre mois.81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIÉTAIRES.Insertions subséquentes - - - - Bots Vendu dans ies Jépôts - - 5 censs la cope BURBAUX, 40, PLACE JACQUES CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces 8 long terme nil \u2014 pe BEAUX-ARTS.\u2014 QUAND MEME ! GROUPE EN MARBRE DE MERCIE (De 1s France lllustrée) LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 8 MHRS 1890 eC Texve : Entre-Nous, par Léon Tedien.\u2014Revue générale, G.-A.Dumont.\u2014Histoire naturelle : Le poisson.\u2014Galerie Canadienne : Le Rév.M.Félix Ro- chette ; L'honorable M.J.-4i.Blanchet.\u2014Cueillettes et Glanures : La question française, par Jules Saint- Elme.\u2014 Poésie : Anniversaire, par Lorenzo.\u2014Corres- ndance, par Suzette.\u2014 Quand même !\u2014M.Ledieu, député-\u2014 M.Louis Rubenstein, le chainpion des patineurs de l'univers \u2014Primes du mois de février : Liste des numéros gagnants.\u2014 Connaissances utiles \u2014 Rébns illustré.\u2014 Variétés.\u2014 Fenilletons : Famille- Sans-Nom, pac Jules Verne.\u2014Le Régiment.Gravures ; Beaux-Arts : Quand méme '\u2014Galerie Nationale : Portrait de M.l'abbé Félix Rochette, décédé ; Portrait de I'hon.J.Blanchet, décédé-\u2014Les bâ- tiases du Parlement, à Otrawa : Vue de la partie Est.Portrait de M.Ledieu, député français.\u2014 La place du marché Bousecours à Moutréal, en 1837.\u2014 Le Poisson- Lune.\u2014Rébus.Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d Ire Prime - .: - 850 Sme © .- 28 sm * .- .15 ime © .10 me .5 Ame es .- ° 6 me - .- 8 Sme © .3 86 Primes, à $1 - .86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mots, dans une salle publique, par ois personnes choisies par l\u2019assemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivroné U tirage de chaque mois.\u201c FAMILLE-SANS-NOM\u201d Nous avons commencé depuis quelques semaines la publication du dernier ruman de Jules Verne : Famille-Saus-Nom.Nous sommes heureux de dire que de toutes parts nous recevons des félicitations.Comme certaines petites erreurs, bien pardon nables, ont pu se glisser dans l\u2019œuvre du grand romancier français, nous publierons plus tard un article dans lequel seront rélevées les principales er- #2\" \u201cLesergent C.qui a été 25 ans dans la police de Montréal, est mort ce matin.Il laisse des propriétés valant $100,000 et qu'il doit à ses économies et à sa prudenceen matièred'inmeubles.\u201d Voilà ce que j'ai lu, de mes yeux lu, dans un journal, il y a de cela huit jours ! Style & part, \u2014car il est très joli, ce style ; \u2014 cette nouvelle m\u2019abraccadabre.(ne cherchez pas dans le dictionnaire).Un sergent, appartenant même à la première police du monde\u2014celle de Montréal, à ce qu'il paraît, bien que je n\u2019en crois pas un traître mot\u2014gagne 8600 par an, s\u2019il est de première classe, il a droit aux bottes, à la casquette, au bonnet de fourrure, aux uniforsnes d'été et d'hiver, aux fants et au lâ- ton.Ilest évidemment marié, car on ne peut honnêtement supposer qu\u2019un sergent de police suit célibataire ; mdmettons qu'il a une famille, puis- qu\u2019il serait ridicule qu\u2019une maison de sergent de police soit sans enfants ; il doit plus évidemment encore nourrir et habiller sa femme, ses garçons et ses filles ; il paye son loyer, ses taxes, l'eau ; j'ad.LE MONDE ILLUSTRE mets si vous voulez qu'il ne boit même que de l\u2019eau, Que ses vieux vêtements servent à ses filles pour leur fire des manteaux, quand elles sont sages, et son bâton à tes fils, quand ils sont trop turbulents, mais enfin, on n\u2019ira jamais me faire croire, que ce sergent, si bon sergent de police qu\u2019il ait pu être, a économisé 2100,000 en vingt-cinq ans * ! ! alors qu'il en & gagné que B:5,000.Il est vrai que le journal ajoute que ve résultat est dû également : \u201c à sa prudence en matière d'immeubles \u201d, mais j'avoue humblement que je ne saisis très bien ce bout de phrase, chef-d'œuvre de la langue française.Etre prudent en matière d'inmeubles, qu'est-ve que cela peut bien vouloir dire ?; Enfin ! il paraît qu'il faut être sergent de police pour comprendre et faire fortune.