Le Monde illustré, 26 avril 1890, samedi 26 avril 1890
[" E MONDE ILLUSTRE ns T\u2014\u2014 ~ ABONNEM ENTS: Unan, $83.00 - - - - - Six mois, 81.50 Quatre mois, $1.00, payable d'avance Vendu dans les dépôts - - 5 cents ia copie | \u201cGius ANNÉE, No 3 12.\u2014SAMEDI, 26 AVRIL 1890 BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.BURRAUX, 40, PLACE JACQUES CARTIER, MONTREAL.| M.ABBE HAM Photographie Qué JON, P.S.S., DÉCÉDÉ EN EUROPE ry Frères\u2014Photo-gravure Armstrong ANNONCES © La ligne, par insertion - - - - - 10 cents Insertions subséquenies - - - © 5 cents Tarif spécial pour annonces & long terme \u2014 «tem arte dd dE EE aS ce a e\u2014\u2014\u2014\u2014 410 2 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 26 AVRIL 1890 \u2014 er SOMMAIRE Texte : Entre-Nous, pur Léon Ledieu.\u2014 Poésie : Notre langue, par W.Chapman.-\u2014Les Américains en 1812, par Pierre Bédard.-\u2014Chronique des voyages et de la éographie \u2014Les écrivains de toutes les littératures : FA .Garneau, par K.-Z, Muasicotte.\u2014Un désert «de neige, par Lucien Homit.\u2014 La survie chez los suppliciés.\u2014 Poésie : Berceuse, par Dr R.Chevrier.\u2014 Les Ursulines des Trois-Rivières, par Beujamiu Sulte.\u2014 À l'étranger, par S.Du Lary.\u2014 Bibliographies, \u2014-Cour- rier de la mode, par Aninue Vernon.\u2014 Primes du mois de mars.\u2014 Feuilletons : Famille-Sans-Nom, (suite) ; Le Régiment, (suite).-\u2014T'able des matières du volume six.GLAVURES : Portrait de M.l'abbé Hamon, P.S.S,, décédé.\u2014Portait de F.-X.Garneau.\u2014 Québec : Vue des Halles Montcalm.\u2014 Trois-Rivières : Le couvent des Ursulines.\u2014 Ellustrations de nos feuilletons.ire Prime - .- 850 2me © .- 25 3me © ., .: 15 éme % : - ° 10 5me \u201c - > .8 âme * .- - 4 Tme - .- 8 8me \u201c .2 86 Primes, 3 $1 - - 86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par crois personnes choisies par l\u2019assemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NOS PRIMES QUATRE-VINGT-TROISIÈME TIRAGE Le quatre-vingt troisième tirage des primes mensuelles du Mowpe ILLUSTRE (numéros datés du mois d\u2019AVRIL, aura lieu SAMEDI, le 3 MAI à 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION SAINT-JOSEPH, coin des rues Sainte- Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invité à y assister.Entrée libre *.* Les noms de Morin et de Dubois font au.Jjourd\u2019hui le sujet de bien des conversations, Cen individus, inconnus ily a deux mois, ont acquis tout à-coup une notoriété que je ne leur envie pas, car elle est assez triste, et des sympathies que je ne m'explique guère.Tous deux ont tué et sont destinés, si je ne m'abuse, à finir leurs \u2018ours dans une position assez élevée, mais qui ne durera que quelques instants.au hout d\u2019una corde, et ainri que cela arrive souvent en parei! cas, la question de responsabilité dans l'exécution des crimes qu'ils ont commis est discutée et mise en doute par nombre de personnes.\u2014Il faut être fou, disent les uns pour se conduire ainsi : Morin était ivre, ce qui est une sorte de fo'ie momentanée ; Dubois devait être fou aussi pour tuer ses deux enfants.(Il paraît que l\u2019assassinat de sa femme et de sa belle mère semble excusable aux yeux de certaines gens).\u2014Qu\u2019on les enferme pour le reste de leurs jours, disent les autres, qu'on les empêche de nuire à la LE MONDE ILLUSTRE société, mais que l'on ne les imite pas en les tuant même légalement.\u2018 D'autres encore appuient leur théorie, contre l\u2019application de la peine de mort, sur ls possibilité d'erreurs judiciaires.#*,* Tous ces raisonnements ne sont pas nouveaux.(est Jules Simon qui, en France, s\u2019est surtout fait le champion de l'abolition de ln peine de mort.Dans tous les pays du monde, dit-il, à Mesure qu\u2019on supprime le nombre des cas qui entraînent la peine de mort, la criminalité recule.En France, l'introduction des circonstances atténuantes correspond avec l'adoucissement des mœurs, et le nombre de crimes diminue en même temps que le nombre des meurtres judiciaires.Quinze Etats d'Europe abolissent la peine de mort, ils y gagnent des nuuvurs plus douces ; la disparition de l\u2019échafaud amine une augmentation de sécurité et de moralité.Trois provinces belges qui n'ont pu obtenir cette abolition, celles de Lidge, Limbourg ot Luxembourg, mais qui de fait ont renoncé à appliquer ln peine de mort, ont obtenu par ce procédé un adoucissement dans les mœurs.Même en matière de crimes atroces, ajoute-t il, il y à dans l\u2019échafaud une sorte de provocation, ne SRVez.Vous pas que dans les bagnes on se gloritie d'avoir été tout près de ces quatre marches au bout desquelles se trouve l'éternité 1 L'échafaud fait pulluler le crime ; on pourrait le deviner en voyant cette foule avinée qui va assister à ce spectacle comme & une bacchanale, Voulez vous des exemples ?En 1864, un Anglais assiste 4 une exécution ; six jours après il assassine sa femme.Même année Frank Muller est pendu : un assassinat est commis sous l'échafaud ; à Stockholm, assassine un de ses camarades en revenant d'assister à une exécution.En 1844, à Epinal, deux exécutions ont lieu : a peu de jours de là, un empoisonnement est commis.Un auménier anglais déclare que sur 167 condamnés à mort, 161 avaient vu une exéeution.Monbe, meurtrier de sa femme et d\u2019un enfant, subit sa peine le 5 août 1869, et c\u2019est six jours après que Troppman commence la série de ses crimes.Cette surte de provocation au crime, alléguée par Julès Simon, quand il parle des exécutions publiques, n\u2019est plus un raisonnement d'une grande force, de nos jours, puisque la plupart des exécutions ont lieu dans les prisons, mais il est indiscu table que ces spectacles ne sont pas faits pour moraliser le peuple.En 1370, M.Bombeau, défendant la peine de mort, devant les deputés frangais, s'exprimait au contraire ainsi : Si, au lieu de dire que la peine de mort est illégitime, on nous demandait de ne l\u2019appliquer que dans les cas où elle est absolument nécessaire, je le comprendrais.L'utilité de la peine est variable ; elle peut n'être pas aujourd'hui ce quelle était il y a trente ans.On peut faire abandon de certains cas oi la peine n\u2019est plus nécessaire.Tant que la conscience du Jury lui ordonnera de prononcer la prine de mort, ln peine de mort sera nécessaire ; lorsque sa conscience cessera, de commander, alors l'enquête sera faite et lu peine de mort abolie, *,* Ceci est un raisonnement purement français, car les jurés anglais se trouvent dans une position beaucoup plus difficile que les jurés français.Ceux ci, en effet, peuvent admettre des circonstances atténuantes, tandis que la loi anglaise ne leur permet pas, et j'ai vu souvent des jurés déclarer un homme coupable d'assussinat, et le recon mander à la clémence de la cour.Cette recommandation ne pouvait avoir d'effet, car le juge se trouvait, quand même, dans la nécessité de prononcer la peine de mort, Cependant, si cette réforme d'admettre les circonstances atténuantes dans la loi anglaise, est désirable, il faut reconnaître que l\u2019absolue nécessité d'obtenir l'unanimité des voix des jurés pour donner un verdict, est une grande garantie pour la société, en matière d'assassinat surtout, contre la possibilité d'erreurs judiciaires, Ch Chez nous, on ne s'appuie guère sur des considérations de haute philosophie pour prétendre que l'on ne devrait pus tuur les assassins.Tm -\u2014== Ce sont des fous, dit-on tout sim lement, je le répète, et l'on ne devrait pas les pendre.Ce raisonnement s'appliquant d'une manitre générale à tous les chenapans, ne me semble pus avoir une grande force, car, en admettant même \u201cque ce gens-là aient agi dans un moment de folie ve que l\u2019on ne prouve jamais, du reste, \u2014 je Ne Vois pas ce que leur conservation a de désirable.La plupart des condamnés A mort, vraiment re.peutants dles crimes qu\u2019ils ont commis, reconnaissent en effut, avant de mourir, qu'ils ont mérité je sort qui les attend, et vous voyez tous les Jours, dans les journaux, des comptes-rendus d'exécution, dans lesquels on dit que le condamné a fait sur l'échafaud, l'aveu de ses crimes et qu\u2019il a dit aux assistants que c'est l'ivrognerie ou les mauvaises compagnies qui l'ont conduit à l'assassinat.Voici un individu qui, prétend-t-on, a ©! fou pendant dix minutes, il à tué sa femme, ses deux enfants, et su belle-mère, admettez-vous qu'en revenant à la raison, il ne préfèrera pas lui même mour:r, plutôt que de vivre avec le souvenir des horribles crimes qu'il a commis ! Non, non, gardons notre pitié pour ceux qui ln méritent par leurs bonnes actions et leur vi.régulière, et ne nous occupons pus trop des nssas-ins, *,* La peine de mort, pourquoi l\u2019abolir d'ailleurs quand on voit des gens se former en club |.ur se tuer eux-mêmes ?Dans une petite ville des Etats-Unis, \u2014 il n'ya qu'aux Etats-Unis que l'on voit de ces choses là, \u2014 s'est formé, il y a quelques années, un club «de sept individus, tous déoutés de la vie, sous le nan de Club du Suicide.Chacun des membres avait juré de se tuer, quand il serait désigné par le sort, et, l'annc» suivante on procéda nu tirage, chez un hot-lier membre du club.Tes sept noms furent mis dans un chapean, on dit au garçon de comptoir qui ne savait pus de quoi il s'agissait, de tirer un billet.On l'ouvrit \u2014 le billet, pas le garçon\u2014et celui-ci lut à haute «ix lenomde.son patron, \u2014Très bien, dit l'empoisonneur patenté, sous allez être satisfaits.Je vais tenir mon serment, J'espère que vous en ferez autant plus tard.Prenez quelque chose en attendant., .T1 monta dans sa chambre, et au moment où -0s amis avalaient un verre de poison quelconque, une détonation se fit entendre,.on monta, et | \u2026n trouva le débitant de wiskey roide mort.L'année suivante, à la même date, on proc de nouveau au tirage nu sort : cette fois ce fut nn facteur de la poste, que le sort désigna ; il se tua aussi, et depuis six ans, il y eu un suicidé par an.Il en reste donc un, et comme un reporter 1: pas ruanqué d'aller lui demander ce qu\u2019il compta: faire à son tour, le dernier membre du club « suicide répondit à peu près ainsi : \u2014Oui, il s'agit d\u2019une ditticulté légale.Le régle ment dit d\u2019une manière formelle que nous devar tirer au sort, mais ne s'explique pus dans le cas du dernier survivant.Je ne puis pas tirer au sor tout seul.\u2014Alors qu\u2019allez-vous faire ?\u2014 Attendre que de nouveaux membres se pr sentent.Tieus.une idée! voulez-vous «: être ?\u2014Merci, fit le journaliste, j'ai justement sign.ce matin un engagement de cinq ans avec mon r- dacteur en chef, et je dois être fidèle à ma parol: \u2014Oh très bien ! continuez, mais quand votr engagement sera fini revenez, si le cœur vous en dit.Détail nssez typique, tous les membres du clui.du suicide étaient allemands, sauf le survivant qui est Yankee pur.Cela fait toujours six Allemands de moins.Telle pensée fameuse de grand moraliste n'est parfois qu\u2019un jeu de mots \u2014L.DÉPRET. LE MONDE ILLUSTRE 411 NOTRE LANGUE AM 5-E, ROBIDOUN Notre lungue naquit sur les rives du Rbin : Elle eut pour son berceau les bras d\u2019une Gauloisc.Elle exerce toujours un charme souverain Qui vous empoigne alors méme qu'elle patoise.Elle à l'nrimonieux accent des vieux Latins, Le ravissaut brio du parler des Hellènes, Le chaud rayonnement des marbres florentins, Le diaphane et frais poli des poreelaines, Elle a ln svelte ampleur des fûts corinthiens, Le gazouillis du vent duns los bles et les scigles.La clarté de l'éther, les éclats olympiens, Les soupirs du ramier et le vol fier «les aigles, Elle chante partout pour louer Jéhovah, Ec, dissipant la ruit où l'erreur se dérobe.Elle est la messagère immortelle qui va Porter de la lumière aux Innites du globe.La première elle dit le nom de l'Éternel Sous les bois canacliens aux splendeurs virginales : La première elle fait monter vers notre ciel L'hosanna des martyrs aux mains cles caunibales.La premivre elle émeut les mille échos jaloux Du grand Meschacébé qu'aucun blanc ne devine : Et l'enfant des forèts fauves tombe à genoux, En entendanut vibrer cette langue divine.Verbe ailé sous lequel le despote est muct, Elle transfornte «un dieu Danton qui hurle et tonne, Fait un Thomas d'Aquit avec un Dossuet, Rend sublime la fange aux lèvres de Canbronne Langue de feu gui luit comine un tison ardent Elle jette souvent l'idée à la fournaise Des révolutions, ce gouffre fécondaut, Et fait crouler les tours, avec la Marseillais, Un jour, d'apres marins sur des flots courroucés L'apportérent pour nous du beau pays des landes, Et nos mères nous ont, entre leurs bras, bercés Aux vieux refrains dolents des ballades normandes.Nons avons conservé l'idiome légué Par ces héros quittant pour nos rois leurs falaises : Et, bien que nous soyions un peuple subjugé, Î! est encore intact sous les couleurs anglaises, Souvent nos vainqueurs ont tenté de nous ravir, En nous persécutant, ce superbe héritage : Mais, lutteurs tombés qu'on ne saurait asservir, Nous nous sommes vengés noblement de l'outrage.Nous avons bien souffert pour faire trionpher Le langage d'amour agrateli par Racine Nulle force jamais ne pourra l'étoutfer, l\u2019arce que nous cachons dans 108 CWUrS SA FRCINE.Essayer d'arrèter sa marche, c'est vouloir De l'aigle altier gêner l'envergure sonore.Tenter d'ancantir son charme et son pouvoir, C'est réver d'endiguer les rayons de Poe.Poursuis done ton essor sous le regard de Dieu, O langue des anciens ! Eclaire, civilise, Et anis toujours pour nous la colonne de feu Qui guidait les Hébreux vers la Terre promise ! ENVOI Haime.d'un fol amour qui doit toujours durer.La langue des aieux, où palpite lear ime, Mais je l'ainie surtout quand je l'entends vibrer Aux lèvres du tribun superbe qu'on acclame.MO Gas PHARE L'année qui commence est comme le tournant d\u2019une route inexplorée, sans plaque ni poteau qui dise où elle conduit.