Le Monde illustré, 21 février 1891, samedi 21 février 1891
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ANNONGES : ABONNEMENTS : Tux ANNÉE, No 355.\u2014-SAMEDI, 21 FEVRIER 1891 Man, 88.00 - - - St mois.81.50 La ligne, par insertion - - = = - 10 eels Quatre mois, 81.00, payable d'ovenes BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRISTAIRES.mmsortions subeéquentes - - - - 8 emis Le Tarif spécial pour ennonces à long terme Vendu dans les dépôts - - 5 ernts la cople BUREAUX, «0, PLACE JACQUES-CARTIER, MO Fa asf EE re = 200 pa .RY 4 , d 14% Pc VER QUEBEC.\u2014MONUMENT JACQUES CARTIER- BRÉBAUP, ÉRIGÉ A QUÉBEC, LE 24 JUIN 18£9, FAR LA SOCIÉTÉ FAINT JKAN-BAPTIBTE Photographie J.L.Beaudry\u2014Photogravure Armstrong 1 NA EE ne - wo ord BIE St I TL 670 LE MONDE ILLUSTRE \u2014\u2014 \u2014 re re LE MONDE ILLUSTRÉ MONTRÉAL, 21 FEVRIER 1891 SOMMAIRE Texte : Entre-Nous, pur Léon Ledieu.\u2014Echos de la bohème causdienne, par le Dr R.Chevrier \u2014 Les tites clibses de notre histoire, par P.-G.Roy.\u2014 Poésie : Sauut aux Deux Frances, par J.-M.-Amédée Denault.\u2014 Famille Saus-Nom, par G.-A.Dumont \u2014 Parinienns et Canadienne, j ar Luciole \u2014Puésie : Li- moilou, par W, Chapman.\u2014La niorr de Ph .norable W.Windom.\u2014Le monument Cartier-Brébeuf, par Une bouu nineuse.\u2014L+s écrivains de toutes les litré- ratures : M, l'abhé Laverdière, \u2014Correspondar-ce, r Hermance.\u2014Une & atuei Ne Maisonneuve.pur Un Patriote.\u2014La source d\u2019eau vive.\u2014 Maison Canadienne.\u2014Le brigadier Tirefou.par Folarçon \u2014Caruet de la cuisinière.\u2014Feuilleton : Fleur-de Mai (suite), GRAVUKES : Mon-«ment Jacques Cartier Brébeuf, érigé à Quebec le 24 juin 1889, par ln snviété Saint-Jesn- Bap'1:te.\u2014Portrait de l'hon.W.Wiudenu\u2014La Pa.risimane ; la Canadienne, -Le dénouement de la révolte dus sauvages : les Indiens se rendant à la réserve faire leur soumissi mn.\u2014Vue de I'nne des salles de piauoe de MM.Laurent, Laforce et Bourdeau.Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d Ire Prune - .- 860 îms « : - 35 sm © .- - - 15 4me « : - - 10 sme * : - 5 me \u201c - : : » Tme * - - - 8 Sms \u201c - : 2 86 Primes, à $1 =.86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par crois personnes choisies par l\u2019assemblée.Aucuw prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.N s'amuse à Londres ! Deux enfants de Ja grande Lille enfomée, jaloux sans daute des lauriers de Hervé, se sont mis en tête de compoter un opéra- bouffe de leur crû et out pris pour sujet \u201c Jeanne d\u2019Arc !\u201d Dans cette pièce, dont personne ne sera tenté, je crois, de leur disputer la paternité, Jeanne est une drô'esse, son f ère un pas grand chose et Dunois un rien du tout.Il y a foule tous les soirs au théâtre, la haute gomme et l\u2019aristocratie se tordent de rire en écoutant les inepties que débitent les cabotins et cahotines, et trouvent très drôle qu\u2019on ridiculise ainsi la plus grande héroïae de tous les temps.Jeanne, la grande Jeanne, le patriotisme incarné, la vertu, le courage personnitiés ; Jeanne la sainte dont le nom fait courber tous les fronts ; Jeanne la guerrière dont la Kloire fait pâlir celle des plus grands capitaines, la Française immortelle ; Jeanue d'Arc est livrée à ls rinée des descendants des hommes d'épée qui tremblaient devant elle ! Un grand d'Angleterre, un lord, un noble dont les veines contiennent du sang royal, le duc de Bedford, applaudissait il y a un mois à ce scan dals, à cette insulte fuite à la plus chaste et à la plus noble des femmes | Quelques jours après, on le trouvait étendu dans sa chambre, la tête trouée d\u2019une balle.Tl s'était tué.Et ca jeune homme, fabuleusoment riche, d'une conduite royalement dissipée, d\u2019un décœuvrement princier, d'une morale ducalement relâchée, demandait dans son testament que l\u2019on brûlât sun cadavre.Le duc de Bedford a été brûlé.*,* Il exiete dans l'histoire un autre \u2018duc de Bedford, qui fut régent d'Angleterre et l'ennemi mortel de la France au quatrième siècle.C'est ce même duc qui, battu en divers endroiter par Jeanne d'Arc, se venger odieusement de sest revers en achetant pour 1600 écus d'or l'héroïne faits prisonnière à Compiègne en 1430.C'est ce duc de Bedford qui la livra aux juges bourreaux qui l\u2019envoyèrent au supplice.C'est lui qui it brûler Jeanne.\u201c Ce crime, dit un histori-n, ne rétablit que momentanément ses affaires, et lorsqu\u2019il apprit que son puissant allié le duc de Bourgogne se rapprochait du roi de France et allnit signer avec lui le traité d'Arras, il fut tellement frappé des conséquences de cette réconciliation, qu'il en mourut quelques jours après, à Rouen, en 1435 \u201d, Remarquez qu'il mourut à Rouen, dans la ville où Jeanna d'Arc avait été brûlée, et n\u2019est ce pas chose étrange que de voir près de cinq siècles plus tard un duc de Redford brilé A Londres, dans Ia ville où l\u2019on cherche à ridiculiser la grande Jeanne ! Ne touchez pas à Jeanne d'Arc ! *,* Un soir dernier, me trouvant dans un club en compagnie d\u2019un Français frai \u2018hement débarqué, je le présentsi à deux de mes amis qui lui Érent le meilleur accueil du monde, et nous nous mîmes À causer d'une foule de choses.Le nouvel arrivé traitait justement un point d'histoire ; il parlait de la mort du duc de Montmorency en 1632.Comme il prononçait ce nom, un autre ami arriva.\u2014Montmorency ! dit il hrusquement en se laissant tomber zur un canapé, j\u2019en arrive.Nous l'em portons de deux cents voix au moins.Vous dites, monsieur, que Montmorency est mort pour nous ?Allez y voir comme moi, et si vous voulez autendre jusqu'au cinq mars, vous m\u2019en direz des nouvelles.\u2014Pardon, monsieur, je ne vous comprends pas bien, mais je sais parfaitement que Cinq Mars aussi est mort, , ,.\u2014Cing-Mars, le boucher.Pas du tout, je le connais, il est bon, je vous le dis.\u2014Je n\u2019y suis plus du tout, mais vous ne nierez Pas que c'est la faute de Richelieu si.\u2014 Richelieu ! de sa faute ?Comment le savez.vous, attendez donc ie vote.On est bon aussi, dans Richelieu.Je faisais des signes désespérés à notre cousin de France ; il m'ap-rçut enfin et comprit qu'il devait changer de conversation et faire I'aimable, \u2014Ah ! messieurs, le beau Pays que je viens de voir ces jours derniers dans la Beuvce.\u2014La Beauce ! mais c\u2019est mon comté, monsieur, dit un autre, silencieux jusqu'alors ; j'ai chéqué toutes les listes et je sais À quoi m'en tenir, \u2014.et j'y ai fait une belle chasse.\u2014Bellechasse ! ah! Bellechasse, on ne Bait pas, s'exclame un troisième, mais s'il donue la même msjorité que la dernière fois je crois qu\u2019 Amyot., \u2014Amynt le poère, l'évêque ?\u2014Amyot poète, évêque ! pas du tout, il est avocat et colonel ; mais c-la me ferait de la peine tout de même pour Faucher de Saint-Maurice.Enfin, on saura tout cela danu la soirée du.\u2014Ab ! oui, 4 la Brunante, je l'ai lu, il y rap pelle les souvenirs de Gaspé.\u2014Gaspé,! avez-vous des nouvelles de Gaspé 1 \u2014Excusez moi, monsieur, je croyais qu\u2019il était mort, mais je l'ai lu.\u2014Oui, vous l'avez lu dans les journaux, mais quel journal ?Si vous croyez tout oe que les journaux disent | Ce n'est pas sir que Gaspé soit perdu, mort comme vous dites.