Le Monde illustré, 26 juillet 1890, samedi 26 juillet 1890
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS ! Ttux ANNÉE, No 325.\u2014SAMEDI, 26 JUI On an, $8.00 ee me.Six mois, $1.50 \u2019 y LLET 1890 a signe ANNONCES ° Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME à SABOURIN, PROPRIETAIRES.Pari PDU ee 10 emis Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie Bunnavx, 40, PLACE JACQUES CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour cnnonces & long terme - - TT TETRIS SER i : Soi vu ver à LA pat =, : Sow 0: Se o ge EN ST A TRAVERS LE CANADA.\u2014EGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE QUEBEC Photographie par Mme St-Hilaire.-Photo-gravure par Armstrong nee 194 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 26 JUILLET 1890 SOMMAIRE TExTE : Entre-Nous, par Léon Ledieu.\u2014 Les llessures demeurent, par le De R.Chevrier.\u2014Nos gravures.\u2014 Podsie : le jardin, par Edouard l\u2019ailleron.\u2014 Doux jours au lac Desrivières (suite et fin), par J.P.V.Du Sault.\u2014\"Fypes et races : Les Cinglalais, par Frédéric Did- laye.\u2014 La Mode, par Marjolaine.\u2014Nouvelles à la main.\u2014 À l'étranger, par 8.Dulary,\u2014Littérature : Le Romand'un enfant, par Pierre Loti.\u2014Au parc Soh- mer, par N.Durand.\u2014Primes du mois de juin : hste des réclamants.\u2014 Feuilletons Famille-Sans-Nom (suite et fin), par Jules Verne ; Le Regiment (suite).Découvertes et inventions (avec gravure).\u2014Choses et autres.GRAVURES : À travers le Canada : Eglise Saiut-Jean-Bap- tiste de Québec.\u2014 Portrait d\u2019un Cinghalais, \u2014 Salon de 189\u20ac : 1814.\u2014 Gravures du feuilleton.Primes Mensuelles du \u2018Monde Illustré\u201d tre Prime - $50 Sme \u201c - .28 Sme * .- 15 éme © .- 10 me \u201c .© ° 5 âme \u201c .4 me .- 8 fma Le 3 86 Primes, 8 $1 : - 86 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par rroix personnes choisies par l\u2019ussemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le firaye de chaque mois.Es voyages forment l'esprit et le cœur, a dit un vieil auteur, et comme je crois à la vérité de beaucoup de pensées exprimées par nos devanciers, j® me suis décidé à voyager, quoique vous ayant annoncé dernièrement que ze ne parlais 4 plus.© Je ne sais si mon esprit et mon cœur s'amélioreront beaucoup pendant mon excursion, mais il est certain que si peu que l'on se déplace on apprend aussitôt du nouveau.Isolé et campé au fond d'une de ces nombreuses baies qui échancrent la rive nord du golfe, je veillais pour la première fois au milieu d une famille de braves gens établie dans cet endroit presque désert, quand la conversation tomba sur les carcajous, Je n\u2019en ai jamais vu qu'un dans ma vie et celui- là est mort depuis vingt-ans peut être ; si l\u2019envie vous prend jamais de contempler à votre tour cet animal aux exploits fatastiques, vous n'aurez qu'à vous rendre un jour au club de la garnison de Québec, i) y en a là un fort beau, très bien réussi, à l'air un peu canaille comme tous ses congénères, mais peu À craindre puisqu'il est empaillé.J'avais déjà beaucoup entendu parler de ce qua drupède qui rendait des points à tous les renards et singes de la terre pour les tours qu'il joue aux LE MONDE ILLUSTRE animaux à deux pieds et sans plumes, genre homme, mais jamais j'avais été en relations directes avec un chasseur ayant vu, de ses yeux vu, los hauts faits de cet hôte des bois.*,* \u2014 Moi, monsieur, dit mon chasseur, je ne crois pas trop à ce qu'on me dit, mais bien à ce que je voie Un jour que j'étais dans le bois je trouvai un carcajou pris à un de mes pièges, je lui donnai un grand coup de hache sur la tête et je l\u2019étendis raide mort.Après avoir visité mes autres pièges, quel ne fut pas mon étonnement de voir mon carcajou debout et se disposant à couper la corde du piège, je repris ma hache, je lui en assénai un autre coup dréte sur la tête, je le tuai, je le mis dans un grand sac\u2014car Je me méfiais encore\u2014et je partis sac au dos.Monsieur, vous pouvez me croire, mais je n\u2019avaie pas fait un demi mille que je sentis tout à coup quelque chose qui mo grattait dans le dos, je mis mon sac A terre.; il était temps, mon carcajou avait déjà fait un trou dans le sac et allait déguerpir.Pour le coup.c\u2019est trop fort, que je lui dis, tu vas être pendu, mon vieux.Et je le fis ainsi, je pendis mon animal haut et court à une branche de bouleau.Au bout de quinze à vingt minutes, je le détachai enfin, certain qu\u2019il était mort, bien mort pour la troi sième fois, maif je me souviendrai toute ma vie «lu regard qu\u2019il me lança avant d\u2019expirer ; oh ! cet œil qui avait l'air de me dire: \u2018\u201c Va, si tu ne m\u2019avais pas pendu, j'aurais bien trouvé le moyen de me sauver encore une fois.\u201d Tenez, voilà sa peau.La peau ne me disait pas grand'chose, l\u2019intelligence qui l\u2019animait était absente, et je ne vis en elle qu\u2019une preuve à l\u2018appui de l'exactitude du récit de mon conteur.#,* \u2014On dit cependant que les carcajous s\u2019échappent parfois, même après avoir été pris au piège ?\u2014Parfaitement, monsieur, i' s\u2019en échappe même beaucoup.Le varcajou, voyez vous, si ce n'est pas du monde comme nous, c'est bien le diable en personne, car on n'ira jamais me faire croire que c'est un animal comme ma vache, votre chien ou mes moutons.(a jongle tout le temps, ou du moins, ça l'air de joug/er toujours à la manière de se tirer habilement d'un mauvais pas.Quand un de ces gaillards-1a est pris au pidge et qu'il à réussi à couper la corde ou à briser la chaîne qui le retient, craignez pas qu\u2019il essaye de se sauver en traînant le piège avec lui, car il sait bien que ça le génerait et que l\u2019on reconnaîtrait plus facilement ses traces ; non, il jette le piège sur son dos avec la patte prise, et c'est en trottant sur trois pattes qu'il s\u2019en va à travers bois jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait réussi à se déba- rasser du piège.oy Mais ce piège on finit toujours par le retrouver \u2014Pas toujours, car une fois dégagé, il prend le piège avec les dents et s'en va assez loin, souvent au plus épais du bois, jusqu'à ce qu\u2019il ait trouvé un arbre renversé près d'un cours deau ou d\u2019un ravin, Il monte sur l'arhre tombé va jusqu\u2019à l\u2019extrémité qui surplombe le ruisseau ou le trou, et là laisse tomber le piège.Plus de traces, plus rien.*,* \u2014 TI paraît aussi qu\u2019ils connaissent très bien les armes des chasseurs ?\u2014Tout comme vous, monsieur, sauf votre respect, et quand ils trouvent les fusils, les munitions ou les provisions d'un chasseur, ils s'emp-essent de détruire ce qu\u2019ils peuvent et de cacher le reste.Charles, le sauvage que voilà, peut vous le dire, les carcajous parviennent même à trouver les caches de fourrures malgré toutes les précautions prises pour en dissimuler les traces.Enfin pour vous dire le vrai, vs sont plus méchants que les hommes.Une des manœuvres les plus habituelles de ce bandit est de suivre le chasseur qui va tendre des pièges, mais généralement quand le trappeur revient sur ses pas il trouve tous ses pièges renversés ou brisés et l'appât mangé.Comme la plupart de sanimaux très rusés, le carcajou n\u2019est pas brave et fuità l'approche de l\u2019homme.Mais je pourrais vous en raconter ainsi de quoi remplir un volume que je n\u2019nurais prs encore tout dit.Chaque voyageur & son histoire et toujours on apprend un uouveau tour.Le carcajou devient plus rare, on ne peat pren dre les vieux qui sont trop malins pour les chauseurs et conane on ne détruit que les jeunes, la race tend à disparaître.Sa peau est assez estimée puisqu'elle vaut au moins cinq piastres.*,* Je ne suis si les maringouins lisent Le MoNpE ILLUSTRÉ, Mais leur conduite envers moi me porte à le croire.Depuis quinze jours que je vis entre la mer et le bois jo suis piqué, boursouf.flé, meurtri, entlé, écorché, brulé, dévoré, ensanglanté et je me sentirais démnangé de l'envie de leur décorcher les injures les plus cuisantes si je ne vous en avais déjà dit tant de mal, c\u2019est-à-dire tant de vérités.J'avais deux buts en me rendant aux Sept Des ou plutôt près des Sept Îles, rétablir ma santé délabrée et prendre du saumon, beaucoup de saumons, un de mes ais m'ayant aflirmé que le meilleur reniède était de faire la guerre a ce paisson distin gué ; j'ai pris une truite et je ne we sens pas mieux encore.Il est assez curieux de constater la male-chance ui poursuit constannnent les pêcheurs et les chas SOULS, Allez n'importe où, là où l'on vous a affirme qu'il y a beaucoup de gibier ou des bancs de pois sons, à votre arrivée il y cu à plus ou prou.-\u2014 Oh ! monsieur, dit notre guide, si vous étiez venu quinze yours plus tot, jamais on a vu autant de canarcls.\u2014\u2014Alors ils sont partis.\u2014Faut croire, puisqu'ils n'y sont plus.On arrive à la rivière aux saumons ou aux truites, \u2014oh ! mais, énorme poisson, Une rivière comme un des cours d\u2019eau de la Gascogne, \u201c où il n\u2019y a pas d'eau, rien que des poissons \u2019\u2014vous voila sur la rive, vous avez les meulleures lignes, des mouches incomparables, vous restez là des heures, des matinées, des après-midi, des journées eu tières ,.pas plus de poisson que d'howme dans la lune.