Le Monde illustré, 10 mai 1890, samedi 10 mai 1890
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : \u201cTèux ANNÉE, No 314 SAMEDI, 10 ! Un an, 88.00 - - - - - Sic mols, $1.50 MEDI, MAT 1890 Le ligue ANNONCES : 10 con Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPAIETAIRES.sertions sudséquentes \u201c- ° - ° - \u2019 § mts Pondu dans les dépôts - - 8 cente la copie | BURNAUX, 40, PLACE JACQUES CARTIER, MONTREAL.Tarif spécial pour annonoes à long terme \u2014r\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 à a .MADAME ALBANI D'aprés une photographie.\u2014 Photo-gravure Armstrong GALERIE NATIONALE 18 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 10 MAI 1890 SOMMAIRE TEexTE : Eutre-Noue, par Léon Lecieu.~~ attends, ur Chs-M.Ducharme.\u2014Jeux de salon.- Poésie : À l'amour, par Frid Olin.\u2014M, Chapman, psr_Jean-Bte Bérard \u2014 Nos gravures.\u2014Les salles d'armes à Montréal, par F -Z.Massicotte,-Coup de billard (avee dessin), par Vignaux.\u2014Poésie : Souvenir des sucres, par J.-W.Poitvas.\u2014 A l'étranger, par S.du Larey-\u2014Un souvenir du passé, par Ed Aubé.\u2014Les écrivains de toutes les littératures : Le comte de Falloux, par Chs Simond.\u2014U monument national à Ottawa, par N.Durand.\u2014 Primes du invis d'avril.\u2014 Carnet de la cuisinière \u2014 Notes historiques.\u2014Feuilletons : Famille Sans-Nom (suite), par Jules Verne ; Le Régiment (suite).GRAVURES : Portrait de Madame Albani.\u2014l\u2019ortrait de M Fd Larean.\u2014 Mexique : Côté oust de la place Del Pa lacio, à Mexico \u2014 Portrait du comte de Falloux.-\u2014 (iravure du feuilleton de la Presse.\u2014-Gravure de notre feuilleton.\u2014 STD ot - py = - , Primes Mensuelles dn \u201cMonde Illustré tre Prime - .- - 850 2me = 25 Sme © .- 15 dime © .10 Sme \u201c - » .5 âme % - - .4 Tme - - 8 me \u201c ce.2 86 Primes, à $1 - .86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par crois personnes choisies par l'assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront a tirage de chaque mois.A NOS CORRESPONDANTS Nous prévenons encore une fois nos correspondants que tous les manuscrits ne portant pas une signature responsable pour la rédaction seront impitoyablement jetés au panier.On comprendra facilement la nécessité de cette mesure quand on saura que bon nombre de correspondants anonymes nous expédient comme étant de leur cru et absolument inédite de la prose ou de la poésie plagiée çà et là dans nos recueils littéraires, ECOUVRIR une mine, l'acheter pour un morceau de pain, In revendre très cher, faire fortune sans mal ni douleur, quel rêve ! Ce rêve, plus d\u2019un d\u2019entre nous l'a fait maintes fois, et J'en sais même plusieurs qui le poursuivent avec acharnement depuis nombre d'années.Peut être réussiront-ils.La découverte de Vor, en 1846, je crois, sur les bords du la rivière Gilbert, dans la Beauce, a créé un certain émoi dès le début, puis le calme s\u2019est fait et la fièvre a repris trente ans plus tard, vers 1876, alors que plusieurs compagnies se sont formées.Depuis, les affaires vont assez bien, sans atteindre les chiffres de la Californie et de l\u2019Australie.mais il est probuble qu'avec des capitaux elles pourraient devenir très brillantes.Plusieurs compagnies ont fait fortune depuis quinze ans en exploitant les mines de phosphate et aujourd\u2019hui même, l'amiante de première qualité LE MONDE ILLUSTRE qui valait quatre-vingt piastres la tonne il y a six mois, est coté à deux cents piastres.Le fer, le cuivre, sont très abondants, mais de tous les minerais recherchés depuis les quelques années que l'attention publique n été attirée sur nos richesses minières, le plus mystérieux, que l'on aifirme cependant exister dans la province de Qué bec, est le cinabre ou sulfure de mercure.C'est le minerai parfois violet, rougcâtre, brun ou gris dont on extrait le mercure, le seul métal liquide, comme vous le savez, et qui a une grande valeur, Y at-il du mercure dans notre province ?*,* Ty a quelques années, un de mes amis, M.Jeantet, était ingénieur de In compagnie française des phosphates de Buckingham et, si vous l'avez connu, Vous savez que cet ancien élève des écoles polytechniques et des mines de Paris est un homme sérieux et ayant des connaissances techniques tres étendues, Il voyage actuellement en Océanie, chargé d\u2019une mission scientitique «lu gouvernement français.Un soir, en revenant de Montréal, il demanda à l\u2019hôtelier chez lequel i] demeurait, si personne n\u2019était venu le demander pendant son absence.\u2014Oui, fit le patron, un homme est venu pour vous voir.Il avait une pierre qu'il disait avoir trouvée sur sa terre et voulait vous la montrer.T1 à paru très peiné de ne pas vous trouver, -\u2014Une pierre, du phosphate sans\u201cdoute ?\u2014Je ne sais pas, mais, nu fait, il l'a laissée sur mon comptoir, je vais vous la chercher.Il descendit et remonta bientôt porteur d'un caillou rougeätre qu\u2019il remit à l'ingénieur, Jeantet T'examina un instant, (le caillou, pas l\u2019hôtelier) et s\u2019écria aussitôt : \u2014 Mais, c'est du _cinabre, du mercure ! enfin, je le tiens donc, ce minerai dont on m'a tant parlé.Pardieu, voici un habitant dont la famille a un avenir assuré.Où est il cet habitant ?\u2014Je n\u2019en sais rien, monsieur, il a dit qu\u2019il devait partir au plus tôt et je crois qu'il n quitté le village le soir même.\u2014Comment était-il done son signalement ?\u2014Pas trop grand, pas trop petit, ordinaire.Pas trop gras, pas maigre, un homme de moyen poids.\u2014Habillé.comment ?\u2014En étoffe du pays, un vieux chapeau.-\u2014-De la barhe ?\u2014Peux pas vous dire ; peut-être que bien, peut- être que point.Muni de renseignements aussi positifs, Jeantet s\u2019endormit sur les deux oreilles, en se disant qu'il retrouverait certainement son homme, et In nuit se passa pour lui en rêves de bois sans fin arrosés de chutes et de fleuves de mercure dont chaque gallon se changeait en cascade de pièces d\u2019or.cet homme ?Donnez-moi T1 partit le lendemain matin à l\u2019heure où Déjà l'aube du jour, s\u2019éloignant par degrés Brise ses rayons d'or sur les flots azures.À un mille du village, il prit langue et fut informé qu\u2019un homme répondant exactement au signalement de l\u2019habitant au cinabre était passé la veille, à la brunante, se dirigeant vers le nord.T1 se lança sur cette piste.Cinq milles plus loin on avait vu un individu du même type allant à l'ouest.Jeuntet tourna la tête de son cheval vers l\u2019occident et arriva à un village.Là, l\u2019homme au caillon avait repris la route du nord, et alors commença pour l'ingénieur une odyssée de deux mois par monts, par bois, par vaux, par terre et par eau.Ce qu\u2019il en eut de milles dans les jambes, le pauvre cheval, ce que Jeantet fit de portages et de voyages en canot, après avoir laissé sa bête au dernier village, est quelque chose d'impossible a narrer.*4* Partout on avait vu Ihabitant ni grang, ni petit, ni maigre, ni gras, revêtu de lu même étofte du pays tant recommandée par le grand Papineau, mais cet homme voyngenit si vite que c'était à croire au Juif errant égaré au Canada, et Jean- tet se rappelait avec etfroi ces couplets de la vieille complainte : Messieurs, je vous proteste Que j'ai bien du malheur ; Jamais je ne n'arrête, Ni ici, ni ailleurs Par beau ou mauvais temps, Je marche incessamiment.Je traverse les nieres, Les rivières, les ruisseaux, Les foréta, les do seres, Les montagnes, les coteaux, Les chemins, len vallons : Tous chemitis tne sout bonus.Je n'ai point de ressource En maison ni en bien ; d'ai cinq vous dans ma bourse, Voilà tout nion moyen ! En tous lieux, en tout temps, Ven ai toujours autant.Ce qu'il y avait de plus étrange dans cette poursuite, c'est qu'en tous lieux, l'homme an capot d\u2019étofle du pays, offrait de payer son écot, et avait en main une modeste pièce blunche qui pouvait bien être un air sous marqué à l'etligie de In reine Victoria, à moins que ve ne fut à celle d'Hérode.Entin, fatigué, éreinté, abîmé, Jeantet donna la chasse à ce fantôme que l'on avait vu au septentrion, au midi, à l'orient et à l\u2019occident et que jamais il ne pouvait atteindre.Qui était-il ?d\u2019où venait-il ?où est la mine de cinabre ?.*»* La plupart des renseignements obtenus jusqu'à présent semblent prouver qu'il existe probablement du cinabre dans le nord de la province, ou, sans doute au delà méine de ces limites, dans le territoire de la compagnie de la Baie d'Hudson, mais on en a signalé, aussi vaguement du reste, dans les comtés du sud.Les légendes sont nombreuses à ce sujet et en voici une, entre autres, qui n été racontée par Montpetit avec le cachet et l\u2019enthousiasme qui caractérisent cet écrivain si sympathique.Montpetit se trouvait un jour chez Paul, le chef sauvage de Lorette quand, apercevant une bouteille pleine de mercure, il lui en demanda la provenance, \u2014 Voici, dit Paul, ce que Thomas, un de nos sauvages, m'a raconté à ce sujet : \u2018\u201c Il faisait la chasse, l'été passé, avec son beau-frère et ln femme de ce dernier, dans les profondeurs des comtés de Témiscouata, l'Islet et Montmagny, les anciens terrains de chasse des Hurons, encore assez peuplés d'orignaux, de caribous, d'ours et de castors, pour permettre à un homme de capacité d'y gn- gner sa vie.Comme ils remontaient, par un beau Jour du mois d\u2019août, ils s\u2019arrêtèrent sur les bords d'un lac où ils avaient remarqué de nombreu:es pistes de caribous.Pendant que les hommes couraient la femme préparait la cuisine.L'eau du lac étant vaseuse près de la rive, elle se mit en quête d'une source ou d'un ruisseau.Des sources eu des ruisseaux, on en trouve, paraît-il, à tous les deux ou trois arpents dans ces endroits.Elle en eût trouvé dix au besoin, mais elle s'arrêta à la pre- miére source qui attira son attention, parce qu'elle crachait des pois d'argent.L'eau était cwire et courante, elle en prit ce qu\u2019il lui en fallait pour faire sa cuisine, puis, comme elle avait du temps à elle et que, de sitôt, les chasseurs ne reviendraient au camp, elle s'amusa à poursuivre ces gouttelettes brillantes qui se brisaient, s'émiettaient, s\u2019égrenaient d'une façon étrange, puis se réunissaient, s'absorbaient sans se grouper pour former une masse, un poids extraordinaire.\u201c Elle en recueillit ainsi une quantité assez considérable, avec un plat.Rendue au camp, elle transvasa cette matière dans la bouteilla que vous voyez, et qu'elle n'a apportée en arrivant, à titre cle curiosité \u201d.On fit des recherches, mais on ne retrouva jamais la source qui crache des pois d'argent.Plusieurs fois des sauvages venant du Nord, ont apporté «des échantillons de cinabre.On cite aussi la rivière Vermillon où on en aurait trouvé, paraît- il, et l\u2019un se demande, à ce propos, si justement ce nom n'aurait pas été donné à ce cours d'eau, par suite d'une découverte de ce genre, puisque le vermillon est un sulfure de mercure.M Obalsky, ingénieur des mines de la province de Québec, s'exprimait ainsi à ce sujet : { rem om ramen Sa i + Sm 21 ee ee * \u2014Je dois noter les nombreuses histoires que j'ai entendues aur du mercure qui aurait été trouvé daus ces régions.Des personnes dignes de foi prétendent en avoir vu à l'état natif rapporté par des sauvages ou des voyageurs, mais on n\u2019a pu retrouver les endroits d'où il provenait.M.Stuart, de \u201c Québec, à inême fait des explorations, dans ce but, il ya quelques années, mais sans succès, Sans vouloir admettre toutes les histoires des sauvages, on ne doit pas cependant être trop sceptique, et il serait possible que l'on rencontrat quelque jour les dépôts d\u2019où provient ce mercure, produit qui serait d\u2019une grande valeur pour la couronne et pour l\u2019industrie.Et voilà où l\u2019on en est, beaucoup de personnes cherchant, personne ne trouvant.*.* Il y a bien des sauvages, me direz-vous et puis.l'homme de Buckingham, le fantôme, mais les sauvages ne disent jumais, ou presque jamais où se trouve une mine, persuaclés, dit-on, qu\u2019ils mouraient dans l\u2019année ou qu\u2019ils attireraient sur leur tribu des malheurs épouvantables.Et puis, il y a autre chose encore, ce sont les récits mensongers et les fraudes auxquelles on est exposé, si on veut spéculer sur les racontars ou les échantillons produits.Bien souvent, les ingénieurs des mines vous le (iront, il arrive des gens porteurs d'échantillons, de très beaux échantillons de minerais, ot, argent, cuivre, phosphate, amiante ou mica, qu'ils prétendent avoir trouvés sur certains terrains, ais renseignement pris, on s'aperçoit vite de la supercherie.Le mieux & faire quand on a trouvé quelque chose que l\u2019on croit avoir une certaine valeur, est de faire faire une analyse par un chimiste sérieux et de faire explorer le terrain par un ingénieur des mines.Pour des acheteurs on en trouve toujours quand l'affaire est bonne.Quelqu'un m'écrivait dernièrement pour me de: mander s'il y avait des pierres précieuses dans notre province.Oui, mais ces produits sont généralement de qualité inférieure et ne peuvent être utilisés avec profit.*,* Pendant que les uns cherchent «les mines d\u2019autres craignent souvent d'être les victimes, témoins nombre de gouvernants qui n\u2019ont vu approcher qu'avec terreur la fête du travail, qui a eu lieu le premier de ce mois.Ce n'était pas du reste de la part des bons ouvriers, honnêtes et travailleurs, réclamant seulement des réformes qui paraissent nécessaires, que l'on craignait des troubles, mais bien de ceux qui ne travaillent guère et ne cherchent qu\u2019à détruire purement et simplement sans savoir ce qu'il mettront à la place.Les plus à craindre sont les meneurs, écrivailleurs dévoyés, aux i«ées fausses, sinon simplement méchantes, aux études embrouillées sans suite, ce sout aussi les conspirateurs politiques prêts à profiter du moindre mouvement pour en arriver à leurs fins.Heureusement tout s'est assez bien passé et il y a lieu d'espérer que les réformes sociales s\u2019opère- ront sans guillotine ni fusillade.On craignnit des troubles à Loudres, à Derlin, à Paris, à Vienne, à Madrid et en nombre d'autres villes, mais les mesures d'ordre étaient si bien prises que les démonstrations ont eu lieu sans trop de têtes cassées.Et justement à propos de cela, un de mes amis me disait le 30 avril : \u2014 Voyez quelle différence entre l'Angleterre et la France.A Paris on se dispose à empécher lu manifestation dans une certaine mesure, toute la police, toutes les troupes sont sur pied.A Lon- res on laisse fuire, on ne s\u2019en occupe pas.Le 2 mai, je lui montrai les dépêches, c'était tout le contraire, ou à peu près, à Londres les troupes étaient sur pied comme à Paris.On avait gardé les banques en Angleterre comme en France, mais à Londres, il y a eu cette différence, que le cortège des ouvriers n\u2019a eu le droit de passer que par un itinéraire tracé par la police elle-même.Léon LEDIEU.LE MONDE ILLUSTRE J'ATTENDS Doux rimeurs devissient sous le porche d\u2019un vieux palais abandonné.\u2014Composons une romance, dit l\u2019un, comme pris d\u2019une inspiration subite.\u2014Excellente idée, opina l'autre.Nous sommes inconnus aujourd\u2019hui, qui sait si, demain, cela ne nous rendra pas aussi célèbres que Béranger.Ii suflit de trouver un bon clou pour le refrain, et notre romance à un succès renversant.\u2014Âs-tu ce clou.en puissance ?\u2014Pas encore, mais luisse-moi aller méditer un peu à l\u2019intérieur de ces mnurs, et je te promets non plus un clou mais une perle / Trouve seulement la première strophe ct ma verve intarissable se charge du reste.Nous ferons comme le troubadour Blondel et Richard Ceur-de-Lion, tu chanteras à l'extérieur et je répondrai à l\u2019intérieur.Est- ce entendu ?