*+* Mon compagnou ne savait plus quelle contenance prendre, il ne comprenait plus, ne saisissait pas un mot du sens des interruptions qu'il provoquait sans le savoir et était complètement ahuri.Et comme un silence inquiétant se prolongeait et qu'on commençait à le regarder en dessous, je demandai brusquement à mon hôte : \u2014Eh bien, que dites vous de Québec, à quoi pensez vous Ÿ \u2014A Champlain !.,.\u2014Champiain ! ce n\u2019est pas la peine d'y penser, r prit le premier interlocuteur, on sait à quoi sans tenir, \u2014-.dont le rôles été certainement aussi important qua celui de Jacques Cartier, gr c'est autre chose, Jacques-Cartier sera chaud, mais on a toujours des chances.\u2014Des chances dans Jacques-Cartier, crie un autre, je te parie la traite que nous l'avons.\u2014 Alors, paie la tout de suite, ce sera aussi bien.Le Parisien en comprenait de moine en moins et c\u2019est d'un air lamentablement navré qu'il me prit 4 part pour me dire : \u2014Ah ç« ! sommes-nous dans un club ou dans quoi ?Est ce que ces messieurs veulent se moquer de moi } \u2014Pas du trut, mon cher ami, mais ils se figurent qne vous voulez vous moquer d'eux.\u2014Camment ! je parle d'histoire de chasse, etc\u2026 \u2014Eh ! justement, vous croyez traiter ces sujets et on vous comprend tout autrement.Bellechagse, Montmorency, Guspé, Champlain, Jacques Cartier sont des noms de comtés, de divisions électorales, si vous aimez mieux Or, nous sommes en pleine fièvre électorale, personne ne s'occupe d'autre chuse que de politique et chacun suppute les chances que son parti peut avoir aux élections qui auront lieu le 5 mars p-ochain Du monert ou vous pronuncez le nom d'un comté, c'est fini, vous mettez le feu aux poudres.\u2014Je comprends, merci.Je vais leur parler de la dernière campagne franco anglaise, de Wolfe et de Montcalm.\u2014Encnre une boulette ! ce sont aussi deux noms de comtés, .\u2014Que diable ! Tl faut cependant que je prouve que je ne suis pas un imbécile, que je cnnnais I histoire du Canada Si je disais un mot du grand voyageur, du découvreur du Mississipi, Joliette 1 \u2014Jamais de la vie, on a donné à un comté le nom de Juliette.\u2014 Comment faire ! Aime t-on Napoléon ici ?\u2014 Oui, le premier, pas le numéro trois.\u2014J'ai mon affaire, je vais rappeler les aventures d'un de mes grands oncles, qui a combattu sous le petit caporal.\u2014BSon nom ?\u2014 Berthier.\u2014Pas de chance.ici.\u2014Tonnerre de Bret ! je parlerai tout de même, quand ce ne serait que du délicieux poisson que j'ai mangé avant-hier à Montréal.Pas d\u2019objection à parler de poisson ?\u2014 Cele dépend.Comment s'appelle votre pois son \u2014On m'a dit que c'était du maskinongé.\u2014Âie ! Aïe ! ! \u2014 Vous avez peut-être aussi un comté qui se nomme ainsi.Décidement vous vous moquez de moi à votre tour.\u2014Pas du tout, regardez la carte.Voilà le comté de Mas kinongé.\u2014 Alors, autant aller m'\u2019enfermer dans ma chambre Singulier pays pour un étranger qui ne peut parler de marins, «le généraux, de contrées, de batailles ou de poisson, sans s'exposer & être regardé comui un ennemi.Le comté de Berthier existe \u2014Mon cher, faites comma moi, ne vous occu de rien d'ici à trois semaines, buves, mangez, dormes, mais de grâce, ne soufflez pas mot jusqu'au cinq mars À minuit.Le surlendemain, ei les es- rita sont plus calmes, peut-être pourrez-vous vous permettre de parler, mais croyez-en ma vieille ex- rérience, fuites le mort.C'est la première fois que vous assistez & des élections en Canada et je crois que vous ne le regretterez Le spectacle vaut ls peine d'être su Que les affaires soient bonnes ou mauvaises, que l\u2019on travaille ou que l'on chôme, chacun profite du moindre momant de loisir pour cabaler, visiter les comités, pointer les listes électorales, discuter, péroder, le tout dans un but politique.[I ne s\u2019agit plus de parler commerce, histoire, sciences, littérature, beaux-arts, mais des chances bien plus que des mérites de tel ou tel candidat.Cest une sorte de folie qui s'empare de tous les électeurs et les plus froids, eux-méwes, sont entrainés et se jettent dans la fournaise.\u2014 Merci encore et, je vous le répète, je vais w'enfermer \u2014Non, il ne faut pas pousser les choses à l'extrême.Sortez, au oontraire, regardez, observez, écoutez, mais taisez-vous.Plus tard, vous ferez un livre sur tout cela, comme le fait malheureusement nombre de Francais qui passent trois mois ici et qui vivent et jugent mal.Votre livre se vendra peut-être.chez les épiciers, pour faire des sacs.*,* Je reçois parfois des lettres très curieuses ot, parmi les dernières je citerai celle-ci qui s un rachet tout particulier.DtrnoiT, Mie 6 février 1891.M Léon Ledieu.J'espère que vous serez assez bon pour pardonner à un lecteur du Monk ILIUSTRÉ de vous écrire avec un crayon,.mais quand on & pas de plume ! C'est une de vus vieilles connaissances qui vous écrit ce chiffon.Vous rappelez-vous de cet imbécile de Français qui a pour nom R.et qui, il ya dix ans.je crois, avait l'avantage de vous serrer la main de temps en temps en «ompaguie du célèbre P.et de D.C'est lui, c'est moi.J'aime vos chroniques et sollicite de vous un mot amical, Amen.R.Pas si béte, mon correspondsnt ! Pas imbécile du tout ! ce n'est pas là la lettre d'un sot.Ea parlant de lettre, laissez moi reproduire aussi celle d\u2019un vieux grognard adressée Napoléon III.Sire J'ai contracté sous votre cher oucle deux blessures qui, depuis trente ans, font l'ornement de ma vie, l'une à la cuisse droite, l\u2019autre à Wagram.Si ces deux anecdotes vous paraissent susceptibles de la croix d'honneur, j'ai bien celui de vous en remercier d'avance.Sigué : ANTOINE BusNIOT.Caporal honoraire de l\u2019ex-jeune garde, P.8.Madame Bonniot sera bien sonsible à votre amabilité.Affeanchir la répouse, s'il vous plait.Ci-joint les pièces amplificatives.lautile de prendre des renseignements : ils seraient mauvais.Ce n'est pas un imbécile non plus qui a inventé celle-là.=< Toda - a\" ECHOS DE LA BOHEME CANADIENNE PAkis, janvier 1891, L'autre jour, la Bohème est allée saluer notre éminent prélat, Monseigneur Fabre, qui ravenait de son voyage d'Italie.Il fut heureux de voir que les Canadiens w'étaient gronpés et avaient gardé entreeux de puissants liens d'amitié.Conseils, anecdotes, récits, impressions, réminiscences nous furent servis.En somme, une heure de bonne LE MONDE ILLUSTRE 671 ee gaîté et de plaisir exquis.Pour nous personnelle- mont, nous fâmes réellement flatté de l'accueil bienveillant qui nous fut fait et nous en gardons un bon souvenir.Quand me chronique\u2014sans prétention\u2014sera sous presse, probablement que Mgr I'Archevéque de Montréal aura été rendu à ses ouailles, fières de son retour parmi elles.+ + + Encore une adhésion qui nous a réjouis ! Le docteur Faribault, ancien interne de l'Hôtel.Dieu de Montréal, a retrouvé à Paris de bons amis qui lui ont fait une ovation.Il y a longtemps qu'on n\u2019a vu tant de Canadiens accourus sur ces rives pouf se vouer au culte de la science.Tant mieux | On n'est jamais trop savant médecin et peut-être notre pays n\u2019a pas évolué de ce côté assez vite dans la voie du progrès.Espérons que la solution des difficultés entre les deux Universités de Montréal va redonner un nouvel essor à l\u2019ardeur de ceux qui travaillent à l'amélioration de l\u2019enseignement médical.