\u2014 Dites donc, l'ami, mais il n'y à rien ici ! \u2014Je vas vous dire, l'eau est trop haute : mais qu'elle descende, le poisson montera, \u2014Quand croyez-vous qu'elle baisse 1 \u2014Peux pas dire.Des fuis elle reste haute tout l'été, des fois elle baisse.Merci, vous voilà bien renseigne.D'autres fuis nussi, c'est toujours dans la rivière voisine, dans celle où vous n'avez pas le droit de pêcher qu\u2019il y a le plus de saumons.Vous vous renseignez, c'est exactement lA 1nème histoire que là où vous êtes.44} Pourtant il ne me faut pas trop médire de la côte nord, car la mer est là, la mer, l'eau salée avec ses effluves et ses murmures.Hier, à la marée basse, j'ai trouvé un coquillage pas trop «létérioré\u2014car ici ln grève n\u2019est guere vou- verte que de débris informes\u2014et, en l'approchant de mon oreille, je me suis rappelé les jolis vers de Louis Ratisbonue.Joyau de I'Océan, gracicux coquilluge Qui semble être le berceau d'un lutin de la mer.Où l'esquif échoué d'une Ondine en voyage, C'est donc ici que t'a jeté le flot amer ! Pourquoi * Tu ne le sais.Sur la grève sonore Tu gis, taché de sable et de limon impur : Et lou peut voir a peine, inerte madrépore, Luire encor tes contours d'or, de nacre et d'azur.Mais tu vis ! Je t'écoute.\u2026 Il me semble, © merveille ! Que ton sein agité résonne entre mes doigts : J'entends s\u2019en exhaler, en approchant l'oreille, De plaintives clameurs, des sous confus, des voix.J'écoute de plus près : une rumeur profonde Domine incessamment le chant triste et joyeux, Et dans ton sein étroit, c'est l'Océan qui gronde, Qui groude continu, sour:l et mystérieux, Reste là sur le bord, buccin aux longs murmures Le flot t'a porté là ; le reflux t'y preudra ; La vague en t'emportant lavers tes souillures Et dans l'immeusité profonde te perdra ! LE MONDE -LLUSTRÉ 195 Ah ! l'homme est comme toi, pauvre perle marine, Jeté par une vague au terrestre élément, Et quaud il penche aussi son front sur «a poitrine, Mille voix de son cœur montent coufusément.\u2026.Hélas ! et comme toi, sur son triste rivage Il attend, tout souillé de limon et souffrant, Que le reflux le prenne à la terrestre plage Ët l'emporte à jamais dans l'éternel courant ! *,* Ce matin, on a signalé l'approche de plusieurs canote montés par des sauvages qui descendent des buis, de bien loin, pour venir suivre ls mission qui va avoir lieu aux Sept Iles ; nous nous rendons sur le rivage, deux coups de fusil retentirent et Charles, notre bon sauvage, pousse un long soupir et dit tristement : \u2014 Deux hommes sont morts.Comment cela, qu\u2019en sais-tu ! - Deux coups de fusil, c\u2019est le signal.Tes canots accostent, hommes, femmes et enfants débarquent en levant les bras et en poussant des cris de douleur.La chose est bien simple.Le gibier a manqué dans le bois, deux des chasseurs sont partis dans l'espoir de rapporter de quoi manger ; trois jours après, on les à retrouvés morts de faim, de froid et de faiblesse.Ils étaient mariés, l\u2019une des veuves à seize ans, l'autre à vingt, elles en paraissent quarante.-\u2014Et que vont devenir ces malheureuses ?\u2014 Filles se remarieront aussitôt que possible, me répond Charles.Que voulez-vous, dans la forêt comme à la ville, \u2018est la vieille, vieille histoire, il faut manger ou mourir.LÉ Pde , « ema\" LES BLESSURES DEMEURENT (HOMMAGE D'AMITIÉ A MELLE R.s.) L'homme, on le sait, est u.tissu d\u2019étrangetés et l\u2019inconséquence est la note marquante de sa vie.Il éclate en amers reproches contre le destin qui l\u2019a jeté sur cette terre de misère et dl\u2019ennui ; il nomme le monde un bagne dont il se dit le forçat ; il s\u2019écrie que le bonheur n'est pas d'ici bas et que rien n\u2019est fixe, hors le deuil et ln déception, qui sans jamais mourir planent éternellement sur le monde pour y choisir leurs victimes ou contempler leur ouvrage.Pourtant tout mortel un jour, de longues années peut-être, s\u2019est trouvé accablé d\u2019une félicité dont il s'est grisé, n eu à sa portée des urnes pleines où il a savouré toutes les ivresses.Mais pourquoi (lonc a-til oublié ce temps le fortune où rien ne manquait à ses vœux, ces heures de soleil et de chansons alors qu'il battait de la semelle de son soulier un sentier de dictames et de fleurs ?Pourquoi n'\u2019a-t-il plus souvenance de ces jours où toutes les fibres de son être, vibrant comme sous un archet divin, entonnaient un enthousiaste refrain de gratitude, d\u2019amour ou de liberté?C'est que les plus beaux jours ne sont pas ceux là que l'on se rappelle le mieux.Les joies glissent sur l\u2019âme, la douleur l\u2019écorche, les sourires passent, mais les blessures demeurent.C'est qu\u2019une seule nuit de souffrance a suffi pour effacer en nous le souvenir de tout un passé radieux, de vingt ans de bonheur et d'insouciance.C'est qu\u2019enfin il en est des choses du cœur comme des choses de l'imagination.N'est ce pas que vous avez dû souvent, dans les jours d'été, contempler vers le soir le soleil qui s'accoude au bord de l'horizon de pourpre ensanglanté et quelle magnifique beauté, quel charme profond n'avez-vous pas trouvé à ces nuances variées et miroitantes dont il habille la nature et les cieux ! Les ruisseaux et les gouffres boivent sn lumière avec avidité, les nuages s\u2019en saturent, les fleurs penchées comme pour dormir l'absorbent et s\u2019en gricent.Vous avez vu les vagues de la mer chuchoter le dernier baiser du soleil à leurs sœuru qui le rendaient aux rives.Et tous les soirs ainsi, durant des semaines et des mois, vous êtes venue assidûment sur la grève écouter cette monotone cantilène de la mer qui pleure à l'astre du jour, qui sombre lentement dans sa large alcôve d\u2019azur, d'or ot de feu! Vous vous êtes tait une habitude de ce tableau grandiose et vous ne sungez guère que l'orage peut surgir et changer ce riant spectacle en une scène de désastre et d'horreur.Mais que soudain des groupes de nuages lourds et noirs accourent en un coin de l'horizon bleu ; que le vent pris de vertige les pousse et les entasse comme un troupeau de daims affolés ; que la mer se creuge en abîmes, qu'elle se couvre «de naufrages et de débris et que ses vagues blanchies viennent rugir sur la grève souffletée ; que «es sillons de feu, rouges, jaunes ou violets, crèvent les nues sombres et déchaînent les grondements du tonnerre et les colères de la pluie ; que les arbres soient brisés, les moissons annéan- ties ct les chemins dévastés, où seront alors vos émotions ressenties de nombreuses fois au bord des grèves chantantes, sous un ciel paisible et pur?N'est-ce pas que cette tempête vivra plus longtemps en vous que le souvenir de vos jours de tranquilité et d\u2019enchantement, si toutefois elle ne l\u2019efface pus entièrement ?.Voyez-vous encore, aux jours d\u2019hiver, ces couples enlacés auprès d\u2019un feu pétillant.Comme ils suivent des yeux les caprices de la flamme qui serpente autour de la grille ou s\u2019engoutire dans la cheminée avec un bourdounement dolent et grave ; comme ils écoutent, entre le bruit joyeux de leurs baisers, le craquétement sonore des tisons qui se fendillent sous une combustion ardente.Et jusqu\u2019à ce que la dernière langue de feu agonise dans un dernier spasme, jusqu\u2019à ce que la braise disparaisse sous la cendre, ils restent là rapprochés, frémissants et heureux.Ils couvent mille projets, dorlotent des rêves, de leurs désirs font des espé- rauces, escomptent l\u2019avenir, comme des enfants et devant cette innitié de nuit si doucettement envolée ils savourent d'avance les inystères et les extases «le l\u2019autre zioitié.Jusqu'à la fin des jours de neige et de frimas ils ont ainsi goûté ce que la vie a pour nous de plus exquis\u2014 une félicité partagée.Mais toutes ces soirées sans clameur, suaves et prolongées s\u2019évanouiront comme un rêve à ln vue d'un incendie où la flamme qui siftle et que le vent chasse en tourbillons s'enroule autour des piliers, ron;e et dévore les ais et les fenêtres ; où les charpentes consumées ont de longues plaintes et des cris aigus avant de rompre et s'etfundrent enfin avec fracns ; où les murs encure debout, et qu'on dirait une porte de l'enfer ouverte vomissent à la face du ciel une noire colonne de cendre et de fumée ! Ce sinistre fera une impression durable sur leur imagination et le temps ne saurait l\u2019atténuer.C'est encore pour la wéme raison que vous retiendrez trés longtemps un danger que vous avez couru, un accident qui a failli vous coûter la vie, un moment d\u2019adieu ou un de ces jours de deuil on Fame semble devoir succomber sous le coup qui la frappe.Sans doute vous gardezen vous le souvenir de tendres félicités, souvenir qui vous berce dans un rève fait à la fois de regrets et d'aspirations.Mais ce souvenir d\u2019abord vivace en vous pitlira peu A pou, se perdra dans les brouillards de l'oubli comme sous la distance et la brume dispa- rait une voile que l\u2019on suit des yeux sur la mer où la brise l'emporte.C'est que les joies glissent.sur l'âme et que la couleur l\u2019écorche en passant ! Oui, les déceptions creusent un profond sillon au cœur de ceux qui les éprouvent et l'heure où vous avez senti tous vos songes s'enfuir comme un vol d'oiseaux vifrayés, où vos rêves se seront heurtés à l'angle du temple de la nécessité ; l'heure de ce naufrage où vous n\u2019avez pas môme sauvé l'espérance d'espérer encure ; cette heure où vous vous êtes vu seul, isolé, sans foyer comme sans amis, meurtri et sans courage vous est présente à l\u2019esprit jusque dans ses moindres détails.Vous pouvez égréner un à un les sentiments qui vous