Le Monde illustré, 1 novembre 1890, samedi 1 novembre 1890
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : Tux ANNÉE, No 339- SAMEDI, ler NOVEMBRE 1890 ' ANNONCES: Unan, $3.00 - «- « Six mois, $1.50 La ligne, par insertion - - - - - 10cents Quatre mois, 81 VO, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - © Scents Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014 LE COMTE DE PARIS 418 LE MONDE ILLUSTRE \u2014 \u2014n LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, ler NOVEMBRE 1890 SOMMAIRE Texre : Entre-Nous, par Léon Iedieu \u2014Les morts souffrants et délaissés, par le R.P.Félix.\u2014Le port ait du comte de Paris.\u2014Les drames de la mor, par F.des Malis.\u2014Sur le rivage, par Justa.\u2014Le baptôme d'une cloche.\u2014Le comte de Paris.\u2014A travers le Canada : Salaberry de Valleyfi-ld, par Jules Saint- Elme.\u2014La famille Canadienne : Légende, par Rodolphe Brunet \u2014Nos primes.\u2014Feuilletons : Fleur- de-Mai (suite), par Georges Pradel \u2014Le Régiment (suite), par Jules Mary.GRAVCRES : Portrait de M.le comte le Paris, \u2014 Portrait du duc d'Orléans.-\u2014Croquis des la carrière militaire du comte de Paris dans l'armée du Potomac, pendant la guerre civile américaine (huit dessins).\u2014 Portraits : M.Z.Boyer, maire de Sallabsrry de Valleyfield ; M.Hemmaford, M.Sargeant, M.Stevensou, sir Henry Tyler, M.Wainwright.\u2014Vues de l'église catholique catholique et de l'église preubytérienne de Valley- field.Primes Mensuelles du \u201cMonde Hlustré\u201d Ire Prime - - $50 ome \u201c : 25 sme * .- 15 éme * - 10 5me \u201c .v \u2018 5 ame * - - .4 7me \u201c - 8 sme \u201c .- 2 86 Primes, 8 81 - - - 8ë 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par ois personnes choisics par l\u2019assemblée.Aucur prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront u tirage de chaque mois.NOS PRIMES QUATRE-VINGT-NEUVIÈME TIRAGE Le quatre-vingt neuvième tirage des primes mensuelles du MoNDE ILLUSTRE (numéros datés du mois d'OCTOBRE), aura lieu vamedi, le 8 NOVEMBRE à 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION SAINT-JOSEPH, coin des rues Sainte- Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invité à y assister Entrée libre.Au (a On vient de banqneter beaucoup depuis quelques jours, me dit on, car je serais trés embarrassé de dire si ces agapes ont été données en l'honneur de quelqu'un ou de quelque chose, mais il n'en est pas moins acquis à l'histoire anecdotique de notre époque que l'on a beaucoup bu et mangé officielle ment ou officieusement.J'ai lu méme certains menus,\u2014assez mal combinés pour la plupart\u2014et dans aucun je n'ai vu figurer un mets, sauce, gâteau ou confiture, ayant pour Lase une plante essentiellement canadienne et dont les vertus sont égales à celles de la fontaine de Jouvence.L'eau de Jouvenca est malheureusement un mythe.Cette eau, qui venait, dit on, du Nilet du aradis terrestre, et avait une telle vertu.que, si un homme malade en buvait et y lavait ses mains, il était aussitôt sain et guéri, et s\u2019il était vieux et décrépit, il revenait à l'âge de trente ans, et une femme aussi fraîche qu\u2019une jeune fille ; cette eau, dis je, n\u2019a jamais été trouvée.Notre plante canadienne existe, c'est le gin-seng.Je ne suis pas le premier qui en parle, car 4 part le Père Tartoux et le Père Latitan, M.l'abbé Ver- reau a rapporté les travaux de ce dernier dans le journal de l'Instruction publique, il y à trente-deux ans, mais comme les Chinois des Etats-Unis aiment beaucoup cette plante et qu\u2019ils en demandent les racines depuis quelque temps, je crûs le moment venu d'appeler l'attention dus lecteurs du MoNne ILLUSTRÉ sur ce sujet.Je serai très bref, du reste.*,* Si le Gin-seng pousse naturellement au Canada, il faut reconnaître que ce n\u2019est pas ici qn'il.a été découvert tout d\u2019abord.Comme je lis un peu de tout, même les Lettres édifiantes et curieuses, (Lettres très curieuses, en effet, et très instructives, je vous l'assure), je suis justement tombé dernièrement sur la lettre du Pèra Jartoux, missionnaire de la Compagnie de Jésus, écrite en 1711 et traîtant du sujet qui nous occupe, le Ginseng.\u201c Les plus habiles médecias de la Chine, dit la Père Tartaux, ont fuit des volumes entiers sur les propriétés de cette plante ; ils ln font entrer dans presque tous les remèdes qu'ils donnent aux grands seigneury ; car elle est «lun trop grand prix pour la commun du peuple.Ils prétendent que c'est un remède souverain pour les épuisements causés par les travaux excessifs du corps ou d'esprit, qu'elle dissout, flegmes, qu'elle guérit la faiblesse de poumons et pleurésie, qu'elle arrête les vomissements, qu\u2019elle fortifie l'orifice de l'estomac et ouvre l\u2019appétit.qu'elle dissipe les vapeurs.remédie à la respiration faible et précipitée en fortifiant Ia poitrine, quelle fortifie les esprits vitaux, et produit la lymphe dans le sang ; enfin qu\u2019ells est bonne pour les vertiges .t les éblouissements, et qu'elle prolonge la vie aux vieillards.** On ne peut guère s'imaginer que les Chinois et les Tartares fissent un si grand cas de cette racine, si elle ne produisait constamment de bons effets.Ceux même qui se portent bien en usent souvent pour se rendre plus robustes.\u201cCa qui est certain, c'est qu\u2019elle subtilise le sang, qu\u2019elle le met en mouvement, qu\u2019elle l\u2019échauffe, qu\u2019elle aide la digestion et qu'elle fortitie d'une manière sensible.À près avoir dessiné cette plante, je me tâtai le pouls pour savoir en quelle situation il était : je pris ensuite la moitié de cette racine toute crue, sans aucune préparation, et une heure après je me trouvais le pouls beaucoup plus plein et plus vif, j'eus «le l'appétit, je me sentis beaucoup plus de vigueur et une facilité pour le travail que je n'avais pas auparavant.Cependant, je ne fis pas grand fond sur cette épreuve, persuadé que ce changement pouvait venir du repos que nous prîmes ce jour-là.Mais, quatre jours après, me trouvant si fatigué et si épuisé du travail, qu'à p-ine pouvais-je me tenir à cheval ; un mandarin de notre troupe qui s\u2019en aperçut me donna une de ces racines ; j'en pris eur le champ la moitié, et una heure après je ne ressentais plus de faiblesse.J'en ai usé ainsi plusieurs fois depuis ce temps là et toujours avec le même succès.J'h1 remarqué encore que la feuille toute fraîche, et surtout les fibres que je mâchais, produisaient à peu près le même effet, * Pour ce qui est de la racine, il faut faire bouillir un peu plus que le thé, afin de donner le temps aux esprits de sortir ; c'est la pratique des Chinois, quand ils en donnent aux malades, et alors ils ne passent guère la cinquième partio d'une once sèche, A l'égard de ceux qui sont en santé et qui en usent que par précaution, ou pour quelque légère incommodité, je ne voudrais pas que d'une once ils en fissent moins de dix prises, et je'ne leur conseillerais pas d'en prendre tous les jours.\u201c Voilà de quelle manière on le prépare ; on coup» la racine en petites tranches qu'on met dans un pot de terre bien vernissé, où l'on n versé un grand verre d'eau.Il faut avoir soin que le pot soit bien fermé ; on fait cuire le tout À petit feu ; et quand de l'eau qu'on y a mis il ne reste que la moitié, il faut y jeter un peu de sucre, et le Loire sur le champ.On remet ensuite autant d\u2019eau sur le mare, on le fait cuire de ls même manière, pour achever de tirer tout la suc.et ce qui reste les parties api-itueuses da la racine Ces deux duses se prennent l\u2019une le matin, et l\u2019autre le soir.A l'égard des lieux où croît cette racine, \u2018on peut dire en général que c'est entre le trente neuvième et le quarante-septième degré de latitude boréale, et le dixième et le vingtième degré de longitude orientale, en comptant depuis le méri dien de Pékin.C'est sur le penchant des montagnes et dans les forêts épaisses, sur le bord des ravines ou autour des rochers, aux pieds des arbres et au milieu de toute sortes d'herhes que se trouve la plante de ginseng.On ne la trouve point dans les plaines, dans les vallées, dans les marécages, dans le fond des ravines, ni dans les lieux trop découverts.Si le feu prend à la forêt et la consume, cette plante n\u2019y reparaît que trois ou quatre ans après l'incendie, ce qui prouve qu\u2019elle est ennemie de la chaleur, aussi se cache- t-elle du soleil le plus qu\u2019elle peut.Tout cela me fait croire que s\u2019il s\u2019en trouve en quelque autre pays du monde, ce doit être principalement en Canada, dont les forêts et les montagnes, au rapport de ceux qui y ont demeuré, ressemblent assez à cel'es ci.