\u2014Oui, oul! Et voilà comment, un instant après, on pouvait entendre un Blondel à cheveux roux s\u2019époumoner en plein air, par une belle journée de printemps, et répéter nauvement à tous les échos d'alentour : Que fais-tu là pauvre poète Dans tes quatre murs enfermé ! Ton dune réveuse, inquiète N'a done plus soif d'air parfumé Le premier bourgcon va sourire Au premier souffle du printemps Que fuis-tu là quand tout respire ?Blondel attendit une heure, deux heures.Richard ne donna pas le moindre signe de vie.Bientôt vint le crépuscule, puis ln nuit sombre, puis l'aube.Au premier chant du cog, l'inspiration de Richard trouva paraît-il son clou, car on l\u2019entendit s'écrier triomphalement : J'attends, j'attends, j'attends \u2018 * + + Blondel n\u2019avait pas fini son rôle de sentinelle.Il attendit encore longtemps la fin de la romance promise par son confrère, si longtemps que lorsqu'il se décida à risquer une deuxième strophe pour lui rafraîchir la mémoire, le premier bourgeon devenu une feuille respectable riait aux éclats, et dame Nature était déjà passablement avancée dans sa toilette : La nature fait sa toilette Elle à pour de prochains bats Mis sa jupe de violette Et son écharpe de lilas.Si Blondel n\u2019eut pas été dans la nécessité de jeù- ner plusieurs jours durant, par la faute de son ami, je ne lui pardonnerais pas la toilette sommaire dont il affuble la nature.Une jupe de violette et une écharpe de lilas, c\u2019est charmant, mais ce n\u2019est pas assez pour la saison.11 aurait dû ajouter un corsage de rose, un chapeau de coquelicot, des souliers de pivoine et une ombreile de feuilles de laitue avec des glands vert grenouille.Viens et méle ta pousie A tous les échos palpitants, Que fais-tu, pourquoi fuir la vie * Et l\u2019ami Richard répondit encore \u201c j'attends ! \u201d C'est évidemment ce qu\u2019il avait de mieux à faire, car un rimeur qui s'évertue une journée et une nuit à trouver un refrain de cette force, ne doit pas être bien pressé de mêler sa poésie à fous les échos palpitants.N'il osait seulement lutter avec un écho il ÿ & tout à parier qu'il attraperait une échauffaison compliquée d\u2019une jarenisse palpitante.Heureusement que Blondel qui espère toujours lui tirer les versdu nez, change de tactiqueà la troisième strophe et attaque la corde des sentiments : N'es-tu que l'ombre de toi-même Et faut-il done pour t\u2019émouvoir Te dire que celle qui t'aime Linplore ton baiser ce soir ?Au souvenir de si doux charmes Quel cœur ne s'ouvre à deux battant * Que fuie-tu les yeux pleins «le larmes * Toujours farceur, ce Blondel.Il ne voit pas son ami et il s'aperçoit qu\u2019il a les yeux pleins de larmes tout comme cette petite poule qui pleurait parce qu\u2019un coq chinois lui avait refusé un baiser, le jour de sa fête ! O ineffable intuition,je reconnais là ta 19 griffe.Qui ne donnerait beaucoup, après cela pour connaître l'amante de Richard.Une demoiselle qui peut ainsi faire ouvrir un cœur à deux battants comme une porte de grange au seul souvenir de ses charmes, doit sûrement passer pour une merveille dans son canton.* Fl a longtemps qu\u2019on désirait savoir ce que Richard pouvait bien attendre dans sa retraite.La dernière strophe va nous donner enfin la fine fleur de ses aspirations : J'attends que nion âme recouvre La vie avec la liberté ! J'attends que cette porte s'ouvre À Lazare ressuscité ! J'attends les heures solennelles Qu'un jour me versera le temps : J'attends qu'on me rende mes ailes J'attends Après ce grand effort d'imagination, digne bouquet d\u2019une romance sans pareille, l'ami Blondel, transi, affamé, mais tout joyeux de tenir un chef- d'œuvre, regagna ses pénates et luissa Richard attendre à sa guise la vie et la liberté de son âme, ainsi que Lazare ressuscité ?! 2 2.(Généralement, les poètes du calibre de Richard prisent beaucoup l\u2019ambroisie et le nectar des dieux, notre captif, lui, semble viser une liqueur plus nouvelle, la liqueur des hewres sulennelles que le Temps, en costume de commis de buvette lui verser« un jour dans un verre à patte.En attendant ce jour mémorable, il se dédumimage des désagrements de l'attente en sablant à grands traits le contenu d\u2019un tonneau de Malvoisie, découvert par hasard au cours de ses méditations poétiques, dans la cave du vieux palais.Il n\u2019y avait pas de danger qu\u2019il vint prévenir Blondel, qui se morfondait à la belle étoile, de I'heureuse découverte.Il aurait pu monopoliser le tonneau À son profit.Aussi, pour se mettre en règle vis-à vis sa conscience, quand Richard aura épuisé son trésor liquide, il mandera alors son ami Blondel par le téléphone pour venir l'aider à distiller le résidu de son tonneau et partager avec lui l'honneur d'avoir mis au jour entre deux rasades, cette romance grotesque ou mieux cette chinoiserie populaire intitulée : J'ATTENDS ! JEUX DE SALON LE ROMAN EN HUIT MOTS.\u2014OCe jeu ne peut se jouer qu'entre cinq ou six personnes au plus ; il y a confusion si l\u2019on est trop nombreux.On prend autant de papier qu'il y a de joueurs, tous armés d\u2019un crayon et d'une plume.On écrit, en tête de chaque feuille, huit mots bien séparés.Chaque joueur prend une de ces feuilles et doit écrire une histoire, faire un récit quelconque, en plaçant les huit mots indiqués, dans l\u2019ordre même où ils sont placés.Ils doivent faire partie du réeit, où ils doivent arriver naturellement, comme si ils y étaient indispensables.Avec des joueurs ayant de l'esprit, ce jeu peut être charmant, car il prête aux récits les plus fantaisistes et les plus amusants.Nous somines toujours heureux lorsque nous le jouons avec ma vieille tante.Dans l'air que respire tout homme civilisé, il y a quelque chose de la France.FALLIÈRES.L'esprit n ses äges comme le corps, qu'il faut entourer des mêmes sollicitudes.\u2014P.J.STABL.La femme, si prompte à se faire honneur des avantages de son mari, est souvent la dernière à reconnaître ses mérites \u2014G.-M.VALTOUR.Jeunes gens, ne voyez pas le monde trop en beau, de peur que vous ne perdiez courage le jour où vous le verrez comme il est.\u2014E.L'ANISSE. Ce A ÿ A ar A L'AMOUR Enfant, l'on me vautait les biens de tou empire Douceurs, grâces, beautés, mille attraits à la fois Hélas ! j'ai tant souffert, Inisse-moi te le dire Ils portent du poison les traits de ton carquois ! Tu m'avais transpercé de tes flèches de flamme, l\u2019etit tyran, aimé du pauvre adolescent ! Ces traits c'étaient pour moi le regard d\u2019une femme Son sourire vainqueur, son chaleureux accent ! Et je m\u2019abandonnais en toute confiance, Comme on aime à vingt ans j'aimais éperdûment \u2018 Je ie livrais trop tôt : ma plus douce espérance À dù s\u2019évanouir, et j'ai su le tourment ! Mais va, fils de Vénus, l'amitié pure et sage Suit consoler parfois d'un amour insensé.Puisqu\u2019il est temps encor, j'en ferai mon partage, Et le suprême espoir d'un pauvre ewur blessé ! Fd ln.Avril, 1800, M.CHAPMAN.\u201c LES FEUILLES D\u2019ÉRABLE \u201d I Lorsque M.Chapman fit paraître les Quekequoises, la critique, qui est sourde et.un peu bigue, se tut ou \u2018laigna à peine dire deux mots de ce livre parJequel débutait un vrai poète, disciple harmonieux, ou plutôt heureux émule des Crémazie, des Fréchette, des Lemay.et qui volait déjà bien haut de ses propres ailes, Elles ont grandi de plus d\u2019un cmpan, ces radieuses ailes, et, dans son nouveau recueil : Les Fruilles d'Erable, le poète les déploie dans toute leur envergure.En d\u2019autres termes, il y à progrès marqué.La langue est plus nette, la facture est plus souple et plus ferme, le colocis plus éclatant, la lumière et les ombres mieux distribuées ; le vocabulaire s\u2019est enrichi d'expressions pittoresques et voyantes.C'est partout même flamme, mème chaud patriotisme, même généreux enthousiasme, mème amour sacré de l'Art ; mais rehaussé de plus d'ardeur, d'éclat, de brio.Eu vain les années sont venues, le poète est resté jeune de cœur et d'esprit, de plus en plus épris du beau \u2018et de plus en plus avide d'idéal.Aux appels touchants de l\u2019amitié, aux accents émus de la douleur, aux cris plus de- chirants de la misère profonde, son vers soupire, géniit, sanglote comineune source voilée.Parfois domine une note plus Baie, quasi égrillarde, où le vieil esprit gaulois pétille, où un réalisme de bon aloi rit aux éclats.Mais ces moments sont rares ; et le poète revient bientôt aux \u2018beaux rêves des longs jours d'été \u201d, ou retourne au culte d\u2019une muse plus sévère.Dans les /rux Drapeaux, La France, La Mère et I'Eafant, Donnez, il à mis le meilleur de son âme.Le lyrisme déborde dans l'ode à Louis F réchette, UErable, Le Huron, et les stances a Eugénie Tessier, cantatrice aveugle.Un soufHe puissant anime le poème des Invincibles, Leau comme un fragment d\u2019épapée.Quelle profusion d'images et de fusées sonores, quel luxe de couleur et de farandules dans l'Aurore bosénle * Quel entrain joyeux,quelle gaieté bruyante, quelle ironie «louve et légère, quel comique de hon ton «ans le Curnaral, la Sucrerie, Un Groupe ! Plusieurs pièces, où respire le sentiment de la nature, où le goût du pittoresque l'emporte, rattachent l'auteur à l\u2019école paysagiste, qui compte en France des tenants illustres.l\u2019ar le soin es détails et le fini le l\u2019ensemble, par l\u2019exécution impeccable et l\u2019irréprochahle rendu, la Naufragéeet Une légendr accusent une sûreté de ain vraiment magistrale, en même temps qu\u2019unstyle plus per.sonuel, un naturel plus vif, une plus grande simplicité de langage.Pas une page de l'œuvre nouvelle que la fleur de poésie ne parfume déliciensement, oti Voivod i hice qui hante \u2018imagination des artistes ct des poètes ne batte gaiment de l\u2019aile.André Theuriet, François Coppée, n'ont peut- être rien de plus frais, de plus embuumé.un charme plus pénétrant que Renouveau, Un rayon de soleil, lea perles du recueil.Puis, c'est ce titre : Les Feuilles d'Erable, qui me plait comme un sourire de printemps à travers la forêt ombreuse ou la haie ensoleillée, A dessein ou non, on songe à cette merveille : les Feuilles d'Antomne., où se trouve, pour les pauvres, l'ode immortelle dont semble s'être inspiré M.Chapman, à l'exemple de Turquety.À la strophe enflammée de Victor Hugo : Donnez : pour être aimé du Dieu guj se fit homme, Pour que le méchant même en s'inclinant vous nomme, LE MONDE ILLUSTRE ' Pour que votre foyer soit calme et fratorne Donnez ! atin qu'un jour, à votre heure dernière, Contre tous vos péchés vous aylez ia prière D'un mendiant puissant au ciel ! les vers de M.Chapman répondent comme un \u2018\u201c écho sos nore :\u201d, VTonnez ! Faites le tour dos misères cachées * Visitez les taudis où ds fommes, couchées , sur de hideux grabats, n'ont pas l'essentiel ! Enfant, donne aussi * vends le hochet qui \u2018amuse.Oui, donuez tous, atin que Dieu ne vous refuse, Loreque vous frapperez à In porte du ciel ! Hélas ?qu'il date déjà de loin, ce livre, le meilleur, le we 5 \" plus étau, le plus chrétien du Maître ! que d\u2019automnes ont, depuis lors, vu tomber toutes leurs feuilles ! que de suleils sont descendus clerrière l\u2019horizon !.IF Le poète est créateur.Il part de peu pour arriver aux effets les plus étonnants.Un brin d'herbe à ité par In brise ; une goutte de rosée aux premiers feux del aurore ; un ruisseau qui gazouille entre sen rives odoranutes ; un nid de monsse dans une toufle de glaieuls ; un vol de colombes ** égrené dons l'azur de l'air ; \u201d un chant de rossiguol aux dernières lueurs du crépuscule : moins encore, peut-être, sutlit pour éveiller en lui \u2018* le chœur des voix intérieures \u201d.Si des spectacles plus grandioses, si «les scènes plus ra.fiques appellent son attention ou sollicitent ses regards ; s'il lui faut chanter les héros de la patrie, déplorer les maux de la guerre, s'apitoyer sur les nations eu deuil, ou flageller d'un Tambe vengeur oppresseurs et bourreaux : alors le poète élève la voix au diapason de choses si lu- mentablus, de réalités si douloureuses ; il laisse là la lite et le pipeau pour le luth éploré où le clairon retentissant, ou plutôt il ajoute 4 sa lyre ** une corde d'airain.Admirer la puissance du vers, merveilleuse alliance de lu musique et de lu parole, \u201c magnitique cadeau de Dieu à l'humanité, \u201d selon Ernest Hello.Ou à dit de Paul de Saint-Victor que c'est un pocte splendidement vivant ; que sa prose, rutilante et toute baignée de soleil, est belle comme les plus beaux vers, Ce- sendant, toujours il lui manquera la rime glorieuse, sorte de \u201cnote de rappel \u201d, par laquelle des êtres fuits l'un pour l'autre se reconnaissent vt se répondent : Me voici ! \u2018ans le monde enchanté de la poésie, où les rayons sont mélés aux ombres.M.Chapman, qui pense, je crois, en vers, le sait mieux que personne, Il à des tours et «les épithètes qui donnent à sa phrase plus de relief, à sa langue plus de timbre et de saveur.Son alexandrin se plie bien au rythme.L'hémistiche le partage sans monotonie, comme sans caideur.l\u2019eu de rejets et d'enjambements ne viennent en troubler l'harmonieuse cadence, Tels vers à l'allure immense, telles manicres de dire extraordinaires, ct que j'oscrais appeler sublimes, enlèvent l'âme cuptivée et haletante : Et 'océan la suit comme un lion domptd, Et Sedan ne fait pas plus d'ombre sur son astre Que l'aile du vautour sur l'orbe du soleil.voir pendue à la mamelle, Comme l'abeille d'or à la lèvre des fleurs ! Tantôt on le prendrait pour le réseau de toiles Que Prométhée étend pour prendre les etoiles, Ou pour le tablier sans bornes dans lequel Les anges vannernient deg roses sur le ciel.Le brume à demi noyée, Au centre de la forêt, La prairie est déployée Et frissonne, et l\u2019un dirait Que la terre, sous les voiles Des grands bois mouillés de pleurs, Pour recevoir les étoiles Tend son tablier de fleurs.H'arrive ainsi que l\u2019auteur vise un peu a limitation, sans pourtant tourner au pastiche ; qu'il manque parfois d'idées, mais le poste est-il tenu d'en avoir toujours de bien arrêtées Ÿ que l'invention lui fait alors défaut, et partant l'originalité, ce fwharum du génie, couronné de rayons fulgurants.Quelques vers, en très petit nombre, font tache ça et là, soit que, sans pécher précisément contre la langue, ils semblent friser l\u2019hiatus (cv que 15 HAUTROIS A oe divin dans aa note}, ou que le besoin de la rime ait forcé la main su poète.Mais que sont ces pecendilles, parmi des beautés de premier ordre ! Je n\u2019en parle que pour mémoire et pour montrer que je ne fnis pas de critique a ean ar rose, que je suis moins panégyriste enthousiaste qu\u2019impartial et froid justicier.D'ailleurs, je suis sûr que cette légère poussière disparaîtra sans peine au premier coup de brosse du peintre.[Tr Ce qui me plait moins, c\u2019est cette forme du sonnet que M.Chapman semble avoir adoptée de préférence, Malgré l\u2019autorité, fort respectable, assurément, de Boi- leau, et son assertion passée en axiome, \u2018 qu\u2019un sonnet vaut quelquefois tout un long poème ; \u201d malgré la prédilection marquée de Louis Veuillot pour le sonnet, je suis porté à croire que /r Lee de Lamartine, la Conscirice ou les Pauvres gens, d'Hugo, valent infiniment mieux que les sonnets de tous les parnassiens.M.Chapman, lui-même, nous contredira-t-il, si nous mettons au-dessus de tous ses sonnets le seu] poème des Ju rincibles, d\u2019un pathétique si saisissant, d'un vol à aussi grande envergure ?, Le sonnet est une forme surrannée, bonne au temps des Voiture, des Beuserade, ut que les plus grands poètes de nos jours ont dédaignée ; Brizoux et Turquety \u201cyalement, Avant eux André Chénier, ** co timbre qui avait des ailes, \u201d ne l\u2019emploie pus une seule fois dans l'exécution de wes pastiches inimitables, où le cri ardent retentit avec une si poi gnante expression.Pour ne citer que uatre Crémazie, qui, Inalgré ses inégalités, n'est pas moins un poète de race et le père de Is poésie nationale, je parcours vainement sou «œuvre ; le sonnet y brille par son absence, Depuis qu'on l'a rajeuni et remis en honneur, j'avoue qu\u2019on en fait de beaux comme un cainée antique.N'importe ! \u201cle plus souvent, comme dit Ernest Dupuy, le sonnet français est un bijou brillant, léger, qui sonne creux.\u201d Si le poète veut faire grand, il ne doit point couler aa pensée dans ce moule uniforme du sonnet, grand tout au plus comme un noyau de cerise.\u2018\u201c En y versant trop d'i- décs, le moule crèverait, et le travail serait gauchi.\u201d Qu'il prenue garde ! cet infrangible anneau du sonnet retiendrait ses ailes captives, Pour qu'il puisse les ouvrir toutes grandes, il lui faut l'ode, l'Iambe, le poème ou le drame, héroïque et sombre.Victor Hugo à attendu fort tard, pour céder au courant et sacrifier, au moins une fois, à lu mode du jour.C'est dans la pièce des Julies femmes, que j'emprunte aux Quatre vents de l'Esprit : On leur fait des sonnets, passables qualquefois ; On baise cetto main qu'elles duignent vous tendre ; On les «tit à l'église, on les admire au boîs ; On redevient Damis, on redevient Clitandre.Le bal est leur triomphe, et l'on briguo leur choix : On danse, on rit, on catise, &t vous pouvez entendre.Tout en valsant, parmi les luthx et les hautbois, Ces belles gazouiller do leur voix lu plus tendre : \u2014La force est taut ; la guerre est sainte : l'échafaud Est bon ; il ne faut pts trop de lumiero ; il faut Batir plus de prisons, et bâtir moins d'écoles : Si Parls bouge, il faut des canons plein les forts - Et ces co'ombes-là vous disent des paroles À faire remuer d'horreur les os des morts.