ont assailli ; rien ne vous échappe.Comme vous vous cramponniez À la moindre pensée de salut ; comme vous avez pleuré, le front dans vos mains et les coudes sur la table, et toute la nuit peut-être vous donniez à vos projets croulés, à vos châteaux renversés vus sanglots comme glas funèbre ! Comme votre courage a faibli, comme le cœur vous s manqué ! Le ciel vous somblait injuste ou sévère ; Vous avez failli blasphémer ; vous avez- même voulu mourir et si vous vous le rappelez si bien c'est que les sourires passent et que les blessures demeurent, c\u2019est que le bonheur à l'aile rapide et les pieds légers et que la souffrance a le pas lourd et la main rude.Habituons-nous donc à déguster longuement, à savourer en gourmets, jusqu'à la dernière goutte, ce qui nous est versé de joies et de jouissances.Et ainsi nous serons forts quand viendront les mauvais jours Emplissons notre âme de choses senties et aimées et nous Fourrons dire aux années écou- ées, quelque soit le présent : Mon cœur à plus de feu que vous n\u2019avez de cendre, Mon âme a plus d'amour que vous n'avez d'oubli.9 À Gène Juillet 1800.NOS GRAVURES 1814 Le \u201c1814\u201d de M.Meissonier, dit Le Monde Chrétien, de Paris, attire en ce moment la foule au Salon du Champ de-Mars, après avoir été l\u2019un des grands attraits de l\u2019Exposition centenale l'an dernier.L'œuvre n\u2019est pas nouvelle pourtant, puisque sa première apparition remonte au Salon de 1864 ; d\u2019où vient donc cette curiosité du public ?Elle est la conséquence du prix fantastique que vient d\u2019être payée cette toile, dont M.Chauchard s\u2019est rendu acquéreur pour la bagatelle de 850,000 francs ! !! Jamais tableau ne fut acheté un tel prix du vivant de l\u2019artiste ; la Madone de Bletn- heim fut vendue 1,200,000 francs, il y a quelques années, mais comme chacun sait Raphaël est mort depuis longtemps ; l\u2019Anyelus de Millet, dont les enchères récentes firent grand bruit, n\u2019atteignit que 500,000 francs ; où s\u2019arrêtera-t-on dans cette voie ?Pour peu que cela continue, il n'y aura que les princes et les millionnaires qui pourront s'offrir le luxe de quelques centimètres carrés de toile recouverte de peinture, le cadre seule restera abordable aux petites bourses.Malgré les défauts de détail assez nombreux, l'impression générale de l\u2019œuvre de M.Meissonier est saisissante.Le drame lugubre de la campagne de France se «déroule dans un espace de deux pieds carrés.Sous un ciel gris, dans un chemin détrempé par la neige fondue, l'Empereur s\u2019avance, sombre et triste ; Ney, presque souciant, chevauche à côté de Berthier harassé de fatigue et de froid, l\u2019armée suit dans un désordre qui sent la défaite et le découragement, L'ensemble constitue une des plus belles pages qu\u2019ait signées M.Meissonier, mais tout en comprenant le désir qu\u2019éprouve un millionnaire de la posséder, il nous semble que 850,000 francs est une fort julie somme.ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE QUÉBEC Nous publions aujourd\u2019hui parmi nos gravures une vue de la nouvelle église St-Jean-Baptiste, certainement un des plus beaux temples religieux du Canada.C\u2019est un véritable honneur pour la vieille et historique cité de Champlain de le posséder.Les paroissiens et le curé méritent des éloges pour l\u2019esprit de fui qu'ils viennent de montrer en cette circonstance.La nouvelle église occupe le site de l'ancienne, incendiée le 9 juin 1881, c'est-à-dire l'arrondissement compris par les rues St-Jean, Deligny, d\u2019Aiguillon et Ste-Claire.Notre gravure est d'après une photographie de Mme Ste-Hilaire, 220, rue St-Jean, Québec.i LE JARDIN Je passais, \u2014j'entendis de la route pondreuse ue derrière le mur on riait aux éclats, \u2014 t je pouisais la porte.\u2014A travers les lilas, Voici ce que je vis dans la maison heureuse : Un tout petit enfant essayait au jardin, Au doux euchantemeut de sa m\u2018re ravie.Dans le parterre en fleur etaur le gazon fin, S3s par, \u2014les premiers pas qu'il eÂt faits dans ea vie.Cher amour ! il allait tout tremblant, il allait Avangaat au hasied son pied mignon et frèle, Héaitant et penché, si faible qu'il semblait Que le papillon dût le renverser de l'aile ; Impatient pourtant, égratignant le sol De son pas inquiat, avec l'ar-leur étrange Et les trém mussemeants d'oiseau qui pren-l son vol.Dans les petits enfants, il ruste encor de l'ange ! Et lui, se pimant d'aise à ce monde inconnu, Suivait l'oiseau qui vole ou purlait à la rose, Et tout en gazouillant quaique charmante chose, Qavrait toujours plus gran-l son œil ingénu.Et l'on voyait alors les spleadours de l'espace, Et les can lsurs du ciel et les gaietés de l'air, Es fuira 6: 7 ti luit et purassr es qui passe Daud le tout petit ciel ds cet œil pur et clair, Parfoia, il s'arc\\tait, tournait un p>u la tôte Vera s« uère 0\" çusillease et toate à l'a lmirer, Et repsrtait avac de grands rires do fètes, Ces rires si joyeux qui vous en fout pleurer ! Oh ! las m*re, elle était à ne pouvoir décrire Avec son geste avide, anxieux, étonné, Et de tant son amour couvrant son nouveau-né, Et marchant de son pas et riant de son rire ! Elle suivsit ainsi courbde et pas à pas, R+garlurt par instant, dans un muet délire, Ut ho a ne assis plas loin, et qui feignait de lire, Et suuriæmit, \u2014croyant qu\u2019ou ne le voyait pas : Peut-être le mari, sans doute le père, Qui tâchait de porter l'ivresse dignement, Et dont les doux regards allaient furtivemant De la mbre a l'enfant, de 'eafant i la mère.Et par ce baau soleil flottait sur tout cel Je ne sais qu d'ému que le printemps apporte.J'entendis le Bonhsur murmurer : \u2018\u2018 Je suis là ! \u201d Et je sortis rèveur\u2014en fermant bien la porte.« Epovarp PAILLERON, DEUX JOURS AU LAG DESRIVIERES (Suite et fin) Le tonnerre grondait toujours, nais en s'éloi gnant, et le vant, qui gémissait tristemant A présent au lieu de mugir avec fureur, annonçait la fin de la tempête.Une damie heure après, un calme n profond se fit que nous entandinns les gouttes de pluie qui, de feuille en feuille, retombaient sur le sol.grenouilles bœufs recommencèrent leurs coassements mon-itones, les oiseaux, leurs concerts harmonieux : tous les hôtes da In forêt saluaient, chacun à leur manière le retour du heau temps.Haueusement que notre provision d'étoffe du p 1ys n'était pas épuisés ; nous en avions grandement besoin pour combattre l'humidité extérieure et nous remonter le moral.Après que chacun de nous elit caressé amoureusement notre gourde, nous nous mî:nes en devoir de faire du feu et de préparer notre repas, car nos estomacs, après tant d\u2019émotions violentes, crinient famine.orsque nous fâmes suffisamment lestés, mon frère se mit en quête de gibiers à poils, car il ne désespérait pas encore de sa vieille carabine ; mon beau-père se chargea de faire notre provision de combustible pour la nuit.Resté seul au camp, j'installai mes engins de pêche et me proposai de capturer maintes truites.Une demie, heure ne s'était pas encore écoulée depuis le départ de mes compagnons que j'avais déjà retiré des profondeurs du lac, cinq LE MONDE ILLUSTRÉ magnifiques poissons digues de figurer sur la table d'un prince.Le père sa provision de bois faite, était allé au devant de notre chasseur, Depuis quelque temps déjà, le soleil avait disparu à l'horizon ; la nuit commençait à étendre sou voile ténébreux sur la forêt, et les eaux tranquilles du lne, qu'aucune brise n\u2019efleurait, paraissaient noires comme de l\u2019encre.Les wawarons (Rana mugiens) recom- mengaient leurs comsements monotones.Un des plus vieux donna le ton, avec sa voix de basse taille, puis vinrent los ténors ; les jeunes, avec leur voix de fausset, complétérent le concert, qui ne manquait pas de charmes et \u2019harmonie [Une sourde rumeur commençait à se faire entendre sous la feuillée ; les hôtes de la nuit, aux formes fantastiques, quittaient déjà leurs sombres retraites, à la recherche d'une proie.Une nouvelle vie mystérieuse et pleine d'ombuches, sucuédait à la vie bruyante et ensoleillée, aux coucerts harmonieux du jour.Au loin tout à l'entour du lac, les arbres commençaient à se confordre uvec les ondes et formaient une ceinture de verdure sombre.Je fus tiré de la douce rèverie dans laquelle j'étais plougé par ln voix peu harmonieuse de mon frère, qui chantait à plein poumons \u201c La cantinière du régiment \u201d composée par un soldat du Gde, et qui renferme autant de couplets qu'il y avait de troupiers dans le régiment.Le promier dédié au colonel, se lisait comme suit : La cantinière à un beau toupet : (bis) Cela dépenid da colonel Quimet ; (bis) Le colonel Ouim-t est militaire, Vive la jolie cantinière ; Gauche, droite, tire à côté La cantinière du quartier.Il s\u2019interrompit brusquement au beau milieu du troisième couplet qui promettait bien.Un coup de fusil, répercuté longuement par les échos d'alentour, retentit presque assitôt clans la forêt.J'escaladai lestement le talus au pied duquel je me trouvai ; il me tardait de savoir si la vieille carabine avait été plus heureuse cette fois, si notre chasseur avait trouvé à qui parler.