Le Monde illustré, 18 avril 1891, samedi 18 avril 1891
[" LE MONDE ILLUSTRE = er el \u2014_\u2014 abUNNu MEN IN Tus ANNÉE, No 363.\u2014SAMEDI, 1x AVRIL 1891 ANAQ RGR.ve an, $3.00 - Six mets.64.00: Ca \u2026\u2026.a: CL ae ge, Put EERO 16 0 Quatre mois, 31.00, payable d'avance SERTRIAUMSE & BABOURIN, PROPRIUIn HAS : 4 me «e - - - - 8 8me \u201c 1e = 3 86 Primes, 8 81 - - - 86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique par crois personnes choisies par l'assemblée.Aucww prime ne sera payée après les 30 jours qui suivroné U tirage de chaque mois, NOS PRIMES Au dernier tirage des primes mensuelles du Moxpe ILcusrré, M Damase Rodrigue, No 1636, ruo St Jacques, Sainte-Canégonde, a été l'heureux gagnant du lot de $50 00 ; M.Joséphat Bélanger, 25, rue Bourget, Saint-Henri de Montréal, a réclamé la prime de $10 00, La liste complète des réclamants sera publiée la semaine prochaine.ENTRE#NOUS.L y a quelques temps, deux ou trois mois, si j'ai bonne mémoire, vous avez probablement lu comme moi une dépêche annonçant que M Paul Letondal, professeur de musique bien connu de Montréal, venait de aubir l'opération de la cataracte, et qu'après avoir passé cinquante ans ans lea ténèbres, il voyait comme vous et moi.Je savais qu\u2019un autre Montréa- lais, un des fils de l\u2019honorable Louis Beaubien, avait recouvré la vue de la même manière, et l\u2019on m'avait même dit que c'était sur les instances de ce dernier que M.Letondal avait consenti À se faire opérer.Chaque fois que j'entends parler d\u2019un cas xem- blable, je ne puis m'empêcher de penser aux aveugles en général, aux regrets qu'ils doivent éprouver de ne pas jouir du sens de la vue, à la vie à Inquelle ils sont condamnés et à la joie qu\u2019ils doivent éprouver quand le voile se déchire et qu'ils peuvent admirer, pour la première fois, le roleil, os arbres verts, les fleurs, et surtout, surtout, les traits de ceux qu'ils aiment, *,* Que doit donc éprouver l\u2019aveugle qui voit tout 4 coup?quel travail s'opère dans son cer- voau 1 quelle stupeur ou quelle joie Ÿ quel coup de théâtre personnel, limité, mais surtout quel choc étrange ! Le chirurgien anglais Cheselden nous à laissé un rapport très détaillé sur un jeune garçon de treize ans, qui était venu au monde avec la cataracte et qu'il opéra très heureusement : # Dans les premiers jours, dit-il, cet enfant s\u2019imaginait que tout ce qu'il voyait était en contact avec ses yeux.Il ne discernait aucun objet d\u2019un autre, quelque différentes que fussent les formes.* Lorsqu'on lui présentait les objets qu\u2019il connaissait auparavant par le toucher, il les considérait avec attention pour les reconnaître une autre fois, mais bientôt il oubliait tout, ayant trop de choses à retenir.\u201c Ti était fort étonné de ne pas trouver plus belles que les autres les personnes qu'il avait aimées le plus.Il fut longtemps sans reconnaître que les tableaux représentaient des corps solides, il les re- gardsit comme des plans différemment colorés ; mais lorsqu'il fut détrompé et qu\u2019en y portant la main, il demanda si c'était la main ou la vue qui le trompait.Il était surpris qu'on put faire tenir dans un petit espace la peinture d\u2019un objet plus grand que cet espace, par exemple un visage dans une miniature, et cela lui paraissait aussi impossible que de faire tenir un boisseau dans une pinte.\u201c Avant qu'on lui elit rendu la vue, il n\u2019était pas fort empressé d'acquérir ce nouveau sens il ne connaissait pas ce qui lui manquait, et sentait même qu\u2019il avait, & certains égards, des avantages sur les autres hommes ; mais à peine commença t-il à voir distinctement, qu'il fut transporté de joie.\u201d M.Grant, autre chirurgien anglais, à raconté presqu\u2019en ces termes les premières impressions d\u2019un aveugle de vingt ans, À qui il avait fait la même opération.\u201c Lorque ses yeux furent frappés des premiers rayons de la lumière, on sperçut sur son visage l'ex- ression d\u2019un ravissement extraordinaire.\u201c Pendant que cette scène se passait sa mère ne pûtretenir ses transports de joie ; elle courut à lui les bras ouverts, en s\u2019écriant : \u201c Mon fils, mon cher enfant ! \u201d Le jeune homme reconnaît sa mère à la voix ; la parole lui manque, il ne peut proférer que ces mota : \u201c Est-ce vous 1 est-ce ma mère ! \u201d et il s\u2019évanouit.\u201cIl y avait dans l\u2019apartement une jeune fille avec laquelle il avait été élevé, qu'il aimait tendrement et dont il était aimé.Le voyant sans connaissance, elle laisse échapper un cri de douleur, qui sembla rappeler le jeune homme à la vie.Il entendit la voix de sa bien aimée, ouvrit les yeux, et, après quelques moments dé silence, il s\u2019écria : \u201c \u2014 Qu'est-ce donc que l'on m\u2019a fait, où m\u2019a-t on transporté Î Ce que je sens autour de moi, est-ce la lumière dont on m'a si souvent parlé.Le sen- timent nonveau que j'éprouve est-il celui de la vief.Toutes les fois qua vous dites que vous êtes bien aise de vous voir l'un l'autre, êtes- vous auvsi heureux que je le suis en ce moment Ÿ * Les deux petits récits que je viens de citer donnent une légère idée de ce qui se passe dans le cerveau des nouveaux clairvoyants, mais ils sont bien pâles pour exprimer tout le bouleversement des sensations, des sentiments et des illusions.*,* Un aveugle de naissance, M.Edgard Guil- beau, vient de faire paraître un volume, Chants et légendes de l\u2019aveugle qui a attiré l'attention publique en France.L'auteur léclare d'abord, dans la préface, que ln poésie \u201c étant une des manifestations de la pensée, surtout du sentiment, doit être, quoiqu'on en ait dit, accessible à l'aveugle \u201d.Les attraits ne sont pas confinés aux couleurs.Ne peut-on sans les yeux savourer mille fleurs ?Le champ à des parfum, l'oiseau des mélodies, roseau des soupirs, la mer des harmonies ; Tout chante sur la terre, et le flot et le nid ; Un peut sans voir le ciel rèver l'infini.Mais, direz-vous, des vers sans couleurs ou plutôt sans images empruntées à la nature que nous voyons, duivent être bien pâles ; c'est une erreur, car, s\u2019il renonce aux \u2018 horizons d'opale \u201d, aux * roses purpurines \u201d et aux \u201c ruisseaux argentés \u201d, M.Guilbeau est bien poète, quand même, comme vous pourrez en juger par la charmante déclaration qui suit : Ma douleur en est bien profonde : Je ne puis distinguer, ui voir Si vous avez des cils de blonde Ou bien si vous avez l'œil noir : Pourtant sans savoir par moi-même, S'il est doux, timide vu moqueur, Cet œil, ou noir, ou bleu, je l'aime ! Puisse-t-il diviser mon cwur ! Peut-être avez-vous une oreille Au fin et délicat contour, Peut-être e t-elle une merveille, Avec sa boucle pour atour.Qu'importe qu\u2019elle soit jolie ! Elle aurait pour moi des attraits Mème étant laide, mais remplie Ve soupirs murmurés de près.LETTRE D'KUR PK Paris, 0 mars 1841, MoncherR., Me voici de retour à Paris après un voyage de trois semaines, pendant lequel j'ai eu le plaisir de visiter quelques villes d'Allemagne, d'Autriche, de Ruisse, de Bohème, etc.Vienne, Prague et Berlin où j ai séjourné le plus longtemps, sont trois jolies villes, mais elles nnt un défaut capital qui est d\u2019avoir des rues trop étroites, ou encore de larges pavés sans trottoirs.Vienne surtout est remarquable sous ce rapport.Cependant, cette dernière ville ède de très beaux édifices, entr'autres : le Parlement, l\u2019Hôtel- de Ville, la Caserne, lo Palais de l'Empereur, etc., etc, Les rues du centre sont larges, mais les petites sont encore plus petites que celles de Montréal ! Prague est une très jolie ville ; on y remarque beauconp de choses admirables eb instructives.D'abord le Château-Royal, résidence des anciens rois de Bohême.Ce château, qui date du quinzième siècle, # gardé intactes les vieilles salles et lea vieux appartements royaux.On se sert encore de deux de ces pièces lorsque l\u2019empereur vient à Prague Chacune d\u2019elles réclame trois mille sept cents bougies pour l'éclairage.L'Hôtel-de-Ville de Prague possède une horloge merveilleuse qui, à chaque fois qu\u2019une heure sonne, fait sortir de nes profondeurs les douze aA LE MUNUR 1iLLUSTHL 709 rer apôtres, chacun 4 leur tour, pendant qu'un ange agite d'une main le marteau de la sonnerie.Ce spectacle eat fort joli, et l\u2019on dit que Prague et Strasbourg sont seules à posséder de ces horloges.Celle de Prague n\u2019est pas une invention nouvella, elle date du quatorzième siècle.Le Musée National de cette ville, avec ses vieilles