\u201d Tes prévisions du Père Tartoux étaient justes.Sa lettre étant tombée sous les yeux du Père La- fitan, alors missionnaire du Canada, il chercha la plaute et la trouva en 1712, \u201c.Nous n\u2019exagérons point, dit M.l'abbé Verreau, en disant que ginseng excita au Canada (il y a un siècie et demi environ), une fièvre assez semblab:a à celle que causa l\u2019or de la Californie et des nouvelles régions aurifières de la rivière Fraser, dans ce moment (en 1858).On négligeait l'agriculture et la perturbation amenée dans le pays par la chute de ca commerce est bien indiquée dans le proverbe ou dicton que nous avons mentionné.\u201d Le dicton auquel M.l'abbé Verreau fait allusion est celui que répètent encore quelques vieillards dans nos campagnes : \u201c C'est tombé où ça tombera comme le gin-seng.11 est certain que le commerce du gin-seng est tombé en Canada, parce qu'il a été l'objet d'une spéculation étonnante, et qu'il a été mal récolté, wal séché, mal préparé, mais il n'en eut pas inoins vrai aussi que cette plante, bien cultivée et bien récoltés, trouverait encore sa place sur les marchés américains, chinois et même Européens M.Saint Cyr, le savant botaniste, conservateur du musée du Parlement de Québec, à qui j'en parlais dernièrement, me di-ait que cette plante avait certainement un avenir et que l'on pour rait peut-être la cultiver à l\u2019ombre, et surtout dans les endroits où pousse le noyer.Il en a trouvé de nombreux échantillons dans les environs de Montiéal, 4 Sainte-Rose, La Barre A Plouffe, dans la comté de Napierville, etc.On devrait jamais arracher cette plante, ajoutait M.Saint-Cyr, avant la fin du mois «le septembre, car c'est alors que la racine a acquis toute sa force et sa vigueur.Au reste, je compte publier de nouveau prochainement dans le Moxpk ILLUsTRÉ, les lettres des Pères Tartoux et Lafitan, ainsi que le savant tra- vailde l'abbé Verreau Il est temps, je le répète, d'attirer encore l\u2019attention des lecteurs sur ce point.En attendant je regrette, je le dis de nouveau, que personne n'ait songé jusqu\u2019à présent à présenter À nos visiteurs, le ginseng sous une forme agréable & prendre et qui leur ferait aprécier les vertus de cette plante.On dit aussi, mais je ne répète que tout bas que cette racine, qui a le don de rajeunir l'esprit et le corps donne des ilées républicaines à ceux quien prennent avec modération, et que si les Chinois sont »i arriérés en art, en littérature et en politique, c'est parce qu'ils en prennent trop, ees ce qui les affaihlit moralement et physiquement, mais je ne vous l'affirme pas.*,* Un de mes correspondants me demande ce que c'est qu'un roi constitutionnel, je ne puis mieux faire, je crois, que de l'engager à lire les lignes suivantes : + J'ai étudié, dit Condorcet, ls mécanique sous Vaucanson, sous l'abbé Mical, auteur des têtes parlantes, sous le baron Kampelen, qui a fuit le joueur d'échecs, et je puie promettre de faire sous quinze jours un excellent roi constitutionnel, avec sa famille royale et toute aa cour.Mon roi ira à la messe, se mettra À genoux dans les moments convenables.Il fera ses pâques, suivant le rit national, et on aura soin de faire en sorte que cette partie de la mécanique royale, de même que celle du grand aumônier, se détache afin de pouvoir en substituer un autre, dans le cas d\u2019un changement da religion, Tl soutiendra, aussi bien qu\u2019un autre roi, une conversation avec ses grands officiers.Un chambellan automate lui présentera sa chemise, un grand maître de ln garde robe lui mettra le col.Mon roi sanctionnera les décrets À la pluralité des voix de son conseil ; il signera les ordres que ses ministres lui présenteront.Si l\u2019on décide qu\u2019il est de l'essence de la monarchie qu'un roi choisisse et renvoie ses ministres, comme on sait qu'er suivant la saine politique il doit toujours se déterminer d'après le vœu du parti qui a la majorité dans la législature et que le Président est un des chefs, il est aisé d'imaginer une mécanique au moyen de laquelle le roi recevra la liste des ministres des mains du président de la quinzaine, avec un air de tête plein da grâce et de majesté.Si quelqu'un doutait de la possibilité de cette machine, il n\u2019aurait qu\u2019à supposer Mme de Maintenon à In place du président, et le cordon qui fait jouer l'automate royal attaché d'une manière différente ; alors il aurait l\u2019histoire des trenta dernières années du règne glorieux de Louis XIV.Pour que la cour fut un peu brillante, il ne faudrait qu'environ deux millions de dépenses premières ; on aurait difficilement & moins deux cents personnes de grandeur naturelle.L'entretien coûterait environ cent mille livres par an ! Ainsi, la liste civile n\u2019en dépasserait pas moins 200,000.C'est marché donné, et chaque Français ne payerait qu'environ un demi- denier par année pour le bonheur d'avoir un roi.Il existe depuis longtemps, chez plusieurs nations, des rois héréditaires , qu'on en lise l\u2019histoire et qu\u2019on ose dire ensuite qu\u2019elles n'auraient pas beaucoup gagné à suivre ma méthode.Mon roi ne serait pas dangereux pour la liberté, et cependant, en le réparant avec soin, il serait éternel, ce qui est encore plus beau que d\u2019être héréditaire.On pourrait méme le déclarer inviolable sans injustice et le dire infaillible sans absurdité.\u201d Je lus tout, je reconnus en effet la prose mordante et ironique de Condorcet.et, tout en mettant le papier dans mon porte-feuille, je me disais : \u2014 Pourquoi diable m'envoie-toon cette citation ?Le soir j'allai voir les mariunnettes de Lavigne.*.* Etonnantes, ces marionnettes ! Je vis lh un gymnaste faisant du trapère, se tenant par une main, un pied, par les dents, culbutant, pirouettant, comme Léotard.Une danseuse exécutait les pas les plus variés, prenait les poses les plus gracieuses, comme une artiste de l'opéra.Il y avait des horloges qui se changeaient en chameaux, des grenouilles en fleurs, etc, etc.Mon petit Pierre ouvrait des yeux grands comme ça et ma Laurence semblait se perdre dans une extase adinirative de fi lette de douze ans.Je mettais mon pardessus pour regagner la maison quand une voix murmura à mon oreille : \u2014Il y a une marionnette mieux faite encore que toutes celles-là, vous la verrez bientôt.D'où venait cette voix Ÿ je ne l'ai jamais au, mais bientôt tout mon crâne en travail rembla s\u2019élargir, ma cervelle parut se dilater et il en sortit une idée qui me fit presque crier : \u2014J'ai compris ! Eureka, j'ai trouvé ! ! le roi constitutionnel, la marionnette, l\u2019'automate, c'est ui!!! LE MONDE ILLUSTRE + ,* Oui, j'ai compris, et je comprends que beaucoup de gens ze sont donné: veaucoup de mal pour rien, et on été victimes d'une fuinisterie bien fin de siècle.Oh ! Beaugrand, Fréchette, Dandurand, etc, quelle désillusion ! Oh ! mes bons amis, qui banquettez à l'hôtel Windsor, avec ce que vous croyez être le comte de Paris, Oh ! la bonne farce ! Rêve, chimère, fable que tout cela ! Le Comte de Paris n\u2019est pas veau, ne vient pas et ne viendra jamais.Ce n'est pas lui, c\u2019est une Marionnette ! ! ! Oh ! si Lavigne voulait parler ! *,* Vous comprenez très bien que si je croyais à la présence réelle du comte de Paris dans le pays des quelques arpents de neige de Louis X V, je ne me permettrais pas d'en parler À la légère, mais je suis fermement convaincu qu\u2019il y a quelque chose la dessous, une étonnante fumisterie.Le comte ds Paris n\u2019étant donc pas venu, personne n\u2019est à blâmer.