\u2014G.-M.VALTOUR.LES AMÉRICAINS EN 1812 L'illustre Washington avait procuré à son pays la gloire et lu liberté, et sous sa sage administration, les Américains n'avaient songé qu'd consolider los buses de leur république naissante.Cependant, lu soif des conquêtes les dévorait ; entreprenants et consciencieux, ils ne laissaient rien échapper qui put leur donner plus de puissance et de prestige.Fiers de cette indépendance conquise au prix du sang, ils s\u2019efforcèrent d'établir entre les vieilles contrées de l\u2019lurope et leur pays certaines re.ations amicales.La France surtout sympathisa avec cette nouvelle république qui grandissait d'une manière étonnante.Bonaparte, qui commençait alors à éblouir l'Europe de son génie, ordonna, à la mort du grand Washington, que l'armée prit le deuil pour rendre hommage aux qualités remarquables du héros américain.L'Angleterre, qui avait abandonné à regret cette riche colonie, cherchait partout l\u2019occasion de la vessaisir où d\u2019en faire la conquête.Mais les anglo- américains réduirent à néunt les projets anbitieux de leur mère putrie, et même Ja forcèrent à reconnaître l'indépendance pleine et entière de leur colonie.Sous le souflle puissant de la liberté, les Anglais d'Amérique augmentaient toujours, étendaient leur territoire déjà immense, fondaient des villes, et fécondaient par la culture un sol encore sau vage.Leur renommée parvenait à toutes les nations de ln terre.Elles adwirnient daus ce peuple né de la veille une force qui se suffisait à elle-même.Chose admirable | Les Canadiens, quoique assujettis depuis 1760 à l'Angleterre, cherchaient pareillement à devenir un peuple puissant et glorieux ! Le sol de l'Amérique est le berceau de deux grandes nations qui trouveront dans la sève de leur jeunesse un principe de force et de grandeur ; elles joueront dans le monde les rôles glorieux des vieux royaumes de France et d'Angleterre.Nés de deux peuples qui ont toujours été les premiers du globe, les Canadiens et Américains ne peuvent que prospérer et se fortifier sur le sol de la jeune Amérique.Nos voisins eurent plus d'avantages : la liberté qu'ils avaient chèrement acheté donnaient à leur développement une force incroyable : il leur fallait puiser dans leur propre pays toutes les ressources qui aident une jeune nation à grandir.Grâce à leur esprit d\u2019'en'reprise et à leur persévérance, les Atcéricains réussirent au-delà de tout espoir.Cependant, ambitieux comme les Anglais d'où ils venaient, ils convoitèrent avidement le Canada qui en ce temps était devenu une riche et prospere volonie.lis crurent cette conquête facile, parceque le Cn- nada n'avait pas pour ainsi dire d'armée sérieuse et n'olfrait rien de bien redoutable ; mais ils ne comptèrent pas le courage invincible de nos pères, et le nom de Châteauguay, les Thermopyles canadiennes sont là pour prouver que c'est grâce aux faits héroiques de nos pères que notre pays est resté possession anglaise, Mais Inissons le champ de bataille et exaininons brièvement les projets des Américains dans cette conquête.Le Canada possédait dans son sein d'adimirables et inépuisables ressources : l'Angleterre, qui en avait fait lu conquête avec de nombreux efforts, la mettait au prenrier rang de ses colonies.Les Américains jaloux de la puissance de leur mère-patrie, résolurent de l'affaiblir en faisant la conquête d'une de ses plus riches colonies.Ils pensèrent, peut-être non pas sans raison, que les Canadiens nouvellement soumis à l'Angleterre après une lutte héroique et désespérée, fernient cause commune avec eux, mais les événements leur prouvèrent que si la bravoure eu la fierté ne sont pas inconnus chez les Canadiens-français, la loyauté et l'honneur ne le sont pas aussi.Les Américnins, en supposant qu'ils eussent fait la conquête du Canada, sernient sans aucun coute devenus le premier peuple del'univers, mais l'homme propose et Dieu dispose.Pierre BEpagrb, Chronique des voyages et de la géographie LES ITALIENS EN AFRIQUE.\u2014 Le gouvernement italien a promulgué un décret pour l\u2019organisation de ses possessions coloniales de la mer Rouge, lesquelles formeront un seul territoire, qui restera ouvert aux annexious futures.nu y aura à Massouah un gouverneur civil assisté de trois directeurs que composeront avec lui le conseil colonial.En outre, le gouvernement italien à notifié aux puis sunces le traité qu'elle vient de conclure avec Ménéliek, le nouveau Negus d'Abycénie, traité par lequel ce souve- ruin place ses Étate sous le protectorat de l'Italie, La Russie seule a refusé de reconnaitre ce protectorat.L'Angleterre s'est bornée à faire quelques réserves * * * Le célèbre explorateur Von den Steinan na «écouvert, dans la partie occidentale du Brésil, an certain nombre de tribus primitives de Sauvages qui pensent être les seuls êtres humains sur le glolx terrestre.Ces Sauvages n'ont pas la moindre notion d'un Dieu mais ils croient à \"immior- talité de l\u2019âme.Le monde pour eux ne comprend que les terres arrosées par les rivières Yingu et Tapajos.[ls ne se servent d'aucun instrument en métal, mais ils abattent les arbres avec des haches de pierre pour défricher les endroits ou ils font leurs plantations de mais, de coton et de tabne.Ces sauvages n'ont jamais entendu parler de chiens ou de volailles, bien qu'on en trouve duns toutes les parties explorés de la vallée de Amazone ; ils ne connaissent pas non plus la banane, le sucre, la canne et le riz.M.Von den Steinan pense que ces tribus descendent des Carïbes.* * * La coNQUETE DU sanaka.\u2014 Le capitaine Trivier venait à peine de rentrer en France, qu'un nouvel explorateur, M.Fernand Foureau, se lançait à son tour dans l'inconnu mystérieux de l'Afrique centrale.Accompagne seulement de quelques indigènes de Biskra, montés sur des méharis, il est parti de Ouargla, fermement décfilé à pénétrer dans le pays des Chambais.On sait quel a été le sort de ses\u2018 précurseurs.La mort de Camille Douls et le massacre de Pexpedition Flatters sont encore dans les mémoires.Aucun voyageur français n'est revenu de cette région inexplorée.lls sont tous trorts assassinés par les Touaregs avant d'y avoir pu pénétrer.Mais les amis de M.Foureau, et les autorités d'Algérie ont vainement essayé de le dissuader en lui montrant les périls de son entreprise La tentative de M, Foureau est si hardie qu'elle à paru téméraire aux plus courageux.À la Société de géographie on parait redouter qu\u2019elle n'ait une issue fatale comme toutes celles qui l'ont précédée.Au ministère de la guerre en France, la note est la même : Le gouvernement français est complétement étranger à l'entreprise périlleuse de M, Foureau, non point qu'il gen désintéresse et qu'il ne fasse des vœux bien sincères pour le prompt retour du courageux voyageur.Mais il ne pouvait ni l'engager à entreprendre ce voyage ni l'y encourager.Les dangers qu'il rencontrera sont innombrables.I lui faut beaucoup d'intrépidité pour oser une pareille tentative.Et lorsque M.Foureau a demandé qu'on voulit bien l'autoriser à emmener avec lui l\u2019un des Touaregs, prisonniers de guerre, qui sont emprisonnés dans un fort d'Alger.le gouvernement de l'Algérie s'y est opposé, ne voulant pis s'associer à une expédition qui paraît presque infaisable.Mais M.Foureau était bien décidé à mettre à exécution son courageux projet et it est parti quand même d'Ouargla il y a quelques jours.* * * L'UNIQUE OWJET D'ART bES Laroas.La Laponie n'est pas renommée par ses monuments, «lit M.Chamfleury dans son volume intitulé : Le Penille ; ses habitants non plus ne brillent pas par l'élégance.Une eahute en neige et en glace pour protéger la tite du Lapon, une peau de renne dont il s'enveloppe le corps, telle est la principale defense contre le froid de ce peuple, qui fait penser aux anciens Seythes.La laideur des Lapous et des Laponnes est égale à celle de leurs habits ; homes et femmes sont petits et semblent les pygmees dex glaces.En eux tout est repoussant, tant l'adeur de l'huile et la peau de bête est prononcée, Et cependant une l'avisienne qui traversa ces contrées fut ravie par un objet d'un goût charmant, Cette chose.dit-elle, c'est le berceau de l'enfance, où s'est refugie le Taxe et la poésie du pauvre Lapon.Ce berceau tient à la fois du meuble, du vêtement et du wid, Fait de hais léger recouvert de euir, il a la ferur d'un souiier arrondi «ut bout : la capote s'arrondit au-dessus de la tête «le l'enfant et le protège sans le géner, Pendant les longues chasses où la Laponne suit son mari, elle attache sur son dos ce berceau quine la fatigue pas, et quand lu bande fait halte, il est suspendu à un arbre par une courroi qui rejoint la fourche d'un piquet, de telle sorte que l'enfant, balancé par ses propres mouvements, ne s'aperçoit pas que sa mere ne le porte plus.Dans ce berceau, doublé de plusieurs épaisseurs de peau de lièvre, repose mollement et chaudement le petit Lapon, les membres protégés contre le froie par cette douce fourrure.Autour de la capote sont suspendues des perles de couleur et de petite chaînettes de metal, «lont la vue et le eli- quetis égaient l'enfant.Michelet avait raison de dire : * La Laponie n\u2019a qu'un art, qu'un objet d'art, le berceau.\u201d sas à série a RRB E Aw \u2014 Lv ® An > 412 Les écrivains de toutes les littératures\u201d F.X.GARNEAU Kt tol, Garneau, salut ! Salat A ta mémaive, vis FRECHUKTIE, Garnean ost pina qu'un heros, c'est le défon- seur de notre nationalité, L M.0.Darvæau.IT.\u2014NOTICE BIOGRAPILIQUE Garneau ! c\u2019est un nom que chaque Canadien- Français devrait savoir, devrait graver dans son cœur, car il fut celui d\u2019un patriote, de notre historien national ! Nos écrivains l'ont compris, puisque tour À tour Casgrain, Chauveau, Lareau, Darveau, Lemoine, se sont faits ses biographes, qu'ils ont raconté d\u2019une manière digne la vie d'une des plus grandes gloires du Canada français.Inutile donc de faire de grandes phrases sur son compte, ses œuvres sont là pour attester ce qu'il était, nos littérateurs ont dit ce qu\u2019il a été.Nous ne donnerons que les faits et les jugements.François-Xavier Garneau naquit dans ln paroisse de Saint- Augustin, comté de Québec, le 15 juin 1809.Ses parents n\u2019étaient pas riches, aussi ne purent- ilwlui donner l'instruction qu\u2019ils auraient voulue, Cependant, comme le disait si bien l\u2019hon.Chau- veau, dans un discours : \u201c Muni seulement des plus simples rudiments de l\u2019instruction primaire, il a su acquérir, conserver et perfectionner à la fuis l'éducation pratique néressaire au commis de banque, au notaire, au fonctionnaire municipal et l'éducation littéraire et philosophique qui fait le penseur et l'écrivain.\u201d Après avoir surmonté des difficultés sans no nbre, après avoir trempé son énergie dans les combats de l'existence, il fut reçu notaire en 1830.F.X.GARNEAU (Gravure extraite de \u201cl'Hixtoire dn Canada,\u201d publié Bonuchewiu & Fils publice par L'année suivante l\u2019hon.Denis Benjamin Viger qui partait pour Londres afin de \u201c plaider en Angleterre les droits d-s Canadiens opprinés,\u201d l'amenait avez luien qualité de secrétaire.Ce fut probablement pendant son séjour en Europe et par le contact avec les hommes de génie qui formait la Société Littéraire des amis de ln Pologne, qu'il nequit cette ampleur de prnsée, cette grandeur de vue, ce jugement si précis qui ont fait admirer son œuvre par les connaisseurs.Dix ans plus tard (1840), il commençait ses travaux sur l\u2019histoire du Canada.Le premier volume parut à Québec en 1845, le second en 1846 et le troisième en 1848.Une second édition fut publiée en 1852 et une troisième en 1859, En 1360, M.Bell en donna une version anglaise, La quatrième édition, augmentée d\u2019une poésie de LE MONDE ILLUSTRE Fréchette, d'une biographie par Chauveau et d'une table analytique par Sulte à paru en 1882.mn Outre ses écrits sur nos annales, Garnenu à laissé un bon nombre de poésies qui \u2018lécèle un beau talent, Tous ces travaux iminèrent ea santé, et il v\u2019éteignit le 2 février 1866.Le même mois, Benjamin Sulte donnait les vers suivants : =: M.F.-X.GARNEAU Un monument ! du granit pour sa tombe O Canada fier de ca Tiberté ! L'historien de nos gloires succombe : Grave son nom pour la postérité ! Ouvre en pleurant, muse de la Patrie, Le livre d'or oi brillent tes héros Il t\u2019a donné les beaux jours de sa vie Et tu lui dois tes lauriers les plus beaux.Assez longtemps son courage docile A su plier sous d'étranges mépris ! L'intelligence a des droits qu'on exile Ou qu'on mesure à l'esprit des partis La mort, enfin, plus juste, moin cruelle, Va lui marquer sa place au premier rang.Hélas ! faut-il qu\u2019il ne tienne que d'elle L'honneur qu'il verse aux tils du Saint-Laurent * Un monument sur sa tombe muette ! Qu'il dise au peuple où dorment ses vertus, Et qu'à ses pieds l'artiste, le poète Aillent réver aux jours qui ne sont plus ! Car sa parole à révélé nos pères, Trop inconnus de leurs propres enfauts.Epris d'amour pour nos vieilles bannières, La tiloire et lui fait un couple d'umants ! IT \u2014 JUGEMENTS DIVERS Premièrement celui de Henri Martin, l'historien français : « Nous ne pouvons quitter sans émotion cette Histoire du Canada qui nous est arrivée d'une autre hémisphère comme un témoignage vivant des sentiments et des traditions conservées parmi les français du nouveau monde après un siècle de domination étrangère.Puisse le génie de notre race persister parmi nos frères du Canada dans leurs destinées futures, quels que doivent être leurs rapports avec la grande fédération anglo-américaine, et conserver une place en Amérique à l'élément français.