*,* Non, mes amis, ne croyez pas qu\u2019il suffise d'être sergent de police, économe et \u201c prudent en matière d'immeubles \u201d pour gagner 8100.000 en vingt cinq ans, car ce serait une erreur qui pourrait vous engager à donner tète baissée dans la police, dans le nébuleux espoir de devenir rergent et dixième partie de millionnaire.En France cela représente même un demi million de francs et plus.Le journal qui nous a raconté cela a été trompé, a voulu nous tromper, ou ne sait pas ce qu'il dit.Il en est de ce fait comme de nombre de racontars que certaines personnes nous débitent, sans trop savoir pourquoi, ou en se basant sur des données tout-à-fait fausses.Et ceci me rappelle une anecdute qui vient juste à point pour illustrer cette vérité : Avant la guerre de 1870, les Allemands étaient sincèrement convaincus que fous les Français étaient foncièrement corrompus, que l'esprit de famille n\u2019existait pas en France et que du haut en bas, l'immoralité la plus profonde régnait dans le pays.C'était un peu vrai, pour le haut, mais non pas pour la bourgeoisie, ni le peuple.Pendant le siège de Paris, trois ou quatre Lal- lons lancés de la capitale tumbèrent dans les lignes.prussiennes.Les lettres saisies étaient aussitôt envoyées à Versailles, et des officiers d'état-major du grand quartier général étaient chargés de dépouiller ln correspondance parisienne.Or, un journaliste Allemand, M.Wachenhusen, a raconté de la façon curieuse quelles avaient été les impressions de ces officiers prussiens lisant les lettres de Paris.* Ces messieurs écrivait-il, sont véritablement confondus.La plupart de ces lettres sont honnêtes, élevées, nobles et touchantes.Des maris écrivent à leurs femmes, et ils ont l'air de les aimer véritablement ; des mères écrivent à leurs enfants : elles ont le cœur déchiré, et cependant supportent fermement cette épreuve.Tly a des lettres adressées par des fils à leurs pères, et ces l+ttres sont tendres, respectueuses : de l'honneur et de ln vertu chez des Français, chez des Parisiens ! ! ! C'est à n'y pas croire, et cependant cela est.Pourquoi donc les journaux et les romans français mettent- ils tant d\u2019acharnement à essayer de prouver le contraire ?Ete., etc.\u201d *,* Ah! ce pourquoi ! il est justement ln réponse aux accusations, aussi sottes que mensongères, lancées tous les jours contre Paris, la France et les Français.Les journaux et les romans sont en effet les plus grands coupables.Voyez tout le tapage que l'on a fait, depuis plusieurs mois, à propus d\u2019un crime commis à Paris ! Un bandit assassine un huissier\u2014Eyraud est le nom du meurtrier, Bouffé celui de la victime\u2014- tous les journaux français s'emparent aussitôt de l'affaire, racontent les plus petits détails, on ne parle plus que d'Eyraud qui a pris la fuite.Les journaux n iglais, allemands, autrichiens, américains, canadiens, ete, reproduisent tout cela avec complaisance.Pensez donc! il y a du sang.une femme, dans cette affaire, quel succès, quel tirage pour un journal qui connaît bien la nature humaine et le goût de ses abonnés pour tout ce qui pue le sang.On promet 88,000 pour l'arrestation de Eyraud, et voilà que chacun rêve