tours, raconte que les siècles seuls le courbent sous leurs poids.Prague est très vieux ; ses rues ressemblent beaucoup à celles de Québec.Les Bohémiens, habitants de Prague, sujets de l'Autriche, détestent les Autrichiens et les Allemands, à tel point que si quelqu'un s\u2019avisait de leur dire qu'ils sont des Autrichiens ou des Allemands, cé malheureux passerait un \u2018mauvais quart d\u2019heure\u201d ! Berlin est copié sur Paris, mais très mal copié ! Les Allemands sont très hypocrites et détestent beaucoup les Frangais.Les rues de Berlin ressemblent à celles de Montréal.L'empereur, qui se promène assez souvent dans sa capitale, me paraît être un type froid, hautain et semblant dire : \u201c l'Allemagne, c'est moi ! \u201d La \u201c colonne de la vierge \u201d est une véritable œuvre d'art ; le piédestal et la moitié de la colonne sont en pierre grise, et l\u2019autre moitié en marbre, ce qui donne un effet magnifique.Le palais de l'empereur et de l\u2019impératrice douanière sont tous deux de très beaux édifices en pierre grise.L\u2019Hotel - de - Ville de Berlin est construite en briques et son architecture Inisse à désirer.Jete parlerai des autres villes dans ma prochaine lettre.Je vais maintenant\u2014 avant de terminer te décrire un peu Notre-Dame de Paris.Cette immense église reasemble un peu à celle de Montréal.Son intérieur est magnifique.Tci, tu ne vois pas touies ces couleurs de bronze de Notre-Dame de Montréal ; il n'y a aucune peinture, c\u2019est de la pierre, de Ia pierre partout.Et pourtant c'est admirable | le magnifiques statues nous étonnent par leur heauté.La lumière du jour pénètre par mille endroits et donne un effet superbe.Cette église possède des trésors innombrables | Elle conserve encore ses ornements depuis le quatorzième siècle.J'ai admiré un ostensoir en or orné de diamants et qu'on assure valoir soixante mille piastres.Mais il y a tant de choses que je ne finirais plus s'il me fallait toutes les énumérer.Cependant, l\u2019image du Canada ne s'éloigne pas de moi et je suis toujours près à m'écrier : O Canada, mon pays, mes amours ! Bien à toi, Pur EMILE DUITAMEL.LETTRE D'UNE PARISIENNE LA MODE Les lectrices du MospE ILLUSTRÉ ne verront pas sans plaisir, j'espère, une chronique spéciale de la mode dans un journal qu\u2019elles suivent depuis si longtemps, avec tant d'intérét.Elle pourront avoir ainsiun aperçu des mille nouveautés que Paris fait éclore en son inépuisable fantaisie.Les temps ne sont plvs où la mode n\u2019était que pour quelques prévilégiés de la fortune : aujour- d'hui, chacune de nous s\u2019en inquiète et la suit, sinon aussi somptueusement, tout au moins avec autant de goût.Donc, nous parlerons de la Mode, et de tout ce qui peut intéresser le public féminin.Notre but sera atteint si cette chronique peut se révéler à nos lectrices de quelque utilité pour la gouverne de leur tenue.Le printemps nous ramène le gai soleil, une douce température.Pour les femmes comme pour les fleurs, c'est la saison des parures nouvelles ; et nos curieuses ront impatientes de savoir ce qua la Moda, catta reine fantasque va apporter de changements et d'innovations.A mesure que viennent les beaux jours, les redingotes reparaissent ; mais pour leur donner un regain de jeunesse, on y adjoint des manches d'une autre étoffe, velours ou soie, ou tel autre tissu plus riche que le corps du vêtement.Les vêtements se font les uns très longs, les autres de la longueur d\u2019une veste, tous ornés d'une grande pèlerine.Il est question de garnir le bas de ces manteaux et de ces collets de volants de dentelle noire, ruchés très-fin, on en mettra deux ou trois, étagés les uns sur les autres, le dernier, fixé sous une tête de passementerie.On parle aussi du manteau visite, tout en dentelle avec petite pélerine à capuchon ; ces mante- Lota pourront aller avec toutes les toilettes de cou- eur.Les grands collets pèlerines en mantes, très longs, très amples font fureur en ce moment.Et pourtant rien n\u2019est plus disgracieux que ce genre de vêtements ; il manque de grâce et de jeunesse.On l'adopte, je crois, parce qu\u2019il a l'avantage d'être très commode et très pratique : il est facile À jeter sur les épaules, le soir, à la sortie du théâtre, et il ne froisse pas les hautes manches du corsage, ni les cols Valois.On le fait en drap ou en lainage assorti aux costumes, en belle soie cabochonnée de jais, en bengaline, en crêpe de chine, en dentelle de Venise ou de Chantilly.L'empitcement de ces collets pelerines est toujours perlé, brodé ou soutaché ; quelques-uns sont garnis dans le bas d'un petit ethilé de soie noire.Il est question de faire pour l'été des vestes tout en dentelle, avec manches de soie.Quelques-unes de ces vestes seront courtes, s'arrêtant à la ceinture, ouvertes sur un bouffant ; d'autres allongeront leurs basques carrées comme des pans de mantelet.Les jupes se font toujours longues et plates, coupées en biais d\u2019une forme savante qui ne gêne en rien la marche et découvre le pied, ces robes vont nous ramener la rcbe princesse de ligne exquise, très collante, sans un pli, que les femmes Lien faites ne devraient jamais abandonner.La grande préocupation des femmes de goût, c\u2019est d'avoir une robe de style.Et comme tous les genres sont A la mode, en ce moment, on n'a que I'embarras du choix Moyen Âge, Valois, Henri 11, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Directoire, etc, etc.On peut emprunter des éléments À toutes les époques et de cela faire une toilette très parisienne.Sachez vous connaître, (mes dames), et vous saurez vous habiller dans la note juste, celle qui ira à votre taille, à votre type, à la couleur cle vos cheveux et de votre teint.On portera beaucoup ce printemps de fantaisies en lainages avec rayures, petits carreaux.pois, zébrures, bouquets, etc, puis toute la jolie série des draps fins, des cheviottes de nuances claires et douces, des côtés de cheval, homespuns, etc.Avec ces costumes reparaîtront les souliers en cuir fauve, qui sont une innovation très heureuse pour la saison d'été.Quelques couturières essaient d'ajouter au fourreau collant une draperie modeste, de tout petits paniers arrondis aux hanches.Peut-être cette tendance s'accentuera t-elle en plein été quand on portera des étoffes légères, qui ont besoin de bouffon ; mais tant que la température nous permettra de revêtir les lainages, les soies, les brocarts et les velours, In robe droite restera triomphante.La teinte mauve a une immense vogue en ce moment, et je crois qu\u2019elle se continuera durant l'été, c'est une si jolie nuance, si favorable aux blondes, et en général à toutes les femmes qui ont le teint blanc.La saison mondaine semble cette année encore plus brillante qu\u2019à l'ordinaire ; les fêtes se succèdent sans interruption.\u2018\u201c Bals blancs \u201d, \u201c bals roses \u201d, \u201c bals bicolores \u201d, \u2018* bals monochromes \u201d, ete, etc.Rien de moins banal que les diners qui se donnent depuis le commencement de I'hiver ; les tleurs sont de toutes les fêtes et fournissent À chaque invitée le moyen de montrer sa prédilection pour son parfum favori.La rose, le jastiin, la jacinthe, la violette, l'œillet ; entourent d\u2019un cadre charmant le couvert de chaque femme, et les messieurs portent à la boutonnière un petit bouquet mélangé pour ge trouver à l'unisson.Ce qui est charmant aussi, c\u2019est un dîner à cétes ; cette façon de travestissement est acceptée avec plaisir par beaucoup d'invités qui ne peuvent souvent se décider à sacrifier une somme considérable à un costume complet que l'on ne veut mettre qu'une fois, les diversités de types que l'on a soin e choisir suivant sa physionomie ajoutent un grand charme à ces dîners qui sont en ce moment très en faveur.Une innovation charmante née dans de grands châteaux eet le diner à caractère.Bien entendu ce genre de dîner est costumé, donc on choisit une époque historique et dans cette époque un fait particulier dont chaque convive représente un des acteurs.Le couvert, l'ordonnance du dîner doivent être à l\u2019unisson.Et le soir, si une réception suit le repas, les nouveaux venus sont obligés d\u2019arriver eux aussi en costume complet de style.Voilà donc un plaisir nouveau, qui ne nuit en rien aux soirées de comédie, ni aux bals dont le cotillon est plus que jamais la danse favorite.Les danses de caractère ont aussi un grand succès : la gavotte, le menuet, la pavane, la polka des Polonais, la Varsovienne.Nous ne pouvons qu'applaudir à ce retour de la mode vers la grâce et