À peine étais-je parvenu au sommet que j'entendis distinctement le bruit d'une course échevelée à travera bois, et quelques instants après, je vis apparaître mes deux compagnons, dont les traits respiraient une grande frayeur.En m'apercevant, ils me crièrent de les suivre si je tenais à la vie ; mais quant À les imiter, je n\u2019en avais nulle envie ; il m'eût été difficile, pour ne pas dire impossible, de suivre mon frère, qui nageait vigoureusement dans la direction de l'île, et j'aurais été embarrassé pour en faire autant.Le père, qui comma moi, ne savait pas nager, s\u2019était arrêté à mi chemin, ayent de l\u2019eau jusqu'au cou.Un bruit de branches cassées, venant du taillis voisin, In\u2019annonça qu'il était grandeuient temps de prendre une décision.Il me répugnait du reste, souverninement de me trouver en tête à tête et sans armes, avec maître Martin.De lui échapper par la fuite, il n\u2019y fallait pas songer ; je ne me sentais pas de force à lutter de vitesse avec un si redoutable adversaire.En désespoir de cause, je grimpai lestement dans un sapin haut et touffu qui se trouvait sur le bord du lac, et me cachai de mon mieux dans l'épaisseur du feuillage.Dr mon poste élevé j'explorai anxieusement les lieux environnants ; dans la demi obscurité qui régnait en ce moment, il me semblait apercevoir, sur la lisière du bois, la sombre silhouette de Pours, qui paraissait être d\u2019une grosseur prodigieuse.Le feu de notre campement devait avoir pour effet de le tenir à distance car il ne bougeait plus.Un beuglement long et plaintif, paraissant venir du même côté, me fit avoir ces doutes sur l'identité de notre ennemi ; s\u2019étant rapproché quelque peu et se trouvant maintenant dans le cercle de lumière, je reconnus bientôt que notre prétendu ours était tout simplement une génisse, du plus beau noir, qui probablement s'était fourvoyée.Je dégringolai de mon arbre et m\u2019empressai de rassurer le père, qui ne se décida à attérir que lorsque ja lui eus donné de visu la preuve de notre erreur.Mon frère, que nos éclats de rire rassuraient complètement, nous eut bientôt rejoints.Cette dernière alerte combla la mesure et nous fit prendre en aversion lo lac Desrivières, que , À nous trouvions si pittoresque et si beau la veille.Comme la lune apparaissait à ce moment & I'horizon, nous nous empressâmes de plier armes et bagages\u2014ce qui ne fut pas difficile et pour cause, \u2014pour retourner dans le Trousnack à la faveur de la nuit, Vans scandaliser par notre demi nudité le beau sexe du voisinage et devenir ls risée de ceux qui, ls veille, nous svaient vus partir si bien lestés et si joyeux.Après avoir marché à travers bois jusqu'à deux heures du matin, nous nous retrouvâmes sur les bords du même lac que nous venions de quitter.Il fallut bon gré mal gré attendre le jour pour nous orienter.Loraque l'aurore de cette longue nuit apparut enfin, nous repartimes de nouveau et finîmes par retrouver notre chemin.À l'apparition des premières maisons nous fimes halte, pour aviser au moyen de compléter le costume du père, À qui il manquait, comme vous le savez, ce vêtement indispensable, que nous appelons culotte ou pantalon.Je fus obligé de lui prêter ma chemise qu\u2019il s'enroula autour des reins.Nous marchâmes ensuite à la file indienne, moi en tête, le parapluie ouvert, pour cacher s'il est possible, notra piteux état et notre identité.Arrivés à la première maison nous nous mîmes de front, notre riflard tourné vers elle.Malheureusement cet excès de précaution même, nous fut fatal, car nous n\u2019étions pas encore parvenus à la seconde qu\u2019une demi douzaine de bambins qui s'ébattaient joyeusement dans le chemin s'enfuirent épouvantés et allèrent donner l'alarme.Aussitôt portes et fenêtres se fermèrent avec fracas ; nul doute qu\u2019on nous prenait pour des fous échappés do quelque asile, ou tout au moins pour des êtres dangereux, car cinq ou six hommes sortirent bientût des maisons environnantes, avec l'intention évidente de nous capturer ils étaient armés de gourdins et l\u2019un d'eux tenait à la main un paquet de cordes.Devant cette attitude hostile, nous primes nos jambes à notre cou et détallâmes à travers champs comme si nous eussions eu à nos trousses tous les diables de l\u2019enfer.Le père, que ma chemise génait pour courir, s'en débarrassa prestement et prit une allure si rapide que nous eûmes peine à le suivre.En jetant un regard derrière moi je m'aperçus avec effroi que nous perdions du terrain et que le nombre de nos poursuivants s'était augmenté de 3 ou 4, dont une femme, armée d\u2019un balai et qui poussait des cris de paon.Deux chiens, qui, heureusement pour nous, étaient de petite taille, s'étaient mis de la partie et retardaient beaucoup notre course.Nous nous dirigeâmes en droite ligne vers la demeure de mon oncle, qui par bonheur se trouvait peu éloignée.Une couple d'arpents nous séparaient encore de ceux qui étaient À nos trousses, lorsque nous fîimes si brusquement irruption dans l\u2019unique appartement qui composait le logis, que ma tante, affulée, et ne nous reconnaissant point, escalada l\u2019appui d\u2019une fenêtre et s\u2019enfuit en poussant des cris perçants tandis que les enfants, à demi morts de frayeur, se blottirent sous les lits.Nous escaladdmes l'échelle qui sert à monter au grenier et baricadâmes solidement la trappe.Il étuit temps car une vingtaine d'hommes, temimes et enfants se trouvèrent bientôt réunis autour de la maison et faisaient un vacarme épouvantable nous criant sur tous les tons et de toutes les manières de capituler.Le père, après avoir complété son costume à même les défroques suspen-lues dans notre réduit, ouvrit l\u2019unique fenêtre qui s'y trouvait pour parlementer.ll n\u2019eut point le temps de placer un mot car son apparition fut saluée par d'homériques éclats de rire.Cette explosion de gaîté nous rassura complètement, aussi nous empressimes- nous de sortir de notre forteresse inprovisée pour invectiver contre nos acharnés chasseurs qui nous avaient enfin reconnus.Pas n'est besoin d'ajouter, amis lecteurs qu'après avoir complété notre garde-robe, nous embarquâmes dans le premier train à destination de Montréal et que nous arviviines chez nous honteux et confus juraut, mais un peu tard qu\u2019on ne nous y prendrait plus.f 2 Dee Sale » LE MONDE ILLUSTRÉ ra TYPES ET RACES \u2014 LES CINGHALAIS Les habitants de l\u2019île Ceylan qui doivent leur nom de Cinghalais à une des ancicnnes dénominations de leur ile,Cinghala, ne sont séparés du territoire asiatique que par le détroit de Falk, d'une largeur relativement minime.Malgré cette proximité ces habitants présentent des caractères typiques qui les distinguent des Indour du continent.a taille des Cinghalais, quoique très harmonieuse de proportions, ne dépasse guére la moyenne.Leur contigurat ion physique les rattache à la grande famille âryenne.Même ovale \u2018du visage, mêmes traits délicats et efféminés.Leurs cheveux fins, lisses, doux, toujours, noirs, connne leurs yeux, et conservés dans leur longueur, sont relevés sur le sommet de la nuque en manière de chignon, retenu par un énorme peigne d\u2019écaille.La partie supé rieure de ce peigne, artistement ouvrée, dépasse le hautdelatête.Un autre peigne, plus petit, semi- circulaire, comme en ont chez nous les petites filles, ramène les cheveux en arrière du front.Ce peigne est un signe distinctif de la race.Le Cingha- lais le plus civilisé tient à honneur de le garder.1! revét au besoin le costume européen, mais ne quitte pas ses peignes.Il reste toujours et quand mémo l'homme aux cheveux de femme, appellation par laquelle, il y & plus de dix-sept siècles, Ptolé- née désignait les habitants de Ceylan.Les CINGHALALS, \u2014 Le peigne est le signe distinctif de la race La tête des Cinghalais est gracieuse, jolie même, surtout depuis les croisements fréquents avec les Tamouls et les Arabes.Toutefois leur regard conserve cette sorte «le timidité inquiète, résultat des coutumes oppressives de l\u2019Urient.Chose rare, ils allient une imitation vive à une gravité de pensée étonnante.Qualité énorme, grand défaut aussi, car cette imagination constamment infixée, toujours égarée sur tout et partout, les habitue à se soumettre sans résistance aux événements et à apprécier les choses plus par l'impression ressentie à la minute présente que par un raisonnement serré, suivi et logiquement déduit.De la ce vague, ce manque de précision dans leurs idées.D'ailleurs, à la timidité du regard, deux traits caractéristiques se rattachent : une grande douceur et un manque total d'énergie.Est-ce le climat qui le veut Ÿ Peut-être.Mais jusqu\u2019à ce jour rien n'a pu vaincre la mollesse, l'insouciance, la paresse même des Cinghalais.Ces défauts s'accentuent d'un manque de franchise, de bienveillance et de générosité, conséquence naturelle d\u2019une longue succession de gouvernements tyranniques et d\u2019une absence de contact avec les étrangers, due à lu conti- guration topographique de leur île.Depuis que les Européens fréquentent, vivent et colonisent à Ceylan, l\u2019intelligence des Cinghalais s'est accrue ; seulement, cet accroissement n\u2019a servi qu'à augmenter leur pusillanimité un peu basse et à développer leurs intincts de ruse.