** Le sonnet de Hugo, ajoute Ernest Dupuy, scintille autant que tout autre ; mais ila le poids d'un lingot \u201d.Quoi qu'il en soit, puisque sonneta il y a, M.Chapman, en compte «de très jolis, frappés à l'emporte-pièce, et qui chatoient sur toutes leurs facettes ;-d'autres qu'il fera bien de remettre sur le métier, selon le conseil de Despre- aux, et qu\u2019il aurait pu dès ce moment éliminer de son «vuvre ; ainsi allégée, elle eût gagné, certes, en perfection et en hauteur screine.M.Chapman aura toujours raison de revenir à la grande poésie, source de ses meilleures inspirations, et de revêtir sa pensée de cette forme splendide et vivante, éternellement jeune.Une gloire digne de son talent, lui viendra de ce côté, et fera retentir son nom parmi les plus acelamés.Cette gloire, qui ceint d'une auréole le front des héros et des poites, nous la souhaitons à M.Chapman, prochaine, tri- vmphale et grandissante, : JEAN-BrE BéRARD.NOS GRAVURES L'ALBANI Pas un amateur de musique, pas un Canadien- français, ne prononce ce nom sans émotion.Elle est le témoignage vivant du sentiment artistique inné de notre race.Aussi qui ne l'aime, qui ne la chérit ?Redisons sa biographie à l\u2019occasion de sa visite.L\u2019Albani, ou plutôt Marie Emma Lajeunesse, naquit à Chambly en 1818, d\u2019après Napoléon Legendre, en 1851, d'après Léon Famelart.Son père, d'étudiant en médecine devint bon musicien, et il voulut inculquer à sa fille les éléments de son art : car il avait reconnu des aptitudes naturelles qui ne trompent pas un œil exercé.Dès que Marie eut atteint l'âge de quatre ans, il se dévoua à son instruction musicale.La petite travailla cinq heures par jour durant longtemps, puis à l'âge de huit ans elle débuta dans cette ville.Quelques années plus tard \u201c elle déchiffrait à première vue les partitions les plus inextricables des maîtres \u201d.En l\u2019an 1862, Emuu Lajeunesse entrait au couvent du Sacré-Cœur au Sault au-Recullet.Elle manifestait, paraît-il, le désir d\u2019embrasser la vie religieuse, En 1864, son père allait, avec ses enfants (ils étaient trois), demeurer à Albany, N.-Y.Plus tard, sur les conseils de l'évêque Conroy il se rendait en France où le ténor Duprez accueillait notre jeune diva.\u201c Elle étudia ensuite deux années chez Lamberti à Milan, fit xes débuts au théâtre de Menine dans la Somnambule sous le nom d\u2019'Albani.\u201d Successivement elle chante à Malte, à Flore.ice à Londres, à Paris, à St-Pétersbour , à New-York et rapporte de brillants succès, » LE MONDE ILLUSTRE 21 Doy-uis elle à pour ainsi dire paru sur toutes les scones du monde et sa renommée a suivi unie marche ascendante.ADAM Mizanr.M.KDMOND LAREAU La mort toujours cruelle et égoïste dans son choix, vient de frapper, encore une fois, le Canada.Français.Oui, car Edmond Lareau était une de nos plus belles gloires politiques et littéraires ; et le barreau canadien pouvait, à bon croit, se vanter d'avoir un tel homme dans ses rangs.Après M.Chauveau, il fallait M.Lareau ; l'élève était digne du maître, et le jeune tribun avait mérité de pnirer avec le vieil orateur.Puis, n\u2019étaient-ils pas, tous deux, littérateurst La mort n prouvé qu\u2019elle cherche de préférence ses vie times parmi les hommes marquants et les esprits d'élite.M.Edmond Lareau était natif de St-Grégoire- d'Iberville ; ses ancêtres, veuus de France après la cession du Canada, en 1750, s\u2019établirent d\u2019abord à Chambly, joli village, assez considérable, bâti sur la rive ouest du Richelieu.Il avait fait son cours d\u2019étude au collège Ste-Marie du Monnoir et était gradué des Universités Victoria et de McGill, où il était professeur de droit depuis 1876, date de son adinission au barreau.° Ce fut un littérateur à la plume infatigable, il a produit plusieurs ouvrages dignes de mention dont les plus considérables sont l\u2019Z/istoire de la Littérature etl'Histoire du Droit canadien.La récompense semblait vouloir suivre le travail, et les électeurs du comté de Rouville l'avait chargé de leur mandat à l\u2019Assemblée Législative de Québec.Il avait les idées politiques de l'immortel L.J.Papineau.Cependant, son caractère indépendant, loyal et sincère, lui attirait toutes les sympathies de ses adversaires mêmes.M.La.reau n'avait que quarante deux ans : c'est bien tôt pour mourir ! Montréal vient donc d\u2019éprouver une perte sensible, mais l\u2019impitoyable mort qui en est la eause ne couvrira pas du voile de l\u2019oubli cet illustre citoyen, ce bon père, cet excellent époux ; non, car ie nom brillant d\u2019Edmond Lareau est fait pour rester gravé dans la mémoire de chaque homme de cœur qui aime son pays.On pourrait sur sa tombe tracer ces seuls mots qui résument toute une vie de citoyen modèle et vertueux : * Droiture et Loyauté \u201d.Ron.BruN£T.MEXIQUE Mexico, au temps de la conquête de Cortez, était bâtie au milieu d\u2019un grand lac, et communiquait avec la terre ferme au moyen de chaussées.Au- jourd'hui, le lac est en partie desséché et le terrain, cultivé et planté d'arbres en certains endroits, forme ailleurs de vastes marécages.Dans la direction du nord-est une immense nappe d\u2019eau peu profonde couvre encore le sol et reflète dans ses eaux bleues les cimes des montagnes qui entourent la plaine C\u2019est ce qui reste du lac ancien et qu'on appelle le lac de Texcovo, ville située sur ses bords.Vue d'un point culminant, par exemple d\u2019une des collines au pied des montagnes, cette plaine de Mexico offre un panorama splendide, quelques-uns, les enthousiastes, disent : unique au monde.Au milieu de la verdure, les dômes et les clochers des églises de la capitale ; clans la plaine, les villages, les haciendas (fermes) ; au loin le lac brillant, les cimes découpées de l'immense cercle de montagnes que dominent les deux pics plus blancs que l'argent du Popocatepelt et de I'lzticcihualt, toujours couverts de neige.Puis, encora d'autres lacs, des arbres, de la verdure.Plus près, la colline de Cha- ultepec, ombragée d\u2019un bois splendide et portant à son sommet l'ancien palais des rois aztèques transformé en \u201c résidence présidentielle \u201d et en école militaire.Sur les premiers gradins de la chaîne, la jolie petite ville de Tacubayn où les \u201c citadins \u201d vont jouir de l\u2019ombre, de la fraîcheur que donnent des eaux abondantes et d'un air plus pur que dans Ja capitale.Ce paysage sous un ciel toujours bleu, et à cette époque de l\u2019année, sans pluie, sans vent, sans orage, éclairé par un soleil brillant et chaud, donne l'idée de ces printemps perpétuels attribués à l'Orient.Hélas ! (faut-il dire hélas !) les deux pauvres missionnaires, occupés du matin au soir à parcourir les rues de Mexico, ne peuvent guère jouir de ces Leautés de ln nature entrevues seulement du tramway qui les envoyait à Tacubays faire des visites intéressées en fuveur de leur uiission.Aussi, si ces descriptions sont incomplètes et très imparfaites, ce n\u2019est pas tout à fuit de leur faute.Si jamais ils ont des vacances, ils pourront vous envoyer des peintures mieux étudiées de la campagne mexicaine.Pour le moment, ils ne peuvent guère vous parler que de In ville.Celle-ci forme un grand carré plus ou moins régulier percé de part en part, d\u2019un côté, par les are- nidas (avenues) qui se dirigent de l'est à l\u2019ouest et d'un autre côté par les calles, rues qui vont du nord au sud.On a voulu imiter ici les villes de l'Amérique du nord bâties \u201c\u201c en damier\u201d et c\u2019est tout récemment qu'on a donné aux voies urbaines ces noms d\u2019avenues et de rues, distinguées par des numéros.Mais tout le monde emploie l'ancienne dénomination qui comprend beaucoup de noms de saints.Mexico comptait autrefois un grand nombre d\u2019églises, de chapelles, de couvents ; depuis la suppression des Ordres religieux, ces couvents et collèges sont devenus des cnsernes, des musées, des écoles gouvernementales, etc.Maintenant encore la ville est dominée par bon nombre de clochers et de dômes qui, comme les églises, se ressemblent tous et appartiennent à ce style espagnol du temps des descendants de Charles- Quint, style plus ou moins gree, a plein cintre, tympans, colonnes, surchargé de dorures, d\u2019ornementations parasites.Quelques rétables fernient la joie d'un Espagnol du xvire siècle ; c\u2019est le triomphe du fouillé, du tourmenté, du guilloché.Mais si les détails fatiguent parfois la vue, il faut reconnaître que tous ces \u2018lômes massifs et ces tours carrées donnent un aspect monumental à l\u2019ensemble de la ville.La cathédrale est d\u2019un effet grandiose, vue de la place immense qui s'étend devant sa façade.Le l\u2019a/acio, qui forme à lui seul un des côtés de cette place, ne mérite pas le titre de monument, à moins que ce ne soit pour son étendue.Les hôtels et maisons particulières n\u2019offrent rien de remarquable extérieurement.Elles n\u2019ont en général qu\u2019un seul étage en raison du peu de solidité du sous-sul et de la crainte des tremblements de terre.L'intérieur de ces maisons, qui sont spacieuses, rappelle les habitations arabes avec leur .cour entourée de galeries, décorées d'arbustes et de fleurs, et leurs terrasses à l'orientale.Outre la place Del Palacio, Mexico est fière de posséder son Alameda, promenade plantée de beaux arbres et sillonnée d\u2019allées où la belle société vient se pavaner le dimanche en écoutant les musiques militaires.Les rues les plus fréqueutées, les mieux tenues où se trouvent les beaux magasins, les grands hôtels sont celles qui unissent ces deux places.En s'éloignant du centae de la ville, dans les barrios, on trouve les quartiers habités par la classe pauvre, des maisons qui n\u2019ont qu\u2019un rez-de-chaussée, des rues point ou mal pavées, des ruisseaux ou des mares d'eau croupissante qui dégagent en paix des miasmes infectes.Rien de plus semblable aux quartiers excentriques du Caire ou d'Alexandrie.(Extrait d'une lettre des RI.PP.Gallen et Tetrion).LES SALLES D'ARMES A MONTREAL NOTES HUMULEMENT DÉDIÉES AUX AMATEURS D'ESCRIME J'étais à feuilleter quelques brochures l'autre jour, cherchant un renseignement quelconque, lorsque certain passage de l'Histoire de Mont/errand, par Benjamin Sulte, me fit songer à donner une liste aussi complète que possible des professeurs, ayant enseigné publiquement l'escrime et tenu des salles d'armes à Montréal.Voici le résultat : Selon toute probabilité, il n\u2019y eut pas de ces sortes d'écoles avant occupation anglaise, du moins l\u2019histoire n\u2019en fait pas mention que je sache.La première dût être celle que signale notre historien populaire dans ces lignes : \u201c Après la signature de la capitulation de Montréal, le 8 septembre 1760, les troupes françaises furent embarquées pour retourner dans leur patrie, mais les soldats qui optèrent en faveur de la colonie, eurent la permission d\u2019y demeurer.L'un de ces derniers, Joseph Montferrand, (1) se fixa à Montréal et ouvrit une salle d'escrime qui fut bientôt très fréquentée.La taille imposante, la force herculéenne, l\u2019adresse de ce maître d\u2019armes le mirent en réputation.La légende rapporte que, célébrant le premier jour de l'année en nombreuse compagnie, à l'hôtel des Trois-Rois, il s'éleva une querelle entre lui et plusieurs convives.Les épées sortirent du fourreau.On était encore si près de la guerre de sept ans que la rapière et le fleuret étaient bien portés.Les militeires anglais voulurent contraindre Montferrand à se tenir tranquille.Il les chargea avec fureur et fit maison nette \u201d.(Denjamin Sulte).Bientôt cependant, sous le régime anglais, l\u2019épée fut rempiacée par la boxe, et il s'écoule un assez long espace de temps, durant lequel, l\u2019escrime semble être devenue le privilège exclusif des troupes anglaises.Enfin paraît Guillemin qui fonde une salle d'armes au coin des rues Coté et Vitré, Un ou deux ans après, il est remplacé par Ghidone.Puis vient Combe dont la salle fut d'abord Côte Saint- Lambert, ensuite rue Notre-Dame près de la Gare Dalhousie.Vers le même temps Vandamme ouvre une autre salle.En 1882, David Legault, commandant actuel de la garde du palais archiépiscopal et de la garde indépendante Salaberry, fonde son école devenue si prospère que l'apathie des Canadiens pour cette science semble vaincue.Juseplh Comte, dont le MoxpE ILLUSTRÉ a pu- publié dernièrement le portrait et lu biographie, clôt la liste pour le moment.E.Z.MASSICOTTE.7e COUP DE BILLARD COMPOSÉ PAR LE PROFESSEUR VIGNAUX JN A.FEET SSErmETCRIZTSES + =~ 3 _ Vois RENCONTRES FACILES Fig.1.- Bille I, attaquée avec douceur et vitesse au besoin, légèrement à gauche, choque la 2, va toucher lu bande IJ'et revient dans le cercle pointillé tracé au coin des haudes A, D, pendant que B.2, choquée fin et restée immobil, à transmis automns- tiquement l'impulsion reçue à B 3 qui, suivant lentement la bande D, xe rend dans le cercle pointillé A D, où doit avoir lieu sa rencontre avec B.1.NoTa.-Ce coup n'est jamais sûr, mais le masse serait plus difficile encore, Lorsque la bille l'est trop détachée de la bande ou trop loin de la bille 2 pour atteindre aisément et sans effet la bande B, elle doit choquer la 2 de façon à toucher la bande A vers le millieu, puis les bandes B, \u20ac.En un met, on joue un coup de quatre-bandes comme si la 3 était déjà dans le cercle pointillé A D, où elle se rend encore.Nila B.3 arrive trop tôt, c'est qu'on a joué trop fort ou trop plein sur 2 : si elle n\u2019y arrive pas, c'est le contraire.Fig.2\u2014B, 1, attaquée avec nssez d'énergie, coup un peu assommé, léger effet à gauche, choque B.2 et bandes À, C, et revient dans le même cercle À bh.pendant que B.2, choquée, s\u2019est un peu _éloiguée de la bande, après avoir transmis presque toute l'impulsion reçue à B.3 qui suit bande A, bat celle B et revient dans le cercle A D, où elle doit rencontrer la B.1.Fig.3 \u2014 Position analogue à la précédente, sauf que la bille 1 est plus près de la bande, Dans ce cas, il faut l'attaquer énergiquement en tête, de façon qu'elle reste contre lu bande C.à la place de la B 2, où elle attend la 3, qui vient la retrouver dans le cercle pointillé, B.2 s'éloigne comme dans la figure 2.Jos Montferrand, l'athlète cana- (1) C'est le grand père de dien, 22 LE MONDK ILLSBUTRE A MADEMOISELLE C.\u2026.SOUVENIR DES BUCRES De ses premiers soleils, avril, tout radieux, Faisait palpiter la nature, Jotant aux quatre vents ses chants melodieux, Bes bruissements et son murmure.Epars, encore aux champs, s'attachant aux gazons, Quelques faibles gâteaux de neige S'obatinaient au sole qui de ses chauds rayons Les rongeait, en faisait le siège.Mille ruisseaux joyeux descendant des coteaux Guzoulllaient dans les molles herbes, Et dans les bois émus des philanges d'oiseaux Entonnalent des concerts superbes.Tout avait un accent, et tout parlait à Dieu, L'herbe, l'oiseau, le ruisseau, l'ame : .Au printemps joi¢ immense, a l'hiver long adieu, tedisait l'amour dans sa flamme.Dans un bois dont le bord, du fieuve St-Laurent, Reçoit la vague qui soupire Une fumée au clel, en un flot odorant Monte sur l'ailedu zéphyre.C\u2019est le sucre qui bouille ! O quel jour de plaisirs Voyez à travers les érahles Courir ces couples gais pleins des mêmes désirs, Co Humant les odeurs agréables Dont le sucre a rempli les airs.