le charme qui ont fait autrefois notre réputation.On parle sans cesse des changements dans la tenue de soirée des hommes ; on a fait des essais, mais cela n\u2019a jamais dépassé le cadre des fêtes qui ont le genre d\u2019une redoute.Beaucoup d'hommes m'ont avoué leur répugnance à changer l\u2019habit noir contre l'habit rouge, ou l'habit violet, pervenche, gris argent, orange, vert agathe, etc.Il faut dire que les femmes ne les poussent pas énormément «ans cette voie ; l'habit noir étant un repoussoir précieux pour faire valoir les toilettes claires et enguirlandées de fleurs et de diamants.JRANNE D'ISSALAT.Paris, 1891.NOTRE-DAME DE CHICAGO \u2019 (Voir gravure) Si l\u2019on peut juger des choses par les apparences, on ne croira plus longtemps aux racontars de ceux qui disent que nos compatriotes canadiens français de la république voisine auront bien vite délaissé entièrement le culte catholique, si cher à leurs pères.Voici un temple magnifique, érigé, comme au bon vieux temps de l\u2019Eglise, par la foi des fidèles, dans la grande métropole de l\u2019Ouest américain et qui va dire aux générations qui passent, de nos corréligionnaires de là-bas, qui sont en même temps nos compatriotes, les frères de nos sœurs et les fils de notre sol, comme ils tiennent à cœur de manifester hautement, en face des protestants étonnés, au prix de généreux sacrifices, leur attachement inébranlable À la religion vraie, iumor- tel héritage qui leur vient des aieux.Cette belle église, aux grands airs de basilique, et que nous sommes fiers de faire voir aujourd\u2019hui aux détracteurs des catholiques canadiens-francais des Etats-Unis, vient d\u2019être inaugurée pour les fins du culte de la principale paroisse ou congrégation catholique qui soit dans \u201c la cité des grands lacs \u201d.Elle figurera avec avantage lors des fêtes de l'exposition de 1393 et fera honneur à l\u2019esprit de foi qui anime ceux des nôtres qui ont doté Chicago d'un si beau temple.Le Révérend Père Bergeron est le curé de la paroisse Notre Dame à Chicago : nous le félicitons, en même temps que ses paroissiens, de cette noble entreprise, à l'initiative distinguée.J.S.-E.Quand il y à un parti sûr à prendre dans une affaire, on a toujours tort d\u2019en choisir un hasardeux.\u2014Lovrs XIV.Quand une femme dit qu'elle s'ennuie, c'est comme si elle disait : personne n'est amoureux de moi.\u2014Le prince de LicNk.DRE Mas Qu anti LE MUNDUE ILLUSTRE \u2014 \u2014 \u2014 INC)NSTAN JE DE L'HOMMEK (%) (A MARI&LAURE) Quand pour comp'aire à la femme coupable Adam lui-même eut pêché contre Dieu, Il dut quitter le jurdin délectable Eu lui disant un éternel adieu, Nanos adresser A sa pauvre compagne Le moiudre mot de reproche at d'aigreur, Il s\u2019efongn dans I'mmanse campagne Qui devanr lui déroulait won horreur.Eve craintive, Eve la picheresse To-ait cloués au sol ses deux beaux yeux, Le cœur r mpli d'une morne tristesse Et la douleur sur son front soucieux.Elle suivait.morne et dés-apérée, Son nab'e Apo x le front haut, l\u2019œil en feu, Puis a'uffainsant dans sa course navrée, Elle dit : ** Frappe, ah ! frappa-mot, mon Dieu ! \u201d Alors Adam se tournant vers la femme : Pourquoi gémir.pourquoi te désuler, Eve.dit-il.épouse de mon âne, Lorsque je t aime et veux te consoler ?.\u2026.Puisque c'aut là ce qu\u2019on nomma inconstance It te fau-trait homme te repentir De ta noblesse, en faire pénitence.Sans toutefois t'en départir ! Du premier homme et de sa teutatrice, L'histoire helas ! est celle de nous tous : Au moindre aigue et eur un seul caprice La femme trouve un homme à sea genoux.N'est cu pas trop «le tant d'obéissance (Que dis je là *) de tant d'aveuglement Pour voir traiter de perfide inconstance, Le plus parfait, le plus saint dévouement.Voilà pourquoi la famme te dit lâche O file d'Adam, au lieu de t'appleudir : Quand de sa main te désignant la tâche, Vite, elle te voit la remplir, Ah ! c\u2019est ton sort de te voir méconnaître, Homme : c\u2019est là celui de la vertu ! Vois cette fl-ur : \u2018\u201c Elle est belle et paut être Fera-t on grâce à sa beauté, dis-tu * ** Erreur, hélas ! de sa tige on la brise Et, vain troph-e, on s'e1 pare un instant, Un seul, et puis on la jette à la brise Comme un jouet du caprice inconatant.Qui, snis fidèle, énergique et sincère En tes vertus, silencieux martyr.Car il n\u2019est plus de puradis sur terre La femme hélas ! nous en a fait sortir.Mais ne dis rien, homme, souffre en silence Et l'on verra de la f- mme ou de toi Lequel, vraiment a le plus de constance, Et lequel impose sa loi !.Ye LA \u201c MAFIA \u201d Je n'ai pas l'intention de parler ici du terrible drame de la Nouvelle Orléans Les gazettes quotidiennes et les journaux d'informations ont dit tout ce que ce sinistre sujet comporte, et le MoNnE ILLUSTRÉ & complété leurs récits par des croquis pris sur les lieux mêmes.Toutes les feuilles américaines ont disserté et disserteront encnra longtemps aur le point de savoir si oui ou non ce massacre était légitime, mais aucune n\u2019a donné d'indications précises eur la constitution decette trop célèbre \u201c Mafia \u201d, dont on parle tant et qua l'on connaît si pu.Je vais réparer cet oubli.où cette négligence, en faisant le rapide historique de Ia formation de cette société de bandits, noa en tantaidiste, mais en histo rian.aj (toutefni NN NN | À Ba D nl va a a \\ > 5 v I Tt N a we > 4, Vv ha 4 LE COLONEL G.R.DAVIS MTW PALMER Directeur-général de I\u2019Exposition de Chicago Président du comité de I'Exposition de Chicago = = * | ss _ É = > SAS 2 = 5 À ; - i c mo, ti Ly A i E- | H frExT1 LAS * RASE US = 4) 7 -F ç \u2014_\u2014\u2014\u2014 Vo ~ + _ 3 | T 277 Pi or Les % | \u20ac a yl > hy base # i 4 AR TT a Pa 4 i: SF \u2014 ; SN rl - fr i * +3 Va pe oo 1 ELS mr qe \\ ETN, ri fa D | RS = £21 fm URL , TE ui fl i ody Zo 4 Ze G5 El wy oy = \u2014 i rie Ti ee a ane \u2026 vn pue -\u2014 a Ea iF \u2014 ii = \u2014_\u2014 À = pes: ES ce?face = SP F7 ==\u201d eme 0 ETA(8.UNJ8\u2014EGLTSE NOTRE-DAME, DR CHICAGO pe PTE 3 Xi nt Le Ten 1) 1g ve Xe?: gp À Let SE NN; : Us oR: q i 4G i PS a+ hy Gi sud PRE Fa 5 \"ff ai af : a - \"4 ç + fa es ee, ER 4.= ge RN dise : : i 7 i vf 7e PS Le \u201d 2 2 ve\u201d No ae \u201c.Ary, Mn fre 5 Ye : ay.; ; n°4 ve, 4 ie Le > ae : y PRN : she $ 25 MS Te CTP 20 \u201cer ef we A i \" i: N d À Ta r Le \u201c7e od eu Ra rev 1 va 27 i I ES, Fad 2 ah % Let pres roid & hes 4 XN 3 = 5 i s 3) x A 4 veu LR 15 3 ; 0 a es, Xia RSC age 5 À vise & £4 \u201cRP 1 by: ès.an a.es cl re EN Sea Fab M a.VU A hd » [as x uo 1 3, = 5 hi +4) Le #7 Ve \u20ac 2 » LA = ie q 4 13} » A VA té 24% YH A 4 _ 3 La -\u2014 A A By 4 3 Le CS HER ER in ur 7 Se » A \"x au § rh A = \u2018 Py 1?.D =, 3 A +E à À frs 3 £3 | 15 - A Le.% =r op og > _ + > EK Lariat ad la 5! 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A bord, il n'y a pas de père, il ne peut y en avoir, il n\u2019y à que le commandant.\u2014C'est vrai, vous avez raison, commandant, mais ni moi, ni Raoul nous ne pouvons nous y faire ; il nous semble que si le respect que nous devons gagne à ce titre, notre affection y perd quelque chose.\u2014Raoul est à l'avant ?\u2014Oui, commandant.\u2014C'est bien, faites carguer tout gardez simplement le grand hunier au bas riz et surveillez de vos jumelles.Prenez les miennes, elles sont meilleures.Si le temps se couvre d'un côté, défiez-vous bien du grain.ou plutôt, faites-moi prévenir.\u2014Oh ! commandant, il n'y a pas un soutlle dans l\u2019air, pas une folle brise, la houle elle-même s\u2019aplanit.Vous pouvez bien reposer en paix, mon père, vous veillez tant depuis quelques nuits.