\u201d Maintenant celui de Edmond Lareau : \u201c Rien ne mauque cet ouvrage : grandeur dans le plan, perfection dans l'exécution, chaleur de style, simplicité de narration, originalité, réflexions naturelles, aperçus philosophiques «les causes qui ont précédés ou amenés les évènements, transitions habiles, coloris charmants, tout contribue à le rendre un des ouvrages justement estimés de la littérature canadienne.Rien donc de surprenant s\u2019il a contribué à rehausser lu patrie À l'étranger.Le discours préliminaire dénote des connaissances profondes sur l\u2019histoire du genre humain.En quelques pages l\u2019auteur passe en revue le travail admirable des âges, le progrès des trois derniers siècles, l'écroulement des vieilles institutions politiques qui s\u2019affaissent au souffle de In liberté, cette déesse populaire qui fait aimer la vie en rappelant à l'homme que les gouvernements sont faits pour les peuples et non les peuples pour les gouvernements : l'affranchissement de la pensée et celui des individus, les bienfaits du christianisme dans son action civilisatrice, l\u2019émigration européenne en Amérique, second débordement social depuis l'ère chrétienne ; les traits distinetifs des premiers étublissements coloniaux dans le nouvenu monde ; puis des considérations générales sur la condition sociale du Canada depuis notra existence comme peuple.[Le discours préliminaire est une des meilleures pages de l\u2019auteur.On a toujours considéré Garneau comme notre historien national, non seulement parce que son livre est l\u2019apothéose impartiale des Canauliens français et de la race Intine en Amérique, Inais encore parce qu'il réunit en lui l'i.léal populaire et démocratique pris dans une large extension.\u201d Citons l'abbé Casgrain : \u201c .Sous le titre d' Histoire du Canada, 1'ouvrage de M.Garneau embrasse, en réalité, l'itia- toire de toutes les colonies françaises en Amérique.- Son plan est vaste, mais il est bien conçu et habilement exécuté.\u201c Par la pente naturelle de son esprit philoso.hique, sa pensée remonte sans effort du fait à l'idée, de l'analyse à ln synthèse, et trace un sillon lumineux à travers le dédule des faits historiques, Le coup d'wil de l'historien plane toujours au-deg.sus de Ils narration, domine le cours des évènements, les examine, en recherche la cause et en déduit les conséquences.\u201c Le style est à la hauteur de la pensée et révile un écrivain d'élite.I! à de l'ampleur de la precision et de l'éclat ; mais il est surtout remarquable par ln verve et l\u2019énergie.C'est une riche draperie qui fait bien ressortir les contours, dessine Jog formes avec grâce et retoinbe ensuite avec noblesse et dignité.11 s\u2019y mêle parfois, disent certains critiques français, une sorte d'archaisme qui, luin d\u2019être sans charme, donne au contraire nu récit je ne sais quel caractère d'originalité.Mais le stvle de l\u2019Z/istoire du Canada se distingue surtout par une qualité qui fait son véritable mérite et qu\u2019v« plique l'inspiration sous laquelle l'auteur a écrit.C'est dans un élan d'enthousiasme patriotique, de fierté nationale blessée, qu'il a conçu la pensée de son livre, que sa vocation d\u2019historien lui est app rue.Ce sentiment, qui s'exaltait à mesure qu'il écrivait, a empreint son style d\u2019une beauté milv, d\u2019une ardeur de conviction, d\u2019une chaleur et d'une vivacité d'expressions qui entrainent et passionnent \u2014surtout le lecteur canadien.On sent partout que le frisson du patriotisme & passé sur ces pags, \u2018 L'avenir sanctionnera le titre d\u2019//istorien\u2018\u201cNari- onal que les contemporains de M.Garneau lui ont décerné.\u201d Entin, LL.M.Darveau : \u201c L'Histoire du Canada, par Garneau, n'est pas seulement un livre admirable, mais c'est comme un monument impérissable où l'auteur à gravé avec le puinçon de l'historien tous les hruts faits pour ainsi «lire presque légendaires, toutes les a.tions héroïques, tous les événements mémorable, tous les travaux particaliers, toutes les découvertes presqu\u2019incroyables dont le Canada a été lv théâtre depuis son origine jusqu\u2019à l\u2019époque de l'union des deux provinces canadiennes, en 1840.\u201cOn comprend que ce n'est pas seulement l'œuvre d\u2019un historiographe que l\u2019on admire, mai- un parterre de fleurs poétiques dont on respire lv doux et enivrant parfum.Une mélodie éolienur un chant de barde résonne dans ces pages élu- quentes et patriotiques.L'esprit de l'historien apparaît et se révèle brûlant et viril de patriotisme, de progrès et de liberté, frémissant d impatience et d\u2019espoir de revendiquer la justice et ln vérité en faveur d\u2019une cause nationale calomniée et méconnue ; mais le cœur du poète lui prête en même temps ses concerts les plus doux et les plus mélodieux.Nous assistons à un grand drame où toutes les fibres nationales du peuple qui est en cause forment un concert unique et pour sinsi dire féérique.\u201c Oui, l\u2019Iixtoire du Canada est un éloquent plaidoyer en faveur de la nationalité canadienne- française.Un livre comme celui-là ne s\u2019analyse pas : pour le bien goûter, il faut le lire d\u2019un bout à l\u2019autre, le relire encore et sans cesse \u201c L'auteur s\u2019est montré digne de son immense sujet It s'est acquitté de sa tache grandiose en faisant un chef d'œuvre.Grâce à la plume éloquente et féconde de (iarneau, les événements extraordinaires et les hommes incomparables du passé, sont peints au vif sur sa toile incommensurable ; sont taillés comme dans du granit et coulés comme un colossal bloc de bronze ou d'airain.L'œuvre est maintenant aussi impérissable que les glorieux faita d'armes, lex événements prodigieux, presque surhumains, que l\u2019auteur raconte avec une si mâle élaquence et une si complète impartialité de critique et de jugement.En un mot, il s\u2019est rendu «ligne de la grande épopée canadienne.\u201c La plume qui a buriné ces pages éloquentes et vengeresses, pleines «le poésie et de virilité, est une plume vraiment patriotique, vraiment canadienne ; l'esprit qui les a dictées est un esprit éminemment pratique.élevé ; le cœur qui les à inspirées est un cœur noble et grand ! \u201d Voilà ce que nos hommes de lettres ont dit de lui et voilà ce qui devrait inciter chaque Canadien- Français à lire ces annales.Je suis persuadé que pas un seul membre de LE MONDE (ILLUSTRE 413 notre race ne s'anglifierait s\u2019il avait lu et médité le récit cles luttes (le nos aïeux.En terminant, Jose cruire que les 1EUNES placeront ce portrait dans leur cabinet de travail.Il leur rappellers la plus helle page de notre littérature et le souvenir d'un penseur.C3 IE UN DÉSERT DE NEIGE I On causait en buvant les vins de France, dans le palais du général-comte Barinoff, directeur des mines de Nertchinck, l'enfer des enfers sibériens.Le colonel Mourawief, ami de l'hôte, arrivé depuis quelques jours à peine de Saint-Pétersbourg, vantait les beautés des steppes, qu'il avait traversées en tête de son escorte.\u2014Bah ! dit le général-camte Barinoff, votre enthousiasme m'étonne, colonel.La steppe n\u2019est belle que dans certaines conditions.\u2014Lesquelles 1 \u2014 Quand elle est couverte d\u2019une neige épaisse et glacée, comme à cette heure, et que dans une course folle, on la traverse en traîneau, suivi d\u2019un troupeau de loups.Le colonel avait relevé la tête.\u2014Oh ! oh ! dit-il, cela duit être prodigieusement émouvant, en effet.\u2014Vous plairait-il d'en faire l'expérience par vous-même 1 \u2014Avec le plus grand plaisir, en votre société, cher ami.\u2014Cest convenu.Je vais donner des ordres.Buvons encore quelques verres, et en route.Un quart d'heure après une troïka, attelée de superbes chevaux, quittait Nertchinsk et s\u2019élançait sur la nappe blauche de la neige où mirvi- taient les pâles rayons du soleil sibérien.II Dès que le traîneau fut en pleine steppe, le gé- néral-comte Barinoff se pencha et pinça les oreilles d\u2019un cochon de lait, qu'il avait fait placer au fond de l'élégant véhicule.L'animal fit entendre un grognement aigu et prolongé.Un loup, sorti on ne sait d'où, dressa son museau pointu à cent pas.Le colunel Muurawief avait saisi un fusil.\u2014 Attendez, dit tranquillement le comte.compromettrait notre chasse.Il continua à pincer les oreilles du cochon.Des loups apparaissaient de tous côtés, sur la steppe blanche.Le colonel en compta vingt, trente, cinquante.Bientôt il dut s'arrêter, tant ils devenaient nombreux.Ils se rapprochaient de la troïka, qui filait comme une flèche.Le général-comte Barinoff cessa de pincer le cochon.\u2014Maintenant il est temps, dit-il, en épaulant son fusil.Une détonation retentit : un loup tomba.Le colonel avait suivi son exemple.Un grand trouble se mit dans la bande sinistre ; il sembla qu'elle était diminuée de moitié, Les plus affumés s'étaient jetés sur le cadavre de leur compagnon pour le dévorer.Bientôt les vides furent comblés.De tous côtés les loups accouraient efflanqués, les yeux étincelants, la gueule béante.De tous côtés les hurlements répon aient aux hurlements.Le général-comte et son ami ne cessèrent de tirer.Tous les coups portaient, et cependant, la bande allait toujours en grossissant.Elle formait à l'arrière de la troïka un immense croissant, dont les deux cornes commençaient à dépasser la hauteur des chevaux.Les chasseurs devenaient légèrement inquiets.Entre deux coups de feu, le général-comte interroges le cocher.Cela \u2014Yvan, 4 quelle distance sommes-nous de Nertehinsk 1 -\u2014A trente verstes peut-être, Haute Noblesse.\u2014Comtien de temps te fautil pour franchir cette distance ?\u2014Une heure et demie, au plus.\u2014C'est long, et si ces démons nous poursuivent toujours !.\u2014Ila le feront, Haute-Noblesse, tant que vous continuerez de tirer.Le général comte leva les épaules avec mépris.\u2014Tu es fou, grommela-t-il.Tirons, tirons, là est le salut.TI La course fantastique continua pendant un instant encore.Tout à coup, le général comte fit entendre un cri de détresse : la boîte aux munitions venait de glisser hors du traîneau.Impossible de songer 4 la reprendre, et il restait à peine une cinquantaine de coups à tirer.La situation des chasseurs était devenue terriblement critique.Mille loups au moins suivaient en hurlant le traîneau.Si l\u2019un des chevaux venait à s\u2019abattre, tout était fini, et les chevaux effarés obéissaient à peine à Yvan ; ils soufflaient le feu et bondissaient en écarts terribles.\u2014Que dites-vous de notre chasse ?demanda le général-comte à son ami.\u2014Très émouvante, répondit celui-ci avec un sourire contraint.Seulement, les rôles sont intervertis : nous sommes plutôt chassés que chasseurs.Le général n'usa répondre.Les cartouches étaient épuisées Les derniers coups de fusils furent tirés.1l ne restait aux deux Russes que leurs revolvers, c'était une ressource inutile.Le salut dépendait de la vitesse des chevaux.Les nobles bêtes, aiguillonnées par la terreur, re- doutilaient de rapidité.Yvan les excitait par un sifflement aigu.Le général-comte Barinoff et son ami, silencieux et sombres, serutaient du regard l'immense désert de neige : partout la steppe unie et sans fin, partout l'immensité désolante ! \u2014 Yvan, dit le gouve-neur de Nertchinsk, combien de verstes encore ?\u2014Vingt environ, Haute Noblesse \u2014Cette distance ne peut être abrégée ?\u2014On pourrait gagner quelques verstes, en tra versant la forêt de Simlensk.\u2014Tu réponds de nous 1 \u2014Nur na tête, Haute Noblesse.\u2014En ce cas, je t'abandonne In direction à suivre.Marche, tu es le maître de nos destinées.\u2014Après Dieu, Huute Noblesse, répondit le moujick.Il lâcha la bride de ses chevaux, en leur faisant décrire une courbe légère.IV Un quart d'heure s'écoula encore dans cette course folle.Soudain un point se montra à l'horizon, grandit, prit une forme : c'était une forêt.Le traîneau s'engouffra comme uue trombe entre les arbres, en suivant une sorte de ravin.A ce moment, une détonation fit vibrer l'air : un des chevaux de la troïka s\u2019abattit le crâne brisé.Les chasseurs se sentirent perdus.Les loups s\u2019étuient précipités au poitrail des chevaux, les mordaient cruellement, les déchiraient.Le général-comte et son ami n'avaient même plus une cartouche dans leurs revolvers.11s comprirent que tout était fini.Affolés de terreur, ils levérent les yeux vers le ciel, pour lui demander secours.De rudes mains s'abattant sur leurs épaules les firent tressaillir.Des hommes aux figures sinistres étaient devant eux \u2014Vous êtes nos prisonniers, venez ! dit une voix qui dumina les hurlements des loups.Venez ; il n'y a pas une minute à perdre.Dix minutes après, le gouverneur de Nertchinsk et le colonel étaient enfermés dans une hutte formée de troncs d'arbres équaris.Les loups hurlaient au dehors.Un grand feu flambaient dans un coin.\u2014 Où sommes-nous Ÿ demanda le général-comte Barinoft.\u2014Chez des prisonniers évadés, des Polonais, qui uvent se venger des tortures que vous leur avez ait subir.Nous sommes vos maîtres, Haute Noblesse ! Votre vie est entre nos mains, ne l\u2019oubliez \u2014En ce cas, vengez-vous, torturez nous : abandonnez nous aux loups.\u2014Nous ne le ferons pas.Nous vous conserverons la vie, ne vous demandant en retour qu\u2019une chose : Ja liberté.Nous vous la demandons au nom de Dieu.\u2014 Vous l'avez.Nul ne touchera à un cheveu de votre tête.Je le jure par les saintes images.Le lendeniain, le général-comte Barinoff et son ami étaient de retour à Nertchinsk.Le serment prononcé dans la forêt de Timlinsk sera t-il tenu ?Espérons le pour les pauvres enfants de la catholique Pologne arrachés à leurs familles, et transportés innocents dans cet horrible pays ! Lucien THoniT.LA SURVIE CHEZ LES SUPPLICIES M.Brown-Séquard, le savant professeur du Collège de France, n\u2019a aucun doute au sujet de la survie chez le guillotinés : elle n'existe pas.