*,* Cependant, comme certaines personnes sont très tâtues et que certaines «l\u2019entre-elles persistent à répèter qu\u2019il est déplorable de voir combien la France est dure aux rois en exil, pendant que l'Angleterre les accueille si bien, je veux en finir une fuis pour toutes avec ce cliché aussi faux que ridicule.Il y a actuellement en Angleterre qu\u2019une Majesté déchue : l'ex-impératrice Eugénie.En France, au contraire, on rencontre tous les jours à Paris et aux environs, l'ex roi d'Espagne, Don François d'Assises, l'ex reine d\u2019Espagne I-a- belle II, l'ex empereur du Brésil, Don Pédro IT, l\u2019ex-roi de Naples, François IL, l'ex reine de Naples pour ne parler que de ceux qui ont porté courunne.Et dire que ces ex souverains et souversines vivent à l'aise et libres en pleine République fran- aise ! ! ! J'ai toujours eu un faible pour Don Pédro IT, l'ex empereur du Brésil.Cet excellent homme après avoir pleuré pendant quelques jours sa couronne perdue, s'est remis tranquillement à ses études géographiques et s'est installé en France pour y finir ses jours.Dernièrement, alors qu'il était de passage à Londres, la reine Victoria lui fit pact de l\u2019hésitation qu\u2019éprouvait son gouvernement à reconnaître la République du Brésil.\u2014Oh ! qu\u2019à cels ne tienne, répondit le vieil empereur, je vous assure que je n\u2019ai nullement l'intention de remonter sur le trône et je crois fermement que la République durera au Brésil.Sur cette déclaration formelle le gouvernement anglais a reconnu ofliviellement la République du Brésil.N'est il pas touchant de voir ce vieillard, revenu des grandeurs éphémères de ce monde, reconnaître l'inutilité de mettre son ancien empire en feu, pour ne viser que l'intérêt de sa patrie ! Pareil désintéressement est assez rare pour qu'on le signale.2.ZF \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 LES MORTS SOUFFRANTS ET DELAISSES \u2014 La dévotion envers les morts n\u2019est pas seulement l'expression d'un dogme et la manifestation d\u2019une croyance, c\u2019est un charme de la vie, une consolation du cœur, et, de tous les retranchements que le protestantisme a fait subir à l'intégrité de la doctrine et du culte catholique, le plus étonnant et le plus inconcevable est sans contredit celui qui, en supprimant la prière et le sacrifice pour les f- dèles trépassés, brise ce commerce sacré qui nous unit encore, après leur mort, à ceux que nous avons aimés pendant leur vie.On dirait que la religion prétendue réformée, a voulu montrer par a 419 cette froide réforme qu\u2019elle n\u2019est pas la religion qu\u2019invoque notre cœur.Qu'\u2019y at-il, en effet, de plus suave au cœur que ce culte pieux qui nous rattache à ls mémoire et aux souffrances des morts 1 Croire à l'etficacité de la prière et des bonnes œu- vres pour le soulagement de ceux que l'on a perdus ; croire, quand on les pleure, que ces lsrmes versées sur eux, peuvent encore leur être secou- raliles ; croire enfin que mêma dans ce monde invisible qu\u2019ils habitent, notre amour peut encore les visiter par ses bienfaits ; quelle douce, quelle aimable croyance ! Et dans cette croyance, quelle consolation pour ceux qui ont vu la mort entrer sous leur toit, et frapper tout près de leur cœur ! Ce mélange de la religion et de la douleur, de In prière et de l'amour a, je ne sais quoi, d'exquis et d'attea- drissant tout ensemble : la foi, l'espérance et la sharité ne se rencontrent jamais mieux pour honorer Dieu en consolant des hommes, et mettre dans le soulagement des morts la consolation des vivants, Ce charme ai doux, que nous trouvons dans notre commerce fraternel avec les morts, combien il devient plus doux encore lorsque nous venons & nous persuader que Dieu, sans doute, ne laisse pas ceu chers enfants tout à fait ignorants du bien que nous leur faisons ! Qui ne s\u2019est dit, en essuyant ses larmes près du cercueil d'un parent ou d'un ami perdu :si du moins, il pouvait m'entendre ! Lorsque mon cœur offre pour lui, avec des larmes, la prière et le sacrifice, si j'étais sûr qu'il le sait, et que son amour comprend toujours le mien ! O Dieu hon pour ceux qui pleurent, quel baume dans ma blessure ! quelle consolation dans ma douleur ! P.Féuix.+ + + La pensée da la mort est la meilleure règle que nous puissions avoir prur toutes nos actions et nos projets.On doit désirer la mort puisqu\u2019elle est la consommation de notre pénitence et le commencement de notre éternelle union avc Dieu ; mais il faut aussi l\u2019attendre avec la même soumission que nnus devons avoir pour la volonté de Dieu dans tout le reste.Qu'une crainte lâche ne vous empêche pas de penser à la mort.Oui, pensezy souvent Cette pensée salutaire, loin de vous troubler, morlère vos passions et vous servira de conseil fidèle dans tout le détail de votre conduite.Réglez vos affaires, remplisez vos devoirs pu- blica et domestiques avec l'équité, \u2018a modération, la bonne foi que doivent avoir des chrétiens qui n'ont pas oublié la nécessité de mourir ; et cette pensée sera pour vous une source de lumière, de consolation et de confiance.Prenez garde que ce n\u2019est pas la mort, mais la surprise qu'il faut craindre.\u201c Ne craignez pas, dit Saint-Augustin, ls mort dont votre crainte ne peut vous garantir ; mais craignez ce qui ne peut jamais vous arriver, si vous le craignez toujours.FÉNÉLON LE PORTRAIT DU COMTE DE PARIS Le portrait du comte de Paris que nous publions en première page est de ressemblance parfuite, à ce détail près que l'illustre personnage ne laissait pas, jusqu'à ces derniers temps, croître toute sa barbe, comme à présent.Comme il nous a été impossible de nous procurer une photographie absolument récente du comte, nous avons emprunté à l'A/manach des Célebrités Contemporaines, pour 1890, celle que nous publions.Les traits saillants sont assez distinctifs pour que tous ceux qui ont vu le noble visiteur le reconnaissent sans peine et acclnment de nouveau, dans ce portrait, la loyale et franche figure qui leur inspirait, ces jours derniers, tant d'enthousiaste sympathie.Ne force pas un autre À souffrir ce que tu ne pourrais souffrir toi-même, Respecte le bien d\u2019autrui, si tu veux posséder tranquillement le tien.u veux qu\u2019on te rendre justice, tois jaste. 420 LE MONDE ILLUSTRE LES \\DRAMES DE LA MER, par F.'des Malis le hn Ww HN Bauch reste seul survivant dans le canot qui embarque.\u2014Page 421, col.2 LE MOUSSE DE LA \u201c MATHILDE \u201d Le long des côtes bretonnes, par une claire matinée de printemps, avez-vous quelquefois assisté au départ des Terre-Neuviens ou des Islandais ?Quel spectacle pittoresque fait pour le peintre comme pour le penseur ! Au large, la mer brise ; au revers des falaises, les ajoncs aux fleurs d\u2019or se caurbent sous la caresse du vent ; du vent à la sortie du port, les bateaux suivent le balancement de la houle ; sur les quais, unefoule bigarréese presse : foule de pêcheurs, foule de fläneurs, foule de parents et d\u2019amis venus pour les derniers adieux.Ils sont tous là les solides gars de la terre de granit ; elles sont toutes là les mignonnes filles de la vieille Armorique ; tous là aussi les pécheurs anciens que l\u2019âge et les douleurs retiennent au rivage ; tous là aussi les aïeules ridées, à la tête branlante, et les accortes ménagères allaitant le dernier né On compte les sourires, mais on ne compte plus les yeux gros de larmes, tant .sont nombreuses les paupières qui retiennent sous la frange de leurs cils ces diamants formés par les soutfrances humaines.Où les trouve t on ces sourires ?Sur les lèvres fraîches de fillettes distraites par nature, rieuses par tempérament, de fillettes dont le cœur est peu sensible ou n\u2019a pas encore battu aux douces promesses des accordailles, Où les trouve t-on ?Sur le visage fier et vn tantinet dédaigneux des jeunes célibataires qui aiment leur dur métier avant tout, ne voient que l\u2019océan, ne pensent qu\u2019à l\u2019océan, ne veulent que l'océan, et sont prêt à dire comme le Spartiate de son bouclier : \u201c Toujours avec lui ; dessus ou dessous ! \u201d Où les aperçoit-on ces pleurs perlant sous les cils bruns ou blonds roux ou blancs ?On les aperçoit sur les minois attristés des fiancés d\u2019hier qui attendront le retour de la campagne de pêche pour consacrer leur union où pleurer le futur non revenu.On les aperçoit sur le visage des ménagères, qui savent que le mari peut revenir mais aussi qu\u2019il peut les laisser pour toujours chargées de familles, chargées de dettes, endolories et pauvres.On les aperçoit, plus brillantes, plus groases, non retenues celles-là, et glissant dans le creux des rides des aïeules, qui se sentent bien vieilles pour être encore vivantes quand l'automne reviendra.On les aperçoit sur la face pâlie et souffreteuse des veuves de pêcheurs péris en mer et qui viennent le bénir le file aîné partant pour des régions d'où son père n'est pas revenu.Elles pleurent abondamment ces veuves, car elles connaissent par expérience quels dangers vont affronter ceux que, dans un instant, le flot emportera loir «les côtes de la patrie.Quels dangers ?Mystérieux et infinis ! Un coup de vent qui capote la frêle embarcation ; un coup de mer qui disjoint sa carène et la brise ; l\u2019étrave d'un grand steamer qui la frappe et la broie ; l\u2019égarement dans les nuits obscures sur une mer démontée ; l'incertitude affolée des brouillards : les traîtrises des écueils À fleur d'eau ; les brutalités de contact des rochers émergés ; les affres de l'agonie sur une épave fragile ; la privation de tout © ee p\u2014\u2014 EEE ES LE MONDE ILLUSTRÉ sur un flot désert ; l'espérance sans cesse renouve- Jée, sans cesse décue, du naufragé qui voit passer une voile à l'horizon.Comme ils sont variés ! Comme ils sont multiples ces dangers ! Et comme tous tendent & ce même but ; la mort du pauvre pécheur ! Il n'y a qu\u2019à ouvrir les annales maritimes, l\u2019obituaire des marins, pour trouver un récit émouvant et un autre plus émouvant encore.Hier, aujourd hui, demain, chaque jour a son trait noir.