[ls ont vingt ans : Daos leurs cœurs bouillonne la sève, Et s'inspirant des voix suaves du printemps 1ls vont semant et juie et rêve ; L'illusion dorée inonde leurs regards, Pour eux le ciel est sans nuske, Et l'amour qui les voit fait scintiller ses dards Dans l'onde pure du rivage.Ah ! quels tendres propos n'avez-vous pas tenus* Anges, aimables filles d'Eve ! Les échos du grand 1leuve en étaient tout émus, Et tout frémissant, sur la grève, Le flot semblait couri1 pour en être témoin.O souvenirs, heures d'ivresse, Je vous évoque, hélas ! vous êtes déjà loin ! Le temps vous poursuit ct vous presse.C'est une loi commune, ici-bas, tout s'enfuit.Tout meurt, s\u2019eranouit et tombe, Le rayon de soleil sur la rose luit, Puis tendre fleur elle succombe : Mais que dis-je dans l\u2019homine il est le souvenr Qui survit à l\u2019objet qui passe, A sa voix les pensers que gonflent le soupir Volent et traversent l'espace.Eh ! bien je vous survis instants cnsoleillés, Et souventes fois, sur la rive Dont nous avons émus les échos éveillés De notre ivretse fugitive, Solitaire et réveur, sur l'aile des pensers J'irai recueillir jeunes filles, Le rêves que nos cœurs, (le frissons oppressés, Ont livrés aux brises gentilles.J'irai sous le grand chène, où, candide une voix Me disait si charmantes choses, Me parlait du bonheur qui vibrait dans te bois, £t du doux langage des roses.Jamais l'astre du jour ne m'a paru plus beau, Jamais plus douce sa lumière, Jamais j'ai mieux compris les accents de l'oiseau Dans sa romance printanière.Dis-moi, O jeune vierge \u2018 Oh ! oui, toi qui parlais A mes cotés sous le grand chène, Dis moi si sur ton front le ciel mit ses reflets Et sa candeur dans ton haleine ! Dans ta voix, ton regard, pétillait ce doux feu Qui fit naître plus d\u2019un poème, Il enflamma mon âme.ah ! fais m'en donc l'aveu, Voulut-il me dire : * Je t'aime Ÿ * JW.POITRAS.Montréal, 10 avril 1890, A L'ÉTRANGER Le pays est en ébulition : on prépare les nouvelles élections.Rassurez-vous, ce n\u2019est pas au Canada, c\u2019est au Japon où l\u2019on va inaugurer le 1er juillet la nouvelle constitution.Ces bons Japonais ont fait preuve dans leur organisation électorale d'une rare candeur d'âme.Pour éviter les fraudes sur le nombre des votants, ils vont exiger pour chaque bulletin la signature de l'électeur.Heureux pays pour les candidats riches d\u2019écus et pauvres de scrupule ; voilà qui garantit la loyale exécution des marchés louches ; on ne pourra plus du moins frauder le candidat, qui saura par es signatures s'il en à pour son argent.C'est un système de vote qui eût été fort goûté par certains richards, aspirant à représenter leurs concitoyens dans un pays moins éloigné de nous que le J apon.Mais restons à l'étranger, et mettons, vous le vou- lee bien, que l'histoire dont je me souviens à ce pro pos, se passe en Chine, ou ailleurs.Un candidat redoutait beaucoup pour le succès de son élection deux ou trois centres populeux, sans l'hostilité desquels il eut sans efforts décroché la médaille, Acheter des votes, il n\u2019y fallait pas songer, et notre candidat ne l\u2019aurait pas voulu.Comment faire ! Le futur député ouvrit un large crédit à son plus habile agent et s\u2019en remit à lui du soin de gagner ses ennemis, pendant que lui-même chautlait le zèle de ses amis.Avec un peu d'esprit on arrive à tourner bien des difficultés.Notre homme, tout en affectant un grand dévouement pour son maitre, prenait des nirs découragés qui lnissaient bien entendre qu\u2019à son avis il était insensé de se présenter avec aussi peu de chances de réussite ; bref, il avous qu'il était certain d'un échec, et ses aflirmations appelant nécessairement la contradiction, il finit par offrir de parier, contre qui voulait, que son candidat ne serait pas nommé.Il enregistra nombre de paris dans la contrée qu\u2019il travaillait, et ayant ainsi sournoisement intéressé beaucoup de gens au succès de sa cause, il obtint au futur député une belle majorité, dans les pays qui lui étaient les plus hostiles.++ * Ce n\u2019est pas au Canada seulement que la vie parlementaire est émaillée de drôle d'incidents.Après le discours de neuf heures du député canadien Martin, nous avons à enregistrer une séance de la Chambre grecque qui n'a pas duré moins de dix-heures.Ce qu'il y à de remarquable, c'est que ces interminables séances n\u2019ont jamais d'autre but que d\u2019empécher une loi de passer.C'est toujours pour ne rien dire qu'on parle si longtemps.Cela ne se voit que dans les parlements.En Grèce.il s'agissait de retarder le vote pour le budget que le Président du Conseil, M.Tricoupi, voulait faire passer seance tenante.Le soleil se coucha sans que sa disparition mit un frein à l\u2019éloquence des descendants de Démosthène.[es députés du gouvernement étaient muets comme des carpes, mais ceux de l'opposition se seraient fait des objections à eux-mêmes plutôt que de s'arrêter.Et le Président du Conseil, ne vou!ant pas céder, on transforma peu à peu les bureaux en réfectoires, puis la salle des séances en un vaste dortoir.Enfin l\u2019aurore éclaira cette scène de désolation, sans que l\u2019éloquence des uns eût lassé la patience des autres, et les ennemis, qui avaient littéralement couché sur le champ de bataille, entendirent avec effroi M.Coumondouros leur annoncer à leur réveil qu'il parlerait encore au besoin pendant deux fois vingt-quatre heures ! C'était trop ; on dut transiger, et l'on vota le budget de l'Intérieur, à la condition que celui de la Guerre serait ajourné.Après ce beau résultat, chacun s\u2019en alla prendre un repos bien mérité.* * * Un pays où l'on ne plaisante pas avec le sommeil, c'est en Russie.Deux braves gens s\u2019endorment au théâtre.Ici l\u2019on s\u2019en prendrait à la pièce.Là-bas on juge leur cas injurieux pour l\u2019administration, le public et les auteurs, et ils passent devant les tribunaux.Vous auriez certainement, pour toute défense, dit à vos juges : C'est un droit qu\u2019à la porte on achète en entrant Mais connaissant mieux la législation russe, nos dormeurs cherchèrent de plus solides excuses.L'un prétendit n\u2019avoir pas mis assez d\u2019enu dans son grog, ce qui lui avait allourdi la tête ; mauvaise raison, qui le fit envoyer en prison.L'autre, plus avisé, se fit acquitter en rejetant sa faute sur l'effet de pastilles a opium, qu'il avait prises pour se préserver de l'influenza.* * * L'intluenzn, c\u2019est déjà de l'histoire ancienne, et la noua, la maladie vouvelle dont on parle en Autriche, qui lui ressemble, dit-on, et fuit dormir les gens pendant trois ou quatre jours, avant de les envoyer se reposer du sommeil éternel, ne semble pas devoir faire heureusement autant de bruit dans le monde.Rien de plus vieux d'ailleurs que ces maladies nouvelles.L'intermédiaire des Chercheurs et Curieux cite un extrait d\u2019un récit de voyage de deux jeunes Hollandais, d'où il appert qu'en l\u2019hiver de 1657, certaine lièvre inconnue, accompagnée de rhume et de toux sévissait en tous lieux et \u201c\u2019 troussait beaucoup de monde \u201d.On l\u2019appelait le mal à la mode, tout comme au XIXe siècle.Mais les médecins, plus avisés que de nos jours, ne pouvant rien faire pour leurs clients, avaient imaginé de les consoler en leur persuadant que ceux qui souffraient de ce mal étuient certains de ne pas être atteints par la peste.Ne sommes-nous pas aussi crédules encoro 1 La reine Anne d'Autriche, qui redoutait beaucoup la peste, voulut à tout prix avoir l'influenza et n'imagina rien de mieux que de se promener à pieds nus par sachambre à coucher.Elle fut, paraît-il, sci vie à souhait, ct la reine aux belles mains put se dire ln femme la plus enrhumée de son royaume.+ +* * A propos d\u2019Anglais, c'est surtout en voyage qu'on adwire leur tlegme.Un d'eux, aprés avoir, suivant l'usage, parsemé tout le wagon de sacs, de valises, de couvertures sans nombre, lisait tranquillement le Z'imes dans son coin.Avez-vous remarqué qu'en wagon les Anglais occupent toujours un coin : Conune si tous ses bagages n\u2019eussent pas suffi, un chien, à demi caché sous lu banquette, dormait à res pieds.Nurvient un employé qui contrôle de billet d'un gros monsieur, souriant d\u2019un air béat, puis celui du voyageur britannique, et, voyant le chien, demande à l\u2019Anglais s'il a pris un ticket pour l\u2019animal.\u2014* Non \u201d\u2014* Dans ce cas veuillez en prendre un \u201d.\u201c Non \".\u2014* Alors, Monsieur, laissez ici votre chien qui ne peut voyager sans billet \u201d.\u2014\u201c Non \u201d, Et pendant que l'employé va chercher main forte, l'Anglais flegmatique lisait toujours son 7'tmes, et le gros monsieur souriait de plus en plus en plus béatement, probablement réjoui à la pensée d'être débarrassé «le son encon:- brant voisin.\u2014 Le train avait déjà du retard ; impatienté, le chef de la gare arrive, s'instruit de ce qui se passe, et brusquement : \u201c Ce chien est bien à vous, monsieur ?\u201d\u2014\u201c Non \u201d.\u2014 Alors se tournant vers le gros voyageur qui sourit toujours tranquillement : \u201c Il est donc à vous, Monsieur ?\"\u2014\u2018 Parfaitement \u201d\u2014\u2018 Alors payez sa place \u201d\u2014-# Trés volontiers \u201d.S.pu LARRY.UN SOUVENIR DU PASSE Le MoNbETLLUSTRE ayant publié dans son avant- dernier numéro une superbe photo gravure du \u2018couvent des Ursulines des Trois-Rivières, enrichie d'une étude historique par M.Benjamin Sulte, j'ai pensé qu\u2019il ne serait pas sans intérêt pour ses lecteurs de mettre sous leurs yeux les strophes d'un cantique qui se chantait À Nowl, dans ce monastère, de 1752 à 1806.L'original detce cantique a été fourni par le Rév.M.Chs Garceau, curé de St-Pierre les Becquets, qui le tenait lui-même de sa mère, Catherine Buisson, pensionnaire du monastère des Ursulines durant les années de sa jeunesse.Pour être quelque peu passé de mode, ce cantique vaudrait encore, assurément, nombre des \u201c nouveaux Novls \u201d qui, malgré leur richesse musicale, n\u2019atteindront jamais la beauté des \u201c vieux Noëls \u201d véritables, que, tnalheureusement, par une espèce de vanité déplacée, l\u2019on cherche à rayer trop complètement de la liste des chants de Noël.Voici le cantique dans toute sa candeur primitive : Allons, bergers, partons tous, L'ange nous appelle, Un sauveur est né pour nous : L'heureuse nouvelle ! Une étable est le séjour Qu\u2019a choisi ce Dieu d\u2019amour.Courons au, zau, zau Courons plus, plus, plus Courons au, courons plus Courons au plus vite Voir ce pauvre gîte.De nos plus charmants concerts Que tout rotentisse ; Le ciel à nos maux divers Est enfin propice.Accordons, en ce grand jour, Le fifre avec le tambour, ++ == = Lh MONDE ILLUSTRE 23 Timballe et lit, let, Fimbattron, tron, tron, Timbalotte, timbatron, Timballe et trompette Hauthois et musette.Satan, au fond des enfers, Brûlant dans les flammes, Voudrait dans les mêmes fers Entraîner nos âmes, No craignons plus ses combats Tout sou pouvoir est i bus.Malgré sa, sa, na, Malgré fu, fu, fu, Malgré as furie Dieu nous rend la vie.Quel présent faut-il porter A ce roi des anges ¥ Robin pour Pemmaillotter, Fournira des langes, Gros Guillot un agnelet, Moi, je porte avec du lait, Le plus beau, bean, beau, le plus fro, fro, fro, Le plus beau, le plus fro Le plus beau fromage De notre village.Mais pour bien faire la cour A ce nouveau maître Notre zèle ct notre amour.Doit surtout paraitre.Que chacun offre son cœur Tout bridant de cette ardeur : C'est lu saint, saint, saint, C'est la to, to, to, C'est la saint, c'est la to C'est la sainte offrande Que Jésus demande, Quant à l'air sur lequel ces couplets se chantaient il y a cent ans et plus, il serait facile de le noter, car notre centenaire, M.Sulte, le sait par cœur, et le chante à qui veut l'entendre.Il à existé autrefois dans le Das-Canada un re- cueit connu sous le nom de Crentiques de Marseille, rempli de composition du genre naif, pastoral, champêtre, selon les goûts de nos ancêtres.Petit à petit, les autorités ecclésiastiques l\u2019on fuit disparaître pour faire place à des poésies plus littéraires et mieux inspirées.J'estime que l\u2019exemplaire d\u2019un Crntique de Mar- scille se vendrait vingt piastres, aujourd'hui, parce que cette curiosité est devenue très rare, Ottawa, maj 1390, Les écrivains de toutes les littératures M.LE COMTE DE FALLOUN Alfred Frédéric Pierre, comte de Fal loux, naquit à Angers, le 7 mai 1X11, et fit ses études au collège de la même ville.Son père était commerçant et fut nnobli sous la Restauration pour les services qu\u2019il rendit à la cause catholique et au parti monarchique.Alfred-Fré- déric suivit les opinions de sa famille.Des son arrivée à Paris, ou il tit son entréedans lemonde, aussitôt après avoir achevé ses études, il fut admis dans les salons de Mme Swetchine, où se réunissaient les membres influents du clergé et les chefs dirigeants du groupe entholique à la Chambre.M.de Falloux se fit remarquer dans ce milicu d'élite par la sûreté de son jugement et l'étendue de ses connaissances.11 en donna la preuve avec éclat, lorsqu\u2019il publia, en 1840, son /fistoire de Louis XVI et, en 15844, son Historre de saint ie F, qui fureut très vivement critiquées par les adversaires de ses idées, mais obtinrent un accueil des plus favorables auprès des esprits impartiaux.Quoi qu'il en fut, l'attention était appelée sur son nom, et lorsqu'il se présenta, en 1844, au collège électoral de Segré (Maine-et-Loire), sa candidature réunit une forte majorité de suflrage.ll alla siéger à droite et fut l\u2019un deu fermes soutiens de la légitimité.Quand éclata la révolution de février, son département l\u2019envoys à lu Constituante, où il prit d'emblée un rôle actif et prépondérant.Louis.Napoléon, en prenant possession de la présidence de la République, jeta les yeux sur lui, comptant sur su collaboration et son dévouement.Il lui contia le portefeuille de l\u2019instruction publique et des cultes.M.de Falloux avait depuis longtemps porté ses études sur les réformes à introduire dans l'enseignement.Son arrivée au ministère lui permit deles réaliser, La loi l'alloux est restée célèbre ; nous n'avons pas à la comumienter ici, mais nous pouvons rappeler qu\u2019elle fit date.M.de Falloux fit paruie, dans les derniers temps de l'Empire, du groupe des catholiques libéraux, qui comptaient également dans leurs rangs de Montalembert, Mgr Dupanloup et le duc Albert de Broglie.Après le Deux-Décembre, il quitta la vie publique, et se consacra presque exclusivement À la direction de ses propiétés rurales cdluns l\u2019Anjou, tout on donnant ses heures de loisir à la littérature.I publia alors une série de volumes de réelle valeur sur Mme Swetchine.Ces volumes, édités par la librairie Perrin, ont eu un grand succès.M.de Falloux fut aussi un des collaborateurs assidus du Correspon-taut.En 1857, il fut élu membre de I Académie fran.caise en remplacement de M.de Molé.Parmi ses ouvrages les plus remarquables, il faut citer en première ligne ses Soureners et son Etude sur du- guste Corhin.M.de Falloux mourut à Paris, le 6 janvier 18S6, au moment où il préparait limpres- sion de ses Mémuères, Il eut pour successeur à l'Académie française, M.Gréard, qui a retracé, d'une manière fidèle et éloquente, la vie de ce vaillant combattant des lettres ct de la politique.C'est au discours de réception de M.Gréard et à la réponse de M.le due de Broglie que nous renvoyons ceux qui voudront avoir un jugement impartial sur l'œuvre de M.de Falloux.CHARLES SIMOND.UN MONUMENT NATIONAL A OTTAWA Il y a quelque temps, je me trouvais le soir, à une assemblée, d'une de nos sociétés de bienfui- sance, Lu séance n\u2019était pas encore commencée, et l\u2019on discutait par groupes les questions du jour où l'on parlait d\u2019autres choses, plus ou moins intéragenntes Je m'approchai du groupe le plus important, en ce qu\u2019il était composé des premiers dignitaires et des membres les plus intelligents de la société, et j'arrivai à temps pour entendre expliquer une idde grande et belle, et toute patriotique.Il s'agissait pour les Canadiens-français d'un monument national & Ottawa, Le plan proposé pour mener l'entreprise à bonne fin semblait facile, et doit l'être entre les mains d'hommes énergiques'et vrais patriotes.L'idée avait pris naissance dans la tête d\u2019un de nos braves Canadiens, un de nos édiles qui nous fait honneur.Il y a trois ans, le feu a détruit l\u2019Institut Canadien, ici : tout à brûlé, excepté les quatre murs qui tiennent encore bons.Après l'incendie, on loua un local sur la rue Sussex, côté Est, mais quelque temps apres on tra versa la rue pour un autre quartier plus spacieux et plus commode.C'est la que l'un est aujourd'hui ! L'idée soumise par notre ami, était de rebâtir pour le présent, en partie notre Institut.par une souscription recueillie seulement chez les Canadiens français d'Ottawa, et en faire ninsi notre monument national.Depuis lors, je ne sais où l'affaire en est, car je n'en ai plus entendu parler.J'ai cru que peut être en envoyant ces lignes au Moxbe ILLUSTRÉ, qui est très répandu dans la Capitule, nos Canadiens d'énergie, se ressaisiraient- ils de l'idée pour la mener à bonne tin.Pour comuencer, la réunion d\u2019une douzaine de personnes pour arrêter un plan de conluite, ferait plus, je crois, qu\u2019une assemblée publique, qui pourrait être convoquée dès que le-plan serait défini.N.DURAND.Ottawa, ler mai 18300, PRIMES DU MOIS D'AVRIL LISTE DES NUMÉROS GAGNANTS Le tirage des primes pour les numéros du mois dAVRIL a eu lieu sumedi, le 3 mai, dans la salle de 'Union Saint-Joseph, coin des rues Ste- Catherine et Suinte-Elizateth.Trois personnes choisies par l\u2019assemblée ont surveillé le tirage qui a donné le résultat suivant ler prix No.977.850.00 2e prix No.13,273,.,.25.00 3e prix No.14,589.15.00 4e prix No.16,181.,.10.00 be prix No.33905.,.5.00 Ge prix No.22,485.4.00 Te prix No.16,787.3.00 8e prix No.14,305.2.00 Les numéros suivants ont gagné une piastre chacun : 97 4514 10,767 14,914 23,520 27,989 TU0 5,045 11,685 15445 23,684 28,005 SOL A407 11,575 15,564 23.692 29,986 1,312 5.865 16.537 23,825 30,409 1,461 6,012 16,694 23,907 30,518 1516 6,062 16,509 23,950 31,429 2,097 6,498 17,504 24,479 31,725 2,265 7.482 13,622 25,716 32,542 2,326 7,46 19,643 25915 32,935 2,504 7,614 20,821 26,337 33,087 2,544 7,542 20,997 26,537 33,542 4,030 9,008 14,611 21,815 26,961 33,767 4,488 9,585 14,665 27,02 26.988 34,761 1,037 9,715 14,8R0 22,809 27,049 35,342 4,736 10,739 N.B.