\u2014\" Le corps n\u2019est pas encore jeté dans le funèbre panier, estime-t-il, que la mort est survenue.Ou ne peut pas admettre un seul instant que la vie subsiste après que le couperet fatal a fait son œuvre.Croire le contraire tomberait dans le domaine de la fantaisie.\u201d Le savant professeur ajoute : \u20144 On s'est beaucoup trop occupé de cette question, qui n\u2019a aucune importance.D'ailleurs, si l'on avait le moindre doute, comment pourrait-on supposer que les médecins fussent assez barbares pour se livrer à des expériences sur le corps d'un individu dont la vie ne s\u2019est pas encore retirée ?Ce serait une aggravation à la peine de mort, non prévue par loi.\u201d Le ducteur Michel Peter ne partage pas complètement l\u2019avis de son honorable confrère.Il est indécis et n'ose se prononcer d\u2019une façon précise.Si la vie abandonne le cuzps, il n'en est pas de méme de certains organes ; le cœur, par exemple, bat encore un certain temps et la fibre musculaire conserve une partie de a force : \u2014% Ces phénomènes, d'ailleurs, ne se manifestent pas seulement sur les cadavres des guillotinés.C'est ainsi que d'aprés Claude Bernard ie foie fit du sucre après Ja mort ; cela provient de l'activité persistante des cellules héparhiques s\u2019exesçant eur la matière glycogène.Naturelieuent, ne recevant plus de sang, la récrétion de la bile à cessé, \u201c On sait du reste, que la barbe, les cheseux, et en général tous les bulbes pileux, poussent avec plus de force que durant la vie, et ce, pendant longtemps.\u201c Ainsi, pour ne citer qu\u2019un exemple, quand on ouvrit le cercueil dans lequel on avait enseveli les restes de Napoléun Ier.on constata que Ja barbe de l'Empereur avait plusieurs millimètres ; pourtant au moment de ta mise en bière e!le avait été rasée de près.Reste à savoir après la décollation, sices phénomène se produisent de la même surte et si la pensée travaille toujours dans lu tête séparée du corps.\u201d On pourrait définir le pro-incial l'homme qui n'a ni la mesure ni l'à propos.\u2014 EnpM.DE GONCOURT Le motent actuel n'est qn\u2019une porte par laquelle l'avenir se précipite dans le passé.\u2014 CAMILLE FLAM- MARION, Les grandes vertus sont des billets de banque dont on ne trouve jamais la monnaie \u2014GUY DE MauPassaNT.Il en est de la science comme des enux ; pluson la porte haut, plus elle a de force pour s'étendre au loin et pénétrer profondément.\u2014 FALLIÈRES.Apprenez à toutes les nations à rire en français : cest la chose du monde ls plus philosophique et la plus saine.\u2014Krx, RENAN. na a \u201ca WAAR < \u2014- - a.rie +e A Mr.\u2014 hab C3 414 BERCEUSE (MOMMAGE RESPECTUEUX A MADAME A.C.) Le jour fuit ot la nuit uiorose Dans l'espace à tendu son deuil : Les bruits onl cesse, tout repose.Blond chérubin, cher enfant rose, Dors mon amour, dors nou orgueil \u2018 Dane tes mantes de lin tissues Sois contiant et sans otfroi, Los étidles sont apparues, La fuule à dé dg, \"a ve \u201cry sy * te BX = ), - F ny 1 ah > 1 & A TE se 1 Be f.«fi « 34\" T1 CR & II LE F NESRE TEL | ign ; 0\" ng | À L I | mm : Il | Lr = & Py Da Se amy FE a.pT, TROIS -RIVIÈRES.\u2014COUVENT DES URSULINES PLôtographie Pinsnnneault, \u2014 Photogravure Armatrong A TRAVERS LE CANADA apt FEUILLETON \u201cDU MONDE ILLUSTRE' MONTRÉAL, 26 AVRIL 1890 FAMILLE-SANS-NOM PAR JULES VERNE \u2014 PREMIERE PARTIE (Suite) La femme ne laissa paraître aucune surprise à l'arrivée «de ces deux hommes.Ils In pressèrent dans leurs bras, ils l'embrassèrent au front avec une aflection toute filiale.C'était Jean et Joann, Cette femme était leur mère, Bridget Morgaz.Ç Douze années avant, après at CS tt vv: m\u2014\u2014\u2014 Be arm mas GES LE MONDE ILLUSTRE dont l'énergie fit face à cette effroyable situation, leur montra que là devait être Je seul but de leur existence, Ils le comprirent, ces deux frères, qui n'avaient que dix-sept et dix huit ans à cette époque, et ilu se con»acrèrent tout entiers à ce travail de réparation.Bridget Morgaz\u2014décidée à vivre du peu qui lui appartenait en propre\u2014ne voulut rien garder de l\u2019argeuit trouvé dans le portefeuille du suicidé.Cet argent, il ne pouvait, il ne devait être employé qu'aux besoins de la cause nationale.Un dépôt secret le mit aux mains du notaire Nick, de Montréal, dans les conditions que l\u2019on sait.Une partie en fut gardée par Jean pour être distribué directement aux réfoimistes, C'est ainsi qu\u2019en 1531 et en 1855, les comités avaient reçu les sommes nécessaires à l\u2019achat d'armes et de munitions.En 1837, le rolde de ce dépôt, convidéralble encore.venait d'être adressé au comité de la villa Montcalm et contié à M.de Vaudreuil.C'était tout ce qui restait du prix de la trahison.Cependant, en cette maison de Saint Charles où 417 _ te Bien que 1a rébellion n'eit pas mieux abouti en 1831 qu'en 1835, sa réputation n'en avait pas été amoindrie.Dans les maxses, on le considérait comme le chef mytérieux des Fils de la Liberté.Il n\u2019apparaissait qu\u2019à ! heure où il fallait donner de sa personne, et disparaissait ensuite pour reprendre son œuvre.On sait à quelle haute place il était arrivé dans le parti de l\u2019opposition libérale.Il semblait que lu cause de l'indépendance fût dans les mains d'un seul homme, ce Jean Sans-Nom, ainsi qu'il s'appelait lui même, et c\u2019est de lui seul que les patriotes attendaient le signal d\u2019une nouvelle insurrection.L'heure était proche.Toutefois, avant de se jeter dans cette tentative, Jean et Juann, que le hasard venait de réunir à Chambly, avaient voulu venir à Maison Close, afin de revoir leur mère\u2014pour la dernière fois peut-être.Et inaintenant, ils étaient là, près d\u2019elle, assis à ses côtés.Ils lui tennient les mains, ils lui parlaient à voix basse.Jean et Joann disaient où en étaient les choses.La lutte serait terrible, comme doit l'être toute lutte suprême.l'expulsion de Simon Morgaz chaseé par ln population de Chambly, personne n'avait wis en doute que cette mie rable famille eût quitté le Canada pour s'expatrier soit dans quelque province de l'Amérique du Nord vu du Sud, suit même dans une lointaine contrée de | Europe.Lasomn e touchée par le traître devait lui permettre de vivre avec une certaine aisance, partout où il lui conviendrait de re retirer.Et alors, en prenant un faux nom, il échapperait au mépris qui l\u2019eût poursuivi dans le monde entier} \"7 Ou ne l'ignore pus, les choses ne s'étaient puint passées ainsi.Un soir, Simon Morgaz s'était fait justice, et nul ne se serait douté que son corps reposait en quelque endruit perdu sur la rive septentrionale du lac Ontario.Bridget [Morgaz, Jean et Joann avaient{compris tuute l'horreur de leur situation.Si la mère et les fils étaient innocents du crime de l'époux et du père, les préjugés sont tels qu'ils n\u2019eussent trouvé nulle part ni pitié ni pardon.En Canada, aussi Lien qu'en n\u2019importe quel point du monde, leur nom serait l\u2019objet d'une réprobation unanime, Ils réso lurent de renoncer à ce nom, sans même songer à en prendre un autre.Qu'en avaient- ils besoin, ces misérables, pour lesquels la vie ne pouvait plus avoir que des hontes ! Pourtant, la mère et les fils ne s'expatrièrent pus imimé- diatement.Avant de quitter le Canada, il leur restait une ; ; tâche à remplir, et cette tâche, dussent-ils y sacrifier leur vie, ils résolurent de l\u2019accomplir tous les trois.Ce qu\u2019ils voulaient, c'était réparer le mal que Simon Morgaz avait fait à son pays Sans la tra- bison provoquée par l\u2019xlieux provocateur lip, le complot de 1825 aurait eu grandes chances de réussir, Après l'enlèvement du gouverneur général et des chefs de l'armée anglnise, les troupes n\u2019auraient pu résister à la population franco-cana- dienne, qui se serait levée en masse.Mais un acte iufâime avait livré le secret de la conspiration, et le Canada était resté sous lu main des oppres seurs.Eh bien, Jean et Joann reprendraient l'œuvre interrompue par la trahison de leur père.Bridget, No 13 1ls étaient là, près d'elle, assis à ses côtés.\u2014 Page 417, cel, 3, s'était retirée Bridget, ses fils venaient la voir secrètement, lorsque cela leur était possible.Depuis quelques années déjà, chacun d'eux avait suivi une vuie diflérente pour arriver au wéme but.Joann, l'aîné, s'était dit que tous les bonheurs tetrestres lui étaient interdits désormais.Sous l\u2019intluence d'ilées religieuses, développées par l'a mertuine de sh situation, il avait voulu être prêtre, mais prêtre militant.Il était entré dans la congrégation des Sulpiciens, avec l'intention de sourenit par la parole les imprescriptibles druits de sun pays.Une éloquence naturelle, surexcitée par le plus ardent patrivtisme, attirait à lui les populations des Lourgades et des campagnes.En ces derniers temps, son renom n\u2019avait fait que grandir, et il était alors dans tout son éciat.Jean, lui, s'était jeté dans le mouvement réformiste, non plus par la parole, mais par les actes.Bridget, pénétrée par les sentiments qui débordaient de leur cœur, se laissait aller à l\u2019espoir que le crime du père serait enfin réparé par ses fils.Alors elle prit la parole.\u201c Mon Jean, mon Joann, dit-elle, j'ai besoin de partager vos espérances, de croire au succès.\u2014Oui, mère, il faut y croire, répondit Jean.Avant peu de jours, le mouvement aura commencé.\u2014Et que Dieu nous clonna le triomphe qui est dû aux causes saintes ! ajouta Juann.\u2014Que Dieu nous vienne en aide ! répondit Bridget, et peut-être aurai je enfin le droit de prier pour.\u201d Jusqu'alors, jamais, non, jamais ! une prière n'avait pu s'échapper des lèvres de cette malheureuse femme pour l\u2019âme de celui qui avait été son mari ! \u201c Ma mère, dit Joann, ma mère.\u2014Et toi, mon fils, répondit Bridget, as-tu donc prié pour ton père, toi, prêtre du Dieu qui pardonne ?\u201d Juann baissa la tête sans répondre.Bridget reprit : « Mes fils, jusqu'ici, vous avez tous les deux fait votre devoir ; mais, ne l'oubliez pas, en vous dévouant, vous n\u2019avez fait que votre devoir.Et même, si notre pays vous doit un jour son indépendance, le num que nous portions autrefois, ce nom de Morgaz.\u2014Ne doit plus exister, ma mère ! répondit Jean.Il n\u2019y à pas de réhabilitation possible pour lui ! On ne peut pas plus lui rendre l'honneur qu\u2019on ne peut rendre la vie aux patriotes que la trahison de nutre père a conduits à l'échafaud ! Ce que Joann et moi nous faisons, ce n\u2019est point pour que l'infamie, attachée à notre nom, disparaisse !.Cela, c'est impossible !.Ce n'est pas un marché de ce gente que nous avons conclu ! Nos etlorts ne tendent qu\u2019à réparer le mal fait à notre pays, non le mal fait à nous-mêmes !.N'est-ce pas, Joann ?\u2014Oui, répondit le jeune prêtre.Si Dieu peut parilonner, je sais que cela est interdit aux hommes, et, tant que l\u2019honneur restera une des lois so- cinles, notre nom sera de ceux qui sont voués à la réprobation publique ! \u2014 Ainsi, on ne pourra jamais oublier ?.dit Bridget, qui baisait ses deux fils ag front, comme si elle eût voulu en effacer le stigmate indélébile, DP A ia - i.418 LB MONDE ILLUSTRE rT \u2014Oublier ! s\u2019écris Jean.Retourne donc à Chambly, ma mère, tu verras si l'oubli.\u2014Jean, dit vivement Joann, tais-toi j.\u2014Non, Joann !.ll faut que notre mère le sache !.Elle a assez d'énergie pour tout entendre, et je ne lui laisserai pas 'espoir d'une réhabilitation qui est impossible ! \u201d Et Jean, à voix basse, 4 mots entrecoupés, fit le récit de ce qui avait eu lieu, quelques jours avant, dans cette bourgade de Chambly, berceau de la famille Morgaz, et devant les ruines de la maison paternelle.Bridget écoutait, sans qu\u2019une larme jaillit de ses yeux.Elle ne pouvait même plus pleurer.Mais était-il donc vrai qu\u2019une pareille situation fût sans issue ?Etait-il donc possible que le souvenir d'une trahison fût inoubliable, et que la res- nsabilité du crime retombât sur des innocents ?tait-il done écrit, dans la conscience humaine, que, cette tache imprimée au nom d'une famille, rien ne pourrait l\u2019etficer ?Pendant quelques instants, aucune parole ne fut échangée entre la mère et les deux fils.Ils ne se regardaient pas.Leurs mains s'étaient disjointes.Ils souffraient affreusement.Partout ailleurs, non moins qu\u2019à Chambly, ils seraient, des parias, des \u201c outlaws \u201d que la société repousse, qu'elle met, pour ainsi dire, en dehors de l'humanité.Vers trois heures après minuit, Jean et Joann songèrent à quitter leur mère.Ils voulaient partir sans risquer d'être vus.Leur intention était de se séparer au sortir de la bourgade, T1 importait qu\u2019on ne les aperçut pas ensemble sur la route par la quelle ils s\u2019en iraient à travers le comté.Personne ne devait savoir que, cette nuit là, la porte de Maison-Close s'était ouverte devant les seuls visiteurs qui l'eussent jamais franchie.Les deux frères s'étaient levés.Au inoment d'une séparation qui pouvait être éternelle, ils sentaient combien le lien de famille les rattachait les uns aux autres.Heureusement, Bridget ignorait que la tête de Jean fût mise à prix.Si Joann ne l\u2019ignorait pas, cette terrible nouvelle n'avait point encore pénétré, du moins, clans la solitude de Mai- son-Close.Jean n\u2019en voulut rien dire à sa mère.À quoi bon lui ajouter ce surcroît de douleurs ?Et, d\u2019ailleurs, Bridget avait-elle besoin de le savoir pour craindre de ne plus jamais revoir son fils ?L'instant de se séparer était venu.\u2018* Où vas-tu, Joann ?démanda Bridget.