d'empoigner l'assassin.C'est d\u2019un émouvant, d'une saveur, d\u2019une acidité à piquer la langue et le cerveau ! ;Ç Ee plus d'un brave homme dit, le soir, en famille, aprés avoir lu le journal : \u2014Oh ! ces Français, quelle nation dégénérée, ils ne croient plus à rien.Voilà qu\u2019un nommé Eyraud vient encore d'assassiner un huissier ! Au moment où jentendais parler ainsi, les journaux de notre province annongaient qu\u2019un homme habitant un petit village du comté de Portneuf, Saint Alban, venait d'assassiner sa femme, ses deux enfants et sa belle-mère.Quatre jours ne w'étaient pas passés, que je constatais dans nos journaux, les mêmes effets morbides que ceux que l'un déplore généralement dans la presse parisienne.Non contents de nous donner les détails du crime, certains reporters semblent se complaire à faire entrer les lecteurs dans la salle de dissection et à leur décrire les moindres particularités de I'autopsie.Et comme il y à quatre victimes, c\u2019est vous dire jusqu'à quel point un joue du cadavre.#2 * Le récit bien que généralement assez mal fait, n'en est pas moins atroce ; l'odeur infecte des viscères étalés sur la table empeste chaque ligne : le sang coule, les membres sont pantelants, .mais les abonnés, penchés le soir sur leur journal, dévorent cette pruse de boucherie avec un inconcevable sentiment de bien-être, mêlé de frissons qui mettent la tête en feu.Les enfants écoutent, ou lisent à leur tour, et quand l'heure est avancé, ils regagnent leur lit et s\u2019endorment d'tn soumneil lourd, convuleif, agité de cauchemars où le couteau et le sang paraissent à chaque instant.Quels effets voulez-vous que produisent ces lee tures malsaines ?Jusqu'ulors, enfant ne se faisait peut-être d'idée de ln mort, que celle qu'avait laissée, profondément gravée dans son cerveau, le départ saus retour possible, d\u2019un grand parent, d\u2019une sœur aimée, d\u2019un ami, qu'il avait vu un jour, couché, immobile et raide dans son lit, entouré de fleurs, de flumbenux, et d'emblémes religieux, c\u2019est-à-dire lu mort avec tout son cortège de respect et de grandeur et vou lue par Dieu seul ; mais voici que, tout à coup, il apprend qu'un homme a tué ceux qu'il avait pour urission de secourir et d'aimer, et il voit en même temps que le nom de ce malheureux est devenu subitement célèbre, qu\u2019il se trouve dans toutes les bouches, parce qu'il à pris un couteau et qu\u2019il l'a enfoncé duns la poitrine de quatre personnes.Et puis ce sang, toujours ce sang, ces détails de ventres ouverts, de cœurs arrachés, de membres coupés, tout cela lui bruuille et lui déséquilibre le cerveau.IL y a bien de quoi.#2} Que fuire, pour éviter ces secousses morales Mon Dieu ! vous le savez aussi bien que moi : ne pas lire ces trop longs comptes-rendus, ne pas les lnisser lire surtout à ceux qui vous entourent.Parlez leur du crime, car ils l'apprendront ailleurs, mais il vaut mieux qu\u2019ils tiennent In nouvelle de vous, qui saurez raconter la chose brièvement, leur faisant comprendre la qualité de l'offense, puis, passez vite à un autre sujet qui fers contraste, qui élèvera les idées de vos enfants au lieu de leur galvaniser les nerfs.Ce qu'il faut éviter, à tout prix, c'est de les laisser sous cette première impression, qui reste, quand elle est forte, celle\u2014 comment dirai-je \u2014de la viande humaine trouée, coupée, hachée par un misérable.Pauvres enfants ! il en sauront assez plus tard \u2014\u2014hon que je sois partisan de l'ignorance, dangereuse souvent, de certaines choses, qu\u2019ils doivent ou qu'ils devraient connaître, pour ne pas trop les exposer dans la vie, mais c\u2019est au père et à la mère