+ + A ce propos, la mort de Monsignor Labelle a eu un retentissement péaible en France, et tous ceux qui l'ont connu ont été douloureusement surpris A la nouvelle de cette catastrophe.Un des bons amis du curé, savant chirurgien, s\u2019est indigné quand on lui apprit qu\u2019une hernie étranglée avait terrassé l'apôtee colonisateur.\u201c C\u2019est abominable, a t il dit, on ne meurt plus de ça\u201d.Jene veux pas discuter la valeur de ces paroles, pas plus que je ne mets en doute les hautes capacités de ceux qui ont assisté Mgr Labelle à ses derniers moments, mais il est regrettable de voir mourir si tôt des hommes qui auraient pu longtemps encore servir glorieusement et l'Eglise et l\u2019Etat ! + + + A Paris l'on voit aux cours, aux hôpitaux, aux amphithéâtres, plus d'étrangers que de Français De partout on accourt.Plusieurs pays subventionnent des médecins qui viennent étudier sous les grands maîtres et qui retournent mettre les lumières acquises aux sources mêmes à la disposition de leurs compatriotes.Ce sont ordinairement ceux qui ont subi les plus brillants examens que l\u2019on choisit aussi et dont on paye le voyage à l\u2019étranger.Cette mesure a deux résultats évidents, celui d'abord d'exciter l\u2019émulation parmi les élèves et celui d'accroître le bagage scivntifique d\u2019un bon nombre de praticiens.Il serait à désirer que ce vœu passût à l\u2019état de loi chez nousavant longtemps et tout le monde en bénéficierait, patients et médecins.+» + + Le froid semble, s'être lassé.La misère aura peut être touché la température.C'est énorme le nombre des pauvres et des inactifs que l'hiver a lairsés sans pain et sans feu.Malgré les deux millions de francs votés par la Chambre et le million recueilli par souscriptions volontaires, il y aura encore du deuil et de la souffrance parmi la classe ouvrière.On a soulagé, mais on n\u2019a pas guéri.Le mal est profond et la charité ne peut que l\u2019endormir quelques instants + + + Demain partira pour New-York et de là pour Montréal, un de nos bons artistes canadiens, qui a d'ailleurs initié depuis longtemps à ses succès le public Montréalais.Son nom n\u2019est pas un nom inconnu, et il me fait plaisir de le signaler à ceux ui l'ignorent.M.Saint Charles, qui vient d'être médaillé à l'Ecole Yvon, est un de ceux dont le travail et l'amour de l\u2019art assurent l'avenir et la célébrité.Son dernier morceau est un portrait à l'huile de mon confrère et ami, le Dr L.-L.Auger.Fidélité d'expression, vigueur de coloris, délicatesse des ombres, en somme c\u2019est une image exacte et une toile vivante.M.Saint-Charles entreprend son voyage dans le but de recueillir quelques renseignements sur les tableaux qui lui viennent d'être com ur l'église N otre-Dame de Montréal.Notre artiste est un peintre consciencieux et brillant et un portraitiste brillant.+ + * Je suis heureux, pour terminer, de vous apprendre que le Dr L.-L.Auger, que j'ai mentionné.tout à l'heure, vient d\u2019être reçu membre de la So ciété Obstetricale et G ynécologique de Paris.C'est un honneur qui rejaillit sur nous tous et dont nous sommes heureux autant que Ini-même.D 1 Gr 11, Place du Panthéon.PESPETITESCHOSESDENOTRE HISTOIRE LES FRANÇAIS DENEURÉS À QUÉBEC kKN 1629 Lorsqu\u2019en 1629 les frères Kertk parurent devant Québec, le manque absolu de vivres força Champlain à leur céder la Nouvelle-France.Par la capitulation, signée le dix-neuf juillet et ratifiée à Tadoussac le dix-neuf août suivant par l\u2019amiral David Kertk, il était convenu que les Anglais repasseraient en France tous ceux qui voudraient y retourner ; que les officiers sortiraient avec leurs armes, leurs habita et les pelieteries qui pouvaient leur appartenir ; que les soldats emporteraient leurs habits et chacun une robe de castor.Quant aux religieux, ile devaient se contenter de leurs robes et de leurs livres.Les quelques familles qui avaient commencé à cultiver, espérant que les Français rentreraient bientôt en possession du Canada, se décidèrent à demeurer à Québec.Combien de Français restèrent ainsi daus la ville abandonnée par Champlain ?Nous ne pouvons préciser.Les écrits de Champlain et les registres de Notre- Dame de Québec nous donnent les noms de vingt- huit de ces Français, ce sont : « Guillaume Hudon ; Marie Rollet, veuve de Louis Hébert, sa femme ; Guillaume Hébert, fils de Louis Hébert et de Marie Rollet ; Guillaume Couillard, gendre de Louis Hébert ; Guillemette Hébert, sa femme ; Louise, Marguerite, Louis, leurs enfants ; Abraham Martin dit l'Ecossais ; Marguerite Langlois, sa femme ; Anne, Marguerite, Hélène, leurs enfants ; Pierra Desportes ; Françoise Langlois ; Hélène ; Nicolas Pivert ; Marguerite Lessge, sa femme ;., nièce ;.jeune homme ; Adrien Duchesne ; Jean Nicolet ; Froidemouche ; Te Cog ; Pierre Raye ; Etienne Brûlé ; Nicolas M arsolet ; GrosJeau ; Le Baillif.\u201d De plus, il y avait Kerk, un ministre protestant et quatre vingt-dix officiers et soldats anglais ; ce qui porterait le nombre des hivernants européens À cent vingt-et-une personnes.ras, Toute chaîne, fit-elle d'or, fait un jour un forçat de celui qui la porte \u2014ADRIEN CHABOT.L'âme reprend son vol dès qu'on revit par elle.\u2014 Euc.MANUEL.La médecine, de nos jours, est aussi originale que savante : elle invente encore plus de maladies que de remèdes.\u2014G.M.VALTOUR.Pensées d\u2019un sceptique : « Le remorda, c'est l'état de la ennscience en guerre avec les fautes ; le repentir, c\u2019est l\u2019état de ix \u201d.\u201c Chacune de nos passions contient son paradis au commencement, son purgatoire pendant sa durée, et, à la fin, son enfer \u201d, EI ia ET «AE JE EEE .+ 5 cr ~~ =.mv.ray.\u2014\u2014\u2014- LE MONDE ILLUSTRE SALUT AUX \u201c DEUX FRANCES \u201d (*) HOMMAGE AUX DIRECTEUR ET PATRONS DER LA \u201c\u201cRaVOR\u2019 Salut ! beau Canada, chère et noble patrie, Que l\u2019on avolsme au Inin, là-bas, sous d'autres cieux, Ah ! combien tes enfants, en lewr âme attendrie, T'aiment bien plus encore, à terre des aïeux ! + Salut ! salut à toi, souriante Algérie, Toi qu'enlace la France en sa bras glorieux : Tu nous ravis le sein d\u2019une mère chérie, Mais nous, pauvres frustrés, ne t'en aimons que mieux.Votre œuvre soit bénie, amia qui, de la France, D'une vos refraina d'amour et vos chants d'espérance, Joiguez votre Algérie à notre Canada ! Fils de la vieille Franee, à jamais si féconde, Aidez-nous à rester celle du Nouveau Monde, Qu'aux bords du Saint-Laurent la vôtre un jour fonda 1 J.