\u2014Dans les paroisses du sud, répondit le jeune prêtre.Là, j'attendrai que le moment arrive de rejoindre mon frère, lorsqu'il sera mis à la tête des patriotes canadiens.\u2014Et toi, Jean 1.\u2014Je me rends à la ferme de Chipogan, dans le comté de Laprairie, répondit Jean.C'est Ia que je dois retrouver mes cumpagnons et prendre nos dernières mesures.au milieu de ces joies de famille qui nous sont refusées, ma mère ! Ces bra ves gens m\u2019ont accueilli comme un fils !.Ils donneraient leur vie pour la mienne !.Et, pourtant, s'ils apprenaient qui je suis, quel nom je porte !.Ah ! misérables que nous sommes, dont le contact est une souillure !.Mais ils ne sauront pas.ni eux.ni personne ! \u201d Jean était rerombé sur une chaise, la téte dans ses mains, écrasé sous un poids qu\u2019il sentait plus pesant chaque jour.* Relève-toi ! frère, dit Joann.Ceci, c\u2019est l\u2019ex- iation !.Sois assez fort pour souffrir!.lève-toi et partons ! \u2014Où vous reverrai-je, mes fils ?demanda Bridget.\u2014Ce ne sera plus ici, ma mère, répondit Jean.Si nous triomphons, nous quitterons tous trois ce pays.Nous jrons loin.14 od personne ne pourra nous reconnaître ! Si nous rendons son indépendance au Canada, que jamais il n\u2019apprenne qu'il la doit aux fils d\u2019un Simon Morgaz ! Non !.jamais !.\u2014Et si tout est perdu ?.reprit Bridget.\u2014 Alors, ma mère, nous ne nous reverrons ni dans ce pays ni dans aucun autre.Nous serons morts !\u2019 Les deux frères se jetèrent une dernière fois dans les bras da Bridget.La porte s'ouvrit et se referma.Jean et Joann firent une centaine de pas sur la route ; puis, ils se séparèrent, après avoir donné un dernier regard à Maison-Close, où ls mère priuit pour ses fils.N.-\u2014LA SERME DE CHIPOGAN La ferme de Chipogan, située à sept lieues du bourg «le Laprairie, dans le comté de ce nom, oe- cupait un léger rendement du sol sur ln rive droite d'un petit cours d'eau, tributaire du Saint-Laurent.M.de Vaudreuil pussédait la, sur une superficie de uatre à cinq cents acres, une assez belle propriété de rapport, régie par le fertier Thomas Harcher.En avant de la ferme, du côté du rio, s'étendaient de vastes champs, un damier de prairies verdoyantes, entourées de ces huies à clairevoie, connues dans le Royaume Uni sous le nom de \u201c fewces \u201d, C'était le triomphe du dessin régulier \u2014Saxon ou américain \u2014dans toute sa rigueur géométrique.Des carrés, puis des carrés de barrières encadraient ces belles cultures, qui prospéraient, grâce aux riches éléments d'un humus noirâtre, dont la couche, épaisse de trois à quatre pieds, repose le plus généralement sur un lit de glaise.Telle est à peu très la composition du sol canadien jusqu'aux premières rampes des Laurentides.Entre ces carrés, cultivés avec un suin minutieux, poussaient diverses sortes de ces céréales que le cultivateur récolte dans les campagnes de la moyenne Furope, le blé, le mais, le riz, le chanvre, le houblun, le tabac, etc.La foisonnait aussi ce riz sauvage, improprement appelé \u201c fulle avoine \u201d, qui se multipliait dans les champs à demi noyés sur les bords du petit cours d\u2019eau, et dont le grain bouilli donne un excellent potage.Des pâturages, fournis d\u2019une herbe grasse, se développaient en arrière de la ferme jusqu\u2019à la lisière de hautes futaies, massées sur une légère ondulation cu sol, et qui s'en allaient à perte de vue.Ces pâtures suilisaient amplement à l'alimentation des animaux domestiques que nourrissait la ferme de Chipogan, et dont Thomas Harcher eût pu prendre à cheptel une quantité plus considérable encore, tels que taureaux, vaches, baœ'ufs, moutons, pores, sans compter ces chevaux de la vigoureuse race canadienne, si recherchée par les éleveurs américains.Aux alentours de la ferme, les forêts n\u2019étaient pas de moindre importance.Elles couvraient autrefois tous les territoires limitrophes du Naint- Laurent, à partir de son estuaire jusqu'à la vaste région des lues.Mais, depuis de longues années, que d'éclaircies y ont été pratiquées par le bras de l'homme ! Que d\u2019arbres superbes, dont la cime se balance parfois à cent cinquante pieds dans les airs, tombent encore sous ces milliers de haches, troublant le silence des bois immenses où pullulent les mésanges, les piverts, les andes, les rossignols, les alouettes, les viseaux de paradis aux plumes étincelantes, et aussi les charmants canaris, qui sunt muets dans les provinces canadiennes ! Les \u201clumbermen \u201d les bücherons, font là une fructueuse mais regrettable besogne, en jetant bas chênes, érables, frênes, châtaigniers, trembles, Lou- leaux, ormes, noyers, charmes, pins et sapins, lesquels, sciés ou équarris, vont former ces chapelets de cages qui «descendent le cours du fleuve.Si, vers la fin du dix-huitième siècle, l\u2019un des plus fameux héros de Couper, Nathaniel Bumpoo, dit (Kil-de- Faucon, Longue-Carabine ou Bas-de-Cuir, gémissait déjà sur ces massacres d\u2019arbres, ne dirait-il pas de ces impitovables dévastateurs ce qu\u2019on dit des pratiques vicieuses : ils ont assassiné le sol ! TI convient de faire observer, cependant, que ce reproche n\u2019aurait pu s'appliquer au gérant de la ferme de Chipogan.Thomas Harcher était trop habile de son inétier, il était servi par un personnel trop intelligent, il prenait avec trop d\u2019honnêteté les intérêts de sun maître pour mériter jamais cettc qualification d\u2019assassin.Sa ferme passait à juste titre pour un modèle d\u2019exploitation agronomique, à une époque où les vieilles routines faisaient encore loi, comme si l\u2019agriculture canadienne eut été de deux cents ans en arrière, La ferme de Chipogan était donc l\u2019une des mieux aménagées du district de Montréal.Les méthodes d\u2019assolement empéchaient les terres de s\u2019y appauvrir.On ne se contentait pas de les y laisser se reposer à l\u2019état de jachères.On y variait les cultures \u2014ce qui donnait des résultats excellents.Quant aux arbres fruitiers, dont un large potager renfermait ces espèces diverses qui prosperent en Europe, ils étaient taillés, émondés, soignés avec entente.Tous y donnaient de beaux fruits, à l'exception peut-être de l\u2019abricotier et «lu pêcher, qui réussissent mieux dans le sud de la province de l'Ontario que dans l'est de la province de Québec.Mais los autres faisaient honneur au fermier, plus particulièrement ces poimmiers qui produisent ce genre le pommes à pulpe rouge et transparente, connues sous le nom de \u2018 fameuses \u201d.Quant aux légume, aux choux rouges, aux citrouilles, aux melons, aux patates, aux bluets-\u2014nom de ces myrtilles des bois, dont les graines noirâtres emplissent len assiett de dessert\u2014aon en récoltait de quoi alimenter deux fois par semaine le marché de Laprairie.En som, avec les centaines de minots de blé et autres c.réales, récoltés à Chipogan, le rendement des fruis et légumes, l'exploitation de quelques acres du forêts, cette ferme de Chipogan assurait à M.cie Vaudreuil une part importante de ses revenus.Et, grâce aux soins «le Thomas Harcher et de sa tu mille, il n\u2019était pas à craindre que ces terres, soumises à un surinenage agricole, finissent par s'épuiser et se changer en ariles savanes envahies par ie fouillis des broussailles.Du reste, le climat canadien est favorable a !a culture.Au lieu de pluie, c'est la neige qui tom! de la fin de novembre à la fin de mars, et protézr le tapis vert des prairies.En somme, ce froid vif et sec est préférable aux averses continues.I laisse les chemins praticables pour les travaux (lu sol, Nulle part, dans la zone tempérée, ne se ren contre une pareille rapidité de végétation, puisque les blés, semés en mars, sont mûrs en août, et qu les foins se font en juin et juillet.Aussi, & cetr- époque, comme à l'époque actuelle, s'il y à un avenir assuré en Carada, est-ce surtout celui des cultiv: teurs.Les bâtiments de ln ferme étaient agglomér: - dans une enceinte de palissades, hautes d'une dou zaine de pieds.Une seule porte, solidement enca- trée dans ses montants de pierre, y donnait accè- Excellente précaution au temps peu reculé où lv attaques des indigènes étaient à craindre.Mainte nant les Indiens vivent en bonne intelligence ave: la population des campagnes.Et même, à deux lieues dans l\u2019est, au village de Walhatta, prospé rait la tribu huronne des Mahogannis, qui rendaient parfuis visite à Thomas Harcher, afin d'échanger les produits de leurs chasses contre les produits de la ferme.Le principal bâtiment se composait d\u2019une large construction à deux étages, un quadrilatère régulier, comprenant le nombre de chambres nécessaires au logement de la fatuille Harcher.Une vaste salle occupait la plus grande partie du rez de-chaussée, entre Ia cuisine et l'office d'un côté, et, de l'autre, l'appartement spécialement réservé au fermier, à sa femme et aux plus jeunes de ses enfants.En retour, sur la cour ménagée devant l'habitn- tion, et, par derrière, sur le jardir potager, les communs faisaient équerre en s'appuyant aux palissades de l'enceinte.LA s'élevaient les écuries, les établer, les remises, les magasins.Puis, c'étaient les basses-cours, où puliulaient ces lapins d'Amérique, dont la peau, divisée en lanières tissées, sert à la confection d\u2019une étotfe extrêmement chaude et ces poules de prairie, ces phasianelles, qui se mul tiplient plus abondaunment à l\u2019état domestique qu'à l\u2019état sauvage.La grande salle du rez de-chaussée était simplement, mais confortablement garnie de meubles de fabrication américaine.C'est là que Ia famille déjeunait, dinait, passait les soirées.Agréable lieu de réunion pour les Harcher de tout âge, qui aimaient à se retrouver ensemble, lorsque les occupations quotidiennes avaient pris fin.Aussi on ne s'étonnera pas qu\u2019une bibliothèque de livres usuels y tint la première place, et que la seconde fût occupée par un piano, sur lequel, chaque dimanche, filles ou garçons jounient avec entrain les valses et quadrilles français qu\u2019ils dansaient tour à tour.L'exploitation de cette terre exigeait évidemment un assez nombreux personnel.Mais Thomas Harcher l'avait trouvé dans sa propre famille.Et, de fait, à la ferme de Chipogan, il n\u2019y avait pas un seul serviteur à gages.(À suivre) FÉUILLETON LU \u201c MONDE ILLUS1KE MONTRÉAL.26 AVRIL 1890 LE REGIMENT PREMIERE PARTIE LE SOUS -OFFICTER JACQUES Que de rnses il fallait pour ne se pas tranir ! Car le père Ioutard aurait peut-être crié, s\u2019il avait su que Jacques, au lieu de se reposer, prenait sur ses nuits, la tête entre les mains, dans sa petite chambre, étudiant, écrivant, comparant.Îls avaient beau se cacher, du reste.Dans l'étroite maison qu\u2019ils occupaient à l\u2019extrémité de Villars, sur le versant même de lu montagne, le secret d'un travail nocturne ne se pouvait garder longtemps.Mais Routard fit semblant d\u2019être - aveugle, LE MONDE ILLUSTRE caractère, elle comprit qu\u2019il y avait en elle un sen\u2019 timent nouveau, inexplicable, qui la rendait par fois triste et subitement gaie, songeuse toujours: Elle comprit que son affection pour Jacques venait de se modifier profondément, de changer de nature et de «levenir, s\u2019il était possible, plus profonde et plus humaine.Et il lui sembla que cela était naturel d'aimer Jacques, que cela ne pouvait pas se passer nutrement, que ne point I'aimer d'amour eût été presque une faute, N était elle pas tout pour lui ?Elle ne se demanda pas si Jacques avait pour elle le même genre d'affection.Jacques était encore un enfant.Mais dans quelques années, quand il serait un homme, certes elle serait aimée.Elle en était sûre.Elle n'avait pas grande science et grande philosophie, mais l\u2019amour attire l'amour.Elle savait cela, puisqu'elle était femme.Maintenant, quand elle regardait Jacques, ses yeux se fuisaient plus doux.Elle avait toute sa vie pensé à lui.Cela ne la changeait pas d\u2019y penser désormais sans cesse.Pourtant il lui semblait que Jacques avait été un inconnu pour elle, que après qu\u2019il eut tout découvert.Et Jacques put continuer d'étudier, et Marjolaine put continuer d'acheter des livres.Jacques était maintenant un superbe garçon, Grand, admirablement découplé, les épaules Inrges, très brun, les yeux noirs, il rappelait beau coup la physionomie et l'allure de Julien Rémondet tout en ayant le regard à la fois doux, timide et fier de Marguerite.S'il y avait timi-dité chez lui, hâtons-nous de dire qu'elle n\u2019était due qu'à son jeune âge, et qu\u2019elle était bien plutôt de l'incertitude, car jamais il n\u2019y eut plus hardi monta- guard, plus infatigable et plus amoureux de périls.Marjolaine méritait toujours son joli surnom.Grande, frèle et d'apparence délicate, bien qu\u2019elle fût robuste en réalité, elle avait sur le visage, sur les lèvres, dans les yeux une douceur exquise et souriante, comme une promesse tendre d'un cœur honnête, incapable d'une bassesse, incapable d\u2019une faute.Fa maternité précoce, il faut bien employer ce mot, puisqu'elle avait soigné Jacques comme une mère alors qu\u2019elle mème avait encore besoin des préve- cupations maternelles, avnit donné à s& paysionomie quelque chose de sérieux, «de ré tléchi.C\u2019est ainsi que grandissant elle-même, elle avait vu auprès d'elle grandir Jacques.Elle l'avait vu se développer, devenir bon, être beau, à mesure qu'elle-même se cléveloppait, devenait bonne, se sentait belle.Et à force de vivre ensemble, dans une intimité parfaite, jamais troublée par aucune querelle, par aucun nuage, ils en étaient venus & s'adorer et À ressentir si bien le besoin l\u2019un de l\u2019autre qu'ils ne pensaient pas qu'une sé paration fit possible.Jacques était encore trop jeune pour se rendre compte du genre d\u2019affection qu'il éprouvait pour Marjolaine.Dans sa vie laborieuse et simple.tout à l'étude, comment l'amour serait-il né ?Tl aimait done Marjolaine simplement et fortement, n\u2019essayant point d'analyser son cœur.Mais il n'en était pas ainsi pour Marjolaine.Elle comprit, un jour, en voyant combien Jacques était beau, quelle droiture il avait dans le No 13 Le Chinois est perce de part en part d'un cow de baiounette.