\u2014Encore.Taisez vous donc.La mer est calme, mais le temps est chargé, les baromètres dansent comme des fous, ils sautent de 20 millimètres à l'heure ; hier, ils avaient dépassé le beau fixe, ils sont maintenant tout près de tempête.Ca- lui de la galerie ne sait plus où il en est.Carguez, carguez.Et le commandant B.rentra sous la dunette pendant que son fils aîné faisait exécuter les ma- nœuvres ordinaires.La frégate reprit bientôt son aspect inanimé.Un élève vint seulement retrouver l\u2019officier du quart ; c\u2019était le fils cadet du commandant de la Clorinde.Les deux fréres se mirent alors à arpenter le pont d'un pas régulier, en roulant force cigarettes.Ils étaient, tous deux, sortis du vaisseau école le Borda, à cinq ans d'intervale.L'aîné, en outre d\u2019une campagne dans les mers du Sud, avait déjà navigué avec son père, le second débutait.Un ordre spécial du ministre de la marine, ami de M.B.avait réuni les deux frères sur la Clo- rinde.M.B.disait hautement que ce qui perd les officiers c'est un début trop facile ; aussi, avait-il tenu à éviter toute douceur à ses deux fils et il ne s'en faisait pas faute, car, pour eux, il était plus sévère et plus exigeant que pour tout autre officier si, il les aimait, il en était fier, il veillait sur eux, leur mère les lui avait recommandés ; mais avant tout, il voulait que ses fils devinsent des marins hors ligne, des hommes de fer ; aussi les faisait-il constamment travailler et trimer dur.Lux trouvaient souvent la chaîne par trop lourde, le plus jeune surtout, un enfant de dix-neuf ans, un - peu mince, un peu faible, mais 4 bord, on a tellement confiance qu\u2019il faut obéir, que jamais les ordres les plus secs, les corvées les plus pénibles n'avaient soulevé un murmure ou une objection de la part d\u2019un des deux frères.Les heures se trainaient, lentes et tristes, la Clorinde n'avait pas bougé ; sa voilure, serrée de près, ne laissait que le grand hunier amoindri et le plus petit des focs.La nuit n\u2019avait point ap- rté de fraîcheur, l'air semblait s\u2019alourdir encore, et nul bruit, dans l\u2019immensité, ne venait troubler ce solennel silence.Fatigués de leur insipide promenade, les deux frères s\u2019étaient assis sur le bastingage qui domine le banc de quart, attendant la fin de ces quatre heures interminables ; tous deux étaient plongés dans une réverie profonde.Une brise chaude chargée vint tout À coup leur brûler la figure.Ils furent debout d'un bond ; l'élève s'élança vers le gaillard d\u2019avant.Tout au fond du ciel, dans le lointain le plus perdu, l'horizon prenait une teinte d'encre.Le père l'avait bien dit, les baromètres ne s'étaient pas trompés, c'était un grain.\u2014Timonier, prévenez le commandant.Le matelot n'eut pas le temps de pénétrer sous la dunette, M.B.était déjà sur le pont.II prit la place de son fils sur le banc de quart.\u2014Bâäbord la barre, ordonna-t-il d\u2019une voix tonnante.\u2014Elle y eat toute, commandant.Au méme instant, une avalanche de pluie et d\u2019eau salée s'abattit sur la Clorinde, le vent, en hurlant avec furie, tordit les plus gros cordages, la mâture craqua avec un bruit sinistre, et la frégate, prise en travars par cette épouvantable trombe, se coucha sur le côté, comme le gladiateur blessé qui voit venir la mort.Pendant une minute éternelle elle demeura engagée, mais se releva toute fière et, emportée par l'ouragan, s'enfuit balayant les lames.Un soupir profond s\u2019échappa de la poitrine de M.B.la Clorinde était sauvée.\u2014 Droite la barre, cria-t-il.Et la frégate, pareille au cheval qui sent l'éperon, reprit sa course plus violente.Deux voix humaines couvrirent les hurlements de la tempête.\u2014Un homme à la mer à bâbord ! \u2014Un homme à la mer à babord ! Une lame, inondant la Clurinde de poupe en proue, venait d\u2019enlever deux matelots.Ces cris furent entendus par le timonier de veille qui coupa l\u2019amarre de la bouée de sauvetage.Elle s'abattit dans l\u2019eau en fusant.Les officiers montés sur le pont regardèrent du côté du banc de quart, attendant avec anxiété un ordre du commandant.M.B.détourna la tête.Devant Dieu, devant l\u2019Etat, devant lui-même, il répondait de tout cet équipage qui lui avait été confié ; en essayant un sauvetage impossible, il sacrifiait inutilement d'autres existences, les matelots étaient condamnés, laClorinde continuait sa marche.Raoul s'avança alors.\u2014Mon père.commandant, pour l'amour de Dieu, mettez en panne.\u2014Mon père, continua Raoul, jo suis de quart, on dira que vous avez voulu épargner votre fils, que vous avez sacrifié des hommes ; mon père, vous me déshonorez.\u2014La barre dessus, aux grands bras du grand hunier, amène la baleinère de sauvetage, ordonna enfin M.B.Les canotiers étaient déjà à leur poste : ces braves gens n\u2019avaient pas attendu un ordre du commandant pour se précipiter au secours de leurs camarades.Raoul se jeta à son tour dans la baleinière et la frêéle embarcation commença à descendre des porte-manteaux pour se mettre à flot.\u2014Débordez avec les avirons, ferme ; hardi ! garçons, pour les autres et pour Dieu.11 n\u2019acheva pas, une vague énorme l\u2019enveloppa comme d'un linceul et broys le fragile canot contre le plat bord de la Clorinde.Les cris des hommes couvrirent encore les sinistres détonations de la tempête ; ils se défendaient contre les lames, lls luttaient et appelaient à l\u2019aide.Henri s'était déjà élancé dans une autre embarcation.\u2014Je vous le défeuds, s'écria M.B.Henri, rentrez, rentrez, je vous l'ordonne.\u2014C\u2019est mon frére, commandant, et il ge noie.A moi dix hommes.Il s\u2019en précipita cinquante escaladant les bas vingages.\u2014 Assez ! assez ! cria le lieutenant ; et la seconde embarcation descendit le long du bord.La mer implacable I'enleva comme un fétu et la broya comme la première, elle n\u2019eût méme pas le temps de déborder.M.B., cramponné au banc de quart, cherchait dans ce déchirant tumulte les cris de ses enfants qui mouraient la, tout prés de lui.Il se penchait sur l\u2019abîme tâchant de deviner dans ces ombres indécises les corps de ceux qui allaient disparaître pour toujours.L'aumônier, à genoux sur la dunette, priait avec ferveur, implorant le Dieu de paix et de clémence.La tempête seule répondait & sa voix, soulevant des lames plus furieuses encore.Alors, se retenant à grand\u2019peine À la rem- barde, il étendit la main et bénit ceux qui allaient mourir.\u2014Mes enfants, cria-t-il \u2018de toutes ses forces, mourez en paix, victimes du devoir : je vous absous, Dieu vous pardonne.Une vague plus puissante que les autres faillit lui-même l\u2019emporter.Les ofliciers entouraient le commandant B., ils l'imploraient désespérés, il secoua la tite.Ses deux fils, tous les deux allaient mourir ; il entendait encore leurs cris et il lui était interdit de chercher à leur porter secours ; bien plus, rester en panne compromettait le sort de la Clorinde, et il fallait par le devoir, ne pas s'arrêter et continuer sa route.\u2014La barre dessous, ordonna-t-il, aux grands bras du grand hunier.La Clorinde reprenait sa course, fuyant de nouveau devant la tempète et abandonnant loin, derrière, ceux qui étaient condamnés sane appel.La mer se refermait sur eux.Quand M.B.quittait la Clorinde, au retour de la frégate en France, il retrouva la malheureuse mère ; il n\u2019eut pas un mot, pas une larme.Quant à elle.elle ne put prononcer qu\u2019une parole : \u2014Tous les denx, murmura-t-elle dans un sanglot.Grorors PRADEL Absolument textuel.Dans un musée.Après être resté quelques minutes en extase devant un immense tableau, une dame s'approche «lu gardien et montrant la toile.Pardon, monsieur, auriez vous l\u2019obligeance de me dire l\u2019auteur, s\u2019il vous plait ?\u2014\u201c L'auteur ?\u201d je ne suis pas, madame, on ne mesure pas les tableaux ici.+ + * Le jeune Mardochée se présente 4 un examen.Le professeur.\u2014Si votre père emprunte mille piastres, avec promesse de rembourser à raison de 250 pinstres par année, combien devra t-il au bout de trois ans ?\u2014 Mille piastres.-Mais, mon enfant, vous ne connaissez pas le premier mot de l\u2019arithmétique.\u2014-C'est possible.mais je connais papa.** À l'enterrement d'un disciple de Bacchus : \u2014Îl s\u2019est éteint bien doucement.\u2014Oui, mais de son vivant, comme il s\u2019allumait vite ! \u2014 FEUILLETON DU \u201cMONDE ILLUSTRE \" MONTREAL, 1X AVRIL 1801 FLEUR-DE-MAI TROISIÈME PARTIR LA FADE GRISE Son apparition fut saluée de longs hurlements sauvages.Félix Mingat avait son idée, avons-nous dit.Et en partie, il venait de la mettre à exécution.Les trois compagnons, durant le cours de la journée, avaient continué ainsi qu\u2019on le sait À se monter la tête.Et s'excitant l'un l'autre, Mingat après une nouvelle accolade donnée au litre à tour de rôle, n'avait pas eu de peine à les décider à le seconder dans l'expédition qu'il voulait entreprendre, pour comme il le disait, \u2014\u201c* purger le pays de lu vermine.\u201d Et une fois ls chose bien décidée, il leur avait dit : \u2014Je sais où elle reste ln sorcière.Elle est dans le Roncier de Rivaude.:.Michel avait voulu faire quelques observations.\u2014Toi,\u2014lui avait dit Laurent, \u2014si tu n'es pas content, tu n'as qu'à retourner ; nous continuerons sans toi.\u2014Il y a de grands terriers dans le roncier,\u2014 ajouta Félix,\u2014elle doit être fourrée là dedans.Je me suis faufilé à plat ventre à travers les épines et j'ai vu tout plein de rochers et de trous.Elle doit être là, c'est sûr.On se rangea à cet avis.Michel s'obstinait cependant.