À peine relate-t-on un sinistre qu\u2019un autre vient le faire oublier.Nombre litanie toujours ouverte à des noms nouveaux.Voulez-vous connaître, en mille, un de ces sinistres ?Prenons le .nousse de la Mathilde.L'aventure date de ces jours dernicrs.La Mathilde naviguait dans les eaux de Saint- Pierre, en Martinique.Pour les besoins de son service elle met un canot à la mer.Un matelot de Pleurhuit, Bauché, y embarque avec un mousse de treize ans.Rien de pluz simple, rien de plus commun dans In vie courante des gens de mer.Survient un coup de vent.Les vagues se gonflent, leur vitesse g'accroit et elles emportent au large le canot et ceux qui le montent.Elles les emportent si bien même que la côte disparaît, que lu Mathilde s\u2019évanouit.\u2018Tantôt au sommet des lames, tantôt aux creux de leurs replis profonds, Bauché et son mousse, si loin que leurs regards peuvent porter, ne voient plus que le ciel et l\u2019eau.Le ciel sans tin, l'eau sans bornes ; l'infini sur eux, l'infini sous eux.Et pas de boussole pour se guider, pas de voiles pour aider leur marche, pas de vivres pour soutenir leurs furces.Ou vont ils 7 Vers le large, vers une côte, vers une île ?Qui sait ?Les heures passent l\u2019une après l'autre.Après avoir atteint son zénith le soleil descend.Quelques degrés encore et il touchera l'horizon pour disparaître dans l'au-delà que l'œil ne peut entrevoir.Mais avant, ses rayons continuent de frapper et d'étourdir les cervelles de ces malheureux que la faim tenaille, que l'inconnu anguisse.Moins vigoureux que son compagnon, mais rompu aux fatigues, plus jeune, plus affamé, le mousse sent déjà du vague dans sa tête.\u201c Mère ! mère ! s\u2019écrie t il où suis-je ?où vais-je !\u201d Et comms ramené à lu réalité présente par la vibration aigue de son propre cri, il se jette à genoux, joint les mains, lance au ciel un regard tout mouillé de larmes et sa voix chevrotante et douce envoie au Dieu des pécheurs les prières simples et naïve: que le bon curé lui a apprises là-bas, tout JA bas, pendant les heures de catéchisme, dans la petite église du village, où la mère évoquée file sane doute sa quenouille ou attise le feu puur son modeste repas du soir.Oh ! ces prièrer de l'enfance, comme ils s'en souviennent les marins ! Comme ils les murmurent aux heures de dangers ! Comme ils ont foi dans leur efficacité, tout endurcis qu\u2019ils soient, sincère- tuent ou d\u2019apparence ?La nuit succède brusquement au jour.La faim augmente, l'a:sgoisse s'accroît et toujours, du creux au sommet des vagues et (lu sommet au creux, c'est une éternelle montée, une éternelle descente ?Puis le jour revient ; puis la nuit reparait.L\u2019enfant ne peut tenir à tant de fatigue physique, à tant de douleur morale.Son cerveau bouillonne, ses mét.inges se prennent, ses yeux s\u2019ouvent en grand, son regard se tixe sous la pression du dé- ire.\u201c A boire, Bauché ! crie t-il, à boire ! \u2014-À boire 1 je n'ai rien.\u2014Si, de l\u2019eau-de-vie, \u2014De l\u2019eau-de-vie ?\u2014Oui, de l\u2019eau-de-vie.là, là.dans la barrique.à l'arrière.\u2014La barrique ?.Pauvre petit, tu n'y vois plus.\u2014Oh ! ai, j'y vois.donne.On ! ma mère ! ma mire !.Sous le coup d\u2019une éclaircie dans ses esprits en allés il retombe à genoux, prie avec ferveur, pour 8e redresser de nouveau et lancer ses phrases incohérentes au vent qui flagelle son visage, qui écrète les lames et envoie leur écume dans la barque.Pour étancher cette eau, devenant d'heure en heure un danger de plus en plus menaçant, Bauché donne.se multiplie.Son suroit ne suilit pas.I te son pantalon, en noue le bas des janibes aves une ficelle et, muni de ces sceaux jumeaux, il essaye d\u2019écoper l\u2019eau embarquée.L'enfant délire toujours.La fièvre le domine tout, le brûle, le mine.Plus d'éclaircies mais une agonie constante, une agonie sans trêves, une agu- nie rendue atroce par les souflrances endurées, terrible par la situation dans laquelle elle se déroule.Le pauvre Bauché écope toujours, tournant de temps à autre un regard mouillé vers son compa- guon d'infortune qu\u2019il ne peut secourir et que la \u201c camarde \u201d guette.Après les torsions fébriles, la prostration comateuse, puis la mort.Voilà Bauché, seul survivant dans ce canot qui eubarque, en face de ce petit cadavre, en face de l'immensité infinie, en face de sa fain, en face de ses propres souffrances, de ses propres fatigues, en face des requins qui bondissent déja aux alentours, Ainenés du large par l'odeur de la mort que le vent vaporise à la surfuce des fluts.Que faire Ÿ que devenir ?Ni encore un navire passait.Un navire !.Mais apercevrait-il, dans le miroitement des eaux, cette coquille de noix ?Pour tout vêtement, Bauché garde encore sw chemise.11 l'ôte, l\u2019attache à une latte arrachée au bordage et amarre verticalement ce mât minuscule à l\u2019une des banquettes.Lui aussi sent sa tête qui déménage, et à ses souflrances d'homme atflanié, d'autres souffrances se joignent, produites par les rancwurs que lui cause l'infecte odeur cadavérique dont la barque est toute empuantic.À plusieurs reprises il prend le muusse dans ses bras debiles, pour le jeter duns cette immensité huimde : tombe mouvante des marins.Le cadavre remué dégage une puanteur plus intense.Les requins alléchés, se pressent le long du bossuir, flaquant l\u2019eau de leur queue joyeusement agitée, reniflent, gambudent, se tournent et se retournent.La proie convoitée ne vient pas.À chaque fois Bauché replace le cadavre où il l'a pris, ne pouvant se résigner a donner le pauvre petit en pâture à ces affreuses bêtes.La fuiblesse du matelot de la Mathilde augmente à vue d'œil.L'ardeur du soleil, intensitiant les exhalaisons du cadavre, le malheureux n'y tient plus, raiupe auprès de son compagnon mort, le tire par les pieds, l'amène à lui et le lnisse glisser le long du bordage.L'eau s'entr'ouvre.se referme.Bauché, lui aussi, veut aller rejoindre le petit.Déjà il enjawbe le plat-bord.Mais les requins ont plongé.La mer se teinte de taches rougentres.Bauché pousse un grand cri et tombe à la renverse.Quand il revient à lui des matelots l'entourent, parlant un langage qu'il ne comprend pas, essayant de démdler ce que peut bien être la masse noirâtre qu'ils ont trouvée dans sa bouche.Une vieille chique sans doute ?Non, de la corne mächée *.Le manche de sou couteau que le brave Bauché a voulu dunner en nourriture à son estomac affamé.Le naufragé se demène, interroge, et finit par apprendre qu'il se trouve à bord d'un norvégien, le Wauimir, capitaine Paderson, en destination du Mississipi.Du haut de sa hune, la vigie norvégienne à signalé un point blanc presque au ras des eaux.La chomise de Bauché flottant au bout de la latte arrimée sur un bane.On a wis le cap sur co point, et le malheureux watelot de la Mathilde a été trouvé, évanoui, & demi-mort, atfalé au fond de son canot, devenu solitaire par la mort et l'ensevelissement nautique du pauvre petit mousse.Pauvre petit mousse !.sa grande jeunesse l\u2019a empêché d'endurer de si dures fatigues et jumais plus pour lui la terre de France ne réapparaitra.Son compagnon plus robuste que lui la reverra, la revoit, l'a revue.Et les autres de la Mathilde } Out ils vécu une vie plus heureuse ?Non.lls ont tous fait naufrage dans les parages de l'erre-Neuve.Un navire anglais les n rapatriés, et grande a été leur surprise lorsqu'en accostant en France, ils ont aperçu Bauché, Bauché le camarade qu'ils croynient pérsen mer / Dans la joie du retour, dans les poignées de mains et les embrassades de reconnaissauce on a 431 bien un peu parlé du mousse, puis on l'a vite ou blié.Ces mullicurs sont si fréquents qu\u2019ils de viennent prerque rnturels et qu'on ne peut vrai ment s\u2019en charger la mémoire.Un nom de plus sur l'obituaire des inarins, puis la brise passe, le flot s'enfuit et le souvenir des hommes les imite.Aussi, par un gei matin de printemps, quand partent les Zrrre N'euriens et les /slandais, comme elles ont raison de pleurer les sieules, les veuves, les mères, les femmes, les sœurs, les tiancées des pêcheurs ! SUR LE RIVAGE Cowie un navire en proie au feu qui le dévore, le soleil daus les nues enfonce par degré.La nuit s'avance lentement et le bleu firmament s\u2019arrondit sur nos têtes, empreint de calme et de sérénité.Le silence descend eur la terre profond comme l'oubli.Une brise légère et douce fait balancer la cime des grands arbres ; alors le ciel dévoile aux yeux toute sa splendeur.Oh! que j'aime à aller m'asseoir sur le rivage à cette heure du mystère, et à contempler le magnifique spectacle qui s\u2019oflre à mes yeux.Le fleuve est là s'étendant devant moi, ses eaux limpides comme du cristal sont ondulées lé- gerement sous le doux zéphir.Le bruit seul des vagues, blanches d'écumes se brisant sur (les roches iwinuables, trouble le silence mystérieux qui plane sur la nature.Cette musique des flots donne un cachet particulier à la beauté du soir.J'aime à promener mes regards sur cette immense étendue d\u2019eau clont je cherche vainement à sonder les mystères.Je ne puis me defendre d'une certaine émotion à la vue de ce fleuve déroulant ses flots azurés.Il est l'image de cet infini qui attire sans cesse la pensée, et «lans lequel sans cesse elle va se perdre.Cette immensité parle éloquemmient de Dieu, de sa puissance et de sa bonté.Cette contemplation élève l'Ame vers le créateur de toute chose, et fait battre le cœur.J'aduire l'eau brillant comme du cristal ; la souple nacelle que lance l'ettort du gai rameur ; lu lune réveuse promenant au ciel son disque doré ; les étoiles semblables à des clous d\u2019or soutenant la voûte iusniense des cieux ; de ces flots qui connaissent tant de lugubres histoires ! Lorsque les eaux sunt en furie, que les vagues se lèvent par la force de la tempôte comme des sceptres menaçants, prêts à fondre sur leur proie, le marin qui voit le danger qu\u2019il court voudrait voir s\u2019apaiser l'orage afin de pouvoir encore une fuis rallier la terre.Mais ouvent, hélas ! Dieu ne lui accorde pas ce qu\u2019il demande, et quand vient l'heure marquée par sa justice, ]a tempête augmente, le vent devient plus fort, ct bientôt sa barque est ballotée par les flots sombres et le fleuve devient le tombeau du marin.Un sentiment indéfinissable m\u2019envahit après cette contemplation, et ces pensées ! oh! qui ne peut comprendre l'existence d'un Dieu et d\u2019une puissance surhumaine veillant à l\u2019ordre de l'univers, quand on se trouve ainsi face à face avec les magniticences du ciel et de la terre dans le calme d\u2019un soir d'été ! JUSTA.Pointe-Claire, 18%, LE BAPTÈME b'UNE CLOCHE C\u2019est une jolie chose qu'une cloche entourée «le cierges, habillés de blanc comme un enfant qu'on va baptiser.On lui fait des onctions, on chaute, on l'interroge, elle répond par un petit tintement qu'elle est chrétienne et veut sonner pour Dieu.Pour qui encore Ÿ car elle répond deux fois : \u201c Pour toutes les choses sair.tes de la terre, pour la naissance, pour ln mort, pour la prière, pour le sacrifice, pour les justes, pour les pécheurs.Le matin, j'annoncerai l'aurore ; le soir, le déclin du jour, céleste horloge, je sonnerai l'Avgelus et les heures saintes où Î'eu veut être loué.À mes tintewents, les âmes pieuses prononcent le nom de Jésus, de Marie ou de quelques saints bien-aimé ; leurs regards monterunt au ciel, ou, dans une église, leur cœur se distillera en amour \u201d. 422 LE COMTE DE PARIS Louis-Philippe- Albert, comte de Paris, est né en 1838.Euporté par la tempête révolutionnaire du 24 février 1848 sur la terre d\u2019exil, il y grandit vous la haute direction de sa mère, la duchesse d'Orléans.Le comte de Paris, chez qui l\u2019activité physique et l\u2019activité inteilec- tuelle marchaient de pair dès cette époque, visita presque toute la Contédération germanique.En 1861, le comte de Paris et son frère le duc de Chartres s'embarquaient pour aller visiter l\u2019Amérique, lls trouvèrent, eu y arrivant, ce grand pays en proie aux déchirements de ls guerre civile.La lutte était ardente entre les Etats fédéraux et les Etuts confédérés.Les deux princes offrirent leurs services au président Lincoln et furent attachés l'un et l\u2019autre à l\u2019état-majordu général Mac Curlan, où ils se conduisirent dans toutes les circoustauces en braves et vaillants soldats.LÉ Quoique ils n\u2019eussent accepté au- iy cun grade, leurs connaissances militaires et leur expérience les rendirent précieux au général américain.Dans l\u2019armée du Potomac, ils devinrent très populaires, remplissant Gdèlement tous leurs devoirs et se gagnant l'amitié de tous leurs frères d'arues.MacClellan, dans ses rapports, parle hautement de leurs services, de leur humble position dans l'état-major et de leur modeste refus d'être promus à un plus haut grade.L'armée du Potomac étuit alors campée dans les environs de Washington ; el se tismporta sue i Jo Munroe pour commencer la fameuse campagne de la Péninsule ; les deux princes français, l'y suivirent et cuntinuèrent à servir loyalement leur général.Nous donnons quelques gravures représentant divers incidents de leur carrière comme soldats de l\u2019Union.\u2014 L'introduction du prince au Chaplain du 32e Kégituent de volontaires au Camp de Wintield, près de Yorktown : ce fut une manifestation des légitimistes aux héritiers du trône de France.Un jour que le général McClellan allait reconnaître les ouvrages avancés des ennemis, il ordonna a son état-wajor de demeurer sous le couvert d'un bois, tandis qu'il s'avancerait avec un seul assistant.Les princes français protestèrent, disant que leur devoir les attach sit à la personne même du général, et que le danger, en cette circonstance, n\u2019était nullement à considérer.Le duc de Chartres, mêtue, apprenant que du bas d'un chemin latéral ou pouvait apercevoir les canonnières ennemies qui venaient prendre position, alla faire lui-même une reconnaissance ; wais il tomba bientôt dans les lignes ennemies, et dut revenir sans avoir vu la flutte.La gravure représentant une table de camp, placée sur deux billots montre, à part le comte, deux autres membres de sa famille, le docteur, et un géant, capitaine de Chasseurs qu'on n'avait jamais vu monter à cheval, préférant à ce qu\u2019il disait se fier à la vitesse de ses jambes ! Le comte délivrant un messago au général Fitz- John Parter, à Guine\u2019s Mills, représente le prince au moment où, ayant traversé tout ce terrible champ de bataille au milieu de la fumée eu du dan ger, par des chemins impraticables, il vient enfin remettre le document au général.A la bataille de Williamsburg, le comte se distingua brillamment, et ne cessa d'être aux côtés du général qu\u2019il ne voulut point quitter.Après avoir assisté à un siège et à trois batailles rangées, les deux princes reviurent en Europe.Le comte de Paris, rendu à la vie privée, utilisa ses loisirs en se livrant à de sérieures études sur les questions économiques ouvrières.Il publia plu.LE MONDE LLLOSTRE LE DUC D'ORLÉANS sieurs travaux sur cette matière, soit dans la Revue des Deux Mondes, soit sous la forme de vo- lunes, En 1863, peu de temps après son retour d'Amérique, le prince demanda et obtint la main de sa cousine, ls princesse Isabelle, fille du duc de Mont- pénsier et de l'infante d'Espagne.La cérémonie nuptiale eut lieu en 1864, dans la chapelle catholique de Kingston, voisine de Loudres.De ce mariage sont issus six enfants.Deux écrits : | Allemagne nouvelle, en 1367, et l'Esprit des conquêtes, en 1870, nous funt connaitre les idées du comte de Paris sur la situation de l'Allemagne, sur la politique que la France a suivie à son égard, et sur celle qu\u2019elle aurait dû suivre.