à agir et à parler très délicatement de ces matières si délicates, \u2014ces pauvres enfants, ils apprendront \u2014peut-étre en seront-ils les victimes,\u2014 comment on tue et comment on est tué, mais qu'ils sachent, d'avance, qu'on ne doit le faire que pour un noble but, pour la Patrie ou une autre cause sacrée.Ah! gardons-nous bien de leur pervertir l'esprit, de leur gâter le cœur ; parlons leur toujours de belles choses, disons leur qu\u2019il faut être bon pour les humbles, fiers contre les grands, charitables pour tous, forts et vaillants pour défendre tout ce qui est bon et vrai.Mui, qui ne suis ni meilleur ni pis qu'un autre, si vous suviez les beaux vôves que j'ai fuits à seize uns et que j'ai faussés à vingt ans, si vous saviez .au fuit c\u2019est votre histoire à vous, vieux de la quarantaine comme moi, à vous jeunes gens de vingt-cinq ans, comme je l'ai été.mais, quelques fautes, ou plutôt oublis, que nous ayons com- tris, nous \u2014 je parle de mes lecteurs\u2014nous sommes restés bons et honnêtes.Faites donc que vos enfants soient bons aussi.*,* Oh ! l'influence de l'imprimerie, elle est admirable, splendide, étonnante, instructive, etc, ete., ajoutez toutes les épithètes que vous voudrez, mais toute médaille à son revers.Hier suir, mon bon petit Pierre me demanda cinq cents pour acheter «le In gumine.- Bien que je réprouve eutièrement cette manie de mâcher de la gomme, ce qui est sale et malsain, je lui donne les cing centins, 11 me revient, au Lout de dix minutes, avec un paquet, très joli, trés gracieux, blanc uvec frangas rouges ou roses, portant la marque : fleisels fed Jacket.Je développe le papier, croyant n\u2019y trouver que de la gonmme.mais il y à autre chore, et ceci est imprimé en français (un français de juif) : Ben Chère TU «J'ai pris un gros rhume c'est par amour pour vous, j'ai at tendu que ce vilain chien fut parti pendant trois mortelles heures assis sur une pierre en face de votre initison.J'avais peur qu'il me nit en pièces j'etais si geler et engourdie qu'a la tin je suis toniber dans la boîte aux déchets.À présent on te dit que ce chien était empailler, pourquoi ue me l'avez-vous pus dit.Repondez et je vous pardonnerai.Votre Malheureux , ADONIS, Autre gomme, autre correspondance : Cher Cœur.Je pleure quand tu es absent et je pleure quand tu es près de moi, si tu me demandes pourquoi je ne puis te le dire.Mon cœur est plein d'ainour pour toi, et je le jure parles planètes qu'il sera toujours fidele.Viens dimanche prochain nous aurons pour diner des oignons et des haricots votre plat favori, n'y manque pas car les oignons ne ne gardent pas, ils sont aussi forts que mon amour ct ni l\u2019oueur te deplait nous mâcherons de la gomme Red Jacket.\u201c ; Tox (grr.Troisième gomme, lisez : A8.Mon Tendre Cœur, Rencoutre-moi chez l'épicier à 8 heures \u2014 Ni papa nous quette- Je dirui\u2014 \u2018* Salade\u201d, sil n\u2019y est pas je dirai : * Patate \u201d Salade veut dire -nies les yeux ouverts et patate signifie allons en ville.N'oublie pas, mon amour, et ne te trompes pas -O mon cher, comme je t'aime ! J'ai découvert un autre endroit où nous pourrons acheter de la gnome Heisel, et ce soir lorsque nous trotterons ensemble dans la rue, je te le moutrerai.Viensà bonne heure, et n'oublie pas les mots de passe.* Patate ou Nalade \".Toute à toi.MARIANNF.Voici done la littérature que l'on glisse dans les mains de nos enfants, sous prétexte de leur vendre «le la gomme.Avouez que cela n'est pas trop convenable, C'est une réclame «e commerce, dira-t-on.Elle -st propre, la réclame ! 11 est joli le commerce.Et personne ne dit rien, ne s'oppose à cette distribution de billets aussi sots que de mauveis goût.