\u2014Et quand elle serait dans un trou | \u2014répdtait- il, \u2014 Bêta, \u2014 répliqua Laurent en ngitant ses grands bras, nous le fumerons donc.Et pris qu'a mange, qu'a boit, faudra bien qu'a sorte.\u2014Et ai elle ne sort pas ?\u2014 Nous boucherons les trous pour la faire fumer, et puis, alors, nous défoncerons le terrier avec nos pelle.Enfin, moi, j'y vais.À travers les ronces et les linnes couvertes de neige, les sangliers avaient tracé des frayes qui formaient comme des couloirs au milieu do la brousse.En se soutenant, en se parlant à voix basse pour se donner du cœur, les quatres méchants drôles s'engagèrent dans le Roncier.Par-ci par là, ils y laissèrent bien quelques pans de veste, et les culottes furent endommagées en maints endroits, mais ils gagnèrent du t-rraiu, au prix de maints efforts et en avançaut avec lenteur.Enfin ils attrignirent le terrier.et commencèrent leur odieux enfumage.Le reste est connu.La Petite-Mai avait done hondi droit devant elle.Et À son aspect, alors qu'elle sortait de sn retraite par la lune blanche qui éclairait cette scène odieuse en filtrant À travers les arbres, toute la bande s'était mise à pousser des hurlements féroces.La Petite-Mai, affolée, courait droit devant elle.Mingat et Res compagnons se préparaient à défoncer le terrier à coups de pelles et de pioches, lorsqu'éclata une déchirante clameur que les échos du bois sonore réper utèrent à l'intini.C'était la Fade Grise qui l\u2019avait poussée.Félix et res compagnons hésitèrent.- Ce cri d'agonie les avait glacés de terreur.\u2014 Allez voir tout do même, fit Michel qui, avec Mingat, était le plus courageux de In bande.\u2014Tenez, la voilà qui braille encore.Un dernier cri d'angoisse venait, en effet, de se faire entendre.Puis tout retomba dans un lugubre silence.Ne 97 LE MUNUE ILLUSTRE Ils sortirent du Roncier avec de violents effort® eb contournant l'énorme broussaille, atteignirent une sorte de clairière parsemée seulement de maigres bouleaux épars.Ils couraient, ils couraient, trébuchant contre les souches, s\u2019étalant parfois, tout de leur long, et reprenant aussitôt leur poursuite, en criant et en s'excitant.Michel qui se trouvait en tête reculas vivement, faisant un bond de côté.Tl avait failli aller piquer une tête dans une énorme fosse creusée en travers de la clairière.Lu fosse était recouverte de légères bruyères, de diverses herbes et de brindilles sèches.Du fond de cette fossa partait un gémissement.Les quatre gars reculèrent effrayés.\u2014 Bon Dieu de sort !\u2014tit Félix Mingat en s\u2019avançant \u2014Æ//e est là dedans.Il ne se tromprit pas.Quelles mains criminelles avaient préparé une trappe en tous points semblable À celles que l'on emploie pour prendre les grande animaux, les grands fauves et aussi les redoutables félins ?.Toujours est-il que, luncéa à toute volée, la Petite Mai, piquant droit devant elle, perçait de toutes ses forces À travers le bois, affulée par les clameurs furieuses qui l\u2019avaient assaillie lorsqu'elle s'était échappée de sa demeure enfumée.La fosse, longue d\u2019une trentaine de mètres, tra versait en biais la clairière.Nous avons dit que dans cette partie.du terrain, les gardes ne mettaient jamais le pied, cet endroit des bois se gardant en quelque sorte de lui même.Ceux qui avaient préparé cette fosse avaient donc eu tout le loisir pour la creuser à leur aise.Elle \u2018avait été recouverte d'un treillage de branches de gapin, formant une claie légère, sur laquelle une jonchée de bruyère la cachait à tous les yeux.La terre avait été soigneusement répandue aux environs et couverte elle aussi de genêts coupés et d'herbes sèches.Dans son élan, la pauvre Petite-Mai avait mis le pied eur ce clayonnage et ces bruyères inca pables de supporter son poids, et elle était allée choir au fond de la trappe poussant un hurlement d'agonie.suivi d\u2019un second plus douloureux encore.Les quatre gars étaient maintenant au bord du trou, aplatis, à plat ventre, sondant du regard l'ombre de sa profondeur.Les yeux de Miston s'habituèrent les premiers à cette obscurité.-\u2014Oui,\u2014dit il, \u2014je la vois dans le fond.Elle eat bien là !.Michel demanda alors : \u2014 Qu'est-ce que nous allons lui faire ?.Nous n\u2019allons pas la laisser là.Elle finirait bien par s'en sauver.Alors chacun donna son avis Félix parla le premier : \u2014 Faut ramasser sur elle un tas de bourrées, et puis y mettre lefeu.Ç'a la grillers, ça la rotira.Et comme ça, elle ne viendra plus jamais jeter des sorts, \u2014 bons ou mauvais, ajouta til en aparté,\u2014 et le pays sera purgé de la vermine.\u2014 Faudrait mieux l'assommer & coups de cailloux,\u2014fit Laurent.+ \u2014 Pas tant d'affaires, \u2014opina Miston, \u2014nous avons des pelles et des pioches que nous avons laissées aux abords du terrier.Nous n'avons qu\u2019à nous metttre tous lea quatre à remplir la fosse de terre.Elle ne reviendra pas non plns.Qu'on ne crie pas à l'exagération ! Ne se souvient t-on pas de cette terrifiants cause criminelle qui s\u2019est déroulée à deux pas de 1a, devant le tribunal de Romorantin.Une vieille femme accusée de sorcellerie est brûlée vive par ses parents, ses proches, avec de la paille arrosée d'huile et.de pétrole !.\u2026.La discussion commença, s'échauffant et menaçant de s\u2019éterniser.Le feu, \u2014insistait Mingat,\u2014rien que le feu ! Lo feu seul peut venir à bout de la vermine.Le comblage de la fosse était très préconisé par Laurent et Miston.Mais les deux autres leur répondaient par de victorieux arguments.\u2014 Elle ne sera pas génée de ressortir de dessous 807 terre, et le pays l\u2019aura encore sur les bras à jeter partout des sorts.\u2026 \u2014Des pierres !.\u2026 .des pierres !\u2014criait Laurent en agitant ses grands bras et se baissant pour ramasser des roches.\u2014 Non des bourrées,\u2014clama Félix.Tous s'arrêtèrent pour reprendre haleine.\u2014Buvons un coup ! Sur ce chapitre tous so trouvèrent d'accord, et le litre d\u2019eau de-vie circula de bouche en bouche.La discussion allait recommencer de plus belle, lorsqu'ils s\u2019arrêtèrent terrifiés.Un homme venait de se dresser devant eux, armé d'un fusil, d\u2019une gibecière, leur criant d\u2019une voix de stentor : \u2014 Qu'est-ce que vous faites là !.Voulez-vous bien filer !.ou je vous dresse procès-verbal.\u2014Sauve qui peut !\u2014cria Mingat tout le premier,\u2014v\u2019là les gardes.Et les quatre misérables s\u2019égrenèrent et disparurent isolément dans le bois, Sans tourner la tête, épeurés ils s\u2019enfuyaient à tire-d'ailes.\u2014Eh bien !\u2014fit 'homme au fusil,\u2014tout a parfaitement réussi.Nous la tenons.Et ils ont eu une peur atroce, ils m'ont pris effectivement pour un garde.Et il ajouta : \u2014 Vous pouvez venir maintenant.personne.Alors de la taille voisine, deux formes humaines sortirent.C\u2019étaient l'horrible Henriette et Irma.L'homme.c'était Fabrice Dementières !.\u2014 Ah !.\u2014s\u2019écria-t-il en s'essuyant le front, trempé de sueur malgré la gelée et avec un accent de haine longtemps couvée et enfin satisfaite, \u2014 nous avons eu de la peine.mais, enfin, nous la tenons !.Mile Dementières, qui semblait un énorme oiseau de nuit dans ce bois solitaire, ajouta d'un ton aigre : \u2014 Bon ! on la tient, mais il faudra faire en sorte de ne plus la lâcher.Quelques légères explications sont donc nécessaires pour préciser la façon dont la pauvre Petite- Mai s'était laissée choir dans le piège préparé par Fabrice.Lorsque, au milieu de la grange de Vernon, celui-ci avait trouvé la Doucine et Poiroux dans l\u2019état que nous avons dit, la colère de Fabrice n'avait plus eu de bornes.-\u2014Rien à tirer de ces brutes, \u2014avait-il dit.Puis son premier mouvement avait été de tomber dessus à coup de pieds, à coup de poing.Mais Poiroux et la Doucine avaient été blessés, coupés à diverses reprises par des tessons de bouteille.Fabrice se retint.L'état des deux alcooliques pouvait être très grave, car leur sang continuait à couler.Des soins leur avaient donc été donnés, leurs plaies avaient été rapprochées et séchées avec du taffetas et du diachylum.Mais cependant, pendant de longs jours, ils avaient été entre ln vie et la mort.Imbibées d'alcool, les p'aies avaient pris un aspect inflammatoire du plus mauvais augure.Mais les proverbes ne mentent jamais : comme il y a un Dieu tout spécial pour les ivrognes, celui qui préside aux libations et à leurs suites avait veillé sur la Doucine et sur Poiroux.et alors ila avaient commencé à se mieux porter, à guérir, à se remettre sur pied, ne demandant qu\u2019à recommencer.Mais Fabrice et sa sœur les tenaient de court et le cognac était serré de pris.Enfin, quand, grâce aux bons soins, à la nourriture saine et surtout à une sévère frugalité, Puiroux et la Doucine furent pleinement revenus A ln santé, Fabrice jugea alors le moment venu de se servir de ses deux pensionnaires.Avec eux, il s'en fut eur les lieux et étudia la place c\u2019est-à dire le Roncier et ses entours.Et bientôt, sur la neige, il fut aisé de relever la nette empreir.te du petit pied nu de Feur.de Mai.