\u201c Toujours passionné, dit M.Ch.Yriarte, pour les questions qui intéressent l'ouvrier, il emploie son temps, au sortir d'une conférence aur les que:- tions du jour, à visiter des usines ou & s'aboucher avec les hommes qui ont en main de grands intérêts industriels.Chacun fait le plus grand cas de ce jugement sûr et de cette maturité d'esprit fortitiée par une incessante étude.\u201c Il y a là une personnalité p litique prudente, libérale, douée d'un calme qui ne peut s'acquérir, lorsque la nature a refusé tout d\u2019abord ce don précieux.\u2018Très rétléchi, très posé, d\u2019un aspect noble, et rappelant par les manières le prince son père, le comte de Paris sait dire à chacun de ceux qui l\u2019approchent le mot qui convient et qui touche.\u201d Par la mort du cumte de Chambrd, le comte de Paris est devenu le chef de la maison de France, puisqu'il est le descendant direct du duc Phili d'Orléans, frère de Louis XIV, fils de Louis XIII, petit-fils de Henri IV, et père du Régent.Le comte de Paris est, comme on sait, petit-fils du roi Louis-Philippe et tils du duc d'Orléans, mort si malheureusement victime d'un accident de voiture, le 13 juillet 1842.A la suite de vives discussions, une loi a interdit le territoire français aux descendants directs des faruilles ayant régné sur la Francs, ainsi qu'à leurs enfants par ordre de primogéniture.M.le le comte de Paris est done parti pour l\u2019exil avec son fils, le jeune duc d'Orléans dont nous publions aussi le portrait.\u201cpo + 04 M.le comte de Paris a des liens de parenté avec presque toutes les familles royales d'Europe.11 est le courin de la reine d'Angleterre.Cousin germain du roi des Belges.Cousin du roi de Saxe.Cousin du prince Ferdinand de Bulgarie.Neveu du roi de Wurtewberg.Beau-père du roi de Portugal.Oncle du prince héritier du Danemark qui est ie beau frère du Czar de Russie, du prince de Galles, du roi de Grèce, dont le fils nîné vient d\u2019c- pouser la sœur de l'empereur d'Allemagne.Oncle de la sœur de l\u2019impératrice d'Autriche.Oncle de François IT, ex roi de Naples.Oncle à ls mode de Bretagne du roi d'Espagne.Voilà en quelques mots l'homme distingué auquel plusieurs citoyens éminents de Montréal ont voulu présenter leurs hommages, lors de son passage dans notre ville.SALABERRY DE VALLEYFIELD.\u2014 M ZÉPHIRIN BOYER, N.P, MAIRE (*) C'est à Melocheville, dans le comté de Beauhar\u201d nois, il y a de cela quelque cinquante ans, que na\u201d quit M.Boyer, d'une brave famille de cultivateurs 8e rattachaut par certains liens de parenté à celle de M.AN.Montpetit, notre populaire littérateur canadien.Après avoir terminé ses études classiques, il se fit admettre dans la profession du notariat et vint s'établir dès lors à Salaberry de Valleytield, pour y pratiquer.Les debuts de M.le notaire Boyer furent très ardus, couuie le sont toujours ceux des jeunes qui se Inuceut dans ls lutte pour la vie avec les seules ressources cle leur énergie propre et de leur travail personnel.Comme ces deux grands moyens d'actions, ce pendant, ne faicaient pas defaut au débutant, il renverss peu à peu tous les obstacles et parvint à se créer, dans la petite ville nais-ante, aux déve- loppenients de laquelle il assistait et participait pour sa large part, une position assez enviable, Il s'impusa bientôt à la coufiance de ses concitoyens par le vif intérêt qu'il prenait aux affaires municipales, le zèle et le dévouement avec lesquels il les servait.léjà secrétaire de la municipa'ité de paruisse et de la commission scolaire de Suinte- Cécile depuis de longues annees, en 1885 il fut mis sur les rangs comme candidat à la mairie pour la ville de Salaberry de Valleytield.L'ayant emporté sur son concurrent, M.Plante, le maire sortant de charge, il remplit avec sou dévouement ordinaire ces hautes mais onéreuses fonctions.Sous cette première administration de M.Boyer eut lieu l'acquisition du parc, l'amélioration de la voirie publique et surtout furent faites les pre- wières démarches pour doter ln ville de l\u2019agueduc qui fuit sa richesse aujourd\u2019hui.Lors de la visite des délégués Français, monsieur Boyer leur fit une réception à Salaberry de Valleytield, leur donnant ainsi occasion de con- Pe naître notre ville et de l'apprécier suivant son mérite.À preuve, ce qu'en a écrit M.Tiret Bognet, à son retour en France.Après une interruption de deux ou trois années, en janvier 1890, monsieur Boyer fut rappelé, par les électeurs de Salaberry de Valleytield au timon des affaires municipales, (*) Dans «les articles rubséquents, nous parlerons plus spécialement des monuments de Salaberry de Valleyfield, dont nous commençons dès aujourd'hui à donner quelques es. Et depuis les quelques mois qu'il à réassumé les devoirs ue cette charge à laquelle il était luin de se trouver étranger, on l\u2019a vu déployer une activité sans pareille, un zèle soutenu pour l'avancement des plus chers intérêts publics de ves administrés.Complétion du système d'aqueduc et de celui des cgoûts, ouverture de rues nouvelies, awéliorations nu pure public, ce ne sout là que quelques fruits de sa suilicituue civique bien entendue.Un & vu monsieur Boyer multiplier les dé.maiches, ne pas regarder aux dépenses et de temps et d'argent pour se vouer à la reussite de projets d'où depend l\u2019avenir de Salaberry de Valley tield.\u2018els sont, par exemple, ceux du chemin de fer St- Laurent et Adirondacks, des fouderies & établir dans notre ville, des œanufactures de tapis et autres qui demandent des chartes et l\u2019obteution de pouvoirs d'eaux, comue nous en avous do si puis- sulitB.Si Jo succès complet n\u2019a pas encore couronné les effurts de monsieur le maire, eppérons qu il »e produira bientôt : car ses travaux nombreux et vail- lan ent menés le meritent amplement.\u201d_* + \u2026 Nous joignons au portrait de monsieur le maire de Sulaberry de Valicytield, la photographie dun groupe où 11 Be trouve représenté avec sir Henry Tyler président général de la Cie du Grand-lronc, MAM.Wainnght, Stevenson, Sargeant et Hemma- ford, tous ciliciers de la même compaguie.Cette photographie a été tirée lorsque ces honorable visiteurs sulit venus, Luut dernièrement, à Salaberry de Valleylield, faire une reconnaissance vflic elle de la place, sur l'invitation spéciale de wousieur le waive Loyer.Vici ls disposition du groupe : assis au centre, Sir Henry Tyler, ayaut a su droite wonsicur Buyer ct monsieur Wuinright & sa gauche.En arnere du président se tieut monsieur Sargeant, avec MM.Meunnaftord à druite et Dievensun à gauche.Après avoir Ininutieusement visité notre ville, exatillte SON bite et ses pouvoirs d'eau, ces mes sieurs sont repartis enchantes, lui préuizant les plus belles destinées et promettant même l' ur concours le plus actif pour la réalisation d'icelle.C'est une autre bonne aubaine, aux bénétices de laquelle monsieur le maire Boyer aura, une fois de plus, attaché son num.ed LA FAMILLE CANADIENNE (Léyenue) A MA BEUR 1 Le Saint-Laurent roulait majestueusement ses eaux magnitiques, le soleil perdult ses rayous &r- dents à travers les arbres les plus tuutlus des alentours, et la nature semblait rêver daus un silence solitaire.A quelques pas de la grêve, un vieil érable restait debout comme le dernier vesuge d'un autre âge et comme le vieux soldat légenusire pour raconter aux générations nouvelles 1 histoire du passé, L'écorce de | érable purtait encore les caractères à dewi ellacés d'une aucienne épitaphe brunie par les années et rongée par le tewps.Ou raconte que Frontenac était passé par là, accompagné d'un jeune et brillant othcier canadien.Tls etxient restés quelques jours en cet endroit hs- bité dans le temps par uue dizaine de colons.Comue je passais dans cette cawpague, la vue de ce vieil arbre, débris d'un autre âge, we frappa ; je voulus connaître cette histoire perdue daus les aunées.Les paysans de ce village avaient fidèlement con servé daus leur mémoire un récit qu ils tenaient d leurs aucôtres ; c'était une vicille légende cana- badicnno qu\u2019ils ne racontaient jawais saus éluo- on, LE MONDE ILLUSTRE II Le Saint-Laurent roulait majestueusement ses eaux Wuuguitiques, lu suletl perdait ses rayons ar- deuts à travers les ai bres les plus toutlus des alentours, et ls usture semblæit 1ever dans un silence wulitaire.Pièa du