-M -Auénée Desacur, =\u2014 \u201c FAMILLE SANS-NOM \u201d \u2014 PAR JULES VERNE Nous venons de parcourir l'ouvrage que M, Jules Varna vient de publier sur le Canada et qu\u2019il a intitulé Fumi/le-sans-Nom.De même que pour les autres productions du grand romancier français, la lecture de ce livre est intéressante et instrue- tive.Comme toujours, l\u2019auteur sait plaire tout en instruisant.Tout d'abord, nous offrons nos remerciements à M Jules Verne pour avoir bien voulu choisir le Causda pour siège de son roman.Nous espérons, de plus, que M.Verne n'en reatera pas là, et qu'il vou-lra bien encore dans l'avenir s'occuper de nous, Notre paya encore si peu connu en France, quoi- qu\u2019il soit une de ses anciennes colonies, parviendra sûrement à la connaissance de tous, si des hommes de la valeur de l\u2019auteur de Famille-sans-Nom se donnent la tâche de faire émerger son nom de l'ombre.D'ailleurs, le nom du Canada est digne d'être mis en pleine lumière.Son histnire est belle, remplie de faits glorieux qui méritent d\u2019être racontés par les historiens et chautés par les poètes.Ce jeune pays, d\u2019un autre côté, a produit des hommes qui auraient brillé su premier rang s'ils eussent vécu en Europe ; pour cette raison, ils méritent d'être connus de tous, et surtout de la France, puis- qu\u2019ila étaient ses fils.Allons, messieurs les écrivains.un vaste champ vous est offert.A vous de l\u2019exploiter.Son exploitation, soyez en assurés, sera d'autant plus facile que sa fertilité est inépuisable, +» + M.Jules Verne commence sant allusion à la fameuse l'on trouve daus Candide, cet extrait : \u201cOn plaint ce pauvre genre humain qui a\u2019égorge à propos de quelques arpents de glace », di saient les philosonhes à la fin du XVITIe siècle \u2014 et ce n\u2019est pas ca qu\u2019ils ont dit de mieux, puisqu\u2019il s'agissait du Canada, dont les Français disputaient alors Ia possession aux so'dats de l\u2019Angleterre, \u201c Deux cents ans avant eux, au sujet de ces territoires américains, revendiqués par les rois d'Espagne et de Portugal, François Ter n\u2019était son roman en fai.phrase de Voltaire qua comme on le verrs par , (*) N.K\u2014Nous sommes heurenx de renrednire, de l'un de non échanges de Paris, La Revue des Deur-Fra ces (Canada-Algérie).cette poésie, telle que nous la retrouvons dans sa livraison de janvier dernier.Malgré le changement de nom, nas lecteurs reconnaltrant sans peine le genre et le style de l\u2019un des collabarateurs les plus sasidus du Moxpx ILLusTRE, ** Frid-Olin.\u201d écrié : \u201c Je voudrais bien voir l'article du testament d'Adam qui leur lègue ce vaste héritage ! \u201d Le roi avait d'autant plus raison d'y prétendre, qu'une partie de ces territoires devait bientôt prendre le nom de Nouvelle France.\u2018 Les Français, il est vrai, n\u2019ont pu conserver cette magnifique colonie américaine ; mais sa population, en grande majorité, n\u2019en est pas moins restée française, et elle se rattache à l'ancienne Gaule par ces liens du sang, cette identité de race, ces instincts naturels, que la politique internationale ne parvient jamais À briser.\u201c En réalité, les \u2018 quelques arpents de glace \u201d, si dédaigneusement qualifiés, forment un royaume dont la superficie égale celle de l\u2019Europe.\u201c Un Français avait prix possession de ces vastes territoires dès l\u2019année 1534.\u201cC'est au cœur même da cette contrés que Jacques Cartier, originaire de Saint-Malo, poussa sa marche audacieuse, en remontant le cours du fleuve, auquel fut donné le nom da Saint-Lanrent.L'année suivante, le hardi Malouin, portant plus avant son exploration vers l\u2019Ouest, arriva devant un groupe de cabanes \u2014 Canada en langue in- dienne\u2014d'où est sortie Québec, puis, atteignit cette bourgade d'Hochelaga, d\u2019où est sortie Montréal.Deux siècles plus tard, ces deux cités allaient successivement.prendre le titre de capitales.concurremment avec Kingston et Toronto, en attendant que, dans Je but de mettre fin à leurs rivalités politiques, la ville d'Ottawa fut déclarée siège du gouvernement de cette cnlonie américeine, que l'Angleterre appelle actuellement Dominion of Canada \u201d.Après cette entrée en matière, l'auteur de Fa- mille-sans-Nom donne quelques notes historiques sur le Canada, où malheureusement il se glisse certaines erreurs.M.Jules Verne fait revenir Champlain d\u2019un voyage en Amérique en 1595.dans le cours duquel il aurait choisi le site de Québec, tandis que réellement le premier voyage de Champlain au Canada n'eût lieu qu\u2019en 1603.A l'époque dont parle M Verne, Champlain servait, en qualité de maréchal des logis, dans l'armée da Bretagne.Tl occupa ce posts insqu\u2019à la pacification de la Bretagne, en 1598 (*).Quant au site de Québec, il ne fut choisi par son fondateur qu\u2019en 1608.M.Verne dit, deplus, que Champlain nrit partaus- sitôt arrivé an France (toujours en 1595), à l'expédition de M.de Monts.Autre erreur encore.Cette expédition n\u2019eut pas lieu en 1595, pnisque de Monts ne mit à la voile, au Havre de Grâce, que le 7 mars 1604 paur venir en Acadie, Plus loin, M.Julez Verne ajoute Champlain.dont le caractère aventuraux na s\u2019accommode guère des choses du négoce, tire de son côté, remonte de nou-eau la cours du Saint-Laurent, bârit Québec en 1606.Depnia deux ans déià, les Anglais avaient jeté les hases de leur premier établissement d'Amérique sur les rivages de la Virginie \u201d.Deux errenrs dans ces quelques lignes ; avons déjà répondu à la première en disant Quéhec ne fut fondé qu'en 1608.Quant à la re.cande, les lignes suivantes que nous extrayona de l\u2019H'atoire des Canadians-français de B.Sulte, (vol.I.page 66).y répondront : * Cette m&me annde, 1607, dit Sulte, cent An.glain déharquaient (13 mai) à James Town, sur le bord da la rivière Pawhatan (James).en Virginie, et commencaient la première colonie stable que leur race ait eue sur ce continent \u201d, A la page 7, Jules Verne écrit les lignes qui suivent, par lesquelles il se déclare en faveur da l'annexion du Canada aux Etats-Unis : \u201c« L'année svivanta\u20144 jui let 1776 _est proclamée la déclaration d'indépendance des Etats Unis nous que d'Amérique.\u201c Vient alnrs une période lamentable pour les France.Canadiens.Les Anglais sont dominds par une crainte : c\u2019est que cette colonie leur échappe en entrant dans la grande fédération et re réfugie sous le pavillon étoilé que les Américains déploient à l'horizon Mais il n'en fut rien\u2014ce (*) Voir Œuvres dde Champlai n, par l'abbé Laver lière, t \"Histoire des Canadiens-français, par Benjamin Sulte.° = \u2014\u2014 qu'il est permis de regretter dans l'intérêt des vrais patriotes \u201d, Pour notre part, nous ne sommes pas avec le romancier français sur ce point.Et nous ajouterong qu'il n'aurait jumais écrit ces lignes, ¢'il eut mieux connu cette question.Comuwe Français, nos an.côtres ont bien fait de refuser l'annexion et nous les en félicivons.La vituation actuelle de la Louisiane prouve qu\u2019ils ont eu raison.L'annexiou serait l'absorption complète de la nationa.ité cana.dienne-francaise.Plus loin, on lit encore : \u2018\u2018 À son arrivée, lord Dalhousie semblait s\u2019être décidé pour une politique de concession.Sans doute, grâce à lui, l'évêque romain de Québec fut reconnu officiellement, et Montréal, Rose et Régiopolis devinrent les sièges de troië nouveaux évêchés \u201d, Tl n\u2019y a jamais eu de diocèses canadiens qui ont porté les noms de Rose et Régiopolis.Nous ne savons vraiment,pas où l'auteur du Tour du monde en 80 jours a pu lire ces noms.Dans un autre endroit, M.Jules Verne nous parle de la ville de Laval, et pourtant il n'y a pas de ville ni même de village de