\u2014N'\u2019y a pas d\u2019erreur,\u2014 fit Irma en désignant la marque du pied nu dans le frimas,.\u2014voilà par ou elle passe.Je reconnais bien son Il n\u2019y a plus 808 numéro.Jo I'ai asses vu de fois dans la boue, tout au bout de la Glandiére.Toute erreur était impossible.11 o'agissait dés lors de ne pas laisser échapper Fleur-de-Mai.C'est alors que Fabrice eut la diabolique inspiration de la chausse-trap Pour sortir du Roncier, la Tiote suivait toujours le même chemin.Elle traversait cette petite clairière très souvent et on avait apporté des pioches, et en quarante- huit heures lui, la Doucine, Irma et Fabrice lui même ayant creusé la profonde tranchée, éparpillaient la terre comme plus haut il à été dit, et recouvraient la fosse au fur et À mesure de clayonnages ct de brindilles.pe.Les parois de la chausse trappe avaient été tail- pe léea en retrait et on lui avait donné une profondeur telle que l'être le plus habile, après s\u2019y être laisser choir, devait forcément y rester, se trouvait dans l'impossibilité d\u2019en sortir sans qu\u2019on lui vint en aide.Mais les projets de Fabrice avaient failli être renversés par l'intervention inattendue de Félix Mingat.Puis il s'était trouvé que la malheureuse Tiote, affolée par la fumée et les clameurs, était venue d'elle-même tomber dans ce piège, où elle était demeurée étourdie, en révélant sa cachette.A cette heure, Fabrice et Henriette la tenaient enfin, et ils ne pouvaient croire à tant de bonheur.Ils savouraient lentement leur joie, sans se presser.Non ! réellement ! c'était un instant de trop parfait bonheur pour le gâter par une précipitation quelconque.Irma s\u2019était penchée à l'orifice du trou, et à travers l'obscurité elle montrait le poing à sa victime.\u2014Ah ! tu nous as fait assez courir, gueuse ! Mais je te ferai payer tout ça en gros.La pauvre martyre était rencoignée dans l'un des angles.De tous #8 membres, elle tremblait, éperdue\u2026.Oh ! elle avait bien vite reconnu la voix de ses bourreaux ! Elle leur appartenait désormais, sans réserve, sans conteste, sans défense, et personne au monde ne pouvait plus venir À son aide.Aussi la plus profonde des désespérances s\u2019était- elle emparée du pauvre être.Elle demeurait là, anéantie, attendant la mort, résignée, l'appelant dans le fond de son âme, pour éviter les bien plus cruelles tortures auxquelles ses bourreaux la réservaieut.Henriette se sentait tellement heureuse du couronnement de l'entreprise, que les intenses morsures du froii, qui piquait cette nuit-là, n'avaient point prise sur elle.Néanmoins par ce c'air de lune la gelée était tellement forte qu\u2019elle dit à son frère : \u2014Mon bon Fabrice, ça pince durement, je crois que malgré ma douillette, je vais, si cela continue, m\u2019enrhumer.\u2014J'attends les deux autres qui font le guet.Il faut que nous les ayons vus et congédiés avant d\u2019agir.Tls n'ont pas besoin de savoir ce que nous allons faire ici.C'était parfaitement raisonné et Henriette approuva pleinement son frère.Fabrice porta un sifflet strident à ses lèvres et bientôt après, la Doucine sortit d\u2019un côté de la taille, tandis que Poiroux se montrait d\u2019un bout opposé.\u2014Eh ben !.\u2014fit la femme, \u2014qué que c\u2019est que tout ce raffat que nous avons entendu dans le bois.\u2014C'\u2019était elle qui faisait son sabbat, \u2014répliqua Fabrice.La Doucine hocha la tête.\u2014Vous voyez bien que c'est du mauvais monde que ces bestiaux là !.\u2014Et pis, après ?\u2014demanda Poiroux.La Doucine était approchée du trou et ses yeux de nyctalope lui avaient promptement révélé la présence de la pauvre Mai au fond de la fosse.\u2014Oh !\u2014c'taffaire \u2014fit-elle en sourdine,\u2014elle est là-dedans |.\u2014Chut !.\u2014répliqua Fabrice, \u2014il faut la laisser.parce que si on l\u2019excitait trop, elle pourrait nous faire du mal.LE MUNUL LLLUUSTAL \u2014Oui ! elle pourrait devenir très méchante, \u2014 appuys Henriette, \u2014et alors, gare les mauvais sorts.oiroux et la Doucine, d'ailleurs, ne demandaient lus qu\u2019à partir.Le voisinage si rapproché de la ade-Grise leur inspirait une invincible répulsion.\u2014Allons !\u2014fit Fabrice\u2014en sortant un louis de sa poche, vous avez été bien sages, vous avez fini par faire ce que nous voulions, ma sœur et moi, voilà encore vingt francs.Je vous engage seulement à tenir vos langues.Parce que si l\u2019on savait que vous avez passé une nuit dans les bois de Rivaude et que vous avez été deux jours auparavant occupés à creuser un grand trou, je ne sais pas si on vous en ferait un bon procès.\u2014Ben non ! ben non !.qu\u2019on n\u2019en parlera pas,\u2014fit la Doucine,\u2014ça n\u2019est les affaires de rsonne.pas vrai.Allons.nous tirons de notre côté, bonsoir monsieur, mam\u2019zelle et la compagnie.Et se tournant vera Poiroux elle ajouta : \u2014 Vous venez, not'maître ?Poiroux était tiraillé par deux attractions bien différentes et toutes contraires.Il avait bien le désir de filer au plus vite, ayant été pendant tout le temps qu'il était demeuré à Vernon sévèrement tenu à la portion congrue.Mais d\u2019un autre côté, il aurait bien désiré savoir ce que Fabrice Dementières, Henriette et Irma allaient \u2018 manigancer \u201d avec la Fade-Grise.Ca l\u2019intriguait au plus haut point.Aussi, quand il se fut éloigné à une certaine distance, en compagnie de la Doucine, ditil à celle-ci : \u2014Qué qu'y veut faire ?.\u2014Ca vous regarde-t'y, not\u2019'maitre 1 \u2014J\u2019veux voir, .\u2014 Laissez les donc tranquilles.Ces bourgeois, ça vous a des idées.\u2014Ben non ! J\u2019veux voir.Et pourtant, j'ai joliment soif.Et tout en parlant, Poiroux ralentissait son allure, malgré les pressantes objurgations de sa compagne.Ce que faisaient les bourreaux de la Tiote ?Oh ! une chose horrible.Irma s'était laissée choir dans le trou et lui avait mis la main sur l\u2019épaule.La Petite-Mai, en frissonnant, avait poussé un gémissement douloureux.\u2014Là,\u2014dit Irma à voix basse À Fabrice et à Passez-moi un mouchoir d\u2019abord.les cordes ensuite Et elle se mit à baillonner la Petite-Mai et à la ligoter avec des précautions infinies.Quand la malheureuse, qui ne se défendait même plus, fut incapable de bouger, Irma appela M.Dementières à son aide.\u2014Passez moi la grosse corde maintenant, \u2014-de- manda t-elle.Cette corde, elle la glissa sous les bras de la Tiote, réduite à l\u2019état de masse inerte.Cela fait, à l'aide de cette même corde, elle remonta, sortant aisément du trou.Puis alors elle et Fabrice hissèrent à la vigueur de leurs biceps et Fleur de-Mai sortit de la fosse à son tour, tandis qu'Henriette allait quérir la carriole et le bidet attaché À une courte distance.L'expédition avait pleinement réussi.La malheureuse Fleur-de-Mgi était reprise.Deux heures plus tard elle était réintégrée à Vernon.\u2014Là ! ma gueuse !\u2014lui dit Irma en lui mettant le poing sous le nez \u2014 Quand tu sortiras d'ici il fera plus qu\u2019il ne fuit.+ + * Nous reviendrons maintenant à la ferme de la Batterie.Les jours qui suivirent furent des jours de méchante humeur pour maîtresse Fortier.Le père Fortier non plus n'était pas dans ses bonnes.Mingat avait parlé.Lui et ses camarades se vantaient d\u2019avoir purgé le pays de la \u2018\u201c\u2018vermine.\u201d \u20141I] n'y aura plus de bons sorts ni de mauvais sorts, \u2014disait il en triomphant devant Victor qui se tenait à quatre pour ne pas lui sauter à ls gorge.La mauvaise humeur de maître et de maîtresse Fortier avait une raison toute simple.Le lendemain de l'expédition du Roncier, 4 un moment où tout le monde était sorti de la ferme, sauf la mère de Victor, Félix Mingat était subrepticement rentré dans la grande chambre et s'était planté devant sa maîtresse, prenant son air le plus doux, le plus humble, et tournant son chapeau entrs ses doigts.