\u2014Toutes personnes avant en mains des copies du MoxDE ILLUSTRÉ, datées du mois d'AVRIL,sont priéesd'exmninerles numérosimpri- tmés en encre rouge, sur la dernière page, et, s'ils correspondent avec l'un des numéros gagnants, de nous envoyer le journal au plutôt, avec leuradresse, atin de recevoir la prime sans retard.Nos abonnés de Québec pourront réclamer le montant de leurs primes chez M.F.Béland, No.264, rue Saint-Jean, Québec, CARNET DE LA CUISINIÈRE Œufr aus amandes.\u2014 Prenez des biscuits d\u2019amen des, deux ou trois macarons, un peu de citrons confit : pillez le tout ensemble, arrosez légèrement d\u2019eau de fleur d'oranger, ct saupoudrez d'une pincée de sucre.Jetez alors gros comme une noisette de farine, quatre œufs et un demi-litre de crême.Passez le tout au tamis fin, et frites cuire au bain-marie.Petits prités au jus \u2014 Garnissez de pâte des petits moules à darioles, remplissez les d\u2019une farce grasse ou maigre, À volonté, couvrez-les avec les abaisses du feuillage taillées au coupe-pâte.Dorez le dessus avec de l'eau, et mettez au fonr.Quands ils sont cuits, enlevez les couvercles, ciselez la farce, retirez les petits pâtés des moules et versez dedans un peu de bon jus très réduit.l\u2019our rendre les pommes de terre farineusrs.\u2014 Les pommes de terre sont quelques fois aqueuses et désagréables au goût.Il paraît que, pour remédier à cet inconvénient, il suffit de ne jamais plonger les tubercules dans l\u2019eau froide pour les faire cuire, mais de les mettre de suite dans de l'eau bouillante.Si l'on n le soin de recouvrir le tout d\u2019un linge humide afin de condenser ln vapeur, les pommes de terre seront délicieuses. eve T_T tr - a re ta.rr - » 4 im = = A pa pp À ea 7% a CA bo ee Vr FU 2 CE 2 A H a) Ea - 3 7 se 2 2e F7 Ci ofl \u201c, pr 7 Yo $74 ee Zo 7 2 2 7 PERCE a £5 = A EG 5 ess (3d oo y > _\u2014 { .3 PES cn ( 7 4 pa Pal y _ 5 3 ; 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3 3 = Le ae Pp ES pe amine.po jis LI) pe Gallen : £ 1 EDMOND LAREAU - Lar Pg wer 4 \\ \u2018 Ei a ep af oi + 5 J pr 8.33 f GALERIE NATIONALE CY z \u201c 1 a pe = San Lu 7 HT m2 SW Fa +.-| DECEDE Gy wy ow 7 i- SEE Eee 174.; x BL LE pois > ar, Se ro =, ie fe | A, p \u201c5 Lv + =; Nghe sb i LE MONDE ILLSUTRE \u2026 3 .\u2014Photo-gravure Armstrong VE an oe \u2014\u2014 => il = à we 7 HE +4 pi 2 et) AY hia 3 i + cs > a > i - ne k Nf , : Li a a ka x Sm PLACE DEL PALACIO, A MEXICO 3 3 == Ë 4 3% 2 4 x N° x te, r au Ye = Te a gt pr dy af ws, & & À Ë rt La 2H > Hi < ou 4 i.& 7 J GE 7 =a oy i : lh = * a ; 74 A \u2014 5, i ot rs CE, TA © = Ur v2 7 add WH 2 J J or x RY or.7 4 a Pk ee, 7 LE 7 4\u201c, A pal % 2 Vi 47% GE ee D et 2 A 2a a ILLUSTRATION DU FEUILLETON DE \u201cLA LE\\ MONDB ILLUSTRE .>: = a, .np na 1 = 7 CE a: .Te TY tee am eid cet svt AR .LUN - ae « TT aOR 25 + PRESSE \u201d COMME DANS LA VIE FEUILLETON DE \u201c LA PRESSE\u201d Roland arrive à la maison, tout décourngé d'avoir perdu la position qui lui permettait de faire vivre sa sœur.Cette dernière cherche à lui relever le moral, en lui disant qu\u2019elle peut travailler pour gagner sa vie.Le fiancé de la jeune fille, Alice, est présent à la scène.Roland fait promettre à sa sœur d'épouser ce jeune homme, et la jeune tille lui en fait la promesse.C\u2019est la scène que représente cette gravure.- NOTES HISTORIQUES Le Conseil-de-Ville, à sa séance du 18 novembre 1889,adopte un règlement élargissant la rue NOTRE- Daue, de la rue McGill à celle des Inspecteurs, à 60 pieds.(VOIR ZA PRESSE DE CETTE SEMAINE) Les ÉLETIONS municipales de 1390 qui ont eu lieu, ce.vertu de la nouvelle loi, le ler février, ont donné le résultat suivant-\u2014nous ne parlons ici jue des échevins élus avec opposition : St-Jacques : M.Azarie Lamarche a battu l'ancien représentant, M.Médérie Laurier : Ste-Marie : l\u2019échevin H, Jean- notte bat M.Alexandre Renaud ; St-Louis : l'échevin Boisseau intlige une défaite à son concurrent, M.Alp.Brazeau : Centre : l\u2019échevin Farrell défait M.L J.Lajoie ; Hochelaga : M.Thomas Gauthier bat l\u2019échevin Rousseau : Ste-Anne : l\u2019échevin Malone remporte la victoire sur M.Vaughan ; St-Gn- briel : l'échevin Tansey défait M.Skelly.Le 7 février, les échevins se sont réunis pour élire les présidents des comités ; c\u2019est à cette assemblée que les nouveaux conseillers ont été assermentés, au lieu de l'être le jour de l'inauguration, comme auparavant., L'inauguration a eu le 10 février.Mme Rosalie-Caroline DEVARTZCH, veuve du juge Monck, est décédée le 17 novembre 1889.Elle était lafille de M.Debartzch, seigneur de St-Charles, une figure proéminente de la rébellion.Quelque temps avant la bataille de St-Charles, la famille Debartzeh avait fui à Montréal, et leur maison avait été convertie en fort, par les rebelles, pour régirter aux forces du colonel Wetherall.Durant l'engagement elle fut brillée.Mme Monck s'était wariée en 1849.Elle laisse trois fils et une fille.M.Thomas WorkKMaN, à laissé par son testament les legs suivants, en outre de ceux fnits à sa famille : Hôpital Général, 23,000 ; Maison protestante d'Industrie, 34,000 ; Institution de bienfaisance, &4,- 000 : Institution de bienfaisance des Irlandais protestants, £2,000 ; Institut Mackay £2,000; Ho pital de l\u2019ouest, 81,000 : Boy's Home, 82,000 : Institut des matelots, 81,000 ; Refuge des enfants protestants, 1,000 ; Dispensaire de Montréal, 3500 ; Institut Fraser, 84,000 : Université Mc- Gill, 8121,000.La réflexion augmente les forces de l'esprit, comme l'exercice celles du corps, onl FAME.ws Le 26 FEUILLETON,\u201c DU MONDE ILLUSTRÉ MONTRÉAL, 10 MAI 1890 FAMILLE-SANS-NOM PAR JULES VERNE \u2014-\u2014 PREMIÈRE PARTIE (Sue) \u2014 Non, bien qu'il soit peut-être plus aisé d\u2019échapper aux poursuites au milieu d\u2019une grande ville, Je serais plus en sûreté dans l'habitation de Vincent Hodge, de M.Farran ou de M.Clerc qu'à la villa Montcalm.Ne .\u2014_ Mais non wicux accueilli | répondit la jeune fille.; \u2014Je le sais, et je n'oublierai jamais que, pendant les quelques jours que j'ai passes près de vous, votre père et vous m'avez traité comine un fils, comme un frère : ; \u2014Comine nous le devions, répondit Clary.Etre unis par le même sentiment «le patriotisme n'est-ce pas être unis par le même sang Il me semble, parfois, que vous avez toujours fait partie de notre famille ! Kt maintenant, si vous êtes seul au monde.\u2014Seul au monde, répéta Jean, qui avait baissé ln tête.Oui ! seul .seul.\u2014Eh bien, après le triomphe de la cause, notre maison sera ln vôtre ! Mais, en attendant, je comprends que vous cherchiez une retraite plus sûre que la villa Montcalm.Vous la trouverez, et, d\u2019ailleurs, quel est le Canadien dont la denieure vefuserait de s'ouvrir pour un proscrit.\u2026.\u2014T\\ n\u2019en est pas, je le sais, répondit Jean, et aucun ne serait assez misérable pour me trahir.\u2014Vous trahir ! s'éeria Mlle de Vaudreuil.Non !.Je temps des trahisons est passé ! Dans tout le Canada, On ne trouverait plus ni un Black, ni un Simon Morgaz ! \u201d Ce nom, prononcé avec horreur, fit monter la rougeur au front du jeune homme, et il dût se détourner pour cacher son trouble.Clary de Vau- dreuil ne s'en était point LE MONDERYILLUSTRE rection éclatera.D'ailleurs, peu importe où j'irai | \u2014Peut être, reprit Clary, serait-ce encore Ia ferme Chipogan qui vous offrirait le plus sûr abrif.\u2014Oui.peut-être :.; -\u201411 serait ditficile de découvrir votre retraite uu milieu de cette nombreuse fnmille de notre fermier.\u2014Nans doute, mais si cela arrivait, il en pourrait résulter de graves conséquences pour Thouus Harcher ! Il ignore que je suis Jeun Sans-Non, dont la tite est mise a prix.Croyez-vous done, répondit vivement Clary, que, s'il venait à l\u2019apprendre, il hésiterait.\u2014Non, certes ! reprit Jean.Ses fils et lui sont des patriotes ! Je les ai vus à l\u2019épreuve, pendant que nous faisions ensemble notre campagne de propagande.Mais je ne voudrais pas que Thomas Harcher fût victime de son nilection vour moi! Et, si la police me trouvait chez lui, elle l'arrêterait *.Eh bien non !.Plutôt me livrer.\u2014Vous livrer !\"nurmura Clary d'une voix, aperçue ; mais lorsque Jean revint près d\u2019elle, son visage exprimait une si visible sout- france qu'elle lui dit, inquiète : ¢ Mon Dieu !.Qu'avez-vous?.\u2014Rien.ce n'est rien ! répondit Jean.Des palpitations auxquelles je suis parfois sujet !.11 me semble que mon cœur va éclater !.C\u2019est fini maintenant ! \u201d Clary le regarda longuement, comme pour lire jusqu'au fond de sa pensée.Il reprit alors, Ætin de changer le cours de cette conversation si torturante pour lui : * Le plus prudent sera de me réfugier dans un village des comtés voisins, où je resterai en communication avec M.de Vaudreuil et ses amis.\u2014Sans vous éloigner de Montréal, cependant ?tit observer Clary.\u2014Non, répondit Jean, car, très probablement, c'est dans les paroisses environnantes que l\u2019insur- No 15 Honneur à Nicolas Sagamore !\u2014Page.28, col.2, qui traduisait douloureasement le déchirement de son âme.Jean baissa la tête.Il comprenait bien quelle était la nature du sentiment auquel il sabandon- nait comme malgré lui.1! sentait quel lien le serrait de plus en plus à Clary de Vaudreuil.Ft pourtant, pouvait-il aimer cette jeune fille ! L'amour d\u2019un fils de Simon Morgaz !.Quel opprobre !\u2026 Et quelle trahison, aussi, puisqu'il ne lui avait pas dit de quelle famille il sortait !.Non !.il fallait la fuir, ne jamais la revoir !.Et, lorsqu'il fut redevenu maître de lui-même : \u201c Demain, dit-il, dans la nuit, j'aurai quitté la ferme de Chipogan, et je ne reparaîtrai qu\u2019à l'heure de Is lutte !.Je n'aurai plus à me cacher alors |\u201d La figure de Jean-Sans-Now, qui 8'était animdée un instant, reprit son calme habituel.Clary le regardait avec une air indéfinissable de tristesse.Elle aurait voulu pénétrer plus avant dans la vie du jeune patriote.Mais comment l'interroger, suns le blesser par quelque question indiscrète ?Cependant, après lui avoir tendu sn main qu\u2019il ettleurn à peine, elle dit : \u201c Jean, pardonuez-moi si tua sympathie pour vous me fuit peut être sortir d\u2019une réserve quo je devrais garder !.Il y a un mystère dans votre vie.tout un passé de mplheurs !.Jenn, vous avez beaucoup souflert?.-\u2014Beaucoup ! \u201d répondit Jean.Et, comue si cet aveu lui eût échappé involon tairement, il ajouta aussitôt : \u201cOui, beaucoup souffert.puisque je n\u2019ai pas encore pu rendre & mon pays lo bien qu'il est cu droit d'attendre de moi ! \u2014En droit d'attendre.répéta Mile de Vau dreuil, en droit d'attendre de vous 7.\u2014Oui.de moi, répondit Jean, comme de tous les Cunadiens, dont c\u2019est le devoir de se sacrifier pour rendre à leur pays son indépendance ! La jeune fille avait compris ce Qu'il y avait d\u2019angoisses cachées sous cet élan de pa triotisme !.Elle aurait voulu les connaître pour les partager, pour les adoucir peut-être !.Mais que pou- vait-elle, puisque Jean persistait à se tenir dans des répon ses évasives ?Cependant, Clary erut de voir ajouter, sans manquer à la réserve que lui imposait la situation du jeune homme : \u201c* Jean, j'ai l'espoir que la cause nationale triomphera bientôt \u2018.Ce triomphe, elle le devra surtout à votre dévouement, a votre courage, à l'ardeur que vous aurez ins pirée à ses partisans ! Alors, vous aurez droit à leur reconnaissance., , .\u2014 Leurreconnaissance, Clary de Vaudreuil ! répondit Jean en s'éloignant d'un mouvement brusque.Non !.jamais -Jumais ?Si les Franco: Canadiens que vous aurez rendus libres vous demandent de rester à leur tête.\u2014-Je refuserai.\u2014 Vous ne le pourrez pas\u2018.\u2014Je refuserai, vous dis- je ! \u201d répéta Jean d'un ton si aflirmatif que Clary en demeura interdite.Et alors, plus doucement, il reprit : * Clary de Vaudreuil, nous ne pouvons prévoir l'avenir.J'espère, pourtant, que les événements tourneront À l\u2019n- vantage de notre cause.Mais, ve qui vaudrait mieux pour moi, ce serait de succomber en la défendant.LL i -\u2014Nuccomber !.vous !.s écrin la jeune, fille dont les yeux se noyèrent de larmes, Succomber, Jean *.Et vos amis ?.\u2026.-\u2014\u2014Des amis |.à moi.des amis ! \u201d répondit Jean, Et son attitude était bien celle d\u2019un misérable que toute une vie d'opprobre aurait mis au ban de l'humanité.\u201c* Jean, reprit Mlle de Vaudreuil, vous avez affreusement souffert autrefois, et vous souffrez toujours ! Kt, ce qui rend votre situation plus douloureuse, c'est de ne pouveir.non !.de ne vouloir vous confier à personne.pas même à moi, qui prendrais si volontiers une part de vos peines !.Eh bien.je saurai attendre, et je ne vous demande rien que de croire à mon amitié.~\u2014Votre amitié ! \u201d murmura Jean.Et il se recula de quelques pas, comme si rien x > apres que son amitié eût pu tétrir cette fille ! Et pourtant, les seules consolulations qui l'eussent aidé à supporter cette horrible existence, wétait-ce pas celles qu'il aurait trouvées dans l'intimité de Clary de Vaudreuil ! Pendant le temps ausé À la villa Montealin, son ceur s\u2019était senti pénétré de cette ardente sympathie qu'il lui inspirait et qu\u2019il ressentait pour elle.Mais non ! C'était impossible.Je malheureux !.Ni jamais Clary apprenait de «qui il était le fils, elle le repousserait avec horreur !.Un Morgaz !.Aussi, comme il l'avait dit à sa mère, au cas où Jounn et lui survivraient à cette dernière tentative, ils dis- parnîtraient !.Oui !.Une fois 'e devoir accompli, Ia famille déshonorée irait si loin que l\u2019on n'entendrait plus parler d\u2019elle ! Silencieusement et tristement, Clary ot Jean revinrent ensemble a la ferme ! Vers quatre heures, un gros tumulte se produisit devant ln porte de ln cour.Le buggie rentrait.Ni- «nalé de loin par les cris de joie des invités, il ramenait, en même temps que M.de Vaudreuil, maître Nick et son jeune clerc.Quel accueil on fit à l\u2019uimiable notaire de Montréal \u2014 l'accueil qu\u2019il méritait, d'ailleurs - - tant on était heureux de sa visite à la ferme de Chipogan ! \u201c Monsieur Nick.bonjour, monsieur Nick ! s'écrièrent les ainés, tandis oue les cadets le ser- ruient dans leurs bras et que les petits lui sautaient aux jambes.\u201c Oui, mes amis, c\u2019est moi ! dit-il en souriant.C\u2019est bien moi et non un autre ! Mais du calme ! H n\u2019est pas nécessaire de déchirer mon habit.pour vous en assurer ! \u2014 Allons, finissez les enfants! rine.\u2014 Vraiment, reprit le notaire, je suis enchanté de vous voir et de me voir chez mon cher client Thomas Harcher ! \u2014 Monsieur Nick, que vous êtes bon de vous être dérangé ! répondit le fermier.\u2014Eh ! je serais venu de plus loin, s'il l'avait fallu, même de plus loin que du bout du monde, du soleil, des étoiles.oui, Thomas, des étoiles !.\u2014C\u2019est un honneur pour nous, Monsieur Nick, dit Catherine, en faisant signe à ses onze filles de faire le révérance.\u2014Et pour woi un plaisir ©.Ah! que vous étes toujours belle madame Catherine ! Voyons! Quand cesserez-vous de rajeunir, s'il vous plait ?\u2014 Jamais\u2018.Jamais ! s'écrièrent à la fois les quatorze fils de la fermière.\u20141I1 faut que je vous cmbrasse, dame Catherine, reprit maitre Nick.- Vous permettez, ditil au fermier, après avoir fait claquer les joues de sa vigoureuse moitié.\u2014 Tant qu\u2019il vous plaira, répondit Thomas Harcher, et même davantage, si ça vous fait plaisir ! \u2014 Allons, à ton tour, dit le notaire, en s'adressant à son clerc.Embrasse madame Catherine.\u2014 Bien volontiers, répondit Lionel, qui reçut un double baiser en échange du sien.\u2014Et maintenant, reprit maître Nick, j'espère qu\u2019elle sera gaie la noce de la charmante Rose, que j'ai fait plus d'une fois sauter sur mes genoux, quand elle était petite ! \u2014 Où est-elle ?\u2014Me voici, monsieur Nick, répoudit Rose, toute florissante de santé et de belle humeur.