\u2014Page 419, col.3 i F ! P 8 c'était un Jacques nouveau qu'elle découvrait et qui ne ressemblait en rien à celui qu'elle avait élevé.Puis, res préoccupations étaient d'un autre genre.Elle n'avait jamais songé qu'à l\u2019heure présente.Cela suffisait.Chaque jour amenait son travail, son pain, sa peine ou sa joie.Mais voilà qu\u2019à présent des projets d'avenir fermentaient en elle, d'un avenir où Jacques jouait toujours son rôle.Et c'était cela qui la préoccupait.Quelques jours après la mort du père Routard, ils eurent une conversation qui allait décider de cet avenir.Ce fut, pour ainsi dire, le trait final sous leur ancienne vie.Une vie nouvelle allait commencer et si les pauvres enfants avaient pu prévoir ce que cette vie allait amasser sur eux de catastrophes, «l'angoirsee, de larmes, certes, ils fussent restés côte à côte, peletonnés dans leur affection, ne songeant qu'à eux et laissant s\u2019écouler 419 cr \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014 la vie doucewment, sans attrait, mais sans secousse.lis étaient venus s'asseoir tous les deux sur un banc de pierre adossé à la maison.Le soleil se couchait derrière les cimes des montagnes qui entoursient Villars d\u2019une colossale ceinture.Les hauteurs étaient encore baignées d\u2019une lumière rouge d'incendie dans laquelle plansient lentement quelques grands oiseaux de proie, mais la vallée était dans l\u2019ombre audessous.L'air était tiède.On était en plein été.Par des soirées comme celles-là, huit jours auparavant, le père Routard n\u2019eût pas manqué de venir fumer son brile-gueule sur le banc, entre ses deux enfants.C'était sa place habituelle, entre les deux.Ce souvenir les attristait.Et ils restèrent longtemps silencieux, semblant admirer, mais ne voyant pas l'admirable paysage qui s\u2019étendait à leurs pieds.Enfin Jacques prit ls main de Marjolaine.\u2014Ma petite sœur, dit-il, hésitant beaucoup, je crois que je vais te causer beaucoup de peine.\u2014Ce n\u2019est.pas possible, fit-elle souriant, tu m'aimes trop pour cela.\u2014C'est vrai, pourtant.\u2014Ah ! \u2014Je te demande ton pardon, d\u2019avance.\u2014Je te pardonne.Et maintenant, fais-moi de la peine.Jacques prit la main de Marjolaine dans la sienne.\u2014Je vais te quitter, sœur chérie.\u2014Où vas-tu ?\u2014Je voudrais être soldat, m\u2019engager, devenir officier.\u2014Ah ! Elle était interdite et si émue qu\u2019elle ne put répondre.Ses beaux grands yeux s\u2019arrêtèrent seulement surle jeune homme avec un reproche.Mais elle n\u2019avait pas besoin de parler.Le tremblement de ses lèvres et la pâleur de ses joues disaient assez sa surprise, sa terrible anxiété.Il vit ea douleur et serra plus tendrement la main qu\u2019il tenait.\u2014Fst-ce que tu crois que, très loin comme tout près, je ne t'aimerai pas de la même - açon?\u2014Si, tu m\u2019aimeras.Je le \u2018ais bien, dit-elle, reprenant un peu sa présence d'esprit.Mais est-ce vrai que tu songes \u2018partir ?\u2014Oui.\u2014Pourquoi ?N\u2019es-tu pas bien ivi 1 N'as-tu pas tout ce qu\u2019il te faut ?Tu as dix huit ans.Dans trois ans, tu tireras au sort.Ne peux-tu attendre trois ans encore.Tu t'ennuies donc auprès de moi ?\u2014Nœur chérie, dit-il, c\u2019est toi maintenant qui me fais du mal ; veux-tu m'écouter?Veux- tu savoir pourquoi je veux rtir ?3: \u2014Oui.pe \u2014Eh bien, écoute.Il se rapprocha un peu.L'ombre, cette fois, était complètement venue.Le soleil avait disparu derrière les montagnes.Îl ne restait qu\u2019une longue bande rouge à l'horizon.Les concerts des insectes nocturnes troublaient seuls la grande quiétude de cette belle soirée.\u2014Je veux être soldat.C'est une idée que j'ai depuis longtemps, va.Comment m'est elle venue ?Je ne sais pas.Petit à petit, sans cloute en lisant les histoires que tu m'achetais et que je dévorais en cachette du pauvre père.C'est ta faute, tu vois, petite sœur { Elle hocha la tête.-\u2014Depuis mon enfance, depuis que je sais rétlé- chir et raisonner un peu, jo n'ai entendu, autour de moi, parler que guerre.Tu m'as recueilli Rati eee we eg 420 avant 1870.J'étais bien jeune au moment où la France a été battue et nous n'avons eu, ici, dans ce désert de montagnes, que l\u2019écho lvintain et affaibli de ses défaites.Nous n'avuns pas vu les armées allemandes.Nous n\u2019avons pas entendu le rude accent germain.Mais pourtant, j'ai vécu, depuis lors, au milieu des récits de ces tristes jours avec les souvenirs de cette lamentable époque et j'ai senti mon cœur battre, tout à la fois de haine, de honte, et de je ne sais quel vague désir de gloire.\u2014Mon pauvre Jacques, comme tu es enfant.\u2014Me ferais-tu reproche de ce que je viens de te dire ?fit-il avec vivacité.\u2014À Dieu ne plaise, Jacques.Mais je crois que tu te fais beaucoup d'illusions.J'ai lu, comme toi, les histoires que je t'ai rapportées de la ville.Et je crois que tu t'es laissé éblouir, mon pauvre ami.La gloire, ce sont surtout les chefs qui l\u2019acquièrent ; les soldats meurent et restent inconnus.\u2014Peu importe, si l\u2019on a fait son devoir.Le soldat n'est rien, par lui même.Il est un membre d\u2019une grande chose, de l'armée qui est tout.Chaque dévouement de soldat, chaque action sublime rejaillit sur l\u2019armée, même lorsque cette action reste inconnue, même lorsque celui qui en est l'auteur n\u2019est pas récompensé.Et après un léger silence : \u2014 Moi, vois-tu, je ne trouve rien de plus beau que le dévouement ignoré.J\u2019y trouve une grandeur et une abnégation qui ne se rencontrent pas dans les actes éclatants dont le récit arrive jusqu\u2019à nous.Il faut, pour se bien conduire et mourir ignoré, une autre force d'âme que pour tomber théâtralement, avec un de ces mots très beaux que la postérité redit, et qui sont, je l'avoue, comme autant de magnifiques exemples Ah ! si l\u2019un pouvait faire l\u2019histoire de ces huinbles morts ! Quels héro- ismes elle suggérerait.Si je suis ainsi, ma bonne Marjolaine, c\u2019est ta faute, toujours, car tu n'as appris à croire, tu m\u2019as donné la foi.Et pour moi, tout les héroïsmes sont des actes de croyance.Toutes les actions de courage sont des actes de fui ! Et tout à coup, s'interrompant, il embrassa Marjolaine et se mit à rire : \u2014Je suis fou de te parler comme je le fais.J'ai l\u2019air de prêcher.\u2014J\u2019ai peur qu\u2019en arrivant au régiment tu n\u2019éprouves une grande désillusion, mon cher Jacques.\u2014C'est cela.Raisonnons de choses pratiques.Je ne perdrai aucune illusion en arrivant au régiment, et j'ai pour cela une bonne raison.C'est que je n\u2019en apporterai aucune.Je sais bien de quoi est faite la vie des soldats.Tous les jours de toutes petites choses, répétées sans cesse, et qui ne paraissent pas bien utiles, après un certain temps, mais qui sont nécessaires, indispensables et sans lesquelles l\u2019armée n\u2019existerait pas.- \u2018Às tu songé à cette discipline de fer qui t'attend, qui va annihiler ta volonté, te plier, te tordre, t'assouplir comme un instrument, toi qui étais si libre, à Villars, toi qui aimais tant courir les dimanches, par les ravins et les montagnes.\u2014J'y ai songé, Marjolaine, et cela me ravit.\u2014Abh ! dit-elle, surprise.Sa douceur féminine, sa tendresse inquiète d\u2019amante, de sœur et de mère ne comprenaient pas.\u2014Je ne serai plus rien, que la millionième partie d'un corps formidable.Ma volonté, ma liberté, mon indépendance, je les abdique entre les mains de mes offiviers.Ils penseront pour moi.Et quand j'aurai strictement rempli le devoir rude et sain de mes journées, devoir tracé par d\u2019autres, dont d\u2019autres ont la responsabilité, il me semble que j'éprouverai une immense satisfaction, une tran- quilité d'âme complète.Et les lendemains ramèneront les mêmes devoirs et le même calme d'esprit.Marjolaine depuis quelques instants, detournait la tête.Elle y mettait une sorte d'obstination.Il la prit doucement par le front et l\u2019obligea de lui faire face.Elle pleurait.Ses beaux grands yeux étaient tout humides et il en coulait, comme d\u2019une source intarisssable, de grosses larmes qui roulaient le long de ses joues jusqu\u2019au menton et tombaient sur son corsage que gouflaient les sanylots, \u2014Tu me fais de la peine, à ton tour, dit-il.Est- ce ma faute, si je veux être soldat ?Je suis certain LE MONDE ILLSUTRE ue mon père a dû être soldat, lui aussi, et il a mis dans mes veines toute son ardeur ct toute sa fui.Et tout à coup plongé «ans des idées mélancoliques : Mon père ! Ma mère ! Quels sont-ils ?Les connaîtrai je jamais ?Mon père ! Ah ! si tu savais comme j'ai souvent pensé à lui ! Je me suis fait de lui un portrait et c'est toujours sous les mêmes traits qu\u2019il m'apparait.11 devait être grand et élégant.Et je te le répète, c'était un soldat.Qui aurait pu mettre dans mes langes cette médaille militaire et cette croix ! Qui, si ce n\u2019est mon père ?Et dequi venaient-elles, cette croix etcettemédaille, si ce n\u2019est de lui?Et ma mère ! C\u2019est étrange, lorsque je pense elle, c'est sur toi, tout de suite, ma chérie, que ;se reporte ma pensée.Je ne puis pas rêver d'elle sans rêver de toi.Je suis sûr quelle était aussi belle que tu es belle, grande comme toi, l'allure aussi distinguée comme toi.Je suis sûr qu'elle avait les yeux doux corame tu as les yeux infiniment doux, qu\u2019elle avait ton front calme et le sourire sérieux et presque grave de ta bouche.Mon père ! ma mère ! Ah ! comme je les aurais aimés.À l'horizon, la bande rouge trahissant le coucher du soleil derrière les cimes s'était effacée par dégradations successives.Le ciel tout entier était d\u2019un bleu profond, parsemé de clous d'arrent sur lesquels semblaient rayonner un foyer invisible.Les hautes montagnes épaississaient encore cette nuit de l\u2019énormité de leur ombre.Mais il faisait doux et ils restaient sur le banc, devant la maison.\u2014Tu n\u2019aimes donc pas ton pays ?Tu n\u2019es dune pas une vraie Française, pour avoir tant de chagrin à la nouvelle que je veux être soldat 1 \u2014Que veux-tu ?Je m'attendais si peu Nous étions si heureux.\u2014C'est ta faute, c'est ta faute, il ne fallait pas flatter mon goût pour la lecture.Il ne fallait pas mettre ton ambition à vouloir faire de moi quelque chose de plus que ce que j'aurais dû être.\u2014J'ai eu tort, dit-elle naivement, oui, j'ai eu tort.\u2014Console-toi.Tu n\u2019as fait que développer mon goût.Tn ne serais donc pas fière, petite Marjolaine, d'avoir à ton bras un frère qui serait officier.Car je deviendrai officier, vois-tu.Elle fit un signe de doute.\u2014Je m'engagerai, je deviendrai sous-oflicier.Jo travaillerai ferme et je me ferai aimer de mes officiers.Je passerai mes examens pour entrer à l'école de Saint-Maixent et j'en sortirai sous lieutenant.Je t\u2019assure que c'est bien plus facile que tu n\u2019as l'air de le croire.\u2014Ta résolution est bien forte, je le vuis, Tu as pris des renseignements.Il y a longtemps.\u2014Oh ! oui, bien longtemps.\u2014Et tu me le cachais.Enfin, qu\u2019il soit fait selon ta volonté.Tu seras soldat.Quand partiras-tu ?\u2014 Dans quelques jours.Le plus tôt possible, évidemment.A quoi hon retarder ! \u2014Tu as raison.Et dans quel régiment t'enga.geras-tu ?\u2014Dans l'infanterie.C'est là que l'avancement est le plus rapide.Peu m'importe le régiment.Je me trouverai bien partout.Pourquoi ces questions ?\u2014 Parce que j'aurais pu me rapprocher de toi.\u2014Tu songes à quitter Villars ?\u2014Oui.Que veux-tu que j'y fasse, toute seule, quand tu seras loin, maintenant que mon père et mort ?\u2014Et où irais-tu ?Elle hésita à répondre, puis d\u2019une voix basse, laissant parler son cœur, se trahiseant presque, sans y prendre garde : \u2014Je n\u2019avais jamais songé qu'un jour viendrait où je devrais quitter ce village.Au contraire, je m'étais accoutumée, depuis longtemps, à l\u2019idée que J'y passerais ma vie entière, comme ma j sunesse, et que la vieillesse m\u2019y trouverait.Cela me semblait si bon de vivre calme, dans un petit coin ignoré ! J'étais trop heureuse.Je n\u2019avais pas d\u2019ambition pour moi.Je ne savais pas non plus que tu étas ambitieux.Voilà notre vie bien changée.Soit, Cela m'est égal, après tout.Je n'ai jamais eu en vue que ton bonheur.Je serai heureuse aussi longtemps que je saurai que tu es heureux, mais je ne suis pas non plus une sotte.Bien qu\u2019ici nous vi- vion®à notre aise, parce que nous avons peu de besoins, je sais comment l'on vit ailleurs.Tu veux étreoftlicier.J'en suis fière.J'aurais autant d\u2019orgueil que wi de tes galons.Mais les officiers pauvres sont très malheureux.La solde qu'on leur dung ne leur suilit pas.Je ne veux pas que tu fasses deg dettes, cela te perdrait.Tant que tu seras soldag et sous-officier, il ne to faudra pas grand\u2019 chone, Tous les mois ;e t'enverrai quelques sous.Mais quand tu seras officier, comment faire ?\u2014Je me suflirai, va, ne crains rien.\u2014J\u2019ai mon projet aussi, dit-elle.\u2014Ah ! quel projet ?\u2014Je quitterai Villars.\u2014Et vi iras-tu?\u2014A Clermont d'abord.À Paris, ensuite.