ce nom.Il ny a que le comté de Laval, dont le chef lieu est Sainte.Rose.Arrivant à Montréal, M.Jules Verne en fait la description suivante, qui est exacte : * La ville de Montréal est bâtie sur Ia côte me- ridionale de l'une des flex du Saint-Laurent.Cette île, longue de dix à onze lieues, large de cing a six, oceupe un assez vaste estuaire, formé par un elargissement du fleuve, un peu en ovale ju con fluent de la rivière Outaouais.C'est en cet endroit que Jacques Cartier découvrit le village indien d Hochelaga qui, en 1640, fut concédé par le ru: de France à la congrégation de Saint Sulpice.La ville, prenant son nom de Mont Royal qui la do mine, duns une position très favorable au développement de sen commerce.comptait déjà plus de six mille habitants en 1760.Eile s'étend au pied de la pittoresque colline dont on a fait un parc magnifique et qui partage avec un autra parc.amévagé dans lîlot de Saiute-élène, l'avantage d'attirer en graud nombre les promencurs mont.réalais.Un superbe pont tubulaire.long de trois kilomètre, qui n'existait pas en 1837, la rattache maintensnt à la rive droite du fleuve.\u201c Montréal est devenua une grande cité, d\u2019as pect plus moderne que Québec, et, par cela même, moins pittoresque.On peut e n visiter, non sans quelque interêt, les deux cathédrales anglicane et ca tholique, la banque, la bourre, l'hôpital général, le théâtre, le couvent Notre-Dame, l'Université pro testante de McGill et le séminaire de Saint-Sul pice.Elle n\u2019st pas trop vaste pour les cent quarante mille habitants qu'elle possède à cette heure, et dans lesquels l\u2019elément eaxon n\u2019entre que pour un tivrs,\u2014 proportion élevée, cependant, si on la compare à celle des autres cités canadiennes.\u201c A l'Ouest, re développe le quartier anglais, où écnssnis\u2014ceux que les anciens du pays appelaient petits jupes\u2014à | Est, le quartier français.Les ceux races se mélent d'autant moins que tout ce qui se rattache au commerce, à l'industrie ou à Ia banque\u2014vers 1537 surtout\u2014était uniquement concentré entre les mains des banquiers, des in dustrivls et des commerçants d'origine britannique.La magnifique voie fluvial du Saint Laurent assure lu pro-périté de cette ville, qu'elle met en communication non seulement avec les comtés du C+nadls, mais aussi avec l'Europe, sans qu'il soit nécessaire d'aller rompre charge à New York au profit des paquebots de l'ancien monde.* A l'exemple des riches négociants de Londres, ceux de Montréal séparent volontiers l'habitarion de fumil'e de là maison de commerce Les affair:s faites, ils regagnent les Quartiers du Nori, vers les pentes du Mont Royal et de l'avenue circulaire qui entoure sa hase.Là, s'élèvent les mais ns particulières, dont quelques-unes ont l\u2019apparence de palais, et les villas encadrées de verdure.En dehors de ces quartiers opulents, les Irlandais sont, pour ainsi dire, confinés dans leur Ghetto d« Ste.Anne, au déhouché du canal de hine, sur la rive gauche du Saint-Lanrent \u201d.M.Jules Verne sa trompe encore dans un certain endroit, lorsqu'il place les cascades de Lachine aur la royte de Québec à Montréal.Cependant, es rapides sont placés au dessus de Montréal, et contrairement à ce que dit l\u2019auteur de Fumille- Sans Nom, ou ne peut les remonter ; pour aller vers l'Ouest, les vaisseaux sont obligés de prendre is route du canal de Lachine, canal creusé ex- pressement pour rendre la navigation possible entre le Haut et le Bus Canada.Avant la créu- tion de cette voie d'eæu artiticielie, les bateaux ne pouvaient remonter le fleuve nu delà de Montréal ; on se servait alors de chuloupes.Lorsque ces frêles embarcations arrivaienut au pied des cascades, les passagers les transportaient & bras au-de.à de ces cascades.Encore une autre erreur, M Jules Verne laisse entendre quelque part, que MM.Pamphile Lemay, tizéar Labelle, Françoia Mons, W.Chap oau et (ut, Crémszie étaient connus cumme portes lurs de lu rébellion, taudis que c'est tout le contraire.Q relqars-uns de ces puètes n'existaient même pas à cette époque.Relsvons encore deux noms mal orthographiés : ('aconna, au lieu de Cacouna ; Saint-Pievre-les- Bosuets, au lieu de Saint Pierre les-Becquets.Nous nous arrêtons ici.Peut-être pourrious- nous trouser encore plusieurs autres erreurs faites par M.Verne, si nous continuiong, tis nous croyons en avoir relevé sutli amment pour faire voir au ruimancier français, qu'il ne ferait pas mal de reviser son deruier ouvrage, après s être procuré une histoire tidèle du Canada.HO nl PARISIENNE ET CANADIENNE (Voie gravures) Lors de mou séjour a Paris, j'achetai, à la librairie Charles Delagrave, le \u2018\u2018 Grand alisanachi français illustré,\u201d publié par le Musée des Familles, En parconrant ce volume, quelle ne fut pas na surprise de trouver deux por.raits : crlui de la Parisienne st de la Canadienne avec parallèle, signé ** Lucivle.\u201d Persua:lés que les lecteurs et lectrices du Moxpr lunes: RE simeror t & connaitie ce parailéle.je me fais uu piat- sir de le publier avee portraite, .CHARLES DE BEAUMONT.LA PARISIENNE Est elle jolie 1\u2014Oui.Ses yeux d'une couleur aussi changeante que le fleuve, ont des rayous de vive intelligence et des lueurs de tendresses infinies.Se bouche sourit avec douceur aux malheureux, avec charme à l'amitié, avec malice aux indifférente.Les traits, ésquistés au pastel qui immortalisa Latour, n'éblouissent pas au prime abord.Mais ils attirent et sutsistent dans le souvenir avec une persi-tance étrange.Quant à sa grâce, elle est pruverbiale.Nul ne sait recevoir, causer, marcher mieux qu'elle.Elle a toutes les audscen permises par la coquetteria et le bon goût.Elle innove des modes et porte des tuilettes qua toute | Europe cupiera.Le peintre Gervex, dont le grand talent est surtout fait d\u2019une haute puissance d'observation, nous la montre ici sous les dehurs les plus simples, en pleine saison ingrate, mais elle ne perd rien du caractère que nulle autre »e sait, ne peut avoir.\u2018 Personne comme la Parisirnne ne sait traîner avec une simplicité triumphante les quatre-vingt mètres d'alençon on de malines qui frissonnent sur le satin de sa reb- de bal, ou les lourdes splendeurs de sa robe de grand diner \u2014écrit Etiucelle, cette Parisienne des Parisienurs.\u2014 Elle a l\u2019art de prêter sen esprit aux autres.Altière et câline, sa coquetterie à deux tranchants exige le respect en caressant le sentiment.Elle sait tout sans avoir rien appris ; elle comprend sans avuir érouté ; elle devine avant qu'on ait parlé \u2026 Sa vie, moss- ique ingénieuse, est faite de morceaux d'heure où chaque chose trouva sa place : les enfants, la famille, la mari, l'amitié, les devoirs du monde, la charité, l'art, les fêtes, les spectacles, la toilette, la science et In religion.Elle trouve encore moyen de se réserver des moments perdus comme les ministres ont des fonds secrets.