\u2014Oui charmaute, en vérité, répéta le notaire, et trop charmante, pour que je ne l'embrasse pas sur ses deux joues, Lien «lignes du nom qu\u2019elle porte !\u201d Et c\u2019est ce qu'il fit belle et bien.Mais cette fois, à son graud regret, Lionel ne fut point invité à partager cette aubuine.Où est le tiancé ?dit alors maître Nick.Est-ce qu'il aurait oublié, par hasard, que c\u2019est uujour- d'hui que nous signons le contrat ?.Où est il, le fiancé ?\u2014Me voici, répondit Bernard Miquelon.\u2014 Ah ! le joli garçon.l'aimable garçon s'écria maître Nick je l\u2019embrasserais volontiers, lu aussi, pour finir.\u2014 À votre aise, monsieur Nick, répondit le jeune homme, en ouvrant les bras.\u2014 Bon ! répondit maître Nick, en hochant la tête, j'imagine que Bernard Miquelon aimera beaucoup mieux un baiser de Rose que de moi !.pure jeune s'écra Cathe- ! i LE MONDE ILLUSTRE 27 Aussi, lose, embrasse ton futur mari à mu place rait longtemps, suus doute, à la feruve de Chipogan.et auns tarder ! \u201d Ce que ltose, un peu confuse, fit aux applaudissements de toute la famille.*\u201c Eh ! j'y pense, vous devez avoir woif, monsieur Nick, dit Catherine, et votre clerc aussi ! \u2014Très soif, ma bonne Catherine.Extrémement soif, ajouta Lionel.\u2014Eh bien, Thomas, que fauix-tu là à ncus regarder ?Mais va done à l\u2019oitice ! Un bon toddy pour monsieur Nick, que diable ! et un non moins bon pour son clerc !.Est-ce qu\u2019il faut que je te le répète ?\u201d Non ! Une seule fois sutlisait, et le fermier, suivi de trois de ses filles, s'empressa de courir vers l\u2019office.Pendant co temps, maître Nick, qui venait d'apercevoir Clary de Vaudreuil, s'était approché d'elle.Eh bien, ma chère demoiselle, dit-il, à la dernière visite que j'ai faite à la villa Montcalm, nous nous étions donné rendez vous à la ferme de Chi- pogan, et je suis heureux.\u201d La phrase du notaire fut interrompue par une exclamntion de Lionel, dont la surprise était Lien naturelle, Ne voila-t-il pas qu'il se trouvait en face du jeune inconnu, qui avait si sympathiquement accueilli ses essais poétiques, quelques semaines avant ! \u201c Mais.répétait-il.M.de Vaudreuil et Clary se regardérent, saisis d\u2019une vive inquiétude.Comment Lionel connais- sait-il Jean ! Et, s\u2019il le connaissait, savait-il ce que la famille Harcher ignorait encore, c\u2019est-à-dire que celui auquel la ferme donnait asile fût Jean-Sans- Nom, traqué par les agents de Gilbert Argall ?« En effet.dit 4 son tour le nutuire qui se retourna vers le jeune homme.Je vous reconnais, monsieur !.C\u2019est bien vous qui avez été notre compagnon de route, lorsque mon clerc et moi nous avons pris le stage pour nous rendre, au commencement de septembre, à la villa Montealm ! \u2014(C'est bien moi, oui, monsieur Nick, répondit Jenn, et c'est avec grand plaisir, n'en doutez pns, que je vous retrouve à la ferme de Chipogan, ainsi que notre jeune poète.Dont ln poésie a reçu une mention honorable de la Lyre-Amicale ! s\u2019écria le notaire.C\u2019est dévi- dément un nourrisson des Muses que j'ai l'honneur de posséder dans mon étude pour griffonner mes actes ! \u2014.Recevez mes compliments, mon jeune ami, dit Jean.Je nui point oublié votre charmant refrain : \u201d c'est monsieur.,.monsieur Naitre avee toi, flamme follette, Mourir avec toi, feu follet ! , \u2014Ah ! monsieur ! \u201d répondit Lionel, très fier des éloges que lui valaient ces vers, restés dans la mémoire d\u2019un véritable connaisseur.En entenilant cet échange d'aménités, M.et Mile de Vaudreuil furent absolument rassurés sur le compte du jeune proserit.Maître Nick leur narra alors en quelles circonstances ils s'étaient rencontrés sur la route de Montréal à l'ile Jésus, et Jean lui fut présenté comme le tils adoptif de la fanille Harchier.L'explication tinit par de bonnes poignées de main de part et d'autre.Cependant Catherine criait d'une voix impérieuse : « Allons, Thomas !.Allons Il nen finit jamais *.Et ces deux toddys !.Veux- tu donc laisser monsieur Nick et monsieur Lionel mourir de soif !.\u2014C'est prêt, Catherine, c'est prêt ! répondit le fermier.Ne t'impatiente pas !.\u201d Et Thomas Harcher, apparaissant sur le seuil, invita le notaire à le suivre dans la salle à manger.Si maître Nick ne se fit point prier, Lionel ne se fit pus prier avantage.Là, prenant place l'un et l\u2019autre à une table garnie de tasses culoriées et de serviettes d\u2019une éclatante blancheur, ils se ra- fraichirent de toddy- agréable breuvage, composé de genièvre, de sucre, de cannelle, et flanqué de deux rôties croustillantes.Cet en-cas devait permettre d'attendre l'heure du diner sans trop de- faillir.Puis, chacun s\u2019occupa des derniers préparatifs pour la grande fête du lendemain, dont on parle- Maître Nick, lui, allait de l\u2019un à l\u2019autre.Il avait un mot aimable pour chacun, tandis que M.de Vaudreuil, Clary et Jean s\u2019entretenaient de choses plus sérieuses, en se promenant sous les arbres du jardin, Vers cing heures, tous, parents, invités, se réunirent dans la grande salle, pour la signature du contrat de mariage.Il va de soi que maître Nick devait présider cette importante cérémonie, et ce qu\u2019it allait déployer de dignité et de grâce tabel- lionnesque, on n\u2019aurait pu l\u2019imaginer.À cette occasion, divers cadeaux de noce furent remis entre les mains des fiancés.Pas un des frères ou des beaux-frères, pas une des sœurs ou «les belle- swurs, qui n\u2019eût fait quelque emplette au profit de Itose Harcher et Bernard Miquelon, Et, tant en bijoux de valeur qu\u2019en ustensiles d\u2019une utilité plus pratique, ces présents devrieut amplement suffire pour l'entrée en ménage des jeunes mariés.D'ailleurs, Rose, devenue madame Miquelon, ne songesit point à quitter Chipogan.Bernard et les enfants, qui ne lui manqueraient certainement pas, c'était un necroissement de personnel auquel il serait fait bon accueil à la ferme de Thomas Harcher.Inutile de dire que les plus précieux cadeaux furent offerts par M.et Mlle de Vaudreuil.Pour Bernard Miquelon, une excellente carabine de chasse, qui eût pu rivaliser avec l\u2019arme favorite de Bas-de-Cuir : pour Rose, une parure de cou, qui la fit paraître plus charmante encore.Quant à Jean, il remit à la sœur deses braves compagnons un coffret, muni de tous ces fins outils de couture, de broderie, de tapisserie, qui ne pouvaient que faire le plus grand plaisir à une ménagère.Et à chaque don, les applaudisrements d\u2019éclater, les cris de se joindre aux applaudissements ! Et, on le peut croire, ils redoublérent, lorsque maître Nick \u2014solennellement-passa au doigt des fiancés leur anneau de mariage, qu\u2019il avait acheté chez le meilleur jonillier de Montréal et dont le double cercle d\u2019or portait déjà leurs noms en exergue.Puis le contrat fut lu\u2014a haute et intelligible voix, comune on dit en style de notaire.Il y eut quelque attendrissement, lorsque maître Nick fit connaître que M.de, Vaudreuil, par amitié pour son fermier Thomas Harcher, pour reconnaître ses bons soins ajoutait une somme de cinq cent piastres à la dot de lu finnece.Cinq cent piastres Quand, un demi-siècle avant une fiancée, pourvue d'une dot de cinquante francs, passait pour un riche parti dans les provinces canadiennes.\u201c Maintenant, mes amis, dit maître Nick, nous allons procéder à la signature du contrat\u2014les fliancés d'abord, puis les père et mère, puis M.et Mlle de Vaudreuil, puis.\u2014 Nous signerons tous ! \u201d cria t-on avec un tel entrain que le notnire en fut assourdi.Et alors grands et petits, amis et parents, vin rent, apposer leur paraphe au bas de l\u2019acte qui assurait l'avenir des jeunes conjoints.Cela prit du temps ! En effet, les passants entraient maintenant dans la ferme, attirés par le joyeux tumulte de l'intérieur.Ils mettaient leur signature sur l'acte, auquel il faudrait ajouter des payes ct des pages, si cela continuait.Et pourquoi tout le village et même tout le comté n'aurait-il pas afllué, puisque Thomas Harcher offrait au choix des visiteurs les boissons les plus variées, cok-tails, nisht-caps, tom jerries, hot-scotchs, et surtout des pintes de ce whisky, qui coule aussi naturellement vers les gosiers canadiens que le Saint-Laurent vers l'Atlantique.Maitre Niek se demandait donc si la cérémonie prendrait jamais fin, D'ailleurs, le digne homme, épanour, ne tarissait pas, disait un mot gai à chacun, tandis que Lionel, passant ln plume de l\u2019un à l\u2019autre, faisait observer qu'il fauclrait bientôt en prendre une nouvelle, car elle s\u2019usait à cette interminable queue de signatures qui s'allongenit sans cesse.« Enfin, est-ce tout / demanda maître Nick, après une heure de vacation.Pas encore ! s\u2019écrin Pierre Harcher, qui s'était avancé jusqu'au seuil de la grande porte, atin de voir s'il ne passait plus personne sur la route. = 2e me 0.28 \u2014Et qui viet donc ?.cris maître Nick.-Une troupe de Hurons ! -Qu'ils entrent, qu\u2019ils entrent ! répliqua le notaire.Leurs signatures n'en feront pus moins honneur aux fiancés ! Quel contrat, mes amis, quel contrat ! J'en ai bien dressé des centaines dans ma vie, mais jamais qui aient réuni les noms de tant de braves gens au bas de leur derniere page ! En ce moment, les sauvages parurent et furent accucillis par de retentissants cris de bienvenue.D'ailleurs, il n\u2019avait point été nécessaire de les inviter à entrer dans la cour.C'est bien là qu'ils venaient, au nombre d\u2019une cinquantaine\u2014hounimes et femmes.Et, parmi eux, Thomas Harcher reconnut le Huron qui s'était présenté la veille, pour demander si maître Nick ne se trouvait pas à la ferme de Chipogan.Pourquoi cette troupe de Maliogannis avait-elle quitté son village de Walhatta ?Pourquoi ces Indiens arrivaient ils en grande cérémonie, afin de rendre visite au notaire de Montréal ?C'était pour un motif de haute importance, ninsi qu\u2019on va bientôt le savoir.; Ces Hurons\u2014et ils ne le font que dans les circonstances solennelles \u2014étaient revêtus de leur cus- tume de guerre.La tête coiffée de plumes multicolores, leurs longs et épais cheveux, descendant jusqu'à l'épaule d\u2019où retombait le manteau de laine bariolée, le tarse recouvert d\u2019une cassaque en peau de daim, les pieds chaussés de mocassins en cuir d\u2019orignal, ont remplacé chez les tribus indiennes l'arc et les flèches de leurs ancêtres, Mais la hache traditionnelle le tomahawk de guerre, pendait toujours à la courroie d\u2019écorce qui leur ceignait la taille.: En outre\u2014 détail qui accentuait plus encore la gravité de la démarche qu'ils venaient faire à la ferme Chipogan- une couche de peinture toute fraiche enluminait leur visage.Le bleu d'azur, le noir de fuinée, le vermillon, accentuaient d'un relief étonnant leur nez aquilin, troué de larges narines, leur bouche grande, meublée de deux rangées de dents courbes et régulières, leurs pommettes saillantes et carrées, leurs yeux petits et vifs, dont l'orbite noir flamboyait comme une braise.À cette députstion de la tribu s\u2019étaient jointes quelques femmes, de Walhatta\u2014sans doute, les plus jeunes et les plus jolies des Mahoganniennes.Des squaws portaient un corsage d\u2019étoffe brodée, - dont les manches découvraient l\u2019avant-bras, une jupe à couleurs éclatantes, des \u201c mitasses \u201d en cuir de caribou, garnies de piquants de hérissons, et lacées sur leurs jambes, de souples mocassins, soutachés de grains de verroterie, dans lesquels s\u2019emprisonnaient leurs pieds, dont une Française eût pu envier la petitesse, Ces Indiens avaient doublé, si c\u2019est possible, l\u2019air de gravité qui leur est habituel.Ils s\u2019avancèrent cérémonieusement jusqu'au seuil de la grande salle, où se tenaient M.et Mlle de Vaudreuil, le notaire, Thomas et Catherine Harcher, tandis que le reste de l'assistance se massait dans la cour.Et alors, celui qui paraissait être le chef de la troupe, un Huron de haute taille, âgé d\u2019une cinquantaine d'années, tenant à la main un manteau de fabrication indigène, dit, en s'adressant nu fermier d\u2019une voix grave.** Nicolas Sagamore est-il à la ferme de Chipogan ?\u20141} y est, répondit Thomas Harcher.\u2014Et j'ajoute que le voici, \u201d s\u2019écria le notaire, très surpris que sa personne pat être l\u2019objet de cette visite.Le Huron se retourna vers lui, releva fièrement la tête, et, d\u2019un ton plus imposant encore : \u2018* Le chef de notre tribu, dit-il, vient d'être rappelé par le grand Wacondah, le Mitsimannitou de nos pères.Cinq lunes se sont écoulées depuis qu'il parcourt les heureux territoires de chasse.L'héritier direct de son sang est maintenant Nicolas, le dernier des Sagamores.À lui appartient désormais le droit d enterrer le tomahawk de paix ou de dé terrer la hache de guerre ! Un profond silence de stupéfaction accueillit cette déclaration si inattendue.Dans le pays, on savait bien que maître Nick était d\u2019origine huronne, qu'il descendait des grands chefs de la tribus des Muhoganais ; mais nul n\u2019eût jamais imaginé\u2014et lui moins que personne\u2014que l'ordre d\u2019hérédité pût s\u2019appeler à la tête d\u2019une peuplade indienne.LE MONDE ILLUSTRE Et, alors, au milieu du silence que nul n'avait osé interrompre, l'Indien reprit en ces termes : | \u201c A quelle époque mon frère voudra-t-il venir s'asseoir au feu du Grand Conseil de sa tribu, revêtu du manteau traditionnel de ses ancêtres ?\u201d Le porte parole de la députation ne wettait pas même en doute l'acceptation du notaire de Montréal, et lui présentait le manteau mahogannien.; Et, comme maître Nick, absolument interloqué, ne se décidait pas à répondre un cri retentit, auquel ciuquante autres se joignirent à la fois : \u201c Honneur !.Honneur à Nicolas Naga.nn more ! C'était Lionel qui l'avait jeté, ce cri d'enthou- sisasme ! S'il était fier de la haute fortune qui arrivait à son patron, s'il pensait que l'éclat en rejaillirait sur les clercs de son étude et plus spécialement sur lui même, s'il se réjouissait à l'idée qu'il marcherait désormais aux côtés du grand chef des Mahogannis, ce serait perdre son temps que d'y insister.( Cependant M.de Vaudreuil et satille ne pouvaient l'empêcher de sourire, en voyant la mine stupétaite de maître Nick.Le pauvre homme ! Tandis que le fermier, s& femme, ses eufants, ses amis, lui adressaient leurs sincères félicitations, il ne savait auquel entendre, | Alors l'Indien posa de nouveau sa question, qui n\u2019admettait pas d'échappatoire : \u201c Nicolas Sagamore consent il à suivre ses frères au wigwam de Walhatta 17\u201d Maitre Nick restait bouche béante.Bien en tendu, il ne cousentirait juuais à se démettre de ses fonctions, pour aller réguer sur une tribu hu- ronue.Mais, d'autre part, 11 ne voulait point blesser par un refus les Indiens de sa race, qui l\u2019appelaient par droit de succession a un tel honneur.* Mahogannis, dit il entin, je ne m'attendais pas.Je suis indigne, vraiment \u2018.Vous comprenez.mes amis.je ne suis ici qu'en qualité de notaire !.\u201d 11 balbutiait, il cherchait ses mots, il ne trouvait rien de net à répondre.Thomas Harcher lui vint en aide.\u201c Hurons, dit-il, maitre Nick, est maître Nick, du moins jusqu'à ce que la cérémonie du maringe soit accomplie.Apres, s\u2019il lui convient, il quittera la ferme de Chipogan et sera libre de retourner avec ses frères à Walhatta ! \u2014Oui !.après la noce °\u201d s'écria toute l'assistance, qui tenait à conserver son notaire.Le Huron remua doucenient la tête, et, après avoir pris l'avis de la députation : \u201c Mon frère ne peut hésiter, dit-il.Le sang des Mahogannis coule dans ses veines et lui impose des droits et des devoirs qu'il ne voudra pas refuser.\u2014Des droits ! des droits !.Soit 7 murmnura maître Nick.Mais, des devoirs.\u2014 Accepte-til ?demanda l'Indien.\u2014 il accepte !.s\u2019écria Lionel.Je le crois bien ! Et, pour témoigner de ses sentiments, il faut qu'il revête à l'instant le manteau royal des Naga- mores !.\u2014ÎI ne se taira donc pus, l\u2019imbécile ! \u201d répétait maître Nick entre ses dents.Et, volontiers, le pacifique notaire eût calmé d'une taloche l'enthousiasme intempestif de son clerc, M.de Vaudreuil vit bien que maître Nick ne de- tuandait qu'à gagner du temps.Aussi, s'adressant à l'Indiez il lui dit que certainement le descendant des Sagamores ne songenit point à se soustraire aux devoirs que lui imposait sa naissance.Mais, quelques jours, quelques semaines peut être, étaient nécessaires, afin qu'il pat régler sa situation à Montréal.Il convenait done de lui donner le temps de mettre ordre À ses affaires.