+ Le costume national, bien en rapport avec le climat, ae conforme aussi aux habitudes indolentes et cusanières de ce peuple.ll consiste principalement en un cowboy, simple morceau d\u2019étofle blanche ou de couleur dont ils roulent une partie autour de leurs reins et laissent towber l'autre jusqu'aux pieds.La vivacité des tons du cowboy relève les chaudes tonalités de leur peau qui rappellent, à s\u2019y méprendre les plus beaux échantillons de bronze florentin, Les \u201cbourgeois\u201d et les Cingha- luis des côtes complètent cet accoutrement primitif en enferimant leurs jambes dans un fourreau étroit et en vêtant leur torse d\u2019une petite veste blanche ouvertesur la poitrine.La tête reste toujours découverte, les pieds le plus souvent nus et à leurs oreilles pendent de larges boucles.Les nobles remplacent la veste par uue jaquette droits Loutonnée jusqu'au cou et chaussent leurs pieds de bas et de pantoufles.Des lois somptuaires détesminent au veste le vêtement spécial à chaque clusse de la socicté, malgré l\u2019abolition des castes prononcée pur le gouvernement anglais.Quant aux femmes, elles se distinguent des hommes par l'absence complète des deux peignes d\u2019écaulles traditionnels et pur la substitution, a la veste, d\u2019une légère camisole fermée sur la poitrine, tuais assez courte pour laisser à nu le haut des hanches et Ja chute des reins.Cette ditlérence insensible dans le costume et cette absence de peignes donnent souvent lieu aux quipropos les plus bizarres.Que de fois n\u2019a t-on pus vu des étrangers,peu au courant de cette popularité, débarquer à Ceylan et se précipiter à la suite d'un homme avec l\u2019espérance intime de voir au plus vite une jolie Cingha- laise ! Quel désenchantement lorsque le poursuivi se retourne et montre au poursuivant uu visage mâle ornementé d\u2019une superbe barbe noire ! La langue cingalaise n'est pas un idiome, mais bien une langue particulière ue dérivant ni du sanscrit ni du pali, et certainement aussi ancienne que ces deux-là, puisque Mihindo, trois siecles avant notre ère, préchait déjà les doctrines boudhistes en langue cinghalaise.Toutefuis, on parle aujourd'hui à Ceylau la langue élou, dans laquelle ce qui à rapport aux besoins quotidiens s'exprime avec des mots cinghaluis, tandis que ce qui touche à la religion est désigné par des mots pali, entremélés d'expressions telougous introduites durant la monarchie malabare.L'élou est d'une grande ri cherse, d\u2019une élégance incontestable et bien plus douce que les langues du sud de l'Inde, malgré la prédominence des sons gutturaux.L'écriture en est phonétique, ce qui sutlirait à nous donner une idée de la haute civilisation autérieure.La religion dommante est le boudhisme, celui qn\u2019an retrouve dans la presqu'île Indo chinoise et dans le sud de la Chine.Aujourd'hui les Cinghalais des côtes commencent à s\u2019adonner, tant bien que mal, au commerce et à l'industrie.Ceux des montagnes montrent toujours une répulrion native pour ce genre d'uccupa- tion.Gardant pour leurs chefs nationaux le respect d'autrefuis, ils demeurent attachés à leurs anciens usages,se dérobent autant que possible à tout comtuerce avec les coluns anglais, cachant leurs villages loin des sentiers battus, en pleine jungle.L'aspeet d'une rivière là où rien ne lu faisait supposer, et la présence de quelques cimes cle cocotiers, dénotent seules l'existence d'habitations humaines.Il faut espérer qu'avec letemps cette attitude farouche perdra de son absolutisme.Les bienfaits tout au moins matériels des relations internationales, solliciteront peut être ces enragés de solitude.11 ne faut pas se dissimuler, cependant, ln lenteur inévitable et «lémesurée de cette action.La nature, en effet, « rassemblé à profusion tant de richesses à Ceylan, que les rapports d'homme à homme ne se présentent point comme nécessaires, bien qu'ils puissent être assurément utiles au bonheur de tous.FrépÉRIC DIDLAYE.SE Le but du tlatteur est de plaire ; celui de l'ami est de se rendre utile.L'amour-propre est flatté des hommages, la vanité les publie.\u2018 La fin ne justifie pas les moyens ; on n'arrive pas su bien par le mal.LA MODE On aura beau faire, les jupes droites sont et seront encore pour quelque temps les préférées ; mais on commence, i est vrai, à les faire bouffer légèrament sur les hanches et à les garnir du bas, soit par de ruchés ou volants de soie déchiquetée, soit par de la dentelle noire, ou encore on les orne de diaperies relevées par des choux de velours, de ruban piqués de distance en distance.Les jupes de taffetas glacé se garnissent beaucoup de hauts volants froncés, en tulle à pois ou dentelle noire ; un volant de cette même dentelle forme aileron sur les épaules.Cela nous sort un peu de l'uniformité des robes plates, et cette nouvelle garniture de corsage donne à celles qui n'aiment pus sortir complètement en taille l\u2019illusion d'un mantelet de dentelle.La batiste et la mousseline se portent de plus en plus ; jamais on n\u2019en avait vu une telle quantité et de tuns si ravissante, rosé, bleuté, mauve jaune, etc.; sur les toilettes claires, la dentelle nuire fait surtout un bien joli effet.J'ai vu vne robe de batiste rorée vrnée de deux volants de dentelle noire ; eur le corrage, l'arrangement de dentelle furmait geure fichu Mami An.tomette ; c'était charmant et bien facile 4 orga- nixer soi-même eur n\u2019iu:porte quelle toilette d'été.La vogue des collerettes de tulle, tours de cou en plumes d'autruche ou plumes de coq de toutes couleurs, va en augmentant ; on noue ces boas derrière le cou avec «le longs rubans appelant l\u2019ancien \u201c suivez-moi \u201d.C\u2019est seyant, mais bien chaud ; la mode a des exigences auxquelles la coquetterie nous fait soumettre et qui ne sont guère de saison.Bien d'entre vous, cheres lectrices, aimuez, je suis sûre, quand vous êtes à la campagne, faire vous- mêmes voire cueillette de fleurs ou de fruits ; il vous faut pour cela avoir un charmant petit tablier qui préservera votre robe.Vous le garnirez de plusieurs pochettes dans lesquelles vous pourrez déposer votre récolte, et vous le ferez en batiste ou fine toile écrue, orné de broderie russe.Ces tabliers se font de mille formes différentes ; c'est un charmant travail que toute femme voudra arranger elle méwe a ea funtaisie, en lui dunnant son goût particulier.MARJOLAINE.NOUVELLES A LA MAIN Petite devinette : \u2014 Quel rapport y a-til entre un afficheur, un chemirier et un jeune elève ?1 \u2014{11 \u2014L'atficheur travaille dans les colles, le chemisier dans les culs, l\u2019élève dans l\u2019école.* * * La leon d'histoire.L'élève (lisant) : \u2018* Lorsque les anciens Romans veutaient leur fin prochaine, ils se drappuient dans leur toge et attendaient ln mort.\u201d Au prufesseur.\u2014 Et si elle ne venait pas ?Le maître : \u2014Eh bien ! ulors ils se déshabillaient ! ++ * Un monsieur vient de faire sa demande en mariage : \u2014Vous voulez épouser une de mes filles ?\u2014Oui, monsieur, c'est mon vœu le plus cher.\u2014Je donne 50,000 francs de «lot à la plus jeune, 100,0U0 à ta secunde et 150,000 à l'ainée.\u2014 Vous n\u2019en auriez pas une plus âgée, par hasard ?+ * Dans un groupe.Je me déguiserais bien, mais on me reconnal.trait, fait un nionsieur aux apparences naïves.\u2014Ni vous voulez suivre mon conseil, vous pouvez tr's bien vous déguiser sans craindre cet inconvénient, réplique un autre.\u2014Dites 1 \u2014Prenez un air intelligent ! Tête du monsieur, a, Tn Ee ane eet cased np 198 \u2014 A L'ETRANGER \u2018y a Dans une récente chronique, il était question des femmes électeurs et conseillères municipales.Etre électeur et même conseiller municipal, cels ne demande pas tout l'esprit du monde ; je ne vois pas pourquoi les femmes ne seraient pas aptes à gérer les affaires communales, puisqu'elles savent, d'ordinaire bien administrer leurs affaires domestiques.Mais voici qu\u2019on nous cite des exemples qui militent plus fortement en faveur de l\u2019égalité des sexes devant la loi.Ce n\u2019est plus en Amérique, mais en Angleterre, qu'une jeune fille vient de battre tous ses concurrents dans un concours, et dans un concours de mathématiques, science à ln- quelle on croyait jusqu'ici l'entendement féminin peu ouvert.A Cambridge, les étudiants terminent leurs études par un examen sur les hautes mathématiques, qui sont en grand honneur dans cette Université.Cette année, le prix, comme d'ordinaire, à été donné à un étudiant, car les jeunes filles ne prennent part au concours que d\u2019une façon platonique, mais les examinateurs ont proclamé que, sans la rigueur des règlements, ils eussent accordé la palme à miss Fawcett, une gracieuse étudiante.éjà, il y a trois ans, miss Ramsay avait obtenu semblable succès sur le terruin de la culture classique.Mais le triomphe de miss Fawcett dans le domaine des mathématiques est plus probant en faveur des aptitudes féminines.N'\u2019est-il pas singulier d'entendre les juges d\u2019un tournoi, en nommant le vainqueur, déclarer qu'une femme l'a pourtant vaincu Ÿ Et, pour peu que ce vainqueur ait l'âme bien placée, quelle humiliation de ne devoir sa place qu'à la barbe de son menton.Toujours est-il, mesdames, que votre cause est en bonne voie de l\u2019autre côté de l'Atlantique.Déjà les femmes ont pénétré dans les Conseils scolaireset les Conseils communaux ; elles siègent de fait dans les Conseils de comté ; elles prouvent maintenant qu'elles peuvent rivaliser non sans succès avec le sexe fort, dans les luttes de l\u2019esprit où les qualités soi-disant viriles, sont les plus nécessaires ; elles auront bientôt forcé toutes les portes.Réjouissez-vous donc !.Mais non ! La femme française, heureusement, n\u2019aspire pas à devenir bas-bleu : elle a mieux à faire que cela et c\u2019est, je crois, à son rôle dans notr société que notre race doit ses qualités de générosité, de goût et de distinction.Laissons donc aux Américains et aux Anglais cette chimère de l'émancipation des femmes.Qu'\u2019auraie .t-elles à gagner à ce régime nouveau, sinon la platonique constatation de leurs droits devant la loi.I] y a longtemps qu'un homme d\u2019es- rit l\u2019a dit : l\u2019homme a le pouvoir, mais la femme exerce.I + +.