\u2014À Paris, dit-il avec un sursaut.A Paris, sung amis, sans protecteurs, sans parents.A Paris toute seule?A Paris sans moi?sans moi ! Sa voix était altérée.Chose singulière, cela lui p\\raissait presque une faute, ce au\u2019elle venait de dire là.T1 In regardait aveo effarement.Fi | n'osait dire toutes les pensées qui lui venaient, Mais ces pensées, elle les devinait.Car elle li-ait d'habitude sur ce franc visage qui reflétait nane- ment toutes les impressions de l'âme.Elle irait à Paris ?Seule ?C'etait impossille.Belle ainsi qu'elle était, elle attirerait tous les regards.Elle courerait trop de dangers.Elle était sans expérience.On l\u2019aimerait.Elle se laisserait prendre à l'amour, peut-être ?Et que deviendrait elle?Elle serait malheureuse.Marjolaine, ml.heureuse, est-ce que ce ne serait pas un crime ! Elle était trop belle pour aller & Paris, beaucoup trop.On en parlait tant dans les villages, de la çrande ville, avec des histoires si singulières, sou- vont si tragiques ! Et elle irait ainsi au hasard 1e cos aventures ?H dit tout haut : \u2014 Non, non, ce n\u2019est pas possible.\u2014 Pourquoi ?\u2014Je ne sais pas.J'ai peur.\u2014Et que peut tu craindre ?\u2014Je crains, dit-il, à voix très basse, que l'on ne te trouve belle.\u2014Eh ! mais, je l\u2019espère bien.Ne le suis-je pas \u2014Ne ris pas, tu m'attristes, que ferais-tu « Paris ?\u2014Tu seras soldat.Moi, je serai modiste.J- ferai mon apprentisssge à Clermont.Ensuite, avec l'héritage (le mon pauvre père, j'achèterai un fonds à Paris.Et je réussirni.\u2014Et l'on te fera la cour.On te dirn beaucouy de choses qui te feront plaisir.Ta coquetterie sera excitée.Tu.tu oublieras ton pauvre petit Jacques que tu aimais tant, et qui ne t'oubliera Jamais, lui.Elle prit les mainsdu jeune homnse et l\u2019attira vers elle.Une tendresse prufonde brillait dans ses yeux.\u2014Oh ! mon cher enfant, toi que j'ai recueilli, toi que j'ai vu tout petit, toi que j'ai élevé, pour lequel ont été toutes mes pensées, crois-tu vraiment que je t'oublierai, que je cesserais de t'aimer ?\u2014 Non, je te demande pardon, Marjolaine.Et pourtant, je te le dis, j'ai peur.Tu es tout pour moi, vois tu.Je t'aime tout à la fois comme j'aurais aimé un père, une mire, des sœurs, je ne sais pas plutôt comment je t'uime, mais ce que je sais bien, par exemple, c'est que je ne pourrais pas vivre si tu devais me manquer ou si Lu venais À croire que j'ai démérité «de ton affection.Elle demanda, non point en rougissant, non point avec timidité, mais bien franchement et les yeux droit dans les yeux car ils étaient très près l\u2019un de l'autre et ils se voyaient distinctement, malgré l'obscurité : \u2019 \u2014C'est donc vrai que je ne te suis pas inditré- rente ?I joignit les mains dans un mouvement d\u2019émotion et tout à la fois de colère.\u2014Indifférente, Marjolaine 1 Qu'oses-tu dire là ?Je viens de te confier quels étaient mes rêves.Eh bien, je suis tout prêt à les abandonner, pour te prouver combien je t'aime.\u2014Non Jacques, je te crois.pourrait être autrement ?,Ç Et avec une nuance, comme si elle avait voulu l'ammener À une conâdence de son cœur qui était impossible pourtant elle le savait : \u2014Ne t'ai-je par servi de mère, bien que je n'aie Est ce qu\u2019il en LE MONDE ILLUSTRE 431 que quatre ans de plus que toi ! Carc'est bien, ainsi que tu 1n'aimes, n'est-ce pas / Comme une swur et comine une mère 1.\u2014Je l'ignore, dit-il.Tout ce que je enis, c\u2019est que j'ai pour toi de l\u2019adoration, que tout ce qui pourra t'arriver de triste tombera sur moi aussi lourdement que sur tui ; que je ne puis pas songer à tes larmes sans pleurer moi-même.Tout ce que je sais, c'est que je donnerais ina vie, et ce n\u2019est pas un vain mot, pour t'éviter un chagrin.Si c\u2019est ainsi que l'on aime sa mère et que l'on aime sa sœur je t'aime comme une bre et comme une «œur, si je t'aime autrement, dis-le-noi ! je ne suis qu\u2019un enfant, moi ! dit-il avec une inoue charmante, ren- seigne-moi ! Marjolaine fe.mait les yeux en écoutant ces douces paroles.Une chaleur montait À son cœur et celui ci se gonflait et tout son être s'en allait vers cet enfant qui avait pris toute sa vie passée et devait prendre entièrement sa vie à venir.Non, il ne l\u2019aimait pas encore d'amour.Du moins, il ne s\u2019en doutait pas.Mais il l\u2019aimerait ! Et ne voulant pas troubler cette jeune âne, elle lui dit gravement, avec une tendre pression de mains : \u2014 N'oublie pas ce que tu viens de me dire.C\u2019est ainsi que je veux que tu m'aimes ! Ils rentrèrent.Leur existence nouvelle allait bientôt co.nmencer.Dès le lendemain ils firent leurs préparatifs de départ, lui pour s'engager, elle pour se rendre à Clermont et se mettre en apprentissage.Ils n\u2019étaient plus tristes.Ils avaient la foi.[IT A Le mariage de Marguerite de Pontalès avec (Georges de Cheverny avait été heureux.Georges aimait ardemment sa femme et celle-ci, tout en se souvenant de Julien Rémondet, s'était sentie peu à peu attirée vers ce loyal caractire.Le souvenir de l\u2019amour d'autrefois, des peines enclurées, de son mariage secret, s'était, non point affaibli, mais pour ainsi dire obscurci, sous le calme jamais troublé des jours qui s'étaient écoulés depuis.Son devoir, puisqu'elle avait accepté d'être la femme de Georges, elle se l'était nettement tracé.Son existence, de Ia première à la «lernière heure, devait être consacrée à faire le bonheur du tier et doux garçon qui l\u2019aimait.Et certainement elle eût envisagé la mort sans effroi et même avec plaisir, si elle avait été certaine d'épargner en mourant à M.de Cheverny l'effroyable douleur de la révélation du passé.Un an après son mariage, elle eut un fils, qu\u2019elle appela Bernard, qui mit dans sa vie une joie profonde et sur lequel la mère concentra une double affection, car elle l'aima pour le fils disparu et qu'elle croyait mort.Deux ans après, elle eut une fille, Bernerette.Et pour elle, au milieu de l'opulence, entre le regard caressant de son mari, la vivacité juvénile de Bernard et In douceur de Ber- nerette, comme puur Marjolaine dans la misère, entre l'affection de Routard et celle de Jacques, ces dix-huit années s\u2019écoulèrent sans secousses, et elle ne prévoyait plus maintenant, que le passé, quelaue jour, pouvait encore retomber sur sa vie, écraser son bonheur et ses rêves.Lorsque la France déclara la guerre à la Chine et envoya des troupes au Tonquin, M.de Che- verny, qui venait d\u2019être noumé commandant, obtint de faire partie du corps expéditionnaire.Ou se rappelle qu'après le guet-apens de Bac Lé, en juin 1884, les Chinois aviient de nouvenu pénétré au Tonquin par U'Est et par le Nord.Larméa du Nord, descendue du Yunnan par la vallée du Fleuve Rouge, vint faire le siège de Tuyne Quan, qu'elle pressa vivement et que de- feudait avec énergie le commandant Dominé.11 importait d'aller au plus vite lui porter secours, et la brigarle Giovannelli, désignée par le général en chef Brière de l'Isle, se mit en marche à travers Un pays inconnu où elle rencontra à chaque pas des difficultés inouïes.Elle devait, une quinzaine de jours après, livrer un sanglant combat à Hoa-Moc et forcer les Chinois à lâcher prise.Le commandant de Cheverny faisait partie de cette brigade.Nous passerons rapidement gur les difficultés de cette marche presque impossible où la colonne courut les plus grands dangers.Bientôt, cependant, malgré les obstacles, l'avant-garde arrive à 900 mètres des positions chinoises.La position ennemie fut aussitôt reconnue par les officiers, ayant à leur tête le colonel Giuvannelli.Georges de Cheverny chevauchait botte à botte avec lui.Vers une heure commençait le sanglant combat «le Hoa-Moe où allaient tomber, tués ou blessés, 27 de nus ufficiers et 436 de nos soldats.Nous ne décrirons pas toutes les péripéties de ce combat qui dura du ler au 3 mars, Nous ne raconterons qu'un incident qui intéresse des per sonnages de ce récit.Pendant les premiéres heures du combat, les Chinois, retranchés dans des redoutes extrêmement fortes et contre lesquelles notre légère artillerie ne pouvait rien, ne répondirent pas à la fusillade et à la canonnade.Ce pendant il fallait en finir.Un ordre est donné.Cheverny va prendre une compagnie avec lui et s'avance jusqu'aux tranchées, afin «le savoir à quoi s\u2019en tenir.Les soldats font cent imètres et personne ne tire sur eux.Ils avancent.Ils font vingt mètres de plus.Brusquement les Chinois appuraissent, ouvrent un feu terrible, et les prennent de front et de flanc.Cinq de nos soldats sont atteints, plus.le cinquante Tonquinois tombent morts.Tes Chinois sortent des tranchées avec des hurlements et se précipitent sur la petite troupe en désordre.En vain, Cheverny veut les avrêter.Ils sont désespérés.Impossible de les rallier.Alors, il recule lui aussi, au milieu d\u2019une grêle de balles, lorsque, tout à coup, du milieu des herbes, hautes de plus «de trois mètres, entremêlées de lances et ce bambous, deux Chinois se lèvent.Ils sont tous deux d'une stature colossale.Tls se jettent sur Cheverny, le terrassent, le désarment en un clin d'œil, avant même qu'il ait pu songer à se défendre.L'un deux le charge sur ses épaules et se met à courir vers les tranchées, avec autant de facilité que s\u2019il avait porté un tout petit enfant.\u2014\u2014À moi, soldats ! crie Cheverny.Il ne l\u2019a pas crié qu\u2019une fois.Ensuite les hautes herbes et aussi le crépitement de la fusillade, qui n\u2019a pas cessé, étouffent sa voix.[Il se voit perdu.Il sait que les Chinois ne gardent pas de prieon- niers.[ls font mourir ceux-ci au milieu d\u2019abominables tortures.En une seconde, balloté sur l'épaule du géant qui l'emporte, il a revu ceux qui lui sont chers : les trois créatures qui ont pris toute sa vie et qui occnpent toute sa pensée : son fils Bernard, sa femme, sa Marguerite animée et sa fille Bernerette.Cependant son appel suprême a été entendu.Parmi les derniers survivants des soldats français engagés avec les Tonquinvis, un jeune homme, presque un enfant, car il était complètement im- perLe, à genoux dans les broussailles, se repliait lentement, tirant sur les Chinois avec un admirable sang froid, épaulant et visant comme à la cible.\u2014A moi, soldats ! Ti a entendu.Il a reconnu la voix de son chef.Il se relresse, ll regarde.TI aperçoit le drame qui se passe.Le Chinois est près des tranchées où rentrent ses camarades.Encore quelques se- codes et il aura disparu derrière les tranchées, Et c\u2019est lu mort de Cheverny, une horrible mort.Le soldat épaule et ajuste son fusil, un peu bas, pour ne point blesser le commandant évanvoui.Il tire, le Chinois tombe, In cuisse cassée.Mais Cheverny tombe avec lui et ne bouge plus.On dirait que la balle qui » frappé le Chinnis a frappé également l'officier.Alors, le soldat s'élance et se trouve a découvert.La danger est très grand, car il vient des deux côtés à la fois, des Chinois qui font un feu terrible et des Français dont la mitraille bat les tranchées.TI franchit l'espace libre, heurte le second Chinois qui tire sur lui à bout portant et le manque.Le Chinuis est percé de part en part d'un coup de baïonnette.Le soldat se penche sur Cheverny, l'appelle : \u2014\u2014Mon commandant, mon commandant ! Cheverny est toujours immobile.Le soldat prend Cheverny dans ses bras et le charge sur ses épaules.Il laisse son fusil et sous ln mitraille et les balles, il regagne les lignes françaises, portant Cheverny, le trainant, ne I'abandonnant pas.À suivre LES CAPRICES DE LA FORTUNE : ELLE SE REPAND PARTOUT Est-ce que cette histuire se répète en vain ?Que personne ne doute que la loterie de Louisiane, mardi le 11 wars dernier, à trouvé par le 23Sième grand tirage Mensuel, quels sont ceux qui se partageront la somme de 61,- 034,800 de $300,000 en diminuant.Toutes informations peuvent étre obtenues de M.A.Dauphin, Nouvelle-Orlé- ans, La.Le billet No 8132 a rapporté le premier prix capital de $300,000 ; il avait été vendu en vingtièmes de 81 chacun ; deux à ©.\u20ac, Conroy, 28 Ashlan et.Malden, Mass ; un i Albert Welus, Galveston Texas ; un A Geo,- M.Green, Boston Mass ; un 4 Chas-H.Johnson, 102 Sub.dury st.Boston Mass ; un à Fanny Poppe sux soins de Chas Poppe Stockton, (\u2018al ; un i Jos Goodman, aux soins de N.Suellenberg et Cie ; be et South sts, Philadelphie, Pa ; un à J.-A.Aman, 2012 Thompson st Philadelphie, Pa ; un à W.Condingley, 2051 Fairtill at, Philadelphie, Pa ; un à H.Hudson et H.Khotts, aux soins de C D.Kenny, 500 So.Gay st, Baltimore, Md ; un à la Franklin Bank, Baltimore, Md ; un 4 Miss Charlotte Hedge, 32 Second st, San Francisco, Cal ; un à Miss Carrie Bell, Willis, Texas ; un à un dépositeur de la New-Orléans Bank, Nouvelle-Or- léans, La, ete.Le billet No 14,794 n rapporté le second prix capital de 100,000 vendu eu vingtièmes à une piastre chacun.Un à une succursale de la Banque de Commerce de Omaha.Nebraska ; un als Suvary's (\u2018o's Express, 32 Court Square, Boston, Mass ; un i la Banque des Mar- chwnds et des Planteurs, Greenville, Mass ; un à la première Banque Nationale, Lima, Ohio ; un à la Memphis City Bank, Memphis, Tenn ; un à G.Rhillip.Kalamazoo, Mich ; un a J.C.Pritchard, Buffalo, New-York, un à À.Notheic, 163 Adams st, Jefferson City, Mo ; un à Robert Gregg et O Edmonds, Boston, Mass ; ete.Le billet 10,- 122 à rapporté le quatrième prix capital de $25,000.Le prochain tirage aura lieu mardi, le 13 mai ; on pourra avoir à ce sujet toutes les informations en s'adressant à M, A.Dauphin, Nouvelle-Oéléans, La.AVIS AUX MERES.\u2014 LE Sinor CALMANT DE MME WINSLOW pour la dentition des enfants, est -e mélicement recommandé par les principaux médecins des Etats-Unis, et il est eluployé avec avantage depuis quarante aus par «les millions de mères pour leurs enfants.Pendant les progres de la dentition sa valeur est incalculable, Il soulage l'enfant de toute douleur, guérit la dissenterie et la diarrhée, les douleurs d'entrailles et le borborygme.I] donne du repos à la mère en donuant la santé à l'enfant.l\u2019rix : 25 cents la bouteille.Braman job de 50c pour RE | Corps et Caleçons mérino de $1 pour 75¢ Chemises non-lavées à 75c supérieure | Chemises sur commande $1.50 GUIMOND L 15 SHLAURENT 4 I Voyez nes Chapeaux de $1 et plus | ! \u2014 lic.pty \u2014\u2014 DHESTER'S CURE ! 