\u201cCela est sage, répondit I'Indien, et puisque mon frère accepte, qu\u2019il reçoive en gage de son acceptation le tomahawk du grand chef, appelé par le Wacondah à chasser dans les prairies heureuses, et qu'il le passe à sa ceinture ! \u201d Maître Nick dut prendre l'arme favorite des tribus indiennes, et, tout déconfit, commeil n\u2019avait point de ceinture, il la posa piteusement sur son épaule.La députation fit alors entendre le \u201c hugh \u201d traditionnel des sauvages du Far-West, sorte d'exclamation approbative, en usage dans le langage indien.Quant à Lionel, il ne se possédait pas de joia, bien que son patron lui parût particulièrement embarrassé d\u2019une situation qui prêterait à rire dans la confrérie des notaires canadiens.Avec sa nature de puète, il entrevoyait déjà qu'il serait appelé à célébrer les hauts faits des Mahogannis, à mettre en vers lyriques le chant de guerre des Sagamores, avec la crainte, toutefois, de ne pas trouver une rime A tomahawk.Les Huruns allaient se retirer, tout en regrettant que maître Nick, empêché par ses fonctions, n'eut pas abanconué la ferme pour les suivre, lorsque Catherine eut une idée, dont le notaire ne lui sut aucun gré, sans doute.« Mahogannis, dit-elle, c'est une fête de mariage qui nous réunit en ce jour à In ferme de Chipogun.Voulez vous y rester en compagnie de votre nouveau chef?Nous vous uflfruns l'hospitalité, et, demain, vous prendrez place au festin, dans lequel Nicolag Sagnmore bccupera le siège d'honneur ! \u201d Un tonnerre d'applaudissements éclata, lorsque Catherine Harcher eut formulé son obligeante proposition, et il se prolongen de plus belle, lorsque les Mahogannis eurent accepté une invitation qui leur était faite de si bon cœur.Quant à Thomas Harcher, il n'aurait qu'à augmenter la table de noce d'une cinquantaine de couverts\u2014ce qui n\u2019était pas pour l'embarrasser, car la salle était vaste, et même plus que suffisante pour ce surcruit de convives.Maitre Nick dut alors se résigner, puisqu'il ne pouvait faire autrement, et il reçut l\u2019acculude des guerriers de sa tribu qu'il eût volontiers envoyés au diable.Pendant la suirée, il y eut danses des garçons et des filles, qui s'en donnèrent À toutes \u201c gigues \u201d, comme on disait en Canada, surtout dans les rondes à la mode française, accompagnées de ce joyeux refrain : Dansons à l'entour, Toure-toure, Dansons à l'entour ! et aussi dans les \u201c scuteh-reels 7 d'origine écossaise, qui étaient si recherchés au commencement du siècle.Et, c\u2019est de cette façon que se termina le deuxième jour de fête à la ferme «de Ghipogan.NIL-LE FESTIX Le grand jour était arrivé\u2014le dernier aussi des cérémonies successives «le baptême, de communion et de mariage, qui avaient mis en joie les hôtes de Chipogan.Le mariage de Rose Harcher et de Bernard Miquelon, après avoir été célébré pendant ln tatinée devant l'officier de l'état civil, le ecrait ensuite à l'église.Par suite, dans l'après-midi, le repas «des nuces réunirait les convives dont le nombre s'était considérablement accru dans les cir- coustances que l'on connaît.Vraiment, il était temps d'en tinir, ou le comté de Laprairie et même le district de Montréal eussent pris place à la table hospitalière de Thomas Harcher.Le lendemain, on se séparerait.M.et Mlle de Vaudreuil retourneraient à In villa Montcalm.Jean quitterait In ferme et ne reparaitrait sans doute qu\u2019au jour où il viendrait se mettre à la tête du parti réformiste.Quant à ses compagnons du Champlain, ils continueraient le métier de chasseurs, de coureurs des bois, qu'ils exerçaient durant In saison hivernale, en attendant l'heure de rejoindre leur frère adoptif, tandis que la famille reprendrait les travaux habituels de la ferme.Pour les Hurons, ils regagneraient le village de Wal- hatta, où la tribu comptait faire à Nicolas Saga- more un accueil triomphal, lorsqu\u2019il viendrait fumer pour la première fois le calumet au foyer de ses ancêtres.A suivre FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRÉ MONTRÉAL.10 MAI 1800 LE REGIM PREMIÈRE PARTIE == LE SOUS -OFFICIER JACQUES ( Suite) Il se contenta de faire raconter à la jeune fille les actes de bravoure de son frère adoptif au Tonquin.Li-dessun, Marjolaine na tarissait guère.Et bien- tât rassurée, clle rit intérieurement de sa frayeur.Elle n'avait plus aucune inquiétude quand Patoche la Inissa.Elle n\u2019eût guère dormi, la pauvrette, s1 elle avait pu deviner les pensées de l\u2019ancien intendant, ou même si elle avait pu le suivre en cette soirée-là.Tl rentra chez lui précipitamment.T| monta à son bureau, retira une cinquantaine de francs qui dormaient, vingt sous par vingt sous au fond d\u2019un tiroir, compta ce qui lui restait dans son gousset.\u2014(Uent deux francs ! dit-il.Cela me suffit.Et en les empochant, il eut, vers la caisse énorme et sombre qui trônait dans son coin, un regard de reproche et un soupir de regret.On eût dit qu\u2019il la rendait responsable de son dénitment.Tl consulta un indicateur, chercha l\u2019heure d\u2019un train pour Clermont et embranchements.Le train partait à neuf heures du soir.Tl était sept heures.TI avait le temps de manger un morceau dansun restaurant voisin et de se rendre a pied 4 1a gare.Tl ferait ainsi l'économie d\u2019une voiture.\u2014Ah ! re dit-il en descendant l\u2019escalier et en £e retrouvant rue Saint-Honoré, si je réusis, si je ne me suis pas trompé, je jure bin de faire suer l\u2019or 4 tous ceux qu'intéresse ce secret et que déshonorerait et tuerait le scandale de sa révélation.T) eut un vague geste de menace, le poing fermé.Ce n\u2019était plus le bonhomme paterne, bouffi, nu sang malade, qu'il était tout à l'heure.Une nou- vella vie semblait sourdre dans ses veines.Ses yeux étaient plus vifs, mais cruels, Des taches rouges fleurissaient ses larges joues tombantes.T1 y avait dans ce gros homme flasque et mou, soudain remonté, une implacable résolution de refaire fortune.Tous les moyens seraient bons pour y arriver.Le lendemain, après avoir vayagé toute In nuit et une partie de la journée, il arrivait À Villars.T1 descendait à l'avberge des Trois-Rois, devant l'église, et, après s'être restauré, par économie il n\u2019avait rien mangé depuis la veille au soir, il appela l'aubergiste, un robuste gnillard, haut en couleurs, À la mine éveillée, coitfé d\u2019une calotte dont les oreillons étaient relevés de chaque côté de la tête et paraïssaient ainsile couvrir d\u2019une sorte de bonnet d'âne.L'aubergiste s'appelait Legris.Patoche lui offrit une bouteille de vin et après avoir trinqué, il demanda : \u2014 Avez-vous souvenance de Mile Marjolnine Routard, la fille d'un rétameur qui habitait Vil- lars ?\u2014Parbleu, «lit Tegris, il n'y a pas si longtemps qu\u2019elle a quitté le pays, avec le petit Jacques.Le petit Jacques ! Ce nom fit tressaillir Patoche.C'était pour Jneques qu'il était venu en ces montagnes ! Tl aborda résolument la question.-Le père Routard n\u2019était pas né dans le pays ?\u2014 Pas à Villars, non.Tl est venu s\u2019y installer avec Marjolaine, sa fille et le petit Jneques.\u2014En quelle année ! _-Ah ! dame.attendez.j'ai un point de repère, c\u2019est l\u2019année de mon mariage, en 1563.\u2014 Vous êtes sûr de ce que vous avancez Î \u2014 Parfaitement, l\u2019année de mon mariage.\u2014Et le petit Jacques était tout petit à cette époque ?\u2014Assurément.\u2014TI venait de naître sans doute.No 15 LE MONDE ILLUSTRE \u2014Pour cels, non, il courait.Il avait trois ou quatre ans, autant que je me rappelle.\u2014Vous êtes sûr 1 répétait obstinément Patoche.Logris haussait les épaules avec impertinence.\u2014Ne me croyez pus si vous voulez.Je ne sais pas pourquoi vous me demandez ces renseignements, et pour ma part, je ne suis pas du tout obligé de vous les donner.\u2014Fnites excuse, monsieur Legris.C'est que voyez - vous, c'esu très important pour l'identité du petit.\u2014Et quest ce qu'elle n à faire avec vous, cette identité ?\u2014Il s'agit d\u2019un héritage.\u2014 Ah! c\u2019est différent, dit Legris, subitement devenu respectueux.\u2014 Vous savez sans doute que Jacques n\u2019était pas le fils de Routard ?\u2014Oui.11 ne l\u2019avait pas dit tout d\u2019abord, mais il lui a bien fallu Pavouer.(\u2018a lui x fait honneur, cette adoption ?\u2014 TI vous a raconté peut-être dans quelles circonstances eut lieu cette adoption ?\u2014Hé'!hé! Le père Routard n'a jamais été très cnuseur.lt là-dessus il a toujours été avare de détails.Le petit à été trouvé dans ses langes, au bord d\u2019une route, Voilà ce qu\u2019il racontait.-\u2014-En quel pays ?\u2014De côté de la frontière, par là, vers Nancy.\u2014 Histoire arrangée, murmurs Patoche.Ta petit est évidemment l'enfant de Marguerite et de Julien Rémondet.C'est tout ce que je voulais savoir.L'enfant existe.C'est bon.J\u2019userni de l'enfant.Et il repartit pour Paris dans la soirée.En chemin de fer, il réfléchissait à ce que Legris lui avait appris.\u2014 Marjolaine a prétendu que Jacques a été re- cuelli en 1863.Or, Legris, qui n\u2019a aucun intérêt à mentir, se rappelle parfaitement qu\u2019en 1863, Jacques avait trois ou quatre ans.Si Marjolaine ne ment pas, Jacques n\u2019est pas le fils de Marguerite.Mais si M.Legris ne se trompe pas, ce n\u2019est pas en 1X63 que l\u2019enfant à été recueilli, mais trois ou quatre ans auparavant, c'est à dire en 1559, Et cette date coïncide avec le drame qui s'est passé a Malpalu.Legris ne se trompe pas, évidemment, Il s\u2019agit de savoir maintenant, étant donné qu'il me tombe du ciel un citron, comment j'en exprimerai le jus jusqu'a sa dernière goutte.I! était trés fatigué.Cependant il ne dormit pas.Il bâtissait un plan dans sa tête, toute une intrigue féroce dans laquelle il ferait tomber, un à un, les perfounages intéressés à garder ce secret.L'avait-il trouvé, ce plan, quand it arriva à Paris ?Oui, car ses yeux bridés avaient un sourire mé- chant.Ses lèvres étaient encore plus rentrées qu\u2019à l'ordinaire, faisant saillir son menton glabre.Et ce plan, en quoi consistait-il ?Nous le sauruns bientôt.IV On était'en pleine saison printanière.Le salon de Marjolaine ne désemplissait pas.Tous les jours, le sucuès s'était accru.Tous les jours, la clientèle augmentait, les anciennes clientes en amenant de nouvelles.11 était très coquettement meublé, ce salon, orné de hautes glaces dans lesquelles les acheteuses pouvaient admirer sur elles les chapeaux nouveaux inventés par l\u2019imagination fertile de su jolie Marjolaine.Partout des plantes vertes donnaient de la fraicheur au ton un peu sombre, bleu foncé, de l'ameublement.Et de ce salon s'échappait un murmure de conversations discrètes, con- svils de Marjolaine à quelque riche cliente, renseignements à une ouvrière, babil de ln première s\u2019efforçant de satisfaire une mondaine difficile, pendant que, un peu partout, des amies ou des simples connaissances, qui venaient de se rencontrer par hasard, échangenient des politesses ou se communiquaient les modes de la saison prochaine.C'était ainsi, d'un bout à l\u2019autre de la journée.Le soir, quand le salon fut vide, quand les ouvrières et les vendeuses furent parties, s\u2019envolant comme un essuim le long du boulevard et se dis persant dans toutes les rues avoisinantes pour regagner les quatre coins de Paris, Marjolaine se retrouva seule.En général, tous les soirs, elle mettait ses comptes à jour, tenant elle-même ses livres, tvès travailleuse, se levant (ôt, se couchant tard.Elle se reposait rarement.Cependant, ce jour-là, elle Inixsa de côté livres et écritures.Elle n'avait pas envie de travailler.Non qu'elle fût fatiguée ; non qu\u2019el.e traversêt une de ces crises de découragement écœuré, comme en ont les meilleurs ; elle voulait, tout simplement, après le brouhaha des affaires de la vente, des entrées, des sorties, des exigences des clientes, des conversations pour ne rien dire, elle voulait se ressaisir un peu.Elle voulait rêver, enfin.Et a qui, si ce n\u2019était à Jacques ?Les questions de Patoche revenaient à son esprit et bruissaient encore à son oreille.Elle en était, À présent, inquiète.lY'abord, après son \u2018émotion, elle avait cru à un simple hasard qui amenait ainsi, dans la bouche de l\u2019ancien intendnnt, ce rapprochement qui l'avait si fortement troublée.En y réfléchissant maintenant, elle doutait.Et elle était génée, comme si elle avait à redouter un péril.Les fenêtres du salon de modes étaient grandes ouvertes, Elle avait approché un fauteuil de l\u2019une de ces fenêtres, s'y était assise et se lnissait aller doucement au calme de cetteæbelle soirée.Les bruits de la rue montaient jusqu\u2019à elle, pareil à un grondement de tonnerre.La nuit venait peu à peu.Elle n\u2019y prenait pas garde et ne songeait même pas à sonner son unique «lomestique pour faire apporter les lampes.En pensant qu\u2019elle se trouvait, elle, jeune fille, elle si jolie, si admirée et si désirée, toute seule dans cette fournnise parisienne, en pensant que si quelque danger la menaçait, elle serait sans doute impuissante à le braver, à l\u2019écarter, Île eut un frisson de peur.Tout, «autour delle, lui paraissait formidable, et devant cela elle se sentait toute petite.Ah ! si mon Jacques était près de moi ! mura t-elle.On frappa doucement à la porte, par petits coups timides, mais telle était, en ce moment, sa rêverie profonde qu\u2019elle n\u2019entendit pas.On frappa de nouveau.Elle n'entendit pas non plus.La nuit, autour d'elle, s'était faite plus noire.La porte s'ouvrit sans bruit, une ombre parut qui, tout d\u2019abord, resta immobile, l'ombre d'un homme, d\u2019un soldat.Tvidemment mur- l'homme cherchait à se rendre compte de l'endroit où il se trouvait.Nes yeux se firent rapidement à cette obscurité.Derrière lui, In domestique avait refemmé In porte avec précaution, après lui avoir, d'un signe de tête et d'un sourire, désigné Marjolaine, réveuse en son fauteuil, et qui lui tournait le dos.Enfin, il s'avança.Sur l'épais tapis, son pas ne faisait point de bruit.Il arriva jusqu'à Marjolaine, lui glissa les bras autour du cou et lui renversa la tête en av- rière, Elle jeta un cri, surprise, et se trouva de bout.D'abord clle ne vit rien qu'un homme, un soldat devant elle, silencieux, immobile, dont l'obscurité l'empéchait de distinguer les traits et de voir le sourire.Mais le soldat parla et dit, d'une voix que brisait et rendait tremblante une émotion intense : \u2014 Marjolaine, sur chérie, petite mère ! Elle eut un nouveau cri, mais celui-là de folie joyeuse.\u2014Jacques \u2018 \u2014C'est moi ! \u2014 Mon Jacques | mon Jneques ! mon Jacques ! Et elle se jette dans les bras du soldat, elle le serve contre elle de toutes ses forces.Et elle voudrait contempler ce visage aimé.Elle ne trouve rien à dire, ec répète seulement : \u2014 Mon Jacques ! C'est bien toi.Fu ne m'as pus oubliée ! Le soldat ne répond pas, wais son étreiente est plus liente.Il me semble qu\u2019il veuille envelopper sn sœur de son corps tout entier.Et Marjolaine, les nerfs dét-ndus brusquement, se et a sangloter parce qu'etle est trop heureuse.La domestique npporte cles lampes, Marjolaine a fermé les fenêtres afin que le bruit assourdissant du boulevard ne couvre pas leurs voix.Pourquoi pleures-tu ! demande le sous-otti- cier.\u2014Je ne sais pas, parce que je suis trop heureuse.\u2014Tu n\u2019as pas de chagrin ?\u2014Oh non ! il ne me manquait que toi.Main- toa) a_i 5 30 tenant que tu 'es près de moi, je ne désire plus rien.Oh ! mon Jacques, je t'en prie,ne parle pas.Laisse- moi te contempler.Tout à l'heure, nous causerons.À présent, je ne puis pas encore cruire à mon bonheur.Et elle lui prend les deux mains et, en effet, le regarde.Et dans ses yeux passe un rayon de fierté, d'orgueil.11 a grandi ; ses épaules se sont élargies, il y a en lui quelque chose de plus viril ; quand elle l'a vu pour la dernière fois, des années auparavant, ce n\u2019était qu'un enfant encore ; maintenant c'est un homme qu'elle a devant elle ; une petite moustache, coquette, ombrage sa lévre ; tous ses traits se sont accentués ; ses cheveux sont coupés ras, en brosse, drus, épuis ; son large front rayonne d'énergie et d'intelligence.\u2014 Comme il est beau, se disait Marjolaine, et comme c'est bien ainsi que j'avais rêvé que je le reverais.Lui aussi la contemple.Il ne perd rien de tout ce qui est sa jolie Marjolaine.Il ne la trouve pas changée, car lorsqu'il l\u2019a quittée, elle ne pouvait pas être plus belle.Seulement, elle est plus élégante.Elle a jewe sais quoi de plus afliné, Elle est devenue plus Parisienne.Mais c\u2019est tout.C'est bien la gentille Marjolnine qu\u2019il » connue, jadis, en ses vêtements de paysanne, dans les montagnes du Mont-Dore, cette jeune femme distinguée qu\u2019il retrouve aujourd'hui.Un peu pâlie peut-être, mais toujours aussi vigoureuse et ce qui le charmait surtout, ayant toujours dans les yeux la même franchise, la même loyauté, la même douceur.Il lui tenait les mains, souriant d\u2019un air heureux.