vieil érable, une jolie et blanche maisonnette reces ait, dans lo temps jadis, les rayous de l'ustre luisineux sur sun tuit d'écurce de bouleaux.Autour de l'habitation on voyait au priu- temps rev erdir des arbres fruiticre de Luutes surtes, et septetubre venant, les pommes du verger defisient tuutes celles dus Voisins.Vans l'intérieur, on jouissait du plus parfait bonheur tervestre ; le pere, ls were ou los deux filles guûtaient le calme que duune ls piété unie à lu Croyulice siucere.C etait duus cette maison que se reposaient ha- bitueliement Frunteuac ét bon coupagnon ; là Us étaient combles à hunheurs eb élituules de sespect, Le jeune vflicier, dont ie rang Lu'eluit que secour duit Lrouvait, cependant, duns cet iutés leur, quelque chose qui | iuterchauit el le charmuit d ube la.niere eacepivnnelio ; et, en retour, 1 fuut avouer que la cadeite, Hectonne, bembluit cousprendre celle sympathie et eu payer le relour par ul sen tient Les délicat ; leurs cœure, enfin, battaient à | uniseun &b leurs âmes se cuinpreuuleut ! Cetait lu quatrieme fois que Kaoul rencontrait la belle et brune Hectormne, et bothcier devait de- mauder ln main de la mélancolique mais ravissante jeune fille.Ce fut près du vicil érable qu\u2019on se fianga et qu'on se juts up eteruel swour ! 111 Le Saint-Laurent roulait majestueusement ses eaux luuguifiques, le auieil peruuil tés laytUs AF- dents à Lin\\ers les aibies les pius toutlus ues alentours, et lu nature selublait rever dans Un blieuCe solitaire.Quelques mois s'étaient écoulés et Raoul était revenu & ce lieu, deuseure cuntinuelle de sa pensee les colons viurent de doin, de bien om! pour assister au mutiage de l'utheier brillant qui resonçait à sOu état pour se talte colon alin de posséuer,\u2014 à lu place de ses epnulettes et dun haut grade wi- litane,\u2014celle que sou cœur avait choisie et qui de- Vait partager ses peines CULILLE bed JULES, bes male heurs comuwie sa telicite ! Des années secuulèrent ; Frontenac dormait déjà du sutumeïl de la tombe, et Raoul comptait une assez nowbieuse fuwille.Tout souriait à son allection ; mais le cri de guerie se fulshit souvent euteudre daus le pays ; encor+ une tuis l'Angleterre et ses colonies vou- latent se venger d avoir éle ei suuvent vaincues.Kaoul repartit done pour rejoindre, de nouveau, ses unciens compagnons darwes.Mectorine en qui dix aus de weuage L'avaient que develuppé du- vantage les tacuites intellectuelles, resta seule sree ses huit enfants, priant tous les soirs pour le cher absent.Mais de sombres pressentiments la han- tuient, sans cesse ; elie be voyait partout que sang et ruines ; Cetalent les vaut coureurs de quelque chose de sinistre ! IV Le Saint Laurent roulait majestueusement ses eaux iwaguifiques, le noleil perdait ses rayons ardents à Liavers les arbres les plus toutlus des sleu- tours, et la nature sewblait rêver dans un silence solitaire.L'Augelus avait été récité en commun et Hecto- rine fiaait vers Québec de longs regards de crainte et d'amour ; Raoul, croysit-ile, devait être la, Soudan, ene se reveilla de sa mélancolie, où plutôt, elle en tut tirée, par le bruit du tocsin de l'eglise qui sonnait l'alsrme.Un regiment d'anglais avait trouvé beau et grand de piller des familles sans defenseurs, car presque tous les hotes étaient partis pour l\u2019ar- mde, La première maison attaquée fut celle de Raoul, les augiais eurent vite defoncé la purte et les fe- nôtres, wais Hectorine, dont la première pensée fut pour Kaoul eut, néanmoins, le temps de saisir le 423 drapeau français, cadeau de noces du grand Frontenac au Jeune vilcier.** lmworteils Launière, je mouriui avec tui \u201d, avait-elie dit, en preusnt ce lambeau de notru gloire ! Elie s\u2019élsuça par une fenêtre, et les anglais étonnés de tant à audace et d'un »ù beau cuuruge se de- Wunduient ce que voulait donc cette cuuadienne traversaut leurs rangs avec un drapeau de la France a ls wain 1 biie ulla jusqu'au vieil érable et fit un feu de brauchies sèches ; le cou wantcant était sorts de la maison et ordonnait qu'on lui sp- purtât ce drapeau qu\u2019il voulait a tout ; rix.Mas Hectonue le lauga duns les fuiues qui montaient vers les cieux, et semblable à Une prêtresee de l'an- tiquite sacribant aux dieux, elie viv avec joie, le feu uévorer en un stant le drapeau de la France.Une odeur de vailiance et d'uéruïsme sembiait se repaudre comme ul parfum autour de cette Vieilie relique d un autre age.La Jeune Were et tuute au famille payèrent de leur vie cet expivit de cœur et de courage qui était digue d'un WweliieUr surt.Le vieil érable, que la fumée du patriotique in- «eudit avait UL lustant enveloppé, apres avoir vu les fiançailles, lut encore témivin de la wort de I heroine ; ce fut la qu'on voulut fuire expier aux malheureux eulauts le prétendu crime de leur mere, et à celte dervière su grandeur d'amie et son awour pour la patrie.Mais la vengeauce divine préparait son terrible glaive, qui tôt où tard frappe le coupable ! Vv Le Saint Laurent roulait majestueusement ses eaux Wbphitiques, Îe bOiell pelVuIil ses 18) 0Ls ar- deuts à Lu\\ets les arbies hs plus tonbus ues alentours, tt la nature selublait tever daus un silence solitaire.Les guerriers canadiens, partis de Québec, s'avançuient au pas des coureurs de bois, car le Cutumiandant des lorcis CauaGienLes AVuil donné à Kaoul l vrure de deteudie su t156 sud du fleuve ; son Vilage etait done cups dans cette étendue.Aussitôt quil eut spplis Lulllvee des sng iaib bUT le territoire canadien, 11 parut & leur recherche.Et le régiment angus veal de cousuuMtr son crime quand Raoul &2 seb COMpAgNOUS BILIN érent, comme ecisireurs, près de sh aetueule qui n oflrait lus que des ruiues.Las Anglais étaient trois contre un, mais le courage invincible de nos soldats était connu.Un se batut, on reculs, on avulgs, et la victoire nous chants son byune de triomphe ; was a quel prix | Le capituiue, après avoir combattu come un lion en tuieur, etait tombe dans 18 mêle, Liessé à mort.Li se fit porter près du vieil érable, sur la cendre de sa relique brüire, à côté des cadavres de ea fa mille, et ii rendit le dernier soupir, entouré de ses compagnons d'armes allilsles, luals AVEC les dra- peaua français victorieux ! Depuis, histone de celte famille, son bonheur et Sa fin sont restés gravés sur les poitriues d'airain des ancêtres qui à leur tour en out buriné le souvenir dans le cœur et lu méwoire des enfants qui se transmettent, cette légende, de géuetation en génération, mieux encore que L'a pu ie faire le vierl érable canadien qui sert de monument à leur towbeau.Quand je repartis de cet endroit, je ue pus m\u2019eum- pêcher d'admirer ces braves gens qui ne savent Ja mais oublier ceux qui n oubuerent pas leur patrie glorieuse ou vainzue ! Lorsque je repassai devant le vieil érable légendaire, le Saint Laurent roulait majestueusement ses eaux magnifiques, le soleil perdait ses rayous ardents à travers les arbres les plus toutlus des alentours et la uature » mblait rêver dans un silence sulitæire.Lorsqu'on hésite entre deux devoirs, il semble que le plus pénible soit le plus impérieux.\u2014 CuarLEs NARBEY, LUE EL : CHARTRES EV RECONNAISSMICE t oy LA \u2026 A 23 WE LE PRINCES FRANCAIS 6T LE RËr PÊRE T1SSOT SIA SET CCE : Zz a BH a = =< CNT FES RE a te - AER 5 dir: GP i ARE EN CLE MEER OES * PRINCES FRANCAIS | ) CIE NEA \\ N ww es \" Se RY ,Ç A) A À \\ A XX 9 A WE AN AR vou D : 08 REED iy ~N ; DU YN No ~~ I: \u2019 | i .\\ No F6 CaN 1 {i man TON\u201d mF1ELU = IRL LU ; MES NE a Vannes of 4 seo?T a i _ 17 NS _ ZT) AY ÿ \\ [5 ST ur \u2014 .! GAINES MILLS ' RES Lu I RE WILLIARMBURG AV, - 3 A LE COMTE DE PARIS PARTANT LES O oun PARKER RE Bp - N AU GEN F112 A ow GE N MTCLELLA LE COL.ABTOR ASSIS AVEC LE CONTE DR PARIS EN VUE DE YORKTOWN, LE PRINCE DE JOINVILLE DESSINANT LE PORTRAIT DE M.CUMBERLAND 0 (Voir l'article) LE COMTE DE PARIS REGARDANT LE CROQUIS LA VISITE DU COMTE DE PARIS EN AMERIQUE.\u2014CROQUIS DE LA CARRIERE MILITAIRE DFS PRINCES FRANÇAIS DANS L\u2019'ARMEE DU POTOMAC PENDANT LA GUERRE CIVILE.\u2014Dessin de À.R.Waud Se veu rome -\u2014regerm 5 = \"3 a pe = \u201cSm ed I \\ AS 3 adibatedit Lans + ua\" M ZEPHIRIN BOYER, N.P, M.HEMMAFOkI» M SARGEANT M.STEVENSON Maire M.Z.BOYER SIR HENRY TYLERM, WAINWRIGHT Lug = i: B Ea We i - à * à a { 2 Frwy th Nn of ARS yy, o 3 À = > N on / + 13 I 4 VAAL Me Ay It 1 : 3 A | | | Sade il li 31]; lg i te LCI [ i mu Ev \"ay age | § Ain bk BASIC Rum, or RS 5 2e SA LE * i Hs Ja 7 UH | = De a nani LS | L'ÉGLISE CATHOLIQUE (FAÇADE) L'EGLISE PRESBYTÉRIENNE A TRAVERS LE CANADA.