\u201d LE MONDE ILLUSTRE Toutes les Parisiennes ne sont pas à Paris, et beaucoup d'entre elles n'y sont point nées.C est une qualité que d\u2019être Parisienne, ce n'est pas un état.La petite femme sémillante, moitié gamin, moitié duchesse, qui piétine la neige avec autant d'aisatice que si elle fuulait le tapis de son Loudoir, en est une, Elle va, portant le sourire et la joie, à la demeure qu\u2019elle visite.Pour plaire ne partage-t-elle pas, de bonne grâce, les manier de chacun ?Elle est tour à tuur le partner de l'sieul inrme dans un whist silencieux, la confidente discrète deu chagrins domestiques et l\u2019amie adorée des enfants.Elle prodigue rarement ses conseils, si ce n'est pourtant au sujet des toilettes et de l'ameuble- went ; car IA surtout elle excelle.Le nid d« la Parisienne est fait de bribes élégantes de tous les pays et de tous les temps, image da l'encyclopédie dans laquelle elle se plait à vivre, Quant à son esprit et à son cœur, ils sont insondables comme Yocéan.Car, nature de sensitive, la Parisienne se replie sur elle même dès qu'on veut l'effeurer.Portée avec exaltution vers tout ce qui est noble et beau, une notion exacte des choses, plutôt instinctive que savante, la fait revenir sur une admiration exagérée, un enthousiasme immérité.De là cette reputation de légèreté qui n'est, en sowme, qu'un retour À la justesse de ses sentiments.Bien que son existrnce soit taillée en habit d'arlequin, la Parisienne n'en trouve pas moins le chewin des cœurs et celui du paradis.\u2014Æ/le Fait sou salut en sou\u201ciers de satin, dit Mme Anais Ségalus duna sa poésie intitulée : Le Colosse de Rhodes.Les belles dames soidieant Parisiennes, qui scandalisent, hélas ! les plus hauts échelons de la société sont rarement nées A Paris, nées en France.Grattez l'écusson armorié et vous trouverez des mines d\u2019Aumérique servant de doublure.La vraie Parisienne est honnête, active, courageuse.Sensible aux hommages, elle méprise l'impertinence Allant partout, elle n\u2019est heureure que chez elle.Accablée par ls misère ou le mal heur, elle se relève fièrement, à l\u2019aide du travail et do la prière, deux leviers avec lesquels toute faible femme peut soulever le fardeau de sa trop pesante vie ! Entin ses wuvres, on les connaît.Elle donre au pays qu\u2019elle adore, à la ville sans laquelle elle ne peut vivre \u2014parce qu'on y respire l\u2019intelli- gence\u2014la gloire raynunante qui s°rt d'auréole à l'image dela patrie, anime nos poètes, soutient nos savants, fortifie nos soldats, cette lumière qui vient d'elle et se nomme /e prestiye \u2019 LA CANADIENNR C'est une Française transplantée aux antiporles ; fleur fesgile de 1 Occident acclimatée au nord c'e l'Amérique.Deux cents ans ont passé sur la Dieppoise ot sur la Malouine sans etfacer les traits principaux qui distinguent les enfants d\u2019une même patrie.Fulèle à nos traditions, à nos goûts, à notre langue, & notre religion, la Normande ou la Bretonne du Nouveau-Monde revendiquera avec fierté son origine française, qui est un p+rchemin de nohlesse, sans pour cela délaisser son titre de Canadienne, qui est une conquête.Aimable et coquette, l'habitante de Québec cherche à plaire tout autant que la Parisienne et ainsi qu'elle, arrive facilement à ce but.Le choix de ses toilettes prend une grande place dans ses occupations domestiques.Copier les modes fran- guises, voila son plus vif désir.11 advient pourtant que, malgré ses soins, l'écho de la renommée mondaine arrive affaibli A Québec.L'invasion anglaise, combattue si vaillamment pondant un siècle, par notre eolunie française, à de gré ou de force, importé ses produits et ses modes dans la province canadienne.(si encore l'anglomanie ne s'était imposée qu'à Québec, mais elle a fuit des prosélytes, même.en France ') 678 La ravissante gravure ci-jointe, détaillée d'une façon artistique et charmante par le orayon de M.Bridgmen, nous dépeint la Canadienne se rendant au Skating.E-le marche avec lenteur et précaution ; on sent qu'elle à perdu la désinvolture vive et assurée de la Française.[ly a quelque chose de plus alangui dans son regard, son sourire et son maia- tien.Le joug étranger, le climat lointain ont modifié, sans les amoiudrir, ls nature et le caractère de la femme de l'ex Nouvelle.France, Anglaise contre son consentement, elle a revêtu un rostume que l'on assure là bus très parisien, et qu?nous semblerait, ici, très américain.Mais laissons à cette compatriote par la cœur et le sou- v+ uir ses douces illusions ! Lorrqu\u2019elle va patiner sur le ice ring, belle et pimpante, la joie dans les yeux, le sourire aux lèvres, persuadée qu\u2019elle réa- lus le typ+ pur de sa bissieule, n'est elle par digne de notre + ympathie, la chère créature 1 ll y a das siècles que le marin Cartier planta pour la première fois l\u2019écu fleurdelisé de France sur le promuntoire du port de Gaspé et baptiss le Canada\u2014baptême arrosé d\u2019un généreux sang français.Perronne encore ne l'a oublié.Les us et coutumes du vieux Paris régiseent la ville de Québec, dont le nom, assure-ton, tire son origine d\u2019une seigneurie normande.Etre Français suffit à l\u2019honneur du Canadien Celui qui s'annonce chez lui comme étant un \u201c Francais de France \u201d peut se flatter de recevoir un chaleureux accueil et la plus large hospitalité.On nous racontait dernièrement qu'une riche héritière canadienne ayant épousé un marquis de l'empire, établi à Paris, tous ceux qui venait de sa part étuient reçus a Québec a bras ouverts ; bien plus ! les familles qui ne connais-aient la jeune femme que de nom, se faisaient gloire de bien accueillir les hôt+8 envoyés par elle Avoir épousé un Français égalait à une autorité ! Le pouvoir féminin, contesté à tort quelquefois chez nous, est au Canada dans toute ss vigueur.Cela date de loin, et bien que la galauterie s'intitule française, elle existait au t«wps où les Hurons et les Iroquois habitaient seuls cette partie de l\u2019Amérique.Les premiers émigrés français qui s\u2019établirent au Canada furent très surpris de retrouver, parmi les s«uvages, un culte qu'ils croyaient n\u2019exister que chez eux : le culte de la femme.La lluronne élevée au rang d'oyander ou intelligente, jouissait d'une grande autorité ; les attuires de police lui ayaut été principalement confiées, la perspicacité a été reconnue une qualité essentiellement feminine.La Française succéda à la Huronne, non dans son autorité officielle, mais dans son auturité affi c- tueuse.Idole ravie à la terre natale, elle est restée la plus vivante image de la patrie absente.Prenant les soucis et les travaux à leur charge, les hommes ont préservé leurs comprgnes des peines et des labeurs qui assaillent parfois la plus faible partie du genie humain.Aimée, adulée, gâtée, la Canadienne pare son intérieur comme un temple et sa beauté comme une châsss.Tous res suins se cor centrent dans l\u2019apprêt de plantureux repas et de tuilettes sans cesse renouvelées.Son exprit est aimable, son cœur généreux, son âme élevee vers la prété\u2014ce phare qui éclaire et guide nos vies.Prenant gaiement l'existence, elle patine avec intrépidité pendant les longs mois blanchis de neige, et l'été re repose aux environs de Québec, dans de charmantes habitations ou le dolce far niente & trouvé moyen de s'ncclimater.LuciOLE.La raison a, ds tout temps, aimé à morigéner le sentiment.\u2014 LEON Sav.: Tous les souvenirs du monde, bons ou mauvais, ne valent pas la plus mince espérance.\u2014 ÉNILE GABORIAU, Quand nous voyons qu'on mous vole nos idées, recherchons, avant.de crier, si elles sont bien à nous.