+ C\u2019est toujours de ces Américains qu\u2019il faut parler quand il s\u2019agit de choses gigantesques : ils produisent les plus gros hommes ct les plus grands monuments.L\u2019Autitorium de Chicago est certainement la plus vaste salle de théâtre du monde : elle peut abriter 6,000 spectateurs assis pour une représentation vu 11,000 auditeurs pour une réunion politique.Dans ce derimer cas, pour peu que l'assemblée soit agitée, elle deviendra facilement orageuse, et si chacun des assistants désire placer son petit mot, mieux vaudra qu'ils parlent tous ensemble, pour en avoir plus vite fini, car il faudrait plus d'une semaine pour accorder la parole pendant une minute seulement à chaque orateur.Comme le côté pratique n\u2019est jamais oublié là- bas, afin de joindre l\u2019utile à l'agréable, cet immense théâtre est entouré par un hôtel de dix étages ; une tour de huit étages surmonte le monument et porte sa hauteur totale à 240 pieds, L'organisation intérieure ressemble assez peu à celle de nos hôtels.Représentez-vous l'ahurissement d\u2019un voyageur européen peu au courant des usages américains, qui demanderait, en pénétrant dans ce vaste caravansérail, où est le restaurant.\u2014Au dixième étage, monsieur.\u2014Les gens grin- LE MONDE ILLUSTRE cheux croiraïent qu'on se moque deux.Nullement ; il paraît que grâce à cette disposition on jouit sur le lac d\u2019une vue merveilleuse.Est-il besoin d\u2019ajouter que pour escalader des hauteurs pareilles on use plus de l\u2019ascenceur que de l'escalier.Les maisons de quatorze étages ne sont au reste pas rares à Chicago et ce n'est qu'en entassant ainsi locataire eur locataire qu'on parvient à obtenir des loyers rémunérateurs dans le centre de la ville, tant le prix du terrain atteint des chiffres excessifs.* #* + Est-ce ln cherté des loyers qui a «décidé un original à se construire une véritable maison flottante qui repose sur un radeau de 340 pieds de long sur 170 pieds de large et qu\u2019on peut admirer en ce moment dans les eaux de La Haye 1 La maison paraît-il est luxueusement meublée et le propriétaire qui s\u2019y est installé avec toute sa famille compte entreprendre, sans sortir de chez lui, un petit voyage d'agrément.En augmentant un peu 1:8 proportions du radeau, on aurait pu mettre autour de la maison un parterre, un garni, de frais bosquets et un jardin potager.Et quelles facilités pour la culture ; sans parler de l\u2019eau qu\u2019on a sous la main, le jardinier chef pourrait dire au capitaine : \u201c Si monsieur tient à manger des primeurs de petits pois dans huit jours, il serait prudent de nous rapprocher des pays chauds.\u201d ~ * * * Une culture bien menacée d\u2019une ruine prochaine, c\u2019est celle de la province d'Alger et d\u2019une partie de la province d'Oran.Une formidable invasion de criquets se prépare.Européens et indigènes, sacrifiant leur temps et leur peine, luttent avec un égal dévouement pour arrêter le fléau ; rien que sur la commune de Boghari, 8,000 hommes travaillent à la destruction des criquets ; mais leurs légions sont si nombreuses que (les fossés de NO pieds de long sur 7 pieds de large et 4 piecls de profondeur sont comblés en moins d\u2019une heure.Ce n\u2019est pas en Algérie seulement que ces dévastateurs se montrent cette année en nombre incroyable.Le dernier courrier de Chine arrivé à Marseille, le Yang-Tsé à navigué pendant vingt- quatre-heures, entre Aden et Suez, au milieu d\u2019un véritable banc de sauterelles d'une étendue de plus de 150 lieues.Celles-là par bonheur ont eu le sort des Egyp- tiens poursuivant le peuple de Dieu : la mer Rouge s\u2019est refermée sur elles et leurs cadavres ont servi de régal aux poissons.+ + * Tout récemment je vous parlais d\u2019un malade menacé par la faculté d\u2019une mort prochaine s\u2019il continuait à fumer et qui brûla quelques milliers de cigares au nez de son médecin.Aujourd\u2019hui il s\u2019agit d\u2019un Russe nommé Stephan Alexeif qui vient de mourir à l'âge de cent cinq ans.Le pope qui lui donnait les derniers sacrements, admirant cette belle vieillesse, s'informe pour proposer cette vie en exemple aux autres paysans.\u2014 \u201c Pour arriver à ce grand âge, mon brave homme, vous avez sans doute toujours vécu sobrement ?\u201d \u2014 \u2018 Hélas ! dit le moribond, depuis quatre- vingt-sept ans je ne me suis jamais couché sans être abominablement gris.\u201d \u2014 \u2018\u2018 Très peu d'alcool suffisait sans doute à vous mettre en cet état ?\u201d \u2014- \u2018\u201c Je n\u2019en supportais pas autant que je l'aurais voulu : pourtant dans les dernièrez années j'absorbais chaque jour un litre et demi d'eau de vie de grain avant d'être gris.\u201d - \u2014 \u201c Et vous n'avez jamais été malade à ce régime ?\u201d \u2014 \u201c Si fait.J'eus une fois le nez et les oreilles gelés ; mais ce n\u2019était pas ln faute de l\u2019alcool il faisait dans la rue un froid de 200 et je n'avais pu regagner mon lit.\u201d Voilà un exemple consolant pour les ivrognes, et ce centenaire tend à prouver que l'alcool conserve aussi bien l\u2019intérieur qu\u2019à l'extérieur.8.pu Lary, LE ROMAN D'UN ENFANT MA MÈRE C'est au dernier livre de Pierre Loti : Le Roman d'un Enfant, que nous empruntons ce chapitre exquis.Pierre Loti y raconte sen souvonirs d'enfance avec la magie de style qu\u2019on connaît.Ma mère !.Déjà deux ou trois fois, dans le cours de ces notes, j'ai prononcé son nom, mais sans m'y arrêter, comme en passant.Il semble qu\u2019av début elle n'ait été pour moi que le refuge naturel, l'asile contre-toutes les frayeurs de l\u2019inconnu, contre tous les chagrins noirs qui n'avaient pas de cause détinie.Mais je crois que la plus lointaine fois où son image m'apparaît bien réelle et vivante, dans un rayon de vraie et ineflable tendresse, c'est un matin du mois de mai, ou elle entra dans ma chambre suivie d'un rayon de soleil et mu'apportant un bouquet de jacinthes roses, Je relevais d\u2019une de ces petites maladies d'enfant, \u2014rougeole ou bien coqueluche, je ne sais quoi de ce genre,\u2014on m'avait condamné à rester couché pour avoir bien chaud, et, comme je devinais, à des rayons qui filtraient par mes fenêtres fermées, la splendeur nouvelle du soleil et de l'air, je me trouvais triste entre les rideaux de mon lit blane ; je voulais me lever, sortir : ie voulais voir surtout ma mère, ma mère à tout prix.La porte s'ouvrit, et ma mere entra, souriante.Oh ! je la revois si bien encore, telle qu\u2019elle m'apparut là, dans l'embrasure de cette porte, arrivant accompagnée d'un peu de soleil et du grand air de dehors.Je retrouve tout, l'expression de son regard rencontrant le mien, le son de sa voix, même les détails de sa chère toilette, qui paraitrait si drôle et si surannée aujourd'hui.Elle revenait de faire quelque course matinale en ville.Elle avait un chapeau de paille avec des roses jaunes et un châle en barèye lilas (c'était l\u2019époque du châle) semé de petits bouquets d\u2019un violet plus foncé.Ses papillotes noires\u2014ses pauvres bien-aimées papillotes qui n\u2019ont pas changé de forme, mais qui sont, hélas ! éclaircies et toutes blanches aujour- d\u2019hui\u2014n\u2019étaient alors mêlés d'aucun fil d'argent.Elle sentait une odeur de soleil et d'été qu'elle avait prise dehors.Sa figure de ce matin-là, encadrée dans son chapeau à grand bavolet, est encore absolument présente à mes veux.Avec ce bouquet de jacinthes roses, elle m'apportait aussi un petit pot à l'eau et une petite cuvette de poupée, imités en extrême miniature de ces faïences à fleurs qu\u2019ont les bonnes gens dans les villages.Elle se pencha sur mon lit pour m\u2019embrasser, et alors je n\u2019eus plus envie de rien, ni de pleurer, ni de me lever, ni de sortir ; je me sentais entièrement consolé, tranquillisé, changé, par sa bienfaisante présence.Je devais avoir un peu plus de trois ans lorsque ceci se passait, et ma Inère, environ quarante-deux.Mais j'étais sans la moindre notion sur l'âge de ma mère ; l\u2019idée ne me venait seulement jamais si elle était jeune ou vieille ; ce n\u2019est même qu\u2019un peu plus tard que je me suis aperçu qu'elle était bien jolie.Non, en ce temps-là, c'était elle, voilà teut ; autant dire une figure tout à fait unique, que je ne songeais à comparer à aucune autre, d'où rayonnaient pour moi la joie, ln sécurité, la tendresse.d'où émanait tout ce qui était Lon, y compris la fois naissante et la prière.Et je voudrais, pour la première apparition de cette figure bénie dans ce livre de souvenir, la saluer avec des mots & part, si c\u2019était possile, avec des mots faits pour elle et comme il n\u2019en existe pas ; des mots qui à eux seuls feraient couler les larmes bienfaisantes, auraient je ne sais quelle douceur de consolation et de pardon ; puis renfermeraient aussi l'espérance obstinée, toujours et It malgré tout, d\u2019une réunion céleste sans fin.Car, puisque je touche à ce mystère et à cette inconséquence de mon esprit, je vais dire ici en passant que ma mère est la seule au monde de qui je n'ai pas le sentiment que la mort me séparera pour jamais.Avec d\u2019autres créatures humaines, que j'ai adoré de tout mon cœur, de