*,* Vous savez sans doute que l'on a l'intention de fonder, à Montréal, une bibliothèque industrielle et cela à l\u2019aide de souscriptions à dix cents.Un matin, de la semaine dernière, les listes venaient d'être déposées dans les librairies, magasins, etc, quand une sœur de charité qui recueille des souscriptions pour les missions d'Algérie, entre dans un magasin, et expose le but de sn démarche.Le marchand donne quelque argent, mais au moment de sortir, la sœur avise la liste déposée sur le comptoir.\u2014Qu'\u2019est-ce donc que cela ?dit-elle.LE MONDE ILLUSTRE \u2014C'est une-souscription que l\u2019un fait pour fonder une bibliothèque industrielle.\u2014Alors, dit la bonne sœur, c'est à mui «de donner aussi mon obole ; voici dix centins, It voila comment une swur de charité a souscrit la première pour la bibliothèque des ouvriers.Bravo, ma sœur ! IZ To es REVUE GENERALE Discussion sur la lnngue française devant le parlement fédé- val.~ Bill McCarthy.\u2014 Amendeme.ts Davin, Beausoleil, Blake ct Thonipeon \u2014Itesultat du vote.Les vieilles luttes du pussé, que l'on pensait ensevelice, viennent de se renouveller à Ottaws.Lu langue françuise, pour lu conservation de laquelle nos pères ontcombattuavee une si noble ardeur et qu'ils ont réussi à protéger contre ses ennemis d'autrefois, vient de subir une terrible lutte, Quoi! cette langue si belle, si noble, siacadémique ; cette lungue purlée par l'élite de la huute classe de tous les pays, et qui sert de plus à toutes les relations internationales ; cette langue que Bismark lui-méme est forcé d'écrire et de parler, toutes les fois qu'il se trouve en relation avec les autres diplomates de l'Europe, quoiqu'il soit le plus grand ennemi de lu France : cette langue, .1 ueillettes et Glanures 4 LA QUESTION FRAN(AISE I nous est bien permis d\u2019en disserter tout À notre aise à présent que, temporairement du moins, les débats sont clos.Après avoir passionné les esprits dix jours durant et fait les frais de quatorze longues séances, cette épineuse question en est venue à une solution que les naifs de la politique veulent Lien juger définitive mais qui sera tout au plus momentanée, s1 j'en crois, pour,une fois, l\u2019auca- cieux McCarthy.Quand nous uous sommes laissés, lecteurs, c'était aux Communes, dans la galerie de l'Orateur ; nous nous rejoindrons là pour prêter une oreille intéressée, sinoï À tous, du moins à quelques uns des plus intéressants parmi les nombreux discours auxquels a donné lieu l'orage violent, soulevé par le fanatisme eguacrightiste.Je vous nommais, dans non précédent article, les discoureurs, rangés en trois ou quatre catégories distinctes.TI sagit aujourd\u2019hui de prendre note de leurs factums et de signaler, suivant leur mérite, ceux qui sont venus depuis en allonger la liste.+ » * Voici d'abord un homuic grand, mince, chauve, au front rayonnant d'intelligence, aux propos sarcastiques, c'est M.Davin, député d\u2019Assiniboia, territoires du Nord Ouest.Celui-ci se lève immédina- tement après la proposition en seconde lecture du bill McCarthy.Il combat cette mesure avec une habileté hors ligne, jetant un voile épais de ridicule sur toute la personne du moteur de ce bill.Après avoir fait, dans un long discours, les plus beaux éloges des Canadiens-français, de leur loyauté, le leurs nobles sentiments, de leurs droits acquis et de leur bien inoffensive façon d'en user, il conclut, c'est bien malheureux, à un amendement de son crû qui ne nous est pas moins défavorable que la mesure elle-nême.Vient après, le colonel O'Brien, qui parle fanatisme à l'appui de son compère McCarthy.Le colonel est peut être