\u2014 SALABERRY DE VALLEYFIELD Photographies James Martin, Valleyfield.\u2014 Photo gravures Armatrong 426 LE MONDE 1uLOSTRÉ FEUILLETON DU \u201c MONDE ILLUSTRE\u201d MUNTRÉAL, ler NOVEMBRE 1890 FLEUR-DE-MAI \u2014\u2014\u2014 ee PREMIERE PARTIE LA TIOTE IL \u2014 LE MARCHÉ L'inconau n'avait même pas l\u2019air de la regarder.Au bout de quelques instants 11 se leva et jus- sant devant lrius, s'approcha du directeur et lui dit & mi-voix, wais de manière à Être cependaut entendu de la prisonnière : \u2014Mousieur le directeur, je vous remercie de votre eatième obligeance, tous les details que vous avez bien voulu we faire connaître me sunt précieux pour le grand travail que jo suis en tra de terwiner sur le regime péuitentisire dans univers entier.Voulez-vous me permettre de dépuser entre Vos malus la sOusue contenue dans cette buurse, pour procurer un léger soulagement à ces tualteureux.Tout en parlant, il avait passé à côté d'Irma et lui gliesait dans la main un billet que celle-ci faillit luleser échapper tant son émotion était violente.Ce billet contenait ces mots : \u201c Lum qui n'a cesse du veiller sur vous vous offre lu liberté.Ii saura bien vous la donner.Verllez et teuez-Vous sur vos gardes, l'instant ap- pruche.\u201d lrwa fut obligée de faire appel à toute sa force, pour que les surveillants et les detenus ne pulssent lire sur son Visage la juie Toile qui imuoudait tout sou être.Livre !.Elle allait être libre avant peu!.Ou lui promettait !.Ah ! il pouvait Lien en être certain, celui-là, qu'elle ne lui tiarchaudait pas sa FeCOULHISSEULE.Quelques juurs s'écoulaient encore, on était au COutWeNnceweNnt de l'été et de trequeuts orages se succédalont, uineuaut avec eux d'epouvantables Oudees.Les détenues se trouvaient au préau, au début de l'une de ces oudees.L'eau avait colence à towber avec une subite Vivlenve.Naturellement, pour la rentrée dans les bâtiments de la prison, Un certain moi se produtsit.A un vivieut coup de touuerre, les detenues poussèreut des cris de frayeur eu se buusculaut, Afin d'éviter lu pluie Lattaute, les surveillants étaient deja reutres.Eu travers de l'une des portes se voyait à cet instant un haquet chargé de barriques.Un le cowprend, i wil d lrwa etait toujours en éveil.Ji lui sembla que le paysan qui conduisait le haquet lui faisait un sigue.Eile ne n'etait pas trompée.Et sous l'undee, pareille & une couleuvre, elle se glissa dans l'un des touneaux qui se trouvaient encore & terre.Au milieu du fracas de l\u2019orage, de l'emoi causé par cette pluie torrentielle, personne ne s\u2019etuit aperçu de sa disparition.Le coup avait d'ailleurs été merveilleusement exécuté.C'ituit un véritable escamutage.bt le paysan, quelques secondes plus tard, recouvrit le tonneau dun morceau de tuile, et le chargeait avec peine sur sou haquet.Eucore un instant et les lourdes grilles qui sé- paratent Irma de lu liberté étaient frauchies !.Longtemps elle fut roulée ainsi, sans qu'elle osât faire un mouvement.Puis, à des cahots incessants, elle reconnut, que le haquet avait quitté lu grande route pour prendre un chewin de traverse.Elle fut secoude ainsi pendant un long espace No 3 Enfin, le haquet s'arrêta, le tonneau dans lequel elle était tapie fut déchargé ; lrma entendit la petite voiture qui s'éloiguait, le paysan claquant son fouet, gourmnndait son chevai.et tout retomba, à l'entour, dans un profond silence.Irma se hasarda à soulever la toile qui recouvrait la Larrique.La nuit était venue.\u2018 Elle so trouvait en plein champ, au milieu d'une interminable plaine qu'elle entrevoyait vagueux nt à ls clarté des étuiles.Libre !,.elle était libre !.Mais où aller 1.De quel côté porter ses pas pour ne puint être reprise 1 Elle ne put retenir un cri de frayeur.Un home était devant elle.D'où sortait-il ?.Counnent ne s'était elle pas aperçue plus tôt de sa présence ?Mais elle se rassura aussitôt \u2014 Maintenant que j'ui tenu ma parole, \u2014lui dit-il brusquement, - SPECIAL À | Corps et calegons en laine $L | Chaussettes en laine .25c P.P.?valeurs suns égales au même prix ailleurs \u2018 VENEZ LES EXAMINER GUIMOND 15 ST-LAURENT ol en mn ses \u2014 ee | UNE VENTE FORCEE Vue l'élargissement de la rue Notre Dame.jesus force de fondre mon stock de Vaisselles.Verreries, Lainpes, etc.ete, Venez en protiter.Bervicesa Diner.-.Moitié prix Services à \u2018Vhé.\u2026.\u2014 \u2014 Services de Chambres.- \u2014 \u2014 Lampes a suspension.- \u2014 Lampes de Tales, .\u2014 Verreries.coutellerie, ar- geaterie, éte.\u2026.\u2026\u2026.ClIKZ L.DENEAU 2332 Ru Nosrs-Dun> dêécsata « A aw sé Py, c < Leur ta le Pal 2 EP ee fes.2.> - \u201cie | .\u201clad.5 ' + sem se as ior \u2014_ am \u2014\u2014 ! Banque Jacques-Cartier DIVIDENDE NO.50 AVIS est par le présent donné qu'un divi.| dende de TROIS KT DEMEG) POURCENT stir Je cn ital paye de cette institution » é'¢ declare pour le semestre courant ts rA psy- dble au bureau en Banque, à Montréal, le ; 1 i Cetapres LUADL © PREMIER DECEMBRE prochain, , Les livres \u2018de tra-sfert seront fermés du 17 ! au 30 novembre, es deux jours inclus.t Pur ordre mu bureau, A.dE MAHTIGNY, Dir:cteur-G rant.| Moutreal, 23 acts bre 1200, Banque \u201cVille - Marie AVIS | Est parles présentes donné qu\u2019un dividende ; de TROIS ET DEMI POUR CE NT (84 p.opa l été declare sur le capital payé de cette insti- sa ion pour le +emeastre co .rant, et que ce dividende >ern payahl_au bureau de la Banq ce Montréai, LUNDI le PREMIER OE.1e EMIBKE prochain.Les livr- » de transfert seront f rmés du 20 au 30 novemb 6 prochain, ces dLux Jours in- clusivem nt, Par urdre du Bureau.U.GARAND Caissier.Montréal, 21 octohre 1800, ILLUSTRE one \u2014 \u2014_ UN \u2014 Vas rT sora BIENFAIT Pour Le BEAU SEXE oe Les seules qui assurent en trois mois et sans nui e a la santé le \u2014ET LA\u2014 FERMETE des FORMES DELA POITRINE CHEZ LA FEMME vo- - SANTE ET BEAUTE 00 \u2014\u2014 LES POUDRES ORIENTALES sont l'heureuse Association «les mélicaments les plus actifs pour donner à la Femme ce Développement et cette Ferm-té des Formes de la Fuitrine qui constituent la véritable Beauté, «t pour guérir radicalement La Dyspepsie, la Consomption, l'Anémie, les Faiblesses d'Estomac, les Pâles Couleurs, etc, etc.En un mot tous ces états de Langueur, d'Amaigrissement et d Epuisement Nerveux auxquels les tempéraments sont, de nos jours, trop fatalement prédisposés.LES POUDRES ORIENTALES donnent au corps la Santé et lu Beanté en fortijiant le sustéie, cn développant les muscles rt en refaisant le squelette, C\u2019est le rénovateur souverain.C'est le remuérle ide tous, mais c\u2019est aurtout le grand remède de la femme ct de l'enfant.I favorise la formatiom des jeunes filles, quérit el rrempte la femme de maladies inhérentes à son sere, et pa son emploi régulier les enfants grandissent beaux ef forts.LES POUDRES ORIENTALES sout employées dans le monde aristocra tique «le toute l'Etvope, et principalement \u201chez les peuples d'Orient, où les femmes se distinguent par leur santé et leur grande : beauté de formes.Voici ce qu\u2019en dit le principal journal dv médecine de Paris : * Les PoUbRES MERVEILLEUSES, cegran-d remède des Orientaux, découvert par eux il y à près d'un siècle, et qu'un entreprenant clinmiste parisien a tout récemment introduit ivi sous le nom de POUDRES ORIENTALES.ont atteint une vogue extraorli- naire dans le mon-le aristocratique.Les médecins les plus à ls mode parlent hautement des propriétés étonnantes de cus poudres.\u2019 LES POUDRES ORIENTALES sont brevetées pour les deux continents, et les principaux Isboratoires sont à Paris, Londres et New.Vo:k.Pour éviter les contrefaçons, exigez sur chaque boîte la signature de la Cie de Poudres Orientales.Une boîte, avec notice - - - $1.00 Six boîtes, avec notices - - 5.00 Si vo\"s na trouvez pas les POUDRES ORIENTALES chez votre pharinacien, elles vous seront expédiées franr de port et bien empaquetées sur réception du prix adressé à L'AGENOE DES Poudres Orientales BOITE -POSTE 694 MONTREAL, CANADA DEPOT GENERAL POUR MONTREAL; L.A BERNARD, pharmacien, 1882 \u2014 RUE SAINTE-CATHERINE \u2014 1882 Téléphone 6513 LE MONDE ILLUSTRR 431 PIANOS ! 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