\u2014 ANATOLE FRANCE.TE - rene = -, MEI EINE NES we EE LE MONDE ILLUSTRE 674 LIMOILOU LA MORT DE L'HON.W, WINDOM LE MONUMENT CARTIER-BREBEUF (Voir gravure) Non loin de Saint-Malo, la ville aux fiers remparts Que l'Atlantique embrume et bat de toutes parts, Sur un vaste plateau désert et monotone, \u2014Comme l\u2019on en voit tant sur la côte bretonne, \u2014 Au coin d'ua champ planté d'arbres agonisants, Se profile un manoir vieux de quatre cents ans.L'antique logis est de structure maussade, Et l'on a peine A croire, en voyant ss fagade Kt la mesquine tour lui servant de donjon, Qu'il ait été construit au temps de Jean Goujou.Au temps où l'astre qu'on nomme la Renaissance Versait tout son éclat fastueux sur la France.Depuis déjà longtemps il n\u2019est plus habité, Et l'on se sent ému de sa viduité.Le haut mur qui l'enclôt se lézarde et se gerce ; Sun vitrage est en poudre, et le vent et l'averse S'engouffrent à travers ses treillages jaunis Où des essaimis d'oiseaux nocturnes font leurs nids ; L'ossature du toit v'udaisse et se dislogue : Chaque volet s\u2019éraille et peud comme une loque ; Chaque plancher moisit et craque sous les pas ; Partout où les rayons du soleil n\u2019eutrent pas, Libiemeut \u2018araignée ourdit ses sombres tuiles ; Le soir par le plufond on con-pte les étoiles, Et l\u2019on voit clignoter aux soliveaux souillés L'éclair des grande yeux ronds des hiboux éveillés, Tout cet intérieur vous attiiste et vous glace ; Et bientôt Limoilou ne werait qu\u2019une tuasse Iuforme de debris à l\u2019aspect menaçant, Et dout n'oserait plus s approcher le passant, Si ses murs, aussi froids et mornes que les tombes, N'\u2019eussent été construits à l\u2019epreuve des bombes.Bien que Limoulou soit proche du roc géaut Où Chateaubriand dort bercé par l'Océan, Bien qu'il ait par son âge une majesté sainte, L'isolemeut se fait autour de sou enceinte : Seul, parfuis, un réveur, qu'attire Paramé Avec sa plage d\u2019or, son flot calme et rythmé, Erre un instant le long de sa muraille grise ; Seul, quelque jeune peiutre étranger, que l'art grise S'en vient par la jachère aux aiomes exquis Le contempler de près pour en faire un croquis, Tristement étonné qu\u2019il fut la résidence D'un marin qui douna tout un monde à la France, Quatre siècles ont fui depuis que ce marin S'en fût là reposer son grand front si serein Et si souvent tourné vers le flan.beau des astres.Durant ce temps, combieu de superbes pilastres Ont été renversés par l'homme ou par l'éclair ?Combien de murs se sont éparpillés dans l\u2019air Sous le feu de la mive ou des artilleries ?La Hastille est tombée avec les Tuileries ; Cent autres tours, témoins d'un duel dont le nom Vibre encor dans les cœurs comme un coup de canon, Ont croulé sous l\u2019effurt d indicibles colères ; Des couches de granit mille fuis »éculaires S'éboulèrent du front de grands caps aux a bois ; trois quarts du Perou, si riches autrefois, S'effundrèrent aux chocs d'un tremblement de terre L'ile de Ce rigo, l\u2019immortelle Cythère, Dis t récemment dans une mer qui bout.Et ka murs du manoir de Cartier sont debout, Debout comme le roc d\u2019où Saiut-Malo domine L'Océan dont le flot rongeur en vain le mine, Debout comme le sont leurs voisins les mienhirs Dont l\u2019âge s'est perdu parmi les souvenirs, Debout comme la gloite immense et souveraine De celui qui, prenant l\u2019inconnu pour arène, La croix sur la poitrine et l'éclair dans les yeux, Porta ai loin le fier pavillon des ajeux.Limoilou ! Limoilou ! malgré l\u2019abîme immense Séparant notre sol de la terre de France, Malgré l'éloignement et les vapeurs du flot Qui cachent mes yeux les tours de Saint-Matc, J'aperçois nettement là-bas ta silhouette, J'entends parfais, avec l'oreille du poète, La brise moduler sur l'angle de tes murs, J'écoute tout auprès murmurer les blés mûrs, Gagouiller les linots, chuchoter l'hirondelle Qui vient bâtir son nid au flanc de ta tourelle, Oui, malgré ta vieillesse et ton isolement, Malgré toute l'horreur de ton délabiement, Quand je songe à celui dont tu fun l\u2019ermitaçe, À e lui qui laissa tant de gloire en partage Et dont les exploits n\u2019ont jamais coûté de rang, Je te vois à travers un prisme éblouissant, M.WINDOM, SECRÉTAIRE DU TRÉSOR L'Hon.William Windom est mort subitement, jeudi soir, 29 janvier, à un banquet donné par la Chambre de Commerce de New York, dans l'hôtel Delmonico.Après quelques remarques pleines de justesse sur l'état de la marine marchande, M.Windom sentit tout à coup un certain malaise, et, comme l'ex secrétaire Bayard se levait pour répondre à son éloquent discours, il tomba à la renverse en poussant un long et profond gémissement qui fut entendu jusqu'en dehors de la salle.Le secrétaire Tracy, qui était assis derrière lui, s'élança à ses côtés ; plusieurs medécins vinrent aussitôt offrir leurs services, mais il était malheureusement trop tard.Une maladie de cœur, dont M.Windom souffrait depuis quelques années, avait provoqué cette attaque foudroyante d'apoplexie.Le banquet étant clos par cet incident tragique, on porta le malade dans une chambre voisine.Un télégramme fut immédiatement envoyé au Président qui, en réponse, chargea le géi.éral Tracy de veiller à la dépouille mortelle de l'hon.Secrétai: e, et de la ramener à Washington par train spécial, Le secréteire Windom est né le 10 mai 1827, dans un petit village situé dans l'Ohio.Après quelque temps passé À l\u2019école du lieu, le jeune Windom partit pour l'institution de Mont Vernon, Ohio ; son instruction finie, il commença à étudier le droit, et émigra bientôt au Minnesota où il devint un des fondateurs de la ville de Wi nons.En 1857, il épousa Miss Helen T.Hatch, tille d\u2019un ministre Congrégationaliste de Franklin County, Mass.En 1858, il était envoyé nu Congrès de l'Etat Minnesota où il demeura jusqu\u2019en 1869 ; il fut choisi ensuite pour remplir la charge éminente de sénateur.Sous la présidence de Lincoin, il occupa plusieurs postes très importants et fut un des membres du fameux Comité de la Paix, Garfield, connaissant le talent et les capacités de M.Win- don, le nomma Secrétaire du Trésor.En 1880, il fut un des candidats à la Présidence À la nomination du général Arthur comme succes seur de Garfield, il donna sa démission de membre du Cabinet.Dans J\u2019année 1883, il alla s'établir à New York où il se mêla activement de grandes entreprises financières.Le président Harrison, le choisit comme son secrétaire du Trésor, M.W.Windon était un des membres les plus influents et les plus capables du cabinet, et l\u2019un des chefs dy port républicain.Ce monument est situé au centre du plateau | historique où débarquèrent, pour la première fois, Jacques Cartier et sez compagnons.Quoiqu\u2019en réalité peu élevé, ce plateau domina cependant les endroits immédiat«ment environnants ; à vingt cinq piede au sud coule la rivière Raint-Charles, § | l\u2019ouest se trouve le lit presque desséché du ruis seau Loiret, sur la rive opposée duquel est construit le village de Stadocana ; vers l'est, & une une distance de quelques arpents, passe le chemin de Cha lesbourg.De ce plateau, la vue eat grandiose.Au sud, toute la ville de Québec, avec ses monuments his.