\u2014Tu as quelque chose à me dire, l'élix, \u2014lui avait naturellement demandé sa maîtresse.\u2014Ben oui, \u2014répliqua Félix.Ben oui.que j'en ai gros sur le cœur.\u2014Gros de quoi ?.\u2014De ce que vous m\u2019en voulez, not'maîtresse.\u2014Je ne t'en veux point, mon garçon ; seulement Je ne veux pas non plus que tu sois toujours après mon fieu, comme tu es À présent, \u2014 Ah ! not'maîtresse ! ne croyez pas que je rois après Victor.Si je lui cherche parfois chicane, croyez le bien, allez, c'est pour son bien.La mère Fortier dressa l'oreille, \u2014Pour son bien ?\u2014reprit elle.\u2014Oui.pour son bien et le vôtre avec.et celui de maître Fortier qui est un si brave homme que j'aime comme s\u2019il était mon père.\u2014Ët quel bien veux-tu nous faire, mon garçon ?\u2014Ali ! je vas tout vous dire, parce que j'en a gros sur le cœur.,.Eh bien ! ça me fait tout plein de peine, oh ! mais là tout plein, en songeant que vous vous êtes mis declans.tous les jours, l\u2019un z-et l'autre.\u2014 Comment ! mis dedans ! Et la mère Fortier, qui n\u2019était qu\u2019un brin patiente, commença à rougir de colère.Et, après un temps, elle reprit : \u2014Félix Mingat, Je vais te dire une chose.Tu ferus bien de tenir ta langue et de veiller sur tes propos, parce que Victor, retiens bien ça, est incapable de mettre quiconque dedans, à courmen- cer par son père et s& mère.Félix prit l'air le plus étonné.\u2014FEh ! qui vous parle de ça, notre bonne Il n\u2019y à pas un seul de mes chaveux qui pense ça de Victor.('a n\u2019est pag de lui qu'il s'agit.Oh ! je sais tout aussi bien que vous qu'il n\u2019a nullement le désir de vous contrarier et de vous désobéir.Ça n'est pas lui.Mais c\u2019est cette fille de rien ! La Reynette, une éhontée qui traîne toujours ses côtes après lui.Alors, dame, que voulez-vous qu'il fasse, not'maitresse.C'est de son fige, Ia fille ert jolie.il se laisse en conter, elle lui fait croire tout ce qu'elle veut.\u2014Tu les as vus ensemble ?\u2014demanda la Fortier dont la colère allait grandissant.\u2014 Si je les ai vus ! mais tous les jours, comme .Parce je vous vois.Faut être aveugle pour ne point s\u2019apercevuir de leur commerce.\u2014Ah ! ils se voient tous les jours !.ils se voient tous les jours ! \u2014grommelait la mère de Victor,\u2014c'est bon & savoir Et la première chose que je vais faire d\u2019abord, c\u2019est de prévenir Fortier.\u2014Ah ! vous pouvez ben le prévenir, not'maîtresse.Ça n\u2019y fera rien, elle est enragée après Victor, cette fille-là !.La perfide trahison de Félix Mingat cevait encore aller pius loin, car le misérable ajouta : \u2014Et encore, ça n\u2019est pas quéqu\u2019chose de joli que Reynette, car, je puis ben le dire, si j'avais bien voulu, elle aurait ben causé avec moi.Aussi elle m'en veut, elle est capable de dire les mille- z-horreurs de votre premier valet.Voilà pourquoi aussi je voulais vous prévenir, parce qu'elle ne se gênera pas pour en raconter sur mon compte.La mère Fortier n'était point assez sotte pour ne pas faire la part des exagérations de Félix Mingat, mais une chose dominait toutes les autres.Reynette était amourcuse de Victor, et Victor, de gon côté, se lnissait embobiner par cette fille et ne songeait qu\u2019à elle.Or, les Fortier avaient en vue un riche parti pour leur fils, et l\u2019ingérence de Meynette déjouait toutes leurs combinaisons.\u2014Va à ton ouvrage, \u2014fit In maîtresse de la Batterie 4 son premier valet,\u2014et ne t'occupe plus ni de Victor ni da Reynette.Je te remercie de nous avoir prévenus ; c'est à nous de prendre nos précautions.La Reynette aura de mes nouvelles.Et si elle ne marche pas droit, c\u2019est moi qui irai LL BUNLUE 1ILLUSTHL 809 Er trouver sa mère et lui parlerai antre quatre-z-yeux.Félix se retira en se frottant les mains, \u2014Reynette va avoir de l'agrément, -\u2014se répétait le méchant drôle.Quant à la mèra Fortier, elle s\u2019en vint trouver tout droit son mari, occupé à remmancher une serpe : \u2014Ecoute, Fortier, \u2014commença-t-elle \u2014j'en apprends de belles sur Victor et cette Reynette des Buteaux, que Dieu confonde.Puarait quella est tout le tempa À traîner ses jupre après lui.\u2014Je m'en doute ben, \u2014 répliqua Fortier en ho chant la tête, \u2014mais que veux-tu y faire, femme.Ce qua le diable veut, va ! il le veut bien.Maîtresse Fortier plaga du coup ses poings sur ses hanches.\u2014Comument ! ce que je veux y faire ?.Mais tu me couches par terre, toi, Fortier, avec ta tranquillité.Ce que je veux y faire ! Je n'ai ja mais entendu pareille horreur !.Ce que je veux y faire ! Mais je veux les empêcher de se voir ! de se parler !.\u2014Le moyen $.\u2014Ah ! mais je le trouverai, moi, le moyen, et ça ne sera pas long.Tu peux y compter.\u2014Fais ce que tu voudras,.Mais si Victor l\u2019a dans la tête.\u2014 TI l'en sortira.un peu vite, \u2014Ma femme, il est trop grand pour qu'on le batte, et nous ne frappons guère nos enfants, nous autres.\u2014 Bien sûr que ni toi ni moi nous n\u2019avons envie de frapper mon garçon ; mais il y a d\u2019autres moyens.\u2014Fh bien alors ?.\u2014T1 faut trouver autre chose.\u2014 \"Trouve le ! Et le père Fortier se remit à remmancher sa serpe, en ayant l'air de dire à su femme : \u2014 De ce coup là, lnisse-moi tranquille.Mais la mère Fortier était tètue \u2014FEh bien ! sais-tu ce que tu devrais faire, mon homme.Pendant tout ce temps de neige, tu n\u2019as pas besoin de Victor.Jl ne te sert de rien, ot les garcons c'est comme les tilles, quand ils res tent là des heures et des heures les bras croisés, ça n\u2019est bon qu'à leur noircir le cœur et la tête.Eh bien ! moi, à ta place, je l'enverrais passer jusqu\u2019à la fin de la neige à Ménétréol chez son oncle, ça le changerait d'air, et çw lui donnerait le temps d'oublier cette fille.\u2014J'veux ben ! j'veux ben !- fit Fortier en secouant la téte,\u2014mais cu w'étonnera bien si ton moyen réussit.Enfin, on peut toujours envoyer le garçon à Ménétréol.\u2014l'a sera toujours ya, et si ln chose ne réussit pas, je trouverai un autre moyen.Et la mère Fortier se mit en devoir de chercher son fils.Elle n'alla pas loin.Au coin de la ferme deux formes humaines, très rapprochées l\u2019une de l'autre, attirérent son attention.Nes yeux ne la trompaient point ! Jour de Dieu ! C'était bien le garçon de la mère Fortier avec la fille des Butaux.Depuis le dernier rendez-vous, le père Fortier avait toujours trouvé le moyen d'empécher son file d'aller à l\u2019affût.C'était le vétérinaire qu\u2019il fallait aller quérir, des laines qu'il fallait envoyer au chemin de fer.Et toutes ces couraes en carriole s'exécutaient dans la soirée.Tant et si bien que Victor, qui n'osait pas désobéir À son père, n'avait pas cu un instant pour pouvoir dire deux mots à Reynette.Pauvre Reynette, elle était bien À plaindre.C'était vainement qu'elle se rendait le soir adresser son offrande à la Fade-Grise.Disparue la Fade !.Evanonie l.( L'offrande, un matin, avait été retrouvée intacte.Un second jour, il an avait été de même et Rey- nette y avait rrnoncé.Oh ! il ne faut plus y compter, disait elle en senglotant.\u2014Elle est partie !.Elle ne me jettera pas un bon sort.Et Victor !.Vie- tor en épousera une autre.; Et dame les sanglots allaient leur train.Oh ! Félix Mingat pouvait se féliciter, ses perfidies, seu intrigues réussissaient pleinement.Enfin, L\u2019y tenant plus, Reynette avait pris son courage & deux mains.La faim fait sortir le loup du bois, \u2014dit le proverbe.La faim d'amour, la faim de tendresse, fait également sortir les amoureux.La montagne ne venait pas à Reynette, Rey- nette s\u2019en fut à la montagne.C'est-à-dire qu'elle se rapprocha de la ferme de la Batterie et vint roder autour.Il y avait justement à la ferme un petit pastour que Victor ne brutalisait jamais et qui lui était très attaché.Reynette, tout en tournant et retournant, finit par le rencontrer.