\u2014Il me semble que je te vois pour lu première fois.Alors, c\u2019est vrai ?Tu as toujours pour moi la même affection ?Je suis toujours ton ami, ton frère et ton fils ?\u2014Oui.Et rougissant un peu à cause de la délicate question qui lui brûle les lèvres et qu\u2019il ose entin lui adresser : \u2014Et c\u2019est vrai aussi ?Il n\u2019y a pas eu dans ton cœur, depuis que nous nous sommes quittés, une autre pensée que celle de ton Jacques ?\u2014Non.Il n\u2019y a plus de place.Tu as tout pris.\u2014Que je suis heureux ! Saistu bien qu\u2019il s\u2019est fait en moi un grand changement?Je n\u2019é tais qu\u2019un gamin lorsque je me suis engagé.Peu à peu je me suis senti devenir un homme.On ne se battait pas toujours au Toquin.Il y eut bien des journées de calme et de repos.Et pour le soldat qui est loin de la France, luin des siens, le repos, c'sst la rêverie.Eh bien, je révais.\u2014Tu révais! dit-elle tremblante, prévoyant avec son instinct féminin que ce qu\u2019il allait dire la ferait entrer plus profondément encure dans ce cœur d'homme.\u2014Et de qui eussé-je rêvé, ma julie et douce Marjolaine, si ce n\u2019est de toi?Comment aurai-je pu supporter fatigues et dangers, si ce n\u2019est avec la pensée également d\u2019être digne de toi! Je me rappelais toutes tes bont#s, toutes tes tendresses.Je les voyais bien mieux, là-bas, sous ce ciel inclément et triste, que losque je les recevais de toi.Et pourquoi, me disais-je, pourquoi Marjolaine a- t-elle été aussi bonne ?Que suis-je pour elle?Un étranger.Et en pensant à toutes ces choses, je sentais mon cœur se gonfler et mes yeux se mouiller de larmes.Et puis, une préoccupation est venue se mêler à ces souvenirs.Quand j'ai su que tu te trouvais enfin à Paris, je t'ai vue environnées d'embâches et de périls.Je me suis figuré que ton affection diminuerait pour moi, et que peut- être tu allais aimer quelqu'un.Et alors, j'ai été infiniment triste et découragé.Oui, découragé ! \u2014Pourquoi ?dit-elle très bas, voulant l\u2019obliger à l\u2019aveu jusqu'au bout.\u2014Parce qu\u2019il me semblait que si tu te mettais à aimer quelqu\u2019un, ce serait une injustice, ce serait un vol dont, vis-à-vis de moi, tu te rendrais coupable.Est-ce que je n'ai pas ton cœur ?Est-ce que tu as le droit d'en disposer 1 Et Marjolaine, troublée mais coquette malgré tout.\u2014Ne puis-je aimer d'amour.Ne serais tu pas uand même mon frère ?Il resta interdit, pâle, sutfoqué.Et il n'vsa plus rien dire.Il murmura seulement : LK MONDE ILLUSTRE \u2014Mon Dieu ! mon Dieu ! Et il la considérait avec effroi.Tout à coup des larmes lui vinrent aux yeux : -\u2014Je ne t'ai pas tout dit.En pensant que tu pouvais donner ton cœur à un autre, que tu ap partiendrais À un autre, et quo jo ne serais plus nécessaire à ta viv, j'ai senti la jalousie naître en moi, Alors, Marjolaine, j'ai compris que je ne t'aimais plus comme autrefois.\u2014Et comment m\u2019aimes-tu, mon Jacques ?dit- elle les yeux fermés.\u2014Je t'aime d'amour ! Elle tressaillit.Elle s'attendait à co mot.Pourtant, elle en était frappée.Elle en était heureuse.Ce doux mot d\u2019une ten«lresse qui n'avait plus rien de l'affection fraternelle d'autrefois descendait jusqu'à son cœur et l'alanguissait.Elle baissa les yeux, une seconde, mais bientôt elle les rele \u2018a franchement vers le soldat.\u2014Et moi aussi je t'aime, dit elle, depuis longtemps, depuis toujours.Mais.Et elle eut une hésitation.\u2014 Mais 1 dit-il, l'interrogeant.\u2014Tu ne me trouves pas trop vieille ?Et quand tu seras officier et que nous nous marierons, tu voudras encore de Marjolaine, bien qu\u2019elle ait quatre ans de plus que toi ?\u2014Trap vieille ?dit-il en riant.Et In conduisant devant une grande glace : \u2014Mais regarde-toi donc ! Fréinissante, elle sc laissa aller à ses souvenirs : \u2014Moi, je t'aime aussi, mon Jacques.Il y a longtemps, va, que je me suis aperçue que tu n\u2019étais pas mon frère.Et si tu savais avec quelle inquiétude je guettais chez toi les preuves de ton atfection ! Certes, j'étais bien certaine d\u2019être aimée, mais l\u2019étais-je comme je césirais l'être ?Et maintenant que tu viens de m'ouvrir ton cœur je suis si heureuse qu'il me semble que c'est injuste et que je n\u2019ai pas mérité mon bonheur.Et l'un devant l'autre, les yeux dans les yeux, ils se regardent longuement, en silence.Et c'est Marjolaine qui demande : \u2014Pour jamais, alors! \u2014Pour jamais ! Et soudain, retrouvant son entrain, sa gaité : \u2014-Mais, j'y songe, tu as peut-être faim, je parie que tu n\u2019as pas dîné ?\u2014Ma foi non.\u2014Et tu ne le disais pas ! \u2014Oh ! j'avais trop de choses à te conter, vois-tu, et quand le cœur est plein, l'estomac ne crie pas trop.\u2014Oui, mais puisque tu as vidé ton cœur ?\u2014Eh bien, je ne demande pas mieux que de penser à l\u2019estomac.\u2014A la bonne heure.\u2014D\u2019autant plus que cela ne nous empéchera pas de causer ! \u2014 Au contraire.Seulement, je ne t'attendais pas, mon pauvre Jacques et tu vas faire maigre chère.\u2014Je ne suis pas habitué aux bombances, quoique sous-off.\u2014Sous oflicier ! Comme cela te va bien, les galons, et comme tu la portes fièrement, cette médaille qui orne ta poitrine.\u2014Je n'ai rien fait, pour l'avoir, de plus que mes camarndes, seulement que j'ai eu plus de bonheur.La domestique entra.C'était une bonne vieille un peu courbée par l'âge, au visage doux et mn- ternel.Elle s'appelait Marie-Anne.\u2014Qu'avons-nous à dîner ?demanda la modiste.\u2014Nous avons peu «le choses, mademoiselle.De la viande de midi, que j'ai accommodé avec des champignons, une salade et un dessert.\u2014C'est peu.\u2014Je l'avais pensé et en voyant arriver monsieur, j'ai bien deviné que c'était monsieur Jacques, ajoula-t-elle en riant, j'ai couru tout de suite chez le rôtisseur et j'ai acheté un poulet.La cuisinière du troisième m'a prêté une botte de cresson.(\u2018a complètera le «liner avec du fromage et des confitures, \u2014C'est un festin, dit Jacques.Jamais je n'aurai si bien mangé.\u2014Mademoiselle est servie, dit Marie-Anne.Ils passèrent dans une petite salle à manger, une ministure, meublée d'une toute petite table, de deux chaises, d\u2019un dressoir.Ello donnait sur la cour et l'on n'y attendait point les bruits du boulevard.Ile s'attablèrent, et, en mangeant, Jacques fut obligé de raconter sa vie militaire, depuis le jour de son engagement jusqu'au jour où il s'était embarqué pour rentrer en France.Tous ces détails, tous ces incidents de la guerre du Tonquin, Marjolaine les savait par cœur.Jacques les lui avait contés dans ses lettres.Cependant cela paraissait nouveau pour elle.Te Jacques qui lui revenait n\u2019était-il pas nouveau aussi ?Le sous officier ne tarissait pus sur M.de Cheverny, son commandant d'hier, son colonel de demain.\u2014 Nous sommes revenus ensemble, disaitil : je lui ai dit qui tu étais.TI a hâte de te connaître.TI veut que tu deviennes l'amie de sa femme et de sa fille.Et je lui ni promis, tout à l'heure, lorsque je l\u2019ai quitté à la gare de Paris-Lyon-Méditerranée, da t'amener demain sans faute à son hôtel de la rue Ampère.\u2014 Nous irons donc demain, dit-elle.Moi aussi j'ai hâte de le connaître.Et justement, c\u2019est demain dimanche.Ce fut ainsi que la soirée s'écoula, délicieuse et rapide Le lendemain, Jacques, ayant Marjolaine à son bras, se dirigeait clans l'après midi vers l'hôtel de M.de Cheverny.Toute la famille était assemblée au salon, entourant le père.Et tous ces yeux fixés sur le colonel disaient combien on l\u2019aimait et avec quelle suprême joie on avait accueilli son retour.Le domestique qui introduisait les deux jeunes gens ouvrit la porte et annonça : \u2014M.Jacques et Mile Marjolaine.Jacques entra, un peu troublé, ayant enlevé son képi et malgré cela, saluant militairement son colonel, par habitude.Mme de Cheverny était accourue vers eux.Elle tendit la main à Jacques et i la jeune fille.-\u2014Par ce que mon mari m'a raconté de vous, leur dit-elle, il me semble que je vous connais depuis vingt ans.Tl vous a dit que votre famille serait la vôtre.Je me sens déjà de l'affection pour vous.Elle les embrassa comme une mère.Cheverny s'était assi auprès de Marjolaine.\u2014Savez-vous bien que, sans ce grand garçon-là, je n'aurais pas le plaisir de vous parler aujourd'hui ?TI y a beau temps que les Chinois m\u2019auraient réduit en chair à pâté.Et il se mit à rire.Les enfants de Cheverny s'étaient raprochés.Bernard avait dix-huit ans.Sa sœur avait passé seize ans.lls se ressemblaient autant que peuvent se ressembler deux êtres dont l'un est vigoureux et superbe, l\u2019autre chétif, malingre, infirme, Bernard, en effet, paraissait avoir pris pour lui seul tous les dons que la nature avait réservés aux enfants de Che verny.Bernerette, au contraire, semblait condamnné à une mort précoce.Petite, maigre, le visage souflivteux éclairé par des yeux noirs énortnes, ce n'avait été qu'à force ue soins, de surveillance constante des précautions les plus délicates et les plus méticuleuses qu'on l'avait élevée : su taille était haute et mal prise, ses épaules trahissaient leur maigreur sous In robe.Élle toussait souvent.La faihlesse de sa santé, Bernctte ne l'ignorait pas.Elle savait qu\u2019elle ne vivrait pas vieille.Cela lui avait donné une expérience pré coce et au lieu de gâter son caractère, en le reu- (lant difficile et exgigeant, cela l'avait adouci au contraire et n\u2019en avait pas enlevé la gnité.Oui, elle était gaie, cette pauvre enfant, en dépit le tout.Elle était ln joie de la maison, adorée de son frère, de sa mère, de son pire.Cette famille vivait très unie.M.de Cheverny n'était pas mondain : bien que sa grande fortune lui eût permis de donner des fêtes, il ne recevait que des amis intimes.Du reste, travailleur obstiné, il étuclinit presque toujours dans les moments qui n\u2019étaient pus réclamés par son service.Mme de Cheverny s'était trouvée heureuse de cette existence simple et familliale.Le monde l\u2019eût obligée à une perpétuelle contrainte.Les vingt années écoulées depuis son mariage ne l'avaient pas beaucoup vieilli.Son visage était resté jeune.Aucune ride.Pas un cheveux gris.Les yeux avaient même conservé leur douce i } = cam limpidité.Les lèvres seulement, pour quiconque les eût examinées l\u2019exprit prévenu, eussent trahi pout-être le drame et les poiynantes angoisses d'autrefois.Duns les instants de distraction de la comtesse, le coin des lèvres tombait donnant ainsi à la physionomie une amertume singulière.Certes, dans le cœur de la pauvre femme, le souvenir n\u2019était mort.Si, devant les buntés, la loyauté, l'anrour ardent de Georges de Cheverny, la figure de Julien s'était effacée avec le temps, l'enfant né de sa première union, l'enfant mystérieusement lisparu et rentré dans le néant continuait d'être vivace.Il ne se passait pas de jour qu\u2019elle n\u2019y pensit.(\u201cétait duns sa vie, In blessure toujours ouverte, la brûlure toujours cuisante, Cheverny n'avait jamais eu aucun doute.Elle se surveillait devant lui.Du reste, nous l'avons dit, elle avait pour lui le dévouement d\u2019une esclave.Elie n\u2019eût pas hésité une seconde à se tuer pour lui épargner la tristesse de tout apprendre.Mme de Cheverny, devant ses enfants, s'abandonnait plus facilement à ces souvenirs, et Bernard et Bernerette avaient des fois remarqué, au milieu même des expansions maternelles, de brusques silences.Marguerite semblait très loin d'eux tout À coup, sun visage changeait \u2019expression et c'est alors que le frère et In sœur avaient vu les lèvres s\u2019affiuisser, se jaunir, donnant à l\u2019ensemble des traits un inexprimable caractère de souffrance.Jadis, ils s\u2019en étaient émus et tombant dans ses bras \u2014 Mère, tu n\u2019as pas de chagrin ?Mère, tu n'es pas fâchée contre nous 1 Elle les rassurait.Puis, plus tard, ils n'avaient plus rien dit.Ils n'avaient plus interrrogé leur mère.Mais quand ils la voyaient ainsi, ils l\u2019embrassaient et la laissaient seule, parce qu\u2019ils avaient remarqué que leur gaieté redoublait cette tristesse intime.Bernard avait tendu spontanément les mains à Jacques : \u2014Sans vous, monsieur, nous serions en deuil, dit-il.Du jour où mon père nous a cerit que vous lui aviez sauvé la vie, si miraculeusement, je vous ai donné mon «unitié tout entière.Je ne l'ai pas prodiguée beaucoup jusqu\u2019à présent.[La voulez vous ?\u2014 Certes, et de tout mon cœur, dit Jacques.\u2014FEt moi, monsieur, dit Bernerette, depuis que vous êtes ici, je ne sais ce qui se passe en moi, mais il me semble qu\u2019un peu de l'affection que j'éprouvais pour mon frère s'en vn vers vous.Bernard vous a offert son amitié.Voulez-vous la mienne aussi ?Je ne l'ai jamais offerte à personne\u2018 \u2014Oh ! mademoiselle, dit-il en rougisssant, comment reconnaîtrai-je l'accueil qui west fait dans votre famille ?Je suis si peu de chose et je suis si loin de vous, \u2014 Si peu de chose, Jacques 7 tit le colonel avec reproche.Vous êtes un doux et loyal garçon : vous êtes en outre un brave soldat.Enfin, dans quelques mois, et sans même que vous ayez besoin \u201cde passer par l'école de Saint-Maixent, vous serez sous-lieutenant.Pourquoi dites-vous que vous n'êtes vien \u2014 Ajoutez à celn, monsieur Jacques, dit Berne vette, que vous serez bientôt le supérieur de mon frère, que c'est lui qui aura besoin de vous peut- être et qu'il faudra vous le recommander probablement, ajouta-t-elle en souriant.\u2014 Comment celu, mademoiselle ?\u2014Je m'engage dans le 1456, le régiment de mon père, dit Bernard.Je ne tiens pas du tout à passer par Saint-Cyr, je veux être soldat, pour mieux connaître les soldats, leurs besoins, leur esprit, leurs plaintes, ce qu'ils aiment, ce qu\u2019ils laissent, et pro fiter de mon expérience lorsque je serai officier moi-même, Cependant je passerai mes examens lorsque je serai sergent, pour entrer à l'école des sous-ofliciers.De cette façon je serai sous-lieutenant à peu près aussi rapi-lement que ceux de mes camarades du lycée qui entrent cette année à Saint- Cyr.À suivre EE POULE AUX ŒUUFS D'OR Une somme de $15,000 vient d\u2019écheoir a deux citoyens de Fairview.Le bille* No 64,385 au tirage du 11 février LE MONDE ILLUSTRE de la loterie de l\u2019Etat «le la Louisiane a gagné le prix pour J.S.Betta, de la maison Betts frères, marchande de grains, et L.G.Michener, agent à Chicago pour ls compagnie de chemin de fer Rock Inland et Pacitique.L'ar- ent à été payé immédiatement par la banque d'Etat de \u2018'airview.-\u2014 Fuirrieu (Kunsas), Rutreprise, {5 Mars.Avis aux mères.-Le \u2018 sirop calmant de Malame Winsiow\u201d est employé depuis plus de 50 aus par les mères pour la dentition dex enfants, et toujours avec un succès complet, II soulage le petit patient aussitôt, procure un sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u201c s\u2019é- panonts comme un bouton de fteur \u201d, Il est très agréable prendre, il caline l'enfant, smolit les gencives, enlève la louleur, arréte les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causce par la dentition ou autren nt.Vingt-cing cents la bouteille Banque Ville - Marie AVIS Est par le présent donné qu\u2019un dividende de trois et demi pour cent (34 ) payable le deuxième jour de juin prochain, a été déclaré pour le semestre zourant, sur le capital versé de ectte institution, Les livres de transports serout en conséquence fermés du 21 an 31 mai inclusive: ment.AVIS est aussi donné que l'assemblée générale annuelle des actionnaires de la dite D} nque, anra lieu en son bureau principal, a Montréal, MERCREDI le DIX-HUITJUIN prochain, à MIDI Par ordre du Bureau de Direction, U.GARAND.Caissier, Montréal, 21 Avril 1850.Banque Jacques Cartier DIVIDENDE No 49 Montreal, 23 avril 1890.AVIS est par le présent donné qu'un divi- den-le de THOIS ET DEMI peur cent, sur le capital versé de cette institution, a été déclaré pour le semestre conrant, et sera payable au Bureau de la Banque, à Montréal, le et après LUNDI, le deux Juin prochain, Les livres de transfert seront fermés du 19 au 31 Mai, les deux jours inclus.L'assemblée générale annuelle des actionnaires aura heu au Bureau de la Ianque, MERCREDI, le dix-luitième jour de Juin prochain, à une heure pm.Par ordre du Bureau, A.pe MARTIGNY.Direct.-Gérant.La Chovelure, c'est 1a Santé! 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