| toriques, ses temples, ses collèges, ses maisons de : style antique, s\u2019élève en panorama devant no yeux.À l'Ouest, sur les hauteurs de Sainte-Foye se dressent le monument des Braves et les vieilles | tours Martello, plus à l'Est on aperçoit l\u2019église Saint-Roch, l'église Saiut-Jean, la basilique, le sé minaire, l'Université Laval.Le tout est duminé par la citadelle dont les bastions les plus élevés se dessinent nets et mevaçants sur le fond bleu du ciel.Au nord, s'étendent au loin des coteaux ondulés, formant les paroisses de Charlesbourg et de Lorette ; les blanches maisonnettes, les cloch: ra étincelants prêtent de l'animation et du charme au tableau, dont la ligne sombre et basse des Lau- rentildes se perdant dans le lointain, forme l'arrière-plan.Le monument haut de vingt quatre pieds, «t de forme carrée et mesure huit pieds et demi à la base et trois pisds au sommet.Les fundations mesurent 9 pieds en tout s-ns et s\u2019enfoncent huit pieds en terre.Le tout est orné de sculptures, riches, appropriées et exécutées avec un goût et un fini dignes d éloges.Au sommet, reposant sur une large corniche richement découpés en fleurs de lys et en rosaces, se trouve un groupe représe ntant les .trois vaisseaux de Jacques Cartier la Grand.Hermine, la Petite Hermine, et l\u2019Emirillon ; au- dessus des trois navires plane la couronne royale de France.Au-dessous de cette corniche, se trouve un bloc massif de granit poli sur lequel on a gravé quatre inscriptions, au haut et en bas de chacune su trouve un écusson.Sur la face se trouve l'écusson de Cartier avec la devise Semper fidelis.Immé- distement au-dessous on lit l'inscription suivante : JAcQUES CARTIFR et ses hardis compagnons = les marina De la Graude Hermine La petite Hermine et de l\u2019Emérillon passèrent ici l'hiver de 1535-36 Au dessous, l\u2019écusson de lord Stanley de Preston, gouverneur du Canada, avec cimier : casque surmonté d'un aigle aux armes déployées, avec !.devise : Sans changer, Voici l'inscription gravée du côté Est : Le 23 septembre 1655 les Pères Jean de Brébeuf, Enemond Massé, Charles Lallemand Prirent solennellement possession du terrain appelé fort Jacques Quartier, situé au confluent des rivières St-Charles et Lairet pour y ériger la première résidence des missionnaires Jésuites à Québec.Au-dessus, l'écusson de l'honorable A.-B.Angers, lieutenant gouverneur de la province de Québec ; cimier, une tête d'ange étendant ses ailes au dessus d'un bouclier, avec la devise : Par droits chemins.Le côté sud est surmonté des armes du Cercle Catholique de Québec, représentant le Sacré-Cœur avec la devise : In manifestasions veritas.Inscriptions : \u2014 | LE MONDE ILLUSTRE 676 Le 3 mai 1530 Jacques Cartier Fit planter, à l'endroit où il venait de passer l'hiver, une croix de 5 pieds de hauteur portant l'écusson fleuedelyuée et l'inscription : Franciscus priaus «dei yratie rex régnat, Au-dessus, l\u2019écusson de Mgr Taschereau, cardinal archevêque de Québec, ninsi que sa devise : In fide, spe et charitute certandum.Lu côté ouest, on & gravé une palma de martyr avec, À droite, les nous : Jucques, téuvnier, Mus 4 prs 77 «= 7 à = & i 2a + Wi xl : 4 ef Td a.Ay \u2018 Le de LL = In À i od Ti = 1 Li 71 pit {i A -\u2014 Ca ; .fi 4 Xn Ld \u20ac it fh 3%) « \"4 ; \u2014n 1e \u2014 i i 2 \\ Le mt x ei I ay i >a Es = 48 W Ë 0 EN ol LIi.; > a 2: > Le ME! 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À } * as ALR RQ v he + i a EX > Sil J | La Reh ed Le 3 +} x À Sp su ils Wo 2 oN LE DENOUEMENT DE LA REVOLTE DES SAUVAGES., \u2014 INDIEYS 8E KENDANT A LA RE*EKVE FAIRE L.EUR SOUMISSION Far Hil ihe] iH 4 bee ME i: 4 PP.Sali EY pp 4 678 \u2014 rer LE MONDE ILLUSTRE rar MAISON CANADIENNE | VUE DK L'UNE DES SALLES DU MAGASIN DIE PIANOS & IIARMONIUMS DK MM.LAURENT, LAFORCE ET BOURDEAU, DK MONTRÉAL, Cette maison fût fondée en 1860, Les propriétaires ont complètement réorganisé l'établissement, .l'aménagement intérieur a été considérablement amélioré et la bonne renommée de la maison ne fera que gagner à ces changements.MM.Laurent, Laforce & Bourdeau font tout leur possible pour donner satisfaction à leur clientèle.Les instruments les plus nouveaux et des meilleures fabriques, sont toujours à la disposition des acheteurs.La beauté, la bonté et le fini des instruments ne laissent rien à désirer.Tout ordre d'expédition, soit en ville, soit à la campagne, est rempli avec célérité.Nous donnons une magnifique gravure répré- sentant une des salles d\u2019exposition de cette maison, toutes les personnes pourront juger des nombreuses améliorations dont ces messieurs ont doté leur établissement.ler étage, salle d'exposition des pianos, un véritable salon sous le rapport du confortable.2ème étage, salle d'exposition des harmoniums disposition élégante et commodité.3ème étage, renferme ies ateliers de réparations de toutes sortes, dans lesquels ces messieurs fout exécuter toute espèce de travail concernant leur commerce.Les prix sont modérés.Tous sont respectueusement invités à visiter l\u2019établissement de messieurs LAURENT, LarorcE & BoURDEAU, 1637, rue Notre Dame, MONTREAL.LE BRIGADIER TIREFEU Il était une fois.\u2014nous conta ce soir-là le brigadier Malancel,\u2014un brigadier qui n\u2019était pas fort.Et pourtant, c'était un brigadier d'artillerie.Or, les artilleurs, c'est des savants, chacun sait ça.La preuve, c\u2019est qu'ils chantent toujours : Que si vous voulez jonir des plaisirs de la vie, Engagez-vous, jeune honmé, dedans l'artirler ie, Nous touchons bonne prye, nous n'svmmes point fatigués, Nous avons l'air de plaire à ces jeunes beautés.Ce qui démontre clairement que de tout temps les bombardiers ont été fortunés sous le rapport de la bourse, de l'esprit et du cœur.Eh bien ! le brigadier Tirefeu, quoique artilleur n'était pas fort.Malin, par exemple, malin comme un singe.Ainsi il ne savait pas lire Nommé pendant la guerre, il pouvait juste signer son nom.Eh bien ! savez-vous comment il s\u2019y prenait dans les choses délicates de son métier ?Lorsqu'il était de semaine, et qu'un garde d'écurie avait perdu une pelle, une fourche, n\u2019im porte quoi, Tirefeu lui disait d\u2019un air aimable : \u2014 Vous savez écrire, mon ami ?\u2014Certainement, brigadier.\u2014 Ecrivez-moi donc VOLTAIC BELT CO., Marshall, Mich.LA COMPAGNIE D\u2019'ASSURANOCE \u201c WESTERN\"\u201d CONTRE LE FEU ET SUR LA MARINE Revenu pour l'annse 1380.0.access ss0000000 vanseonnecc000 assurés Bécurites pour les vv © sasasnieesiccecisrsssensnncennt ammactsessecenancencu008 BUREAU A MONTREAL.19% RUE STJAOQUES ARTRUR BOG 0 Agent du département trançuis.J.& Oats Seséraux.Nous donnons aes reçus et des polices écrites en français.Institutions reilgienses et oriatas de ramnagne asanrees à 18 trae has taux.ad REME ot TRS EOTUCKER .i SIE CU TIT D AU S4 ou Aung ggg MONTAGNES VERTES D GEOTUCKER POUR Les MALADIES INTERNES ET EXTERNES REMEDES BIEN CONN $5:000 MÈRES SAUVELLA NOUBLIEZ UETIS DES MIAIERS MANDER LES : Le ENFANTS eu PETITES PILULES Lar bp DEMANDANT TouJOURSEPOMMES sc MA | Adi 3 A VOTRE PHARMACIEN IMMEDIATEMENT 7 val LES BONBONS OE ME LANONTAGNE VERTE CHOCOLAT moi]
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