\u2014Eh ! Lucas, \u2014lui cria-t-elle,\u2014tandis qu\u2019il conduisait une bande d'uies, une gaule à ls main.Eh! Lucas '.va dire à Victor que je l'attend aux trois chênes.Et elle glissa une pièce de deux sous dacs les doigta du petit Lucas.Lucas aurait tout de même fait la commission sans la pièce, mais les dix centitues lui donnèrent dès jawbes.Cinq minutes plus tard, Victor était prévenu et il s\u2019enpressait d'accourir.Ah ! dame, abrités par les trois chênes, les deux amoureux s\u2019en rancontèrent.Et ils en avaient si long à se dire.Feynette, tout d'abord, éclata en reproches.De «loux reproches, la pauvre prtite, et qui n\u2019avaient rien d'amer.Elle disait à Victor combien sa faiblesse la rendait malheureuse, combien pendant tout ce temnps les heures lui avaient paru longues, et combien aussi elle les avait comptées.Et puis la subite disparition de la Fade-Grise sur laquelle elle comptait tant.disparition qui était pour l'amoureuse un si désespérant présage.Victor, tout joyeux de se sentir si pleinement aimé, faisait à Reynette les serments les plus tendres.ll l'adorait.Il n\u2019aimait, n\u2019aimerait jamais qu'elle.Elle serait sa femme 11 en prenait le ciel à témoin.Et patatras ! Voilà la mère Fortier qui apparait et qui pousse de toutes ses forces le plus glapissant mais aussi le plus tyrannique des * Victor ! \u201d, lequel cri résonna aux vreilles des deux coupables comme les trompettes de Jéricho.-Victor :\u2014répéta une seconde fois maîtresse Fortier aur un ton qui n'admettait pas de réplique, \u2014 rentre à la maison e* tu m'y attendras.Moi j'ai a causer avec Reynette Rendons cette justice à Victor qu\u2019il eut le courage de protester.\u2014Ma mère !\u2014commença t-il.La mère Fortier l'arrêta du geste.\u2014Je n\u2019ai rien À ts dire pour l'instant, \u2014répliqua- t-elle.\u2014Je te dis d'aller m'attendre À la maison.voilà tout.Tu n'as compris.file.\u2014 Mais niaman.\u2014Faut il que j'appelle ton père ?Cette fois, Victor se mit résolument devant sa mère en lui disant : \u2014Ma mère, j'ai le droit d'entendre ce que vous allez dire à Reynette.Maîtresse Fortier se trémoussa dans tous les sens.\u2014Je n'ai pas envie de la manger, ta Reynette.Je veux lui parler de femme à femme.Tu nous lo permettras bien, je pense.leynette crut à cet instant de son devoir d'intervenir.\u2014Allez ! Victor * allez '\u2014dit la pauvrette à son fiancé.\u2014 Ne contrariez pas votre mère.Allez l'attendre à la maison, comme elle vous dit de le faire.Allez !.allez !.Le cwur bien gros, Victor céda et se diriges la tête basse vers ls ferme.Reynette, de son côté, s'était mise à pleurer à chaudes larmes.Et avec ces sanglots, la colère de la mère Fortier tombait.Elle était arrivée furieuse sur les deux amoureux, et peu à peu elle se refroidissait comme glace.Ne se souvenait-elle pas à cet instant qu\u2019elle aussi, elle avait passé par ces angoisses dont le spectacle ue déroulait devant elle 1 Il y avait bien des aunées de cels.C'était elle qui possédait le bien, qui devait avoir une grosse dot pour le pays, et, à son actif Furtier ne pouvait présenter grand'chose.Ft les parents ne pouvaient se mettre d'accord.Le père et la mère de ia jeune fille lui défendaient carrément de parler à ce gueux de Fortier qui n'avait ni sou ni maille, un va-nu-pieds, un enjôleur, qui n\u2019en voulait qu\u2019à son argent.Et tous les jours, elle était condamnée à entendre injurier et mépriser celui qu\u2019elle avait choisi entre tous.Elle avait tenu bon.À son appel et dans ses mains, la force d'inertie devenait le plus puissant des leviers.Courbant la tête, elle avait laissé passer l'orage.Puis nn oncle de Fortier était mort, et ça avait arrangé bien des choses, car il laissait à son neveu un petit bien.Mais, en même temps qu\u2019elle se radoucissait la mère Fortier n'en devenait que plus dangereuse, nous pouvons le dire, plus terrible.À suivre J.N.LAPRES PHOTOGRA.YE 208, RUE SAINT-DENIS, MONTREAL Ci-devant de ls maison W.Notman & Fils.\u2014Portraite de tous genres, et le nouveau procédé imitant la gravure aur acier Vous Portez Un droguier complet dans votre poche, avec une boite des Pilules d'Ayer.Comme elles agissent directement sur l'estomac et les intestins, elles agissent indirectement sar chaque organe du Corps.Quand l'estomac est dérangé, la tête affectée, la digestion décline, le sang s'appauvrit et vous devenez une victime favile de n'iuporte quelle maladie régnante.Mite.M.E.Boyle, de Wilkes.barre, Pa, exprime toute la vérité en ces ots: \u201cJe ne me sers d\u2019autre médecine que de celle des Pilules d\u2019Ayer.Elles sont tout ce que l'on peut avoir besoin, et juste la chose pour épargner son argent dans les muétuvires des médecins.\u201d Voici un exemple D\u2019un Médecin qui avait perdu sa pharmacie portative, mais qui ayant avec lui un ttacon des Pilules d'Ayer, se trouva entièrement équipé.\u2014 Le Dr.J.Arrison, de San José, Cal, écrit: \u201cIl y à trois ans, par le plus grand des hasards, je fus forcé, à vrai dire, de prescrire des Pilules d'Ayer pour plusieurs homiues malades parmi un parti d'ingénieurs dans les montagnes de la Sierra Nevada.ma pharmacie portative avaut été perdue en traversant un torrent.Je fus surpris et enchanté de l'action des Pilules, tellement, en vérité, que je fus aiuené À en faire un autre essai, aussi bien que de votre Pectoral- Cerise et de votre Sulsepareille.Je n'ai que des louanges à Vous offrir en leur faveur.\u201d Le Dr.John W.Brown, d'Oceana, W.Va, écrit: \u2018\u201cJ'ordonne des Pilules d'Ayer dans ma pratique, et les trouve excellentes.J'insiste pour leur usage général dans les familles,\u201d Le Dr.T.E.Hastings, de Baltimore, Ma, écrit: \u201cLes Pilules d'Ayer contrôlent et guérissent les maux pour lesquels elles sont désignées: une preuve excellente de leur «tticacité.Elles sont le meilleur cathartique et le meilleur apéritif que l'on puisse se procurer.\u201d Ayer's Pills, Préparées parle Dr.J.\u20ac.Ayer & Co, Lowell, Mass, États-Unis.Vendues par tous les Pharmaciens.a 0e 810 LE MOBDE ILLUBTES \u2014 \u2014__ UN CHEF DE POLICE Il n\u2019y à pas une corporation plus exposée à souffrir des intempéries que la police.Mais comme exemple de la manière avec laquelle ils se sont débarrassés de leurs ma- laclies, on cite ce qui suit : Green Island, N.Y., E.U.A., \\1 février 1850 : Je souffeais de névraigies dans la tête, mais j'éprouvai un soulagement instantané après uve seule application d\u2019Huile de Saint-Ja- cob, qui m'a guéri.=.P.Bellinger, chef de police.\u201d - Avis AUX MÈRES.\u2014 Le \u2018* sirop calmant de Madame Winslow * est employé depuis plus do 50 ans par des millions de mères pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet.11 soulage le petit patient aussitôt, proeure le sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 s'épanouit comme un bouton de fleur.\u201d Il est très agréable à prendre, il calme l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrète les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par 1a dentition où autrement, Vingt-ciug cents la bouteille.- UNE SERIE D'EXPERIENCES 11 y a quelques années, M.le Dr Bou- chard, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, fit connaître une série d'ex- Pare dont les résultats, féconds pour \u2018art de guérir, furent très favorablement accueillis dans le Monde médical.Il établit, en effet, d'une manière incontestable que ls créosote de goudron de hètre était le plus sûr remède des maladies de poitrine des toux anciennes et opiniûtres, de la bronchite chronique, des rhumes négligés, toutes maladies qui jusqu'alors avaient résisté à des médications multiples Se basant sur les magnifiques données de ce savant professeur, M.le Dr Morin a joint à la Créosote de Hêtre la Glycerine quia pour effet de diminuer son acreté et d'ajouter à cette combinaison un produit doux et bienfaisant.Depuis plusieurs au- nées que le Vin à la Créasote de Tétre est en vente grand nombre de patients lui doivent la santé et la vie.Ce Vin eut vendu per MM.Lyman, Knox & Cie, 376 ruc Saint-Paul, ct dans toutes les pharmacies.-\u2014-\u2014- \u2014\u2014Alfred est assis près de la jeune fille et lui demande timidement d\u2019être sa femme.Elle se trouble et devient toute ive.Certes, elle le voulait bien ; elle 'simait de toute son Ame.Elle aurait ac cepté et en aurait été très heureuse, certaine d'avance qu\u2019Alfred ferait un excellent mari.Francs et honuêtes toun deux, ils avaient appris à se connaître dès l\u2019âge le lus tendre.Mais une maladie inconnue à jeune fille la troublait depuis quelques mois.Elle lut un jour chez une smie un petit livre qui traitait des maladies inhé- CONTRE LA DOULEUR GUERIT: RHUMATISME NEVRALGIE.SCIATIQUE ,LUMBAGD.DOULEUR VORSALE.Tic DouLOUREUX MAL bE TETE.MALDeDENTS MAUX pe GORGE ENROUEMENT.ENGELURES, ENTORSES.FOULURES, CoNTUSIONS.BRÔÎLURES ETC.En vente chez tons les pharmaciens, et marchands généraux, Prix, Sets.la bouteille.Envoyé par la malle sur réception du prix, THE CHARLES A.VOGELER CO., Baltimore, Md.Dépôt pour le Cansdn à Toronto, Ont.Voitures d'Enfants ! 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