un militaire de mérite, mais il ne se montre ici qu\u2019un froid déclamateur.Le député d'Algoma est un poseur, l'envieux orgueil du sang et de la race lui brûle lu veine ; ses propos bien moins que tempérés ne nous édifieraient guère, chers lecteurs.Pour raccourcir je dirai tout de suite qu\u2019à ce genre-là se ruttachent MM.McNeil, Paterson (Brant), Wallace, etc., fanatiques ejusdem JSarinae qui sont venus nous faire bâiller, chacun à leur tou r, sur leurs longues et décousues jérémiades anti- françaises.Duns cette constellation moins que brillante, MM.McCarthy et Charlton se rapprochent un peu plus de ls première grandeur c\u2019est pourquoi je prendrai la peine de leur donner leur torr dans ma bréve revue, Sans trop m'arrêter à M.White (Cardwell)\u2014 celui de Renfrew s'est révélé notre ennemi juré\u2014 qui dit de furt jolies choses des Canadiens frangais, ais en risque d'autres sur leur compte qui le sont bien moins, s\u2019efforçant avec un résultat plus que douteux de ménager la chèvre et le chou, il me tarde de vous présenter d\u2019autres figures anglaises aussi, pourtant, mais qui nous sont bien plus sympathiques, MM.Blake, Wright, Mills, etc.+ * Avant cela cependant, suluons encore un de nos compatriotes, le député de Berthier, M.Beausoleil, qui vient de se lever, le premier des nôtres, sur la question.Il s'adresse à la Chambre en français d\u2019abord, puis après, en anglais, pour prouver a ces messieurs, ce que disait avec esprit un conférencier de talent, que s'ils ont la tête trop étroite pour y loger deux idiômes, nous sommes mieux partages, et que tout en voulant conserver préciousement notre langue si belle, nous pouvons leur faire parfois la courtoisie de leur aider à parler In leur.| Les circonstances une fois clairement expusées, il propose à l'amendement Davin un sous-amendement, franc d\u2019allure et net comme la lettre de la constitution dont il appelle ln mise en vigueur, amendement qui détruit du coup l'intention subtile du premier.Cet amendement a eu, clepuis, le mauvais sort que l\u2019on sait, il nous donnait trop bien raison.Mais arrière la politique et ses épaves, parlons nouvelles.+ + * Chapeaux bas, Français lu Canada, voici que se lève un défenseur-né de nos droits les plus chers.C'est le titre que s\u2019est nequis, à notre admiration reconnaissante l\u2019honorable Edward Blake, avant et contre tous ses contemporains anglais.Je ne fais que répéter ce qu\u2019à déjà dit en chœur toute la presse politique canaienne-française.Le député de Durham-Ouest, cette grande et noble tigure dans notre histoire politique a vivement saisi l\u2019uccasion nouvelle de se montrer un champion de la justice, un sincere ami de la race franco canadienne, Son plaidoyer plein de chaleur non moins que de lu- gique nous honore et nous grandit aux yeux de ses compatriotes, M.Mills, député de Bothwell, a vaillumment secondé son ancien chef dans su digue croisade.-Avec l\u2019esprit philosophique qui le caractérise, l'honorable député à démontré à la Chambre jusqu\u2019à l\u2019évidence que l'attentat McCarthy n\u2019était rien moins w\u2019un crime affreux de lese nationalité, Il à recueilli des applaudissements des deux côtés de la chambre.Non moins sympathique à notre cause et non moins applaudi de tous, nous est apparu M.Alonzo Wright, député du beau et grand comté d'Ottawa.Son discours, plein de verve et d'esprit, était une charge à fond contre le fanatique promoteur, un panégyrique splendide des Canadiens-français, un appel énergique et digne d'attention à l'équité ce la Chambre.Je ne fais que mentionner ici les discours des «lé- putés de Grey-Est et York-Nord, MM.Sproule et Mulock, très