toute mon âme, j'ai essayé ardemment d'imaginer un après quelconque, un lendemain quelque part.ailleurs, je ne shis pas quoi d'inmnatériel ne devant pas finir ; mais non, rien, je n\u2019ai pas pu\u2014et toujours j'ui eu horriblement conscience du néunt des néunta, de la poussière des poussières.Tandis que, pour ma mère, j'ai presque gardé intactes mes croyances d'autrefois.Il me semble encore que, quand j'aurai fini de jouer en ce monde mon bout de role misérable ; fini de courir, par tous les chemins non Lattus, après l'impo-sible ; fini d'amuser les gens avec mes fntigues et mes angoisses, j'ivai me reposer quelque part où ma mère, qui m'aura devancé, me recevra ; et ce sourire de sercine confiance, qu'elle a maintenant, sera devenu alors un sourire de triomphante certitude.ll est vrai, je no vois pas bien ce que sera ce lieu vague qui m'apparaît comme une pâle vision grise, et les mots, si incertains et flottants qu ils soient, donnent encore une forme trop précise À ces conceptions de téve.Et même (c'est bien enfantin ce que je vais vous dire là, je le sair), et même, dans ce lieu, je tue représente tnA Mère ayant conservé son aspect de la terre, ses chères boucles blanches, et les lignes droilesde son profil, que les années nyabîment peu & peu, mais que j'admire encore.La pensée que le visage de ma mère pourrait un jours disparaître à mes yeux pour jamais, qu'il ne serait qu\u2019une combinaison d'éléments susceptibles de se désagréger et de se perdre saus retour daus l\u2019abîme universel, cette pensée, non seulement me fait saigner le cœur, mais aussi me révolte, comme inad- tuissible et monstrueuses.Oh ! non, j'ai le sentiment qu'il y à dans ce visage pâle quelque chose d'à part que la mort ne touchera pas.Et mon amour pour ma mère, qui a été le seul stable des amours de ma vie, est d'ailleurs si affranchi de tout lien matériel, qu'il me donne presque confiance, à lui seul, en une indestructible chose, qui serait l'ame ; et il me rend encore, par instant, une sorte de dernier et inexplicable espoir.Je ne comprends pas très bien pourquoi cette apparition de ma mère auprès de mon petit lit de malade, ce matin, n\u2019a tant frappé, puisqu'elle était presque constamment avec moi.JI y a là encore (les dessous très mystérieux ; c\u2019est comme si, À ce moment particulier, elle m'avait été révélée pour ln premitr- fois de ma vie.Et peur juoi, parmi mes jouets d'enfants conservés, ce pot à l'eau de poupée a-t-il pris, sans que je le veuille, nue valeur privilégiée, une importance\u201cde relique ?Tellement quil m'est arrivé, au loin, sur mer, à des heures de danger, d'y repenser avee attendrissement, et d° le revoir, à la place qu'il occupe depuis des années, dans uue certaine petite armoire jamais ouverte, parmi d'autres débris ; tellement que s\u2019il di Avis aux mères.\u2014Le \u2018\u2018 sirop calmant de Madame Winslow\u201d est employe depuis plus de 50 ans par les mores pour la dentition des viifants, et toujours avec un succès complet, [1 soulage le pretit patient aussitôt, procure un somumeil calme et naturel en enlevant la \u2018douleur, et le petit chérubin *\u201c s\u2019epanouit coime Un bouton de fleur,\u201d Il esttres agré able à prendre, il calme l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par la dentition on autrem nt.Vingt-cinq cents la bouteille > STENOGRAPHIE, Leçons de \u201cténographie, à domicile, par correspondance ou autrement, Méthode simple et rapide applicable aux deux langues ; système merveilleux d'abréviations ; par un sténographe d'expérience membre de l\u2019Mns- itut Stenographique des deux Mondes, de l'avis.S'adresser à J.N.MARCIL, 1149, vue St- Jacques, Montréal.A.HURTEAU & FRERES MARCHANDS DE BOIS DE CIAGE 22, ruc Sanguinet, Montréal = Coin des rues Sanguinel et = ; Dorchester, Telephone lug Bassin Wellington, en face des Bureaux du Grand.Frone 4 Telephone Hn CASTOR FLUID On devrait se servir ur les cheveux de cette pcraration délicieuse et rafratchis sante.Ælio entretient le scalpe en bonne sante, enspêche les peaux mortes et excite la pousse.Excellent articlo de toilette pourla cheve lure.Indirponsable pour lus familles.25 ci- la bautoille HKNRY R, GRAY, Chimiste-pharmacien, 122 rue Su Laurent.La Compagnie d'Assurance NORTHERN OF ENGLAND.Sapital.$13.000,000 Fonds accumulés.17,108,000 BUREAU GENERAL POUR LK CANADA '724 NOTRE - DAME, MONTREAL ROB.W.TYRE, Gérant.AGENTS POUR LA VILLE FLZEAR LAMONTAGNE JOSEPH CORBEIL Unique voie ferrée donnant accès aux ma- gnitiques Places d'Icté et aux Regions Fores.tiéres ot Agricoles au Nord de Quebec, Magnifiques FERUES A BLE actuellement oflertes eu Vente par le Gouvernement Pro- pinetal, Rails d'acier, louts en acier et eu er, Trains Expross direction Nord et Sud tous los jours, Tauxr éduitsaccordés aux sportsmen.Yi Voyez notre indicateur, ALEX.HARDY, Agent general du fret et des passagers.J.GL SCOTT, Secrétaire et Gérant.CHESTER 'S CURE ! Cour la Toux L'Asthme Thumes Bronchites Catharre Enrouements Etc.etc LE GRAND REMEDE CANADIEN Ponr les maladies ci-dessus mentionnées.Infaillible dans tous les cas.Demandez-le à votre pharmacien, Expédiez aussi franco par la malle sur réception du prix.Adressez : W.E.CHESTER 41 \u2014 rue Lagauchetière, Montréal \u2014 4\u20ac 1 Prix : grande botte.$1.00 - hotte.A SANTE\u2018 MAN TOUT REMEDE DU DR.SEY Le GRAND REMEDE FRANCAIS contre Lee Dyapepric, lex Ajj'ections Bilievses, la Constipation, et toutes lea Maladies de 1\" Estomac, du Pole, et des Intestin, le REMEDE DU Dr.SEY est un composé des arom:tiques lus plus purs, qui stimule les fonetious digestives ct qui loin d'affaiblircomme Lu pAuqrart des médicaments, tonifie au contraire et vivifir.De plus, il contient tune substance qui agit directement sur les intestins, de sorte qu'à petites doses if prévientet guerit la constipation, ct i doses plus élevées, it agit comme un des purgatily les plus efliences.Chose importante À noter, lo REMEDE DU De.SEY peut étre pris A n'importe quelles doses saus déranger les habitudes et le régime de celui qui le prend.Vendu per les Pharmaciens, $1.00 1a bout, S.LACHANCE, PROPRIETAIRE, 1538 & 1540 Rue Ste-Catherine, Montreal.MAISONS REOOMMANDEES NEW YORK Ponsion privée : Antoine Jungbluth 80, Clinton Place, près du la 5e, A ve.RIVIERE DU LOUP EN BAS HOTEL TALBOT QUEBEC Hotel du Lion d'Or, x.-G.BOULK& Cie.pr.105, Grando Allée, Québec Hôtel Albion, L.A.& J.K.Dion, Prop, 29, rue du Palais Magasin du Louvre, Cork & Faery importateurs de Marchandises d'Etapes et de Fantaisie, 27, rue Saint-Jean PENSION FRECHET Rue Saint-Louis, vis-à-vis l'hôtel Faint-Louis Librairie-Papeterie, Berti & Tourangeau 11, rue St-Joseph, St-Roch CYR.DUQUEUT Horloget, bijoutier, n traneporté temporairement so rétablissement au No 16, rue St-Jean.vis-a-vis la Caisse d'e conomie, SORKL HOTEL BRUNSWICK.J.Fish, Prop.NOD.DE LEVIN ELZ.BROCHU, Photographe Propriétaire de l'Huile Electrique Magicienne de ©, Botrek, ND.de Lévis, P.Q.STE-ANNE DE BEAUPRE Post Offico Hôtel : LAlOINTE & l\u2019ARADIR Propriétaires TROIS-RIVIERES N.E.MORISSETTE, 118, rue Notre-Dame Tapis, Mérinos à outancs, ete.HOTEL DUFRESNE JOSEPH DUFKESNE Proprietaire MONTREAL THE BRITISH CIGAR STORE 1574, rue Notre-Dame \u201c RESTAURANT VICTOR 584, rue Lagauchetière CHAUSSURKS J.D.LATOUR & CIE, 1831, r.St«-Catherin OTEL DU CANADA TS ® A.C.SABOURIN, propriétaire Soin des rues Salnt-Cabriel et Sainte-Therese MONTREAL Ses lur.cha à 25 cents ront des meilleurs a Montreal OTEL RICHELIEU ISIDORE DUROCHER & Cix MONTREAL Cet Hôtel de p'emière classe, ai bien connu lu public, vient de réouvrir : cer entrées son naîntenant sur la rue Saint-Vincent, et | n\u2019y atra plus de communications par la Place Jacques Cartier.\u2018OTEL RIENDEAU 58 & 60 PLACK JACQUES CARTIER Montréal Cet hôtel de première classe.qui était au- \u2018refois au No 64, rue Saint-Gabriel, vien l\u2019âtre transporté au No 60, Place Jacques artier.Prix très modérés, cuisine française.J.RIENDEAU, Prepriétaire.J BISAILLON, ° 1599, Rue Notre-Dame Spécialité de Parfumeries Françaises des Cé° lèbres maisons Parisiennes Articles de Fantaisie, Perruques, Bralds et l'oupets.