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Enavant!.Jus Ensevelissement du Christ.1° US L La France attèree se voue au Sacre-Caur, 10S M Muison des anciens gouverneurs des Trois- Rivieres .\" Mort d\u2019un héros.st Noel .Cee 25 (Edipe a Colone \u2026.FE A 172 Pas d'adinission sans perinission.© 14 Printemps, le.2112212000 ces LL ne 1 Priutemps de la vie, le.- Mt Prise, une bonne.022222 132 uand même?, 18 uand reviendra-t-il> .a Retour de l'école, le Lo 2° 24 Ss St Francois Regis secourant les pauvres 128 T Temps de neige.par un .365 U Un nid.1.A .Use PORTRATTS A Alexandra, princesse de Grece 0 0 ol B ieauchatup, Joseph Le 110 er Benoit.Zéphirin.0000000000 _ .2 island, Miss .cere B12 Bismarck, le prince de.Planchet, l'hon.Joseph Guderie.\u2026.6 Sly Nellie LL Le une 27 Bois, l'abbé Louis Edouard .M Bourbon, la rincesse Blanche.30% Bousquet, M.[PA oo Le Callière, Jacques .AH Caprivi, le général.iN .104 Carlos Ier, roi de Portugal.\u2026 219 Carréno, Térésa.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.8 br \u2014 MONDE ILL Casgrain, l'abibe IL 1 Chauveau, Thun.P.J.O C omte, dose i avec que lus uns de ses _ Cure I hon, \\ Ld De Torimic re Marles -_t hamilh Drom Luis ler, =.M Dom Pedro LL etpere ard Bre wil Orleans, Mnelie.hole uns.le due .B .Pratt, Seine William .Mur Chartes-Edovard Faidherbe, le general ï ar Galle ~ la princesse Gan ren.l'abhe Antoine Adolph Gelinns, Louis Awe Georges ler, roi de Greece Grenier, Adolphe.Guibert, be cardinal, Lan: zevin.\u201cMer Edmond « harles Le conte de i Late.Lu UY Bes, te due de Martin, lieut.-colonel Marguerite, la princesse .MeCulloch, Francis Montpensier.le due de Muir, le chevalier Olivier, l'hon, juge Olivier, l'abb- LA Pagnueclo, | hon, Simeon Paquet, l'abbé Le.l\u2019aul de Russie, le gransl due Pecet, le cardinal js \u2026 Maclutoue i cnard de © rey \u201c230 tabitaille, Amedre Rochette, l'abbé Félix Rotsselot, l'abbé Benjamin Victor.ps aa uns lens sr 125 di 241 200 a sit bol su Hn STRE 0 Fuche, Rev, Pere.mn Shah, le roi de Perse .121 Short, Charles boo .© Nicotte, Vhon, LV 00.0 169 sophie de Prusse.%; | Sparte, due de _.Ha stanley, ML.Cee sm Stevenson, AVAL Ce Rt Szaquers, le comte J Ps \"i 4 T Taschercan, le curdinal .241 Tessier, Jules .er Tolstoi, le comte Leo - .a Toscan, l'arehidue LL un Trivier, le capitaine AR 61 Vv Vusinu MP LL Le .a Wallack le sergent .A i SCIENCE AMUSANT Faire nigger sur l'eau un puisaou en pa) Mlusion d'optique 11 Pelle et pineette VUES, SCENES, En Aventure de peche Basiligue de Quebec, la Basilique d'Ottawa.Tn .Matisse du Pariement Federal.Wl Hatisses der Parlement de Quebre Boleil.vue din pont Bibliotheyue du Parle nent Federal.Chasse a elephant, une Chinois ches eux, les Couvent de N.1 des Laurentides.Couvent des Crulines den Trois-Bivrer- Estise paroïssiale des Trois-Ativieres Elise du Sacre-Cœur de Montreal Elise de Notre-Dame de % Vistoires Extericuretioterieurde NO Do de Lenrdts tle Montreal .Gloria in excelsis Deo Golfe du Mexique Halles de Quebce Hotel des Postes de Montres al.F Hotel des Pontes, VV Less trois carnvelles de Christophe Coloiah Monument Montealm, le Mantment des heaves, he Maunment Wolfe, le.V'adlicis de justice de St-Hvacinthe, le.i Pensiotitiad de Stee Angele.Poisson-lune, le Porte Kent, la Premier pine.nique \u2018annuel des lithogra: phes de Montreal cee 2) Pretaiie chinois: les souflete, ote 2e: *Quatre-Vents- .20\u20ac te doutehte, te inate Janeiro, vue de Seholisticat des RIG PP.Oblut~ Souvenir de mer.2.0.1 Statue de Maisonneuve.\u2026.oan statue de Sir Geo, K, Cartier - Lu Terrace Dufferin, vuo de la l'orpille, poisson électrique 04 Vue de be tics tours des fortifications de Québec.aus s sa caca 0er 31 TABLE DES MATIERES ARTICLES DIVERS A Adoration, Pl.oe 403 Album de?ucene, l\u2019.- 305 Alphabet franeais, Uo.oo .119 Amerie ins en (812, los.411 Amitié FR 88 Ange de Noel, LU .Mis Année 1889.1°.28 Anniversaire.#58 Après la guerre Cees 203 À près neuf FE 246 iropos de cahier de \u20ac hanson.19 rbres, mes.248 A \u2018trav ors lo Canada.3 Aventares de chasse.B Belle où laide eee Bibliographies, 13, 22, 94, 90, 10, 119, 220, $03, Biographies .eens Bly, Nellie.colo Bois, le Revd.louis.Edouard Bonsoir taman.218 Honté, la 147 Jouquineurs ¢ bougninenses \u201c.- 20 Bouquins du vieil epic ler, les.Cee 4 Bousquet, M.J.= .307 C Ça fait peur aux olscaux.Callières, Mine de .Callieres, Jacques, \u2026 Capitaine del Albatros, le Capitaine Joubert.- : Carnet de la cuisiniere.7, 55.111, 143, 151, 181 207, 228, 263 Carréno, Mine Térésa.222 0 8 Casgrain, l'abbé HL 11 202040 Catiscrie .Cavalier de la Salle, .Centenaire de W ashington, le Chansons canadiennes.Chant ct la hth sie, le.Chapman, M.V Charité, la.Chauvean, hon.1%.JU\".Chemin de la vie, le .\u2026.Chercheurs d'aventures.les.Chevrier, à M.R .Lan Choses of autres, 3, 15, 39, 47.71, 70, 47, 103, 111, 127, 135 183, 19, 167, 189, 207, 213, 223, 241, 247, 203, 201, 303, 397 « hronique ee \u2026& 163, 228 Chronique des voyages ot de In Kura; phie \u2026 Co B05, 327, 3M Citoyens .- - Claire dde In hine au 1.Cloitre, nu .Comte Lao de Tolstoi Ie Condamné à mort, le Connaissances utiles, 39, 7 1 » 144, J ist, EY 24, id Conseils aux jeunes filles Û Conseils pratiques de ls cousine Jeanne.Coups de billard 7 Correspondances.Courrier de l'étranger.Cueillettes et glanures, 86, Cultivateurs, nos.Curiosités etnogragliques.\u2026.ichthyologiques.\u2026 - scientitiques .D 1)\u2019 Aoste, lo duc \u2026 .Découverte de l'Amerique .De Laprade, Victor-Richard De Lorimier, Thon, juge CC.Dernier des Kersaldee, le Désert de neige, le Lo.LL 60) Deux mots du docteur.67 or Drapean, le.\u2026.eens B Ecrivains de toutes les litteratures, Ais, al Echecs, les En fumant, 19, 55, 61, 190, 216, 235, 319, 381, 405 Kglise de Notre-Dame de Lourdes de .ont ral, | st Eglise de N.17.de Honsecours .».sa Eglise paroissiale des Trofs-Rivieres.300 Ennemis les.o.oo.LL .48 Kutre-nous, 2, 60.15, LA a 12, 50, 5K, 66, 74, 52, la Jr 490, 8, 100, 111, 122, IN5, i, Ay 210 200), 208, 304, 314 ), 114, 1410, 170, a rR 7 i, 362, 37 if, 2 Sn, 306, 02, 1 Entre poètes.Etymologies, Gif, 1:39, 155, i, 17 4% 0.£5, sis Eugenie l'essier, Me.: Exiles en Sibérie, les.si Experiences capitales .156 Extrait des * Dngrsone « un volontaire du Nord-Ouest .Lee 3h F Fabre, Mgr Chs Edouard .30 Fantaisie.2.0 FEE 2122 DR Faits scientifiques.315.26, 4x3 Fesame chrétienne la.22 204 Fête de la Toussaint - .211 Franklin a Montréal 0x2 G Galerie canadienne 263, 208, 2R3, B23, XT Galerie de In Tour K'ifél, la Ire cee | Gouverneur de Montreal Grand homme, le ; .; Gravures, nos, $0 70, 110, 19, 143,145, 0 2%, 2 Sg.2, SEL 32, 381, UT, Grenier, feu Adolphe Grippe, Ja I Harel, labbe Telesphore Heureux denouement Histoire naturelle | Hiver au Carnbodge, I Idee de mn vieille Gate 142 Idee ingenicuse .15 Influence de la grippe.Ir BIE Hinstrations, nos.171 Instituteur dans nos campagne =, 139 Enstruisons-nous .10 J Jacques Cartier .Jeux scientifique deux de salon .Journee d'un reporter Jungles du Gange, les L CLA us.Ll.RAT RAI RATÉ Labelle, le vant 125 Langevin, Myr Fab CO H Ga Lanthier, M.13 Lo ans Ledien, M eee 21022 MA Loeunelt, David _ 2.7 Legendes bresillie nes, .| Legendre, Napoleon ; \"7 Lettre de Saint-Jeun-Baptiste, une oo om Litterature française au NEVe sievle, lu.1 an NVe siecle, La.Loisits d'un homme du peuple, les 179 19, 2 M Machine a rouposer les caracteres d'ini- primerie - Marche en rae motte une.Mariage princier _ Maringe d'amour, Marmetie, Joseph Martrr du Pes, Pere Damien, te Meditations .Mesnard, Albert Messe de minuit, La Modes la.Manr« chinoises \u2026.Montreal : chronique du feu Montréal: les jeux du lasard Mort d'un vieux moine.- Musique, la Musique: les hirondelles de çois d'Assise.un.3 ne 0, a R ER 58 \u201caint-Fran N Napoleon sur File Sainte-Helene, Necrologies .Negroes d\u2019 Afrique, los.Nex, les Noblesse française re ridant I Montre ul on 1767, la.ä Noel .- Nos freres de has 22 0 Notes ef fuits, 239, 207, 311, 327, $35 350 Notes historigues, 135, 163, 179, 1X1, 149, 207, 214, 231, 247, 250, 280, 3H, Notes sur la littérature hébraïque.Ocean, I .Oncle Jules, 1.Organisateurs de In fête du 24 Juin i ft Qué, bee, leu.ce 62 Orangisie, rr.L305 Orateur et guerrier.1.18 Origine des étrennes\u2026 208 P Pagnuelo, Fhon.=.- .a3 Paves de Calimans, les.ma Patriote.2 Pauvre colombe .\u2026.159 Pecei, le cardinal Joseph - Si l\u2019'elerinage a la tombe LL.\u2026 12 Pensée sur la fenmne .0H Perte du ballon Caanphell .127 Petit voyage en Terre-Sainte 2 Phatnineie de tuehiaxe- .BST ANT Phitantrophie .ST Phonographe Edison, le .ii Physique \u2026 .12 Plattsburgh .LTH Pose du drape au sur la tour Ë ifrel 14 Pourles pauvres, .187 Pourquoi je nee ris plus .2R3 l'ourquoi je sais mon histoire.i Premicre neige, la CMY Prétee, le.sal lrocession de 1n Fête-Dicu 6 Promenade a travers I'E xposition Univer selle, 22, 31, 3%, $6, 54, 63, 67, 78, 86, 94, ls, ga 126, 131, 130, 162, Ii, tt 1, a, : 243, 2 Propos du docteur Puit bien tis Quand reviendra-t-il7 rR Reereationsde la famille.x, ND, NS 125, 1 .1 20, 210,722, 232, 32, 46, 48, a, 64, 72 176, 1 id 320, Ne Ww.3, 2.a Reminiscence, une.Lo 208 Renaissance, a.700 Rencontre.At eplique 3 Respect des vie ällards [etour du voyazeur céleste .So Reverie Ri Revue ge ne \u2018vale , 107, 1s, 122, 138, 101, 163, 1 m3 \u201c6 206, 264 201, 331, 355 Hole de ta femme dans Phumanite, le .18 Roussetlot, Fahbe BB.159 Rubenstein, M .#39 S xaint-Laurent en hiver, le us Shah de Perse, le .123 Short, le nrvior .45 Societe Rovale, la .Ld Sœur Gabrielle Lo tre Souvenir .0 souvenir du 9 juillet .1m sponte, favas, reggri apic ula\u2019 44 statue de Mde Maisonneuve.lu 6 Supplices chinois Lt, 265 supplices du sel \u2026 us Sur les ruines.Ni T Termoisnage d'estime Toujours francuis- Tournoi d'armes Travaillant, en Pristesse ef Inrmes Trois mouches.les v jetes, N, dt, 4X, 005, 4H.T2, NO, NS, NN, Ed TH 152, 100.16S, 176, 154, 200.216, 224, 232, HN a NR, 265, 304, 312 320, BS, HH Visite a 1 \u2018amphitheatre iv vii times du devoir, les Vie champêtre, la.oyages des Revds.Peres Terrien ct Gallen Voyages extraordinaires Voyageur Interprete { | w Wallack, le sergent l'OÉSIES t Ange de l'espérance.le.Artiste, a une.Au bord de Ju mer.Aumone an village.Automnale .Herceuse.Blonde ou brune $5 Cante .sa Coin de l'âtre au.167 Chant de guerre iroquois.115 Edmond - 30 Effet de nai 1 En cage.L285 Feuille morte, la 187 Fiat voluntas.383 Haut les cœurs RY Hiver, 238 Invitation 143 Javais vinglaus 407 deanct Rose.ee 102 Je erois, j ime, Jespére .at Jesus crucitié, LL am Jeune couple anil, a.30 Jeune fille, à une sn Maison du Bon Dieu, la Cy Midi.1\u201d Obstination 21 Painphile LeMay, a M Les + Paul Durand, à.223 Poche a la ligne.- 1H Philippine .21 Pocsie de Norl - 270 Pocte et la cigale.les.218 Pounniers en leurs.35 Pour album d'une jeune fille Cees 3M Printer e et amour.wi Prédiction.393 Rayon de soleil.222 Necuvcille-toi.Lane 243 Revoillez Pierrot 22000 8e Réverie 0 Seize ans, a.- 206 Soir dete., Lo.32 Sonnets.- 251 HT Source, la ee ee ee nan 182 Souvenir de promenade 146 BStatue de Cartier.00000.am Sucverie.la.cast 32 Sur l'envoi d'un sachet 378 Toilette de Constance.la T Tertre où nous allons prier.on Vous souvient-il ?30 ROMANS NTREN SANS MERE.LES MYSTERES DE PANAMA, LE REGIMENT.FAMILLE SANS NOM.LLU Es ; >> i es Mme.mE ste © Toa co * -_ 7.edb an\u2019 den cw Mans waa] pr #5 ATE eT a + 624 \u2014= ROY & L.S.GAUTRIBR, LA COMPAGNIE D'ASSURANCE \u2019 Architectes ct évaluateurs ont transporté leur bureau au numéro 180 \u2014 RUESAINT - JAOQUES \u2014 180 Edifice de la Banque d'Epargne Vicror Roy L.Z.GAUTHIER Elévateur de plancher.Chambre 3 et 4 HOTEL DU CANADA A.C.SABOURIN.propriétaire Ooln dos russ Saint-Cabriel ot Sainte-Therese MONTREAL Ses lunchs à 35 cents sont des meilleurs a tréal.A és hay DB sor, Fes Le adorer.Prmmtiaat.hena 1 6304.La Compagnie d'Assurance NORTHERN OF ENGLAND.Capital.renee .$15,000,000 Fonds acoumulés.17,108,000 BUREAU GENERAL POUR LE CANADA '724 NOTRE - DAME, MONTREAL ROB.W.TYRE, Gérant.AGENTS POUR LA VILLE FLZEAR LAMONTAGNE JOSEPN CORBEIL TROUVE L'EAU SAINT-LEON est le bourreau que extermine la Dyspopsie, la Constipation, le Rhumatisme, ie du Foie et des Ko, gnons.Faites-en un usage constant et vous jouirez d'une bonne santé.Cie D'EAU DE SAINT - LEON 54, PLACE VICTORIA E MASSICOTTE & FRERES SEULS PROPRIETAIRES Téléphone 1132 SANS PEUR ET SANS REPROCHE SAVONS MEDICAUX DR V.PERRAULT Ces savons, qui guérissent toutes les Mala- lies de la 1, sont aujourd'hui d'un usage général.Des cas nombreux de démangeal sons, dartres, hémorrhoides, etc., réputés in surrables, ont été radicalement guéris par l'u age de ces Savons.NUMÉROS ET USAGES DES SAVONS Savon No 1\u2014Pour démange ons de toute eortes.Savon No 5.\u2014Pour toutes sortes de dartres.Savon No 8.\u2014Contre les taches do rousse et masque.Savon No 1{.\u2014Surnommé à juste titre savon de beauté, sert à embellir la peau et donner un beau teint à la figure.Savon No 17,\u2014Contre la gale.Cette maladie essentieilement contagieuse disparaît en quel ques jours en employant le savon No 17.Savon No 18.\u2014Pour les hémorroides.Ce savon a déjà produit los cures les plus admi- rubles, et cela dans les cas les plus chroniques.savons sont en vente chez tous les pharmaciens.Expédiés par la poste sur réception du prix (26 cents).ALFRED LIMOGES.Saint-Kustache, P.Q y OR PLAQUE SOLIDE.fin d'introduire nos montres et autre bijouteries pour 80 jours nous envoierons ce beau jous d'or fin plaqué à aucune adresse sur reçu de 32 cent on timbre de 7 Post; 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