forts aussi en notre faveur, ou plutôt en faveur de la stricte justice.Le premier ministre du Canada, le très honorable sir John-A.MacDonald à fait deux discours sur la question.Le premier était marqué au coin d\u2019une aimbiguité diplomatique intentionnelle, avec, cependant, de jolis traits en faveur des Canadiens.français.Le second était plus francet plus carrément prononcé, à l'appui de la motion Thompson.Avec les meilleures éloges à notre adresse, le vieux chef énonce à la représentation son vif désir que cette question soit réglée sans que l'on voit se briser l'harmonie existant entre les deux grandes races du pays.Il s'échaufle, il s'emporte, parle haut et bien, mais il parvient mal à dissimuler qu'il sympathise avec d'autres que nous.N \u2018importe, les apparences seront sauves ! Diplomatie ce sont 13 de tes coups ! Je vous présente du même coup McCarthy et Charlton : tous deux grands et «d'assez bonne pose, tous deux grisonnants, ear le funatisme a bien ses soucis ; tous deux d'un morne stoicisme quand les adversaires les accablent de dures vérités, et l'œil plein de feu lorsqu'ils exposent leur réquisitoire de mort.Celui-ci n'ayant d'autre mérite qu\u2019une rage de sectaire, celui-là possédant en plus de l'autre un peu de dialectique judiciaire ; mais trihuns aussi fastidieux l\u2019un que l\u2019autre.A deux reprises, ces Don Quichotte du parlementarisme sont venus exposer à la Chmnbre leurs utopies incendinires avec une résultante qui eut été pour eux, sans doute, plus minime encore que celle du bill des Jésuites, sans un fâcheux compromis nécessité par les circonstances.TI ne me faut pas oublier l'honorable Peter Mit chell, député de Northumberland, qui prête à notre juste cause l'appui de son autorité et de son témoignage élogieux dans un excellent discours.Pour le bouquet, jo me suis gardé de vous par- \u2014 ler des nôtres.Après M.Beausoleil, MM.ln vergne, Robillard, Landry, Cusgrain, Larivière, Gigault, ete, qui ont expliqué clairement et avec fierté, dans le langage même de ces bons Ang, Saxons, quelles raisons très valables nous avons de teuir si fort à continuer de parler français, et pourquoi nous taxons d\u2019injustice criante les inavoualleg efforts de M.Dalton McCarthy et consorts.Vraiment c'était à concevoir do l'orgueil de voir, par l'entremise de nos compatriotes, lu langue ay.glaise, elle même, servir contre-elle même d'instrument pour combattre et nnéantir ces mmbiticu-es prétentions.Le fait fut plus éclatant encore quand il nous fut donné d\u2019ouïr les linrangues ma gistrales de nus honorables compatriotes sir Eve tor Langevin, MM.Laurier et Chapleau.Chacune fut un véquisitoire écrasant contre le briscur de vitres de Simcoe-Nord : l\u2019une étincelapt «le patio.tisme et de profonde conviction, l'autre d\u2019un lu.gique à tous crins servie par une éloquence mâle ot persuasive, ce en quoi abondait Ia troisième, en i.gnant les preuves inattaquables de l\u2019histoire.Nous avons droit d'être fiers de ces hommes là.La rue qui a pu les produire, après une pléinde d'autres de cette force, n\u2019est pas à bout de puissance, tant s\u2019en faut ! Honneur, entin, à MM.Langelier (Mont.rency) et Dupont de Bagot, ainsi qu'à notre avi ès-nationalité, M.Curran, député de Montre, Centre, qui n'ont pas craint de parler francai- à cette Chambre, anglaise au deux tiers, Ils l'ont fait tous trois avec talent, dans le sens tout-à-fu:t canadien-français.ls ont emporté d'emblée li: tention de In Chambre et ce qui plus est, ses vi: applaudissements.Cette circonstance a prouvé que nous aur tout à gagner si nos compatriotes, députés,
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