-Chambres de buin pour Dames et Mossieurs.X.Z.GERMAIN, \u2019 1396, Rue Sainte-Catherine MARCHAND DE MEUBLES NEUFS ET DE SECONDE MAIN Le plus haut prix sera payé pour les Meubles de Seconde Main.ROY & L.Z.GAUTHIER, ® Architecteset évaluateurs ont tranaporté leur bureau au numéro 180 \u2014 RUE SAINT - JACQUES \u2014 180 Edifice de la Banque d'Epargne Victor Roy L.Z.GAUTHIER Klévateur te plancher.Chambre eti ANNONCE DE JohnMurphy & Cie Grande vente à réduction du mois de juillet Soies, Satins, Peluches Les prix Suivants donneront une idée des réductions extraordinaires dans ce département viz : Soies pongées brochées 75e réduites à fñ0c ; Soies moirées, couleurs nouvelles à 75e ; Satins merveilleux couleurs recherchées 81.10 réduits à 85e, $1.50 réduites à 81.10.Soies noires gros grains, lignes pure soie réduites à f0c, Die, GUe, ce, 1.00, 81.10 ete, toutes provenant des fabriques fran- guises, Peluches dans toutes les nuances, et toutes les largeurs vendues à grande rédue- tion.Ligne spéciale : l\u2019eluche de Lister, 24 pouces de largeur, réduite à $1.10 1a verge.Département des Etoffes à robes noires Les réductions suivantes ont été faites dans ce département si bien connu du public par ses nouveautés et ses prix excessivement bas.Cachemire noir réduit à 25, 30, 35, 00, 55, 60, 65 cents.Cacheniire noir-velouté, valeur extra réduit it 75e, 80e, 0e, $1.00, 81.10.Demandez cette ligne toute spéciale.Grenadine et laine, largeur 44 pouce, réduite de 35 à 25e, Batiste de laine noire, nouveau tissus très léger dans les prix suivants : Batiste ** Kongo \u201d 60e : hatiste \u2018* Mikado \"70e ; Batiste \u2018* Hiogo te.Pour les plus grauds avantages dans toutes espèces de marchandises, venez chez JOIIN MURPHY & (IE JOHN MURPHY & CIE Coin des rues Notre-Dame et St-Pierre Au comptant et à un seul prix endez le Pond\u2019s Ex.ct.Evitez les imitations POUR A Tousles Maux 3 | Hémorrhoides À Contusions Catarrhes Blessures Douleurs Foie rence Brûlures Toilette SERVEZ- Intime VOUS DE Grippe OND\u2019S EXTRACT Il guérit les Engelures Enrouements Rhumatisme: Maux d'Yeux Hémorrhagies Inflammations Maux de Gorge Préparé seulement par la POND'S EXTRACT co.76 Fifth Avenue New York 208 Colonne Carsley Sam A i ISSN \u2014 Thé et Café Gratuitement DURANT LA VENTE A BON MARCHE DE JULLET 8.CARSLEY DEPABTEMENT DE MANCHESTER Vente annuelle de julllet Toile blanche, pour table, 27 je Toile blanche, pour table, 314c Toile blanche, pour table, 36ic Toile écrue, pour table, 10c Taile écrue, pour table, 15¢ Toile écrue, pour table, 19c 8.CARSLEY.Vente annuelle de juillet Seersuckers réduits à 4c la verge Seersuckers réduits à 4e la verge 10c Flanellette pour 64 la verge 10e Flanellette pour 8} la verge 10c Chalies frappés pour 6c 10c Chalies frappés pour 6c S.CARSLEY VENTE DE JUILLET Si vous voulez avoir Si vous voulez avoir Les derniers patrons d'indiennes Les derniers patrons d\u2019indiennes À prix réduits À prix réduits Assistez à la Assistez à la Vente annuelle de Juillet i Vente annuelle de Juillet DE S.CARSLEY DE 8S.CARSLEY 14e Indienne réduite à 6c 13c Indienne réduite à Gke 8c Ginghams réduits à 44c 12e Ginghams réduits à 6jc \u2014CHEZ\u2014 S.CARSLEY.\u2018 Vente annuelle de Juillet ! Tapis carrés Balmoral Tapis carrés Balmoral vient «de recevoir vient de recevoir Qu'on Qu'on Les plus beaux tapis carrés et les meilleurs marchés de la villa.De toute grandeur, depuis 24 verges x 3 verges à 3} verges x 4 verges.Prix depuis $2.28 en montant.On ne peut acheter ces tapis carrés que dans nos magasins.Tapis carrés de Dundee Tapis carrés de Dundee FIL DE CLAPPERTON SI VOUS VOULEZ Un fil qui ne s\u2019effile pas, Qui coudra avec douceur, Un fil pour coudre à la main ou à la ma- ! chine, | Un fil qui vous sera agréable, i DEMANDEZ LE i FIL DE CLAPPERTON EVER READY Les baleines de corsages EVER READY Sont reconnues par toutes les couturières qui en font usage comme étant les meil- i.leures et les plus confortables ; elles re.ot connaissent que ce sont les seules baleines À que l\u2019on doit acheter S.CARSLEY.PANINI ANI ANT AAI III.SINT S.CARSLEY 1706, 1767, 1700, 1771, 1778, 1775, 1777, RUE NOTRE-DAME, MONTREAL LE MONDE ILLUSTRE AENRI LARIN, PHOTOGRAPHE 2202 - RUE NOTRE-DAME - 2202 \u2019 cf N La lecture rend 'homme accmpli.\u2014La conférence lo rend préparé a tout.\u2014Les écrits en font un homme exact.Loup Bacon.Si Lord Bacon vivait de nos jours, il aurait sans doute ajouté : Et le JOHNSTON'S FLUID BEEF en fait un homme fort.LA COMPAGNIE D'ASSURANCE \u201cWESTERN\u201d CONTRE LE FEU ET SUR LA MARINE Revenu pour I'année 1880.ooiiiiii is ivreureerserrcorssneessnsrsssse .Bécurités pour les assuréa.\u2026.\u2026.\u2026.sssersencanansanregen ec nan0000 BUREAU A MONTREAL, 194 RUE 8T-JACQUES ARTHUR HOG .UTE Agent du département français.J.RO dents généraux, Nous donnons des reçus et des polices écrites en français.Institutions religieuses et priétés de campagne assurées à a8 tres bas taux.\" Mat ot pro .108.58 Sat mead \u2014\u2014\u2014- \u2014_\u2014 = [XO NILA Un Ce Alig ) 9 Ph at (TA Ry RTE C0 SE S1ROP TAN N L(Y) T NS PRAT LE RLES MERES SAUVEZ LA VIE À VAS PETITS ENFANTS En DEMANDANT TOUJOURS A VOTRE PHARMACIEN LES BONBONS DE Lu CHOCOLAT note» MEDECIN M DES NONTAGNES PATENTEES [a AA ICRC REIC] pouR LES VERS.RUN li, RSCPICTAS A DÉPOT CHEZ\" TT LYMAN, Firs & Cr = 1429, RUE GRAIG ©.PHARMACIE EN GROS, EN FAGR OU RUE ST-PAUL MONTREAL.HAMP MARS N'OUBLIEZ PAS DE DEMANDER LES PETITES PILULES PONMMESoeMAI DE LANONTAG.\u20ac VERTE Mad QUES UE « GE TUCKER POURLAPURGATION.i DYSPEPSIE.CONSTIPATIONETC 142 PILULESLADOSE DES 4 DE PERSONNES CULL LL A Se Ga sw, fos £2 Gllorerna, Pondieal, elihims Gull \u201c6509.ETABLIE EN 1870 Nous avons le piaisi>d annoncer que nous avons tou Jours en magasin les articles suivants : Lea triples extraits culinaires concentrés de JON A8 Huile de Castor en bou teilles de toutes grandeurs Moutarde Française Glycerine, Collefortes.Huile d'Olive en demi À pintes, pintes et pota.Huile de Foie de Morus, oto., etc.HENRIJONAS &CIE 10 \u2014RUR DR BRRAOLRS\u201410 Bish 008 dos Jmurs) MONTREAL SINS PEUR ET SINS REPROGHE DR V.PERRAULT Ces savons, qui guérissent toutor lea Mala- {ies de la u, sont aujourd'hui d\u2019un usage général.cas nombreux de démangeai sons, dartres, hémorrhoides, etc, réputés in- surrables, ont été radicalement guéris par l'u mage de ces Savons.NUMÉROR RT USAGES DK8 BAVONS Savon No!\u2014Pourdémange ons de toute eortes.Savon No 5.\u2014Pour toutes sortes de dartres.Savon No 8\u2014Contre les taches do rousse et le masque.Savon No 11.\u2014Surnommé à juste titre savon un beau teint à la flgure.Savon No 17.\u2014Contre la gale.Cette maladie essentiellement contagieuse disparaît en quel ques jours enemployant le savon No 17.Savon No 18.\u2014Pour les hémorroides.Ce savon a déjà produit les cures les plus admirables, et cela dans les cas les plus chroniques.Ces savons sont en vente chez tous les phar maciens.Kxpédiés par la poste sur réception du prix (25 cents).ALFRED LIMOGES, Baint-Rustache, P.Q 1 î ournalilluetré pour gar- Saint-Nicolas, joun et filles, paraissant le *eudi de chaque semaine.abonnements partent du ler décembre et du ler juin.Paris et départements, un an : 18 fr ; six mois: 10 fr ; Union postale, un an 20 : fr.; aix mois : 12 francs.B'adresser à la librairie Oh.Dela- grave, 15, rue Soufliot, Paris (France).de beauté, sert à embellir la peau et donner I Attraction sans precedent Au-delà d'un million distribué COMPAGNIE de la LOTERIE de L'ETAT de la LOUISIANE noorporée par la Législature pour les fins ucation et de char!té, et ses franchises déclarées, être parties de la présente Constl- lon de 1 Etat en 1879, par un vote populaire Les G Tirages Extraordinaires ont lieu semi-annuellement (Juin et Décembre) et les Grands Tirages Simples ont lieu mensuellement, les dix autres mois de l'année.Ces tirages ont lieu en public, à l'Académie de Musique, Nouvelle-Orléans, Le.En Renommes durant Vingt Ane, pour l'integrite de ses tirages et le palement exacte de ses prix Attesté comme suli : * Nous certifions parles présentes que nous eurveillons les arrangements faits pour les tirages mensuels et seini-annuels de la Compagnie de Lotterie de l'Etat de la Lousiano, que nous gérons et contrôlons personnellement les tirages nous-mêmes et que tout est conduit avec honnétoté, franchise et bonne foi pour tous les intéressés : nous autorisons 1a Compagnie a se servir de ce certificat, avec des fac-simile de nossignatures attachés dans LÉ Commissaires Nous, les soussignés, Banques et Banquiers, lerons tous les prix g aux Lotcries de Pint do la Louisiane qui serout présentés à nos cuisse .R.M.Walmsley,Prés.Louisiana National Bk Pierre Lanaux,Prés.State National Bk A.Baldwin, I\u2019rés.New Orleans National Bk Carl Kohn, I'rés.Union National Bk Grand Tirage Mensuel A L'ACADEMIE DE MUSIQUE MOUVELLE ORLEANS, MARDL LE 13 AOUT 1800 PRIX CAPITAL $300,000 100,000 Billets à 8 S0chaque.Moitis, $10 Quart, $5.Dirième, 82.Vintième, 81 LISTE DES PRIX 1 PRIX DE $300,000 est $300,000 1 PRIX DE 100,000 eat.100,000 1 PRIX DE 50,000 est.50,000 1 PRIX DK 25,000 eet.25,000 2PRIX DE 10,000 sont.20,000 5 PPIN DE 5,000 mont.25,000 25 PRIX DE 1,000)s0nt.25 000 100 PRIX DK 500 sont.50,000 200PRIX DK 300 sont 60,000 500 PRIX DE 200sont.100,000 PRIX APPROXIMATIFS 10 PRIX DK $ 500 sont.vee 50,000 10 PRIX DE 300 sont.30,000 10 PRIX DE 200 sont,.ees 20,000 PRIX TERMINANT 999 PRIX DK §100sont.Ba 998 PRIX DK $100s0nt.,900 3,134 prix se montant a.$1,054,800 NOTE.\u2014 Les billets gagnant Ice Prix Capitaux ne se trouvent pas compris dans les prix terminants.AGENTS DEMANDES £8 Pour prix aux clubs et autres informations adressez-vous aux soussignés.Ecrivez lisiblement et donnez votre résidence, ville, comté, rue et numéros.Les retours par malle se feront plue rapidement en nous envoyant une enveloppe portant votre propre adresse.Nommez LE MoNDE ILLUSTRE.IMPORTANT S'adresser à M A.DAUPHIN, New-Orleans, La.ou M.A.DAUPHIN, Washington, D.C.Par lettres ordinaires, contenant mandat émis par toutes les Compagnies d'Express New-York Exchange, ou Traites et Mandats- oste, , Adressez vos Lettres Enregistrées contenant de l'Argent à NEW ORLEANS NATIONAL BANK, New Orleans, La.Souvenez-vous que le paiement des Prix est Garan par uatre Banques Natio nales de la Nouvelle-Orléans, et que tout billet porte la signature du Président d'une institution dont les droits d'exister sont reconnus par les plus hautes cours ; par co quent, { éflez-vous des, contrefaçons ou des roportions anonymes.= Happeles vous ue la Cour Suyréme des ts-Unis a adoide que la Compagnie de la Loterie de l'Ætat de Ia Lousiane à un contrat avec 'Ecat de la Louisiane, lege n'expire que le 1er janvier Le.» "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.